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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier B
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  • Journaux
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quotidien
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Le devoir, 2017-01-30, Collections de BAnQ.

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[" L\u2019arrivée controversée de Steve Bannon au CNS américain Page B 2 LE MONDEMusique La colère nucléaire de Mogwai Page B 8 C A H I E R B \u203a L E D E V O I R , L E L U N D I 3 0 J A N V I E R 2 0 1 7 D ans son célèbre ouvrage de 1992 La fin de l\u2019histoire et le dernier homme, le philosophe américain Francis Fu- kuyama décrivait le monde de l\u2019après-commu- nisme comme à jamais dominé par l\u2019idéal de la démocratie libérale et de l\u2019économie de marché, la solution de rechange « socialiste » ayant péri corps et biens avec la chute du mur de Berlin (1989) et la fin de l\u2019URSS (1991).On a bien caricaturé ce livre, plus subtil que la thèse simplifiée ci-dessus, et dont on s\u2019est emparé sous cette forme pour mieux s\u2019en moquer : «Regardez le monde du XXIe siècle avec ses fureurs et ses violences\u2026 Il s\u2019est bien planté, monsieur le philosophe ! » Fukuyama reconnaissait pourtant que la planète, même si elle tendait désormais selon lui vers un idéal unique, resterait traversée par des conflits.Par ailleurs, en ces temps où la démocratie libérale et le capitalisme font face à de sérieuses remises en cause, rien ne dit qu\u2019une solution de remplacement claire, à la fois souhaitable et réalisable, s\u2019annonce à l\u2019horizon.L\u2019islam politique ?Cer tes, il a le vent en poupe, et il ne faut pas sous-estimer l\u2019ampleur de ce défi sous plusieurs latitudes, y compris dans sa forme radicale et violente.Mais lorsqu\u2019il s\u2019agit de voir ce que cette approche du combat politique signifie concrètement, comme «programme alternatif positif » à la démocratie libérale, rien n\u2019émerge clairement.En tout cas, rien n\u2019ayant l\u2019ampleur, la cohérence et la globalité du défi qu\u2019a représenté le communisme au XXe siècle.Alors quoi ?L\u2019écologie ?Un socialisme rénové ?Le commu- nautarisme ?L\u2019impression persiste de la « fin d\u2019un monde » et d\u2019un crépuscule, avec les fameux « phénomènes morbides de l\u2019interrègne » (Antonio Gramsci).Crépuscule à la fois géopolitique avec l\u2019influence déclinante des pays occidentaux, idéologique avec l\u2019idéal « libéral-plura- liste » malmené voire discrédité, mais aussi pour les fondements même de la démocratie.Le cirque permanent à Washington depuis l\u2019irruption à l\u2019avant-scène de Donald Trump donne à penser que la démocratie représentative est une farce.En Amérique du Nord comme en Europe et jusqu\u2019en Asie (Corée du Sud) monte une défiance radicale et globale contre le processus politique, une détestation rageuse des politiciens, qui fait le lit de personnages \u2014 \u2026 non moins « politiciens » que ceux qu\u2019ils vomissent \u2014 surfant sur la vague «anti-élites».Et ce, alors même que ce positionnement « anti-élites » \u2014 c\u2019est très clair avec le nouveau président des États-Unis \u2014 est une imposture.Cette défiance remet en question l\u2019organisation de la société telle qu\u2019elle s\u2019est développée en Occident depuis deux siècles.« Les germes de la décomposition politique sont bien là, à gauche comme à droite, et personne ne doit en sous-estimer les conséquences », a dit par exemple, hier soir, le candidat malheureux à l\u2019investiture socialiste pour l\u2019élection présidentielle en France, Manuel Valls.Cette inquiétude de M.Valls peut s\u2019appliquer à la France\u2026 et bien au-delà.Et pas seulement pour la conjoncture politique immédiate.?L\u2019année 2017 en Europe sera un grand test, qui pourrait nous dire, d\u2019ici à l\u2019automne, si les deux grands chocs de 2016 qu\u2019ont été le vote pour le Brexit et l\u2019élection de Donald Trump, vont faire des petits et entraîner une sorte de prolifération\u2026 ou au contraire, susciter un ressac contre, justement, cette «décomposition».La par tie n\u2019est pas jouée.Au plus bas en 2016, l\u2019idée de l\u2019Europe a légèrement remonté à la toute fin de l\u2019année selon certains sondages (pas aussi méprisables ni aussi imprécis qu\u2019on le répète souvent).Cela peut laisser croire que certains électeurs, pourtant exaspérés et tentés par un bras d\u2019honneur antipolitique, hésitent à monter dans le bateau « brexito-trumpiste » qui leur promet des lendemains qui chantent.À suivre donc : en France, début mai, fera-t- on barrage à Marine Le Pen, du Front national, qui veut sortir de l\u2019euro, voire de l\u2019Europe ?En Allemagne, fin septembre, le petit frère du FN français, le parti Alternative für Deutschland, fera-t-il une percée ?À suivre aussi en 2017 : ces «autres» mouvements nationalistes, en Écosse et en Catalogne, qui tout en revendiquant l\u2019indépendance politique et en réaffirmant la validité de la nation au XXIe siècle, refusent la démagogie xénophobe, antieuropéenne, antipluraliste.Et là, qui sait ?Peut-être que Francis Fu- kuyama n\u2019apparaîtra plus aussi ridicule.francobrousso@hotmail.com François Brousseau est chroniqueur d\u2019information internationale à Radio-Canada.La fin d\u2019un monde (2) FRANÇOIS BROUSSEAU GEOFFROY VAN DER HASSELT AGENCE FRANCE-PRESSE Manuel Valls est le perdant du second tour de la primaire de gauche avec 41% des voix, alors que Benoît Hamon est le vainqueur avec 59%.C H R I S T I A N R I O U X Correspondant à Paris U ne page de l\u2019histoire du Par ti socialiste français vient de se tourner et il n\u2019est pas certain qu\u2019il en sorte vivant.Dimanche, le candidat de la gauche radicale du parti, Benoît Ha- mon, a facilement remporté le second tour de la primaire de la gauche.C\u2019est donc le candidat des frondeurs, radicalement opposé à toutes les politiques du gouvernement socialiste de François Hollande depuis cinq ans, qui sera officiellement investi de la candidature socialiste pour la présidentielle.Benoît Hamon l\u2019emporte avec 59 % des voix, comme chacun s\u2019y attendait après un premier tour qui le mettait largement en avance.Il semble qu\u2019après les Français, les électeurs de la primaire de la gauche aient eux aussi voulu sanctionner le quinquennat de François Hollande.Son ancien premier ministre, Manuel Valls, n\u2019obtient que 41 % des voix.Dimanche soir, malgré les appels au rassemblement, le Parti socialiste a surtout donné l\u2019image d\u2019un parti profondément divisé qui aura beaucoup de difficulté à se rassembler à trois mois de la présidentielle.Dans un geste étonnant, Benoît Hamon n\u2019a pas même attendu que son adversaire ait terminé de parler pour monter sur scène.Certains de ses proches ont qualifié cet incident de «bug technique», d\u2019autres ont parlé d\u2019une «énorme erreur ».Au siège du parti, rue de Solférino, la poignée de main prévue entre les deux hommes a été plus que glaciale.Elle n\u2019a duré que 10 secondes, pas une de plus.« Vous êtes le cœur battant de la France », a déclaré Benoît Hamon à ses supporters réunis à la Mutualité, un lieu historique de l\u2019histoire de la gauche.« Notre pays a besoin d\u2019une gauche moderne et innovante [\u2026] Il faut écrire une nouvelle page de notre histoire.Je ne me résigne pas à la fatalité.Le revenu universel permettra de choisir le travail plutôt que de le subir », a dit celui dont la revendication phare a été le revenu universel d\u2019existence.Une réforme qui pourrait coûter à terme 400 milliards d\u2019euros, l\u2019équivalent du budget actuel de la France.Difficile rassemblement Benoît Hamon se donne d\u2019abord pour tâche de «rassembler les socialistes», ce qui semblait déjà difficile dimanche soir.«Il faudra aussi rassembler la gauche et les écologistes», a dit aussi celui qui se propose de rencontrer rapidement le candidat de l\u2019extrême gauche, Jean-Luc Mélenchon, et celui des verts, Yannick Jadot.«Je leur proposerai de construire ensemble une majorité gouvernementale cohérente et durable pour le progrès social, écologique et démocratique», dit-il.Fait étonnant, le candidat du Parti socialiste n\u2019a le soutien d\u2019aucun ministre de son propre parti.Le président François Hollande, que l\u2019on soupçonne de sympathies envers son ancien conseiller Emmanuel Macron, n\u2019a pas diffusé le moindre communiqué après cette élection.Une rencontre est cependant prévue lundi après-midi entre Benoît Ha- mon et le premier ministre, Bernard Cazeneuve.PRIMAIRE DE LA GAUCHE FRANÇAISE Benoît Hamon l\u2019emporte facilement Le Parti socialiste donne l\u2019impression d\u2019être au bord de l\u2019implosion STRINGER / AGENCE FRANCE-PRESSE Un soldat de l\u2019armée syrienne circulait dimanche dans Aïn al-Fijé, où la station de pompage est vitale pour l\u2019alimentation en eau de Damas, qui a connu des pénuries.A den \u2014 Au moins 14 combattants présumés d\u2019al-Qaïda et un soldat américain ont été tués dimanche dans la première opération commando menée par les États-Unis au Yémen depuis l\u2019arrivée au pouvoir de Donald Trump, selon l\u2019armée américaine.Ce raid d\u2019envergure, lancé à l\u2019aube à Yakla, dans le centre du Yémen, avec l\u2019aide de drones et d\u2019hélicoptères d\u2019attaque, a visé des repaires d\u2019al-Qaïda, selon un responsable yéménite s\u2019exprimant sous le couvert de l\u2019anonymat.Il a évoqué un bilan plus lourd que celui donné par les Américains, avec 41 membres présumés d\u2019al-Qaïda tués, dont des chefs, ainsi que 8 femmes et 8 enfants.Dans un communiqué, al-Qaïda dans la Péninsule arabique (AQPA) a affirmé que près de 30 personnes, y compris des femmes et des enfants, avaient été tuées dans ce raid mené par quatre hélicoptères d\u2019attaque Apache.Selon AQPA « les soldats américains ont subi des pertes dans les combats » et «aucun membre d\u2019al-Qaïda n\u2019a été tué».YÉMEN Première opération américaine contre al-Qaïda sous Trump R I M H A D D A D à Damas L\u2019 armée syrienne a repris dimanche la région de Wadi Barada, près de Damas, qui lui échappait depuis 2012, une nouvelle défaite pour les rebelles qui subissent échec après échec dans cette guerre.Après plus d\u2019un mois de combats, le régime du président Bachar al-Assad s\u2019est emparé de cette région cruciale pour l\u2019approvisionnement en eau de la capitale et les insurgés ont commencé à quitter les lieux par centaines.La capture de Wadi Barada inter vient plus d\u2019un mois après la perte par les rebelles d\u2019Alep, deuxième ville de Syrie, leur plus importante défaite depuis le début de la guerre en 2011.Les insurgés n\u2019ont plus désormais de véritables fiefs que dans la Ghouta orientale, une région à l\u2019est de Damas, dans la province d\u2019Idleb, au nord-ouest ainsi que dans le sud du pays.«Nos forces armées [\u2026] ont accompli leur mission en rétablissant la sécurité et la stabilité dans les localités de Wadi Ba- rada », à 15 km au nord-ouest de la capitale privée d\u2019eau potable depuis le 22 décembre, selon le communiqué de l\u2019armée repris par la télévision d\u2019État.Une nouvelle défaite pour les rebelles syriens près de Damas VOIR PAGE B 2 : YÉMEN VOIR PAGE B 2 : FRANCE VOIR PAGE B 2 : SYRIE L E D E V O I R , L E L U N D I 3 0 J A N V I E R 2 0 1 7 LE MONDE B 2 W ashington \u2014 La Maison- Blanche a défendu dimanche sa recomposition du cénac le t rès in f luen t qu i conseille le président sur les questions de sécurité nationale, et notamment l\u2019arrivée de son controversé conseiller en stratégie Steve Bannon.Vilipendé pour avoir dirigé le site d\u2019information d\u2019extrême droite Breitbar t, M.Bannon accède au rang de membre permanent du Conseil de sécurité nationale (CSN).Sa participation «va être cruciale» a justifié le porte-parole de la Maison-Blanche Sean Spi- cer, lors d\u2019un entretien sur la chaîne ABC.«Il était officier de marine, et il a une compréhension fantastique du monde et du paysage géopolitique dans lequel nous nous trouvons», a-t-il ajouté, estimant que Steve Bannon a les capacités nécessaires pour faire le tri dans la masse d\u2019informations fournie au CSN et conseiller au mieux le président.Nombre d\u2019observateurs ont également été surpris par la décision de ne pas faire participer automatiquement le chef d\u2019état- major des armées et le directeur du renseignement américain aux réunions du Conseil.Ils ne participeront que si les sujets abordés les concernent directement, précise le décret signé samedi par Trump.Sous le président Obama, ces personnalités étaient membres permanents du CSN et l\u2019ancienne conseillère pour la sécurité nationale Susan Rice a vivement réagi sur Twitter dimanche, estimant «complètement dingue» de ne pas les laisser siéger en permanence au CSN.