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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier I
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2017-02-18, Collections de BAnQ.

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[" FINANCE INVESTISSEMENT RESPONSABLE C A H I E R T H É M A T I Q U E I \u203a L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 8 E T D I M A N C H E 1 9 F É V R I E R 2 0 1 7 Université Concordia Cours et recherche se développent en investissement responsable Page I 4 FTQ Le Fonds immobilier fait également dans le logement social Page I 2 L\u2019investissement responsable se fait une place de plus en plus grande au point de changer la donne sur le marché de la finance.Entrevue avec Corinne Gendron, professeure à l\u2019École des sciences de la gestion de l\u2019UQAM.Se tailler une place sur les marchés P I E R R E V A L L É E Collaboration spéciale S elon la dernière étude, réalisée en 2014 par l\u2019Association canadienne pour l\u2019investissement responsable (AIR), les actifs en investissement responsable sous gestion au Canada totalisaient mille milliards de dollars, soit une hausse de 68 % en deux ans.L\u2019investissement responsable représentait alors 31 % des actifs sous gestion dans le secteur canadien des placements.Étant donné la forte croissance de l\u2019investissement responsable, on peut s\u2019attendre à ce que le prochain rapport de l\u2019AIR, prévu pour 2017, vienne confirmer cette tendance.« L\u2019investissement responsable n\u2019est plus un phénomène marginal, souligne Corinne Gendron, professeur titulaire de la Chaire de responsabilité sociale et de développement durable à l\u2019ESG UQAM.Et c\u2019est aujourd\u2019hui un mouvement mondial.» En matière d\u2019investissement responsable, une question surgit inévitablement : est-ce que l\u2019investissement responsable est aussi rentable que l\u2019investissement conventionnel ?Les promoteurs de l\u2019investissement responsable, en particulier ceux qui offrent des produits financiers en ce sens, assurent que oui.«Les études et méta-analyses sur le sujet arrivent plutôt à la conclusion qu\u2019il est impossible de tracer un lien entre la rentabilité ou la non-rentabilité d\u2019un investissement responsable.» En d\u2019autres mots, la rentabilité d\u2019un investissement responsable ne résulte pas du fait qu\u2019il soit responsable, mais dépend plutôt d\u2019autres facteurs, comme la qualité de l\u2019actif, la diversification du portefeuille, les fluctuations du marché, etc.Une transformation du milieu financier Par contre, ce dont Corinne Gendron est certaine, c\u2019est que l\u2019investissement responsable vient transformer la finance.«Avec l\u2019investissement responsable, on assiste à un meilleur ancrage territorial de l\u2019investissement.L\u2019investissement responsable rapproche l\u2019investisseur de l\u2019activité économique dans laquelle il investit, et de ce fait, crée un lien plus étroit entre l\u2019investisseur et l\u2019entreprise.» Ce rapprochement entre l\u2019investisseur et l\u2019activité économique a aussi une influence sur le fonctionnement.« Un lien plus étroit entre l\u2019investisseur et l\u2019activité économique vient modifier la fonction des intermédiaires financiers, comme les gestionnaires de fonds.En se rapprochant de son investissement, l\u2019investisseur met davantage la main à la pâte, ce qui modifie le rôle du gestionnaire de fonds, qui ne fait plus cavalier seul.De plus, le gestionnaire ne peut plus gérer le fonds uniquement sur des critères financiers, mais doit aussi tenir compte des critères extrafi- nanciers, et pour ce faire, il doit tenir compte des valeurs personnelles de l\u2019investisseur.» Quelques principes Le principe dérivé du concept de développement durable sur lequel repose l\u2019investissement responsable est ce que l\u2019on nomme le principe ESG, pour problématiques environnementale, sociale et de gouver nance.Il s\u2019agit d\u2019un code de conduite pour l\u2019ensemble des acteurs économiques.« De plus, au- jourd\u2019hui, la majorité des investisseurs institutionnels sont signataires des Principes pour l\u2019investissement responsable, ou les PRI, initiés par les Nations unies, qui les obligent à investir dans des activités économiques et des entreprises qui ont une démarche EMG.» VOIR PAGE I 2 : MARCHÉ ISTOCK Le principe dérivé du concept de développement durable sur lequel repose l\u2019investissement responsable est ce que l\u2019on nomme le principe ESG, pour problématiques environnementale, sociale et de gouvernance. FINANCE L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 8 E T D I M A N C H E 1 9 F É V R I E R 2 0 1 7 I 2 Depuis 20 ans, le Fonds immobilier de solidarité FTQ, qui investit dans toutes sor tes de projets à la grandeur du Québec, consacre une part de son portefeuille à des programmes de logements sociaux, communautaires et abordables.A L I C E M A R I E T T E Collaboration spéciale A u total, depuis sa création en 1997, le Fonds a investi dans 78 projets de logements sociaux, communautaires et abordables.Parmi eux, la rénovation des 1339 et 1349, boulevard de Maisonneuve Est, qui abrite l\u2019organisme le Sac à dos, dont la mission est l\u2019inser tion sociale et économique des personnes en situation d\u2019itinérance, ou risquant de l\u2019être.De même, grâce à un prêt du Fonds, l\u2019organisme à but non lucratif (OBNL) Spectre de rue a pu acheter l\u2019immeuble situé au 803-807, rue Ontario Est.Nommé Maison TAPAJEURS, le lieu a été transformé en 22 chambres avec services et espaces communs dédiés aux jeunes de 18 à 30 ans en réinsertion.«Cette année, les projets sur lesquels nous allons beaucoup travailler, en plus de ceux habituels, concerneront la création de deux nouveaux fonds, un pour les étudiants et un pour les CPE», dévoile Normand Bélan- ger, président-directeur général du Fonds immobilier de solidarité FTQ.Pour lui, si Montréal attire les étudiants étrangers, leur logement peut aussi poser problème.«Les colocations vont parfois priver des familles qui pourraient avoir accès à ces logements», détaille-t-il.En partenariat avec l\u2019organisme UTILE \u2014 dont l\u2019acquisition d\u2019un terrain en face du parc La Fontaine devrait permettre à son premier projet de résidences étudiantes de voir le jour \u2014, le Fonds souhaite mettre en place un type de financement d\u2019ici l\u2019été.M.Bélanger indique aussi travailler à la création d\u2019outils pour le financement des CPE.