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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2017-04-01, Collections de BAnQ.

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[" AUJOURD\u2019HUI France \u203a Mais pour qui voter?Les habitants de Florange sont déterminés à punir les socialistes, mais un tiers d\u2019entre eux ne savent par vers qui se tourner.Page A 8 Avis légaux.C 7 Carrières .C 3 Décès.C 6 Mots croisés .D 4 Petites annonces .D 4 Sudoku .D 4 V O L .C V I I I N o 7 1 L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 E R E T D I M A N C H E 2 A V R I L 2 0 1 7 2 , 8 3 | S + T A X E S = 3 , 2 5 | S ?w w w .l e d e v o i r .c o m I S A B E L L E P A R É L\u2019 année même où l\u2019on célèbre les 375 ans de la fondation de Montréal, le principal héritage de sa cofondatrice, Jeanne Mance, est à l\u2019agonie.Cœur de la métropole pendant plus de deux siècles, le plus vieil hôpital en Amérique du Nord après l\u2019Hôtel-Dieu de Québec vit ses derniers instants dans l\u2019indifférence.Pendant que des chirurgiens s\u2019activent encore pour quelque temps à garder en vie des cœurs malades, celui de l\u2019Hôtel-Dieu s\u2019apprête à s\u2019éteindre doucement.Ces jours-ci, le documentaire Le dernier souf fle rend compte des ultimes soubresauts de cette institution qui fut à l\u2019origine de la métropole.«On arrive à la fin d\u2019un cycle qui s\u2019est amorcé avec la fondation de Montréal.C\u2019est d\u2019autant plus ironique à l\u2019heure où l\u2019on fête les 375 ans de Montréal L\u2019HÔTEL-DIEU DE MONTRÉAL Le dernier souffle d\u2019un monument fondateur L\u2019hôpital fondé par Jeanne Mance s\u2019apprête à rendre l\u2019âme dans l\u2019indifférence A M É L I E D A O U S T - B O I S V E R T P rès de 19 000 patients attendent un rendezvous en ORL au Québec.Pourtant, à l\u2019Hotel- Dieu-d\u2019Arthabaska, en Mauricie, des médecins sont en congé forcé régulièrement, faute de patients, depuis que la prise de rendez-vous dans cette spécialité a été centralisée par région.« Les patients sont pris en otage dans les régions voisines et ne sont pas dirigés chez nous, alors que nous n\u2019avons aucune attente », s\u2019insurge la Dre Julie Valérie Brousseau.Avant l\u2019implantation du Centre de répar tition des demandes de service (CRDS), cette otorhino- laryngologiste de Victoriaville voyait, avec sa collègue, des centaines de patients par semaine.Plusieurs venaient des régions voisines, comme Thetford-Mines ou Lac-Mégan- tic, où elle se déplaçait également.Au- jourd\u2019hui, il lui arrive de finir ses journées à 10 h 30 le matin, bien contre son gré : la salle d\u2019attente est vide.De 150 à 250 consultations par semaine avant l\u2019implantation du CRDS, son département peine à en remplir plus de 50 actuellement, affirme la Dre Brousseau.Le nombre de chirurgies par mois a aussi drastiquement diminué, malgré la disponibilité du bloc opératoire.RENDEZ-VOUS MÉDICAL Otages de leur code postal Des patients attendent un appel alors que des spécialistes se tournent les pouces J E A N - F R A N Ç O I S N A D E A U P eut-on discuter de tout à l\u2019université ?De moins en moins, apparemment.Nous entrons dans une ère « de déclin de l\u2019argumentation, de la rationalité et du politique », pense l\u2019historien des sciences de l\u2019UQAM Yves Gin- gras.«Et on n\u2019a encore rien vu !» ajoute-t-il.À l\u2019Université McGill, deux professeurs de théologie n\u2019ont pu aborder la question des transgenres, muselés par une trentaine d\u2019étudiants qui les ont interrompus au point où la menace de devoir appeler la police a fini par être brandie.« Dans un monde idéal, l\u2019événement aurait été aboli », a expliqué un des protestataires au journal étudiant McGill Daily.À l\u2019UQAM, deux débats ont été annulés parce que les organisateurs ont craint des pressions de la par t de l\u2019AFESH, une association étudiante.La présence à ces conférences du nationaliste conservateur Mathieu Bock-Côté indisposait des étudiants.L\u2019association étudiante se refuse à por ter le blâme.Dans une déclaration publiée en ligne, l\u2019AFESH affirme avoir un mandat contre « l\u2019instrumentalisa- tion de la liberté d\u2019expression et de la liber té académique lorsque celle-ci ser t à tenir des propos oppressifs ».Autrement dit, l\u2019association défend ceux qui, par les moyens de leurs choix, empêchent que soient entendus sur le campus des personnes qui disposent déjà d\u2019« une tribune publique impor tante » quand « leurs propos sont haineux, appellent à la violence, justifient la violence [\u2026] ou remettent notre existence en question ».L\u2019affaire a provoqué un véritable emballement sur les réseaux sociaux.La haute direction de l\u2019UQAM n\u2019a pas donné suite à nos demandes d\u2019entrevue.Sentiments et châtiments On empêche désormais des gens de parler à l\u2019université «au nom de sentiments que l\u2019on craint de froisser», explique le sociologue Jean-Philippe Warren, de Concordia.À son sens, cette situation n\u2019est pas très présente encore dans les universités francophones mais percole rapidement vers les universités anglophones, influencées par les États-Unis.«Il y a une incapacité de plus LIBER TÉ D\u2019EXPRESSION SOUS PRESSION La censure contamine les milieux universitaires PEDRO RUIZ LE DEVOIR La documentariste Annabel Loyola devant l\u2019Hôtel-Dieu de Montréal RÉFORMER LE SPVM PRENDRA DU TEMPS JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le plan Pichet.Le directeur du Service de police de la Ville de Montréal, Philippe Pichet (à gauche), a présenté vendredi un plan d\u2019action pour améliorer les pratiques au sein de ses troupes, mises à mal par des allégations de fabrication de preuves et d\u2019espionnage de journalistes.Il propose 38 mesures pour «améliorer le lien de con?ance des citoyens envers le SPVM».Le changement de culture se fera sur une période de cinq à dix ans, a souligné le directeur, qui était notamment accompagné du directeur adjoint Didier Deramond et de l\u2019inspecteur Imad Sawaya.Page A 9 Bombardier Pierre Beaudoin renonce à sa fabuleuse augmentation Page C 1 Dossier \u203a Le droit de toutes les paroles Page A 4 Censure sur les campus?Page A 5 Du politiquement correct au politiquement abject Page A 5 VOIR PAGE A 10 : OTAGES VOIR PAGE A 10 : CENSURE À l\u2019école des idées et de la connaissance, certaines opinions sont empêchées d\u2019être citées et débattues VOIR PAGE A 10 : SOUFFLE I L L U S T R A T I O N T I F F E T L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 E R E T D I M A N C H E 2 A V R I L 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 2 AIRFRANCE.CA ICI TOUT TOURNE AUTOUR DE VOUS CLASSE BUSINESS Dans un salon exclusif, détendez-vous le temps d\u2019un soin Clarins*, puis profitez du confort absolu du fauteuil-lit** tout en savourant des menus élaborés par de grands chefs étoilés français.*Au départ de Paris-Charles de Gaulle Terminal 2E \u2013 Halls K, L, M, de New York-JFK et de Londres-Heathrow.**Mise en place progressive sur une partie de la flotte long-courrier Boeing 777 et Boeing 787.LA FRANCE EST DANS L\u2019AIR F L O R E N C E S A R A G .F E R R A R I S E t si une partie de l\u2019avenir du français se jouait dans les cours d\u2019école de Montréal?Alors que l\u2019immigration est de plus en plus importante dans la métropole, une étude dévoilée vendredi par l\u2019Office québécois de la langue française (OQLF) rapporte que la grande majorité des enfants allophones vont à l\u2019école en français.De fait, depuis 1976, la proportion d\u2019élèves du primaire et du secondaire dont la langue maternelle n\u2019est ni le français ni l\u2019anglais est passée de 13,3 % à 87,9 % en 2015, dans les écoles montréalaises.Un bond qui, selon le démographe Michel Paillé, est un résultat clair du succès de la Charte de la langue française \u2014 la fameuse loi 101 \u2014, adoptée l\u2019année suivante par le Parti québécois de René Lévesque.Cette loi oblige, depuis, les jeunes allophones à fréquenter une école où la langue d\u2019enseignement est le français.Seule exception : si un de leur parent a lui-même fait la majorité de ses classes dans une école anglophone canadienne.Ce changement législatif a fait chuter, au cours des dernières décennies, le nombre d\u2019enfants admissibles aux écoles dont la langue d\u2019enseignement est l\u2019anglais.Ainsi, alors qu\u2019un peu plus de 30 % des élèves montréalais avaient le droit de fréquenter une école anglophone en 1986, à peine 21 % y ont aujourd\u2019hui accès.En outre, l\u2019étude relève également que le nombre d\u2019anglophones optant pour une école de langue française a, pour sa par t, augmenté d\u2019un peu plus de 20 points de pourcentage depuis 1976.«L\u2019adoption de la loi 101 a eu un effet significatif à Montréal, soutient celui qui a longtemps travaillé à l\u2019OQLF.D\u2019abord en réussissant à briser cette tendance naturelle qu\u2019avaient les immigrants à opter pour des écoles anglophones, mais aussi en faisant entrer le français dans leur foyer.Si aujourd\u2019hui il y a plus de familles immigrantes de seconde génération, par exemple, qui parlent en français à la maison, c\u2019est un peu parce que leurs enfants l\u2019y ont fait entrer.» Selon celui qui s\u2019intéresse aux questions linguistiques depuis plus d\u2019un quart de siècle, ces données ne sont toutefois pas surprenantes.« Elles suivent une tendance que l\u2019on observe au Québec depuis déjà quelques décennies », note-t-il.Mise à part l\u2019application de la loi 101, Michel Paillé estime que l\u2019étalement urbain et la tendance marquée des ménages francophones et anglophones à quitter la métropole au profit de ses banlieues sont aussi un facteur explicatif de cette tendance observée par l\u2019OQLF.« On prend souvent l\u2019île de Montréal à part, avance le démographe de formation, mais dans pareil cas, il serait pertinent de la considérer avec ses couronnes.Ça nous permettrait sans doute de constater que l\u2019immigration, elle aussi, s\u2019étale de plus en plus et que donc, les enfants de la loi 101 ne sont pas confinés aux limites des quartiers centraux montréalais.» Le Devoir Un effet direct de la loi 101 La grande majorité des enfants allophones vont à l\u2019école en français, selon l\u2019OQLF La présidente du réseau de l\u2019Université du Québec démissionne Le réseau de l\u2019Université du Québec perd sa présidente.Sylvie Beauchamp, en poste depuis mai 2009, a remis sa démission vendredi, a appris Le Devoir.La présidente quitte le réseau pour des raisons personnelles.«Elle considère qu\u2019elle est rendue à une autre étape de sa vie.Donc, elle veut se consacrer à sa vie familiale et à ses amis», explique-t-on à l\u2019Université du Québec, où l\u2019on ne sait pas encore si Mme Beauchamp touchera une indemnité de départ.Comme présidente, elle avait dû défendre les hausses salariales accordées aux dirigeants des universités de son réseau.Sylvie Beauchamp a été nommée par l\u2019Assemblée nationale le 12 mai 2009.Son premier mandat, d\u2019une durée de cinq ans, a été renouvelé en février 2014.Il devait se terminer le 18 mai 2019.Le Devoir JACQUES NADEAU LE DEVOIR Depuis 1976, la proportion d\u2019élèves du primaire et du secondaire dont la langue maternelle n\u2019est ni le français ni l\u2019anglais est passée de 13,3 % à 87,9 % en 2015, dans les écoles montréalaises. L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 E R E T D I M A N C H E 2 A V R I L 2 0 1 7 ACTUALITES A 3 C E N T R E D E R E C H E R C H E S M A T H É M A T I Q U E S CR M LE JEUDI 6 AVRIL 2017, 19H30 Entrée libre INSCRIPTION : www.crm.math.ca/Conway/ THE FAULHABER TRIANGLE.THE BERNOULLI NUMBERS, AND WHAT THEY\u2019RE GOOD FOR John H.Conway, Princeton University prononcera la prochaine Grande conférence publique du Centre de recherches mathématiques (CRM) PAVILLON ANDRÉ AISENSTADT 2920, chemin de la tour, Amphithéâtre 1140, Université de Montréal Université-de-Montréal ou Côte-des-Neiges Un vin d\u2019honneur sera offert gracieusement après la conférence Achetons tableaux de qualité canadiens et européens.Grande valeur offerte \u201cLa Vieille Forge\u201d, v.1945, aquarelle, 22\u201d x 28\u201d Marc-Aurèle Fortin Borduas Ferron Fortin Gagnon Krieghoff Lemieux Letendre McEwen Pellan Riopelle Suzor-Coté et autres\u2026 depuis 1975 ?514.842.1270 www.lafitte.com 445, rue St-Sulpice, Vieux-Montréal Téléphone : 514 845-4980 Heures d\u2019ouverture : du lundi au vendredi de 10 h 00 à 18 h 00 les samedis et dimanches de 10 h 00 à 16 h 30 Papeter ie Casse - Noisette Nous tenons en inventaire agendas, papiers Lalo, papier St-Gilles, cartes, plumes et stylos, albums de photos, articles de bureau, sceaux, cires à cacheter .H É L È N E B U Z Z E T T I Correspondante parlementaire à Ottawa La décision d\u2019Ottawa de rendre imposables les allocations de dépenses versées aux conseillers municipaux et aux députés de l\u2019Assemblée nationale précipite bien des réflexions.Elle forcera les élus à prendre des décisions \u2014 voire à se voter des hausses salariales \u2014 en période préélectorale.La future fiscalisation des allocations de dépenses, annoncée dans le budget fédéral de la semaine dernière, est passée largement inaperçue.Ces allocations de dépenses sont des montants forfaitaires non imposables versés automatiquement aux élus sans qu\u2019ils aient à fournir de pièce justificative.L\u2019allocation est de presque 17 000 $ pour les députés à Québec et, pour les conseillers municipaux, elle équivaut à 50 % de leur salaire jusqu\u2019à concurrence de 16 476 $.Ottawa compte récupérer 30 millions par année avec cette mesure, qui s\u2019appliquera à compter de 2019.Personne dans le milieu municipal n\u2019avait vu venir cette d é c i s i o n , i n d i q u e - t - o n à l\u2019Union des municipalités du Québec (UMQ).