Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (2)

Références

Le devoir, 2017-04-26, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
[" V O L .C V I I I N o 9 1 L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 2 6 A V R I L 2 0 1 7 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S AUJOURD\u2019HUI Le Monde \u203a Présidentielle française.Emmanuel Macron se défend de tenir sa victoire pour acquise au second tour.Page A 5 Avis légaux.B 4 Décès.B 5 Météo.B 8 Mots croisés.A 4 Petites annonces .B 5 Sudoku.A 4 ?w w w .l e d e v o i r .c o m Omar Khadr La bataille de Me Dennis Edney Page A 3 YANNICK NÉZET-SÉGUIN AU METROPOLITAN OPERA RICHARD TERMINE/METROPOLITAN OPERA Un nouveau souf?e.Les mélomanes de New York ont accueilli, mardi soir, le nouveau directeur musical désigné du Metropolitan Opera, Yannick Nézet-Séguin.Le chef québécois dirigeait pour l\u2019occasion un opéra du compositeur le plus emblématique de cette institution : Le vaisseau fantôme de Richard Wagner.Le Devoir était à New York pour témoigner de ce moment.Sur la photo, le chef Nézet- Séguin dirige la répétition à la veille de cet important concert.Heure de tombée oblige, lire le compte rendu sur nos applications numériques.Ancien coloc d\u2019Allen Ginsberg et de Neal Cassady, éditeur-culte et poète de l\u2019Amérique indocile, Charles Plymell pige dans son répertoire d\u2019anecdotes et explique pourquoi il préfère Chuck Berry à Bob Dylan.Le hipster octogénaire Charles Plymell raconte la contre-culture américaine GUILLAUME LEVASSEUR LE DEVOIR Charles Plymell reste, à 82 ans, le hipster de son jeune temps.M A R I E - M I C H È L E S I O U I Correspondante parlementaire à Québec L e gouvernement Couillard a insisté mardi sur l\u2019importance de découvrir la source qui a permis la mise au jour de détails d\u2019une enquête de l\u2019Unité permanente anticorruption (UPAC) sur l\u2019ex-premier ministre Jean Charest, disant s\u2019inquiéter davantage de l\u2019intégrité du processus judiciaire que des soupçons pesant sur l\u2019ancien chef du Parti libéral du Québec (PLQ).En fin de journée, l\u2019UPAC a fait part d\u2019inquiétudes semblables à celles formulées par les troupes de Philippe Couillard : elle a commandé une enquête interne « afin d\u2019identifier l\u2019origine de la transmission de documents confidentiels qui a permis la dif fusion publique de certains éléments d\u2019une enquête criminelle active».L\u2019annonce de l\u2019organisation de la lutte contre la corruption est venue clore une journée agitée à l\u2019Assemblée nationale.Le gouvernement Couillard a essuyé des attaques de tous les par tis au lendemain de révélations de TVA voulant que Jean Charest et l\u2019ancien collecteur de fonds libéral Marc Bibeau eussent été ciblés par des enquêtes de l\u2019UPAC jusqu\u2019à l\u2019an dernier.« Maintenant, à moins que mon collègue ne me signale un seul cas, un seul cas qui touche le gouvernement que je dirige depuis 2014 et le parti que je dirige depuis mars 2013, je ne vois pas l\u2019utilité de pousser cette discussion plus loin.Les autorités en prendront acte », a finalement déclaré Philippe Couillard, pressé de questions au Salon bleu.Il avait auparavant esquivé une demande du Par ti québécois, qui exigeait ENQUÊTE SUR JEAN CHAREST L\u2019UPAC cherche la source de la fuite M A R C O F O R T I E R I mprovisation, retards, malaises au sujet du contenu pédagogique : une série de difficultés a marqué la première année du projet-pilote d\u2019éducation à la sexualité dans 18 écoles primaires et secondaires du Québec, révèle un bilan obtenu par Le Devoir.Ce projet-pilote a été lancé à la rentrée scolaire de l\u2019automne 2015, en pleine période de négociation (et de moyens de pression) entre les employés de l\u2019État et le gouvernement, note le document de 88 pages classé « confidentiel ».La formation des enseignants et la livraison du matériel pédagogique ont été retardées.Cela a entraîné le repor t ou même l\u2019annulation de certains apprentissages en classe, indique le bilan de l\u2019an 1 du projet-pilote, préparé par le ministère de l\u2019Éducation et de l\u2019Enseignement supérieur (MEES).Questionnaire Pour dresser ce bilan (daté du 20 avril 2017), le ministère a envoyé un questionnaire à tous les enseignants, tous les professionnels, toutes les directions d\u2019école et tous les responsables de commission scolaire qui prennent part au projet-pilote de deux ans.Le faible taux de réponse, notamment auprès des directions d\u2019école \u2014 aucune école privée n\u2019a répondu au questionnaire \u2014, incite les analystes du MEES à recommander la « prudence » dans l\u2019interprétation des résultats.Dix-huit écoles ont été choisies pour par ticiper à ce programme amélioré d\u2019éducation à la sexualité, qui s \u2019étend sur toute la durée des études pri- ÉDUCATION SEXUELLE Bilan mitigé de l\u2019an 1 du projet- pilote VOIR PAGE A 8 : BILAN VOIR PAGE A 8 : HIPSTER VOIR PAGE A 8 : UPAC D O M I N I C T A R D I F L e 27 février 1975, Charles Ply- mell par ticipe à l\u2019événement Rien contre ça, clôturant la Rencontre internationale de la contre-culture de Montréal.Denis Vanier, Josée Yvon, Paul Chamber- land, Raôul Duguay, Claude Péloquin, Lucien Francœur, John Giorno, Patrick Stra- ram, Anne Waldman et d\u2019autres suspects Bois d\u2019œuvre Québec passe à l\u2019action; Ottawa se fait tirer l\u2019oreille Page B 1 L\u2019enquête portant sur l\u2019ancien premier ministre et Marc Bibeau est toujours en cours J E A N N E C O R R I V E A U M ontréal a manqué de rigueur dans la gestion de fonds publics avec le dossier du pavillon Mordecai-Richler, dont les coûts de rénovation ont explosé pour atteindre 720 000 $, estime le Bureau de l\u2019inspecteur général (BIG) dans son rapport annuel.Le BIG a enquêté sur ce projet qui a mis cinq ans à se réaliser.En 2011, l\u2019ex-maire Gérald Tremblay avait annoncé que le pavillon défraîchi situé au pied du mont Royal serait rénové et renommé en l\u2019honneur de Mordecai Rich- ler.Les rénovations devaient coûter 378 000 $ et se terminer en 2012.Les travaux ne se sont pas déroulés comme prévu.Me Denis Gallant attribue les problèmes et l\u2019augmentation des coûts à une « gestion discutable du projet par le Service des grands parcs » et à un manque de connaissances en rénovation patrimoniale.En cours d\u2019exécution des travaux, du plomb a été découvert dans la charpente et, sans sonder le marché, la Ville a donné un mandat de 85 000 $ à l\u2019entrepreneur pour la décontamination.Cette opération a mis au jour une importante détérioration du toit.Celui-ci fut alors démoli sans l\u2019autorisation du ministère de la Culture, a-t-il souligné.« C\u2019est un pavillon de parc, pas une centrale thermonucléaire», a commenté le conseiller de l\u2019opposition François Limoges lors de l\u2019assemblée du conseil municipal mardi.« Cette saga a entaché l\u2019hommage qu\u2019on voulait rendre à Mordecai Richler.» Denis Coderre a convenu que ce dossier n\u2019avait pas été géré avec rigueur : « Ce n\u2019est pas le plus beau dossier, on s\u2019entend.Je n\u2019étais pas content moi non plus.» Le maire a toutefois si - gnalé que la rénovation du pavillon du parc Molson avait été fort coûteuse aussi.« On ne parle pas du tout de la même chose », a rétorqué le maire de Rosemont\u2013La Pe- tite-Patrie, François Croteau.La restauration du pavillon du parc Molson, qui date de 1929, a coûté 527 000 $, mais ses fondations sont en béton et il est doté d\u2019une chambre électrique pour les spectacles, a-t-il expliqué.François Croteau reconnaît que, pour les citoyens, les coûts de telles rénovations peuvent paraître élevés.« Dans le secteur public, l\u2019encadrement et les normes qu\u2019on doit respecter font exploser les coûts », a-t-il dit.Le Devoir L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 2 6 A V R I L 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 2 Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 PAVILLON MORDECAI-RICHLER Le BIG pointe le manque de rigueur et de connaissances patrimoniales de la Ville ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR En 2011, l\u2019ex-maire Gérald Tremblay avait annoncé que le pavillon défraîchi situé au pied du mont Royal serait rénové et renommé en l\u2019honneur de Mordecai Richler.J E A N N E C O R R I V E A U L e portrait troublant du remorquage à Montréal qu\u2019a brossé le Bureau de l\u2019inspecteur général (BIG) dans son rapport rendu public lundi n\u2019étonne pas Réjean Breton, p.-d.g.de l\u2019Association des professionnels du dépannage du Québec (APDQ).Au cours de la dernière décennie, la situation s\u2019est détériorée à un tel point que, en février 2016, l\u2019Association qui regroupe 440 entreprises de remorquage au Québec a alerté l\u2019administration Coderre.« Il y a 10 ou 15 ans, il y avait une soixantaine de compagnies de remorquage à Montréal.Maintenant, elles sont rendues sept ou huit parce qu\u2019il y a eu une prise de contrôle [du crime organisé].Les compagnies crédibles et honnêtes ont disparu ou ont changé de sphère d\u2019activité », explique Réjean Breton.S\u2019appuyant sur de nombreux témoignages, l\u2019enquête menée par l\u2019équipe de Me Denis Gallant fait état de la mainmise du crime organisé sur le remorquage à Montréal, particulièrement celui des voitures accidentées.La Ville ayant omis de renouveler les ententes d\u2019exclusivité depuis un an et demi, les Hells Angels, la mafia italienne et les gangs de rue se sont progressivement emparés de ce secteur très lucratif.Le BIG souligne que les actes de violence, les menaces et l\u2019intimidation sont des pratiques courantes dans le milieu pour protéger des territoires.Me Denis Gallant recommande à la Ville que sur l\u2019ensemble de l\u2019île les contrats de remorquage soient octroyés par appels d\u2019of fres et qu\u2019une tarification uniforme soit imposée aux remorqueurs.Il presse aussi la Ville de procéder à des enquêtes de sécurité sur tous les entrepreneurs qui obtiennent des contrats.«Le crime organisé, on ne l\u2019enrayera jamais, mais quand on arrive dans un secteur réglementé pour lequel il y a tellement d\u2019embûches que ça ne devient pas payant et intéressant, ils vont chercher naturellement d\u2019autres avenues plus lucratives», a-t-il indiqué au Devoir mardi.Le maire Denis Coderre a déjà signifié son intention d\u2019uniformiser la réglementation à l\u2019échelle de l\u2019agglomération et de transférer la gestion de ce dossier, qui était auparavant sous la gouverne du Bureau de taxi de Montréal, au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).Ailleurs au Québec « Il ne faut pas que ce soit la Ville de Montréal qui s\u2019en occupe », prévient Ré- jean Breton, de l\u2019APDQ.Ailleurs au Québec, ce sont les corps policiers \u2014 dont la Sûreté du Québec (SQ) \u2014 qui, par pouvoir délégué, concluent des ententes avec les compagnies de remorquage, ef fec- tuent des enquêtes de sécurité et conviennent d\u2019une tarification, explique-t-il.Dans un tel contexte, le crime organisé ne peut prospérer comme c\u2019est le cas à Montréal à l\u2019heure actuelle, dit-il.« C\u2019est curieux de constater que le plus petit village au Québec a une entente d\u2019exclusivité dans le remorquage et un encadrement tarifaire obligatoire, mais que le plus gros village au Québec, qu\u2019on appelle la Ville de Montréal, n\u2019a rien», note-t-il.Réjean Breton soutient que son organisation avait avisé dès le début des années 2000 l\u2019administration municipale que la situation se dégradait dans le milieu du remorquage.L\u2019ex-maire Gérald Tremblay avait confié le dossier au Bureau de taxi de Montréal, « qui n\u2019avait aucune expertise », plutôt qu\u2019au SPVM, déplore-t-il.Selon lui, les solutions avancées par M.Coderre sont prometteuses pourvu que le directeur du SPVM, Philippe Pichet, prenne en main le dossier : «Ça fonctionne très bien dans les autres villes au Québec.» Le lieutenant Jason Allard, porte-parole de la SQ, confirme que la SQ ef fectue chaque année des enquêtes de sécurité sur les propriétaires et les employés des entreprises de remorquage avec lesquelles des ententes sont conclues.Les mailles du filet sont serrées, souligne-t-il.De son côté, le Bureau d\u2019assurance du Canada (BAC) dit avoir pris connaissance de l\u2019ampleur du problème en lisant le rapport du BIG.Pourtant, à Montréal, certains entrepreneurs gonflaient les frais de remorquage.