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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2017-05-23, Collections de BAnQ.

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[" V O L .C V I I I N o 1 1 3 L E D E V O I R , L E M A R D I 2 3 M A I 2 0 1 7 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S AUJOURD\u2019HUI Culture \u203a La conquête de l\u2019espace scénique.Le groupe phénomène The XX est à Montréal.Page B 8 Sur la route \u203a Les freins potentiels aux véhicules autonomes.Le projet de Terrebonne face à l\u2019hiver et aux intempéries.Page B 5 Avis légaux.A 4 Décès.B 4 Météo.B 5 Mots croisés.B 5 Petites annonces .B 4 Sudoku.B 6 ?w w w .l e d e v o i r .c o m Une conférence pour penser la Syrie de l\u2019après-guerre Page A 2 TransCanada garde le secret sur les espèces menacées Page A 3 Donald Trump se fait très diplomatique au Moyen-Orient Page B 1 M A R C O B É L A I R - C I R I N O Correspondant parlementaire à Québec L es délégués de Québec solidaire ont provoqué une commotion dimanche en rejetant du revers de la main toute négociation d\u2019alliances stratégiques avec le Parti québécois.Ils ont pris tout un « risque », ont convenu les porte-parole, Manon Massé et Gabriel Nadeau- Dubois, moins de 24 heures plus tard, invitant du même souffle les solidaires à « reconnaître» la « lourde responsabilité » qui pèse désormais sur leurs épaules : «battre les libéraux en 2018».« Il va falloir se lever tôt, puis travailler fort, parce que la décision qu\u2019on a prise, il y a beaucoup de gens qui ne la comprendront pas, on le sait.Il y a des gens qui vont nous attaquer.Ça ne veut pas dire qu\u2019on a pris la mauvaise décision.Mais ça veut dire qu\u2019il faut l\u2019assumer maintenant», a martelé M.Nadeau-Dubois à l\u2019issue du congrès de quatre jours de la formation politique de gauche, lundi.Les participants ont interdit dimanche après- midi à l\u2019état-major de leur formation politique de discuter de pactes de non-agression avec le PQ d\u2019ici aux prochaines élections générales.L\u2019effet de ressac a été immédiat.« QS portera l\u2019odieux de la réélection du Parti libéral du Québec dans moins d\u2019un an et demi », peut-on lire sous dif férentes déclinaisons sur les réseaux sociaux.Les tirs ne proviennent pas seulement du camp péquiste.QS s\u2019est notamment attiré les reproches du Mouvement Démocratie nouvelle CONVERGENCE Québec solidaire rejette le PQ Il va falloir «se lever tôt» pour expliquer cette décision, note Gabriel Nadeau-Dubois O D I L E T R E M B L A Y à Cannes S pectacle émouvant que celui de l\u2019entrée de Jean-Louis Trinti- gnant dans une salle, plus fragile que jamais, presque aveugle.Ça prenait Michael Haneke pour sor tir de sa retraite du cinéma l\u2019ancien jeune premier d\u2019Et Dieu créa la femme devenu monstre sacré.Déjà cinq ans plus tôt à Cannes avec Amour, palmé d\u2019or.Ce lundi grâce à ce Happy End, tourné également en français.Et le reverra-t-on jamais ?La scène finale de ce film, qui commanda trois jours de tournage à cause des marées et des vagues, entraînait l\u2019acteur français en fauteuil roulant dans les eaux froides de la Manche.«J\u2019ai demandé à la productrice : si je fais cette scène sans embêter personne, est-ce que vous m\u2019épargnez Cannes?Elle a dit oui.Puis on verra après\u2026» Trintignant vit quasi reclus dans ses terres.« Mais Cannes c\u2019est impor tant », FESTIVAL DE CANNES Un Haneke inégal et désespéré VALERY HACHE AGENCE FRANCE-PRESSE Michael Haneke et Isabelle Huppert sur le tapis rouge de Cannes, lundi.Le cinéaste fait partie du club sélect des doubles palmés d\u2019or.VOIR PAGE A 8 : CANNES Lire aussi \u203a Yorgos Lanthimos moins inspiré que dans son Lobster.Le cinéaste grec offre un univers à la Kubrick.Page B 8 Lire aussi \u203a Vade retro satana.La chronique de Michel David.Page A 3 VOIR PAGE A 8 : SOLIDAIRE PETER BYRNE / PA VIA ASSOCIATED PRESS Au moins 19 personnes ont été tuées à la suite d\u2019une explosion considérée comme un acte terroriste dans une salle de spectacle de Manchester.Sur la photo, des spectateurs sont pris en charge par les forces policières.S A R A H R .C H A M P A G N E A u moins 19 personnes ont été tuées et environ 50 blessées lundi soir dans une salle de concert à Manchester, dans l\u2019ouest de l\u2019Angleterre, à la suite d\u2019une explosion que les autorités considèrent comme un acte « terroriste ».L\u2019ambiance rose bonbon de ballons déversés sur une foule largement adolescente s\u2019est assombrie abruptement.L\u2019une des dernières chansons du concer t de la chanteuse pop Ariana Grande a été interrompue par une puissante détonation.Des milliers de personnes ont dû être évacuées dans la panique subséquente.La police de Manchester a rapidement averti les citoyens d\u2019éviter la zone en indiquant réagir à des informations « selon lesquelles il y aurait eu une explosion».Environ une heure plus tard, elle a dressé un bilan provisoire de 19 morts et d\u2019environ 50 blessés.L\u2019événement « est traité comme un incident terroriste », a-t-elle déclaré.« Nous travaillons à établir tous les détails de ce qui est traité par la police comme une épouvantable attaque terroriste », a déclaré la première ministre britannique Theresa May, en exprimant sa sympathie aux familles.Le ministre de la Sécurité, Ben Wallace, a quant à lui qualifié l\u2019incident «d\u2019attaque» et appelé les citoyens à la vigilance.« Si vous voyez quoi que ce soit de suspect, appelez la ligne anti- terroriste.» Parmi les théories, celle de l\u2019attentat suicide a été évoquée par plusieurs sources dans les médias britanniques, sans aucune confirmation au moment d\u2019écrire ces lignes.La police a immédiatement bouclé un large pan du secteur.Les services de train et de métro ont été interrompus, puisque la salle de spectacle communique avec la station Victoria.Au moins cinq des hôpitaux de l\u2019agglomération urbaine recevaient des spectateurs touchés par l\u2019explosion.Les services médicaux d\u2019urgence et les hôpitaux ont vite été mobilisés.Le Manchester Evening News rapportait des scènes de « chaos absolu» au service de traumatologie de l\u2019hôpital Wythenshawe.L\u2019établissement a rapidement demandé aux gens qui attendaient aux urgences de quitter les lieux pour faire de la place aux blessés de l\u2019attentat.Témoins sous le choc «Tous les gens qui étaient de l\u2019autre côté de la salle de concert où le \u201cbang\u201d a été entendu sont soudain venus vers nous en courant et ils essayaient de sor tir, donc ça bloquait, et tout le monde fuyait vers la sortie qu\u2019il pouvait trouver le plus rapidement possible, a-t-il ajouté.C\u2019était la panique.» La terreur frappe Manchester Un attentat jugé « terroriste » par les autorités fait une vingtaine de morts dans une salle bondée de jeunes VOIR PAGE A 8 : TERREUR L I S A - M A R I E G E R V A I S à Istanbul L\u2019 exercice était ambitieux, voire périlleux.Car rassembler autant de Syriens et de sympathisants de divers pays et de différentes confessions pour parler de leur avenir commun est en soi un exploit.Mais un exercice ô combien nécessaire, croit Majd Chourbaji, la fondatrice de Basamat \u2014 « empreinte » en arabe \u2014, l\u2019organisme hôte de cette première conférence internationale à Istanbul.«Il faut connaître et partager entre nous ce qui se fait déjà [pour les Syriens].Le thème de la conférence se traduit par \u201cle chemin est par ici\u201d, c\u2019est ici qu\u2019on veut mettre nos pieds pour voir venir les choses.C\u2019est se poser pour pouvoir réfléchir et avancer, explique-t-elle.Il y a eu beaucoup de souffrance.» Pour cette militante qui a été emprisonnée et tor turée en même temps que son mari, cette phrase a une réelle résonance.En décembre 2012, Majd Chourbaji a été arrêté par le régime de Bachar al-As- sad lors d\u2019un banal contrôle routier.Son crime ?Avoir aidé les victimes dans les hôpitaux et organisé des manifestations pacifiques pour protester notamment contre le massacre survenu à Daraya, sa ville natale, tout près de Damas.Elle a été battue, torturée et détenue avec vingt femmes pendant sept mois dans une cellule de 4 mètres carrés, en portant toujours les mêmes vêtements et en se douchant tous les trois mois.Après une grève de faim qui s\u2019est soldée par sa libération et celle de 80 détenues, elle a appris qu\u2019elle serait désormais seule pour élever ses trois enfants : son mari était mort en prison.Réfugiée au Liban, Mme Chour - baji a fait des démarches pour envoyer ses enfants en Suède et les tenir loin de l\u2019horreur.En juin 2014, Basamat for Development, basé au Liban, mais qui est également enregistré comme organisme de charité au Canada, a été sa réponse au drame qu\u2019elle vivait, comme veuve et comme mère monoparentale qui devait tout recommencer.En trois ans, cet organisme humanitaire qui vient en aide aux femmes veuves de guerre et aux enfants a pris un essor considérable : il opère 13 projets au Liban et en Syrie \u2014 écoles, formation et autonomisation des femmes \u2014 et embauche désormais 150 personnes (dont 130 femmes).Les femmes d\u2019abord Elle a voulu leur faire une grande place à la conférence.« On a invité beaucoup de femmes à la conférence.Pour nous, c\u2019est très important », insiste Majd Chourbaji.Parmi elles, une femme ingénieure venue présenter un prototype de maison très sophistiquée pour la reconstruction, une médecin et professeure de sexologie à l\u2019Université du Caire et la colau- réate du prix Nobel de la paix 2011, la militante yéménite Ta- wakkol Karman, qui a livré \u2014 presque vociféré \u2014 un discours lucide et inspiré sur la jeunesse, cette «troisième voie» entre le terrorisme et la dictature, où pourrait fleurir un «printemps permanent».« Quand on pense à la reconstruction d\u2019un pays, on pense toujours à la reconstruction économique.C\u2019est \u2019intérêt premier pour les entreprises européennes qui se demanderont où invest ir.L\u2019impor tant, c\u2019est que les Syriens jouent ce rôle - là eux- mêmes et réfléchissent à leur société syrienne », a soutenu pour sa par t Agnès Favier, chercheuse à l\u2019Institut universitaire européen de Florence.« Pour savoir quel chemin prendre, il faut savoir où on est » , poursuit la chercheuse.Les défis pour arriver à la pleine reconstruction sont encore nombreux.D\u2019abord d\u2019ordre polit ique, pour réconcilier ceux qui ont subi les af fres du régime et ceux qui le soutiennent.« Le gros problème, il est là.Ça reste une l igne rouge pour beaucoup de gens ».D\u2019autres, non négligeables, sont d\u2019ordre social.« Il faut voir cette déconnexion qui grandit entre la Syrie et les pays voisins.En tant que Syriens, on ne vit pas la même chose quand on est à l\u2019intérieur qu\u2019en Turquie ou au Liban ».Oser penser à l\u2019avenir Pourquoi penser à l\u2019avenir ?« Parce qu\u2019on a un pays détruit et que tout est à reconstruire, particulièrement les humains.Après viendront les villes » , croit Bouthina Rahhal, du Comité des femmes syriennes (Syrian Women Committee), un organisme basé à Rey- hanli, en Turquie, tout près de la frontière avec la Syrie.Nada Adi s\u2019implique quant à elle au sein de Syrian Charity, une association qui a son siège social en France qui opère notamment un hôpital spécialisé en obstétrique, où les femmes accouchent dans un bunker blindé et repartent la même jour née, car c\u2019est trop dangereux.« Depuis que c\u2019est commencé qu\u2019on pense à l\u2019avenir.Alors, on organise les choses et, même si c\u2019est pas pour nous, ce sera pour nos enfants » , soutient cette Syrienne qui vit en exil depuis le massacre de Hama en février 1982.C\u2019est là qu\u2019une insurrection des Frères musulmans avait été réprimée dans un bain de sang par l\u2019armée alors contrôlée alors par le gouvernement du père de Ba- char al-Assad.« L\u2019espoir ?Il y en a toujours.L\u2019injustice ne peut pas durer éternellement.Ça va finir un jour.Et nous, on sera prêts\u2026 Inch Allah.» Le Devoir Notre journaliste séjourne en Turquie en partie à l\u2019invitation de Basamat for Development.L E D E V O I R , L E M A R D I 2 3 M A I 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 2 INSCRIVEZ-VOUS \u2022 CORIM.QC.CA \u2022 514 340-9622 Thèmes abordés : 1.Le rôle de l\u2019Union européenne en matière de commerce 2.L\u2019AECG et ses implications pour l\u2019Union européenne 3.Les relations politiques et économiques Wallonie-Québec Paul Magnette Ministre-Président de la Wallonie Vendredi 2 juin 2017 de midi à 14 h Marriott Château Champlain 1050 Rue de la Gauchetière Ouest Avec l\u2019appui de : À quoi sert la politique commerciale européenne ?Déjeuner-causerie de la Série Politique Présentée par : L\u2019 avenir des fruits apparaît compromis à mesure que les abeilles disparaissent.La multiplication des champs magnétiques brouille leurs repères.Des maladies les déciment.Et l\u2019usage massif de pesticides les achève.Mais a-t-on vraiment besoin des abeilles puisque tout ce qui semble compter est d\u2019augmenter la productivité ?En Chine, dans le Sichuan, les récoltes de pommes connaissent un grand bond en avant malgré la mort des abeilles.Des paysans minutieux remplacent tout bonnement les insectes.Ces hommes-abeilles ont pour tâche de grimper aux branches des arbres pour polliniser une à une les fleurs des arbres fruitiers.Comme l\u2019humain est plus systématique que l\u2019insecte, il n\u2019en oublie pas.Ainsi, la production augmente.Et des emplois sont créés.N\u2019est-ce pas merveilleux?