Le devoir, 3 mai 2017, Cahier A
[" V O L .C V I I I N o 9 7 L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 3 M A I 2 0 1 7 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S AUJOURD\u2019HUI Actualités \u203a Du logement social en PPP.Québec pourrait subventionner la rénovation de logements qui seraient ensuite loués aux moins fortunés.Page A 2 Avis légaux.B 4 Décès.B 6 Météo.A 4 Mots croisés.A 4 Petites annonces .B 6 Sudoku.B 2 ?w w w .l e d e v o i r .c o m QUÉBEC AIDERA LES SINISTRÉS PAUL CHIASSON LA PRESSE CANADIENNE Bien que la crue des eaux ne batte pas le record de 1974, elle n\u2019en est pas moins exceptionnelle et oblige des citoyens à évacuer leur demeure dans plusieurs régions, notamment en Mauricie et en Outaouais.Le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, a toutefois assuré hier que le gouvernement indemnisera les sinistrés.Sur notre photo prise à Rigaud, à l\u2019ouest de Montréal, un homme et une femme n\u2019ont d\u2019autre choix que d\u2019utiliser une chaloupe pour se déplacer.Page A 4 M A R C O B É L A I R - C I R I N O Correspondant parlementaire à Québec Une équipe d\u2019enquêteurs menée par la Sûreté du Québec (SQ) démêlera les allégations d\u2019entrave à la justice visant des membres de l\u2019équipe du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) faites par le président de la Fraternité des policiers et policières de Montréal (FPPM), Yves Francœur, jeudi dernier.Sous pression, la DPCP, Annick Murphy, a enjoint mardi matin à la sous-ministre de la Sécurité publique, Liette Larrivée, de déclencher une «enquête policière de nature criminelle pour faire la lumière sur les allégations » voulant qu\u2019une enquête de fraude ou de trafic d\u2019influence eût mené au dépôt d\u2019accusations criminelles, n\u2019eût été le fait qu\u2019elle concernait deux élus libéraux, dont un siégerait toujours à l\u2019Assemblée nationale.Mme Murphy a invoqué l\u2019article 20 de la Loi sur le Directeur des poursuites criminelles et pénales, qui lui permet de « signaler » au plus haut fonctionnaire du ministère de la Sécurité publique « les situations qui, à son avis, nécessitent l\u2019institution d\u2019une enquête policière».Le DPCP a eu recours à 29 reprises à l\u2019«article 20 » depuis 2007, y compris pour ordonner la tenue d\u2019une enquête sur la violente mise en échec assénée par le capitaine des Bruins Zdeno Chara au Canadien Max Pacioretty en 2011.Celle-ci avait provoqué un tollé.Mardi, la Sûreté du Québec a demandé et a obtenu la collaboration du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) et du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) « pour assurer une plus grande portée à cette enquête » sur la présence alléguée d\u2019entraves à la justice.Ainsi, une équipe d\u2019enquêteurs formée de représentants de chacun des trois corps de police sera mise sur pied promptement, a indiqué la SQ.ALLÉGATIONS D\u2019YVES FRANCŒUR La SQ mènera l\u2019enquête Le SPVM et le SPVQ sont appelés en renfort pour tirer l\u2019histoire au clair P A U L I N E G R A V E L A près avoir découvert que les chimpanzés ont recours à des plantes médicinales présentes dans leur environnement pour se soigner, la vétérinaire française Sabrina Krief a cherché à savoir comment ces primates en voie de disparition réagissent à la destruction de leur habitat et au braconnage dont ils sont victimes.Ses observations des huit dernières années révèlent l\u2019extraordinaire adaptation comportementale de ces animaux, mais aussi un fléau méconnu, celui des malformations faciales dont sont atteints un bon nombre d\u2019individus en raison de leur exposition aux pesticides.De passage à Montréal, Mme Krief, qui est professeure au Muséum d\u2019histoire naturelle de Paris, donne une conférence ce soir 3 mai au Cœur des sciences de Des chimpanzés et des hommes Si les grands singes adaptent leur comportement à la présence humaine, ils n\u2019en souffrent pas moins de l\u2019usage des pesticides que font leurs voisins JEAN-MICHEL KRIEF Aragon, un chimpanzé adulte qui est atteint d\u2019une malformation nasale vraisemblablement causée par les pesticides A M É L I P I N E D A L e programme de remboursement volontaire (PRV) du gouvernement du Québec pour recouvrir l\u2019argent de la collusion a rapporté moins que ce qu\u2019il avait anticipé jusqu\u2019à présent, a appris Le Devoir.Pour la période 2017- 2018, il a obtenu la moitié du montant qu\u2019il pensait recevoir.Lancé en novembre 2015 par Québec, ce programme visait à inciter les entreprises qui ont détourné des sommes lors de l\u2019obtention de contrats publics à rembourser l\u2019État et les municipalités du Québec, s\u2019évitant ainsi d\u2019éventuelles poursuites au civil.Le gouvernement n\u2019a jamais voulu dévoiler le montant qu\u2019il souhaite récupérer avec ce programme.Toutefois, des documents budgétaires pour 2016-2017 prévoyaient 10 millions de dollars de revenus dans son Fonds relatif aux contrats publics en 2017-2018.C\u2019est dans ce fonds que sont déposées les sommes recueillies dans le cadre du PRV.Or, Québec n\u2019a inscrit que 4 millions à la colonne des revenus probables pour cette période, selon les prévisions budgétaires 2017- 2018.Il a aussi inscrit 1 million à la période 2016-2017, alors qu\u2019il ne prévoyait aucun revenu pour cet exercice financier.« Le budget des fonds spéciaux était basé sur Le retour de l\u2019argent de la collusion se fait attendre Le programme de remboursement volontaire ne connaît pas le succès escompté VOIR PAGE A 8 : CHIMPANZÉS Mœurs Le Sénat s\u2019apprête à expulser Don Meredith Page A 3 Ivanka Trump Les dessous du succès de la ?lle du président Page A 5 VOIR PAGE A 8 : ENQUÊTE VOIR PAGE A 8 : COLLUSION I S A B E L L E P O R T E R à Québec L e gouvernement envisage de subventionner les rénovations de cer tains propriétaires privés afin de les encourager à louer leurs ap- par tements à des locataires plus démunis recevant des suppléments au loyer, a appris Le Devoir.Cette mesure pourrait faire par tie de la réforme du programme de logement social AccèsLogis du ministre des Affaires municipales, Martin Coiteux.Elle a été proposée dans un rappor t déposé au ministre par le député Nor- ber t Morin la semaine dernière au terme d\u2019une consultation publique.« La proposition provenant des propriétaires privés de rénover des immeubles existants afin de les transformer en logements sociaux mérite d\u2019être considérée, écrit-il dans le rapport.Différentes avenues pourraient être étudiées, de l\u2019offre de crédits fiscaux à la subvention directe aux propriétaires.» À la Société d\u2019habitation du Québec (SHQ), on précise que les appartements visés par le programme garderaient le même statut légal et appar tiendraient toujours aux propriétaires privés.Toutefois, ces derniers s\u2019engageraient par contrat à les louer à des gens recevant des suppléments au loyer (PSL).Contrairement à AccèsLogis, qui fi - nance la construction de nouveaux logements sociaux (coopératives, OBNL, etc.), les PSL subventionnent directement les gens pour les aider à se loger sur le marché privé.Avec un PSL, ils ne consacrent pas plus de 25 % de leur revenu à se loger.L\u2019Of fice d\u2019habitation se porte garant du paiement du loyer et s\u2019assure de la qualité des logements choisis.Aide à la pierre ou aide à la personne Joint par téléphone, le principal lobby de propriétaires s\u2019est d\u2019abord montré étonné par cette proposition qui n\u2019émane pas de lui mais de propriétaires privés et d\u2019élus municipaux présents lors de la consultation publique.« Ce n\u2019est pas bête », a fait valoir Hans Brouillette, de la Corporation des propriétaires immobiliers du Québec (CORPIQ).«Ça va permettre de sauver des immeubles » qui autrement seraient convertis en condominiums, dit-il.Les lobbies de propriétaires déplorent depuis des années que les loyers ne sont pas assez élevés pour qu\u2019ils puissent rénover leurs immeubles.Avec l\u2019augmentation du taux d\u2019inoccupation des dernières années, certains disent même que les logements sociaux leur font concurrence.C\u2019est dans ce contexte qu\u2019i ls demandent au gouvernement de financer des PSL plutôt que de constr uire de nouveaux logements (AccèsLogis).Or, pour les associations de locataires, c\u2019est pratiquement scandaleux.« C\u2019est comme si on récompensait les propriétaires qui ont été négligents dans l\u2019entretien de leur immeuble», dit Maxime Roy-Allard, du Regroupement des associations de locataires (RCALQ).«Nous, on préfère l\u2019aide à la pierre à l\u2019aide à la personne.» À l\u2019heure actuelle, le gouvernement loge aux deux enseignes.En 2015, il a annoncé le financement de 5800 PSL sur cinq ans tout en réduisant le nombre de logements sociaux construits.Or, dans le dernier budget, le rythme de construction du passé a repris avec la promesse d\u2019investir dans 3000 nouveaux logements sociaux.Le Devoir L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 3 M A I 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 2 MARDI 9 MAI 2017 À 18 H Amphithéâtre Ernest-Cormier Pavillon Roger-Gaudry Entrée gratuite - cdlm.umontreal.ca quels dé?s, quels enjeux ?Venez écouter MIGRATIONS et personnes réfugiées : Joanne Liu Médecins sans frontières, Université de Montréal Saskia Sassen Université Columbia et PROGRAMME ACCÈSLOGIS Des subventions aux propriétaires plutôt que des logements sociaux RENAUD PHILIPPE LE DEVOIR Un rapport déposé au ministre Martin Coiteux propose de subventionner certains propriétaires privés afin de les encourager à louer leurs appartements à des locataires plus démunis.J E A N N E C O R R I V E A U T émoignant par vidéocon- férence depuis les Philippines, où il vit depuis près de quatre ans, Benoit Labonté a af firmé que Bernard Trépa- nier fréquentait souvent l\u2019hôtel de ville de Montréal pour rencontrer Frank Zampino et Sammy Forcillo.L\u2019ex-directeur du financement d\u2019Union Montréal détenait même une car te professionnelle portant le logo de la Ville, a relaté l\u2019ancien chef de l\u2019opposition à l\u2019Hôtel de Ville lors de son témoignage au procès du Faubourg Contrecœur mardi.Élu en 2005 comme maire de l\u2019arrondissement de Ville-Ma- rie sous la bannière d\u2019Union Montréal, Benoit Labonté était membre du comité exécutif sous l\u2019administration du maire Gérald Tremblay.Benoit Labonté, qui a obtenu le statut de résident permanent aux Philippines, s\u2019est présenté comme un « prére- traité sans emploi » au juge Yvan Poulin.Le témoin a indiqué avoir vu Bernard Trépanier à de nombreuses reprises dans l\u2019hôtel de ville.Il se rendait notamment au bureau de Frank Zampino, alors président du comité exécutif qui, aujourd\u2019hui, fait face à des accusations criminelles relativement au dossier du Faubourg Contrecœur.C\u2019était l\u2019« homme de main » de Frank Zampino, a-t-il dit.Documents privilégiés ?M.Trépanier visitait aussi régulièrement Sammy For- cillo, responsable des infrastructures à la Ville.Benoit Labonté a indiqué avoir souvent vu M.Trépanier ressor tir du bureau de Sammy Forcillo avec des liasses de documents sous le bras.Il s\u2019agissait de sommaires décisionnels qui n\u2019avaient pas encore été soumis à l\u2019approbation des élus et n\u2019étaient donc pas publics, a-t- il affirmé.Ces documents comportent des informations importantes sur les conditions d\u2019un appel d\u2019offres et les coûts estimés.Quiconque les obtiendrait à l\u2019avance bénéficierait d\u2019un « avantage très net », a expliqué le témoin.En contre-interrogatoire, Benoit Labonté a toutefois dû admettre ne pas être en mesure de certifier que les sommaires décisionnels en quest ion étaient ef fectivement non publics.Benoit Labonté a aussi affirmé que Bernard Trépanier avait des car tes professionnelles à son nom comportant le logo de la Ville et le présentant comme un membre du cabinet du maire.Bernard Trépanier ne se gênait pas pour les exhiber, ce qui mettait plusieurs élus mal à l\u2019aise, car M.Trépanier n\u2019occupait pas de fonctions à l\u2019Hôtel de Ville, a relaté le témoin.Au sujet de la fusion de deux sociétés paramunicipales pour créer la Société d\u2019habitation et de développement de Montréal (SHDM) et de la privatisation de l\u2019organisme, le témoin a soutenu que les élus du comité exécutif n\u2019avaient pas été informés de l\u2019avis défavorable formulé par le Contentieux de la Ville à cet égard.M.Labonté a également été questionné sur les dons reçus lors de la course à la chefferie de Vision Montréal, dont les 35 000 $ reçus de l\u2019ex-entrepreneur Lino Zam- bito et de son oncle.Rappelons que Benoit La- bonté avait quitté Union Montréal en 2007 pour devenir chef de l\u2019opposition.En 2009, il avait révélé l\u2019existence d\u2019une ristourne de 3 % que devaient payer les entrepreneurs à Union Montréal pour chacun des contrats obtenus.L\u2019ex-maire Tremblay Gérald Tremblay, qui avait témoigné lundi, est revenu pour la fin de son contre-in- ter rogatoire.I l a semblé étonné que Frank Zampino ait obtenu un cer tif icat de solliciteur pour collecter des fonds pour Union Montréal en 2005.L\u2019avocate de Frank Zampino a insisté sur l\u2019importance du projet du Faubourg Contre- cœur, qui prévoyait la réalisation de 1800 logements.C\u2019était un projet impor tant, mais pas le plus important, a rétorqué M.Tremblay.Le Devoir PROCÈS DU FAUBOURG CONTRECŒUR Bernard Trépanier aurait eu accès à des informations cruciales L\u2019ex-directeur du financement d\u2019Union Montréal était un visiteur assidu de l\u2019hôtel de ville de Montréal, affirme Benoit Labonté Les lobbies de propriétaires déplorent depuis des années que les loyers ne sont pas assez élevés pour qu\u2019ils puissent rénover leurs immeubles D orchester, N.