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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
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Cahier D
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  • Journaux
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quotidien
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Références

Le devoir, 2017-02-18, Collections de BAnQ.

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[" G A R Y L A W R E N C E M a vie de touriste volcani - que n\u2019est qu\u2019u - ne succession de rendez-vous manqués avec la lave.La lave vive, celle qui coulait dans le Pacifique en une hallucinante cascade rougeoyante au Kilauea hawaïen en janvier ; celle du trop- plein régurgité par l\u2019Erta Alé en Éthiopie en novembre; celle encore qui glougloute à profusion dans le ventre en fusion du Piton de la Fournaise sur l\u2019île de la Réunion.J\u2019ai eu beau me pointer aussi souvent que possible au pied de certains des volcans les plus pétaradants de la planète, rien n\u2019y fit : la guigne rouge s\u2019acharne sur moi.Il y a une quinzaine d\u2019années, j\u2019ai même dormi cinq nuits d\u2019affilée autour de l\u2019Arenal, au Costa Rica, en espérant le voir m\u2019exploser en plein visage ou, au pire, apercevoir quelque gi- clure de magma frais.En vain.Chasser le volcan actif dans son habitat naturel implique ce genre de frustration et de situation imprévisible, et même les cratères les plus bouillonnants de la terre prennent par fois quelques jours, voire plusieurs mois de répit \u2014 quand ce ne sont pas d\u2019autres aléas qui s\u2019en mêlent.«En 1994, après une journée de marche à suf foquer dans la jungle indonésienne, nous avons passé toute la nuit assis à écouter les explosions du Dunoko, sous une pluie mêlée de cendres, se rappelle Pascal Blondé.Finalement, nous n\u2019avons jamais vu ce volcan : la météo n\u2019était pas avec nous.Et il m\u2019aura fallu attendre 2012 pour enfin voir son cratère lors d\u2019un autre périple.» Depuis plus de 35 ans, cet ingénieur français de 54 ans part une, sinon deux fois par année en quête d\u2019un volcan actif quelque part sur la planète.Comme tant d\u2019autres groupies des montagnes de feu, il a pu à maintes reprises « voir du rouge », essentiellement avec Aventure & Volcans, l\u2019un des premiers voyagistes à occuper ce créneau, et qui est réputé pour ses voyages éclairs lorsqu\u2019une éruption imprévue se produit.Depuis quelques années, Aventure & Volcans a de la concurrence, et au-delà des voyagistes spécialisés comme lui (Magmatrek, Hawaii Forest & Trail, Volcano Live\u2026), de petits joueurs montent sur la scène du pyrotourisme volcanique.Déjà, en 2010, quand le volcan islandais Fimmvörðuháls est entré en éruption, on a pu assister à une véritable ruée vers l \u2019or rouge, quand des centaines de volcarazzi ont délié leur gousset pour voir de près des colonnes et des geysers de lave, en traitant avec des entreprises qui ont flairé la bonne af faire.Mais qu\u2019est-ce qui fascine tant les volcanophiles ?«Beaucoup de choses! dit Tanguy de Saint-Cyr, gérant et guide d\u2019Aventure & Volcans.Assister à une éruption au moins une fois dans sa vie, comprendre les phénomènes géologiques, vivre des sensations fortes et admirer la beauté des paysages volcaniques, entre autres.» « Personnellement, ce qui m\u2019attire, c\u2019est de savoir que les volcans sont à la fois destructeurs et bâtisseurs, explique Pascal Blondé.Lorsqu\u2019on est proche d\u2019un lac ou d\u2019une coulée de lave, on se sent bien petit face à une telle énergie ; lorsqu\u2019on s\u2019en éloigne, on voit comment la vie s\u2019installe rapidement.» De fait, plus d\u2019un demi-mil- liard de personnes vivent à proximité de volcans, actifs ou pas, essentiellement pour profiter de la richesse des sols.Ce n\u2019est pas d\u2019hier qu\u2019on s\u2019enflamme pour le feu liquide de la terre.Dans les années 1920, on se rendait déjà à Hawaï pour tâter de la roche ignée, tandis qu\u2019en Sicile, l\u2019Etna et le Stromboli allument les fanas de magma depuis des lunes.Mais, désormais, les innombrables liaisons aériennes, la quête d\u2019expériences inoubliables et thématiques et surtout la prolifération des réseaux sociaux \u2014 où tout un chacun partage son petit exploit et donne envie à l\u2019autre de faire de même \u2014 ont contribué à démocratiser le tourisme volcanique.« En 1983, nous avions 150 clients par année ; désormais, nous en avons jusqu\u2019à 1700, dont plusieurs qui par tent jusqu\u2019à trois fois par année», indique Tanguy de Saint-Cyr.Même s\u2019il peut être fr us- trant de ne pas avoir vu du rouge, on ne rentre jamais vraiment bredouille d\u2019une virée d\u2019observation volcanique.Partir Bienvenue à l\u2019iHôtel! À quoi ressembleront nos séjours d\u2019ici 2060.Page D 3 Saveurs Star Bocuse, l\u2019empire de Paul, le pari de Jérôme Page D 6 Pourquoi se contenter de grimper sur le dos de volcans inactifs ou d\u2019admirer les fumerolles qui s\u2019échappent des cratères éveillés quand on peut voir rouge ?C\u2019est ce que se disent les adeptes de tourisme volcanique, de plus en plus nombreux à par tir en quête de flammèches, de coulées de lave et de lacs de magma.Tour d\u2019horizon d\u2019un phénomène en pleine éruption.TOURISME VOLCANIQUE Dans le feu de l\u2019action Ce n\u2019est pas d\u2019hier qu\u2019on s\u2019enflamme pour le brûlant liquide de la Terre HECTOR GUERRERO AGENCE FRANCE-PRESSE Le volcan Fuego rejetant cendres et fumée le 23 janvier 2017, comme on le voit depuis San Antonio, dans l\u2019État de Colima, au Mexique.C\u2019est l\u2019un des plus actifs du pays.Ci-dessous : un courant de lave lancé par le volcan hawaïen Kilauea le 31 janvier 2017.C A H I E R D \u203a L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 8 E T D I M A N C H E 1 9 F É V R I E R 2 0 1 7 US GEOLOGICAL SURVEY\u2019S HAWAIIAN VOLCANO OBSERVATORY/AGENCE FRANCE-PRESSE VOIR PAGE D 2 : VOLCANS Ce qui m\u2019attire, c\u2019est de savoir que les volcans sont à la fois destructeurs et bâtisseurs Pascal Blondé, ingénieur français qui, depuis plus de 35 ans, part une ou deux fois par année en quête d\u2019un volcan actif sur la planète.