Le devoir, 5 juin 2017, Cahier A
[" V O L .C V I I I N o 1 2 4 L E D E V O I R , L E L U N D I 5 J U I N 2 0 1 7 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S AUJOURD\u2019HUI Actualités \u203a La CSN revoit ses stratégies.La centrale a perdu quelque 20 000 membres récemment.Page A 4 Sur la route \u203a Quel transport collectif pour la Ville de Québec?Les consultations publiques commencent.Page B 5 Avis légaux.B 2 Décès.B 6 Météo.B 5 Mots croisés.B 5 Petites annonces .B 6 Sudoku.B 4 Couillard jette les bases de sa campagne 2018 Page A 3 Dolan ra?e la mise au Gala Québec Cinéma Page B 8 ?w w w .l e d e v o i r .c o m La vérité, c\u2019est que Le Devoir a besoin de vous.« On a besoin du Devoir parce qu\u2019on a besoin de vérité » ANNE-ÉLISABETH BOSSÉ jesoutiens .com DANIEL LEAL-OLIVAS AGENCE FRANCE-PRESSE Toute la journée dimanche, les forces policières ont poursuivi l\u2019enquête sur les lieux de l\u2019attentat.La veille, une camionnette-bélier avait foncé sur des passants qui circulaient sur le pont de Londres avant de s\u2019immobiliser devant un pub situé à la sortie du pont.Trois hommes sont ensuite sortis de la camionnette pour attaquer les fêtards au couteau en invoquant Allah.D A V E N O Ë L M A R C O B É L A I R - C I R I N O à l\u2019Assemblée nationale L e gouvernement québécois (re-)montera au front afin de repousser sa frontière nordique, mais seulement après avoir trouvé des alliés au nord du 49e parallèle.Il compte sortir des « sentiers battus» afin de convaincre Ottawa de réviser le tracé de sa frontière septentrionale, qui est actuellement verrouillée aux basses eaux de la baie d\u2019Hudson, peut-on lire dans la Politique d\u2019affirmation du Québec et de relations canadiennes dévoilée jeudi.« Je ne négocie pas avec Ottawa, là.Je suis en train de monter un document», a indiqué le ministre responsable des Relations canadiennes, Jean-Marc Fournier, dans un entretien avec Le Devoir.« J\u2019ai dit aux Cris qu\u2019une fois qu\u2019on aurait notre documentation, ce serait vers eux que nous irions en premier.Alors, je n\u2019irai pas à Ottawa avant d\u2019aller voir ces gens-là.» Les Cris attendent un appel de sa par t, a indiqué leur porte-parole.La rectification de la frontière de près de 3000 km était l\u2019une des requêtes adressées par le gouvernement Couillard aux par tis politiques fédéraux lors de la campagne électorale de 2015.« Il devient urgent de discuter de cette question », écrivait le premier ministre Philippe Couillard dans l\u2019annexe de sa lettre \u2014 qui est aujourd\u2019hui introuvable sur son site Web officiel.« On essaie de la retracer dans des vieux backups», explique le directeur des communications du ministère du Conseil exécutif, Jérôme Thibodeau.Il y a un peu moins de deux ans, M.Couillard exigeait le prolongement de la frontière au-delà du rivage de la baie d\u2019Hudson.« Il s\u2019agit de la seule demande du premier ministre pour laquelle les trois principaux partis politiques fédéraux n\u2019ont appor té aucune réponse », rappelle une note d\u2019information du Se- Québec veut repousser sa frontière nordique J E S S I C A N A D E A U U ne école primaire tente un nouveau modèle, visant à mettre en application les nouvelles pratiques pédagogiques et les savoirs scientifiques dans l\u2019enseignement quotidien, et ce, sous la supervision de chercheurs universitaires, qui pourront documenter le tout.L\u2019école, qui n\u2019a pas encore de nom, ouvrira ses portes à Terrebonne en septembre prochain.«Pourquoi, en éducation, n\u2019avons-nous pas le même modèle que les hôpitaux universitaires, qui permettent de retrouver dans un même endroit de vrais élèves, des enseignants à jour dans les pratiques probantes, des stagiaires et des universitaires qui vont pouvoir observer les dif ficul- tés et les défis rencontrés dans les classes afin de mettre en relation la pratique et le savoir?» C\u2019est à la suite de cette réflexion que France- Lyne Masse, directrice des ressources éducatives à la Commission scolaire des Affluents, a eu l\u2019idée de cette nouvelle «école universitaire au primaire».Depuis deux ans, la commission scolaire travaille donc sur ce projet en collaboration avec le Département des sciences de l\u2019éducation de l\u2019Université du Québec à Trois-Rivières, qui a été choisi comme partenaire de ce projet, qu\u2019elle Une école universitaire au primaire Un établissement nouveau genre verra le jour à Terrebonne en septembre C H R I S T I A N R I O U X à Londres C e dimanche n\u2019était pas un dimanche de printemps normal sur les bords de la Tamise alors que la Grande-Bretagne pansait ses plaies après avoir été terrassée par un troisième attentat islamiste en trois mois, qui a fait 7 victimes et 48 blessés.Pendant que plusieurs victimes étaient toujours entre la vie et la mort, les badauds étaient beaucoup moins nombreux qu\u2019à l\u2019habitude sur les quais de la rive gauche.Mais ils étaient venus de tous les quartiers de Londres rendre hommage aux innocents fauchés la veille par une ca- mionnette-bélier sur le pont de Londres ou assassinés à coups de couteau dans les bars de Borough Market, sur la rive sud de la capitale.Frappée pour la troisième fois en trois mois, dimanche, la Grande-Bretagne n\u2019entendait pour tant pas céder à la peur et encore moins annuler une campagne électorale qui doit se terminer jeudi.Sortant de sa réserve, ATTENTAT DE LONDRES «Assez, c\u2019est assez » Theresa May estime qu\u2019il faut renforcer la lutte contre le radicalisme islamiste MEHDI FEDOUACH AGENCE FRANCE-PRESSE Le fait de travailler en collaboration avec des universitaires va permettre de garder les enseignants à jour dans leur approche pédagogique, espère une responsable du projet.VOIR PAGE A 8 : ÉCOLE VOIR PAGE A 8 : LONDRES Lire aussi \u203a Extrémisme islamique.La chronique de François Brousseau.Page B 1 Une influence importante.Le pouvoir du groupe EI ne faiblit pas.Page A 2 Trump soulève un tollé.Le président s\u2019en prend au maire de Londres.Page A 2 VOIR PAGE A 8 : FRONTIÈRE L E D E V O I R , L E L U N D I 5 J U I N 2 0 1 7 A T T E N T A T D E L O N D R E S A 2 S A R A H R .C H A M P A G N E P our la troisième fois en moins de trois mois, le groupe armé État islamique (EI) a revendiqué un attentat par voie de communiqué diffusé par son organe de presse, dimanche soir.S\u2019il est difficile de confirmer ce lien avec les informations disponibles, l\u2019attentat de Londres démontre que le pouvoir d\u2019influence du groupe EI ne faiblit pas.Dans sa déclaration de dimanche, la première ministre britannique, Theresa May, a af firmé que les trois attaques terroristes récentes « ne sont pas connectées à un réseau commun », mais qu\u2019elles sont « unies par une seule idéologie diabolique de l\u2019islamisme extrémiste ».Impossible de savoir au moment d\u2019écrire ces lignes si les attaquants faisaient effectivement par tie d\u2019une cellule du groupe EI ou si l\u2019attaque avait été planifiée, coordonnée ou commandée depuis l\u2019Irak ou la Syrie.Mais l\u2019attaque de samedi semble du moins « inspirée » par le groupe EI, avance Thomas Juneau avec beaucoup de prudence.« Un des éléments du message du groupe EI est de mener des attaques technologiquement simples, contre des cibles vulnérables, qui demandent peu d\u2019expertise technique», explique le professeur de l\u2019École supérieure d\u2019affaires publiques et internationales de l\u2019Université d\u2019Ottawa.Une camionnette et des couteaux.Les vestes d\u2019explosifs portées par les trois tueurs, elles, étaient fausses.Ce mode opératoire, qui nécessite peu de préparation et pas d\u2019attirail sophistiqué, n\u2019est pas sans rappeler plusieurs autres attentats: Nice, Berlin, Stockholm et Londres, dans le quar tier de Westminster, il y a à peine plus de deux mois.Autre indice que les assaillants de samedi auraient pu se réclamer de cette filiation : l\u2019invitation du groupe ter roriste depuis au moins deux ans à augmenter la cadence des attaques en période de ramadan, qui s\u2019étend du 26 mai au 24 juin cette année.La veille du mois sacré de l\u2019islam, le porte-parole actuel du groupe armé a fait circuler une déclaration vidéo de 12 minutes dans laquelle il répétait que les civils occidentaux étaient des cibles légitimes.Force de propagande Les campagnes militaires à Mossoul et à Raqqa avancent bien.La reprise de ces deux fiefs du groupe EI par la coal i t ion inter nationale « est maintenant une question de semaines », indique Thomas Juneau.Est-ce à dire que le groupe, dans ses derniers retranchements, transférera son attention vers l\u2019international ?Attention au parallèle, prévient le professeur : « La prise de Mossoul ne marquera pas la fin du groupe EI, mais plutôt sa transformation progressive en une insurrection classique, et de moins en moins comme une tentative d\u2019être un État.» La bataille territoriale est donc en voie d\u2019être perdue pour le groupe EI, mais pas celle, symbolique, de son influence.Au contraire, c\u2019est bien là où le groupe État islamique ne s\u2019est pas af faibli et « récolte les fruits semés depuis plusieurs années», explique M.Juneau.Avant même la proclamation de son « califat islamique » en juin 2014, des cellules en Syrie et en Irak étaient déjà à l\u2019œuvre, non seulement pour organiser des attentats à l\u2019étranger directement, mais aussi de façon indirecte pour mettre sur pied un énorme appareil de propagande, notamment sur les réseaux sociaux.« Pour l\u2019inspiration d\u2019attaques comme celle-ci, dans le cas du groupe EI ou de n\u2019importe quel autre phénomène politique, il faut construire un message, le faire circuler et le peaufiner pour rejoindre le plus de gens possible.Et le groupe armé fait preuve de beaucoup de compétences en la matière», note le spécialiste.Cet aspect psychologique continuera à influencer des individus ou des groupes à passer à l\u2019action.Rappelons que la Grande- Bretagne est également engagée dans la lutte aux djiha- distes en Irak et en Syrie.Au lendemain de l\u2019attentat de Manchester, le chef de l\u2019opposition, Jeremy Corbyn, avait d\u2019ailleurs reproché au gouvernement actuel sa politique étrangère au Moyen-Orient.L\u2019héritage colonial ne serait pas étranger non plus à la haine vouée par les djihadistes aux Britanniques.Il y a trois ans, lors de la proclamation de son califat, le groupe EI avait fait circuler une vidéo appelée « La fin de Sykes-Picot », faisant référence à l\u2019entente conclue entre la France et la Grande-Bretagne après la Première Guerre mondiale pour se partager les territoires de l\u2019Empire ottoman, signant son démembrement.Le Devoir Le pouvoir d\u2019influence du groupe EI ne faiblit pas Vendredi 9 juin 2017 de midi à 14 h Assistez au déjeuner- causerie du maire de Montréal, Denis Coderre, pour sa traditionnelle allocution de juin Déjeuners-causeries Desjardins Présenté par : En collaboration avec : Denis Coderre Maire de Montréal Président Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) Inscrivez-vous ccmm.ca/dc_deniscoderre Montréal, en pôle position JOHN MACDOUGALL AGENCE FRANCE-PRESSE La porte de Brandebourg à Berlin, ville qui a elle aussi subi un attentat revendiqué par le groupe EI, en décembre dernier, a été illuminée aux couleurs du drapeau britannique, dimanche.S H A H Z A D A B D U L à Washington Donald Trump s\u2019en est pris dimanche au maire de Londres, Sadiq Khan, l\u2019accusant en substance de ne pas prendre au sérieux la menace terroriste au lendemain de l\u2019attentat qui a frappé la capitale britannique, provoquant une passe d\u2019armes politique.Ces critiques du président des États-Unis contre l\u2019édile londonien et les tweets samedi soir du milliardaire républicain en réponse aux attaques ont suscité de vives condamnations aux États-Unis et à l \u2019étranger, M.Tr ump étant accusé de faire de la récupération politique.«Au moins 7 morts et 48 blessés dans un attentat terroriste et le maire de Londres dit qu\u2019il n\u2019y a \u201cpas de raison d\u2019être alarmés\u201d!» s\u2019est-il indigné dans une série de tweets matinaux.«Nous devons cesser d\u2019être politiquement corrects et nous mettre au travail sur la sécurité pour nos concitoyens.Si nous ne sommes pas malins, cela ne fera qu\u2019empirer », a encore écrit l\u2019homme d\u2019affaires.Le porte-parole du maire de Londres a dénoncé aussitôt un «tweet mal informé qui sort délibérément de leur contexte » les propos tenus par Sadiq Khan.