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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2017-04-13, Collections de BAnQ.

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[" V O L .C V I I I N o 8 1 L E D E V O I R , L E J E U D I 1 3 A V R I L 2 0 1 7 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S AUJOURD\u2019HUI Actualités \u203a L\u2019indépendance sans réels pouvoirs.Le directeur parlementaire du budget à Ottawa réclame le même accès aux informations gouvernementales que le véri?cateur général.Page A 2 Avis légaux.A 4 Décès.B 5 Météo.B 6 Mots croisés.B 6 Petites annonces .B 5 Sudoku.B 6 ?w w w .l e d e v o i r .c o m M A R I E V A S T E L Correspondante parlementaire à Ottawa L es larmes ont côtoyé les rires au Parlement fédéral mercredi.La jeune Malala Yousafzai y a livré un discours poignant en venant recevoir sa citoyenneté honorifique à Ottawa, appelant le Canada à montrer l\u2019exemple en faisant de l\u2019éducation des jeunes filles dans le monde une priorité.Un plaidoyer émotif qui a inspiré députés, adjoints politiques et étudiants qui s\u2019étaient réunis pour entendre la lauréate d\u2019un Nobel de la paix.« Je sais que les politiciens ne peuvent pas tenir toutes leurs promesses.Mais celle- ci, c\u2019est celle vous devez honorer », a-t-elle lancé au parterre d\u2019élus canadiens en leur rappelant que le droit à l\u2019éducation pour tous figure parmi les objectifs de développement durable de l\u2019ONU qu\u2019a appuyés le Canada.Or, 130 millions de filles n\u2019ont Tenez promesse, dit Malala aux politiciens L\u2019éducation des filles est un droit partout, rappelle la jeune Nobel de la paix ADRIAN WYLD LA PRESSE CANADIENNE Justin Trudeau remet l\u2019unifolié à Malala Yousafzai, citoyenne honorifique du Canada.DIFFICILE RETOUR EN SÉRIES POUR LE CANADIEN ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Défaite à domicile.Les Rangers de New York sont venus gâcher le retour du Canadien de Montréal en séries éliminatoires en arrachant une victoire de 2-0 lors du match inaugural des quarts de ?nale de l\u2019association Est, mercredi soir au Centre Bell.Lire le compte rendu du match sur nos plateformes numériques.S T É P H A N E B A I L L A R G E O N L a menace gronde et le secteur culturel, fort e m e n t m e n a c é , n \u2019 e n a p a s a s s e z conscience, avertissent des bonzes du secteur.Les États-Unis veulent renégocier l\u2019Accord de libre-échange nord-américain (ALENA).La prochaine version de la convention pourrait faire sauter les clauses d\u2019exception protégeant les industries culturelles.Tout le volet numérique, maintenant névralgique pour la production, la diffusion et la réception de la création, semble dans la mire américaine.«L\u2019élection présidentielle a changé la donne et les industries culturelles canadiennes et québécoises n\u2019ont peut-être pas assez conscience du danger qui les menace», dit au Devoir Monique Simard, présidente et chef de la direction de la Société de développement des entreprises culturelles (SO- DEC).«Donald Trump a dit qu\u2019il allait renégocier l\u2019Accord.Les industries de l\u2019agriculture ou du bois d\u2019œuvre sont toujours extrêmement attentives aux règles et aux traités commerciaux qui peuvent affecter profondément leur secteur.En culture, les gens n\u2019ont pas ce réflexe.» Monique Simard se voit un peu comme une lanceuse d\u2019alerte dans ce dossier.« Je parle au nom des activités commerciales liées à la culture, dit-elle.Le secteur représente une part majeure du PIB, près de 4 % au Québec.C\u2019est énorme.D\u2019autres milieux, qui ont parfois moins de poids économique, ont des réflexes aiguisés pour réagir aux menaces.Il est temps que la culture se réveille et fasse savoir ses inquiétudes.» ALENA L\u2019exception culturelle au menu?Monique Simard s\u2019alarme de l\u2019apparente indifférence de l\u2019industrie F R A N Ç O I S D E S J A R D I N S E ffervescence boursière frisant la bulle, nouveaux produits d\u2019investissement, fusions, indices spécialisés\u2026 Alors que le gouvernement Trudeau dépose tout juste son projet de loi pour légaliser la marijuana à des fins récréatives, les marchés financiers consomment déjà.Beaucoup.Et s\u2019impatientent de savoir ce qui s\u2019en vient précisément.Depuis l\u2019engagement électoral de Justin Trudeau en 2015, les producteurs de marijuana médicale ont lentement mais sûrement placé leurs pions pour tirer profit de l\u2019ouverture éventuelle du marché.Plusieurs se sont inscrits en Bourse pour amasser du capital et prendre de l\u2019expansion, d\u2019autres ont acheté des concurrents.Aujourd\u2019hui, tout le monde, y compris dans les gradins de la finance, aura les yeux rivés sur les nouvelles règles.« C\u2019est une industrie embryonnaire au potentiel de croissance élevé.Avec la légalisation, les perspectives sont très positives », dit Steve Hawkins, président de la société torontoise Horizon CANADA Marijuana, un marché de 5 milliards au bas mot La plante chérie des hippies des années 60 garnit le portefeuille des investisseurs d\u2019aujourd\u2019hui «Les industries culturelles [\u2026] n\u2019ont peut-être pas assez conscience du danger» Monique Simard VOIR PAGE A 8 : ALENA VOIR PAGE A 8 : MARIJUANA VOIR PAGE A 8 : MALALA Lire aussi \u203a Harmonie interprovinciale.Le Québec et l\u2019Ontario veulent développer un modèle commun en matière de marijuana.Page A 3 Présidentielle française La percée de Mélenchon polarise l\u2019attention Page B 4 Syrie Les États-Unis et la Russie tentent tant bien que mal de se réconcilier Page B 4 Lire aussi \u203a Inquiétude chez les producteurs de lait.Ottawa doit protéger la gestion de l\u2019offre, disent les agriculteurs.Page B 1 H É L È N E B U Z Z E T T I Correspondante parlementaire à Ottawa L a course à la chef ferie au NPD n\u2019a pas attiré beaucoup d\u2019attention jusqu\u2019à présent, mais les choses pourraient changer alors qu\u2019un ténor du parti au Québec, Alexandre Boulerice, annonce qu\u2019il se rallie à Peter Julian.Pour l\u2019instant, seulement quatre députés se sont lancés dans la course.Outre M.Julian, il y a Niki Ashton, Charlie Angus et le Québécois Guy Caron.D\u2019autres noms circulent, comme ceux du député provincial ontarien Jagmeet Singh, du syndicaliste Sid Ryan ou encore de l\u2019ancien ombudsman des vétérans, Pat Stogran.Les candidats ont jusqu\u2019au 3 juillet pour s\u2019inscrire.M.Boulerice explique qu\u2019il ne sentait pas le besoin d\u2019attendre plus longtemps.«Non, parce que j\u2019avais déjà trouvé mon prince charmant », a - t - i l lancé au cours d\u2019un point de presse mercredi.«On établit nos critères.Qu\u2019est-ce qu\u2019on cherche, quel type de leader on veut, quel genre de politique on veut.[\u2026] À un moment donné, tu te rends compte, quand toutes les cases sont cochées, que tu as trouvé la bonne personne.» M.Boulerice se dit séduit par le bilinguisme de Peter Julian, son opposition claire contre la construction de nouveaux pipelines, sa promesse de rendre l\u2019éducation postsecon- daire gratuite partout au Canada et, enfin, son côté batailleur.«Il peut faire un filibuster [séance de perturbation au Parlement] comme personne d\u2019autre, et j\u2019aime plutôt ça!» a-t-il lancé avec le sourire.Sur les pipelines, M.Boule- rice rappelle que le sujet a occupé une place prépondérante dans la dernière campagne électorale.Il se dit « extrêmement fier» de la «position très, très claire, cristalline de Peter, pour s\u2019opposer au pipeline d\u2019Énergie Est, qui selon [lui] est en phase avec ce que pense la majorité des progressistes, des environnementalistes au Québec et ailleurs au pays».Quant aux frais de scolarité, M.Boulerice reconnaît qu\u2019il pourrait y avoir un conflit avec les provinces, desquelles relève l\u2019éducation.Il ne croit pas que cela posera problème.« On peut très bien défendre au Québec une telle politique parce que les avantages pour les étudiants seraient tels que je vois très bien les associations étudiantes s\u2019en réjouir.» Peter Julian entend éliminer le crédit d\u2019impôt fédéral accordé aux parents dont les enfants fréquentent l\u2019université parce qu\u2019il « va aux plus riches».Mais quand on lui soumet que cela signifie probablement que ce sont les mieux nantis qui fréquentent l\u2019université et que ce sont donc eux qui jouiraient de la gratuité scolaire, il laisse entendre que la gratuité bénéficierait à tous.Le Devoir L E D E V O I R , L E J E U D I 1 3 A V R I L 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 2 Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 SEAN KILPATRICK LA PRESSE CANADIENNE Le rôle du directeur parlementaire du budget, Jean-Denis Fréchette, est d\u2019ef fectuer des analyses sur l\u2019impact financier des décisions politiques prises par le gouvernement fédéral.H É L È N E B U Z Z E T T I Correspondante parlementaire à Ottawa L es libéraux l\u2019avaient promis et ils passent à l\u2019acte : le directeur parlementaire du budget deviendra un agent du Parlement à par t entière, comme le sont le vérificateur général ou le commissaire aux langues of ficielles.Mais le principal intéressé n\u2019applaudit pas pour autant, car cette nouvelle indépendance \u2014 qu\u2019il réclamait \u2014 ne s\u2019accompagne pas des pouvoirs nécessaires pour l\u2019exercer.Le Directeur parlementaire du budget (DPB) effectue des analyses sur l\u2019impact financier des décisions politiques prises par le gouvernement fédéral.Créé par les conservateurs, ce poste relevait jusqu\u2019à présent de la bibliothèque du Parlement.Le titulaire pouvait être remercié.Désormais, le titulaire relèvera du Parlement et sera nommé à titre inamovible pour sept ans.L\u2019actuel DPB, Jean-Denis Fréchette, déplore que le projet de loi mettant en œuvre ces changements n\u2019en profite pas pour lui accorder le pouvoir de contraindre l\u2019appareil gouvernemental à lui fournir les données qu\u2019il réclame pour ses calculs.On sait que son prédécesseur, Kevin Page, s\u2019était battu en vain pour connaître la nature des services sabrés par le gouvernement conser va- teur pendant son opération de «dégraissage ».« Je peux demander, mais je n\u2019ai toujours pas de moyens de forcer, déplore M.Fréchette en entrevue avec Le Devoir.Je trouve que c\u2019est malheureux.[\u2026] J\u2019ai beau être le plus indépendant de tous les agents du Parlement, si je n\u2019ai pas accès à l\u2019information, ça ne donne pas grand-chose.» Approbation requise L\u2019autre problème aux yeux de M.Fréchette est que le DPB devra désormais préparer « un plan de travail annuel» devant être approuvé par les présidents de la Chambre des communes et du Sénat.« Je ne comprends pas pourquoi cette approbation existe, quelle en est la raison d\u2019être », continue-t-il, rappelant que le vérificateur général n\u2019a pas besoin d\u2019un tel feu vert politique.Enfin, M.Fréchette se désole que le projet de loi limite le recours à ses services par les parlementaires.À l\u2019heure actuelle, un député peut lui demander de se pencher sur la question de son choix, que ce soit le coût d\u2019achat des F-35 ou le coût d\u2019indexation de l\u2019Allocation canadienne pour enfants.Désormais, les demandes devront être liées à une «mesure» que le parlementaire «envisage de proposer».L\u2019ancien (et seul autre) titulaire du poste, Kevin Page, partage toutes les inquiétudes de M.Fréchette.« Je trouve ce projet de loi problématique.Il m\u2019apparaît plus faible que la législation déjà en place», écrit- il au Devoir.Sur l\u2019approbation préalable du plan de travail du DPB, il dit qu\u2019il peut « très bien imaginer qu\u2019un président n\u2019approuve pas la décision d\u2019un futur DPB d\u2019évaluer l\u2019impact fiscal d\u2019un projet de dépense controversé parce que cela nuirait aux chances de son parti d\u2019être élu».Un directeur politique?Par ailleurs, M.Fréchette se dit mal à l\u2019aise avec les nouvelles dispositions qui autoriseraient les partis politiques à demander au DPB, en campagne électorale, d\u2019évaluer l\u2019impact financier de leurs promesses.Le DPB ne pourrait publier ses calculs que si le parti en fait autant (question de s\u2019assurer que les chiffres n\u2019ont pas été trafiqués).«C\u2019est rempli de pièges.J\u2019ai peur de servir de caution morale [aux partis].C\u2019est tordu.» Par ailleurs, le NPD a reproché au gouvernement libéral d\u2019avoir placé ces dispositions dans un projet de loi de mise en œuvre du budget qu\u2019il qualifie d\u2019omnibus.Le député Alexandre Boulerice en a déploré les 300 pages qui amendent « pas moins de 30 lois existantes ».Le NPD reproche à Justin Trudeau d\u2019avoir rompu sa promesse, lui qui s\u2019était engagé à ne pas déposer de tels projets de loi fourre-tout.Le premier ministre s\u2019en est défendu à la période de questions.