À Montréal, les abeilles font un retour grâce aux ef for ts de quelques passionnés.Il ne faut pas être la tête à Papineau pour comprendre l\u2019impor tance de ces insectes pour les cultures en général et les vergers en particulier.D\u2019ailleurs, il est amusant de voir que Louis-Joseph Papineau lui-même était passionné par les pommiers.Dans son journal, son fils Amédée raconte que le chef patriote possédait à Montréal, « un grand jardin et verger sur la rue Saint-Denis, occupant tout l\u2019espace entre les rues De La Gauchetière et Dorchester [boulevard René-Lévesque], et se prolongeant en arrière, presque à la rue Sanguinet ».Dans le fief familial de Mon- tebello, à la seigneurie de la Pe- tite-Nation en Outaouais, Papineau ne cesse de commander des pommiers de plusieurs variétés, ce qui favorise une bonne pollinisation.En 1855, le tribun écrit : « J\u2019ai fait planter cent cinquante pommiers et un plus grand nombre d\u2019arbres d\u2019ornement.» En marge de ses pommiers, Papineau évoque volontiers la beauté de la nature au printemps, ce temps où la nature lui semble particulièrement riche et belle.En somme, Papineau n\u2019avait certainement pas que des drapeaux en tête.Il rêve surtout d\u2019une liberté qui pourrait servir d\u2019étendard commun.C\u2019est à se demander ce qu\u2019il aurait pensé de ce combat de coqs des derniers jours pour savoir si l\u2019Assemblée nationale devait faire flotter le drapeau tricolore auquel on associe désormais les patriotes.Dans un ar ticle paru dans l\u2019irremplaçable Bulletin d\u2019histoire politique , l \u2019historien Georges Aubin avait déjà rappelé le rêve ancien au Bas-Ca- nada de trouver un emblème représentant cette aspiration commune pour la liberté et la fraternité.En 1832, Amédée Papineau écrit qu\u2019il assiste à un imposant défilé à la suite de l\u2019emprisonnement de deux journalistes, Daniel Tracey, éditeur du Vindicator, et Ludger Duvernay, éditeur de La Minerve.Ils ont osé écrire que le Conseil législatif était « une nuisance ».Un immense défilé a lieu pour dénoncer cet emprisonnement arbitraire et soutenir la liberté de presse.C\u2019est à cette occasion, écrit le fils Papineau, que le tricolore ver t, blanc et rouge lui semble avoir été vu pour la première fois, du moins à Montréal.Durant les soulèvements de 1837-1838, on trouve plusieurs traces de ce drapeau.À Philippe Couillard qui assimile bien vite ce drapeau à un étendard des indépendant istes québécois d \u2019au- jourd\u2019hui, on pourrait rappeler que le même tr icolore flotte aussi chez les révolutionnaires du Haut-Canada, comme le souligne notamment Amédée Papineau.Il y eut plusieurs variations sur ce tricolore.Dans les papiers du fils Papineau, on en trouve un dessiné.En haut, dans le vert, une inscription : « Association des fils de la liber té ».Au milieu du blanc, deux branches de feuilles d\u2019érable surplombées d\u2019un castor et de deux étoiles, représentant les aspirations républicaines du Haut et du Bas-Canada.En bas, dans la portion rouge, les mots « En avant ! ».D\u2019autres versions de cet étendard existent à la même époque.Un des plus étonnants est celui des patriotes de Saint-Eustache, orné d\u2019un dessin de maskinongé.Plusieurs témoignages rapportent cependant que le tricolore ver t, blanc, rouge s\u2019était imposé.Que signifiaient les couleurs de ce drapeau républicain ?La parole revient encore une fois à ce précieux obser vateur qu\u2019est Amédée Papineau.Ce drapeau, écrit-il, affiche le vert pour les Irlandais, le blanc pour les Français, le rouge pour les Anglais et les Écossais.Il ajoute ceci : « C\u2019était la pensée politique et sociale.Pour les chrétiens, ce drapeau représentait aussi les vertus théologiques, la Foi, l\u2019Espérance, la Charité.Pour les Républicains, il signifiait aussi : Liber té, Égalité, Fraternité.» Bien sûr, ce drapeau n\u2019a jamais eu de statut of ficiel, même s\u2019il a profondément marqué les consciences.Mais il y a des limites à la mauvaise foi lorsque le premier ministre du Québec juge commode de continuer de le cacher comme s\u2019il ne représentait qu\u2019une faction d\u2019excités ! L\u2019histoire of fre par fois de curieux clins d\u2019œil.Tandis que cette tempête autour d\u2019un simple drapeau montre que notre système politique est mal à l\u2019aise avec son passé au point qu\u2019i l en ar rive à s\u2019étouffer rien qu\u2019à y tremper les lèvres, la visite of ficielle du haut-commissaire du Royaume-Uni justif ie, au même moment, que l\u2019Assemblée nationale fasse flotter l\u2019Union Jack à son sommet ! Et personne, bien entendu, ne voit rien là de paradoxal.En ce pays, les grands arbres de l\u2019histoire finissent parfois par donner de bien maigres fruits.Faute de suffisamment d\u2019abeilles, peut-être.jfn@ledevoir.com Les fruits JEAN- FRANÇOIS NADEAU Que signifiait le drapeau tricolore des patriotes de la décennie 1830?JOSEPH EID AGENCE FRANCE-PRESSE De jeunes réfugiés syriens dans un camp à Deir Zannoun, au Liban Première rencontre de cette envergure réunissant des Syriens de partout, la Conférence internationale de Basamat for Development s\u2019est ouverte lundi à Istanbul.À l\u2019invitation de cet organisme humanitaire qui œuvre surtout auprès des femmes victimes de la guerre, les Syriens ont pour une rare fois osé parler de l\u2019avenir.Les Syriens commencent à décider où ils veulent poser leurs pieds Depuis que c\u2019est commencé qu\u2019on pense à l\u2019avenir.Alors, on organise les choses et, même si c\u2019est pas pour nous, ce sera pour nos enfants.La Syrienne Nada Adi « » L E D E V O I R , L E M A R D I 2 3 M A I 2 0 1 7 ACTUALITES A 3 D epuis 50 ans, on a pris l\u2019habitude de voir libéraux et péquistes comme chiens et chats, mais ce n\u2019est rien en comparaison de la véritable haine que de nombreux militants de Québec solidaire éprouvent envers les péquistes.Par moments, le débat sur une possible alliance PQ-QS, dimanche, a pris des allures de séance de défoulement.À entendre certaines interventions, le PQ semblait être l\u2019incarnation du diable.Jean-François Lisée, lui, a été comparé à Machiavel.Les délégués de sa circonscription de Ro- semont étaient particulièrement remontés contre le chef péquiste, dont la fourberie est apparemment sans limites.Alexandre Cloutier ou Véronique Hivon auraient peut-être pu apprivoiser une majorité de militants, mais la méfiance envers M.Lisée était palpable.La peur de se faire embobiner par ce filou frisait la paranoïa.Les opposants ont donné le ton d\u2019entrée de jeu.Au bout de vingt minutes, il était presque devenu gênant de vouloir s\u2019allier à de pareils faux jetons.Même ceux qui étaient prêts à envisager la possibilité d\u2019une alliance semblaient le faire à leur corps défendant.Elle a été assor tie de conditions si contraignantes que les discussions n\u2019auraient probablement pas abouti ou qu\u2019elle aurait éclaté à la première occasion.Les griefs de QS envers le PQ remontent à Lucien Bouchard, mais la question identitaire est clairement la pierre d\u2019achoppement.Les péquistes ne réalisent peut-être pas à quel point la charte de la laïcité a laissé des séquelles inguérissables.L\u2019opposition du PQ à la tenue d\u2019une commission d\u2019enquête sur le racisme et la discrimination systémique en a ravivé le douloureux souvenir.Les membres des communautés culturelles et les anglophones, que QS s\u2019emploie à détacher du PLQ, ont été très clairs : tout rapprochement avec le PQ entraînerait automatiquement leur départ.?Chez QS, on est très conscient que cette brutale fin de non-recevoir constituera une grande déception, voire un véritable choc, pour de nombreux autres, chez qui la perspective de cette union des forces souverainistes et progressistes avait fait naître de grands espoirs.Cette fois, il ne peut y avoir le moindre doute sur le responsable de l\u2019échec d\u2019une alliance à laquelle 87 % des électeurs de QS \u2014 et du PQ \u2014 étaient favorables, selon le récent sondage Lé- ger-Le Devoir-Le Journal de Montréal.« La décision que nous avons prise, il y a des gens qui ne la comprendront pas », a reconnu Gabriel Nadeau-Dubois.À plus forte raison si le résultat devait être de reporter les libéraux au pouvoir en octobre 2018.D\u2019Israël, le premier ministre Couillard n\u2019a d\u2019ailleurs pas caché sa satisfaction.Il a beau prétendre n\u2019avoir jamais cru à cette alliance, bien des libéraux ont dû pousser un soupir de soulagement.C\u2019est peut-être en région que l\u2019effet sera le plus négatif.Dimanche, il était manifeste que les relations entre péquistes et solidaires y sont nettement plus harmonieuses qu\u2019à Montréal.Un des objectifs de l\u2019alliance était précisément de permettre à QS de faire élire des députés à l\u2019extérieur de la métropole.Cela paraît désormais exclu pour l\u2019avenir prévisible.?Le grand perdant est évidemment le PQ, dont les chances de former un gouvernement se trouvent maintenant considérablement réduites.Elles le seront encore davantage si le projet de fusion entre QS et Option nationale se concrétise.Sans minimiser leur divergence de vues sur l\u2019assemblée constituante, la volonté d\u2019arriver à une entente est manifeste.Il faut prendre avec beaucoup de circonspection les 18 % dont le sondage Léger crédite cette autre alliance, mais 14 % des péquistes auraient l\u2019intention de l\u2019appuyer.Extrapoler la répartition des sièges à partir des sondages sur les intentions de vote est très aléatoire, mais les résultats auxquels arrive le simulateur mis au point par Bryan Breguet sur le site Too Close to Call ont de quoi inquiéter le PQ.Avec 18 %, QS pourrait l\u2019emporter dans 8 circonscriptions, toutes situées sur l\u2019île de Montréal.À celles de Mercier, Gouin et Sainte-Ma- rie\u2013Saint-Jacques, que QS avait déjà remportées en 2014, il faudrait ajouter Laurier-Dorion, Rosemont, Maurice-Richard (actuellement Crémazie), Hochelaga-Maisonneuve et Bourget.La seule que le PQ conser verait sur l\u2019île serait Pointe-aux-Trembles.Il va sans dire que cela serait une véritable catastrophe.Comment réagiront les militants péquistes après avoir été éconduits aussi cavalièrement ?Pour favoriser le rapprochement avec QS, la direction du PQ avait donné une orientation résolument progressiste à la « proposition principale » qui sera soumise au congrès de septembre.Maintenant que le projet d\u2019alliance est mort, le PQ va-t-il se recentrer dans l\u2019espoir d\u2019attirer les électeurs caquistes?Quoi qu\u2019en pensent les militants solidaires, le PQ avait mis une sourdine à son discours iden- titaire au cours des derniers mois.De nombreux péquistes pestaient en voyant François Legault le reprendre à son compte.Ils pourraient se dire qu\u2019il est urgent de rattraper le temps perdu.mdavid@ledevoir.com Vade retro, satana MICHEL DAVID A L E X A N D R E S H I E L D S Même si le gouvernement Couil- lard a autorisé TransCanada à réaliser des travaux préliminaires en vue de la construction du pipeline Énergie Est, il n\u2019est pas possible de savoir s\u2019ils ont pu empiéter sur l\u2019habitat d\u2019espèces menacées ou vulnérables.Québec n\u2019a pas été en mesure de fournir de telles informations, et la pétrolière albertaine a refusé de transmettre l\u2019essentiel des données sur la présence de ces espèces, malgré une demande présentée par Le Devoir en vertu de la Loi sur l\u2019accès à l\u2019information.Au cours des deux dernières années, et avant l\u2019évaluation environnementale de son projet, TransCa- nada a obtenu le droit de réaliser des travaux au Québec afin de préciser comment le pipeline Énergie Est traverserait cer tains cours d\u2019eau.Des relevés sismiques ou des forages ont donc été autorisés dans le fleuve Saint-Laurent, dans la rivière Batiscan et sur les rives de la rivière du Nord.Dans tous les cas, les travaux de la pétrolière ont été menés directement dans des milieux humides ou des cours d\u2019eau, des écosystèmes qui peuvent abriter une importante biodi- versité, dont des espèces menacées ou vulnérables.Le Devoir a donc demandé au ministère du Développement durable, de l\u2019Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MDDELCC), en vertu de la Loi sur l\u2019accès à l\u2019information, les documents qui faisaient état de la présence de telles espèces dans ces milieux naturels.La demande adressée au ministère était d\u2019ailleurs accompagnée d\u2019une carte présentant la localisation des forages de part et d\u2019autre de la rivière du Nord, en milieu humide.Cette carte, alors disponible sur le site du MDDELCC, indiquait que dans l\u2019emprise du futur pipeline, on retrouvait deux espèces floristiques «vulnérables» et une espèce faunique «susceptible d\u2019être désignée menacée ou vulnérable», selon la législation québécoise.Après l\u2019envoi de la demande, la carte a été retirée du site du MDDELCC, pour être remplacée par une carte qui ne permet plus d\u2019identifier ces espèces.Informations incomplètes Quant à la demande elle-même, elle a été soumise par le ministère à TransCanada, comme le prévoit l\u2019actuelle Loi sur l\u2019accès à l\u2019information.L\u2019entreprise a «consenti partiellement» à la transmission des documents demandés.Elle a toutefois invoqué des dispositions de la législation qui lui permettent de ne pas dévoiler un secret industriel, ou alors des informations scientifiques ou techniques.Il a finalement été possible d\u2019obtenir un total de six documents ou extraits de documents.Quatre d\u2019entre eux concernent la traversée du pipeline sous le fleuve Saint-Laurent, entre Saint-Augustin-de-Desmaures et Lé- vis.C\u2019est à cet endroit qu\u2019Énergie Est passera au cœur d\u2019une réserve naturelle reconnue par les gouvernements fédéral et provincial.TransCanada a ainsi fourni deux documents totalisant 19 pages qui présentent uniquement des inventaires floristiques.Un de ceux-ci indique la présence d\u2019une espèce «menacée» et d\u2019une espèce «en voie de disparition» dans l\u2019emprise du futur pipeline.Des extraits d\u2019un «document complémentaire » de la demande pour les relevés sismiques dans le fleuve Saint-Laurent indiquent en outre que les battures de Saint-Augustin-de-Desmaures sont utilisées par 200 espèces d\u2019oiseaux.Des extraits d\u2019un «mémo technique» produit en réponse à des questions du MDDELCC font état de travaux dans un «marécage» du secteur.Enfin, deux extraits de documents abordent certains détails des relevés sismiques dans la rivière Batiscan, mais aussi dans quatre milieux humides du secteur.Pour l\u2019essentiel, il n\u2019est pas possible de savoir si les travaux menés par TransCanada ont pu empiéter sur l\u2019habitat d\u2019espèces menacées ou vulnérables, notamment des espèces fauniques.Rappelons que c\u2019est la présence d\u2019une espèce menacée, le béluga du Saint-Laurent, qui a soulevé un tollé environnemental sur les travaux préliminaires réalisés par l\u2019entreprise à Cacouna.Cette controverse a finalement eu raison du projet de port pétrolier d\u2019exportation dans le secteur.Par ailleurs, le gouvernement du Québec a l\u2019obligation d\u2019intégrer des mesures de protection de l\u2019habitat des espèces menacées ou vulnérables, et donc de proscrire les activités susceptibles de nuire à ces habitats.Dans certains cas, le gouvernement fédéral peut aussi imposer des mesures de protection pour les espèces inscrites sur la liste des espèces en péril du Canada.Transparence Pour le directeur général de la Société pour la nature et les parcs du Québec (SNAP), Alain Branchaud, il ne fait aucun doute que des espèces menacées ou vulnérables se trouvent dans les milieux où ont été réalisés les travaux préliminaires.