« Le maire est occupé [\u2026] avec la police, les services d\u2019urgence et le gouvernement pour coordonner la réponse à cet acte terroriste horrible et lâche [\u2026].Il a mieux à faire que de répondre à Donald Trump», a-t-il dénoncé dans un communiqué.Dans son contexte Le maire de Londres s\u2019exprimait en fait sur le renforcement de la sécurité dans les rues de Londres, dans une entrevue à la BBC : « Vous allez voir une présence policière renforcée aujourd\u2019hui, y compris des of ficiers armés et d\u2019autres en uniformes, avait-il déclaré, dans un appel au calme.Il n\u2019y a pas de raison d\u2019être alarmés par cela.» Sadiq Khan avait par ailleurs condamné «dans les termes les plus forts possibles » les « actes barbares » de Londres, dix jours après l\u2019attentat de Manchester (22 morts).Prenant le contre-pied de Donald Trump, l\u2019ambassade américaine à Londres a quant à elle, dans un tweet, « loué le leadership du maire de Londres au moment où il conduit la ville après cet attentat odieux».Récupération politique Aux États-Unis, l\u2019opposition et les ONG dénoncent la récupération politique par Donald Trump de l\u2019attentat.Sa première réaction sur Twitter, avant même d\u2019appor ter son soutien à Londres, avait été de souligner la nécessité d\u2019adopter son très controversé décret migratoire, actuellement bloqué en justice.« Nous avons besoin que les tribunaux nous rendent nos droits.Nous avons besoin du décret migratoire comme niveau supplémentaire de sécurité ! » avait tweeté le magnat de l\u2019immobilier.Cecillia Wang, une responsable de la puissante organisation pour les droits civiques ACLU, avait immédiatement répliqué : « Nous devons être indignés quand un président exploite un crime terrible pour promouvoir sa politique discriminatoire et illégale.» Agence France-Presse Donald Trump s\u2019en prend au maire Sadiq Khan DANIEL LEAL-OLIVAS AGENCE FRANCE-PRESSE Le maire de Londres, Sadiq Khan «La prise de Mossoul ne marquera pas la fin du groupe EI» L E D E V O I R , L E L U N D I 5 J U I N 2 0 1 7 ACTUALITES A 3 O ubliez la hausse du salaire minimum.Oubliez-la.Elle n\u2019est absolument pas raisonnable.Une augmentation de la pitance minimale encouragerait plusieurs effets pervers.Celui non négligeable, par exemple, de soutenir outrageusement la paresse légendaire des étudiants.Plus d\u2019argent dans leur poche contribuerait à les éloigner de leurs études.Du moins, c\u2019est ce qu\u2019on a pu entendre ici et là au cours des derniers mois.Chacun sait que les études réussies sont nourries au sein d\u2019une pauvreté bien assumée.Le sachant bien, ce n\u2019est sans doute pas pour rien que le gouvernement s\u2019est employé ces dernières années à sabrer l\u2019éducation, quitte à offrir quelques bonbons à des fins de consolation.La seule évocation de l\u2019idée d\u2019une hausse du taux horaire effraie les entreprises, rappelait la semaine dernière Mario Dumont du haut de son autorité.Vouloir le faire relève d\u2019ailleurs d\u2019une simple démarche électoraliste, expliquait-il, lui qui, sur le sujet, en connaît un rayon.Ce ne serait que des munitions, ajoutait Dumont, pour un Gabriel Nadeau-Dubois.Car à quoi bon favoriser le bonheur général à travers des élections?Reste qu\u2019en Ontario, le salaire horaire minimum continue de croître dans cet horizon du 15$ d\u2019ici 2019.Mais au Québec, dit-on, nous n\u2019avons pas les reins aussi solides que nos voisins.Pour paraphraser Philippe Couillard, être Québécois de la sorte, c\u2019est sans doute notre façon bien à nous d\u2019être Canadiens.Oubliez donc l\u2019augmentation du salaire minimum.On vous appellera en temps et lieu pour vous encourager à compenser par une charité privée la pauvreté institutionnalisée.Dans son rapport, la protectrice du citoyen a noté que les programmes sociaux ont déjà été sabrés au Québec au point de mettre en péril plus que jamais des individus déjà fragilisés.Il est facile de verser de belles larmes de crocodile sur ces pauvres gens quand on a de grandes dents.Même l\u2019Église catholique s\u2019y est souvent adonnée.Vous connaissez l\u2019histoire de François d\u2019Assise?En 1226, alors dans la jeune quarantaine, il meurt après avoir demandé pardon à son corps, ce pauvre frère, dit-il, qu\u2019il a fait souf frir comme un âne.Moins de deux ans après sa mort, immensément populaire, cet homme près des humbles est canonisé.On entreprend alors la construction d\u2019une église monumentale à sa gloire.Tous les plus grands artistes de l\u2019Italie sont mis à contribution.Une façon pour le moins étrange de perpétuer la mémoire de cet homme qui soutenait que, si les renards ont leur tanière et les oiseaux du ciel leur nid, les hommes n\u2019ont pour eux que leur capacité de se soutenir les uns les autres.Il n\u2019est pas anodin de signaler qu\u2019un des plus brillants révolutionnaires québécois des années 1960, Pierre Vallières, l\u2019auteur de Nègres blancs d\u2019Amérique, avait d\u2019abord été pétri par la misère d\u2019une des municipalités les plus pauvres du pays, Jacques-Cartier, avant de revêtir la bure de novice chez les franciscains.François d\u2019Assise a refondé en quelque sorte la morale sociale.Mais dans l\u2019Italie du XIIIe siècle, ses idées vont être largement détournées par l\u2019Église, laquelle prend alors part à l\u2019édification du système bancaire et des sociétés par actions.Ceux des disciples de François d\u2019Assise qui continuent malgré tout de défendre après sa mort l\u2019idée d\u2019une société plus juste où tout ne repose pas sur le pouvoir de l\u2019argent accumulé par quelques-uns sont sommairement jugés puis brûlés à titre d\u2019hérétiques.Une fable célèbre montre comment François d\u2019Assise avait réussi à contrer l\u2019action d\u2019un loup féroce qui terrifiait la population de Gubbio.Il avait tout bonnement réussi à convaincre l\u2019animal de cesser de dévorer les humains en échange d\u2019une ration de nourriture quotidienne.C\u2019est à croire aujourd\u2019hui que, pour ceux qui exploitent la forêt sociale, la population joue le rôle de bête féroce.Le salaire minimum joue ainsi cette fonction de ration propre à pacifier la bête féroce.Comment amadouer et contenter cette bête tout en lui offrant le moins possible?De tout temps, la population se fait chanter sur tous les tons qu\u2019il convient de ne pas être trop gourmand.C\u2019est le cœur sur la main que des gens qui prêchent le raisonnable font leur miel sur son dos en lui recommandant de se priver de sucre.Cela donne parfois lieu à de très beaux discours.Celui par exemple de Guy Cormier, nouveau grand patron du Mouvement Desjardins.Il affirmait la semaine dernière qu\u2019«on ne peut plus continuer comme ça».Il disait: «On ne peut plus s\u2019en remettre à la seule loi du marché, au laisser-faire ou aux trickle-down economics.Parce que la richesse, ça ne percole pas automatiquement jusqu\u2019au bas de la pyramide des revenus.» En 2016, le patron de Desjardins a touché 2,07 millions de dollars pour ses fonctions.Un peu moins que sa prédécesseure, Monique Leroux, qui réclamait de la population qu\u2019elle se serre la ceinture.À 15$ l\u2019heure, il faudrait travailler sans répit pendant 75 ans pour toucher le salaire d\u2019une seule année de M.Cormier.Quand des millionnaires pareils, le cœur sur la main, finissent par convaincre leurs semblables qu\u2019il faut lâcher le morceau de viande et accorder 15$ l\u2019heure pour que la bête sociale accepte de ne pas les mordre, ils se considèrent d\u2019ordinaire comme des bienfaiteurs de l\u2019humanité et s\u2019attendent à ce qu\u2019on les remercie.Reste que la mondialisation sans foi ni loi de la misère continue.Pourquoi ne jamais parler aussi d\u2019un salaire maximum?jfn@ledevoir.com Sans foi JEAN-FRANÇOIS NADEAU M A R I E - M I C H È L E S I O U I Correspondante parlementaire à Trois-Rivières I l devait officiellement servir à faire le point sur le militantisme et l\u2019implication citoyenne, mais le Conseil général spécial du Parti libéral du Québec (PLQ) aura plutôt permis cette fin de semaine de mettre la table pour la prochaine campagne électorale.Plus de congés payés, plus de femmes parmi les candidats, une façon plus simple de s\u2019impliquer au parti et ce rappel qu\u2019«être Québécois, c\u2019est notre façon d\u2019être Canadiens» : à 16 mois des élections, le PLQ a dévoilé les grandes lignes du message qu\u2019il devrait mettre de l\u2019avant en 2018.Seuls les chiffres de son effectif, en chute libre, sont venus assombrir la journée.Résumé en cinq points.Un recrutement difficile.L\u2019effectif du PLQ est en baisse depuis «plusieurs mois » ; assez pour que son président, Gilbert Grimard, ait fait état de « chif fres très préoccupants ».« Il y a une baisse, mais on est en recrutement actuellement », a confirmé le premier ministre, Philippe Couil- lard.Cette diminution de l\u2019effectif a commencé « il y a plusieurs mois », a-t-il ajouté.Selon la rumeur, le PLQ compte désormais 30 000 membres.Au micro, devant les militants, le whip Stéphane Billette a parlé d\u2019une perte de 40 000 membres en 10 ans.Un rapport du président sortant de la Commission politique nationale du PLQ, Jérôme Turcotte, faisait état de 37 000 membres au 31 décembre 2015.Tout por te donc à croire que ce nombre a diminué.En comparaison, le Parti québécois (PQ) avance avoir 90 000 membres.Québec solidaire (QS) dit en compter environ 10 000, mais prétend que ce chiffre a bondi à 14 000 depuis l\u2019entrée en scène de Gabriel Nadeau-Dubois.La Coalition avenir Québec (CAQ) recensait 11 500 membres en janvier.Plus de vacances?Le premier ministre est revenu à la charge avec sa proposition d\u2019augmenter le nombre de congés payés pour les travailleurs québécois.Dans son allocution de clôture, il a révélé avoir rencontré les «associations patronales», qui se sont engagées à «travailler» à l\u2019atteinte de cet objectif.«[Au départ], évidemment, elles ne sautaient pas de joie, je ne vous conterai pas d\u2019histoires», a-t-il commencé.«Par contre, quand je leur ai expliqué: vous avez avantage à avoir des employés plus productifs, vous avez avantage à offrir ça pour retenir vos employés également, avec une pénurie de main-d\u2019œuvre qu\u2019on connaît dans toutes les régions, ils ont dit : c\u2019est vrai.» Philippe Couillard avait déjà évoqué la possibilité d\u2019augmenter le nombre de congés payés dont bénéficient les Québécois la semaine dernière.La Loi québécoise sur les normes du travail prévoit actuellement une semaine de vacances pour un employé qui compte une année de service chez un employeur.Ce nombre passe à trois après cinq ans.Plus de femmes?Le chef du PLQ s\u2019est aussi engagé samedi à faire avancer son parti, « le plus possible, dans la zone de parité» en présentant davantage de candidatures féminines aux élections de 2018.Il a demandé aux militants de s\u2019engager avec lui à faire en sorte qu\u2019au moins 40 % des candidats aux prochaines élections soient des femmes.Pas question, cependant, de désigner des candidates.«Déjà, je pense qu\u2019on a de l\u2019ambition en voulant augmenter, améliorer nos résultats », a-t-il affirmé.«On ne va pas demander à des députés de par tir parce qu\u2019ils sont des hommes.Il ne faut quand même pas exagérer non plus.» Au scrutin de 2014, 35 femmes se sont présentées sous la bannière du PLQ, ce qui équivaut à un ratio de 28%.QS est le seul parti à présenter un nombre équivalent de candidatures masculines et féminines aux élections.Toujours en 2014, le PQ a présenté 37% de candidatures féminines, tandis que la CAQ en a présenté 22%.Des «sympathisants».Le Conseil général spécial aura permis au PLQ de paver la voie à la création d\u2019une nouvelle catégorie de membres : les « sympathisants ».Ce nouveau statut serait en somme moins contraignant que celui de membre : les sympathisants en profiteraient gratuitement, pendant un an.Ils auraient «accès aux communications du PLQ, comme les membres du parti », et pourraient participer aux évé- nements militants, « sans toutefois jouir des droits réservés aux délégués».Un ministre en exil.Deux jours après le dévoilement de la Politique d\u2019af firmation du Québec du PLQ, le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a dit estimer que les Québécois « sont en exil » au sein du Canada, parce qu\u2019ils ne font « pas partie » de la Constitution.« Sur le plan constitutionnel et sur le plan du sentiment d\u2019appartenance des citoyens, et particulièrement des citoyens francophones et québécois au Canada, bien sûr qu\u2019on se sent exilés à l\u2019intérieur du Canada, parce qu\u2019on n\u2019en fait pas partie [de la Constitution] », a-t-il lancé.Il reprenait le mot « exil » mis de l\u2019avant par le politologue Guy Laforest, lui-même cité dans le document présenté jeudi par les libéraux.« Il y a un impair historique », a fait valoir le ministre Barrette, en qualifiant de malheureuse la réaction du premier ministre canadien Justin Trudeau, qui a fermé la por te à des discussions constitutionnelles avant même d\u2019avoir pris connaissance du projet du gouvernement Couillard.« Ça me fait me poser la question : est-ce que, pour le premier ministre du Canada, la Constitution elle-même a une importance ?» a-t-il demandé.