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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2017-04-11, Collections de BAnQ.

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[" V O L .C V I I I N o 7 9 L E D E V O I R , L E M A R D I 1 1 A V R I L 2 0 1 7 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S AUJOURD\u2019HUI Culture \u203a Fenêtre sur la photographie d\u2019ici.Le Musée des beaux-arts du Canada à Ottawa présente une exposition couvrant la période comprise entre 1960 et 2000.Page A 7 Avis légaux.B 4 Décès.B 6 Météo.B 2 Mots croisés.B 5 Petites annonces .B 6 Sudoku.B 5 ?w w w .l e d e v o i r .c o m F A B I E N D E G L I S E I l faut laisser ses yeux voir au- delà des belles histoires d\u2019oiseaux, des chemins d\u2019école, des pupitres qui redeviennent arbres ou des cancres qui effacent les chiffres et les mots pour dessiner le visage du bonheur sur le noir des tableaux.L\u2019écrivain et ar tiste polymorphe Jacques Prévert, qui a quitté le monde des vivants il y a 40 ans jour pour jour, exactement en ce 11 avril, n\u2019est pas cette figure de l\u2019angélisme dans laquelle la mémoire collective cherche à le cantonner.Subversif, voix des exclus, anarchiste souriant, témoin des dérives qui se répètent, Jacques Prévert est plutôt ce grain de sable qui cherche à faire gripper les systèmes entretenant les injustices.L\u2019acuité de son regard dénonce LES 40 ANS DE LA MOR T DE JACQUES PRÉVER T Un drôle d\u2019oiseau subversif L\u2019héritage du poète est souvent réduit à une dimension ludique, se désole sa petite-fille AGENCE FRANCE-PRESSE Jacques Prévert, photographié en 1948 à Saint-Paul-de-Vence VOIR PAGE A 8 : PRÉVER T Commission Chamberland Un autre journaliste épié Page A 2 Marijuana Le projet de loi sera déposé jeudi Page A 5 Soudan du Sud Des villageois mangent des feuilles pour tromper la faim Page B 5 H É L È N E B U Z Z E T T I Correspondante parlementaire à Ottawa A lors que Québec réclame sans relâche la nomination de 14 juges supplémentaires pour endiguer les délais dans le système de justice, Ottawa réplique qu\u2019il ne s\u2019agit pas d\u2019une solution miracle.Les sièges vacants, fait valoir la ministre fédérale, ne représentent qu\u2019un très faible pourcentage de toute la magistrature québécoise.D\u2019autres provinces, d\u2019ailleurs, cherchent des solutions parallèles.Dans la foulée de l\u2019abandon de la poursuite contre Sivaloganathan Tha- nabalasingam, accusé du meurtre de sa conjointe, la ministre de la Justice du Québec, Stéphanie Vallée, a de nouveau exhorté Ottawa à pour voir au plus vite les postes de juges vacants dans la province.«Ce n\u2019est pas un caprice, c\u2019est un besoin.» Mais son homologue fédérale rejette le blâme que Québec semble vouloir lui faire por ter dans cette af faire.Cer tes, six postes à la Cour supérieure du Québec sont vacants, mais sur un total de 183 (les 30 postes à la Cour d\u2019appel sont tous occupés).« Je veux être claire : les six postes vacants au Québec représentent un taux de vacance d\u2019environ 3,5 %.Il n\u2019y a pas de solution magique.DÉLAIS JUDICIAIRES Ottawa refuse de porter le chapeau La nomination de six juges ne suffirait pas à décongestionner les tribunaux québécois, dit la ministre de la Justice M A R C O F O R T I E R J E S S I C A N A D E A U D es membres influents du milieu de l\u2019éducation mettent en garde le ministre Sébastien Proulx : le cours d\u2019éducation à la vie sexuelle, que Québec envisageait d\u2019implanter au primaire et au secondaire dès la rentrée de septembre prochain, n\u2019est pas prêt.Les enseignants n\u2019ont pas été formés pour donner cette matière.Des sources indiquent que le matériel pédagogique n\u2019est pas prêt non plus.Résultat : l\u2019implantation du programme à la rentrée de l\u2019automne 2017 est «irréaliste», ont affirmé au Devoir des membres d\u2019un comité consultatif créé par le ministère de l\u2019Éducation.Ce comité formé d\u2019une vingtaine de représentants du milieu de l\u2019éducation (syndicats d\u2019enseignants, directions d\u2019écoles et de commissions scolaires, comités de parents, etc.) doit se rencontrer le 20 avril à l\u2019édifice G, à Québec.À environ une semaine de cette rencontre cruciale, les membres n\u2019ont toujours pas en main le bilan de la première année du projet pilote d\u2019éducation sexuelle mis en place en 2015 dans une quinzaine d\u2019écoles.Cette première année a pourtant pris fin en juin 2016, il y a 10 mois.ÉDUCATION À LA VIE SEXUELLE Les écoles ne sont pas prêtes Le programme expérimental devait être étendu à l\u2019ensemble des écoles en septembre 2017 «Ce n\u2019est pas un caprice, c\u2019est un besoin», dit Stéphanie Vallée Lire aussi \u203a Déportation.Le présumé meurtrier qui a évité la tenue de son procès en raison de délais déraisonnables conteste sa déportation, mais il reste pour le moment détenu.Page A 2 VOIR PAGE A 8 : ÉDUCATION LES ADIEUX À JANINE SUTTO GRAHAM HUGHES LA PRESSE CANADIENNE Funérailles émouvantes.Famille, politiciens et «camarades» de jeu se sont réunis à l\u2019église Saint-Germain d\u2019Outremont pour un dernier hommage à la comédienne.Page B 8 VOIR PAGE A 8 : DÉLAIS J E A N N E C O R R I V E A U D ès le printemps 2005, Frank Zampino avait suggéré que Construction F.Cata- nia soit considérée pour la réalisation du projet immobilier, a soutenu l\u2019ingénieur Michel La- londe lors de son témoignage lundi au procès du Faubourg Contrecœur.C\u2019était à l \u2019occasion d\u2019un cocktai l de f inancement d\u2019Union Montréal.Michel La- londe a relaté s\u2019être retrouvé en compagnie de Frank Zam- pino, alors président du comité exécutif de la Ville de Montréal, Cosmo Maciocia, responsable du dossier de l\u2019habitation au comité exécutif, et Bernard Trépanier, directeur du financement d\u2019Union Montréal.Frank Zampino lui aurait dit qu\u2019il serait « intéressant » que la firme Construction F.Cata- nia soit bien « positionnée » en vue de la réalisation du Faubourg Contrecœur, qui en était encore à l \u2019étape des études préliminaires.«Ç\u2019a comme envoyé un message», a expliqué Michel Lalonde au tribunal alors qu\u2019il était interrogé par la Couronne.Le témoin dirigeait à l\u2019époque le Groupe Séguin (devenue Genius par la suite), la firme de génie-conseil qui avait décroché des contrats afin de mener les études préliminaires pour le Faubourg Contrecœur.La présence de Catania Le 1e r février 2006, lors d\u2019un lunch auquel par tici - paient notamment Frank Zampino, Cosmo Maciocia et Martial Fillion, directeur général de la Société d\u2019habitation et de développement de Montréal (SHDM), i l fut convenu que Catania était toute désignée pour réaliser ce projet immobilier, a indiqué le témoin.Comme la SHDM avait donné le feu vert au projet, le processus menant à l\u2019appel d\u2019offres fut enclenché.Des rencontres techniques se sont tenues entre la SHDM, GGBB et Des- sau.À certaines occasions, Ca- tania était au nombre des participants, a précisé le témoin.Au cours de 2006, Frank Zampino n\u2019est pas intervenu directement dans le dossier, mais, a soutenu Michel La- londe, Bernard Trépanier disait souvent qu\u2019en cas de problème, les intervenants pouvaient communiquer avec lui et qu\u2019il en parlerait à Frank Zampino.Tout au long de la préparation du plan d\u2019af faires et du plan directeur, les communications ont été maintenues avec Catania.Martial Fillion voulait s\u2019assurer que Catania puisse être bien au fait des coûts du projet, a précisé le témoin.Aucune autre entreprise n\u2019a obtenu ces informations, a-t-il dit.Les couleuvres Michel Lalonde a relaté la fois où il a saisi Frank Zam- pino d\u2019un problème qui bloquait l\u2019avancement du projet, celui des couleuvres brunes.Sa firme n\u2019arrivait pas à obtenir les autorisations requises du ministère de l\u2019Environnement en raison de la présence d\u2019un milieu humide.Bernard Trépanier a finalement téléphoné au directeur de cabinet de la ministre de l\u2019Environnement, Line Beauchamp, et le dossier s\u2019est réglé.Trois couleuvres ont été capturées et ont été déplacées.La Couronne a questionné le témoin sur les estimations faites quant aux travaux de décontamination du site, un des enjeux au cœur de ce procès et sur un contrat donné de gré à gré à la firme Groupe SM dirigée par Bernard Poulin afin de valider les coûts de décontamination après que Catania eut remporté l\u2019appel d\u2019of fres contre Marton en novembre 2006.Rappelons que la vente du terrain par la SHDM à Catania s\u2019était conclue à 19,1 millions de dollars.La surévaluation des frais de décontamination du site aurait toutefois fait fondre le prix de vente à 4,4 millions.Selon la poursuite, les six accusés, parmi lesquels Frank Zampino, auraient eu recours à un stratagème pour privilégier Catania pour la réalisation du projet.En après-midi, la défense a contre-interrogé le témoin, s\u2019attardant notamment à ses déclarations aux policiers sur son implication dans le dossier de l\u2019usine d\u2019épuration des eaux à Boisbriand.Son contre-interrogatoire se poursuit mardi.Le Devoir L E D E V O I R , L E M A R D I 1 1 A V R I L 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 2 Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 A M É L I P I N E D A L\u2019 homme accusé du meurtre de sa femme qui a évité la prison en raison de l\u2019arrêt Jordan conteste son expulsion du Canada mais reste détenu au moins jusqu\u2019au 13 avril, a tranché lundi la Commission de l\u2019immigration et du statut de réfugié du Canada (CISR).Sivaloganathan Thanabala- singam, originaire du Sri Lanka, est visé par un avis d\u2019expulsion, mais espère que son statut de résident permanent lui permette de rester au pays.L\u2019homme de 31 ans a échappé à son procès pour meurtre la semaine dernière en raison des délais déraisonnables.En contestant l\u2019avis d\u2019expulsion, il vient de retarder le processus d\u2019environ quatre ans.Après avoir passé cinq ans derrière les barreaux, M.Tha- nabalasingam souhaitait aller vivre chez son frère, à Montréal, le temps de se trouver un travail et de reprendre une vie normale.Arrivé au Canada en 2004, l\u2019homme n\u2019a plus de famille au Sri Lanka.Son père, sa sœur et ses trois frères habitent au Québec.Violence conjugale En raison des nombreux antécédents qu\u2019il a cumulés en matière de violence conjugale quelques mois avant la mort de son épouse le 11 août 2012, la CISR veut expulser M.Tha- nabalasingam puisqu\u2019il n\u2019est pas citoyen canadien.L\u2019homme avait plaidé coupable à des accusations de voie de faits et de non-respect des conditions pour s\u2019être approché de sa femme alors que la Cour lui avait interdit de le faire.Lorsqu\u2019il a écopé de cinq mois de prison dans ces dossiers, il était déjà détenu pour le meurtre de sa femme, Anuja Baskaran.La commissaire doit notamment évaluer si M.Thanabala- singam représente un danger pour la société ou s\u2019il risque de fuir le Canada.«Pas violent» Devant la CISR, M.Thanaba- lasingam a répété à la commissaire Dianne Tordorf qu\u2019il n\u2019est pas un homme violent.«C\u2019est arrivé une fois [d\u2019être violent], c\u2019est correct.Ce n\u2019est pas tous les jours et avec tout le monde.C\u2019était à cause d\u2019une personne et cette personne n\u2019est plus là», a-t-il fait valoir.Il a souligné que durant les cinq années passées en détention préventive, aucun incident l\u2019impliquant n\u2019a été rapporté.L\u2019homme prétend qu\u2019avant d\u2019être marié, il n\u2019avait jamais eu de problème.« Je menais une belle vie.Je travaillais, j\u2019avais acheté une maison, une auto, je payais mes taxes et mes impôts, c\u2019est après mon mariage que tout a changé», a expliqué calmement en anglais M.Thanabalasingam.La commissaire Tordor f a souligné son caractère impulsif, lui rappelant que les accusations auxquelles il a fait face sont graves.« Oui, c\u2019est une erreur, je me sens mal, c\u2019est pour ça que j\u2019ai été en prison pendant cinq ans », a-t-il mentionné la tête basse.Le frère de M.Thanabala- singam est prêt à se porter garant de lui et à l\u2019héberger s\u2019il est libéré par la CISR.Même s\u2019il est conscient de la gravité de l\u2019accusation de meurtre à laquelle faisait face son frère jusqu\u2019à tout récemment, il dit être certain que celui-ci ne représente pas un danger pour la société.La commissaire a toutefois préféré suspendre l\u2019audience puisqu\u2019elle souhaite entendre la belle-sœur de M.Thanabala- singam avec qui il cohabiterait également.Il reviendra devant la CISR jeudi pour déterminer s\u2019il pourra être libéré le temps que son dossier d\u2019expulsion soit réglé.Jeudi dernier, le juge Alexandre Boucher a tranché que les délais écoulés depuis l\u2019arrestation de M.Thanabala- s ingam, i l y a 56 mois, étaient déraisonnables et a conséquemment ar rêté les procédures.Il est le premier accusé de meurtre au Québec à être libéré grâce à l\u2019arrêt Jordan.En juillet 2016, la Cour suprême a fixé la durée maximale d\u2019un procès à 18 mois à la Cour du Québec et dans les autres tribunaux provinciaux, et à 30 mois à la Cour supérieure.Le Devoir ARRÊT JORDAN L\u2019accusé relâché conteste son expulsion La Commission de l\u2019immigration et du statut de réfugié ordonne sa détention temporaire PROCÈS DU FAUBOURG CONTRECŒUR Construction F.Catania bénéficiait d\u2019informations privilégiées, selon Lalonde P H I L I P P E P A P I N E A U L e directeur général de la Sûreté du Québec Martin Prud\u2019homme a révélé lors de sa présence à la commission Chamberland qu\u2019un autre cas de journaliste surveillé a été retrouvé lors d\u2019une recherche interne dans les archives du corps policier, après les révélations qui ont fait les manchettes à la fin du mois d\u2019octobre dernier.Il s\u2019agit du journaliste Nicolas Saillant, du Journal de Québec.Le reporter n\u2019était pas au courant de ce fait avant l\u2019affirmation de M.Prud\u2019homme devant la commission lundi.Selon les archives web du quotidien de la Vieille capitale, M.Saillant couvre les affaires judiciaires et les faits divers depuis janvier 2012.M.Prud\u2019homme, qui est entré en poste en 2014, a appris le 20 décembre dernier l\u2019existence de ce cas d\u2019écoute après avoir demandé à son équipe de « reculer dans les 20 années précédentes » pour vérifier si d\u2019autres cas de journalistes surveillés s\u2019avéraient.Déjà, il est su que la SQ avait ciblé en 2013 six journalistes, dont Marie-Maude Denis, Isabelle Richer et Alain Gravel, de Radio-Canada, et Éric Thibault, du Journal de Montréal.L\u2019avocat en chef adjoint de la commission Chamberland, Me Charles Levasseur, a expliqué qu\u2019il était au courant du nom du journaliste, mais qu\u2019il ne possédait pas plus d\u2019informations sur ce cas précis, car le dossier complet n\u2019a pas encore été transmis par la SQ.