«Dans le projet de loi budgétaire, tout est relié au budget.Il y a un thème qui lie le tout.» La promesse libérale découlait de l\u2019habitude qu\u2019avaient prise les conservateurs d\u2019insérer dans des projets de loi budgétaires qualifiés de « mammouths » d\u2019impor tantes réformes environnementales.Le Devoir PROJET DE LOI Une indépendance dénuée de réels pouvoirs Le directeur parlementaire du budget réclame l\u2019accès aux informations gouvernementales dont bénéficie le vérificateur général M.Fréchette se désole que le projet de loi limite le recours à ses services par les parlementaires A M É L I P I N E D A L e juge Alexandre Boucher a commis des erreurs de droit dans l\u2019application de l\u2019arrêt Jordan, soutient la Couronne, qui porte en appel le jugement qui a permis à un homme accusé du meurtre de sa femme d\u2019éviter son procès.Sivaloganathan Thanabala- singham devait subir son procès pour le meurtre allégué de sa femme à partir du 10 avril, soit plus de 56 mois après le drame.L\u2019homme de 31 ans a toutefois bénéficié de l\u2019arrêt Jordan alors que le juge Boucher a ordonné l\u2019arrêt des procédures pour des délais déraisonnables, le 6 avril dernier.La Couronne estime que le magistrat a mal fait son travail et que plusieurs erreurs ont été commises dans l\u2019application de l\u2019arrêt Jordan.Elle reproche au juge de ne pas avoir considéré les délais de l\u2019enquête préliminaire, qui a excédé la période initialement prévue.Une « circonstance exceptionnelle», dit-elle, qui aurait dû être évaluée.Le procès aurait aussi tardé à s\u2019ouvrir en raison de la non-dis- ponibilité de l\u2019avocat de l\u2019accusé, un autre élément qui aurait été écarté par le juge Boucher selon la Couronne.Elle soutient également que le magistrat aurait dû «reconnaître le caractère moyennement complexe de l\u2019affaire dans un district judiciaire renommé pour être aux prises avec des délais institutionnels problématiques».La Couronne souligne que M.Thanabalasingham ne s\u2019est jamais plaint des délais avant que l\u2019arrêt Jordan soit rendu.Toujours détenu Malgré l\u2019arrêt des procédures, M.Thanabalasingham n\u2019a toujours pas profité de sa liberté.L\u2019homme originaire du Sri Lanka est détenu par la Commission de l\u2019immigration et du statut de réfugié du Canada (CISR), qui veut l\u2019expulser du pays.M.Thanabalasingham, qui n\u2019est pas citoyen canadien, avait cumulé trois arrestations dans des affaires de violence conjugale dans les neuf mois précédant le meurtre de sa femme, Anuja Baskaran.Il avait plaidé coupable à des accusations de voies de fait et de non-respect des conditions pour s\u2019être approché de son épouse alors que la Cour lui avait interdit de le faire.Lorsqu\u2019il a reçu une peine de cinq mois de prison dans ces dossiers, il était déjà détenu pour le meurtre de Mme Baska- ran.M.Thanabalasingham conteste son expulsion puisqu\u2019il espère que son statut de résident permanent lui permet de rester au Canada.Après avoir passé cinq ans derrière les barreaux, il veut aller vivre chez son plus jeune frère à Montréal, le temps de se trouver un travail et de reprendre une vie normale.Arrivé au Canada en 2004, l\u2019homme n\u2019a plus de famille au Sri Lanka.Son père, sa sœur et ses trois frères habitent au Québec.Le 10 avril dernier, devant la commissaire à l\u2019immigration Dianne Tordor f, il a assuré qu\u2019il ne représente pas un danger pour la société.« Je ne suis pas un homme violent.Ça m\u2019est arrivé une fois [d\u2019être violent], c\u2019est correct.Ce n\u2019est pas tous les jours et avec tout le monde.C\u2019était à cause d\u2019une personne et cette personne n\u2019est plus là», a-t-il fait valoir.Son frère est prêt à se porter garant de lui et à l\u2019héberger, mais la commissaire Tordorf veut entendre la belle-sœur de M.Thanabalasingham, avec qui il cohabiterait également.Il comparaît à nouveau jeudi devant la CISR.M.Thanabalasingham est le premier accusé de meurtre au Québec à être libéré grâce à l\u2019arrêt Jordan.En juillet 2016, la Cour suprême a fixé la durée maximale d\u2019un procès à 18 mois à la Cour du Québec et dans les autres tribunaux de la province, et à 30 mois à la Cour supérieure.Le Devoir AFFAIRE THANABALASINGHAM La Couronne interjette appel de l\u2019arrêt des procédures AMELI PINEDA LE DEVOIR Sivaloganathan Thanabalasingham a comparu en début de semaine devant la Commission de l\u2019immigration et du statut de réfugié du Canada (CISR).COURSE À LA DIRECTION DU NPD Boulerice se range derrière Peter Julian Alexandre Boulerice L E D E V O I R , L E J E U D I 1 3 A V R I L 2 0 1 7 ACTUALITES A 3 I l y a des excuses si tardives et si peu senties qu\u2019elles donnent l\u2019impression de tourner le fer dans la plaie.Celles de la CBC appartiennent à cette catégorie.«Nous reconnaissons que toutes les perspectives présentées ne font pas l\u2019unanimité», peut-on lire dans son communiqué.Quelle perspicacité ! «Nous n\u2019avons jamais eu l\u2019intention d\u2019offenser qui que ce soit », assure le télédiffuseur public du ROC.C\u2019est bien là le pire : l\u2019idée que cette fresque narcissique ait pu être blessante pour tous ceux qui ne font pas partie des héritiers de Wolfe n\u2019a effleuré personne.Malgré les nombreuses critiques qui leur ont été adressées, les auteurs de la série Canada: The Story of Us ont néanmoins le mérite de la franchise.Si quelqu\u2019un avait encore le moindre doute sur la vision de l\u2019histoire canadienne qui prévaut au Canada anglais, voilà maintenant celui- ci dissipé.Il n\u2019est d\u2019ailleurs pas question d\u2019en interrompre la diffusion et le matériel scolaire qui en sera tiré est pratiquement prêt à être utilisé.Cette vision est tout à fait cohérente avec la réalité constitutionnelle du Canada d\u2019au- jourd\u2019hui.Les Québécois n\u2019étaient pas partie à l\u2019accord constitutionnel de 1982, tout comme leurs ancêtres français sont pratiquement absents de la fresque narcissique dont la CBC a voulu régaler ses téléspectateurs en ce 150e anniversaire de l\u2019Acte de l\u2019Amérique du Nord britannique (ANNB).Le hasard a voulu que 2017 marque aussi le 30e anniversaire de l\u2019accord du lac Meech, qui aurait reconnu le Québec comme « société distincte » si le Canada anglais ne l\u2019avait pas rejeté trois ans plus tard.La série de la CBC réitère cette négation.La Nouvelle-France y apparaît au mieux comme un piédestal qui permettra à l\u2019envahisseur anglo-saxon de former cette glorieuse nation du nord.À l\u2019en croire, les Français n\u2019avaient pas réalisé l\u2019extraordinaire potentiel de ce continent jusqu\u2019à ce que d\u2019intrépides Britanniques, comme MacKenzie, osent s\u2019aventurer dans ses immensités.Les forges du Saint- Maurice ne fabriquaient que des babioles jusqu\u2019à ce que le génie de Matthew Bell leur ouvre de nouveaux horizons, ouvrant ainsi la voie à des générations d\u2019ambitieux entrepreneurs qui feront la fierté du capitalisme canadian.?On peut comprendre la déconvenue du ministre des Affaires intergouvernementales canadiennes, Jean-Marc Fournier, même si cet éternel optimiste a voulu voir dans cette nouvelle gifle une occasion de reprendre le dialogue avec le Canada anglais.Vétéran des relations fédérales-provinciales, M.Fournier avait sans doute fait son deuil de la «société distincte » bien avant le premier ministre Couillard, qui a rêvé pendant un moment de faire coïncider une nouvelle entente avec le 150e anniversaire de l\u2019ANNB, avant de réaliser que cela ne présentait aucun intérêt pour le reste du pays.En lieu et place, M.Fournier est devenu le chantre de la francophonie pancanadienne.«Le 150e est l\u2019occasion de rappeler que le français est la langue de l\u2019exploration et de la fondation de notre pays», déclarait-il dans un enregistrement vidéo réalisé l\u2019an dernier à l\u2019occasion du Mois de la Francophonie.De toute évidence, son message n\u2019a pas été entendu.Il disait avoir découvert « une réalité canadienne où il y a un appétit pour le français, une légitimité nouvelle qui apparaît clairement », malgré l\u2019évidence du contraire démontrée par les données de Statistique Canada.S\u2019il y a une chose qui apparaît clairement dans la relecture de l\u2019histoire faite par la CBC, c\u2019est que M.Fournier était complètement dans le champ avec ses lunettes roses.?Soit, il y a eu quelques « embûches » dans le passé, concédait M.Fournier.Par exemple, le rapport Durham ou le règlement 17, qui avait interdit les écoles françaises en Ontario, mais « leurs ef fets néfastes ont été ef facés », disait-il.Les auteurs de Canada : The Story of Us ont fait encore mieux : ils ont simplement ef facé ces moments désagréables.Pour éviter d\u2019évoquer la déportation des Acadiens, il suffisait d\u2019oublier la fondation de Port-Royal.Et hop, le tour est joué ! Pour oublier la pendaison de Louis Riel, fera-t-on aussi disparaître les Métis ?Devant le blocage constitutionnel, qui l\u2019a fait renoncer à la voie tracée par ses prédécesseurs libéraux depuis la Révolution tranquille, le gouvernement Couillard s\u2019est rabattu sur le nationalisme canadien-français qui prévalait avant la prise de conscience que les Québécois constituent une nation.En cessant de revendiquer un statut que le Canada anglais n\u2019était pas disposé à accorder au Québec, il espérait au moins préserver les vestiges de l\u2019ancienne «dualité » basée sur la reconnaissance des « peuples fondateurs ».La série de la CBC lui envoie le message clair que le ROC la rejette aussi catégoriquement que la «société distincte ».mdavid@ledevoir.com Un message clair MICHEL DAVID I S A B E L L E P O R T E R à Québec Le gouvernement du Québec se prépare à investir dans le projet de Club Med hivernal du Groupe Le Massif dans Charlevoix, même si Club Med n\u2019investira pas un sou dans l\u2019aventure.Le rôle de l\u2019entreprise dans le projet est uniquement « opérationnel », a expliqué mercredi la vice-présidente du groupe au Canada, Caro- lyne Doyon.« Je peux vous dire d\u2019expérience que, quand le Club Med s\u2019installe dans une région, ça lui donne une vitrine internationale et ça crée des emplois.» On estime que 400 emplois seraient ainsi créés.Le Club Med souhaite accueillir ses premiers vacanciers sur le site en décembre 2019.Pendant ce temps, le gouvernement s\u2019apprête à investir des millions dans ce projet estimé à 120 millions.Au Groupe Le Massif comme au cabinet de la ministre de l\u2019Économie Dominique Anglade, on n\u2019a pas voulu donner d\u2019informations sur le montage financier et la part de fonds publics nécessaire à l\u2019aventure.Or Le Devoir a appris que le gouvernement avait modifié dans le dernier budget un programme de subventions en tourisme pour les grands projets qui lui permettrait de financer celui-là.Le programme Dans les documents budgétaires, on explique que le Programme d\u2019appui au développement des attraits touristiques (PADAT) pourra désormais soutenir des « projets d\u2019investissement majeurs en tourisme».Les nouveaux critères permettraient d\u2019accorder jusqu\u2019à 5 millions par projet, ce qui n\u2019empêcherait pas d\u2019aider aussi les projets touristiques dits «d\u2019envergure».Au cabinet de la ministre du Tourisme, Julie Boulet, on ne confirme pas qu\u2019une partie de cet argent est réservée au Massif, mais on concède que ce serait possible, alors que le programme ne le permettait pas avant.Une aide du PADAT n\u2019empêcherait pas le Groupe Le Massif d\u2019aller chercher des fonds publics ailleurs, notamment auprès d\u2019Investissement Québec, avec qui il négocie depuis des mois.Investissement Québec est actionnaire minoritaire du Groupe Le Massif depuis 2008.Le Groupe Le Massif demande aussi l\u2019aide du fédéral et son dossier est «à l\u2019analyse » du côté de Développement économique Canada, a-t-on également confirmé.Dans son courriel, le porte-parole rappelle en outre qu\u2019Ottawa a déjà investi 29 millions dans le projet il y a dix ans.Il s\u2019agissait toutefois à l\u2019époque d\u2019un tout autre projet qui n\u2019avait rien à voir avec le Club Med et visait au contraire à aménager une destination aux antipodes de la formule.En incluant la part de Québec, les deux paliers de gouvernement avaient alors investi 65 millions, notamment pour mettre à niveau la voie ferrée reliant Québec à Baie-Saint-Paul.Le Devoir LE MASSIF Québec a un véhicule pour aider le projet de Club Med Le plus récent budget élargit les critères d\u2019un programme de développement du tourisme JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, a réclamé la constitution d\u2019une commission itinérante pour sonder les Québécois sur l\u2019ensemble du territoire.Le gouvernement de Philippe Couillard, sans exclure une telle consultation, dit vouloir franchir les étapes une à une.M A R I E - M I C H È L E S I O U I Correspondante parlementaire à Québec L e Québec et l\u2019Ontario allient leurs forces pour gérer les conséquences de la législation sur le cannabis, un dossier fédéral avec lequel ils devront composer dans un échéancier que le premier ministre Philippe Couillard a qualifié mercredi de « très rapide».Le comité interministériel créé par les deux provinces doit servir à discuter d\u2019« enjeux communs » comme la santé, la sécurité, la prévention et la réglementation dans les milieux de travail, a annoncé la ministre déléguée à la Santé publique, Lucie Charlebois.Il n\u2019est pas question de ralentir le projet d\u2019Ottawa, a-t-elle affirmé.Le gouvernement fédéral doit déposer ce jeudi son projet de loi sur la légalisation de la marijuana, qui doit entrer en vigueur en juillet 2018.«Le gouvernement fédéral fixe déjà l\u2019échéance, a déclaré Philippe Couil- lard en Chambre.Il m\u2019apparaît, à première vue, que l\u2019échéance de l\u2019été 2018 est très rapide.» Le premier ministre a dit trouver «regrettable que les provinces et territoires n\u2019aient pas été engagés en amont » dans un dialogue sur les conséquences de la légalisation de la marijuana dans les juridictions provinciales.Le crime organisé ne perdra pas de terrain, selon Poëti Le député et ex-policier Robert Poëti, qui ne siégera pas au comité interministériel parce qu\u2019il n\u2019est plus ministre, a quant à lui exprimé de sérieuses réserves sur les prétentions d\u2019Ottawa, qui promeut son projet de loi en misant sur le fait qu\u2019il protégera les jeunes et affaiblira le crime organisé.