Le devoir, 20 mars 2017, Cahier B
[" Les musulmans d\u2019Amérique entre peur et optimisme Page B 6 LE MONDE Rendre le monde moins laid avec Adib Alkhalidey Page B 8 C A H I E R B \u203a L E D E V O I R , L E L U N D I 2 0 M A R S 2 0 1 7 «L a politique de la patience stratégique est terminée.[\u2026] Toutes les options sont sur la table.» Ainsi s\u2019exprimait, vendredi à Séoul, le secrétaire d\u2019État américain, Rex Tillerson, au sujet de l\u2019impossible casse-tête que représente le chantage nucléaire de la Corée du Nord.«Patience stratégique» : c\u2019est le nom, poétique et un brin asiatique, qui avait été donné à cette idée selon laquelle, devant les provocations à répétition de Pyongyang, il importe avant tout d\u2019éviter l\u2019escalade.En se contentant, à chaque nouveau test nucléaire, à chaque nouveau tir de missiles, à chaque nouveau crachat nord-coréen, de dénonciations verbales et de sanctions économiques.Des sanctions dont on sait qu\u2019elles ne sont pas vraiment appliquées par Pékin (même si la Chine vote en faveur au Conseil de sécurité) et qu\u2019elles n\u2019inquiètent finalement que très peu le régime de Kim Jong-un.Tout en réaffirmant, inlassablement et jusqu\u2019à l\u2019absurde, la nécessité de négocier\u2026 Désormais, « toutes les options sont sur la table », y compris \u2014 Tillerson a été explicite \u2014 celle de frappes militaires pour jeter par terre, ou retarder, le programme nucléaire nord-coréen.Cette éventualité donne froid dans le dos, tant au Japon qu\u2019en Corée du Sud, les deux cibles prioritaires d\u2019éventuelles frappes de représailles.Des frappes qui pourraient provoquer une véritable guerre régionale où les deux Co- rées, mais également la Chine, le Japon et les États-Unis, se verraient entraînés dans une logique terrifiante.De plus, les connaisseurs du programme nucléaire nord-coréen ont émis des doutes sur l\u2019ef ficacité de tels bombardements qui viseraient les sites de recherche et d\u2019élaboration de ce programme.D\u2019abord parce que ces sites sont souvent bien dissimulés, sous terre, avec une capacité de déplacement ultrarapide lors des essais de missiles par exemple.Ensuite, parce que les sites nucléaires bombardés pourraient devenir, si on les abîme, une grave source de radioactivité dans la péninsule coréenne, mais aussi au-delà.?La visite de Tillerson en Asie \u2014 chez les alliés japonais et sud-coréen d\u2019abord, puis à Pékin \u2014 semble indiquer que les États-Unis du fantasque président actuel ne vont pas abandonner leurs alliés asiatiques.Ils ne vont pas leur dire (comme le répétait le candidat républicain l\u2019an dernier) : « Vous n\u2019avez qu\u2019à vous doter vous- mêmes de l\u2019arme nucléaire pour vous défendre !» Malgré les caprices imprévisibles de l\u2019actuelle Maison-Blanche, malgré les folles déclarations passées de Trump, il semble y avoir \u2014 du moins en matière de politique étrangère \u2014 une certaine « normalisation » dans le sens de la continuité, avec des responsables comme Rex Tillerson aux Affaires étrangères et James Mattis à la Défense.On l\u2019a vu lors des dernières déclarations ou actions au sujet de la Syrie, de l\u2019Irak\u2026 et même de la Russie.Ce qui donne à penser que même une expression comme « toutes les options sont sur la table»\u2026 relève davantage de la rhétorique que d\u2019une menace imminente.Le danger nucléaire en Asie reste pourtant réel et palpable.Comment stopper le dictateur de Pyongyang ?Le « grand frère » chinois lui- même semble à court d\u2019arguments\u2026 Une chose est certaine : ceci n\u2019est pas une pièce de théâtre « tout arrangée » ; Pékin ne contrôle vraiment pas le « petit frère » turbulent.Kim Jong-un manipule habilement le dilemme des Chinois.Ceux-ci ne veulent certes pas d\u2019une puissance nucléaire dans la péninsule coréenne, mais en même temps ils ne peuvent pas abandonner ce régime qui reste, in fine, leur allié\u2026 et surtout, un tampon essentiel entre la Chine et les quelque 30 000 soldats américains stationnés en Corée du Sud.La rencontre de dimanche entre Tillerson et le président Xi Jinping a été superficiellement aimable.Xi, plus diplomate que l\u2019inqualifiable Trump (vendredi avec la chancelière allemande à Washington), a patiemment serré la main de tous les membres de la délégation américaine.Le secrétaire d\u2019État, lui, a récité tous les mots qu\u2019il fallait : «dialogue», «compréhension», «coopération», «renforcement des liens»\u2026 Mais les sujets qui fâchent ont été éludés : le nouveau bouclier antimissile américain en Corée du Sud, l\u2019impérialisme régional de la Chine au large de ses côtes, la guerre commerciale annoncée par Donald Trump\u2026 et puis Kim Jong-un et ses bombes.Une prise de contact, pour faire baisser la température entre les deux superpuissances du monde : mieux que rien.francobrousso@hotmail.com François Brousseau est chroniqueur d\u2019information internationale à Radio-Canada.Nucléaire en Asie, danger FRANÇOIS BROUSSEAU MOHAMMED EYAD AGENCE FRANCE-PRESSE Des djihadistes ont lancé une attaque contre les forces prorégime à Damas, à partir d\u2019une position rebelle dans le quartier de Jobar.L A Y A L A B O U R A H A L à Beyrouth D es af frontements violents ont éclaté dimanche dans l\u2019est de Damas après une at- taque-surprise de djihadistes et de rebelles, qui ont tenté d\u2019avancer vers le centre de la capitale.Ces combattants, menés par des djihadistes du Front Fateh al-Cham, l\u2019ancienne branche syrienne d\u2019al-Qaïda, ont lancé leur attaque contre les forces prorégime à partir de la position rebelle la plus proche du centre-ville, dans le quartier de Jobar, selon l\u2019Observatoire syrien des droits de l\u2019homme (OSDH).D\u2019après l\u2019OSDH, il s\u2019agit d\u2019une of fensive éclair destinée à ouvrir un nouveau front et ainsi soulager les insurgés qui subissent actuellement des bombardements par les forces du régime dans trois quartiers du nord de la capitale.Ces combats font rage alors qu\u2019une nouvelle série de négociations intersyriennes est prévue à partir de mercredi à Genève, sous l\u2019égide de l\u2019ONU, en présence de représentants du régime de Bachar al-Assad et de l\u2019opposition.Tous les efforts diplomatiques, encadrés ou non par l\u2019ONU, ont échoué à trouver une solution au conflit qui déchire la Syrie depuis six ans et a fait plus de 320 000 morts et des millions de déplacés et réfugiés, engendrant une grave crise humanitaire.Un cessez-le-feu avait été négocié en décembre avec l\u2019aide de la Russie, alliée du régime, et la Turquie, qui soutient des groupes rebelles, mais les combats n\u2019ont pas pour autant cessé dans le pays.D\u2019après le directeur de l\u2019OSDH, Rami Abdel Rahmane, des rebelles et des djihadistes ont lancé leur attaque dimanche dans le quartier de Jobar en envoyant sur les positions du régime «deux voitures piégées et plusieurs kamikazes».«Ce n\u2019est pas une escarmouche, c\u2019est une tentative de gagner du terrain» de la part des insurgés, a affirmé M.Abdel Rahmane, qui a précisé qu\u2019ils avaient pris des bâtiments sur la place des Abbassides, d\u2019où ils avaient tiré des roquettes vers plusieurs secteurs de la capitale.Mais après une « avancée significative » des combattants de l\u2019opposition, le régime « a entamé une contre-offensive», a-t-il ajouté.À la tombée de la nuit, les rebelles ont dirigé leurs efforts sur Qaboun, un quartier du nord- est de Damas lourdement bombardé ces dernières semaines par l\u2019armée.«Les rebelles veulent lier le territoire [sous leur contrôle] de Jo- bar à Qaboun pour y briser le siège du gouvernement», a expliqué M.Abdel Rahmane.Attaque déjouée Selon le directeur de l\u2019OSDH, l\u2019armée a répondu à l\u2019of fensive rebelle par plus de 30 frappes aériennes.GUERRE EN SYRIE Violents combats à Damas après une attaque-surprise d\u2019insurgés M I C H A E L M A T H E S à Washington T H O M A S U R B A I N à New York I l n\u2019existe pas de preuve de collusion entre le camp Trump et la Russie pour influencer l\u2019élection présidentielle, pas plus que d\u2019élément confirmant la mise sur écoute de Donald Trump par son prédécesseur, a affirmé dimanche un parlementaire informé par les services de renseignement américains.Ces affirmations viennent la veille d\u2019une audition publique très attendue du directeur de la police fédérale chargé de ce type d\u2019affaires et aussi du patron des « grandes oreilles » américaines, la NSA.Ces deux dossiers enveniment la vie politique américaine depuis des semaines, et le refus du président de revenir sur ses tweets accusant Barack Obama de l\u2019avoir mis sur écoute, malgré les démentis entament sérieusement sa crédibilité et consument un temps précieux.Le renseignement américain avait publié, début janvier, un rapport indiquant que la Russie avait piraté les comptes de responsables démocrates et tenté, plus généralement, de peser sur le scrutin présidentiel pour avantager Donald Trump.Mais il n\u2019existe pas de preuve que l\u2019équipe de l\u2019homme d\u2019affaires a été impliquée dans cette campagne de déstabilisation, a affirmé dimanche le président de la commission du renseignement de la Chambre des représentants, le républicain Devin Nunes, sur la chaîne Fox News.Pas de preuve non plus, a-t-il expliqué, de la mise sur écoute de la Tr ump Tower avant l\u2019élection, contrairement à ce qu\u2019af firme depuis plusieurs semaines le président des États-Unis.À la veille de l\u2019audition du directeur du FBI, James Comey, devant la commission présidée par Devin Nunes, le parlementaire a ostensiblement cherché, à l\u2019unisson avec d\u2019autres élus, à réorienter le débat vers la question des fuites émanant du renseignement.Pour lui, à la différence des allégations por tant sur les liens entre le camp Trump et la Russie ou la mise sur écoute supposée de la Trump Tower, il est établi que ce délit-là « a bien été commis».L\u2019enquête en cours doit ainsi faire la lumière sur l\u2019origine de la fuite qui a révélé les contacts entre Michael Flynn et l\u2019ambassadeur de Russie aux États-Unis, contraignant le conseiller pour la sécurité nationale de Donald Trump à démissionner quelques jours seulement après sa nomination, a expliqué Devin Nunes.Si le renseignement peut intercepter des communications entre un citoyen américain et un ressor tissant étranger, il n\u2019est pas admissible que le nom du premier soit dévoilé publiquement, a martelé l\u2019élu.Nouveaux éléments à venir Interrogé dimanche sur la chaîne Fox Business, le porte- parole de la Maison-Blanche, ÉLECTION AMÉRICAINE « Pas de preuve de collusion » entre l\u2019entourage de Trump et la Russie Y A C I N E L E F O R E S T I E R à Berlin S T U A R T W I L L I A M S à Istanbul L\u2019 Allemagne a reproché dimanche au président turc d\u2019avoir « franchi une limite » en accusant personnellement la chancelière allemande Angela Merkel de pratiques « nazies », alors que les relations entre les deux pays ne cessent de s\u2019envenimer.Les relations entre Ankara et l\u2019Union européenne, l\u2019Allemagne en particulier, traversent une crise aiguë à l\u2019approche du référendum du 16 avril qui doit renforcer les pouvoirs du président Recep Tayyip Erdogan.Les refus successifs depuis le début du mois de l\u2019Allemagne et d\u2019autres pays de l\u2019UE comme les Pays-Bas de laisser des ministres turcs participer sur leur sol à des réunions électorales auprès de la diaspora, en faveur du oui au référendum, ont suscité l\u2019ire de l\u2019homme fort d\u2019Ankara.Il avait déjà affirmé faire face à des pratiques dignes du nazisme en Europe.Dimanche il est allé encore plus loin en s\u2019en prenant nommément à la chancelière allemande.RELATION TURCO-ALLEMANDE Erdogan s\u2019en prend de plus belle à Merkel VOIR PAGE B 2 : SYRIE VOIR PAGE B 2 : ALLEMAGNE VOIR PAGE B 2 : ÉTATS-UNIS L E D E V O I R , L E L U N D I 2 0 M A R S 2 0 1 7 LE MONDE B 2 P aris \u2014 Le candidat socialiste à la présidentielle française, Benoît Hamon, qui stagne à la 4e place dans les sondages, a tenté dimanche de relancer sa campagne devant 20 000 personnes, en l\u2019absence notoire des poids lourds de son parti.