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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier B
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2017-04-01, Collections de BAnQ.

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[" S T É P H A N E B A I L L A R G E O N U ne rumeur historique voudrait que dans son journal du 4 juillet 1776, George III, roi des Anglais, ait écrit : « Rien d\u2019important n\u2019est arrivé aujourd\u2019hui.» C\u2019était bien évidemment le jour de la déclaration d\u2019indépendance des 13 colonies nord-américaines de son empire.La légende a été démontée il y a quelques années quand des historiens ont prouvé que le souverain entêté ne tenait pas de carnet intime.N\u2019empêche.Dans le royaume britannique, tout se faisait au nom du monarque et les colonies nord-américaines en avaient soupé des caprices de Sa Majesté.La Constitution adoptée par les révolutionnaires allait s\u2019organiser autour de principes différents, dont celui de la séparation des branches du gouvernement.Les républicains ont érigé en loi fondamentale la méfiance par rapport au pouvoir politique trop fort, par rapport à ce «pouvoir qui rend fou», comme le résumait le père fondateur Thomas Jefferson.« La séparation américaine des pouvoirs a été fortement influencée par le philosophe français Montesquieu, un des premiers à l\u2019avoir théorisée », explique Christophe Cloutier-Roy, doctorant de l\u2019UQAM en sciences politiques, spécialiste des institutions américaines.«La naissance des États-Unis repose sur un principe antimonarchique séparant les trois branches du gouvernement : la branche présidentielle ; la branche législative, soit le Congrès réunissant le Sénat et la Chambre des représentants ; et finalement la branche judiciaire.» La thèse doctorale du jeune universitaire porte sur les sénateurs progressistes depuis les années 1960.M.Cloutier-Roy a été joint à Washington, où il est chercheur invité du Canada Institute au prestigieux Woodrow Wilson International Center.«Les trois pouvoirs sont séparés, mais ils fonctionnent en équilibre, poursuit-il.La Constitution explique très bien comment le législatif peut contrôler l\u2019exécutif, et vice versa, comment la branche judiciaire peut contrôler les deux autres branches, et comment à leur tour le législatif et l\u2019exécutif jouissent d\u2019un certain ascendant sur le juridique.Les fondateurs ont imaginé une compétition des pouvoirs tout en ayant, il faut l\u2019admettre, une certaine préférence pour le Congrès, une institution plus délibérative, avec moins de risque de concentration du pouvoir dans une seule personne.» Blocages et ratages Le président est maître de la politique étrangère, et la transformation de la place des États- Unis dans le monde a évidemment accru le rôle de la présidence, particulièrement au cours du XXe siècle.Les rapports entre les villes, les États fédérés et l\u2019État fédéral ont aussi été bouleversés en deux siècles et demi.Seulement, à l\u2019évidence, qu\u2019il le veuille ou non, le nouveau maître de la Maison-Blanche doit encore et toujours négocier avec un tas d\u2019instances, du moins pour la politique intérieure.« Le président a plus de pouvoir en politique étrangère, mais Donald Trump semble plus intéressé par les questions nationales, où il subit les mêmes contraintes que ses prédécesseurs.La règle tient même quand le même parti détient la présidence et la majorité dans les deux chambres, celle des représentants et le Sénat.On l\u2019a vu avec la présidence d\u2019Obama et on le voit bien avec la présidence de Trump.» Retournons y voir pour voir.Alors comment se réalise maintenant la balance des pouvoirs dans la république ?M A R C O F O R T I E R C\u2019 est « le plus grand investissement en éducation depuis une génération » en Ontario : depuis 2010, toutes les classes de maternelle à 4 ans et à 5 ans ont deux titulaires \u2014 une enseignante et une éducatrice spécialisée en petite enfance.Il a fallu investir 1,5 milliard de dollars pour aménager des salles de classe adaptées aux tout-petits dans 3600 écoles.Le programme a aussi créé 3600 postes d\u2019enseignant et 10 000 postes d\u2019éducateur.Sept ans plus tard, le ministère de l\u2019Éducation de l\u2019Ontario (MEO) affirme que l\u2019initiative est un succès : les résultats en première année (en lecture, en écriture et en mathématiques) des élèves inscrits au programme sont supérieurs de 5 % à ceux qui ne fréquentent pas la maternelle à 4 et 5 ans.Plus de 260 000 enfants fréquentent ce programme, qui sert en même temps de service de garde.En Ontario, il n\u2019y a pas de centres de la petite enfance subventionnés comme au Québec.La maternelle à temps plein permet aux parents d\u2019économiser jusqu\u2019à 6500 $ par année en frais de garde, souligne le MEO.Le principe des maternelles à 4 ans et à 5 ans est simple : plus on intervient tôt dans la vie des enfants, plus on a de chances de dépister (et d\u2019aider) ceux qui ont des dif ficultés à apprendre.Et plus on leur permet de réussir et d\u2019aller longtemps à l\u2019école.C\u2019est pour ça que l\u2019Ontario a décidé de confier les classes à deux professionnels plutôt qu\u2019à un seul.C\u2019est ambitieux.Il faut y mettre le prix.Mais ça donne des résultats.Puiser chez nos voisins Inspiré en partie par la province voisine, le ministre Sébastien Proulx a obtenu des fonds, dans le budget déposé mardi à Québec, pour un programme inédit visant les élèves de maternelle et de première année.Ce n\u2019est pas écrit noir sur blanc dans le budget, mais des sources ont indiqué que le but est de doter d\u2019ici cinq ans toutes les classes de maternelle et de première année de deux intervenants : un enseignant et un autre adulte dont le rôle est à préciser, possiblement un technicien en éducation spécialisée.Les consultations sur la réussite éducative menées au cours de l\u2019automne ont convaincu le ministre Proulx de proposer cette initiative, in- dique-t-on.Il doit dévoiler les modalités du programme au cours des prochaines semaines.Une surprise Le milieu de l\u2019éducation a été pris par surprise.Personne n\u2019avait vu venir cet investissement après trois années de vaches maigres dans les écoles primaires et secondaires.Tout le monde est content, mais l\u2019intention du ministre soulève pas mal de questions.Et même un certain scepticisme, notamment parce que le ministre prend une pause dans le développement des maternelles à temps plein pour les enfants de 4 ans.«C\u2019est la première fois que j\u2019entends parler de ce modèle [à deux intervenants par classe] pour le Québec.Je me demande comment on fera pour embaucher tous ces gens.Ça prend quatre ans pour former un enseignant», dit Pascale Lefran- çois, vice-doyenne aux études de premier cycle à la Faculté des sciences de l\u2019éducation de l\u2019Université de Montréal.La Commission scolaire de Montréal (CSDM), par exemple, est aux prises avec une grave pénurie d\u2019enseignants.La plus grande commission scolaire du Québec a même demandé à ses enseignants de n\u2019assister à aucune formation, à cause du manque de suppléants.Et ça ne fait que commencer : la CSDM prévoit embaucher 850 enseignants en vue de la prochaine année scolaire en raison des départs à la retraite, des congés de maladie et des démissions de jeunes enseignants (25 % quittent avant leur cinquième année en poste).La CSDM manque aussi de professionnels (psychologues, orthophonistes, etc.).Les budgets sont là, mais les conditions de travail sont tellement mauvaises par rapport au secteur privé que la commission scolaire a de la dif fi- culté à recruter et à garder ses professionnels.Le budget déposé cette semaine à Québec prévoit pourtant la création de 1500 postes dès septembre prochain \u2014 et 7200 postes d\u2019ici cinq ans \u2014 dans les écoles primaires et secondaires.Des postes d\u2019enseignants.De professionnels.Le budget est vague.Les obser va- teurs du milieu de l\u2019éducation croient déceler une improvisation qui coïncide curieusement avec le calendrier électoral \u2014 le scrutin est prévu pour l\u2019automne 2018.Le diable est dans les détails « Deux adultes par classe, ça paraît bien sur papier.C\u2019est très vendeur, mais ça demeure en grande partie un vœu pieux.Je crains que, dans les faits, il n\u2019y ait personne pour pourvoir aux postes », dit Nathalie Morel, vice-présidente à la Fédération autonome de l\u2019enseignement (FAE).C\u2019est une «bonne idée » de placer deux intervenants par classe de maternelle et de première année, souligne cette enseignante au primaire.Il faudra quand même consulter les profs sur la mise en place du programme, selon elle.Qui sera la « personne ressource » qui viendra aider l\u2019enseignante dans la classe ?Une technicienne en éducation spécialisée ?Un autre type de professionnel ?Les maternelles à 4 ans à temps plein, dont le déploiement a commencé en 2013 dans les milieux défavorisés, prévoient déjà que l\u2019enseignante sera appuyée par une autre personne en classe.Mais ce n\u2019est pas toujours le cas, selon Nathalie Morel.Une commission scolaire a même nommé un préposé aux élèves handicapés comme personne ressource dans une classe de maternelle à 4 ans, même s\u2019il n\u2019y a aucun élève handicapé dans la classe, explique la représentante syndicale.La commission scolaire fait ainsi des économies.Ce n\u2019est pas tout : c\u2019est beau de dépister très tôt les élèves ayant des difficultés de langage ou des troubles de comportement, mais il faut surtout leur donner les services dont ils ont besoin.À l\u2019heure actuelle, l\u2019offre ne répond généralement pas à la demande, souligne Nathalie Morel : «Comme enseignante au primaire, si je remplis une demande de service professionnel pour faire évaluer un élève dans ma classe, ça Robert Dutrisac: une bêtise stratosphérique chez Bombardier Page B 4 Michel David: Marc-Yvan Côté, l\u2019ami libéral tapi dans l\u2019ombre Page B 3 PERSPECTIVES C A H I E R B \u203a L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 E R E T D I M A N C H E 2 A V R I L 2 0 1 7 Le Devoir de philo: Georg Simmel et le progrès par la controverse Page B 6 Donald Trump occupe son poste depuis dix semaines et il a déjà toutes les peines à imposer son programme conservateur : son second décret antimigratoire bloqué lui aussi en cour ; sa réforme santé a échoué en Chambre basse, le Sénat a engagé une bataille épique contre son choix de juge pour la Cour suprême ; et puis les villes comme les États fédérés ripostent de partout.Portrait du principe de la balance des pouvoirs au fondement de cette république.Trump et les contre-pouvoirs Comment se balancent les branches sous l\u2019arbre républicain VOIR PAGE B 2 : TRUMP JACQUES NADEAU LE DEVOIR Plus on intervient tôt dans la vie des enfants, plus on a de chances d\u2019encadrer ceux qui ont des dif ficultés à apprendre.En Ontario, les classes de maternelle et de première année ont été confiées à deux professionnels plutôt qu\u2019à un seul.Une annonce inattendue dans le budget du Québec déposé cette semaine suscite autant d\u2019espoirs que d\u2019interrogations : le ministère de l\u2019Éducation prévoit doter toutes les classes de maternelle et de première année de deux titulaires d\u2019ici cinq ans.Zoom sur un projet qui donne des résultats en Ontario.Deux profs pour une classe Une ambitieuse annonce du ministre de l\u2019Éducation soulève à la fois l\u2019espoir et les doutes VOIR PAGE B 2 : PROFS Je me demande comment on fera pour embaucher tous ces gens.