« C\u2019est complètement dingue.Après une semaine dingue.Qui a besoin de conseil militaire ou de renseignement quand on décide de la stratégie à adopter envers le groupe EI, la Syrie, l\u2019Afghanistan ou la Corée du nord?», a-t-elle fulminé sur un ton ironique.Sean Spicer a défendu cette décision par la volonté de « moderniser le CSN pour le rendre moins bureaucratique» et plus concentré sur la tâche de « fournir au président les informations dont il a besoin».Il a aussi expliqué que le conseiller à la sécurité nationale de M.Trump, Michael Flynn \u2014 ancien responsable du renseignement des forces spéciales et directeur du renseignement militaire \u2014, était parfaitement au fait de ces questions.Outre M.Bannon, les autres principaux membres permanents du CSN sont le secrétaire d\u2019État, le secrétaire au Trésor, le secrétaire à la Défense, le secrétaire à la Sécurité intérieure, le secrétaire général de la Mai- son-Blanche, le conseiller à la sécurité nationale et celui à la sécurité intérieure.Agence France-Presse Washington défend l\u2019entrée d\u2019un conseiller controversé au Conseil de sécurité nationale J érusalem \u2014 Le premier ministre israélien Benjamin Nétanyahou a af firmé dimanche qu\u2019il était décidé à faire avancer lundi au Parlement l\u2019adoption d\u2019un projet de loi sur la légalisation de logements construits en Cisjordanie occupée sur des terres privées palestiniennes.Benjamin Nétanyahou a donné un coup d\u2019accélérateur à la colonisation en Cisjordanie et à Jér usalem-Est annexée depuis l\u2019ar rivée à la Maison-Blanche de Donald Trump, dont il espère le soutien lors d\u2019une rencontre prévue en février à Washington.Ce texte évoqué par M.Né- tanyahou a été adopté en lecture préliminaire en novembre.Il concerne entre 2000 à 3000 logements en Cisjordanie.Il doit encore être voté lors de trois lectures par le Parlement avant d\u2019avoir force de loi.« [Lundi] nous allons présenter à la Knesset cette loi qui va permettre de régulariser une fois pour toute les implantations en Judée-Samarie [Cisjordanie] et empêcher les tentatives répétées de porter atteinte aux implantations», a affirmé M.Né- tanyahou lors du conseil des ministres dimanche, selon un communiqué de son bureau.Le texte doit notamment légaliser les colonies sauvages, ces implantations illégales non seulement aux yeux de la communauté internationale mais aussi de la loi israélienne.Le projet de loi vise également à satisfaire et compenser le lobby des colons en prévision de l\u2019évacuation de la colonie emblématique d\u2019Amona en Cisjordanie construite sur des terres privées palestiniennes.Le gouvernement est tenu par une décision de la Cour suprême de démolir d\u2019ici le 8 février cette colonie où résident une quarantaine de familles.Aux yeux de la communauté internationale, toutes les colonies sont illégales quels que soient leurs statuts juridiques du point de vue israélien.Il existe parmi elles une centaine de colonies «sauvages», c\u2019est-à- dire n\u2019ayant pas obtenu toutes les autorisations nécessaires des autorités israéliennes.Dans le passé, les dirigeants israéliens s\u2019étaient engagés auprès des États-Unis à les démanteler.Mais cette promesse est restée lettre morte.Selon les médias, le conseiller juridique du gouvernement, qui fait office de procureur général, Avichai Mandel- blit, a mis en garde sur la possibilité que des appels soient présentés auprès de la Cour pénale internationale (CPI) si ce projet de loi était définitivement adopté.Environ 40 000 colons israéliens mènent une coexistence souvent conflictuelle avec 2,6 millions de Palestiniens en Cisjordanie.Agence France-Presse ISRAËL Nétanyahou décidé à faire voter une loi sur les colonies NICHOLAS KAMM AGENCE FRANCE-PRESSE Steve Bannon a été vilipendé pour avoir dirigé le site d\u2019information d\u2019extrême droite Breitbart.La veille, l\u2019armée était entrée pour la première fois dans la station de pompage d\u2019Aïn al- Fijé, vitale pour l\u2019alimentation en eau de Damas.Le régime avait accusé les rebelles de sabotage ayant conduit aux pénuries d\u2019eau.Les insurgés avaient af firmé de leur côté que les bombardements du régime avaient détruit les infrastructures.Bachar al-Assad avait exclu Wadi Barada de la trêve en cours depuis le 30 décembre entre régime et rebelles en Syrie.Un accord de cessez-le-feu avait été conclu il y a quelques semaines pour permettre aux équipes techniques de rétablir l\u2019approvisionnement en eau pour des millions de civils à Damas, mais il avait échoué et les combats avaient redoublé d\u2019intensité jusqu\u2019à vendredi.Dimanche, les premiers travaux de réparation et d\u2019entretien ont commencé dans la station, d\u2019après le gouverneur de Damas, Ala Ibrahim.Il a affirmé que les « dégâts étaient importants », mais que le pompage d\u2019eau devait reprendre «bientôt ».L\u2019ONU avait dénoncé comme un «crime de guerre» les pénuries d\u2019eau infligées aux 5,5 millions d\u2019habitants de Damas.Émergence de blocs rivaux En vertu de l\u2019accord, les rebelles ont le choix soit de déposer les armes, soit de se rendre dans la province d\u2019Id- leb, frontalière de la Turquie.«Le régime essaie de s\u2019emparer de la totalité de la province de Damas [\u2026] Pour les rebelles qui perdent territoire après territoire, c\u2019est la fin du rêve d\u2019entrer dans la capitale», a affirmé à l\u2019AFP Rami Abdel Rahmane, directeur de l\u2019Observatoire syrien des droits de l\u2019homme.Dimanche, des centaines d\u2019insurgés ont commencé à quitter la région de Wadi Ba- rada à bord de bus vers Idleb.C\u2019est dans cette région que des milliers de rebelles se sont installés après avoir été chassés de plusieurs de leurs bastions en Syrie par le régime et ses alliés russes et iraniens notamment.Idleb était jusque-là contrôlée par une alliance dénommée Armée de la Conquête et formée des djihadistes du Front Fateh al-Cham (ex- branche d\u2019al-Qaïda) et de plusieurs groupes rebelles.Mais cette alliance semble avoir implosé depuis mardi, avec des affrontements inédits entre rebelles et Fateh al-Cham.Furieux de voir des rebelles participer aux négociations au Kazakhstan, Fateh al-Cham \u2014 désigné comme groupe « terroriste » par Washington et Moscou \u2014 les a accusés d\u2019avoir conclu un accord pour le combattre et « l\u2019isoler».Dès la fin des négociations mardi, Fateh al-Cham a attaqué une base d\u2019un groupe rebelle dans la région d\u2019Idleb et les combats se sont propagés dans cette province ainsi que dans celle voisine d\u2019Alep.Samedi, un nouveau bloc nommé Tahrir al-Cham, et composé de groupes rebelles et du Front Fateh al-Cham a vu le jour.Deux blocs rivaux sont ainsi en train d\u2019émerger dans la province d\u2019Idleb : l\u2019un emmené par Ahrar al-Cham, la plus puissante faction rebelle, et l\u2019autre conduit par Fateh al-Cham.Considéré par la rébellion comme une force ef ficace dans la lutte contre le régime, Fateh al-Cham faisait l\u2019objet depuis quelques mois de critiques de l\u2019opposition politique, qui lui reproche sa volonté hégémonique.La guerre en Syrie, qui a commencé après la répression dans le sang de manifestations prodémocratie en 2011, a fait plus de 310 000 mor ts.Elle s\u2019est complexifiée avec la montée en puissance de groupes djihadistes et l \u2019implication d\u2019acteurs étrangers.Agence France-Presse L\u2019ancien premier ministre Manuel Valls a reconnu sa défaite et a fait l\u2019éloge de la «gauche de gouvernement» qu\u2019il a voulu représenter.«C\u2019est ce réformisme que j\u2019ai voulu incarner, a-t-il déclaré.Nous avons fait des réformes pour davantage de progrès, mis fin au cumul des mandats, fait le mariage pour tous, réussi l\u2019accord climat avec la COP21, nous sommes intervenus au Mali et au Levant.L\u2019histoire replacera notre action à la hauteur de ce qu\u2019elle a été.» L\u2019ancien premier ministre a dit avoir défendu dans cette primaire «une certaine idée de la gauche qui fait de la vérité une exigence».Que feront les élus?Nombre d\u2019obser vateurs voient dans ce résultat les germes d\u2019une décomposition du Parti socialiste.Interrogé sur BFMTV à propos de son ralliement à Benoît Hamon, le maire socialiste d\u2019Évry, Francis Chouat, a déclaré «qu\u2019on ne compte pas sur moi [\u2026] si c\u2019est sur le projet qu\u2019il [Benoît Ha- mon] a défendu, il y aura un problème ».Selon Christophe Barbier, éditorialiste et ex-di- recteur du magazine L\u2019Express, Manuel Valls a payé le prix de ce quinquennat à la place de François Hollande.« Benoît Hamon a été favori pendant une semaine, a-t-il constaté.J\u2019espère qu\u2019il en a bien profité parce que c\u2019est terminé.» Dans la semaine qui vient, nombre d\u2019élus socialistes, qui affronteront les élections législatives en juin prochain après la présidentielle, pourraient se rallier au candidat Emmanuel Macron.Certains annoncent une véritable débandade.Dimanche soir, le candidat du Front de gauche, Jean-Luc Mélenchon, ne semblait pas vouloir répondre aux sirènes de Benoît Hamon, dont la candidature vient tout de même chasser sur ses terres.Jean- Luc Mélenchon se réjouit néanmoins que, « pour désigner son candidat, le PS ait préféré nos mots à ceux de son propre gouvernement».Selon une enquête Kantar Sofres-OnePoint faite pour le quotidien Le Figaro, RTL et LCI, avec 15 % des voix, le candidat du Parti socialiste arriverait un peu devant Jean-Luc Mélenchon (10 %).Mais aucun des trois candidats de gauche (Mélenchon, Hamon et Macron) ne se qualifie au second tour devant Marine Le Pen (FN) et François Fillon (LR).Le Devoir Visiblement, ce raid-sur- prise n\u2019a pas été facile pour les États-Unis, qui ont enregistré un tué et au moins quatre blessés, selon leur bilan.D \u2019 a p r è s l e C E N T C O M (commandement américain chargé des opérations dans la région), un appareil militaire « a connu un atterrissage forcé et brutal non loin du lieu [du raid] ».Un soldat a été blessé dans cet atterrissage forcé, selon la Maison-Blanche.Des témoins ont évoqué un hélicoptère Apache qui s\u2019est écrasé dans le secteur de Sa- houl.L\u2019appareil n\u2019a pu redécoller et a été «intentionnellement détruit», a affirmé le CENTCOM.Un responsable américain de la Défense a précisé à l\u2019AFP que les forces américaines n\u2019avaient pas fait de prisonniers dans cette opération.Selon un responsable yémé- nite, le raid américain a visé des repaires d\u2019al-Qaïda dans une école, une mosquée et un dispensaire.Le chef local d\u2019al- Qaïda, identifié comme étant Abou Barzane et de nationalité étrangère, figure parmi les morts, a-t-il précisé.Mort de chefs tribaux Trois chefs tribaux alliés à al- Qaïda ont également trouvé la mort dans des attaques contre leurs maisons, ont rappor té des sources tribales et locales, précisant qu\u2019il s\u2019agissait des frères Abdelraouf et Soltan al- Zahab et de Saïf Alawai al-Jawfi.Durant le raid dimanche qui a duré plus de trois quar ts d\u2019heure, des combattants d\u2019al- Qaïda et leurs alliés tribaux ont « résisté à l\u2019assaut en tirant à l\u2019arme automatique», a indiqué une source tribale.Al-Qaïda dispose de deux camps d\u2019entraînement au moins à Yakla, une région montagneuse de la province de Baida dif ficile d\u2019accès, selon des habitants.Les États-Unis, les seuls dans la région à disposer de drones pouvant atteindre des cibles au Yémen, considèrent AQPA comme la branche la plus dangereuse du réseau djihadiste.Journée sanglante Ils mènent régulièrement des frappes aériennes par drones contre AQPA, mais les opérations au sol ou avec des hélicoptères d\u2019attaque sont beaucoup plus rares.En décembre 2014, un otage américain, le photographe Luke Sommers, et un autre otage sud-africain étaient mor ts lors d\u2019une opération commando ratée de l\u2019armée américaine contre al-Qaïda.En mai 2016, un petit nombre de soldats américains des forces spéciales avaient débarqué dans le port de Moukalla dans le sud-est du pays, pour aider les forces spéciales émi- raties à reprendre le contrôle de la ville contrôlée par al- Qaïda depuis avril 2015.Le réseau extrémiste est bien implanté au Yémen où il a profité ces dernières années de la guerre et du chaos qui sévissent dans ce pays pauvre de la péninsule Arabique.Outre al- Qaïda, le groupe EI a revendiqué des attentats spectaculaires et meur triers ces deux dernières années au Yémen.Les groupes djihadistes sont bien implantés, surtout dans le sud.Le principal conflit au Yémen oppose les forces gouvernementales, soutenues depuis mars 2015 par une coalition arabe sous commandement saoudien, à des rebelles hou- this, qui contrôlent une partie du territoire dont la capitale Sanaa (nord) et qui sont alliés à des partisans de l\u2019ex-président.La journée a été particulièrement sanglante dimanche au Yémen : à quelque 300 kilomètres du lieu de l\u2019opération contre al-Qaïda, 90 rebelles et 19 soldats ont été tués dans des combats pour le contrôle de zones côtières sur la mer Rouge, selon des sources militaires et médicales.Depuis mars 2015, plus de 7400 personnes ont été tuées et près de 40 000 blessées dans la guerre, selon l\u2019Organisation mondiale de la santé.Agence France-Presse Washington \u2014 Le président américain Donald Trump et le roi Salmane d\u2019Arabie saoudite se sont dits favorables à une «application rigoureuse» de l\u2019accord sur le nucléaire iranien, selon le compte-rendu d\u2019un entretien téléphonique entre les deux hommes publié par la Maison-Blanche.La teneur de la conversation semble indiquer que Trump \u2014 jusque-là un farouche opposant à cet accord phare de la présidence Obama et censé empêcher l\u2019Iran de se doter de la bombe atomique \u2014 pourrait avoir évolué sur la question.Il n\u2019avait cessé de critiquer l\u2019accord pendant sa campagne et il a nommé à des postes clés de son administration des personnalités ouvertement anti- iraniennes.M.Trump et le souverain saoudien ont aussi insisté sur la nécessité de répondre «aux activités déstabili- santes de l\u2019Iran» dans la région.Téhéran est la bête noire de Washington et de Riyad.