« Je suis tout à fait en désaccord avec le fait de penser que ça va les protéger », a-t-il dit au sujet des jeunes.Ces derniers seront plus exposés à la substance, selon lui.Le crime organisé perdra-t-il du terrain ?« Jamais, a-t-il répondu.Le crime organisé, c\u2019est comme de la mauvaise herbe.Vous pouvez l\u2019arracher et ça va repousser.[\u2026] Je n\u2019ai aucune forme d\u2019inquiétude : ils vont trouver une autre façon d\u2019être sur le marché, peut-être à un prix dif férent.» Quelques heures après la déclaration du député, Radio-Canada a révélé que des membres et des associés des Hells Angels ont obtenu des permis individuels qui leur ont permis de produire légalement de la marijuana depuis 2013.Déjà, l\u2019industrie du vapotage a été prise d\u2019assaut par le crime organisé.Questionnée sur les impacts de la légalisation de la marijuana sur le crime organisé, la ministre Charlebois a répondu : « Notre devoir à nous, c\u2019est de nous occuper de la population.» Comme le Québec, l\u2019Ontario en est à tenter de définir les paramètres de la distribution de la marijuana.Après s\u2019être montrée prête à confier la vente de la substance à la société des alcools de l\u2019Ontario, la LCBO, la première ministre Kathleen Wynne s\u2019est ravisée.Au Québec, des rumeurs attribuent à la SAQ la distribution de la marijuana, mais à travers un réseau distinct.De quoi répondre à la recommandation du Groupe de travail pour la légalisation et la réglementation du cannabis, qui s\u2019est opposé à la possibilité de vendre l\u2019alcool et le cannabis dans un même endroit.Le Parti québécois a quant à lui demandé la mise sur pied d\u2019une commission parlementaire itinérante sur la légalisation de la marijuana, à l\u2019instar de la Commission spéciale sur la question de mourir dans la dignité.« Il va y avoir dépôt d\u2019un projet de loi et ça va suivre son cours », a réagi la ministre Charle- bois, sans s\u2019avancer davantage sur cette proposition.Le Devoir Marijuana : le Québec et l\u2019Ontario veulent développer un modèle commun Les enjeux de la légalisation seront discutés au sein d\u2019un comité interministériel Jean-Marc Fournier avait tout faux avec ses lunettes roses ISTOCK L E D E V O I R , L E J E U D I 1 3 A V R I L 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 4 AV I S L É G AU X E T A P P E L S D \u2019 O F F R E S AVIS À TOUS NOS ANNONCEURS Veuillez, s\u2019il vous plaît, prendre connaissance de votre annonce et nous signaler immé dia - tement toute anomalie qui s\u2019y serait glissée.En cas d\u2019erreur de l\u2019éditeur, sa res pon sa bilité se limite au coût de la parution.HEURES DE TOMBÉE Les réservations doivent être faites avant 15 h pour publication deux (2) jours plus tard.Publications du lundi : Réservations avant 11 h le vendredi Publications du mardi : Réservations avant 15 h le vendredi Avis légaux et appels d\u2019offres Avis public de notification (articles 136 et 137 C.p.c.) Avis est donné à STÉPHANIE JOBIN-MARTIN de vous présenter au greffe de MONTRÉAL du district de MONTRÉAL situé au 1, RUE NOTRE-DAME EST À MONTRÉAL afin de recevoir la demande introductive d'instance, assignation, liste de pièces et pièces qui y a été laissé à votre attention dans le dossier 500-22-237686-178.Vous devez répondre à cette demande dans le délai indiqué dans l'avis d'assignation qui l'accompagne, sans quoi un jugement par défaut pourrait être rendu contre vous et vous pourriez devoir payer les frais de justice.Le présent avis est publié à la demande de Alexandre Roy, huissier de justice, étant donné que le confrère Loig Bernard, a tenté sans succès de vous signifier la présente demande introduction d'instance, assignation, liste de pièces et pièces.Il ne sera pas publié à nouveau.Saint-Eustache, le 11 avril 2017 Alexandre Roy Huissier de justice AVIS DE CLÔTURE D'INVENTAIRE Avis est par les présentes donné qu'à la suite du décès de Gilles Mathon, en son vivant domicilié au 503 - 4952, rue Honoré- Beaugrand, Saint-Augustin-de- Desmaures (Québec), G3A 0N6, survenu le 30 octobre 2016, un inventaire des biens du défunt a été préparé par la liquidatrice de la succession, soit la Société de Fiducie privée MD, le 11 avril 2017, conformément à la loi.Cet inventaire peut être consulté par les intéressés, au bureau de la Société de Fiducie privée MD a/s de Me Anne Pinsonnault, notaire, 1150 - 2820, boulevard Laurier, Québec (Québec) G1V 0C1.Donné à Québec, ce 11 avril 2017.AVIS DE DEMANDE DE DISSOLUTION PRENEZ AVIS que la personne morale \" CENTRE DE PHOTONIQUE DU QUÉBEC INC.\", demandera au Registraire des entreprises la permission de se dissoudre.La Pocatière, ce 10 avril 2017 Louis Garon, notaire Procureur de la personne morale AVIS AUX CRÉANCIERS DE LA PREMIÈRE ASSEMBLÉE Dans l\u2019affaire de la faillite de 9326-4372 Québec Inc.Avis est par les présentes donné que la faillite de 9326-4372 Québec Inc.est survenue le 10 avril, 2017, et que la première assemblée des créanciers sera tenue le 1 mai, 2017, à 14H00, au bureau du syndic, 5000 Jean-Talon Ouest.bureau 210, Montréal, Québec.DEVLETIAN & ASSOCIÉS INC.Syndic autorisé en insolvabilité Jerry J.Devletian CPA, CA, CIRP, SAI 5000 Jean-Talon O.bureau 210, Montréal Québec H4P 1W9 Téléphone: (514) 777-8888 BANQUE NATIONALE DU CANADA Avis de convocation à l\u2019assemblée annuelle des détenteurs d\u2019actions ordinaires L\u2019assemblée annuelle des détenteurs d\u2019actions ordinaires de la Banque Nationale du Canada aura lieu le vendredi 21 avril 2017 à 10 h (HAE), au 4e étage du 600, rue De La Gauchetière Ouest, à Montréal (Québec) Canada.Par ordre du conseil d\u2019administration, Dominic Paradis Vice-président, Affaires juridiques et secrétaire corporatif Montréal, le 24 février 2017 Direction de gestion des projets immobiliers Service de gestion et planification immobilière Des soumissions, sont demandées et devront être reçues, avant 10h30, à la date ci-dessous, au Service du greffe de la Ville de Montréal à l'attention du greffier, 275, rue Notre-Dame Est, bureau R-134, Montréal (Québec) H2Y 1C6 pour : Catégorie : Travaux Appel d\u2019offres : 5908 Descriptif : Déconstruction sélective 965-971, rue St-André Date d\u2019ouverture : 10 mai 2017 Dépôt de garantie : 10 % de la valeur de la soumission Renseignements : Pour toute question s\u2019adresser à : immeubles.soumissions@ville.montreal.qc.ca Documents : Les documents relatifs à cet appel d\u2019offres seront disponibles à compter du 13 avril 2017 sur le SEAO.Visite supervisée des lieux : N/A.ou Oui, obligatoire.Si la visite supervisée des lieux est obligatoire, la date limite pour prendre rendez-vous est le 25 avril à 15 h 00, à l\u2019adresse courriel suivante : immeubles.soumissions@ville.montreal.qc.ca.Les visites auront lieu du 24 au 28 avril 2017 inclusivement, selon l\u2019horaire suivant : 9 h 00, 11 h 00 et 13 h 30.Les personnes et les entreprises intéressées par ce contrat peuvent se procurer les documents de soumission en s\u2019adressant au Service électronique d\u2019appels d\u2019offres (SÉAO) en communiquant avec un des représentants par téléphone au 1 866 669-7326 ou au 514 856-6600, ou en consultant le site Web www.seao.ca.Les documents peuvent être obtenus au coût établi par le SÉAO.Chaque soumission doit être placée dans une enveloppe cachetée et portant l\u2019identification fournie en annexe du cahier des charges.Les soumissions reçues seront ouvertes publiquement dans les locaux du Service du greffe à l'Hôtel de Ville, immédiatement après l'expiration du délai fixé pour leur réception.La Ville de Montréal ne s'engage à accepter ni la plus basse ni aucune des soumissions reçues et n'assume aucune obligation de quelques natures que ce soit envers le ou les soumissionnaires.Montréal, le 13 avril 2017.Le greffier de la Ville Me Yves Saindon Appel d\u2019offres AVIS PUBLIC DE NOTIFICATION (articles 136 et 137 C.p.c.) SECTION I \u2013 AVIS Avis est donné à : Jean Gratton\u2013 9469, Clément, Montréal (Québec) J8L 2H2 550-32-019318-119 Jean-Sébastien Tremblay \u2013 81, ch Sarrasin, Val-des-lacs (Québec) J0T 2P0 550-32-020279-128 Maji Water Inc.\u2013 3480, Simpson, Montréal (Québec) H3G 2N7 550-32-021063-133 Guy Futi \u2013 3480, Simpson, Montréal (Québec) H3G 2N7 550-32-021063-133 Jean Stevens Lespérance - 2135, Desautels, Saint-Hubert (Québec) J3Y 3V4 550-32-021276-131 Isabelle Laliberté \u2013 2-4242, Salaberry, Montréal (Québec) H4J 1H3 550-32-021282-139 BM Auto pro Inc./ garage St-Michel \u2013 10811, Ave Cantin, Montréal-Nord (Québec) H1G 4W7 550-32-023950-170 de vous présenter au greffe de la Cour du Québec, Division des petites créances, du district de Gatineau situé au 17, Laurier, Gatineau (Québec) J8X 4C1 dans les 30 jours afin de recevoir la demande introductive d\u2019instance en recouvrement d\u2019une petite créance qui y a été laissée à votre attention.Vous devez répondre à cette demande dans le délai indiqué dans l\u2019avis d\u2019assignation qui l\u2019accompagne, sans quoi un jugement par défaut pourrait être rendu contre vous et vous pourriez devoir payer les frais de justice.SECTION II \u2013 INFORMATIONS RELATIVES À LA PUBLICATION Le présent avis est publié aux termes d\u2019ordonnances rendues le 3 avril 2017 par le greffier de la Cour du Québec dans les dossiers portant les numéros ci-haut mentionnés.Il ne sera pas publié à nouveau, à moins que les circonstances ne l\u2019exigent.SECTION III \u2013 INFORMATIONS FINALES Montréal, le 13 avril 2017 Alexandre Cloutier-Trudel Greffier-adjoint de la Cour du Québec Contrat de service pour le lavage de vitres au 801, Brennan Les documents relatifs à cet appel d\u2019offres seront disponibles à compter du jeudi 13 avril 2017 sur le site Internet SEAO (Système électronique d\u2019appel d\u2019offres) au www.seao.ca ou en communiquant avec le service à la clientèle de SEAO au 514 856- 6600 (sans frais au 1 866 669-7326).Le coût pour l\u2019obtention de ces documents est celui établi par le SEAO.Les soumissionnaires pourront également obtenir plus d\u2019informations sur cet appel d\u2019offres à l\u2019adresse approvisionnement@shdm.org AVIS PUBLIC APPEL D\u2019OFFRES GI-2017-15 AVIS DE LA PREMIÈRE ASSEMBLÉE Dans l\u2019affaire de la faillite de : J.C.Himbeault Clôture inc.Corporation légalement constituée ayant son siège social et sa principale place d\u2019affaires au 354, boul.Mgr Langlois, Salaberry- de-Valleyfield (Québec) J6S 0A6 Débitrice AVIS est par les présentes donné que J.C.Himbeault Clôture inc.a fait cession le 4 avril 2017 et que la première assemblée des créanciers sera tenue le 24 avril 2017 à 14h00 au bureau du Syndic, 57, St-Jean-Baptiste, Salaberry- de-Valleyfield.Le 7 avril 2017 NATHALIE BRAULT SYNDIC INC., Syndic autorisé en insolvabilité Nathalie Brault, CPA, CMA, CIRP, SAI Syndic administrateur 400, boul.St-Martin Ouest Suite 305 Laval (Québec) H7M 3Y8 Tél.: 450-238-1445 / 514-228-1822 Télec.: 450-933-3405 Les documents de cet appel d\u2019offres pourront être obtenus par le Système électronique d\u2019appel d\u2019offres (SEAO) à partir du 13 avril 2017 en consultant le site Internet www.seao.ca.Les documents seront obtenus au coût établi par le SEAO.20170415PUB Fourgonnette compacte cargo APPEL D\u2019OFFRES Service de la gestion et de la planification immobilière Direction de la gestion des projets immobiliers Des soumissions, sont demandées et devront être reçues, avant 10 h 30, à la date ci-dessous, au Service du greffe de la Ville de Montréal à l\u2019attention du greffier, 275, rue Notre-Dame Est, bureau R-134, Montréal (Québec) H2Y 1C6 pour : Catégorie : Travaux Appel d\u2019offres : 5909 Descriptif : Aréna Ahuntsic : Réfection de dalle et fosse à neige Date d\u2019ouverture : Mercredi le 3 mai 2017 Dépôt de garantie : 10 % de la valeur de la soumission Renseignements : Pour toute question s\u2019adresser à : immeubles.soumissions@ville.montreal.qc.ca Documents : Les documents relatifs à cet appel d\u2019offres seront disponibles à compter du jeudi 13 avril 2017.Visite supervisée des lieux : N/A.ou Oui, obligatoire : Les personnes et les entreprises intéressées par ce contrat peuvent se procurer les documents de soumission en s\u2019adressant au Service électroni - que d\u2019appels d\u2019offres (SÉAO) en communiquant avec un des représentants par téléphone au 1 866 669-7326 ou au 514 856-6600, ou en consul - tant le site Web www.seao.ca.Les documents peuvent être obtenus au coût établi par le SÉAO.Chaque soumission doit être placée dans une enveloppe cachetée et portant l\u2019identification fournie en annexe du document d\u2019appel d\u2019offres.Les soumissions reçues seront ouvertes publi - quement dans les locaux au Service du greffe à l\u2019Hôtel de Ville, immédiatement après l\u2019expiration du délai fixé pour leur réception.La Ville de Montréal ne s\u2019engage à accepter ni la plus basse ni aucune des soumissions reçues et n\u2019assume aucune obligation de quelques natures que ce soit envers le ou les soumissionnaires.Montréal, le jeudi 13 avril 2017.Le greffier de la Ville Me Yves Saindon Appel d\u2019offres Arrondissement de Saint-Laurent Direction des services administratifs et greffe Division des ressources financières et matérielles Des soumissions sont demandées et devront être reçues, avant 11 h, le mercredi 3 mai 2017, au Bureau du citoyen de l\u2019arrondissement de Saint-Laurent, 777, boulevard Marcel-Laurin, Saint-Laurent, Québec, H4M 2M7 pour : Catégorie : Travaux Appel d\u2019offres : 17-022 Descriptif : Aménagement de trois terrains de soccer dans l\u2019arrondissement de Saint-Laurent Renseignements : Mme Josée Racette, saint-laurent.soumissions@ville.montreal.qc.ca Date d\u2019ouverture des enveloppes : Le mercredi 3 mai 2017, à 11 h Documents : Disponibles à compter du jeudi 13 avril 2017 