«Dans n\u2019importe quel domaine, ça peut arriver que les taux ne soient pas les mêmes d\u2019une région à l\u2019autre », soutient Caroline Phémius, porte-parole du BAC.Le Devoir INFILTRATION DU CRIME ORGANISÉ Montréal devrait s\u2019inspirer des autres villes, soutient l\u2019industrie du remorquage ISTOCK Selon le Bureau de l\u2019inspecteur général, le crime organisé s\u2019est emparé en quelques mois du secteur très lucratif du remorquage de voitures accidentées à Montréal.Montréal fera appel dans le dossier Bixi Le maire Denis Coderre a annoncé mardi sur Twitter que Montréal portera en appel le jugement de la Cour supérieure qui la condamnait à verser 15,9 millions de dollars au Syndic à la faillite de la Société de vélo en libre-service (SVLS), qui a géré Bixi jusqu\u2019en avril 2014.Les détails sur la contestation de la Ville suivront la semaine prochaine, a fait savoir le maire.La semaine dernière, le juge Martin Castonguay a conclu que la Ville de Montréal n\u2019avait pas le droit en 2011 de se livrer à des activités commerciales en prêtant de l\u2019argent à la SVSL en vertu de la Loi sur l\u2019interdiction de subventions municipales.Le juge Castonguay a condamné la Ville à verser 15,9 millions à Litwin Boyadjian, la firme responsable de liquider la SVLS.Le Syndic a annoncé qu\u2019il répliquera à la décision de Montréal en réclamant à nouveau la totalité des créances, soit 31,8 millions, plus les intérêts.Le Devoir Procès de la GRC : témoignage d\u2019un expert en carabines Un expert en opérations tactiques de la GRC a été appelé à la barre, mardi, au procès de la police fédérale pour violations du Code canadien du travail dans le dossier de la fusillade de Moncton en 2014.Le surintendant Bruce Stuart, de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), a raconté au juge Leslie Jackson qu\u2019il avait recommandé en 2006 à la police fédérale d\u2019envisager la possibilité de munir ses agents de carabines militaires.Le 4 juin 2014, les agents Doug Larche, Fabrice Gevaudan et Dave Ross sont tombés sous les balles de Justin Bourque, embusqué avec une arme semi- automatique à Moncton.La Couronne soutient que la GRC aurait dû former et équiper adéquatement ses agents et leurs supérieurs afin de répondre de façon sécuritaire à une telle fusillade.Selon la poursuite, au moins certains décès auraient pu être évités si la GRC avait respecté l\u2019article 124 du Code du travail, qui prévoit que tout employeur doit «veiller à la protection de ses employés en matière de santé et de sécurité au travail ».La Presse canadienne Recyclage : le Québec au troisième rang canadien Les résidents de l\u2019Île-du- Prince-Édouard sont les rois du recyclage et du compostage au Canada.De récentes données de Statistique Canada démontrent que la petite province est celle qui, par habitant, achemine le moins de déchets ménagers aux sites d\u2019enfouissement, grâce au recyclage ou au compostage.Selon des données de 2014 sur la gestion des déchets, les résidents de l\u2019Île-du-Prince- Édouard ont réussi à sauver de l\u2019enfouissement en moyenne 429kg d\u2019ordures ménagères, alors que la moyenne nationale était de 255kg par personne.La Colombie-Britannique arrive en deuxième place, avec 358kg, suivie du Québec, à 324kg.Le gouvernement de l\u2019Île-du-Prince-Édouard avait mis en place en 2002 un programme de tri à la source qui a permis aux insulaires de réduire de moitié l\u2019enfouissement de leurs déchets ménagers.Et en 2008, l\u2019île a mis en place un système de récupération des contenants de boissons, ce qui a fait de cette province un leader en Amérique du Nord.La Presse canadienne L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 2 6 A V R I L 2 0 1 7 ACTUALITES A 3 F inis les « ajustements mineurs », propos perçus comme rassurants dans la bouche de Donald Trump lors de la visite de Justin Trudeau à Washington en février.Finie aussi la « relation commerciale modèle » vantée par son émissaire à la retraite du cabinet Trudeau à Calgary quelques semaines plus tôt.Après une semaine de déclarations retentissantes et plutôt réductrices de la part de Donald Trump sur le secteur laitier canadien tout d\u2019abord et \u2014 au point où on en est, semble s\u2019être dit le président \u2014 sur le bois d\u2019œuvre et même l\u2019énergie, une première mesure vise directement le Canada.Sur tous ces fronts, le gouvernement Trudeau avait préparé le terrain depuis des semaines avec des missions, rencontres et campagnes diverses tant à Washington que dans des États vus comme des alliés potentiels.En vain, semble-t-il, mais il n\u2019est pas évident que le prix à payer sera si lourd.Plusieurs intervenants canadiens aux États- Unis et autres experts dédramatisaient les sorties plus virulentes de la semaine dernière alors que le président accusait le Canada d\u2019avoir traité de manière «disgracieuse» les fermiers américains.Simple « tirade » typique du négociateur Trump en ouverture de pourparlers.Les membres de l\u2019équipe Trudeau s\u2019en sont tenus à des propos mesurés, évitant même de sabrer directement l\u2019argumentaire \u2014 ou sa quasi-absence \u2014 du président américain.Tactique de négociation de Trump ?Ou de diversion au moment où son gouvernement arrive à l\u2019échéance des 100 premiers jours avec un bilan plus que mitigé ?Probablement les deux, quand on tient compte du personnage auquel on a affaire.Une diversion orchestrée par le président américain dont le gouvernement Trudeau pourrait bien tirer profit lui aussi dans le contexte politique actuel au Canada.M.Trudeau et ses troupes ont en effet perdu de leur élan depuis le début de l\u2019année.Des promesses de campagne abandonnées ou dénaturées, un budget sans impact immédiat et des controverses embarrassantes ont ennuagé le ciel ensoleillé du gouvernement libéral.La réforme électorale arrive en tête de liste des engagements non respectés, mais le projet omnibus sur le budget, la tentative de musellement des députés, la réforme hésitante de l\u2019accès à l\u2019information ou la drôle d\u2019indépendance accordée au Directeur parlementaire du budget ne sont pas à négliger.Les ratés \u2014 et le mot est faible \u2014 du système de paie Phoenix ou encore les vacances du premier ministre chez l\u2019Aga Khan alimentent à la fois les attaques de l\u2019opposition et un certain cynisme de l\u2019électorat.Dans un tel contexte, quoi de mieux, pour sonner le rassemblement des troupes derrière le gouvernement, qu\u2019une « agression » commerciale menée de surcroît par un dirigeant qui est loin d\u2019avoir la sympathie des Canadiens ?M.Trudeau parle d\u2019une défense ferme des intérêts canadiens, mais insiste toujours sur des discussions respectueuses, laissant les qualificatifs et superlatifs à son vis-à-vis américain.Ses adversaires politiques se retrouvent dans une position délicate.Maxime Bernier a donné raison à M.Trump sur la gestion de l\u2019of fre au Canada, mais les Canadiens, peu importe leur allégeance, sont largement majoritaires à trouver que le secteur laitier canadien les sert bien.Sa patronne intérimaire, Rona Ambrose, plaidait dans une lettre à Justin Trudeau en faveur d\u2019un travail non partisan face à Donald Trump.Elle est récemment revenue de Washington en se disant en mesure de rassurer les milieux d\u2019affaires sur l\u2019importance de la relation économique canado-américaine aux yeux du gouvernement Trump.Et ce, après discussion avec Wilbur Ross, celui qui met en place les droits compensateurs sur le bois ! Thomas Mulcair a réclamé qu\u2019on cesse de « reculer devant l\u2019intimidateur et qu\u2019on réplique».En faisant quoi ?Une campagne d\u2019information aux États-Unis sur les intérêts réels des Américains ! Tout le monde convient qu\u2019il est difficile d\u2019en faire davantage que le gouvernement Trudeau à ce chapitre.Pierre Elliott Trudeau avait dit aux Américains qu\u2019être leur voisin « donnait l\u2019impression de la souris qui dort aux côtés d\u2019un éléphant qui, bien qu\u2019amical et paisible, dérange à chaque sursaut ou grognement».Son fils est en train de le réaliser concrètement, mais le fait que l\u2019éléphant ait la tête de Donald Trump pourrait lui valoir un certain répit.Un exemple justement lié au commerce des produits laitiers, les répondants à un sondage Abacus sont beaucoup plus enclins à résister aux demandes américaines lorsqu\u2019informés du fait que c\u2019est M.Trump qui en est l\u2019auteur.Ajoutez à cette perception négative les nombreux soubresauts et volte-face du gouvernement Trump et le gouvernement Trudeau dégage une relative impression de cohérence en comparaison.De quoi détourner l\u2019attention des dossiers chauds déjà sur le feu ainsi que d\u2019importantes réformes imminentes mais oubliées : celles de la politique de défense et de la sécurité nationale.On passe aux choses sérieuses DENIS FERLAND L I S A - M A R I E G E R V A I S «Ç a fait déjà 14 ans.» On ne sait plus si c\u2019est de l\u2019exaspération ou de la lassitude dans la voix de Dennis Edney, l\u2019avocat du citoyen canadien Omar Khadr, qui célébrera le 7 mai prochain ses deux ans de liberté retrouvée après avoir connu le camp de Guantánamo et les prisons canadiennes.Peut-être bien les deux.« Cette saga de 14 ans doit connaître son dénouement.Le gouvernement canadien doit maintenant s\u2019excuser au nom de tous les Canadiens pour les abus et la torture perpétrés à l\u2019endroit d\u2019Omar Khadr.» C\u2019est le message \u2014 le plus important de tous, bien plus que les 20 millions demandés en compensation, selon lui \u2014 que porte Me Edney ces jours-ci, en tournée dans les grandes villes canadiennes.« Je suis ici pour demander aux Canadiens d\u2019interpeller leur gouvernement pour qu\u2019il s\u2019excuse », répète-t-il, avec fermeté, blâmant le gouvernement fédéral, d\u2019abord libéral puis celui du Parti conservateur de Stephen Harper, d\u2019avoir fait la sourde oreille et de ne jamais avoir rapatrié son client.Né à Toronto, Omar Khadr avait suivi sa famille en Afghanistan pour combattre aux côtés des talibans, a été capturé par les Américains, enfermé et torturé alors qu\u2019il n\u2019avait que 15 ans, et qu\u2019il n\u2019était qu\u2019un enfant.« On est tous complices parce qu\u2019on n\u2019a rien dit », croit Me Edney.Peut-être.Mais ces jours- ci, une pétition qui a récolté plus de 1100 noms circule dans tout le Canada pour demander que le gouvernement fasse son mea culpa.Dans le lot, une majorité d\u2019appuis de Québécois, soit plus de 670 signatures.Les Québécois comprennent peut-être mieux les libertés fondamentales, avance Me Edney.« Ils sont peut-être moins apathiques que dans le reste du Canada.» Des nouvelles d\u2019Omar Au passage, il en profite pour donner des nouvelles de son client, devenu comme un fils au fil de ces 14 années de complicité.« Il va bien », lance-t-il lorsqu\u2019on s\u2019enquit de son protégé, même si quelque chose sera à jamais brisé en lui.« Si tu le rencontrais, tu verrais comme il est beau.» En convalescence d\u2019une opération à l\u2019épaule, le jeune homme d\u2019au- jourd\u2019hui 30 ans a entrepris d\u2019étudier pour devenir infirmier et fait du bénévolat comme interprète auprès de réfugiés.Et il vit depuis peu en appartement, non plus chez Dennis Edney, qui l\u2019avait accueilli à sa sortie de prison, une proximité qui avait été critiquée.«Pour moi, c\u2019était impossible que je laisse quelqu\u2019un d\u2019aussi vulnérable sans me battre pour le sortir de là.Et j\u2019ai réalisé que oui, je devais être plus qu\u2019un avocat.Parce que de toute façon, il n\u2019y a pas de lois à Guantánamo.» Dennis Edney admet qu\u2019il avait sous-estimé la cause.«Plus d\u2019une fois, j\u2019ai voulu m\u2019en aller.Mes économies y sont passées, j\u2019ai mis ma vie de côté, j\u2019ai manqué la remise des diplômes de mes enfants\u2026 Dieu merci, ils m\u2019aiment encore ! dit-il.Mais si j\u2019avais voulu tout abandonner, il aurait fallu que je me mente à moi-même.» Et ça, il ne le pouvait pas.C\u2019était clair depuis le jour où cet avocat a vu cet enfant-soldat enchaîné et assis par terre dans une cellule, comme un oiseau blessé.« Je ne pouvais pas m\u2019empêcher d\u2019éclater en larmes même si j\u2019étais censé être l\u2019homme fort et réconfortant.J\u2019ai été touché, reconnaît-il, sans gêne.C\u2019est bien au-delà d\u2019une af faire criminelle.C\u2019était une question d\u2019humanité.» Aller de l\u2019avant Malgré tout, pour Dennis Edney, la défense d\u2019Omar n\u2019est pas la cause d\u2019une vie.Du moins, il ne veut pas qu\u2019elle le soit.«J\u2019espère qu\u2019on sera des amis aussi longtemps que je serai là, mais\u2026 je voudrais aller de l\u2019avant», dit l\u2019avocat, qui travaille à d\u2019autres causes.Même si, pour son protégé, il a plaidé jusqu\u2019à la Cour suprême des États-Unis et la Cour d\u2019appel fédérale à Washington.Au Canada, il a gagné trois causes pour le même crime devant la Cour suprême.« Les libéraux et les conservateurs ont contesté en appel chacun des pouces que je gagnais.Ça ne fait aucun doute qu\u2019ils souhaitaient que je fasse faillite», note-t-il.Il l\u2019a en effet frôlée, mais se considère néanmoins comme plus «riche».Avec assez de force encore pour lutter, 14 ans plus tard, et réclamer que le Canada reconnaisse ses torts.«J\u2019ai communiqué avec le gouvernement et, pour le moment, il semble que nos horaires ne coïncident pas, dit-il.J\u2019espère que ça veut dire qu\u2019il se pourrait que ça se fasse bientôt».À l\u2019exaspération de sa voix s\u2019est soudainement ajouté un peu d\u2019espoir.Le Devoir OMAR KHADR Le Canada placé devant ses responsabilités L\u2019avocat de l\u2019ancien prisonnier de Guantánamo réclame des excuses pour son client ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Me Dennis Edney, le défenseur d\u2019Omar Khadr : «On est tous complices parce qu\u2019on n\u2019a rien dit.» A L E X A N D R E S H I E L D S M ême si le gouvernement Couillard affirme que le transfert en captivité des derniers caribous de la région de Val-d\u2019Or est la seule solution pour les sauver, il refuse de fournir les éléments factuels ou les documents sur lesquels il se base pour justifier cette décision sans précédent au Québec.