Le devoir, 4 mai 2017, Cahier A
[" V O L .C V I I I N o 9 8 L E D E V O I R , L E J E U D I 4 M A I 2 0 1 7 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S ?w w w .l e d e v o i r .c o m Chef principal Au tour de Bernard Labadie de prendre la direction de New York Page B 8 Inondations Des centaines de maisons sont menacées dans plusieurs régions Page A 5 PEDRO RUIZ LE DEVOIR Pour souligner les 375 ans de Montréal, Le Devoir amorce une vaste exploration des territoires narratifs qui habitent la ville.Et pour commencer, une balade avec l\u2019écrivain André Carpentier.Actualités \u203a Charge contre Québecor.Pierre Moreau dit que le PLQ est victime d\u2019une campagne politico-médiatique.Page A 3 Culture \u203a Soutenir les médias.Monique Simard, présidente de la SODEC, est favorable à une aide publique aux médias.Page B 7 Économie \u203a ALENA: serrer les dents.Mulroney conseille de répondre à Trump seulement à la table de négociation.Page B 1 AUJOURD\u2019HUI Avis légaux.B 4 Décès.B 6 Météo.A 4 Mots croisés.A 5 Petites annonces .B 6 Sudoku.B 5 L I S A - M A R I E G E R V A I S «E n ce qui concerne les morts, c\u2019est 6 à 2 pour les intégristes catholiques », lance le sociologue Martin Geoffroy.C\u2019est un drôle de décompte, convient ce professeur au cégep Édouard-Montpetit et directeur du Centre d\u2019expertise et de formation sur les intégrismes religieux et la radicalisation (CEFIR).Mais il illustre bien que, malgré le fait que l\u2019attentat de la mosquée de Québec a fait six morts, ceux reliés à l\u2019islam radical jouissent encore d\u2019une attention disproportionnée dans les médias et l\u2019esprit des Québécois.«On n\u2019hésite pas à associer les attentats terroristes au groupe État islamique et à l\u2019intégrisme religieux, mais quand ça émane de notre propre culture, c\u2019est plus difficile à reconnaître.» Il rappelle que seulement deux attentats djihadistes, celui de Saint-Jean-sur-Richelieu et celui au parlement d\u2019Ottawa, qui ont fait en tout deux morts, ont été perpétrés chez nous.Le fameux complot des Toronto 18 planifié en 2006 a quant à lui été déjoué, et les liens de ces terroristes avec al-Qaïda ne seraient pas prouvés.Fort de 20 ans de recherche sur l\u2019extrême droite, son postulat se confirme.«C\u2019est toujours plus facile de blâmer la culture de l\u2019autre plutôt que de regarder notre propre culture.Mais l\u2019intégrisme catholique, tout comme l\u2019intégrisme islamique, a aussi un rôle à jouer dans le terrorisme», dit M.Geoffroy, reconnaissant qu\u2019il y a d\u2019autres facteurs, notamment psychologiques, pour expliquer cette violence extrême.Dans une conférence qu\u2019il donnera dans le cadre du colloque international du Centre de recherche Société, Droit et Religions de l\u2019Université de Sherbrooke (SoDRUS) sur le thème « Les racines religieuses de la radicalisation : fait ou fiction» (les 4, 5 et 6 mai), il défendra la thèse voulant qu\u2019au Québec, les deux formes les plus habituelles d\u2019intransigeance religieuse sont l\u2019intégrisme catholique et le fondamentalisme protestant.Mieux ancrés dans notre société, ces intégrismes bien de chez nous passent sous le radar des médias alors qu\u2019ils vont pourtant à l\u2019encontre des valeurs de la société moderne.TERRORISME Des radicaux chez les cathos Pourquoi nier l\u2019extrémisme religieux de nos propres terroristes ?demande Martin Geoffroy Montréal, c\u2019est plus qu\u2019une ville.C\u2019est aussi un territoire imaginaire où se font et se défont des histoires depuis 375 ans.Le Devoir vous propose de replonger dans ces mots en débutant par une déambulation dans la ville en compagnie d\u2019André Carpentier.La grande balade se poursuivra ce vendredi 5 mai en direct sur le Web dans une émission spéciale de 3.75 heures consacrée à Montréal et à sa littérature.Au programme : entrevues et discussions avec des romanciers sur une ville et les histoires qu\u2019elle façonne.MONTRÉAL LITTÉRAIRE 3.75 H L\u2019écrivain de ruelle Flâner dans la ville en compagnie d\u2019André Carpentier C H R I S T I A N R I O U X Correspondant à Paris R arement un débat présidentiel d\u2019entre deux tours avait été aussi agressif.À quatre jours du second tour, les deux finalistes de l\u2019élection présidentielle française se sont affrontés dans un débat historique très vif et souvent même acrimonieux.Marine Le Pen et Emmanuel Macron ont tour à tour confronté leurs divergences profondes sur la relance de l\u2019économie, la sécurité et l\u2019Europe.Alors qu\u2019Emmanuel Macron, qui mène largement dans les sondages, a surtout tenté de montrer qu\u2019il possédait ses dossiers, quitte à passer parfois pour un technicien, Marine Le Pen, dont le parti n\u2019avait jamais participé à un tel débat, est demeurée dans son rôle de challenger ne négligeant aucune attaque, parfois même personnelle.Les échanges ont souvent viré à l\u2019invective.Si Emmanuel Macron a clairement dominé le débat sur les questions économiques et sur l\u2019euro, Marine Le Pen a repris l\u2019avantage sur la lutte contre le terrorisme et sur la sécurité.D\u2019entrée de jeu, Marine Le Pen a campé Emmanuel Macron en candidat de la finance et de la mondialisation sauvage.« M.Macron, c\u2019est le choix de la mondialisation sauvage, dit-elle, de l\u2019ubérisation, de la précarité, de la guerre de tous contre tous, du saccage économique, notamment de nos grands groupes, du dépeçage de la France et du communautarisme.» Contrairement à l\u2019image qu\u2019elle cherchait à imposer dans ce second tour depuis son alliance avec le petit candidat de Debout la France, Nicolas Dupont-Aignan, la candidate n\u2019a pas vraiment tenté de poser en présidente.Essayant chaque fois de faire sortir son adversaire de ses gonds, elle a constamment ramené Emmanuel Macron au bilan du gouvernement Hollande, quitte à laisser dans l\u2019ombre ses propres propositions.En difficulté sur l\u2019euro Face à une candidate qui, dit-il, «prospère sur la colère des Français depuis tant et tant d\u2019années », Emmanuel Macron a dit porter « un esprit de conquête français ; la France a toujours réussi dans le monde, sa langue se parle dans tous les continents [\u2026].Ce qui fait sa force, c\u2019est qu\u2019elle rayonne partout».La candidate du Front national a vraiment été mise en difficulté sur la sortie de l\u2019euro, alors qu\u2019elle propose de revenir au franc et au système de la « monnaie commune », qui n\u2019était qu\u2019un panier de monnaies avant la création de la monnaie unique en 2000.Visiblement en PRÉSIDENTIELLE FRANÇAISE Un débat parfois brutal Macron et Le Pen confrontent leurs visions antagonistes D O M I N I C T A R D I F A vertissement adressé à quiconque souhaiterait s\u2019inspirer de ce texte : le flâneur aux intentions les plus nobles peut facilement passer pour un rôdeur fomentant un mauvais coup.« Tout ça a commencé parce que je voulais faire un roman dont l\u2019action se passait dans les ruelles », se souvient André Carpentier au sujet de sa vie d\u2019écrivain-flâneur.« Alors, je suis d\u2019abord retourné dans la ruelle de mon enfance : je me promenais, je regardais par-dessus les clôtures, puis à un moment donné, une voiture de police arrive.Quelqu\u2019un avait appelé pour dire qu\u2019il y avait un intrus derrière chez lui.En rétrospective, je comprends, mais dans mon esprit, j\u2019étais encore chez moi ! » Comme une longue marche dont on ne connaît pas la destination, ce « roman dont l\u2019action se passait dans les ruelles » qu\u2019il ambitionnait d\u2019écrire est plutôt devenu Ruelles, jours ouvrables, (Boréal, 2005), un recueil d\u2019instantanés urbains proposant une «anthropologie du quotidien VOIR PAGE A 8 : FLÂNER VOIR PAGE A 8 : RADICAUX VOIR PAGE A 8 : DÉBAT L E D E V O I R , L E J E U D I 4 M A I 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 2 J E A N - F R A N Ç O I S N A D E A U À Zurich, sur le coup de 14 h mercredi, le président de la plus grande cimenterie du monde, La- farge-Holcim, a tenté une fois de plus de mettre derrière lui des accusations de financement d\u2019activités terroristes en Syrie jusqu\u2019en 2014 à l\u2019occasion de son assemblée générale.« Ce chapitre est clos, a dit Beat Hess, le président du groupe.Le fardeau du passé est maintenant écarté.» Mais de fortes tensions demeurent autour du géant de la construction.Au moment même où le président se voulait rassurant, des informations publiées par le quotidien en ligne Média- part indiquaient que c\u2019est le directeur de la sécurité de la cimenterie lui- même qui échangeait quotidiennement avec l\u2019usine en Syrie.Cet homme, Jean-Claude Veillard, fut candidat pour le Front national aux dernières élections municipales et est un « fervent soutien» de Marine Le Pen, laquelle promet paradoxalement de lutter contre le terrorisme.Selon Médiapart, qui cite plusieurs documents à charge, la collaboration de Lafarge-Holcim avec le groupe État islamique avait conduit à divers appuis financiers en faveur du groupe terroriste: «achat de pétrole, dont la production était contrôlée par l\u2019EI, fourniture de camions de ciment et paiement d\u2019une taxe pour assurer le passage et la sécurité des employés de l\u2019entreprise en Syrie».Parmi les groupes qui ont bénéficié de l\u2019argent du géant en Syrie pour assurer le maintien de ses activités, on compte l\u2019organisation État islamique, la branche syrienne d\u2019al- Qaïda et le Front al-Nosra.Presque bicentenaire, la compagnie franco-suisse Lafarge-Holcim, le plus important cimentier de la planète, a reconnu en partie avoir versé des commissions en Syrie à différents groupes terroristes afin d\u2019y maintenir ses affaires à la cimenterie de Jalabiya, située à 150km au nord d\u2019Alep.Absolution L\u2019augmentation des dividendes de 33 % cette année ne semble pas à la veille de faire taire la grogne qui monte contre l\u2019entreprise.Au moment où l\u2019entreprise tenait à Zurich son assemblée générale mercredi, une organisation humanitaire suisse, Bread for All, a dénoncé pour sa part le travail allégué d\u2019enfants dans une carrière de Lafarge en Ouganda.Cette exploitation d\u2019enfants, à raison de deux euros par jour, avait déjà été dénoncée par le passé.Le géant de la construction affirmait en mars au quotidien Le Monde qu\u2019il s\u2019approvisionnait en Ouganda auprès d\u2019entreprises qui ont «des permis d\u2019exploitation minière valides et respectant le droit du travail ougandais ».Plus de 30 % des enfants de moins de 14 ans sont envoyés au travail dans ce pays.Le fonds suisse Ethos a décidé de recommander aux actionnaires qu\u2019il représente de ne pas absoudre les membres actuels du conseil d\u2019administration de Lafarge-Holcim.Pour le président d\u2019Ethos, Vincent Kaufmann, cité par le journal français Challenges, « il est vraiment étonnant de voir tous les anciens administrateurs de Lafarge à l\u2019époque des faits siéger encore au- jourd\u2019hui au conseil d\u2019administration du groupe».Il regrette notamment que le Canadien Paul Desmarais fils, de Power Corporation, siège toujours au conseil d\u2019administration.