«Tout commence aujourd\u2019hui, tout commence avec vous, tout commence par vous», a-t-il lancé sous les vivats, à un mois du premier tour de scrutin.Ce vainqueur-surprise de la primaire de la gauche, qui peine aujourd\u2019hui à faire décoller sa campagne, espère lui donner un nouvel élan grâce à ce meeting où il a attaqué ses adversaires avec des termes forts.Mais le matin même, son ancien rival de la primaire, l\u2019ex-premier ministre Manuel Valls, l\u2019a éreinté dans une tribune de presse, évoquant un programme empreint d\u2019un « cynisme ambiant où l\u2019on promet tout et son contraire, où l\u2019on signe des chèques».Benoît Hamon a regretté le choix de M.Valls de ne pas le parrainer, dénonçant « ce manquement à la parole donnée, ce mépris de l\u2019expression démocratique qui exaspère tant le peuple».Mais à la tribune ne figuraient que quelques rares membres ou anciens membres du gouvernement, alors que nombre de socialistes lui ont préféré Emmanuel Macron, ancien ministre de l\u2019Économie reconver ti en « ni droite ni gauche».Selon un sondage publié dimanche, M.Ha- mon se retrouve désormais à 12 % d\u2019intentions de vote, à égalité avec le candidat de la gauche radicale, Jean-Luc Mélenchon.La candidate d\u2019extrême droite, Marine Le Pen, et Emmanuel Macron sont ex æquo à 26 % d\u2019intentions de vote, selon cette enquête Kantar Sofres.Le candidat de la droite, l\u2019ancien premier ministre François Fillon, est stable (17 %), à 9 points derrière le duo de tête.Contre Mme Le Pen, M.Hamon a défendu une France «ouverte, généreuse, solidaire, inno- vante».Il a aussi dénoncé le trop-plein de candidats du «parti de l\u2019argent » en faisant allusion à une tirade de l\u2019actuel président socialiste, François Hollande, qui lors de sa campagne de 2012 avait attaqué la finance, un « ennemi » sans «nom» ni «visage».«Le parti de l\u2019argent a trop de candidats dans cette élection.Ce parti de l\u2019argent a plusieurs noms, plusieurs visages, il a même plusieurs partis », a lancé M.Hamon, en visant M.Macron, un ancien banquier, Mme Le Pen et M.Fillon.L\u2019éphémère ministre de l\u2019Éducation (avril- août 2014), passé aussi par l\u2019Économie sociale et solidaire (2012-2014), a fait flèche de tout bois pour se glisser dans le costume du président, non pas « le p.-d.g.du site France, mais un président de la République au service exclusif des Françaises et des Français ».Durant son heure et demie d\u2019allocution, M.Ha- mon a repris les grandes lignes de son programme, dont son revenu universel qui «n\u2019oppose plus le chômeur au travailleur, mais les réconcilie», ou encore la légalisation du cannabis.Il devait avoir l\u2019occasion lundi soir de tenter une nouvelle fois de faire passer son message au pays puisque les cinq principaux candidats à la présidentielle vont débattre à la télévision, et ce, pour la première fois en France avant le premier tour.Agence France-Presse FRANCE Le candidat socialiste, distancé, tente de relancer sa campagne D A N M A R T I N à Pékin Le président chinois, Xi Jin- ping, et le secrétaire d\u2019État américain, Rex Tillerson, se sont engagés, dimanche à Pékin, à travailler pour renforcer leurs relations, peu après une nouvelle provocation de Pyongyang.M.Xi a rencontré le chef de la diplomatie américaine quelques heures après l\u2019annonce du test d\u2019un nouveau moteur de fusée par la Corée du Nord, qui cherche à se doter de missiles intercontinentaux susceptibles de porter le feu nucléaire jusque sur le sol américain.Ce test avait visiblement été programmé pour coïncider avec l\u2019arrivée à Pékin, samedi, de M.Tillerson.On ignore si M.Xi et M.Til- lerson ont directement évoqué la Corée du Nord.Le président chinois a en tout cas parlé de sa conversation téléphonique le mois dernier avec Donald Trump, au cours de laquelle le président américain s\u2019était engagé à ne pas entretenir de relations officielles avec le gouvernement taïwanais, contrairement à la menace qu\u2019il avait laissée planer après son élection.«Lui comme moi pensons que nous devons faire des ef for ts conjoints pour faire progresser la coopération sino-américaine», a déclaré Xi Jinping.«Nous pensons que nous pouvons faire en sorte que la relation avance de façon constructive dans la nouvelle ère.Je suis certain que, tant que nous ferons cela, notre relation pourra certainement avancer dans la bonne direction.» Washington durcit le ton Avant Pékin, M.Tillerson avait fait étape à Tokyo et Séoul, où il avait insisté sur le fait que les États-Unis n\u2019allaient plus suivre la politique de «patience stratégique» mise précédemment en œuvre par Washington envers Pyongyang, une politique qui selon lui a échoué.Il avait aussi souligné qu\u2019une opération militaire américaine était notamment « une option sur la table», des déclarations tranchant avec la politique de la Chine, un des rares soutiens du régime nord-coréens.La relation sino-américaine s\u2019est récemment tendue du fait du déploiement, en Corée du Sud, d\u2019un bouclier antimissile que Pékin voit comme une menace pour sa propre souveraineté.La Chine a en outre été l\u2019une des cibles de M.Trump pendant sa campagne, le milliardaire accusant ce pays d\u2019avoir «volé» des millions d\u2019emplois aux États-Unis.Mais M.Tiller- son a adopté à Pékin un ton beaucoup plus conciliant.«Nous savons que, par le dialogue, nous arriverons à une meilleure compréhension qui conduira à un renforcement des liens entre la Chine et les États-Unis et donnera le ton de notre future relation de coopération», a-t-il déclaré à son hôte qui venait de l\u2019accueillir au Palais du peuple, face à la place Tiananmen.Agence France-Presse Xi Jinping et Tillerson prêts à travailler à un rapprochement Chine\u2013États-Unis Mossoul \u2014 D\u2019intenses combats se déroulaient dimanche à Mossoul-Ouest, où les forces irakiennes tentaient de briser les lignes de défense du groupe État islamique (EI) aux abords de la vieille ville, objectif stratégique pour la reprise de la grande métropole du nord aux djihadistes.Située sur la rive occidentale du Tigre, la vieille ville est un dédale de ruelles, dont la configuration et la densité de la population rendent difficile la progression des forces de sécurité irakiennes.Au cœur de ce secteur se trouve la mosquée Al-Nouri, où le chef de l\u2019EI, Abou Bakr al-Baghdadi, avait fait en juillet 2014 son unique apparition publique, quelques jours après la proclamation de son « califat » sur les larges territoires conquis en Syrie et en Irak.Dimanche, la police fédérale et la Force d\u2019intervention rapide (FIR), équipées de fusils d\u2019assaut, progressaient à proximité du Tigre, tirant au mortier et au lance-roquettes, ont constaté des journalistes de l\u2019AFP.À la faveur d\u2019une météo plus clémente que ces derniers jours, les forces irakiennes ont reçu le soutien d\u2019hélicoptères qui mitraillaient les positions djihadistes, tandis que résonnaient dans la ville le claquement des tirs et le bruit sourd des explosions.«L\u2019objectif de la bataille, c\u2019est de dépasser le pont al-Hadidi en direction du nord », a déclaré à l\u2019AFP le général Abbas al-Joubouri, commandant de la FIR, avant d\u2019évoquer les écueils inhérents à ce type d\u2019environnement urbain.« La dif ficulté, c\u2019est la présence de familles, comment éviter de tirer sur les familles utilisées comme boucliers humains [par le groupe EI].C\u2019est un quartier ancien, avec de vieilles maisons, on utilise rarement des armes lourdes», a-t-il expliqué.Agence France-Presse MOSSOUL Combats intenses aux abords de la vieille ville ÉRIC FEFERBERG AGENCE FRANCE-PRESSE Benoît Hamon a essayé de donner un nouvel élan à sa campagne lors d\u2019un meeting à Paris, dimanche.L a t é l é v i s i o n d \u2019 É t a t a rappor té que l\u2019armée avait « déjoué une attaque de terroristes » .Elle a dif fusé des images de la place des Abbas- sides, d\u2019ordinaire très fréquentée, mais cette fois complètement vide et où les seuls bruits audibles étaient ceux des détonations.Selon des correspondants de l\u2019AFP à Damas, l\u2019armée a bouclé tous les accès à cette place, de laquelle s\u2019échappait une épaisse fumée.Plusieurs écoles ont annoncé qu\u2019elles fermaient jusqu\u2019à mardi.Le contrôle de Jobar est partagé entre, d\u2019un côté, des rebelles alliés à des djihadistes et, de l\u2019autre, les forces pro- gouvernementales.« C\u2019est une ligne de front impor tante » à cause de sa proximité avec le centre-ville de Damas, a expliqué M.Abdel Rahmane, qui n\u2019a pas été en mesure de fournir dans l\u2019immédiat un bilan des affrontements à Jobar.Selon l\u2019OSDH, l\u2019attaque de Jobar doit notamment permettre de soulager les rebelles qui essuient des attaques de l\u2019armée dans les quar tiers de Barzé, Qaboun et Tichrine en détournant l\u2019attention des forces prorégime de ce front au nord de la capitale.Les violents combats dans ces trois quartiers ont fait au moins 20 morts au cours des dernières 24 heures, d\u2019après l\u2019OSDH.En six ans, le conflit en Syrie, déclenché par la répression sanglante de manifestations pacifiques, s\u2019est transformé en une guerre complexe impliquant une multitude d\u2019acteurs et de groupes locaux, régionaux et internationaux.Israël et la Syrie ont connu vendredi leur plus sérieux accrochage depuis le début du conflit, quand des missiles ont été tirés par l\u2019armée syrienne contre des avions israéliens en opération en Syrie.« La prochaine fois que les Syriens utilisent leurs systèmes de défense aérienne contre nos avions, nous les détruirons sans la moindre hésitation », a prévenu dimanche le ministre israélien de la Défense, Avigdor Lieberman.Israël répète régulièrement ne pas vouloir prendre par ti dans la guerre en Syrie, mais l\u2019État hébreu voit d\u2019un mauvais œil le soutien qu\u2019appor tent deux de ses ennemis, le Hezbollah chiite libanais et l\u2019Iran, au régime de Bachar al-Assad.Agence France-Presse SUITE DE LA PAGE B 1 SYRIE «Quand on les traite de nazis, cela ne leur plaît pas.Ils manifestent leur solidarité.En particulier Merkel», a déclaré M.Erdo- gan dans un discours télévisé.« Mais tu as recours en ce moment précis à des pratiques nazies », a-t-il lancé à l\u2019adresse de la dirigeante allemande.«Nous sommes tolérants mais nous ne sommes pas des imbéciles», lui a répliqué le chef de la diplomatie allemande Sigmar Gabriel dans le quotidien allemand Passauer Neue Presse à paraître lundi.«J\u2019ai donc fait savoir très clairement à mon homologue turc [Mevlut Cavusoglu] qu\u2019une limite avait été ici franchie» suite aux propos « choquants » de M.Erdogan, a-t-il ajouté.L\u2019Allemagne est au centre du bras de fer du président Er- dogan avec l\u2019Europe, car elle héberge la plus impor tante diaspora turque au monde, dont 1,4 million de personnes inscrites sur les listes électorales consulaires.Jusqu\u2019ici, les responsables allemands ont préféré la retenue face aux provocations, persuadés que la surenchère ne ferait que faire le jeu du chef de l\u2019État turc, soupçonné de vouloir se poser en victime pour mobiliser les indécis au projet de réforme constitutionnelle.Mais la patience de Berlin arrive à ses limites.«Est-ce que Monsieur Erdogan a encore tous ses esprits?» s\u2019est interrogée une proche de Mme Merkel et vice- présidente de son parti conservateur CDU, Julia Klöckner.Elle a demandé l\u2019arrêt des subventions européennes en faveur de la Turquie, prévues pour l\u2019aider à se rapprocher de l\u2019UE.Dans un nouvel accès de fureur, la Turquie a annoncé dimanche avoir convoqué l\u2019ambassadeur d\u2019Allemagne pour protester contre la tenue la veille à Francfort d\u2019une manifestation de Kurdes lors de laquelle avaient été brandis des drapeaux du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), interdit en Turquie, et avaient été lancés des appels à voter non au référendum du 16 avril.Agence France-Presse Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 SUITE DE LA PAGE B 1 ALLEMAGNE Sean Spicer, s\u2019est demandé pourquoi une enquête criminelle n\u2019était pas diligentée pour établir l\u2019origine des informations.Le FBI a jusqu\u2019ici refusé de confirmer ou d\u2019infirmer l\u2019existence d\u2019une enquête formelle.Lors de leur audition, lundi, James Comey et le directeur de l\u2019agence de renseignement américaine NSA, Mike Rogers, pourraient apporter de nouveaux éléments concernant ces fuites.L\u2019événement est très attendu, car il verra pour la première des responsables du renseignement américain répondre publiquement à des questions sur le rôle de la Russie dans l\u2019élection, ses relations avec l\u2019équipe Trump et les accusations de mise sur écoute de Donald Trump.Bien que tous les parlementaires qui ont été informés par les services de renseignement aient indiqué qu\u2019il n\u2019existait pas de preuve d\u2019écoutes à la Trump Tower, la nouvelle administration se refuse toujours à mettre ce dossier derrière elle.Dimanche, Sean Spicer, a expliqué que les investigations concer nan t l es écou tes n\u2019étaient pas terminées et qu\u2019il fallait attendre les conclusions définitives.«Ce n\u2019est pas forcément aussi bizarre que le suggère la presse », a appuyé dimanche le sénateur républicain Ted Cruz au sujet des écoutes.«Nous savons que le gouvernement Obama a visé des ennemis politiques», a-t-il affirmé, sans donner d\u2019exemple.Mais, au même titre que d\u2019autres dossiers, cette polémique divise au sein du parti républicain et plusieurs élus aimeraient en finir.