« Elle nous amène à faire une réflexion qui n\u2019était pas prévue », reconnaît en entrevue Alexandre Cus- son, le maire de Drummond- vi l le et vice-président de l\u2019UMQ.« On n\u2019avait pas senti que ça viendrait.» Projet de loi 122 M.Cusson se demande si cette décision fédérale aura un impact sur le débat entourant le projet de loi 122 sur les municipalités débattu à Québec.Ce projet de loi redonne notamment aux villes plus de latitude dans la fixation des salaires des élus.Une fois cette loi adoptée, les villes pourraient, si elles le souhaitent, hausser la rémunération des conseillers pour compenser le montant perdu en impôt fédéral.« Le débat, s\u2019il doit avoir lieu, se fera dans chaque municipalité.On ne demandera pas à Ottawa de surseoir à cette mesure.Cela n\u2019est pas dans nos cartons.» Mais les élus voudront-ils se lancer dans un tel débat sur la hausse de leur salaire, alors que 2017 sera année électorale m u n i c i p a l e a u Q u é b e c ?M.Cusson ne le pense pas.« Personne dans le monde municipal ne voit d\u2019urgence à traiter de cette question-là.Il faut avoir le por trait d\u2019ensemble avant d\u2019aller de l\u2019avant.» Il pense aussi qu\u2019il serait «à la limite prétentieux par rappor t aux résultats électoraux de 2017 » de faire ce débat maintenant.«Si je commence à parler de mon salaire de 2019, j\u2019espère que quelqu\u2019un va me dire : \u201cMonsieur le Maire, commencez donc par vous faire réélire !\u201d » À l\u2019origine, rappelle M.Cus- son, l\u2019allocation de dépenses devait ser vir à couvrir les nombreuses activités-béné- fices auxquelles les élus sont invités.Il reconnaît que tous les élus n\u2019engagent pas autant de dépenses à ce chapitre.Sur une note personnelle, il demande : « Est-ce que cette allocation pourrait être remplacée par autre chose qui serait plus transparent?Parce que ce n\u2019est pas censé être un salaire, mais certains élus pouvaient ne faire aucune de ces dépenses-là et d\u2019autres, en faire beaucoup.» À Québec aussi Le choix d\u2019Ottawa de fiscaliser les allocations pourrait aussi bousculer l\u2019ordre du jour à Québec.Le projet de loi 79, qui restructure la rémunération des élus, a été déposé en novembre 2015.Elle y est bloquée depuis, car si le projet de loi abolit les controversées allocations de transition, ce qui fait consensus, il augmente aussi le salaire des députés, ce qui braque l\u2019opposition.La hausse salariale viendrait compenser l\u2019abolition de l\u2019allocation de dépenses de près de 17 000 $ justement visée par Ottawa.La Coalition avenir Québec estime qu\u2019aucune hausse salariale ne doit être consentie aux élus avant le scrutin de 2018, et ce, même si celle-ci ferait office de compensation pour l\u2019abolition d\u2019allocations ou une hausse des cotisations diverses.À Québec solidaire, l\u2019attachée de presse Stéphanie Guévremont affirme qu\u2019« il est temps que l\u2019Assemblée nationale fasse le ménage dans la rémunération des députés.[\u2026] Au final, il ne faut pas qu\u2019il y ait une cenne de plus [dans leur poche]».La question est maintenant de savoir si les élus de l\u2019opposition, placés devant le fait que leurs revenus seront amputés par la décision fédérale, seront plus enclins à appuyer le projet de loi 79.L\u2019attachée de presse de la ministre responsable de la réforme des institutions démocratiques, Laurence Tôth, a indiqué au Devoir que « si ce projet de loi devait progresser, le consensus des par tis d\u2019opposition et des députés indépendants serait nécessaire ».Le secrétariat du Bureau de l\u2019Assemblée nationale a reçu le mandat de se pencher sur les impacts de la fiscalisation annoncée par Ottawa, indique- t-on à Québec.Ensuite, les députés des trois formations politiques qui siègent au Bureau se réuniront pour discuter de la suite des choses.Le Québec est la seule province au pays à encore verser une telle allocation non imposable à ses députés, indique le ministère fédéral des Finances.Les Territoires-du- Nord-Ouest et le Yukon en versent aussi.Les allocations aux conseillers municipaux, elles, sont répandues à la grandeur du Canada.Avec Marco Bélair-Cirino et Jeanne Corriveau Le Devoir BUDGET FÉDÉRAL L\u2019allocation de dépenses des élus sera imposée à compter de 2019 ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Au Québec, les membres d\u2019un conseil municipal ou de l\u2019Assemblée nationale ont droit à une allocation de dépenses non imposable qui peut représenter jusqu\u2019à 50% de leur salaire pour un maximum de 16 476$.Ci-dessus, une photo prise au conseil municipal de Montréal en 2013.M A R I E V A S T E L Correspondante parlementaire à Ottawa C\u2019 est au dernier jour de sa mission militaire en Irak que le gouvernement libéral a choisi d\u2019annoncer, par simple voie de communiqué, qu\u2019il prolongera de trois mois ses efforts contre le groupe armé État islamique.Mais que ceux- ci ont changé en cours de route, puisque les forces spéciales sont désormais à l\u2019est de Mossoul.Le pan libéral de la mission contre le groupe EI devait prendre fin vendredi, après un an.Le ministre de la Défense, Har- jit Sajjan, a annoncé en matinée que le mandat serait prolongé jusqu\u2019à la fin juin, ce qui « fournit au gouvernement du Canada le temps nécessaire pour évaluer la nature de cette lutte ».Le mandat restera le même, a indiqué le gouvernement par écrit, e n é v o q u a n t c e p e n d a n t « quelques ajustements » : des membres des forces spéciales canadiennes aident maintenant les forces irakiennes \u2014 et non plus seulement les Kurdes \u2014, et ce, à l\u2019est de Mossoul \u2014 et non plus qu\u2019au nord du pays.Les forces spéciales y appuient les Irakiens afin d\u2019assurer la souveraineté de l\u2019est de la ville pendant que la coalition internationale tente toujours de la libérer des mains du groupe EI.«Les soldats canadiens restent derrière la ligne avancée des troupes et fournissent des conseils et de l\u2019aide aux Forces irakiennes», assure le communiqué de presse.Le ministre Sajjan n\u2019a pas fait l\u2019annonce de vive voix \u2014 la Chambre ne siégeait pas cette semaine \u2014, mais il ne s\u2019agit que d\u2019un «prolongement de mission» a expliqué son bureau.« La mission peut changer davantage suivant l\u2019évolution de la situation, et les Canadiens doivent s\u2019attendre à d\u2019autres ajustements en fonction des circonstances », a de son côté indiqué le chef d\u2019état-major de la défense, le général Jonathan Vance, dans le communiqué.Pas un petit changement Or, déployer à l\u2019est de Mos- soul une par t des 200 membres des forces spéciales envoyées en Irak n\u2019est pas un «ajustement mineur», argue le néodémocrate Randall Garrison.« Cela veut dire qu\u2019on se déplace davantage vers le centre de la zone de combat.» Le NPD préférerait que le Canada aide à stabiliser et fournir de l\u2019aide humanitaire en Irak, où les civils sont blessés et n\u2019ont plus d\u2019eau, de nourriture ou d\u2019aide médicale.Le conser vateur Pier re Paul-Hus déplore que le gouvernement Tr udeau ait attendu à la « dernière minute » pour préciser ses intentions.« Ça sent l\u2019improvisation », à son avis, puisque les pays alliés et les militaires canadiens attendaient de connaître le plan de match du Canada.« C\u2019est un manque de respect pour nos par tenaires et pour nos militaires.» M.Garrison espère que les libéraux profiteront des trois prochains mois pour consulter les Canadiens et le Parlement.M.Paul-Hus somme le fédéral de tenir d\u2019autres séances d\u2019informations sur la teneur de la mission sur le terrain.Ottawa n\u2019a pas of fert de tel bref fage sur les opérations des forces spéciales depuis novembre.Les libéraux ont rapatrié l\u2019an dernier six avions de chasse \u2014 envoyés bombarder le groupe EI sous le précédent gouvernement conservateur \u2014, triplé le nombre de forces spéciales (à 200) et déployé 600 soldats canadiens dans la région.Le Devoir Ottawa prolonge sa mission militaire contre le groupe EI 30 millions Le montant qu\u2019Ottawa compte récupérer en imposant les allocations des élus Les Américains ont beau sommer leurs partenaires de l\u2019OTAN de leur fournir un plan, d\u2019ici le mois de mai, démontrant qu\u2019ils bonifieront leurs dépenses militaires, le Canada ne s\u2019en émeut pas.Les États-Unis veulent que tous investissent l\u2019équivalent de 2% de leur PIB.En rencontre avec ses homologues de l\u2019OTAN, la ministre des Affaires étrangères Chrystia Freeland a réitéré que son gouvernement s\u2019est engagé à «œuvrer à atteindre le 2%».Mais elle affirme avoir souligné qu\u2019il faut calculer cet investissement en évaluant dans quelle mesure un pays contribue aux opérations de l\u2019alliance de l\u2019Atlantique Nord.«On a été là lors de missions, d\u2019engagements importants, quand d\u2019autres partenaires ne pouvaient pas ou ne voulaient pas», a renchéri Justin Trudeau, en banlieue de Toronto.Trudeau défend le budget militaire Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 Peter Bonilla est un des cadres de FIRE, une organisation américaine sans but lucratif financée par des donateurs privés et vouée à la défense de la liberté d\u2019expression dans un cadre universitaire.FIRE conseille quelque 900 personnes par année et, dans certains cas, va jusqu\u2019à engager des actions en justice.P R O P O S R E C U E I L L I S P A R J E A N - F R A N Ç O I S N A D E A U Quelle est votre position à l\u2019égard de la défense de la liberté d\u2019expression?Il y a bien sûr des limites à ce qu\u2019on peut dire.Selon des faits objectifs, les propos violents, le harcèlement et les incitations à la violence n\u2019ont pas à être tolérés.Notre position tient en bonne partie sur des fondements hérités de la pensée des Lumières.Nous avons la conviction que la meilleure défense contre des idées qui peuvent paraître offensantes n\u2019est pas d\u2019interdire leur accès à la place publique.C\u2019est, de plus, contre-productif de penser qu\u2019interdire va servir la liberté d\u2019expression.Règle générale, le fait d\u2019interdire provoque au contraire un vent de sympathie qui peut rendre destructeur ce qui autrement passerait à peu près inaperçu.On a eu à cet égard des leçons sérieuses ces derniers mois, à la suite de protestations violentes aux États-Unis.Cela a donné lieu à des situations complètement contre-productives.Le président Trump a fait campagne contre la rectitude politique.Il l\u2019a fait de façon efficace.Mais ses propres vues à propos de la liberté d\u2019expression sont incohérentes.Il a proposé par exemple de condamner les gens qui manquaient de respect au drapeau.Il a dit aussi vouloir rendre plus faciles les poursuites contre les journaux.Le président Trump n\u2019est pas favorable à la liberté d\u2019expression.Cela montre, à notre sens, que le droit de décider ce qui doit être dit et qui ne doit pas être dit ne devrait pas être confié à une institution.Est-ce qu\u2019on veut vraiment que la liberté de parole soit encadrée par ces gens?Qu\u2019est-ce qui a changé?Les suprémacistes blancs et les ultranationa- listes qui se sentent plus forts avec l\u2019élection de Trump apparaissent plus présents dans les campus américains.Je ne peux savoir s\u2019il y en a plus qu\u2019avant, mais ils reçoivent plus d\u2019attention que jamais.Voyant cela, beaucoup de jeunes se disent que peut-être la liberté d\u2019expression n\u2019est pas une idée aussi géniale que ça.Il y a des évidences qui montrent que la population étudiante pousse désormais en faveur de la censure.Avant, c\u2019était plutôt les administrations qui étaient les artisans de la censure.Cela, je crois, tient en bonne partie à la pauvreté de l\u2019éducation offerte en faveur de la liberté d\u2019expression.Par ailleurs, beaucoup des discours opposés à la liberté d\u2019expression envisagent cet enjeu à la lumière de termes médicaux et psychologiques.Ils plaident que la seule présence de certains conférenciers sur le campus a des conséquences post-traumatiques pour certains étudiants.Il y a eu plusieurs cas du genre ces dernières années.Cette tendance va croissant depuis trois ans.Ce qui s\u2019est passé récemment à Middlebury, au Vermont, est assez choquant.Un professeur aux idées très controversées a été invité à prendre la parole.Mais sa conférence, à ce que je sache, ne portait même pas sur ses travaux les plus contestés.Il a été présenté à l\u2019auditoire par un professeur, puis, tout de suite, la conférence a été interrompue par des opposants.Les organisateurs ont voulu sortir, mais on les a entourés.Une pro- fesseure a été saisie par les cheveux.