Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (2)

Références

Le devoir, 2017-03-23, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
[" V O L .C V I I I N o 6 3 L E D E V O I R , L E J E U D I 2 3 M A R S 2 0 1 7 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S AUJOURD\u2019HUI Actualités \u203a Trop de contrôles nuit à l\u2019ef?cacité.La véri?catrice générale juge sévèrement la gestion au ministère des Transports.Page A 7 Avis légaux.B 8 Décès.B 4 Météo.B 7 Mots croisés.B 7 Petites annonces .B 4 Sudoku.B 6 ?w w w .l e d e v o i r .c o m Ses romans sont virevoltants, ses personnages aussi vrais que s\u2019ils étaient devant nous, avec leurs doutes et leurs joies mêlés.De passage au Québec pour la première fois cette semaine, l\u2019écri- vaine islandaise Auður Ava Ólafsdóttir nous a raconté son œuvre, marquée par la nature, l\u2019humanisme et la féminité.Auður Ava Ólafsdóttir, femme d\u2019une île L\u2019écrivaine raconte son œuvre marquée par la nature, l\u2019humanisme et la féminité PEDRO RUIZ LE DEVOIR « Ce qui m\u2019intéresse, ce sont les paradoxes qui nous rendent humains, à la fois chez l\u2019homme et la femme», explique l\u2019écrivaine Auður Ava Ólafsdóttir.Attentat à Londres Un assaillant sème la mort devant le parlement avant d\u2019être tué à son tour Page B 5 H É L È N E B U Z Z E T T I Correspondante parlementaire à Ottawa L es coffres fédéraux sont vides et c\u2019est donc un budget d\u2019une rare frugalité qu\u2019a déposé mercredi le ministre des Finances, Bill Mor- neau.Plusieurs des initiatives sont de l\u2019ordre de l\u2019intention, des réflexions restent à être menées et quelques ententes avec les provinces demandent encore à être négociées.Au final, très peu d\u2019argent frais est annoncé, bien que les vétérans en reçoivent une part notable.Au total, ce ne sont que 5,1 milliards supplémentaires sur six ans qui sont offerts dans ce second budget T r u- deau.Si le document s\u2019épanche longuement sur l\u2019innovation, l\u2019instauration de «su- pergrappes » industrielles, l\u2019adaptation à l\u2019économie de demain ou encore le déploiement d\u2019 infrastr uc- tures ver tes, il n\u2019y c o n s a c r e a u c u n e somme additionnelle.L\u2019entièreté des budgets en ces matières provient de fonds déjà annoncés.Pire, certaines sommes promises antérieurement, comme les 2 milliards destinés à l\u2019émergence d\u2019une économie à faibles émissions de carbone, sont étalées dans le temps pour en réduire l\u2019impact immédiat sur les finances publiques.«Notre plan est ambitieux», a néanmoins soutenu le ministre Morneau en point de presse.Il n\u2019a pas répondu directement aux journalistes qui lui demandaient dans quelle mesure ces décisions reportées à plus tard le sont pour se donner le temps de s\u2019adapter à toute décision pouvant être prise par le gouvernement américain de Donald Trump.BUDGET FÉDÉRAL 2017-2018 Morneau donne un coup de frein Avec un déficit de 28,5 milliards, Ottawa prévoit peu de nouvelles dépenses SEAN KILPATRICK LA PRESSE CANADIENNE Le deuxième budget du ministre fédéral des Finances, Bill Morneau, n\u2019a pas le lustre du premier.G E N E V I È V E T R E M B L A Y L orsqu\u2019elle parle, Auður Ava Ólafsdóttir regarde souvent au loin, comme si l\u2019horizon avait la même envergure dans une petite librairie de Montréal qu\u2019au bord de la mer, dans un village d\u2019Islande.Il faut dire que son île natale habite ses romans : une nature imprévisible, une terre volcanique lovée près du cercle polaire ont modelé des histoires voyageuses où l\u2019ailleurs n\u2019est jamais si loin.Une terre VOIR PAGE A 10 : FEMME I S A B E L L E P O R T E R à Québec Le gouvernement du Québec hausse le ton vis-à-vis d\u2019Ottawa dans le dossier du transpor t en commun.Af fichant une mine basse, les ministres Carlos Leitão et Pierre Moreau se sont dits mercredi soir « extrêmement déçus » de l\u2019absence dans le second budget Morneau de «signal clair» au sujet du financement fédéral des «grands projets d\u2019infrastructure» : le Réseau électrique métropolitain (REM), le prolongement de la ligne bleue du métro et le Service rapide par bus (SRB) de Québec.Le temps presse, disent-ils.La construction du REM, qui est évaluée à 6 milliards de dollars, doit s\u2019amorcer à l\u2019automne prochain.« [D\u2019ici là] il va falloir intensifier encore les discussions, parce que l\u2019échéancier sur le financement est relativement cour t » , a aver ti M.Moreau, écorchant au passage les députés libéraux fédéraux.« J\u2019aimerais bien entendre le caucus du Québec s\u2019exprimer sur les projets d\u2019infrastructure Déception à Québec Le budget fédéral est muet sur les projets québécois en transport en commun Lire aussi \u203a Les détails du budget.Pages A 2 à A 5 Le flou artistique.L\u2019éditorial de Jean-Robert Sansfaçon.Page A 8 Rester sur sa faim.L\u2019éditorial de Manon Cornellier.Page A 8 665,5 milliards La dette du Canada représente 31,6 % du PIB du pays.CDPQ Le projet de REM VOIR PAGE A 10 : QUÉBEC VOIR PAGE A 10 : MORNEAU L E D E V O I R , L E J E U D I 2 3 M A R S 2 0 1 7 LE BUDGET A 2 S T E P H A N I E L E V I T Z à Ottawa S\u2019 il y a un exemple, dans le budget fédéral de mercredi, des défis que représente le président américain Donald Trump pour les ambitieux objectifs du gouvernement libéral, il se trouve dans les minuscules cinq paragraphes réservés à la relation entre le Canada et les États-Unis.Après les platitudes d\u2019usage au sujet des valeurs communes et des intérêts que partagent les deux pays, le gouvernement s\u2019engage à raffermir sa collaboration environnementale de longue date avec les États-Unis «dans le but de lutter contre les changements climatiques, ainsi que d\u2019améliorer la qualité de l\u2019air et de l\u2019eau».Le document était vraisemblablement déjà en route vers l\u2019imprimerie lorsque le gouvernement Trump a fait savoir, cette semaine, qu\u2019il mettrait bientôt fin aux projets américains qui visent, justement, à s\u2019attaquer à ces questions.Parmi les mesures avancées par la Maison-Blanche : la réduction du financement de l\u2019Agence de protection de l\u2019environnement des États-Unis, le retrait de l\u2019Accord de Paris sur les changements climatiques et la fin d\u2019un programme de protection de l\u2019eau des Grands Lacs, qui vise notamment à la rendre potable pour environ 40 millions de personnes des deux côtés de la frontière.Système fiscal Le budget 2017-2018 des libéraux tente de limiter le genre de colère qui a mené à la victoire de M.Trump aux États-Unis l\u2019automne dernier, en mettant en avant des plans et des stratégies pour renforcer les compétences et la confiance des Canadiens inquiets de ce que leur réserve l\u2019avenir.Mais jusqu\u2019à maintenant, les libéraux n\u2019ont pas cherché à déterminer dans quelle mesure les décisions de M.Trump pourraient alimenter ces craintes.Les impôts sont l\u2019exemple le plus flagrant de cette situation.M.Trump a promis de revoir le système fiscal des États-Unis pour en améliorer la compétitivité.La réponse des libéraux à cette possibilité ne se trouve pas dans le budget ; ils ont préféré se limiter aux évidences révélées par un examen élargi des dépenses fiscales.«S\u2019il y a une partie du budget dans laquelle ils bougent plus lentement que ce qu\u2019ils avaient promis, c\u2019est celle-là», a observé l\u2019économiste Jean-François Per- reault, de la Banque Scotia.Innovation En se concentrant sur les compétences et l\u2019innovation, le gouvernement établit une nouvelle cible : faire croître les exportations de biens et de services du Canada de 30 pour cent d\u2019ici 2025, ce qui représente une modeste augmentation par rapport à ce qu\u2019elles sont actuellement.Même si une certaine importance est accordée à l\u2019ouverture de nouveaux marchés en Asie et aux bénéfices qui jailliront de l\u2019accord de libre-échange entre le Canada et l\u2019Union européenne, le marché américain reste le plus grand marché d\u2019exportation pour le Canada.« La croissance des exportations canadiennes pourrait demeurer modeste, et les mesures stratégiques pouvant être prises par les États-Unis concernant le commerce pourraient limiter davantage les exportations vers ce pays», a rappelé le budget.M.Trump n\u2019a jamais caché sa préférence pour le protectionnisme, notamment dans son premier discours devant le Congrès américain.Le président en a aussi profité pour prévenir ses partenaires dans le monde, notamment dans l\u2019OTAN, qu\u2019il s\u2019attendait à ce qu\u2019ils jouent un rôle significatif et qu\u2019ils paient leur «juste part» des coûts.La Presse canadienne La difficulté de prévoir l\u2019imprévisible facteur Trump M A R I E V A S T E L Correspondante parlementaire à Ottawa U n congé de compassion pour aider un proche gravement malade, et non plus forcément mourant.Un congé parental échelonné sur dix- huit mois pour les parents du Canada anglais.Le gouvernement Trudeau met en place deux de ses promesses de réforme de l\u2019assurance-emploi afin d\u2019offrir plus de flexibilité aux familles.Mais ces promesses électorales ont aussi été ajustées, depuis l\u2019élection, de sor te qu\u2019elles coûtent un peu moins cher à l\u2019État.Les libéraux déploraient, en campagne électorale il y a deux ans, que les gens aient à prouver qu\u2019un proche allait mourir d\u2019ici six mois pour avoir droit au congé de compassion de 26 semaines versé sous l\u2019égide de l\u2019assurance-emploi.Les ai- dants naturels d\u2019un proche gravement malade devraient pouvoir se qualifier, tout comme les parents d\u2019un enfant qui ne peut se rendre à l\u2019école « pendant une période prolongée », plaidait Justin Trudeau.Ce sera finalement à 15 semaines de prestations d\u2019assu- rance-emploi qu\u2019auront droit les aidants naturels qui s\u2019occupent d\u2019un adulte de leur famille gravement malade ou blessé.Si l\u2019état de leur proche venait à changer, et qu\u2019il devenait mourant, ils pourraient alors prolonger leur congé de compassion à 26 semaines en souscrivant à l\u2019autre volet du programme.Cette nouvelle prestation d\u2019assurance-emploi coûtera 691 millions sur cinq ans, à compter de l\u2019an prochain, puis 168 millions par année.Les libéraux avaient budgété 190 millions par année lorsqu\u2019ils promettaient d\u2019octroyer d\u2019entrée de jeu un congé de 26 semaines pour s\u2019occuper d\u2019un proche gravement malade, et non pas nécessairement mourant.Les parents d\u2019enfants gravement malades continueront quant à eux d\u2019avoir accès à un congé pouvant atteindre 35 semaines, qu\u2019ils pourront partager avec plus de membres de leur famille.Congé de maternité dans le ROC Les futurs parents du reste du Canada pourront quant à eux choisir d\u2019étirer leur congé parental sur une période de 18 mois \u2014 plutôt qu\u2019un an \u2014 en touchant des prestations moindres de 33 % de leur salaire \u2014 plutôt que 55 %.Justin Trudeau avait en outre promis l\u2019option de morceler un congé de 12 mois en petits blocs, sur une période d\u2019un an et demi.Cette éventualité ne figure pas aux changements annoncés dans le budget de mercredi.Du coup, l\u2019ajustement des congés parentaux coûtera 152 millions sur cinq ans, puis 27,5 millions par année \u2014 et non plus 125 millions comme prévu dans le cadre financier des promesses électorales du Parti libéral.Les mères pourront en outre prolonger leur congé de maternité en amont de la naissance de leur enfant, en récoltant des prestations de congé parental jusqu\u2019à douze semaines avant leur date d\u2019accouchement plutôt que huit comme c\u2019est le cas actuellement.Une modification chiffrée à 43,1 millions sur cinq ans, puis 9,2 millions par année par la suite.Les taux de cotisation augmenteront toutefois quelque peu, de cinq cents à 1,68 $ en 2018, « en raison des perspectives économiques plus faibles et de l\u2019incidence des mesures liées à l\u2019assurance-emploi », indique le budget.Le taux de cotisation des Québécois ne sera toutefois pas af fecté par ces changements, selon le ministère fédéral des Finances.En 2017, le taux de cotisation fédéral était de 1,63 $, tandis que le taux québécois était de 1,27 $.Ces mesures ne s\u2019appliqueront pas au Québec, qui compte son propre régime de congés parentaux.Construction de garderies Autre mesure sans effet pour le Québec: le fédéral négociera avec les provinces un cadre national sur la garde d\u2019enfants.Il redirigera pour ce faire 7 milliards sur dix ans tirés de ses fonds d\u2019infrastructures sociales, à compter de 2018.De cette enveloppe, 550 millions seront versés annuellement à la création de places abordables en garderies dans le reste du Canada \u2014 où il n\u2019est pas rare de payer 80 $ par jour en services de garde.Le Devoir Plus de flexibilité pour les aidants naturels et les parents ISTOCK Les aidants naturels n\u2019auront plus besoin de prouver qu\u2019un proche doit mourir dans les six prochains mois pour se qualifier à un congé de compassion.- 28,5 milliards Le déficit prévu en 2017-2018.Le gouvernement prévoit dépenser l\u2019équivalent de 14,5 % du PIB, ou 305,4 milliards.15 Congé de compassion.Les aidants naturels auront droit à ce nombre de semaines de prestations d\u2019as- surance-emploi.Le budget 2017-2018 des libéraux tente de limiter le genre de colère qui a mené à la victoire de M.Trump aux États-Unis LA PRESSE CANADIENNE Le budget fédéral était vraisemblablement déjà en route vers l\u2019imprimerie lorsque Donald Trump a fait savoir qu\u2019il mettrait bientôt fin à plusieurs projets environnementaux américains. L E D E V O I R , L E J E U D I 2 3 M A R S 2 0 1 7 FEDERAL A 3 A L E X A N D R E S H I E L D S A près les tractations po- l i t iques avec les provinces, l\u2019heure est à la mise en œuvre du plan climatique canadien, selon ce qui se dégage de ce deuxième budget Trudeau.Un document bien accueilli par les groupes environnementaux, qui ont néanmoins rappelé qu\u2019Ottawa subventionne toujours généreusement le secteur des énergies fossiles.Élément central du plan libéral «pour une croissance propre », le document présenté mercredi confirme l\u2019intention du gouvernement d\u2019investir 21,9 milliards de dollars sur 11 ans dans « l\u2019infrastructure verte», qui doit servir au financement d\u2019initiatives qui s\u2019inscrivent notamment dans le plan de lutte contre les changements climatiques.De ce montant, 9,2 milliards iront directement aux provinces pour des projets qui visent à réduire les émissions de gaz à ef fet de ser re, pour l\u2019adaptation aux bouleversements climatiques, pour la protection de l\u2019eau et pour le développement de réseaux électriques.En plus d\u2019un autre montant de 5 milliards mis à la disposition de la Banque de l\u2019infrastructure, le fédéral entend financer, à hauteur de 640 millions, toute une série de programmes technologiques liés aux énergies renouvelables.Le gouvernement revoit cependant l\u2019échéancier pour le financement du «Fonds pour une économie à faibles émissions de carbone».Selon le budget 2016, cette enveloppe devait être dépensée en deux ans.On prévoit maintenant qu\u2019elle sera étalée sur cinq ans, « à la suite de discussions avec les provinces et territoires».Adaptation Plus que jamais, le gouvernement canadien semble prendre la mesure des efforts qui devront être faits pour s\u2019adapter aux impacts inévitables des changements climatiques, dont les effets se font déjà sentir.Une enveloppe de 260 millions est prévue pour les cinq prochaines années, sur tout pour mieux comprendre « les risques» associés à ces bouleversements, notamment dans les régions nordiques.Cet investissement suit celui de 129,5 millions inscrit dans le budget 2016.Parmi les mesures prévues directement pour réduire notre dépendance aux énergies fossiles, ce budget accorde 56,9 millions à Transports Canada, dans le but d\u2019« élaborer des règlements sur les gaz à effet de serre dans les secteurs maritime, ferroviaire, aérien et des automobiles ».Une série de mesures pour réduire la dépendance de communautés nordiques au diesel devraient bénéficier de plus de 641 millions sur quatre ans.Fossiles Les groupes environnementaux ont bien accueilli ce second budget de l\u2019ère Trudeau.