Pour être considérée, toute soumission doit être présentée sur les formulaires préparés par la Ville et placée dans une enveloppe cachetée et portant l\u2019identification fournie en annexe du document d\u2019appel d\u2019offres.Les personnes ou les entreprises intéressées par ce contrat peuvent se procurer les documents de soumission en s\u2019adressant au Service électro - nique d\u2019appels d\u2019offres (SEAO) en communiquant avec un de ses représentants par téléphone au 1-866-669-7326 ou au 514-856-6600, ou en consul - tant le site Web www.seao.ca.Les documents peuvent être obtenus au coût établi par le SEAO.Les soumissions reçues seront ouvertes publi - quement à la salle du Conseil de l\u2019arron dis se - ment, immédiatement après l\u2019expiration du délai fixé pour leur réception.Le Conseil ne s\u2019engage à accepter ni la plus basse soumission ni aucune des soumissions reçues et n\u2019assume aucune obligation de quelque nature que ce soit envers le ou les soumissionnaires.Montréal, le 13 avril 2017.La secrétaire du Conseil d\u2019arrondissement, Isabelle Bastien, avocate Appel d\u2019offres Appel d\u2019offres public Des soumissions sont demandées et devront être reçues, avant 14 h, à la date ci-dessous, à la mairie de l\u2019arrondissement située au 6854, rue Sherbrooke Est, Montréal, pour : Catégorie : Travaux Appel d\u2019offres : 2017-015 Reconstruction mineure de sections de trottoirs sur diverses rues de l\u2019arrondissement de Mercier\u2013 Hochelaga-Maisonneuve.Date d\u2019ouverture : 2 mai 2017 à 14 h.Renseignements : Mme Karima Aribia, ingénieure au 514 872-6946.Dépôt de garantie de soumission : 10 % de la valeur de la soumission Pour être considérée, toute soumission devra être présentée sur les formulaires spécialement préparés à cette fin.Documents : Les documents relatifs à cet appel d\u2019offres seront disponibles à compter du 13 avril 2017.Les personnes et les entreprises intéressées par ce contrat peuvent se procurer les documents de soumission en s\u2019adressant au Service électronique d\u2019appels d\u2019offres (SÉAO) en communiquant avec un des représentants par téléphone au 1 866 669-7326 ou au 514 856-6600, ou en consultant le site Web www.seao.ca.Les documents peuvent être obtenus au coût établi par le SÉAO.Chaque soumission doit être placée dans une enveloppe cachetée et portant l\u2019identification fournie en annexe du document d\u2019appel d\u2019offres.Les soumissions reçues seront ouvertes publiquement dans les locaux de la mairie de l\u2019arrondissement située au 6854, rue Sherbrooke Est, immédiatement après l\u2019expiration du délai fixé pour leur réception.La Ville de Montréal ne s\u2019engage à accepter ni la plus basse ni aucune des soumissions reçues et n\u2019assume aucune obligation de quelque nature que ce soit envers le ou les soumissionnaires.FAIT À MONTRÉAL, CE 13E JOUR D\u2019AVRIL 2017 Monsieur Magella Rioux Le secrétaire d\u2019arrondissement Service de l\u2019eau Direction de l\u2019eau potable Appel d\u2019offres : 10216 Construction d\u2019une conduite de 400 mm, entre le chemin Lakeshore et l\u2019autoroute 40 à Sainte-Anne- de-Bellevue L\u2019ouverture des soumissions prévue pour le 19 avril 2017 est reportée au 26 avril 2017 à 10 h 30 dans les locaux du Service du greffe de l\u2019hôtel de ville.Montréal, le 13 avril 2017 Le greffier de la Ville Me Yves Saindon Appel d\u2019offres P H I L I P P E P A P I N E A U A près avoir admis devant la commission Chamberland qu\u2019il n\u2019avait pas été informé que le mandat de surveillance concernant le journaliste Patrick Lagacé avait été renouvelé plusieurs fois, le directeur du Service de police de la Ville de Montréal, Philippe Pichet, a avoué que les choses devront se passer différemment à l\u2019avenir.« Il va falloir mettre en place des mécanismes de suivi plus importants », a expliqué M.Pichet devant les médias, à sa sortie de témoignage à la Commission d\u2019enquête sur la protection de la confidentialité des sources journalistiques.« Je vais poser pas mal plus de questions.» Pendant la suite du contre-interrogatoire des hauts gradés du SPVM, mercredi, l\u2019avocat Christian Leblanc, qui représente plusieurs médias, a longuement questionné M.Pichet sur ce qu\u2019il savait des mandats de surveillance du policier Fay- çal Djelidi et du journaliste de La Presse Patrick Lagacé.S\u2019il était au courant du mandat initial, lancé le 19 janvier 2016, le directeur a dit qu\u2019il ignorait que le mandat avait été renouvelé à plusieurs reprises, jusqu\u2019en mai de la même année.Lors du troisième renouvellement, en date du 15 mars 2016, les enquêteurs du SPVM élargissent la portée du mandat, afin que soit obtenu en temps réel le nom des gens surveillés.« Vous le saviez ?» a questionné Me Leblanc.« Non », s\u2019est contenté de dire Philippe Pichet.Même constat au 4e renouvellement, où une demande de géolocalisation a été ajoutée.« On me l\u2019a dit à un moment donné, a expliqué M.Pichet.Quand on m\u2019a dit qu\u2019on avait demandé un GPS, j\u2019ai demandé pourquoi.On m\u2019a dit que, quand on fait une demande, ça venait avec, mais qu\u2019on ne l\u2019avait pas activé.» Me Leblanc a porté à l\u2019attention de M.Pichet que, dans les jours qui ont précédé la demande de mandat de surveillance sur Patrick Lagacé, quatre dif férents articles ont été publiés par des médias, mais aucun par le journaliste au cœur de l\u2019affaire.Le directeur du SPVM a expliqué «qu\u2019il y avait peut-être des informations qui peuvent se partager entre eux».Aviser un journaliste En après-midi, les hauts gradés de la Sûreté du Québec sont aussi venus poursuivre leur contre-interrogatoire, commencé lundi.Le directeur Martin Prud\u2019homme a dû justifier le fait qu\u2019il n\u2019avait pas avisé le journaliste Nicolas Saillant du Journal de Québec qu\u2019il avait été la cible de surveillance.« Je savais qu\u2019on avait demandé une enquête interne, qu\u2019il y avait l\u2019arrivée de la Commission », a expliqué M.Prud\u2019homme, qui a aussi dit avoir contacté la sous-ministre de la Sécurité publique, Liette Larrivée.« J\u2019attendais les indications de ma patronne», a-t-il ajouté.Le directeur Prud\u2019homme a aussi révélé que le cas de Nicolas Saillant faisait partie d\u2019un «dossier d\u2019entrave», sans pouvoir en dire plus.Il a expliqué que ce n\u2019était pas un cas très médiatisé.«Je ne connaissais pas le journaliste, je ne connaissais pas son nom, mais ce n\u2019était pas un manque d\u2019intérêt» envers les enjeux de surveillances journalistiques.Le Devoir COMMISSION CHAMBERLAND «Je vais poser pas mal plus de questions», dit le directeur du SPVM, Philippe Pichet COMMISSION CHAMBERLAND Le directeur du SPVM, Philippe Pichet A M É L I P I N E D A L es cyclistes qui roulent sur le circuit Gilles- Villeneuve « doivent comprendre » qu\u2019il puisse être ponctuellement fermé, car 2017 est une année exceptionnelle, dit le maire de Montréal, Denis Coderre.Les travaux de construction de l\u2019amphithéâtre naturel, site où se déroulaient jusqu\u2019à l\u2019an dernier les spectacles musicaux, ont forcé le promoteur evenko à déménager ses événements sur le circuit Gilles-Villeneuve cette année.« Je pense que les cyclistes peuvent comprendre que, pour un certain temps, on pourrait empêcher l\u2019accès au site.Il y a des réalités d\u2019événe- ments, mais on va voir ce qu\u2019on peut faire», a-t- il fait valoir.Les partis d\u2019opposition accusent le maire de préférer veiller aux intérêts d\u2019un promoteur privé qu\u2019à ceux des citoyens qui utilisent le parc Jean-Drapeau.« C\u2019est aberrant d\u2019entendre que des usagers, qui veulent profiter d\u2019un parc public, doivent subir les conséquences des accommodements que veut accorder le maire au promoteur auquel il construit un amphithéâtre», déplore Alain Vail- lancourt, conseiller chez Projet Montréal.Le Devoir ACCÈS AU CIRCUIT GILLES-VILLENEUVE Coderre demande aux cyclistes d\u2019être compréhensifs L E D E V O I R , L E J E U D I 1 3 A V R I L 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 5 A M É L I P I N E D A C raignant de fermer boutique en raison de travaux sur la rue Bishop, cinq commerçants poursuivent la Ville de Montréal et la Société de transport de Montréal (STM).Ils veulent obtenir une compensation de 2500 $ par mois durant la période de construction de quatre ans.« Ça fait seulement six mois et on a déjà réduit le nombre d\u2019heures de travail de notre personnel.On ne pourra pas survivre très longtemps dans ces conditions», déplore Mike Clo- ghesy, propriétaire du restaurant Mesa 14.Les travaux de construction d\u2019un poste de ventilation pour le métro sur la rue Bishop, entre le boulevard Maisonneuve et la rue Sainte-Catherine, font craindre le pire à plusieurs commerçants.Commencés en octobre 2016, les travaux devraient être achevés en octobre 2020.Pollution sonore, accès difficile au trottoir et disparition des places de stationnement, les éléments qui nuisent à la vitalité de leurs commerces sont devenus trop nombreux, disent-ils.M.Cloghesy dit avoir vu son chiffre d\u2019affaires baisser entre 17 % et 37 % chaque mois, d\u2019octobre 2016 à mars 2017.« Quatre ans sans mesures pour compenser la per te de clientèle, c\u2019est trop.On comprend que les travaux sont nécessaires, mais ce qu\u2019on trouve inacceptable, c\u2019est d\u2019être abandonnés par la Ville et la STM», explique-t-il.Avec les propriétaires des restaurants Ferrari, le Gourmet Burger, le Kafein et le Craft Grilled Cheese, M.Clo- ghesy exige de la Ville et de la STM qu\u2019elles leur viennent en aide.Ils souhaitent qu\u2019une compensation financière de 2500 $ par mois leur soit accordée, et ce, depuis le début des travaux pour les troubles et inconvénients qu\u2019ils subissent et devront continuer de subir jusqu\u2019en 2020.La STM et la Ville de Montréal n\u2019ont pas souhaité commenter puisque le dossier « fera vraisemblablement l\u2019objet d\u2019une procédure juridique prochainement».Les commerçants accusent la Ville et la STM de ne faire aucun effort pour embellir le chantier.Les blocs de béton qui délimitent la zone de travaux sont à moitié couverts de peinture bleue et les grilles de protection n\u2019ont pas été recouvertes de panneaux d\u2019embellissement comme c\u2019est le cas sur d\u2019autres chantiers.«Il y avait de la vie sur notre rue.Aujourd\u2019hui, c\u2019est un désert.Les gens ne comprennent pas si les commerces sont toujours ouverts», dit le propriétaire.La rue Bishop, au cœur du centre-ville de la métropole, était réputée pour abriter de nombreux cafés, pubs et restaurants, rappellent les commerçants.«On aimerait qu\u2019ils mettent des plantes et des pan- car tes pour que ce soit plus beau et attrayant pour la clientèle.On devrait aussi encourager les piétons à venir sur la rue et aménager un meilleur accès», fait valoir M.Cloghesy.Visibilité Dans leur poursuite, ils demandent aussi que la visibilité de leurs commerces soit améliorée avec de la publicité gratuite dans les stations de métro Guy-Concordia et Peel ainsi que dans les rues adjacentes à la rue Bishop.Ils exigent aussi que des places de stationnement soient réservées pour les clients de leurs commerces puisque, actuellement, les ouvriers du chantier « monopolisent » les seuls espaces disponibles.Les commerçants veulent également que Montréal mandate une firme d\u2019ingénieurs qui aura pour mission d\u2019expertiser les conditions et le fonctionnement des travaux pour établir si l\u2019échéancier de ces derniers peut être révisé à la baisse.Le Devoir MONTRÉAL Des commerçants accusent la Ville de les abandonner Des travaux sur la rue Bishop jusqu\u2019en 2020 leur font craindre le pire pour leur commerce I S A B E L L E P O R T E R à Québec D es chimistes ont décou- ver t des quantités anormales de sel dans les puits artésiens du bassin versant de la rivière Saint-Charles à Québec.Cela découle directement de l\u2019épandage de sel de dégla- çage sur les routes.Une étude menée dans 900 puits privés a démontré que 56 % de ceux se trouvant dans le bassin versant de la rivière Saint-Charles contenaient du chlorure de sodium.La Communauté métropolitaine de Québec suit de près ce dossier depuis quelques années à cause de la dégradation du principal réser voir d\u2019eau potable de la Vieille Capitale, le lac Saint-Charles (la tête du bassin versant).En l\u2019espace de cinq ans, le lac a pris l\u2019équivalent de 25 ans d\u2019âge, et le couver t de plantes aquatiques a augmenté de 40%.Puisque le chlorure de sodium n\u2019est pas naturellement présent dans la géologie de ce milieu, il provient nécessairement du sel de déglaçage, selon les chercheurs.Dans onze puits à l\u2019étude, l\u2019eau était si salée (plus de 200 mg par litre) qu\u2019elle posait des risques sérieux pour la santé et a requis des travaux immédiats.La présence de sel dans les puits «affecte le goût de l\u2019eau et a le pouvoir de corroder la plomberie domestique et de favoriser l\u2019émergence d\u2019une contamination aux métaux [ex.: le plomb et le cuivre] », explique-t-on dans l\u2019étude.Des technologies de type « osmose inverse » peuvent régler le problème, mais elles sont très coûteuses.Si l \u2019impact du sel sur la santé humaine est limité, il peut par contre contribuer à la dégradation des sources d\u2019eau en nourrissant les plantes envahissantes dans les lacs.Un problème jugé « préoccupant » par les auteurs de l\u2019étude.Un enjeu nord-américain L\u2019étude a été réalisée en 2016 dans 900 puits privés des deux bassins versants.Le choix des puits a été fait en fonction des volontaires.Or, étant donné que les par tici- pants s\u2019attendaient à avoir une eau de bonne qualité, les chercheurs jugent que les résultats sont prudents.Entre 6000 à 7000 puits se trouvent sur le territoire étudié.Elle a en outre révélé la présence de la bactérie E.coli et d\u2019autres coliformes dans un cinquième des puits, ce qui peut avoir un impact sur la santé humaine.La situation est toutefois facile à renverser avec l\u2019ajout de filtres ou le recours à des lampes à ultraviolets, a-t-on expliqué.La région de Québec n\u2019est pas la seule dans cette situation.