Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (2)

Références

Le devoir, 2017-07-11, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
[" V O L .C V I I I N o 1 5 3 L E D E V O I R , L E M A R D I 1 1 J U I L L E T 2 0 1 7 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S AUJOURD\u2019HUI Le Monde \u203a Embarras à la Maison- Blanche.Le ?ls aîné du président Trump a reconnu avoir rencontré une avocate russe en pleine campagne électorale.Page B 4 Avis légaux.A 4 Décès.B 6 Météo.B 4 Mots croisés.B 4 Petites annonces .B 6 Sudoku.B 4 ?w w w .l e d e v o i r .c o m C L A U D E L É V E S Q U E Collaboration spéciale L\u2019 annonce du décès de l\u2019Union européenne, faite à plusieurs reprises dans le passé et encore au cours de la dernière année, «est quelque peu prématurée», croit Jean Quatremer, journaliste français spécialisé dans la couverture de l\u2019UE.Le Brexit, l\u2019élection de Donald Trump, les gesticulations de plus en plus agressives de Vladimir Poutine auront au contraire pour ef fet d\u2019approfondir le grand projet né dans les années cinquante et même de le renforcer, ont prédit M.Quatremer et Daniel Cohn-Bendit, figure emblématique du Mai 68 et ancien député européen, dans une entrevue accordée au Devoir samedi.Jean Quatremer travaille pour le quotidien Libération depuis 1984 et couvre ENTRETIEN L\u2019Union (européenne) fait-elle la force ?L\u2019UE sortira renforcée des crises récentes, selon Jean Quatremer et Daniel Cohn-Bendit ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Daniel Cohn-Bendit et Jean Quatremer parlent de l\u2019avenir de l\u2019Union européenne.VOIR PAGE A 8 : EUROPE H É L È N E B U Z Z E T T I Correspondante parlementaire à Ottawa L\u2019 inquiétude gagne les rangs québécois du NPD.Plusieurs militants s\u2019af folent que leurs collègues du reste du Canada ne les écoutent pas lorsqu\u2019ils les mettent en garde contre les périls électoraux d\u2019élire Jagmeet Singh chef.M.Singh, qui est sikh pratiquant, milite pour exempter ses coreligionnaires du por t du casque à moto et s\u2019est fait le porteur des objections de sa communauté lors de l\u2019implantation d\u2019un cours de sexualité dans les écoles ontariennes.Certains craignent qu\u2019une telle foi active ne passe pas la rampe dans un Québec enclin à la laïcité.C\u2019est le cas de Pier re Dionne Labelle, l\u2019ex-député de Rivière-du-Nord qui a été défait en 2015.Quand on lui demande si un NPD dirigé par Jagmeet Singh, qui por te kirpan et turban, constituerait peut-être un frein pour le par ti au Québec, il répond : «Peut-être, vous dites ?C\u2019est sûr.Après la dernière campagne électorale que nous avons vécue et la place que les signes religieux ostentatoires ont prise.[\u2026] Ça a divisé totalement la population.D\u2019avoir un chef qui porterait des signes ostentatoires, on n\u2019est pas prêts.» Il ajoute : « Est-ce que je serais à l\u2019aise avec ça ?Je ne le pense pas.» Jagmeet Singh est l\u2019un des quatre candidats restants dans la course au leadership du NPD fédéral.Depuis le retrait de la course de Peter Julian, qu\u2019appuyait une dizaine d\u2019élus ou ex-élus du Québec, dont M.Dionne Labelle, il est présumé être en tête de la course plus ou moins à égalité avec Charlie Angus.Foi et politique, un mélange anxiogène Au Québec, des néodémocrates s\u2019alarment de l\u2019élection éventuelle de Jagmeet Singh à la tête du parti «D\u2019avoir un chef qui porterait des signes [religieux] ostentatoires, on n\u2019est pas prêts» VOIR PAGE A 8 : FOI COMME SI SÉOUL ÉTAIT À LA POR TE FRANCIS VACHON LE DEVOIR Aussi banale puisse-t-elle être, cette porte du théâtre Petit Champlain à Québec attire son lot de touristes venus d\u2019Asie, qui se font photographier devant.C\u2019est que ladite porte apparaît dans une très populaire série télévisée produite en Corée du Sud.Page A 5 S A R A H R .C H A M P A G N E L es policiers québécois ont blessé ou tué plus de citoyens par balle lors de leurs interventions en 2015 et 2016 que la moyenne des dix années précédentes.Ils ont également été plus prompts à tirer avec leur arme à feu que leurs collègues ontariens pour la majorité de cette période.Un autre homme, David Lévesque, est mort sous les balles des policiers dimanche à Pont- Rouge.Il s\u2019agit de la sixième personne au Québec à perdre la vie depuis le début 2017 sous des tirs policiers.Cinq autres personnes ont aussi été blessées lors d\u2019opérations policières, selon les données du Bureau des enquêtes indépendantes (BEI).La hausse pourrait donc se répéter pour une troisième année consécutive en 2017, si la tendance se maintient.En 2015, 14 personnes ont été atteintes gravement ou fatalement par des balles, et 19 en 2016 (11 morts, 8 blessés).Avec 2011, ces deux années marquent des sommets de la dernière décennie.Au cours de la dernière décennie, les policiers québécois ont été plus enclins à actionner leur arme que leurs homologues ontariens.La population de l\u2019Ontario, à 13,6 millions d\u2019habitants, est de 65 % supérieure à celle du Québec ; on pourrait donc s\u2019attendre à des chiffres plus élevés.En 2015, 15 personnes ont été atteintes gravement ou fatalement par des policiers de cette province, et 14 en 2016.Or, en ramenant les statistiques au total des Les policiers québécois ont-ils la détente trop facile ?Le nombre de morts et de blessés lors d\u2019opérations policières est en hausse et le Québec supporte mal la comparaison avec l\u2019Ontario Inondations Des sinistrés déversent leur colère contre le gouvernement Page A 3 Démissions en bloc de dix administrateurs du CUSM Page A 3 Montréal fait son cinéma Une nouvelle série avec ses artisans Page B 8 VOIR PAGE A 8 : POLICIERS L E D E V O I R , L E M A R D I 1 1 J U I L L E T 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 2 Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 K amloops, C.-B.\u2014 Quelque 300 pompiers d\u2019un peu par tout au Canada sont envoyés en renfort en Colombie- Britannique pour combattre les incendies de forêt qui ravagent la province depuis quelques jours.Des pompiers et du personnel de soutien de l\u2019Alberta, de la Saskatchewan, de l\u2019Ontario et du Nouveau-Br unswick commençaient à arriver lundi pour donner de l\u2019aide et du répit à environ 1000 pompiers de la Colombie-Britannique qui combattent les flammes depuis plusieurs jours.Au moins 220 brasiers sont actifs dans la province de l\u2019ouest et couvrent plus de 320 kilomètres car rés.Plus de 14000 personnes ont évacué leur résidence, dont environ 1800 habitants de la localité de 100 Mile House qui se sont fait ordonner de quitter les lieux dimanche soir.La province bénéficie de l\u2019aide des Forces armées canadiennes, qui aident les résidants touchés et transportent en hélicoptère les secouristes et de l\u2019équipement.Pour l\u2019instant, la Société de protection des forêts contre le feu (SOPFEU), au Québec, ne fournit que de l\u2019équipement : environ 200 motopompes devraient être acheminées cette semaine dans la province sinistrée.Une quarantaine de pompiers québécois seraient prêts à se rendre en Colom- bie-Britannique, mais le gouvernement britanno-colom- bien n\u2019a pas encore fait de demande en ce sens, a indiqué la por te-parole de la SOP- FEU, Émilie Bégin.Au Nouveau-Brunswick, une équipe de 21 pompiers ont quitté leur province pour se rendre en Colombie-Britannique.Le Nouveau-Brunswick fait partie du Centre interservices des feux de forêt du Canada, qui œuvre à la coordination des services of ferts par les diverses provinces lorsque surviennent des situations d\u2019urgence.Le pompier Julien Bourque, de Rogersville au Nouveau- Brunswick, est allé prêter main-forte à ses collègues d\u2019autres provinces par le passé et il s\u2019attend à travailler intensément dans les prochains jours.«Chaque feu est dif férent, ça dépend du temps, parce qu\u2019il y a des temps dans la journée où le feu est plus fort.À ce point-là, on peut se faire évacuer», a-t-il expliqué.«Mais habituellement, [on commence] tôt, ce sont de longues heures, beaucoup de travail», a-t-il ajouté.La Presse canadienne La Colombie-Britannique reçoit des renforts Au moins 220 brasiers ravagent plus de 320 kilomètres carrés de forêt Vancouver \u2014 La Colombie-Britannique est peut- être ironiquement «victime» des succès qu\u2019elle obtient depuis une centaine d\u2019années pour prévenir de telles catastrophes naturelles, croit Lori Daniels, professeure agrégée d\u2019écologie forestière à l\u2019Université de la Colombie-Britannique.Cette experte explique que les efforts déployés pour prévenir les incendies ont donné au fil du temps des forêts très denses, mais qui abritent aussi beaucoup de bois mort au sol.Avec le temps chaud et sec de cet été en Colombie-Britannique, couplé avec les aléas de la foudre ou de la négligence humaine, les incendies deviennent donc beaucoup plus importants et rapides, soutient-elle.La professeure Daniels précise aussi qu\u2019un insecte, le dendroctone du pin argenté, a favorisé la production de beaucoup de bois mort au sol, ce qui alimente les brasiers.La province devrait d\u2019ailleurs s\u2019atteler à ramasser tout ce bois mort, selon elle.Mme Daniels reconnaît par ailleurs qu\u2019il est difficile de montrer du doigt de façon absolue les changements climatiques, mais elle admet tout de même que les tendances actuelles correspondent aux prévisions formulées il y a 20 ans.Et elle croit que si les prévisions s\u2019avèrent, des conditions qualifiées d\u2019«extrêmes» aujourd\u2019hui deviendront peut- être «moyennes» à l\u2019avenir.Les forêts de la C.-B.« victimes » d\u2019une protection efficace ?Montréal : Guillaume Lavoie quitte la politique municipale Défait lors de la course à la chefferie de Projet Montréal l\u2019hiver dernier, le conseiller Guillaume Lavoie a annoncé lundi qu\u2019il quitte la politique municipale.Dans un long message Facebook, l\u2019élu du district de Marie-Victorin, dans Rosemont\u2013La Petite-Pa- trie, affirme qu\u2019il ne se représentera pas aux élections de novembre prochain.Il estime ne plus disposer «de l\u2019espace» et du «cadre de confiance» nécessaires à son engagement politique.Lors d\u2019un vote serré le 2 décembre dernier, M.Lavoie avait échoué à prendre la tête de Projet Montréal.C\u2019est plutôt sa concurrente, Valérie Plante, qui avait été choisie par les membres du parti d\u2019opposition montréalais.Elle avait récolté 51,9 % des voix.Le Devoir Québec : entente avec les constables et gardes du corps Le gouvernement Couillard a annoncé lundi matin la conclusion d\u2019ententes de principe avec les quelque 400 constables spéciaux et une soixantaine de gardes du corps.Ces deux groupes d\u2019employés ont obtenu des hausses salariales de 5,25% sur cinq ans pour un contrat de travail rétroactif à 2015 et se terminant en 2020.Le président de l\u2019Association professionnelle des gardes du corps du gouvernement du Québec (APGCGQ), Éric Létourneau, a qualifié les négociations de «fermes, parfois coriaces, ardues et complexes, mais toujours respectueuses.» De son côté, le président du Syndicat des constables spéciaux du gouvernement du Québec, Frank Perales, a également parlé de négociations qui n\u2019étaient «pas faciles».La Presse canadienne Champlain : report de la demande d\u2019injonction La demande d\u2019injonction, déposée la semaine dernière par les firmes Canam-ponts, Transport Bellemare et Transport Watson contre le MTQ et la SAAQ, qui devait être entendue lundi matin à la Cour supérieure, a été reportée à mercredi prochain «parce que ça bouge», a expliqué l\u2019avocat de la partie demanderesse, Jasmin Lefebvre.«On ne fera pas trop de commentaires, sauf que le processus semble se réamorcer dans l\u2019émission des permis, a-t-il précisé en entrevue au Devoir.Il y a des choses qui devraient se passer à très brève échéance, si bien que mercredi, ça devrait avoir bougé dans le bon sens.» Rappelons que les trois firmes voulaient forcer Québec à délivrer des permis spéciaux pour le transport de pièces surdimensionnées, car le «blocage » actuel freine la progression du chantier du nouveau pont Champlain.Le Devoir Pérou : deux Canadiens blessés dans un accident Lima, Pérou \u2014 Au moins neuf personnes ont été tuées et 48 autres blessées, dont deux Canadiens, lorsqu\u2019un autobus à deux étages s\u2019est renversé sur une route étroite dans la capitale du Pérou.Selon le ministère péruvien de la Santé, l\u2019accident s\u2019est produit dimanche soir à environ deux kilomètres du palais présidentiel, à Lima.Le ministère indique que huit ressortissants étrangers \u2014 deux Canadiens et six Chiliens \u2014 font partie des blessés soignés dans les hôpitaux de la ville.L\u2019autobus s\u2019était rendu sur la colline de San Cristobal pour donner aux touristes une vue panoramique de la ville.Le ministère a indiqué que la vitesse pourrait être en cause.Affaires mondiales Canada dit surveiller la situation de près et affirme fournir une assistance consulaire aux citoyens canadiens touchés par l\u2019accident.Associated Press DARRYL DYCK LA PRESSE CANADIENNE Un incendie de forêt faisait rage tôt lundi matin derrière une montagne à l\u2019est de Cache Creek, en Colombie-Britannique.A L E X A N D R E S H I E L D S L a sixième extinction de masse de l\u2019histoire de la planète, provoquée par l\u2019activité humaine, est non seulement en marche, mais elle est « plus sévère » que ce qu\u2019on croyait jusqu\u2019à présent.C\u2019est ce que conclut une nouvelle étude scientifique, qui évoque carrément une «annihilation biologique » qui menace directement la civilisation.Cette étude, publiée dans Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS), en vient à cette conclusion après une vaste analyse de la disparition des espèces vivantes sur Terre.Les chercheurs ont ainsi étudié 27 600 espèces de vertébrés (mammifères, oiseaux, reptiles et amphibiens), soit environ la moitié des espèces connues, dont plusieurs ne sont pas considérées à l\u2019heure actuelle comme étant en danger de disparition.Ils ont constaté, après analyse de l\u2019évolution de ces populations animales, que pas moins de 32% d\u2019entre elles accusent des reculs majeurs quant au nombre d\u2019individus, mais aussi quant à la superficie utilisée comme habitat naturel.En évaluant un échantillon plus restreint de 177 espèces de mammifères, les chercheurs ont constaté que 40% de celles-ci accusaient un recul de plus de 80% de leur population, sans compter les contraintes de plus en plus fortes sur leurs habitats, donc sur les milieux naturels.Extinction rapide Selon les scientifiques, qui ont déjà publié une étude sur la sixième extinction en 2015, «l\u2019accent mis sur l\u2019extinction des espèces peut donner l\u2019impression que la biodiversité terrestre n\u2019est pas dramatiquement et immédiatement menacée, mais qu\u2019elle entre juste lentement dans un épisode d\u2019érosion majeur, que l\u2019on pourra combattre plus tard».Or, pas moins de 30% des espèces en déclin à l\u2019heure actuelle sont encore considérées comme étant «communes».