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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
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  • Journaux
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quotidien
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Le devoir, 2017-02-16, Collections de BAnQ.

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[" V O L .C V I I I N o 3 3 L E D E V O I R , L E J E U D I 1 6 F É V R I E R 2 0 1 7 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S AUJOURD\u2019HUI Actualités \u203a L\u2019intérêt des principes.La chronique de Michel David.Page A 3 Avis légaux.B 4 Décès.B 6 Météo.B 3 Mots croisés.B 3 Petites annonces .B 6 Sudoku.B 8 ?w w w .l e d e v o i r .c o m Bergevin La balle est dans le camp des joueurs Page B 6 F A B I E N D E G L I S E «V ous n\u2019êtes pas écœurés de mourir, bande de caves ?» En sortant du livre Le Québec n\u2019existe pas (Varia), mi-pham- plet, mi-fiction, signé par l\u2019universitaire Maxime Blanchard, la ligne polémique du poète Claude Péloquin enchâssée dans la célèbre murale du sculpteur Jordi Bonet au Grand Théâtre de Québec se rappelle au souvenir du lecteur de manière étrangement prégnante.«Je l\u2019avais mise dans mon texte dans une scène où un professeur se retrouvait face à la murale avec ses élèves», souligne l\u2019auteur à l\u2019autre bout du Skype depuis New York, où Ce pays qui a peur d\u2019être Le Québec n\u2019existe pas, œuvre littéraire lucide ou provocation calculée ?COLLECTION PERSONNELLE Maxime Blanchard ne mâche pas ses mots et sait déjà qu\u2019on l\u2019accusera de bien des maux.LE MEILLEUR AMI D\u2019ISRAËL SAUL LOEB AGENCE FRANCE-PRESSE Trump rompt avec la politique américaine au Proche-Orient.Accueillant à la Maison-Blanche le premier ministre israélien, Benjamin Nétanyahou, le président américain a af?rmé mercredi que la «solution à deux États» n\u2019est pas la seule possible pour régler le con?it israélo-palestinien.Évoquant la colonisation dans les territoires palestiniens, il a tout de même demandé à son invité de faire preuve de «retenue».Page B 5 H É L È N E B U Z Z E T T I Correspondante parlementaire à Ottawa D ans la foulée de l\u2019attentat à la mosquée de Québec qui a fait six morts, est-il encore possible de critiquer certaines pratiques se réclamant de l\u2019islam sans se faire taxer d\u2019islamo- phobie ?Des députés fédéraux se le demandent.Et c\u2019est en partie pour préserver la liberté d\u2019expression qu\u2019ils refusent d\u2019appuyer une motion condamnant la discrimination religieuse systémique.La motion 103 pilotée par la députée libérale Iqra Khalid enjoint à la Chambre des communes de «reconnaître qu\u2019il faut endiguer le climat de haine et de peur qui s\u2019installe dans la population » et de « condamner l\u2019islamophobie et toutes les formes de racisme et de discrimination religieuse systémiques ».La motion demande aussi qu\u2019un comité parlementaire entame une étude pour suggérer à Ottawa une approche « pangouvernementale » de lutte contre l\u2019islamophobie.La motion a été déposée en décembre, mais la récente fusillade à Québec lui donne une nouvelle couleur.Elle a été débattue pour une première fois mercredi soir à la Chambre des communes et devrait être mise aux voix au printemps.Si les libéraux et les néodémocrates ont annoncé qu\u2019ils voteront en bloc en sa faveur, les conservateurs sont déchirés et une grande majorité d\u2019entre eux voteront contre.Le Bloc québécois s\u2019y oppose aussi.Peu ont accepté de prononcer le mot, mais le niqab occupe les esprits.Maxime Bernier est du lot des opposants.« Il y a un courant dans l\u2019islam, qui ne se limite pas nécessairement aux islamistes radicaux, qui dit que personne ne devrait critiquer cette religion ou s\u2019en moquer.Rappelez-vous juste la controverse entourant les caricatures du prophète Mahomet il y a quelques années », écrit-il sur son blogue.Il confirme au Devoir que le voile islamique fait partie des choses qu\u2019il craint de ne plus pouvoir critiquer à cause de M-103.Le droit de critiquer l\u2019islam Au nom de la liberté d\u2019expression, des élus conservateurs s\u2019opposent à une motion dénonçant l\u2019islamophobie P A U L I N E G R A V E L L a combinaison de deux immunothérapies permet d\u2019enrayer le glioblastome, un cancer du cerveau incurable et mortel, affirment des chercheurs d\u2019Ottawa dans la dernière édition de la revue Nature Communications.Le succès qu\u2019ils ont obtenu chez des souris atteintes de ce cancer a déjà convaincu plusieurs compagnies pharmaceutiques de commencer dès cette année des essais cliniques qui viseront à vérifier l\u2019innocuité et l\u2019efficacité de cette nouvelle option thérapeutique chez l\u2019humain.« Alors que la chirurgie, la chimiothérapie et la radiothérapie n\u2019ont pas connu de nouveaux développements depuis longtemps, l\u2019immunothérapie a le vent en poupe et commence à entrer en clinique», affirme un des coauteurs de l\u2019article, Éric Lacasse, qui est chercheur à l\u2019Institut de recherche du Centre hospitalier pour enfants de l\u2019est de l\u2019Ontario, à Ottawa.« Certains cancers sont toutefois plus immunogéniques que d\u2019autres.Ils ont plus tendance à répondre aux attaques du système immunitaire que d\u2019autres et, par conséquent, l\u2019immunothérapie s\u2019avère plus efficace sur ces types de cancer.» Ce sont surtout les cancers contenant un grand nombre de mutations qui sont le plus facilement repérés par le système immunitaire et considérés comme étrangers au corps.C\u2019est notamment le cas du mélanome qui résulte d\u2019une exposition prolongée aux rayons ultraviolets, lesquels induisent des mutations dans les cellules de la peau, et du cancer du poumon chez les fumeurs, qui découle d\u2019une exposition aux composés cancérigènes du tabac.Éric Lacasse et ses collègues de l\u2019Université d\u2019Ottawa se sont attaqués au glioblastome, le cancer du cerveau le plus courant, mais qui est fatal autant chez les adultes que chez les Cancer, l\u2019espoir réside dans l\u2019immunothérapie Des chercheurs d\u2019Ottawa mettent au point un cocktail prometteur pour guérir le cancer du cerveau Le Parlement européen adopte l\u2019AECG dans la division Page B 1 Le PLC et le NPD voteront en faveur de la motion, le Bloc souhaite une version modifiée VOIR PAGE A 8 : ISLAMOPHOBIE VOIR PAGE A 8 : CANCER VOIR PAGE A 8 : PEUR L E D E V O I R , L E J E U D I 1 6 F É V R I E R 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 2 Placez votre projet d\u2019avenir en lieu sûr avec nos Obligations à taux progressif.Capital entièrement garanti Taux ?xés pour 10 ans Encaissables annuellement « Faire les sucres chaque printemps » www.epq.gouv.qc.ca Communiquez avec l\u2019un de nos agents d\u2019investissement au du lundi au vendredi, de 8 h à 20 h, et les samedis de février, de 10 h à 16 h.1 800 463-5229 BONI DE 1 % la première année pour les nouveaux fonds REER investis en obligations* * Le taux du boni peut être modi?é sans préavis.J E A N N E C O R R I V E A U L a Couronne réclame une peine d\u2019emprisonnement ferme de deux ans pour l\u2019ex- maire de Montréal par intérim, Michael Applebaum, reconnu coupable le mois dernier de fraude, d\u2019abus de confiance et de complot.Venu témoigner mercredi, le fils de Michael Applebaum a dit craindre pour la santé physique et mentale de son père si celui-ci se retrouve en prison.À l\u2019occasion des observations sur la peine devant la juge Louise Provost, Dylan Apple- baum, 23 ans, a décrit avec émotion l\u2019impact du verdict de culpabilité sur la vie de son père.«Il est triste, abattu, fait moins de blagues et a moins d\u2019énergie.» Dylan Applebaum s\u2019est dit très préoccupé par l\u2019état de santé de son père, non seulement physique, mais également psychologique.«Je l\u2019ai vu pleurer à la maison», a-t-il expliqué, des sanglots dans la voix.Après son ar restation en juin 2013, Michael Applebaum a tenté de travailler comme agent immobilier, mais ce fut dif ficile, voire impossible en raison de la médiatisation de son cas.Il souffre de problèmes de santé chroniques, que son arrestation a aggravés, a relaté Dylan Applebaum.« Si mon père va en prison, ça ne va pas juste l\u2019affecter lui, mais aussi sa mère, ma mère et toute la famille», a-t-il avancé.La défense a aussi fait témoigner Salvatore Sansalone, qui possédait l\u2019agence immobilière qui a embauché M.Ap- plebaum en 2014.Mais l\u2019ancien maire avait peu de succès et, en trois ans, il n\u2019a pu effectuer qu\u2019une seule transaction et a touché une commission de 12 050 $.Idées suicidaires L\u2019avocat de M.Applebaum, Me Pierre Teasdale, a par ailleurs déposé divers certificats médicaux, ainsi qu\u2019une lettre du rabbin Allan W.Bright, de la congrégation Shaare Zedek.Le rabbin y évoque les idées suicidaires de Michael Applebaum: «Aujourd\u2019hui, c\u2019est un homme brisé.Un homme pour qui le suicide paraît être le seul soulagement possible à son angoisse.» À l\u2019instar de Dylan Apple- baum, le rabbin indique être inquiet de la détérioration de l\u2019état de santé physique et mentale de l\u2019ancien maire.Il prie le tribunal de faire preuve de clémence.Rappelons que, le 26 janvier dernier, Michael Applebaum avait été déclaré coupable de 8 des 14 chefs d\u2019accusation qui pesaient contre lui, dont fraude envers le gouvernement, abus de confiance et complot.Il était accusé d\u2019avoir touché des pots- de-vin en échange de l\u2019approbation d\u2019un projet immobilier et de l\u2019octroi d\u2019un contrat d\u2019entretien pour un centre spor tif à l\u2019époque où il était maire de l\u2019arrondissement de Côte-des- Neiges\u2013Notre-Dame-de-Grâce.Message dissuasif La Couronne a demandé une peine de deux ans d\u2019emprisonnement ferme, assortie d\u2019une probation de deux ans.«Il y a un message clair de dissuasion qui doit être envoyé pour en finir avec le cynisme que les gens ont envers les institutions publiques et démocratiques», a indiqué la procureure de la Couronne, Me Nathalie Kleber.Selon l\u2019avocate, les problèmes de santé de M.Applebaum ne devraient pas empêcher l\u2019imposition d\u2019une peine d\u2019emprisonnement puisque rien n\u2019indique que l\u2019ancien élu ne pourrait bénéficier de traitements adéquats en détention.De son côté, la défense juge que la peine proposée par la Couronne est «disproportionnée».Le risque de récidive est nul.Déjà stigmatisé, Michael Apple- baum fera face à de grandes difficultés pour gagner sa vie, a souligné Me Pierre Teasdale.La défense a ainsi suggéré une peine mixte de 12 à 15 mois pouvant inclure un emprisonnement en discontinu, une période de probation et des travaux dans la communauté.La juge Provost prononcera la sentence le 30 mars prochain.Le Devoir PROCÈS La prison aggraverait les ennuis de santé de Michael Applebaum, craint son fils M A R C O B É L A I R - C I R I N O Correspondant parlementaire à Québec Le leader parlementaire du gouvernement, Jean-Marc Fournier, dit éprouver de la compassion pour l\u2019élue solidaire Manon Massé, qui fait des pieds et des mains pour dissuader la Commission de la représentation électorale (CRE) d\u2019effacer la circonscription de Sainte-Marie\u2013Saint-Jacques.Pourtant, il s\u2019est refusé mercredi à appeler le projet de loi 790 déposé par la co-porte-parole de Québec solidaire à l\u2019Assemblée nationale.En lui donnant son feu vert, l\u2019Assemblée nationale suspendrait le processus de délimitation des circonscriptions électorales prévu à la Loi électorale jusqu\u2019au 16 juin prochain.« Son objectif est clair : c\u2019est de gagner du temps », a lancé Mme Massé, huit jours après avoir appris que la CRE propose de créer la circonscription de Ville-Marie à partir de retailles de Westmount\u2013Saint-Louis et Sainte-Marie\u2013Saint-Jacques.