Élu républicain à la Chambre des représentants, Will Hurd a suggéré dimanche à Donald Trump de présenter ses excuses, au sujet de ces écoutes en général, et plus particulièrement au Royaume- Uni pour avoir laissé entendre que le renseignement britannique y avait contribué.« Le FBI doit vraiment tout mettre à plat », a estimé la chef de file démocrate à la Chambre des représentants, Nancy Pelosi.«Parce que le gouvernement a décidé qu\u2019il pouvait dire n\u2019importe quoi en toute impunité et c\u2019est très dommageable.» Agence France-Presse SUITE DE LA PAGE B 1 ÉTATS-UNIS L E D E V O I R , L E L U N D I 2 0 M A R S 2 0 1 7 SOCIETE B 3 Entre littérature et documentaire, Julie Bos- man recueille les témoignages de femmes pour qui la solitude n\u2019est pas un fardeau, mais qui ne diraient pas non à un câlin.D O M I N I C T A R D I F L e titre, déjà, Nous sommes bien seules, porte toute la complexité émotive du projet.C\u2019est qu\u2019il y a autant, dans ce premier livre de Julie Bosman, de femmes vivant bien leur solitude que de celles qui ne refuseraient pas un peu de chaleur humaine.Les deux sentiments ne sont d\u2019ailleurs pas mutuellement exclusifs.«Il y a une dame après notre entretien qui m\u2019a demandé: \u201cEst-ce que tu peux me prendre dans tes bras?\u201d Elle me disait : \u201cQuand ça me manque, des fois, je vais voir ma voisine pour qu\u2019elle me donne un câlin\u201d », se remémore celle qui s\u2019est invitée dans l\u2019intimité de quinze femmes, ayant toutes en commun de vivre seules, de cœur ou de corps, depuis longtemps.Sans trop d\u2019artifice, elle relaie leur parole dans une perspective mêlant documentaire et narration, inspirée par l\u2019écrivaine biélorusse Svetlana Aleksie- vitch, dont « la collecte d\u2019informations ressemble à du journalisme, mais dont la mise en forme a le pouvoir d\u2019évocation de la littérature».Elles ont entre 32 et 85 ans.Certaines ont perdu trop tôt leur amoureux aux mains de la maladie, d\u2019autres n\u2019ont embrassé que très tard leur homosexualité, après avoir eu mari et enfants.En voyant le regard que pose un garçon sur sa petite-fille, une grand-mère mesure à quel point elle n\u2019a jamais elle-même été aussi intensément désirée.Elles mènent des vies riches et, pourtant, leur solitude suscite la suspicion.Une femme peut-elle vraiment se passer d\u2019un homme?Voilà la question que personne n\u2019ose leur poser explicitement, sans pour autant s\u2019abstenir de l\u2019évoquer de biais.Solitude sereine «J\u2019ai longtemps observé ma mère, qui n\u2019a pas eu, à ce que je sache, d\u2019homme dans sa vie après son divorce, avec des yeux curieux.Dans la vingtaine, alors que je rêvais de trouver un compagnon, de fonder une famille, sa solitude me déstabilisait.Parce que c\u2019est ce qu\u2019on valorise socialement : la vie de couple, la sexualité.On nous dit partout qu\u2019il faut préserver la flamme, ne pas cesser d\u2019espérer l\u2019amour», rappelle la journaliste de 46 ans qui, à la délicate question du célibat au féminin, propose à la fois une défense de la solitude vécue de façon sereine et un éloge du contact humain, sans doute indissociable d\u2019un certain bonheur.D\u2019où ce ton toujours doux-amer traversant tous les textes.« Ma vision s\u2019est transformée avec la vie, mais aussi avec ces rencontres, poursuit-elle.Le préjugé qui veut que ça doit être donc dur de ne plus avoir d\u2019af fection physique, de contact physique, se vérifie jusqu\u2019à un certain point, mais il y a aussi autre chose qui se place.Ce n\u2019est pas tout dans la vie.Ces femmes-là développent un réseau d\u2019amitiés solides, enrichissantes, elles sont actives.Elles sont seules de compagnon, mais pas réellement seules.» Leur solitude se veut donc moins subie que paisiblement acceptée, à quelques exceptions près, dont celle de cette femme qui « porte le prénom d\u2019une fleur» mais qui n\u2019est «pas de celles qu\u2019on regarde pour leur beauté.» Entre le monde et elle se dresse sa laideur, comme un obstacle auquel elle est constamment renvoyée.«C\u2019est le témoignage qui m\u2019a le plus bouleversé, parce que l\u2019apparence physique, c\u2019est au fond profondément injuste, regrette Julie.Moi, malgré mes complexes et mes insécurités, j\u2019avance, parce que j\u2019ai le luxe de pouvoir échapper au regard des autres, alors que c\u2019est impossible pour elle.» Parler avec une inconnue En racontant les soins prodigués à un conjoint hypothéqué physiquement, ou une vie sexuelle entretenue avec des hommes mariés, les interviewées de Julie Bosman se sont révélées tout aussi généreusement qu\u2019impudiquement à une pure inconnue, au cours d\u2019un entretien de deux heures qui n\u2019aurait pas de lendemain.C\u2019est l\u2019évidence : il y a de ces conversations qu\u2019on ne peut avoir qu\u2019avec une étrangère que l\u2019on ne reverra peut-être jamais.«Je leur disais toutes que j\u2019irais avec mes questions jusqu\u2019où elles me le permettraient, explique leur confidente d\u2019un jour, mais bien des fois, elles allaient d\u2019emblée vers les sujets plus indiscrets.Elles avaient un recul par rapport à leur trajectoire qui faisait que je recevais en deux heures un concentré de vie incroyable, avec des secrets qu\u2019elles n\u2019avaient jamais dits à personne.C\u2019est rare après tout que tu aies l\u2019occasion de parler à tes enfants de ta solitude, de ton intimité.» Nous sommes bien seules trace en filigrane le por trait triste d\u2019une génération de femmes ayant vécu dans la résignation des vies sexuelles tressées de relations consenties à l\u2019homme parce qu\u2019il le faut bien.Une injonction à la performance jadis entonnée par l\u2019Église, et aujourd\u2019hui reprise sur un ton différent par les magazines féminins.«Le discours ambiant nous renvoie sans cesse la notion de fréquence : combien de fois on devrait faire l\u2019amour pour que notre compagnon soit heureux.Bien des femmes se sentaient obligées de se conformer à ça.Ce qui leur manque maintenant qu\u2019elles sont seules, ce n\u2019est pas tant la sexualité qu\u2019une présence physique, dormir avec quelqu\u2019un.» Malgré l\u2019amertume et les déceptions, les plus beaux textes de Julie Bosman laissent entendre que le temps apaise les plaies vives de la trahison et du doute.«Est-ce que mamie et papi sont des amoureux ?», demande un petit garçon de dix ans devant ses grands-parents qui dansent spontanément au son d\u2019une vieille chanson nostalgie, plusieurs années après un pénible divorce.«Ce sont des femmes qui portent des blessures, mais des femmes qui se relèvent.» Collaborateur Le Devoir NOUS SOMMES BIEN SEULES Julie Bosman Leméac Montréal, 2017, 104 pages Pourquoi la solitude au féminin est-elle suspecte ?PSYCHOLOGIE La colère, une tyrannie réversible C A M I L L E D E S T R A Z P éter une durite, les plombs, ou un câble.La colère est une émotion parmi d\u2019autres, qui permet de se positionner.Cela est totalement normal.Par contre, partir en vrille pour un oui ou pour un non constitue une tyrannie pour l\u2019entourage.« J \u2019 a i l a r é p u t a t i o n d e m\u2019énerver facilement, concède Dominique*.Ça monte très rapidement si je sens qu\u2019on dépasse mes limites.Adolescent, je pétais les plombs contre des gens dans la rue.» Même si elle dit s\u2019être calmée avec le temps, cette quadragénaire avoue qu\u2019elle a récemment hurlé sur son lieu de travail (« tout le monde était figé sur place »), et admet que son compagnon se retrouve régulièrement face à un volcan.Le déclencheur ayant par exemple la forme d\u2019une chaussette qui traîne, alors que la cause se situe évidemment ailleurs.« Généralement, ça redescend comme un soufflé, et je regrette souvent de ne pas avoir su gérer autrement.» Pas simple pour la personne qui subit, parfois quotidiennement, ces pics de colère.Comme Cristina*, qui a passé son enfance à craindre de déclencher les crises de fureur de son père.« Il criait, tapait sur la table, claquait la porte », dans l\u2019incompréhension totale de ses enfants.Elle se sentait «coupable de ne pas pouvoir résoudre la situation».Elle a encore aujourd\u2019hui une grande indulgence envers lui, et envers « tous les gens qui sont comme ça.Ce n\u2019est pas de leur faute ! Ça ne par t pas d\u2019un mauvais sentiment».Pour une bonne raison Pascale Roux, coach et psychologue pour adolescents et adultes, rappelle en effet que la colère monte toujours pour une bonne raison.Du moins, du point de vue de celui qui pique la mouche.«Elle permet de dire qu\u2019une règle du jeu n\u2019est pas respectée.Grâce à elle, on pose ses limites.Mais si elle n\u2019est pas canalisée, on l\u2019associe souvent à la violence.» Et la psychologue de rappeler que l\u2019on ne naît pas colérique.«Ce n\u2019est pas un trait de caractère.Ce sont des habitudes de fonctionnement, et le cerveau fonctionne par habitudes.Le mécanisme s\u2019installe souvent dans la petite enfance.Les gens pensent que cela fait partie de leur caractère.Mais ce n\u2019est pas irréversible ! Ils sont avant tout en souffrance, et doivent se faire aider.» Selon elle, ils restent colériques quand leur colère n\u2019est pas comprise.La tyrannie des colériques Les «pétages» de plombs réguliers sont alors insupportables pour l\u2019entourage.Cela devient même une forme de tyrannie, dès le moment où la personne maintient qu\u2019elle est «comme ça» et qu\u2019il faut « faire avec».Conséquence : les gens qui sont à leurs côtés passent leur vie à marcher sur des œufs, et les rapports sont faussés.« Cela abîme le lien, et les autres s\u2019éloignent », constate Pascale Roux.Lise*, compagne d\u2019un colérique, dit se sentir bridée, sur ses gardes, impuissante, et de moins en moins spontanée.« Quand il part en vrille, c\u2019est trop tard et le dialogue est impossible.Je me retrouve en position de victime, puisque lui a cette posture qui dit qu\u2019il ne peut pas se maîtriser.Je suis donc censée m\u2019adapter à son état psychologique.À la longue, cela détériore l\u2019image que j\u2019ai de lui.» Que faire face à un conjoint explosif ?« Sur le moment, je préconise le \u201ccourage, fuyons\u201d en attendant le retour au calme.Il faut poser ses limites, se préserver, et accepter que la relation puisse s\u2019arrêter.Car subir ces colères est un énorme stress, et une forme de soumission.Et attention, nous ne parlons pas de la violence phys ique, qui es t évidemment inacceptable.» Amener l\u2019autre à nommer sa colère Plus stratégiquement, la psychologue propose d\u2019amener l\u2019autre à réaliser son comportement, à nommer sa colère, et non pas de le disqualifier.«La personne déchaînée doit revenir là-dessus, et s\u2019excuser.Le problème, c\u2019est la notion de déres- ponsabilisation.» Aucune raison, donc, de laisser sa relation se noyer dans une soupe au lait\u2026 * Prénoms d\u2019emprunt Le Temps Ils sont comme des volcans, prêts à exploser à tout moment.À cause d\u2019eux, vous marchez constamment sur des œufs.Pourtant, on ne naît pas colérique, et supporter des «pétages de plombs» n\u2019est pas une fatalité.Ces femmes-là développent un réseau d\u2019amitiés solides, enrichissantes, elles sont actives.Elles sont seules de compagnon, mais pas réellement seules.Julie Bosman, auteure « » ANTONIO GUILLEM GETTY IMAGES La solitude des femmes interrogées par Julie Bosman se veut moins subie que paisiblement acceptée, à quelques exceptions près.Julie Bosman L E D E V O I R , L E L U N D I 2 0 M A R S 2 0 1 7 LES SPORTS B 4 GRAHAM HUGHES LA PRESSE CANADIENNE Le Canadien remporte son duel du week-end face aux Sénateurs Le Canadien de Montréal a fait un pas important vers l\u2019obtention du premier rang dans la section Atlantique grâce à une victoire de 4-1 contre les Sénateurs d\u2019Ottawa, dimanche soir au Centre Bell.Tomas Plekanec (8e), Jordie Benn (4e), tous deux au premier vingt, Paul Byron (20e) et Nathan Beaulieu (3e), ceux-là en troisième période, ont réussi les ?lets du Canadien contre Craig Anderson, qui a bloqué 33 rondelles.Le CH avait battu les Sénateurs la veille, à Ottawa, 4-3.