-B.\u2014 L\u2019enquêteur correctionnel du Canada a déterminé que la mort d\u2019un homme visé à répétition par des jets de gaz poivré dans une prison du Nou- veau-Brunswick aurait pu être évitée.Matthew Ryan Hines est mort au pénitencier de Dor- chester le 26 mai 2015.Dans un rappor t publié mardi, l\u2019enquêteur correctionnel Ivan Zinger af firme que l\u2019usage répété de gaz poivré à courte distance semble avoir contribué à la série de complications médicales dont M.Hines a souffert.Selon le rapport, les agents correctionnels ont utilisé une force physique et chimique inutile et n\u2019ont pas réagi de façon appropriée à l\u2019urgence médicale.M.Zinger estime que ces facteurs ont mené à la mort de l\u2019homme de 33 ans, qui a succombé à une asphyxie aiguë causée par un œdème pulmonaire \u2014 un problème attribuable à un excès de liquide dans les poumons.Le rapport présente dix recommandations, dont certaines visent à résoudre les lacunes systémiques dans la façon dont le Service correctionnel du Canada réagit aux urgences médicales.Dans un communiqué, la famille Hines s\u2019est dite reconnaissante pour l\u2019enquête « minutieuse et détaillée».Matthew Ryan Hines purgeait une peine de cinq ans pour plusieurs infractions, dont un vol.La Presse canadienne RAPPORT La mort d\u2019un détenu au pénitencier de Dorchester aurait pu être évitée L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 3 M A I 2 0 1 7 ACTUALITES A 3 L a crédibilité du ministre de la Défense nationale, Harjit Sajjan, se retrouve dans l\u2019œil d\u2019une tempête politique soulevée par le ministre lui-même en s\u2019octroyant le rôle d\u2019« architecte » de l\u2019opération Méduse des Forces canadiennes en Afghanistan en 2006.L\u2019auditoire de la conférence tenue à New Delhi la semaine dernière sur la prévention des conflits et le maintien de la paix a sans doute été impressionné par le passé militaire du ministre canadien, mais ses supérieurs et collègues de l\u2019époque se sont empressés, eux, de remettre les pendules à l\u2019heure.Impliqué dans cette of fensive, la plus imposante depuis la guerre de Corée pour les troupes canadiennes, M.Sajjan a certes effectué un travail de liaison et de renseignement essentiel à sa planification, mais, avec le grade de major, il n\u2019avait pas accès à la table à dessin.Exagération, déformation, fabulation, « pé- tage de bretelles» ou carrément mensonge ?Le ministre Sajjan parle d\u2019une « erreur », l\u2019opposition d\u2019un mensonge qui le disqualifie carrément.Il faut savoir que la remarque figurait dans les notes préparées pour son discours et qu\u2019il s\u2019était déjà vanté de ce rôle usurpé dans une entrevue avant même l\u2019élection de 2015.En matière d\u2019image, celui qu\u2019on présentait, photos à l\u2019appui, comme un dur à cuire, un bagarreur, lors de sa nomination, avait l\u2019air d\u2019un agneau contrit lundi à son arrivée aux Communes.Un agneau qui n\u2019entendait cependant pas se sacrifier.En s\u2019excusant de son erreur, il ajoutait qu\u2019il n\u2019était pas là pour fournir une justification ou une explication et qu\u2019il comptait continuer à servir comme ministre de la Défense.Pas de justification à fournir ?Probablement parce que la seule qui s\u2019impose est gênante à reconnaître.Les hommages, dont une lettre dithyrambique de son supérieur, le véritable architecte en passant, ne comblait tout simplement pas l\u2019ego du ministre.Les militaires avaient bien accueilli la nomination d\u2019un des leurs qui avait «vu de l\u2019action», mais leurs témoignages des derniers jours montrent que, si quelques-uns sont prêts à passer l\u2019éponge, les réactions vont dans une large mesure de la consternation à l\u2019outrage.Elles soulèvent des doutes sur le respect qu\u2019il commandera après avoir enfreint quelques lois non écrites des militaires.La nomination d\u2019un militaire encore récemment en mission a probablement gonflé les attentes dans les rangs des Forces armées.Le cas Sajjan permet de soulever une question fondamentale en matière de pouvoirs et de responsabilités dans le système politique canadien.Même si ce n\u2019est pas strictement pour ce genre de raison, on peut se demander si le purgatoire de sept ans imposé aux États-Unis à tout officier retraité avant une nomination comme secrétaire à la Défense n\u2019est pas une bonne idée.Le principe derrière tout ça ?S\u2019assurer du contrôle civil ultime des Forces armées, une notion qui vaut autant aux États-Unis que dans les autres démocraties occidentales, dont le Canada.À la rigueur, c\u2019est encore plus vrai au Canada, où la supervision politique des Forces armées est concentrée entre les mains du ministre de la Défense nationale.Les comités parlementaires n\u2019y ont pas le même accès routinier aux informations plus délicates qu\u2019aux États- Unis et on tombe rapidement dans les ornières partisanes quand des événements ou des décisions touchent les Forces canadiennes.Les militaires font bien plus que la guerre, ils agissent en interaction avec d\u2019autres organismes, en matière de sécurité nationale, publique ou civile.La direction est résolument déterminée par le politique, et l\u2019entonnoir mène du côté du ministre.Dans notre système, il est seul à avoir en main tous les éléments menant à une décision éclairée, y compris ceux fournis par ses adjoints hauts gradés.On peut se demander s\u2019il est sain qu\u2019il ait une relation presque intime avec ses employés.On tente actuellement de rehausser le droit de regard des politiciens sur le travail des services de renseignement avec la formation d\u2019un nouveau comité parlementaire aux pouvoirs et aux accès étendus.Il est peut-être temps d\u2019envisager une telle avenue dans le domaine militaire.Dans l\u2019immédiat, la reconnaissance d\u2019une « erreur» est la tactique adoptée qui permet au premier ministre Tr udeau de réitérer sa «pleine confiance» en son ministre.Le bilan de M.Sajjan était déjà mitigé, même ses meilleures décisions sont ternies par sa gaffe.Ses déboires arrivent en plus à un bien mauvais moment.Il deviendra dans les prochaines semaines le visage d\u2019une toute nouvelle politique de défense au terme d\u2019un ambitieux examen assorti d\u2019une consultation qui est presque tombée dans l\u2019oubli.Dans le contexte où des projets aussi controversés qu\u2019une participation au bouclier de défense antimissile du continent sont sur la table, il est permis de se demander si M.Sajjan sera le meilleur vendeur disponible au sein des troupes libérales.Qu\u2019as-tu fait à la guerre, Harjit ?DENIS FERLAND COLIN PERKEL LA PRESSE CANADIENNE Le sénateur Don Meredith (à gauche) photographié en mars dernier en compagnie de son avocat, Me Selwin Pieters.M A R I E V A S T E L Correspondante parlementaire à Ottawa G rande première au Sénat.Le sénateur Don Meredith, à qui l\u2019on reproche une relation avec une adolescente, pourrait être expulsé de la Chambre haute.Du jamais vu au Parlement.Mais le comité qui en fait la recommandation estime que celle-ci est justifiée en raison du « compor tement inacceptable », « continu » et sans remords du sénateur.Le rapport déposé mardi à la Chambre haute est accablant.Le Comité sur l\u2019éthique du Sénat y dénonce «un des manquements les plus graves en ce qui concerne le rôle des sénateurs, le statut et le rôle du Sénat ».La recommandation est sans équivoque : «que le sénateur Don Meredith soit expulsé du Sénat et que son siège soit déclaré vacant ».Les sénateurs débattront de la question pendant tout au plus trois semaines, avant de voter sur la recommandation.Le sénateur conservateur Meredith pourra prendre la parole s\u2019il le souhaite.Son bureau n\u2019a pas répondu aux demandes de commentaires du Devoir mardi.Son expulsion serait sans précédent.Pourtant, les sénateurs croisés au parlement, mardi après-midi, n\u2019avaient pas l\u2019air de s\u2019en formaliser.Soit, le geste serait historique \u2014 quoique constitutionnel, selon le comité \u2014, mais la sanction est méritée, ont-ils tour à tour martelé.«Sa réputation entache la réputation de l\u2019institution et également de nous, qui en sommes membres aussi.On n\u2019a pas besoin de ça, a tranché la conservatrice Josée Verner.On occupe des fonctions privilégiées.Et on doit avoir un comportement qui se conforme à ça.» Une nuisance au Sénat Les gestes commis n\u2019ont pas laissé le choix aux membres du Comité sur l\u2019éthique, a fait valoir son vice-président, Serge Joyal.Un premier rapport de la commissaire à l\u2019éthique, à la mi- mars, reprochait au sénateur Meredith d\u2019avoir miné les « normes de dignité inhérentes à la charge de sénateur » et d\u2019avoir agi de façon à « déprécier la charge de sénateur ».Ce premier constat « ne nous a menés à aucune autre conclusion que celle que le maintien du sénateur Meredith aurait pour ef fet de nuire aux travaux futurs du Sénat, à [sa] crédibilité [\u2026] et à la confiance que les Canadiens doivent avoir envers les sénateurs», a argué le sénateur Joyal mardi.Les avocats du sénateur Meredith réclamaient une suspension sans salaire d\u2019un ou deux ans.Le comité a refusé, en notant que le sénateur avait « manifesté de l\u2019indif férence » après la révélation de sa relation avec une mineure, pour ne reconnaître « son écar t de conduite » qu\u2019à la suite du blâme de la commissaire à l\u2019éthique.Plusieurs sénateurs se sont réjouis que le comité propose une sanction aussi sévère.«Le comité dit clairement qu\u2019un sénateur ne peut pas faire n\u2019importe quoi, qu\u2019il y a des choses qui sont inacceptables», a fait valoir l\u2019indépendant André Pratte.«C\u2019est une sanction qui est sévère, mais c\u2019est un comportement qui est complètement inapproprié», a renchéri le conservateur Claude Ca- rignan.Tous deux ont prédit qu\u2019une majorité de leurs collègues seraient du même avis.Sans précédent Le sénateur Meredith, un pasteur pentecô- tiste marié de 52 ans, « s\u2019est livré à plusieurs interactions sexuelles avec une adolescente » \u2014 deux en personne, puis par Skype et par clavar- dage explicite \u2014 alors qu\u2019il était «beaucoup plus âgé».Il «a fait du pouvoir et de l\u2019influence de sa charge des éléments de la relation» et a «même employé les ressources du Sénat pour la favoriser », stipule le rapport.M.Meredith nie avoir eu une relation sexuelle avec l\u2019adolescente avant qu\u2019elle n\u2019ait 18 ans.D\u2019autres sénateurs ont eu des démêlés avec la justice, comme Mike Duffy et Patrick Bra- zeau \u2014 dont une cause est toujours pendante.Mais les règles du code de conduite étaient claires dans le cas du sénateur Meredith, qui a poursuivi son comportement sans remords, ont argué plusieurs sénateurs.«On n\u2019est jamais à l\u2019aise avec toute expulsion ou suspension, a reconnu le conservateur Fabian Manning.Mais des décisions doivent être prises.C\u2019est mon opinion personnelle.Je suis père d\u2019une fille de 14 ans, ces choses-là vous viennent à l\u2019esprit.Plusieurs choses doivent être considérées.» Le sénateur Don Meredith pourrait-il le convaincre de changer d\u2019avis ?