« » L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 8 E T D I M A N C H E 1 9 F É V R I E R 2 0 1 7 P L A I S I R S D 2 Partir à la découverte d\u2019un volcan sous-tend bon nombre de volets culturels, rituels et fauniques, qu\u2019on prenne part à une randonnée de quelques heures ou à un trek de plusieurs jours.Ainsi, aux Célèbes (Sulawesi), une cérémonie funéraire toraja précède l\u2019ascension du Lokon et du Soputan.TOURISME Comme me l\u2019a déjà dit Rob Pacheco, proprio de l\u2019agence Hawaii Forest & Trail, « quand tu pars à la chasse aux volcans, apprécie d\u2019abord les lieux pour ce qu\u2019ils sont ; si tu vois de la lave, ce sera un bonus».De fait, le volcanisme se manifeste d\u2019une multitude de manières : les coloris surréalistes du Kawa Ijen indonésien ou des volcans de l\u2019Altiplano bolivien ; les coulées de lave durcie qui scient en deux la Soufrière de Saint-Vincent-et-les-Grenadines ; le basalte pareil à des cadavres entrelacés au Kamokuna hawaïen ; les fumerolles matinales de l\u2019El Tatio chilien ; les coulées iridescentes de l\u2019Hekla islandais ; et les troublants bouillons du Boiling Lake, sur l\u2019île de la Dominique, dont les eaux peuvent atteindre jusqu\u2019à 90 °C.Au surplus, partir à la découverte d\u2019un volcan sous-tend bon nombre de volets culturels, rituels et fauniques, qu\u2019on prenne part à une randonnée de quelques heures ou à un trek de plusieurs jours.Ainsi, aux Célèbes (Sulawesi), une cérémonie funéraire toraja précède l\u2019ascension du Lokon et du Soputan.«Et sur l\u2019île d\u2019Ambrym, au Vanuatu, l\u2019accès à la caldeira et à ses deux lacs de lave n\u2019est possible qu\u2019après l\u2019accord du chef du village et l\u2019aval du sorcier », se souvient Pascal Blondé.«Les gens viennent avec nous d\u2019abord et avant tout pour les volcans, mais ils s\u2019intéressent aussi à autre chose, dit Guy de Saint-Cyr, fondateur d\u2019Aventure & Volcans et père de Tanguy.Il serait d\u2019ailleurs bien dommage de ne pas faire un saut au temple de Borobudur en allant au Me- rapi, ou de ne pas observer les gorilles de montagne du Congo après avoir vu le plus grand lac de lave au monde, celui du Nyiragongo.» Les yeux rougis par l\u2019émotion Cela dit, pour plusieurs, seule compte la quête du rouge vif, parfois jusqu\u2019à en venir à jouer avec le feu.« J\u2019ai souvent vu des gens marcher en sandales, ou avec leur bébé dans les bras, près de la lave en fusion du Kilauea, et je ne compte plus les fois où j\u2019ai soigné des imprudents », dit Rob Pacheco.Même quand on fait preuve de précaution, il peut arriver que le tourisme volcanique engendre de sacrées pétoches : après tout, ces pyro- monstres demeurent indomptables et imprévisibles.«C\u2019est souvent après coup qu\u2019on se dit qu\u2019on a eu chaud, note avec recul Pascal Blondé.En Indonésie, nous nous sommes ainsi retrouvés bloqués avec nos véhicules dans l\u2019embouteillage monstre créé par les gens qui fuyaient le Merapi, entré en éruption.À un certain moment, des coulées pyroclastiques [nuées ardentes] ont dévalé ses pentes et tué une dizaine de personnes, à quelques kilomètres devant et derrière nous !» Enfin, si certains volcans nécessitent le port de vêtements ignifuges, ou encore des cordages \u2014 c\u2019est le cas pour descendre vers le lac de lave du Benbow, au Vanuatu \u2014, d\u2019autres n\u2019exigent rien de spécial, ou presque.« À Hawaï, mieux vaut cependant enfiler des chaussures avec semelles cousues et non pas collées : le sol trop chaud les fait fondre, explique Pascal Blondé.Nombreux sont ceux qui terminent donc leur randonnée avec des chaussures rafistolées avec du fil de fer.Le même fil de fer qu\u2019on utilise pour faire griller nos steaks au-dessus des coulées de lave\u2026 » Collaborateur Le Devoir SUITE DE LA PAGE D 1 VOLCANS AVENTURE ET VOLCANS/AGENCE FRANCE-PRESSE Une photo publiée en 2014 du volcanologue et auteur du livre D\u2019un volcan à l\u2019autre.Les aventures d\u2019un chasseur de lave, Guy de Saint-Cyr, dans l\u2019aire du lac de lave du volcan Marum, aux îles Vanuatu (Mélanésie), en 2003.RICHARD BOUHET AGENCE FRANCE-PRESSE Une vue aérienne montre un jet de lave provenant du volcan Piton de la Fournaise le 1er février 2017, à l\u2019île française de La Réunion, dans l\u2019océan Indien.GABRIEL BOUYS AGENCE FRANCE-PRESSE Le petit village de Stromboli au pied de son volcan, au lever du soleil.Stromboli fait partie des îles Aeolian, au nord de la Sicile (Italie).En vrac Au départ du Québec, le meilleur endroit pour maximiser ses chances de voir de la lave vive est le Kilauea, à Hawaï.Sinon, le Stromboli (Sicile) peut donner lieu à de belles éruptions, alors que, ces dernières années, le Masaya (Nicaragua) a hérité d\u2019un nouveau lac de lave.En allongeant davantage la monnaie, les îles d\u2019Ambrym et de Tanna (Vanuatu), l\u2019Erta Alé (Éthiopie) et le Nyiragongo (Congo) sont également des valeurs sûres.Pour être certain de ne rien manquer de l\u2019activité volcanique de la planète et des éruptions en cours, on peut s\u2019abonner à des infolettres spécialisées, comme celle d\u2019Aventure & Volcans (aventu- revolcans.com).Ce voyagiste propose plusieurs séjours sur les traces des volcans les plus trépidants de la planète, dont un fabuleux «Tour du monde des volcans en activité », en 33 jours, et des voyages «Spécial éruption», organisés à toute vitesse lorsqu\u2019un volcan se réveille quelque part sur la terre.À lire: D\u2019un volcan à l\u2019autre.Les aventures d\u2019un chasseur de lave, Guy de Saint-Cyr, Jamy Gourmaud, éditions de la Martinière, Paris, 2014, 336 pages.À consulter: le site du Global Volcanism Program du Smithsonian Institute (volcano.si.edu), avec mise à jour en temps réel de l\u2019activité volcanique mondiale ; le site de la LAVE (Association volcanologique européenne, lave-volcans.com) ; et Culture Volcan, le journal d\u2019un géologue volcanophile (laculturevolcan.blogspot.ca).ANA FERNANDEZ AGENCE FRANCE-PRESSE Le geyser El Tatio, dans le désert Atacama, au Chili, en février 2016.En 1983, nous avions 150 clients annuellement.Désormais, nous en avons jusqu\u2019à 1700, dont plusieurs qui partent jusqu\u2019à trois fois par année.Tanguy de Saint-Cyr, gérant et guide du voyagiste Aventure & Volcans.