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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier I
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2017-03-04, Collections de BAnQ.

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[" MUSÉES COLLECTIONS PERMANENTES C A H I E R T H É M A T I Q U E I \u203a L E D E V O I R , L E S S A M E D I 4 E T D I M A N C H E 5 M A R S 2 0 1 7 MBAM Une collection qui s\u2019enrichit sans cesse Page I 4 Pointe-à-Callière Le musée fête ses 25 ans Page I 2 CENTRE CANADIEN D\u2019ARCHITECTURE Depuis sa création en 1989, le CCA a accueilli pas moins de 1500 chercheurs, dont 150 en résidence, venant de plus de 15 pays dif férents.CENTRE CANADIEN D\u2019ARCHITECTURE Observatoire de notre monde A N T O I N E H A S B R O U C K Collaboration spéciale L e terme de collection permanente est accueilli avec une certaine forme de défiance derrière les portes de la rue Baile, pour sa façon de sous-entendre une forme de finitude, comme l\u2019explique la conser vatrice : « Ce qu\u2019on appelle une collection permanente peut avoir un côté réducteur.Notre mission, qui est de faire de l\u2019architecture une problématique publique, nous amène à établir des corpus de présentation qui sont avant tout établis par la recherche.C\u2019est donc le travail des chercheurs sur nos archives qui va donner lieu à ces présentations ou expositions, et c\u2019est dans ces objets donnés au public que se transfère l\u2019idée originelle de l\u2019architecte.» Une orientation en marge de la démarche muséale classique présente dès la création du CCA, sous l\u2019impulsion de Phyllis Lamber t, que Gio- vanna Borasi veut poursuivre et développer.La dernière exposition est ainsi un cas d\u2019école de cette volonté du centre de tendre un miroir aux problématiques actuelles par la mise en exergue de travaux antérieurs.Et si on parlait de bonheur sur le chantier ?est la présentation d\u2019un rapport de l\u2019architecte britannique Cedric Price datant des années 1970 ayant pour objet les conditions de travail sur les chantiers anglais.Responsabilité de l\u2019architecte, bien-être et bonheur au travail, les questions soulevées par le rapport Price se posent encore au- jourd\u2019hui avec tout autant de force : «Nous posons ici la question de la responsabilité de l\u2019architecte, jusqu\u2019où va-t-elle ?se demande Giovanna Borasi.Est- ce que, par exemple, on ne peut pas considérer les ouvriers d\u2019un chantier comme étant aussi les clients de l\u2019architecte?» Une lecture du monde L\u2019exposition consacrée au rapport Price n\u2019est qu\u2019un des innombrables prismes par lesquels le CCA sonde et interroge des archives d\u2019une richesse inégalée.Influences culturelles, environnement, aménagement du territoire, santé, la liste des thématiques abordées est si vaste qu\u2019une question finit par se poser : tout serait-il architecture?Sourire de la conservatrice : «Certains l\u2019ont déjà dit.Mais je n\u2019irai pas jusque-là.Pourtant, on ne peut pas non plus isoler l\u2019architecture et la voir comme une discipline détachée de la réalité dans laquelle elle est créée.L\u2019architecte produit toujours en étant dans la société.» Ainsi, l\u2019architecture encapsule- rait tous les questionnements d\u2019une société et d\u2019une époque, dépassant largement le cadre bâti ?C\u2019est l\u2019idée maîtresse que veut véhiculer le CCA, l\u2019architecture comme clé d\u2019une analyse globale : «Quand on pense au CCA, on peut s\u2019imaginer qu\u2019il s\u2019agit simplement des bâtiments, mais c\u2019est beaucoup plus que ça.Pour nous, il s\u2019agit d\u2019une grille de lecture et, oui, il est possible de tout observer par l\u2019intermédiaire de cette grille.» À l\u2019échelle mondiale Pour générer cette lecture et pour faire vivre ses archives, le CCA doit donc attirer les chercheurs, une attractivité que l\u2019institution a su développer en devenant l\u2019une des références internationales.Depuis sa création en 1989, le CCA a en effet accueilli pas moins de 1500 chercheurs, dont 150 en résidence, venant de plus de 15 pays dif férents, d\u2019Europe, d\u2019Amérique (du Nord et du Sud), d\u2019Asie, d\u2019Afrique et d\u2019Australie.Outre des struc- Alors que se tient jusqu\u2019au 14 mai l\u2019exposition Et si on parlait de bonheur sur le chantier ?, Giovanna Borasi, conservatrice en chef du CCA, confie comment l\u2019établissement ne cesse de mettre à contribution ses précieuses archives pour les maintenir vivantes.VOIR PAGE I 3 : CCA Ainsi, l\u2019architecture encapsulerait tous les questionnements d\u2019une société et d\u2019une époque, dépassant largement le cadre bâti ?Giovanna Borasi, conservatrice en chef du CCA « » MUSÉES L E D E V O I R , L E S S A M E D I 4 E T D I M A N C H E 5 M A R S 2 0 1 7 I 2 « APRÈS AVOIR LU CE LIVRE, J'ÉTAIS REMPLI D'UN DOUTE TERRIBLE » Jacques Cartier « INCROYABLE » Naomi Klein « INACCEPTABLE » Visiteur anonyme de l\u2019exposition Avec textes et contributions de : Taiaiake Alfred, Brian Brennan, Dean Bavington, David R.Boyd, David Cayley, Douglas Coupland, Elizabeth R.DeSombre, Caroline Desbiens, Emily Eaton, David Gray-Donald, Marianne Nicolson, Andrew Nikiforuk, Margo Pfeiff, Christopher Pollon, John Ralston Saul, Ed Struzik, David Suzuki, Martha Troian, Charles Wilkins, Terri-Lynn Williams-Davidson, Chris Windeyer, et Graeme Wynn.VOUS NE REGARDEREZ PLUS JAMAIS AUCUN PAYS DE LA MÊME MANIÈRE Le cas du Canada n\u2019est qu\u2019un exemple parmi d\u2019autres des contradictions frappantes entre une vision idéalisée de la nature et une réalité qui s\u2019avère complexe et troublante.Sous la direction de : Lev Bratishenko et Mirko Zardini.Publié par le Centre Canadien d\u2019Architecture et Jap Sam Books.15 000 ANS D\u2019HISTOIRE VOUS SERONT BIENTÔT RÉVÉLÉS Dès le 1er juillet, visitez la salle de l\u2019Histoire canadienne, notre nouvelle exposition emblématique, où des témoins du passé livrent un récit à l\u2019image du territoire, immense et contrasté.salledelhistoire.ca E N T R E Z D A N S V O T R E H I S T O I R E C L A U D E L A F L E U R Collaboration spéciale «U ne chance que, dans les années 1940-1950, le Vieux-Montréal a été abandonné, lance Francine Leliè- vre, directrice générale et fondatrice du musée Pointe-à-Cal- lière, puisqu\u2019il a ainsi échappé au pic des démolisseurs ! » À cette époque, relate-t-elle, on n\u2019avait aucune conscience des bâtiments patrimoniaux.Ce n\u2019est que dans les années 1970 que le ministère de la Culture du Québec a classé le Vieux-Montréal comme site historique, le protégeant par la même occasion.Et c\u2019est de la sor te q u e s \u2019 e s t a m o r c é e l\u2019aventure du musée Pointe-à-Callière.