À la demande du président américain, les deux hommes se sont mis d\u2019accord pour créer des «zones de sécurité» au Yémen et en Syrie et d\u2019apporter leur soutien à «d\u2019autres idées pour aider les nombreux réfugiés déplacés par les con?its en cours».Les modalités pratiques de la mise en place de ces zones n\u2019ont pas été détaillés.Pour une «application rigoureuse » de l\u2019accord nucléaire iranien SUITE DE LA PAGE B 1 SYRIE SUITE DE LA PAGE B 1 YÉMEN SUITE DE LA PAGE B 1 FRANCE U K R A I N E Pires affrontements en un mois de trêve Kiev \u2014 Quatre soldats ukrainiens et un combattant rebelle ont été tués dimanche dans l\u2019Est de l\u2019Ukraine dans les affrontements les plus meurtriers depuis l\u2019instauration d\u2019une nouvelle trêve fin décembre, ont indiqué forces gouvernementales et séparatistes.L\u2019armée ukrainienne a affirmé avoir été ciblée par 22 bombardements de la part des rebelles sur la ligne de front, notamment à Avdiïvka, ville industrielle contrôlée par les forces de Kiev située à dix kilomètres au nord du fief rebelle de Donetsk et à Piski, commune voisine.Un porte- parole des forces rebelles interrogé par l\u2019AFP a indiqué de son côté qu\u2019un combattant séparatiste était mort et un autre blessé.Agence France-Presse Un Tchèque condamné à 24 ans de prison au Soudan Khartoum \u2014 Un tribunal soudanais a condamné dimanche à 24 ans de prison un Tchèque accusé notamment «d\u2019espionnage» et d\u2019«incitation à la haine entre les communautés».Petr Ja- sek a été condamné pour infiltration dans le pays sans visa, espionnage, prise d\u2019images dans des zones militaires et incitation à la haine entre les communautés, a affirmé son avocat Omar al-Farouk Cha- mina.À Prague, le ministère tchèque des Affaires étrangères a confirmé la condamnation de son ressortissant.Il a dénoncé un jugement qui n\u2019est selon lui pas étayé par des faits.Il a indiqué qu\u2019il entamerait immédiatement des négociations avec le ministère des Affaires étrangères soudanais pour obtenir la libération de Petr Jasek.Agence France-Presse K A R L R E T T I N O - P A R A Z E L L I R illa Khaled est une i n f o r m a t i c i e n n e hors norme.Cette jeune professeure d e l \u2019 U n i v e r s i t é Concordia, détentrice d\u2019un doctorat en science informatique, s\u2019intéresse moins aux technologies qu\u2019à la manière dont les êtres humains interagissent avec elles.En 2010, alors qu\u2019elle vient de décrocher un poste de pro- fesseure dans une université de Copenhague, elle se joint à un groupe de chercheurs européens passionnés comme elle de jeux vidéo pour lancer un projet à saveur éducative.Un des membres de l\u2019équipe passe plusieurs semaines dans des salles de classe pour observer le comportement des élèves et comprend rapidement qu\u2019il existe un besoin à combler.« La chose la plus frappante qu\u2019il a constatée, c\u2019est le fait que les enfants ne savent généralement pas comment résoudre un conflit.Et quand il y a un conflit, la plupart du temps, un professeur va s\u2019avancer et dire \u201carrêtez, je vais vous dire quoi faire\u201d», explique Mme Khaled, qui est membre du centre Technocul- ture, Art and Games (TAG) de Concordia.« On a réalisé que la résolution de conflit, qui influe sur notre manière d\u2019agir en société et d\u2019interagir avec les autres, qu\u2019il s\u2019agisse de petits ou de gros problèmes, n\u2019est pas enseignée à l\u2019école.C\u2019est le genre d\u2019apprentissage qui tombe entre deux chaises et qui doit se faire au fil du temps», poursuit-elle.Jeu sur mesure Les chercheurs se mettent au travail et conçoivent un jeu vidéo qui place le joueur au centre du conflit.Ils s\u2019inspirent de titres populaires, comme FarmVille, pour créer un jeu en apparence anodin.«On a mis en place un monde dans lequel le but semble être de faire prospérer le village, comme les autres jeux du genre, mais qui oblige les joueurs à collaborer», résume la professeure.Le jeu Village Voices implique quatre personnages, qui poursuivent chacun des objectifs différents.À mesure que le jeu avance, les intérêts de chaque joueur s\u2019entrecroisent, ce qui oblige les participants à échanger des ressources et à collaborer pour atteindre leurs buts respectifs.Jusque-là, rien de bien dif férent des jeux vidéo traditionnels.Lors de chaque partie, qui dure entre 10 et 15 minutes, les joueurs peuvent cependant voler les ressources et vandaliser les propriétés des autres participants.Un joueur victime de vol ou de vandalisme peut laisser un message à la place du village pour mettre en garde les autres, et chaque participant est appelé à exprimer ses sentiments à l\u2019égard des autres joueurs au fil de la partie.Le jeu a été testé sur un peu moins d\u2019une centaine d\u2019élèves âgés de 9 à 11 ans dans dif fé- rents pays européens.Les quatre participants s\u2019installaient autour d\u2019une même table pour jouer, et chaque par tie se concluait par une discussion animée par un enseignant.« Nous ne voulions pas que les jeunes se contentent de jouer une partie.Nous voulions lancer une discussion par la suite afin que les joueurs puissent se parler non seulement dans le jeu, mais aussi en dehors du jeu, en tant que collègues de classe», souligne Rilla Khaled.Expérience concluante La professeure de Concor- dia se souviendra toujours d\u2019un groupe qu\u2019elle a observé au Royaume-Uni.Un jeune garçon qui a essayé le jeu a rapidement découvert qu\u2019il pouvait voler et vandaliser ses adversaires.Il s\u2019est mis à le faire sans arrêt, au point d\u2019exaspérer les autres joueurs.Les trois autres participants ont décidé de s\u2019unir contre lui et de lui voler systématiquement tous ses avoirs.Le garçon a fini par abandonner le jeu, en pleurs.«C\u2019est le genre de moment où tu te demandes si le jeu est allé trop loin, admet Mme Khaled.La semaine suivante, le jeune est revenu dans le groupe et a dit qu\u2019après réflexion, il permettrait aux autres joueurs de voler toutes ses ressources pendant deux minutes, pour se faire pardonner.» « Les autres joueurs avaient aussi eu le temps de réfléchir, et ils ont plutôt proposé de ne plus rien voler, parce qu\u2019ils ont réalisé que, si un joueur le faisait, tout le monde finirait par le faire.Cette réflexion est venue des joueurs eux-mêmes après le jeu, pas du professeur.» Bientôt au Québec?Cette expérience a montré qu\u2019un jeu vidéo est en réalité un monde miniature, qui comprend un ensemble de règles sociales ou culturelles, comme dans la vie de tous les jours, se félicite la chercheuse.« La leçon, c\u2019est qu\u2019on ne peut pas agir de manière égoïste.Il faut donner pour recevoir.La vie en société est une question de coopération et de collaboration.» Le projet lancé il y a plus de six ans de l\u2019autre côté de l\u2019Atlantique est aujourd\u2019hui en veilleuse, mais Rilla Khaled n\u2019exclut pas de le relancer ici.Elle se dit ouverte à l\u2019idée de proposer le jeu à des commissions scolaires québécoises, pour qu\u2019elles l\u2019offrent comme outil aux enseignants.D\u2019ici là, elle se réjouit de voir que les jeux vidéo « sérieux », comme celui qu\u2019elle a conçu, gagnent en popularité.« Je souhaite que les développeurs et les joueurs s\u2019ouvrent à des jeux qui les fassent réfléchir.Et heureusement, c\u2019est une tendance émer- gente depuis quelques années, surtout grâce aux développeurs indépendants, qui influencent ensuite les plus gros studios.» Le Devoir L E D E V O I R , L E L U N D I 3 0 J A N V I E R 2 0 1 7 SOCIETE B 3 «L es virus prennent des décisions de groupe » : ce n\u2019est pas un scénario de science-fiction, mais le résumé d\u2019un travail d\u2019espionnage\u2026 Microscopique.Des chercheurs en virologie \u2014 l\u2019étude des virus \u2014 détaillent en effet dans la revue Nature l\u2019existence de signaux chimiques que laissent derrière eux des virus et qui permettent à leurs «congénères» de savoir à quel moment attaquer une bactérie.On savait déjà que les bactéries se « parlent » \u2014 elles aussi par des signaux chimiques \u2014, ce qui leur permet, entre autres choses, de réguler leur population en fonction des ressources disponibles.Mais le problème avec des virus, c\u2019est qu\u2019au contraire des bactéries, ils n\u2019ont une vie propre qu\u2019une fois qu\u2019ils ont infecté un être vivant.Une première Pour la première fois, on a donc avec cette étude la preuve qu\u2019ils sont suf fisamment conscients de leur environnement pour s\u2019y adapter, et de surcroît, en groupe.Comme la recherche concerne des virus \u2014 appelés phi3T \u2014, qui infectent une bactérie \u2014 Bacillus subtilis \u2014 reste à voir si on pourrait obser ver cette « conversation de groupe » à plus grande échelle \u2014 lorsqu\u2019un virus comme celui du sida infecte un être humain, par exemple.Agence Science-Presse Les virus se parlent et prennent des décisions de groupe PEDRO RUIZ LE DEVOIR La professeure d\u2019informatique à l\u2019Université Concordia Rilla Khaled s\u2019intéresse moins aux technologies qu\u2019à la manière dont les êtres humains interagissent avec elles.Qu\u2019il s\u2019agisse de deux présidents qui se querellent au sujet d\u2019un mur séparant leur frontière commune ou d\u2019enfants qui se disputent dans une cour d\u2019école, la résolution de conflits est au cœur de la vie en société et son apprentissage se fait bien souvent à la dure.Une solution pour outiller les jeunes ?Le jeu vidéo.ENTRETIENS CONCORDIA \u2013 MUTATIONS NUMÉRIQUES Jouer pour mieux collaborer Une chercheuse a développé un jeu vidéo pour enseigner la résolution de conflits SOURCE TAG Le jeu Village Voices implique quatre personnages, qui poursuivent chacun des objectifs dif férents.La chose la plus frappante qu\u2019il [un des membres du projet de jeu vidéo éducatif] a constatée, c\u2019est le fait que les enfants ne savent généralement pas comment résoudre un conflit Rilla Khaled, professeure d\u2019informatique à l\u2019Université Concordia « » L E D E V O I R , L E L U N D I 3 0 J A N V I E R 2 0 1 7 LES SPORTS B 4 J E A N - F R A N Ç O I S N A D E A U L es sif flements des spectateurs couvrent à peine les galops des chevaux qui s\u2019apprêtent à franchir la ligne d\u2019ar rivée.Pour se donner l\u2019impression de voir plus loin, cer tains spectateurs se sont soudain levés sur le bout de leurs pieds tandis que Jean Desautels, l\u2019imper turbable descripteur des courses de chevaux à l\u2019hippodrome Blue Bonnets, donne le résultat de la course.En plus d\u2019un quart de siècle, jusqu\u2019à la fermeture du plus célèbre hippodrome du Québec en 2008, Desautels aura décrit plus de 50 000 courses de chevaux.C\u2019est dire déjà à q u e l p o i n t l \u2019 u n i v e r s d e s courses équestres compta dans la métropole.« À compter de 1800, il y a beaucoup de courses », observe l\u2019historien Olivier Thériault.À Montréal et dans les environs, les terrains de courses équestres sont parmi les lieux les plus fréquentés de la ville.«C\u2019est un lieu important de sociabilité.» On construit vite de plus en plus de pistes, souvent avec la collaboration d\u2019aubergistes.Plusieurs pistes seront érigées dans ce qui est au- jourd\u2019hui le quartier Mile-End.Trop de chevaux Le cheval est une passion.En 1709, Jacques Raudot, co- intendant de la Nouvelle- France, émet une ordonnance pour que les habitants de Montréal gardent moins de chevaux.Jusqu\u2019au début du XXe siècle, on compte environ un cheval pour cinq habitants au pays.La passion des courses, hiver comme été, incite les propriétaires à améliorer la qualité des chevaux.Dans l\u2019espace compétitif qui se structure autour de cette passion se manifeste cependant, après la conquête anglaise, l\u2019expression d\u2019une polarisation ethnique et religieuse.Comme l\u2019indique l\u2019historien Olivier Thériault, une séparation nette se manifeste « entre l\u2019élite, généralement, et les habitants de la colonie » .Les grands événements équestres sont d\u2019abord réservés à cette petite élite coloniale.