Le devoir, 29 avril 2017, Cahier I
[" SCIENCE ET CULTURE JOURNÉES INTERNATIONALES DE LA CULTURE SCIENTIFIQUE C A H I E R T H É M A T I Q U E I \u203a L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 9 E T D I M A N C H E 3 0 A V R I L 2 0 1 7 La science, source d\u2019émerveillement pour petits\u2026 et grands! Page I 3 Donner la piqûre des sciences aux jeunes autochtones Page I 2 C L A U D E L A F L E U R Collaboration spéciale «J\u2019 ai toujours été convaincu de l\u2019importance de la culture scientifique et de la recherche qui répond aux défis de la société », déclare Frédéric Bouchard, président de l\u2019Association francophone pour le savoir (Acfas).Mais la découver te qu\u2019on a tous faite au cours de l\u2019année écoulée, poursuit-il, c\u2019est à quel point la culture scientifique est devenue un enjeu de démocratie.«On commence à voir à quel point la santé de nos démocraties dépend d\u2019informations de qualité sur tous les enjeux», explique-t-il.Voilà pourquoi, lorsque l\u2019Université de Lorraine a pressenti l\u2019Acfas pour que celle-ci organise la première édition nord-américaine des Journées internationales de la culture scientifique (JICS), «on a sauté sur l\u2019occasion puisque partager la culture scientifique fait partie de notre mandat », rapporte avec enthousiasme ce professeur de philosophie de l\u2019Université de Montréal.La communication à l\u2019ère de Trump Frédéric Bouchard se réjouit tout particulièrement de ce que les JICS soient une occasion d\u2019échanges sur les meilleures pratiques en culture scientifique.En effet, ces journées ne rassembleront pas que des journalistes, vulgarisateurs et chercheurs passionnés de culture scientifique, mais également le public.Ces trois Journées internationales de la culture scientifique auront lieu du 4 au 6 mai, à l\u2019Université McGill.D\u2019envergure internationale, elles rassembleront les divers acteurs du secteur culturel et entrepreneurial, ainsi que les décideurs publics et passionnés de science.Plus spécifiquement, il s\u2019agira de journées d\u2019échanges, de discussions, d\u2019information et de formation, ainsi que de réflexions sur les meilleures façons d\u2019utiliser les technologies numériques pour diffuser la connaissance scientifique.On y présentera quatre grandes conférences, vingt panels de discussion, quatre ateliers de formation ainsi que de nombreuses activités grand public.«Les JICS sont un lieu où on pourra échanger nos bons trucs et nos bonnes recettes, mais également partager ce qui n\u2019a pas bien marché, précise Frédéric Bouchard.Je dirais que c\u2019est un rassemblement unique en son genre, un événement où on pourra vraiment échanger sur la façon de rejoindre des communautés qui sont peut-être moins bien desservies.» Parmi les vingt panels de discussion, mentionnons celui organisé par l\u2019Association des communicateurs scientifiques du Québec (ACS) qui pose la très pertinente question : quel espoir pour la science et la communication scientifique à l\u2019ère de Trump?Ce panel de discussion traitera bien sûr de ce qui se passe aux États-Unis, mais également des solutions qui peuvent être mises en place à court et à long terme pour assurer la communication scientifique.Que doit-on faire pour maintenir une bonne circulation de l\u2019information entre les chercheurs, les journalistes et le grand public ?se demandera-t-on.L\u2019expertise québécoise Frédéric Bouchard souligne que le Québec possède une excellente expertise dans la diffusion de la culture scientifique.« L\u2019expertise québécoise en culture scientifique est reconnue à travers la francophonie, dit-il.Nous avons une grande vitalité de journalisme scientifique grâce à des médias comme Les Débrouillards, Québec Science, l\u2019Agence Science Presse et Le Devoir, de même que par l\u2019entremise de nos activités à l\u2019Acfas \u2014 Science-moi !, Ma thèse en 180 secondes, La preuve par l\u2019image \u2014 ainsi que grâce à quantité d\u2019organismes de toute nature qui œuvrent superbement en culture scientifique.» Selon le président de l\u2019Acfas, le Québec bénéficie d\u2019un véritable écosystème qui est même de plus en plus reconnu et imité dans toute la francophonie.En conséquence, les Journées internationales de la culture scientifique seront « une magnifique occasion pour nous de montrer qu\u2019on a quelque chose à partager, dit-il.Et c\u2019est en même temps pour nous l\u2019occasion d\u2019apprendre ce qui se fait ailleurs dans le monde ».M.Bouchard ouvre ainsi une avenue intéressante à explorer : « La recherche scientifique s\u2019internationalise de plus en plus et il est donc évident que le milieu de la culture scientifique devrait lui aussi s\u2019internationaliser.Mais comment peut-on créer des échanges internationaux en culture scientifique ?de- mande-t-il.Ne faut-il pas créer des espaces où les gens se rencontrent, élaborer des partenariats ou des initiatives de collaboration\u2026 ce que vont justement permettre les JICS ?» Rien de tel que la culture scientifique! La culture scientifique est une source d\u2019émerveillement, de passion et d\u2019épanouissement pour tout le monde, estime Frédéric Bou- chard, et c\u2019est en plus un précieux outil pour qu\u2019on prenne tous des décisions éclairées, que ce soit dans notre vie personnelle comme pour le devenir de la société.Pourtant, souligne le scientifique, ces dernières années, « dif férentes tendances indiquaient que la recherche scientifique était moins prise en compte dans les décisions publiques alors que, au contraire, la désinformation prend de plus en plus de place».« Mais on dirait que, c\u2019est lorsqu\u2019on r isque de perdre quelque chose que, bien souvent, on réalise son importance, rappelle ce philosophe.Ainsi donc, en ces temps où la science est dénigrée par certains, on réalise son importance.» Et pour M.Bouchard, il n\u2019y a pas beaucoup de choses dans la société qui soient aussi im- por tantes que la culture scientifique.« Des choses qui contribuent autant à l\u2019épanouissement des individus et des sociétés, je n\u2019en connais pas beaucoupd\u2019autres ! » lance-t-il.