[\u2026] C\u2019est assez ef frayant d\u2019envisager des attaques physiques plutôt que des débats d\u2019idées.Des gens en sont à penser que les opinions sont assez agressantes pour que ceux qui les portent perdent leur humanité.On n\u2019aide pas ses propres droits en manquant de respect à ceux des autres.Heureusement, la vaste majorité des protestations ne remettent pas en cause le respect des autres ni leurs droits d\u2019expression.Mais est-ce que certains groupes n\u2019ont pas le choix d\u2019en venir à des solutions plus radicales pour enfin être entendus?En effet, certains points de vue ne sont pas toujours représentés à l\u2019université.Il est normal de demander des changements.Pour les étudiants sous-représentés, il y a de vraies préoccupations.Et il arrive, bien sûr, qu\u2019on en vienne à casser des vitres ou qu\u2019on mette le feu à des autos.Mais la solution pour se faire entendre n\u2019est certainement pas de donner moins de droits à certains groupes.Comment changer la situation?Bien sûr qu\u2019il y a des discours impopulaires déjà très entendus partout.Mais vouloir s\u2019opposer formellement à leur dif fusion sous prétexte de mieux faire entendre les autres mène à plus d\u2019exclusions encore.De plus, cette idée de faire opposition à la diffusion laisse place à beaucoup de subjectivité dans le processus.Ça ne favorise pas du tout l\u2019inclusion.En fait, ça fragilise encore plus ce qui est censé être protégé de la sorte.L\u2019histoire du mouvement des droits civiques et les luttes LGBT invitent plutôt à exercer le droit de parole, à se mobiliser, à utiliser ses droits plutôt qu\u2019à faire taire ceux des autres.Ce n\u2019est pas un processus parfait, bien sûr.Mais choisir une autre approche que celle-là ne fait que créer plus d\u2019exclusion.Le Devoir A 5 L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 E R E T D I M A N C H E 2 A V R I L 2 0 1 7 LIBERTE D\u2019EXPRESSION SOUS PRESSION A 4 Valérie Lefebvre-Faucher est éditrice féministe aux éditions du Remue-ménage.P R O P O S R E C U E I L L I S P A R S T É P H A N E B A I L L A R G E O N Si des étudiants de gauche empêchent un chroniqueur de droite de prononcer une conférence dans leur université, est- ce de la censure?Moi, je me demande pourquoi on s\u2019inquiète toujours plus pour eux que pour les autres.La plupart des gens qui crient à la censure dans ce genre de cas ne font pas vraiment pitié.Ils ne manquent pas de tribunes.Ils parlent déjà le plus for t.Il y a tellement d\u2019autres paroles inaudibles.Si on veut défendre la liberté d\u2019expression, il faut s\u2019attaquer aux inégalités dans l\u2019accès à la parole.C\u2019est une condition essentielle pour assurer un débat sain.Sinon, on protège toujours la même parole.Dans son essai La parole contraire, l\u2019Italien Erri De Luca rappelle qu\u2019il est plus difficile de défendre la parole qui dérange le pouvoir.Que dérange-t-on en tenant des propos antifémi- nistes ?Cer tainement pas le pouvoir.Alors, à quoi ser t la liber té d\u2019expression?La liberté d\u2019expression, com - me concept juridique, est là pour protéger la parole des gens que le pouvoir écraserait autrement.En politique ou en littérature, on ne s\u2019entend plus sur ce que ça veut dire.Depuis plusieurs années, on nous vend de la liberté et ce qu\u2019on reçoit en retour, c\u2019est plus de surveillance, plus de restrictions.On en est venus à se méfier de ceux qui brandissent la liberté d\u2019expression.On a entendu des militants qui se disent contre la libarté d\u2019expression, avec un «a».La nuance serait que certains utilisent la liberté comme excuse, pour consolider une parole déjà puissante.Faut-il quand même aller jusqu\u2019à brimer le droit de parole de certains?Je crois que la censure est toujours une mauvaise stratégie.De toute façon, chaque fois qu\u2019on restreint la liberté de parole, les militants et les personnes marginalisées paient le plus fort prix.Par contre, cette stratégie exprime une colère.Les responsables des espaces de discussion devraient porter attention à cette colère.Elle vient d\u2019un sentiment d\u2019injustice dans l\u2019accès à la parole.La police est entrée dans les universités ces dernières années.Ça me semble donc naïf de simplement défendre la liber té d\u2019expression sans examiner le contexte dans lequel elle s\u2019exerce.Faut-il donc adopter un slogan qui dirait : pas de parole pour les ennemis des paroles?Moi, je ne dirais pas ça, mais j\u2019ai l\u2019impression que les gens qui perturbent la parole jugée dominante et oppressive sont ef fectivement dans cette logique.Ils se défendent con tre une parole qui agit.Prenons un autre cas avéré, alors, celui d\u2019étudiantes qui demandent à leur professeure de droit de ne pas leur parler des lois sur les agressions sexuel - les parce qu\u2019elles ne veulent pas entendre parler de viol.Que faire avec ce genre de demande?Il y a une dif férence entre négocier les sujets à débattre à l\u2019intérieur d\u2019un cours et parler en société d\u2019un problème com - me le viol.Bien sûr qu\u2019il faut pouvoir en parler ! Et je ne crois pas qu\u2019il soit possible d\u2019étudier le monde en s\u2019évitant les traumatismes.Mais ces critiques d\u2019étudiantes devraient pouvoir être saisies par les professeurs comme des occasions intéressantes.Il faut comprendre que certaines demandes jugées radicales découlent de décennies de protestations stériles.Prenons le cas de l\u2019enseignement des œuvres d\u2019écrivaines.Quand ça fait 30 ans que les étudiantes le réclament sans succès, je peux comprendre qu\u2019une révolte se manifeste et que la négociation du corpus à lire se fasse dans la colère.Le discours féministe et les œuvres de femmes ont pris beaucoup de place ces dernières décennies.Mais rien n\u2019est acquis.Alors, si on ne donne pas leur juste place aux écrits de femmes, pour reprendre cet exemple, on reçoit en retour de la colère.Vous appuyez donc le politiquement correct?Le discours qui se scandalise du politiquement correct a été créé à droite, par des gens qui se souciaient plus de conserver leur propre pouvoir que de protéger la liberté d\u2019expression et la nécessité d\u2019un débat sain et ouver t.Le discours contre le politiquement correct \u2014 on l\u2019appelle « politiquement abject » \u2014 s\u2019intéresse surtout au droit de dire des horreurs.Ce droit fait partie de la liber té d\u2019expression.Mais, si ton combat s\u2019arrête là, franchement, tu n\u2019aides pas vraiment la liberté d\u2019expression.Comment vous-même nommez- vous ce mouvement?Je ne vois pas le politiquement correct comme un mouvement.Des théoriciennes parlent d\u2019une quatrième vague du féminisme, et ça me semble juste pour décrire ce qui se passe au sein de certains mouvements sociaux.Une génération a grandi avec la conviction que certaines choses étaient réglées et elle s\u2019est rendu compte de manière assez brutale que ce n\u2019est pas le cas.C\u2019est une génération qu\u2019on n\u2019avait jamais entendue et qui, tout à coup, se met à crier de colère.Elle se fait voir par des actions d\u2019éclat et je pense que ce qui explique cette colère, c\u2019est le backlash.Les gens imagi- nent-ils que les femmes vont simplement se résoudre à reprendre leur place d\u2019antan dans le silence?D\u2019après moi, ce qu\u2019il faut bien comprendre du contexte d\u2019aujourd\u2019hui, c\u2019est que, mê - me si les tentatives pour les remettre à leur place se font plus nombreuses et plus fortes, les femmes n\u2019y retournent pas.Le ton a monté de par t et d\u2019autre.Regardez qui vient d\u2019être élu aux États-Unis.Parlons-en.Des commentateurs de la gauche américaine, comme l\u2019animateur humoriste Bill Maher, attribuent une partie de la victoire de Donald Trump au politiquement correct qui lui aurait fourni des munitions.La question des toilettes pour les transgenres est devenue emblématique de ces problèmes marginaux qui ne préoccuperaient que les élites libérales et surtout pas la majorité silencieuse.Qu\u2019en pen- sez-vous?C\u2019est ennuyant comme analyse.Ça revient à dire encore une fois que les minorités prennent trop de place.Eh bien non.La droite masculine, riche et blanche, est au pouvoir aux États-Unis.Les féministes aiment dire que, com me les fem - mes sont absentes des débats depuis si longtemps, chaque fois qu\u2019une femme apparaît, elle semble déjà de trop.C\u2019est la même chose pour les luttes LGBT : quand on en parle, les médias sentent le besoin de rééquilibrer dans le sens contraire.C\u2019est peureux.Ces analystes ont peut-être raison de penser que les États- Unis n\u2019étaient pas prêts à élire une femme, mais croyez-vous vraiment que la solution soit de reculer?Il ne faut pas abdiquer, au contraire.Je ne crois même pas que l\u2019élection de Trump représente ce que pense la majorité.Je pense que la plupart des gens sont fiers des transformations sociales qu\u2019ont amenées le féminisme et les mouvements antiracistes, par exemple.L\u2019intérêt démesuré qu\u2019on porte à une minorité puissante pourrit la discussion, et s\u2019intéresser aux discours que vous dites minoritaires, ça ne peut qu\u2019aider à la rendre plus nuancée et plus saine.Le Devoir JACQUES NADEAU LE DEVOIR Valérie Lefebvre-Faucher : « Il faut comprendre que certaines demandes jugées radicales découlent de décennies de protestations stériles.Prenons le cas de l\u2019enseignement des œuvres d\u2019écrivaines.Quand ça fait 30 ans que les étudiantes le réclament sans succès, je peux comprendre qu\u2019une révolte se manifeste et que la négociation du corpus à lire se fasse dans la colère.» MICHAËL MONNIER LE DEVOIR «La police est entrée dans les universités ces dernières années.Ça me semble donc naïf de simplement défendre la liberté d\u2019expression sans examiner le contexte dans lequel elle s\u2019exerce.» JACQUES NADEAU LE DEVOIR Peter Bonilla : «Des évidences montrent que la population étudiante pousse désormais en faveur de la censure.Avant, c\u2019était plutôt les administrations qui étaient les artisans de la censure.Cela, je crois, tient en bonne partie à la pauvreté de l\u2019éducation of ferte en faveur de la liberté d\u2019expression.» S T É P H A N E B A I L L A R G E O N L a professeure de droit à Harvard Jennie Suk Gersen révélait dans un article du New Yorker, il y a deux ans, que certains étudiants de sa prestigieuse faculté exigent maintenant de ne pas suivre les cours sur les agressions sexuelles parce que le sujet les perturbe trop.Un futur avocat en formation aurait même demandé aux profs de ne plus utiliser le verbe violer (comme dans la phrase « ce criminel a violé la loi »), jugé trop offensant.Pas étonnant qu\u2019un autre universitaire ait écrit un texte anonyme au magazine Vox, à peu près en même temps, pour déclarer: «Je suis un professeur de gauche [libéral] et mes étudiants de gauche me terrifient.» De grands humoristes comme Jerry Seinfeld refusent de donner des spectacles dans les campus pour la même raison.Le politiquement correct a pris de l\u2019ampleur dans les années 1990 et semble maintenant plus vigoureux que jamais.Le politiquement correct parle de notre façon de parler, énonce comment on devrait se comporter les uns avec les autres.L\u2019accusation de « microagression » fait florès.Elle désigne une remarque jugée dégradante envers un groupe marginalisé.Ce contrôle social du langage, et donc de la pensée, s\u2019infiltre partout dans les collèges et les universités où la loi constitutionnelle devrait théoriquement favoriser la liberté totale d\u2019expression.L\u2019Amérique semble retombée en guerre culturelle et des batailles se jouent bien loin des campus, jusqu\u2019en politique active.Le politiquement correct a été évoqué à plusieurs reprises pendant la dernière campagne présidentielle.Le candidat à l\u2019investiture républicaine Ted Cruz a accusé le président Obama d\u2019être «trop politiquement correct» pour reconnaître le «terrorisme de l\u2019islam radical» quand il se pointe.Donald Trump a utilisé l\u2019accusation un peu comme un passe-partout pour se sortir de situations embarrassantes et répliquer à ses adversaires, tout en confortant sa base partisane la plus ouvertement réactionnaire, voire carrément raciste.Quand la journaliste Megyn Kelly a mis Donald Trump devant ses innombrables remarques et comportements sexistes \u2014 «Grab them by the pussy », ça vous dit quelque chose comme politiquement abject?