Le devoir, 29 avril 2017, Cahier A
[" AUJOURD\u2019HUI Actualités \u203a Arrêt Jordan.Les ministres de la Justice envisagent différents scénarios pour désengorger les tribunaux.Page A 3 Avis légaux.C 6 Carrières .C 3 Décès.C 8 Mots croisés .D 4 Petites annonces .C 8 Sudoku .D 4 V O L .C V I I I N o 9 4 L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 9 E T D I M A N C H E 3 0 A V R I L 2 0 1 7 2 , 8 3 | S + T A X E S = 3 , 2 5 | S Livres Abla Farhoud, femme rapaillée Page F 1 100 jours Premier bilan de Donald Trump Page B 1 Culture Le capitalisme n\u2019a pas de sexe Page E 1 ?w w w .l e d e v o i r .c o m J E A N - F R A N Ç O I S N A D E A U A lors qu\u2019ils le regardaient osciller au bout de sa corde de pendu, les exécuteurs de Louis Riel ne pouvaient s\u2019imaginer, ce 16 novembre 1885, que sa mémoire resterait à ce point vivante, telle une onde de choc permanente.En 1967, à l\u2019occasion du centenaire du Canada confédéral, la mémoire de Riel est une fois de plus agitée, cette fois à l\u2019occasion de la création d\u2019un opéra.Signée par le compositeur torontois Harr y Somers, sur un livret signé en 1966 par Mavor Moore et Jacques Lan- guirand, cette œuvre en trois actes, réputée d\u2019une grande qualité, est intégrée aux célébrations du centenaire de la Confédération.Jouée pour la première fois à Toronto, elle sera reprise à Mont- OPÉRA Louis Riel redonne une voix aux autochtones La version d\u2019Harry Somers se veut plus inclusive que celle de 1967 SOPHIE L\u2019ANSON Créé en 1967, l\u2019opéra Louis Riel reprend vie 50 ans plus tard.VOIR PAGE A 10 : RIEL LE GRAND DÉMÉNAGEMENT GUILLAUME LEVASSEUR LE DEVOIR Le pont Champlain pose un nouveau dé?: avant de défaire la structure, il faudra «déménager» un couple de faucons pèlerins qui y a élu domicile en 2012.Un nichoir sera installé sur le nouveau pont et il ne restera plus qu\u2019à espérer que les tourtereaux s\u2019y établiront.Sur la photo, Jackie, un faucon pèlerin domestiqué.Page A 6 J E S S I C A N A D E A U Depuis juin 2013, aucun des jeunes ayant terminé leur 5e secondaire dans une école de la Commission scolaire de Kativik, dans le nord du Québec, n\u2019a pu obtenir de diplôme d\u2019études secondaires.La commission scolaire confirme que des centaines d\u2019élèves ont dû se rabattre sur une attestation d\u2019équivalence en raison d\u2019un manquement envers les exigences ministérielles.« C\u2019est sûr que le diplôme d\u2019études secondaires, c\u2019est la vraie af faire : c\u2019est un papier qui est reconnu à travers la province, c\u2019est plus avantageux et c\u2019est ce qu\u2019on souhaiterait avoir pour nos finissants », soutient Jade Ber- nier, responsable des communications pour la Commission scolaire Kati- vik, en entrevue au Devoir vendredi.Le problème remonte au tournant des années 2000, explique Mme Bernier, alors que le ministère de l\u2019Éducation modifiait le programme de mathématiques dans l\u2019ensemble ÉCOLE SECONDAIRE Des élèves autochtones privés de diplôme I S A B E L L E P A R É D ans la ferme des Goldin, il n\u2019y a ni tracteurs, ni fourches, ni ballots de foin autour de la grange nickelée aux allures de vaste poulailler.Pas de bêlements, de meuglements ou de tas de fumier odorants pour rappeler aux visiteurs qu\u2019ils sont en terre agricole.Pourtant, 90 millions de petites bêtes trottent en permanence dans les granges de ces fermiers nouveau genre qui exploitent la plus grande ferme d\u2019élevage de grillons en Amérique du Nord.Ici, pas besoin de se lever à l\u2019heure des poules ou de s\u2019esquinter à la traite quotidienne.Les petits protégés des Goldin croissent en liberté, sautillant d\u2019un point d\u2019eau aux plateaux de grains.En prime, ils stridulent gentiment dans la pénombre pour chanter la pomme aux femelles.Un environnement qui tient plus du dortoir zen que de l\u2019élevage de bovin industriel.Moins de trois ans après sa création, Entomo Farms, entreprise familiale ontarienne fondée DES INSECTES DANS VOTRE ASSIETTE Une petite révolution en alimentation Visite dans la plus grande ferme de grillons en Amérique VOIR PAGE A 10 : INSECTES Les finissants de la CS Kativik doivent se contenter d\u2019une attestation Dossier \u203a Voici venu le grillon.Page A 4 Des chefs qui font mouche.Page A 5 VOIR PAGE A 10 : DIPLÔME L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 9 E T D I M A N C H E 3 0 A V R I L 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 2 AIRFRANCE.CA L\u2019EUROPE À VOS PIEDS Vols quotidiens vers plus de 180 destinations européennes.LA FRANCE EST DANS L\u2019AIR A M É L I P I N E D A M algré une pétition et de nombreuses plaintes, le consulat général de France à Montréal n\u2019ouvrira pas un deuxième lieu de vote pour les Français qui voudront faire valoir leur choix au second tour de l\u2019élection présidentielle française, le 6 mai prochain.Plutôt que d\u2019ouvrir un nouveau site, le consulat mise sur l\u2019amélioration de l\u2019accès au collège Stanislas, dans Outremont, pour permettre aux quelque 58 000 électeurs montréalais inscrits sur la liste électorale française d\u2019exercer leur droit de vote «dans des conditions acceptables».Les horaires d\u2019ouverture et de fermeture des bureaux de vote pourront être modifiés si nécessaire.Deux accès prioritaires seront ajoutés : l\u2019un pour les personnes âgées et les personnes à mobilité réduite, un autre pour les personnes accompagnées d\u2019enfants de moins de cinq ans et les femmes enceintes, a annoncé le consulat.Lors du premier tour pour les Français à l\u2019étranger, le 22 avril, de nombreux électeurs ont attendu en file jusqu\u2019à trois heures sous la pluie pour voter.Certains ont dû rebrousser chemin.Le Devoir PRÉSIDENTIELLE FRANÇAISE Pas de deuxième lieu de vote à Montréal A L E X A N D R E S H I E L D S S ept ans après l\u2019explosion de la plateforme pétrolière Deepwater Horizon, dans le golfe du Mexique, le président américain, Donald Trump, est plus que jamais déterminé à ouvrir de nouveaux milieux marins aux forages.Il souhaite d\u2019ailleurs revenir sur un moratoire en Alaska annoncé récemment de concert avec le Canada.« Notre pays a la chance d\u2019avoir des ressources naturelles incroyables, parmi lesquelles des réserves abondantes de gaz et de pétrole of fs- hore », a-t-il souligné vendredi, tout en affirmant que le gouvernement de Barack Obama avait interdit « l\u2019exploration et la production dans 94% de ces zones ».«Cela prive potentiellement notre pays de milliers d\u2019emplois et de milliards de dollars de richesse», a ajouté Donald Trump, sans toutefois mentionner les enjeux environnementaux ou climatiques liés à cette exploitation d\u2019énergies fossiles.Le président a d\u2019ailleurs signé un décret qui impose un réexamen de la réglementation sur les forages en milieux marins mise en place par son prédécesseur Barack Obama.L\u2019objectif, selon le chef de la Maison-Blanche, est d\u2019ouvrir de nouvelles zones à une exploration pétrolière et gazière «responsable».Entente rejetée Cela signifie que le gouvernement américain pourrait revenir sur une entente conclue avec le gouvernement de Justin Trudeau quelques semaines seulement avant la fin de la présidence de Barack Obama.En vertu de cette « déclaration commune» annoncée en décembre dernier, le Canada et les États- Unis avaient décidé d\u2019imposer un moratoire d\u2019au moins cinq ans pour l\u2019octroi de nouveaux permis d\u2019exploration sur une large portion de l\u2019océan Arctique.Dans le cas des États-Unis, le moratoire s\u2019applique sur une superficie de plus de 500 000 km2.Dans le communiqué de cette déclaration politique commune, on faisait valoir que les eaux arctiques «sont irremplaçables», qu\u2019elles sont «essentielles » pour les communautés autochtones du Nord, que les écosystèmes nordiques sont très vulnérables aux déversements pétroliers et que toute intervention en cas d\u2019accident serait très complexe.Le président Trump souhaite par ailleurs revenir sur la décision de son prédécesseur en ouvrant de vastes territoires à l\u2019exploration pétrolière le long de la côte est américaine, dans l\u2019océan Atlantique.Ce secteur a été protégé des forages pendant des décennies.L\u2019ouverture à l\u2019exploration pétrolière soulève des inquiétudes chez les scientifiques, qui redoutent notamment les impacts de ces activités sur des espèces menacées, dont plusieurs espèces de cétacés qui fréquentent les eaux de l\u2019Atlantique.C\u2019est le cas de certaines espèces, dont la baleine noire, le rorqual bleu et la baleine à bosse, qu\u2019on peut observer au Québec.Le Devoir ENVIRONNEMENT Donald Trump ouvre la porte à plus de forages en milieux marins L\u2019objectif, selon le chef de la Maison-Blanche, est d\u2019ouvrir de nouvelles zones à une exploration pétrolière et gazière « responsable » L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 9 E T D I M A N C H E 3 0 A V R I L 2 0 1 7 ACTUALITES A 3 CONFÉRENCE INAUGURALE JEUDI 4 MAI, 9 H Mahamat Saleh Annadif Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies au Mali S.E.Mahamadou Diarra Ambassadeur du Mali au Canada Salle DS-R510, pavillon J.-A.-De Sève, Université du Québec à Montréal Inscription gratuite mais obligatoire : dandurand.uqam.ca @RDandurand | #FrancoPaix facebook.com/ChaireRaoulDandurand JEUDI 4 ET VENDREDI 5 MAI 2017 QUEL AVENIR POUR LA RÉSOLUTION DES CONFLITS EN AFRIQUE DE L\u2019OUEST ?Colloque international du Centre FrancoPaix Centre FrancoPaix Photo : MINUSMA/Harandane Dick JUSTIN TANG LA PRESSE CANADIENNE Les ministres de la Justice du Canada et du Québec, Jody Wilson-Raybould et Stéphanie Vallée H É L È N E B U Z Z E T T I Correspondante parlementaire à Ottawa La rencontre fédérale-pro- vinciale des ministres de la Justice portant sur les délais judiciaires, vendredi à Gati- neau, n\u2019a pas débouché sur des solutions immédiates.Mais les ministres ont ciblé quelques options susceptibles de désengorger les tribunaux, que leurs fonctionnaires doivent peaufiner d\u2019ici septembre.«On peut qualifier la rencontre de positive pour l\u2019ensemble des provinces, des territoires et l\u2019ensemble des Canadiens », a déclaré à la fin de la rencontre la ministre québécoise de la Justice, Stéphanie Vallée.« Nous avons déterminé des priorités, incluant les peines minimales, l\u2019administration du non-respect des conditions, les enquêtes préliminaires et la reclassification des accusations », a poursuivi son homologue fédérale, Jody Wilson-Raybould.Mme Wilson-Raybould a révélé qu\u2019elle déposera ce printemps un projet de loi pour abolir certaines peines minimales instaurées dans le Code criminel (principalement par le pré- cédent gouvernement conservateur).Les peines minimales contribuent à l\u2019encombrement des tribunaux parce que les accusés, assurés de recevoir une peine s\u2019ils plaident coupable, ont moins tendance à le faire.