«Comme le gouvernement québécois a réduit le financement des immobilisations pour les CPE, différents groupes nous ont contactés pour savoir comment mettre en place des partenariats, ajoute-t-il.L\u2019idée est de structurer l\u2019offre de façon intéressante.» Ce projet devrait être finalisé avant la fin de l\u2019année.Aider les Québécois Filiale du Fonds de solidarité FTQ, le Fonds immobilier a pour mission de contribuer au développement économique du Québec, tout en permettant à l\u2019ensemble de la population d\u2019améliorer sa qualité de vie.À l\u2019inverse des autres unités du Fonds de solidarité, celui-ci n\u2019investit pas dans des entreprises de construction, mais dans des projets immobiliers.« Notre mission est aussi la création d\u2019emplois », rappelle M.Bélanger.Les 46 projets actuellement en construction ou développement, d\u2019une valeur de 2,7 milliards, correspondent à environ 22 000 emplois.Depuis 1997, 59 millions ont été voués à l\u2019habitation abordable, sociale et communau- t a i r e , c o n t r i b u a n t à l a constr uction de 2756 logements.« Notre mission est de balancer notre portefeuille pour aider ceux qui en ont besoin et aider nos actionnaires également, indique M.Bélanger.Nos actionnaires acceptent qu\u2019on ait un rendement moins intéressant dans ces cas-là, mais nous nous reprenons en faisant des projets plus structurants pour l\u2019économie.» Ainsi, d\u2019un côté le Fonds va investir dans la Tour des Canadiens, et de l\u2019autre dans des programmes «permettant à des gens au revenu modeste, qui sont en situation particulière, comme l\u2019itinérance, de se loger de façon acceptable».M.Bélan- ger précise que chacun des projets est tout de même rentable.« Nous sommes une quarantaine de professionnels, spécialistes de l\u2019immobilier, donc nous sommes capables de calculer et voir si la mathématique va fonctionner», explique-t-il.Le Fonds n\u2019inter vient pas d a n s d e s é d i f i c e s d é j à constr uits, sauf en cas de grandes rénovations.« Notre modèle financier n\u2019est pas d\u2019acheter des bâtisses, donner deux coups de pinceau et revendre pour faire un rendement, explique M.Bélanger.C\u2019est vraiment contribuer au développement de l \u2019emploi, qui, en immobilier, se fait lorsque l\u2019on construit ou rénove de façon majeure.» Fonctionnement par partenariats Le Fonds immobilier de solidarité FTQ a pour modèle d\u2019af faires le travail en partenariat avec des groupes de ressources techniques (GRT) ou avec des associations, comme celle de Phillys Lam- ber t, ou encore les Fondations Bombardier et McConnell.Les GRT, bien implantés dans leurs milieux et connectés au réseau des OBNL, vont venir chercher de l\u2019aide auprès du Fonds.Ainsi, au fil du temps, plusieurs fonds dédiés au logement social, communautaire et abordable ont été mis en place.Le premier, le Fonds d\u2019investissement de Montréal (FIM), créée en 1997 par Phyllis Lam- ber t, permet le financement d\u2019acquisition d\u2019immeubles par des OBNL et coopératives d\u2019habitation.L\u2019objectif est, d\u2019une part, la conservation du patrimoine, chère à Mme Lambert, et d\u2019autre part, le développement de logements communautaires de qualité.Trois autres FIM ont été mis en place depuis, dont un en 2016.Les Fonds d\u2019acquisition de Montréal (FAM) et Fonds d\u2019acquisition québécois (FAQ) ont été créés respectivement en 2007 et 2009.Ils permettent l\u2019achat et la détention temporaires de terrains ou immeubles, en attendant les subventions de la Société d\u2019habitation du Québec (SHQ) dans le cadre du programme AccèsLo- gis Québec.« La problématique qu\u2019avaient les GRT avant est que personne ne voulait leur vendre et attendre 18 mois pendant qu\u2019ils montaient le programme», note M.Bélanger.Il existe aussi le Fonds d\u2019aide à la rénovation de l\u2019habitation communautaire, créé il y a deux ans, pour rénover les logements de la Société d\u2019habitation du Québec (SCHL).« L\u2019année 1980 a été le début des coopératives d\u2019habitation, il faut maintenant les rénover, décrit M.Bélanger.Ce Fonds a été fait avec la Fiducie du Chantier de l\u2019économie sociale pour permettre la remise à niveau de ces appartements.» Toutefois, M.Bélanger regrette que le côté investissement responsable du Fonds soit encore méconnu du public.« Évidemment, la Tour d e s C a n a d i e n s a p l u s d e chance s d \u2019 ê t r e pub l i c i s é e qu\u2019une maison abordable à Saint-Henri », estime-t-il.Pour lui, le fait d\u2019être mieux connu pourrait encourager la multiplication des projets.FONDS DE SOLIDARITÉ DE LA FTQ Le Fonds immobilier fait également dans le logement social PLACE À LA NOUVELLE GÉNÉRATION! CONCO RD I A .C A / D E J A D E M A I N LA PROPRIÉTÉ D\u2019ENTREPRISE, UN ART QUI S\u2019APPREND À l\u2019École de gestion John-Molson, la formation en classe s\u2019enrichit de l\u2019expertise concrète de personnalités du monde des affaires.FONDS IMMOBILIER DE SOLIDARITÉ FTQ Les studios du Sac à dos of frent un logement à 15 personnes.Selon le principe EMG (acronyme anglais du Groupe de gestion de l\u2019environnement des Nations unies), la bonne gouvernance d\u2019une entreprise repose sur la transparence et, si possible, dans une forme de gestion participative.L\u2019entreprise doit être respectueuse de l\u2019environnement et s\u2019assurer que ces pratiques sont les moins dommageables.Elle doit aussi tenir compte des impacts sociaux de ses pratiques et du rôle qu\u2019elle joue en société.La manière de procéder est d\u2019in- ternaliser les coûts associés à ces pratiques.Par exemple, une bonne gouvernance rassure l\u2019investisseur et en attire d\u2019autres; une mauvaise fait le contraire et est donc coûteuse.«Les entreprises doivent aussi internaliser les coûts reliés à leurs pratiques environnementales.Les changements climatiques amènent de nombreux États à taxer les émissions de carbone, ce qui oblige les entreprises maintenant à tenir compte de ce nouveau coût.» Par contre, en matière de coûts sociaux, l\u2019opération est plus difficile.