« Il lui faudrait présenter un très bon argument.» Le Devoir Le Sénat s\u2019apprête à expulser un des siens Don Meredith a entretenu une relation inappropriée avec une adolescente, qui mine la crédibilité de l\u2019institution, juge le Comité sur l\u2019éthique H É L È N E B U Z Z E T T I Correspondante parlementaire à Ottawa J ames Bond pourrait devoir remballer sa quincaillerie.Du moins, c\u2019est ce que propose le Comité parlementaire sur la sécurité publique et nationale, qui suggère à Justin Trudeau une quarantaine de mesures pour mieux encadrer les pouvoirs antiterroristes canadiens, notamment ceux des espions.La Loi antiterroriste adoptée par le précédent gouvernement conservateur en 2015, peu avant l\u2019élection, avait suscité une vague d\u2019indignation.Le C-51 octroyait au Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) le pouvoir \u2014 autrefois réservé aux policiers \u2014 de « perturber » les activités de personnes sous surveillance.Il élargissait aussi le nombre de personnes pouvant se voir interdites de vol.En campagne électorale, M.Trudeau a promis de revoir certains éléments de cette loi.Un comité parlementaire (à majorité libérale) s\u2019est penché sur la question, et c\u2019est le fruit de sa réflexion qui a été dévoilé mardi.Le comité suggère de limiter le pouvoir de perturbation du SCRS en exigeant que chaque perturbation soit avalisée par un juge.À l\u2019heure actuelle, seules celles contraires à la Charte des droits et libertés doivent l\u2019être.Le comité propose d\u2019interdire les perturbations contraires à la Charte.Celles qui contreviendraient à une loi autre devraient être entérinées par le ministre de la Sécurité publique.Selon le directeur du SCRS, le pouvoir de perturbation a été utilisé une vingtaine de fois et jamais un mandat n\u2019a été nécessaire.« Il arrive parfois que le SCRS doive intervenir promptement sur la base d\u2019informations qu\u2019il a, mais nous disons qu\u2019il ne devrait jamais agir en contravention de la Charte.Il ne devrait pas y avoir d\u2019exception », a expliqué le président du comité, le libéral Rob Oliphant.Le comité suggère par ailleurs que le SCRS «épuise tous les autres moyens à sa disposition [\u2026 ] avant d\u2019exercer ses pouvoirs de perturbation».C\u2019est que ce pouvoir \u2014 que les policiers ont eu de tout temps, par exemple en participant à une transaction de drogue pour la faire dérailler \u2014 prend une tout autre dimension lorsqu\u2019octroyé à un service de renseignement.Car ce dernier, contrairement à un corps policier, n\u2019a pas de pouvoir d\u2019arrestation.Les interventions du SCRS ne conduisent pas au dépôt d\u2019accusations et à un procès au cours duquel la légalité desdites interventions pourrait être contestée.No-fly list Le comité recommande au gouvernement de donner aux citoyens s\u2019étant fait refuser l\u2019accès à un avion le droit de demander s\u2019ils figurent sur la liste des personnes interdites de vol.Pour l\u2019instant, il est impossible de connaître cette information.Un citoyen peut, dans le doute, s\u2019adresser au ministre pour demander son retrait de la liste, mais si le ministre ne lui répond pas dans les 90 jours, son nom est réputé y rester.Le comité suggère que, sans une réponse ministérielle, le nom soit biffé.Enfin, le comité suggère de créer un organisme de surveillance des activités de l\u2019Agence des services frontaliers en ce qui concerne la sécurité nationale, au même titre que le SCRS, la GRC et le Centre de la sécurité des télécommunications ont déjà chacun le leur.Ces quatre chiens de garde devraient, estime le comité, pouvoir mener des enquêtes conjointes.Le Parti conservateur s\u2019inscrit en faux contre ce rapport, estimant que le comité « aurait dû se concentrer sur la façon de protéger les Canadiens contre ceux qui nous veulent du mal.[\u2026] C-51 était une réponse appropriée à la menace».Le Nouveau Parti démocratique, pour sa part, se dit d\u2019accord avec les recommandations, mais estime que toutes les dispositions de C-51 devraient être abrogées.Le ministre de la Sécurité publique, Ralph Goodale, a indiqué qu\u2019il entendait déposer un projet de loi d\u2019ici l\u2019été.Sans promettre de mettre en œuvre toutes les recommandations du comité, il a souligné que celles-ci se rapprochaient beaucoup de ce qu\u2019il avait en tête.«En général, ce que nous avons entendu lors des consultations publiques et ce que propose le comité vont dans la même direction que notre pla- teforme électorale.» Avec Marie Vastel Le Devoir Ottawa va restreindre les pouvoirs de ses espions Le comité sur la sécurité nationale propose de modifier la Loi antiterroriste Le ministre canadien de la Défense est l\u2019unique artisan de son malheur On occupe des fonctions privilégiées.Et on doit avoir un comportement qui se conforme à ça.Josée Verner « » L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 3 M A I 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 4 Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 I S A B E L L E P O R T E R À Québec A lors que le gouvernement vient de régler les problèmes d\u2019accessibilité à l\u2019hémodialyse en Gaspésie et au Bas-Saint-Laurent, le problème reste entier sur la Côte-Nord.Le Par ti québécois et le milieu communautaire s\u2019impatientent.« Il existe encore deux MRC [municipalités régionales de comté] au Québec qui n\u2019ont pas de services d\u2019hémodialyse en région et ce sont les miennes», a déclaré mardi le député péquiste de René-Lévesque, Martin Ouellet, en parlant de la Manicouagan et de la Haute- Côte-Nord.« On a assez vécu de drames humains sur notre territoire.» M.Ouellet réclame la création d\u2019un centre satellite de traitement des malades à Baie-Co- meau en plus du ser vice de Sept-Îles.À l\u2019heure actuelle, les personnes souffrant d\u2019insuffisance rénale aiguë qui n\u2019ont pas de place à Sept-Îles doivent se rendre à Saguenay ou à Rimouski pour obtenir le ser vice, dé- plore-t-il.C\u2019est l\u2019équivalent de 15 à 20 heures de route par semaine puisque trois traitements hebdomadaires sont requis.En point de presse, M.Ouellet était accompagné de la directrice du Centre d\u2019action bénévole Le Nordest de Forest- ville, Hélène Brochu.Cette dernière dit mener ce combat par respect pour une dame de la région, Lise Allicie, qui est décédée l\u2019automne dernier après avoir fait le trajet Forest- ville-Saguenay trois fois par semaine pendant dix ans.« On a calculé que Mme Alli- cie parcourait 76 000 km par an, a-t-elle dit.Elle n\u2019avait plus aucune qualité de vie.» Selon Mme Brochu, au moins cinq personnes du secteur de Forestville sont en hémodialyse à l\u2019extérieur à l\u2019heure actuelle, dont certains ont déménagé à Québec ou à Montréal.Manque de ressources Jusqu\u2019à tout récemment, la Gaspésie vivait le même problème que la Côte-Nord, mais en mars le ministre de la Santé a annoncé la création de trois nouveaux centres satellites pour répondre aux besoins à Gaspé, à Sainte-Anne- des-Monts et à Maria (un total de douze places).Il en a coûté 2,68 millions au gouvernement pour offrir ce service.Le manque de ressources dans l\u2019est a souvent fait les manchettes ces dernières années.En janvier, Le Devoir révélait qu\u2019une dame de Gaspé allait devoir faire 30 heures de voiture par semaine pour recevoir ses traitements à Rimouski.Le député Ouellet concède que les distances sont moins longues dans sa région que dans l\u2019est, mais les besoins n\u2019en sont pas moins dramatiques, dit-il.«Est-ce que 30 heures, c\u2019est beaucoup trop?La réponse est oui.Est-ce que 15 heures en Côte- Nord, c\u2019est beaucoup trop?La réponse est aussi oui», dit-il.Selon les orientations du ministère de la Santé, les patients ne devraient pas avoir à parcourir plus de neuf heures par semaine pour recevoir le traitement, rappelle-t-il.« Notre situation, elle est similaire à celle de la Gaspésie et du Bas-Saint-Laurent.En matière de durée, je suis convaincu que ce n\u2019est pas la même chose, mais en matière d\u2019intensité, je pense qu\u2019on est à la même place.» Au ministère de la Santé, on a indiqué mardi que le Centre intégré de santé et de services sociaux de la Côte-Nord avait « déposé un projet » pour obtenir de meilleurs ser vices et que ce dernier était à l\u2019étape de l\u2019analyse.Le Devoir SANTÉ La Côte-Nord réclame un service d\u2019hémodialyse 76 000 Le kilométrage annuel effectué pendant 10 ans par une résidente de Forestville pour recevoir ses trois traitements par semaine à Sa- guenay.Q uébec va indemniser les citoyens touchés par les inondations un peu partout au Québec selon les barèmes des programmes, a confirmé mardi le ministre de la Sécurité publique, Mar tin Coi- teux, alors que l\u2019eau continue à monter à plusieurs endroits et que des villes se préparent pour les prochains jours, qui seront critiques.Le ministre est allé constater mardi matin l\u2019état des lieux à Shawinigan, en Mauricie, une région for t touchée par les crues printanières.Mais elle n\u2019est pas la seule.Il y a plusieurs régions où les niveaux d\u2019eau élevés font des dommages.« C\u2019est une grosse année du côté des inondations», a dit M.Coiteux.Le ministre a aussi demandé à la population d\u2019être patiente.La situation peut encore s\u2019aggraver avant de revenir à la normale, a-t-il dit, considérant qu\u2019il va encore pleuvoir cette semaine.«Je comprends la situation, ce n\u2019est pas drôle, mais il faut demander aux citoyens d\u2019être un peu patients, parce que je pense que les prochains jours ne vont pas être des jours où ça va s\u2019améliorer tout de suite», a-t-il dit.Selon le maire de Shawinigan, Michel Angers, il y a eu une légère augmentation des niveaux d\u2019eau, «mais le moment critique sera mercredi ou jeudi».Malgré tout, le ministre Coi- teux a assuré que les autorités sont présentes, que les citoyens sont tenus informés de la situation et que des sacs de sable sont distribués pour les aider à protéger leur résidence.« Il y aura la possibilité aussi d\u2019indemnisation pour les citoyens.Au ministère de la Sécurité publique, on a des programmes, il y a des normes qui sont établies », a dit le ministre.Les citoyens sont informés de ce qu\u2019ils pourraient réclamer, a- t-il ajouté, sans trop aller dans les détails parce que «ce n\u2019est pas nécessairement le temps de remplir des formulaires, mais c\u2019est le temps de mettre des sacs de sable».Quant au ministre fédéral de la Sécurité publique, Ralph Goodale, il af firme ne pas avoir eu de demande d\u2019aide de Québec, mais se dit prêt à intervenir si c\u2019est le cas.Les inondations af fectent aussi les citoyens d\u2019autres secteurs tels que Gatineau, en Outaouais, Rigaud, en Monté- régie, ainsi que la région de Lanaudière.Plusieurs routes étaient d\u2019ailleurs toujours fermées mardi en fin d\u2019après-midi en raison des inondations, selon le ministère des Transports.On citait notamment des tronçons des routes 347 et 131 dans Lanaudière, et dans l\u2019Ou- taouais une portion de la 321 était fermée en raison des inondations.À Gatineau, la 307 était fermée sous le pont des Draveurs et dans une bretelle d\u2019accès de l \u2019autoroute 50 pour la rue Saint-Louis.Ailleurs, des routes se sont af faissées, dont un tronçon à Sainte-Ge- neviève-de-Batiscan et au moins une autre à Mille-Isles dans les Laurentides.Le ministère des Transports n\u2019est toutefois pas en mesure de préciser pour le moment si les inondations en sont la cause.Deux policiers de la Sûreté du Québec (SQ) en Mauricie ont même été blessés lorsque l\u2019avant de l\u2019autopatrouille dans laquelle ils circulaient a plongé dans un trou d\u2019environ un mètre de profondeur qui s\u2019est créé sur une route rurale, justement à Sainte-Geneviève- de-Batiscan.Les deux patrouilleurs ont dû recevoir des soins, mais ont depuis obtenu leur congé de l\u2019hôpital.La Montérégie Le maire de Rigaud, Hans Gruenwald, a été formel mardi matin: il demande aux citoyens de ne pas enlever les sacs de sable qui protègent leur résidence et les incite même à les renforcer.La municipalité a acheté 6000 poches pour ériger des barrières, a-t-il ajouté.«Ça ne s\u2019en va pas dans une direction qui est plus plaisante », a-t-il commenté en point de presse mardi matin.