À son deuxième départ en autant de soirs, Carey Price a été solide lorsque cela a été nécessaire et il a stoppé 30 tirs.Il n\u2019a cédé que devant Tom Pyatt (7e), tôt dans le premier vingt.En photo, Brendan Gallagher garde un œil sur la rondelle que tente de maîtriser le gardien des Sénateurs, Craig Anderson.Le compte rendu du texte est publié sur nos plateformes numériques.A L E X A N D R E G E O F F R I O N - M C I N N I S à Québec J ohannes Hosflot Klaebo a gagné la poursuite de 15 km à Québec en Coupe du monde de ski de fond, devançant le Québécois Alex Harvey à la ligne d\u2019arrivée.Harvey, de Saint-Ferréol-les- Neiges, donnait suite à une victoire au sprint vendredi et à une quatrième place lors du départ de masse 15km, samedi.Norvégien, Klaebo a accédé au podium avec son compatriote Niklas Dyrhaug, troisième.Quelques minutes après la fin de sa course, l\u2019athlète de Saint-Ferréol-les-Neiges a dressé un bilan très positif de ses per formances en 2016- 2017.Elles lui ont permis de terminer deuxième au classement du mini-tour et troisième au classement cumulatif de la Coupe du monde \u2014 égalant ainsi son meilleur résultat en carrière, signé en 2014.Au total, le Québécois a enregistré quatre podiums cette saison sur le circuit de la Coupe du monde, dont deux victoires.Il a cependant réalisé son plus gros coup d\u2019éclat en remportant le 50 km style classique dans le cadre des Championnats du monde de Lahti, en Finlande, plus tôt ce mois-ci.« C\u2019est une saison presque par faite, a déclaré Har vey.Une médaille d\u2019or aux championnats du monde, quelques victoires en Coupe du monde, des podiums au cumulatif et au cumulatif des distances, bref, c\u2019est vraiment \u2014 et de loin \u2014 ma meilleure saison en carrière.Le but, maintenant, c\u2019est de répéter ça l\u2019an prochain.» Olympiques en vue De l\u2019avis du principal intéressé, ses récents succès lui ont insufflé une bonne dose de confiance qui pourrait lui permettre de se propulser vers le podium aux Jeux olympiques de Pyeongchang, l\u2019hiver prochain.D\u2019ailleurs, son entraîneur, Louis Bouchard, n\u2019a pas caché l\u2019ambition de son protégé pour 2018.«C\u2019est la saison de sa vie, a-t- il dit sans détour.Ça laisse peut-être présager de beaux Jeux pour Alex, mais une chose est certaine, ses résultats cette saison lui serviront de source de motivation pour l\u2019an prochain.» D\u2019ici là, cependant, Har vey prendra le temps de décanter les événements des derniers jours.« On va pouvoir s\u2019asseoir et placoter de la fin de la saison avec son coach [Bouchard] et tout ça », a dit le père d\u2019Alex, Pierre Harvey.Mais ce fut un super week-end.Nous ne pouvions espérer mieux.» Harvey se rendra ensuite en Corée du Sud la semaine prochaine afin de visiter les installations olympiques, avant de bénéficier d\u2019un mois de repos en avril et de reprendre l\u2019entraînement au mois de mai.En quête d\u2019idoles Pierre Harvey est bien placé pour discuter du spor t amateur au pays.L\u2019homme âgé de 59 ans a pratiqué le cyclisme sur route et le ski de fond, représentant le Canada aux Jeux d\u2019été de Montréal en 1976 et de Los Angeles en 1984, en plus de ceux d\u2019hiver de Calgary en 1988.Ce qu\u2019il constate, c\u2019est que le ski de fond est à la recherche d\u2019idoles qui permettraient de mousser sa popularité \u2014 et par le fait même d\u2019améliorer le financement des athlètes qui le pratiquent.«Nous voudrions simplement qu\u2019il y ait plus d\u2019Alex au Canada, et plus d\u2019Alex chez les dames également, a dit l\u2019ex- Olympien.Il faudrait un meilleur appui pour les athlètes, mais on ne met pas beaucoup d\u2019argent pour les encourager au Canada.C\u2019est triste de constater ça, parce que nous avons le potentiel pour connaître du succès, mais on ne prend pas soin de nos athlètes.» C\u2019est notamment le cas de la Québécoise Cendrine Browne, de Saint -Jérôme, qui a payé de sa poche pour prendre par t aux compétitions de la Coupe du monde cette saison.Une décision qu\u2019elle ne regrette pas.« Je suis vraiment motivée pour la saison prochaine, qui en est une olympique, a-t-elle dit.Les 50 000$ que j\u2019ai dépensés ont vraiment valu la peine, parce que j\u2019ai eu une saison de rêve et que j\u2019ai enregistré mes meilleurs résultats en carrière.C\u2019était donc de l\u2019argent bien investi.» Browne espérait signer un top 30 ce week-end afin de répondre aux critères de sélection olympique, mais malheureusement, en raison de sa 41e place lors de la poursuite de 10 km dimanche, elle a échoué.« Ce n\u2019est pas dramatique, car je peux encore assurer ma qualification olympique en décembre prochain », a-t-elle conclu.La Presse canadienne Alex Harvey termine la saison en beauté Sa performance à Québec lui permet de finir troisième au classement cumulatif de la Coupe du monde JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE Alex Harvey a obtenu une troisième place au classement cumulatif de la Coupe du monde.Hockey féminin : Une rencontre lundi au sujet du conflit salarial USA Hockey et des représentantes de l\u2019équipe américaine vont se rencontrer lundi pour disputer d\u2019une mésentente salariale qui pourrait amener les joueuses à boycotter le championnat mondial féminin, prévu prochainement.John Langel, un avocat des joueuses, a dit à l\u2019Associated Press qu\u2019ils vont rencontrer les officiels de USA Hockey à Philadelphie, deux jours avant le début prévu du camp d\u2019entraînement.Mercredi, les joueuses ont dit qu\u2019elles boycotteraient le camp et le tournoi à moins de réels progrès en négociations, dans l\u2019espoir d\u2019un pacte de quatre ans.Le championnat mondial féminin doit commencer le 31 mars à Plymouth, au Michigan.Championnes en titre, les Américaines ont gagné six des huit dernières éditions du tournoi.Le Canada a prévalu en 2007 et en 2012.Les joueuses veulent être payées en dehors de la période olympique de six mois.USA Hockey fait valoir que son mandat n\u2019inclut pas d\u2019employer des joueuses.Associated Press I ndian Wells \u2014 Après l\u2019Open d\u2019Australie, Indian Wells ! Revigoré par une pause forcée de six mois en 2016, Roger Federer a remporté les deux premiers rendez-vous importants de l\u2019année et semble de nouveau inarrêtable.À 35 ans, Federer s\u2019amuse comme un gamin : il s\u2019est joué de tous ses adversaires en deux sets souvent étincelants, comme dimanche en finale contre Stan Wawrinka (6-4, 7- 5) et il s\u2019est ensuite moqué, gentiment, de l\u2019émotion de son compatriote et ami lors de la cérémonie protocolaire.« J\u2019ai perdu plusieurs matchs importants contre toi, mais quand tu es arrivé en finale de l\u2019Open d\u2019Australie, j\u2019étais ton supporteur no.1, félicitations pour ton retour à ce niveau » , lui a lancé Wawrinka, ému et épuisé.« C\u2019est un conte de fées que je vis depuis mon retour sur les cour ts », lui a répondu, tout sourire, l \u2019ancien no 1 mondial qui compte désormais 90 titres à son palmarès.Grâce à ce cinquième titre à Indian Wells, le premier depuis 2012, Federer a égalé le record de son grand rival No- vak Djokovic qui était jusqu\u2019à dimanche le seul quintuple vainqueur du premier Masters 1000 de l\u2019année.Plus important encore pour la suite de la saison, Federer va passer de la 10e à la 6e place au classement ATP lundi et a lancé un avertissement à tous ses rivaux, s\u2019ils pensaient que son 18e titre en Grand Chelem à Melbourne en janvier était une anomalie.Contre Wawrinka, Federer a sorti le grand jeu d\u2019entrée, un mélange d\u2019agressivité et de variation de rythmes qui a usé le N.3 mondial.Il a sur tout démontré une nouvelle fois sa capacité à bien négocier les points importants : ainsi après les neuf premiers jeux où chacun a rem- por té son engagement avec autorité, Federer s\u2019est of fert sa première balle de break qu\u2019il a concrétisé pour s\u2019offrir le set sur un coup droit manqué de Wawrinka.Mené une manche à zéro, Wawrinka n\u2019a pas accusé le coup trop longtemps et a aussitôt bousculé Federer pour lui prendre son service, une première depuis le début du tournoi.Mais son avantage a été de courte durée : Federer a rapidement « debreaké » avec des retours canon qui n\u2019ont laissé aucune chance à Wawrinka.Revenu à égal i té (2 -2) , Federer a at - tendu patiemment la première occasion qui s \u2019est présentée durant le douzième jeu : un revers dans le filet de son adversaire lui a of fert une première balle de match qu\u2019il n\u2019a pas gaspillé en montant au f i let , pour conclure le match et le tournoi , d \u2019une volée de coup droit le long de la ligne.Pour la vingtième fois en 23 confrontations, pour la deuxième fois de l\u2019année après leur demi-finale de l\u2019Open d\u2019Australie, Federer est sorti vainqueur d\u2019un duel avec Wawrinka qui ne l\u2019a toujours pas battu sur une surface autre que la terre battue.« J\u2019espère que mon corps va me permettre de jouer encore longtemps à ce niveau», a indiqué Federer qui est devenu le doyen des vainqueurs d\u2019un Masters 1000, succédant à Andre Agassi qui avait 34 ans lorsqu\u2019il s\u2019était imposé à Cincinnati en 2004.Agence France-Presse TENNIS Federer renoue avec la victoire Marit Bjoergen remporte le sprint Chez les dames, Marit Bjoergen a devancé sa coéquipière norvégienne Heidi Weng dans le dernier sprint pour l\u2019emporter par une seconde et deux dixièmes.La troisième place est allée à Stina Nilsson de la Suède, à une minute de la gagnante.Bjoergen et Weng ont entamé le tracé avec 29 secondes d\u2019avance et elles ont gardé une bonne avance tout au long des 10 km de la course.Roger Federer L E D E V O I R , L E L U N D I 2 0 M A R S 2 0 1 7 SUR LA ROUTE B 5 La tempête de neige qui s\u2019est abattue les 15 et 16 mars derniers sur le Québec a causé de multiples perturbations, comme en témoigne la débâcle politique qui secoue le ministère des Transports depuis quelques jours.Mais alors que les autorités responsables de l\u2019entretien des autoroutes ne semblent pas avoir su faire face à la situation, la Ville de Montréal et ses ar rondissements ont, pour leur part, bien géré les dizaines de centimètres de neige qui se sont rapidement accumulés sur la chaussée.F L O R E N C E S A R A G .F E R R A R I S E nsevelie sous son épais couver t de neige, Montréal semblait presque endormie mercredi dernier, alors que le Québec se relevait péniblement d\u2019une des plus importantes tempêtes des dernières années.Dans la grande région de Montréal, la fermeture des écoles a forcé de nombreux travailleurs à demeurer à la maison, décision qui, finalement, aura énormément facilité le travail des équipes dépêchées sur le terrain.« C\u2019est sans doute le changement le plus important par rapport aux autres tempêtes de l\u2019hiver, explique Philippe Sabou- rin, porte-parole administratif pour la Ville de Montréal.La fermeture des commissions scolaires \u2014 [une première en près de dix ans à Montréal] \u2014 nous a vraiment aidés à commencer le travail plus vite.Mercredi, sur les routes, c\u2019est comme s i on é ta i t un d i - manche, il n\u2019y avait personne.» Pratiquement déserts, les rues et boulevards de la métropole ont pu devenir rapidement le théâtre d\u2019une opération de déneigement intensive.« On ne va pas se le cacher, cette tempête-là, on savait qu\u2019elle s\u2019en venait, reconnaît Philippe Sabourin.On a donc pu s e p r éparer en consé - quence.» Les arrondissements ont ainsi pu prévoir un plus grand nombre d\u2019équipes sur le terrain.« En tout, ce sont près de 3000 personnes qui ont été mobilisées pour cette opération, explique le porte-parole.Et dès que les premières précipitations ont commencé à tomber, elles ont pu s\u2019activer en précédant rapidement à l\u2019épandage et au déblaiement.» Ainsi, dès vendredi, plus du quart de la neige accumulée avait déjà été retirée.Dimanche, au moment où ces lignes étaient écrites, la Ville indiquait que plus de 65 % de ses chaussées étaient libérées de la dernière bordée.Question de priorité À Montréal, les r ues, les pistes cyclables et les trottoirs sont déneigés en fonction d\u2019un ordre de priorité (1 à 3) établi dans la Politique de déneigement adoptée par la métropole en 2015.Les larges ar tères, comme Sherbrooke, Pie-IX et Saint-Denis par exemple, sont donc parmi les premières à être déblayées, notamment parce qu\u2019elles permettent ensuite aux véhicules de circuler plus facilement d\u2019un point à l\u2019autre.Les circuits d\u2019autobus prioritaires, les voies réser vées et les entrées des hôpitaux sont, eux aussi, entretenus dans les heures qui suivent la fin des précipitations.Viennent après les rues collectrices ou commerciales locales, comme les rues Villeray et Laurier.Ici, l\u2019objectif est de permettre le plus vite possible la reprise d\u2019une vie de quartier sécuritaire et agréable.Ce n\u2019est qu\u2019à la toute fin, quand le gros du réseau est désengorgé, que les équipes s\u2019attaquent enfin au dédale des rues résidentielles.« On sait que ce n\u2019est pas toujours évident pour les citoyens, dit Philippe Sabourin.Que le stationnement est plus compliqué, que l\u2019espace dans les rues est considérablement réduit.Mais je pense vraiment que les gens sont conscients des contraintes avec lesquelles nous devons composer.En tout cas, ils le sont de plus en plus à mesure que l\u2019hiver avance.» Suivi technologique Plus qu\u2019une opération de logistique, la gestion d\u2019une tempête de neige comporte aussi des enjeux de communication.