«Prenons l\u2019idée d\u2019augmenter le salaire des employés.Cela a l\u2019avantage d\u2019attirer les meilleurs talents et de les retenir, mais cela représente aussi une dépense.Comment calculer les gains à long terme?Ce n\u2019est pas toujours évident.Par exemple, l\u2019on connaissait tous les vertus de l\u2019équité salariale, mais il a fallu une loi pour y arriver.» Les démarches en IR On compte trois démarches en investissement responsable.La première est celle des filtres, où l\u2019on exclut d\u2019un portefeuille certains types d\u2019activités économiques ou certaines entreprises ; fabricants d\u2019armes et cigarettiers, par exemple.«La seconde démarche, et c\u2019est la plus répandue, est l\u2019activisme actionnarial.On investit alors dans une entreprise, même si cette dernière n\u2019est pas entièrement conforme au principe EGS, dans le but d\u2019engager un dialogue afin de renforcer le principe EGS.L\u2019idée ici est de se servir de cet actionnariat pour amener devant l\u2019assemblée des actionnaires des propositions en matière d\u2019EGS.» La troisième démarche est l\u2019investissement à impact social, où l\u2019investisseur tient à ce que son placement ait un impact direct dans la société.Est-ce que tous les investissements responsables reposent sur la même définition de la responsabilité ?«Eh bien non, et cela change selon les valeurs des investisseurs, certains étant plus sensibles à l\u2019environnement, d\u2019autres à la gouvernance ou aux impacts sociaux.La définition de la responsabilité varie selon la perspective de l\u2019investisseur.» Devrait-on tenter d\u2019harmoniser cette définition ?« Dans un monde idéal, peut- être, mais ici-bas, je ne crois pas que l\u2019on puisse arriver à une seule définition, tout comme on ne peut pas demander à toutes les personnes d\u2019avoir les mêmes valeurs humaines.Par contre, ce qu\u2019on peut faire, c\u2019est exiger que les critères retenus par les firmes qui font les classements EGS des entreprises soient connus, de sorte que l\u2019investisseur puisse s\u2019assurer qu\u2019ils sont conformes à ses valeurs.» SUITE DE LA PAGE I 1 MARCHÉ Les projets sur lesquels nous allons beaucoup travailler concerneront la création de deux nouveaux fonds, un pour les étudiants et un pour les CPE Normand Bélanger, président-directeur général du Fonds immobilier de solidarité FTQ « » FINANCE L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 8 E T D I M A N C H E 1 9 F É V R I E R 2 0 1 7 I 3 Ce cahier thématique a été produit par l\u2019équipe des publications spéciales du Devoir grâce au soutien des annonceurs qui y figurent.Ces derniers n\u2019ont cependant pas de droit de regard sur les textes.Pour toute demande d\u2019information quant au contenu de ce cahier, vous pouvez contacter par courriel Loïc Hamon, directeur des publications spéciales, à lhamon@ledevoir.com.Pour vos projets de cahiers ou toute autre information au sujet de la publicité, vous pouvez contacter Mark Drouin, vice-président des ventes publicitaires, à l\u2019adresse courriel mark.drouin@ledevoir.com.BÂTIRENTE 30 ans d\u2019histoire et plus de 10 ans d\u2019investissement responsable Si on appartient à la catégorie de personnes qui souhaitent ardemment que la société, et par conséquent l\u2019économie, se retire entièrement des énergies fossiles, on souhaite aussi que cela en soit ainsi pour ses investissements.Eh bien, c\u2019est maintenant possible grâce au REER sans pétrole de la Caisse d\u2019économie solidaire Desjardins.CAISSE D\u2019ÉCONOMIE SOLIDAIRE DESJARDINS Le nouveau REER sans pétrole fait des adeptes P I E R R E V A L L É E Collaboration spéciale «O n a décidé d\u2019of frir ce nouveau produit financier, d\u2019une part parce qu\u2019il correspond par faitement avec les valeurs de notre institution, et d\u2019autre part parce qu\u2019on croyait que c\u2019était un produit qui pouvait plaire à nos membres, explique Marc Picard, directeur général de la Caisse d\u2019économie solidaire.Et sur ce dernier point, on ne s\u2019est pas trompé.Depuis le lancement de la campagne publicitaire pour le REER sans pétrole, l\u2019achalandage pour le produit a augmenté de 30 %.On a vraiment l\u2019impression que ça se vend c o m m e d e s p e t i t s p a i n s chauds.» Le REER sans pétrole est construit autour du produit financier vedette de la Caisse d\u2019économie solidaire, soit le Placement à rendement social.« L\u2019épargne recueillie par le Placement à rendement social nous sert à investir par le truchement de prêts dans des organismes à but non lucratif, dans des coopératives, dont des coopérations d\u2019habitation et de travailleurs, dans des organisations syndicales, ainsi que dans des individus et entreprises privées qui sont socialement engagés.Le REER sans pétrole est donc composé uniquement de placements à rendement social.Et le taux d\u2019intérêt offert par le REER sans pétrole est comparable aux autres placements.» De plus, si le REER sans pétrole ne suf fit pas à combler l\u2019ensemble des besoins en placement d\u2019un investisseur, la Caisse d\u2019économie solidaire peut lui proposer les autres placements en investissement responsable du Mouvement Desjardins, comme les fonds communs de placement Socié- Terre et le placement à capital garanti PrioriTerre.Désinvestir du pétrole S\u2019il est facile pour un nouvel épargnant de choisir d\u2019investir son argent dans des placements sans pétrole ni énergies fossiles, qu\u2019en est-il pour ceux qui possèdent déjà un portefeuille de placements traditionnels ?Afin d\u2019informer ces derniers, et les aider à migrer vers des placements sans énergies fossiles, la Caisse d\u2019économie solidaire, en collaboration avec Élan global, un mouvement populaire militant pour la sortie du pétrole, organise des ateliers sur le désinvestissement.Le premier a eu lieu à Montréal fin janvier, le second se tiendra à Québec le 16 février.«Dans un premier temps, on explique dans cet atelier quelles sont les raisons pour lesquelles on devrait désinvestir du pétrole, explique Karel Mayrand, directeur général pour le Québec à la Fondation David Suzuki et l\u2019un des organisateurs de ces ateliers.Il y a bien sûr les raisons environnementales, les énergies fossiles étant l\u2019une des principales causes des changements climatiques.Mais il y a aussi des arguments économiques.Par exemple, les investisseurs qui avaient placé leur argent dans l\u2019industrie du charbon se trouvent aujourd\u2019hui en mauvaise posture puisque le prix du charbon a dégringolé.Il suffit d\u2019une baisse de la consommation d\u2019une énergie fossile pour que les actifs dans ce domaine perdent leur valeur.Et lorsque la consommation de pétrole diminuera, il en sera de même.Alors, pourquoi attendre que ces actifs soient dévalués avant de s\u2019en débarrasser?» D\u2019ailleurs, le mouvement de désinvestissement du pétrole est maintenant bien parti.