Le devoir, 1 avril 2017, Cahier H
[" CONSEIL DES ARTS 32E GRAND PRIX C A H I E R T H É M A T I Q U E H \u203a L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 E R E T D I M A N C H E 2 A V R I L 2 0 1 7 Reconnaître et faire émerger la diversité culturelle montréalaise Page H 3 Montréal veut accroître les retombées économiques de la culture Page H 2 JULIE ARTACHO Les créations de Cas public sont imprégnées par des références au conte.Suites curieuses (ci-dessus), illustré par Marjolaine Leray avec Cai Glover, s\u2019inspire du Petit Chaperon rouge.J É R Ô M E D E L G A D O Collaboration spéciale U ne année exceptionnelle, passée sur les scènes les plus prestigieuses de la planète, se conclut, pour la compagnie montréalaise de danse actuelle Cas public, par les plus beaux honneurs: l\u2019obtention du 32e Grand Prix du Conseil des arts de Montréal (CAM).L\u2019 Opéra de Paris, le Royal Opera House, à Londres, et le Lincoln Center, à New York : trois institutions de poids dans le milieu des arts de la scène et de la musique.Pour un artiste québécois, ou une compagnie, être à l\u2019affiche d\u2019un de ces monuments est un bon indicateur de sa réussite, de la qualité de son programme.Le parcours en 2016 de Cas public, renommée pour sa programmation pour les 18 ans et moins, ne l\u2019a pas amenée dans une de ces maisons, ni dans deux, mais bien dans les trois.C\u2019est ce « rayonnement international » que le CAM a voulu saluer.Coup sur coup, presque « simultanément », selon Hélène Blackburn, la directrice et fondatrice de la compagnie née en 1989, les neuf danseurs attitrés de Cas public sont montés sur les scènes de l\u2019Opéra de Paris, du Royal Opera House et du Lincoln Center.«L\u2019année 2016 est importante par la simultanéité», explique Hélène Blackburn, attrapée entre un séjour à Madrid et un autre à Reims.Il faut dire que, depuis quelques années, Cas public rayonne en dehors de ses frontières.À Paris, la DANSE Un créateur jeunesse au rayonnement international Cas public remporte les honneurs DAMIAN SIQUEIROS Dans GOLD, avec Daphnée Laurendeau, cinq artistes dansent sur Les variations Goldberg de Bach dans la version donnée par Glenn Gould.VOIR PAGE H 5 : JEUNESSE CONSEIL DES ARTS L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 E R E T D I M A N C H E 2 A V R I L 2 0 1 7 H 2 N A D I A K O R O M Y S L O V A Collaboration spéciale «E n ce moment, on est dans une période charnière pour Montréal », rappelle Manon Gauthier, présidente de la Commission de la culture et des communications au conseil exécutif de Montréal.Alors que les gouvernements du Québec et du Canada viennent de se doter de nouvelles politiques culturelles, Montréal, plongée dans les célébrations de son 375e anniversaire, voit son champ d\u2019action s\u2019élargir avec la Loi sur le statut de métropole.Le moment est donc bien choisi pour redéfinir le rôle de la culture à Montréal.Alors que l\u2019ancienne politique culturelle arrivait à sa fin, la Ville a entrepris des consultations à l\u2019automne 2015 visant à en élaborer une nouvelle.Prenant appui sur une démarche participative, elle a demandé à plus de 200 représentants de milieux culturels, universitaires et municipaux de définir ses axes.Il ressort aujourd\u2019hui de ce vaste chantier des lignes directrices pour la future politique 2017-2022, intitulée Savoir conjuguer la créativité et l\u2019expérience culturelle citoyenne à l\u2019ère du numérique et dont le projet final devrait être présenté à la mi-juin.«On a voulu mobiliser le milieu, pour faire en sor te que cette politique n\u2019émane pas d\u2019un huis clos, mais qu\u2019elle soit à l\u2019image des participants », explique Manon Gauthier.La Ville souhaite que tous les acteurs, des petites compagnies d\u2019ar tistes jusqu\u2019aux producteurs de gros festivals, en passant par l\u2019industrie des nouvelles technologies, mettent la main à la pâte pour faire de Montréal une métropole incontournable.Une métropole qui attire l\u2019investissement et le tourisme grâce à ses produits culturels, et qui mise sur l\u2019ex- por tation.Pour encourager cette dynamique, il importe, explique Mme Gauthier, de sortir d\u2019une vision en silo de la culture comme un domaine à part pour la penser comme un élément transversal.Souplesse et entrepreneuriat «L\u2019offre culturelle à Montréal est très abondante et diversifiée.Par habitant, on est une des métropoles qui investissent le plus en culture au Canada », rappelle Mme Gauthier.Cette générosité des pouvoirs publics a contribué à positionner Montréal comme une grande métropole culturelle.Aujourd\u2019hui, Montréal est reconnue mondialement pour ses ef fets spéciaux, son cirque, son théâtre jeunesse, ses grands festivals.D\u2019ailleurs, Manon Gauthier a dernièrement participé à une mission à Los An- geles axée sur le leadership de Montréal en réalité virtuelle et augmentée.En cohérence avec cette vision pour le développement de Montréal, un des objectifs de la nouvelle politique culturelle est la stimulation.En favorisant un contexte propice à la création, à la production et à la diffusion de ce qui se fait ici, la Ville cherche à augmenter les retombées économiques du secteur culturel.«Ce que nous souhaitons, c\u2019est rapprocher l\u2019artiste de l\u2019entrepreneuriat », déclare Manon Gauthier.Une vision nouvelle de l\u2019activité artistique, qui met l\u2019accent sur la chaîne d\u2019économique que l\u2019activité artistique génère.«C\u2019est un modèle qui permet d\u2019avancer pour la culture» en favorisant la mu- tualisation entre les entreprises culturelles et les artistes, continue Mme Gauthier.Elle concède que le terme entrepreneuriat peut effrayer les milieux artistiques et qu\u2019il va falloir un grand travail de « pédagogie » pour faire adopter cette approche.Et tient à rappeler que cela ne signifie pas un désengagement de la part des institutions pour soutenir les artistes.Stimuler le développement signifie également mettre à profit la création numérique, devenue « incontournable ».Un projet né de cette nouvelle vision axée sur la collaboration et l\u2019entrepreneuriat est le nouveau partenariat entre la Ville, Tourisme Montréal et l\u2019UQAM.Par la création d\u2019un laboratoire d\u2019innovation en tourisme, « on met la technologie au service du développement culturel et touristique».Alors que la Ville veut rester à l\u2019affût de l\u2019innovation et favoriser les nouvelles technologies, il n\u2019est plus réaliste de fonctionner avec des politiques de dix ans.Dans un contexte qui évolue de plus en plus rapidement, il fallait se doter de moyens plus flexibles.C\u2019est ainsi ce qui va être demandé au Conseil des arts de Montréal.Cet organisme central pour l\u2019accompagnement et le soutien financier aux artistes, avec un budget de 14,5 millions en 2017, verra son rôle renforcé, mais aussi plus intégré avec les orientations de la politique culturelle de la Ville.Manon Gauthier rappelle que le Conseil est déjà à l\u2019avant- p lan , ayant r evu ses pr o - grammes et s\u2019ouvrant aux arts numériques et à la multidisci- p l i n a r i t é .M a i s l e s p r o - grammes devront également ê tr e r epensés : « Les pro - grammes ont été établis il y a des décennies et on constate maintenant que la réalité change tellement rapidement », plaide-t-elle.Créer ensemble Il impor te donc de sortir des anciens modèles, trop limitatifs.La V i l l e cher che à « rassembler les forces vives pour stimuler la création », où chaque acteur collabore et travaille de manière transversale.Or, pour rendre visible cette transversalité, il faut avant tout rendre visible l\u2019interdépendance entre la v ie économique, la vie de quar tier et l\u2019offre culturelle de Montréal.L\u2019une des propositions qui rencontrent le plus d\u2019écho en ce sens est l\u2019utilisation du patrimoine architectural pour devenir des lieux de création.L\u2019ancienne tour d\u2019aiguillage de la rue Wellington par exemple, se transformera prochainement en incubateur urbain.S\u2019y côtoieront galerie d\u2019ar t, restaurant et ateliers d\u2019artistes.C\u2019est également en ce sens qu\u2019a été pensé le 375e anniver- s a i r e d e M o n t r é a l .