«La présence de plusieurs espèces menacées, vulnérables ou susceptibles d\u2019être désignées ainsi est documentée pour ces secteurs», souligne-t-il.Ce serait d\u2019ailleurs le cas pour plusieurs portions de l\u2019emprise permanente prévue du pipeline, qui traverserait plusieurs cours d\u2019eau, des milieux humides et des zones boisées au Québec.Le pipeline doit parcourir le territoire de la province sur une distance de 625 kilomètres.Selon M.Branchaud, TransCa- nada aurait dû faire preuve de davantage de transparence.« Il est dommage de refuser de divulguer les informations.Il aurait été possible de le faire, quitte à caviarder certaines données pour protéger certaines informations sensibles sur la localisation des espèces menacées», comme le prévoit la nouvelle Loi sur la qualité de l\u2019environnement.TransCanada invoque justement le caractère confidentiel de certaines informations pour justifier sa décision.«En tant qu\u2019entreprise, nous avons la responsabilité de nous assurer que des informations sensibles pouvant affecter les espèces fauniques et floristiques menacées ne soient pas rendues publiques, souligne son porte-parole, Tim Duboyce.Nous continuerons de favoriser le partage de l\u2019information conformément aux pratiques habituelles de l\u2019industrie du transport de l\u2019énergie visant l\u2019obtention des permis pour ce type de projet», ajoute-t-il.Par ailleurs, TransCanada est toujours en attente de son autorisation du MDDELCC pour réaliser des relevés sismiques dans la rivière des Outaouais et des milieux humides adjacents.L\u2019entreprise a présenté une demande en août 2015.Là encore, on ne sait pas si des espèces menacées ou vulnérables se trouvent dans le secteur visé par les travaux préliminaires à la construction du pipeline Énergie Est.Le Devoir TransCanada refuse de dire si le pipeline Énergie Est nuirait à des espèce menacées M A R C O B É L A I R - C I R I N O D A V E N O Ë L à l\u2019Assemblée nationale L e projet de construction d\u2019un passage derrière la chute Montmorency «inspiré de l\u2019aménagement du parc des chutes du Niagara » tombe à l\u2019eau.La Société des établissements de plein air du Québec (Sépaq) a abandonné l\u2019idée d\u2019aménager un tunnel de 105 mètres à même la roche située derrière la plus haute chute du Québec, et ce, après avoir pris connaissance des études de faisabilité géologiques et géotechniques, a appris Le Devoir.«La structure rocheuse derrière la chute est inclinée de façon significative.Ainsi, l\u2019eau tombe directement sur la paroi rocheuse et ne laisse aucun espace de dégagement pour créer un site d\u2019observation.Cela étant, il est impossible d\u2019offrir un point de vue intéressant et sécuritaire», a expliqué la porte-parole de la Sépaq, Lucie Boulianne.Pour leur part, les chutes du Niagara ont «pu accueillir un tel passage en raison de la verticalité de la paroi derrière la chute [du Fer-à-cheval ou chute canadienne], ce qui crée un espace de dégagement entre les visiteurs et le mur d\u2019eau qui déferle devant leurs yeux», a-t-elle ajouté.Le ministre délégué à l\u2019Implantation de la stratégie maritime, Jean D\u2019Amour, qui avait fièrement annoncé le projet de 8 millions de dollars à l\u2019été 2015, n\u2019a pas cru bon de préciser qu\u2019il ne se concrétisera finalement pas.Pourtant, la Sépaq a mis de côté le projet il y a quelques mois déjà, soit à l\u2019automne 2016.Elle misait sur ce passage, qui devait être inauguré à l\u2019été 2018, afin d\u2019attirer quelque 100 000 visiteurs supplémentaires.Le Parc de la Chute-Montmo- rency constitue le second attrait touristique de la région de la Capi- tale-Nationale derrière l\u2019arrondissement historique du Vieux-Qué- bec, mais devant l\u2019Aquarium du Québec.Pas moins de 708 807 personnes ont accédé au site afin d\u2019observer la plus haute chute du Québec (84 mètres de hauteur, soit 27 mètres de plus que les chutes du Niagara), en 2015-2016, et ce, comparativement à 633 393 en 2014- 2015.Champlain a baptisé la masse d\u2019eau tombant Sault-de-Montmo- rency en l\u2019honneur d\u2019Henri II, duc de Montmorency, le vice-roi de la Nouvelle-France entre 1620 et 1625.En 1759, lors du siège de Québec, la chute et la rivière formaient la ligne de démarcation entre les armées de Montcalm et de Wolfe.La Sépaq cherche toujours une solution de remplacement au projet de passerelle et de tunnel de 2015.«[Elle] travaille sur un projet qui permettra aux citoyens de s\u2019approcher du pied de la chute pour en contempler toute la puissance et la splendeur», conclut Mme Boulianne.Le Devoir Pas de tunnel derrière la chute Montmorency Les chutes d\u2019eau au Canada, par hauteur 1.440m Chutes Della (Colombie-Britannique) 2.253m Chutes Hunlen (Colombie-Britannique) 3.183m Chutes Panther (Alberta) 4.137m Chutes Helmcken (Colombie-Britannique) 5.122m Chutes Bridal Veil (Colombie-Britannique) 6.90m Chutes Virginia (Territoires du Nord-Ouest) 7.84m Chute Montmorency (Québec) 8.80m Chutes Twin (Colombie-Britannique) 9.79m Chutes Ouiatchouan (Québec) 10.75m Chutes Churchill (Terre-Neuve) 11.61m Chutes Brandywine (Colombie-Britannique) 12.57m Chutes du Niagara (Ontario) Des manifestants du FRAPRU occupent un hôpital désaffecté Après une manifestation au centre-ville de Montréal, une soixantaine de manifestants du Front d\u2019action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) ont occupé lundi en ?n de journée un hôpital désaffecté à l\u2019angle du boulevard René-Lévesque et de la rue Saint-André.Ils réclamaient des investissements des gouvernements provincial et fédéral a?n de créer des logements sociaux.«On pourrait transformer des bâtiments désoccupés comme celui-ci par exemple», a expliqué au Devoir l\u2019une de ses porte-parole, Marie-José Corriveau.Le Service de police de la Ville de Montréal a rapidement tenté de disperser les occupants, utilisant du gaz lacrymogène et du poivre de cayenne malgré la présence d\u2019au moins cinq enfants et de personnes en fauteuil roulant.«Nous avons la responsabilité de nous assurer que des informations sensibles [\u2026] ne soient pas rendues publiques» PEDRO RUIZ LE DEVOIR J E A N - F R A N Ç O I S N A D E A U L es drapeaux sont tout de suite mis en berne.Le premier ministre, Daniel Johnson, comme le chef de l\u2019opposition, Jean Lesage, soulignent avec emphase la mor t de l\u2019historien en soutane, auteur d\u2019un Himalaya de livres, études, essais, romans, contes.Parmi une longue bibliographie, on note certainement Lendemain de conquête (1920), Notre maître le passé (1924), L\u2019enseignement français au Canada (1931-1933), Directives (1937).Toute la classe politique incite la population à lui rendre un dernier hommage.Le premier ministre Johnson propose même que la Chambre ajourne ses travaux en signe de deuil.L\u2019Université de Montréal, où l\u2019on trouve aujourd\u2019hui un pavillon à son nom, accueille la dépouille de l\u2019historien dans son hall d\u2019honneur.Un Claude Ryan affirme alors que Lionel Groulx n\u2019est rien de moins que « le père du Québec moderne».Référence pour toute une génération de nationalistes canadiens-français, le chanoine Groulx est né le 13 janvier 1878 à Vaudreuil, dans un univers paysan, qu\u2019il évoquera notamment dans des romans et des contes du terroir.Élève brillant, il entre au grand séminaire de Montréal et devient prêtre en 1903.Il enseigne au collège de Valley- field, où il a notamment pour élève le bouillant Jules Fournier.Groulx commence en parallèle des recherches aux archives.À compter de 1915, c\u2019est lui qui inaugure la première chaire d\u2019enseignement d\u2019histoire du Canada.Il restera attaché à l\u2019Université de Montréal jusqu\u2019en 1949.Il va par ailleurs être invité à enseigner un peu partout.Malgré nombre d\u2019engagements publics, il publie à un rythme presque surhumain.Il sera un des principaux animateurs de la revue L\u2019Action française qui deviendra, après une interruption, L\u2019Action nationale.Très populaire, Groulx sera gratifié de plusieurs doctorats honorifiques et invité à prendre la parole partout.Son action embrasse près d\u2019un siècle de vie intellectuelle au Canada, comme en témoignent les quatre gros tomes de ses Mémoires, publiés à titre posthume entre 1970 et 1974.Une mystique Phare des consciences d\u2019une jeune génération politique de l\u2019entre-deux-guerres, il propose « une mystique », annonce l\u2019arrivée de « la génération des vivants » sans jamais oublier la terre des ancêtres qu\u2019il remue sans cesse, faisant en cela assez penser à un Maurice Barrès.Il jongle avec l\u2019idée de la création de « la Lau- rentie », allant jusqu\u2019à annoncer sous un tonnerre d\u2019applaudissements que « notre État français, nous l\u2019aurons ».Sa figure se profile derrière des mouvements nationalistes intempestifs, dont les Jeune Canada, où l\u2019on trouve le futur éditorialiste André Laurendeau et Pierre Dansereau, le père de l\u2019écologie au Québec.D\u2019autres mouvements se réclament de lui, comme des militants réunis autour de La Nation de Paul Bouchard.Historien-défricheur, Groulx fonde l\u2019enseignement de l\u2019histoire dans les institutions d\u2019enseignement supérieur au Québec, même si ses livres, souvent pétris de considérations religieuses et doctrinales, apparaissent désormais à bonne distance de la discipline telle qu\u2019elle est devenue.En 1946, Groulx fonde l\u2019Institut d\u2019histoire de l\u2019Amérique française et devient, l\u2019année suivante, le directeur de la Revue d\u2019histoire de l\u2019Amérique française, laquelle demeure à ce jour une des revues les plus importantes pour les historiens professionnels.Militant Dans Le Devoir, au lendemain de la mort du chanoine, le journaliste Jean-Marc Léger, qui deviendra des années plus tard le directeur de la Fondation Lionel-Groulx, affirme qu\u2019«il a su [\u2026] éviter cet écueil qui aurait consisté à mettre l\u2019histoire au service d\u2019une cause si noble fût-elle et d\u2019en faire un instrument de propagande».Si Groulx distinguait, comme l\u2019affirme Léger, son œuvre d\u2019enseignant d\u2019une part et son œuvre de militant d\u2019autre part, des vases communicants existent bel et bien entre les deux, comme on peut facilement le constater.Groulx n\u2019est d\u2019ailleurs pas sans contradiction à cet égard.Il se montre à la fois libéral et réactionnaire, conservateur et moderne, mythomane et historien, l\u2019un ou l\u2019autre de ces visages tendant au bout du compte à défigurer l\u2019autre jusqu\u2019à rendre son portrait difficile à tracer facilement.Chose certaine, des controverses se sont nouées autour de son œuvre.Dans son œuvre, il présente une histoire de la Nouvelle-France idyllique, avec des figures plus grandes que nature, faisant par exemple de Dol- lard des Ormeaux un héros providentiel, même faute de documents qui pourraient le prouver.Dans La naissance d\u2019une race (1919), il affirme que les relations sexuelles entre Blancs et autochtones n\u2019ont engendré que des enfants stériles qui n\u2019ont pu se reproduire par la suite.Ses textes le montrent favorable à des régimes autoritaires, ceux par exemple de Salazar, Dollfuss, Franco et Mussolini.Ici et là, on trouve en outre dans son œuvre un vieux fond antisémite qui s\u2019exprime par exemple sous la plume des nombreux pseudonymes qu\u2019il utilise.Le juif, écrira-t-il en 1954, se trouve «au fond de toutes les affaires louches, de toutes les entreprises de pornographie: livres, cinémas, théâtres, etc.» En 1964, le chanoine dénonce aussi très volontiers des écrivains comme Simone de Beauvoir, Jean-Paul Sartre, Albert Camus et André Gide, «le plus dangereux de tous».L\u2019eugénisme comme solution aux maladies du monde affleure encore comme perspective dans son œuvre, même à la fin de sa vie.Au début de la Révolution tranquille, pour lutter contre le cancer, un mal à son sens autant physique que moral, il suggère la «réfection totale de l\u2019espèce» par la reproduction de « la femme la plus saine, la plus pure, de l\u2019homme le plus intègre physiquement, le plus sain de cette élite qui aurait su se dérober à toutes les contaminations, à toutes les impuretés, à toutes les extravagances débilitantes où se complaisent aujourd\u2019hui les contemporains».Qu\u2019est-ce qui fascina tant chez cet homme au verbe énergique?L\u2019éditorialiste André Laurendeau s\u2019était éloigné de lui après avoir été un de ses plus proches disciples dans les années 1930.Il conservait néanmoins pour son maître de jeunesse une très vive affection.Dans Le Devoir, Laurendeau écrit au lendemain de la mort de Groulx qu\u2019il crut comprendre pour la première fois grâce à lui quelque chose de l\u2019histoire des siens, jusque- là demeurée éparse.Il n\u2019était certes pas le seul à avoir été enchanté par le verbe de ce prêtre à l\u2019allure fragile.Et Laurendeau de conclure ainsi son hommage: «Nous l\u2019avons beaucoup aimé.» Que reste-t-il de l\u2019œuvre de Groulx?Son nom soulève désormais bien souvent la suspicion, si bien qu\u2019il n\u2019est plus même lu.L\u2019immense majorité de ses livres n\u2019ont d\u2019ailleurs jamais été réédités.Lionel Groulx n\u2019en demeure pas moins un écrivain de haut niveau et un intellectuel à la puissance de travail peu commune dans la société de son temps.Dans un texte de 1978 consacré à la mémoire de Groulx, le sociologue Fernand Du- mont suggérait que la marque qu\u2019il opéra sur le passé puisse désormais au moins nous servir à «la tâche de nous interpréter».Le Devoir L E D E V O I R , L E M A R D I 2 3 M A I 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 4 AV I S L É G AU X E T A P P E L S D \u2019 O F F R E S AVIS À TOUS NOS ANNONCEURS Veuillez, s\u2019il vous plaît, prendre connaissance de votre