« Est-ce que c\u2019est long [comme délai], je vous réfère à la SQ.En fonction des demandes adressées, est-ce que c\u2019est le délai de réponse le plus long ?Oui.» Me Levasseur a expliqué que le dossier ne devrait pas en être un d\u2019écoute électronique, car la loi prévoit dans ces cas que le principal intéressé soit avisé.«Si c\u2019est une autorisation judiciaire, comme une ordonnance de communication, en vertu du Code criminel les policiers n\u2019ont pas à aviser.» La commission Chamber- land comptait aborder cette question lors des séances factuelles, prévues en mai.Guy Lapointe, porte-parole de la SQ, n\u2019a pas voulu faire de commentaires sur le cas de M.Saillant, car les quatre hauts gradés présents n\u2019avaient pas encore terminé leurs témoignages, qui reprendront mercredi après-midi.M.Lapointe a expliqué que la commission n\u2019avait pas encore obtenu les documents relatifs à cette écoute car elle n\u2019était pas dans les dossiers prioritaires de celle-ci.Dans le noir Plus tôt dans la journée, la SQ a révélé qu\u2019avant le mois de novembre 2016, moment où les différents cas d\u2019écoutes de journalistes par des policiers ont été révélés au grand jour, aucune procédure n\u2019existait pour forcer les agents à informer l\u2019état-major de leurs démarches d\u2019enquête sur des membres des médias.C\u2019est ce qu\u2019a confirmé André Goulet, inspecteur-chef et directeur des enquêtes criminelles à la SQ, devant la Commission d\u2019enquête sur la protection de la confidentialité des sources journalistiques.M.Goulet a expliqué que le directeur général de la SQ, Martin Prud\u2019homme, a soumis au personnel du corps policier une directive le 1er novembre 2016 interdisant « toute enquête, surveillance ou vérification concernant un journaliste ou un membre de la presse si elle n\u2019a pas d\u2019abord été autorisée of ficiellement par un membre de l\u2019état-major».La note précise ensuite que « si une surveillance en ver tu d\u2019ordonnances judiciaires était requise », les équipes policières devraient faire appel au Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) pour « vérifier les demandes de mandats de surveillance visant un journaliste » avant qu\u2019elles ne soient soumises à un juge de paix, afin d\u2019évaluer la validité des démarches.Lors que le procureur en chef adjoint Charles Levasseur a demandé à M.Goulet si une procédure existait avant cette date, il a répondu par la négative.Trois jours après la directive de M.Pr ud\u2019homme, André Goulet, des enquêtes criminelles, a aussi demandé aux enquêteurs de l \u2019 informer « très rapidement» de toute démarche concernant les journalistes.Que les membres des médias soient suspects ou témoins, « ça fonctionne très bien, je suis avisé très rapidement, je peux vous le confirmer», a dit M.Goulet devant la commission Chamberland.Mardi, la commission Cham- berland recevra plusieurs hauts gradés du Ser vice de police de la Ville de Montréal, dont son directeur Philippe Pichet.Le Devoir COMMISSION CHAMBERLAND Révélation d\u2019un autre cas d\u2019écoute de journaliste Avant novembre dernier, les policiers de la SQ pouvaient surveiller un journaliste sans avertir leurs supérieurs Tout au long de la préparation du plan d\u2019affaires et du plan directeur, les communications auraient été maintenues avec Catania COMMISSION CHAMBERLAND Le directeur général de la Sûreté du Québec, Martin Prud\u2019homme, a révélé qu\u2019un autre cas de journaliste surveillé a été retrouvé dans les archives du corps policier.AMELI PINEDA LE DEVOIR Sivaloganathan Thanabalasingam, originaire du Sri Lanka, a échappé à son procès pour meurtre la semaine dernière en raison des délais déraisonnables. I S A B E L L E P O R T E R à Québec L es demandes de conseils sur les accommodements raisonnables de type religieux sont en baisse depuis deux ans à la Commission des droits de la personne (CDPDJ) et sont désormais supplantées par les demandes faites par les personnes handicapées.Entre avril 2015 et mars 2016, le nombre de demandes de conseils reçus est passé à 20 et ce nombre s\u2019est maintenu ces derniers mois.C\u2019est la moitié de ce qu\u2019on observait les années précédentes (40 demandes en moyenne).Depuis la Commission Bouchard-Taylor, la Commission of fre un service-conseil en matière d\u2019accommodements raisonnables de type religieux.Le service s\u2019adresse aux employeurs et aux organismes donnant des services.Les conseils sont donnés à titre indicatif et ne sont, dès lors, pas décisionnels.La liste des demandes reçues révèle en outre que les congés religieux sont l\u2019enjeu qui génère le plus de questions.Ainsi en 2015- 2016, de nombreuses demandes provenaient d\u2019entreprises privées et portaient sur la pratique du ramadan.Le président d\u2019une compagnie de biocarbu- rant, par exemple, s\u2019inquiétait pour la sécurité parce qu\u2019un de ses employés était affaibli par le jeûne.Chez un fabricant de vêtements de sport, on déplorait que trois employés de la même chaîne de montage aient réclamé des congés en même temps.Au total, huit demandes concernaient la période du ramadan et trois des congés liés à des célébrations juives comme celle du Nouvel An juif en septembre.Une minorité de demandes étaient toutefois plus complexes comme ce cas d\u2019une étudiante de confession juive qui réclamait du matériel pédagogique non informatisé pour pouvoir se préparer à son examen final pendant le Sabbat.Un seul cas portait sur le port de signes religieux (le voile) et deux concernaient la tenue de prières musulmanes dans des institutions publiques ou des commerces.Enfin, un employeur a contacté le service à propos d\u2019un employé qui exposait une photo de Jésus « de grande dimension» dans son lieu de travail.En vertu de la Charte, les accommodements sont un corollaire du droit à l\u2019égalité et les organisations doivent chercher à en of frir à ceux qui le demandent.L\u2019accommodement raisonnable est toutefois balisé par le concept de « contrainte excessive » qui protège l\u2019organisation ou le milieu de travail.Un bon signe, selon les experts Cette baisse suggère que les organismes s\u2019en tirent plutôt bien avec ces questions, croit le professeur Marc-Antoine Dilhac, un expert des enjeux d\u2019inclusion rattaché à l\u2019Université de Montréal.«C\u2019est plutôt encourageant, dit-il.Il y a une forme de jurisprudence qui s\u2019est imposée pour des affaires similaires.» François Rocher, de l\u2019Université d\u2019Ottawa, un spécialiste des enjeux d\u2019immigration, souligne que même à 40 par an, ce sont de petits nombres et que contrairement à certaines perceptions, la «Commission n\u2019est pas submergée de demandes».« Mon hypothèse, c\u2019est que les organisations publiques et les entreprises ont bien compris la notion d\u2019accommodements et que la société civile réussit assez bien à s\u2019organiser avec ce problème-là.» M.Dilhac constate en outre que les questionnements soulevés sont souvent les mêmes et qu\u2019il est dès lors de plus en plus facile pour les employeurs de savoir quoi faire.Le record de demandes d\u2019avis reçus sur les accommodements religieux a été établi en 2009-2010 avec 52 dossiers contre 29 pour les personnes avec un handicap qui normalement donnent lieu au plus grand nombre de questions.Cette tendance s\u2019est depuis renversée.Ainsi en 2015-2016, le Service a reçu deux fois plus de demandes pour des accommodements raisonnables touchant des handicaps que pour des accommodements religieux (57 contre 20).La Charte des droits et libertés interdit 13 types de discriminations : les discriminations fondées sur la race, la couleur, le sexe, la grossesse, l\u2019orientation sexuelle, l\u2019état civil, l\u2019âge (sauf dans la limite prévue par la loi), la religion, les convictions politiques, la langue, l\u2019origine ethnique ou nationale, la condition sociale, le handicap ou l\u2019utilisation d\u2019un moyen pour pallier ce handicap.En plus d\u2019offrir des conseils au cas par cas, la Commission des droits de la personne a créé un guide fournissant aux employeurs une démarche par étapes pour encadrer le processus.Le Devoir Le Québec semble bien gérer les questions d\u2019accommodements raisonnables En matière religieuse, l\u2019avis de la Commission des droits de la personne est sollicité seulement une vingtaine de fois par année depuis deux ans L E D E V O I R , L E M A R D I 1 1 A V R I L 2 0 1 7 ACTUALITES A 3 I l est vrai que la disposition de dérogation («clause nonobstant») ne doit pas être invoquée à la légère, mais le premier ministre Couillard a complètement perdu le sens de la mesure en la comparant à l\u2019arme nucléaire.Son refus d\u2019y avoir recours, ne serait-ce que temporairement, pour régler la crise du système judiciaire provoquée par l\u2019arrêt Jordan illustre parfaitement le résultat de la diabolisation dont elle a été l\u2019objet depuis un quart de siècle.Le droit d\u2019un accusé d\u2019être jugé dans des «délais raisonnables » est-il à ce point absolu qu\u2019il doive se traduire par la mise en liberté de présumés meurtriers si l\u2019engorgement des tribunaux empêche qu\u2019un procès soit tenu dans les délais prescrits par la Cour suprême?Devant un pareil dilemme, qui doit trancher dans une société démocratique, les élus ou les juges?C\u2019était précisément la question qui s\u2019était posée en 1982, lors du rapatriement de la Constitution et de l\u2019enchâssement d\u2019une Charte des droits par le gouvernement de Pierre Elliott Trudeau.Dans l\u2019esprit des parlementaires britanniques, dont l\u2019appui était indispensable à la réussite de l\u2019opération, la préséance du législatif sur le judiciaire était un principe fondamental qui n\u2019était pas négociable.Même si la suite des événements a pu le laisser croire à certains, ce n\u2019est pas le Québec, mais les provinces anglophones qui ont exigé l\u2019inclusion d\u2019une disposition de dérogation, qui leur permettrait de se soustraire à certaines dispositions de la Charte.Le succès de la campagne de culpabilisation menée par les « chartistes » a cependant été tel qu\u2019elle est presque devenue l\u2019incarnation du mal.?En 1999, un de ceux qui avaient approuvé le rapatriement de 1982, l\u2019ancien premier ministre de la Saskatchewan Allan Blakeney, déplorait \u2014 un peu tardivement \u2014 cette dérive.Selon lui, les gouvernements auraient dû utiliser la disposition de dérogation plus souvent afin de créer «une tension créatrice entre les législatures et les tribunaux ».Un autre signataire, Peter Lougheed, de l\u2019Alberta, af firmait également cette nécessité d\u2019affirmer « la préséance des élus sur des juges nommés».L\u2019échec de l\u2019accord du lac Meech, que plusieurs ont attribué à l\u2019utilisation de la disposition de dérogation par le gouvernement Bourassa, a traumatisé les fédéralistes québécois.Jean Charest, qui avait été aux premières loges du drame de Meech, craignait les conséquences politiques de son utilisation, mais l\u2019image de la bombe atomique ne lui serait jamais venue à l\u2019esprit.L\u2019actuel premier ministre a complètement intégré le discours chartiste et le multiculturalisme qu\u2019il induit.L\u2019horreur que la disposition de dérogation lui inspire semble relever de la phobie.Cette fois- ci, il ne s\u2019agit pourtant pas de s\u2019opposer à une manifestation de cette «dérive identitaire » qu\u2019il reproche continuellement au PQ ou à la CAQ, mais d\u2019assurer le bon fonctionnement de l\u2019appareil judiciaire.M.Couillard a beau être le premier ministre le plus fédéraliste à avoir gouverné le Québec, il est de son devoir de faire en sorte que les Québécois ne fassent pas les frais de l\u2019incurie d\u2019Ottawa, qui semble inconscient de l\u2019urgence de la situation.?Soit, durant des mois, la ministre de la Justice du Québec, Stéphanie Vallée, n\u2019a pas semblé y être plus sensible que son homologue fédérale, Jody Wilson-Raybould, ou même avoir la compétence requise pour composer avec les conséquences de l\u2019arrêt Jordan.