«Qu\u2019autant d\u2019espèces communes voient leurs effectifs diminuer est un signe fort de la gravité de l\u2019épisode d\u2019extinction biologique actuel», préviennent les auteurs de l\u2019étude.Tous les continents du globe sont frappés par cette érosion biologique, notent les scientifiques.Certaines zones sont toutefois davantage affectées, en raison de la richesse de la biodiversité, dont l\u2019Amazonie, l\u2019Asie du Sud-Est et le bassin du Congo, en Afrique.Selon les chercheurs, ce phénomène de recul sans précédent dans l\u2019histoire de l\u2019humanité peut même être décrit comme une «annihilation biologique» en raison de la sévérité du recul de la biodiversité sur Terre.Et il devrait provoquer «une cascade de conséquences négatives sur le fonctionnement des écosystèmes et sur les services vitaux qu\u2019ils rendent à l\u2019humanité».Surpopulation et surconsommation Plusieurs phénomènes provoqués par l\u2019activité humaine convergent pour aggraver la situation.Les populations animales disparaissent en effet en raison de la destruction de leur habitat, de la chasse, du braconnage, de la pollution, de la compétition avec des espèces invasives et des impacts des bouleversements climatiques.Les auteurs pointent en outre un phénomène qui suscite de vifs débats dans la communauté scientifique, soit la « surpopulation» humaine, et la surconsommation de ressources qui en découle.Il est vrai que la vaste majorité des disparitions de populations animales dûment répertoriées depuis 1500 ont eu lieu depuis 1900.Cette très brève période de l\u2019histoire a été marquée par une croissance sans précé- dent de la population mondiale, qui va de pair avec une hausse significative de la consommation et de la destruction des milieux naturels.Chaque année, le monde consomme des ressources qui équivalent à 150 % de ce que la planète est en mesure de produire sur une base annuelle.Si tous les humains consommaient comme les Canadiens, il nous faudrait l\u2019équivalent de trois planètes et demie pour assurer notre subsistance.Le nouveau signal d\u2019alarme scientifique publié lundi, qui témoigne du «peu de temps» qu\u2019il reste pour agir, s\u2019ajoute à d\u2019autres analyses qui ont fait état de l\u2019accélération de la destruction de la biodiversité sur Terre.Globalement, pas moins de 60% des populations de vertébrés auraient disparu entre 1970 et 2012, selon des données publiées en octobre 2016 par la Société zoologique de Londres.D\u2019ici 2020, cette perte pourrait atteindre 67%.Le Devoir ENVIRONNEMENT Une menace plus grave que prévu La prochaine extinction de masse menacerait directement la civilisation Tous les continents sont frappés par cette érosion biologique, notent les scientifiques D ans la foulée de l\u2019incendie qui a ravagé la Résidence Oasis de Terrebonne dans la nuit de dimanche, des ef forts sont toujours déployés pour tenter de trouver des logements pour les aînés ayant vu leur milieu de vie s\u2019envoler en fumée.Le président-directeur général adjoint du Centre intégré de santé et de ser vices sociaux (CISSS) de Lanau- dière, Christian Gagné, a dit avoir bon espoir de voir ces démarches ar river à leur terme d\u2019 ici lundi en f in d\u2019après-midi.Il a spécifié que les principaux intéressés ne seront pas tellement dépaysés puisqu\u2019ils se retrouveront dans la région de Lanaudière, dans un rayon de moins de dix kilomètres de l\u2019endroit où ils habitaient auparavant.M.Gagné a ajouté que, d\u2019entrée de jeu, une cellule de crise a été créée non seulement pour chercher de nouveaux domiciles pour les sinistrés, mais aussi pour évaluer leurs besoins afin de dénicher les meilleurs endroits possible pour eux.Au total, 41 personnes âgées seront ainsi forcées de s\u2019habituer à de nouveaux environnements au cours des prochaines heures.Un décès Une nonagénaire a succombé lundi à ses blessures après avoir subi de graves brûlures.Deux autres malchanceux sont toujours hospitalisés à Montréal, mais le p e r s o n n e l médical ne craint pas pour leur vie.En ce qui c o n c e r n e l \u2019 e n q u ê t e p o l i c i è r e liée à ce brasier, elle est toujours en cours.Selon le s e r g e n t Marc Tessier, qui est por te- parole pour la Sûreté du Québec (SQ), une arrestation a été ef fectuée dimanche.Par contre, l \u2019homme de 44 ans qui avait alors été arrêté a pu recouvrer sa l iber té après avoir été interrogé.M.Tessier a soutenu que plusieurs témoins vont également être invités à livrer leur version des faits.Il a précisé que l\u2019incendie est toujours considéré comme « suspect ».Dans l\u2019espoir de faire progresser l\u2019enquête, la SQ a annoncé son intention d\u2019établir un poste de commandement mobile à Terrebonne.Ses objectifs sont ainsi de recueillir des informations provenant du grand public et d\u2019 identi f ier une personne ayant été aperçue à proximité du lieu de l \u2019 incendie entre minuit et 2 h du matin.La police a publié des photographies de l\u2019individu en question.Sur ces clichés, il est possible de discerner un homme de dos présentant une calvitie naissante.Il a les cheveux foncés, la peau blanche et il por te une chemise à carreaux.La Presse canadienne TERREBONNE Incendie : le CISSS croit pouvoir reloger les aînés dans leur région L\u2019incendie est toujours considéré comme « suspect » par la Sûreté du Québec L E D E V O I R , L E M A R D I 1 1 J U I L L E T 2 0 1 7 ACTUALITES A 3 JACQUES NADEAU LE DEVOIR À Rigaud, lundi soir, de nombreux citoyens ont profité de la consultation que mène le gouvernement sur son décret sur la reconstruction en zone inondable pour se vider le cœur.A M É L I P I N E D A L es consultations publiques sur la reconstruction en zone inondable menées simultanément dans 17 municipalités du Québec lundi soir ont été le théâtre de nombreuses crises de colère de sinistrés insatisfaits du manque de réponses des représentants du gouvernement.Le décret du ministère des Affaires municipales et de l\u2019Occupation du territoire (MA- MOT) propose un cadre plus strict pour les zones inondables, où la reconstruction sera impossible pour des maisons trop endommagées, tout en prévoyant des exceptions.Québec entend ainsi interdire la reconstruction d\u2019une résidence considérée comme une perte totale, c\u2019est-à-dire dont les coûts des travaux représentent de 50 à 65 % de la valeur de la maison, si celle-ci se trouve dans une zone inondable 0-20 ans.À Rigaud, la ville de la Montérégie qui a été le plus touchée par les crues du printemps, les citoyens ont exprimé leur mécontentement après avoir assisté à une présentation d\u2019une trentaine de minutes des représentants du ministère.« Ma question est simple.Vous nous présentez votre décret, mais quand est-ce que vous allez nous donner les rapports pour savoir justement ce qui nous attend ?On est en juillet, ce n\u2019est pas à l\u2019automne ou à l\u2019hiver avec le froid qu\u2019on va pouvoir commencer les travaux.Vous nous demandez des questions précises, donnez-nous des réponses précises », a lancé Stéphane Caron, premier résident de Rigaud à s\u2019être présenté au micro.Une question simple L\u2019homme fait partie des sinistrés « récalcitrants » ayant été forcés d\u2019évacuer les résidences qu\u2019ils refusaient de quitter, sous escorte des policiers assistés des militaires des Forces armées canadiennes au début du mois de mai.Il est reparti en colère en claquant la porte de l\u2019auditorium où se tenait la consultation, puisque le ministère lui a dit attendre de terminer toutes ses inspections avant d\u2019envoyer les rapports aux sinistrés.«Nous avons eu 363 demandes d\u2019inspections dans votre région, il y a eu 345 visites jusqu\u2019à présent et il en reste 18 à réaliser.Dès que les rapports de toutes les visites seront achevés, ils seront émis», a souligné Jean-Sébastien Forest, directeur régional du ministère de la Sécurité publique, sans toutefois pouvoir fournir une date.D\u2019autres citoyens ont demandé au ministère s\u2019il peut plutôt envisager de proposer des solutions aux gens qui habitent dans des zones inondables pour «s\u2019immuniser » contre la montée des eaux.« Je ne comprends pas vos façons de faire.On veut tous continuer à habiter là où on est.Pourquoi vous ne voulez pas nous donner les outils pour qu\u2019on se reconstruise?Vous engagez bien l\u2019architecte Pierre Thibault pour repenser l\u2019architecture des commissions scolaires, pourquoi vous ne l\u2019engagez pas pour repenser les constructions au bord de l\u2019eau.On dirait que vous vous êtes juste armés pour nous crisser dehors de nos terrains », a questionné Alain Vallières, qui habite au bord de l\u2019eau depuis 17 ans.Plusieurs citoyens ont reproché au ministère de ne pas leur fournir d\u2019échéancier.Le document présenté lundi n\u2019af fichait d\u2019ailleurs aucune date pour les dif férentes étapes du processus à venir.Plus tôt lundi, en entrevue avec Le Devoir le maire de Rigaud, Hans Gruewald, a convenu que des décisions dif ficiles à prendre sont à venir.« On ne peut plus se permettre d\u2019avoir des zones qui sont inondées chaque année.Il faut réaliser qu\u2019avec les changements climatiques, la réalité de construction n\u2019est peut-être plus la même », a-t-il dit.«En tant que Ville, on a le devoir d\u2019assurer aux gens leur sécurité.Quand les premiers répondants ne sont plus capables de te porter secours de façon sécuritaire, il faut se poser des questions.» À Gatineau, le maire Maxime Pednaud-Jobin n\u2019a quant à lui pas mâché ses mots.Il demande même au gouvernement du Québec de l\u2019exempter de ce décret.« Nous sommes [tous] d\u2019accord qu\u2019il y a des endroits où la reconstruction ne doit pas être permise.Nous ne voulons pas reproduire les erreurs du passé, mais nous voulons une véritable solution à court terme et à long terme, et la proposition actuelle ne convient pas », peut-on lire dans une lettre adressée au ministre des Af faires municipales et de l\u2019Occupation du territoire, Martin Coiteux.Selon lui, le décret de Québec « conduirait à la disparition de quar tiers, à petit feu, au gré des prochaines inondations.» Les crues du printemps viennent forcer l\u2019évacuation de 4000 citoyens et détruit ou rend inhabitables entre 500 et 800 résidences.Parmi les 261 municipalités touchées, 65 n\u2019avaient pas réalisé la cartographie de leurs zones inondables et elles devront remédier à la situation.Le Devoir RECONSTRUCTION EN ZONE INONDABLE Des sinistrés déversent leur colère Qui pourra rester, qui devra partir ?Les questions restent sans réponse.ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Un quartier de Rigaud au printemps dernier La crue du printemps 2017 Au cours de la période du 5 avril au 16 mai 2017, il y a eu : 278 municipalités touchées réparties dans 15 régions administratives ; 5371 résidences principales inondées ; 4066 personnes évacuées ; près de 400 routes endommagées Source : ministère de la Sécurité publique du Québec M A R I E - L I S E R O U S S E A U D écrivant leur relation avec le ministre de la Santé et des Ser vices sociaux comme étant «dans une impasse », 10 des 19 membres du conseil d\u2019administration du Centre universitaire de santé McGill (CUSM), soit tous ses administrateurs indépendants, ont claqué la porte, lundi.Les membres démissionnaires sont Claudio Bussandri (président du conseil), Gail Campbell, Marie Giguère, David Laidley, Teresa Pacheco, Robert Rabinovitch, Janis Riven, Glenn Rourke, Melissa Sonberg et Norman Spencer.Dans une lettre publiée lundi après-midi, ils dénoncent le manque de communication du ministre Gaétan Barrette.« Il ignore nos demandes visant à le rencontrer, il ne répond pas aux lettres que nous lui faisons parvenir et refuse de nous faire par t du contenu de documents », énumèrent-ils.En entrevue téléphonique, Glenn Rourke affirme que le ministre n\u2019a pas rencontré le président du conseil depuis l \u2019automne 2016.« C\u2019est très dif ficile pour nous, parce que [dans un établissement comme le nôtre], il y a toujours des enjeux dont il faut discuter.Si on ne peut pas être à la table avec le patron, il y a un problème », explique-t-il.M.Rourke cite aussi en exemple deux rapports concernant la gestion du mégahôpital qui ont été rendus publics avant que le conseil ait pu en prendre connaissance.Concentration du pouvoir Les administrateurs dénoncent également la trop forte concentration des pouvoirs entre les mains du ministère de la Santé depuis l\u2019adoption de la Loi 10 en 2015.«Le ministre Barrette considère notre conseil d\u2019administration comme une pierre d\u2019achoppement empêchant le CUSM de réaliser son plein potentiel au sein du réseau de la santé», écrivent-ils dans leur lettre de démission.Cela se reflète notamment dans le processus de nomination du nouveau p.-d.g.du CUSM, dont le poste est vacant depuis la démission de Normand Rinfret en septembre 2016.Le conseil croit que la responsabilité de le nommer devrait lui incomber, mais, bien qu\u2019il participe à la sélection des candidats, ce choix revient au ministre.