Ça prend quatre ans pour former un enseignant.Pascale Lefrançois, vice-doyenne aux études de premier cycle à la Faculté des sciences de l\u2019éducation de l\u2019Université de Montréal « » Donald Trump L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 E R E T D I M A N C H E 2 A V R I L 2 0 1 7 P E R S P E C T I V E S B 2 E n campagne électorale, le candidat Tr ump a dénoncé sans relâche les aventures militaires coûteuses dans lesquelles ses prédécesseurs, Obama comme W.Bush, avaient engagé les États-Unis.Depuis qu\u2019il est à la Maison-Blanche, il s\u2019inscrit pourtant dans leur lignée en menant une lutte contre le terrorisme reposant uniquement sur le recours à la force.Depuis le 20 janvier 2017, les opérations menées par les forces américaines se sont intensifiées en Syrie, en Irak, au Yémen, et probablement bientôt en Afghanistan.Le président Trump a par ailleurs assoupli les règles d\u2019engagement pour les bombardements aériens, et il semble bien parti pour augmenter le rythme des raids de forces spéciales et des frappes de drones.D\u2019après un calcul effectué par Micah Zenko du Council on Foreign Relations, Obama avait autorisé 542 opérations de ce type au cours des huit années de sa présidence, soit une tous les 5,4 jours.En un peu plus de deux mois à la Mai- son-Blanche, Trump en a déjà autorisé 37, soit une tous les 1,8 jour.Le sombre héritage d\u2019Obama Le Yémen, où est mort le premier soldat de la présidence Trump le 29 janvier dernier, apparaît comme le théâtre privilégié de l\u2019activisme accru des militaires américains.Il n\u2019est aucunement nouveau.Le président Obama y avait autorisé environ 160 frappes de drones entre 2009 et 2016.Il avait surtout signifié le 25 mars 2015 l\u2019appui des États-Unis à une campagne militaire menée dans le pays par l\u2019Arabie saoudite.Riyad avait avancé deux objectifs pour justifier l\u2019intervention chez son voisin : remettre au pouvoir le président Hadi et lutter contre l\u2019insurrection Houthi qui, appuyée par le rival iranien, prenait le contrôle d\u2019une partie grandissante du sud du Yémen.Pour le gouvernement Obama alors en pleine négociation de l\u2019accord sur le nucléaire iranien, l\u2019appui à cette intervention devait signifier aux pays sunnites de la région la pérennité de leurs alliances avec Washington.Cette intervention devait également être une bonne occasion de frapper un des groupes terroristes qui inquiète le plus les autorités américaines : al-Qaïda dans la péninsule arabique (AQPA).Deux ans plus tard, l\u2019inter vention saoudienne au Yémen est un échec patent.Le président Hadi est toujours en exil.Les Houthi contrôlent toujours des zones urbaines dans le sud.Selon les données du dépar tement d\u2019État, les rangs d\u2019AQPA se sont garnis, passant de 1000 combattants en 2014 à 4000 en 2016.Les États-Unis se retrouvent ainsi impliqués dans un conflit sans issue apparente.Pire, ils apparaissent comme complices de violations du droit international humanitaire et de crimes de guerre.Un rapport publié par l\u2019ONU en janvier documente dix épisodes de ce type.Le plus tragique est survenu le 8 octobre 2016, jour où l\u2019aviation saoudienne a bombardé une cérémonie funéraire.Le bilan fut de 827 civils tués ou blessés.La guerre perpétuelle Les militaires américains ne sont certes pas directement engagés sur le terrain.Washington fournit cependant du renseignement, des armes (dont des bombes à sous-munitions), et ravitaille en vol les avions de la coalition menée par les Saoudiens.Après l\u2019épisode du 8 octobre, le gouvernement Obama avait imposé de nouvelles contraintes et retardé la livraison d\u2019armements à l\u2019allié saoudien.Décriées par l\u2019ancien secrétaire d\u2019État John Kerry en décembre dernier, ces contraintes devraient être levées par le gouvernement Trump, et les livraisons d\u2019armes américaines pourraient prochainement reprendre.La motivation de Trump à poursuivre la coopération avec l\u2019Arabie saoudite dans le conflit au Yémen est quelque peu dif férente de celle d\u2019Obama.Il a en effet abondamment critiqué l\u2019accord sur le nucléaire iranien, et promis de se montrer plus ferme que son prédécesseur envers Téhéran.Trump perçoit essentiellement le conflit yéménite à travers le prisme de la lutte contre le terrorisme, lutte qu\u2019il s\u2019était engagé à mener avec une plus grande agressivité.Ce faisant, il ne rompt pas avec l\u2019approche privilégiée depuis le 11 septembre 2001 à Washington.Tant pour les républicains que pour les démocrates, la lutte contre le terrorisme doit être une entreprise militaire impitoyable.Malgré la puissance de feu américaine et la multiplication des opérations dans des pays où les États-Unis ne sont pas of ficielle- ment en guerre (Pakistan, Yémen, Somalie), cette approche n\u2019a pas éradiqué le terrorisme islamiste.Sans vision des enjeux de gouvernance au Moyen-Orient, sans réflexion ni implication pour résoudre le conflit entre sunnite et chiites, les problèmes structurels qui permettent aux groupes terroristes se revendiquant de l\u2019islam de prospérer ne seront pas réglés.La stabilité et la prospérité resteront hors de portée.Nécessaire, la dimension militaire ne saurait se substituer à une stratégie globale.Se disant moins « stupide » que ses prédécesseurs, Trump ne semble cependant pas l\u2019avoir compris.Une guerre de la honte pour les États-Unis JULIEN TOURREILLE peut prendre des mois ou des années avant que le service soit of fert.» Et la maternelle à 4 ans?Monique Brodeur, doyenne de la Faculté des sciences de l\u2019éducation de l\u2019Université du Québec à Montréal (UQAM), estime elle aussi que le projet de deux titulaires par classe de maternelle et de première année arrive de façon imprévue.Elle souhaite que le ministre Sébastien Proulx poursuive en parallèle le développement de la maternelle à 4 ans à temps plein en milieu défavorisé malgré une étude critique de l\u2019UQAM, justement, sur la mise en place du programme depuis quatre ans.« Il faut poursuivre le déploiement en s\u2019assurant de mettre en place toutes les conditions nécessaires pour qu\u2019elles aient un impact », dit Monique Brodeur, qui a collaboré à l\u2019étude de sa collègue Christa Japel.« On aurait vraiment pu faire mieux en se basant sur le modèle de l\u2019école Saint-Zotique », dans le quartier Saint-Henri, première école ayant mis sur pied un projet pilote de maternelle à 4 ans à temps plein, en 2009.Locaux bien aménagés, personnel formé, matériel pédagogique adapté : cette maternelle est un succès sur toute la ligne pour préparer des tout-petits d\u2019un milieu défavorisé à réussir en première année.Québec n\u2019a cependant pas mis tous les moyens pour créer les 1200 autres places en maternelle à 4 ans, explique Monique Brodeur.Les enseignantes font un travail remarquable avec les ressources mises à leur disposition.Et elles sont rares, les ressources.Le Devoir SUITE DE LA PAGE B 1 PROFS Immigration.Le président a adopté deux décrets anti-immigration.Chaque fois, l\u2019ordre présidentiel a été contesté en cour.Des juges ont fait tomber le premier décret.Dans ce cas, des villes ont aussi joué le rôle de contre-pouvoirs en se déclarant cités ouvertes, parfois avec l\u2019appui des législatures d\u2019État, tandis que la Mai- son-Blanche répliquait en les menaçant de couper les subsides aux municipalités sanctuaires.Santé.La situation était à l\u2019inverse d\u2019au- jourd\u2019hui en 2009, sous Obama.Les démocrates contrôlaient la présidence et les deux chambres, y compris avec une supermajorité au sénat de 60 sièges.Le plan d\u2019assurance maladie Obamacare a donc été adopté.Les républicains s\u2019y sont opposés et en ont fait un enjeu électoral en 2010, en 2012, en 2014 et finalement en 2016.Chaque coup, sauf en 2012, ils ont fait des gains de sièges, prenant la majorité de la Chambre des représentants en 2010, puis celle du Sénat en 2014 et la Maison-Blanche en 2016.« Sauf qu\u2019entre-temps, la réforme mise en place a fonctionné, malgré des ratés ici et là, rappelle le chercheur québécois.Ce qu\u2019on entend maintenant à Washington, c\u2019est que le bluf f des républicains a échoué.» Un plan santé de substitution vite ébauché est apparu.Il a déplu aux conservateurs modérés comme aux radicaux.La réforme proposée par le président allait échouer en chambre quand elle a été retirée.Environnement.Donald Trump a signé cette semaine l\u2019arrêt de mort du Clean Power Plan de son prédécesseur.Le nouveau décret sur l\u2019indépendance énergétique veut favoriser la relance de l\u2019industrie du charbon.Une action exécutive en remplace donc une autre.«Sans minimiser l\u2019action du président, il faut rappeler que les États demeurent très importants comme acteurs dans les questions liées à l\u2019environnement.Même le Texas, associé au pétrole, est un chef de file en matière d\u2019énergies renouvelables.» Cette fois, la balance se fait donc entre les États fédérés et le pouvoir central.Justice.Le président veut faire accepter son poulain, le juge Neil Gorsuch, réputé conservateur, pour pourvoir le neuvième siège de la Cour suprême.Le Sénat doit ratifier ce choix.Les sénateurs républicains ont bloqué l\u2019an dernier, par obstruction procédurale, le candidat modéré de Barack Obama, Merrick Garland.Leurs adversaires pourraient à leur tour activer le filibuster.Budget.Les États-Unis ne fonctionnent pas comme le régime parlementaire canadien.Ici, le gouvernement majoritaire fait ce qu\u2019il veut, ou presque, et les pouvoirs du premier ministre semblent quasi monarchiques.On vient de le voir avec les derniers budgets fédéral et provincial : les propositions ont été adoptées sans opposition.Aux États-Unis, la Maison-Blanche ne peut pas adopter seule un budget.La dépense du moindre sou se fait avec l\u2019accord de la législature bicamérale.Le président propose, le Congrès dispose.«Ce que veut la branche présidentielle se retrouve rarement dans la version finale, dit le spécialiste.Les tractations durent des mois.Les décisions y sont beaucoup moins unilatérales qu\u2019au Canada.» Bref, là encore, le président Tr ump ne pourra probablement pas faire adopter facilement son projet de vaste réforme fiscale pour réduire les impôts des contribuables et des entreprises, mais aussi pour favoriser l\u2019export sur l\u2019import.Ronald Reagan est le dernier à avoir réussi ce grand coup fiscal il y a 30 ans, en 1986.«C\u2019était à une époque où on était beaucoup plus capable de travailler de manière biparti- sane, remarque finalement Christophe Cloutier- Roy.Dans l\u2019environnement actuel, les tractations seront probablement beaucoup plus compliquées.