« L e 375e n\u2019est pas une fin en soi, mais une occasion de relance pour la métropole », déclare Mme Gauthier.Avec une année à la programmation chargée en of fre culturelle, la Ville a voulu favoriser les expériences de proximité, en travaillant main dans la main avec les arrondissements.Mais il était aussi important de laisser des legs durables après les célébrations.En privilégiant les partenariats avec les grandes entreprises et les projets mixtes, Montréal espère donner un aperçu de la richesse de ce qu\u2019elle a à offrir comme grande métropole culturelle.POLITIQUE CULTURELLE Montréal veut accroître les retombées économiques de la culture Nouveau La seule série documentaire entourant les festivités du 375e anniversaire de Montréal telequebec.tv MTL jeudi 20h dès le 13 avril JACQUES GRENIER LE DEVOIR L\u2019of fre culturelle abondante a contribué à positionner Montréal comme une grande métropole culturelle.Elle est reconnue pour ses ef fets spéciaux, son cirque, son théâtre jeunesse, ses grands festivals.Manon Gauthier CONSEIL DES ARTS L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 E R E T D I M A N C H E 2 A V R I L 2 0 1 7 H 3 Ce cahier spécial a été produit par l\u2019équipe des publications spéciales du Devoir en collaboration avec le Conseil des arts de Montréal.Ce dernier n\u2019a cependant pas eu de droit de regard sur les textes.Pour toute demande d\u2019information quant au contenu de ce cahier, vous pouvez contacter par courriel Loïc Hamon, directeur des publications spéciales, à lhamon@ledevoir.com.Pour vos projets de cahiers ou toute autre information au sujet de la publicité, vous pouvez contacter Mark Drouin, vice-président des ventes publicitaires, à l\u2019adresse courriel mark.drouin@ledevoir.com.robate \u2022 danseur \u2022 chorégraphe \u2022 costumier \u2022 réalisateur \u2022 concepteur \u2022 monteur \u2022 maquilleur \u2022 peintre \u2022 sculpteur \u2022 écrivain \u2022 dramaturge \u2022 comédiens \u2022 compositeur \u2022 éclairagiste \u2022 acrobate \u2022 danseur \u2022 chorégraphe \u2022 cost er \u2022 réalisateur \u2022 concepteur \u2022 monteur \u2022 maquilleur \u2022 peintre \u2022 sculpteur \u2022 écrivain \u2022 dramaturge \u2022 comédiens \u2022 compositeur \u2022 éclairagiste \u2022 acrobate \u2022 danseur \u2022 chorégraphe \u2022 costumier \u2022 réalisateur \u2022 concepteur \u2022 monte maquilleur \u2022 peintre \u2022 sculpteur \u2022 écrivain \u2022 dramaturge \u2022 comédiens \u2022 compositeur \u2022 éclairagiste \u2022 acrobate \u2022 danseur \u2022 chorégraphe \u2022 costumier \u2022 réalisateur \u2022 concepteur \u2022 monteur \u2022 maquilleur \u2022 peintre \u2022 sculpteur \u2022 écriva dramaturge \u2022 comédiens \u2022 compositeur \u2022 éclairagiste \u2022 acrobate \u2022 danseur \u2022 chorégraphe \u2022 costumier \u2022 réalisateur \u2022 concepteur \u2022 monteur \u2022 maquilleur \u2022 peintre \u2022 sculpteur \u2022 écrivain \u2022 dramaturge \u2022 comédiens \u2022 compositeu lairagiste \u2022 acrobate \u2022 danseur \u2022 chorégraphe \u2022 costumier \u2022 réalisateur \u2022 concepteur \u2022 monteur \u2022 maquilleur \u2022 peintre \u2022sculpteur \u2022 écrivain \u2022 dramaturge \u2022 comédiens \u2022 compositeur \u2022 éclairagiste \u2022 acrobate \u2022 danseur \u2022 choré phe \u2022 costumier \u2022 réalisateur \u2022 concepteur \u2022 monteur \u2022 maquilleur \u2022 peintre \u2022 sculpteur \u2022 écrivain \u2022 dramaturge \u2022 comédiens \u2022 compositeur \u2022 éclairagiste \u2022 acrobate \u2022 danseur \u2022 chorégraphe \u2022 costumier \u2022 réalisateur \u2022 concepte monteur \u2022 maquilleur \u2022 peintre \u2022 sculpteur \u2022 écrivain \u2022 dramaturge \u2022 comédiens \u2022 compositeur \u2022 éclairagiste \u2022 acrobate \u2022 danseur \u2022 chorégraphe \u2022 costumier \u2022 réalisateur \u2022 concepteur \u2022 monteur \u2022 maquilleur \u2022 peintre \u2022 sculpte écrivain \u2022 dramaturge \u2022 comédiens \u2022 compositeur \u2022 éclairagiste \u2022 acrobate \u2022 danseur \u2022 chorégraphe \u2022 costumier \u2022 réalisateur \u2022 concepteur \u2022 monteur \u2022 maquilleur \u2022 peintre \u2022 sculpteur \u2022 écrivain \u2022 dramaturge \u2022 comédiens \u2022 compo ur \u2022 éclairagiste \u2022 acrobate \u2022 danseur \u2022 chorégraphe \u2022 costumier \u2022 réalisateur \u2022 concepteur \u2022 monteur \u2022 maquilleur \u2022 peintre \u2022 sculpteur \u2022 écrivain \u2022 dramaturge \u2022 comédiens \u2022 compositeur \u2022 éclairagiste \u2022 acrobate \u2022 danseu orégraphe \u2022 costumier \u2022 réalisateur \u2022 concepteur \u2022 monteur \u2022 maquilleur \u2022 peintre \u2022 sculpteur \u2022 écrivain \u2022 dramaturge \u2022 comédiens \u2022 compositeur \u2022 éclairagiste \u2022 acrobate \u2022 danseur \u2022 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| www.facebook.com/caissedelaculture Siège social \u2013 215, ue Saint-Jacques Ouest, Burea 200, Mo tréal (Québec) H2Y 1M6 (514) CULTURE - 1 800 305-ARTS caissedelaculture.com Félicit ions a x agnants et à tous l s fi alistes! Le Grand Prix est certes une vitrine incontournable, mais le Conseil des arts de Montréal, c\u2019est aussi une dizaine d\u2019autres prix qui récompensent chaque année l\u2019excellence artistique.C\u2019est surtout une multitude d\u2019initiatives propres à valoriser l\u2019of fre culturelle variée sur tout le territoire et à la rendre le plus accessible possible au citoyen.Une diversité qui sera une nouvelle fois au cœur du prochain plan triennal sur lequel les membres du Conseil sont en train de travailler.PLAN TRIENNAL 2017-2020 Reconnaître et faire émerger la diversité culturelle montréalaise A L I C E M A R I E T T E Collaboration spéciale E n quatre ans, le Conseil des arts de Montréal (CAM) a poursuivi ses objectifs de « continuité et de consolidation » et est fier de ses réussites, notamment pour la diversité culturelle et la philanthropie.Rencontre avec Nathalie Maillé, directrice générale, qui revient sur les retombées du plan 2013-2016.Plus que jamais, le CAM est aujourd\u2019hui reconnu comme celui qui repère et accompagne.« C\u2019est une de nos fier tés, confie Mme Maillé.Avant, nos missions étaient de soutenir et de reconnaître l\u2019excellence; maintenant on repère, accompagne, soutien et reconnaît.» Une stratégie qui permet au CAM d\u2019aller vers plus de diversité culturelle, un thème qui lui est particulièrement cher.D\u2019ailleurs, comme le soulève la directrice générale, depuis 2013, le Conseil a doublé les montants versés à des organismes de la diversité culturelle et près de 20 % des projets soutenus sont issus de la relève.La relève et la diversité se sont même inscrites dans la structure du Conseil, avec une modification de son règlement interne en 2014.