«Notre responsabilité et notre devoir consistent à nous concentrer sur ce qui est dans l\u2019intérêt supérieur du CUSM.C\u2019est pour cette raison que nous avons tous décidé de démissionner de nos postes d\u2019administrateurs indépendants du CUSM », indiquent les démissionnaires dans leur lettre.Ces départs ne se font pas de gaieté de cœur, précise Glenn Rourke.« Ça fait 32 ans que je suis bénévole au CUSM, imaginez comment c\u2019est décevant et dif ficile de dire : \u201cOn ne peut plus rien faire, il faut démissionner.\u201d On n\u2019avait pas d\u2019autres options», a-t-il déclaré au Devoir.Barrette pas surpris Cette annonce ne surprend pas le ministre Barrette.«Beaucoup de rumeurs circulaient depuis plusieurs semaines à cet effet », a-t-il affirmé en entrevue téléphonique.Ce qui l\u2019étonne, toutefois, ce sont les récriminations des membres démissionnaires à son égard.« La communication était quasi quotidienne avec l\u2019administration.Il a été dit que j\u2019avais refusé de rencontrer le conseil, ce que je n\u2019ai pas fait », affirme-t-il.Après avoir remercié les administrateurs pour les services qu\u2019ils ont rendus, M.Barrette dit vouloir tourner la page.«On va procéder rapidement à la nomination d\u2019un nouveau conseil d\u2019administration», assure-t-il.Selon lui, cela devrait être fait d\u2019ici la fin du mois de juillet.Ensuite, ce nouveau conseil aura la tâche de sélectionner les candidats au poste de p.-d.g., ce qui devrait prendre un mois, estime le ministre.Appui du PQ La porte-parole de l\u2019opposition officielle en matière de santé, Diane Lamarre, se range dans le camp des membres démissionnaires.« Ils osent briser la loi du silence décriée dans le système.Ça prend beaucoup de courage pour tenir tête à Gaétan Barrette », affirme la députée du Parti québécois, qui a qualifié l\u2019annonce de lundi de «majeure».Selon elle, le ministre de la Santé « se permet de gouverner à la place du p.-d.g.» depuis le départ de M.Rinfret il y a dix mois.Elle est d\u2019avis que le conseil devrait avoir le dernier mot dans la nomination du prochain p.-d.g.Ce n\u2019est pas la première fois que des frictions entre le ministre de la Santé et l\u2019administration d\u2019un centre hospitalier donnent lieu à des démissions en bloc.En 2015, le président du Centre hospitalier de l\u2019Université de Montréal (CHUM), Jacques Turgeon, avait claqué la porte en dénonçant «une ingérence politique inacceptable et un abus de pouvoir» du ministre Barrette.Cinq membres du conseil d\u2019administration, dont le président Jacques Deschênes, avaient aussi démissionné dans la foulée du départ du p.-d.g.Selon M.Barrette, il n\u2019y a aucun lien entre les départs au CUSM et ceux au CHUM.«C\u2019est complètement différent, dit-il.Le débat était d\u2019un tout autre ordre.» Le Devoir Démissions en bloc d\u2019administrateurs du CUSM L E D E V O I R , L E M A R D I 1 1 J U I L L E T 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 4 AV I S L É G AU X E T A P P E L S D \u2019 O F F R E S AVIS À TOUS NOS ANNONCEURS Veuillez, s\u2019il vous plaît, prendre connaissance de votre annonce et nous signaler immé dia - tement toute anomalie qui s\u2019y serait glissée.En cas d\u2019erreur de l\u2019éditeur, sa res pon sa bilité se limite au coût de la parution.POUR NOUS JOINDRE avisdev@ledevoir.com Tél.: 514-985-3344 Fax : 514-985-3340 www.ledevoir.com/ services-et-annonces/ avis-publics www.ledevoir.com/ services-et-annonces/ appels-d-offres HEURES DE TOMBÉE Les réservations doivent être faites avant 15 h pour publication deux (2) jours plus tard.Publications du lundi : Réservations avant 11 h le vendredi Publications du mardi : Réservations avant 15 h le vendredi Avis légaux et appels d\u2019offres Avis est donné à Nathalie Mayer et Jean-Pierre Plante de vous présenter au greffe de la Cour supérieure du district de Montréal situé au 1, rue Notre- Dame Est, Montréal, Québec, H2Y 1B6, Canada dans les 30 jours afin de recevoir la demande introductive d'instance qui y a été laissée à votre attention.Vous devez répondre à cette demande dans le délai indiqué dans l'avis de présentation qui l'accompagne, sans quoi jugement par défaut en nomination du Curateur public du Québec comme liquidateur successoral de Feu Jean-Guy Boisclaire, pourrait être rendu.Le présent avis est publié aux termes d'une ordonnance rendue le 06 juillet 2017 par Me Ma- rie-France Devlin, Greffière spéciale de la Cour supérieure du district de Montréal dans le dossier numéro 500-14-051898-179.Il ne sera pas publié à nouveau, à moins que les circonstances ne l'exigent.Montréal, le 11 juillet 2017.Me Daniel Ivanov, Notaire Service des grands parcs, du verdissement et Mont-Royal Bureau du Mont-Royal Catégorie : Travaux Appel d\u2019offres : 17-6027 Descriptif : Parc du Mont-Royal \u2013 Aménagement d\u2019un nouveau seuil dans le secteur Cedar / Côte- des-Neiges L\u2019ouverture des soumissions prévue pour le, 12 juillet 2017, est reportée au, 17 juillet 2017, à 10h30, au service du greffe de la Ville de Montréal, à l\u2019attention du greffier, 275, rue Notre-Dame Est, bureau R-134, Montréal (Québec) H2Y 1C6.Fait à Montréal, le 11 juillet 2017 Le greffier de la Ville Yves Saindon, avocat Appel d\u2019offres Des soumissions sont demandées et devront être reçues avant 11 h à la date ci-dessous, au comptoir Accès Ville-Marie situé au 800, boulevard De Maisonneuve Est, 17e étage, Montréal H2L 4L8, pour : Appel d\u2019offres : VMP-17-023 - Services Professionnels - Réaménagement de la rue Sanguinet entre la rue Sainte- Catherine et le boulevard René-Lévesque et conception de deux espaces extérieurs et leurs abords - Ilot Vert Date d\u2019ouverture : 21 août 2017 Documents : Les documents relatifs à cet appel d\u2019offres seront disponibles à compter du 11 juillet 2017 par le biais du Système électronique d\u2019appel d\u2019offres (SÉAO) en communiquant avec des représentants par téléphone au 1 866 669-7326 ou au 514 856-6600, ou en consultant le site internet www.seao.ca.Les documents peuvent être obtenus au coût établi par le SÉAO.Renseignements : vm-appeldoffres@ville.montreal.qc.ca Pour être considérée, toute soumission doit être présentée sur les formulaires préparés à cette fin par l\u2019arrondissement de Ville-Marie et placée dans une enveloppe cachetée portant l\u2019identification fournie en annexe du document d\u2019appel d\u2019offres.Les soumissions reçues seront ouvertes publiquement immédiatement après l\u2019expiration du délai fixé pour leur réception.L\u2019arrondissement de Ville-Marie ne s\u2019engage à accepter ni la plus basse ni aucune des soumissions reçues et n\u2019assume aucune obligation envers le ou les soumissionnaires.Montréal, le 11 juillet 2017 Le Secrétaire d\u2019arrondissement Me Domenico Zambito APPEL D\u2019OFFRES PUBLIC Direction générale adjointe \u2013 Services institutionnels Service de l\u2019approvisionnement Appel d'offres : 17-16188 Services professionnels en architecture et ingénierie et divers experts conseils pour l'hôtel de ville de Montréal L\u2019ouverture des soumissions prévue pour le 10 juillet 2017 est reportée au 12 juillet 2017 à 10 h 30 dans les locaux du Service du greffe de l\u2019hôtel de ville.Fait à Montréal, le 11 juillet 2017 Le greffier de la Ville, Yves Saindon, avocat Appel d\u2019offres Direction générale adjointe \u2013 Services institutionnels Service de l\u2019approvisionnement Appel d\u2019offres : 17-15249 Bacs de collecte matières résiduelles L\u2019ouverture des soumissions prévue pour le 10 juillet 2017 est reportée au 19 juillet 2017 à 10 h 30 dans les locaux du Service du greffe de l\u2019hôtel de ville.Fait à Montréal, le 11 juillet 2017 Le greffier de la Ville Yves Saindon, avocat Appel d\u2019offres Direction générale adjointe \u2013 Services institutionnels Service de l\u2019approvisionnement Appel d\u2019offres : 17-16214 Prestation de services de développement pour solutions numériques, sites web et systèmes missions L\u2019ouverture des soumissions prévue pour le 17 juillet 2017 est reportée au 24 juillet 2017 à 10 h 30 dans les locaux du Service du greffe de l\u2019hôtel de ville.Fait à Montréal, le 11 juillet 2017 Le greffier de la Ville Yves Saindon, avocat Appel d\u2019offres Direction générale adjointe \u2013 Services institutionnels Service de l\u2019approvisionnement Appel d\u2019offres : 17-16243 Acquisition de contrats de support et d'entretien pour les équipements de télécommunication L\u2019ouverture des soumissions prévue pour le 12 juillet 2017 est reportée au 17 juillet 2017 à 10 h 30 dans les locaux du Service du greffe de l\u2019hôtel de ville.Fait à Montréal, le 11 juillet 2017 Le greffier de la Ville Yves Saindon, avocat Appel d\u2019offres Des soumissions sont demandées et devront être reçues avant 11 h à la date ci-dessous, au comptoir Accès Ville-Marie situé au 800, boulevard De Maisonneuve Est, 17e étage, Montréal H2L 4L8, pour : Appel d\u2019offres : VMP-17-030 \u2013 Services professionnels - Plans et devis et surveillance pour les travaux du secteur Pasteur/UQAM, Phases 1 et 2 Date d\u2019ouverture : 22 août 2017 Dépôt de garantie : Aucun Documents : Les documents relatifs à cet appel d\u2019offres seront disponibles à compter du 11 juillet 2017 par le biais du Système électronique d\u2019appel d\u2019offres (SÉAO) en communiquant avec des représentants par téléphone au 1 866 669-7326 ou au 514 856-6600, ou en consultant le site internet www.seao.ca.Les documents peuvent être obtenus au coût établi par le SÉAO.Renseignements : vm-appeldoffres@ville.montreal.qc.ca Pour être considérée, toute soumission doit être présentée sur les formulaires préparés à cette fin par l\u2019arrondissement de Ville-Marie et placée dans une enveloppe cachetée portant l\u2019identification fournie en annexe du document d\u2019appel d\u2019offres.Les soumissions reçues seront ouvertes publiquement immédiatement après l\u2019expiration du délai fixé pour leur réception.L\u2019arrondissement de Ville-Marie ne s\u2019engage à accepter ni la plus basse ni aucune des soumissions reçues et n\u2019assume aucune obligation envers le ou les soumissionnaires.Montréal, le 11 juillet 2017 Le Secrétaire d\u2019arrondissement Me Domenico Zambito APPEL D\u2019OFFRES PUBLIC Appel d\u2019offres public ERRATUM ANNULATION D\u2019UNE DEMANDE DE DÉMOLITION VEUILLEZ NOTER que la demande de démolition pour le bâtiment situé au 1050, avenue Beaumont, dont le comité devait se tenir à la mairie d\u2019arrondissement le 24 juillet 2017 à 18 h n\u2019est plus requise.Le comité de démolition est donc ANNULÉ.Fait à Montréal le 11 juillet 2017 La secrétaire d\u2019arrondissement, Danielle Lamarre Trignac, avocate, M.A.Service de la gestion et de la planification immobilière Direction de la gestion des projets immobiliers Catégorie : Travaux Appel d\u2019offres : 5902 Descriptif : Construction du Centre de services animaliers municipal Déménagement du clos des parcs \u2013 Lot 0 L\u2019ouverture des soumissions prévue pour le, 12 juillet 2017, est reportée au, 19 juillet 2017, à 10h30, au service du greffe de la Ville de Montréal, à l\u2019attention du greffier, 275, rue Notre-Dame Est, bureau R-134, Montréal (Québec) H2Y 1C6.Fait à Montréal, le 11 juillet 2017 Le greffier de la Ville Yves Saindon, avocat Appel d\u2019offres Appel d\u2019offres public ADDENDA 1 Appel d\u2019offres 2017-018 Services professionnels - Travaux d\u2019amélioration et de corrections de diverses déficiences au centre communautaire, culturel, social et éducatif de Maisonneuve (CSSE).Veuillez prendre note que la date limite de récep - tion des soumissions de l\u2019appel d\u2019offres 2017-018 est reportée au 19 juillet 2017 avant 14 h.DONNÉ À MONTRÉAL, CE 11E JOUR DE JUILLET 2017.Le secrétaire d\u2019arrondissement, Monsieur Magella Rioux AVIS AUX CRÉANCIERS DE LA PREMIÈRE ASSEMBLÉE Avis est par les présentes donné que la faillite de 3533221 Canada Inc.est survenue le 7 juillet, 2017, et que la première assemblée des créanciers sera tenue le 25 juillet, 2017, à 9h00, au bureau du syndic, 210-5000 Jean- Talon Ouest, Montréal, Québec.DEVLETIAN & ASSOCIÉS INC.Syndic autorisé en insolvabilité Jerry J.Devletian CPA, CA, CIRP, SAI 210-5000 Jean-Talon Ouest, Montréal Québec H4P 1W9 Téléphone: (514) 777-8888 AVIS AUX CRÉANCIERS DE LA PREMIÈRE ASSEMBLÉE Avis est par les présentes donné que la faillite d'ALO Nutrition Internationale (A.N.I.) Inc.est survenue le 7 juillet, 2017, et que la première assemblée des créanciers sera tenue le 25 juillet, 2017, à 10H00, au bureau du syndic, 210-5000 Jean- Talon Ouest, Montréal, Québec.DEVLETIAN & ASSOCIÉS INC.Syndic autorisé en insolvabilité Jerry J.Devletian CPA, CA, CIRP, SAI 210-5000 Jean-Talon Ouest, Montréal Québec H4P 1W9 Téléphone: (514) 777-8888 AVIS AUX CRÉANCIERS DE LA PREMIÈRE ASSEMBLÉE Avis est par les présentes donné que la faillite d'Industries Line Review International Inc.est survenue le 7 juillet, 2017, et que la première assemblée des créanciers sera tenue le 25 juillet, 2017, à 9h30, au bureau du syndic, 210-5000 Jean- Talon Ouest, Montréal, Québec.DEVLETIAN & ASSOCIÉS INC.Syndic autorisé en insolvabilité Jerry J.Devletian CPA, CA, CIRP, SAI 210-5000 Jean-Talon Ouest, Montréal Québec H4P 1W9 Téléphone: (514) 777-8888 C A R O L I N E P L A N T E à Québec L a municipalité de Baie-Trinité a conclu une entente avec Caroline Lamarre, cette ex-em- ployée qui a été agressée sexuellement par le maire Denis Lejeune.Selon l\u2019entente confidentielle signée le mois dernier, Mme Lamarre accepte d\u2019abandonner ses démarches pour réintégrer son emploi à la municipalité en échange d\u2019une compensation.«J\u2019ai décidé de baisser les armes, a-t-elle déclaré en entrevue téléphonique avec La Presse canadienne, lundi.Il n\u2019y a pas de gagnant, il n\u2019y a pas de perdant.» Celle qui affirme «partir la tête haute» dit avoir retrouvé une «paix intérieure» et un «goût de liberté» après plusieurs années difficiles.