«Projet de loi à trous» «Qu\u2019est-ce qu\u2019on fait d\u2019ici le mois de juin?Il faut savoir ce qu\u2019on veut faire », a fait valoir M.Fournier, qualifiant la proposition législative de Mme Massé de «projet de loi à trous».Le ministre libéral a néanmoins concédé aux solidaires que la procédure actuelle prévoyant la délimitation définitive des circonscriptions électorales dans les 15 jours suivant le dépôt du second projet de refonte de la carte électorale \u2014 où est apparue la disparition de la circonscription de Sainte-Ma- rie\u2013Saint-Jacques \u2014 est à première vue contraire aux principes de justice naturelle.« [Je parlais du] principe de justice naturelle, qu\u2019invoque Madame Massé.Je pense qu\u2019il y a un argument », a-t-il affirmé dans un impromptu de presse.M.Fournier a indiqué qu\u2019un émissaire libéral participera à la « discussion » souhaitée par QS.«Si d\u2019aventure on reporte pour qu\u2019il y ait des auditions venant de son comté [et] si le DGE [Directeur général des élections] décide de faire un troisième rappor t où il abolit un autre comté, est-ce que vous me dites que les principes de justice ne s\u2019appliquent plus pour les autres?Il ne faut pas négocier à la pièce», a-t-il affirmé, demandant à haute voix si le temps est venu de «chambarder le système au complet».«On doit se poser la question sur la mécanique », a-t-il conclu avant de par ticiper à la séance du Conseil des ministres.En soirée, un solidaire se désolait de l\u2019absence d\u2019engagement du gouvernement libéral à appeler le projet de loi 790 en dépit de l\u2019«ouverture» manifestée par M.Fournier au cours de la journée.«Le dossier n\u2019est pas clos», a-t-il insisté auprès du Devoir.Le Devoir REDÉCOUPAGE ÉLECTORAL Fournier refuse de faire suspendre le processus Le ministre a concédé que la procédure actuelle est à première vue contraire aux principes de justice naturelle PAUL CHIASSON LA PRESSE CANADIENNE L\u2019ex-maire de Montréal par intérim Michael Applebaum a été reconnu coupable de fraude contre le gouvernement, d\u2019abus de confiance et de complot. L E D E V O I R , L E J E U D I 1 6 F É V R I E R 2 0 1 7 ACTUALITES A 3 L a dissidence à retardement de Charles Taylor rend aujourd\u2019hui le même service au gouvernement que l\u2019avait fait Renaud Lachance en se dissociant du rapport de la commission Charbonneau.Dans les deux cas, ce qui s\u2019apparente à un acte de sabotage lui permet de justifier son inaction.À en croire son ancienne députée Fatima Houda-Pepin, M.Couillard lui avait même prédit il y a plusieurs années que M.Taylor reviendrait éventuellement sur ses positions, ce qui aurait pour effet de cautionner les siennes.Le moins qu\u2019on puisse dire est qu\u2019il a bien choisi son moment.Le rapport qu\u2019il avait signé conjointement avec Gérard Bouchard en 2008 ouvrait bel et bien la porte à une éventuelle révision de sa recommandation d\u2019interdire le port de signes religieux dans le cas des agents de l\u2019État qui détiennent un pouvoir de coercition, comme les juges, les policiers et les gardiens de prison.«On peut considérer que cette proposition est la plus appropriée dans le contexte actuel de la société québécoise, étant bien entendu que ce contexte peut changer avec le temps», pouvait-on y lire.C\u2019est précisément ce nouveau contexte qu\u2019invoquait M.Taylor dans un texte publié mardi dans La Presse +, sous le titre « Le temps de la réconciliation».Selon lui, le débat sur la charte de la laïcité a eu un effet de stigmatisation qu\u2019il ne faut pas renouveler au moment où le drame de la grande mosquée de Québec a provoqué une « grande explosion de solidarité » avec la communauté musulmane.M.Taylor a droit à son opinion, mais il suffit de voir ce qui se dit dans les médias sociaux et les lignes ouvertes pour mesurer les limites de la solidarité qu\u2019il évoque.Il faut être bien optimiste pour croire qu\u2019une attitude de laisser-aller permettra aux « déchirures du tissu social » qu\u2019il évoque de se recoudre d\u2019elles-mêmes.?« La séparation entre l\u2019Église et l\u2019État doit s\u2019incarner, selon plusieurs, dans certains symboles, en l\u2019occurrence dans l\u2019apparence des agents qui occupent des postes qui représentent de façon tangible les dif férents pouvoirs de l\u2019État.Cette attente nous apparaît raisonnable », pouvait-on également lire dans le rapport de la commission Bouchard-Taylor.La charte de la laïcité était sans doute excessive et le drame de Québec a indéniablement frappé les esprits, mais en quoi ont-ils rendu cette attente déraisonnable ?Interdire le por t de signes religieux aux seuls agents de l\u2019État en position de coercition « représente le meilleur équilibre pour la société québécoise », ajoutaient les auteurs du rapport.En neuf ans, la société québécoise a sans doute évolué, mais est-ce à dire qu\u2019une telle interdiction provoquerait maintenant un déséquilibre ?Qu\u2019on soit philosophe ou premier ministre, avoir des principes ne signifie pas nécessairement avoir raison.La suffisance avec laquelle M.Couillard s\u2019érige en juge du niveau de tolérance des uns et des autres, qu\u2019il accuse de ternir la réputation du Québec, relève plutôt d\u2019un complexe de supériorité morale.Tout le monde reconnaît qu\u2019il s\u2019est comporté avec la dignité et l\u2019humanisme qu\u2019on attend d\u2019un chef d\u2019État dans les jours qui ont suivi les tragiques événements de Québec, mais force est de s\u2019interroger sur la sincérité de ses appels à plus de modération dans le débat.Mercredi, à l\u2019Assemblée nationale, il semblait à deux doigts d\u2019accuser le PQ d\u2019être responsable du climat d\u2019intolérance dans lequel s\u2019est inscrit l\u2019attentat de Québec.?En politique, il est facile de confondre ses principes et ses intérêts.Le compromis auquel en sont arrivés le PQ, la CAQ et Québec solidaire, dont les positions ont longtemps paru inconciliables, aurait le mérite de mettre un terme, au moins temporairement, à un débat qui a trop duré.En se montrant aussi intransigeant, M.Couillard donne plutôt l\u2019impression de vouloir le poursuivre.Le premier ministre dit vouloir empêcher une «dérive discriminatoire» qui, après les policiers et les juges, étendrait l\u2019interdiction du port de signes religieux aux enseignants et éventuellement aux baigneuses.Précisément, si l\u2019Assemblée nationale adoptait à l\u2019unanimité un projet de loi traçant clairement la ligne, un nouveau gouvernement y penserait à deux fois avant de rouvrir la boîte de Pandore.En refusant toute concession, M.Couillard fait en sorte que le débat s\u2019envenime au cours des prochains mois et que la prochaine campagne électorale donne lieu à une surenchère qu\u2019il se fera un devoir de dénoncer avec la dernière énergie.En raison de ses principes, bien entendu.Comme pour mieux faire traîner les choses, le gouvernement a décidé d\u2019accorder la préséance au projet de loi 98, qui vise à réglementer les ordres professionnels, mais dont il a soudainement découvert qu\u2019il pouvait favoriser l\u2019intégration des immigrants au travail.L\u2019étude du projet de loi 62 sur la neutralité religieuse de l\u2019État risque donc d\u2019être reportée à l\u2019automne, alors qu\u2019on entrera dans l\u2019année électorale.Avec un peu de chance, tout devrait alors être en place pour un nouveau psychodrame.mdavid@ledevoir.com L\u2019intérêt des principes MICHEL DAVID M A R C O B É L A I R - C I R I N O Correspondant parlementaire à Québec L e «désert législatif » en matière d\u2019accommodements religieux perdurera encore des mois.À moins d\u2019un coup de théâtre, le projet de loi sur la neutralité religieuse de l\u2019État sera soumis aux voix seulement à l\u2019automne prochain, a indiqué le leader parlementaire, Jean-Marc Fournier, mercredi.Le premier ministre, Philippe Couillard, a demandé à la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, de consacrer toutes ses énergies à «bonifier » le projet de loi visant à faciliter l\u2019intégration des immigrants au marché du travail afin qu\u2019il soit adopté d\u2019ici juin.« Le [projet de loi] 98, on le remet à l\u2019avant-plan parce qu\u2019il parle d\u2019inclusion.[\u2026] Il y a certainement un enjeu d\u2019accès aux professions.Alors, on s\u2019attarde là-dessus », a souligné M.Couillard plus de deux semaines après l\u2019attentat terroriste à la grande mosquée de Québec.Le chef du Parti québécois, Jean-François Li- sée, s\u2019est réjoui de voir le gouvernement libéral « comprendre l\u2019urgence de légiférer pour of frir à des Québécois d\u2019origines diverses un meilleur accès aux professions », et ce, près de trois ans après s\u2019être vu confier les commandes de l\u2019État.Il suggère d\u2019ajouter au projet de loi 98 \u2014 qui est « très, très limité» dans sa forme actuelle, selon lui \u2014 une série de « mesures robustes » afin d\u2019intensifier la lutte contre le « racisme ordinaire et extraordinaire » et la « discrimination » au Québec.Le PQ propose notamment d\u2019interdire aux employeurs d\u2019exiger comme condition d\u2019embauche une expérience de travail au Canada.Il préconise également de sévir \u2014 à coups d\u2019amendes notamment \u2014 contre les employeurs ou les propriétaires « pris en flagrant délit de discrimination» respectivement à l\u2019embauche ou encore au logement.« On peut très bien envoyer des inspecteurs qui se font passer pour des chercheurs d\u2019emploi pour démontrer la discrimination, comme le ministère de la Santé envoie des jeunes femmes qui ont l\u2019air d\u2019avoir 24 ans, mais qui en ont 17, pour prendre des dépanneurs en flagrant délit de vente d\u2019alcool ou de cigarettes », a expliqué M.Lisée.M.Couillard a invité le chef de l\u2019opposition officielle à lui «présenter» ses « suggestions ».« Je le rassure, s\u2019il y a des idées qui viennent de lui, on le dira », a-t-il précisé dans un point de presse en fin de journée.Le chef libéral avait adopté un tout autre ton durant la période des questions mercredi matin lorsqu\u2019il a durement égratigné le projet de charte des valeurs québécoises du gouvernement Marois.« Je ne voudrais pas revenir sur les événements malheureux dont ce parti a été l\u2019auteur, qui ont mené ef fectivement à une augmentation\u2026», a-t-il déclaré avant d\u2019être interrompu par les hauts cris de l\u2019opposition officielle.M.Couillard a par la suite dit ne pas avoir cherché à tisser implicitement de lien entre « la charte» et l\u2019attentat terroriste du 29 janvier dernier.« [L\u2019épisode de la charte] a augmenté la tension entre les communautés», a-t-il soutenu.Projet de loi 62: plus petit dénominateur commun?L\u2019étude détaillée du projet de loi 62, qui obligerait les Québécois à donner ou recevoir un service de l\u2019État à visage découvert, est mise en veilleuse jusqu\u2019à l\u2019été prochain, a annoncé M.Fournier.Il a aussi évoqué la possibilité que le gouvernement soumette aux voix le projet de loi sans avoir l\u2019assurance que des élus péquistes, ca- quistes ou solidaires se lèvent pour l\u2019appuyer.«On a encore du temps pour espérer voter ensemble sur ce qui fait consensus.[C\u2019est le] plan A», a-t-il toutefois martelé.Les partis d\u2019opposition déplorent la décision de repousser une énième fois le débat sur la laïcité de l\u2019État québécois.«Nous avions une solution devant nous.Nous sommes de retour à la case départ de 2007 et, en durcissant le ton, Philippe Couillard vient de réenvenimer le débat», a regretté le PQ, tout en pointant des échanges acrimonieux sur les réseaux sociaux.Mme Vallée, qui est l\u2019auteure des projets de loi 98 et 62, s\u2019est dite désolée d\u2019être incapable de se «dédoubler» afin de mener de front plusieurs projets de loi au cours des prochains mois.Le Devoir LAÏCITÉ Couillard reporte le débat à l\u2019été Le gouvernement donne préséance au projet de loi sur les ordres professionnels RENAUD PHILIPPE LE DEVOIR À Québec, quelques dizaines de personnes ont répondu à l\u2019appel à manifester contre la culture du viol.I S A B E L L E P O R T E R P H I L I P P E O R F A L I A près avoir attiré des milliers de citoyens dans les rues en octobre, le mouvement contre la culture du viol semble s\u2019ef friter.Mardi soir, seulement quelques dizaines de personnes ont participé à des manifestations organisées à Québec et Montréal.