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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2017-03-13, Collections de BAnQ.

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[" V O L .C V I I I N o 5 4 L E D E V O I R , L E L U N D I 1 3 M A R S 2 0 1 7 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S AUJOURD\u2019HUI Culture \u203a Another brick in the wall \u2013 L\u2019opéra.Nos journalistes Sylvain Cormier et Christophe Huss se prononcent.Page B 8 Actualités \u203a Projet immobilier à Pierrefonds.Confusion autour d\u2019une consultation.Page A 2 Avis légaux.B 2 Décès.B 6 Météo.B 5 Mots croisés.B 5 Petites annonces .B 6 Sudoku.B 4 ?w w w .l e d e v o i r .c o m I S A B E L L E P O R T E R à Québec P romise il y a six mois, la révision des examens théoriques de la Société de l\u2019assurance automobile (SAAQ) n\u2019a pas encore abouti.En attendant, des immigrants continuent de voir leurs projets de vie bloqués par les examens actuels.Sébastien Carrier est exaspéré.L\u2019un de ses meilleurs employés s\u2019apprête à quitter le Québec pour l\u2019Ontario parce qu\u2019il n\u2019est pas capable de passer son examen théorique au Québec.« J\u2019ai dû mettre l\u2019équivalent d\u2019une semaine de travail à temps complet à chercher une solution, dit-il.Il n\u2019y a personne à la SAAQ qui a essayé de m\u2019aider.[\u2026]» L\u2019employé en question, Abdul Rachid, est un réfugié birman.Il ne parle presque pas français, mais c\u2019est un machiniste d\u2019expérience et l\u2019entreprise de la famille Carrier, Usitech, en manque cruellement.M.Carrier était d\u2019ailleurs en Asie cette semaine dans l\u2019espoir d\u2019en recruter d\u2019autres.«Je suis en train de me battre pour garder un employé à Québec et, en même temps, j\u2019essaie d\u2019en trouver deux de plus aux Philippines.» Il ne comprend pas pourquoi rien n\u2019est prévu pour des gens comme Abdul Rachid à la SAAQ SAAQ La réforme promise se fait attendre Grogne et impatience face à des examens de conduite théoriques toujours inadaptés aux immigrants L I S A - M A R I E G E R V A I S D ans un vieux hangar sombre, un homme est plaqué au sol sur le dos, la tête couver te d\u2019un tissu, tandis qu\u2019on lui verse un seau d\u2019eau sur le visage pour bloquer ses voies respiratoires et créer un simulacre de noyade.Pendant qu\u2019il suffoque et qu\u2019il se débat, son interrogateur-bourreau lui hurle : « Quand as-tu vu Ben Laden pour la dernière fois ?» Cette scène de torture ouvre le controversé Zero Dark Thirty, film inspiré de la traque \u2014 jusqu\u2019à l\u2019assaut final \u2014 du numéro 1 d\u2019Al- Qaïda.Cette horreur n\u2019est pas qu\u2019une fiction.Elle est aussi la vraie vie d\u2019Ammar al-Baluchi, détenu par les autorités américaines depuis 2003 et prisonnier à Guantanamo depuis septembre 2006.Le La vie à Guantanamo Entretien avec les avocats de Ammar al-Baluchi, détenu dans la prison militaire américaine depuis 2006 JACQUES NADEAU LE DEVOIR Me Raashid Williams fait partie de l\u2019équipe de défense d\u2019Ammar al-Baluchi.VOIR PAGE A 8 : PRISON CINÉMA XAVIER DOLAN TRIOMPHE AUX PRIX ÉCRANS CANADIENS LOIC VENANCE AGENCE FRANCE-PRESSE Déjà auréolé du Grand Prix au festival de Cannes et de trois prix César, Juste la ?n du monde de Xavier Dolan (absent de la cérémonie) a ajouté plusieurs autres récompenses à son impressionnante collection, lors du gala des prix Écrans canadiens, dimanche soir, dont celles du meilleur ?lm et de la meilleure réalisation.Page B 8 Mobilité Les banlieues peinent à s\u2019adapter à la des aînés Page B 5 Société Ces adolescents qui ?itrent avec le pouvoir Page A 5 Pays-Bas Crise diplomatique avec la Turquie à la veille d\u2019un scrutin clé Page B 1 VOIR PAGE A 8 : SAAQ H É L È N E B U Z Z E T T I Correspondante parlementaire à Ottawa L e premier affrontement entre les quatre aspirants chefs du NPD aura été tout sauf un affrontement, justement.Les candidats ont davantage tenté de séduire les militants à l\u2019écoute que de mettre en lumière leurs divergences avec leurs adversaires.Même la question des pipelines, qui les divise pourtant, n\u2019a pas généré d\u2019étincelles.Les députés Charlie Angus, Niki Ashton, Guy Caron et Peter Julian ont croisé le fer pour la première fois de cette course à la chefferie devant se poursuivre jusqu\u2019en octobre.D\u2019entrée de jeu, ils se sont tous mis d\u2019accord pour dire que la croissance des inégalités économiques, la préca- risation des emplois et l\u2019appauvrissement des ménages étaient leur priorité numéro un.En guise de réplique à Justin Trudeau, qui vante sans cesse les vertus de la classe moyenne «et de ceux qui travaillent for t pour s\u2019y joindre », Charlie Angus a soutenu que : « la classe moyenne est devenue la nouvelle classe ouvrière, sans bénéfices et sans pension.» Bref, qu\u2019il n\u2019est pas suffisant de vouloir en élargir les rangs.Les candidats ont dit à l\u2019unanimité qu\u2019il fallait, dans la foulée de la cuisante défaite électorale de 2015, reconstruire les ponts avec la base militante.Niki Ashton s\u2019est démarquée du lot en laissant entendre que la victoire ne devait pas être l\u2019objectif premier du NPD.« Il ne s\u2019agit pas seulement de la prochaine élection.Il faut Leadership du NPD : un premier échange sans flammèches VOIR PAGE A 8 : NPD Comment êtes-vous arrivée à la direction générale de l\u2019INM?Je suis à l\u2019INM depuis huit ans et j\u2019ai été directrice générale adjointe pendant trois ans.Quand Michel Venne a annoncé son retrait, j\u2019ai senti que c \u2019étai t mon tour.Je m\u2019inscris dans une conti - nuité, pas en rupture, avec l\u2019organisation.Qu\u2019aimez-vous dans cette organisation?J\u2019ai toujours eu envie de faire un travail qui allait servir, qui aurait un impact plus ou moins grand autour de moi.J\u2019aime écouter les gens.L\u2019INM est donc une sorte de grande oreille tendue à la société québécoise?Notre mission se résume en une phrase : accroître la participation des citoyens à la vie démocratique.Concrètement, nos travaux servent à éclairer les décideurs dans leurs choix, entre les élections auxquelles les citoyens participent d\u2019ailleurs de moins en moins.Il s\u2019agit d\u2019un contrepoids de la démocratie représentative?Je dirais plutôt un complément.Nous sommes dans l\u2019esprit du renforcement des institutions démocratiques avec notre université d\u2019été, nos colloques, nos conférences, nos débats, nos rapports ou notre livre annuel L\u2019état du Québec.Où se situe l\u2019INM sur l\u2019échiquier politique?Nous n\u2019avons pas de programme politique à défendre.Nous n\u2019avons pas d\u2019opinion comme organisation.Nous écoutons les opinions des gens et nous les relayons.Entendez-vous de la grogne monter ici contre les élites ou les institutions comme cette grogne gonfle un peu partout?Je sens sur tout une envie de dialoguer, une envie de faire circuler les idées.L\u2019INM propose des lieux de rencontres où les gens peuvent s \u2019exprimer en toute confiance et dans le respect.L\u2019INM cherche aussi à présenter toutes les options disponibles.Mais dans certains dossiers, oui, on en voit des citoyens en colère, dans les dossiers d\u2019aménagement du territoire par exemple.Cette colère est traduite clairement dans nos rapports.La consultation elle-même peut-elle devenir, sinon un moyen pour retarder la prise de décision, au moins une sorte de mécanique pour préparer à l\u2019inéluctable?Cette idée circule.Nous, nous travaillons en mettant en œuvre ce que nous appelons les règles de l\u2019art.Avec les années nous avons codifié notre pratique.La reddition de comptes et le suivi font partie de cet art de consulter.Je ne suis d\u2019ailleurs pas prête à faire le procès des décideurs dans ce contexte.On ne soupçonne même pas l\u2019impor tance que peut avoir toute la démarche participative pour établir une confiance entre les décideurs et les citoyens.Pouvez-vous donner un exemple concret des ef fets de vos consultations?Je vais citer un des premiers projets sur lesquels j\u2019ai travaillé à l\u2019INM, celui du jury citoyen sur la possibilité de permettre le financement des partis politiques par les entreprises.L\u2019exercice nous a été commandé par le Directeur général des élections (DGE).Nous avons donc constitué un panel de façon aléatoire à partir de la liste électorale.Nous avons réuni un micropublic, un pompier volontaire, une étudiante en comptabilité, un professionnel à la retraite, etc.Nous avons accompagné nos jurés en les renseignant sur le financement des partis, en tenant des audiences publiques.Ils ont délibéré et leur verdict a rejeté l\u2019idée du financement des partis politiques par les entreprises.Le DGE a reçu l\u2019avis et d\u2019autres recommandations, et les a déposés en commission parlementaire en 2010.Certaines de ces recommandations ont été retenues.Quels seront les axes de développement de l\u2019INM sous votre gouverne?Nous allons développer davantage les technologies de participation citoyenne en ligne, les «civic-tech».Nous voulons nous assurer de trouver la même qualité dans les débats en ligne que dans les débats en présentiel.Les façons de s\u2019engager ont changé avec les années.Les gens ne souhaitent plus nécessairement s\u2019engager dans un parti politique ou se contenter de voter tous les quatre ans.Il faut se donner d\u2019autres moyens de consulter la population.Nous allons aussi mettre l\u2019accent sur la formation.On demande aux citoyens comme aux élus et aux fonctionnaires d\u2019être compétents et habiles en consultation, alors il faut améliorer la formation à la participation publique.C\u2019est la base.Il faut mieux maîtriser les règles de l\u2019art.Propos recueillis par Stéphane Baillargeon Le Devoir L E D E V O I R , L E L U N D I 1 3 M A R S 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 2 M A R I E - M I C H È L E S I O U I L\u2019 Of fice de consultation publique de Montréal (OCPM) dévoilera ce lundi l\u2019horaire de la consultation publique concernant un vaste projet immobilier de Pierrefonds- Ouest, un exercice citoyen qui doit of ficiellement ser vir à écrire un programme particulier d\u2019urbanisme (PPU)\u2026 qui serait pourtant déjà écrit.Depuis plus de dix ans, la Ville de Montréal, les promoteurs du projet immobilier Cap Nature et divers groupes citoyens et écologistes y vont d\u2019études et de déclarations attestant le bien-fondé, ou encore le danger, d\u2019aller de l\u2019avant avec ce projet de 5500 logements, qui prévoit aussi la protection de 180 hectares de milieux naturels et l\u2019agrandissement du parc-nature de l\u2019Anse-à-l\u2019Orme.Le 26 mars, l\u2019OCPM tiendra une journée portes ouvertes et une séance d\u2019information officielle, qui jetteront les bases des séances d\u2019auditions, qui commenceront dans la semaine du 2 mai.Selon le site de l\u2019Of fice, « la consultation publique a pour but de valider et de bonifier une vision d\u2019avenir pour le secteur qui soit partagée par la communauté.Cette vision servira de base à l\u2019écriture d\u2019un projet de programme par ticulier d\u2019urbanisme qui fera l\u2019objet d\u2019une nouvelle consultation publique».Or, le lobbyiste David Cliche, qui représente les promoteurs de ce projet, prétend qu\u2019il tient entre ses mains la 22e version de ce PPU, qui composera en partie le plan d\u2019urbanisme.Ce document n\u2019apparaît nulle part dans la documentation fournie au public par l\u2019OCPM, à la veille de la consultation publique.« Je trouve ça incongru, inacceptable de ne pas rendre [le 22e PPU] public.Les gens vont parler dans le beurre, dire n\u2019impor te quoi », s\u2019inquiète déjà David Cliche.La présidente de l\u2019OCPM, Dominique Ollivier, admet avoir demandé des «éclaircissements» à la Ville, afin de savoir si cette 22e version existe vraiment et de comprendre pourquoi l\u2019administration montréa- laise ne l\u2019a pas partagée avec le public.« On a revérifié, parce que pour nous, c\u2019est important que l\u2019opinion citoyenne soit prise en compte.On nous a dit qu\u2019on fait table rase de tout ce qui a été fait jusqu\u2019à maintenant et qu\u2019on repart à neuf à partir des douze principes qui sont dans le document que nous soumettons à la consultation publique», a-t-elle rapporté.Il arrive qu\u2019un PPU soit écrit avant le début d\u2019une consultation publique, a-t-elle ajouté.La consultation sert alors à valider, ou pas, ce que ce programme contient.Mais encore faut-il que la population ait pu en prendre connaissance, explique David Cliche.«Sinon, ça va déraper, prévient-il.Les gens vont dire n\u2019impor te quoi.Ils vont parler d\u2019un projet qu\u2019ils ne connaissent pas.» À la Ville de Montréal, le relationniste François Goneau a indiqué au Devoir que le secteur de Pierre- fonds-Ouest a fait l\u2019objet d\u2019une démarche de planification en 2005.La Ville de Montréal s\u2019est basée sur les données qu\u2019elle a alors obtenues pour effectuer l\u2019analyse financière du projet et conclure «à la rentabilité financière fiscale pour la Ville de ce projet sur un horizon de 10 ans », a écrit le relationniste.C\u2019est aussi sur ces données que se base Montréal pour estimer les «charges de la Ville », évaluées à 40,2 millions de dollars «pour assumer les coûts associés au surdimensionnement des infrastructures d\u2019égout et d\u2019aqueduc», a-t-il ajouté.Ce chiffre de 40,2 millions, Dominique Ollivier n\u2019en a pas entendu parler.