«Le mandat de Bruno Lafont ne sera pas renouvelé cette année, mais les représentants du Groupe belge Bruxelles Lambert, deuxième actionnaire de La- farge-Holcim, Gérard Lamarche et Paul Desmarais fils, ou le troisième actionnaire, l\u2019Égyptien Nassef Sawiris, sont toujours là», a-t-il regretté.Selon le fonds Ethos, les actifs de Lafarge-Holcim ont été « dégradés à \u201cnégatif\u201d, selon notre \u201crating\u201d de responsabilité sociale et environnementale des entreprises».L\u2019entreprise Lafarge-Holcim est contrôlée par quatre grands actionnaires, dont le Groupe Bruxelles Lambert (9,43 %), composé du capital du Belge Albert Frère et de Power Corporation, de la famille canadienne Desmarais.Paul Desmarais fils compte ainsi parmi les plus influents des quatorze membres du conseil d\u2019administration de l\u2019entreprise.Les autres grands actionnaires du cimentier sont l\u2019héritier suisse Thomas Schmidheiny (11,4 %) et Nassef Sawiris (5 %), un Égyptien considéré comme l\u2019un des hommes les plus riches de l\u2019Afrique par le magazine Forbes.Jointe par Le Devoir, l\u2019assistante de Paul Desmarais fils, Lucie Thibault, a affirmé «ne pas avoir d\u2019information à donner » .Par ailleurs, le chef du contentieux de Power Corporation, Stéphane Lemay, estime qu\u2019il s\u2019agit seulement d\u2019«une participation minoritaire et indirecte de Power».Pour calmer le jeu, Lafarge-Holcim avait annoncé fin avril que son patron, Éric Olsen, allait qu itter ses fonctions le 15 juillet prochain.Mais l\u2019entreprise a alors précisé qu\u2019il n\u2019était « ni responsable ni pouvant être considéré comme informé» des «actes répréhensibles» du groupe en Syrie.Le géant du ciment avait ainsi tenté de cristalliser la grogne autour de son patron, dont le salaire pour 2016 avait été hissé à 12,38 millions de dollars.Politique béton Au début de 2017, à l\u2019occasion de l\u2019élection de Donald Trump, Lafarge- Holcim avait affirmé «ne pas faire de politique».Mais interrogée par l\u2019AFP quant à sa possible implication dans la construction d\u2019un mur anti-immigrants à la frontière mexicaine, l\u2019entreprise avait manifesté son intérêt pour cette construction.Lafarge-Holcim se disait alors «prête à fournir [ses] matériaux de construction pour tous types de projets d\u2019infrastructures aux États-Unis».Cette déclaration lui a valu une mise en garde sévère du ministre des Affaires étrangères français, puis du président de la France lui-même.Ce dernier a enjoint au cimentier de prendre ses distances d\u2019un projet pareil.Si Lafarge-Holcim a officiellement cessé ses activités en Syrie à la suite du scandale suscité par son implication dans le financement de groupes terroristes, elle demeure aujourd\u2019hui, selon le rappor t 2016 de Transparency International, présente dans plusieurs États considérés à risque du point de vue de la corruption.L\u2019entreprise est notamment présente en Irak, au Nigeria, en Ouganda et au Zimbabwe.En Amérique du Nord, Lafarge-Hol- cim est bien installée, notamment au Québec et en Ontario.L\u2019entreprise emploie environ 3000 personnes au Canada, notamment dans des filiales comme Construction Demix et Duffe- rin Concrete.Ses activités comprennent celles de l\u2019ancienne compagnie Ciment Saint-Laurent, rachetée en 2009.La direction des communications de Lafarge-Holcim dans l\u2019est du Canada n\u2019avait pas rappelé Le Devoir au moment d\u2019écrire ces lignes.Le Devoir L\u2019heure de vérité pour le géant des cimenteries ?Lafarge-Holcim aurait financé des groupes terroristes en Syrie et exploité des enfants en Ouganda JACQUES DEMARTHON AGENCE FRANCE-PRESSE L\u2019entreprise Lafarge-Holcim est contrôlée par quatre grands actionnaires, dont le Groupe Bruxelles Lambert (9,43 %), composé du capital du Belge Albert Frère et de Power Corporation de la famille canadienne Desmarais. L E D E V O I R , L E J E U D I 4 M A I 2 0 1 7 ACTUALITES A 3 C\u2019 est au cours de tests effectués par l\u2019aviation américaine à la fin des années 1940 pour évaluer la tolérance humaine à la décélération que l\u2019ingénieur en aéronautique Edward A.Murphy a énoncé la célèbre loi qui porte son nom, que les Français ont rebaptisée plus crûment Loi de l\u2019emmerdement maximum (LEM).La politique est sans doute le domaine où sa justesse est le plus clairement démontrée.Depuis une dizaine de jours, dix jours, le gouvernement Couillard a donné une preuve particulièrement convaincante que « tout ce qui est susceptible de mal tourner tournera nécessairement mal ».Chaque fois qu\u2019il croit avoir trouvé un moyen de reprendre le contrôle de la situation, de nouvelles révélations le replongent dans l\u2019embarras.Après une semaine où le gouvernement a tenté de limiter les dégâts causés par les déclarations fracassantes du président de la Fraternité des policiers de Montréal, Yves Francœur, le déclenchement d\u2019une enquête par le ministère de la Sécurité publique semblait avoir permis de mettre au moins temporairement le couvercle sur la marmite.Peine perdue.De nouveaux courriels obtenus par les enquêteurs de Québecor, dont le filon semble décidément intarissable, sont venus tout foutre en l\u2019air.Le moins qu\u2019on puisse dire est que le témoignage de l\u2019ex-directrice du financement du PLQ, Violette Trépanier, devant la commission Charbonneau était très incomplet, pour ne pas dire franchement trompeur.Jean-François Lisée a aussitôt conclu à la nécessité d\u2019une (autre) enquête sur ce «parjure» qui viendrait s\u2019ajouter à la liste de ceux qui ont été commis durant les audiences de la commission.?Le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, a voulu y voir de la «vieille nouvelle ».Désolé, mais le témoignage de Mme Trépanier était loin de faire justice à l\u2019ampleur du trafic de CV qui, par son entremise, ouvrait aux contri- buteurs à la caisse libérale l\u2019accès à diverses nominations dans l\u2019appareil gouvernemental.On savait depuis la commission Bastarache qu\u2019au bureau du premier ministre Charest, «Mme Post-it » s\u2019employait à vérifier l\u2019allégeance des divers postulants, mais on avait mal évalué l\u2019importance de Mme Trépanier dans ce système.« Je croule sous les piassesssss », écrivait- elle dans un courriel.Ça en devient presque écœurant.S\u2019il est vrai que l\u2019attaque est souvent la meilleure tactique défensive, les porte-parole gouvernementaux ont fait preuve d\u2019un culot certain en accusant tour à tour M.Francœur, les partis d\u2019opposition et les médias de saper la confiance de la population envers les institutions.Le président du Conseil du trésor, Pierre Moreau, qui a visiblement été chargé d\u2019orchestrer la riposte, a accusé Québecor d\u2019«acharnement thérapeutique» contre le PLQ pour des raisons purement politiques.Que Pierre Karl Péladeau veuille en découdre avec les libéraux, c\u2019est l\u2019évidence, mais on s\u2019acharne généralement sur un patient qui est déjà gravement malade.Le comportement de la directrice des poursuites criminelles et pénales, Annick Murphy, laisse également perplexe.Si elle voulait contribuer à illustrer la loi de son célèbre homonyme, il faut reconnaître que c\u2019était très réussi.Déjà, les allégations de M.Francœur \u2014 selon lesquelles on a empêché une enquête sur deux élus libéraux soupçonnés de trafic d\u2019influence de déboucher sur des accusations \u2014 étaient embarrassantes pour la DPCP.Mme Murphy n\u2019a pas aidé sa cause quand elle a dû admettre que toutes les vérifications pour en déterminer le bien-fondé n\u2019avaient pas été faites.?Quand un gouvernement tombe de Cha- rybde en Scylla, comme c\u2019est présentement le cas, il est impor tant de serrer les coudes.Comme le répètent inlassablement les joueurs de hockey, on gagne ou on perd en équipe.Encore faut-il que tous aient l\u2019impression d\u2019en faire partie.Le moment était particulièrement mal choisi pour semer le doute à ce sujet.En revanche, Yves Francœur a fait d\u2019une pierre deux coups en dévoilant que le PLQ lui avait of fert la circonscription de Marguerite- Bourgeoys, actuellement représentée à l\u2019Assemblée nationale par Robert Poëti.Il est soudainement devenu plus gênant de mettre sa crédibilité en doute, et la zizanie s\u2019est installée au sein du caucus libéral.M.Poëti n\u2019est pas tombé de la dernière pluie.Il sait très bien qu\u2019on n\u2019a pas besoin d\u2019un mandat officiel pour sonder l\u2019intérêt d\u2019un candidat.Guy Ouellette dit aussi s\u2019être fait montrer la porte.Qui sera le prochain à être sacrifié sur l\u2019autel du renouvellement ?Plusieurs ont d\u2019ailleurs de bonnes raisons de se sentir visés.À l\u2019approche des élections d\u2019octobre 2018, la méfiance ne peut qu\u2019augmenter.Un corollaire particulièrement déprimant de la loi de Murphy est le suivant : « Si vous avez trouvé plusieurs façons pour les choses de mal se passer, mais que vous les avez circonvenues, une autre façon apparaîtra spontanément.» Au bureau de M.Couillard, on doit attendre avec anxiété la prochaine tuile.mdavid@ledevoir.com La loi de Murphy MICHEL DAVID H É L È N E B U Z Z E T T I Correspondante parlementaire à Ottawa C e n\u2019est finalement pas une erreur ou un hasard si le gouvernement de Justin Trudeau propose de restreindre le mandat du directeur parlementaire du budget (DPB).Selon le titulaire du poste, Jean-Denis Fréchette, les changements découlent d\u2019un mécontentement de la haute fonction publique à son égard.«La semaine dernière, on a demandé une séance d\u2019information au Conseil privé.J\u2019ai quitté la rencontre furieux et dubitatif », a relaté mercredi M.Fréchette en conférence de presse.Dans son récent projet de loi budgétaire, le gouvernement libéral apporte des modifications au poste de DPB pour en faire un agent du Parlement, nommé à titre inamovible pour sept ans.Mais il instaure aussi l\u2019obligation pour le DPB de faire approuver son plan de travail annuel par les présidents de la Chambre des communes et du Sénat.De plus, les parlementaires ne pourront plus lui commander des analyses sur le sujet de leur choix : ils devront désormais se limiter à celles qui portent sur une initiative qu\u2019ils ont l\u2019intention de piloter.M.Fréchette a voulu comprendre quels problèmes le gouvernement fédéral tentait de régler par de tels changements.La réponse du Conseil privé (le ministère du premier ministre) l\u2019a soufflé.«On nous a servi le jargon bureaucratique qui m\u2019a mis plutôt en colère, à savoir qu\u2019ils veulent \u201crelancer une relation parfois dysfonctionnelle avec le directeur parlementaire du budget\u201d, relate M.Fréchette.Depuis quatre ans, j\u2019ai essayé d\u2019établir des ponts.Depuis neuf ans, mon prédécesseur et moi-même avons toujours fourni des services aux parlementaires.De se faire dire qu\u2019il y a un manque de services aux parlementaires, c\u2019est très difficile à accepter.» Le directeur adjoint du bureau, Mustafa As- kari, ajoute que selon le Conseil privé, il y aurait un « manque de cohérence » dans le travail du DPB.Il ne s\u2019étonne pas pour autant de cette position.«La fonction publique n\u2019a jamais aimé l\u2019idée d\u2019un directeur parlementaire du budget, qui est perçu comme un compétiteur qui fait dérailler le message [du gouvernement]», dit-il.Le DPB effectue des analyses indépendantes de l\u2019impact financier des décisions prises par Ottawa.Il a été instauré par les conservateurs de Stephen Harper.Le Conseil privé n\u2019a pas réagi mercredi.Muselé?M.Fréchette s\u2019inquiète des changements législatifs proposés et a publié mercredi un rapport de 17 pages dans lequel il détaille ses réticences.Il déplore l\u2019obligation lui étant faite de publier un plan de travail et l\u2019absence de dispositions lui permettant d\u2019en changer en cours de route.«Si le Canada entre en récession, est frappé par une catastrophe naturelle ou déploie ses forces armées à l\u2019étranger, le DPB ne sera pas en mesure de fournir rapidement au Sénat et à la Chambre des communes les analyses des conséquences économiques et financières dont ils ont besoin», écrit-il.Il s\u2019insurge de voir les parlementaires limités dans le type d\u2019analyses qu\u2019ils pourront demander à l\u2019avenir.«Si ces restrictions avaient été en vigueur lorsque le premier DPB a été nommé en 2008, le bureau du DPB n\u2019aurait pas été en mesure de préparer de nombreux rapports importants», écrit-il, énumérant les rapports \u2014 fracassants \u2014 sur le coût d\u2019un projet de loi augmentant les peines carcérales, l\u2019achat d\u2019avions militaires F-35 et celui sur le changement de l\u2019âge d\u2019admissibilité aux prestations de retraite.Processus électoral Dans son rapport, M.Fréchette s\u2019en prend aussi au nouveau mandat lui étant confié, soit de chiffrer, à la demande d\u2019un parti politique représenté à la Chambre des communes, toute promesse électorale.« Cette disposition risque de réduire l\u2019indépendance et l\u2019impartialité politiques perçues du DPB.» Il souligne que les partis pourraient présenter un nombre illimité de demandes, forçant son bureau à prioriser celles-ci, «ce qui pourrait être perçu comme du favoritisme à l\u2019égard d\u2019un parti».De plus, ces analyses pourraient être tellement «fastidieuses et coûteuses» que les autres activités du bureau pourraient être «réduites en période préélectorale».Les partis peuvent présenter une demande jusqu\u2019à quatre mois avant le scrutin.Le chef du NPD, Thomas Mulcair, estime lui aussi que ce nouveau mandat est «très délicat» et qu\u2019il devrait être abandonné pour «préserver cette institution».Dans un sondage mené cet automne auprès de 47 inter venants touchés par le travail du DPB, une majorité de répondants ont indiqué que cette réforme n\u2019était pas nécessaire.Le Devoir OTTAWA Relations tendues entre le Conseil privé et le DPB Jean-Denis Fréchette s\u2019inquiète de la politisation de sa fonction M A R C O B É L A I R - C I R I N O Correspondant parlementaire à Québec Le président du Conseil du trésor, Pierre Moreau, a dit tout haut mercredi ce que répètent tout bas ses confrères depuis quelques semaines : Québecor média ne ménage aucun effort pour discréditer le Parti libéral du Québec.