«De nombreux investisseurs institutionnels, je pense à celui de la Californie et à ceux des grandes universités américaines, ont amorcé leur désinvestissement du pétrole.Même la Fondation Rockefeller fait partie du mouvement, souligne Karel May- rand.Au total, depuis le début R É G I N A L D H A R V E Y Collaboration spéciale «N otre contrat a été signé en 1987 et nos premiers dollars sont entrés dans les pre- m i e r s j o u r s d e 1 9 8 8 .O n compte donc 30 ans d\u2019histoire et, au cours des 12 dernières années, on s\u2019est dotés d\u2019une politique d\u2019investissement responsable, ce qui est arrivé en concomitance avec l\u2019adoption des principes de ce type d\u2019investissements », rappelle Daniel Si- mard, le directeur général de Bâtirente.Il assure que l\u2019une des règles qui ont été appliquées a été de demander de la transparence aux sociétés émettrices, ce qui a notamment été réalisé en grande partie dans le cadre du Carbone Disclosure Project : « Dix ans plus tard, on en arrive à commencer à parler sérieusement d\u2019empreinte carbone.» Toujours dans un but de porter un message clair, « on a posé des gestes à grande échelle sur des questions de carbone, mais on a également été engagés for tement, dès nos débuts, sur des questions tout aussi importantes que l\u2019on pourrait de nos jours associer à la fiscalité : celles-ci relèvent de \u201cl\u2019initiative pour la transparence dans les industries extractives\u201d ».En vertu de cette initiative, les industries publient de l\u2019information de nature financière sur les redevances qu\u2019elles ont à payer : « On évite de la sorte le détournement de fonds, surtout dans des pays où la gouvernance est faible, pour faire en sorte que les populations profitent véritablement de la richesse produite et pour développer un cercle vertueux de développement des communautés.» Un code génétique à valeur ajoutée D a n i e l S i m a r d p o s e l e constat qu\u2019il revient à Bâti- rente « d\u2019agréger des capitaux et de les placer sur le marché ».Mais il revient aussi à cet organisme d\u2019en faire davantage en raison de sa filiation syndicale : « On veut que ces capi- taux-là tendent à ne pas agir contre les intérêts de nos membres, ce qui, malheureusement se produit tout de même, ce qui arrivait auparavant et ce qui se reproduira à l\u2019avenir.» Mais de façon générale, en tant qu\u2019établissement à caractère social et en fonction des principes de l\u2019investissement responsable, « on cherche fondamentalement à se mettre au diapason des valeurs de la société et des débats qui l\u2019interpellent, que ce soit sur les plans des changements climatiques ou d\u2019autres enjeux semblables ».Il importe donc « d\u2019être en phase avec les intérêts de notre mouvement et avec ceux de la société ».Un Québec exemplaire M.Simard cite des leaders d\u2019ici : Desjardins, la Caisse de dépôt et placement du Québec ou le Fonds de pension des fonctionnaires fédéraux géré à Montréal ; les fonds de travailleurs en font partie avec leur mission particulière : « Ce sont cinq établissements très importants dans la communauté globale de l\u2019investissement responsable, et je me permets d\u2019ajouter Bâtirente parmi elles, parce qu\u2019on a été les premiers signataires des Principles for Responsible Investment [PRI] avec la Caisse, et parce qu\u2019on a été très actifs pour répandre la \u201cbonne nouvelle\u201d.» Il se tourne vers les résultats obtenus depuis les débuts : « En nombre d\u2019institutions signataires des PRI, le Q u é b e c r e p r é s e n t e quelque chose comme la moitié du Canada ; on a montré la route à ce chapitre.» Il y a plus : « Au sein de la communauté globale, dont je suis passablement proche, le Québec est considéré comme un laboratoire au sein duquel se mènent des expériences extrêmement enrichissantes.On a profité à plusieurs reprises de l\u2019occasion que nous avions de faire preuve de notre singularité, comme ce fut le cas lors de la Conférence de Montréal sur les PRI en 2014.» Selon lui, il y a un établissement qui se démarque et consolide la position enviable qu\u2019occupe la « Belle Province » : « Desjardins parle particulièrement de ces questions-là, il structure des produits et fait en quelque sor te une marque de commerce de l\u2019investissement responsable, si je puis dire.» Il souligne de plus l\u2019apport des Fonds de travailleurs, de l\u2019économie sociale, du mouvement coopératif et des mutuelles : « Il y a de nombreux facteurs qui montrent qu\u2019on possède un caractère distinctif.» Pas à pas vers la destination La question est la suivante : le présent laisse-t-il apparaître des tendances pour l\u2019avenir dans le domaine de l\u2019investisse- Il y a 30 ans, Bâtirente devenait le système collectif d\u2019épargne-retraite des membres de la Confédération des syndicats nationaux (CSN).En 2005, ce partenaire financier de la centrale syndicale empruntait la voie de l\u2019investissement responsable.Bâtirente a développé peu à peu ce marché financier soucieux des pratiques environnementales, sociales et de gouvernance.JEFF MCINTOSH LA PRESSE CANADIENNE Dès ses débuts, Bâtirente a été engagé sur des questions associées à la fiscalité, notamment celles relevant de « l\u2019initiative pour la transparence dans les industries extractives».Daniel Simard DESJARDINS Marie-Ève Roy, membre de la caisse d\u2019économie Desjardins, veut investir dans l\u2019avenir de Philémon sans financer les pétrolières.VOIR PAGE I 5 : REER © A n d e r s o n L i m a VOIR PAGE I 6 : BÂTIRENTE FINANCE L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 8 E T D I M A N C H E 1 9 F É V R I E R 2 0 1 7 I 4 M A R T I N E L E T A R T E Collaboration spéciale L\u2019 investissement responsable est encore un concept nouveau dans l\u2019histoire et en constante évolution, si bien que les dépar tements de finance des universités québécoises et canadiennes commencent seulement à offrir de la formation dans le domaine.L\u2019Université Concordia a été l\u2019une des pionnières en 2015, et on y voit également foisonner la recherche pour permettre aux entreprises et aux investisseurs de mieux maîtriser les concepts et de savoir comment les intégrer dans leurs décisions au quotidien.Alors que le monde ne veut pas replonger dans une crise financière comme celle de 2008, plusieurs questions se posent en matière de régulation des banques.