À travers l\u2019Amérique du Nord, une majorité de lacs présenterait des concentrations anormales de sel, selon une étude de l\u2019Université Madison rendue publique cette semaine.Labeaume pressé Pour le maire de Québec, Régis Labeaume, c\u2019est un argument de plus pour sévir contre l\u2019étalement urbain et les nouveaux projets immobiliers dans la couronne nord de Québec.« Nos sources d\u2019eau potable sont vulnérables entre autres à cause du développement immobilier irresponsable sur certains territoires », a-t-il dit, faisant allusion à la ville de Stoneham, « où on a bâti encore récemment des rues et même des quartiers sous fosses septiques».Le maire est toutefois moins clair quant aux changements qu\u2019il préconise pour régler le problème du sel.Mercredi, il a dit qu\u2019il n\u2019était pas prêt, par exemple, à réclamer une réduction des limites de vitesse sur les autoroutes du secteur ou encore à réduire le recours au sel de déglaçage.Le Devoir ENVIRONNEMENT Le sel de déglaçage contamine les eaux souterraines à Québec Pendant ce temps, l\u2019une des municipalités de la couronne nord de Québec, Lac-Delage, a remplacé les sels de voirie par du sable sur tout son territoire.La municipalité procède ainsi depuis au moins six ans, explique le directeur des travaux publics, Sydney Lavoie.La Ville a pris cette décision pour protéger le lac Delage qui se trouve au cœur de la municipalité.Aux abords du lac, on limite aussi l\u2019épandage de sable pour ne pas provoquer trop d\u2019ensablement sur les rives.« Trois fois sur cinq, on n\u2019en met pas parce que ce n\u2019est pas glissant et nécessaire », dit M.Lavoie.Au cours des prochaines années, la Ville compte enfin installer sur le bord du lac des filtres pour capter le sable à l\u2019entrée du lac et le récupérer.Le sel banni à Lac-Delage ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Des Bixi à 7 vitesses pour la nouvelle saison À minuit samedi, les Bixi seront de retour dans les rues de la métropole.Pour la 9e saison de Bixi, 1000 vélos à sept vitesses s\u2019ajouteront à la flotte et le réseau comprendra 80 stations supplémentaires.Responsable du dossier vélo au comité exécutif, le conseiller Marc-André Gadoury a testé un Bixi dans le hall d\u2019honneur de l\u2019hôtel de ville mercredi lors du lancement de la nouvelle saison.De son côté, le maire Denis Coderre a évoqué la possibilité que les Bixi puissent rouler l\u2019hiver aussi.Mais peut-être faudra-t-il adapter les vélos, a-t-il dit.Bixi ne sera probablement jamais rentable, a reconnu le maire, qui a plutôt insisté sur l\u2019importance de ce service public pour Montréal : «La rentabilité pour moi, c\u2019est le changement de culture et le cocktail de transport.» P A U L I N E G R A V E L L e Dr Mark Wainberg, pionnier en recherche sur le VIH/sida et grand défenseur des droits des homosexuels et des malades, est décédé mardi à l\u2019âge de 71 ans.Il s\u2019est noyé au large de Bal Harbour, en Floride, alors qu\u2019il se baignait en compagnie de son fils et de son petit-fils.« Jeudi soir dernier, il présidait l\u2019ouverture du 26e congrès annuel canadien de recherche sur le VIH/sida, qui avait lieu à l\u2019Hôtel Bonaventure à Montréal.En pleine forme, il a alors plaisanté sur son âge et sur le fait qu\u2019il était le chercheur le plus vieux présent dans la salle.Il a fait rire les auditeurs en disant qu\u2019il poursuivait toujours sa recherche pour éviter à un autre d\u2019être le plus vieux», a relaté sous le choc le Dr Jean- Pierre Routy, spécialiste du VIH/sida au Centre universitaire de santé McGill.Directeur d\u2019une équipe de recherche en virologie à l\u2019Hôpital général juif de Montréal, le Dr Wainberg a participé en 1989 à la découverte du 3TC, le deuxième médicament anti- rétroviral, après l\u2019AZT, qui s\u2019est avéré efficace pour combattre le VIH.« La combinaison du 3TC à l\u2019AZT a permis d\u2019apporter un gain de survie important.Ce fut un grand progrès et le premier pas vers la trithérapie.Le 3TC est beaucoup moins toxique que l\u2019AZT et n\u2019induit quasiment aucun effet secondaire», a rappelé le Dr Routy.Le 3TC est encore utilisé aujourd\u2019hui par tout dans le monde comme composant de la trithérapie.Politicien et humaniste Après cette découverte, le Dr Wainberg s\u2019est attaqué à la résistance que le VIH développait à ces deux médicaments.« Il a observé que le virus acquérait une mutation quand il était exposé au 3TC.Cette mutation produit des virus plus faibles qui ont une capacité moindre de se multiplier et de tuer les cellules, ce qui permet une diminution du nombre de virus dans le sang», explique le Dr Routy.« Cet éminent virologue aurait pu demeurer terré dans son laboratoire, mais non, il a aussi été un grand politicien et un humaniste.Il s\u2019est battu pour que les malades de tous les pays, et particulièrement ceux d\u2019Afrique, aient accès aux médicaments qu\u2019on venait de découvrir.Il s\u2019est ef forcé de convaincre les décideurs politiques, les membres de l\u2019ONU et l\u2019OMS qui préféraient miser sur la prévention compte tenu de la résistance aux médicaments.Et il a eu raison, car, quand on traitait les personnes infectées, la présence du virus diminuait tellement qu\u2019elles ne le transmettaient plus à d\u2019autres, et la mortalité a énormément diminué», a-t-il précisé.L\u2019Afrique Quand il fut président de l\u2019Association internationale du sida, de 1998 à 2000, le Dr Wainberg a insisté pour que la conférence internationale sur le VIH/sida se tienne en Afrique, soit au cœur de l\u2019épidémie.Le fait que le congrès ait lieu à Durban, en Afrique du Sud, « a orienté les projecteurs sur la progression de la maladie sur ce continent, ce qui a finalement permis d\u2019offrir les traitements aux Africains», a souligné le Dr Réjean Thomas, fondateur de la clinique L\u2019Actuel.« Il était très apprécié des malades, car il a défendu férocement les droits de la personne.Il a lutté contre la discrimination [envers les homosexuels].Cet homme blanc et hétérosexuel était si proche de la communauté gaie et des Africains ! » a déclaré le Dr Thomas.Chercheur grandement respecté par tout et par les plus grands de ce monde, il était «d\u2019une grande humilité et simplicité ».« Très francophile, il était très fier d\u2019être Québécois.» Le Devoir Disparition d\u2019un pionnier montréalais dans la lutte contre le VIH/sida ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Commencés en octobre 2016, les travaux sur la rue Bishop devraient être achevés en octobre 2020. un peu plus d\u2019une semaine du premier tour d\u2019une présidentielle française où l\u2019on peut s\u2019attendre à tout, voici que le trublion de gauche Jean-Luc Mé- lenchon trouve le moyen de venir déranger l\u2019ordre politique établi avec une efficacité dont le monopole appar tenait jusqu\u2019à maintenant à Marine Le Pen.D\u2019aucuns af firmeront qu\u2019il dérange encore plus qu\u2019elle, considérant l\u2019aura de normalité dont jouit le Front national par la façon dont il tire aujourd\u2019hui bien à droite une très grande partie de la classe politique française.C\u2019est comme si, tout à coup, ce n\u2019était plus de Mme Le Pen qu\u2019il fallait avoir le plus peur.Tribun surdoué, le communiste renouvelé et chef de la « France insoumise » a tiré son épingle du jeu lors du grand débat à cinq présenté sur TF1 il y a trois semaines, puis à celui à onze de la semaine dernière.Deux sondages publiés depuis dimanche le placent pour la première fois en avance sur le candidat de la droite conventionnelle François Fillon \u2014 de justesse, du reste, avec environ 19 % des intentions de vote.Et s\u2019il est encore loin derrière les meneurs Marine Le Pen et l\u2019ultracentriste Emmanuel Macron (plus ou moins 24 % des voix chacun), la marge d\u2019erreur et la par t considérable d\u2019indécis ouvrent mathématiquement la porte à des scénarios impliquant l\u2019un ou l\u2019autre de ces quatre candidats au second tour, qui se tiendra le 7 mai.Avec le résultat que ses adversaires de tous bords l\u2019ont pris en grippe.Et que Le Figaro consacrait mercredi sa une et trois pleines pages au « délirant projet Chávez ».Et que le président François Hollande est sorti de son silence, lui qui ne le dira pas publiquement avant le premier tour, mais dont tout le monde sait que son cœur penche lourdement pour M.Macron.« Cette campagne sent mauvais », a lancé en privé M.Hollande, qui redoute un deuxième tour Le Pen-Mélenchon, rapporte Le Monde.Qu\u2019il redoute d\u2019autant plus que cette éventualité extraordinaire serait un coup dur de plus pour un Parti socialiste en état de délitement.Feu de paille, la percée de M.Mélenchon?Possible.Elle n\u2019en est pas moins l\u2019expression additionnelle, en conjonction avec les appuis dont béné?cie Mme Le Pen, des frustrations antisystème d\u2019une tranche importante du « peuple » dont ils se réclament tous les deux.Lui pourtant inspiré par Bernie Sanders, elle par Donald Trump.Distincts sur la question de l\u2019immigration, mais unis, à défaut d\u2019utiliser les mêmes arguments, dans leur euro- scepticisme\u2026 Entre les deux, Emmanuel Macron, l\u2019homme du «ni de gauche ni de droite » qui se tient en équilibre au centre absolu \u2014 et fuyant \u2014 de l\u2019échiquier politique.Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, a enfourché un nouveau cheval de bataille.Il propose de réduire les salaires des mandarins et des hauts dirigeants des agences et des sociétés d\u2019État.C\u2019est une idée simpliste, lancée pour racoler à gauche, qui ne résiste pas à l\u2019analyse.ean-François Lisée vient d\u2019avoir une autre idée, celle de limiter à 225 000 $ (le salaire de 250 000 $ versé au premier ministre, moins 10 %) la rémunération des sous-ministres, des p.-d.g.et des vice-présidents des agences et des sociétés d\u2019État.Le p.-d.g.d\u2019Hydro-Québec, Éric Martel, a encaissé 637 000 $ l\u2019an dernier, incluant près de 120 000 $ en primes de rendement.Le p.- d.g.de la Société des alcools du Québec, Alain Brunet, a touché 438 000 $, et celui de Loto-Québec, Gérard Bi- beau, à peu près la même somme.Du côté des agences de l\u2019État, le p.-d.g.de l\u2019Autorité des marchés ?nanciers, Louis Morisset, rempor te la palme avec 414 000 $, suivi de Pierre Gabriel Côté, d\u2019Investissement Québec, avec 391 000 $ et de Luc Meunier, de la Société québécoise des infrastructures, avec 317 000 $.Parmi les sous-ministres, seul celui des Finances, Luc Monty, dépasse la limite de 225 000$ avec une rémunération de 255 000$.Réduire la rémunération du p.-d.g.d\u2019Hydro- Québec à 225 000$, l\u2019équivalent d\u2019un salaire de simple vice-président dans l\u2019entreprise privée, sans compter l\u2019intéressement dans l\u2019actionnariat de la société, apparaît un peu court, c\u2019est le moins qu\u2019on puisse dire.Hydro-Québec fournit 4 milliards par an au trésor public et chapeaute des investissements annuels de 3,8 milliards.Sa compétence est des plus cruciales pour l\u2019économie du Québec.Elle n\u2019est pas la seule dans son cas : par exemple, avoir un p.-d.g.performant chez Investissement Québec importe aussi.Il faut souligner que le chef du PQ ne s\u2019intéresse qu\u2019à la rémunération sans souf?er mot des régimes de retraite.L\u2019actuel p.-d.g.d\u2019Hydro-Québec aura droit à 4% de sa rémunération par année travaillée \u2014 ce qui est fort généreux \u2014, le même pourcentage que le régime de retraite des députés.Or son prédécesseur Thierry Vandal, qui recevait un salaire moindre, a pu compter sur un régime de retraite encore mieux garni.Bref, à défaut d\u2019accumuler des options d\u2019achat d\u2019actions comme dans le secteur privé, les p.-d.g.des sociétés d\u2019État se rattrapent avec leur régime de retraite.Quant au sous-ministre des Finances, Luc Monty, il s\u2019agit d\u2019une véritable aubaine pour l\u2019État québécois.Dans le secteur privé québécois, il en gagnerait le triple.Parlez-en à Jean St-Ge- lais, qui a quitté la fonction publique pour travailler à La Capitale.Pour Louis Bernard, cet ancien secrétaire général du gouvernement, le problème de la rémunération des sous-ministres et des p.-d.g.des sociétés d\u2019État, c\u2019est qu\u2019elle n\u2019est pas suf?sam- ment liée à l\u2019atteinte d\u2019objectifs tangibles.Il faut revaloriser les emplois supérieurs au sein de l\u2019État, postes qui ont perdu leur lustre de la Révolution tranquille.