Ça semble donc assez optimiste que le plan de réforme réussisse cette année, voire en 2018.» Le Devoir SUITE DE LA PAGE B 1 TRUMP M A R C O B É L A I R - C I R I N O F R A N Ç O I S D E S J A R D I N S L e ministre des Finances, Carlos Leitão, s\u2019est présenté comme le «porteur de bonnes nouvelles » lorsqu\u2019il a déposé son 4e budget à l\u2019Assemblée nationale mardi.Celui-ci prévoit un « réinvestissement » non négligeable en éducation et en santé, qui ont subi de lourds dommages lors de la guerre menée contre le déficit budgétaire au cours des trois dernières années.Il a aussi annoncé la suppression rétroactive de la taxe santé et, en prime, une légère baisse d\u2019 impôt générale pour 4,3 millions de contribuables québécois.Après avoir déploré qu\u2019à la suite de « trois ans de démolition, on [ait] droit à un budget de rafistolage », les partis d\u2019opposition ont exposé leurs divergences de vues au sujet de l\u2019avenir du Fonds des générations, dans lequel le gouvernement compte déposer pas moins de 2,5 milliards de dollars au terme de l\u2019année fiscale.Le chef du Par ti québécois, Jean-François Lisée, s\u2019est dit « favorable au dépôt annuel d\u2019une somme dans le Fonds des générations».Cependant, « ce fonds doit être mieux investi dans la croissance économique du Québec, qui est anémique sous les libéraux», a-t-il fait valoir au lendemain du dépôt du budget.« Mais on pense que ça doit rester au fonds», a-t-il précisé.Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, a dit qu\u2019il « n\u2019exclurai[t] pas, à cour t terme, d\u2019utiliser une partie des versements au Fonds des générations » pour « au moins remettre les 800 $ [que les libéraux ont] pris dans les poches des familles » depuis le printemps 2014.Les libéraux ont crié à l\u2019hérésie.Anniversaire Dix ans après le premier versement au Fonds des générations, qui vise à réduire le poids de la dette quant au PIB, ce dernier est encore en place.Alimenté par des redevances sur l\u2019eau, les redevances minières, la taxe sur les boissons alcooliques et autres sources, il vient de franchir un cap symbolique : 10 milliards.Ce montant fructifie entre les mains de la Caisse de dépôt et placement, et les agences de notation y voient une politique responsable.« Je suis agréablement surpris qu\u2019il soit encore là », dit Marcelin Joanis, professeur d\u2019économie à Polytechnique Montréal, qui militait pour le remboursement de la dette avant même la création du Fonds.« On a maintenu les versements sans déroger, et il faut vraiment saluer ça.Ce n\u2019est pas toujours le cas : les gouvernements n\u2019ont pas toujours une cohérence temporelle, comme on dit dans notre jargon.Mais le Fonds fonctionne comme prévu.» Cependant, l\u2019accroissement du Fonds et sa taille devenue impressionnante représentent pour M.Joanis un « risque politique ».Car le Fonds n\u2019est, dans les faits, protégé que par une loi de l\u2019Assemblée nationale.Un gouvernement qui voudrait un jour modifier sa mission et puiser dans le Fonds aurait toute la marge pour le faire.« Sur la question de tirer profit sur les écar ts de rendement, j\u2019achète.[\u2026] Mais le risque le plus tangible, c\u2019est sa taille croissante.Au départ, il était petit.» Le Fonds entre dans une phase test, selon lui.De façon concrète, l\u2019objectif du Fonds est de générer des rendements supérieurs aux coûts des nouveaux emprunts du gouvernement québécois.La seule année où cette stratégie a raté, c\u2019est 2008, une année désastreuse pour l\u2019ensemble des gestionnaires et des marchés.Cette année-là, la Caisse avait enregistré un rendement de \u2013 22,4 % (mieux que l\u2019ensemble des déposants de la Caisse), alors que les coûts des nouveaux emprunts avaient augmenté de 4,5 %.De manière générale, l\u2019écart est positif et se situe entre 5 et 9 %.Vider le Fonds Lors de la campagne de 2012, le Parti québécois avait pris l\u2019engagement de vider le Fonds des générations pour appliquer ses 5,5 milliards directement au remboursement de la dette.Il a changé d\u2019 idée.Après l\u2019élection, il a plutôt décidé de ne retirer qu\u2019un milliard et, plutôt que d\u2019abolir le Fonds, il a annoncé un élargissement des sources qui l\u2019alimentent.Si le Fonds n\u2019est pas appliqué directement au remboursement de la dette, les agences de notation telles que Moody\u2019s et DBRS le perçoivent comme une sorte d\u2019équivalent.« Si un futur gouvernement décidait de modifier l\u2019approche et utilisait le Fonds des générations pour autre chose que la diminution de la dette, comme les dépenses de programmes, nous serions obligés d\u2019exclure le Fonds de notre analyse du poids de la dette », a dit au Devoir cette semaine Travis Shaw, vice- président des finances publiques à l\u2019agence de notation DBRS.Quiconque entend ces propos doit comprendre qu\u2019il n\u2019en résulterait pas forcément une décote.Mais l\u2019appréciation de DBRS, visiblement, serait différente.La débâcle généralisée de 2008 sur les marchés avait incité l\u2019OCDE à recommander au gouvernement d\u2019abandonner le concept.«L\u2019argent qui coule vers le Fonds depuis quelques années aurait dû être appliqué directement au remboursement de la dette et devrait l\u2019être au cours des prochaines années aussi », avait écrit l\u2019organisme en 2010.Le Fonds est quand même une bonne idée, dit Robert Hogue, premier économiste à la Banque Royale.« Tant et aussi longtemps que les rendements sont supérieurs aux coûts d\u2019emprunt\u2026, dit-il.Jusqu\u2019ici, la Caisse de dépôt et placement a connu du succès.On se croise les doigts pour que ça se poursuive pour les générations à venir.» Originaire du Québec, mais installé à Toronto depuis maintenant 27 ans, M.Hogue af firme que la réputation fiscale du Québec se redresse depuis quelques années.« Il y a encore des inquiétudes [à Bay Street] sur l\u2019ampleur de la dette par rappor t à la taille de l\u2019économie, mais la tendance des dernières années est perçue comme très positive.» Le rapport de la dette brute du Québec (207 milliards) comparativement à son produit intérieur brut est présentement de 52,7 % et diminue depuis deux ans.Québec veut qu\u2019il descende à 45 % d\u2019ici 2025-2026.En Ontario, il était l\u2019an dernier de 46,3 %.« Quand Québec a créé le Fonds des générations, le niveau de la dette était élevé, pas juste en termes absolus, mais en termes relatifs par rappor t à la taille de l\u2019économie», dit M.Hogue.L\u2019argent du Fonds des générations est géré par la Caisse de dépôt et placement du Québec, qui compte une trentaine d\u2019autres déposants comme la Régie des rentes, les employés du secteur public, la CSST, etc.Selon le budget déposé mardi, la politique de placement du Fonds est plus conservatrice que le portefeuille de référence moyen de l\u2019ensemble des déposants.Celle du Fonds des générations, par exemple, prévoyait au 1er janvier une allocation de 45,5 % dans les actions, 38,5 % en obligations et 16 % en placements sensibles à l\u2019inflation (immeubles, infrastructures, etc.).Aurait-il été préférable de consacrer les sommes au développement économique, au financement des ser vices publics, aux infrastructures?L\u2019usage du Fonds et sa mission reviendront dans le débat public, estime Marcelin Joanis.«La prochaine campagne électorale va être intéressante à ce sujet-là.Les partis vont-ils se positionner?Faire des propositions?Il y a des signaux selon lesquels certains partis pourraient vouloir changer un peu la vocation du Fonds.» Le Devoir FONDS DES GÉNÉRATIONS Une cagnotte au cœur de la valse des milliards Le programme géré par la Caisse de dépôt et placement se profile déjà comme un futur enjeu électoral pour le gouvernement Couillard JACQUES NADEAU LE DEVOIR Carlos Leitão a déposé son 4e budget à l\u2019Assemblée nationale mardi.De façon concrète, l\u2019objectif du Fonds est de générer des rendements supérieurs aux coûts des nouveaux emprunts du gouvernement québécois H A L A K O D M A N I N ouvelle déception pour la Turquie après la visite que vient d\u2019ef fectuer à Ankara le secrétaire d\u2019État américain, Rex Tillerson.Une déception à la mesure des attentes entretenues par la diplomatie turque d\u2019un changement de la politique américaine avec l\u2019équipe Trump.Washington semble ne pas vouloir modifier ses positions sur les deux principaux sujets à l\u2019origine de la détérioration des relations ces dernières années avec le gouvernement Obama.Le soutien américain aux milices kurdes en Syrie, considérées comme ter ror istes par la T urquie , continue de se renforcer notamment en pré- parat ion de la bata i l le pour déloger le groupe État islamique de Raqqa.Pas de changement non plus sur le refus des États- Unis d\u2019extrader l\u2019imam Fethullah Gülen, accusé par Erdogan d\u2019être derrière la tentative de coup d\u2019État de l\u2019été dernier.Ce revers survient au moment où le partenariat noué depuis l\u2019été dernier avec la Russie en Syrie, et qui a abouti notamment à un accord sur l\u2019évacuation d\u2019Alep, se fissure.Le déploiement de forces russes il y a une dizaine de jours dans la région d\u2019Afrine, dans le nord-ouest de la Syrie, à la frontière turque, sous contrôle des mêmes forces kurdes soutenues par Washington, est un coup dur pour Ankara.L\u2019alliance de revers initiée par Erdogan avec Poutine en forme de dépit ou de pression envers les Occidentaux apparaissait habile, mais révèle un nouveau piège.« Il y a eu entente américano-russe pour bloquer la Turquie », estime le chef d\u2019un groupe rebelle syrien qui a par ticipé à l \u2019opération Bouclier de l\u2019Euphrate menée par l\u2019armée turque.L\u2019of fensive lancée en août a permis de déloger les forces du groupe État islamique de la dernière por tion de frontière turco-syrienne qu\u2019ils tenaient et d\u2019empêcher aussi les Kurdes de prendre ces territoires réalisant la continuité de leur zone autonome le long de la frontière turque.« Objectifs atteints » selon la Turquie, qui a annoncé mercredi la fin de l\u2019opération Bouclier de l\u2019Euphrate à la veille de l\u2019arrivée du secrétaire d\u2019État Tillerson à Ankara.Déchaînement Lâché par Washington après Moscou au profit de ses pires ennemis, les milices du PYD kurdes, Ankara ne peut certainement pas se tourner vers l\u2019Europe.Après son déchaînement ces dernières semaines contre les dirigeants européens accusés de l\u2019empêcher de faire campagne auprès des communautés turques, Er- dogan a peu de chance de trouver des oreilles attentives.À la veille du référendum constitutionnel du 16 avril en Turquie, prévoyant notamment l\u2019élargissement des pouvoirs du président de la République, ces déconvenues diplomatiques tombent mal.