«À Rigaud, on est très préoccupés par le volume d\u2019eau auquel on s\u2019attend», a-t-il ajouté.Il avait cet autre message pour ses citoyens: «Si vous êtes dans un secteur touché et que vos routes sont impraticables, sortez de votre résidence volontairement.On est organisé pour vous prendre en main.» Pour cette vi l le comme pour d\u2019autres, il s\u2019agit d\u2019une deuxième crue printanière : au début du mois d\u2019avril, la Ville estime avoir reçu 76 millimètres de pluie en quatre jours.La Presse canadienne Le ministre Coiteux assure que les victimes d\u2019inondation seront indemnisées GRAHAM HUGHES LA PRESSE CANADIENNE Une résidente de Rigaud, Hillary Porter, s\u2019est servie d\u2019un bateau pour évacuer ses chiens mardi.Le ministre fédéral de la Sécurité publique, Ralph Goodale, affirme ne pas avoir eu de demande d\u2019aide de Québec, mais se dit prêt à intervenir si c\u2019est le cas Les compagnies aériennes promettent de réduire la survente Washington \u2014 Les dirigeants de quatre grandes compagnies aériennes américaines ont rivalisé mardi de promesses de réforme devant les parlementaires du Congrès, scandalisés par de récents incidents médiatisés avec des passagers.De hauts responsables d\u2019United, d\u2019American, de Southwest et d\u2019Alaska Airlines étaient convoqués mardi à une audition à la Chambre des représentants, avec un sujet en tête de l\u2019ordre du jour: comment réduire les surréservations, qui consistent à vendre plus de billets que de sièges disponibles sur un vol afin de prendre en compte les passagers qui ne se présentent pas.Le p.-d.g.d\u2019United, Oscar Munoz, a une nouvelle fois fait amende honorable pour l\u2019incident du 9 avril, quand un passager, David Dao, a été débarqué de force d\u2019un vol à Chicago pour libérer un siège au profit d\u2019un employé de la compagnie.Il a énuméré les réformes engagées, notamment la hausse à 10 000 $, au lieu de 1350 $, du montant compensatoire maximum pour inciter un passager à céder sa place sur un vol surré- servé, ainsi que de nouvelles formations pour les employés.Chez American Airlines, «nous n\u2019avons pas fixé de limite», a déclaré Kerry Philipovitch, directrice de l\u2019expérience client.Et comme United, American s\u2019engage à ne plus jamais faire descendre contre son gré un passager déjà assis dans un avion, a-t-elle dit.De son côté, le directeur commercial de Southwest Airlines, Robert Jordan, a répété l\u2019annonce récente que la compagnie renoncerait complètement à la survente à partir du 8 mai.Agence France-Presse S T É P H A N E B A I L L A R G E O N Une femme au travail peut cacher un tas de prolétaires au boulot.Ivanka Trump, « première fille des États- Unis », a lancé mardi un livre glamour intitulé Women Who Work destiné à « réécrire les règles du succès» des femmes qui travaillent.Quelques jours auparavant, un nouveau rapport exposait les pénibles conditions de travail des prolétaires, surtout des couturières, qui réalisent les vêtements de la marque Ivanka Trump dans des ateliers de misère d\u2019Asie.L\u2019enquête dans les sweatshop a été publiée fin avril par The Fair Labor Association.Au moment de sa dif fusion, la conseillère et fille du président participait alors à Berlin au sommet Women 20, centré sur la place des femmes dans le monde du travail.Il s\u2019agissait de la septième enquête depuis 2007 au sujet des fournisseurs chinois de vêtements distribués par G-III Apparel Group, dont Calvin Klein, Donna Karan et Karl Lagerfeld.Mme Trump fille en était la vice-présidente jusqu\u2019en février.Les petites mains des ateliers asiatiques reçoivent moins que le salaire minimum légal.Elles doivent travailler 60 heures pour environ 62 $ hebdomadaires.Deux inspecteurs ont visité l\u2019usine employant 80 personnes pendant deux jours en octobre (sans en révéler la localisation précise).Leur rapport soulève 24 violations des normes internationales du travail.La Baie La dénonciation des conditions de fabrication de certains produits de consommation sert à entacher les marques dénoncées jusqu\u2019à les rendre honteuses et toxiques.Le boycottage sert le même objectif.La campagne de rejet la plus active en ce moment est menée en ligne par le mouvement « Grab Your Wallet ».Elle vise les entreprises qui font des affaires avec la famille Trump ou qui appuient son action politique.La Baie d\u2019Hudson se retrouve dans le top 10 de la liste noire.«Notre campagne fonctionne extrêmement bien, explique Shannon Coulter, fondatrice de la campagne Grab Your Wallet, jointe en Californie.Vingt-trois compagnies ont été retirées de la liste depuis six mois parce qu\u2019elles ont coupé les liens avec la famille Trump.Les 54 qui restent en sont à différents stades de réflexion.J\u2019ai parlé récemment à une compagnie du top 10 qui cherche une manière de couper les liens.Je ne crois pas que ce genre de décision se prend à moins qu\u2019un nombre important de consommateurs manifeste son mécontentement.» La Baie/The Hudson Bay (HBC) propose environ 450 vêtements et accessoires de la marque Ivanka Trump, femme d\u2019affaires, fille et conseillère du président des États-Unis.L\u2019étiquette distribue des robes, des chaussures, des sacs à main, des vêtements de sport, du parfum, des accessoires de mode et des objets pour la maison.Leur fabrication dans des ateliers de misère d\u2019Asie a fait l\u2019objet de nouvelles dénonciations le mois dernier par des organismes de surveillance des conditions de travail dans le monde.La vente des produits d\u2019Ivanka Trump Brand est souvent la seule et unique raison pour laquelle une entreprise devient la cible de la campagne Grab Your Wallet.La chaîne canadienne arrive en 7e position des 54 marques ciblées, juste après le site Amazon.Le groupe Macy\u2019s occupe la position de tête.Une seule autre compagnie de vente au détail au Canada est citée, la solderie Winners, qui apparaît presque en queue de liste, en 48e position.HBC, la plus ancienne société commerciale d\u2019Amérique du Nord, est maintenant propriété d\u2019un fonds d\u2019investissement new-yorkais.Le boycottage vise aussi les compagnies dont les dirigeants ont appuyé financièrement la campagne politique de Donald Trump.La mise sous pression s\u2019en prend aussi aux entreprises qui achètent de l\u2019espace publicitaire pour l\u2019émission The Apprentice (NBC), produite par Donald Trump.L\u2019émission de téléréalité ne reviendra probablement pas pour une nouvelle saison.Pression/intimidation Le mouvement Grab Your Wallet a été créé en octobre 2016.Mme Coulter a lancé sa campagne de boycottage après la diffusion de la fameuse bande de l\u2019émission Access Hollywood où Donald Trump expliquait attraper les femmes par la chatte («grab them by the pussy »), d\u2019où le nom Grab Your Wallet (GYW).« Je cherchais une manière de répliquer, ex- plique-t-elle.Depuis, la campagne a pris d\u2019autres significations.Certains s\u2019en servent pour dénoncer les conflits d\u2019intérêts de la famille Trump.D\u2019autres l\u2019utilisent pour s\u2019opposer aux décrets antimusulmans.» La pression commerciale et économique peut s\u2019avérer très efficace.Le groupe Sleeping Giant liste plus de 800 compagnies qui s\u2019engagent à ne plus acheter de publicité sur le site de la droite dite alternative Breitbart News.Le réseau d\u2019informaton continue Fox s\u2019est séparé le mois dernier de son animateur vedette Bill O\u2019Reilly, accusé de harcèlement sexuel, après un mouvement de retrait massif des annonceurs.Mme Coulter affirme que la moitié des compagnies identifiées comme sources publicitaires de l\u2019émission The Apprentice ont décidé de ne plus l\u2019appuyer.Elles ont aussi été retirées de sa liste.Neiman Marcus, Belk et sur tout Nordstrom ont cessé d\u2019offrir des vêtements et des accessoires d\u2019Ivanka Trump et ne figurent donc plus sur le site grabyourwallet.org.Aucune compagnie n\u2019a toutefois cité officiellement le boycottage pour expliquer la décision de ne plus vendre de produits estampillés Trump.Nordstrom a parlé de chute des ventes pour se justifier, en février.Le président des États-Unis, père d\u2019Ivanka, avait dénoncé comme «injuste» cette décision sur Twitter.The Hudson Bay (HBC) a refusé une entrevue sur le boycottage et n\u2019a pas fourni de détails sur l\u2019ampleur de ses liens d\u2019affaires avec la famille Trump.«Dans nos magasins, nous cherchons à of frir un large éventail de la mode, a simplement écrit au Devoir Tiffany Bourré, directrice des communications de HBC.Nous respectons le droit de nos clientes de choisir les marques qui les satisfont.En retour, les choix de nos clients éclairent nos décisions sur les marchandises que nous offrons.» Une seule entreprise du top 10, L.L.Bean, est visée parce qu\u2019elle a appuyé directement la candidature du président.Linda Bean, la petite-fille du fondateur de la compagnie de vêtement du Maine, a contribué à la campagne du républicain.Elle a qualifié le boycottage d\u2019«intimidation» («bullying»).Une question éthique Reste à savoir quel est l\u2019effet réel de ce genre de campagne.Un consommateur libéral boycotteur peut être remplacé par deux conservateurs pro-Trump.Un site de commerce en ligne peut prendre le relais d\u2019un commerce anti-Ivanka.En février, l\u2019agrégateur commercial Lyst a enregistré une progression de 346 % des ventes des quelque 500 produits d\u2019Ivanka Trump offerts.Le bond a fait grimper la marque de la 550e à la 11e place des plus populaires sur 12 000.La marque Ivanka Trump pourrait même compenser les per tes de cer taines ventes aux États-Unis ou au Canada par de nouveaux succès sur des marchés ailleurs dans le monde.Ivanka Trump jouit notamment d\u2019une réputation enviable en Chine, ce pays accordant beaucoup d\u2019importance au succès matériel.«Le boycottage n\u2019est pas seulement une action politique à court terme, conclut Mme Coulter en expliquant que son site GYW est en train de se transformer en organisme sans but lucratif.Nous l\u2019envisageons comme une ressource pour conscientiser les consommateurs sur leurs pouvoirs et les conséquences de leurs choix qui peuvent favoriser l\u2019inclusion et le respect.» Le Devoir L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 3 M A I 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 5 ANIMATION INVITÉE SPÉCIALE CONFÉRENCIÈRE PRINCIPALE EN DIRECT SUR LA PAGE FACEBOOK DU DEVOIR ET SUR LE SITE : LEDEVOIR.COM/ PRESSEETUDIANTE UI H \u2019 D R U O J U A JEWEL SAMAD AGENCE FRANCE-PRESSE Ivanka Trump, « première fille des États-Unis », a lancé mardi un livre glamour intitulé Women Who Work destiné à « réécrire les règles du succès » des femmes qui travaillent.Ivanka Trump et les dessous d\u2019un succès Ateliers de misère et boycottage des produits de la marque La Baie dans le top 10 de la liste noire Les petites mains des ateliers asiatiques reçoivent moins que le salaire minimum légal H É L È N E B U Z Z E T T I Correspondante parlementaire à Ottawa S téphane Dion assure que sa nomination diplomatique auprès de l\u2019Union européenne n\u2019a pas été refusée par cette dernière.Si Ottawa a décidé de le désigner « envoyé spécial » plutôt qu\u2019ambassadeur, c\u2019est parce que cette nomenclature reflète plus adéquatement le rôle qu\u2019il jouera.À la suite du remaniement ministériel de janvier, Stéphane Dion s\u2019était fait offrir les postes d\u2019ambassadeur en Allemagne et à l\u2019Union européenne.Cette double nomination inusitée avait suscité la grogne dans les rangs diplomatiques canadiens.Or, trois mois après cette annonce, le gouvernement fédéral a annoncé lundi que M.Dion avait reçu son agrément de l\u2019Allemagne pour en être l\u2019ambassadeur, mais qu\u2019il serait plutôt «envoyé spécial » à l\u2019Union européenne (UE).En comité parlementaire où il comparaissait mardi, Stéphane Dion a assuré que «l\u2019idée du premier ministre n\u2019a jamais changé.C\u2019est toujours la même responsabilité qui m\u2019est donnée.La dénomination du titre a changé parce que ça exprime mieux la pensée qu\u2019avait le premier ministre dès le départ.Moi, ça va m\u2019aider.Lorsque j\u2019arrive dans un pays européen, je suis son envoyé spécial en plus d\u2019être ambassadeur en Allemagne.C\u2019est plus clair que de dire que je suis l\u2019ambassadeur à l\u2019Union européenne, parce que l\u2019Union européenne ne réfère qu\u2019à la juridiction Union européenne, tandis que les défis dont nous parlons englobent beaucoup plus que cette juridiction.» M.Dion a soutenu que ce changement d\u2019appellation «est une amélioration qui est le résultat de discussions à l\u2019interne et aussi avec nos amis européens».En mêlée de presse, M.Dion a assuré qu'« il n\u2019y a pas eu de refus».Il est rare qu\u2019un pays refuse directement l\u2019agrément d\u2019un diplomate.Il est plus fréquent qu\u2019il n\u2019accorde pas l\u2019agrément et que le délai amène le pays demandeur à reconsidérer sa nomination.Par ailleurs, M.Dion a indiqué que le Canada souhaitait l\u2019élection d\u2019Emmanuel Macron à la présidence française.