annonce et nous signaler immé dia - tement toute anomalie qui s\u2019y serait glissée.En cas d\u2019erreur de l\u2019éditeur, sa res pon sa bilité se limite au coût de la parution.POUR NOUS JOINDRE avisdev@ledevoir.com Tél.: 514-985-3344 Fax : 514-985-3340 www.ledevoir.com/ services-et-annonces/ avis-publics www.ledevoir.com/ services-et-annonces/ appels-d-offres HEURES DE TOMBÉE Les réservations doivent être faites avant 15 h pour publication deux (2) jours plus tard.Publications du lundi : Réservations avant 11 h le vendredi Publications du mardi : Réservations avant 15 h le vendredi Avis légaux et appels d\u2019offres Services institutionnels Service de la gestion et de la transaction immobilière Catégorie : travaux Appel d\u2019offres : 5849 Descriptif : contrat de conception, construction, exploitation et entretien d\u2019un centre de tri des matières recyclables L\u2019ouverture des soumissions prévue pour le, 5 juin 2017, est reportée au, 12 juin 2017, à 10 h 30, au service du greffe de la Ville de Montréal, à l\u2019attention du greffier, 275, rue Notre-Dame Est, bureau R-134, Montréal (Québec) H2Y 1C6.Montréal, le 23 mai 2017.Le greffier de la Ville Me Yves Saindon Appel d\u2019offres Direction générale adjointe \u2013 Services institutionnels Service de l\u2019approvisionnement Appel d\u2019offres : 17-15767 A79 - Fourniture et installation d\u2019une génératrice pour l\u2019arrondissement d\u2019Anjou L\u2019ouverture des soumissions prévue pour le 24 mai 2017 est reportée au 19 juin 2017 à 10 h 30 dans les locaux du Service du greffe de l\u2019hôtel de ville.Montréal, le 23 mai 2017 Le greffier de la Ville Me Yves Saindon Appel d\u2019offres Service De La Gestion Et De La Planification Immobilière Direction De La Gestion De Projets Immobiliers Catégorie : Travaux Appel d\u2019offres : 5907 Descriptif : Mise aux normes de l\u2019aréna René- Masson L\u2019ouverture des soumissions prévue pour le, 5 juin 2017, est reportée au, 14 juin 2017, à 10h30, au service du greffe de la Ville de Montréal, à l\u2019attention du greffier, 275, rue Notre-Dame Est, bureau R-134, Montréal (Québec) H2Y 1C6.Montréal, le 23 mai 2017.Le greffier de la Ville Me Yves Saindon Appel d\u2019offres Arrondissement du Sud-Ouest Direction des services administratifs Des soumissions sont demandées et devront être reçues avant 11 h, à la date ci-dessous mention - née, à l\u2019adresse suivante : Me Pascale Synnott, Secrétaire d\u2019arrondissement Bureau Accès Montréal 815, rue Bel-Air, 1er étage Montréal (Québec) H4C 2K4 Catégorie : Travaux Appel d\u2019offres : 211772 Descriptif : Centre George-Vanier (0353) \u2013 Aménagement d\u2019un ascenseur Ouverture des soumissions : 13 juin 2017 Les soumissions reçues seront ouvertes publi - quement à l\u2019endroit susmentionné immédia - tement après l\u2019expiration du délai fixé pour leur réception.Dépôt de garantie : 10 % de la valeur de la soumission, selon les modalités prévues au Cahier des clauses administratives générales (exécution de travaux) Renseignements : Pour toute question s\u2019adresser à Abderrahman Essayh : aessayh@ville.montreal.qc.ca Documents : Les documents relatifs à cet appel d\u2019offres seront disponibles à compter du mardi le 23 mai 2017 sur le SEAO.Visite supervisée des lieux : Oui, obligatoire : La visite supervisée des lieux est obligatoire, la date limite pour prendre rendez-vous est le 1 juin à 12 h, à l\u2019adresse courriel suivante : aessayh@ville.montreal.qc.ca Les visites auront lieu du 24 mai 2017 au 5 juin 2017 inclusivement.Les personnes et les entreprises intéressées par ce contrat peuvent se procurer les documents de soumission en s\u2019adressant au Service électro - nique d\u2019appels d\u2019offres (SÉAO) en communiquant avec un des représentants par téléphone au 1 866 669-7326 ou au 514 856-6600, ou en con - sultant le site Web www.seao.ca.Les documents peuvent être obtenus au coût établi par le SÉAO.Chaque soumission doit être placée dans une enveloppe cachetée et portant l\u2019identification fournie en annexe du document d\u2019appel d\u2019offres.La Ville de Montréal ne s\u2019engage à accepter ni la plus basse ni aucune des soumissions reçues et n\u2019assume aucune obligation de quelques natures que ce soit envers le ou les soumissionnaires.Montréal, le 23 mai 2017 Pascale Synnott, avocate Secrétaire d\u2019arrondissement Appel d\u2019offres Service des infrastructures, de la voirie et des transports Direction des infrastructures Des soumissions, sont demandées et devront être reçues, avant, 10h30 h à la date ci-dessous, au Service du greffe de la Ville de Montréal à l\u2019attention du greffier, 275, rue Notre-Dame Est, bureau R-134, Montréal (Québec) H2Y 1C6 pour : Catégorie : Travaux Appel d\u2019offres : 335401 Descriptif : Réfection du pont d\u2019étagement et des murs de soutènement Armand-Bombardier et ses approches \u2013 Contrat 2017 Date d\u2019ouverture : 12 juin 2017 Dépôt de garantie : 10 % de la valeur de la soumission Renseignements : Pour toute question s\u2019adresser à : appelsdoffres.infos.dtp@ville.montreal.qc.ca Documents : Les documents relatifs à cet appel d\u2019offres seront disponibles à compter du 23 mai 2017 Visite supervisée des lieux : N/A.Appel d\u2019offres : 403910 Descriptif : Démantèlement partiel de la marquise de la Plaza Saint-Hubert Date d\u2019ouverture : 12 juin 2017 Dépôt de garantie : 10 % de la valeur de la soumission Renseignements : Pour toute question, s\u2019adresser à : appelsdoffres.infos.dtp@ville.montreal.qc.ca Documents : Les documents relatifs à cet appel d\u2019offres seront disponibles à compter du 23 mai 2017 Visite supervisée des lieux : N/A.Les personnes et les entreprises intéressées par ces contrats peuvent se procurer les documents de soumission en s\u2019adressant au Service électronique d\u2019appels d\u2019offres (SÉAO) en communiquant avec un des représentants par téléphone au 1 866 669-7326 ou au 514 856-6600, ou en consultant le site Web www.seao.ca.Les documents peuvent être obtenus au coût établi par le SÉAO.Chaque soumission doit être placée dans une enveloppe cachetée et portant l\u2019identification fournie en annexe du document d\u2019appel d\u2019offres.Les soumissions reçues seront ouvertes publiquement dans les locaux du Service du greffe à l\u2019Hôtel de Ville, immédiatement après l\u2019expiration du délai fixé pour leur réception.La Ville de Montréal ne s\u2019engage à accepter ni la plus basse ni aucune des soumissions reçues et n\u2019assume aucune obligation de quelques natures que ce soit envers le ou les soumissionnaires.Montréal, 23 mai 2017 Le greffier de la Ville Me Yves Saindon Appel d\u2019offres Services techniques Direction de l\u2019exploitation de EPLV Des soumissions, sont demandées et devront être reçues, avant 10 h 30, à la date ci-dessous, au Service du greffe de la Ville de Montréal à l\u2019atten tion du greffier, 275, rue Notre-Dame Est, bureau R-134, Montréal (Québec) H2Y 1C6 pour : Catégorie : Travaux Appel d\u2019offres : JA-00046-2 Descriptif : Fourniture et installation de tables horticoles aux serres Louis-Dupire au Jb Date d\u2019ouverture : 12 juin 2017 Dépôt de garantie : 10 % de la valeur de la soumission Renseignements : Pour toute question s\u2019adresser à : hakima.amari@ville.montreal.qc.ca Documents : Les documents relatifs à cet appel d\u2019offres seront disponibles à compter du 23 mai 2017 Visite supervisée des lieux : N/A ou Oui, obligatoire.Si la visite supervisée des lieux est obligatoire, la date limite pour prendre rendez-vous est le 5 juin 2017 à 12h00, à l\u2019adresse courriel suivante : hakima.amari@ville.montreal.qc.ca.Les visites auront lieu du 24 mai au 9 juin 2017 inclusivement, selon l\u2019ordre de prise de RDV.Les personnes et les entreprises intéressées par ce contrat peuvent se procurer les documents de soumission en s\u2019adressant au Service électro nique d\u2019appels d\u2019offres (SÉAO) en communiquant avec un des représentants par téléphone au 1 866 669-7326 ou au 514 856-6600, ou en con sultant le site Web www.seao.ca.Les documents peuvent être obtenus au coût établi par le SÉAO.Chaque soumission doit être placée dans une enveloppe cachetée et portant l\u2019identification fournie en annexe du document d\u2019appel d\u2019offres.Les soumissions reçues seront ouvertes publi - quement dans les locaux au Service du greffe à l\u2019Hôtel de Ville, immédiatement après l\u2019expiration du délai fixé pour leur réception.La Ville de Montréal ne s\u2019engage à accepter ni la plus basse ni aucune des soumissions reçues et n\u2019as sume aucune obligation de quelques natures que ce soit envers le ou les soumissionnaires.Montréal, le 23 mai 2017 Le greffier de la Ville Me Yves Saindon Appel d\u2019offres Direction générale adjointe \u2013 Services institutionnels Service de l\u2019approvisionnement Appel d\u2019offres : 17-16047 Services professionnels d'un organisateur de congrès (Professionnels Congres Organiser - PCO) pour la tenue du Congrès mondial ICLEI 2018 L\u2019ouverture des soumissions prévue pour le 24 mai 2017 est reportée au 29 mai 2017 à 10 h 30 dans les locaux du Service du greffe de l\u2019hôtel de ville.Montréal, le 23 mai 2017 Le greffier de la Ville Me Yves Saindon Appel d\u2019offres AVIS DE CLÔTURE D'INVENTAIRE Avis est par les présentes donné que suite au décès de Guy BOURGAULT, en son vivant domicilié au 2100, boulevard Lé- vesques Est, appartement 12F, Laval, Québec, H7G 4W9 survenu le 27 mai 2016, un inventaire des biens du défunt a été déposé et peut être consulté par les intéressés à l'étude de Me Suzanne HOTTE, notaire, sise au 7077, rue Beaubien Est, bureau 201, à Montréal, (QC), H1M 2Y2.Donné ce 18 mai 2017, par Me Suzanne HOTTE, notaire PRENEZ AVIS que Me Marie- Pier, notaire à Montréal, est en possession du greffe de José Léger, autrefois notaire à Montréal, à titre de cessionnaire avec la permission du Comité exécutif, tel qu'il appert d'une résolution datée du 16 mars 2017.Me Marie-Pier Lévis, notaire, 1030 Cherrier #310, Montréal, Qc, H2L 1H9.Téléphone 514-276-1807.Heures de bureau 9H00 à 17H00.Il y a cinquante ans exactement aujourd\u2019hui, le mardi 23 mai 1967, l\u2019annonce de la mort du chanoine Lionel Groulx suscitait une véritable consternation dans ce Québec qu\u2019il appelait « son petit peuple».HISTOIRE L\u2019héritage en demi-teinte de Lionel Groulx, 50 ans plus tard ARMOUR LANDRY Les livres d\u2019histoire de Groulx, souvent pétris de considérations religieuses et doctrinales, apparaissent désormais à bonne distance de la discipline telle qu\u2019elle est devenue.Groulx se montre à la fois libéral et réactionnaire, conservateur et moderne, mythomane et historien PHOTOS LA PRESSE CANADIENNE De gauche à droite : Chris Alexander, Steven Blaney, Deepak Obhrai, Andrew Saxton et Rick Peterson L E D E V O I R , L E M A R D I 2 3 M A I 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 5 Budget équilibré ?En deux ans, « sans guerre, sans crise naturelle ou grande crise financière ».Il passerait en revue « des programmes exagérés financés par les libéraux » \u2014 en s\u2019en prenant notamment aux fonds pour réduire les GES à l\u2019extérieur du Canada \u2014 et gèlerait les budgets administratifs de la fonction publique.Immigration?L\u2019un des rares à promettre d\u2019augmenter les seuils d\u2019immigration (de 300 000 à 400 000 par année) «pour faire croître notre pays et compenser notre déficit démographique.Mais à condition que l\u2019économie soit forte ».Cet ancien ministre de l\u2019Immigration augmenterait la part d\u2019immigrants économiques de 60 % à 70 % (à 280 000), en doublant l\u2019accueil d\u2019immigrants présentant une expérience canadienne.Il prioriserait le parrainage privé de réfugiés.Interdire le niqab?Au serment de citoyenneté, mais il laisserait une discrétion au juge sur place.En environnement ?« Absolument », le Canada doit réduire ses émissions de GES.« En abolissant toute taxe sur le carbone pour la remplacer par des crédits d\u2019impôt pour les entreprises \u2014 surtout pour les plus grands émetteurs de GES \u2014 lorsqu\u2019ils mettent en place des technologies et des méthodes qui réduisent de façon mesurable leurs émissions.» Investir en culture?« On a un rôle énorme à jouer.» Il souhaite augmenter les budgets pour la culture, notamment un « financement plus généreux pour assurer le succès de nos plus grandes industries culturelles » comme celles du cinéma et de la télévision.Il créerait en outre une agence culturelle internationale pour faire la promotion de la culture à l\u2019étranger.Débat sur l\u2019avortement?« Je suis pro-choix.Et il n\u2019y aura aucun pas en arrière là- dessus.» Les députés auraient le droit de présenter un projet de loi sur le sujet, qui ferait l\u2019objet d\u2019un vote libre.Chris Alexander Les membres du Parti conservateur du Canada sauront samedi prochain lequel des 13 candidats à la succession de Stephen Harper sera sacré leur prochain chef.Le Devoir les a interrogés, tour à tour au fil des dernières semaines, sur cinq sujets : le retour à l\u2019équilibre budgétaire, l\u2019immigration et le port du niqab, la lutte contre les changements climatiques, le rôle du fédéral en culture et le droit à l\u2019avortement.Tous se sont prêtés au jeu, sauf Pierre Lemieux et Erin O\u2019Toole, dont les équipes n\u2019ont pas répondu aux demandes du Devoir.Après les six premiers portraits publiés samedi, voici les réponses des cinq autres candidats, compilées par Marie Vastel.Portraits des candidats conservateurs Budget équilibré?En deux ans.«Le plan est très simple, c\u2019est de dire non.Et de mettre fin à l\u2019orgie de dépenses libérales.» Il promet une rigueur budgétaire, sans la chiffrer.«Le plafond, c\u2019est de ramener les dépenses à un seuil inférieur aux revenus du gouvernement.» Immigration?Il réduirait temporairement les seuils d\u2019entrées \u2014 entre 200000 à 250000, contre 300 000 en 2017 \u2014 le temps de consulter provinces, villes et organismes en matière d\u2019intégration.Après quoi, « les seuils pourraient être inférieurs ou supérieurs ».Il veut « renforcer le test de citoyenneté pour inclure des éléments où on s\u2019assure que les nouveaux arrivants embrassent pleinement les principes canadiens».Interdire le niqab?Aux cérémonies de citoyenneté, pour voter et dans toute la fonction publique, quitte à avoir recours à la disposition de dérogation.Ailleurs, «les gens sont libres».En environnement ?