« Je n\u2019ai pas ce rapport technique là », a-t-elle reconnu.L\u2019OCPM a cependant le pouvoir de demander à la Ville de fournir certains documents réclamés par les citoyens, a-t-elle fait valoir.Avec Jeanne Corriveau Le Devoir Confusion autour d\u2019une consultation à Montréal Un lobbyiste pour le projet Cap Nature dit déjà détenir le document qui serait rédigé à l\u2019issue d\u2019audiences publiques L\u2019 idée de doter la province d\u2019une politique nationale de l\u2019architecture n\u2019est pas morte dans l\u2019œuf.Afin de la remettre à l\u2019ordre du jour, une vaste « conversation publique» s\u2019amorcera dès mardi prochain dans la Vieille Capitale.C\u2019est l\u2019Ordre des architectes du Québec (OAQ) qui est à l\u2019origine de cette démarche devant se poursuivre jusqu\u2019au 1er juin.D\u2019ici là, des citoyens de 13 villes auront été consultés.Les populations de Québec, de Rouyn-Noranda, de Saguenay, de Rimouski, de Sherbrooke, de Longueuil, de Drummond- ville, de Saint-Jérôme, de Laval, de Gatineau, de Joliette, de Trois-Rivières et de Montréal seront successivement invitées à s\u2019exprimer.Pour encadrer les échanges, quelques thématiques ont déjà été choisies par l\u2019OAQ.Ainsi, les par ticipants à l\u2019exercice pourront notamment expliquer en quoi l\u2019architecture influe sur leur vie quotidienne, ils auront aussi la possibilité de dire ce qui leur plaît dans les édifices et les lieux publics de leur voisinage ou encore de dire comment il faudrait s\u2019y prendre pour sauvegarder le patrimoine bâti.Lors d\u2019une récente entrevue avec La Presse canadienne, la présidente de l\u2019Ordre des architectes du Québec, Nathalie Dion, a résumé à quoi serviront les renseignements récoltés par son organisation.« Quand on aura terminé la tournée, on va colliger les informations et faire un bilan [\u2026].On veut s\u2019en servir pour déposer un mémoire auprès du gouvernement demandant la création d\u2019une politique » nationale sur l\u2019architecture, a-t- elle mentionné.Mme Dion a ajouté que son organisation est bien consciente qu\u2019un tel projet ne peut pas se réaliser en criant «lapin».« On sait que l\u2019adoption d\u2019une politique, ça ne se fait pas sur le coin d\u2019une table.Ça prend un travail de fond [\u2026].Ça fait quand même trois ans qu\u2019on a démarré [le projet]», a- t-elle souligné.Nathalie Dion a, cependant, soutenu que le jeu en vaudrait assurément la chandelle.« Ça permettrait de doter l\u2019État d\u2019une vision commune de l\u2019architecture [\u2026], d\u2019harmoniser les règles, les règlements, ce qui ferait en sorte que les bâtiments répondraient durablement aux défis d\u2019aujourd\u2019hui et de demain.On peut parler des changements climatiques, du vieillissement de la population, de la cohésion des communautés et de la préservation du patrimoine», a-t-elle plaidé.La Presse canadienne L\u2019architecture au coeur d\u2019une vaste « conversation publique » à Québec VILLE DE MONTRÉAL Le projet immobilier Cap Nature compte 5500 logements et prévoit la protection de 180 hectares de milieux naturels.Le directeur fondateur de l\u2019Institut du Nouveau Monde (INM), Michel Venne, passe la barre à son adjointe, Julie Ca- ron-Malenfant.La jeune patronne (elle aura 40 ans ce mois-ci) diplômée en administration des af faires et en science politique (2002) explique sa vision de l\u2019organisme qui se consacre à la participation des citoyens à la vie démocratique.Julie Caron-Malenfant, l\u2019oreille en chef Entrevue avec la nouvelle directrice générale de l\u2019Institut du Nouveau Monde JACQUES NADEAU LE DEVOIR Julie Caron-Malenfant a rejoint l\u2019INM en 2009.«Je trouve ça incongru, inacceptable de ne pas rendre [le 22e PPU] public» L E D E V O I R , L E L U N D I 1 3 M A R S 2 0 1 7 ACTUALITES A 3 L E E B E R T H I A U M E à Ottawa A lors que le gouvernement libéral fédéral subit de la pression à l\u2019international pour augmenter ses dépenses militaires, le ministère de la Défense nationale peine à atteindre les objectifs d\u2019économies et d\u2019ef ficience déjà formulés quant à l\u2019administration des milliards de dollars qu\u2019il reçoit chaque année.Le plan de renouvellement de la Défense a été lancé avec faste en 2013 et visait à faire des économies totalisant entre 750 millions et 1,2 milliard de dollars, un montant qui pourrait être redirigé vers la formation, l\u2019entretien et d\u2019autres activités de première ligne.Le plan sur cinq ans devait réduire le nombre de gestionnaires, centraliser les activités et accroître l\u2019utilisation de simulateurs.Des avancées ont été réalisées, avec des économies d\u2019environ 265 millions ayant été utilisées pour répondre à d\u2019autres « pressions financières », a fait valoir le porte-parole du ministère Daniel Le Bouthillier.Cela inclut l\u2019achat de plus de pièces de rechange pour les véhicules militaires et l\u2019investissement dans les centres de formation.M.Le Bouthillier a affirmé par courriel que la Défense nationale se faisait une « grande fierté » de gérer de manière responsable les fonds publics et que le travail se poursuivrait vers l\u2019atteinte des objectifs.Le fait est que le ministère ne respectera pas sa cible de départ et qu\u2019il aura besoin d\u2019au moins 18 mois additionnels pour atteindre la dernière por tion de son nouvel objectif de 700 millions en économies.Toutefois, même ce scénario pourrait être trop optimiste, alors que des documents internes montrent que les responsables travaillent à dégager des économies dans un certain nombre de secteurs qui n\u2019en ont produit aucune jusqu\u2019à maintenant.Le ministre de la Défense, Harjit Sajjan, a af firmé qu\u2019il revenait à tous les ministères, particulièrement la Défense nationale, qui reçoit environ 20 milliards par année, de s\u2019assurer que l\u2019argent des contribuables est dépensé intelligemment.« C\u2019est ce à quoi s\u2019attendent les Canadiens », a-t-il affirmé en entrevue à La Presse canadienne.Mais M.Sajjan a aussi dit qu\u2019il ne contraindrait pas le ministère à prendre des actions qui nuiraient à la capacité de l\u2019armée d\u2019accomplir son travail.« Je veux voir [les responsables] poursuivre les ef forts, et ils le font.Mais je ne vais pas commencer à retirer des moyens qui vont enlever des capacités à nos soldats », a dit le ministre.Les objectifs initiaux du ministère pourraient avoir été trop ambitieux, mais les ef- for ts pour réduire le gaspillage et trouver des économies ont été inégaux au sein du ministère et de l\u2019armée, a soutenu l\u2019analyste David Perr y, de l\u2019Institut canadien des affaires mondiales.«Si vous détaillez ces économies, elles sont d\u2019une certaine façon inégalement distribuées.Certains secteurs du ministère ont pris [ces efforts] au sérieux, et d\u2019autres, non», a-t-il fait valoir.Le fait est que réduire le gaspillage demeure important, a dit M.Perry, étant donné que certaines portions de l\u2019armée manquent encore de ressources et que les indices montrent de plus en plus qu\u2019Ottawa n\u2019envisage pas d\u2019augmenter de manière considérable les dépenses en défense dans le budget qui sera déposé le 22 mars.La Presse canadienne Le ministère de la Défense nationale peine à atteindre ses objectifs d\u2019économies JACQUES NADEAU LE DEVOIR La députée de Vachon a encore une fois défendu sa volonté de cumuler des postes : tous les chefs de partis politiques le font, selon elle.P A U L I N E G R A V E L Martine Ouellet était rayonnante dimanche matin alors qu\u2019elle officialisait sa candidature à la direction du Bloc québécois (BQ) au bureau de la permanence du parti, à Montréal.À cette occasion, elle a souligné que sa présence à Ottawa lui permettrait de préparer encore mieux l\u2019indépendance du Québec.Après la remise des 1700 signatures de soutien \u2014 qui respectent les conditions de 15 signatures dans un minimum de 25 circonscriptions \u2014 ainsi que le montant requis de 15 000$ au président d\u2019élection de la course, ce dernier a confirmé la candidature de Martine Ouellet, laquelle a confié s\u2019être décidée à se lancer dans cette course en raison du dynamisme du BQ.«Le Bloc est un parti fort, qui bouge, qui rayonne par son énergie et son audace, [\u2026] avec dix députés brillants, intelligents et qui ont une grande expertise», a-t-elle indiqué.Mme Ouellet a affirmé qu\u2019elle entend poursuivre, en collaboration avec tous les partis indépendantistes (le Parti québécois, Québec solidaire, Option nationale) et les organisations de la société civile, comme OUI-Québec, son projet de «50 + 1 réponses pour l\u2019indépendance», un outil de vulgarisation sur les questions que soulève l\u2019indépendance du Québec.En conférence de presse, elle a rappelé les dossiers qui lui tiennent à cœur, dont celui de la rené- gociation de l\u2019ALENA annoncée par Donald Trump.«Il est important que le Québec affirme ce qu\u2019il souhaite dans cette entente, car tant que le Québec n\u2019est pas indépendant, c\u2019est le Canada qui négocie à notre place», a-t-elle fait remarquer.Elle a promis de tout faire pour endiguer l\u2019exode des fleurons et des sièges sociaux québécois.«Le pouvoir qui permet d\u2019empêcher l\u2019exode des sièges sociaux est à Ottawa.Avec les députés du Bloc, je demanderai qu\u2019aucune signature du gouvernement canadien autorisant l\u2019exode d\u2019entreprises québécoises ne se fasse sans l\u2019accord du Québec», a-t- elle annoncé.Le «vrai» Justin Trudeau Martine Ouellet a fustigé l\u2019attitude du premier ministre Justin Trudeau face aux pétrolières.«Justin Trudeau a fait du théâtre [à la Conférence sur le climat qui avait lieu en décembre 2015] à Paris.On a découvert le vrai Justin Trudeau cette semaine alors qu\u2019il recevait un prix des pétrolières.Or, au Québec, nous ne voulons pas de l\u2019oléoduc d\u2019Énergie Est d\u2019aucune espèce de façon.Les maires, les citoyens, les groupes environnementaux et plusieurs partis politiques disent qu\u2019ils ne veulent pas d\u2019Énergie Est.Mais tant que le Québec n\u2019est pas indépendant, ce n\u2019est pas lui qui prend la décision ultime», a-t-elle lancé.Elle désire également s\u2019attaquer à la lutte contre l\u2019évasion fiscale, accusant le Canada de se traîner les pieds en cette matière.« Il est temps que le Canada cesse de retenir les informations concernant les entreprises québécoises [qui cachent des millions dans des paradis fiscaux] et qu\u2019il les transfère au Québec afin que nous puissions agir», a-t-elle déclaré.Quand on lui reproche de demeurer députée à l\u2019Assemblée nationale alors qu\u2019elle annonce sa candidature à la direction du BQ, elle réplique que tous les chefs de parti cumulent plus d\u2019une fonction.«Je ne vois pourquoi ce serait plus difficile pour moi que pour Jean-François Lisée, François Legault et même Philippe Couillard, qui pour sa part cumule trois responsabilités.C\u2019est clair que je continuerai d\u2019être présente pour les citoyens de mon comté de Saint-Hubert.Le cumul des postes est la réalité de tous les chefs de partis politiques», a-t-elle rappelé.«Ce n\u2019est pas du tout un problème, c\u2019est même un avantage de pouvoir avoir un pied à Ottawa et un pied à Québec, ça permet de mener un travail \u201ctransparlementaire\u201d, de mettre en lumière les incompétences du Canada et de voir comment le Québec pourrait faire mieux une fois indépendant», a-t-elle fait valoir.«La meilleure façon de préparer l\u2019indépendance est au BQ, à Ottawa, parce que tous les outils dont nous avons besoin pour être reconnu comme un pays devant les Nations unies sont à Ottawa.» Mme Ouellet salue l\u2019arrivée de Gabriel Nadeau- Dubois en politique, lui qui tentera de se faire élire à l\u2019Assemblée nationale sous la bannière de Québec solidaire.«C\u2019est une bonne nouvelle pour l\u2019ensemble du mouvement souverainiste qu\u2019une personne qui s\u2019est annoncée clairement comme indépendantiste décide de faire de la politique active», a- t-elle affirmé tout en indiquant qu\u2019elle partage plusieurs points de vue avec M.Nadeau-Dubois dont son opposition au projet Énergie Est.Martine Ouellet a également souligné le fait qu\u2019elle peut compter sur le soutien d\u2019une équipe pleine d\u2019énergie qui provient de toutes les régions du Québec.L\u2019élection du nouveau chef du Bloc québécois aura lieu le 22 avril prochain et les candidatures sont acceptées jusqu\u2019au 15 mars.Le Devoir Martine Ouellet officialise sa candidature à la chefferie du Bloc québécois V I C K Y F R A G A S S O - M A R Q U I S L\u2019ancien porte-parole étudiant Gabriel Na- deau-Dubois, qui aspire maintenant à devenir co-porte-parole et député de Québec solidaire, pourra-t-il attirer dans son giron les jeunes avec qui il avait créé un lien fort lors de la crise étudiante de 2012 ?Selon une spécialiste de la question, le militant âgé de 26 ans pourrait au moins consolider les gains de Québec solidaire dans les dernières années auprès de ces électeurs et qui sait, peut-être en inciter d\u2019autres à s\u2019impliquer dans le processus politique.Valérie-Anne Mahéo, chercheuse postdocto- rale au Département de science politique de l\u2019Université de Montréal, rappelle que les jeunes militants qui s\u2019étaient mobilisés lors de la crise étudiante ont été beaucoup plus nombreux à se ranger derrière Québec solidaire (QS) lors des élections de 2012 et de 2014.En 2014, de jeunes électeurs avaient aussi migré du Parti québécois (PQ) vers QS.Selon Mme Mahéo, les idées de Gabriel Na- deau-Dubois résolument à gauche et loin du nationalisme identitaire pourraient aussi aider QS à ratisser plus large chez les jeunes.Dans une recherche réalisée avec le politologue Éric Bélan- ger, la chercheuse a découvert que les jeunes de la génération Y \u2014 âgés de 18 à 34 ans \u2014 formaient le groupe d\u2019électeurs qui étaient les plus à gauche et les plus contre la charte des valeurs proposée par le gouvernement péquiste en 2014.Cette génération était aussi celle qui a le moins voté pour le PQ en 2014, selon cette même étude rendue publique en septembre 2016.Exercer son droit de vote Mais encore faut-il que les jeunes votent.