«Montréal a le grand privilège d\u2019être la seule ville en Amérique qui connaît son lieu de fondation, déclare Mme Le- lièvre.On a donc repéré notre lieu de naissance, ce qu\u2019aucune ville en Amérique n\u2019a trouvé ! » Madame musée Francine Lelièvre pourrait bien être la plus grande passionnée de musée au monde.Elle évolue dans cet univers depuis 1973 et compte un nombre impressionnant de réalisations.Elle a entre autres été la directrice de la mise en valeur de 26 lieux historiques à Parcs Canada.« Ç\u2019a été le bonheur total de pouvoir développer des lieux historiques », dé- clare-t-elle.Elle a aussi fait partie de l\u2019équipe fondatrice du Musée de la civilisation de Québec, en plus d\u2019être associée à la naissance de dizaines d\u2019institutions muséales au Québec et à l\u2019étranger.« J\u2019ai toujours travaillé en développement, remettant la clé une fois le projet complété», dit- elle.D\u2019ailleurs, dans les années 1980, elle a été engagée pour un mandat de deux ans seulement pour diriger la construction du musée Pointe- à-Callière.Mais après l\u2019ouverture de celui-ci, en 1992, la Ville de Montréal lui a demandé de demeurer en fonction encore six mois.«Et voilà que, 25 ans plus tard, je suis toujours là, note-t-elle.Je suis une femme fidèle, voyez-vous ! » Le legs du 350e En 1984-1985, raconte-t-elle, on a ef fectué des f o u i l l e s a r c h é o l o - giques aux abords de la rue de la Commune, ce qui a mené à la découverte de la place du M a r c h é à l a p l a c e Royale.« C\u2019est comme cela qu\u2019on a découvert des vestiges majeurs concernant les origines de Montréal », rapporte Francine Lelièvre.Jean Doré, alors maire de Montréal et voyant venir le 350e anniversaire de sa ville, voulait par conséquent laisser un legs en mettant en valeur les vestiges de la place Royale.« C\u2019est lui le porteur de ballon du projet », rappelle Mme Leliè- vre, rendant hommage à l\u2019ancien maire décédé en 2015.« Lorsqu\u2019on m\u2019a demandé de réaliser une étude de faisabilité, poursuit-elle, j\u2019ai proposé d\u2019ajouter la construction d\u2019un bâtiment qui protégerait les vestiges du site de la Pointe-à- Callière.» En ef fet, en 1989, de nouvelles fouilles avaient révélé sur ce site la présence du premier cimetière de Montréal (1643-1654).«Cela nous a permis de certifier qu\u2019on était vraiment sur le lieu de fondation de Montréal », précise Mme Leliè- vre.En conséquence, elle a proposé un ensemble de trois pavillons : le pavillon principal \u2014 le musée qu\u2019on connaît au- jourd\u2019hui en forme d\u2019éperon \u2014 , la mise en valeur de la place Royale et de l\u2019édifice de la première douane, situé juste au nord de l\u2019Éperon.«Voilà le legs originel du 350e anniversaire», résume-t-elle.Dans les égouts de Montréal D\u2019autre par t, en 1989, la Ville de Montréal a cessé d\u2019uti- l i s e r l \u2019 é g o u t c o l l e c t e u r construit 150 ans plus tôt et qui longe en souterrain la place D\u2019Youville.Cela a donné l\u2019idée à Mme Lelièvre \u2014 pour le moins original \u2014 de se servir de celui-ci pour relier les pa- v i l l o n s d e s o n m u s é e .« Lorsque j\u2019ai visité cet égout collecteur, l\u2019idée m\u2019est venue : pourquoi ne pas donner accès à ce trésor aux visiteurs ?se rap- pelle-t-elle.Rien de tel n\u2019existe ailleurs en Amérique.» Par la suite, le Musée a ajouté à ses pavillons la station de pompage du collecteur \u2014 un bâtiment de l\u2019ère industrielle de Montréal dont il ne reste guère de trace \u2014 puis la Maison-des-Marins.« Puis, à partir de 1993, raconte Mme Lelièvre, nous nous sommes mis à rechercher un bâtiment qui n\u2019aurait pas de cave, où donc le sol n\u2019aurait pas été creusé et où on serait susceptible de trouver des traces du Régime français.» Dans les faits, l\u2019équipe de Pointe-à-Callière rêvait de repérer le fort construit par les premiers habitants de Montréal.« Normalement, s\u2019est-on dit, le fort devrait se trouver à l\u2019ouest du musée, indique Mme Lelièvre.J\u2019espérais donc repérer un lieu qui, si on était extrêmement chanceux, aurait été conservé intact depuis le Régime français.Et on a été chanceux ! » Il s\u2019agit d\u2019un vieil entrepôt d\u2019équipements de réparation de bateaux, abandonné depuis des décennies : le 214, place D\u2019Youville.Celui-ci est devenu le plus récent pavillon du musée \u2014 les vestiges du fort de Ville-Marie \u2014 et qui sera inauguré en mai.La prochaine étape Francine Lelièvre rêve maintenant du jour, pas si lointain, dit-elle, où son musée s\u2019étendra jusqu\u2019à la rue McGill ! En effet, le fameux égout collecteur mène jusqu\u2019au majestueux édifice des Douanes, situé à l\u2019extrémité ouest de la place D\u2019Youville.Ce faisant, il passe sous le site de l\u2019ancien Parlement canadien, détruit par le feu en 1849 et aujourd\u2019hui un banal stationnement.Il s\u2019agissait auparavant du site du marché Sainte-Anne \u2014 à l\u2019image du marché Bonse- cours \u2014, un édifice qui a par la suite été converti en Parlement lorsque s\u2019est conclu l\u2019Acte d\u2019Union entre le Haut et le Bas-Canada.« Depuis 2009, on a mené trois séries de fouilles et on en fera une énorme cette année, indique Francine Lelièvre.On a déjà sorti 50 000 objets et il y en a sûrement encore autant : de la vaisselle, des objets de toute sor te et quelques documents.» Son projet, son rêve, est à présent de mettre en valeur le marché Sainte-Anne-Parle- ment du Canada en construisant un pavillon semblable à celui de Pointe-à-Callière.Par le fait même, on ouvrirait l\u2019égout collecteur sur ses 400 mètres pour se rendre jusqu\u2019à la rue McGill ! « Tout n\u2019est pas ficelé, indique Francine Lelièvre, mais ça chemine bien.