« Le Canada est signataire du protocole de Paris, on a une obligation.» Il abolirait la taxe sur le carbone; poursuivrait le développement d\u2019énergie hydro-électrique; permettrait le déploiement des pipelines « sans inter férence politique» \u2014 et donc sous l\u2019unique évaluation de l\u2019Office national de l\u2019énergie ; miserait sur le nucléaire, « qui est une énergie propre», notamment en remplaçant des centrales existantes et en recyclant les déchets nucléaires.Investir en culture ?«Pas de publicité à Radio-Ca- nada.Un financement adéquat [qu\u2019il ne chiffre pas] pour sa mission, qui serait recentrée sur la diffusion de culture canadienne.» Débat sur l\u2019avortement ?« Je suis pro-choix.» Il ne rouvrirait pas le débat, mais permettrait à ses députés de le faire.Les votes sur la question seraient libres.« Il est important qu\u2019on respecte la liber té de conscience des parlementaires sur les enjeux moraux.» Steven Blaney Budget équilibré?En deux ans.Il retrancherait 5 % aux dépenses gouvernementales, dans tous les ministères, pour poursuivre ensuite les compressions dans les « services non essentiels ».Il a dans sa mire les fonds investis à l\u2019international aux seules fins, selon lui, de dénicher un siège au Conseil de sécurité de l\u2019ONU.Immigration?Il ajouterait une nouvelle catégorie de 10 000 travailleurs peu qualifiés par année, choisis par un « système de loterie ».Les cibles d\u2019accueil annuelles atteindraient 280 000 personnes.Il éliminerait les fonds fédéraux pour la réinstallation des immigrants (1 milliard par année), y compris ceux pour les cours de langue.« Quand on accepte des immigrants ici, ils parlent déjà la langue.» Les fonds pour le Québec \u2014370 millions \u2014 sont cependant protégés par l\u2019entente fédérale-provinciale.Interdire le niqab?Il souhaiterait que les employeurs, et non le gouvernement, l\u2019interdisent pour les ser vices au public.Aux tribunaux de démêler la question, dit-il, si une telle interdiction est contestée.« Ce n\u2019est pas la façon de faire canadienne, quand on ne voit pas un visage.» En environnement?Il s\u2019oppose à une taxe sur le carbone.Il propose de réutiliser les combustibles nucléaires pour fournir de l\u2019électricité sans émission de carbone.Investir en culture?« Elle est primordiale au développement d\u2019une nation, d\u2019une communauté.Mais on ne doit pas simplement jeter de l\u2019argent.» Il encouragerait le secteur privé à soutenir le domaine culturel, en exemptant les dons d\u2019impôt.Il laisserait le sort de CBC entre les mains de la population, qui se prononcerait par référendum quant au budget et au mandat de la société d\u2019État.Débat sur l\u2019avortement?« J\u2019ai mon point de vue et je le garde pour moi.» Il permettrait à ses députés de légiférer en la matière et autoriserait un vote libre.Deepak Obhrai Budget équilibré?Dans deux ans.Il éliminerait entièrement les impôts des entreprises, plafonnerait ceux des particuliers à 15 % \u2014plutôt que 33 % actuellement \u2014, et hausserait la TPS de 5 % à 9 %.Il réduirait en outre de 10 % les dépenses directes d\u2019Ottawa.Immigration?Au terme d\u2019un premier mandat, il augmenterait les seuils à 500 000 ar- r ivants par année (contre 270 000 en 2016).Seul le nombre d\u2019immigrants économiques bondirait \u2014 d\u2019environ 170 000 cette année à 400 000 par année \u2014 « mais uniquement s \u2019i l y a les emplois et l\u2019infrastructure pour les accueillir ».L\u2019accueil en ver tu de la réunification familiale et celui des réfugiés seraient inchangés, mais ces der niers seraient sur tout parrainés par le privé.Interdire le niqab?Nulle part.En environnement ?« Je suis contre l\u2019accord de Paris.Je suis contre une taxe sur le carbone.» Il laisserait le soin au secteur privé de réduire les émissions de GES \u2014 sans crédits d\u2019impôt ou autre incitatif \u2014, car le privé «a toujours été un leader en avancées technologiques».Investir en culture?« Il y a un rôle pour le gouvernement.Je ne suis pas en mesure de vous dire s\u2019il faut qu\u2019il soit plus grand ou moins que maintenant.» Il réduirait le budget de Rick Peterson Budget équilibré?En deux ans.« J\u2019ai fait les calculs.» Il gèlerait les budgets des ministères pendant deux ans pour faire 5 % d\u2019économies ; il supprimerait des « programmes inef fi- caces », comme ceux de lutte contre les changements climatiques dans les pays en développement ; il réduirait le budget de CBC de 400 millions \u2014 en épargnant la radio, l\u2019of fre en français et dans le Nord ; il éliminerait les pièces de 5 cents et remplacerait les billets de 5 $ par des pièces pour économiser 100 millions.Immigration ?Il ramènerait les cibles d\u2019accueil à celles de l\u2019ancien gouvernement conservateur, 250 000 à 270 000 \u2014 contre 300 000 en 2017.Il mettrait l\u2019accent sur l\u2019immigration économique \u2014 sans chif frer ses changements.« Des immigrants qui amènent avec eux les compétences dont on a besoin au Canada, pour qu\u2019ils deviennent autosuffisants aussi rapidement que possible.» Interdire le niqab?« Il y a certains endroits où tout le monde devrait montrer son visage.» Aux cérémonies de citoyenneté, pour monter à bord d\u2019un avion, demander un passeport, dans des édifices fédéraux suggère-t-il, sans préciser lesquels ni dans quelles circonstances.En environnement ?« Je suis d\u2019accord sur le fait qu\u2019il faut tranquillement se donner les moyens de ne plus avoir besoin des combustibles fossiles » \u2014 entièrement d\u2019ici la fin du siècle, en partie d\u2019ici 2050.Il miserait sur la capture et le stockage de carbone.Et tenterait d\u2019établir une stratégie nord-américaine avec Donald Trump.Investir en culture ?« Le gouvernement fédéral joue un rôle im- por tant d \u2019 invest is - seur.» Il ne réduirait pas les budgets actuels, qu\u2019il pourrait même augmenter.Il encouragerait le secteur privé à apporter sa contribu- t ion, avec des déductions d\u2019impôt pour les dons.Avortement?Sa position personnelle « n\u2019est pas importante », dit-il, en se qualifiant de « modéré ».« Ce qui im- por te, c \u2019est ce que je ferais comme chef et comme gouvernement.» Il ne rouvrirait pas le débat \u2014 « qui a déjà été tranché » \u2014, mais permettrait à un député de le faire en laissant le vote libre.Andrew Saxton Pour annoncer dans ce regroupement, communiquez avec Evelyne De Varennes au 514.985.3454 ou edevarennes@ledevoir.com CAMP DE ROBOTIQUE 7 à 14 ans Camps d\u2019été 2017 Du 3 juillet au 7 juillet Du 10 juillet au 14 juillet Du 17 juillet au 21 juillet Du 31 juillet au 4 août Du 7 août au 11 août Du 14 août au 18 août LE CAMP DE CONSTRUCTION ULTIME CRÉER ?CONSTRUIRE ?PROGRAMMER INSCRIVEZ-VOUS MAINTENANT sur : robotcamp.net Collège Dawson \u2013 4001, boul.de Maisonneuve O., Montréal 514-813-6673 | info@roboticscamp.net Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 CBC/Radio-Canada de 75%, en éliminant la société d\u2019État dans les grandes villes pour que le réseau n\u2019existe qu\u2019en régions.«Pourquoi y aurait-il un service payé par les contribuables qui ne fait que copier ce qu\u2019on trouve ailleurs au privé?» Débat sur l\u2019avortement ?« Je suis pro-choix.» Il permettrait à ses députés de rouvrir le débat par l\u2019entremise de projets de loi privés.Le vote serait libre.«Il y a certains endroits où tout le monde devrait montrer son visage» «Pas de publicité à Radio- Canada» Une toute nouvelle société d\u2019État fédérale, la Banque de l\u2019infrastructure (BIC), est en gestation.Le gouvernement fédéral n\u2019a toutefois pas attendu sa naissance of ficielle pour annoncer qu\u2019elle aurait pignon sur rue à Toronto, au grand dam de Montréal et de Calgary.Mais avant de parler de l\u2019adresse de la BIC, ne devrait-on pas prendre le temps d\u2019examiner son architecture et de vérifier sa pertinence ?a BIC est une créature entièrement nouvelle, qui pourrait changer la donne en matière d\u2019infrastructures.Son mandat est relativement clair.Résumons : faire des investissements et en attirer de la part d\u2019investisseurs privés et institutionnels pour la réalisation de projets d\u2019infrastructures d\u2019intérêt public et capables de générer des recettes.Ces projets peuvent être situés au Canada ou en partie au Canada, comme les infrastructures à la frontière.Pour y arriver, la BIC devra investir au moins 35 milliards de dollars sur 11 ans sous forme de prêts, de garanties de prêt et de participations au capital d\u2019entreprises.Depuis le dévoilement de ce projet en avril, les questions fusent de partout et les partis d\u2019opposition talonnent le gouvernement.Est-ce que des infrastructures publiques ?niront entre les mains du secteur privé ?En cas de pertes, les Canadiens épongeront-ils la facture pour protéger les intérêts des investisseurs?Y aura-t-il une multiplication des péages et des tarifs a?n de générer les revenus promis?Les ministres qui défendent le projet aux Communes, le ministre des Finances, Bill Morneau, et son collègue aux Infrastructures, Amarjeet Sohi, peinent à être clairs sur le sujet.Leurs fonctionnaires, que ce soit en comité ou lors de séances d\u2019information à huis clos, y arrivent mieux, mais pas toujours.?Selon eux, le rôle de la BIC sera de soutenir de grands projets mis en avant par une municipalité ou une province et auxquels souhaitent s\u2019associer des investisseurs privés ou institutionnels, comme la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ).Des projets, précise-t-on, que les gouvernements n\u2019ont pas les moyens de réaliser seuls.Au moyen d\u2019un prêt, d\u2019une garantie de prêt ou d\u2019une participation au capital, la BIC atténuera le risque pour les investisseurs privés, rendant leur participation plus attrayante.Cette dernière, en retour, permettrait aux gouvernements de libérer des fonds pour d\u2019autres types d\u2019infrastructures peu attirantes pour le privé, comme\u2026 le logement social.Pour vanter la mesure, on souligne que cela permettrait au Canada de pro?ter de capitaux provenant des grands investisseurs institutionnels canadiens, comme les grands gestionnaires de fonds de pension, dont la CDPQ, qui ?nancent déjà des projets similaires à l\u2019étranger et quelques-uns au Canada.Cela ne dissipe pas tous les doutes.Les questions au sujet de la propriété privée des infrastructures donnent lieu à une réponse ambiguë.«La structure de propriété serait négociée par les parties au cas par cas », a-t-on expliqué au Devoir.Tous les modèles seront analysés, mais «on ne s\u2019attend pas à ce qu\u2019un tel modèle [privé] soit courant», a-t-on ajouté.Et les tarifs et les péages, eux ?Il est possible qu\u2019il y en ait, mais la décision reviendra au gouvernement municipal ou provincial qui propose le projet.On se veut rassurant en rappelant qu\u2019on parle ici d\u2019infrastructures majeures pour lesquelles il y a déjà des tarifs, comme la transmission d\u2019électricité et le transport en commun.Oui, mais seront-ils plus élevés pour générer les revenus attendus des investisseurs?Cela n\u2019est qu\u2019un échantillon des questions que soulève la BICS\u2019y ajoutent celles sur la transparence, la gouvernance, la composition du conseil, le processus de sélection de la direction (déjà enclenché), le choix des projets et ainsi de suite.Malheureusement, le temps manque pour éclaircir ces zones d\u2019ombre, le gouvernement ayant opté pour le rouleau compresseur.À l\u2019instar du gouvernement Harper, il a inséré le projet de la BIC dans le projet C-44, un projet de loi budgétaire omnibus qui devrait être adopté avant l\u2019été.Résultat : le comité des Finances n\u2019a eu que six jours de séances pour étudier C-44.Il a con?é au Comité des transports, de l\u2019infrastructure et des collectivités le soin d\u2019examiner le volet sur la BIC, mais ce dernier n\u2019a pu y consacrer que deux petites heures.Peu de groupes ont réussi à se faire entendre jusqu\u2019à présent alors que plusieurs expriment des réserves.L\u2019Institut des ?nances publiques et de la démocratie de l\u2019Université d\u2019Ottawa estime qu\u2019«on met la charrue avant les bœufs», de dire Azfar Ali Khan, directeur à l\u2019Institut.À son avis, il faudrait d\u2019abord faire un bilan des besoins actuels en matière d\u2019infrastructures, puis une analyse stratégique des besoins futurs pour être capable ensuite d\u2019évaluer correctement la nécessité ou non d\u2019un instrument comme la BIC.Si les libéraux avaient accepté de scinder le projet de loi C-44, les parlementaires auraient pu mener une étude conséquente de ce projet et le public, se faire une opinion éclairée sur ses dangers et avantages.À vouloir aller trop vite, le gouvernement inspire seulement la méfiance quant à un projet dont on mesure mal l\u2019impact.L E D E V O I R , L E M A R D I 2 3 M A I 2 0 1 7 A 6 EDITORIAL L E T T R E S FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente du développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-président des ventes publicitaires MARK DROUIN Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Directeur de l\u2019information numérique FLORENT DAUDENS Adjoints PAUL CAUCHON, LOUIS GAGNÉ, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET Bon choix, QS Le PQ est devenu vieux.Oui à la souveraineté, mais pas à n\u2019importe quel prix.La souveraineté n\u2019a tout simplement plus la cote.Les ténors des vingt dernières années n\u2019ont avancé que des solutions du passé.L\u2019actuel chef, un intellectuel reconnu, traîne des airs de suffisance partout où il passe.Je suis un homme de 67 ans qui, jusqu\u2019à l\u2019apparition de Québec solidaire, avait toujours voté pour le PQ.J\u2019ai changé parce que, pour moi et beaucoup d\u2019autres, la souveraineté sans la justice sociale n\u2019a aucun sens.Il serait faux de croire que QS est responsable de sauver les meubles du PQ.Les Ne rien changer Ceux qui veulent tout changer font tout pour que rien ne change.La responsabilité du changement les obligerait à abandonner leur idéal et à tâter un peu de la réalité; c\u2019est un changement qu\u2019ils n\u2019ont pas le courage d\u2019assumer.Et dire que ce parti s\u2019appelle Québec solidaire\u2026 Benoît LeBlanc Le 21 mai 2017 BANQUE DE L\u2019INFRASTRUCTURE Où est l\u2019urgence ?L MANON CORNELLIER Nous l\u2019avons échappé belle Il n\u2019y aura pas d\u2019alliance PQ-QS, même si Gabriel Nadeau-Dubois et Amir Khadir auraient souhaité poursuivre le dialogue.Le PQ est trop à droite pour les militants de QS.Pas assez ouvert aux immigrants et aux anglophones, le PQ a commis l\u2019abominable char te des valeurs.Ouf !