À la dernière élection, les Y étaient deux fois plus susceptibles de s\u2019abstenir que la génération X.« Il [M.Nadeau-Dubois] pourrait aller chercher certains jeunes qui ne votent pas parce qu\u2019ils ne sont pas forcément intéressés, mais il y en a certains du mouvement étudiant, de la frange plus radicale, qu\u2019il aura plus de mal à aller chercher», a prédit la chercheuse.Le principal intéressé compte travailler pour rejoindre ces jeunes.M.Nadeau-Dubois reconnaît que ces électeurs tournent le dos aux manières traditionnelles de faire de la politique, mais il souhaite s\u2019inspirer de Bernie Sanders, candidat malheureux à l\u2019investiture démocrate aux États-Unis, qui a toutefois réussi à créer un mouvement constitué en partie des plus jeunes de la société.« Il y a de plus en plus de gens, et de jeunes, intéressés par l\u2019action concrète, [par le fait de] poser des gestes concrets, quotidiens pour atteindre des objectifs clairs », a-t-il soutenu en entrevue téléphonique.«Le dernier exemple, c\u2019est Bernie Sanders aux États-Unis, qui a construit sa campagne de cette ma- nière-là en s\u2019inspirant des mouvements citoyens, en utilisant beaucoup la technologie.Québec solidaire peut et doit prendre ce virage-là», a-t-il expliqué.M.Nadeau-Dubois reconnaît que le fait d\u2019entrer en politique active pourrait lui nuire auprès de certains jeunes, qui pourraient lui reprocher de faire des compromis comme c\u2019est souvent le cas dans le travail parlementaire.Les jeunes des régions Un autre défi se pose pour Québec solidaire, qui devra aussi rejoindre les jeunes des régions.Québec solidaire demeure un parti enraciné à Montréal : en 2014, ses trois députés ont été élus sur l\u2019île.Valérie-Anne Mahéo fait remarquer que le militant a pu se créer un réseau avec la tournée «Faut qu\u2019on se parle», qui a organisé des évé- nements dans les quatre coins du Québec.Québec solidaire élira ses nouveaux porte-parole le 21 mai prochain.Quant à l\u2019élection dans la circonscription de Gouin, la date n\u2019est pas encore fixée, mais elle doit avoir lieu au plus tard le 19 juin prochain, selon la loi.L\u2019investiture de Québec solidaire se déroulera le 26 mars prochain.Peu importe ce qui lui arrivera au terme de ce processus, M.Nadeau-Dubois affirme qu\u2019il s\u2019impliquera dans le parti.« Je souhaite que ce soit à titre de député de Gouin, je souhaite que ce soit également à titre de co-porte-parole.Si c\u2019est seulement un des deux, voire aucun des deux, ça ne change rien à ma décision profonde qui est celle de m\u2019en aller en politique parce que je pense que le Québec a besoin d\u2019un renouveau», a-t-il conclu.La Presse canadienne Nadeau-Dubois ralliera-t-il les militants de 2012 ?JEAN-FRANÇOIS NADEAU La chronique fait relâche cette semaine.JUSTIN TANG LA PRESSE CANADIENNE Le ministre de la Défense, Harjit Sajjan Il y a de plus en plus de gens, et de jeunes, intéressés par l\u2019action concrète Gabriel Nadeau-Dubois « » L E D E V O I R , L E L U N D I 1 3 M A R S 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 4 Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 A M É L I E B A R O N à Gonaïves U n autobus a foncé dans une foule de musiciens de rue dimanche dans la ville haïtienne de Gonaïves, tuant 34 personnes au total et en blessant 17 autres.« Le bus a d\u2019abord heur té deux piétons, faisant un mort et un blessé » , a expliqué à l\u2019AFP Marie-Alta Jean Baptiste, directrice de la protection civile haïtienne.« Il s\u2019est alors enfui et s\u2019est trouvé face à trois bandes de rara [des musiciens à pied, NDLR].Il leur a foncé dessus et 33 personnes sont mortes.» Ar rivés rapidement sur place, les services de secours ont transpor té les blessés à l\u2019hôpital de la ville de Go- naïves, à environ 150 km au nord-ouest de Port-au-Prince, et les policiers ont contenu les mouvements de colère de la population.« Les gens qui n\u2019ont pas été vict imes de l \u2019accident ont tenté de brûler l\u2019autobus avec ses passagers dedans », a indiqué Faustin Joseph, coordonnateur de la protection civile pour le dépar tement de l\u2019Artibonite.Retour au calme en après-midi M.Joseph a d\u2019abord expliqué que le chauffeur avait été «placé en sécurité dans le commissariat de Gonaïves » avec les passagers.Mais la police a ensuite indiqué qu\u2019il avait fui avant l\u2019arrivée des agents sur le site de l\u2019accident et qu\u2019elle tentait de l\u2019identifier.Il travaillerait pour Blue Sky, une compagnie qui assure des trajets entre les principales villes du nord d\u2019Haïti et la capitale.Des incidents ont aussi été obser vés dans la zone où le chauffeur a commis le délit de fuite, mais la situation était redevenue calme dans l\u2019après- midi, selon les autorités locales, et les passagers du bus ont pu sortir du commissariat.Le tronçon de route où s\u2019est produit le drame est une ligne droite sans aspérité, d\u2019après une journaliste de l\u2019AFP qui s\u2019est rendue sur place.Le président haïtien, Jovenel Moïse, s\u2019est dit «consterné par cet accident» et a transmis «au nom de l\u2019ensemble du gouvernement, ses sincères condoléances aux familles et proches des victimes de ce drame de trop sur nos routes nationales », selon un communiqué.M.Moïse, qui évoque « un camion en provenance du Cap- Haïtien [qui] aurait heurté des fêtards », a également exhorté « les usagers de la voie publique à faire preuve de vigilance».Il a enfin demandé « l\u2019ouverture d\u2019une enquête au plus vite pour faire la lumière sur cette tragédie».Les Gonaïves, troisième ville du pays, compte quelque 300 000 habitants.Haïti est le pays le plus pauvre des Caraïbes.En février, les autorités haïtiennes et des organisations humanitaires ont chif fré à 300 millions de dollars la somme nécessaire en 2017 pour fournir une assistance vitale aux plus vulnérables, notamment ceux affectés par l\u2019ouragan Matthew en octobre de l\u2019année dernière.Agence France-Presse Un autobus fonce dans une foule et fait des dizaines de morts en Haïti Washington \u2014 Les autorités américaines responsables de l\u2019enquête sur les fuites de documents concernant la CIA se concentrent sur d\u2019anciens sous-traitants qui auraient pu être vexés d\u2019avoir perdu un contrat avec l\u2019agence américaine d\u2019espionnage, révélait le Wall Street Journal dimanche.WikiLeaks a dif fusé mardi près de 9000 documents présentés comme provenant de la CIA, estimant qu\u2019il s\u2019agissait de la plus importante publication de données secrètes du renseignement jamais réalisée.Le site y dévoile «la majorité de l\u2019arsenal de piratage informatique» de la CIA, programmes malveillants, virus, chevaux de Troie et autres logiciels pouvant infiltrer des appareils électroniques et en prendre le contrôle.Une enquête a donc été ouverte pour savoir d\u2019où provenaient les fuites et qui avait procuré ces données à WikiLeaks.Selon le site, les documents lui auraient été fournis par un groupe de sous-traitants privés de l\u2019agence.Les enquêteurs se sont dans un premier temps intéressés à une petite équipe d\u2019informaticiens qui ont développé des logiciels pour l\u2019agence et qui avaient apparemment des autorisations de sécurité.Ils travaillaient sur des projets de piratage avec la CIA, selon le Wall Street Journal.Citant des sources anonymes, le quotidien avance que certaines de ces personnes étaient « mécontentes », notamment après avoir perdu leur emploi.Elles auraient pu faire fuiter des données en représailles.Des précédents Que la fuite soit le fait de sous- traitants ne serait pas une grosse surprise.L\u2019Agence de sécurité nationale (NSA), sœur de la CIA en quelque sorte, a en effet été ébranlée par les fuites d\u2019Edward Snowden en 2013, qui travaillait pour une entreprise contractante de la NSA.Et fin 2016, la même NSA a découvert qu\u2019un autre collaborateur, Harold Mar tin, employé dans la même entreprise sous-traitante, avait dérobé et caché chez lui environ 50000 gigaoctets de documents et de données, dont cer tains éléments sensibles.Mais les grandes fuites de documents ne viennent pas toujours de contractuels : Chelsea Manning, qui a donné à Wiki- Leaks des centaines de milliers de pages de correspondances diplomatiques en 2010, était analyste du renseignement dans l\u2019armée.Agence France-Presse ÉTATS-UNIS L\u2019enquête sur les fuites à la CIA se concentre sur les sous-traitants Longtemps, les généticiens ont négligé la portée culturelle des résultats de leurs études, attisant la méfiance des Amérindiens.De nouveaux modèles de recherche permettent de dépasser ces clivages et de décrypter dans l\u2019ADN les traces de la colonisation.SCIENCE Des recherches réconcilient Amérindiens et généticiens PEDRO RUIZ LE DEVOIR Marche à Montréal lors de la Journée nationale des autochtones Un éboulement fait des dizaines de morts en Éthiopie Addis Abeba \u2014 Au moins 46 personnes ont été tuées et des dizaines blessées par un immense éboulement d\u2019ordures dans la plus grande décharge d\u2019Éthiopie, en périphérie d\u2019Ad- dis Abeba, une catastrophe que les riverains attribuent à des travaux d\u2019aplanissement sur la partie supérieure de cet océan de déchets.Quelques enfants figurent parmi les victimes, a ajouté une porte-parole de la municipalité.La plupart des personnes tuées étaient des «squatteurs» habitant sur cette décharge et fouillant quotidiennement les hauts amoncellements de déchets à la recherche d\u2019objets susceptibles d\u2019avoir de la valeur, a précisé la porte-parole.Koshe est depuis plus de 40 ans le principal lieu d\u2019entreposage des ordures d\u2019Addis Abeba, capitale de 4 millions d\u2019habitants.Selon les résidents interrogés par l\u2019AFP, la décharge compte environ 300 habitants vivant dans une cinquantaine d\u2019abris de fortune, dont quelques-uns ont été épargnés par l\u2019éboulement.Agence France-Presse HECTOR RETAMAL AGENCE FRANCE-PRESSE Une voiture endommagée par l\u2019autobus gît dans un fossé à Gonaïves.C A T H E R I N E M A R Y L e 18 février dernier, les cinq nations amérindiennes Colville, Nez-Percé, Umatilla, Yakama et Wanapum ont inhumé selon leurs rites sacrés, dans un lieu tenu secret, celui qu\u2019elles dénomment « l\u2019ancien ».Elles le considèrent, depuis sa découverte en 1996, comme l\u2019un des leurs.Les scientifiques, eux, avaient baptisé « homme de Kenne- wick » ce squelette vieux de 8500 ans, du nom de la ville de l\u2019État de Washington à proximité de laquelle il avait été déniché, presque intact, par deux adolescents.Deux dénominations révélatrices de l\u2019antagonisme culturel qui, durant plus de vingt ans, alimenta la bataille opposant les scientifiques aux cinq nations amérindiennes réclamant la restitution de «l\u2019ancien».Alors que des études de morphologie crânienne avaient affilié ce squelette au peuple Ainu du Japon et à un peuple européen, les études sur l\u2019ADN ancien menées en 2014 l\u2019ont au contraire affilié aux Amérindiens.«À ma connaissance, c\u2019est la première fois qu\u2019un peuple autochtone bénéficie directement d\u2019une étude génomique.