« Nous voulons nous assurer que, lorsque nous procédons à des changements aux 72 peines minimales qui existent à l\u2019heure actuelle, nous maintenons celles pour les crimes les plus graves, que nous prenons la meilleure approche pour nous assurer du respect des victimes et de la protection de la sécurité publique et que nous agissons dans le respect de la Constitution » , a expliqué Mme Wilson-Raybould.L\u2019autre option considérée est la reclassification des peines.Le Code criminel est truffé de délits qualifiés d\u2019«hybrides », pouvant être traités par voie de procédures sommaires (en cour provinciale) ou par mises en accusation (en Cour supérieure).Grosso modo, lorsque la peine débouche sur une peine de deux ans de prison ou moins, la procédure sommaire est privilégiée.Les fonctionnaires étudieront la possibilité de revoir ce seuil à la hausse.«Si nous créions la possibilité de procéder par procédure sommaire pour des peines allant jusqu\u2019à cinq ans moins un jour, cela permettrait à la Couronne de procéder en Cour provinciale plutôt qu\u2019en Cour supérieure.Cela permettrait d\u2019aller plus vite », a expliqué le ministre ontarien, Yasir Naqvi.Les procédures sommaires sont beaucoup plus rapides, notamment parce qu\u2019elles ne requièrent pas d\u2019enquête préliminaire, ce qui rallonge parfois les causes.Sur cette question des enquêtes préliminaires (une sorte de préprocès au cours duquel la preuve est divulguée), aucune décision n\u2019a encore été prise par les ministres.L\u2019Ontario, le Manitoba et la Saskatchewan demandent leur élimination.Enfin, l\u2019autre option envisagée par les ministres est de réduire l\u2019emprisonnement pour non-respect de conditions.En Nouvelle-Écosse, explique-t-on en coulisses, 68% des personnes derrière les barreaux le sont pour bris de leurs conditions de remise en liberté.Ce sont des gens rejudiciarisés qui repassent devant les juges parce qu\u2019ils ont posé un geste leur étant interdit, mais par ailleurs légal (avoir consommé de l\u2019alcool, par exemple).On songe donc à donner des consignes aux policiers pour ne plus renvoyer ces gens dans le système judiciaire.Dans la même veine, on songe à donner plus de pouvoirs aux policiers pour diriger les gens vers d\u2019autres ressources lorsque le délit est mineur, par exemple se retrouver sur la voie p u b l i q u e e n é t a t d\u2019ébriété.L\u2019été dernier, la Cour suprême a, au nom du droit des accusés d\u2019être jugés dans un délai raisonnable, plafonné à 30 mois la durée maximale d\u2019un procès en Cour supérieure.Depuis cet arrêt Jordan, quatre hommes accusés de meurtre, dont deux au Québec, ont pu éviter leur procès.Clause de dérogation Dans la foulée de ces cas très médiatisés, des voix se sont élevées pour inviter les gouvernements à utiliser la clause de dérogation et ainsi suspendre l\u2019application du jugement Jordan.Cette option ne semble pas dans les cartes.La ministre Wilson-Raybould avait déjà indiqué qu\u2019elle n\u2019était pas une fan de la clause dérogatoire, tout comme sa collègue Vallée.Les ministres de l\u2019Ontario et de l\u2019Alberta ont tenu le même discours vendredi.Nominations à venir Par ailleurs, la ministre Vallée a obtenu de la ministre fédérale la confirmation que la nomination de six juges à la Cour supérieure était « imminente».Québec réclame la nomination de quatorze juges, soit les six pour pourvoir les postes vacants et huit autres pour augmenter la taille de la magistrature.La création de postes de juges est un processus en deux temps.La province évalue ses besoins et établit les postes qu\u2019elle estime nécessaires.Elle soumet ensuite sa demande à Ottawa, qui doit la « valider ».Les considérations budgétaires pèsent sur le processus : c\u2019est Ottawa qui verse le salaire des juges, tandis que la province verse celui du personnel de soutien.La demande de huit juges de Québec es t encor e à l\u2019étude, confirme-t-on du côté d\u2019Ottawa.Le dernier budget fédéral prévoit la création de vingt-huit nouveaux postes à l\u2019échelle du pays.Quatorze sont déjà réservés à l\u2019Alberta (qui a le ratio de juges par habitant le plus bas au pays) et un autre au Yukon.On prévoit que les treize postes restants approuvés par le ministère des Finances seront en deçà de la totalité des demandes provinciales à venir.Il serait donc peu probable que Québec obtienne ses huit postes.Ces vingt-huit nouveaux postes ne pourront par ailleurs être pourvus que lorsque la loi budgétaire, qui vient d\u2019être déposée, sera adoptée par le Parlement fédéral.Cela pourrait prendre encore plusieurs mois.Le Devoir ARRÊT JORDAN Différents scénarios à l\u2019étude pour régler la crise des tribunaux P A T R I C E B E R G E R O N à Québec L e gouvernement Couillard n\u2019écarte pas l\u2019idée de tenir une commission parlementaire sur la falsification des résultats scolaires pour donner une note de passage à des élèves qui ont échoué.Le ministre de l\u2019Éducation, Sébastien Proulx, a affirmé vendredi qu\u2019un «passage et une discussion devant les parlementaires » pourraient s\u2019imposer, après avoir analysé la situation.Il répondait ainsi au porte-parole de l\u2019opposition officielle en matière d\u2019éducation, Alexandre Cloutier, qui a évoqué de nombreux témoignages d\u2019enseignants selon lesquels des résultats scolaires étaient falsifiés pour donner à des élèves la note de passage, et ainsi permettre à l\u2019école d\u2019atteindre les taux de réussite scolaire visés par le gouvernement.«On maquille les chiffres, on camoufle la vérité, et ce n\u2019est pas en se mettant la tête dans le sable qu\u2019on va régler nos problèmes de diplomation», a soutenu le député de Lac-Saint- Jean en point de presse vendredi matin au parlement.Une consultation de la Fédération autonome de l\u2019enseignement (FAE) faite auprès de ses membres suggère que près d\u2019un prof sur deux avait vu la note qu\u2019il avait attribuée à un élève être ajustée à la hausse sans qu\u2019il ait pour autant donné son consentement.À l\u2019étude des crédits budgétaires du ministère en commission parlementaire vendredi matin, Alexandre Cloutier a demandé à ce que les parlementaires soient consultés sur ce problème.Il dit avoir reçu une avalanche de témoignages par l\u2019entremise de sa page Facebook.«C\u2019est quand même grave, a- t-il soutenu.Cer tains professeurs trouvent injuste que, dans certains scénarios, on ramène à la même valeur cer tains élèves qui en bout de course n\u2019ont pas eu le même résultat.Si les notes ne valent plus rien, eh bien, disons-le.[\u2026] Qu\u2019on laisse les professeurs s\u2019exprimer librement, qu\u2019on crève cet abcès sur la place publique.» Toutefois, le ministre de l\u2019Éducation a dit vouloir d\u2019abord analyser les faits avant de proposer une démarche.Il a tenté de faire une distinction e n t r e l e s p r a t i q u e s a u x épreuves ministérielles \u2014 qui subissent une pondération à la hausse de 58 % à 60 % \u2014 et les cas de gonflement des résultats dans les écoles, des cas locaux qui ne sont pas assez documentés, selon lui.« Il y a beaucoup de dénonciations, de procès d\u2019intention, les gens ne comprennent pas trop.Peut-être qu\u2019il y a quelque chose, peut-être qu\u2019il y a moins de cas qu\u2019on ne le pense, peut- être que ce sont tous des cas qui peuvent s\u2019apprécier dif férem- ment », a déclaré M.Proulx, tout en ajoutant « qu\u2019un passage et une discussion devant les parlementaires pourraient s\u2019imposer » par la suite, après vérification des pratiques.En point de presse, il a dit être guidé par les principes suivants : pas de malversations en ce qui concerne les notes, pas de raccourci pour obtenir de bonnes statistiques.« Ce n\u2019est pas un trophée, la réussite, à la fin, un trophée dont on peut être fier parce qu\u2019on l\u2019a atteint à tout prix», a- t-il résumé.Autres réactions Le porte-parole caquiste en matière d\u2019éducation, Jean- François Roberge, a salué la proposition d\u2019une commission parlementaire.Il a critiqué les réser ves du ministre parce que, selon lui, la commission parlementaire est justement un préalable « pour faire la lumière» et vérifier les faits.«Les témoignages sont durs à recueillir en ce moment, il y a une omer tà, c\u2019est grave.Les gens qui nous écrivent disent : \u201cNe me nommez pas.\u201d [\u2026] Ils ont peur.C\u2019est le climat de peur malsain qu\u2019il y a dans les écoles du Québec.Il y a des parents, des bénévoles, des directions d\u2019école, des enseignants, qui se font intimider», a-t-il dit.La Fédération des syndicats de l\u2019enseignement (FSE-CSQ) s\u2019est élevée aussi contre la « manipulation des notes », dérive majeure d\u2019une « gestion axée sur les résultats ».Par voie de communiqué, la présidente de la FSE, Josée Sca- labrini, a dénoncé les gestionnaires de l\u2019éducation « qui se soucient davantage des statistiques reluisantes sur la réussite que de la réussite réelle des élèves».La Presse canadienne ÉDUCATION Les députés pourraient se pencher sur l\u2019affaire des fausses notes Voici quelques cas cités par le député péquiste Alexandre Cloutier en commission parlementaire.«En cours d\u2019été, on nous demande même de remplir un document justifiant notre choix de conserver la note lorsque l\u2019élève a 57% au final.On nous conseille de mettre 55 ou 60 si on veut donner un résultat clair.On nous demande donc de jouer avec les notes.» « Je suis enseignante en première année.Un jour j\u2019ai appris que, lorsque je mets 57, la note apparaît au bulletin, mais le logiciel ne considère pas ce résultat comme un échec.Alors, je dois mettre 55 ou 56 à un élève qui ne satisfait pas aux attentes.[\u2026] Et quand tu mets 56, tu te fais demander par la direction de voir si tu ne pourrais pas revoir tes évaluations pour faire passer l\u2019élève.» « Certaines écoles refusent de donner un zéro à un élève qui refuse de remettre un travail ou de faire un examen.Exemple : un élève devait me remettre quatre travaux.Il ne m\u2019en a remis qu\u2019un seul pour lequel il a eu 90 %.Pour les trois autres, le prof a donné zéro, et comme il est impossible d\u2019inscrire un zéro, la moyenne de l\u2019étudiant a été de 90 %.» Des témoignages Investissement en santé mentale Québec investit plus de 26 millions supplémentaires pour aider les «clientèles plus lourdes» des soins et services en santé mentale.Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, en a fait l\u2019annonce vendredi matin à Montréal.Ces nouveaux investissements serviront à améliorer le soutien offert aux jeunes et aux adultes souffrant de troubles mentaux graves.Ces 26,5 millions seront récurrents, donc ils s\u2019ajouteront aux fonds déjà prévus annuellement.De ce montant, 15 millions serviront à former des équipes pour assurer un suivi intensif pour certains patients ou un soutien à intensité variable pour d\u2019autres.Il y aura aussi 10 millions qui seront investis pour mettre en place des équipes qui interviendront dès l\u2019apparition des premiers épisodes psychotiques chez les plus jeunes.La Presse canadienne La nomination de six juges à la Cour supérieure du Québec serait imminente A 5 L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 9 E T D I M A N C H E 3 0 A V R I L 2 0 1 7 DES INSECTES DANS VOTRE ASSIETTE A 4 Dans les marchés de Pnom Penh, au Cambodge, des vendeurs de rue of frent une panoplie d\u2019insectes rôtis.PHOTOS ISTOCK Les insectes sont prisés au Vietnam, un pays qui compte plus de 20 000 fermes d\u2019élevage de grillons.Adieu veau, vache, cochon, voici venu le grillon Des fermiers ontariens à l\u2019assaut du marché naissant d\u2019aliments à base d\u2019insectes I S A B E L L E P A R É D ans le camion de rue de Roger Godina, on offrait en avril dernier une poutine pas piquée des vers côté exploration culinaire.Pour souligner le Jour de la Terre, ce maître de la poutine ajoutait à son menu décalé une poutine toute spéciale : filet mignon, champignons, fromage en grains, sauce barbecue et saupoudrée de grillons rôtis.En plein cœur de la région rurale de Whitby, en Ontario, où la faune locale est plutôt du genre steak haché-patates, les envolées gastronomiques du chef de la très courue gargote Krazee Poutine ont fait mouche.« J\u2019aime surprendre.J\u2019avoue que c\u2019était audacieux.Plusieurs clients ont essayé et ont adoré ça.Ça goûte comme des graines de citrouille rôtis », raconte ce restaurateur enthousiaste, dont la carte ne manque pas d\u2019humour.Autre nouveauté du mois : le cricktini, une poutine latino servie sur tortilla et garnie de fromage, de fèves noires, de poivrons et de coriandre, puis rehaussée de lime, de chilis et de grillons croustillants.Surmonter le « facteur yuk» Si les toques audacieuses et locavores de pays scandinaves ont fait des insectes l\u2019une des tendances culinaires de l\u2019heure, il reste tout un bond à faire en Occident pour amener les con - sommateurs à croquer du gril - lon.Ce bond, les experts le surnomment le «facteur yuk».Perçus comme une nuisance, les insectes évoquent le dégoût dans l\u2019imaginaire occidental, la langue se chargeant d\u2019enfoncer le clou dès l\u2019enfance avec des expressions comme « laid comme un pou » ou «avoir le cafard».Pour surmonter cet obstacle psychologique, une trentaine de chefs et de restaurants de la région de Toronto ont mis la main à la bête en avril, ajoutant à leur carte une panoplie de plats relevés de farine de ténébrions ou de grillons rôtis.Dans le chic lounge du Prin - ce of Wales Hotel and Spa de Niagara-on-the-Lake, Jeremy Harb a pondu un cocktail de son cru, ajoutant de la poudre de grillon aux condiments qui couronnent le pourtour de ses Bloody Mar y.« Ça ajoute un subtil goût de noisette.Je crois qu\u2019il faut commencer de façon très prudente pour ne pas rebuter les clients», dit-il.Depuis que la ferme des Gol- din produit des grillons locaux, Carmen Carcienga, propriétaire du restaurant La Hacienda à Peterborough, a remis avec entrain les grillons à son menu.« Ça ne se vendait pas trop avant, avoue-t-elle.Mais maintenant qu\u2019ils sont d\u2019ici, tout le monde en parle.Les \u201ctortillas al grillo\u201d sont parmi mes plats les plus populaires.» Un aliment d\u2019abord Pour la même raison, plusieurs pensent que pour faire entrer ces nouveaux produits dans les assiettes, il faut changer la façon d\u2019en parler.« On parle d\u2019entomophagie pour désigner la consommation d\u2019insectes ! Il faut changer les perceptions, voir cette nourriture comme n\u2019importe quelle autre forme de \u201cbétail\u201d, un \u201cmini-bé- tail\u201d avec des valeurs nutritionnelles propres », affirme Nanna Roos, professeure associée au Département de nutrition de l\u2019Université de Copenhague, qui a agi à titre d\u2019experte pour la FAO.Daniel Novak, cofondateur de Cricketstart, qui vend depuis peu croustilles, mélanges à smoothies et barres énergétiques sur le marché américain, abonde : « Je ne veux pas qu\u2019on réduise mes produits à un supplément alimentaire, à un aliment fonctionnel ou à une protéine étrange.C\u2019est un aliment en soi.» Pour lui, le grillon n\u2019est pas plus inusité que la crevette, un ar thropode de la même famille mais qui évolue en mer plutôt que sur ter re.« Les Amérindiens consommaient des grillons.Quand ils ont vu les crevettes, ils ont d\u2019abord appelé ça des grillons de mer.En fait, les grillons sont des crevettes de terre ! » blague le jeune entrepreneur.Pour favoriser l\u2019adoption de ces nouveaux aliments, mieux vaut introduire la poudre de grillon dans des mets courants, croit Marie-Loup Tremblay, fondatrice de uKa Protéine, une micro-entre- prise de fabrication de barres chocolatées enrichies à la poudre de grillon.« Les gens ne sont pas prêts à voir un grillon entier dans leur assiette.La farine a les mêmes qualités nutritives et s\u2019intègre à n\u2019importe quel plat, même à des pâtes alimentaires.L\u2019a - dhésion du public passera par l\u2019of fre de produits de consommation de masse.» Masquer ou déguster?Question de perception, donc?On enfile les sauterelles grillées comme des chips au Mexique, et à Kinshasa on paie deux fois le prix du bœuf pour s\u2019offrir des chenilles grillées, considérées comme un produit de grand luxe.Les puristes, eux, diront qu\u2019en masquant à tout prix les insectes, on rate l\u2019occasion d\u2019en saisir la saveur de noisette qui a ses adeptes.« On rehausse le goût des bêtes avec ce dont on les nourrit.Donnez du basilic ou des bananes aux grillons, vous en changerez le goût.Il faut mettre en valeur l\u2019aliment plutôt que de le masquer, af firmait récemment au Globe and Mail Julia Plevin, créatrice de liqueurs à base d\u2019insectes.Si on voulait, on pourrait même créer des criquets de la qualité des bœufs de Kobé ! » Le Devoir Des chefs qui font mouche Prendriez-vous un peu de crevettes de terre ?La consommation mondiale 1900 espèces d\u2019insectes consommés.Ils font partie de la diète de deux milliards d\u2019humains.Les plus consommés Coléoptères (larves) 31 % Chenilles 18 % Abeilles et fourmis 14 % Criquets et grillons 13 % Cigales, punaises 10 % Termites 3 % Autres 10 % Apport nutritif En République démocratique du Congo, les chenilles fournissent jusqu\u2019à 40 % des protéines animales consommées.Source: FAO Pourquoi les grillons ?Pouvoir de conversion.L\u2019animal peut transformer très peu d\u2019aliments en protéines.Les grillons consomment 12 fois moins de nourriture que les bovins, 4 fois moins que les moutons et 2 fois moins que les porcs et les poulets.Leur cycle de vie très court et leurs faibles besoins énergétiques en font une espèce parfaite pour l\u2019élevage à grande échelle.Indigènes à la plupart des régions, ils ne posent aucun risque pour l\u2019environnement et ne sont porteurs d\u2019aucune maladie.Terres.L\u2019élevage des grillons nécessite très peu d\u2019espace, de moyens techniques et d\u2019investissements, et n\u2019entraîne pas le défrichage des terres.90 millions C\u2019est le nombre total de grillons hébergés par les deux granges d\u2019Entomo Farms à chaque cycle de croissance de six semaines.Les insectes sont divisés en plusieurs salles hermétiques pour protéger la production en cas de pépins, mais aussi pour les rassembler selon leur stade de croissance.PHOTOS SYLVAIN AUCLAIR Seules des conditions hypercontrôlées permettent de mener les grillons de l\u2019œuf à l\u2019âge adulte.I S A B E L L E P A R É à Norwood, Ontario À quelques jets de pierre du village de Norwood, petit patelin de 400 âmes campé à deux heu - res au nord de Toronto, un nouveau voisin fait jaser tout le village.Un voisin bien discret, vite devenu la star locale du comté, après avoir attiré dans cette zone champêtre des caméras de tout le pays, remporté des prix nationaux et fait naître dans la foulée une poignée d\u2019emplois pour des jeunes de cette communauté rurale.Ici, tout le monde connaît les Goldin, ces éleveurs de grillons qui ont transformé depuis 2014 deux immenses poulaillers à l\u2019abandon en résidences toutes neuves pour grillons.Investis depuis déjà dix ans dans la production de ces insectes pour les animaleries qui gardent des reptiles, les trois frères Goldin ont senti le vent tourner quand l\u2019élevage des insectes est soudainement apparu sur le radar des Nations unies.« Quand nous avons lu le rapport de la FAO, on s\u2019est dit : \u201cpourquoi ne pas élever des insectes pour les humains ?Si l\u2019ONU y voit une des solutions pour nourrir la planète de façon plus écologique et plus productive, pourquoi pas ?\u201d » affirme Darren Goldin, cofonda- teur et président d\u2019Entomo Farms.Mais, de la théorie à la pratique, il y avait tout un bond pour faire sauter les criquets par\u2026 millions.« Nous avons dû développer nous-mêmes les techniques de pointe et l\u2019expertise pour élever, récolter, traiter puis cuisiner des grillons à grande échelle, souligne M.Goldin.Il y a peu d\u2019exper tise en ce domaine en Occident.» Bouffée d\u2019air tropical Dès l\u2019entrée dans l\u2019une des granges d\u2019Entomo Farms, une bouffée d\u2019air tropical happe le visiteur.Les grillons croissent à 32 °C, dans une atmosphère saturée d\u2019humidité.Patiemment, ces nouveaux fermiers ont développé les conditions parfaites pour assurer la croissance maximale et la reproduction de ces insectes, qui atteignent le stade adulte en seulement six semaines.Dans le couvoir, une petite pièce où s\u2019empilent des dizaines de bacs de plastique gorgés de mousse de tourbe humide, des millions d\u2019œufs fraîchement pondus sont gardés au chaud pendant 10 jours.«Chaque bac contient plus d\u2019un million d\u2019œufs et 75 % d\u2019entre eux vont éclore, ce qui est bien plus que dans la nature », affirme Darren Goldin, qui veille sur ces petits comme une chatte sur ses chatons.Le même couvoir abrite aussi une myriade de car tons d\u2019œufs remplis de milliers de bébés grillons à peine éclos, pas plus gros qu\u2019une tête d\u2019épingle.Ces rejetons passent ensuite à la « pouponnière », une zone interdite aux caméras en raison des procédés secrets développés pour maximiser la croissance des nymphes encore vulnérables à ce stade critique.