Le devoir, 14 février 2017, Cahier A
[" V O L .C V I I I N o 3 1 L E D E V O I R , L E M A R D I 1 4 F É V R I E R 2 0 1 7 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S AUJOURD\u2019HUI Culture \u203a Numérique et arts de la scène.L\u2019urgence côtoie l\u2019inquiétude.Page B 8 Économie \u203a Le réseau d\u2019enseignement ne doit pas être asservi aux besoins des entreprises.Une entrevue avec Jacques Létourneau, président de la CSN.Page B 1 Avis légaux.A 4 Décès.B 4 Météo.B 6 Mots croisés.B 6 Petites annonces .B 4 Sudoku.A 2 ?w w w .l e d e v o i r .c o m C A R O L I N E M O N T P E T I T L a photo controversée de l\u2019assassin de l \u2019 a m b a s s a d e u r russe en Turquie, en décembre dernier, n\u2019a pas fini de faire jaser.Ce cliché, qui montre Mevlüt Mert Altintas, un of ficier de police, tenant dans une main un pistolet pointé vers le sol, l\u2019autre main levée dans les airs le doigt menaçant, à côté du corps inerte de sa victime, Andreï Karlov, vient d\u2019être désigné photo de l\u2019année par le World Press Photo, un organisme de promotion du photo- journalisme.Burhan Ozbilici, un photographe turc de l\u2019Associated Press, a pris cette photo alors qu\u2019il passait par hasard dans une galerie d\u2019art d\u2019Ankara.La galerie présentait une exposition de photos de la Russie, et Ozbilici a pensé que c\u2019était une occasion de documenter les relations Turquie-Russie.Lorsqu\u2019il a vu un homme en complet-veston tirer une arme de sa poche, il a d\u2019abord cru que c\u2019était du théâtre.Lorsque les coups de feu ont retenti, il a eu peur.«Mais j\u2019ai trouvé un abri partiel derrière un mur et j\u2019ai fait mon travail : j\u2019ai pris des photos», a raconté le photographe dans un texte publié le lendemain de l\u2019attentat.En juillet dernier, le quotidien Le Monde et plusieurs réseaux d\u2019information français avaient annoncé leur intention de ne plus dif fuser d\u2019images d\u2019auteurs d\u2019attentats terroristes, pour éviter leur « glorification posthume».Or, même Le Monde a publié une photo d\u2019Altintas, pistolet à la main, mais sans le doigt pointé en l\u2019air, après l\u2019attentat.« La décision fut dif ficile, mais au final, nous avons senti que cette image était WORLD PRESS PHOTO Le choix de l\u2019année sème la controverse BURHAN OZBILICI ASSOCIATED PRESS Burhan Ozbilici a pris cette photo alors qu\u2019il passait par hasard dans une galerie d\u2019art d\u2019Ankara.MANDEL NGAN AGENCE FRANCE-PRESSE Le président américain Donald Trump et le premier ministre Justin Trudeau ont insisté sur la « relation exceptionnelle » qui unit les deux pays, lors d\u2019un point de presse commun à Washington, lundi.H É L È N E B U Z Z E T T I Correspondante parlementaire à Ottawa S i le Canada est la préoccupation première de Donald Trump, celui-ci aura bien caché son jeu lundi, à l\u2019occasion de sa première rencontre avec Justin Trudeau.Que ce soit sur la sécurité à la frontière ou l\u2019ALENA, le président américain a chaque fois évité de dire s\u2019il voyait un problème avec son voisin du Nord, préférant répéter les griefs qu\u2019il nourrit envers le Mexique.Le premier ministre aura quant à lui tout fait pour ne pas irriter son bouillant homologue, admettant même que son rôle n\u2019était pas de lui faire la leçon.Lorsqu\u2019un journaliste canadien a demandé à M.Trump, qui a promis de renégocier l\u2019Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), s\u2019il considérait la relation commerciale avec le Canada TRUDEAU À WASHINGTON Quand le Mexique captive plus Trump que le Canada Attente aux urgences La situation s\u2019améliore au Québec, mais pas de façon uniforme Page A 5 Diviser pour régner Une chronique de Michel David sur la refonte de la carte électorale Page A 3 Appels d\u2019offres Moins de mise en concurrence dans les petites municipalités Page A 3 C H R I S T I A N R I O U X Correspondant à Paris « I ls veulent la révolution.» «Ce n\u2019est pas acceptable ce qu\u2019ils ont fait.» «Ça va mal finir.» À Noisy-le-Sec, dimanche, la commune était en émoi après la nuit d\u2019émeute qu\u2019a connue la ville de Bobigny juste en face, à 15 minutes à pied de l\u2019autre côté du canal de l\u2019Ourcq.Dans la rue principale, ça discutait fort.Si certains jeunes défendaient la réaction des manifestants à la suite de la mise en examen pour violence de quatre policiers, dont l\u2019un est soupçonné d\u2019avoir violé le jeune Théo à Aul- nay-sous-Bois le 2 février, d\u2019autres étaient en colère contre les émeutiers.Malgré un rassemblement jusque-là pacifique, ceux-ci ont en effet détruit la gare, fracassé les vitrines et mis le feu aux cars de reportage des médias et à des voitures.On aurait même évité un drame lorsqu\u2019une fillette seule dans une voiture a été secourue par un jeune du quartier.«Si ça continue, on va l\u2019avoir, le Front national ! », hurlait un jeune au téléphone sur l\u2019avenue Anatole- France.Après deux nuits consécutives de violence, plusieurs n\u2019hésitent plus à évoquer le souvenir encore vivace des émeutes de 2005.Vingt jours d\u2019une véritable guérilla urbaine avaient alors Après les émeutes à Bobigny, la France craint la contagion Une décennie après les violences de 2005, les banlieues sont toujours explosives VOIR PAGE A 8 : ÉMEUTES VOIR PAGE A 8 : PHOTO VOIR PAGE A 8 : TRUDEAU I S A B E L L E P O R T E R à Québec E n grève depuis 17 semaines, les 1100 avocats et notaires de l\u2019État pourraient bien voter un retour au travail mardi, selon leur porte-parole, Me Jean Denis.Les membres sont «à bout de souf fle » et le fonds de grève est épuisé depuis déjà deux semaines.«Les gens sont épuisés.[\u2026] Il y a des gens qui disent qu\u2019ils veulent retourner, a déclaré le président des Avocats et notaires de l\u2019État québécois (LA- NEQ).Il y a de jeunes familles là-dedans.Des soutiens de famille\u2026 Ces soutiens de famille là, ils ont besoin d\u2019argent.» Les membres doivent de nouveau se prononcer mardi sur la poursuite de la grève ou un possible retour au travail lors d\u2019une assemblée extraordinaire.Lundi, M.Denis a dit s\u2019attendre à ce que l\u2019offre du gouvernement soit rejetée massivement, mais qu\u2019il en serait autrement pour le retour au travail .« Ça va être serré », a-t-il dit.Lors de la dernière assemblée à la fin janvier, le maintien de la grève avait reçu un appui de 83 % et l\u2019of fre du gouvernement avait été rejetée à 97 %.Advenant un retour au travail, LANEQ n\u2019exclut pas une grève des heures supplémentaires ou une grève partielle.« Les avocats, ça ne travaille pas nécessairement de 8 h 30 à 16 h 30, mais là, on ferait ça.Quand on par t à 16 h 30, les ministres et les sous-ministres n\u2019aiment pas ça », a lancé Me Denis lundi en conférence de presse.Avec tout le retard pris ces dernières semaines, cela pourrait encore « beaucoup » ralentir la machine, selon lui.Dans le cadre du renouvellement de leur convention collective, les membres de LA- NEQ réclament les mêmes conditions salariales obtenues l\u2019an dernier par les procureurs de la Couronne (10 % de plus sur quatre ans), alors que le Conseil du trésor leur propose celles consenties à la fonction publique (5,25 % sur la même période).Ils plaident que dans le passé, ils avaient la parité avec les procureurs de la Couronne et que c\u2019est ainsi dans le reste du Canada.Poursuite de 36,75 millions Lundi, leur association a aussi annoncé qu\u2019elle poursuivait le gouvernement du Québec pour 36,75 millions devant le Tribunal administratif du travail.Cette démarche est distincte des négociations, selon M.Denis, qui soutient que la préparation de la poursuite est en cours depuis un certain temps.Il allègue que le gouvernement a enfreint le Code du travail en ne négociant pas de bonne foi.Me Denis allègue que son association a fait des concessions à six reprises dans le cadre négociations, alors que le gouvernement maintient la même position depuis le début.Une stratégie, dit-il, destinée à «humilier » et «abaisser» ses membres.«Assez, c\u2019est assez.Trop, c\u2019est trop, a déclaré Me Denis.Ils n\u2019apprendront sûrement pas à des avocats comment défendre leurs droits.» Les 36,75 millions incluent le remboursement des 4 millions du Fonds de grève, des 8 millions de la marge de crédit obtenue par LANEQ, et l\u2019équivalent de 15 000 $ par membre pour dommages moraux et 7500$ pour intérêts punitifs.Le recours devant le Tribunal serait-il une manière de mieux faire accepter un retour au travail ?Au-delà du salaire, les avocats et notaires de l\u2019État veulent le même statut que les procureurs ont depuis 2011.Ces derniers n\u2019ont pas le droit de grève mais la loi prévoit que ses conditions sont déterminées par un comité.Un précédent dans les négos?Pourquoi réclamer la même chose que les procureurs ?La tâche est-elle comparable ?Absolument, répond Me Denis.« Je ne comprends pas qu\u2019on dise que les gens qui font du droit criminel sont plus intelligents ou meilleurs que ceux qui font du droit administratif comme moi.Ils viendront en faire, ils vont voir que c\u2019est difficile et très compliqué.» Pour l\u2019ex-ministre et professeur de droit à l\u2019Université d\u2019Ottawa, Benoît Pelletier, cela va de soi.« Le gouvernement devrait traiter tous ces juristes sur un pied d\u2019égalité.C\u2019est très difficile de justifier une distinction au sein d\u2019une masse d\u2019employés qui ont la même formation et exercent essentiellement le même type de fonction.» Comment expliquer alors la stratégie gouvernementale?Selon l\u2019ancien ministre, le gouvernement craint un effet « boule de neige ».« Il redoute qu\u2019après, tous les professionnels de la fonction publique réclament la même chose.[\u2026] Et évidemment, il ne veut pas perdre son contrôle des finances publiques.» Le président du Conseil du trésor, Pierre Moreau, n\u2019a pas voulu commenter le dossier lundi, il le fera vraisemblablement mardi.Le Devoir L E D E V O I R , L E M A R D I 1 4 F É V R I E R 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 2 Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 CHOISIS TON CAMP ! 107 CAMPS DE JOUR 91 CAMPS DE VACANCES 14 CAMPS FAMILIAUX camps.qc.ca Pour annoncer, communiquez avec Evelyne De Varennes au 514.985.3454 ou edevarennes@ledevoir.com JACQUES NADEAU LE DEVOIR En grève depuis 17 semaines, les juristes de l\u2019État voteront aujourd\u2019hui un retour au travail.La grève des juristes de l\u2019État s\u2019essouffle Possible retour au travail des 1100 avocats et notaires du gouvernement Salaires comparés Premier échelon Juristes de l\u2019État 53 843$ Procureurs de la couronne 55 189$ Dernier échelon Juristes de l\u2019État 124 828$ Procureurs de la Couronne 127 949$ Source: LANEQ L I A L É V E S Q U E L es 45 ambulanciers paramédicaux de Charlevoix prévoyaient débrayer à leur tour à compter de minuit lundi soir, emboîtant ainsi le pas à leurs collègues d\u2019autres régions du Québec.Ce débrayage doit durer trois jours, soit jusqu\u2019à jeudi à minuit.Pendant ce temps, les ambulanciers des régions de Québec et de l\u2019Estrie, aussi syndiqués à la Fédération de la santé et des ser vices sociaux de la CSN, ont terminé dimanche soir leur débrayage de trois jours.Ils disposent toutefois déjà d\u2019un mandat de grève générale illimitée et ils ont déjà fait savoir qu\u2019ils pourraient bien l\u2019exercer prochainement.De même, les 950 ambulanciers d\u2019Urgences-santé, qui dessert Montréal et Laval, avaient entamé une grève générale illimitée le 5 février dernier.D\u2019autres ambulanciers doivent également débrayer dans les régions du Saguenay\u2013Lac-Saint- Jean\u2013Nord et des Laurentides-La- naudière, à compter de mercredi.De même, près de 1000 ambulanciers syndiqués à la Fraternité des travailleurs du préhospi- talier, section locale 592 de la FTQ, avaient entamé une grève générale illimitée, le 2 février dernier, dans plusieurs régions du Québec.Dans tous les cas, les services essentiels doivent être maintenus.Les grévistes peuvent toutefois refuser de remplir certains formulaires, s\u2019abstenir de laver complètement l\u2019extérieur des ambulances et ne pas assurer le transport de retour du personnel, par exemple lorsqu\u2019une infirmière accompagnait un patient dans l\u2019ambulance.Ces débrayages ont cours dans le cadre d\u2019une difficile négociation avec les entreprises et coopératives ambulancières.Le ministère de la Santé et des Services sociaux s\u2019est retiré des tables de négociation en leur déléguant son pouvoir et en leur octroyant un budget à cet effet.Les entreprises ambulancières se plaignent toutefois de ne pas être fixées quant à la totalité du budget dont elles disposeront sur cinq ans, alors qu\u2019elles doivent conclure une entente sur cinq ans avec leur syndicat respectif.Tous sont sans contrat de travail depuis avril 2015.Parmi les points en litige, on trouve les salaires, les horaires de faction et le régime de retraite.La Presse canadienne SANTÉ Les ambulanciers multiplient les débrayages dans plusieurs régions K R I S T Y K I R K U P à Ottawa L a commissaire fédérale aux conflits d\u2019intérêts et à l \u2019éthique a ouver t une enquête formelle sur le séjour du premier ministre Justin Trudeau et de sa famille chez le richissime leader spirituel Aga Khan, pendant les vacances des Fêtes.À l\u2019issue d\u2019une analyse préliminaire du dossier, Mary Dawson a décidé qu\u2019il y avait matière à mener une enquête en bonne et due forme.Une première plainte, en vertu du Code des députés régissant les conflits d\u2019intérêts, avait été déposée par le conservateur Andrew Scheer, ancien président de la Chambre et au- jourd\u2019hui candidat à la direction de son par ti.Le même voyage avait aussi fait l\u2019objet en janvier d\u2019une autre plainte, du député conservateur Blaine Calkins, cette fois en vertu de la Loi fédérale sur les conflits d\u2019intérêts.M.Trudeau a été la cible des critiques de l\u2019opposition en janvier parce qu\u2019il avait voyagé à bord de l\u2019hélicoptère de l\u2019Aga Khan pour se rendre d\u2019un aéroport des Bahamas jusqu\u2019à l\u2019île privée de Bells Cay.On critiquait aussi de façon plus générale le fait que le premier ministre ait accepté l\u2019hospitalité de ce « vieil ami de la famille Trudeau » .L\u2019Aga Khan, par l\u2019entremise de ses fondations h u m a n i - taires, reçoit des subventions du gouver ne- ment canadien par l\u2019intermédiaire de l\u2019aide au développement international.Le Cabinet du premier ministre a simplement indiqué lundi que M.Tr udeau sera ravi de répondre éventuellement aux interrogations de la commissaire Dawson.En vertu de la Loi fédérale sur les conflits d\u2019intérêts, mais aussi du code d\u2019éthique mis en place par le premier ministre Trudeau lui-même, il est interdit aux ministres d\u2019effectuer tout déplacement « à bord d\u2019un appareil privé ou d\u2019un vol nolisé non commercial, sauf dans des circonstances exceptionnelles et seulement avec l\u2019autorisation préalable du commissaire aux conflits d\u2019intérêts et à l\u2019éthique, et à la condition de le divulguer publiquement ».Au moment où les députés conser vateurs dénonçaient ce voyage de M.Tr udeau chez l\u2019Aga Khan, leur chef intérimaire, Rona Ambrose, passait des vacances sur le yacht d\u2019un mil l iardaire.