Ça n\u2019est pas une simple question de rémunération ; l\u2019enjeu commande une réforme en profondeur de la gestion de l\u2019État.Jean-François Lisée, qui plaide pour un Québec « éthique et équitable», surfe sur la vague de l\u2019indignation populaire soulevée par la rémunération que se sont réservée les hauts dirigeants de Bombardier et par les hausses éhontées accordées aux médecins.Le chef péquiste veut sans doute séduire les sympathisants de Gabriel Nadeau-Dubois, mais il aurait avantage à se rappeler que la compétence importe, même dans le secteur public.L E D E V O I R , L E J E U D I 1 3 A V R I L 2 0 1 7 A 6 EDITORIAL L E T T R E S Les choix budgétaires d\u2019hier à aujourd\u2019hui Il faut savoir gré au professeur Luc Godbout d\u2019avoir produit une réflexion sur les idées de Jacques Parizeau en matière de fiscalité, à l\u2019occasion du 40e anniversaire du premier de ses huit budgets (Le Devoir, le 8 avril 2017).Cela rappelle à notre souvenir la contribution majeure de Jacques Parizeau à la structuration de l\u2019État québécois dans ses volets de finances publiques.Je partage largement le résumé fait par Luc Godbout quand il dit ceci : « [.] le regard d\u2019aujourd\u2019hui sur les discours budgétaires révèle un homme qui a dû naviguer dans une mer économique trouble et qui a posé plusieurs gestes contre la dérive budgétaire ».Le moins qu\u2019on puisse dire, c\u2019est que ce ne fut pas toujours une partie de plaisir, les gestes de M.Parizeau ayant eu l\u2019ampleur de sa stature.En même temps, je me demande si l\u2019exercice auquel se livre le fiscaliste, au demeurant fort instructif et éclairant, n\u2019a pas un peu pour objectif voilé d\u2019enrôler cette grande figure L I B R E O P I N I O N B E N J A M I N P I L L E T Doctorant en science politique Collectif de recherche interdisciplinaire sur la contestation (CRIC), UQAM D ans Le Devoir du 11 avril, M.Gabriel Nadeau-Dubois déconstrui- sait avec une cer taine justesse l \u2019engouement pour le thème du « populisme », terme valise pour ranger sous un même concept ceux et celles qui soulignent les failles des démocraties libérales actuelles, qu\u2019elles soient de gauche ou de droite.Pour tant, un élément n\u2019apparaissait pas dans cette déconstruction, un élément qui nourrit autant le populisme que ses opposants et qui fait en sor te que, derrière les espoirs qu\u2019elles suscitent, les promesses populistes sont creuses.Cet élément, c\u2019est le bonapartisme, c\u2019est-à-dire le culte du chef.Cette faculté d\u2019idolâtrer les leaders, au point de faire des primaires, des courses à la chef ferie ou des nominations de candidats célèbres (qu\u2019ils soient chefs d\u2019entreprise ou anciens militants étudiants) des événements de portée nationale, en dit long sur la conception de la démocratie par tagée par l\u2019ensemble de l\u2019échiquier polit ique aux États-Unis, en France, mais aussi au Québec.Comment est-on passé d\u2019une conception de la démocratie comme gouvernement collectif, comme système promouvant l\u2019action collective et citoyenne, à celle où s\u2019en remettre à la figure d\u2019un héros plébiscité est perçu comme un acte de foi indispensable ?Une aura de sainteté On sait pourtant que c\u2019est une vue de l\u2019esprit.Un parti ne se réduit jamais à sa tête ; sans le travail acharné de ses militants, de sa base et de ses administrateurs, les chefs ne resteraient souvent qu\u2019au stade de célèbres inconnus.La ver ve, le charisme ou la culture d\u2019un chef ou d\u2019un autre ne suffisent pas non plus à en expliquer la béatification.Il faut, pour donner une légitimité personnelle à un chef, se le représenter comme tel, c \u2019est-à-dire au travers de mécanismes conscients de promotion de l\u2019individu.Un travail dont la responsabilité revient aux médias, mais aussi aux directions des partis.Gabriel Nadeau-Du- bois le sait bien, lui qui, à sa manière, après avoir bénéficié d\u2019une couverture inégalée (même en comparaison avec les anciens co-por te-parole de la CLASSE), s\u2019est vu oindre d\u2019une aura de sainteté par QS dans Gouin, suivant des pratiques et des protocoles qui ont vu d\u2019autres célébrités être adoubées par d\u2019autres partis politiques.Il n\u2019y a pourtant pas de fatalité dans cet état de fait ; celui-ci correspond à des choix conscients de céder à une certaine facilité.Il est en ef fet toujours plus aisé de persuader que de convaincre, pas besoin pour ce faire de mobiliser trop de chif fres, d\u2019arguments, de programmes.Il en faut juste assez pour ser vir d\u2019accompagnement à un individu dont la personnalité fait l\u2019objet d\u2019une mise en scène permanente.Dire cela ne revient pas non plus à nier la dimension per formative de la politique.La politique, comme l\u2019ont dit nombre de philosophes, penseurs et intellectuels depuis l\u2019Antiquité, se compare au théâtre : elle est indissociable d\u2019une dimension de jeu et de représentation.Mais au théâtre, comme à l\u2019opéra, s\u2019il existe des solistes, il existe aussi des chœurs et un orchestre.AUTOUR DE GABRIEL NADEAU-DUBOIS Le bonapartisme, un culte qui met tout le monde d\u2019accord FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente du développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-président des ventes publicitaires MARK DROUIN Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Directeur de l\u2019information numérique FLORENT DAUDENS Adjoints PAUL CAUCHON, LOUIS GAGNÉ, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET historique pour soutenir ses thèses privilégiant un recours accru à la tarification et aux taxes à la consommation.Il est curieux que son article passe sous silence le remarquable budget de 1978- 1979, dans lequel M.Parizeau a introduit la table d\u2019imposition la plus progressive du Québec moderne, confortant l\u2019orientation sociale-démocrate du jeune gouvernement péquiste.En effet, la nouvelle table comportait 21 paliers d\u2019imposition au lieu des 8 en vigueur.Le taux minimum d\u2019imposition passait de 16 à 13 %, alors que le taux maximum passait de 28 à 33 %.Cette grille est demeurée en vigueur jusqu\u2019en 1986.Cela permet de mieux comprendre l\u2019introduction du Régime d\u2019épargne-ac- tions (REA) l\u2019année suivante.Cette initiative avait pour objectif de favoriser l\u2019investissement dans les entreprises québécoises mais aussi, comme le notait M.Parizeau lui-même, de « désamorcer l\u2019espèce de révolte des bien nantis à laquelle on assiste depuis un an ».Un sujet à approfondir, nul doute.Pierre Beaulne Montréal, le 11 avril 2017 La grande traversée\u2026 en anglais ?Encore une fois, non merci ! Avec grand intérêt, j\u2019ai regardé la première émission de La grande traversée, relatant l\u2019épopée de nos ancêtres partis de France au XVIIe siècle.C\u2019était la dernière fois que je la regardais.Radio-Canada n\u2019est pas assez respectueux de l\u2019histoire pour fournir un équipage qui parle français.Vous ne le croirez pas, mais l\u2019équipage s\u2019adresse en anglais aux participants qui représentent les colons, nos ancêtres.Comme s\u2019il était impossible de trouver un équipage francophone.Quelle stupidité toute canadienne ! Après la série de CBC sur leur histoire qui montre des Anglais propres et triomphants et des francophones idiots et pouilleux, c\u2019est une belle suite.Sylvain Sauvé Québec, le 11 avril 2017 À RÉDUIRE LES SALAIRES DES P.-D.G.DE L\u2019ÉTAT Une idée simpliste de Lisée JEAN-LUC MÉLENCHON Sorti du champ gauche J GUY TAILLEFER ROBERT DUTRISAC Il faut, pour donner une légitimité personnelle à un chef, se le représenter comme tel, c\u2019est-à-dire au travers de mécanismes conscients de promotion de l\u2019individu L E D E V O I R , L E J E U D I 1 3 A V R I L 2 0 1 7 A 7 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon (chef de division), Robert Dutrisac, (éditorialiste), Michel Garneau et Pascal Élie (caricaturistes), Jacques Nadeau (photographe), Olivier Zuida (recherchiste photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division et reporter), Stéphane Baillargeon (généraliste), Gérald Dallaire (pupitre), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Jean Dion (sports), Marco Fortier (éducation), Marie-Pier Frappier (pupitre), Lisa-Marie Gervais (diversité), Pauline Gravel (sciences), Jessica Nadeau (éducation).Alexandre Shields (environnement); information politique : Michel David (chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Marie-Michèle Sioui (correspondants parlementaires à Québec) Dave Noël (recherche), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec); information culturelle : Guillaume Bourgault-Côté (politiques culturelles), Julie Carpentier (pupitre), Fabien Deglise (livres), Catherine Lalonde (arts vivants), François Lévesque (écrans), Caroline Montpetit (arts vivants), Philippe Papineau(médias); information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l\u2019information), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Benoît Munger (pupitre); information internationale : Guy Taillefer (chef de division et éditorialiste); section art de vivre : Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); cahiers spéciaux : Loïc Hamon (responsable); équipe numérique : Laurence Clavel, Guillaume St-Hilaire et Geneviève Tremblay (pupitres); correction : Andréanne Bédard, Christine Dumazet et Michèle Malenfant (correctrices) ; soutien à la rédaction : Amélie Gaudreau (coordonnatrice à la rédaction), Jean-Philippe Proulx (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa).PUBLICITÉ Charleyne Bachraty (adjointe au vice-président), Marlène Côté, Évelyne De Varennes, Amel Elimam, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (directrices de comptes), Amélie Maltais (commis aux avis légaux), Alessandra Tantalo et Laurence Hémond (coordonnatrices publicitaires).PRODUCTION Caroline Desrosiers, Yannick Morin, Anthony White et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web), Jean-François Côté (analyste programmeur), Luc Girard (technicien informatique), Solène M.Hébert (développeuse Web).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Catherine Gentilcore (coordonnatrice marketing, communications et relations publiques), Sébastien Beaupré (coordonnateur service à la clientèle), Manon Blanchette, Caroline Filion, Nathalie Filion, Isabelle Sanchez (préposées au service à la clientèle).ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Mélisande Simard (adjointe administrative et responsable des ressources humaines), Florentina Draghici (technicienne comptable), Véronique Pagé (responsable du crédit).F R É D É R I C B A S T I E N Professeur d\u2019histoire au collège Dawson et auteur de La bataille de Londres.Dessous, secrets et coulisses du rapatriement constitutionnel e 10 avril dernier, le directeur du Devoir, Brian Myles, écrivait que l\u2019utilisation de la disposition de dérogation pour contrer l\u2019arrêt Jordan, comme le recommande le PQ, serait une mauvaise chose.Un seul cas de suspension des procédures dans une cause de meurtre «ne justifie pas l\u2019utilisation de la disposition de dérogation, que le premier ministre Couillard dépeint comme \u201cl\u2019équivalent de l\u2019arme nucléaire en matière constitutionnelle\u201d ».Les pères de la Loi constitutionnelle de 1982 n\u2019ont pourtant pas conçu cette disposition comme une bombe atomique vouée à ne jamais être utilisée ou presque.Bien sûr, il faut accélérer le processus judiciaire, mais, avec Ottawa et Québec qui se renvoient la balle, rien ne se réglera à court terme.Qu\u2019on le veuille ou non, par ailleurs, les droits individuels ne sont jamais absolus.Le cas échéant, la société verserait dans l\u2019anarchie.Pour citer un exemple célèbre, sans incendie, on ne peut pas crier « au feu » dans un cinéma bondé, provoquer une panique et ensuite invoquer la liberté d\u2019expression pour se justifier.Il y a toujours une limite aux droits.La question est de savoir qui décide de ce qui est raisonnable : les juges ou les politiciens?En Grande-Bretagne ou en Australie, les magistrats n\u2019ont pas le pouvoir d\u2019invalider les lois comme c\u2019est le cas ici en vertu de la Charte.Ce sont les hommes et les femmes politiques qui tracent la limite des droits.Les libertés fondamentales n\u2019en sont pas pour autant bafouées.Malgré leurs défauts, les élus sont plus en phase avec la soc iété , contrairement aux juges.Ceux-ci sont des spécialistes du droit, cer tes, mais pas de la société dans son ensemble .I ls prov iennent en général des classes aisées et sont par conséquent plus en décalage avec la population.Voilà d\u2019ailleurs pourquoi en 1982, lors de l\u2019enchâssement de la Char te dans notre Constitution, les pères fondateurs ont inclus la disposition de dérogation.Celle-ci permet aux élus de passer outre à certaines décisions des tribunaux en vertu de la Charte.Ils ne voulaient pas que les juges aient systématiquement le dernier mot en matière de droits fondamentaux, conscients qu\u2019ils étaient des effets néfastes que cette situation pouvait entraîner.En fait, pour rallier les provinces anglophones à sa vision, Trudeau a été obligé d\u2019inclure cette disposition qui réduisait considérablement la portée de la Charte et le pouvoir des juges.Tel a été pour lui le prix à payer pour obtenir ce qu\u2019il voulait, une charte, et aussi isoler le Québec, qui s\u2019opposait complètement à ce qu\u2019une telle disposition s\u2019applique dans ses domaines de compétence.Disposition fondamentale Trudeau s\u2019en est voulu par la suite d\u2019avoir fait cette concession, surtout quand le Québec s\u2019est mis à utiliser la disposition de dérogation pour défendre la loi 101.L\u2019ancien premier ministre a donc passé les dernières années de sa vie à dénaturer les faits afin de diaboliser une disposition fondamentale de la Loi constitutionnelle de 1982.Outre ces événements historiques qui contredisent l\u2019interprétation de Brian Myles (et de Philippe Couillard), la façon avec laquelle le directeur du Devoir sacralise les paroles de la Cour suprême est surprenante.C\u2019est un peu comme si celle-ci ne pouvait se tromper.L\u2019arrêt Jordan, pour lequel quatre des neuf juges étaient dissidents, serait la seule bonne façon de déterminer ce qui est raisonnable en matière de délais judiciaires, nonobstant toute autre considération.Reportons-nous à cet égard à l\u2019arrêt Askov, en 1990.Cette af faire de délais raisonnables en Ontario a mené à l\u2019avortement du procès d\u2019Elijah Askov et à celui ensuite de milliers d\u2019autres accusés, notamment pour 290 cas d\u2019agressions sexuelles, trois cas d\u2019homicides involontaires et 12 000 cas d\u2019alcool au volant.Le pr inc ipal intéressé sera lu i -même condamné par la suite à six ans de réclusion pour de nouveaux crimes.