À moins que l\u2019argument de « la forteresse assiégée » ne joue en faveur de la campagne d\u2019Erdogan, qui n\u2019a cessé de jouer sur la fibre du nationalisme turc.Libération L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 E R E T D I M A N C H E 2 A V R I L 2 0 1 7 P E R S P E C T I V E S B 3 A près l\u2019élection du 26 mars 2007, qui avait failli renvoyer le PLQ dans l\u2019opposition, bon nombre d\u2019apparatchiks libéraux en étaient arrivés à la conclusion que Jean Charest avait fait son temps.Deux vétérans de l\u2019époque de Robert Bourassa, Marc-Yvan Côté et Ronald Poupar t, avaient alors offert à Philippe Couillard, alors ministre de la Santé, de se charger de sa campagne à la chefferie si M.Charest décidait de tirer sa révérence.M.Côté avait aussi été ministre de la Santé et il s\u2019est rapidement lié d\u2019amitié avec ce successeur.M.Couillard était bien au fait de ses talents d\u2019organisateur et il n\u2019avait pas refusé son offre, malgré sa comparution devant la commission Gomery, qui avait entraîné son exclusion à vie du Parti libéral du Canada.Les choses ne sont cependant pas allées plus loin.Contre toute attente, le ciel s\u2019est soudainement éclairci pour M.Charest, qui s\u2019est très bien adapté à la situation minoritaire de son gouvernement, alors que ni Mario Du- mont ni Pauline Marois n\u2019ont réussi à s\u2019imposer comme choix de remplacement aux yeux de la population.Six mois après la victoire libérale de décembre 2008, M.Couillard a jeté l\u2019éponge.À ce mo- ment-là, il ne se considérait pas en réserve de la république.Le jour où les libéraux seraient battus, le nouveau gouvernement ferait sans doute deux mandats et lui-même n\u2019avait aucune envie de les passer dans l\u2019opposition, pour être éventuellement remplacé par un nouveau chef quand le balancier retournerait du côté libéral.Même après que M.Couil- lard eut quitté la politique pour s\u2019associer à un fonds privé d\u2019investissement dans le secteur de la santé, il est demeuré en relation avec M.Côté.En mars 2009, ce dernier l\u2019a même remplacé à pieds levé comme président d\u2019honneur d\u2019un souper-bénéfice de la Corporation du saumon de la Rivière-Malbaie, rapportait Le Journal de Montréal vendredi.?Alors que M.Couillard croyait avoir fait une croix définitive sur la politique, le résultat serré de l\u2019élection de septembre 2012 a démontré que la marque libérale avait été moins ternie qu\u2019on le craignait par les scandales de l\u2019ère Charest.Dans la perspective d\u2019une élection à brève échéance, l\u2019ancien ministre est soudainement redevenu un candidat de choix.Compte tenu de l\u2019offre qu\u2019il lui avait faite cinq ans plus tôt, M.Couillard ne pouvait pas être surpris que M.Côté ait « émis l\u2019idée de s\u2019impliquer » dans sa campagne la chefferie.On peut même penser que ce dernier lui a personnellement offert ses services.Dès lors qu\u2019il revenait en politique, il a cependant bien vu le danger d\u2019être associé d\u2019une manière ou d\u2019une autre à celui qui était devenu un véritable symbole de la corruption libérale.On ne sait pas exactement dans quels termes M.Couillard a demandé à M.Côté de ne pas se mêler de sa campagne, mais il connaissait suffisamment le personnage pour se douter que ses propos pourraient être interprétés comme une invitation à faire preuve de la plus grande discrétion.À moins de passer la campagne à l\u2019extérieur du pays, et encore, il était impossible que cet organisateur jusqu\u2019à la moelle demeure les bras croisés.Qu\u2019il n\u2019ait pas eu de mandat officiel n\u2019était certainement pas pour le dissuader d\u2019intervenir.Au contraire, il est précisément le genre d\u2019homme qui préfère agir dans l\u2019ombre.?Les courriels obtenus par Le Journal de Montréal ne laissent aucun doute sur son implication, et il serait étonnant que M.Couillard n\u2019en ait jamais entendu parler.Sinon, pourquoi l\u2019organisatrice de sa campagne de l\u2019est du Québec, qui était justement le fief de M.Côté, aurait-elle souhaité lui parler au lendemain de sa victoire ?Comment croire que cette conversation ne portait pas sur la politique, comme le prétend le premier ministre ?M.Côté faisait-il par tie de ces apparatchiks de l\u2019époque Bourassa, dont le whip du PLQ, Stéphane Billette, « préfère taire le nom », qui ont été convié à une réunion en novembre 2012, alors que M.Couillard s\u2019apprêtait à of ficialiser sa candidature, comme le croit l\u2019opposition ?Il était fascinant de voir ces embarrassants courriels surgir deux jours après la présentation d\u2019un budget généralement bien accueilli, qui a été littéralement éjecté du radar médiatique.Ils font vraisemblablement partie de l\u2019imposant corpus rassemblé par l\u2019UPAC au fil de ses enquêtes, mais qui les a « coulés » au Journal de Montréal ?Des policiers frustrés par l\u2019« immunité diplomatique » dont jouirait la classe politique ?Un membre du groupe de libéraux, dont M.Côté et Nathalie Normandeau, qui sont accusés de corruption et qui ont eu accès à la preuve montée contre eux ?Il doit certainement être enrageant d\u2019avoir le sentiment de payer pour des gestes qui ont profité à des gens qui s\u2019en tirent indemnes.mdavid@ledevoir.com L\u2019ami tapi dans l\u2019ombre MICHEL DAVID STR / AGENCE FRANCE-PRESSE Des membres de l\u2019opposition ont défié la Garde nationale lors d\u2019une manifestation devant la Cour suprême à Caracas vendredi.F R A N Ç O I S - X A V I E R G O M E Z M ercredi, le Tribunal suprême de justice (TSJ) du Venezuela, formé de fidèles du régime chaviste, s\u2019est octroyé les pouvoirs du Parlement, où siègent depuis 2016 une majorité d\u2019élus de l\u2019opposition.Ce coup de force traduit une escalade supplémentaire dans la crise qui agite le pays pétrolier.Nicolás Maduro, héritier d\u2019Hugo Chávez (au pouvoir de 1999 à 2013), concentre désormais tous les pouvoirs : exécutif, législatif, judiciaire et militaire.Le chercheur vénézuélien Eduardo Rios, docteur en science politique et membre de l\u2019Observatoire politique de l\u2019Amérique latine et des Caraïbes (OPALC) analyse la nouvelle situation.La décision du TSJ va-t-elle aggraver la triple crise (politique, économique, sociale) que vit le Venezuela?C\u2019est un pas de plus vers un renforcement autoritaire de Nicolás Maduro, mais qui dans le fond consolide un état de fait.Le gouvernement poursuit la surenchère autoritaire en éliminant l\u2019immunité parlementaire et en s\u2019autorisant à légiférer par décrets.Devant la poussée autoritaire, les États latino-américains vont accentuer leur pression, l\u2019opposition va continuer à demander des élections lors de mobilisations de rue, et le gouvernement va encore et toujours devoir résoudre le marasme économique.C\u2019est certainement préoccupant pour l\u2019état de la démocratie dans le pays, mais ça ne fait qu\u2019entériner le chemin pris par le gouvernement.Le Venezuela reste sourd aux appels à respecter la démocratie, venant de l\u2019Organisation des États américains (OEA) notamment.Toute pression internationale est-elle condamnée à l\u2019échec?Je ne le pense pas.Les par tenaires financiers ont des moyens d\u2019agir : ils peuvent stopper leurs aides au développement et refuser de prêter au Venezuela.Mais le PIB se contracte depuis 2013, l\u2019inflation explose, et le pays a un besoin impérieux d\u2019investisseurs étrangers.Il doit donc faire des concessions.Maduro est allé dans ce sens en parlant récemment de réviser le système de contrôle des changes, qui freine les investissements.Réunie dans une large coalition (la Table de l\u2019unité démocratique, MUD), l\u2019opposition est réduite au silence.Comment peut-elle reprendre l\u2019offensive?L\u2019opposition est fracturée entre un camp partisan des mobilisations dans la rue, dont le chef de file est Leopoldo López, emprisonné, et un camp qui mise sur les avancées politiques et le dialogue, organisé autour du gouverneur de l\u2019État de Miranda, Henrique Capriles.Les partisans du dialogue ont perdu du terrain au profit des tenants de la rue.Les derniers sondages sur une éventuelle élection présidentielle montrent le recul de Capriles au profit de López.Mais on observe aussi l\u2019émergence d\u2019un troisième opposant, qui incarnerait une option de gauche pour remplacder Maduro: le gouverneur de l\u2019État de Lara, Henri Falcón, qui a rompu avec le chavisme en 2011.L\u2019opposition peut-elle jouer son rôle quand plusieurs de ses dirigeants sont en prison?La question va bien au-delà du cas de Leopoldo López, condamné en 2015 à 14 ans de prison [accusé d\u2019être l\u2019instigateur de violences qui avaient fait trois morts lors des manifestations étudiantes].Beaucoup de détenus sont des jeunes issus de l\u2019agitation estudiantine de 2012- 2013.En les condamnant lourdement, le régime a voulu détruire le militantisme d\u2019opposition, empêcher le renouvellement des cadres.Et les retirer de l\u2019échiquier politique puisque, même remis en liberté après avoir purgé leur peine, ils sont frappés d\u2019inéligibilité.Maduro a-t-il désormais les mains libres pour les deux années qu\u2019il lui reste avant la fin de son mandat?La justice a en ef fet stoppé l\u2019organisation d\u2019un référendum révocatoire lancé par l\u2019opposition en invoquant des irrégularités.Maduro a aussi repoussé des élections régionales prévues cette année.Tout indique qu\u2019il ira au bout de son mandat.Si la présidentielle avait lieu au- jourd\u2019hui, il la perdrait avec certitude.Mais impossible de prédire à quoi ressemblera le paysage en 2019, et comment vont bouger les plaques.Une amélioration de l\u2019économie et les divisions de l\u2019opposition auxquelles travaille le régime peuvent ouvrir la porte à une réélection.Garder le pouvoir après une phase d\u2019hyperinflation n\u2019est pas impossible : Mugabe y est parvenu au Zimbabwe, et il est toujours là.Malgré les graves pénuries d\u2019aliments et de médicaments, on n\u2019assiste pas à une explosion sociale.Pourquoi?Il y a des explosions sociales tous les jours, mais de faible ampleur, très localisées et vite réprimées.On apprend leur existence par les vidéos sur les réseaux sociaux.L\u2019une d\u2019elles a eu lieu cette semaine à deux pâtés de maisons du palais de Miraflores, le siège de la présidence à Caracas, devant une boulangerie fermée par décision administrative [sous l\u2019accusation de vendre du pain au-dessus du prix fixé par l\u2019État].Des protestations ont lieu à travers le pays, mais elles ne s\u2019agrègent pas.Parce que les Vénézué- liens s\u2019épuisent dans des stratégies de survie, dans la mise en place de circuits de solidarité, de nouvelles formes d\u2019organisation.On est dans la situation qu\u2019a décrite Tocqueville : en 1789, la prise de la Bastille a eu lieu après une bonne récolte, qui faisait suite à deux années catastrophiques.On ne se révolte pas en pleine famine, on le fait quand la situation s\u2019améliore.Libération VENEZUELA Quand la survie freine la révolte Nicolás Maduro concentre désormais tous les pouvoirs La visite à Ankara du secrétaire d\u2019État américain, Rex Tillerson, a montré que le gouvernement Trump n\u2019avait pas l\u2019intention de modifier les positions du pays.DIPLOMATIE La Turquie forcée