« » L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 8 E T D I M A N C H E 1 9 F É V R I E R 2 0 1 7 P L A I S I R S D 3 Appliquées au secteur hôtelier, l\u2019intelligence artificielle, la réalité augmentée, la domotique et la robotique révolutionneront carrément nos séjours.C\u2019est ce que prédit une récente étude d\u2019Hotels.com, la filiale d\u2019Expedia qui exploite le site Web de réservation d\u2019hébergement en ligne.VOYAGE M on premier séjour dans un hôtel du futur s\u2019est déroulé en\u2026 1992.Seul le Murphy de la loi éponyme sait comment je m\u2019étais retrouvée, à la tombée de la nuit, dans un parc industriel à l\u2019orée de Montpellier, en France, mais toujours est-il qu\u2019en cherchant un endroit où dormir, j\u2019étais tombée par hasard sur un établissement Formule 1.Cet hôtel m\u2019avait fait vive impression.Non pas parce qu\u2019il appartenait à une chaîne low cost adhérant au principe « dors vite et dégage », mais bien parce qu\u2019il était aussi désert que le palace du film The Shining.En fait, il n\u2019y avait seulement pas de réception.On réglait sa chambre dehors grâce à un guichet qui avalait notre carte de crédit et nous la régurgitait avec un code numérique permettant de déverrouiller à la fois la porte d\u2019entrée de l\u2019établissement et celle du cagibi où nous allions passer la nuit.Le plus rigolo, c\u2019était la douche commune dite « autonettoyante ».Après l\u2019avoir utilisée, il fallait presser un bouton activant la désinfection automatique de la cabine.Je me souviens en avoir voulu une pour la maison.Le smart hotel est né Vingt-quatre ans plus tard, le premier smart hotel peuplé de robots était inauguré près d\u2019un parc thématique, en banlieue de Nagasaki, au Japon.En effet, depuis l\u2019année dernière, à l\u2019Henn- na, un androïde accueille les voyageurs et un robot transporte leurs bagages.Aussi, fini les clés de chambre, bonjour la reconnaissance faciale ! Terminé également le gaspillage énergétique: il suffit de dire \u2014 en japonais \u2014 «Allume!» pour que la poupée Churry Robo éclaire la pièce.On peut aussi lui demander le temps qu\u2019il fait et l\u2019heure.Non, elle ne garde pas les enfants, mais ça viendra.De passage à l\u2019émission Tout le monde en parle, l\u2019autre dimanche, Yoshua Bengio, spécialiste de l\u2019intelligence artificielle (IA) et professeur-chercheur à l\u2019Université de Montréal, ne disait-il pas qu\u2019il est envisageable qu\u2019un jour nous ayons des amis robots ?Après tout, on s\u2019est déjà entichés d\u2019animaux de compagnie numériques, les fameux Tamagotchi, et on «capture » des Pokémon\u2026 Appliquées au secteur hôtelier, l\u2019IA, la réalité augmentée, la domotique et la robotique révolutionneront carrément nos séjours.C\u2019est ce que prédit une récente étude d\u2019Hotels.com, la filiale d\u2019Expedia qui exploite le site Web de ré- ser vation d\u2019hébergement en ligne.Réalisée avec le Dr James Canton, futurologue à l\u2019Institute for Global Futures, un groupe américain de réflexion conseillant Sony comme la Banque de Montréal sur les innovations qui façonneront le monde de demain, l\u2019enquête fait miroiter des avancées technologiques étonnantes.Selon le Dr Canton, «l\u2019émergence d\u2019une nouvelle science du voyage qui s\u2019appuie sur les métadonnées, l\u2019IA et les prédictions des rêves des voyageurs changera complètement l\u2019expérience de ces derniers».Du nuage à la penderie Déjà dans l\u2019air du temps, l\u2019hôtel éco-énergé- tique ou à thèmes immersifs (par ici le séjour médiéval, robe de Rosemonde fournie !), le robot majordome et le spa axé sur le bien-être et la longévité (une remise en forme du cerveau, ça vous branche ?) deviendront éminemment plus sophistiqués qu\u2019ils ne le sont présentement, révèle l\u2019étude.D\u2019autres innovations me font trépigner d\u2019impatience, comme le shopping 3D couplé à une imprimante 3D, à disposition dans la chambre, qui fabriquera sur demande l\u2019anorak ou les chaussures de marche qu\u2019on aura téléchargés du nuage.Imaginez, arrivederci valises ! J\u2019aime aussi l\u2019idée qu\u2019on puisse sélectionner un thème de rêves par programmation neurotechno- logique au moment de se glisser sous la couette, ou encore que des plats soient concoctés en fonction d\u2019une analyse de l\u2019ADN des hôtes.Après une bonne nuit de sommeil à me rêver en Jane amazo- nienne, place à un festin conçu pour me calmer le neurone et servi par un «androïdonis»! Aller simple en Hyperloop D\u2019autres trouvailles semblent franchement relever de la science-fiction.Pardon ?Des hôtels personnalisés qui se métamorphoseront au gré des désirs des clients ?«Ces hôtels à production collective utiliseront des nanotechnologies et des appareils qui pourront auto-assembler des environnements, des édifices et jusqu\u2019à des univers physiques complets, expliquent les auteurs de l\u2019étude.Cela pourrait devenir réalité d\u2019ici les 20 prochaines années.» Christopher Nolan, le réalisateur d\u2019Inception, maître du morphing au grand écran, arriverait sans doute à concevoir la chose, mais je n\u2019en suis pas encore là.Du coup, les transferts aéroport-hôtel-aéro- port en voitures volantes semblent dépassés\u2026 Le Dr Canton propose en effet d\u2019emprunter le tube Hyperloop, un nouveau mode de transport supersonique capable d\u2019avaler des centaines de kilomètres en quelques secondes.(Êtes-vous curieux de voir l\u2019engin?quebecscience.qc.ca.) Tout cela est bien amusant.2060 n\u2019étant pas si loin, peut-être serai-je encore de ce monde pour voir certaines de ces prédictions, ou leurs variantes, se concrétiser.J\u2019espère seulement qu\u2019en ce deuxième âge de la machine (l\u2019ère de la révolution numérique; amazon.ca), on ne perdra pas en humanité ce qu\u2019on gagnera en efficacité.J\u2019espère aussi que la fameuse loi de Murphy (selon laquelle tout ce qui est susceptible de mal tourner tourne mal) épargnera le robot qui me conduira vers mon palace, sur Mars\u2026 PARTIR Bienvenue à l\u2019iHôtel ! Un futurologue prédit ce à quoi ressembleront nos séjours hôteliers d\u2019ici 2060.Franchement invitant.© HUISTEN BOSCH La réception de l\u2019hôtel Henn-na, entièrement robotisé et situé en banlieue de Nagasaki, au Japon.Depuis l\u2019année dernière, un androïde y accueille les voyageurs et un robot transporte leurs bagages.Aussi, adieu les clés de chambre, bonjour la reconnaissance faciale ! CAROLYNE PARENT Un spa bien branché pour favoriser la longévité\u2026 PHOTOS HOTELS.COM Le shopping 3D, couplé à une imprimante 3D à disposition dans la chambre, fabriquera sur demande l\u2019anorak ou les chaussures de marche qu\u2019on aura téléchargés du nuage.Imaginez, arrivederci valises ! Un menu génomique pour gourmets ! L\u2019émergence d\u2019une nouvelle science du voyage qui s\u2019appuie sur les métadonnées, l\u2019intelligence artificielle et les prédictions des rêves changera complètement l\u2019expérience des voyageurs Le Dr James Canton, futurologue à l\u2019Institute for Global Futures, un groupe américain conseillant notamment Sony et la Banque de Montréal sur les innovations de demain.« » L a Haye \u2014 La Ville d\u2019Amsterdam a récemment infligé une amende record de 297 000 euros (près de 420 000 $CAN) à un propriétaire et à un ser vice de conciergerie qui louaient 11 appartements sur la plateforme de location en ligne Airbnb sans respecter la législation locale.