«En conséquence, je pense que tous les mordus de culture scientifique vont \u201ctriper\u201d aux JICS! Je pense qu\u2019on va tous adorer échanger avec ceux et celles qui génèrent la culture scientifique.» Et puisque cette première édition nord-américaine des JICS ne reviendra pas de sitôt à Montréal, M.Bouchard nous prévient : « C\u2019est un événement dont il faut profiter cette année ! » La culture scientifique pour contrer les « trumperies » Frédéric Bouchard «L\u2019expertise québécoise en culture scientifique est reconnue à travers la francophonie» ACTUA Actua est un organisme qui se dédie au développement de l\u2019intérêt pour les sciences, la technologie, l\u2019ingénierie et les mathématiques chez les jeunes. SCIENCE ET CULTURE L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 9 E T D I M A N C H E 3 0 A V R I L 2 0 1 7 I 2 Donner la piqûre des sciences aux jeunes autochones C A T H E R I N E G I R O U A R D Collaboration spéciale I l y a un an presque jour pour jour, Jenny Okituk et Elaijah Isaac, deux jeunes de 14 ans de l\u2019école secondaire de Salluit, au Nunavik, débarquaient à Montréal pour présenter leur projet à l\u2019Expo-science.Leur Qulliq 2.0, une modernisation de la lampe à l\u2019huile inuite traditionnelle, décroche alors la médaille de bronze de la finale canadienne.Marc Lalande, ingénieur retraité et président de l\u2019Association québécoise autochtone en s c i e n c e e t e n i n g é n i e r i e (AQASI), raconte l\u2019exploit de ces deux jeunes avec excitation encore aujourd\u2019hui.« Nos jeunes ont de la misère à toucher par terre quand ils reviennent de l\u2019Expo-science pancana- dienne », illustre le membre fondateur de l\u2019AQASI, l\u2019association qui organise l\u2019Expo- science autochtone Québec chaque année pour sélectionner les par ticipants autochtones de la grande finale canadienne.«Ce genre d\u2019expérience leur donne une chance incroyable de s\u2019ouvrir au monde et de découvrir leur potentiel.» Lui-même métis, M.La- lande s\u2019est donné la mission de transmettre la piqûre des sciences aux jeunes autochtones, peuple sévèrement sous-représenté dans le domaine, déplore-t-il.« Il y a une quinzaine d\u2019années, l\u2019Ordre des ingénieurs a consulté ses 50 000 membres de l\u2019époque pour y évaluer le nombre d\u2019autochtones, raconte M.Lalande au bout du fil.Les autochtones représentant 3 % de la population québécoise, ç\u2019aurait été rep r é s e n t a t i f d \u2019 e n t r o u v e r quelque 1500, mais on n\u2019en a répertorié que 50.» Un défi de taille Loin de croire qu\u2019ils ont atteint le 3 %, Marc Lalande estime toutefois que ce nombre a augmenté aujourd\u2019hui.« Je vois de plus en plus de jeunes embrasser une carrière en science », dit-il, enthousiaste.Mais le défi qu\u2019il s\u2019est donné est toujours grand et en éternel recommencement.« Plusieurs communautés vivent dans des régions très éloignées, accessibles seulement par les airs ou par bateau l\u2019été, et le taux de roulement des enseignants y est souvent très élevé, particulièrement au Nunavik, explique-t-il.Or, la clé pour développer de l\u2019intérêt pour les sciences chez les jeunes, c\u2019est d\u2019être bien épaulé par des enseignants motivés et motivants.» « Apprendre les bases de la science en classe de façon classique est rarement la façon la plus excitante d\u2019y être initié », renchérit Jennifer Flanagan, présidente-directrice générale d\u2019Actua, qui développe aussi des activités pour les jeunes dans des régions éloignées partout à travers le pays.«Les jeunes des communautés autochtones n\u2019ont souvent pas les mêmes occasions qu\u2019ailleurs pour développer leur intérêt et leurs connaissances pour les sciences, mais ils sont entourés par elles sans le savoir.» Actua préconise donc une approche sur mesure, ancrée dans la réalité des communautés, pour of frir des activités d\u2019éveil scientifique à quelque 30 000 jeunes autochtones par année dans 200 communautés du pays.« En général, les gens ne comprennent pas comment les STIM af fec tent leur vie , con t inue Mme Flanagan.Ça semble théorique et abstrait.Mais quand on parle d\u2019environnement, de changements climatiques, de santé ou même de jeux vidéo, on se rend compte que c\u2019est vraiment connecté à nous et tout ce qui nous entoure.» Confiance et connaissance accrue Selon Indspire, un organisme voué à l\u2019éducation des autochtones, l\u2019approche d\u2019Ac- tua figure d\u2019ailleurs parmi les exemples de réussite en matière d\u2019éducation autochtone.« Nous avons mesuré l\u2019impact de nos programmes ; ils aug- m e n t e n t n o t a b l e m e n t l a confiance que les jeunes ont en e u x d a n s l e d o m a i n e d e s sciences ainsi que la connaissance des dif férentes occasions qui leur sont offertes, affirme la p.-d.g.d\u2019Actua.Sans ces facteurs, les chances qu\u2019ils choisissent une carrière dans les STIM sont bien faibles.» Marc Lalande se réjouit pour sa part de voir l\u2019engouement pour l\u2019Expo-science autochtone Québec gonfler d\u2019année en année.Les établissements le demandent et le réservent, dit-il, confirmant déjà qu\u2019il aura lieu à Inukjuak en 2018 et en Abitibi en 2019.« La priorité n\u2019est pas toujours l\u2019éducation dans les régions reculées, et je ne les blâme pas, continue Marc La- lande.Avec nos activités, on veut donner de l \u2019espoir aux jeunes qui y vivent et les aider à s\u2019épanouir.» « Tout le pays est gagnant qu\u2019il y ait plus d\u2019autochtones en science, tient à ajouter l\u2019ingénieur.On ne parle souvent q u e d e l e u r s p r o b l è m e s \u2026 Comme toute communauté culturelle, ils appor tent leur vision unique dans leur façon de travailler.Personne d\u2019autre que des Inuits auraient pu créer le Qulliq 2.0, ou encore concevoir comme il l\u2019est le Musée canadien de l\u2019histoire, à Hull, dessiné tout en rondeurs par l\u2019architecte métis Douglas Joseph Cardinal.» «Les jeunes ont rarement la chance d\u2019expérimenter la science de façon dynamique», fait valoir Jennifer Flanagan, présidente-directrice générale d\u2019Actua, un organisme dédié au développement de l\u2019intérêt pour les sciences, la technologie, l\u2019ingénierie et les mathématiques (STIM) chez les jeunes.Si c\u2019est vrai pour tous les jeunes du pays, ça l\u2019est encore davantage pour ceux des régions éloignées ou ceux habitant dans les réserves amérindiennes et le nord du Québec.economie.gouv.qc.ca/tout-ca-en-eux en technologies ou en sciences Encouragez-les à opter pour des études PHOTOS ACTUA «Les jeunes des communautés autochtones n\u2019ont souvent pas les mêmes occasions qu\u2019ailleurs pour développer leur intérêt et leurs connaissances pour les sciences, mais ils sont entourés par elles sans le savoir », assure Jennifer Flanagan, présidente-directrice générale d\u2019Actua.Le Web à la rescousse Pourquoi ne pas utiliser les technologies numériques pour faciliter la diffusion des connaissances scientifiques, ou encore pour créer des communautés «sciences» afin d\u2019atteindre plus facilement les communautés éloignées?Plusieurs activités se pencheront sur cet enjeu durant les Journées internationales de la culture scientifique, du 4 au 6 mai. SCIENCE ET CULTURE L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 