«Il s\u2019agit du budget de la mise en œuvre» du plan climatique, a résumé Steven Guilbeault, directeur principal chez Équiterre.Il demeure toutefois préoccupé par le manque de détails et de critères quant à la façon dont certains fonds seront dépensés.Sur tout, le groupe écologiste critique l\u2019absence de mesures significatives pour réduire les subventions accordées par le Canada aux entreprises du secteur des énergies fossiles.Le budget 2017 comprend seulement la réduction de cer taines déductions fiscales.Mais dans l\u2019ensemble, le gouvernement maintient l\u2019essentiel de son soutien à une industrie qui est aussi le moteur de la croissance des émissions de gaz à effet de serre au pays.Dans un rapport publié plus tôt cette semaine, l\u2019Agence internationale de l\u2019énergie a souligné l\u2019importance d\u2019éliminer les subventions aux énergies fossiles.Le gouvernement Trudeau a promis de le faire, mais le budget 2017 n\u2019of fre pas d\u2019échéancier précis.Le Devoir Des milliards qui réjouissent les environnementalistes 665,5 milliards Ce sera la dette du Canada en 2017-2018.Cela représente 31,6 % du PIB.Des millions pour la carpe Le gouvernement canadien entend injecter 43,8 millions de dollars sur cinq ans afin de «poursuivre et élargir » la lutte contre les espèces aquatiques envahissantes.La carpe asiatique est évidemment en tête de liste, puisque cette espèce particulièrement dangereuse pour les écosystèmes est déjà présente dans les Grands Lacs et dans le fleuve Saint-Laurent.Une autre enveloppe de 70,5 millions sur cinq ans est prévue pour la protection de l\u2019eau, dont celle des Grands Lacs, dans un contexte où le président Donald Trump compte éliminer le programme américain de restauration de ces cours d\u2019eau.Le bilinguisme renforcé Ottawa \u2014 Les rumeurs d\u2019insatisfaction des services de traduction au Sénat se seront rendues jusqu\u2019aux oreilles des libéraux, semble-t-il.Le budget injecte 7,5 millions $ par année, en permanence, pour bonifier les services de traduction parlementaire.«Cet investissement permettra de veiller à ce que les parlementaires, ainsi que tous les Canadiens, continuent d\u2019être servis dans la langue officielle de leur choix», est-il écrit.Le Devoir avait fait état de certains sénateurs francophones ne faisant plus leurs interventions qu\u2019en anglais parce qu\u2019ils se jugeaient mal traduits et donc incompris de leurs collègues.Par ailleurs, le budget accorde 2 millions de dollars sur deux ans pour accroître la capacité des tribunaux fédéraux de rendre les décisions disponibles dans les deux langues officielles.Le Devoir Et les élus à l\u2019Assemblée nationale aussi Ottawa \u2014 Elle est révolue, l\u2019époque où les élus peuvent empocher des allocations de dépenses libres d\u2019impôt.Ottawa supprimera la non-imposition des allocations des députés provinciaux et de certains élus municipaux.Ces allocations étant versées sans présentation de pièces justificatives, Ottawa les assimile à une forme de revenus.Selon les fonctionnaires du ministère des Finances, très peu de provinces versent encore de telles allocations.Québec fait figure d\u2019exception, où l\u2019allocation est d\u2019environ 15 000 $ par année.Ottawa entend récupérer ainsi 30 millions de dollars par an.Toutefois, le changement n\u2019entrera en vigueur qu\u2019en 2019, question de donner le temps aux législateurs concernés d\u2019ajuster leur rémunération à l\u2019avenant, si tel est leur désir ! Le Devoir AGENCE FRANCE-PRESSE Plus de 9 milliards iront directement aux provinces pour des projets qui visent à réduire les émissions de gaz à ef fet de serre, pour l\u2019adaptation aux bouleversements climatiques, pour la protection de l\u2019eau et pour le développement de réseaux électriques.Ottawa \u2014 Tel qu\u2019attendu, le programme d\u2019obligations d\u2019épargne du Canada tire à sa fin après 71 ans d\u2019histoire.Ottawa a confirmé mercredi que la chute libre de sa popularité, qui a connu un sommet dans les années 1980, le contraint de cesser la vente dès cette année.«Le programme ne représente plus une source de fonds rentable pour le gouvernement comparativement aux options de financement de gros», indique le gouvernement Trudeau dans son budget 2017-2018.Ottawa a d\u2019autres façons de se financer.D\u2019autant plus que la population fait face à une multitude de produits dans lesquels investir, un choix grandissant qui a eu pour effet de déclasser les obligations d\u2019épargne dans le palmarès des outils préférés.Selon le gouvernement, les obligations ne représentent plus que 1 % de la dette gouvernementale en circulation, soit 5 milliards, comparativement à près de 55 milliards à la fin des années 1980.Le Devoir Chant du cygne des obligations Ottawa \u2014 Les juges fédéraux doivent s\u2019adapter au nombre grandissant d\u2019immigrants et aux nouveaux modèles familiaux, de l\u2019avis du gouvernement.Ottawa bonifie le budget du Conseil de la magistrature afin que celui-ci offre davantage de formations à ses magistrats, en mettant « davantage l\u2019accent sur une formation tenant compte de la spécificité des sexes et des dif férences culturelles ».Son budget annuel de 1,5 million est augmenté de 2,7 millions sur cinq ans, puis de 500 000 $ par année par la suite.Le gouvernement a en outre récemment accéléré l\u2019étude d\u2019un projet de loi conservateur qui imposerait des formations obligatoires en matière d\u2019agressions sexuelles aux nouveaux juges.Le Devoir Plus de formations pour les juges L E D E V O I R , L E J E U D I 2 3 M A R S 2 0 1 7 LE BUDGET A 4 F R A N Ç O I S D E S J A R D I N S à Ottawa P lutôt que de regarder du côté de l\u2019impôt sur le gain en capital ou la déduction pour option d\u2019achat d\u2019actions, ce que craignait notamment le secteur financier, Ottawa braque ses projecteurs, encore, sur l\u2019évasion fiscale : l e gouver ne - ment T r udeau prévoi t un nouvel ef for t de plus d\u2019un demi-milliard sur cinq ans pour retrouver des sommes qui lui échappent.Dans son deuxième budget, le ministre des Finances, Bill Morneau, indique qu\u2019Ottawa veut se pencher sur certaines combines techniques impliquant notamment des « sociétés privées » et qui permettent à des contribuables de diminuer leur impôt.« Un certain nombre de mesures ont été mises en œuvre au fil des ans afin de limiter la portée de certains de ces mécanismes de planification, mais ces mesures n\u2019ont pas toujours été pleinement ef ficaces », indique le gouvernement Trudeau dans les documents budgétaires.Ces stratégies, es- time-t-il, « réduisent de façon inappropriée les taux d\u2019imposition de particuliers qui gagnent un revenu élevé».Ottawa, qui s\u2019est récemment retrouvé dans l\u2019eau chaude après des reportages portant sur les liens entre KPMG et Revenu Canada, entend publier un document d\u2019information dans les prochains mois.Le budget propose d\u2019emblée de refermer certaines échappatoires fiscales.Par exemple, le gouvernement veut étendre les règles anti-évitement aux régimes enregistrés d\u2019épargne- études et mieux déterminer l\u2019identité des personnes qui se trouvent au contrôle des sociétés privées.Près d\u2019un milliard Les 523,9 millions prévus sur cinq ans s\u2019ajoutent aux ressources déjà existantes, Ottawa tentant d\u2019endiguer l\u2019évasion fiscale de même que l\u2019évitement fiscal, une pratique qui consiste à contourner l\u2019esprit de la loi.Cela s\u2019ajoute à plus de 400 millions annoncés l\u2019an dernier.Ailleurs dans l\u2019assiette fiscale, Ottawa compte ajuster les crédits à l\u2019exploration dans le secteur pétrolier et gazier.Ceux-ci diminueront dans le temps et ne seront plus applicables dans l\u2019année de façon intégrale.«L\u2019approche prudente en matière de fiscalité est vraisemblablement motivée par l\u2019incertitude qui vient du sud de la frontière », a estimé la Banque TD dans une note d\u2019analyse.La Fédération canadienne de l\u2019entreprise indépendante a salué les mesures fédérales en matière de formation, mais ses intentions fiscales la préoccupent.« Il n\u2019est pas rassurant de savoir que plusieurs mesures fiscales clés pour les PME feront l\u2019objet d\u2019une révision en profondeur, incluant celles liées au traitement fiscal des gains en capital et des entreprises où plusieurs membres d\u2019une même famille sont impliqués », a affirmé sa vice-présidente principale, Martine Hébert.Le Devoir Rien sur les gains en capital, mais de nouveaux efforts sur l\u2019évasion fiscale Uber passe à la caisse\u2026 Ottawa \u2014 Le service de «covoiturage » Uber ne pourra plus faire l\u2019économie de la taxe sur les produits et services (TPS) d\u2019Ottawa.Le gouvernement fédéral entend modifier la définition d\u2019entreprises de taxi «pour mettre tous les participants sur un pied d\u2019égalité et faire en sorte que les entreprises de covoitu- rage soient assujetties aux mêmes règles de la TPS que les taxis », écrit le budget.«Pour ce qui est d\u2019Uber, nous nous assurons que tout soit équitable.Si vous êtes dans un Uber ou un taxi, vous devez payer la TPS», a ajouté le ministre des Finances, Bill Morneau, en point de presse.Le Devoir Le pot avec modération Ottawa \u2014 Ottawa entend légaliser la consommation de marijuana, mais il est résolu à garder celle-ci « hors de la portée des enfants » et à détourner les profits de sa vente des poches du crime organisé.Aussi le budget 2017-2018 accor- dera-t-il une somme de 9,6 millions de dollars sur cinq ans à la Stratégie canadienne sur les drogues et autres substances afin d\u2019appuyer les programmes d\u2019éducation publique et les activités de surveillance de la marijuana.Le Devoir Immobilier : des données plus précises sur la propriété étrangère Ottawa \u2014 Afin de renforcer sa compréhension globale du secteur logement, en proie à une bulle dans des villes comme Vancouver et Toronto, le gouvernement fédéral va dépenser 39,9 millions sur cinq ans afin de se doter d\u2019une base de données plus élaborée qui tiendra compte notamment de la propriété étrangère.« Les lacunes de la recherche et le manque de données dans ces domaines doivent être comblés pour que le Canada maintienne un marché du logement stable et bien réglementé », indique le gouvernement Trudeau.Statistique Canada diffusera une première tranche de données à l\u2019automne prochain, a indiqué Ottawa.Dans le même ordre d\u2019idées, le gouvernement prévoit une enveloppe de 241 millions sur 11 ans pour que la Société canadienne d\u2019hypothèques et de logement rehausse sa collecte de données.Le Devoir 523,9 millions Évasion fiscale.Montant ajouté aux ressources déjà existantes pour endiguer l\u2019évasion fiscale de même que l\u2019évitement fiscal, une pratique qui consiste à contourner l\u2019esprit de la loi.La bière et les cigarettes plus chères Bouteille de vin, digestifs et bières coûteront plus cher.Le taux de droit d\u2019accise des produits alcoolisés sera augmenté de 2 %, et ce, dès ce jeudi, lendemain de budget.Le taux continuera en outre d\u2019augmenter, avec l\u2019inflation, chaque année à compter de l\u2019an prochain.Même chose pour les cigarettes, dont la cartouche de 200 cigarettes coûtera 0,53 $ de plus \u2014 mais les cigarettes ne verront pas leur droit d\u2019accise augmenter avec l\u2019inflation.Le Devoir P H I L I P P E P A P I N E A U P arce qu\u2019on est en 2017 ?Pour une première fois, le gouvernement Trudeau a soumis un exercice budgétaire à une « analyse comparative entre les sexes » (ACS), en plus de s\u2019engager à poursuivre l\u2019exercice dans tous les budgets à venir.Une ACS permet de « mieux adapter la conception et l\u2019exécution des programmes du gouvernement », et Ottawa espère ainsi relever « la barre en matière d\u2019ouver ture et de transparence ».Le budget souligne une dizaine de mesures à l\u2019égard des défis associés aux sexes, dont l\u2019Allocation canadienne pour enfants et des investissements dans l\u2019apprentissage et la garde des jeunes enfants.« Je crois que ça mérite des félicitations.Avoir implanté l\u2019analyse comparative entre les sexes dans un budget, c\u2019est plutôt historique, a dit au Devoir Kate McIntur f f, chercheuse senior au Centre canadien de politiques alternatives.«On y trouve plus d\u2019analyses que je pensais, c\u2019est un bon début.L\u2019analyse comparative entre les sexes, c\u2019est quelque chose que plusieurs organismes en dehors du gouvernement fédéral ont fait depuis un bon bout de temps, alors c\u2019est bien de voir Ottawa faire ça.Et je pense que ça va avoir un impact réel sur les femmes au fur et à mesure qu\u2019ils vont réfléchir leurs politiques avec cette grille.» Mais Mme McInturff n\u2019a pas que des fleurs pour ce budget Trudeau.Elle souligne d\u2019abord que ce sont les mesures de 2016 qui sont le plus analysées, et déplore ensuite que les femmes soient absentes du grand portrait économique.« Quand le gouvernement parle des grands secteurs où il compte investir pour stimuler la croissance, la majorité de ceux-ci engagent surtout des hommes, explique Mme McInturff.L\u2019idée n\u2019est pas de ne pas investir dans ces secteurs, mais on n\u2019a pas vu d\u2019investissements équivalents dans les secteurs à prédominance féminine.» La chercheuse souligne également que ce budget n\u2019intègre pas tout à fait la notion que les femmes ne travaillent pas le même nombre d\u2019heures que les hommes, qu\u2019elles n\u2019ont pas les mêmes types d\u2019emplois et le même salaire que les hommes.Elle ajoute du même souffle que les emplois créés par le gouvernement dans le domaine de la petite enfance sont souvent des emplois peu rémunérés, voire sous le seuil de la pauvreté.