Le devoir, 19 juin 2017, Cahier A
[" V O L .C V I I I N o 1 3 6 L E D E V O I R , L E L U N D I 1 9 J U I N 2 0 1 7 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S AUJOURD\u2019HUI Culture \u203a Le groove de Louve en ?nale des Francos.Lire notre compte rendu du spectacle sur nos plateformes numériques.Sur la route \u203a La technologie pour redonner vie à l\u2019auto-stop.Une application lie conducteurs et passagers .Page B 5 Avis légaux.B 2 Décès.B 6 Météo.B 5 Mots croisés.B 5 Petites annonces .B 6 Sudoku.B 4 ?w w w .l e d e v o i r .c o m C H R I S T I A N R I O U X Correspondant à Paris La victoire est historique, l\u2019abstention aussi, mais l\u2019opposition ne s\u2019effondre pas.À l\u2019occasion de ce second tour des élections législatives, le président français, Emmanuel Macron, élu il y a un mois à peine, a remporté son pari sans pour autant réaliser le raz-de-marée annoncé.Avec plus de 300 sièges, il pourra gouverner sans même faire de compromis avec le parti de François Bayrou, son allié du MoDem qui obtient une quarantaine de députés.Ensemble, les deux partis domineront facilement la chambre avec environ 360 députés sur 577.Mais cette élection est marquée par un énorme point noir, celui de l\u2019abstention qui, avec 57 %, atteint des niveaux inégalés jusqu\u2019ici en France.Malgré les prévisions de balayage intégral, à plus de 400 députés, les électeurs ont donc choisi d\u2019envoyer à l\u2019Assemblée nationale un groupe d\u2019opposition de droite conséquent, qui pourra jouir d\u2019environ 125 députés.Ils y envoient aussi environ huit députés du Front national, quatre fois plus que dans l\u2019assemblée précédente, et une trentaine de députés de La France insoumise, dirigée par le leader d\u2019extrême gauche Jean-Luc Mélenchon, qui pourra donc former un groupe parlementaire.Le mouvement du président Emmanuel Macron a fait élire la plupart de ses têtes d\u2019affiche, comme les ministres Christophe Castaner, Richard Ferrand et l\u2019ancien Républicain Bruno Le Maire.« La victoire est claire et elle nous oblige », a déclaré le premier ministre Édouard Philippe.Selon lui, «par leur vote, les Français ont, dans leur grande majorité, préféré l\u2019espoir à la colère, la confiance au repli ».Mais, déplore-t- il, « l\u2019abstention n\u2019est jamais une bonne nouvelle pour la démocratie».Le premier ministre y voit Macron obtient les pleins pouvoirs Éducation Un mouvement pour contrer la «ségrégation» Page A 3 Brian Myles Médias: l\u2019heure est à l\u2019action pour Ottawa Page A 6 Le re?nancement du CALQ déçoit le milieu artistique Page B 8 NOUVEL INCIDENT PRÈS D\u2019UNE MOSQUÉE À LONDRES YUI MOK / PA VIA ASSOCIATED PRESS Un véhicule a fauché et blessé plusieurs personnes à Londres, dimanche soir.L\u2019incident est survenu devant une mosquée qui accueillait les ?dèles pratiquant le ramadan.Page A 2 A L E X A N D R E S H I E L D S L e gouvernement Trudeau s\u2019est engagé à multiplier par cinq la superficie des milieux marins protégés au Canada d\u2019ici la fin de 2017.Mais aucun des projets de protection envisagés depuis plusieurs années au Québec ne verra le jour cette année, selon les informations recueillies par Le Devoir.Puisqu\u2019il se dit «résolument engagé à protéger ses zones côtières et marines», le gouvernement fédéral a promis d\u2019assurer la protection de 5 % des milieux marins d\u2019ici la fin de 2017.Un objectif qui, s\u2019il se réalisait, constituerait un bond sans précédent dans la conser vation de ces écosystèmes.À l\u2019heure actuelle, à peine 1 % du territoire maritime canadien est protégé, alors que l\u2019engagement pris sur la scène internationale est de porter ce taux à 10 % d\u2019ici 2020.Le problème, c\u2019est que ces progrès historiques du gouvernement canadien ne devraient pas inclure de progrès cette année pour les trois importants projets de protection des milieux marins ci- blés dans les eaux québécoises du Saint-Laurent.Ces trois territoires maritimes pourraient protéger plus de 24 000 km2 de l\u2019estuaire et du golfe.De telles mesures de protection permettent d\u2019imposer des restrictions strictes sur les activités humaines qui peuvent être dommageables pour l\u2019environnement, dont les pêches, l\u2019exploration pétrolière et gazière, ou encore la navigation commerciale.Dans le contexte où le Saint-Laurent subi déjà les impacts des changements climatiques, ces mesures de protection sont plus que jamais nécessaires, concluait une recherche (synthèse de plus de 140 études) publiée en juin dans Proceedings of the National Academy of Sciences.MILIEUX MARINS PROTÉGÉS Le Québec laissé de côté par Ottawa en 2017 VOIR PAGE A 8 : FRANCE Lire aussi \u203a Victoire avec bémols.La chronique de François Brousseau.Page B 1 Macron aura les coudées franches pour mettre en oeuvre ses réformes.Page A 3 J É R Ô M E D E L G A D O I l y a quelque chose de démesuré dans l\u2019idée de souligner le 150e anniversaire de la Confédération à travers un événement artistique disséminé dans les parcs nationaux.Certes, l\u2019événement en art contemporain Repères2017/LandMarks2017 ne pose pas le pied dans l\u2019ensemble des sites de Parcs Canada \u2014 seulement 20 d\u2019entre eux.N\u2019empêche : il faudrait pratiquement une vie pour visiter une vingtaine de parcs et lieux historiques\u2026 Mais voilà, Repères, avec ses douze artistes et ses huit commissaires, n\u2019est pas une exposition comme une autre.En est-il seulement une ?Il s\u2019agirait plutôt d\u2019un programme visant à revoir notre compréhension de cette étendue de nature qui fait l\u2019identité du pays.« [Le 150e] permet de réfléchir à un territoire bien plus vieux que 150 ans et d\u2019aborder l\u2019héritage du colonialisme, la relation complexe entre le concept de nationalité et celui de l\u2019identité culturelle, ainsi que le rapport à la nature dans le contexte des Une expérience artistique du territoire Une vingtaine de parcs nationaux participent au projet Repères LÉO HARVEY-CÔTÉ Avec son projet Subsistances, l\u2019artiste Raphaëlle de Groot a voulu aller « au-delà de l\u2019image de la nature canadienne, de l\u2019écran, de la connaissance par les livres, les films ».VOIR PAGE A 8 : PARCS VOIR PAGE A 8 : MARINS L E D E V O I R , L E L U N D I 1 9 J U I N 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 2 Ligue des femmes du Québec fondée en 1957 www.lfqc.org Plus âgée que l\u2019internet, la Ligue des femmes du Qc est née en 1957.Le mot dot faisait alors uniquement référence aux biens versés par certaines familles pour caser leurs filles en religion ou en mariage.Mœurs d\u2019antan qui durent depuis longtemps - et ça continue ! Ainsi, à court d\u2019argent pour investir dans les fourrures et sauver son job, en 1610, Champlain a négocié un avantageux contrat de mariage avant d\u2019épouser la jeune Hélène Boullé dont la dot valait 30 fois le salaire annuel de Samuel.Les Boullé étaient calvinistes-huguenots comme Dugas de Monts, patron de Sam.On imagine comment réagit la petite devant les tractations dont elle a été l\u2019objet : Six mille livres de dot Six mill \u2018 livr\u2019s de dot - Généreus\u2019 cagnotte ! -, Six mill\u2019 livr\u2019s de dot, Pour qu\u2019un homm\u2019 de cet âge Me demande en mariage ?Six mill\u2019 livr\u2019s, vraiment, Qu\u2019il ramasse au passage Six mill\u2019 livr\u2019s, vraiment, Ça dépasse l\u2018entend\u2019ment ! Six mill\u2019 livr\u2019s de dot, Qui s\u2019y piqu\u2019 s\u2019y frotte ! Six mill\u2019 livr\u2019s, pas moins, C\u2019est le prix de sa main, Et de plus il faudra, Mêm\u2019 si j\u2019ne touche rien Que j\u2019abjure ma foi ! Eh bien, voilà de quoi, Six mille fois au moins, Haïr la bienséance Et maudir\u2019 l\u2019obéissance ! Six mill\u2019 livres de dot, Qui s\u2019y piqu\u2019 s\u2019y frotte!* 500$ au meilleur slam Il se trouve qu\u2019au XXe siècle, un autre de nos top- dirigeants a épousé une fiancée beaucoup plus jeune que lui, après l\u2019avoir fait devenir catholique.Contrairement à Hélène qui finit Ursuline, Margaret est plus tard retournée à sa foi anglicane.Imaginez les paroles de Margaret lors de son retour à la religion fondée par Henry VIII, et postez-nous votre texte d\u2019ici le 24 juin 2017 à : LFQc, B.P.60589, Succ.Ste-Catherine Est, Montréal, H1V 3T8 La LFQ a 60 ans\u2026 A N D Y B L A T C H F O R D à Ottawa A lors que les ministres des Finances se réunissent à Ottawa pour leur rencontre semestrielle, le gouvernement de Justin Trudeau s\u2019attend à entendre leurs inquiétudes quant au fardeau que pourrait déposer la légalisation du cannabis sur les épaules des provinces et des territoires.Au menu de cette rencontre de deux jours, qui s\u2019amorçait dimanche, figurent des discussions sur la meilleure manière de taxer l\u2019éventuel marché réglementé de la marijuana.Les libéraux fédéraux ont déposé en avril un projet de loi avec pour but de légaliser et d\u2019encadrer l\u2019usage de marijuana à des fins récréatives d\u2019ici juillet 2018.Le cannabis devrait être sujet à des taxes assez basses pour écarter son trafic illicite, mais assez élevées pour éponger les coûts de sa légalisation.Or, les détails du partage des recettes avec Ottawa restent à déterminer.Fardeau?Plusieurs provinces ont déjà fait part de leurs préoccupations quant à ce qui relèvera de leur compétence \u2014 de la distribution de la drogue, à son encadrement par la police en passant le traitement de la toxicomanie.La première ministre de l\u2019Alberta, Rachel Notley, croit que les provinces seront aux prises avec « le gros du travail » ainsi que les coûts qui devraient s\u2019ensuivre.Du côté du Québec, la ministre de la Santé publique, Lucie Charlebois, a dit douter que la perception de taxes suffise à financer la régulation en matière de santé, de sécurité et d\u2019éducation.Son homologue à Ottawa, Jane Philpott, s\u2019est engagée à augmenter les ressources consacrées à la marijuana dans ces domaines.Son cabinet fait également valoir que l\u2019actuelle prohibition est encore plus coûteuse que la légalisation ne le sera.Le gouvernement fédéral martèle que l\u2019une des cibles principales de son projet de légalisation est d\u2019empêcher des criminels de tirer profit de la marijuana et d\u2019éviter sa consommation par des mineurs.L\u2019ordre du jour de la réunion des ministres prévoit également des discussions sur le partage d\u2019informations afin de contrecarrer le blanchiment d\u2019argent, le financement terroriste, de même que l\u2019évasion et l\u2019évitement fiscal.Les ministres s\u2019entretiendront aussi à propos des relations commerciales avec les États-Unis et la renégociation de l\u2019Accord de libre-échange nord-américain (ALENA).Pour le ministre québécois des Finances, Carlos Leitão, il s\u2019agirait de l\u2019enjeu le plus important au programme.En entrevue avec La Presse canadienne, il a avancé que « l\u2019objectif est de parvenir à un consensus entre les provinces et le gouvernement fédéral » à la fois sur la taxation du cannabis et sur le commerce avec les États-Unis.Son homologue ontarien, Charles Sousa, souhaite pour sa part obtenir davantage de détails sur le plan d\u2019infrastructure du gouvernement Trudeau et sur son projet de 35 milliards de Banque de l\u2019infrastructure du Canada, qui vise à décrocher des investissements du secteur privé.La Presse canadienne CANNABIS Les ministres des Finances se penchent sur la taxation J O C E L Y N E R I C H E R à Québec Gabriel Nadeau-Dubois ne manque ni d\u2019assurance ni d\u2019ambition.Le nouveau député solidaire de Gouin voit grand, très grand.Pour son parti et pour lui-même.Selon lui, Québec solidaire est aux portes du pouvoir, prêt à former le prochain gouvernement.Et quand QS prendra le pouvoir, à cour t ou à moyen terme, il sera prêt à occuper le siège de premier ministre du Québec.Si ce scénario se présente, «c\u2019est sûr que je ne reculerai pas», assure le jeune député avec aplomb, au cours d\u2019une longue entrevue avec La Presse canadienne visant à faire le point sur ses débuts remarqués en politique active.Mais il faudra d\u2019abord qu\u2019il soit désigné par sa base comme porte- parole aux débats des chefs de la prochaine campagne électorale et candidat premier ministre, comme l\u2019était sa prédécesseure dans Gouin, Françoise David.Les statuts de Québec solidaire font en sor te que le par ti n\u2019a pas de chef, mais plutôt deux por te-pa- role, un homme et une femme, lui-même et Manon Massé.Les membres devront donc choisir entre les deux, à l\u2019automne.Il ne se fera pas prier pour être candidat premier ministre.« Si les membres me le demandent, c\u2019est sûr que je vais y aller », dit M.Nadeau- Dubois, qui n\u2019entend reculer devant aucun défi.« J\u2019ai envie d\u2019être ici un bon moment », dit-il à propos de sa présence à l\u2019Assemblée nationale, où il semble à l\u2019aise comme un poisson dans l\u2019eau, même s\u2019il n\u2019a que deux semaines d\u2019expérience parlementaire derrière la cravate.