« Est-ce que le Québec est simplement une influence au Canada ?Ou est-ce que le Québec est un des piliers incontournables du Canada ?» Le Devoir Philippe Couillard met la table pour 2018 Le Parti libéral a tenu un Conseil général à saveur préélectorale, ce week-end J I M B R O N S K I L L à Ottawa Le ministère de la Défense doit fouiller dans les vieux dossiers des Archives nationales afin de déterminer le nombre de militaires qui ont été contraints de quitter l\u2019armée parce qu\u2019ils étaient homosexuels.Le gouvernement Trudeau a fait part de ses intentions de présenter des excuses aux anciens militaires, espérant faire amende honorable auprès des victimes de discrimination au sein de l\u2019ensemble de l\u2019armée.Ces politiques discriminatoires remontent aux années 1940 alors que les autorités scrutaient la vie privée des employés représentant, selon elles, des risques à la sécurité nationale.Toutefois, le ministère ignore complètement le nombre de personnes qui ont été affectées par ces pratiques discriminatoires de 1969 \u2014 année où l\u2019homosexualité a été officiellement décriminalisée \u2014 jusqu\u2019en 1992, année au cours de laquelle les restrictions contre les homosexuels dans les Forces armées canadiennes ont été abolies.Le service des ressources humaines du ministère ne détient pas d\u2019information sur les orientations sexuelles des militaires.Il n\u2019enregistre pas non de données sur les raisons pour lesquelles une personne a démissionné de l\u2019armée, a reconnu une porte-parole, Suzanne Parker, dans un courriel transmis à La Presse canadienne.«Il est impossible de donner une estimation juste [du nombre de militaires ayant quitté l\u2019armée de 1969 à 1992 à cause de leur orientation sexuelle]», a-t-elle ajouté.En février 2016, une note de service transmise au vice-ministre adjoint de la Défense, obtenue grâce à la Loi d\u2019accès sur l\u2019information, recommandait des efforts « supplémentaires » afin de déterminer le nombre de victimes des pratiques discriminatoires.Le gouvernement pourrait être confronté à une action collective d\u2019un groupe voulant représenter «tous les employés, anciens ou actuels, des Forces armées canadiennes, du gouvernement du Canada ou des sociétés d\u2019État qui ont fait l\u2019objet d\u2019enquêtes ou de sanctions, ont fait face à des menaces de sanction, ont été libérés de leurs fonctions ou congédiés par le gouvernement du Canada à cause de leur orientation sexuelle, de leur identité de genre ou de leur expression de genre, entre le 27 juin 1969 et aujourd\u2019hui».La plongée dans les archives pourrait nécessiter une longue recherche.«On pourrait devoir retrouver et étudier chaque dossier personnel à Bibliothèque et Archives Canada afin de déterminer les circonstances de chaque cas», a dit Mme Parker.Todd Ross est l\u2019un des demandeurs de la requête en recours collectif.Il avait été recruté par les Forces armées à l\u2019âge de 18 ans.Pendant son service, il a fait l\u2019objet d\u2019une enquête de la police militaire.Il a admis être homosexuel alors qu\u2019il subissait un test polygra- phique, une expérience « incroyablement traumatisante pour lui », ont af firmé les avocats dans leur requête.M.Ross a accepté une libération honorable plutôt que passer le reste de sa carrière militaire à effectuer des tâches générales, sans espoir de promotion ou d\u2019avancement.En 1967, les Forces canadiennes formulaient l\u2019ordonnance administrative 19-20 intitulée «Déviation sexuelle \u2014 enquêtes, examens médicaux et mesures à prendre», qui visait à bannir les homosexuels de ses rangs, rappelle la note.Selon des dossiers de l\u2019armée, 43 militaires ont quitté l\u2019armée en vertu de l\u2019ordonnance entre janvier 1985 et janvier 1988, mentionne une autre note interne de mars 2016.Entre 1988 et 1992, année où cette pratique a été abolie, le nombre de militaires révoqués s\u2019élevait à 47.Aucune donnée pour les années précédant 1985 n\u2019est disponible.La Presse canadienne La Défense tente de retracer des victimes de discrimination contre les homosexuels Le Tour de l\u2019île en famille Quelque 25 000 cyclistes étaient du départ du 33e Tour de l\u2019île, dimanche à Montréal.Plusieurs parents ont pro?té de l\u2019événement pour transmettre le plaisir du vélo à leurs enfants en sillonnant les rues de la métropole.Ce jeune garçon avait certainement le meilleur siège en ville pour pro?ter du Tour alors qu\u2019il était installé à l\u2019avant du vélo de son père.JACQUES NADEAU LE DEVOIR L E D E V O I R , L E L U N D I 5 J U I N 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 4 Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 A M É L I E D A O U S T - B O I S V E R T E ncore sous le choc de la perte de 20 000 membres dans le secteur de la santé, la Centrale des syndicats nationaux (CSN) s\u2019attelle à se rapprocher des préoccupations de ses membres dans le but avoué de « se débarrasser de l\u2019austérité libérale au Québec » aux prochaines élections, affirme son président, Jacques Létourneau.En entrevue avec Le Devoir en vue du congrès de la CSN qui se déroulera à Montréal du 5 au 9 juin, M.Létourneau explique que la grande centrale syndicale souhaite adopter une démarche dif férente pour l\u2019élaboration de sa plate- forme de revendications pour les élections, qui doivent avoir lieu à l\u2019automne 2018.« On ne se mêle pas de politique par tisane, mais tout le reste, on va le faire, lance M.Létourneau.L\u2019objectif est de convaincre les militants et les militantes que, plus que jamais, il faut parler de politique dans les milieux de travail.Il faut faire comprendre aux travailleurs que, même si tu es dans le milieu de l\u2019éducation, ce qui se passe dans l\u2019usine d\u2019à côté te rejoint nécessairement.» Cet automne, les assemblées générales des syndicats affiliés à la CSN seront invitées à transmettre une ou deux de leurs préoccupations à la centrale.«On veut que les travailleurs, monsieur madame Tout- le-Monde, se prononcent pour parler d\u2019autre chose que de la convention collective et des griefs », explique M.Létour- neau.«On veut se rapprocher de leur réalité.Par exemple, les employés de la SAQ sont peut-être préoccupés par la déréglementation de la vente d\u2019alcool.On dit aux gens, la revendication que vous allez identifier, on va la porter, et on va créer un effet de mouvement pour interpeller les partis politiques.» Lors de son congrès, la CSN souhaite voir adopter un manifeste qui identifie cinq axes prioritaires de revendication, soit la sécurisation du revenu tout au long de la vie, la création d\u2019emplois de qualité, la lutte contre les changements climatiques, la consolidation des services publics et le renforcement de la démocratie.Ces objectifs sont accessibles à « n\u2019importe quel gouvernement progressiste », insiste M.Létourneau.Mais il ne nourrit pas beaucoup d\u2019optimisme à l\u2019égard du Parti libéral du Québec (PLQ).« Le PLQ, ce n\u2019est pas nécessairement le parti des travailleurs, de la classe moyenne et encore moins des plus démunis », glisse-t-il.Les causes de la défaite C\u2019est en grande partie la déconfiture de la centrale lors du grand maraudage dans le secteur de la santé, ce printemps, qui la force à réviser ses stratégies.La CSN a perdu 20 000 membres dans le réseau de la santé, sur un total de 120 000, principalement au profit des syndicats spécialisés que sont la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) du côté des infirmières et autres professionnelles en soins, ainsi que l\u2019Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS), qui représente des professionnels de la santé.Le congrès sera l\u2019occasion d\u2019une introspection sur le sujet.« On va se dire nos quatre vérités.Mais il faut vite se remettre sur nos deux pieds, on ne passera pas un ou deux ans à gratter le bobo », plaide le syndicaliste.La centrale doit amputer son budget de 10 %, soit 26 millions de dollars d\u2019ici 2020, pour l\u2019équilibrer.Des emplois sont en jeux.« On a travaillé à minimiser les ef fets sur les services aux membres, assure M.Létour- neau, on a tout revu de la direction à la base.» Où est le problème ?«Est-ce que ce sont les services, le message politique qui ne passe pas, le type de syndicalisme qu\u2019on propose, les cotisations?Quand tu perds, tu dois accepter de te poser des questions.» Il est de plus en plus difficile de pratiquer le « syndicalisme de combat», concède-t-il.«C\u2019est vrai qu\u2019on a l\u2019image de se mêler beaucoup de politique.On est un peu victime de ce qu\u2019on a construit, historiquement, dans un contexte de montée de l\u2019individualisme.Mais je fais le pari que c\u2019est un modèle qui tient encore la route.» S\u2019il y a une chose qu\u2019il veut rappeler aux travailleurs, dit-il, « c\u2019est que la force de représenter toutes les catégories d\u2019emploi, c\u2019est que la cotisation des professeurs d\u2019université aide à organiser des travailleurs de chez Couche-Tard.C\u2019est ça la solidarité.» Le Devoir La CSN revoit ses stratégies après avoir perdu 20 000 membres « Il faut parler de politique dans les milieux de travail », affirme son président A M É L I P I N E D A Élu président de la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ), Alain Fortier s\u2019est fixé comme objectif de réconcilier les différents partenaires du milieu de l\u2019éducation.L\u2019homme de 54 ans, qui était président de la commission scolaire des Découvreurs à Québec, a été élu samedi à la tête de la FCSQ à l\u2019occasion du congrès annuel de la fédération.Il succède à Josée Bou- chard qui était présidente de l\u2019organisation depuis 2009.Tandis que le passage de sa prédecesseure a été marqué par plusieurs batailles pour justifier le rôle des commissions scolaires et assurer leur sur vie, M.For tier estime qu\u2019il est temps de «changer de ton».« Je souhaite qu\u2019on passe à autre chose et je pense que nous sommes tous d\u2019accord pour dire que c\u2019est derrière nous.L\u2019importance des commissions scolaires a été comprise et c\u2019est à notre avantage de tendre la main aux dif férents par tenaires, allant des parents au ministre de l\u2019Éducation», indique-t-il.En mai 2016, après des mois de tergiversations, le ministre de l\u2019Éducation, Sébastien Proulx, abandonnait complètement le controversé projet de loi 86, qui visait à réformer la gouvernance scolaire, en mettant notamment fin aux élections scolaires.Le changement de ton doit passer, selon M.Fortier, par une preuve d\u2019ouver ture de chacune des commissions scolaires.« Lorsqu\u2019un ministre prescrit une grande orientation, je ne crois pas qu\u2019on soit gagnant de dire que ça n\u2019a pas de bon sens et de se casser du sucre sur le dos sur la place publique, dit-il.Je crois plutôt au dialogue et à l\u2019écoute pour voir de quelle façon on peut travailler en complémentarité.» La «réalité locale» M.Fortier assure être tout de même conscient que les campagnes électorales municipales et provinciales ramèneront plusieurs enjeux touchant les commissions scolaires sur la scène politique.«Je n\u2019aime pas utiliser le mot lutte ou bataille, mais si c\u2019est nécessaire, c\u2019est certain que je vais prendre mon bâton de pèlerin», affirme-t-il.«Nous [les commissions scolaires] sommes les yeux et les oreilles de la réalité locale.On est les gardiens de l\u2019équité des services auprès des élèves.» Il donne l\u2019exemple de la commission au sein de laquelle il a été président et où chaque établissement scolaire avait sa réalité.«Ma commission couvrait Sainte-Foy et Cap-Rouge.J\u2019avais une école où la plupart des élèves avaient des parents nés au Québec et un très haut taux de littéra- cie, et j\u2019en avais une autre où les enfants avaient des parents immigrants.Quand on travaille sur l\u2019aide au devoir, il faut comprendre que la première école n\u2019a pas besoin du même niveau d\u2019aide que la deuxième.Un conseil de commissaires scolaires, c\u2019est justement ce que ça fait», conclut-il.Le Devoir Alain Fortier devient président de la Fédération des commissions scolaires du Québec GUILLAUME LEVASSEUR LE DEVOIR Des réactions de colère et de désespoir n\u2019avaient pas tardé à éclater après que le DPCP eut annoncé qu\u2019il n\u2019y aurait aucune poursuite à la suite d\u2019allégations visant des policiers de la SQ à Val d\u2019Or.S A R A H R .C H A M P A G N E On l\u2019avait réclamée, à défaut d\u2019obtenir des accusations: la Commission d\u2019enquête sur les relations entre les autochtones et certains services publics du Québec amorce ses travaux lundi à Val-d\u2019Or.Elle doit porter sur les 15 dernières années et les pratiques discriminatoires ou traitements différenciés dans six services publics : police, prisons, justice, santé et services sociaux et protection de la jeunesse.Viviane Michel, la présidente de Femmes autochtones du Québec, entrevoit ces audiences avec optimisme.Après plusieurs rencontres avec l\u2019équipe désignée par le gouvernement, elle a constaté son souci de transmettre l\u2019information sur son fonctionnement, ses délais, ses participants, dit-elle.Des séances de cette commission sont pour l\u2019instant prévues à Val-d\u2019Or jusqu\u2019au 20 juin.La Commission se ré- ser ve la possibilité de visiter d\u2019autres communautés autochtones touchées ailleurs au Québec, une ouver ture saluée par Mme Michel.Le mandat est certes large, reconnaît Françoise Ruperthouse, membre du conseil de bande de Pikogan, mais il restera encore des zones d\u2019ombre.