À Québec, une cinquantaine de personnes ont pris part au rassemblement.L\u2019une des organisatrices, Maude Bergeron, a concédé qu\u2019elle espérait voir affluer 250 personnes avant d\u2019ajouter que le froid avait dû en décourager plusieurs.«C\u2019est sûr que la température, ça n\u2019aide pas beaucoup.» La manifestation visait notamment à demander au gouvernement de «changer les choses» en misant sur l\u2019éducation, voire une réforme du système de justice, a-t-elle expliqué.«Les victimes ne sont pas assez écoutées en général.Il y a une banalisation de ce qu\u2019elles vivent.[\u2026] Actuellement, le blâme est toujours mis sur les victimes.» Très peu d\u2019agressions sont en outre dénoncées, ont rappelé plusieurs femmes.Ce serait le cas dans 5 % des cas selon l\u2019Enquête sociale sur la victimisation de Statistique Canada.Alice Paquet, qui était sur place, en a profité pour annoncer qu\u2019elle comptait s\u2019éloigner des projecteurs.« Je vais rejoindre les autres survivantes dans l\u2019ombre.[\u2026] J\u2019ai besoin de me reposer comme n\u2019importe quelle survivante.Prendre soin de moi.Psychologiquement et physiquement, ce n\u2019est pas facile.» Tout en refusant de commenter le retour de Gerry Sklavounos à l\u2019Assemblée nationale, elle a dit que le député avait bien illustré ce qu\u2019était la culture du viol dans sa déclaration « en faisant comme si de rien n\u2019était » et en minimisant «ce que [les victimes] ont vécu».Plusieurs personnes ont pris la parole, dont Viviane Michel, de Femmes autochtones du Québec, qui elle aussi a été victime d\u2019une agression sexuelle.Emma Desmeules, 16 ans, est venue parler de consentement.«Pour les gens de ma génération, avec le cinéma, la proximité des médias et la culture musicale, on assiste tellement à une objectivisation du corps que le consentement devient un concept superflu, inutile et incompris.» Petit rassemblement à Montréal Dans la métropole également, la marche n\u2019a pas attiré les foules escomptées.Tandis qu\u2019à l\u2019automne plusieurs centaines de personnes avaient participé à des événements semblables tenus au même endroit, à la place Émilie-Game- lin, seule une soixantaine de personnes se sont présentées, mercredi soir.«Ça ne dérange pas», a insisté l\u2019ex-journaliste Sue Montgomery, elle-même victime d\u2019agressions sexuelles dans sa jeunesse et initiatrice du mot-clic #BeenRapedNeverReported, dans la foulée des accusations déposées contre l\u2019ex- animateur de la CBC Jian Ghomeshi, en 2014.«Ne doutez jamais de ce qu\u2019un petit groupe de personnes engagées peut accomplir.Ça peut changer le monde.En fait, c\u2019est la seule chose qui ait jamais changé le monde», a-t-elle ajouté devant la foule, reprenant les mots de l\u2019anthropologue américaine Margaret Mead.Elle réclame des changements aux lois canadiennes afin de faciliter la condamnation des agresseurs.« Il faut reconnaître que ce crime n\u2019est pas comme les autres et qu\u2019il doit être traité dif féremment des autres.On en a eu assez de la souf france causée par l\u2019agression sexuelle.J\u2019ai vécu avec elle toute ma vie, je ne veux pas que les jeunes femmes dans cette foule aient à vivre avec elle également.» Accompagnée de trois amies, Jade, âgée de 15 ans à peine, tenait elle aussi à être présente.Sa meilleure amie a été victime d\u2019agression sexuelle, a-t-elle expliqué, brandissant une pan- car te « Sans oui, c\u2019est non ».« Ça me touche énormément comme femme, comme amie.» Elle ne cachait pas sa déception de voir seulement quelques dizaines de personnes rassemblées mercredi soir à la place Émilie-Game- lin.« Sur Facebook, près de 2000 personnes étaient intéressées.Il y avait près de 500 participants.J\u2019espérais que plus de personnes soutiennent cette cause-là.» Le Devoir CULTURE DU VIOL Des manifestants moins nombreux qu\u2019espéré Lire aussi \u203a Le moule canadien.L\u2019éditorial de Robert Dutrisac.Page A 6 Il faut reconnaître que ce crime n\u2019est pas comme les autres et qu\u2019il doit être traité différemment des autres Sue Montgomery « » «Il y a certainement un enjeu d\u2019accès aux professions» Philippe Couillard L E D E V O I R , L E J E U D I 1 6 F É V R I E R 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 4 Mercredi 22 février 2017, 19h30 LE DEVOIR DE DÉBATTRE POUR RÉSERVER VOTRE PLACE : 418 643-2158 es sondag L es ent èn m Animé par le directeur du De olitique ?-ils la p voir er g é ié, L al et assoc é ontr de M e , bur écutif x sident e é -pr ice V ue q our stian B hri C u a s tionale erna tions int ela R s e de str ienne mini Anc udoin ea se B oui L ersit v ni \u2019U ue de l ience politiq sc em t e, dépar sseur titulair e of Pr y Giasson hierr T al v a é L ent de che echer BIP R ale, énér ice g tr ec e dir sident é Pr c cler e L ie uc L e t or à la p $ 12 : ix Pr e obliga v eu une pr \u2019 tion d a sent é Pr * i s de la c usée s m s de (abonné e oir t : 7 $* / étudiants tion : 10 sa vili ue, Québec iq abr e de la F 2, côt $*) A L E X A N D R E R O B I L L A R D à Québec L e premier ministre Philippe Couillard ne comprend pas la stratégie des juristes de l\u2019État, qui poursuivent la grève alors qu\u2019ils ont obtenu l\u2019essentiel de leurs demandes.M.Couillard a déclaré mercredi qu\u2019il est « surpris » de constater que les avocats et notaires du gouvernement ont voté cette semaine en faveur de la poursuite du conflit, qui dure depuis 17 semaines.« Je ne comprends pas trop la stratégie qui est visée ici », a-t-il dit lors d\u2019un point de presse à l\u2019Assemblée nationale, avant une réunion de ses députés.Selon le premier ministre, les of fres gouvernementales répondent à l\u2019essentiel des revendications du regroupement syndical Les avocats et notaires de l\u2019État (LANEQ).«Ce qui est sur la table [en ce qui concerne la rémunération], sur quatre ans, ça met un équilibre total entre la situation des procureurs et des juristes de l\u2019État, a-t-il dit.Je ne comprends pas pourquoi ces gens qu\u2019on respecte, avec qui on travaille, que je connais moi-même, veulent rester à l\u2019écart du travail, se priver de revenus, alors qu\u2019ils ont obtenu une partie essentielle de leurs demandes.» Alors que LANEQ réclame l\u2019intervention du premier ministre pour dénouer l\u2019impasse, M.Couillard s\u2019en est remis au président du Conseil du trésor, Pierre Moreau.«Quand M.Moreau est à la table, il parle en mon nom, il parle au nom du gouvernement», a-t-il dit.M.Moreau a pour sa par t annoncé qu\u2019il divulguera publiquement, jeudi, les of fres du gouvernement aux juristes de l\u2019État.Il souhaite démontrer ainsi que cette proposition donne aux avocats et notaires du gouvernement la parité avec ce que les procureurs aux poursuites criminelles et pénales ont obtenu.« Ils veulent la parité avec les procureurs de la couronne, a-t-il dit dans une mêlée de presse.Cette parité, on la donne.» Le ministre veut également réagir aux accusations des représentants syndicaux, qui reprochent au gouvernement de tenir un double langage.«Il y a un changement de ton à l\u2019égard de l\u2019attitude de leurs représentants à la table de négociations, a-t-il dit.Ils disent publiquement qu\u2019ils veulent la parité, alors qu\u2019à la table de négociation ils veulent 10 pour cent sur la rémunération salariale, sans égard à la rémunération globale, ce qui place leur demande au-delà des procureurs de la couronne.» La Presse canadienne GRÈVE DES JURISTES DE L\u2019ÉTAT «Je ne comprends pas trop la stratégie», réagit Couillard P H I L I P P E O R F A L I E n pleine campagne de recrutement, l\u2019Université de Montréal courtise les étudiants d\u2019Ottawa\u2026 en anglais seulement.L\u2019université, qui n\u2019offre que des programmes de langue française, a pourtant choisi l\u2019anglais pour sa plus récente offensive publicitaire dans la capitale fédérale.À Montréal et à Gatineau, l\u2019UdeM s\u2019af fiche en français.Dans les cégeps anglophones, elle le fait dans les deux langues officielles.C\u2019est néanmoins l\u2019anglais que l\u2019Université de Montréal a choisi d\u2019employer pour s\u2019adresser à de potentiels étudiants de la région d\u2019Ottawa, dans le réseau d\u2019autobus municipal et les bars et restaurants du centre-ville.«Oh great, another university ad», indique la publicité, sur un ton moqueur.Une autre publicité en anglais d\u2019un organisme québécois, est tenté de répliquer le vice-président de l\u2019Association des communautés francophones d\u2019Ottawa, Alain Dupuis, lui-même diplômé en affaires publiques de l\u2019Université de Montréal.Il ne s\u2019explique pas la décision de son alma mater.En décembre dernier, Tourisme Montréal avait commis une bourde semblable relativement aux célébrations du 375e de la métropole, rappelle-t- il.«Il semble que ce soit devenu une tendance des institutions montréalaises de s\u2019adresser au public d\u2019Ottawa en anglais seulement », dit-il.Dans un cas comme dans l\u2019autre, « il s\u2019agit d\u2019un manque de respect envers les Franco-Ontariens».Ce sont 40% des citoyens de la capitale qui parlent français, et 150 000 personnes ont le français comme langue maternelle à Ottawa, souligne-t-il.«Rien ne justifie donc qu\u2019une université de langue française ne privilégie pas, au minimum, des publicités bilingues dans la capitale fédérale.» Il juge essentiel que l\u2019université fasse amende honorable.Cibler la clientèle anglophone La campagne existe bel et bien en français, mais pas à Ottawa, explique la porte-parole de l\u2019établissement, Geneviève O\u2019Meara.«Cette décision a été prise pour attirer l\u2019attention d\u2019une clientèle qui n\u2019aurait pas, en premier lieu, pensé à l\u2019Université de Montréal pour poursuivre ses études.» La maison d\u2019enseignement cherchait à s\u2019adresser aux «étudiants dont le français n\u2019est pas la langue maternelle » avec cette campagne publicitaire, qui doit prendre fin la semaine prochaine, à quelques semaines de la date limite de réception des demandes d\u2019admission, le 1er mars.Elle reconnaît toutefois qu\u2019il faut comprendre le français pour étudier à l\u2019Université de Montréal.Les travaux scolaires doivent être remis en français au premier cycle, mais des ententes peuvent être conclues avec les enseignants, aux cycles supérieurs, pour remettre les travaux dans d\u2019autres langues.Des activités de recrutement sont tenues régulièrement en français en Ontario, a-t-elle ajouté.Cette province compte la plus importante communauté francophone à l\u2019extérieur du Québec, mais l\u2019accessibilité aux études postsecondaires en français pose toujours problème dans certains secteurs.Le Devoir Publicités in english pour l\u2019Université de Montréal L\u2019institution courtise les étudiants d\u2019Ottawa en anglais seulement Selon le premier ministre, les offres gouvernementales répondent à l\u2019essentiel des revendications Le Vermont préoccupé par les Canadiens refoulés à la frontière Le gouverneur du Vermont, Philip Scott, s\u2019est dit préoccupé mercredi par les contrecoups de l\u2019arrivée de Donald Trump à la Maison- Blanche, à commencer par le refoulement de citoyens canadiens à la frontière entre le Vermont et le Québec.« Nous faisons enquête.Si c\u2019est le cas, c\u2019est troublant », a-t-il dit à l\u2019issue d\u2019un entretien avec son homologue québécois, Philippe Couil- lard, mercredi après-midi.L\u2019élu républicain s\u2019est aussi dit inquiet de voir des « travailleurs migrants », qui étaient établis en Nouvelle- Angleterre, prendre la fuite vers le Canada.« Nous en avons besoin.Nous les voulons », a-t-il dit.M.Scott a aussi promis de sensibiliser le gouvernement Trump sur la nécessité de garder intacte l\u2019« excellente association commerciale » entre les États- Unis et le Canada.