«Ça ressemble [\u2026] à un tir groupé qui est presque une position politique à l\u2019encontre du parti qui représente le gouvernement », a-t-il déclaré lors d\u2019une mêlée de presse à l\u2019Assemblée nationale.Le ministre s\u2019était fait interpeller quelques minutes plus tôt sur la une du Journal de Montréal et du Journal de Québec sur laquelle apparaissait une photo de l\u2019ancienne directrice du financement du PLQ, Violette Trépanier, assortie du titre «Les secrets de Violette» en gros caractères.M.Moreau a reproché au bureau d\u2019enquête de Québecor média d\u2019avoir conclu de façon prématurée que Mme Trépanier « n\u2019a pas dit toute la vérité » lors de sa comparution à la Commission d\u2019enquête sur l\u2019octroi et la gestion des contrats publics dans l\u2019industrie de la construction en juin 2014.À la question du procureur Paul Crépeau «Y a- t-il des gens qui vous ont remis des curriculum vitae lors d\u2019activités de financement [du PLQ] ?», Mme Trépanier avait répondu sous serment : «Dans mes treize ans, c\u2019est peut-être arrivé cinq, six fois, et c\u2019était toujours des postes non rémunérés.» Elle a aussi nié avoir promu la candidature de donateurs ou de membres du PLQ à des postes d\u2019administrateurs d\u2019organismes publics.Après avoir passé au crible des courriels signés par Mme Trépanier, Le Journal soutient qu\u2019elle a obtenu au moins seize CV de personnes désireuses de siéger à des conseils d\u2019administration, et ce, seulement en 2007-2008.L\u2019ex-ministre déléguée à la Condition féminine «aidait des donateurs libéraux à se rapprocher du pouvoir », suggère Le Journal dans sa dernière livraison.M.Moreau s\u2019est désolé de voir la presse «tirer des conclusions de renseignements qui sont essentiellement parcellaires».«En médecine, je pense qu\u2019on appelle ça de l\u2019acharnement thérapeutique, c\u2019est-à-dire qu\u2019on beurre épais pas mal», a-t-il déclaré, jetant le doute sur les motivations profondes de membres de l\u2019équipe de reporters de Québecor.«Il y a un dessein, dont on commence à cerner les contours», a-t-il spécifié.Les « enquêtes » devraient être la chasse gardée de la police, a aussi soutenu Pierre Moreau mercredi.Contrairement aux journalistes, les policiers ont, «eux», « la fonction d\u2019aller au fond des choses ».« Chacun son métier, les vaches seront bien gardées.» Par ailleurs, le ministre a parlé de supposées dissensions au sein du bureau d\u2019enquête de Québecor média.«Privément, je reçois des messages de gens qui sont désolés.Eh bien, les personnes désolées et moi, privément, on sait qu\u2019elles sont désolées, mais publiquement elles ont fait un grand spectacle pendant des heures qui n\u2019allait pas dans le sens du fait qu\u2019elles étaient désolées », a-t-il lancé à la presse.Il faisait alors allusion à un reportage diffusé la semaine passée le dépeignant comme le complice de Schokbeton et de Violette Trépanier.TVA Nouvelles n\u2019avait pas ses explications dans la première version de son reportage, selon lui.Le chef du bureau d\u2019enquête au Parlement, Antoine Robitaille, a préféré ne pas commenter.Autrement, «ça détourne[rait] l\u2019attention des reportages» de Québecor média.La Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) a également réservé ses commentaires.Climat de suspicion Plusieurs libéraux ont été piqués au vif par des gazouillis du président et chef de la direction de Québecor, Pierre Karl Péladeau \u2014 l\u2019ex- chef péquiste soulignait le travail «essentiel » du bureau d\u2019enquête \u2014, et sa tournée des locaux de Québecor à la Tribune de la presse il y a une semaine.Pourtant, ils avaient souhaité la meilleure des chances à l\u2019homme d\u2019affaires lorsque celui- ci a repris les commandes de Québecor en février dernier.« Il n\u2019est plus en politique, alors M.Péladeau a le droit de faire ce qu\u2019il souhaite de sa vie.Puis, je pense que c\u2019est un homme d\u2019affaires qui est très intégré à Québecor », avait déclaré M.Moreau.Le Devoir Pierre Moreau s\u2019en prend à Québecor Le PLQ est victime d\u2019acharnement politico-médiatique, accuse le ministre La liberté d\u2019expression ne permet pas de dire tout ce qui nous passe par la tête.La liberté de la presse, ce n\u2019est pas de bâcler son travail.Pierre Moreau, en marge de la Journée mondiale de la liberté de la presse « » JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE ET CAPTURE D\u2019ÉCRAN Le président du Conseil du trésor, Pierre Moreau, a vilipendé les médias que possède Québecor, laissant entendre que les journalistes de son bureau d\u2019enquête au Parlement sont l\u2019instrument de Pierre Karl Péladeau, grand patron de Québecor et ancien chef du Parti québécois.Mercredi, les deux quotidiens du groupe ont publié les résultats d\u2019une enquête qui tend à démontrer que l\u2019ancienne directrice du financement du Parti libéral du Québec, Violette Trépanier, n\u2019avait pas dit toute la vérité lors de son témoignage devant la commission Charbonneau.ADRIAN WYLD LA PRESSE CANADIENNE Jean-Denis Fréchette L E D E V O I R , L E J E U D I 4 M A I 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 4 ASSEMBLÉE PUBLIQUE DE CONSULTATION 23 MAI 2017 À 19 H 30 AUX PERSONNES DES ARRONDISSEMENT DU SUD-OUEST ET DE VILLE-MARIE SUSCEPTIBLES D\u2019ÊTRE INTÉRESSÉES PAR LE PREMIER PROJET DE RÉSOLUTION ADOPTÉ EN VERTU DU RÈGLEMENT SUR LES PROJETS PARTICULIERS DE CONSTRUCTION, DE MODIFICATION OU D'OCCUPATION D'UN IMMEUBLE AFIN : D\u2019AUTORISER LA CONSTRUCTION D\u2019UNE USINE DE TRAITEMENT SUR LA RUE FERNAND-SEGUIN (LOT 5 833 314 DU CADASTRE DU QUEBEC) DANS LE PARC D\u2019ENTREPRISE DE LA POINTE-SAINT-CHARLES PRENEZ AVIS que, à la suite de l\u2019adoption du premier projet de résolution indiqué ci-dessus lors de sa séance du 2 mai 2017, le conseil de l\u2019arrondissement tiendra une assemblée publique de consultation le 23 mai 2017 à 19 h 30 à la mairie d\u2019arrondissement du Sud-Ouest située au 815, rue Bel-Air, à la salle du conseil (2ième étage).Au cours de cette assemblée, le maire de l\u2019arrondissement ou tout autre membre du conseil désigné par ce dernier, expliquera le premier projet de résolution ainsi que les conséquences de son adoption et entendra les personnes qui désirent s\u2019exprimer à ce sujet.Ce premier projet de résolution vise à autoriser la construction d\u2019une usine de traitement sur le lot 5 833 314 situé sur la rue Fernand-Séguin dans le Parc d\u2019entreprises de la Pointe-Saint-Charles.Le projet vise à contenir, capter et traiter les eaux souterraines contaminées et les hydrocarbures pétroliers migrant au fleuve en provenance des terrains du Parc d'entreprises de la Pointe-Saint-Charles.Il comprend deux installations principales, soit un écran d\u2019étanchéité ancré au roc en amont de l'autoroute Bonaventure, qui vise à empêcher la migration des phases libres d\u2019hydrocarbures vers le fleuve, ainsi qu\u2019une usine d\u2019assainissement des eaux, qui doivent être conçues et réalisées simultanément par la Ville sur les terrains municipaux d\u2019ici la fin de l\u2019année 2018.Il comprend également un dispositif de pompage, qui assure le contrôle hydraulique de la nappe et la récupération des phases libres et des eaux souterraines contaminées et une station de pompage.Il déroge au Règlement d\u2019urbanisme de l\u2019arrondissement du Sud-Ouest (01-280) quant à l'usage, la densité, au taux d'implantation minimal exigé et aux articles 561 et 594.1, concernant l'utilisation de matériaux de pavage bitumineux pour les aires de circulation et de chargement.Il nécessite également une modification au Plan d\u2019urbanisme de la Ville de Montréal en ce qui a trait à la densité minimale prescrite.Certaines dispositions de la résolution sont susceptibles d'approbation référendaire.Le territoire concerné par ce projet particulier comprend la zone visée 0508 ainsi que les zones contiguës 0472, 0483, 0516 et 0585 situées sur le territoire de l\u2019arrondissement du Sud-Ouest et de la zone contiguë 0016, située sur le territoire de l\u2019arrondissement de Ville-Marie, tel qu\u2019illustré ci-dessous : Pour connaitre le numéro de la zone associée à une adresse précise, vous pouvez consulter la carte interactive de l\u2019arrondissement comme suit : http://ville.montreal.qc.ca/pls/portal/docs/PAGE/ARROND_SOU_FR/MEDIA/DOCUMENTS/WWW_CI_SO.HTML, remplir le champ « se localiser » avec l\u2019adresse qui vous concerne, sélectionner la thématique « Zonage et unité de paysage » puis consulter la carte avec le curseur: Ce premier projet de résolution et le plan détaillé comportant les zones concernées et les zones contiguës sont disponibles pour consultation au Bureau Accès Montréal situé au 815, rue Bel-Air, du lundi au vendredi de 9 h à 17 h.Montréal, le 4 mai 2017 Pascale Synnott, Secrétaire d\u2019arrondissement AV I S L É G AU X E T A P P E L S D \u2019 O F F R E S Appel d\u2019offres Division des études techniques Direction du développement du territoire et des études techniques Des soumissions, sont demandées et devront être reçues, avant 11 h 00, à la date ci-dessous, au bureau de réception des soumissions du greffe de l\u2019arrondissement de Rosemont\u2013La Petite-Patrie, Ville de Montréal, situé au 5650, rue D\u2019Iberville, 2e étage, Montréal, H2G 2B3, pour: Catégorie : Travaux de construction Appel d\u2019offres : RPPA17-03029-OP Descriptif : Réfection de l\u2019enveloppe et divers travaux 1650, rue des Carrières Date d\u2019ouverture : 23 mai 2017 Dépôt de garantie : 10 % de la valeur de la soumission Renseignements : sophie.deslisle@ville.montreal.qc.ca Documents : Les documents relatifs à cet appel d\u2019offres seront disponibles à compter du jeudi 4 mai 2017 sur le SEAO.Visite supervisée des lieux : Les visites sont individuelles.La date limite pour prendre rendez-vous est le mercredi 17 mai 2017 à 10 heures.Les personnes et les entreprises intéressées par ce contrat peuvent se procurer les documents de soumission en s\u2019adressant au service électronique d\u2019appels d\u2019offres (SEAO) en communiquant avec un des représentants par téléphone au 1-866-669-7326 ou au 514-856-6600, ou en consultant le site Web www.seao.ca.Les documents peuvent être obtenus au coût établi par le SEAO.Chaque soumission doit être placée dans une enveloppe cachetée et portant l\u2019identification fournie en annexe du document d\u2019appel d\u2019offres.Les soumissions reçues seront ouvertes publiquement audit bureau d\u2019arrondissement, immédiatement après l'expiration du délai fixé pour leur réception.La Ville de Montréal ne s'engage à accepter ni la plus basse ni aucune des soumissions reçues et n'assume aucune obligation de quelque nature que ce soit envers le ou les soumissionnaires.Fait à Montréal, 4 mai 2017 Danielle Ruest Secrétaire d'arrondissement L a s u i t e d e s a v i s s e t r o u v e e n p a g e B 4 P A U L I N E G R A V E L O n présente généralement le myélome mult iple comme une maladie incurable qui ne laisse aux patients qu\u2019un sursis d\u2019environ sept ans.Or, un traitement novateur mis au point à l\u2019hôpital Maisonneuve- Rosemont permet désormais à 41% des personnes qui en sont atteintes d\u2019espérer une guérison complète.Le myélome multiple est un cancer de la moelle osseuse, où sont fabriquées toutes les cellules sanguines : globules rouges, globules blancs (cellules du système immunitaire) et plaquettes.Deuxième cancer du sang le plus fréquent après les lym- phomes qui s\u2019attaquent aux ganglions, le myélome multiple endommage aussi d\u2019autres organes, tels que les os et les reins.Environ 5 personnes de 65 ans et 25 à 30 personnes de 75 ans sur 100 000 souffrent de cette maladie au Québec.L\u2019hématologue Jean Roy, de l\u2019hôpital Mai- sonneuve-Rosemont, recevra le Grand Prix du Collège des médecins pour le succès qu\u2019il a obtenu avec une nouvelle approche thérapeutique, qui inclut la gref fe de cellules souches hématopoïétiques (CSH) provenant d\u2019un donneur compatible et qu\u2019il a expérimentée sur 92 personnes victimes de ce cancer.Traitement novateur Les patients reçoivent dans un premier temps le traitement standard, qui consiste d\u2019abord en l\u2019administration pendant 16 à 24 semaines d\u2019un cocktail de médicaments destinés à diminuer la taille de la tumeur.On collecte ensuite des CSH du patient que l\u2019on congèle.Puis, on donne au patient de hautes doses de chimiothérapie dans l\u2019espoir de réduire au minimum la masse tumorale.Comme cette chimiothérapie détruit les cellules de la moelle osseuse, le patient souffre alors d\u2019une carence en cellules immunitaires qui le rend très vulnérable aux infections.C\u2019est pourquoi on lui injecte ses propres CSH afin qu\u2019elles génèrent de nouvelles cellules sanguines, dont des globules blancs.Trois à quatre mois plus tard, on procède à une allo- greffe.On prépare d\u2019abord le patient à recevoir la greffe en lui administrant de petites doses de chimiothérapie qui visent à diminuer la vigueur de son système immunitaire afin que son organisme accepte les CSH du donneur.On lui prescrit aussi des immunosuppresseurs pour qu\u2019il ne rejette pas le greffon, mais aussi pour empêcher que les cellules immunitaires qui émergeront du greffon voient les cellules du patient comme étrangères et s\u2019y attaquent, ce qu\u2019on appelle la réaction du greffon contre l\u2019hôte.