À plusieurs reprises depuis vendredi dernier, Le Devoir a demandé au cabinet du ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP), Luc Blanchette, de lui fournir les détails des scénarios qui ont été étudiés concernant l\u2019avenir de la harde de caribous de Val-d\u2019Or, dont il ne subsisterait plus qu\u2019une quinzaine d\u2019individus.Le cabinet a aussi reçu une requête afin de savoir si le gouvernement a fait produire un avis d\u2019expertise scientifique sur la possibilité de maintenir ces animaux dans leur habitat naturel, au lieu de les transférer définitivement au Zoo de Saint-Félicien.«Les documents que nous avons consultés sont des documents internes », a finalement répondu mardi Gabrielle Fallu, l\u2019attachée de presse du ministre Blanchette.« Ils ne sont pas publics », a- t-elle ajouté dans une brève réponse transmise par courriel.Ni le cabinet du ministre ni le service des communications du MFFP n\u2019ont fourni davantage de détails concernant les éléments factuels sur lesquels le gouvernement s\u2019est basé avant d\u2019annoncer, vendredi dernier, le déménagement de la harde de caribous forestiers.Dans l\u2019entourage du ministre Blanchette, on a simplement répété mardi que dif férents « scénarios » ont été évalués au sein du MFFP.Le ministre du Développement durable, de l\u2019Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, David Heurtel, n\u2019a pas non plus voulu commenter la décision du gouvernement mardi.À Québec, on estime que celle-ci est sous la juridiction du MFFP.Dans les faits, cependant, la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables du Québec est sous la juridiction conjointe de l\u2019Environnement et du MFFP.Mauvaise décision La Société pour la nature et les parcs (SNAP) estime que l\u2019information ayant servi à prendre la décision concernant les caribous de Val-d\u2019Or devrait être rendue publique.« Le ministère a dit que la décision qui a été prise se base sur la science, mais on ne fournit pas la justification scientifique», a déploré mardi le biologiste Pier- Olivier Boudreault, chargé de projet en conservation pour la SNAP Québec.Il a ainsi rappelé que de telles analyses de viabilité ont déjà été réalisées ailleurs au Québec, notamment pour la harde de caribous de la Gas- pésie, dont il subsisterait moins de 100 individus.Professeur titulaire au Département de biologie de l\u2019Université de Sherbrooke, Marco Festa-Bianchet juge pour sa part que le gouvernement vient de prouver qu\u2019il a une vision faussée de ce que signifie la protection des espèces menacées.« En transférant les caribous de Val-d\u2019Or, le gouvernement avance une vision de conservation des individus, alors qu\u2019on devrait plutôt conserver les populations de caribou dans leur habitat, avec leur habitat.Ces animaux font partie d\u2019un écosystème », a expliqué mardi cet expert, qui a pris part aux travaux sur le caribou forestier du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada.Ce sont ces travaux qui ont amené le fédéral à désigner l\u2019espèce comme étant menacée.Pour M.Festa-Bianchet, la décision du gouvernement Couillard ne change par ailleurs rien aux problèmes que vivent les populations de caribous forestiers au Québec.Il faudrait, selon lui, mieux protéger leur habitat si on veut éviter le déclin continu de l\u2019espèce.Greenpeace, la Fondation David Suzuki et l\u2019Action boréale ont d\u2019ailleurs réitéré mardi l\u2019urgence d\u2019agir pour éviter que d\u2019autres hardes de caribous ne subissent le même sort que celle de Val-d\u2019Or.Les habitats de ces cervidés sont de plus en plus convoités par l\u2019industrie forestière, mais aussi pour le développement de projets miniers.Avec Marie-Michèle Sioui Le Devoir CARIBOUS Québec refuse d\u2019expliciter sa décision de déplacer vers un zoo la harde de Val-d\u2019Or S T É P H A N I E M A R I N L\u2019 actuelle bâtonnière du Québec, Claudia Prémont, renonce à briguer un second mandat pour éviter la division du vote et ainsi tenter de bloquer la voie à la candidate Lu Chan Khuong.Mme Prémont a annoncé son retrait de la course mardi, peu avant un débat prévu entre les candidats, et à une semaine du début du vote.Elle avait été élue à ce poste dans des circonstances particulières : Lu Chan Khuong, qui était alors bâtonnière, venait d\u2019être suspendue de ses fonctions en juillet 2015 après des allégations de vol à l\u2019étalage dans un magasin Simons.L\u2019histoire avait été ébruitée, même si Me Khuong avait bénéficié du programme de non- judiciarisation, qui aurait dû garantir la confidentialité.Me Khuong a ensuite démissionné et Me Prémont a pris le relais.En entrevue, Me Prémont a indiqué qu\u2019une course à trois comporte des risques, et qu\u2019elle veut éviter que Mme Khuong ne reprenne la tête du Barreau.Elle donne donc son appui à l\u2019autre candidat, Paul-Matthieu Grondin, un jeune avocat mont- réalais.Elle af firme avoir demandé à tous ses appuis de le soutenir.Elle juge que l\u2019attitude de la candidate Khuong et les propos qu\u2019elle a tenus sur la place publique font en sorte que le Barreau ne peut remplir sa mission première qui est d\u2019assurer la protection du public et de soutenir ses membres.La semaine dernière, la candidate Khuong avait accusé les administrateurs du Barreau de s\u2019être enrichis illégalement avec leurs jetons de présence pour une somme totalisant 500 000$.Dans la foulée du retrait de la course de Mm e Prémont, Me Khuong a sommé, par voie de communiqué, son adversaire restant, Paul-Matthieu Grondin, de rembourser le Barreau pour les émoluments qu\u2019il aurait, selon elle, illégalement perçus en tant qu\u2019administrateur depuis l\u2019été 2016.Me Khuong y précise aussi qu\u2019elle entend poursuivre la course afin d\u2019être réélue et d\u2019appliquer son programme.La Presse canadienne L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 2 6 A V R I L 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 4 La Cour suprême prend la cause Cody en délibéré Ottawa \u2014 La Cour suprême a finalement pris en délibéré mardi la cause Cody traitant de délais dans le système judiciaire.Le Terre-Neuvien James Cody a attendu cinq ans son procès pour trafic de stupéfiants.Les accusations contre lui ont été rejetées par le juge à cause de ce délai jugé déraisonnable.La Cour suprême doit décider si c\u2019était la bonne décision à prendre puisque son jugement Jordan instaurant un plafond de 30 mois pour les procès en cour supérieure a été rendu postérieurement à cette affaire.Les avocats des divers camps ne s\u2019entendent pas sur la façon de déterminer le caractère raisonnable du délai pour les causes transitoires (débutées avant l\u2019arrêt Jordan).L\u2019avocat de M.Cody a invité les juges à se montrer inflexibles.«Les gens derrière moi [les avocats ad- L I A L É V E S Q U E Q uébec permettra à des bénévoles de peindre des murs défraîchis dans les écoles, mais le projet de règlement annoncé mardi permettra bien plus que de simples travaux de peinture, et pas seulement dans les écoles.Même les entreprises de moins de 10 salariés seront touchées.À l\u2019occasion d\u2019une conférence de presse à Montréal, la ministre du Travail, Dominique Vien, a annoncé la publication d\u2019un projet de règlement qui permettra certains travaux de construction bénévoles dans les écoles, les hôpitaux, les Centres de la petite enfance (CPE) et les Organisations sans but lucratif (OSBL).Il sera par exemple permis de poser du gypse, de remplacer des fenêtres, de sabler et revernir des planchers, d\u2019installer des comptoirs dans ces établissements, et ce, même sans certificat de compétence.Il faudra toutefois détenir un certificat de compétence pour les travaux de plomberie et d\u2019électricité.Pour ce qui est des entreprises de moins de 10 salariés et des propriétaires de duplex et triplex, ils pourront réparer un mur de gypse, changer une fenêtre, refaire des moulures ou repeindre des murs, et ce, sans cer tificat de compétences.Il devra toutefois s\u2019agir de travaux d\u2019entretien et de réparation.La décision de Québec survient à la suite de la controverse provoquée par une inspection de la Commission de la construction, qui avait reçu une plainte parce que des parents bénévoles avaient repeint les murs défraîchis d\u2019une école.Assurances non obligatoires Pour le moment, il n\u2019est pas prévu que l\u2019institution ou l\u2019entreprise qui emploie ces bénévoles soit tenue de les assurer contre un accident du travail.La présidente du conseil d\u2019administration et chef de la direction de la Commission des normes, de l\u2019équité, de la santé et de la sécurité du travail, Manuelle Oudar, a indiqué que ces « employeurs » de bénévoles pouvaient soit demander à être couverts par la CNESST soit faire appel à un assureur privé.Mais l\u2019assurance n\u2019est pas obligatoire pour le moment, a indiqué la ministre Vien, en s\u2019empressant d\u2019ajouter qu\u2019il se pouvait très bien que la situation change bientôt.Réactions Du côté des entrepreneurs, l\u2019Association de la construction du Québec s\u2019est réjouie du fait qu\u2019il y ait enfin un cadre pour définir les activités, mais s\u2019est dite préoccupée notamment par la question des assurances quant aux accidents.Son responsable des relations avec les médias, Éric Côté, s\u2019est dit « surpris de l\u2019étendue de la mesure » qui va bien au- delà des travaux de peinture dans les écoles par des parents bénévoles.Avant de commenter plus avant, il a donc préféré faire « une analyse plus approfondie » du dossier lorsque le projet de règlement complet sera sur papier.Du côté syndical, l\u2019Alliance n\u2019a pas souhaité commenter sur-le-champ le projet de règlement.Elle préfère attendre d\u2019en voir le libellé exact dans la Gazette of ficielle avant de faire connaître ses commentaires.La Presse canadienne CONSTRUCTION Les bénévoles pourront rénover les écoles.et autres édifices publics ANNIK MH DE CARUFEL Les candidats au poste de bâtonnier, Paul-Matthieu Grondin et Lu Chan Khuong, ont pris part à un débat mardi à l\u2019UQAM.ÉLECTIONS AU BARREAU Claudia Prémont se rallie à Paul-Matthieu Grondin L\u2019actuelle bâtonnière se retire de la course dans une tentative de contrer Lu Chan Khuong M A R I E - M I C H È L E S I O U I Correspondante parlementaire à Québec L e ministre responsable des Affaires autochtones, Geoffrey Kelley, a insisté lundi sur l\u2019importance de «consulter» les Premières Nations à propos de la légalisation de la marijuana \u2014 un processus qui n\u2019a cependant ni été entrepris ni été planifié à court terme par Ottawa ou Québec.Le Devoir révélait lundi que l\u2019entreprise ontarienne DelS- hen, dont l\u2019ex-ministre libéral Mar tin Cauchon est actionnaire, sollicite depuis plusieurs mois les leaders autochtones du pays dans l\u2019espoir d\u2019en faire des partenaires d\u2019affaires.La pratique dérange autant l\u2019Assemblée des Premières Nations du Canada que l\u2019Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador (APNQL), qui y voient respectivement une stratégie d\u2019affaires démontrant de l\u2019opportunisme et un manque de considération éthique.Le ministre Kelley ne va pas aussi loin.«Il n\u2019y a aucune façon d\u2019empêcher une entreprise de faire des propositions, a-t-il déclaré.La première chose qui importe, pour le gouvernement du Québec, est de s\u2019asseoir avec les représentants des Premières Nations et les Inuits pour discuter des conséquences [de la légalisation de la marijuana].» Geoffrey Kelley a assuré qu\u2019il ne savait pas, avant la publication de l\u2019article du Devoir, que des entreprises sollicitaient les Premières Nations afin qu\u2019elles investissent dans des projets de production de marijuana.« La prochaine étape va être de s\u2019asseoir ensemble et de regarder toutes les conséquences de la décision du gouvernement fédéral concernant la marijuana», a-t-il ajouté, après avoir af firmé qu\u2019il avait « parlé » à l\u2019APNQL, aux représentants du Grand Conseil des Cris et à la société Makivik.Rien à court terme «Je n\u2019ai jamais eu de discussion avec M.Kelley, sauf deux ou trois mots la semaine dernière à Montréal, a cependant déclaré le chef de l\u2019APNQL, Ghislain Picard.Mon seul entretien avec M.Kelley, ç\u2019a été de dire: OK, on va en parler, c\u2019est important.Il n\u2019y a aucune rencontre prévue à court terme.» Il n\u2019a pas été possible de parler aux représentants du Grand Conseil des Cris et de la société Makivik mardi.Au cabinet du ministère des Affaires autochtones, à Ottawa, une porte-parole de la ministre Carolyn Bennett a dit qu\u2019on y était «conscients que les peuples autochtones s\u2019intéressent, comme les autres Canadiens, à ce nouveau potentiel de marché».«Nous ne sommes pas au courant des occasions d\u2019affaires qui se présentent, car il s\u2019agit de questions internes entre la communauté et les entreprises privées», a-t-on ajouté.Questions éthiques Ghislain Picard a quant à lui dit trouver « ironique » que le gouvernement Trudeau ait mis sur pied, en février 2017, le groupe de travail de ministres chargé d\u2019examiner les lois et les politiques liés aux autochtones, mais omis de les consulter avant de présenter son projet de loi sur la légalisation de la marijuana.L\u2019implication de l\u2019ex-ministre libéral Martin Cauchon dans l\u2019entreprise DelShen a aussi fait réagir.Celui qui a piloté un projet de décriminalisation de la marijuana en 2003 se rend lui- même dans les réserves pour présenter la compagnie.