À tel point que le bureau du premier ministre a jugé nécessaire de rapatrier le dossier.Mme Wilson-Raybould a annoncé qu\u2019elle rencontrerait ses homologues provinciaux d\u2019ici la fin d\u2019avril, mais cela fait près de cinq ans que le Québec supplie le gouvernement fédéral de nommer des juges aux postes vacants de la Cour supérieure.Le courriel que son cabinet a transmis à Radio-Canada laisse cependant perplexe.« Il n\u2019y a pas de solution unique à ce problème », peut-on y lire, et il est nécessaire « d\u2019opérer un changement de culture au sein du système de justice pénale».Le problème avec les changements de culture au sein d\u2019une organisation est qu\u2019ils ne sont pas instantanés, comme en témoigne le triste exemple du ministère des Transports du Québec.Et si le passé est garant de l\u2019avenir, il est loin d\u2019être certain qu\u2019une autre réunion fé- dérale-provinciale des ministres de la Justice sera plus productive que les précédentes.La récente sortie du juge en chef de la Cour supérieure du Québec, Jacques Fournier, traduisait son exaspération.«Je fais tout ce qui est possible, mais j\u2019ai besoin de nouveaux juges, la population en a besoin, a-t-il déclaré au Journal de Montréal.[\u2026] Il y a plus de députés que jamais, mais les effectifs de la magistrature ne suivent pas.Il faut en rajouter, sinon les problèmes vont persister.» La disposition de dérogation n\u2019est pas éternelle.Elle doit être renouvelée tous les cinq ans, et on pourrait toujours la retirer plus rapidement si les correctifs apportés permettaient de respecter les délais imposés par la Cour suprême.Encore faudrait-il que M.Couillard réussisse à régler ses bibittes.mdavid@ledevoir.com Les bibittes du premier ministre MICHEL DAVID P A U L I N E G R A V E L Le gouvernement fédéral doit de toute urgence procéder à un important réinvestissement en recherche fondamentale si le Canada veut rattraper le retard qu\u2019il a accumulé au cours de la dernière décennie, souligne le rapport déposé lundi par le Comité consultatif sur l\u2019examen du soutien fédéral à la science fondamentale.En juin 2016, la ministre des Sciences, Kirsty Duncan, a confié à un comité d\u2019experts le mandat d\u2019examiner le financement \u2014 et son mode d\u2019attribution \u2014 que le gouvernement fédéral accorde aux sciences fondamentales.Au cours de cet examen, les experts ont confirmé que les dépenses intérieures brutes en R et D du Canada ont lentement diminué au cours des 15 dernières années, contrairement aux autres pays du G7 et aux principaux pays d\u2019Asie orientale.De plus, « les scientifiques désirant mener une recherche complètement indépendante ont vu les ressources réelles par chercheur baisser d\u2019environ 35 % » entre 2006-2007 et 2013-2014.Ces réductions se sont traduites par une diminution de la production de publications de recherche au Canada, qui s\u2019est ainsi fait doubler par l\u2019Italie et l\u2019Inde.Le comité d\u2019experts presse donc le gouvernement fédéral d\u2019augmenter son investissement dans la recherche indépendante de 485 millions échelonnés sur quatre ans afin de redresser le déséquilibre causé par des investissements ayant favorisé surtout la recherche ciblée.Les experts ont par ailleurs découvert que les trois conseils subventionnaires, que sont les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC), le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie (CRSNG) et le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada (CRSH) n\u2019avaient fait l\u2019objet d\u2019aucune évaluation externe, soit par des arbitres internationaux, depuis 1970.Lors des consultations qu\u2019ils ont menées, les experts ont été informés du « manque de cohérence dans la gouvernance de ces organismes» où « les préférences de chacun de leurs présidents jouent un rôle prépondérant », des pratiques d\u2019évaluation par les pairs qui ont souvent divergé, et de l\u2019inefficacité de plusieurs programmes de subvention.Le comité d\u2019experts recommande donc au gouvernement de créer un conseil consultatif national indépendant sur la recherche et l\u2019innovation qui aurait notamment la responsabilité de superviser les organismes fédéraux de recherche et d\u2019« améliorer les processus d\u2019évaluation continue des programmes».Le comité d\u2019experts estime important de procéder à un examen plus rigoureux des ententes actuelles et futures avec des organismes externes, comme Génome Canada ou Mitacs, et d\u2019effectuer des évaluations périodiques de ces organismes tiers qui reçoivent des fonds du gouvernement fédéral.« Tout le monde dit que ces organismes sont bons mais il n\u2019y a pas de suivi sur leur gouvernance et sur la valeur ajoutée [qu\u2019il génère] », af firme le Scientifique en chef du Québec, Rémi Quirion, qui est membre du comité.Les experts ont aussi constaté que la Fondation canadienne pour l\u2019innovation (FCI) a subventionné de grandes infrastructures scientifiques qui ne s\u2019inséraient « pas vraiment dans une stratégie globale pour le Canada».«Les octrois sont souvent très politiques », a souligné M.Quirion.«De plus, la FCI accorde généralement un financement pour 4 à 5 ans et ne se préoccupe pas du devenir de l\u2019équipement qu\u2019elle a permis d\u2019acquérir ».Le comité croit que si la FCI accepte de subventionner une infrastructure, elle devrait également assumer la mise à jour de cet équipement, les frais de fonctionnement, incluant le salaire du personnel.«On espère que le gouvernement prendra acte de nos recommandations et réinvestira en recherche fondamentale », lance Rémi Quirion.Pour sa part, la ministre Duncan a remercié le groupe d\u2019experts et les «nombreuses personnes qui ont exprimé leurs points de vue durant les consultations publiques et les tables de discussions menées par le groupe d\u2019experts ».Elle se dit déterminée à définir un modèle dans lequel « le soutien fédéral à la recherche fondamentale sera stratégique et efficace».Le Devoir Ottawa doit réinvestir en recherche fondamentale Un comité d\u2019experts suggère d\u2019ajouter 485 millions sur quatre ans ISTOCK Le Canada a diminué ses dépenses en recherche et développement depuis une quinzaine d\u2019années. L E D E V O I R , L E M A R D I 1 1 A V R I L 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 4 M A R I E - M I C H È L E S I O U I I S A B E L L E P O R T E R à Québec L a Ville de Québec, dont le maire Régis Labeaume s\u2019implique activement pour dénoncer le gaspillage de l\u2019eau, nettoie ses trottoirs en les arrosant avec des tuyaux semblables à ceux qu\u2019utilisent les pompiers.Lundi matin, à la veille d\u2019une ondée qui devait apporter une dizaine de millimètres de pluie sur la ville, des employés municipaux arrosaient les trottoirs du Vieux-Québec à grande eau pour les nettoyer.Leur tuyau était connecté à une borne-fontaine.Cette dernière contient de l\u2019eau potable, a confirmé la Ville.La Ville de Québec doit arroser tous ses trottoirs à l\u2019occasion du «grand ménage du printemps», entre avril en juin, a expliqué le por te-parole David O\u2019Brien.On utilise de l\u2019eau potable, a-t- il dit, parce que «ce serait contrepro- ductif de faire des kilomètres et des kilomètres pour devoir se ravitailler en eau brute».«Sur le plan opérationnel, c\u2019est très compliqué», a-t-il fait valoir.L\u2019utilisation du tuyau reste une exception, parce que, dans la majorité des cas, les trottoirs sont arrosés en même temps que la rue par des camions dégageant des jets à haute pression, a-t-il dit.Plus tôt lundi, le porte-parole avait répondu à une question sur le recours à un tuyau d\u2019arrosage en déclarant que « toutes les autres villes le font ».David O\u2019Brien a aussi fait référence à une rubrique « Vrai ou Faux ?» publiée sur le site de la Ville de Montréal.On y explique ainsi que «la pluie ne réussit pas à enlever les saletés accumulées le long des bordures de trottoirs» et qu\u2019il «est nécessaire d\u2019utiliser les arroseuses de rues, qui ont des jets sous pression et dirigeables».Une méthode unique?Vérification faite, la Ville de Montréal n\u2019utilise pas de tuyaux d\u2019arrosage pour nettoyer ses trottoirs.Elle a plutôt recours à des arroseuses de rue, munies de brosses.« Même les rues pavées sont assez résistantes, alors ils [les employés de la Ville] prennent le balai mécanique », a confirmé la porte-parole Geneviève Dubé.À Trois-Rivières, une méthode de récupération de l\u2019eau de pluie a été développée.«On utilise des balais mécaniques pourvus d\u2019un peu d\u2019eau de pluie qu\u2019on va puiser dans des réservoirs situés sur les toits de nos bâtiments », a expliqué le por te-parole Yvan Toutant.« Quand les réservoirs sont vides, on va s\u2019approvisionner dans la rivière-Saint-Maurice, avec de l\u2019eau non potable.» La Ville de Québec s\u2019est dotée d\u2019une politique de l\u2019eau en 2010.Elle s\u2019est alors engagée à utiliser de l\u2019eau brute, et non de l\u2019eau traitée, le plus souvent possible.À l\u2019époque, le maire Labeaume avait dénoncé le gaspillage.« J\u2019ai encore vu un gars qui nettoyait son driveway avec une machine à pression», avait-il déclaré.Plusieurs villes, plusieurs règlements Plusieurs villes encadrent l\u2019arrosage de surfaces asphaltées par règlement.Québec autorise « le nettoyage d\u2019un stationnement et de son allée d\u2019accès », mais seulement avec un « boyau muni d\u2019un pistolet d\u2019arrosage à fermeture automatique» et dans des circonstances précises.À Montréal, « le lavage au moyen d\u2019un boyau d\u2019arrosage des entrées de véhicules et surfaces pavées, des trottoirs, des patios ou des murs extérieurs d\u2019un bâtiment est permis entre le 1er avril et le 15 mai de chaque année ou lors de travaux de peinture, de construction, de rénovation d\u2019aménagement paysager le justifiant ou lorsque la présence de résidus pose un problème de salubrité».La Ville de Laval interdit complètement le nettoyage des aires de stationnement et des trottoirs avec un tuyau d\u2019arrosage entre le 15 mai et le 15 septembre.Les contrevenants sont passibles d\u2019une amende variant de 100 à 1000 $.Le Devoir ENVIRONNEMENT La Ville de Québec nettoie ses trottoirs avec de l\u2019eau potable S T É P H A N E B A I L L A R G E O N P as moins de quatre ministres se sont déplacés et réunis à Montréal lundi matin pour annoncer le soutien gouvernemental de 4,4 millions sur cinq ans à une nouvelle grappe industrielle consacrée aux véhicules électriques et intelligents.L\u2019annonce a été faite en clôture du Forum de mobilisation des forces vives du secteur comptant une centaine d\u2019entreprises spécialisées.Quatre ministres donc \u2014 Dominique Anglade, Laurent Lessard, Pierre Arcand et David Heurtel \u2014 pour dévoiler l\u2019injection de moins d\u2019un million par année, dont 500 000 $ en 2017 afin de mettre en place la nouvelle structure.Est-ce beaucoup trop peu et beaucoup trop tard dans un nouveau monde des transports plus verts et intelligents où sont déjà largement engagés des géants d\u2019affaires du XXIe siècle comme Google, Uber ou Tesla?« Ef fectivement, il y a de gros joueurs, répond Alexandre Taillefer, président du comité consultatif de la nouvelle grappe, en poste depuis décembre dernier.Il y a par contre énormément de potentiel dans les marchés de niche.» Il donne l\u2019exemple du transpor t scolaire où Autobus Lion de Saint-Jé- rôme fabrique des véhicules entièrement électriques depuis 2011, les exporte depuis 2015, notamment en Californie.La compagnie québécoise demeure la seule dans ce créneau en Amérique du Nord.« À cause de l\u2019automatisation du transport, à cause des nouveaux mécanismes de production, il y a des capacités de rentabiliser les entreprises qui vont construire entre 200 et 2000 véhicules [par année] », poursuit M.Taille- fer, lui-même propriétaire de la flotte de taxis Téo, entièrement électrique.« On ne pense pas positionner le Québec dans des véhicules de masse, distribués à 500 000 exemplaires.Ça nous apparaît illusoire.Mais dans tous les autres secteurs [\u2026] le Québec est un donneur d\u2019ordres, un acquéreur de matériel roulant.Il n\u2019y a pas de raison qu\u2019on ne développe pas des filières intérieures en mesure de générer de grandes entreprises.» Pôle de compétitivité Une grappe industrielle est une concentration d\u2019entreprises dans un domaine particulier.La grappe sera constituée ce printemps, et son plan d\u2019affaires, déposé à l\u2019automne.Le pôle de compétitivité des véhicules électriques et intelligents se concentrera sur le transport terrestre (individuel, collectif ou spécialisé).Selon les documents officiels, il misera sur les atouts de toutes les régions du Québec tout en mettant à profit les efforts des partenaires menant déjà des activités dans un domaine ciblé.Les ministres présents ont aussi rappelé d\u2019autres engagements du gouvernement en faveur de l\u2019électrification.Le petit paquet de 4,4 millions de la grappe s\u2019ar rime à d\u2019autres sommes beaucoup plus substantielles, dont le Plan d\u2019action en électrification des transports 2015-2020 financé à hauteur de 255 millions.Une loi zéro émission adoptée l\u2019an dernier forcera l\u2019of fre de véhicules moins polluants, souvent branchables.Québec a aussi comme espoir de faire rouler ici 100 000 véhicules électriques d\u2019ici 2020.L\u2019objectif est loin d\u2019être atteint avec 13 454 plaques VE (pour véhicule électrique) recensées en date du 31 décembre 2016.Le programme Roulez électrique créé en 2012 offre une aide pouvant atteindre 8000 $ à l\u2019achat d\u2019une de ces autos moins polluantes.La Norvège comme modèle Par contraste, la Nor vège, plus grand producteur de pétrole en Europe, a déjà passé la barre des 100 000 véhicules électriques.D\u2019ici trois ans, ils seront 400 000 sur les routes.Le pays d\u2019environ 5,3 millions d\u2019habitants pense pouvoir interdire les moteurs exclusivement thermiques d\u2019ici 2025.Le Québec manque-t-il d\u2019ambition par rapport à la Norvège ?