\u2014, le candidat aux plus hautes fonctions a répondu ceci : «Je pense que le grand problème de ce pays, c\u2019est le politiquement correct.J\u2019ai été challengé par tellement de gens, je n\u2019ai franchement pas de temps à perdre pour le politiquement correct total.Et, très honnêtement, ce pays n\u2019a pas le temps non plus.» Les guerres culturelles Donald Trump serait donc l\u2019anti-politique- ment correct par excellence, le candidat d\u2019une réaction politiquement incorrecte de la « majorité » contre les « minorités », dans le cadre de la nouvelle guerre culturelle ?«On demeure dans un registre qui se rattache aux guerres culturelles, avec les mêmes problèmes qui ont trait à l\u2019identité, aux orientations sexuelles, au racisme aussi, évidemment, qui demeure un immense problème dans ce pays », commente David Grondin, professeur à l\u2019École d\u2019études politiques de l\u2019Université d\u2019Ottawa, spécialiste des États-Unis.Il rappelle que le candidat républicain a aussi tenu des propos insultants sur les Mexicains, les musulmans, qu\u2019il s\u2019est moqué d\u2019un journaliste handicapé.«Les partis politiques n\u2019animent pas les guerres culturelles, mais leurs acteurs s\u2019en font les relais.» Les médias, anciens et nouveaux, se retrouvent aussi au centre de la mécanique de transmission.Les réseaux de télé conservateurs exacerbent les divisions et légitiment eux aussi les micros et les macroagres- sions.«Les chaînes comme Fox ont joué la carte des élites progressistes et libérales qui ne sont pas à l\u2019écoute du peuple, dit le professeur.Trump a repris le discours contre l\u2019establishment en visant la classe politique, y compris celle de son parti.Les médias sociaux ont amplifié cette lecture.» Des ennemis à gauche Il n\u2019y a pas que là.Le politiquement correct a aussi ses ennemis à gauche.Le libéral Bill Maher a animé une émission carrément baptisée Politically incorrect (1994-2002 sur ABC).Il martèle dans sa nouvelle émission Real Time with Bill Maher (depuis 2003 sur HBO) que la soumission des démocrates à l\u2019idéologie politiquement correcte est en partie responsable de leur défaite.«Les gens s\u2019en foutent des débats sur les toilettes transgenres», disait-il au moment de tracer le bilan de l\u2019élection présidentielle.Cette remarque fait référence à une loi sur les toilettes en Caroline du Nord, abrogée jeudi par le Sénat de l\u2019État.«Bill Maher aussi tient un discours très fortement genré, note finalement le professeur Grondin, qui a beaucoup étudié la question de l\u2019info- divertissement.Il veut que les États-Unis adoptent une posture plus macho, arrêtent de s\u2019excuser.Lui aussi veut qu\u2019on dénonce le terrorisme de l\u2019islam radical.Sa position n\u2019est finalement pas si éloignée de celle de Trump, qu\u2019il critique énormément par ailleurs.Mais les charges féroces des émissions de fin de soirée contre le candidat républicain ne l\u2019ont pas empêché d\u2019être élu.» Le Devoir Du politiquement correct au politiquement abject Donald Trump et l\u2019art de se comporter les uns avec les autres Protester contre la parole des puissants «Depuis plusieurs années, on nous vend de la liberté et ce qu\u2019on reçoit en retour, c\u2019est plus de surveillance» Il est plus difficile de défendre la parole qui dérange le pouvoir Erri De Luca, auteur de La parole contraire « » Chaque fois qu\u2019on restreint la liberté de parole, les militants et les personnes marginalisées paient le plus fort prix Valérie Lefebvre-Faucher « » ILLUSTRATION TIFFET Haro sur la censure dans les campus Nous avons la conviction que la meilleure défense contre des idées qui peuvent paraître offensantes n\u2019est pas d\u2019interdire leur accès à la place publique Peter Bonilla « » Je ne crois même pas que l\u2019élection de Trump représente ce que pense la majorité Valérie Lefebvre-Faucher « » L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 E R E T D I M A N C H E 2 A V R I L 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 6 Exclus de cette offre : titulaires de permis, SAQ Dépôt, SAQ Signature, agences de la SAQ et comptoirs Vin en vrac.L\u2019offre Obtenez jusqu\u2019à 5 000 points bonis sur ces 7 produits est en vigueur le samedi 1er avril 2017 seulement, jusqu\u2019à la fermeture de la succursale ou l\u2019épuisement des stocks, selon la première éventualité, pour chacun des produits suivants : Moma (code SAQ : 10544781) ; Codorníu Clasico Brut (code SAQ : 00503490) ; Smirnoff Triple Distillation (code SAQ : 00000067) ; Patriarche Pinot Noir (code SAQ : 10826578) ; Villa Maria Estate Private Bin Sauvignon Blanc (code SAQ : 11974951) ; La Vieille Église (code SAQ : 00560748) ; Albis (code SAQ : 00319905).Les points bonis sont offerts aux membres SAQ Inspire seulement et sur présentation de la carte SAQ Inspire.Quantités limitées à 15 950 caisses pour tout le réseau.Promotion également offerte dans SAQ.COM.Aucune mise de côté n\u2019est acceptée.Voir SAQ.COM/saqinspire pour les modalités et conditions deSAQ Inspire.La SAQ peut mettre fin à cette offre en tout temps.18 ans ou plus.Détails en succursale.Marques de commerce déposées.POINTS ÉCLAIR pts VALEUR DE BONI 3 200 3,20 $ pts VALEUR DE BONI 4 000 4,00 $ pts VALEUR DE BONI 5 000 5,00 $ pts VALEUR DE BONI 3 000 3,00 $ pts VALEUR DE BONI 2 500 2,50 $ pts VALEUR DE BONI 4 500 4,50 $ pts VALEUR DE BONI 3 000 3,00 $ JUSQU'À ÉPUISEMENT DES STOCKS SAMEDI 1er AVRIL SEULEMENT M A R C O B É L A I R - C I R I N O Correspondant parlementaire à Québec J ean-François Lessard veut faire de la convergence des forces indépendantistes et progressistes la question de l\u2019urne de la course au poste de porte-parole masculin de Québec solidaire.Le militant solidaire de longue date demandera aux membres de QS de rejeter « la théorie des petits pas», qui a permis de faire élire Amir Khadir, Françoise David et Manon Massé à l\u2019Assemblée nationale au cours des dix dernières années.« Ça fait onze ans qu\u2019on emploie la stratégie du petit train va loin.À ce rythme-là, on est majoritaires en 2228.Ça ne peut pas continuer comme ça!» lance le résidant de la Vallée des Patriotes dans un entretien avec Le Devoir.Por té par cette conviction profonde, M.Lessard annoncera officiellement sa candidature au poste de porte-parole masculin de QS lundi.Il affrontera Gabriel Nadeau-Dubois et Sylvain Lafrenière.Le candidat «des régions» et de la «convergence» exhortera les membres de QS à donner leur feu vert dès le congrès de mai prochain à des « négociations» avec le PQ sur une «pla- teforme commune [qui] ser[virait] de guide pour le prochain mandat de quatre ans», de 2018 à 2022.«Est-ce que c\u2019est un gouvernement minoritaire du PQ avec balance du pouvoir à Québec solidaire?Est-ce que c\u2019est un gouvernement de coalition?» s\u2019interroge à haute voix le cosignataire du Manifeste pour un Québec solidaire.L\u2019ébauche d\u2019une plateforme électorale commune aux formations politiques indépendantistes et progressistes est à portée de main, est persuadé M.Lessard.«Il y a des choses sur lesquelles on s\u2019entend déjà avec le Parti québécois », souligne-t-il.Des exemples?La nécessité de réformer le mode de scrutin, de mettre sur pied une assemblée constituante, de créer Pharma- Québec, d\u2019affranchir le Québec des hydrocarbures, de réinvestir en éducation et en santé, de revoir la fiscalité des institutions financières, énumère-t-il.«Les points de divergence, met- tons-les de côté.Il y a en masse de quoi remplir un mandat de quatre ans», fait-il valoir.Les solidaires pourraient ainsi voir « les principaux éléments de [leur] programme » mis en œuvre dès le lendemain des élections générales de 2018.«La conscience du Parlement, c\u2019est le fun, mais ça ne nous donne pas grand-chose», laisse-t- il tomber.La mise au rebut du mode de scrutin uninominal majoritaire à un tour constituerait nécessairement la « pierre angulaire » d\u2019un pacte entre le PQ et QS, précise M.Lessard.«Ça fait 15 ans qu\u2019on se tape les libéraux, 15 ans de destruction systématique de l\u2019appareil d\u2019État.Il faut que ça arrête », martèle le père de deux filles de 6 et 8 ans.Une fusion Québec solidaire-Option nationale, comme le prône M.Nadeau- Dubois, ne suf fira pas pour « sor tir de la logique néolibé- rale», conclut-il.À ses yeux, la conclusion d\u2019alliances électorales QS-PQ apparaît incontournable pour barrer la route à la fois au Parti libéral du Québec et à la Coalition avenir Québec en 2018.« Mettons un scénario extrême comme un échange de comtés entre le PQ et QS dans 50 ou 60 circonscriptions.[\u2026] C\u2019est un des scénarios envisageables.Il y en a plein d\u2019autres.» D\u2019ail leurs, M.Lessard compte se présenter à l\u2019investiture de QS dans la circonscription de Borduas «à moins qu\u2019il y ait une entente qui fasse en sorte que les choses doivent se passer différemment».Le Devoir QUÉBEC SOLIDAIRE Lessard veut presser le pas JACQUES NADEAU LE DEVOIR Militant de longue date, Jean-François Lessard affrontera Gabriel Nadeau-Dubois et Sylvain Lafrenière dans la course au poste de porte-parole masculin de QS.I S A B E L L E P O R T E R à Québec L es fonds débloqués dans le dernier budget provincial pour aider les gens à mettre aux normes leurs fosses septiques sont vus comme un pas dans la bonne direction pour protéger les sources d\u2019eau potable, notamment dans le bassin-versant de la Rivière-Saint-Charles, à Québec.Cela n\u2019a toutefois rien d\u2019une panacée, prévient-on.« Si les gens ont des installations septiques à mettre aux normes, c\u2019est une aide appréciable », résume l\u2019ingénieur François Morneau, qui coordonne les mesures de protection du bas- sin-versant à la Communauté métropolitaine de Québec (CMQ).«C\u2019est déjà un bon pas.» La protection des sources en eau potable touche surtout les milieux ruraux, mais c\u2019est aussi un enjeu très délicat à Québec, où des centaines de milliers de personnes s\u2019approvisionnent dans un Lac fragilisé par l\u2019étalement urbain.Souvent, les résidences en périphérie ne sont pas connectées aux réseaux d\u2019égouts et, quand leurs installations septiques sont déficientes, elles rejettent du phosphore et des bactéries qui peuvent contaminer les sources en eau potable.Pour pallier en partie ce problème, le gouvernement a débloqué des fonds dans le budget pour aider les gens à financer l\u2019achat de fosses septiques moins nuisibles à l\u2019environnement.L\u2019aide prend la forme d\u2019un crédit d\u2019impôt remboursable dont la valeur peut s\u2019élever jusqu\u2019à 5500$ par ménage, et jusqu\u2019à 32 000 propriétaires pourraient s\u2019en prévaloir d\u2019ici cinq ans.«Probablement que ça va encourager les gens qui doivent de toute façon remplacer leurs installations à le faire plus tôt », observe la directrice de l\u2019Association pour la protection de l\u2019environnement du Lac-Saint-Charles (APEL), Mélanie Deslongchamps.Selon elle, les coûts des installations septiques constituent une embûche réelle à la protection des bassins-versants.Selon François Morneau, d\u2019autres mesures, comme le nouveau programme fédéral consacré aux infrastructures d\u2019eau potable (le FEP- TEU), ont aussi un impact positif dans ce dossier en permettant aux municipalités de payer le raccordement de résidences aux réseaux d\u2019égouts.Pas une panacée Au Regroupement des organismes de bassins- versants du Québec (ROBVQ), on fait remarquer que, même avec le crédit d\u2019impôt, les installations septiques restent coûteuses avec des factures pouvant s\u2019élever jusqu\u2019à 30 000$ selon les besoins.«Ça reste un montant relativement restreint », résume son vice-président, Jean-Paul Raîche.Ce dernier ajoute qu\u2019il reste beaucoup à faire dans ce dossier et que le plan du gouvernement à ce sujet reste à définir.