«Les cellules du donneur ne peuvent jamais être totalement compatibles avec le donneur, sauf dans les cas de jumeaux identiques», fait remarquer le Dr Roy.La gref fe de CSH d\u2019un donneur a pour but de donner au patient un nouveau système immunitaire plus vigoureux étant donné que le sien a failli à la tâche en laissant émerger et prospérer un cancer, souligne le chercheur.Grâce à l\u2019ajout de l\u2019al- logref fe, 62 % des patients étaient toujours vivants dix ans après la fin du traitement, contre seulement 15 % des patients n\u2019ayant pas reçu d\u2019allo- gref fe.Bien que cer tains de ces 62 % eussent rechuté, on avait néanmoins réussi à les maintenir en vie.De plus, 41 % des patients ayant subi une allogref fe étaient guéris, contrairement à 10 % des patients n\u2019ayant reçu que le traitement standard.Seul bémol, l\u2019allogref fe s\u2019accompagne d\u2019un taux de mortalité de 10 % qui est en grande partie dû à la réaction du greffon contre l\u2019hôte.Contrairement aux traitements pharmacologiques qui ne permettent que de contrôler la maladie, l\u2019allogreffe permet d\u2019espérer la guérison complète, ce qui n\u2019est pas rien ! Le Devoir PERCÉE MÉDICALE Nouvel espoir pour les personnes atteintes de myélome multiple JASON FRANSON LA PRESSE CANADIENNE Fort McMurray commémore sobrement l\u2019incendie de l\u2019an dernier Les résidents de Fort McMurray se sont donné rendez-vous dans un parc de la ville dès l\u2019aube mercredi, pour marquer de façon la plus détendue possible, dans les circonstances, le premier anniversaire du terrible incendie de forêt qui a consumé une partie de la municipalité.L\u2019événement commémoratif relativement sobre \u2014 mêlant séances de yoga et de danse, service de crêpes, acupuncture et méditation \u2014 a débuté à l\u2019aube mercredi et devait durer jusqu\u2019au crépuscule.M I A R A B S O N à Ottawa L es baby-boomers vieillissants accaparent de nouveau la majeure partie de l\u2019attention alors qu\u2019ils viennent gonfler les rangs des personnes les plus âgées au pays.De nouvelles données de recensement, dévoilées mercredi par Statistique Canada, montrent que les Canadiens âgés de plus de 65 ans ont surpassé en nombre ceux âgés de moins de 15 ans pour la première fois.Néanmoins, un expert a souligné qu\u2019il ne faut pas s\u2019attarder qu\u2019aux Canadiens qui viennent d\u2019entrer dans «l\u2019âge d\u2019or», mais également à ceux âgés de plus de 85 ans.Le recensement a répertorié 770 780 Canadiens âgés de 85 ans et plus en 2016.Cette portion a connu une croissance quasi quatre fois plus rapide que celle de la population dans son ensemble entre 2011 et 2016.Les centenaires étaient au nombre de 8230, un groupe qui a crû de 41 pour cent en cinq ans.«Nous continuerons probablement d\u2019observer ce genre d\u2019expansion.Cela est très intéressant pour une multitude de raisons», a fait valoir Colin Busby, directeur adjoint de recherche à l\u2019Institut C.D.Howe.Les enjeux de santé reliés au vieillissement de la population, incluant la démence, vont croître.Aussi, une plus grande proportion des gens âgés de 85 ans et plus vivent seuls, la plupart étant des femmes.M.Busby a dit avoir été interpellé par le fait qu\u2019il y a presque deux fois plus de femmes que d\u2019hommes dans ce groupe d\u2019âge.La plupart d\u2019entre elles auront pris soin d\u2019un conjoint jusqu\u2019à la mort de celui-ci, mais doivent désormais dépendre de leurs enfants ou de l\u2019aide du gouvernement si elles veulent demeurer dans leur maison.La majeure par tie des discussions entre législateurs à la suite du dévoilement des données, mercredi, a por té sur l\u2019âge de la retraite.Bien que le comité consultatif des libéraux sur l\u2019économie ait recommandé plus tôt cette année d\u2019augmenter à au moins 67 ans l\u2019âge d\u2019admissibilité tant pour la Sécurité de la vieillesse que pour le Régime de pensions du Canada, le ministre du Développement social, Jean-Yves Duclos, a indiqué mercredi que le gouvernement n\u2019emprunterait pas cette voie.De son côté, la ministre fédérale de la Santé, Jane Philpott, a soutenu que le gouvernement avait prévu des mesures d\u2019aide, notamment des investissements dans les hébergements et les soins à domicile.Ottawa a prévu 6 milliards au cours des dix prochaines années pour fournir aux provinces du nouveau financement pour les programmes de soins à domicile.La Presse canadienne RECENSEMENT La retraite et les soins à domicile remis à l\u2019avant-plan Jean Roy L E D E V O I R , L E J E U D I 4 M A I 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 5 J E S S I C A N A D E A U L es écoles à vocation particulière de la Commission scolaire de Montréal n\u2019auront plus le droit de refuser des élèves sur la base de dif ficul- tés d\u2019apprentissage ou de com- por tement.La CSDM vient tout juste de réviser ses critères d\u2019admission afin qu\u2019ils soient plus inclusifs, répondant ainsi à certaines préoccupations du Conseil supérieur de l\u2019éducation.En novembre dernier, le Conseil supérieur de l\u2019éducation écrivait que les écoles à vocation particulière \u2014 qui offrent des programmes axés sur le spor t ou sur les ar ts, par exemple \u2014 exacerbaient les inégalités sociales dans le système scolaire.La présidente, Lucie Bou- chard, parlait d\u2019une «école à trois vitesses » et soutenait que la « séparation des élèves selon leur profil socio- économique ou leur per formance scolaire [constituait] une forme de ségrégation ».La CSDM vient répondre \u2014 du moins en partie \u2014 au problème.Au terme d\u2019une analyse des critères d\u2019admission ayant cours dans ses écoles à vocation particulière, le conseil exécutif a adopté, mardi, de nouvelles règles pour encadrer les pratiques qui varient d\u2019un établissement à l\u2019autre.« Il y avait des écoles qui étaient restrictives envers les élèves handicapés ou en dif fi- culté d\u2019adaptation ou d\u2019apprentissage [HDAA] ou envers les élèves dont les parents ne maîtrisent pas le français.Puis il y avait certaines pratiques, dans les critères d\u2019admission, dans certaines écoles, qui créaient des [situations] problématiques », reconnaît Catherine Harel Bourdon, présidente de la Commission scolaire de Montréal, en entrevue au Devoir.Les élèves handicapés ou en difficulté d\u2019adaptation ou d\u2019apprentissage pourront notamment se prévaloir de mesures d\u2019adaptation pour passer les examens d\u2019admission.« Si un élève dyslexique a droit à un appareil ou à un ordinateur pour ses études, il va pouvoir se prévaloir de cette mesure adaptative pour passer son examen d\u2019inscription », illustre la présidente.D\u2019autres écoles demandent une lettre d\u2019intention aux parents ou leur font passer des entrevues.Or cela pénalisait les enfants dont les parents ne maîtrisent pas la langue, note la CSDM, ce qui ne sera plus accepté.Transparence La CSDM vient également baliser la question de la fratrie.Les enfants issus de familles reconstituées et vivant sous le même toit sont admissibles, mais on res- ser re les critères en précisant qu\u2019il faut que la fratrie fréquente encore l\u2019établissement.Enfin, on élimine les privilèges liés aux enfants du personnel qui n\u2019habitent pas le territoire de la CSDM.Les écoles devront « se doter d\u2019un processus de sélection transparent et objectif et d\u2019une grille d\u2019observation » qui devra être disponible sur le site de l\u2019école afin que les parents puissent savoir avec précision ce qui est analysé.«Une grande majorité d\u2019écoles n\u2019auront aucun changement à faire dans leurs critères d\u2019admission, parce que les éléments qui ont été relevés ne faisaient pas partie de leurs critères, précise Mme Harel Bourdon.Mais il y a certaines écoles qui avaient ces éléments et elles devront faire les changements demandés d\u2019ici le 21 juin.» Les nouvelles règles ne s\u2019appliqueront pas pour la rentrée 2017, puisque la sélection des élèves est terminée depuis longtemps, mais pour la prochaine période d\u2019inscription, qui devrait débuter en octobre prochain.Le Devoir ÉDUCATION La CSDM révise les critères d\u2019admission de ses écoles à vocation particulière Le béluga «en voie de disparition » Le gouvernement du Québec entend commander une étude sur la cohabitation entre le béluga du Saint-Laurent et le «développement économique», a appris Le Devoir.Le cabinet du ministre délégué aux Affaires maritimes, Jean D\u2019Amour, souhaite ainsi en savoir davantage sur les possibilités de cohabitation entre le béluga et le développement industriel du Saint-Laurent.Québec mise en effet beaucoup sur ce développement dans le cadre de sa Stratégie maritime.Or, certains projets mis en avant pourraient avoir des impacts sur cette population qui passe toute l\u2019année dans l\u2019estuaire, dont une bonne partie dans le secteur de la voie maritime.Par ailleurs, le gouvernement fédéral a officiellement désigné le béluga comme étant «en voie de disparition» mercredi.Cette désignation, qui doit aller de pair avec la protection légale de l\u2019habitat essentiel pour le cétacé, pourrait entrer en conflit avec le développement de projets chers au gouvernement Couillard.Le Devoir A M É L I P I N E D A L es zones touchées par des inondations n\u2019auront pas de répit dans les prochains jours.Le niveau de l\u2019eau de plusieurs rivières ne risque pas de baisser de sitôt puisque de fortes précipitations sont attendues vendredi et samedi dans plusieurs régions de la province.Selon Environnement Canada, des accumulations de plus de 30mm de pluie sont prévues d\u2019ici vendredi dans plusieurs régions.Mercredi, plus d\u2019une quinzaine de rivières étaient sous surveillance continue.«Ce n\u2019est pas de bon augure pour les gens qui sont déjà touchés par les débordements de rivières.La situation est critique et les niveaux d\u2019eau ont continué à augmenter dans certains secteurs durant les deux derniers jours, alors qu\u2019il n\u2019y avait pas de pluie», souligne Alain Roberge, météorologue chez Environnement Canada.Les municipalités de l\u2019Outaouais demeurent sur la liste des villes les plus touchées par les crues printanières.«On s\u2019attend à ce que ce soit particulièrement difficile pour elles parce que les niveaux des eaux ne baissent pas et c\u2019est là que sont attendues les plus impor tantes précipitations», indique M.Roberge.À Gatineau, 145 personnes ont volontairement quitté leur foyer depuis mardi, portant le nombre total de résidences évacuées à 82, a indiqué la Ville mercredi.Inondations à Montréal Les débordements d\u2019eau ont aussi touché l\u2019ouest de l\u2019île de Montréal après que la rivière des Prairies est sortie de son lit en matinée mercredi.Les pompiers de Montréal avaient été avertis la veille en soirée que le niveau de l\u2019eau montait dans le secteur.Il semble toutefois que l\u2019eau se soit infiltrée très rapidement et que les résidents sinistrés aient eu très peu de temps pour réagir.Une cinquantaine de résidences de l\u2019île Mercier, située dans la rivière des Prairies entre L\u2019Île-Bizard et Sainte-Gene- viève, ont été inondées.Des pompiers ont fait du porte-à-porte toute la journée pour inciter les habitants à quitter leur domicile pour des raisons de sécurité.