9 E T D I M A N C H E 3 0 A V R I L 2 0 1 7 I 3 Ce cahier thématique a été produit par l\u2019équipe des publications spéciales du Devoir grâce au soutien des annonceurs qui y figurent.Ces derniers n\u2019ont cependant pas de droit de regard sur les textes.Pour toute demande d\u2019information quant au contenu de ce cahier, vous pouvez contacter par courriel Aude Marie Marcoux, directrice des publications spéciales, à amarcoux@ledevoir.com.Pour vos projets de cahiers ou toute autre information au sujet de la publicité, vous pouvez contacter Mark Drouin, vice-président des ventes publicitaires, à l\u2019adresse courriel mark.drouin@ledevoir.com.M A R T I N E L E T A R T E Collaboration spéciale L orsqu\u2019on pense à la culture scientifique, on pense souvent spontanément aux jeunes.Avec les activités du Centre des sciences de Montréal notamment et les Expo-sciences.Or, les adultes aussi ont beaucoup à gagner en enrichissant leur culture scientifique.Un panel des Journées internationales de la culture scientifique (JICS) expliquera pourquoi et se penchera également sur différentes stratégies pour rejoindre ce public.Avez-vous vu passer récemment sur les réseaux sociaux cette vidéo de BBC Earth dans lequel on voit un minuscule poisson-globe japonais sculpter avec minutie une grande rosace dans le sable avec ses nageoires pour attirer une femelle ?Ou encore, observer au microscope une daphnie, un crustacé de la taille d\u2019une puce dont on voit tous les organes vitaux g r â c e à s o n c o r p s transparent?« Devant ces phénomènes spectaculaires, l \u2019adulte retrouve la capacité qu\u2019il avait enfant à s\u2019émerveiller, comme il peut le faire aussi devant un tableau ou un spec tac l e de danse, constate Sophie Mala- voy, directrice du Cœur des sciences de l\u2019Université du Québec à Montréal (UQAM).On ne l\u2019entend jamais, mais la science est une source d\u2019inspiration, d\u2019émerveillement.» La culture scientifique permet même de s\u2019ouvrir sur des éléments invisibles du monde.«On pense à l\u2019accélérateur de particules, par exemple, et à la cosmologie, affirme Sophie Ma- lavoy, qui a proposé le panel aux JICS.La culture scientifique change la vision du monde et l\u2019élargit.» Elle outille aussi bien sûr le citoyen dans sa vie de tous les jours.« Il en a besoin pour évoluer, pour prendre les bonnes décisions, pour aiguiser son esprit critique, par exemple par rapport à la désinformation et aux faits alternatifs », explique la d i r e c t r i c e d u C œ u r d e s sciences, qui organise 120 activités par année, dont 80 destinées à la clientèle adulte, un volet qui ne reçoit toutefois pas de financement du gouvernement, contrairement aux activités scolaires.Clientèle adulte : parent pauvre de la culture scientifique Au Québec, les activités pour développer la culture scientifique sont souvent soutenues chez les jeunes pour créer une relève et former une main-d\u2019œuvre qualifiée.« C\u2019est très impor tant de le faire, mais la culture scientifique ne devrait pas être que ça, affirme Sophie Malavoy.Il faut aller au-delà des préoccupations économiques, d\u2019éducation et de recrutement.Lorsqu\u2019on soutient les ar ts, ce n\u2019est pas seulement pour former des artistes ! On veut aussi que des gens apprécient les œuvres.Il n\u2019y a pas de parallèle en culture scientifique.» Mélange de culture, d\u2019édu- ca t ion , de lo i s i r, pu is de science et d\u2019innovation, la culture scientifique est souvent laissée pour compte dans les débats et les programmes de financement.Par exemple, lorsque le ministère de l\u2019Économie, de la Science et de l\u2019Innovation a lancé son processus de consultation pour créer sa Stratégie québécoise de la recherche et de l\u2019innovation attendue prochainement, on ne retrouvait pas la culture scientifique dans les thèmes de réflexion proposés.C\u2019était la même chose à la Ville de Montréal pour son Projet de politique de développement culturel 2017-2022.Les gens du milieu se sont mobilis é s , e t l a c u l t u r e scientifique a finalement fait partie des débats, mais il reste que les défis sont grands.Doyen des magazines dans la province et seule public a t i o n d e c u l t u r e scientifique destinée aux adultes au Canada, Québec Science a failli perdre son financement gou- v e r n e m e n t a l v i t a l i l y a quelques années.« Québec Science est une belle histoire de succès, mais il reste que, derrière sa super longévité, il se cache une lutte constante pour sa survie et c\u2019est le cas de plusieurs autres organisations scientifiques», constate Marie Lambert-Chan, rédactrice en chef de Québec Science depuis bientôt un an.Et puis, si Québec Science a de fidèles lecteurs, dont certains pratiquement depuis sa création en 1962, il n\u2019en demeure pas moins que l\u2019équipe du magazine doit travailler for t pour rejoindre un plus grand public.«On tente d\u2019aller chercher des lecteurs après le cégep et l\u2019université, lorsqu\u2019ils commencent leur carrière, leur vie adulte et qu\u2019ils ont de jeunes enfants», affirme Marie Lamber t-Chan, qui participera au panel.Des pistes de solution Sophie Malavoy constate aussi le défi de rejoindre cette clientèle adulte qui peut aller au cinéma ou au théâtre plutôt qu\u2019opter pour une activité de culture scientifique.Comment s\u2019y prend donc le Cœur des sciences pour que ses activités af fichent pratiquement toujours complet ?Par l\u2019originalité de ses propositions et la capacité à trouver un angle qui rejoint les préoccupations des adultes.« Nous organisons entre autres des excursions, dont une sur l\u2019écologie aquatique où nous emmenons les gens en bateau sur un lac pour recueillir des échantillons avec des scientifiques de l\u2019UQAM, explique Sophie Malavoy.Puis, cette fin de semaine, c\u2019est l\u2019observation des bernaches sur les îles de Varennes.Les gens tripent comme des malades ! » Des spectacles scientifiques sont aussi organisés, comme celui avec la compagnie de danse O Vertigo dans le cadre de l\u2019Of f Festival Eurêka en 2014.À travers les extraits chorégraphiques, le public découvrait la biomécanique du corps et comment le cerveau apprend une chorégraphie.« Nous avons une très bonne collaboration du milieu artistique et, heureusement, parce que les mélanges de discipline fonctionnent très bien avec le public adulte, constate Sophie Malavoy.Multiplier les partenariats permet aussi d\u2019agrandir le réseau de diffusion.» Elle suggère d\u2019ailleurs qu\u2019on mette en place des passerelles pour faciliter l\u2019arrimage entre le milieu de la culture scientifique et les autres, notamment artistique et gouvernemental.L\u2019argent est bien sûr le nerf de la guerre pour réaliser les ambitions des organisations.