«Je suis très fière d\u2019avoir cru en mes valeurs, d\u2019avoir cru en mes convictions», a-t-elle renchéri.Mme Lamarre ne travaille plus depuis 2013, tandis que Denis Lejeune, lui, continue de siéger comme maire.Elle avait dénoncé la situation lors d\u2019un point de presse fort en émotions le 17 mai dernier, à Québec.Denis Lejeune a été reconnu coupable d\u2019agression sexuelle en juillet 2015, mais a pu poursuivre son mandat, car la loi sur les élections et les référendums dans les municipalités permet à un élu coupable d\u2019un tel délit et condamné à moins de 30 jours de prison de continuer d\u2019exercer ses fonctions.Il avait écopé de 120 heures de travaux communautaires et d\u2019une période de probation de deux ans, en plus de devoir faire un don de 4000$.En 2016, le ministre des Affaires municipales, Martin Coiteux, a fait adopter la loi 83 qui soumet les élus municipaux à des normes éthiques beaucoup plus sévères.Mme Lamarre a préféré ne pas attendre jusqu\u2019en août pour quitter Baie-Trinité.La plus jeune de ses cinq enfants est victime d\u2019intimidation, a-t-elle affirmé.Elle dit maintenant vouloir tourner la page et fonder sa propre entreprise de zoothérapie.Elle ouvrira prochainement un ranch à Pointe-aux-An- glais, entre Sept-Îles et Baie-Comeau, pour aider les gens aux prises avec des difficultés.L\u2019idée lui est venue naturellement.«Les gens viennent vers moi pour du soutien, ceux qui vivent la même chose, ils viennent vers moi, ils me tendent la main.Je peux donner au prochain», a-t-elle déclaré, se réjouissant d\u2019être devenue un «modèle» pour plusieurs, y compris ses enfants.La Presse canadienne AGRESSION SEXUELLE Baie-Trinité conclut une entente avec la victime du maire M É L A N I E M A R Q U I S à Ottawa C e n\u2019est «pas pour rien» qu\u2019Omar Khadr s\u2019est retrouvé à Guantá- namo, où il a subi «une torture entre guillemets», a suggéré le conservateur Pierre Paul-Hus, promettant de réclamer des comptes dès la rentrée parlementaire sur le règlement intervenu la semaine passée.Le porte-parole associé de l\u2019opposition officielle en matière de défense a affirmé lundi ne pas saisir pourquoi les libéraux se sont «mis à genoux» et ont versé «en cachette» des millions de dollars sans qu\u2019une décision spécifique d\u2019un tribunal les y oblige.Le gouvernement canadien devait admettre qu\u2019il avait une part de responsabilité, certes, mais il n\u2019avait pas à aller jusqu\u2019à signer un tel chèque à Omar Khadr, a-t-il soutenu, avant de se questionner à voix haute sur la gravité des sévices qui ont été infligés à celui qui était encore un adolescent pendant sa détention.Le citoyen canadien capturé en Afghanistan en 2002 a eu droit, alors qu\u2019il était incarcéré dans la geôle américaine située à Cuba, à ce que l\u2019on appelait le «programme grand voyageur», une privation de sommeil représentant une forme de torture.«On parle de torture, mais c\u2019est quoi, la tor ture\u2026 Je ne pense pas qu\u2019il y a eu de la torture comme on l\u2019imagine.Les gens s\u2019imaginent une torture, genre rentrer une aiguille en dessous d\u2019un ongle, je ne pense pas que personne a fait ce genre de chose là», a-t-il plaidé.L\u2019élu de la région de Québec s\u2019est défendu de chercher à «banaliser ce qui s\u2019est fait» dans la prison américaine de Guantánamo Bay, affirmant qu\u2019«empêcher quelqu\u2019un de dormir, c\u2019est de la torture, c\u2019est une forme de torture mentale».«Ils n\u2019ont pas le droit de le faire et ça n\u2019aurait pas dû être fait, on s\u2019entend.Mais le problème, c\u2019est que lui non plus [Omar Khadr] n\u2019avait pas à le faire [le geste qu\u2019il a été accusé d\u2019avoir posé sur le champ de bataille afghan]», a tranché M.Paul-Hus.Le Canadien avait 15 ans lorsqu\u2019il a été capturé par les troupes américaines lors de la guerre en Afghanistan.Accusé d\u2019avoir lancé une grenade ayant tué le soldat américain Christopher Speer, il a fini par conclure une entente avec un tribunal militaire américain pour rentrer au Canada.«Nous, on tient pour acquis qu\u2019il l\u2019a fait, parce que, un, il ne s\u2019est pas ramassé à Guantánamo pour rien, et deux, il l\u2019a avoué», a offert le député conservateur, disant que l\u2019ancien détenu aurait bien pu se contenter, en guise de compensation, de son rapatriement au Canada.Or, des aveux obtenus sous la torture, en plus d\u2019être «non crédibles et inutiles» en matière de renseignement, «sont inutilisables en Cour, ce qui explique l\u2019imbroglio de Guantá- namo», souligne Fannie Lafontaine, professeure titulaire à la Faculté de droit de l\u2019Université Laval.Et les tribunaux ont établi que la privation extrême de sommeil comme celle qu\u2019a subie Omar Khadr constitue « clairement de la torture », mentionne la titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur la justice internationale pénale et les droits fondamentaux.Présenter cela comme de la torture «entre guillemets» équivaut à « banaliser » ces gestes, estime Mme Lafontaine.« Ça n\u2019existe pas, la torture light [\u2026] On ne parle pas juste d\u2019une nuit, on parle de trois semaines avant les interrogatoires dans le cas d\u2019Omar Khadr.» Motion Khadr à l\u2019automne Le chef de la formation, Andrew Scheer, a annoncé samedi à Calgary que ses troupes déposeraient à la première occasion une motion sur l\u2019entente conclue entre le gouvernement et Omar Khadr afin de forcer l\u2019ensemble de la députation libérale à prendre position.Le gouvernement libéral a présenté vendredi des excuses of fi- cielles et a confirmé le versement d\u2019une compensation financière au citoyen canadien, dont les droits garantis par la Charte canadienne des droits et libertés ont été bafoués.En marge du sommet du G20 à Hambourg, samedi, le premier ministre Justin Trudeau a plaidé que l\u2019entente n\u2019avait «rien à voir avec ce que Khadr a fait ou non» en Afghanistan il y a une quinzaine d\u2019années.Selon un sondage de l\u2019Institut Angus Reid dont les résultats ont été rendus publics lundi, la décision d\u2019Ottawa déplaît à une large majorité des répondants.Selon 71% d\u2019entre eux sont d\u2019avis que les libéraux auraient dû aller jusqu\u2019au bout des procédures judiciaires.La Presse canadienne Khadr : «une torture entre guillemets» Un conservateur remet en question la gravité des sévices subis à Guantánamo AMBER BRACKEN LA PRESSE CANADIENNE Omar Khadr a obtenu des excuses et 10,5 millions de dollars du gouvernement fédéral en reconnaissance de la violation de ses droits.La veuve du soldat américain demande de geler l\u2019argent Toronto \u2014 La veuve du soldat américain tué en Afghanistan demandera à un tribunal canadien, jeudi, de délivrer une ordonnance pour conserver toutes les sommes qu\u2019a versées le gouvernement fédéral à l\u2019ancien détenu de Guantánamo Omar Khadr pour avoir violé ses droits.La motion qui sera présentée devant la Cour supérieure de l\u2019Ontario réclamera le gel de l\u2019argent versé à M.Khadr en attendant le résultat d\u2019une requête pour reconnaître le jugement d\u2019une poursuite de 134,1 millions $US rendu contre lui en Utah.Le jugement par défaut d\u2019un tribunal de l\u2019Utah avait tranché en faveur de la veuve du sergent Chris Speer, Tabitha, et d\u2019un autre ancien soldat américain, Layne Morris. L E D E V O I R , L E M A R D I 1 1 J U I L L E T 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 5 I S A B E L L E P O R T E R à Québec L a Ville de Québec a annoncé lundi que l\u2019agrile du frêne était présent sur son territoire.Un de ces insectes a été détecté dans un arbre du quartier Montcalm, non loin des plaines d\u2019Abraham.L\u2019insecte a été découver t lors d\u2019une inspection par écor- çage de branches chez un particulier, a fait savoir la ville qui se prépare depuis 2012 à l\u2019arrivée de l\u2019insecte.S\u2019agit-il d\u2019un cas isolé ?Quel territoire est touché ?Une enquête est en cours pour répondre à ces questions, explique la porte-parole de la ville, Mireille Plamondon.«L\u2019enquête vise à déterminer le périmètre et le degré d\u2019infestation », a-t-elle dit.« Les résultats devraient normalement être connus à l\u2019automne.» La capitale compte 13 000 frênes sur les terrains publics (13 %) et 20 000 sur des terrains privés, particulièrement dans le secteur de Limoilou où près du cinquième des arbres sont de cette espèce.Sans remède Originaire d\u2019Asie, l\u2019agrile a été localisé pour la première fois au Canada en 2002.Il est présent dans la grande région de Montréal depuis 2011 et dans l\u2019Outaouais depuis 2010.On en a aussi découvert des spécimens l\u2019automne dernier à Joliette et Berthierville.Les scientifiques n\u2019ont pas encore été en mesure de trouver une façon d\u2019éradiquer cet insecte qui tue systématiquement les arbres où il s\u2019installe en quelques années.Il s\u2019in- cr uste entre l\u2019arbre et son écorce et bloque la circulation de la sève jusqu\u2019à ce que l\u2019arbre meure.Pour freiner sa dissémination, on a interdit de sortir du bois de chauffage de quelque essence que ce soit des régions touchées.Dans le cas des frênes, les résidus de toutes sor tes ne doivent pas être déplacés (les résidus d\u2019abattage et d\u2019émondage par exemple).La Ville de Québec a cessé depuis quelques années déjà de planter des frênes et a commencé à remplacer ses spécimens les plus vieux et fragiles par des arbres d\u2019autres espèces.Détection précoce «Ce qui est quand même rassurant, c\u2019est qu\u2019on le détecte probablement tôt », obser ve Mme Plamondon.« C\u2019est sûr qu\u2019il va y avoir un impact, mais ce sera peut-être \u201cmoins pire\u201d que dans d\u2019autres villes.» Pour l\u2019heure, on recommande aux propriétaires privés qui ont des frênes sur leur terrain d\u2019attendre avant de les abattre.Une réglementation établira bientôt dans quelles conditions il est préférable de le faire.La Ville essaie d\u2019étaler l\u2019impact de la dissémination dans le temps pour minimiser l\u2019impact sur son couvert végétal.Elle veut notamment favoriser la plantation de jeunes arbres en dessous des frênes lorsque l\u2019espace le permet.Le Devoir ENVIRONNEMENT L\u2019agrile du frêne détecté non loin des plaines d\u2019Abraham J E A N N E C O R R I V E A U L es dirigeants des Forges de Montréal croyaient leurs problèmes résolus lorsqu\u2019ils ont appris, en février dernier, que l\u2019organisme ne serait pas expulsé de ses locaux de la rue Riverside par la Ville de Montréal.Cinq mois plus tard, les voilà à nouveau plongés dans une impasse qui, craignent-ils, pourrait compromettre l\u2019avenir de l\u2019organisme.Les Forges occupent depuis 17 ans une ancienne station de pompage de la Ville située au 227, rue Riverside, à l\u2019ombre de l\u2019autoroute Bonaventure.Formé en France auprès d\u2019un maître forgeron, Mathieu Collette réalise des travaux de forge fidèles aux techniques traditionnelles et offre de la formation aux apprentis forgerons.La station de pompage a été construite par la Ville en 1887 sur un terrain fédéral et les Forges sont locataires de la Ville.Jusqu\u2019à avril dernier, les dirigeants de l\u2019organisme croyaient que la Ville était propriétaire du bâtiment.Mais ce ne serait pas le cas.Depuis, c\u2019est la confusion.Qui est réellement propriétaire de l\u2019immeuble?Le rôle foncier de la Ville indique que l\u2019Administration portuaire de Montréal (APM) est propriétaire du terrain et que la Ville occupe les lieux.Elles sont liées par un bail qui prendra fin en 2021 et au terme duquel l\u2019APM récupérera le terrain.«Le bâtiment appartient à la Ville de Montréal », soutient Mélanie Nadeau, directrice des communications à l\u2019APM.«C\u2019est seulement le terrain qui est sous la gestion de l\u2019APM jusqu\u2019au 28 février 2021.L\u2019APM loue ce terrain, par bail, à la Ville de Montréal, et ce jusqu\u2019à cette date.» Et comme si ce n\u2019était pas déjà assez compliqué, deux autres organismes fédéraux entreront en scène.Au 1er mars 2021, Transport Canada reprendra la gestion du terrain et le vendra immédiatement à la Société immobilière du Canada (SIC), précise Mélanie Nadeau.Par la suite, seule la SIC pourra disposer du terrain, dit-elle.Projet de musée Dans ce labyrinthe juridictionnel, les Forges tentent de trouver un interlocuteur qui leur permettrait d\u2019assurer leurs activités à long terme.Les dirigeants de l\u2019organisme ont entrepris des pourparlers avec les représentants d\u2019APM et de la SIC de ses discussions avec la Ville de Montréal.L\u2019APM soutient que dans les circonstances, elle ne peut conclure d\u2019entente à long terme, ni avec la Ville ni avec les Forges.De son côté, la SIC a dirigé Le Devoir vers Transports Canada.«C\u2019est un combat titanesque pour accoucher d\u2019une souris parce que le problème est administratif.On n\u2019arrive jamais à identifier la cause de l\u2019inaction», déplore Pierre Collette, président du conseil d\u2019administration des Forges.L\u2019organisme souhaite conclure une entente à long terme afin de réaliser son projet de musée qui mettrait en valeur le patrimoine industriel du canal de Lachine et les traditions de la forge.«Tout le monde dit que c\u2019est un beau projet, mais quand c\u2019est le temps de se commettre, on perd contact avec les gens», indique Mathieu Collette avec une pointe de découragement.Les Forges de Montréal n\u2019en sont pas à leurs premières difficultés.En 2016, l\u2019organisme avait reçu un avis d\u2019expulsion de la Ville.Celle-ci alléguait que la clause du bail obligeant les Forges à investir un million dans la restauration du bâtiment n\u2019avait pas été respectée.L\u2019avis d\u2019expulsion a finalement été retiré, mais les nouvelles embûches sèment l\u2019inquiétude.«Ça fait 17 ans qu\u2019on est ici.On s\u2019est toujours autofinancés.On a fait nos preuves comme OBNL», tient à rappeler Pierre Collette.Les Forges ont reçu plusieurs appuis dont celui de la conseillère de Projet Montréal Anne-Marie Sigouin, de la chef du Parti vert du Canada, Elizabeth May, et du député libéral de la circonscription de Ville- Marie\u2013Le Sud-Ouest\u2013Île-des- Sœurs, Marc Miller.