« Avec les précipitations attendues vendredi, on se prépare au pire.On est prêts à intervenir et ef fectuer des évacuations si nécessaire », indique Philippe Sabourin, porte-parole de la Ville de Montréal.Des résidences au bord de l\u2019eau dans l\u2019arrondissement de Pierrefonds-Roxboro ont aussi été touchées par les inondations, mais il n\u2019y avait pas eu d\u2019évacuation mercredi.Des équipes des travaux publics travailleront 24 heures sur 24 venir en aide aux gens dans le besoin, notamment en livrant des sacs de sable, souligne M.Sabourin.Toujours à Montréal, l\u2019arrondissement d\u2019Ahuntsic-Car tier ville est sur veillé puisque des résidences sont fortement à risque d\u2019être inondées dans les prochains jours.À Laval, la Ville a demandé aux citoyens de procéder rapidement à la mise en place de mesures de protection ou de conserver celles déjà en place.À Rigaud, en Montérégie, des centaines de maisons sont menacées par les inondations.Le maire de la ville, Hans Gruen- wald, affirme qu\u2019environ 400 résidences pourraient être touchées par la montée des eaux.Selon M.Gruenwald, le niveau de l\u2019eau a augmenté de huit centimètres depuis les deux dernières semaines et pourrait avoir encore augmenté de cinq à sept centimètres mercredi.Dans cette municipalité, 31 familles ont été évacuées.La Mauricie est également menacée par la montée des eaux de la rivière Saint- Maurice.À Saint-Boniface, près de Shawinigan, l\u2019eau s\u2019était retirée des routes mercredi et aucune des 22 résidences menacées n\u2019avait été évacuée, a dit le maire de la municipalité, Claude Caron.« D\u2019après moi, c\u2019est temporaire, car on attend un coup d\u2019eau prochainement, donc on restera sur le qui-vive», a-t-il affirmé.Avec La Presse canadienne Le Devoir INONDATIONS L\u2019eau ne risque pas de baisser de sitôt Plus de 30 mm de pluie sont prévus d\u2019ici vendredi dans plusieurs régions I S A B E L L E P O R T E R à Québec L e ministère du Développement durable est en train d\u2019élaborer un plan d\u2019urgence en prévision de la réalisation du projet ontarien de dépotoir de déchets nucléaires près de la rivière des Outaouais.Le ministère du Développement durable travaille sur «un plan d\u2019urgence nucléaire» détaillant les «procédures à appliquer en cas d\u2019émissions radiologiques », a déclaré le ministre David Heurtel lors de l\u2019étude des crédits mercredi.«Advenant un incident impliquant une relâche dans l\u2019atmosphère ou la relâche d\u2019un liquide dans l\u2019eau, le ministère de l\u2019Environnement est prêt à intervenir rapidement», a aussi signalé le ministre.La députée indépendante Martine Ouellet le questionnait pour savoir si le gouvernement allait s\u2019opposer au projet de dépotoir de Laboratoires nucléaires canadiens (LCN).Le site est à 1 kilomètre de la rivière des Outaouais, et des organisations locales craignent non seulement pour la rivière, mais également pour le fleuve.« Avant de se préparer à toute catastrophe, il faudrait évaluer si ce site-là est approprié, a réagi la députée.On se rend compte qu\u2019avec toutes les inondations qu\u2019on voit les risques de contamination des eaux souterraines et de la rivière des Outaouais sont extrêmement grands.» «On va suivre ça de près» La députée indépendante souhaite que le Québec rejette d\u2019emblée les visées de LCN.Or le ministre estime que c\u2019est prématuré.Le projet, dit-il, n\u2019a pas encore démarré et est à l\u2019étape de la consultation.«On n\u2019est pas là encore, le projet n\u2019a même pas encore été autorisé.» LCN doit en effet soumettre son projet à l\u2019Agence canadienne d\u2019évaluation environnementale.Sinon, la Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN) a aussi réalisé une première étude d\u2019impact environnemental de 900 pages que la population a jusqu\u2019au 17 mai pour commenter.Le gouvernement du Québec a l\u2019intention de se faire entendre dans le dossier, a assuré le ministre.« Le ministère est déjà à pied d\u2019œuvre dans ce dos- sier-là», a-t-il dit.«On va suivre ça de près.» M.Heurtel s\u2019est dit en outre préoccupé par le dossier, mais n\u2019a toutefois pas voulu définir sa position sur le projet.« C\u2019est un projet qui en ef fet suscite énormément de questions », a-t-il dit.Le dépotoir projeté par LCN inclurait 1 million de mètres cubes de déchets, s\u2019étendrait sur 16 hectares et serait actif jusqu\u2019en 2070.L\u2019entreprise souhaite démarrer ses activités en 2020.Les laboratoires de recherche LCN sont nés l\u2019an dernier de ce qui restait de l\u2019entreprise de production d\u2019isotopes médicaux Chalk River.Cette dernière avait fait les manchettes en 2009 lors de la pénurie des isotopes médicaux.Située à Deep River, à 180km d\u2019Ottawa, LCN est gérée par un consortium d\u2019entreprises dont fait partie SNC-Lavalin.Le Devoir Dépotoir nucléaire en Ontario : Québec prépare un plan d\u2019urgence Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 PAUL CHIASSON LA PRESSE CANADIENNE Les pompiers de Montréal ont porté assistance mercredi aux riverains de la rivière des Prairies touchés par les inondations.LA PRESSE CANADIENNE Catherine Harel Bourdon La Journée mondiale de la liberté de la presse, célébrée le 3 mai, sert de rappel.Mal comprise, mal aimée, la liberté de la presse est pourtant indissociable de l\u2019idéal démocratique.éfendre la liberté de la presse, c\u2019est nécessairement radoter.Les maires qui se comportent en roitelets et musellent les journalistes dans leur patelin sont élus tous les quatre ans.Les fonctionnaires qui contrôlent à deux mains le robinet de l\u2019accès à l\u2019information ne sont jamais inquiétés grâce au pourrissement de vaines promesses pour réformer ces lois.Et les personnalités publiques qui frappent sur le messager quand elles sont insatisfaites du message sont encore légion.La dernière en date, Pierre Moreau, a choisi précisément la journée du 3 mai pour casser du sucre sur le dos des médias de Québe- cor, qu\u2019elle accuse de mener des enquêtes bâclées et tendancieuses sur un sujet d\u2019actualité, soit l\u2019apparition récurrente de fantômes libéraux en matière d\u2019éthique.La sortie du président du Conseil du trésor suivait la publication de courriels laissant entendre que Violette Trépanier, ex-directrice du ?nancement au Parti libéral du Québec, aurait menti à la commission Charbonneau.La journée était mal choisie pour discréditer ainsi le travail d\u2019une équipe de reporters que le ministre Moreau accuse de mener un travail de sape en service commandé, au pro?t du Parti québécois.Il s\u2019agit d\u2019une atteinte à la liberté de la presse avec un « l» minuscule, qui ressemble davantage à la tirade d\u2019un politicien excédé.Le président américain, Donald Trump, fait pire pour dénigrer les médias presque tous les jours de sa présidence.?Les menaces à la liberté de la presse les plus pressantes relèvent d\u2019un autre registre que les montées de lait : surveillance des journalistes d\u2019enquête par la police, désuétude du régime d\u2019accès à l\u2019information, autant à Québec qu\u2019à Ottawa, et absence d\u2019un régime de protection des sources digne de ce nom.Si le Canada a reculé du 18e au 22e rang dans le palmarès annuel de Reporters sans frontières (RSF), c\u2019est essentiellement en raison de la surveillance des journalistes par le Service de police de la Ville de Montréal et la Sûreté du Québec, un scandale qui a donné naissance à la commission Chamberland, dont le mandat est d\u2019assurer une meilleure protection des sources pour les journalistes.Le Canada et le Québec, qui ne semble pas exister dans le rapport de RSF, vivent des situations enviables par rapport à d\u2019autres pays dans le monde.En Corée du Nord, l\u2019écoute d\u2019une radio étrangère est punie par un séjour d\u2019une durée indéterminée en camp de concentration.En Arabie saoudite, les journalistes peuvent être châtiés au fouet, un sort cruel réservé au blogueur Raïf Badawi.En Iran ou en Turquie, l\u2019arrestation et l\u2019emprisonnement arbitraires, entre autres sévices, guettent les journalistes.«Jamais la liberté de la presse n\u2019a été aussi menacée», constate RSF.La situation est «difficile» ou «très grave» dans 72 des 180 pays recensés par l\u2019organisme.Une société démocratique ne devrait pas se comparer aux pires régimes sur la planète pour se consoler.Hormis quelques exceptions, telles que la création de la commission Chamberland et le resserrement des contrôles à la SQ et au DPCP quant aux enquêtes ciblant des journalistes, l\u2019État en a fait trop peu pour améliorer les conditions d\u2019exercice du journalisme.Les mesures annoncées dans le dernier budget Leitão viendront aider, bien modestement, les journaux imprimés à renouveler leur modèle d\u2019affaires.Cette aide n\u2019assure pas une meilleure protection de la liberté de la presse.De façon générale, les entraves au travail des journalistes sont accueillies avec un haussement d\u2019épaules par nos dirigeants.On dirait presque qu\u2019elles font partie du jeu.D\u2019un 3 mai à un autre, le bilan de l\u2019année est décevant.L\u2019initiative la plus intéressante mise en avant n\u2019appartient ni au gouvernement Trudeau ni au gouvernement Couillard.Le sénateur Claude Carignan a pris les devants en présentant un projet de loi sur la protection des sources qui a recueilli un vaste consensus dans le monde du journalisme.Adopté par le Sénat, le projet de loi S-231 a passé mercredi l\u2019étape de la première lecture à la Chambre des communes.Pour l\u2019essor et l\u2019avenir du journalisme d\u2019enquête, il faut souhaiter que le premier ministre Justin Trudeau exerce son leadership pour faire passer cette loi.Puisque le Code criminel est de compétence fédérale, cette étape est un préalable pour assurer aux journalistes une meilleure protection.Une loi québécoise sur la protection des sources sera aussi nécessaire, en complément du régime fédéral.Les reporters québécois ont contribué de longue date à la critique et à la surveillance des institutions démocratiques, par la qualité de leurs enquêtes.Les impairs occasionnels commis par les journalistes et la dif?culté de cerner les contours du métier ne doivent plus servir d\u2019excuses pour leur refuser un droit accru à la protection des sources.Si la liberté de la presse est aussi importante qu\u2019on le prétend tous les 3 mai, les gouvernements devraient sortir de leur inertie.L E D E V O I R , L E J E U D I 4 M A I 2 0 1 7 A 6 EDITORIAL L E T T R E S L\u2019eau des Premières Nations Monsieur le Premier Ministre, Je m\u2019adresse à vous aujourd\u2019hui au nom des miens, de mon peuple.Je ne parle pas seulement des Anishinaabe, mais plutôt de toutes les Premières Nations de notre pays.Compte tenu du fait que la Loi sur les Indiens est toujours en vigueur à l\u2019heure où je vous écris, je me présente en tant que numéro 1573 du groupe de registre du Conseil de la Première Nation Abi- tibiwini.La présente consiste à dénoncer votre responsabilité et votre implication dans le viol d\u2019un droit fondamental : l\u2019accès à l\u2019eau potable.N\u2019ayons pas peur des mots, Monsieur le Premier Ministre : nous vivons sur une terre où le génocide des Premières Nations, de notre peuple, est toujours actif en 2017.Neuf pays se partagent la ressource en eau douce à travers le monde et le Canada est l\u2019un d\u2019entre eux.Comment expliquer et justifier que, le 31 août 2016, 132 avis concernant la qualité de l\u2019eau potable étaient en vigueur dans 89 communautés autochtones et que, selon Santé Canada, 39 de ces avis perdurent depuis plus de dix ans ?Selon un rapport d\u2019Amnistie internationale présenté à l\u2019ONU, environ 20 000 personnes vivant dans les réserves autochtones au Canada n\u2019ont pas accès à l\u2019eau courante ou à un service d\u2019égout.Dans certains pays, les problèmes d\u2019accès à l\u2019eau ne sont pas toujours liés à l\u2019absence de ressources en eau, mais aussi à un manque de moyens financiers et/ou à une absence d\u2019organisation pour distribuer, entreposer et rendre potable l\u2019eau aux diverses populations.Alors, comment légitimez-vous et motivez-vous le fait que le gouvernement ait les moyens de dé- L I B R E O P I N I O N S A N D R I N E C A R L E - L A N D R Y D ouze ans.Dernière année du primaire.Je suis toujours une des dernières à monter dans l\u2019autobus, puisque j\u2019habite proche de l\u2019école.Des gars dans ma classe me disent de venir les rejoindre sur la banquette arrière, car c\u2019est là que les « vieux de 6e année » s\u2019assoient.Puis, ils me montrent une feuille.Une liste.La fille qui a les plus beaux yeux.La fille la plus jolie.La fille la plus canon.La fille la plus laide.18 ans.Je suis dans un bar.Vendredi soir.J\u2019ai travaillé avec des enfants dans un camp de jour toute la semaine.J\u2019ai besoin d\u2019un break.J\u2019ai envie de danser et de m\u2019amuser.Un homme me tape sur les fesses.Je lui fais signe de ne pas me faire ça.Il rit avec ses amis.19 ans.Je suis dans le métro, sur la ligne jaune.Il est tard, donc je suis seule.J\u2019ai hâte de rentrer chez moi.On arrête à la station Jean- Drapeau.Un homme s\u2019assoit dans mon wagon.Il me regarde.Il se lève.Il baisse son pantalon et il se masturbe.J\u2019ai peur.