«Grâce à nos techniques, les pertes sont très faibles », remarque Darren.Après deux semaines, les poupons vont rejoindre les criquets adultes « en liberté ».Les grillons sont free range.» «Ils vivent leur vie d\u2019insecte, mangent quand ils veulent», insiste le fermier, qui juge ce type d\u2019élevage beaucoup plus naturel que celui des bestiaux ou des poulets, coincés dans des cages et traités aux antibiotiques.Dans chaque aire « libre », quatre millions de grillons adultes gambadent et copulent en stridulant jusqu\u2019à leurs derniers jours.Loin d\u2019être une jungle où les insectes grouillent en tous sens, les bêtes se terrent plutôt sagement au sol de ce vaste entrepôt, dans de simples « condos » en carton posés en rangée au sol, grignotant les grains de maïs et de soja parsemés sur de grands plateaux.« Ils n\u2019ont besoin que de quelques gouttes d\u2019eau par jour et d\u2019un peu de grains.Avec une seule livre de grains, on produit une livre de grillons.Si l\u2019on compare cela aux vaches ou aux poules, c\u2019est infiniment plus productif », insiste le fermier enthousiaste.À chaque cycle de croissance, les deux granges d\u2019En- tomo Farms logent au total 90 millions de grillons, divisés en plusieurs salles hermétiques pour protéger la production en cas de pépins, mais aussi pour rassembler les grillons selon leur stade de croissance.Après six semaines, la « récolte», appuie Darren, se fait de façon éthique en euthanasiant les grillons à l\u2019aide de dioxyde de carbone, un gaz qui les plonge dans un coma et signe la fin de leur courte vie de bestiole.«Ça n\u2019a rien à voir avec les poulets ou les bestiaux qui vivent dans de piètres conditions et sont abattus avant la fin de leur espérance de vie, dit-il.Ici, il n\u2019y a aucune perte car l\u2019animal est consommé en entier.» En plus, Darren ne tarit pas d\u2019éloges à l\u2019endroit du criquet poop .Les excréments de grillon forment une fine poudre inodore au sol, simplement balayée comme du bran de scie.«C\u2019est très sec car les grillons utilisent toute l\u2019eau bue pour leur croissance.C\u2019est un fertilisant ef ficace qui peut être utilisé pour l\u2019agriculture.» Les écailles de l\u2019exosquelette des grillons, qui muent de 8 à 10 fois durant leur brève existence, s\u2019ajoutent à ce compost sec, chargé en potassium et autres minéraux.De la ferme au camion Les tonnes de grillons sont ensuite lavées, cuites, puis rôties dans six fours pendant deux heures à l\u2019usine de traitement, avant d\u2019être passées à la moulinette pour produire une fine poudre, vendue en sachets.Une faible proportion des grillons gardés entiers est assaisonnée sur place puis ensachée pour être vendue com - me amuse-gueule.Dif ficile d\u2019imaginer que 800 livres de farine de grillon sont produites ici chaque jour, dans ce local de quel ques mètres carrés, avec seulement trois employés, un malaxeur industriel et quelques fours de boulangerie.« Tout est fait à la main, sans machinerie lourde.Car, une fois cuits, les grillons pèsent des plumes », affirme un employé en manipulant d\u2019énor mes caisses.Malgré tout, produire une livre de farine de grillon demeure coûteux.La poudre se détaille aujourd\u2019hui 25$ la livre (40$ il y a trois ans) et 35$ pour la poudre bio (faite de grillons élevés aux grains bios, garantis sans OGM et sans gluten!).Les prix ne pourront chuter que si la demande pour ces produits se généralise, espère Jarrod Goldin.Des économies d\u2019échel - le seront alors possibles.« La curiosité se développe peu à peu.Quand on participe à des événements ou qu\u2019on tient des stands, 25% des gens y goûtent spontanément, 60 % sont curieux et intéressés par la valeur nutritionnelle, mais un peu hésitants, note Jarrod Gol- din.Peu de gens savent que la poudre de grillon peut remplacer la viande, et jusqu\u2019à 25 % de la farine, dans une multitude de plats.Notre principal défi reste de se faire connaître par le grand public ! » Le Devoir En Ontario, la plus grande ferme de grillons en Amérique réduit en poudre 800 livres de cet insecte par jour.L\u2019autre viande 2X.Les insectes contiennent deux fois plus de protéines que la viande.Fer.La plupart des insectes comestibles comportent autant ou plus de fer que le bœuf.«Les protéines d\u2019insectes pourraient aider à lutter contre l\u2019anémie dans certains pays en développement», selon la FAO.B12.Les insectes sont riches en vitamine B12 et autres acides aminés, absents des protéines végétales.Calcium et oméga 3.Le criquet contient plus de calcium que le lait et autant d\u2019oméga 3 que le poisson.Faible en gras, hy- perprotéinée, la poudre de grillon est prisée par les athlètes.La carapace de l\u2019insecte contient de la chitine, une fibre qui aurait des propriétés immunitaires.Impacts sur la santé.Aucun effet néfaste sur la santé n\u2019a été rapporté à court ou à long terme.Toutefois, des insectes prélevés en milieu naturel pourraient contenir des pesticides ou des métaux lourds, par bioaccumulation.L\u2019organisme préconise le développement de recherches pour mieux cibler les valeurs nutritives des diverses espèces comestibles, leur potentiel allergène et leur apport global à la santé humaine ou animale.Les insectes sont très rarement porteurs de bactéries.Source : FAO ISTOCK Chapulines d\u2019inspiration mexicaine apprêtées avec tortillas, fruits et avocats.Un vide juridique Pour l\u2019instant, les producteurs d\u2019insectes comestibles évoluent dans un vide juridique.Aucune loi ne régit, ici comme en Europe, l\u2019élevage des bêtes à six pattes destinées à la consommation humaine.Certains pays autorisent toutefois l\u2019usage des insectes et des farines d\u2019insectes destinés à nourrir les poulets, les bestiaux ou les poissons d\u2019élevage.Les producteurs sont toutefois assujettis aux règlements sanitaires sur le transport, la manipulation et l\u2019empaquetage des aliments.Avertissement.La Food and Drug Administration (FDA) américaine exige que l\u2019étiquette des produits contenant des insectes avise les consommateurs que ceux-ci peuvent entraîner des réactions chez les personnes allergiques aux crevettes puisque sa carapace, comme celle des insectes, contient de la chitine.La Suisse innove, l\u2019Europe recule.Lundi, le 1er mai 2017, la Suisse deviendra le premier pays européen à adopter une loi autorisant la mise en marché de trois espèces d\u2019insectes comme denrées alimentaires: le grillon, le criquet migrateur et le ver de farine (ténébrion).Après des années de démarches, la députée Isabelle Chevalley a convaincu les parlementaires helvètes d\u2019aller de l\u2019avant, alors que le Parlement européen, lui, vient plutôt de resserrer les règles liées à la commercialisation des insectes, qui tombent dans la catégorie «aliment nouveau».Sources : FDA, journal Le Temps, FAO Il faut changer les perceptions, voir cette nourriture comme n\u2019importe quelle forme de \u201cbétail\u201d, avec des valeurs nutritionnelles propres Nanna Roos, professeure associée au Département de nutrition de l\u2019Université de Copenhague, qui a agi à titre d\u2019experte pour la FAO « » L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 9 E T D I M A N C H E 3 0 A V R I L 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 6 Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 Découvrir sa ville autrement, c\u2019est amusant ! LE PREMIER CAMP DE JOUR LITTÉRAIRE AU QUÉBEC GRANDE BIBLIOTHÈQUE EN COLLABORATION AVEC Renseignements et inscription PARTENAIRE MÉDIA Pour les 8 à 13 ans Inscriptions en cours ! La construction du nouveau pont Champlain et le démantèlement de l\u2019ancien sont une opération logistique d\u2019une complexité inouïe.C\u2019est sans compter qu\u2019il faudra procéder à un important déménagement : celui d\u2019un couple de faucons pèlerins qui y niche depuis quelques années.Le chantier du nouveau pont Champlain va forcer le déménagement de plusieurs tonnes d\u2019acier, de chargements de béton et\u2026 de deux faucons pèlerins.ÉCOLOGIE URBAINE Le grand déménagement Quand détruire le vieux pont Champlain signifie une perte d\u2019habitat pour des faucons Pour que les hirondelles à front blanc continuent de faire le printemps aux abords du pont Champlain \u2014 où vit la plus importante colonie au Québec \u2014, il faudra les déménager elles aussi.Car elles font leur nid depuis plusieurs années sur la structure de béton, très propice à la construction de leurs petits condominiums de boue, qu\u2019elles réutilisent année après année lorsqu\u2019elles reviennent du sud.« Plusieurs hirondelles vont perdre leur nid lorsque le pont va être démantelé », confirme Martin Chias- son, directeur de l\u2019environnement à la société Ponts Jacques Cartier et Champlain Inc.(PJCCI) Les hirondelles construisent leurs nids très près les uns des autres.«Elles vont préférer le béton, car c\u2019est plus poreux.C\u2019est pourquoi on en voit moins sur le pont Victoria, dont la structure est en métal», explique Marilou G.Skelling, biologiste et directrices des opérations chez Services environnementaux Faucon.Ces messagères du printemps vont aussi privilégier les structures anthropiques et si possible avec des angles qui limitent leurs efforts et facilitent leur savante ingénierie.C\u2019est pourquoi, depuis deux ans, trois modèles de poutrelles de nidification, semblables à celles adoptées par les hirondelles, ont été testés.Un modèle a fait mouche auprès des hirondelles à front blanc et sera installé en grand nombre en particulier sur l\u2019estacade, pour les encourager à y bâtir et à délaisser l\u2019actuel pont.«On ne peut pas leur mettre des panneaux de signalisation et des lumières pour les attirer, plaisante Mme Skelling.Mais avec les éléments qu\u2019on met en place, il y a de fortes chances qu\u2019elles y aillent.» Le Devoir Encadré-Titre Les hirondell s changent d\u2019adresse L I S A - M A R I E G E R V A I S C haque fois que vous em- pr untez le pont Champlain, vous êtes obser vés de près par un prédateur qui a plusieurs meurtres à son actif.Une redoutable machine à tuer qui peut repérer sa proie à plus de six kilomètres et foncer sur elle à 300 km/h.Vous n\u2019avez pourtant rien à craindre du couple de faucons pèlerins qui niche dans la structure de béton depuis quelques années.Classé espèce vulnérable, c\u2019est plutôt lui qui doit être protégé, et qui devra être déménagé avec tous les égards sur le nouveau pont lorsque sera démantelé l\u2019ancien.Chaque printemps depuis 2012, un couple de faucons pèlerins, for t probablement le même, installe ses pénates dans une petite boîte munie de perchoirs et de gravillons pour retenir les œufs fixée au béton du pont Champlain par le service environnemental de Ponts Jacques Cartier et Champlain Inc.(PJCCI) C\u2019est sa « résidence d\u2019été », où il se pose après un vol long-courrier en partance de l\u2019Amérique du Sud ou des États-Unis.Roi des hauteurs, le faucon pèlerin aime à nicher sur les constructions en haute altitude, comme les ponts et les tours de bureaux.