« Les gouvernements se demandent quels gestes faire, alors on réalise de la recherche pour trouver les meilleures pratiques», explique Thomas Walker, codirecteur du Centre d\u2019études David O\u2019Brien sur la durabilité des entreprises à l\u2019École de gestion John-Mol- son de l\u2019Université Concordia.Il travaille sur un projet de recherche financé par l\u2019Autorité des marchés financiers (AMF).Son équipe examine de près les différents modèles de banque qu\u2019on trouve dans le monde et comment ils réagissent aux risques.« Par exemple, le modèle des banques occidentales fonctionne avec énormément de dettes, alors que les banques islamiques n\u2019en ont pas du tout parce que le régime de la cha- ria ne le permet pas, explique le professeur Walker.Notre système bancaire pourrait apprendre de bonnes choses des autres systèmes.» Trois articles scientifiques ont été rédigés à la suite de cette étude et sont en attente de publication.Le risque des changements climatiques Thomas Walker travaille également sur un projet financé par la Caisse de dépôt et placement du Québec pour analyser l\u2019exposition de différentes entreprises aux changements climatiques et leurs stratégies pour gérer ce risque.«Prenons l\u2019exemple d\u2019une entreprise minière qui a des projets au Mexique, où il y a un problème de sécheresse, indique M.Walker.Une entreprise minière, comme c\u2019est le cas dans bien d\u2019autres industries d\u2019ailleurs, a besoin de pomper beaucoup d\u2019eau pour réaliser ses opérations.Si elle n\u2019est pas capable d\u2019avoir suffisamment d\u2019eau pour fonctionner au maximum de ses capacités, qu\u2019arrivera-t-il?Comment réagiront les investisseurs?Qu\u2019est-ce que l\u2019entreprise peut faire pour réduire ce risque?» Pour ce projet de recherche, l\u2019équipe de Thomas Walker travaille avec de grandes multinationales, dont plusieurs sont d\u2019origine canadienne.Commencée l\u2019an dernier, l\u2019étude se poursuivra jusqu\u2019en 2019.Oser le cours en investissement responsable Le Département de finance de l\u2019Université Concordia a aussi lancé en 2015 un cours en investissement responsable pour les étudiants de premier cycle.Il a ensuite commencé à être donné également dans le programme de MBA.« Le contenu de mon cours change constamment parce que tout évolue très vite et, bien sûr, il n\u2019y a pas de manuel dans le domaine », souligne Amr Ad- das, chargé d\u2019enseignement en finance à l\u2019École de gestion John-Molson de l\u2019Université Concordia.Le cours commence par expliquer l\u2019origine de l\u2019investissement responsable : de grands joueurs ont décidé dans les décennies 1970 et 1980 de ne plus investir en Afrique du Sud pour faire pression contre le régime de l\u2019apartheid.Les étudiants apprennent ensuite comment le concept a évolué.«Maintenant, on ne voit plus l\u2019investissement responsable seulement comme quelque chose de bien, comme une voie que les investissements prennent pour placer leur argent en suivant leurs valeurs », affirme Amr Addas.De plus en plus dans le monde de la finance, l\u2019investissement responsable est vu comme un concept qu\u2019il faut intégrer pour avoir un meilleur rendement.« C\u2019est une façon de gérer le risque, ajoute M.Addas.Si on ne prend pas en considération les éléments inclus dans le concept, cela peut avoir un effet sur le prix de l\u2019action.» Les étudiants apprennent à utiliser des outils pour mesurer le risque en regardant les volets environnemental, social et de gouvernance des entreprises.« Par exemple, on analyse comment les entreprises utilisent l\u2019eau, comment elles traitent leurs employés et si les membres du conseil d\u2019administration sont indépendants de la haute direction», explique Amr Addas, également membre du conseil d\u2019administration de Finance Montréal, qui a créé un groupe de travail sur l\u2019investissement responsable afin de développer encore davantage le secteur dans la métropole.Certification professionnelle en placements durables L\u2019Université Concordia a aussi lancé il y a quelques années le programme complètement en ligne de certification professionnelle en placements durables.Le programme de 120 heures comprend plusieurs modules, entre autres sur la gouvernance, l\u2019éthique, la durabilité écologique et les placements durables.«En ce moment, nos inscriptions sont surtout locales, mais nous souhaitons attirer davantage de gens de l\u2019étranger avec ce programme en ligne », affirme Thomas Walker.La certification s\u2019adresse aux professionnels de l\u2019investissement, mais aussi à des gens en entreprise qui s\u2019intéressent à l\u2019enjeu de la durabilité.«Tout le monde prétend agir, ou tenter d\u2019agir, de façon responsable et durable en ce moment et c\u2019est dif ficile parfois de séparer les bonnes entreprises des mauvaises, constate Thomas Walker.En même temps, ce n\u2019est pas toujours facile pour une entreprise d\u2019aller de l\u2019avant, surtout quand agir de façon plus responsable signifie qu\u2019à court terme, le consommateur en payera le prix.Du travail a été déjà réalisé, mais il en reste encore beaucoup à faire pour que la tendance de la durabilité soit bien acceptée partout.» Actuellement, plus de 60 des 100 billions d\u2019actifs sous gestion dans le monde sont gérés par des investisseurs signataires des Principes pour l\u2019investissement responsable de l\u2019ONU.UNIVERSITÉ CONCORDIA Cours et recherche se développent en investissement responsable Des leçons des banques islamiques pour gérer les risques ?En quoi consiste l\u2019engagement actionnarial ?Petite incursion dans une démarche fréquente, mais souvent incomprise, à travers laquelle la pression des investisseurs pour changer le comportement des entreprises est généralement exercée derrière des por tes closes.E T I E N N E P L A M O N D O N E M O N D Collaboration spéciale Les Fonds éthiques de Placements NEI s\u2019étaient retirés de la pétrolière ExxonMobil pendant des années.La société de fonds commun de placement, détenue à 50% par le Mouvement Desjardins, jugeait vain tout engagement action- narial alors que cette entreprise niait les changements climatiques et tentait de discréditer les constats scientifiques.Mais Placement NEI a récemment décidé de réinvestir dans cette entreprise.Pourquoi?La haute direction d\u2019ExxonMobil s\u2019est affichée depuis en faveur d\u2019une taxe carbone, une scientifique spécialisée dans les changements climatiques a été nommée, en janvier dernier, au conseil d\u2019administration et les votes d\u2019actionnaires pour une prise en considération du réchauffement de la planète y sont de plus en plus pesants.