«Ce n\u2019est pas encore là dans le portrait global.» Le Devoir ÉGALITÉ DES CHANCES Un premier pas d\u2019Ottawa LA PRESSE CANADIENNE Le budget souligne une dizaine de mesures à l\u2019égard des défis associés aux sexes, dont l\u2019Allocation canadienne pour enfants.Ottawa \u2014 Comme prévu par les conservateurs, le seuil au- delà duquel un investissement étranger déclenche un examen à Ottawa sera augmenté à 1 milliard, mais le gouvernement Trudeau indique dans son budget 2017-2018 qu\u2019il entend le relever dès avril, deux ans plus tôt que prévu.Le seuil, présentement fixé à 600 millions, s\u2019applique lorsqu\u2019une société étrangère effectue l\u2019acquisition d\u2019une entreprise canadienne.En vertu de la Loi sur Investissement Canada, le gouvernement se penche alors sur la transaction pour déterminer si elle présente un «avantage net» et si, en parallèle, elle pose problème en matière de sécurité nationale.Le Devoir Les seuils d\u2019examen sur l\u2019investissement étranger haussés dès 2017 ISTOCK Le gouvernement Trudeau prévoit un nouvel ef fort de plus d\u2019un demi-milliard sur cinq ans pour retrouver des sommes qui lui échappent.In vitro pour gais et parents célibataires Les couples de même sexe et les parents sans conjoint auront droit eux aussi, à compter de cette année, à un crédit d\u2019impôt s\u2019ils ont recours à la procréation assistée.Plus besoin de démontrer que la fécondation in vi- tro ou l\u2019insémination artificielle leur est nécessaire en raison d\u2019une infertilité médicale.Ils pourront à leur tour avoir recours au crédit d\u2019impôt de 15% sur leurs frais médicaux au-delà de 2270$ ou 3% de leur revenu net.Le Devoir L E D E V O I R , L E J E U D I 2 3 M A R S 2 0 1 7 FEDERAL A 5 F R A N Ç O I S D E S J A R D I N S à Ottawa L e gouvernement Trudeau en fait de nouveau un thème central de son budget : dans un monde de plus en plus automatisé, les compétences et l\u2019innovation doivent nécessairement figurer au cœur de la croissance économique canadienne, laquelle passera notamment par le développement des technologies propres et le déploiement de « supergrappes».Disant vouloir tirer des accords de libre- échange existants et nouveaux, Ottawa prévoit pour l\u2019effort global des sommes de 950 millions sur cinq ans, dont seulement 50 millions en 2017-2018.De cette somme, 800 millions proviennent des annonces faites dans son budget 2016 et 150 millions de ses initiatives en infrastructure dévoilées à l\u2019automne dernier.Les supergrappes, que le gouvernement évoque en mentionnant des exemples comme la Silicon Valley et Berlin, pourraient tourner autour d\u2019un cer tain nombre de secteurs comme la « fabrication de pointe, l\u2019agroalimen- taire, les technologies propres, la technologie numérique, les sciences biologiques » et les technologies propres.Un concours sera organisé dès cette année, et Ottawa s\u2019engage à ce que ces industries accueillent plus de femmes qu\u2019auparavant.Dans le cadre des consultations prébudgé- taires, les neuf grappes montréalaises avaient justement suggéré au gouvernement de s\u2019inspirer de leur modèle, en insistant toutefois sur le fait que les « politiques les plus ef ficaces » sont celles «menées de façon organique par les entreprises regroupées entre elles ».« Il est important que le gouvernement du Canada tienne compte des tissus industriels de ses régions », avaient- elles écrit dans leur mémoire.La Chambre de commerce du Montréal métropolitain a vu dans les intentions d\u2019innovation une «excellente nouvelle » pour la métropole.Compétences En parallèle, Ottawa place la formation dans ses priorités.Par exemple, le gouvernement af firme qu\u2019un prestataire de l\u2019assurance-em- ploi qui retourne sur les bancs d\u2019école pour parfaire son savoir ne devrait pas perdre son admissibilité.En clair, affirme le gouvernement Trudeau, les travailleurs « pourront retourner aux études afin de suivre la formation requise pour trouver un nouvel emploi sans crainte de perdre les prestations d\u2019assurance-emploi ».Cette mesure, estime le gouvernement, coûtera à partir de 2018-2019 la somme de 132 millions sur quatre ans.Cette mesure et quelques autres ajustements à l\u2019assurance-emploi incitent le gouvernement à augmenter légèrement le taux de cotisation, qui passerait l\u2019an prochain de 1,63 à 1,68 $ par tranche de 100 $.Le budget prévoit aussi 50 millions sur deux ans pour « enseigner aux enfants à coder », un exercice par lequel des organisations «du secteur de la formation » participeront à un concours pour obtenir du financement.Cette mesure vise les jeunes de la maternelle à la fin du secondaire, Ottawa estimant qu\u2019il faut travailler sur les «compétences numériques» pour développer une économie saine.Capital de risque et finance Le capital de risque n\u2019est pas en reste dans l\u2019équation.Ottawa a évoqué dans son budget une enveloppe de 400 millions, disponible par l\u2019entremise de la Banque de développement du Canada, pour les entreprises qui ont atteint un stade un peu plus avancé que celles en démarrage.Le gouvernement espère du coup attirer l\u2019intérêt du secteur privé, dont la participation pourrait amener la somme globale à 1,5 milliard.Les règles du concours seront dévoilées plus tard, mais le gouvernement affirme déjà que les entreprises devront faire un certain nombre de démonstrations, dont celle d\u2019avoir déjà obtenu du financement, un partage des risques public-privé intéressant et une stratégie pertinente.Reprenant un thème déjà très courant dans l\u2019industrie, le gouvernement espère aussi mettre à contribution la technologie financière, qui se situe à l\u2019intersection du commerce, de la finance et de l\u2019innovation numérique.Aussi appelé fintech, ce secteur s\u2019est rapidement développé dans certaines villes, comme Toronto et Montréal, à tel point que les grandes institutions n\u2019ont d\u2019autre choix que de collaborer avec les jeunes pousses en pleine croissance, notamment dans le paiement mobile, l\u2019assurance et la gestion de valeurs.Sur la question de l\u2019innovation financière, Ottawa veut «collaborer avec [ses] homologues provinciaux et territoriaux afin de mieux coordonner et échanger l\u2019information», peut-on lire dans le budget Morneau.Le gouvernement veut également mener une consultation sur «un nouveau cadre de surveillance des paiements de détail » afin de déposer un projet de loi.Le Devoir L\u2019innovation au cœur de la stratégie Morneau 400 millions Capital de risque.Enveloppe disponible par l\u2019entremise de la Banque de développement du Canada, pour les entreprises qui ont atteint un stade un peu plus avancé que celles en démarrage.M A R I E V A S T E L Correspondante parlementaire à Ottawa L e gouvernement Trudeau a beau compter renégocier ses ententes sur la main-d\u2019œu- vre avec les provinces, il ne semble pas y avoir d\u2019affrontement en vue avec Québec.Car les libéraux promettent, pour l\u2019instant, de respecter l\u2019entente asymétrique entre Québec et Ottawa.« On ne défera pas une entente », ont promis les adjoints du ministre des Finances Bill Mor- neau.L\u2019asymétrie serait donc respectée dans le cas du Québec.Si la province appuie les priorités du fédéral, « tant mieux», dit-on.Le budget de mercredi prévient que « le gouvernement a l\u2019intention d\u2019entreprendre une réforme considérable des ententes de transfert relatives au marché du travail, en collaboration avec les provinces et les territoires ».Ottawa compte négocier avec les provinces pour s\u2019entendre sur des mesures de rendement et s\u2019assurer de bonifier les résultats de ces fonds qui leur sont versés chaque année.En vertu de ces ententes, les gouvernements provinciaux offrent des programmes de formation de main-d\u2019œuvre pour aider les chômeurs récents ou les sans-emploi de plus longue date à réintégrer le marché du travail ou à retourner sur les bancs d\u2019école.Le gouvernement libéral compte rendre plus flexibles les critères d\u2019admission à ces programmes de formation.Il fusionnera l\u2019Entente sur le marché du travail (500 millions au total, dont 115 millions versés au Québec en 2015) avec celle à l\u2019intention des personnes handicapées (46 millions au Québec) et celle pour les travailleurs âgés.Cette nouvelle entente, de même que celle sur le développement de la main-d\u2019œuvre (1,95 milliard au total, dont 578 millions versés au Québec), fera l\u2019objet de nouvelles rondes de négociations entre Ottawa et les provinces.Le budget prévoit en outre les bonifier de 900 millions de dollars sur six ans, à compter de l\u2019an prochain.Un précédent plus trouble Le gouvernement conservateur de Stephen Harper avait lancé sa propre réforme des ententes fédérale-provinciales en matière de formation de la main-d\u2019œuvre en 2013, souhaitant lui aussi bonifier la reddition de comptes afin de s\u2019assurer que ses fonds permettent bel et bien à des Canadiens de retourner sur le marché du travail.Ottawa avait ainsi créé la Subvention canadienne à l\u2019emploi, financée par 60% du transfert sur le marché du travail désormais remis directement aux travailleurs.Mais la querelle avait duré des mois, entre Ottawa et les provinces.Le ministre de l\u2019Emploi de l\u2019époque, Jason Kenney, avait fini par abdiquer en 2014 face au gouvernement péquiste de Pauline Marois, lui accordant une exemption.Le Devoir Formation asymétrique de la main-d\u2019œuvre AGENCE FRANCE-PRESSE Le gouvernement libéral compte rendre plus flexibles les critères d\u2019admission aux programmes de formation of fert par les provinces.DENIS FERLAND L e ton de ce budget est donné dès la première ligne du communiqué du ministère ; l\u2019expression « à long terme » doit vraiment être prise au pied de la lettre.On la retrouve aussi à une trentaine de reprises dans les documents budgétaires du ministre Bill Morneau.On reproche souvent à nos gouvernants d\u2019avoir les yeux fixés sur la prochaine échéance électorale.Devant plusieurs sources d\u2019incertitude au pays et ailleurs, le ministre Morneau fait contre mauvaise fortune bon cœur et regarde nettement plus loin.On peut dire qu\u2019à ce point de vue, le ministre des Finances en donne plus que le client en demande.Non seulement ne vise-t-il pas la prochaine élection, mais son budget détaille l\u2019étalement de plus de la moitié des dépenses en infrastructures, en logement et en garde d\u2019enfants au-delà de celle de 2023 ! Les conseillers du gouvernement ne rataient d\u2019ailleurs pas une occasion de rappeler, depuis la Mise à jour de l\u2019automne, qu\u2019on ne se dirigeait pas vers un budget de stimulation économique rapide.De plus, la table était mise avec les déclarations des derniers jours du ministre Morneau et de son collègue Jean-Yves Duclos, et c\u2019est effectivement dans le chapitre «Compétences, innovation et emplois » qu\u2019on retrouve les dépenses les plus nouvelles et les plus immédiates en proportion.On donne dans la philosophie, le ministre parle de développer une « culture de la formation continue ».Un peu moins de 4 milliards sur six ans, pas la manne, mais ça reflète la mince marge de manœuvre du gouvernement.Petit bémol, il faudra remanier les programmes sur la main-d\u2019œuvre menés conjointement avec les provinces et on assure à Ottawa que le Québec va pouvoir maintenir ses prérogatives actuelles.Des pourparlers Québec-Ottawa en douceur sur la main-d\u2019œu- vre ?À suivre ! Réflexe typiquement libéral devant un enjeu d\u2019envergure, M.Morneau met sur pied une nouvelle instance, Innovation Canada, à laquelle s\u2019ajoutent six tables sectorielles dans des domaines où le potentiel canadien est établi.Grand amateur de consultation, le gouvernement va en plus tenter de réinventer la roue en reprenant un exercice auquel s\u2019était livré le gouvernement Harper.Un groupe d\u2019experts externes sera chargé d\u2019examiner les programmes actuels d\u2019innovation en entreprise.Au lieu de dépoussiérer le rapport Jenkins de 2012, on gagne du temps pendant qu\u2019on n\u2019a de toute façon pas les moyens de faire plus de ce côté.Curieusement, l\u2019examen va se dérouler pendant que le gouvernement met sur pied une foule de nouveaux programmes dans le même domaine.Les représentants du gouvernement évoquent les «nouveaux défis mondiaux» \u2014 en langage de tous les jours : l\u2019élection de Donald Trump, un événement qui a freiné le ministre Morneau.C\u2019est particulièrement vrai pour les mesures touchant les entreprises.Une représentante du secteur des PME parle d\u2019un «à suivre» pour qualifier le budget.Leurs dirigeants peuvent respirer, pour l\u2019instant.Les nombreux examens lancés sur des programmes qui s\u2019adressent à elles suscitent une certaine incertitude et, sur tout, l\u2019ambitieux examen des dépenses fiscales se poursuit et maintient une épée de Damoclès au-dessus de leurs têtes.Des échappatoires fiscales qui leur sont chères sont encore dans la balance.En attendant, les entrepreneurs ne crachent pas dans la soupe : les huit milliards du chapitre sur la formation et l\u2019innovation vont leur bénéficier, directement ou par l\u2019entremise de leurs employés.On n\u2019est jamais trop prudent, parlez-en à Paul Martin, et Bill Morneau l\u2019a compris.Il rétablit donc l\u2019ajustement de 3 milliards en fonction du risque, mais, surtout, il révise légèrement à la hausse son déficit.En plus, il continue de baser tous ses calculs budgétaires sur les prévisions du début de janvier, alors que plusieurs indicateurs se sont améliorés depuis.En passant, la vision à long terme a ses limites, même pour Bill Morneau.Toujours pas de calendrier en vue de l\u2019élimination du déficit, et l\u2019engagement à réduire constamment le ratio de la dette par rapport au PIB est passé à la trappe.L\u2019excuse : les prévisions sur l\u2019évolution du PIB varient trop.M.Morneau rassure en parlant d\u2019une gestion toujours responsable des fonds publics.Il reste que, si vous êtes un parieur, il serait tentant de miser sur un déficit plus bas que prévu dès cette année et pour la prochaine.Le naturel revenant habituellement vite au galop, surtout en politique, le gouvernement Trudeau pourrait se retrouver à la veille de l\u2019élection de 2019 avec une attrayante marge de manœuvre.Et tant pis pour le long terme.À l\u2019année, ou la décennie, prochaine ! AGENCE FRANCE-PRESSE Disant vouloir tirer des accords de libre-échange existants et nouveaux, Ottawa prévoit pour l\u2019ef fort global en innovation des sommes de 950 millions sur cinq ans.Un peu moins de 4 milliards sur six ans, pas la manne, mais ça reflète la mince marge de manœuvre du gouvernement L E D E V O I R , L E J E U D I 2 3 M A R S 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 6 A L E X A N D R E S H I E L D S V irage à 180 degrés à Québec.Après avoir décidé de restreindre l\u2019accès aux données des systèmes d\u2019assainissement des eaux usées des municipalités, le ministre de l\u2019Environnement David Heurtel a fait volte-face mercredi.Il a promis qu\u2019il n\u2019y aurait «aucun recul » à l\u2019égard de la diffusion de ces informations, qui permettent de surveiller la performance des 811 stations d\u2019épuration de la province.Le Devoir révélait mercredi matin que le gouvernement a choisi de restreindre l\u2019accès aux données fournies par les municipalités dans le cadre du programme de suivi des systèmes d\u2019assainissement des eaux usées.Cette mesure, qui rompt avec la pratique en vigueur depuis des années, signifie que plusieurs organismes ne pourront plus consulter les informations permettant de vérifier la conformité des stations d\u2019épuration aux normes de rejets et de débordements.À la suite de ces révélations, le gouvernement du Québec a toutefois rapidement changé de cap mercredi en promettant de maintenir l\u2019accès à ces données environnementales.