« Nous avons mis trois principes qui nous obligent partout, autant pour le conseil d\u2019administration que celui du comité d\u2019évaluation ou le personnel du CAM d\u2019avoir une obligation de parité hommes-femmes, mais aussi d\u2019équité généra- tionnelle et culturelle », explique Mme Maillé.Être audacieux Dans les orientations du plan 2013-2016, le CAM souhaitait valoriser « l\u2019audace comme facteur de développement».Un pari réussi, selon la directrice générale.« Il ne faut pas avoir peur de donner l\u2019octroi de subventions à un projet qui nous semble extrêmement intéressant, mais qui n\u2019est pas garanti à 100 %, détaille-t-elle.Pour nous, l\u2019audace est de faire les choses autrement, prendre des risques, cela ne peut pas fonctionner dans tout, mais c\u2019est une bonne façon de faire.» En exemple, elle cite le programme Regard sur Montréal, qui offre une résidence à des cinéastes émergents immigrants de première génération ou appartenant à une minorité visible.Le CAM se réunit avec la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC) et l\u2019Office national du film (ONF) du Canada pour offrir à l\u2019artiste tout ce dont il a besoin pour réaliser son projet.« En cinéma, la diversité n\u2019est pas assez présente, estime-t-elle.Alors, nous voulions asseoir tous les bailleurs de fonds autour de la table pour soutenir un projet.C\u2019est quelque chose de rare, qui ne se fait pas souvent.» Le CAM a aussi assoupli certaines de ses règles, notamment en acceptant les collectifs.« On a revu nos mécaniques internes, car au début ce n\u2019était pas particulièrement facile de rentrer », précise Mme Maillé.Dans une perspective de développement continu, le CAM a mis en place le programme démART Montréal, qui permet à un artiste issu de l\u2019immigration de travailler au sein d\u2019organismes montréalais reconnus.Par exemple, cette année, la Compagnie Jean Duceppe accueillera dans son organisation la comédienne d\u2019origine marocaine Houda Rihani.Mme Maillé aime aussi raconter un parcours intéressant, celui de l\u2019artiste Hanna Abd El Nour.D\u2019origine libanaise, il a été stagiaire en 2013 au Théâtre des Écuries grâce à démART.Deux ans plus tard, il est soutenu par le CAM pour la création de sa propre compagnie de création multidisciplinaire, Volte 21, qui a accueilli l\u2019été dernier un artiste dans son organisation dans le cadre du programme.Rapprocher les arts et les affaires Une autre des grandes réussites de ce plan stratégique concerne la philanthropie culturelle.Selon Mm e Maillé, entre 2013 et au- jourd\u2019hui, il y a eu une grande évolution.« En 2013 il y avait déjà cette priorité, qui datait du plan stratégique précédent, mais on parlait alors d\u2019ar t-af faires, maintenant on dit plutôt philanthropie culturelle, explique-t-elle.Art-Af- faires n\u2019incluait que les gens d\u2019af faires, la philanthropie implique aussi les citoyens, parce qu\u2019il y a des stratégies de sociodéveloppement ou encore de l\u2019implication bénévole, c\u2019est beaucoup plus large.» Le CAM souhaite créer des liens et jouer un rôle d\u2019intermédiaire entre les organisations et les artistes.«Nous voulons permettre au milieu culturel d\u2019avoir accès à nos contacts avec la communauté d\u2019affaires, de différentes façons», décrit Mme Maillé.Au fil des ans, plusieurs bourses venant du monde des af faires ont été créées pour encourager les artistes, comme celles des Jeunes Mécènes pour les Ar ts ou encore la bourse création jazz.Sur ce sujet, dans les grandes avancées dont le CAM est particulièrement fier, se trouve le programme GO-C.A.L\u2019initiative, mise de l\u2019avant par l\u2019espace Go, permet de rapprocher art et affaires.Le but est de travailler avec de grandes institutions, comme Ernst & Young, McCarthy Tétrault ou encore la Banque Scotia, qui ont au sein de leur organisation des gens qui veulent s\u2019impliquer dans des organisations artistiques.Elles sont mises en relation avec des groupes d\u2019ar tistes souhaitant diversifier leur conseil d\u2019administration.« Notre but est de faire de l\u2019accompagnement pour aider le milieu dans son approche et sa façon de voir, diversifier ses membres et ses sources de revenus, soutient Mme Maillé.C\u2019est un enjeu qui peut sembler plus évident, mais en 2013 il y avait encore beaucoup de travail à faire et on en a encore ! » Pas à pas, le CAM souhaite amener une réflexion avec des spécialistes de la philanthropie culturelle, afin de reconnaître cela comme une véritable expertise.Les partenariats ont aussi été particulièrement développés, passant de 115 à plus de 150 entre 2013 et 2016, selon Mme Maillé.« Le but est de trouver une synergie pour que les artistes soient mieux soutenus, affirme-t-elle.Au CAM on pense qu\u2019on ne peut pas toujours le faire seul et que rassembler les partenaires va être plus structurant pour les artistes.» En résumé, Mme Maillé affirme que le CAM est fier d\u2019avoir beaucoup avancé, notamment sur la diversité et la philanthropie culturelle.« Nous n\u2019allons pas laisser tomber cela dans le prochain plan, mais nous allons maintenant pouvoir passer à d\u2019autres enjeux, lance-t-elle.Encore une fois, nous allons nous assurer d\u2019être audacieux.» L\u2019audace de faire les choses autrement Encourager la diversité et la philanthropie H É L È N E R O U L O T - G A N Z M A N N Collaboration spéciale « I l faut qu\u2019on s\u2019assure que notre repérage est réellement le reflet du tissu social montréalais et que donc, tout le monde soit capable de naviguer à travers notre of fre, assume celui qui préside le Conseil des arts depuis trois ans, à savoir Jan-Fr yder yk Pleszc- zynski.On est convaincus que c\u2019est par l\u2019intermédiaire de la par ticipation citoyenne et en aidant les organismes dans les quar tiers que nous parviendrons à faire émerger toutes les formes d\u2019art que l\u2019on retrouve un peu partout sur l\u2019île et qui ont par fois du mal à trouver une visibilité.» Si le Conseil des arts a été l\u2019un des précurseurs en la matière il y a une dizaine d\u2019années, l\u2019organisme est loin de penser que tout est réglé.Le travail mené porte certes ses fruits, mais il y a des défis persistants de reconnaissance et d\u2019intégration professionnelle pour certains artistes.« Je veux parler des ar tistes issus de l\u2019immigration, mais aussi de tous ceux qui ont des pratiques traditionnelles, et les autochtones évidemment, précise M.Pleszczynski.C\u2019est encore trop préoccupant comme situation pour ne pas considérer ça comme un dossier priori- t a i r e .O n v e u t m ê m e a u - jourd\u2019hui aller encore plus loin.On est dans l\u2019inclusion équitable, dans la valorisation du vi- vre-ensemble, de la façon d\u2019être capable de créer une richesse autour de la diversité.On va aller dans le concret et pas seulement dans les mots.Il faut que l\u2019on voie comment, en pratique, on arrive à toucher l\u2019ensemble des communautés afin de leur impulser à elles aussi un effet catalyseur.» Un des outils mis en place pour y parvenir sera le programme des tournées, qui consiste à faire en sorte que les ar ts occupent des espaces situés à proximité des milieux de vie des Montréalais comme les parcs, les églises, les maisons de la culture et les centres culturels.Misant sur l\u2019innovation et l\u2019excellence des projets artistiques, le public a ainsi accès à des productions audacieuses, souvent offertes gratuitement ou à frais minimes, et à une grande variété dans toutes les sphères : théâtre, d a n s e , m u s i q u e , a r t s d u cirque, ar ts visuels, ar ts numériques, cinéma et nouvelles pratiques ar tistiques.Cette saison, plus de 460 représentations sont déjà prévues.Une année record.