Ça, ce sont trois exemples.Trois exemples qui me sont venus en tête alors que j\u2019écoutais 13 Reasons Why, une émission sur Netflix faisant fureur parmi les jeunes.Hannah Baker, une adolescente s\u2019étant enlevé la vie, explique au moyen de cassettes les treize raisons qui l\u2019ont poussée à se suicider.Treize personnes.Une vague de critiques déferle présentement sur les réseaux sociaux.Montrer un suicide de manière aussi explicite est-il une bonne idée ?Pourquoi la maladie mentale n\u2019est-elle pas du tout mentionnée ?Peut-on blâmer des personnes pour le suicide d\u2019Hannah ?Est-ce une bonne idée de parler ouvertement de suicide ?Silence sur ce qu\u2019elle a vécu Moi, ce que je ne comprends pas, c\u2019est pourquoi personne ne parle de ce qu\u2019Hannah a vécu.Slut shaming, intimidation, agressions sexuelles.Culture du viol.Dire qu\u2019Hannah était suicidaire à cause d\u2019une maladie mentale et que c\u2019est la seule raison justifiant son désir de s\u2019enlever la vie, c\u2019est lâche.Au lieu d\u2019essayer de changer les choses, on attribue le suicide d\u2019Hannah à la maladie mentale.Pourtant, il y en a, des adolescentes, dans la vraie vie, qui se sont enlevé la vie après s\u2019être fait agresser sexuellement, mais surtout après ne pas avoir été crues.Va-t-on enfin parler de la culture du viol ou va-t-on persister à se dire que ces filles étaient «malades»?Ce qu\u2019il faut, c\u2019est faire comprendre que, siffler une femme dans la rue, ce n\u2019est pas un compliment.Ce qu\u2019il faut, c\u2019est arrêter de parler de « filles faciles », de « friend zone » et de « putes ».Ce qu\u2019il faut, c\u2019est une éducation sexuelle dans les écoles secondaires, car, oui, il y a des personnes qui ne savent pas encore ce qu\u2019est le consentement.Il y a des personnes qui ne savent pas encore ce qu\u2019est un viol.Ce qu\u2019il faut, c\u2019est reconnaître que des facteurs sociaux peuvent pousser au suicide, et que la culture du viol n\u2019y fait pas exception.Ce n\u2019est pas seulement Hannah Baker qui est malade, c\u2019est notre société.13 REASONS WHY La maladie mentale : la seule à blâmer pour un suicide ?FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente du développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-président des ventes publicitaires MARK DROUIN Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Directeur de l\u2019information numérique FLORENT DAUDENS Adjoints PAUL CAUCHON, LOUIS GAGNÉ, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET penser 80,9 millions de dollars pendant les cinq prochaines années notamment pour chercher de l\u2019eau sur la planète Mars?Il est bien que le Canada ouvre ses portes au tiers-monde, mais actuellement, le tiers-monde est une triste réalité dans notre propre pays.Samian Le 2 mai 2017 Hydro-Québec et les caribous J\u2019ai lu avec une grande inquiétude l\u2019article « Le caribou migrateur du Québec est en voie de disparition » , d\u2019Alexandre Shields, dans Le Devoir du 1er mai\u2026 Tout de même, qu\u2019une harde comme celle de la rivière George passe en vingt ans de 800 000 têtes à quelques milliers, c\u2019est renversant ! Ce déclin majeur de la population constaté par le comité fédéral sur les espèces en péril serait-il en partie ou principalement attribuable aux ennoiements de grands réservoirs et aux détournements de rivières comme la Rupert par l\u2019intouchable Hydro-Québec ?Ou alors serait-ce une chasse trop intensive et non contrôlée?Si j\u2019étais du Devoir, je confierais le mandat de creuser la question à M.Shields.Jean-François Vallée La Pocatière, le 3 mai 2017 Les sénateurs sont des garde-fous et, espérons-le, de sages hiboux Les députés ne sont pas à l\u2019abri des différentes idéologies.Ils ne sont pas non plus à l\u2019abri du populisme.C\u2019est dangereux de ne pas avoir de garde-fous.Le Sénat en est un et il faut le conserver.Les sénateurs révisent les projets de loi avant que ceux-ci ne deviennent lois.Deux fois plutôt qu\u2019une, c\u2019est un rempart nécessaire.Plusieurs militent pour l\u2019abolition du Sénat au Canada.Ne serait-ce pas justement pour ne plus avoir de garde-fous et faire adopter les lois qu\u2019ils veulent ?Dans un gouvernement majoritaire, c\u2019est très dangereux, car les partis d\u2019opposition ne font pas le poids en cas de démesure ou de gouvernement idéologique ou trop populiste.Le Sénat protège les Canadiens contre les lois idéologiques et populistes qui pourraient menacer la population, certaines minorités ou les droits de la personne.Trop de pouvoir aux députés et à un gouvernement majoritaire est dangereux.Le Sénat veille aussi à ce que nos lois respectent les droits de la personne, ce que les gouvernements et les députés ne font pas toujours.Qui sait quels seront notre gouvernement et son idéologie plus tard?On voit en France l\u2019extrême droite en train de se faufiler et de « fabriquer sa toge» parmi la population et le populisme.Un Sénat peut s\u2019assurer que des lois inhumaines ne soient pas adoptées.Il ne faut jamais accorder un trop grand pouvoir à une seule personne, tous les projets de loi doivent être révisés par le Sénat pour que nous demeurions en sécurité, juste au cas où.On ne sait jamais ce que l\u2019avenir nous réserve.Il faut conserver le Sénat et s\u2019assurer que les sénateurs sont de sages hiboux qui veillent lorsque la majorité s\u2019est endormie.Les sénateurs et sénatrices sont un rempart essentiel contre les malheurs qu\u2019on ne voit pas toujours s\u2019approcher.Jocelyne Dumont Saint-Jean-Port-Joli, le 2 mai 2017 JOURNÉE MONDIALE DE LA LIBERTÉ DE LA PRESSE Des acquis fragiles, un combat permanent D BRIAN MYLES Il y en a, des adolescentes, dans la vraie vie, qui se sont enlevé la vie après s\u2019être fait agresser sexuellement, mais surtout après ne pas avoir été crues.Va-t-on persister à se dire que ces filles étaient «malades»? L E D E V O I R , L E J E U D I 4 M A I 2 0 1 7 A 7 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon (chef de division), Robert Dutrisac, (éditorialiste), Michel Garneau et Pascal Élie (caricaturistes), Jacques Nadeau (photographe), Olivier Zuida (recherchiste photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division et reporter), Stéphane Baillargeon (généraliste), Gérald Dallaire (pupitre), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Jean Dion (sports), Marco Fortier (éducation), Marie-Pier Frappier (pupitre), Lisa-Marie Gervais (diversité), Pauline Gravel (sciences), Jessica Nadeau (éducation).Alexandre Shields (environnement); information politique : Michel David (chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Marie-Michèle Sioui (correspondants parlementaires à Québec) Dave Noël (recherche), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec); information culturelle : Guillaume Bourgault-Côté (politiques culturelles), Julie Carpentier (pupitre), Fabien Deglise (livres), Catherine Lalonde (arts vivants), François Lévesque (écrans), Caroline Montpetit (arts vivants), Philippe Papineau(médias); information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l\u2019information), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Benoît Munger (pupitre); information internationale : Guy Taillefer (chef de division et éditorialiste); section art de vivre : Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); cahiers spéciaux : Loïc Hamon (responsable); équipe numérique : Laurence Clavel, Guillaume St-Hilaire et Geneviève Tremblay (pupitres); correction : Andréanne Bédard, Christine Dumazet et Michèle Malenfant (correctrices) ; soutien à la rédaction : Amélie Gaudreau (coordonnatrice à la rédaction), Jean-Philippe Proulx (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa).PUBLICITÉ Charleyne Bachraty (adjointe au vice-président), Marlène Côté, Évelyne De Varennes, Amel Elimam, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (directrices de comptes), Amélie Maltais (commis aux avis légaux), Alessandra Tantalo et Laurence Hémond (coordonnatrices publicitaires).PRODUCTION Caroline Desrosiers, Yannick Morin, Anthony White et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web), Jean-François Côté (analyste programmeur), Luc Girard (technicien informatique), Solène M.Hébert (développeuse Web).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Catherine Gentilcore (coordonnatrice marketing, communications et relations publiques), Sébastien Beaupré (coordonnateur service à la clientèle), Manon Blanchette, Caroline Filion, Nathalie Filion, Isabelle Sanchez (préposées au service à la clientèle).ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Mélisande Simard (adjointe administrative et responsable des ressources humaines), Florentina Draghici (technicienne comptable), Véronique Pagé (responsable du crédit).S É B A S T I E N B O U S S O I S Chercheur en sciences politiques associé à l\u2019ULB (Bruxelles) et formateur à Unismed (Nice), spécialiste des relations euroméditerranéennes et coauteur avec Asif Arif de France Belgique.La diagonale terroriste epuis que Daech semble en déroute sur la terre de Cham, jamais le monde n\u2019a semblé avoir été autant sous la menace aveugle de terroristes solitaires, du Moyen-Orient à l\u2019Europe, de l\u2019Afrique à l\u2019Amérique du Nord.La réalité est que, si un territoire se fait peau de chagrin, l\u2019idéologie qui a animé le projet du groupe État islamique a largement essaimé de façon directe ou insidieuse dans la tête de milliers de jeunes frustrés, déçus, ou en recherche d\u2019un destin.Les terribles attentats qui ont frappé Paris le 13 novembre 2015, Bruxelles le 22 mars 2016, sont encore dans tous les esprits des Français et des Belges, mais également des Européens.L\u2019attentat contre la mosquée de Québec le 30 janvier 2017 a marqué un coup pour un Canada multi- communautaire.Depuis les attentats de Londres en 2005, la tolérance, voire le laxisme, à l\u2019égard du «Londonistan» s\u2019était éteinte.[\u2026] La volonté de Daech de toucher au cœur nos « modèles » d\u2019intégration, du Vieux Continent au Nouveau Monde, est claire.