«Ce qui serait vraiment bien, c\u2019est que le gouvernement adopte sa Stratégie québécoise sur la gestion intégrée de l\u2019eau.» Il ajoute que les organismes de bassins-ver- sants (OBV) mandatés par le gouvernement pour surveiller la vulnérabilité des cours d\u2019eau depuis 2006 sont sous-financés avec un budget annuel d\u2019environ 125 000 $.« Il y a des OBV qui sont fermés ou sont obligés de remercier des employés faute d\u2019argent», dit-il.Selon le Parti québécois, la hausse du financement des OBV est nécessaire.Dans l\u2019ensemble, le gouvernement est « en rattrapage» dans ce dossier, selon le député péquiste Sylvain Gaudreault.«Ça faisait longtemps que c\u2019était annoncé, mais on n\u2019avait jamais collé d\u2019argent à ça.» Le Devoir ENVIRONNEMENT Un nouveau crédit d\u2019impôt pour des fosses septiques moins nuisibles À ce rythme-là, on est majoritaires en 2228.Ça ne peut pas continuer comme ça ! Jean-François Lessard, candidat au poste de porte-parole masculin de Québec solidaire « » Lire aussi \u203a La convergence: une option emballante.Un texte de Jean-François Lessard à lire sur ledevoir.com. L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 E R E T D I M A N C H E 2 A V R I L 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 7 Départs de Montréal.« Les vacances pour adultes les mieux cotés en solde » est une off re d\u2019une durée limitée applicable aux nouvelles réservations eff ectuées entre le 1er et le 7 avril 2017 sur une sélection de dates de départs.Cette off re peut changer et être retirée en tout temps sans préavis.Les économies de 40 % s\u2019appliquent aux tarifs de la brochure pour le Memories Caribe Beach Resort à Cayo Coco, Cuba, pour les départs du 27, 28 mai, 3, 10, 11, 13, 14 et 15 juin 2017.Les économies sont déjà refl étées dans les prix affi chés.L\u2019off re ne peut être jumelée à aucune autre promotion et la capacité est contrôlée.Les taxes locales payables à destination sont en supplément (Rép.dom.30 $ US, Panama 15 $ US).Les prix n\u2019incluent pas la contribution des clients au Fonds d\u2019indemnisation des clients des agents de voyages de 1,00 $ par tranche de 1 000 $ de services achetés.Les vols sont sur Sunwing Airlines ou Jetairfl y.Le service en vol varie selon l\u2019heure de vol et la destination.Pour les modalités et conditions complètes, veuillez vous référer à la brochure de Vacances Sunwing 2016-17.Titulaire d\u2019un permis du Québec #702928.01042017 Pour réserver vos vacances Sunwing, communiquez avec votre agent de voyages ou visitez Sunwing.ca Réservez d\u2019ici le 7 avril Choisissez parmi notre gamme d\u2019hôtels tout compris pour adultes de 18 ans et + que nous avons soigneusement sélectionnés Les vacances pour adultes en solde les mieux cotés 40% Économisez jusqu'à Envolez-vous avec le n°1 au Canada dans le sud J E A N - F R A N C O I S N A D E A U L\u2019 expansion du Palais des congrès de Montréal devrait avaler, à la suite d\u2019expropriations, quelques-uns des derniers bâtiments historiques qui jouxtent la vieille ville.Ces bâtisses de la rue Saint-Antoine constituent les dernières traces de la vie du faubourg Saint-Laurent, aux abords des anciennes fortifications.À l\u2019époque, l\u2019actuelle rue Saint-Antoine, minée par la tranchée d\u2019une autoroute, supplantait encore la rue Saint-Ca- therine comme principale artère commerciale de la ville.Dans un «énoncé d\u2019intérêt patrimonial », un groupe d\u2019experts signalait en 2012, au sujet de ces édifices menacés de la rue Saint-Antoine, «la rareté de leur architecture typique du Vieux-Montréal».Ces bâtiments typiques d\u2019une architecture vernaculaire du XIXe siècle sont situés entre la rue Saint-Urbain et le boulevard Saint-Laurent.Le rapport rédigé par l\u2019architecte Jean Laberge, de la Direction de la culture et du patrimoine de la ville, notait que les experts avaient consta - té « la qualité de composition de certaines façades de pierre et de leurs détails ».Intérêt archéologique Qui plus est, le groupe de travail mandaté par l\u2019arrondissement avait conclu que les bâtiments étaient non seulement d\u2019« intérêt patrimonial », mais qu\u2019ils étaient situés dans un secteur d\u2019intérêt archéologique à fort potentiel.Le secteur a perdu de son lustre commercial à compter des années 1930, au profit de la rue Sainte-Catherine, avant d\u2019être déstructuré à nouveau considérablement par la percée de la tranchée de l\u2019autoroute.En entrevue au Devoir, l\u2019architecte Jean Laberge réitère aujourd\u2019hui le fort intérêt patrimonial de ces bâtiments.« C\u2019est à peu près tout ce qui reste de l\u2019époque où cette rue Saint-Antoine, connue autrefois sous le nom de Craig, était commercialement florissante.» Le spécialiste du patrimoine ajoute que ces bâtiments font effectivement partie du Vieux- Montréal.«Ce concept de \u201cvieux Montréal\u201d est très contemporain, avec sa frontière bien définie.En réalité, il y a des bâtiments à l\u2019extérieur de ce périmètre qui sont tout aussi vieux et qui font partie, au fond, de ce qu\u2019on appelle le Vieux-Montréal.» Plusieurs immigrants d\u2019origine juive s\u2019étaient installés dans les commerces de la rue Saint-Antoine au début du XXe siècle.On trouvait, tout près, l\u2019imposant terminus de tramway Craig.Plusieurs prêteurs sur gages y avaient pignon sur rue.On vendait là de tout, pêle- mêle, comme chez Caméra Simon, avant que chacun de ces commerces se spécialise dans un champ particulier.Dans les années 1960, les marchands d\u2019instruments de musique ont poussé comme des champignons à la suite de l\u2019explosion de la musique rock.Commerces touchés Au nombre des établissements commerciaux touchés par une expropriation, on trouve le magasin de musique Steve\u2019s.Gérant chez Steve\u2019s depuis 34 ans, Sheldon Sazant assure que si les planchers usés de ces immeubles pouvaient parler, ils en auraient long à dire.Sur les murs, des photos autographiées témoignent du passage de centaines de musiciens d\u2019importance.«Des lieux comme ça, il est clair qu\u2019il n\u2019en existe plus, même à New York.» Chez Jack\u2019s Musique, un autre des commerces touchés, on trouve derrière le même comptoir Usher Greenbaum depuis 1967.Entouré de guitares, il affirme qu\u2019« un projet de tour a été abandonné, mais on ne sait rien de précis ».Un des propriétaires du pâté de maisons, William Kirman, affirme ne pas encore savoir à quoi s\u2019en tenir de la par t du gouvernement.Selon Dinu Bumbaru, d\u2019Héritage Montréal, « rien n\u2019empêcherait que ces bâtiments soient intégrés, si ce n\u2019est le peu de sensibilité des gens du Palais des congrès, comme ils l\u2019ont démontré par le passé».Le défenseur du patrimoine montréa- lais observe au passage que le Palais des congrès actuel, lors de son édification, avait promis de remettre en valeur au moins la façade d\u2019un bâtiment détruit qui arborait un bas-relief Art déco en pierres noires à la gloire de l\u2019électricité.Dinu Bumbaru se pose aus - si la question éventuelle d\u2019u - ne obstruction d\u2019un point de vue unique sur le Vieux-Mont- réal par l\u2019édification d\u2019un nouveau bâtiment du Palais des con grès.La perspective offerte aux piétons sur l\u2019église Notre-Dame risque alors de disparaître.Le Devoir Le patrimoine de la rue Saint-Antoine menacé L\u2019expansion du Palais des congrès de Montréal compromet des immeubles qui appartiennent par leur architecture à la vieille ville JACQUES NADEAU LE DEVOIR «Le concept de \u201cvieux Montéal\u201d est très contemporain, avec sa frontière bien définie.En réalité, il y a des bâtiments à l\u2019extérieur de ce périmètre qui sont tout aussi vieux et qui font partie, au fond, de ce qu\u2019on appelle le Vieux-Montréal», explique l\u2019architecte Jean Laberge.Rien n\u2019empêcherait que ces bâtiments soient intégrés, si ce n\u2019est le peu de sensibilité des gens du Palais des congrès, comme ils l\u2019ont démontré par le passé Dinu Bumbaru, d\u2019Héritage Montréal « » IMAGE LANDSAT / COPERNICUS GOOGLE EARTH L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 E R E T D I M A N C H E 2 A V R I L 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 8 C H R I S T I A N R I O U X à Florange, en Moselle «Je ne comprends rien à cette élection.On ne sait plus pour qui voter.» À 88 ans, Stanislas Adamczyk n\u2019a jamais été aussi indécis à trois semaines d\u2019un scrutin présidentiel.En ce lundi ensoleillé, il est venu avec son épouse déposer des fleurs sur la tombe d\u2019un parent qui repose à l\u2019ombre des gigantesques aciéries de Florange.Pendant que les corbeaux tournent dans le ciel bleu, ce fils d\u2019immigrant polonais qui a travaillé plus de 30 ans dans la sidérurgie admet son désarroi quant à une élection où rien ne se déroule comme prévu.Si les scandales n\u2019avaient pas éclaté à un mois de la fin des mises en candidature, il aurait probablement voté pour le candidat de la droite François Fillon, histoire de punir les socialistes qu\u2019il avait soutenus en 2012.Maintenant, il ne sait plus.Comme 35% des électeurs, il choisira à la dernière minute.Stanislas Adamczyk se souvient comme si c\u2019était hier de la venue de François Hollande le 24 février 2012.Le candidat socialiste avait promis de préserver les emplois et de faire adopter une loi permettant à l\u2019État de racheter une usine rentable, comme l\u2019étaient alors les hauts-fourneaux d\u2019Arcelor-Mittal, en attendant un repreneur.N\u2019hésitant devant aucun symbole, le candidat socialiste était monté sur une camionnette pour haranguer les ouvriers.Sa mince majorité dans les classes populaires, c\u2019est ici que François Hollande l\u2019avait arrachée.C\u2019est ici qu\u2019il était venu chercher un supplément d\u2019âme et prouver qu\u2019il avait quelque chose à offrir aux perdants de la mondialisation.Punir les socialistes « La camionnette blanche sur laquelle Hollande était monté, c\u2019était la mienne ! » se souvient Rudy Crestani, ancien permanent du syndicat CGT aujourd\u2019hui à la retraite.Hollande n\u2019a tenu parole qu\u2019à moitié, dit-il.« Les 629 ouvriers des hauts-fourneaux ont tous été reclassés, mais pas les employés des sous-traitants, qui sont restés sur le pavé.Quant à la loi promise, elle existe.Mais c\u2019est une loi inutile.» En tout, c\u2019est plus de 1800 emplois qui ont pris le large dans une région qui en avait déjà perdu 750 000 en dix ans.Pour Rudy Crestani, la ville de Hayange n\u2019est plus que l\u2019ombre d\u2019elle-même.« Ici, avant, dit-il, il y avait trois cinémas, des salles de danse, des restaurants.» Dans les années 1980, les habitants de Metz venaient s\u2019habiller à Hayange.Il y a longtemps que les tailleurs juifs ont été remplacés par des migrants albanais et afghans qui errent dans le centre-ville.À l\u2019ombre des hauts-fourneaux qui rouillent sur pied, le clocher de l\u2019église Saint-Martin fait piètre figure entre les locaux désaf fectés du New Discount et du restaurant du coin.Partisan du socialiste Benoît Hamon, Rudy Crestani admet qu\u2019il est bien seul dans la région.« Ici, c\u2019est le Front national qui arrivera en tête.Ça ne fait aucun doute ! » Chez les socialistes, qui dominaient la région depuis des décennies, c\u2019est la déroute.En cinq ans, deux socialistes ont dû céder leur mairie à des candidats de la droite ou de l\u2019extrême droite.Aux dernières départementales, le FN a fait 53 % à Hayange.« Jamais de ma vie je ne revoterai socialiste, dit le secrétaire général adjoint du syndicat Force ouvrière d\u2019Arcelor-Mittal, Frédéric Weber.Lorsqu\u2019il dit avoir respecté ses promesses, Hollande joue sur les mots.La trahison, c\u2019est dans son ADN!» Selon lui, l\u2019État français aurait dû nationaliser les hauts-fourneaux, qui étaient rentables, et trouver un repreneur.La preuve, que cette liquidation était inutile, dit-il, maintenant que la demande est repar tie à la hausse, Mittal cherche à racheter la plus grande aciérie d\u2019Europe, le site Ilva à Tarente en Italie.Une usine nationalisée en 2014 par l\u2019État italien.« C\u2019est exactement ce qu\u2019on proposait à Florange, dit Weber.Ici, les socialistes nous ont trahis ! » Selon le gouvernement, une nationalisation temporaire aurait entraîné une « guerre » avec Mittal, qui aurait refusé d\u2019approvisionner l\u2019usine.Face aux journalistes Gérard Davet et Fabrice Lhomme, le président n\u2019admettra qu\u2019une seule erreur : n\u2019avoir pas «mis en scène» sa décision pour qu\u2019elle soit mieux reçue.Terminé le « front républicain» Dans la petite Maison des syndicats d\u2019Arcelor- Mittal, sur l\u2019avenue des Tilleuls, trois employés ont des membres de leur famille partis travailler au Québec.Le beau-fils de Pascal Grimmer (FO) a travaillé chez Ubisoft à Montréal avant de lancer son entreprise.