Le devoir, 28 juin 2017, Cahier A
[" V O L .C V I I I N o 1 4 3 L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 2 8 J U I N 2 0 1 7 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S AUJOURD\u2019HUI Actualités \u203a La ?erté de Justin Trudeau.Le premier ministre s\u2019est dit ?er de l\u2019exploit réalisé par un tireur d\u2019élite canadien qui a atteint et tué sa cible en Irak alors que l\u2019ennemi était à pas moins de 3,5 kilomètres.Page A 3 Avis légaux.A 5 Décès.B 6 Météo.A 4 Mots croisés.A 4 Petites annonces .B 6 Sudoku.A 4 ?w w w .l e d e v o i r .c o m Les élus républicains incapables de s\u2019entendre sur l\u2019abrogation d\u2019Obamacare Page B 5 Québec présente les grands axes de sa prochaine Politique culturelle Page B 8 A L E X A N D R E S H I E L D S Le gouvernement Couillard juge qu\u2019Ottawa devrait attendre d\u2019avoir achevé la modernisation de l\u2019Office national de l\u2019énergie avant de relancer l\u2019évaluation du projet Énergie Est, a appris Le Devoir.Le gouvernement Trudeau réplique en réaffirmant sa confiance dans cet organisme, qui a pourtant fait l\u2019objet de vives critiques dans le dossier du pipeline de TransCanada.Le Devoir a obtenu copie d\u2019une lettre signée par le ministre de l\u2019Énergie et des Ressources naturelles, Pierre Arcand, ainsi que son homologue ontarien, Glenn Thibeault, et envoyée à la mi-juin au ministre fédéral des Ressources naturelles, Jim Carr.Ce document comprend les « commentaires » des deux gouvernements provinciaux, en réponse au rapport publié en mai par le groupe d\u2019experts mandaté par Ottawa pour recommander des moyens de moderniser l\u2019Office national de l\u2019énergie (ONE).«Le Québec et l\u2019Ontario recommandent qu\u2019un des résultats importants de la modernisation de l\u2019ONE soit la mise en place d\u2019un cadre prévisible pour l\u2019examen des grands projets énergétiques dans un souci d\u2019accroître la confiance du public », y soulignent les ministres Arcand et Thibeault.Les deux ministres disent souhaiter «que le processus de modernisation de l\u2019ONE et les nouvelles règles annoncées par le gouvernement fédéral mènent à un délai de traitement qui soit prévisible pour les grands projets énergétiques déposés auprès de l\u2019ONE».Selon ce qu\u2019a confirmé le cabinet du ministre Pierre Arcand, les propos tenus dans la lettre signifient que le gouvernement Couillard juge que le fédéral devrait attendre la fin du processus avant de lancer l\u2019examen du projet de pipeline Énergie Est.Québec rejoint ainsi une demande formulée par les environnementaux, dont Équiterre et Greenpeace.Il faut dire que le rapport du groupe d\u2019experts mandaté par Ottawa recommande carrément de démanteler l\u2019ONE et de le remplacer par une nouvelle structure.«Lors de nos consultations, les Canadiens nous ont parlé d\u2019un ONE envers lequel nombre de citoyens et de groupes ont fondamentalement perdu confiance », y constatent les auteurs, ajoutant que le processus d\u2019examen « est largement perçu comme s\u2019il avait été conçu pour accélérer les décisions en faveur de l\u2019industrie».L\u2019ONE, qui a donné son aval à plusieurs projets de pipelines controversés, a essuyé de vives critiques dans le dossier Énergie Est.Celles-ci se sont amplifiées l\u2019an dernier, après qu\u2019on eut appris que des membres du comité d\u2019audience du pipeline, mais aussi le président de l\u2019ONE, avaient tenu une rencontre secrète avec Jean Charest, alors que ce dernier était consultant pour TransCanada.Confiance à Ottawa Malgré tout, le gouvernement Trudeau a dit mardi avoir pleinement confiance en l\u2019ONE.«Nous continuons d\u2019avoir confiance en l\u2019Of fice PÉTROLE Report demandé de l\u2019évaluation du projet Énergie Est Le Québec et l\u2019Ontario prient Ottawa de décider d\u2019abord du sort de l\u2019Office national de l\u2019énergie S A R A H R .C H A M P A G N E U ne nouvelle vague de cyberattaques a paralysé les systèmes informatiques de plusieurs cibles importantes mardi, exigeant le paiement d\u2019une rançon.Le logiciel malveillant a utilisé une faille de sécurité pour laquelle Windows avait déjà diffusé un correctif.L\u2019Ukraine et la Russie ont été les plus affectées par ces attaques, suivies par la Pologne et l\u2019Italie en moindre proportion.Le colosse du transport maritime Maersk a dû avouer des pannes informatiques, après que le même «ran- çongiciel » a fait passer le géant pétrolier russe Rosneft sur un serveur de secours.La centrale nucléaire ukrainienne de Tchernobyl, tristement célèbre pour la catastrophe de 1986, a été forcée de revenir à des mesures manuelles du niveau de radioactivité.Moins dangereuses, des coupures de courant ont plongé dans le noir le propriétaire des biscuits Lu et Oreo et contraint des salariés allemands de Nivea à interrompre leur journée.Le laboratoire pharmaceutique Merck est devenu la première victime connue aux États- Unis, son système informatique ayant été « compromis » .Une compagnie de gestion d\u2019hôpitaux et de maisons de soins en Pennsylvanie a aussi rapporté avoir été atteinte par cette attaque.Le mode opératoire de ce logiciel est le même que celui de la cyberattaque d\u2019envergure de mai dernier, WannaCry, selon les informations préliminaires.Le rançongiciel a été nommé par certains Petya/NotPetya, en référence à une infection précédente, une version modifiée d\u2019un ancien virus.Dans ce genre de cyberattaque, les pirates informatiques verrouillent les fichiers des ordinateurs infectés par leur virus ; un message apparaît généralement sur l\u2019écran obscurci pour exiger le paiement d\u2019une rançon en monnaie bit- coin, un peu plus de 400 dollars canadiens dans ce cas-ci.Cette monnaie vir tuelle préser ve l\u2019anonymat de ses propriétaires, ce qui rend leur localisation difficile.En mai dernier, WannaCry avait fait plus de 200 000 victimes dans 150 pays, dont un hôpital dans la région de Toronto, le site du gouvernement de Saskatchewan et l\u2019Université de Montréal.Plusieurs compagnies de sécurité informatique, telles que Symantec et McAfee, ont confirmé que le nouveau logiciel malveillant Nouvelle cyberattaque mondiale Le rançongiciel utilisé exploitait la même faille de sécurité que WannaCry I S A B E L L E P O R T E R à Québec C inquante ans, ce n\u2019est pas si vieux pour un être humain, mais pour un Festival, c\u2019est un âge vénérable.Des courses de chevaux au théâtre en passant par les crises de nerfs de Marjo, plongée dans la faste histoire de cet événement incontournable qu\u2019est le Festival d\u2019été de Québec (FEQ).«C\u2019est le père des festivals », résume l\u2019ancien directeur Michel Létourneau, qui rappelle que l\u2019événement naît bien avant le Festival de jazz (1981) et même un an avant Woodstock.L\u2019idée vient d\u2019un jeune artiste de Québec, Louis Ricard, qui a convaincu six de ses amis de se lancer dans l\u2019affaire.« Il arrivait de Paris, où il avait fait des études en cinéma et avait vu des animations de places publiques dans le Marais et dans les cours intérieures d\u2019hôtels particuliers », raconte l\u2019un des fondateurs, Bernard Pelchat.« C\u2019est ce qui lui avait donné l\u2019idée d\u2019implanter ça ici.» Le premier spectacle était d\u2019ailleurs programmé dans la cour intérieure du Petit Séminaire.Modeste, le budget s\u2019élevait à 17 000 $ à l\u2019époque, l\u2019équivalent de 113 000 $ en dollars d\u2019aujourd\u2019hui.Au- jourd\u2019hui, c\u2019est une machine dotée d\u2019un budget de plus de 20 millions qui attire 1,5 million de personnes par an.Présumons que, dans ses rêves les plus fous, le groupe des fondateurs n\u2019aurait pas pu imaginer un tel destin\u2026 Non?«Je dirais qu\u2019on imaginait encore plus que ça», assure M.Pelchat.«Dans la programmation du premier festival, il y avait de la chanson, du théâtre, des arts visuels, de l\u2019opéra, de la musique classique.Dans notre esprit, on voulait développer chacune de ces disciplines-là de façon à occuper l\u2019espace culturel tout l\u2019été.» M.Pelchat par ticipait mardi avec les autres fondateurs à l\u2019inauguration d\u2019une sympathique exposition consacrée aux 50 ans du Festival dans le parc jouxtant le Grand Théâtre.Q u a n d i l c o n t e m p l e l e s p h o t o s d\u2019époque de l\u2019exposition, le directeur actuel, Daniel Gélinas, est époustouflé.« Il y a une photo là-bas des années 1970.La scène, c\u2019est juste une plateforme.Tout le monde est assis en arrière, il n\u2019y a pas de sécurité\u2026 [\u2026] C\u2019est tellement loin de ce Cinquante ans et toujours le cœur à la fête Le Festival d\u2019été de Québec a grandi en harmonie avec la société qui l\u2019a vu naître FRANCIS VACHON LE DEVOIR Pour une centaine de dollars, les festivaliers ont droit à onze heures de programmation.Un rapport d\u2019experts recommande de démanteler l\u2019ONE et de créer une nouvelle structure VOIR PAGE A 8 : PÉTROLE VOIR PAGE A 8 : FESTIVAL «Le Festival, ça a été une grande école pour bien du monde» Michel Létourneau AVANT WOODSTOCK, IL Y A EU QUÉBEC ! VOIR PAGE A 8 : VIRUS J E S S I C A N A D E A U L a Commission scolaire de Montréal (CSDM) a résolu d\u2019adopter un protocole pour éviter les « remplacements à répétition » dans certaines classes.Cet engagement sur vient quelques semaines après que des parents ont réclamé de l\u2019aide au conseil des commissaires, impuissants devant le « tourbillon infernal» des suppléants dans la classe de leurs enfants de 1re année.Le 26 avril dernier, des parents, très émotifs, ont plaidé devant le conseil des commissaires pour dénoncer une situation intenable.Depuis le mois de décembre, le groupe 14 de l\u2019école Saint-Jean-de-Bré- beuf n\u2019avait plus de titulaire et plus d\u2019une dizaine de suppléants se succédaient depuis, mettant en péril non seulement les apprentissages pour ces enfants de 6 ans, mais également leur cheminement affectif et scolaire.Le protocole, dont l\u2019adoption a été votée mardi soir, vise à informer rapidement les parents d\u2019élèves qui ont des enseignants suppléants à répétition.Le conseil des commissaires recevra aussi un rappor t du nombre de cas qui surviennent chaque année.La CSDM compte aussi engager des négociations avec l\u2019Alliance des professeures et professeurs de Montréal pour pourvoir des postes de remplaçant de façon urgente, sans nécessairement passer par l\u2019affichage, lorsque des classes subissent des changements de professeur à répétition.Un point de départ « C\u2019est un très bon point de dépar t.On se donne un outil pour être en marche dès l\u2019automne 2017 pour le bien des enfants », a réagi Pascale Corri- veau, mère d\u2019un enfant du groupe 14, en entrevue au Devoir.« La résolution dit que ce n\u2019est pas acceptable [les suppléants à répétition].Ça veut dire qu\u2019on ne va pas laisser traîner des situations comme celle qu\u2019on a vécue.» La présidente de la CSDM, Catherine Harel Bourdon, a souligné qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019un cas isolé et que des mesures ont été prises sur-le-champ pour permettre une certaine stabilité dans cette classe d\u2019ici la fin de l\u2019année scolaire, qui vient tout juste de prendre fin.La semaine dernière, des parents sont revenus à la charge devant le conseil des commissaires.«Cette situation n\u2019est pas un cas isolé, elle se produit trop souvent, a plaidé Pascale Grignon, porte-parole du mouvement Je protège mon école publique.En quelques jours à peine, nous avons répertorié une quarantaine de signalements au sujet de plus de 25 cas différents dans une vingtaine d\u2019établissements scolaires au Québec \u2014 principalement au primaire \u2014, dont au moins 14 de la Commission scolaire de Montréal.» « L\u2019histoire se répète, ajoute Mme Grignon.Le ou la titulaire de la classe part en arrêt de travail pour une période prolongée ou indéterminée.C\u2019est alors que démarre la ronde des suppléants, quand il y en a qui sont disponibles.Sinon, ce sont des membres de l\u2019équipe-école qui doivent assumer une présence en classe en remplacement d\u2019urgence, ce qui arrive de plus en plus fréquemment.» Le commissaire indépendant Jean-François Gosselin, dont la résolution a été adoptée avec des amendements, s\u2019est montré satisfait.Il tenait à ce que le protocole puisse entrer en vigueur dès l\u2019automne, et que le conseil des commissaires soit tenu informé de l\u2019ampleur du phénomène des suppléances à répétition.Avec Marco Fortier Le Devoir L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 2 8 J U I N 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 2 Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 Éditorial Sans l\u2019audace il n\u2019arrivera jamais rien - Robert Laplante Articles Charte des valeurs : ne touchez pas à l\u2019islam ! - Louise Mailloux Québec solidaire et l\u2019indépendance du Québec - Denis Monière 375e de Montréal Hochelaga fantasmé ou historique ?