Ça va se faire, mais quand ?Je ne le sais pas\u2026 Disons simplement que c\u2019est un rêve qui peut très bien se réaliser à court terme.» Voilà qui serait un bel aboutissement pour cette Québécoise d\u2019exception.PATRIMOINE Les 25 ans du musée Pointe-à-Callière MAQUETTE DE MOMENT FACTORY Le 17 mai 2017, le musée dévoilera le Collecteur de mémoires aménagé dans le premier égout collecteur construit en Amérique du Nord.Francine Lelièvre MUSÉES L E D E V O I R , L E S S A M E D I 4 E T D I M A N C H E 5 M A R S 2 0 1 7 I 3 Ce cahier thématique a été produit par l\u2019équipe des publications spéciales du Devoir grâce au soutien des annonceurs qui y figurent.Ces derniers n\u2019ont cependant pas de droit de regard sur les textes.Pour toute demande d\u2019information quant au contenu de ce cahier, vous pouvez contacter par courriel Loïc Hamon, directeur des publications spéciales, à lhamon@ledevoir.com.Pour vos projets de cahiers ou toute autre information au sujet de la publicité, vous pouvez contacter Mark Drouin, vice-président des ventes publicitaires, à l\u2019adresse courriel mark.drouin@ledevoir.com.des structures qui feraient pâlir d\u2019envie les chercheurs de nombreuses autres disciplines, le CCA offre surtout l\u2019accès à son trésor premier: 60 000 photos, 40 000 dessins et estampes et les archives de plus de 190 architectes.Voilà la principale clé du succès de l\u2019institution montréalaise, qui s\u2019est toujours fixé comme objectif d\u2019être un organisme à diffusion mondiale.Justement, pour assurer sa présence dans de nouveaux pays, le CCA compte surtout sur sa politique expansionniste de publication.Les livres publiés par le CCA (désormais en français, en anglais, en portugais et en espagnol) ne sont d\u2019ailleurs plus uniquement le catalogue des expositions, mais aussi directement le résultat des travaux de recherche produits entre ses murs.Et s\u2019il faut chercher une quelconque permanence au Centre canadien d\u2019architecture, elle se trouve sans doute dans les rayons de la librairie qui contient l\u2019ensemble de ces ouvrages, véritables sommes du savoir, de l\u2019analyse et de la pensée extraits des fameuses archives.Les questions de demain Pour enrichir ce fonds chaque année un peu plus, le CCA laisse maintenant parler sa réputation bien assise.Les grands noms de la discipline, comme récemment le Portugais Alvaro Siza ou le Japonais Shoei Yoh, font honneur au centre en lui offrant leurs archives, certains que leurs travaux seront étudiés et interprétés.Mais l\u2019acquisition de cette matière première ne se fait pas sans un sens extraordinaire de l\u2019anticipation, une vision de ce que seront les thèmes et les questionnements architecturaux du futur: «Pour rester centraux dans le secteur de la recherche, nous devons acquérir des fonds couvrant les problématiques des dix prochaines années, explique Giovanna Borasi.Il faut faire preuve d\u2019intuition, mais nous pouvons aussi compter sur la présence quotidienne des étudiants et des chercheurs pour avoir une fenêtre sur l\u2019avenir.» Et l\u2019avenir des archives est aussi, évidemment, numérique.Une mutation colossale qui agite le monde de la muséographie et impose des changements considérables.Entre des formats déjà abandonnés aujourd\u2019hui, qu\u2019il faut pourtant pouvoir techniquement proposer à la consultation, et la multiplication des fichiers rendue possible par les capacités propres à l\u2019outil numérique, les défis qui attendent le CCA se mesurent en téraoctets.Pour rester en pointe dans son domaine, le CCA s\u2019est d\u2019ailleurs déjà attribué les services d\u2019un archiviste numérique, un atout encore très rare dans le milieu.Une compétence de plus pour anticiper l\u2019avenir de l\u2019architecture et pour s\u2019assurer que la multiplication des questionnements soit la véritable permanence entre les murs du CCA.SUITE DE LA PAGE I 1 CCA C L A U D E L A F L E U R Collaboration spéciale Q ui ne connaît pas le musée Pointe-à-Cal- lière ?Qui ne l\u2019a pas visité\u2026 au moins une fois ?« Il va falloir que vous reveniez nous visiter puisque nous avons renouvelé une bonne partie de nos expositions permanentes et nous ouvrirons un nouveau pavillon en mai », rétorque Anne Élisabeth Thibault, directrice expositions-col- lections de Pointe-à-Callière.Ce musée a ceci de particulier qu\u2019il est situé précisément au lieu où se sont installés ses premiers occupants.Montréal serait la seule ville en Amérique du Nord \u2014 et l\u2019une des rares au monde \u2014 où l\u2019on sait exactement où vivaient ses premiers habitants.Et c\u2019est par ses soubassements et les souterrains adjacents que Pointe-à-Callière nous invite à marcher sur les traces des premiers habitants.Dans quelques semaines, nous annonce Mme Thibault, nous aurons même l\u2019occasion de marcher juste au-dessus des pas des fondateurs de la ville, Paul Chomedey de Maisonneuve et de Jeanne Mance.En effet, le nouveau pavillon qui sera bientôt inauguré recouvre les vestiges du fort de Ville-Marie, qui deviendra plus tard Montréal.«Dans cet édifice, nous avons construit un sol en verre sur lequel les visiteurs marcheront littéralement sur les pas des premiers Montréalistes, précise Mme Thibault.On flotte donc au-dessus de ces vestiges ! » L\u2019archéologie à l\u2019ère du multimédia Les expositions permanentes de Pointe-à-Callière sont liées aux vestiges archéologiques de Montréal, alors que le musée présente des expositions temporaires qui, pour la plupart, mettent en valeur d\u2019autres civilisations ou cer tains aspects particuliers de la vie mont- réalaise.Le musée se fait aussi un point d\u2019honneur d\u2019utiliser les approches les plus novatrices en matière de multimédia, ce qui en fait un leader mondial en la matière.Ainsi, la visite des expositions permanentes s\u2019amorce dans une salle multimédia qui surplombe des vestiges archéologiques intégrés au spectacle.On se dirige ensuite vers le sous- sol, pour visiter l\u2019ensemble des vestiges qui constituent l\u2019exposition permanente.«Pointe-à-Callière présente l\u2019histoire de Montréal à partir de son site de fondation, explique Anne Élisabeth Thibault, donc à partir des vestiges archéologiques que nous avons trouvés.Notre objectif, c\u2019est toujours de faire parler ces vestiges et notre approche, c\u2019est l\u2019humain, donc de faire parler les hommes et les femmes qui ont construit Montréal.» Parmi les plus récentes innovations, explique la directrice expositions-collections, le musée recourt au multimédia pour nous faire vivre une expérience immersive.« Lorsqu\u2019on se dirige vers le Carré des vestiges \u2014 situé sous la place Royale \u2014, on traverse une projection vidéo avec narration et jeux de lumière afin de présenter aux visiteurs les personnages qui constituent l\u2019histoire de Montréal.» Le nouveau système d\u2019éclairage permet notamment de mieux visualiser la succession des dif férents emplacements.Désormais, le musée accorde une place importante au traité de la Grande Paix conclu en 1701 entre les colons de Montréal et les autochtones et qui marque un tournant dans les débuts de Montréal.« On sait que la Grande Paix de Montréal, mise en avant par Louis-Hector de Callière, a eu lieu sur le site actuel du Vieux-Montréal, indique Anne Élisabeth Thibault.