\u2026 nous l\u2019avons échappé belle.Imaginons le PQ au pouvoir grâce à l\u2019appui de QS.Imaginons le chantage qu\u2019exercerait QS pour attirer le PQ encore plus à gauche qu\u2019il ne l\u2019est, car le PQ est à gauche quoi qu\u2019en pensent les militants de QS.Assez pour que je vote libéral.On voit bien que ces partis n\u2019ont rien en commun.L\u2019indépendance\u2026 même pas.Pour QS, l\u2019indépendance n\u2019est pas le premier objectif du par ti ; elle n\u2019est qu\u2019un moyen pour faciliter l\u2019instauration du socialisme.Nous n\u2019avons d\u2019ailleurs pas eu besoin de l\u2019indépendance pour nous donner l\u2019État le plus à gauche de toute l\u2019Amérique du Nord et on peut faire encore beaucoup de chemin dans cette direction dans le cadre constitutionnel actuel.Louis Dion Saint-Jérôme, le 22 mai 2017 La convergence fédéraliste de Québec solidaire Contre toute logique et fondamentalement contre l\u2019accès du Québec à l\u2019indépendance, le parti Québec solidaire a décidé de refuser la convergence avec le Parti québécois.Il n\u2019est pas nécessaire de chercher très loin pour comprendre pourquoi les Québécois sont cyniques quand ils parlent des politiciens et de leurs partis.Les nouveaux porte-parole de Québec solidaire, soit Gabriel Nadeau-Dubois et Manon Massé, auront beau essayer de convaincre les Québécois qu\u2019ils veulent l\u2019indépendance du Québec, dans les faits, ils les en éloigneront aux prochaines élections.Québec solidaire sera exactement dans la même position politique qu\u2019Option nationale aux dernières élections.Un indépendantiste pressé qui a voté pour ce parti ôtait un vote au PQ et a donc été accessoire dans l\u2019élection d\u2019un Parti libéral fédéraliste majoritaire au Québec.Les actions concrètes de ces partis sont donc diamétralement opposées à ce qu\u2019ils affirment vouloir faire.Qui pourra condamner les Québécois d\u2019être cyniques devant une telle situation?Michel Gourd L\u2019Ascension-de-Patapédia, le 22 mai 2017 La divergence On doit sabler le champagne à Sagard ce soir, de même que sur Sussex Avenue, le danger d\u2019une entente représentant la diversité politique à la gauche du PLQ et soutenant l\u2019indépendance politique du Québec étant écar tée.Car QS a rejeté toute forme d\u2019entente avec l\u2019autre parti, son grand frère souverainiste, encore plus honni par plusieurs militants de QS que le PLQ.Est-ce une mauvaise décision?Dans l\u2019immédiat, oui, si l\u2019on veut réformer notre mode de scrutin pour y introduire la proportionnelle, réforme que jamais le PLQ ne réalisera, le système actuel le servant trop bien.Pour la transition écologique, oui, si l\u2019on pense que le Québec doit d\u2019ici à peine 13 ans voir diminuer d\u2019au moins les deux tiers son empreinte en GES comme le préconise le programme même de QS.Il est évident que ni le PLQ ni le PLC n\u2019amorceront jamais une quelconque transition qui ne soit autre chose que de la poudre aux yeux.Les promoteurs d\u2019Énergie-Est ont donc la voie libre pour acheminer leur pétrole sale de l\u2019Alberta\u2026 À long terme, seul le temps dira si la recomposition politique qui s\u2019amorce au Québec avec l\u2019arrivée de Gabriel Nadeau-Du- bois et l\u2019affaiblissement du PQ entraînera notre nation dans un long intermède politique ou débouchera sur un nouvel élan.Cependant, j\u2019ai bien peur que les défis de plus en plus pressants qui attendent ce petit peuple accroché aux rives du Saint-Lau- rent ne soient pas relevés, celui-ci subissant de plein fouet les crises qui s\u2019annoncent comme autant d\u2019orages.De la louisia- nisation à l\u2019effondrement de notre civilisation thermo-industrielle dopée au capitalisme le plus débridé, le Québec n\u2019aura pas su se doter à temps des outils politiques lui permettant de contrecarrer un tel déclin.Pierre-Alain Cotnoir Le 21 mai 2017 L I B R E O P I N I O N J E A N - P I E R R E C H A R B O N N E A U Ancien ministre péquiste M aintenant que tous les masques sont tombés, que QS a rejeté toute alliance électorale avec le PQ, que le chef de la CAQ et celui du PQ ont fait de même pour une alliance entre eux et aussi pour une alliance à cinq, je me demande comment tous ces partis qui ont pactisé avec le diable (leurs par te- naires dans ces discussions) depuis plus d\u2019un an sous l\u2019égide du Mouvement pour une démocratie nouvelle (MDN) et qui ont signé solennellement, la main sur le cœur en décembre à l\u2019Assemblée nationale même, un pacte politique en faveur de la mise en œuvre rapide d\u2019un nouveau mode de scrutin proportionnel mixte compensatoire régional et cela, dès le lendemain de l\u2019élection générale de 2018, comment donc vont-ils concrétiser ce changement majeur sur le plan de la démocratie ?De façon naïve et partisane, les trois grands partis d\u2019opposition pensent être capables de déloger seuls les libéraux et de devenir majoritaires à l\u2019Assemblée nationale avec le mode de scrutin actuel.Battre les libéraux n\u2019est pas un programme politique, pas un projet de société, ont dit les militants de QS ! Mais diaboliser et haïr ses compatriotes des autres partis signataires avec soi du pacte semble être un bon programme politique.Moi qui pensais que mettre au rancart le vieux mode de scrutin et faire naître une nouvelle culture politique qui induirait plus de collaboration par l\u2019entremise de coalition gouvernementale était tout un changement de paradigme, tout un projet de société.Le statu quo dans la façon de faire de la politique semble plutôt être vraiment l\u2019option privilégiée.Dommage ! Triste.Déprimant.D\u2019autant plus que les alliances politiques (et surtout la grande) sont le choix premier de nos compatriotes, nous dit le sondage de samedi.Que diront les leaders de QS, du PQ, de la CAQ, d\u2019ON et des verts quand, en octobre 2018, Philippe Couillard et le PLQ resteront à la tête de l\u2019État québécois ?En cette journée de mémoire en hommage aux patriotes de 1837 et 1838, il est douloureux de voir la division nationale continuer de faire ses ravages chez nous.Et dire que le PQ, la CAQ et QS se prétendent nationalistes et partisans du Québec, d\u2019abord et avant tout.Il semble plutôt que ce soit « Moi j\u2019ai raison et les autres non », « Mon parti d\u2019abord et avant tout », qui soit le moteur de l\u2019engagement politique.Et pendant ce temps, en France, un nouveau président tente de changer l\u2019ordre des choses et de faire de la politique autrement en créant un gouvernement de coalition, et la majorité des Français le suivent dans cette direction, hors des sentiers battus.Pauvre Québec.Tes élites politiques n\u2019ont pas le sens de ce qu\u2019est « Faire l\u2019histoire ».Où sont les Mandela et les De Klerk d\u2019ici ?Après tant d\u2019efforts et d\u2019énergie pour réunir des compatriotes adversaires et les amener à opter pour un grand changement, je me sens trahi.Convergence souverainiste : je me sens trahi péquistes n\u2019ont qu\u2019eux à blâmer pour la situation actuelle.Cela dit, gageons que, d\u2019ici la prochaine élection, un rapprochement est possible.Jean Chenay Sherbrooke, le 21 mai 2017 L E D E V O I R , L E M A R D I 2 3 M A I 2 0 1 7 A 7 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon (chef de division), Robert Dutrisac, (éditorialiste), Michel Garneau et Pascal Élie (caricaturistes), Jacques Nadeau (photographe), Olivier Zuida (recherchiste photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division et reporter), Stéphane Baillargeon (généraliste), Gérald Dallaire (pupitre), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Jean Dion (sports), Marco Fortier (éducation), Marie-Pier Frappier (pupitre), Lisa-Marie Gervais (diversité), Pauline Gravel (sciences), Jessica Nadeau (éducation).Alexandre Shields (environnement); information politique : Michel David (chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Marie-Michèle Sioui (correspondants parlementaires à Québec) Dave Noël (recherche), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec); information culturelle : Guillaume Bourgault-Côté (politiques culturelles), Julie Carpentier (pupitre), Fabien Deglise (livres), Catherine Lalonde (arts vivants), François Lévesque (écrans), Caroline Montpetit (arts vivants), Philippe Papineau(médias); information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l\u2019information), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Benoît Munger (pupitre); information internationale : Guy Taillefer (chef de division et éditorialiste); section art de vivre : Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); cahiers spéciaux : Loïc Hamon (responsable); équipe numérique : Laurence Clavel, Guillaume St-Hilaire et Geneviève Tremblay (pupitres); correction : Andréanne Bédard, Christine Dumazet et Michèle Malenfant (correctrices) ; soutien à la rédaction : Amélie Gaudreau (coordonnatrice à la rédaction), Jean-Philippe Proulx (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa).PUBLICITÉ Charleyne Bachraty (adjointe au vice-président), Marlène Côté, Évelyne De Varennes, Amel Elimam, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (directrices de comptes), Amélie Maltais (commis aux avis légaux), Alessandra Tantalo et Laurence Hémond (coordonnatrices publicitaires).PRODUCTION Caroline Desrosiers, Yannick Morin, Anthony White et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web), Jean-François Côté (analyste programmeur), Luc Girard (technicien informatique), Solène M.Hébert (développeuse Web).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Catherine Gentilcore (coordonnatrice marketing, communications et relations publiques), Sébastien Beaupré (coordonnateur service à la clientèle), Manon Blanchette, Caroline Filion, Nathalie Filion, Isabelle Sanchez (préposées au service à la clientèle).ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Mélisande Simard (adjointe administrative et responsable des ressources humaines), Florentina Draghici (technicienne comptable), Véronique Pagé (responsable du crédit).L es contraintes imposées à la plupart des acteurs du secteur de la production et de la diffusion audiovisuelle ne sont pas appliquées à Netflix.Ces jours-ci, on apprend que le Festival de Cannes impose que les films soient présentés en salle pour être admissibles à la compétition.Mais comme la réglementation française impose qu\u2019un film, une fois sorti en salle, ne puisse être proposé en ligne, la question se pose de savoir si Netflix, qui diffuse exclusivement en ligne, devrait bénéficier de l\u2019autorisation de présenter ses films au festival.Ces controverses témoignent du défi d\u2019assurer \u2014 ici comme ailleurs \u2014 des règles équitables pour l\u2019ensemble des acteurs du secteur de la production et de la diffusion.Deux poids, deux mesures Au Canada, il est depuis longtemps établi que ceux qui tirent des revenus de la dif fusion d\u2019émissions de radio ou de télévision doivent participer financièrement à la production d\u2019œu- vres canadiennes.Mais les politiques du CRTC traitent les acteurs traditionnels et des acteurs comme Netflix selon des régimes dif férents.Netflix et les autres services similaires sont pratiquement dispensés de toute exigence réglementaire, notamment celle de contribuer au financement des productions canadiennes.L\u2019avènement de services fondés sur des modèles d\u2019af faires « disruptifs » comme Netflix, bouleverse les équilibres de la réglementation de l\u2019audiovisuel.Les nouveaux modèles d\u2019affaires doivent en principe respecter les règles.Mais ces nouvelles façons de faire se réclament d\u2019« offres » de service qui ne relèveraient pas des mêmes logiques.En maintenant comme on le fait au Canada des politiques qui réservent un traitement privilégié à des acteurs comme Netflix, on accroît le risque que les autres, ceux qui demeurent soumis à des conditions plus onéreuses se mettent à réclamer qu\u2019on assouplisse les règles auxquelles ils sont soumis.Alors, tout l\u2019édifice des politiques destinées à assurer la disponibilité d\u2019œuvres canadiennes s\u2019écroule.Il importe donc de repenser les règles, en fonction de l\u2019objectif de garantir que les dollars dépensés par les Canadiens pour leur consommation de films et autres produits télévisuels soient en partie réinvestis dans la production canadienne.