«Vous nous comparez à la Norvège, comparez-nous à d\u2019autres États : com- parez-nous au Texas et nous sommes très ambitieux, répond David Heurtel, ministre du Développement durable, de l\u2019Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques.La Norvège a un plan plus ambitieux que le nôtre, mais elle a aussi un fonds souverain de 800 milliards de dollars pour financer ses choix.» Il rappelle que le pays européen incite le transfert d\u2019une source d\u2019énergie à l\u2019autre en taxant à 50 % les véhicules à essence et doute que les Québécois acceptent ce genre de sacrifice.Le ministre explique aussi que le pays scandinave ne présente pas les mêmes contraintes de distances qu\u2019au Québec.« Dans le Nord québécois, il faut un pick-up et il n\u2019en existe pas, de pick-up électrique, dit M.Heurtel.Nos objectifs sont parmi les plus ambitieux au monde.» Le Devoir ENVIRONNEMENT Un coup de pouce à l\u2019industrie du transport électrique Québec versera une aide de 4,4 millions sur 5 ans à une nouvelle grappe industrielle J E A N - L O U I S S A N T I N I à Washington L e salage massif des routes en hiver accroît la salinité des lacs d\u2019eau douce en Amérique du Nord, ce qui risque d\u2019altérer durablement ces écosystèmes aquatiques.Une étude publiée lundi indique qu\u2019une grande par tie des 371 lacs dans le centre-ouest et le nord-est des États-Unis et au Canada dont l\u2019eau a été analysée connaissent une salinisation croissante et durable.«Nous avons analysé les données sur une longue période et nous avons comparé les concentrations de chlorure dans les lacs et réservoirs d\u2019eau douce américains au climat et aux différentes utilisations des sols pour déterminer comment et pourquoi la salinisation change sur de vastes échelles géographiques», explique Hilary Dugan, une limnologue à l\u2019Université du Wisconsin-Madison.Elle est l\u2019un des principaux auteurs de ces travaux parus dans la dernière édition des Comptes rendus de l\u2019Académie américaine des sciences (PNAS).Jugeant cette situation «consternante», cette scientifique déplore le fait que « des projets de développement immobilier sur une petite partie du bord des lacs se traduisent par des risques importants de salinisation de ces étendues d\u2019eau» avec le salage des routes d\u2019accès en hiver.Chaque lac étudié avait une étendue de plus de quatre hectares avec au moins dix ans de données sur la teneur de l\u2019eau en sel.La majorité des lacs (284) sont situés dans le nord, dont les États du Connecticut, du Maine, du Massachusetts, du Michigan, du Minnesota, du New Hampshire, de New York, du Rhode Island, du Vermont, du Wisconsin ainsi que dans la province canadienne de l\u2019Ontario.23 millions de tonnes Depuis les années 1940, l\u2019utilisation du sel sur les routes en hiver pour permettre la circulation a fortement augmenté.Ainsi, chaque année, quelque 23 millions de tonnes de chlorure de sodium sont utilisées pour faire fondre la glace et la neige sur le réseau routier nord-américain, précisent les auteurs de cette étude.La plus grande partie de ce sel se retrouve dans les systèmes aquatiques et est considéré comme une source majeure de pollution des nappes d\u2019eau souterraines, des cours d\u2019eau, des rivières et des lacs, soulignent ces scientifiques.Pour mesurer les quantités de sel déversées sur les chaussées et trottoirs, les chercheurs ont évalué la densité du trafic et les zones des- ser vies dans un rayon de 100 à 1500 mètres autour des 371 lacs étudiés.Les résultats sont clairs : les voies de circulation situées à l\u2019intérieur d\u2019un rayon de 500 mètres d\u2019une rive d\u2019un lac sont de solides indicateurs de concentrations élevées de chlorure dans l\u2019eau.Quand les résultats de cette étude sont extrapolés à l\u2019ensemble des lacs dans le nord du continent nord-américain, quelque 7770 lacs pourraient faire face à un accroissement de la salinité de leurs eaux.Si la salinisation actuelle se poursuit, un grand nombre de ces lacs dépasseront dans les 50 ans la concentration maximale de salinité recommandée par l\u2019Agence américaine de protection de l\u2019environnement (EPA) établie à 230 milligrammes par litre (mg/L).« Ces résultats sont probablement une sous-estimation du problème de salinisation, alors que cer taines régions où les routes font l\u2019objet d\u2019un salage intensif en hiver, comme le Québec et les provinces maritimes du Canada, ne fournissent plus les données sur la salinisation de leurs lacs », relève Sarah Bartlett, une chercheuse de l\u2019Université du Wisconsin-Milwau- kee, l\u2019une des coauteurs.Dans les lacs où les niveaux de chlorure de sodium sont élevés, les populations de poissons et d\u2019invertébrés ont été altérées, ainsi que le plancton qui forme la base de la chaîne alimentaire aquatique.La diversité des espèces aquatiques et leur abondance peuvent diminuer et dans des cas extrêmes de salinisation, les eaux sont faiblement oxygénées, réduisant la vie dans les lacs.Agence France-Presse Le salage des routes accroît la salinité des lacs nord-américains Quelque 7770 lacs pourraient faire face à un accroissement de leur salinité ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR L\u2019homme d\u2019af faires Alexandre Taillefer, président du conseil consultatif de la grappe industrielle consacrée aux véhicules électriques et intelligents, était entouré notamment des ministres Laurent Lessard et David Heurtel lors de l\u2019annonce faite en clôture du Forum de mobilisation des forces vives du secteur.MARIE-MICHELLE SIOUI LE DEVOIR Des employés municipaux arrosaient lundi les trottoirs du Vieux-Québec à grande eau pour les nettoyer.Leur tuyau était connecté à une borne-fontaine. L E D E V O I R , L E M A R D I 1 1 A V R I L 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 5 Pour annoncer dans ce regroupement, communiquez avec Evelyne De Varennes au 514.985.3454 ou edevarennes@ledevoir.com GRATUIT ! DATE LIMITE 1er M AI AUDITIONS 13 M AI 12e édition TD RENSEIGNEMENTS E T INSCRIP TIONS: C A MPDEBLUES .COM C A MP DE JOUR MUSIC AL POUR LES 13-17 ANS 1er AU 7 JUILLET 2017 INSCRIS-TOI AUX AUDITIONS DÈS MAINTENANT ! 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CAMMAC Harrington (Québec) J8G 2T2 POUR INFORMATIONS : 819 687-3938, poste 225 \u2022 national@cammac.ca INSCRIPTION : cammac.ca M É L A N I E M A R Q U I S à Ottawa L es contours de la légalisation de la marijuana récréative s\u2019éclairciront jeudi, alors que le gouvernement fédéral déposera son très attendu projet de loi, qu\u2019il espère faire adopter d\u2019ici juillet 2018.Quel sera l\u2019âge minimal national pour acheter un joint au Canada ?Combien de plants sera-t-il permis de cultiver à domicile ?Comment sera encadrée la conduite avec facultés affaiblies par la drogue ?Les propositions élaborées par le gouvernement de Justin Trudeau en réponse à ces questions pourraient être contenues dans le projet de loi qui sera présenté cette semaine à la Chambre des communes.D\u2019autres, en revanche, devraient demeurer en suspens, puisqu\u2019elles touchent des champs de compétences partagées entre le fédéral et les provinces \u2014 la fixation des prix, le mode de distribution ou encore les balises entourant la consommation en public, entre autres.En déposant le projet de loi qui viendra concrétiser cette promesse électorale de longue date, les libéraux mettent la table en prévision de la longue conversation qui suivra avec les provinces et les territoires.À Québec, le premier ministre Philippe Couillard s\u2019est dit en accord avec le principe de légaliser la marijuana, mais son ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a déjà dit craindre de se retrouver avec « toute la responsabilité et tous les problèmes qui vont venir avec».La Presse canadienne PROJET DE LOI Bientôt des réponses sur la légalisation de la marijuana V É R O N I Q U E D U P O N T à San Bernardino U n enfant et une enseignante tués : un peu plus d\u2019un an après l\u2019un des pires attentats récents aux États-Unis, la ville de San Bernar- dino, en Californie, est de nouveau frappée par la violence, cette fois-ci dans une école primaire.« J\u2019ai vu du sang qui giclait sur le mur, j\u2019ai couru aussi vite que j\u2019ai pu, j\u2019ai perdu une chaussure », raconte Brooklyn Johnson, élève de CE1 de l\u2019école primaire North Park.Elle était en classe lundi quand son enseignante de 53 ans, Karen Smith, a été tuée par son mari, dont elle était séparée.L\u2019homme également âgé de 53 ans, Cedric Anderson, a ouvert le feu, touchant mortellement un élève et en blessant un autre avant de retourner son arme contre lui-même.La police parle d\u2019un meurtre suivi d\u2019un suicide: un «homme a succombé à une blessure par balle qu\u2019il s\u2019est infligée » vers 10 h 30 locales (17 h 30 GMT), a précisé le lieutenant Mike Madden lors d\u2019une conférence de presse.En fin d\u2019après-midi, la police a annoncé que «deux adultes et un enfant étaient confirmés décédés ».« Un enfant est dans un état grave mais stable », et est hospitalisé.« J\u2019aimais beaucoup cette maîtresse, mademoiselle Smith », ajoute avec calme Brooklyn, 7 ans, tenue serrée dans les bras de sa mère.« Elle est autiste, elle a une manière dif férente de réagir » aux événe- ments, explique cette dernière, Keely Hughes.Elle explique que le tragique incident est sur venu dans une classe pour enfants à handicaps ou nécessitant une prise en charge spéciale.Keely Hughes a dû attendre plus de trois heures interminables avant d\u2019être assurée que sa fille ne faisait pas partie des victimes : « J\u2019ai beaucoup pleuré, je suis heureuse qu\u2019elle aille bien».Les élèves qui n\u2019étaient pas blessés avaient été emmenés sur le campus d\u2019une université voisine.Peter Mejia, 11 ans, était en plein test de mathématiques quand il a entendu « tac ! tac ! tac !».Puis il a commencé à avoir «vraiment peur quand des équipes d\u2019intervention d\u2019urgence de la police sont arrivées et [les] ont fait sortir ».«On a dû marcher avec nos mains en l\u2019air», raconte-t-il.Quatre heures après, il se sentait sonné quand sa mère, en état de choc, est venue le chercher.Les yeux rougis et le regard hagard, elle estime que ce type d\u2019incidents peut désormais «arriver partout».La plupart des parents ont appris l\u2019incident par des collègues ou des proches.Paniqués, ils ont dû attendre de longues heures agonisantes avant d\u2019avoir la certitude que leur enfant ne faisait pas partie des victimes.« J\u2019ai couru jusqu\u2019à l\u2019école, je suis passé devant le cordon de police sans m\u2019arrêter », raconte Tyron Edward, père d\u2019une fille de 7 ans de l\u2019école North Park.Pendant ce temps, les enfants étaient rassemblés dans un gymnase, où on leur a offert des bâtons fluorescents et projeté La reine des neiges pour les distraire.Un écolier et une enseignante tués dans une école primaire de Californie Recommandations du groupe de travail Établir un âge minimum national de 18 ans pour l\u2019achat de marijuana.Vendre les produits dans des établissements réglementés par l\u2019État, mais pas dans des points de vente comme à la Société des alcools du Québec (SAQ).Permettre la culture personnelle de cannabis à des fins récréatives jusqu\u2019à un maximum de quatre plants de 100 cm de hauteur.Permettre la consommation de marijuana en public selon les mêmes balises que dans le cas du tabac.Soutenir l\u2019élaboration d\u2019un dispositif de dépistage de la drogue en bord de route pour détecter les niveaux de THC et investir dans ces dispositifs.Interdire tout produit jugé attrayant pour les enfants dans le cas des produits comestibles à base de cannabis.DAVID MCNEW AGENCE FRANCE-PRESSE Une enseignante a été assassinée et deux écoliers ont été grièvement blessés lorsqu\u2019un homme a fait irruption en pleine heure de classe à l\u2019école primaire North Park dans la ville californienne de San Bernardino.L e gouvernement canadien déposera ce printemps un projet de loi qui devrait encadrer la surréser vation de sièges, une pratique courante chez cer tains transpor teurs aériens qui ir rite bien des voyageurs.Plusieurs vidéos mises en ligne depuis dimanche montrent un homme littéralement arraché de son siège et tiré par les bras dans l\u2019allée jusqu\u2019à son expulsion d\u2019un appareil de United Airlines.Le transporteur américain voulait libérer des sièges pour quatre de ses employés sur un vol en partance de Chicago, dimanche soir.Un porte-parole du ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, a indiqué lundi que des règles concernant la surré- servation de sièges seraient incluses dans la future « charte des droits des voyageurs», promise l\u2019automne dernier.Ces règles permettraient