«Nous avons été appelés par des voisins qui se plaignaient de nuisances, a indiqué une porte- parole de la municipalité, Jeanine Harders.Nous avons mené une enquête et découvert qu\u2019ils louaient des appar te- ments de manière illégale.» Ces appartements sont destinés à être privés et ne peuvent être loués plus de 60 jours par an, a ajouté la porte- parole, refusant de préciser quelles autres lois locales le propriétaire et la société avaient enfreintes.Le propriétaire et le service de conciergerie doivent chacun payer 13 500 euros (environ 19 000 $CAN) d\u2019amende pour chaque appartement, tous situés dans la même rue du centre-ville de la capitale néerlandaise.« Ce montant est habituel, mais multiplié par 11, cela donne une amende record », a ajouté la porte-parole, soulignant que la municipalité avait imposé ce genre d\u2019amende près de 200 fois en 2016.En décembre, Amsterdam et Airbnb étaient parvenus à un accord « unique en Europe » pour rendre impossible la location d\u2019un appar te- ment pendant plus de 60 jours par an.Amsterdam espère ainsi réduire les nuisances liées aux touristes, comme le bruit, les dégradations et les hausses de prix des logements.La Ville, qui compte 830 000 habitants, accueille chaque année 17 millions de voyageurs.La plateforme est dans le collimateur de nombreuses agglomérations à travers le monde et de l\u2019industrie du tourisme, qui souligne que ces sites de location en ligne ne sont pas soumis aux mêmes contrain - tes légales et fiscales que d\u2019autres services.Agence France-Presse AMSTERDAM Une amende record pour des locations Airbnb H É L È N E C L É M E N T à Paris C\u2019est en 1996, année où Air Fran - ce met en place sa plateforme de cor respon- dance à Roissy\u2013Charles-de- Gaulle (CDG), que l\u2019aéroport entreprend une transformation importante.Résultat : un meilleur service à la clientèle, une ef fica- cité augmentée à l\u2019enregistrement, au contrôle des frontières et à la sécurité, des espaces boutiques, des coins bureaux, des aires de repos zen, des baies vitrées avec vue sur les pistes, des puits de lumière, du mobilier qui invite au roupillon, wifi, télé\u2026 Dans le hall M \u2014 le dernier en date, inauguré en 2012, du terminal 2 (dédié aux activités internationales moyens et longs-courriers), nous déambulons sur l\u2019avenue Montaigne bordée de mille et une boutiques chics incarnant tout ce que Paris évoque dans l\u2019inconscient collectif.À l\u2019une des extrémités de cette allée, un étonnant petit musée \u2014 l\u2019unique musée aéropor- tuaire au monde à accueillir des originaux \u2014 présente jusqu\u2019au 15 juin 2017 une vingtaine d\u2019œu- vres (peintures et céramiques) signées Pablo Picasso.L\u2019exposition est accessible gratuitement pour tous les passagers transitant par ce hall et disposant d\u2019une carte d\u2019embarquement.Des plantes, des arbres, des boutiques de luxe, des bancs, des restaurants de style bistrot ou brasserie, des comptoirs de macarons, du vin\u2026 la touche locale est assurément à la mode.«Le temps que passent les gens en attente d\u2019un vol étant parfois plus long que celui dans l\u2019avion, il est important d\u2019offrir de bons services au sol », explique Augustin de Romanet, p.-d.g.du Groupe ADP.«Le monde rivalise d\u2019aéroports tous plus beaux les uns que les autres.Le voyageur a le choix entre une dizaine de hubs, nous faisons tout pour qu\u2019il choisisse le nôtre.» Instant Paris Depuis novembre dernier, les voyageurs en escale pour plus de trois heures à CDG ont accès gratuitement à un nouvel espace bon chic bon genre baptisé Instant Paris.Le décor à la fois classique et très moderne évoque le charme discret de la bourgeoisie parisienne.Comme si l\u2019on était dans un appartement raf finé de style haussmannien.Un vaste couloir lumineux bordé de fauteuils et de coins intimes mène vers une dizaine d\u2019alcôves qui, chacune à leur façon, rappellent le mode de vie à la française.Une bibliothèque propose plus de 300 ouvrages en différentes langues.Instant Paris met aussi à la disposition des voyageurs un restaurant Naked, qui propose une alimentation bio et éthique, une sélection de la presse française et internationale, des tablettes en libre-service, des espaces ludiques pour les enfants, comme les 12 000 Kapla (jeu de construction en bois) disponibles, un mur d\u2019écrans géants pour suivre en direct les grands événements qui rythment la vie parisienne ou visionner des courts métrages sur le Paris d\u2019hier et d\u2019aujourd\u2019hui, pour voyager aussi, via un concept de fenêtre virtuelle en 3D, à Paris avec la tour Eiffel en temps réel.Et, bien sûr, la connexion wifi.Pour les voyageurs en correspondance qui souhaitent recharger leur batterie en quatre heures ou plus : le Yotel de 80 chambres high-tech \u2014 dont huit cabines familles avec lit double et lit à deux étages, doté d\u2019un Club Lounge offrant de pratiques espaces de travail, des points de recharge USB, la connexion wifi, une salle de télévision, de grandes tables avec une multitude de jeux de société\u2026 Et après «D\u2019autres grands enjeux nous attendent, explique Augustin de Romanet.Comme le projet d\u2019une liaison ferroviaire directe entre CDG et la gare de l\u2019Est à Paris, qui demeure au programme, ainsi que la construction d\u2019un nouveau terminal d\u2019une trentaine de millions de passagers supplémentaires.Des projets qui pourraient voir le jour dans les années 2020.» Un important centre de tri de bagages est actuellement en construction pour une livraison prévue en 2018 : 500 millions d\u2019euros (693 millions $CAN) seraient ainsi investis pour améliorer les délais de récupération des bagages.Collaboratrice Le Devoir Les aéroports du monde se veulent de plus en plus le reflet du meilleur de leur destination.Le plaisir est devenu un élément essentiel de l\u2019expérience aéroportuaire.Entre musées, restaurants étoilés, boutiques de luxe, spas, espaces de repos et de travail, les hubs se transforment en lieux de vie charmants et confortables.Une mue qui est loin d\u2019être achevée.Coup d\u2019œil sur le hub d\u2019Air France à Roissy\u2013Charles-de- Gaulle, qui célèbre ses 20 ans.L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 8 E T D I M A N C H E 1 9 F É V R I E R 2 0 1 7 P L A I S I R S D 4 Un étonnant petit musée \u2014 l\u2019unique musée aéroportuaire au monde à accueillir des originaux \u2014 présente jusqu\u2019au 15 juin 2017 une vingtaine d\u2019œuvres (peintures et céramiques) signées Pablo Picasso.L\u2019exposition est accessible gratuitement pour tous les passagers transitant par le hall M et disposant d\u2019une carte d\u2019embarquement.VOYAGE Mots-croisés du samedi Horizontalement Verticalement I II III IV V VI VII VIII IX X Solution du n° 336 Horizontalement I.Arrière-train.II.Pauvreté.Ubu.III.Empeste.Pl.IV.Saï.Eolienne.V.Agneau.Tueur.VI.Ne.Purger.Da.VII.Co.Edit.VIII.Ecu.Secousse.IX.Ultra.Ans.Tu.X.Réincarcéra.Verticalement 1.Apesanteur.2.Ramage.Clé.3.Rupin.Cuti.4.Ive.Epo.Rn.5.Erseau.Sac.6.Retourne.7.Etel.Car.8.Té.Ite.Onc.9.Peureuse.10.aulne.Ds.11.Ib.Nudiste.12.Numérateur.Philippe Dupuis 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 1 1 12 MOTS CROISÉS PROBLÈME N° 337 1.Fait honneur à la table.2.