Ç\u2019a été un très, très grand événement continental puisque cette paix a ensuite permis de procéder au développement commercial de Montréal.C\u2019est ce qui a fait que Montréal est devenue ce qu\u2019elle est aujourd\u2019hui.» Vers le fort de Ville-Marie par les égouts Chose inusitée, la visite du sous-sol du musée nous amène à parcourir le premier égout collecteur érigé en Amérique du Nord.Construit entre 1832 et 1838, ce majestueux conduit en pierre est demeuré en ser vice jusqu\u2019en 1989.Il s\u2019agit d\u2019un magnifique ouvrage d\u2019ingénierie civile, comme le décrit Mme Thibault.Lors des visites précédentes du musée, on pouvait parcourir une dizaine de mètres de cet égout, qui en fait en réalité 400, s\u2019étendant jusqu\u2019à la rue McGill.Mais voilà qu\u2019on en parcourra désormais 110 mètres afin de parvenir jusqu\u2019aux vestiges du fort de Ville-Marie.«Pour accéder au fort, les visiteurs passeront à travers un artefact qui fait 100 mètres de long : le premier égout collecteur de Montréal, explique fièrement Mme Thibault.C\u2019est un artefact unique à Montréal et dans lequel on vous fait vivre une expérience multimédia complète, avec projections, sons et lumières.Vous verrez, c\u2019est un très, très bel endroit », promet-elle.Ce passage nous mène jusqu\u2019aux vestiges du fort de Ville-Marie, situé sous un petit immeuble à l\u2019ouest du musée.Il s\u2019agit du premier fort bâti par Maisonneuve et Jeanne Mance en 1742 et qu\u2019on vient de mettre au jour.« Les archéologues savaient depuis au moins vingt ans qu\u2019on était sur le site de ce fort, rapporte Mme Thibault.Mais on ignorait son emplacement précis.» Il y a une dizaine d\u2019années, Pointe-à-Callière a eu accès à un petit atelier pour bateaux, désaffecté depuis des décennies.En partenariat avec l\u2019Université de Montréal, des fouilles y ont été menées.« On y a enfin découvert les traces du fort de Ville-Marie, relève Mme Thibault.Ç\u2019a été incroyable ! On a même été capables de modéliser le fort et de voir le terrain qu\u2019il couvrait.» «Nous n\u2019avons pas repéré tout le fort, poursuit- elle, puisqu\u2019il était très vaste, mais nous en avons une portion.Dans nos fouilles, nous avons aussi découvert des vestiges plus récents, ce qui nous permet de suivre l\u2019évolution du site dans le temps, de voir que les résidants ont par la suite construit un puits, une forge, etc.Nous mettons donc en valeur des vestiges de plusieurs périodes.» Le 17 mai prochain \u2014 date qui correspond au 375e anniversaire de fondation de Montréal \u2014, Pointe-à-Callière célébrera ses 25 ans d\u2019existence.Pour souligner ce double anniversaire, le musée s\u2019of fre en cadeau\u2026 en nous donnant accès gratuitement à toutes ses expositions pendant un mois, du 19 mai au 20 juin.« C\u2019est un cadeau que nous nous faisons et que nous faisons aux Montréalais », confirme Anne Élisabeth Thibault.POINTE-À-CALLIÈRE Visite au centre de la ville GSMPROJECT Le renouvellement du système d\u2019éclairage permet de mieux visualiser la succession des dif férents emplacements de l\u2019exposition permanente.«Notre objectif, c\u2019est toujours de faire parler ces vestiges et notre approche, c\u2019est l\u2019humain, donc de faire parler les hommes et les femmes qui ont construit Montréal» GSM PROJECT Illustration du fort de Ville-Marie MUSÉES L E D E V O I R , L E S S A M E D I 4 E T D I M A N C H E 5 M A R S 2 0 1 7 I 4 L\u2019autobiographie de Marc Chagall Mon univers Traduction de Chantal Ringuet et Pierre Anctil groupefides.com MARIE VERMETTE inc.Fleurs, plantes et objets choisis 801, av.Laurier Est, Montréal Livraison 1 877 272-2226 514 272-2225 www.marievermette.com 25 ANS MUSÉE DES BEAUX-ARTS DE MONTRÉAL Le Cabinet de curiosités évoque le salon des collectionneurs.Le Musée d\u2019art contemporain (MAC) manque d\u2019espace sur ses murs depuis longtemps déjà pour exposer les quelque 7600 œuvres qui composent sa collection.C\u2019est pour les présenter « de façon permanente et impermanente à la fois », explique sa conservatrice, que le Musée propose le nouveau concept Tableau(x) d\u2019une exposition, baptisé avec l\u2019accrochage de Car le temps est la plus longue distance entre deux endroits.MUSÉE D\u2019ART CONTEMPORAIN DE MONTRÉAL Faire (re)vivre la collection M A R T I N E L E T A R T E Collaboration spéciale A près avoir reçu plus d\u2019une centaine de tableaux du couple de mécènes Michal et Renata Hornstein, dont sa collection de 77 œuvres de maîtres anciens en 2012, le Musée des beaux-ar ts de Montréal (MBAM) a dû construire un nouvel édifice pour les exposer.C\u2019est le Pavillon pour la Paix Michal et Renata Horn- stein.Inauguré en novembre, il présente quatre étages d\u2019exposition permanente, dans laquelle on a également intégré des pièces contemporaines, pour un total de 750 œuvres.On peut y admirer les plus grands noms de la peinture, de Rembrandt à Picasso en passant par Basquiat.« La donation de Michal et Renata Hornstein au MBAM est la plus importante du genre dans l\u2019histoire du Canada», affirme Hilliard Goldfarb, conservateur senior, Collections, et conservateur des maîtres anciens, au MBAM.La collection couvre plusieurs siècles, de la Renaissance à l\u2019avènement de l\u2019art moderne.Elle se distingue particulièrement par plusieurs peintures hollandaises et flamandes de l\u2019Âge d\u2019or (XVIIe siècle).Comme le couple de mécènes passionné d\u2019art n\u2019a pas donné de restrictions à l\u2019institution muséale, il a été possible d\u2019intégrer ces œuvres avec d\u2019autres de la collection permanente.Par exemple, la donation comprend l\u2019œuvre de Lievens Vieux savant dans son cabinet.Le MBAM a donc choisi de l\u2019accrocher aux côtés du Rembrandt Portrait de jeune femme (Magdalena van Loo ?) qu\u2019il avait déjà dans sa collection.