À l\u2019extérieur des Communes, lundi, Mm e Ambrose a soutenu qu\u2019elle avait respecté toutes les règles et qu\u2019elle n\u2019avait rien d\u2019autre à ajouter là-dessus.La Presse canadienne VACANCES CHEZ L\u2019AGA KHAN Enquête de la commissaire à l\u2019éthique sur le séjour de Trudeau M.Trudeau a été la cible des critiques de l\u2019opposition en janvier parce qu\u2019il avait voyagé à bord de l\u2019hélicoptère de l\u2019Aga Khan L E D E V O I R , L E M A R D I 1 4 F É V R I E R 2 0 1 7 ACTUALITES A 3 C\u2019 est bien connu, aux yeux du gouvernement Couillard, ce qui est bon pour le Canada est nécessairement bon pour le Québec.Inversement, ce qui est mauvais pour l\u2019un doit l\u2019être pour l\u2019autre.Par exemple, une réforme du mode de scrutin qui introduirait un élément de proportionnelle.La menace de disparition qui plane sur la circonscription de Sainte-Marie\u2013Saint-Jacques a eu pour effet de raviver un débat qui semblait en veilleuse.Jeudi dernier, les trois partis d\u2019opposition ont uni leurs voix pour demander au gouvernement de le rouvrir.Il est clair que le scrutin uninominal à un tour défavorise les petits partis comme Québec solidaire.Les aléas du processus de redécoupage de la carte électorale seraient moins choquants si le mode de scrutin les compensait au moins en partie.Comme Justin Trudeau, la ministre responsable de la Réforme des institutions démocratiques, Rita de Santis, préfère conser ver le scrutin uninominal à un tour.« Les Québécois veulent un système qui est facile à comprendre et qui est simple.Un système qui va produire des gouvernements stables et forts avec des députés qui représentent la région», a-t-elle expliqué.Il est un peu injurieux de laisser entendre que les Québécois ne seraient pas en mesure de comprendre le mode de scrutin proportionnel, qui est vigueur presque partout en Occident.Depuis qu\u2019elle a été nommée ministre, Mme de Santis manifeste parfois une candeur étonnante.Quand elle a déclaré que « le système que avons nous sert bien », plusieurs ont cru comprendre que ce « nous » désignait les libéraux.Elle s\u2019en est vivement défendue, mais il faut bien constater que les velléités de réforme ont disparu depuis longtemps au PLQ.?Il est vrai que les États généraux tenus il y a une quinzaine d\u2019années sous la présidence de Claude Béland n\u2019ont pas abouti, mais Mme de Santis a tort d\u2019en conclure que les Québécois appuyaient le système actuel.Le problème n\u2019était pas l\u2019absence de consensus au sein de la société civile, mais le manque de volonté politique.Seulement 10 % des 825 participants réunis à Québec en février 2003 s\u2019étaient prononcés en faveur du statu quo.Les autres 90 % étaient favorables à un mode de scrutin de type proportionnel, même si les modalités ne faisaient pas l\u2019unanimité.Le ministre responsable du dossier dans le gouvernement péquiste de Bernard Landry, Jean-Pierre Charbonneau, y croyait sincèrement, mais plusieurs de ses collègues jugeaient suicidaire d\u2019abandonner un système qu\u2019ils croyaient avantageux pour la majorité francophone.D\u2019autres craignaient qu\u2019un mode de scrutin favorisant la formation de gouvernements minoritaires ne rende plus difficile la tenue d\u2019un référendum.À l\u2019époque, le PQ avait toujours le monopole du projet souverainiste.Il n\u2019y a renoncé que tout récemment.Réintégrer la réforme du mode de scrutin dans son programme est une façon de prendre acte de la nouvelle réalité et sur tout de favoriser les discussions sur la «convergence» avec QS.?Les libéraux ont fait le parcours inverse.Au lendemain de l\u2019élection de 1998, que le PLQ avait perdue même s\u2019il avait obtenu plus de voix que le PQ, Jean Charest semblait bien déterminé à changer le mode de scrutin.En avril 2005, un groupe de personnalités incluant le constitutionnaliste Henri Brun, l\u2019ancien président du Conseil du trésor Joseph Fa- cal, de même que le sénateur Jean-Claude Ri- vest, ancien conseiller de Robert Bourassa, avaient publié dans Le Devoir un « Plaidoyer contre la réforme du mode de scrutin», qui implorait le PQ de s\u2019y opposer, faisant notamment valoir qu\u2019elle revaloriserait «une clientèle anglophone historiquement acquise au PLQ », ce qui risquerait d\u2019en faire « le parti de gouvernement permanent» au Québec.Celui à qui M.Charest avait confié le dossier, Benoît Pelletier, s\u2019est toutefois rendu compte que les députés libéraux n\u2019étaient pas plus emballés que leurs collègues péquistes à l\u2019idée de changer un système qui avait prouvé ses mérites en les faisant élire.Au bout de trois ans, de guerre lasse, il a renvoyé le dossier au Directeur général des élections, où il a été enseveli sous la poussière.En raison de la recomposition du paysage politique, les libéraux ont ensuite perdu tout intérêt pour la question.En réalité, la défaite de 1998 s\u2019expliquait moins par le mode de scrutin que par le peu d\u2019attrait du PLQ dans l\u2019électorat francophone.En fractionnant cet électorat, l\u2019ADQ, puis la CAQ et QS ont en quelque sorte réglé le problème.Fort de l\u2019appui indéfectible des anglophones et des allophones, le PLQ a de moins en moins besoin des francophones pour se maintenir au pouvoir.Mme de Santis a parfaitement raison : le système actuel sert très bien le PLQ.En revanche, s\u2019il s\u2019agit de diviser pour régner, il n\u2019a aucun intérêt à affaiblir QS en laissant le Directeur général des élections faire disparaître Sainte-Ma- rie\u2013Saint-Jacques.mdavid@ledevoir.com Diviser pour régner MICHEL DAVID I S A B E L L E P O R T E R Les nouvelles règles d\u2019appel d\u2019offres proposées aux municipalités risquent d\u2019avoir beaucoup plus d\u2019ef fets sur les petites villes que sur les grandes, révèle un document obtenu par Le Devoir.Avec le projet de loi 122, une grande partie des contrats donnés aujourd\u2019hui en appels d\u2019offres pourrait ainsi être accordée de gré à gré.À Mont-Joli, 72% de tous les contrats ayant fait l\u2019objet d\u2019un appel d\u2019offres l\u2019an dernier auraient été accordés de gré à gré si le projet de loi 122 avait été en vigueur.Ce projet de loi sur l\u2019autonomie des municipalités fait grimper de 25 000$ à 100 000$ le montant des contrats à partir desquels les villes sont obligées de lancer un appel d\u2019offres.Or, dans les petites municipalités, la proportion des contrats donnés entre ces deux montants est beaucoup plus élevée qu\u2019en ville.À titre de comparaison, à Montréal, seulement 25% des contrats qui sont passés par un appel d\u2019offres en 2016 auraient pu être soustraits à la règle avec le projet de loi 122.La Ligue d\u2019action civique Ces données sont contenues dans un mémoire produit par la Ligue d\u2019action civique, un organisme à but non lucratif qui milite pour une plus grande surveillance de la gestion des fonds publics dans la foulée de la commission Charbonneau.La Ligue a analysé les cas d\u2019une quinzaine de municipalités de dif férentes tailles pour voir quelle serait la proportion des contrats touchée par le projet de loi 122 (voir encadré).Quoique très partielle, l\u2019analyse montre que dans les villes de 50 000 personnes et moins, plus de 40% des contrats donnés l\u2019an dernier en appels d\u2019offres ne seraient plus soumis à la concurrence en vertu du projet de loi.Dans certains cas, comme celui de Beauhar- nois, la corrélation semble moins claire, ce qui suggère que toutes les municipalités ne seraient pas également touchées.Étant donné que le nombre de contrats donnés en concurrence est déjà très faible dans les petites municipalités, les variations sont grandes.Le Devoir a donc repris la même méthodologie pour analyser d\u2019autres cas de petites municipalités.À Chibougamau, par exemple, on observe que 69 % des contrats donnés en appels d\u2019offres auraient ainsi été accordés de gré à gré.Par contre, à Saint-Donat, un seul des sept contrats donnés était touché (14 %).À Tadous- sac, trois des quatre contrats octroyés dans l\u2019année en appel d\u2019offres auraient pu être donnés sans concours (75%).Pour la Ligue d\u2019action civique, on donne plus de pouvoirs aux élus sans songer aux contrepoids.«Le projet de loi prend surtout le parti de faire confiance aux élus locaux en augmentant leur pouvoir par rapport au gouvernement, mais aussi sans l\u2019admettre en l\u2019augmentant par rapport à leurs propres citoyens.» C\u2019est d\u2019autant plus inquiétant que « les petites municipalités manquent de ressources et d\u2019expertise pour procéder à l\u2019octroi de contrats ».«Elles ne possèdent pas non plus d\u2019organismes de contrôle et de surveillance comme les municipalités plus impor tantes », poursuit l\u2019organisme dans un mémoire qui doit être déposé mardi en commission parlementaire.Non seulement les petites villes ont rarement des conseillers d\u2019opposition, poursuit-on, mais elles n\u2019ont pas de vérificateur général et les médias y sont moins présents.«Les appels d\u2019of fres ne sont pas une perte de temps.Un appel d\u2019offres est un outil de diminution des dépenses publiques, et nous nous étonnons qu\u2019un gouvernement libéral défende l\u2019idée d\u2019une diminution de la concurrence sur les marchés», poursuit- on dans le document.Les travaux de la commission parlementaire sur le projet de loi 122 doivent reprendre mardi matin.Outre la Ligue d\u2019action civique, on devrait notamment y entendre le Conseil du patronat du Québec, la ville de Québec, le Centre canadien d\u2019architecture, la Fédération québécoise des municipalités et l\u2019Association des firmes de génie-conseil.Le Devoir APPELS D\u2019OFFRES Moins de mise en concurrence dans les petites municipalités Le projet de loi 122 ouvre grand la porte aux contrats accordés de gré à gré JACQUES NADEAU LE DEVOIR «C\u2019est un geste de bonne foi.La bonne foi appelle la bonne foi », a af firmé Jean-François Lisée en conférence de presse.A M É L I E D A O U S T - B O I S V E R T L e Parti québécois (PQ) renonce à présenter une candidature dans la circonscription de Gouin, laissant le champ libre à Québec solidaire (QS).«On ne va pas se déchirer, nous allons reconnaître que c\u2019est une circonscription qui est représentée par Québec solidaire.Nous n\u2019allons pas tenter de ravir ce comté pour nous permettre de mieux dialoguer par la suite», a expliqué le chef du PQ, Jean-François Lisée, lors d\u2019un point de presse à la permanence du parti à Montréal, lundi.C\u2019est pour démontrer son « sérieux » par rapport à la démarche de convergence des forces souverainistes que le Parti québécois a pris cette décision, a précisé M.Lisée.« Le combat entre Françoise David et [Nicolas] Girard [en 2012] a été déchirant, il a laissé des séquelles.On n\u2019a pas besoin de ça », a-t-il fait valoir.L\u2019objectif est de préparer l\u2019élection générale de 2018, a-t-il soutenu, afin de « remplacer un gouvernement libéral toxique».Il a affirmé n\u2019avoir rien réclamé de la part de QS en contrepar tie de ce geste rarissime.« C\u2019est un geste de bonne foi.La bonne foi appelle la bonne foi.Nous montrons que nous sommes sérieux et sincères.» La députée Véronique Hivon, qui l\u2019accompagnait, a ajouté que c\u2019était «un geste d\u2019espoir pour tous ceux qui réclament une collaboration entre les progressistes et les indépendantistes ».Québec solidaire «déçu» Se disant «déçu» par voix de communiqué, QS n\u2019a pas souhaité accorder d\u2019entrevue sur le sujet, lundi.«Malheureusement, les gens de Gouin n\u2019auront pas l\u2019opportunité de trancher entre les visions dif férentes portées par les deux formations politiques, que ce soit sur les plans de l\u2019économie, de la transition énergétique, de l\u2019accès à l\u2019indépendance du Québec ou de l\u2019inclusion», a déclaré la porte-parole par intérim de QS et députée Manon Massé.Comme les libéraux ont bien peu de chance de l\u2019emporter dans Gouin, elle remet en question la pertinence pour le PQ de se «désister».Québec solidaire annoncera le 26 mars prochain qui tentera de succéder à Françoise David, qui a pris sa retraite de la politique le mois dernier.Parmi les candidats pressentis figure l\u2019ancien leader étudiant Gabriel Nadeau-Dubois.Aux dernières élections générales, QS avait remporté cette circonscription avec une majorité de plus de 9700 voix.Le PQ reconnaît avoir sondé les citoyens de cette circonscription, mais réfute en être venu à la conclusion qu\u2019il serait battu par QS.«C\u2019est un comté que nous avons représenté pendant de nombreuses années et que nous pourrions reprendre si on y mettait beaucoup d\u2019énergie», a avancé Jean-François Lisée.Le militant Paul St-Pierre Plamondon croit lui aussi que la tenue d\u2019une bataille électorale dans Gouin aurait «eu des conséquences sur la possibilité de négocier une stratégie commune».«Nous avons encore du temps pour réfléchir à une stratégie de convergence intelligente, donc envenimer l\u2019atmosphère dans une partielle, ce n\u2019est pas exactement une bonne idée», a-t-il fait valoir en entrevue avec Le Devoir.En ce qui concerne sa volonté de se présenter, éventuellement, il affirme que son tour viendra.