« P a r e x e m p l e , Q u é b e c Science doit être plus présent sur le Web, commencer à faire de la vidéo et réaliser davantage d\u2019événements pour augmenter sa visibilité, explique Marie Lambert-Chan.On n\u2019a pas forcément les ressources pour tout faire, mais ce ne sont pas les idées qui manquent.» La rédactrice en chef est bien placée pour constater dans des courriels et même dans des lettres manuscrites de lecteurs qui ont dépassé les 80 printemps que la curiosité n\u2019est pas l\u2019apanage des jeunes.« Ils nous posent des questions, ils nous disent qu\u2019ils prendraient des numéros plus longs et plus fréquents dans l\u2019année.Des adultes demeurent extraordinairement curieux toute leur vie.Le défi est de piquer la curiosité de ceux qui se disent trop occupés.» La culture scientifique, c\u2019est aussi pour les adultes ! La recherche au service de nos collectivités Parce que nous croyons dans l\u2019importance de partager le savoir, la Fondation canadienne pour l\u2019innovation est heureuse de s\u2019associer aux Journées internationales de la culture scienti?que \u2013 Science & You.Pour découvrir de nombreux exemples de recherche qui transforment notre monde, visitez Innovation.ca.LAURENTBOURSIER.COM Le Cœur des sciences de l\u2019UQAM organise des excursions pour observer les bernaches en compagnie de chercheurs.«On ne l\u2019entend jamais, mais la science est une source d\u2019inspiration, d\u2019émerveillement» C Œ U R D E S S C I E N C E S SCIENCE ET CULTURE L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 9 E T D I M A N C H E 3 0 A V R I L 2 0 1 7 I 4 FAITES RAYONNER VOTRE SAVOIR DU 4 AU 6 MAI 2017, LES JOURNÉES INTERNATIONALES DE LA CULTURE SCIENTIFIQUE AURONT LIEU POUR LA PREMIÈRE FOIS EN AMÉRIQUE DU NORD.Des chercheurs, des décideurs et des communicateurs scienti?ques parmi les plus éminents du monde seront à l\u2019Université McGill a?n de partager des stratégies numériques novatrices pour la di?usion des résultats de recherches.L\u2019Université McGill est heureuse d\u2019accueillir les Journées internationales de la culture scienti?que 2017 et d\u2019aider les innovateurs de demain à mettre leurs connaissances au service du changement.Les organisations se heurtent parfois à des obstacles dans la libération de données ouvertes, même lorsqu\u2019elles af fichent la volonté de les rendre publiques.Surmonter ceux-ci exigera, dans certains cas, un changement de culture.E T I E N N E P L A M O N D O N E M O N D Collaboration spéciale A ux yeux de Paola Tubaro, les données ouvertes engendrent des répercussions positives sur le développement d\u2019une économie locale.La chercheuse principale au Laboratoire de recherche en informatique de l\u2019Université de Paris Sud observe la création d\u2019entreprises et d\u2019emplois grâce à de nouveaux services mis au point à l\u2019aide de données brutes libérées par les municipalités à travers un site Web.Dans le secteur de la santé, auquel ses travaux s\u2019attardent depuis peu, elle prévoit aussi des retombées positives, notamment en ce qui concerne la diffusion d\u2019informations sur les maladies rares ou sur les contagions.«L\u2019ouverture, c\u2019est bien, mais il faut qu\u2019elle soit cohérente avec des enjeux de la vie privée», rappelle-t-elle néanmoins lors d\u2019une entrevue accordée au Devoir par Skype.Le 5 mai prochain, elle sera de passage à l\u2019Université McGill pour participer à une table ronde sur les données ouvertes dans le cadre des Journées internationales de la culture scientifique.Parmi les sujets qu\u2019elle abordera, il y a le risque que des informations personnelles confidentielles tombent entre les mains d\u2019entreprises privées, plus particulièrement de compagnies d\u2019assurances, qui les utiliseraient pour prévoir l\u2019évolution de l\u2019état de santé de patients, ainsi que les dépenses associées.Elle manifeste son inquiétude à cet égard alors qu\u2019elle remarque un intérêt grandissant chez les entreprises pour les traces numériques laissées par les internautes sur les forums en ligne ayant un lien avec la santé.« Dire en théorie qu\u2019il faut concilier [les données ouvertes avec la] protection des données personnelles, c\u2019est facile.Le faire en pratique, c\u2019est un peu compliqué.Nous sommes encore en train de chercher la bonne solution », dit Mme Tubaro.«Design informationnel» Or c\u2019est toute la culture d\u2019une organisation qui doit parfois être revue pour répondre aux attentes en matière de données ouver tes, constate Daniel J.Caron, titulaire de la chaire de recherche en exploitation des ressources informationnelles.Le professeur de l\u2019ENAP a baptisé « design informationnel » l\u2019approche que devront, selon lui, adopter les organismes publics.Celle-ci consiste à réfléchir aux différents usages, à la fois internes et externes, dès le début de la création d\u2019informations ou de la transformation de bases de données.Il envisage même la conception de bases de données « bicéphales », dans lesquelles les informations personnelles apparaîtraient pour certains usagers, mais seraient absentes de la version accessible à tous les citoyens.«On ne pense plus l\u2019information simplement pour ses propres besoins et pour satisfaire nos obligations dans la prise de décisions; on doit la penser d\u2019une façon beaucoup plus globale, et ce sera extrêmement exigeant», explique M.Caron.Cette approche nécessite un «changement de paradigme» dans les organismes publics, dont le rôle passe de celui de gestionnaire et de gardien de l\u2019information à celui de diffuseur de l\u2019information.En mai 2016, M.Caron avait cosigné des études sur l\u2019ouverture des données dans les municipalités et l\u2019administration publique québécoises.Les conclusions considéraient comme un frein la manière de générer de l\u2019information dans les administrations municipales sans penser au potentiel pour l\u2019ensemble des citoyens.« Il faudrait qu\u2019on fasse un effort comme on l\u2019a fait en partie pour les ressources humaines et les ressources financières, juge M.Caron.C\u2019est très dif ficile, parce que ce n\u2019est pas une question de mauvaise foi [\u2026].C\u2019est dû en partie à la façon dont on a conçu nos organisations : elles ont été faites de manière hiérarchique.C\u2019est dif ficile d\u2019en sortir.» M.Caron croit que les organismes publics devront, dès la création d\u2019une nouvelle base de données, consulter, voire « se mettre en symbiose avec les utilisateurs potentiels ».