À ce jour, au lieu d\u2019accompagner les transformations du paysage audiovisuel engendrées par Internet, le CRTC a persisté à exempter les services de radiodiffusion sur Internet en prétextant que ceux-ci n\u2019avaient pas d\u2019impact sur la réalisation des objectifs de la politique canadienne de radiodif fusion ! Ce serait un phénomène si marginal que cela n\u2019aurait rien à voir avec les objectifs inscrits dans la Loi sur la radiodiffusion.La fiction n\u2019est pas seulement sur les écrans! Plusieurs ont pourtant attiré l\u2019attention sur les effets néfastes du transfert des ressources que nous consacrons à nous informer et à nous divertir vers les services de télévision sur Internet qui profitent d\u2019un traitement préférentiel.On ferme les yeux sur le déplacement des ressources vers des plateformes qui ramassent les dollars tout en échappant aux obligations pourtant imposées à tous les autres.Une telle politique de deux poids deux mesures menace la viabilité des entreprises canadiennes engagées dans la création de contenus.Politique culturelle décrédibilisée Lorsqu\u2019on laisse s\u2019installer des services non réglementés en leur réservant un traitement préférentiel, il peut s\u2019avérer difficile de revenir en arrière et imposer les mêmes conditions à tous.La réglementation doit accompagner l\u2019innovation, pas la combler de privilèges et la laisser s\u2019installer pour ensuite essayer, à rebours, de sauver la viabilité de la production canadienne! Si le CRTC avait ef fectivement joué le rôle que la loi lui attribue, il aurait suivi les évolutions induites par la généralisation d\u2019Internet.Il se serait donné les moyens d\u2019identifier les types de changements qui doivent être apportés aux cadres réglementaires afin de refléter les mutations majeures que cela engendre pour la télévision.Il aurait fait évoluer la réglementation afin qu\u2019elle accueille les nouvelles façons de rendre disponibles des émissions tout en respectant les exigences fondamentales destinées à assurer la viabilité de la production canadienne.En dépit des indices concordants révélant un basculement en faveur des services de distribution de télévision sur Internet, le CRTC a justifié le traitement préférentiel qu\u2019il leur accorde en répétant que ceux-ci n\u2019avaient pas d\u2019impacts sur la réalisation des objectifs de la politique de radiodiffusion ! La pratique du deux poids deux mesures en matière d\u2019encadrement de l\u2019offre audiovisuelle mine la crédibilité des politiques culturelles canadiennes.Il faudra bien qu\u2019un jour le gouvernement indique s\u2019il croit toujours aux objectifs d\u2019assurer la viabilité de la production audiovisuelle qui, faut-il le rappeler, sont encore inscrits dans la législation canadienne.Netflix et les règles du jeu PIERRE TRUDEL L O U I S E M O R A N D Comité vigilance hydrocarbures de L\u2019Assomption ien que Justin Trudeau se soit fait élire en promettant d\u2019éliminer les subventions aux énergies fossiles, de tenir compte de la science et de la volonté des populations dans l\u2019analyse des projets de développement liés aux hydrocarbures et de lutter contre les changements climatiques, ses actions vont dans un sens diamétralement opposé à ses engagements.Le gouvernement de Justin Trudeau continue de donner chaque année autour de 3,3 milliards de dollars en cadeaux aux pétrolières et gazières.Malgré l\u2019opposition massive des populations, il a autorisé la construction de trois importants pipelines (Trans Mountain, Enbridge et Keystone XL) et un immense projet d\u2019exportation de gaz naturel, même si ces projets sont incompatibles avec l\u2019engagement du Canada fait lors de la conférence de Paris sur le climat (COP21).Justin Trudeau n\u2019a pas non plus changé la cible déjà insuffisante de réduction des gaz à effet de serre (GES) fixée par Harper et il continue de passer outre au droit des premières nations à un environnement sain.Tout récemment, le premier ministre du Canada vient encore de renier sa promesse de réglementer les émissions de méthane, un gaz au moins 34 fois plus à effet de serre que le CO2, pour aligner sa politique sur celle de Donald Trump.Le leader de la lutte contre les changements climatiques Bill McKibben a qualifié Justin Trudeau d\u2019hypocrite et de «désastre pour la planète ».Le froid, la pluie, les vents violents et les inondations que nous connaissons ce printemps sont assez éloquents sur l\u2019urgence d\u2019agir pour stopper les dérèglements en cours.Le débat scientifique n\u2019est plus à faire.Nous savons qu\u2019il faut désormais laisser le charbon, le gaz et le pétrole dans le sol.Il nous reste à peine une décennie pour nous débarrasser de notre dépendance aux hydrocarbures.Lors du méga-incendie qui a dévasté la forêt boréale dans la région de Fort McMurray en 2016, le mot El Niño était sur toutes les lèvres, mais à peu près aucune allusion n\u2019a été faite à la crise climatique.Et le silence a été à peu près total sur le fait qu\u2019en raison de la sécheresse, l\u2019Alberta a perdu presque l\u2019entièreté de ses récoltes.Lorsque la route 132 en Gaspésie est emportée par les vagues et que l\u2019autoroute 25, au nord de Montréal, s\u2019effondre à cause des pluies torrentielles, du gel et du dégel, on ne parle pas encore de ce qui se profile à l\u2019horizon de 2025.Rendre compte des prévisions des scientifiques risquerait de priver les consommateurs de l\u2019envie de consommer.Et nous savons tous que, dans notre système économique mondialisé, cela serait comparable à l\u2019enfer du Moyen-Âge.C\u2019est-à-dire un enfer fabriqué de toutes pièces pour conserver l\u2019ordre établi et l\u2019obéissance des fidèles.Le silence est tout aussi grand en ce qui concerne les scénarios de sortie de crise qui existent pourtant pour le Canada.En 2015, un groupe de 60 scientifiques canadiens ont produit un rapport intitulé Agir contre les changements climatiques : solutions d\u2019universitaires canadiens et canadiennes, qui présente dix orientations stratégiques pour sortir de l\u2019impasse.Les premières mesures préconisées dans ce rapport, facilement applicables dès maintenant, sont d\u2019arrêter de subventionner les énergies fossiles, de taxer suffisamment le carbone et d\u2019utiliser l\u2019entièreté du produit de cette taxe à l\u2019établissement des infrastructures nécessaires pour nous débarrasser de notre dépendance au pétrole et autres hydrocarbures.Selon ces chercheurs, le Canada pourrait être alimenté à 100 % en énergies renouvelables d\u2019ici dix ans.D\u2019autres initiatives ont été imaginées telles que des quotas nationaux d\u2019énergie distribués à tous les citoyens sous la forme d\u2019une carte à débiter chaque fois qu\u2019on va faire un plein d\u2019essence.Ceux qui consomment davantage pourraient acheter un supplément auprès de ceux qui n\u2019auraient pas épuisé leur réserve, de sorte qu\u2019il deviendrait payant de diminuer sa consommation d\u2019hydrocarbures.Ces initiatives brillantes sont malheureusement négligées par nos gouvernements.Selon le climatologue de réputation internationale Kevin Anderson, la probabilité que l\u2019humanité parvienne à éviter une hausse incontrôlable de la température globale terrestre est de 5 %.La probabilité que l\u2019humanité ne parvienne pas à conserver des conditions propices à la vie sur la Terre pour les générations qui viennent est de 95 %.Devant l\u2019impasse politique, il ne faut plus rester seul.Il faut s\u2019unir afin de bloquer la route aux foreuses et aux pipelines et exiger le respect du droit de nos enfants à un avenir viable.Joignez-vous à un groupe qui milite contre les projets d\u2019hydrocarbures, pour la transition énergétique, pour la protection de nos ressources vitales.ÉNERGIES FOSSILES L\u2019hypocrisie environnementale du gouvernement Trudeau A N D R É - L O U I S P A R É L\u2019auteur est critique et commissaire ainsi que rédacteur en chef du périodique culturel Espace art actuel.ien que, pour plusieurs d\u2019entre nous, le mot «numérique» ne soit pas concep- tuellement clair, tant la définition de ce mot \u2014 parfois adjectif, parfois substantif \u2014 demeure floue, il ne fait aucun doute que, depuis quelques décennies, l\u2019univers du numérique envahit quotidiennement nos vies.Par nos différents appareils \u2014 téléphoniques, informatiques, robotiques \u2014, le numérique a modifié considérablement notre façon d\u2019interagir avec notre entourage, familier ou non.Toutefois, le numérique est plus qu\u2019un ensemble d\u2019outils, il est une nouvelle façon de voir le monde, de le sentir, de le comprendre.Il nous fait entrer dans une nouvelle ère.Comme technique, dira Stéphane Vial, il est «ontophanique».Mais il faut aussi mentionner que le numérique participe d\u2019une nouvelle économie, d\u2019un nouveau mode de production, notamment dans le domaine des arts et de la création.C\u2019est ce qui a conduit les gouvernements des États \u2014 principalement occidentaux \u2014 à mettre en place, comme au Québec et au Canada, des stratégies numériques permettant aux artistes, et au milieu de l\u2019art en général, une meilleure accessibilité aux technologies numériques, désormais considérées comme étant la voie de l\u2019avenir.Ainsi, le Conseil des arts du Canada (CAC) publiait récemment un rapport intitulé Les arts à l\u2019ère numérique.Celui-ci fait suite à une étude documentaire approfondie et à une vaste consultation auprès de plusieurs intervenants du milieu, dont un sondage auprès des artistes et des entrevues auprès d\u2019organismes de financement des industries des arts et de la création.Il concrétise ainsi un engagement inscrit dans le plan stratégique 2016-2021, ayant pour titre Façonner un nouvel avenir.Pour le CAC, il devenait impérieux de s\u2019interroger sur la place du numérique dans le monde de la création.Dans cette optique, le CAC souligne que les artistes et les organismes doivent « innover sans cesse et fonctionner de façon créative».Afin de profiter pleinement des incidences des technologies numériques sur la création et la diffusion des produits culturels, ils «doivent s\u2019adapter et même se renouveler».Pour parvenir à cette «renaissance artistique», le CAC fait aussi le vœu que ces nouvelles technologies numériques permettent une plus grande égalité des chances pour toutes les régions du pays.Le potentiel de l\u2019ère numérique devrait favoriser la diversité culturelle et le sentiment d\u2019appartenance à un pays qui fonde beaucoup d\u2019espoir sur le partage de ses différences.Certes, le rapport souligne l\u2019importance des nouveaux outils favorisant la «découvrabilité» des œuvres, les plateformes de distribution et de commercialisation pouvant offrir un meilleur rayonnement de la création sur le territoire canadien et à l\u2019étranger ; toutefois, cette transformation de l\u2019art par le numérique se déploie également au sein d\u2019une «culture».On a beau dire que celle-ci ne renvoie qu\u2019à un ensemble de savoir-faire qu\u2019il nous faut appliquer, elle n\u2019en provoque pas moins une véritable mutation dans nos façons de travailler, de communiquer, de développer de nouvelles relations avec les publics.À ce propos, le rapport fait référence au terme «perturbation», introduit par le professeur Clay Christensen, auteur du livre The Innovator\u2019s Dilemma: When New Technologies Cause Great Firms to Fail.Ce mot «perturbation» renvoie donc aux ruptures que provoquent les nouvelles technologies numériques dans le monde des affaires et du commerce.Or, les industries des arts et de la création devraient tenir compte de ces «nouveaux modèles de fonctionnement».Et c\u2019est justement cet aspect du rapport qui suscite quelques interrogations.Autant il souligne le désir d\u2019accompagner les artistes et les organismes pour qu\u2019ils puissent mieux s\u2019adapter aux nouvelles technologies numériques afin de se rendre plus visibles sur le marché national, voire international, autant il semble s\u2019associer aux valeurs de cette nouvelle économie de la créativité numérique où art, industrie, innovation technologique vont de pair.Cette ambivalence est visible dans la distinction qui est faite entre les œuvres d\u2019art numériques et celles produites à l\u2019aide du numérique.Même si la désignation «art numérique» ne va pas de soi, on l\u2019associe essentiellement aux œu- vres interactives ou participatives qui, grâce à leur pouvoir de mobilisation auprès d\u2019un large public, profitent au tourisme culturel généré par le «capitalisme artiste».Il impor te donc de mettre en perspective cette importante étude sur les arts à l\u2019ère numérique ; d\u2019autant que le sondage auprès des artistes et des organismes artistiques souligne leurs intérêts à ce que la technologie numérique soit considérée comme un moyen et non une fin.En manifestant ce souhait, le milieu artistique ne rappelle-t-il pas l\u2019importance de maintenir son indépendance lorsqu\u2019il s\u2019agit de pratique artistique ?Depuis toujours, les artistes sont des technophiles, mais c\u2019est principalement la liberté créatrice qui leur permet de garder en éveil l\u2019esprit critique.C\u2019est ainsi qu\u2019ils peuvent jouer un rôle dans la remise en question de nos certitudes.Autrement dit : devant cette nouvelle économie symbolique du «vivre ensemble», le rôle de l\u2019art, sa responsabilité à l\u2019ère numérique, n\u2019est-il pas, comme le mentionne Bernard Stie- gler, de «produire du discernement» ?Des commentaires ou des suggestions pour Des Idées en revues?Écrivez à rdutrisac@ledevoir.com.La sculpture à l\u2019ère du numérique DES IDÉES EN REVUES Chaque mardi, Le Devoir offre un espace aux artisans d\u2019un périodique.Cette semaine, nous vous proposons une version abrégée d\u2019un texte paru dans la revue Espace art actuel, printemps-été 2017, no 116.B B ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Le froid, la pluie, les vents violents et les inondations que nous connaissons ce printemps sont assez éloquents sur l\u2019urgence d\u2019agir pour stopper les dérèglements climatiques en cours, selon Louise Morand, du Comité vigilance hydrocarbures de L\u2019Assomption. L E D E V O I R , L E M A R D I 2 3 M A I 2 0 1 7 A 8 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par courriel publicite@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3452 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Par courriel petitesannonce@ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4 Berri-UQAM Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com A C T U A L I T É S admet-il comme pour s\u2019excuser d\u2019être là.Au cinéaste autrichien, qu\u2019il qualifie de maître du nouveau roman au cinéma, il ne peut pas dire non.Aux autres, si.Haneke fait partie du club sélect des doubles palmés d\u2019or (sa première pour Le ruban blanc).Sans compter les prix obtenus ici pour La pianiste et Caché.Le maître chirurgien du 7e art, c\u2019est lui.Le cinéaste précise avoir perdu deux ans avec le projet Flash Mob, qui n\u2019a pas vu le jour.«Mais j\u2019ai intégré de ses éléments dans Happy End.» Attendu ici comme le film phare de la compétition \u2014 Haneke sera-t-il le premier triple palmé ?\u2014, Happy End n\u2019est pas son film le mieux unifié.La mise en situation traîne en longueur en première partie et l\u2019utilisation des nouvelles technologies comme seul espace de communication après l\u2019échec des autres ne convainc pas tout à fait, mais son humour noir fait mouche et sa lucidité glacée offre une gifle cinglante à l\u2019air du temps.Troisième palme ?sans doute pas.Bourgeois de Calais Dans ce portrait de bourgeois de Calais coupés de leur souffle, attentifs à protéger leurs privilèges en écrasant le peuple, le patriarche est à nouveau joué par Jean-Louis Trintignant et sa fille par la muse Isabelle Huppert, plus glaciale que jamais.Le fils volage prend les traits de Mathieu Kassovitz en médecin au cœur gelé.Quant au fils fragile et lucide, il est incarné par Franz Rogowsky, impressionnant en figure brûlée de tragédie.