«On se rend compte que nos droits ancestraux sont négligés », dit-elle, citant l\u2019exemple d\u2019hommes qui se plaignent d\u2019être arrêtés en forêt par des agents de la faune.Mme Ru- per thouse af firme elle aussi avoir pleine confiance dans les personnes sélectionnées pour siéger à cette commission, dont le président, Jacques Viens, avec qui elle a pu discuter.La colère des derniers mois ne s\u2019est cependant pas totalement évanouie.«Il ne faut pas oublier non plus que c\u2019est grâce aux femmes violentées qui ont dénoncé [leurs agresseurs] qu\u2019on en est là.Il faut continuer à travailler pour ces femmes-là, rap- pelle-t-elle.C\u2019est pas juste, ce n\u2019est pas équitable et c\u2019est flagrant.» Le 18 novembre dernier, le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) annonçait qu\u2019il n\u2019allait engager aucune poursuite contre les policiers de la Sûreté du Québec (SQ) à Val- d\u2019Or.Les preuves pour porter des accusations de sévices sexuels, d\u2019intimidation et d\u2019abus de pouvoir contre six patrouilleurs suspendus après la diffusion d\u2019un reportage de l\u2019émission Enquête avaient été jugées insuffisantes.Des réactions de colère et de désespoir n\u2019avaient pas tardé à éclater.L\u2019observatrice civile indépendante Fannie Lafontaine avait conclu à une enquête du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) « impartiale », mais « i n s u f f i s a n t e » , puisque cette crise sociale était marquée « par des enjeux plus collectifs et plus systémiques ».Après avoir refusé durant des mois de déclencher une telle commission indépendante, sous prétexte qu\u2019Ottawa en avait déjà créé une, le premier ministre Philippe Couillard en a fait l\u2019annonce en décembre dernier.L\u2019Association des policières et policiers provinciaux du Québec (APPQ) a quant à elle réitéré à plusieurs reprises son opposition à la tenue d\u2019une telle commission, puisqu\u2019à son avis, celle- ci «ne ferait qu\u2019exacerber les tensions déjà existantes» entre les policiers et les autochtones.Le Devoir AUTOCHTONES La commission Viens suscite attentes et optimisme dans les communautés JACQUES NADEAU LE DEVOIR Jacques Létourneau est président de la Centrale des syndicats nationaux depuis octobre 2012.Il faut faire comprendre aux travailleurs que, même si tu es dans le milieu de l\u2019éducation, ce qui se passe dans l\u2019usine d\u2019à côté te rejoint nécessairement Jacques Létourneau, président de la CSN « » PQ: un programme contre la pauvreté Le Parti québécois mandate trois de ses députés pour réaliser une tournée de la province afin d\u2019élaborer un programme de lutte contre la pauvreté, a annoncé son chef Jean-François Li- sée, dimanche.À l\u2019occasion d\u2019un point de presse à Montréal, M.Lisée a révélé l\u2019équipe baptisée «Solidarité en action», qui comprend les députés Catherine Fournier, Dave Turcotte et Harold Lebel.Jean-François Li- sée se croit «fidèle à la tradition» de son parti en cherchant à s\u2019attaquer aux inégalités.Par ailleurs, interrogé sur le déclin du nombre de membres du Parti libéral du Québec, Jean- François Lisée a avancé que les chiffres traduisent «la déconnexion des libéraux par rapport aux priorités des Québécois».Si le PLQ ne compte plus que 30 000 membres, l\u2019effectif péquiste se situe pour sa part à 80 000, a-t-il tenu à souligner.La Presse canadienne «Il ne faut pas oublier que c\u2019est grâce aux femmes violentées qui ont dénoncé [leurs agresseurs] qu\u2019on en est là» L E D E V O I R , L E L U N D I 5 J U I N 2 0 1 7 SOCIETE A 5 PEDRO RUIZ LE DEVOIR Darren Wershler, professeur passionné par la littérature, les communications et les médias, a trouvé dans l\u2019obsolescence rapide des consoles de jeux vidéo un sujet d\u2019étude inespéré.L\u2019industrie mondiale du jeu vidéo génère des dizaines de milliards de dollars de revenus par année et attire des millions d\u2019adeptes sans qu\u2019on s\u2019attarde à ce qu\u2019elle raconte sur notre société, notre culture et notre rapport à la technologie, explique le professeur de l\u2019Université Concordia Darren Wershler, un archéologue nouveau genre qui dépoussière de vieilles consoles pour révéler leur histoire oubliée ou ignorée.K A R L R E T T I N O - P A R A Z E L L I Darren Wershler n\u2019a jamais vraiment été attiré par les jeux vidéo.Comme tout le monde, il a essayé différentes consoles pendant sa jeunesse, mais sans plus.Tout a changé il y a une dizaine d\u2019années, lorsqu\u2019il a eu fini ses études.« Je me suis acheté une console Xbox pour me faire un cadeau, se rappelle-t-il.Je suis allé voir des étudiants pour leur demander un fil pour la brancher et ils m\u2019ont répondu qu\u2019ils n\u2019avaient rien pour quelque chose d\u2019aussi vieux.J\u2019étais sous le choc», dit-il en riant, lui qui pensait avoir entre les mains un objet dernier cri.Ce professeur passionné par la littérature, les communications et les médias trouve alors un sujet d\u2019étude inespéré.Il constate que sa console, nouvelle à ses yeux, obsolète pour ses étudiants, fait partie d\u2019une histoire qui mérite d\u2019être racontée.«Une des raisons de s\u2019intéresser à l\u2019histoire est de comprendre notre propre existence.Quand on voit que l\u2019industrie du jeu vidéo est devenue plus imposante que celle du cinéma et qu\u2019on n\u2019arrive pas en parler, à mon avis, c\u2019est un gros problème», affirme-t-il.«Une grande part de l\u2019économie du Québec, et de Montréal en particulier, dépend des compagnies des jeux vidéo, poursuit-il.Nous of frons d\u2019énormes crédits d\u2019impôt pour qu\u2019elles puissent rester ici et promouvoir un aspect de la culture.Nous devons donc réfléchir à l\u2019histoire du jeu vidéo, à l\u2019économie politique qui l\u2019entoure.» Cette prise de conscience l\u2019a incité à constituer une collection de consoles et de jeux vidéo du début des années 1970 à 2002.Dans une pièce exiguë de l\u2019Université Concordia, des boîtes de toutes les couleurs et de toutes les grandeurs s\u2019empilent sur des étagères métalliques.Les consoles les plus connues côtoient celles qui sont tombées dans l\u2019oubli.Comme la Vectrex, lancée aux États-Unis en 1982, ou le Video Computer System d\u2019Atari, commercialisé à partir de 1977.«L\u2019histoire que je veux raconter n\u2019est pas de savoir si Mario Bros est un meilleur jeu que Donkey Kong.Ça ne m\u2019intéresse pas, explique M.Wershler.Je veux raconter une histoire à propos des objets, lorsqu\u2019on les rassemble et qu\u2019on se demande ce qu\u2019ils nous apprennent sur notre manière de considérer la technologie et la culture, de dépenser, d\u2019utiliser nos temps libres.Toutes ces choses importantes.» Reflet d\u2019une époque Les exemples de ces enseignements sont nombreux et parfois insoupçonnés, souligne Darren Wershler.Le professeur raconte par exemple que l\u2019arrivée de la télévision dans les foyers nord- américains a changé notre manière d\u2019aménager le salon.Le téléviseur a remplacé le piano et le foyer en devenant l\u2019élément central de la pièce, ce qui explique pourquoi les premiers modèles étaient couverts de bois : on voulait leur donner l\u2019apparence d\u2019un meuble comme les autres.Lorsque les consoles de jeu vidéo sont arrivées à leur tour, on a donc adopté la même approche en leur ajoutant un fini imitant le bois, remarque-t-il.Chaque boîte de console de jeu est également le reflet de la réalité d\u2019une époque.Au fil des décennies, l\u2019image de la famille jouant ensemble a été remplacée par celle du jeune garçon, puis simplement par celle de la console.«Cette série de décisions marketing est un indicateur de la manière avec laquelle nous percevons la technologie et le rôle qu\u2019on veut lui donner», note-t-il.Démystifier la technologie En rassemblant des consoles de différentes époques, le diplômé de l\u2019Université York veut également reconstituer la mémoire de l\u2019industrie du jeu vidéo, qui est selon lui négligée par plusieurs grands studios.« Quand une compagnie termine un projet, l\u2019équipe est souvent dissoute, et il n\u2019y a pas de réelle archive des travaux qui ont été ef fectués, déplore-t-il.L\u2019industrie ne connaît même pas sa propre histoire.Et quand elle la connaît, elle ne veut pas en parler.» M.Wershler vient par ailleurs de clore la deuxième édition du cours d\u2019été de Concordia sur l\u2019archéologie des médias, qu\u2019il a mis sur pied pour démystifier les origines et la nature des objets technologiques qui nous entourent.Dans le cadre d\u2019une semaine de travail intensive, il demande par exemple à ses étudiants de démonter des consoles et de les reprogrammer: «C\u2019est une manière de se rappeler que ceci est un objet fabriqué, dit-il en montrant son téléphone intelligent.Il n\u2019a pas à être fabriqué ou conçu de cette façon.Il y a d\u2019autres façons de faire.» « C\u2019est ce que nous avons.La question est de savoir si c\u2019est ce que nous voulons et quelles seraient les autres options.» Le Devoir ENTRETIENS CONCORDIA L\u2019archéologue du jeu vidéo Darren Wershler dépoussière de vieilles consoles qui en disent long sur notre société Les arbres peuvent aussi contribuer à la pollution Quand on voit que l\u2019industrie du jeu vidéo est devenue plus imposante que celle du cinéma et qu\u2019on n\u2019arrive pas en parler, à mon avis, c\u2019est un gros problème Darren Wershler, professeur à l\u2019Université Concordia « » D E N I S D E L B E C Q P our le citadin, les arbres sont de vrais refuges.Alignés au bord des rues ou foisonnants dans les par cs , squares et autres jardins, ils adoucissent le paysage urbain et l\u2019égayent de chants d\u2019oiseaux ; ils captent aussi des polluants, notamment des particules fines et les oxydes d\u2019azote du trafic automobile.Et, l\u2019été, ils nous of frent une ombre précieuse, tout en climatisant l\u2019air grâce à l\u2019évapo- transpiration qui survient à la surface de leurs feuilles.Mais il y a un revers à ces paysages par fois bucoliques qui parsèment les vastes étendues artificialisées : les arbres émettent des composés chimiques volatils (COV) qui peuvent contribuer à dégrader la qualité de l\u2019air, vient de confirmer une équipe de l\u2019Université de Berlin dans une étude publiée dans la revue Environmental Science & Technology.Elle constate leur rôle amplificateur dans la pollution urbaine à l\u2019ozone pendant les périodes de fortes chaleurs.«Le feuillage est recouvert de pores par lesquels il capte le dioxyde de carbone dans l\u2019air, explique Rob MacKenzie, professeur de sciences atmosphériques à l\u2019Université de Birmingham (Grande-Bretagne).Mais ces pores rejettent aussi toute une panoplie de substances.» Parmi ces composés organiques volatils, le plus représenté est l\u2019isoprène, un hydrocarbure très réactif qui transforme les oxydes d\u2019azote présents dans l\u2019atmosphère en ozone.Surtout au printemps et au début de l\u2019été Or l\u2019ozone est un des principaux polluants de l\u2019air : son impact se fait sentir autant sur la santé humaine (notamment sur la fonction respiratoire) que sur les végétaux, dont il altère la croissance.Cet étonnant accroissement de la pollution de l\u2019air par les arbres est par ticulièrement marqué au printemps et au début de l\u2019été, quand la croissance végétale est à son maximum.Plus le feuillage est dense, plus il rejette de composés volatils.Un groupe dirigé par Galina Churkina à l\u2019Université Humboldt de Berlin a mesuré la concentration en composés volatils dans l\u2019air de dif férents quar tiers de la capitale allemande en 2014.Ils ont ob- ser vé jusqu\u2019à dix fois plus d\u2019isoprène dans les zones boisées que dans les espaces autoroutiers, et cinq fois plus que dans des quar tiers urbains peu végétalisés.Des données confirmées par un modèle qui tient compte de la physiologie des plantes et des conditions météorologiques pour estimer les émissions de composés volatils.Grâce à ce modèle, l\u2019équipe allemande a pu produire des estimations pour l\u2019épisode caniculaire qui a frappé l\u2019Europe en 2006 : à cette époque, lors de pics de chaleur, jusqu\u2019à 60% de l\u2019ozone relevé à Berlin aurait été produit par l\u2019intermédiaire de l\u2019isoprène végétal ! En moyenne, cette contribution était de 10% sur le mois de juin, de 18,5% en juillet \u2014 le mois le plus chaud dans la région \u2014 et de 7,5 % en août.