«Les gens veulent savoir ce qui se passe et, sur tout, où on est rendu, avance le porte-parole de la Ville.Ils souhaitent pouvoir planifier leurs déplacements, savoir si ça vaut la peine de bouger leur voiture\u2026» Pour y arriver, la Ville de Montréal dote tranquillement depuis deux ans l\u2019ensemble de la flotte de véhicules qui travaillent pour elle \u2014 que ces derniers soient de propriété publique ou non \u2014 de module de suivi véhiculaire, sorte de système de géolocalisation par satellite.Cette technologie permet notamment d\u2019optimiser les déplacements des différentes machines et camions de chargements qui sont déployés dans les rues.Ce sont également ces GPS qui alimentent en données l \u2019appl icat ion INFO-Neige MTL.Lancée en 2014 à la suite d\u2019un concours d\u2019idéation, cette dernière permet, la plupart du temps, aux Montréa- lais de suivre en temps réel l\u2019évolution des opérations de déneigement sur le territoire de la métropole.Les données ne concernent toutefois que l\u2019état de la chaussée, les machines utilisées pour entretenir les trottoirs n\u2019étant pas encore dotées de la technologie de suivi.« C\u2019est une chose sur laquelle on travaille pour les prochaines années », affirme néanmoins Ha- rout Chitilian, le vice-président du comité exécutif de la Ville de Montréal et responsable des dossiers concernant la Ville intelligente.Le revers de la transparence Mais malgré quelques ratés survenus en début de saisons, les commentaires recueillis au lendemain de la plus récente tempête sont relativement bons.Idem sur le terrain où Le Devoir a pu constater, tout au long de la semaine dernière, que l\u2019application est en bonne synchronisation avec ce qui se passe réellement dans les rues.«Au cours des premières chutes de neige, c\u2019était vraiment catastrophique, se souvient Caroline, une résidante du Sud-Ouest qui utilise l\u2019application pour savoir quand déplacer sa voiture.C\u2019était impossible d\u2019avoir un suivi adéquat.Mais cette fois-ci, les opérations sont lentes, mais au moins elles correspondent à ce qui nous est indiqué.» « C\u2019est cer tain que les gens voudraient que ça aille toujours plus vite, concède Harout Chi- tilian.Et c\u2019est un peu le prix à payer d\u2019être plus transparent\u2026 On s\u2019expose nécessairement à plus de critiques.» Le Devoir DÉNEIGEMENT Tirer des leçons de l\u2019hiver JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le déneigement après la tempête de la semaine dernière a été facilité par la fermeture des commissions scolaires, qui a permis de réduire le nombre de personnes dans les rues de Montréal.L\u2019hiver peut être une période particulièrement difficile pour les personnes à mobilité réduite.Alors que le déneigement d\u2019un balcon ou d\u2019une entrée relève parfois de l\u2019exploit, les déplacements quotidiens deviennent une source de stress importante, quand ils ne sont pas tout simplement mis de côté pour quelques jours.Pour briser l\u2019isolement des résidants vulnérables, l\u2019arrondissement du Plateau- Mont-Royal a lancé en 2013 un service de déneigement d\u2019appoint gratuit.«Pour s\u2019en prévaloir, ce n\u2019est pas sorcier, affirme Alex Norris, conseiller du district Jeanne-Mance au Plateau-Mont-Royal et responsable de la sécurité publique.Il suffit de fournir une preuve médicale et de résider sur le territoire de l\u2019arrondissement.» Mis sur pied en collaboration avec l\u2019organisme Spectre de rue, ce programme permet également à des jeunes d\u2019entreprendre une démarche en réinsertion sociale, ces derniers s\u2019occupant de l\u2019entretien.À l\u2019heure actuelle, une cinquantaine de personnes aux prises avec des incapacités physiques ont recours à ce service sur le Plateau et dans le Mile-End.Et le projet a même fait des petits, les arrondissements de Ville- Marie et de Mercier\u2013Hoche- laga-Maisonneuve offrant maintenant, eux aussi, des services similaires.Des anges déneigeurs 37 C\u2019est le nombre de centimètres de neige tombés à Montréal au cours de la plus récente tempête de neige.Il s\u2019agirait de la plus importante bordée des cinq dernières années.Source : MétéoMédia 16 % C\u2019est la cible d\u2019avancement du déneigement que vise la Ville de Montréal au quotidien.Source : Ville de Montréal 18 000 C\u2019est le nombre de kilomètres de chaussées et de trottoirs sur le territoire de la métropole.Source : Ville de Montréal Plus qu\u2019une opération de logistique, la gestion d\u2019une tempête de neige comporte aussi des enjeux de communication L E D E V O I R , L E L U N D I 2 0 M A R S 2 0 1 7 É T H I Q U E E T R E L I G I O N S B 6 L E S P E T I T E S A N N O N C E S Courriel : petitesannonces@ledevoir.com Téléphone : 514 985-3322 Télécopieur : 514 985-3340 DISCRIMINATION INTERDITE La Commission des droits de la personne du Québec rappelle que lorsqu'un logement est offert en location (ou sous-location), toute personne disposée à payer le loyer et à respecter le bail doit être traitée en pleine égalité, sans distinction, exclusion ou préférence fondée sur la race, la couleur, le sexe, la grossesse, l'orientation sexuelle, l'état civil, l'âge du locataire ou de ses enfants, la religion, les convictions politiques, la langue, l'origine ethnique ou nationale, la condition sociale, le handicap ou l'utilisation d'un moyen pour pallier ce handicap.160 APPARTEMENTS ET LOGEMENTS À LOUER Promotion spéciale Petites annonces Pour les annonces textes de 5 lignes et moins 7 jours de parution 100$ ou 4 samedis consécutifs 100$ Pour information Téléphone : 514 985-3322 Courriel : petitesannonces@ledevoir.com 165 PROPRIÉTÉS À LOUER 165 PROPRIÉTÉS À LOUER CHARLEVOIX : LE FLEUVE DANS VOTRE ASSIETTE À LOUER AU MOIS Maison sur la falaise de Pointe-au-Pic (La Malbaie).Tranquille.Entièrement meublé, 3 chambres, tout compris, câble, Wi-Fi.Vue panoramique sur le fleuve et les montagnes.Près de tous les services et attractions.Immense terrain.Non-fumeur.Pas d?animaux.Avril, mai, octobre et novembre 2017 : 2 000 $ / mois Septembre et décembre 2017: 2 500 $ / mois 438-491-2301 PRECOURT.GAGNE@GMAIL.COM PROVENCE Vallée du Rhône Maison de village dans le quartier médiéval de Nyons.2 c.c.2 s.de b.Toute équipée.Terrasse ensoleillée.Internet.www.bonnevisite.ca/nyons mariehalarie@gmail.com 819-300-1330 Gîte à vendre clé en main (B&B) Clientèle établie.Île Anticosti.Hélène 579-488-0323 *Librairie Bonheur d'Occasion* achète à domicile livres de qualité en tout genre.514 914-2142 1317, ave du Mont-Royal Est 170 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damier noir et blanc, lors d\u2019une cérémonie coïncidant avec le 40e anniversaire de l\u2019assassinat près d\u2019un poste de l\u2019armée syrienne de son père, le charismatique Kamal Joumblatt.« Oh Taymour, préserve l\u2019héritage de ton grand-père, le grand Kamal Joumblatt, et porte haut le kef fieh de la Palestine arabe occupée [par Israël], le kef fieh du Liban progressiste, des hommes libres et des révolutionnaires, de ceux qui résistent à Israël où qu\u2019ils se trouvent, le kef fieh de la réconciliation et du dialogue [\u2026] le kef fieh de Moukhtara», a-t-il dit devant des milliers de partisans, lors d\u2019une cérémonie à laquelle a participé le premier ministre, Saad Hariri.À cette occasion, Walid Joumblatt a rappelé les conditions dramatiques dans lesquelles il avait succédé à son père.« Ce fut ma destinée de por ter sur mes épaules, il y a quarante ans, l\u2019abaya [cape] tachée de sang de Kamal Joum- blatt et de ses compagnons Ha- fez et Fawzi», a-t-il dit.Son père avait été assassiné pour avoir osé s\u2019opposer au président syrien Hafez al-Assad, dont les troupes avaient pénétré au Liban pour empêcher la milice druze alliée aux combattants palestiniens de l\u2019emporter sur les milices chrétiennes.Walid Joumblatt tirera les leçons de ce crime en sachant sentir d\u2019où vient le vent au point que ses adversaires le surnomment le caméléon tandis que lui justifie son attitude par sa sur vie et celle de sa communauté, qui représente 5 % de la population.Mais le vrai tournant de sa vie se produit en octobre 1983 avec la « guerre de la montagne » entre Druzes et chrétiens.Après avoir échappé de peu à un attentat à Beyrouth, il a chassé la milice chrétienne des Forces libanaises de Sa- mir Geagea de la montagne druzo-chrétienne du Chouf et d\u2019Aley, à l\u2019est de Beyrouth.Les Druzes sont une secte ésotérique empruntant des concepts non seulement à l\u2019islam, mais à des éléments issus des religions perse et hindouiste.Il s\u2019agit d\u2019une religion initiatique qui croit en la métempsychose, doctrine selon laquelle l\u2019âme humaine peut se réincarner dans un corps humain, animal ou végétal.Taymour est né en 1982 durant la guerre libanaise.Il a entamé ses études à l\u2019American University of Beirut (AUB), où il a fait la connaissance de sa femme, Diana Zeaïter, une chiite de la Bekaa, avant de poursuivre son cursus à la Sorbonne à Paris, puis de revenir au pays en 2010.Il est père de deux enfants Sabine (7 ans) et Fouad (4 ans).Le Liban est dirigé par des familles de notables.Saad Ha- riri a ainsi succédé à son père Rafic, assassiné en 2005, et dans le Nord, Sleimane Fran- gié prépare son fils Tony.Agence France-Presse LIBAN Taymour Joumblatt devient leader de la communauté druze N O V A S A F O à Chicago D evant les convives en grande tenue, presque tous musulmans, Ahmed Rehab se dirige vers un pupitre et se lance dans un virulent discours contre le nouveau gouvernement Trump, por teur des craintes mais aussi des espoirs de sa communauté.«Ce combat n\u2019est pas seulement le nôtre, c\u2019est le combat de l\u2019Amérique », s\u2019exclame-t-il devant quelque 1200 invités, venus pour une collecte de fonds au bénéfice du Conseil des relations américano-islamiques (CAIR) de Chicago, qu\u2019il préside.« Quand vous regardez ceux qui essaient d\u2019interdire aux bonnes personnes d\u2019entrer dans ce pays, [\u2026] les personnes qui n\u2019ont commis d\u2019autre crime que d\u2019être musulmanes [\u2026], nous ne nous laisserons pas faire », lance Ahmed Rehab, sous un tonnerre d\u2019applaudissements.Les musulmans aux États- Unis sont contre le second décret de Donald Trump, actuellement bloqué par la justice, qui interdit temporairement l\u2019entrée aux États-Unis des ressortissants de six pays à majorité musulmane (Iran, Libye, Syrie, Somalie, Soudan et Yémen).Mais ils craignent aussi une montée de l\u2019islamophobie ou d\u2019être spécifiquement visés par le nouveau gouvernement.«Il y a une vraie crainte de ce qui va advenir par la suite, de ce qui va se passer, de qui sera visé», explique Louise Cainkar, présidente de l\u2019Arab American Studies Association et auteure d\u2019un livre sur la manière dont les politiques gouvernementales après les attentats du 11 septembre 2001 ont affecté les communautés arabes et musulmanes aux États-Unis.Davantage d\u2019attaques islamophobes « On a le sentiment qu\u2019ils vont encore une fois s\u2019attaquer aux associations, et sans doute surveiller les mosquées, des choses qui se sont déjà produites par le passé», prédit-elle.Les convives qui écoutent Ahmed Rehab sont partagés entre inquiétude et optimisme.« Mes enfants sont tous américains » , expl ique Fraheen Hashmi, une pharmacienne de 36 ans, mère de quatre enfants.«C\u2019est vraiment effrayant de les élever dans cet environnement » , dit-elle, inquiète qu\u2019ils puissent être gênés par leur religion ou avoir peur de se dire musulmans.Zayna Saadeh est soucieuse elle aussi.Cette immigrée palestinienne de 59 ans vit aux États-Unis depuis 40 ans.Mais maintenant elle ferme à clé la porte de son magasin de vêtements par crainte d\u2019une attaque islamophobe.Elle ne l\u2019ouvre que si quelqu\u2019un sonne.«Nous ne sommes pas étrangers, dit- elle, mais c\u2019est ce que nous ressentons souvent désormais.» L\u2019an dernier, le nombre d\u2019organisations islamophobes a triplé, selon le Southern Poverty Law Center, qui recense les groupes extrémistes.Et en 2015, le nombre d\u2019actes islamo- phobes a augmenté de 67%, selon le FBI.Des chif fres qui pourraient continuer à augmenter compte tenu des nouveaux incidents qui sont relatés.Le mois dernier, un incendie a ravagé une mosquée en Floride, et un homme dans le Kansas a été accusé d\u2019avoir tiré sur deux Indiens qu\u2019il avait confondus avec des ressortissants du Moyen-Orient, tuant l\u2019un d\u2019entre eux.Cette semaine, une personne a disséminé des exemplaires déchirés du Coran, le livre sacré des musulmans, autour d\u2019une mosquée à Tucson, dans l\u2019Arizona, selon le centre islamique de la ville.De nouveaux alliés La multiplication des menaces et des actes islamo- phobes a toutefois réussi une chose : rassembler les musulmans et leurs soutiens.Ahmed Rehab a salué les nouveaux alliés de sa communauté, comme les avocats non musulmans venus aider les voyageurs bloqués dans les aéroports après la signature du premier décret migratoire de Trump le 27 janvier, qui interdisait l\u2019entrée des États- Unis à sept pays musulmans et avait provoqué le chaos aux frontières du pays.