«S\u2019il y a quelqu\u2019un qui devrait être plus sensible aux questions éthiques, c\u2019est certainement un ancien ministre fédéral, libéral en plus», a déclaré Ghislain Picard.«Je pense qu\u2019on voit là encore une autre illustration de la médiocrité de la compréhension des gestionnaires publics des questions d\u2019intérêt public, des questions de conflits d\u2019intérêts », a aussi af firmé l\u2019élu solidaire Amir Khadir.« Tous ces gens-là sont des adultes consentants et peuvent prendre des décisions d\u2019af faires selon ce qu\u2019ils considèrent être leurs intérêts », a réagi le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée.Le Devoir AUTOCHTONES ET MARIJUANA Le ministre Kelley veut consulter les Premières Nations ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR La ministre québécoise du Travail, Dominique Vien, a annoncé mardi la publication d\u2019un projet de règlement qui permettra certains travaux de construction bénévoles dans les écoles et autres bâtiments publics.verses] vous invitent à recali- brer et retoucher votre arrêt», a lancé l\u2019avocat Michael Crystal.«Mais à moins que Jordan soit appliqué de manière vigoureuse, il n\u2019y aura aucun changement.Toutes les causes seront appelées des cas exceptionnels.» Le Devoir Lanaudière : un autre affaissement de route à Rawdon Rawdon \u2014 La région de Lanau- dière continue de payer le prix de la fonte des neiges jumelée aux fortes pluies.Mardi, une portion importante de la rue Queen à Rawdon s\u2019est affaissée, créant un cratère d\u2019une vingtaine de mètres de profondeur.Le directeur général de la municipalité s\u2019attend à ce que le cratère s\u2019agrandisse davantage avant que la situation ne puisse être contrôlée.La réparation nécessitera de deux à trois mois de travaux.La Presse canadienne L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 2 6 A V R I L 2 0 1 7 LE MONDE A 5 J E A N - F R É D É R I C L É G A R É - T R E M B L A Y F lanqué par les deux géants rivaux du Moyen-Orient \u2014 l\u2019Iran et l\u2019Arabie saoudite \u2014, un Yémen en guerre civile et l\u2019un des détroits les plus stratégiques au monde, le sultanat d\u2019Oman parvient à préserver sa stabilité et de bonnes relations avec tous.Comment fait- il ?Réponse d\u2019Alexandre Mou- thon, chercheur indépendant et photographe français.Comment Oman parvient-il à rester stable dans un voisinage aussi turbulent?La politique extérieure du sultan Qabous tient en deux concepts : non-ingérence et non-alignement.Ne pas s\u2019opposer, ne pas participer, ne pas être contraint par les alliances.L\u2019histoire du sultanat d\u2019Oman est celle d\u2019un pays d\u2019interface entre la péninsule arabique, la Perse, l\u2019Afrique de l\u2019Est, la sphère indienne et l\u2019Occident.Les États-Unis ont clairement été choisis comme parrains \u2014 et non pas la Chine.Mais les Américains ne peuvent se servir de leurs bases militaires pour mener des attaques.L\u2019Iran est un partenaire économique de choix pour Oman en plus d\u2019être son partenaire géostratégique pour la cogestion \u2014 qui donne lieu à coopération militaire \u2014 du détroit d\u2019Ormuz, que les deux pays partagent.Celui-ci ouvre l\u2019accès à 40 % de l\u2019approvisionnement mondial en pétrole.Quant à l\u2019Arabie saoudite, le sultan Qabous refuse, sans s\u2019y opposer, de participer à la coalition qu\u2019elle dirige au Yémen depuis 2015.Il ne participe pas non plus à la coalition des pays arabes contre le groupe EI en Syrie et en Irak.Dans le même temps, de nombreux projets de coopération économique sont en cours avec Riyad afin de connecter les réseaux d\u2019oléoducs au littoral omanais.Les relations avec la Syrie de Bachar al-Assad n\u2019ont pas été interrompues non plus.Le ministre syrien des Af faires étrangères, Walid al-Moualem, a réser vé sa première visite dans un pays du Moyen-Orient à Oman en août 2015, marquant ainsi le rôle incontournable de médiateur du sultan Qabous dans la crise syrienne.Être un État neutre signifie qu\u2019on le décide et que les autres l\u2019acceptent.C\u2019est un don contre un don.Un espace neutre est un outil diplomatique, économique et logistique utile à tous.Sur le plan diplomatique, comment Oman utilise-t-il cet outil?C\u2019est un acteur diplomatique de premier ordre au cœur d\u2019un Moyen-Orient belli- gène.Ses portes sont toujours ouvertes pour mener des actions d\u2019intermédiaire.Son rôle de cour tier de la paix s\u2019est notamment illustré en 2013-2015, quand ses excellentes relations avec Téhéran lui ont permis de jouer les intermédiaires entre les États-Unis et l\u2019Iran dans les négociations sur le programme nucléaire iranien.On pense dès lors aux futures négociations de sortie de crise en Syrie: Oman va-t-il permettre des rencontres entre Bachar al-Assad, Washington, Moscou, Téhéran et Riyad?Le pays connaît-il des tensions religieuses?Le sultan s\u2019est battu contre la modeste montée d\u2019un islam radical intérieur.Il y a notamment eu des arrestations dans les années 1990.Mais les tensions religieuses ne semblent pas être les plus importantes.Elles restent marginales.Il faut à Qabous calmer la branche la plus conservatrice des dignitaires du régime, et peut-être aussi les officines les plus radicales, en maintenant des interdits stricts \u2014 sur l\u2019homosexualité, l\u2019adultère et la consommation d\u2019alcool, etc.\u2014 et en encadrant les ef fets jugés néfastes et déstabilisateurs du tourisme.La promotion de son islam tolérant, l\u2019ibadisme, est cohérente avec la personnalité originale du sultan, presque ouvertement homosexuel.Un tabou, d\u2019ailleurs, dans les discussions avec la population au sujet de sa succession.Pour le moment, la société omanaise vit un islam de paix, en paix, pour la paix.Ce sont surtout des clivages sociaux qui risquent d\u2019ébranler l\u2019équilibre à la mort du sultan.Comment le sultan assure-t-il la paix sociale à l\u2019intérieur du pays?La paix sociale repose sur un contrat : redistribution et « omanisation ».C\u2019est le sultan Qabous ben Saïd \u2014 le 15e de la famille des Al Bou Saïd, régnante depuis 1749 \u2014 qui redistribue la rente dont il est le dépositaire depuis sa prise de pouvoir en 1970.La priorité va aux clans qui ont infiltré le palais et à leurs circuits de clientèles, tribales et régionales.La cooptation est mère de toutes les allégeances.La stabilité est à ce prix, pour que la contestation reste murmure.L\u2019absolutisme de ce sultan éclairé est légitimé par sa capacité à unifier la nation autour des bienfaits de son État-providence.Il n\u2019arrive cependant pas à enrayer les inégalités entre Omanais et étrangers, et entre nationaux.Le confort matériel des Omanais et de leurs nombreuses familles est assuré, mais l\u2019égalité reste à un stade sommaire et l\u2019administration publique est gonflée pour pallier le chômage des jeunes générations.Obtenir une charge publique est honorable et considérée comme un dû.Un don associé à une « omani- tude ».Le contre-don pourrait être l\u2019absence de revendications politiques.Collaborateur Le Devoir Le sultanat d\u2019Oman, médiateur du Moyen-Orient YÉMEN ARABIE SAOUDITE ÉMIRATS ARABES UNIS IRAN QATAR Détroit d'Ormuz OMAN Mascate Paris \u2014 Le candidat centriste Emmanuel Macron a reconnu mardi que «rien n\u2019est gagné» dans la bataille du second tour de la présidentielle française contre la dirigeante d\u2019extrême droite, Marine Le Pen, activement repartie en campagne.Très offensive sur le terrain, la candidate du Front national était engagée dans la délicate opération de séduire les électeurs qui ont voté au premier tour pour le conser vateur François Fillon et le tribun de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon.Le président socialiste, François Hollande, avait auparavant lancé une mise en garde, estimant que le score du Front national au premier tour ne devait pas être sous-estimé.«Je pense qu\u2019il convient d\u2019être extrêmement sérieux et mobilisé, de penser que rien n\u2019est fait parce qu\u2019un vote, ça se mérite, ça se conquier t, ça se justifie, ça se porte», a déclaré le chef d\u2019État sor tant, appelant à ce que le score de l\u2019extrême droite soit «le plus faible possible» le 7 mai.François Hollande, qui avait convié plus tôt mardi les deux finalistes à un hommage national au policier tué dans un attentat djihadiste le 20 avril à Paris, avait annoncé la veille qu\u2019il voterait pour son ex-ministre de l\u2019Économie pour contrer «le risque » Le Pen en matière de suppression d\u2019emplois, de pouvoir d\u2019achat et de rupture avec l\u2019Union européenne.« Ce n\u2019est pas rien que l\u2019extrême droite soit au deuxième tour d\u2019une élection présidentielle», a-t-il insisté mardi.Pour la deuxième fois de son histoire, le Front national s\u2019est hissé au second tour, cette fois-ci avec un score «historique» (21,30%) et un record de voix (7,7 millions).Macron critiqué Et l\u2019attitude du jeune centriste, qui consacre son début de semaine à des consultations en vue d\u2019une future majorité, a été critiquée par nombre de commentateurs, jugeant qu\u2019il donnait l\u2019impression « d\u2019enjamber » le second tour, comme s\u2019il considérait la victoire comme déjà acquise.Emmanuel Macron a répondu en estimant « ne pas avoir de leçons à recevoir ».« Rien n\u2019est jamais gagné, il faut se battre ».« Personne ne me donnait gagnant il y a un mois et demi, je suis l\u2019exemple vivant que les pronostiqueurs ont tort », a-t-il souligné.Selon un sondage publié mardi, Marine Le Pen, arrivée derrière Emmanuel Macron dimanche soir, serait battue le 7 mai avec 31 % des suffrages du fait d\u2019un report défavorable des voix.Reste l\u2019inconnue de l\u2019abstention.Le Pen à l\u2019offensive Pour conquérir les électeurs déçus par les résultats du premier tour, la candidate de l\u2019extrême droite s\u2019est très vite replongée dans la campagne : mardi matin, elle a visité l\u2019immense marché agroalimentaire de Rungis, en banlieue parisienne, après un déplacement la veille dans le nord du pays.Elle tiendra un rassemblement jeudi à Nice, bastion de la droite, où elle espère capter des voix.Cette stratégie de forte présence sur le terrain contraste avec celle d\u2019Emmanuel Macron, qui a annoncé à la dernière minute sa visite mardi dans un hôpital de la région parisienne pour évoquer «la prise en charge des patients en situation de handicap ».Il a prévu mercredi un déplacement dans le nord-ouest suivi d\u2019un rassemblement à Arras, terre acquise au Front national.Agence France-Presse «Rien n\u2019est gagné », assure Macron Marine Le Pen détonne en faisant énergiquement campagne sur le terrain LIONEL BONAVENTURE AGENCE FRANCE-PRESSE Emmanuel Macron a annoncé à la dernière minute mardi sa visite dans un hôpital de la région parisienne.Chicago \u2014 Chicago, troisième ville des États-Unis, semble rester sur la lancée du record de 2016 en matière de violence par armes à feu : un millier de personnes y ont été blessées par balle et au moins 182 abattues depuis début 2017, selon la presse locale.Selon les données compilées par le Chicago Tribune, ce bilan effectué mardi correspond peu ou prou à celui de la même période l\u2019an dernier, quand la barre du millier de blessés lors de fusillades avait été atteinte le 20 avril et le nombre de morts s\u2019établissait à 184.Les chif fres communiqués par le Département de police de Chicago (CPD) sont légèrement différents concernant le début de l\u2019année : 172 morts et 954 blessés (-9% sur un an).Le CPD ne comptabilise pas les fusillades sur venues dans des zones qui ne sont pas de son ressort (les autoroutes, par exemple), ce qui pourrait expliquer ces divergences de statistiques.L\u2019an dernier, Chicago a battu un triste record avec 3550 fusillades (presque +50 %), 4331 blessés et plus de 750 morts par armes à feu, du jamais vu en près de deux décennies.Agence France-Presse Chicago reste toujours aussi violente A l Malikiyah \u2014 La Turquie a mené mardi des raids aériens en Syrie et en Irak qui ont tué plus de vingt combattants de forces kurdes impliquées dans la lutte antidjiha- diste et soutenues par les États-Unis.Les États-Unis, alliés de la Turquie, se sont dits « profondément préoccupés » par ces bombardements qui ont été menés « sans coordination adéquate avec les États-Unis ou la coalition mise en place pour défaire le groupe État islamique», selon le département d\u2019État.L\u2019attaque en Syrie, lancée contre les Unités de protection du peuple kurde (YPG) dans le nord-est du pays, est l\u2019une des plus meurtrières menées dans ce pays par la Turquie, qui qualifie de « terroriste » cette milice.Elle est intervenue au lendemain de l\u2019entrée des Forces démocratiques syriennes (FDS), une alliance arabo-kurde composée en grande par tie de membres des YPG, dans la ville de Tabqa, un verrou sur le chemin vers Raqqa, capitale de facto du groupe EI en Syrie.Communications visées Selon l\u2019Observatoire syrien des droits de l\u2019Homme (OSDH), 18 personnes ont péri dans les frappes turques près de la ville d\u2019Al-Malikiyah, proche de la frontière turque.