« J\u2019adore ça [la vie de parlementaire]», commente-t-il, parce qu\u2019elle est synonyme d\u2019action.Depuis qu\u2019il a été assermenté, il n\u2019a pas chômé, multipliant les points de presse, posant des questions directement au premier ministre en Chambre, et potassant déjà ses dossiers en commission parlementaire.Même si Québec solidaire demeure un parti marginal sur l\u2019échiquier politique, avec trois députés et seulement 7,6 % d\u2019appuis aux dernières élections générales, M.Na- deau-Dubois estime qu\u2019il faut désormais inscrire Québec solidaire dans les ligues majeures, «une force politique de premier plan».« L\u2019étape qui commence pour nous maintenant, c\u2019est la marche vers le gouvernement», dit-il, fuyant toute fausse modestie.QS va ratisser large dès octobre 2018, prédit le député, et gruger des votes à toutes les formations politiques, pas seulement au Parti québécois.Des libéraux et caquistes seraient prêts à voter QS, selon lui.«Dorénavant, Québec solidaire se présente devant les gens en disant : Nous sommes prêts à former le prochain gouvernement », af firme le député, qui entame sa carrière politique sans complexe.Personnage controversé Malgré son manque d\u2019expérience, il n\u2019est pas exactement du genre à rester dans l\u2019ombre.«Mon intention, c\u2019est de déranger», confie le député de 27 ans.« Je ne suis pas venu en politique pour me tenir tranquille dans mon coin.» L\u2019ex-leader étudiant du printemps érable sait parfaitement que les opinions sont très tranchées à son sujet.Certains l\u2019adulent, d\u2019autres le qualifient d\u2019arrogant.Mais il s\u2019en fout.« Il y a des gens qui vont me détester, mais ça ne me dérange pas », laisse tomber celui qui ne veut pas se laisser distraire par ce genre de considérations.En politique, ce qui l\u2019anime, ce qui le motive vraiment, c\u2019est «changer le système dans lequel on vit », c\u2019est « transformer le système politique et économique», dit l\u2019homme de gauche, qui veut « prendre le pouvoir pour changer les choses» en profondeur au Québec.La conjoncture est parfaite, selon lui.L\u2019exemple de plusieurs pays, dont la France, où le mouvement En marche ! lancé par Emmanuel Macron il y un an a été couronné de succès, représente une source d\u2019inspiration et confirme sa vision des choses.«Partout à travers le monde, il y a un vent de changement qui souf fle très, très fort», note-t-il, décelant dans plusieurs démocraties une «fatigue» envers les partis traditionnels.Sur cette lancée, il n\u2019a aucunement l\u2019intention d\u2019édulcorer le programme du parti ou de le recentrer pour gagner des votes.Ce programme, il y souscrit totalement, sans réserve.Pas question, donc, d\u2019arrondir les angles.Car le problème de QS ne réside pas dans le contenu radical de certaines de ses propositions, mais plutôt dans le défi de transformer ses idées en « politiques publiques concrètes » visant à améliorer la vie des gens «au quotidien».Est-il d\u2019accord, par exemple, avec le programme du parti sur la nationalisation de dif férents secteurs d\u2019activité, comme les mines?Oui.Il cherche quand même à se faire rassurant : « On ne veut pas nationaliser les dépanneurs.» La Presse canadienne QUÉBEC SOLIDAIRE « GND » se dit prêt à prendre le pouvoir Le nouvel élu croit que son parti doit entrer dans les ligues majeures JACQUES NADEAU LE DEVOIR Gabriel Nadeau-Dubois a été élu dans Gouin le 29 mai dernier.ISTOCK La ministre de la Santé publique fédérale, Jane Philpott, a fait valoir que l\u2019actuelle prohibition est plus coûteuse que la future légalisation.Dorénavant, Québec solidaire se présente devant les gens en disant : Nous sommes prêts à former le prochain gouvernement Gabriel Nadeau-Dubois « » A N N A B E L L E C A I L L O U L ondres a été le théâtre d\u2019un nouveau drame dans la nuit de dimanche à lundi alors qu\u2019un véhicule est entré en collision avec des piétons dans le nord-est de la capitale britannique, faisant plusieurs blessés, selon les autorités locales qui ont confirmé avoir arrêté un homme sur les lieux.«La police a été appelée juste après 00h20 après le signalement qu\u2019un véhicule était entré en collision avec des piétons », a précisé la police métropolitaine de Londres dans un communiqué.« Il y a un certain nombre de blessés » et «une personne arrêtée», est-il écrit.Les autorités n\u2019ont pas indiqué le nombre exact de blessés, mais selon plusieurs témoins ils seraient entre trois et dix.Plusieurs ambulances ont rapidement été envoyées sur le chemin Seven Sisters, près du parc Finsbury, où l\u2019incident qualifié de «majeur» a eu lieu.Un périmètre de sécurité a été érigé tout autour du parc et la rue a été complètement fermée à la circulation.Mosquée visée?L\u2019incident se serait déroulé près d\u2019une mosquée, a de son côté indiqué le Conseil des musulmans qui représente la communauté musulmane britannique.« Nous a v o n s é t é i n f o r m é s q u \u2019 u n e camionnette avait percuté des fidèles alors qu\u2019ils quittaient la mosquée de Finsbury Park.Nos prières vont aux victimes », a-t-il précisé sur son compte Twitter.En pleine période de ramadan, les musulmans pratiquants se rendent à la mosquée après l\u2019Iftar, la rupture du jeûne à la tombée de la nuit.Une prière a lieu aux alentours de minuit.Les témoignages de personnes qui se trouvaient alors sur les lieux se sont vite multipliés sur les réseaux sociaux.« Horrible de voir des policiers faire des massages cardiaques à des gens allongés par terre en espérant désespérément les sauver », a écrit sur Twitter Cynthia Vanzella.David Robinson, 41 ans, a raconté à l\u2019Agence France-Presse avoir vu «de nombreuses personnes crier et beaucoup de blessés » lorsqu\u2019il est arrivé devant la mosquée, qui aurait été, selon lui, la principale cible.Un autre témoin de 19 ans, qui n\u2019a pas voulu décliner son nom, a dit avoir vu un « van blanc avec trois hommes à bord».La police n\u2019avait toutefois pas confirmé ces informations, ni donné d\u2019autres détails sur l\u2019ampleur de l\u2019incident au moment d\u2019écrire ces lignes.Une enquête a été ouverte pour déterminer les causes exactes de l\u2019incident.Multiplication des attaques Ce nouveau drame est survenu dans un climat déjà très tendu au Royaume-Uni, où trois attentats ont été commis ces trois derniers mois.Deux d\u2019entre eux impliquaient des véhicules ayant foncé sur des piétons.Le 22 mars, un Britannique de 52 ans, Khalid Masood, converti à l\u2019islam et connu des ser vices de police, avait blessé plusieurs personnes en lançant sa voiture de location sur le trottoir du pont de Westminster dans le centre de Londres, avant de poignarder à mort un policier devant le parlement.En tout, cinq personnes ont perdu la vie.Exactement deux mois plus tard, le 22 mai, la ville de Manchester était la cible d\u2019un attentat -suicide revendiqué par le groupe armé État islamique.L\u2019attaque, qui s\u2019est déroulée à la sortie d\u2019un concert de la chanteuse américaine Ariana Grande, a fait 22 morts et une centaine de blessés.L\u2019auteur, Salman Abadi, était un Britannique de 22 ans d\u2019origine libyenne.Loin d\u2019être au bout de ses peines, le pays a subi une autre attaque sur le London Bridge dans la nuit du 3 au 4 juin.Trois assaillants à bord d\u2019une camionnette ont foncé sur la foule et poignardé plusieurs personnes à Borough Market avant d\u2019être abattus par la police.Huit personnes ont trouvé la mort, dont une Canadienne.Avec l\u2019Agence France-Presse et l\u2019Associated Press L\u2019horreur frappe Londres à nouveau Un véhicule a foncé sur des piétons dans la nuit de dimanche à lundi DANIEL LEAL-OLIVAS AGENCE FRANCE-PRESSE La police londonienne a rapidement été dépêchée sur les lieux de l\u2019incident. L E D E V O I R , L E L U N D I 1 9 J U I N 2 0 1 7 ACTUALITES A 3 L e menton en galoche, les deux mains posées sur les hanches, mon chauffeur de taxi m\u2019attendait.Il attendait en fait n\u2019importe qui, en l\u2019occurrence moi.« Where do we go ?», me demande-t-il.« Au musée », lui dis-je.«What did you say?» De Montréal, je venais d\u2019arriver par train à la gare d\u2019Ottawa, cette Brasilia d\u2019Amérique du Nord.En 1856, c\u2019est Québec qui avait été choisie comme future capitale.Le conseil législatif avait refusé d\u2019entériner ce choix.Si bien qu\u2019on finit par demander à la reine Victoria de trancher.Elle trancha, non sans prendre soin de s\u2019assurer de suivre ce faisant le tracé préalablement indiqué par le Colonial Office.Ce fut Bytown, renommé Ottawa.Une assemblée législative quelque peu rétive refusa le choix fait par cette lame qui traçait droit un avenir.Pourquoi aller construire un parlement dans un village de bûcherons où les affrontements, pour des questions de religion, étaient légion ?Sans se démonter, sa Majesté des Indes, d\u2019Angleterre et du Canada attendit avec satisfaction la reprise du vote.Celui-ci lui donna une majorité de quatre voix.Le nouveau parlement canadien fut ainsi construit à bonne distance des États-Unis et du républicanisme, à bonne distance aussi de Montréal, véritable centre culturel, financier et politique.En 1849, des émeutiers très britanniques avaient incendié l\u2019édifice alors installé à Montréal.À la suite de quoi, le Parlement était devenu itinérant.À Ottawa, au-delà d\u2019un chauffeur de taxi, on rencontre une capitale.Ottawa fait tout un tapage cette année de sa satisfaction à se célébrer.Elle est tapissée des signes de vertu qu\u2019elle s\u2019attribue à l\u2019occasion du 150e anniversaire d\u2019une loi de Londres.Pour souligner cet anniversaire, la ville d\u2019Ottawa avait imaginé le projet \u2014 ô combien audacieux ! \u2014 de devenir of ficiellement bilingue.N\u2019est-elle pas le cœur d\u2019un État qui prétend l\u2019être?Or, au moins 12 des 23 conseillers de la ville d\u2019Ottawa se refusent avec énergie à concevoir leur ville comme bilingue.Ils sont encouragés en cela par des groupes de pression comme Canadians for Language Fairness, lequel estime que les mesures en faveur du français constituent une perte d\u2019argent.« Payer des taxes à la Ville d\u2019Ottawa pour des emplois pour que les Québécois viennent prendre ces postes ?C\u2019est inacceptable ! », soutient Kim McConnell, la présidente du groupe.À croire que tous les francophones du Canada sont au fond des Québécois.Selon Radio-Canada, certains conseillers d\u2019Ottawa considèrent que, les Chinois étant plus nombreux que les francophones dans certains quartiers, il n\u2019y a donc aucune raison d\u2019en faire plus pour ces derniers.Un bel exemple d\u2019une lecture outrageante du multiculturalisme canadien, qui sert en fait d\u2019argument tordu pour folkloriser la réalité sociologique française au Canada.À la mairie d\u2019Ottawa, on estime que personne n\u2019en demande davantage, qu\u2019à preuve les plaintes sont rares.Mais essayez pour voir de trouver le formulaire de plainte, a fait remarquer une citoyenne, rapporte Le Droit.La capitale comptabilise d\u2019ailleurs volontiers pour une seule marque d\u2019insatisfaction des plaintes pourtant bien différentes.Il a beaucoup été question ces derniers jours d\u2019une lettre envoyée à Ottawa par le gouvernement de Philippe Couillard, une lettre dans laquelle Québec se disait fort préoccupé par la survie de la communauté anglophone hors de l\u2019île de Montréal.Il n\u2019en a pas fallu davantage pour qu\u2019on entende des cris indignés, sachant que les Anglo-Québécois constituent une minorité parfaitement bien traitée, ne serait-ce qu\u2019à en juger par l\u2019argent public consenti à ses universités.C\u2019est tout de même une erreur que de croire que les anglophones du Québec, ceux disséminés au loin, dans de petites communautés, vivent comme des Westmountais.À Bury, Scots- town, Blanc-Sablon ou Harrington Harbour, l\u2019avenir n\u2019est pas particulièrement radieux.Il faut être cynique pour voir dans cette préoccupation du Québec envers des éléments de sa population de simples manœuvres électorales, mais il faut être naïf pour penser qu\u2019il n\u2019y a pas beaucoup de cela aussi.Avec la montée de la Coalition avenir Québec dans les sondages, comme l\u2019explique Philip Authier dans The Gazette, un combat se dessine pour charmer l\u2019électorat anglophone fédéraliste.En politique, on attend des retours sur investissement.Mais dans quoi ce gouvernement investit-il quand Philippe Couil- lard ose affirmer, contre la raison même, que «ça va bien, le français, au Québec et au Canada»?En vérité, personne ne semble se préoccuper de l\u2019avenir du français, tant à l\u2019intérieur qu\u2019à l\u2019extérieur du Québec.Il fut un temps pourtant où, sur les rives du Saint-Laurent, on comprenait bien l\u2019intérêt de soutenir sérieusement le français en Amérique.Notre époque se caractérise par des ambitions petites et étriquées, qui témoignent la plupart du temps d\u2019un triste manque de perspectives quant à l\u2019avenir social.Tenez, par exemple : le président sortant du CRTC, Jean-Pierre Blais, s\u2019inquiète «des fameux provocateurs » qui sévissent dans les radios de Québec.Sa solution ?Abandonner les quotas de chanson française à la radio ! En dif fusant davantage d\u2019anglais, dit-il, ces radios pourraient se faire moins provocatrices tout en gagnant des parts du marché.En gros, le problème d\u2019une bêtise généralisée tiendrait donc à l\u2019usage du français ! Et nous restons là, amorphes, comme ces vaches qui continuent de regarder passer le train.