- Jocelyn Duff Le cheval de Troie de la Confédération Un tribunal qui légifère et qui se mêle de politique - Christian Néron Le démantèlement de la nation (chronique 15) - Lucia Ferretti Forum Gaspésie 2017 Sortir des approches défensives - Robert Laplante Recensions Mathieu Bock-Côté Le nouveau régime Collectif Faut qu\u2019on se parle Ne renonçons à rien Raphaël Émond La politique vue du haut de mes 12 ans Yvan Lamonde Un coin dans la mémoire Dossier «Vive le Québec libre ! » Colloque commémoratif De la grandeur française en Amérique - Me Maxime Laporte De Gaulle en notre temps - Guy Bouthillier Le Québec dans la politique internationale du général de Gaulle - Jean-Paul Bled La vision gaullienne de la nation exprimée lors de sa visite au Québec - Denis Monière De Gaulle, Pearson : l\u2019impossible dialogue - Éric Bédard De Gaulle se souvient de la dette de Louis XV - Gaël Nofri Le voyage du général de Gaulle et l\u2019accélération de la coopération - Samy Mesli France-Québec : la langue, un signe de souveraineté - Philippe de Saint Robert Juin-Septembre 2017 vol.CVII, nos 6-7 L\u2019Action action-nationale.qc.ca revue@action-nationale.qc.ca 514 845-8533 ou 1 866 845-8533 ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Sivaloganathan Thanabalasingham, premier meurtrier allégué qui a bénéficié d\u2019un arrêt des procédures en raison de l\u2019arrêt Jordan de la Cour suprême, doit être expulsé du Canada le 5 juillet.M A R I E - M I C H È L E S I O U I L a Cour d\u2019appel a accepté mardi d \u2019entendre dans les meilleurs délais l\u2019appel concernant Sivaloganathan Thanabalasingham, cet homme accusé du meur tre de sa femme, qui pourrait échapper à son procès en raison de délais déraisonnables.Le ressortissant sri-lankais, premier meurtrier allégué qui a bénéficié d\u2019un arrêt des procédures en raison de l\u2019arrêt Jordan de la Cour suprême, doit être expulsé du Canada le 5 juillet.Dans une requête déposée mardi, le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) a demandé que son appel à l\u2019encontre de l\u2019ordonnance d\u2019arrêt des procédures contre M.Thanabalasingham « soit entendu le plus rapidement possible ».Si l\u2019homme de 32 ans « devait regagner le Sri Lanka, aucune mesure coercitive de retour au Canada ne pourrait être envisagée, le Canada et le Sri Lanka n\u2019étant pas des partenaires d\u2019extradition », a fait valoir la poursuite.La Cour d\u2019appel a accueilli sa demande, à laquelle la défense ne s\u2019opposait pas.Le DPCP pourra ainsi déposer son mémoire le 7 juillet, tandis que l\u2019avocate de l\u2019accusé pourra le faire le 15 août.La décision d\u2019accorder un sursis à M.Thanabalasing- ham \u2014 ou non \u2014 dépend du ministre de l\u2019Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté, Ahmed Hussen.Ce dernier « ne peut pas discuter des dossiers actifs en raison des lois assurant la protection de la vie privée », a déclaré son attaché de presse, Bernie Derible.Sivaloganathan Thanabala- singham a été accusé en 2012 du meurtre au second degré de sa femme.Il n\u2019a cependant pas subi de procès, puisqu\u2019il a plaidé, avec succès, que son droit d\u2019être jugé dans un délai raisonnable a été bafoué.Le 6 avril, un juge de première instance a donc ordonné l\u2019arrêt des procédures dans son dossier.L\u2019accusé, qui a obtenu le statut de réfugié en 2007, demeure néanmoins détenu par l\u2019Agence des services frontaliers du Canada en raison de ses autres condamnations pour violence conjugale.M.Thanabala- singham fait l\u2019objet d\u2019un avis d\u2019expulsion depuis le 10 avril.Il a d\u2019abord contesté son extradition, avant de se raviser et d\u2019accepter d\u2019être expulsé du Canada en date du 5 juillet.« Si notre appel est entendu, ce sera évidemment plus facile de tenir un procès si M.Thana- balasingham est encore au pays.S\u2019il est parti au Sri Lanka, ce sera plus dif ficile», a fait valoir le procureur au dossier, Christian Jarry.Si l\u2019ex-accusé quitte le pays, la Couronne entend quand même procéder avec l\u2019appel.« Il y a des questions de principe qui sont impor tantes et nous souhaitons que la Cour d\u2019appel se prononce » , a déclaré Me Jarry.Avec Lisa-Marie Gervais Le Devoir COUR D\u2019APPEL Des procédures accélérées pour un homme qui a bénéficié de l\u2019arrêt Jordan H É L È N E B U Z Z E T T I Correspondante parlementaire à Ottawa J ustin Trudeau a fourni une nouvelle justification à son opposition au vote proportionnel : celui-ci conduit à la fragmentation des grands partis politiques qui ont la vertu, à ses yeux, de forcer les gens à faire des compromis.Selon le premier ministre, la proportionnelle cantonne les gens dans leurs idées au lieu de les forcer à trouver un terrain d\u2019entente avec les autres.«La représentation proportionnelle serait mauvaise pour notre pays», a lancé le premier ministre Trudeau lors d\u2019une conférence de presse marquant la fin de séance parlementaire, mardi matin.« Je pense qu\u2019elle af faiblirait une des grandes forces du Canada, qui est que nous travaillons ensemble dans notre diversité pour accomplir de grandes choses.Fragmenter les partis politiques plutôt que d\u2019avoir de plus grands partis qui font place en leur sein à une diversité [de points de vue] affaiblirait le pays.» C\u2019est la première fois que M.Trudeau évoque la fin des partis «généralistes» \u2014 tel que le Parti libéral qu\u2019il dirige \u2014 pour s\u2019attaquer au vote proportionnel.Lorsque son gouvernement a annoncé en février qu\u2019il renonçait à réformer le système électoral, M.Trudeau avait plutôt indiqué que la proportionnelle était dangereuse car elle donnait parfois la balance du pouvoir aux partis extrêmes.Il avait brandi l\u2019exemple de la candidate à la chefferie conservatrice Kellie Leitch, qui militait pour l\u2019imposition d\u2019un test de valeurs aux nouveaux arrivants.Deux professeurs avaient défendu la thèse du morcellement néfaste l\u2019été dernier lors des audiences du comité parlementaire se penchant sur le sujet.Nelson Wiseman, de l\u2019Université de Toronto, avait dit craindre l\u2019avènement de partis défendant des intérêts de niche, comme le parti des retraités en Israël.Kenneth Carty, de l\u2019Université de Colombie-Britannique, avait prédit la dislocation des partis nationaux en fonction de préoccupations pointues, un peu comme Humpty Dumpty.Le professeur de sciences politiques à l\u2019Université de Montréal Alain Noël tempère l\u2019argument.Celui qui étudie les modes de scrutin dans le monde reconnaît que le vote proportionnel conduit à un certain éclatement de l\u2019offre politique.Mais « la convergence se situe à un autre niveau».Dans le système actuel, «ce sont les gens qui font des compromis pour se loger dans un grand parti».Dans un système proportionnel, «il se développe une capacité de gouverner avec ses ennemis».Est-il réaliste de penser qu\u2019en changeant de système électoral, les politiciens changeraient de culture politique?M.Noël fait remarquer que la Nouvelle-Zélande a réussi cette transformation.Culture du compromis Le député néodémocrate Alexandre Boulerice opine.«Les structures et l\u2019environnement changent la philosophie des gens», assure-t-il.Il taille en pièces l\u2019argument du premier ministre.« La culture du compromis est beaucoup plus forte avec un système proportionnel», parce que les partis doivent collaborer, soutient-il.À l\u2019inverse, le système uninominal à un tour actuel «crée une culture politique où on essaye d\u2019écraser l\u2019adversaire parce qu\u2019on veut avoir tout seul tout le pouvoir».Par ailleurs, M.Trudeau a indiqué plus clairement que jamais qu\u2019il préférait depuis le début du débat sur la réforme électorale l\u2019adoption d\u2019un bulletin de vote préférentiel.« Nous avions une préférence pour le bulletin de vote préférentiel, de sorte qu\u2019on réduise le vote stratégique en permettant d\u2019inscrire son deuxième ou son troisième choix sur le bulletin de vote et faire ainsi en sorte que tous les députés obtiennent au moins 50% d\u2019appui dans leur circonscription.Nous croyions que c\u2019était la bonne façon d\u2019aller de l\u2019avant.Personne d\u2019autre n\u2019était d\u2019accord.» Jamais M.Trudeau n\u2019avait exprimé cette préférence en campagne électorale, scandant plutôt que 2015 serait la «dernière élection» tenue en vertu du système actuel.La chef du Parti vert, Elizabeth May, croit que M.Trudeau aurait dû alors être plus clair.« Si c\u2019était la seule option que les libéraux étaient prêts à accepter, ils n\u2019auraient pas dû demander au comité parlementaire d\u2019étudier toutes les possibilités, déplore Mme May.Pourquoi toute cette comédie?» Le Devoir RÉFORME ÉLECTORALE Justin Trudeau craignait le morcellement des grands partis C\u2019est la première fois que M.Trudeau évoque la fin des partis « généralistes » pour s\u2019attaquer au vote proportionnel JUSTIN TANG LA PRESSE CANADIENNE Le premier ministre Justin Trudeau a défendu mardi l\u2019abandon de la réforme électorale en af firmant que les grands partis politiques font la force du système politique canadien.CSDM Un protocole pour éviter la suppléance excessive « Un bon point de départ », se réjouit la mère d\u2019un écolier affecté par une telle situation Selon la poursuite, si l\u2019homme « devait regagner le Sri Lanka, aucune mesure coercitive de retour au Canada ne pourrait être envisagée, le Canada et le Sri Lanka n\u2019étant pas des partenaires d\u2019extradition » L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 2 8 J U I N 2 0 1 7 ACTUALITES A 3 L\u2019 expression « Beaucoup d\u2019activité mais peu d\u2019action » est de mise à Ottawa, alors qu\u2019on arrive à la mi-mandat du gouvernement Trudeau.En 2015, les libéraux « frappaient pour le circuit » avec une plateforme très ambitieuse et sont passés de troisième parti au gouvernement.La surprise et l\u2019ampleur de la victoire ont donné les coudées franches à l\u2019entourage de Justin Trudeau, qui a effectué un changement de garde en profondeur, lequel s\u2019est traduit par un décollage laborieux pour les toutes nouvelles équipes ministérielles.Les balbutiements des dizaines de consultations, lancées par nécessité ou pour gagner du temps, étaient d\u2019autant plus frappants qu\u2019ils contrastaient avec le dynamisme du chef et l\u2019impression laissée dès la sortie de Rideau Hall par l\u2019équipe à l\u2019enthousiasme presque fiévreux mise en place par Justin Trudeau et ses conseillers.Résultat : les libéraux ont fait adopter moitié moins de projets de loi que le gouvernement Harper majoritaire à ses débuts.La comparaison a toutefois ses limites, puisque ces derniers étaient au pouvoir depuis déjà six ans avec deux mandats minoritaires.Excuses ?Justifications ?Plutôt un contexte, contexte un peu perdu de vue dans l\u2019accélération du temps de l\u2019ère de Twitter et des égopor- traits dont, il est vrai, M.Trudeau a été le premier à profiter.?En matière de bilan, M.Trudeau s\u2019est chargé hier dans son point de presse de revenir sur la première année au pouvoir: baisse d\u2019impôt sur les revenus moyens, nouvelle allocation pour enfants, infrastructures, Régime de pensions du Canada et suicide assisté.Ce rappel intéressé et l\u2019animation soudaine autour de politiques lancées à la veille des vacances (défense, aide internationale féministe, moratoire sur le transport pétrolier, accès à l\u2019information et sécurité nationale) ne font pas oublier un engagement important auquel les libéraux ont tout simplement renoncé, soit celui sur la réforme du mode de scrutin.M.Trudeau affichait un air contrit hier en expliquant que la décision avait été difficile pour lui, car il croyait personnellement en cette promesse.Finie la candeur, et un certain manque d\u2019humilité, de cette entrevue-bilan de première année dans nos pages, alors qu\u2019il disait que les Canadiens « ont maintenant un gouvernement avec lequel ils sont plus satisfaits.Et la motivation de vouloir changer le système électoral est moins percutante».Si on ajoute les maladroites tentatives d\u2019imposer des changements aux règles de la Chambre, la motion 6 qui aurait privé l\u2019opposition d\u2019outils procéduraux légitimes, le financement de groupes sélects et le jeu sur les mots de la réforme sur l\u2019accès à l\u2019information, l\u2019image d\u2019ouverture et de renouveau qui avait attiré tant de nouveaux électeurs en 2015 en prend pour son rhume.?Alors qu\u2019on voit poindre la campagne permanente vers octobre 2019, Justin Trudeau demeure la principale force de son gouvernement avec sa personnalité qui aplanit encore les aspérités.Et les solutions de remplacement ne rivalisent tout simplement pas avec lui.Andrew Scheer a du pain sur la planche avant de changer la donne de l\u2019image et aucun candidat à la direction du NPD ne se compare à M.Trudeau pour ce qui est de la notoriété.Sans compter l\u2019ef fet Trump qui pourrait pousser des électeurs vers le chef libéral.Il y a toutefois un risque à tout miser sur le chef quand les politiques directement associées à son image sont mises au rancart.Ajoutons le dossier des pipelines aux exemples mentionnés plus haut et la vulnérabilité est là.Pas certain que la seule légalisation du cannabis suf fira à renverser la vapeur, sans jeu de mots, chez ces mêmes personnes.Et, quitte à nous répéter, «c\u2019est l\u2019économie, stupide», comme disait un stratège de Bill Clinton.Une économie en redressement lent, mais sûr, si on se fie à la Banque du Canada.M.Trudeau évitait toutefois tout triomphalisme hier en disant toujours miser sur les effets à long terme des investissements en infrastructure et en innovation.Des risques persistent.Qu\u2019arrivera-t-il aux ménages endettés de la classe moyenne si chère à M.Trudeau quand la même banque centrale relèvera inévitablement son taux directeur en pleine reprise.Et surtout, que donnera cette renégociation de l\u2019ALENA qui s\u2019enclenche à la mi-août à cause de Donald Trump?Sans parler du déficit persistant qu\u2019Andrew Scheer agite déjà comme un épouvantail.Justement, est-il là, le pari de Justin Trudeau ?Sa réponse était toute prête hier sur le choix de ne pas « éliminer le déficit de manière arbitraire et à tout prix».Octobre 2019.Dans le coin gauche: les investissements à long terme du premier ministre.Dans le droit : l\u2019austérité et la promesse d\u2019Andrew Scheer de l\u2019éliminer en deux ans de pouvoir et, surtout, de dire comment ! Impressions de mi-mandat DENIS FERLAND M A R I E V A S T E L Correspondante parlementaire à Ottawa U n tireur d\u2019élite a beau avoir réalisé un nouveau record, en abattant un combattant dji- hadiste à plus de 3,5 kilomètres en Irak, cela ne change en rien la nature de la mission canadienne, insiste Justin Trudeau.La mission n\u2019en est toujours pas une de combat.Quant à l\u2019exploit du soldat, celui-ci devrait être « célébré », de l\u2019avis du premier ministre.La Défense nationale révélait, la semaine dernière, qu\u2019un membre de ses forces spéciales avait, au cours du dernier mois, «perturbé une attaque» du groupe armé État islamique contre les forces irakiennes en tirant sur un insurgé à 3,54 kilomètres de distance.Une portée de tir fracassant les plus récents records mondiaux.