«Quinze combattants des YPG et trois membres d\u2019un centre de médias ont été tués.» Les raids nocturnes ont visé « une base qui abrite un centre de communication pour les médias et des installations militaires », selon les YPG.Dans leur offensive pour reprendre Raqqa lancée en novembre, les FDS sont soutenues dans les airs par la coalition internationale dirigée par les États-Unis et au sol par des conseillers militaires américains.« Il est impensable que nous combattions sur un front aussi important que Raqqa et qu\u2019au même moment les avions turcs nous attaquent », a dit à l\u2019AFP un commandant de la milice kurde des YPG.«Nous demandons à la coalition d\u2019intervenir pour faire cesser les violations turques et l\u2019appui indirect de ce pays à Daech [acronyme arabe du groupe EI]», a-t- il ajouté, joint par téléphone.La Turquie considère les YPG comme un allié du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, séparatistes kurdes turcs), sa bête noire.Elle affirme vouloir travailler avec ses alliés, mais sans les YPG, à la reconquête de Raqqa.Côté irakien En Irak voisin, l\u2019armée de l\u2019air turque a ciblé des positions tenues par le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et ses alliés locaux, mais au moins six membres des forces de sécurité kurdes irakiennes \u2014 rivales du PKK \u2014 ont été tués, dans ce qui semble être un accident.La frappe turque est « inacceptable», ont jugé les peshmer- gas, et le gouvernement irakien a dénoncé une «violation du droit international et de la souveraineté irakienne».L\u2019ONG Fraternité en Irak a jugé ces frappes «extrêmement préoccupantes », car menées à proximité de camps de déplacés yézidis, une « population particulièrement vulnérable».L\u2019armée turque a dit que les raids en Syrie et en Irak visaient à « détruire des repaires des terroristes ».Elle a affirmé avoir détr uit des abris et stocks de munitions.Selon elle, 40 membres du PKK en Irak et 30 autres en Syrie ont été «neutralisés ».Agence France-Presse Des raids turcs tuent une vingtaine de combattants kurdes en Syrie et en Irak Paris \u2014 Le mouvement d\u2019Emmanuel Macron a été en mars la cible de tentatives d\u2019hameçonnage qui pourraient être le fait d\u2019un groupe russe, selon un rapport présenté mardi par l\u2019entreprise japonaise de cybersécurité Trend Micro.L\u2019hameçonnage consiste à faire croire à une personne qu\u2019elle reçoit un courriel d\u2019un organisme où elle est inscrite, ou qu\u2019elle se trouve sur le site qui l\u2019intéresse, a?n de récupérer ses données personnelles ou d\u2019identi?ca- tion.Selon Trend Micro, le groupe de pirates informatiques russe Pawn Storm, aussi connu sous le nom de Fancy Bears, Tsar Team ou APT28, déjà accusé d\u2019avoir visé le Parti démocrate durant la campagne présidentielle d\u2019Hillary Clinton aux États- Unis, serait responsable de ces tentatives contre En marche!, le mouvement de Macron.Le groupe est soupçonné de liens avec les services secrets russes, signe, selon ses détracteurs, de la volonté de Moscou d\u2019in?uencer les scrutins des pays occidentaux.En marche ! hameçonné par les Russes ?L\u2019attaque en Syrie est l\u2019une des plus meurtrières menées dans ce pays par la Turquie Washington impose à nouveau des tarifs sur les importations de bois d\u2019œuvre canadien.Le Canada a tenté de négocier, en vain.Trump promettait de s\u2019attaquer au Mexique et à la Chine, mais c\u2019est le Canada qui prend les coups.est la cinquième fois en trente ans que les Américains s\u2019attaquent aux exportateurs canadiens de bois d\u2019œuvre.Chaque fois que le con?it a été porté devant des tribunaux indépendants, le Canada a gagné, mais au prix de milliers d\u2019emplois perdus entre-temps.Malgré ses défaites, la coalition américaine du bois d\u2019œuvre revient constamment à la charge pour exiger de son gouvernement qu\u2019il impose à nouveau des droits compensateurs.Ce que Washington n\u2019hésite jamais à faire pour des raisons électoralistes.Faute de pouvoir faire reconnaître les décisions des tribunaux de l\u2019ALENA ou de l\u2019OMC dans cette industrie, le Canada est donc forcé de négocier des ententes à l\u2019extérieur de l\u2019ALENA qui l\u2019obligent à s\u2019imposer à lui-même des quotas ou des taxes pour avoir la paix pendant quelques années.Depuis la ?n de la dernière entente du genre signée en 2006 et prolongée jusqu\u2019en 2015, Ottawa a tenté de renégocier avec l\u2019industrie américaine, mais les exigences de celle-ci étaient si élevées qu\u2019il a été impossible de conclure.Hier, Québec a con?rmé qu\u2019il réser vait 300 millions pour offrir des garanties de prêts aux entreprises touchées, surtout les plus petites qui devront verser des paiements rétroactifs, en attendant un éventuel règlement.De son côté, Ottawa s\u2019est contenté de dénoncer la décision américaine et d\u2019inviter l\u2019industrie canadienne à faire appel aux programmes d\u2019aide existants\u2026 dont l\u2019assurance-emploi.Pour l\u2019avenir, on mise sur la Chine pour l\u2019exportation du bois canadien, cette dictature avec laquelle Justin Trudeau rêve de signer un traité de libre-échange malgré l\u2019absence de tribunaux impartiaux.?Autre dossier qui fait l\u2019objet d\u2019attaques répétées de Donald Trump, celui du lait.Hier, M.Trump a signé un autre de ses fameux décrets présidentiels destinés à combattre le protectionnisme du voisin tout en défendant le sien.À court terme, cela ne change rien, mais il est évident que la formule canadienne de gestion de l\u2019offre sera remise en cause lors des prochaines négociations de l\u2019ALENA.Jusqu\u2019à l\u2019an dernier, certains producteurs américains pro?taient d\u2019une faille dans l\u2019ALENA pour exporter du lait dia?ltré destiné à la fabrication de fromage et de yogourt.Cela a conduit l\u2019industrie canadienne à réduire le prix du lait utilisé pour ce type de produits, au grand dam des Américains incapables d\u2019exporter le leur.Faut-il pour autant mettre la hache dans la gestion de l\u2019offre?Les Américains n\u2019ont pas accès au marché canadien pour plusieurs catégories de produits laitiers, mais en revanche, ils ne subissent pas la concurrence des Canadiens, qui se contentent de produire pour leur seul marché.Au ?nal, le solde commercial est à l\u2019avantage des Américains, contrairement à ce que prétend Donald Trump.Il est vrai que cette façon de limiter la production aux seuls détenteurs de quotas locaux tout en imposant des tarifs de 250 % sur les importations jure dans un paysage de libre-échange.Dif- ?cile pour l\u2019UPA, et pour le Canada, de défendre à la fois la fermeture des frontières au lait et à la volaille des autres tout en exigeant de leur part une pleine ouverture pour notre porc, notre bois d\u2019œuvre et notre sirop d\u2019érable ! À moyen terme, il semble évident que les producteurs de lait et de volaille devront réformer leur système pour le rendre plus productif, plus créatif et plus ouvert sur le monde.De là à abolir la gestion de l\u2019offre, il y a un pas qui est loin d\u2019être franchi puisque cela devrait s\u2019accompagner du rachat des quotas de production et du versement annuel de dizaines de millions en subventions sans avoir l\u2019assurance d\u2019une stabilité des prix pour les consommateurs.Lors de la campagne électorale, Donald Trump promettait de faire disparaître les énormes surplus commerciaux enregistrés par la Chine et le Mexique.Jusqu\u2019ici, c\u2019est le Canada qui fait les frais de ses politiques malgré un ridicule surplus commercial de 3 milliards de dollars l\u2019an dernier, soit l\u2019équivalent d\u2019une journée et demie d\u2019échanges commerciaux, comparativement aux 380 milliards du surplus chinois.Encore une fois, les «faits alternatifs» ont parlé par la bouche de ce grand menteur qu\u2019est Donald Trump.L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 2 6 A V R I L 2 0 1 7 A 6 EDITORIAL L E T T R E S Parlons d\u2019immigration\u2026 et commençons par des questions Depuis quelque temps, il ne se passe pas un jour sans que les Québécois soient traités de racistes, d\u2019intolérants, de xénophobes, etc.Nous serions, selon certains, des individus manquant d\u2019ouverture, repliés sur eux-mêmes, populistes ! D\u2019un autre côté, nous apprenons dans Le Devoir du 26 janvier 2017 que près d\u2019un Canadien sur deux sera immigrant ou enfant d\u2019immigrant en 2036.On nous dit aussi qu\u2019au Québec 60 % des allo- phones ne veulent pas apprendre le français.Selon l\u2019Institut de la statistique du Québec, le Québec a accueilli plus de 55 000 immigrants en 2012 alors qu\u2019en 1988 il en recevait 25 981.Par rapport à la taille de sa population, le Québec accueille beaucoup plus d\u2019immigrants que les États-Unis.Mes questions paraîtront sans doute racistes et xénophobes, c\u2019est dans l\u2019air du temps, mais j\u2019aimerais pouvoir les poser car, me semble-t-il, elles ont leur importance.Pourquoi recevons-nous autant d\u2019immigrants ?Est-ce leur rendre service que de les faire venir ici en si grand nombre ?Qu\u2019avons-nous à leur offrir ?Des emplois dans leur domaine ?Des écoles sans L I B R E O P I N I O N M I C H E L M O R I N J E A N L E C L A I R Professeurs à la Faculté de droit de l\u2019Université de Montréal L e rapatriement de 1982 constitue-t-il «un véritable outrage politique infligé à l\u2019endroit de la nation québécoise tout entière » et un « moment constitutionnel [\u2026] aussi antidémocratique qu\u2019illégitime », comme l\u2019af firment F.Côté, F.Bastien, G.Rousseau et D.Turp et dix autres signataires, dont Bernard Landry (Le Devoir, 20 avril 2017) ?On peut très certainement déplorer l\u2019isolement du Québec en 1982 et trouver illégitime la démarche employée par Pierre Elliott Trudeau à cette époque.Toutefois, à moins d\u2019élever les députés québécois siégeant à Ottawa en 1982 au rang peu enviable de traîtres, il faut bien admettre que l\u2019exercice était le fruit d\u2019un processus démocratique.Au surplus, 35 ans plus tard, peut-on sérieusement soutenir que l\u2019Assemblée nationale a été réduite « à l\u2019impuissance sur son propre territoire » par la Loi constitutionnelle de 1982 ?Quant à la Charte canadienne des droits et libertés, il est vrai de dire qu\u2019elle plaçait dorénavant tous les législateurs du Canada, et pas simplement l\u2019Assemblée nationale, «sous la tutelle judiciaire permanente de la Cour suprême du Canada».Pour autant, doit-on demeurer figé dans une posture d\u2019opposition stérile, alors même que la majorité de la population québécoise approuve la Charte canadienne et que, dans la grande majorité des pays occidentaux, et à l\u2019échelle internationale, les juges peuvent constater un conflit entre les lois adoptées démocratiquement et certains droits jugés fondamentaux?S\u2019il est inévitable que certains arrêts de la Cour suprême suscitent la controverse, il ne faudrait pas oublier que, avant qu\u2019elle corrige le tir, la Cour d\u2019appel du Québec avait interdit à Chantal Daigle de se faire avorter et qu\u2019elle avait autorisé dans une autre affaire la récitation d\u2019une prière juste avant le début des séances du Conseil municipal de Saguenay.C\u2019est aussi la Cour suprême qui a contraint le Parlement fédéral à placer tous les conjoints de fait sur un pied d\u2019égalité, sans égard à l\u2019orientation sexuelle.Quoi qu\u2019on puisse penser de l\u2019arrêt Jordan, sans celui-ci, les gouvernements continueraient d\u2019ignorer les demandes de ressources additionnelles constamment réitérées par les juges en chef et le Barreau du Québec afin de s\u2019ajuster à l\u2019augmentation de la population et du nombre d\u2019affaires.La question de la charte québécoise Que font ces auteurs de la Charte des droits et libertés de la personne du Québec?Faut-il l\u2019abroger?Dès 1975, en adoptant celle-ci, l\u2019Assemblée nationale a accordé aux juges le pouvoir de refuser d\u2019appliquer cer taines lois québécoises contrevenant à ce texte, sauf en présence d\u2019une disposition de dérogation.Trahissant son ignorance de l\u2019histoire, Guillaume Rousseau refuse de reconnaître l\u2019«importance historique» de cette Charte, en affirmant qu\u2019elle aurait été adoptée «dans l\u2019indifférence la plus totale de l\u2019opinion publique, sans qu\u2019un quelconque débat digne de ce nom ait eu lieu» (Le Devoir, 18 octobre 2013).C\u2019est oublier les propositions faites en faveur d\u2019un tel instrument juridique par Jacques-Yvan Morin (1963), Paul-André Crépeau et Frank Scott (1971).C\u2019est ignorer que cette demande fut reprise par de nombreux organismes.Enfin, c\u2019est passer sous silence les audiences parlementaires tenues à l\u2019hiver de 1975 et le fait que le texte a été adopté sans opposition.C\u2019est d\u2019ailleurs uniquement sur le fondement de cette loi que la Cour suprême du Canada a invalidé les dispositions de la Charte de la langue française relative à l\u2019affichage unilingue français.En 1993, le Comité des droits de l\u2019Homme de l\u2019ONU a lui aussi conclu qu\u2019elles restreignaient la liberté d\u2019expression de manière injustifiée.Mais le problème majeur de cette démonisa- tion