«What did you say?» jfn@ledevoir.com Les vaches JEAN-FRANÇOIS NADEAU S A R A H R .C H A M P A G N E D es parents lancent un mouvement pour mettre fin à la « ségrégation scolaire» qui crée un «système à trois vitesses ».La sélection des élèves et le financement public des écoles privées menacent selon eux l\u2019égalité des chances des Québécois et doivent cesser.Le Mouvement L\u2019école ensemble récolte d\u2019emblée un appui de taille, celui de Guy Rocher qui signe une lettre ouverte en nos pages.L\u2019éminent sociologue y reprend le terme fort de « ségrégation» pour décrire la séparation physique des enfants plus fortunés ou plus doués des autres, une véritable « démission collective», écrit-il.Les classes ordinaires de l\u2019école publique se sont vidées peu à peu des meilleurs élèves.Un «écrémage scolaire », comme le nomme Stéphane Vigneault, coordonnateur de L\u2019école ensemble, intensifié par l\u2019essor de l\u2019école privée.Puis avec les programmes particuliers sélectifs, eux aussi en nette augmentation pour «compétitionner l\u2019école privée sur son propre terrain».Ce sont aujourd\u2019hui 41 % des enfants qui se retrouvent soit en classe privée ou sélectionnés pour des classes publiques par ticu- lières, le « programme international » par exemple.Une proportion qui dépasse nettement le «point de rupture», avertit M.Vigneault, citant le taux de décrochage scolaire au secondaire « figé» à 25% et un taux d\u2019analphabétisme fonctionnel alarmant de 53%.La moyenne générale des élèves québécois aux examens internationaux « diminue ou, au mieux, stagne », ajoute l\u2019instigateur du mouvement.C\u2019est que le clivage dans les classes entraîne une diminution du taux de réussite pour l\u2019ensemble des élèves, af firme d\u2019ailleurs un comité d\u2019experts du ministère de l\u2019Éducation dans un rapport de 2014.Interrompre la spirale La volonté « d\u2019of frir le meilleur à nos enfants » est très compréhensible, admet quant à elle Anne-Marie Boucher.Mais c\u2019est précisément cette course individuelle qui accélère le phénomène.Et pour réparer ce système «brisé, inefficace et inéquitable», reprend M.Vigneault, il faut mettre fin à tout financement public direct ou indirect (les crédits d\u2019impôt pour don, notamment) de l\u2019école privée.La sélection doit aussi cesser, au primaire et au secondaire.Ceux qui sont exclus de ces sélections, soit par manque de moyens, soit par un apprentissage « régulier » ou à besoins particuliers, commencent une spirale vers le bas.Les classes ordinaires s\u2019alourdissent, ce qui renforce encore davantage l\u2019attrait du privé et des projets particuliers.Ces enfants intériorisent en outre leur « infériorisation», souligne Mme Boucher.Elle a enseigné à l\u2019école secondaire qu\u2019elle avait elle- même fréquentée.L\u2019expérience l\u2019a renversée : à la première année du secondaire, elle observe que les enfants des classes ordinaires et particulières sélectives se ressemblent, mais que, « avec les années, la différentiation se voit ».Même dans la salle des professeurs, cette mère de famille constate « un ef fet d\u2019étiquetage très fort », ce qui a potentiellement un effet sur la manière d\u2019enseigner.C\u2019est alors une prophétie qui s\u2019au- toréalise, craint-elle.L\u2019ef fet Pygmalion (ou Golem, selon les sources) est largement documenté : un enfant qui ne croit pas en ses propres capacités, et qui reçoit peu d\u2019estime de la part du personnel enseignant, verra ses résultats chuter.Que faire alors avec son enfant doué dans le système scolaire ?Comment le stimuler intellectuellement sans accroître la « ségrégation » ?« Contrairement à la croyance populaire, les élèves les plus per formants ne sont pas rabaissés en étant avec les autres.Mais les autres ont besoin des plus per formants pour se faire tirer vers le haut », assure Stéphane Vi- gneault.Les apprentissages enrichis pourraient être intégrés au sein d\u2019une classe unique, d\u2019une part, avec la consolidation d\u2019autre par t de l\u2019aide en dif ficulté.« On ne veut pas of frir moins, on veut of frir mieux pour tout le monde », conclut Anne-Marie Boucher.Le Devoir ÉDUCATION En finir avec la « ségrégation scolaire » Le nouveau mouvement L\u2019école ensemble s\u2019en prend à la sélection des élèves et au financement des écoles privées A N N A B E L L E C A I L L O U A vec une majorité absolue à l\u2019Assemblée nationale, le nouveau président français, Emmanuel Macron, devrait avoir le champ libre pour mettre en œuvre son programme de réformes sans avoir à trop faire de concessions aux partis d\u2019opposition, estime un expert.Le parti La République en marche ! et son allié du MoDem ont réussi à obtenir 341 sièges sur un total de 577, dimanche, au second tour des législatives.Il s\u2019agit de l\u2019une des majorités les plus importantes de la Ve République, rappelle Frédéric Mérand, directeur du Centre d\u2019études et de recherches internationales de l\u2019Université de Montréal (CÉRIUM).C\u2019est moins que les estimations des derniers sondages, qui les voyaient avec plus de 80% des sièges, mais c\u2019est suffisant pour contrôler le Parlement, croit-il.«Ça montre qu\u2019il [Emmanule Macron] n\u2019a pas gagné la présidence par hasard.» Dès les prochaines semaines, Emmanuel Macron pourrait faire adopter plusieurs réformes législatives, selon le chercheur.« Il ne voudra pas commettre l\u2019erreur de [l\u2019ancien président] François Hollande qui a attendu trop longtemps avant de mettre ses réformes libérales en place», soutient-il.Et son premier cheval de bataille sera la refonte du droit du travail, prévue pour le mois de septembre et qui promet de créer «bien des remous dans la société».À peine élu dimanche, le candidat d\u2019extrême gauche, Jean-Luc Mélanchon, réclamait déjà un référendum sur ladite réforme.Durant sa campagne électorale, M.Macron s\u2019est montré ouvertement favorable au monde des affaires, avec pour objectif essentiel de libéraliser l\u2019activité des entreprises, ce qui a été largement critiqué par les syndicats.Pour Frédéric Mérand, cette réforme constituera un premier test pour le président et pour les députés d\u2019opposition.«Ce sera l\u2019occasion de vérifier si [ces derniers] tenteront d\u2019être le relais de l\u2019insatisfaction qui risque de s\u2019exprimer directement dans la rue, fait-il remarquer.Beaucoup d\u2019experts en doutent en raison de la fragilisation de la gauche au Parlement.» Des partis divisés Le premier mois de présidence d\u2019Emmanuel Macron a influencé les élections législatives, estime le chercher au CÉRIUM.En s\u2019entourant de poids lourds à droite et à gauche pour former son conseil des ministres, le président français a « semé la pagaille au sein des partis d\u2019opposition».«Certains candidats ont même affirmé qu\u2019ils soutiendront M.Macron plutôt que de s\u2019opposer à ses idées », ajoute M.Mérand.Cette désorganisation au sein même des partis n\u2019a pas encouragé les électeurs à aller voter dimanche, croit-il.Ils sont en effet plus de 56 % à avoir boudé les urnes.Frédéric Mérand précise toutefois que le taux de participation est toujours moins élevé aux législatives, d\u2019autant plus lorsqu\u2019il n\u2019y a pas d\u2019enjeux.« Les Français étaient persuadés que La République en marche ! allait gagner et c\u2019est plutôt rare qu\u2019ils ne donnent pas au président les moyens de réaliser son programme.» Un Parlement plus diversifié Aux yeux du chercheur, l\u2019évolution la plus notable qui découle de cette élection est le renouvellement des députés à l\u2019Assemblée nationale, qui sera constituée de davantage de jeunes, de femmes et de personnes issues de l\u2019immigration.Il rappelle qu\u2019historiquement, la France a toujours eu beaucoup de difficultés à incarner au Parlement la diversité de sa population.« C\u2019était un des engagements d\u2019Emmanuel Macron, d\u2019avoir un Parlement plus représentatif.Alors il n\u2019a pas hésité à présenter plus de femmes que d\u2019hommes et 13 % de ses candidats étaient issus de l\u2019immigration.C\u2019est un bond énorme dans l\u2019histoire.» Toutefois, si bien des candidats n\u2019ont pas d\u2019expérience politique et viennent plutôt «de la société civile » \u2014 pratiquant des métiers du milieu libéral, des affaires ou des arts \u2014, ils sont issus de milieux socio-économiques plus élevés que la moyenne française, constate M.Mérand.Le Devoir LÉGISLATIVES FRANÇAISES Macron a les coudées franches Le nouveau président jouit d\u2019une majorité absolue à l\u2019Assemblée nationale Lire aussi \u203a Faisons l\u2019école ensemble, la lettre signée par Guy Rocher.Page A 6 MIGUEL RIOPA AGENCE FRANCE-PRESSE Portugal : un gigantesque feu de forêt fait 62 morts Pedrógão Grande \u2014 Des familles piégées par les flammes dans leurs voitures, au moins 62 morts et autant de blessés, routes coupées, villages évacués, arbres calcinés: le Portugal était sous le choc dimanche après l\u2019immense incendie de forêt qui ravage depuis samedi le centre du pays.Sous une chaleur caniculaire, le feu se poursuivait dans la soirée sur quatre fronts, dont un d\u2019une grande violence, selon les autorités, et plus de 900 pompiers et 280 véhicules étaient toujours à pied d\u2019œuvre pour combattre le sinistre, le plus meurtrier de l\u2019histoire récente du Portugal.Ce sont aujourd\u2019hui 41 % des enfants qui se retrouvent soit en classe privée ou sélectionnés pour des classes publiques particulières P A T R I C K W H I T T L E à Bangor L es saumons atlantiques ont été moins nombreux à regagner les rivières d\u2019Amérique du Nord pour se reproduire l\u2019an dernier, ce qui ne présage rien de bon pour l\u2019avenir de ce poisson, selon la Fédération du saumon atlantique (FSA).Le saumon naît dans les rivières, nage vers les eaux de l\u2019Atlantique puis retourne au bercail pour frayer.Les rivières de Nouvelle-An- gleterre et des provinces canadiennes de l\u2019Atlantique en regorgeaient autrefois, mais les saumons sont maintenant menacés ou ont même complètement disparu dans certains de ces endroits.La FSA, établie au Nouveau- Brunswick, a publié un rapport plus tôt ce mois-ci qui signale qu\u2019un peu plus d\u2019un demi-million de saumons sont revenus dans les eaux nord- américaines l\u2019an dernier.Il s\u2019agit d\u2019une baisse de 27 % par rapport à l\u2019année précédente.Les jeunes saumons qui n\u2019ont passé qu\u2019un seul hiver en mer, les madeleineaux, ont été 31 % moins nombreux à retourner frayer par rapport à 2015.Le porte-parole de la FSA, Neville Crabbe, soutient que la montaison s\u2019annonce à nouveau médiocre cette année.« On a demandé aux gens de choisir de tuer moins de saumons, a-t-il exposé.La solution à long terme est que les gouvernements concluent des ententes entre eux.» Les défis que doivent affronter les saumons atlantiques sauvages passent des barrages à la pression de la pêche au large du Canada et du Groenland.Selon Neville Crabbe, la disponibilité de leurs proies a également changé, ce qui limite l\u2019espérance de vie des saumons.L\u2019organe fédéral américain Fish and Willdlife Ser vice a élaboré un plan de rétablissement des populations de saumon dans le golfe du Maine.Pour ce faire, il réclame la restauration de leurs habitats, le retrait des barrages et la mise sur pied de programmes de couvoirs.Cette espèce de saumon a été déclarée menacée en 2000.Associated Press L E D E V O I R , L E L U N D I 1 9 J U I N 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 4 Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 D e nombreux acteurs de l\u2019industrie forestière canadienne feront voir de quel bois ils se chauffent lundi.Ils tiendront alors des rassemblements un peu partout au pays pour faire pression sur le gouvernement fédéral.Les participants seront surtout des membres d\u2019Unifor, qui vivent dans l\u2019angoisse en raison de l\u2019actuel dif férend entre Ottawa et Washington por tant sur la question du bois d\u2019œuvre.Alors qu\u2019il était interviewé par La Presse canadienne vendredi, le directeur québécois de ce syndicat, Renaud Gagné, a soutenu que, collectivement, ils exhorteront le gouvernement fédéral à négocier avec l\u2019administration américaine « un accord juste et équitable » dans ce dossier particulièrement épineux.Réaction possible M.Gagné a poursuivi en faisant valoir qu\u2019une telle entente doit être conclue au plus vite pour éviter que les plus récents droits compensateurs imposés sur les ex- por tations canadiennes de bois d\u2019œuvre par le département du Commerce des États-Unis ne finissent par provoquer une réaction en chaîne dévastatrice.Il a rappelé que le président et chef de la direction de l\u2019entreprise Produits forestiers Résolu, Richard Garneau, avait indiqué, pas plus tard que le mois dernier, qu\u2019il entrevoyait «des ajustements sur le plan de la main-d\u2019œuvre dans toute l\u2019industrie».