« Les Canadiens sont systématiquement relégués dans des courses de second rang.» Le gouverneur, représentant de la Couronne anglaise, offre de petites bourses pour ces courses de deuxième zone auxquelles les Canadiens sont conviés.Mais l\u2019influence directe des Canadiens français sur les courses de chevaux tarde longtemps.Les bagarres sont fréquentes en marge des courses de chevaux.Le journal La Minerve rend compte assez souvent de désordres publics liés à ces activités.Beaucoup de gens se demandent en conséquence s\u2019il ne faut pas les interdire ou, du moins, les encadrer plus sévèrement.L\u2019Église catholique se méfie beaucoup de cette activité.Il faut dire que l\u2019argent y est en cause, tout comme l\u2019alcool et les sautes d\u2019humeur des spectateurs.En 1833, rappelle l\u2019historien Paul Bernier, une bagarre éclate entre anglophones et francophones en marge de courses de chevaux.L\u2019affrontement, qui implique des soldats de Sa Majesté, se répercute sur trois jours et se solde par la mort d\u2019un Canadien.On parle régulièrement de heurts sérieux, voire de meur tres, liés aux courses de chevaux.Le cheval est pour ainsi dire omniprésent dans la culture populaire.Blue Bonnets En 1872, dans l\u2019ouest de l\u2019île de Montréal, dans la ville de Saint-Pierre, on inaugure l\u2019hippodrome Blue Bonnets.Pourquoi ce nom ?Tout simplement le nom d\u2019un troquet qui trônait aux abords de la piste à ses débuts et où les cavaliers avaient l\u2019habitude de s\u2019arrêter.En 1905, John F.Ryan fonde le Jockey Club de Montréal ainsi que le nouveau Blue Bonnets Raceway sur le boulevard Décarie le 4 juin 1907.On y tient des courses de pur- sang, chevaux fougueux, racés, élancés.Les gens des quartiers chics y viennent pour contempler leur argent courir et revenir jusqu\u2019à eux.Les pauvres, eux, y viennent aussi pour se rassurer sur leur appartenance au monde en jouant des sommes qu\u2019ils possèdent ou ne possèdent pas.C\u2019est en quelque sorte la loterie la plus populaire du temps.De 1907 à 1920, ce haut lieu où l\u2019on se presse pour assister aux courses et parier se trouve sous le contrôle de Jugh Mon- tagu Allan, chevalier de Sa Majesté, attaché au régiment des Black Watch.Blue Bonnets passera sous le contrôle de plusieurs hommes fortunés au fil du temps.Mais Blue Bonnets n\u2019est pas du tout encore la seule piste de course en activité à Montréal au début du XXe siècle.De 1901 à 1909, là où se trouve aujourd\u2019hui le parc Baldwin, existe par exemple une piste de course de chevaux : le « Montreal Driving Club ».La piste est située au cœur de ce qu\u2019on appelle alors le village de Lorimier.Mais parce que la ville prend de l\u2019expansion, la piste de course finit par être déménagée plus au nord.La passion des chevaux entretient une activité économique parfois inattendue.Ainsi, l\u2019importante entreprise de distribution d\u2019imprimés Benjamin News, longtemps une des plus importantes du genre, est fondée en 1917 par le fils d\u2019un immigrant juif venu d\u2019Europe centrale qui s\u2019occupait au départ de distribuer un journal voué aux courses de chevaux qui appartient aux propriétaires du chic magasin Ogilvy.Chasse à courre Véritable réserve de gibiers pendant longtemps, le mont R o y a l e s t l e t h é â t r e d e chasses à courre.Montés sur des chevaux, ces chasseurs traquent le renard jusque dans les années 1920, en se regroupant autour du Montreal Hunt Club.Fondé en 1826, ce club très chic est pratiquement une annexe sociale de la garnison britannique installée à Montréal.Des chenils jouxtent le c h i c p a v i l l o n d e c h a s s e c o n s t r u i t à l a C ô t e - d e s - Neiges, où se retrouvent les cavaliers.Le club ne finit par accueillir vraiment des francop h o n e s q u e d a n s l\u2019après- guer re, sur tout à compter des années 1960.Le magnifique édifice du club a finalement été laissé à l\u2019abandon avant d\u2019être démoli en 2000.Le club, cependant, existe toujours, mais les renards du mont Royal n\u2019ont plus rien à craindre : la chasse des veneurs montréa- lais se pratique hors de l\u2019île.Polo D\u2019abord un sport chéri par les officiers de la cavalerie britannique, le polo constitue un exercice de choix très prisé.Le sabre est en quelque sorte remplacé par un maillet monté sur une canne de jonc souple.Les joueurs lancent leurs montures au galop, à la poursuite d\u2019une petite balle blanche.On joue au polo à Montréal au moins depuis 1890.Ce sont des amateurs de chasse à courre du Canadian Hunt Club qui sollicitent d\u2019abord leurs membres pour acheter de l\u2019équipement pour ce jeu.Les chevaux sont sélectionnés et préparés par un éleveur cana- dien-français, Georges Simard.À compter de 1901, les clubs de Montréal, Québec, Toronto et Kingston s\u2019affrontent sur des terrains de Saint- Lamber t, puis du village de Saraguay, aujourd\u2019hui l\u2019arrondissement d\u2019Ahunsic-Cartier- ville, un lieu que les anglophones continuent de nommer Back River.C\u2019est là que naît le Montreal Polo Club en 1920.Les gens qui s\u2019y retrouvent vivent des vies à l\u2019évidence confortables.Leur jeu d\u2019été se poursuit souvent en hiver au sud des États-Unis Au galop Mais ce sont les courses de chevaux qui demeurent les plus visibles et les plus populaires.Dans l\u2019après-guerre, les courses sont momentanément interrompues pour reconstruire l\u2019hippodrome Blue Bonnets, devenu le point de référence du genre.Depuis 1943, on y trouve des courses attelées.En 1958, le financier Jean- Louis Lévesque, qu\u2019on connaît comme courtier en valeurs et propriétaire de plusieurs entreprises, rachète les hippodromes Blue Bonnets et Richelieu.Il construit un bâtiment de grand prix pour accueillir les amateurs de paris.En 1965, c\u2019est le financier Paul Desmarais, de Power Corporation du Canada, qui prend à son tour le contrôle de Blue Bonnets.En 2006, le sénateur libéral Paul Massicotte prend le contrôle des activités de l\u2019hippodrome de Montréal.Joint au Japon par Le Devoir, le sénateur affirme que les courses à Blue Bonnets sont mortes à cause de « la mauvaise gestion des Ludoplex par Loto-Québec et non d\u2019une intention gouvernementale ou de l\u2019industrie ».En marge du ter rain de course, on avait installé des salons de jeu.Le sénateur et homme d\u2019af faires indique aussi qu\u2019un « mauvais jugement » des hommes de chevaux est en cause.L\u2019association des hommes de chevaux a refusé la dernière offre substantielle du gouvernement en espérant que quelque chose d\u2019autre viendrait.Une triste histoire, dit-il.Le Devoir MONTRÉAL, C\u2019EST DU SPOR T (7/10) À cheval sur l\u2019histoire ARCHIVES DE LA VILLE DE MONTRÉAL Le Club de chasse Montreal Hunt Club, entre 1880 et 1900 B erlin \u2014 Laurent Dubreuil a terminé au sixième rang de la deuxième épreuve de 500 m remportée par le Russe Ruslan Murashov, dimanche, à la Coupe du monde de patinage de vitesse longue piste de Berlin, en Allemagne.Dubreuil, de Lévis, a accusé un déficit de 0,29 seconde sur Murashov, auteur d\u2019un chrono de 34,81 secondes.Les Hollandais Ronald Mulder et Kai Verbij ont complété le podium, respectivement à 0,06 et 0,17 seconde derrière.Murashov dispose maintenant d\u2019une avance de 20 points au classement de la discipline devant son compatriote Pavel Kulizhnikov.«J\u2019ai mieux fait dans ce 500m cette fois-ci, a convenu Du- breuil, en référence à sa 15e place signée vendredi lors du premier 500m.Mon départ a été meilleur que vendredi et j\u2019ai été beaucoup plus agressif dans les virages.J\u2019ai éprouvé des ennuis dans le deuxième virage, mais je suis satisfait d\u2019avoir pu rattraper le temps perdu.» L e Q u é b é c o i s â g é d e 24 ans est ensuite retourné en piste pour l \u2019épreuve de 1000 m, et il a abouti en septième place, tout juste derrière son compatriote Vincent De Haître, d\u2019Ottawa.Il s\u2019agissait du meilleur résultat de Dubreuil en carrière sur 1000 m chez les seniors.« La course de 1000 m s\u2019est très bien passée, a déclaré le principal intéressé.J\u2019ai dépensé moins d\u2019énergie que je ne l\u2019avais fait samedi sur les premiers 600m, tout en allant encore plus vite.C\u2019est de loin mon meilleur résultat jamais obtenu sur 1000 m et cela me place dans une très bonne position pour les championnats du monde de distances individuelles qui se dérouleront dans deux semaines, ainsi que pour les Championnats du monde de sprint qui auront lieu dans un mois à Calgary.» Verbij a triomphé en 1 minute 09 secondes 08, devant le Norvégien Havard Holmefjord Lo- rentzen et l\u2019Allemand Nico Ihle.Agence France-Presse PATINAGE DE VITESSE Laurent Dubreuil termine 6e du 500 m à Berlin F R A N Ç O I S B O N T O U X à Melbourne E n remportant son 18e titre du Grand Chelem en Australie, Roger Federer a probablement éteint pour quelque temps la discussion : c\u2019est bien lui le plus grand joueur de l\u2019histoire du tennis.Il y eut cer tes l\u2019Australien Rod Laver, qui cumula onze titres majeurs malgré les années « perdues » sur le circuit professionnel, distinct à son époque de celui des Grands Chelems ; Bjorn Borg, qui posa sa raquette à 25 ans avec le même total, ou Rafael Nadal (14), qui le domine encore nettement dans leurs combats singuliers.Voire Novak Djoko- vic (12), s\u2019il recommence à faire grossir sa collection.Mais pour l\u2019instant l\u2019armoire à trophées de Federer défie toute comparaison : 7 Wimble- d o n , 5 U S O p e n , 5 Open d\u2019Australie, 1 Ro- land-Garros, 6 Masters, 1 Coupe Davis et même un titre olympique (en double) : 89 tournois gagnés au total et 302 semaines passées à la première place mondiale.Et maintenant le Suisse s\u2019approche des records de longévité : à 35 ans il est le deuxième plus vieux vainqueur en Grand Chelem après l\u2019Australien Ken Rosewall.Il ne lui manque que d\u2019avoir gagné la médaille d\u2019or olympique en simple et d\u2019avoir réussi le vrai Grand Chelem, les quatre à la suite la même année, comme Laver en 1962 et 1969.Le style Federer La gloire de Federer, ce ne sont pas seulement des chiffres, mais aussi un style : offensif, inspiré, élégant, aérien, précis, risqué, fragile\u2026 tout pour faire fondre le public, qui le soutient dans le monde entier, y compris parfois contre ses nationaux.Pour son grand rival Nadal, un mot résume le tennis de Federer : « par fait » : « Il a un service parfait, une volée parfaite, un coup droit plus que par fait, un revers par fait, il est très rapide, tout est parfait chez lui », dit l\u2019Espagnol.Et en plus, le Suisse a l\u2019avantage de n\u2019être presque jamais blessé.Il a subi la première opération de sa vie, à un genou, en 2016\u2026 après s\u2019être fait mal en donnant le bain à ses filles.Cette grandeur n\u2019est pas tombée du ciel.Certes, le talent a été précocement détecté chez ce garçon né à Bâle en 1981.Mais ce «diamant brut à polir », selon sa propre expression, a dû réprimer un côté dilettante et une vilaine tendance à balancer sa raquette quand les choses ne tournaient pas comme il le voulait.C\u2019est pour cela que, contrairement aux Borg, Connors, Sampras ou Nadal, il a dû attendre sa sixième année sur le circuit pour soulever son premier trophée majeur, à Wimbledon en 2003, à presque 23 ans.Cet accomplissement, dans le tournoi qu\u2019il chérit entre tous, a sonné le début d\u2019un festin de titres du Grand Chelem : o n z e e n q u a t r e s a i s o n s de 2004 à 2007.La concurrence d\u2019alors, les Lleyton Hewitt et Andy Roddick au premier rang, est écrabouillée.Les choses se corseront lorsqu\u2019arriveront à maturité Nadal et Djoko- v i c , m a i s F e d e r e r continuera à gagner et la légende s\u2019enrichira de matchs épiques, comme les deux finales de Wimbledon de 2007 (gagnée) et 2008 (perdue) contre l\u2019Espagnol.Sa popularité, elle, ne faiblit jamais.Car en plus d\u2019être un spor ti f hors norme, le Suisse est aussi le gendre idéal : amoureux depuis près de vingt ans de la même femme, Mirka Vavrinec, une ancienne joueuse de tennis d\u2019origine slovaque qu\u2019il a rencontrée aux Jeux de Sydney en 2000, père attentionné de quatre enfants (des jumelles et des jumeaux), engagé dans l\u2019action caritative, notamment en Afrique du Sud, le pays d\u2019origine de sa mère, l\u2019ami de Tiger Woods et de Pete Sampras fait presque l\u2019unanimité, même chez ceux qu\u2019il mar tyrise sur le cour t.« J\u2019aimerais te détester, mais tu es trop sympa », lui dit Rod- dick après une f inale de Wimbledon.F e d e r e r « a ime donne r l\u2019image de quelqu\u2019un de bien », ce qui passe par un professionnalisme sans faille auprès des médias, auxquels il répond inlassablement dans les quatre langues qu\u2019il maîtrise : le suisse allemand, l\u2019allemand, l\u2019anglais et le français.Rares sont ceux qui estiment que le champion est un peu trop conscient de son génie et peu porté sur l\u2019autocritique.Agence France-Presse TENNIS Open d\u2019Australie : Roger Federer, le plus grand Roger Federer L E D E V O I R , L E L U N D I 3 0 J A N V I E R 2 0 1 7 SUR LA ROUTE B 5 Les améliorations de service annoncées par la Société de transpor t de Montréal en début d\u2019année n\u2019ont que peu d\u2019impacts sur le terrain, estiment les chauf feurs d\u2019autobus.Pire, ces modifications pourraient nuire à cer tains secteurs de la ville déjà en mal de transport collectif.F L O R E N C E S A R A G .F E R R A R I S L es chauf feurs d\u2019autobus montréalais sont à bout de souffle.Aux prises avec de plus en plus d\u2019impondérables, ils sont incapables de répondre aux attentes et cumulent les retards depuis plus d\u2019un an.Premiers sur la ligne de front, ce sont eux qui doivent, quotidiennement, encaisser les commentaires des passagers en colère, quand ils ne doivent pas, tout simplement, en laisser sur le trottoir, faute de place dans leur véhicule.