« Il n\u2019y aura pas de recul à l\u2019égard de l\u2019accès à l\u2019information », a confirmé au Devoir l\u2019attachée de presse du ministre Heurtel, Émilie Simard, dans une brève réponse transmise par courriel.Décision saluée Interpellé à l\u2019Assemblée nationale par le Parti québécois lors la période des questions, le ministre Heurtel a aussi promis de rencontrer les organismes de bassins versants, qui utilisent couramment les données sur la qualité de l\u2019eau compilées sur une base mensuelle par les municipalités.Il a également dit que ces organismes auront accès à l\u2019information « dont ils ont besoin pour faire leur travail », avant de souligner que celui-ci « est essentiel pour la gestion de nos cours d\u2019eau».La directrice du Regroupement des organismes de bassins versants du Québec (ROBVQ), Marie-Claude Leclerc, a salué mercredi la décision du ministre Heurtel.Il faut savoir que cet organisme réclamait depuis des mois que le gouvernement maintienne l\u2019accès aux données des usines d\u2019épuration.Le ROBVQ, pour tant reconnu par le ministère comme « l\u2019interlocuteur privilégié pour la mise en place de la gestion intégrée de l\u2019eau par bassin versant au Québec », n\u2019avait jamais eu de réponses à ses demandes avant mercredi.Les données sur la performance des usines d\u2019épuration permettent, sur une base mensuelle, de vérifier la qualité des eaux rejetées par les usines d\u2019épuration, puisque les exploitants sont tenus d\u2019y consigner la présence de rejets de polluants : coliformes fécaux, phosphore, matières en suspension, eaux usées non traitées en raison de surverses, etc.Or, avec le passage définitif au nouveau système géré par le ministère de l\u2019Environnement, le 1er avril, seuls les « exploitants municipaux » des usines d\u2019épuration devaient avoir accès aux informations mensuelles.En plus des organismes de bassins versants, des groupes comme la Fondation Rivières devaient se voir priver d\u2019un accès aux données.Le Devoir Accès à l\u2019information sur les eaux usées : volte-face à Québec M A R C O F O R T I E R L e ministre Sébastien Proulx compte implanter dès l\u2019automne prochain le cours d\u2019éducation financière en cinquième secondaire malgré un avis défavorable du Conseil supérieur de l\u2019éducation (CSE), qui déplore la précipitation de Québec dans ce dossier délicat.L\u2019enseignement financier devrait plutôt être intégré aux cours existants durant toute la durée du secondaire, estime le CSE dans un avis rendu public mercredi.L\u2019organisme gouvernemental, chargé de conseiller le ministère de l\u2019Éducation, déplore le « contexte d\u2019urgence» invoqué par Québec pour implanter le cours controversé.«C\u2019est un avis qui vient du Conseil.Je n\u2019ai pas l\u2019intention de le suivre », a lancé le ministre Proulx à l\u2019issue de la séance du conseil des ministres mercredi après-midi.«Pour l\u2019instant, je suis le plan qui est le mien.» Le ministre de l\u2019Éducation ne repoussera pas la mise en œuvre du cours obligatoire d\u2019éducation financière à moins d\u2019être forcé de le faire par les tribunaux.Des syndicats d\u2019enseignants contestent en cour l\u2019initiative du ministre Proulx.Pour implanter ce nouveau cours, le ministère prévoit diminuer de moitié la formation en monde contemporain, qui aborde les grands enjeux des XXe et XXIe siècles comme les guerres, le terrorisme, l\u2019environnement et l\u2019immigration.La Fédération autonome de l\u2019enseignement (FAE), la Fédération des syndicats de l\u2019enseignement (FSE) et l\u2019Association provinciale des enseignants du Québec (APEQ) soutiennent que la démarche du ministère est illégale, parce que la décision a été imposée avant même la modification du régime pédagogique.Les syndicats font valoir que le gouvernement n\u2019a pas démontré l\u2019urgence de la situation invoquée pour réduire la période de consultation sur ces changements proposés, qui est passée de 45 à 20 jours.Le Conseil supérieur de l\u2019éducation est d\u2019accord avec la vision des syndicats et reprend en gros leurs arguments.Dans un avis rendu public mercredi matin, le CSE «déplore le contexte d\u2019urgence» invoqué par le ministre de l\u2019Éducation pour accélérer l\u2019implantation du cours controversé.L\u2019organisme « estime que les conditions, notamment sur le plan de la formation du personnel enseignant, ne sont pas optimales pour assurer une intégration réussie du contenu en éducation financière dans le curriculum de 5e secondaire».«Bien qu\u2019il reconnaisse l\u2019importance de posséder des compétences de base en matière de finances personnelles, le Conseil se questionne sur la pertinence d\u2019ajouter un nouveau cours obligatoire de 50 heures sur cette question.Le Conseil rappelle également que la modification proposée aura pour effet de réduire la place accordée aux cours optionnels au deuxième cycle du secondaire, ce qui réduit du coup la possibilité pour les élèves de découvrir de nouveaux champs d\u2019études qui pourraient contribuer au développement de leur maturité vocationnelle », poursuit l\u2019avis.Autre source d\u2019inquiétude, le matériel didactique n\u2019est pas prêt pour le cours, note le CSE.L\u2019Autorité des marchés financiers (AMF) a produit du matériel avec d\u2019autres partenaires, mais le Conseil « s\u2019interroge sur cette proximité très forte entre le matériel produit par l\u2019AMF et le programme d\u2019éducation financière».La FAE s\u2019est réjouie du rapport du CSE.«Le ministre devrait écouter les gens sur le terrain, des gens capables de le guider pour faire les bons choix.Les conditions ne sont tout simplement pas au rendez-vous pour assurer une intégration réussie», a indiqué le syndicat au Devoir.Le Parti québécois et Québec solidaire estiment eux aussi que le ministre Proulx devrait renoncer à son projet devant le coup de semonce du CSE.Ni les enseignants ni le matériel pédagogique ne sont prêts en raison de la précipitation du ministre, soutiennent les deux partis.«Pire encore, pour faire entrer de force son cours dans la grille-matières, le ministre demande aux enseignants de choisir les thèmes du cours \u201cMonde contemporain\u201d qui devront être abandonnés pour faire de la place à son nouveau cours », a réagi Alexandre Cloutier, du Parti québécois.Sur le fond, Québec solidaire ne s\u2019oppose pas à l\u2019éducation financière dans les écoles, souligne Amir Khadir de Québec solidaire.« On souhaite seulement que ça ne se fasse pas n\u2019importe comment.[\u2026] Nous souhaitons également que l\u2019éducation financière dispensée ne soit pas orientée dans le sens d\u2019une idéologie particulière.Bref, le ministre Proulx doit cesser l\u2019improvisation et prendre le temps de bien faire les choses, quitte à reporter ce projet d\u2019une année», dit-il.La Coalition avenir Québec, de son côté, presse le ministre de réintroduire les cours d\u2019économie au secondaire dès septembre prochain.«Le problème majeur dans la gestion de ce dossier, c\u2019est la maladresse du ministre, qui a attendu trop longtemps pour prendre sa décision.Maintenant, le projet est en péril et il n\u2019a que lui- même à blâmer », indique Jean-François Roberge, de la CAQ.Avec Marco Bélair-Cirino Le Devoir ÉDUCATION FINANCIÈRE Le ministre Proulx défie le Conseil supérieur de l\u2019éducation JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE Le ministre de l\u2019Éducation, Sébastien Proulx, ne repoussera pas la mise en œuvre du cours obligatoire d\u2019éducation financière à moins d\u2019être forcé de le faire par les tribunaux.L I S A - M A R I E G E R V A I S Q uébec solidaire dépose ce jeudi un projet de loi pour régler le sort des enfants sans papiers qui ne fréquentent toujours pas l\u2019école.Il entend ainsi mettre la pression sur le gouvernement pour que soient levés les obstacles, notamment financiers, et pour mettre fin une fois pour toutes à ce problème qui perdure dès la prochaine rentrée scolaire.«Trop d\u2019enfants n\u2019ont pas encore accès à une éducation primaire de base, qui fait pourtant partie de leurs droits reconnus dans la Convention relative aux droits de l\u2019enfant.Et ça fait longtemps que ça tarde», note le député de QS Amir Khadir.Il rappelle qu\u2019en septembre dernier sa collègue l\u2019ex-députée Françoise David avait proposé une motion adoptée à l\u2019unanimité par tous les membres de l\u2019Assemblée nationale pour que « le statut d\u2019immigration d\u2019un enfant résidant au Québec ne soit pas une contrainte à l\u2019accessibilité à l\u2019enseignement primaire et secondaire gratuitement».Réglé temporairement par le gouvernement péquiste en 2013, le dossier des enfants sans papiers avait été repris par les libéraux, qui avaient proposé des solutions dans son projet de loi 86, finalement abandonné.Le projet de loi 105 adopté à l\u2019automne dernier devait y donner suite, mais les questions touchant à la gratuité scolaire des enfants sans égard à leur statut ont été évacuées au profit de celles sur la gouvernance.Cette fois, le cabinet du ministre de l\u2019Éducation, Sébastien Proulx, a confirmé au Devoir qu\u2019il planchait sur une ébauche de projet de loi à cet effet «qui sera déposé sous peu.» L\u2019objectif étant d\u2019assurer l\u2019accès gratuit à l\u2019école publique pour tous les enfants de moins de 18 ans, sans égard à leur statut d\u2019immigration.Assez attendu C\u2019est exactement ce que propose le projet de loi, visant à modifier la Loi sur l\u2019instruction publique, que dépose Québec solidaire.À travers le principe d\u2019une «école sanctuaire», il demande aussi à ce que soit garantie la confidentialité du dossier de l\u2019élève, et par extension celle des parents, qui n\u2019inscrivent souvent pas leurs enfants à l\u2019école par crainte d\u2019être expulsés.«En gros, on demande de lever les obstacles financiers à l\u2019inscription à l\u2019école de ces enfants sans statut et on veut que le gouvernement octroie les budgets nécessaires, en entourant cette reconnaissance de mesures de prudence nécessaires pour que les parents ne soient pas dissuadés d\u2019inscrire leurs enfants à l\u2019école.» Pour l\u2019heure, les commissions scolaires ont reçu le mot d\u2019ordre d\u2019accueillir les enfants sans statut, qu\u2019elles absorbent à même leurs budgets, ne recevant aucune aide financière du ministère de l\u2019Éducation.M.Khadir croit que la situation a assez duré et estime que le gouvernement n\u2019a que quelques semaines pour réagir s\u2019il veut espérer régler le problème à temps pour la prochaine rentrée scolaire.«Est-ce que pour Uber ou Bombardier on aurait eu le même traînage de pied?Poser la question, c\u2019est y répondre.» Le gouvernement estime qu\u2019« entre 300 et 400 » élèves sont dans cette situation, mais de l\u2019avis de Québec solidaire ils seraient plus d\u2019un millier, une estimation se rapprochant de celle de la protectrice du citoyen en 2014.Le Devoir ENFANTS SANS PAPIERS Québec solidaire dépose un projet de loi Le SPVM suspend deux cadres Quelques minutes avant le dépôt du budget à Ottawa mercredi, le directeur du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Philippe Pichet, a annoncé la suspension de deux de ses cadres en raison d\u2019allégations criminelles.«À la suite d\u2019informations transmises par la Sûreté du Québec au sujet d\u2019allégations criminelles envers un inspecteur et un commandant, j\u2019ai pris la décision de les relever de leurs fonctions à compter de maintenant, et ce, pour une période indéterminée jusqu\u2019à ce que la lumière soit faite», a indiqué Philippe Pichet dans un message rendu public vers 16h20.M.Pichet n\u2019a pas divulgué l\u2019identité des cadres en question, mais selon nos informations, il s\u2019agit de l\u2019inspecteur Martin Renaud et du commandant Pascal Leclair.«Je continuerai de prendre les décisions qui s\u2019imposent pour préserver l\u2019intégrité de notre service de police ainsi que la confiance des citoyens», a ajouté M.Pichet.Le SPVM est plongé dans une crise depuis février à la suite d\u2019allégations de fabrication de preuves formulées par trois de ses anciens policiers.Le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, a par la suite annoncé le déclenchement d\u2019une vaste enquête administrative sur le service policier mont- réalais.De son côté, Philippe Pichet a décrété le transfert de tous les dossiers d\u2019allégations criminelles traités par la Division des affaires internes du SPVM à l\u2019équipe mixte d\u2019enquête de la Sûreté du Québec (SQ).Le Devoir Protection des sources journalistiques : une Cour d\u2019appel donne raison à la GRC La Cour d\u2019appel de l\u2019Ontario confirme un jugement de première instance et ordonne à un journaliste de Vice Media de remettre à la police des informations liées à trois de ses articles sur un présumé terroriste, publiés en 2014.Dans une affaire qui oppose protection des sources journalistiques et travail policier, le plus haut tribunal de l\u2019Ontario estime que le juge de première instance avait raison de conclure que la Gendarmerie royale du Canada (GRC) doit pouvoir mener pleinement son enquête concernant des «allégations très graves».Le journaliste Ben Makuch, appuyé par de nombreux médias et organismes de défense des droits, conteste l\u2019ordonnance qui met en péril, selon lui, le lien de confiance entre les journalistes et leurs sources réclamant l\u2019anonymat.M.Makuch a vainement plaidé que, si la police se sert des journalistes dans le cadre de ses enquêtes, les sources hésiteront ensuite à se confier aux médias sous le couvert de l\u2019anonymat, de crainte de voir un jour leur identité révélée.Déçu de la décision, le média Vice songe à demander la permission d\u2019en appeler à la Cour suprême du Canada.Une coalition de médias a déploré le jugement de la Cour d\u2019appel, qui pourrait avoir un effet dissuasif sur les sources, craint-on.La Presse canadienne ISTOCK Trop d\u2019enfants sans papiers ne fréquentent toujours pas l\u2019école, déplore QS. M A R I E - M I C H È L E S I O U I Correspondante parlementaire à Québec L a lourdeur administrative au sein du ministère des Transpor ts (MTQ) est telle qu\u2019elle a entraîné une déres- ponsabilisation des fonctionnaires et empêché une gestion efficace des contrats, a conclu mercredi la vérificatrice générale (VG) du Québec, Guy- laine Leclerc.Son rapport, le premier de deux, fait état des nombreuses é t a p e s e t d e s m u l t i p l e s contrôles des processus de gestion contractuelle implantés au MTQ au fil des crises.« Chaque fois qu\u2019un problème est soulevé, le ministère répond à celui-ci en mettant en place de nouveaux contrôles », lit-on dans le rapport.Résultat : on dénombre au MTQ quatre politiques, 21 directives, 45 procédures, 79 formulaires, quatre cahiers des charges, 46 devis types, 29 notes d\u2019orientation et 11 guides et manuels techniques.Autre exemple : pour faire approuver un « extra » de plus de 10 % sur un contrat de plus de 100 000$, les fonctionnaires doivent passer par un ingénieur, un chef de service, un directeur territorial, la Direction de la programmation et des ressources territoriales, la Direction générale adjointe à la coordination des ressources territoriales, le Service de l\u2019observation des règles contractuelles et le sous-ministre.Les contrôles, a aussi remarqué Guylaine Leclerc, sont partout : là où c\u2019est nécessaire, mais aussi là où ce ne l\u2019est pas.« Il y a des types de produits qui sont plus à risque que d\u2019autres.[\u2026] Alors, qu\u2019on mette des contrôles à toutes les étapes pour tous les types de produits sans se préoccuper du niveau de risque, c\u2019est là où ça crée la problématique qu\u2019on voit actuellement», a-t-elle illustré.Ces nombreuses étapes nuisent à l\u2019efficacité, selon la VG, qui a aussi remarqué qu\u2019elles entraînent la déresponsabilisa- tion des fonctionnaires.«Ça se peut que celui qui est en haut, qui signe, [s\u2019il] y en a 24 qui ont signé en dessous [de lui], eh bien, qu\u2019il se dise : s\u2019il y en a 24 qui ont signé, ça doit être bon», a illustré Mme Leclerc.Le processus est tellement lourd que des employés du MTQ doivent attendre 44 jours, en moyenne, pour obtenir des réponses à leurs questions liées à la gestion contractuelle.