«L\u2019identité de la métropole se forge autour de sa diversité en général et de sa diversité artistique en particulier, estime le président du Conseil des arts.Autour de l\u2019expérience urbaine qui est largement teintée.Pour nous, cette vitalité artistique est intrinsèquement liée à la qualité de vie, on veut donc le souligner et le renforcer.Ce qui devrait être à l\u2019avantage des quartiers, et des différentes communautés qui sont ancrées dans ces quartiers.» Faire émerger le plus d\u2019ar tistes et le plus de pratiques artistiques possible afin qu\u2019elles bénéficient de l\u2019effet de levier que le Conseil des arts peut leur insuffler.Clairement, ce dernier n\u2019est pas l\u2019organisme subven- tionnaire qui détient les plus gros budgets.Mais au-delà des sommes versées, être reconnu par lui, soutenu, aidé d\u2019une manière ou d\u2019une autre, maximise les chances d\u2019aller chercher des fonds ailleurs.Car il s\u2019agit bien là du véritable nerf de la guerre dans le milieu artistique.Comment vivre de sa pratique ?Comment éviter que toute cette diversité ar tistique s\u2019éteigne faute de moyens de subsistance ?Pour y parvenir, le Conseil des arts continue à tenter de développer la philanthropie artistique.Un autre de ses grands chevaux de bataille.«La culture de la philanthropie présente une belle progression depuis ces dernières années, souligne Jan-Fr yder yk Pleszczynski .Nous avons réussi notamment à intéresser les jeunes gens d\u2019af faires, et la beauté de la chose, c\u2019est que tout le monde vieillit et que les retombées s\u2019en voient décuplées.C\u2019est une belle réussite, car ce n\u2019est pas évident à mettre en place.Le mécénat culturel, ce n\u2019est pas la même chose que de soutenir des enfants malades.Ça paraît moins concret, moins urgent.» Une belle réussite aussi parce que ces gens n\u2019investissent pas seulement de l\u2019argent, ils y mettent souvent du temps.Ils arrivent d\u2019autres milieux avec de nouvelles idées, de nouvelles méthodes, une nouvelle approche, une manière différente de réfléchir et d\u2019envisager des solutions.Ils cherchent à outiller les organismes culturels, à les accompagner.Et à une époque où les fonds publics consacrés aux arts et à la culture sont largement en deçà des besoins, cette expertise permet aux organisations qui en bénéficient de gagner en ef ficacité et de faire ainsi des économies.« Il n\u2019y a pas d\u2019injection de capitaux supplémentaires au Conseil des ar ts, indique son président.Or, et l\u2019on en revient toujours à la diversité culturelle, il y a de nouvelles formes d\u2019art et des organismes qui excellent dans chacune d\u2019elles.Ils méritent d\u2019être accompagnés.Pour des raisons d\u2019historicité, certaines disciplines sont plus visibles et mieux soutenues que d\u2019autres.Comment faire?C\u2019est une question d\u2019équité que d\u2019appuyer les formes émergentes.Le mentorat permet de pallier jusqu\u2019à un cer tain point le manque de ressources.» Et ce, afin que tous les artistes de talent, quelle que soit leur discipline, aient les mêmes chances de percer sur la scène montréalaise d\u2019une part, mais aussi ailleurs en Amérique du Nord et dans le monde.Et que tous puissent rêver de serrer un jour dans leurs mains, le Grand Prix du Conseil des ar ts de Montréal.JACQUES NADEAU LE DEVOIR La diversité de Montréal sera au cœur du prochain plan triennal.Jan-Fr yder yk Pleszczynski PEDRO RUIZ LE DEVOIR La relève et la diversité se sont inscrites dans la structure du Conseil.Nathalie Maillé CONSEIL DES ARTS L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 E R E T D I M A N C H E 2 A V R I L 2 0 1 7 H 4 Souffles \u2013 10 chœurs pour un chant à créer a été présenté gratuitement l\u2019an dernier à la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts lors des Journées de la culture.Présenté par Culture pour tous, un organisme de démocratisation et de sensibilisation aux ar ts, le concert était en nomination pour le Grand Prix du Conseil des arts de Montréal.M A R T I N E L E T A R T E Collaboration spéciale R éunir sur une scène 10 chœurs de 10 communautés culturelles : le projet était ambitieux.Pour relever le défi, le compositeur et metteur en scène André Pappathomas n\u2019avait pas d\u2019autres solutions que de chercher sur Internet des groupes de dif férentes communautés culturelles de Montréal et de leur demander s\u2019ils connaissaient des gens qui formaient un chœur traditionnel dans leur communauté.Il en a trouvé, d\u2019autres chœurs se sont formés pour l\u2019occasion et poursuivent leurs activités depuis.«Par exemple, la Maison de la Syrie a réussi à créer un chœur», raconte André Pappathomas.« On parlait beaucoup des réfugiés syriens à ce moment-là et je trouvais très intéressante l\u2019idée de réunir ces nouveaux arrivants, de les inviter à former un chœur pour prendre part à ce projet », se souvient Louise Sicuro, prési- dente-directrice générale de Culture pour tous.« Qu\u2019a-t-il de plus rassurant et de convivial que de se retrouver ensemble pour chanter?» ajoute-t-elle.L\u2019art comme outil d\u2019intégration Ce concert, dont une portion a été conçue à partir d\u2019une base d\u2019improvisation vocale, était présenté à l\u2019occasion du 20e anniversaire des Journées de la culture.Il a réuni environ 250 personnes sur scène.Des auteurs, dont Kim Thúy et Natasha Kanapé Fontaine, sont aussi venus lire des extraits de textes entre les chants.Il y avait des chœurs sud-américain, congolais, rwandais, polonais, roumain, ukrainien, philippin, malgache et même, un cœur du Nunavik avec ses traditionnels chants de gorge.« C\u2019était touchant de voir réunies toutes ces communautés qui n\u2019ont pas l\u2019habitude de se fréquenter, raconte Mm e Sicuro.Il n\u2019y a qu\u2019à Montréal qu\u2019on peut faire ça.Il y a vraiment un pluralisme.» C\u2019est d\u2019ailleurs ce qui a inspiré André Pappa- thomas pour ce projet.« Les Journées de la culture, c\u2019est un rapprochement des cultures des peuples, ex- plique-t-il.Non seulement par l\u2019ar t, mais aussi par l \u2019histoire et par la langue.J\u2019aime travailler avec la culture langagière des peuples.» «C\u2019est quelque chose de réunir ces gens de toutes ces communautés sur la grande scène de la Salle Wilfrid-Pelletier, alors que plusieurs n\u2019avaient même souvent jamais mis les pieds à la Place des Arts », af firme Louise Sicuro, qui se réjouit d\u2019avoir eu l\u2019entière collaboration du diffuseur pour réaliser ce projet.Elle est convaincue qu\u2019inclure les artistes des communautés culturelles est une responsabilité du milieu des arts montréalais.« Il y a de plus en plus d\u2019artistes professionnels immigrants, on en a besoin d\u2019encore plus et il faut étendre le dialogue, affirme Louise Sicuro.Il faut leur donner de la place.Que ce soit dans les écoles de formation, dans les compagnies de théâtre ou de danse.Pour développer une culture commune, il faut la voix de tous les citoyens du Québec.» Dans le projet Souf fles \u2013 10 chœurs pour un chant à créer, les participants n\u2019étaient d\u2019ailleurs pas invités sur scène seulement pour présenter leurs traditions.