« Peu importe que nous soyons républicains ou démocrates, je crois que nous avons des préoccupations », a-t-il ajouté.Le Devoir JACQUES NADEAU LE DEVOIR L\u2019éducation au cœur de l\u2019avenir du Québec, propose Gabriel Nadeau-Dubois Le collectif « Faut qu\u2019on se parle » a lancé le livre Ne renonçons à rien hier soir au café du Monument-N ational.Plusieurs personnalités bien connues font partie du collectif, dont l\u2019ancien leader étudiant Gabriel Nadeau-Dubois, la militante crie Maïtée Labrecque-Saganash et l\u2019ancien chef d\u2019Option nationale Jean-Martin Aussant.Au cours d\u2019un point de presse, M.Nadeau-Du- bois a appelé à ce que l\u2019éducation soit mise au cœur de l\u2019avenir du Québec, ajoutant que la plupart des inquiétudes entendues durant la tournée du collectif concernaient cette question.Un réinvestissement massif dans le secteur de l\u2019éducation doit se faire, a-t-il plaidé, et cela passe par une diminution du nombre d\u2019élèves par classe et l\u2019embauche de plus de professionnels.Lancée cet automne, la tournée « Faut qu\u2019on se parle » visait à donner la parole aux citoyens sur des enjeux qui les concernent, autour de 10 thèmes : la démocratie, l\u2019économie, la place des régions, l\u2019indépendance, l\u2019éducation, la santé, les relations avec les Premières Nations, la diversité, la culture et le climat.SOURCE DIEGO ELIZONDO L\u2019Université de Montréal a conçu une campagne publicitaire uniquement en anglais pour le réseau municipal d\u2019autobus et les bars et restaurants du centre-ville d\u2019Ottawa. L E D E V O I R , L E J E U D I 1 6 F É V R I E R 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 5 Montréal : 4875, Jean-Talon Ouest \u2022 (514) 344-8555 \u2022 1 (866) 747-8555 Laval : 2267, boul.Le Corbusier \u2022 (450) 682-8280 www.abatjourillimites.ca \u2022 Plus de 5 000 abat-jour en magasin.\u2022 Le plus grand choix au Canada.\u2022 Service de recouvrement sur mesure.\u2022 Apportez votre pied de lampe pour un ajustement parfait.sur tous nos abat-jour en magasin Excluant commandes et parchemins peints main.Aucun ajustement de prix sur les commandes ou achats antérieurs.30 70 De à de rabais* % % HÂTEZ-VOUS ! LA VENTE SE TERMINE LE 28 FÉVRIER 2017 Ouvert les dimanches à Montréal sur tous nos abat-jour en magasin Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 M A R C O F O R T I E R C\u2019est un symbole de l\u2019état de décrépitude du système d\u2019éducation : le centre administratif de la plus grande commission scolaire du Québec est si mal en point que l\u2019organisme a commencé à chercher de nouveaux locaux pour reloger temporairement ses 760 employés.Contamination à l\u2019amiante et aux moisissures, plomberie et maçonnerie à refaire, fenêtres à changer : la Commission scolaire de Montréal (CSDM) s\u2019interroge sur l\u2019avenir de son centre administratif de la rue Sherbrooke Est, qui a besoin d\u2019impor tantes rénovations.Le bâtiment évalué à 20,8 millions de dollars (plus le terrain de 15 millions) a été si mal entretenu depuis sa constr uction, en 1960, qu\u2019il nécessite des travaux essentiels pour la santé de ses occupants.Un important dégât d\u2019eau survenu le mois dernier force la CSDM à envisager tous les scénarios : rénovations à cour t terme, rénovations à long terme ou déménagement dans un nouveau bâtiment, a confirmé au Devoir Catherine Harel Bourdon, présidente de la CSDM.« Notre bâtiment a 60 ans et, avec l\u2019argent qu\u2019on avait, notre priorité a été d\u2019investir dans les écoles, ce qui était tout à fait normal.Ça fait en sorte que l\u2019immeuble est vraiment dans un état de détérioration avancé », a-t-elle dit.«On est en train de regarder ce qu\u2019on va faire : est-ce qu\u2019on rénove ici, est-ce qu\u2019on rénove d\u2019autres immeubles qui nous appar tiennent, est-ce qu\u2019on loue ?Évidemment, ça va être extrêmement dif ficile de rénover complètement pendant qu\u2019on est tous à l\u2019intérieur.» Selon ce que Le Devoir a appris, la commission scolaire a lancé un appel d\u2019offres le mois der nier pour trouver des bâtiments où reloger temporairement ses employés.Le dégât d \u2019eau survenu au mois de janvier a endommagé trois des six étages du bâtiment.Une centaine d\u2019employés ont été déplacés dans des bureaux existants, qu\u2019ils par tagent temporairement avec des collègues.« On s\u2019est tous tassés dans l\u2019édifice, mais ça ne pourra pas durer à long terme.Les gens ne pourront pas passer des mois et des années [dans ces conditions], on est très serrés », dit Catherine Harel Bourdon.Problèmes respiratoires Selon nos informations, la CSDM a fait déménager un groupe d\u2019employés à l\u2019École des métiers de l\u2019aérospatiale, r ue Chauveau, près de son centre administratif de la rue Sherbrooke.D\u2019autres employés, qui éprouvaient des problèmes de santé, ont été rapidement relogés, a confirmé la Direction de santé publique (DSP) de Montréal.« La CSDM prend tous les moyens qui s\u2019imposent.Elle compte aussi demander des fonds au gouvernement pour rénover son bâtiment, qui est contaminé aux moisissures après avoir subi des infiltrations d\u2019eau par le toit », dit le Dr Stéphane Perron, auteur d\u2019un rappor t de la DSP sur l\u2019état du centre administratif de la commission scolaire.Un sondage mené auprès des employés a conclu que 11 % d\u2019entre eux éprouvent des problèmes respiratoires, comparativement à 7 % de la population du même groupe d\u2019âge à Montréal, explique le médecin.Ironiquement, le bâtiment de la Santé publique de Montréal \u2014 une ancienne école de la CSDM \u2014 est aussi contaminé.Huit écoles de la CSDM ont fermé leurs portes pour cause de moisissures au cours des dernières années.La CSDM calcule que ses bâtiments ont un « déficit d\u2019entretien » colossal de 1,3 milliard.Le Devoir CENTRE ADMINISTRATIF DÉCRÉPI La CSDM obligée de reloger ses employés de façon temporaire A M É L I E D A O U S T - B O I S V E R T L es compressions dans le réseau de la santé et des ser vices sociaux ont été si massives depuis 2010 que même des secteurs établis comme prioritaires par Québec souf frent de coupes nettes, conclut la Confédération des syndicats nationaux (CSN) dans une étude publiée mercredi.La CSN estime à entre 1 et 3,5 milliards le manque à gagner dans le réseau depuis 2013-2014.Le financement par habitant a connu un recul de 9 % entre 2010 et 2014, calcule le syndicat, reprenant des données de l\u2019Institut canadien d\u2019information sur la santé.En dollars constants, c\u2019est une chute de 1357 $ à 1238 $.La CSN, en épluchant les budgets des établissements du réseau, constate que ces derniers sont forcés de rogner dans les budgets de missions pour tant déterminées comme prioritaires par le gouvernement.Par exemple, dans la grande région de Montréal (incluant le « 450 »), la CSN calcule que les coupes dans les services directs atteignent 227 millions pour l\u2019année en cours, dont 20 millions dans le soutien aux personnes en perte d\u2019autonomie et 14 millions dans le soutien à domicile.« On veut alerter la population, la situation est insoutenable », a lancé le président de la CSN, Jacques Létourneau, en conférence de presse.Ayant rencontré le ministre des Finances Carlos Leitão dans le cadre de ses consultations prébudgétaires, M.Lé- tourneau croit «qu\u2019il faut faire d\u2019autres choix que de rembourser la dette et diminuer les impôts des plus nantis».Au cabinet du ministre de la Santé et des Ser vices sociaux Gaétan Bar rette, on maintient qu\u2019« il n\u2019y a pas de coupes », mais un « contrôle des dépenses ».« Nous avons ainsi dégagé des marges de manœuvre pour faire des investissements supplémentaires », insiste l\u2019attachée de presse du ministre, Julie White, rappelant que les syndicats de la santé sont actuellement plongés dans une période de maraudage.Les analyses «convergent» Le professeur honoraire au Dépar tement d\u2019administration de la santé de l\u2019Université de Montréal Paul Lamarche soutient que « lorsque les multiples sources convergent, et pas seulement les syndicats », on ne peut que se rendre à l\u2019évidence : le manque à gagner est de 0,6 à 1 milliard par an dans le réseau de la santé et des services sociaux.Dans ses propres recherches, il a été à même de constater que le Québec est la province qui s\u2019est le plus désengagée du financement de la santé.«De 75% des dépenses de santé assumées par le gouvernement du Québec en 1975, ce n\u2019était plus que de 64,5 % en 2015, a-t-il calculé.Le privé prend de plus en plus de place.» La position de Québec est plus « idéologique que budgétaire », selon lui.« Et ces dernières années, les coupes ont été faites dans les services pour lesquels on dépensait déjà le moins, comme les services hospitaliers, la santé publique, par exemple.» Pour l\u2019économiste et chercheur au CIRANO Jean-Pierre Aubry, la CSN «a raison de poser ces questions-là».Selon lui, le syndicat tient trop peu compte des gains de productivité possibles du réseau, mais il ne réfute pas ses conclusions.«Si on analyse l\u2019écart entre la croissance de la demande en santé et la croissance des budgets, celui-ci se creuse d\u2019année en année.» Il déplore la « piètre reddition de compte du gouvernement », sans laquelle il est difficile de voir clair dans ces chiffres sans partisanerie.Ce que d\u2019autres ont dit avant eux La CSN n\u2019est pas la première à sonner l\u2019alarme au sujet du financement du réseau de la santé.Déjà en 2014, sous un gouvernement du Par ti québécois, la défunte association des gestionnaires du réseau de la santé, l\u2019AQESSS, affirmait que la croissance des budgets mettait à mal les services à la population.Plus récemment, « l\u2019austérité a fait mal » , concluait Raymonde Saint-Germain en septembre, au moment de remettre son dernier rapport à titre de protectrice du citoyen.L\u2019Institut de recherche et d\u2019informations socio-économiques (IRIS) soulignait aussi dans son plus récent rapport sur le système de santé que les dépenses en santé par personne, au Québec, sont parmi les plus basses au Canada.Le Devoir SANTÉ Les services prioritaires minés par les compressions, selon la CSN «L\u2019heure critique » pour les transferts fédéraux en santé Le ministre de la Santé Gaétan Barrette interpelle la population pour faire fléchir le gouvernement fédéral dans le dossier des transferts.«Appelez votre député fédéral.Tout le monde, appelez- les, vos députés fédéraux de tous les partis, a-t-il lancé mercredi dans une mêlée de presse au parlement.C\u2019est l\u2019heure critique pour eux autres et l\u2019opinion publique jugera.» Québec et Ottawa n\u2019arrivent pas à s\u2019entendre sur les transferts en santé, un dossier qui doit être bouclé avant le dépôt des budgets en mars.Le gouvernement Trudeau offre à Québec 2,5 milliards sur 10 ans, donc 230 millions cette année.Or ce n\u2019est pas assez, juge Québec, qui s\u2019attendait à recevoir 3 milliards.L\u2019Ontario, le Manitoba, l\u2019Alberta et la Colombie-Britannique sont dans la même impasse.