«Ce qui s\u2019est passé là-bas, d\u2019abord, doit être célébré en raison de l\u2019excellence des Forces canadiennes, de leur formation, de la façon dont elles s\u2019acquittent de leurs obligations », a déclaré le premier ministre Trudeau mardi.La mission de soutien et de formation des troupes irakiennes « a toujours compté un élément de défense des troupes canadiennes et de nos partenaires au sein de la coalition.Cela représente une composante intégrale de cette mission», a-t-il en outre dit, en reprenant l\u2019argument de la légitime défense brandi à l\u2019époque par l\u2019ancien gouvernement conservateur lorsqu\u2019il avait reconnu que les soldats canadiens avaient échangé des tirs avec l\u2019ennemi sur le terrain irakien.«Je n\u2019aurais jamais pensé que j\u2019entendrais un premier ministre du Canada dire qu\u2019il faut célébrer la mort d\u2019un être humain.Ça ne fait pas partie de mes valeurs», a rétorqué le chef du Nouveau Parti démocratique, Thomas Mulcair, indigné.Or, tout comme Stephen Harper aurait dû le faire, Justin Trudeau devrait aujourd\u2019hui reconnaître que la mission canadienne est désormais une mission de combat, ont martelé conservateurs et néodémocrates.«C\u2019est difficile de voir l\u2019autodéfense à 4 kilomètres.Mais, quoi qu\u2019il en soit, on n\u2019est pas supposés être sur la ligne de front, a dénoncé Thomas Mulcair mardi.Les deux ne peuvent pas être vrais.Ça ne peut pas être vrai qu\u2019on peut tirer directement sur l\u2019ennemi de la ligne de front et qu\u2019on n\u2019est pas impliqué dans une mission de combat.C\u2019est une contradiction totale.» Le chef du NPD a d\u2019ailleurs sommé le premier ministre, dans une lettre qu\u2019il lui a adressée vendredi dernier, de tenir un débat sur l\u2019évolution de la mission en Irak à la Chambre des communes.M.Mulcair attend encore une réponse.«Quand un tireur d\u2019élite tire sur une cible qui est à 3,5 kilomètres, il n\u2019est pas en position de protection rapprochée des Irakiens.On parle de quelqu\u2019un qui a pris la peine d\u2019engager une cible.Si ce n\u2019est pas du combat, je me demande c\u2019est quoi », a renchéri le conservateur Pierre Paul- Hus, qui estime que M.Trudeau fait preuve «d\u2019incohérence».Un débat sémantique partisan « Il n\u2019y a pas de définition universellement acceptée de ce qu\u2019est ou non une mission de combat », nuance Thomas Juneau, professeur d\u2019affaires publiques et internationales à l\u2019Université d\u2019Ottawa.La lutte que se livrent les politiciens sur la question, «c\u2019est jouer sur les mots et s\u2019obstiner sur des définitions », note-t-il, estimant de son côté que la révélation du tir record « s\u2019inscrit dans la continuité » de la mission telle qu\u2019elle avait été annoncée.Les forces spéciales canadiennes pourraient, selon M.Juneau, avoir tiré à une telle distance pour faire une démonstration à leurs élèves irakiens ; elles pourraient avoir eu à répliquer à un tir ennemi d\u2019artillerie lourde ; ou l\u2019équipe de tireurs d\u2019élite pourrait avoir été chargée de garder un œil sur un bataillon de soldats canadiens et irakiens puis, voyant s\u2019approcher un groupe d\u2019insurgés, aurait décidé de répliquer pour les protéger.Mais l\u2019événement est impossible à expliquer, car la Défense nationale évoque à nouveau le secret nécessaire pour protéger les opérations des forces spéciales.« J\u2019ai toujours trouvé qu\u2019on pousse cet argument un peu trop loin, note Thomas Juneau.Où est la ligne entre \u201csécurité opérationnelle\u201d \u2014 ce qui est valide et nécessaire \u2014 et le désir d\u2019éviter les controverses politiques?La ligne devient grise assez rapidement.» Le ministère de la Défense n\u2019a pas répondu aux demandes de précisions du Devoir mardi après-midi en ce qui concerne les circonstances de l\u2019échange de tirs.Le Devoir Le tireur d\u2019élite canadien qui a battu un record est source de fierté pour Trudeau L\u2019opposition dénonce l\u2019hypocrisie de la mission en Irak CHRISTOPHE SIMON AGENCE FRANCE-PRESSE Un tireur d\u2019élite irakien photographié dans la région de Mossoul, en avril 2017.Il y a quelques jours, on a appris qu\u2019un membre de l\u2019armée canadienne avait atteint une cible éloignée de 3,5 kilomètres en Irak.S T É P H A N I E M A R I N «D es lacunes à toutes les étapes », tranche la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse au terme de son enquête sur le décès d\u2019un bébé, mor t moins d\u2019un mois après qu\u2019il eut fait l\u2019objet d\u2019un signalement auprès de la DPJ du Saguenay\u2013 Lac-Saint-Jean.Ces manquements ont eu lieu dans les cabinets des médecins qui l\u2019ont vu, au niveau de la priorisa- tion du dossier par la DPJ quand le signalement a été fait et après, dans la gestion du cas.« Un mois.Et tout a été manqué », a déclaré en entrevue Camil Picard, vice-président de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, responsable du mandat jeunesse.Il s\u2019agit de l\u2019un des pires dossiers que l\u2019homme ait vus dans sa carrière, en ce qui concerne le traitement d\u2019un cas signalé.«C\u2019est extrêmement douloureux et triste », a-t-il dit.La petite victime est décédée en juin 2016, moins d\u2019un mois après avoir fait l\u2019objet d\u2019un signalement à la DPJ (Direction de la protection de la jeunesse).Le bébé avait à peine plus de 20 mois.La cause de son décès n\u2019est pas encore connue officiellement, le coroner n\u2019ayant pas encore déposé son rapport.La Commission a reçu le mandat de faire enquête sur ce cas en juillet 2016 à la demande de la ministre déléguée à la Protection de la jeunesse, Lucie Charlebois.Plusieurs constats se dégagent de l\u2019enquête effectuée à la suite de cette triste affaire.D\u2019abord, plusieurs professionnels de la santé ont vu l\u2019enfant, à plus d\u2019une occasion, mais ont omis de le signaler à la DPJ immédiatement, malgré le fait que « sa situation était préoccupante».On parle ici entre autres de lacérations à une oreille et à la langue.Après le signalement, l\u2019enfant a été vu aussi pour une fracture au fémur : il avait de la difficulté à marcher.«C\u2019est comme si le réflexe [de signaler] n\u2019avait pas été là», a dit M.Picard.Pourtant, les médecins ont l\u2019obligation légale de le faire, souligne-t-il.Et puis, ce ne sont pas des blessures légères, commente l\u2019homme.« Il me semble qu\u2019il y a une lumière qui allume.» Puis, quand le signalement de cet enfant arrive sur le bureau de la DPJ, il n\u2019est pas mis en haut de la pile.Le dossier est alors ouvert pour «négligence éducative» alors que le bébé portait des marques de nombreuses blessures et qu\u2019il aurait dû, selon la Commission, l\u2019être pour «abus physique».Cela prendra 23 jours avant qu\u2019un premier contact soit fait par la DPJ, a noté la Commission, « malgré la vulnérabilité de l\u2019enfant et la gravité des faits indiqués au signalement».«Nous sommes certains à la Commission que ça aurait demandé une intervention immédiate [de la DPJ] », quitte à conclure après enquête que les parents n\u2019avaient rien à se reprocher et que l\u2019enfant n\u2019était pas en danger.Quant à la procédure d\u2019enquête «sur le terrain» qui doit être effectuée par la DPJ dans le milieu de vie de l\u2019enfant, cette dernière a plutôt choisi de donner un rendez-vous aux parents dans son bureau.La mère est venue sans son enfant.«On a vu une série de mauvaises pratiques », juge M.Picard, qui indique que l\u2019enquête a créé un malaise au sein de ce bureau de la DPJ.Selon lui, la DPJ concernée ne s\u2019est pas défendue en prétendant manquer de personnel ou de ressources.«Notre système n\u2019a pas été à la hauteur de ce qu\u2019il doit être», a admis en point de presse Martine Couture, présidente et directrice générale du CIUSSS du Saguenay\u2013Lac-Saint-Jean, duquel relève la DPJ.La Commission a formulé une série de recommandations, notamment la révision des pratiques, la formation du personnel ainsi que le respect des normes et l\u2019obligation d\u2019agir dans les délais prescrits lors d\u2019un code de prio- risation 1, particulièrement dans les situations d\u2019enfants de 0 à 5 ans.La DPJ devra faire rapport à la Commission au plus tard le 1er octobre 2017.Selon M.Picard, les parents de la victime sont visés par une enquête policière, toujours en cours.La Presse canadienne ENFANT DÉCÉDÉ La DPJ et les médecins ont failli à leur devoir Le gouvernement de Justin Trudeau semble miser sur le long terme J E A N N E C O R R I V E A U L e maire Denis Coderre affirme que sa décision d\u2019annuler la réforme administrative d\u2019Espace pour la vie ne constitue pas un désaveu à l\u2019égard du directeur général Charles-Mathieu Brunelle.Le maire a indiqué que le d.g.d\u2019Espace pour la vie, l\u2019organisation qui chapeaute le Jardin botanique, le Bio- dôme, le Planétarium et l\u2019Insectarium, a encore toute sa confiance.«J\u2019ai dit : vous tirez la plogue là-dessus.On va refaire nos devoirs, mais il n\u2019est pas question qu\u2019on mette en commun la question scientifique.Il n\u2019y a rien qui nous empêche d\u2019avoir des identités propres.Ça n\u2019enlève en rien ma confiance en Charles- Mathieu », a indiqué le maire Coderre au Devoir, en marge d\u2019une annonce à Ahuntsic-Car- tierville lundi après-midi.Denis Coderre a relaté sa rencontre, vendredi dernier, avec l \u2019ancien maire Pier re Bourque, qui lui a exposé ses inquiétudes.M.Coder re a dit s \u2019être ral l ié aux arguments de M.Bourque : « Moi aussi, je veux protéger le Jardin botanique.» Denis Coderre a par ailleurs salué le geste du conservateur du Jardin botanique, Michel Labrecque, qui a publiquement dénoncé la réforme administrative malgré les menaces de sanctions : « La sortie de Michel Labrecque était adéquate.Je prends ça comme un sonneur d\u2019alerte.[\u2026] Je trouve ça très positif et même très constructif.Je n\u2019ai pas de problème avec ça.Au bout de la ligne, on est capables de tous travailler ensemble.» Rappelons que le d.g.d\u2019Espace pour la vie avait élaboré une réforme administrative qui faisait disparaître les postes de directeur de chacun des quatre musées au profit de la création d\u2019un poste de directeur des collections et d\u2019un poste de directeur des programmes publics pour les quatre institutions.Charles-Mathieu Brunelle avait défendu cette réforme malgré les nombreuses critiques, dont celle de Pierre Bourque qui s\u2019inquiétait de voir le Jardin botanique être privé d\u2019un directeur.Une pétition avait même été lancée pour tenter de bloquer cette réorganisation.Vendredi, sur son compte Twitter, le maire Coderre a finalement annoncé qu\u2019il mettait un frein à cette réforme.Charles-Mathieu Brunelle avait été nommé par l \u2019ex- maire Gérald Tremblay à la tête des muséums nature en 2008 après avoir dirigé La Tohu pendant neuf ans.Le Devoir L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 2 8 J U I N 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 4 Lawrence Cannon quittera son poste d\u2019ambassadeur Ottawa \u2014 L\u2019ambassadeur du Canada auprès de la République française, Lawrence Cannon, quittera ses fonctions au début de l\u2019automne.L\u2019ancien ministre conservateur a précisé mardi sur son compte Twitter que la prolongation de son mandat était valide jusqu\u2019au 30 septembre.Au bureau de la diplomate en chef, mardi, on n\u2019a pas signalé si un nouveau chef de mission serait prêt à prendre le relais immédiatement après le départ de Lawrence Cannon.Ce dernier ne souhaitait pas accorder d\u2019entrevue mardi.La Presse canadienne J E A N N E C O R R I V E A U Montréal fera l\u2019acquisition du site de l\u2019ancien For t Lorette, dans Ahuntsic-Car- tierville.C\u2019est ce que le maire Denis Coderre a promis lundi, trois mois après que le terrain de la Congrégation des Sœurs de Miséricorde est passé aux mains d\u2019un promoteur privé.Des recherches archéologiques menées sur le site bordant la rivière des Prairies ont confirmé la présence de tranchées correspondant aux anciennes palissades du Fort Lorette et permis la découverte d\u2019artefacts.Il y a dix jours, le ministre de la Culture, Luc Fortin, avait annoncé avoir signé un avis d\u2019intention de classement afin de protéger l\u2019ancienne mission sulpicienne.« Pour Montréal, c\u2019est une découverte archéologique majeure », estime Vincent Gar- neau, coprésident de la Société d\u2019histoire d\u2019Ahuntsic- Cartier ville.