« Ils étaient vraiment appelés à apporter leur contribution pour nourrir l\u2019ensemble et créer une harmonie nouvelle, explique André Pappathomas.Pour voir davantage d\u2019artistes de la diversité, il faut les interpeler et développer des projets inclusifs.» L\u2019origine des Journées de la culture C\u2019est en 1996, dans la foulée du Sommet sur l\u2019économie et de l\u2019emploi lancé par Lucien Bouchard, que les Journées de la culture ont été lancées.« Il n\u2019y avait rien au départ sur la culture dans ce sommet, alors je suis allée frapper à la porte du Chantier de l\u2019économie sociale et on m\u2019a accueillie, mais ça prenait un projet, raconte Louise Sicuro.J\u2019en ai créé un rapidement.C\u2019était les Journées de la culture.» Elle s\u2019était inspirée des Journées européennes du patrimoine où l\u2019on ouvre les portes de différents monuments qui habituellement, ne sont pas accessibles au public.« Je ne voulais pas d\u2019un festival avec une programmation, mais vraiment, un mouvement de la base, volontaire, local, où des artistes et des organisations culturelles accueillent le public », explique Louise Sicuro.Ce ne sont pas seulement les grandes institutions de Montréal ou de Québec qui organisent des activités.« Plusieurs ar tistes et ar tisans dans plus de 350 villes font simplement ouvrir la porte de leur atelier pour rencontrer les gens qu\u2019ils ne voient jamais dans d\u2019autres occasions», ajoute-t-elle.Ces Journées de la culture permettent ainsi de réaliser que la culture n\u2019est pas confinée aux grandes institutions culturelles.« Avoir un intérêt pour la culture, ça ne veut pas dire aller à l\u2019opéra chaque mois, af firme Louise Sicuro.Ça veut dire aussi lire, écouter de la musique, regarder des téléromans.La culture, c\u2019est très large.Et, elle est partout autour de nous.» La culture à l\u2019école Si la culture est partout dans les communautés, l\u2019équipe de Culture pour tous croit qu\u2019elle doit être particulièrement présente dans les écoles.C\u2019est un grand cheval de bataille actuellement pour l\u2019organisation qui a mis sur pied le projet pilote Hémisphères : culture- éducation.L\u2019objectif ?Développer un réseau d\u2019écoles qui placera la culture au cœur de ses activités.« Par l\u2019enseignement des matières, mais aussi par plusieurs autres moyens pour permettre aux jeunes de développer leur créativité, d\u2019entrer en contact avec les arts et la culture, de vivre dans le pluralisme», explique Louise Sicuro.La rentrée prochaine, dix écoles dans sept régions du Québec tenteront l\u2019expérience.En cette ère où la société vit beaucoup de tensions, la culture permet de créer des ponts.« Il ne faut pas que les gens se sentent exclus de la culture parce qu\u2019ils n\u2019ont pas d\u2019argent, ou parce qu\u2019ils n\u2019y connaissent rien, affirme Mme Si- curo.Il faut favoriser la participation culturelle, et cela passe beaucoup par les jeunes.Puis, en travaillant davantage dans les écoles, nous formerons des citoyens qui participeront à la vie culturelle au quotidien dans leur milieu, qui l\u2019enrichiront, qui la défendront.» CULTURE POUR TOUS Réunir les peuples grâce à la culture Le concert Souffles \u2013 10 chœurs pour un chant à créer jette des ponts C L A U D E L A F L E U R Collaboration spéciale E n 1991, un groupe de jeunes artistes diplômés de l\u2019UQAM fonde la Galerie B-312, un centre d\u2019artistes autogéré qui se veut avant tout un lieu de création multimédia.Ce faisant, il prend part à une formule qui fait l\u2019envie du monde des ar ts un peu partout sur la planète.« En allant sur la scène internationale, j\u2019ai réalisé à quel point les centres d\u2019artistes autogérés sont quelque chose qui distingue le Canada, et plus par ticulièrement le Québec, déclare Mar the Carrier, directrice de la Galerie B-312.C\u2019est ici que cette façon de faire s\u2019est le mieux développée et est le plus structurée.Je dirais même que c\u2019est quelque chose d\u2019essentiel à l\u2019écologie du monde des arts.» En 2016, la Galerie B-312 a souligné ses 25 ans d\u2019existence en par ticipant à la Rétrospective Pierre Ayot \u2014 figure marquante de l\u2019histoire de l\u2019ar t au Q u é b e c \u2014 e n r e - créant son œuvre mythique : La croix du mont Royal.Par conséquent, le Conseil des ar ts de Montréal (CAM) estime qu\u2019il s\u2019agit là d\u2019un « accomplissement exceptionnel durant l\u2019année artistique 2016».La Galerie B-312 figure ainsi parmi les cinq finalistes du Grand Prix du CAM.Plus spécifiquement, le Conseil considère que cette galerie contribue de façon originale « à la vitalité de la ville de création qu\u2019est Montréal ».Prise de parole «En 1991, nous étions quatre artistes qui terminaient chacun une maîtrise à l\u2019UQAM», relate Mar the Carrier.En fait, ces jeunes artistes reprenaient en main la galerie d\u2019art L\u2019Émergence, fondée en 1983 par Jean-Jacques Huot, celui-ci désirant prendre sa retraite.«On a alors choisi de transformer L\u2019Émergence en un centre autogéré», pour- suit-elle, une structure qui favorise l\u2019implication des artistes au sein du conseil d\u2019administration ou du comité de programmation, ou en p r e n a n t p a r t a u x grandes orientations de l\u2019organisme.«Nous voulions donc offrir aux artistes une plateforme d\u2019échanges et de rencontres», précise la directrice de la galerie.Il s\u2019agit aussi d\u2019une prise de parole, puisque c\u2019est une façon pour les ar tistes de dire qu\u2019ils soutiennent un autre artiste parce qu\u2019ils trouvent intéressant ce que celui-ci fait.« Pour moi, cette prise de parole, c\u2019est quelque chose de très précieux, insiste Mme Carrier.C\u2019est aussi une façon de prendre en charge les moyens de production, de dif fusion et de prestation du travail des artistes par eux-mêmes.» Située à l\u2019origine sur le Plateau Mont-Royal, la galerie L\u2019Émergence s\u2019est rapidement installée dans l\u2019édifice Belgo, au 372, rue Sainte-Catherine, ses nouveaux fondateurs désirant faire voir le travail des artistes au plus grand nombre possible de personnes.«Nous logions au local B-312, d\u2019où le nom que nous avons donné à notre galerie », explique Mme Carrier.Puis, une douzaine d\u2019années plus tard, la galerie a emménagé à l\u2019espace 403 du Belgo, tout en conservant son nom.« Je sais, ça fait beaucoup de chif fres qui se confondent!», dit-elle en riant.Ces vingt-cinq dernières années, la galerie B-312 a présenté plus de 250 expositions et inter ventions ar tistiques.Quelque 800 artistes ont participé à des événements au bénéfice du centre.Plus de 60 tables rondes, conférences d\u2019artistes et visites d\u2019atelier ont été organisées, 90 musiciens y ont produit des concerts, etc.Marthe Carrier souligne en outre que ses trois collègues fondateurs \u2014 Michel Boulanger, devenu professeur à l\u2019École des arts visuels et médiatiques de l\u2019UQAM, Marc Desjardins, qui a fondé sa propre maison d\u2019édition, et Jo- hanne Gagnon, qui a enseigné les ar ts jusqu\u2019à tout récemment au Cégep Édouard-Mont- petit \u2014 sont encore reliés à la galerie 25 ans plus tard.La croix de la polémique L\u2019année dernière, la Galerie B-312 s\u2019est associée à la Rétrospective Pierre Ayot organisée par la Grande Bibliothèque de Montréal et présentée dans divers bibliothèques, centres d\u2019ar tiste, galeries privées et musées.C\u2019est ainsi que la Galerie B-312 a entrepris de restituer la fameuse Croix du mont Royal de M.Ayot.Rappelons que Pierre Ayot, décédé en 1995 à l\u2019âge de 52 ans, a mené une longue carrière de professeur à l\u2019Université du Québec à Montréal en plus de fonder l\u2019Atelier Graff et de lancer, avec sa compagne Madeleine Forcier, une galerie éponyme.Au milieu des années 1970, cet artiste a imaginé une croix semblable à celle qui domine le mont Royal, mais qui serait penchée sur son flanc, comme si elle venait se reposer au pied de la montagne.