[.] En deux ans, l\u2019étude a permis à ces derniers d\u2019obtenir ce qu\u2019ils réclamaient depuis des années, et cela leur montre que quelque chose de bon peut sor tir de la génétique», s\u2019enthousiasme le généticien Eske Willersev, de l\u2019Université de Copenhague, dont l\u2019équipe a produit les résultats ayant permis de trancher.Mésentente profonde Car la mésentente entre Amérindiens et généticiens reste profonde, au point que certaines nations, comme les Navajos, refusent toute collaboration.L\u2019origine?La négligence passée des généticiens envers les retombées culturelles et sociétales des résultats de leurs études.L\u2019ADN des peuples autochtones est pour tant précieux pour les scientifiques.Ils y recherchent les signatures génétiques des origines géographiques des premiers peuples dispersés sur la planète ainsi que les déterminants génétiques de maladies telles que le diabète ou l\u2019arthrite, particulièrement fréquentes dans certaines populations.Mais longtemps ces études ont fait fi du consentement des intéressés, les généticiens se contentant de prélever des échantillons biologiques qu\u2019ils conservaient ensuite dans des congélateurs afin de pouvoir les réutiliser.D\u2019où les procès intentés par les nations amérindiennes d\u2019Amérique du Nord, dans les années 2000, contraignant parfois les généticiens à réparer leurs tor ts.Comme lorsqu\u2019ils durent verser 700 000 $ à la nation Havasupai en 2010, en compensation des études qu\u2019ils avaient menées sur leur brassage ethnique, leurs prédispositions à la schizophrénie et leur taux élevé de consanguinité.Les modèles de recherche participative permettent l\u2019implication des représentants des peuples autochtones, de la conception du projet à la publication des résultats.En 2010, dans un discours intitulé Culture : le langage silencieux que les généticiens doivent apprendre, le biologiste Rod McInnes, président de la Société américaine de génétique, exhortait ainsi les 7000 participants de l\u2019assemblée annuelle à se conformer à ces modèles de manière à mieux respecter les croyances et les revendications, et à partager les bénéfices des recherches.Collaboration plus étroite Si les généticiens consacrent désormais une part importante de leur temps à recueillir le consentement des populations autochtones, rares restent ceux à collaborer avec elles.Pour les pionniers, comme l\u2019anthropologue Ripan Malhi de l\u2019Université d\u2019Illinois Urbana- Champaign, les recherches participatives font aussi émerger de nouvelles questions concernant l\u2019histoire des anciens peuples colonisés.Lors d\u2019une collaboration, les Indiens de la nation Tsimshian installée en Colombie-Britannique ont souhaité retrouver dans leur génome les traces de l\u2019impact des maladies infectieuses importées par les colons.En comparant l\u2019ADN prélevé sur les restes d\u2019ancêtres à celui des Tsimanians contemporains, les chercheurs ont pu relier la raréfaction d\u2019un variant génétique fréquent dans cette nation à l\u2019importation de la rougeole et de la variole par les colons.Selon ces résultats publiés en 2016 dans la revue Science, ce variant révélait l\u2019adaptation des Tsimanians à d\u2019autres maladies infectieuses auxquels étaient exposés les Amérindiens avant l\u2019arrivée des colons.« Je pense que la voie est à la sensibilisation des futures générations de généticiens à la collaboration avec les communautés.Il y a une prise de conscience sur les bénéfices à long terme de ce type de recherche, plutôt que de prélever des échantillons d\u2019ADN sans lien avec les membres des communautés.Cela génère des résultats plus informatifs que des articles tapageurs dans Nature ou dans Science [.] », conclut Ripan Malhi.Le Temps Incident entre un chauffeur de taxi et des policiers Des policiers ont dû tirer sur un chauffeur de taxi apparemment en colère dans la nuit de samedi à dimanche à Montréal.On ne craint toutefois pas pour sa vie.L\u2019incident est survenu peu avant minuit, dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, alors qu\u2019un inspecteur du taxi aurait tenté d\u2019intercepter le chauffeur, âgé de 60 ans.Ce dernier aurait refusé de s\u2019arrêter et aurait foncé sur l\u2019inspecteur avec son véhicule.Appelés sur les lieux, les policiers auraient tenté de le raisonner.Une policière se serait avancée vers lui, et le chauffeur aurait foncé sur elle avec son véhicule, lui infligeant des blessures qui ne menacent pas sa vie.D\u2019autres policiers présents auraient alors tiré sur l\u2019individu.L\u2019enquête a été confiée au Bureau des enquêtes indépendantes qui a fait appel à la Sûreté du Québec pour agir comme corps de police de soutien.La Presse canadienne J U L I E R A M B A L Q u\u2019est-il arrivé aux adolescents ?On les avait laissés g r i m a ç a n t d e s égopor traits en rafale sur Snapchat et déifiant l a d e r n i è r e y o u t u b e u s e beauté, on les retrouve en train de chercher des remèdes aux maux contemporains, et même de recevoir les plus vénérables honneurs, telle la Pakistanaise Malala Yousafzaï, Prix Nobel de la paix 2014, à 17 ans, pour son combat pour l\u2019éducation des filles.Ou tel le Néerlandais Boyan Slat, lauréat du prix Champion de la terre, «la plus haute distinction environnementale discernée par les Nations unies qui récompense les visionnaires».Ce garçon peaufine depuis ses 16 ans un système pour débarrasser les océans de leurs déchets plastiques et a déjà reçu 2 millions de dollars de financement.Maturité Il y a un mois, c\u2019est Rowan Blanchard, 15 ans, qui électrisait 750 000 personnes à Los Angeles, durant la Marche des femmes contre Donald Trump, par un discours empreint de maturité.La jeune actrice de l\u2019écurie Disney, qui se définit elle-même comme « queer » (qui n\u2019adhère pas à la vision binaire des genres et des sexualités), milite depuis son premier bouton d\u2019acné pour les droits des minorités, et profite de ses 4,9 millions d\u2019abonnés sur Instagram pour ouvrir les consciences.Encore plus précoce, Zuriel Oduwole, 14 ans, est déjà considérée comme la future Larry King, l\u2019ex-journaliste vedette de la chaîne CNN.Elle réalise des films depuis ses 10 ans et a déjà interviewé pléthore de chefs d\u2019État et grands patrons.À croire que les adolescents ont décidé de zapper l\u2019âge ingrat pour donner une leçon de conscience morale aux adultes, ceux-là mêmes qui s\u2019apprêtent à leur léguer un monde pourri\u2026 Génération ambition Chaque année, le magazine Times établit d\u2019ailleurs sa liste des 30 jeunes pousses les plus influentes.Au hasard du cru 2016 : un p.-d.g.d\u2019une entreprise de drones de 19 ans, une icône transgenre de 17 ans, u n e a u t r e d e m o i s e l l e d e 17 ans en passe d\u2019avoir trouvé un moyen d\u2019endiguer la sécheresse au Sahara, quelques médaillées d\u2019or sous Clearasil, Gaten Matarazzo, 14 ans, acteur de la série Stranger Things (avec des héros ados très mûrs, bien sûr), mais aussi atteint d\u2019une maladie génétique rare qu\u2019il médiatise pour faire avancer la cause, ou encore Maddie Ziegler, ballerine prodige de 14 ans qui envoûte Hollywood après avoir virevolté dans les clips de la chanteuse quadragénaire Sia.« Désormais, des fil les de 14 ans inspirent des chanteuses de 40 ans, constate Romano Marcello, chargé d\u2019enseignement en sciences de l\u2019information et de la communication à l\u2019Université de Neuchâtel.Les adolescents ont toujours eu besoin de s\u2019exprimer, d\u2019être autonomes et respectés.Mais dans une société du faire savoir, où chacun est devenu média, les plus audacieux savent se faire vite remarquer.Le culte du jeunisme of fre également un nouveau regard valorisant sur l\u2019ado : l\u2019adulte a tout intérêt à le trouver cool\u2026 sous peine de passer pour un réac.» Nés avec un écran Plus question, donc, de surnommer ironiquement les individus de cette génération les « têtes baissées » (pour leur nez plongé en continu dans leur téléphone), tant leur maîtrise des technologies fait des étincelles.Il faut dire qu\u2019ils sont nés avec un écran tactile en guise de hochet, et le déjà croulant Mark Zuckerberg (32 ans) n\u2019a qu\u2019à bien se tenir.Dans sa liste des adolescents influents, le Times n\u2019oublie d\u2019ailleurs pas Ben Pasternak, un Australien de 17 ans qui emploie 20 personnes, et que la presse techno surnomme évidemment « le prochain Steve Jobs».Ses inventions?Des jeux tous numéro un sur l\u2019Apple Store, et surtout «Flogg», une application de revente de vêtements entre jeunes.Séduits par les marques Selon le Financial Times, les néopubères sont d\u2019ailleurs des cour tiers nés, grâce à leurs ruses vestimentaires sur le 2.0 : «La mode pour ados est à la pointe des pratiques des salles de marchés, il s\u2019agit d\u2019une sous-culture dans laquelle des piles de vêtements et chaussures sont achetées principalement pour en tirer un bénéfice à la revente », s\u2019extasie le journaliste financier John Gapper.«Ne vous apitoyez pas sur les ados manipulés par les marques.Ceux que je connais sont durs en affaires.Contrairement à leurs parents, ils sont nés dans un monde de marchés \u201c liquides\u201d et de transparence des prix.» Romano Marcello abonde.«Les adolescents sont des clients porteurs d\u2019économie et ont un pouvoir d\u2019achat décuplé par rapport aux générations précédentes.Ils savent obtenir tout ce qu\u2019ils désirent en passant des heures à échanger des combines sur les réseaux sociaux, ou en faisant du socio-financement auprès de la famille, voire en complétant la somme en travaillant.Les marques cherchent donc à la séduire en priorité, et en désignent cer tains comme ambassadeurs.Ce qui les valorise encore plus, mais les piège aussi.» En 2016, Burberry choisissait donc Brooklyn Beckham, 17 ans et « fils de» (Victoria et David) comme tête d\u2019affiche de sa campagne de mode.Une inexpérience professionnelle totale, mais 9,2 millions d\u2019abonnés Instagram.Les vieux photographes patentés publiaient une tribune courroucée dans le quotidien anglais The Guardian, les jeunes consommateurs compulsifs s\u2019extasiaient sur ce beau gosse exhibant nonchalamment son nouveau Leica\u2026 Après tout, même Corneille savait que la valeur n\u2019attend pas le nombre des années.Le stress du succès Cer tains prétendent que c\u2019est leur naissance dans un m o n d e e n d é c o n f i t u r e \u2014 11 septembre 2001, krach de 2008, nature déclarée condamnée \u2014 qui leur a solidement vissé la tête sur les épaules, et rendus plus responsables que leurs désolants parents « quinquados ».Oui, mais pas tous.« Cette fascination pour les adolescents ne se focalise que sur des jeunes qui correspondent le mieux à nos idéaux de performance et de réussite, explique Jocelyn Lachance, chercheur en socioanthropo- logie de l\u2019adolescence.Car en réalité, les jeunes subissent une véritable \u201c adophobie \u201d : les adultes n\u2019ont jamais éprouvé autant de crainte à l\u2019égard des jeunes, et projettent sur eux tout ce qu\u2019ils n\u2019aiment pas chez eux-mêmes.On dit les ados fainéants, harceleurs, champions des conduites à risques\u2026 Ce qui n\u2019est pas plus vrai qu\u2019hier, et pas pire que chez les adultes.La véritable adolescence contemporaine, ce sont des jeunes de plus en plus stressés, qui se sentent responsables de leur parcours de plus en plus tôt, et sont maintenant écrasés par ces petits génies qu\u2019on leur agite sous le nez comme modèles d\u2019exemplarité.» Le Temps L E D E V O I R , L E L U N D I 1 3 M A R S 2 0 1 7 SOCIETE A 5 C eux qui sont contre la vaccination pourraient bien se réjouir en 2017 de leur première grande victoire : grâce à eux, on pourrait assister à la première grande épidémie de rougeole en Amérique du Nord en un demi-siècle.Selon le pédiatre américain Peter J.Hotez, on en voit déjà les premiers signes avant-coureurs dans son État, le Texas.On y recensait cet automne 45 000 enfants qui ont reçu une «exemption non médicale», c\u2019est-à-dire le droit de refuser d\u2019être vacciné à l\u2019école, pour des raisons religieuses ou personnelles.Et un mouvement local fait campagne pour inciter les parents à connaître et à utiliser cette « clause de conscience », alerte dans le New York Times Peter Hotez, qui est aussi directeur du Centre pour le développement des vaccins à l\u2019Hôpital pour enfants du Texas.Un mythe qui a la vie dure Le mythe d\u2019un lien entre vaccin et autisme pourrait même regagner du terrain, avec l\u2019intérêt que semble porter le président Donald Trump à l\u2019un des chefs de file du mouvement antivaccination, l\u2019activiste Robert Kennedy Jr.La rougeole, comme la vaccination tend à nous le faire oublier, a déjà été l\u2019une des maladies les plus dangereuses, en partie parce qu\u2019elle est l\u2019une des plus contagieuses : avant la généralisation du vaccin, les services de santé estimaient qu\u2019une seule personne infectée pouvait en contaminer plus d\u2019une douzaine.Cela signifie que plus le nombre d\u2019enfants non vaccinés augmente, plus le risque qu\u2019un enfant ou un adulte infecté contamine des enfants qui n\u2019ont pas encore atteint l\u2019âge de recevoir le vaccin augmente lui aussi.Dans le monde, selon l\u2019Organisation mondiale de la santé, plus de 100 000 enfants meurent chaque année de la rougeole.Agence Science-Presse SANTÉ Épidémie de rougeole, la nouvelle menace D epuis quelques semaines, un groupe de « Plutoniens» fait campagne pour rendre à Pluton son statut de planète.Mais ses ef for ts sont voués à l\u2019échec, écrit l\u2019astronome Michael Brown dans le New Scientist.La décision définitive relève de l\u2019Union astronomique internationale, le seul organisme « autorisé » à nommer des corps célestes.En 2006, après des années de débats, elle créait la catégorie « planète naine» pour Pluton et quelques autres astéroïdes.Rien n\u2019a changé depuis 2006, si ce n\u2019est la mission New Horizons, cette sonde spatiale de la NASA qui est passée à proximité de Pluton l\u2019an dernier.Or la campagne « pro-Plu- ton » est dirigée par le scientifique en chef de cette mission, Allen Stern.La raison principale pour avoir démis Pluton en 2006 était qu\u2019on découvrait \u2014 et qu\u2019on continue de découvrir \u2014 de plus en plus de petits mondes aux confins de notre système solaire, dont plusieurs seraient assez gros pour passer eux aussi dans la catégorie « planète » si on changeait les critères pour y réadmettre Pluton.Au nom de tous les jeunes et moins jeunes qui devraient retenir non plus neuf noms de planètes, mais des dizaines, voire des centaines, les