«En hiver, la contribution de la végétation à cette pollution est négligeable, mais pendant la période de croissance des plantes, elle devient considérable, indique Ga- lina Churkina.Mais il ne faut pas en conclure pour autant qu\u2019il faudrait réduire la végétation en ville ! Elle rend de nombreux services, en par ticulier dans les pays du Sud, où elle permet aux populations urbaines pauvres de se nourrir.» Arbres plus ou moins émetteurs «Ce ne sont pas les arbres qui polluent, c\u2019est le trafic automobile !», renchérit Rob MacKenzie.Car sans les oxydes d\u2019azote, émis notamment par les moteurs diesel, il n\u2019y aurait pas ou peu d\u2019ozone.« Par contre, la connaissance de ce mécanisme d\u2019amplification de pollution peut guider, dans une cer taine mesure, la planification urbaine», souligne le Britannique, qui a participé à l\u2019élaboration d\u2019un guide sur la gestion des arbres en ville, dont une édition francophone a été publiée l\u2019an dernier à l\u2019occasion du congrès de l\u2019Association des maires de France.«Il faut considérer ce qu\u2019on appelle la canopée urbaine, l\u2019ensemble des constructions et des arbres.» Par exemple, pour éviter que cette canopée \u2014 naturelle et artificielle \u2014 bloque la pollution au sol, mais en faisant plutôt en sorte qu\u2019elle participe à sa dilution.« Il faut aussi choisir ses arbres, rappelle Galina Churkina.Car toutes les espèces n\u2019émettent pas la même quantité d\u2019iso- prène.» Son groupe avait publié, en 2014, une évaluation portant sur 24 essences d\u2019arbres.Parmi les plus émissives, on trouve le peuplier, le chêne pédonculé, le robinier faux acacia et le platane, des espèces très prisées dans les cités européennes, notamment à Berlin et à Paris, mais aussi dans les villes suisses.En revanche, l\u2019if commun, le tamaris à petites fleurs ou le pin sylvestre ne rejettent pratiquement pas d\u2019isoprène.Pour Rob MacKenzie, « il ne faut pas pour autant abattre les grands arbres sains pour les remplacer par d\u2019autres espèces.Cette végétation mature modèle le paysage urbain et aide à rendre la ville plus vivable ! » Le Temps On prête aux arbres de multiples vertus, notamment pour leur contribution à un air respirable dans les villes.Pourtant, en pleine canicule, la végétation contribue aux émissions d\u2019ozone dans l\u2019atmosphère.TOBIAS SCHWARZ AGENCE FRANCE-PRESSE Un groupe de chercheursa observé jusqu\u2019à dix fois plus d\u2019isoprène dans les zones boisées de la ville que dans les espaces autoroutiers. Le rejet de l\u2019Accord de Paris par Donald Trump sera dommageable, et pas seulement pour la lutte contre les changements climatiques.La victoire de l\u2019aile nationaliste à la Maison- Blanche altérera à long terme la capacité d\u2019influence des États-Unis à l\u2019international.ans ses explications confuses et plus ou moins véridiques justi?ant le retrait des États-Unis de l\u2019Accord de Paris, le président Trump a évoqué le fait qu\u2019il avait été élu pour représenter les intérêts des citoyens de Pittsburgh, et non ceux de Paris.Et le maire de la métropole de la Pennsylvanie, Bill Peduto (un démocrate), de rétorquer qu\u2019il respectera les termes de l\u2019entente historique signée en 2015 par 195 pays dans le monde ! L\u2019épisode est révélateur de la con?guration contemporaine des efforts pour contenir le réchauffement climatique.Malgré le retrait des États-Unis, qui n\u2019entrera pas en vigueur avant novembre 2020, les villes et les États poursuivront le travail pour assainir leur bilan environnemental, car leurs citoyens sont les premiers à subir les contrecoups des changements climatiques.La Californie, par exemple, s\u2019est ?xé un objectif ambitieux d\u2019utiliser des sources d\u2019énergie renouvelables à 100 % d\u2019ici la moitié du siècle.Avant de quali?er l\u2019objectif d\u2019utopique, il faut prendre la mesure du pouvoir d\u2019in?uence remarquable de cet État au cœur de la révolution numérique, qui est maintenant la sixième économie au monde.Les 630 entreprises qui ont signé une lettre enjoignant aux États-Unis de respecter l\u2019accord, parmi lesquelles figurent Apple, DuPont, Johnson & Johnson et General Mills, n\u2019arrêteront pas leurs ef forts de décarbonisation de l\u2019économie.Pendant que le président Trump cherche à relancer l\u2019industrie obsolète du charbon et à préser ver des emplois de mineurs en perdition, le monde des af faires s\u2019éveille au potentiel des énergies renouvelables.Le marché mondial du solaire, de l\u2019éolien et de l\u2019électrification des transports pourrait valoir 6000 milliards de dollars d\u2019ici 2030.La réduction des émissions polluantes peut aller de pair avec la croissance économique, ce que les républicains refusent d\u2019admettre.N\u2019empêche.Le retrait des États-Unis, deuxième émetteur de gaz à effet de serre avec 15 % des émissions mondiales (contre 24 % pour la Chine), rendra dif?cile, voire impossible l\u2019atteinte des objectifs de Paris, qui consistent à contenir le réchauffement climatique sous la barre de 2 degrés Celsius par rapport aux niveaux préindustriels.La cible est d\u2019autant plus ambitieuse que la Chine, toujours dans une phase de développement industriel vertigineux, dispose d\u2019une période de grâce jusqu\u2019en 2030 pour amorcer ses efforts de réduction des émissions de gaz à effet de serre.Le président Trump n\u2019a pas tort d\u2019af?rmer que les cibles de Paris sont ambitieuses, mais cela n\u2019excuse pas son retrait.La principale avancée de l\u2019Accord de Paris est d\u2019avoir convaincu tous les pays du monde (à l\u2019exception de la Syrie et du Nicaragua, et maintenant des États-Unis) de se ?xer des objectifs communs.L\u2019entente se résume à l\u2019idée selon laquelle il n\u2019y a pas de plan B pour la planète.Par conséquent, la réduction des émissions de gaz à effet de serre est devenue l\u2019affaire de tous, au-delà des clivages entre les pays du nord et du sud, entre les économies développées et émergentes.La décision de Donald Trump relève autant du calcul électoral que du changement de paradigme dans la politique américaine.La base conservatrice de la rust belt, autour des Grands Lacs, ne demande pas mieux que de rendre grandioses à nouveau l\u2019industrie pétrolière et celle du charbon.Les milliardaires du fossile qui soutiennent le Parti républicain n\u2019exigeaient rien de moins.La rupture est l\u2019une des démonstrations les plus brutales des conséquences de la doctrine Trump, un mélange de nationalisme et de populisme inspiré d\u2019Andrew Jackson, septième président.Ce ne sont plus l\u2019in?uence et les intérêts des États-Unis sur la scène internationale qui comptent, mais bien la sécurité physique et le bien-être économique des citoyens américains à l\u2019échelle intérieure.Ce projet isolationniste rompt avec les politiques de multilatéralisme développées au lendemain de la Seconde Guerre mondiale.L\u2019aile ultraconservatrice et libertarienne, très présente dans l\u2019entourage de Donald Trump, signe donc avec le rejet de l\u2019Accord de Paris une avancée signi?cative.Pour ce courant hostile à l\u2019action collective et au renforcement de l\u2019interventionnisme étatique, la mort de l\u2019accord est une vraie réussite.Ce faisant, les États-Unis abdiquent de leur prestige et de leur in?uence dans les affaires internationales.Le vide sera comblé par d\u2019autres acteurs étatiques, à commencer par la Chine, car le monde ne perdra pas son caractère multipolaire.L E D E V O I R , L E L U N D I 5 J U I N 2 0 1 7 A 6 EDITORIAL L E T T R E S Libérez Raïf Badawi Le député de Louis-Hébert à la Chambre des communes, M.Joël Lightbound, déclarait récemment aux médias que la libération de Raïf Badawi était toujours un objectif du gouvernement et qu\u2019on y travaillait constamment.On voudrait bien le croire, mais comment ne pas être sceptique?Si effectivement des négociations secrètes, sérieuses et fructueuses étaient en cours, il va de soi que la famille de M.Badawi en recevrait un compte rendu régulier (avec, bien sûr, l\u2019exigence de la plus stricte confidentialité).Or la sortie émouvante que viennent de faire les trois enfants de M.Ba- dawi sous l\u2019égide d\u2019Amnistie internationale nous indique plutôt que la famille n\u2019est au courant de rien\u2026 probablement parce que L I B R E O P I N I O N Coalition Trainsparence* A u début de l\u2019été dernier, la Caisse de dépôt Infra présentait son projet de Réseau électrique métropolitain (REM), dont la conception avait été réalisée dans le plus grand secret.Dans le but d\u2019accélérer le projet, le gouvernement a ensuite modifié plusieurs de ses traditions démocratiques : évaluation environnementale incomplète ; audiences du Bureau d\u2019audiences publiques sur l\u2019environnement (BAPE) écourtées en plein été ; non-respect des recommandations de cet organisme ; autorisation du projet alors qu\u2019aucune justification économique n\u2019est présentée publiquement.En contraste, aucun projet d\u2019Hydro-Québec ne pourrait être autorisé, sans une telle justification.Mais pour le gouvernement, tout cela semble insuf fisant, puisqu\u2019il présente maintenant le projet de loi 137, dont l\u2019objectif serait d\u2019accélérer davantage la réalisation REM.À cette fin, il enlève le droit aux citoyens de contester les expropriations jugées nécessaires par la Caisse.On pourrait croire que des mesures exceptionnelles sont acceptables, parce que le REM serait dans l\u2019intérêt public.Il y aurait urgence de développer le transport collectif, de réduire la congestion automobile et d\u2019électrifier pour réduire les émissions de gaz à ef fet de serre (GES).Mais la réalité est tout autre.La meilleure évaluation indépendante du projet est celle du BAPE, qui conclut que 90 % des usagers du REM utilisent déjà le transport collectif.Sur les 10 % de nouveaux usagers, 80 % utiliseront encore une automobile pour se rendre à un stationnement du REM.Seulement 2 % des usagers du REM abandonneront donc leur auto.Mais, pire encore, le REM encouragera beaucoup l\u2019étalement urbain, qui augmente l\u2019usage de l\u2019auto.Donc globalement, il n\u2019y aura aucune réduction de la congestion ou des émissions de gaz à effet de serre (GES).En ajoutant les hausses des tarifs causées par le REM, on peut même prévoir une baisse globale de l\u2019usage du transport collectif.Et toutes les discussions oublient les dépassements de budgets qui sont probables.Pour les grands projets qu\u2019on veut réaliser trop rapidement, un dépassement de 30 % des coûts est fréquent.Pour le REM, cela représente des coûts supplémentaires de presque 2 milliards de dollars, dont le gouvernement du Québec sera responsable.Le REM est contraire à l\u2019intérêt public et il n\u2019y a aucune raison de vouloir l\u2019accélérer.En fait, le projet de loi 137, qui est actuellement discuté en commission parlementaire, fait beaucoup plus.Voici quelques constats : Le projet de loi 137 établit une domination totale de la Caisse sur les municipalités.Il établit aussi un nouveau régime de taxation foncière supplémentaire, en clarifiant que seule la Caisse peut en bénéficier.Il déclare que la nouvelle Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM) ne pourra réaliser une vraie intégration des réseaux, puisque ce sont toutes les autres sociétés de transport qui devront adapter leurs réseaux au REM.Pourquoi le gouvernement présente-t-il un projet de loi aussi draconien ?Parce qu\u2019il sait que le projet sera extrêmement coûteux pour lui.Il vise donc, dès maintenant, avant des discussions franches sur les tarifs, à s\u2019assurer que plusieurs autres acteurs en paieront une grande partie.Le projet de loi 137 enlève tout pouvoir de contestation aux municipalités qui devront payer une grande portion du projet, sans pouvoir augmenter leurs revenus fonciers.Et l\u2019ARTM sera forcée de financer le REM pour un montant de 510 millions, ce qui l\u2019obligera à hausser les tarifs.Un bon système de transport collectif, au profit des citoyens, n\u2019aurait pas besoin de toutes ces entorses à la démocratie.Trois citations du maire de Laval en commission parlementaire résument bien la situation : « Les dispositions de la loi 137 ont préséance sur celles de toute autre loi [\u2026] les pouvoirs accordés à la Caisse, dans le cadre du projet de loi, sont supérieurs à ceux dont disposent le gouvernement ou ses ministres [\u2026]» ; « [En l isant les ar t icles de la loi] nous avons constaté l\u2019élimination du pouvoir des municipalités » ; «L\u2019urgence de réaliser le REM est beaucoup véhiculée, mais jamais expliquée.» À ces constats, on peut ajouter la per te d\u2019autorité du BAPE et le fait que les expropriés ne pourront plus utiliser les tribunaux pour protéger leurs droits.Le gouvernement Couillard n\u2019hésite donc pas à faire fi des processus démocratiques et même à enfreindre des droits fondamentaux afin de réaliser un mauvais projet.La société québécoise doit s\u2019élever devant autant d\u2019abus.