« Ce sont parmi les plus vieux vestiges de Montréal qui ont été découverts là.Avec l\u2019église de la Visitation, qui est la plus vieille de l\u2019île de Montréal, ça crée un pôle intéressant pour le patrimoine historique.» Denis Coderre reconnaît la valeur exceptionnelle du site qui a accueilli le Fort Lorette des Sulpiciens en 1696 et il s\u2019engage à ce que la Ville en fasse l\u2019acquisition pour rendre les lieux accessibles au public.«On va s\u2019associer aux experts de Pointe-à-Callière, l\u2019Université de Montréal et l\u2019Université McGill pour en faire un centre d\u2019interprétation», a-t-il expliqué.Au préalable, des fouilles archéologiques plus poussées devront être réalisées.Projet immobilier Sauf que pour acheter ce terrain situé au 12 375, rue du Fort-Lorette, la Ville devra négocier avec le promoteur Antonio Rizzo, qui a acheté la propriété des Sœurs de Miséricorde pour 2 millions au mois de mars dernier.Pourquoi la Ville n\u2019a-t-elle pas acheté le terrain à ce moment ?«Les religieuses ne l\u2019ont jamais offert à la Ville ou à l\u2019arrondissement», a soutenu Lorraine Pagé.La Ville a été mise devant le fait accompli quand la vente a été réalisée, a dit la conseillère du district de Sault- au-Récollet en signalant que les religieuses ont refusé l\u2019accès au site pour la conduite de fouilles archéologiques.Avant même d\u2019acheter la propriété, le promoteur avait présenté un projet de développement immobilier, a précisé Lorraine Paré.Mais il ne pourra jamais réaliser son projet compte tenu de l\u2019avis de classement et du zonage qui est demeuré institutionnel, a-t- elle souligné.La conseillère de Projet Montréal Émilie Thuillier estime qu\u2019en matière de patrimoine la Ville est toujours «en mode réaction ».Selon elle, le site du Fort Lorette n\u2019en est qu\u2019un exemple de plus.« C\u2019est sûr qu\u2019on est d\u2019accord [avec le projet d\u2019achat] parce que c\u2019est ça qu\u2019il faut faire, mais on est \u201cen mode rattrapage\u201d.Il est minuit et quart.Le terrain est vacant depuis une dizaine d\u2019années.Comment se fait-il que personne n\u2019ait réagi?» Mme Thuillier déplore que la V il le n\u2019ait pas acheté la propriété au moment opportun.Elle aurait évité de se retrouver dans une situation délicate qui l\u2019oblige à négocier avec un promoteur immobilier.L\u2019élue craint d\u2019ailleurs que cela fasse grimper le coût de la facture pour la Ville.Au rôle foncier, la valeur de la propriété atteint 3 millions.300 ans d\u2019histoire « C\u2019est sûr que quelqu\u2019un l\u2019a échappé quelque part », admet Vincent Garneau, de la Société d\u2019histoire d\u2019Ahuntsic- Cartierville.Reste que le site est d\u2019un grand intérêt patrimonial, dit- il.Le site a accueilli une mission sulpicienne qui s\u2019était d\u2019abord installée au pied du mont Royal avant de migrer au village de Sault-au-Récollet à la fin du XVIIe siècle.« Il y a plus que le For t Lorette.Il y a 300 ans d\u2019histoire sur ce petit terrain-là », souligne M.Garneau en rappelant qu\u2019un véritable complexe y a été érigé avec la maison Saint- Janvier (1853), une résidence pour prêtres retraités, et la crèche Saint-Paul (1912).Quant au promoteur Antonio Rizzo, il n\u2019a pas rappelé Le Devoir.Le Devoir ARCHÉOLOGIE Fort Lorette : la Ville promet d\u2019acheter le site Le terrain situé dans Ahunstic-Cartierville renferme les plus vieux vestiges de Montréal GUILLAUME LEVASSEUR LE DEVOIR Denis Coderre a annoncé hier que la Ville de Montréal entreprendra des démarches pour acquérir un terrain que la Congrégation des Sœurs de Miséricorde a récemment cédé à un promoteur privé.RÉFORME AVORTÉE Coderre réitère sa confiance envers le directeur d\u2019Espace pour la vie Tunnel La Fontaine : sa réfection durera quatre ans Le pont-tunnel Louis-Hippo- lyte-La Fontaine, qui a 50 ans cette année, subira une cure de jouvence d\u2019un milliard de dollars qui durera quatre ans.Les travaux de réfection de l\u2019ouvrage doivent débuter à la fin de 2019, soit dès que les travaux sur le corridor du pont Champlain seront terminés.Les automobilistes devront se préparer au pire : sur les quatre ans que dureront les travaux, deux imposeront des entraves majeures à la circulation.Le pont-tunnel Louis- Hippolyte-La Fontaine est un axe de transit majeur, accueillant quelque 120 000 véhicules par jour.La Presse canadienne Cocaïne : 11 ans de prison pour une ex-douanière Saint-Jean-sur-Richelieu \u2014 Une ex-douanière a été condamnée, mardi, à 11 ans de prison pour avoir laissé entrer au Canada un véhicule transportant 182 kilogrammes de cocaïne.Stéfanie McClelland, âgée de 40 ans, a reçu sa peine mardi au palais de justice de Saint-Jean-sur-Riche- lieu après qu\u2019un jury l\u2019eut déclarée coupable le mois dernier.En décembre 2014, la mère de quatre enfants a permis à un véhicule qui transportait des sacs de cocaïne de passer sans encombre le poste frontalier de Saint-Bernard-de-Lacolle.La Presse canadienne L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 2 8 J U I N 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 5 Direction générale adjointe \u2013 Services institutionnels Service de l\u2019approvisionnement Appel d\u2019offres : 17-16183 Fourniture et installation des équipements de télécommunications pour raccorder 5 réseaux de feux de circulation de l\u2019arrondissement de Saint-Laurent au CGMU L\u2019ouverture des soumissions prévue pour le 28 juin 2017 est reportée au 5 juillet 2017 à 10 h 30 dans les locaux du Service du greffe de l\u2019hôtel de ville.Fait à Montréal, le 28 juin 2017 Le greffier de la Ville Yves Saindon, avocat Appel d\u2019offres Des propositions sont demandées et devront être reçues, avant midi heure de Montréal à la date ci- dessous au Service de la mise en valeur du territoire \u2013 Direction de l\u2019urbanisme de la Ville de Montréal au 303, rue Notre-Dame Est, 5e étage, Montréal (Québec) H2Y 3Y8 pour : Catégorie : Services professionnels Appel d'offres : 17-16161 Descriptif : Concours international d'architecture de paysage pluridisciplinaire / International multidisciplinary landscape architecture competition - Place des Montréalaises Date d'ouverture : 26 septembre 2017 Dépôt de garantie : Aucun Renseignements : Véronique Rioux, conseillère professionnelle concours.placedesmontrealaises@gmail.com Documents : Les documents relatifs à ce concours seront disponibles à compter du 28 juin 2017 Les personnes et les entreprises intéressées par ce concours peuvent se procurer les documents en s\u2019adressant au Service électronique d\u2019appels d\u2019offres (SÉAO) en communiquant avec un des représentants par téléphone au 1 866 669-7326 ou au 514 856-6600, ou en consultant le site Web www.seao.ca.Les documents peuvent être obtenus au coût établi par le SÉAO.Chaque proposition doit être placée dans une enveloppe cachetée et portant l\u2019identification fournie.Les propositions reçues seront ouvertes dans les locaux du Service de la mise en valeur du territoire \u2013 Direction de l\u2019urbanisme, immédiatement après l'expiration du délai fixé pour leur réception.Fait à Montréal, le 28 juin 2017 Le greffier de la Ville Yves Saindon, avocat CONCOURS Direction générale adjointe \u2013 Services institutionnels Service de l'approvisionnement S u i t e d e s a v i s d e l a p a g e B 4 AV I S L É G AU X E T A P P E L S D \u2019 O F F R E S THOMAS SAMSON AGENCE FRANCE-PRESSE Le dossier de la Francophonie pourrait s\u2019ajouter à la charge de Jean-Baptiste Lemoyne, nommé la semaine dernière secrétaire d\u2019État auprès du ministre des Affaires étrangères.C H R I S T I A N R I O U X Correspondant à Paris «N ous allons vous rappeler dans la journée.» C\u2019est par ces mots qu\u2019au bureau du nouveau premier ministre français, Édouard Philippe, on répond aux journalistes qui cherchent à savoir qui est responsable de la Francophonie.Une semaine après le remaniement ministériel qui a suivi les élections législatives, personne ne sait encore qui prendra en charge la Francophonie dans le nouveau gouvernement.À Matignon, il aura fallu quatre heures pour nous dire que la Francophonie était évidemment sous la responsabilité du ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian.Mais encore ?Habituellement, dans ce ministère, un secrétariat d\u2019État est attribué à la Francophonie.Mais impossible d\u2019en connaître le titulaire.Impossible aussi de savoir si, comme par le passé, il sera jumelé avec la Coopération internationale.Après quelques heures de recherche, la Délégation des affaires francophones nous a finalement répondu ce qui suit : « Je vous confirme que nous ne sommes pas en mesure de vous indiquer actuellement qui sera en charge de la Francophonie, tant que le décret ne sera pas paru.» Dans les milieux informés, on évoque le nom de Jean-Baptiste Lemoyne, nommé la semaine dernière secrétaire d\u2019État auprès du ministre des Affaires étrangères.Contrairement à ce qui a déjà été la pratique, ce sénateur de l\u2019Yonne a été nommé sans attributions précises, pour l\u2019instant du moins.On sait cependant qu\u2019au Sénat, il s\u2019est occupé de la Francophonie et qu\u2019il a été président délégué du groupe d\u2019amitié avec l\u2019Afrique de l\u2019Ouest.Trois secrétaires d\u2019État en cinq ans Jusqu\u2019en décembre dernier, c\u2019est le ministre du Développement André Vallini qui avait assumé la responsabilité de la Francophonie pendant une dizaine de mois.Il avait alors remplacé Annick Girardin, qui avait elle-même succédé à Yasmina Benguigui, obligée de quitter ses fonctions pour avoir omis de déclarer à l\u2019impôt une partie de son patrimoine.Trois secrétaires d\u2019État se seront donc succédé en cinq ans.En décembre 2016, André Vallini n\u2019avait pas été remplacé, la fonction avait échu directement au ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius.En cette période de branle-bas politique, la Francophonie n\u2019est pas le seul domaine sans responsable attitré.Le logement n\u2019a plus de titulaire spécifique et la fonction échoit directement au ministre de la Cohésion des territoires, Jacques Mézard.Dans le milieu des ONG, on s\u2019inquiète aussi de l\u2019absence de responsable du Développement international.Une question de jours On se souviendra qu\u2019en campagne présidentielle, Emmanuel Macron s\u2019était distingué à deux reprises en af firmant qu\u2019il n\u2019y avait pas «une culture française» et que « l\u2019art français», il ne l\u2019avait « jamais vu ».Le 24 mars dernier, il avait cependant tweeté : «La francophonie fait la vitalité de notre littérature et de notre langue.» Sur le site du journal économique Les Échos, Gilles Djerayamane s\u2019est récemment inquiété de l\u2019absence éventuelle d\u2019un secrétaire d\u2019État à la Francophonie.Si la situation devait perdurer, cela risquerait «de décourager les nombreux défenseurs de la Francophonie à travers le monde», écrit-il.Dans une contribution plus récente, il invitait le nouveau président à « réinvestir la Francophonie d\u2019urgence».À l\u2019Organisation internationale de la Francophonie (OIF), on nous a déclaré n\u2019avoir « aucune raison de s\u2019inquiéter».On considère que la nomination d\u2019un secrétaire d\u2019État n\u2019est qu\u2019une question de jours.Et l\u2019on se dit rassuré par les engagements pris par Jean-Yves Le Drian envers l\u2019OIF.La ministre des Relations internationales du Québec, Christine St-Pierre, en saura peut-être plus dès ce mercredi puisqu\u2019elle doit rencontrer son homologue en fin de journée.Le Devoir Où est passée la Francophonie ?La Délégation des affaires francophones n\u2019a toujours pas de titulaire dans le gouvernement Macron I S A B E L L E P A R É C ontrairement à la croyance populaire, quelque 4000 parents de jeunes enfants les plus pauvres du Québec ne forment pas du tout un bloc homogène, selon une étude de l\u2019Institut de la statistique du Québec (ISQ).En fait, près de 40% détiennent un diplôme universitaire et, dans le tiers de ces ménages, les deux parents s\u2019échinent tous deux au travail.Cet éclairage inédit découle des données tirées d\u2019une vaste enquête sur le rôle des parents réalisée en 2015 auprès de quelque 15 000 ménages québécois (EPEQE), dont les résultats généraux avaient été présentés l\u2019été dernier dans l\u2019étude Mieux connaître la parentalité au Québec.Selon ces données, les parents à faible revenu d\u2019enfants de 0 à 5 ans, soit pas moins de 25% des parents québécois, présentent des profils très hétérogènes, menant à des expériences et comportements parentaux très différents à l\u2019égard de leurs enfants.Les données démontrent en outre que, dans la vaste majorité des ménages défavorisés (75%), au moins un parent travaille, et parfois même les deux parents, dans 37% des cas.Plus de la moitié de ces parents démunis sont d\u2019ailleurs nés à l\u2019extérieur du Québec.Ce portrait hétéroclite démontre que le défi d\u2019être parent de jeunes enfants se présente sous divers jours, même si tous ces parents tentent de survivre avec très peu de moyens.Manque de temps, manque d\u2019argent L\u2019étude observe sans surprise que les familles à faible revenu recourent deux fois plus aux haltes-garderies, près de trois fois plus aux cuisines collectives et deux fois plus aux joujou- thèques que les familles disposant de revenus plus élevés.Mais les chiffres signalent aussi que si un des parents d\u2019une famille pauvre travaille, ces ménages sont 50% moins susceptibles de participer à des activités avec leurs enfants que celle composée de parents ne travaillant pas du tout.Presque autant que le coût, qui arrive au premier rang des obstacles à l\u2019accès à des services pour les familles, le temps et la fatigue viennent s\u2019ajouter au fardeau de ces parents qui travaillent mais gagnent très peu.Dans ces ménages où les deux parents travaillent, 70 % mentionnent le manque de temps et 40% la fatigue comme obstacles majeurs à l\u2019usage de services ou aux activités en famille, contre 46% et 32% dans les familles où les deux parents sont sans emploi.