astronomes ont choisi jusqu\u2019ici de s\u2019en tenir à la décision de 2006.Agence Science-Presse ASTRONOMIE Un lobby pour Pluton Entrepreneurs à succès, militants invités jusqu\u2019à l\u2019ONU, nouvelles icônes de la politique et du spectacle\u2026 Ces temps-ci, les adolescents oublient de faire leur crise, trop occupés à servir de modèle aux adultes, ces vieux irresponsables.Décryptage.Ces adolescents qui flirtent avec le pouvoir Enfants des réseaux sociaux, ils peuvent se propulser sur la scène publique, malgré leur inexpérience EMMA MCINTYRE AGENCE FRANCE-PRESSE La jeune actrice Rowan Blanchard, 15 ans, a électrisé 750 000 personnes à Los Angeles, durant la Marche des femmes contre Donald Trump, par un discours empreint de maturité.JORDAN STRAUSS INVISION AP Maddie Ziegler, ballerine prodige de 14 ans NIKLAS HALLEN\u2019N AGENCE FRANCE-PRESSE Brooklyn Beckham, mannequin Aux États-Unis, l\u2019Obamacare aura fait progresser depuis six ans l\u2019idée que l\u2019accès aux soins de santé est un droit, non un privilège.Il représente dans l\u2019histoire sociale américaine un progrès majeur.Manifestement imperméables à tout souci de justice sociale, les républicains sont en train d\u2019y mettre le feu dans une précipitation inqualifiable.Seule chose à les faire hésiter : leurs froids calculs électoraux \u2014 à moins de deux ans des législatives de mi-mandat présidentiel.tephen Bannon, idéologue en chef de l\u2019homme qui fait maintenant of?ce de président des États- Unis, professait il y a quelques semaines la «dé- construction de l\u2019État administratif» \u2014 comme en écho lointain au projet de « réingénierie de l\u2019État» défendu à une autre époque au Québec par Jean Charest.C\u2019est dans cette logique de « déconstruction » que les républicains au Congrès ont commencé la semaine dernière à démanteler l\u2019Affordable Care Act (ACA), mis en place par le gouvernement Obama à partir de 2011.La maladresse avec laquelle ils procèdent risque d\u2019avoir un impact délétère sur la possibilité pour des millions d\u2019Américains de se faire soigner sans que cela les ruine.Ce dont la population, y compris au sein de l\u2019électorat républicain, prend acte sans cacher que la démarche gouvernementale n\u2019est guère rassurante.Elle l\u2019est d\u2019autant moins que les républicains se chamaillent autour du projet de remplacement de l\u2019ACA \u2014 trop à droite pour ses plus modérés, trop à gauche pour les tenants purs et durs de l\u2019idéologie anti-taxe et antiréglementaire, révulsés par cet «Oba- macare light».Leurs débats tiraillés montrent en fait qu\u2019ils sont pris au piège, s\u2019agissant de respecter la promesse de l\u2019imprévisible président Trump de déréguler le marché de la santé sans compromettre l\u2019élargissement sans précédent de la couverture que l\u2019Obamacare a permis d\u2019atteindre.La quadrature du cercle, en somme.Quadrature idéologique tout autant que ?scale.L\u2019Obamacare est un montage fort compliqué de mesures diverses \u2014 sous forme de subventions, de crédits d\u2019impôt et de nouvelles taxes à hauteur de centaines de milliards de dollars \u2014 combinées à un élargissement crucial des critères d\u2019admissibilité au Medicaid, l\u2019important programme fédéral d\u2019assurance maladie créé en 1965 sous Lyndon Johnson et son programme de «Great Society» à l\u2019intention des foyers à faible revenu.Ce patchwork a permis que soient assurées 20 millions de personnes qui vivaient auparavant sans assurance et de faire chuter, à un niveau sans précédent, le taux de non-couverture de 16 à 9% de la population.L\u2019ACA a le mérite d\u2019avoir réussi à discipliner le monde de l\u2019industrie et de l\u2019assurance médicales et à contrôler pour la grande majorité des clients les hausses de primes, contrairement à ce que prétendent les républicains.L\u2019ACA est le résultat d\u2019un grand arrangement du gouvernement avec ce marché de la santé qui, contre la promesse de millions de nouveaux consommateurs, a accepté d\u2019assumer de nouvelles taxes a?n que puisse être ?nancée la réforme.C\u2019est ce casse-tête complexe que M.Trump et les républicains veulent, avec leurs gros sabots, «abroger et remplacer» en éliminant les taxes qui ont été imposées aux nantis et aux entreprises sous Obama; en refermant l\u2019accès au Medicaid; et en supprimant l\u2019obligation qui était faite dans l\u2019Obamacare d\u2019y souscrire sous peine d\u2019amende, ce à quoi ils ont des objections aveuglément viscérales.Mais ils s\u2019engagent en même temps à conserver les mesures les plus populaires contenues dans l\u2019ACA, nommément la possibilité pour les enfants de conserver l\u2019assurance de leurs parents jusqu\u2019à l\u2019âge de 26 ans et l\u2019interdiction pour les assureurs de refuser d\u2019assurer des gens pour cause d\u2019antécédents médicaux.Formule budgé- tairement intenable, comme il va de soi que le système ne pourra pas garantir une couverture généralisée si l\u2019ensemble de la société (nantis et jeunes adultes compris) n\u2019y participe pas.Avec le résultat qu\u2019en vertu du «Trumpcare», la majorité des 20 millions de nouveaux assurés n\u2019auraient plus les moyens de se procurer de l\u2019assurance maladie, avancent la plupart des experts.De l\u2019Association américaine des in?rmières à l\u2019Association médicale américaine en passant par les représentants des hôpitaux et des assureurs, tous jugent inadéquat le plan de remplacement républicain.Une «monstruosité», écrivait carrément Paul Krugman vendredi dans le New York Times.«Les faits et l\u2019analyse sérieuse sont les ennemis de la droite moderne.» Toujours est-il que la Maison-Blanche et le leadership républicain s\u2019emploient à faire l\u2019unité des troupes législatives autour de cette monstruosité dans l\u2019espoir d\u2019en voter la loi avant Pâques.En parallèle, M.Trump tiendra une série de ralliements de promotion à travers le pays.Le populo-narcissique qui l\u2019habite n\u2019est pas insensible au sort des gens qui l\u2019ont élu.Il est cependant très clair que cette sensibilité a des limites.L E D E V O I R , L E L U N D I 1 3 M A R S 2 0 1 7 A 6 EDITORIAL L E T T R E S Bravo, Gabriel ! Bravo à Gabriel Nadeau-Dubois pour son courage et sa détermination.Oui, Gabriel a un gros ego, mais cette caractéristique peut devenir un atout en politique.Sa fougue aura tôt fait de lui écorcher quelques dents, mais il saura vite la maîtriser.Le tandem Gabriel Nadeau-Dubois et Manon Massé d\u2019une part et Paul St-Pierre-Plamondon de l\u2019autre devraient ranimer l\u2019étincelle chez les jeunes qui pourront se reconnaître dans ce nouveau courant d\u2019énergie.Le défi lancé aux grands partis sera sans doute salutaire pour la suite des choses.Le Québec est en train de produire ses nouveaux dirigeants qui seront, je crois, mieux formés et plus au fait des besoins de la population dans son ensemble.Sylvia Pelletier-Gravel Gatineau, le 11 mars 2017 L I B R E O P I N I O N D A N I E L B A R I L Vice-président du Mouvement laïque québécois L e Québec a vécu un nouvel épisode révélateur de la confusion qui règne autour de la laïcité avec la saga du crucifix de l\u2019hôpital du Saint-Sacrement de Québec.Le débat autour de cette question dépasse le seul enjeu du crucifix en question et mérite qu\u2019on s\u2019y attarde.Le principal argument exprimé par les opposants au retrait du crucifix peut se résumer ainsi : on retire les symboles identitaires de la majorité et on laisse les autres religions s\u2019afficher.Cet argument n\u2019a de poids que dans le contexte flou de la laïcité ouverte où, tel que le recommandait le rapport Bouchard-Taylor, on retire les symboles religieux des institutions publiques (qui sont forcément chrétiens) tout en permettant aux fonctionnaires et agents de l\u2019État d\u2019af ficher leurs propres symboles religieux (qui sont autres que chrétiens).Agir de la sorte crée une apparence de privilège accordé aux uns et refusé aux autres, d\u2019où le sentiment de frustration ressenti par plusieurs.On ne peut pas laisser entrer par la porte arrière ce que l\u2019on a retiré par la porte avant.Si l\u2019État adopte une loi interdisant l\u2019expression de croyances religieuses sous quelque forme que ce soit dans les institutions publiques et retire ses propres symboles religieux là où cela est possible, il n\u2019y a plus d\u2019ambiguïté ni de vide que le premier dévot s\u2019empresserait de combler.Le défaut d\u2019avoir opté pour cette avenue a valu au projet de loi sur la laïcité présenté par le gouvernement Marois l\u2019étiquette de catho-laïcité et des accusations de xénophobie.[\u2026] Vous avez dit «patrimoine»?Pour amener l\u2019hôpital du Saint-Sacrement à revenir sur sa position, le gouvernement Couil- lard a sorti l\u2019argument du patrimoine.Qu\u2019est-ce qui est patrimonial dans cette affaire ?L\u2019objet lui-même ?Sa signification ?Son lien avec l\u2019histoire de l\u2019établissement ?Son rappel du catholicisme des Québécois ?Il faudrait savoir.Il faudrait surtout savoir en quoi ceci affecte cela.Le patrimoine originel de l\u2019établissement est parfaitement conser vé par le maintien du nom d\u2019origine malgré son intégration à un centre hospitalier universitaire.L\u2019histoire récente des institutions publiques nous fournit de nombreux exemples de modifications qui n\u2019auraient pas été possibles avec l\u2019argument du patrimoine avancé aujourd\u2019hui.À Québec, l\u2019Institut de santé mentale s\u2019appelait à l\u2019origine Hôpital Saint-Michel-Archange.Le cégep Garneau a été fondé à partir du Collège des Jésuites.Celui de Limoilou à partir du collège Saint-Jean-Eudes.À Montréal, l\u2019hôpital Louis-H.-Lafontaine s\u2019appelait Saint-Jean-de- Dieu.Le cégep du Vieux-Montréal a été créé entre autres à partir du collège Sainte-Marie, celui de Rosemont provient de l\u2019Institut Cardinal Léger et le collège Maisonneuve était l\u2019Externat Sainte-Croix.On pourrait trouver quantité d\u2019exemples du genre dans toutes les régions du Québec.En laïcisant les noms de ces établissements, a-t-on vraiment porté atteinte au patrimoine religieux ou historique?Ce ne serait pas très sérieux de le penser.On a aussi oublié que le crucifix du Salon bleu de l\u2019Assemblée nationale a déjà eu son jumeau au Salon rouge.Ce dernier a été retiré on ne sait quand et sans causer le moindre émoi.Les historiens nous rappellent par ailleurs que l\u2019actuel crucifix du Salon bleu classé «patrimonial» par une motion du gouvernement Charest en 2008 n\u2019est pas celui apposé par Duplessis en 1936 et qui a été remplacé en 1982.De quel patrimoine parlait- on exactement?La ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, s\u2019en est pour sa part remise au projet de loi 62 sur la neutralité religieuse de l\u2019État en précisant que l\u2019objectif de ce projet de loi «n\u2019est pas de retirer les éléments de notre patrimoine culturel et religieux».En clair, la portée de l\u2019article 13 du projet de loi 62 est de ne pas obliger les institutions publiques à retirer de leur patronyme ou de la toponymie les appellations à caractère religieux.En quoi cette absence de contrainte invalidait- elle le retrait du crucifix, geste motivé par le respect de la liberté de conscience des usagers de l\u2019hôpital?Par quelle logique une absence d\u2019obligation deviendrait-elle une interdiction?Personne n\u2019a relevé ce sophisme implicite dans l\u2019intervention de la ministre Vallée.Quoi qu\u2019il en soit de l\u2019aspect patrimonial ou non de cette affaire, le jugement de la Cour suprême dans la cause de la prière à Saguenay est ici fort pertinent : «La neutralité de l\u2019État, écrivait la Cour, impose à celui-ci de ne pas encourager ni décourager quelque forme de conviction religieuse que ce soit.Si, sous le couvert d\u2019une réalité culturelle, historique ou patrimoniale, l\u2019État adhère à une forme d\u2019expression religieuse, il ne respecte pas son obligation de neutralité.» Entre un projet de loi sans portée et qui ne sera sans doute jamais adopté \u2014 et un jugement de la Cour suprême, lequel a le plus de poids juridique?Loin de clarifier les choses, les interventions du gouvernement Couillard ont ajouté à la confusion.Cette confusion risque de nous replonger dans un autre psychodrame collectif à la première occasion.L\u2019incohérence de la laïcité « ouverte » FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente du développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-président des ventes publicitaires MARK DROUIN Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Directeur de l\u2019information numérique FLORENT DAUDENS Adjoints PAUL CAUCHON, LOUIS GAGNÉ, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET Les marchands d\u2019art Lettre ouverte à la direction du Carrefour international du théâtre Ainsi donc, vous avez jugé bon d\u2019apporter votre contribution au musellement de la diffusion de la culture en annulant la venue à Québec de la pièce Djihad d\u2019Ismaël Saïdi.Après l\u2019incroyable bourde de la Maison de la littérature de Québec envers Djemila Benhabib, voilà donc au tour du Carrefour international du théâtre de museler la diffusion de la culture au Québec.Depuis quand le Carrefour se fait-il la courroie de transmission de l\u2019étroitesse d\u2019esprit de