de faire cavalier seul Le secrétaire d\u2019État américain a douché les espoirs d\u2019un changement de position à l\u2019égard du pays Il était fascinant de voir ces embarrassants courriels surgir deux jours après la présentation du budget Rex Tillerson Il y a des explosions sociales tous les jours, mais de faible ampleur, très localisées et vite réprimées Eduardo Rios, docteur en science politique et membre de l\u2019Observatoire politique de l\u2019Amérique latine et des Caraïbes (OPALC) « » our l\u2019année 2016, le président « exécutif » du conseil d\u2019administration de Bombardier, Pierre Beaudoin, et le chef de la direction, Alain Bellemare, ont empoché respectivement des bonis et primes de 5,3 millions et 7,6 millions en sus de leur salaire.Or, cette même année, la multinationale québécoise a annoncé la suppression de 7500 postes et essuyé une perte nette de 981 millions $US.Toujours en 2016, Bombardier, en faillite technique, obtenait de l\u2019aide du gouvernement du Québec, qui a injecté 1,3 milliard dans le capital de la division CSeries, tandis que la Caisse de dépôt et placement du Québec a versé tout près de 2 milliards pour acquérir 30 % de la ?liale ferroviaire Bombardier Transport.Ces sommes dépassaient l\u2019avoir des actionnaires de l\u2019entreprise.Cela s\u2019appelle un sauvetage public d\u2019une entreprise qui, à l\u2019échelle du Québec, est trop grosse pour faire faillite (« too big to fail », comme le veut l\u2019expression américaine).La ministre de l\u2019Économie, Dominique Anglade, a af?rmé qu\u2019elle comprenait que la population et les travailleurs soient choqués.Elle-même ne semblait pas avoir d\u2019état d\u2019âme.Même réaction détachée de la part du premier ministre, Philippe Couil- lard, qui s\u2019est dit persuadé que les dirigeants de Bombardier « sont à l\u2019écoute de la communauté».Vraiment ?Le gouvernement est impuissant, a concédé le premier ministre.C\u2019est une décision qui revient aux actionnaires de Bombardier, a-t-il dit.En principe.Mais dans les faits, les politiques de rémunération sont ?xées par le conseil d\u2019administration.Jean Monty, qui préside le comité de rémunération, et Daniel Johnson, qui a conseillé Philippe Couillard, y siègent.Les deux notables quittent le navire en mai.L\u2019héritier Pierre Beaudoin, qui, à titre de chef de la direction de 2008 à 2015, a mené Bombardier à l\u2019impasse, est toujours au CA de l\u2019entreprise.Le plus étonnant, c\u2019est qu\u2019il touche des millions pour ses services, ce qui est hors norme pour un tel poste.Il semble que le gouvernement Couillard n\u2019a pas prévu que les dirigeants de Bombardier s\u2019enrichiraient de façon éhontée à la suite de l\u2019apport de fonds publics dans l\u2019entreprise.Devant cette honteuse décision, il serait sans doute de mise de réhabiliter l\u2019expression de David Lewis, le chef du Nouveau Parti démocratique qui dénonçait dans les années 1970 les «corporate welfare bums ».Mais on leur reconnaissait une certaine intelligence, de l\u2019astuce.Les dirigeants de Bombardier ont sali l\u2019image de leur entreprise.Leur insensibilité con?ne à la bêtise.Une bêtise stratosphérique.La tenue d\u2019une commission parlementaire est de mise pour clarifier le rôle joué par Marc-Yvan Côté dans la campagne à la chefferie du PLQ de Philippe Couillard.homme a commencé sa carrière d\u2019organisateur politique au temps des enveloppes brunes, et il l\u2019a poursuivie jusqu\u2019à l\u2019ère du numérique et des courriels encombrants.La feuille de route de Marc-Yvan Côté est entachée par les scandales, petits et grands.En 2005, il avait avoué son implication dans le ?nancement illégal du PLC lors de la commission Gomery.Banni à vie du PLC, cet organisateur « radioactif » n\u2019aurait jamais dû obtenir une deuxième chance comme organisateur politique.C\u2019était sans compter sur la générosité de sa première famille d\u2019adoption, le PLQ, grâce à laquelle il a pu poursuivre une proli- ?que carrière à l\u2019intersection du développement des affaires et de l\u2019organisation politique.De 2000 à 2012, il aurait agi comme l\u2019un des principaux responsables du ?nancement illégal au PLQ, avec les résultats que l\u2019on sait.L\u2019UPAC a mis ?n à sa prodigieuse carrière, l\u2019an dernier, avec son arrestation pour complot, fraude envers le gouvernement, corruption de fonctionnaires et abus de con?ance.Il est toujours en attente de son procès.Marc-Yvan Côté est un vieux fantôme qui hante la maison libérale depuis plus de 20 ans.Cette fois, une enquête du Journal de Montréal, courriels à l\u2019appui, laisse entendre qu\u2019il a joué un rôle dans l\u2019organisation de la campagne à la chefferie du PLQ de Philippe Couil- lard, en 2012 et 2013.Le premier ministre se décharge de toute responsabilité.De un, il avait demandé « personnellement » à Marc-Yvan Côté de se tenir à l\u2019écart de sa campagne.De deux, il avait transmis la directive à l\u2019équipe de direction de sa campagne.De toute évidence, quelqu\u2019un, quelque part dans son organisation, n\u2019a pas pris l\u2019avertissement au sérieux.M.Côté a aidé les organisateurs à repérer des délégués favorables à la candidature de M.Couillard.Au lendemain de sa victoire, une militante libérale, Lise Grondin, a envoyé un courriel au vieux routier.« Même si tu étais dans l\u2019ombre, félicitations d\u2019être toujours là, et encore là», lui écrit-elle.Il est possible que Philippe Couillard n\u2019ait rien su de l\u2019implication de Marc-Yvan Côté dans sa campagne.Possible que celui-ci ait joué un rôle indirect et lointain.Possible, mais hautement improbable compte tenu des antécédents de ce collecteur et de l\u2019ascendant qu\u2019il exerçait sur les troupes libérales dans l\u2019est du Québec.L\u2019hypothèse la plus plausible, c\u2019est que les organisateurs de Philippe Couillard, en dignes héritiers spirituels de Marc-Yvan Côté, n\u2019ont pas pu se passer de ses précieux conseils.Voilà une situation délicate pour les libéraux.Au pire, Marc- Yvan Côté était mêlé directement à la campagne de Philippe Couillard, ce qui contredirait des déclarations antérieures de la formation.En effet, le PLQ soutient que Marc-Yvan Côté a cessé de s\u2019impliquer dans le parti en 2011.Au mieux, M.Côté jouait encore et toujours un rôle of?cieux d\u2019artisan de l\u2019ombre, ce qui en dirait long sur l\u2019absence de jugement éthique des organisateurs «of?ciels» de M.Couillard.Le premier ministre ne voit pas l\u2019utilité d\u2019une commission parlementaire pour clari?er cette situation encombrante.Si sa conscience est nette, comme il l\u2019af?rme, il n\u2019aurait rien à craindre d\u2019un exercice au cours duquel les élus de l\u2019opposition se ridiculiseraient avec un tissu d\u2019insinuations et de fausses rumeurs.Cette commission permettrait d\u2019entendre la version des principaux intéressés : Marc-Yvan Côté et les organisateurs de la campagne de M.Couillard, dont la crédibilité est mise en cause dans cette affaire.L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 E R E T D I M A N C H E 2 A V R I L 2 0 1 7 B 4 EDITORIAL L E T T R E S Plus que des excuses Est-ce qu\u2019il faut réellement attendre qu\u2019un automobiliste prenne André Arthur au pied de la lettre et frappe un cycliste volontairement avant d\u2019admettre que celui-ci et cer tains de ses émules ont du sang sur les mains et qu\u2019en répandant la haine comme ils le font, ils n\u2019aident vraiment pas le vivre-ensemble ?Des excuses ne suf fisent pas, les propriétaires de la station de radio doivent le renvoyer s\u2019ils veulent montrer patte blanche.Dominic Martin, automobiliste et cycliste Le 30 mars 2017 L I B R E O P I N I O N M A R I E G E N D R O N Fondatrice de Baluchon Alzheimer «B ientôt de la grande et belle visite ! » telle était l\u2019expression qui me venait à l\u2019esprit quand approchait le moment où j\u2019irais chercher madame Sutto à Montréal.Précisément, c\u2019est en décembre et en mai qu\u2019elle avait pris l\u2019habitude de venir se reposer chez moi, au Saguenay.Une plaque à son nom était d\u2019ailleurs accrochée à la porte de la chambre qui lui était réservée.Le premier geste qu\u2019elle posait, dès l\u2019ouverture de sa valise rouge, était de placer la photo de sa chère fille Catherine sur le rebord de la fenêtre.Immanquablement, les gestes suivants consistaient à étaler son attirail de cosmétiques sur la vieille commode.Durant plusieurs jours, l\u2019odeur de son parfum gagnait tout l\u2019étage.À la salle à manger, j\u2019avais eu la précaution d\u2019ajouter deux coussins sur la chaise qui lui était destinée.J\u2019avais apporté également plusieurs livres sur la petite table d\u2019appoint au salon.Bien sûr, je prévoyais son inévitable question: «Dis, Marie, qu\u2019as- tu lu d\u2019intéressant dernièrement?» L\u2019automne, elle venait « faire ses achats pour Noël».La liste de ses parents et amis était déjà dressée.Au printemps, par contre, elle devait se procurer en priorité le «cadeau pour la fête de Michel le 25 juin.J\u2019aime bien lui acheter un vêtement\u2026» Il s\u2019agissait de Michel Tremblay, bien sûr.Le matin, sans faire de br uit, elle me rejoignait à la cuisine.« Bonjour, ma p\u2019tite Marie, j\u2019ai fini mes exercices.As-tu bien dormi ?» Puis, elle s\u2019étendait sur le divan du salon, lisait de longues heures.Après le dîner, elle redescendait habillée et maquillée.« Ah, bien là ! Madame Sutto, c\u2019est l\u2019actrice qui va magasiner ! » Nous ne devions sor tir que quelques heures, mais tout un chacun désirait lui exprimer affection et admiration.« Vous avez fait ma journée ! » lui disait-on souvent.Plusieurs personnes s\u2019informaient sur la nature de ses déplacements : « Vous jouez présentement dans un théâtre de la région ?» Invariablement, la réponse revenait à ceci : « Non, non, je viens au Sague- nay pour me reposer et me ressourcer.C\u2019est tellement beau ici ! » Un jour, chez Sears à Chicoutimi, la commis s\u2019enquiert : « Est-ce qu\u2019on vous a déjà dit que vous ressemblez à madame Janine Sutto?» «Oui, je crois que je lui ressemble\u2026», répond-elle avec un brin de sourire devant la commis ahurie de reconnaître sa voix.Et cet autre monsieur très âgé qui, timidement, lui demande : « Voulez- vous écrire votre nom sur un papier parce que ma femme ne va pas me croire quand je lui dirai que j\u2019ai parlé à madame Sutto?» C\u2019est chez Rodrigue le Bottier qu\u2019elle achetait les pantoufles qu\u2019elle appréciait particulièrement.De même, c\u2019est au Gastronome qu\u2019elle se procurait la fameuse tarte aux bleuets.Pour les marinades, c\u2019était à La Rouquine\u2026 Elle savait où acheter de nouveaux vêtements dont elle décousait soigneusement les étiquettes! Quelques semaines avant son décès, elle m\u2019avait demandé : « Crois-tu que je pourrai retourner chez toi ?» « Je le souhaite de tout mon cœur, Madame Sutto, mais je ne vous laisserai sûrement pas monter et descendre seule les escaliers de la maison.» «Et on boira du bon vin blanc en apéro, comme on en a l\u2019habitude?» Après chacun de ses séjours à la maison, à la fin de l\u2019après-midi, elle téléphonait : «Dis, ma p\u2019tite Marie, est-ce que c\u2019est l\u2019heure du bon vin blanc à Laterrière?» De mon côté, quand j\u2019ai créé l\u2019organisme Baluchon Alzheimer en 1999, elle avait accepté avec enthousiasme d\u2019en être la marraine.Avec le père Benoît Lacroix, elle siégeait au conseil d\u2019administration.