« Ce qui est déplorable, c\u2019est que même des parents avec deux salaires se retrouvent dans la catégorie à faible revenu! Ce sont les plus handicapés en matière d\u2019accès aux services familiaux», observe Christa Jappel, profes- seure titulaire au Département d\u2019éducation et de formation spécialisée de l\u2019UQAM.Cette dernière se demande d\u2019ailleurs pourquoi l\u2019enquête n\u2019a pas cherché à voir comment le recours aux services de garde se répercute sur la vie de ces parents parmi les plus pauvres.«Peut-être que ceux qui les fréquentent y retrouvent certains services sportifs et éducatifs et en ont moins besoin à l\u2019extérieur.Ça aurait été éclairant de le savoir», af firme cette experte de l\u2019impact des services de garde sur le développement infantile.Chose cer taine, ce regard lève le voile sur une réalité complexe et prise en compte, estime Lucie Gingras, analyste professionnelle à l\u2019ISQ.«On ne peut plus voir les familles à faible revenu comme un tout homogène, dit-elle.Il s\u2019y trouve des gens très scolarisés et d\u2019autres où les deux conjoints travaillent.Il faut aussi donner à ces gens des moyens d\u2019avoir accès à des services aux familles.» Le Devoir ENQUÊTE Les jeunes familles pauvres : un groupe hétéroclite au Québec Même des parents avec deux salaires se retrouvent dans la catégorie à faible revenu ! Christa Jappel, professeure titulaire au Département d\u2019éducation et de formation spécialisée de l\u2019UQAM « » A L E X A N D R E S H I E L D S M algré le fait qu\u2019une étude scientifique fédérale a démontré que l\u2019exploration pétrolière et gazière est incompatible avec la mise en place de la zone de protection marine du chenal Laurentien, le gouvernement Trudeau a confirmé mardi que ce futur territoire protégé sera accessible à l\u2019industrie.Le ministre de Pêches et Océans Canada, Dominic Le- Blanc, a annoncé mardi la publication du règlement qui précise les activités qui seront permises dans cette zone de protection marine (ZPM), en vue de la période de « consultations» des 30 prochains jours.Celle-ci sera située à l\u2019entrée du golfe du Saint-Laurent, au sud de l\u2019île de Terre-Neuve, au cœur d\u2019une vallée sous-marine reconnue par le gouvernement comme« une zone d\u2019importance écologique et biologique».Une fois officiellement établie, la ZPM du chenal Lau- rentien sera la plus importante de l\u2019est du Canada, avec un total de 11 619 km2.Activités pétrolières Selon les données présentées par le gouvernement Trudeau, 82 % de cette zone de protection sera toutefois ouverte aux projets d\u2019exploration et d\u2019exploitation de pétrole et de gaz.Concrètement, 9510 km2 seront accessibles aux entreprises du secteur.Qui plus est, toute la ZPM pourra faire l\u2019objet de relevés sismiques, et ce, huit mois par année.La construction de pipelines sous-marins et d\u2019infrastructures d\u2019exploitation sera également permise « tant qu\u2019elles ne risquent pas de détruire l\u2019habitat marin dans la ZPM proposée ».Le règlement publié dans la Gazette du Canada indique pourtant qu\u2019« une évaluation scientifique des risques menée en 2012 » a déterminé que certaines activités, dont l\u2019exploration et l\u2019exploitation pétrolière et gazière, sont « incompatibles, à des degrés différents, avec les objectifs de conser vation de cette zone ».Le document souligne notamment que cette zone est une « voie de migration » pour des espèces de poissons et de mammifères marins « vulnérables », ce qui « nécessite la protection de leur habitat, en raison des caractéristiques écologiques et géographiques particulières de la zone ».Le fédéral juge toutefois que « l\u2019effet de l\u2019exploration et de la production de pétrole sur les poissons, les mammifères marins et les tortues de mer est considéré comme étant réversible en raison du comportement de ces espèces.Contrairement aux coraux, ces espèces se déplacent et peuvent s\u2019éloigner des bruits et des autres perturbations ».Le Devoir ENVIRONNEMENT Ottawa ouvre une future zone de protection marine aux pétrolières Aide aux médias écrits : Trudeau ne s\u2019y oppose pas Faut-il oui ou non aider financièrement les médias écrits?Le premier ministre Justin Trudeau ne s\u2019y oppose pas, pourvu que cette aide ne se transforme pas en une taxe pour d\u2019autres citoyens.«Nous savons que des médias en santé, indépendants, qui réussissent sont essentiels à notre démocratie, et nous sommes toujours ouverts à des conversations sur comment on va aider une industrie en transition qui est si importante pour le public, pour nos institutions, pour notre démocratie.Mais ce ne sera pas en augmentant les impôts pour les Canadiens», a déclaré M.Trudeau au cours d\u2019une conférence de presse à Ottawa.Il y a dix jours, un comité parlementaire, à majorité libérale, avait proposé au gouvernement d\u2019élargir une taxe de 5% s\u2019appliquant aux câblodis- tributeurs pour qu\u2019elle couvre aussi les fournisseurs de services Internet haute vitesse.L\u2019argent aurait regarni le Fonds pour les médias, qui subventionne la production de contenu télévisuel canadien.M.Trudeau avait prestement rejeté cette proposition.Le Devoir On l\u2019appréhendait, elle est tombée comme prévu, cette taxe additionnelle sur le bois d\u2019œuvre décrétée par le département du Commerce des États-Unis.Libre-échange ou pas, le lobby de l\u2019industrie de la forêt fait la pluie et le beau temps à Washington.Ottawa montre les dents, mais seules la diplomatie et la négociation peuvent régler le problème à long terme.es exportateurs canadiens de bois d\u2019œuvre sont maintenant pénalisés par deux taxes qui ajoutent plus de 25 % aux prix de base des producteurs de la Colombie-Britannique, de l\u2019Ontario et du Québec.Mince consolation : la hausse est inférieure de 5 à 6 points de pourcentage aux mesures imposées lors du con?it précédent.Faut-il le rappeler, c\u2019est la cinquième fois en trente ans que les Américains utilisent ce manège pour restreindre les importations de bois canadien sur leur territoire.En avril, des droits compensateurs de 19% en moyenne visaient à dénoncer le fait que les sociétés canadiennes pro?teraient de subventions indirectes en exploitant la ressource des terres publiques.Quant à la seconde taxe de 6% annoncée cette semaine, il s\u2019agit d\u2019une mesure antidumping, c\u2019est-à-dire que Washington accuse le Canada de vendre son bois en dessous des coûts de production, une pratique illégale en commerce international.Or, dans les deux cas, les faits fournissent une autre version de l\u2019histoire : si le prix du bois canadien est inférieur, c\u2019est à cause de la valeur de notre dollar par rapport à la devise américaine et de la plus grande productivité de l\u2019industrie canadienne, point.Au Québec, on a même mis en place un régime de vente aux enchères de la ressource pour coller de plus près aux règles du marché.D\u2019ailleurs, tous les tribunaux indépendants qui se sont prononcés par le passé ont donné raison au Canada.Ce qui n\u2019empêche pas l\u2019industrie américaine de revenir à la charge dès la ?n d\u2019une entente pour regagner des parts de marché en pro?tant des délais très longs imposés par le processus d\u2019arbitrage.Selon le Conference Board, quelque 2200 emplois sont directement menacés, un chiffre qui pourrait grimper jusqu\u2019à 12 000, selon les syndicats.Voilà qui justi?e largement l\u2019aide de plus d\u2019un milliard sous forme de garanties d\u2019emprunt et de soutien à l\u2019innovation mise à la disposition de l\u2019industrie par Ottawa et les provinces.?Depuis quelque temps, Ottawa a haussé le ton.Après tout, le commerce du bois d\u2019œuvre est régi par l\u2019ALENA, comme le sont l\u2019industrie de l\u2019auto et celle des hydrocarbures.La différence tient au fait que l\u2019industrie de la forêt n\u2019est pas intégrée des deux côtés de la frontière.Alors, tous les moyens sont bons pour éliminer l\u2019adversaire.Comme par le passé, des négociations ont lieu depuis plusieurs mois pour en arriver à une entente en dehors des règles de l\u2019ALENA.Une entente qui serait nécessairement plus coûteuse que le strict respect des règles du libre-échange, mais tout de même moins mauvaise que la situation actuelle marquée au sceau du harcèlement constant.Malheureusement, dans le climat qui règne à l\u2019heure actuelle à Washington, les chances de succès rapide sont à peu près nulles.Entre-temps, les citoyens canadiens et québécois appuieront des mesures de représailles qui pourraient venir d\u2019Ottawa à l\u2019encontre des producteurs américains soupçonnés de recevoir des subventions de leurs gouvernements.C\u2019est le cas notamment de l\u2019Oregon, qui offre plusieurs programmes jugés non conformes.L\u2019Oregon est représenté au Sénat par le démocrate Ron Wy- den, un tenant de la ligne dure face au Canada.Qui dit démocrate dit moindre risque de heurter le président Trump, avec qui le gouvernement Trudeau cherche à éviter l\u2019affrontement.Avec raison, car, dans ce con?it comme dans le cas de la renégo- ciation de l\u2019ALENA, David a tout intérêt à jouer de diplomatie, de ruse et de patience en évitant l\u2019affrontement.La négociation et le temps ont toujours été les plus grands atouts du Canada dans ses relations avec son voisin aux gros sabots.Cela dit, si les États-Unis restent encore, et de loin, le client le plus intéressant pour l\u2019industrie canadienne de la forêt, cette dernière doit redoubler d\u2019efforts pour diversi?er sa production en haussant d\u2019un cran le niveau de transformation du bois.À titre d\u2019exemple, certains industriels sont passés avec succès du 2x4 aux produits laminés, qui échappent aux pressions du lobby de la forêt.Tout comme il faut accentuer les démarches pour di- versi?er la clientèle.Facile à dire, pas facile à réaliser.Mais avec Trump à la présidence, a-t-on le choix?L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 2 8 J U I N 2 0 1 7 A 6 EDITORIAL L\u2019éducation au Québec Enfin le système d\u2019éducation commence à bouger pour le mieux.Il est temps que des personnes se réveillent et constatent que l\u2019on ne s\u2019instruit pas avec de belles décorations et de beaux jeux, mais en apprenant à lire, à écrire, à calculer, à dessiner, à parler d\u2019autres langues, etc.Je suis entièrement d\u2019accord avec l\u2019idée d\u2019améliorer notre système éducatif en misant sur la qualité des enseignants, des divers spécialistes œuvrant auprès de nos élèves, sur du personnel compétent dans le domaine de l\u2019éducation.C\u2019est là qu\u2019il faut mettre une grande partie du financement.Quand une école a des éducateurs qui sont soutenus par les directions dans leurs projets, les résultats ne peuvent qu\u2019être encourageants.Il est temps de délaisser le «fla- fla» et de passer aux choses sérieuses.Pourquoi vouloir tout chambarder quand une recette gagnante existe depuis tellement longtemps ?Je ne dis pas qu\u2019il ne faut pas apporter certaines améliorations, mais trop, c\u2019est comme pas assez.En plus, au Québec, tous les jeunes ont la chance de se faire instruire, alors que c\u2019est loin d\u2019être le cas des jeunes de tous les pays.Je suggère de faire la promotion de cette situation afin que les parents ainsi que toute la société réalisent la chance que nous avons ici.Trop souvent, nous oublions cette chance.En conclusion, il est plus que temps de réaliser que la principale cause du décro- L I B R E O P I N I O N N O O M A N E R A B O U D I Islamologue et politologue, Université d\u2019Ottawa C omme tous les Québécois, j\u2019ai lu et entendu les propos du premier ministre Philippe Couillard en réaction à l\u2019attentat commis par un Montréalais de confession musulmane à l\u2019aéroport de Flint dans l\u2019État du Michigan (Le Devoir, 23 juin 2017, «Couillard appelle la communauté musulmane à l\u2019action».) Les religieux de la diaspora musulmane se sont tout de suite mis sur la défensive.Les prétendus activistes engagés ont tout de suite suivi leurs pas dans une surenchère idéologico-poli- tique, accusant le premier ministre du Québec de souffler sur les braises de la stigmatisation.Il est tout de même triste de voir que, dans les deux cas, ce type d\u2019acteur religieux ou d\u2019activiste social continue à tenir ce même discours victimaire sclérosé et improductif.Chaque fois qu\u2019un acte de ce type a lieu, ils se mettent à reproduire la même rhétorique avec les mêmes mots et par la même stratégie de défense.Dès qu\u2019un mot est prononcé sur la part de responsabilité des musulmans dans la lutte contre le terrorisme islamiste, la réaction dans les diasporas musulmanes occidentales est devenue un rituel de ce qu\u2019une de mes amies appelle « les pleurnicheries victimaires».Dérives islamistes Pourtant, les propos du premier ministre n\u2019ont rien de faux.Il a dit tout simplement tout haut ce qu\u2019une majorité de musulmans pensent tout bas.Il a dit ce