Œil qui fait tache.Excellent dans son domaine.3.Complètement foutu.Coup de vent au large.4.Présente les plus beaux plats.5.Points en opposition.Pour un premier tour de cadran.Note.6.Provocation.7.Ne saura pas prendre parti.8.Enduit au foyer.En pleine explosion.9.Attache solide.Personnel.10.Passe et s\u2019ajoute aux autres.Trou dans le mur.Joli coup sur le court.11.Le bon côté des choses.Etoiles parfumées.12.Vous permettra de retrouver la forme.I.Devrait surveiller ses petits dépassements.II.Un des premiers à s\u2019envoyer en l\u2019air.A tout perdu.III.Prend son temps avant de se décider.Rencontre franco-allemande.Dans le coffre.IV.Met aux bonnes mesures.Prit en considération.V.Personnel.Joli coup sur le court.Pas de chance quand il manque.VI.Pour les bâtisseurs en herbe.Tranquille.VII.Maintient le chargement en place.En nage.VIII.Fermeture.Manifesta son désaccord.Que de bons mots.IX.Canton Helvète.Accord.Fait de l\u2019huile.X.Défend ses fruits noirs.Point.Philippe Dupuis est également l\u2019auteur des mots-croisés du Monde ROISSY\u2013CHARLES-DE-GAULLE De nouveaux espaces atterrissent à l\u2019aéroport parisien Pour ses 20 ans, le hub d\u2019Air France peaufine ses services au sol Paris\u2013CDG en chiffres 1000 vols par jour, dont 70 longs-courriers 100 000 passagers, dont 60 % en correspondance sur le réseau de la compagnie 100 000 bagages traités chaque jour 6500 employés 59 431 enfants (5 à 18 ans) voyageant seuls chaque année 40 millions de passagers annuellement 25 000 possibilités de correspondance vers d\u2019autres destinations en moins de deux heures 320 destinations desservies par Air France-KLM dans 114 pays PHOTOS HÉLÈNE CLÉMENT L\u2019aire de repos à l\u2019aéroport Roissy\u2013Charles-de-Gaulle.Le nouveau salon Instant Paris est accessible à tous les clients en correspondance pour plus de trois heures.Le temps que passent les gens en attente d\u2019un vol étant parfois plus long que celui dans l\u2019avion, il est important d\u2019offrir de bons services Augustin de Romanet, p.-d.g.du Groupe ADP, leader mondial de la conception et de l\u2019exploitation d\u2019aéroports « » D I D I E R A R N A U D à Royan R oyan détruite, Royan brisée\u2026 Mais Royan reconstruite ! Quasiment rasée durant la Seconde Guerre mondiale par les bombardements alliés, la cité atlantique renaquit de ses cendres dans les années 1950.Selon la légende, le ministre de la Reconstruction du gouvernement provisoire du général de Gaulle, Raoul Dautr y, aurait reçu l\u2019architecte Claude Ferret en juillet 1945 et lui aurait asséné, martial : « Vous avez trois ans pour reconstruire cette ville.Si dans trois ans vous n\u2019avez pas terminé, on vous fera fusiller.» Il faudra en fait plus d\u2019une décennie \u2014 et quelques manifestations d\u2019habitants excédés par la lenteur des travaux \u2014 pour boucler le chantier, mais Royan ressuscita.Et Claude Ferret ne fut pas passé par les armes\u2026 Aujourd\u2019hui, la ville balnéaire a conscience de la richesse de cette identité urbanistique si particulière.Pour nous aider à la décrypter, une spécialiste de la ville de Royan nous accompagne dans notre déambulation.«Le choix, après la guerre, c\u2019était de ne pas refaire quelque chose à l\u2019identique, explique Charlotte de Charette, animatrice du patrimoine et de l\u2019architecture.On est parti sur une ville moderne, avec une architecture qui correspondait à l\u2019époque.» Située sur la rive nord de l\u2019estuaire de la Gironde, Royan a depuis toujours une vocation touristique.Avant sa destruction, « la splendeur de l\u2019entre-deux- guerres» est la station balnéaire la plus courue de l\u2019Atlantique.Les spectacles joués à Paris descendent y prendre l\u2019air, trois casinos y prospèrent et on ne compte plus les salles de bal, les cafés, les restaurants\u2026 Un bateau effectue même la liaison avec Bordeaux, bien avant l\u2019essor d\u2019Arcachon.Royan compte alors 20 000 habitants durant l\u2019année et 95 000 l\u2019été.Après la guerre, on fait du passé table rase.De nouvelles zones sont créées, des bâtiments emblématiques sont construits autour des grands axes.Signe des temps, beaucoup d\u2019espaces sont réservés à l\u2019automobile.« C\u2019est l\u2019État qui pilote la reconstruction, explique Charlotte de Charette.À l\u2019époque, les habitants sont enthousiastes.Ils viennent voir sur les maquettes exposées à quoi va ressembler leur ville.Ils adhèrent à cette modernité\u2026» Plongée dans cette nouvelle ère en quatre étapes.Le front de mer Dans les années 1950, les maisons par ticulières face à l\u2019Atlantique font montre d\u2019une grande modernité.Le dés- amour viendra plus tard, dans les années 1970.On assimile la physionomie de la ville d\u2019alors aux grands ensembles des banlieues qui commencent à se dégrader et à se paupériser.Résultat, « les cartes postales ne montrent plus que la plage », remarque Mme de Charette.Dans les années 1980, on détruira le casino, puis le portique assurant la liaison entre le palais des congrès et deux barres du front de mer.«C\u2019était un balcon sur l\u2019estuaire de la Gironde.On l\u2019a détruit car il bloquait la vue sur la mer», disait-on alors.La cathédrale et le temple Notre-Dame, conçue par l\u2019architecte Guillaume Gillet, est le bâtiment emblématique de cette nouvelle Royan, tout en béton brut de décoffrage.Elle est visible dans toute la ville, et c\u2019est un paradoxe puisque la cité est protestante.«Royan est une ville très horizontale, explique Charlotte de Charette.Le maire de l\u2019époque aurait dit : \u201cRedressez-la avec la silhouette de l\u2019église.