certains fonctionnaires de l\u2019Hôtel de Ville de Québec, et de certains directeurs d\u2019école?Vous auriez pu alors proposer à Ismaël Saïdi d\u2019incorporer sa pièce à la programmation du Carrefour.Au lieu de cela, vous vous êtes enfouie dans la langue de bois bébête, indigne de «passeur» de la culture.Vous avez répondu à Ismaël Saïdi que Djihad aurait mis en péril, selon vos termes, des «rapprochements sensibles» et « fragiles» avec les musulmans.Vous croyez donc que ces rapprochements sont basés sur la censure des œuvres d\u2019art?Or, le but de l\u2019art est justement d\u2019ébranler les forteresses des certitudes érigées sur des lieux communs.Comment pouvez-vous prétendre faire circuler l\u2019art au Québec si au préalable vous quêtez l\u2019aval de ceux qui veulent le museler?Que faites-vous de la liberté d\u2019expression, de la libre circulation des idées, de l\u2019État québécois laïque?L\u2019art circule envers et contre toute doxa, religieuse ou étatique.Vos arguments fallacieux ne font que donner du poids à l\u2019intolérance.Votre vision étriquée et réductrice ne peut que fragiliser le «vivre ensemble».C\u2019est l\u2019art qui permet de transcender nos différences et nous unit dans la recherche de la liberté, fondamentale à tout humain.Et dire que le Collège de Maisonneuve propose le soccer et le théâtre pour contrer la radicalisation! Vous êtes en retard sur votre temps! Les grands dramaturges d\u2019hier et d\u2019aujourd\u2019hui ne seraient pas fiers de vous, costumée ainsi en marchande de l\u2019art.Huguette Poitras, écrivaine Québec, le 12 mars 2017 L\u2019aide à mourir S\u2019il est un sujet qui devrait être laissé à chaque individu, c\u2019est bien l\u2019aide à mourir.La vie est fragile, j\u2019ai pu le constater au cours des dernières années à la suite d\u2019une rencontre avec le cancer.Aujourd\u2019hui, je suis en rémission, mais lorsque, après l\u2019ablation d\u2019une tumeur il y a quelques années vers deux heures du matin allongé dans un lit d\u2019hôpital je pensais à mon avenir, je me suis promis que jamais je ne laisserais qui que ce soit décider à ma place de la suite de ma vie.Le débat sur l\u2019aide à mourir qui traîne en longueur surtout à cause de questionnements de moralistes, vendeurs de faux espoirs, de pushers de religions qui n\u2019ont aucune idée ce qu\u2019est le bonheur de se faire réveiller la nuit par un cri d\u2019un enfant ou d\u2019attendre un adolescent au petit matin.Ces gens n\u2019ont aucune place dans ma vie et n\u2019auront aucun droit de décider du moment ou je devrais mourir si une éventuelle souffrance l\u2019exigeait.Mon questionnement est clair, pourquoi ce débat sur l\u2019aide à mourir?Une personne qui souffre au point de vouloir mettre fin à sa vie devrait avoir droit à une injection qui le libèrera d\u2019une invivable souffrance.Ce droit à une fin de vie avec un minimum de dignité n\u2019appartient pas à un comité quelconque, mais uniquement à celui qui souffre et à ses proches.Toute autre solution à cette situation n\u2019a aucune raison d\u2019être Jean Chenay Sherbrooke, le 11 mars 2017 TRUMPCARE Le cafouillage S GUY TAILLEFER L E D E V O I R , L E L U N D I 1 3 M A R S 2 0 1 7 A 7 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon (chef de division), Guy Taillefer (éditorialiste, responsable de la page Idées), Michel Garneau et Pascal Élie (caricaturistes), Jacques Nadeau (photographe), Olivier Zuida (recherchiste photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division et reporter), Stéphane Baillargeon (généraliste), Gérald Dallaire (pupitre), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Jean Dion (sports), Marco Fortier (éducation), Marie-Pier Frappier (pupitre), Lisa-Marie Gervais (diversité), Pauline Gravel (sciences), Jessica Nadeau (éducation).Alexandre Shields (environnement); information politique : Michel David (chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec); information culturelle : Guillaume Bourgault-Côté (politiques culturelles), Julie Carpentier (pupitre), Fabien Deglise (livres), Catherine Lalonde (arts vivants), François Lévesque (écrans), Caroline Montpetit (arts vivants), Philippe Papineau(médias); information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l\u2019information), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Benoît Munger (pupitre); information internationale : Guy Taillefer (chef de division); section art de vivre : Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); cahiers spéciaux : Loïc Hamon (responsable); équipe numérique : Laurence Clavel, Guillaume St-Hilaire et Geneviève Tremblay (pupitres); correction : Andréanne Bédard, Christine Dumazet et Michèle Malenfant (correctrices) ; soutien à la rédaction : Amélie Gaudreau (coordonnatrice à la rédaction), Arnaud Stopa (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa), Dave Noël (Québec).PUBLICITÉ Marlène Côté, Évelyne De Varennes, Amel Elimam, Caroline Filion, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (directrices de comptes), Amélie Maltais (commis aux avis légaux), Alessandra Tantalo et Laurence Hémond (coordonnatrices publicitaires).PRODUCTION Yannick Morin, Anthony White et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web), Jean-François Côté (analyste programmeur), Luc Girard (technicien informatique).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Catherine Gentilcore (coordonnatrice marketing, communications et relations publiques), Sébastien Beaupré (coordonnateur service à la clientèle), Manon Blanchette, Nathalie Filion, Isabelle Sanchez (préposées au service à la clientèle).ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Mélisande Simard (adjointe administrative et responsable des ressources humaines), Florentina Draghici (technicienne comptable), Véronique Pagé (responsable du crédit).A lors qu\u2019on se prépare un peu partout à célébrer la langue française avec des dictées ridicules et des listes de mots nunuches, je préfère encore lever mon sombrero aux Espagnols.En effet, la multinationale Telefónica vient de conclure un projet de recherche de plus de dix ans réalisé par trois économistes chevronnés sur la valeur économique de la langue espagnole.Leur conclusion est étonnante : pour l\u2019Espagne, la langue espagnole représente 16 % du PIB et de l\u2019emploi.En d\u2019autres termes, un emploi sur six en Espagne repose sur la langue.En 2010, j\u2019avais interviewé l\u2019un des auteurs de cette étude, José Antonio Alonso, qui m\u2019avait expliqué que leur point de dépar t était une comparaison avec la Pologne.L\u2019Espagne est de taille comparable à la Pologne, mais quel avantage tire-t-elle à ne pas être « toute seule de sa gang», comme on dit ?Il ne s\u2019agit pas ici des seules industries langagières ou culturelles, mais de toutes les décisions à caractère économique.L\u2019étude a montré que, toutes choses égales par ailleurs, un immigrant hispanophone a trois fois plus de chances d\u2019immigrer dans sa langue ; une entreprise a quatre fois plus de chances d\u2019exporter ou d\u2019importer dans sa langue ; et un investisseur a sept fois plus de chances d\u2019investir dans sa langue.Les conclusions de cette étude, à lire absolument, suggèrent une idée : au Québec, nous n\u2019avons pas de pétrole, mais nous avons la langue française.Il est urgent que nous prenions la pleine mesure de ce qu\u2019elle représente : la langue est la principale richesse naturelle du Québec et sa principale industrie.Samedi, dans notre cahier spécial sur la francophonie, je publiais une entrevue avec Me Louis Fortier, le président de l\u2019Association canadienne des juristes-traducteurs, qui prône la création d\u2019un bureau de développement des industries langagières.Statistique étonnante : selon PricewaterhouseCoopers, la traduction représenterait une activité économique de 2,5 milliards de dollars au Québec seulement ! Et cela ne concerne que la traduction.Si vous considérez tout ce qui fait commerce de la langue, c\u2019est beaucoup plus.Et ce n\u2019est qu\u2019un début.Si l\u2019on se donnait la peine de répliquer les travaux de Telefónica, on arriverait à des conclusions similaires : le Québec, dont la taille se compare à la Suède ou au Danemark, tire des avantages énormes de son appartenance à un club de pays qui regroupe plus de 275 millions de locuteurs sur tous les continents.Les 817 universités membres de l\u2019Agence universitaire de la Francophonie, issues de plus de 106 pays, forment le plus gros réseau international universitaire, et de loin.Les pays francophones représentent 20% du commerce mondial, ce qui fait du français la troisième langue du commerce international.Deux pays du G8 sont francophones, tout comme la moitié des pays de l\u2019Union européenne et du continent africain.C\u2019est le paradoxe d\u2019une langue qui nous isole sur le continent, mais qui nous branche sur le monde.La modernité francophone Les Québécois, et tous les francophones du Canada, appartiennent à une très grande civilisation mondialisée \u2014 et dont ils devraient être fiers\u2026 s\u2019ils en étaient seulement conscients.Au Québec, cette absence de vision de la modernité francophone \u2014 très peu répercutée dans les médias \u2014 a un sens politique.Certes, la francisation des immigrants et des entreprises, l\u2019analphabétisme de masse et le laisser- aller en matière de langue sont des enjeux très réels pour le Québec.Mais à trop noircir le portrait, on sombre dans une espèce de complaisance obscurantiste.Rappelons-nous que ce qui a étranglé le français dans les «Petit-Canada» \u2014 surnom des anciens quartiers canadiens-français de la Nou- velle-Angleterre \u2014 était justement le refus de la modernité.Les élites se sont refermées et leurs enfants se sont anglicisés en une génération.Grâce à la Révolution tranquille, le Québec a relevé avec succès le premier défi de la modernité.Mais 50 ans plus tard, il doit actualiser sa perspective pour tenir compte de la nouvelle modernité francophone.Ce danger d\u2019enfermement mental n\u2019est pas propre au Québec : les multinationales françaises s\u2019anglicisent d\u2019elles-mêmes, spontanément, sans aucun encouragement des milieux d\u2019affaires anglophones.La myopie francophone quant à la situation de la langue et des bénéfices qu\u2019elle procure a des effets très concrets.L\u2019an dernier, l\u2019ancien délégué du Québec à Tokyo, Jean Dorion, m\u2019a raconté que le gouvernement du Québec avait longtemps entretenu l\u2019idée que les seuls conseillers économiques japonais qui valaient la peine ne parlaient que l\u2019anglais \u2014 n\u2019est-ce pas la « langue des affaires»?Jean Dorion a introduit le français comme critère d\u2019embauche à Tokyo.Alors que l\u2019on redoutait une baisse de la qualité des candidats, c\u2019est le contraire qui s\u2019est produit : les Japonais francophones étaient aussi les meilleurs candidats.Alors, profitons de cette semaine de la francophonie pour le redire, puisqu\u2019il le faut : nous parlons une langue formidable.PIB du français JEAN-BENOÎT NADEAU A N D R É J A C O B Professeur associé, UQAM ès qu\u2019il en a l\u2019occasion, le premier ministre Justin Trudeau serine le même refrain : « je vais être clair dans ma défense et dans ma promotion de valeurs canadiennes».Mais quel message concret faut-il comprendre ?Nul ne le sait.Plusieurs questions restent en suspens.Il laisse la porte ouverte à mille interprétations\u2026 En analysant ses actions, il charme peut-être, mais il ne va jamais au fond des choses.Pourquoi ?En utilisant un discours aussi vague, le premier ministre tente-t-il de prévenir les critiques ?Ou fait-il semblant d\u2019être toujours positif ?En réalité, avec un tel leitmotiv, il peut dire une chose et son contraire en couvrant tous ses arguments du parapluie fourre-tout des valeurs canadiennes.En y faisant référence sans veston ni cravate, avec l\u2019air désinvolte d\u2019un jeune vendeur de voitures, il semble parvenir à faire avaler à peu près n\u2019importe quoi.Reconnaissons qu\u2019il s\u2019agit là d\u2019une tactique de communication racoleuse plutôt astucieuse.À quelles valeurs canadiennes renvoie-t-il quand il aborde les questions relatives à la sé- cur i té e t à l a course aux ar mements ?Jusqu\u2019où va-t-il aller dans la lutte contre les armes nucléaires et les armes de destruction massive ?Va-t-il emboîter le pas au président américain en augmentant les budgets militaires ?Quelles valeurs canadiennes justifieraient de telles positions ?Et que dire de la vente de blindés à l\u2019Arabie saoudite ?Le nouveau Programme pour la stabilisation et les opérations de paix semble prometteur, mais peu connu et encore passablement maquillé par le discours sur les valeurs.Qu\u2019en est-il par rapport à la protection des droits des réfugiés et des immigrants ?Bien malin qui peut prédire quelles valeurs canadiennes le premier ministre va évoquer face aux velléités du président Trump de serrer la vis d\u2019une façon radicale et d\u2019expulser des dizaines de milliers de personnes.De quelles valeurs canadiennes est-il question dans les suites timides que son gouvernement semble donner au rapport de la Commission vérité et réconciliation sur les enjeux reliés aux droits et au développement des communautés autochtones, tout particulièrement en considérant la situation de pauvreté endémique qui touche plusieurs de ces communautés?Y a-t-il lieu de s\u2019étonner quand le premier ministre se dit ouvert à la discussion avec le président Trump au sujet de la fermeture des frontières ?