d\u2019établir clairement les exigences minimales en matière de dédommagements pour les voyageurs en cas de surréservation ou de bagages perdus, indique-t-on.M.Roy a cependant refusé de prédire si le projet de loi établit des normes nationales ou s\u2019il haussera simplement le montant des indemnités afin d\u2019atteindre la parité avec ce qui est offert aux États-Unis et en Europe.L\u2019incident sur le vol de United Airlines, devenu viral sur les médias sociaux, a eu un effet dévastateur sur l\u2019image du transporteur aérien.Rick Sea- ney, président de l\u2019agrégateur de réservations américain Fare- Compare.com, n\u2019en revenait pas, lundi.Selon lui, avec la technologie moderne et l\u2019informatique, les transporteurs aériens n\u2019ont plus aucune raison de pratiquer la surréservation de sièges.Et si un cas devait se produire, le problème devrait se régler avant l\u2019embarquement, soutient-il.La Presse canadienne Ottawa veut encadrer la surréservation de sièges dans les avions Après la réforme du mode de scrutin, abruptement abandonnée l\u2019automne dernier, c\u2019est au tour de la réforme de la Loi fédérale sur l\u2019accès à l\u2019information de se retrouver dans les limbes.Les libéraux la reportent à on ne sait trop quand, alors qu\u2019ils sont prêts à mettre la Chambre sens dessus dessous pour modifier rapidement la procédure parlementaire et ainsi accentuer le contrôle du gouvernement.e 6 avril dernier, la commissaire à l\u2019information Suzanne Legault a annoncé qu\u2019elle ne souhaitait pas un renouvellement de son mandat, qui arrive à échéance le 28 juin prochain.Elle partira sans avoir obtenu la réforme de la Loi sur l\u2019accès à l\u2019information qu\u2019elle réclame depuis sa nomination en 2010.La nouvelle de son départ survient deux semaines après l\u2019annonce par le président du Conseil du Trésor, Scott Brison, du report de cette réforme pourtant promise par les libéraux en 2015.La modernisation de cette loi désuète, qui n\u2019a eu droit qu\u2019à des ra?sto- lages depuis son entrée en vigueur en 1983, était pourtant une de leurs promesses phares en matière de démocratie.Le ministre Brison a invoqué la nécessité de bien faire les choses.D\u2019accord, mais les problèmes et les solutions sont connus.Les rapports à ce sujet se succèdent depuis des années, dont celui soumis en 2015 par Mme Legault.On y trouve 85 recommandations, dont certaines ont été reprises dans le programme libéral.On pensait que le gouvernement était sérieux quand, le 31 mars 2016, Scott Brison avait indiqué que certains changements seraient faits avant la révision en profondeur de la loi en 2018.Durant la première phase, il accorderait à la commissaire le pouvoir d\u2019ordonner la diffusion de renseignements gouvernementaux et élargirait l\u2019application de la loi aux cabinets du premier ministre et des ministres ainsi qu\u2019aux institutions qui appuient le Parlement et les tribunaux.Dans sa réponse à un comité parlementaire en octobre dernier, M.Brison disait qu\u2019il comptait présenter les premiers changements législatifs «au début de 2017».Qu\u2019est-ce qui a changé depuis ?Personne ne le sait, et ne comptez pas sur les libéraux pour vous l\u2019expliquer.Ils ont refusé que le ministre comparaisse en comité à ce sujet.?Ce nouveau recul s\u2019ajoute à d\u2019autres, qui mettent en relief une attitude bien particulière de ce gouvernement à l\u2019égard de la transparence et du Parlement.Les libéraux avaient promis de mettre ?n au secret au sein du Bureau de la régie interne de la Chambre, là où se décide le traitement inéquitable réservé au Bloc québécois et au Parti vert.On attend toujours.La réforme du mode de scrutin a été enterrée l\u2019automne dernier sous prétexte d\u2019absence de consensus.Disons plutôt que le résultat des consultations n\u2019allait pas dans le sens souhaité par les libéraux.Ils préféraient un système préférentiel dont à peu près personne ne voulait.Pour ce qui est de l\u2019accès à l\u2019information, rien n\u2019explique qu\u2019on ne puisse y soumettre tout de suite les cabinets du premier ministre et des ministres.Mais voilà, les libéraux ne sont pas différents des autres partis.Friands de ce genre de transparence lorsqu\u2019ils sont dans l\u2019opposition, ils semblent en perdre vite envie une fois au pouvoir.En fait, l\u2019appétit des libéraux pour le contrôle dépasse même celui de leurs prédécesseurs.Eux qui invoquent sans cesse la prudence et le besoin de consulter pour justi?er leur lenteur à agir piaffent d\u2019impatience pour changer les règles de la Chambre, au point d\u2019avoir provoqué une crise qui paralyse le comité de la procédure depuis quelques semaines.Les libéraux veulent que le comité étudie leurs propositions à toute vapeur tout en refusant de s\u2019engager à ne pas agir de façon unilatérale et à respecter la tradition du consensus qui prévaut en la matière.Impossible car, de dire leur leader parlementaire Bar- dish Chagger, ce serait donner un droit de veto aux conservateurs sur les promesses libérales.Les changements les plus contestés \u2014 limitation du temps de parole des députés en comité et allocation de temps pour toutes les étapes de tous les projets de loi \u2014 ne ?guraient pas dans le programme libéral et sont une tentative encore jamais vue de mise au pas de la Chambre.Cette bataille est très révélatrice.Pour obtenir ces pouvoirs inusités qui ne serviraient que le gouvernement, les libéraux sont prêts à tout, alors qu\u2019ils n\u2019ont aucun problème à abandonner ou à retarder des réformes qui avantageraient la démocratie et les citoyens et qui représentaient des éléments importants de leur programme.L E D E V O I R , L E M A R D I 1 1 A V R I L 2 0 1 7 A 6 EDITORIAL L E T T R E S La prime au mérite.Vraiment?Depuis quelques jours, on discute beaucoup des hausses de salaire que se sont octroyées les dirigeants de Bombardier.Entendre M.Bellemare justifier cette rémunération tout en insistant sur son attachement au Québec et sur son respect pour la population qui, ni plus ni moins, le subventionnait était gênant.Cela dit, ce qui m\u2019étonne ce n\u2019est pas tant que ces gens imbus d\u2019eux-mêmes considèrent que tout cet argent leur est dû.Non, ce qui m\u2019étonne le plus, c\u2019est que rares sont les voix qui s\u2019élèvent pour remettre en question la légitimité du principe qui veut que quelques administrateurs aient droit à des millions de salaire et de primes du moment qu\u2019une compagnie donne un bon rendement comme si la performance de cette compagnie n\u2019était que le résultat du « génie » de ses gestionnaires.Bien sûr, il faut de la compétence en haut lieu, mais n\u2019est-il pas permis de penser que le succès d\u2019une entreprise est aussi la résultante du travail et de la compétence de tous ceux qui y travaillent ?Et peut-être aussi de la société qui les a formés ?Les ges- t ionnaires seuls ne produisent rien (chez Bombardier, par exemple, sans travailleurs, qu\u2019ils soient mécaniciens ou L I B R E O P I N I O N M I C H E L B O U C H A R D Professeur d\u2019anthropologie à l\u2019University of Northern British Columbia « J e ne comprends pas pourquoi quelqu\u2019un se fâche à propos de ces trucs », écrit un ami qui réagit à ma critique du deuxième\u2019épisode de The Story of Us de CBC.Bien que lui soit sceptique quant à la possibilité que la CBC puisse représenter avec précision l\u2019histoire, quel que soit le sujet, cette recréation du mythe fondateur anglo-canadien est peut-être plus pénible pour moi, Franco-Albertain, qui travaille justement à contrer ces discours et à remettre notre histoire dans l\u2019histoire de l\u2019Amérique du Nord.Comment puis-je lui expliquer que ces récits historiques anglo-canadiens qui évacuent les francophones font réagir plus vivement ceux qui ont grandi loin du Saint-Laurent ?[\u2026].Comment peut-on détailler la honte qui est inculquée par de telles émissions qui glorifient ces véritables Canadians, les Bell et les Mackenzie, présentant ces géants de l\u2019industrie et la découver te, tout en montrant nos communautés comme arriérées, nos ancêtres comme des pauvres sales qui n\u2019ont pas encore eu la chance d\u2019être assimilés à ce « Nous » raconté par la CBC dans un ton qui rappelle un publireportage ?Comme mes coauteurs, Robert Foxcurran, Sébastien Malette et moi-même l\u2019avons décrit dans Songs upon the Rivers, il y a une histoire riche qui a été enterrée des deux côtés de la frontière canado-américaine.Les Canadiens, Créoles, Acadiens et Métis ont une histoire continentale, mais elle a été dévalorisée pour mieux la faire oublier par la suite des deux côtés de la frontière.CBC, notre prétendu réseau public national, poursuit dans cette voie avec une fiction présentée comme de l\u2019histoire, mettant à nouveau l\u2019Anglo-Canadien sur un piédestal.Présence francophone L\u2019un de ces « faits alternatifs » que la narratrice lance avec autant de délicatesse qu\u2019une bombe est l\u2019affirmation que ce n\u2019est qu\u2019après 1777 que « les commerçants européens commencent à se diriger vers l\u2019ouest à la recherche de nouvelles richesses ; se rendant au-delà des Grands Lacs pour la première fois ».Aucun des 75 historiens que l\u2019on prétend avoir consultés ne semble avoir entendu parler de Pierre Gaul- tier de Varennes, sieur de La Vérendrye ?Ce dernier et ses fils ont pénétré dans l\u2019intérieur profond du continent, jusqu\u2019au territoire qui est maintenant le Manitoba, les Dakotas et le Montana ; de plus, ils n\u2019étaient même pas les premiers à dépasser les Grands Lacs.Déjà en 1727, la Couronne française a permis la création de la Compagnie des Sioux pour amener des commerçants et des missionnaires aux Sioux dans les grandes plaines ; qui plus est, cela a été construit sur une Compagnie des Sioux antérieure formée par Pierre Le Sueur en 1699.Pourquoi ces histoires ne valent-elles pas la peine d\u2019être racontées?Ainsi, pendant près d\u2019un siècle avant la prétendue poussée vers l\u2019ouest dont nous parle la CBC, les Français et les Canadiens voyageaient loin vers l\u2019ouest et même vers le nord.[\u2026] Toile de fond silencieuse Malheureusement, dans ce deuxième épisode, même les voyageurs sont muets.Bien qu\u2019on mentionne brièvement que ce sont des Canadiens français, ils demeurent toujours la toile de fond silencieuse sur laquelle l\u2019on bâtit la gloire de Mackenzie.Certains des noms ne sont pas connus, mais d\u2019autres sont bien connus.N\u2019aurait-on pas pu prendre une minute ou deux pour les nommer et raconter leur histoire pour les humaniser et les intégrer complètement à l\u2019histoire ?En plus de François Beau- lieu, il y avait aussi Joseph Landry, un Acadien, qui avait également fait son chemin vers l\u2019ouest.Les inclure dans ce récit aurait été plus bénéfique \u2014 et surtout plus juste \u2014 que de nous faire la leçon sans fin sur l\u2019esprit entrepreneurial (anglo-)canadian.Enfin, de tels épisodes nous secouent émoti- vement.J\u2019ai dû passer trop de temps en tant que Franco-Albertain à expliquer le nationalisme québécois pour ainsi défendre ma propre identité et les injustices auxquelles notre communauté francophone minoritaire a dû faire face depuis toujours.Le Québec était invariablement présenté comme ayant le mauvais nationalisme ethnique par rapport au bon nationalisme canadian civique.Pourtant, les deux premiers épisodes de cette histoire de « Nous » soulignent que le nationalisme anglo-canadien cherche aussi à imposer un récit aussi triomphant que la destinée manifeste américaine.Ici aussi, l\u2019œuvre civilisatrice est poursuivie par ces Anglais et Écossais avec leur esprit d\u2019innovation et leur intelligence innée qui traînent l\u2019autre, en fait nous, francophones sales et délabrés, vers la gloire.Ce discours n\u2019est certainement pas nouveau, il perdure depuis plus d\u2019un siècle.De tels contes, cependant, poussent de nombreux francophones à intérioriser ce sentiment d\u2019être inférieur, poussant vers l\u2019assimilation, car beaucoup cherchent à échapper à une identité stigmatisée.Malheureusement, la CBC vend cette série aux écoles, les poussant à l\u2019intégrer dans la classe et, si la société d\u2019État réussit, cela laissera une nouvelle génération encore moins informée sur l\u2019histoire.THE STORY OF US Le nationalisme anglo-canadien cherche à imposer un récit triomphant FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente du développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-président des ventes publicitaires MARK DROUIN Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Directeur de l\u2019information numérique FLORENT DAUDENS Adjoints PAUL CAUCHON, LOUIS GAGNÉ, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET ingénieurs, pas d\u2019avions, pas de wagons de métro\u2026).Pourquoi, alors, adhérons- nous si facilement à cette idée qu\u2019une poignée d\u2019administrateurs méritent d\u2019être rétribués cent voire deux cents fois le salaire moyen d\u2019un employé de l\u2019entreprise ?Naturellement, cette question en fait naître des dizaines d\u2019autres qui concer nent l \u2019équité sociale et je m\u2019arrêterai ici.Néanmoins, il me semble urgent que nous développions une saine résistance critique face à l\u2019argumentaire tordu de cette noblesse du XXIe siècle.Manon Gingras Le 4 avril 2017 Des soins de fin de vie pour les personnes démentes ?Je crois