« Les Forges ont une réputation qui dépasse les frontières du Canada.Je fais de mon mieux comme député pour débloquer le tout, mais ce n\u2019est pas facile», a dit M.Miller au Devoir.Il soutient cependant qu\u2019il est dif ficile pour son collègue et ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, de s\u2019ingérer dans les décisions de l\u2019APM.Le Devoir Les Forges de Montréal encore dans l\u2019impasse Imbroglio juridique entre la Ville et l\u2019Administration portuaire sur la propriété du bâtiment FRANCIS VACHON LE DEVOIR Des touristes sud-coréens font la file pour se prendre en photo devant la porte de secours du théâtre Petit-Champlain, un élément de décor crucial dans la série télé Goblin : The Lonely and Great God.I S A B E L L E P O R T E R à Québec D epuis quelques mois, une modeste porte rouge du quartier Petit-Cham- plain attire des touristes de toute l\u2019Asie.Apparue dans une série télé culte en Corée du Sud, la porte s\u2019est imposée cet été comme un nouveau repère touristique fondé exclusivement sur la fiction.«Les gens la reconnaissent.On n\u2019a pas besoin de rien dire», résume une serveuse du quartier, amusée.«Ils prennent la porte en photo, se prennent [en photo] devant.Ça n\u2019arrête pas.» La fameuse porte rouge se trouve à la gauche de l\u2019entrée du Théâtre Petit Champlain.Elle n\u2019a pas de poignée et semble condamnée.«On ne peut pas entrer parce que ça donne dans la salle de spectacle», poursuit la serveuse du nom de Joannie Lehoux.«C\u2019est une sortie de secours au cas où il se passerait quelque chose pendant un spectacle.» Chose cer taine, il se passe quelque chose du côté de la rue.Les adeptes de la série télé Goblin : The Lonely and Great God font presque la file pour immortaliser la porte.«C\u2019est par cette porte que Goblin apparaît », raconte une fillette en parlant du héros de la série.Originaire de la Corée du Sud, sa famille réside maintenant au New Jersey.C\u2019est là qu\u2019ils ont visionné l\u2019émission.Goblin est d\u2019ailleurs « l\u2019une des raisons» pour lesquelles ils ont choisi de visiter Québec cet été, « en plus de la culture française », explique sa mère en anglais.«Cette porte a une histoire pour nous, c\u2019est un souvenir emblématique.» Lundi, les adeptes de la série rencontrés ne se rappelaient pas qu\u2019on y ait mentionné le nom de Québec.« Je crois qu\u2019on l\u2019appelle la ville de l\u2019Érable ou le pays de l\u2019Érable», a précisé une jeune fan.Diffusée entre décembre et février dernier, Goblin est l\u2019un des plus grands succès de l\u2019histoire de la télévision sud-coréenne avec des centaines de millions de téléspectateurs.Elle dépeint la vie d\u2019un «dieu protecteur» vieux de 600 ans et son histoire d\u2019amour avec une jeune femme ingénue.L\u2019acteur qui interprète le rôle principal, Gong Yoo, est une grande vedette en Asie, à tel point qu\u2019on le surnomme « le Brad Pitt de la Corée du Sud».Durant le tournage à Québec, des touristes sud-coréennes ont failli s\u2019évanouir en le voyant, raconte Charles Gaudreau de Attractions Images, qui a agi comme producteur délégué pendant le tournage à Québec.« On a vu des filles venir les genoux mous et se mettre à pleurer en le voyant», dit-il.Il semble par ailleurs que les séries sud- coréennes ont leur bassin d\u2019adeptes au Québec.«Il y a un groupe de Québécois qui nous ont suivi tout le long pendant le tournage.[\u2026] Ils étaient entre douze et trente par jour.» En Corée du Sud et ailleurs « Il y a une espèce de culte pour ces sé- ries-là », poursuit-il.« La télévision coréenne est très prisée dans toute l\u2019Asie.» Le Devoir a notamment croisé des fans chinois de Goblin près de la fameuse porte rouge, lundi.«C\u2019est très populaire en Asie», nous a dit Chelsea Wang, de Shanghai.Elle et son conjoint se photographiaient face à face devant la porte pour recréer une des scènes clés de la série, quand Goblin rencontre l\u2019héroïne de l\u2019histoire.« Il a un super-pouvoir qui lui permet de se déplacer d\u2019un endroit à l\u2019autre quand ça lui chante», nous a expliqué une autre admiratrice, originaire de Corée du Sud cette fois.Dans la série, Goblin franchit une porte identique à Séoul pour aboutir dans Petit- Champlain.Pourquoi avoir choisi cette porte en particulier?La recherchiste leur en a présenté plusieurs, mais celle-là s\u2019est imposée, raconte Charles Gaudreau.« Ils voulaient une porte rouge dans un secteur assez ancien.Quand ils ont vu que la vue sur la rue était belle à la sortie, leur choix s\u2019est fait.» En plus de la porte, la série met en vedette les environs du château Frontenac, le parc Samuel-Holland et les plaines d\u2019Abraham.Plusieurs sites Web d\u2019adeptes permettent d\u2019ailleurs de géolocaliser les scènes tournées à Québec, lesquelles comptent pour l\u2019équivalent d\u2019une heure dans la série.« Pour une série de 12 heures, c\u2019est énorme », signale Charles Gaudreau qui souligne que l\u2019organisme fédéral Destination Canada a contribué à ce succès en payant les billets d\u2019avion de l\u2019équipe de tournage pour le repérage.«Comme placement de produit, difficile de faire mieux.» Surtout qu\u2019en plus de la porte, les panoramas de Québec font partie de plusieurs scènes clés.Ainsi, la scène finale se déroule sur les Plaines, avec une vue au loin sur le château Frontenac, et la plupart des bandes-annonces de la série se terminaient par une vue nocturne de ce même château.Le Devoir La porte magique de Québec Les abords du Château Frontenac deviennent des lieux-cultes pour les adeptes d\u2019une série fantastique sud-coréenne VILLE DE MONTRÉAL Originaire d\u2019Asie, l\u2019agrile a été localisé pour la première fois au Canada en 2002.Il est présent dans la grande région de Montréal depuis 2011 et dans l\u2019Outaouais depuis 2010.C\u2019est par cette porte que Goblin apparaît Une jeune touriste sud-coréenne, admiratrice de la série télé Goblin: The Lonely and Great God « » L\u2019enquête vise à déterminer le périmètre et le degré d\u2019infestation Mireille Plamondon, porte-parole de la Ville de Québec « » ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Formé en France auprès d\u2019un maître forgeron, Mathieu Collette réalise des travaux de forge fidèles aux techniques traditionnelles. Le sommet des 20 pays les plus riches de la planète s\u2019est terminé avec la publication d\u2019un communiqué commun, ce qui est bien en soi, mais il ne laisse présager que des reculs dramatiques dans les relations entre les États-Unis et le reste du monde.ersonne n\u2019a été surpris par la position isolationniste américaine au sujet du réchauf fe- ment climatique, et l\u2019ultime communiqué du Sommet du G20, à Hambourg, le reconnaît d\u2019emblée contrairement à l\u2019habitude en pareilles circonstances.Heureusement pour la planète, alors que ce communiqué dit clairement que les États-Unis se retirent de l\u2019Accord de Paris sur le climat, il enchaîne en réaf?rmant l\u2019engagement « irréversible » des 19 autres membres du G20 à respecter cet accord.Plus décevant, le communiqué reconnaît aux États-Unis le droit «d\u2019aider» d\u2019autres pays à avoir accès aux énergies fossiles « propres » et à utiliser, par exemple, le gaz de schiste que les Américains se proposent d\u2019expor ter sous forme liquide vers certains pays d\u2019Europe de l\u2019Est qui cherchent à réduire leur dépendance envers la Russie.Le premier ministre canadien, Justin Trudeau, qu\u2019on imaginait servir d\u2019intermédiaire entre l\u2019Europe et M.Trump, n\u2019a pas dû travailler très fort pour tenter de convaincre ce dernier d\u2019abandonner cette exigence comme le souhaitait l\u2019Allemagne, hôte du sommet.Après tout, la position du gouvernement Trudeau sur la question du climat s\u2019apparente un peu à celle de M.Trump dans les faits : d\u2019accord pour développer des énergies « propres »\u2026 tout en accentuant les efforts pour produire et vendre plus de pétrole et de gaz aux quatre coins du monde.Allez savoir si cela expliquerait la remarque de M.Trump, samedi : «Nous avons un voisin extraordinaire qu\u2019est le Canada, et Justin fait un travail spectaculaire [\u2026].» Sur la question du commerce, les États-Unis viennent de mettre ?n en deux coups de cuillère à pot à des années de défense du libre- échange et des institutions multilatérales en faisant ajouter au communiqué ?nal une réserve de première importance: celle du droit des pays à se défendre par des mesures antidumping contre les pratiques jugées déloyales.Qui jugera de ce qui est loyal ou pas?Les États-Unis, bien sûr, comme le Canada l\u2019a appris à ses dépens dans le dossier du bois d\u2019œuvre.Cette fois, l\u2019enjeu ne touche pas que le bois d\u2019œuvre, puisque les États-Unis menacent d\u2019imposer des taxes sur toutes leurs importations, dont, à court terme, une taxe antidumping de 20% sur l\u2019acier.L\u2019objectif of?ciel est de punir la Chine, mais l\u2019Europe et le Canada seront aussi touchés directement s\u2019ils ne parviennent pas à convaincre les autorités américaines que le marché de l\u2019acier, comme celui de l\u2019automobile, est aujourd\u2019hui très intégré.Un groupe de travail a été formé pour résoudre le problème de la surcapacité mondiale de production causée par l\u2019invasion de l\u2019acier chinois écoulé à bas prix.Cela suf?ra-t-il pour calmer le président américain, pour qui seule compte la situation intérieure des États- Unis?Depuis la campagne électorale, il ne se passe pas une semaine sans que Donald Trump attaque les nations qui enregistrent un surplus commercial avec les États-Unis.Ce qu\u2019il oublie de dire, c\u2019est que, malgré l\u2019important dé?cit commercial de son pays, les États- Unis sont ceux qui pro?tent sans doute le plus du libre-échange dans le monde moderne.Et si les États-Unis peuvent ainsi s\u2019enrichir malgré une balance commerciale continuellement dé?citaire, c\u2019est que le dollar américain sert encore aujourd\u2019hui de première monnaie de réserve et d\u2019échange dans le monde, y compris en Chine, un avantage qui permet aux États-Unis de consommer et de s\u2019endetter toujours plus sans in?ation, aux dépens de ses partenaires.Quels que soient les bons mots du président au sujet de Justin Trudeau, ce repli sur soi des États-Unis représente la plus grande menace économique à laquelle le Canada et le monde aient eu à faire face depuis longtemps.En adoptant le slogan «America First», non seulement Donald Trump et les républicains abandonnent-ils leur rôle de leaders du monde capitaliste, mais ils s\u2019isolent chaque jour un peu plus et transforment leurs meilleurs alliés en ennemis potentiels.Voilà une position qui pourrait avoir pour conséquence positive de forcer l\u2019Europe à faire front commun, mais aussi de permettre à la Chine de devenir rapidement le plus important commerçant de la planète, la nation la plus in?uente sur plusieurs continents et bientôt la plus puissante sur le plan militaire.Beau gâchis ! L E D E V O I R , L E M A R D I 1 1 J U I L L E T 2 0 1 7 A 6 EDITORIAL L E T T R E S L I B R E O P I N I O N A N T O I N E G U I L M A I N , K A R L D E L W A I D E E T A N T O I N E A Y L W I N Avocats chez Fasken Martineau DuMoulin O ttawa, ville administrative par excellence, n\u2019échappe pas à un phénomène typique de la fin juin : les activités ralentissent avant les mois les plus chauds de l\u2019année\u2026 Et pourtant, derrière les murs de la Cour suprême du Canada, l\u2019ef fervescence était à son paroxysme.Les «neuf sages» avaient en effet les yeux rivés sur deux géants de la Silicon Valley, soit Google et Facebook, et devaient statuer sur certaines de leurs pratiques respectives.C\u2019est désormais chose faite.La Cour suprême du Canada s\u2019est prononcée sur les enjeux de désindexation sur le moteur de recherche Google, ainsi que sur la possibilité de poursuivre Facebook ailleurs qu\u2019en Californie, malgré ses conditions d\u2019utilisation (vendredi 23 juin 2017).L\u2019importance de ces deux décisions dépasse les seules frontières canadiennes.En effet, elles touchent à un problème global, celui de la réglementation des activités en ligne, et pourraient avoir des répercussions sur les internautes du monde entier.Par ailleurs, c\u2019est un signal fort du Canada en matière de commerce électronique et de protection de la vie privée.Voici un résumé de ces dix derniers jours à la Cour suprême du Canada.Décision Google La première affaire s\u2019inscrit dans un contexte de contrefaçon en ligne.Un distributeur vendait illégalement par Internet des éléments de propriété intellectuelle appartenant à une entreprise de technologie basée au Canada.Étant donné que le contrefacteur œuvrait à par tir d\u2019un endroit inconnu et qu\u2019il bénéficiait de l\u2019indexation de ses sites sur les moteurs de recherche, l\u2019entreprise canadienne demande alors à Google d\u2019intervenir.Google accepte de supprimer certaines pages, mais refuse de désindexer les sites Internet dans leur intégralité et se limite à l\u2019extension google.ca.C\u2019est ici que le processus judiciaire s\u2019enclenche et que la problématique émerge : la multinationale Google peut-elle se voir ordonner de désindexer l\u2019ensemble des sites Internet du contrefacteur, et ce, sur une base mondiale (incluant google.com) ?La Cour suprême du Canada répond par la positive \u2014 7 juges contre 2.