« Les deux peintres ont deux ans de dif férence, ils sont originaires de la même ville dans les Pays-Bas, ils ont étudié à Amsterdam avec le même maître, ils ont travaillé en proche collaboration pendant plusieurs années et plusieurs pensent qu\u2019ils auraient même partagé un studio, indique Hil- liard Goldfarb.Leurs styles sont devenus très semblables à cette époque.» Du côté de la grande tradition flamande de représentation de paysages, on trouve notamment le tableau Grand paysage de montagne avec voyageurs et mendiants (vers 1620) de Joos de Momper le Jeune et Jan Bruegel le Vieux dit de Velours.Imposante, cette toile s\u2019étend sur plus de deux mètres de large.Le célèbre tableau de Waldmüller confisqué par les nazis Ceux qui ont regardé le documentaire L\u2019héritier, ou vu le passage de sa réalisatrice Édith Jorisch à Tout le monde en parle à l\u2019automne, seront heureux de pouvoir apercevoir dans ce pavillon l\u2019œuvre de Waldmüller Enfants rentrant de l\u2019école.Ce tableau ap- par tenait à la famille de Georges Jorisch et il aurait dû lui revenir, avec deux autres tableaux de Klimt.Or, ces œuvres avaient été confisquées par les nazis.Georges Jorisch, Autrichien d\u2019origine installé à Montréal depuis 1957, s\u2019est démené pendant de nombreuses années pour récupérer ces tableaux.Et, il a réussi.C\u2019est cette quête que sa petite-fille, Édith, a racontée dans L\u2019héritier.Georges Jorisch est décédé en 2012 et ce tableau de Wald- müller a été offert au MBAM en guise de reconnaissance pour l\u2019hospitalité que lui a offerte la ville de Montréal.Intégration d\u2019œuvres contemporaines Les dons de Michal et Re- nata Hornstein comprennent également des œuvres plus modernes, comme Au théâtre : femme assise au balcon (vers 1877-1880) de Degas.Puis, l\u2019ouverture d\u2019esprit des mécènes permettait aussi de présenter de l\u2019ar t contemporain aux côtés des œuvres de leur donation.« La vision de Nathalie Bon- dil [directrice générale et conser vatrice en chef du MBAM] était vraiment de créer un concept de galeries afin d\u2019intégrer le contemporain et les maîtres anciens » , explique Hilliard Goldfarb.On a choisi par exemple d\u2019exposer deux œuvres de Picasso : Étreinte et Tête d\u2019un mousquetaire (le cardinal de Richelieu?).Le MBAM présente également deux œuvres de Jean-Mi- chel Basquiat, superstar de la peinture new-yorkaise, décédé d\u2019une surdose à 27 ans.On peut voir Marine (1983) et Un comité d\u2019experts (1982).Pour l\u2019inauguration du Pavillon qui s\u2019inscrit dans le cadre des fêtes du 375e anniver- s a i r e d e M o n t r é a l e t d u 150e de la Confédération canadienne, le MBAM a également pu bénéficier de prêts de collectionneurs montréalais, canadiens et internationaux.C\u2019est ainsi qu\u2019on peut admirer en ce moment l\u2019œuvre de Mark Rothko Sans titre (Rouge sur rouge) réalisée en 1969.Le très célèbre Andy Warhol est également présent grâce au prêt de Campbell\u2019s Chicken Noodle Soup Box, une œuvre créée en 1986.Vivre plusieurs expériences Le MBAM souhaitait que les visiteurs de la collection permanente du Pavillon pour la Paix Michal et Renata Hornstein vivent dif férentes expériences.D\u2019où l\u2019intérêt par exemple d\u2019avoir créé le Cabinet de curiosités, où les visiteurs peuvent prendre le temps de s\u2019asseoir pour obser ver les œu- vres dans cet espace qui évoque le salon des collectionneurs.Ou encore, d\u2019avoir osé l\u2019atmosphère nocturne grâce à des projections pour l\u2019époque romantique.« On trouve plusieurs atmosphères, beaucoup de textes qui permettent de comprendre le contexte des œuvres, des écouteurs pour entendre de la musique : la sensibilité artistique des visiteurs peut être touchée de dif férentes façons, tout dépendant de l\u2019état dans lequel ils visitent le musée ce jour-là, et c\u2019était très important pour nous », affirme Hilliard Goldfarb.Même si elle se dit permanente, la collection internationale évolue.« Nous continuons constamment de faire des acquisitions pour permettre à la collection de continuer de croître», ajoute M.Goldfarb.Le Pavillon pour la Paix Mi- chal et Renata Hornstein compte 5000 mètres carrés.Grâce à deux agrandissements en cinq ans, la superficie totale du MBAM a augmenté de 30 % pour atteindre 53 000 mètres carrés et sa fréquentation a doublé.En 2016, il a accueilli plus d\u2019un million de visiteurs et compte plus de 100 000 membres.MUSÉE DES BEAUX-ARTS DE MONTRÉAL Une collection qui s\u2019enrichit sans cesse C A T H E R I N E G I R O U A R D Collaboration spéciale À l\u2019entrée de la salle, un tableau noir, effacé et sale.Une photographie qui peut paraître banale à première vue.Mais avant qu\u2019on la disperse, cette poussière de craie traçait la formule mathématique du trou noir.C\u2019est grâce à sa nouvelle série de projets Tableau(x) d\u2019une exposition que la conser vatrice de la Collection, Marie- Eve Beaupré, a pu ressor tir cette œu- vre de 2005 de Nicolas Baier.«La collection est vaste, fait-elle valoir.Ce cycle d\u2019expositions évolutives nous permet de présenter des rotations d\u2019œuvres sous forme d\u2019expositions thématiques, ou encore de duo d\u2019ar tistes.On souhaite montrer la collection dans toute sa diversité et la mettre en dialogues avec nos programmations temporaires et nos nouvel les acquisi - tions.On veut que les visiteurs aient toujours le goût de s\u2019infiltrer dans les salles pour voir ce qu\u2019ils peuvent y découvrir de nouveau.» Après cet ar rêt devant la formule disparue du trou noir \u2014 sorte de clin d\u2019œil à l\u2019anti- temps \u2014, on découvre une vingtaine d\u2019œuvres qui expriment le besoin de définir notre rappor t avec le temps et l\u2019espace.« C\u2019est la lecture de la pièce de théâtre La ménagerie de ver re , de Tennessee Williams, qui m\u2019a inspiré le thème de cette exposition », raconte Mme Beaupré en pénétrant dans la salle blanche à l\u2019éclairage tamisé.Dans cette pièce écrite en 1944 et mise en scène l\u2019an dernier à Montréal, les personnages sont confrontés au caractère irréversible du temps.Le titre de l\u2019exposition est une citation tirée de la pièce.« On doit voir cette exposition comme une sor te de nuancier présentant diverses conceptions du temps, qu\u2019il soit linéaire, cyclique ou réseautique » , continue la conservatrice.En parcourant la salle des yeux, on remarque la forme de la spirale qui revient à plusieurs reprises : la sculpture de plexiglas de Françoise Sullivan, qui renvoie à la structure de l\u2019ADN, deux photographies de Bill Vazan sur lesquelles on voit des spirales tracées dans la neige et le sable, une immense toile de Paterson Ewen r e p r é s e n t a n t l e s traces d\u2019étoiles gravitant autour de la Polaire dans la voûte céleste\u2026 « La spirale est un des motifs qui expriment de manière la plus synthétique la conception d\u2019un temps, d\u2019un infini ou d\u2019un espace- temps », explique la conservatrice.Au milieu de la sa l le , une œuvr e d\u2019Eric Cameron intitulée Alarm Clock.Une forme blanche et lisse qui ressemble à un coquillage.On se trouve en fait devant un réveille- matin sur lequel ont été peintes 3295 demi-couches de peintures durant 15 ans.Tout près de cette sculpture du temps figé, la grande œuvre de la vie de Roman Opalka, qui s\u2019est échiné à peindre sur toile l\u2019énumération des chiffres de 1 à l\u2019infini.