qu\u2019il faudrait considérer les personnes démentes candidates à la loi 52 sur les soins en fin de vie.Pourquoi ?parce que je ne voudrais pas faire vivre à mes proches ce que nous vivons, ma famille et moi, actuellement avec mon père âgé qui souf fre de la maladie Alzheimer, qui a conscience de sa déchéance, qui la voit dans le regard des autres et qui dépend des autres.On ne lui offre pas et on ne peut lui offrir tous les soins appropriés pour que sa souffrance morale et physique s\u2019apaise.Nous nous épuisons à tenter de la soulager et de combler les besoins sans pourtant y arriver totalement.Il nous a fallu beaucoup de temps pour déchif frer et comprendre les catégories de soins offerts par notre système de santé et d\u2019y relier besoins et coûts associés.Nous découvrons un nouveau labyrinthe d\u2019intervenants spécialisés dans la démence des vieux.Comme un des recours ultimes est le CHSLD qui n\u2019est accessible qu\u2019après une multitude d\u2019étapes à franchir et pas toujours très recommandable, j\u2019en conclus qu\u2019après épuisement des comptes bancaires et des familles, la société n\u2019a que peu de moyens pour prendre soin des personnes âgées.Aussi je me pose beaucoup de questions pour mon propre avenir.Ne serait-il pas judicieux qu\u2019avant que je ne sombre dans de telles af fres de démence, et qu\u2019en toute lucidité je signe mon consentement de mettre fin à mes jours lorsque je serai démente ?Bien sûr, il reste à définir le terme démence.Mais pour le moment, vivre dans la dignité n\u2019est surement pas l\u2019apanage de toutes les personnes âgées alors que mourir dans la dignité serait au moins une marque d\u2019humanité où la volonté de l\u2019individu est respectée.Josée Harel, Ph.D.Le 6 avril 2017 DÉMOCRATIE Penser à soi d\u2019abord L MANON CORNELLIER L E D E V O I R , L E M A R D I 1 1 A V R I L 2 0 1 7 A 7 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon (chef de division), Robert Dutrisac, (éditorialiste), Michel Garneau et Pascal Élie (caricaturistes), Jacques Nadeau (photographe), Olivier Zuida (recherchiste photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division et reporter), Stéphane Baillargeon (généraliste), Gérald Dallaire (pupitre), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Jean Dion (sports), Marco Fortier (éducation), Marie-Pier Frappier (pupitre), Lisa-Marie Gervais (diversité), Pauline Gravel (sciences), Jessica Nadeau (éducation).Alexandre Shields (environnement); information politique : Michel David (chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Marie-Michèle Sioui (correspondants parlementaires à Québec) Dave Noël (recherche), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec); information culturelle : Guillaume Bourgault-Côté (politiques culturelles), Julie Carpentier (pupitre), Fabien Deglise (livres), Catherine Lalonde (arts vivants), François Lévesque (écrans), Caroline Montpetit (arts vivants), Philippe Papineau(médias); information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l\u2019information), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Benoît Munger (pupitre); information internationale : Guy Taillefer (chef de division et éditorialiste); section art de vivre : Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); cahiers spéciaux : Loïc Hamon (responsable); équipe numérique : Laurence Clavel, Guillaume St-Hilaire et Geneviève Tremblay (pupitres); correction : Andréanne Bédard, Christine Dumazet et Michèle Malenfant (correctrices) ; soutien à la rédaction : Amélie Gaudreau (coordonnatrice à la rédaction), Jean-Philippe Proulx (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa).PUBLICITÉ Charleyne Bachraty (adjointe au vice-président), Marlène Côté, Évelyne De Varennes, Amel Elimam, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (directrices de comptes), Amélie Maltais (commis aux avis légaux), Alessandra Tantalo et Laurence Hémond (coordonnatrices publicitaires).PRODUCTION Caroline Desrosiers, Yannick Morin, Anthony White et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web), Jean-François Côté (analyste programmeur), Luc Girard (technicien informatique), Solène M.Hébert (développeuse Web).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Catherine Gentilcore (coordonnatrice marketing, communications et relations publiques), Sébastien Beaupré (coordonnateur service à la clientèle), Manon Blanchette, Caroline Filion, Nathalie Filion, Isabelle Sanchez (préposées au service à la clientèle).ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Mélisande Simard (adjointe administrative et responsable des ressources humaines), Florentina Draghici (technicienne comptable), Véronique Pagé (responsable du crédit).L es révélations de Radio-Canada au sujet des dispositifs d\u2019interception des signaux des téléphones portables et autres appareils connectés découverts à Ottawa et à l\u2019aéroport de Dorval illustrent la désuétude du cadre juridique de la protection de la vie privée.Tels qu\u2019ils sont conçus, ces appareils procurent à chacun la capacité d\u2019intercepter les communications des autres et de les surveiller à leur insu.Une telle régulation par défaut induit des risques pour les libertés de tous.Les dispositifs d\u2019interception sont configurés pour capter, intercepter des signaux des appareils de communication sans fil.Ils peuvent permettre l\u2019interception de métadonnées ou livrer des accès au contenu des communications entre un possesseur d\u2019un objet connecté et ses correspondants.Ces objets techniques peuvent rendre de grands services afin de débusquer des projets criminels.Mais ils recèlent un important potentiel liberticide.Il s\u2019agit d\u2019objets dangereux.Lorsqu\u2019un objet technique présente des risques pour la vie ou la sécurité des personnes, il est normal que les autorités publiques en réglementent la possession et l\u2019usage.Par exemple, les médicaments sont des objets issus de la technologie.Leur usage est strictement encadré.Il en est de même de plusieurs autres objets, comme les armes à feu ou les explosifs.Les appareils connectés capables d\u2019intercepter les communications à l\u2019insu des gens sont de même nature : ce sont des objets dangereux pour la dignité humaine.Si leur utilisation n\u2019est pas encadrée, ils peuvent mettre à mal nos libertés les plus fondamentales.Dans un monde où la plupart des objets que nous utilisons peuvent communiquer des informations, il devient essentiel d\u2019encadrer très rigoureusement l\u2019usage des outils destinés à intercepter des communications.Des lois désuètes Le cadre juridique censé nous protéger de la surveillance est désuet.La protection de la vie privée à l\u2019encontre des activités de surveillance par les forces de police ou autres investigateurs à la solde d\u2019entreprises ou d\u2019individus demeure très limitée.La multiplication des dispositifs possédant un potentiel de surveillance n\u2019a pas été accompagnée d\u2019une mise à niveau conséquente des lois qui exigent des autorisations préalables avant de surveiller une personne.À l\u2019égard de plusieurs dispositifs, il n\u2019est même pas certain qu\u2019une autorisation judiciaire soit obligatoire afin de surveiller une personne.La supervision judiciaire devrait être adaptée de manière conséquente en fonction de la puissance des outils de surveillance auxquels les forces de l\u2019ordre peuvent désormais recourir.Il faut renforcer l\u2019exigence d\u2019une évaluation indépendante du caractère raisonnable de la surveillance envisagée à l\u2019égard d\u2019un individu.La surveillance privée, par les entreprises ou les employeurs, demeure encore exemptée des exigences d\u2019autorisation préalable qui vont pourtant de soi lorsque ce sont des policiers qui demandent de mettre une personne sur écoute.Les lois actuelles sur la protection des renseignements personnels tournent essentiellement autour de l\u2019exigence du «consentement libre et éclairé».Elles reflètent l\u2019informatique qui prévalait dans le dernier quart du XXe siècle.À l\u2019égard des activités en ligne ou se déroulant sur Internet, les lois actuelles réglementant la collecte des données personnelles se limitent en pratique à exiger le consentement des personnes.La plupart du temps, on se contente de vérifier si les gens ont «consenti».Et de nos jours, consentir c\u2019est simplement cliquer sur « j\u2019accepte » ! Il faut passer à un paradigme différent.Pour les objets connectés, dès lors qu\u2019un fabricant nous informe de ce qu\u2019il advient des informations collectées et que l\u2019on consent, ses obligations se limitent pour l\u2019essentiel à assurer la sécurité des données.Compte tenu de la généralisation des objets capables de capter et de transmettre des informations sur nos allées et venues, il faut aller plus loin et exiger de la transparence sur les gisements d\u2019information de même que les échanges engendrés par ces connexions multiples.Par-dessus tout, il faut penser la régulation de la protection de la vie privée en intervenant à l\u2019étape de la fabrication et du commerce des objets techniques possédant des capacités d\u2019intercepter les communications.Il ne suffit plus de se contenter d\u2019exiger que les gens consentent.Il faut que les configurations mêmes des objets connectés soient régulées de façon à minimiser les risques d\u2019intrusion dans les communications des autres.Nous vivons désormais dans un monde d\u2019intelligence ambiante : un grand nombre de nos gestes, même les plus triviaux peuvent produire des informations.Le droit des forces de l\u2019ordre, des par ticuliers, des entreprises ou même des États étrangers de faire usage d\u2019outils capables de capter ces informations doit être sérieusement balisé.DISPOSITIFS D\u2019ÉCOUTE Des objets dangereux PIERRE TRUDEL A R I A N E S A N T E R R E Doctorante et chargée de cours au Département des littératures de langue française de l\u2019Université de Montréal e 11 avril 1987, il y a de cela exactement 30 ans, Primo Levi se jetait au bas du troisième étage de la maison familiale turinoise qui l\u2019avait vu naître, 67 ans plus tôt.Chez ses lecteurs et ceux qui l\u2019ont connu, le désarroi est profond.Jean Samuel, le Pikolo du célèbre chapitre « Le chant d\u2019Ulysse » de Si c\u2019est un homme, en veut à Levi de s\u2019être enlevé la vie le jour commémoratif de la libération du camp de Buchenwald, auquel Samuel avait été transféré d\u2019Auschwitz.Beaucoup s\u2019interrogent sur les raisons du suicide de Levi.On cite les noms d\u2019autres écrivains, survivants de la Shoah, ayant eux aussi mis fin à leurs jours : Jean Améry, Paul Celan, Piotr Rawicz\u2026 Luciana Nissim, une amie de Levi avec laquelle il a été déporté à Auschwitz, assure que son suicide n\u2019a rien à voir avec son expérience concentrationnaire, mais est plutôt lié à la dépression dont il souffrait.La mort de Levi pourrait en outre trouver racine dans un contexte familial remontant 99 ans en arrière.Ian Thomson, l\u2019un des biographes de Levi, a repéré dans des archives turinoises datant de 1888 que Michele Levi, le grand-père de Primo Levi, s\u2019était suicidé en se jetant par la fenêtre du troisième étage.Levi y fait une référence indirecte dans Si c \u2019est un homme, lorsqu\u2019il écrit que contracter une maladie contagieuse dans l\u2019infirmerie d\u2019Auschwitz en janvier 1945, « c\u2019était se vouer plus sûrement à la mort que de se jeter d\u2019un troisième étage».Dans le flot de conjectures entourant la mort de Levi se trouve aussi l\u2019hypothèse, formulée entre autres par Tzvetan Todorov, selon laquelle la mort de Levi aurait pu être un accident.Le besoin de raconter Le fait est qu\u2019on cherche de la part de Primo Levi quelque explication, parce qu\u2019il était cet écrivain-survivant, chimiste de profession, qui savait maîtriser la plume pour atteindre un style épuré visant toujours à rendre intelligible une réalité dépassant l\u2019entendement.Qu\u2019il se jette dans le vide sans laisser de note, que son œu- vre ne reflète pas la fin de sa vie, voilà qui participe de l\u2019incompréhension générale entourant le suicide de Levi.Or il me semble important de commémorer ici non pas sa mort, mais sa vie et son œuvre.C\u2019est d\u2019ailleurs à cela que s\u2019est évertué Primo Levi : puiser à même la mort, l\u2019horreur et la destruction pour construire du sens qui nous aide à nous comprendre, nous autres hommes et femmes.Puiser à même la mort pour remonter vers la vie.Primo Levi a été la voix de la sagesse, celle de l\u2019emprise de l\u2019esprit sur ce qui nous semble arbitraire et chaotique.Il a passé sa vie à essayer de maîtriser et d\u2019expliquer des phénomènes qui nous paraissent obscurs, dans sa profession de chimiste tout comme dans sa carrière d\u2019écrivain.Levi a af firmé dans une entrevue accordée en 1984 qu\u2019à Auschwitz, la volonté de raconter, d\u2019écrire, lui avait permis de tenir bon.Il est revenu du camp avec le sentiment du devoir de témoigner.Il faisait partie de cette catégorie de survivants qui ne peuvent pas s\u2019empêcher de raconter, parce qu\u2019il s\u2019agit pour eux d\u2019un « besoin élémentaire ».Il devient pour eux nécessaire de parler au nom de ceux qui n\u2019ont plus de voix, de ceux qui ne sont pas revenus.Mais Levi parlait aussi pour le genre humain, dans le sens où certaines leçons venant avec l\u2019expérience du camp se doivent d\u2019être connues de