« On le verra plus dans notre deuxième partie de rap- por t, mais il y a des risques, lorsqu\u2019il y a une lourdeur comme ça, que les gestionnaires mettent [en place] un système parallèle pour pouvoir avoir l\u2019information adéquate », a illustré la VG.Le gouvernement Couillard a mandaté Guylaine Leclerc en mai afin qu\u2019elle étudie la conformité du processus de gestion contractuelle du MTQ, mise à mal par des révélations d\u2019irrégularités de la par t de l\u2019ex-ministre des Transports, Robert Poëti, de l\u2019analyste Annie Trudel et de l\u2019ex-vérifica- trice interne Louise Boily.Le rapport déposé mercredi est le premier de deux : le second doit être prêt à la fin du mois de mai, et c\u2019est celui-là qui fera le point sur la conformité des contrats, qui seront examinés dans le détail.En réaction, Rober t Poëti s\u2019est gardé de désavouer son successeur, Laurent Lessard.« Peu importe le ministre qui est là, il est en pas mal meilleure position que je l\u2019étais quand je suis arrivé, parce que je voulais obtenir ces réponses- là.Et une bonne partie de ces réponses-là m\u2019a été fournie par Mme Trudel.[\u2026] Ce travail-là est la continuité très claire des préoccupations que j\u2019avais quand j\u2019étais au ministère», a-t- il déclaré.Au total, une dizaine de rapports portant sur le MTQ ont été produits depuis 2009.«On a beau avoir les plus beaux rapports, les plus intelligents de la planète Terre, s\u2019il n\u2019y a pas de volonté politique, c\u2019est ça que ça donne», a déploré le porte-parole de l\u2019opposition of ficielle en matière de transports, Alain Therrien.« Imaginez, avec une tragédie comme [celle qui est survenue sur] l\u2019autoroute 13, combien il a fallu de personnes pour qu\u2019on puisse réaliser qu\u2019il y avait un problème et qu\u2019il fallait porter assistance à ces gens- là », a-t-il ajouté, en référence au cafouillage qui a causé un embouteillage monstre de plusieurs heures sur l\u2019autoroute 13, en pleine tempête, la semaine dernière.« On ajoute des étapes et ça ne devient pas clair : qui est [responsable] ?» a aussi demandé le chef de la Coalition avenir Québec, François Le- gault.« On voit qu\u2019il y a à peu près dix responsables, donc on se lance la balle un peu partout, donc il n\u2019y a [.] personne de responsable, à commencer par le ministre.» Le Devoir L E D E V O I R , L E J E U D I 2 3 M A R S 2 0 1 7 ACTUALITES A 7 Ce soir 19?h et 23?h Les sondages mènent-ils la politique?Avec Louise Beaudoin, Christian Bourque, Michel David,?Thierry Giasson et Lucie Leclerc.En collaboration avec: Une série de débats publics organisés par Le Devoir.Échanges passionnants garantis! Partenaire média: Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 P rès de quarante ans après l\u2019introduction de la règle du no fault (indemnisation sans égard à la responsabilité) dans la sécurité routière, le premier ministre Couillard a décidé de l\u2019étendre à la gouvernance de l\u2019État, qui était jusqu\u2019à présent soumise à la règle de la responsabilité ministérielle.Pendant que le ministre des Transports, Laurent Lessard, et son collègue de la Sécurité publique, Martin Coiteux, se renvoient la balle, M.Couillard a décrété que ni l\u2019un ni l\u2019autre n\u2019étaient responsables du cafouillage survenu la semaine dernière sur l\u2019autoroute 13.Il est clair que M.Lessard a fait preuve d\u2019une remarquable passivité alors qu\u2019il était manifeste que la tempête était d\u2019une intensité hors de l\u2019ordinaire et que les employés du ministère des Transpor ts n\u2019ont pas été à la hauteur.S\u2019il avait travaillé pour une entreprise privée, il se retrouverait aujourd\u2019hui au chômage.Si besoin était, le rappor t que la vérificatrice générale a rendu public mercredi démontre que l\u2019inefficacité chronique dont souffre le MTQ est bien antérieure à l\u2019ar rivée de M.Lessard, mais il est très douteux que ce dernier soit le plus apte à y remédier.La vérificatrice générale n\u2019a manifestement pas été impressionnée par la grande réforme de la gouvernance qu\u2019il a laborieusement tenté d\u2019expliquer à l\u2019Assemblée nationale.Cela devrait être la responsabilité du premier ministre, dont les remaniements ministériels sont devenus de simples « ajustements » visant à combler les vides causés par le départ de ceux qui ont dépassé les bornes, sans trop se soucier que les bonnes personnes se retrouvent aux bons endroits.?Le problème est que M.Couillard semble penser que la règle du no fault s\u2019applique également à lui.Mardi, il était navrant de le voir s\u2019en remettre au jugement du commissaire à l\u2019éthique, Jacques Saint-Laurent, pour déterminer s\u2019il est acceptable que son ministre délégué aux Affaires maritimes, Jean D\u2019Amour, emploie à temps plein depuis cinq ans la mairesse de la municipalité de Saint-Alexandre-de- Kamouraska, située dans la région dont il est le ministre responsable et qui a reçu au début du mois une subvention de près de 200 000 $ pour la réfection de conduites d\u2019eau, comme l\u2019a rapporté Le Journal de Montréal.«J\u2019ai le chapeau bleu de mai- resse et le chapeau rouge d\u2019attachée politique de M.D\u2019Amour», a expliqué avec une savoureuse candeur la mairesse Anita Ouellet Castonguay, qui assure ne jamais discuter de ses problèmes municipaux avec son patron pour éviter d\u2019être «prise en souricière».Voilà qui est rassurant, il n\u2019y a aucun risque de conflit d\u2019intérêts! Au dire de M.D\u2019Amour, le commissaire à l\u2019éthique l\u2019aurait assuré verbalement qu\u2019il n\u2019y voyait « aucune situation problématique ».M.Saint-Lau- rent sera peut-être plus nuancé dans son avis écrit, mais il a démontré à de multiples reprises un remarquable laxisme dans son interprétation du code d\u2019éthique des élus de l\u2019Assemblée nationale.Si on en juge par l\u2019indulgence qu\u2019il a manifestée à l\u2019endroit de l\u2019attaché politique et ami personnel de Laurent Lessard, Yvon Nadeau, qui dirigeait des entreprises ou organismes bénéficiaires de subventions gouvernementales alors qu\u2019il travaillait aussi pour le ministre, le double chapeau de Mme Ouellet Castonguay ne risque pas d\u2019émouvoir beaucoup M.Saint-Laurent.Pas plus qu\u2019il n\u2019a trouvé inacceptable que Martine Ouellet soit à la fois chef du Bloc québécois et députée de Vachon à l\u2019Assemblée nationale.?Au-delà de l\u2019interprétation légaliste du commissaire, il y a une appréciation morale et politique à laquelle M.Couillard ne peut cependant pas se soustraire.D\u2019autant moins que M.D\u2019Amour est un récidiviste qui ne s\u2019est jamais embarrassé de considérations d\u2019ordre éthique.E n 2 0 1 0 , i l a v a i t é t é c o n d a m n é à p a y e r u n e amende de 500 $ pour avoir enfreint la Loi sur la transparence et l\u2019éthique en matière de lobbyisme, en faisant du « développement des af faires » auprès d\u2019élus municipaux pour le compte de la firme d\u2019ingénierie BRP, alors qu\u2019il aurait dû s\u2019imposer un purgatoire de deux ans après avoir quitté la mairie de Rivière-du-Loup.L\u2019année précédente, il avait dû quitter temporairement le caucus libéral quand la SQ avait entrepris d\u2019enquêter sur une « enveloppe brune » contenant 500 $, qu\u2019un entrepreneur lui avait remise à l\u2019intention de son successeur à la mairie de Rivière-du-Loup, qui l\u2019avait refusée net.M.D\u2019Amour s\u2019était bien défendu d\u2019avoir commis quelque chose d\u2019illicite en servant d\u2019intermédiaire, mais comment pouvait-il ignorer le caractère illégal de cette contribution?Sachant tout cela, il était pass a b l e m e n t é t o n n a n t q u e M.Couillard l\u2019invite à faire partie de son Conseil des ministres en 2014.Jean Charest, auquel on ne peut certainement pas reprocher d\u2019avoir été obsédé par l\u2019éthique, n\u2019avait pas voulu prend r e c e r i s q u e , m ê m e s i M.D\u2019Amour était un ancien président du PLQ.C\u2019est dire.mdavid@ledevoir.com L\u2019irresponsabilité ministérielle MICHEL DAVID CLÉMENT ALLARD LA PRESSE CANADIENNE La vérificatrice générale, Guylaine Leclerc, a déposé le premier de deux rapports sur le ministère des Transports.MINISTÈRE DES TRANSPORTS Trop de contrôles nuit à l\u2019efficacité La vérificatrice générale juge sévèrement le système de gestion Le rapport que la véri?catrice générale a rendu public mercredi démontre que l\u2019inef?cacité chronique dont souffre le MTQ est bien antérieure à l\u2019arrivée de M.Lessard, mais il est très douteux qu\u2019il soit le plus apte à y remédier. annonce faite en novembre dernier est passée largement inaperçue, et pourtant.Il s\u2019agissait bel et bien d\u2019une première.Le ministère des Finances, disait- on, allait présenter « une analyse comparative entre les sexes de l\u2019incidence des mesures » inscrites dans le budget 2017.Le gouvernement a tenu parole mercredi.Malheureusement, ce premier exercice s\u2019est révélé décevant, car trop centré sur les programmes et les politiques les plus communément associés aux femmes et aux rôles traditionnels qu\u2019on leur attribue.Financement des services de garde, soutien aux aidants naturels, allocation pour enfant, aide aux études, ils ont tous eu droit de cité.En revanche, le ministère n\u2019a pas partagé le résultat de l\u2019examen de plus de 60 mesures fiscales.Il fait mention du crédit pour aidant naturel, qui en remplacera trois autres, mais ne dit pas ce que cela changera.Or, les anciens crédits étaient surtout réclamés par des hommes, alors que la majorité des aidants naturels sont des femmes.On comprend mieux le silence du gouvernement quand on constate que, comme les précédents, le nouveau crédit ne sera pas remboursable, ce qui veut dire qu\u2019il ne pro?tera qu\u2019aux gens payant des impôts, ce qui exclut les travailleurs les moins bien payés, souvent des femmes.Comment juger du caractère égalitaire ou non d\u2019un budget si on ne peut comparer l\u2019effet de chaque mesure sur l\u2019emploi des hommes et des femmes, leurs ?nances personnelles, leur accès aux services publics et ainsi de suite ?Est-ce toujours les mêmes qui en sortent gagnants?L\u2019énoncé publié hier ne permettait absolument pas de répondre à ces questions.Pour une raison bien simple, aux dires des fonctionnaires.On n\u2019en est qu\u2019aux balbutiements de ce genre d\u2019examen.Il faut encore établir des normes de collecte et d\u2019analyse et déterminer les données pertinentes à retenir.De plus, l\u2019expertise des ministères est inégale.Le gouvernement a toutefois le mérite d\u2019être allé de l\u2019avant, forçant le jeu et secouant l\u2019inertie des ministères récalcitrants.Car il y en a.Le Canada s\u2019est engagé il y a plus de 20 ans, lors de la Conférence de Beijing, à faire ce genre d\u2019analyse comparative de ses politiques.L\u2019an dernier, le véri?cateur général constatait que, en 2015, seulement 30 ministères et agences sur 100 avaient commencé à le faire.Le ministère des Finances promet une analyse plus étoffée l\u2019an prochain.Il en a le devoir.Pour démontrer son sérieux et celui du gouvernement et pour que l\u2019exercice soit vraiment utile et source de changements en faveur de l\u2019égalité des chances.mcornellier@ledevoir.com Le deuxième budget du ministre fédéral Bill Morneau se situe dans la continuité immédiate de celui de 2016.Malgré son parti pris on ne peut plus louable à l\u2019égard de « l\u2019innovation», il fournit trop peu de détails permettant d\u2019évaluer la pertinence des rares maigres changements annoncés.udget de transition ou de continuité, le deuxième exercice du ministre Morneau réitère les engagements libéraux à investir massivement dans les infrastructures, mais, en y regardant de près, on constate que 83 % des 81,2 milliards promis d\u2019ici 2028 seront dépensés entre 2021 et 2028, bien longtemps après les prochaines élections.Tenons-nous-en donc au mandat actuel.Ottawa prévoit investir un milliard dans le logement social et autant pour la garde des enfants, 3 milliards dans le transport en commun et 2,2 milliards dans les infrastructures vertes.Voilà qui est modeste pour un premier mandat qu\u2019on nous promettait spectaculaire.On ne sait toujours pas combien Ottawa investira dans le projet de 6 milliards du train électrique de Montréal, pas plus qu\u2019on ne connaît les tenants et aboutissants de cette fameuse Banque des infrastructures dont M.Trudeau semble tenté d\u2019annoncer l\u2019établissement à Toronto, ville de plusieurs ministres libéraux et de son alliée ontarienne, Kathleen Wynne, bientôt en campagne électorale.Il n\u2019y a rien dans ce budget pour répondre aux critiques qui reprochent à Ottawa de traîner les pieds dans le dossier de la concurrence des ?rmes étrangères qui évitent les taxes sur Internet.En revanche, les compagnies de taxi comme Uber devront dorénavant payer la TPS, ce qui est la moindre des choses.Les libéraux avaient promis un grand ménage dans les dépenses ?scales, mais, pour l\u2019instant, seul le crédit pour les usagers du transport en commun est aboli parce qu\u2019il n\u2019aurait eu aucun effet positif sur les habitudes des gens.Rien non plus pour combattre l\u2019évasion ?scale dans les paradis ?scaux ou pour mettre ?n aux privilèges des hauts dirigeants d\u2019entreprise rémunérés avec des options d\u2019achat d\u2019actions.En fait, seuls les fumeurs verront une légère hausse du coût de leur vice.L\u2019essentiel de ce deuxième budget Morneau réside dans les chapitres qui portent sur la formation et l\u2019innovation.On le sait, le Canada tire de l\u2019arrière par rapport aux autres pays de l\u2019OCDE.En matière de formation, Ottawa est en discussion avec les provinces pour améliorer le système et il assouplit les règles de l\u2019assurance-emploi pour permettre à des chômeurs d\u2019étudier.Une très bonne mesure qu\u2019on aurait dû adopter il y a longtemps.En innovation, nouveau mot-valise du discours libéral, Ottawa entend faire du Canada « un centre de calibre mondial ».Pour cela, on regroupera tous les programmes existants sous le parapluie d\u2019une agence appelée Innovation Canada.On veut aussi ?nancer la création de grappes industrielles par le secteur privé a?n d\u2019accentuer la synergie entre les entreprises d\u2019un même domaine.Des secteurs ont été choisis, mais en cette matière, bien malin qui peut prédire ce qui fonctionnera ou pas.Les précédents programmes ont souvent été critiqués pour n\u2019être qu\u2019une source de revenus faciles pour des entreprises.Ce deuxième budget Morneau ne prévoit pas de retour à l\u2019équilibre budgétaire, mais un ratio d\u2019endettement stable.Bien sûr, le risque vient surtout du sud, où sévit un homme au comportement erratique.En ajoutant une réserve d\u2019à peine 3 milliards par année à ses prévisions, M.Morneau se fait optimiste.Rêvons avec lui.L E D E V O I R , L E J E U D I 2 3 M A R S 2 0 1 7 A 8 EDITORIAL L E T T R E Génocide, dites-vous\u2026 Quand j\u2019ai présidé le procès sur génocide Rwanda (1994, 800 000 mor ts, deux millions de blessés et cinq mill ions de personnes er rant sur les routes) en 2008-2010, je me suis demandé tout au long du procès comment une population aussi sympathique, attachante, voire pacifique avait pu en arriver à de telles extrémités.La ministre de la Condition féminine, membre du Barreau rwandais, encourageait ses concitoyens à violer les femmes tutsies avant de les tuer.Elle a été condamnée à la prison à vie, tout comme son fils.Son mari était le recteur de l\u2019Université de Butare.Le fils était diplômé universitaire, tout comme la personne que j\u2019avais à juger au