« Son œuvre se termine avec sa mor t », raconte Mme Beaupré.Des œuvres québécoises, canadiennes et internationales, anciennes et récentes, tirées de la Collection ou nouvellement acquises cohabitent et s\u2019interpellent dans ce premier projet Tableau(x) d\u2019une exposition.Si les visiteurs sont invités à «prendre le temps» de réfléchir et se faire leur propre interprétation des œuvres, un fascicule est mis à leur disposition pour «Le travail des conservateurs, c\u2019est de tricoter une histoire en mettant en dialogues différentes œuvres et de faire des ponts entre la collection déjà constituée et le travail de nos contemporains» RICHARD-MAX TREMBLAY Sarah Sze, Measuring Stick, 2015 VOIR PAGE I 6 : MAC MUSÉES L E D E V O I R , L E S S A M E D I 4 E T D I M A N C H E 5 M A R S 2 0 1 7 I 5 N A D I A K O R O M Y S L O V A Collaboration spéciale L e Musée McCord abrite l \u2019une des plus importantes collections d\u2019objets des Premières Nations en Amérique du Nord, avec plus de 1 400 000 artefacts.C\u2019est dans cette riche collection qu\u2019a puisé l\u2019exposition permanente Porter son identité, qui met à l\u2019avant-scène la di- versi té vest imentaire des Premières Nations, Inuits et Métis.Composée d\u2019une centaine de pièces datant du XIXe siècle et du début du XXe, l \u2019exposit ion présente une partie de cette diversité et ses évolutions sous l\u2019in- f luence européenne.Chez les autochtones, le vêtement foisonne d\u2019informations : le style, l\u2019ornement et les broderies permettent de dire l \u2019origine géographique, le sexe, l\u2019âge et le statut social de celui ou celle qui le porte.Mille façons Les techniques de fabrication ont une bonne place dans Por ter son identité, qui présente plusieurs outils traditionnels.Ces manières de faire sont uniques à c h a q u e c o m m u - nauté, et constituent un précieux héritage culturel, détenu principalement par les femmes.Elles répondent aux contraintes géographiques dans lesquelles chaque peuple évolue, mais aussi à ses croyances propres.Le mocassin est probablement une des pièces d\u2019habillement les plus fascinantes à cet égard.« C\u2019est un objet part a g é p a r t o u s l e s groupes autochtones.Ce qui est extraordinaire, c\u2019est qu\u2019en regardant les mocassins on pouvait savoir de quelle communauté la personne venait, simplement e n r e g a r d a n t l e s pieds », explique Guislaine Le- may, commissaire de l\u2019exposition.Chez les Innus, le mocassin est confectionné par une technique de pincement fin, qui permet de modeler le cuir autour des or teils, avec une langue ornée de fleurs.Les mocassins iroquois sont richement décorés de perlage tridimensionnel, lié à la cosmologie iroquoise, qui considère les plantes et les fleurs comme un cadeau du créateur.Chez les Inuits, la chaussure est faite avec de la peau de phoque, imperméable et sans broderies puisque s a n s c o u t u r e s .T o u t e l a chaussure est faite en plissements, et l\u2019ornementation est réalisée à l\u2019aide d\u2019empiècements de peaux.Le Musée McCord a tenu à concevoir l\u2019exposition en étroite collaboration avec un comité de cinq femmes autochtones.« Je me suis beaucoup appuyée sur leur savoir, sur le message qui leur importait », affirme la commissaire.De cette collaboration est ressorti le besoin de ne pas séparer le vêtement du contexte culturel et spirituel.Le tatouage, perçage, les labrets et l\u2019arrangement des cheveux font intégralement par tie de l\u2019identité culturelle.L\u2019exposition ne se limite donc pas aux vêtements, et prend le soin d\u2019expliquer la signification de chaque pièce selon leur peuple d\u2019origine.Raccommoder le décousu Si l\u2019épisode de la Loi sur les Indiens de 1876 \u2014 avec les réserves et les écoles résidentielles qui l\u2019ont accompagnée \u2014 commence à être connu, peu savent que le vêtement a été un des objets centraux de la violence de la colonisa- t ion .L\u2019expos i t ion Porter son identité est construite à partir de ces deux points de dépar t : le vêtement est un outil d\u2019affirmation identitaire essentiel chez les peuples autochtones, et c\u2019est pour cette raison qu\u2019il a été autant réprimé.« Comme on voulait les assimiler, on voulait qu\u2019ils deviennent comme tout le monde.Donc il ne fallait absolument pas qu\u2019ils af fichent leur identité distincte à travers le vêtement », explique Guislaine Lemay.La Loi sur les Indiens interdisait entre autres aux autochtones de por ter leurs habits traditionnels en dehors de la réser ve, sous peine d\u2019emprisonnement.Et la première violence des écoles résidentielles fut de dépouiller les enfants autochtones de leurs habits, confectionnés avec soin par leur famille, puis de couper leurs cheveux.Longtemps réprimé, méprisé, l\u2019habillement joue désormais un grand rôle dans la revitalisation de l\u2019identité autochtone.L\u2019exposition est enrichie de vidéos de témoignages livrés par des personnalités de diverses communautés autochtones.Dans l\u2019une d\u2019entre elles, Nakuset, directrice d\u2019un foyer pour femmes autochtones à Montréal, raconte que, ayant été adoptée et coupée de ses racines, revêtir les habits traditionnels a été un moyen pour elle de «redevenir autochtone».Réappropriation Loin d\u2019enfermer l\u2019habillement autochtone dans un passé immuable, Porter son identité montre comment la tradition se nourrit toujours de métissage, d\u2019emprunts et d\u2019adaptations.Avec l\u2019arrivée des Européens, de nouvelles matières deviennent disponibles, et les femmes autochtones n\u2019hésiteront pas à les incorporer dans leur confection.La perle de verre, par exemple, prend rapidement une place prépondérante jusqu\u2019à devenir un élément emblématique de l\u2019habit autochtone.Les fils de broderie, les rubans de soie et le lainage qui va progressivement remplacer la peau sont des éléments qui vont passer des Européens aux autochtones.