« Cela pourrait être, dans certains cas, les chercheurs universitaires », évoque-t-il.Les milieux de recherche: un frein?Si le milieu de la recherche peut profiter des données ouvertes, il peut parfois limiter la libération de certaines informations.Le consortium sur la climatologie régionale et l\u2019adaptation aux changements climatiques Ouranos, qui est à la fois financé par les gouvernements et des universités de recherche, est actuellement dans cette situation.« Quand nous sommes l\u2019intermédiaire pour aider un chercheur à aller collecter des données ou produire des résultats de recherches, nous n\u2019avons pas nécessairement toujours les autorisations de dif fuser publiquement les données brutes », souligne Nathalie Aerens, directrice du groupe d\u2019appui à la programmation et à la direction d\u2019Ouranos.Le consortium a amorcé des discussions avec le gouvernement du Québec pour éventuellement dif fuser des informations sur le portail Données Québec.Il devra, par contre, commencer par des données générées exclusivement à l\u2019interne, soit des résultats de sondage dans le cadre d\u2019évaluation de solutions d\u2019adaptation aux changements climatiques.Pour les données issues d\u2019une collaboration avec des chercheurs universitaires, la démarche se complique.Après un coup de sonde dans la communauté scientifique, Mme Aerens a remarqué que la nouvelle génération de chercheurs semblait plus prompte à approuver la libération des données de recherche.En revanche, elle note que les établissements ou les institutions souhaitent s\u2019assurer que les informations brutes, avant d\u2019être rendues publiques, sont «bien exploitées d\u2019abord et avant tout dans un certain nombre de belles publications qui auront épuisé le maximum du jus de ces données».Selon M.Caron, les organismes subvention- naires dans le domaine de la recherche pourraient un jour se doter de mécanismes pour exiger le partage des données brutes, afin que d\u2019autres puissent les exploiter dif féremment après le dévoilement des premiers résultats.S\u2019il reconnaît qu\u2019un tel virage serait délicat à effectuer, il considère que « la question va assurément se poser, de la même façon qu\u2019elle se pose pour les ministères.Ce sont peut-être de nouveaux modèles qu\u2019il va falloir trouver».Les données ouvertes se heurtent à des obstacles E T I E N N E P L A M O N D O N E M O N D Collaboration spéciale «A vant j\u2019aurais dit : \u201cJe ne suis pas la meilleure personne pour vous répondre.\u201d Maintenant, je réponds», lance à l\u2019autre bout du fil Eve Lange- lier, professeure au Département de génie mécanique de l\u2019Université de Sherbrooke, en entrevue avec Le Devoir.Depuis qu\u2019elle est devenue titulaire de la Chaire pour les femmes en sciences et en génie au Québec (CFSG), il y a deux ans, elle prend la parole sans hésiter lorsque des journalistes lui posent des questions.Mais elle se souvient de son ancien réflexe de les diriger vers des collègues masculins qu\u2019elle croyait mieux qualifiés, souvent en raison d\u2019un manque de confiance en elle.«Il y a un impact à ce réflexe», reconnaît-elle aujourd\u2019hui.Elle note que « les femmes ne prennent pas leur place dans les communications et ne sont pas visibles».Le 5 mai prochain, dans le cadre des Journées internationales de la culture scientifique, elle prendra part à une table ronde sur les enjeux de communication pour les femmes dans le domaine des sciences et du génie à l\u2019Université McGill.«C\u2019est important de s\u2019exprimer, parce qu\u2019on pense différemment et on amène d\u2019autres points de vue, d\u2019autres préoccupations que ceux des hommes.Les femmes doivent faire par tie de cette conversation, souligne-t-elle.En sciences et en génie, comme les femmes sont moins nombreuses, c\u2019est encore plus impor tant qu\u2019elles prennent leur place.» De plus, Mme Langelier signale que lorsque les femmes scientifiques gardent le silence, «elles sont moins un modèle visible pour les jeunes ».Simplement en racontant dans s e s c o u r s l e s e m b û c h e s qu\u2019elle a rencontrées et surmontées durant sa carrière, elle affirme avoir reçu des témoignages d\u2019étudiantes venues lui dire qu\u2019elles voyaient en elle un modèle.À ses yeux, le choix des mots joue aussi un rôle pour attirer des femmes dans ces milieux encore majoritairement masculins.Dans une capsule vidéo publiée sur le site Internet de sa chaire, Mme Langelier indique q u e , lorsqu\u2019elle visite des écoles, elle s\u2019attarde à la por tée sociale des carrières en sciences et en génie pour davantage intéresser les filles.P a r m i l e s s o l u t i o n s , Mme Langelier évoque les démarches de Shari Graydon dans les provinces anglophones du Canada.Cette dernière a fondé l\u2019organisme à but non lucratif Informed Opinions, dont la mission consiste à accroître la présence des femmes dans la sphère publique, notamment à l\u2019aide du site Internet Exper tWomen (expertwomen.ca).Cette plate- forme répertorie les femmes scientifiques pour les encourager à se prononcer et pour inciter les journalistes à faire davantage appel à elles, question de ne pas se limiter à des p o i n t s d e v u e d \u2019 h o m m e s lorsque vient le temps de mettre en contexte des enjeux dans les médias.Donner une voix aux femmes scientifiques ISTOCK La professeure au Département de génie mécanique de l\u2019Université de Sherbrooke Eve Langelier signale que le silence des femmes scientifiques les rend moins visibles pour les jeunes.ISTOCK Concilier la protection des données et l\u2019accès à celles-ci s\u2019avère dif ficile à mettre en œuvre. SCIENCE ET CULTURE L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 9 E T D I M A N C H E 3 0 A V R I L 2 0 1 7 I 5 Quand la science dépasse la fiction N A D I A K O R O M Y S L O V A Collaboration spéciale C\u2019 est sur cette question qu\u2019échangeront trois écrivains \u2014 Élisabeth Vonarburg, José Rodrigues Dos Santos et Jean-Claude Dunyach \u2014 lors de la discussion « Science et Fiction, le meilleur des deux mondes», qui aura lieu dans le cadre des Journées internationales de la culture scientifique, le 5 mai, à l\u2019Université McGill.Jacques Kirouac, directeur de l\u2019organisme Science pour tous qui animera la discussion, dit avoir hâte de voir ce que la fic- t ion peut encore inventer aujourd\u2019hui.Téléporteur et intelligence artificielle La vitesse à laquelle les avancées technologiques arrivent désoriente la frontière entre fiction et réalité.Ce que les romans de science-fiction inventaient hier devient notre quotidien.L\u2019arrivée des communications en temps réel, peu importe la distance géographique, encor e impensab le i l y a quelques décennies, est tenue pour acquise aujourd\u2019hui, cite pour exemple M.Kirouac.Les technologies les plus extravagantes s\u2019invitent partout, jusqu\u2019à la campagne électorale française où le candidat Jean-Luc Mélenchon n\u2019a pas hésité à apparaître par hologramme.