«Il y a toujours des discussions, a indiqué la ministre fédérale Jane Philpott mercredi, et j\u2019espère qu\u2019on peut atteindre un accord.» Isabelle Porter DEAN MITCHELL GETTY IMAGES La CSN calcule que, dans la grande région de Montréal, les coupes dans les services directs atteignent 227 millions pour l\u2019année en cours, dont 14 millions dans le soutien à domicile.Notre bâtiment a 60 ans et avec l\u2019argent qu\u2019on avait, notre priorité a été d\u2019investir dans les écoles Catherine Harel Bourdon, présidente de la CSDM « » Financement politique : amendes pour 45 ingénieurs de la firme Roche L\u2019Ordre des ingénieurs a conclu un processus disciplinaire et imposé des amendes à 45 ingénieurs ou ex-ingénieurs de la firme de génie Roche et Fin de l\u2019épidémie de fièvre jaune Dakar \u2014 L\u2019épidémie de fièvre jaune qui a fait environ 400 morts au Congo et en Angola est maintenant terminée, a annoncé mardi l\u2019Organisation mondiale de la Santé.L\u2019agence onusienne a dit que cette épidémie compte parmi « les plus importantes et les plus difficiles à gérer» des dernières années.L\u2019épidémie, qui a été décelée en Angola à la fin de 2015, a fait 965 malades confirmés et des milliers de malades présumés dans les deux pays, selon un communiqué de l\u2019OMS.Aucune nouvelle infection n\u2019a été rapportée depuis six mois.Associated Press OTAN: l\u2019Europe doit dépenser davantage Bruxelles \u2014 Le chef du Pentagone, James Mattis, a sommé les alliés de Washington au sein de l\u2019OTAN d\u2019augmenter leurs dépenses militaires, mercredi à l\u2019occasion de sa première visite à Bruxelles, faute de quoi les États-Unis pourraient «modérer leur engagement».Après les critiques du président Donald Trump sur l\u2019OTAN, un héritage de la guerre froide à ses yeux «obsolète», cette visite pour une réunion de ministres de la Défense était très attendue par les Européens.Le général Mattis, ancien chef militaire à l\u2019OTAN entre 2007 de ses filiales, qui ont participé à du financement politique illégal.Chaque individu a dû payer une amende de 1000$ par infraction au Code de déontologie des ingénieurs, mais certains en ont commis plus d\u2019une.Il s\u2019agit donc d\u2019un minimum de 45 000$ d\u2019amendes qui a été versé, au total.Le processus disciplinaire visait des ingénieurs qui ont versé des contributions à un parti politique en leur propre nom, mais qui ensuite se sont vu rembourser les sommes par leur employeur, Roche entre les années 1998 et 2010.La loi électorale du Québec prescrit que les dons politiques doivent être faits «à même ses propres biens» et qu\u2019ils ne peuvent faire l\u2019objet d\u2019un remboursement.La Presse canadienne et 2009, s\u2019est d\u2019abord voulu rassurant à son arrivée.Mais devant ses homologues des 27 autres pays membres, le ministre américain a ensuite assorti ses propos amicaux d\u2019une ferme mise en garde, faisant écho aux menaces déjà formulées par le président Trump.Agence France-Presse e premier ministre israélien, Benjamin Nétanyahou, a débarqué mercredi dans une Maison-Blanche sans boussole, assommée par une controverse dont l\u2019ancien journaliste-vedette de CBS Dan Rather écrivait la veille qu\u2019elle pourrait avoir des répercussions aussi funestes que le scandale du Watergate.Que soit révélée une implication de l\u2019équipe de Donald Trump, ou de Donald Trump lui-même, dans l\u2019ingérence pratiquée par Moscou pendant la campagne présidentielle américaine au détriment d\u2019Hillary Clinton et il pourrait en effet devenir possible de scénariser pour le nouveau président le sort politique qui fut celui du démissionnaire Richard Nixon.Ce que vient en tout cas recon?rmer la polémique déclenchée par le congédiement du conseiller à la sécurité nationale Michael Flynn, c\u2019est à quel point M.Trump semble capable en tout d\u2019une nonchalance déconcertante \u2014 devant les faits en général, devant les règles démocratiques les plus élémentaires et devant les enjeux de géopolitique internationale.Il a encore fait preuve de cette nonchalance en conférence de presse avec M.Nétanyahou au sujet du con?it israélo-palesti- nien, renonçant dans le vocabulaire de cinquante mots qui est le sien à défendre la solution à deux États, position traditionnelle des diplomaties américaine et européenne.Ce renoncement serait peut-être moins troublant si M.Trump avait une solution de rechange pertinente à proposer, mais ce n\u2019est pas le cas.Sa seule proposition, encore que vague, reviendra à s\u2019arrimer à l\u2019approche que défend depuis longtemps le premier ministre israélien, une approche consistant à faire passer la résolution du con?it israélo-palestinien par une grande négociation régionale (déjà tentée dans le passé, sans succès) avec des pays sunnites comme l\u2019Égypte et l\u2019Arabie saoudite.Preuve que, trop content d\u2019être libéré de Barack Obama et de John Kerry, M.Nétanyahou s\u2019attend maintenant à pouvoir mener M.Trump par le bout du nez.La «solution à deux États est une étiquette» à laquelle il faut trouver de «nouvelles avenues de paix», a déclaré M.Nétanyahou avec arrogance.Si illusoire qu\u2019elle soit devenue, la solution à deux États reste néanmoins un rempart contre la colonisation israélienne de la Cisjordanie.Renoncer à ce rempart comme le fait M.Trump revient dans les faits à enterrer la promesse qu\u2019un jour naîtra en?n un État palestinien et à accepter que l\u2019État israélien accélère le développement de ses colonies.Entendu qu\u2019Israël a le droit fondamental de vivre en sécurité et que la paix passe évidemment par la reconnaissance de son existence par ses voisins arabes.Mais la paix passe aussi par une reconnaissance réciproque et par la ?n de l\u2019occupation des territoires palestiniens.Là-dessus, M.Nétanyahou fait l\u2019impasse.Il se trouve par ailleurs qu\u2019à l\u2019issue d\u2019un vote secret, le Hamas a élu lundi à la tête du gouvernement de Gaza un nouveau leader, Yehya Sinwar, un ultraradical appartenant à l\u2019aile militaire de l\u2019organisation.Intransigeance contre intransigeance, donc.Ce qui fait que beaucoup pensent qu\u2019Israël et le Hamas, qui se sont livré trois guerres depuis 2008, en préparent une autre pour bientôt.Loin des propos creux qui se sont échangés mercredi à Washington.Après dix ans de débats parfois acerbes sur la laïcité de l\u2019État et les accommodements religieux, Philippe Couillard, avec ce minimum « consensuel » que représente, selon lui, le projet de loi 62, abdique sa responsabilité de proposer un projet cohérent de laïcité de l\u2019État pour le Québec.hilippe Couillard a con?rmé qu\u2019il ne dérogerait pas à ce qu\u2019il appelle ses principes.Il s\u2019en tiendra au projet de loi 62 sur la neutralité religieuse de l\u2019État que son gouvernement a présenté il y a 20 mois.Le premier ministre a rejeté le compromis auquel les trois autres partis à l\u2019Assemblée nationale étaient prêts à se rallier, c\u2019est-à-dire d\u2019ajouter au projet de loi 62 la recommandation de la commission Bouchard-Taylor d\u2019interdire aux agents de l\u2019État exerçant un pouvoir de coercition \u2014 les juges, les policiers et les gardiens de prison \u2014 de porter des signes religieux.Philippe Couillard a af?rmé qu\u2019il s\u2019était toujours opposé à la « discrimination vestimentaire ».Selon lui, il faut choisir entre l\u2019exclusion et l\u2019inclusion.Il faut éviter «une dérive discriminatoire » qui mènerait de la police aux enseignants et des enseignants à la plage, une allusion à l\u2019interdiction du burkini dans l\u2019espace public.Cet argument est spécieux.C\u2019est comme dire que le vol à l\u2019étalage conduit au vol par effraction, qui conduit au vol à main armée, qui conduit au meur tre.Qui plus est, les juges, les policiers ou les gardiens de prison sont forcés de porter toges ou uniformes : ne brime-t-on pas leur droit de se vêtir à leur guise ?La ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, aimait bien parler de la «charte du linge» péquiste, mais il ne faut pas croire que le projet de loi 62 ne fait aucune « discrimination vestimentaire ».En vertu de la règle du visage découvert, les vêtements que sont le niqab ou la burqa sont interdits au moment de fournir ou de recevoir des services publics.Comment une telle disposition s\u2019appliquera-t-elle aux patientes dans les hôpitaux ?pourrait-on demander au médecin premier ministre.Minimaliste, le projet de loi 62 l\u2019est assurément.Plus grave encore, il est incomplet.Le projet de loi ne parle pas de laïcité mais d\u2019une notion qui en fait partie : la neutralité religieuse de l\u2019État.Il ne souf?e mot sur un des principes sur lesquels s\u2019appuient les démocraties modernes : la séparation de l\u2019Église et de l\u2019État.En matière d\u2019accommodements, il se contente de con?r- mer l\u2019état du droit canadien.On pourrait déplorer un manque de vision, mais il ne s\u2019agit pas de cela.En matière de laïcité, Philippe Couillard se soumet totalement à la vision canadienne que conditionne le multicultu- ralisme.Peu importe si ce multiculturalisme, imposé par Pierre Elliott Trudeau, visait à en ?nir avec les velléités binationales des Canadiens français et des Québécois.Selon Philippe Couil- lard, le Québec ne saurait dé?nir sa propre conception de la laïcité.Il ne peut choisir un modèle de diversité qui se distingue de ses voisins en Amérique du Nord.En matière de laïcité, c\u2019est « canadian first and foremost », pour reprendre l\u2019expression de Daniel Johnson ?ls.L E D E V O I R , L E J E U D I 1 6 F É V R I E R 2 0 1 7 A 6 EDITORIAL L E T T R E S Maurice Richard, une idole inoubliable ou oubliée ?Il y a 75 ans, Maurice Richard faisait ses premiers pas dans le vestiaire du Canadien de Montréal.Une légende naissait\u2026 Humble ouvrier qui a atteint les plus hauts sommets.Capitaine entre tous les capitaines, il est le petit gars d\u2019Ahuntsic qui s\u2019est tenu debout et qui a dénoncé les injustices que subissaient les joueurs ca- nadiens-français.Maurice Richard, « c\u2019est tout le Québec debout, qui fait peur et qui vit\u2026 », a écrit Félix Leclerc.Il a permis à toute une nation de retrouver sa fierté à une époque qu\u2019on a qualifiée depuis de «Grande Noirceur ».Il a fait rêver une génération et l\u2019a rendue fière.L\u2019émeute de 1955, dont il est à l\u2019origine, est aujourd\u2019hui considérée par L I B R E O P I N I O N S É B A S T I E N G R A M M O N D Professeur de droit, Université d\u2019Ottawa C H R I S T I A N E G U A Y Professeure de travail social, Université du Québec en Outaouais N A D I N E V O L L A N T Directrice des services sociaux, Uauitshitun U ne décision de la Cour supérieure de l\u2019Ontario vient de jeter un nouvel éclairage sur un aspect encore méconnu du traitement réser vé aux peuples autochtones.Lorsque les pensionnats ont commencé à fermer leurs portes, dans les années 1950 et 1960, les services de protection de la jeunesse des différentes provinces ont graduellement étendu leurs activités dans les communautés autochtones.Ce processus était animé de la même philosophie d\u2019assimilation que les pensionnats : les enfants autochtones seraient mieux servis s\u2019ils étaient séparés de leurs parents.Le résultat a été le retrait massif d\u2019enfants autochtones de leur famille et de leur communauté, pour qu\u2019ils soient placés en adoption.Dans de nombreux cas, on a caché à l\u2019enfant son origine autochtone.C\u2019est ce qu\u2019on a appelé la « rafle des années 1960», même si cette pratique s\u2019est poursuivie durant les années 1970.Aujourd\u2019hui, l\u2019expérience et des études universitaires démontrent que, dans bien des cas, ces adoptions n\u2019ont pas été bénéfiques et ont provoqué une crise identitaire à une étape ultérieure de la vie des enfants concernés.Dans le jugement rendu cette semaine, le tribunal a condamné l\u2019inaction du gouvernement fédéral, qui avait délégué aux provinces la responsabilité de la protection de la jeunesse sans prendre les mesures nécessaires pour assurer la transmission de l\u2019identité et de la culture aux enfants autochtones placés dans des familles d\u2019accueil ou adoptés par des non- autochtones.Or, si les pensionnats sont chose du passé, les régimes provinciaux de protection de la jeunesse sont toujours appliqués aux peuples autochtones.Le jugement rendu cette semaine devrait donc nous forcer à réfléchir aux pratiques actuelles.Faisons-nous encore ce qui a conduit à la condamnation du gouvernement fédéral ?La triste réalité, c\u2019est que les enfants autochtones sont toujours surreprésen- tés au sein des régimes de protection de la jeunesse.Au Québec, une étude récente a montré que les enfants autochtones sont trois fois plus susceptibles de faire l\u2019objet d\u2019un signalement retenu, quatre fois plus susceptibles d\u2019être jugés en situation de compromission et cinq fois et demie plus susceptibles d\u2019être placés que les enfants non autochtones.Des enfants autochtones sont toujours placés en grand nombre dans des familles d\u2019accueil non autochtones, même si l\u2019on commence à prendre conscience des effets à long terme de cette pratique.C\u2019est ce qui a fait dire à la Commission de vérité et réconciliation que « les services de protection de l\u2019enfance du Canada ne font que poursuivre le processus d\u2019assimilation entamé sous le régime des pensionnats indiens ».De plus, le Tribunal canadien des droits de la personne a conclu, en janvier 2016, que le financement fédéral des services de protection de la jeunesse pour les peuples autochtones était insuffisant et discriminatoire sous plusieurs aspects.Il a tranché qu\u2019une réforme globale du