\u201d » Mais la cathédrale est aussi une prouesse technique : aucune de ses structures ne fait plus de 10 centimètres d\u2019épaisseur.C\u2019est un voile de béton plié en forme de V.Classée monument historique en 1988, elle est actuellement en cours de restauration, à cause de la cor rosion dont est victime l\u2019acier.Cette horizontalité de Royan, le temple protestant, œuvre des architectes Bau- hain, Baraton et Hebrard, en témoigne.Ce trio a beaucoup construit dans la ville.Avec cet édifice, il propose une architecture balnéaire où on peut profiter de l \u2019 intérieur comme de l\u2019extérieur.Il s\u2019agit d\u2019une construction à la brésilienne inspirée d\u2019Oscar Nie- meyer, qu\u2019on retrouve dans les formes courbes, la couleur, la liaison entre le dedans et le dehors.Le boulevard Aristide- Briand et le marché Les couleurs de Royan correspondent à ce qu\u2019on recherchait dans les années 1950 : jaune, vert, rouge et bleu.Le boulevard Aristide-Briand, qui par t du marché pour rejoindre le front de mer, fait figure de colonne ver tébrale de la reconstr uction.Un étage y est réservé aux commerces et les deux suivants aux habitations.Les porches comprennent des bas-reliefs style Art déco.Les toits sont en tuile plutôt qu\u2019en terrasse.Sans doute un écho au régionalisme saintongeais.Nous voilà au marché.Un symbole de ce qu\u2019on faisait de mieux dans ces années 1950.C\u2019est une construction due à Louis Simon et André Moris- seau, conçue comme un amphithéâtre.On y découvre une calotte sphérique ondulée en béton, une structure autoportante.Ce bâtiment a souvent ser vi de modèle à l\u2019étranger (église de Saint-Louis dans le Missouri, cirque de Bucarest, océanorium de Valence\u2026).Les villas Art déco Si les visiteurs sont « allergiques » au style architectural de cette reconstr uction urbaine, ils pourront toujours se consoler en allant se promener autour de la grande conche, où se trouvent des vil las Ar t déco, heureusement épargnées par la pluie de bombes qui détr uisit la plus grande partie de la ville.Ainsi, la villa « sans nom » ou encore celle des « Camélias » of frent-elles un bel exemple de ce mouvement.Mais aujourd\u2019hui , plus d\u2019un demi-siècle plus tard, comment pérenniser cette nouvelle Royan ?La problématique n\u2019avait pas échappé à l\u2019un des maires de la ville, l\u2019amiral Hubert Meyer (1959- 1965).Ainsi écrivai t - i l : « Quand viendra la période de l\u2019entretien de notre ville, le ravalement de nos constructions pimpantes mais quelque peu fragiles, le renouvellement de nos attractions touristiques [\u2026], il pourra advenir que l\u2019équilibre économique soit rompu.Ce grave écuei l ne saurait être évité que pour autant que Royan sera maintenu en continuelle expansion, tant en super ficie qu\u2019en qua- li té , ce qui exigera de tous ceux qui sont dévoués à la ville un constant ef fort d\u2019imagination, un dynamisme inlassable et de nombreux sacrifices.» À Royan, l\u2019innovation architecturale a encore de beaux jours devant elle.Libération L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 8 E T D I M A N C H E 1 9 F É V R I E R 2 0 1 7 P L A I S I R S D 5 Située sur la rive nord de l\u2019estuaire de la Gironde, Royan a depuis toujours une vocation touristique.Avant sa destruction, « la splendeur de l\u2019entre-deux-guerres» est la station balnéaire la plus courue de l\u2019Atlantique.Royan compte alors 20 000 habitants durant l\u2019année et 95 000 l\u2019été.VOYAGE Rasée en 1945, reconstruite selon de nouveaux principes architecturaux durant les années 1950, la cité balnéaire charentaise n\u2019est plus la «splendeur de l\u2019entre-deux-guerres».Elle séduit pourtant avec une identité urbanistique qu\u2019elle assume enfin.FRANCE Royan, béton charmé La ville balnéaire possède une riche identité urbanistique en évolution R I G O B E R T O D I A Z C U B à La Havane I ls sont en vacances, mais contrariés.De nombreux touristes venus admirer les merveilles de La Havane déchantent au moment de découvrir leurs hôtels, payés au prix fort pour des prestations souvent bien en deçà des standards internationaux.Le premier matin, Jean Orsini a pris sa douche dans une baignoire rouillée puis a failli perdre patience en attendant le dîner.« À l\u2019agence à Marseille, ils nous avaient dit qu\u2019ils nous envoyaient dans le meilleur hôtel.Mais quand vous payez 175euros [environ 242 $CAN] la nuit, vous savez que ça ne les vaut pas», peste cet entrepreneur français retraité de 82 ans.Si l\u2019Espagnole Pilar Esteras est frustrée devant la nonchalance de certains serveurs, la Colombienne Maria Teresa Gutier rez se plaint plutôt de problèmes d\u2019eau et de la propreté toute relative d\u2019une chambre facturée 253 $ la nuit.Pourtant, ces trois touristes ont pris soin de réserver dans des quatre et cinq- étoiles, dont beaucoup dans la capitale sont gérés par des groupes étrangers, tels qu\u2019Ac- cor (France), Melia, Iberostar (Espagne) ou Blue Diamond (Canada).Dix-sept chaînes hôtelières gèrent les deux tiers des hôtels cubains, mais elles n\u2019ont la main ni sur l\u2019entretien des infrastructures ni sur un personnel mal formé et payé au lance- pierres, dans un pays où le salaire mensuel moyen ne dépasse pas 30 $.Orsini dit avoir « la même impression » que lorsqu\u2019il s\u2019est rendu en Union soviétique dans les années 1960.« On mettait trois heures pour manger.Comme c\u2019étaient des restaurants d\u2019État, ils n\u2019en avaient rien à faire.» Inflation soudaine Jamais Cuba n\u2019a accueilli autant de touristes.Dans la foulée du dégel cubano-améri- cain, ils ont dépassé en 2016 la barre des quatre millions, provoquant une inflation soudaine dans les hôtels et restaurants d\u2019État.Dans un célèbre quatre-étoiles de la vieille ville, la chambre simple est passée de 110 $ à 285 $ en moins de deux ans, à la faveur d\u2019un taux de remplissage record qui pèse à la fois sur le personnel et sur les installations.« Le rappor t qualité-prix » à Cuba génère « beaucoup de plaintes », concède sous couvert d\u2019anonymat un dirigeant hôtelier européen à La Havane.Il suffit de quelques clics pour constater le dépit de nombreux vacanciers sur les sites de conseils et d\u2019avis touristiques.« Les chambres d\u2019un quatre-étoiles à La Havane sont équivalentes à celles d\u2019un petit trois-étoiles parisien.C\u2019est plus cher qu\u2019à Paris » , relève Stéphane Fer r ux, agent de voyages français installé à Cuba, regrettant une « spéculation excessive » des autorités.Le ministère du Tourisme et l\u2019armée, seuls propriétaires des hôtels, ont conscience de ces dysfonctionnements qui pourraient mettre à mal la première source de revenus du pays (2,8 milliards $US en 2015).Car plusieurs destinations caribéennes (Mexique, République dominicaine) af fichent une offre bien plus conforme aux exigences des clients occidentaux.Les tout-compris épargnés En début d\u2019année, la vice-ministre du Tourisme, Mayra Alvarez, a promis de « travailler pour améliorer l\u2019infrastructure hôtelière, élever les standards des installations et fournir toutes les assurances et la force de travail nécessaire et formée », sans mentionner de mesures concrètes.