À Montréal, où une dizaine de couples se disputent le territoire, des nids \u2014 plutôt des œufs, car le faucon ne construit pas de nid, mais s\u2019assure que les œufs ne roulent pas en bas \u2014 ont été observés notamment sur la cheminée de l\u2019incinérateur des Carrières, la tour de l\u2019Université de Montréal, le pont Honoré-Mercier et l\u2019échangeur Turcot.Depuis quelques années, les spécialistes remarquent que cet oiseau rapace s\u2019adapte plutôt bien à la ville, où les corniches des falaises naturelles ont fait place à celles des gratte-ciel.Même qu\u2019en raison de l\u2019abondance de pigeons et autres proies en milieu urbain, il migrerait de moins en moins.Sauvés du danger d\u2019extinction, les faucons n\u2019en sont pas moins protégés.Ils font partie des 90% des espèces encadrées par la Loi sur la convention concernant les oiseaux migrateurs qui interdit de perturber la nidification ou de détruire un nid.Un déménagement forcé Le moment du démantèlement du vieux pont n\u2019est pas encore déterminé.Mais étant un succès, les «condos» à la disposition de ces oiseaux rapaces, une gracieuseté d\u2019Infrastructure Canada, devront être installés sur le nouveau pont une fois sa construction achevée.Le coût de ce déménagement inusité ?Le consortium Signature sur le Saint-Laurent Construction, qui bâtit le nouveau pont, n\u2019a pas été en mesure de fournir l\u2019information au Devoir, mais il confirme que « le nombre de nouvelles boîtes de nidification [\u2026] sera au minimum égal au nombre de nids de faucons pèlerins existants sur le pont Champlain».« Ce n\u2019est pas une garantie que les faucons vont y retourner, mais ils ont l\u2019habitude d\u2019y nicher et ils sont assez instinctifs », souligne Mme Skelling, dont l\u2019entreprise est chargée du suivi de l\u2019espèce pour le compte de PJCCI.Pour Martin Chiasson, directeur de l\u2019environnement à PJCCI, il y a un avantage à tenter d\u2019influencer l\u2019endroit où le faucon va nicher, à la fois pour assurer sa protection et pour que les travaux planifiés ne soient pas empêchés par la présence de l\u2019oiseau.«On essaie, mais on n\u2019a pas le contrôle.Une année, le faucon avait décidé d\u2019aller s\u2019installer dans la structure, hors de la boîte.Ça peut poser problème s\u2019il vient nidifier à un endroit où il y a des travaux prévus.Il faut faire une intervention d\u2019urgence et, s\u2019il y a des oisillons, c\u2019est compliqué.La boîte, sa conception avec perchoirs, son orientation à l\u2019abri des vents dominants, tout est pensé pour que l\u2019oiseau s\u2019y installe.« On met toutes les chances de notre côté pour que tout le monde soit content.» Oiseau territorial Reconnu comme étant un oiseau de proie très territorial, le faucon mâle reprend ses droits sur son domaine de quelque 3 à 5km de rayon lorsqu\u2019il revient de la migration au printemps.Il est plutôt fidèle à ses habitudes \u2014 et retrouve la même femelle même s\u2019ils ont été séparés pendant leurs vacances dans le sud \u2014, mais il arrive qu\u2019il change de territoire parce qu\u2019un fauconneau plus fringant lui tient tête.Installés depuis 2002, les nichoirs du pont Champlain ont déjà été déplacés en raison de travaux, mais les faucons ont toujours su les retrouver le printemps venu.« On essaie toujours de placer les boîtes dans une zone où le nid ne subira pas de travaux», explique Mme Skelling.En milieu naturel, le ministère de la Faune recommande une zone libre de perturbations dans un rayon de 250 mètres autour du nid et d\u2019une zone tampon supplémentaire de 100 mètres.«En milieu urbain, c\u2019est impossible, dit la biologiste.Il faudrait interdire toute circulation sur le pont.» Et s\u2019ils ne revenaient pas sur le pont le printemps venu ?«C\u2019est possible.Ils pourraient par exemple décider d\u2019aller sur une des hautes tours de l\u2019île des Sœurs, ou ailleurs en hauteur, poursuit-elle.Mais le pont Champlain va continuer de faire partie de leur territoire.» Le Devoir Espèces protégées par PJCCI Faucon pèlerin Hirondelle à front blanc Couleuvre brune Chevalier cuivré Rainette faux-grillon GUILLAUME LEVASSEUR LE DEVOIR Marilou Skelling, directrice des opérations à Services environnementaux Faucon, tient un faucon pèlerin baptisé Jackie.Depuis 2012, un couple de la même espèce installe ses pénates chaque printemps dans une petite boîte fixée au béton du pont Champlain.J E A N N E C O R R I V E A U A lgo et Polly sont à la recherche, ces jours-ci, d\u2019un nouveau site pour élever leurs petits.En raison de la reconstruction de l\u2019échangeur Turcot, le couple de faucons pèlerins n\u2019a plus accès au pilier autoroutier sur lequel il avait l\u2019habitude de nicher.Cela fait trois ans que les deux faucons pondent leurs œufs sur un pilier de l\u2019autoroute 15 qui enjambe le canal de Lachine.Nés en 2009 sur une corniche de la tour de l\u2019Université de Montréal, Algo et Polly (qui sont frère et sœur) ont formé un couple et ont jeté leur dévolu sur l\u2019échangeur Turcot pour nicher.« Le dessus d\u2019un pilier d\u2019un échangeur ou d\u2019un pont fait un très bon nid », note Marilou Skelling, directrice des opérations à Services environnementaux Faucon.Sauf que l\u2019échangeur Turcot doit être reconstruit.Les travaux ont commencé en 2015 et devraient se terminer en 2020.Le ministère des Transpor ts du Québec (MTQ) et le consor tium KPH Turcot ont dû prendre des mesures pour s\u2019assurer que le couple d\u2019oiseaux ne reviendra pas nicher sur les piliers de Turcot.Le faucon pèlerin étant classé comme une espèce vulnérable, la loi interdit de le per turber en période de nidification.Le MTQ et KPH T urcot ont donc bouché toutes les cavités des piliers susceptibles de servir de site de ponte aux faucons et re- t iré les deux boîtes de nidif ication qui étaient en place.Même si les deux nichoirs n\u2019ont jamais été utilisés par les oiseaux, ils ont été replacés sur deux bâtiments du secteur, le Centre récréatif Gadbois et l\u2019ancien pensionnat Côte-Saint-Paul, qui se trouvent dans les limites de leur territoire habituel.« Les faucons aiment nicher en hauteur, mais l\u2019échangeur Turcot n\u2019est pas si haut si on le compare à d\u2019autres structures, note Marilou Skelling.Dans les environs, il y a peu de structures élevées.C\u2019était dif ficile de trouver des caractéristiques qui répondaient à tous leurs critères.» Le nouvel échangeur, qui sera quelques mètres plus bas que l\u2019échangeur actuel, ne sera pas optimal, fait-elle remarquer.Où iront Algo et Polly ?Pour l\u2019instant, les autorités ignorent quel site choisira le couple.Après leur périple hivernal dans le sud, les faucons sont revenus à l\u2019échangeur Turcot ce printemps, confirme Mar tin Girard, por te-parole du MTQ.« Même si les faucons ont été aperçus, aucun nid n\u2019a été vu », a-t-il précisé.Un couple tolérant Algo et Polly semblent s\u2019accommoder de l\u2019environnement animé de l\u2019échangeur Tur- cot, de la présence humaine et du chantier.« Ils nichent au-dessus de la piste cyclable.Il y a des kayaks qui empruntent le canal de La- chine et des centaines, voire des milliers de personnes qui passent là chaque jour.On voit que ce couple-là en par ticulier est très tolérant », fait remarquer Marilou Skelling.En revanche, les deux faucons semblent ne pas apprécier les chiens, dit-elle.Le Devoir ÉCHANGEUR TURCOT Le couple Algo et Polly n\u2019a plus accès à son pilier d\u2019autoroute Le dessus d\u2019un pilier d\u2019un échangeur ou d\u2019un pont fait un très bon nid Marilou Skelling, directrice des opérations à Services environnementaux Faucon « » L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 9 E T D I M A N C H E 3 0 A V R I L 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 7 HÉLÈNE ROULOT-GANZMANN Collaboration spéciale F rederico Uribe est étudiant en Colombie, son pays d\u2019origine, lorsqu\u2019il a son premier contact avec le Québec.Pour lui, le Canada est alors un peu loin, et froid, un pays paci?que, calme, développé, ou l\u2019on parle anglais.Et puis, il y a cette rencontre déterminante avec un professeur québécois participant à un programme d\u2019échange avec l\u2019Université de Carthagène.Quelques mois plus tard, il arrive à Montréal, et ne quittera la ville que l\u2019espace d\u2019un an et demi, le temps d\u2019obtenir sa résidence permanente.Depuis l\u2019an dernier, il est citoyen.« Ma vie est ici, indique-t-il d\u2019emblée.Ça ne veut pas dire que je ne retournerai pas un jour en Colombie, parce que je me sens la responsabilité de partager mon expérience d\u2019ici avec mon pays.Mais si je repars, ce sera comme une nouvelle immigration.La Colombie change, les Colombiens ont changé, et moi peut-être encore plus.» M.Uribe prend réellement conscience de cet écart qui se creuse entre lui et ceux qu\u2019il a laissés au pays lorsqu\u2019il fréquente les festivals l\u2019été.«On repère tout de suite ceux qui viennent de débarquer, raconte-t-il.En Amérique latine, c\u2019est encore assez normal par exemple de laisser ses déchets par terre, et les nouveaux arrivants continuent à le faire.Lorsqu\u2019ils arrêtent ou lorsqu\u2019ils commencent à faire la ?le pour prendre le bus, c\u2019est la preuve qu\u2019ils commencent à s\u2019intégrer.» D\u2019origine chilienne, Brunilda Reyes a fui son pays au début des années 80, en pleine dictature d\u2019Augusto Pinochet.Une première fois en France pendant 14 ans.Croyant que le régime est tombé, elle retourne au Chili dans les années 90.Mais même s\u2019il n\u2019est of?ciellement plus au pouvoir, le général Pinochet tient toujours le pays, et elle et sa famille sont en danger.Ils débarquent à Montréal en 1995.« Je n\u2019ai pas voulu faire la même erreur qu\u2019en France, souligne-t-elle.Je ne voulais pas vivre en projetant un hypothétique retour.J\u2019avais quatre enfants.Pour eux, il fallait que je m\u2019intègre.» Mme Reyes décide alors de ne pas fréquenter sa communauté.Elle a besoin de toute sa force pour s\u2019intégrer.De toute façon, ceux qui sont arrivés dans les années 70 ne comprennent pas les gens comme elle, con?e-t-elle, ceux qui quittent le pays alors que, croient- ils, la démocratie est revenue.« Je refusais de vivre complètement à la chilienne, raconte-t-elle.Nous parlions français à la maison lorsque les enfants étaient petits, nous ne cuisinions pas exclusivement chilien et nous regardions le téléjournal.On me reprochait de perdre ma culture.Mais non, elle est très bien rangée ma culture, ne vous en faites pas ! Je sais la ressortir lorsque j\u2019en ai envie.» Mamselle Ruiz a posé ses valises à Québec en 2009, avant de s\u2019installer à Montréal.