«Nul doute que je vais me porter candidat, mais à quel endroit et à quel moment?Je suis flexible.Je suis toujours très occupé avec ma démarche.» Rappelons que l\u2019ancien candidat à la chefferie du PQ est conseiller spécial pour «renouveler» le parti.Son rapport préliminaire, dévoilé la semaine dernière, soulignait la nécessité pour le PQ de reprendre contact avec la jeunesse.Le suffrage dans Gouin doit se tenir, selon la loi électorale, avant le 19 juin prochain.Le Devoir Le Parti québécois laisse le champ libre à Québec solidaire dans Gouin Proportion des contrats qui auraient été touchés en 2016 Amos : 55,6% (population: 12 500) Belœil : 60% (population : 22 000) Saint-Lambert : 47,9% (population : 22 100) Mascouche : 44,9% (population : 47 000) Mont-Joli : 72% (population : 6700) Lévis : 30% (population : 144 100) Québec : 40% (population : 541 000) Montréal : 25% (population : 2 000 000) Source : Mémoire déposé à la Commission de l\u2019aménagement du territoire par la Ligue d\u2019action civique Lire aussi \u203a Médias locaux et réflexes numériques.La chronique de Pierre Trudel.Page A 7 «Envenimer l\u2019atmosphère dans une partielle, ce n\u2019est pas exactement une bonne idée» L E D E V O I R , L E M A R D I 1 4 F É V R I E R 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 4 AV I S L É G AU X E T A P P E L S D \u2019 O F F R E S AVIS À TOUS NOS ANNONCEURS Veuillez, s\u2019il vous plaît, prendre connaissance de votre annonce et nous signaler immé dia - tement toute anomalie qui s\u2019y serait glissée.En cas d\u2019erreur de l\u2019éditeur, sa res pon sa bilité se limite au coût de la parution.HEURES DE TOMBÉE Les réservations doivent être faites avant 15 h pour publication deux (2) jours plus tard.Publications du lundi : Réservations avant 11 h le vendredi Publications du mardi : Réservations avant 15 h le vendredi Avis légaux et appels d\u2019offres AVIS DE CLÔTURE D'INVENTAIRE Prenez avis que Helen Mary Rose PITTS MALMO, en son vivant domiciliée au 1, Place Ontario, Montréal (Québec), H3G 1E9 et résidant au 406-4800, chemin de la Côte-Saint-Luc, Montréal (Québec), H3W 3H9, est décédée à Montréal le douze juillet deux mille seize (12-07-2016).Un inventaire de ses biens a été dressé conformément à la loi et peut être consulté par les intéressés à l'étude légale Grenier Gagnon notaires, au 625 boul.René-Lé- vesque Ouest, bureau 1400, Montréal (Québec), H3B 1R2.Donné ce 14 février 2017 à Montréal.Catherine (Kathy) SPYROPOU- LOS (SPIROPOULOS), liquidatrice.Avis de clôture d'inventaire Prenez avis que Lucette PARENT, en son vivant résidant et domiciliée au 16 072, rue Forsyth, Montréal, Québec, H1A 5S3, est décédée à Montréal, le 12 août 2016.Un inventaire de ses biens a été dressé conformément à la loi et peut être consulté par les intéressés, à l'étude de Me Cynthia GAU- DETTE, notaire, au 2255, boul.Fernand-Lafontaine, suite 102, Longueuil, Québec, J4G 2R8.Cynthia GAUDETTE, notaire Avis de clôture d'inventaire Prenez avis que Carmen Dupont domiciliée au 1705 ave.Victoria #702, St-Lambert (Qc) J4R 2T7, est décédée le 11 septembre 2016, à Greenfield Park.Un inventaire de ses biens peut être consulté au 2395 ave.Mariette, Montréal (Qc) H4B 2E7.Donné ce 10 février 2017 Marie-Claude Mercier, liquidateur LOI SUR LA FAILLITE ET L'INSOLVABILITÉ AVIS DE LA PREMIÈRE ASSEMBLÉE DES CRÉANCIERS Dans l'affaire de la faillite de : 9095-5261 QUÉBEC INC.Avis est par les présentes donné que la faillite de 9095-5261 Québec inc., corporation légalement constituée opérant sous la raison sociale \"vogel rosemère\" et ayant sa place d'affaires au 199h, boul.labelle dans la ville de Rosemère dans la province de Québec est survenue le 10 février 2017 et que la première assemblée des créanciers sera tenue le 2 mars 2017, à 11h00, au bureau de Pierre Roy & Associés situé au 20845, ch.de la Côte Nord, bureau 305, Bois- briand, (Québec).Fait à Repentigny, le 10 février 2017.PIERRE ROY & ASSOCIÉS INC.Syndic de l'actif de 9095-5261 Québec Inc.Martine Robitaille, LL.L., CIRP, Syndic Responsable de l'actif Avis est donné qu\u2019une assemblée ordinaire du conseil municipal aura lieu : Date le lundi 20 février 2017, à 13 h Lieu Salle du conseil de l\u2019hôtel de ville 275, rue Notre-Dame Est (métro Champ-de-Mars) Veuillez noter que la période de questions du public n\u2019aura pas lieu au début de l\u2019assemblée mais à 19 h.Les personnes qui désirent poser des questions doivent se présenter entre 17 h et 18 h 30 au rez-de-chaussée de l\u2019édifice Chaussegros-de-Léry situé au 303, rue Notre- Dame Est pour obtenir un numéro d\u2019inscription.Toutefois, les personnes à mobilité réduite peuvent se présenter à l\u2019hôtel de ville, situé au 275, rue Notre-Dame Est, en utilisant l\u2019accès situé au 510, rue Gosford.Le tirage au sort déterminant l\u2019ordre dans lequel les personnes pourront poser leur question se déroulera au 303, rue Notre- Dame Est à compter de 18 h 30.Il est impératif d\u2019avoir en sa possession une preuve d\u2019identité avec photo aux fins de son inscription.À défaut, une personne ne pourra être inscrite.Les personnes inscrites recevront une carte d\u2019identification qui leur permettra d\u2019accéder à la salle du conseil municipal afin de pouvoir poser leur question.Prenez note qu\u2019en prévision, le cas échéant, de la séance du mardi 21 février 2017, la période d\u2019inscription débutera à 8 h 30 et le tirage au sort se déroulera à compter de 9 h, et ce, au même endroit, soit dans l\u2019édifice Chaussegros-de-Léry situé au 303, rue Notre-Dame Est.Les personnes inscrites à la période de questions ainsi que les personnes intéressées à assister aux délibérations du conseil accèdent à l\u2019hôtel de ville par la porte du côté est (510, rue Gosford).La salle est équipée d\u2019un système d\u2019aide à l\u2019audition.Pour y avoir accès, il suffit de synto niser la fréquence 100,3 sur la bande FM de votre baladeur.De plus, un service d\u2019interprétation pour les personnes ayant des limitations auditives est offert sur demande, sous réserve de la dispo ni bilité d\u2019interprètes.Veuillez communiquer, au moins 3 jours ouvrables à l\u2019avance, au 514-872-3142.SERVICE DE HALTE-GARDERIE La Ville de Montréal offre un service de halte- garderie temporaire lors des périodes de questions du lundi soir, soit entre 17 h et 22 h, et du mardi matin, si la séance se poursuit, entre 8 h 30 et 10 h 30.Ce service gratuit est disponible sans réservation et offert par des éducatrices et éducateurs professionnels bilingues (français/anglais).À leur arrivée, les parents devront remplir un court formulaire afin d\u2019encadrer la sécurité alimentaire, l\u2019accès à l\u2019enfant et s\u2019assurer du bien- être de ce dernier.Le parent devra également prévoir les aliments, les couches et les crèmes au besoin.Montréal, le 14 février 2017 Me Yves Saindon Greffier de la Ville Avis public CONSEIL D\u2019AGGLOMÉRATION Avis est donné qu\u2019une assemblée ordinaire du conseil d\u2019agglomération aura lieu : Date le jeudi 23 février, à 17 h Lieu Salle du conseil de l\u2019hôtel de ville 275, rue Notre-Dame Est (métro Champ-de-Mars) Une période de questions du public est prévue au début de l\u2019assemblée.Les personnes qui désirent poser des questions doivent se présenter entre 15 h et 16 h 30 au rez-de-chaussée de l\u2019édifice Chaussegros-de-Léry situé au 303, rue Notre- Dame Est pour obtenir un numéro d\u2019inscription.Toutefois, les personnes à mobilité réduite peu - vent se présenter à l\u2019hôtel de ville, situé au 275, rue Notre-Dame Est, en utilisant l\u2019accès situé au 510, rue Gosford.Le tirage au sort déterminant l\u2019ordre dans lequel les personnes pourront poser leur question se déroulera au 303, rue Notre-Dame Est à compter de 16 h 30.Il est impératif d\u2019avoir en sa possession une preuve d\u2019identité avec photo aux fins de son inscription.À défaut, une personne ne pourra être inscrite.Les per sonnes inscrites recevront une carte d\u2019identifi cation qui leur permettra d\u2019accéder à la salle du conseil municipal afin de pouvoir poser leur question.Les personnes inscrites à la période de questions ainsi que les personnes intéressées à assister aux délibérations du conseil accèdent à l\u2019hôtel de ville par la porte du côté est (510, rue Gosford).La salle est équipée d\u2019un système d\u2019aide à l\u2019audition.Pour y avoir accès, il suffit de synto niser la fréquence 100,3 sur la bande FM de votre baladeur.De plus, un service d\u2019interprétation pour les personnes ayant des limitations auditives est offert sur demande, sous réserve de la dispo nibilité d\u2019interprètes.Veuillez communiquer, au moins 3 jours ouvrables à l\u2019avance, au 514-872-3142.Montréal, le 14 février 2017 Me Yves Saindon Greffier de la Ville Avis public ASSEMBLÉE PUBLIQUE DE CONSULTATION PREMIER PROJET DE RÈGLEMENT NUMÉRO 1886-349 AVIS est donné aux personnes intéressées de l\u2019arrondissement de Saint-Léonard et des arrondissements d\u2019Anjou, Mercier\u2013Hochelaga- Maisonneuve, Montréal-Nord, Rosemont\u2013La\u2013Petite- Patrie et Villeray\u2013Saint-Michel\u2013Parc-Extension demeurant dans une zone contiguë à l\u2019arrondissement de Saint-Léonard que lors de sa séance ordinaire tenue le 6 février 2017, le conseil d\u2019arrondissement de Saint-Léonard a adopté un premier projet de règlement numéro 1886-349 intitulé : « Règlement modifiant le Règlement de zonage numéro 1886, de façon à : a) abroger des dispositions relatives à l\u2019égouttement des eaux de surface relevant du Code civil du Québec; b) revoir la méthode de calcul du pourcentage de verdure pour un usage de la classe h1 ou h2; c) modifier les dispositions visant la bande de 1 m de verdure exigée pour un usage de la classe h1 ou h2; d) permettre la construction de toitures végétalisées; e) prévoir que l\u2019aménagement d\u2019une toiture végétalisée soit comptabilisé dans la méthode de calcul du pourcentage minimal de verdure exigé; f) revoir la formulation des dispositions relativement à la verdure exigée pour tous les types de zone; g) permettre les abris saisonniers en cour avant pour les personnes handicapées ayant une attribution de case de stationnement sur rue; h) harmoniser sa terminologie aux autres règlements de l\u2019arrondissement ».Une assemblée publique de consultation sera tenue sur ce premier projet de règlement, le lundi 27 février 2017, à 17 h 30, à la salle du conseil de la bibliothèque municipale située au 8420, boulevard Lacordaire, en conformité avec les dispositions de la Loi sur l\u2019aménagement et l\u2019urbanisme (RLRQ, c.A-19.1).Au cours de cette assemblée publique de consultation, le maire de l\u2019arrondissement ou un autre membre du conseil désigné par lui, expliquera le premier projet de règlement ainsi que les conséquences de son adoption et entendra les personnes qui désirent s\u2019exprimer à ce sujet.Ce premier projet de règlement contient des dispositions susceptibles d\u2019approbation référendaire et il vise l\u2019ensemble du territoire de l\u2019arrondissement.Ce premier projet de règlement, le résumé et le plan de zonage sont disponibles pour consultation à la mairie d\u2019arrondissement située au 8400, boulevard Lacordaire, durant les heures normales de bureau, soit : du lundi au jeudi, de 8 h à 11 h 45, de 12 h 45 à 16 h 45, et le vendredi, de 8 h à 12 h.Montréal, le 14 février 2017.La Secrétaire d\u2019arrondissement Guylaine Champoux, avocate Cet avis peut également être consulté sur le site Internet de l\u2019arrondissement à l\u2019adresse suivante : www.ville.montreal.qc.ca/st-leonard Avis public PROMULGATION RÈGLEMENT R.R.1562.032 RÈGLEMENT R.R.1562.033 Avis est donné que lors de la séance ordinaire tenue le 16 janvier 2017, le conseil d\u2019arrondissement a adopté les règlements suivants : R.R.1562.032 soit le Règlement modifiant le Règlement de zonage refondu 1562 afin de modifier diverses dispositions en lien avec la hauteur des clôtures pour tenir compte des exigences particulières du Règlement sur le contrôle des animaux de la Ville de Montréal.R.R.1562.033 soit le Règlement modifiant le Règlement de zonage refondu 1562 afin de modifier diverses dispositions en lien avec les murs de soutènement.Ces règlements sont entrés en vigueur le 8 février 2017, date inscrite aux certificats de conformité et sont déposés au bureau de la secrétaire d\u2019arrondissement où ils peuvent être consultés.DONNÉ À MONTRÉAL, Arrondissement de Montréal-Nord, ce 14 février 2017.La secrétaire d\u2019arrondissement, Marie Marthe Papineau, avocate Avis public APPEL D\u2019OFFRES Des soumissions sont demandées et devront être reçues au siège de la Communauté métropolitaine de Montréal, 1002 rue Sherbrooke Ouest, bureau 2400 à Montréal, Avant 11 heures, le lundi 10 avril 2017 pour : APPEL D\u2019OFFRES PUBLIC NUMÉRO GÉO-2017-01 SERVICE-CONSEILS, SUPPORT TECHNIQUE ET INTEGRATION D\u2019APPLICATIONS WEB SOUS PLATEFORME TYPO3 Les documents concernant ces appels d\u2019offres sont disponibles par l\u2019intermédiaire du babillard électronique SÉAO à l\u2019adresse www.seao.ca La Communauté ne s\u2019engage à accepter ni la meilleure, ni aucune des soumissions reçues et n\u2019encourt aucune responsabilité envers le ou les soumissionnaires.La secrétaire par intérim de la Communauté, Guylaine Morissette, notaire AVIS PUBLIC DE NOTIFICATION (135, 136 et 137 C.p.c.) PAR ORDRE DE L\u2019HUISSIER: Avis est donné à PHRMM INC.que la partie deman- deresse a déposé au greffe de la Cour du Québec, du district de Longueuil, une demande introductive d\u2019instance.Une copie de cette demande et de l\u2019avis d\u2019assignation ont été laissés à l\u2019intention de la partie défenderesse, au greffe du tribunal, au palais de justice de Longueuil, situé au 1111 Boulevard Jacques Cartier est à Longueuil dans le dossier 505-22- 025433-170.Il est ordonné à la partie défenderesse de répondre dans les 30 jours de la présente.À défaut de répondre dans le délai, un jugement par défaut pourrait être rendu contre vous sans autre avis dès l\u2019expiration de ce délai et vous pourriez devoir payer les frais de justice.À Montréal, le 10 février 2017 Sonia Lavoie, huissier de justice AVIS PUBLIC DE NOTIFICATION (135, 136 et 137 C.p.c.) PAR ORDRE DE L\u2019HUISSIER: Avis est donné à Marco Pisseri que la partie demanderesse a déposé au greffe de la Cour du Québec, du district de Montréal, une demande introductive d\u2019instance.Une copie de cette demande et de l\u2019avis d\u2019assignation ont été laissés à l\u2019intention de la partie défenderesse, au greffe du tribunal, au palais de justice de Montréal, situé au 1 rue Notre-Dame Est à Montréal dans le dossier 500-22-236315-175.Il est ordonné à la partie défenderesse de répondre dans les 30 jours de la présente.À défaut de répondre dans le délai, un jugement par défaut pourrait être rendu contre vous sans autre avis dès l\u2019expiration de ce délai et vous pourriez devoir payer les frais de justice.À Montréal, le 10 février 2017 Sonia Lavoie, huissier de justice M A R I E V A S T E L Correspondante parlementaire à Ottawa Martine Ouellet attendra 2019 pour tenter de rejoindre le Bloc québécois à temps plein et se faire élire à la Chambre des communes.Et ce, même si une élection partielle est à prévoir dans la circonscription de Saint-Laurent à Montréal.«Saint-Laurent, ce n\u2019est pas sérieux», a rétorqué Martine Ouellet à l\u2019idée de briguer une élection partielle dans la circonscription laissée vacante par Stéphane Dion.« Il n\u2019y a pas vraiment de chance de gagner dans le comté de Saint- Laurent, pour le Bloc québécois », a fait valoir la candidate à la chef ferie, lors de son premier point de presse au Parlement fédéral.Le Bloc y avait reçu 4,6 % d\u2019appuis à l\u2019élection de 2015, quatrième sous l\u2019écrasante victoire de Stéphane Dion, élu avec 62% des voix.