« Nous préférerions de beaucoup avoir comme président d\u2019un pays ami quelqu\u2019un qui partage nos valeurs en matière d\u2019ouverture et de respect pour la diversité [\u2026] et qui croit comme nous que l\u2019intégration européenne est un atout pour le monde.» Le Devoir DIPLOMATIE Dion assure ne pas avoir été refusé par l\u2019UE Stéphane Dion Le Régime de pension du Canada (RPC) est l\u2019équivalent de notre Régime des rentes du Québec (RRQ).Alors que le reste du pays vient d\u2019adopter une réforme avantageuse pour les prochaines générations, Québec en propose une version allégée qui pénalise les jeunes.Une consultation est en cours sur le site retraitequebec.Jeunes et moins jeunes, une fois n\u2019est pas coutume, votez RPC ! es discussions ont lieu depuis quelques années déjà, mais avec le départ des conservateurs du pouvoir à Ottawa, neuf des dix provinces, à l\u2019exception du Québec, se sont entendues pour réformer le Régime de pension du Canada (RPC).Selon cette entente, les cotisations au RPC, qui augmenteront progressivement entre 2019 et 2025, s\u2019accumuleront dans une caisse qui servira à boni?er aussi progressivement les rentes en fonction du nombre d\u2019années de par ticipation.À terme, dans quarante ans, chacun recevra l\u2019équivalent de 33 %, au lieu de 25 %, d\u2019un maximum de gains admissibles de 62 600 $, au lieu de 54 900 $ aujourd\u2019hui.Un travailleur du reste du pays recevra donc, au plus, 20 000$ (en dollars d\u2019aujourd\u2019hui) au lieu de 13 300$ à l\u2019heure actuelle.À cela s\u2019ajoutera évidemment la prestation de Sécurité de la vieillesse (SV) fédérale de 7000 $, pour un total de 27 000$ indexés au coût de la vie.Une réforme qui ne va pas aussi loin qu\u2019on l\u2019aurait souhaité (ex.: 50% du revenu), mais qui constitue un pas très important.Or, selon Québec, ces paramètres posent un problème puisqu\u2019en étant appliqués à tous, ils priveront les gens qui gagnent moins de 27 400$ d\u2019une partie du Supplément de revenu garanti (SRG) qu\u2019Ottawa verse aux plus démunis en plus de la Sécurité de la vieillesse.Pourquoi payer des cotisations d\u2019un côté si Ottawa vous retire une partie de votre BS de l\u2019autre?En conséquence, le ministre des Finances du Québec propose que la réforme québécoise exclue toute cotisation sur la partie du revenu qui est inférieure à ces 27 400 $.?On comprend trop bien la motivation du gouvernement Couil- lard, qui veut faire économiser de l\u2019argent aux employeurs en forçant Ottawa à prendre à sa charge la couverture des besoins des petits salariés avec son SRG.Cette approche tient de l\u2019astuce.Elle n\u2019a pas de sens sur le plan social.Puis, qu\u2019arrivera-t-il si, dans 10, 20 ou 30 ans, un Maxime Ber- nier devenu premier ministre décide de remplacer le SRG ou d\u2019en réduire les prestations ?Pourquoi les Québécois seraient- ils privés d\u2019une couverture de retraite au moins équivalente à celles des autres Canadiens grâce à leur propre régime au lieu d\u2019un programme fédéral de dernier recours sur lequel ils n\u2019ont aucun pouvoir ?Autre facteur important : tous les salariés et non seulement ceux du bas de l\u2019échelle seraient pénalisés pour n\u2019avoir pas cotisé davantage sur les premiers 27 400 $ gagnés, ne serait-ce que pendant les années de début de carrière, par exemple.En effet, ces années sans cotisations supplémentaires seraient évidemment soustraites du calcul de la rente boni?ée calculée sur les 35 ou 40 ans de participation.Résultat : à salaire égal, un retraité québécois recevrait donc 4621 $ de plus qu\u2019à l\u2019heure actuelle, mais 2176 $ de moins que les autres Canadiens.Au lieu d\u2019une rente équivalente à 33 % des gains admissibles comme ailleurs, la nouvelle rente atteindrait tout au plus 29,6 % au Québec, voire 27 % pour qui aurait gagné 40 000 $ toute sa vie.La réforme proposée par Québec éloigne donc le RRQ du RPC de façon radicale.Pourtant, lors de sa création il y a cinquante ans, le RRQ devait offrir des conditions comparables au RPC pour faciliter la vie des gens qui doivent se déplacer et couvrir les travailleurs qui relèvent de la compétence fédérale.Cela doit se poursuivre.Lors des consultations récentes en commission parlementaire, la plupart des observateurs indépendants, dont les membres de l\u2019ex-Comité d\u2019experts sur le système de retraite québécois, ont jugé la réforme du RPC plus équitable et plus raisonnable que la proposition Couillard.Les seuls à soutenir le projet du Québec sont les associations d\u2019employeurs qui dénoncent l\u2019augmentation des cotisations.Pour les travailleurs, cette augmentation à venir des cotisations n\u2019est pas une taxe.Une rente de retraite, c\u2019est le résultat d\u2019un investissement.Ce n\u2019est pas de l\u2019aide sociale.C\u2019est une question de dignité.Jeunes et moins jeunes, faites savoir à Québec que les travailleurs québécois méritent d\u2019être aussi bien traités à la retraite que les autres Canadiens.Même si la retraite est la dernière de nos préoccupations quand on a 20 ou 30 ans.L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 3 M A I 2 0 1 7 A 6 EDITORIAL L E T T R E S Rappel et appel à Manon Massé Le Parti québécois a fort heureusement retenu cette phrase du premier ministre Bernard Landry, « la patrie avant les partis » et « l\u2019indépendance n\u2019est ni à droite ni à gauche, mais en avant », et il a proposé une alliance stratégique avec Québec solidaire.Si nous étions dans la France d\u2019au- jourd\u2019hui, nous dirions un « front républicain».Le Parti libéral ne doit plus former le gouvernement du Québec, son entreprise de démolition des acquis a suffisamment fait de dégâts.Il ne fait aucun doute que depuis l\u2019élection du gouvernement libéral, il n\u2019y a que des reculs pour le Québec dans tous les secteurs de l\u2019activité nationale.Le Parti libéral n\u2019est même plus le fantôme du Parti libéral de Jean Lesage et même de Robert Bourassa.Un ami libéral me disait récemment que Rober t Bourassa était un Québécois vivant au Canada, alors que Philippe Couillard était un Canadien vivant au Québec.Cela résume tout quant à sa philosophie politique et celle de son gouvernement.Madame Massé, dans l\u2019entrevue qu\u2019elle vient de donner au journal Le Devoir, semble avoir des angoisses.Elle est au stade du « ni-ni ».Une attitude qui ressemble (encore une image) à celle de M.Melanchon en France.Elle semble osciller entre ne pas perdre l\u2019image du «pur» et laisser le «mal» triompher, c\u2019est-à-dire le Parti libéral.Sans convergence, il y a lieu de croire L I B R E O P I N I O N P I E R R E N A N T E L Député, Longueuil\u2013Saint-Hubert (NPD) O n peut dire que Mélanie Joly ne manque pas d\u2019ambition.Ses longues consultations sont censées déboucher sur une réforme \u2014 très attendue, mais constamment repoussée \u2014 qui devra être aussi solide et fondamentale pour la culture québécoise que l\u2019a été la loi 101 de Camille Laurin.Pour l\u2019heure, on est loin du but.Nous sommes Québécoises et Québécois notamment parce que nous par tageons une culture et une histoire, vécue beaucoup par l\u2019audiovisuel et par nos médias.Depuis la Révolution tranquille, notre culture nationale s\u2019exprime par les plateformes de la radio, de la télé et de l\u2019écrit, un véritable écosystème protégé (qu\u2019on le veuille ou non) par des lois décidées à Ottawa.Or, l\u2019écosystème s\u2019ef fondre, au Québec comme dans le monde entier.Dans les huit dernières années, 16 500 emplois ont été supprimés dans les médias canadiens (radio, télé, journaux et Web), calcule la Guilde canadienne des médias.Sur le plan culturel, les citoyens se tournent vers d\u2019autres technologies et vers des diffuseurs sur Internet qui, contrairement aux plateformes traditionnelles, refusent toute responsabilité et toute contribution financière envers notre avenir culturel.Devant cette crise qui menace notre culture, Ottawa favorise les géants américains aux dépens de nos créateurs.Malgré une consultite interminable \u2014 et malgré un voyage récent de la ministre dans la Silicon Valley \u2014 tout semble indiquer que les grands joueurs américains du Web continueront d\u2019opérer au Canada dans une zone de non-droit.La ministre semble déjà balayer de la main la première évidence de toute réforme, exigée par la quasi-totalité du milieu culturel du Québec, soit d\u2019appliquer les taxes de vente aux joueurs étrangers de l\u2019offre en ligne (que ce soit Netflix, Amazon, Facebook ou Apple), comme l\u2019ont déjà fait de nombreux pays.C\u2019est une question de justice fiscale.Parce qu\u2019une entreprise en ligne établie au Canada doit aujourd\u2019hui facturer la TPS, alors qu\u2019une entreprise basée ailleurs (comme Netflix et Spotify et d\u2019autres, établis au Luxembourg pour éviter l\u2019impôt) s\u2019en lave les mains.Ça n\u2019a aucun sens, et c\u2019est pourquoi tous les acteurs de notre écosystème culturel, des câblodistri- buteurs au syndicat des techniciens, en passant par les ar tistes et scénaristes, exigent cette mesure.C\u2019est bien plus qu\u2019une question de financement; mais le financement aussi est un enjeu.60 % des 18-34 ans migrent désormais vers Netflix, et avec eux s\u2019évaporent les revenus publicitaires et le 5 % prélevé sur les factures de câblo- distribution, cette contribution qui alimente les fonds de production au cœur de notre vitalité télévisuelle.C\u2019est tout un écosystème qui va se faire couper l\u2019oxygène.Érosion Il y a plus grave encore : l\u2019accès à la culture québécoise se rétrécit lorsqu\u2019on se fie à des pla- teformes Web déréglementées.Les trentenaires d\u2019aujourd\u2019hui ont grandi en écoutant Passe-Partout, mais les enfants d\u2019aujourd\u2019hui ne trouveront sur Netflix ni Passe-Partout, ni le défunt Salmigondis, ni la prochaine série éducative conçue au Québec.Une génération qui ne se reconnaît plus dans la production de télé et de cinéma québécois, c\u2019est une érosion annoncée de nos valeurs.Car les diffuseurs en ligne, contrairement à TVA, Énergie ou MusiquePlus, n\u2019ont aucune obligation de mettre en valeur le contenu d\u2019ici.Demandez à Mélanie Joly si elle osera proposer de telles obligations, comme l\u2019a déjà imaginé l\u2019Union européenne : la réponse a de quoi inquiéter.Pire encore : invitée à tracer une ligne rouge, elle se fait au contraire évasive lorsqu\u2019on rappelle que l\u2019administration Trump cherche à insérer dans l\u2019ALENA des clauses qui interdiraient carrément au Canada d\u2019appliquer aux diffuseurs audiovisuels en ligne (comme Netflix) les règles existantes que nous appliquons à nos télés à nous.Il y a curieusement une exception à l\u2019immobilisme numérique des libéraux : les taxis.Ils ont enfin obtenu dans le dernier budget qu\u2019Uber ait l\u2019obligation de percevoir les mêmes taxes de vente qu\u2019eux.Le ministre des Finances, Bill Morneau, a dû comprendre qu\u2019il n\u2019y a pas de raisons de favoriser une entreprise américaine aux dépens des nôtres.S\u2019il a donc décidé de réparer l\u2019injustice pour les taxis, doit-on conclure que Mélanie Joly n\u2019est tout simplement pas entendue par son collègue aux Finances?Notre culture vit une concurrence déloyale, une perte de financements et la menace d\u2019un désintérêt grandissant chez nos plus jeunes.La ministre promet de grandes réformes, mais pendant que la grange brûle, on a l\u2019impression d\u2019une consultite sur les meilleures pratiques en design d\u2019extincteur.Mélanie Joly doit faire preuve de courage, et vite.C\u2019est l\u2019avenir de notre culture qui est en jeu.La culture québécoise est en jeu, et pendant ce temps Joly hésite FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente du développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-président des ventes