«Le métier de chauffeur d\u2019autobus n\u2019a jamais été aussi dif fi- cile, lance sans ambages le président du Syndicat des chauf feurs d\u2019autobus, opérateurs de métro et employés des ser vices connexes au transport, Renato Carlone.Je fais ce métier depuis 27 ans et je pense que je n\u2019ai jamais eu autant de collègues découragés ou, pire, qui avaient envie de faire autre chose.» La source du problème ?Les heures de passage promises par la Société de transport de Montréal (STM) \u2014 dont les fameux dépar ts toutes les 10 minutes \u2014 qui sont, selon lui, complètement irréalistes puisqu\u2019elles ne tiennent pas compte des réalités du terrain.« Les chauf feurs sont coincés dans ces temps, avance le président de l\u2019entité syndicale.Pour y arriver, il faudrait qu\u2019ils commettent des infractions, dépassent les limites de vitesse permises.Il y en a qui le font, c\u2019est cer tain, mais les autres arrivent en retard.» Augmentation relative Les quelque 100000 heures de services supplémentaires annoncées par la STM au début du mois de janvier devraient toutefois, à terme, aider les chauf feurs à accomplir leurs tâches quotidiennes.C\u2019est du moins l\u2019objectif, souligne le chef de division de la planification du service de la STM, Michel Tremblay.«Notre but est de parfaire la performance du réseau, explique-t-il.De faire en sorte que nos services soient plus ponctuels et, ainsi, améliorer l\u2019expérience des usagers.» Mais 100 000 heures de plus ne veulent cependant pas dire 100 000 départs de plus.En effet, sur ce nombre d\u2019heures, plus de la moitié seront plutôt consacrées à des changements de temps de parcours, afin que les chauf feurs aient plus de temps, justement, pour ef fectuer leur course quotidienne.Pour les usagers, cela veut dire que les temps de passage af fichés ont été revus pour mieux correspondre à la réalité de ceux qui conduisent les véhicules.Des vérifications faites auprès des centres de transport à l\u2019aide de données ouvertes de la STM, compilées et analysées par l\u2019application Transit, on t cependant per mis de constater que ces changements tardent à se faire sentir sur le terrain.Pire, dans certains cas, les horaires ont été modifiés, non pas en ajoutant un supplément de temps, mais en réduisant le nombre de minutes alloué au battement entre les arrivées et les départs.« En fait, ce qu\u2019on remarque surtout, c\u2019est que, dans bien des cas, le nombre de passages a été légèrement augmenté, mais ça s\u2019est traduit par une réduction du temps de parcours, précise Renato Carlone, avec un soupir de découragement.Ce que ça veut dire, c\u2019est que les chauffeurs ont moins de temps entre chaque course.Cette dernière commence donc déjà avec un léger retard.En ajoutant à ça la congestion, les travaux, les intempéries\u2026 Il est pratiquement impossible à rattraper.» Équité territoriale Toujours à la lumière des données fournies par Transit, on constate que certains secteurs ont vu, au cours des deux dernières années, leur offre de transport bonifiée.C\u2019est le cas, par exemple, des quartiers du Sud-Ouest où le service a été amélioré, notamment pour atténuer les effets des chantiers de l\u2019échangeur Turcot, du futur pont Champlain et de l\u2019autoroute Bonaventure.Idem à Dorval, dans le secteur de l\u2019aéroport, et à Saint- Laurent, où un nouveau pôle économique est en plein essor.Dans ces deux cas précis, ce sont plutôt des raisons économiques qui justifient ces améliorations de ser vice.« Quand nous faisons des ajustements, nous essayons d\u2019anticiper les besoins des usagers, note Michel Tremblay de la STM.Nous prenons en compte les nouveaux secteurs d\u2019emplois, par exemple.» À l\u2019inverse, d\u2019autres quartiers ont plutôt connu une baisse du nombre de passages sur cer tains tronçons du réseau.Dans l\u2019est de la ville, ces dernières touchent notamment les lignes nord-sud des boulevards Saint-Michel et Pie-IX.L\u2019autobus desservant l\u2019est vers le centre-ville dans la rue Notre-Dame a, lui aussi, vu son horaire s\u2019éclaircir au cours des derniers mois.«Ce qu\u2019on comprend \u2014 et ça s\u2019explique très bien quand on connaît la réalité budgétaire avec laquelle doit composer la STM \u2014, c\u2019est qu\u2019une augmentation de services quelque part se traduit presque nécessairement par une baisse ailleurs», avance Félix Gravel, responsable des campagnes de transport pour le Conseil régional de l\u2019environnement de Montréal (CRE- Mtl).Et en effet, les données colligées par Transit montrent que le nombre d\u2019heures de service du réseau de sur face n\u2019a que très peu augmenté entre le premier trimestre de 2016 et celui de 2017.On parle tout au plus d\u2019une hausse de 0,04%.Ce que l\u2019urbaniste de formation comprend moins bien, c\u2019est pourquoi, une fois de plus, les quartiers de l\u2019est sont les plus touchés.« C\u2019est sans doute une question d\u2019achalandage, mais en même temps, les populations de ces secteurs dépendent des transports en commun, et ce sont déjà eux qui sont les moins bien desservis.Collectivement, on n\u2019a pas le luxe de leur en enlever ! » Le financement, le nerf de la guerre Félix Gravel reconnaît toutefois que la STM fait sans doute de son mieux avec les ressources dont elle dispose.Depuis 2014, l\u2019organisation doit composer avec des budgets pratiquement fixes, très peu d\u2019argent frais ayant été insufflé pour les transports collectifs, tant du côté du gouvernement du Québec que de la Ville de Montréal.Au mieux, les enveloppes consacrées au déploiement et au maintien du réseau n\u2019ont pas diminué.Cette stagnation s\u2019est traduite, en 2015, par une baisse d\u2019achalandage pour l\u2019ensemble du réseau, une première en près d\u2019une décennie.« Ça fait au moins dix ans qu\u2019on demande à la STM de faire plus avec moins, déplore Félix Gravel du CRE-Mtl.Plus, parce qu\u2019elle doit continuer à desservir l\u2019ensemble de l\u2019île, tout en s\u2019assurant que son parc roulant vieillissant tienne la route et moins, parce que, côté financement, ça fait des années que c\u2019est le statu quo.Mais on ne pourra pas s\u2019acharner à essayer d\u2019optimiser les ressources pendant encore longtemps\u2026 Pas si on veut que les gens continuent de choisir les transports collectifs au quotidien.» Le Devoir TRANSPORT COLLECTIF En rajouter là pour en enlever ailleurs Faute de financement adéquat, la STM ne réussit qu\u2019à améliorer partiellement son réseau d\u2019autobus PEDRO RUIZ LE DEVOIR Dans l\u2019est de la ville, des baisses de service touchent notamment les lignes nord-sud des boulevards Saint-Michel et Pie-IX.Voies réservées ?Une bonne façon d\u2019améliorer la fiabilité et la régularité d\u2019un service de transport collectif est de réserver des voies aux autobus en transit, notamment sur les artères principales des villes.Ces voies permettraient aux véhicules de la STM de circuler plus aisément d\u2019un secteur à l\u2019autre, et ce, malgré les bouchons de circulation.À l\u2019heure actuelle, la société de transport dispose d\u2019une centaine de kilomètres de voies réservées sur l\u2019ensemble du territoire qu\u2019elle dessert.Ces dernières sont toutefois bien souvent limitées dans le temps, c\u2019est-à- dire qu\u2019elles visent surtout les heures de pointe, ce qui fait en sorte qu\u2019on trouve régulièrement des automobilistes stationnés dans ces voies même au cours des périodes d\u2019interdiction.En ce sens, la Ville de Montréal et la STM demandent, depuis quelques années, au ministère des Transports du Québec de statuer sur le sort de certaines artères pour que l\u2019ajout de voies réservées soit possible.C\u2019est le cas, par exemple, de la rue Saint- Denis, du boulevard Saint- Laurent, de l\u2019avenue Papineau et de la rue Saint- Urbain.Ces demandes sont toutefois toujours en attente.221 C\u2019est le nombre de lignes d\u2019autobus que comprenait le réseau de la STM en janvier 2017.Sur ce nombre, 67 ont vu leur nombre de départs prévus diminué par rapport à 2016.À l\u2019inverse, une quarantaine de lignes ont plutôt connu une augmentation au cours de la même période.Source : Transit (données ouvertes de la Société de transport de Montréal) Voir aussi \u203a Une carte illustrant l\u2019augmentation et la réduction du service sur les lignes d\u2019autobus entre 2015 et 2017.Sur le site Web et l\u2019application tablette du Devoir. L E D E V O I R , L E L U N D I 3 0 J A N V I E R 2 0 1 7 É T H I Q U E E T R E L I G I O N S B 6 L E S P E T I T E S A N N O N C E S AVIS DE DÉCÈS Courriel : petitesannonces@ledevoir.com Téléphone : 514 985-3322 Télécopieur : 514 985-3340 AHUNTSIC - 5 1/2 - AUBAINE ! 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l\u2019IVG doit rester légale.Mais ont-ils les moyens de leur ambition?Nomination du nouveau juge de la Cour suprême Si dans sa vie d\u2019homme d\u2019affaires et de médias Donald Trump était ouvertement pro- choix et ne semblait pas vraiment attaché à la religion ni même aux valeurs morales de l\u2019Église, sa position a radicalement changé et s\u2019est même durcie.« Son positionnement dans la campagne d\u2019abord des primaires puis de l\u2019élection générale sur la question de l\u2019avortement, de la famille, des libertés religieuses, du mariage pour tous relève strictement de l\u2019opportunisme électoral pour convaincre un bloc déterminant de l\u2019électorat républicain, les \u201cconservateurs sociaux\u201d, explique Vincent Michelot.C\u2019était d\u2019autant plus important, capital même, que cela lui permettait de creuser le désaccord avec Hillary Clinton et de la faire apparaître comme la grande prêtresse de la décadence morale et de la permissivité.» Une fois élu, il a alors nommé comme vice-président Mike Pence, un farouche opposant à l\u2019IVG qui a signé, en tant que gouverneur de l\u2019Indiana, une loi empêchant les femmes d \u2019 avor ter en cas d\u2019anomalie chromosomique, rappelle Slate.Outre les vœux de réduire les fonds alloués au Planned Parenthood (le planning familial américain), de dérembourser la contraception, la nomination du neuvième juge de la Cour suprême reste le principal enjeu de la lutte entre « pro-vie » et « pro-choix ».Et c\u2019est au président qu\u2019il appartient de proposer un nom pour remplacer le conservateur Antonin Scalia, décédé en février 2016.« Les démocrates sont furieux, car cette nomination aurait dû être faite par Obama, qui avait proposé le nom de Merrick Garland, un juge fédéral progressiste modéré », explique Vincent Michelot, professeur d\u2019histoire politique des États- Unis à Sciences-Po L yon et spécia l is te de la Cour suprême.Mais la commission judiciaire du Sénat en a décidé autrement et a tout simplement refusé de tenir les auditions pendant plus de huit mois, un blocage sans précé- dent dans l \u2019histoire américaine.«Le président de la commission, à majorité républicaine, en avait le pouvoir ; il l\u2019a exercé avec un cynisme parfait », précise-t-il tout en ajoutant que le Sénat est gouverné par des règles complexes.Sans grande surprise, Donald Trump devrait donc proposer la semaine prochaine à la commission judiciaire de la Chambre haute le nom d\u2019un juge conservateur pour occuper le siège, ce qui porterait à 5 le nombre de juges conser- v a t e u r s ( d o n t d e u x t r è s conservateurs), les progressistes restant à 4 (dont Ruth Bader Ginsburg, qui, elle, est très progressiste).Le processus est rodé.Le FBI conduira une enquête approfondie, puis des auditions seront fixées pour entendre le juge désigné et les associations de tous bords qui souhaitent faire valoir leur point de vue.À l\u2019issue des témoignages, la commission votera, probablement sur des lignes par tisanes.Le juge désigné devra alors être confirmé à la majorité simple par le Sénat en séance plénière.«Mais alors quelle marge de manœuvre pour les démocrates?\u201cLa flibuste [une manœuvre dilatoire] !\u201d», signale Vincent Michelot.Une minorité de sénateurs (40 sur les 100 au total) peut, en effet, s\u2019opposer à une décision.Sur les 100 sénateurs actuels, 52 sont républicains et 46 démocrates (plus deux indépendants affiliés).La procédure est donc envisageable pour tâcher de bloquer le processus de nomination d\u2019un juge républicain à la Cour suprême.Mais le professeur prévient : « Le combat sera procédurier et long.» Surtout, cette pratique peut être aussi contournée par le Sénat.