«Nous voulons être actionnaires pour pouvoir aider les autres investisseurs dans cet engagement», explique Michelle de Cordova, directrice de l\u2019engagement des entreprises et des politiques publiques chez Placements NEI.Le but de l\u2019engagement actionnarial : utiliser son pouvoir d\u2019actionnaires, soit de copropriétaires, pour inciter l\u2019entreprise à adopter des pratiques plus soucieuses des enjeux environnementaux, sociaux et de gouvernance.Plus un investisseur détient un nombre ou un pourcentage élevé d\u2019actions, plus la haute direction de l\u2019entreprise sera encline à écouter ses revendications.Aequo, une firme montréalaise de services d\u2019engagement actionnarial, est née il y a environ un an de ce constat.Après avoir remarqué qu\u2019ils approchaient sensiblement les mêmes organisations autour des mêmes sujets, Bâti- rente, le système de retraite de la CSN, et le Regroupement pour la responsabilité sociale des entreprises (RRSE) ont créé cette firme pour unir leurs forces et ainsi augmenter leur influence auprès de sociétés dont ils sont tous les deux actionnaires.Aequo effectue la même démarche pour d\u2019autres grands investisseurs, dont la firme mont- réalaise de gestion de portefeuilles Hexavest.Ouvrir un dialogue Comment cela fonctionne-t-il ?D\u2019abord, les entreprises cotées en Bourse les moins avancées sur les questions sociales, environnementales et de gouvernance sont mises en évidence dans le portefeuille.Celles ayant les meilleures pratiques demeurent aussi dans le viseur, pour qu\u2019elles continuent de s\u2019améliorer et de tirer les organisations du même secteur vers le haut.L\u2019actionnaire, ou la firme qui le représente, envoie ensuite des lettres, puis organise des entretiens avec les interlocuteurs de l\u2019entreprise.« Le dialogue, c\u2019est long », prévient Claude Go- don, président directeur général d\u2019Aequo.«Ça ne se résume pas à envoyer une lettre puis à attendre une réponse, ajoute Jean-Philippe Renaut, directeur des opérations chez Aequo.Ce sont des jeux d\u2019ascenseurs entre le département des relations avec les investisseurs, jusqu\u2019au conseil d\u2019administration, sur plusieurs années.» Ces conversations derrière des portes closes suf fisent par fois à faire bouger la direction.Après l\u2019effondrement en 2013 du complexe Rana Plaza à Dhaka, au Bangladesh, Placements NEI a lancé des discussions avec les entreprises du secteur de la vente au détail dans son portefeuille.Après ces démarches, Canadian Tire s\u2019est engagé en 2016 à divulguer sur le Web les pays d\u2019où viennent ses produits, les audits concernant ses fournisseurs et ses efforts pour assurer la sécurité dans les usines au Bangladesh.Investir, c\u2019est voter Le levier le plus connu de l\u2019engagement ac- tionnarial consiste à utiliser son droit de vote lors de l\u2019assemblée annuelle des actionnaires.«Parfois, il y a des investisseurs qui ont énormément de titres dans une entreprise.Le simple fait de voter peut amener à changer les choses », indique Jocelyn Caron, directeur des opérations au Groupe investissement responsable (GIR), qui vote par procuration pour plus d\u2019une trentaine de grands investisseurs.Ses clients rédigent une politique de vote, qui prévoit notamment de quel côté pencher lors de l\u2019élection du conseil d\u2019administration, de la nomination du vérificateur comptable et du vote indicatif sur la rémunération des hauts dirigeants.Parmi les rares coups d\u2019éclat, M.Caron évoque l\u2019embarras de Renault après que ses actionnaires eurent rejeté à plus de 54%, en 2016, la rémunération allouée par le conseil d\u2019administration au président directeur général.« Voter n\u2019est pas assez, précise Michelle de Cordova.Il faut communiquer à l\u2019entreprise ce pour quoi on a voté, et pourquoi.» L\u2019arme ultime: la proposition d\u2019actionnaire Les votes sur des questions environnementales ou sociales se retrouvent généralement à l\u2019ordre du jour par l\u2019entremise d\u2019une proposition L\u2019engagement actionnarial pour les nuls JOËL SAGET AGENCE FRANCE-PRESSE Une employée d\u2019une agence de banque islamique montre une brochure à une de ses clientes.BEN MARGOT ASSOCIATED PRESS Placements NEI s\u2019est récemment associé à d\u2019autres investisseurs pour rédiger une proposition d\u2019actionnaire concernant la banque Wells Fargo.Michelle de Cordova VOIR PAGE I 6 : NULS FINANCE L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 8 E T D I M A N C H E 1 9 F É V R I E R 2 0 1 7 I 5 les actifs qui sont sor ti du pétrole avoisinent 5 500 milliards de dollars.» Reste donc aux particuliers d\u2019emboîter le pas.« Une fois les raisons expliquées pour désinvestir, on présente ensuite aux participants à l\u2019atelier des solutions de remplacement, poursuit Karel Mayrand.Ensuite, des conseillers financiers sont disponibles sur place pour les participants qui veulent discuter davantage de leur situation personnelle.» Et c\u2019est facile en plus\u2026 La migration d\u2019un por te- feuille de placement en actifs conventionnels vers un portefeuille sans actifs pétroliers est-elle facile?Parlons-en à Stéphanie Guico, travailleuse autonome et consultante en gestion par ticipative et nouvelle membre de la Caisse d\u2019économie solidaire, qui vient justement de franchir le pas.« J\u2019appar tiens à la génération des trentenaires pour qui l\u2019achat est aussi un acte polit i que , e x p l i q u e - t - e l l e .J e n\u2019étais donc pas très confortable avec mon por tefeuille conventionnel qui constituait mon épargne pour ma retraite.Mais j\u2019hésitais à faire le saut.Je pensais qu\u2019il y aurait un tas de paperasses à lire et à signer et que les frais pour migrer vers un portefeuille sans pétrole seraient trop élevés.D\u2019autant plus que pour ce faire, il fallait que je change d\u2019institution financière.» C\u2019est en choisissant de confier ses affaires à la Caisse d\u2019économie solidaire qu\u2019elle pu opérer le changement.