«Nous, les deux p\u2019tits jeunes de la gang», rigolaient-ils ensemble.Ce cher Benoît, qu\u2019elle a vu partir il n\u2019y a pas si longtemps avec tant de chagrin\u2026 Encore la semaine dernière, nous nous rappelions sa mémoire.Merci, Madame Sutto, vous que je n\u2019ai jamais osé appeler « Janine », malgré votre demande.Merci de m\u2019avoir enseigné à concocter des mets assaisonnés à l\u2019oseille cultivée dans mon jardin.Merci de m\u2019avoir accompagnée un jour jusqu\u2019à Matane, et ailleurs en province, dans ma petite Jeep, en me faisant croire qu\u2019elle était très confor table.Merci d\u2019avoir lu avec brio les portraits que je brossais des personnes atteintes de la maladie d\u2019Alzheimer que j\u2019aime tant.Merci de ces deux soirées silencieuses, mais pleines d\u2019affection, passées en votre compagnie au cours de votre dernière semaine parmi nous.Une myriade de mercis, grande dame du théâtre, de l\u2019amitié, de la bienveillante générosité\u2026 La belle visite de Mme Sutto au Saguenay FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente du développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-président des ventes publicitaires MARK DROUIN Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Directeur de l\u2019information numérique FLORENT DAUDENS Adjoints PAUL CAUCHON, LOUIS GAGNÉ, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET Nos journaux sur papier ! Je suis de ceux qui aiment avoir bien en main un journal.Je suis de ceux qui adorent flâner dans un café avec un journal défait devant eux, sur une table près d\u2019un bon café.Je suis de ceux et celles qui, crayon en main, annotent des passages d\u2019ar ticles qui les interpellent et qu\u2019ils voudront relire plus tard.J\u2019aime l\u2019odeur du papier journal et je me surprends même à trouver cela bien chouette d\u2019avoir les doigts tachés d\u2019un peu d\u2019encre.Que voulez-vous, je lis des journaux papier depuis plus de 35 ans.Mes parents faisaient de même ainsi que mes grands-parents.Une longue tradition de « tourneux» de pages me précède et, moi, je fais perdurer la tradition.Bien entendu, je lis aussi les journaux sur mon ordi, mais je ne vous dis pas le bonheur d\u2019aller à la tabagie du coin afin de les tâter sur les étagères pour finalement prendre mon Devoir.Et le pas joyeux, me rendre dans un café pour éplucher ses pages.Je profite encore de ce plaisir de lecteur à mains, pendant que cela est encore permis, encore possible.Les journaux papier seront un jour des objets d\u2019antiquité, des souvenirs accrochés sur les murs du musée de notre nostalgie.Mais je pourrai dire, dans mes vieux jours, que j\u2019aurai goûté aux joies d\u2019avoir les nouvelles de mon monde dans la chaleur de mes deux mains.Yvan Giguère Saguenay, le 30 mars 2017 L\u2019 MARC-YVAN CÔTÉ AU PLQ Un fantôme tenace Bêtise stratosphérique chez Bombardier P BRIAN MYLES ROBERT DUTRISAC L\u2019indécent scandale Bombardier Alain Bellemare et Pierre Beaudoin se sont pété les bretelles et ont été morts de rire en apprenant que le conseil d\u2019administration de leur multinationale avait octroyé à leur rémunération millionnaire le double de ce qu\u2019elle était.À la suite du tollé de critiques généralisées à l\u2019égard de ces excès honteux et indéfendables à la lumière des per for- mances médiocres de leur gestion, leurs rires ajouteraient l\u2019insulte à l\u2019injure à l\u2019égard des centaines d\u2019employés mis à pied et des contribuables dont les impôts les ont sauvés de la faillite.Ils n\u2019ont plus qu\u2019à grincer des dents et à faire amende honorable ou un semblant d\u2019acte de contrition.On a beau être bandit à cravate, on a encore le souci de sa réputation.La honte n\u2019est plus que le seul rempar t en faveur de la décence et de l\u2019honnêteté quand on n\u2019a plus de moralité.Gérard Lévesque Lévis, le 30 mars 2017 Merci, Madame Sutto, vous que je n\u2019ai jamais osé appeler « Janine », malgré votre demande L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 E R E T D I M A N C H E 2 A V R I L 2 0 1 7 B 5 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon (chef de division), Robert Dutrisac, (éditorialiste), Michel Garneau et Pascal Élie (caricaturistes), Jacques Nadeau (photographe), Olivier Zuida (recherchiste photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division et reporter), Stéphane Baillargeon (généraliste), Gérald Dallaire (pupitre), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Jean Dion (sports), Marco Fortier (éducation), Marie-Pier Frappier (pupitre), Lisa-Marie Gervais (diversité), Pauline Gravel (sciences), Jessica Nadeau (éducation).Alexandre Shields (environnement); information politique : Michel David (chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Marie-Michèle Sioui (correspondants parlementaires à Québec) Dave Noël (recherche), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec); information culturelle : Guillaume Bourgault-Côté (politiques culturelles), Julie Carpentier (pupitre), Fabien Deglise (livres), Catherine Lalonde (arts vivants), François Lévesque (écrans), Caroline Montpetit (arts vivants), Philippe Papineau(médias); information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l\u2019information), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Benoît Munger (pupitre); information internationale : Guy Taillefer (chef de division et éditorialiste); section art de vivre : Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); cahiers spéciaux : Loïc Hamon (responsable); équipe numérique : Laurence Clavel, Guillaume St-Hilaire et Geneviève Tremblay (pupitres); correction : Andréanne Bédard, Christine Dumazet et Michèle Malenfant (correctrices) ; soutien à la rédaction : Amélie Gaudreau (coordonnatrice à la rédaction), Jean-Philippe Proulx (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa).PUBLICITÉ Charleyne Bachraty (adjointe au vice-président), Marlène Côté, Évelyne De Varennes, Amel Elimam, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (directrices de comptes), Amélie Maltais (commis aux avis légaux), Alessandra Tantalo et Laurence Hémond (coordonnatrices publicitaires).PRODUCTION Caroline Desrosiers, Yannick Morin, Anthony White et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web), Jean-François Côté (analyste programmeur), Luc Girard (technicien informatique), Solène M.Hébert (développeuse Web).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Catherine Gentilcore (coordonnatrice marketing, communications et relations publiques), Sébastien Beaupré (coordonnateur service à la clientèle), Manon Blanchette, Caroline Filion, Nathalie Filion, Isabelle Sanchez (préposées au service à la clientèle).ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Mélisande Simard (adjointe administrative et responsable des ressources humaines), Florentina Draghici (technicienne comptable), Véronique Pagé (responsable du crédit).Écrivez-nous! Le Devoir se fait un plaisir de publier dans cette page les commentaires et les analyses de ses lecteurs.Étant donné l\u2019abondance de courrier, nous vous demandons de limiter votre contribution à 5500 caractères (y compris les espaces), ou environ 850 mots.Inutile de nous téléphoner pour assurer le suivi de votre envoi: si le texte est retenu, nous communiquerons avec son auteur.Nous vous encourageons à utiliser le courriel (redaction@ledevoir.com), mais dans tous les cas, n\u2019oubliez pas d\u2019indiquer vos coordonnées complètes, y compris votre numéro de téléphone.C É L I N E G A U T H I E R Professeure d\u2019économie à l\u2019Université du Québec en Outaouais ncore une de ces déprimantes nouvelles sur la rémunération indécente de dirigeants d\u2019entreprises.Il y a quelques semaines, c\u2019était Louis Vachon et ses acolytes de la Banque Nationale.Cette semaine, ce sont ceux de Bombardier, qui viennent de quêter aux deux paliers de gouvernement et qui se donnent des hausses de revenus de 48 %.Non, mais il en faut du culot ! Le problème en est un de taille.Les hauts dirigeants sont délégués par les actionnaires pour faire croître l\u2019entreprise, en contrepartie d\u2019une rémunération liée à leur performance.Le problème, c\u2019est justement que cette performance est difficile à mesurer.On la mesure de plus en plus par la hausse du prix des actions de l\u2019entreprise.Quand Bombardier reçoit une subvention, le prix de son titre monte.Cette hausse est au final attribuée à la bonne gestion des hauts dirigeants, qui passent ensuite à la caisse.Quand Bombardier supprime des milliers d\u2019emplois, son titre monte également.Pourtant, et la subvention et la coupe d\u2019emplois sont toutes deux le résultat d\u2019une performance pitoyable de l\u2019entreprise.Vol légal des actionnaires Il faut intervenir pour tenter de limiter ces hausses de revenus totalement injustifiées qui constituent ni plus ni moins qu\u2019un vol légal des actionnaires.On croirait qu\u2019un certain sens de l\u2019éthique devrait primer et que les hauts gestionnaires et leur conseil d\u2019administration sauraient « s\u2019autoré- glementer », mais force est de constater que c\u2019est loin d\u2019être le cas.Comme le disait si bien un collègue économiste, « self- regulation is no regulation».On ne peut visiblement pas espérer que le problème se règle de lui-même.Il y a deux propositions qui pourraient contribuer à l\u2019atténuer sans trop faire de dégâts collatéraux.La première est d\u2019imposer la tenue d\u2019un vote annuel des actionnaires sur la rémunération de ses hauts diri - geants.La rémunération devrait inclure toutes les sources de revenus (salaire, bonis, options, actions, fonds de pension, etc.).Il serait surprenant que les actionnaires de Bombardier soient d\u2019accord avec ce qu\u2019ils viennent de se donner.La seconde est de hausser le taux marginal de taxation sur la tranche de revenus en haut de 500 000 $.Certains diront que cette dernière mesure entraînerait peut-être un exode vers des pays plus attrayants fiscalement.Mais veut-on de ces citoyens gagnant 6 ou 10 millions par année qui refusent de payer un peu plus en impôts ?La hausse croissante des inégalités s\u2019explique en partie par ces hausses éhontées des salaires des hauts dirigeants.Il faut que ça cesse.Les médias continueront à avoir un rôle important pour y arriver, mais les citoyens devront également y mettre du leur en exigeant de nos élus qu\u2019ils considèrent enfin la question sérieusement.BOMBARDIER L\u2019indignation d\u2019une actionnaire ordinaire R O D O L P H E D E K O N I N C K S É B A S T I E N R I O U X Département de géographie de l\u2019Université de Montréal ans la lettre