Canada.Dans un cer tain nombre de conférences que j\u2019ai été appelé à donner après le procès tant à Genève qu\u2019au Canada, je posais toujours la même question : est-ce L I B R E O P I N I O N É R I C F O R E S T Sénateur, l\u2019auteur représente la division sénatoriale du Golfe au Québec, siège au Comité sénatorial des pêches et des océans, au Comité sénatorial des finances nationales et au Comité sénatorial sur la modernisation du Sénat.Le libre-échange est décrié \u2014 du moins d\u2019après ce qu\u2019en disent presque toutes les manchettes depuis quelques mois.Toutefois, le projet d\u2019accord de libre- échange entre le Canada et l\u2019Union européenne (aussi appelé l\u2019Accord économique et commercial global, ou AECG) étant actuellement à l\u2019étude au Sénat, l\u2019occasion est idéale pour remédier aux lacunes des politiques commerciales antérieures et aux menaces que celles-ci ont fait peser sur la prospérité de nos régions.Je travaille dans le domaine du développement régional depuis les années 1970, particulièrement celui de l\u2019est du Québec, tant dans le domaine public que privé.J\u2019ai ensuite eu le privilège d\u2019occuper les fonctions de maire de Rimouski, de 2005 jusqu\u2019à ma nomination au Sénat en novembre dernier.Ayant été nommé à la Chambre haute en tant que sénateur indépendant, j\u2019espère que ma contribution saura aider à réhabiliter notre institution parlementaire, à la moderniser et à la remettre au diapason des réalités de la société canadienne d\u2019aujourd\u2019hui.Ce que les Pères de la Confédération qualifiaient de « second regard objectif » concer nait, en grande partie, la représentation des régions, des minorités et des groupes sous-représentés.Le Sénat est le dernier obstacle à franchir avant la mise en œuvre de l\u2019AECG.La Chambre haute a à la fois l\u2019obligation de tenir compte des intérêts régionaux et l\u2019occasion d\u2019améliorer le projet de loi.La plupart conviendront que le libre- échange est une bonne chose dans son ensemble.Les avantages pour les consommateurs et les entreprises sont indéniables.Une réduction des tarifs sur la grande majorité des biens ouvrira de fabuleuses occasions pour nos entreprises exportatrices.La diversification de nos débouchés commerciaux avec l\u2019Europe est chose prudente et nécessaire, particulièrement dans le contexte où notre voisin du sud \u2014 chez qui nous exportons près de 70 % de tous les biens et services canadiens \u2014 redéfinit ses politiques commerciales.Mais il ne suffit pas de déclarer qu\u2019un accord de libre-échange a été conclu et ensuite laisser le marché s\u2019occuper du reste.L\u2019accord est une première étape.La deuxième étape consiste pour le gouvernement à déterminer comment mettre l\u2019entente en œuvre et définir les ajustements qui devront être apportés pour en tirer le meilleur parti \u2014 entre autres, pour des questions de fiscalité et de réglementation ainsi que d\u2019accords d\u2019indemnisation et de stratégies de soutien à l\u2019exportation.Voici où, selon moi, la perspective régionale devrait primer.Gestion démographique L\u2019industrie laitière québécoise s\u2019inquiète, à juste titre, des 16 000 tonnes additionnelles de fromage fin européen qui entreront sur le marché canadien une fois l \u2019accord mis en œuvre.Au- jourd\u2019hui, le Québec produit plus de la moitié de tous les fromages fins canadiens.Ces 16 000 tonnes représentent près du tiers du marché actuel des fromages fins au Canada.Qu\u2019adviendra-t-il des fermes laitières, qui sont plus de 5000 et qui génèrent quelque 83 000 emplois au Québec ?Plus de 5000 de ces emplois se trouvent dans ma région, le Bas-Saint-Laurent.Certes, nous savons qu\u2019il y aura un programme d\u2019indemnisation.Mais quand en- trera-t-il en vigueur ?On ne le sait toujours pas.Et les montants proposés com- penseront-ils les pertes de l\u2019industrie ?Certains analystes croient que non.Cette question nous renvoie à un enjeu beaucoup plus important \u2014 les régions du Canada se vident de leurs jeunes.L\u2019un des plus grands défis auxquels fait face la société du XXIe siècle est la gestion démographique.De plus en plus, les jeunes familles choisissent où elles travailleront et vivront.Sans surprise, beaucoup migrent vers les grandes villes, où les perspectives d\u2019emploi sont plus vastes.C\u2019est pourquoi le Parlement doit examiner plus sérieusement la question de la prospérité à long terme de nos régions.Nous ne pouvons continuer à développer des politiques qui ne s\u2019adressent qu\u2019à nos grandes villes.Il n\u2019y a pas que les données comme le PIB ou la balance commerciale qui comptent.Quand les communautés font face à des difficultés, les gens le savent.Nous devons étudier les perspectives comme celles-là pour l\u2019avenir de nos régions.En bref, je voterai pour le projet de loi C-30 \u2014 mais il est certain que nous examinerons minutieusement cette entente afin de l\u2019améliorer dans l\u2019intérêt de tous les Canadiens, incluant ceux qui vivent hors des grands centres urbains.Une bonne occasion de parler de nos régions FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente du développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-président des ventes publicitaires MARK DROUIN Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Directeur de l\u2019information numérique FLORENT DAUDENS Adjoints PAUL CAUCHON, LOUIS GAGNÉ, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET qu\u2019une telle abomination pourrait arriver ailleurs, voire au Canada ?Dans mes conférences au Québec et en Ontario, tous s\u2019insurgeaient devant ma conclusion qu\u2019un tel débordement pourrait arriver au Canada.Les motifs des Hutus de s\u2019attaquer aux Tutsis étaient relativement simples.Ils sont une race inférieure et l\u2019on doit s\u2019en débarrasser avant qu\u2019ils ne s\u2019attaquent à nous.Bon nombre d\u2019intellectuels adhéraient à cette thèse simpliste.Mais quand un intellectuel tel Andrew Potter, directeur de l \u2019 Inst i tut d\u2019études canadiennes de l\u2019Université McGill, conclut à propos de la tempête de neige sur venue à Montréal la semaine dernière : « Compared to the rest of the country, Quebec is an almost pathologically alienated and low-trust society, deficient in many of the most basic forms of social capital that other Canadians take for granted.This is at odds with the standard narrative ; a big part of Quebec\u2019s self-image \u2014 and one of the frequently-cited excuses for why the province ought to separate \u2014 is that it is a more communitarian place than the rest of Canada, more committed to the common good and the pursuit of collectivist goals.» Au commencement des troubles survenus au Rwanda, des gens se sont persuadés que les Tutsis étaient vraiment un peuple différent, aliéné et socialement déficient dont il fallait se méfier.Dans toutes mes conférences, je rappelais que nulle société n\u2019est à l\u2019abri de telles dérives.Les génocides au XXe siècle en sont la preuve : les Hereros en Namibie (1904-1905), l \u2019Arménie (1915- 1918), l\u2019Holocauste (1939-1945), le Cambodge (1975-1979), les Balkans (1990), le Rwanda (1994).Pas même le Canada.Prudence, Monsieur Potter.André Denis, juge retraité Le 21 mars 2017 L\u2019 BUDGET FÉDÉRAL Le flou artistique BUDGET FÉDÉRAL ET ÉGALITÉ Rester sur sa faim B JEAN-ROBERT SANSFAÇON MANON CORNELLIER L E D E V O I R , L E J E U D I 2 3 M A R S 2 0 1 7 A 9 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon (chef de division), Robert Dutrisac, (éditorialiste), Michel Garneau et Pascal Élie (caricaturistes), Jacques Nadeau (photographe), Olivier Zuida (recherchiste photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division et reporter), Stéphane Baillargeon (généraliste), Gérald Dallaire (pupitre), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Jean Dion (sports), Marco Fortier (éducation), Marie-Pier Frappier (pupitre), Lisa-Marie Gervais (diversité), Pauline Gravel (sciences), Jessica Nadeau (éducation).Alexandre Shields (environnement); information politique : Michel David (chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Marie-Michèle Sioui (correspondants parlementaires à Québec) Dave Noël (recherche), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec); information culturelle : Guillaume Bourgault-Côté (politiques culturelles), Julie Carpentier (pupitre), Fabien Deglise (livres), Catherine Lalonde (arts vivants), François Lévesque (écrans), Caroline Montpetit (arts vivants), Philippe Papineau(médias); information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l\u2019information), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Benoît Munger (pupitre); information internationale : Guy Taillefer (chef de division et éditorialiste); section art de vivre : Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); cahiers spéciaux : Loïc Hamon (responsable); équipe numérique : Laurence Clavel, Guillaume St-Hilaire et Geneviève Tremblay (pupitres); correction : Andréanne Bédard, Christine Dumazet et Michèle Malenfant (correctrices) ; soutien à la rédaction : Amélie Gaudreau (coordonnatrice à la rédaction), Jean-Philippe Proulx (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa).PUBLICITÉ Charleyne Bachraty (adjointe au vice-président), Marlène Côté, Évelyne De Varennes, Amel Elimam, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (directrices de comptes), Amélie Maltais (commis aux avis légaux), Alessandra Tantalo et Laurence Hémond (coordonnatrices publicitaires).PRODUCTION Caroline Desrosiers, Yannick Morin, Anthony White et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web), Jean-François Côté (analyste programmeur), Luc Girard (technicien informatique), Solène M.Hébert (développeuse Web).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Catherine Gentilcore (coordonnatrice marketing, communications et relations publiques), Sébastien Beaupré (coordonnateur service à la clientèle), Manon Blanchette, Caroline Filion, Nathalie Filion, Isabelle Sanchez (préposées au service à la clientèle).ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Mélisande Simard (adjointe administrative et responsable des ressources humaines), Florentina Draghici (technicienne comptable), Véronique Pagé (responsable du crédit).G Y S L A I N E D E S R O S I E R S Infirmière, présidente du Conseil interprofessionnel du Québec a ministre Stéphanie Vallée propose d\u2019élargir les pouvoirs du Commissaire aux plaintes en matière de reconnaissance des compétences professionnelles des immigrants.Depuis la création de ce poste en 2010, le Commissaire ne reçoit qu\u2019une dizaine de plaintes par année.En fait, 73 plaintes en tout ! De ce nombre, 45 plaintes n\u2019ont pas eu de suite.Cela est cher payé la plainte ! Mieux vaut occuper le Commissaire et lui demander d\u2019enquêter sur les cégeps, les universités, les accords de mobilité internationale, les centaines de règlements en vigueur et\u2026 prétendre que cela s\u2019avère une réponse aux difficultés d\u2019intégration des immigrants aux professions réglementées au Québec.Permettez- nous d\u2019en douter ! Dans un document présenté le 22 février à la Commission parlementaire des institutions, le Commissaire justifie sa demande de pouvoirs d\u2019enquête élargis en s\u2019appuyant notamment sur un questionnaire adressé aux 46 ordres professionnels.Il dresse un portrait catastrophique de tous les ordres à caractère anecdotique et sans documenter de façon précise.Les accusations abondent : omission, inopérants, incohérence, complexité, non-conformité, manque de sensibilité, trop de standardisation, désuets, caduques, approche erratique, non réglementaire, confusion, biais systémique menant à la discrimination, etc.Aucun ordre n\u2019a trouvé grâce à ses yeux ! Il ajoute même que « des ordres peuvent inconsciemment se retrouver en situation de non-conformité\u2026 ».Nous aurons donc un supercommissaire enquêteur analyste de la psyché des ordres.Une proposition inefficace Le Conseil interprofessionnel du Québec (CIQ) juge cette proposition inefficace, technocratique et coûteuse.Si le gouvernement juge nécessaire de revoir l\u2019ensemble de la réglementation concernant la reconnaissance des compétences et changer la base du système professionnel qui repose sur l\u2019équivalence de la formation acquise au Québec, qu\u2019il le dise et qu\u2019il propose un livre blanc à la consultation générale et qu\u2019il évite de juger sans procès les 46 ordres qui appliquent les règlements autorisés par l\u2019État.Le lynchage public des ordres, qui sont des institutions créées par l\u2019État, n\u2019apporte aucune solution porteuse pour l\u2019avenir.Nous avons proposé à la ministre un amendement au projet de loi pour faciliter l\u2019intégration des spécialistes immigrants, notamment des médecins vétérinaires et des dentistes.On nous propose plutôt une révision complète de l\u2019obtention d\u2019un cer tificat de spécialiste au Québec.Encore une démarche longue et ardue, sans effet immédiat.Nous espérons que la ministre retiendra le caractère pratique de notre proposition.De façon générale, l\u2019urgence d\u2019agir por te sur l\u2019accès aux stages et aux formations d\u2019appoint qui permettraient aux professionnels immigrants d\u2019exercer au Québec.Les ordres reçoivent environ 4500 demandes par an.Le taux d\u2019acceptation entre 2012 et 2015 fut de 93,4 %.Toutefois, plusieurs de ces acceptations sont assujetties à une condition de stage que les employeurs privés et publics n\u2019offrent pas.Dix ordres reçoivent plus de 80 % des demandes.Il faut cibler nos efforts sur ces professions.C\u2019est une démarche que nous avons amorcée avec la Chambre de commerce de Montréal.Soyons sérieux, l\u2019intégration professionnelle des immigrants requiert des solutions concrètes et immédiates.RECONNAISSANCE DES DIPLÔMES Québec juge sans procès les ordres professionnels C É L I N E A U D E T Professeure et directrice scientifique de Ressources aquatiques Québec (RAQ) Institut des sciences de la mer de Rimouski, Université du Québec à Rimouski L O U I S B E R N A T C H E Z , M S R C Professeur titulaire de la Chaire de recherche du Canada en génomique et conservation des ressources aquatiques, Université Laval P A S C A L S I R O I S Professeur titulaire de la Chaire de recherche sur les espèces aquatiques exploitées, Université du Québec à Chicoutimi e 28 février dernier, le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) confirmait la présence dans le fleuve Saint-Laurent de la carpe de roseau, une des quatre espèces envahissantes de carpes asiatiques présentes en Amérique du Nord.Une carpe de roseau pèse généralement entre 30 et 50 kg et ingère quotidiennement des végétaux équivalant à 30 % de sa masse.Son établissement dans le Saint-Laurent aura pour effet de réduire grandement les herbiers aquatiques qui forment des habitats de reproduction et des refuges pour de nombreuses espèces de poissons.Si l\u2019on se fie aux impacts observés dans le bassin du fleuve Mississippi, nous pouvons redouter le plus grand bouleversement des habitats du fleuve Saint-Laurent depuis la construction de la voie maritime.Pour limiter la propagation de la carpe de roseau dans les eaux douces québécoises, le MFFP a décidé d\u2019interdire l\u2019utilisation des pois- sons-appâts vivants par les pêcheurs sportifs.Cette méthode communément appelée pêche au méné est encore permise dans quelques régions du Québec pendant l\u2019hiver.Le lien entre l\u2019arrivée de la carpe de roseau et cette nouvelle réglementation réside dans le fait que les carpes juvéniles peuvent être confondues avec les espèces de ménés et être transportées vivantes un peu partout sur le territoire québécois.Rappelons que la pêche sportive génère des retombées économiques importantes avec plus de 700 000 Québécois qui dépensent annuellement plus de 1 milliard de dollars.L\u2019interdiction de la pêche au méné vivant n\u2019af fectera qu\u2019une petite fraction des adeptes qui pratiquent la pêche blanche en hiver.Pourquoi interdire la pêche au méné vivant?De nombreuses études scientifiques démontrent que la vente et le transport des poissons- appâts vivants sont une cause majeure d\u2019introduction et de propagation des espèces aquatiques envahissantes.Au Québec, les pêcheurs connaissent bien le triste épisode d\u2019introduction du meunier noir dans les lacs à omble de fontaine, notre fameuse truite mouchetée.Nos grands-parents, sans être mal intentionnés, ont disséminé cette espèce en pêchant au méné dans des milliers de lacs québécois.Les conséquences furent désastreuses, le rendement des populations d\u2019omble de fontaine a chuté de 50 à 70 % en raison de la compétition alimentaire avec le meunier noir.On ne peut pas douter de la bonne foi des détaillants de poissons-appâts vivants, mais il peut être dif ficile de reconnaître les espèces envahissantes parmi tous ces ménés mesurant quelques centimètres.