système était nécessaire.Des ajustements à la Loi sur la protection de la jeunesse sont actuellement à l\u2019étude à l\u2019Assemblée nationale.Même si l\u2019on y trouve quelques éléments positifs, ils paraissent bien minces lorsqu\u2019on les compare à certaines initiatives adoptées ailleurs.Par exemple, la loi ontarienne contient déjà des directives spécifiques visant à éviter le placement d\u2019enfants autochtones dans des familles d\u2019accueil non autochtones.L\u2019intérêt de l\u2019enfant autochtone doit être évalué en tenant compte de la nécessité de préser ver son identité culturelle.Les communautés doivent être consultées par les services de protection de l\u2019enfance.Aux États-Unis, une loi fédérale adoptée en 1978 reconnaît la compétence des peuples autochtones en matière de protection de la jeunesse.De nombreux peuples autochtones ont mis en place leurs propres lois et leurs propres tribunaux dans ce domaine.Au Québec, la loi prévoit depuis plus de quinze ans la possibilité de conclure des ententes d\u2019autonomie, mais rien n\u2019a encore été signé.Le jugement concernant la rafle des années 1960 devrait nous faire prendre conscience de l\u2019urgence d\u2019une réforme globale du système de protection de la jeunesse pour les peuples autochtones.L\u2019autonomie des peuples autochtones devrait être au cœur de cette réforme.La rafle des années 1960, toujours d\u2019actualité ?FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente du développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-président des ventes publicitaires MARK DROUIN Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Directeur de l\u2019information numérique FLORENT DAUDENS Adjoints PAUL CAUCHON, LOUIS GAGNÉ, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET plusieurs comme la première manifestation d\u2019un Québec nouveau, en marche, ambitieux de maîtriser son destin.Chaque Québécois porte en son cœur le numéro 9.On pourrait donc croire qu\u2019il est largement honoré à ce titre.Malheureusement, non.Dix-sept ans après son décès, seulement cinq lieux portent le nom de Maurice Richard : une place et une rue à Vaudreuil, un parc mineur dans Ahuntsic, un aréna de patinage de vitesse dans l\u2019est de Montréal et un lac à Baie-de-la-Bouteille.C\u2019est pourquoi, en septembre dernier, appuyée par la famille Richard, j\u2019ai déposé une proposition pour renommer en son honneur la circonscription où il a vécu presque toute sa vie, afin que son nom résonne dans la maison du peuple qu\u2019il a aidée à grandir.Dans son dernier rapport, le directeur général des élections du Québec, M.Pierre Reid, n\u2019a pas donné suite à cette proposition.Il reste quelques jours avant le dépôt de son rapport définitif, et donc, encore une possibilité d\u2019enfin honorer Maurice Richard à la hauteur de l\u2019influence qu\u2019il a eue et ainsi s\u2019assurer que jamais ne soit oublié ce qu\u2019il a représenté pour le Québec.Alors que le spor t, notamment le hockey, est un vecteur de notre identité, qu\u2019il nous rassemble et qu\u2019il fait partie de ce que nous sommes, aucun nom de sportif ne résonne à l\u2019Assemblée nationale, cette assemblée représentative où s\u2019inscrit l\u2019histoire du Québec.Voilà l\u2019occasion d\u2019y remédier.De ses bras meurtris, Maurice Richard nous a tendu le flambeau, une flamme qui a inspiré et élevé toute une nation.À nous aujourd\u2019hui de por ter bien haut la mémoire de cet homme qui a contribué à l\u2019éveil de notre Québec.Marie Montpetit, députée de Crémazie Le 13 février 2017 LAÏCITÉ DE L\u2019ÉTAT Le moule canadien CONFLIT ISRAÉLO-PALESTINIEN Bruits de guerre P L GUY TAILLEFER ROBERT DUTRISAC La triste réalité, c\u2019est que les enfants autochtones sont toujours surreprésentés au sein des régimes de protection de la jeunesse L E D E V O I R , L E J E U D I 1 6 F É V R I E R 2 0 1 7 A 7 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon (chef de division), Guy Taillefer (éditorialiste, responsable de la page Idées), Michel Garneau et Pascal Élie (caricaturistes), Jacques Nadeau (photographe), Olivier Zuida (recherchiste photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division et reporter), Stéphane Baillargeon (généraliste), Gérald Dallaire (pupitre), Amélie 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division); section art de vivre : Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); cahiers spéciaux : Loïc Hamon (responsable); équipe numérique : Laurence Clavel, Guillaume St-Hilaire et Geneviève Tremblay (pupitres); correction : Andréanne Bédard, Christine Dumazet et Michèle Malenfant (correctrices) ; soutien à la rédaction : Amélie Gaudreau (coordonnatrice à la rédaction), Arnaud Stopa (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa), Dave Noël (Québec).PUBLICITÉ Marlène Côté, Évelyne De Varennes, Amel Elimam, Caroline Filion, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (directrices de comptes), Amélie Maltais (commis aux avis légaux), Alessandra Tantalo et Laurence Hémond (coordonnatrices publicitaires).PRODUCTION Yannick Morin, Anthony White et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web), Jean-François Côté (analyste programmeur), Luc Girard (technicien informatique).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Catherine Gentilcore (coordonnatrice marketing, communications et relations publiques), Sébastien Beaupré (coordonnateur service à la clientèle), Manon Blanchette, Nathalie Filion, Isabelle Sanchez (préposées au service à la clientèle).ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Mélisande Simard (adjointe administrative et responsable des ressources humaines), Florentina Draghici (technicienne comptable), Véronique Pagé (responsable du crédit).F R A N Ç O I S C Ô T É Avocat, chargé de cours et doctorant en droit à l\u2019Université de Sherbrooke* il n\u2019y avait qu\u2019un seul passage à retenir de l\u2019épisode de Tout le monde en parle de dimanche dernier, ce serait cette phrase de Nadia el-Mabrouk: «Les accommodements ne favorisent pas le vivre-ensemble.» Pourquoi la question des accommodements raisonnables liés à la religion est-elle à ce point problématique au Québec?Dans la célèbre af faire Multani c.Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys de 2006, la Cour suprême avait donné le ton en autorisant le port d\u2019une arme (kirpan) sur le terrain d\u2019une école au nom de la religion.Loin d\u2019être célébrée, cette décision phare \u2014 et toute la jurisprudence qui en découle \u2014 est vivement critiquée au Québec comme un flagrant exemple d\u2019incompatibilité entre la mouture actuelle des accommodements raisonnables et les fondements sociojuri- diques du vivre-ensemble québécois.Onze ans plus tard, le débat n\u2019a fait que croître.Les pratiques religieuses peuvent-elles être invoquées pour ne pas avoir à suivre les mêmes règles que tout le monde ?Ce qui pose réellement problème avec les accommodements accordés au nom de la religion, c\u2019est la vision juridique qui les sous-tend : une vision libérale et communautariste appliquée par la Cour suprême du Canada en raison d\u2019une Charte canadienne des droits et libertés (qui a été imposée au Québec en dépit de son opposition), alors que la société québécoise, dans son rapport avec l\u2019égalité de tous devant la loi et sa perception de la question religieuse adhère, à titre de fait social largement documenté, à une perspective davantage laïque et républicaine \u2014 tout particulièrement depuis la Révolution tranquille.L\u2019accommodement raisonnable, tel qu\u2019il est actuellement, est ainsi à juste titre vu non pas comme le fruit du consensus social, mais bien comme l\u2019imposition d\u2019une règle de droit qui ne reflète pas les valeurs communes de la société québécoise.Au surplus, au Québec, l\u2019expression de la religion est socialement considérée comme constituant un choix relevant de la sphère privée.Le fait de l\u2019invoquer pour être dispensé des règles applicables à tous devient alors une manière de faire primer des considérations purement personnelles sur la volonté démocratique derrière le droit.Les accommodements raisonnables au nom de la religion deviennent alors perçus, et cette critique n\u2019est pas sans légitimité, comme une manière d\u2019exiger que ce soit à la société de s\u2019adapter à l\u2019individu et non l\u2019inverse.En d\u2019autres mots, ils sont si controversés tout simplement parce qu\u2019ils relèvent d\u2019une logique, d\u2019une approche sociale et d\u2019une vision du droit qui ne sont pas celles de la société québécoise.Une solution distante Dans l\u2019état actuel des choses, la venue d\u2019une solution à cette problématique apparaît distante.Le gouvernement actuel entretenant un rapport quasi fusionnel avec le multiculturalisme libéral, les pistes de solutions qu\u2019il propose jusqu\u2019ici \u2014 dont le dernier chapitre au feuilleton est le projet de loi 62 \u2014 n\u2019en sont pas réellement.Ce que le gouvernement Couillard propose, c\u2019est surtout d\u2019affirmer avec plus de force encore le modèle libéral en espérant faire taire la dissidence (notamment au travers du discutable concept de « discrimination vestimentaire » qu\u2019il vient d\u2019inventer).Cela ne réglera rien : bien au contraire, la politique actuelle du gouvernement en matière de gestion des accommodements raisonnables ne conduit qu\u2019à encore plus de légitime ressentiment collectif à l\u2019égard d\u2019un modèle en contradiction avec la réalité sociale et historique propre du Québec.Les recommandations du rapport Bouchard- Taylor, bien qu\u2019insuffisantes à certains égards et en dépit du fait que ses auteurs ne s\u2019entendent plus aujourd\u2019hui, avaient au moins le mérite de proposer une véritable réconciliation législative avec une certaine part de la réalité québécoise.Le projet de charte des valeurs québécoises, quand bien même il était imparfait, constituait lui aussi une piste de solution intéressante.Toutefois, pour l\u2019heure, de véritables pistes de solutions et d\u2019encadrement des demandes d\u2019accommodements au nom de la religion resteront vraisemblablement lettre morte jusqu\u2019au prochain cycle politique.Il demeure cependant une chose certaine: les accommodements raisonnables au nom de la religion sont problématiques au Québec, et il y a un vif désir collectif pour qu\u2019un législateur reprenne les choses en main et en ramène l\u2019encadrement vers une perspective correspondant mieux à notre réalité sociale: par exemple en réaffirmant l\u2019interdiction de toute forme de discrimination fondée sur les convictions religieuses tout en précisant la primauté de la règle de droit sur la pratique religieuse, quitte à devoir recourir à la disposition de dérogation pour contrecarrer la Charte canadienne des droits et libertés.Un tel modèle permettrait une bien meilleure intégration de la diversité culturelle et religieuse au Québec en l\u2019incluant pleinement à son tissu social d\u2019une manière harmonieuse avec la réalité de son vivre-ensemble plutôt que d\u2019en favoriser la fragmentation comme c\u2019est le cas actuellement.Nous avons le devoir à titre de société de régler cette situation.En dépit des souhaits de certains, ce n\u2019est pas en niant l\u2019existence d\u2019un problème qu\u2019on le fait disparaître.Nous devons réellement baliser les accommodements raisonnables d\u2019une manière conforme à la réalité sociale québécoise.Chercher à censurer les critiques en martelant que tout va bien et que tout doit continuer tel quel ne peut qu\u2019empirer les choses \u2014 et les premières victimes de cette situation sont justement nos minorités culturelles et religieuses, qui ne peuvent pas s\u2019intégrer pleinement à la société québécoise si nous continuons ainsi, au travers de l\u2019accommodement raisonnable, à les en distancier plutôt qu\u2019à les rapprocher des fondements de notre vie en commun pour leur permettre de devenir véritablement des nôtres.Pour toute société digne de ce nom, c\u2019est inacceptable.