« Ils réinterprètent ces matières selon leur culture », commente Guislaine Lemay.Le contact avec les vêtements européens va aussi modifier le style des habits : la jupe européenne, le manteau ou la chemise seront adoptés par les Premiers Peuples, mais toujours réinterprétés à leur façon.Un manteau de chef fait à partir d\u2019une couverture de la Compagnie de la Baie d\u2019Hudson illustre parfaitement cette dynamique de réappropria- tion.Ces couvertures de laine, obtenues par la traite des fourrures, deviennent des objets de prestige.Rapidement, les autochtones en font des manteaux, décorés de perles et de broderies.Si l \u2019habi l lement autochtone a longtemps été objet d e f a s c i n a t i o n p o u r l e s Blancs, il a aussi été victime de dépossession (pour les of- fr ir aux famil les royales d\u2019Europe, par exemple) et de travestissement.L\u2019exposition nous rappel le ainsi cette époque pas si lointaine (années 1920-1930) où des autochtones ont dû, par stratégie de survie, se déguiser en « Indiens » pour travai l ler dans les foires et les medicine shows.Sur une photo, on voit une jeune femme iroquoise, travaillant pour un de ces spectacles, vêtue d\u2019une robe de peau à franges ty- p i q u e d e s p e u p l e s d e s Plaines.Néanmoins, son sac est brodé dans un style typiquement iroquois.Une façon de ne jamais totalement oublier son identité.MUSÉE MCCORD Une parure pour se dire MUSÉE MCCORD Sac à bandoulière anishinaabe, 1900-1919 MUSÉE MCCORD Amauti de jeune fille aivilingmiut, 1925-1935 POINTE-À-CALLIÈRE LAISSEZ-VOUS TRANSPORTER PAR L\u2019HISTOIRE G S M P r o j e c t A l a i n V a n d a l G S M P r o j e c t MUSÉE MCCORD Jambières d\u2019homme eeyou, 1850-1865 Si l\u2019épisode de la Loi sur les Indiens de 1876 commence à être connu, peu savent que le vêtement a été un des objets centraux de la violence de la colonisation MUSÉES L E D E V O I R , L E S S A M E D I 4 E T D I M A N C H E 5 M A R S 2 0 1 7 I 6 MUSÉE CANADIEN DE L\u2019HISTOIRE Une nouvelle approche muséologique P I E R R E V A L L É E Collaboration spéciale D ans le cadre des célébrations entourant le 150e anniversaire de la Confédération canadienne, le Musée canadien de l\u2019histoire a aménagé une toute nouvelle salle.Cette dernière, d\u2019une superficie de 40 000 pieds carrés, accueillera l\u2019exposition permanente sur l\u2019histoire du Canada, de ses origines à nos jours.La nouvelle salle comprend trois galeries : la première est consacrée à l\u2019origine du Canada jusqu\u2019à la Nouvelle- France, la seconde à l\u2019époque coloniale, de la Conquête britannique jusqu\u2019en 1914, et enfin, la troisième est vouée au Canada moderne, de 1914 à aujourd\u2019hui.Le récit On ne conçoit plus une exposition aujourd\u2019hui de la même manière qu\u2019autrefois.De nos jours, il est impératif que l\u2019exposition propose aux visiteurs une trame narrative.C\u2019est l\u2019approche qu\u2019a empruntée le Musée canadien de l\u2019histoire pour l\u2019élaboration de l\u2019exposition sur l\u2019histoire canadienne.«Non seulement a-t-on divisé la salle en trois galeries, explique Jean-Marc Blais, mais l\u2019on propose à l\u2019intérieur de ces galeries 18 histoires.De plus, ces histoires sont liées, en ce sens qu\u2019une histoire est toujours en lien avec la précédente et la suivante.» De plus, le Musée canadien de l\u2019histoire a innové en élaborant la trame narrative de l\u2019exposition.« Une histoire ou un événement n\u2019est jamais présenté que d\u2019un seul point de vue, mais plutôt selon dif fé- rentes perspectives parce que l\u2019histoire ne se vit pas de la même manière pour tout le monde.Par exemple, lorsque l\u2019exposition traite de l\u2019arrivée des peuples autochtones, cette histoire est présentée selon une perspective archéologique, donc scientifique, mais elle est aussi présentée selon les mythologies des peuples autochtones qui leur servent à expliquer leurs origines.» D\u2019ail - leurs, la présence des Premières Nations dans cette exposition est en soi innovante.« Habituellement, l\u2019on présente l\u2019histoire des peuples autochtones dans une salle à par t.Dans notre cas, les Premières Nations sont présentes tout au long de l \u2019exposition, même dans la galerie consacrée au Canada moderne.» L\u2019approche sensorielle Aujourd\u2019hui, le visiteur d\u2019une exposition muséale ne veut plus seulement déambuler le long d\u2019un parcours, mais veut y participer.« Le visiteur veut que ça soit aussi une expérience.L\u2019approche didactique ne suf fit donc plus et il faut faire appel à une expérience plus sensorielle.Par exemple, lorsqu\u2019on a choisi d\u2019aborder le rôle des Filles du Roy en Nouvelle-France, on a retenu le nom d\u2019une d\u2019entre elles et l\u2019on a établi son arbre généalogique que l\u2019on présente grâce à un véritable arbre, avec branches, que l \u2019on a construit.Cet arbre présente les 600 descendants directs de cette femme.D\u2019une part, c\u2019est une façon très sensorielle de présenter cet événement historique et d\u2019autre par t, une façon éloquente de démontrer l\u2019impor tance du rôle qu\u2019ont joué les Filles du Roy dans le développement de la Nouvelle- France, et par conséquent du Canada.» Un espace de dialogue L\u2019exposition se veut aussi un espace de dialogue.« Les personnes qui viennent visiter ce genre d\u2019exposition viennent rarement seules, et plutôt en famille, entre amis ou en petits groupes.Cela veut dire qu\u2019ils vont se parler entre eux au cours de la visite.L\u2019exposition non seulement le permet, mais aussi l\u2019encourage, en cherchant à stimuler, par divers moyens, les discussions.Ainsi, la trame narrative comprend des moments plus denses, où le visiteur doit davantage se concentrer, mais aussi des moments plus aérés, plus propices à la discussion.De plus, les visiteurs aiment laisser une trace de leur passage et ils peuvent le faire en écrivant leurs commentaires à l\u2019aide d\u2019ordinateurs disposés ici et là.Ces commentaires seront lus et ceux qui nous semblent intéressants pourront par la suite être intégrés à l\u2019exposition.Les visiteurs auront l\u2019occasion de laisser des traces, et ces traces seront ensuite accessibles aux nouveaux visiteurs.» L\u2019artefact Comme il s\u2019agit d\u2019une exposition dans un musée, l\u2019ar te- fact sera au cœur de celle-ci ; l\u2019exposition en présente plus de 3000 si l\u2019on tient compte des images et des cartes géographiques.« Les ar tefacts sont l\u2019ossature de l\u2019exposition et l a t r a m e n a r r a t i v e e s t construite autour d\u2019eux.Mais pour que les ar tefacts jouent leur rôle pleinement, on ne peut plus les présenter de manière conventionnelle.Nous avons une sculpture inuite représentant un Européen.Cette sculpture date de 1350 donc elle est antérieure au moment où l\u2019on croyait possibles les contacts entre Inuits et Européens.Mais la sculpture est toute petite, elle tient dans la paume d\u2019une main.Pour la présenter, et en souligner toute l\u2019importance, il a fallu inventer une mise en scène.» Un lieu évolutif C\u2019est sans doute, selon Jean-Marc Blais, une première dans l\u2019histoire muséale des expositions historiques.L\u2019exposition sur l\u2019histoire canadienne du Musée canadien de l\u2019histoire se veut évolutive.