À la suite d\u2019une analyse approfondie des principes régissant les injonctions, le plus haut tribunal du pays relève que la «seule façon» de faire cesser la contrefaçon, c\u2019est d\u2019intervenir « mondialement ».Autrement dit, Google doit désindexer les sites Internet intégraux et sur toutes les extensions (google.ca, google.com, etc.).Les effets de cette décision concernent en ce sens tous les inter- nautes, sans égard au pays d\u2019appartenance.Décision Facebook Cette deuxième affaire concerne le consentement en ligne des conditions d\u2019utilisation.Les « contrats électroniques » de ce type sont à la base de droits et obligations envers des prestataires de services et peuvent avoir de sérieuses conséquences.C\u2019est le constat qu\u2019a pu faire une utilisatrice Facebook : les conditions lui imposaient d\u2019intenter une action devant les tribunaux californiens alors qu\u2019elle résidait en Co- lombie-Britannique.C\u2019est dans ce contexte que la Cour suprême du Canada devait se prononcer: faut-il s\u2019en tenir aux conditions d\u2019utilisation et obliger les utilisateurs à intenter des recours en Californie plutôt que dans leurs propres juridictions?Non, répond la plus haute instance \u2014 4 juges contre 3.Parmi d\u2019autres raisons, la majorité des juges note que le consommateur, « simple citoyen », n\u2019a pratiquement pas d\u2019autre choix que d\u2019accepter les conditions de Facebook, «multinationale présente dans des dizaines de pays ».Il y aurait alors une « inégalité flagrante du pouvoir de négociation entre les parties ».De plus, cette affaire fait intervenir les droits quasi constitutionnels des Britanno-Colom- biens à la protection de leur vie privée.En ce sens, les tribunaux canadiens devraient avoir la possibilité de se prononcer sur ces enjeux, «car ces droits jouent un rôle essentiel dans une société libre et démocratique et incarnent des valeurs canadiennes fondamentales ».Les activités en ligne dépassent les frontières.D\u2019aucuns pourraient voir un paradoxe entre ces deux arrêts, pourtant rendus à cinq jours d\u2019intervalle par quasiment le même banc de juges.La désindexation doit être globale, tandis que la juridiction doit être locale\u2026 En réalité, le vrai objectif est d\u2019assurer l\u2019effectivité des droits des internautes, de manière concrète à l\u2019heure des technologies de l\u2019information et des nouveaux modèles d\u2019affaires.Ces enjeux ne sont pas propres au Canada.L\u2019Union européenne, par exemple, connaît des défis similaires qui por tent les noms de « droit à l\u2019oubli » (en matière de renseignements personnels) ou encore de «consentement en ligne ».Au bout du compte, comme le relève très justement la Cour suprême du Canada, « le problème en l\u2019espèce se pose en ligne et à l\u2019échelle mondiale.L\u2019Internet n\u2019a pas de frontières \u2014 son habitat naturel est mondial ».La Cour suprême du Canada impose ses règles à Google et Facebook FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente du développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-président des ventes publicitaires MARK DROUIN Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Directeur de l\u2019information numérique FLORENT DAUDENS Adjoints PAUL CAUCHON, LOUIS GAGNÉ, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET À quelle commission scolaire notre député paie- t-il ses taxes ?Alors que l\u2019iniquité se prolonge depuis des années, le ministre de l\u2019Éducation, du Loisir et du Spor t, Sébastien Proulx, « étudie » le déséquilibre des taxes scolaires entre anglophones et francophones.Qui plus est, aucun échéancier n\u2019a été prévu pour une hypothétique réforme.En Outaouais, le glissement des revenus vers les anglophones frôle l\u2019indécence, au point où la Commission scolaire Western Québec (CSWQ) se permet de réduire ses taux de 24 %, pendant que les commissions scolaires francophones hésitent entre couper les services ou augmenter encore leur taux de taxation.Compte tenu du rappor t de dépendance traditionnel entre le Parti libéral du Québec et les communautés anglophones, il est acquis que le ministre prolongera son étude au moins jusqu\u2019à la prochaine élection, laissant à un nouveau ministre le soin de recommencer l\u2019exercice.Ce qui devrait permettre un glissement additionnel de quelques mill ions supplémentaires avant que se pointe une solution.Et que font nos députés régionaux durant ce temps?Ont-ils réfléchi à un moyen de dédommager rétroactivement les commissions scolaires francophones (par conséquent, les parents francophones) victimes de ce système ?L\u2019un d\u2019entre eux pourrait-il aller au-delà d\u2019un accusé de réception quand un rappel est fait?De toute évidence, le lobby anglophone québécois a plus d\u2019impact à Québec que la majorité passive des cinq comtés de l\u2019Outaouais qui tolère un régime de financement scolaire comparable à celui que l\u2019Ontario utilisait au début du XXe siècle pour éradiquer l\u2019enseignement en français.Gérard Laurin Le 5 juillet 2017 Lettre ouverte à l\u2019ambassadeur saoudien Naif Bin Bandir al-Sudairy Monsieur l\u2019Ambassadeur, Vous vous demandez pourquoi les représentants canadiens Justin Trudeau et Philippe Couillard se mêlent de vos affaires en vous demandant de libérer Raif Badawi, qui n\u2019est pas un ressortissant canadien ?La raison en est fort simple : son épouse, Ensaf Haidar, qui a élu domicile au Québec, plus précisément à Sherbrooke, avec ses trois enfants, nous a rendus sensibles à ce que la justice saoudienne fait subir à son mari.Dès lors, il nous est impossible de rester indifférents aux souffrances de cette G20 DE HAMBOURG L\u2019isolement mène à l\u2019échec P JEAN-ROBERT SANSFAÇON famille.Le droit de parole est pour nous aussi sacré que peut l\u2019être chez vous l\u2019interdiction de penser différemment de votre roi et de critiquer le côté dogmatique de votre wahhabisme.Nous éprouvons, quant au sor t que vous faites subir à Raif Badawi, en emprisonnant ce dernier pour dix ans, en le condamnant à 1000 coups de fouet et à une amende excessive, nous éprouvons, dis-je, une révolte légitime tant à cause de l\u2019inhumanité d\u2019un tel traitement qu\u2019à cause de la liberté de parole ainsi niée, rejetée, foulée aux pieds.Que ceci puisse concerner des centaines, voire des milliers, de vos compa- tr iotes nous révulse, mais nous ne sommes pas touchés aussi directement par l\u2019enfer qu\u2019ils ont, eux aussi, à subir pour des raisons vraisemblablement analogues, que par celui de Raïf Ba- dawi, auquel sa femme nous a sensibilisés, ainsi que, tout dernièrement, ses trois enfants.Ceux-ci ont pu exprimer dans une vidéo simple et touchante, à l\u2019intention du premier ministre Justin Trudeau, leur tristesse d\u2019être privés de leur père pour une raison aussi absurde que l\u2019interdiction de s\u2019exprimer librement.Ces gens-là sont chez nous, c\u2019est pourquoi nous nous sentons solidaires de leur destin.Recevez, Monsieur, l\u2019assurance de ma considération distinguée.Jean Laurendeau, musicien Le 5 juillet 2017 L E D E V O I R , L E M A R D I 1 1 J U I L L E T 2 0 1 7 A 7 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon (chef de division), Robert Dutrisac, (éditorialiste), Michel Garneau et Pascal Élie (caricaturistes), Jacques Nadeau (photographe), Olivier Zuida (recherchiste photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division et reporter), Stéphane Baillargeon (généraliste), Gérald Dallaire (pupitre), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Jean Dion (sports), Marco Fortier (éducation), Lisa-Marie Gervais (diversité), Pauline Gravel (sciences), Jessica Nadeau (éducation).Alexandre Shields (environnement); information politique : Michel David (chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Marie-Michèle Sioui (correspondants parlementaires à Québec) Dave Noël (recherche), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec); information culturelle : Guillaume Bourgault-Côté (politiques culturelles), Julie Carpentier (pupitre), Fabien Deglise (livres), Catherine Lalonde (arts vivants), François Lévesque (écrans),Caroline Montpetit (arts vivants), Philippe Papineau(médias); information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l\u2019information), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Benoît Munger (pupitre); information internationale : Guy Taillefer (chef de division et éditorialiste); section art de vivre : Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); cahiers spéciaux : Aude Marie Marcoux (responsable); équipe numérique : Laurence Clavel, Guillaume St-Hilaire et Geneviève Tremblay (pupitres); correction : Andréanne Bédard, Christine Dumazet et Michèle Malenfant (correctrices) ; soutien à la rédaction : Amélie Gaudreau (coordonnatrice à la rédaction), Jean-Philippe Proulx (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa).PUBLICITÉ Charleyne Bachraty (adjointe au vice-président), Marlène Côté, Évelyne De Varennes, Amel Elimam, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (directrices de comptes), Alain Tréhout (directeur créativité média), Amélie Maltais (commis aux avis légaux), Alessandra Tantalo et Laurence Hémond (coordonnatrices publicitaires).PRODUCTION Caroline Desrosiers, Yannick Morin, Anthony White et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web), Jean-François Côté (analyste programmeur), Luc Girard (technicien informatique), Solène M.Hébert (développeuse Web).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Catherine Gentilcore (coordonnatrice marketing, communications et relations publiques), Sébastien Beaupré (coordonnateur service à la clientèle), Manon Blanchette, Caroline Filion, Nathalie Filion, Isabelle Sanchez (préposées au service à la clientèle).ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Mélisande Simard (adjointe administrative et responsable des ressources humaines), Florentina Draghici (technicienne comptable), Véronique Pagé (responsable du crédit).F in juin, dans deux affaires différentes, la Cour suprême a décidé que les lois canadiennes s\u2019appliquent aux activités se déroulant en ligne.Voilà qui dégonfle certains des mythes les plus tenaces au sujet d\u2019Internet.Le démenti est cinglant pour ceux qui croient ou font croire que les lois étatiques ne s\u2019appliquent pas aussitôt qu\u2019une activité se déroule sur le Web.À l\u2019égard du moteur de recherche Google, la Cour a reconnu que les tribunaux canadiens peuvent émettre des ordonnances visant les activités mondiales de l\u2019entreprise.Dans cette affaire, il s\u2019agissait de garantir l\u2019efficacité d\u2019une injonction destinée à empêcher l\u2019accès à un site Web proposant du matériel jugé contraire aux lois canadiennes.La majorité des juges de la Cour jugent qu\u2019il est tout à fait possible d\u2019ordonner à Google de supprimer du matériel illégal (au sens des lois canadiennes) de ses résultats de recherche.Dans la mesure où elle vise à assurer l\u2019ef ficacité d\u2019une décision judiciaire, une telle ordonnance peut valoir pour la planète entière.Quelques jours auparavant, la Cour suprême décidait que les conditions d\u2019utilisation de Facebook stipulant que seuls les tribunaux califor- niens sont compétents pour trancher les désaccords entre le réseau social et ses abonnés cèdent le pas lorsqu\u2019il y a disproportion entre le pouvoir d\u2019un géant du Web et un consommateur dépourvu de pouvoir réel de négociation.La Cour explique au passage qu\u2019une loi provinciale valide prévaut nécessairement sur les conditions d\u2019utilisation auxquelles les usagers sont forcés d\u2019adhérer pour effectuer quelque activité sur le Web.La Cour prend soin d\u2019insister sur les limites à la capacité de l\u2019État de supprimer la liberté d\u2019expression et les autres droits fondamentaux.L\u2019ordonnance d\u2019application mondiale qu\u2019elle a validée por tait sur des sites manifestement contraires aux lois canadiennes.Ces prononcés de la Cour diffèrent à cet égard des décisions européennes ordonnant de censurer les liens générés par les moteurs de recherche conduisant à des documents conformes aux lois.Au Canada, il faut d\u2019abord démontrer qu\u2019un contenu viole la loi avant de revendiquer la censure des liens qui y conduisent.Revoir les règles du jeu Ces décisions viendront-elles à bout du mythe tenace selon lequel les lois qui valent pour tout le monde hors ligne seraient magiquement sans pertinence lorsque l\u2019activité se déroule sur Internet ?Cer tes, l\u2019application des lois nationales aux activités sur Internet peut présenter son lot de dif ficultés.Mais la possibilité d\u2019appliquer les lois canadiennes à une activité en ligne visant des personnes situées sur le territoire canadien ne fait plus de doute.Ces éclairages de la Cour suprême devraient contribuer à lever les inhibitions de plusieurs décideurs politiques qui ne se pressent pas trop d\u2019appliquer les lois dès lors que les activités se déroulent sur Internet.Dans beaucoup de secteurs, il est devenu urgent de mettre en place des règles du jeu pour les activités qui se déroulent en ligne.Par exemple, les politiques de radiodiffusion destinées à garantir la disponibilité des productions canadiennes sont pratiquement inopérantes au nom des doutes entretenus à Ottawa à l\u2019égard de la capacité du Canada de réglementer les activités de radio et de télévision qui se déroulent en ligne.De même, les transferts massifs de revenus publicitaires vers les grandes plateformes d\u2019Internet ont littéralement tari les sources de revenus des médias canadiens.Ceux-ci produisent des contenus qui coûtent cher, mais les pratiques non réglementées des plateformes dominantes du Net siphonnent une part croissante des revenus publicitaires qui doivent servir à financer la production de contenus canadiens.Actualiser les lois Le temps est venu d\u2019adapter à Internet les lois qui depuis longtemps garantissent le réin- vest issement dans les product ions canadiennes des dollars que consacrent les Canadiens à leur consommation de produits culturels et d\u2019information.La mise à niveau des mesures destinées à garantir la viabilité en ligne des médias canadiens et des productions sonores et vidéo s\u2019impose.Le feu vert de la Cour suprême devrait lever les inhibitions à cet égard.La Cour suprême a confirmé l\u2019effectivité des lois canadiennes lorsqu\u2019elles sont appliquées à des activités se déroulant sur Internet.Désormais, l\u2019application des lois canadiennes dépend uniquement de la volonté politique d\u2019appliquer des politiques cohérentes.L\u2019alibi de « l\u2019impossibilité d\u2019intervenir sur Internet » n\u2019est plus possible.Il ne manque désormais que la volonté et le courage pour appliquer des politiques numériques cohérentes.Internet : la fin du mythe L É O N C E N A U D Géographe urant la plus grande par tie de son histoire, Québec a été une ville coloniale.Sur son littoral, elle le demeure encore aujourd\u2019hui.Lors de la fondation de Québec par Samuel de Champlain, les nouveaux arrivants prirent le contrôle du fleuve.La Conquête britannique en fit autant, mettant fin à la présence dominante des Français et des Canadiens sur le Saint-Laurent.Ce n\u2019est pas sans raison que le journal Boston Globe qualifia la prise de Québec de «chute de la Carthage d\u2019Amérique».Tout comme celui de la grande cité punique, l\u2019empire de la Nouvelle- France avait été un empire de l\u2019eau.Le géographe Luc Bureau a résumé de façon lapidaire ce virage radical survenu lors de la Conquête: «La hache et la faucille chassent la rame et le fusil, la charrue se substitue au canot d\u2019écorce.» Tout est dit.On touche ici à la cause fondamentale de l\u2019éloignement des Québécois par rapport au fleuve.Dans le cas d\u2019une cité dont la conquête s\u2019est effectuée par voie océane comme ce fut le cas à Québec, à défaut d\u2019exterminer au grand complet la population locale, le vainqueur se réserve habituellement une enclave riveraine à son usage exclusif, là où se trouve le port.La ville perd alors l\u2019usage de son port ainsi que sa por te d\u2019accès maritime vers le monde extérieur, domaines régaliens réservés aux nouveaux maîtres du pays.