*Lettre cosignée par une vingtaine de personnes, dont Djemila Benhabib, Louise Mailloux et Nadia el-Mabrouk.La liste complète des signataires est publiée sur nos plateformes numériques.Accommodements raisonnables : reconnaître un problème H É L È N E T E S S I E R Professeure titulaire, Faculté des sciences humaines, Université Saint Paul a conclusion du texte de Jean Grondin « Peut-on défendre Heidegger ?» (Le Devoir de philo, 4 février 2017) est pour le moins surprenante : Heidegger aurait été victime de la propagande antisémite nazie, alors qu\u2019il ne disposait pas, comme nous maintenant, d\u2019écrans d\u2019ordinateur pour s\u2019informer.Dans ces conditions, on peut comprendre que ses Cahiers noirs contiennent des écrits ouvertement antisémites, écrits qui n\u2019auraient par ailleurs pas d\u2019incidence significative sur la qualification de sa pensée\u2026 Une telle conclusion est inacceptable.En plus des imprécisions, voire des inexactitudes historiques sur lesquelles elle repose, elle constituerait à elle seule \u2014 si elle s\u2019avérait fondée \u2014 un argument de taille à l\u2019encontre de la «grandeur» de la philosophie de Heidegger.Belle philosophie en effet, belle profondeur de pensée, qui ne procureraient à son propre auteur aucun outil critique pour interpréter la réalité quotidienne, pour mesurer un tant soit peu la distance entre propagande et vérité et qui lui ferait adhérer au mythe racial comme justification de l\u2019extermination des juifs et de l\u2019asservissement de peuples entiers.Si la philosophie doit aider à vivre, on peut se demander quel type de vie et quel type d\u2019intelligence auraient bien pu soutenir la philosophie de Heidegger.La capitulation de la pensée critique?Une hostilité revendiquée à la rationalité?Une vie de collaborateur?La description de Jean Grondin ne résiste cependant pas à l\u2019analyse.Il y a eu en Allemagne entre 1933 et 1945 des résistants et des opposants \u2014 au demeurant dépourvus, tout comme Heidegger, d\u2019écrans d\u2019ordinateur \u2014 qui ont payé de leur vie leur opposition au nazisme.[\u2026] Il subsiste peu de doutes sur la terreur suscitée par les mesures raciales qui ont suivi l\u2019incendie du Reichstag le 27 février 1933.Parmi les intellectuels allemands qui ont quitté l\u2019Allemagne, horrifiés et menacés par le nazisme, j\u2019insisterai sur Thomas Mann qui fait figure de contre- exemple à la thèse de Jean Grondin.Dès la fin des années 1920, il a déployé une grande énergie et une intense activité d\u2019essayiste et de conférencier à dénoncer l\u2019obscurantisme, la vulgarité et la violence du nazisme.Il a aussi fortement combattu le climat culturel d\u2019irrationalisme, d\u2019anti-idéalisme et de «haine de l\u2019esprit» qui favorisait sa victoire.Thomas Mann a quitté l\u2019Allemagne le 11 février 1933 et n\u2019y est pas rentré.L\u2019incendie du Reichstag, le simulacre de procès qui s\u2019en est suivi, la chasse aux communistes et aux juifs confirmaient à ses yeux la nature criminelle du régime maintenant en place.Un ordre d\u2019arrestation et de déportation a été signé contre lui.Ses livres ont été brûlés à Berlin lors de l\u2019autodafé du 10 mai 1933, en même temps que les livres d\u2019auteurs juifs.Examen critique Plusieurs autres affirmations de Jean Grondin, qui minimisent l\u2019adhésion de Heidegger à l\u2019idéologie nazie, mériteraient d\u2019être soumises à un examen critique.Contrairement à ce que prétend Jean Grondin, il ne s\u2019agit pas ici de juger l\u2019homme, ni de séparer l\u2019homme de l\u2019œuvre, ce qui constitue une fausse question.Il s\u2019agit d\u2019évaluer l\u2019œuvre.L\u2019antisémitisme et le racisme sont au fondement même du nazisme et, avec le Führerprinzip et la volonté de puissance du peuple allemand, ils en constituent à peu près le seul contenu idéologique.Qu\u2019est-ce qu\u2019une philosophie qui peut s\u2019accommoder d\u2019une pensée aussi pauvre que le nazisme ?Qu\u2019est-ce qu\u2019une philosophie qui ne comporte aucune réticence fondamentale à l\u2019idée de l\u2019obéissance aveugle à la volonté du guide suprême ?Qu\u2019est-ce qu\u2019une philosophie qui affirme « philosophiquement la nécessité » de ce que, déjà en mars 1933, Thomas Mann décrivait comme des « discours écumants prenant la défense de toutes les horreurs » ?Peut-on philosopher et ne pas exiger la reconnaissance de la dignité humaine, indépendamment de toute appartenance raciale ou ethnique ?Heidegger est, écrit Jean Grondin, l\u2019un des penseurs les plus grands et les plus influents.Faut-il le croire sur parole ?La « grandeur » d\u2019une philosophie se mesure-t-elle à son influence ?La logique de la spéculation et du marché apporterait-elle ici un argument décisif sur l\u2019évaluation d\u2019une pensée ?La pensée antihuma- niste et de la déconstruction, héritière de Heidegger (Derrida, Foucault, Arendt), citée en renfort par Grondin, est-elle une grande pensée ?Est-elle une grande pensée en raison de sa position dominante, ce qui est certes le cas, à tout le moins en Amérique du Nord ?Elle y exerce effectivement une influence, voire un pouvoir, considérable, ce qui ne donne cependant aucune indication sur sa valeur.Il n\u2019est plus du tout de bon ton aujourd\u2019hui de prendre la défense de l\u2019entendement et de la raison, de l\u2019humanisme, de l\u2019exigence de vérité.Ceux-ci constituent pourtant les seuls remparts contre l\u2019obscurantisme, le conformisme et la soumission au plus fort.[\u2026] Thomas Mann croyait fermement que, dans la voie tracée par Schopenhauer et par Nietzsche, l\u2019irrationalisme, dont Heidegger est un représentant éminent, s\u2019était abîmé dans le fascisme et avait été une condition culturelle essentielle à son succès.Je pense que son exhortation à reprendre aujourd\u2019hui, « sur un mode nouveau, le flambeau de la raison et du progrès » const itue le seul moyen de construire un monde plus libre, plus « équitable selon l\u2019esprit ».LA RÉPLIQUE > PHILOSOPHIE Heidegger et la « grandeur » de sa philosophie LE DÉCLENCHEUR «Heidegger a été victime de sa puissante propagande et de son propre aveuglement au sujet de la révolution dont l\u2019Occident aurait besoin.Il faut tenir compte de cette situation de détresse quand on condamne aujourd\u2019hui Heidegger depuis le confort de nos écrans d\u2019ordinateur grâce auxquels nous avons commodément accès à plusieurs sources d\u2019information.Heidegger n\u2019avait pas ce privilège.» \u2014 Jean Grondin, « Peut-on défendre Heidegger ?» (Le Devoir de philo, 4 février 2017) S\u2019 JACQUES NADEAU LE DEVOIR Les recommandations du rapport Bouchard-Taylor, bien qu\u2019insuf fisantes à certains égards et en dépit du fait que ses auteurs ne s\u2019entendent plus aujourd\u2019hui, avaient au moins le mérite de proposer une véritable réconciliation législative avec une certaine part de la réalité québécoise.HERMAN HEIDEGGER Martin Heidegger L L E D E V O I R , L E J E U D I 1 6 F É V R I E R 2 0 1 7 A 8 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 / 418 643-1541 Par courriel redaction@ledevoir.com Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 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vaincre aussi les cancers qui ne répondent pas très bien à l\u2019immunothérapie, comme le glioblastome », indique M.Lacasse.Les chercheurs d\u2019Ottawa ont donc choisi d\u2019administrer deux classes d\u2019agents immuno- thérapiques à des souris atteintes de glioblas- tome.Ils ont opté, d\u2019une part, pour des inhibiteurs de points de contrôle immunitaires (IPCI), qui sont des anticorps qui neutralisent le système de défense des cellules cancé - reuses, et accroissent du coup la force de frappe du système immunitaire.« Lorsque les cellules cancéreuses se sentent ciblées, elles tentent d\u2019échapper au système immunitaire en exprimant à leur surface des protéines normales qui font croire au système immunitaire qu\u2019elles sont des cellules normales qu\u2019il ne doit pas attaquer.Or, les anticorps IPCI viennent neutraliser ces protéines afin que le système immunitaire ne les voie plus et qu\u2019il reconnaisse qu\u2019il s\u2019agit bel et bien de cellules cancéreuses qu\u2019il doit tuer », explique le biochimiste Éric Lacasse.À ces IPCI, les chercheurs ont ajouté des substances mimétiques de SMAC (Second Mi- tochondrial Activator of Caspases), qui sont de petites molécules qui contrecarrent l\u2019activité des protéines inhibitrices de l\u2019apoptose qui sont présentes dans les cellules cancéreuses et qui leur permettent d\u2019échapper à cette mort cellulaire programmée.« Ces molécules expérimentales favorisent l\u2019apoptose des cellules cancéreuses et stimulent le système immunitaire », résume le chercheur.Lorsqu\u2019ils ont administré une substance mimétique de SMAC en combinaison avec un IPCI à des souris auxquelles ils avaient greffé un glioblastome dans le cerveau, de 60 % à 80 % des souris ont guéri de leur cancer.L\u2019administration de trois agents, dont deux IPCI et un mimétique de SMAC, a entraîné la guérison de toutes les souris.« Même s\u2019il est probable que nous n\u2019obtiendrons pas des ef fets aussi spectaculaires chez l\u2019humain, on peut espérer que cette combinaison sera efficace», affirme M.Lacasse, avant d\u2019ajouter que la combinaison s\u2019est également avérée passablement efficace pour éliminer le cancer des glandes mammaires et le myélome multiple chez la souris.Les chercheurs ont également remarqué que la triple immunothérapie induisait une immunité à long terme contre le cancer chez les souris qui, ainsi, n\u2019étaient plus victimes de récidives.«On espère que le même effet à long terme se produira chez l\u2019humain, mais sachant que le cancer est constamment en train d\u2019évoluer pour échapper au système immunitaire, ce ne sera peut-être pas toujours le cas », fait remarquer M.Lacasse.Études cliniques Quelques compagnies pharmaceutiques envisagent de commencer en 2017 des essais cliniques qui viseront à vérifier l\u2019innocuité dans un premier temps et l\u2019efficacité dans un second temps de la combinaison de ces deux immunothérapies chez des patients atteints d\u2019un cancer du poumon ou d\u2019un mélanome.« Étant donné que ces deux cancers répondent assez bien aux IPCI, on veut savoir si l\u2019ajout des mimétiques de SMAC améliorera la réponse.Si c\u2019est le cas, ces résultats encourageront les cliniciens à expérimenter la même combinaison dans des cancers plus dif ficiles, comme le glioblastome ou le neu- roblastome chez l\u2019enfant, qui ne répondent pas très bien aux thérapies présentement», dit-il.«La voie de l\u2019avenir est de combiner plusieurs immunothérapies dif férentes afin d\u2019obtenir une réponse immunitaire la plus forte possible », insiste le chercheur.Désavantages Les immunothérapies sont toutefois très dispendieuses présentement, car elles font appel à du matériel biologique, comme des anticorps qui sont fabriqués par des cellules.« Mais à mesure qu\u2019on les intégrera dans notre arsenal thérapeutique, les prix diminueront », affirme M.Lacasse.Les immunothérapies ont bien sûr des effets secondaires, mais ceux-ci sont très bien connus car cela fait plusieurs années que ces médicaments sont utilisés en clinique aux États-Unis, et depuis peu au Canada.Chez 5 à 15 % des patients, les IPCI induisent une auto-immunité.« Le système immunitaire s\u2019attaque au cancer, mais aussi à des organes normaux.Mais comme les cliniciens connaissent très bien les organes qui sont susceptibles d\u2019être atteints, ils sont aux aguets et, dès que ces effets secondaires commencent à se manifester, ils administrent des médicaments pour les contrôler », précise le biochimiste, avant d\u2019ajouter que les ef fets secondaires des mimétiques de SMAC sont quant à eux «minimes et peu néfastes ».«L\u2019immunothérapie a l\u2019avantage de ne pas endommager l\u2019ADN comme le font la chimiothérapie et la radiothérapie, et cet avantage est particulièrement important pour les enfants qui, autrement, souf friront toute leur vie de ces dommages à l\u2019ADN», fait valoir le chercheur.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 CANCER il enseigne le français et la littérature française à la City University of New York (CUNY), quand on lui fait remarquer la concordance des temps entre son bouquin et ce cri du cœur vieux de plus de 40 ans.