[\u2026] Parce que, dans les trois pays visés, la diversité ethnique, culturelle, sociale, peut encore et doit continuer à être perçue comme une richesse.Que vise l\u2019idéologie de Daech?Le chaos et la polarisation de nos sociétés, provoquer un choc culturaliste en montant les «musulmans» contre les «chrétiens».Quel point commun entre tous ces attentats?Une volonté claire de provoquer une guerre civile au sein même de nos sociétés.Quelle différence ?L\u2019endoctrinement de quelques jeunes « home growners » musulmans d\u2019un côté, la folie d\u2019un étudiant canadien aux idées nationalistes et racistes de l\u2019autre.Un travail quotidien Dans un contexte de montée mondiale des populismes, panser ses plaies devient un travail quotidien pour les centaines de personnes meurtries psychologiquement par ces drames.Du côté des « professionnels », les services de sécurité comme de prévention de la radicalisation, la longue route pour permettre de mieux «penser » ces plaies est en marche.Car il y a toutes les raisons de croire que nous ne sommes qu\u2019au début d\u2019une lame de fond qui germe dans nos sociétés qui semblent de moins en moins inclusives.Parce que trop longtemps en réaction contre d\u2019hypothétiques menaces, nous avons tout misé sur le sécuritaire et sur la stigmatisation des minorités.Et ce, au risque de détricoter des réseaux locaux importants de prévention des déviances de la post-adolescence, depuis l\u2019école jusqu\u2019aux services sociaux, de la protection de l\u2019enfance jusqu\u2019aux associations de prévention de la radicalisation (quelles qu\u2019elles soient, des sectes comme les Témoins de Jéhovah aux familles nouvel âge qui refusent la médecine moderne et les vaccins, etc.).En attendant, des jeunes continuent à décrocher et verront encore longtemps en Daech ou ses succursales un potentiel pour rêver d\u2019une meilleure existence, et s\u2019ils ne trouvent pas de vrai sens à leur vie, ils finiront par au moins en trouver un à leur mort.Pire, des illuminés de tous poils se radicalisent en fusionnant leur trouble psychologique et l\u2019adrénaline provoquée par le déclenchement de la violence contre les autres et contre soi.Pour lutter contre ces déviances qui peuvent rapidement virer au tragique, de nombreuses organisations de prévention de la radicalisation, timidement soutenues jusque-là par l\u2019État, peinent à rattraper leur retard.Au Canada, à Montréal, le CPRMV (Centre de prévention de la radicalisation de Montréal menant à la violence), fort de son expérience de « désengagement » d\u2019un certain nombre de jeunes de l\u2019extrême droite violente, est à la pointe.Son action doit nous servir en Europe.Quand on sait que le Québec est l\u2019État canadien qui compte le plus grand nombre de groupes d\u2019extrême droite et que le CPRMV a fait ses preuves en la matière.Quand on sait aussi que le jeune étudiant en sciences politiques de la mosquée de Québec était un sympathisant des thèses de Marine Le Pen.Larges déviances Il faut que l\u2019on comprenne aussi en Europe que la radicalisation ne touche pas que les dérives de l\u2019islam, mais un spectre bien plus large de déviances.L\u2019extrême droite violente en fait partie.Nos associations en Europe font un travail de pédagogie fondamental auprès du personnel public, mais également auprès des écoles, dans la prévention des dérives violentes de l\u2019islam.[\u2026] Nous ne sommes pas seuls et isolés et le partage d\u2019expériences entre pays, voire entre continents, commence à faire son chemin.En juillet 2017, à Marseille, se tiendra à l\u2019initiative d\u2019UNISMED, soutenu par la Fondation de France et la Fondat ion ro i Baudou in, la « Conférence euroméditerranéenne : réunir société civile, praticiens et chercheurs pour agir en amont de la radicalisation ».L\u2019idée est de fédérer près d\u2019une centaine d\u2019organisations et de praticiens des deux rives de la Méditerranée pour créer un grand réseau euroméditer- ranéen de partage d\u2019expériences de prévention de la radicalisation en matière d\u2019islam v iolent .Car de nombreuses act ions ont réussi.Il faut le dire.Et seule la prévention peut réussir à rattraper nos jeunes avant qu\u2019il ne soit trop tard.Les liens entre l\u2019Europe et le Canada dans le domaine sont déjà impor tants.Cela prouve que, malgré des politiques d\u2019État réticentes, la société civile est à l\u2019avant-garde et doit être soutenue.C\u2019est une mission de salut public et les mers doivent nous rapprocher, et non pas nous couper.Le problème est mondial, la solution le sera aussi.Pour que ces solutions ne soient pas définitivement noyées dans la peur, le rejet, les préjugés, la violence, la folie ! Et donnent le champ libre aux partis politiques populistes qui, une fois installés aux commandes de nos pays, risqueraient de parachever indirectement le souhait de Daech : enterrer ce terme considéré désormais par beaucoup comme éculé de «vouloir vivre ensemble ».Notre urgence est donc bien de tout miser sur l\u2019éducation, la culture, la production de contre-discours, la dynamisation des réseaux existants, la reconsidération de la question de la menace d\u2019un point de vue euroméditerra- néen et euroatlantique.C\u2019est un défi que de (re)donner conf iance à nos jeunes, de (res)susciter l\u2019adhésion aux valeurs de la nation et de la démocratie, d\u2019accentuer le combat contre les populismes haineux qui creusent notre tombeau.Il s\u2019agit bel et bien en définitive de « penser » nos blessures et nos plaies, et plus uniquement de les panser en attendant le prochain drame ! Contrer la radicalisation passe par la lutte commune D T E X T E C O L L E C T I F * Arab ie saoud i te , pays où l\u2019on pratique un islam rigoriste, régi par la cha- ria, vient d\u2019être élue membre de la Commission de la condition de la femme des Nations unies pour une période de quatre ans.Ainsi, par un vote secret, le Conseil économique et social de l\u2019ONU (ECOSOC) permet au royaume wahhabite de siéger au sein de cette commission composée de 45 États dont le mandat est de promouvoir les droits des femmes et de veiller à leur autonomie.Pour le Canadien Hillel Neuer, d i r e c t e u r e x é c u t i f d \u2019 U N Watch, « élire l\u2019Arabie saoudite pour contribuer à la protection des droits des femmes, c \u2019est comme nommer un pyromane chef des pompiers ».Nous partageons cet avis.Cette élection est un véritable scandale, une insulte à l\u2019intelligence ! Pour rappel, la Déclaration un iverselle des dro its de l\u2019homme a été adoptée en 1948 par l\u2019Assemblée générale des Nations unies constituée de 58 États membres.Bien qu\u2019à cette époque-là aucun État n\u2019ait eu à se prononcer contre la Déclaration, huit d\u2019entre eux se sont abstenus de voter, dont l\u2019Arabie saoudite sous le motif de l\u2019incompatibilité de son régime politique avec le principe d\u2019égalité entre les femmes et les hommes tel que garanti dans la Déclaration.En matière de droits de la personne, ce même régime a-t- il évolué depuis pour mériter un siège à la Commission de la condition de la femme des Nations unies?Sans grand effort, chacune et chacun sont en mesure de constater l\u2019apartheid sexuel institutionnalisé par le royaume des Saoud, faisant fi de tous les textes internationaux en la matière.Cer tes, nous reconnaissons qu\u2019il y a eu quelques avancées, ici et là, depuis 1948.Trop peu.Trop modestes.N\u2019empêche que les femmes y sont toujours considérées comme des mineures à vie.Sans compter que, sur la s c è n e i n t e r n a t i o n a l e , l e royaume saoudien est en grande partie responsable de la promotion d\u2019un islam extrémiste, wahabo-salafiste, qui prône le djihad, la haine des mécréants et des juifs, la mise à mort des apostats et des homosexuels ainsi que l\u2019emprisonnement des libres penseurs, dont le plus célèbre est Raïf Badawi.Fermer les yeux Dans ces conditions, nous ne pouvons accepter que l\u2019Arabie saoudite soit catapultée à une commission dont le mandat principal est de garantir et de promouvoir les dro its des femmes dans le monde, à moins de fermer les yeux sur la nature même de son régime.Dans ce contexte, nous nous interrogeons sur le processus qui a conduit à une telle élection.Qui sont les États qui ont voté pour garantir ce fameux siège à l\u2019Arabie saoudite ?Qu\u2019ont-ils reçu en échange ?À travers une telle complaisance, ces mêmes États réalisent-ils qu\u2019ils bradent les droits de la personne et mettent en danger notre sécurité collective ?Selon UN Watch, au moins cinq États de l\u2019Union européenne (membres de l\u2019ECO- SOC) ont permis l\u2019élection du royaume.On apprend que la Belgique, en raison d\u2019un cafouillage diplomatique, est du nombre.D\u2019ailleurs, son premier ministre regrette le vote de son pays ! Mais qui sont les autres États ?Est-ce la France, l\u2019Allemagne, la Grèce, l\u2019Italie, le Royaume-Uni, le Portugal, l\u2019Irlande, la Suède, la République tchèque ?Nous voulons le savoir.Nous exigeons la vérité ! Alors que les femmes subissent de plein fouet les ef fets néfastes de la cr ise économique, du délitement des services publics, du virage de plus en plus autoritaire de plusieurs États et de la montée fulgurante des intégrismes religieux et des violences qu\u2019ils charrient, nous estimons qu\u2019il est urgent d\u2019envoyer un message clair.Ceux qui contribuent à créer ces inégalités et à véhiculer ces violences ne sont pas d ignes de notre confiance.Il faut, aujourd\u2019hui plus que jamais, protéger les femmes, rendre accessibles les soins de santé et les droits sexuels et reproductifs, garantir le droit à l\u2019éducation, à la culture et au travail, faire en sorte que les femmes puissent exercer leur citoyenneté à par t entière.Nos droits ne sont pas à vendre ! Nos libertés ne sont pas négociables ! Notre dignité n\u2019est pas à brader ! Arrêtez de nous mentir, l\u2019Arabie saoudite n\u2019est pas l\u2019alliée des femmes ! Nous devons être conscients que, face à la montée des extrémismes politiques et à la menace des intégrismes religieux, notre responsabilité est de défendre la démocratie et de veiller au respect des droits fondamentaux de la personne.Dans cette lutte, la politique des États démocratiques ne doit souffrir d\u2019aucune incohérence, d\u2019aucune ambiguïté.On ne peut prétendre combattre un groupe État islamique sur le front du Moyen-Orient et normaliser la venue d\u2019un groupe État islamique bis au sein des instances onusiennes.La doctrine officielle de l\u2019Arabie saoudite met en péril la paix des nations et la fraternité entre les peuples.Nous demandons à nos États respectifs, le Québec et l e C a n a d a , d e d é n o n c e r l\u2019élection de l\u2019Arabie saoudite à la Commission de la condition de la femme des Nations unies.Nous exigeons son exclus ion a ins i que cel le de l\u2019Iran de cette commission, deux pays qui pratiquent des politiques ségrégationnistes à l\u2019endroit des filles et des femmes.* Ont signé ce texte : Daniel Baril (anthropologue), Dje- mila Benhabib (écrivaine), Nadia el-Mabrouk (professeure à l\u2019UdeM), Nadine Fleury (médecin), Hassiba Idir (féministe et citoyenne laïque), Lucie Jobin (Mouvement laïque québécois), Ali Kaidi (Association québécoise des Nord-Afri - cains), André Lamoureux (Coalition laïcité Québec), Mona Latif-Ghattas (écrivaine), Leïla Lesbet (militante féministe et laïque), Louise Mailloux (essayiste), David Rand (Libres penseurs athées), Andréa Richard (écrivaine), Jocelyne Rober t (écrivaine et sexologue), Michel Sirois (Pour les droits des femmes du Québec), Michel Virard (Association humanistes du Québec).L\u2019Arabie saoudite ne peut défendre les droits des femmes à l\u2019ONU L\u2019 Sans grand effort, chacune et chacun sont en mesure de constater l\u2019apartheid sexuel institutionnalisé par le royaume des Saoud, faisant ?de tous les textes internationaux en la matière LOÏC VENANCE AGENCE FRANCE-PRESSE Que vise le groupe État islamique en perpétrant des attentats comme celui du 13 novembre 2015 à Paris ?Le chaos et la polarisation de nos sociétés, provoquer un choc culturaliste en montant les «musulmans» contre les « chrétiens». L E D E V O I R , L E J E U D I 4 M A I 2 0 1 7 A 8 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par courriel publicite@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3452 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Par courriel petitesannonce@ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4 Berri-UQAM Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com A C T U A L I T É S ordinaire», traversée par «un désir d\u2019écrire dans une relation de front avec le réel ».Modus operandi de notre après-midi : flâner.Un peu comme le prof à la retraite de l\u2019UQAM avait l\u2019habitude de le faire avec ses étudiants, dans le cadre d\u2019un atelier de création littéraire.«Je leur montrais une carte en leur disant : \u201cOn se donne rendez-vous là-bas dans une heure et demie\u201d, ex- plique-t-il.Ils me répliquaient presque toujours : \u201cBen voyons, c\u2019est à cinq minutes!\u201d Quand ils revenaient, je pouvais par exemple leur demander : \u201cCombien t\u2019as vu de mosquées?Aucune?C\u2019est impossible! T\u2019es passé devant cinq mosquées.\u201d L\u2019idée, c\u2019était de leur apprendre à regarder.» Le métro, nouveau pôle identitaire?