Épargnés par cette frénésie tarifaire, les hôtels tout compris des zones balnéaires proposent encore des prix concurrentiels.La semaine sur l\u2019îlot de Cayo Coco, connu pour ses plages paradisiaques, se négocie parfois à moins de 1000 $, vol compris, pour les clients canadiens, les plus nombreux à visiter Cuba.Pour les moins fortunés, reste l\u2019option des casas particulares, ces logements chez l\u2019habitant qui proposent des tarifs bien inférieurs aux hôtels \u2014 30 $ par nuit en moyenne.Autorisées depuis 1997, les casas comptent aujourd\u2019hui 16 000 chambres, sur un total de 70 000 dans le pays.Massimo Caroppo, Italien de 57 ans et inconditionnel de Cuba, ne jure plus que par le logement chez l\u2019habitant.Il en apprécie le prix, la propreté, le service et le contact humain.Ici, « tout me satisfait », explique-t-il.Sa logeuse, Marisela Dominguez, a abandonné son travail de professeure pour se consacrer à cette activité, l\u2019une des plus florissantes de l\u2019île.Pour les plus exigeants, plusieurs casas de luxe ont ouvert dans de somptueuses demeures coloniales refaites à neuf.Et leurs carnets de réser vation se remplissent sans mal malgré des tarifs dépassant parfois 500 $ la nuit.Agence France-Presse À Cuba, les prix des hôtels flambent et les touristes déchantent Dans la foulée du dégel cubano-américain, jamais le pays n\u2019a accueilli autant de visiteurs VOYAGE HÔTELS INSOLITES EUROPE Steve Dobson Éditions Jonglez, 2017, 349 pages ?L\u2019imagination et la création n\u2019ont pas de limites ici.Que l\u2019on veuille faire un séjour patrimonial, ultramoderne, futuriste, citadin, campagnard ou autre, ce séjour sera toujours inusité dans l\u2019un de ces hôtels d\u2019Europe, qui ont pour leitmotiv l\u2019insolite.Le livre renferme des informations sur plus de 200 de ces établissements hors du commun dans 20 pays, avec des tarifs à partir de\u2026 14$ par jour.Une nuit à deux sur un bateau à L\u2019Amarante (France), dans la cabine perchée d\u2019un château au Valmer (France), dans un monastère design du XVe siècle au Kruisherenhotel (Pays-Bas), dans une ancienne prison transformée en hôtel funky au Celica (Slovénie), ou\u2026 dans un tube en béton au Das Park Hotel (Autriche), les possibilités sont infinies.Le livre, très bien illustré, permet de parcourir l\u2019Europe par ces étonnants hôtels.Et peut-être d\u2019être piqué par la curiosité de faire l\u2019expérience de l\u2019un d\u2019eux.Hum.Prêts pour aller dormir dans un cercueil au Propeller Island Citu Lodge (Allemagne)?Diane Précourt FRENCH COBBER Vue sur la baie depuis une chambre d\u2019hôtel de Royan En vrac Dormir.L\u2019hôtel Arc en ciel est un établissement à la décoration colorée proposant des chambres conviviales, un solide petit- déjeuner et une terrasse arborée.6, place du Maréchal-Foch, ?0546226534.Le Trident Thyrsé est un petit hôtel face à la mer qui propose 15 chambres au mobilier vintage et un parking gratuit.66, boulevard Frédéric-Garnier,?0546051283.Manger.Le Petit Bouchon : cuisine française de saison, originale, dans une salle à la déco sixties.Belle terrasse.Excellents cocktails.8, quai Amiral Meyer,?05 46 22 08 82.À faire dans les environs.Croisières dans l\u2019estuaire de la Gironde et à destination du phare de Cordouan.Visites autour de Royan : Mornac-sur-Seudre, zoo de la Palmyre, Talmont, abbaye aux Dames (Saintes).À lire.Royan années 1950.Guide architectural, Antoine-Marie Préaut, éditions Bonne Anse.LA VITRINE JONGLEZ Une chambre de l\u2019Atelier sul mare, en Sicile YAMIL LAGE AGENCE FRANCE-PRESSE Une hôtesse nettoyant une chambre à louer avant l\u2019arrivée de touristes à La Havane L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 8 E T D I M A N C H E 1 9 F É V R I E R 2 0 1 7 PLAISIRS D 6 P as facile quand on est « le fils de ».On vous parle sans arrêt de votre célébrissime géniteur, on vous compare, on scr ute le moindre de vos gestes.Jérôme Bocuse a mis une certaine distance kilométrique.Pour mieux revenir.Car aujourd\u2019hui, le fi ls de Monsieur Paul prend le relais, tout en restant à 7500 kilomètres de celui-ci.« Je me présente comme le fils de Paul Bocuse qui reprend le flambeau.Sans pour autant remplacer mon père, car il est unique.J\u2019ai envie de continuer dans son sillage, avec ses valeurs, son ADN, sa vision.» Jérôme Bocuse ne vit pas à l\u2019Auberge du pont de Collonges, près de Lyon, là où se trouve le célèbre restaurant trois étoiles Michelin fondé par son père.Non, Jérôme vit à Orlando, en Floride, où il s\u2019occupe depuis plus de 20 ans du pavillon français installé dans le parc thématique Epcot de Disney World.Bien loin de la fameuse soupe aux truffes VGE et autres plats signature de son paternel ! « C\u2019était impor tant pour moi de faire mes preuves aux États-Unis.Tout seul.Nous avons, mon père et moi, un caractère assez fort.Je pense que c\u2019était bien qu\u2019on soit séparés », me raconte Jérôme à l\u2019autre bout du fil.Et de poursuivre : « Je suis venu aux États-Unis non pas pour quitter la France, mais pour la représenter au quotidien.Au pavillon français, nous faisons découvrir une gastronomie française à une population qui la connaît très peu.Beaucoup de gens n\u2019ont jamais mis les pieds dans un restaurant français.Ils découvrent le bœuf bourguignon, le poulet fermier à la lyonnaise\u2026» À 47 ans, voilà donc l\u2019Américain-Lyonnais, ou le Lyonnais-Amé- ricain, prêt à reprendre les rênes de l\u2019empire bocusien du haut de sa maturité et de ses expériences.Il faut dire que le père a mis la barre haut.Très haut même ! « Mon but n\u2019est pas de le remplacer, mais de continuer, avec une équipe.Seul, ce n\u2019est pas possible.Mon père a toujours été entouré.C\u2019est Paul Bocuse et ses équipes.» Chaque mois, Jérôme passe une dizaine de jours à Lyon.Des allers-retours réguliers, des collaborateurs compétents et de bons instruments technologiques lui permettent de suivre et de gérer les affaires du groupe dont il a la charge.Et puis, il a toujours été plus gestionnaire que cuisinier tout au long de sa formation et de son parcours, même s\u2019il a fait plusieurs écoles de cuisine.Le réveil de la force Un profil de manager, c\u2019est ce qu\u2019il faut pour gérer la marque Bocuse à travers le monde.En Floride, le pavillon français sert 1500 couverts par jour, gère 300 employés et brasse 36 millions $US de chiffre d\u2019affaires.En France, c\u2019est environ 400 employés (si l\u2019on ajoute le restaurant gastronomique de Collonges), pour un chiffre d\u2019affaires similaire, soit 35 millions d\u2019euros (plus de 46 millions $CAN).Sans compter que Jérôme est aussi propriétaire de la marque Paul Bocuse pour tout ce qui est contrat, dont sept restaurants et cinq boulangeries au Japon gérés sous licence par le groupe Hiramatsu.Lui et son père sont actionnaires majoritaires du holding Pôl développement, l \u2019Auberge du pont de Col- longes restant à un peu part, même si Jérôme y est aussi actionnaire.Pôl développement reprend aussi la main sur l\u2019enseigne de restauration rapide Ouest Express, dont l \u2019of fre actuelle ne convient pas à Jérôme et au groupe.