«De toute façon, je veux terminer mon mandat à l\u2019Assemblée nationale.J\u2019ai dit que je ne souhaitais pas provoquer d\u2019élections partielles.Mon mandat se termine en 2018», a argué Martine Ouellet.Course contestée L\u2019aspirante chef était à Ottawa lundi pour annoncer qu\u2019elle avait l\u2019appui de trois nouveaux députés.Mais au même moment, sa candidature était contestée par l\u2019avocat du parti, Louis Demers.Ce dernier, qui songeait à se porter candidat si la course était reportée à 2018, s\u2019inquiète du fait que Mme Ouellet ait envoyé un courriel promotionnel à des membres du parti.Les candidats à la chefferie n\u2019ont accès à la liste de membres du Bloc qu\u2019après avoir remis leur bulletin de candidature dûment rempli.«Ces courriels ont été envoyés à même une liste que son organisation savait nécessairement avoir été illégalement obtenue, d\u2019une façon ou d\u2019une autre, et qu\u2019elle n\u2019avait aucun droit d\u2019agir de la sorte», dénonce M.Demers sur son blogue, en appelant le président de la course Pierre Bouchard à annuler l\u2019élection prévue.Pas question, a répondu M.Bouchard au Devoir.Le Bloc a mené des vérifications et «conclut à un non-lieu».L\u2019équipe de Martine Ouellet affirme avoir mis en commun ses listes de contacts indépendantistes colligées au fil des années.La liste des membres du Bloc n\u2019a pas été téléchargée au cours du dernier mois, a rapporté M.Bouchard.«On ne peut pas aller plus loin, a-t-il avoué.On ne peut se baser sur rien pour trancher.» Mme Ouellet a nié, lundi, avoir enfreint les règles de la course à la chefferie.Interrogée à savoir si l\u2019un des députés qui l\u2019appuient pourrait avoir fourni une liste de membres, elle a répliqué que ce n\u2019était pas le cas «à [sa] connaissance».Son équipe s\u2019est en outre engagée à ne plus envoyer de courriel aux bloquistes, sans envoyer le message d\u2019abord au parti afin qu\u2019il l\u2019expédie lui-même aux membres, comme le stipulent les règles de la course.Les députés Monique Pauzé, Michel Boudrias et Simon Marcil ont annoncé lundi leur appui à Martine Ouellet, ajoutant leurs noms à ceux de Marilène Gill, Xavier Barsalou-Duval et Gabriel Ste-Marie.Trois autres élus doivent rester neutres \u2014 Mario Beaulieu est président du parti; Rhéal Fortin, chef intérimaire; et Louis Plamondon, président du caucus.Seul Luc Thériault s\u2019est montré critique à l\u2019endroit de Mme Ouellet.Le Devoir BLOC QUÉBÉCOIS Briguer Saint-Laurent n\u2019est «pas sérieux », tranche Martine Ouellet La candidate a nié avoir enfreint les règles de la course à la chefferie en envoyant un courriel promotionnel à des membres du parti Situation critique pour un barrage californien Le niveau d\u2019eau a chuté lundi dans le réservoir du plus haut barrage des États-Unis, qui menaçait de céder en Californie, ce qui a rassuré les autorités, qui avaient ordonné l\u2019évacuation de près de 200 000 résidants la veille.Avec la pluie prévue mercredi et jeudi, le temps est compté pour réparer les dommages : les autorités espèrent réduire le niveau de l\u2019eau à un peu plus de 15 mètres avant que les pluies ne s\u2019abattent sur la région.L\u2019ordre d\u2019évacuation a été lancé dimanche après-midi, quand des ingénieurs ont repéré une faille dans la paroi de ciment du déversoir secondaire du barrage d\u2019Oroville, qui fait 235 mètres de haut.Le niveau d\u2019eau du lac était si élevé que le déversoir d\u2019urgence a été utilisé samedi pour la première fois en près de 50 ans.RICH PEDRONCELLI ASSOCIATED PRESS W ashington \u2014 Lors de la grande épidémie d\u2019Ebola en Afrique de l\u2019Ouest en 2014- 2015, environ 3 % seulement des personnes infectées ont été responsables de 61 % de toutes les contagions, a déterminé une étude publiée lundi dans les Comptes rendus de l\u2019Académie américaine des sciences (PNAS).Ces « superpropagateurs » de l\u2019infection jouent un rôle tellement important dans des épidémies qu\u2019il est essentiel de mieux les identifier afin de contenir plus efficacement des flambées infectieuses, explique l\u2019équipe internationale de cette recherche menée par l\u2019Université de Princeton, avec des chercheurs de l\u2019Université d\u2019Oregon, de la London School of Hygiene and Tropical Medicine et des Instituts nationaux américains de la santé (NIH).L\u2019épidémie d\u2019Ebola en 2014 a été d\u2019une ampleur sans pré- cédent en Afrique, alors que les premières mesures de contrôle ont toutes échoué, pointe l\u2019étude.Cette épidémie a fait au total 11 310 morts, selon l\u2019Organisation mondiale de la santé (OMS).Au sein des populations Les scientifiques estiment qu\u2019une meilleure compréhension de ces « superpropaga- teurs» du virus aurait permis de mieux les cibler et d\u2019intervenir plus efficacement.Ces chercheurs ont conclu que ces personnes, dans le cas de la flambée d\u2019Ebola en 2014, appar tenaient à un cer tain groupe d\u2019âge et se trouvaient davantage parmi les populations que dans les centres de traitement.Ils ont ainsi continué à propager l\u2019infection après qu\u2019un grand nombre des premières personnes malades eurent été emmenées dans les centres de soins.Selon ces chercheurs, si ces « superpropagateurs » avaient été complètement identifiés, près des deux tiers des infections auraient pu être évités.Cette étude, qui s\u2019est concentrée seulement sur les malades décédés et enterrés avec toutes les précautions requises pour éviter une contamination de l\u2019entourage, pointe le fait que le rôle de ces propagateurs a probablement été sous-estimé.Le concept de « superpropa- gateur » a émergé dans les années 2000 avec notamment la propagation du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) en 2003 et plus récemment, en 2012, avec le coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV).Cette dernière étude a permis de créer un nouveau cadre statistique permettant aux scientifiques de mieux mesurer ce phénomène dans l\u2019évolution d\u2019une épidémie pour aussi mieux le contrôler.Agence France-Presse Ebola : une fraction des malades a causé 61 % des contagions L E D E V O I R , L E M A R D I 1 4 F É V R I E R 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 5 ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR «Quand l\u2019hôpital déborde de cas qui ne devraient pas s\u2019y trouver, ça engorge l\u2019urgence», rappelle le Dr Jean-Christophe Carvalho.La quête de l\u2019âme sœur coûte cher aux Canadiens L\u2019amour en ligne peut coûter cher : l\u2019an dernier, des Canadiens à la recherche de l\u2019âme sœur se sont fait dérober près de 17 millions de dollars, rapporte la Gendarmerie royale du Canada (GRC).À l\u2019occasion de la Saint-Valentin, la GRC rapporte qu\u2019en 2016, 748 victimes ont perdu cette somme aux mains de prétendants fraudeurs.Et ce ne serait que la pointe de l\u2019iceberg, signale le sergent Guy-Paul Larocque de la GRC.«On estime que les cas rapportés représentent à peine 5 % des cas actuels», précise-t- il.Les escroqueries «de stratagèmes amoureux» sont ces dernières années parmi le « top trois» des cas de fraude les plus fréquents, indique-t-il.À tous ceux qui pensent avoir été victimes de ce stratagème, la GRC conseille de signaler l\u2019incident à la police et de faire un rapport au Centre antifraude du Canada.La Presse canadienne Plus de 300 frênes seront abattus au parc Jean-Drapeau L\u2019agrile du frêne, un insecte ravageur d\u2019origine asiatique, poursuit ses ravages dans les grands parcs montréalais.La Ville de Montréal procédera à l\u2019abattage de 318 frênes infectés dans le parc Jean-Drapeau, soit 172 frênes sur l\u2019île Sainte- Hélène et 146 autres sur l\u2019île Notre-Dame.Elle devra aussi couper 61 frênes dans le site patrimonial du parc du Mont- Royal.La Ville estime qu\u2019il s\u2019agit là de la seule solution possible pour ces arbres condamnés.Depuis l\u2019apparition de l\u2019agrile à Montréal en 2011, plus de 13 000 frênes ont été coupés sur le territoire de la ville.L\u2019an dernier, l\u2019administration Coderre avait pourtant affirmé être en train de gagner la «guerre» contre l\u2019agrile.Le Devoir Accident d\u2019autobus en Montérégie Un petit groupe d\u2019écoliers a été impliqué dans un accident de la route survenu vers 9 heures, lundi matin, dans le sud-ouest de la Montérégie.Leur minibus est entré en collision avec une automobile sur la route 201 à Saint-Clet, près de Vaudreuil- Dorion.Une femme qui était à bord de la voiture a été sérieusement blessée et transportée à l\u2019hôpital.Les huit élèves qui se trouvaient à bord du transporteur ont aussi été transportés à l\u2019hôpital, mais simplement par mesure préventive puisque la Sûreté du Québec ne signale pas de blessés parmi eux.La route 201 a été fermée à la circulation entre Saint-Lazare et Saint-Clet, afin de permettre que l\u2019enquête soit menée.Les circonstances de la collision restent d\u2019ailleurs à déterminer La Presse canadienne Les abysses sont aussi pollués Paris \u2014 Les plus grandes profondeurs océaniques n\u2019échappent pas aux pollutions d\u2019origine humaine, révèle une étude publiée lundi, qui a décelé des traces de produits chimiques interdits sur de minuscules crustacés vivant dans les abysses.«Nous voyons encore les abysses comme un royaume lointain et immaculé, préservé de l\u2019action de l\u2019homme, mais nos travaux montrent que, malheureusement, cela est loin de la vérité», souligne Alan Jamieson, chercheur à l\u2019Université de Newcastle (Royaume-Uni), coauteur de cette étude parue dans la revue Nature Ecology & Evolution.Même dans ces lieux reculés, au plus profond de la croûte terrestre, les am- phipodes, rares organismes à pouvoir vivre à de tels profondeurs et niveaux de pression, affichaient des niveaux «extraordinaires» de contamination chimique, écrivent les chercheurs.La présence de PCB (polychlorobiphényles), bannis il y a 40 ans, et de PBDE (poly- bromodiphényléthers), longtemps utilisés pour ignifuger matières plastiques et textiles, a notamment été prouvée.Agence France-Presse A M É L I E D A O U S T - B O I S V E R T L a situation dans les urgences du Québec s\u2019est améliorée depuis 5 ans, mais dans la dernière année, certaines régions ont connu des difficultés.Globalement, entre 2012- 2013 et 2016-2017, la durée de séjour sur civière dans les urgences est passée d\u2019une moyenne de près de 17 heures à 15 h 21, une amélioration de 9,4 %.Pendant ce temps, les urgences recevaient plus de 142 000 patients de plus, dont plus de 50 000 qui ont séjourné sur civière.Sur 5 ans, la tendance est à l\u2019amélioration dans 14 régions sur 16.Par contre, dans la dernière année, la durée de séjour sur civière s\u2019est accrue dans cinq régions.La Coalition avenir Québec (CAQ) et le ministre de la Santé et des Ser vices sociaux, Gaétan Barrette, ont fait valoir une interprétation divergente des dernières statistiques disponibles pendant la fin de semaine.La CAQ a obtenu ces chiffres par une demande d\u2019accès à l\u2019information.Pour le député François Paradis, cela traduit l\u2019échec du ministre Barrette à obtenir de meilleurs résultats malgré ses réformes, a-t-il fait valoir en entrevue avec TVA.Le ministre a rapidement répliqué, par voix de communiqué.Bien qu\u2019il soit conscient des efforts qu\u2019il reste à faire, « il n\u2019est pas exact d\u2019af firmer que la situation se détériore».Avant son abolition, c\u2019est le commissaire à la Santé et au Bien-être qui examinait chaque année les données sur les urgences.Lors du dépôt de son dernier rappor t, en juin 2016, il avait affirmé que le temps d\u2019attente dans les urgences du Québec était l\u2019un des «pires en Occident».Inégalités entre régions Cer taines régions se démarquent positivement.C\u2019est le cas du Bas-Saint-Laurent, où la durée moyenne de séjour sur civière a diminué de près de 22 % en 5 ans, passant à 7 h 13 minutes dans la dernière année.Pour y arriver, la région a mobilisé ses troupes partout dans le réseau de la santé, indique le directeur des services professionnels de la région, le Dr Jean-Christophe Carvalho.« Quand l\u2019hôpital déborde de cas qui ne devraient pas s\u2019y trouver, ça engorge l\u2019urgence », rappelle-t-il.C\u2019est pourquoi, dès l\u2019ar rivée d\u2019un patient à l \u2019urgence, on commence à planifier sa sor tie.Aura-t-il besoin de soins à domicile, d\u2019hébergement, de réadaptation ?« Il faut commencer à planifier dès le départ, sinon, on perd un temps précieux », explique-t-il.Aussi, les patients arrivent ainsi à quitter plus rapidement l\u2019hôpital une fois leur épisode de soin aigu terminé.On prend garde également à réser ver les places en CHSLD aux patients qui en ont réellement besoin.« Il ne faut pas baisser les bras et se demander si c\u2019est possible de renvoyer le patient à domicile avec des services.Sinon, on se tourne toujours vers la prochaine ressource appropriée en évitant le CHSLD si possible », précise le Dr Carvalho.Il se félicite aussi des efforts consentis par les médecins de famille de la région, alors que 86 % des patients sont suivis et que le taux d\u2019assiduité frôle la cible de 80 %.Dans d\u2019autres régions, le portrait est moins reluisant.La durée moyenne de séjour sur civière s\u2019est légèrement détériorée sur 5 ans en Montéré- gie et en Estrie.Certains hôpitaux affichent une durée moyenne de séjour très élevée.Elle dépasse 20 heures notamment à l\u2019hôpital Saint-François d\u2019Assise, au Centre hospitalier de Granby, aux hôpitaux de LaSalle, de Saint-Jérôme, Pier re-Bou- cher, Anna-Laberge, du Suroît, du Lakeshore, du Sacré- Cœur, Maisonneuve-Rose- mont, et au CHUM.En santé mentale, la situation est particulièrement difficile.Par exemple, la durée moyenne de séjour sur ci - vière est passée de 7 h 50 en 2012-2013 à l\u2019Institut universitaire en santé mentale Douglas à plus de 22 heures cette année.Il est toujours de plus de 35 heures au pavillon Alber t-Prévost et de plus de 33 heures à l\u2019Institut universitaire en santé mentale de Montréal.Le Devoir Les urgences se portent mieux.en général Cinq régions du Québec ont connu des augmentations du temps d\u2019attente, contrairement à la tendance globale M A R I E - M I C H È L E S I O U I T axe sur le carbone, gestion de l\u2019of fre et « vrai » conser vatisme ont accaparé la majorité des discussions entre les candidats à la chefferie du Par ti conser vateur du Canada, qui participaient lundi soir à un débat organisé par les associat ions conser vatrices de Lac-Saint- Louis et Pierrefonds-Dollard, à Montréal.Le débat bil ingue, qui n\u2019était pas of ficiel parce que non organisé par le par ti, a par ailleurs ser vi à répéter des idées déjà mar telées à plusieurs reprises par chacun des candidats.Ils ont presque tous répété l\u2019adresse de leur site Web personnel, d\u2019ai l - leurs, peut-être pour attirer l\u2019attention sur la plateforme qu\u2019ils présentent.Sur la scène, il y avait 11 des 14 candidats de cette course, réunis devant près de 400 personnes.L\u2019aspirant chef que tout le monde semblait attendre, Kevin O\u2019Lear y, a vite brisé le suspense entourant la possibilité qu\u2019il s\u2019exprime en français.