« Je ne vois aucune raison de ne pas refaire tout le temps des films avec lui, déclare Isabelle Huppert.Dès La pianiste, j\u2019ai vu à quel point il s\u2019intéressait à la vérité de la personne en face de lui.Haneke est le cinéaste de la haute précision du cadre.Or, plus un grand metteur en scène se montre contraignant, plus on se sent libre.Une circulation naturelle s\u2019établit.» Le seul duo de résonance dans Happy End, extrêmement puissant, est celui que forme en dernière partie le vieil homme et sa petite fille suicidaire de 13 ans (Fantine Harduin) qui voit et comprend tout.Ce tandem extraordinaire sauve en partie le film, par sa charge immense.Tout Haneke est dans ce film.Happy End constitue presque une suite à son précédent Amour avec allusions à l\u2019épouse malade que le mari a étouf fée, des références à Caché et à Benny\u2019s Video.Mais le cinéaste affirme ne pas avoir pratiqué l\u2019autoréférence, plutôt s\u2019être inspiré des événements de sa propre vie.Happy End constitue un amer constat d\u2019échec de l\u2019humanité.Là où l\u2019acte de tuer dans Amour était l\u2019aboutissement d\u2019une vie sentimentale, Happy End montre des personnages qui n\u2019éprouvent rien les uns pour les autres.Les plus sensibles veulent mourir.Le suicide est omniprésent.L\u2019acte de tuer constitue l\u2019unique moment d\u2019amour du film.Les migrants et serviteurs se heurtent à un mur d\u2019indifférence.Haneke dit espérer traverser la vie avec les yeux ouverts.« On ne peut parler de sa société d\u2019aujourd\u2019hui sans aborder ce qui se passe avec l\u2019immigration.Dans mon écriture et ma mise en scène, je donne des indices au spectateur, puis je le laisse travailler.» Les films se répondent à Cannes et un dîner de gala dans l\u2019excellent The Square, du Suédois Ruben Östlund, trouve un écho dans Happy End, alors que la bourgeoisie élégante et hypocrite est dynamitée dans ses fêtes par des intrus, ici des migrants venus assombrir le beau dîner.Mathieu Kassovitz, acteur et cinéaste (La haine), dira qu\u2019il faut aimer le cinéma de Michael Haneke pour travailler avec lui.« Il possède une vision de ce qui passe entre les lignes, af- firme-t-il.On devient un peu des éponges à ses côtés.Il possède un amour pur du cinéma comme j\u2019ai rarement vu chez un cinéaste.» «Les metteurs en scène sont les acteurs les plus agréables qui soient, sourit Haneke.Ils comprennent la complexité de l\u2019affaire.» Il l\u2019admet dans un euphémisme : «Le film exprime une certaine amertume face à cette manière de s\u2019occuper de son nombril et pas de la vie qui nous entoure.Le sujet, c\u2019est notre façon de vivre.Notre autisme.On est inondés par des informations qui nous rendent de plus en plus sourds et aveugles à tout le reste, avec l\u2019illusion d\u2019être informés.Avant, un paysan connaissait un coin de son village.Aujourd\u2019hui, grâce à Internet, chacun ne capte que des sur faces, alors qu\u2019on ne connaît vraiment que ce qu\u2019on a vécu.Mon approche n\u2019est pas désespérée, mais réaliste.» À Cannes où la vie artificielle des fêtes au champagne parmi les riches et célèbres occupe le devant de la scène, avec les mesures de sécurité inouïes en remparts pour nantis, on se dit que la vie est le cinéma et le cinéma, la vie.Certains ont hué Happy End, mais, par-delà ses carences de construction, c\u2019était passer à côté d\u2019un terrible cri de douleur.On en entend l\u2019écho dans ce festival doré en posture de bunker assiégé qui danse sur un volcan, mais tremble de peur.Le Devoir Odile Tremblay est à Cannes à l'invitation du Festival.On est inondés par des informations qui nous rendent de plus en plus sourds et aveugles à tout le reste Michael Haneke, cinéaste « » SUITE DE LA PAGE 1 CANNES (MDN) ainsi que ceux d\u2019Alain Vadeboncœur et de Karel Mayrand.Tous deux avaient participé aux côtés de Gabriel Nadeau-Dubois à la tournée Faut qu\u2019on se parle au fil des derniers mois.Le directeur général pour le Québec de la Fondation David Suzuki, Karel Mayrand, a dit «ressen[tir] une énorme déception devant un parti qui veut faire les choses autrement, mais qui réagit exactement comme tous les autres ».« Les compromis sont indispensables pour diriger un pays, et c\u2019est avec les adversaires qu\u2019on fait des compromis, pas avec les amis », a écrit quant à lui le « médecin d\u2019urgence quelque peu dispersé », Alain Vadeboncœur.«Les attaques sont solides», a lâché Mme Massé devant les militants qui étaient rassemblés dans un auditorium de l\u2019UQAM lundi afin de parachever le programme politique de QS après 11 ans de dur labeur.Pour plusieurs alignés et non-alignés, QS a infligé dimanche une sévère leçon au PQ pour avoir trahi la popula- t i o n q u é b é c o i s e e n « cli- gnot[ant] à gauche avant de virer à droite » une fois au pouvoir, mais, ce faisant, a puni les progressistes québécois en éloignant la perspective d\u2019une défaite du PLQ.L\u2019élue péquiste Véronique Hivon s\u2019est dite désagréablement «surprise» de voir les délégués de QS «s\u2019accroche[r] autant au passé» afin de justifier leur refus d\u2019amorcer des discussions avec le PQ pour se doter d\u2019un «outil supplémentaire pour maximiser les chances» de chasser les libéraux du pouvoir.«Est-ce que tout a été parfait ?Non, parce que, savez-vous quoi [\u2026] quand vous gouvernez, vous en faites, des erreurs.C\u2019est le prix à payer pour gouverner, puis essayer de faire des choses pour le mieux.[Et], on a fait des choses incroyables », a-t-elle déclaré dans un entretien avec Le Devoir lundi.Selon elle, les délégués de QS ont fait fi dimanche après-midi de la volonté des sympathisants solidaires, qui appuieraient à hauteur de 87 % une alliance électorale PQ-QS, selon un sondage Léger-Le Devoir-Le Journal de Montréal.«On s\u2019attendait à ce qu\u2019ils acceptent au moins de s\u2019asseoir pour travailler.» «Entente de principe» gardée secrète?Par ailleurs, plus d\u2019un militant solidaire s\u2019expliquait mal lundi soir pourquoi la direction de leur parti n\u2019a pas dit mot de l\u2019« entente de principe » signée par leur ex-président Andrés Fontecilla et les représentants du Parti québécois, d\u2019Option nationale et du Bloc québécois ni sur une « feuille de route » pour accéder à l\u2019indépendance.Radio-Canada en a révélé l\u2019existence lundi après-midi a lors que l a p lupar t des congressistes avaient déjà plié bagage.L\u2019accord de principe intervenu à la Table des Organisations unies pour l\u2019indépendance (OUI Québec) aurait certainement été un « élément supplémentaire » qui aurait contribué à la réflexion des délégués de QS sur les alliances électorales, est d\u2019avis Mme Hi- von.«Nous avons été contraints de retarder la divulgation publique, contrairement à ce qu\u2019on aurait souhaité par transparence pour nos membres », s\u2019est-elle contentée d\u2019ajouter.Mouvement large QS a l\u2019ambition de fédérer le mécontentement envers le gouvernement libéral, notamment en mettant sur pied «un mouvement politique large comme on n\u2019en a pas vu longtemps au Québec».Le parti politique \u2014 qui recueille 13% des intentions de vote \u2014, fait notamment le pari qu\u2019il parviendra en un an et demi à faire le plein d\u2019appuis d\u2019électeurs traditionnels du PLQ, notamment les personnes racisées, qui ont été blessées par la charte des valeurs québécoises.« Nous sommes le seul parti qui puisse s\u2019adresser à ces gens-là [issus de la diversité.Le PLQ] vous abandonne systématiquement là où l\u2019inclusion devrait compter le plus, c\u2019est-à-dire sur le terrain des conditions de vie, des conditions de travail », a-t-il répété.La membre du comité antiraciste de QS Dalila Awada avait convaincu ses consœurs et confrères de ne pas succomber au « chant des sirènes des gains électoraux » en misant sur des pactes de non-agression avec le PQ.Le parti politique dirigé par Jean-François Lisée « por te en lui ces deux bêtes » : « le néolibéralisme » et « le racisme ».« Pour les communautés racisées au Québec, l\u2019ennemi est double », avait-elle déclaré durant le débat.Le soc iologue Math ieu Bock-Côté a roulé des yeux.« L e - t r i s t e - é p i s o d e - d e - l a - Char te-des-valeurs.Le-triste- épisode-de-la-Char te-des-va- leurs.Répétons cela à l\u2019infini.C\u2019est ainsi qu\u2019on fabrique un mensonge collecti f , auquel chacun est obligé de croire, sous peine de passer pour un infréquentable.Qui s\u2019imagine que la propagande est morte, dans notre société ?» a-t-il demandé sur Facebook.Gouin: «premier test» Gabr iel Nadeau-Dubo is consentira toute son énergie à se faire élire lundi prochain dans la circonscription de Gouin.Cette élection partielle constituera un « premier test » post-congrès pour QS, a fait valoir Mme Massé.Selon elle, la victoire n \u2019est pas acquise à l\u2019heure actuelle pour Gabriel Nadeau-Dubois.«Ça ne se fera pas par magie, OK ! Il y a des gens qui sont choqués après nous parce qu\u2019ils n\u2019ont pas encore compris ou ils n\u2019ont pas encore confiance [dans le fait] que Québec solidaire va gouverner», a-t-elle affirmé avec force.Le PQ pourrait-il jouer les trouble-fête en dépit de l\u2019absence de candidat péquiste dans la course?Véronique Hi- von s \u2019abstient d \u2019appeler les électeurs de Gouin à voter blanc.« On les invite à voter pour le candidat ou la candidate qui est le plus proche de leurs aspirations», a-t-elle lancé.Le Devoir JACQUES NADEAU LE DEVOIR Manon Massé et Gabriel Nadeau-Dubois SUITE DE LA PAGE 1 SOLIDAIRE Isabel Hodgkin, qui assistait elle aussi au concer t, a déclaré à la chaîne de télévi- s ion Sky News : « Tout le monde paniquait, ça poussait dans les escaliers.» « Le couloir était plein de monde, il y avait une odeur de brûlé, il y avait beaucoup de fumée pendant qu\u2019on sortait », a-t- elle dit .Rober t Tempkin, 22 ans, a déclaré à la BBC : « Tout le monde criait et courait, il y avait des manteaux et des téléphones sur le sol, les gens ont tout abandonné» dans le mouvement de panique.Gary Walker et sa femme, de la ville de Leeds, attendaient dans le hall de l\u2019aréna de Manchester leurs deux filles qui assistaient au concert.Ils ont entendu la dernière chanson.Des spectateurs ont commencé à sortir de la salle quand ils ont vu un flash et entendu une explosion.« J\u2019ai eu un peu mal à mon pied et ma jambe, a dit M.Walker.Ma femme a dit qu\u2019elle devait s\u2019allonger.Je l\u2019ai aidée à se coucher.Elle a une blessure à l\u2019estomac et peut-être une fracture à une jambe.J\u2019étais à environ trois mètres de l\u2019explosion.Je suis étonné de m\u2019en être tiré avec peu de dommages.» Le couple a attendu les secours pendant une heure environ.Leurs deux filles sont saines et sauves même si elles ont été prisonnières de la foule en panique après l\u2019explosion.Elles ont pu avertir leurs parents par téléphone.Solidarité et alerte Sur les ondes de la radio BBC 5 et sur Twitter, des personnes cherchaient encore leurs proches plus de trois heures après l\u2019événement.Sur les réseaux sociaux, des Mancuniens offraient d\u2019accueillir sous leur toit les personnes sous le choc, grâce au mot-clic dédié #Room- formanchester.Deux hôtels de la zone avaient également recueilli des dizaines d\u2019enfants séparés de leurs parents au moment de l\u2019explosion.Le réseau social Facebook a activé son ser vice Safety Check pour la ville de Manchester après l \u2019explosion.Cette fonction permet aux usagers de donner rapidement des informations à ses «amis» du réseau en cas de crise.Les gens peuvent alors savoir si un de leurs proches se trouve dans la zone touchée et dans quel état il se trouve.Le maire du grand Manchester, Andy Burnham, s\u2019est adressé aux citoyens par gazouillis : « Mon cœur est avec les familles qui ont perdu un être cher, mon admiration va aux services d\u2019urgence courageux.Une nuit terrible pour notre grande ville.» «S\u2019il s\u2019agit d\u2019une attaque terroriste, il s\u2019agit d\u2019un acte aussi monstrueux que profondément futile, a dit Richard Leese, qui dirige le Conseil de Manchester.Notre ville est fière et forte et nous ne permettrons pas à ceux qui cherchent à semer la peur et la division d\u2019atteindre leurs objectifs.» Le premier ministre Justin Trudeau a également incité les Canadiens à accompagner en pensées les victimes et leur famille.Rappelons que le 22 mars dernier, un attentat a eu lieu dans le quartier Westminster, où est situé le parlement du Royaume-Uni.Une voiture avait d \u2019abord renversé plusieurs passants sur le pont de Westminster en plein après- midi.Une minute plus tard, le même homme, descendu de sa voiture, a poignardé mortellement un policier, avant d\u2019être abattu par la police britannique.Au total, six personnes sont mortes, dont l\u2019assaillant.Le niveau de menace terroriste a été relevé de « substan- t i e l » à « s é v è r e » d e p u i s août 2014, soit quelques semaines après l\u2019engagement du Royaume-Uni à combattre le groupe armé État islamique à l\u2019intérieur de la coalition internationale.Ce niveau d\u2019alerte signifie qu \u2019une attaque est «hautement probable ».Les leaders des partis d\u2019opposition ont aussi exprimé leurs condoléances.La campagne électorale actuelle a été suspendue jusqu\u2019à nouvel ordre.Avec Stéphane Baillargeon et l\u2019Agence France-Presse Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 TERREUR De son côté , le premier ministre Philippe Couillard a salué la décision des délégués de QS de tour ner le dos à toute alliance stratégique avec le PQ.Les partisans de pactes entre le PQ et QS ont af fiché « une certaine désinvolture » à l\u2019égard de l\u2019électorat québécois, selon lui.« On met sur papier des alliances qui sont contre nature politiquement si vous regardez les dif férentes orientations des dif férents partis », a-t-il soutenu en marge de sa mission en Israël et en Cisjordanie lundi.Couillard salue la décision PETER BYRNE / PA VIA ASSOCIATED PRESS Le niveau de menace terroriste a été relevé de « substantiel » à « sévère» depuis août 2014 en Grande-Bretagne."]
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