« Petit à petit, on devrait parvenir à tout rassembler sous un seul groupe ; sauf aux États-Unis, où cela restera un groupe indépendant.» L\u2019Empire contre-attaque Le groupe Bocuse ramasse donc les billes qui lui ont un peu échappé à un moment donné, lorsqu\u2019un groupe financier extérieur, Naxicap, est entré dans le capital.Pas du tout dans la philosophie du père ; un moment de faiblesse au sens propre, selon le fils (Paul Bocuse a subi plusieurs opérations chirurgicales).« On remet les choses comme mon père les voyait.Aujourd\u2019hui, le groupe reste dans la famille.Et quand je dis \u201c famille \u201d, c\u2019est la famille avec un grand F, car plusieurs proches collaborateurs \u2014 des cadres comme Paul- Maurice Morel, mais aussi des chefs meilleurs ouvriers de France \u2014 ont des par ticipa- tions dans le groupe » , explique Jérôme.Il n\u2019y a qu\u2019au Japon que le groupe fonctionne avec un système de l icence.Les chefs japonais sont formés en France par le groupe.Lorsqu\u2019ils rentrent chez eux, ils appliquent la même rigueur, la même discipline, tant en matière de respect des recettes que du service.« Mais ce n\u2019est pas quelque chose qu\u2019on veut développer dans d\u2019autres pays», poursuit-il.À Montréal, par exemple ?« Beaucoup de choses se sont faites depuis les trois dernières années [Jérôme Bo- cuse a aussi repris la présidence du concours international créé par son père, le Bocuse d\u2019or].J\u2019aime aller à mon rythme, faire les choses bien.Il y a des chefs qui font la course à l\u2019ouverture.Je n\u2019ai pas cette vision, mon père non plus.Mais cela ne veut pas dire qu\u2019un jour nous ne serons pas présents à Montréal ou dans d\u2019autres villes.» Deux nouvel les ouver - tures ont tout de même eu lieu en 2016 : une brasserie dans le grand stade de soccer de l\u2019Olympique lyonnais et un comptoir avec un concept bar à tapas, toujours à L yon.Quand il y a des occasions d\u2019af faires\u2026 Le retour du fils Depuis quelques années, père et fils se sont donc rapprochés en raison de l \u2019âge (Paul Bocuse vient de célébrer ses 91 ans le 11 février) et de l\u2019état de santé du grand chef cuisinier atteint de la maladie de Parkinson, qui progresse.« Tant qu\u2019il était vigilant et en bonne santé, on n\u2019allait pas remplacer mon père.Là, c\u2019est le moment pour revenir et pour reprendre tout ce qu\u2019il a fait en presque 70 ans de carrière.» Jérôme Bocuse compte-t-il pour autant s\u2019installer à Lyon ?« Non, je ne pense pas.Je me rends disponible pour être au milieu.Un peu comme mon père l\u2019a fait.Il était basé en France, mais il avait des affaires aux États-Unis, au Japon, un peu partout.S\u2019il a pu le faire il y a 20, 30 ou 40 ans, ça ne peut être que plus facile aujourd\u2019hui.» Et, qui sait, peut-être qu\u2019un jour Jérôme Bocuse se fera appeler Monsieur Jérôme, comme son père se fait appeler Monsieur Paul.SAVEURS Star Bocuse, une saga gastronomique Paul père a bâti un empire.Jérôme fils reprend le flambeau.SOPHIE SURANITI FRÉDÉRIC DURANTET Volaille de Bresse cuite en vessie, une création Bocuse Pour aller plus loin Dans le cadre du volet gastronomique du festival Montréal en lumière qui débute le 23 février, Jérôme Bocuse sera de passage à la Maison Boulud, accompagné de Christophe Muller.Après plus de 20 ans comme chef exécutif du restaurant trois étoiles L\u2019Auberge du pont de Collonges, celui-ci a été nommé chef exécutif du groupe Bocuse.M.Muller chapeaute donc toute la signature gastronomique du groupe, des restaurants aux brasseries, en passant par l\u2019offre de restauration rapide qui sera entièrement revue prochainement pour proposer une offre à mi-chemin entre le restaurant-brasserie et le fast-food).Pour la petite histoire, le chef Daniel Boulud, lui aussi d\u2019origine lyonnaise, est le parrain du fils de Jérôme Bocuse, qui s\u2019appelle Paul comme son grand-père.montrealenlumiere.com Duo de foie gras à l\u2019érable du domaine des 15 lots Par Olivier Perret, chef du restaurant Le Renoir Pour 10 personnes Ingrédients 400 g de foie gras torchon en tranches 300 g d\u2019escalope de foie 60 ml de tire d\u2019érable 14 ml de vinaigre blanc 20 ml de sirop d\u2019érable 60 g de sucre 4 g de fleur de sel 60 g de sucre 200 g de poire, en purée 20 g d\u2019argousier (6 billes par portion) 50g de poire (quelques bâtonnets pour la décoration) 10 ml de bicarbonate de soude 1 tranche de pain brioché Préparation Mariner le foie gras (sel, poivre, cognac) et le cuire au torchon à 70 °C (vapeur) pendant 20 minutes.Poêler l\u2019escalope de foie gras des 2 côtés, réserver.Cuire la tire d\u2019érable à 115 °C et ajouter le vinaigre blanc.Réserver.L\u2019éponge à l\u2019érable Dans une casserole, faire cuire le sucre, le sirop, l\u2019eau et la fleur de sel (jusqu\u2019à 150 °C).Fouetter rapidement le bicarbonate de soude avec la préparation et transférer dans un moule.Laisser refroidir à la température de la pièce pendant deux heures, et ensuite au froid.Dressage dans l\u2019assiette Faire un trait avec la poire en purée.Déposer le foie gras, les bâtonnets de poire, la tire d\u2019érable, les baies d\u2019argousier et la tire- éponge à l\u2019érable.Mettre des pousses en décoration.Sur une assiette à entremets, déposer la brioche et la tranche de foie gras torchon.LE RENOIR 1155, rue Sherbrooke Ouest Montréal?514 285-9000 restaurant-renoir.com FRÉDÉRIC DURANTET Autre plat signé Bocuse : la quenelle de brochet GUILLAUME SANS SOFITEL MONTRÉAL MONTRÉAL EN LUMIÈRE À 47 ans, Jérôme Bocuse est prêt à reprendre les rênes de l\u2019empire fondé par son père, du haut de sa maturité et de ses expériences.MONTRÉAL EN LUMIÈRE Christophe Muller «Mon but n\u2019est pas de le remplacer, mais de continuer, avec une équipe.Seul, ce n\u2019est pas possible.» "]
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