«Mais je l\u2019ai effacée de la version définitive, par souci d\u2019économie de mots.» La violente question de Claude Péloquin n\u2019y est plus, mais son esprit, lui, reste dans cette charge à fond de train contre un Québec enlisé dans ses contradictions, ses consensus mous et qui, à force de nier son existence, dans une béatitude collective devant toutes les menaces qui le guettent \u2014 la mondialisation, l\u2019éloge du provincialisme, l\u2019immigration, l\u2019individualisme, la corruption, les atteintes portées à la langue française, la médiocrité et la vanité de l\u2019élite politique et culturelle\u2026 \u2014, peine à appréhender sa lente agonie et à voir son inéluctable disparition, estime Maxime Blanchard.Sans épargner personne.« Mafieux de jars [\u2026] qui sucent monsieuse- ment la cenne dans les conseils d\u2019administration », « gaugauche gérante d\u2019estrade », « bavas- seuses de l\u2019écologie », universitaires « plus occupés à pogner les boules de leurs étudiantes qu\u2019à réfléchir à l\u2019acculturation québécoise », « Québécois de souche», « immigrants insensibles », «militant du PQ », « aliéné », « arriéré » et même ceux qui «brunch[ent] thermopompé[s] à l\u2019Avenue », écrit-il, ce restaurant couru du Plateau Mont-Royal malgré l \u2019ordinaire qu \u2019il of fre, l\u2019homme reconnaît en vidéoconférence vouloir « tirer dans le tas » et «attaquer tout le monde».« C\u2019est de la provocation », dit-il, pour forcer la prise de conscience dans un Québec sans rêve, sans projet, sans direction, qui ne peut, selon lui, qu\u2019aller nulle part.« Tout le monde est coupable là-dedans, personne ne doit être exonéré», ajoute l\u2019auteur, dont la démarche n\u2019est pas sans rappeler celle d\u2019Hélène Jutras et son cri d\u2019angoisse lancé en 1994 dans les pages du Devoir sous un titre sans équivoque : « Le Québec me tue».Défaitisme et passivité Maxime Blanchard, qui vit six mois par année à New York, a, lui aussi, mal à son Québec \u2014 « Je ne vois pas comment le contraire peut être possible » , dit-il \u2014 et le choc de l \u2019exil tout comme celui des nombreux retours y sont pour beaucoup.«Quand je reviens, je suis sous le choc de voir ce qui se passe à la télévision, sous le choc de la persistance d\u2019un gouvernement libéral et de la passivité des gens face à tout ce qui nous arrive.Je ne sais pas si c\u2019est du défaitisme ou de la fatigue culturelle, pour reprendre Hubert Aquin, mais cela est de plus en plus insoutenable.» Un Québec « sous-préfecture », un Québec «cambrousse», un Québec «bourgade» : les mots de Maxime Blanchard sont durs et finissent par devenir obsessionnels sur le rendez-vous manqué avec l\u2019indépendance, sur la disparition de la langue française et sur la mondialisation, «catastrophe pour les cultures nationales et les cultures périphériques» et qui, en chœur, éclaire pour lui le malaise identitaire qu\u2019il exprime.Dans un geste tout aussi assumé, l\u2019homme y dénonce aussi « le fétichisme et l\u2019instrumentali- sation de l\u2019immigration», par la frange bien-pensante du Québec, par cette élite culturelle qu\u2019il pourfend tout en reconnaissant en faire partie.«Le multiculturalisme est devenu un dogme que l\u2019on ne peut plus contester », résume le littéraire pamphlétaire, même si, pour redonner du sens au Québec, c\u2019est pourtant, selon lui, ce qu\u2019il faut désormais faire.« Au Québec, le métissage est inconcevable ; ailleurs cependant, ce pluralisme est imaginable », écrit-il dans un chapitre intitulé «Donnes-y la claque ».La nature provinciale du Québec, dans laquelle les « Québécois de souche » sont condamnés à n\u2019être qu\u2019une minorité parmi d\u2019autres, selon lui, expliquerait d\u2019ailleurs la chose.« À ce Québec \u201ctricoté serré\u201d, on ne peut ni s\u2019allier ni s\u2019intégrer ; les adhésions restent à jamais impossibles », à moins «de se rencontrer en devenant canadian : citoyenneté neutre, passe- por t rassembleur et langue anglaise ».« Au- jourd\u2019hui, au Québec, on a l\u2019air de trouver l\u2019immigration le fun, explique Maxime Blanchard, mais on a oublié qu\u2019à la base, l\u2019immigration, c\u2019est une tragédie pour ceux qui sont forcés d\u2019y avoir recours pour sauver leur vie.Il faut se retenir de tomber dans la célébration béate de l\u2019immigration, même si elle nous permet de nous divertir en allant manger dans un restaurant afghan le soir après un spectacle.» Débattre sans peur Tout comme Éric Langevin, personnage de son livre, alter ego de l\u2019auteur cherchant le sens dans un Québec où il peine à se retrouver, Maxime Blanchard ne mâche pas ses mots et se prépare même, à l\u2019aube de la sortie de son livre, à se faire traiter de radical, de raciste, d\u2019inconscient, de nostalgique, de vieil utopiste\u2026 «On se censure trop au Québec par peur du débat.On est une petite société qui a peur de provoquer et où l\u2019on préfère se mentir à soi-même, en se disant qu\u2019on est bon, même si ce n\u2019est pas vrai, pour mieux éviter de réellement exister.» Pour lui, ce culte de la platitude érigé en consensus dépasse d\u2019ailleurs les frontières du Québec et s\u2019inscrit dans une époque où les « actes héroïques et admirables » chez les peuples n\u2019existent plus.« Tout se réduit à la petitesse de la pensée, à la mesquinerie, au calcul, aux choix de l\u2019individu, dans son coin, qui se dit connecté aux autres, mais qui ne l\u2019est pas », dit- il en rappelant que le Québec des années 1960 et 1970 a été « l\u2019un des endroits au monde les plus intéressants, les plus beaux, les plus admirables, les plus émouvants, mais maintenant, c\u2019est fini ».Dix ans d\u2019écriture et l\u2019af front de plusieurs éditeurs, ici et en Europe, qui ont refusé son manuscrit, jugé trop dérangeant, résume-t-il sans donner plus de détails de peur de se faire plus d \u2019ennemis, ont fait naître ce coup de gueule d\u2019un homme dans la cinquantaine, en colère, qui se dit moins misanthrope et moins malcommode que son personnage, «même si je le suis beaucoup», ajoute-t-il.Et tout comme son personnage, il manque également un peu d\u2019humilité.« On écrit aussi pour la postérité.Dans 50 ans, quand les gens vont regarder notre époque, ils vont voir que des gens étaient contre ce qui s\u2019y passait, contre toute cette connerie.Et je veux être une de ces voix.» Le Devoir LE QUÉBEC N\u2019EXISTE PAS Maxime Blanchard Varia Montréal, 2017, 250 pages En librairie le 27 février SUITE DE LA PAGE 1 PEUR Certains, comme Pierre Lemieux, un autre conservateur se portant candidat à la succession de Stephen Harper, craignent que le contexte émotif créé par l\u2019attentat de Québec pousse des élus à appuyer aveuglément la motion.Plusieurs déplorent que le concept d\u2019isla- mophobie n\u2019y soit pas défini, d\u2019où leurs craintes qu\u2019elle ait pour effet de limiter la liberté d\u2019expression.Ainsi, M.Lemieux écrit dans une lettre à ses partisans que « la motion 103 [suppose] que toute critique de l\u2019islam est du discours haineux».Sa rivale Lisa Raitt se demande si la motion pourrait un jour déboucher sur une loi interdisant le fait de « critiquer la charia ou les mutilations génitales ».Pour sa part, Andrew Scheer juge la motion inutile, car le Code criminel interdit déjà l\u2019incitation à la haine.Au Bloc québécois, on rejette les prémisses de la motion quant à l\u2019existence d\u2019un «climat de haine ».« Si on amendait cette motion pour en retirer ces irritants, on serait d\u2019accord avec le fait de condamner l\u2019islamophobie», explique le chef par intérim Rhéal Fortin.Thomas Mulcair se dit pour sa part en faveur, car « la priorité, c\u2019est de dénoncer une évidence, soit qu\u2019il y a une recrudescence de haine contre les musulmans».La ministre du Patrimoine, Mélanie Joly, ainsi qu\u2019une cinquantaine de députés libéraux se sont présentés mercredi midi devant les caméras en compagnie d\u2019Iqra Khalid pour dire haut et for t leur appui à sa motion.« Nous sommes plus que jamais déterminés à bâtir une société ouverte, inclusive, avec comme principe le vivre-ensemble, le respect et la lutte contre la discrimination», a plaidé Mme Joly.Mme Khalid a assuré que «ce n\u2019est pas vrai» que M-103 ferait taire les critiques de l\u2019islam.Lors du débat, elle a répliqué à ses détracteurs tels que Kellie Leitch, qui lui reprochent d\u2019accorder un traitement différencié à l\u2019islam : « On m\u2019a demandé de changer le libellé de ma motion pour en retirer le mot \u201cislamophobie\u201d.Je ne le ferai pas, pas plus que je ne parlerais de l\u2019Holocauste sans dire que la vaste majorité des victimes étaient des Juifs et que l\u2019antisémitisme en était la racine.On ne peut pas s\u2019attaquer à un problème sans l\u2019appeler par son vrai nom.» Liberté d\u2019expression L\u2019histoire démontre que les conservateurs sont allergiques à toute mesure légale visant à limiter la liber té de parole.En 2013, ils ont abrogé l\u2019article 13 de la Loi canadienne sur les droits de la personne qui interdisait de disséminer des propos « susceptibles d\u2019exposer à la haine ou au mépris des personnes appartenant à un groupe identifiable ».Les conservateurs estimaient cette notion trop floue et préféraient l\u2019article 319 du Code criminel qui interdit le discours haineux s\u2019il « est susceptible d\u2019entraîner une violation de la paix».Les conservateurs avaient en tête la mésaventure du commentateur de droite Ezra Levant, qui après avoir reproduit dans le Western Standard les caricatures danoises de Mahomet avait fait l\u2019objet d\u2019une plainte d\u2019un imam en vertu du pendant albertain de l\u2019article 13.La poursuite avait finalement été abandonnée.Ezra Levant est d\u2019ailleurs un des instigateurs d\u2019un rallye tenu hier soir à Toronto pour dénoncer M-103 et auquel quatre aspirants chefs du Parti conservateur ont assisté: Brad Trost, Chris Alexander, Pierre Lemieux et Kellie Leitch.Notons que si le conser vateur Michael Chong appuie la motion 103 , il abolirait l\u2019ar ticle 319 du Code criminel au motif que seule la liberté d\u2019expression totale peut combattre le discours haineux.Les transgenres aussi Le malaise conservateur à propos de la liberté d\u2019expression se manifeste aussi ces jours- ci à propos du projet de loi C-16, qui établit l\u2019identité sexuelle comme un motif illicite de discrimination.Adopté à la Chambre des communes, le C-16 poireaute au Sénat depuis novembre parce que les conservateurs ajournent le débat sans arrêt.Seulement sept sénateurs ont pris la parole à ce jour.Des conservateurs comme Maxime Bernier et Pierre Lemieux reconsidèrent leur appui initial à C-16 à la lumière du cas de Jordan Peterson.Ce professeur de l\u2019Université de Toronto refuse d\u2019utiliser, comme le lui demandent des étudiants rejetant la binarité sexuelle, des pronoms inventés tels que «ze», «zir» ou «zim» ou le pronom pluriel « they» au lieu des pronoms sexués «he» et «she».Le professeur, qui estime ne pas avoir à bâtarder la langue anglaise, se fait accuser de transphobie.Les deux élus craignent que C-16 soit utilisé pour le punir.Selon Maxime Bernier, de tels gens ne militent pas pour l\u2019égalité, qu\u2019il dit défendre.Ce sont plutôt des «activistes de la gauche radicale qui tentent de déconstruire les normes sociales traditionnelles et d\u2019imposer leur perspective marginale à tout le monde, y compris en nous forçant à changer notre façon de parler».Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 ISLAMOPHOBIE Il faut se retenir de tomber dans la célébration béate de l\u2019immigration, même si elle nous permet de nous divertir en allant manger dans un restaurant afghan le soir après un spectacle Maxime Blanchard « » PATRICK DOYLE LA PRESSE CANADIENNE La ministre du Patrimoine, Mélanie Joly, et une cinquantaine de ses collègues libéraux ont manifesté leur soutien à la députée Iqra Khalid, qui a déposé la motion contre l\u2019islamophobie."]
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