«C\u2019est le téléporteur d\u2019hier», s\u2019amuse M.Kirouac.Ou encore le Réplicateur du professeur Tournesol, qui est si proche de l \u2019 i m p r i m a n t e 3 D d\u2019aujourd\u2019hui.Les capacités scientifiques à réaliser les idées les plus folles sont tellement à portée de la main que, désormais, « ce sont plutôt des problèmes d\u2019éthique que l\u2019on rencontre que des problèmes de réalisation», poursuit M.Kirouac.C \u2019 e s t l e c a s pour l\u2019intelligence ar tifi- cielle, qui déstabilise déjà nos idées sur l\u2019humain, ou encore les modifications génétiques.Des idées aussi saugrenues et ef frayantes que la gref fe de tête sont en voie d\u2019être réalisées.« O n e s t a i l l e u r s » , c o m m e n t e M .K i rouac.À ce rythme, prévoir ce dont demain sera fait devient de plus en plus ardu.La fiction s\u2019est souvent nourrie du côté sombre de l\u2019accélération technologique.Surveillance généralisée, épuisement des ressources naturelles, prise de contrôle par les machines.Il s\u2019agit là d\u2019un avenir cauchemardesque auquel la science-fiction nous avait préparés.Une vision qui met en garde et remet en question des avancées technologiques sur lesquelles le commun des mor tels n\u2019a souvent aucune prise.Pour M.Kirouac, ces œuvres offrent l\u2019occasion d\u2019interroger not r e r a p p o r t à l a science, aux décou- ver tes récentes et à leurs possibles.Ces visions alarmistes du futur venues du cinéma et de la littérature peuvent aussi ser vir à démystifier et expliquer ce qui se trame dans le monde de la science.Un défi pour l\u2019imagination « On n\u2019écrit plus de la science-fiction en 2017 comme on le faisait en 1950 », explique M.Kirouac.Alors que, jadis, la fiction se concentrait sur des mondes fantastiques peuplés de machines à voyager dans le temps, la fiction d\u2019aujourd\u2019hui est plus proche de nos possibilités techniques concrètes, et attache plus d\u2019impor tance à rester fidèle à la connaissance scientifique.Si les écrivains et les cinéastes ne peuvent plus nous impressionner avec des prouesses techniques, ils ont peut-être un nouveau rôle à jouer.« Il y a un défi pour les gens qui écrivent de la fiction : trouver des idées plus sensibles, plus intellectuelles aussi », explique Jacques Kirouac.Ce qui compte pour les auteurs de science-fiction, c\u2019est leur capac i té à r endr e la science passionnante, à la sortir de son hermétisme.À l\u2019instar de l\u2019écrivain portugais José Ro- drigues Dos Santos, qui sera de la discussion du 5 mai, n\u2019hésitant pas à plonger ses lecteurs dans la physique quantique et l\u2019astrophysique.Ce reporter de guerre de formation ne s\u2019est pas laissé arrêter par son manque de formation scientifique.Ce regard extérieur pourrait même servir à mieux vulgariser la science, explique M.Ki- rouac.Car il permet d\u2019envisager ce qui importe pour le commun des mor tels dans les avancées technologiques.Car pour rendre la science intéressante, il faut y insuf fler des émotions, défend M.Ki- rouac.C\u2019est l\u2019objectif de l\u2019événement 24 heures de science, qui se tiendra les 12 et 13 mai.Organisé par Science pour tous, cet événement annuel permet cette rencontre entre les scientifiques et le public.Le thème de cette année est justement la fiction, grâce à laquelle on espère attirer jeunes et moins jeunes à venir découvrir les récentes avancées scientifiques.Sur le site Internet de l\u2019événement, les curieux peuvent d\u2019ailleurs répondre à un jeu-questionnaire où il faut dé- par tager ce qui vient de la science ou de la science-fiction.En tant que directeur de Science pour tous, Jacques Ki- rouac a maintes fois eu l\u2019occasion de voir la magie opérer lorsque des scientifiques passionnés par leur sujet viennent présenter leurs trouvailles aux non initiés.Les recherches scientifiques bien expliquées, «les gens adorent ça, ils sont subjugués».C\u2019est en ce sens que le rôle des auteurs de fiction reste crucial.Leur façon de porter plus loin les idées scientifiques, de pousser à bout les potentialités les plus insolites de la technologie est un moyen d\u2019interpeller tout un chacun.Et surtout, de créer de l\u2019intérêt pour ce que la science peut faire.Que la réalité dépasse plus rapidement qu\u2019hier leurs idées ne disqualifie en rien leur regard.Au- jourd\u2019hui comme hier, l\u2019important est avant tout d\u2019avoir de l\u2019imagination, conclut M.Ki- rouac.«Imaginer», un mot qui réunit artistes et scientifiques.La science va très vite.Au point que plusieurs idées que l\u2019on rangeait hier dans les produits de l\u2019imagination ne sont au- jourd\u2019hui plus si loin de la réalité.La DeLorean de Retour vers le futur, carburant aux déchets, les mains en adaman- tium de Wolverine, ou encore le Réplicateur du professeur Tournesol : des objets venus de la fiction mais qu\u2019on risque de voir se réaliser plus tôt qu\u2019on pense.Organisatrices Partenaires CONCOURS MA THÈSE EN 180 SECONDES FINALE NATIONALE JEUDI 4 MAI DE 19 H 00 À 21 H 00 EXPOSITION LA PREUVE PAR L\u2019IMAGE DU DIMANCHE 7 AU VENDREDI 12 MAI DE 7 H 30 À 19 H 00 THÉÂTRE ET SCIENCES BINÔME : SAMEDI 6 MAI DE 16 H 00 À 18 H 30 UN GAMIN AU JARDIN IRRÉPRESSIBLE THÉÂTRE ET SCIENCES BINÔME SAMEDI 6 MAI DE 16 H 00 À 18 H 30 VISITE À LA FERME DE L\u2019ÉTABLE À LA TABLE DIMANCHE 7 MAI DE 10 H 00 À 15 H 00 EXPOSITION HALTES DÉCOUVERTES DU MUSÉE REDPATH DU LUNDI 8 AU JEUDI 11 MAI DE 12 H 00 À 14 H 00 L\u2019ŒUF OU LA POULE ENREGISTREMENT RADIO ÉMISSION DU LUNDI 8 AU VENDREDI 12 MAI DE 12 H 00 À 13 H 00 BALADE PENSER LA VILLE POUR MIEUX SE DÉPLACER MARDI 9 MAI DE 12 H 00 À 13 H 00 EXPOSITION ET ENTRETIENS RENDEZ-VOUS AVEC LA VILLE DE DEMAIN MARDI 9 MAI DE 17 H 00 À 19 H 00 FOIRE MUSICALE ET DÉBAT LA TECHNOLOGIE EN RECHERCHE ET CRÉATION MUSICALE.COMPOSER AVEC L\u2019INDUSTRIE MERCREDI 10 MAI DE 17 H 00 À 19 H 00 LES ANNÉES LUMIÈRE ENREGISTREMENT RADIO ÉMISSION JEUDI 11 MAI DE 12 H 00 À 14 H 00 VISITES GUIDÉES INTERACTIVES À LA DÉCOUVERTE DE LA MATIÈRE GRISE JEUDI 11 MAI DE 17 H 00 À 19 H 00 ACFAS.CA LABORATOIRE DE VISUALISATION IMMERSIVE 3D Immersion dans un environnement virtuel à la Faculté des sciences de l\u2019Université Sherbrooke Ce qui compte pour les auteurs de science-fiction, c\u2019est leur capacité à rendre la science passionnante, à la sortir de son hermétisme Le cégep Garneau de Québec accueillera la finale de la 25e édition du concours Science, on tourne !, les 5 et 6 mai prochain.Tenue sur le thème Balle masquée, elle réunira près d\u2019une quarantaine d\u2019équipes, dont les participants