*Luc Gagnon, Denis Bolduc, Lisa Mintz, John Symon, Shaen Johnston, Mathieu Vick, Alex Turcotte, Maxime Arnoldi et Laurent Howe D\u2019importantes entorses à la démocratie sont commises pour réaliser le REM FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente du développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-président des ventes publicitaires MARK DROUIN Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Directeur de l\u2019information numérique FLORENT DAUDENS Adjoints PAUL CAUCHON, LOUIS GAGNÉ, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET La chute de Racette Je suis féministe.Par contre, j\u2019essaie de faire preuve de lucidité et de ne pas porter des œillères.En 2015, lorsque Chantal Ra- cette s\u2019est emparée des rênes de la célèbre section locale 301, j\u2019ai perçu cet événement comme une autre victoire pour les femmes.D\u2019une part, la nouvelle présidente du syndicat des cols bleus avait travaillé comme opératrice de machinerie lourde, un métier occupé surtout par des hommes \u2014 il s\u2019agissait donc d\u2019une pionnière! \u2014, d\u2019autre part, elle accédait à la tête d\u2019un syndicat important, qui regroupait plus de 7000 membres.Malheureusement, sa chute s\u2019est rapidement amorcée.Souvent, je me suis demandé si celle-ci n\u2019était pas traitée aussi durement sur la place publique en raison de son sexe.Puis, j\u2019ai réfléchi: si j\u2019étais membre de cette section syndicale, aurais- je été satisfaite de sa performance?La réponse est\u2026 non! Martine Lacroix Montréal, le 3 juin 2017 ACCORD DE PARIS Un calcul perdant D BRIAN MYLES le gouvernement n\u2019a rien à dire.Le Canada s\u2019est toujours montré très amical envers l\u2019Arabie saoudite, au point même de se déshonorer en lui vendant des armes.Il serait peut-être juste que notre premier ministre utilise pour une fois à bon escient ce capital de sympathie si chèrement payé : Monsieur Trudeau, s\u2019il vous plaît, demandez personnellement au roi Salman de gracier Raïf Badawi! François Thérien Montréal, le 3 juin 2017 Contenir l\u2019étalement urbain En réaction au texte «Comment contenir l\u2019étalement urbain ?», Le Devoir, 3 juin 2017, page H 3.Le zonage agricole selon la loi de 1978 a été évidemment insuffisant pour contenir l\u2019étalement urbain.Puisque les zones blanches que la loi a définies ont été vite remplies par des habitations unifamiliales à faible densité de logements au kilomètre carré.Quand les zones dans lesquelles la construction est permise sont occupées, les pressions sont fortes pour dézoner le territoire agricole.Les municipalités sont prises avec le fait accompli de l\u2019occupation du territoire par des habitations de très faible densité.Le Plan métropolitain d\u2019aménagement et de développement (PMAD) de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) manque aussi d\u2019ambition en n\u2019ayant pour objectif que de loger 40 % des nouveaux ménages dans des transit-oriented developments (TOD).Cela veut-il dire que les 60% restants se logeront majoritairement dans des habitations de faible densité?Et rien n\u2019assure l\u2019atteinte de l\u2019objectif TOD.Il était aussi prévisible que le contrôle de l\u2019étalement urbain ne peut se faire seulement par des politiques des communautés urbaines comme la CMM.Puisque les gens vont s\u2019établir en dehors des limites de la CMM, «on constate déjà une accélération du développement de municipalités qui se trouvent aux limites du territoire régional, comme la formation d\u2019une troisième couronne au sud et au nord de la CMM».Il faut donc une intervention du gouvernement provincial pour fixer une norme minimale de densité au développement immobilier.Chaque municipalité, qu\u2019elle soit à l\u2019intérieur ou à l\u2019extérieur de la CMM, devrait alors soumettre un plan de développement comportant une mixité de bâtiments permettant l\u2019atteinte d\u2019un nombre minimum de logements à l\u2019hectare ou au kilomètre carré.Ainsi, il n\u2019y aurait pas d\u2019avantage pour les acheteurs d\u2019un logement neuf à aller toujours plus loin du centre de l\u2019agglomération.La norme de densité en plus de limiter intrinsèquement l\u2019étalement aurait pour effet de favoriser le développement immobilier près du centre.François Beaulé Montréal, le 3 juin 2017 L E D E V O I R , L E L U N D I 5 J U I N 2 0 1 7 A 7 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon (chef de division), Robert Dutrisac, (éditorialiste), Michel Garneau et Pascal Élie (caricaturistes), Jacques Nadeau (photographe), Olivier Zuida (recherchiste photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division et reporter), Stéphane Baillargeon (généraliste), Gérald Dallaire (pupitre), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Jean Dion (sports), Marco Fortier (éducation), Lisa-Marie Gervais (diversité), Pauline Gravel (sciences), Jessica Nadeau (éducation).Alexandre Shields (environnement); information politique : Michel David (chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Marie-Michèle Sioui (correspondants parlementaires à Québec) Dave Noël (recherche), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec); information culturelle : Guillaume Bourgault-Côté (politiques culturelles), Julie Carpentier (pupitre), Fabien Deglise (livres), Catherine Lalonde (arts vivants), François Lévesque (écrans),Caroline Montpetit (arts vivants), Philippe Papineau(médias); information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l\u2019information), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Benoît Munger (pupitre); information internationale : Guy Taillefer (chef de division et éditorialiste); section art de vivre : Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); cahiers spéciaux : Aude Marie Marcoux (responsable); équipe numérique : Laurence Clavel, Guillaume St-Hilaire et Geneviève Tremblay (pupitres); correction : 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clientèle), Manon Blanchette, Caroline Filion, Nathalie Filion, Isabelle Sanchez (préposées au service à la clientèle).ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Mélisande Simard (adjointe administrative et responsable des ressources humaines), Florentina Draghici (technicienne comptable), Véronique Pagé (responsable du crédit).N I C O L A S B E R T R A N D Professeur de philosophie au Collège Montmorency et auteur du livre Une école à la dérive.Essai sur le système d\u2019éducation au Nunavik n apprenait récemment, grâce au Devoir, que depuis juin 2015, les élèves inuits qui font leurs études secondaires au Nunavik n\u2019obtiennent pas un diplôme d\u2019études secondaires (DES), mais plutôt une attestation d\u2019études secondaires.Cette situation s\u2019explique par le fait que la commission scolaire Kativik a tardé à rendre son programme de mathématiques et de science conforme aux exigences du ministère de l\u2019Éducation.Une fois que la nouvelle version du programme, déjà soumise au gouvernement, sera approuvée, tout devrait revenir «à la normale».Par malheur, la norme au Nunavik, c\u2019est un DES qui cautionne des standards éducatifs bien en deçà de la moyenne québécoise.Cette triste réalité est reconnue par les grandes organisations inuites, qui sont toutes soucieuses d\u2019améliorer l\u2019éducation au Nunavik et ailleurs dans l\u2019Arctique canadien.Les élèves inuits qui entreprennent des études collégiales à Montréal (en anglais ou en français) sont aussi bien conscients de la grande distance qui les sépare, en matière de connaissances et de méthodes de travail, des exigences requises pour réussir des études collégiales.La très grande majorité, du reste, ne les finira pas.Les raisons de cet échec du système éducatif au Nunavik sont nombreuses, complexes et difficiles à éradiquer.L\u2019enseignement dans une langue étrangère, la méfiance, voire la résistance de nombreux parents et élèves face à cette école dont ils remettent en question le bien-fondé, le traumatisme des pensionnats, la crise identitaire vécue par de nombreux Inuits, le manque d\u2019adaptation des programmes à la culture locale, le haut taux de roulement des enseignants et des directions venus du Sud, leur ignorance de la culture et de la langue inuites, l\u2019isolement géographique du Nunavik et les graves problèmes sociaux qui affectent les communautés sont tous des facteurs à considérer \u2014 parmi d\u2019autres.Mais surtout, il y a cet absentéisme des élèves, parfois effarant, qui les empêche de cheminer dans leurs apprentissages.On ne peut espérer obtenir un diplôme équivalent (ou même s\u2019en approcher) quand on fréquente l\u2019école de manière aussi sporadique.Je ne blâme pas les jeunes Inuits pour leur amour de l\u2019école buissonnière, dont l\u2019attrait séduit tant d\u2019adolescents dans le monde.Ils ne réalisent pas alors à quel point leur manque d\u2019assiduité aura des conséquences néfastes plus tard dans leur parcours scolaire.Ainsi, sans une réelle pression sociale de la part des parents et des communautés, les jeunes continueront de délaisser l\u2019école, en particulier au secondaire.Malgré ce qu\u2019il leur en coûte, il faut aujourd\u2019hui que les Inuits reconnaissent, à titre collectif, que l\u2019éducation à l\u2019occidentale, en dépit de ses nombreux travers, a une valeur et une pertinence pour l\u2019avenir de leur société.Par ailleurs, la culture inuite doit trouver dans le système scolaire un terrain favorable à son épanouissement.Cela passe, notamment, par une extension de l\u2019enseignement de l\u2019inuktitut, qui devrait devenir une langue d\u2019enseignement à part entière de la maternelle jusqu\u2019à la fin du secondaire.En ef fet, selon l\u2019Instance permanente de l\u2019ONU sur les questions autochtones, l\u2019enseignement dans sa langue maternelle est considéré comme le facteur le plus important de la réussite des élèves bilingues.À la commission scolaire Kativik, il y a une volonté d\u2019aller dans cette direction, en intégrant davantage la langue, la culture et l\u2019identité inuites au primaire et au premier cycle du secondaire.Le gouvernement québécois doit collaborer à la mise en œuvre d\u2019un tel programme, en tâchant de trouver le dif ficile équilibre entre cette préoccupation légitime des Inuits et la nécessité de préparer les élèves à des études supérieures.À moyen terme, une plus grande autonomie politique des Inuits est aussi à souhaiter, laquelle devrait se traduire, d\u2019abord et avant tout, par des pouvoirs élargis en matière d\u2019éducation.On peut espérer, en effet, que l\u2019élaboration d\u2019un système éducatif qui réponde davantage aux aspirations des Inuits aura des répercussions bénéfiques sur la scolarisation des élèves.[\u2026] On ne se rend pas suffisamment compte, dans le sud du Québec, à quel point le parcours scolaire des élèves inuits du Nunavik est unique et, souvent, semé d\u2019embûches.De la maternelle à la deuxième année du primaire, l\u2019enseignement se fait exclusivement en inuktitut, l\u2019apprentissage du français (ou de l\u2019anglais, selon ce que choisissent les parents) ne débutant, à demi temps, qu\u2019en troisième année.Par la suite, c\u2019est dans une langue seconde, si c\u2019est l\u2019anglais, ou dans une troisième langue, le français, que les élèves sont scolarisés jusqu\u2019à la fin du secondaire.Le système comprenant une septième année au primaire, c\u2019est donc dire que l\u2019apprentissage du français s\u2019échelonne sur plus de neuf ans.