«Or, les travailleurs devraient normalement commencer à rentrer en forêt pour répondre aux besoins opérationnels », a précisé Renaud Gagné.La Presse canadienne BOIS D\u2019ŒUVRE L\u2019industrie forestière manifeste lundi Le futur des saumons atlantiques inquiète Les poissons ont été 27 % moins nombreux à regagner les rivières pour se reproduire ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Marcher contre les frontières et les déportations Une cinquantaine de personnes sont descendues dans les rues de Montréal, dimanche, pour manifester leur soutien envers les sans-papiers qui vivent dans la métropole.Sous un soleil éclatant et dans une ambiance festive, les manifestants ont marché dans le quartier Côte-des-Neiges, revendiquant l\u2019ouverture des frontières et la libre circulation des personnes.Alors que Montréal est devenue plus tôt cette année une ville sanctuaire, les manifestants ont réclamé plus d\u2019action de la part de la Ville pour mettre fin aux déportations et aux détentions.Ils demandent aussi que la situation des personnes sans statut légal soit immédiatement régularisée.Chaque année depuis 2004, l\u2019organisme Solidarité sans frontières organise cette marche dans les rues de Montréal.J O A N N A S M I T H à Ottawa L e gouvernement libéral dévoilera lundi sa très attendue stratégie sur la violence basée sur le sexe, qui comprendra une manière de développer et de partager les recherches sur plusieurs sujets, allant du harcèlement dans la rue à l\u2019inclusion des garçons et des hommes dans les pistes de solutions.La ministre de la Condition féminine, Ma- ryam Monsef, révélera à l\u2019occasion d\u2019un événement à Toronto les programmes qui recevront une partie de l\u2019enveloppe de 101 millions sur cinq ans \u2014 en plus des 21 millions annuellement \u2014 que le budget 2017 avait réservée pour élaborer une nouvelle stratégie fédérale sur la violence basée sur le sexe.Une partie du montant sera consacrée à la création d\u2019un centre d\u2019excellence dans le petit ministère de la Condition féminine, dont le budget s\u2019élève à moins de 40 millions.Le ministère pourra compter sur cette nouvelle aide pour s\u2019assurer que ses idées soient basées sur les faits et que celles-ci soient prises au sérieux dans le reste du gouvernement.Lorsque le gouvernement fédéral a commencé à élaborer sa stratégie, la nécessité de collecter plus de données de meilleure qualité était au cœur de son action.En juin 2016, l\u2019ancienne ministre de la Condition féminine Patty Hajdu avait confié à La Presse canadienne qu\u2019il était important de savoir comment l\u2019argent est dépensé et quels sont les résultats.Alors qu\u2019elle se préparait à mener des consultations, Mme Hajdu s\u2019était désolée qu\u2019il n\u2019y ait « aucune donnée, ni aucun plan» à ce moment.Ces consultations ont démontré que les intervenants de première ligne considéraient que le gouvernement fédéral devait jouer un rôle de leadership pour la récolte de données et l\u2019analyse \u2014 dont l\u2019établissement de bases de données et l\u2019instauration de moyens pour vérifier si certaines solutions fonctionnent ou non.Nouvelles cibles Les experts ont recommandé de mener plus de recherches sur les impacts de la violence sexuelle sur certains groupes spécifiques, dont les minorités visibles et la communauté LGBTQ, sur l\u2019utilisation de technologies sécuritaires pour lutter contre la violence en ligne et sur les femmes autochtones vivant en région urbaine et rurale.Jeudi dernier, le gouvernement a cité d\u2019autres priorités potentielles de recherche pour son centre d\u2019excellence : l\u2019hypersexualisation, le harcèlement dans la rue, l\u2019engagement des garçons et des hommes pour remédier au problème de la violence, les groupes les plus vulnérables à ce type de violence et l\u2019effet potentiellement nuisible des algorithmes des médias sociaux et des autres technologies.Le centre d\u2019excellence aidera aussi le gouvernement à s\u2019assurer que sa stratégie sur la violence basée sur le sexe concorde avec les recommandations de l\u2019Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées.Le gouvernement s\u2019est aussi engagé à s\u2019améliorer pour l\u2019évaluation de ses propres programmes.La stratégie exhaustive devrait par ailleurs se concentrer sur l\u2019amélioration de l\u2019aide fournie aux survivants, sur des modifications qui pourraient être appor tées au système de justice pour qu\u2019il soit plus sensible aux besoins des personnes ayant subi des agressions sexuelles ou d\u2019autres formes de violence et sur les moyens qui pourraient être mis en place pour éviter que ces drames se produisent.«Elle portera sur la prévention, afin de traiter les causes profondes de la violence basée sur le sexe et d\u2019améliorer nos connaissances sur les raisons pour lesquelles elle survient en premier lieu», a déclaré Mme Monsef dans un message accompagnant le plan 2017-2018 du gouvernement.«Elle fournira aussi le soutien des experts aux partenaires fédéraux pour of frir une formation qui tient compte des traumatismes et du sexe de la personne aux agents des forces de l\u2019ordre, en plus d\u2019augmenter l\u2019accès aux refuges pour ceux qui fuient la violence, et de s\u2019assurer que les lieux de travail réglementés par le gouvernement fédéral soient exempts de harcèlement et de violence sexuelle.» Parmi les autres pistes de réflexion de la politique, on retrouve la potentielle création d\u2019un commissaire à la sécurité en ligne et de possibles changements au Code criminel pour raffermir les recours contre le harcèlement.Anuradha Dugal, qui était du conseil consultatif pour la stratégie mais ne pouvait pas révéler de détails, a indiqué que la prévention sera au centre de la stratégie.«Se concentrer sur la prévention de la violence pour que les plus jeunes membres de notre société soient informés sur la violence basée sur le sexe, sur les façons de la prévenir et d\u2019y mettre fin dans leurs vies est vraiment important », a indiqué Mme Dugal, qui est directrice des programmes de prévention de la violence à la Fondation canadienne des femmes.La stratégie est conçue pour être fédérale \u2014 et non nationale \u2014, ce qui signifie que ceux qui appelaient à une politique à l\u2019échelle du pays devront attendre.La Presse canadienne Ottawa s\u2019attaque à la violence basée sur le sexe Le gouvernement dévoilera une nouvelle stratégie de 101 millions sur cinq ans Elle portera sur la prévention, afin de traiter les causes profondes de la violence basée sur le sexe La ministre de la Condition féminine, Maryam Monsef, à propos de sa nouvelle stratégie « » L E D E V O I R , L E L U N D I 1 9 J U I N 2 0 1 7 SOCIETE A 5 Diverses méthodes permettent de repérer, dans une goutte de sang, des signes de la présence d\u2019une tumeur dans l\u2019organisme.Une approche en plein développement, capable de transformer la lutte contre le cancer.O L I V I E R D E S S I B O U R G U ne seule goutte de sang pour détecter très tôt un cancer, pour affûter le traitement oncologique ou pour tenter de prévenir une rechute.Ce sont les enjeux principaux d\u2019une technique médicale non invasive, appelée « biopsie liquide », qui suscite de plus en plus d\u2019intérêt.Pour preuve, la myriade de présentations sur le sujet au grand rendez-vous annuel de la Société américaine d\u2019oncologie clinique (ASCO), qui s\u2019est tenu début juin à Chicago.Si la première application relève encore de la promesse, les deux autres font déjà l\u2019objet d\u2019études probantes.De quoi transformer la lutte contre le cancer.Jusque-là, identifier clairement cette maladie passait par une biopsie, acte chirurgical non anodin consistant à prélever des bribes de tumeur cancéreuse.« L\u2019idée de la biopsie liquide est de détecter dans le sang des traces circulantes d\u2019une tumeur dans l\u2019organisme», explique Dennis Lo Yuk-Ming, professeur de pathologie chimique à l\u2019Université chinoise de Hong-Kong, et l\u2019un des pionniers mondiaux du domaine.Ces traces peuvent être de différentes natures.Pister des morceaux d\u2019ADN La première idée consiste à pister, dans le plasma, des morceaux d\u2019ADN que les cellules tumorales y relâchent lorsqu\u2019elles meurent.De quoi révéler la présence d\u2019un cancer avant même l\u2019apparition des premiers symptômes.Cette voie de recherche est la plus désirable, mais aussi la plus complexe.« Si la tumeur est encore à son stade initial, et est donc minuscule, les quantités de cet ADN tumoral circulant [ADNtc] sont si faibles qu\u2019elles restent in- détectables par les instruments actuels », indique Patrizia Paterlini-Bréchot, professeure d\u2019oncologie à l\u2019Université Paris Descartes.Ce d\u2019autant qu\u2019il s\u2019agirait d\u2019af firmer avec certitude que les fractions d\u2019ADN recueillies sont bien la signature d\u2019un cancer, et non celle d\u2019une simple inflammation (induisant aussi le relâchement d\u2019ADN muté).Des écueils que des chercheurs du Memorial Sloan Kettering Cancer Center de New York ne jugent pas insurmontables.Sur 124 patients cancéreux, ils ont testé une méthode d\u2019analyse sanguine d\u2019ADNtc inédite, dite à « haute intensité », fournie par Grail.Cette société américaine détenue en grande partie par Illumina, principal fabricant de machines à sé- quencer les génomes, est dirigée par un ancien de Google, Jeff Huber, et aurait levé 1 milliard de dollars d\u2019investissements.Résultats, présentés à l\u2019ASCO : les scientifiques ont pu, dans 89 % des cas, identifier dans le plasma des modifications d\u2019ADN qui étaient aussi présentes dans la tumeur, quand bien même il s\u2019agissait de cancers à un stade avancé.« Notre étude montre que la démarche est possible », a dit son auteur, Pedram Razavi.Avant d\u2019admettre : « C\u2019est un premier pas, mais nous sommes encore loin de tests simples » pour une application en clinique.Basée près de Lausanne, la société Sophia Genetics, spécialisée dans l\u2019analyse des données génétiques, a aussi annoncé à l\u2019ASCO avoir développé une solution incluant de l\u2019intelligence artificielle pour mieux profiler les tumeurs en corrélant les évaluations d\u2019ADNtc recueillies chez des patients dans les 300 hôpitaux dans 50 pays avec lesquels elle collabore.Mieux cibler les traitements L\u2019intérêt de traquer l\u2019ADNtc ne se limite pas au diagnostic précoce du cancer.Cette méthode ser vira d\u2019abord à améliorer le traitement chez des patients qu\u2019on sait touchés.« La manière dont cet ADNtc est fragmenté avant de se retrouver dans le sang est caractéristique de chaque tissu cancéreux, dit Dennis Lo Yuk- Ming.L\u2019analyser permet de mieux localiser la tumeur.» Voire, sur la base des analyses génétiques ef fectuées, de cibler le traitement ou de quantifier les risques de rechute.Une étude publiée en avril dans Nature a ainsi démontré que l\u2019évolution du cancer des poumons pouvait beaucoup mieux être suivie grâce à cette méthode.Elle nécessite toutefois des analyses régulières aux coûts non négligeables (1750 dollars pour cinq échantillons).La variabilité des quantités d\u2019ADNtc dans le sang est aussi un signe du fait que les tumeurs produisent déjà, ou non, des métastases.Si tel n\u2019est pas le cas, des traitements spécifiques peuvent être proposés.Or « si l\u2019on arrive à contrôler les métastases avec des traitements adaptés, on pourrait permettre aux patients de vivre avec un cancer de manière chronique, comme c\u2019est le cas avec l\u2019arthrite ou le sida.Les métastases seraient gardées dans un état dormant, non nocif », explique Curzio Rüegg, professeur de pathologie à l\u2019Université de Fribourg qui, avec le Swiss Integrative Center for Human Health établi aussi dans cette ville, vient de lancer un grand programme sur les biopsies liquides.Patrizia Paterlini-Bréchot a d\u2019ailleurs mis au point une autre technique de détection précoce de l\u2019invasion tumorale, appelée ISET (acronyme anglais pour Isolation by Size of Epithelial Tumor Cells), qu\u2019elle décrit dans son livre Tuer le cancer.«Celle-ci se base sur la traque de cellules tumorales circulant [CTC] dans le sang des patients, des cellules mortes et relâchées par la tumeur encore naissante, décrit-elle.Or celles- ci sont rares et ardues à identifier sans erreur.Nous avons mis au point une sorte de tamis permettant de les isoler sans perte.Elles sont ensuite identifiées de façon fiable par analyse au microscope.» Soixante-quatre travaux utilisant cette méthode ont déjà été publiés, dont un des derniers en janvier dans la revue PLOS One.Moyens pharma-industriels Enfin, plusieurs groupes dans le monde tentent aussi de repérer dans le plasma sanguin non pas des cellules ou de l\u2019ADN tumoral, mais d\u2019autres molécules (protéines par exemple) caractéristiques de la présence de tumeurs spécifiques.Par exemple, en février, dans la revue Nature Biomedical Engineering, des chercheurs américains et chinois ont fait état d\u2019un test bon marché et ultrasensible, qui permet de diagnostiquer précocement le cancer du pancréas dans une quantité infime de plasma sanguin.Pour Patrizia Paterlini-Bréchot, toutes ces techniques d\u2019analyse sanguine vont, à terme, compléter l\u2019arsenal des médecins pour détecter les cancers.