À l\u2019été de 1976, cette œuvre a été installée dans le cadre de l\u2019exposition d\u2019art public Corri- dart, s\u2019étalant tout le long de la rue Sherbrooke, à l\u2019occasion des Jeux olympiques.Or, le maire Jean Drapeau n\u2019a pas du tout apprécié cette initiative citoyenne et ar tistique.Par conséquent, l\u2019œuvre, à peine achevée, fut tout de suite démolie en même temps que le reste de l\u2019exposition Corri- dart\u2026 donnant lieu à l\u2019un des grands épisodes de censure qu\u2019a connus la métropole.Quarante ans plus tard, la Galerie B-312 fabrique donc une croix similaire\u2026 recréant, ô surprise, un nouvel épisode de censure ! En effet, quelques jours avant la mise en place de la croix à proximité des bâtiments des religieuses hospitalières de Saint-Joseph, le maire Denis Coderre considère pour sa part que l\u2019œuvre pourrait froisser certains.Mais les commissaires refusent de se plier aux exigences de la Ville et décident d\u2019aller de l\u2019avant.Leur projet reçoit alors l\u2019appui du public puisque, entre autres, plus de deux cents citoyens contribuent financièrement au projet.Le public s\u2019approprie donc l\u2019œuvre.«Nous voulions recréer cette œuvre puisque nous la trouvions particulièrement intéressante, tant dans sa proposition que par son histoire, relate Marthe Carrier.Et le moins qu\u2019on puisse dire, c\u2019est qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une œu- vre qui soulève toujours des questionnements, des réflexions et des prises de position.» L\u2019exposition 2016 de la croix de Pierre Ayot n\u2019était que temporaire, ajoute-t-elle, et a pris fin en décembre dernier.La croix est maintenant sagement remisée quelque part\u2026 \u2014 Célébrer la vitalité artistique, c\u2019est reconnaître l\u2019apport essentiel des créateurs au rayonnement de Montréal.Les membres de Culture Montréal félicitent tous les ?nalistes du Grand Prix du CAM! CATHERINE LANDRY Souffles \u2013 10 chœurs pour un chant à créer a été présenté l\u2019an dernier à la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts lors des Journées de la culture.Louise Sicuro André Pappathomas GALERIE B-312 Porter fièrement sa Croix GABOR SZILASI Réplique de La croix du mont Royal de Pierre Ayot, installée à l\u2019automne 2016 à l\u2019angle des avenues du Parc et des Pins.Marthe Carrier CONSEIL DES ARTS L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 E R E T D I M A N C H E 2 A V R I L 2 0 1 7 H 5 troupe montréalaise est même une habituée de l\u2019Opéra.« On se sent privilégiés, dit la tête créatrice de Cas public.On est attendus à Paris, on y va, on y retourne, année après année.On nous reçoit comme si on faisait partie de la maison.» La rareté de la jeunesse Hélène Blackburn était déjà particulièrement ravie de se retrouver parmi les finalistes pour le Grand Prix, du fait qu\u2019un programme comme le sien, jeune public, est rarement reconnu.Un survol de l\u2019historique de la récompense décernée depuis 1985 révèle en effet que Cas public ne serait que le quatrième dif fuseur jeunesse à être cité.Et aucun, ni la Maison théâtre, ni le festival Coups de théâtre, ni l\u2019Association des écrivains québécois pour la jeunesse, n\u2019a reçu les grands honneurs.L\u2019er r eur es t désor mais réparée.« On reconnaît la création jeunesse, mais il existe encore beaucoup de préjugés», déplore Hélène Blackburn.Elle-même avait des idées préconçues, comme celle de croire qu\u2019il fallait scinder le monde en deux, création pour adultes d\u2019une par t, création pour enfants d\u2019une autre.Que cette seconde était une voie encore plus incertaine, voire dangereuse.Et pour tant, c\u2019est cette route qu\u2019elle a empruntée.Depuis 2001 et le spectacle Nous n\u2019irons plus au bois, les chorégraphies pour jeune public sont les seules de la compagnie « On m\u2019a questionnée sur ce choix [celui de faire de la création uniquement pour jeune public].On me disait que je ne pourrais pas aller dans les grandes salles, sur de grandes scènes.On m\u2019annonçait que j\u2019allais saboter ma carrière.Je finissais par le croire», raconte celle qu i a écouté , au bout du compte, davantage son cœur que sa tête.« J\u2019ai beaucoup d\u2019imagination, mais pas assez pour m\u2019imaginer que j\u2019allais me rendre jusque [dans les scènes des grandes capitales].» Sans aucune hésitation, Hélène Blackburn défend au- jourd\u2019hui son choix et ses programmes, qu\u2019elle considère comme pour « tous publics ».Plus question de scinder quoi que ce soit.« Une œuvre bien construite, affirme-t-elle, plaît à toutes les générations.Une exposition de Chagall, un spectacle de cirque, on ne pose jamais la question.Mais en danse, il y a une résistance.» Elle ne résiste plus et laisse le soin aux programmateurs d\u2019établir l\u2019âge suggéré qui sera af fiché à chacun des spectacles.Quitte à ce que cet âge varie pour une même œu- vre : Symphonie dramatique, une relecture du Roméo et Juliette de Shakespeare, a été présentée au Québec comme une création pour adolescents, alors qu\u2019en Europe, elle a été classée 8 ans.Revoir les classiques « Il n\u2019y a pas de sujet tabou, estime Hélène Blackburn, il faut seulement réfléchir à la manière de le traiter.On pourrait inclure une partie de nudité, de sa représentation.Quand on décide d\u2019embrasser large, il faut réfléchir au pourquoi et comment.La réflexion doit faire partie de l\u2019équation.» Enfant, et jusqu\u2019au cégep, Hélène Blackburn pratiquait le ballet.C\u2019est pendant ses études universitaires, à l\u2019UQAM, qu\u2019elle s\u2019est dirigée vers la danse contemporaine.Celle qui a été interprète pour Jean-Pierre Per- reault jusqu\u2019en 1989, mais qui a aussi étudié en ethnographie, n\u2019a pas oublié ses classiques.Les créations de Cas public en sont amplement imprégnées par des références au conte \u2014 Le petit chaperon rouge est à la base de Suites curieuses \u2014, au théâtre (Roméo et Juliette) et aux chefs- d\u2019œuvre de la musique, à l\u2019instar de 9, la plus récente création portée par la Neuvième Symphonie de Beethoven.« Un ef fet que j\u2019aime, confie la directrice artistique de Cas public, c\u2019est d\u2019aller vers un réfé- rent culturel et de travailler sur la mémoire, sur un élément musical.L\u2019impression du souvenir, en danse, place le spectateur dans une position à la fois familière et étrange.J\u2019aime ce va-et-vient, entre la reconnaissance et la découverte.» Si elle s\u2019est fait un nom pour la maîtrise totale des techniques qu\u2019elle exige de sa troupe, Hélène Blackburn se dit ouverte à toutes les expressions du corps, qu\u2019elles soient d\u2019origine classique ou tirées des danses urbaines.Mais il est vrai, concède- t-elle, que ses chorégraphies appellent la vitesse et la virtuosité, des mouvements complexes qui imposent de grandes capacités physiques.Pour l a c réa t ion de 9 , l\u2019équipe qu\u2019elle dirige a dû se familiariser avec une gestuelle propre au langage des signes.L\u2019arrivée dans le groupe d\u2019un danseur sourd, Cai Glover, a poussé Cas public vers des réflexions plus profondes sur la perception, sur les codes, mais aussi vers cette Neuvième Symphonie, composée par un Beethoven déjà atteint de surdité.