de la Charte canadienne tient au présupposé sur lequel elle repose: la parfaite unanimité dans laquelle tous les Québécois pataugeraient joyeusement, ceux-ci partageant tous autant qu\u2019ils sont des convictions identiques et plaçant les intérêts de la «nation québécoise» au-dessus de toute autre préoccupation, quelle que soit la nature de la question soulevée.Tous s\u2019opposeraient à une interprétation des droits et libertés permettant de faire prévaloir, dans certaines circonstances, les droits des individus sur la volonté de la majorité.Ceux qui penseraient le contraire seraient les tenants «d\u2019une idéologie néolibérale, relativiste et communautarisante».S\u2019ils laissent un peu tomber l\u2019invocation lyrique et grisante de l\u2019abstraction constituée par « la nation québécoise » victimisée, abstraction qui dépersonnalise les Québécois et travestit la complexité de leur identité personnelle, s\u2019ils cherchaient à savoir pourquoi et dans quels contextes ces derniers jugent utile de protéger les droits et libertés à l\u2019encontre de la volonté majoritaire, même québécoise, peut-être que l\u2019argumentaire des signataires serait plus convaincant.Au fond, les auteurs veulent rendre le repoussoir fédéral responsable d\u2019un ensemble de problèmes propres à toutes les démocraties libérales contemporaines.Ils ont parfaitement le droit de critiquer l\u2019État fédéral canadien, mais il serait bon qu\u2019ils ajoutent un peu de complexité à leurs raisonnements s\u2019ils veulent nous convaincre que « cette Charte canadienne n\u2019en finit pas de s\u2019opposer à la pourtant légitime expression démocratique d\u2019un peuple québécois qui cherche à assurer son avenir et à assumer son identité ».1982: un outrage, vraiment ?FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente du développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-président des ventes publicitaires MARK DROUIN Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Directeur de l\u2019information numérique FLORENT DAUDENS Adjoints PAUL CAUCHON, LOUIS GAGNÉ, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET moisissures d\u2019où leurs enfants ressortiront alphabétisés ?Un médecin de famille ?Des chirurgies dans des délais raisonnables ?Pourquoi ne pouvons-nous pas obliger les immigrants à apprendre le français ?Comment se fait-il que notre disparition annoncée ne doive pas nous inquiéter ?Le racisme envers les Québécois, ou entre immigrants, existe-t-il ou est-ce un phénomène à sens unique ?Combien l\u2019immigration nous coûte-t-elle ?Que faisons-nous pour aider les chômeurs à (ré)intégrer le marché de l\u2019emploi ?Pourquoi ne formons-nous pas ici des gens dans les secteurs où il manque de main-d\u2019œuvre ?Pourquoi ne nous don- nons-nous pas de véritables politiques familiales ?Pourquoi finançons-nous les garderies bilingues et les écoles qui offrent une immersion en anglais ?Devons- nous renier ce que nous sommes pour ne pas offenser ceux qui ont choisi de venir s\u2019établir ici ?Qui sont ces illégaux qui nous arrivent des États-Unis ?Avons-nous le droit d\u2019être tristes de voir notre poids démographique diminuer à vue d\u2019œil ?Pouvons-nous encore dire nous ?Pou- vons-nous encore dire chez nous ?Pourquoi l\u2019immigration est-elle un sujet tabou?Enfin, lorsqu\u2019il n\u2019y aura plus de Québécois de souche au Québec, la discrimination et le racisme auront-ils disparu?Edward Renaud Montréal, le 25 avril 2017 Marine Le Pen, favorisée par le terrorisme auprès des indécis ?Avec un attentat terroriste à Paris au début du premier tour de scrutin de la présidentielle, Marine Le Pen se serait- elle fait, malgré elle, du capital de sympathie pour une tranche indécise de la population votante française ?Celle qui a salué en novembre dernier, et sans réser ve, l\u2019élection d\u2019un Donald Trump de droite créera-t-elle aussi la surprise en devenant présidente de la République française ?Surfera-t-elle sur une certaine vague d\u2019extrême droite façonnée par tous ces attentats terroristes qui se sont produits ces dernières années dans le monde, en France et plus particulièrement à Paris ?Celle qui pourfend, comme l\u2019a fait son père, l\u2019immigration.Celle que les Français voyaient hier ni plus ni moins comme l\u2019image même du racisme de- viendra-t-elle la première femme à diriger son pays ?Si jamais cela se produit, il sera à prévoir que de grandes alliances se feront entre la France et les États- Unis.La droite \u2014 et ses extrêmes \u2014 main dans la main réunie.Yvan Giguère Saguenay, le 25 avril 2017 C\u2019 LIBRE-ÉCHANGE Avec l\u2019ami Trump, pas besoin d\u2019ennemi JEAN-ROBERT SANSFAÇON L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 2 6 A V R I L 2 0 1 7 A 7 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon (chef de division), Robert Dutrisac, (éditorialiste), Michel Garneau et Pascal Élie (caricaturistes), Jacques Nadeau (photographe), Olivier Zuida (recherchiste photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division et reporter), Stéphane Baillargeon (généraliste), Gérald Dallaire (pupitre), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Jean Dion (sports), Marco Fortier (éducation), Marie-Pier Frappier (pupitre), Lisa-Marie Gervais (diversité), Pauline Gravel (sciences), Jessica Nadeau (éducation).Alexandre Shields (environnement); information politique : Michel David (chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Marie-Michèle Sioui (correspondants parlementaires à Québec) Dave Noël (recherche), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec); information culturelle : Guillaume Bourgault-Côté (politiques culturelles), Julie Carpentier (pupitre), Fabien Deglise (livres), Catherine Lalonde (arts vivants), François Lévesque (écrans), Caroline Montpetit (arts vivants), Philippe Papineau(médias); information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l\u2019information), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Benoît Munger (pupitre); information internationale : Guy Taillefer (chef de division et éditorialiste); section art de vivre : Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); cahiers spéciaux : Loïc Hamon (responsable); équipe numérique : Laurence Clavel, Guillaume St-Hilaire et Geneviève Tremblay (pupitres); correction : Andréanne Bédard, Christine Dumazet et Michèle Malenfant (correctrices) ; soutien à la rédaction : Amélie Gaudreau (coordonnatrice à la rédaction), Jean-Philippe Proulx (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa).PUBLICITÉ Charleyne Bachraty (adjointe au vice-président), Marlène Côté, Évelyne De Varennes, Amel Elimam, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (directrices de comptes), Amélie Maltais (commis aux avis légaux), Alessandra Tantalo et Laurence Hémond (coordonnatrices publicitaires).PRODUCTION Caroline Desrosiers, Yannick Morin, Anthony White et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web), Jean-François Côté (analyste programmeur), Luc Girard (technicien informatique), Solène M.Hébert (développeuse Web).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Catherine Gentilcore (coordonnatrice marketing, communications et relations publiques), Sébastien Beaupré (coordonnateur service à la clientèle), Manon Blanchette, Caroline Filion, Nathalie Filion, Isabelle Sanchez (préposées au service à la clientèle).ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Mélisande Simard (adjointe administrative et responsable des ressources humaines), Florentina Draghici (technicienne comptable), Véronique Pagé (responsable du crédit).L a main dans le sac ou la main sur la fesse.Ce sont aujourd\u2019hui les deux gestes qu\u2019il ne faut plus poser pour quiconque rêve de politique.Le candidat de droite François Fillon, qu\u2019on prédisait grand vainqueur de la présidentielle française il y a cinq mois, en est le dernier exemple.Défait au premier tour \u2014 après des semaines de campagne ponctuées de «Rends l\u2019argent ! » \u2014, le député de Paris vient de retirer ses billes du jeu.Les «emplois fictifs » (à sa femme et à ses enfants) ont fait de lui un cocu de la politique de la même façon que les partouzes de l\u2019ex-dg du Fonds monétaire international, Dominique Strauss-Kahn, ont haché menu ses visées sur l\u2019Élysée.MM.Fillon et Strauss-Kahn n\u2019ont pourtant rien fait que d\u2019autres politiciens n\u2019aient fait des centaines de fois avant eux.Seulement, signe de l\u2019évolution des mœurs politiques, il est de rigueur aujourd\u2019hui de taper sur le clou de la corruption et de l\u2019agression sexuelle.Combien de politiciens, ici au Québec, ont été interpellés pour de tels écarts de conduite au cours des deux dernières années ?(Je vous laisse le soin de dresser votre propre liste\u2026) Des politiciens qui, il n\u2019y a pas si longtemps, n\u2019auraient pas eu à s\u2019inquiéter de ce genre de roublardise financière ou « d\u2019excès d\u2019enthousiasme », pour parler comme le député libéral récemment pris à partie pour son comportement envers les femmes.La dernière élection américaine est également pleine d\u2019instr uction à cet égard.Le concours présidentiel s\u2019est décidé entre une femme largement perçue comme malhonnête, « Crooked Hillary », et un homme pour qui la chasse à la femelle est le sport favori, Donald «Grab them by the pussy » Trump.Les résultats de cette élection démontrent aussi que, des deux, corruption ou agression sexuelle, le premier (ou, du moins, sa perception, car en politique c\u2019est bien ce qui compte) est à ce jour beaucoup plus condamnable.Après la révélation qu\u2019un prédateur sexuel pourrait bien se retrouver à la Maison-Blanche, plusieurs croyaient que c\u2019en était fait de Donald Trump.Mais non.C\u2019est Hillary Clinton, la supposée menteuse, qui a dû payer la note.Trump, lui, avait un as dans sa manche : celui d\u2019incarner l\u2019anti-establishment, la remise en question des partis traditionnels, la revanche des laissés-pour-compte, et j\u2019en passe.Encore aujourd\u2019hui, il se trouve protégé par un genre de kriptonite qui lui confère des pouvoirs surhumains, ef façant du même coup les mensonges, les banqueroutes, les impôts non payés, l\u2019ignorance, l\u2019inexpérience, la mesquinerie et la misogynie.Ce que les Français, eux, appellent « l\u2019anti-système».C\u2019est fou comment ne pas appar tenir à la classe politique peut aujourd\u2019hui vous mener loin en politique ! Ça rend carrément gaga.Voyez Emmanuel Macron.Depuis dimanche dernier, on n\u2019en peut plus d\u2019applaudir à sa victoire comme à la « recomposition à grande échelle des forces politiques ».C\u2019est un nouveau jour de la Bastille, la découverte d\u2019un nouveau monde et de tous les possibles ! Pour tant, l\u2019homme demeure « insaisissable », n\u2019a pas de grandes idées à lui, balance de droite à gauche comme un métronome de piano, n\u2019est ni particulièrement charismatique ni particulièrement bon orateur.L\u2019homme est certes plus « respectable » que celui aujourd\u2019hui domicilié à la Mai- son-Blanche, mais il n\u2019a guère d\u2019originalité \u2014 à l\u2019exception notoire de son choix de partenaire, une femme de 24 ans son aînée.Là-dessus, on ne sait trop quoi a jouter.On reste un peu bouche bée.?C\u2019est fou, en fait, combien l\u2019ambition brute et l\u2019assurance pure et dure de ces chefs politiques instantanés (Donald Trump, Emmanuel Macron et d\u2019autres) peut mener loin.Bien sûr, l\u2019enthousiasme que suscite M.Macron est en partie dû à sa victoire sur Marine Le Pen.On applaudirait Frankenstein dans ce rôle tant le spectre de l\u2019extrême droite fait trembler la France.Avec raison.Mais une part de ces soupirs appuyés, de ces applaudissements nourris s\u2019adresse aussi à la coquille vide, à ce mythique « centre » sans véritable queue ni tête incarné par En marche !, à ce « triangle des Bermudes » dans lequel, par manque de solution de remplacement, on est prêt maintenant à se laisser aspirer.Politiciens et politiciennes de demain, tenez- vous-le donc pour dit : les mains baladeuses, quelle que soit leur destination ultime, c\u2019est non.Les idées baladeuses, par contre, celles que vous emprunterez à d\u2019autres, celles qui vont et qui viennent et qui vous donneront cette allure ô combien dans l\u2019air du temps, ça, c\u2019est un gros oui.Profitez-en pendant que ça passe.On ne pourra pas faire l\u2019économie de pr incipes, de valeurs et de visions à long terme éternellement.fpelletier@ledevoir.com Sur Twitter : @fpelletier1 Les mains baladeuses FRANCINE PELLETIER J O D Y W I L S O N - R A Y B O U L D Ministre de la Justice et procureure générale du Canada été dernier, la Cour suprême du Canada a rendu sa décision dans l\u2019af faire Jordan, fixant des limites quant aux délais acceptables entre le moment du dépôt des accusations et celui du procès.La Cour établissait ainsi un plafond de 18 mois pour les affaires entendues par une cour provinciale et de 30 mois pour celles devant une cour supérieure fédérale.Notre gouvernement reconnaît qu\u2019il faut rapidement s\u2019attaquer à la question des délais dans notre système judiciaire.Pour y arriver, nous devons travailler main dans la main avec les provinces et les territoires car nous avons tous un rôle à jouer pour régler un problème qui ne