sont issus du réseau collégial québécois.Venus mesurer leur savoir-faire scientifique, ces derniers devront relever un défi de taille : faire fonctionner un engin autonome de leur conception pouvant à la fois ramasser des balles de golf et les placer dans un contenant ! Balle masquée au cégep Garneau É M I L I E C O R R I V E A U Collaboration spéciale C réé en 1992 par Yvon Fortin, un professeur de physique qui travaillait alors au cé- gep Garneau, Science, on tourne ! est le seul concours scientifique et technique inter- collégial tenu au Québec.Au- jourd\u2019hui orchestré par le Cendre de démonstration en sciences physiques (CDSP), un organisme voué à la dif fusion de la science et de la technologie ainsi qu\u2019au développement de la culture scientifique, il a pour objectif de démontrer le caractère passionnant de la science et de favoriser l\u2019intégration de certains apprentissages.Relever le défi D e p u i s s e s d é b u t s , l e concours s\u2019ar ticule autour d\u2019un défi à relever.« Chaque année, en janvier, on lance un défi de nature scientifique et technique, explique M.Marcel Lafleur, directeur du CDSP.C\u2019est un défi original qui se veut en apparence ludique, mais qui exige de l\u2019ingéniosité, de la débrouillardise et de la persévérance.» À titre d\u2019exemple, l\u2019an dernier, les par ticipants étaient appelés à construire un véhicule capable d\u2019effectuer un aller-retour en utilisant l\u2019énergie éolienne dans une direction et l\u2019énergie potentielle gravitationnelle dans l\u2019autre.L\u2019 a n n é e p r é c é d e n t e , i l s avaient pour mission la création d\u2019une machine autonome pouvant projeter une balle sur un mur un certain nombre de fois en 60 secondes.Pour parvenir à relever ces défis, les concurrents doivent toujours faire intervenir une combinaison de différents types de phénomènes scientifiques, CHRISTIAN LEDUC Deux participants à l\u2019édition 2013 du concours Science, on tourne ! VOIR PAGE I 6 : BALLE SCIENCE ET CULTURE L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 9 E T D I M A N C H E 3 0 A V R I L 2 0 1 7 I 6 scienceontourne.com U n é v é n e m e n t d u P a r t e n a i r e s CONCOURS scientifique INTERCOLLÉGIAL Ce concours met au défi depuis 25 ans des milliers de jeunes des 70 collèges publics et privés du Québec qui rivalisent d\u2019ingéniosité dans la fabrication de bolides aussi loufoques qu\u2019efficaces.F i n a l e nationale CÉGEP GARNEAU 6 m a i 2 0 1 7 © C h r i s t i a n L e d u c © C h r i s t i a n L e d u c C L A U D E L A F L E U R Collaboration spéciale D urant des siècles, science et art ne faisaient souvent qu\u2019un puisque médecins, inventeurs et astronomes étaient généralement d\u2019excellents dessinateurs, quand ce n\u2019était pas même de grands peintres.On n\u2019a qu\u2019à penser à Leonard de Vinci.Mais avec l\u2019utilisation de la photographie en science, il y a un siècle, l \u2019ar t n\u2019a plus été considéré comme un outil de représentation.C\u2019est ainsi que les deux disciplines se sont dissociées l\u2019une de l\u2019autre.Or, Cristian Zaelzer, associé de recherche à l\u2019Institut de recherche du Centre de santé de l\u2019Université McGill, aspire à ce que la collaboration entre artistes et scientifiques mène à créer de nouvelles synergies.Il a par conséquent mis sur pied l\u2019an dernier le projet Convergence, qui vise à unir les neurosciences et les arts.« L\u2019idée de dépar t du projet Convergence vient de Cristian, qui est à la fois un scientifique et un artiste à ses heures, confirme Andrée Lessard, coordonnatrice du projet Convergence.Je l\u2019ai aidé à démarrer le projet l\u2019été dernier.» «Nous avons d\u2019abord recruté des chercheurs stagiaires en neurosciences, poursuit-elle.On a aussi approché Rebecca Duclos, doyenne de la Faculté des beaux- arts de l\u2019Université Concordia, afin qu\u2019elle recrute de son côté des étudiants en art.» M.Zaelzer et Mme Lessard tentent ainsi de faire se côtoyer des neuroscientifiques et des artistes de différentes disciplines durant des mois afin que ceux-ci apprennent les uns des autres.Ils ont donc réuni 16 stagiaires en neurosciences avec 28 artistes de Concordia.«On a d\u2019abord organisé une série d\u2019événements pour faciliter la rencontre des uns et des autres, raconte Mme Lessard, notamment des exposés pour montrer aux artistes le fonctionnement de base du cerveau, puis des visites de laboratoires.Ensuite, les artistes sont allés voir à l\u2019œuvre les scientifiques.Durant des mois, tous ont travaillé de concert pour finir par produire, si je ne m\u2019abuse, 19 œuvres d\u2019art.» «Absolument génial !» Il s\u2019agit de créations de formes ar tistiques aussi variées que la danse, la sculpture, la peinture, la musique ou la vidéo, indique la coordonnatrice du projet Convergence.« Il y a plein de trucs géniaux ! » lance-t-elle en citant l\u2019exemple d\u2019une installation qui nous fait voir ce que doit être l\u2019impact d\u2019une commotion cérébrale.«Une artiste a travaillé avec une chercheuse qui s\u2019intéresse aux commotions cérébrales, explique Mme Lessard.Elle a ensuite fabriqué une sorte de mobile avec des billes transparentes suspendues selon dif férents angles.Et ce qu\u2019on voit au travers de ces billes est étourdissant! Ça doit être ce qu\u2019on doit ressentir à la suite d\u2019une commotion cérébrale\u2026 C\u2019est absolument génial!» Si cette ar tiste utilise l\u2019ar t pour nous faire goûter une expérience traumatisante, une autre artiste a réalisé un beau montage vidéo, avec musique, dans lequel on suit la vie et l\u2019évolution des neurones.«Encore là, c\u2019est magnifique », de commenter Andrée Lessard en ajoutant qu\u2019il y a quantité d\u2019autres projets aussi intéressants.«Ces jeunes artistes utilisent donc des connaissances scientifiques pour réaliser des œuvres d\u2019ar t absolument originales, dit-elle.Chaque œuvre expose quelque chose de particulier.» On peut d\u2019ailleurs voir certaines d\u2019entre elles à la galerie d\u2019ar t Visual Voice (372 rue Sainte-Catherine Ouest, espace 421) durant une bonne partie du mois de mai.(On ne peut hélas pas voir le mobile nous faisant ressentir les conséquences d\u2019une commotion cérébrale, puisque celui-ci n\u2019est pas encore tout à fait au point.) La collaboration entre chercheurs et artistes a beaucoup apporté aux uns comme aux autres, relate Andrée Lessard.