int itulée « La bombe à retardement de la surpopulation », parue dans Le Devoir du lundi 20 mars, M.Jean-Pierre Sauvé soutient qu\u2019à la source de la détérioration de la biosphère se trouve la surpopulation.Cette vision encore très répandue apparaît inadéquate et requiert quelques ajustements.N\u2019en déplaise aux tenants du néomalthusia- nisme, la croissance démographique n\u2019est pas en soi une cause de la surexploitation des ressources naturelles et de la détérioration des écosystèmes.Les démographes s\u2019accordent pour dire que l\u2019ascension démographique des cent dernières années tire à sa fin.La population mondiale devrait atteindre 9 milliards en 2050 avant de se stabiliser progressivement durant la deuxième moitié du XXIe siècle.Malthus avait tort: la croissance démographique n\u2019est pas infinie et la population mondiale ne doublera plus jamais.Il n\u2019est pas étonnant que le spectre de la surpopulation resurgisse dans un contexte d\u2019augmentation des inégalités économiques et de déstabilisation écologique, même si nous savons depuis longtemps que la faim et la pauvreté sont en réalité des problèmes liés à la distribution inégale de la richesse et des ressources.D\u2019ailleurs, les populations les plus démunies n\u2019ont en général qu\u2019une empreinte écologique modeste et en tout cas largement inférieure à celle des populations riches.Si les 7,5 milliards d\u2019humains qui vivent sur terre aujourd\u2019hui étaient des prédateurs aussi boulimiques que le sont la majorité des quelque 360 millions de Nord-Américains, l\u2019humanité serait déjà définitivement condamnée à connaître le sort des dinosaures.L\u2019occupation du territoire Le véritable problème, c\u2019est la façon dont les humains occupent la planète, quel que soit leur nombre.L\u2019habitent-ils de façon harmonieuse, raisonnable et responsable, ou plutôt d\u2019une manière abusive, prédatrice et destructrice ?La réponse est que l\u2019humanité, en particulier dans les pays riches, habite la planète de façon de plus en plus prédatrice.Cela est vrai notamment dans l\u2019agriculture mondialisée, l\u2019une des grandes responsables de la détérioration de la biosphère et des bouleversements climatiques, de même que de la destruction de la petite agriculture familiale appauvrissant les campagnes et contribuant à l\u2019exode vers les villes.L\u2019agriculture industrielle, aujourd\u2019hui largement entre les mains des multinationales de l\u2019agroalimentaire, produit trop et mal, notamment en externalisant et en socialisant les coûts et les risques écologiques.Le bluff qui consiste à affirmer que l\u2019on doit mettre en culture une part croissante de la planète, notamment en la déboisant davantage, n\u2019est que cela, un bluff, par ailleurs fort coûteux.Le problème n\u2019est pas le manque de nourriture, mais la distribution inégale tant de sa production que de sa consommation.L\u2019agriculture mondialisée, source de gigantesques profits, produit déjà assez de nourriture pour nourrir plus de dix milliards de personnes.Pour de multiples raisons et de multiples façons, nous gaspillons au moins le tiers de la production alimentaire mondiale, une production elle-même fort mal répartie sur le plan géographique, si mal qu\u2019on en arrive à créer de véritables déserts alimentaires.Le culte de l\u2019automobile On pourrait multiplier les exemples des faussetés sur lesquelles repose la propagande en faveur de la croissance de la production des biens de consommation, l\u2019une des plus perverses concernant ce que les Français appellent « la petite reine ».Il y a déjà beaucoup trop de voitures sur la planète.Dans un nombre croissant de villes, y compris au Québec, nous sommes sur le point d\u2019accorder le statut de citoyen à nos voitures et, pourquoi pas, des passeports et le droit de vote à celles qui, bientôt, se conduiront toutes seules ! Nous donnons littéralement les clés de la cité à nos « chars », à qui nous consacrons de plus en plus d\u2019espaces et de ressources, en particulier collectives.Tout cela relève de l\u2019aliénation, de la crainte de contester les mensonges, tel celui selon lequel c\u2019est la demande qui conditionne l\u2019offre, alors qu\u2019il faut être aveugle pour ne pas voir que c\u2019est l\u2019of fre, par ailleurs excessive, qui pousse à la consommation et au gaspillage, lequel est devenu structurel.Le parc automobile mondial, qui dépasse actuellement 1,2 milliard de véhicules, connaît une croissance annuelle huit fois plus rapide que la population (9% contre 1,1%).La surpopulation n\u2019est pas celle que l\u2019on pense.Renverser le paradigme Tout comme M.Sauvé, nous nous inquiétons des limites écologiques du modèle de croissance infinie actuel, du déclin de la biodiversité et des ef fets de la surconsommation.Par contre, nous soutenons que la surpopulation est un problème relatif plutôt qu\u2019absolu, et qu\u2019il est par conséquent le résultat de choix politiques, sociaux et économiques qui peuvent être changés.La prétendue surpopulation est le produit d\u2019un système économique où la recherche sans fin du profit est diamétralement opposée aux rythmes écologiques.Que faire ?Redresser la tête, s\u2019informer et s\u2019éduquer sur les modèles parallèles qui se multiplient aux quatre coins du monde, comme le démontre le film Demain.Il faut contester les modèles sociaux qui reposent sur l\u2019aliénation, la surconsommation et la prédation réalisée sous couvert d\u2019austérité et de déréglementation, toutes choses menant à l\u2019accélération de la privatisation et à la destruction de la biosphère.Bref, inventer chacun à notre façon ainsi que collectivement un monde qui renverse celui qui, pour le moment, ne sert qu\u2019une minorité tout en desservant une majorité.La population mondiale ne menace en rien la Terre qu\u2019elle peut encore habiter, à condition de le faire avec sagesse et mesure, en refusant et en remplaçant les modèles proposés par l\u2019ul- tralibéralisme économique, actuellement et presque partout en plein délire ! La bombe démographique est un pétard mouillé M A D E L E I N E P A S T I N E L L I Directrice du CELAT, professeure en sociologie à l\u2019Université Laval* omme toutes et tous, nos concitoyennes et concitoyens québécois d\u2019obédience musulmane vivent, meurent et se heurtent parfois au décès de ceux qu\u2019ils aiment.S\u2019il est d\u2019ailleurs une expérience dans laquelle tous et toutes \u2014 chrétiens, juifs, musulmans, athées ou autres \u2014 peuvent se reconnaître comme semblables et qui est au cœur de notre commune humanité, c\u2019est bien celle de la douleur du deuil et de l\u2019urgence que l\u2019on éprouve, lorsqu\u2019on se voit devant l\u2019absence irrémédiable de ceux qu\u2019on aime, qu\u2019on doit leur dire au revoir de façon digne et réunir ceux qui les ont côtoyés et aimés pour donner un sens à leur départ.Tous autant que nous sommes, devant la mort, nous partageons le besoin de nous souvenir de ceux que nous avons perdus et de disposer d\u2019un espace nous permettant de nous recueillir pour honorer leur mémoire.À Saint- Apollinaire, près de la ville de Québec, certains citoyens se sentent aujourd\u2019hui menacés par la présence possible d\u2019un nouveau cimetière où les familles québécoises musulmanes qui en ressentent le besoin pourraient inhumer leurs proches, selon un rituel millénaire et précisément codifié pour aider les (sur)vivants à faire leur deuil.Il est important, dans une démocratie comme la nôtre, d\u2019être à l\u2019écoute des craintes des citoyennes et citoyens de Sa int-Apoll ina ire .Ma is i l convient aussi de résister à la peur irrationnelle qu\u2019engendre un regard biaisé sur l\u2019islam, voyant cette religion comme synonyme de violence, les musulmans comme nécessairement misogynes et haineux, les musulmanes comme soumises, dociles et corvéables à merci.Ce sont là des raccourcis simplistes qui trahissent une ignorance profonde, mais pour laquelle on ne peut blâmer personne, sinon les colporteurs de préjugés.Les citoyennes et citoyens rétifs à l\u2019idée d\u2019un cimetière musulman dans l\u2019environnement de Saint-Apollinaire ont sans aucun doute des appuis ici et là à travers la province, et leurs préoccupations sont aussi légitimes, car, comment le nier, plusieurs attentats terroristes sont revendiqués au nom de l\u2019islam : faut-il pour autant voir tous nos concitoyens musulmans comme terroristes potentiels?Dans la même foulée, fau- drait-il considérer tous les jeunes Québécois «de souche» comme des terroristes potentiels parce que l\u2019un d\u2019entre eux a perpétré une tuerie dans une mosquée à Québec ?La réponse est bien entendu et sans équivoque: non.Fabrique de boucs émissaires René Girard, anthropologue et philosophe de renom, nous a beaucoup enseigné sur la tendance humaine, en temps de crise économique, politique et identitaire, à fabriquer des « boucs émissaires », c\u2019est-à- dire des victimes que l\u2019on peut sacrifier pour expier et expliquer nos problèmes sociaux.En tant que chercheurs et chercheuses, professeurs et professeures, praticiens et praticiennes et intervenants et inter venantes, nous sommes convaincus, grâce à nos multiples investigations scientifiques et nos pratiques, que rejeter des c i toyens e t c i - toyennes, morts ou vivants, les pousser à la marge est une stratégie sociale contre-pro- ductive.À moyen et à long terme, le déni de la différence, qui tend aujourd\u2019hui à se manifester même face à la mort et au deuil, est la source première de problèmes sociaux d\u2019une gravité extrême qui toucheront tous les citoyens indépendamment de leurs genre, origine ou confession.Les citoyennes et citoyens de Québec et de ses environs, incluant Saint-Apollinaire, sont encore en deuil depuis la tragédie du 29 janvier.Un deuil ne peut se faire qu\u2019après avoir dit aux mor ts un dernier adieu empreint d\u2019amour et de dignité.Pendant combien de temps les citoyennes et citoyens québécois musulmans devront-ils promener leurs mor ts à travers la province avant de leur trouver un dernier gîte ?Saint-Apollinaire aura-t-il la sensibilité de nous montrer l\u2019exemple du savoir-vivre, du savoir-être, du savoir- agir et du savoir-mourir ensemble ?Des savoirs bien de chez nous, avec un « Nous » ouvert et inclusif, lui aussi bien de chez nous.C\u2019est aujourd\u2019hui notre vœu le plus cher.