« Ici, le chômage chez les jeunes peut atteindre 30 ou 40%», dit-il.Après Marine Le Pen, le candidat le plus populaire dans la région se nomme Jean-Luc Mé- lenchon.Le leader du Front de gauche a fait salle comble à Florange le 19 janvier dernier.Plus de 1000 personnes ont fait la queue à deux degrés sous zéro devant la petite salle de spectacle de la ville qui ne compte que 450 places.« Cette élection, c\u2019est du n\u2019importe quoi, dit Frédéric Weber.C\u2019est le cirque Barnum.Il est trop facile de traiter de fascistes les gens qui votent FN après avoir manqué de courage pendant cinq ans.» Le syndicaliste votera Mélenchon au premier tour.Mais au second, il votera blanc même si le FN risque de l\u2019emporter.« Je m\u2019en fous.Le \u201cfront républicain\u201d, c\u2019est terminé.Si Marine Le Pen est élue, on continuera à se battre comme on a toujours fait ! » Sur le mur de son bureau, on voit la photo d\u2019une plaque forgée par les ouvriers où l\u2019on peut lire : « Ici reposent les promesses de changement de François Hollande».Le jeune maire républicain (LR) de Florange, Rémy Dick, ne se fait pas d\u2019illusion sur les raisons de son élection.Pour punir les socialistes qui dirigeaient la ville depuis 24 ans, les Floran- geois ont élu un maire de 22 ans encore étudiant à Science Po.La ville compte 1400 chômeurs sur 11 700 habitants.« Je peux vous assurer que le 23 avril, le FN sera en tête dans tous les bureaux de vote de la région, dit-il.Ici, le FN a un boulevard !» Et pour cause.La population de Florange est en voie de paupérisation.Le salaire médian de ceux qui travaillent dans la région atteint à peine 10 000 euros par an.« Heureusement que le tiers des Florangeois travaille au Luxembourg, où ils font de bons salaires », ajoute-t-il.Florange serait-elle un symbole de l\u2019Europe du XXIe siècle ?Alors que le chômage y est endémique, la région survit grâce aux travailleurs frontaliers qui travaillent dans ce qu\u2019il faut bien appeler\u2026 un paradis fiscal soutenu par Bruxelles.On ne peut rien exclure «C\u2019est en effet paradoxal», admet Rémy Dick.Ce responsable pour la région de la campagne de François Fillon reconnaît qu\u2019à Florange, cette campagne n\u2019a jamais commencé.Depuis les scandales qui se sont abattus sur le candidat et son épouse, «même mes assistants ne veulent pas faire campagne», dit-il.Fin analyste de la vie politique, Dick est convaincu que François Hollande a tout fait pour que le Parti socialiste se suicide.«Son candidat, c\u2019est évidemment Macron!», dit-il.Or, ajoute-t-il, on ne peut pas totalement exclure une victoire de Marine Le Pen.Si au second tour elle affronte Emmanuel Macron, «beaucoup de fillonnistes refuseront de voter Macron.Une bonne partie ira au Front national.Même les catholiques qui autrefois refusaient de voter FN sont maintenant prêts à faire le pas.On entre dans quelque chose de complètement nouveau\u2026» Le Devoir PRÉSIDENTIELLE FRANÇAISE « Ici, Marine Le Pen a un boulevard » Les habitants de Florange déterminés à punir les socialistes C H R I S T I A N R I O U X à Hayange, en Moselle S ymbole de la colère contre la fermeture des hauts- fourneaux, les habitants de Hayange ont mis fin en 2014 à 17 ans de règne socialiste au profit du Front national.À 37 ans, le maire de cette ville sinistrée, Fabien Engelmann, est vite devenu un symbole dans la région.Représentant de la CGT, dont il a été exclu malgré l\u2019opposition des militants de sa section, il a milité à Lutte ouvrière et au Nouveau Parti anticapitaliste avant de rejoindre le FN.Plusieurs, comme le politologue Pascal Perrineau, y ont vu un parcours représentatif de nombreux militants ouvriers et des mutations du FN depuis l\u2019arrivée de Marine Le Pen.«Il n\u2019y a pas de cassure, dit Fa- bien Engelmann.Quel est le programme qui parle le plus des classes populaires?Marine Le Pen est le seul candidat susceptible de l\u2019emporter qui peut changer le quotidien des ouvriers, des salariés et du petit peuple.» Depuis son élection, plusieurs de ses décisions ont prêté à polémique: suppression de la subvention au Secours populaire, fontaine et wagons miniers repeints aux couleurs du drapeau français, et sur tout création d\u2019un festival du cochon dans une région qui n\u2019en produit pas et alors que le maire est lui-même végétarien.Une politique destinée à braquer la population contre les immigrés?«Je fais une dif férence entre une immigration réussie et une immigration qui ne veut pas s\u2019intégrer, dit-il.Tous les Hayan- geois d\u2019origine italienne, portugaise ou espagnole votent massivement pour nous.Ils font partie de la même civilisation.Nous avons également des Algériens et des Marocains qui sont très bien intégrés.Je n\u2019attise pas la haine, mais à l\u2019époque, il y avait du travail.On avait affaire à des personnes qui se sont rapidement intégrées, ont respecté nos coutumes et nos valeurs et ont rapidement appris le français.Ce n\u2019est plus le cas.» Le maire se veut représentatif de ces nouveaux élus dont Marine Le Pen dit qu\u2019ils ont fait la preuve de la capacité du FN à diriger une ville, une région et éventuellement la France.«Sécurité», «propreté», «pas de dépenses somptuaires», «pas d\u2019augmentation d\u2019impôts » sont les maîtres mots du maire, qui avoue tout de même qu\u2019il «ne pourra pas rallumer les hauts- fourneaux.Je ne vais pas mentir comme le font les communistes.C\u2019est de l\u2019utopie.Mais il faut sauver ce qui reste à sauver».Même si, avec Marine Le Pen, la France devait quitter l\u2019espace de Schengen, il assure que les Hayangeois qui travaillent au Luxembourg pourront continuer à le faire.« Ça ne changera rien.Il y a toujours eu des travailleurs frontaliers ici.Le Luxembourg en a besoin.Regardez la Suisse.Beaucoup de Français travaillent en Suisse, ça ne crée aucun souci.» Même si Marine Le Pen ne l\u2019emporte pas au second tour de la présidentielle, Fabien Engel- mann se consolera.«Si on perd avec un score entre 40 et 50%, ce sera quand même une victoire.En 2002, Jean-Marie Le Pen n\u2019avait fait que 19%.Ce sera une victoire de nos idées.» Le Devoir FABIEN ENGELMANN De l\u2019extrême gauche au Front national Ici, avant, il y avait trois cinémas, des salles de danse, des restaurants Rudy Crestani, ancien permanent du syndicat CGT « » JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN AGENCE FRANCE-PRESSE Ancien militant à Lutte ouvrière et au Nouveau Parti anticapitaliste, le maire de Hayange a rejoint les rangs du Front national.JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN AGENCE FRANCE-PRESSE La ville de Florange a été durement af fectée par les fermetures d\u2019usine depuis une dizaine d\u2019années.La fermeture de l\u2019acierie d\u2019Arcelor-Mittal a fait disparaître 1800 emplois dans une région qui en avait déjà perdu 750 000 en dix ans. L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 E R E T D I M A N C H E 2 A V R I L 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 9 HÉLÈNE ROULOT-GANZMANN Collaboration spéciale L eur communauté ?Le dramaturge Marco Micone coupe tout de suite court à ce qui ne relève plus selon lui que du fantasme.Certes, on pouvait parler de communauté italienne dans les années 1950, 1960 et 1970.Une communauté politique, soudée face au nationalisme québécois qui désignait un ennemi intérieur, « l\u2019Italien voleur de jobs».Aujourd\u2019hui, alors que ce sont plutôt les musulmans qu\u2019on a tendance à ostraciser, cette solidarité est devenue obsolète, estime-t-il.« Il y a plutôt des communautés italiennes.Les gens se regroupent par affinités et selon les catégories sociales auxquelles ils appartiennent.» Environ 263 000 Italiens vivent à Montréal sur les quelque 300 000 que compte la province dans son ensemble.Alors, forcément, tous n\u2019ont pas eu le même parcours de vie.Entre les descendants des premiers immigrants arrivés au début du siècle dernier pour fuir la misère du sud de l\u2019Italie avec la ferme conviction qu\u2019ils rentreraient un jour chez eux et les tout derniers arrivants, principalement des jeunes, éduqués dans les meilleures universités européennes, mais entrevoyant plus de possibilités professionnelles de ce côté-ci de l\u2019Atlantique, le fossé culturel est grand.Puis, il y a le gros de la troupe, toutes ces familles arrivées durant les Trente Glorieuses pour construire le Montréal moderne.Aujourd\u2019hui, 72 % des Italo-Québécois sont nés ici.Et ils sont 42 % à descendre d\u2019un couple mixte.« Nos parents et grands-parents sont arrivés pour la plupart illettrés, souligne Carole Gagliardi, femme d\u2019affaires aujourd\u2019hui responsable du développement des affaires et des relations avec la communauté pour le magazine Panoram Italia.Ils étaient paysans dans leur petit village des Pouilles ou de la Sicile.Ils se sont intégrés dans la grande ville, sont allés à l\u2019usine ou dans les chantiers de construction.Ils étaient sous-payés, méprisés.Mais ils ont envoyé leurs enfants à l\u2019école.Ç\u2019a toujours été très important, l\u2019école.Aujourd\u2019hui, la nouvelle génération sort de l\u2019université et on la retrouve dans toutes les sphères professionnelles.Il y a de quoi être fier ! » Une majorité de trilingues D\u2019autant qu\u2019une majorité d\u2019entre eux sont trilingues.Et c\u2019est, à en croire nos trois représentants, ce qui différencie réellement les Italiens de Montréal de ceux de Toronto ou de New York.« Dans les années 1950, l\u2019école francophone ne voulait pas de nous et nous avons donc fait nos études en anglais, explique M.Micone.Or, nos parents côtoyaient plutôt des francophones dans les usines.La langue commune à la maison est donc demeurée l\u2019italien.Puis, la loi 101 est passée par là.Elle a obligé notre génération plutôt anglophone à envoyer ses enfants dans les commissions scolaires francophones.Ce particularisme fait en sorte que nous sommes nombreux à être à l\u2019aise dans les trois langues, alors qu\u2019ailleurs en Amérique du Nord, les Italiens parlent presque exclusivement anglais.» Au Caffè San Simeon, c\u2019est en tout cas en italien qu\u2019ils se saluent et se donnent des nouvelles.Et si les jeunes utilisent plutôt l\u2019une des deux langues officielles dans leur vie quotidienne, l\u2019italien revient naturellement lors des grands rassemblements populaires.L\u2019esprit de famille demeure Ici, au cœur de la Petite Italie, où les résidants ont beau ne plus faire majoritairement partie de la communauté, toutes les devantures des commerces rappellent que les Italiens aiment encore s\u2019y retrouver pour boire un bon expresso ou regarder un match de soccer.« Nous n\u2019aimons généralement pas trop les clichés dont on nous affuble, poursuit le comédien Sylvio Orvieto, mais celui de la socialisation de la communauté dans les cafés, surtout les jours de match du National, on ne peut pas le rejeter et, au contraire, on le revendique ! » Des clichés, Carole Gagliardi en revendique d\u2019autres.« Même si la communauté est aujourd\u2019hui très éclatée, l\u2019esprit de famille demeure.On célèbre encore les fêtes religieuses, on honore le saint du village que nos ancêtres ont quitté.Ce sont surtout les anciens qui se regroupent, je le reconnais.Mais il est très difficile pour un jeune de ne pas être présent.» Une affirmation qui ne fait pas l\u2019unanimité autour de la table.Marco Micone croit plutôt que les jeunes Italo-Montréalais de troisième et quatrième génération ont été biberonnés à la culture hollywoodienne.Tous trois conviennent en revanche que, depuis les années 1990 et la reconnaissance mondiale du chic italien, le regard des Québécois sur eux a changé.Fini le temps où les enfants se faisaient appeler « Spaghetti » dans les cours d\u2019école.C\u2019est devenu plus in d\u2019être italien.« Mais pas au point d\u2019être perçu comme Québécois » malgré un siècle de présence dans la ville, nuance Silvio Orvieto.