que disent la plupart des intellectuels réformistes musulmans depuis des décennies, c\u2019est-à-dire depuis que l\u2019islamisme s\u2019est imposé comme acteur sociopolitique dans toutes les vies politiques des pays musulmans, mais aussi en Occident.Ces intellectuels sont des musulmans eux- mêmes.Serait-il logique de les accuser de faire la promotion de leur propre stigmatisation ou de leur propre haine ?Monsieur Couil- lard n\u2019a pas attaqué l\u2019islam, ni en tant que dogme, ni en tant qu\u2019expérience spirituelle, ni en tant que pratique individuelle.Il a tout simplement fait ce que nous faisions depuis des années.Il a appelé les musulmans d\u2019ici et d\u2019ailleurs à assumer leurs responsabilités pour lutter contre le détournement de leur dogme et de leur spiritualité pour justifier des actes de violence contre des innocents.En tant que musulman et en tant qu\u2019islamologue, je souscris parfaitement et sans réserve à cet appel.Suis-je donc islamophobe ?Est-ce que je me déteste moi-même ?Dans une inter vention très nuancée, Philippe Couillard a fait clairement la dif férence entre islam et dérives islamistes.Il a toujours mis en garde contre le danger de stigmatisation de l\u2019ensemble des musulmans.Que peut-on reprocher à notre premier ministre quand il appelle les musulmans à prendre leurs responsabilités dans la critique de l\u2019idéologie islamiste ?Or, monsieur Couillard a raison.Les actes de violence qu\u2019il dénonçait sont effectivement faits au nom de l\u2019islam.Il y a toute une industrie qui produit l\u2019idéologie islamiste et qui s\u2019exprime dans les mosquées et les autres institutions de transmission de la culture islamique dont les sa- lafistes djihadistes ont pris le contrôle partout dans le monde.Il revient à nous, les musulmans, de contester et de combattre cette idéologie qui se propage dans nos pays d\u2019origine et dans nos diasporas en situation d\u2019immigration, plutôt que de rester dans le déni et de jouer la carte de la victimisation.Il faut se sortir la tête du sable et affronter la réalité de notre monde moderne.Logique de victimisation Sans minimiser l\u2019ef fet des politiques occidentales sur les injustices qui touchent l\u2019espace de l\u2019islam partout dans le monde, il est grand temps que nous nous remettions en question et que nous cessions d\u2019accuser constamment les autres pour les malheurs qui nous frappent.Il est plus qu\u2019urgent de sor tir de cette logique de victimisation sclérosée et inutile, voire contre-productive.Jouer le rôle de l\u2019éternelle victime ne fera pas avancer nos causes ni arrêter les injustices qui nous frappent partout dans le monde.Les tensions que nous vivons avec nos sociétés d\u2019accueil sont réelles, très profondes et d\u2019une extrême gravité.Nous devrions avoir le courage de reconnaître que la crise de notre culture est d\u2019une étendue et d\u2019une dangerosité telle qu\u2019elle mérite d\u2019être comprise et évaluée à sa juste mesure.Il faut que nous cessions de faire comme si elle n\u2019existait pas ou qu\u2019elle est seulement, comme le prétend l\u2019islamisme, une construction produite par la haine obsessionnelle de l\u2019orientalisme occidental.Ce simplisme déterministe est non seulement stérile, mais aussi trompeur, car c\u2019est lui qui nous inspire cette posture de l\u2019éternel musulman persécuté.Cette posture, avec tous les raccourcis intellectuels qui la fondent, est complètement improductive.Elle ne fait qu\u2019aggraver nos problèmes.L\u2019islam a aujourd\u2019hui besoin d\u2019être réformé.Qui pourrait lancer ce projet de réforme ?De- vrions-nous appeler des rabbins, des prêtres chrétiens ou des moines bouddhistes pour réformer notre propre religion?Qui à part nous autres, les musulmans, pourrait le faire?C\u2019était tout simplement le sens du message de notre premier ministre.Je terminerai par un appel aux médias.En tant que citoyen québécois de confession musulmane, les deux personnes qui ont le droit et le devoir de me représenter sont M.Steven MacKinnon, mon député au Parlement fédéral, et Mme Stéphanie Vallée, députée de Gatineau et ministre de la justice au Parlement québécois.À part ces deux personnes pour qui j\u2019ai voté, aucune personne, qu\u2019elle soit imam, activiste ou autre, n\u2019a le droit de parler en mon nom ni prétendre me représenter auprès des autorités ou de l\u2019opinion publique québécoise ou canadienne.Dire tout haut ce qu\u2019une majorité de musulmans pensent tout bas FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente du développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-président des ventes publicitaires MARK DROUIN Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Directeur de l\u2019information numérique FLORENT DAUDENS Adjoints PAUL CAUCHON, LOUIS GAGNÉ, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET chage scolaire est le manque de motivation, non seulement des élèves, mais aussi des enseignants, provoqué par le manque de matériel didactique récent (livres, matériel de laboratoires, etc.) et non d\u2019accessoires qui n\u2019ont rien pour stimuler l\u2019intelligence et l\u2019apprentissage.La seconde cause est le manque de stimulation et d\u2019implication de la part des parents.Beaucoup de parents se fient au système scolaire pour que leurs enfants apprennent, que ce soit au privé ou au public.Claude Geoffroy Joliette, le 24 juin 2017 qu\u2019on saurait voir, constatait Jacques Cartier le 2 octobre 1535 à la vue des chênes et des champs de maïs entourant le village d\u2019Hochelaga et ses 2000 habitants, protégés par une palissade à trois rangs de 40 pieds de haut.Ce qui était évident pour Cartier il y a 500 ans semble échapper encore à nos édiles.Quarante ans après le zonage agricole qui aurait dû servir à densifier, le développement se fait encore un peu partout de façon anarchique sur les 2 % de sol arable au gré des promoteurs.Et ceci en dépit du fait que les sols pauvres du Bouclier canadien sont à moins de 50 kilomètres de Montréal et encore plus près de Gatineau et de Québec.Le Québec ne produit plus que 30 % de ses aliments.Quelques jardiniers obtiennent un revenu de 150 000 $ sur un seul hectare.Ce qui démontre, mais ne peut excuser, l\u2019imprévoyance de la majorité des élus (rarement loin des promoteurs, dont la ville n\u2019est jamais assez grosse) et qui, comme l\u2019ex- maire Vaillancourt de Laval, continuent d\u2019asphalter notre garde-manger.Au lieu de densifier et de diriger le développement sur des sols pauvres afin de protéger ce patrimoine, on af faiblit la CPTAQ, on élimine les référendums municipaux et on se moque du BAPE qui exprimait des réser ves au sujet du train électrique.Dominique Bhérer Maniwaki, le 22 juin 2017 Montréal, menace no 1 pour nos sols arables Voilà ce dont nous prévenait en 1976 Paul G.Lajoie, qui a consacré sa vie à l\u2019étude des sols agricoles et forestiers.La perte de sol arable est un des nombreux problèmes créés par la croissance incontrôlée des villes géantes.On retrouve 80 % de nos sols arables, les plus fertiles, dotés du meilleur climat, dans la plaine du Saint-Laurent, autour de Montréal, qu\u2019elle envahit dans toutes les directions.Huit millions de Québécois ne disposent que de 2,5 millions d\u2019hectares de sol cultivable.C\u2019est très peu si on considère que la Saskatchewan et la France possèdent chacune 25 millions d\u2019hectares.La plus belle et la meilleure terre BOIS D\u2019ŒUVRE David s\u2019essouffle ! L JEAN-ROBERT SANSFAÇON L E T T R E S L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 2 8 J U I N 2 0 1 7 A 7 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon (chef de division), Robert Dutrisac, (éditorialiste), Michel Garneau et Pascal Élie (caricaturistes), Jacques Nadeau (photographe), Olivier Zuida (recherchiste photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division et reporter), Stéphane Baillargeon (généraliste), Gérald Dallaire (pupitre), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Jean Dion (sports), Marco Fortier (éducation), Lisa-Marie Gervais (diversité), Pauline Gravel (sciences), Jessica Nadeau (éducation).Alexandre Shields (environnement); information politique : Michel David (chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Marie-Michèle Sioui (correspondants parlementaires à Québec) Dave Noël (recherche), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec); information culturelle : Guillaume Bourgault-Côté (politiques culturelles), Julie Carpentier (pupitre), Fabien Deglise (livres), Catherine Lalonde (arts vivants), François Lévesque (écrans),Caroline Montpetit (arts vivants), Philippe Papineau(médias); information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l\u2019information), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Benoît Munger (pupitre); information internationale : Guy Taillefer (chef de division et éditorialiste); section art de vivre : Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); cahiers spéciaux : Aude Marie Marcoux (responsable); équipe numérique : Laurence Clavel, Guillaume St-Hilaire et Geneviève Tremblay (pupitres); correction : Andréanne Bédard, Christine Dumazet et Michèle Malenfant (correctrices) ; soutien à la rédaction : Amélie Gaudreau (coordonnatrice à la rédaction), Jean-Philippe Proulx (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa).PUBLICITÉ Charleyne Bachraty (adjointe au vice-président), Marlène Côté, Évelyne De Varennes, Amel Elimam, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (directrices de comptes), Alain Tréhout (directeur créativité média), Amélie Maltais (commis aux avis légaux), Alessandra Tantalo et Laurence Hémond (coordonnatrices publicitaires).PRODUCTION Caroline Desrosiers, Yannick Morin, Anthony White et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web), Jean-François Côté (analyste programmeur), Luc Girard (technicien informatique), Solène M.Hébert (développeuse Web).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Catherine Gentilcore (coordonnatrice marketing, communications et relations publiques), Sébastien Beaupré (coordonnateur service à la clientèle), Manon Blanchette, Caroline Filion, Nathalie Filion, Isabelle Sanchez (préposées au service à la clientèle).ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Mélisande Simard (adjointe administrative et responsable des ressources humaines), Florentina Draghici (technicienne comptable), Véronique Pagé (responsable du crédit).L e nouveau plan pour « la réussite scolaire » a été annoncé tambour battant cette semaine, per formances vidéo à l\u2019appui.Les derniers sondages agissant comme de véritables éperons, le gouvernement Couil- lard \u2014 le même qui, il n\u2019y a pas si longtemps, coupait 1 milliard en éducation, selon les syndicats d\u2019enseignants \u2014 embrasse aujourd\u2019hui l\u2019école québécoise avec effusion.Les membres de l\u2019opposition ont dénoncé un manque de «propositions concrètes », mais c\u2019est le manque d\u2019analyse qui, personnellement, me saute aux yeux.Quelqu\u2019un pourrait-il nous dire pourquoi le Québec demeure le cancre de l\u2019éducation au Canada ?Après tout, nous ne sommes ni plus pauvres que l\u2019Île-du-Prince- Édouard ou le Nouveau-Brunswick ni moins éclairés que l\u2019Ontario ou la Colombie-Britannique et, pourtant, ils nous battent tous pour ce qui est du taux de diplomation au secondaire.Toutes les provinces, à l\u2019exception de l\u2019Alberta, font mieux que le Québec, en fait.Une leçon d\u2019humilité.Après le mystère de notre système de santé (pourquoi diable traînons-nous toujours de la patte en ce domaine?), voici donc le mystère de l\u2019éducation.Le Québec n\u2019a pas une économie de ressources naturelles, comme en Alberta, ou une importante communauté autochtone, comme au Yukon, qui contribuent à tirer les jeunes des bancs d\u2019école.Et pourtant, tout se passe comme si, 50 ans après le rapport Parent, il y avait par rapport à l\u2019éducation non plus un problème de moyens, mais un problème de culture.Évidemment, il est impossible de parler d\u2019échec scolaire sans parler des réformes successives qui ont tétanisé nos bancs d\u2019école.L\u2019échec cuisant de la réforme de 2000 où des concepts vaseux («adopter un mode de vie sain ») sont venus supplanter la transmission de connaissances est un exemple patent.Un exemple qui devrait d\u2019ailleurs faire réfléchir le ministre de l\u2019Éducation, Sébastien Proulx, qui a tendance à vouloir enguirlander l\u2019école du dehors \u2014 place aux beaux espaces et aux petits plats mijotés \u2014 plutôt qu\u2019à l\u2019approfondir du dedans.Si l\u2019objectif est d\u2019augmenter la diplomation de 74 à 85 %, peut-être faudrait-il alors s\u2019attaquer au problème que personne ne veut nommer ?Le décrochage masculin.Car les filles, elles, sont déjà dans la moyenne canadienne (85 %), alors que les garçons traînent de la patte à 73 %.La réussite des filles n\u2019a rien de nouveau et n\u2019est bien sûr pas propre au Québec.Leur prédisposition, sinon naturelle, du moins solidement ancrée pour la lecture et l\u2019écriture, pour ne rien dire de rester assises quand on le leur impose, leur donne, partout au monde, un avantage à l\u2019école.Mais il y a plus.Dans un lieu qui fait tout un plat de l\u2019égalité hommes-femmes, oui, le Québec, on s\u2019aperçoit que ce sont de vieilles notions de masculinité qui sont en train de saper la réussite du sexe for t.Plusieurs études le démontrent, « pour de nombreux garçons, il n\u2019est tout simplement pas cool de réussir à l\u2019école ».Une certaine identité masculine militerait carrément contre la réussite scolaire.Une étude menée par l\u2019Université Laval et la Centrale des syndicats du Québec en 2003 démontre que 88 % des ados interrogés souscrivent aux stéréotypes sexuels du genre, « un garçon est plus populaire quand il est indiscipliné en classe ».D\u2019autres études plus récentes disent essentiellement la même chose.Ce n\u2019est pas uniquement une question de sexe, bien sûr, la question de classe sociale intervient largement pour ce qui est de l\u2019intérêt qu\u2019un jeune porte à l\u2019école.Mais ce qui frappe ici, c\u2019est que, près de 50 ans après la révolution féministe, les vieux stéréotypes sexuels collent deux fois plus aux garçons qu\u2019aux filles et, surtout, qu\u2019ils sont la raison principale de leur échec scolaire.