À ce jour, le gouvernement du Canada s\u2019est montré très timide à ce sujet\u2026 au nom des valeurs canadiennes.Expressions fétiches Que fera-t-il quant aux échanges entre les producteurs d\u2019armes canadiens et américains ?Quelles valeurs canadiennes sous-tendent le fait de les maintenir intégralement, voire de les améliorer ?Et que dire de l\u2019investissement massif dans l\u2019achat des chasseurs Super Hornet à gros prix ?Quelle valeur canadienne justifie cette nouvelle complicité militaire avec les États-Unis ?Ces valeurs signifient-elles arrimer les positions aux seuls intérêts des élites économiques et financières ?Que signifie défendre les valeurs canadiennes quand le premier ministre se colle aux compagnies pétrolières tout en disant vouloir protéger l\u2019environnement ?C\u2019est dire une chose et son contraire.Il semble que la manipulation de l\u2019expression « les valeurs canadiennes » sous tous les angles fait partie de la construction d\u2019un discours pour ajouter à l\u2019image décontractée du premier ministre.Le contenu reste flou et vide à souhait.En nous rejouant ad nauseam le refrain des valeurs canadiennes, les ar ti- sans de l\u2019image du premier ministre trouvent astuces, sophismes et entourloupettes pour faire avaler diverses positions controversées, comme l\u2019appui au développement des gazoducs.Au fil des jours, on en vient à ne plus trop savoir ce que représentent ces valeurs dites canadiennes.Pourquoi ?Parce que la référence constante aux valeurs canadiennes ne remplace pas l\u2019explicitation de positions politiques cohérentes et consistantes.Il en est de même pour l\u2019autre expression floue et passe- partout qu\u2019est la « classe moyenne ».Toutes ces expressions fétiches du premier ministre Trudeau lui semblent fort utiles, mais dans le jargon politique, on peut parler de la « langue de bois » comme somnifère du bon peuple.Il serait plus utile de voir concrètement comment il applique les principes de la Charte canadienne des droits.Il y a là des valeurs fondamentales, particulièrement comme fondement pour développer des politiques de défense et de promotion des droits fondamentaux et des droits sociaux et économiques.Et le dernier «mais», étonnant celui-là, est le silence de l\u2019opposition au sujet de ces perpétuelles références à des expressions passe-partout.On ne semble pas savoir sous quel angle affronter le premier ministre.Monsieur Trudeau, que voulez-vous dire par « valeurs canadiennes » ?D J E M I L A B E N H A B I B Écrivaine automne prochain, les élèves q u é b é c o i s n e verront pas la pièce de théâtre be lge D j ihad, d\u2019Ismaël Saïdi.La ville de Québec a pris la décision d\u2019annuler une vingtaine de représentations du spectacle prévues dans des écoles de la ville.Nos bureaucrates ont revêtu l\u2019habit des censeurs pour mettre à l\u2019index une création théâtrale, laissant entendre par le fait même que l\u2019art est dangereux, nocif, destructeur pour ces êtres fragiles que sont nos en fants .A t tent ion, danger ! Alors, autant éloigner leurs esprits du mal c\u2019est-à-dire de la pensée.Comme beaucoup de mes concitoyens, cette décision de la ville me révolte au plus haut point et me rappelle l\u2019annulation de la conférence que je devais prononcer à la Maison de la littérature de Québec le 12 février dernier.Grâce à la protestation populaire, la conférence est reprogrammée, le 3 mai.Chers compatriotes, organisons la résistance de nouveau ! Je vous demande de monter au front, encore une fois, pour faire reculer la censure.Djihad met en scène l\u2019histoire de trois gamins bruxellois oisifs qui s\u2019envolent sur le front syrien à la recherche de sens.Parler de l\u2019incroyable capacité d\u2019attraction de Daech qui fauche la vie de nos jeunes, vous n\u2019y pensez pas tout de même pas ?Taire la réalité.Réduire les horizons.Cacher la vérité.Javelliser le discours.Mais au nom de quoi ?« Il est devenu essentiel pour la Ville de prendre le temps de bien évaluer si la présentation d\u2019un spectacle comme Djihad, qui aborde le sujet [radicalisation] en mettant en scène uniquement des personnages de la communauté musulmane en situation de radicalisation, était l\u2019outil approprié », explique par voie de communiqué l\u2019organisme de théâtre mandaté par la V ille pour organiser la tournée de la troupe belge.Derrière ce jargon de bureaucrates se cache une vision relativiste de la culture.Pour la comprendre arrêtons-nous, un moment, sur le mot clé « uniquement ».Que véhicule-t-il ?En réal ité , la vi l le reproche à Ismaë l Saïdi d\u2019aborder le phénomène de la « radicalisation » par le prisme « exclusif » de l\u2019islamisme.Pour gagner les faveurs du maire La- beaume, il aurait fallu noyer le poisson dans l\u2019eau, saucissonner la pièce en autant de radicalismes possibles quitte à faire un catalogue IKEA des radicalismes.On croit rêver.Vous souhaitez explorer le phénomène de la radicalisation des musulmans ?Bien.Pour ce faire, avez-vous réfléchi à la radicalisation des bouddhistes et à celle des amoureux des baleines ?Élargissez vos horizons ! Peu im- por te si la question même de la réalité est reconsidérée.Penser sa condition de musulman Aux yeux du maire tout comme aux yeux de la doxa du relativisme culturel, ne tenir compte dans la création «que» des musulmans participe à les «stigmatiser».Le péché mortel de Smaël Saïdi aura été de penser sa condition de musulman.Pour échapper à ce piège, on nous suggère fortement de nier les faits pour rééquilibrer les perceptions.Est-ce à dire que la fonction de la culture se résume en un simple rôle d\u2019équilibriste ?Bien entendu, chacun a deviné que le revirement du maire est attribuable à la tuerie du 29 janvier dernier.Cet événement tragique a placé ce maire volubile, connu pour ses déclarations à l\u2019emporte-pièce sur l\u2019immigration (mais pas seulement), au centre de différentes pressions.Cette conception relativiste de la culture est une grave dérive.Elle porte directement atteinte à la liberté de création, de pensée et d\u2019expression.Le rouleau compresseur du relativisme est là pour réduire à néant notre potentiel de création chaque fois qu\u2019il est question de l\u2019islam.Comment est-ce possible que nous en soyons arrivés là, nous, Québécois dont l\u2019histoire récente est pourtant marquée par notre sortie de la censure ?Faut-il que nos décideurs soient devenus amnésiques pour que l\u2019on oublie tous les combats autour de la pièce coup-de- poing de Denise Boucher Les fées ont soif à Québec, qui réclamait pour les femmes le «simple» droit à la jouissance\u2026 en 1978 (il n\u2019était pas trop tôt) ?Faut-il que nos artistes se soient engourdis dans le confort et l\u2019indifférence pour laisser la censure, de nouveau, menacer nos créations ?Faut-il que la crise sociétale que nous traversons soit profonde pour nous enfoncer dans le conformisme et nous complaire dans le silence coupable?Au Québec comme au Canada, la machinerie de la censure est en marche.Chaque fois qu\u2019il est question de l\u2019islam, l\u2019artillerie s\u2019alourdit pour réduire au silence des voix dissidentes.Tout comme en France, les islamistes instrumenta- lisent les tribunaux pour punir les récalcitrants.La judiciarisation du débat public met un frein considérable à l\u2019expression de la parole libre.Nos Parlements, ceux des provinces tout comme le Parlement fédéral débattent ou adoptent des motions sur l\u2019islamophobie sans même en définir les contours.De telles attitudes cultivent les pires préjugés à l\u2019endroit des musulmans les présentant comme des somnambules ser viles coincés dans leur statut de croyants.Je mesure, chaque jour, depuis la parution de mon livre Ma vie à contre- Coran en 2009, nos reculs.J\u2019ai rêvé de devenir citoyenne, en Algérie, dans un pays où l\u2019exercice démocratique était un sport de combat.Maintenant que je vis dans une démocratie, on cherche à m\u2019enfermer dans un silence coupable.Je n\u2019y comprends plus rien.[\u2026] Lever la censure sur la pièce Djihad D GUILLAUME LEVASSEUR LE DEVOIR La référence constante aux valeurs canadiennes ne remplace pas l\u2019explicitation de positions politiques cohérentes et consistantes.L\u2019 SOURCE ELYES GHIDAOUI La Ville de Québec a annulé les représentations de la pièce Djihad. L E D E V O I R , L E L U N D I 1 3 M A R S 2 0 1 7 A 8 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 / 418 643-1541 Par courriel redaction@ledevoir.com Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par télécopieur 514 985-3390 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3344 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Les bureaux du Devoir sont situés au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4 Berri-UQAM Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com A C T U A L I T É S après tout ce que le gouvernement a investi pour l\u2019accueillir.« Le Québec a décidé de l\u2019accueillir comme réfugié, il lui a payé de la francisation.Abdul Rachid est venu cogner chez nous, j\u2019ai décidé de l\u2019engager malgré le fait qu\u2019il parlait mal la langue.J\u2019ai reçu 10 000 $ d\u2019Emploi Québec pour l\u2019intégrer au travail\u2026 Le gouvernement a déjà investi beaucoup et, là, le problème, c\u2019est qu\u2019il parle le birman.[\u2026] En même temps, la meilleure façon pour lui d\u2019apprendre le français, c\u2019est de travailler chez nous ! » Abdul Rachid a été le premier immigrant de l\u2019histoire d\u2019Usitech.«J\u2019ai pris une chance, raconte Sébastien Carrier.C\u2019était ma première expérience avec un immigrant qui ne parle pas français.Au niveau personnalité, il est super, toujours de bonne humeur.Je l\u2019ai comme pris sous mon aile.» Actuellement, Abdul Rachid doit prendre deux bus et marcher 20 minutes pour se rendre à l\u2019usine.«Mais il ne peut pas marcher beaucoup, explique son fils aîné, Salim, qui parle très bien français.Il a une blessure à la jambe.L\u2019été, ça va, mais l\u2019hiver, ce n\u2019est plus possible.» En désespoir de cause, son père a essayé de faire l\u2019examen en Ontario récemment.Selon Salim, il l\u2019a réussi, mais la SAAQ ne veut pas le reconnaître parce qu\u2019il ne serait pas résidant de l\u2019Ontario.La famille pense aller s\u2019établir à Mississauga d\u2019ici deux mois.Abdul Rachid est loin d\u2019être le seul dans cette situation.Ces derniers mois, Le Devoir a recensé de nombreux cas d\u2019immigrants qui échouent au test à répétition.Ils disent que le niveau de français du test est trop élevé et que les versions traduites sont incompréhensibles.Le taux d\u2019échec pour la version du test en langue arabe est d\u2019ailleurs deux fois plus élevé que la moyenne (65% contre 33%).En octobre, la SAAQ a annoncé que les examens seraient refaits.« C\u2019est une révision de la syntaxe au niveau de la compréhension des questions », précise son porte-parole, Mario Vaillancour t.Le travail devrait être achevé au cours de l\u2019année 2017, dit-il.« C\u2019est quand même un travail important, il y a quelques centaines de questions à refaire.Le processus doit être très rigoureux, af firme M.Vaillan- court.Il faut s\u2019assurer que les futurs conducteurs soient sécuritaires sur la route.» Et en attendant?Ne pourrait- on pas améliorer l\u2019accueil ou fournir des ressources d\u2019appoint?«Une trousse d\u2019information est en préparation pour les nouveaux résidants, dit-il.Ça doit être mis en place en 2017 également.Ça devrait les aider à mieux connaître les démarches qu\u2019ils ont à faire, la préparation aux examens.» Au Québec, les nouveaux arrivants peuvent passer le test dans leur langue jusqu\u2019à trois ans après leur arrivée.Les tests sont offerts en français, anglais, arabe, mandarin et espagnol.Pour les autres langues, il est possible de le faire avec interprète à Montréal.Or Sébastien Carrier s\u2019est fait dire par la SAAQ qu\u2019elle n\u2019avait pas dans sa banque d\u2019interprète «qualifié » en birman.Il a alors entrepris des démarches pour en trouver un lui-même, mais ceux qu\u2019il a trouvés n\u2019étaient pas non plus reconnus par la SAAQ.Il ava it aussi trouvé une firme de traduction en Birmanie prête à traduire le test, mais la SAAQ n\u2019a pas voulu l\u2019envoyer par souci de confidentialité.Aux dernières nouvelles, il envisageait de faire venir un traducteur par avion des États-Unis.Dans sa dernière lettre, la SAAQ lui a proposé de permettre à Abdul Rachid de faire l\u2019examen avec un dictionnaire.«Après deux mois de démarches, c\u2019est tout ce qu\u2019ils ont trouvé ! D\u2019abord, ils auraient pu le faire au début, mais en plus, je ne pense pas qu\u2019ils réalisent le travail de moine que ça peut représenter de traduire un examen mot par mot.» D\u2019autres cas Abdul Rachid n\u2019est pourtant pas le premier Birman à débarquer à Québec, où il y a eu une petite vague de réfugiés de ce pays depuis 2008.Selon Samir, ils sont presque tous partis en Ontario.