ceux qui ont eu la chance de ne pas la vivre.Primo Levi croyait.Il croyait non pas en une puissance divine \u2014 car, affirmait-il, l\u2019existence d\u2019Auschwitz annule toute possibilité de l\u2019existence de Dieu \u2014, mais en la puissance de l\u2019art et de la poésie.Il a survécu pour écrire et écrit pour recommencer à vivre, se réclamait de Dante Alighieri, se distanciait des propos d\u2019Adorno et d\u2019Améry.C\u2019était un homme qui a su affirmer les valeurs de l\u2019humanisme au sortir de l\u2019enfer concentrationnaire.Primo Levi n\u2019écrivait pas seulement pour lui-même et pour les morts, il écrivait pour nous tous, afin que nous poursuivions ce qu\u2019il appelait le « devoir de mémoire ».Le legs de Primo Levi, 30 ans plus tard G A B R I E L N A D E A U - D U B O I S L\u2019auteur est le candidat de Québec solidaire dans Gouin et candidat au poste de co-porte-parole du parti lection de Donald Trump, Brexit, montée de par tis xénophobes un peu partout en Occident, multiplication de fausses nouvelles et d\u2019autres « faits alternatifs » : ces phénomènes récents en amènent plusieurs à remettre en quest ion la capac ité même des é lecteurs à fa ire les « bons » choix.La démocratie est-elle malade du peuple ?Fondamentalement, l\u2019ascension de Trump n\u2019est pas un phénomène propre aux États-Unis de 2016.Ne nous trompons pas : la forme spectaculaire et grotesque qu\u2019a prise sa campagne \u2014 coif fures improbables, bronzage artificiel, démonstrations ostentatoires de richesse, mythe de l\u2019homme d\u2019af faires providentiel \u2014 n\u2019est que la sauce américaine avec laquelle on sert ce plat dont la recette est déjà bien connue dans la plupart des démocraties occidentales : un savant mélange de patriotisme nostalgique et de critique de la classe politique traditionnelle s\u2019appuyant sur l\u2019insécurité sociale et économique.C\u2019est la soupe qu\u2019a servie avec succès le camp pro-Brexit au Royaume-Uni, et c\u2019est celle que mijote Marine Le Pen en France, mais aussi Geert Wilders aux Pays-Bas, Viktor Or- bán en Hongrie, l\u2019UKIP au Royaume-Uni, le FPÖ autrichien, et bien d\u2019autres encore.Le succès des partis xénophobes Ces forces politiques ont leurs particularités propres, mais elles ont aussi beaucoup en commun.L\u2019efficacité de leurs discours clivants est liée au déclin d\u2019une classe moyenne qui , contrairement aux cadres supérieurs et aux membres des professions libérales, n\u2019a jamais profité (ni économiquement ni culturellement) des bénéfices de la mondialisation.Les partis xénophobes connaissent du succès dans la mesure où ils articulent une réponse identitaire aux effets du néolibéralisme.Et c\u2019est leur procès féroce de la classe politique traditionnelle qui fait mouche auprès du salarié blanc moyen.Si cette rhétorique fonctionne, ce n\u2019est pas parce que les gens sont ignorants ou mal informés, mais parce qu\u2019ils connaissent par cœur l\u2019élite qui se partage le pouvoir depuis les années 1980.En jetant sociaux-démocrates et conservateurs dans le même panier, les nouveaux démagogues mettent le doigt sur un phénomène réel : dans la plupart des démocraties occidentales, l\u2019alternance entre partis de gauche et de droite n\u2019a rien changé à la trajectoire globale des sociétés (augmentation des inégalités, précarisation du marché du travail, insécurité, etc.).C\u2019est du néolibéralisme et de ceux qui l\u2019ont mis en place qu\u2019est malade la démocratie, pas de l\u2019ignorance du «peuple».Une étude récente d\u2019Ipsos Global Advisor montrait qu\u2019une majorité de Français (61 %), d\u2019Italiens (60%) et d\u2019Espagnols (56%) sont convaincus que leur vie est moins bonne que celle de la génération précédente.Dans ces mêmes pays, le taux de méfiance envers les gouvernements atteint des sommets (89% en Espagne, 80% en Italie et 77% en France).Le portrait est semblable dans toutes les démocraties européennes : la perception d\u2019un déclin du niveau de vie marche main dans la main avec la défiance envers la classe politique et les institutions démocratiques.Les forces démagogiques qui montent répondent (de manière per verse et mensongère, certes) à une volonté de changement qui n\u2019est ni irrationnelle ni fondée sur l\u2019ignorance.En jouant avec des mécanismes d\u2019exclusion inacceptables, elles accomplissent néanmoins quelque chose dont les partis traditionnels ne sont plus capables : donner de l\u2019espoir.La force du collectif Il ne faut donc pas désespérer du « peuple », ni du fait que les réseaux sociaux donnent la parole à ses éléments les moins instruits, et encore moins de la démocratie elle-même.La crise actuelle s\u2019enracine dans un sentiment plus profond, celui d\u2019être impuissant face à son sort et à celui de ses semblables.La défaite cuisante de Clinton devrait servir de leçon : on ne renversera pas cette tendance en faisant la morale aux gens, mais en insistant sur la puissance de l\u2019action collective, réel oxygène de la vie démocratique.D\u2019ailleurs, ce n\u2019est pas pour rien si, en parallèle de Trump, a émergé la figure de Bernie Sanders.La popularité de l\u2019iconoclaste sénateur du Vermont, qui a tout de même remporté la primaire démocrate dans 23 États et totalisé 13 millions de votes, démontre qu\u2019il est possible de mettre d\u2019autres visages et d\u2019autres noms sur la détresse sociale qui menace actuellement les démocraties occidentales.Au-delà du prisme facile opposant «bon peuple» et «méchantes élites», Sanders insistait sur l\u2019idée selon laquelle c\u2019était ensemble qu\u2019il était possible de transformer la société.Dans l\u2019un de ses discours les plus célèbres, il déclarait ainsi que «quand nous nous unirons pour exiger que ce pays soit au service de tous plutôt que d\u2019une minorité, nous transformerons l\u2019Amérique.Voilà la raison d\u2019être de cette campagne: rassembler les gens».Certains ont raillé le ton fleur bleue des discours de Sanders, mais en insistant sur l\u2019action collective plutôt que sur ses capacités personnelles à régler la situation, il canalisait la colère des gens vers une mobilisation sociale à caractère démocratique.Il y a là une piste à suivre pour sortir de la crise actuelle.Une solution qui, fondamentalement, s\u2019appuie moins sur l\u2019opposition entre «peuple» et «élite» que sur la dichotomie entre l\u2019impuissance individuelle et l\u2019action collective.Ce n\u2019est pas un surplus de démocratie qui nous a menés dans la situation actuelle, mais un manque de démocratie.Les démagogues s\u2019appuient sur le mythe de la toute-puissance de l\u2019individu exceptionnel.Le remède démocratique à leurs funestes propositions repose sur la démonstration de la force du collectif.?Des commentaires ou des suggestions pour Des Idées en revues ?Écrivez à rdutrisac@ledevoir.com.La démocratie au-delà du populisme L MOON RILEY AGENCE FRANCE-PRESSE La popularité de Bernie Sanders démontre qu\u2019il est possible de mettre d\u2019autres visages et d\u2019autres noms sur la détresse sociale qui menace actuellement les démocraties occidentales, écrit l\u2019auteur.É DES IDÉES EN REVUES Chaque mardi, Le Devoir offre un espace aux artisans d\u2019un périodique.Cette semaine, nous vous proposons une version écourtée d\u2019un article paru dans la revue Nouveau Projet, printemps-été 2017, no 11. L E D E V O I R , L E M A R D I 1 1 A V R I L 2 0 1 7 A 8 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par courriel publicite@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3452 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Par courriel petitesannonce@ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4 Berri-UQAM Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com A C T U A L I T É S habilement toutes « les saloperies du monde », lance à l\u2019autre du fil Eugénie Bachelot-Prévert, petite-fille de ce poète singulier qui aimait surtout se définir comme un braconnier dans le monde des arts et de la pensée.Et, la férocité de son œuvre se révèle enfin, non pas par excès de lucidité du présent, mais bien à cause des vents troubles et malodorants qui s\u2019y installent sournoisement, non sans rappeler ceux qui ont inspiré le contestataire.« Notre époque est malheureusement très proche de celle des années 20-30, où mon grand- père a vécu et a constitué une bonne partie de son œuvre», a indiqué lundi en entrevue au Devoir Mme Bachelot-Prévert, artiste peintre de son état.Elle gère aussi depuis 17 ans le patrimoine et la mémoire de l\u2019auteur de Pour faire le por trait d\u2019un oiseau, l \u2019un de ses célèbres poèmes.« Le pouvoir de la finance, les replis identitaires, la peur de l\u2019autre, les injustices sociales, les corruptions\u2026 il a dénoncé tout ça.Il a opposé une pensée forte et toujours vivace à ce monde qui ne va pas à cause de l\u2019argent, des dogmes, des abus de pouvoir, des aveuglements et de tous ces faux-semblants qui empêchent l\u2019humain d\u2019être lui-même.» Étrange paradoxe qui lui sied parfaitement, la véritable nature du poète a été altérée\u2026 par un bon sentiment.En pleine Deuxième Guerre mondiale, un professeur de philosophie fait entrer en effet les poèmes de Prévert dans son lycée de Reims, suivi par d\u2019autres enseignants français qui cherchent alors à s\u2019éloigner des poètes un peu trop prévisibles et sirupeux au profit d\u2019un corpus plus engagé, plus à même de préparer les élèves à la violence de leur époque, faite de privations, de répressions, de génocides\u2026 L\u2019assemblage de ces textes pour les écoles posera les bases de Parole, son premier recueil, publié en 1946, comme celle du regard un peu trop réducteur que l\u2019histoire va finir par avoir sur lui.Un penseur complexe «L\u2019œuvre de mon grand-père a été réduite à sa dimension scolaire», dit sa petite-fille en dénonçant des textes devenus au fil du temps des exercices vidés de leur sens et qui induisent, à force d\u2019être ressassés, une certaine lassitude chez ceux et celles qui y ont été exposés.« Le cancre, très utilisé dans les écoles, a été écrit pendant la guerre et présente une dimension politique très forte, une remise en question de l\u2019autorité du maître, qui n\u2019est pas forcément la figure d\u2019un enseignant, et des conformismes.Mais ce n\u2019est pas ce dont on se souvient.On garde de Pré- vert l\u2019image de l\u2019oiseau, de la cigarette au bec, de lui, avec son chien, devant la table d\u2019un bistro dans un parc.Or, mon grand-père était un artiste complexe dont on a oublié la richesse de sa complexité.» Selon elle, en revisitant Les enfants du paradis, film de Marcel Carné (1945), scénarisé par Jacques Prévert, en relisant La chasse aux enfants, une histoire de révolte dans un bagne d\u2019enfants, en replongeant dans Vie de famille, qui parle de l\u2019hypocrisie des prestations de chômage et de la triste condition de la classe moyenne, Il ne faut pas, la Chanson des escargots qui vont à l\u2019enterrement, Étranges étrangers \u2014 la liste n\u2019est pas exhaustive \u2014, c\u2019est finalement un «éveilleur de conscience, un empêcheur de tourner en rond», que l\u2019on trouve aujourd\u2019hui et qui s\u2019impose comme un «Spinoza, comme un Picasso», avec sa « capacité à alerter » ses semblables « sur l\u2019importance de ne pas tomber dans le ronronnement et dans les clichés, dans les certitudes » qui briment les libertés, troublent les perceptions et conduisent l\u2019humanité à la stagnation, bien plus qu\u2019à la régression.« Mon grand-père voyait toutes ces choses qui se répètent sans cesse dans l\u2019histoire du monde», dit celle qui a de l\u2019homme les souvenirs fragmentés de la petite fille de 2 ans et 11 mois qu\u2019elle était le jour de la mort du poète, puis ceux que les parents et amis de Jacques Pré- vert lui ont fait partager depuis 40 ans.« Il fait partie de cette lignée de penseurs qui n\u2019ont jamais été dans leur époque, qui sont ailleurs, qui racontent leur monde maintenant tout en étant déjà au-delà de ce temps.» Un sourire contagieux Drôle d\u2019oiseau subversif, Jacques Prévert n\u2019a pas aidé sa cause avec son sourire et sa bienveillance, qui désormais troublent sa mémoire.« Il a dénoncé les choses avec férocité, mais en tirant toujours sa pensée vers le haut, vers l\u2019amour, la joie, la pensée positive.Il n\u2019était pas dans les affects de la tristesse, de la colère, de la frustration.Pour lui, l\u2019être humain devait s\u2019élever plutôt vers la vie et l\u2019amour pour dénoncer les aberrations, les incohérences, les injustices qui entravent la vie et l\u2019amour, justement.» Jacques Prévert a dit : « Il faudrait essayer d\u2019être heureux, ne serait-ce que pour donner l\u2019exemple», un aphorisme qu\u2019Eugénie Bachelot- Prévert, qui se préparait lundi à vivre sa journée de commémoration, à la campagne, loin de l\u2019agitation de la vie parisienne, et proche de l\u2019essentiel, sa famille, ses enfants, a-t-elle dit, trouve un peu trop péremptoire pour son grand-père qui était tout sauf un «donneur de leçon ».« Il a aussi écrit : le désordre des êtres est dans l\u2019ordre des choses, que je préfère » et qui va comme un gant à ce poète, scénariste, colla- giste, philosophe et grand-père dont l\u2019esprit reste malgré le chaos qu\u2019elle expose plus facile à explorer qu\u2019à magnifier.