«Mes amis, vous représentez le meilleur de l\u2019Amérique», a-t-il dit.Des invités ont fait écho à son optimisme.«Le négatif peut devenir du positif, et c\u2019est ce à quoi nous assistons maintenant » , témoigne Akif Al i , 36 ans, né à Houston, au Texas.« Le meilleur de tout ça c\u2019est que l\u2019opinion américaine est devenue très généreuse avec nous », renchérit Saqib Khan, un avocat américain d\u2019origine pakistanaise.Illustration de ce soutien grandissant, une trentaine de personnes de toutes obédiences et qui défendaient des causes variées ont assisté à l\u2019église épi- scopalienne Grace de Chicago à une présentation sur l\u2019islamo- phobie.«Beaucoup de gens qui ne sont pas musulmans regardent l\u2019actualité et cherchent à nous soutenir», a déclaré à cette réunion Sofia Sami, une jeune femme de 24 ans d\u2019origine indienne, qui porte le hidjab, le voile des musulmanes.À Chicago, le CAIR a aussi recruté des centaines de volontaires, étendu son réseau et organisé des formations sur les droits des musulmans, selon Hoda Katebi, porte-parole de l\u2019organisme à Chicago.Agence France-Presse « Nous ne nous laisserons pas faire » Les musulmans d\u2019Amérique entre peur et optimisme JOSHUA LOTT AGENCE FRANCE-PRESSE Ahmed Rehab préside le Conseil des relations américano-islamiques de Chicago.PAUL J.RICHARDS AGENCE FRANCE-PRESSE Inquiètes à cause du décret migratoire de Trump, des familles musulmanes ont rencontré des avocats.V atican \u2014 Le pape François se rendra au Caire fin avril pour dialoguer avec le grand imam de la mosquée d\u2019Al-Az- har, cheikh Ahmed al-Tayeb, mais aussi montrer son soutien aux Égyptiens chrétiens cibles d\u2019attaques meurtrières dans une région au climat confessionnel tendu.Depuis son élection en 2013, le souverain pontife argentin, désireux de promouvoir la paix, multiplie les gestes symboliques de tolérance et d\u2019ouverture envers les musulmans au point de déconcerter parfois les fidèles chrétiens.Il s\u2019est rendu dans des mosquées, a lavé à Pâques les pieds de migrants musulmans ou encore ramené à Rome à bord de son avion trois familles syriennes musulmanes lors d\u2019un déplacement sur l\u2019île grecque de Lesbos.Dans le même temps, il a aussi imploré les gouvernements musulmans d\u2019assurer la liber té religieuse aux chrétiens, menacés par l\u2019islamisme radical.Le grand imam d\u2019Al-Azhar, prestigieuse institution de l\u2019islam sunnite, avait effectué une visite historique au Vatican pour rencontrer le pape François en mai 2016, après dix ans de relations plutôt fraîches.Ce professeur de philosophie islamique de 71 ans s\u2019est imposé comme l\u2019un des critiques les plus virulents des djihadistes.Le pape François lui retournera la politesse en se rendant au Caire les 28 et 29 avril, occasion aussi de rencontrer le président égyptien Abdel Fat- tah al-Sissi et le pape copte orthodoxe Tawadros II, a annoncé samedi le Vatican.L\u2019Égypte estime que « cette visite importante contribuera à renforcer le message de paix ainsi que l\u2019esprit de tolérance et de dialogue de l\u2019humanité entre toutes les religions, et à rejeter le discours du terrorisme et du fanatisme», a commenté samedi Alaa Youssef, porte-parole de la présidence égyptienne.La visite du pape a été soigneusement préparée par le cardinal français Jean-Louis Tauran, fin diplomate et infatigable promoteur du dialogue entre l\u2019Église et l\u2019islam.Agence France-Presse Le pape ira au Caire fin avril L E D E V O I R , L E L U N D I 2 0 M A R S 2 0 1 7 C U L T U R E B 7 À L A T É L É CANAUX 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 23h30 minuit RC Le Téléjournal 18 h District 31 Lâcher prise Ruptures Les pays d'en haut Le Téléjournal Marina Orsini TVA TVA nouvelles Le Tricheur Piment fort La Voix L'échappée / Le prix à payer Messmer fascine les stars TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque 23h35 Deux filles le matin TQ Cochon dingue Subito texto Ça vaut le coût De garde 24/7 Point doc / Bébés à la carte Fièvre politique Like-moi! Appendices Un chef à la cabane Banc public V Coup de foudre Souper parfait L'arbitre Taxi payant Recettes pom Lip Sync Battle Lip Sync Battle En mode 22h50 Espace Découvertes 23h50 Infopub Zone Séduction RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal RDI économie Le National Le National 24/60 TV5 17h50 Champi.Journal FR Marchés sur terre La face cachée de Hitler Apocalypse / Peur Journal/ Afrique 23h40 Profilage D Douanes: Can Douanes: Can Enchères Enchères 1000 jours pour la planète Phénomènes vus de l'espace Scènes de crime Douanes: Can Douanes: Can Douanes VIE Au chalet ByeMaison On efface et on recommence Proprio Proprio Mariage à l'aveugle Raté rénos! Design V.I.P.Les 4 ans sous surveillance Médium MAX Espace Découvertes Le mentaliste / Jane en danger LE CAUCHEMAR D'UNE MÈRE (2014) Annabeth Gish.911 911 Souper parfait Souper parfait La loi & l'ordre VRAK.TV Med Med Conscience morale Les 100 Partie 1 de 2 Code F.Rencontrée Charmed / Double personnalité Filles fauchées Big Bang Hors d'ondes RDS 17h00 Le 5 à 7 Hockey 360° 25 ans d'émotions L'histoire La science du combat L'antichambre (D) Sports 30 De sentiers Jeter l'ancre Vacances HISTORIA Poirier enquête Infiltrateur Sur la trace des momies Révoltes barbares La malédiction d'Oak Island Homme de toi Rapides Les armuriers Les armuriers FantomWorks ARTV Downton Abbey PaparaGilles Nouveau Les dieux de la danse Lumière sur./ Diane Dufresne RéelleMENT / Tir ami Transparent / Papa n'est plus Nouveau EXPLORA Le super prédateur des mers Animal Fight Club (v.f.) Ajustez cerveau Hackers Vivre loin du monde Un film, une histoire / Titanic Big Data: Révolution Continents SÉRIES+ Élémentaire Hawaii 5-0 NCIS: Nouvelle-Orléans Les enquêtes du NCIS NCIS: Los Angeles Une femme exemplaire Élémentaire Z Commando Bigfoot Smashs Rois du drag Killjoys / Johnny au grand coeur Sleepy Hollow Beauty & the Beast Star Trek: Enterprise Infiltration C.SAVOIR Encore plus Chastena/ Thèse MTL innovante Quoi de neuf Saint-Laurent Métiers/ Idées Encore plus Chastena/ Thèse MTL innovante Quoi de neuf Saint-Laurent Métiers/ Idées Science Media ÉVASION Devine où je vais?/ Montérégie #TamyUSA / Colorado Ultimate Airport Dubai Hotel impossible À vos risques périls / Stockton Hotel impossible Explorateurs TFO Flip Subito texto Top!/ Top! Lightning Point Danse rêves TFO 24.7 MAMAN KUSTERS S'EN VA AU CIEL (1975) 22h55 Reculer Carte de visite Parcours Parent un jour Cinépop Cinéma 18h45 LES ENFANTS DE CHOEUR (2006) avec Kate Winslet, Jennifer Connelly.À L'ATTAQUE PLEIN GAZ! (1986) Michael Keaton.22h55 LE LIBERTIN (2000) Vincent Perez.SÉcran Cinéma 18h50 LES 33 (2015) avec Rodrigo Santoro, Juliette Binoche, Antonio Banderas.LES MAUVAISES HERBES (2016) Alexis Martin.22h50 MAD MAX: LA ROUTE DU CHAOS (2015) Tom Hardy.Planète Shamwari Dr Cath Forces spéciales Gr.réalisateurs Gr.réalisateurs Faits divers le mag Le grand Jérôme Faits divers le mag MATV Montréalité TEMPO! CurieuseCité Mtl je thème Mise à jour Mosaïque TEMPO! Studio direct Montréalité Mise à jour Mosaïque CBC CBCNews On the Money marketplace Coronation St.Murdoch Mysteries / Hell to Pay Bellevue / Shawn Doyle CBC News: The National On the Money Coronation St.Rick Mercer CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang The Voice / Battles Premiere / Luke Bryan , Celine Dion.Quantico / LNWILT CTV National News Montreal 0h05 Daily S.GBL 17h30 News Global National E.T.Canada Ent.Tonight Kevin Can Wait Man Plan Big Brother Canada Taken / Mattie G Global News 23h35 Stephen Colbert ABC News at 6 World News Local 22 News Inside Edition Dancing With the Stars Quantico / LNWILT News at 11 23h35 Jimmy Kimmel / Ice-T CBS Channel 3 News at Six Evening News Ent.Tonight Kevin Can Wait Man Plan Super Donuts 2 Broke Girls Scorpion / Broken Wind Ch.3 News 23h35 Stephen Colbert NBC NBC5 @ 6 NBC News Jeopardy! Wheel Fortune The Voice / Battles Premiere / Luke Bryan , Celine Dion.Taken / Mattie G NBC5 @ 11 23h35 The Tonight Show PBS (33) PBS NewsHour This Old House Hour Antiques Roadshow Antiques Roadshow Independent Lens / The Bad Kids Charlie Rose PBS (57) News America Business PBS NewsHour To Be Announced World News Charlie Rose UNIS Pense vite! Bizarroscope Elles pêchent Goût du pays Couleurs locales Cher Olivier Chercheurs d'or Yukonnais Pense vite! Balade Tor.Direction: Sud HBO 17h10 Buffett 18h45 Vice / Special Report: A House Divided You Me Her You Me Her Big Little Lies / Once Bitten Jerrod Carmichael Open Eyes 23h40 Girls 0h10 LastWeek AddikTV Les pouvoirs de Toby Les recrues de la 15e Amis et assassins / Poids mort Slasher: Le bourreau Motel Bates / La clé L'INFILTRATEUR (2013) Dwayne Johnson.TVA Sports 17h30 #Lavoie LHJMQ Avant-match LNH Hockey / Bruins de Boston c.Maple Leafs de Toronto (D) Dave Morissette en direct Le TVA sports LHJMQ LNH Hockey 03/20 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 23h30 minuit Nos choix ce soir PRENDRE ÇA COURT La 21e édition du festival international du court métrage de Saguenay, REGARD, se terminait hier.Voici une occasion de découvrir sept œu- vres en compétition dans une catégorie réservée aux cinéastes indépendants canadiens : du documentaire, de l\u2019animation et de la fiction qui va dans toutes les directions.La section «Tourner à tout prix», unis.ca S\u2019ADAPTER À LA NATURE EXTRÊME Plus d\u2019une centaine de grandes villes portuaires se voient menacées par la hausse du niveau des océans.Ce diptyque documentaire (suite demain) montre comment certaines d\u2019entre elles ont pris les moyens de s\u2019adapter à cet avenir inquiétant.Inondations, une menace planétaire?RDI, 20 h UN PETIT DERNIER Dernier épisode de cette deuxième saison de sketchs absurdes qui dépeignent de façon peu flatteuse les relations interpersonnelles des «Y ».Oui, Gaby Gravel sera de la partie\u2026 Like-moi, Télé-Québec, 22 h Amélie Gaudreau P R O P O S R E C U E I L L I S P A R F R A N Ç O I S L É V E S Q U E à Saguenay C\u2019 est parfois un hasard, plus souvent une nécessité : il arrive qu\u2019un comédien décide de passer non pas de l\u2019autre côté du miroir, mais de la caméra.Le phénomène n\u2019est ni rare ni nouveau, mais il demeure fort intéressant.Le festival de court métrage Regard, qui s\u2019est terminé dimanche à Saguenay, y a consacré un volet.On a voulu aller plus loin avec deux des participantes, Fanny Mallette et Alexa-Jeanne Dubé.La première a écrit et réalisé Le dernier mardi, sur la complicité délicate qui unit une jeune infirmière et la vieille dame à qui elle donne des soins à domicile.La seconde a écrit et réalisé Oui mais non, sur la relation complexe entre deux voisines, dans lequel elle interprète aussi l\u2019un des rôles.Le désir de réaliser était-il latent, ou s\u2019est-il manifesté à force de jouer?Fanny Mallette (FM) : Le désir a toujours été là, mais j\u2019ai longtemps pensé que ce n\u2019était pas pour moi.J\u2019étais une actrice et je brûlais de ce feu-là.J\u2019ai toujours écrit, par contre, mais ça restait dans mon ordinateur.C\u2019est un technicien, sur un plateau, qui m\u2019a un jour botté le derrière en me faisant remarquer qu\u2019il n\u2019y avait pas qu\u2019une seule façon d\u2019écrire et qu\u2019écrire à temps perdu ne faisait pas en sorte que j\u2019étais moins scénariste.Ça m\u2019a chicotée.Puis, quand mon dernier enfant a commencé la maternelle, je me suis lancée: j\u2019ai décidé que le temps que je ne passerais pas à jouer serait consacré à mes propres projets.Alexa-Jeanne Dubé (AJD) : J\u2019ignorais que la réalisation pouvait me plaire.Dans mon esprit, j\u2019étais comédienne, et c\u2019était ça que je voulais faire \u2014 j\u2019étais très obstinée.C\u2019est drôle parce que les gens me disaient : « Oui, mais t\u2019es une leader ; t\u2019as une personnalité forte.Tes idées sont claires.T\u2019es certaine de pas vouloir réaliser?» Je répondais que non.Sauf que, sur les plateaux, je remettais beaucoup en question le travail des réalisateurs, parce que j\u2019étais plus curieuse de savoir dans quelle œuvre je jouais que de juste savoir ce que mon personnage y faisait.Puis, un jour, j\u2019ai voulu passer des œuvres des autres à la mienne, je pense.On a souvent l\u2019impression qu\u2019un acteur aura d\u2019emblée plus de facilité à diriger d\u2019autres acteurs.C\u2019est un cliché?FM: Une réalisatrice m\u2019a déjà avoué qu\u2019elle avait peur des acteurs parce qu\u2019elle avait l\u2019impression de ne pas savoir comment leur parler.