« Tu vois les hangars partout autour ?C\u2019était merveilleux, ça, pour jouer aux cow-boys quand on était p\u2019tit gars», se remémore André Carpen- tier, en pointant ces bringuebalantes structures de tôle dans lesquelles les Rosemontois entreposent vélos, pneus et outils.Nous nous enfonçons, le pas traînant, au cœur du quartier de sa jeunesse, dans la ruelle séparant les rues Louis-Hémon et Des Érables, entre Bellechasse et Beaubien.C\u2019est ici que ce Montréalais pur jus distribuait les journaux en échange d\u2019un simple pourboire pour un de ces charmants kiosques à la parisienne, avant que le maire Drapeau ne les rase.C\u2019est ici aussi qu\u2019il livrait des « commandes » pour le supermarché Dominion.«Les ruelles se sont peu à peu transformées en stationnements.Mais avant, les ruelles, c\u2019était le paradis des enfants.C\u2019était l\u2019univers de Tremblay.On jouait au ballon-chasseur, au hockey, à la cachette, à la marelle, on occupait tout l\u2019espace », raconte l\u2019homme aujourd\u2019hui âgé de 70 ans.« Nos mères nous catapultaient dans la ruelle le matin.Elles secouaient la nappe pour envoyer les miettes dehors et on y allait en même temps.C\u2019était ça, la façon d\u2019élever les enfants ! À sept heures moins une, ma mère criait : \u201cAndré !\u201d pour que je rentre ; le cardinal disait le chapelet de 7 heures à 7 heures et quart.» Dans un passe-livre aux couleurs pastel, notre guide trouve un roman de Marek Halter, le feuillette, puis le repose.Une résidence à l\u2019allure ostentatoirement moderne surgit d\u2019entre les escaliers en colimaçons.« J\u2019ai hâte de voir de quoi elles auront l\u2019air dans 25 ans, ces \u201cmaisons d\u2019architecte\u201d», blague-t-il, plus amusé qu\u2019agacé, en scrutant une de ces nouvelles constructions jurant avec le reste du décor.Ici, un hangar particulièrement rouillé justifie une petite pause photo.«Moi, je suis de la génération où on ne disait pas : j\u2019habite \u201cmétro Joliette\u201d, ou j\u2019habite Ahunt- sic», se rappelle André Carpentier en évoquant cette époque où ni les stations de la STM ni les quartiers n\u2019avaient encore été érigés en pôle identitaire.«On disait : j\u2019habite dans la paroisse Saint-Jean-Berchmans.Quand on jouait au hockey ou au baseball, c\u2019était contre la paroisse Saint-Marc.Mais peu importe comment on définit l\u2019appartenance, tu te rends compte que tu changes de milieu et de culture quand tu déambules dans les ruelles de Montréal.Ça ne sent pas la même chose dans les ruelles du Plateau que dans celles de Parc-Extension.» Seul avec les autres Parce que s\u2019arrêter pour prendre des notes dans une ruelle vous expose aux regards inquiets du voisinage, André Carpentier se réfugiera plus tard dans le café le plus proche, le temps de consigner dans son calepin ses observations du jour.Le chat de ruelle se transformera par le fait même en caféinomane.Et ça donnera, en 2010, Extraits de cafés (Boréal), un autre recueil d\u2019instantanés urbains.«Quand j\u2019avais 18, 20 ans, les cafés, c\u2019étaient des lieux de contestation, donc des lieux louches», note-t-il pendant une halte au Mousse Café, angle d\u2019Iberville et Beaubien, où les bulles prolifèrent autant sur votre cappuccino que dans les machines à laver peuplant la salle à l\u2019arrière.« Je me souviens de la mère d\u2019une de mes blondes qui m\u2019avait dit : \u201cJe ne veux pas que tu amènes ma fille dans ce genre d\u2019endroit là !\u201d Les cafés se sont développés plus après 1967, quand les gens ont commencé à voyager.Les \u201cretours d\u2019Europe\u201d, comme on les appelait, ont créé la mode.» Il ne restera ensuite qu\u2019à traverser la rue pour rallier l\u2019univers du plus récent livre d\u2019André Carpentier, Moments de parcs (Boréal, 2016).Dans un parc Molson sur lequel veille un ciel incer tain, deux dames se font leurs adieux et un câlin particulièrement chaleureux.Plus loin, un jeune homme, la tête couchée sur les cuisses de sa blonde, pointe un nuage.Là- bas, un vieillard aux pantalons trop cour ts marche péniblement.« Il y a souvent des gens seuls dans les parcs, mais au lieu d\u2019être seuls chez eux, ils sont seuls parmi les autres, souligne le promeneur.C\u2019est une grosse dif férence.Il y a des liens qui naissent, des gens qui se saluent, parce qu\u2019ils se croisent, même s\u2019ils ne se connaissent pas vraiment.C\u2019est un peu comme dans les cafés.La fille qui était assise à côté de nous tantôt, avec son ordinateur, elle aurait pu tout faire ça chez elle.Pourquoi elle était là alors ?Parce qu\u2019elle aime être seule parmi les autres.» Nostalgique d\u2019un autre Montréal, monsieur Carpentier?Pas du tout.«Ce qui m\u2019intéresse, ce sont les ruelles, les parcs et les cafés d\u2019au- jourd\u2019hui.Chaque fois que je rentre de l\u2019étranger, je suis frappé et ému par la quantité d\u2019arbres qui jalonnent mon itinéraire entre l\u2019aéroport et la maison.Montréal, c\u2019est une ville de diversité à dimension humaine, dont les citoyens ont gardé la simplicité des sociétés de petit nombre et de grand territoire.» Son prochain sujet : les trottoirs.Collaborateur Le Devoir MONTRÉAL LITTÉRAIRE 3.75 H Ce vendredi 5 mai, sur Facebook et sur le site Web, de 17 h à 20h45.Animé par Annabelle Caillou, Fabien Deglise, Manon Dumais et Louise-Maude Rioux Soucy.Invités spéciaux : Catherine Mavrikakis, Marie-Hélène Poitras, Monique Proulx, Guillaume Morrisette et plusieurs autres, avec des confidences sur leurs lectures de Brian Myles, Michel David, Éric Desrosiers et Odile Tremblay.SUITE DE LA PAGE 1 FLÂNER «La radicalisation des jeunes et le djihadisme sont dangereux, je ne veux pas le minimiser.Mais cela étant dit, il faut se préoccuper de nos propres affaires.Et il semble plus difficile de regarder le côté sombre de la force de notre propre culture.» Intégrisme catholique Martin Geoffroy se heurte d\u2019ailleurs souvent à des regards surpris lorsqu\u2019il rappelle qu\u2019il existe encore plusieurs sectes catholiques, antisémites, anti-islam, anti-immigration.Ses plus récentes recherches l \u2019amènent à conclure que ces groupes sont «complotistes, à base d\u2019intégrisme religieux ou les deux», soutient le chercheur, qui rappelle que des députés conservateurs avaient des liens avec l\u2019Opus dei et la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X.Cette société controversée de prêtres catholiques traditionalistes fondée en Europe, qui a des ramifications au Québec, avait été vue comme trop d \u2019extrême droite par l\u2019Église, qui avait notamment excommunié son fondateur, Mgr Marcel Lefebvre, en 1988.La fraternité Saint-Pie-X est aussi dans la mire d\u2019Atalante, a-t-il remarqué grâce à une veille de ces groupes sur Internet et les réseaux sociaux, où des vidéos ont clairement établi ces liens.La dimension religieuse, à tout le moins sacrée, est également présente chez les Soldats d\u2019Odin, un groupe d\u2019extrême droite d\u2019origine finlandaise qui a rapidement pris de l\u2019ampleur au Canada.«Dans les groupes suprémacistes blancs, il y a une adoration des dieux vikings, car ils sont blonds, etc.Et Odin, c\u2019est le dieu principal de la mythologie nordique», rappelle le chercheur, qui entamera sous peu une collaboration avec le sociologue français Gérald Bronner, pour comparer les initiatives contre la radicalisation.Le colloque du SoDRUS fera la part belle aux présentations sur la radicalisation au sein d\u2019autres groupes religieux (bouddhistes, sikhs, anabaptistes, etc.).Martin Geoffroy s\u2019étonne que certains doutent encore du lien entre la religion et l\u2019extrême droite.La radicalisation et les actes terroristes des djihadistes sont automatiquement associés à la religion, alors que la majorité des djihadistes ne sont pas pratiquants mais plutôt convertis «à la version intégriste de l\u2019islam, un islam pour les nuls », dit-il, pointant la thèse du politologue français Olivier Roi sur la déculturation du religieux.« Mais quand on parle de l\u2019extrême droite chez nous, on ne parle pas nécessairement de la religion catholique.On dit que ça n\u2019a pas de rapport, comme si on voulait déconnecter l\u2019extrême droite de notre culture », dit-il.Or ce n\u2019est pas parce que les gens ne sont pas pratiquants qu \u2019 ils ne sont pas croyants, rappelle-t-il, précisant que le taux de catholiques pratiquants (15-17 %) est presque aussi élevé que pour les musulmans (20 %).Bissonnette, un extrémiste catho Alors que plusieurs hésitent à associer Alexandre Bissonnette, accusé de six meurtres prémédités à la mosquée de Québec, à des groupes d\u2019extrême droite ou à lui reconnaître des croyances religieuses, Martin Geoffroy ne se gêne pas.Affiché pro-Trump et pro-Le Pen sur les réseaux sociaux, le jeune homme ne s\u2019est-il pas dit «catholique» lorsqu\u2019on lui a posé la question lors de sa visite de repérage sordide une semaine avant son crime ?« Il n\u2019est peut-être pas catho pratiquant, mais certainement catho laïque [\u2026] et il adhère à une version catholique intégriste liée à la race et à la nation québécoise », selon le chercheur, qui compare le jeune homme à Dylann Roof, un sympathisant du nazisme condamné à mort en début d\u2019année pour avoir tué neuf paroissiens noirs dans une église de Charleston aux États- Unis.La radicalisation est ici plus sournoise.« Chez les jeunes aujourd\u2019hui, et au sein de groupes extrémistes, c\u2019est très populaire de vouloir préserver les églises et les traditions.» Les discours antisémites, anti-immigration, anti-islam et antiféministes auxquels s \u2019est abreuvé à l\u2019Université Laval le jeune accusé de meurtre ne sont pas dénués de cette dimension sacrée, croit-il.« Et ce qui est intéressant avec [Bissonnette], c\u2019est qu\u2019aucune accusation de terrorisme n\u2019a été portée contre lui.Alors que, s\u2019il avait été musulman, c\u2019est sûr que ça aurait été le cas », estime M.Geoffroy.« Pour moi, il est un terroriste comme les autres.» Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 RADICAUX CÉGEP ÉDOUARD-MONTPETIT Le sociologue Martin Geoffroy maîtrise de ses dossiers, l\u2019ancien ministre de l\u2019Économie a accusé son adversaire de ne proposer rien de moins qu\u2019« une sor tie de l\u2019histoire ».Quand il n\u2019a pas affirmé que son adversaire disait «des bêtises ».Une expression qu\u2019il a répétée à plusieurs reprises.La seule question sur laquelle le favori de cette élection a vraiment été mis en dif ficulté est celle de la sécurité et de la lutte contre le terrorisme.La candidate l\u2019a accusé de « complaisance sur le fondamentalisme islamiste.[\u2026] Il faut s\u2019attaquer à la racine du mal : devant l\u2019expansion du fondamentalisme islamiste sur notre territoire, il faut expulser les prêcheurs de haine».Marine Le Pen a notamment reproché à son adversaire d\u2019avoir obtenu le soutien de l\u2019Union des organisations islamiques de France (UOIF), qu\u2019elle définit comme «une association islamiste qui a invité à chacun de ses congrès des gens qui sont venus exprimer leur haine des juifs, des homosexuels, des mécréants et tiennent des discours de haine».«Trumpisation» du débat Moins à l\u2019aise que sur les questions économiques, Emmanuel Macron dit néanmoins vouloir faire de « la menace terroriste la priorité des prochaines années.Cela suppose de renforcer les moyens de police et d\u2019avoir une action avant les attentats ».Selon lui, les propos de Marine Le Pen ne font que semer la division.«Ce qu\u2019attendent les terroristes, c\u2019est que nous nous divisions, dit-il.C\u2019est la guerre civile.» Traditionnellement, les analystes jugent que ces débats ont assez peu d\u2019influence sur le vote final des électeurs.Mercredi soir, ces derniers étaient moins sûrs de ce jugement compte tenu du caractère atypique de cette élection, du caractère particulièrement brutal des échanges et du morcellement exceptionnel de l\u2019électorat.Mercredi soir, certains n\u2019hésitaient pas à parler de « trumpisation» du débat d\u2019entre deux tours.Les débats précédents avaient habitué les Français à beaucoup plus de solennité.Selon un sondage réalisé le soir même par BFM-TV, 63 % des personnes interrogées jugent qu\u2019Emmanuel Macron a remporté le débat haut la main.Une opinion partagée par les deux tiers des électeurs de Jean-Luc Mélen- chon et 58 % de ceux de François Fillon.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 DÉBAT ÉRIC FEFERBERG/POOL/AGENCE FRANCE-PRESSE Marine Le Pen et Emmanuel Macron posant pour les photographes juste avant l\u2019ouverture des hostilités "]
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