«La flibuste s\u2019applique dans dif férents domaines, mais la Chambre haute peut décider à la majorité simple d\u2019exclure certaines procédures», comme\u2026 la nomination d\u2019un juge de la Cour suprême si la majorité en fait la demande.Or, si les républicains n\u2019ont pas la majorité qualifiée de 60 sièges pour mettre fin à une flibuste, ils disposent bien de 52 voix.Impact de la mobilisation populaire Si le champ des possibles semble se restreindre pour les démocrates, la mobilisation populaire en faveur du droit des femmes peut-elle avoir une incidence sur la façon d\u2019agir du Sénat ?Les manifestations monstres qui se sont déroulées à Washington le 21 janvier dernier, ont prouvé l\u2019importance de cette question au sein de l\u2019opinion américaine.Mais « il y a un hiatus entre le Congrès des États-Unis et ce qui se passe dans la rue, rappelle Vincent Michelot.Et quand bien même des millions de personnes se mobiliseraient, ce n\u2019est pas elles qui signent les décrets, nomment, légifèrent, ratifient les traités ou approuvent les nominations.» Certes, il existe un fort sentiment populaire contre la politique de Tr ump, mais il y a aussi des électeurs et des élus très conservateurs qui voient, avec l\u2019arrivée du milliardaire à la tête des États-Unis, la possibilité d\u2019inscrire dans le marbre certains sujets du domaine so- ciétal.La question mobilise autant le camp conservateur que le camp progressiste.«Reculer parce qu\u2019il y a des manifestations, ce n\u2019est même pas une possibilité pour les conservateurs.Ils ont tellement attendu ce moment , de fa i t depuis 1981», souligne l\u2019universitaire.L\u2019arrêt Roe c.Wade en péril ?Avec les dernières données en tête, il est donc évident de se demander si l\u2019arrêt Roe c.Wade de la Cour suprême datant de 1973 et qui protège constitutionnellement l\u2019avortement est en passe d\u2019être renversé.« C\u2019est beaucoup plus compliqué », assure Vincent Michelot.Cet arrêt pose en effet un principe général (la Constitution protège l\u2019exercice du droit à l\u2019intimité), mais les États fédérés testent constamment les limites de ce droit, inventant mois après mois des dispositions qui restreignent considérablement l\u2019accès à l\u2019interruption de grossesse tout en préservant en façade la théorie constitutionnelle.Le Texas en est l\u2019exemple le plus probant.Un texte législatif adopté en 2013 imposait « aux cliniques pratiquant des avortements de posséder un plateau chirurgical digne d\u2019un milieu hosp i ta l i e r » , rappe l le Le Monde.À cause de cette législation, plus de la moitié des cliniques auraient dû fermer.Les médecins qui pratiquaient ce type d\u2019inter vention devaient aussi «disposer d\u2019un droit d\u2019admission de leurs patientes dans un hôpital local », précise le site.La loi fut perçue par toutes les associations de défense des droits des femmes comme la plus régressive et la plus violente jamais adoptée par un État depuis l\u2019arrêt Roe.À leur plus grande satisfac- t ion, la Cour suprême, en juin 2016 dans l\u2019arrêt Whole Woman\u2019s Health et al.c.Hel- lerstedt, a frappé la plupar t des dispositions de cette loi d\u2019inconstitutionnalité.Le processus judiciaire est long, mais simple : si des personnes physiques ou morales estiment que des lois entrées en vigueur violent leurs droits constitutionnels, elles peuvent en attaquer la constitutionnalité, d\u2019abord devant un tribunal fédéral de première instance, puis faire appel devant un tribunal fédéral le cas échéant et enfin, en dernier recours, saisir la Cour suprême des États- Unis qui a tout loisir d\u2019accepter d\u2019entendre l\u2019af faire ou de refuser la saisine.« Chaque année, il y a environ 10 000 demandes de saisine, mais environ 70 cas, seulement, sont traités », explique-t-il.En 1965, l\u2019État du Connecticut avait attaqué Estelle Gris- wold qui officiait à la tête d\u2019un centre de planning familial, estimant qu\u2019elle violait le Coms- tock Act interdisant tout usage de substance ou de matériel susceptibles d\u2019entraver la fécondation.Estelle Grisworld fit alors appel de sa condamnation devant la Cour suprême qui invalida la fameuse loi au motif qu\u2019elle allait à l\u2019encontre « du droit à l\u2019intimité ».Une décision qui ser vira de base pour de nombreux autres cas comme celui de Roe c.Wade en 1973, qui a permis de reconnaître l\u2019avortement comme un droit.«Ce droit à l\u2019intimité pro t ège l e s f emmes \u2014 l e s hommes aussi d\u2019ailleurs, notamment dans le domaine de la sexualité \u2014, mais il n\u2019existe pas de droit absolu», tempère Vincent Michelot.Et si la nomination d\u2019un juge de la Cour suprême est d\u2019une importance capitale, Vincent Michelot rappelle qu\u2019il existe différentes teintes de conservatisme et de progressisme en son sein.« En fonction des sujets abordés, certains juges peuvent avoir des positions plus ou moins conservatrices ou progressistes.C\u2019est le cas notamment du président Roberts ou encore de Anthony Kennedy, précise-t-il.L\u2019un et l\u2019autre, sur l\u2019assurance maladie, le mariage pour tous et même l\u2019avortement, ont pu voter avec les progressistes.» Reste à savoir quelle sera la position des juges conser vateurs de la Cour suprême face à des lois des États fédérés qui tendent à limiter l\u2019accès à l\u2019IVG.Rien qu\u2019entre 2010 et 2016, 338 législations de ce type ont été adoptées dans les États américains, selon le Guttmacher Institute.Libération ANALYSE Avec Trump, le droit à l\u2019avortement est-il réellement menacé aux États-Unis ?ANDREW CABALLERO-REYNOLDS AGENCE FRANCE-PRESSE «Légal ou non, ça reste un péché», indique une pancarte lors de la manifestation contre l\u2019avortement vendredi à Washington.Reculer parce qu\u2019il y a des manifestations, ce n\u2019est même pas une possibilité pour les conservateurs.Ils ont tellement attendu ce moment, de fait depuis 1981.Vincent Michelot, professeur d\u2019histoire politique des États-Unis « » L E D E V O I R , L E L U N D I 3 0 J A N V I E R 2 0 1 7 C U L T U R E B 7 À L A T É L É CANAUX 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 23h30 minuit RC Le Téléjournal 18 h District 31 Lâcher prise Ruptures Les pays d'en haut Le Téléjournal Marina Orsini TVA TVA nouvelles Le Tricheur Piment fort Beaux malaises L'échappée / L'effet domino Karl & Max / Double jeu TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque 23h35 Deux filles le matin TQ Cochon dingue Subito texto Ça vaut le coût De garde 24/7 National Geographic Microphone / Dumas Like-moi! Appendices Un chef à la cabane Banc public V Coup de foudre Souper parfait L'arbitre Taxi payant Recettes pom Lip Sync Battle Lip Sync Battle En mode 22h50 Espace Découvertes 23h50 Infopub Zone Séduction RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal RDI économie Le National Le National 24/60 TV5 17h50 Champi.Journal FR Marchés sur terre La face cachée / La face cachée de la Libération Jusqu'au dernier Journal/ Afrique 23h40 Profilage / Renaissance D Douanes Douanes: Can Enchères Enchères Déconstruire la ville Des idées payantes Scènes de crime Douanes Douanes: Can Douanes VIE Comment rén.ByeMaison On efface et on recommence Les McGillivray déménagent Mariage à l'aveugle Raté rénos! Design V.I.P.Jo Frost: Nanny sur la route Médium MAX Espace Découvertes Mémoire sous enquête PRISE EN OTAGE (2014) avec Jodelle Ferland, Diane Neal.911 911 Souper parfait Souper parfait La loi & l'ordre VRAK.TV Med Med Lourd Lourd Les 100 / Spationaute Code F.Rencontrée Charmed / Le maudit Filles fauchées Big Bang Hors d'ondes RDS 17h00 Le 5 à 7 Hockey 360° Blitz Classique de hockey L'antichambre (D) Sports 30 Destination ski De sentiers Sport en liberté HISTORIA Poirier enquête Traqueurs Trésors décodés Hangar 1: dossier OVNI L'épave milliardaire Route 66 Dieux du ciel De l'acier et du feu / Le shotel FantomWorks ARTV Downton Abbey PaparaGilles Toi et moi Les dieux de la danse Lumière sur.RéelleMENT / Guérilla Transparent Toi et moi EXPLORA Le voyage de la vie Animal Fight Club (v.f.) Ajustez cerveau Pharmachien Vivre loin du monde Un film, une histoire Concevoir l'impossible Idées de génie SÉRIES+ La loi et l'ordre: Crimes sexuels Scandale / En roue libre Les enquêtes du NCIS / Charade Nouvelle-Orléans / De vieux os NCIS: Los Angeles La firme / Chapitre vingt-un La loi & l'ordre Z Des jobs de fous Smashs Rois du drag Killjoys / Un contrat aride Vikings / Aux portes de la ville Beauty & the Beast Star Trek: Enterprise Infiltration C.SAVOIR Encore plus Chastena/ Thèse MTL innovante Quoi de neuf Saint-Laurent Table/ Idées Encore plus Chastena/ Thèse MTL innovante Quoi de neuf Saint-Laurent Table/ Idées Génération Y ÉVASION Structures insolites #TamyUSA Ultimate Airport Dubai Hotel impossible À vos risques et périls Hotel impossible Rois illusion TFO Flip Subito texto Boum, canon Lightning Point 20h05 Danse tes rêves PARTIR (2009) avec Sergi López, Kristin Scott Thomas.Carte de visite Cinépop 17h40 MARIAGE EN LIGNE 19h10 NOUS NE SOMMES PAS DES ANGES (1989) MAUVAIS OEIL (1998) Carla Gugino.22h40 CADAVRES (2008) avec Julie LeBreton, Patrick Huard.SÉcran 16h55 HUNGER GAMES: LA .19h15 SEMBLALES (2015) avec Kristen Stewart, Nicholas Hoult.LE GRAND SAUT (2014) Helen Hunt.22h35 FEUILLES MORTES (2016) Roy Dupuis.Cinéma Planète Sauvé Nounous Un homme, des engins Gr.réalisateurs Gr.réalisateurs Faits divers le mag Le jugement d'Hadwin Faits divers le mag MATV Montréalité UrbArt CurieuseCité Mtl je thème Mise à jour Mosaïque Génération Z Studio direct Montréalité Mise à jour Mosaïque CBC CBCNews On the Money marketplace Coronation St.Murdoch Mysteries Pure / Funeral CBC News: The National On the Money Coronation St.Rick Mercer CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang Gotham Lucifer / A Good Day to Die Quantico / JMPALM CTV National News Montreal 0h05 Daily S.GBL 17h30 News Global National E.T.Canada Ent.Tonight The Good Place Madam Secretary Timeless / Karma Chameleon Global News 23h35 Stephen Colbert ABC News at 6 World News Local 22 News Inside Edition The Bachelor Quantico / JMPALM News at 11 23h35 Jimmy Kimmel Live CBS Channel 3 News at Six Evening News Ent.Tonight The Big Bang Kevin Can Wait Odd Couple Odd Couple Scorpion / Little Boy Lost Ch.3 News 23h35 Stephen Colbert NBC NBC5 @ 6 NBC News Jeopardy! Wheel Fortune Celebrity Apprentice / I'm Going Full Ballmer / Steve Ballmer Timeless / Karma Chameleon NBC5 @ 11 23h35 The Tonight Show PBS (33) PBS NewsHour PBS NewsHour Antiques Roadshow Antiques Roadshow POV Business Charlie Rose PBS (57) News America Business PBS NewsHour Antiques Roadshow Antiques Roadshow Mary Tyler Moore: A Celebration World News Charlie Rose UNIS Pense vite! Bizarroscope Elles pêchent Goût du pays Couleurs locales Belle-Baie / La vie continue Maman?Non merci! Balade Tor.Angela, 15 ans HBO 17h25 BillMaher 18h25 FINAL DESTINY (2016) Kerry Condon.The Young Pope The Young Pope Becoming Warren Buffett The Young Pope AddikTV Les pouvoirs de Toby Les recrues de la 15e Amis et assassins / Ami fatal Chicago Fire: Caserne 51 Il était une fois Le trône de fer Mr.Robot TVA Sports 17h30 #Lavoie #Lavoiedubé LCH Hockey - Match des espoirs (D) Dave Morissette en direct Le TVA sports LCH Hockey - Match des espoirs 01/30 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 23h30 minuit Nos choix ce soir LE DERNIER AMI DE L\u2019HOMME Ce documentaire d\u2019Hélène Choquette (Unité 9 le documentaire, Grande fille !) s\u2019intéresse avec toute la délicatesse qu\u2019il faut au lien particulier qui unit des itinérants à leur fidèle compagnon à quatre pattes.Chienne de vie, RDI, 20 h NE PAS EN AVOIR La non-maternité par choix est encore une option de vie dont on ne tient pas nécessairement à se vanter\u2026 La réalisatrice Magenta Baribeau, qui tient depuis neuf ans le blogue Maman?Non merci !, aborde de front cette question délicate, ici et en Europe.Maman?Non merci !, UNIS, 22 h MARY, L\u2019INDÉPENDANTE L\u2019actrice et réalisatrice Mary Tyler Moore nous a quittés la semaine dernière.C\u2019est pourquoi la télévision publique américaine rediffuse ce documentaire datant de 2015, en forme d\u2019hommage à cette pionnière du petit écran, qui a incarné des femmes modernes et indépendantes.Mary Tyler Moore : A Celebration, PBS, 22 h Amélie Gaudreau Vous êtes tombé dessus par hasard à la télévision.Surpris par la pluie, vous l\u2019avez choisi par dépit au cinéma ou au club vidéo.