«Actuellement, toutes se font encore de façon artisanale.Mais dès que des moyens pharma-industriels seront alloués à ce domaine \u2014 et cela commence \u2014, leurs coûts pourront baisser énormément.» Le Temps La «biopsie liquide», méthode d\u2019avenir pour dépister le cancer Traquer l\u2019ADN des tumeurs dans le sang permettrait un meilleur diagnostic et des traitements ciblés E n sciences sociales, faut-il toujours demander la permission avant de faire une recherche ?Certains chercheurs croient que non, et voudraient renverser une tradition vieille de plusieurs décennies.Aux États-Unis, une petite réforme est discrètement entrée en vigueur au début de l\u2019année.C\u2019est qu\u2019en théorie, surtout s\u2019ils travaillent dans une université, économistes et sociologues sont soumis aux mêmes règles d\u2019éthique que les chercheurs en médecine : le « cobaye» doit être au courant qu\u2019il est l\u2019objet d\u2019une expérience et, si celle-ci risque d\u2019avoir un impact sur lui \u2014 jouer avec ses émotions, par exemple \u2014, il faut le prévenir et faire approuver le tout par un comité.En pratique toutefois, le ministère américain de la Santé accorde depuis janvier une exemption pour les études qui impliquent des « interventions compor tementales bénignes ».Or, dans un texte publié en mars dans Chronicle of Higher Education, deux professeurs de psychologie ont écrit que cette clause leur donnait le droit d\u2019ef fectuer des recherches sans passer par un comité de révision, ce qui a entraîné un débat : le texte est devenu viral, chacun y allant d\u2019interprétations contradictoires de la clause en question.L\u2019idée de protéger les participants à une étude par t de loin.Études sur l\u2019effet des radiations ou sur la syphilis (« l\u2019expérience de Tuskegee »), l\u2019histoire de la médecine au XXe siècle contient quelques dérapages qui ont amené les autorités à serrer la vis.Le problème, sou- lève-t-on aujourd\u2019hui, est que toutes les études n\u2019ont pas le même niveau de dif ficulté et que tous les problèmes éthiques ne sont pas égaux.Reste toutefois à savoir qui aurait le droit de décider de ce qu\u2019est une « intervention comportementale bénigne»\u2026 Agence Science-Presse Faire des recherches sans prévenir les cobayes ?La remise en question de la règle du consentement à la recherche soulève un débat aux États-Unis JOE RAEDLE AGENCE FRANCE-PRESSE Le dépistage du cancer consiste à chercher, dans le plasma, des morceaux d\u2019ADN que les cellules tumorales y relâchent lorsqu\u2019elles meurent.JOHANNES EISELE AGENCE FRANCE-PRESSE L\u2019idée de protéger les participants à une étude part de loin.En ef fet, l\u2019histoire de la médecine au XXe siècle contient quelques dérapages qui ont amené les autorités à serrer la vis.«Si l\u2019on arrive à contrôler les métastases avec des traitements adaptés, on pourrait permettre aux patients de vivre avec un cancer de manière chronique, comme c\u2019est le cas avec l\u2019arthrite ou le sida.Les métastases seraient gardées dans un état dormant, non nocif.» L\u2019idée de la biopsie liquide est de détecter dans le sang des traces circulantes d\u2019une tumeur dans l\u2019organisme Dennis Lo Yuk-Ming, professeur de pathologie chimique à l\u2019Université chinoise de Hong-Kong « » En théorie, économistes et sociologues sont soumis aux mêmes règles d\u2019éthique que les chercheurs en médecine: le «cobaye» doit être au courant qu\u2019il est l\u2019objet d\u2019une expérience Le gouvernement Trudeau a rejeté du revers de la main un rapport du Comité permanent du patrimoine canadien suggérant de venir en aide aux médias.Une attitude désinvolte qui contraste avec le sentiment d\u2019urgence dans l\u2019industrie.oup sur coup cette semaine, le Comité du patrimoine et une coalition de plus de 800 éditeurs du Canada (incluant Le Devoir) ont réclamé des mesures de soutien pour favoriser l\u2019exercice du journalisme.Parmi les propositions qui font consensus, on retrouve l\u2019élargissement du Fonds du Canada pour les périodiques afin d\u2019inclure les quotidiens et les journaux communautaires.Le rapport du Comité, tout comme la démarche des éditeurs, repose sur deux socles fondateurs.D\u2019une part, le journalisme est essentiel au fonctionnement d\u2019une saine démocratie, car il incite les institutions et les décideurs à obser ver des principes de transparence et de reddition de comptes dans les affaires publiques.D\u2019autre part, l\u2019industrie des médias subit une concurrence accrue et impitoyable de la part des colosses de la Silicon Valley désignés par l\u2019acronyme GAFA (pour Google, Apple, Facebook et Amazon).« Le par tage des nouvelles est devenu gratuit, mais le journalisme ne l\u2019est pas », a résumé Bob Cox, président du conseil de Médias d\u2019info Canada.Pour le commun des mortels, il suffira que les médias s\u2019adaptent aux changements technologiques et qu\u2019ils développent de nouvelles plateformes pour récolter leur juste par t de publicité numérique dans la nouvelle économie.Voilà justement le problème.Hormis quelques rares exceptions, tous les médias dits « traditionnels » déclinent déjà leurs contenus sur des pla- teformes numériques\u2026 C\u2019est pour mieux voir Google et Facebook empocher les revenus.Selon Médias d\u2019info Canada, ce duopole a avalé deux tiers de tous les revenus en ligne au Canada en 2015, pour un montant de 3,06 milliards.À Québec et à Ottawa, les gouvernements participent joyeusement au carnage, en augmentant les budgets de placement publicitaire sur Google et Facebook, au détriment des médias locaux et nationaux.Comme si ce n\u2019était pas suffisant, l\u2019industrie des médias et celle de la culture sont soumises à un régime à deux vitesses.Il existe une économie régulée pour les entreprises québécoises et canadiennes, et une économie libertarienne pour le GAFA.À ce chapitre, le cas de Netflix est proprement ahurissant.Puisque l\u2019entreprise n\u2019a pas de présence physique au Canada, elle n\u2019a pas à collecter les taxes.Le Comité du patrimoine observe qu\u2019en pareille circonstance, chaque consommateur doit payer les taxes sur son abonnement en envoyant un formulaire à cet ef fet à l\u2019Agence du revenu du Canada.Pour vrai.Selon les estimations de Mar wah Rizqy, profes- seure de droit fiscal à l\u2019Université de Sherbrooke, ce vide à l\u2019avantage de Netflix a privé Ottawa de 31 millions et les provinces de 56 millions en 2016.Cette injustice fiscale profite à toutes les entreprises du GAFA, en leur donnant un avantage concurrentiel indu sur les entreprises d\u2019ici qui s\u2019acquittent de leurs obligations fiscales.« Il est franchement risible qu\u2019on parle de taxer une plate- forme et pas l\u2019autre, et de suggérer que la situation reste inchangée », a dit le député libéral Seamus O\u2019Regan, qui a participé à l\u2019élaboration du rapport du Comité du patrimoine, intitulé Bouleversements dans le paysage médiatique canadien : un monde en transformation.?L\u2019industrie des médias partage entièrement son constat et souscrit à la recommandation 1 du rapport, afin d\u2019élaborer un nouveau modèle de financement qui s\u2019appliquerait à toutes les plateformes et qui soutiendrait le contenu journalistique.Afin de préserver l\u2019indépendance des médias à l\u2019égard de l\u2019État, Médias d\u2019info Canada suggère des mesures quantitatives, soit le remboursement de 35 % des dépenses rédactionnelles admissibles, pour les médias qui traitent d\u2019actualités de nature civique (couverture des affaires politiques, municipales, juridiques, etc.).Cette proposition tombe sous le sens, puisque la pratique du journalisme d\u2019intérêt public est essentiellement une activité rémunérée qui accapare le plus gros des dépenses dans une salle de rédaction digne de ce nom.Le Fonds des médias ainsi remodelé passerait de 75 à 350 millions par année.La somme peut sembler exorbitante, mais il ne s\u2019agit pas d\u2019une dépense.C\u2019est un investissement pour assurer l\u2019essor du journalisme et de la démocratie.La ministre du Patrimoine, Mélanie Joly, a rejeté d\u2019emblée l\u2019adoption d\u2019une taxe de 5 % sur Internet haute vitesse afin de financer les médias canadiens.Elle ne pourra susciter éternellement que « des conversations » avec les acteurs clés de l\u2019industrie.Elle doit se rappeler qu\u2019elle est redevable aux entreprises d\u2019ici, et non à celles de la Silicon Valley.L E D E V O I R , L E L U N D I 1 9 J U I N 2 0 1 7 A 6 EDITORIAL L E T T R E S Entre discrimination positive formelle et réelle En réponse à la chronique de M.Christian Rioux, publiée le 16 juin : Considérer, comme M.Rioux, que les pratiques de discrimination positive formelles sont des «privilèges dérogatoires» qui consistent à ne pas choisir les personnes « sur la base de leurs seules compétences » mais bien «à cause de [leur] origine ethnique», c\u2019est : 1) oublier que les pratiques de discrimination positives consistent la plupart du temps à favoriser, à compétences égales, certaines catégories de personnes; 2) laisser entendre qu\u2019il est particulièrement dif ficile de trouver des personnes compétentes au sein de ces catégories, et que c\u2019est la raison pour laquelle elles sont sous-représentées dans les divers milieux; 3) négliger le fait que la discrimination positive formelle est une réponse à une discrimination positive réelle qui est à l\u2019œuvre de façon systémique dans nos sociétés.Cette discrimination positive réelle s\u2019exerce en faveur de certaines autres catégories de personnes (notamment les personnes non racisées) qui ont, elles, la chance de jouir de privilèges qui, loin d\u2019être « dérogatoires », sont érigés en norme sociale.Autrement dit, considérant que les personnes non racisées sont fortement surreprésentées dans les divers lieux de pouvoir et postes prestigieux, ne doit-on pas considérer qu\u2019elles y sont avant tout parvenues non pas « sur la base de leurs compétences », mais bien « à L I B R E O P I N I O N G U Y R O C H E R Professeur émérite et ex-membre de la commission Parent J\u2019 appuie le Mouvement L\u2019école ensemble lancé le 16 juin par des parents de Gati- neau.Cette initiative vise dans un premier temps à nous faire prendre conscience que le système d\u2019éducation que les Québécois se sont donné est atteint d\u2019un mal grave \u2014 mais évitable \u2014 appelé ségrégation scolaire.Ségrégation.Le mot peut sembler trop fort pour certains.Il évoque le sud des États-Unis ou encore l\u2019Afrique du Sud.Mais le Québec ?C\u2019est pourtant la caractéristique dominante de notre école.En séparant physiquement nos enfants (au secondaire, 21 % sont au privé subventionné et au moins 20 % dans des projets particuliers sélectifs), nous foulons aux pieds le principe d\u2019égalité des chances.Jamais nous, les rédacteurs du rapport Parent, n\u2019aurions pu imaginer une telle démission collective.Les conséquences éducatives, sociales et économiques de cette division entre enfants privilégiés et infortunés sont désastreuses pour le Québec d\u2019aujourd\u2019hui et de demain.Parmi les Québécois âgés de 16 à 65 ans, 53 % sont considérés comme des analphabètes fonctionnels.Les résultats de nos élèves dans les examens internationaux stagnent ou déclinent.Le taux de décrochage au secondaire reste désespérément élevé, à plus de 25 %.Un nouveau public La campagne lancée par le Mouvement a le mérite de sortir des ornières de l\u2019habituel débat sur l\u2019école privée subventionnée en considérant l\u2019ensemble de la situation.Oui, nous avons erré en utilisant l\u2019argent des contribuables pour financer l\u2019école « privée ».Mais le réseau public, en voulant concurrencer le privé sur son propre terrain, celui de la sélection des élèves, a accentué le problème en feignant de ne pas voir ceux qui restent derrière, à l\u2019école dite ordinaire.Or, nous engageant sur la voie de la concurrence, nous sommes allés à l\u2019encontre des conclusions de toutes les études les plus scientifiquement rigoureuses.Celles-ci ont régulièrement démontré depuis plusieurs années les effets positifs des classes hétérogènes, de la « mixité » scolaire et sociale des classes, où les bons et les moins bons se côtoient.Une classe n\u2019est pas animée que par l\u2019enseignant ; la composition du groupe d\u2019élèves y fait beaucoup.Dans une classe mixte, la preuve en a été abondamment faite, les meilleurs élèves créent un effet d\u2019entraînement, dont profitent les élèves moins bons et les élèves en dif fi- culté d\u2019apprentissage.Et cela, il faut le répéter, sans nivellement par le bas et sans que ce soit au détriment des meilleurs, contrairement au préjugé courant.Et je ne parle même pas de l\u2019apprentissage social que représente la mixité scolaire et de son impact sur la cohésion sociale du Québec de demain.C\u2019est précisément la vision défendue par le Mouvement : Une école équitable : tous les fonds publics en éducation doivent profiter au réseau public.Les écoles privées ont le droit d\u2019of frir leurs services, mais sans recevoir de fonds publics.Une école sereine : la sélection des élèves au public doit être stoppée.Cet écrémage qui stresse les familles et érode les communautés n\u2019aura plus lieu d\u2019être dans le nouveau public.Une école commune : le nouveau public sera renforcé par le retour de la plupart des élèves du privé subventionné et celui de tous les élèves des projets par ticuliers sélectifs.Le maintien des élèves les plus performants au sein d\u2019une classe commune est un facteur déterminant de la réussite scolaire pour tous.Une école efficace : le nouveau public doit consolider l\u2019aide aux élèves en difficulté et développera en plus une of fre d\u2019apprentissage enrichie pour les élèves les plus per formants.Cet enseignement enrichi pourra prendre plusieurs formes ; les Québécois sont assez créatifs pour imaginer des approches que nous enviera le monde entier ! Je vous invite à signer la pétition adressée aux par tis politiques en vue des élect ions d\u2019octobre 2018 sur le s i te www.ecoleensemble.com.On entend souvent dire que le Québec n\u2019a plus de projet de société.Celui de faire école ensemble, pourtant, nous rassemble et nous ressemble.