«Avec Cai Glover, on s\u2019est in- t éres sé s à la ques t ion des langues, de la gestuelle, du langage des signes.On fait plus dans la métaphore.Un sourd pourrait reconnaître quelques traces, sans plus, confie-t-elle.On métisse ça, par un développement des bras et des mains.On travaille aussi sur le doigt, quelque chose qui est très peu présent dans la danse contemporaine, qui vient davantage de la danse urbaine.» Après plus de 25 ans d\u2019existence, Cas public n\u2019a semble-t- il cessé d\u2019explorer, afin de rejoindre son public, ses publics.Jeunes ou pas, ici ou à Paris, malentendants inclus.SUITE DE LA PAGE H 1 JEUNESSE Hélène Blackburn P I E R R E V A L L É E Collaboration spéciale L e Festival BD de Montréal tiendra sa sixième édition la fin de semaine du 26 au 28 mai, venant ainsi conclure le Mois de la BD, organisé par Bibliothèques de Montréal.L\u2019instigateur et organisateur du Festival BD de Montréal est François Mayeux, un vieux routier de la bande dessinée au Québec.« J\u2019ai toujours travaillé dans le monde de la librairie et, tôt dans ma carrière, je me suis spécialisé en bandes dessinées », raconte celui qui est aussi propriétaire de la librairie Planète BD.Le festival BD de Montréal n\u2019est pas la première fois que l\u2019on célèbre la bande dessinée au Québec.«Il y a eu plusieurs festivals par le passé, cela remonte aux années 1980, souligne François Mayeux, mais c\u2019était des événements qui duraient un an ou deux, donc éphémères.Ensuite, la bande dessinée a été célébrée à l\u2019intérieur d\u2019autres évé- nements culturels, comme le Festival Juste pour rire.Mais dans ce cas, la bande dessinée ne faisait pas cavalier seul.Le Festival BD de Montréal est le premier à réussir à être indépendant et, avec sa sixième édition, à s\u2019assurer une certaine pérennité.» La clé du succès cette fois ?« Lorsque j\u2019ai décidé de lancer ce festival, j\u2019ai vite compris que le succès de l\u2019événement reposait en premier sur l\u2019appui du milieu de la bande dessinée.Mes premières démarches furent d\u2019aller rencontrer les créateurs et les maisons d\u2019édition pour m\u2019assurer de leur soutien.Aujourd\u2019hui, tout le milieu de la bande dessinée au Québec tient à participer à ce festival.» Un autre élément du succès du festival BD de Montréal est la présence de nombreux partenaires.«Par exemple, l\u2019un des premiers partenaires avec lesquels nous nous sommes associés est Bibliothèques de Montréal.Pourquoi ce choix ?Parce que la bande dessinée est le livre qui est le plus emprunté dans tout le réseau des bibliothèques de Montréal.Bibliothèques de Montréal était donc un partenaire naturel.» Arrivée à maturité Si le Festival BD de Montréal a réussi à bien s\u2019implanter, c\u2019est qu\u2019il est venu au monde à point nommé, c\u2019est-à-dire à un moment où le neuvième art est arrivé à une certaine maturité, au Québec, mais aussi ailleurs dans le monde.« D\u2019une par t, la bande dessinée au Québec se porte plutôt bien, nous comptons de nombreux auteurs talentueux qui sont soutenus par de solides maisons d\u2019édition.D\u2019autre part, la bande dessinée a beaucoup évolué.» En effet, cantonnée dans ses débuts au genre comique, elle s \u2019en est af franchie pour au- jourd\u2019hui se diversifier et embrasser plusieurs genres.De nos jours, toutes les thématiques possibles sont abordées par la bande dessinée, de la science-fiction au récit historique en passant par la littérature jeunesse.« Certaines thématiques sont même plus faciles à aborder par la bande dessinée.La bande dessinée est même devenue un support pédagogique en milieu scolaire.Elle n\u2019est plus réservée aux enfants et aux mordus, mais elle rejoint maintenant tous les segments du lectorat.Je dis que tout le monde aujourd\u2019hui peut lire de la bande dessinée sans pour autant être obligé de lire la même bande dessinée.» L\u2019événement Le Festival de BD de Montréal aura lieu, comme c\u2019est le cas depuis sa création, en plein cœur du parc La Fontaine, tout près de l\u2019Espace La Fontaine.L\u2019entrée est gratuite.«Le fait de tenir un événement gratuit et en plein air donne une allure bon enfant au Festival BD de Montréal, ce qui le rend encore plus accessible.Évidemment, les amateurs de bandes dessinées sont au rendez-vous, mais nous accueillons beaucoup de familles avec enfants.Une image qui peut caractériser le Festival BD est celle d\u2019une famille assise à l\u2019ombre d\u2019un arbre avec parents et enfants qui lisent de la bande dessinée.Ce format est aussi le cadre idéal pour les curieux qui veulent apprivoiser la bande dessinée.» Bon an, mal an, environ 10 000 personnes fréquentent le Festival BD de Montréal.«Les visiteurs peuvent alors rencontrer les quelque 125 auteurs qui seront présents.La grande majorité sont des auteurs québécois, car nous mettons l\u2019accent sur la création locale, mais nous accueillons aussi une vingtaine d\u2019auteurs étrangers.Les maisons d\u2019édition québécoises de bande dessinée sont aussi sur place.» Plusieurs autres activités sont aussi proposées aux visiteurs.De plus, le Festival BD de Montréal est, depuis deux ans, un événement bilingue.« Il existe peut-être deux solitudes au Québec, mais ces deux solitudes se retrouvent dans le même lieu au Festival BD de Montréal.» Pour la suite des choses L\u2019impor tant pour François Mayeux, une fois la sixième édition terminée, c\u2019est de consolider le festival et de l\u2019asseoir sur une base encore plus solide.« Ce que je souhaite pour le Festival BD de Montréal, c\u2019est trouver un commanditaire d\u2019importance qui s\u2019engagerait f inancièrement sur une période de quelques années.C\u2019est d\u2019ailleurs à cela que je travaille et ce sur quoi je vais me concentrer dans la prochaine année.» La reconnaissance que lui appor te le Conseil des ar ts de Montréal en nommant cette année le Fest ival BD de Montréal comme l\u2019un des finalistes au Grand Prix est à ses yeux un signe encourageant.« C\u2019est une reconnaissance du sérieux de notre entreprise et du bilan positif de celle-ci.Le Festival BD de Montréal est encore un jeune festival et la reconnaissance du Conseil des ar ts de Montréal ne peut que nous aider à augmenter notre visibilité.» BANDE DESSINÉE Le neuvième art a son festival JOANIE BREAULT Exposition des planches de Jean-Paul Eid, auteur des célèbres aventures de Jérôme Bigras CHAGALL COULEUR ET MUSIQUE Performance musicale du groupe Ichka Klezmer dans l\u2019exposition chaque dimanche de midi à 14 h Présentée grâce au soutien de la Fondation Azrieli.DÉJÀ PLUS DE 100 000 VISITEURS ! Une exposition organisée par le Musée des beaux-arts de Montréal en collaboration avec le Los Angeles County Museum of Art, et initiée par la Cité de la musique \u2013 Philharmonie de Paris, et La Piscine \u2013 Musée d\u2019art et d\u2019industrie André Diligent, Roubaix, avec le soutien de la Succession Chagall.