«On a été capable de vérifier statistiquement que plus un élève adhère à ce genre de stéréotypes, moins ses résultats scolaires sont bons», dit un des responsables de l\u2019étude citée ci-dessus.On a donc ici une autre illustration de ce qui a été si crûment illustré par l\u2019élection de quelqu\u2019un qui, lui non plus, ne s\u2019est jamais plu à l\u2019école, Donald Trump.Bon nombre d\u2019hommes et/ou garçons, majoritairement de milieux défavorisés mais pas seulement, n\u2019ont pas compris qu\u2019il fallait changer, pas seulement leur type d\u2019activité, mais également leur façon de penser pour survivre.Ils n\u2019ont pas compris ce que la grande majorité des filles et des femmes, elles, comprennent instinctivement, qu\u2019on ne peut pas simplement continuer comme avant.Pourquoi, maintenant, ces stéréotypes sexuels apparaissent-ils plus tenaces au Québec qu\u2019ailleurs au pays?Le véritable mystère, il est là.fpelletier@ledevoir.com Sur Twitter :@fpelletier1 Le mystère de l\u2019éducation FRANCINE PELLETIER Les vieux stéréotypes sexuels collent deux fois plus aux garçons qu\u2019aux filles E M I L I E N I C O L A S Présidente de Québec inclusif et l\u2019une des initiatrices de la Coalition pour l\u2019égalité et contre le racisme systémique orsque je suis sortie de chez moi pour aller faire un tour au défilé de la Fête nationale à Montréal, j\u2019ai, comme plus ieurs, été sa is ie d\u2019un im - mense malaise en voyant de jeunes No irs poussant les chars sur lesquels paradaient en sour iant des ar t istes blancs, et ce, sur plusieurs tableaux, de l\u2019ouver ture à la fermeture du défilé.Comme Québécoise noire, j\u2019y ai vu tout de suite une illustration douloureuse de la place trop souvent occupée par les Noirs dans la société québécoise de 1608 à nos jours, de l\u2019esclavage formel au racisme systémique inavoué.Ces inégalités historiques et contemporaines étaient représentées à merveille dimanche, en pleine rue Saint-Denis.En toute candeur, dans la joie, l\u2019allégresse et l\u2019aveuglement collectif.Disons que ça ne donne pas le cœur à la fête.Très vite, les organisateurs se sont dégagés de toute responsabilité et ont cherché à donner tort aux milliers de personnes sur les réseaux sociaux qui voyaient, comme moi, dans ces images un rappel de l\u2019esclavage et de la colonisation.Il serait «malhonnête de nous prêter des intentions », a déclaré Maxime Laporte, président du comité organisateur des fêtes de Laval et de Montréal \u2014 alors que les commentaires ne tombaient pas dans le procès d\u2019intentions.Les jeunes «n\u2019ont pas été choisis en fonction de la couleur de leur peau», renchérit-on sur le site Web de l\u2019organisation.Plutôt, la participation des jeunes au défilé aurait été convenue à la suite d\u2019un don des organisateurs de la Fête à l\u2019école publique Louis- Joseph-Papineau, en manque de financement et \u2014 car ?\u2014 largement fréquentée par des élèves racisés.Leur bénévolat a donc été acheté, voilà qui est rassurant.Il aurait apparemment été farfelu de soutenir financièrement ces jeunes tout en leur offrant une place qui représente leur pouvoir de faire avancer la société, et non pas le défilé.C\u2019est pour être écoresponsables, ajoute-t- on encore.Comme il est heureux que l\u2019on puisse reproduire les inégalités sociales sans émettre trop de gaz à effets de serre ! Ce qui frappe le plus durement dans les réactions de ces responsables, c\u2019est le refus de faire une lecture des symboles chargés d\u2019un sens historique qui saute pourtant aux yeux d\u2019une grande part du public.Ce refus de l\u2019analyse tend même vers une culpabilisation des spectateurs qui auraient osé « voir les couleurs » des gens en haut et en bas des chars.« Honte à vous qui voyez le passé partout et refusez de tourner la page ! » lance-t-on du haut de son confortable daltonisme social à propos d\u2019un événement dont le but principal est, ironiquement, le rappel de notre passé collectif, tableau par tableau.Histoire plurielle Ce qu\u2019on nous dit ici, c\u2019est que l\u2019histoire du Québec qui mérite d\u2019être rappelée au public en cette fête nationale doit à tout prix exclure l\u2019histoire des Noirs du Québec.Parce qu\u2019avec ce sens de l\u2019histoire-là, attention, on verrait que la « couleur » influe encore sur nos hiérarchies, dans nos parlements comme dans nos événe- ments culturels.Comprendre l\u2019histoire des Noirs, c\u2019est voir plus clair dans ce qui s\u2019est passé samedi dernier, mais aussi dans plusieurs iniquités sociales contemporaines, dont le financement inégal des écoles que fréquentent nos jeunes.Je dénonce donc ce refus de voir pour ce qu\u2019ils sont l\u2019ensemble des symboles et des rappels historiques contenus de dans ce défilé tristement mémorable de la rue Saint-Denis, qu\u2019ils aient fait l\u2019objet ou non d\u2019intentions explicites.Puisque la célébration de l\u2019Histoire est l\u2019objectif principal de la Fête nationale, on devrait être en droit de s\u2019attendre à ce que ces organisateurs aient un sens développé de l\u2019histoire plurielle de l\u2019ensemble des Québécoises et des Québécois.S\u2019il y a un tel décalage entre les réactions au défilé sur les médias sociaux et celles des porte-parole, c\u2019est que l\u2019organisation a manqué de ce sens de l\u2019histoire.Elle devra à l\u2019avenir mieux représenter la métropole et prendre des décisions qui, à chaque étape de la planification des festivités, respectent et célèbrent la dignité de tous.On diminuerait ainsi les risques de gaffes symboliques majeures dans une journée qui, après tout, est justement une importante affaire de symboles.À Montréal, une personne sur trois environ est racisée.On pourra applaudir au caractère inclusif de la Fête nationale quand cette diversité sera adéquatement présente et à l\u2019honneur en haut des chars, dans les organismes partenaires, dans les instances, bref, partout.Pas avant.DÉFILÉ DE LA FÊTE NATIONALE Le sens de l\u2019histoire au Québec M A T H I E U R O Y Étudiant, Montréal a fin de semaine dernière, des millions de Québécois profitaient de leur journée fériée pour fêter la Saint-Jean-Baptiste avec leur famille et leurs amis en participant aux défilés, spectacles et activités qui avaient lieu partout au Québec.Pour l\u2019occasion, bien des personnalités publiques en profitaient pour prendre la parole et souhaiter une bonne Fête nationale à leurs concitoyens, tout en se mêlant aux festivités.Cette année, en écoutant les prises de parole des diverses personnalités publiques, il semble évident qu\u2019un thème était nettement plus présent qu\u2019au cours des années précédentes.Il s\u2019agit, bien sûr, du thème de la diversité.Étrangement, il semblerait que tous ces efforts ne plurent pas assez à certains, qui décidèrent de s\u2019inventer une controverse en criant au racisme en voyant de jeunes Noirs pousser les chars allégoriques lors de défilé dans la rue Saint-Denis.On a su par la suite que si des personnes poussaient les chars, c\u2019était pour éviter les émissions de gaz à effet de serre, que ces mêmes jeunes faisaient partie d\u2019un organisme valorisant la persévérance scolaire et que jamais auparavant le défilé n\u2019avait autant insisté sur la diversité.La réponse des organisateurs et de l\u2019entraîneur de l\u2019équipe de football la journée même, que je vous suggère d\u2019aller écouter, aurait dû mettre un terme au dérapage, mais ce ne fut, hélas, pas le cas.La suite était prévisible et les jours passent sans que l\u2019histoire s\u2019éteigne.Nous avons eu droit, au cours des derniers jours, à toutes sortes d\u2019états d\u2019âme et à une foule de commentaires traitant les organisateurs, et même le Québec en entier, de racistes.Visées idéologiques Reprenant le discours domi - nant sur la question de la diversité, plusieurs intellectuels associés à la gauche multiculturaliste ajoutèrent leur voix au mécontentement en reprenant la même analyse simpliste, dogmatique et prémâchée qu\u2019ils allaient sor tir de leur sac dans n\u2019importe quel contexte qui leur serait favorable.Ceux-ci ne virent aucun problème à instrumentaliser sans scrupule les jeunes bénévoles de l\u2019équipe de football de l\u2019école Louis-Jo- seph Pap ineau, qu i , eux, n\u2019y voyaient pas un problème, selon les dires de leur entraîneur.Il est dommage de voir que ces indisposés, au lieu d\u2019insister sur le caractère rassembleur de la fête et sur tous les efforts faits par les organisateurs, instrumentalisent des événements de la sorte pour mettre en avant leurs visées idéologiques.Comme quoi certains démagogues ne prennent même pas congé pour la fête nationale.Pour ajouter à l\u2019injure, plusieurs de ces analystes, qui jouissent d\u2019ailleurs d\u2019une énorme complaisance médiatique, sont parmi les plus grands pourfendeurs des fake news du président Trump et des dérapages médiatiques en tout genre.Ces derniers ne réalisent pas qu\u2019ils s\u2019adonnent exactement au même exercice lorsqu\u2019ils reprennent un clip vidéo de 20 secondes pour appuyer leurs dires, plutôt que de regarder l\u2019immense importance accordée à la diversité tout au long du défilé, dans les slogans, la publicité et dans toutes les prises de parole qui ont été faites au Québec.Comme quoi les cordonniers sont souvent les plus mal chaussés.On dénoncera ainsi les amalgames simplistes et sensationnalistes des médias, sauf lorsque ceux-ci font notre affaire.Bien sûr, certains porte-parole de cette mouvance sont capables de faire valoir régulièrement leurs idées sans faire preuve d\u2019autant de mauvaise foi.Hélas, ce ne fut pas ceux-ci qui retinrent l\u2019attention au cours des derniers jours.Loin d\u2019aider la situation, ceux qui crièrent au loup à la suite du défilé devraient plutôt réaliser que leurs agissements nuisent au tissu social québécois et devraient plutôt tenter de se faire un portrait d\u2019ensemble.Tout en continuant de miser sur ce qui unit les Québécois, soit une histoire commune et une culture commune caractérisée par notre belle langue française, la Fête nationale devrait continuer de faire une place aussi généreuse à la diversité.Or, cette année, quand on s\u2019attarde aux faits, elle en a fait amplement.Pas de congé férié pour les démagogues L ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Des joueurs de l\u2019équipe de football de l\u2019école Louis-Joseph Papineau ont aussi poussé un char allégorique au thème sportif.L S\u2019il y a un tel décalage entre les réactions au défilé sur les médias sociaux et celles des porte-parole, c\u2019est que l\u2019organisation a manqué de ce sens de l\u2019histoire « » ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR La Fête nationale devrait continuer de faire une place aussi généreuse à la diversité, comme elle l\u2019a fait cette année. L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 2 8 J U I N 2 0 1 7 A 8 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par courriel publicite@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3452 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Par courriel petitesannonce@ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4 Berri-UQAM Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com A C T U A L I T É S national de l\u2019énergie et dans le rôle qu\u2019il joue à l\u2019appui des décisions critiques concernant les projets clés durant la période de l\u2019examen», a répondu le ministère des Ressources naturelles du Canada.Selon ce qu\u2019a ajouté le service des relations avec les médias, le fédéral décidera d\u2019approuver ou non la construction du pipeline Énergie Est «une fois que l\u2019Office aura terminé son examen et formulé une recommandation à savoir si ledit projet est dans l\u2019intérêt public général du Canada».