À l\u2019inverse, vous avez ardemment attendu sa sortie.Vous savez, ce film qui vous a marqué.F R A N Ç O I S L É V E S Q U E L a Marche des femmes du 21 janvier 2017 aura débouché sur un constat doux- amer.D\u2019une part, ce mouvement mondial est venu rappeler la capacité de solidarité dont les femmes sont capables.Voilà pour la « douceur ».D\u2019autre part, la nécessité de se rassembler découlait du fait que, hélas, non seulement la lutte pour l\u2019égalité n\u2019est pas terminée, mais il apper t au surplus qu\u2019aucune avancée n\u2019est acquise.Voilà pour l\u2019amertume.Dans ce contexte de mobilisation qui se poursuit, il fait bon revisiter le film Julia, une histoire d\u2019amitié au long cours entre deux femmes de convictions.C\u2019est le coup de cœur de Monick Coupal.Sorti en 1977 et basé sur un chapitre des Mémoires de la dramaturge américaine Lillian Hellman intitulés Pentimento, Julia conte, avec force ellipses, les grandes étapes de l\u2019amitié qui l\u2019unit des années 1910 aux années 1940 à « Julia», pseudonyme d\u2019une riche héritière en porte-à-faux avec les valeurs de son temps.Partie étudier la médecine en Europe, Julia (Vanessa Redgrave) intègre un mouvement clandestin antinazi.Pendant ce temps, aux États-Unis, Lilly (Jane Fonda) tente de percer au théâtre et entretient une liaison explosive avec Dashiell Hammett (Jason Robards), auteur du roman Le faucon maltais.Courage et révolte « Je devais avoir 20 ans lorsque j\u2019ai vu Julia.Wow ! Pour la première fois, je voyais au cinéma une histoire d\u2019amitié entre deux femmes engagées, intelligentes et belles ! Deux féministes avant l\u2019heure.Vanessa Redgrave est lumineuse dans la peau de Julia, une militante de gauche issue d\u2019une richissime famille juive de New York.Lilly, sa meilleure amie, juive elle aussi, révoltée mais plus fragile, est magnifiquement interprétée par Jane Fonda.De savoureux flash-back nous ramènent à l\u2019adolescence des deux personnages à dif fé- rents moments for ts du film.Julia va étudier la médecine à Oxford puis à l\u2019Université de Vienne, où elle s\u2019engage dans la résistance\u2026 Lilly devient une dramaturge américaine riche et célèbre.Le nazisme gagne du terrain en Europe, ce qui amène Lilly, en visite, à relever le défi de sa vie: transporter en secret, à la demande de son amie, 50 000dollars afin d\u2019aider la résistance.La tension est à son comble dans les scènes se déroulant dans le train Paris-Berlin, puis dans la séquence du café Albert, à Berlin, où Julia et Lilly se retrouvent enfin.Elles se prennent la main, échangent regards et confidences, mais doivent se quitter abruptement, car elles sont surveillées.Cette scène est bouleversante, et c\u2019est toujours là que je me mets à pleurer\u2026 J\u2019ai vu Julia à maintes reprises.Chaque fois, ce film de courage, de révolte et de peine, me chavire.Et chaque fois, il me rappelle à quel point mes amies sont im- por tantes dans ma vie.» De la dynamite Malgré un accueil critique mitigé, Julia reçut pas moins de 11 nominations aux Oscar, remportant celui du meilleur scénario adapté, ainsi que ceux des meilleures interprétations de soutien féminine (Vanessa Redgrave) et masculine (Jason Robards).Parmi les recensions positives, on trouve celle de Variety : « La chaleur et l\u2019innocente intimité de la relation entre les deux femmes durant l\u2019enfance of frent une fondation solide pour la tragédie subséquente, lorsque leurs existences divergent.L\u2019environnement d\u2019époque, brillamment recréé par la direction ar tis- tique, les costumes et le travail de coloration, complètent les performances de haut vol et la réalisation.Jane Fonda et Vanessa Redgrave, ni l \u2019une ni l \u2019autre f leur bleue dans la vraie vie, sont de la dynamite ensemble.» Cette dernière image est en effet très juste : on n\u2019a qu\u2019à penser au militantisme de Fonda contre la guerre du Viêt Nam, ou encore au fameux discours de Vanessa Redgrave aux Oscar de 1978 au sujet des «voyous sionistes».Une controverse Ironie du sort, en marge de cette inspirante histoire d\u2019amitié entre deux femmes, on en trouve une d\u2019inimitié entre deux autres : Lillian Hellman et Mary McCarthy, elle aussi féministe de gauche et auteure à succès (Le groupe).Notoire, leur haine mutuelle se trouva exacerbée par le succès du film.En entrevue au Dick Cavett Show en 1980, McCarthy accusa Hellman de mensonge compulsif dans sa vie en général et dans ses Mémoires en par ticulier.De fait, plusieurs voix se sont élevées au fi l du temps pour contester la véracité des faits relatés dans Pen- timento et Julia.S\u2019ensuivit un procès en diffamation qui avait toujours cours lorsque Lillian Hellman mourut en 1984.À noter que cet antagonisme forcené inspira une pièce à Nora Ephron, Imaginary Friends, dans laquelle McCarthy accuse Hellman de présenter la fiction comme des faits, face à une Hellman qui lui reproche de dépeindre les faits comme de la fiction.Vérité émotionnelle Dans son ouvrage Hellman in Hollywood, Bernard F.Dick résume ainsi la situation : « Tout ce que nous savons de Julia est ce que Hellman nous en a dit.Julia était son amie d\u2019enfance et elle ne révélerait jamais son nom.Son père était un millionnaire de Detroit, son oncle, un gouverneur.Julia a été élevée par ses grands-parents, qui étaient plus intéressés par sa fortune que par elle.Elle a eu une enfance fabuleuse : étés dans les Adirondacks, voyages à Rome et au Caire.Sa vie a été courte ; elle devait être au début de la trentaine lorsqu\u2019elle a été tuée par les nazis.Le reste n\u2019est que conjecture.» À cet égard, on peut se demander s\u2019il est judicieux d\u2019espérer une leçon d\u2019histoire de la part d\u2019une œuvre artistique.En cela, le film de Zinnemann vaut d\u2019abord pour son récit, qui oppose la nature épique du combat de Julia à celle, intimiste, de sa relation avec Lilly.Il s\u2019agit d\u2019une ode à l\u2019amitié, et non d\u2019un drame historique.Au fond, c\u2019est sans doute Jane Fonda qui avait raison tout du long.En entrevue avec Rolling Stone, en 1978, elle confia à propos de Julia que ce film « emmène les gens en voyage » et qu\u2019il convie les gens à « une expérience émotionnelle profonde.» Pour l\u2019anecdote, Jane Fonda était de celles qui ont marché le 21 janvier.Le Devoir Manifestez-vous Quel est votre film coup de cœur ?Dans quel contexte l\u2019avez-vous vu ?Pourquoi vous a-t-il plu à ce point ?La série durera tant qu\u2019il y aura des films.En 250 mots environ, la parole est à vous à l\u2019adresse cesfilms@ledevoir.com CES FILMS DE VOS VIES Julia, de Fred Zinnemann Une série où les lecteurs partagent un coup de cœur cinématographique 20TH CENTURY FOX L\u2019af fiche originale du film Julia, de Fred Zinneman, créée par l\u2019artiste Amsel MANIFESTE DE LA JEUNE-FILLE Texte et mise en scène : Olivier Choinière.Avec : Marc Beaupré, Stéphane Crête, Maude Guérin, Emmanuelle Lussier-Martinez, Joanie Martel, Monique Miller et Gilles Renaud.À Espace Go jusqu\u2019au 18 février.C H L O É G A G N É D I O N A près le réalisme soigné d\u2019Ennemi public et l\u2019approche documentaire de Polyglotte, Olivier Choinière renoue avec le spectaculaire de Mommy et Chante avec moi.Dans Manifeste de la Jeune- Fille, l\u2019auteur et metteur en scène propose une impressionnante et séduisante démesure au travers de laquelle la réflexion peine toutefois à surnager.Vêtus des costumes jubila- toires conçus par Elen Ewing, les sept interprètes paradent entre les podiums et présentoirs d\u2019un espace soigneusement élaboré par Max-Otto Fauteux.Les acteurs déclament les axiomes fondamentaux d\u2019une personnalité qu\u2019ils troqueront rapidement pour une autre, puis une autre, dans une interprétation aussi festive que maîtrisée.Ils incarnent des déclinaisons de cette Jeune-Fille, figure élaborée par le collectif Tiqqun au début du millénaire, ayant pour but de nommer et de rendre visibles les traits du citoyen-consom- mateur par excellence, que nous serions tous devenus.Renoncer aux artifices Ponctuellement, les interprètes retirent les masques, les accessoires et les vêtements qui caractérisent leur personnage du moment, et clameront qu\u2019ils renoncent aux artifices.Lors de ces pivots, la détresse de ces Jeunes-Filles est touchante.Elles souffrent de l\u2019impératif de s\u2019épanouir selon une ligne directrice originale et cohérente dans toutes les sphères de leurs vies.Ce bref refus façonne aussitôt un nouveau discours aux allures de tendance auquel les autres Jeunes-Filles s\u2019abandonnent pour perpétuer le cycle infini qui anime la pièce, et peut-être nos vies.Afin de montrer que les discours s\u2019accumulent et se contredisent pour tourner à vide, le spectacle les rend presque tous ridicules, notamment par l\u2019af fectation d\u2019attitudes maniérées par les interprètes, la projection d\u2019images léchées et l \u2019omniprésence d\u2019une musique r ythmée.En procédant de la sor te, Choi- nière met sur un pied d\u2019égalité la vanité de ceux qui se réclament d\u2019une adulation de la jeunesse, du do it yourself, de l\u2019écoresponsabilité et de différents militantismes, donnant ainsi à voir le relativisme à l\u2019œuvre dans notre système, en plus de faire rire.Absence de liens Ce même ridicule gomme toutefois la part de conviction présente dans ces mêmes discours.La vacuité d\u2019une parole peut-elle être examinée sans pour autant évacuer tout ce que celle-ci peut aussi contenir de sincère ?S\u2019intéressant peu à la nécessité souterraine qui façonne les Jeunes-Filles, la pièce, par ailleurs, ne rend pas bien perceptible ce qui les relie toutes.Ainsi, malgré la cohérence de la pièce et la conscience aiguë qu\u2019a Choinière de la récupération de son écriture comme marchandise, aussi lucide puisse-t-il être par rapport aux limites de son art, l\u2019enracinement de son spectacle dans le domaine de la pensée reste faible.Criant d\u2019actualité, Manifeste de la Jeune-Fille se termine au surplus sur une version assez inoffensive du constat formulé par le collectif Tiqqun\u2026 il y a déjà plus de quinze ans.Collaboratrice Le Devoir THÉÂTRE La Jeune-Fille n\u2019est pas là pour qu\u2019on la critique Olivier Choinière renoue avec la démesure pour Manifeste de la Jeune-Fille CAROLINE LABERGE Les comédiens incarnent des déclinaisons de cette Jeune-Fille, pour figurer le citoyen-consommateur que nous serions devenus. L E D E V O I R , L E L U N D I 3 0 J A N V I E R 2 0 1 7 CULTURE B 8 P H I L I P P E R E N A U D L es hérauts post-rock Mogwai arrivent demain au Théâtre Saint-Denis avec une proposition costaude : jouer intégralement la musique composée pour le documentaire Atomic, Living in Dread and Promise du réalisateur Mark Cousins, film « qui ne parle pas tant des mérites de la technologie nucléaire que des usages qu\u2019on en fait, en particulier ceux qui ont été néfastes », résume ainsi Stuart Braithwaite, guitariste et chanteur du groupe écossais qui, avec ce projet, par vient à insuf fler une conscience sociale à sa musique.Destiné à la télévision publique (BBC Four), le documentaire fut présenté une première fois en août 2015 pour commémorer le bombardement de Hiroshima, survenu soixante-dix ans plus tôt.La diffusion du film a cependant connu une vie plus longue sur scène puisque Mogwai, ravi du travail de composition accompli à la demande du réalisateur, a décidé de par tir en tournée avec ses chansons.Le groupe recréera l\u2019envoûtante et complexe trame sonore pendant que les images du film seront dif fusées derrière eux, sur la scène du théâtre Saint-Denis.Et juste comme ça, voilà Mogwai, actif depuis vingt-deux ans déjà, trouvant un nouveau souffle à travers une forme d\u2019engagement social et politique, notion auparavant absente de son œu- vre.Forcément, dirions-nous : il n\u2019est pas simple de véhiculer un message lorsque la majorité de son répertoire est instrumental, surtout depuis la sortie, en 2008, de The Hawk is Howling, son sixième album \u2014 ils en ont huit en tout, sans compter les nombreux EP et les bandes originales de films.Laboratoire musical Ainsi, la musique de film, registre auquel se prête magnifiquement bien le rock planant et expansif qu\u2019ils défendent, est devenue un laboratoire musical pour le groupe, qui s\u2019est permis d\u2019explorer de nouvelles techniques, de nouvelles structures, voire de nouvelles sonorités « que nous n\u2019aurions pas nécessairement osé aborder dans le cadre d\u2019un album studio normal», précise Braithwaite.Les guitares sont toujours aussi touf fues, les atmosphères tendues, mais l\u2019ornementation électronique que le groupe a introduite dans son œuvre avec l\u2019album Rock Action (2001) y est encore plus raf finée et scintillante.« Le travail de composition pour accompagner la trame narrative d\u2019un film a l\u2019ef fet de détourner l\u2019attention des gens vers les images en mouvement, au lieu de s\u2019attarder uniquement à la musique, estime Braithwaite.D\u2019une certaine manière, ça libère », ajoute le musicien, qui signait avec ses collègues la musique du documentaire Before the Flood, de Fisher Stevens, par u l\u2019automne dernier, sur le thème des changements climatiques.Tiens, encore un thème à portée sociale.Le quatuor écossais semble y avoir pris goût.D\u2019ailleurs, la question du nucléaire est brûlante d\u2019actualité en Grande-Bretagne, où l\u2019on s\u2019inquiète des dérapages du programme nucléaire britannique (baptisé Trident) ; l\u2019été dernier, le Parlement avait voté pour un renouvellement à grands frais de la flotte de sous-marins nucléaires.