date pas d\u2019hier.Comme le juge Michael Molda- ver, de la Cour suprême, le notait, « le problème des délais s\u2019amplifie depuis presque 30 ans».De plus, les réformes du droit criminel mises en œuvre au cours de la dernière décennie, y compris le recours accru aux peines minimales obligatoires, n\u2019ont fait qu\u2019empirer les choses.Bien que je mène présentement une révision de notre système de justice pénale, je ne peux pas agir seule pour résoudre la question des délais.Au Canada, l\u2019administration de la justice relève des provinces.Ceci inclut la fourniture des ser vices judiciaires ainsi que les procureurs de la Couronne provinciaux, qui sont responsables de la vaste majorité des poursuites pénales.D\u2019ailleurs, 99 % des affaires criminelles sont traitées par les tribunaux qui relèvent de la compétence des provinces et dont les juges sont nommés par celles-ci.Les autres cas, souvent de nature grave et complexe, sont traités par les juges de nomination fédérale.Dernièrement, plusieurs ont souligné que six sièges demeurent vacants parmi les juges de nomination fédérale au Québec.De plus, certaines provinces, dont le Québec, ont récemment demandé l\u2019ajout de juges de nomination fédérale.Or, notre gouvernement agit : j\u2019ai déjà nommé trois juges au Québec et je vais pourvoir les six postes encore vacants le plus rapidement possible.Le budget 2017 prévoit l\u2019ajout de 28 nouveaux postes de juges de nomination fédérale à travers le pays, dont l\u2019allocation par province et territoire sera faite aussitôt que le budget sera adopté par le Parlement.Un problème plus complexe Mais prenons le temps de mettre les choses en contexte.En ef fet, la nomination de six juges au Québec (à savoir 3,6 % des 163 juges de nomination fédérale) et même l\u2019ajout de juges ne suffiront pas à résoudre la question des délais.Le problème est beaucoup plus complexe et profond, sans compter que les délais médians dans le traitement des dossiers varient considérablement d\u2019une province à l\u2019autre.Comme la Cour suprême elle-même l\u2019a énoncé dans l\u2019affaire Jordan, un changement de culture au sein du système de justice pénale est nécessaire afin que cesse la complaisance en matière de délais.Cela requiert une nouvelle approche de la part de tous les intervenants.C\u2019est la raison pour laquelle je travaille en étroite collaboration avec mes collègues provinciaux et territoriaux afin de faciliter ce changement de culture.J\u2019ai ainsi convoqué une réunion fédérale-provinciale-territoriale des ministres de la Justice vendredi prochain qui sera co- animée par la ministre de la Justice du Québec, Stéphanie Vallée.Nous nous pencherons sur les réformes législatives susceptibles de réduire les délais en matière pénale ainsi que sur les meilleures pratiques qui ont déjà permis de s\u2019y attaquer dans cer taines collectivités publiques.Toutes les options sont sur la table.Je tiens d\u2019ailleurs à souligner les efforts récents du Québec en ce domaine, notamment l\u2019ajout de ressources pour l\u2019embauche de juges à la Cour du Québec, de procureurs et de personnel de soutien.Je souhaite que la ministre Vallée partage les leçons que son gouvernement a tirées de son expérience récente lors de notre rencontre.Un dialogue constructif entre tous les intervenants de notre système de justice pénale ne consiste pas à montrer du doigt ou à faire porter le blâme à qui que ce soit.Nous avons tous un rôle à jouer et nous devons tous collaborer afin d\u2019opérer ce changement de culture dont notre système a besoin.ARRÊT JORDAN Il faut un changement de culture M I C H E L M O R I N Journaliste indépendant endant sept ans, le grand monopole de l\u2019électricité au Québec, Hydro-Québec, a sur facturé son service à ses quatre millions d\u2019abonnés.Les augmentations annuelles des tarifs accordées par la Régie de l\u2019énergie ne suf fisaient pas ; il en fallait plus pour augmenter le rendement de l\u2019entreprise, pour toucher plus de revenus nets, pour toucher plus de profits.[\u2026] On parle d\u2019un montant sur facturé de 1,4 milliard.Le sujet est revenu récemment à la surface, mais une sorte de déni, incompréhensible à mes yeux, existe toujours.Par exemple un chroniqueur économique a écrit que tout ceci était « insignifiant » ; ce sont ses propres mots.Pour lui, c\u2019était juste 1,4 milliard sur des revenus de plus de 100 milliards pour l\u2019ensemble de la période.Mais 1,4 milliard, c\u2019est quoi ?Eh bien, c\u2019est la moitié des profits d\u2019Hydro-Québec pour une année financière.Voilà l\u2019ordre de grandeur des profits non autorisés qu\u2019Hydro-Québec a facturé à ses abonnés en touchant un rendement supérieur à celui autorisé par l\u2019organisme réglementaire.Si Hydro-Québec remettait au- jourd\u2019hui pour demain aux consommateurs 1,4 milliard sous forme d\u2019un rabais de tarifs, eh bien on reviendrait aux tarifs d\u2019électricité de 2007 ; on annulerait les augmentations de tarifs d\u2019électricité d\u2019Hydro- Québec depuis dix ans.À vous de juger si cela est important ou pas.Maintenant qu\u2019on voit l\u2019importance des montants en cause, la question se pose, comment une telle chose a pu se produire au Québec ?N\u2019avait-on pas mis sur pied une Régie qui devait déterminer les augmentations de tarifs en fonction des coûts et d\u2019un juste rendement ?N\u2019avait-on pas créé une Régie pour éviter les abus ?Voulait-on qu\u2019elle ferme les yeux sur des rendements supérieurs à ceux qu\u2019elle avait autorisés?Surplus redistribués D\u2019entrée de jeu, je vous dirai que ce qui s\u2019est passé au Québec n\u2019aurait jamais pu se passer ailleurs dans les autres provinces canadiennes ou dans les autres États américains, là où il existe des régies de l\u2019énergie.Ailleurs en Amérique du Nord, lorsqu\u2019il y a des surplus, ils sont automatiquement redistribués aux consommateurs sous forme de rabais de tarifs.Comment expliquer que les commissaires ou les régisseurs de l\u2019énergie, nommés par le gouvernement, n\u2019ont rien vu pendant autant d\u2019années ?Pendant sept ans, Hydro-Québec s\u2019est toujours trompée dans ses prévisions, toujours du même bord et toujours à son avantage.[\u2026] Le monopole d\u2019État surestimait ses investissements et sous-estimait ses revenus.On connaît la suite : au bout de 12 mois, des trop-perçus comme son nom l\u2019indique, gonflaient les coffres de la société.Coïncidence, ce manège au vu et au su de la Régie de l\u2019énergie a commencé dans la foulée de la crise financière de 2007-2009.Comme les marchés financiers, les marchés d\u2019exportation d\u2019électricité se sont écrasés.Au lieu de vendre 7,89 ¢/kWh (kilowattheure), Hy- dro-Québec ne vendait plus qu\u2019à 3 ou 5 ¢/kWh.Les trop-perçus de cet ordre représentaient une nouvelle façon de faire.Ce fut 71 millions la première année, en 2008, 193 millions la deuxième, 257 millions la troisième\u2026 Dénoncée publiquement, la Régie va finalement se rendre à l\u2019évidence et reconnaître qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019erreurs de prévisions.Une procédure va être mise en place pour partager les trop-perçus, comme cela se fait par tout et même au Québec avec les clients de Gaz Métro.Pendant sept ans, Hydro-Québec, qui devait réaliser des rendements de 6 à 8%, va cinq années sur sept réaliser, avec la bénédiction de la Régie de l\u2019énergie, des rendements de plus 10% et même de 13%.Tout ça va se produire au moment où l\u2019on assiste au Québec à des records de débranchements et d\u2019ententes de paiement avec des abonnés qui n\u2019arrivent plus payer leur facture d\u2019électricité.Voici ce qu\u2019a écrit M.Pierre Théroux, l\u2019ancien avocat en chef de la Régie de l\u2019énergie, en réponse à l\u2019ar ticle du chroniqueur auquel nous avons fait allusion plus haut.Ce qu\u2019a fait Hydro-Québec, écrit-il, « [\u2026] constitue une confiscation fiscale déguisée, éhontée, irrégulière et simplement malhonnête, contraire aux règles des contrats civils et commerciaux et par surcroît, des dispositions du régime réglementaire.» Jamais pour Adélard Godbout, lors de la première nationalisation de l\u2019électricité dans les années 1940, jamais pour René Lévesque, lors de la deuxième nationalisation de l\u2019électricité dans les années 1960, il n\u2019avait été question de faire d\u2019Hydro-Québec une succursale du ministère du Revenu du Québec.Cette histoire des trop-perçus n\u2019est que l\u2019illustration, une fois de plus, d\u2019un État prédateur que rien ne fait reculer, même les trop-perçus sur facturés aux quatre millions d\u2019abonnés d\u2019Hydro-Québec.(Extrait d\u2019une allocution prononcée le 18 avril au Centre Saint- Pierre à Montréal) Il n\u2019a jamais été question de faire d\u2019Hydro-Québec une succursale du ministère du Revenu FRED CHARTRAND LA PRESSE CANADIENNE La ministre Jody Wilson-Raybould ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Le phénomène de surfacturation se produit alors que l\u2019on assiste au Québec à des records de débranchements, rappelle l\u2019auteur.L\u2019 P L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 2 6 A V R I L 2 0 1 7 A 8 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par courriel publicite@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3452 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Par courriel petitesannonce@ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4 Berri-UQAM Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com A C T U A L I T É S usuels de l\u2019insolence littéraire sont aussi de l\u2019affiche de ces douze heures de poésie, présentées au Palais du commerce, rue Berri, là où se trouve désormais Bibliothèque et Archives nationales du Québec.« Je ne me souviens pas de grand-chose », annonce de sa voix traînante le poète et éditeur américain.Certaines substances grisantes présentent cet inconvénient qu\u2019elles finissent parfois par couvrir d\u2019un vaporeux voile la mémoire de ceux qui les ont jadis embrassées avec trop d\u2019enthousiasme.« Mais ce que je me rappelle, poursuit-il, c\u2019est que nous étions au restaurant avant, qu\u2019Allen buvait du lait et que Burroughs lui gueulait : \u201cBois pas du lait si t\u2019es pour monter sur scène! C\u2019est mauvais pour ta gorge.Bois de la vodka à la place!\u201d Allen n\u2019était pas un buveur.» L\u2019Allen invectivé par W illiam Burroughs, c\u2019est bien sûr Allen Ginsberg, qui avait été le coloc de Plymell en 1963, au 1403 Gough Street de San Francisco, tout comme Neal Cassady, homme de tous les appétits et de toutes les soifs, renommé Sal Paradise par Jack Kerouac dans Sur la route.L\u2019appartement comptait sept chambres, pour un loyer de 100 $ par mois ! «Puisque Neal venait comme moi du Midwest, c\u2019est le beat auquel je me suis toujours le plus identifié.On avait l\u2019habitude de bouffer des amphétamines et d\u2019aller du côté coloré de la ville [the coloured side of town], voir Fats Domino et Bo Diddley jouer », raconte celui qui était de passage à Montréal ce week-end afin d\u2019assister au vernissage de l\u2019expo Paris/Beat/Codex, réunissant des collages du couple que formaient son ami, le poète français Claude Pélieu, et la mère de sa femme Pamela, Mary Beach, traductrice historique de la Beat Generation en France.Plymell participait aussi aux festivités soulignant le 25e anniversaire de la maison d\u2019édition L\u2019Oie de Cravan.«The original hipster» En 1951, Charlie abandonne l\u2019école secondaire quand son cow-boy de père lui achète une Chevy de l\u2019année.Son Kansas natal est bientôt loin dans le rétroviseur.«Le gaz coûtait 15 sous le gallon ! Je suis parti vers la Californie.» Ply- mell est alors un hipster, bien avant que le mot ne désigne ce barbu ironique arborant lunettes à grosse monture et/ou chemise à carreaux qui peuple les quartiers comme le Mile-End.Le hipster première génération singe le look et l\u2019attitude débonnaires des jazzmen noirs, porte de longs collets à la Billy Eckstine, trimballe une coupe ducktail et fume du pot.Autrement dit : Charles Plymell fait tout pour que la pudibonde Amérique de l\u2019époque le déteste.Avec son foulard noué autour du cou et sa canne de dandy, le flamboyant vieillard est toujours, malgré ses 82 ans, le hipster de son jeune temps.Et en bon hipster, Mister Plymell aime forcément cultiver un salutaire esprit de contradiction.Vous lirez forcément à son sujet, si vous le googlez, qu\u2019il fut le premier à mettre l\u2019aiguille sur un album de Bob Dylan, devant Allen Ginsberg.Le chanteur de Blowin in the Wind et l\u2019auteur de Howl nourriront ensuite une féconde amitié, qui marquera profondément l\u2019imaginaire du plus récent Prix Nobel de littérature.«Tout ça est vrai mais, de mon côté, Dylan, je ne l\u2019ai pas tellement écouté après l\u2019avoir fait jouer à Allen», lance fièrement, plus de 50 ans après ce moment charnière, l\u2019homme répondant au surnom de « The Original Hipster ».Sous sa barbe : le léger sourire sardonique de celui qui se régale de briser le consensus.