À nous de nous en saisir.Faisons école ensemble Un nouveau mouvement dénonce un phénomène grave en éducation, la ségrégation scolaire FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente du développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-président des ventes publicitaires MARK DROUIN Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Directeur de l\u2019information numérique FLORENT DAUDENS Adjoints PAUL CAUCHON, LOUIS GAGNÉ, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET cause de [leur] origine ethnique» ?M.Rioux déplore les «privilèges fondés sur l\u2019ethnie qui brisent le contrat social ».Il oublie que le «contrat social » (conclu par qui, d\u2019ailleurs?) est fondé sur un système qui produit et reproduit sans cesse des privilégiés et des exclus.Si le contrat social est injuste et discriminatoire, ne faut- il pas le briser ?Caroline Jacquet, Alexandra Pierre, Anne Plourde Montréal et Saint-Jean-sur-Richelieu, le 18 juin 2017 Pas si mal, l\u2019école de rang Monsieur Jean-François Nadeau, N\u2019eût été l\u2019excellent article de Mme Gaé- tane Gascon paru dans la page Idées du Devoir du 17 juin, j\u2019aurais manqué le vôtre daté du 11 juin.J\u2019y suis retourné voir et je me permets de rajouter un peu à la protestation de Mme Gascon concernant la triste image que vous faites de l\u2019école de rang.L\u2019école numéro 7 à Saint-Damien de Brandon fut construite en 1917.Transformée en maison de villégiature depuis 1963, elle fête donc son centenaire et ne semble pas près de s\u2019écrouler.Son toit, fabriqué par un ferblantier, tient toujours et est toujours étanche, à ce que je sache.Plusieurs des écoles, construites dans la foulée du Rapport Parent, et où j\u2019ai enseigné, ont dû être rénovées et les toitures refaites au cours des années subséquentes.Et je ne parlerai pas de leur laideur avérée\u2026 Vous avez raison de dire que les «maîtresses d\u2019école» avaient une formation moins poussée que les nouveaux enseignants d\u2019aujourd\u2019hui, mais elle était suf fisante pour apprendre aux enfants la lecture et l\u2019écriture, les fondements de la pensée.Mon école n\u2019était ni «petite » ni «basse».Demeurant à proximité, j\u2019allais allumer le poêle le matin, durant les mois les plus froids de l\u2019hiver, afin d\u2019éviter le gel de la tuyauterie.Souvenir gratifiant ! «Mal équipée» ?Assez en tout cas pour que j\u2019y aie lu des livres qui m\u2019ont donné le goût de la lecture.Une bénévole du rang s\u2019occupait de la bibliothèque volante qui renouvelait régulièrement les livres.Je ne me souviens pas de la présence oppressante du clergé dans mon école.Les visites les plus mémorables y furent celles de l\u2019inspecteur.L\u2019absentéisme était à peu près inexistant.J\u2019ai du mal à accepter la vision pessimiste que votre ar ticle transmet de l\u2019école de rang.Une studieuse comparaison des deux types d\u2019école, en plus et en moins, ne manquera pas de couronner l\u2019école moderne.Cependant, il est bien dommage que cette tendance à l\u2019autodépréciation de tout ce qui a précédé la modernité nous empêche de reconnaître les bienfaits de nos anciennes institutions.La modernité nous a ap- por té ce qu\u2019elle devait nous appor ter ; faut-il pour autant noircir nos origines ?L\u2019école de rang fait partie de l\u2019histoire du Québec et, personnellement, j \u2019en garde une très belle image.Jules Lafortune Saint-Charles-Borromée, le 17 juin 2017 SOUTIEN AU JOURNALISME L\u2019heure est à l\u2019action C BRIAN MYLES Nous engageant sur la voie de la concurrence, nous sommes allés à l\u2019encontre des conclusions de toutes les études les plus scientifiquement rigoureuses L E D E V O I R , L E L U N D I 1 9 J U I N 2 0 1 7 A 7 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon (chef de division), Robert Dutrisac, (éditorialiste), Michel Garneau et Pascal Élie (caricaturistes), Jacques Nadeau (photographe), Olivier Zuida (recherchiste photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division et reporter), Stéphane Baillargeon (généraliste), Gérald Dallaire (pupitre), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Jean Dion (sports), Marco Fortier (éducation), Lisa-Marie Gervais (diversité), Pauline Gravel (sciences), Jessica Nadeau (éducation).Alexandre Shields (environnement); information politique : Michel David (chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Marie-Michèle Sioui (correspondants parlementaires à Québec) Dave Noël (recherche), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec); information culturelle : Guillaume Bourgault-Côté (politiques culturelles), Julie Carpentier (pupitre), Fabien Deglise (livres), Catherine Lalonde (arts vivants), François Lévesque (écrans),Caroline Montpetit (arts vivants), Philippe Papineau(médias); information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l\u2019information), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Benoît Munger (pupitre); information internationale : Guy Taillefer (chef de division et éditorialiste); section art de vivre : Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); cahiers spéciaux : Aude Marie Marcoux (responsable); équipe numérique : Laurence Clavel, Guillaume St-Hilaire et Geneviève Tremblay (pupitres); correction : Andréanne Bédard, Christine Dumazet et Michèle Malenfant (correctrices) ; soutien à la rédaction : Amélie Gaudreau (coordonnatrice à la rédaction), Jean-Philippe Proulx (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa).PUBLICITÉ Charleyne Bachraty (adjointe au vice-président), Marlène Côté, Évelyne De Varennes, Amel Elimam, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (directrices de comptes), Alain Tréhout (directeur créativité média), Amélie Maltais (commis aux avis légaux), Alessandra Tantalo et Laurence Hémond (coordonnatrices publicitaires).PRODUCTION Caroline Desrosiers, Yannick Morin, Anthony White et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web), Jean-François Côté (analyste programmeur), Luc Girard (technicien informatique), Solène M.Hébert (développeuse Web).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Catherine Gentilcore (coordonnatrice marketing, communications et relations publiques), Sébastien Beaupré (coordonnateur service à la clientèle), Manon Blanchette, Caroline Filion, Nathalie Filion, Isabelle Sanchez (préposées au service à la clientèle).ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Mélisande Simard (adjointe administrative et responsable des ressources humaines), Florentina Draghici (technicienne comptable), Véronique Pagé (responsable du crédit).Écrivez-nous! Le Devoir se fait un plaisir de publier dans cette page les commentaires et les analyses de ses lecteurs.Étant donné l\u2019abondance de courrier, nous vous demandons de limiter votre contribution à 5500 caractères (y compris les espaces), ou environ 850 mots.Inutile de nous téléphoner pour assurer le suivi de votre envoi: si le texte est retenu, nous communiquerons avec son auteur.Nous vous encourageons à utiliser le courriel (redaction@ledevoir.com), mais dans tous les cas, n\u2019oubliez pas d\u2019indiquer vos coordonnées complètes, y compris votre numéro de téléphone.J E A N - S E R G E B A R I B E A U Montréal e très nombreuses personnes, dont je suis, qui se considèrent comme étant « progressistes » et « de gauche », ne comprennent plus grand-chose aux querelles féroces, voire haineuses, qui déchirent différentes «branches» de la gauche québécoise et du mouvement progressiste québécois.Depuis une dizaine d\u2019années et plus, on lit ou entend des « diversitaires » (ou inclusifs) qui proclament leur mépris pour les « identitaires » ou « nationalistes », lesquels sont souvent associés, plus ou moins clairement, aux fascistes et aux racistes.Mais enfin ! Des progressistes peuvent, comme l\u2019ont fait de grands penseurs comme Fernand Dumont ou Guy Rocher, réfléchir à l\u2019identité mouvante ou mutante du peuple québécois, sans que cela signifie que ces personnes nient la diversité et l\u2019ouverture à l\u2019autre.Seuls certains réactionnaires, enragés et déclassés, refusent de reconnaître que l\u2019identité québécoise s\u2019est profondément modifiée au fil des années et des décennies.Le passéisme n\u2019a pas de place intellectuelle respectable en ce début de millénaire.Ce qui complique le débat, selon moi, c\u2019est l\u2019utilisation régulière de deux concepts dont la signification reste floue, malgré de nombreux ef forts explicatifs.Je pense au multicultura- lisme et à l\u2019interculturalisme.Pendant plus de 15 ans, j\u2019ai donné un cours de sociologie intitulé Défis sociaux et changement social.Un des thèmes abordés était celui de l\u2019immigration et du vivre-ensemble, pour employer une expression qui, par fois, devient un cliché.Lorsque, dans les premiers cours, je demandais aux étudiants et étudiantes ce que voulait dire le mot multiculturalisme, ils me répondaient, très logiquement et de manière plutôt descriptive, que ça désignait le fait que nous vivons dans un monde pluriethnique et pluriculturel.Pourquoi pas?Lorsque je disais qu\u2019au Québec et au Canada, de nombreuses personnes dénonçaient le mul- ticulturalisme canadian, britannique ou tru- deauiste, cela étonnait la plupart des élèves.Lorsque je soulignais qu\u2019en Europe, on parlait plutôt de communautarisme, la plupart trouvaient que ce mot était plus approprié que le mot multiculturalisme.Lorsque je parlais de l\u2019interculturalisme, lequel favorise le dialogue entre les diverses ethnies et cultures, les étudiants, très majoritairement, approuvaient ce comportement essentiel.Mais presque tous me soulignaient, sans que j\u2019aie à le dire, que ces échanges interculturels ne doivent pas constituer un rejet de la nécessité d\u2019un socle commun de normes, de règles, ou même de valeurs.La crainte face à la diversité ou au pluricultura- lisme ne réside pas nécessairement dans la peur de voir cohabiter des mœurs culturelles variées et diversifiées.Il s\u2019agit plutôt de la peur de voir cohabiter, dans une même société, des systèmes culturels qui seraient incompatibles entre eux.Il s\u2019agit aussi de la peur de vivre dans des sociétés n\u2019ayant plus de référents communs.Au cours des dernières années, les craintes ont surtout concerné le monde musulman, ce qui n\u2019a jamais empêché d\u2019importants relents d\u2019antisémitisme ou de rejet des Noirs et d\u2019autres groupes.Mais nous savons, ou nous devrions savoir, que les personnes de religion musulmane sont venues vivre ici, pour la plupart, parce qu\u2019elles acceptent très bien la « démocratie » et « nos » valeurs principales.Les diverses composantes de la gauche devraient construire entre elles des ponts ou des passerelles plutôt que des murailles ou des murs.Stérile devient la guerre entre identi- taires et diversitaires\u2026 Des concepts comme identité ou diversité ne sont quand même pas des concepts coulés dans le béton et totalement antagonistes.Un peu de bonne volonté, au sein des forces progressistes, pourrait ouvrir des portes inédites et fertiles.Des ponts plutôt que des murs entre les « gauches québécoises » G O R D O N L A X E R Directeur fondateur de l\u2019Institut Parkland à l\u2019Université de l\u2019Alberta et auteur de After the Sands ourquoi augmenter la capacité de transport des oléoducs ou proposer de nouveaux projets comme celui du pipeline Énergie Est de TransCanada alors que le développement des sables bitumineux se dirige tout droit dans le mur ?Total ASA, le plus grand groupe pétrolier français s\u2019est retiré des sables bitumineux de l\u2019Alberta et se concentrera désormais sur l\u2019exploitation de pétrole moins cher et à faible taux d\u2019émission.Son retrait a provoqué une déferlante.Royal Dutch Shell ainsi que Marathon Oil Corporation et ConocoPhillips, deux entreprises de Houston, ont liquidé en mars des investissements majeurs dans les sables bitumineux.Le géant norvégien Statoil s\u2019est retiré complètement, enregistrant des pertes considérables.BP et Chevron examinent également des scénarios de retrait.La valeur des investissements dans les sables bitumineux a chuté radicalement depuis l\u2019effondrement des prix du pétrole en 2014.Dix-sept grands projets de sables bitumineux ont été suspendus ou annulés et il n\u2019existe actuellement aucun plan d\u2019envergure visant à accroître la production de cette industrie après 2019.Le bitume est un produit marginal, d\u2019un coût de revient élevé et qui se vend généralement moins cher en raison de sa qualité inférieure.Sa viscosité est particulièrement élevée et il affiche une haute teneur en soufre et un taux élevé d\u2019émissions de carbone.De plus, ses coûts de raffinage et de transport sont plus élevés que ceux du pétrole conventionnel.La construction du pipeline Énergie Est n\u2019y changera rien.Jeff Rubin, ancien économiste principal chez CIBC, af firme qu\u2019après les gisements de l\u2019Arctique, l\u2019exploitation des sables bitumineux s\u2019avère la plus coûteuse au monde.