« L\u2019étof fe des héros » n\u2019étant rien d\u2019autre, pour ce promoteur du doute et ce combattant de certitudes délétères, qu\u2019«un tissu de mensonges».Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 PRÉVERT Le ministre de l\u2019Éducation, Sébastien Proulx, n\u2019a pas encore pris sa décision au sujet de l\u2019éducation à la vie sexuelle.Il fera connaître ses orientations « sous peu», indique-t-on à Québec.Le projet pilote de deux ans a été lancé en 2015 parce qu\u2019il existe un consensus au Québec : il faut améliorer l\u2019éducation sexuelle offerte aux élèves du primaire et du secondaire.Le projet aborde la grossesse, les naissances, mais aussi la vie amoureuse, l\u2019identité, les rôles et les stéréotypes sexuels, ainsi que les agressions sexuelles.Ces notions faisaient partie du cours Formation personnelle et sociale, qui a été aboli au tournant des années 2000 dans la foulée de la réforme de l\u2019éducation.Depuis, les élèves reçoivent une éducation sexuelle inégale d\u2019une école à l\u2019autre.Le projet pilote prévoit une formation évaluée entre 5 heures et 15 heures par année.Ce n\u2019est pas un cours en bonne et due forme : il s\u2019agit plutôt d\u2019un «apprentissage», qui peut être donné par plusieurs intervenants à différents moments du calendrier scolaire.Il n\u2019y a pas de case horaire prévue pour l\u2019éducation à la vie sexuelle.Et il n\u2019y a pas d\u2019évaluation sur le bulletin.Des questions « Nous sommes en faveur de l\u2019éducation à la vie sexuelle, mais ce qui nous interpelle, c\u2019est qui va les enseigner, ces capsules-là ?Il va falloir qu\u2019on trouve des gens dans les écoles », dit Lorraine Normand-Charbonneau, présidente de la Fédération québécoise des directions d\u2019établissement d\u2019enseignement (FQDE).La majorité des écoles primaires et secondaires du Québec n\u2019ont pas les ressources pour aider les enseignants à donner cette formation, insistent des membres du comité consultatif sur l\u2019éducation à la vie sexuelle.«Qu\u2019est-ce qui va arriver dans les écoles où il n\u2019y a personne pour donner les apprentissages ?Aurons-nous des infirmières issues du réseau de la santé?», demande Lorraine Normand-Char- bonneau.«C\u2019est prématuré» Les syndicats d\u2019enseignants estiment que l\u2019éducation sexuelle doit être un cours en bonne et due forme, et non un apprentissage inséré dans plusieurs matières.Ils réclament aussi une formation universitaire en enseignement de l\u2019éducation sexuelle, un peu comme les mathématiques ou le français, qui font l\u2019objet de cours pour les futurs maîtres.«Pour nous, c\u2019est absolument inconcevable de lancer les apprentissages en éducation à la vie sexuelle en septembre prochain.C\u2019est prématuré, c\u2019est cer tain », dit Nathalie Morel, vice-présidente de la Fédération autonome de l\u2019enseignement (FAE).La Fédération des syndicats de l\u2019enseignement (FSE) demande aussi une formation, du matériel pédagogique et l\u2019appui de professionnels pour les titulaires de l\u2019éducation à la vie sexuelle.« Il est plus que temps que le gouvernement remette l\u2019éducation à la sexualité à l\u2019avant-plan des priorités ministérielles », indique la FSE.Violences à caractère sexuel, prostitution, grossesses, recrudescence des infections transmises sexuellement, utilisation des réseaux sociaux chez les jeunes : ces sujets incontournables doivent être abordés avec les élèves, indique la Fédération.Génération sacrifiée En entrevue au Devoir, Jasmine Léger, membre du comité femmes de l\u2019Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSE) et victime elle-même, a parlé d\u2019une génération sacrifiée en matière d\u2019éducation à la sexualité.«Ce n\u2019est pas normal qu\u2019on n\u2019ait pas de cours d\u2019éducation sexuelle, qu\u2019on n\u2019apprenne pas, à l\u2019extérieur de notre petite sphère familiale ou sociale, ce que sont le consentement et une relation sexuelle saine, a-t-elle dit.Il faut commencer à faire de l\u2019éducation sexuelle dès le primaire, c\u2019est primordial.» Les étudiants arrivent au cégep avec des lacunes, a expliqué Caroline Senneville, présidente de la Fédération des enseignants de cé- geps (CSQ), lors des récentes consultations sur les violences à caractère sexuel dans les collèges et les universités.«Si on veut lutter adéquatement contre ce problème, il faut agir le plus tôt possible, a-t-elle dit.Quand on arrive à 17 ans avec des comportements et des stéréotypes bien ancrés, on est déjà dans la déconstruction.C\u2019est pourquoi on aimerait bien que la ministre [de l\u2019Enseignement supérieur], Hélène David, parle à son collègue [de l\u2019Éducation], Sébastien Proulx, pour qu\u2019il ramène des cours d\u2019éducation sexuelle.» Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 ÉDUCATION ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR L\u2019 éducat ion à la sexua l i té es t un pro je t expérimental pour le moment.Nommer six juges au Québec ne réglera pas le problème des délais », a lancé la ministre de la Justice, Jody Wilson-Raybould.Québec réclame en outre la création de huit nouveaux postes de magistrats.Ottawa n\u2019y a pas consenti.Toutefois, le dernier budget prévoit 55 millions de dollars sur cinq ans pour nommer 28 nouveaux juges à travers le pays, dont 12 en Alberta et un au Yukon, les juridictions ayant les besoins les plus criants.Les 15 autres seront répartis selon les besoins de chacun.La répartition n\u2019est pas encore connue.Ces nouveaux postes ne pourront pas être pourvus avant que la loi de mise en œuvre du budget soit déposée, puis adoptée par le Parlement, ce qui pourrait prendre encore quelques mois.D\u2019autres solutions Les délais dans le système judiciaire ne datent pas d\u2019hier, et plusieurs provinces ont pris les devants ou proposent des solutions.Ainsi, la Nouvelle-Écosse a mis en place en février dernier un projet pilote par lequel la Couronne fait connaître très tôt dans le processus la sentence qu\u2019elle entend réclamer.L\u2019accusé dispose d\u2019un temps limite (variable d\u2019un cas à l\u2019autre) pour accepter ou refuser « l\u2019offre ».«L\u2019avocat de la défense connaît la position de la Couronne très tôt dans le processus et, si son client souhaite plaider coupable, il sait avec un degré élevé de certitude quel sera le résultat », explique au Devoir le directeur du Service des poursuites publiques de Nouvelle-Écosse, Martin Herschorn.Le projet pilote est en vigueur dans la région métropolitaine d\u2019Halifax et s\u2019applique aux cas les moins lourds, tels que conduite avec facultés affaiblies, vol à l\u2019étalage et agressions mineures.«Nous espérons que les cas qui auraient pris entre huit et dix mois dans le système actuel se régleront en un mois ou six semaines », continue M.Herschorn.Depuis l\u2019arrêt Jordan de la Cour suprême du Canada, qui limite à 18 mois la durée des procès dans une cour provinciale et à 30 mois dans une cour supérieure, trois accusés de meurtre ont été relâchés pour délais excessifs.Le premier de ces cas, celui de Lance Matthew Re- gan, est survenu en octobre, en Alberta.Dans la foulée de l\u2019événement, la province a annoncé sa solution : le « triage».Un peu comme dans les urgences des hôpitaux, les cas sont évalués selon leur gravité par les procureurs de la Couronne, et seuls les plus importants suivent leur cours.Les autres sont soit redirigés vers des ressources parallèles (comme les tribunaux spécialisés en santé mentale), soit abandonnés.Le président du syndicat des procureurs de la Couronne a déclaré que jusqu\u2019à 200 personnes auraient ainsi été «blanchies».L\u2019Ontario a aussi vu abandonner son cas d\u2019accusation de meurtre.La cause d\u2019Adam Picard est d\u2019ailleurs portée en appel.Le ministre de la Justice a écrit à Ottawa, lui demandant de modifier le Code criminel de manière à mettre fin aux enquêtes préliminaires.Son homologue manitobain, appuyé par les juges en chef de sa province, a fait la même chose.La ministre Stéphanie Vallée ouvre la porte à cette option, sans le soutenir totalement.«Est-ce qu\u2019il doit y avoir des enquêtes préliminaires dans tous les dossiers?Ou est-ce qu\u2019on devrait peut-être les limiter à certaines infractions, notamment celles qui sont les plus graves, dont la peine maximale est la plus grave?a-t-elle demandé au cours d\u2019une entrevue avec Le Devoir.46% des enquêtes préliminaires qui ont lieu au Canada ont lieu au Québec.Est-ce que c\u2019est parce [\u2026] qu\u2019il y a des habitudes, des pratiques qui nous amènent systématiquement à l\u2019enquête préliminaire ici?Est-ce que les juges l\u2019accordent plus souvent ici?Je ne le sais pas, les statistiques ne permettent pas de [le savoir].» Rencontre à la fin du mois La ministre fédérale Jody Wilson-Raybould reconnaît qu\u2019il en sera question lors de sa rencontre avec ses homologues provinciaux à la fin du mois.« Je suis ouverte à en discuter avec eux.Mais ce n\u2019est pas un enjeu sur lequel les ministres d\u2019à travers le pays son unanimes.Cela est un peu controversé.Selon la juridiction où on se trouve, les perspectives sont dif férentes, les données varient, et on ne s\u2019entend pas pour dire si l\u2019élimination des enquêtes préliminaires permettrait de réduire les délais.» Le ministère de la Justice mène jusqu\u2019au 30 avril un sondage en ligne auprès des intervenants du milieu judiciaire à propos des enquêtes préliminaires.Les enquêtes préliminaires sont ces procédures en amont du procès pendant lesquelles la preuve est divulguée et où le juge évalue la probabilité que la Couronne obtienne une condamnation.Dans son arrêt Jordan, la Cour suprême avait écrit que le législateur pourrait envisager d\u2019éliminer cette étape.Le Manitoba soutient que les enquêtes préliminaires peuvent prendre entre 18 et 28 mois à être programmées.L\u2019Association du Barreau canadien (ABC) s\u2019oppose néanmoins à cette solution.En entrevue, le criminaliste Eric Gottardi explique au nom de l\u2019ABC que les enquêtes préliminaires sont encore très utiles.Non pas pour éliminer les causes qui ne tiennent pas la route (ce qui arrive très rarement), mais pour tester la preuve.« C\u2019est une chose de recevoir la preuve sur papier, c\u2019en est une autre de voir les témoins en vrai.» C\u2019est ainsi qu\u2019on teste la fiabilité d\u2019un témoin.Une bonne performance \u2014 ou une très mauvaise \u2014 peut inciter un accusé à plaider coupable ou, au contraire, convaincre la Couronne d\u2019abandonner une affaire.M.Gottardi rappelle que les enquêtes préliminaires n\u2019existent pas en cour provinciale.Elles existent seulement en Cour supérieure.Le délai plus long accordé par la Cour suprême pour ces procès (30 mois) reflète, à son avis, la prise en compte de cet élément.« Ceux qui plaident pour l\u2019abolition de l\u2019enquête préliminaire veulent avoir le beurre et l\u2019argent du beurre.Ils pensent qu\u2019ils pourront aller directement en procès, mais toujours bénéficier du délai de 30 mois.» L\u2019ABC a dressé une liste de 10 solutions pour réduire les délais dans les tribunaux.Elle propose de bonifier l\u2019aide juridique afin de réduire le nombre de prévenus qui se représentent eux- mêmes et ralentissent les procédures.L\u2019ABC propose aussi d\u2019éliminer les peines minimales, qui dissuadent les accusés à plaider coupable (ce qui multiplie les procès).Les libéraux de Justin Trudeau se sont engagés à revoir les peines minimales instaurées par les conservateurs.Avec Marie-Michèle Sioui Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 DÉLAIS Le Parti québécois (PQ) a demandé lundi qu\u2019un débat d\u2019urgence sur la crise judiciaire causée par l\u2019arrêt Jordan de la Cour suprême ait lieu ce mardi, à l\u2019Assemblée nationale.Sa porte-parole en matière de justice, Véronique Hivon, a réitéré ses appels à recourir à la disposition de dérogation afin de limiter les requêtes en arrêt de procédures liées à cette décision, qui fixe à 12 et à 30 mois les durées maximales des procédures devant les cours provinciales et supérieures, respectivement.Il incombe au président de l\u2019Assemblée nationale, Jacques Chagnon, d\u2019autoriser, ou non, le débat d\u2019urgence.En décembre 2016, M.Cha- gnon a refusé une demande semblable, qui concernait les délais dans l\u2019administration de la justice.Cette fois, le PQ a choisi le recours à la disposition de dérogation comme angle d\u2019attaque.Mais qu\u2019est-ce que cette disposition, exactement ?La disposition de dérogation en est une de la Loi constitutionnelle de 1982.Elle est prévue à l\u2019article 33 de la Charte canadienne des droits et libertés et permet aux provinces d\u2019adopter des lois qui ont effet, même si elles sont en contravention avec l\u2019article 2 ou les articles 7 à 15 de la Charte.Le jugement Jordan \u2014 rendu par la Cour suprême en juillet 2016, dans une affaire de vente de drogue \u2014 est basé sur l\u2019article 11 b) de la Charte, qui stipule que «tout inculpé a le droit d\u2019être jugé dans un délai raisonnable».Selon l\u2019opposition, le gouvernement pourrait limiter le recours à l\u2019arrêt Jordan en évoquant la clause dérogatoire.Québec devrait tout de même respecter les conditions énoncées dans la Charte, notamment celle concernant la durée maximale d\u2019une disposition de dérogation, établie à cinq ans.La disposition de dérogation ADRIAN WYLD LA PRESSE CANADIENNE "]
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