À l\u2019époque, elle est artiste de cirque et a passé plusieurs années autour du monde avant de décrocher un rôle d\u2019échassière au Cirque du Soleil.Très vite, elle comprend qu\u2019il faudra qu\u2019elle apprenne le français le plus rapidement possible.Incapable de parler la langue, elle se sent comme une enfant.« Je me suis posé beaucoup de questions sur moi, explique la jeune chanteuse et compositrice, révélation Radio-Canada en 2013-2014.J\u2019avais peur de me perdre.Est-ce que je voulais devenir une femme québécoise?Rester la jeune femme mexicaine que j\u2019étais?Est-ce que j\u2019étais réellement une femme libre au Mexique comme je le croyais?J\u2019ai découvert que j\u2019étais plus soumise que je ne le pensais.Une expérience d\u2019immigration, ça te fait sortir de ta zone de confort.Mais je m\u2019épanouis ici.Je reçois un accueil magni?que avec ma musique.Les Mont- réalais aiment la culture latino.» À leur arrivée, tous trois ont ainsi refusé de s\u2019enfermer dans leur communauté.Les Mont- réalais sont d\u2019ailleurs dans leur grande majorité très accueillants, reconnaissent-ils\u2026 jusqu\u2019à un certain point.Dans le milieu de travail, si tu ne t\u2019appelles pas Tremblay, esti- ment-ils, il y a un moment où tu vas atteindre un plafond.C\u2019est sans doute une des raisons pour lesquelles ils ont tous les trois créé leur emploi.Freddrico Urube comme photographe, Mamselle Ruiz comme artiste et Brunilda Reyes comme fondatrice des Fourchettes de l\u2019espoir, un organisme de bienfaisance luttant contre la malnutrition dans Montréal-Nord.Parce qu\u2019elle ne peut concevoir que des enfants puissent ne pas manger à leur faim dans un pays comme le Canada.Depuis 22 ans que Brunilda Reyes est arrivée, ses enfants à elle ont bien grandi.Ils sont devenus des Québécois et se sont intégrés sur le marché du travail.Envisage-t-elle un retour au pays?Jamais.Elle est Montréalaise avant tout.« Mes enfants sont ici, ils sont en couple, mixte pour certains, explique-t-elle.Et puis, un retour au Chili serait vraiment problématique.Les gens qui sont restés t\u2019en veulent d\u2019avoir fui la dictature, sans imaginer le prix que tu as dû payer, toi, pour quitter les tiens et te reconstruire ailleurs.Alors, ma vie à moi maintenant, elle est ici.» Semaine prochaine:la communauté chinoise S\u2019intégrer pour mieux s\u2019épanouir CONTENU COMMANDITÉ PAR LA SOCIÉTÉ DES CÉLÉBRATIONS DU 375E ANNIVERSAIRE DE MONTRÉAL L\u2019une est Chilienne, l\u2019autre est Mexicaine, lui est Colombien.C\u2019est au Sabor Latina, dans une ambiance de salsa-tacos, que nous avons donné rendez-vous à trois représentants des communautés latino-américaines de Montréal.Trois personnes qui vivent cependant relativement peu au sein de leurs communautés.Car, selon eux, le risque serait trop grand de ne pas quitter leur pays dans leur tête.Le Devoir poursuit cette semaine, en collaboration avec la Société des célébrations du 375e anniversaire de Montréal, la publication de sa série de portraits des communautés culturelles qui ont bâti le Montréal d\u2019aujourd\u2019hui.Guillaume Levasseur Brunilda Reyes, Frederico Uribe et Mamselle Ruiz MONTRÉAL COULEURS CAFÉS ANIMATION INVITÉE SPÉCIALE CONFÉRENCIÈRE PRINCIPALE EN DIRECT SUR LA PAGE FACEBOOK DU DEVOIR ET SUR LE SITE : LEDEVOIR.COM/ PRESSEETUDIANTE ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR À 20 jours de l\u2019élection des porte-parole de QS, Manon Massé soupèse toujours les dangers et les bénéfices d\u2019une éventuelle convergence avec le PQ.M A R C O B É L A I R - C I R I N O Correspondant parlementaire à Québec À trois semaines du congrès de Québec solidaire, les tenants d\u2019alliances électorales avec le Parti québécois en vue du scrutin de 2018 n\u2019ont toujours pas réussi à convaincre Manon Massé.«Il y a des arguments pour.Il y a des arguments contre.Moi, actuellement, ma tête n\u2019est pas faite parce qu\u2019il y a du bon des deux côtés», a-t-elle laissé tomber au cours d\u2019une entrevue vendredi.Pourquoi la seule candidate en lice pour le poste de porte-parole féminine s\u2019aliénerait-elle la moitié des membres?ironisait quelques minutes plus tôt un militant de longue date de QS lors d\u2019un échange avec Le Devoir.Il ne s\u2019agit pas d\u2019une manœuvre pour éviter de se rallier au camp des «proconvergence» ou encore à celui des «anticonvergence» à environ 20 jours de l\u2019élection des deux porte-parole de QS, jure Mme Massé la main sur le cœur.«Le [rôle] de leader, ce n\u2019est pas toujours de prendre la parole, c\u2019est aussi d\u2019être à l\u2019écoute», ajoute-t-elle.La députée de Sainte-Marie\u2013Saint-Jacques dit s\u2019affairer à faire «émerger les arguments importants» afin que les militants puissent trancher le débat sur la convergence des forces indépendantistes et progressistes au congrès des 19, 20 et 21 mai prochains.À ses yeux, les solidaires doivent « tenir compte» du risque de voir des militants et des sympathisants tourner le dos à QS s\u2019il scelle des alliances stratégiques avec le PQ \u2014 qui prévoiraient par exemple la désignation d\u2019un candidat indépendantiste et progressiste dans des circonscriptions choisies.«Si QS se rapproche d\u2019un pouce et quart du PQ, il y a toute une partie de la population qui va se sentir trahie par QS, souligne Mme Massé.C\u2019est important comme argument.» Elle pense notamment aux membres de la communauté anglophone, de communautés culturelles ainsi qu\u2019aux «personnes racisées», qui n\u2019ont jamais été aussi nombreuses à voir QS comme une solution de remplacement au PLQ.Par ailleurs, le mode de scrutin actuel nuit au «travail de collaboration» entre les formations politiques, poursuit Mme Massé.«Gouverner avec le Parti québécois ou n\u2019importe quel autre parti politique, ça n\u2019a aucun sens actuellement», lâche l\u2019élue à la veille du second débat entre les candidats au porte-parolat de QS (dimanche à Québec).En revanche, un pacte électoral avec le PQ pourrait notamment faciliter une percée de QS à l\u2019extérieur de l\u2019île de Montréal, où il est confiné depuis l\u2019élection d\u2019Amir Khadir en 2008.Étoiles et pogo Au printemps 2015, les étoiles se sont alignées pour le Nouveau Parti démocratique dans « le pays du pétrole», l\u2019Alberta.«Les étoiles vont s\u2019aligner [prochainement]» pour QS, est-elle persuadée.D\u2019ailleurs, la formation politique qu\u2019elle a fondée notamment aux côtés de Françoise David et de François Saillant fait actuellement le plein de nouveaux membres et de candidats potentiels en vue du scrutin de 2018.«L\u2019arrivée de Gabriel, ce n\u2019est pas anodin», fait-elle remarquer.«Pour moi, on n\u2019a pas mis sur pied Québec solidaire pour autre chose que pour gouverner», dit- elle.Pour y arriver, Mme Massé veut entre autres choses développer le sens de la formule de QS, sans pour autant tomber dans la «clip» facile.C\u2019est la stratégie du «pogo le plus dégelé de la boîte».Le Devoir QUÉBEC SOLIDAIRE Convergence : Manon Massé ignore à quelle enseigne loger J E A N - F R A N Ç O I S N A D E A U N on, l\u2019esclavage n\u2019est jamais allé de soi.Il y a toujours eu de l\u2019opposition à ce rabaissement total de certains hommes au profit d\u2019autres hommes, explique l\u2019historien Olivier Grenouilleau, de passage à Montréal à l\u2019occasion d\u2019une conférence publique.Servi par une connaissance encyclopédique de son sujet, Olivier Grenouilleau montre dans son plus récent livre, La révolution abolitionniste (Galli- mard), comment s\u2019est joué, sur plusieurs théâtres et avec bien des paradoxes, le renversement de l\u2019esclavage entre le XVIIIe et le XIXe siècle.Il s\u2019agit, explique-t-il en entrevue, d\u2019un moment très particulier dans l\u2019histoire de l\u2019humanité.Et ce n\u2019est pas une suite d\u2019histoires nationales sous l\u2019angle de l\u2019esclavage qu\u2019il propose, mais bien une « histoire totale ».L\u2019abolition est une révolution, plaide ce spécialiste de l\u2019histoire de l\u2019esclavage et du capitalisme, tout en soutenant par ailleurs que de nouvelles formes d\u2019esclavage se sont développées de nos jours.« L\u2019esclave est celui qui est considéré comme un Autre \u2014 au nom de sa culture, de sa religion, de sa couleur \u2014 et qui est réduit socialement à quelqu\u2019un à qui on peut tout demander.Ce n\u2019est pas forcément quelqu\u2019un qui travaille beaucoup, mais bien un individu dont l\u2019humanité est mise en sursis.C\u2019est un humain, un animal et une chose tout à la fois.» Ceux qui se dressent contre l\u2019esclavage sont parfois opposés entre eux sur plusieurs théâtres idéologiques.Ils ne se retrouvent qu\u2019en apparence dans cette lutte.«Les abolitionnistes sont très peu nombreux au départ.» Et ils se structurent alors que l\u2019esclavagisme atteint un sommet dans l\u2019histoire.«Il est faux de dire que c\u2019est la pensée catholique qui a raison de l\u2019esclavage.Il y a beaucoup plus que cela.Mais il y a ça aussi.» Certains peuples étaient défavorables à l\u2019esclavage de longue date, bien avant même la naissance du christianisme.C\u2019est le cas des Esséniens ou des Thérapeutes dans l\u2019Antiquité.Si l\u2019esclavage est admis ou même défendu par des philosophes comme Platon et Aristote, cela suppose aussi que le concept fasse l\u2019objet de débats.Dans L\u2019esprit des lois, Montesquieu détruisait l\u2019idée de l\u2019esclavage.« Mais lui comme d\u2019autres n\u2019étaient pas pour autant abolitionnistes.Ils ne souhaitaient pas que cela s\u2019arrête partout.» Alors, qu\u2019est-ce qui va changer?Une nouvelle conception générale de l\u2019individu fonde un système de droit sur lequel les abolitionnistes projettent bientôt leurs vues sur le monde.« Les abolitionnistes veulent agir sur le monde.Ils ont une idée morale.Ils souhaitent une \u201crégénération\u201d, un mot qu\u2019on emploie beaucoup.Cette morale fonde une nouvelle idée du droit.On avait jusque-là l\u2019idée que, selon le \u201cdroit naturel\u201d, tous les hommes sont égaux.Dans le droit des gens, cela n\u2019empêchait pas l\u2019esclavage, défendu au nom de l\u2019histoire, d\u2019une tradition, de textes anciens.Soudain, de grands principes \u2014 la liberté, l\u2019égalité \u2014 sont mis à la base de tout.Tout s\u2019emboîte.On ne sent plus le besoin de dissocier le droit naturel d\u2019autres facettes de la vie.On affirme donc que tout se tient et que l\u2019esclavage est contre nature.Une première dans l\u2019histoire de l\u2019humanité.» Les courants contre l\u2019esclavage ne sont pas toujours tels qu\u2019on se les représente de façon caricaturale, explique l\u2019historien.Ils varient d\u2019ailleurs beaucoup d\u2019une société à l\u2019autre.