[\u2026] Les données scientifiques actuelles plaident fortement en faveur de la décision du gouvernement d\u2019interdire l\u2019utilisation des poissons-appâts vivants dans le but de limiter la propagation de la carpe de roseau et des autres espèces envahissantes.Les opposants affirment que la carpe de roseau est déjà présente dans le fleuve Saint- Laurent, que le mal est déjà fait et réclament le statu quo de la réglementation.Cette résignation néglige complètement le fait que le Québec est doté de territoires de pêche fabuleux comme les réserves fauniques, les ZEC et plusieurs pour- voiries qui doivent être protégés de la carpe de roseau et des autres envahisseurs.En éliminant les sources d\u2019approvisionnement de ménés vivants, on réduit considérablement le risque de propagation des espèces envahissantes sur le reste du territoire québécois.L\u2019exemple du lac Saint-Jean Le lac Saint-Jean est un plan d\u2019eau reconnu pour la pêche sportive à la ouananiche, au doré jaune et à la lotte.À titre indicatif, on y cumule annuellement 60 000 jours de pêche, dont 10% pendant la saison hivernale.Pourtant, l\u2019utilisation de poissons-appâts vivants y a été interdite dès 1986.À cette époque, on venait de confirmer la présence de la barbotte brune dans le lac, une espèce du sud du Québec qui avait malencontreusement été introduite quelques années auparavant.On craignait les effets des espèces envahissantes sur la pêche sportive, qui vivait des années difficiles.On décida alors d\u2019interdire l\u2019utilisation de poissons-appâts vivants.Une centaine de vendeurs de ménés ont dû cesser leurs activités, mais les pêcheurs ont su s\u2019adapter en faisant preuve de créativité et d\u2019ingéniosité en utilisant ou en développant de nouveaux leurres aux couleurs et aux matériaux variés.Depuis 1986, il n\u2019y a pas eu d\u2019introduction de nouvelles espèces de poissons dans le lac Saint- Jean.Aujourd\u2019hui, les stocks sont gérés sur la base des données scientifiques et la pêche sportive est toujours très populaire.On peut voir la nouvelle génération de pêcheurs utiliser une variété de leurres vendus à fort prix dans les commerces locaux.On n\u2019entend plus parler depuis longtemps de cette pêche au méné qui était pratiquée jadis.L\u2019expérience du lac Saint-Jean procure une lueur d\u2019espoir pour les régions touchées par l\u2019interdiction d\u2019utiliser les poissons-appâts vivants.La décision d\u2019appliquer cette interdiction a dû être difficile à prendre en raison des effets négatifs anticipés à court terme sur la pêche blanche dans quelques régions du Québec.Toutefois, avec l\u2019arrivée de la carpe de roseau, c\u2019était une décision nécessaire pour protéger à moyen et long terme les lacs et les rivières du Québec et maintenir l\u2019ensemble des activités de pêche sportive, ainsi que les retombées économiques qui y sont associées.Interdire les poissons-appâts vivants, une décision difficile mais nécessaire A N A S T A S S I A D E P A U L D Enseignante de philosophie au collège Ahuntsic et au cégep de Saint-Hyacinthe l\u2019approche du triste anniversaire des attentats de Bruxelles, je me réjouissais de découvrir, le samedi 18 mars, un texte sur Molenbeek, commune à côté de laquelle j\u2019ai grandi.Quelle fut ma déception en lisant un article qui favorise une lecture « alternative » des faits ! Désolée de vous contredire, Monsieur Rioux, des choses ont changé dans cette commune bruxelloise.Il s\u2019agit d\u2019un portrait bien tronqué de Molen- beek qui se dessine dans l\u2019article par les témoignages choisis.Des librairies, il y en a peu, c\u2019est vrai.C\u2019est également le cas dans bien d\u2019autres quartiers bruxellois touchés par la crise que traverse la presse écrite en Belgique.Quant à la protection du patrimoine belge, et le snack de la place qui ne vend pas de bières (et c\u2019est là réduire à bien peu l\u2019héritage culturel belge), ne soyez pas dupé, de nombreuses autres brasseries de la commune s\u2019attellent à la tâche.Je ne cherche pas à effacer le fait que Mo- lenbeek a été le berceau de nombreux terroristes.Je souhaite seulement exposer son histoire, ses raisons et ce que cette commune devient aujourd\u2019hui.Avant même la dernière vague d\u2019immigration, Molenbeek était déjà une commune pauvre et délaissée.C\u2019est sans surprise que beaucoup d\u2019immigrés, eux aussi laissés à leur sort, se retrouvent dans cette commune.Ces personnes subissent des discriminations à l\u2019embauche (une étude menée à l\u2019ULB démontre qu\u2019un jeune d\u2019origine arabe ou africaine a trois fois moins de chances de trouver un emploi que son homologue d\u2019ascendance belge) et se retrouvent au chômage.Cette situation compliquée déclenche un repli identitaire qui mène parfois à la radicalisation.Déséquilibre identitaire Ces jeunes ont vécu en marge de la société belge et loin de leur terre d\u2019« origine », qu\u2019ils n\u2019ont parfois pas connue.Se crée alors un déséquilibre identitaire sur lequel les islamistes radicaux jouent.C\u2019est un sentiment que peuvent ressentir de nombreuses autres personnes issues de l\u2019immigration, et les réactions seront aussi diverses que leur nombre.Alors lorsque l\u2019article se permet de comparer les Roms (qui réagiront par plus de désobéissances civiles telles que le vol ou le flânage) et la communauté musulmane immigrée en Belgique, cela n\u2019a pas de sens.Le développement d\u2019un tournant radical qu\u2019a pu prendre l\u2019islam est le fruit du travail du gouvernement saoudien qui a financé des organisations telles que le groupe État islamique notamment en matière de propagande.Cet aspect politique n\u2019est pas présent chez d\u2019autres groupes communautaires issus de l\u2019immigration.Malheureusement, il aura fallu attendre les attentats à Paris en novembre 2015 pour que l\u2019État prenne vraiment au sérieux la menace de radicalisation et qu\u2019enfin de nombreux projets soient mis en place.L\u2019un de ceux-ci vient d\u2019ailleurs du Québec.En janvier 2015, je rencontrais le ministre-pré- sident Rudy Demotte, venu ici dans le but de prendre connaissance des méthodes québécoises, reconnues par l\u2019UNESCO comme les plus efficaces, concernant la prévention de la radicalisation.Le 3 mai 2016, le directeur du Centre de prévention de la radicalisation signait un partenariat avec le directeur de l\u2019observatoire bruxellois pour la prévention.Une des idées appliquées est la mise en place de lignes téléphoniques non reliées à la police, ce qui permet à des membres d\u2019une famille d\u2019appeler à propos d\u2019une personne approchée par des radicaux sans craindre des répercussions policières.La police aussi réagit.C\u2019est le cas avec l\u2019installation récente d\u2019un couvre-feu près de la station de métro Beekkant qu\u2019évoque l\u2019article.La raison?Un réseau de trafic de drogues (non relié aux mouvements radicaux) a pris place à cet endroit et les habitants ont demandé à ce que la police instaure le couvre-feu.D\u2019autres projets sont nés de ces habitants, souvent des personnes de confession musulmanes.Que ce soit les écoles, les brasseries d\u2019art qui ouvrent, les musées qui proposent des formations ou encore des ateliers organisés par la commune, il y a une mobilisation citadine.Des choses ont changé depuis les attentats du 22 novembre à Bruxelles.Bien sûr, l\u2019État pourrait faire plus.Et bien sûr, les résultats ne seront pas visibles de sitôt, car tout changement prend du temps à s\u2019installer.Par cette lettre, j\u2019essaye de faire ma part en ce triste anniversaire, en partageant l\u2019histoire de Molenbeek si médiatisée, mais aussi celle de ma commune, voisine, Anderlecht, et de tant d\u2019autres places en Belgique qui auront pris beaucoup trop de temps avant de réagir avec inclusion.LA RÉPLIQUE Rien n\u2019a changé à Molenbeek, vraiment ?LE DÉCLENCHEUR «Pour les sociologues, Molenbeek est une sorte de \u201chub \u201d.Ceux qui réussissent quittent rapidement le quartier.» \u2014 Christian Rioux, «Un an après les attentats de Bruxelles, rien n\u2019a changé à Molen- beek», Le Devoir, 18 mars 2017 Écrivez-nous! Le Devoir se fait un plaisir de publier dans cette page les commentaires et les analyses de ses lecteurs.Étant donné l\u2019abondance de courrier, nous vous demandons de limiter votre contribution à 5500 caractères (y compris les espaces), ou environ 850 mots.Inutile de nous téléphoner pour assurer le suivi de votre envoi: si le texte est retenu, nous communiquerons avec son auteur.Nous vous encourageons à utiliser le courriel (redaction@ledevoir.com), mais dans tous les cas, n\u2019oubliez pas d\u2019indiquer vos coordonnées complètes, y compris votre numéro de téléphone.Le lynchage public des ordres n\u2019apporte aucune solution porteuse pour l\u2019avenir GETTY IMAGES La pêche au méné est encore permise dans quelques régions du Québec pendant l\u2019hiver.L À L L E D E V O I R , L E J E U D I 2 3 M A R S 2 0 1 7 A 10 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 / 418 643-1541 Par courriel redaction@ledevoir.com Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par télécopieur 514 985-3390 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3344 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Les bureaux du Devoir sont situés au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4 Berri-UQAM Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com A C T U A L I T É S à l\u2019image de son écriture, fine observatrice de l\u2019inconstance humaine.«Ce qui m\u2019intéresse, ce sont les paradoxes qui nous rendent humains, à la fois chez l\u2019homme et la femme.» Dans un français doux et pointilleux, la main joueuse dans ses cheveux roux, l\u2019auteure née en 1958 résume ainsi ses quatre romans, où se répondent maternité et paternité, voyage initiatique et solitude, tradition et ouverture au monde.Des petits riens surpris par un œil vif et livrés dans le but avoué d\u2019exprimer « ce qui est tout près de la poésie de la vie quotidienne».Cette légèreté n\u2019est toutefois que camouflage, car, sous la surface, il y a chocs et détours.Histoires de femmes Au centre de ces champs de lave : la femme, sans rancune au candide Arnljótur, papa jardinier de Rosa Candida \u2014 seul homme à n\u2019être pas satellite dans l\u2019œuvre de l\u2019auteure.Volontaire et marginale dans Le rouge vif de la rhubarbe, fraîchement divorcée dans L\u2019embellie, laissée par son mari dans L\u2019exception, chaque femme retrouve une force, une liberté dans l\u2019écroulement de sa vie.Prenons la petite Ágústína, incapable de marcher, qui se rend en béquilles au jardin de rhubarbe où sa mère et son père, absents, l\u2019ont conçue.Son rêve est d\u2019escalader la montagne dans son dos, 844 mètres depuis la mer.« La naissance de la féminité de l\u2019héroïne est symbolisée par ce désir d\u2019ailleurs, de partir, comme chez les oiseaux », glisse Auður Ava Ólafsdóttir.Ce désir n\u2019est pas étranger au fait que sa mère, ornithologue, lui écrit des lettres depuis ses terres chaudes, partie comme partent un jour ou l\u2019autre bien des personnages chez l\u2019écri- vaine.Pour se retrouver, se comprendre, puis revenir.« C\u2019est compliqué d\u2019être une femme dans le monde d\u2019aujourd\u2019hui », laisse tomber l\u2019auteure avec un rire bref mais chaleureux, formulant de la même manière son idée de la vie d \u2019un homme, même celle d\u2019un couple.« Je m\u2019intéresse aux deux sexes, mais ma vision humaniste est entièrement féministe dans le sens où il n\u2019y a pas d\u2019autre option que l\u2019égalité.» Cette égalité est-elle en vue ?« Non, on est loin.On fait un pas en avant, un pas en arrière.» À cet égard, les romans de l\u2019auteure travaillent à rétablir un équilibre \u2014 à montrer que nous sommes tous de jolis marginaux.Écrire le présent Mais les courants sont forts, et pas qu\u2019entre les sexes.En ces temps sombres, Auður Ava Ólafsdóttir se dit inquiète.Avec la parution récente de L\u2019embellie en Turquie, elle s\u2019interroge sur sa réception \u2014 sachant que le personnage principal est une femme\u2026 seule, qui rencontre quelques amants sur sa route.«Être éditeur est un métier dangereux maintenant, être un intellectuel aussi, constate l\u2019écrivaine, qui a quitté son poste de professeur en histoire de l\u2019art il y a environ un an pour se consacrer à l\u2019écriture.Dans les pays où il y a une montée de la dictature, tout est censuré.» Ces inquiétudes sur la liberté de parole et, par extension, sur la liberté des peuples ont inspiré son tout dernier roman, paru en Islande en novembre et dont la traduction en français est prévue cet automne.Auður Ava Ólafsdóttir a puisé dans la guerre, dans la « souf france humaine» qui persiste pour relayer le message inverse, comme elle en a l\u2019habitude \u2014 pour diffuser une douceur, une lumière.« Être écrivaine, c\u2019est un peu être une femme de ménage dans le monde, illustre-t-elle.Dans le sens où on a la liberté de créer un monde parallèle qui n\u2019est pas si chaotique, si imprévisible.» Mais cette fois, même si elle ne manquait pas de choses à dire, à dénoncer peut-être sous ses voiles rieurs et délicats, l\u2019écrivaine a volontairement coupé cour t.« Pour parler de la souffrance, il faut être encore plus poétique.» Embrasser le monde Passer ainsi de l\u2019infiniment petit à l\u2019infiniment universel est le propre d\u2019Auður Ava Ólafsdóttir.Ses personnages chercheurs sont d\u2019une transparence telle qu\u2019il serait dif ficile de ne pas se retrouver dans leurs plis, dans leur sensibilité.« Il y a toujours des lecteurs qui viennent vers moi et qui disent \u201cComment avez-vous su ?\u201d, s\u2019amuse l\u2019écrivaine.La vie réelle est beaucoup plus improbable qu\u2019un roman.J\u2019écris avec l\u2019espoir que les choses se réalisent.» Au fil de la discussion, on constate que l\u2019île revient souvent, comme un éléphant dans la mer.Ses montagnes, sa rudesse, sa langue \u2014 que l\u2019écrivaine considère comme sa « patrie » bien qu\u2019elle ne soit pas du tout nationaliste.C\u2019est que, depuis cette île minuscule, Auður Ava Ólafsdót- tir n\u2019oublie jamais le reste du monde \u2014 ses romans rappellent souvent l\u2019ailleurs par des lettres d\u2019absents, par la mémoire.Il y a la marque de la distance et du temps.