« Ça s\u2019est fait si facilement que j\u2019en été toute surprise.Non seulement le planificateur financier de la Caisse d\u2019économie solidaire m\u2019a accompagnée tout au long du processus, mais il s\u2019est aussi occupé de toute la paperasse.Et le tout pour la modique somme de 50$.Au- jourd\u2019hui, mon REER sans pétrole correspond à mes valeurs et je sais en plus que mon épargne est investie dans des placements à impact social.» Son expérience heureuse a- t-elle influencé son entourage?« J\u2019ai plusieurs personnes dans mon entourage qui sont militantes, donc mon geste les a sur tout confirmé dans leurs convictions Par contre, j \u2019ai aussi dans mon entourage des personnes plus conservatrices, et là, je peux dire que mon expérience leur ont fait tendre l\u2019oreille.» SUITE DE LA PAGE I 3 REER Les technologies propres en manque d\u2019investissements canadiens E T I E N N E P L A M O N D O N E M O N D Collaboration spéciale « O n réal i se l e même nombre de rondes de financement qu\u2019aux États-Unis par rapport à notre poids relatif, précise Andrée-Lise Mé- thot, fondatrice de Cycle Capital Management.Mais on met deux fois moins d\u2019argent dans les compagnies que nos collègues américains.Et cette situation est encore plus critique dans les entreprises à l\u2019étape du développement et de la commercialisation.» Le document, publié en décembre dernier, dénombre au Canada 17 rondes de financement en cap i ta l de r i s q u e d e p l u s d e 15 mi l l ions depu is 2010 dans ce domaine, tandis qu\u2019elle en relève 406 aux États- Unis.Durant la même période, sept entreprises ont réussi à réunir plus de 50 millions en investissements canadiens, contre 183 qui ont recueilli davantage que cette somme aux États-Unis.En moyenne, une entreprise de technologie propre amasse 40 millions en capi- tal-actions privé avant de réali- s e r u n e v e n t e , s o u l i g n e Mme Méthot.Au sud de la frontière, de nombreux fonds d\u2019investissement se concentrent sur les technologies propres avec des por tefeuilles variant entre 200 millions et 1,8 milliard.Au Canada, seul Cycle Capital Management dépasse les 200 millions d\u2019actif, si l\u2019on combine ses trois fonds.XPV, un fonds implanté à Toronto spécialisé dans les technologies propres en lien avec l\u2019eau, dépasse les 400 millions d\u2019actifs, mais fournit des capitaux étrangers puisqu\u2019il reste enregistré aux États-Unis.Chez les 20 entreprises canadiennes de technologies propres qui ont réussi à amasser le plus de capital de risque, 40% des investisseurs venaient de l\u2019extérieur du pays.Les entreprises BioAmber, Distech Controls et Enerkem, dont le siège social se trouve au Québec, ont notamment une grande proportion de leurs investisseurs en capital de risque qui provient de l\u2019étranger.« C \u2019 e s t une bonne nouvelle que des financiers d\u2019ailleurs soutiennent nos entreprises, indique Mme Méthot.Là où le bât blesse, c\u2019est lorsque leur détention d\u2019actions devient tellement importante, qu\u2019il n\u2019y a plus d\u2019investisseurs canadiens pour avoir de l\u2019influence dans la compagnie.C\u2019est un danger pour plusieurs entreprises, qui n\u2019ont pas le choix de se faire financer sur les marchés internationaux.» Prêter pour financer une première usine L\u2019étude relève aussi une faille dans le paysage financier canadien en ce qui concerne le peu de prêts accordés aux entreprises de technologies propres.« Un des enjeux, c\u2019est qu\u2019elles doivent construire leur p r e m i è r e u s i n e , s o u l è v e Mme Méthot.Comme ce sont de nouvelles technologies, elles ne sont pas financées sur le marché classique des banques ou des prêteurs.» Mme Méthot vante le virage donné, sous le gouvernement Obama, au dépar tement de l\u2019Énergie et au dépar tement de l\u2019Agriculture, devenu les plus grands prêteurs en matière de technologies propres aux États-Unis.Bien que l\u2019économie d\u2019ici compte cer tains prêteurs dans le secteur, dont Fondaction, le Canada ne possède aucun équivalent à ces agences gouvernementales états-uniennes pour accorder une quantité comparable de prêts, soulève-t-elle.« C\u2019est extrêmement important, parce que c\u2019est la dif fé- rence entre passer du laboratoire à la vie réelle, souligne Mme Méthot.Quand on a la prétention de vouloir bâtir une nouvelle économie, il faut mettre les outils qui vont permettre aux entrepreneurs de la matérialiser.» Mme Méthot interpelle les gouvernements, mais invite aussi les grands fonds de pension canadiens à s\u2019inspirer du système de retraite de l\u2019administration publique califor- n i e n n e , C a l P E R S , q u i a adopté des stratégies de lutte contre les changements climatiques.« Ils ont une équipe qui comprend l\u2019enjeu, affirme- t-elle.Quand on construit une usine avec une nouvelle technologie, on n\u2019est pas en train d\u2019agrandir une entreprise de vente au détail.Ce sont des stratégies, des risques et un savoir-faire dif férents.» Démarrage Avant même d\u2019en arriver à la construction d\u2019une usine, les entreprises de technologies propres doivent démarrer.En 2014, Cycle Capital a mis sur pied Ecofioul, un accélérateur, désormais indépendant , qui sout ient les jeunes pousses dans le secteur au Québec.Deux fois par année, Ecofioul sélectionne entre trois et cinq petites entreprises pour les accompagner et les mettre en réseau avec des mentors.Il investit dans chacune d\u2019elle 75 000 $ sous la forme d\u2019une débenture conver tible, soit un prêt qui peut être remboursé sous forme d\u2019actions dans la compagnie plutôt qu\u2019en argent, puis les épaule dans la recherche d\u2019autres sources.« On les aide à se financer et il n\u2019y en a pas une qui l\u2019a nécessairement facile », souligne Richard Cloutier, président et chef de la direction de l\u2019accélérateur.Il affirme recevoir entre 25 et 30 nouvelles candidatures lors de l\u2019ouverture de chaque nouvelle cohorte.Malgré sa trentaine d\u2019années d\u2019expérience dans le secteur des sciences de la vie, il se montre impressionné par ce chiffre.