Événement sans précédent par ailleurs, un juge de la Cour suprême, Peter Cor y, a avoué publiquement quelques mois plus tard que le plus haut tribunal avait erré.Si la législature ontarienne n\u2019avait pas été terrorisée à l\u2019idée d\u2019utiliser la disposition de dérogation, rien de ceci ne serait arrivé.L\u2019Assemblée nationale du Québec a invoqué la disposition de dérogation de la Charte canadienne à 61 reprises depuis 1982, tant sous le PQ que sous le PLQ, selon Guillaume Rousseau, professeur de droit à l\u2019Université de Sherbrooke.Celle-ci est utilisée en ce moment pour maintenir la validité de cinq lois.Et tandis qu\u2019on abandonne les accusations contre de présumés fraudeurs associés au maire Gilles Vaillancourt, un homme accusé de meur tre et des membres des Hells Angels, il faudrait s\u2019abstenir d\u2019utiliser la disposition de dérogation ?La Cour suprême n\u2019a pas le monopole de la vérité.Le Québec s\u2019oppose depuis 1982 à la Char te fédérale et le droit à la sécurité des Québécois est ici en cause.S\u2019il y a un moment entre tous qui nécessite la disposition de dérogation, c\u2019est bien maintenant.Réponse L\u2019utilisation de la disposition de dérogation pour contrer les effets de l\u2019arrêt Jordan dans les tr ibunaux québéco is est prématurée .Cer tes, l \u2019ar rêt des procédures prononcé contre Sivaloganathan Thanabalasingam, accusé du meurtre de sa femme, est révoltant.Le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) a décidé de porter la cause en appel.C\u2019est la voie à suivre car la décision rendue par le juge Alexandre Boucher comporte, à mon avis, de graves erreurs quant à la responsabilité de la Couronne pour les délais inhérents à cette affaire.Il sera toujours temps d\u2019utiliser la disposition de dérogation plus tard si les tribunaux se montrent incapables de contrôler le flot de requêtes en arrêt des procédures.Pour le moment, c\u2019est loin d\u2019être le cas.Très peu d\u2019accusés ont pu bénéficier d\u2019un arrêt des procédures au Québec en raison du précédent établi par l\u2019arrêt Jordan.J\u2019estime donc qu\u2019il est imprudent, à cette étape, d\u2019exiger la suspension généralisée des liber tés civiles de tous les accusés pour quelques cas isolés.Le fait de l\u2019af firmer ne revient aucunement à nier la per tinence historique de la disposition de dérogation.M.Bastien dénature la por tée de mon propos en laissant entendre que je « sacralise les paroles de la Cour suprême ».Ce n\u2019est nullement le cas.Si les tribunaux interprètent correctement les mesures transitoires prévues dans l\u2019arrêt Jordan, le déluge appréhendé sera évité.Brian Myles, directeur du Devoir ARRÊT JORDAN La Cour suprême n\u2019a pas le monopole de la vérité R E N A U D L A P I E R R E Ex-sous-ministre adjoint à l\u2019Énergie et coordonnateur de la rédaction de la première politique énergétique du Québec aintenant que, sur le territoire québécois, le projet de pipeline d\u2019Enbridge est autor isé , que celui de TransCa- nada est en processus d\u2019évaluation, que le transpor t du pétrole sur le Saint-Laurent, à partir de Sorel par superpétro- lier, est ef fectif et, enfin, que le transpor t du pétrole par tra in a explosé , on le sa it, nombre d\u2019environnementalistes et tous les partis souve- rainistes s\u2019y sont opposés ou ont demandé de mult iples ajustements à ces activités.Aussi limpide que l\u2019eau d\u2019un ruisseau, le plan politique du gouvernement Trudeau demeure de sortir le pétrole al- bertain à tout prix, et le Québec continue d\u2019être une voie de passage incontournable.Alors, comment profiter de ce qui paraît inéluctable ?Comment en faire un atout dans le discours indépendantiste?Doit-on s\u2019obstiner à marteler un plaidoyer négatif \u2014 de victime \u2014 ou constater de manière réaliste la situation et se définir une stratégie proactive ?D\u2019autant que le pétrole albertain envahit déjà notre territoire.Quelles sont les évidences ?Il apparaît que seul le projet Énergie Est est vraiment encore un enjeu puisque toutes les autres options de transport, sur notre territoire, sont déjà en cours.Pourquoi ?Parce que, pour l\u2019essentiel, ils sont de compétence fédérale et que, d\u2019autre part, le gouvernement québécois libéral les accepte d\u2019emblée.Devant ces faits, à quelle analyse le mouvement indépendantiste devrait-il se livrer?Au-delà de la vigilance envers l\u2019environnement qui doit demeurer l\u2019axe principal de l\u2019argumentaire, et puisque la position officielle de ces partis est nettement et à juste titre d\u2019être contre le projet Énergie Est, comment peut-on ajouter une dimension à cette situation qui rendrait notre discours, non pas seulement environnementaliste, mais beaucoup plus stratégique?Soyons réalistes ! Devant c e s u s a g e s d é j à t r è s concrets, et l\u2019éventualité malheureuse où le projet Énergie Est serait autorisé, quelle devrait être la position des partis souverainistes ?L\u2019analyse paraît claire comme le jour : en position de négociation du Québec-pays, le Canada devra tenir compte de l\u2019impact de ces installations sur son économie.Percevoir une redevance Étant donné ce qui précède, à savoir que des millions de barils de pétrole investissent déjà notre espace et que cette situation aura sans doute un ef fet stratégique bénéfique pour un Québec indépendant, dès lors, ne devrions-nous pas ajuster le discours et le compléter de notre seule opposition légitime au projet Énergie Est ?Comment ?En exigeant que l\u2019exploitation de notre territoire ne soit consentie que dans la mesure où nous percevrons une redevance en contrepartie, applicable sur tout baril de pétrole qui gravite par notre territoire par train, par bateau ou par pipeline.La proposition n\u2019est pas nouvelle, la Colombie-Britannique ayant osé la faire avant nous.Mais n\u2019en restons pas là.Comme le débat de la péréquation revient incessamment hanter le paysage d\u2019un Qué- bec-pays, proposons un engagement ferme que les sommes qui seront générées par ces redevances (une taxe, par exemple, de 1 $ le baril sur tous les barils non consommés au Québec pourrait rapporter des centaines de millions par année) soient dépensées par le Québec comme suit : 40% de ces sommes seraient réservées pour créer un fonds de protection en cas d\u2019accidents environnementaux ; ce fonds serait créé pour couvrir la part québécoise, si le fédéral prend l\u2019engagement de réserver annuellement un fonds de taille identique pour la même fin.Il est entendu que les promoteurs aussi devraient y contribuer.Lac-Mégantic aura servi de leçon.60% des sommes serviraient à encourager la création de nouveaux emplois, à augmenter le PIB de façon à diminuer la péréquation et, sur tout, à appuyer des technologies aptes à limiter notre consommation de pétrole importé.Elles seraient répar ties en par ts égales entre, d\u2019une part, le développement de technologies vertes, transport électrique y compris, et, d\u2019autre part, l\u2019appui au développement des PME manufacturières ou celles implantées en région.Un écho Cette approche permettrait aussi de dire à nos concitoyens que la par t québécoise des subventions fédérales au pétrole alber tain peut trouver écho dans leur propre économie.La balle étant ainsi renvoyée dans le camp fédéral en ce qui concerne la réponse à donner à cette proposition.Si la réponse est non \u2014 comme cela est plus que prévisible \u2014, alors, pourquoi ne pas leur indiquer que nous comptons déclencher un référendum dans lequel nous demanderions à nos citoyens la permission de procéder à l\u2019imposition d\u2019une pareille taxe ?Voilà l\u2019illustration d\u2019un discours proactif qui a plus de chances d\u2019attirer vers les partis souverainistes les indécis que celui qui s\u2019inscrit dans le rôle de la victime.En ce qui concerne ladite in- capac ité const itut ionnelle d\u2019agir que l\u2019on nous lancera avant même d\u2019avoir pris le temps d\u2019aller jusqu\u2019au bout de ce texte, recourir à un référendum pourrait y suppléer, et au moins donner une nouvelle position de force au Québec à l\u2019égard du fédéral, reconstruisant un tant soit peu l\u2019équilibre perdu.Quelle Québécoise ou quel Québécois serait contre l\u2019idée que, si l\u2019on passe sur son terrain, cela mérite une compensation?Existe-t-il une autre approche que celle de forcer le jeu pour gagner du terrain?Notre propre confusion nous dessert, la preuve en est faite.Énergie Est : ce que doivent faire les souverainistes JEFF MCINTOSH LA PRESSE CANADIENNE Seul le projet Énergie Est est vraiment encore un enjeu puisque toutes les autres options de transport, sur notre territoire, sont déjà en cours.M L SEAN KILPATRICK LA PRESSE CANADIENNE En 1982, lors de l\u2019enchâssement de la Charte dans notre Constitution, les pères fondateurs ont inclus la disposition de dérogation.Ils ne voulaient pas que les juges aient systématiquement le dernier mot en matière de droits fondamentaux, conscients des effets néfastes que cette situation pouvait entraîner. L E D E V O I R , L E J E U D I 1 3 A V R I L 2 0 1 7 A 8 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par courriel publicite@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3452 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Par courriel petitesannonce@ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4 Berri-UQAM Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com A C T U A L I T É S Trois anciennes ministres de la Culture du Québec (Louise Beaudoin, Line Beau- champ et Liza Frulla) répètent en gros le même constat, surtout les deux premières.Elles par ticipaient le 23 mars à l \u2019UdeM à un débat sur le thème Cultures et numérique : vers quel avenir ?.Liza Frulla, qui a fait adopter la Politique culturelle du Québec créant la SODEC et le Conseil des arts et des lettres (CALQ) en 1992, a été la plus alarmiste.« M a g r a n d e c r a i n t e concerne le rayonnement de nos produits francophones », a dit Mme Frulla, maintenant directrice générale de l\u2019Institut de tourisme et d\u2019hôtellerie du Québec.« Je ne sens pas l\u2019urgence.Je ne sens pas l\u2019urgence de dire \u201cHum, me semb le qu\u2019on négocie de grands traités internationaux et qu\u2019on ne voit pas la culture trop, trop\u201d.Les industries culturelles seront-elles sur la table ?Sont- elles négociables ?» Liza Frulla a ensuite théâtralement donné un nom, celui de W ilbur Ross, comme on prononce celui du loup.Le secrétaire américain du Commerce résumait ses intentions de négociation par une simple formule il y a deux mois : tout ce qui est numérique sera sur la table de négociation des traités.Mme Simard précise davantage les menaces.Les États- Unis veulent faire sauter les verrous protégeant les entreprises nationales des télécommunications (les tuyaux de la culture, quoi) des prises de contrôle étrangères.Ils veulent aussi ouvrir à la concurrence internationale toute la « digital economy », y compris la musique et l\u2019audiovisuel.L\u2019enjeu numérique Véronique Guèvremont, titulaire de la chaire UNESCO sur la diversité des expressions culturelles de l\u2019Université Laval, rappelle que des traités de libre-échange ont progressivement dilué la portée de l\u2019exception culturelle depuis l\u2019adoption de l\u2019ALENA en 1994 .« Le Par tenariat transpacifique [même si son avenir est incer tain] puis le traité de libre-échange Canada- Union européenne [AECG] ont montré qu\u2019il existe une sorte de danger , dit-elle .Si nous ne sommes pas assez prudents, des mesures peuvent s\u2019imposer pour limiter le pouvoir d\u2019intervention en faveur de la culture.» L\u2019ALENA y allait en bloc tandis que ces deux accords plus récents précisent à la pièce, par « chapitres », les dérogations acceptables.«Le Canada a délaissé son approche traditionnelle consistant à exclure la culture de manière générale, dit la professeure Guèvre- mont.Le résultat était relativement proche avec l\u2019AECG.Avec le Partenariat, la portée est réduite d\u2019un chapitre à l\u2019autre, mais la protection est surtout accordée aux politiques culturelles en vigueur.Les nouvelles politiques ne seraient pas protégées, en particulier tout ce qui concerne le volet numérique.» La Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles existe depuis 2005.Plus de 140 pays l\u2019ont signée, dont les États européens, proches du Canada par leurs pratiques interventionnistes en matière culturelle.Par contre, les États-Unis n \u2019ont pas ratifié cette entente mondiale portée à l\u2019époque par le Canada.GAFA Faut-il vraiment rappeler que les quatre mégagéants américains dits du GAFA (Google, Amazon, Facebook et Apple) contrôlent la nouvelle économie numérique ?« Il faut du courage pour s\u2019attaquer à cette réalité, dit encore la professeure Guèvremont.Des modèles commencent à émerger.Une directive européenne sur le numérique prévoit d\u2019imposer une nouvelle forme de quota de contenu aux nouvelles plateformes.La ministre du Patrimoine, Mélanie Joly, mène de grandes consultations.Nous sommes plusieurs à attendre avec beaucoup d\u2019intérêt les formulations des politiques très concrètes qui vont venir répondre au défi.» Solange Drouin, directrice générale de l\u2019Association québécoise de l \u2019 industrie du disque, du spectacle et de la vidéo (ADISQ), comme bien d\u2019autres, y compris les journalistes, a déjà interpellé la ministre Joly au sujet des clauses culturelles et des appétits américains pour le numérique.