«Dylan was not my guy.My guy, c\u2019était Chuck Berry.Sa prosodie, son rythme, ses mots avaient quelque chose de vraiment complexe et de beaucoup plus énergique que Dylan, qui, au fond, ne faisait qu\u2019imiter Woody Guthrie.Je n\u2019ai pas trop compris pourquoi ils lui ont donné le Nobel.Le rythme de ma poésie vient de Chuck Berry.» D\u2019une folie à l\u2019autre « C\u2019est précisément ce que j\u2019aime chez lui : il n\u2019est pas un de ces poètes prétentieux.Qui d\u2019autre ose dire que Chuck Berry est plus important que Dylan?» demande Bloodshot Bill.Figure mythique du rockabilly montréalais, il lançait l\u2019an dernier Bloodshot Bill Sings Charles Plymell, un 45 tours révélant la part de rock\u2019n\u2019roll qui, au cœur des mots de son ami poète, n\u2019attendaient que la pulsation de la guitare électrique et de la grosse caisse pour se brasser les fesses.Toujours installés à Cherr y Valley, dans l\u2019État de New York, où ils dirigent depuis les années 1970 les éditions Cherry Valley, Charles et sa femme Pamela obser vent l\u2019Amérique qu\u2019ils ont largement contribué à décoincer sombrer à nouveau dans les ornières d\u2019une pensée obtuse, promouvant une folie distinctement plus nocive que celle des beats et des hippies.«En comparaison avec Trump, même Ronald Reagan a désormais l\u2019air d\u2019un homme d\u2019État », lance à la blague Pamela qui, sur le plan politique, s\u2019est toujours définie comme une indépendante, à l\u2019instar de son mari.La poésie peut-elle quelque chose face au président Trump?«Le problème, c\u2019est que la vaste majorité de la poésie, aujourd\u2019hui, est aussi mauvaise que le gouvernement Trump.La poésie aux États-Unis a été avalée par le milieu universitaire», explique celui qui a toujours refusé de recevoir des bourses institutionnelles ou étatiques, de peur qu\u2019elles enchaînent son indocilité.«Ce serait encore plus de la folie, en tout cas, que d\u2019écrire de la poésie aujourd\u2019hui et de ne pas s\u2019en servir pour dire que Trump est un fou furieux [crazy bastard] qui ne veut que mettre le monde en morceaux.» Collaborateur Le Devoir PARIS/BEAT/CODEX Collages de Claude Pélieu et Mary Beach Jusqu\u2019au 30 avril chez Monastiraki (5478, boul.Saint-Laurent) SUITE DE LA PAGE 1 HIPSTER Le problème, c\u2019est que la majorité de la poésie, aujourd\u2019hui, est aussi mauvaise que le gouvernement Trump Charles Plymell « » maires et secondaires.Devant les dif ficultés qui s\u2019accumulaient, une école s\u2019est retirée du projet-pilote.Le ministre de l\u2019Éducation, Sébastien Proulx, a décidé la semaine dernière de retarder l\u2019implantation du programme dans toutes les écoles, laquelle implantation était envisagée pour la rentrée de l\u2019automne prochain.Des écoles s\u2019ajouteront en septembre, mais cette nouvelle version de l\u2019éducation à la sexualité ne deviendra pas obligatoire dans tout le réseau.Des contenus qui dérangent Des ajustements doivent prendre place pour la suite du programme, note le bilan de la première année du projet-pilote (2015-2016).« Globalement, les directions d\u2019écoles primaires et, surtout, les directions d\u2019écoles secondaires étaient peu à l\u2019aise avec le contenu des apprentissages en éducation à la sexualité », indique le document.La formation sur les agressions sexuelles \u2014 en première, en troisième et en cinquième année du primaire \u2014 provoque un malaise chez la plupart des intervenants, y compris chez les enseignants.L\u2019apprentissage intitulé Globalité de la sexualité (enseigné au primaire et au secondaire) suscite aussi un questionnement, tout comme des éléments du programme secondaire : vie af fective et amoureuse, agir sexuel, violence sexuelle, infections transmissibles sexuellement et par le sang, ainsi que grossesse.Certaines écoles ont omis d\u2019enseigner ces contenus aux é lèves parce qu \u2019elles manquaient de personnel compétent.Les enseignants sont mal préparés pour aborder ces enjeux délicats en classe.Les deux tiers des enseignants du primaire et la moitié de ceux du secondaire qui participent au projet-pilote n\u2019ont aucune formation en sexologie (à part les sessions of fer tes par le MEES, les commissions scolaires ou les directions d\u2019école), note le bilan.Apprentissages inégaux Ces «apprentissages» en éducation à la sexualité ne sont pas une matière en bonne et due forme.Il s\u2019agit de « contenus» à transmettre au moment choisi par les enseignants ou par les directions d\u2019école.Les participants au projet-pilote ont choisi d\u2019intégrer ces notions dans les cours de français, de mathématiques, d \u2019éthique et culture reli - g i e u s e o u e n c o r e d e sciences et technologie, révèle le rapport.Ces apprentissages en sexualité doivent atteindre 5 heures par année au primaire et 15 heures au secondaire, mais des variations importantes sont survenues entre les écoles participantes.Aussi, « des écoles ont développé du matériel pédagogique complémentaire parce que les canevas pédagogiques [fournis par le ministère pour le projet-pilote] ne répondaient pas entièrement à leurs besoins», indique le bilan.«Le souhait que le MEES produise des activités \u201cclé en main\u201d a été clairement exprimé, comme celui d\u2019avoir accès à un matériel en langue anglaise.Comme la production de matériel didactique ne fait pas partie de la mission du MEES, ce résultat est surprenant », poursuit le document.Improvisation Des retards sont survenus dans la livraison du matériel pédagogique.Mais ces « canevas » pédagogiques répondaient généralement bien aux besoins des enseignants lorsqu\u2019ils devenaient accessibles, note le bilan.L\u2019identité de la personne qui livre l\u2019éducation à la sexualité est laissée à la discrétion des directions d\u2019école.La majorité de ces « animateurs » (des animatrices, en fait) sont des enseignantes, parfois appuyées par des psy- choéducateurs, des travailleurs sociaux ou des psychologues.« Bien que, collectivement, toute l\u2019équipe soit volontaire pour par ticiper au projet-pilote, quand est venu le temps de s\u2019impliquer individuellement, personne n\u2019a voulu s\u2019impliquer», dit un cadre scolaire dans le bilan.La majorité des « animatrices » au primaire ont été désignées par les directions d\u2019école, soul igne le rappor t .Au secondaire, elles avaient plutôt manifesté de l \u2019 intérêt pour cette tâche délicate.La tâche pouvait même devenir ingrate : les enseignantes ont dû « improviser, en quelque sor te », à cause des retards dans la planification des apprentissages et dans la livraison de certains canevas, note le bilan.Les écoles ont « manqué de temps et de ressources financières pour la planification des apprentissages et l\u2019appropriation du contenu ».Il faut libérer les enseignants pour les former.Le MEES a prévu des budgets pour embaucher des suppléants pendant la formation, mais l\u2019existence de ces fonds était méconnue, indique le document.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 BILAN Retards et improvisation ont marqué la première année d\u2019essai du programme dans les écoles d\u2019entendre MM.Charest et Bibeau, sous serment, dans une commission parlementaire.«Aujourd\u2019hui, il y a des milliers de travailleurs forestiers et leur famille qui se demandent de quoi leur avenir va avoir l\u2019air.Aujourd\u2019hui, nous, on est aux côtés des travailleurs forestiers », avait ainsi répondu le premier ministre.Jean Charest réaffirme son innocence Selon les informations de TVA, l\u2019enquête qui aurait entraîné la surveillance de Jean Charest et de Marc Bibeau concernerait notamment le financement politique et l\u2019octroi de contrats publics.Elle est encore en cours et n\u2019a toujours pas été transmise au Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) : elle n\u2019a donc mené à aucune accusation jusqu\u2019ici.« Je prends acte de la déclaration du Directeur des poursuites criminelles et pénales à l\u2019ef fet qu\u2019\u201caucun dossier ne lui a été transmis\u201d.Je ne ferai aucun autre commentaire, si ce n\u2019est pour réaf firmer mon innocence face aux allégations qui circulent », a d\u2019ailleurs affirmé l\u2019ex-premier ministre et chef du PLQ, Jean Charest, par l\u2019entremise de son avocat.«Notre client est outré par le fait que de l\u2019information apparemment obtenue en cours d\u2019enquête, pourtant confidentielle, y compris des renseignements personnels, soit délibérément coulée dans les médias dans le seul but de por ter atteinte à sa réputation, sur la foi de conjectures», a aussi fait savoir l\u2019avocat de Marc Bibeau, Léon Moubayed.En coulisses, on s\u2019est inquiété que les fuites dans les médias ne fassent dérailler l\u2019enquête de l\u2019UPAC en plaçant MM.Charest et Bibeau sur leurs gardes.Officiellement, les rares élus libéraux qui ont commenté la nouvelle, comme le ministre de la Sécurité publique Martin Coi- teux, se sont inquiétés de la préservation de « l\u2019intégrité du système d\u2019enquête et du système de justice ».«Mon inquiétude, ce n\u2019est pas pour un parti politique.Mon inquiétude, c\u2019est pour l\u2019ensemble de ce système.S\u2019il y a des gens qui ont commis des gestes graves, on veut qu\u2019ils en répondent à la justice.[Pour cela], il faut que les enquêtes soient menées dans toute l\u2019intégrité possible », a-t-il déclaré.Le président du Conseil du trésor, Pierre Moreau, s\u2019est inquiété de l\u2019origine de la fuite dans les médias, précisant qu\u2019il ne critiquait pas le travail de ces derniers.« Je ne vois rien dans les faits rapportés ce matin [mardi] qui constitue un geste répréhensible au plan pénal ou criminel, sauf le geste qui aurait été posé par une personne qui a prêté le serment de sauvegarder la confidentialité des informations dans le cadre d\u2019une enquête et qui viole ce serment-là.Ça, ce serait un acte criminel », a-t-il avancé.L\u2019élu libéral s\u2019est défendu de tenter de faire dévier le débat ou de proposer une chasse aux sources.« Le problème, a-t-il dit, c\u2019est : d\u2019où vient le document ?Qui l\u2019a rendu public et est-ce que, ce faisant, il n\u2019a pas commis un geste criminel ?» Chercher les «patrons» L\u2019opposition n\u2019a pas pointé le même « problème ».Selon le chef du PQ, Jean-François Li- sée, l\u2019enquête dévoilée dans les médias démontre la nécess ité de fa ire témo igner MM.Charest et Bibeau publiquement.« C\u2019est clair que ce n\u2019est pas Nathalie Normandeau qui a organisé ce système-là, a-t-il déclaré au sujet de l\u2019ex-vice-première ministre du gouvernement Charest, actuellement accusée de complot, de corruption, de fraude et d\u2019abus de confiance.Si la vice-première ministre est accusée d\u2019avoir participé à un système de corruption criminelle pour dévoyer des fonds publics, elle n\u2019a pas inventé ce système-là, elle ne l\u2019a pas dirigé seule, et le fait que l\u2019UPAC essaie d\u2019avoir des preuves sur M.Bibeau et M.Charest montre bien qu\u2019elle cherche [à savoir] qui étaient les patrons de Mme Normandeau.» La Coalition avenir Québec a plutôt tenté de contraindre le gouvernement à identifier les trois ministres ou députés dont les noms ont été voilés sur un diagramme policier qui illustrerait le financement politique illégal qui aurait eu cours au PLQ.« Ce tableau de l\u2019UPAC nous apprend qu\u2019il y a un lien entre Marc Bibeau et la nomination d\u2019au moins trois ministres, a souligné la députée Nathalie Roy.Vous nous avez promis de la transparence?Qui sont ces trois ministres?» a-t-elle demandé à Martin Coiteux.«On est au Québec, on est dans une société démocratique, on est dans une société de droit, nous ne sommes pas dans une république de bananes.Alors, on n\u2019est pas dans une société où le gouvernement se met les deux pieds dans les enquêtes », a répliqué le ministre libéral.Le député de Québec solidaire Amir Khadir a d\u2019abord reconnu qu\u2019à son avis, les méthodes de financement du PLQ ont changé.Il a cependant dénoncé la lenteur du processus judiciaire.« Quand la justice n\u2019est pas rendue en temps utile, quand ce genre d\u2019enquêtes là fait en sorte que la justice est défaillante, ça fait en sor te qu\u2019on a encore un gouvernement libéral qui n\u2019a pas rendu des comptes sur la corruption des mœurs politiques dont le suspect no 1 est M.Cha- rest », a-t-il déclaré.Jean-François Lisée en a rajouté.«Depuis un certain temps se pose la question de l\u2019immunité libérale dans notre système de justice.L\u2019immunité libérale, est-ce que ça existe ?[\u2026] Est-ce qu\u2019il y a un système qui fait en sorte que la plus grande enquête de corruption de l\u2019histoire politique du Québec n\u2019arrive jamais à aboutir à la tête du réseau?» a-t-il demandé.Philippe Couillard a qualifié l\u2019exercice du chef péquiste de « triste ».« Je rappelle d\u2019ailleurs qu\u2019il n\u2019y a pas de jugements de tribunaux qui ont été prononcés encore.[\u2026] les institutions judiciaires de notre État jouent leur rôle de façon indépendante et il n\u2019appartient ni à l\u2019opposition officielle, ni à la deuxième opposition, ni à nous de nous immiscer dans leur travail », a-t-il insisté.Il a ensuite ajouté que, ce que les Québécois « veulent », c\u2019est un « Québec plus prospère, un Québec où l\u2019emploi se crée».Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 UPAC JACQUES NADEAU LE DEVOIR L\u2019ancien premier ministre Jean Charest af firme qu\u2019on veut «porter atteinte à sa réputation»."]
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.