À la fin de leurs études secondaires, les élèves doivent réussir un test afin de déterminer s\u2019ils sont en mesure d\u2019aller directement au cégep.La plupart le ratent et, par conséquent, doivent suivre une année préparatoire avant de quitter le Nunavik.Or, une fois admis au collégial, ils doivent passer par une autre année transitoire, afin de rehausser leur niveau scolaire et leur maîtrise du français.Une année qui, la plupart du temps, s\u2019étire sur une plus longue période ou n\u2019est jamais menée à terme.Il est grand temps que cette situation cesse.L\u2019obtention d\u2019un DES ne changera rien aux difficultés des Inuits au collégial D A V I D - M A R T I N M I L O T Président de Jeunes médecins pour la santé publique industrie du cannabis est lucrative et en plein essor au Colorado depuis sa légalisation en 2012.L\u2019an dernier, les ventes de cannabis totalisant 700 millions de dollars ont même dépassé celles de l\u2019alcool dans cet État américain.Une augmentation du nombre de consommateurs et donc possiblement des conséquences liées à sa consommation y a aussi été observée.Est-ce vraiment ce que l\u2019on veut pour le Québec ?Le groupe de Jeunes médecins pour la santé publique (JMPSP) recommande la précaution.Selon les données scientifiques et les expériences vécues sur la scène internationale, la légalisation du cannabis présente plusieurs avantages.Elle permet ainsi un meilleur contrôle de la production de la substance et de son accessibilité, de même qu\u2019une restriction sévère de sa promotion, par ticulièrement auprès des jeunes.Elle donne aussi lieu à une meilleure compréhension de ses ef fets grâce à la recherche, donnant lieu à une sensibilisation qui s\u2019appuie sur des données scientifiques robustes pour mieux informer la population.Bref, la position du milieu de la santé publique est unanime : les bénéfices de la légalisation du cannabis pour la santé de la population excèdent les risques qui y sont liés.Toutefois, cela n\u2019est vrai que si des conditions essentielles sont respectées.Dans un mémoire diffusé en avril dernier, les Directeurs de santé publique du Québec recommandent d\u2019accompagner la légalisation du cannabis de mesures visant à prévenir la consommation, particulièrement chez les jeunes, à limiter les risques à la santé chez les consommateurs, à assurer la sécurité et la protection des Québécois et à investir en éducation, surveillance, recherche et évaluation liées au cannabis.Malheureusement, le comité ministériel présidé par la ministre déléguée à la Santé publique, Lucie Charlebois, envisage de ne pas respecter ces conditions.En effet, la distribution du cannabis par le secteur privé va à l\u2019encontre des bonnes pratiques.Les experts en santé publique préconisent plutôt un modèle de distribution sans but lucratif, comme un monopole d\u2019É tat .Une instance indépendante assurerait un contrôle serré de la distribution, tout en garantissant que les revenus générés soient consacrés à la prévention des conséquences néfastes liées à la consommation du cannabis.Mais cette option a été balayée par le gouver nement .Pourtant, les risques décriés par plusieurs dans les médias sont liés non pas à la légalisation de la substance, ma is b ien aux pratiques de sa commercialisation.Lorsque le secteur privé est responsable de la distribution, la restriction de l\u2019accès au cannabis est dif ficilement régulée, et ce, malgré un encadrement réglementaire serré tel qu\u2019annoncé par le gouvernement.Les tentatives ardues de contrôler la distribution du tabac nous le montrent bien, cette industrie trouvant mille et une façons de contourner la loi pourtant stricte.La privatisation de la distribution pourrait aussi compromettre le contrôle de la qualité du cannabis et donc sa consommation sécuritaire.Bien que le gouvernement fédéral réglemente la production de cannabis et délivre des permis, des mécanismes de contrôle de la qualité doivent aussi être prévus auprès des distributeurs.Le scénario préconisé par le comité ministériel, où les vendeurs s\u2019approvisionneraient directement auprès des producteurs, ne permet pas la mise en place de cette assurance qualité.JMPSP réitère donc la position des exper ts en la matière afin d\u2019amenuiser les effets néfastes du cannabis, soit une distribution sans but lucratif visant la protection de la santé plutôt que via le privé.Nous demandons au comité ministériel présidé par la ministre Charlebois de réviser sa position quant à la distribution du cannabis par le secteur privé, au nom de la santé des Québécois.Oui à la légalisation de la marijuana, non à la privatisation N ormalement, je n\u2019applaudirais pas la rhétorique audacieuse d\u2019un chancelier allemand, surtout prononcée dans une tente à bière à Munich devant des militants de droite.À part mes mauvaises associations avec le putsch de la Brasserie d\u2019Hitler, je trouve qu\u2019Angela Merkel est déjà bien assez téméraire dans sa conduite sur la scène européenne, où son intimidation fiscale des Grecs et des Espagnols continue sans relâche.Or, nous ne sommes pas dans une époque normale, et le discours de la chancelière prônant une politique étrangère plus indépendante de l\u2019Amérique sous l\u2019égide de Donald Trump m\u2019a semblé tout à fait approprié.À l\u2019heure actuelle, avec un président américain aussi ignorant et dangereux \u2014 et ciblé de toutes parts pour sa conduite quasi criminelle \u2014, il serait absurde pour les chefs d\u2019État de l\u2019Union européenne de parler comme si de rien n\u2019était sur le plan international.Avec presque 100 000 soldats américains en Europe, dont 35 000 en Allemagne, il y a de quoi se faire du souci.Historiquement, aux États-Unis, toute politique étrangère est étroitement mêlée à la politique intérieure.Par exemple, l\u2019invasion du Mexique en 1846, qui faisait partie du grand projet du prétendu destin manifeste américain, et le rêve d\u2019expansion jusqu\u2019à l\u2019océan Pacifique.Plus récemment, la frappe de Trump contre le régime Assad, frappe symbolique plus que vraie intervention militaire, a été lancée uniquement pour faire taire les Américains critiques de l\u2019inclination de Trump en faveur de la Russie et pour soulager les partisans des droits de l\u2019homme qui traitent Assad de criminel de guerre.Comme il n\u2019y avait aucune intention par le président Polk en 1846 de faire de la diplomatie avec le Mexique ni de garantir ou de respecter les frontières entre les deux nations, il n\u2019y a aucune volonté de la part de Trump de résoudre la guerre civile en Syrie ni d\u2019arrêter la tuerie des innocents piégés entre le groupe État Islamique, les multiples factions rebelles et le gouvernement.La guerre de 1846-1848, provoquée par l\u2019Amérique, souligne combien le pays est motivé par l\u2019ambition des politiciens plutôt que par un désir de paix, de coopération, d\u2019alliances saines, ou même de bonne santé économique du pays.Trump n\u2019a pas l\u2019intelligence de James Polk, mais il y a quand même des liens psychologiques entre les deux hommes, en passant par Woodrow Wilson, Richard Nixon, Bill Clinton et George W.Bush.Le slogan Make America Great Again ainsi que les assauts verbaux contre les méchants Mexicains, présentés comme des voleurs d\u2019emplois américains, sortent des impulsions ataviques qui remontent directement aux préjugés courants du XIXe siècle.Lorsque Trump juge « injustes pour le contribuable américain» les dépenses censément disproportionnées de Washington pour l\u2019entretien de l\u2019OTAN, en entend à peu près la même chose: des étrangers au caractère douteux, à la fois malins et paresseux, sont en train de s\u2019emparer des biens des honnêtes habitants de l\u2019Amérique profonde.Il en va de même avec la sortie de l\u2019Accord de Paris sur le climat : «J\u2019ai été élu par les citoyens de Pittsburgh, pas de Paris\u2026 Nous ne voulons plus que d\u2019autres pays et leurs chefs se moquent de nous.» Toutefois, au lieu de s\u2019attarder sur les nombreuses sottises lancées par Trump durant sa tournée sur le Vieux Continent, il serait plus utile de songer à des façons de protéger le Canada \u2014 de concert avec l\u2019Europe \u2014 d\u2019un voisin agressif et puissant, manifestement instable et imprévisible, mené par un chef d\u2019État narcissique au point qu\u2019il pourrait déclencher de graves dégâts au Proche-Orient ainsi que dans la péninsule coréenne.Depuis le gouvernement Kennedy, la politique étrangère de Washington est faite presque entièrement dans le bureau ovale et au Conseil national de sécurité, et non pas au département d\u2019État.Pas question de faire appel aux diplomates cultivés de Foggy Bottom.Mon idée serait de ranimer et de réformer le mouvement des pays non alignés, à la mode durant la guerre froide, afin d\u2019ériger un garde-fou formé de pays d\u2019habitude pro-américains, au- jourd\u2019hui rendus confus par la politique étrangère incohérente de Trump.«Ni Washington ni Moscou » pourrait redevenir un mantra.Irréaliste peut-être, mais Justin Trudeau pourrait servir de leader dans ce domaine avec des partenaires comme Emmanuel Macron et Angela Merkel.Le mouvement non aligné existe toujours en quelque sorte, mais il est handicapé par l\u2019hypocrisie de ses membres-clés, comme l\u2019Arabie saoudite (un pays évidemment allié avec l\u2019Amérique et Trump), et son image tiers-mondiste et anti-occidentale exagérée.Au lieu de clamer ni communisme orthodoxe ni capitalisme effréné, comme on le disait durant l\u2019ère du général Nasser et du maréchal T ito, un nouveau mouvement non aligné, appuyée par une «Petite Entente» Trudeau, Macron, Merkel, pourrait afficher le slogan : ni narcissisme national (à la Trump-Poutine) ni agression nationaliste.John R.MacArthur est éditeur de Harper\u2019s Magazine.Sa chronique revient le premier lundi de chaque mois.Une troisième voie est possible JOHN R.MACARTHUR CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR La culture inuite doit trouver dans le système scolaire un terrain favorable à son épanouissement.On ne se rend pas suffisamment compte, dans le sud du Québec, à quel point le parcours scolaire des élèves inuits du Nunavik est unique et, souvent, semé d\u2019embûches O L\u2019 ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Une partisane de la légalisation du cannabis le 20 avril dernier L E D E V O I R , L E L U N D I 5 J U I N 2 0 1 7 A 8 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par courriel publicite@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3452 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Par courriel petitesannonce@ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4 Berri-UQAM Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com A C T U A L I T É S qualifie d\u2019«unique et novateur».L\u2019idée tombait à point.En effet, un nouvel ensemble résidentiel dans le secteur Lachenaie à Terrebonne forçait la commission scolaire à ouvrir une deuxième école sur le territoire, puisque l\u2019école de quartier, Arc-en-Ciel, débordait déjà.Préoccupations des parents La commission scolaire a donc pensé la nouvelle école, toujours en construction à la jonction des autoroutes 40 et 640, en fonction de cette vocation universitaire.«Pour éviter que plusieurs stagiaires passent dans les classes et dérangent la gestion de la classe à tout moment, on a construit des cubicules avec des fenêtres d\u2019observation entre les classes, explique France-Lyne Masse.On va aussi avoir de l\u2019équipement pour faire de la captation vidéo de la classe pendant certains moments où l\u2019on fait des pratiques pédagogiques efficaces.» Cela répondait notamment à une des préoccupations des parents, qui «avaient réellement peur de ne jamais voir l\u2019enseignant de leur enfant, considérant qu\u2019il allait y avoir des stagiaires dans cette école-là», explique la nouvelle directrice de l\u2019école, Stéphanie Chapleau.Malgré les questionnements et les inquiétudes des parents, plus des trois quarts des 150 parents ayant assisté à la rencontre ont manifesté leur souhait d\u2019y inscrire leur enfant pour l\u2019automne prochain.«Les parents ont apprécié le fait qu\u2019il y avait enfin des idées novatrices pour l\u2019école publique», ajoute-t-elle fièrement.Les parents qui n\u2019adhèrent pas pourront continuer de fréquenter l\u2019école Arc-en-Ciel.Pas un laboratoire Selon France-Lyne Masse, le fait de travailler en collaboration avec des universitaires va permettre de garder les enseignants à jour dans leur approche pédagogique, ce qui fait parfois défaut dans les écoles québécoises.«On est encore trop séparés de ce qui se fait par rapport à la recherche, on a de la difficulté à faire descendre les connaissances pour les appliquer dans la vie réelle», af- firme-t-elle.On veut appliquer les meilleures pratiques, faire de la recherche sur leur application, mais la directrice des ressources éducatives refuse de parler de laboratoire.«Il y a une nuance, je ne peux pas arriver et dire: \u201ctiens, il y a une recherche intéressante qui vient de sortir sur la classe inversée, on va l\u2019appliquer et le tester\u201d.On ne peut pas faire ça comme commission scolaire.On n\u2019est pas une école d\u2019expérimentation.Il faut que ce soit des méthodes qui ont fait leur preuve et qu\u2019on va venir appliquer dans notre contexte au Québec.» Elle donne l\u2019exemple de l\u2019apprentissage de la lecture et du vocabulaire par la littérature, une pratique documentée depuis 20 ans aux États- Unis.Ainsi, plutôt que de se servir des manuels scolaires et autres cahiers d\u2019activités, le professeur va utiliser « un vrai livre » qui s\u2019adresse aux enfants.Tout est dans la façon de choisir le livre, en fonction, par exemple, de répétition de mots ou de sons.«L\u2019enseignant peut se servir de tel ou tel livre pour montrer sa leçon de lecture et avoir, du coup, tout le plaisir de lire un vrai livre qui a une intention réelle, et non pas seulement une intention scolaire », explique avec enthousiasme Mme Masse, qui parle de « résultats phénoménaux» auprès des jeunes.