«Mes amis québécois, le français, c\u2019est impor tant pour moi.Je suis avec mon professeur de français tous les jours.Je suis né à Montréal, mon fils étudie à Montréal », a- t-il lancé en ouver ture dans un français qui n\u2019avait rien à envier à celui de certains de ses compétiteurs.O\u2019Leary ciblé I l obt ient la faveur des membres du Parti conservateur, devant Maxime Ber- nier, selon un sondage de iPolitics publié lundi.Sans surprise, il a été la cible de la majorité des attaques, qui por taient notamment sur le conser vatisme de ses idées ou sur les grandes périodes de temps qu\u2019 i l passe aux États-Unis.À ses opposants qui martelaient l\u2019importance du l ibre-échange ou d\u2019un « petit gouvernement », Kevin O\u2019Leary a répondu en reprenant des thèmes chers au premier ministre, Justin Trudeau.« Les LGBTQI, c \u2019es t fait.La marijuana, c\u2019est fait.Les droits liés à la procréation, 100 % », a-t-il lancé.Steven Blaney, hyperactif, s\u2019est levé pour rappeler son opposition à la légalisation de la marijuana.« Les Canadiens ne devraient pas être des cochons d \u2019Inde » , a - t - i l lancé, avant que la foule le hue.C\u2019étaient les premières huées ; l\u2019élu de Lévis allait en recevoir d\u2019autres.C\u2019est avec l\u2019autre candidat québécois, Maxime Bernier, qu\u2019il a eu les échanges les plus relevés, au sujet de la gest ion de l \u2019of fre.Le premier souhaite l\u2019abolir, tandis que Steven Blaney avai t traîné un verre de lait pour i l lustrer son sout ien à ce système de gestion des approvisionnements.Taxe sur le carbone L\u2019ensemble des candidats s\u2019en sont par ailleurs donné à cœur joie pour dénoncer la taxe libérale sur le carbone.Michael Chong, seul dans son camp, a maintenu son appui.Autre constante : le désir de Kellie Leitch d\u2019imposer un « filtre des valeurs » à imposer aux nouveaux ar rivants.« Nous devons rencontrer chacun des immigrants [\u2026] et nous assurer qu\u2019ils partagent nos valeurs canadiennes », a af firmé la conser vatrice, appelée à répondre à une question sur l\u2019attentat récent dans une mosquée de Québec.Le débat était animé par l\u2019ex-organisateur libéral et rédacteur en chef du Suburban, Ber yl Wajsman.Seuls 11 candidats y ont participé.Brad T rost et Pier re Le- mieux n\u2019ont pas pu monter sur scène en raison de « problèmes de communication », tandis que Deepak Obhrai avait un conflit d\u2019horaire.Le prochain débat est prévu le 28 février, à Edmonton.Le Devoir CHEFFERIE DU PARTI CONSERVATEUR Un débat pour attirer l\u2019attention Réunis à Montréal, les candidats ont présenté peu de nouvelles idées J E A N N E C O R R I V E A U La remise en ser vice des trains Azur, qui devait se faire progressivement au cours des deux dernières semaines, a été retardée par la découverte d\u2019un nouveau problème.Des pièces des nouveaux trains devront être remplacées, a annoncé la Société de transport de Montréal (STM) lundi.Les trains Azur se faisaient rares sur la ligne orange du métro, et pour cause.La STM n\u2019a pu les réintégrer comme prévu malgré les correctifs apportés à la suite de l\u2019arrêt de service majeur du 14 janvier dernier.Cette fois, la STM a découvert que les frotteurs négatifs des trains Azur s\u2019usaient prématurément, alors que ce phénomène ne s\u2019observait pas sur les MR-73.Rappelons que les frotteurs négatifs sont des sabots d\u2019acier qui sont fixés sous les voitures de métro et qui assurent le contact électrique entre le train et les rails.L\u2019interaction entre les frotteurs et les voies rendent les rails rugueux, alors qu\u2019ils doivent être lisses, et les embouts en bronze de ces frotteurs s\u2019usent de façon accélérée, a expliqué lundi François Chamber- land, directeur exécutif de l\u2019ingénierie, de l\u2019infrastructure et des projets majeurs à la STM.L\u2019alliage de bronze Les MR-73, qui roulent depuis quatre décennies dans le métro, ne sont pas touchés par ce problème, a-t-il dit.La STM, qui a consulté des experts internationaux, a donc décidé de remplacer les embouts de bronze de ses 14 trains Azur par ceux utilisés sur les MR-73.«La différence [entre ces pièces] est infime, mais la composition de l\u2019alliage de bronze fait toute la différence», a soutenu M.Cham- berland.La STM doit toutefois commander les pièces, car celles des trains Azur sont en mesures métriques et non en mesures impériales comme sur les MR-73.Selon M.Chamberland, il ne s\u2019agit pas d\u2019un défaut de fabrication.«Chaque introduction de nouveau matériel roulant vient avec son lot d\u2019ajustements mécaniques ou électriques.Ça se vit dans tous les réseaux de transport en commun», a-t-il fait valoir en rappelant que les MR-73 avaient subi plus de 2000 modifications depuis leur mise en service.Retour progressif À l\u2019heure actuelle, seul un train Azur est équipé de frotteurs modifiés et il roule sur la ligne orange.D\u2019ici la fin de la semaine, trois trains Azur seront en circulation.«La remise en service des autres trains sera faite en fonction des observations qui seront faites sur ces trois trains-là et aussi en fonction des délais d\u2019approvisionnement des pièces qui sont nécessaires pour faire les ajustements », a dit le président du conseil d\u2019administration de la STM, Philippe Schnobb.Il n\u2019a cependant pas été en mesure de préciser à quel moment tous les trains Azur seront remis en service.La STM soutient que l\u2019impact du retrait des trains Azur sur la fréquence des passages est « très minime» à l\u2019heure de pointe.Quant aux coûts, ils ne sont pas exorbitants et seront défrayés à même la réserve de contingence, a-t-on indiqué.Le Devoir MÉTRO DE MONTRÉAL Des pièces des voitures Azur devront être remplacées MUSTAFAH ACALAKI / GETTY IMAGES D\u2019ici la fin de la semaine, trois trains Azur seront en circulation.PAUL CHIASSON LA PRESSE CANADIENNE Kevin O\u2019Leary a prononcé quelques mots dans un français qui n\u2019avait rien à envier à celui de certains de ses compétiteurs.Les baisses les plus importantes Entre 2012-2013 et 2016-2017 Gaspésie : de 14h05 à 10h47 (-23,34%) Lanaudière : de 23h39 à 18h09 (-23,26%) Côte-Nord : de 15h54 à 12h18 (-22,64%) Bas-Saint-Laurent : de 9h14 à 7h13 (-21,84%) Mauricie\u2013Centre-du-Québec : de 14h01 à 11h45 (-16,17%) Source : Ministère de la Santé et des Services sociaux.Note : les données de 2016-2017 sont partielles. Qu\u2019est-ce qui vaut mieux ?Un gouvernement doté d\u2019une majorité parlementaire avec moins de 40 % des voix ou un Parlement où la répartition des sièges reflète mieux le vote populaire, forçant plusieurs partis à coopérer ?Pour le premier ministre Justin Trudeau, que le premier système a bien servi, la réponse est claire.Le statu quo l\u2019emporte.Il aurait dû avoir l\u2019honnêteté de le dire, au lieu d\u2019entretenir de faux espoirs.n décembre dernier, alors que de plus en plus de gens mettaient en doute la volonté du gouvernement libéral de réformer le mode de scrutin, M.Trudeau répétait que les élections de 2015 seraient bel et bien les dernières à avoir été tenues en vertu du scrutin uninominal majoritaire à un tour.Sa promesse faite dès juin 2015 tenait, même si son gouvernement multipliait les ma- nœuvres visant à torpiller la réforme.Les prétextes pour justi?er ses hésitations étaient toujours les mêmes : absence d\u2019un « large » consensus autour d\u2019un modèle précis, manque d\u2019intérêt d\u2019une large portion de la population, manque de temps pour procéder à une réforme complexe.On a vu anguille sous roche, et avec raison.Un consensus, il s\u2019en est dégagé un devant le comité parlementaire et lors des assemblées publiques des députés.La majorité des participants ont dit que tout nouveau système devrait mieux re?éter le vote populaire.En d\u2019autres mots, intégrer un élément de proportionnalité.Quant au modèle précis, le gouvernement avait le loisir de le dé?nir.La participation citoyenne aux assemblées publiques a été inégale, ce qui est compréhensible quand une partie d\u2019entre elles ont eu lieu en été et que plusieurs autres ont manqué de publicité.Par contre, près de 300 000 personnes ont pris le temps de répondre au sondage en ligne à mademocratie.ca, et ce, juste avant Noël et après les Fêtes.De toutes les raisons invoquées, une seule tenait la route : le manque de temps.Mais M.Trudeau aurait dû le savoir, s\u2019il était sérieux et ne faisait pas cette promesse pour la galerie.S\u2019il avait fait ses devoirs et examiné les tentatives faites dans plusieurs provinces, il n\u2019aurait jamais suggéré un échéancier aussi serré.On comprend mieux aujourd\u2019hui pourquoi il ne s\u2019est pas donné plus de temps ni n\u2019a envisagé de modi?er sa date butoir.Il n\u2019en voulait pas, de cette réforme.Ses déclarations faites lors de sa tournée en Arctique, la semaine dernière, ont exposé au grand jour le fond de sa pensée.?Il a ainsi af?rmé que « la représentation proportionnelle, sous quelque forme que ce soit, serait mauvaise pour le Canada», car un gouvernement minoritaire pourrait être à la merci de formations marginales, prenant la conser vatrice Kellie Leitch en exemple.Et que dire de l\u2019instabilité qui en résulterait ?Si M.Trudeau croyait ce qu\u2019il disait il y a quelques jours, il devait le penser il y a deux ans.À moins de ne pas avoir creusé la question avant de foncer.La représentation proportionnelle est largement répandue.Si le modèle israélien af?che tous les défauts invoqués par le premier ministre, on ne peut pas en dire autant de celui en vigueur en Allemagne et dans la plupart des pays européens.Le premier ministre ne pouvait l\u2019ignorer.Son opposition n\u2019a donc rien à voir avec les résultats des consultations.Elle est le re?et de ses convictions.Il est un tenant du statu quo ou, tout au plus, de l\u2019adoption du vote préférentiel.Il aurait dû avoir l\u2019honnêteté de se limiter à promettre cette dernière réforme.Cela ne lui aurait cependant pas attiré autant de votes verts et néodémocrates.Il a donc ouvert grande la porte, fait rêver ceux qui espèrent depuis longtemps une réelle réforme et fait perdre leur temps aux députés, témoins, experts et citoyens.Il a mis dans l\u2019embarras la ministre des Institutions démocratiques, Maryam Monsef, sans ensuite avoir le courage d\u2019annoncer lui-même l\u2019abandon de sa promesse.Il en a informé sa nouvelle ministre Karina Gould moins de 24 heures avant qu\u2019elle ait à affronter la presse.Le premier ministre aime dire que son gouvernement est à l\u2019écoute et consulte.Encourager la participation citoyenne est une bonne chose, et nombre de ses ministres y croient, mais si le résultat dans un dossier aussi important que la réforme électorale est d\u2019en faire à sa tête, cela envoie le mauvais signal.Aucun gouvernement n\u2019arrive à mettre en œuvre toutes ses promesses, mais dans ce cas-ci, M.Trudeau a entretenu faussement l\u2019espoir pendant des mois.À moins qu\u2019il n\u2019ait réalisé la portée de son engagement qu\u2019au cours de la dernière année, mais si tel est le cas, cela prouverait que cette promesse était effectivement cynique ou irré?échie, sinon irresponsable.Cela ne fait qu\u2019ajouter à la déception.L E D E V O I R , L E M A R D I 1 4 F É V R I E R 2 0 1 7 A 6 EDITORIAL L E T T R E S Rumeur glaciale en provenance d\u2019Alaska Sarah Palin, ex-candidate républicaine à la vice-présidence américaine et notoire «Hockey Mom», a toujours appuyé le lobby des armes à feu qu\u2019est la National Rifle Association.Elle chassait les grizzlis dans sa cour et apercevait la Russie de sa maison.Elle serait la prochaine ambassadrice des États-Unis de Donald Trump\u2026 à Ottawa.Wow, go go go, les Ottawa Senators et les Capitals de Washington! Voilà maintenant une très bonne raison pour les premiers ministres Couillard et Trudeau de construire au plus tôt non pas un, mais des murs, tant au nord qu\u2019au sud, nous séparant de nos encombrants et de plus en plus gênants voisins.Comble d\u2019ironie totale et sublime, le Bloc québécois à Ottawa aura dorénavant une nouvelle alliée de choix pour l\u2019indépendance du Québec\u2026 En effet, lors de la campagne à l\u2019élection présidentielle américaine et selon le crédible New York Times de septembre 2008, Sarah Palin a été partisane avec son mari \u2014 pendant au moins deux ans, au début des années 1990 \u2014 du Par ti pour l\u2019indépendance de l\u2019Alaska (AIP).Aux États-Unis, l\u2019AIP est affilié nationale- ment au Parti de la Constitution conservateur.Son programme est notamment la sécession de l\u2019Alaska des États-Unis, rien de moins.Gérard Briand Montréal, le 9 février 2017 L I B R E O P I N I O N S T É P H A N E M A R T E L L Y Chercheuse postdoctorale et écrivaine « Tout déverrouiller en soi pour mieux ouvrir en nous le sanctuaire de l\u2019humain, c\u2019est notre liberté » (Patrick Chamoiseau) A u Centre d\u2019histoire orale et de récits numérisés de l\u2019Université Concordia, nous sommes entourés de voix.Préoccupés par des histoires de violence et de déplacement depuis une dizaine d\u2019années (histoires de vie des Montréalais déplacés par la guerre, le génocide et les violences contre les droits de la personne), c\u2019est à travers ces voix et ces témoins que nous avons eu accès à des récits venus des quatre coins du monde, si éloignés et pour tant si semblables.