Ça m\u2019a étonnée.Quand mon tour est venu, que je me suis retrouvée avec Françoise Faucher sur mon moniteur en gros plan et que je l\u2019ai entendue parler, ça m\u2019a tellement émue\u2026 je trouvais ça si beau et je la trouvais, elle, si généreuse\u2026 Elle n\u2019avait pas tourné au cinéma depuis Les portes tournantes, en 1987-1988 ; je l\u2019ai appris le matin, et ça m\u2019a ébranlée.Mais elle s\u2019était déplacée pour mon petit film produit sans moyen et tourné chez ma mère, dans un troisième étage, à son âge\u2026 Et elle était là, et elle m\u2019offrait sa présence, son talent\u2026 Ça m\u2019a pris trois ou quatre prises avant de me ressaisir et de commencer à la diriger.AJD : La facilité qu\u2019on a en tant qu\u2019acteur, c\u2019est qu\u2019on sait ce que c\u2019est que d\u2019être dans cette position-là.On a de ce fait plus d\u2019aisance à dire les choses, à amener l\u2019acteur qu\u2019on dirige vers ce qu\u2019on cherche comme émotion.Parfois, un cinéaste ne comprendra pas ce que ça te demande de te mettre dans tel état ; la vulnérabilité que tu ressens alors.Ça peut être très brutal s\u2019il y a un malentendu, ou de la confusion.Donc à cet égard-là, oui, on a « peut- être » une petite longueur d\u2019avance.Mais ce n\u2019est pas systématique.Certains cinéastes sont des grands directeurs d\u2019acteurs, et certains acteurs qui voudraient réaliser seraient incapables de verbaliser ce qu\u2019ils veulent, parce qu\u2019ils sont trop instinctifs.En collaborant avec des cinéastes, vous avez dû vous forger une idée de ce qu\u2019était la réalisation.Votre passage derrière la caméra vous a-t-il confirmé cette idée, ou avez-vous au contraire vécu un choc?FM: Le seul choc pour moi, ç\u2019a été de constater que je me sentais bien, que j\u2019étais dans mon élément, complètement.Ça ne fait pas de différence pour moi d\u2019être devant ou derrière la caméra : je suis à ma place sur un plateau.C\u2019est là que je trouve ma place dans l\u2019univers.AJD: Choc et confirmation, en même temps.Il y a des surprises\u2026 Quand tu écris un scénario, c\u2019est une chose, quand tu l\u2019imagines, c\u2019en est une autre, mais vient le moment où tu dois le découper pour la mise en scène.C\u2019est l\u2019étape qui a été la plus intense pour moi ; la prise de conscience que là, mon histoire, je devais la raconter non plus avec des mots, mais avec des images, et lesquelles, et de quelle manière.Quel point de vue adopter, et comment maintenir la cohérence de l\u2019œuvre ?Tu peux tourner une scène de mille façons\u2026 mais en même temps, non, pas vraiment.C\u2019était des questions que je ne m\u2019étais jamais posées, mais c\u2019était grisant d\u2019y être confrontée, puis d\u2019assumer mes choix.Après, c\u2019est un travail d\u2019équipe : on est tellement soutenu pendant le tournage ! Est-ce qu\u2019on peut dire qu\u2019une deuxième voix, différente de celle exprimée à travers le jeu, a été libérée?FM: Mets-en ! Ah, oui.J\u2019ai tourné une courte scène au chalet de ma productrice, et je me souviens de ce moment où ma sœur Marie- Hélène, qui y joue, et François-Xavier Dufour, sont partis se faire coiffer et maquiller, et que moi, plutôt que de prendre une fois encore ce chemin-là, le chemin de l\u2019actrice, je suis allée arpenter le terrain pour déterminer où placer la caméra\u2026 Le bonheur ! Le bonheur vrai ! C\u2019était tellement libérateur.Juste cet instant-là justifiait tout à coup la somme insensée de travail de recherche que j\u2019avais mis en amont.AJD: Je crois que j\u2019avais besoin de prendre des décisions plutôt que de simplement obéir.Et la réalisation constitue un risque : tu proposes quelque chose, ta vision, et si tu te plantes, tu es seule responsable.Et ça, ça correspond à qui je suis.On l\u2019aura compris, après cela, il n\u2019y a pas de retour en arrière possible.En ce moment, Alexa-Jeanne Dubé attend le feu vert pour co- réaliser, « en garde par tagée » avec Luce Tremblay-Gaudette, une websérie consacrée aux enfants du divorce.Quant à Fanny Mallette, elle espère tourner sous peu un second court métrage tout en travaillant sur un scénario de long.Le Devoir François Lévesque se trouve à Saguenay à l\u2019invitation du festival Regard.FESTIVAL REGARD De l\u2019autre côté de la caméra Les actrices Alexa-Jeanne Dubé et Fanny Mallette reviennent sur leur passage à la réalisation LADIES\u2019MORNING MUSICAL CLUB Récital Christian Blackshaw (piano).Mozart : Sonate pour piano K.333.Schumann: Fantasiestücke op.12.Liszt : Sonate en si mineur.Salle Pollack, dimanche 19 mars 2017.C H R I S T O P H E H U S S Q uel est le « fait du concert » ?Est-ce la révélation d\u2019une facette majeure du talent de Christian Blackshaw que nous ne connaissions pas ?Ou est-ce la honte collective provoquée par le comportement indigne d\u2019une poignée de spectateurs irresponsables?Montréal a donc reçu l\u2019un des plus grands pianistes de notre temps au son d\u2019insupportables chuintements stridents d\u2019appareils auditifs dans Mozart et de sonneries de téléphone portable dans les moments les plus subtils de la Sonate de Liszt.Il conviendrait de rappeler quelques règles de savoir-vivre avant chaque concert.Par ailleurs, signaler à un voisin que son appareil auditif bousille le plaisir musical de 600 personnes n\u2019est pas une impolitesse, c\u2019est un acte civique.Quant à la Madame de la rangée P qui a laissé sonner son portable juste pour ne pas montrer à l\u2019assistance que c\u2019était le sien, sa fatuité a provoqué le rappel de son correspondant trois minutes plus tard, pendant les ultimes silences suspendus de la Sonate de Liszt.C\u2019est misérable.Comme pour le concert du retour de Perahia à Montréal, en 2012, après 21 ans d\u2019absence, je crains fort que ce soit ce parasitisme que l\u2019on retiendra hélas : un concert bousillé ; la désolation d\u2019un rendez-vous manqué.Tout cela est atterrant, car le niveau de la proposition artistique était grandiose.Plutôt que de détailler tel ou tel mouvement, il me semble plus intéressant d\u2019explorer ce qui fait la magie de l\u2019art pianistique de Christian Blackshaw.La quête de ce pianiste, c\u2019est le continuum sonore.De quelle manière, et avec quelle dynamique ou texture, un son s\u2019im- brique-t-il au son qui précède ?Il en résulte une réflexion poussée sur la résonance, les textures, le volume et les enchaînements.L\u2019autre visage de Christian Blackshaw, découvert après un Mozart pour moitié anéanti par les dommages collatéraux de la surdité, et pour moitié buriné avec une patience infinie, c\u2019est celui des élans puissants de Schumann et de Liszt.Découverte majeure : Blackshaw n\u2019est pas qu\u2019un pianiste de la confidence et du « micromanagement».Et j\u2019en reviens à la question liminaire de mon premier portrait de cet artiste*: «L\u2019un des plus grands pianistes de notre temps est-il un illustre inconnu?» Après le récital Mozart à Orford, le concert avec I Musici et ce récital, nous avons fait le tour et la réponse est « oui ».Loin d\u2019une œuvre unidimensionnelle de bravoure digitale, la Sonate de Liszt est aussi une étude sur la matière et la densité sonores.De ce point de vue là, la vision de Christian Blackshaw nous permet de renouer avec l\u2019art suprême d\u2019un Claudio Arrau.C\u2019est dire que le pianiste anglais est un artiste d\u2019une rare et précieuse étoffe.Le Devoir MUSIQUE CLASSIQUE L\u2019autre visage de Christian Blackshaw VÉRONIQUE BOISVERT Le pianiste Christian Blackshaw TOM CORE PHOTOGRAPHIE Les actrices Alexa-Jeanne Dubé et Fanny Mallette ont toutes les deux sauté le pas en passant derrière la caméra pour devenir réalisatrices.P H I L I P P E O R F A L I L e milieu québécois de l\u2019édition est en deuil de l\u2019une de ses figures importantes : Gaëtan Lévesque, le cofondateur de XYZ éditeur, est décédé samedi des suites d\u2019une maladie.M.Lévesque avait été diagnostiqué d\u2019un cancer en août 2015, une trentaine d\u2019années après avoir fondé les Éditions XYZ, avec Maurice Soudeyns.Sous la direction d\u2019André Vanasse, qui s\u2019associe à Gaëtan Lévesque en 1990, l\u2019éditeur publie des écrivains tels Lise Tremblay, Louis Hamelin et Christian Mistral.La maison se targue d\u2019avoir pu traduire pour le Québec L\u2019histoire de Pi de Yann Martel.Plusieurs des ouvrages publiés ont remporté les prestigieux Prix du Gouverneur général du Canada et le Prix France-Québec, entre autres.«Homme discret qui préfère s\u2019ef facer au profit de ses écrivains, Gaëtan Lévesque est avant tout un éditeur littéraire et non un commerçant », souligne un communiqué dif fusé dimanche soir par Lévesque Éditeur, une seconde maison d\u2019édition qu\u2019il avait fondée en 2009, peu après le rachat de XYZ éditeur par Hurtubise HMH.« Farouche défenseur de la littérature québécoise, Gaëtan Lévesque s\u2019est impliqué pendant de longues années dans la rédaction du magazine Lettres québécoises», rappelle-t-on.Une panoplie d\u2019organismes du secteur de l\u2019édition, notamment l\u2019Association nationale des éditeurs de livres (ANEL), dont il occupa la présidence, ont également pu compter sur sa passion et son expertise.«Par son travail d\u2019éditeur et comme ancien président de l\u2019ANEL, Gaëtan Lévesque a contribué au rayonnement d\u2019auteurs québécois, de l\u2019édition et du livre.Mes pensées vont à sa famille et à ses amis, tandis que je salue ses quatre décennies au service de la littérature», a commenté dimanche soir le ministre de la Culture, Luc Fortin.Le Devoir Gaëtan Lévesque, le cofondateur de XYZ éditeur, n\u2019est plus L E D E V O I R , L E L U N D I 2 0 M A R S 2 0 1 7 CULTURE B 8 S Y L V A I N C O R M I E R «R oll over Beethoven and tell Tchaikovsky the news » : le grand sacripant de Chuck Berry est parti, à 90 ans.Retrouvé inanimé chez lui, samedi.Ce n\u2019est pas rien, 90 ans, considérant la sorte de vie qu\u2019il a menée : aussi solide que sa Gibson ES-335, le grand Charles Edward Anderson «Chuck» Berry de Saint-Louis, Missouri.Ce n\u2019est pas rien, considérant qu\u2019il venait d\u2019enregistrer son premier album de matériel original en 38 ans, à paraître avant l\u2019été, intitulé tout simplement Chuck.Par où commencer ?Chuck Berry, c\u2019est tout à la fois.Le guitariste et ses rif fs fondateurs : rien que l\u2019introduction de Johnny B.Goode, une signature ! C\u2019est le showman et son «duck walk» : à la fin des chansons, il imitait le pas du canard.Mais surtout, surtout, Chuck est un poète, le supérieur raconteur d\u2019histoires en rimes.Celui qui a écrit ça et chanté ça, No Particular Place To Go, en prononçant parfaitement chaque syllabe, sans rater un temps : « Can you imagine the way I felt/I couldn\u2019t unfasten her safety belt/Ridin' along in my calaboose/Still trying to get her belt a-loose/All the way home I held a grudge/For the safety belt that wouldn\u2019t budge/Crusin' and playin' the radio/With no particular place to go » .Grudge qui rime avec budge : même Gainsbourg ne l\u2019aurait pas trouvée, celle-là ! Chuck Berry, c\u2019est l\u2019intraitable, le type qui avait juré de ne plus se faire avoir par les promoteurs et qui se présentait à ses engagements seul dans sa grosse automobile, se faisait payer comptant avant, jouait avec des groupes locaux en changeant la clé des chansons pour les tester, repartait vite fait bien fait sous les acclamations et sans rappel, prenait l\u2019avion en classe économique : son propre patron.Demandez à André Ménard de vous raconter la fois où Offenbach accompagna Chuck Berry à la Place des Nations et que ça vira vraiment mal.Chuck était « a true character », comme tweetait Ron Wood des Rolling Stones samedi : méchamment drôle, vif d\u2019esprit, malicieux crasse, un vrai malcommode, un charmeur impénitent, un personnage qui défie toute description (j\u2019essaie en vain).Au-delà de la biographie Pas envie de relater sa biographie.Ça ne veut rien dire, à part qu\u2019il n\u2019en faisait qu\u2019à sa tête.L\u2019école de réforme, les trois fois en prison, les emprunts de séquences d\u2019accords à son pianiste Johnnie Johnson (qui finira par le poursuivre, mais trop tard), les évasions fiscales, l\u2019échec de son parc d\u2019attractions : trame de fond du parcours d\u2019une sacrée tête de cochon.J\u2019aime mieux parler de ses mains, paluches géantes qui couvraient le manche au complet.J\u2019aime mieux parler de sa façon de faire le grand écart, avec sa guitare en joue entre les jambes : gestuelle sexuelle sur- signifiée, Hendrix n\u2019a rien inventé.D\u2019ailleurs, Jimi jouait son Johnny B.Goode.Tout le monde a joué son Johnny B.Goode, des Beatles jusqu\u2019à Michael J.Fox en Marty McFly dans Back to the Future.