« Chez nous, en Écosse, un seul député a voté pour le remplacement de ces sous-marins, rappelle Braithwaite.Combien déjà?Presque soixante-dix ont voté contre.Ça te donne une idée du côté où penche l\u2019opinion publique écossaise dans ce dossier.» Et pour rendre la question encore plus délicate, ce programme Trident est déployé dans la base navale Clyde située à Faslane\u2026 en Écosse, à environ une heure de Glasgow.Évidemment, le programme Trident est en jeu dans le débat sur l\u2019indépendance de l\u2019Écosse.Stuart Braithwaite est un homme de peu de mots.Ceux qu\u2019il daigne partager vont directement au but.Il appuie l\u2019indépendance de l\u2019Écosse, le maintien de celle-ci dans l\u2019Union européenne, et s\u2019oppose à l\u2019armement nucléaire : « Pour être bien honnête, advenant l\u2019indépendance de l\u2019Écosse, je me tape complètement de ce qu\u2019ils feront de toutes ces armes nucléaires\u2026 du moment qu\u2019ils les éloignent de ma maison.Écoute ça : le Parlement s\u2019est opposé à ce que le programme soit ramené à une base plus au sud parce que la population était trop grande.» Une catastrophe est si vite arrivée\u2026 Le programme a été renouvelé en juillet 2016.Le mois précédent, les forces armées britanniques procédaient à un test de routine de son équipement sous-marin, au large des côtes américaines.Sauf que le système a mal fonctionné : le missile fut tiré dans la mauvaise direction\u2026 vers la Floride.«Je suis contre Trident, mais en plus, ne pas savoir viser lorsqu\u2019ils tirent un de ces missiles est plutôt troublant, pour rester poli.Ajoutez à cela que la première ministre [Theresa May, qui a pris le pouvoir deux semaines avant le vote pour le renouvellement du programme] a caché cette information aux membres du Parlement, au moment en plus où l\u2019on considère dépenser des milliards pour s\u2019en fabriquer de nouveaux est un scandale.Elle devrait démissionner.» Le musicien n\u2019est pas le seul à s\u2019indigner, si l\u2019on en croit les reportages des médias britanniques des derniers jours.La musique d\u2019Atomic a ceci de distinct qu\u2019elle est étonnamment calme, en comparaison avec le reste du répertoire de Mogwai.Parions que, sur scène, on y sentira un peu plus de rage.Collaborateur Le Devoir MUSIQUE Mogwai présente Atomic, une colère nucléaire Le groupe jouera la trame sonore pendant que les images du film seront diffusées derrière eux P aris \u2014 Entrée avec fracas dans le monde du cinéma en 1959 avec Hiroshima mon amour, l\u2019actrice française Emmanuelle Riva, décédée vendredi à 89 ans, a-t-on appris samedi, a été consacrée sur le tard avec Amour après une carrière aussi riche qu\u2019exigeante.« Chaque individu a plusieurs vies en lui.Et dans ce métier, on développe toutes ces possibilités et c\u2019est passionnant », expliquait-elle, de retour au Festival international de Cannes en 2012 pour Amour, de l\u2019Autrichien Michael Ha- neke, consacré Palme d\u2019or.Elle y incarnait Anne, une femme dont l\u2019état se dégrade et qui se dirige vers la mort dans de grandes souffrances, partagées avec son mari, joué par Jean-Louis Trintignant.Alors que la comédienne vivait ce rôle « comme une délivrance », la performance lui vaudra un César de la meilleure actrice, un Bafta britannique et une nomination aux Oscar à 85 ans, battue pour la statuette par Jennifer Lawrence (Happiness Therapy).Bien avant Hollywood, celle qui s\u2019appelait alors Paulette déclamait les classiques dans sa chambre d\u2019adolescente à Remiremont, près du petit village de Cheniménil où elle était née en 1927.À 19 ans, après des débuts de couturière et malgré les réticences de sa famille ouvrière, elle rejoint Paris pour suivre des cours d\u2019art dramatique, obtenant une bourse.En 1959, 14 ans après les premières bombes atomiques, une histoire d\u2019amour entre une comédienne française et un architecte japonais dans la ville dévastée d\u2019Hiroshima rencontre un succès mondial, amenant l\u2019actrice pour la première fois au Festival de Cannes.Puis en 1962, elle remporte le prix d\u2019interprétation à la Mostra de Venise pour le rôle de Thérèse Desqueyroux, l\u2019empoisonneuse du roman de François Mauriac.Une actrice de choix Emmanuelle Riva est alors célèbre mais, à l\u2019heure des starlettes décolorées et de la sulfureuse Brigitte Bardot, cette actrice brune aux yeux en amande refuse les choix faciles, préférant l\u2019ombre à la lumière.« Après Hiroshima mon amour, j\u2019ai énormément lutté contre la classification.Ce qui nous importe, à nous les acteurs, c\u2019est de changer de rôles », expliquait-elle à l\u2019AFP.Pendant cinquante ans, elle promène son jeu dépouillé et sa voix modulée au théâtre, à la télévision, et au cinéma, où elle joue \u2014 moins souvent les premiers rôles \u2014 sous les ordres des plus grands : Melville, Franju, Cayatte, Ara- bal, Mocky, Bellocchio, Garrel.En 1992, son rôle de matriarche implacable dans Loin du Brésil, de Tilly, la rappelle au bon souvenir des cinéphiles et elle enchaîne un an plus tard avec Bleu, de Krzysztof Kieslowski.On la verra aussi dans Vénus Beauté (Institut), de Tonie Marshall, en 1999.Elle campe les mères et les grands-mères depuis une dizaine d\u2019années quand Michael Ha- neke la propulse à nouveau dans la lumière.En 2014, elle est récompensée du prix Beaumarchais de la meilleure comédienne (décerné par un jury de critiques du journal Le Figaro) pour la pièce de Marguerite Duras Savannah Bay.« Il y a une très grande joie de sentir qu\u2019on échappe à soi-même pour aller on ne sait pas où», estimait-elle à propos de son métier d\u2019actrice.« On dit \u201centrer dans la peau du personnage\u201d, cela a l\u2019air un peu bébête, mais en fait c\u2019est assez ça, avec toute la chair et l\u2019esprit et le cœur.» Agence France-Presse EMMANUELLE RIVA (1927-2017) Un parcours amoureux de Hiroshima à Hollywood SOURCE MOGWAI La musique d\u2019Atomic est étonnamment calme, en comparaison avec le reste du répertoire de Mogwai.DIALOGUES DES CARMÉLITES Opéra de Francis Poulenc, d\u2019après la pièce de Georges Bernanos.Avec Marianne Fiset (Blanche de la Force), Mia Lennox (Madame de Croissy), Marie-Josée Lord (Madame Lidoine), Aidan Ferguson (Mère Marie), Magali Simard-Galdes (Sœur Constance), Antoine Bélan- ger (Chevalier de la Force), Gino Quilico (Marquis de la Force), Chœurs de l\u2019Opéra de Montréal, Orchestre symphonique de Montréal, Jean-François Rivest.Mise en scène : Serge Denoncourt.Décors : Guillaume Lord.Costumes : Dominique Guindon.Éclairages : Martin La- brecque.Salle Wilfrid-Pelletier, samedi 28 janvier 2017.Reprises mardi, jeudi et samedi.C H R I S T O P H E H U S S G rande nouvelle : la vitalité de la scène théâtrale montréalaise et l\u2019opéra se rencontrent puissamment dans cette nouvelle production de Dialogues des Carmélites.Cela devrait être la norme, le génome de l\u2019Opéra de Montréal.C\u2019est \u2014 malgré une récente embellie grâce à de courageuses productions contemporaines \u2014 une exception depuis trop longtemps.Le spectacle de Serge Denon- court s\u2019agence comme une suite de tableaux, ce qu\u2019est, dans sa structure, l\u2019opéra de Poulenc.Les tableaux musicaux deviennent tableaux visuels par de puissants effets d\u2019éclairage balayant la scène.L\u2019ombre et la lumière, la confiance et la peur sont celles d\u2019un personnage central, Blanche de la Force, qui incarne nos propres dualités.Le spectacle est imbriqué au point que l\u2019entracte survient non avant la scène de l\u2019arrivée du Chevalier de la Force, venu au couvent chercher sa sœur Blanche, mais en plein milieu du 2e tableau de l\u2019acte II, pendant une prière des Carmélites.À la reprise, le rideau se lève sur cette même image.Idée non conventionnelle, mais remarquable.Il est très facile de sortir ébloui de Dialogues des Carmélites.Assurément, le spectacle est beau et magistral, d\u2019autant qu\u2019il est porté en fosse par un grand OSM, mené par Jean-François Rivest, qui a compris et mûri tant de choses.C\u2019est peut-être le plus debussyste des Dialogues des Carmélites qu\u2019il m\u2019a été donné d\u2019entendre.Quel impact pour quelle nuance ?Quel « tempo intérieur » pour telle respiration ou tel suspense ?Jean-François Rivest s\u2019est posé toutes ces questions, et le travail du chef est une dramaturgie en soi.À bas la temporalité L\u2019œuvre de Bernanos, dont Pou- lenc a été le digne metteur en musique, est si forte qu\u2019elle supporte bien des choses.Chaque mise en scène est un parti pris.Dans le travail de Serge Denoncourt, il y a des choix clairs.Ainsi, celui de s\u2019af franchir de la temporalité : la Révolution française est dans les paroles, pas dans ce que l\u2019on voit.Le metteur en scène élude aussi la question des classes, donc l\u2019origine aristocratique de Blanche, pourtant importante pour la limpide lecture des choses.La première scène peut-elle vraiment montrer deux hommes indifférenciés, habillés en loques grises ?Dif ficile aussi de comprendre au 2e tableau de l\u2019acte III que Blanche est devenue servante dans sa demeure familiale détruite.Ce détachement historique, comme le nivellement des classes d\u2019âge à l\u2019intérieur du Carmel, ren- forcent-ils le propos de l\u2019œuvre ou universalisent-ils son message ?Il me semble que non.Mais Denon- court ne s\u2019arrête pas là.En grattant un peu, on s\u2019aperçoit qu\u2019il n\u2019hésite pas à supprimer des éléments.Et l\u2019un ne passe pas à mes yeux : l\u2019évacuation pure et simple de l\u2019interlude avant le tableau final.Sans ce crucial dialogue entre l\u2019Aumônier et Mère Marie, on ne comprend pas pourquoi Marie en réchappe dans la dernière scène, pas plus qu\u2019on ne comprend pourquoi Blanche se réfugie dans ses bras avant d\u2019aller à l\u2019échafaud.Tout cela n\u2019est pas anecdotique, car l\u2019interlude pose une question de foi (Dieu a choisi de vous épargner, dit en quelque sorte l\u2019aumônier à Mère Marie, celle qui a amené toutes les autres à faire vœu de sacrifice).Enfin la rencontre de Marie et Blanche dans la foule est ambiguë : c\u2019est par la foi que Blanche (« incroyablement calme», dit le livret) trouve la force d\u2019aller à l\u2019échafaud.Et pour ce faire, elle accroche le regard de Constance par devant, de front, et non en venant de l\u2019arrière.Olivier Py dans son renversant spectacle du Théâtre des Champs-Élysées (DVD Erato) montre idéalement l\u2019impact de ce moment-là.Comme The Turn of the Screw de Britten, Dialogues des Carmélites est une œuvre interprétable à l\u2019infini.Je reconnais que le spectacle de Denoncourt est suprêmement théâtral et beau.Sur le fond, je ne juge pas légitime d\u2019amputer une œuvre qui se tient à ce point pour gommer des clés ou renforcer un propos.En une photo \u2014 celle qui illustre ce compte rendu, antithèse de l\u2019image d\u2019une femme « incroyablement calme » \u2014, nous voyons à quel point Denoncourt ne fait tout simplement pas confiance à Poulenc et à Bernanos, car il ne semble pas croire à la grandeur du cheminement intérieur.Comme s\u2019il n\u2019avait pas foi en la foi.Un dernier mot sur la distribution : Mariane Fiset suprême, peut, demain, aller chanter Blanche sur les grandes scènes du monde, tout comme Aidan Ferguson, Mère Marie.Excellentes prestations de Mia Lennox (Madame de Croissy), d\u2019Antoine Bélanger (Chevalier) et de la plupart des seconds rôles.La voix de Marie-Josée Lord (Madame Lidoine) bouge un peu, avec une émission très couver te, et Gino Quilico (le Marquis) était vraiment fatigué lors de cette première, chose qui peut se replacer.Le Devoir OPÉRA Éclairants Dialogues ?Emmanuelle Riva YVES RENAUD Mère Marie (Aidan Ferguson) enlace Blanche de la Force (Marianne Fiset) avant le sacrifice, cette dernière avec une expression d\u2019effroi bien contraire à la femme « incroyablement calme» vue par Poulenc et Bernanos.F E S T I V A L D \u2019 A N G O U L Ê M E Deux Belges lauréats du prix du meilleur album BD Angoulême \u2014 Le jury du festival de BD d\u2019Angoulême a fait le pari de l\u2019audace en remettant samedi son Fauve d\u2019Or du meilleur album aux Belges Éric Lambé et Philippe de Pierpont pour leur album au style épuré sur la douleur du deuil.Coédité par Fremok et Actes Sud, Paysage après la bataille est un épais album de 400 pages, impressionnant autant par son thème (la perte et le deuil) que par la qualité graphique qu\u2019il dégage.Agence France-Presse F E S T I V A L D E S U N D A N C E I Don\u2019t Feel at Home in This World Anymore primé Los Angeles \u2014 Le film américain I don\u2019t Feel at Home in This World Anymore a remporté samedi soir le premier prix du prestigieux festival de Sundance.Le film a obtenu le Grand Prix du jury pour les films américains.Elijah Wood y incarne un fan de musique métal féru d\u2019arts martiaux et voisin d\u2019une aide-soignante (Melanie Lynskey) qui n\u2019en peut plus de la méchanceté des gens et craque quand sa maison est cambriolée.Agence France-Presse "]
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