«L\u2019idée, ce n\u2019est pas seulement de faire du top downde l\u2019université vers l\u2019école, ajoute-t-elle.Les universités ont aussi besoin de nous parce que les enseignants d\u2019université sont parfois loin de la réalité, ça fait longtemps qu\u2019ils n\u2019ont pas vu une salle de classe de niveau primaire ou secondaire et ils ont besoin de ce côté pratique là pour adapter aussi leur message et leur façon d\u2019enseigner aux futurs enseignants.C\u2019est donc un réel travail de collaboration.» Au-delà de la recherche appliquée, la direction souhaite que l\u2019école demeure une école de quartier « la plus naturelle possible ».Elle respectera dans son intégrité le programme de formation québécois, confirme France-L yne Masse.« L\u2019objectif derrière tout ça, c\u2019est d\u2019avoir des enseignants qui deviennent des porte-parole, qui transmettent le savoir aux autres professeurs.On ne veut pas que ce soit une école close, une école universitaire que les gens regardent en disant : \u201cwow, il se fait de belles choses là\u201d, mais que ça reste en vase clos.» Le Devoir crétariat aux affaires intergouvernementales canadiennes dont Le Devoir a obtenu copie en vertu de la Loi sur l\u2019accès à l\u2019information.Le document caviardé souligne le «caractère unique» du cas québécois en se basant sur l\u2019exemple des autres fédérations.« Aux États-Unis et en Australie, l\u2019ensemble des États fédérés côtiers profite du prolongement maritime dont jouit l\u2019État central en ver tu de sa souveraineté externe», souligne à gros traits le document remis au ministre Fournier le 14 janvier 2016.Fixée sur le rivage de la baie d\u2019Hudson, la frontière québécoise évolue avec les marées, qui sont parmi les plus fortes de la planète.Ainsi, des infrastructures érigées au bout de la terre ferme seraient par moments du ressort du Québec, par moments de celui du Nunavut.«C\u2019est un cas à peu près unique au monde», fait remarquer le géographe Henri Do- rion.« C\u2019est un problème qui traîne depuis 1912.Il serait temps de le régler», ajoute-t-il.Plan Nord Cette « anomalie » est une entrave pour le développement du Nord québécois.« À l\u2019heure actuelle, les projets économiques (énergie, télécommunication, exploitation minière) et les infrastructures maritimes bordant la frontière pourraient se trouver simultanément soumis à l\u2019autorité de plusieurs gouvernements sans qu\u2019aucun mécanisme intergouvernemental cohérent et systématique encadre cette situation par ticulière », déplore M .Cou i l lard dans sa Pol i - tique d\u2019affirmation.D\u2019ailleurs, la première version du Plan Nord prévoyait la construction d\u2019infrastructures portuaires visant à faciliter l\u2019exportation des ressources naturelles enfouies dans le sol du nord du Québec.Le gouvernement de Jean Charest avait prévu 33 millions sur cinq ans pour la réalisation d\u2019études de faisabilité en vue de l\u2019aménagement d\u2019un por t en eaux profondes à Whapmagoostui- Kuujjuarapik, à la jonction des territoires cris et inuits.« Ce por t aurait d\u2019importantes retombées », martelait le ministre des Finances, Raymond Bachand en 2011.Avec l \u2019ouver ture du passage du Nord-Ouest, cette infrastructure aurait favorisé les échanges avec la Russie, la Norvège et le Groenland, indiquent les documents budgétaires de l\u2019époque.L\u2019autoroute nordique tarde toutefois à prendre forme, souligne Frédéric Lasserre, du Département de géographie de l\u2019Université Laval.« Je serais très surpris que l\u2019on atteigne [même à long terme] des trafics comparables avec ce qui se fait à Suez ou à Panama.» Le ministre responsable du Plan Nord, Pierre Arcand, dit « pour l\u2019instant, privilégie[r] le transport par train ».« Mais il n\u2019y a rien qui nous dit qu\u2019un jour, ça ne peut pas changer », af firme-t-il au Devoir.Mais, l\u2019élu ne partage pas l\u2019empressement de son ex-collègue Raymond Bachand à vouloir aménager un por t en eaux profondes dans le Nord .« Pour l\u2019instant, le volume ne justifie pas des investissements aussi massifs que ça », dit-il sans détour.« [Cependant,] la prémisse de base est toujours bonne : s\u2019il y a un volume [de ressources minières vouées à l\u2019exportation] qui deviendrait suf fisant \u2014 par exemple dans la fosse du Labrador \u2014 et qu\u2019au lieu d\u2019envoyer ça nécessairement à Sept-Îles [\u2026] il pourrait y avoir un por t en eaux profondes\u2026 Pour envoyer par exemple du minerai en Chine, ça sauverait deux jours et demi.» Un grief en veilleuse depuis.1912 Le dossier de la frontière septentr ionale est en ve i l - leuse depuis l \u2019annexion du district d\u2019Ungava, qui a doublé la super ficie du Québec en 1912.« Je vois qu\u2019on nous donne le territoire jusqu\u2019au détroit [d\u2019Hudson] », déclarait alors le premier ministre libéral Lomer Gouin.« Mais, que deviennent les îles qui se comptent par milliers le long du li t toral.Nous avons exprimé le désir d\u2019avoir les îles, qui nous appar tiennent tout autant que la terre ferme [\u2026 ].Je pense que cette omission est involontaire et qu\u2019il suf fira d\u2019attirer l\u2019attention du gouvernement sur ce point pour obtenir ce qui nous appartient.» Il a eu tort.« Le gouvernement fédéral a toujours refusé la demande du gouvernement du Québec de discuter de cette frontière », écrit l\u2019auteur de la note d\u2019information obtenue par Le Devoir.D\u2019ailleurs, celle-ci a été caviardée en ver tu de l\u2019article 19 de la Loi sur l\u2019accès à l\u2019information stipulant qu\u2019un « organisme public peut refuser de communiquer un renseignement lorsque sa divulgation por terait vraisemblablement préjudice à la conduite de relations entre le gouvernement du Québec et un autre gouvernement ».Il y aurait néanmoins de l\u2019espoir si l\u2019on se fie au document.« Les obstacles constitutionnels peuvent être contournés de façon créative quand les acteurs politiques concernés parviennent à un accord.» Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 ÉCOLE SUITE DE LA PAGE 1 FRONTIÈRE JUSTIN TALLIS AGENCE FRANCE-PRESSE «Nous ne pouvons pas et ne devons pas penser que les choses pourront continuer ainsi», a soutenu la première ministre britannique, Theresa May, devant le 10, Downing Street.la première ministre, Theresa May, a haussé le ton d \u2019un cran par rapport à ses interventions précédentes.Pointant pour une des premières fois ouver tement le radicalisme islamiste, elle a affirmé que les choses ne pourraient plus continuer comme avant.« Le moment est venu de dire : assez, c\u2019est assez », a déclaré la première ministre britannique devant le 10, Downing Street.«Nous ne pouvons pas et ne devons pas penser que les choses pourront continuer ainsi.» Pour une des premières fois depuis les récents attentats, Theresa May a estimé que la guerre contre le groupe armé État islamique (qui a revendiqué dimanche l\u2019attentat de Londres) ne suffira pas à vaincre le terrorisme islamiste.« Nous ne pouvons pas of frir à cette idéologie l\u2019espace sécurisé dont elle a besoin pour prospérer, dit-elle.C\u2019est pour tant exactement ce que font Internet et les grands fournisseurs de services en ligne.» La première ministre se dit déterminée à restreindre la liberté d\u2019expression sur Internet des extrémistes pour lesquels, dit-elle, « il y a beaucoup trop de tolérance dans notre pays ».Selon Theresa May, « si les attaques récentes ne sont pas liées par des réseaux, elles le sont par une idéologie qui prêche la haine et le communautarisme ».Plus réservé, le leader travailliste Jeremy Corbyn s\u2019est contenté d\u2019appeler à renforcer l\u2019action policière.Il propose d\u2019engager 10 000 policiers tout en critiquant son adversaire d\u2019avoir réduit les effectifs policiers pendant les six ans où elle a été ministre de l\u2019Intérieur.Jeremy Corbyn précise qu\u2019il faudra cependant mener des «discussions difficiles» avec l\u2019Arabie saoudite et d\u2019autres États du Golfe sur le financement de l\u2019extrémisme islamiste.Face à ceux qui ont évoqué un report des élections à cause des attentats, le candidat travailliste a appelé à ne pas céder aux terroristes.« Les terroristes veulent entraver notre liberté, ils veulent nous empêcher de voter jeudi, et nous ne le leur permettrons pas», a renchéri le maire travailliste de Londres, Sadiq Khan, sur la BBC.Élections Ce troisième attentat, revendiqué par le groupe armé État islamique, survient alors que la favorite, Theresa May, partie avec une avance de 20 % sur son adversaire, n\u2019a cessé de chuter dans les sondages sans jamais pour autant être donnée perdante.Samedi, le quotidien The Telegraph annonçait une légère remontée (avec un écar t de 9 %) de la première ministre qui a déclenché cette élection afin de confor ter sa majorité avant le début des négociations du Brexit.Certains sondages réduisent cependant cette avance à un maigre 4 %.«Je ne crois pas que ce nouvel attentat change grand-chose au résultat de l\u2019élection, disait Andrew, un comptable de 40 ans venu du nord de la capitale autant par curiosité que pour se recueillir sur les lieux du drame.Normalement, ces attentats favorisent la droite, mais je crois que les électeurs ont déjà fait leur choix.» Les analystes s\u2019attendent à ce que les attentats occupent toute la place dans les quatre prochains jours.«Alors que l\u2019élection entre dans sa dernière ligne droite, écrit le chef du bureau politique de la BBC, Laura Kuenssberg, la question de savoir qui peut le mieux assurer la sécurité du pays est clairement sur la table.» Les opinions divergent.«Theresa May a des mots durs, mais son bilan dans la lutte contre l\u2019islamisme est af freux», écrit le journaliste Stephen Collar dans The Telegraph.Dans le Guardian, le chroniqueur Matthew d\u2019Ancona estime qu\u2019elle a plutôt « raison sur l\u2019extrémisme.On ne peut pas se censurer par peur d\u2019offenser quelqu\u2019un.» Douze arrestations En 24 heures, l\u2019enquête policière avait déjà permis de faire 12 arrestations dans le quartier très multiethnique de Barking dans l\u2019est de Londres.Ces arrestations faisaient suite à un raid accompagné d\u2019explosions dans l\u2019appartement d\u2019un des assaillants que ses voisins décrivent comme un homme marié et père de deux enfants.La BBC cite une source anonyme évoquant une radicalisation datant d\u2019environs deux ans.Cette même source dit avoir signalé le suspect à la police.Les policiers ont aussi fait des perquisitions dans le quartier de Newham.On sait maintenant mieux comment les choses se sont passées samedi soir.Vers dix heures, une camionnette-bélier a foncé sur des passants qui circulaient sur le pont de Londres avant de s\u2019immobiliser devant un pub situé à la sortie du pont.Trois hommes, qui seront vite abattus, sont alors sortis de la camionnette pour attaquer les fêtards au couteau en invoquant Allah.Les témoins font état d\u2019assaillants pénétrant dans les bars de Borough Market pour en poignarder les occupants.Quatre policiers ont été blessés dans l\u2019opération.Cer tains passants ont aussi reçu des balles perdues.Les vestes explosives que portaient les hommes se sont révélées être des leurres.Toute la journée de di - manche, la police a bloqué un immense périmètre au sud de Londres ainsi que le célèbre pont sur lequel les djihadistes ont foncé sur les passants.Les deux stations de métro des environ devaient rouvrir lundi alors que la campagne électorale reprendra son cours.Depuis l\u2019attentat à la voiture-bé- lier de Westminster, en mars derniers, les services de sécurité britanniques auraient déjoué cinq autres projets du même genre.Dimanche soir, la Grande- Bretagne s \u2019est consolée en écoutant le concer t of fer t à Manchester devant 50 000 personnes en mémoire des victimes de l\u2019attentat d\u2019il y a deux semaines.Dans la presse et à la télévision, cer tains commentateurs évoquaient la chanson pour enfants London Bridge is Falling Down (le pont de Londres s\u2019effondre).Mais ils ajoutaient : pas la Grande-Bretagne.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 LONDRES Christine Archibald, la Canadienne qui a perdu la vie au cours de l\u2019attaque perpétrée samedi à Londres, s\u2019était installée en Europe pour vivre avec son fiancé.La victime travaillait dans un centre pour personnes itinérantes en Co- lombie-Britannique avant son départ.Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, qui a qualifié l\u2019attentat d\u2019« insensé», a déclaré que le fait qu\u2019une Canadienne figure parmi les victimes lui «brise le cœur».Il a également souligné la force et la résilience que le peuple britannique avait su démontrer après les récentes attaques survenues à Manchester et à Westminster.La Presse canadienne Une Canadienne parmi les victimes "]
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