« En Angleterre, par exemple, les abolitionnistes tiennent plutôt à des mouvements populaires.En France, plutôt à une certaine élite.» Ce n\u2019est pas seulement à cause de l\u2019économie, de la religion ou de la montée du sentiment de soi que l\u2019esclavage s\u2019ef fondre, mais grâce à une suite de recompositions de ces idées, selon diverses tendances en présence.Les paradoxes à cet égard sont nombreux.Grenouilleau les observe froidement, dans la perspective où l\u2019historien n\u2019a pas à simplifier la réalité.Ainsi note-t-il qu\u2019une partie de l\u2019argumentation contre l\u2019esclavage se construit en simple réaction aux propos qui le défendent.« Ce n\u2019est pas simple.Des gens disent que j\u2019essaie de trouver un juste milieu dans ma lecture de l\u2019histoire.Mais non! J\u2019essaie simplement de travailler en bon artisan : souvent cela consiste à essayer d\u2019expliquer des choses complexes.» Nouveaux esclaves L\u2019effondrement du système esclavagiste n\u2019a pas entraîné pour autant la libération complète des gens qui en étaient les victimes.En toute logique, l\u2019abolition aurait dû conduire dans un même mouvement «à réformer le système économique».Certains y ont pensé, montre l\u2019historien.Mais cela n\u2019a pas été fait.« On imagine des réformes sociales complètes, mais concrètement, ce n\u2019est pas ce qui a été fait.C\u2019est le gros du problème.La structure se maintient.Et le racisme se renforce.L\u2019abolition ne met pas un terme au racisme.» L\u2019esclave, d\u2019ailleurs, est-il bien mort entre le XVIIIe et le XIXe siècle?«Bien sûr que non.On parle même aujourd\u2019hui de nouvelles formes d\u2019esclavage.Mais toutes les formes d\u2019exploitation ne sont pas forcément de l\u2019esclavage, comme on a trop souvent tendance à le croire.» « On peut considérer au- jourd\u2019hui qu\u2019il existe des millions d\u2019esclaves qui rappellent les conditions de l\u2019esclavage ancien.C\u2019est un esclavage de fait, au nom de nouvelles formes de domination.» Des individus qui n\u2019ont aucun recours, sans papiers, sont à la merci des autres.Dans « la société globale» d\u2019aujourd\u2019hui, le vieux problème se pose donc toujours.Le Devoir LA RÉVOLUTION ABOLITIONNISTE Olivier Grenouilleau Gallimard Paris, 2017, 504 pages L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 9 E T D I M A N C H E 3 0 A V R I L 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 8 Aimez où vous vivez ! 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Profitez de cette chance unique de les rencontrer.Une première au Canada.CONNEXIONS VIVANTES 17 mai à 21 h 30 Pont Jacques-Cartier Assistez à l\u2019illumination spéciale de 30 minutes, un rendez\u2013vous unique pour la fête de Montréal.Ce projet d\u2019envergure a été conçu par Moment Factory et ses collaborateurs, et piloté par Les Ponts Jacques Cartier et Champlain Incorporée.Programmation officielle à ne pas manquer EN MAI EXPO 67 50 ANS PLUS TARD Jusqu\u2019au 29 octobre À travers la ville LA GRANDE TOURNÉE 12 mai au 17 septembre 19 arrondissements CITÉ MÉMOIRE Dès le 10 mai, tous les soirs Vieux-Montréal RENCONTRES EN NOUVELLE- FRANCE 19 au 22 mai Place D\u2019Youville SYMPHONIE MONTRÉALAISE 31 mai, 1er et 2 juin Maison symphonique de Montréal MTL Tous les jeudis à 20 h À Télé-Québec L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 9 E T D I M A N C H E 3 0 A V R I L 2 0 1 7 A 10 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 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l\u2019édition du 28 avril.Il est indiqué que Maxime Bernier avait l\u2019appui de deux députés québécois, les autres s\u2019étant prononcés lui ayant préféré Erin O\u2019Toole.Il aurait fallu lire qu\u2019ils lui ont préféré Andrew Scheer (4) et Erin O\u2019Toole (2).des écoles québécoises.De l\u2019aveu même de la commission scolaire, celle-ci n\u2019a pas modifié son programme et, en 2007, le ministère lui a donné un délai de cinq ans pour se conformer au nouveau programme.En 2013, ce n\u2019était toujours pas fait.«On n\u2019a pas été en mesure de respecter cette échéance, notamment en raison d\u2019un gros taux de roulement dans le personnel », avoue la relationniste.Ainsi, depuis juin 2013, le ministère délivre des attestations d\u2019équivalence de niveau de scolarité de 5e secondaire.Ce papier est généralement octroyé à des adultes qui, après avoir passé une série de tests, peuvent répondre aux attentes d\u2019un employeur qui exige un DES ou l\u2019équivalent.L\u2019attestation n\u2019est généralement pas reconnue par les établissements d\u2019études postsecondaires, mais la commission scolaire a conclu des ententes avec deux d\u2019entre eux, le collège Montmorency et le cé- gep John Abbot, qui accueillaient déjà la très grande majorité des étudiants de cette commission scolaire puisqu\u2019ils disposent de services développés spécifiquement pour cette clientèle.Selon la commission scolaire, environ 300 étudiants auraient été ainsi privés d\u2019un diplôme d\u2019études secondaires.En effet, entre 60 et 75 élèves y sont diplômés annuellement.Il faut dire que le taux de décrochage se situe autour de 83 % dans cette région.Ce n\u2019est qu\u2019en septembre dernier que la commission scolaire a renvoyé son programme pour évaluation au ministère de l\u2019Éducation, qui fait toujours l\u2019objet de discussions.Aucune information aux parents Sur son site Web, la commission scolaire indique pourtant « que 56 élèves ont obtenu leur diplôme d\u2019études secondaires » pour l\u2019année 2015-2016.«Nous, quand on dit 56 finissants, ce sont des jeunes qui ont obtenu des attestations», nuance Mme Bernier au bout du fil.Elle concède que, depuis 2013, ni les jeunes ni leurs parents n\u2019ont été officiellement mis au courant du fait qu\u2019ils ne recevraient pas un DES, mais bien une attestation d\u2019équivalence, à la fin de leurs études secondaires.« Nous n\u2019avons pas fait de communications à ce sujet au moment du changement en 2013.» Elle précise par ailleurs que, jusqu\u2019à tout récemment, aucun étudiant ou parent n\u2019avait questionné la commission scolaire sur ce sujet.«À la fin de l\u2019année scolaire, il y a une cérémonie de remise des diplômes à l\u2019école pour les finissants et c\u2019est juste dans le courant de l\u2019été que les gens reçoivent par la poste le document of ficiel du ministère de l\u2019Éducation.Sur ce document-là, ça dit \u201cattestation\u201d, donc, dans ce sens, ce n\u2019est pas quelque chose qui était caché.» Des inquiétudes ont surgi tout récemment chez certains parents qui ont interrogé la commission scolaire sur le statut des diplômes.«On s\u2019est rendu compte qu\u2019il y avait un manque d\u2019information et de clarté concernant ce sujet.Donc, pour s\u2019assurer que les parents ne s\u2019inquiètent pas pour rien, on vient d\u2019envoyer une lettre pour leur expliquer la situation », affirme Jade Bernier.Le ministre préoccupé Le sujet a été abordé par le député péquiste Alexandre Cloutier à l\u2019Assemblée nationale au cours de l\u2019étude des crédits en éducation, jeudi et vendredi.Le ministre, qui n\u2019était pas au courant du dossier, a tenté de rapporter les informations que son équipe lui fournissait au compte-gouttes.Il a confirmé que le cours de mathématiques des écoles de la Commission scolaire Kativik ne correspondait pas au régime pédagogique et que, dans cette situation, les élèves ne pouvaient pas obtenir un diplôme.«Ça n\u2019a pas lieu d\u2019être », a reconnu le ministre, qui parlait, lui, de 26 élèves qui auraient eu accès à un diplôme d\u2019études secondaires et de 54 qui ont dû se contenter d\u2019une attestation l\u2019an dernier.«Ça vient d\u2019être porté à mon attention.On me dit qu\u2019il y a déjà du travail qui est fait avec la commission scolaire pour rendre le programme de mathématiques local conforme à nos exigences.Alors, oui, vous pouvez être assurés de ma collaboration pour que l\u2019ensemble des élèves qui réussissent à Kativik puisse obtenir un diplôme d\u2019études secondaires.» En entrevue au Devoir, Alexandre Cloutier parlait d\u2019un « problème grave » pour des jeunes qui doivent déjà faire face à de nombreux défis en matière d\u2019éducation.« Pendant que les fonctionnaires ne trouvent pas de solution, ce sont des jeunes qui n\u2019obtiennent pas leur diplôme.On va donner le temps au ministre de se virer de bord, mais ça devrait être une priorité.Ce n\u2019est pas normal qu\u2019un dossier traîne depuis si longtemps.» Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 DIPLÔME par des écologistes versés en entomologie, a littéralement explosé.Elle est devenue la plus grande ferme d\u2019élevage d\u2019insectes à consommation humaine en Amérique et un des principaux fournisseurs de poudre de grillons à travers le monde.De 5000 pieds carrés à l\u2019origine, la ferme s\u2019étend maintenant sur 60 000 pieds carrés dans deux bâtiments et produit jusqu\u2019à 900 millions de « criquets » par année.Pas moins de 450 tonnes de petites bêtes destinées à la vente en gros.Jarrod Goldin, cofondateur et président d\u2019Entomo Farms, évalue déjà à 40 000 pieds carrés l\u2019espace additionnel qu\u2019il faudrait pour répondre à la demande.Sur le carnet de commandes s\u2019affichent une centaine d\u2019entreprises et de clients du Québec, des États-Unis, de l \u2019Australie, de la Nouvelle-Zélande, de l\u2019Afrique du Sud, du Japon\u2026 La piqûre pour le grillon Dans les pays occidentaux, l\u2019intérêt pour la protéine d\u2019insectes connaît actuellement un essor fulgurant, dopé par les préoccupations écologistes.La publication en 2013 d\u2019un rapport- choc de la FAO déclinant le potentiel nutritionnel des insectes pour assurer la souveraineté alimentaire des neuf milliards d\u2019humains que comptera la Terre en 2050 a eu l\u2019effet d\u2019un détonateur.Au Québec, aux États-Unis comme en Europe, plusieurs « jeunes pousses » sont nées dans la foulée, déterminées à créer des aliments écoresponsables et ultraprotéinés, enrichis de farine d\u2019insectes.«Pour moi, cette sortie de la FAO a été un électrochoc.Je cherchais à démarrer une entreprise.J\u2019ai découver t Entomo Farms et leur ai commandé de la poudre de criquets.J\u2019ai ajouté ça à mon smoothie et publié ça sur ma page Facebook.En quelques heures, 15 personnes m\u2019ont demandé de leur en commander, même des gens que je ne connaissais pas ! Après la 10e commande, je me suis dit qu\u2019il y avait un marché là», raconte Daniel Novak, cofondateur de Crickstart Food.Après des mois d\u2019expérimentations culinaires, le jeune diplômé en finances vient d\u2019investir le marché américain avec ses croustilles olives et quinoa, ses barres énergétiques et ses collations à la poudre de grillons.Son but : conquérir Brooklyn, San Francisco, New York, là où le marché de la « consommation responsable » a déjà le vent dans les voiles.