publicitaires MARK DROUIN Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Directeur de l\u2019information numérique FLORENT DAUDENS Adjoints PAUL CAUCHON, LOUIS GAGNÉ, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET que les libéraux, forts d\u2019un vote captif, formeront de nouveau le gouvernement en 2018.C\u2019est la triste conséquence de la néfaste division du vote francophone, et surtout du vote indépendantiste (encore fau- drait-il s\u2019interroger sur la validité de cette option à Québec solidaire?J\u2019ai souvenir à l\u2019élection de 2012 du tract de QS où le mot «indépendance» ne figurait pas dans la version anglaise.Oubli, stratégie?).Madame Massé semble oublier qu\u2019à l\u2019élection de 2014, elle n\u2019a obtenu qu\u2019une majorité de 97 voix, tout juste devant la candidate du Parti libéral.Pour la première fois depuis 1970 (à l\u2019exception des partielles de 1983 et 1984) et jusqu\u2019en 2012, cette circonscription a élu des candidats du Parti québécois avec de bonnes et souvent de fortes majorités.Sans convergence, QS peut perdre la circonscription, et ce, même au profit du Parti libéral.Pour la petite histoire, ce sera la première fois que cette circonscription sera représentée par un député libéral qui fera un plein mandat depuis 1936.Elle a certes un bassin de sympathie pour diverses raisons, mais son bilan de réalisations est plutôt mince.Je laisse madame Massé réfléchir à cette phrase : « Vaut mieux se rétracter et s\u2019en attribuer tous les mérites que de persister et être vaincu.» André Boulerice o.p., député de Saint-Jacques (1985-1989) et de Sainte-Marie\u2013Saint-Jacques (1989- 2005), et ancien ministre délégué à l\u2019Immigration Le 29 avril 2017 Pour en finir avec l\u2019outrage de 1982 Le Québec ne fait pas officiellement partie du Canada depuis 1982, n\u2019ayant jamais approuvé le rapatriement de la Constitution.Pour en finir avec la question du Québec et avec cet outrage décrié par une vingtaine de personnalités (Le Devoir, 20 avril 2017), nous souhaitons qu\u2019un parti politique puisse prendre le leadership et proposer un référendum avec deux questions : 1.Approuvez-vous l\u2019accord du lac Meech, tel que négocié de bonne foi par le Québec en 1987 ?2.Approuvez-vous l\u2019indépendance du Québec dans un an si l\u2019accord du lac Meech n\u2019est pas approuvé par le gouvernement du Canada ou par une des neuf autres provinces d\u2019ici un an?Ainsi, nous mettrons un point final sur notre statut et verrons si le Canada veut un Québec fort à l\u2019intérieur du Canada.Un refus sera alors la preuve que le Canada et/ou les provinces veulent maintenir le Québec sans moyens et dépendant à l\u2019intérieur du Canada.Nous aurons alors toutes les raisons de nous prendre en main et de devenir un pays.Avec les compétences que nous avons et le bassin de bons entrepreneurs que nous comptons, le Québec pourrait ainsi devenir soit une province, soit un pays riche et prospère.Gilles Chamberland, gestionnaire informatique retraité Le 30 avril 2017 RETRAITE Jeunes, votez RPC ! L JEAN-ROBERT SANSFAÇON L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 3 M A I 2 0 1 7 A 7 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon (chef de division), Robert Dutrisac, (éditorialiste), Michel Garneau et Pascal Élie (caricaturistes), Jacques Nadeau (photographe), Olivier Zuida (recherchiste photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division et reporter), Stéphane Baillargeon (généraliste), Gérald Dallaire (pupitre), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Jean Dion (sports), Marco Fortier (éducation), Marie-Pier Frappier (pupitre), Lisa-Marie Gervais (diversité), Pauline Gravel (sciences), Jessica Nadeau (éducation).Alexandre Shields (environnement); information politique : Michel David (chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Marie-Michèle Sioui (correspondants parlementaires à Québec) Dave Noël (recherche), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec); information culturelle : Guillaume Bourgault-Côté (politiques culturelles), Julie Carpentier (pupitre), Fabien Deglise (livres), Catherine Lalonde (arts vivants), François Lévesque (écrans), Caroline Montpetit (arts vivants), Philippe Papineau(médias); information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l\u2019information), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Benoît Munger (pupitre); information internationale : Guy Taillefer (chef de division et éditorialiste); section art de vivre : Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); cahiers spéciaux : Loïc Hamon (responsable); équipe numérique : Laurence Clavel, Guillaume St-Hilaire et Geneviève Tremblay (pupitres); correction : Andréanne Bédard, Christine Dumazet et Michèle Malenfant (correctrices) ; soutien à la rédaction : Amélie Gaudreau (coordonnatrice à la rédaction), Jean-Philippe Proulx (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa).PUBLICITÉ Charleyne Bachraty (adjointe au vice-président), Marlène Côté, Évelyne De Varennes, Amel Elimam, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (directrices de comptes), Amélie Maltais (commis aux avis légaux), Alessandra Tantalo et Laurence Hémond (coordonnatrices publicitaires).PRODUCTION Caroline Desrosiers, Yannick Morin, Anthony White et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web), Jean-François Côté (analyste programmeur), Luc Girard (technicien informatique), Solène M.Hébert (développeuse Web).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Catherine Gentilcore (coordonnatrice marketing, communications et relations publiques), Sébastien Beaupré (coordonnateur service à la clientèle), Manon Blanchette, Caroline Filion, Nathalie Filion, Isabelle Sanchez (préposées au service à la clientèle).ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Mélisande Simard (adjointe administrative et responsable des ressources humaines), Florentina Draghici (technicienne comptable), Véronique Pagé (responsable du crédit).«C\u2019est comme si on nommait un pyromane au poste de pompier en chef.» L\u2019élection de l\u2019Arabie saoudite à la Commission des droits des femmes de l\u2019ONU soulève l\u2019indignation depuis une semaine.Une pétition circule d\u2019ailleurs pour exiger l\u2019annulation du vote.Comment le « régime le plus misogyne au monde » peut-il devenir membre d\u2019un comité voué à « la promotion de l\u2019égalité des sexes et de l\u2019autonomisation des femmes» ?L\u2019Arabie saoudite est le seul pays qui interdit la conduite automobile aux femmes en plus d\u2019exiger qu\u2019elles soient parrainées par un homme à tous les moments de leur vie.Un homme décide si une femme peut étudier, travailler, voyager, se marier et, même, avoir accès à des soins de santé.Une première rencontre du « Conseil des filles », tenue le mois dernier à Riyad, photos et tambours publicitaires à l\u2019appui, montre 13 hommes en tenue royale, et aucune femme .Les femmes n\u2019étaient pas exclues, disent les autorités, seulement « confinées dans une salle à part ».Sans photographe, il va sans dire.Alors, je repose la question, comment le royaume de la ségrégation envers les femmes a-t-il pu être admis à ce haut lieu féministe ?Le vote était secret et aucun des 54 pays membres, dont le Canada, n\u2019a tenu à divulguer son choix \u2014 à l\u2019exception de la Belgique, qui dit avoir voté oui « par erreur ».Mais comment est-ce donc possible que la très grande majorité (47 sur 54) ait voté en faveur du régime saoudien?« Parce que la politique et les pétrodollars l\u2019emportent sur les principes », dit le directeur d\u2019UN Watch, Hillel Neuer.C\u2019est l\u2019énorme influence de l\u2019Arabie saoudite au sein de l\u2019ONU qui lui permet d\u2019ailleurs de siéger, depuis déjà 10 ans, à la Commission des droits de la personne.Autre absurdité à laquelle le Canada, à l\u2019époque, ne s\u2019est pas opposé.Le Canada, comme plusieurs pays européens, est un im- por tant vendeur d\u2019armes au royaume des Saoud.Ce genre de tour de passe-passe arrange en fait un peu tout le monde.Il confère une légitimité aux régimes autor i - taires tout en légitimant le cho ix des pays démocratiques de faire af faire avec ces mauvais garçons.S i vous croyez que ce genre d\u2019intronisation peut avoir un ef fet d\u2019entraînement, argument souvent servi dans des cas pareils, détrompez-vous.« Dix ans à la table de la commission chargée de protéger les droits de la personne n\u2019ont absolument rien changé en Arabie saoudite », dit M.Neuer, dont l\u2019organisme agit comme chien de garde des activités humanitaires de l\u2019ONU.Le pays détient toujours la palme des détentions et des exécutions sommaires, en plus de s\u2019être rendu coupable de violations des droits humains envers les Yé- ménites, pour ne rien dire de l\u2019emprisonnement de Raif Badawi et de l\u2019arrestation de Ma- nal al-Sherif, la Saoudienne qui a mené en 2011 une campagne Facebook pour apprendre aux femmes à conduire.Une telle décision ne fait que « démoraliser les Badawi et al-Sherif », de préciser le directeur d\u2019UN Watch.Le régime ayant désormais été sanctifié par la communauté internationale, ces victimes peuvent s\u2019attendre à croupir dans l\u2019isolement encore plus longtemps.La grossière hypocrisie d\u2019un pays qui prétend que, chez lui, les femmes « sont gâtées» car « elles ont toujours un chauf feur pour s\u2019occuper d\u2019elles » ne devrait pas faire oublier que, chez nous aussi , l \u2019hypocrisie existe .En ce qui concerne l\u2019environnement, en tout cas, c\u2019est à tomber par terre.Après s\u2019être fait une belle jambe sur la scène internationale, exigeant lors du Sommet de Paris une baisse du réchauffement climatique admissible (1,5 plutôt que 2 degrés), le gouvernement Trudeau n\u2019a de cesse aujourd\u2019hui de retourner sa veste.D\u2019abord, en étant d\u2019accord avec la construction de trois importants pipelines (Trans Mountain, Enbridge et Keystone XL), Tr udeau donne le feu vert à l\u2019extraction massive de sables bitumineux garantissant, du même souffle, que les cibles qu\u2019il a lui-même choisies seront inatteignables.Le gouvernement vient ensuite de renier son engagement à réglementer les émissions de méthane, «un gaz à ef fet de serre au moins 25 fois plus puissant que le CO2 », se conformant ainsi au laisser-faire environnemental prôné par Donald Trump.«Trudeau dit toujours ce qu\u2019on veut entendre [\u2026] et Dieu sait qu\u2019il est agréable à regarder, dit l\u2019environnementaliste américain Bill McKib- ben.Mais en ce qui concerne les changements climatiques, il est le frère de l\u2019homme orange à la Maison-Blanche.» Mais, précise-t-il dans une lettre ouverte (« Arrêtez de vous pâmer pour Trudeau, il est un désastre pour la planète »), en plus hypocrite.fpelletier@ledevoir.com Sur Twitter : @fpelletier1 Les pyromanes FRANCINE PELLETIER J E A N R O Y E R Ex-responsable des pages culturelles et critique littéraire au Devoir de 1977 à 1991 laude Haef fely, décédé le 1er mai, occupe une place à part dans l\u2019histoire récente de la poésie québécoise depuis les années 1950.Sa présence, fondatrice, poursuit toujours l\u2019esprit du « refus global » des poètes et des artistes automatistes et de la tendance surréaliste, avec une fantaisie débridée, certes, mais libératrice contre l\u2019angoisse ou la bêtise.Ses poèmes et ses dessins participent d\u2019une révolution du langage et traduisent une curiosité insatiable de la vie en même temps qu\u2019une passion irréductible pour l\u2019acte de création.Cet amateur de la lettre et de l\u2019image est à la fois un artiste et un provocateur, un rassembleur et un animateur de la vie littéraire et de l\u2019édition de poésie.