« C\u2019est évidemment une exposition permanente, mais on a voulu que le lieu soit évolutif.Les équipements sont donc conçus afin de pouvoir changer cer tains éléments et en intégrer de nouveaux.Par exemple, ça pourrait être un nouvel artefact que l\u2019on acquiert et que l\u2019on intègre ensuite à l\u2019exposition.Mais l\u2019exposition pourrait aussi être modifiée à la lumière de nouvelles découvertes archéologiques ou historiques.De plus, ce lieu évolutif, surtout dans la troisième galerie, nous permet de nous mettre à jour selon l \u2019histoire canadienne qui se vit aujourd\u2019hui.C\u2019est aussi une manière de démontrer que l\u2019histoire, ce n\u2019est pas que du passé, mais que l\u2019histoire s\u2019écrit aussi au présent.» L\u2019exposition sera inaugurée le 1er juillet 2017.La nouvelle salle dédiée à l\u2019histoire canadienne a été, pour le Musée canadien d\u2019histoire, l\u2019occasion parfaite d\u2019af firmer davantage sa nouvelle approche en muséologie.Entretien avec le directeur général de l\u2019établissement, Jean-Marc Blais.DÉCOUVREZ LE PAVILLON POUR LA PAIX MICHAL ET RENATA HORNSTEIN La construction du pavillon pour la Paix Michal et Renata Hornstein a été réalisée grâce au ?nancement du gouvernement du Québec.Le réaménagement des collections d\u2019art international du Musée a été rendu possible en partie grâce à l\u2019appui du gouvernement du Canada.| Scénographie des salles d\u2019exposition du pavillon pour la Paix Michal et Renata Hornstein.Photos © Marc Cramer | Murale de MU.Photo MBAM, Denis Farley | | | Présentateur de l\u2019année de la paix L\u2019Atelier international d\u2019éducation et d\u2019art-thérapie Michel de la Chenelière : le plus grand complexe éducatif dans un musée d\u2019art en Amérique du Nord.« Un phare culturel » \u2014 Wallpaper « Un nouveau joyau culturel pour Montréal » \u2014 Téléjournal, Radio-Canada « Un nouvel espace absolument sensationnel » \u2014 Forbes, New York En collaboration avec MUSÉE CANADIEN DE L\u2019HISTOIRE Sculpture inuite d\u2019un Européen (vers 1350), ne faisant que 5cm de hauteur environ, est la représentation la plus ancienne d\u2019un Européen (probablement un Scandinave) dans l\u2019hémisphère occidental.leur permettre de connaître l\u2019histoire de chacune.Dans la pièce de gauche, on se retrouve devant une des œuvres phares de l\u2019exposition : Measuring Stick, de l\u2019Américaine Sarah Sze, placée en dialogue avec toutes les autres œuvres.« Cette œuvre est très riche, de belles discussions en émergent, fait valoir Marie- Eve Beaupré.On est ici dans une conception du temps ré- seaumatique.» On a l\u2019impression de se retrouver devant la table de travail de l\u2019ar tiste.Projections d\u2019images sur des morceaux de photographies déchirées, éclats de verre dispersés, la bouteille d\u2019eau, la pomme et le stylo de l\u2019artiste, un bruit d\u2019eau qui coule doucement, le décompte en temps réel calculant la distance qui sépare la ter re et la sonde Voyager 1 dont on a récemment perdu la trace\u2026.« L\u2019œuvre nous ramène à ce temps \u201cpost-it\u201d, comme j\u2019aime l\u2019appeler, dans lequel nous évoluons beaucoup aujourd\u2019hui, explique la conservatrice.Un courriel est ouvert devant nous pendant qu\u2019on essaie de résoudre une problématique, on cherche une recette sur une autre page, une note personnelle est inscrite dans un coin\u2026 Notre cerveau est de plus en plus appelé à travailler ainsi, avec tous ces temps superposés.» Pour marquer l\u2019évolution et les dif férences de la conception du temps, la conser va- trice s\u2019est amusée à faire cohabiter dans la même pièce cette toute récente acquisition avec la plus vieille de l\u2019exposition, une étude du mouvement du photographe Ead- weard Muybridge datant de 1887.«Le travail des conservateurs, c\u2019est de tricoter une histoire en mettant en dialogue dif férentes œuvres et de faire des ponts entre la collection déjà constituée et le travail de nos contemporains », illustre celle qui se dit privilégiée d\u2019avoir une aussi grande collection avec laquelle s\u2019amuser.Finalement, au fond de la pièce, on se retrouve plongé dans la pénombre d\u2019une salle de cinéma.Un grand pouf gris appelle presque à la sieste.Pendant 30 minutes, 10 vidéos défilent sur le grand écran.Des scènes filmées discrètement au Moyen-Orient par une jeune artiste de Calgary dans des lieux non identifiés où il est interdit de filmer ou de photographier.« Elle nous propose une sor te de journal d\u2019observation où la beauté banale entre en contact avec des situations qui nous questionnent aussi sur les repères culturels qui construisent notre regard et l\u2019interprétation que nous en faisons », explique Mme Beaupré.Dix vidéos au rythme lent, très statique, en décalage avec la vitesse à laquelle on s\u2019est habitués à voir défiler l\u2019information.Car le temps est la plus longue distance entre deux endroits devait initialement être présenté jusqu\u2019au 12 mars, mais sa popularité a donné envie au MAC de la prolonger tout le printemps, afin de jouer encore un peu avec le temps.SUITE DE LA PAGE I 4 MAC Après le temps, la politique Derrière les portes closes de la salle voisine, on découvre une autre série d\u2019accrochage du projet évolutif Tableau (X) d\u2019une exposition en plein montage.Présentée dès le 16 mars, cette exposition propose d\u2019abord une réflexion sur les champs politiques et économiques comme des formes d\u2019abstraction, mais qui configurent le monde présent et futur.« Dans le contexte politique dans lequel on vit actuellement, on a besoin que ces grands vecteurs soit transposés dans le monde de l\u2019art », croit la conservatrice Marie-Eve Beaupré.Des œuvres de différentes époques qui renvoient toutes à la dimension symbolique du politique et de ses grands rassemblements sont présentées.Leur pan théâtral y est souligné.Une œuvre majeure de Marcel Dzama, une scène de théâtre composée de visages, personnages, oiseau et fleurs en céramiques, sera l\u2019un des pivots de l\u2019exposition.Finalement, une sélection d\u2019œuvres de toutes les époques proposera en fin de parcours une réflexion sur la représentation de soi ou l\u2019autoportrait, alors que l\u2019égoportrait est au- jourd\u2019hui une pratique des plus courantes."]
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