[\u2026] Au début, on interdira à la population l\u2019accès à l\u2019enclave riveraine demeurée sous contrôle colonial.Avec les années, on aménagera des « fenêtres» permettant aux gens de contempler cette surface liquide devenue inaccessible, dont le contrôle et l\u2019exploitation faisaient la fortune militaire et commerciale de leurs aïeux.C\u2019est ainsi qu\u2019à Québec, ville pourtant maritime et fluviale, le fleuve est avant tout « majestueux » pour la bonne raison qu\u2019il demeure inaccessible à la population, la plupart de ses usages autres que celui de panorama étant devenus impensables ou hors d\u2019atteinte.[\u2026] Enfin, le maire et les « petits échevins locaux » cessent d\u2019exister dès qu\u2019ils mettent les pieds à l\u2019intérieur de l\u2019enclave coloniale\u2026 ou du moins en sont-ils persuadés.Comme les élus municipaux de Québec le répètent à l\u2019envi : « Nous sommes impuissants.On ne peut rien faire, on n\u2019est pas chez nous\u2026 » Ces derniers sont devenus étrangers au domaine maritime et fluvial que dominaient pourtant leurs ancêtres.[\u2026] Gestionnaires de droit divin?À Québec, le monde fluvial et portuaire demeure l\u2019af faire d\u2019un oligopole qu\u2019exerce une poignée d\u2019administrateurs fédéraux tout puissants, non élus, incontournables et inamovibles, dont la population ignore le plus souvent jusqu\u2019à l\u2019existence.[\u2026] Cette structure poli- tico-administrative qui exhale de puissants remugles coloniaux n\u2019est pas sans rappeler le régime des concessions littorales au temps des colonies.Aujourd\u2019hui, Ottawa a simplement remplacé l\u2019Angleterre.Bien entendu, si le port de Québec était géré par la Ville ou le gouvernement du Québec plutôt que par Ottawa, le comportement de ses dirigeants serait fort dif- férent et leurs décisions encore davantage.S\u2019adressant en 2013 à la Cour supérieure du Québec, le Port de Québec a soutenu que «le port de Québec appartient à Sa Majesté la reine Elizabeth II qui lui en confie la gestion».Or, le pouvoir de cette dernière reposant sur l\u2019onction divine apposée sur son front lors de son couronnement, il en résulte logiquement que la gestion portuaire à Québec posséderait elle-même un caractère divin, sans compter le caractère plus ou moins divin de ses gestionnaires.Cette philosophie typique des beaux jours de l\u2019Empire britannique imprègne encore le monde portuaire canadien d\u2019un océan à l\u2019autre et inspire encore un respect tétanisé dans bon nombre de milieux décisionnels.Bien entendu, la gestion du port relève tout simplement d\u2019Ottawa.Cependant, le port de Québec n\u2019est pas un port comme les autres.Il s\u2019agit d\u2019un symbole impérial fort situé dans la ville même où fut écrasé l\u2019Empire français d\u2019Amérique, à l\u2019instar de la Citadelle, du Manège militaire et des plaines d\u2019Abraham.Grâce à ces puissants points d\u2019ancrage, Ottawa impose une présence canadienne massive \u2013 succédant à la présence britannique \u2013 au cœur même de la capitale de sa province irrédentiste.[\u2026] Pour un réexamen fondamental Espérons qu\u2019un jour une mission d\u2019information et d\u2019enquête, jouissant d\u2019un large mandat et surtout d\u2019une vision qui ne le soit pas moins \u2013 laquelle reposerait entre autres sur une connaissance approfondie de dif férents parcours et destins urbano-portuaires au Québec et ailleurs dans le monde \u2013, procède à un réexamen fondamental de l\u2019organisation de l\u2019espace et de la gestion de la ressource en eau à l\u2019interface entre ville, fleuve et port à Québec, englobant dans sa réflexion l\u2019ensemble des rives urbanisées de Québec et de Lévis.Des commentaires ou des suggestions pour Des Idées en revues?Écrivez à rdutrisac@ledevoir.com.Québec et ses rives coloniales F R A N Ç O I S B E R N A R D M A L O M U S T A P H A B E T T A C H E Professeurs en gestion des ressources humaines au Département des relations industrielles de l\u2019Université Laval ne personne trans est un être humain sain d\u2019esprit dont l\u2019identité de genre et l\u2019expression de genre diffèrent du sexe qui lui a été assigné à la naissance par le médecin accoucheur.Selon les formes prises par cette identité et cette expression de genre, ces personnes sont parfois appelées «travesties», « transgenres» ou « transsexuelles».En cela, elles se positionnent à l\u2019extérieur des stéréotypes de genre considérés comme allant de soi au sein de plusieurs sociétés.Au-delà de ces étiquettes inutiles entretenues par la culture populaire et une curiosité malsaine, les personnes trans partagent toutes, pour la plupart, un même problème triste et criant : une difficulté réelle à se trouver un emploi et, lorsqu\u2019elles en ont un au moment de leur transition, à le conserver.De nombreuses recherches ont, en effet, documenté ces difficultés pourtant inacceptables dans une société de droit se disant « évoluée ».Et pourtant ! Le Québec célèbre le premier anniversaire de la modification de la Charte des droits et liber tés de la personne pour y introdu ire comme motif explicite de discrimination interdite l\u2019identité et l\u2019expression de genre.Si cer- ta ins ou cer ta ines de nos conc itoyens ou concitoyennes pourraient croire que nous en avons déjà assez fait (pour ne pas dire même « déjà trop fait »), il faut savoir que la discrimination à l\u2019égard des personnes trans est encore très présente dans les milieux de travail et que les formes d\u2019agression que rencontrent ces dernières ne sont pas toutes exprimées de manière ouverte et physique.Contrairement à ce que l\u2019on pourrait penser, les personnes trans sont régulièrement l\u2019objet de moqueries, de commentaires déplacés et parfois aussi, il faut le dire, de harcèlement psychologique et sexuel, et cela, tant de la part de leurs collègues de travail que de leurs propres clients ou clientes et anciens ou anciennes associés.Dans certaines organisations, les personnes trans sont systématiquement écartées des processus d\u2019embauche et elles sont automatiquement congédiées lorsqu\u2019elles annoncent à leur employeur leur désir de vivre selon le genre auquel elles s\u2019identifient.Dans d\u2019autres organisations, les personnes trans sont appelées « Ma- dame-Monsieur » et elles sont confinées aux toilettes unisexes réser vées aux personnes handicapées.Ces tristes réalités sont trop peu connues, car la plupart des organisations font beaucoup d\u2019efforts pour ne pas mal paraître et pour cacher la discrimination insidieuse qui y perdure encore.On ne dit pas aux personnes trans qu\u2019elles ne sont pas bienvenues dans l\u2019organisation, mais on leur met partout des bâtons dans les roues : «Nous sommes désolés, mais il n\u2019y a pas de jupe en taille XXXL au magasin d\u2019uniformes.» Un label «Trans Inside» Maintenant que le Québec célèbre la toute dernière modification de la Charte des droits et libertés de la personne en vue de mieux protéger les personnes trans, nous croyons qu\u2019il est désormais temps de mettre en place un label «Trans Inside » et d\u2019en faire la plus ardente des promotions.Garantissant à tous les membres de la société civile que l\u2019organisation ne fait pas que respecter ses obligations légales à l\u2019égard des personnes trans, mais qu\u2019elle leur fait bel et bien une « vraie » place où elles peuvent s\u2019épanouir tant personnellement que professionnellement, un tel label ne pourrait qu\u2019aider à lutter contre les discriminations insidieuses au- jourd\u2019hui encore trop nombreuses.Dans les forêts luxuriantes, la vie croît et se propage là où la diversité règne.Il est grand temps que dans nos organisations nous le comprenions et le valorisions réellement.MARCHÉ DU TRAVAIL La discrimination insidieuse envers les trans PIERRE TRUDEL DES IDÉES EN REVUES Chaque mardi, Le Devoir offre un espace aux artisans d\u2019un périodique.Cette semaine, nous vous proposons une version abrégée d\u2019un texte paru dans la revue L\u2019Action nationale, avril 2017, volume CVII, no 4.ALEXANDRE SHIELDS LE DEVOIR Le port de Québec est situé en territoire fédéral.U D L E D E V O I R , L E M A R D I 1 1 J U I L L E T 2 0 1 7 A 8 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par courriel publicite@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3452 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Par courriel petitesannonce@ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4 Berri-UQAM Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com A C T U A L I T É S Député à Queen \u2019s Park, M.Singh a déposé en 2013 un projet de loi modifiant le Code de la route pour exempter les motocyclistes sikhs de l\u2019obligation de por ter un casque.Malgré l\u2019opposition de la première ministre Kathleen Wynne, il est revenu à la charge en septembre dernier.Le projet de loi dispense du port d\u2019un casque tout sikh qui a « les cheveux, la barbe et les poils non coupés » et qui «porte habituellement un turban composé d\u2019au moins cinq mètres carrés de tissu ».Cette exemption existe en Colombie-Britannique et au Manitoba.En 2015, l \u2019Ontario est en proie à un violent débat concernant le nouveau cours d \u2019éducation sexuelle.Il enseigne aux enfants à nommer les par ties génitales en première année, aborde l\u2019identité de genre en troisième, la masturbation en sixième, la contraception, le sexe oral et anal en septième et huitième années.L\u2019opposition est principalement le fait des communautés religieuses, autant les fondamentalistes chrétiennes q u e l e s m u s u l m a n e s o u sikhes.Jagmeet Singh fait sourciller ses collègues néodé- mocrates en donnant l\u2019impression d\u2019être dans le camp des opposants.« L\u2019Ontario est une province diversifiée et nous devons respecter la diversité de croyances lorsqu\u2019il s\u2019agit d\u2019éduquer nos enfants, déclare-t-il à l\u2019Assemblée législative.Plusieurs personnes sont d\u2019accord que l\u2019éducation à la santé est importante, mais mes commettants s\u2019interrogent sur le caractère approprié de certains contenus pour les âges proposés.Mes commettants méri tent d\u2019être entendus et le gouvernement a la responsabilité de répondre à leurs préoccupations.» M.Singh s\u2019est défendu par la suite d\u2019avoir seulement invité le gouvernement à procéder à plus de consultations (même si le curriculum avait été concocté après avoir consulté 4000 parents).On le voit dans une vidéo devant une assemblée de « parents onta- riens opposés au cours d\u2019éducation sexuelle à partir de la première année » les invitant à bien s\u2019informer avant de s\u2019y opposer.Jamais ne mentionne- t-il son accord avec le cours.Pour M.Dionne Labelle, ces deux exemples posent problème.« Si sa religion commence déjà à influencer ses intentions parlementaires, ça ne regarde pas bien.» Une autre source néodémo- crate du Québec qui refuse d\u2019être identifiée craint l\u2019élection de M.Singh à la tête du parti pour les mêmes raisons.«Les Québécois sont réticents à l\u2019inclusion de la foi religieuse en politique, et quand M.Singh parle pour sa communauté à propos du port du casque, j\u2019ai peur que les Québécois ressentent cela comme une priorité communautariste.Au même titre qu\u2019un conservateur évangéliste créationniste imposerait sa foi sur les politiques qu\u2019il mettrait en avant.Alors, la dif fi- culté potentielle de M.Singh n\u2019est pas nécessairement liée à son apparence, mais à comment sa foi influencera ce qu\u2019il proposera comme politique.» Il se désole aussi que le député n\u2019ait pas eu le courage de défendre l\u2019éducation sexuelle auprès de sa communauté.« Il faut consulter, ça voulait dire quoi au juste?Que c\u2019est la communauté qui décide ce qui sera enseigné dans les cours?» Une seconde source anonyme bien branchée au NPD soutient que « ça brasse dans les rangs.Les députés du Québec sentent qu\u2019il n\u2019y a pas d\u2019écoute de la part des députés du Canada anglais par rapport à ça.Il y a un vent de panique parce qu\u2019ils ne savent pas quoi faire».Selon cette personne, il y aurait même des élus qui songeraient à ne pas se porter candidats à la prochaine élection «parce qu\u2019ils pensent qu\u2019ils perdraient avec Jagmeet Singh comme chef ».Selon cette source québécoise, un mouvement ABS \u2014 «anybody but Singh» \u2014 est improbable, toute critique étant assimilée à du racisme ou à tout le moins de l\u2019intolérance.