« Il faudra un jour que les Québécois admettent que l\u2019immigration n\u2019est pas une œuvre philanthropique, conclut Marco Micone.Comme ma mère le disait si bien, si nous avions dû voler des jobs, on se serait arrangés pour en voler de meilleurs ! » La semaine prochaine : les Portugais Fierté et modernité à l\u2019italienne CONTENU COMMANDITÉ PAR LA SOCIÉTÉ DES CÉLÉBRATIONS DU 375E ANNIVERSAIRE DE MONTRÉAL C\u2019était jour de verglas, les rues de la métropole étaient désertes.Mais au Caffè San Simeon, ils sont arrivés tous les trois à notre rendez-vous.Ravis de pouvoir passer un moment ensemble.Et heureux de cette occasion qui leur était donnée d\u2019échanger sur leur communauté italienne.Le Devoir poursuit cette semaine, en collaboration avec la Société des célébrations du 375e anniversaire de Montréal, la publication de sa série de portraits des communautés culturelles qui ont bâti le Montréal d\u2019aujourd\u2019hui.Prenez part à la ligne du temps participative du 375e de Montréal Explorez les petits et grands moments de l\u2019histoire de Montréal 375mtl.com/lignedu temps Guillaume Levasseur Sylvio Orvieto, comédien, Carole Gagliardi, femme d\u2019affaires, et Marco Micone, dramaturge, attablés au Caffè San Simeon.MONTRÉAL COULEURS CAFÉS M A R I E - M I C H È L E S I O U I Correspondante parlementaire à Québec L e Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) tente de faire peau neuve.Son chef se donne jusqu\u2019à dix ans pour changer la culture de son service, dans un exercice qui risque \u2014 encore \u2014 de faire des vagues.Philippe Pichet a dévoilé vendredi matin son Plan d\u2019action pour rassurer et améliorer le lien de confiance des citoyens envers le SPVM, un document commandé par le ministère de la Sécurité publique, dans la foulée de révélations et d\u2019allégations concernant l\u2019écoute de journalistes et la fabrication de preuves au sein du service de police.Au menu: 38 mesures, dont certaines ont déjà été mises en place et ont déjà causé de la «frustration», a-t-il admis.«D\u2019après notre section recherche, changer une culture, ça prend habituellement de cinq à dix ans.Ma volonté à moi, c\u2019est de le faire le plus rapidement possible», a-t-il assuré.Sauf que le parcours risque d\u2019être parsemé d\u2019embûches, prévient Rémy Trudel, de l\u2019École nationale d\u2019administration publique.«C\u2019est évident, il va y avoir des crises de différentes ampleurs, et ça va lui prendre [à M.Pichet] les outils pour faire face à ces crises-là, a-t-il dit.D\u2019ailleurs, il y en a déjà, des guerres de gang.» Selon lui, l\u2019introduction d\u2019une dimension «éthique» dans le plan d\u2019action est une très bonne nouvelle.Pour le reste, Philippe Pichet devra avoir les coudées franches, du soutien et des échéanciers plus précis que ceux qu\u2019il a présentés, estime le professeur invité.Guerres de clans Les médias ont exposé au cours des derniers mois les guerres de clans entre divers groupes d\u2019employés du SPVM.La rivalité aurait été exploitée par des sources ou des criminels, mais aussi par des policiers, qui auraient fabriqué des preuves afin d\u2019incriminer des collègues.En mars seulement, Philippe Pichet a suspendu trois de ses cadres: le commandant Pascal Leclair, l\u2019inspecteur Martin Renaud et le directeur adjoint Bernard Lamothe.Ils ont tous les trois été relevés de leurs fonctions en raison d\u2019informations transmises à l\u2019équipe policière mixte qui a été chargée à la fin du mois de février de faire la lumière sur les allégations criminelles qui affligent le SPVM.Au cœur de la crise : la Division des affaires internes.C\u2019est l\u2019une de ses enquêtes qui a mené à l\u2019espionnage de journalistes.Dans son plan, Philippe Pichet présente neuf mesures concernant cette division.Il demande dorénavant d\u2019être avisé lorsque l\u2019interception des communications d\u2019un avocat, notaire, juge, élu ou journaliste est commandée.En octobre, au moment des révélations concernant la surveillance du téléphone du journaliste Patrick Lagacé, Philippe Pichet a pourtant reconnu avoir été mis au courant de la manœuvre de filature «un peu ou à peu près en même temps, quand l\u2019outil a été utilisé».Un transfert au BEI?Toujours aux af faires internes, le chef du SPVM souhaite ajouter un contrôleur en enquête et étudie la possibilité de limiter le mandat des enquêteurs de cette section à deux ans.À long terme, ni lui ni le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, n\u2019écar tent la possibilité de confier les enquêtes internes à un tiers, comme le Bureau des enquêtes indépendantes (BEI).«Ce qu\u2019on doit faire avec le SPVM [est] tel qu\u2019on ne peut pas confier ça au BEI aujourd\u2019hui.Mais le BEI pourrait être capable dans le futur d\u2019en prendre une bonne partie.Et c\u2019est ça qu\u2019on va pouvoir envisager pour l\u2019avenir», a déclaré le ministre Coi- teux.«Si on décide de transférer [les enquêtes internes] ailleurs, dans une entité distincte, on fera ça», a aussi affirmé le patron du SPVM.La présidente de la Commission de la sécurité publique (CSP), Anie Samson, a aussi déclaré que «la porte est ouverte [afin de] trouver le meilleur mécanisme».Elle a par ailleurs annoncé que les séances de la CSP concernant le plan d\u2019action du SPVM seront publiques.Mais pas celles portant sur d\u2019autres sujets.Pour le Parti québécois, la présentation du plan d\u2019action arrive trop tôt.«Il y a une enquête administrative sur le SPVM en cours.Lorsque nous aurons les conclusions de cette enquête, est-ce que le plan d\u2019action sera modifié en fonction des recommandations?» a demandé Pascal Bérubé.«Il aurait été plus logique de mettre le service sous tutelle, le temps que l\u2019enquête administrative fasse toute la lumière et qu\u2019elle présente ses recommandations.» Philippe Pichet s\u2019est dit ouvert à modifier son plan pour répondre aux demandes de la population et des experts.Avec François Desjardins Le Devoir SPVM Le plan Pichet risque de faire des vagues JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le chef Philippe Pichet se donne dix ans pour changer la culture au sein du Service de police de la Ville de Montréal.Il va y avoir des crises de différentes ampleurs, et ça va lui prendre [à M.Pichet] les outils pour y faire face Rémy Trudel, professeur invité à l\u2019École nationale d\u2019administration publique « » F L O R E N C E S A R A G .F E R R A R I S L a Commission d\u2019enquête sur la protection de la confidentialité des sources journalistiques amorcera ses audiences ce lundi.Ouvertes au public, sauf si les commissaires choisissent d\u2019entendre certains témoignages à huis clos, ces dernières s\u2019ouvriront avec la conférence de l\u2019ancienne directrice du Devoir et présidente-directrice générale de Bibliothèque et Archives nationales du Québec, Lise Bissonnette, et celle de l\u2019avocat criminaliste Jean-Claude Hébert.Ces deux présentations seront suivies des témoignages de l\u2019ancien secrétaire de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec, Claude Robillard, de l\u2019éditeur adjoint et vice-président au quotidien La Presse, Éric Trottier, du directeur général de Radio-Canada, Michel Cormier, et du directeur du journal Le Devoir, Brian Myles.Mise sur pied par le gouvernement du Québec le 11 novembre dernier, cette Commission d\u2019enquête vise à faire la lumière sur les cas de surveillance et de perquisition de journalistes rapportés par les médias au cours des derniers mois.Son mandat ne lui permet toutefois pas de se prononcer sur la légalité des autorisations judiciaires données, cette question relevant des tribunaux.Rappelons que la Commission est placée sous la présidence du juge Jacques Chamber- land, assisté de Me Guylaine Bachand, avocate spécialisée en droit des médias, et l\u2019ex-chef de police Alexandre Matte.Leurs travaux porteront sur la période débutant le 7 mai 2010, date à laquelle la Cour suprême du Canada s\u2019est prononcée sur la protection des sources journalistiques en matière criminelle (arrêt R.c.National Post), jusqu\u2019à aujourd\u2019hui.Aux termes de ses travaux, la commission Chamberland devra rendre au gouvernement son rapport final et ses recommandations au plus tard le 1er mars 2018.Le Devoir PROTECTION DES SOURCES JOURNALISTIQUES Lise Bissonnette et Jean-Claude Hébert en ouverture de la commission Chamberland L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 E R E T D I M A N C H E 2 A V R I L 2 0 1 7 A 10 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 / 418 643-1541 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par courriel publicite@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3452 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Par courriel petitesannonce@ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4 Berri-UQAM Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com A C T U A L I T É S en plus grande à se sentir heurté, à être ébranlé», observe le professeur Warren.Dans son établissement d\u2019enseignement, dit- il, on a vite intériorisé cette nouvelle façon tout américaine d\u2019envisager la scène universitaire : «Lors d\u2019une présentation, on demande par exemple à l\u2019assistance si quelqu\u2019un risque d\u2019être heurté par la projection d\u2019une image montrant un étal de boucher.Si quelqu\u2019un répond \u201c oui \u201d, on enlèvera sans hésitation l\u2019image», explique le sociologue.Ce discours contrôlé « est parfaitement intériorisé chez les plus jeunes».Il est d\u2019abord intégré chez les professeurs, observe l\u2019historien Yves Gingras, citant l\u2019exemple récent d\u2019une jeune professeure de Calgary.En projetant des diapositives de modèles anatomiques en cire centenaires, elle a pris soin de masquer les parties génitales, « par anticipation, à la simple idée que ça pourrait choquer ! » Une vague Depuis dix ans aux États-Unis, cette sensibilité aux sentiments privés, inspirée par la psychologie, s\u2019impose peu à peu dans les établissements d\u2019enseignement supérieur.«On commence juste à sentir l\u2019effet de cette vague américaine au Québec», soutient le professeur Warren.Avant d\u2019utiliser certains mots ou certaines images en classe, il y a désormais en classe, avant le début des séances, une mise en garde \u2014 le « trigger warning » \u2014 pour des objets qui pourraient susciter des réactions, expose Yves Gingras, qui a aussi enseigné à l\u2019Université de Toronto.À Middlebury, petite ville du Vermont située à 200 km de Montréal, des étudiants en colère s\u2019en sont pris il y a quelques semaines à Charles Murray, politologue qui défend des thèses liber- tariennes considérées comme racistes.Murray a été empêché de parler d\u2019un tout autre sujet.Un membre de la faculté a été blessé.Plus de cent professeurs de l\u2019établissement ont dénoncé ce coup de force : «Aucun groupe de professeurs ou d\u2019étudiants n\u2019a le droit de déterminer pour toute la communauté si une question n\u2019est pas ouverte aux fins de discussion.» Longtemps professeur à l\u2019UQAM, Normand Baillargeon a montré du doigt la situation à plusieurs reprises.Il est invraisemblable, soutient Normand Baillargeon, qu\u2019on veuille interdire la parole à des gens à par tir d\u2019un jugement a priori.Pour lui, l\u2019université est le lieu dans la société où il doit être possible de discuter de tout.Cette position lui a valu récemment, dit-il, d\u2019être submergé par un torrent de haine, dont une menace de procès et l\u2019annonce de sa mort en ligne sur le site Wikipédia.Joint par Le Devoir à l\u2019étranger, Normand Baillargeon a affirmé qu\u2019il ne voulait plus être cité dans le cadre de cette histoire, désolé de n\u2019avoir pas été davantage soutenu par l\u2019université sur cette question.Inégalités Dans une position publiée en ligne, l\u2019AFESH affirme que c\u2019est plutôt la liberté d\u2019expression de ses membres qui est menacée «dans un contexte où nos services sont coupés, où les violences sexuelles sont constantes et impunies et où l\u2019extrême droite raciste s\u2019organise de plus en plus ».En revanche, «celles de Normand Baillargeon et Mathieu Bock- Côté [\u2026] nous semblent en très bon état».Pour Marcos Ancelovici, titulaire de la Chaire en sociologie des conflits sociaux à l\u2019UQAM, il est faux de penser que toutes les positions jouissent d\u2019une tribune égale.Il reproche notamment à Normand Baillargeon de ne pas tenir compte d\u2019un ensemble d\u2019inégalités préalables.«Si l\u2019on se soucie réellement du pluralisme dans les débats intellectuels et publics, il faut prendre en compte ces éléments.» Refuser d\u2019entendre ceux qui jouissent déjà d\u2019une telle chambre d\u2019échos dans la société ne porte pas spécialement à conséquence, plaide-t-il.