«En raison de la faiblesse des cours internationaux du pétrole, il se pourrait qu\u2019aucune institution canadienne ne veuille désormais financer de nouveaux projets de sables bitumineux», a conclu Rubin.Abandon progressif Devrions-nous souhaiter un autre boom en Alberta ou plutôt considérer positivement un abandon progressif des sables bitumineux ainsi que la transition vers un avenir plus sobre en carbone?Ce serait non seulement bon pour les Albertains et les Québécois, mais pour toute l\u2019humanité.Le premier ministre Trudeau l\u2019a reconnu quand il a dit en janvier que nous ne pouvions fermer les sables bitumineux demain matin.Nous devons y mettre un terme progressivement.Attendrons-nous que le marché provoque une fermeture brutale des sables bitumineux ou préférons-nous que les gouvernements fédéral et albertain gèrent de façon proactive une transition susceptible d\u2019assurer un atterrissage en douceur à cette industrie et aux travailleurs qui ont af flué de partout au Canada pour travailler à Fort McMurray ?Ces travailleurs devraient plutôt être redirigés dans des secteurs qui permettront de diminuer fortement notre gaspillage énergétique et de développer une offre concurrentielle d\u2019énergies renouvelables.Les grands groupes pétroliers et les grands banquiers commencent à écrire l\u2019avenir même si leurs motivations sont liées davantage à des impératifs économiques plutôt qu\u2019à une volonté de sauver la planète.Mark Carney, gouverneur de la Banque d\u2019Angleterre, prévient que les changements climatiques, les politiques gouvernementales et la technologie constituent des risques importants pour la stabilité financière en raison de la perte potentielle de la valeur des sociétés pétrolières, gazières et houillères.Leurs réserves pourraient être abandonnées ou devenir obsolètes.Toutes les entreprises devraient divulguer les émissions de carbone liées à leurs actifs et dresser un plan de transition vers une société à zéro consommation énergétique nette, soutient-il.Réduction des GES Tous les gouvernements au Canada refusent d\u2019envisager un avenir faible en carbone.Les systèmes de plafonnement, les taxes sur le carbone et les codes du bâtiment imposant des mesures plus sévères font certes partie des stratégies de réduction de l\u2019empreinte carbone au Canada.Mais personne n\u2019ose parler de l\u2019« éléphant dans la pièce », soit les émissions attribuables à la production de pétrole et de gaz naturel.Ils sont des sources d\u2019émissions dont la croissance est la plus rapide et la plus importante au Canada, particulièrement en raison de l\u2019exploitation des sables bitumineux de l\u2019Alberta.Leur croissance empêchera probablement le Canada d\u2019honorer ses modestes engagements, signés à Paris en 2015, de réduction des gaz à ef fet de serre d\u2019ici 2030.La croissance de ces émissions risque également d\u2019anéantir les chances du Canada de respecter les engagements qu\u2019il a pris devant les pays du G8 de réduire d\u2019ici à 2050 ses émissions de 80 % par rapport aux niveaux de 1990.Comment peut-on augmenter notre plus importante source d\u2019émissions de GES tout en prétendant réduire substantiellement nos émissions globales ?C\u2019est impossible.Pourtant, le plan canadien de lutte contre les changements climatiques approuvé par Ottawa, le Québec, l\u2019Alberta et six autres provinces appuie la croissance rapide des émissions provenant de la production de pétrole et de gaz naturel.Les émissions qui y sont liées ont plus que quadruplé depuis 1990 et représentent maintenant 26 % des émissions totales du Canada, soit plus que les émissions liées au transport.C\u2019est maintenant qu\u2019il faut amorcer progressivement la sortie des sables bitumineux.Il est beaucoup plus dif ficile de stopper une lancée économique que d\u2019aider des travailleurs déjà déplacés à sortir d\u2019une industrie en déclin.Le bien-fondé du retrait des sables bitumineux de l\u2019Alberta S É B A S T I E N G R A M M O N D Professeur de droit à l\u2019Université d\u2019Ottawa C H R I S T I A N E G U A Y Professeure de travail social à l\u2019Université du Québec en Outaouais N A D I N E V O L L A N T Directrice des services sociaux Uauitshitun l\u2019approche de la Journée nationale des Autochtones, l\u2019Assemblée nationale a adopté vendredi dernier le projet de lo i 113, qu i reconnaît les effets de l\u2019adopt i o n c o u t u m i è r e a u - tochtone.Il faut bien mesurer la por tée historique du geste qui vient d\u2019être fait : c\u2019est la première fois que l\u2019Assemblée nationale reconnaît, à la grandeur du Québec, l\u2019existence des traditions juridiques autochtones.Les nouveaux ar ticles que ce projet de loi ajoutera au Code civil illustrent à merveille une relation de nation à nation.Contrairement à la Loi sur les Indiens, ces dispositions ne délèguent pas des pouvoirs aux communautés autochtones, sous le contrôle d\u2019un État qui affirme sa supériorité.Elles se fondent sur la prémisse que les traditions juridiques autochtones existent séparément du droit québécois.Elles se bornent à établir une passerelle qui permettra au droit québécois de tenir compte des ef fets de l\u2019adoption coutumière.De cette manière, l\u2019autonomie de chaque système juridique est respectée.Chaque communauté autochtone pourra désigner une autorité chargée de reconnaître les adoptions coutumières, évitant ainsi que les tribunaux québécois aient à se prononcer sur des questions qui relèvent de traditions juridiques qui leur sont méconnues.Une relation de nation à nation est fondée sur le dialogue et le consentement mutuel.Le projet de loi 113 a été élaboré à la suite d\u2019une étroite collaboration entre le ministère de la Justice et les représentants des peuples autochtones.Ces discussions ont également permis d\u2019adapter le projet de loi afin qu\u2019il tienne compte de la diversité des traditions juridiques des peuples autochtones du Québec.Ainsi, lorsque l\u2019adoption coutumière crée un nouveau lien de filiation, sa reconnaissance se traduira par l\u2019émission d\u2019un nouveau certificat de naissance par le directeur d e l \u2019 é t a t c i v i l .D a n s l e c a s contraire, elle se manifestera en droit québécois par le nouveau concept de tutelle supplétive.Nos recherches au sein de la communauté innue d\u2019Uashat mak Mani-Utenam ont démontré que l\u2019adoption coutumière demeure fort répandue aujourd\u2019hui.Il s\u2019agit non seulement d\u2019une forme d\u2019entraide, mais aussi d\u2019une manière pour les Innus de prendre soin des enfants et d\u2019assurer leur protection, sans que l\u2019intervention de l\u2019État soit nécessaire.C\u2019est surtout une man ière d\u2019assurer la transmission de l\u2019identité et de la langue innues.Servir de modèle?Espérons que le projet de loi 113 ser vira de modèle aux relations entre le Québec et les peuples autochtones.D\u2019autres défis se profilent déjà à l\u2019horizon.Le projet de loi 99, actuellement à l\u2019étude, vise à moderniser la Loi sur la protection de la jeunesse.Faut-il rappeler que les enfants autochtones sont cinq fois plus susceptibles d\u2019être placés en famille d\u2019accueil que les autres enfants québécois ?On ne devrait pas se surprendre que la Commission de vérité et réconciliation ait af firmé, dans son rap- por t de 2015, que le système de protection de la jeunesse ne fait que «poursuivre le processus d\u2019assimilation entamé sous le régime des pensionnats indiens».Que signifient des relations de nation à nation en matière de protection de la jeunesse ?À terme, c\u2019est la mise en place d\u2019un système autonome de protection de la jeunesse, qui tiendra compte des pratiques éducatives et des conceptions de la famille autochtones et qu i sera plus capable d\u2019assurer la transmiss ion de l\u2019identité.Les Attikameks possèdent déjà un tel système, même si l\u2019on attend toujours la signature d\u2019une entente définitive à son sujet.Ce système a permis de réduire considérablement le nombre d\u2019enfants placés à l\u2019extérieur de leur communauté.Le projet de loi 99 comporte des éléments positifs.La préservation de l\u2019identité culturelle des enfants autochtones sera désormais une priorité et la loi dira explicitement que ceux-ci devraient être placés, autant que possible, au sein de leur famille élargie, de leur communauté ou de leur nation.Mais s\u2019est-on donné les moyens institutionnels de réaliser ces objectifs ?Ici, l\u2019État a du mal à relâcher son emprise et à admettre qu\u2019on puisse se diriger, comme pour le cas de l\u2019adoption coutumière, vers deux systèmes parallèles dont les relations sont fondées sur le respect et non la hiérarchie.Il reste encore du chemin à parcourir.ADOPTION COUTUMIÈRE Un témoignage de respect envers les peuples autochtones ISTOCK Le bitume est un produit marginal, d\u2019un coût de revient élevé et qui se vend généralement moins cher en raison de sa qualité inférieure.P D À L E D E V O I R , L E L U N D I 1 9 J U I N 2 0 1 7 A 8 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par courriel publicite@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3452 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Par courriel petitesannonce@ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4 Berri-UQAM Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com A C T U A L I T É S pour sa part « une ardente obligation de réussir».La droite, sans être décimée, sor t diminuée de cette élection.Elle est surtout divisée entre les élus qui, comme Thierry Solère, se posent en soutien au nouveau président et ceux qui, comme Laurent Wauquiez, veulent constituer une véritable opposition.Selon son leader, François Baroin, le président «dispose cette fois de l\u2019ensemble des pouvoirs».Mais, dit-il, l\u2019élection «a permis la constitution d\u2019un groupe suf fisamment important pour faire entendre nos engagements, pour faire valoir nos convictions, pour défendre nos valeurs ».Reste à savoir lesquelles.Chez Les Républicains, les semaines à venir pourraient annoncer de profondes divisions.À Paris, l\u2019ancienne ministre Nathalie Kosciusko-Morizet a été battue.Même si le Front national n\u2019aura pas de groupe parlementaire, il devrait avoir environ huit députés alors qu\u2019il n\u2019en avait que deux dans l\u2019Assemblée sortante.Parmi eux, six viennent du bassin minier du Nord\u2013 Pas-de-Calais, terriblement éprouvé par la crise de l\u2019industrie française et où sa présidente, Marine Le Pen, a été largement élue.Dans le Sud, Louis Aliot et Emmanuelle Ménard (épouse du maire de Béziers Robert Ménard) sont aussi élus, ainsi que Gilbert Collard, qui bat de justesse un candidat-vedette d\u2019Emmanuel Macron dans le Gard.Le numéro deux du parti, Florian Philippot, a été battu à Forbach, en Lorraine, ce qui pourrait annoncer un ef facement de sa stratégie de sortie de l\u2019euro au profit d\u2019une ligne moins souverainiste et plus conservatrice.« L\u2019abstention fragilise considérablement la légitimité de la nouvelle Assemblée nationale, a déclaré Marine Le Pen.À cela s\u2019ajoute celle gravissime du manque de représentativité de la chambre élue ce soir.Il est scandaleux qu\u2019un mouvement comme le nôtre, avec 6,7 millions d\u2019électeurs à la présidentielle, ne puisse obtenir un groupe à l\u2019Assemblée nationale.» Mélenchon gagnant Le visage le plus réjoui en ce dimanche soir était celui du candidat d\u2019extrême gauche Jean-Luc Mélen- chon.Facilement élu à Marseille, il pourra former un groupe à l\u2019assemblée avec environ 19 députés.Selon lui, « la majorité boursouflée [d \u2019Emmanuel Macron], qui est constituée à l\u2019Assemblée nationale, n\u2019a pas [\u2026] la légitimité pour perpétrer le coup d\u2019État social qui était en prévision, la destruction de tout l\u2019ordre public social par l\u2019abrogation du Code du travail.Elle n\u2019a pas la légitimité pour transformer les libertés publiques dans le sens répressif, en passant dans la loi ordinaire les dispositions de l\u2019état d\u2019urgence».Jean-Luc Mélenchon a réclamé dimanche un référendum sur la réforme du Code du travail prévue dès le mois de septembre.Parmi les élus de La France insoumise, on trouve le jeune c i - néaste d \u2019Amiens François Ruffin, auteur de l\u2019excellent documentaire Merci, patron!.C\u2019est de justesse que les socialistes conservent un groupe à l\u2019Assemblée, avec une quarantaine de députés.