* Déclaration signée par 12 personnes dont la liste est publiée sur nos plateformes numériques Savoir vivre et apprendre à mourir ensemble ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Pendant combien de temps les citoyennes et citoyens québécois musulmans devront-ils promener leurs morts à travers la province avant de leur trouver un dernier gîte ?RICHARD GILLARD GETTY IMAGES Le problème, c\u2019est la façon dont les humains occupent la planète, quel que soit leur nombre.D E C G U I L L A U M E L A M Y Animateur à Canal Savoir, doctorant en science politique à l\u2019UQAM et auteur du livre Laïcité et valeurs québécoises : les sources d\u2019une controverse O ù que l \u2019on se trouve, la tension qui se dresse entre ceux qui veulent et ceux qui refusent ne sera jamais rien d\u2019autre qu\u2019une mèche de laquelle dépend l\u2019équilibre de nos vies.Même au cœur des régimes démocratiques, le conflit des idées bouscule les colonnes de nos institutions et embrigade les citoyens dans des expériences de mobilisation politique qui servent bien souvent de marque-page pour la mémoire.Quelle qu\u2019en soit la cause, le conflit sert de pivot sur une ligne du temps : il est ce moment où les vainqueurs s\u2019approprient l\u2019avenir.Aussi curieux que cela puisse paraître, le philosophe et sociologue allemand Georg Simmel (1858-1918) aurait considéré la controverse de la décennie entourant la laïcité québécoise comme un processus de socialisation, malgré l\u2019évidence des plaies laissées par l\u2019effet de la polarisation sociale.L\u2019antispécialisation de la sociologie simmelienne Considéré comme une figure fondatrice de la sociologie, Georg Simmel fonctionnait sur tout comme un philosophe éclectique parlant de tout ce qui l\u2019intéressait, chevauchant l\u2019économie, la sociologie, la psychologie et même les analyses culturelles et urbaines.Sa façon de zigzaguer entre les frontières des disciplines fera de lui un éternel marginal en sciences sociales.Par son œuvre, Simmel a tracé la signature du penseur qui refusait de devenir spécialiste.La raison étant simple : tout expert demeure spécialiste de peu de sujets, et cette immense loupe qu\u2019il finit par maîtriser comme nul autre l\u2019alourdit d\u2019une pudeur académique le poussan t au s i - lence la plupar t du temps.Pour Simmel, le sociologue devait être formé pour com- pr endr e ce qu i se développe sous ses yeux et devait éviter d\u2019être celui qui tisse, comme une araignée, de complexes théories dans lesquelles tous finiraient par s\u2019emmêler sauf lui.La «normalité» du conflit Malgré la diversité propre à son œuvre, Georg Simmel s\u2019est avant tout intéressé à la transformation de la société.À ce titre, avec la science et la technologie, le conflit forme un des agents les plus puissants des mutations sociales.Or, Simmel n\u2019a pas été le seul à parler du conflit.Un autre Allemand avant lui, bien plus célèbre, s\u2019y était adonné dans le menu détail : Marx, pour qui le conflit s\u2019expliquait par l\u2019iniquité des situations économiques.Même si la lutte des classes demeure per tinente pour expliquer l\u2019origine de nombreux conflits sociaux, son angle mor t est vaste, et ce schéma n\u2019apporte aucune lumière à la compréhension des conflits entre chiites et sunni tes , entre par t isans d\u2019équipes sportives, entre des populations qui s\u2019entre-tuent pour une portion de territoire même désertique, etc.D\u2019autres sources, non économiques, alimentent les rivalités tout autour du monde : les religions, les cultures, les idées.En somme, la diversité aménage un vivier, qui, en rassemblant tout ce qui existe, forme des situations conflictuelles.Quand Simmel publie Sozio- logie en 1908, cet universitaire se retrouve à jeter les bases d\u2019une lecture sociologique (plutôt que thérapeutique) du conflit.L\u2019histoire a su, en effet, démontrer que le conflit n\u2019est pas une pathologie dont il faudrait absolument épargner les sociétés.Cela est d\u2019autant plus vrai que le heur t est par fois inévitable lorsque s\u2019érigent des enjeux concernant la dignité humaine.La turbulence étant souvent préalable aux déblocages des sociétés oppressives ou enlisées, il est facile de comprendre pourquoi Simmel dira qu\u2019il « n\u2019est pas vrai que l\u2019on obtiendrait toujours une vie collective plus riche et plus pleine si l\u2019on en éliminait les énergies répulsives qui sont aussi, considérées isolément, destructrices » .En d\u2019autres mots, les crises observables dans les sociétés humaines ont au moins le mérite de rappeler que le monde n\u2019est pas devenu homogène et qu\u2019il existe toujours une altérité; c\u2019est-à-dire l\u2019autre nom de l\u2019humanité.Mais en plus de cela, au début du XXe siècle, l\u2019originalité de l\u2019analyse simmelienne reposait pour tant sur une lecture nouvelle qui prêtait une étrange fonction sociale au conflit : celle de socialiser.La socialisation par le conflit Pour Simmel , le conflit a un effet associatif à deux niveaux.Il socialise d\u2019abord en fortifiant l\u2019identité des groupes face à des adversaires, car les individus sont amenés à prendre place dans un contexte de rivalité.L\u2019adversaire commun est le premier marqueur de l\u2019identité groupale.Le deuxième degré de socialisation est plus subtil et s\u2019observe en surplomb de la lutte elle-même : même en situation de conflit, les opposants s\u2019entendent sur des règles de procédures et d\u2019actions.Et tous comprennent que l\u2019enjeu d\u2019une lutte en cours concerne l\u2019avenir collectif.En démocratie, le conflit socialise par l\u2019intériorisation d\u2019une culture politique qui « unit » les adversaires.Même si des pans de la société civile se sont déchirés au sujet du modèle de laïcité à adopter au Québec, en luttant, toutes les familles de pensée ont investi les mêmes institut ions (tr ibunes de presse, cours et assemblées) sans demander à les abolir.Un conflit entre citoyens au sujet de la laïcité ne doit pas être interprété comme une volonté de ne plus avoir d\u2019avenir commun, mais comme une volonté de refon- der les règles sociales sur de nouvelles bases.C\u2019est pourquoi Simmel envisageait le conflit comme le «germe de la société de demain».Ainsi, concernant nos débats entourant la laïcité, Sim- mel aurait détecté un conflit entre deux grandes catégories de Québécois.Un groupe plutôt urbain (où la diversité règne), jeune, rassemblant une for te majorité d\u2019immi- gran ts e t de non f ranco - phones, opposé à un autre groupe, réunissant sur tout des citoyens ayant dépassé le mitan de la vie, francophones et for tement présents en dehors des grands centres.En avançant deux conceptions de la laïcité, l\u2019une ouverte à la présence de symboles religieux chez les fonctionnaires et une autre qui l\u2019est moins, Simmel aurait vu deux familles de pensée épousant différents principes politiques sur ce qui légitime le fondement de la loi.La première, libérale (défendue par le Parti libéral, la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse et d\u2019autres), se trouve fortement attachée à la primauté des droits individuels sur le pouvoir des législateurs.Elle peut être qualifiée de tocquevillienne, car elle se fonde sur la volonté de protéger les indiv idus contre les décisions de la majorité.La deuxième, républicaine (défendue par le Par ti québécois, les Janettes et le Mouvement laïque québécois et d\u2019autres), juge légitime qu\u2019on restreigne la liberté religieuse dans certaines limites si cela s\u2019opère dans le respect des règles parlementaires traditionnelles tel que c\u2019est le cas à l\u2019Assemblée nationale.Après le conflit, un sol nouveau Compte tenu de la diversification croissante de la société, la controverse sur la laïcité québécoise n\u2019en finit plus de se réactiver.Malgré cela, un fait demeure : les sociétés finissent par sortir des pires crises qui les traversent.À long terme, les poussières et débris qui volent dans le sillage des luttes passées retombent, se fossilisent et deviennent des sédiments.Ce sol qui se forme sous nos pieds au jour le jour, on peut le creuser comme le font les archéologues pour remonter le fil de l\u2019histoire politique.Simmel dirait qu\u2019il n\u2019y a pas mieux que le conflit, fait d\u2019une accumulation de victoires et de défaites, pour faire de l\u2019histoire.Mais Sim- mel redirait aussi que le compromis reste « une des plus grandes inventions de l\u2019humanité », parce qu\u2019il offre une issue positive pour les forces qui s\u2019opposent en leur offrant une légitimité commune pour définir l\u2019avenir collectif.Simmel aurait ainsi opté pour une solution mitoyenne entre la laïcité libérale et la laïcité républicaine.Il aurait vu d\u2019un bon œil la laïcité mise de l\u2019avant par Gérard Bouchard qui proposait de limiter l\u2019interdiction des symboles religieux aux représentants de l\u2019État en position d\u2019autorité (juges, policiers, gardien de prison, président de l\u2019Assemblée nationale), mais pas aux autres.Dans le contexte québécois, cette formule pourrait bien por ter le nom de « laïcité de compromis», car elle tente d\u2019aménager une base commune entre les par tisans d\u2019un modèle strict dans lequel on interdirait tout symbole religieux chez les représentants de l\u2019État ; et un second, libéral, dans lequel rien ne serait interdit.Ç\u2019aurait été, aux yeux de ces deux sociologues, un contemporain et un classique, une façon diplomatique de consacrer dans une loi les aspirations à la fois libérales et républicaines des Québécois.À leurs yeux, cela ferait preuve de continuité avec l\u2019identité politique du Québec qui a toujours mélangé des forces opposées réunissant un héritage français et une culture politique anglo-saxonne.En poussant l\u2019analyse plus loin, on pourrait aussi parier que Simmel verrait dans cette posture intermédiaire une sorte de prolongement de la signature historique des Québécois qui demeurent incapables depuis des décennies de choisir clairement entre une option constitutionnelle et une autre.?Des commentaires?Écrivez à Robert Dutrisac : rdutrisac@ledevoir.com.Pour lire ou relire les anciens textes du Devoir de philo ou du Devoir d\u2019histoire : www.ledevoir.com/societe/ le-devoir-de-philo.L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 E R E T D I M A N C H E 2 A V R I L 2 0 1 7 B 6 PHILOSOPHIE Deux fois par mois, Le Devoir lance à des passionnés de philosophie, d\u2019histoire et d\u2019histoire des idées le défi de décrypter une question d\u2019actualité à partir des thèses d\u2019un penseur marquant.La controverse sur la laïcité fait avancer la société Georg Simmel voyait dans les conflits un moyen de socialisation ELIAS TOUIL Guillaume Lamy est animateur à Canal Savoir, doctorant en science politique à l\u2019UQAM et auteur du livre Laïcité et valeurs québécoises : les sources d\u2019une controverse.TIFFET Le philosophe et sociologue allemand Georg Simmel aurait opté pour une solution mitoyenne entre la laïcité libérale et la laïcité républicaine.Il aurait vu d\u2019un bon œil la laïcité mise de l\u2019avant par Gérard Bouchard.Compte tenu de la diversification croissante de la société, la controverse sur la laïcité québécoise n\u2019en finit plus de se réactiver.Malgré cela, un fait demeure : les sociétés finissent par sortir des pires crises qui les traversent.Lire aussi \u203a Une réplique de Félix Mathieu au Devoir de philo du samedi 18 mars 2017, intitulé «Le multiculturalisme comme rénovation totale de l\u2019Occident», sur l\u2019héritage de René Guénon, écrit par l\u2019essayiste Jérôme Blanchet- Gravel, sur le site Web du Devoir."]
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