[\u2026] « La poésie est d\u2019abord un cheminement », a déjà af firmé Claude Haef fely.Son livre La pointe du vent nous en dit long là-dessus.Images et proses, souvenirs et rêves d\u2019enfance, dessins et lettres d\u2019amis plantent les balises d\u2019une vie passionnée de création.D\u2019ailleurs, écrira encore Haeffely : «Seule la passion entretient un cer tain désordre essentiel à la bonne marche de notre vie.» À la parution de La pointe du vent, en 1982, Claude Haef fely est conservateur adjoint au Musée d\u2019art contemporain.Il n\u2019est pas arrivé là par hasard : toute sa vie d\u2019homme l\u2019a conduit de l\u2019écriture à l\u2019image.Poète et passionné d\u2019édition, il s\u2019est fait artisan des lettres à Paris en 1944 puis en 1953 à Montréal, où il se joint vite à Roland Giguère et Gérard Tremblay pour animer les Éditions Erta.Il retourne quelques années en France où il gère une ferme en Gironde et fonde Le Périscope, des cahiers de poésie francophone où il publie, entre autres, les premières versions des grands poèmes de Paul-Marie Lapointe et de Gaston Miron, ainsi que des encres de Roland Gi- guère et de Léon Bellefleur.Revenu au Québec en 1962, il opère une galerie d\u2019art avant d\u2019animer au ministère des Affaires culturelles la revue Culture vivante, qui témoigne des tendances de la création artistique des années soixante.Haeffely quitte la revue quand le sous-ministre Guy Fré- gault veut en faire un bulletin de propagande du ministère.On retrouve alors Haeffely à la Bibliothèque nationale, où il organise la Semaine de la poésie en 1968.Enfin, Claude Haeffely sera, ne l\u2019oublions pas, l\u2019initiateur de la mythique Nuit de la poésie du Gesù en mars 1970 et des manifestations de Poésie ville ouverte à Montréal en 1983.Au milieu des années 1970, Haeffely inventera un outil pédagogique destiné à faire connaître l\u2019alliance du dessin et de la poésie à un large public.Il crée pour l\u2019Office du film du Québec des documents audiovisuels à l\u2019enseigne des Griffes- ô-graffes.Un carrousel de 80 diapositives synchronisé à une bande sonore raconte, en 15 ou 30 minutes, l\u2019œuvre d\u2019un dessinateur, d\u2019un photographe ou d\u2019un phénomène de l\u2019art populaire.Ces documents ne seront pas dif fusés finalement, mais ils auront illustré le bouillonnement artistique des années 1960 et 1970.[\u2026] Puis, au début des années 1980, vous retrouverez notre homme au Musée d\u2019art contemporain, affairé à son bureau situé derrière les archives.C\u2019est là qu\u2019il prépare des expositions un peu spéciales, comme celle de Françoise Bu- jold en 1981.Si vous avez vu passer dans les couloirs du musée un Alsacien blond aux yeux chercheurs, avec un air de flotter entre la vieillesse et l\u2019enfance, entre la sagesse et l\u2019étonnement perpétuel : c\u2019est bien Claude Haeffely.Certes, l\u2019homme est poète.Toujours prêt pour partir à la conquête de l\u2019ivresse.«Il faut retrouver la poésie naturelle de tout», vous clamera-t-il en bon défenseur de l\u2019art brut et en surréaliste fidèle à la révolution du langage.Dans ses livres travaille un surréalisme passionné, nourri de jazz et d\u2019érotisme, écrit comme on rêve au petit matin.Ce que nous apporte La pointe du vent, ce sont les rumeurs de cette poésie : les proses et les pauses du poète, les rêves et les gestes de l\u2019homme, ses rires et ses éclats.Nous empruntons véritablement les sentiers de la création et nous voyons apparaître les êtres et les paysages qui habitent une vie.La Bretagne et le Château rose de l\u2019enfance.Un champ d\u2019orge et les trois premières femmes de la vie du poète : Popom, Mary et Françoise.(« Popom », c\u2019est le surnom af fectueux que Claude et ses deux sœurs donnaient à leur mère).Lisant ce livre, on découvre aussi la poussière d\u2019une gare bombardée au fond du jardin.Se révèlent des rêves décisifs.Des poèmes mis en dessins par André Montpetit.De grands textes qui ont accompagné les œuvres d\u2019Angèle Beaudry, de Kitty Bruneau et de Michèle Cournoyer.Des préfaces pour expositions ou albums d\u2019art.Des lettres d\u2019amis: Gaston Miron, Gérard Blanchard, Noël Cormier, André Bosmans, Jacques Boulay et tant d\u2019autres.Un texte magnifique de Gaston Bachelard sur la gravure.Des éclats de rire et des mots pour enfants.Une obsession pour les crapauds et une «Soupe aux organigrammes».Des histoires d\u2019amour pour des femmes et pour des livres.Des arbres dessinés à la pointe du vent par Gérard Tremblay, Léon Bellefleur et Roland Gi- guère, qui ajoute: «arbre des nuits sans fin arbre pour dire les noms des amis comme on compte les branches qui plient sous les doigts de la main un dimanche après-midi».Oui.Ce livre compose un rameau de créations, d\u2019amours et d\u2019amitiés qui nous racontent une vie en état de poésie.Une vie au carrefour de l\u2019instinct et de l\u2019imaginaire.Claude Haeffely à la pointe du vent B R U N O C H A R B O N N E A U Professeur agrégé de science politique à l\u2019Université Laurentienne et directeur du Centre FrancoPaix de la Chaire Raoul-Dandurand à l\u2019UQAM a victoire du Parti libéral du Canada aux dernières élections fédérales est venue avec un slogan percutant : « Le Canada est de retour » ! S\u2019il n\u2019est toujours pas clair d\u2019où le Canada revenait, la valeur symbolique et les visées électoralistes de la formule sont sans équivoques.Le gouvernement de Justin Trudeau visait à se distinguer de la politique étrangère de Stephen Harper.Ce dernier avait critiqué « l\u2019internationalisme libéral» et développé la version canadienne d\u2019un «néoconservatisme» moral où le bien et le mal s\u2019opposent sur la scène internationale.Ainsi, pour les libéraux, le « retour du Canada» signifie la fin de l\u2019interlude conservatrice et le retour de la tradition internationaliste libérale, elle-même associée à un imaginaire du Canada en tant que puissance moyenne et « bon citoyen» du monde.Dans cette vision du rôle du Canada, l\u2019Organisation des Nations unies représente le cœur de l\u2019approche libérale, et les opérations de maintien de la paix une contribution canadienne importante.Le gouvernement Trudeau a ainsi promis un réengagement des Casques bleus canadiens dans les missions onusiennes, notamment dans le but inavoué d\u2019obtenir un siège au Conseil de sécurité que son prédécesseur n\u2019avait pas su remporter en 2010.Aujourd\u2019hui, on peut se demander si le Canada n\u2019a pas raté son retour.Le cas du Mali En 2016, il fallait choisir une mission.Tout indiquait, et tout indique toujours, que le Mali était l\u2019endroit désigné.Les analystes du gouvernement fédéral, les universitaires et les experts s\u2019entendent très largement sur la question.La mission de l\u2019ONU au Mali (la MINUSMA) est en expansion.Plusieurs de ses troupes sont mal équipées et formées et souf frent d\u2019un manque de mobilité.Elle fonctionne dans un environnement instable où des attaques terroristes sont fréquentes, bien que visant rarement la MINUSMA, à l\u2019exception des engins explosifs improvisés.Elle a un mandat robuste de stabilisation.Elle fonctionne en parallèle avec un dispositif contre-terroriste français au Sahel, l\u2019opération Barkhane.Bref, du point de vue militaire, la contribution canadienne aurait un impact immédiat sur la situation sécuritaire, de par les capacités et l\u2019expérience de son armée.À moyen terme, un effet sur le processus de paix est fort plausible, surtout si le Canada avait obtenu le commandement de la mission comme plusieurs le prévoyaient.De plus, la mission au Mali représente de multiples avantages diplomatiques pour le Canada, car elle permet de jouer sur plusieurs tableaux.L\u2019ONU manque toujours de troupes de qualité.Une participation canadienne plaisait aux partenaires africains (dont le Mali), qui perçoivent le Canada comme un pays respectueux et largement impartial.Les alliés européens engagés au Mali applaudissaient un appui canadien à leurs ef for ts.Les Français et les Américains y voyaient aussi une contribution significative aux efforts contre-terroristes au Sahel.Rendez-vous manqué?Après plus d\u2019un an d\u2019analyses sur les options de mission, Ottawa a \u2014 pour l\u2019instant \u2014 déçu tout ce monde en ne prenant aucune décision.En plus des promesses faites, l\u2019armée canadienne a déployé plusieurs missions de reconnaissance en Afrique pendant l\u2019été et l\u2019automne 2016, surtout au Mali.Les ministres Dion et Saj- jan y ont fait plusieurs visites.Une enveloppe budgétaire de 450 millions a été votée pour le programme de promotion de la paix et la stabilisation.Les dossiers et les recommandations pour un déploiement ont été déposés au bureau du premier ministre en octobre dernier.Tout était prêt.Seul le choix de la mission devait être fait.Certains diront qu\u2019il s\u2019agit de «l\u2019effet Trump», mais la décision aurait pu être prise bien avant l\u2019élection américaine, sans compter que le nouveau président ne s\u2019est pas opposé à une contribution canadienne au Mali, bien au contraire.Le commandement de la MINUSMA aurait sans doute été offert à un officier des forces canadiennes, dit-on à New York, mais puisqu\u2019on ne pouvait plus attendre, on l\u2019a trouvé ailleurs.Certains pays européens attendaient la décision canadienne avant de revoir leurs propres déploiements au Mali.À Bamako, Paris et New York, je n\u2019ai pu que constater les déceptions causées par des promesses non tenues.Il n\u2019est pas impossible, bien entendu, que le gouvernement Trudeau fasse une annonce dans les prochains mois.Il le faudrait, car le Canada doit accueillir la prochaine conférence internationale ministérielle sur le maintien de la paix, à l\u2019automne 2017, à la suite de celle tenue à Londres en novembre dernier.Pour le Canada, la question en est une de crédibilité internationale.La Chaire Raoul-Dandurand à l\u2019UQAM tiendra un colloque sur les conflits ouest-africains les 4 et 5 mai.Le retour manqué du Canada ?L SOULEYMANE AG ANARA AGENCE FRANCE-PRESSE Un Casque bleu déployé au Mali.Selon l\u2019auteur, c\u2019est dans ce pays africain que le Canada devrait opérer son retour au sein de ces missions de l\u2019ONU.C GABOR SZILASI Haeffely a mené une vie au carrefour de l\u2019instinct et de l\u2019imaginaire, écrit l\u2019auteur.Comment l\u2019Arabie saoudite peut- elle siéger à la Commission des droits des femmes? L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 3 M A I 2 0 1 7 A 8 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par courriel publicite@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3452 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Par courriel petitesannonce@ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4 Berri-UQAM Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com A C T U A L I T É S l\u2019UQAM sur ces menaces qui pèsent sur les chimpanzés de même que sur leur incroyable savoir en matière de pharmacopée.En 2008, Sabrina Krief a mis sur pied une station de recherche dans une zone du parc national de Kibale en Ouganda, qui est entourée de populations humaines et de vastes plantations de thé, et qui est traversée par une autoroute reliant la capitale Kampala à la frontière de la République démocratique du Congo.Grâce à des caméras installées à la bordure du parc, son équipe a pu constater que les chimpanzés allaient piller régulièrement les champs dans lesquels on cultivait du maïs.Mais voyant que les villageois sur veillaient de près leurs champs, ils ont adapté leur comportement et sont « devenus des pilleurs nocturnes alors qu\u2019il s\u2019agit d\u2019animaux entièrement diurnes».De plus, « ils ne procèdent jamais durant les nuits de pleine lune.Ils partent piller entre 23h et 24h, alors que c\u2019est l\u2019heure en principe à laquelle ils construisent leur nid pour la nuit », précise-t- elle.Les chercheurs ont également remarqué que les pilleurs viennent en grands groupes qui incluent aussi bien des mâles que des femelles, des adultes que des jeunes, voire des mères avec leurs petits.