À travers nos recherches et nos réflexions, nous avons quelquefois appris à franchir les cloisonnements disciplinaires et politiques qui nous tenaient séparés de ces voix.Peu à peu, recueillant ces récits de vie de personnes qui avaient vu la montée des fascismes, des gouvernements totalitaires, de violences génocidaires, nous sommes un peu devenus des témoins à notre tour, que nous ayons vécu ces atrocités ou non.Nous sommes devenus les témoins des témoins, gardiens et archivistes de leur mémoire, redevables de leur générosité et de leur courage.C\u2019est pour cette raison que nous ne pouvons rester silencieux et silencieuses devant la montée des discours, des gestes et des lois d\u2019intolérance qui agitent aujourd\u2019hui l\u2019Amérique du Nord.Devant les décisions très graves du gouvernement actuel des États-Unis, dirigé par Donald Trump, qui affectent des milliers de réfugiés et d\u2019immigrants régularisés ou non, devant l\u2019attaque terroriste de la mosquée de la ville de Sainte-Foy, qui a fait six morts, de grands deuils et de nombreux blessés, nous ne pouvons rester en retrait.Ces voix que nous avons reçues, inlassablement, nous parlent de familles, du pays de leur enfance, de liens, de désirs d\u2019habiter.Inlassablement, elles désignent, au-delà du traumatisme, notre humanité commune.Elles nous incitent aussi à la vigilance et à la prudence.Car la violence organisée n\u2019est le bien de personne.Elle n\u2019est pas simplement celle des chambres à gaz, des couteaux ou des fusils, mais elle est aussi celle de banals fonctionnaires ou des chefs d\u2019État, qui ferment les frontières et « décomplexent » la parole raciste ou xénophobe, qui lentement distribuent le rejet et la mort depuis la pointe de leurs plumes, ou qui, devant la souffrance de l\u2019autre qu\u2019ils ont construite, détournent tout simplement les yeux.Quand les armes ont investi la place, il est déjà trop tard : l\u2019humanité a déjà été départagée entre ceux qui sont légitimes et ceux qui ne le sont pas, les noms ou catégories ont déjà été attribués, certaines vies, plus que d\u2019autres, ont été jugées dignes d\u2019être protégées, les agressions petites ou considérables ont déjà eu lieu.Solidarité envers les réfugiés Alors qu\u2019ils nous arrivent brisés mais résistants, alors qu\u2019ils transportent avec eux ce savoir chèrement acquis par des blessures irrémédiables, ces témoins portent dans leur corps debout des récits de violence.Ils arrivent dans un espace que leurs rêves imaginent certainement plus beau que nous ne le vivons nous- mêmes, un pays à la mesure de leur idéal de paix, d\u2019égalité et de liberté.Ils ne remarquent pas toujours tout de suite les signes de la violence qui s\u2019exerce ici à pas plus ou moins feutrés, celle qui s\u2019exerce dans le racisme systémique ou le colonialisme et qui, pour certains, n\u2019en est pas moins violente, n\u2019en est pas moins organisée.Mais quand en temps de crise des discours lèvent le ton, quand l\u2019horizon se masque, quand des gestes se posent, ils en ont assez vu dans leur vie d\u2019avant pour nous dire de faire attention ; ils en savent suffisamment pour reconnaître ce qui se déroule sous leurs yeux.Que nous leur proposions enfin autre chose, que nous soyons à la hauteur de leur mémoire et de leurs espoirs ne peut qu\u2019honorer et élever notre vivre-ensemble et notre démocratie.Nous, témoins des témoins, affirmons donc par cette déclaration notre solidarité envers tous les réfugiés, tous les migrants, tous les musulmans et toutes les populations marginalisées qui reçoivent de plein fouet cette violence.Nous amplifions la voix de toutes les personnes survivantes, exilées ou rescapées, qui, à maintes reprises et dans plusieurs langues, nous ont avertis des dangers des discours et des gestes de haine.Nous vous avons entendus, nous vous voyons et nous nous tiendrons fermement et solidairement avec vous dans le refus et la résistance.Le son de leurs voix FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente du développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-président des ventes publicitaires MARK DROUIN Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Directeur de l\u2019information numérique FLORENT DAUDENS Adjoints PAUL CAUCHON, LOUIS GAGNÉ, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET Une proposition qui me révolte Je viens de lire que ma circonscription de Sainte-Marie\u2013Saint-Jacques va disparaître si vos dernières suggestions sont approuvées.Laissez-moi exprimer beaucoup de perplexité sur l\u2019indépendance supposée de la commission.Pourquoi ?Vos dernières recommandations suggéraient la fusion des circonscriptions de Mont-Royal et d\u2019Outremont, deux bastions libéraux sur l\u2019île de Montréal.Et voilà que, par un tour de passe-passe, on n\u2019y touche plus ! On crée plutôt la circonscription de Ville-Marie qui va englober une partie de Westmount à notre comté actuel et, par hasard (vraiment?), va faire cohabiter deux populations historiquement hétérogènes, ce qui va probablement assurer un autre siège libéral et va détruire toute la vie démocratique centrée sur les associations populaires qui ont permis, entre autres, l\u2019élection d\u2019une députée hors normes et assez exceptionnelle.Laissez-moi vous exprimer dans les termes les plus forts ma totale opposition à cette mesure.Vous vous donnez comme mission d\u2019améliorer la participation électorale et la qualité démocratique de nos institutions.À faire de tels jeux, vous ne faites que susciter un peu plus de cynisme et vous contribuez à pourrir le climat électoral du Québec actuel.Yvon Massicotte Montréal, le 9 février 2017 Le français menacé Il faut prendre la chose au sérieux : le français a besoin d\u2019être protégé.On ne mesure pas à quel point la chose est grave.Le français est un élément essentiel de notre identité.La langue dominante anglaise exerce une pression constante, il nous faut patrouiller constamment et rester vigilants, la langue française est attaquée, maltraitée, méprisée, houspillée, injuriée.Il est primordial de réagir au déclin du français au Québec, car le mal se marque nettement, et de plus en plus.On peut relever facilement l\u2019influence néfaste des lâches politiques du gouvernement inconvenant de Philippe Couillard avec ses économies malencontreuses et sournoises dans un domaine aussi vital.L\u2019inertie indécente du gouvernement Couillard est bien la preuve consternante de ses alliances souterraines et de la réussite des pressions de la langue dominante anglaise dans le Parti libéral.Par son ignorance de la vraie place et de la vraie vitalité qui reviennent au français, et de l\u2019urgence pour nous de le protéger comme un élément essentiel de notre identité, le gouvernement déloyal et fourbe de Philippe Couil- lard fait fi des ef for ts constants et des luttes que nous avons dû mener pour survivre depuis le rapport honteux de Lord Durham.La fidélité à notre langue française est le signe même de notre émancipation et de notre liberté.Daniel Gagnon Le 12 février 2017 RÉFORME ÉLECTORALE Pure mauvaise foi E MANON CORNELLIER Que nous leur proposions enfin autre chose, que nous soyons à la hauteur de leur mémoire et de leurs espoirs ne peut qu\u2019honorer et élever notre vivre-ensemble et notre démocratie L E D E V O I R , L E M A R D I 1 4 F É V R I E R 2 0 1 7 A 7 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon (chef de division), Guy Taillefer (éditorialiste, responsable de la page Idées), Michel Garneau et Pascal Élie (caricaturistes), Jacques Nadeau (photographe), Olivier Zuida (recherchiste photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division et reporter), Stéphane Baillargeon (généraliste), Gérald Dallaire (pupitre), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Jean Dion (sports), Marco Fortier (éducation), Marie-Pier Frappier (pupitre), Lisa-Marie Gervais (diversité), Pauline Gravel (sciences), Jessica Nadeau (éducation).Alexandre Shields (environnement); information politique : Michel David (chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec); information culturelle : Guillaume Bourgault-Côté (politiques culturelles), Julie Carpentier (pupitre), Fabien Deglise (livres), Catherine Lalonde (arts vivants), François Lévesque (écrans), Caroline Montpetit (arts vivants), Philippe Papineau(médias); information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l\u2019information), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Benoît Munger (pupitre); information internationale : Guy Taillefer (chef de division); section art de vivre : Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); cahiers spéciaux : Loïc Hamon (responsable); équipe numérique : Laurence Clavel, Guillaume St-Hilaire et Geneviève Tremblay (pupitres); correction : Andréanne Bédard, Christine Dumazet et Michèle Malenfant (correctrices) ; soutien à la rédaction : Amélie Gaudreau (coordonnatrice à la rédaction), Arnaud Stopa (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa), Dave Noël (Québec).PUBLICITÉ Marlène Côté, Évelyne De Varennes, Amel Elimam, Caroline Filion, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (directrices de comptes), Amélie Maltais (commis aux avis légaux), Alessandra Tantalo et Laurence Hémond (coordonnatrices publicitaires).PRODUCTION Yannick Morin, Anthony White et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web), Jean-François Côté (analyste programmeur), Luc Girard (technicien informatique).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Catherine Gentilcore (coordonnatrice marketing, communications et relations publiques), Sébastien Beaupré (coordonnateur service à la clientèle), Manon Blanchette, Nathalie Filion, Isabelle Sanchez (préposées au service à la clientèle).ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Mélisande Simard (adjointe administrative et responsable des ressources humaines), Florentina Draghici (technicienne comptable), Véronique Pagé (responsable du crédit).L e projet de loi 122 actuellement étudié à l\u2019Assemblée nationale étend les pouvoirs des municipalités, notamment pour déterminer les conditions dans lesquelles elles doivent diffuser leurs avis publics.Hélas, il rate une occasion de mettre à niveau le cadre juridique assurant la transparence des décisions municipales.L\u2019encadrement qu\u2019il propose de la publicité des décisions municipales constitue pourtant une occasion de renforcer la capacité des médias locaux à prendre le virage numérique.La numérisation et le basculement des activités dans Internet changent les conditions de la circulation de l\u2019information.Plutôt que saisir l\u2019occasion de favoriser le passage au numérique des médias locaux, le projet se limite à répondre aux demandes des dirigeants municipaux.Tel qu\u2019il est présentement libellé, le projet de loi 122 rate une occasion d\u2019organiser les obligations de publicité des villes d\u2019une manière qui contribuerait à fortifier les médias locaux.Les obligations des villes Le projet de loi 122 révise les exigences relatives à la publicité que les villes sont tenues de faire de leurs projets, de leurs décisions et de leurs règlements.Il dispose qu\u2019une municipalité peut, par règlement, déterminer les modalités de publication de ses avis publics.Ces modalités peuvent différer selon le type d\u2019avis, mais le projet de loi se limite à préciser que les villes doivent prévoir une publication sur Internet.Depuis longtemps, les lois municipales imposent aux gouvernements municipaux de publier leurs avis officiels dans les journaux diffusés sur leur territoire.Cela assure un minimum de transparence et contribue à l\u2019essor des médias locaux.En voulant refléter l\u2019impératif de recourir aux espaces numériques, le projet de loi 122 reconduit cette obligation de transparence en obligeant à la dif fusion sur Internet.Voilà qui est bien.Mais pourquoi avoir omis de préciser que la dif fusion doit emprunter, dans toute la mesure du possible, la voie des médias locaux publiés en ligne ?Le libellé actuel du projet de loi laisse aux municipalités la faculté d\u2019afficher sur un obscur site Web de leur cru.Pire, il laisse grande ouverte la possibilité pour des élus municipaux de délaisser complètement la publication dans des médias locaux.Il serait pourtant facile d\u2019obliger les villes à publier leurs avis dans un média local disponible sur Internet.Les ressources que les villes consacrent à la diffusion des informations officielles constituent une source significative de revenus pour plusieurs médias locaux.À l\u2019heure où l\u2019on se plaint de la précarité de plusieurs médias locaux, le bon réflexe est de moderniser les obligations des villes dans un sens qui renforce ces médias.Renforcer la responsabilité et les médias locaux Les marges de manœuvre accrues que le projet 122 accorde aux municipalités devraient venir avec des obligations renforcées de responsabilité.Voilà un motif supplémentaire d\u2019assortir ces pouvoirs accrus de mesures protégeant l\u2019information locale indépendante.L\u2019occasion aurait été idéale pour imposer aux gouvernements locaux une obligation de répartir équitablement leur publicité dans l\u2019ensemble des médias locaux afin d\u2019éviter la tentation qui pourrait effleurer certains édiles municipaux d\u2019utiliser la menace de retirer les publicités officielles de certains médias qu\u2019ils jugent trop critiques de leurs politiques ! Certes, le projet de loi 122 accorde au gouvernement un pouvoir de baliser les conditions que les villes peuvent édicter pour la publication de leurs avis officiels.Mais le souci d\u2019assurer une information locale de qualité et une présence des médias locaux dans l\u2019espace numérique devrait être enchâssé dans la loi.Les autorités ne devraient pas être exposées à la tentation de se servir de leurs budgets publicitaires afin de tenter de «domestiquer» les médias locaux.Lorsqu\u2019on veut vraiment favoriser le passage au numérique, il importe de saisir les occasions d\u2019appuyer les ef forts des entreprises pour se transformer.En dispensant les municipalités de l\u2019obligation de recourir aux sites des médias locaux pour diffuser leurs avis publics, on affaiblit la capacité de ces médias à produire de l\u2019information locale selon des standards élevés de qualité.Assurer le passage réussi vers le numérique implique de mettre à niveau le cadre juridique régissant le fonctionnement des services publics.Il faut avoir les bons réflexes pour renforcer les capacités des entreprises plutôt que de contribuer à les fragiliser.S\u2019il n\u2019est pas modifié afin de renforcer les médias locaux, le projet de loi 122 aura montré \u2014 une fois de plus \u2014 que les politiques sur le passage au numérique sont minées par cette habitude d\u2019intervenir en silo : les lois municipales ignorant les objectifs des politiques numériques et vice versa ! Médias locaux et réflexes numériques PIERRE TRUDEL C O L L E C T I F * onsieur Philippe Couillard Les personnes et organismes soussignés vous demandent d\u2019intervenir pour assurer que l\u2019équilibre social, dont vous avez la responsabilité ultime au Québec, soit maintenu dans le processus de réforme actuel de l\u2019importante Loi sur la qualité de l\u2019environnement (LQE).Nous vous rappelons que cette loi est la seule qui donne à la population québécoise, de façon limitée, certains droits d\u2019accès à l\u2019information, de participation et d\u2019accès à la justice en matière d\u2019environnement et que ces droits sont demeurés inchangés depuis 1978.Votre gouvernement a légitimement entrepris une vaste réforme visant à moderniser cette loi, tout d\u2019abord par la publication d\u2019un Livre vert en juin 2015 et ensuite par le dépôt du projet de loi 102 en juin 2016.