«On est juste capable d\u2019en faire quatre, parce qu\u2019on n\u2019a pas assez de sous et notre équipe est limitée, concède-t-il.Cela confirme que le Québec est innovant, que le secteur des technologies propres est un secteur en ef fervescence.On devrait être capable de leur offrir plus de services, de soutien et de financement, parce que la demande est là.» Le gouvernement du Québec a annoncé dans son budget 2016 la création d\u2019un fonds d\u2019amorçage dans les technologies propres de 30 millions.Mais au-delà de l\u2019argent directement investi par l\u2019État, M.Cloutier considère qu\u2019un resserrement des règles environnementales, que ce soit celles concernant les émissions de gaz à ef fet de serre ou les eaux usées, pourrait aussi favoriser les investissements des acteurs privés, notamment ceux touchés par les contraintes.« Tous les pays qui ont des réglementations plus sévères ont eu des investissements plus importants, note-t-il.Cela devrait se faire sans réglementation.Mais dans la réalité, celle-ci va aider à ce qu\u2019on ait des par te- naires stratégiques en plus des partenaires institutionnels.» Les entreprises de technologies propres ont besoin de plus de prêts et d\u2019investissements canadiens en capital de risque pour croître.C\u2019est l\u2019un des constats qui émanent d\u2019une étude réalisée par Cycle Capital Management et Technologies du développement durable Canada (TDDC), deux fonds d\u2019investissement \u2014 le premier de nature privée et le deuxième financé par le gouvernement fédéral \u2014 spécialisés dans ce secteur.MAX WHITTAKER GETTY IMAGES AGENCE FRANCE-PRESSE Les fonds de pension canadiens devraient s\u2019inspirer du système de retraite de l\u2019administration publique californienne, CalPERS, qui a adopté des stratégies de lutte contre les changements climatiques.Andrée-Lise Méthot FINANCE L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 8 E T D I M A N C H E 1 9 F É V R I E R 2 0 1 7 I 6 fondsimmobilierftq.com BÂTIR PAR SOLIDARITÉ Par ses investissements dans des projets d\u2019immeubles communautaires ou abordables, le Fonds immobilier permet à des familles à revenu faible ou modeste d\u2019accéder à un logement de qualité.En favorisant la mixité et la cohésion sociale, le Fonds immo bilier contribue à l\u2019émergence d\u2019une vision moderne et responsable du développement urbain qui sait FAIRE TOURNER L\u2019ÉCONOMIE D\u2019ICI.ment responsable ?À ce sujet, Daniel Simard livre ces propos : « Il y a de plus en plus un engouement dans la population et je crois qu\u2019il va continuer à progresser au fur et à mesure que les générations vont se succéder.» Les jeunes font preuve d\u2019une préoccupat ion majeure envers l \u2019environnement : « Et il y a aussi les générations plus âgées qui vont par tir à la retraite ; ces gens auront vécu dans un univers sensibilisé par de tels enjeux.Quand on parle avec nos membres qui prennent leur retraite, ils sont attentifs au rôle que la finance joue pour la vie future de leurs enfants et de leurs petits-enfants sur le plan environnemental.» Il existe en parallèle une sorte de prise de conscience globale : « On voit les grands banquiers américains et les institutions financières canadiennes majeures s\u2019intéresser de plus en plus à cet investissement parce que les gens veulent établir une connexion entre leurs valeurs et la façon dont leur argent est géré.» En contrepartie, il répète le même discours qu\u2019il aurait tenu il y a une dizaine d\u2019années : « Le monde de la finance ne change pas vite.Il faut aller lentement et susciter des prises de conscience.» SUITE DE LA PAGE I 3 BÂTIRENTE d\u2019actionnaire.Lorsque celle-ci est soumise par d\u2019autres, le GIR en avise ses clients et leur suggère de s\u2019y rallier ou non.Un investisseur en vient généralement à en rédiger une lorsque le dialogue sur un enjeu demeure dans une impasse.« On prend le bras et on le t o r d u n p e u p l u s .L e t o n change, illustre M.Godon.Habituellement, le tapis rouge est déroulé.L\u2019entreprise ne veut personne qui va venir gueuler au micro.Ils veulent que cela se passe bien, que tout le monde sorte de l\u2019assemblée content.» Placements NEI s\u2019est récemment associé avec d\u2019autres investisseurs pour rédiger une proposition d\u2019actionnaire concernant la banque Wells Fargo.L\u2019établissement financier ne répondait pas aux demandes de revoir son code d\u2019éthique.Après le scandale des faux comptes en septembre 2016, le dialogue demeurait au point mort.On a eu recours aux grands moyens.« Après avoir soumis la proposition, nous avons eu plusieurs contacts et réunions avec Wells Fargo pour négocier », affirme Mme de Cordova.« Le simple fait de déposer une proposition d\u2019actionnaire, sans avoir fait un minimum de mobilisation avant pour convaincre d\u2019autres actionnaires de s\u2019y joindre, est une démarche qui ne sert à rien », soulève néanmoins Jocelyn Caron.Il note que celles-ci recueil lent souvent peu de votes la première fois.Au fil des années, en revanche, le nombre d\u2019actionnaires favorables prend par fois de l\u2019ampleur et l\u2019entreprise réagit.« Elle préfère ne pas perdre un vote \u2014 et la face \u2013 sur le plancher d\u2019une assemblée et intègre les préoccupations avant.Mais elle attend que ce soit menaçant », juge-t-il.Limites Est-ce qu\u2019il y a des limites à l\u2019engagement actionnarial ?M.Renaut souligne qu\u2019il ne peut pas exiger d\u2019une société qu\u2019elle remette en question son modèle d\u2019affaires.«Si une entreprise est fondée sur les sables bitumineux, on ne peut pas lui dire de sortir des sables bitumineux.» L\u2019investissement responsable dans les pétrolières est débattu : cer tains prônent le désinvestissement, d\u2019autres croient que l\u2019engagement actionnarial peut changer les choses.M.Renaut évoque la restauration des sites déjà exploités, où il considère que les actionnaires peuvent encore user de leur influence.En 2010, Bâtirente avait convaincu la pétrolière Talisman, après le dépôt d\u2019une proposition d\u2019actionnaire, d\u2019adopter une politique reconnaissant les principes du consentement libre, préalable et éclairé des collectivités locales du Pérou.SUITE DE LA PAGE I 4 NULS "]
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