« À San Francisco, où les gens aiment les choses dif férentes, c\u2019est la folie !» affirme le jeune entrepreneur.Et il n \u2019est pas le seul à craquer pour le grillon.Tout récemment, les trois jeunes créateurs de la barre Näak, hautement protéinée en farine de grillons, ont pris d\u2019assaut le plateau ra- dio-canadien de l\u2019émission Dans l\u2019œil du dragon.Après avoir fait leurs classes en marketing et en vente en ligne pour l\u2019entreprise Groupon, les jeunes entrepreneurs ont convaincu deux des bonzes de la business d\u2019injecter 30 000 $ en retour d\u2019une participation de 24 % dans l\u2019entreprise.À Montréal, uKa Protéine concocte aussi des barres « chocolat et Cayenne », « cerise et thé vert ».Virebibittes s\u2019y est mise en Estrie, alors que la start-up Wilder Harrier a investi les rayons de la chaîne Mondou avec ses croquettes pour chiens à base de grillons.« Il se passe quelque chose au Québec, d\u2019où viennent plusieurs de nos gros clients, confirme Jarrod Goldin.Nous étions l\u2019un des rares producteurs en Amérique en 2014 ; il y en a aujourd\u2019hui au moins une dizaine aux États-Unis.» Les géants tendent l\u2019oreille Depuis que la viande perd de sa gloriole, même le géant de l\u2019alimentation Loblaws s\u2019est piqué de placer les protéines d\u2019insectes au sommet de ses tendances à surveiller en 2017.Le magasin phare de la chaîne à Toronto consacre une section entière aux produits à base d\u2019insectes, et une chef torontoise y mijote brochettes et empanadas relevés aux criquets.Rien ne semble vouloir arrêter les explorations culinaires à partir de «cet aliment du futur ».Même si le consommateur moyen, lui, n\u2019est pas prêt à croquer de la sauterelle dans ses céréales au petit-déjeuner, les hommes d\u2019affaires ont déjà flairé le potentiel lucratif de cette protéine qui pourrait devenir la « viande » de l\u2019avenir.Selon une étude de Global Market, le marché pour les produits à base d\u2019insectes passera de 33 millions de dollars en 2016 à 520 millions en 2023.Pas étonnant qu\u2019aux États-Unis, de gros joueurs du secteur alimentaire ont déjà placé leurs billes dans des compagnies comme Exo Inc.et Chapul, producteurs de barres énergétiques enrichies aux grillons.On mise surtout sur le fait que la protéine d\u2019insectes pourrait s\u2019étendre aux produits alimentaires courants, et surtout à l\u2019alimentation des animaux domestiques et du bétail.Ce serait alors un marché potentiel de 371 milliards qui s\u2019ouvrirait aux producteurs d\u2019insectes, affirmait l\u2019an dernier, à Wired, Lauren Jupiter, partenaire chez Accel Foods.Des expériences menées en Europe, notamment aux Pays-Bas, démontrent que les animaux nourris à 50 % de farine d\u2019insectes donnent d\u2019aussi bons résultats que ceux nourris aux farines de poisson.Les nouvelles protéines pourraient combler un jour 50 % des besoins des oiseaux de basse-cour.Un pactole en vue pour les éleveurs de grillons et d\u2019autres bestioles protéinées.Même les Zuckerberg ont injecté l\u2019an dernier des fonds dans Tiny Farms, une autre start-up versée dans la production d\u2019insectes, installée dans la Silicon Valley.De l\u2019insecte à l\u2019assiette La Food and Alimentation Organisation (FAO) estime qu\u2019il faudra doubler la production alimentaire pour nourrir la planète d\u2019ici 2050.L\u2019élevage d\u2019insectes fait partie des solutions évoquées par l\u2019organisme onusien pour résoudre ce défi titanesque, notamment dans les pays où les bêtes à six pattes font déjà partie du bagage culturel.Dans les pays de « culture carnivore », ce nouvel aliment recèle tout de même un potentiel précieux, puisqu\u2019il demeure la façon la plus efficace de convertir des protéines végétales en protéines animales, marque la FAO.Déforestation, rareté des terres, production de gaz à effet de serre, déclin de la bio- diversité, pollution par le lisier et les pesticides\u2026 Le coût environnemental faramineux du bifteck et de la cuisse de poulet pèse lourd sur la santé de la planète et indispose de plus en plus de consommateurs au moment de passer à la caisse.Faut-il pour autant troquer le filet mignon pour le ténébrion ?Bien des écueils jalonnent cette révolution alimentaire annoncée, à commencer par les barrières culturelles séculaires à abattre pour convaincre les Occidentaux de faire passer le grillon de la ferme à l\u2019assiette.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 INSECTES réal pour Expo 67.À l\u2019heure aujourd\u2019hui du cinquantième anniversaire d\u2019Expo 67, on rappelle peu que l\u2019événement était aussi voué à célébrer, avec tambours et trompettes, un nat ional isme canad ien alors en ple ine recherche de lui-même.Nouvelles sensibilités Cinquante ans plus tard, tandis qu\u2019Ottawa célèbre dans la même foulée son 150e anniversaire, l\u2019opéra de Somers consacré à Louis Riel est recréé à Toronto selon une nouvelle perspective qui témoigne de nouvelles sensibilités politiques et historiques.Présentée jusqu\u2019au 2 mai à Toronto à l\u2019Imperial Oil Opera Theatre par la Canadian Opera Company, cette production se transporte du 15 au 17 juin au Centre national des arts à Ottawa.La même œuvre sera aussi présentée dans le cadre du Festival d\u2019opéra de Québec, le 30 juillet et les 1er et 3 août.« Les célébrations du 150e sont très problématiques, ne serait-ce que parce qu\u2019elles sont vécues très dif féremment partout au Canada.Pour les autochtones, c\u2019est tout simplement une gifle au visage », explique en entrevue au Devoir Peter Hinton, directeur de la nouvelle production, parfaitement clair quant à ses intentions.À son origine, dans les années 1960, cette œuvre a été pensée comme une allégorie de l\u2019antagonisme franco-anglo au Canada.Même si le drame tourne autour du sort du peuple métis, les autochtones n\u2019y étaient guère présents autrement que sous la forme d\u2019un symbole qui les dépassait.«Attention, dit Hinton, la façon dont l\u2019histoire est dramatisée pour le biais de l\u2019opéra n\u2019est pas l\u2019histoire elle-même.Louis Riel reçoit ici beaucoup d\u2019attention comme symbole plutôt que face à l\u2019histoire réelle et à son rôle dans celle-ci.» Autrement dit, «cet opéra est d\u2019abord un arté- fact de son temps », soutient Peter Hinton.« Il comporte encore des biais liés à une vision coloniale.Mon intention était de proposer quelque chose de plus inclusif, de plus lié à notre temps.Je voulais donner une voix aux autochtones.» Silence de la parole Dans la version revue que donne aujourd\u2019hui à voir et à entendre Peter Hinton, c\u2019est donc bien la condition autochtone qui se trouve au centre du propos.On joue sur ce que montre l\u2019opéra et sur ce qu\u2019il ne montre pas.«Un chœur silencieux propose en fait un usage théâtral de ce qui fait défaut.Puis on a aussi des gens qui discutent, mais qui au fond ne produisent pas d\u2019action, ce qui peut être une allégorie de la nature politique du commentaire aujourd\u2019hui.» Estelle Shook précise que «ce sont des voix silencieuses, parce qu\u2019on ne pouvait pas changer le livret de la pièce, bien sûr.Mais cela change la perspective de cette œuvre qui était au fond le reflet d\u2019une vision blanche du pays.Le silence, je crois, est vraiment vu comme un signe de protestation ».Shook est la petite-petite-fille d\u2019un Cri des Prairies qui s\u2019opposait à l\u2019époque, sur les bords de la rivière Rouge, à Louis Riel parce qu\u2019il le trouvait trop radical.Mais est-ce que la pendaison de Riel n\u2019était pas surtout, du point de vue de nombre d\u2019acteurs québécois de son temps, le signal qu\u2019une vision du Canada, la leur, un pays, pour dire vite, créé en marge des visées impérialistes britanniques, était battue en brèche ?« Peut-être que c\u2019est aussi une perspective.Riel était l\u2019avocat d\u2019un État qui ne serait pas fondé sur l\u2019ethnie, mais plutôt sur la dif férence», dit Estelle Shook.Oppression À Montréal, le 20 juillet 1885, on avait accueilli en héros, à la gare Viger, les soldats de retour de la campagne menée contre les Métis.Pour ceux qui les applaudissaient, ces militaires au service de la couronne d\u2019Angleterre avaient su écraser sans pitié « les rebelles ».Le maire de Montréal, Honoré Beaugrand, était de ceux qui jubilaient le plus fort.Dans La Patrie, son journal, Beaugrand écrit ceci pour célébrer le retour du 65e bataillon : « Leurs figures bronzées par le grand air, leurs uniformes en lambeaux, leur attitude martiale et l\u2019air crâne, tout contribue à nous les faire aimer, respecter et admirer davantage.» Mais cette admiration militariste, professée le plus souvent selon le souffle impérialiste, ne suscitait pas l\u2019unanimité, loin de là.Partout au Québec, ils furent alors des dizaines de milliers à manifester le sentiment de leur dégoût devant cette boucherie conduite au nom de la vision d\u2019un pays plongé dans le sang.Ce sentiment d\u2019indignation fera bientôt place à l\u2019idée que quelque chose s\u2019était à jamais brisé le long des rives de la rivière Rouge.Honoré Mercier, futur premier ministre, et d\u2019autres orateurs de la même trempe gonflent ce sentiment dans des discours publics brûlants.On parla longtemps de «Riel, notre frère».Lors de sa création en 1967, cet opéra était « provocant à l\u2019égard de la Confédération », dit Peter Hinton.On montrait du doigt non pas ce qui faisait consensus, mais une ligne de fracture.« Riel, ce n\u2019était pas un sujet consensuel », dit-il.Pas plus hier qu\u2019aujourd\u2019hui, sans doute.«L\u2019opéra montre l\u2019héritage de l\u2019oppression et de colonialisme sur lequel s\u2019est édifié ce pays, ce à quoi servait la Confédération.» Cinquante ans plus tard, cet opéra rappelle ce que la culture canadienne, très jeune encore, porte comme poids colonial, croit Hinton, par faitement à l\u2019aise de discuter longuement et avec une parfaite maîtrise des différentes facettes que met en lumière sa production.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 RIEL Efficacité alimentaire Combien de grains pour une livre de viande?Bœuf : 10 kilos Porc : 5 kilos Poulet : 2,5 kilos Grillons : 1,7 kilo 80 % du grillon est consommé 55 % du poulet 40 % du bétail Empreinte écologique (70% de l\u2019eau consommée est destinée à l\u2019agriculture) Combien d\u2019eau pour 1kilo de protéines?Bœuf : 2000 litres (22 000 litres avec l\u2019eau utilisée pour le fourrage) Poulet : 500 litres (2300 litres si l\u2019on ajoute l\u2019eau utilisée pour produire le grain) Grillons : 1 litre Gaz à effet de serre Bestiaux : 18 % des émissions mondiales de GES Insectes : 100 fois moins de GES que pour les bovins "]
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