«C\u2019est pour incarner cette idée qu\u2019on trouvera plus tard qu\u2019on est aussi les autres, et que les autres sont nous.» Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 FEMME Pour l\u2019année 2017-2018, les revenus d\u2019Ottawa s\u2019élèveront à 304,7 milliards et les dépenses, à 330,2 milliards, pour un déficit de 28,5 milliards.Il s\u2019agit encore une fois d\u2019une détérioration du solde budgétaire par rapport aux dernières prévisions faites à l\u2019automne.Le budget reconnaît en fait que le solde budgétaire sera pire que prévu non seulement cette année, mais pour les quatre prochaines années encore.Seule l\u2019année 2016-2017 qui se termine sera légèrement moins sombre que prévu, avec un déficit de 23 milliards plutôt que 25.Le retour à l\u2019équilibre budgétaire n\u2019apparaît sur aucun horizon.La dette du Canada s\u2019élèvera en 2017-2018 à 665,5 milliards, pour une légère augmentation de son poids relatif au PIB (31,6%).La chef par intérim du Parti conservateur, Rona Ambrose, s\u2019est insurgée contre ce budget écrit à l\u2019encre rouge.«Nous n\u2019avons pas un problème de revenus, nous avons un problème de dépenses », a-t-elle soutenu, déplorant les augmentations de tarifs en tout genre, comme la hausse des taxes sur l\u2019alcool ou encore l\u2019imposition de la TPS sur les trajets Uber.«Nous serons la voix des contribuables, a-t-elle lancé.Les Canadiens payent déjà beaucoup trop d\u2019impôt.» Les vétérans toucheront 624 millions de dollars sur six ans (dont une par t significative pour l\u2019année qui se termine).Ainsi, le gouvernement met en place une nouvelle prestation pour les études et la formation à l\u2019intention des soldats qui ont terminé leur service et tentent de se recycler professionnellement.Ceux ayant cumulé six années de service auront droit à des prestations pouvant atteindre 40 000 $, et ce sera le double pour 12 années de service.De même, les services d\u2019aide à la réinsertion civile seront augmentés de 74 millions sur six ans.Par ailleurs, Ottawa élimine un irritant pour les familles de soldats décédés ou invalides.Les proches d\u2019un militaire disposaient de seulement un an suivant le décès ou la démobilisation pour déposer une demande d\u2019aide de réadaptation professionnelle.Ce plafond temporel est aboli.Ils pourront déposer leur demande d\u2019aide «lorsqu\u2019ils seront prêts à retourner au travail».Toutefois, la demande principale des vétérans, soit que l\u2019option d\u2019une pension d\u2019invalidité à vie soit restaurée (elle qui avait été remplacée par le versement d\u2019un montant for faitaire), n\u2019est toujours pas satisfaite.Le budget indique seulement que le gouvernement « annoncera d\u2019autres renseignements cette année» à ce sujet.En fait, il s\u2019agit d\u2019un thème récurrent de ce second opus du ministre Bill Morneau.Beaucoup d\u2019éléments sont conditionnels à la négociation ou à une étude devant avoir lieu ultérieurement.Les annonces restent donc de l\u2019ordre de l\u2019intention.Ainsi, les détails techniques concernant la future taxe sur le carbone seront contenus dans un «document de consultation» qui sera publié au cours des prochains mois.En matière de défense nationale, le budget rappelle qu\u2019Ottawa «communiquera bientôt une nouvelle politique de défense» dans laquelle «le gouvernement s\u2019engagera à offrir le niveau d\u2019investissement nécessaire» aux forces armées.Les détails de fonctionnement de la future Banque d\u2019infrastructures du Canada ne sont toujours pas au rendez-vous.En matière de formation de la main-d\u2019œuvre, Ottawa promet une «réforme considérable» dont les détails suivront.Des négociations avec les provinces seront nécessaires, même si on promet que le principe d\u2019asymétrie pour le Québec sera respecté.Des revenus boudés Les libéraux de Justin Trudeau avaient promis en campagne électorale de faire le ménage dans la fiscalité, en particulier pour éliminer les crédits fiscaux bénéficiant surtout aux contribuables les plus aisés.Cette révision se fera, pour une large part, encore attendre.Certes, certains crédits d\u2019impôt sont éliminés, comme celui sur l\u2019utilisation des trans- por ts en commun, pour une économie dès cette année de 150 millions.Il était, selon le ministère des Finances, « inefficace pour encourager l\u2019utilisation du transport en commun et réduire les gaz à effet de serre».En effet, ce crédit pouvait même être utilisé pour déduire de ses revenus les dépenses d\u2019utilisation d\u2019une traverse, que les gens empr untent généralement\u2026 en voiture.On élimine aussi un crédit pour la création de places en garderie en milieu de travail, qui était très peu utilisé.Cependant, les plus gros crédits attendront.Ainsi, l\u2019exemption partielle des gains en capitaux n\u2019est pas modifiée, elle qui privera cette année Ottawa de 13 milliards en revenus.La déduction des options d\u2019achat d\u2019actions, qui a permis à quelques milliers de contribuables de déduire en moyenne 400 000 $ de leurs revenus, n\u2019est pas attaquée.Le budget mentionne trois stratégies de planification fiscale qu\u2019Ottawa a dans sa mire, dont la répartition du revenu entre membres d\u2019une même famille pour réduire le taux d\u2019imposition réel, mais encore là, ce n\u2019est qu\u2019au cours « des prochains mois » qu\u2019Ottawa dévoilera ses intentions à leur égard.Ces omissions ont suscité l\u2019ire du chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Thomas Mulcair, qui a soutenu que la fin d\u2019un seul de ces crédits aurait permis de combler les lacunes dans les services à l\u2019enfance pour les autochtones.M.Mulcair a déploré que le budget ne contienne aucune aide à l\u2019industrie forestière, affectée par la fin de l\u2019entente sur le bois d\u2019œuvre avec les États-Unis, ou celle promise aux producteurs fromagers, heurtés par l\u2019entente de libre-échange avec l\u2019Union européenne.Notons toutefois qu \u2019Ottawa annonce un demi-milliard de dollars de plus pour l\u2019Agence du revenu du Canada afin de combattre l\u2019évasion fiscale sur cinq ans dans l\u2019espoir de récupérer au quintuple sa mise.Il passera aussi au peigne fin les programmes et les dépenses « d\u2019au moins trois ministères », qui seront nommés après le budget, dans l\u2019espoir de trouver des dédoublements, du gaspillage et des programmes inutiles ou dépassés.Des promesses remplies Comme promis, Ottawa dévoile dans son budget les modifications qu\u2019il entend apporter au programme d\u2019assurance parentale et de congés de compassion pour rendre ceux-ci plus flexibles.Les deux mesures coûteront 843 millions de dollars de plus au cours des cinq prochaines années.Ottawa pérennise également les sommes destinées à la création de places en garderie en projetant des sommes sur une décennie.Il ne s\u2019agit toutefois pas d\u2019argent frais, les fonds étant puisés à même les enveloppes destinées aux infrastructures sociales.Des ententes devront être conclues avec les provinces, mais Québec a obtenu la garantie qu\u2019il pourra utiliser l\u2019argent à d\u2019autres fins, puisqu\u2019il a déjà son réseau.Cette garantie, comme celle en matière de formation de la main-d\u2019œuvre, semble avoir échappé au Bloc québécois, qui a déploré par communiqué de presse les « intrusions méprisantes et irrespectueuses dans les juridictions québécoises ».«D\u2019un budget à l\u2019autre, le gouvernement canadien s\u2019approprie de plus en plus de pouvoirs québécois, af firme la chef Mar tine Ouellet.À ce rythme-là, je me demande jusqu\u2019à quand le Québec pourra encore décider des enjeux qui le concernent.» Une attention particulière est accordée aux autochtones dans ce budget, qui font l\u2019objet de dotations spécifiques dans plusieurs volets.Ainsi, l\u2019aide financière aux étudiants sera augmentée, de 90 millions sur deux ans, pour venir en aide à 4600 étudiants.On prévoit une somme spécifique en logement abordable destinée aux autochtones ne vivant pas dans une réserve.Par ailleurs, le budget est soumis à une analyse comparative des sexes.Le budget se félicite ainsi de la mise sur pied d\u2019un programme de garde d\u2019enfants, d\u2019un assouplissement des congés de compassion ou encore de la mise sur pied, l\u2019an dernier, de l\u2019allocation canadienne pour enfants, qui sont des mesures de nature à bénéficier aux femmes, évalue-t-on.On parle aussi de l\u2019accent mis sur les femmes dans des programmes de perfectionnement de compétences.Mais l\u2019analyse ne tient que sur 12 pages (incluant des pages citant des statistiques mondiales) et n\u2019évalue pas toutes les mesures gouvernementales, loin s\u2019en faut.Par exemple, il n\u2019est pas évalué comment les dépenses en infrastructures bénéficient différemment à chacun des sexes.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 MORNEAU L I S A - M A R I E G E R V A I S Q uébec fait un pas de plus vers la mise sur pied d\u2019une consultation sur le racisme systémique en nommant un comité-conseil qui déterminera les modalités de ladite consultation publique qui se tiendra cette année.De bon augure, disent des membres du comité, qui promettent que l\u2019exercice ne sera pas vain et qu\u2019il donnera une grande place aux personnes racisées.« Il n\u2019est pas question que ce soit des profs d\u2019université enfermés dans une salle et qui donnent leurs résultats de recherche », a soutenu Émilie Nicolas, présidente de Québec inclusif et l\u2019une des por te-parole d\u2019une coalition citoyenne réclamant une commission sur le racisme systémique.«Les experts, c\u2019est important, mais il faut aller au-delà et parler directement aux personnes victimes de racisme.» Présidé par Maryse Alcindor, première sous- ministre noire, le comité-conseil comptant 14 membres fait notamment appel à l\u2019expertise de Rachida Azdouz, psychologue et spécialiste des relations interculturelles, de quatre membres du Centre de recherche en immigration, ethni- cité et citoyenneté (CRIEC), dont Marie-Thé- rèse Chicha, connue pour ses travaux sur l\u2019intégration des immigrants au marché du travail, et des trois autres personnes ayant réclamé une commission sur le racisme systémique, soit Will Prosper, de Montréal-Nord Républik, l\u2019artiste autochtone Natasha Kanapé-Fontaine et Haroun Bouazzi, coprésident de l\u2019Association des musulmans et des Arabes pour la laïcité au Québec (AMAL-Québec).Émilie Nicolas salue sa composition faite principalement «d\u2019universitaires racisés », mais aurait aimé y voir plus de gens du milieu communautaire.Accueillant favorablement ce comité, Haroun Bouazzi se dit toutefois « étonné» que les quatre personnes ayant fait la promotion ouverte d\u2019une commission sur le racisme systémique aient été conviées, mais qu\u2019aucun représentant de l\u2019un des 85 organismes appuyant la démarche n\u2019y soit.« Cela dit, la qualité des gens autour de la table est indéniable, et on peut dire qu\u2019on va travailler ensemble pour arriver aux meilleures recommandations », in- dique-t-il.« Ça fait un an qu\u2019on demande une consultation publique, il est évident qu\u2019on va participer de bonne foi.» Consultation ou commission?La formation du comité-conseil est une première étape, dit le ministère de l\u2019Immigration, de la Diversité et de l\u2019Inclusion (MIDI).Dans l\u2019annonce faite sur son site Internet, il indique qu\u2019il aura pour mandat de fournir un avis sur, notamment, les sujets abordés et la nature de la consultation qui devrait avoir lieu en 2017.Aucune date n\u2019est encore fixée.Les organismes communautaires réclament depuis un bon moment que se tienne plutôt une «commission» à l\u2019image de la commission Bou- chard-Taylor, mais le format de l\u2019exercice «n\u2019est pas encore arrêté», précise-t-on au cabinet de la ministre de l\u2019Immigration, Kathleen Weil, rappelant que le gouvernement s\u2019est engagé depuis le mois d\u2019août, en marge du congrès de la Commission-Jeunesse du Parti libéral, à tenir un exercice de consultation sur le racisme et la discrimination systémique.Le Devoir RACISME SYSTÉMIQUE Première étape vers la tenue d\u2019une consultation publique qui touchent le Québec», a-t-il poursuivi.Le gouvernement québécois reviendra aussi à la charge pour obtenir une part de financement d\u2019Ottawa.Le projet du SRB est évalué à 1,1 milliard, tandis que celui de la ligne bleue n\u2019est pas encore connu.Le gouvernement Trudeau s\u2019est dit prêt à payer 40 % de la note des projets de transport collectif, comparativement à « jusqu\u2019à 50%» l\u2019année dernière.À la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, on parle carrément d\u2019une «occasion manquée».Son président, Michel Leblanc, reproche à Ottawa de ne pas avoir clairement signifié qu\u2019il allait financer le REM.Cela aurait, selon lui, facilité le travail de la Caisse de dépôt et placement (CDP) pour convaincre des joueurs à l\u2019international d\u2019investir dans le projet.En fait, le budget fédéral évoque le projet du REM, mais de façon plus vague.« On prévoit que d\u2019ambitieux projets de transport en commun transformeront les villes du Canada au cours des dix prochaines années », écrit M.Morneau, avant d\u2019énumérer cinq projets, dont le REM.Au total, le gouvernement fédéral s\u2019était engagé l\u2019an dernier à investir 20 milliards sur 11 ans en transport en commun, mais il n\u2019en a inscrit au budget qu\u2019une petite partie pour l\u2019instant dans le cadre de la phase 1 du programme (1,7 milliard, comme prévu dans le budget 2016).Asymétrie Le ministre des Finances, Carlos Leitão, s\u2019est toutefois réjoui d\u2019une nouvelle reconnaissance du fédéralisme asymétrique dans le second budget Morneau, qui prévoit de 1,2 à 1,5 milliard sur 10 ans au Québec pour les infrastructures sociales.« L\u2019asymétrie a été reconnue.Ce n\u2019est quand même pas rien, 1,5 milliard de dollars que nous allons pouvoir utiliser de la façon que nous jugeons la plus appropriée pour améliorer le niveau de vie des familles », a- t-il déclaré, moins de deux semaines après la conclusion d\u2019une entente sur les transferts canadiens en matière de santé.« Il y a aussi des aspects intéressants du côté de la recherche et de l\u2019innovation », a-t-il poursuivi.Le Parti québécois a qualifié les décisions d\u2019Ottawa d\u2019insultantes, déplorant le manque de mesures concernant la lutte contre l\u2019évasion fiscale, l\u2019absence d\u2019annonce de financement des transports en commun ou d\u2019aide aux producteurs forestiers et laitiers.«C\u2019est comme si ça ne comptait pas, le Québec », a laissé tomber le porte-parole de l\u2019opposition of ficielle en matière de finances, Nicolas Marceau.« Moi, je trouve ça insultant», a-t-il lancé.La Coalition avenir Québec a fait la même analyse.« Ce budget est l\u2019illustration par faite du manque de leadership du premier ministre Philippe Couillard pour défendre les intérêts des Québécois.En ef fet, il n\u2019y a absolument rien pour le Québec dans ce budget, parce que M.Couillard n\u2019a pas été en mesure de porter ses demandes avec aplomb», a réagi le porte-parole en matière de finances publiques, François Bonnardel.Avec Marie-Michèle Sioui, Marco Bélair-Cirino et Dave Noël Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 QUÉBEC "]
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.