« Nous avons observé que les chimpanzés qui pillent la nuit sont beaucoup moins anxieux.Ils présentent moins de comportements de vigilance et ils restent plus longtemps dans les champs.Ils ont développé une stratégie ef ficace pour acquérir des ressources supplémentaires », souligne Mme Krief.Les chercheurs ont aussi pu se rendre compte que l\u2019autoroute n\u2019était pas une barrière infranchissable, car leurs enregistrements vidéos ont montré que de grands groupes de chimpanzés dirigés par un mâle adulte dominant traversaient cette route pourtant très passante.Au sein de ces groupes, les individus plus vulnérables, comme les femelles et leurs enfants, ainsi que les individus handicapés, étaient généralement encadrés pour éviter qu\u2019ils soient exposés.L\u2019équipe de Mme Krief a aussi observé que les chimpanzés qui étaient mutilés d\u2019un bras ou d\u2019une jambe en raison des pièges tendus par des braconniers grimpaient aux mêmes espèces d\u2019arbres que les individus normaux pour s\u2019alimenter et se hissaient aussi haut.De plus, ils n\u2019étaient absolument pas exclus du groupe.Toutefois, ces mutilés, qui représentaient 30 % de la communauté étudiée, passaient beaucoup moins de temps à se reposer.Quant aux individus devenus orphelins, ils étaient adoptés par des mâles qui assuraient ainsi leur survie, qui autrement aurait été grandement menacée.Pesticides « Ces résultats montrent que les chimpanzés ont une plasticité comportementale qui leur permet de répondre à certaines des menaces qui pèsent sur eux.Mais d\u2019autres de nos résultats sont vraiment inquiétants », affirme Mme Krief.En effet, son équipe a découvert que 25 % des chimpanzés habitant la zone d\u2019étude du parc présentaient des malformations faciales, telles qu\u2019une atrophie des narines, une face concave ou une fente labio-palatine, communément appelée bec-de-lièvre, des difformités d\u2019un membre ou des troubles de la reproduction.Dans un article publié la semaine dernière dans la revue Science of Total Environment, les chercheurs attribuent ces malformations congénitales aux pesticides utilisés dans les cultures vivrières et de thé entourant la zone de Sebitoli qui était étudiée par l\u2019équipe de Mme Krief.Ils af firment être arrivés à cette conclusion après avoir procédé à des prélèvements de tiges, d\u2019épis et de grains de maïs, de sol, de sédiments de rivière, de muscles de poissons et d\u2019urine de chimpanzés, puis avoir analysé leur contenu en pesticides.Car leurs mesures ont révélé des doses supérieures à celles recommandées de DDT et de son métabolite, de chlorpyrifos et d\u2019imidaclopride, un insecticide de la famille des néonicotinoïdes, dans leurs échantillons.En particulier, Colin et Lauren Chapman, de l\u2019Université de McGill, ont noté que, tandis que la chair des poissons vivant dans la zone de Sebitoli contenait de fortes concentrations de pesticides, celle des poissons habitant dans la zone plus naturelle de Kanyawara en éta it complètement exempte.Le fait que des babouins présentaient le même type de malformation nasale que les chimpanzés confirme que cette anomalie découle bien des pesticides plutôt que d\u2019un problème génétique dû à la consanguinité, précise Mme Krief.Préoccupée par cette menace insidieuse que constituent les pesticides, Sabrina Krief a le projet de mettre en place en périphérie du parc «une zone tampon d\u2019agriculture biologique, équitable et durable qui réduirait les risques liés aux pesticides et qui permettrait aussi aux habitants locaux d\u2019obtenir de meilleurs revenus et des moyens de subsistance qui feraient en sorte qu\u2019ils n\u2019auraient pas besoin de piller le parc pour obtenir à manger.Si on ne passe pas d\u2019abord par la réduction de la pauvreté, on ne pourra pas sauver les chimpanzés ! » déclare-t-elle.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 CHIMPANZÉS plusieurs éléments alors inconnus, et ce, tout comme les dépenses», soutient Sylvie Leclerc de la direction des communications du ministère de la Justice.Les 5 millions représentent tout au plus 10 % des sommes que les entreprises inscrites au programme se proposent de rembourser après la conclusion d\u2019une entente entre les parties.Le ministère convient avoir récolté la moitié de ce qu\u2019il anticipait, mais n\u2019a pas donné plus de détails sur les critères pris en compte lorsqu\u2019il a établi son estimation.Quant au coût d \u2019administration du programme, il se chif fre actuellement à 5,1 millions.Le ministère de la Justice s\u2019est toutefois engagé à ce que le PRV ne coûte rien aux contribuables, puisqu\u2019il sera financé par les entreprises participantes, qui doivent ajouter une somme équivalant à 10 % du montant remboursé pour financer la gestion du programme.En décembre 2014, lors de la présentation du projet de loi pour la récupération des sommes obtenues à la suite de fraudes ou de manœuvres dolosives dans le cadre de contrats publics, la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, évoquait la récupération de «dizaines de millions de dollars».«Vous savez, chaque année, c\u2019est plus de 20 milliards de contrats publics qui sont accordés, par le gouvernement du Québec, notamment.Il n\u2019y a pas un montant fixe, mais c\u2019est quand même substantiel», faisait valoir la ministre Vallée.Chif fres inconnus Au Bureau de l\u2019administrateur du PVR, on n\u2019avait pas connaissance des chif fres avancés dans les documents budgétaires du ministère de la Justice.Il a refusé de commenter les sommes inscrites au budget.«Le processus de négociation est confidentiel et aucun montant n\u2019a été avancé par notre bureau », indique Anne Dongois, attachée de presse au Bureau de l\u2019administrateur du PVR.Elle rappelle que les entreprises avaient jusqu\u2019en novembre 2016 pour s\u2019inscrire au programme qui est administré par l\u2019ancien juge en chef de la Cour supérieure du Québec, François Rolland.Celui-ci a le mandat de négocier les ententes avec les entreprises participantes jusqu\u2019au 1er novembre 2017.Mm e Dongois a rappelé que le total des sommes récupérées grâce au programme sera rendu public dans les six mois suivant la conclusion des ententes.La liste complète des entreprises sera également divulguée à ce moment-là.Jusqu\u2019à présent, seules les quatorze entreprises à avoir demandé une « quittance globale » et la succession de Robert Cloutier, un ingénieur en génie civil décédé qui dirigeait Le Groupe MLC-Poly- tech inc., sont connues.Plusieurs villes de la province ont encouragé les entreprises à s\u2019inscrire au programme.À Montréal, la Ville a envoyé des mises en demeure à 380 personnes et entreprises en novembre 2015.Elle les informait alors de son intention de demander des dommages et l\u2019invitait à se prévaloir du Programme de remboursement volontaire mis en place par Québec.À Laval, le maire Marc Demers mise aussi sur le PRV pour récupérer d \u2019 impor tantes sommes.Il a évoqué que la Ville espère aller chercher jusqu\u2019à 100 millions de dollars.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 COLLUSION La députée péquiste Véronique Hivon s\u2019est réjouie de voir la DPCP poser pour la première fois en cinq jours un «geste fort » afin d\u2019«aller au fond des choses ».«En quelques heures, celui que la ministre attaquait [Yves Francœur] est devenu assez crédible pour qu\u2019une enquête criminelle soit déclenchée sur la base même de ses déclarations», s\u2019est-elle étonnée.Le DPCP spécifiait par voie de communiqué mardi matin avoir procédé «à ce stade [à] toutes les vérifications possibles avec le peu d\u2019information dont il dispose».La députée de Joliette a du coup demandé à la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, si le DPCP a pu retrouver les avis qui auraient nécessairement été envoyés aux deux élus libéraux ciblés, selon M.Francœur, dans des opérations d\u2019écoute électronique.En effet, le Code criminel oblige la transmission d\u2019avis écrits aux personnes surveillées, et ce, dans les 90 jours suivant la période pour laquelle le feu vert de l\u2019écoute a été donné.« [Est-ce] à la suite de ça que l\u2019enquête est demandée ?» a-t-elle lancé en chambre.En commission parlementaire, Mme Murphy avait assuré lundi aux élus de la commission des institutions qu\u2019elle «peu[t] consulter tous les registres [à sa disposition]».«Mais c\u2019est comme aller à la pêche\u2026 Ce que je proposerais plutôt, c\u2019est que M.Francœur nous donne l\u2019information», avait-elle poursuivi.Or, M.Francœur avait contacté le commissaire de l\u2019Unité permanente anticorruption (UPAC), Robert Lafrenière, dans la foulée de sa sortie fracassante de jeudi dernier, mais pas le DPCP.Le chef syndical a perdu mardi le contrôle de son agenda.Les enquêteurs de la SQ auront le loisir de l\u2019interroger au moment qu\u2019ils jugeront opportun.Mme Vallée a appelé Mme Hivon à «permettre à la DPCP de faire ce qu\u2019elle a à faire de façon tout à fait indépendante, sans aucune pression politique, contrairement à ce [qu\u2019elle] tente de faire depuis bientôt une semaine».Cela dit, la ministre a accueilli positivement la demande express de Mme Murphy que soit menée une enquête policière afin de confirmer ou d\u2019infirmer les «allégations graves » faites par M.Francœur.«La DPCP ne peut pas laisser les choses en plan.La DPCP ne peut pas ne pas pousser davantage son investigation de l\u2019af faire », a-t-elle affirmé lors d\u2019une mêlée de presse.À ses yeux, cette enquête contribuera à coup sûr à renforcer \u2014 ou à tout le moins à maintenir \u2014 la confiance du public à l\u2019égard de cette institution.La DPCP fait « un pas dans la bonne direction», selon le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault.«Là, elle prend les grands moyens.[\u2026] Elle est pas mal plus proactive que [la] ministre de la Justice», a-t-il déclaré.M.Legault est revenu à la charge mardi avec sa proposition de soumettre les futurs candidats retenus par le gouvernement pour les postes de directeur général de la Sûreté du Québec, de commissaire à l\u2019UPAC et de DPCP à un vote des deux tiers des députés de l\u2019Assemblée nationale.« Je demande à Philippe Couillard, en toute bonne foi, pour être capable de rétablir la confiance de la population envers nos institutions, de rompre une fois pour toutes avec le système libéral », a-t-il affirmé en début de journée.Le premier ministre, Philippe Couillard, refuse net de consentir à «une érosion du pouvoir exécutif par rapport au pouvoir législatif ».« Ce n\u2019est pas ce que les fondateurs constitutionnels ont prévu et à bon droit », a-t-il fait valoir.Le président de la FPPM, Yves Francœur, a soutenu au micro de Paul Arcand que des procureurs aux poursuites criminelles et pénales se sont vu empêcher de por ter des accusations criminelles contre deux députés du Parti libéral du Québec qui auraient accepté de procéder à des « modifications législatives en retour de contributions [de promoteurs immobiliers liés à la mafia italienne] au [PLQ] ».« Si c\u2019est n\u2019importe qui d\u2019autre qui avait été impliqué, il y aurait eu des accusations.[\u2026] On a de la filature.On a de l\u2019écoute électronique.Il y a tout au dossier pour procéder », avait-il laissé tomber sur les ondes du 98,5 FM il y a cinq jours.« Il va de soi que monsieur Francœur maintient ses propos », a indiqué la FPPM par voie de communiqué mardi.Près d\u2019une semaine après le séisme, la colline Parlementaire fait toujours l\u2019objet de répliques.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 ENQUÊTE JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE La critique du Parti québécois en matière de justice, Véronique Hivon (à gauche), et la titulaire du ministère de la Justice, Stéphanie Vallée, lors d\u2019un échange durant la période des questions à l\u2019Assemblée nationale Les chimpanzés qui pillent la nuit sont beaucoup moins anxieux [.].Ils ont développé une stratégie ef?cace pour acquérir des ressources supplémentaires.« » Le Parti libéral du Québec nie avoir sollicité officiellement la candidature du président de la FPPM, Yves Francœur, en vue des prochaines élections générales.Yves Francœur a pourtant confirmé des informations de Radio-Canada selon lesquelles un émissaire libéral lui aurait proposé de briguer les suffrages dans la circonscription de Marguerite-Bourgeoys.Celle-ci est actuellement représentée à l\u2019Assemblée nationale par le libéral Robert Poëti.«[M.Francœur a] sur le champ, de façon forte et sans équivoque, rejeté l\u2019offre», a indiqué la FPPM sur Twitter.M.Poëti a affiché une triste mine lorsque des journalistes l\u2019ont questionné sur le sujet.«S\u2019il y en a qui ont pensé qu\u2019après le remaniement je m\u2019en irais, que le comté serait libéré, ils se sont trompés.Moi, dans l\u2019adversité, je ne faiblirai pas, ce n\u2019est pas vrai», a-t-il promis, avant de se diriger vers le Salon bleu.Un autre pavé dans la mare Entreprises repentantes Liste des entreprises inscrites au programme qui ont accepté d\u2019être nommées Aecom Consultants Inc.BPR CIMA + s.e.n.c.Construction DAMC inc.Construction DJL Inc.Construction Frank Catania et Associés Inc.Construction IREBEC Inc.Corporoche Ltée.Groupe Dessau Inc.Groupe SNC-Lavalin Inc.Lavallée et Frères (1959) ltée.Le Groupe S.M.Inc.Pavage C.S.F Inc.Sintra Inc.Succession de feu Robert N.Cloutier "]
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