À chaque occasion des consultations publiques en commission parlementaire ont eu lieu, sous la conduite du ministre, M.David Heurtel.De f açon tout aussi légitime, l\u2019objectif principal annoncé de ce projet de loi est de moderniser et de simplifier les mécanismes d\u2019autorisation environnementale pour les entreprises.Vous visez une réduction de 30 % du nombre d\u2019autorisations environnementales nécessaires ainsi qu\u2019une diminution des délais.Cela correspond à des attentes exprimées par le milieu économique et vous cherchez à satisfaire leurs priorités.Dans un État de droit comme le nôtre, un gouvernement majoritaire peut tout à fait décider de répondre à ce type de demandes.En revanche, les seules considérations économiques ne peuvent guider l\u2019ensemble du processus actuel de réforme.La modernisation recherchée doit aussi permettre d\u2019améliorer les mécanismes favorisant la protection de l\u2019environnement et de ses différentes composantes ainsi que la mise en œuvre des droits procéduraux accordés à la population à cette fin.Les promesses du Livre vert et le contenu du projet de loi 102 permettaient, bien que fort minimalement, d\u2019équilibrer les avancées obtenues par les entreprises avec celles concernant principalement l\u2019accès à l\u2019information et les mécanismes de participation du public à la prise de décision en matière environnementale.Tant les règles démocratiques et politiques que les exigences du développement durable font en sorte qu\u2019aucun groupe d\u2019intérêt ne peut «monopoliser» l\u2019attention et imposer sa vision sur une loi aussi importante que la LQE.Retard reconnu Cependant, nous devons constater que les grandes associations d\u2019entreprises du Québec ne se sont pas satisfaites des gains obtenus pour leurs membres en matière de simplification et réduction des autorisations.Elles se sont liguées pour proposer et obtenir, début décembre, un amendement au projet de loi 102 et au futur article 27 de la LQE qui annule totalement toute avancée sur l\u2019accès à l\u2019information et qui perpétuera notre retard reconnu en cette matière.Avec l\u2019amendement proposé par les représentants du Parti libéral en commission parlementaire, on accorde aux demandeurs d\u2019autorisation un droit de veto complet sur le droit du public de connaître les conditions d\u2019autorisation d\u2019un projet ainsi que sur les documents et analyses ayant justifié leur autorisation.Cet amendement inscrit pour la première fois dans la LQE des restrictions de ladite «Loi sur l\u2019accès à l\u2019information» qui datent de 1982 et qui ont constitué les principales barrières à l\u2019obtention de l\u2019information environnementale, comme l\u2019ont démontré de nombreux rapports gouvernementaux et autres.La modernisation recherchée de la LQE ne peut être atteinte en y inscrivant des dispositions vieilles de plus de 35 ans et adoptées avant la reconnaissance du concept de développement durable.Oui, l\u2019économie doit être prise en compte, mais les facteurs sociaux et environnementaux aussi ! Nous craignons qu\u2019avec la grève des juristes de l\u2019État, cet amendement n\u2019ait pas été scruté et examiné avec tout le soin requis et que son effet pratique sera de perpétuer la culture du secret qui avantage les demandeurs d\u2019autorisations au détriment des citoyens.Avec la réforme proposée par le projet de loi 102, non seulement le nombre d\u2019autorisations sera réduit, mais nous verrons aussi réduite l\u2019information environnementale disponible au public.L\u2019opacité du nouveau régime ne renforcera pas la confiance du public dans le processus d\u2019autorisation et risque plutôt de remettre en question l\u2019acceptabilité sociale de plusieurs projets.[\u2026] Depuis 1978, la LQE reconnaît le droit à la qualité de l\u2019environnement et celui de tout citoyen de pouvoir prendre une injonction pour faire respecter les conditions d\u2019autorisation.Ce droit est tout à fait illusoire si, comme avec l\u2019amendement adopté, les conditions d\u2019autorisation demeurent secrètes au gré de la volonté des entreprises.Le cynisme face à la politique et à l\u2019État de droit ne pourra que grandir si cet amendement n\u2019est pas retiré.Vous devez reconnaître que l\u2019accès du public à l\u2019information constitue l\u2019une des pierres d\u2019assise d\u2019un régime moderne d\u2019autorisation environnementale, de même que le fondement de l\u2019exercice du droit à un environnement sain au- jourd\u2019hui reconnu dans notre Charte.[\u2026] Les personnes et organismes soussignés vous demandent donc aujourd\u2019hui de vous assurer que l\u2019équilibre délicat entre les intérêts économiques, sociaux et environnementaux se reflète davantage dans le projet de loi 102 et que les avancées promises pour la population du Québec concernant son droit d\u2019accès à l\u2019information des conditions d\u2019autorisation soient réintroduites dans le projet de loi.*Lettre signée par une centaine de personnalités du monde juridique et universitaire, et de groupes environnementaux, dont on trouvera la liste sur notre site Web.Dangereux revirement concernant le droit d\u2019accès aux informations en environnement A N D R É B I N E T T E Juriste en droit constitutionnel et autochtone et ouvrage court et de lecture agréable, Le centre du monde.Une virée en Eeyou Istchee Baie James avec Romeo Saganash, d\u2019Emmanuelle Walter (Lux Éditeur), nous apprend beaucoup.Quiconque s\u2019intéresse sérieusement à la vision du Québec dans une perspective autochtone sortira enrichi de cette lecture.L\u2019auteure accompagne Romeo Saganash, député NPD, dans une tournée de la partie méridionale (là où il y a un réseau routier) de son immense circonscription fédérale, Abitibi-Baie James-Nunavik-Eeyou, qui s\u2019étend de Val-d\u2019Or au détroit d\u2019Hudson, en passant par Chibouga- mau, Radisson et Puvirnituq.Elle couvre la moitié du Québec.Faut-il présenter Romeo Saganash ?Il fait partie de la dernière génération de Cris nés sous la tente.Il a survécu au pensionnat où il a côtoyé l\u2019horreur : la première nuit, on lui a rasé la tête et ôté tous ses habits ; on lui parlait uniquement en anglais, une langue qu\u2019il n\u2019avait jamais entendue.« Je n\u2019ai pas été maltraité physiquement.Psychologiquement, oui.Autour de moi, je voyais la maltraitance physique et sexuelle.Mais il y avait une telle impunité.» [\u2026] On comprend la réticence de Romeo à vouloir parler de ces années, «parce que le dépassement de soi est une obligation sociale et médiatique».Pourtant, il faut rappeler à l\u2019occasion ce qu\u2019a vécu une génération d\u2019autochtones à travers le Canada, qui en a été marquée pour la vie.Romeo a grandi, il a fait des études de droit à Montréal, il a voué sa vie à la défense de son peuple et de son droit à l\u2019autodétermination : « J\u2019ai mis 20 ans à convaincre les Cris que les Québécois avaient, eux aussi, le droit de s\u2019autodéterminer.» Il a vécu plusieurs années à Québec pour représenter les Cris auprès du gouvernement du Québec.Il a été l\u2019un des ar tisans de la Paix des Braves de 2002 négociée avec Bernard Landry : «Le gouvernement du Québec a su faire fi des conflits du passé [\u2026].Le Canada ne peut pas se targuer d\u2019avoir conclu la Paix des Braves, même s\u2019il s\u2019en approprie tout le mérite dans les forums internationaux.Nous savons d\u2019ailleurs que la présence du Canada lors de la négociation de la Paix des Braves n\u2019aurait fait que condamner tout le processus à l\u2019échec.» La Paix des Braves est une modification de la Convention de la Baie-James, qui prévoyait notamment un versement de 250 millions de dollars de 1975 aux Cris par Hydro-Québec en échange de leur renonciation à leurs droits ancestraux.Cette renonciation fut très controversée non seulement chez les Cris, mais dans l\u2019ensemble du monde autochtone.Les représentants des Cris signèrent sous une pression extrême, convaincus que le développement du réseau de barrages de la baie James allait se réaliser de toute façon.Ces évé- nements dramatiques ont divisé les Cris jusqu\u2019à ce jour.Près de 30 ans plus tard, la Paix des Braves prévoyait un versement de 3,5 milliards sur 50 ans par Hydro-Québec, soit 700 millions par année, auxquels Ottawa a ajouté plus tard 1,5 milliard.C\u2019est, au total, 5 milliards que les Cris recevront pour le développement hydro-électrique et forestier du Moyen-Nord québécois, sans compter les centaines de millions versés aux Inuits.Il n\u2019est pas étonnant que le niveau de vie des Cris du Québec soit nettement supérieur à celui de leurs voisins, les Cris de l\u2019Ontario, les Inuits du Grand Nord ou les Anishnabe (les Algonquins) de l\u2019Abitibi.Pourtant, les Cris du Québec vivent eux aussi des crises du logement et de santé publique, ce qui laisse songeur.En 2014, sous Jean Charest, un autre pas est franchi.Une cogestion de l\u2019ensemble de la moitié sud du territoire de la Convention, qui s\u2019étend jusqu\u2019à Chibougamau et Chapais, est instaurée entre les Cris et les Blancs.À terme, la vitalité démographique des Cris (ils seront bientôt 20 000) leur donnera la majorité dans les organismes de cogestion.Il y a longtemps que la Loi sur les Indiens ne s\u2019applique plus aux Cris du Québec.La Convention de la Baie-James lie deux des onze nations autochtones reconnues au Québec, les Cris et les Inuits.Ces deux nations ont pu créer un rapport de force politique qui leur était favorable en raison de particularités dans la loi fédérale de 1912 qui a transféré leurs territoires au Québec.À titre de comparaison, les Innus et les Atti- kameks négocient un traité depuis presque 40 ans, sans succès.Les Innus de Pessamit ont obtenu la maigre somme de 150 000 $ pour le développement du réseau de 14 barrages, dont Manic 5, sur leur territoire ancestral.Il est clair que les Innus ont été floués.Romeo Saganash a aussi été pendant de longues années l\u2019un des artisans de la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones, adoptée en 2007 malgré les profondes réticences du Canada.Il a un message pour le peuple québécois : « Il n\u2019y a jamais eu de pays constitué avec la participation des autochtones.La souveraineté du Québec pourrait en être l\u2019occasion.» Des commentaires ou des suggestions pour Des Idées en revues?Écrivez à rdutrisac@ledevoir.com Faire la souveraineté du Québec avec les autochtones DES IDÉES EN REVUES Chaque mardi, Le Devoir offre un espace aux artisans d\u2019un périodique.Cette semaine, nous vous proposons un extrait du dernier numéro de la revue L\u2019aut\u2019journal, février 2017, no 356.C M JACQUES NADEAU LE DEVOIR Avec la modification proposée à la Loi sur la qualité de l\u2019environnement, les demandeurs d\u2019autorisation obtiendraient un droit de veto complet sur le droit du public de connaître les conditions d\u2019autorisation d\u2019un projet, af firment les auteurs de la lettre adressée au premier ministre Couillard. L E D E V O I R , L E M A R D I 1 4 F É V R I E R 2 0 1 7 A 8 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 / 418 643-1541 Par courriel redaction@ledevoir.com Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par télécopieur 514 985-3390 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3344 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Les bureaux du Devoir sont situés au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4 Berri-UQAM Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com A C T U A L I T É S enflammé la France, se soldant par 300 bâtiments publics vandalisés, 10 000 véhicules incendiés et 56 policiers blessés.Un miracle qu\u2019il n\u2019y ait pas eu de mort.Cette fin de semaine, les manifestants n\u2019ont d\u2019ailleurs pas craint de multiplier les références à Zyed et Bouna.En 2005, c\u2019est la mort de ces deux jeunes de Clichy-sous-Bois, réfugiés dans un transformateur électrique pour fuir un contrôle d\u2019identité, qui avait mis le feu aux poudres.«La France comme en 2005», disait l\u2019appel diffusé dimanche sur les réseaux sociaux invitant à se retrouver à Argenteuil.«Venez équipé et capuché, y a des caméras.En masse et foutez le zbeul [bordel]», pouvait-on y lire.Résultat : plusieurs voitures incendiées, des abribus détruits et un chauffeur de bus blessé au visage.Selon Le Figaro, qui a eu accès au rapport confidentiel du préfet de police, au moins 50 incidents dans une trentaine de communes en Île-de-France ont été recensés dans la nuit de dimanche.Profil bas Samedi soir à Bobigny, les policiers ont dû tirer une centaine de grenades lacrymogènes pour faire reculer les assaillants.Au plus fort des affrontements, parmi les insultes adressées aux policiers, on entendait «Allahu Akbar».Des échauffourées ont aussi eu lieu à Drancy.Tout cela alors que la France est toujours sous la loi de l\u2019état d\u2019urgence.Plusieurs élus, dont le candidat de la droite François Fillon, en campagne à La Réunion, se sont étonnés qu\u2019on n\u2019ait pas interdit une manifestation dont il était facile de prévoir qu\u2019elle dégénérerait, disent-ils.«Le gouvernement ne doit pas laisser s\u2019exprimer la violence, dont les premières victimes sont toujours les habitants des banlieues», a déclaré François Fillon.Le socialiste Julien Dray craint quant à lui «l\u2019instrumentalisa- tion de ces situations [\u2026] sur le terrain, par des groupes qui sont extrêmement radicaux et qui poussent à la confrontation».Personne n\u2019ose imaginer ce que donneraient de telles émeutes à répétition à moins de dix semaines de l\u2019élection présidentielle.De peur que l\u2019histoire ne se répète, le gouvernement tente de lancer des signaux d\u2019apaisement.La semaine dernière, le président François Hollande s\u2019était rendu à l\u2019hôpital au chevet de Théo.Ce mardi, il sera à Aubervilliers pour parler de l\u2019emploi des jeunes et à nouveau dans une banlieue sensible jeudi lors d\u2019un déplacement à Rennes.Les policiers ont visiblement la consigne de faire profil bas, quitte à se laisser lapider sans rien dire.Dimanche, aux Ulis dans l\u2019Essonne, un commissariat a été attaqué à coups de projectiles et de cocktail Molotov à quatre reprises durant la nuit.Aucune arrestation n\u2019a été faite.Les policiers ont passé la nuit sans bouger, réfugiés à l\u2019intérieur.Alors qu\u2019il est critiqué à droite pour son manque de soutien aux forces de l\u2019ordre, François Hollande devrait rencontrer des policiers vendredi à Chartres et à Dreux.Tensions à leur comble Lundi, le premier ministre, Bernard Cazeneuve, a reçu à Matignon des organisations antiracistes.Celles-ci dénoncent les contrôles «au faciès» et réclament l\u2019émission d\u2019un «récépissé» à chaque contrôle d\u2019identité.Selon le quotidien Le Monde, il se produirait environ 14 millions de contrôles d\u2019identité sur le territoire français chaque année.Le ministre de l\u2019Intérieur Bruno Leroux a écarté cette solution, jugée trop complexe, au profit du déploiement de minicaméras vidéo portatives.Selon lui, la manifestation de Bobigny se voulait pacifique, mais elle «a été pourrie par des groupes de casseurs».La candidate du Front national, Marine Le Pen, y voit plutôt «la conséquence du laxisme [\u2026] qui est la responsabilité des politiques qui nous ont gouvernés pendant des années».Chose certaine, les relations de la police avec ces banlieues, où on leur tend parfois des embuscades, restent extrêmement difficiles.Pour de nombreux policiers, les événements d\u2019Aulnay- sous-Bois doivent être mis en perspective avec le guet-apens dans lequel sont tombées les forces de l\u2019ordre le 8 octobre dernier près du quartier de la Grande-Borne, au sud de Paris.Ce jour-là, deux policiers avaient été gravement brûlés dans leur voiture alors qu\u2019un groupe de jeunes y avaient lancé des cocktails Molotov en bloquant les portes.Les analystes soulignent aussi la tension extrême à laquelle sont soumis les policiers après 15 mois d\u2019état d\u2019urgence pendant lesquels ils ont été sur tous les fronts.Même les journalistes semblent dans le viseur des émeutiers puisque, à Bobigny, un représentant de l\u2019AFP s\u2019est fait arracher sa caméra alors qu\u2019un autre de BFMTV a été agressé après avoir terminé son travail.