«Il reste une autre famille dans Limoi- lou», dit-il en soulignant qu\u2019ils ont le «même problème» avec le permis de conduire.Au sein de la communauté népalaise (un autre groupe de réfugiés important à Québec), les familles sont également parties par dizaines ces dernières années.Pour eux aussi, le permis de conduire a constitué une em- buche.Andrée-Anne Paquet, de l\u2019École de conduite Lauzon, à Québec a d\u2019ailleurs vu des élèves népalais échouer à l\u2019examen jusqu\u2019à neuf fois.Jointe cette semaine, elle a dit attendre les changements avec impatience.Les Népalais ne sont plus très nombreux à l\u2019école, mais le conjoint d\u2019une hispanophone est récemment venu se plaindre à l\u2019école parce que sa femme avait échoué à l\u2019examen plus de dix fois.À Montréal, un Colombien d\u2019origine a dit au Devoir vivre le même problème.Après avoir échoué au test à répétition en français, il a essayé la version espagnole, qui était « encore pire», selon lui.Paradoxalement, le fait de ne pas avoir de permis de conduire ralentit leur apprentissage du français en les isolant davantage, remarque-t-on.C\u2019est le cas de Mme Yu Sieng Li, une immigrante d\u2019origine cambodgienne établie dans un petit village à 10km de Magog.Elle ne peut pas aller faire les courses ou aller conduire leur fille à l\u2019école, raconte son mari, un Italien d\u2019origine.«On est à la campagne.On ne peut pas se déplacer autrement qu\u2019en auto.» Après avoir échoué 12 fois, Mme Li est allée passer l\u2019examen à Montréal, où on avait faire venir un interprète.Selon ce qu\u2019elle a raconté, ils étaient huit à passer le test en même temps et l\u2019ambiance du test était très stressante.Trois personnes ont même été exclues de la salle parce qu\u2019elles demandaient qu\u2019on répète la question plus de deux fois.Pierre Bérubé, un professeur à la retraite qui l\u2019aide en français trouve la situation injuste.«L\u2019idée, ce n\u2019est pas de leur donner des chances, mais de leur donner des moyens de réussir, dit-il.Le but de l\u2019examen, ça ne devrait pas être de mesurer leur connaissance du français, mais leur connaissance du Code de la sécurité routière.» D\u2019ici là, Mme Li continue d\u2019étudier et se prépare à faire le test une 14e fois.Mais à partir du mois d\u2019août son permis d\u2019ap- prenti-conducteur sera échu et elle ne pourra plus s\u2019entraîner avec son mari.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 SAAQ RENAUD PHILIPPE LE DEVOIR Abdul Rachid, ici en compagnie de sa famille.Faute d\u2019un permis de conduire québécois, il pense aller s\u2019établir à Mississauga, en Ontario, d\u2019ici deux mois.Koweït ien ayant grand i en Iran est l \u2019un des « c inq du 11 septembre », ces hommes condamnés à la peine de mort devant la commission mili - taire pour avoir collaboré à ces tragiques attentats qui ont fait plus de 3000 mor ts.Le film fait plus que s \u2019inspirer des faits ; il est basé sur la vie de M .al-Baluch i .Même le personnage porte son nom.« On savait que la CIA avait donné de l\u2019information à Kathryn Bigelow [la réalisatrice du film] sur notre client.Mais on s\u2019est rendu compte qu\u2019elle en savait beaucoup plus que nous sur lui », raconte Alka Pradhan, membre de l\u2019équipe d\u2019avocats qui défendent Am- mar al-Baluchi.« Pour tant, c\u2019est de l\u2019information top secrète [classified] », dit-elle.En plus d\u2019être accusés de faire l\u2019apologie de la tor ture, Ka- thr yn B igelow et le scénariste ont été pris à partie pour qu\u2019ils révèlent leurs sources.Des avocats spécialistes en liber té d\u2019expression, préservée par le premier amendement de la Constitution, s\u2019en sont mêlés .« On ne nous donne pas toute l\u2019information pour ne pas qu\u2019on l \u2019uti lise pour défendre notre client », déplore Me Pradhan.Vie de torturé En tournée dans quelques villes canadiennes, l\u2019équipe de défense de « triple A » \u2014 Am- mar al-Baluchi portait aussi le nom de Ali Abdoul Aziz-Ali \u2014 s \u2019est ar rêtée jeudi dernier dans les bureaux d\u2019Amnistie internationale à Montréal.Alka Pradhan et son collègue Raashid W illiams sont inquiets.Ils savent que leur client, qui est accusé d\u2019avoir versé des fonds à des personnes impliquées subsé - quemment dans le détournement des avions qui se sont écrasés sur le World Trade Center, a été torturé lorsqu\u2019il était caché par la CIA dans des centres de détention secrets appelés « black sites » ; qu\u2019on lui a fait jouer à tue-tête de la musique assourdissante pour l\u2019empêcher de dormir, qu\u2019on l \u2019a obligé à se tenir debout pendant 86 heures, qu\u2019on lui a fracassé le crâne sur les murs.Aujourd\u2019hui, en plus d\u2019un traumatisme profond, il en garde de sérieuses séquelles : il ne peut dormir plus de 2-3 heures en ligne et souffre d\u2019horribles maux de tête.Mais surtout, il ne reçoit pas les soins de santé dont il a besoin, déplorent ses avocats.« Ça n\u2019a jamais vraiment été diagnostiqué ni traité pendant plus de dix ans.On craint pour son état de santé », explique Me Williams qui remarque que les fonctions de son client se détériorent.« À cour t terme, on veut une pleine reconnaissance de la tor ture subie par Ammar et on veut qu\u2019il soit traité comme une victime de torture.» Et de grâce, implore- t-il, qu\u2019on lui fasse passer une imagerie par résonance magnétique.« Ça fait des années qu\u2019on le demande.» Encore 41 C\u2019est que les 41 prisonniers qui sont toujours enfermés à Guantanamo ne sont pas considérés comme des prisonniers de guerre au sens de la convention de Genève.Parmi eux, 31 prisonniers font partie de ce qu\u2019on appelle l\u2019« habeas [corpus] » : ils sont détenus bien qu\u2019ils n\u2019aient jamais été accusés de quoi que ce soit.« Ils ont été arrêtés à cause d\u2019erreurs de traduction de l\u2019interprète ou parce qu\u2019on leur a demandé s\u2019il connaissait Al- Qaïda et qu\u2019ils ont dit oui, que c\u2019était un village tout près du leur au Yémen», soutient Alka Pradhan.De ce nombre, au moins 24 auraient reçu l\u2019aval des autorités pour être relâchés, mais attendent que des pays signent des accords pour les accueillir.Dans l \u2019autre par tie de la base militaire située à Cuba, dix prisonniers accusés sont en attente d\u2019un procès devant la commission militaire.Am- mar al-Baluchi est du lot.À l\u2019heure actuelle, l\u2019État reconnaît aux prisonniers qui seront jugés devant ces tribunaux le droit d\u2019être traité humainement, comme le garantit la Convention de Genève.Mais un homme qui a combattu sans uniforme et qui a, en quelque sorte, mené des luttes hors des lois, n\u2019a pas droit à la protection et au privilège de cette même convention.L\u2019équipe de défense d\u2019Am- mar tente de prouver le caractère illégal de cette posture gouvernementale.Elle essaie aussi de faire valoir que les crimes pour lesquels il est accusé \u2014 complot, terrorisme et détournement \u2014 n\u2019ont jamais été des crimes de guerre.Et qu\u2019une loi promulguée à posté- riori ne pourrait rien y changer.« L\u2019État tient pour acquis que ces prisonniers sont des terroristes et le problème, c\u2019est qu\u2019on les considère comme coupables d\u2019emblée » , déplore Me Pradhan.La vie à Guantanamo Depuis ses presque 11 ans à Guantanamo, la vie d\u2019Ammar se résume à 22 heures en confinement dans une cellule, sans le droit de parler à ses codétenus, et à des moments de « récréation », où il peut sortir dans une cour asphaltée grillagée.Il a un accès limité aux médias et quelques films et livres seulement sont autorisés (il paraît que Harry Potter et Game of Thrones ont la cote).« Il est laissé à lui-même », résume Alka Pradhan.« Mais il se bat.En écrivant des lettres.» Même si ça peut lui prendre deux heures pour écrire un paragraphe, ajoute Me Williams.La communication avec sa famille n\u2019est ni très fréquente ni très directe.Tout, même les conversations Skype, est filtré en raison du caractère hautement confidentiel de son dossier.Son équipe d\u2019avocats, qui dit avoir été mise sur écoute sans autorisation \u2014 via des détecteurs de fumée qui n\u2019en sont pas \u2014, est un peu devenue sa deux ième fami l le .« Chacun a sa propre relation avec Ammar » , expl ique Me W i l l iams .« Il s\u2019inquiète pour moi et, quand je voyage, il me demande toujours de l\u2019aviser lorsque j\u2019arrive à destination.C\u2019est quelqu\u2019un de très plaisant, qui aime blaguer.S\u2019il me voyait aujourd\u2019hui, c\u2019est sûr qu\u2019il me taquinerait sur ma cravate rose.» « Je vais certainement lui en parler », interrompt Alka en rigolant.Elle est convaincue que son client a sa place au soleil, à l\u2019extérieur des murs de la prison.« Il est parfois impatient mais n\u2019élève jamais le ton.Il est, et de loin, le plus éduqué, gentil, éloquent et attentionné», insiste-t-elle.« Il est assez unique.» Alors que plusieurs ont abandonné la lutte, Ammar al- Baluchi tient bon.« C\u2019est un combattant.Il refuse de succomber à ce qu\u2019il a traversé.» Les autorités visent 2018 pour le juger, mais selon l\u2019équipe de « triple A », il faudra attendre des années encore.Années pendant lesquelles ils promettent de se consacrer à leur objectif : donner accès à leur client à un procès équitable.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 PRISON Prisonniers à Guantanamo À y avoir été incarcérés 774 Libérés par Georges W.Bush 532 Libérés par Barack Obama 201 Toujours en détention 41 bâtir un mouvement pour le changement fondamental.Et cela signifie mettre en avant une vision progressiste et audacieuse.» Mme Ashton est revenue souvent à la charge avec cette idée que le NPD devait renouer avec les diverses forces progressistes du pays, notamment le mouvement étudiant.Guy Caron, le seul Québéco is dans la course, a pris le taureau par les cornes en revenant sur l\u2019épisode du niqab qui a lesté la formation au Québec en 2015.« La question du niqab a été extrêmement dommageable.On n\u2019a pas réussi à trouver la bonne réponse », a-t-il dit.Plus tard en point de presse, M.Caron a évité de détailler quelle réponse il aurait, lui, offerte.« Je ne réglerai pas cette question à moi tout seul », a-t-il dit, invitant plutôt le NPD à débattre davantage de l\u2019enjeu identitaire.Il a fini par dire que « la position [sur le niqab] n\u2019était pas mauvaise, mais elle manquait d\u2019empathie ».Elle ne prenait pas acte selon lui du malaise québécois envers la religion qui « joue dans l\u2019inconscient » collectif de la province.Niki Ashton a reconnu que la question du ni- qab avait démontré à quel point le parti avait perdu contact avec le Québec en 2015.Elle n\u2019a pas pour autant dénoncé la position de son parti sur ce voile intégral.Tout au plus a-t-elle fait valoir que cette position aurait pu être mieux «communiquée».Énergie Est et économie Sur la question des pipelines, Peter Julian n\u2019y est pas allé par quatre chemins.« Par fois, il n\u2019est pas possible de concilier l\u2019environnement et l\u2019économie », a-t-il lancé.«Dans le cas d\u2019Énergie Est, il n\u2019est pas possible de concilier ce projet avec ce que nous avons à faire pour lutter contre les changements climatiques.» M.Julian n\u2019a pas pour autant attaqué son adversaire Guy Caron, qui est le moins tranché sur cette question puisqu\u2019il propose de consolider le processus d\u2019évaluation environnementale.Le seul désaccord ayant été mis ouvertement en évidence a porté sur le revenu minimal garanti, proposé par Guy Caron.Charlie Angus a indiqué qu\u2019à son avis, « ce sera très dif ficile à mettre en place à cause de la juridiction provinciale ».La proposition de M.Caron n\u2019est en effet pas encore étof fée et n\u2019explique pas comment elle se mariera avec les programmes provinciaux d\u2019aide sociale et d\u2019aide financière aux étudiants.M.Julian, qui tente de se poser en rassembleur de la course, a utilisé sa déclaration de clôture pour rappeler qu\u2019il y a «des dif férences, mais qu\u2019il y a beaucoup plus de convergences.Peu importe qui est choisi comme prochain chef, on va travailler ensemble pour avancer notre mouvement et construire un meilleur Canada».Guy Caron, pour sa part, est passé pour le réaliste de la course, accusant de manière détournée ses adversaires de manquer de solutions aux problèmes mis au jour.« Nous avons besoin d\u2019une plateforme électorale très précise.C\u2019est une chose de dire ce sur quoi nous sommes d\u2019accord.Nous sommes tous d\u2019accord pour combattre les inégalités économiques et les changements climatiques.Mais comment nous allons le faire doit être expliqué si nous voulons gagner le cœur des Canadiens et rebâtir la confiance.» Par ailleurs, le débat a été pimenté de moments assez loufoques quand les candidats ont dû répondre à des questions « légères ».Quel est votre sport d\u2019hiver favori ?Quel était votre plat préféré lorsque vous étiez enfant ?Quel a été votre film québécois préféré ?Votre féministe préférée ?Que préférez-vous entre la bière Ale ou la Lager ?Certaines réponses ont provoqué l\u2019hilarité, comme lorsque M.Caron a admis qu \u2019il raf folait des pâtes au Cheez Whiz ou quand Charlie Angus a admis qu\u2019en bon Onta- rien du Nord, sa bière préférée était celle qui était gratuite.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 NPD JUSTIN TANG LA PRESSE CANADIENNE Guy Caron est le seul Québécois dans la course à la succession de Thomas Mulcair."]
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