«Ses intentions ne sont toujours pas claires, dit-elle.Nous, nous aimerions savoir quelle est la position du gouvernement fédéral dans ce dossier.» Mme Joly a lancé un grand chantier de révision de la politique fédérale en matière culturelle.Elle doit aboutir avant la fin de l\u2019année à une proposition sur « le contenu canadien dans un monde numérique ».La ministre a aussi annoncé récemment son intention de revoir la loi sur le Conseil de la radiodiffusion et des télécom- mun icat ions canad iennes (CRTC), gardien des ondes au pays.Une preuve que les positions gouvernementales évoluent dans ce dossier chaud.«C\u2019est nouveau, a-t-elle dit au Devoir la semaine dernière.Appuyée par le premier ministre, j \u2019ai décidé de lancer ce grand projet.Mais ça ne faisait pas partie à l\u2019origine de ma lettre de mandat ministériel.» Mme Drouin assure qu\u2019elle bouge, elle aussi.Surtout, elle refuse de se faire accuser de laxisme ou d\u2019attentisme.Elle et le reste des industries culturelles ne dorment pas au gaz, assure-t-elle.« Nous sommes bien réveillés », dit celle qui agit aussi comme coprési - dente de la Coalition pour la diversité culturelle.Fondée en 1998 par les principales associations québécoises du milieu culturel \u2014 précisément pour s\u2019opposer au projet d\u2019Accord multilatéral sur les investissements (AMI), déjà contre l\u2019exception culturelle \u2014, la coalition compte maintenant 27 associations, en gros tout ce qui crée, diffuse, produit et expor te de la culture au Québec dans les secteurs du livre, de la musique, des ar ts d\u2019interprétation ou des nouveaux médias.«On est très conscient des enjeux, dit la coprésidente, ajoutant que des manifestations et des pressions pourraient s\u2019organiser en temps et lieu.Si les accords sont renégociés, on aimerait même étendre plutôt que restreindre la protection de la culture.» Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 ALENA ETFs, qui a récemment créé un produit financier destiné spécifiquement aux investisseurs intéressés.«C\u2019est volatil, le risque est élevé, mais la récompense au final pourrait être élevée aussi.» La semaine dernière, Horizon ETFs s\u2019est donc livrée à une première mondiale : elle a lancé à Toronto un fonds négocié en Bourse (l\u2019équivalent d\u2019un fonds commun de placement) dont le panier de titres est constitué de producteurs de marijuana canadiens, de compagnies biopharmaceu- tiques et de sociétés qui travaillent à des produits hydro- poniques.En cinq jours, les investisseurs y ont investi près de 95 millions.Ce qui, dans des circonstances normales pour un fonds spécialisé, pourrait prendre un an.Marché potentiel Cer tains estiment que le marché de la marijuana médicale à lui seul pourrait valoir autour de 1,8 milliard d \u2019 ici 2021.Or la légalisation du récréatif, en plus, pourrait faire exploser le marché.Selon une étude réal isée par De- loitte à la fin de 2016, le marché principal lié à l\u2019achat du produit en tant que tel se situerait entre 4,9 et 8,7 milliards, ce qui ne comprend pas les milliards découlant de l\u2019activité économique liée aux entreprises, au tourisme, aux laborato ires, aux revenus pour l\u2019État, etc.L\u2019ef fer vescence est palpable .Au Canada seulement, plus d\u2019une dizaine de producteurs de marijuana médicale sont déjà inscrits en Bourse, dont certains ont vu leur titre bondir de 20 %, de 40 %, et même de 90 % depuis six mois.Canopy Growth, un groupe ontarien dont le symbole boursier à Toronto est WEED, vaut présentement près de 2 milliards.En six mois, son titre est passé de 5,50 $ à plus de 10 $.Au-delà de la spéculation, la perspective d\u2019une légalisation à grande échelle a donné l i e u à d e s p r é p a r a t i f s concrets chez les producteurs de marijuana médicale.En décembre 2016, par exemple, Canopy, un des gros acteurs , a sor t i l \u2019ar t i l ler ie lourde.Lui-même issu d\u2019une fusion entre Tweed et Bedro- can, il a annoncé une offre de 430 millions pour avaler un concurrent, Mettrum.Cela devait lui donner en principe un por tefeu i l le de près de 40 000 patients, soit la moitié du marché canad ien, de même que deux sites de production supplémentaires.Un autre exemple ?Aurora Cannabis, dont les produits por tent des noms comme 3 Sisters #2, Bonanza et Tower, a récemment vendu des dé- bentures convertibles en actions pour financer ses investissements internationaux.La compagnie, qui a du coup récolté 75 millions, souhaite par exemple prendre 19,9 % du premier groupe australien autorisé à produire de la marijuana à des fins médicales.Depuis un mois, son titre a grimpé de 27 %, à 3,05 $, à la Bourse de Toronto.Un contexte américain dif férent Qui dit marché en expansion rapide dit aussi risque d\u2019abus.À au moins deux reprises depuis 2014, les autorités boursières des provinces ont invité le public à faire preuve de prudence et de discernement devant les entreprises disant produire de la marijuana médicale, car leur documentation frisait parfois le promotionnel.Aux États- Unis, la Securities and Exchange Commission, gendarme des marchés, a dû diffuser un avis public en 2014 pour signaler que des esprits malveillants s\u2019activaient dans le marché de la mari juana, profitant de l\u2019absence de règles de divulgation dans le marché gris pour manipuler les cours et duper le monde.Car aux États-Unis, les titres des producteurs de marijuana médicale sont principalement négociés sur le marché de gré à gré, où l\u2019information peut être de mauvaise qualité, voire nulle.« Analyser les actions traditionnelles, c\u2019est dif ficile.Analyser les actions dans cette industrie, c\u2019est presque impossi- b le » , d i t Dan N icholls, un banquier de Los Angeles qui a conçu des indices pour suivre les titres américains et canadiens.L\u2019incer titude de- meur e for te à p lus ieurs égards, notamment au chapitre de la distribution.Mais le marché canadien est plus développé et les producteurs ont amassé tellement de capitaux sur des places boursières reconnues qu\u2019ils investissent à l\u2019étranger.« Les entreprises canadiennes autorisées ont une énorme longueur d\u2019avance sur les producteurs américains, dit-il.La plupart des titres américains sont des compagnies qui ont de la dif fi- culté à obtenir des capitaux.Un producteur canadien peut lever autant d\u2019argent que 30 entreprises américaines.» Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 MARIJUANA toujours pas accès aux bancs d\u2019école dans le monde, a-t-elle noté.Le Canada devrait faire de ce dossier sa priorité lorsqu\u2019il héritera de la présidence du G7 l\u2019an prochain, et récolter les fonds nécessaires parmi ses alliés.La veille, la ministre du Développement international, Marie-Claude Bibeau, promettait des nouvelles à ce sujet lors de ses «prochaines annonces».« Je sais que, si le Canada mène le bal, le monde lui emboîtera le pas », a insisté Ma- lala.«Laissons la prochaine génération dire que nous avons été ceux qui se sont tenus debout.Laissons-les dire que nous avons été les premiers à vivre dans un monde où toutes les filles peuvent apprendre et être des leaders, sans avoir peur», a- t-elle lancé, accueillie par une énième ovation.Malala a même invité les convives à faire preuve de retenue, les prévenant que son discours était long et qu\u2019ils allaient rapidement se fatiguer.La militante de 19 ans avait aussi un message pour les jeunes Canadiennes : qu\u2019elles posent elles aussi des gestes au quotidien, si petits soient- ils, en récoltant des fonds, en défendant une amie ou en contestant les prises de position d \u2019un adulte.« La prochaine fois que je serai de passage, j\u2019espère voir davantage d\u2019entre vous remplir ces banquettes au Parlement.» Car Justin Trudeau a beau faire par tie des leaders les plus jeunes sur la scène internationale, « vous n\u2019avez pas besoin d\u2019être aussi vieux que le premier ministre pour être un leader ! » a-t-elle blagué.Les Américains n\u2019étaient pas en reste .« Je prie pour que vous continuiez d\u2019ouvrir vos demeures et vos cœurs aux familles et aux enfants les plus vulnérables de la planète \u2014 et je prie pour que vos voisins suivent votre exemple », a argué Mlle Yousafzai.Malala a quitté le Pakistan après avoir survécu aux balles d e s t a l i b a n s , e n 2 0 1 2 , lorsqu\u2019elle n\u2019avait que 15 ans.Ses plaidoyers en faveur de l\u2019accès des filles à l\u2019éducation dérangeaient.Les menaces de mor t avaient finalement été mises à exécution, mais elle a survécu à l\u2019attentat.Deux ans plus tard, elle se voyait remettre le prix Nobel de la paix.Mercredi, elle est devenue la sixième \u2014 et plus jeune \u2014 détentrice d\u2019une citoyenneté canadienne honorifique.Le premier ministre Trudeau s\u2019est rappelé l\u2019histoire de cette « fille téméraire, courageuse de la vallée de Swat qui a tenu tête aux talibans ; une militante engagée de 12 ans, intelligente, qui inspirait d\u2019autres enfants à se faire entendre et donner l\u2019exemple ; une fille dont le plus grand souhait était d\u2019aller à l\u2019école ; une fille qui a refusé d\u2019être muselée ».Et à la suite de l\u2019attaque qui a failli lui coûter la vie, « on s\u2019est rappelé qu\u2019une balle de fusil ne fera jamais le poids face à une idée », lui a lancé M.Trudeau.Malala attendait sa citoyenneté honorifique depuis trois ans.L\u2019ancien premier ministre Stephen Harper devait la lui remettre le 22 octobre 2014, mais une attaque terroriste au Parlement ce jour-là l\u2019a forcé à annuler.« L\u2019homme qui a attaqué la colline du Parlement se disait musulman, mais il ne par ta- geait pas ma foi.Il ne par ta- geait pas la foi d\u2019un milliard et demi de musulmans qui vivent dans la paix», a-t-elle souligné.Cet homme partageait plutôt la haine de celui qui a attaqué la mosquée de Québec ou des civils à Londres le mois dernier.« La même haine que l\u2019homme qui m\u2019a tiré dessus et sur mes deux amies d\u2019école.» Un récit dif ficile Malala Yousafzai aura aussi fait pleurer sa mère, en se remémorant les moments éprouvants de la famille au Pakistan.Lorsque sa mère mettait une échelle à l\u2019arrière de la maison, au cas où ils auraient à fuir en pleine nuit ; la lecture d\u2019un verset du Coran le soir pour protéger la famille et les proches ; la peur d \u2019aller à l\u2019école et d\u2019en payer le prix, cachant du coup ses livres sous son voile pour ne pas être repérée.Très émue, sa mère essuyait ses larmes.Plusieurs députés aussi.La jeune femme a également souligné, lors d\u2019un événement en matinée, le rôle important que peuvent jouer les hommes dans la v ie des femmes .Comme son père, qui lui a permis d\u2019aller à l\u2019école et de revendiquer ce droit, alors que ses concitoyennes, elles, ont été invitées, lorsqu\u2019elles ont eu 13 ou 14 ans, à rester au foyer et ne plus montrer leur visage.Un souvenir partagé par la ministre Maryam Monsef, qui a quitté l\u2019Afghanistan alors qu\u2019elle était enfant avec sa mère et ses deux sœurs.Réfugiée, veuve, sa mère était désemparée avant d\u2019immigrer au Canada et aurait très bien pu accepter la demande en mariage offerte pour sa fille Maryam, qui avait alors dix ans, s\u2019est rappelée la ministre.« Mais ma mère avait été portée à croire profondément [grâce à son propre père, qui aurait voulu qu\u2019elle devienne la première femme médecin de leur famille] qu\u2019il y a davantage de choix et d\u2019options pour les femmes que ce que l\u2019on pense.» Le discours de Malala a aussi donné lieu à quelques moments cocasses, notam - ment lorsqu\u2019elle s\u2019est mise à louanger Justin Trudeau.«Les gens disent toujours à quel point il est jeune.Il fait du yoga.Il a des tatouages.[\u2026] Les gens étaient tellement excités que je rencontre le premier ministre Trudeau.Je pense que la citoyenneté honorifique n\u2019intéressait personne », a-t-elle rigolé, devant son père, qui se cachait le visage, mal à l\u2019aise.La jeune Pakistanaise a en outre fait remarquer au premier ministre et au ministre de la Citoyenneté , Ahmed Hussen, qui venait de lui remettre sa citoyenneté honorifique, qu\u2019elle avait néanmoins encore besoin d\u2019un visa pour entrer au Canada.Un autre échange qui a fait rigoler les Communes, et du coup apaisé br ièvement l \u2019atmosphère lourde d\u2019émotion.Malala Yousafzai est l\u2019un des rares dignitaires étrangers à avoir été invité à s\u2019adresser au Parlement sans être chef d\u2019État.Elle suit notamment l\u2019Aga Khan, Kofi Annan et Nelson Mandela.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 MALALA La fin de la récréation Québec solidaire avait fait appel à Gabriel Nadeau-Dubois, mercredi, dans le cadre d\u2019un débat pour mettre ?n au ?nan- cement de l\u2019école privée.Mais étant lui-même un pur produit de l\u2019école privée, ayant fréquenté le Collège Regina As- sumpta, il a dû répondre à une question des journalistes : aurait-il préféré aller à l\u2019école publique ?Esquivant la question en disant qu\u2019il n\u2019était pas à l\u2019époque en âge de prendre cette décision, c\u2019est le député Amir Khadir qui a volé à son secours en disant : «Si ce choix réel existait, il est en train de dire qu\u2019il préférerait aller à l\u2019école publique, puisque c\u2019est ce qu\u2019il propose pour l\u2019ensemble du Québec.» JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE "]
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