« Je pense que de part et d\u2019autre, on a découver t qu\u2019on a beaucoup en commun, dit-elle, notamment au chapitre de la créativité.Et les uns comme les autres poursuivent des recherches tout en faisant preuve de beaucoup de rigueur.» Et si les artistes ont trouvé une autre source d\u2019inspiration, les chercheurs ont de leur côté amélioré leurs habiletés à communiquer et à vulgariser leur savoir, rapporte la coordonnatrice.Discussion sur l\u2019art et la science Dans le cadre des Journées internationales de la culture scientifique, Cristian Zaelzer organise un panel de discussion intitulé : Littératie scientifique et par ticipation des citoyens : la convergence des sciences et de l\u2019art.« Le but de ce panel est de montrer que l\u2019art et la science sont des disciplines qui doivent se rejoindre, explique Andrée Lessard.On a invité diverses personnes qui envisagent avec grand intérêt la collaboration entre science et ar t.Je pense même que c\u2019est là une tendance qui prendra de l\u2019ampleur, puisque nous voulons que le projet Convergence prenne de plus en plus d\u2019envergure.» Les panélistes se demanderont entre autres pourquoi il existe une telle séparation \u2014 quand ce n\u2019est pas même une certaine opposition \u2014 entre l\u2019art et la science.Et ne peut-on pas recréer des échanges fructueux entre les deux disciplines?«Notre objectif est d\u2019ouvrir la discussion sur les liens possibles entre science et art pour rendre les recherches scientifiques plus accessibles au grand public, ajoute Mme Lessard.Il s\u2019agit en fait de donner l\u2019occasion aux scientifiques de vulgariser leurs travaux par l\u2019entremise des arts, ainsi que de donner de nouveaux sujets d\u2019inspiration aux artistes.» Pour les organisateurs du projet Convergence, l\u2019art peut enfin servir à faire valoir auprès de nous tous la pertinence, l\u2019importance et la beauté de la recherche fondamentale.En ef fet, comme l\u2019observe Mme Lessard, les scientifiques doivent de plus en plus montrer en quoi leurs recherches sont importantes pour la société.«Il nous faut montrer aux contribuables que ce n\u2019est pas en vain que l\u2019on doit investir dans la recherche, et spécialement en recherche fondamentale, dit- elle, puisque celle-ci est à l\u2019origine de grandes découvertes.» La convergence des sciences et de l\u2019art qu\u2019ils soient de nature physique, chimique, électrique ou technologique.« L\u2019idée, c\u2019est de faire vivre aux participants un réel processus d\u2019élaboration d\u2019un engin, note M.Lafleur.Ça leur permet d\u2019être confrontés au même genre de défis que quiconque travaillant en création ou en innovation.Ça ne fonctionne pas toujours du premier coup, mais au bout de quelques essais, ils finissent par arriver avec un prototype qui répond au défi.» Très inclusif, Science, on tourne ! s\u2019adresse autant aux étudiants qu\u2019aux membres du personnel des établissements d\u2019enseignement collégial de la province.Toutefois, les participants sont classés dans des catégories différentes selon leur statut : les étudiants concourent dans le groupe Professionnels, alors que les membres du personnel des collèges sont dans la catégorie des Amateurs.« Comme il y a un aspect ludique au concours, il y a toutes sortes de gens qui y participent et c\u2019est ce qu\u2019on souhaite, parce que le but, c\u2019est vraiment de démontrer que la science n\u2019est pas qu\u2019aride et sérieuse.Elle peut aussi être une grande source de plaisir et de dépassement », souligne le directeur du CDSP.Avant la tenue du concours au printemps, des finales locales sont organisées dans les dif férents collèges par tici- pants de la province.Se déroulant de la mi-janvier à la mi-avril, elles permettent de déterminer quelles équipes prennent part à la compétition nationale.Que ce soit lors des finales locales ou de l\u2019événement in- tercollégial, les par ticipants sont jugés selon des critères précis.Pour se démarquer, ils doivent cumuler autant de points que possible.Ceux-ci sont attribués par un jur y et s\u2019appuient sur une grille d\u2019analyse.Plus les prototypes se conforment aux règles et objectifs du défi, plus ils sont susceptibles de récolter de bonnes notes.L\u2019édition 2017 Pour célébrer la 25e édition du concours, le comité scientifique de Science, on tourne ! a opté pour un défi somme toute corsé, mais hautement distrayant et stimulant.« Chaque fois que le comité décide d\u2019un défi, il doit s\u2019assurer qu\u2019il y ait au moins une solution simple, précise M.La- fleur.Cette année, les participants doivent construire un engin qui peut ramasser des balles de golf et les placer dans un contenant au centre d\u2019une piste circulaire.Il y a une solution simple pour ramasser les balles et les équipes qui vont y parvenir vont pouvoir obtenir un certain nombre de points, mais le vrai défi, ça va être de réussir à en ramasser plusieurs et à les placer dans un contenant au centre de la piste ! » Les étudiants qui prendront part à cette édition de l\u2019événement courront la chance de remporter plusieurs prix.«Le prix le plus prestigieux est celui du Défi, relève le directeur du CDSP.Il récompensera l\u2019équipe qui aura réussi à cumuler le plus de points.L\u2019équipe qui le remportera obtiendra 1000$ par participant.C\u2019est le ministère de l\u2019Économie, de la Science et de l\u2019Innovation qui le finance.» Plusieurs autres distinctions seront également décernées lors de la finale du concours.Il y aura notamment des prix de participation pour les filles et les garçons, le Coup de cœur du jury et le Prix du public.Des récompenses pour l\u2019ingéniosité, le design, le mérite, l\u2019écores- ponsabilité et la communication seront aussi attribuées.«Ce sont des prix qui permettent aux jeunes de miser sur différents volets ; même si leur engin n\u2019est pas le plus performant g lobalement , i l s pour ront quand même recevoir un prix parce qu\u2019ils se seront démarqués dans une catégorie précise», commente M.Lafleur.Au moment où ces lignes étaient écrites, 37 équipes étudiantes étaient inscrites à la finale nationale du concours.Les résultats de la compétition seront connus le 6 mai.SUITE DE LA PAGE I 5 BALLE science-and-you.com 4 6 MAI, 2017 I MC GILL, MONTRÉAL Partenaires prestige L\u2019Acfas remercie tous ses partenaires et les congressistes pour leur soutien et leur participation aux Journées internationales de la culture scientifique - Science and You.Partenaires principaux Partenaires des activités Partenaire numérique Acteurs de la culture scientifique Université hôtesse Créateur de l'événement Transporteur officiel KEVIN JUNG-HOO PARK Confining Thirst, du photographe Kevin Jung-Hoo Park, s\u2019inspire d\u2019un projet de recherche du laboratoire du Dr Charles Bourque et de son étudiante au doctorat Claire Gizowski, du CUSM, sur les zones du cerveau impliquées dans les rythmes circadiens de la soif."]
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