| Marc Chagall, Maquette définitive de la peinture murale du Metropolitan Opera, Lincoln Center for the Performing Arts, New York : Le Triomphe de la musique (détail), 1966.Collection particulière.© SODRAC & ADAGP 2017, Chagall®.© Archives Marc et Ida Chagall, Paris.| Le MBAM remercie le ministère de la Culture et des Communications du Québec ainsi que le Conseil des arts de Montréal pour leur soutien constant.Une présentation de Grand mécène Grand bienfaiteur LES AMBASSADEURS DE CHAGALL À MONTRÉAL François Mayeux CONSEIL DES ARTS L E D E V O I R , L E S S A M E D I 1 E R E T D I M A N C H E 2 A V R I L 2 0 1 7 H 6 THÉÂTRE MAINLINE Quand l\u2019underground est mis en lumière É M I L I E C O R R I V E A U Collaboration spéciale T enu chaque printemps depuis sa création, le Festival Saint-Ambroise Fringe de Montréal est traditionnellement l\u2019événement le plus important qu\u2019organise le Théâtre MainLine au cours d\u2019une année.S\u2019étalant sur plusieurs jours, sa programmation est toujours pluridisciplinaire et extrêmement éclectique ; on peut autant y trouver de la danse, que du théâtre, de la musique, de l\u2019humour ou de la poésie.Qu\u2019ils soient en français ou en anglais, les spectacles qui y sont présentés sont choisis par tirage au sort et les quelque 500 artistes qui y participent ne sont jamais censurés.Très prisé des amateurs de culture indépendante, le Saint-Ambroise Fringe réunit des dizaines de milliers de festivaliers à chacune de ses éditions.Il faut dire que l\u2019événement est très abordable, le prix des billets pour assister à l\u2019une ou l\u2019autre de ses représentations ne dépassant jamais les dix dollars.« C\u2019est un festival démocratique, qui permet de réunir les gens dans de petites salles et de leur fa ire v ivre des expér iences , re lève Mme Blackmore.Depuis quelques années, l\u2019événement a pris beaucoup d\u2019ampleur, mais nous restons toujours fidèles à nos principes d\u2019accessibilité et de liberté.» D\u2019Édimbourg à Montréal Bien que l\u2019édition 2016 de l\u2019événement ait été parmi les plus foisonnantes des dernières années, ce n\u2019est pas son organisation qui a le plus occupé le MainLine en 2016.Hôte du Congrès mondial Fringe, lequel était tenu pour la première fois hors d\u2019Édimbourg, sa ville d\u2019origine, l\u2019organisme s\u2019est démené pour faire de ce dernier un événement qui ferait rayonner Montréal.«En 2012, l\u2019Edinburgh Festival Fringe Society a organisé le premier Congrès mondial Fringe.En 2014, il y a eu une deuxième édition, qui a aussi eu lieu à Édimbourg.Pour le troisième congrès, la Société a décidé de laisser l\u2019organisation à d\u2019autres pour encourager la participation internationale.Elle a lancé un appel et nous avons décidé, en partenariat avec l\u2019Association canadienne des festivals Fringe, de poser notre candidature.Montréal étant vraiment la ville des festivals, on s\u2019est dit que ce serait super d\u2019accueillir l\u2019événement», précise Mme Blackmore.Jugeant que la métropole québécoise serait effectivement toute désignée pour tenir son troisième congrès international, la Société du Festival Fringe d\u2019Édimbourg a retenu la candidature de Montréal.S\u2019en sont suivies deux années de préparation intense pour le MainLine.« Je suis allée à Édimbourg en 2015 pour commencer à planifier le tout, raconte Mme Blackmore.C\u2019est vraiment le plus gros projet que le MainLine ait organisé.Pour les cinq jours du Congrès, on a accueilli plus d\u2019une centaine de délégués des festivals Fringe de partout à travers le monde! Il y avait des gens d\u2019Afrique du Sud, d\u2019Australie, de plusieurs pays d\u2019Europe, etc.[\u2026] C\u2019est un rassemblement qui nous a permis d\u2019affermir encore plus notre place au sein de l\u2019écosystème mondial du Fringe, qui est quand même un des mouvements artistiques les plus importants au monde.» Une galerie sur la Main Alors que les activités d\u2019organisation du Congrès mondial Fringe et de la 26e édition du Festival Saint-Ambroise Fringe de Montréal battaient leur plein, loin de chômer, le Main- Line a aussi ouvert une galerie d\u2019art en décembre 2015 sur le boulevard Saint-Laurent.« On l\u2019a ouverte pour faire un pas de plus dans la direction que nous souhaitons prendre, c\u2019est-à- dire être une compagnie réellement multidisciplinaire, indique Mme Blackmore.Le MainLine a toujours eu une of fre qui se focalisait surtout sur le théâtre.Avec cet ajout, on sera plus proche de l\u2019esprit du Festival.Ça représente un défi important pour nous, mais c\u2019est un changement très positif.» Nonobstant ses débuts récents, la galerie MainLine a déjà accueilli plusieurs expositions, vernissages et événements culturels de toutes sortes.À en juger par l\u2019enthousiasme qu\u2019elle suscite, elle devrait connaître une année 2017 chargée.« Nous sommes très contents de cette première année, commente Mme Blackmore.Ça s\u2019annonce bien pour la suite.» Une nomination baume Malgré le succès qu\u2019ont récolté les récentes initiatives du Théâtre Mainline, la pétillante directrice générale et artistique de l\u2019organisme ne cache pas que sa dernière année n\u2019a pas été des plus faciles.« Je suis vraiment très contente de ce qu\u2019on a réussi à faire, mais je suis fatiguée», lâche-t-elle en riant.Aussi, lorsqu\u2019elle a appris que le Théâtre Mainline et le Festival Saint-Ambroise Fringe étaient en nomination au Grand Prix du Conseil des arts de Montréal pour la première fois depuis leur fondation, Mme Blackmore a réagi avec beaucoup d\u2019émotion.« Je l\u2019ai su pendant que je vivais une période difficile.Ma tante, qui était mon mentor et celle qui m\u2019avait le plus encouragée à me joindre au Fringe, venait tout juste de décéder.J\u2019emballais des boîtes chez elle et, à un moment, j\u2019ai fait une pause pour lire mes courriels sur mon téléphone.C\u2019est là que j\u2019ai su qu\u2019on était finalistes.Ça m\u2019a tellement fait plaisir.Ça a mis un peu de lumière dans ma peine et ça m\u2019a donné de l\u2019énergie pour continuer», confie-t-elle.Depuis l\u2019annonce de cette nomination, le Théâtre Mainline a reçu plusieurs encouragements de la communauté montréalaise.Notamment, le nombre de dons qu\u2019a reçus l\u2019organisme au cours des dernières semaines s\u2019est avéré beaucoup plus important que d\u2019ordinaire.«Qu\u2019on gagne ou non, être finaliste du Grand Prix du Conseil des arts de Montréal, c\u2019est vraiment quelque chose d\u2019extraordinaire, conclut Mme Blackmore.Ça nous apporte plein de possibilités et ça nous donne une belle tape dans le dos pour continuer.Je ne sais pas pour les autres, mais personnellement, cette nomination m\u2019a confirmé que nous étions capables de réaliser de grandes choses ! » Fondé en 1991, le Théâtre MainLine, qui produit notamment le Festival Saint-Ambroise Fringe de Montréal, est l\u2019un des plus importants joueurs de la métropole en matière de culture alternative.Pour la première fois depuis sa création, il était cette année mis en nomination au prestigieux Grand Prix du Conseil des arts de Montréal pour son dynamisme et la multiplication de ses ef forts de rayonnement.Se réjouissant de cet honneur, sa directrice générale et artistique, Amy Blackmore, a accepté de partager son expérience.Entretien.CINDY LOPEZ Paul Cargnello lors du Festival Fringe Amy Blackmore "]
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