«Le gouvernement poursuivra ses ef forts pour rétablir la confiance du public dans les processus réglementaires et les évaluations environnementales, parce que sans la confiance des citoyens, aucun projet de pipeline ne se réalisera», a-t-on également souligné, dans une réponse écrite.Ottawa n\u2019a toutefois pas encore déterminé quand serait terminé le processus de «modernisation » de l\u2019ONE.Mais le gouvernement définira « la suite de sa démarche » au cours « des prochains mois ».Entre-temps, le nouveau comité de l\u2019audience d\u2019Énergie Est a décidé en janvier de reprendre l\u2019examen du projet de pipeline depuis le début.Plusieurs étapes restent toutefois à définir, selon ce qu\u2019a indiqué mardi l\u2019ONE.Le comité doit notamment préciser quels seront les sujets abordés dans le cadre de l\u2019évaluation, puis élaborer l\u2019audience et lancer les consultations publiques.Chose certaine, TransCanada s\u2019oppose à l\u2019inclusion de la question des émissions de gaz à effet de serre (GES) liées à la production de pétrole des sables bitumineux qui circulera dans le pipeline, à raison de 400 millions de barils par année.Dans un document déposé à l\u2019ONE le 21 juin, la pétrolière albertaine a jugé que la question des GES ne fait pas partie de son «mandat».Documents en français Fait à noter, ce document a été déposé uniquement en anglais.La lettre envoyée par Pierre Ar- cand au ministre Jim Carr fait justement valoir que « l\u2019ONE devrait s\u2019assurer que la documentation liée à un projet d\u2019envergure est disponible en français et en anglais, afin de favoriser la participation de tous les intervenants».Ce n\u2019est pas le cas pour le projet Énergie Est.L\u2019essentiel de la documentation disponible en français a en fait été diffusé sur le site de TransCanada, qui fait aussi la promotion d\u2019Énergie Est.La lettre du ministre Arcand plaide enfin en faveur d\u2019une reconnaissance de la «compétence provinciale » pour les projets énergétiques in- terprovinciaux.« Nous comprenons la nécessité d\u2019avoir \u201cune stratégie nationale cohérente\u201d.Nous demandons cependant que les compétentes provinciales soient respectées même si un projet touche plusieurs provinces», a précisé l\u2019attachée de presse du ministre, Véronique Normandin.Le gouvernement du Québec entend d\u2019ailleurs mener sa propre évaluation environnementale du pipeline Énergie Est.Celle-ci sera réalisée par le Bureau d\u2019audiences publiques sur l\u2019environnement.Mais selon ce qu\u2019a indiqué mardi le cabinet du ministre de l\u2019Environnement David Heurtel, l\u2019étude d\u2019impact déposée il y a maintenant plus d\u2019un an par TransCa- nada n\u2019est toujours pas complète.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 PÉTROLE qu\u2019on fait là», s\u2019amuse-t-il.En même temps, une certaine constance traverse les 50 ans selon lui.«Le festival a toujours été au rythme des humeurs sociopolitiques », dit- il.D\u2019abord soixante-huitard, puis nationaliste dans les années 1970.Il s\u2019ouvre aux musiques du monde dans les années 1980 et plonge dans la mondialisation durant les années 1990-2000.« Le Festival, c\u2019est non seulement des souvenirs impérissables, mais c\u2019est aussi l\u2019évolution de notre propre société.» Des souvenirs et des lucioles Mercredi soir, ils seront 400 anciens et nouveaux collaborateurs à célébrer la chose lors d\u2019une grande réception à l\u2019Impérial.Le plus ancien des membres actuels de l\u2019équipe du Festival, Jean-Érick Dorval, n\u2019est pas beaucoup plus âgé que le Festival lui-même.À 56 ans, il a passé grosso modo 30 ans à travailler à l\u2019événement.Ses meilleurs souvenirs ?Le concert d\u2019un Mathieu Chédid méconnu en 1998.« J\u2019étais du petit groupe de gens rassemblés au Pub St- Alexandre.[\u2026] J\u2019étais placé en avant, à la hauteur de ses pédales de guitare.» Quelques années plus tard, M se produira sur la grande scène des plaines.«La découverte a toujours été en avant au festival», insiste M.Dorval.Mais encore ?« Je me rappelle Le D\u2019Auteuil [l \u2019ancienne salle de spectacle de la rue du même nom] avant que la façade ne s\u2019effondre en 2001.Il y avait là des fins de soirées endiablées avec des programmes doubles nocturnes à 20h20 et 1h30 du matin! Les employés, on était là et on reprenait le travail le lendemain ! On roulait comme ça les onze jours.» Jean-Érick Dorval a fait presque tous les métiers au sein de l\u2019organisme, de téléphoniste à adjoint à la direction générale en passant par les demandes de subventions et les photos de spectacles.Il a même dé jà figuré au programme comme musicien.« Le Festival, ça a été une grande école pour bien du monde », souligne Michel Létourneau, qui a dirigé le Festival entre 1992 et 2000.Un moment marquant pour lui ?«Ce que je me rappelle, c\u2019est l\u2019ambiance qui nous a permis, à moi et à d\u2019autres, d\u2019accompagner Georges Moustaki un soir dans un jam informel.À la fin de tout ça, je lui ai chanté Le Métèque.J\u2019en parle et j\u2019en ai encore des frissons.» L\u2019ancien patron ne s\u2019en cache pas : le virage entrepris après son départ pour faire venir de grandes vedettes internationales ne l\u2019a pas emballé.«Ce que le Festival a gagné en puissance, il l\u2019a perdu en finesse, en accessibilité», avance-t- il.Une tangente dont il s\u2019estime toutefois en partie «responsable ».«C\u2019est à mon époque qu\u2019on a introduit le macaron payant obligatoire [en 1995].On était conscient qu\u2019on était en train de créer un monstre.» Avec les années, le macaron lumineux est devenu une sorte de signature pour le Festival.Combien d\u2019ar tistes ont pensé être en train d\u2019halluciner à la vue de ces milliers de lucioles scintillant dans la ville ?À 100 $ le laissez-passer, le FEQ n\u2019en reste pas moins très abordable pour ce qu\u2019il offre, signale le cinéaste Nicolas Léger.Sa maison de production Ciné-Scène prépare un documentaire sur le Festival qu\u2019on devrait voir, au plus tard, au printemps 2018 à Radio-Canada.«Je suis allé à la Canadian Music Week à Toronto.Les gens là-bas sont quand même impressionnés.Ils se demandent si on est conscients de ce qu\u2019on a dans notre cour: l\u2019ampleur du festival, ce qu\u2019il est devenu et le prix qui est dérisoire, selon plusieurs, pour onze heures de programmation.» De tous les changements qui l\u2019ont marqué, il ne faut pas sous-estimer l\u2019expertise, poursuit Jacques Lamontagne, responsable des archives au FEQ.« La grande dif férence, c\u2019est l\u2019expérience.Dans le passé, le Festival ne gardait pas son monde.Aujourd\u2019hui, il y a une quarantaine de permanents.» En 1990, M.Lamontagne avait été embauché comme assistant du responsable de la programmation classique.À l\u2019époque, on se débrouillait avec les moyens du bord, se rappelle-t-il.« S\u2019il te manquait un fil électrique, tu ne demandais pas à quelqu\u2019un d\u2019aller t\u2019en chercher un, tu allais toi-même chez RONA», dit-il en riant.Rencontré dans les bureaux du FEQ, rue Saint-Joseph, M.Lamontagne montre les vieux programmes des années 1980 et même d\u2019avant.Dans celui de 1971, il n\u2019y a pratiquement que du théâtre et de l\u2019animation de rue.En fait, on a présenté presque de tout au Festival d\u2019été.Même des courses de chevaux, rappelle Nicolas Léger.«Ce que je trouve impressionnant, c\u2019est qu\u2019un Festival soit aussi actif après 50 ans.Il a vu le jour un an avant Woodstock, ce n\u2019est pas rien.Et ce, dans un marché qui n\u2019est pas nécessairement celui des grandes tournées.» Dans son documentaire, il suit notamment quatre jeunes festivalières qui participent activement au FEQ depuis l\u2019âge de 12 ans.Lui- même a gardé un souvenir impérissable de son premier spectacle en 1990.Un concert légendaire de Jean Leloup à place d\u2019Youville.Pour Daniel Gélinas, l\u2019actuel directeur, c\u2019est peut-être le concert de Bénabar au même endroit en 2005 alors que Xarxa Teatre déployait sa pyrotechnie de l \u2019autre côté des fortifications.Pour d\u2019autres, c\u2019est Marjo qui pique une sainte colère en 1987 parce qu\u2019on lui demande de terminer son spectacle à 23 h.Il y a aussi Bér urier noir dans la boue sur les plaines en 2004.Et aussi\u2026 Vous en voulez plus ?Sur nos applications numériques, mesurez-vous à notre jeu-ques- t ionna ire sur le Fest ival pour tester vos connaissances.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 FESTIVAL utilise au moins un des outils de cette attaque précédente.Le chercheur montréalais en cybersécurité Olivier Bilodeau a également appuyé cette hypothèse.Dif ficile toutefois de connaître son mode de propagation : « À ce stade-ci, ce n\u2019est pas clair si le virus se propage automatiquement sur Internet.» Il pourrait également circuler sur des réseaux créés localement entre plusieurs ordinateurs d\u2019un même bureau, par exemple, ou sur des réseaux entre entreprises.Le groupe de chercheurs ESET affirme avoir déterminé le point de départ de cette épidémie, un logiciel de comptabilité populaire en Ukraine, corrompu pour inclure le virus.Reconstitution Plusieurs banques et entreprises ukrai - niennes ont en ef fet lancé l\u2019alerte tôt mardi.Un of ficiel ukrainien a publié une photo de son écran d\u2019ordinateur noirci avec les mots « Tout le réseau est en panne ».Le premier ministre a ensuite affirmé en journée que cette cyberattaque était « sans précédent », tout en précisant que les systèmes essentiels n\u2019étaient pas infectés.Le compte Twitter officiel de l\u2019Ukraine écrivait quant à lui : «Certaines de nos agences gouvernementales et des firmes privées ont été touchées par un virus.Pas besoin de paniquer, nous mettons tout en œuvre pour faire face à ce problème.» Une animation de dessins (GIF) accompagnait ce message : un chien assis parmi les flammes restant calme, en contradiction avec le message du gouvernement.Il faut remonter au 14 avril dernier pour trouver l\u2019une des sources de Petya/NotPetya.Le groupe de pirates The Shadow Brokers avait publié une partie de l\u2019arsenal virtuel de la puissante National Security Agency (NSA), l\u2019agence américaine de sécurité.La NSA a développé un outil de piratage à des fins de surveillance appelé EternalBlue.Cet élément de programme utilisait une faille de sécurité dans les systèmes d\u2019exploitation de Windows.Une fois rendus publics, cette faille et cet outil de la NSA ont servi à développer WannaCry.Windows avait alors publié un correctif pour résoudre cette faille.Mais les correctifs rendus disponibles par Windows, les « patchs » dans le jargon des informaticiens, ne sont pas nécessairement installés par tout le monde, indique M.Bilodeau.Surtout, ils ne sont pas toujours compatibles avec des logiciels utilisés par des compagnies ou des agences gouvernementales.Cette fois, le rançongiciel se démarquerait en outre par « sa capacité à exploiter d\u2019autres failles que EternalBlue.Des vulnérabilités plus classiques des environnements Windows qui sont dures à corriger, comme la réutilisation de comptes», a indiqué Olivier Bilodeau, chef de la recherche pour la compagnie GoSecure.Ces attaques seraient aussi plus per formantes puisqu\u2019automatisées.Le géant de la sécurité informatique Kas- persky évalue à 2000 le nombre d\u2019utilisateurs touchés pour l\u2019instant.Les fabricants d\u2019antivi- rus et autres protections informatiques dissuadent de payer la rançon demandée, avertissant que le paiement ne constitue en rien une garantie de retrouver ses fichiers et encourage les « hackers » à poursuivre ce genre de stratagème.La chasse aux pirates s\u2019est mise en branle très tôt mardi.Le message de rançon à l\u2019écran indiquait une adresse courriel où faire parvenir le paiement en bitcoin, cette monnaie virtuelle.Le fournisseur allemand de ce courriel a ainsi rapidement saisi cette adresse pour empêcher les ravisseurs d\u2019obtenir paiement.L\u2019adresse bitcoin associée indiquait quant à elle 32 transactions durant la journée de mardi, pour un total d\u2019à peine 11 000 dollars canadiens.Une accélération des attaques?Les experts en sécurité informatique nuancent cependant la gravité de cette cyberattaque.Le niveau de dif ficulté technique des événe- ments de mardi n\u2019était pas élevé : « Ce ne sont pas des criminels sophistiqués, ils ont analysé et utilisé les mêmes vulnérabilités », tranche M.Bi- lodeau.Sans vouloir se prononcer sur une tendance, Jean-Marc Robert constate tout de même que les pirates cherchent aujourd\u2019hui à tirer le maximum de profits de leur criminalité.Surtout, il met en garde contre une forme de «monoculture » en informatique : « C\u2019est comme l\u2019agrile du frêne, on a une couverture très importante de cet arbre.Quand ils deviennent malades, ça a beaucoup d\u2019impact sur l\u2019île de Montréal.Nous sommes tous hyperconnectés, et nos systèmes ne présentent malgré tout pas beaucoup de variantes.Windows a une large part du parc informatique et une attaque sur Windows a donc beaucoup d\u2019impacts.» Le Centre de la sécurité des télécommunications (CST) du Canada a indiqué par communiqué que «rien n\u2019indique que les systèmes du gouvernement du Canada aient été négativement touchés par ces attaques et que la moindre information, qu\u2019elle soit personnelle ou autre, ait été compromise ».Lors de l\u2019attaque WannaCry, le CST avait indiqué être en mesure d\u2019instaurer un mécanisme apte à protéger les systèmes et les réseaux essentiels du gouvernement canadien.Avec l\u2019Agence France-Presse Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 VIRUS COLLECTION DU FEQ Animation de rue lors du Festival d\u2019été de Québec Installez un antivirus sur votre ordinateur et assurez-vous d\u2019utiliser la version disponible la plus récente.Assurez-vous que tous vos logiciels sont à jour.Évitez de cliquer sur des liens, des courriels ou des pièces jointes inconnus.Portez attention aux avertissements lancés par votre navigateur Internet.Les navigateurs modernes comme Chrome, Firefox et Edge possèdent une base de données de sites suspects.Installez un bloqueur de fenêtres publicitaires.Faites des copies de sauvegarde de vos fichiers importants.Comment se protéger contre des rançongiciels ?BENJAMIN FATHERS AGENCE FRANCE-PRESSE Le rançongiciel s\u2019est disséminé dans le monde après avoir d\u2019abord frappé en Ukraine et en Russie."]
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