« Je ne dis pas qu\u2019il faut interdire la parole de cer taines personnes.Je dis que cette parole étant déjà omniprésente, le débat ne souf frira pas forcément d\u2019une manifestation dénonçant cette prise de parole », précise Ancelovici.Instrumentalisation?Sur le thème «Fuck la libârté d\u2019expression», l\u2019AFESH a lancé en mars une campagne d\u2019affichage qui synthétise en une formule choc cette idée que la liberté d\u2019expression peut être manipulée au profit de ceux qui ont toujours la parole.Ses affiches ont toutes été approuvées pour l\u2019affichage par l\u2019université.Au même moment, à l\u2019Université de Montréal, un comité organisant une Semaine contre l\u2019apartheid israélien (SAI) a vu son affiche refusée par l\u2019établissement.Les organisateurs plaident que la direction universitaire a toujours entretenu des relations d\u2019opposition avec leur groupe.Au contraire, affirme Geneviève O \u2019Meara, por te-parole de l \u2019Université de Montréal : « On encourage le débat d\u2019idées à l\u2019université, une université, c\u2019est fait pour ça.[\u2026] En accord avec notre politique sur l\u2019af fichage, on a proposé que le visuel de l\u2019affiche de ce groupe \u201cne soit pas dif fusé tel qu\u2019il est\u201d.» L\u2019affiche montrait des belligérants représentés par de petits personnages aux traits plutôt naïfs et enfantins.L\u2019Université a dit ne pas tolérer les représentations de luttes armées.L\u2019historien des sciences Yves Gingras insiste : «Ce n\u2019est que la pointe de l\u2019iceberg et ce n\u2019est certainement pas à l\u2019UQAM que c\u2019est le pire.» Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 CENSURE Des milliers de patients attendent Pourtant, à moins de 80 km de là, des milliers de patients des régions limitrophes attendent pour consulter un ORL.Ils sont 2350 dans Chaudière-Appalaches, près de 1000 en Estrie, et plus de 2000 en Montérégie.D\u2019ailleurs, des médecins de Chaudière-Appa- laches ont dénoncé la gestion « chaotique» des rendez-vous dans leur région.Dans une lettre envoyée au p.-d.g.du CISSS de Chaudière-Ap- palaches la semaine dernière, 36 médecins du centre hospitalier de Saint-Georges ont dénoncé le système qui échoue à respecter des délais appropriés pour les patients, même pour des cas urgents.« Il est urgent d\u2019apporter des correctifs majeurs », exigent ces médecins dans la lettre obtenue par le journal En Beauce.« Plutôt que de leur trouver le rendez-vous le plus rapide dans un rayon raisonnable, les patients sont prisonniers de leur code postal, constate la Dre Brousseau.On parle de cancers, d\u2019enfants qui ont des otites à répétition, par exemple.Je dénonce la situation publiquement parce que c\u2019est une question de santé publique.» Loin d\u2019être un cas isolé La situation dénoncée par la Dre Brousseau est loin d\u2019être unique, selon l\u2019avocat spécialisé dans la défense des patients Jean-Pierre Mé- nard, qui reçoit de nombreux appels de médecins et de patients à ce sujet.«Ce système de centralisation des prises de rendez-vous n\u2019atteint pas ses objectifs.Il ne semble pas favoriser l\u2019accès et limite le droit des patients de choisir leur lieu de soin et leur médecin », constate-t-il.Un droit qui est inscrit dans la loi et dont il avait anticipé la forte possibilité qu\u2019il soit bafoué quand les 182 établissements de santé ont été fusionnés en 34 entités administratives, en 2015.D\u2019ailleurs, la Dre Brousseau remarque que les médecins de famille rencontrent de la résistance lorsqu\u2019ils tentent de confier un de leur patient à un spécialiste hors territoire par le CRDS.Pour Me Ménard, il faut sonner l\u2019alarme.«Le droit des patients de choisir est remis en cause par des pratiques administratives qui ne sont ni légales ni liées aux ressources disponibles.Les gens sont captifs.» Cherchant où étaient soudainement passés tous ses patients, la Dre Brousseau a pris l\u2019initiative personnelle d\u2019enquêter.Ce n\u2019est qu\u2019au bout de plusieurs semaines qu\u2019elle a finalement compris ce qui se passait.Le cas particulièrement troublant d\u2019un patient atteint de cancer l\u2019a grandement secouée et l\u2019a amenée à dénoncer la situation.Un patient du territoire voisin qu\u2019elle avait déjà vu par le passé.« J\u2019ai dû lui enlever une tumeur importante et il restera avec une immense cicatrice à cause d\u2019une requête prise dans un CRDS adjacent ».La tumeur avait beaucoup grossi avant que le patient ne se rende compte que sa requête ne s\u2019était jamais rendue à l\u2019Hôtel-Dieu de Victoriaville.La Dre Brousseau a posé beaucoup de questions, à beaucoup de monde dans son CISSS.Elle a insisté, tenté d \u2019enfoncer des por tes closes, a-t-elle raconté au Devoir.Elle n\u2019a pas accepté « c\u2019est impossible » comme réponse quand elle demandait aux administrateurs qu\u2019une solution soit mise en place.« Tout le monde me répondait qu\u2019il n\u2019y avait rien à faire ! » La semaine dernière, on l\u2019a démise de ses fonctions de chef de département.Qu\u2019à cela ne tienne, elle écrira aux médecins de famille pour leur indiquer qu\u2019ils peuvent transmettre leurs cas à son établissement et utilisera même un site Web sécurisé pour permettre aux patients d\u2019envoyer leurs demandes de consultation eux-mêmes.Tant le ministère de la Santé et des Services sociaux que le CISSS de la Mauricie-Centre-du- Québec affirment de leur côté que les régions se «parlent » pour éviter une attente indue aux patients.«C\u2019est quelque chose qui se fait déjà et qui sera développé davantage prochainement », assure Marie-Claude Lacasse, au MSSS.Selon le MSSS, 70 % des rendez-vous en ORL sont accordés dans les délais prescrits.Le CRDS, même s \u2019 il demande une « période d\u2019adaptation», a permis d\u2019accorder 22 000 rendez-vous dans cette spécialité depuis octobre, ajoute Mme Lacasse.«Nous avons avisé les régions voisines des disponibilités en ORL et dans d\u2019autres spécialités, a indiqué au Devoir Guillaume Cliche, qui est responsable des communications pour le CIUSSS de la Mauricie-et-du-Centre-du-Qué- bec.Il y a des processus à mettre en place dans les autres régions aussi pour contacter les patients et vérifier si cela les intéresse de se déplacer chez nous.» Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 OTAGES Moratoire depuis février Dénoncé pour ses ratés par la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ), le projet de centralisation des rendez-vous appelé CRDS fait actuellement l\u2019objet d\u2019un temps d\u2019arrêt.Bien que toujours utilisé pour neuf spécialités depuis la fin de l\u2019automne, son implantation a été retardée pour les spécialités restantes.Les médecins spécialistes ont dénoncé les nombreuses plages de rendez-vous non remplies et la gestion déficiente de cet outil qui pourrait être performant.Le CRDS a été créé dans la foulée de la loi 20, qui promet un meilleur accès aux médecins spécialistes.que cette mission s\u2019apprête à disparaître dans l\u2019insouciance la plus totale », soutient en entrevue Annabel Loyola, réalisatrice qui a posé sa caméra pendant deux ans dans les corridors de l\u2019hôpital tricentenaire pour en capter les derniers instants.La mission du plus vieil hôpital en Amérique du Nord après l\u2019Hôtel-Dieu de Québec disparaîtra dans la foulée de la création du nouveau CHUM sur le site de la rue Saint-Denis.Si les bâtiments patrimoniaux que sont le couvent, les trois chapelles, le jardin d\u2019origine et le musée des Hospitalières de Saint-Joseph sont assurés d\u2019une protection patrimoniale par la Ville de Montréal, l\u2019esprit qui les a habités pendant 375 ans s\u2019étiole à petit feu.Tout comme les 60 sœurs vieillissantes, dernières émissaires de cette mission oubliée, qui ont choisi de vivre leurs derniers jours sur les flancs de l\u2019Hôtel- Dieu malgré la vente de l\u2019hôpital.« J\u2019ai voulu réhabiliter dans le film la belle aventure de ces femmes qui ont été des bâtisseuses de Montréal.Il aura fallu plus trois siècles pour que Jeanne Mance soit reconnue comme la cofondatrice de Montréal.Je trouve presque scandaleux que rien ne se passe à l\u2019Hôtel-Dieu pour ce 375e anniversaire de Montréal.A-t-on oublié qui a fondé Montréal ?» presse la documentariste, dont le plongeon intimiste au cœur de l\u2019histoire de l\u2019Hôtel-Dieu croise celle de médecins, d\u2019infirmières, de patients et de divers acteurs qui en tiennent aujourd\u2019hui les rênes.Microsociété en sursis L\u2019incursion de la réalisatrice révèle un lieu où se jouent des vies et des drames, mais aussi des renaissances.Elle raconte des histoires riches, notamment celle des spécialistes de la chirurgie cardiaque, les Drs Basil et Prieto.Tandem inséparable, scellé par une amitié vieille de 40 ans, les deux chirurgiens et amis devant l\u2019éternel n\u2019ont jamais opéré l\u2019un sans l\u2019autre.L\u2019objectif se pose aussi sur les derniers jours de grands malades, raconte l\u2019histoire de coups de foudre amoureux et professionnels, et s\u2019arrête sur le travail de la dernière sœur bénévole dans l\u2019hôpital, emportée il y a quelques semaines.Pour saisir la flamme qui habite cette microso- ciété, qui vivait en autarcie jusqu\u2019au début du XXe siècle, Loyola est même devenue bénévole.Sa caméra s\u2019arrête aussi sur cette ville dans la ville qui abrite, en plein cœur de la métropole, de somptueux jardins centenaires, une ruche bourdonnante d\u2019abeilles et des bâtiments patrimoniaux cachant de petits trésors rescapés des premiers jours de l\u2019Hôtel-Dieu.« En même temps que les restes de Jeanne Mance et les corps des religieuses inhumées dans la crypte d\u2019origine, des pierres de la chapelle d\u2019origine construites rue Saint-Paul ont été transportées dans un cortège à cheval lors du déménagement en 1861.Pour moi, la crypte de l\u2019Hôtel-Dieu, c\u2019est un peu comme nos Invalides, mais peu de gens connaissent cela», insiste Annabel, dont la petite histoire personnelle, par un curieux hasard, rencontre aussi celle de Jeanne Mance.Toutes deux Françaises, nées à des siècles d\u2019intervalle dans le même petit village de Langres, à deux pas de Dijon.« Tout ce que j\u2019ai lu dans les textes d\u2019origine, cette vision qu\u2019avait Jeanne-Mance, cet esprit est encore là.Il transpire encore des murs de cette institution», dit-elle.Dans un précédent documentaire, Loyola était retournée sur les pas de la cofondatrice de Montréal dans ce petit village, retrouvant sa maison, montant jusque dans sa chambre.Tous les détails de sa vie de famille et de son projet de fondation de l\u2019Hôtel-Dieu sont soigneusement consignés dans les archives de Langres et dans son journal personnel.Or, ce rêve fou prend fin aujourd\u2019hui, affirme Annabel Loyola.« L\u2019Hôtel-Dieu était porté par l\u2019idée d\u2019un lieu où les malades seraient soignés gratuitement et humainement.De siècle en siècle, les sœurs ont agrandi et construit de nouveaux pavillons en revendant des terres, en gérant leurs budgets de façon serrée, sans jamais réclamer de sous des gouvernements, jusqu\u2019à la création du système de santé.Je pense qu\u2019on ne pouvait fermer cet hôpital sans capter ces derniers battements.Avant que tout cela ne s\u2019éteigne», insiste la réalisatrice, dont le documentaire sera à l\u2019affiche à compter du 7 avril dans plusieurs villes du Québec et diffusé au Canal D.Que restera-t-il du rêve qui a donné naissance à cette institution tricentenaire?Chose certaine, la statue de Jeanne Mance, plantée en plein stationnement devant l\u2019urgence, sera bien seule quand tous ces bâtiments auront été désertés.Le Devoir LE DERNIER SOUFFLE AU CŒUR DE L\u2019HÔTEL-DIEU DE MONTRÉAL Long métrage réalisé par Annabel Loyola, Québec, 2017.À compter du 7 avril dans divers cinémas et au Canal D.SUITE DE LA PAGE 1 SOUFFLE Les PUM vous invitent au lancement du livre Charte canadienne et droits linguistiques Pour en finir avec les mythes de Frédéric Bérard, en présence de l\u2019honorable Michel Bastarache, ancien juge à la Cour suprême.Librairie Olivieri ! Un vin sera servi.Correctifs Dans l\u2019article de Lisa-Marie Gervais intitulé «Le budget en laisse plusieurs sur leur faim» publié en page A 3 de l\u2019édition du 30 mars, il aurait fallu lire que « les 11 millions d\u2019argent frais que consacrera le MIDI à la francisation serviront à hausser de 25$ l\u2019allocation reçue par les étudiants à temps plein \u2014 la faisant passer de 115$ à 140$».Nos excuses.?Dans l\u2019article de Catherine Lalonde intitulé «La culture reste maigre» publié en page B 8 de l\u2019édition du 30 mars, la Société de développement des entreprises culturelles précise que la réduction des crédits de programme de 2,5 millions de dollars s\u2019expliquerait par un déplacement d\u2019argent, qui pourrait revenir par le truchement du Plan numérique, dont le budget sera annoncé plus tard."]
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