« La France simpliste est schizophrénique, écrit dans Le Figaro le chroniqueur Gilles-Wil- liam Goldnadel.Hier, elle était Charlie.Elle aimait toute la police.Aujourd\u2019hui, toute la police est raciste ».Parmi les quatre policiers mis en examen pour « violence volontaire en réunion » sur le jeune Théo, l\u2019un d\u2019eux est toujours accusé de viol, même si le rapport de l\u2019Inspection générale de la police nationale parle de violence « non intentionnelle ».L\u2019instruction pourrait durer plusieurs mois, surtout si l\u2019accusation de viol est maintenue, celle-ci devant obligatoirement être tranchée en cour d\u2019assises.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 ÉMEUTES forte et témoignait de la haine de notre époque, dit Mar y F.Calver t, membre du jur y du World Press photo.Chaque fois qu\u2019elle revenait à l\u2019écran, nous avions un mouvement de recul.Cette photo est également marquante, car elle incarne le sens et la signification du World Press Photo.» Tous ne sont cependant pas de son avis.Dans un texte publié dans The Guardian lundi, le président du jury du World Press Photo, Stuart Franklin, affiche publiquement sa dissidence, dans un texte intitulé « Cette image de terreur ne devrait pas être la photo de l\u2019année.J\u2019ai voté contre ».Tout en reconnaissant le mérite du photographe Burhan Ozbilici, Franklin af firme qu\u2019une photographie a le pouvoir de rendre ser vice à l\u2019humanité, de provoquer de l\u2019empathie, de produ ire le changement .« Cette photo ne fait rien de tout cela », écrit-il.À la fin de son texte, il précise qu \u2019une photo d \u2019un meur tre prémé- d ité , perpétré lors d \u2019une conférence de presse pour maximiser sa publicité, n\u2019aurait pas dû gagner le titre de photo de l\u2019année.Pour sa part, Jordan Timm, chef de production nouvelles au National Post, qui a publié cette photo en première page tout de suite après l\u2019attentat, considère encore aujourd\u2019hui que c\u2019était la bonne décision à prendre.Selon lui, l\u2019intérêt public justifiait cette publication et primait, à l\u2019époque, sur le malaise que la photo pouvait engendrer chez les lecteurs.Michael Shaw, éditeur du site Reading the pictures, qui s \u2019intéresse à la force des images dans les médias, met lui aussi un bémol au choix du World Press Photo.« À l\u2019époque, nous trouvions que c\u2019était une photo très puissante et importante.Mais je trouve que c\u2019est une sélection étrange pour la photo de l\u2019année.Au début, nous avons cru que la photo pourrait aider les gens à comprendre la crise.Mais ça n\u2019a pas été le cas».M.Shaw relève par ailleurs l\u2019ironie de cette photo, prise dans une galerie où on montrait des images idylliques de paysages russes.«L\u2019exposition s\u2019intitulait Russia through Turks\u2019Eyes (La Russie vue par les Turcs)», dit-il.Tueurs narcissiques Plus près de nous, Catherine Saouter, spécialiste de l\u2019image et professeur de sémiologie à l \u2019UQAM, estime que le choix de cette photo « décrédibilise le World Press Photo », qui met en avant, dit- elle, les photos « les plus trash possible ».Pour elle, les photographies de tueurs dans les médias peuvent flatter leur narcissisme et ne devraient généralement pas être publiées.« Cela a été recommandé par les experts qui surveillent les radicalisations», dit- elle.« Il faut y aller au cas par cas », ajoute-t-elle, « avec vigilance et parcimonie».Pour le photographe du Devoir Jacques Nadeau, le travail du photographe de presse est de capter la réalité telle qu\u2019elle est, sans fard et sans l\u2019enjoliver.« On voit beaucoup de violence au cinéma, dit-il.Dans une scène comme celle d\u2019Ankara, on n\u2019est plus au cinéma.On est dans la vraie vie.» Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 PHOTO comme aussi problématique à ses yeux que celle avec le Mexique, ce dernier ne s\u2019est pas attardé longtemps sur le sujet.«Nous avons une relation commerciale exceptionnelle avec le Canada, a-t-il répondu.Nous allons la modifier légèrement et faire des choses qui seront bénéfiques pour nos deux pays.C\u2019est une situation qui est beaucoup moins grave que celle prévalant à la frontière du Sud.Depuis plusieurs années, la transaction avec le Mexique a été extrêmement inégale.» M.Trump s\u2019est alors lancé dans sa tirade habituelle sur l\u2019importance de rapatrier des entreprises manufacturières en sol américain.Il n\u2019a fourni aucun détail sur les «légères modifications» qu\u2019il avait en tête.Le scénario a été le même à propos de la frontière, objet de la seconde question canadienne.Celle-ci se voulait provocante : le président craignait- il que les milliers de réfugiés syriens accueillis par le Canada deviennent un «cheval de Troie » pour la sécurité des États-Unis ?« On ne peut jamais être totalement certain », a dit M.Trump avant d\u2019enchaîner en rappelant son intention d \u2019expulser les sans-papiers (souvent mexicains) détenant un lourd passé judiciaire.Critique «positive» À cette question, Justin Trudeau a cru bon rappeler de son côté que sécurité et immigration n\u2019étaient pas antinomiques.«Nous mettons en œuvre nos politiques d\u2019ouverture envers l\u2019immigration et les réfugiés sans compromettre la sécurité», a-t-il insisté.Car pas question pour lui de condamner publiquement la décision de Donald Trump de suspendre l\u2019entrée de réfugiés (tous pays confondus) et celle de ressortissants de sept pays.La critique devra être décodée.« Il y a toujours eu des occasions où nos approches ont différé, a-t-il dit à propos du Canada et des États-Unis, et cela s\u2019est toujours fait dans le respect.La dernière chose que les Canadiens s\u2019attendent que je fasse est que je m\u2019en vienne ici pour faire la morale à un autre pays sur la manière qu\u2019il choisit de se gouverner.Mon rôle, ma responsabilité, est de gouverner d\u2019une manière qui reflète l\u2019approche canadienne et d\u2019être un exemple positif pour la planète.» Dans les coulisses libérales, on juge que critiquer de manière frontale le régime de Donald Trump serait contrepro- ductif.Le gouvernement Trudeau a donc sciemment choisi de promouvoir ses idées et laisser le contraste s\u2019établir de lui- même.«On va rester qui on est» semble être le mot d\u2019ordre.Par exemple, dans la foulée de l\u2019adoption du décret sur les réfugiés, Justin Trudeau s\u2019était tourné vers Twitter pour dire «à ceux qui fuient la persécution, la terreur et la guerre» que le Canada les accueillera parce que la diversité fait notre force.Le ministre de l\u2019Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté, Ahmed Hussen, avait annoncé qu\u2019il octroierait des permis de résidence temporaires aux personnes touchées qui se retrouveraient coincées au Canada (ce qui n\u2019est jamais arrivé, confirme son bureau).De la même manière, alors que Washington a ressuscité la règle interdisant aux groupes recevant de l\u2019aide américaine de promouvoir l\u2019avor tement à l\u2019étranger, la ministre du Développement international, Marie- Claude Bibeau, a publié sur son compte Facebook une vidéo vantant l\u2019importance de promouvoir la santé reproductive à l\u2019étranger.Après avoir expliqué qu\u2019environ 22 millions de femmes mettent leur vie en danger chaque année en subissant un avortement clandestin, et après avoir souligné que «chaque grossesse doit être désirée», la ministre Bibeau conclut : «Au Canada et à l\u2019étranger, les femmes ont le droit de choisir.» La rencontre entre les deux dirigeants de lundi n\u2019aura pas donné lieu à une effusion d\u2019amitié.La séance de prise d\u2019images s\u2019est faite sans piper mot.Pendant le point de presse, Donald Trump a paru détaché, renonçant même à porter l\u2019oreillette permettant d\u2019entendre l\u2019interprétation pendant certaines déclarations faites en français.«Nous allons avoir une excellente relation avec le Canada, peut-être aussi bonne ou même meilleure qu\u2019avant », a néanmoins prédit le président.En guise de cadeau, Justin Trudeau lui a offert une photo encadrée montrant un Pierre Elliott Trudeau assis à côté du podium d\u2019un chic hôtel new- yorkais où prend place un jeune Trump en smoking.Le communiqué de presse final de la rencontre entre les deux dirigeants se distingue par quelques omissions: bien qu\u2019il y soit question d\u2019économie et de commerce, les expressions «libre-échange» et «ALENA» n\u2019y figurent pas.Le passage sur l\u2019environnement parle d\u2019une collaboration pour «améliorer la qualité de l\u2019air et de l\u2019eau», mais pas de changements climatiques.Étrangement, le communiqué dit que «les États-Unis ont salué» la décision du Canada de lancer un appel d\u2019offres pour le remplacement de ces chasseurs CF-18 et «ont accueilli favorablement» celle d\u2019acheter dans l\u2019immédiat 18 appareils Super Hornet.M.Trump a déjà dit qu\u2019il trouvait les F-35, que pensait au départ acheter le Canada, trop chers.À Ottawa, l\u2019opposition néodé- mocrate et bloquiste a reproché à M.Trudeau son silence sur la question des réfugiés.«Qui ne dit mot consent», a philosophé la néodémocrate Hélène Laver- dière.La chef par intérim du Parti conservateur, Rona Am- brose, croit que la dépendance économique du Canada ne lui permet pas cette audace.Elle s\u2019inquiète des «légères modifications» que promet M.Trump à l\u2019ALENA, prédisant que cela pourrait concerner le programme de gestion de l\u2019offre.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 TRUDEAU L\u2019enjeu climatique passé sous silence La question des changements climatiques a été complètement évacuée de la première déclaration commune entre les gouvernements Trudeau et Trump.Le document publié lundi dans le cadre de la première rencontre entre le président américain et le premier ministre canadien compte une section consacrée à la «sécurité énergétique» et à l\u2019«environnement».Mais l\u2019enjeu climatique, pourtant considéré comme incontournable à l\u2019échelle internationale, n\u2019y est pas mentionné.Tout au plus, les deux pays se disent « impatients de mettre à profit nos nombreux secteurs de coopération environnementale, particulièrement le long de notre frontière et des Grands Lacs [\u2026]».Ottawa et Washington soulignent aussi leur désir de «collaborer» dans le but «d\u2019améliorer la qualité de l\u2019air et de l\u2019eau».Alexandre Shields M A R I E - M I C H È L E S I O U I L e milieu des af faires a réagi avec prudence lundi à l\u2019annonce de la création du Conseil canado-américain pour l \u2019avancement des femmes entrepreneures et chefs d \u2019entreprise, qui doit ser vir à « favoriser la croissance des entreprises dirigées par des femmes », selon la déclaration commune de Donald Trump et Justin Trudeau.La majorité des entrepre- neures et des associations de femmes d\u2019affaires que Le Devoir a contactées n\u2019ont pas souhaité commenter la nouvelle, d\u2019autant que tous les détails du conseil n\u2019ont pas encore été révélés.La participation de la présidente du conseil d\u2019administration d\u2019Investissement Québec, Monique Leroux, a été confirmée.«Il nous reste du travail à faire \u2014 c\u2019est vrai au Canada, c\u2019est vrai aux États-Unis \u2014 sur l\u2019importance de soutenir l\u2019entre- preneuriat féminin par un accès au capital, la mise en place de réseaux et par une forme de \u201ccoaching\u201d », a expliqué cette dernière, qui a fait part de ses préoccupations au gouvernement Trump.Monique Leroux est accompagnée de quatre Canadiennes, qui travailleront avec cinq autres femmes d\u2019affaires américaines dans le cadre de cette initiative.Les Canadiennes Annette Verschuren, présidente et chef de la direction de NRStor, et Dawn Farrell, de TransAlta, font notamment partie du comité.«On est très, très engagées, les dix femmes qui sont autour de la table.On se connaît, on s\u2019entend bien », a souligné Mme Leroux.« Juste le fait d\u2019en parler, moi, je pense que ça envoie un message clair, surtout venant des chefs d\u2019État des États-Unis et du Canada », a aussi déclaré Dé- borah Cherenfant, fondatrice de la plateforme d \u2019échange Mots d\u2019Elles.Briser les barrières Le président américain est cependant mal placé, à son avis, pour s\u2019associer à ce genre d\u2019initiative.Et puis, le conseil devra penser « à diverses initiatives pour briser les barrières pour toutes les femmes», peu importe leur statut socioéconomique, a- t-elle souligné.L\u2019Effet A, qui aura offert des formations à plus de 1000 femmes en 2017, n\u2019a pas souhaité réagir à l\u2019annonce.Son co- fondateur, John Gallagher, a néanmoins fait l\u2019éloge d\u2019une plus grande présence féminine sur le marché du travail.«Les femmes amènent une façon différente d\u2019influencer la culture corporative, ne serait-ce que dans leur capacité de gérer le risque, à moyen et à long terme, a-t-il illustré.Les femmes ne sont pas une minorité : ce sont 50% de la population.Ne serait-ce qu\u2019en atteignant l\u2019équité salariale, on ferait un bond de plusieurs milliards dans le PIB.» Avec La Presse canadienne Le Devoir AVANCEMENT DES FEMMES Le milieu des affaires réserve ses réactions CABINET DU PREMIER MINISTRE Justin Trudeau a remis à Donald Trump une photo de son père, Pierre Elliott, en sa compagnie à New York, en 1981.JACQUES NADEAU LE DEVOIR Monique Leroux "]
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