« Les gens ne voient pas la réflexion intellectuelle plus profonde.Et ça n\u2019aide pas que le crucifix soit encore à l\u2019Assemblée nationale.Ça donne l\u2019impression qu\u2019on est contre la religion sauf quand c\u2019est la nôtre ! » M.Dionne Labelle déplore cette surdité.« J\u2019ai un souci par rapport à la représentation du Québec au sein du NPD.On a été forts sous Jack Layton et Thomas Mulcair.Mais ça m\u2019inquiète de voir une régression de la connaissance de la réalité québécoise de la part du chef.» Il se dit enclin à appuyer Guy Caron dans la course maintenant que Peter Julian n\u2019en fait plus partie.Les Québécois ne forment qu \u2019environ 4 % du membrariat total du NPD.Dans une course où le chef est choisi selon la formule « un membre, un vote », le Québec ne pèse pas lourd même si plus du tiers de sa députation en vient.L\u2019équipe de M.Singh a indiqué que ce dernier n\u2019était pas disponible pour une entrevue .Ma is par cour r iel, elle fait dire que, en ce qui concerne le cours d \u2019éducation sexuelle, M.Singh aurait voulu que le gouvernement ontarien « parle avec les communautés culturelles ».Le député Pierre-Luc Dus- seault tempère l\u2019angoisse québécoise supputée envers M.Singh.« Je l\u2019entends surtout des analystes et des médias, pas nécessairement des militants.[\u2026] Il pourrait être aimé au Québec.» Néanmoins, il admet que, sur la question de l\u2019éducation sexuelle, M.Singh a manqué de clarté.« Il va devoir répondre à certaines questions et clarifier certaines de ses positions s\u2019il veut devenir chef du NPD.Il va falloir qu\u2019il soit plus clair que dans ses prises de position passées.» M.Dusseault appuyait Peter Julian.Trois autres députés québécois qui appuyaient Peter Julian dans la course se sont dit sous le choc de l\u2019abandon de leur poulain.Tous manifestent le désir que les quatre cand idats restants fassent preuve d\u2019une grande connaissance du Québec.« Il faut visiter le Québec, et pas juste Montréal et Québec.Il faut aller partout.Pour pouvoir prendre le pouls de cette nation », lance François Choquette.Rober t Aubin parle de l\u2019importance d\u2019avoir une « connaissance profonde » du Québec pour devenir chef.Quant à Brigitte Sansoucy, elle entend mettre les bouchées doubles pour vendre des car tes de membre dans la prov ince pour en augmenter le poids pour le choix du futur chef.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 FOI l\u2019actualité européenne depuis 1990.Il a publié récemment, chez Calmann-Lévy, un essai intitulé Les salauds de l\u2019Europe : guide à l\u2019usage des euro- sceptiques.Daniel Cohn-Ben- dit, également journaliste de profession, a été député fédéral en Allemagne, puis député a u P a r l e m e n t e u r o p é e n jusqu\u2019en 2014.Le surnom de Danny le Rouge, qu \u2019on lu i donnait à la fin des années soixante, a fait place à celui de Danny le Ver t, en faisant référence au parti auquel il a appartenu.Les deux hommes par tici- pent cette semaine au volet de l\u2019école d\u2019été de l\u2019Université de Montréal qui est consacré à l \u2019avenir de l \u2019Union européenne.Entretien.L\u2019Union européenne est-elle en train de vivre une crise?Daniel Cohn-Bendit (DCB) : l\u2019Union européenne vit une crise depuis une éternité.Et sans vouloir vous corriger, la question serait plutôt : l\u2019Union ne vit-elle pas une sor tie de crise ?Depuis au moins celle des subprimes en 2008 et l\u2019effondrement du système bancaire européen, l\u2019Europe a vécu ce que tout le monde appelle maintenant la polycrise, une addition de crises qui ont suscité de plus en plus de désenchantement quant à l\u2019idée européenne dans divers pays.Depuis Poutine, le Brexit et Trump, il y a eu une reprise de conscience à savoir que ce n\u2019est peut-être pas mal qu\u2019il y ait une Europe capable de tenir tête à ces poly-non-pas- crises-mais-folies.Il y a donc, aujourd\u2019hui, une recrudescence de la nécessité de renforcer l\u2019Europe, même si tous ne p e n s e n t p a s l a même chose sur comment cette Europe devrait être refondée.Jean Quatremer (JQ) : La crise est dans l \u2019ADN de l \u2019 U n i o n e u r o - péenne.Elle est née de deux crises majeures : la Première Guerre mondiale et la Seconde.Son histoire est une succession de turbulences, parce que partager volontairement la souveraineté, c\u2019est difficile.Aucun État n\u2019est prêt à le faire volontairement.[\u2026].La crise, c\u2019est pourtant le moteur de l\u2019Union européenne.Simplement, comme elle est une construction récente, on a l\u2019impression que la crise va la tuer.Cela fait 25 ans que je couvre l\u2019Union européenne et je ne l \u2019ai jamais vue mourir.L\u2019annonce de la mor t de l\u2019Union européenne était un rien prématurée.Chaque fois, les crises l\u2019ont renforcée au lieu de l\u2019affaiblir.Pour moi, le Brexit a été un wake-up call.Je dirais presque que je le souhaitais, ce Brexit.Pour rappeler à l \u2019ensemble des États et des peuples que la construction de l\u2019Union européenne est quelque chose d\u2019extrêmement fragile.Brutalement, les peuples ont pris conscience qu\u2019il y avait un danger.Il y aura un prix à payer, et ce prix sera payé par les Britanniques, pas par l\u2019Union européenne.On a vu, au lendemain du Brexit et de l\u2019élection de Tr ump \u2014 les deux sont étroitement liés \u2014, on a vu les néonazis perdre en Autriche, les démagogues perdre aux Pays-Bas, Marine Le Pen perdre en France, et Beppe Grillo prendre une taule en Italie.DCB : Et Jean-Luc Mélen- chon .Il y a une logique au Brexit.La Grande-Bretagne est toujours entrée à reculons dans l\u2019Europe.Elle a toujours voulu signifier qu\u2019elle avait un pied en dedans et un pied en dehors.[\u2026] Le Brexit signifie que cette histoire de l\u2019Europe à la car te ne peut pas fonctionner.Et donc, on se retrouvera dans les dix prochaines années avec un véritable débat : est-ce que l\u2019Europe, ce ne sera pas la zone euro ?Quelle est la part des élargissements successifs dans les problèmes de l\u2019Union?JQ : Pour ce qui est d\u2019aller plus loin dans l\u2019intégration, je crois que l\u2019idée qu\u2019on va tous marcher du même pas vers un avenir radieux est morte.Une Europe à 28 est extrêmement compliquée à faire fonctionner, et le Brexit fait tirer des leçons de cette complexité croissante.[\u2026] Depuis le début, il y a toujours eu le choix entre élargissement et approfondissement.Il est clair qu\u2019on a fait le choix de l\u2019élargissement avant celui de l\u2019approfondissement.À mon avis, c\u2019est l\u2019une des racines du drame existentiel de l\u2019Europe actuelle.DCB : C\u2019est vrai, mais il faut faire attention, parce que l\u2019élargissement de l\u2019Europe a eu lieu à un moment que personne n\u2019avait prévu : l\u2019ef fon- drement du Mur.[\u2026] C\u2019est un peu l\u2019accélération de l\u2019histoire qui nous y a obligés.JQ : Nous avons été incapables d\u2019aller au même rythme.DCB : On a fait une erreur.On n\u2019a pas prévu un budget à la hauteur nécessaire pour gérer l\u2019élargissement.JQ : Mais pas seulement.On n\u2019arrive plus à prendre des décisions ambitieuses à 28.On a un problème majeur au- jourd\u2019hui entre l\u2019Est et l\u2019Ouest.Le G20 a été précédé d \u2019un sommet des 12 pays d\u2019Europe centrale et orientale.C\u2019est quasiment scissionnel : on a l \u2019impression d \u2019être en 1860 juste avant la guerre civile américaine.Peut-on revenir en arrière sur l\u2019élargissement?DCB : On ne peut pas, mais ce qui est en train de se passer, et qui devient intéres- s a n t , c e r t a i n s l\u2019avaient demandé il y a longtemps.L\u2019Europe est un système de soutien financier, et le débat a commencé sur la question de soumettre ce système à l\u2019acceptation de certaines valeurs.C\u2019est-à -dire qu\u2019il y a des droits et des devoirs en Europe.JQ : Je ne partage pas tout à fait cette analyse.C\u2019est dangereux, car ça peut vouloir dire que Viktor Orban (en Hongrie) et le parti Droit et Justice en Pologne seront au pouvoir pour 25 ans.Quand vous punissez un pays parce qu\u2019il refuse d\u2019appliquer une partie des décisions européennes, vous renforcez le camp des eurosceptiques.Je crois que la solution consiste à garder les fonds structurels (aides régionales) tels quels, mais en développant au niveau de la zone euro un filet social commun subventionné grâce à un nouveau budget.Chaque fois que l\u2019UE se heurte à des crises, elle en sort par le haut.Je l\u2019ai vue paralysée longtemps, mais jamais s\u2019en sortir par le bas.On l\u2019a vu sur les réfugiés même si c\u2019est venu d\u2019un État, l\u2019Allemagne en l\u2019occurrence, qui en a accueilli un million, alors que les autres n\u2019en voulaient pas.DCB : Il y a une logique de cette dynamique, qui s \u2019explique par la mondialisation.Les États nations comprennent vite que seuls, ils ne sont plus rien.C\u2019est ce qu\u2019on a vu d \u2019une manière exemplaire pendant la campagne électorale en France.Tout le monde a été surpris qu\u2019un candidat, Emmanuel Macron, se soit placé dès le début sur des positions proeuropéennes.Une campagne électorale avec le drapeau européen, ça ne s \u2019était jamais vu.Tout le monde a dit : c\u2019est l\u2019échec annoncé.Ç\u2019a été le contraire.On voit bien que les citoyens en Europe sont désorientés, mais qu \u2019ils ressentent profondément que la solution n\u2019est pas le repli national.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 EUROPE populations respectives, il res- sor t que pour 7 des 10 dernières années, les policiers de notre province ont atteint par balle davantage que chez notre voisin à l\u2019Ouest.En 2016 particulièrement, il y a eu 1,03 blessé ou mort par balle par million d\u2019habitants en Ontario, contre 2,32 par million d\u2019habitants au Québec.Des sanctions trop faibles Le criminologue Jean-Claude Bernheim ne se surprend pas de cette analyse et explique la dif férence avec l\u2019Ontario par une «culture de l\u2019impunité».Il s\u2019agit avant tout d\u2019une question d\u2019institution selon lui : «Un policier a un pouvoir extrême, il a l\u2019autorité légale de tirer sur quelqu\u2019un.Quand il en abuse, il reçoit des sanctions totalement disproportionnées par rapport à un citoyen.» Dans son livre Enquête sur la police, Stéphane Berthomet en était venu à des conclusions similaires.« Limiter le pouvoir des policiers est de montrer qu\u2019il y a des conséquences lourdes.Et ces sys- tèmes-là ne fonctionnent pas assez au Québec, notamment la Commission de déontologie qui donne la plupart du temps des peines \u201cbonbon\u201d », dit-il en entrevue au Devoir.Les organismes de régulation fonctionnent mieux en Ontario, note également cet analyste en affaires policières, et lui -même ex-policier en France.L\u2019Unité des enquêtes spé- c iales (UES ou SIU en anglais) en est à sa 27e année d\u2019existence.L\u2019UES a déposé des accusations contre 20 policiers, et contre une quin- za ine en 2015 .C\u2019est, pour chacune de ces années, plus que le total des mises en ac- cusat ion durant 17 ans au Québec.Un examen indépendant des organismes de surveillance de l a p o l i c e d é c l e n c h é e n avril 2016 en Ontario recommande malgré cela de rendre publics tous les rappor ts \u2014 passés et futurs \u2014 de cette unité.Une suggestion déjà soumise au BEI avant sa création et réitérée en juin dernier par la Ligue des droits et libertés ainsi que cinq autres groupes.Nombre de chercheurs se sont butés à des problèmes de transparence au moment d\u2019étudier ces enjeux, note Linda Michel, auteure d\u2019un mémoire de maîtrise sur la question.En étudiant 14 rapports du coroner à la suite de décès causés par des agents du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), elle en vient à la conclusion que les coroners déresponsabilisent les policiers impliqués.«La version policière officielle domine les rapports du coroner dans presque tous les cas.Le coroner ne met jamais en doute ce qu\u2019ils disent », s\u2019étonne-t-elle.Revoir les interventions L\u2019arme ne devrait pourtant être utilisée qu\u2019en dernier recours par les policiers.Ils sont entraînés à tirer dans « la cible la plus large possible pour neutraliser le danger », c\u2019est-à-dire le torse, expliquait au Devoir l\u2019ex-policier François Doré, peu après la mor t de Pierre Coriolan.Les policiers ont appris à intervenir avec l\u2019arme à la main, souligne Stéphane Berthomet.«Si tu es dans une situation de stress moyen ou important, ton premier outil sera celui que tu as déjà à la main.Ce sera plus dif ficile de rengainer une arme pour attraper son Taser ou sa matraque », décrit-il .C\u2019est donc la philosophie de l\u2019intervention qu\u2019il faut revoir selon lui.« Il faut avoir des stratégies qui vont faire baisser la tension », appuie le professeur Bernheim, citant les policiers britanniques qui ne sont pas armés.La mort d\u2019Alain Magloire en 2014 avait rappelé l\u2019urgence d\u2019équiper les corps policiers de pistolets à impulsion électrique.L\u2019appel du coroner Luc Malouin à la suite de ce décès semble avoir été entendu à la fois par la SQ et le SPVM.Ces deux corps policiers ont indiqué au Devoir vouloir donner la possibilité à plus d\u2019agents d\u2019utiliser cette «arme intermédiaire».La SQ af firme ainsi posséder 260 p istolets Taser et vouloir former 1120 policiers d \u2019 ic i décembre 2018.« Il y aura des policiers formés pour chaque poste », a confirmé une porte-parole.Quant au SPVM, il possède actuellement 40 de ces armes sur le terrain et voudrait en tenir jusqu\u2019à 122 d\u2019ici deux ans.Le Ser vice de police de Toronto compte plus de 600 de ces appareils à sa disposition.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 POLICIERS NATHAN DENETTE LA PRESSE CANADIENNE Le candidat à la direction du NPD Jagmeet Singh s\u2019identifie trop à sa religion, selon des membres québécois de la formation politique."]
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.