« La déroute du PS est sans appel », a reconnu le premier secrétaire du par ti, Jean-Chris- tophe Cambadélis, qui a annoncé sa démission.Selon lui, « la gauche doit tout changer, la forme comme le fond, elle doit ouvrir un nouveau cycle [\u2026] pour contrer le néolibéra- lisme et le nationalisme».Cette victoire aux élections législatives met fin à dix mois de campagne qui ont vu les Français voter à huit reprises, d\u2019abord aux primaires de la droite et de la gauche, puis à la présidentielle et aux législatives.La majorité présidentielle sera composée d \u2019un grand nombre de députés sans expérience politique, souvent inconnus du public.Cette assemblée rajeunie comprendra notamment un nombre record de femmes.« Il s\u2019agit d\u2019un grand bouleversement », a dit le politologue Pascal Perrineau sur BFMTV.Comparé au premier tour, il y a eu «une rec- ti fication » au second, croit-il, puisque « la droite résiste dans de nombreuses régions ».Sans oublier la réapparition d\u2019une «gauche révolutionnaire » représentée par Jean- Luc Mélenchon.Sur France 2, l\u2019analyste Natacha Polony a estimé qu \u2019Emmanuel Macron avait « réussi dans cette élection à préempter l\u2019idée d\u2019optimisme ».Selon la tradition, dès lundi, le premier ministre, Édouard Philippe, devrait présenter sa démission au président.Mais il devrait être aussitôt reconduit dans ses fonctions.Le Devoir CHRISTOPHE ARCHAMBAULT AGENCE FRANCE-PRESSE Le président français, Emmanuel Macron, a voté au Touquet dimanche, dans le nord du pays.Avec plus de 300 sièges, il pourra gouverner sans même faire de compromis avec le parti de son allié François Bayrou.SUITE DE LA PAGE 1 FRANCE Officiellement, Pêches et Océans Canada répond que le gouvernement fédéral entend terminer le travail en vue de la création d\u2019une zone de protection marine (ZPM) dans le secteur du banc des Américains, un territoire de 1000 km2 situé tout juste à l\u2019est de la pointe de la péninsule gaspésienne.«Nous n\u2019anticipons pas compléter la désignation du banc des Américains comme zone de protection marine d\u2019ici la fin de 2017, mais nous espérons qu\u2019elle sera désignée au début de 2018», a toutefois indiqué le ministère fédéral.Ce «site d\u2019intérêt», qui a été désigné dès 2011, ne bénéficie donc toujours pas d\u2019une protection officielle, malgré la richesse de sa biodiversité.«Nous continuons de travailler avec le gouvernement du Québec», a précisé Pêches et Océans.Ce dossier « fait partie des discussions en cours entre les deux gouvernements dans le cadre des travaux du Groupe bilatéral sur les aires marines protégées », a pour sa part ajouté le cabinet du ministre de l\u2019Environnement David Heurtel.Projet stagnant Quant au projet d\u2019aire marine protégée des Îles-de-la-Madeleine, « il est stagnant», déplore le maire de la municipalité, Jonathan Lapierre.Il rappelle ainsi que la dernière rencontre du «comité consultatif » remonte à 2014, soit au moment de la présentation d\u2019études gouvernementales commandées justement pour préciser les enjeux de ce projet, qui s\u2019appuie sur une aire d\u2019étude de 17 000 km2 englobant tout l\u2019archipel.« J\u2019ai écrit aux ministres responsables pour leur demander de relancer le projet, qui nous tient à cœur, a ajouté M.Lapierre.Après tout, c\u2019est un dossier qui est en analyse depuis le début des années 2000.Mais tout ce qu\u2019on sait, c\u2019est que les discussions ont repris entre le gouvernement provincial et le gouvernement fédéral pour tenter de faire avancer le projet.» Pêches et Océans Canada a renvoyé les demandes de précisions du Devoir sur ce projet à Environnement Canada, qui a transféré la demande à Parcs Canada.«L\u2019Agence travaille activement en partenariat avec d\u2019autres ministères fédéraux et du Québec afin de mettre en place les conditions favorables à l\u2019établissement d\u2019une aire marine protégée aux îles de la Madeleine.Adve- nant une décision conjointe Canada-Québec d\u2019aller de l\u2019avant avec ce projet, Parcs Canada communiquera la décision et les prochaines étapes.» À Québec, le cabinet du ministre Heurtel indique que « les suites à donner à ces dossiers découleront de l\u2019entente-cadre entre le Canada et le Québec pour l\u2019établissement d\u2019un réseau d\u2019aires marines protégées».20 ans d\u2019attente Le troisième projet visé par le fédéral au Québec est celui du «site d\u2019intérêt» de l\u2019estuaire du Saint-Laurent, d\u2019une superficie de 6000km2.Ce projet de zone de protection marine a vu le jour en 1998, dans la foulée de la création du parc marin du Saguenay\u2013Saint-Laurent, justement dans le but d\u2019améliorer la protection des milieux marins.Ce site correspond à « une zone importante» pour les mammifères marins, épine dorsale de l\u2019économie touristique de la région.Mais depuis 20 ans, a expliqué une source bien au fait du dossier, les choses ont très peu progressé.Une situation qui n \u2019aurait pas changé, malgré l\u2019arrivée des libéraux de Justin Trudeau à Ottawa.Ce vaste territoire est situé dans un secteur névralgique de l\u2019estuaire pour la navigation commerciale, mais aussi pour les projets de développement industriel, dont la Stratégie maritime du gouvernement Couillard.Au bout du compte, aucun des trois projets envisagés au Québec depuis plusieurs années ne devrait contribuer à l\u2019atteinte de la protection de 5% des milieux marins canadiens d\u2019ici la fin de l\u2019année.Parcs Canada mais aussi Pêches et Océans Canada ont toutefois indiqué que des projets devraient voir le jour en 2017 dans d\u2019autres régions du Canada, dont les Territoires du Nord-Ouest, le Nunavut et la Colombie-Britannique.Retards au Québec Le ministre des Pêches et des Océans, Dominic LeBlanc, souhaite par ailleurs «accélérer» la désignation de zones de protection marine dans les années à venir.Il vient d\u2019ailleurs de déposer des modifications à la Loi sur les océans.Celles-ci devraient permettre de désigner plus rapidement, soit dans un délai de cinq ans, de telles zones de protection.Pour le directeur général de la Société pour la nature et les parcs du Québec, Alain Bran- chaud, la désignation de territoires maritimes protégés au Québec échoue en raison des tractations qui sont toujours en cours pour la conclusion d\u2019une « entente-cadre » Canada-Qué- bec.Selon lui, il ne fait aucun doute que la protection du Saint-Laurent doit faire partie de l\u2019atteinte des cibles internationales de protection des milieux marins que le Canada s\u2019est engagé à respecter.Il rappelle ainsi que les États ont convenu de protéger des écosystèmes « représentatifs » de la diversité biologique.Par ailleurs, au Québec, 1,3 % des milieux marins sont protégés.Le gouvernement Couillard s\u2019est cependant engagé en 2015 à augmenter ce taux, dans le cadre de sa stratégie maritime, et à protéger 10 % de la superficie de l\u2019estuaire et du golfe du Saint-Laurent d\u2019ici 2020.Le Devoir crises environnementale et climatique », écrit l\u2019équipe de commissaires, dont fait partie la Québécoise Véronique Leblanc.Piloté par l\u2019organisme torontois Partners in Art, Repères s\u2019est étalé pendant un an avec des projets basés sur « le partage des connaissances et l\u2019échange de points de vue».Il y a bel et bien un volet diffusion qui met un point final en juin à l\u2019entreprise.Mais derrière ces expos, projections de films ou activités participatives, c\u2019est le processus de création qui a primé.C\u2019est à la démesure que Raphaëlle de Groot et Douglas Scholes, les deux artistes montréa- lais de Repères, se sont attaqués en avalant les kilomètres, elle en camion, lui à pied.Leur point de chute aura été à l\u2019image de cette différence : la réserve naturelle de l\u2019Archipel-de- Mingan (de Groot) et le lieu historique national du Canal-de-Lachine (Scholes).« [En Minganie], tout est commandé par l\u2019utilité des choses.Je me suis promenée sur la route avec des objets familiers, le pick-up, le canot et la tente, mais en traînant une épave, ce qui n\u2019a pas de sens aux yeux des gens », explique Raphaëlle de Groot, depuis son pied-à-terre de Baie-Jo- han-Beetz, où elle réside avec copain et garçon depuis l\u2019automne.Son épave, c\u2019est un vieux canot à clins, modèle dont il reste peu de traces tellement les gens brûlent leur bateau aussitôt périmé.L\u2019artiste en a déniché un et s\u2019en est servi comme appât pour provoquer des rencontres, notamment pour sa fin de séjour, un «campement-exposition» en neuf escales entre Longue-Pointe et Natashquan.L\u2019étonnement chez Douglas Scholes prend la forme d\u2019un bollard d\u2019amarrage, jaune et en cire d\u2019abeille.Il y a cinq jours, des centaines de répliques sont apparues le long du canal de La- chine aux côtés des vrais bollards noirs, un mobilier en voie de disparition dans le secteur.«Le bollard est l\u2019icône de toute une industrie.Il est petit, mais il est important dans l\u2019histoire et pour l\u2019image de cette fissure d\u2019eau dans le territoire », commente l\u2019artiste, rencontré dans son atelier situé à un jet de pierre du canal.Si de Groot est allée en Minganie pour «entrer en contact avec une nature brute», Scholes est resté dans ses quartiers, animé par l\u2019idée de «montrer les choses invisibles».À travers une figure qu\u2019il chérit, celle du flâneur, il a procédé, durant les quatre saisons, en observant les environs et en ramassant des déchets.Mardi, il compte parcourir de nuit les 14km du canal avec qui le voudra \u2014 inscriptions en ligne, voir reperes2017.ca.Écosystèmes La teneur environnementale de Repères n\u2019est pas à négliger.Dans Le flâneur, le projet de Douglas Scholes, elle était inévitable, tant le canal de Lachine est pollué.Que ce berceau du développement industriel manufacturier au Canada serve encore de site d\u2019enfouissement illégal n\u2019aide pas sa cause.Parcs Canada retire à l\u2019occasion les objets les plus encombrants, mais les sédiments dans le fond sont condamnés à y demeurer.« Retirer les sédiments contaminés impliquerait leur mise en suspension dans l\u2019eau, ce qui nuirait aux écosystèmes du canal et du fleuve.L\u2019impact environnemental est beaucoup moins important si [les écosystèmes] ne sont pas agités », af firme Audrey Godin-Champagne, de Parcs Canada.Le cas de l\u2019Archipel-de-Mingan, à la fois site touristique et territoire ancestral chez les autochtones, est autre.Dans son Plan directeur 2014, Parcs Canada vise « le renforcement des liens avec les Premières Nations, l\u2019amélioration de la notoriété nationale et internationale [\u2026] afin d\u2019augmenter la fréquentation, tout en préservant les écosystèmes et les ressources culturelles ».Raphaëlle de Groot admet avoir été attirée par le statut de cette réser ve-pas-tout-à-fait- parc-national.Sans vouloir prendre position dans un quelconque débat, elle a néanmoins constaté « les dif férentes conceptions de la nature qui se rejoignent et se confrontent ».« J\u2019ai cherché, au-delà des discours d\u2019interprétation, d\u2019autres récits, d\u2019autres rôles de la nature pour la région » , dit-elle, en appor tant une nuance : « Comme d\u2019habitude, je sais où je commence, mais jamais où j\u2019aboutirai.» Un « glissement » s\u2019est opéré dans ses recherches.De l\u2019archipel géographique, elle est passée à « l\u2019archipel culturel », celui liant les communautés innues d\u2019Ekuanitshit (anciennement Mingan) et de Nutashkuan (anciennement Pointe-Parent) aux populations blanches installées depuis 1850, en provenance de la Gaspésie et de l\u2019Acadie.« Les villages de la côte se sont développés comme des îles, sans routes pour les relier», rappelle l\u2019artiste.L\u2019hiver, a-t-elle compris, permettait paradoxalement « l\u2019ouverture du territoire » et de meilleurs déplacements y compris pour la livraison du courrier qui se faisait par qamutik, ou traîneau à chiens.Cueilleurs, chasseurs, pêcheurs\u2026 Peu importe la communauté, en Minganie, la relation avec la nature en est une de subsistance.Raphaëlle de Groot a voulu vivre cette expérience \u2014 d\u2019où le titre de son projet, Subsistances \u2014 pour aller «au- delà de l\u2019image de la nature canadienne, de l\u2019écran, de la connaissance par les livres, les films».Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 PARCS SUITE DE LA PAGE 1 MARINS L\u2019assemblée comprendra un nombre record de femmes, et plusieurs nouveaux élus "]
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