« But he could play the guitar just like a ringing a bell ».Oh que oui.L\u2019entendez-vous sonner d\u2019ici ?Comme beaucoup de monde, je suis arrivé à Chuck Berry par les Beatles : George Harrison et son Roll over Beethoven, John Lennon et son Rock\u2019n\u2019Roll Music.Par les Rolling Stones, aussi : Little Quen- nie, Around and Around, leur Come On du tout début.Pour une autre génération, c\u2019est la séquence du Pulp Fiction de Quentin Tarantino \u2014 John Travolta et Uma Thurman dansant sur son You Never Can Tell \u2014 qui est le déclencheur.Chacun a ainsi fait son chemin jusqu\u2019à Chuck : j\u2019en connais qui ont d\u2019abord connu Maybelline par Simon et Gar funkel ! Et Johnny B.Goode par Eddy Mitchell avec les Chaussettes noires, en français dans le texte : Eddie, soit bon ! En spectacle, Chuck les bâclait pas mal, ses relectures.Seul le show comptait.Que le public s\u2019amuse : c\u2019est bien pour ça que son plus grand succès de palmarès fut My Ding-a-Ling, improvisée en 1972, sor te de comptine sur la masturbation.Avec les accompagnateurs ad hoc, tout pouvait arriver : une fois, c\u2019est Bruce Springsteen et son E Street Band qui se portèrent volontaires, et s\u2019en tirèrent mieux que d\u2019autres.Bruce raconte l\u2019anecdote dans le film de Taylor Hackford, Hail ! Hail ! Rock\u2019n\u2019Roll, qui célébrait les 60 ans de l\u2019homme.Keith Richards, fan numéro un, y endura l\u2019enfer pour que son Chuck Berry ait enfin un groupe de musiciens et des rendus dignes des chansons : ce mécréant de Chuck s\u2019ingéniait à le faire sortir de ses gonds en lui montrant « comment jouer » Carol et autres immortelles du catalogue.Il y en a tellement, des immortelles de Chuck Berry, autant de blueprints : Brown Eyed Handsome Man que reprenait Buddy Holly ; Sweet Little Sixteen que les Beach Boys transformèrent en Sur fin U.S.A.; Promised Land qui fut le dernier hourra rock\u2019n\u2019roll d\u2019Elvis (enregistrée en 1973) ; Memphis, Tennessee que Lennon par tagea avec Chuck \u2014 et Yoko Ono, hélas ! \u2014 au Mike Douglas Show en 1972.Cette fois-là, extatique, John présenta ainsi son héros : « Si vous voulez donner un autre nom au rock\u2019n\u2019roll, vous pouvez l\u2019appeler Chuck Berry\u2026» Tout est dit.Le Devoir CHUCK BERRY (1926-2017) Le Shakespeare du rock\u2019n\u2019roll est mort Le porte-parole de la campagne publicitaire du Devoir mobile présente une ébauche de son troisième spectacle à l\u2019occasion du Dr Mo- bilo Aquafest ce soir et demain.D O M I N I C T A R D I F D ans un récent sketch de l\u2019émission de Télé- Québec Like-moi, Katherine Levac et Adib Alkhalidey personnifient Martina Dorion et Peter Lachance, fictives «étoiles montantes de l\u2019humour», soutirant au public des tout aussi fictives « soirées rigolade du bar Le Pinceau de Val-Da- vid » des rires exagérément généreux, à l\u2019aide d\u2019amorces vaseuses comme «Heille les gars, on dira ce qu\u2019on voudra, mais les femmes, han\u2026» Le clin d\u2019œil jouissivement absurde à une époque où l\u2019humour québécois faisait pousser toutes ses blagues dans le terreau des « relations hommes-femmes, des relations af fectives et des relations de couple » symbolise l\u2019exact contraire de ce que défend le Dr Mobilo Aqua- fest.En mettant à l\u2019affiche une série de spectacles laboratoires, le micro-festival d\u2019humour, dont la deuxième édition se poursuit à Montréal jusqu\u2019au 25 mars, place la création et la novation au centre de ses ambitions.«Le public de l\u2019humour se diversifie.Il y a une mutation dans ce qui fait réagir les gens», observe Adib Alkhalidey, qui coorganise l\u2019événement avec ses compatriotes Guillaume Wagner, Virginie Fortin et Sèxe Illégal.Le préjugé voulant que l\u2019humour québécois ne sache parler que du trivial et de l\u2019intime tendrait donc à fondre sous la lumière d\u2019une réjouissante réalité : les jeunes stand-up osent nombreux la proposition singulière.« Les amateurs d\u2019humour deviennent de vrais connaisseurs », note le porte-parole de la campagne publicitaire du Devoir mobile.«Ce qui se passe présentement en humour, c\u2019est un peu ce qui s\u2019est passé quand le vin est devenu populaire.Au début, il y avait juste du Caballero de Chile et puis, à un moment donné, on a commencé à comprendre qu\u2019il y avait énormément de cépages et de régions dif férentes.Les humoristes vont bientôt venir avec leurs pastilles de goût ! » Signe d\u2019une époque où le désir de créer reprend, dans le monde du rire, le dessus sur les préoccupations marketing : Adib Alkhalidey étrenne déjà un nouveau spectacle (toujours sans titre), alors que son deuxième solo, Ingénu, voyait le jour en juillet dernier, autant dire hier.Entièrement autoproduit par l\u2019artiste, le spectacle se promène d\u2019ailleurs toujours un peu partout sur les scènes du Québec.«Dans le modèle traditionnel de l\u2019humour au Québec, tu écris un spectacle, tu le roules pendant trois ou quatre ans et, après tu te remets de ton burn-out pendant trois ans», explique-t-il avant d\u2019être submergé par un grand éclat de rire.Notre homme sait vraisemblablement de quoi il parle.«Disons que la première année de tournée de Je t\u2019aime [son premier solo lancé en 2013] a été rough psychologiquement.Tout est conçu pour faire le plus d\u2019argent, donc le plus de représentations possible.Le truc, c\u2019est que je viens d\u2019une famille pauvre.L\u2019argent n\u2019a jamais fait partie de mon plan de vie.En ce moment, ce que j\u2019aime vraiment, c\u2019est écrire, présenter mon travail, puis le peaufiner.Je pense qu\u2019il y a moyen de faire de l\u2019argent, oui, mais d\u2019en faire à un niveau où tu te dis, pour moi, ça, c\u2019est assez.C\u2019est comme si on n\u2019avait pas le droit de dire dans notre monde que telle quantité d\u2019argent, c\u2019est suffisant, et qu\u2019à partir de là, je suis heureux, je m\u2019amuse, je n\u2019ai pas besoin de plus.Il faut toujours aller en chercher plus.» Voir Adib pleurer Dans Je t\u2019aime, Abid Alkhalidey vitupérait contr e l \u2019 empr ise , sur l \u2019 imagina i r e des hommes, d\u2019une vision toxique de la virilité, indissociable d\u2019une certaine homophobie et de regrettables pulsions violentes.Il liait en octobre dernier dans un texte publié sur Facebook l\u2019injonction à l\u2019impassibilité formulée aux hommes \u2014 pleurer, c\u2019est pour les faibles ! \u2014 à la question des agressions sexuelles.«Quand t\u2019es jeune, on t\u2019apprend à ne pas pleurer, se rappelle-t-il.Tes amis, tes parents, l\u2019école te disent tous que c\u2019est pas bien.Alors, ça s\u2019inscrit insidieusement en toi, que pleurer, ça déplaît.Enfant, je pleurais tout le temps et j\u2019ai fini par arrêter.Mais à 25, 26 ans, j\u2019ai recommencé à juste me laisser aller, à me rappeler qu\u2019avant, ça venait naturellement.J\u2019ai tellement eu de conversations avec des hommes qui me regardent dans les yeux avec détresse et qui me disent : \u201cJe n\u2019ai pas pleuré depuis 20 ans.\u201d Ils ne veulent pas pleurer, mais ils veulent tellement en même temps ! Pas pleurer, c\u2019est l\u2019équivalent de dire à quelqu\u2019un : \u201cRis pas.\u201d Ça fait partie des instruments du corps.» La scène, lieu idéal pour démonter les stéréotypes ?« Le but, en fait, répond Adib, c\u2019est de dire des choses qui nous donnent envie de mieux vivre ensemble.Quand je finis le spectacle, il ne faut pas que le monde soit plus laid qu\u2019au début.Je vois parfois des humoristes et je me dis : \u201cLe monde, c\u2019est tough, la vie, c\u2019est tough, et ce que tu me racontes, ça empire tout.Pourquoi tu fais ça ?\u201d » Ce désir d\u2019être utile signifie aussi de répondre présent lorsque les médias le sollicitent afin de commenter ce genre de sujets d\u2019actualité pour lesquels sont conviés des intervenants issus de la communauté arabe (pas forcément les sujets les plus légers).« Je n\u2019ai pas le goût de faire ça toute ma vie, mais si je sens que ça peut créer des ponts, je dis oui », précise ce fils d\u2019une Marocaine et d\u2019un Irakien.« Je pense à quand j\u2019avais 12, 13 ans, à l\u2019époque où je tripais sur le film Un indien dans la ville, parce qu\u2019il n\u2019y avait juste pas de gens de ma couleur de peau à la télé.J\u2019espère pouvoir faire du bien à des jeunes, comme Un indien dans la ville m\u2019a fait du bien.» Collaborateur Le Devoir ADIB ALKHALIDEY AU DR MOBILO AQUAFEST Les 20 et 21 mars au Théâtre Fairmount INGÉNU En tournée partout au Québec HUMOUR Rendre le monde moins laid avec Adib ISRAEL LOPEZ MURILLO ASSOCIATED PRESS La légende du rock\u2019n\u2019roll, le chanteur et guitariste Chuck Berry, lors de sa performance à Burgos, en Espagne, en 2017 CONSTELLATIONS Texte : Nick Payne.Traduction : David Laurin.Mise en scène : Jean-Philippe Joubert.Avec Valérie Laroche et Christian Michaud.Une production du Trident, jusqu\u2019au 2 avril S I M O N L A M B E R T A vec Constellations, le dramaturge Nick Payne quitte le terrain linéaire du récit chronologique.Et on accepte d\u2019emblée sa proposition : l\u2019histoire, somme toute commune, d\u2019un homme et d\u2019une femme, dans une forme par ailleurs éclatée qui se veut inspirée de la physique quantique.Les allusions à cette branche de la physique demeurent, cela dit, limitées.D\u2019ailleurs, les passages où le Britannique interpelle la théorie des cordes ou quelque autre avancée théorique peuvent tomber à plat, tant le texte articule peu ces référents.Ce qui semblera souvent une marotte d\u2019auteur, ici, servira surtout de décor.Les réels rapports avec la mécanique quantique sont à trouver du côté de la construction dramatique, qui présente plusieurs versions d\u2019une même histoire, celle de Marianne et Philippe, morcelées d\u2019abord, mélangées ensuite sur l\u2019axe du temps : une juxtaposition de courtes scènes, autant de particules élémentaires.Il y a dans cette idée de quoi se dégager du seul récit pour suggérer des sens inédits, faire naître des liens inattendus.Le noyau atomique Or on peinera, dans le premier tiers, à trouver tout à fait la porte d\u2019entrée de cet univers.Valérie Laroche et Christian Michaud, seuls en scène, livrent la for t juste traduction de David Laurin avec tout le naturel que celle-ci permet ; lui incarne un apiculteur tendre et honnête; elle, une doctorante débordante de franchise.Comme dans toute pièce, une mise en place est nécessaire \u2014 et il faut tout de même se familiariser avec la forme \u2014, cela va de soi.Reste que les scènes se multiplient à une vitesse trop grande.Les nombreux éléments qui constituent la mosaïque de Constellations \u2014 les moments de vie par tagés, de la rencontre à la mor t, en passant par l\u2019adultère \u2014 peuvent sembler livrés dans une hâte qui laisse peu de temps pour goûter le contact, aussi court soit-il, peu d\u2019espace pour nous poser dans leur intimité.Les rires de la foule sont nourris, cer tes ; pourtant, on gardera le sentiment de ne pas atteindre le cœur de l\u2019histoire comme on le voudrait, de ne pas avoir accès tout à fait à Marianne et Philippe.Peut-être cela est-il lié à la scène.Un immense cercle pâle rappelant la lune, sur fond de vide sidéral, sert d\u2019espace de jeu.Il y a dans ce choix épuré de quoi étoffer le thème de la rencontre, une façon pour le metteur en scène Jean-Philippe Joubert de diriger notre regard vers cet espace si particulier qui s\u2019ouvre entre deux personnes.Mais seuls en scène, avec sur les épaules la tâche d\u2019occuper tout l\u2019espace de leur seule présence, sans autre décor que ce cercle qu\u2019ils parcourent, les deux comédiens sentent peut-être le besoin d\u2019enchaîner rapidement les répliques, comme pour éviter les vides \u2014 dans lesquels pourtant il y aurait eu de quoi nous laisser approcher plus près d\u2019eux.Au bout du compte, on finira bien par entrer plus avant dans le vécu des personnages, des scènes sur la perte trouveront de belles réson- nances.On gardera, néanmoins, cette impression d\u2019avoir fait le voyage avec un léger déphasage, de n\u2019avoir pas pu atteindre quelque chose comme le cœur de leur relation.Comme si, par-delà les dif férentes variations, on avait peiné à trouver un réel noyau.Collaborateur Le Devoir THÉÂTRE Les particules élémentaires STÉPHANE BOUGEOIS Valérie Laroche et Christian Michaud, seuls en scène, livrent la fort juste traduction de David Laurin avec tout le naturel que celle-ci permet.PEDRO RUIZ LE DEVOIR Pour Adib Alkhalidey, le but de la scène est de dire des choses qui nous donnent envie de mieux vivre ensemble.Les réels rapports avec la mécanique quantique sont à trouver du côté de la construction dramatique, qui présente plusieurs versions d\u2019une même histoire, celle de Marianne et Philippe «Si vous voulez donner un autre nom au rock\u2019n\u2019roll, vous pouvez l\u2019appeler Chuck Berry\u2026» "]
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