Le devoir, 20 juillet 2017, Cahier A
[" V O L .C V I I I N o 1 6 1 L E D E V O I R , L E J E U D I 2 0 J U I L L E T 2 0 1 7 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S AUJOURD\u2019HUI ALENA \u203a La FTQ demande à Ottawa d\u2019envisager le retrait.« Il ne faudrait pas devenir les seuls perdants », af?rme Daniel Boyer.Page B 1 Avis légaux.A 4 Décès.B 6 Météo.B 3 Mots croisés.B 4 Petites annonces .B 6 Sudoku.B 4 ?w w w .l e d e v o i r .c o m M A R I E V A S T E L Correspondante parlementaire à Ottawa A vis aux citoyens qui comptent s\u2019acheter de la marijuana lorsque celle-ci sera légale : dépasser légèrement les quantités permises ne sera passible que d\u2019une simple contravention, mais l\u2019infraction vaudra aussi au contrevenant un dossier criminel et une interdiction d\u2019entrée aux États-Unis, a constaté Le Devoir.En effet, bien que le gouvernement Trudeau souhaite ne faire des légers dépassements qu\u2019une infraction mineure, les contrevenants hériteront encore d\u2019un dossier criminel qui sera partagé avec les autorités américaines.Le projet de loi libéral pour légaliser la marijuana récréative l\u2019an prochain prévoit de permettre la possession de trente grammes de cannabis ou de quatre plants à la maison.Un dépassement de vingt grammes ou de deux plants de marijuana entraînera une contravention de 200$.Les citoyens qui cultiveraient des plants plus gros que la hauteur maximale permise d\u2019un mètre \u2014 entre 1 m et 1,5 m \u2014 écoperaient de la même peine.La condamnation criminelle serait inscrite au dossier judiciaire « classé à part des autres dossiers judiciaires », mentionne le projet de loi C-45.«Ce qu\u2019on voulait faire, c\u2019est traiter les cas de certaines infractions qui sont mineures d\u2019une façon à part.On ne voulait pas que ces cas-là se rendent au tribunal.On voulait donner à l\u2019individu la possibilité d\u2019éviter d\u2019aller en cour.Et pour nous, éviter qu\u2019on se ramasse avec une multitude de cas mineurs devant les tribunaux.Alors, la contravention a été notre solution », expliquait- on au ministère fédéral de la Justice en entretien avec Le Devoir récemment.L\u2019infraction sera tout de même inscrite, car le fédéral veut conserver une trace pour les gouvernements, les agences de sécurité publique ou encore les recherches universitaires.«On voulait quand même of frir une certaine protection aux gens qui ont été accusés d\u2019une in- MARIJUANA Une simple contravention pour 20 g de trop Les contrevenants hériteront toutefois d\u2019un dossier criminel Cimetière musulman Le Centre culturel islamique se tournerait vers les tribunaux Page A 2 Littérature Mort de l\u2019historien et auteur proli?que Max Gallo Page B 8 A M É L I P I N E D A D evant le mécontentement de centaines de sinistrés, le gouvernement du Québec a assoupli l\u2019interdiction de reconstruire dans les zones inondables aux 20 ans lorsqu\u2019une maison est considérée comme perte totale.Les nouvelles résidences devront toutefois être « immunisées » contre les inondations.Québec ne se basera plus sur la valeur foncière pour calculer les dommages des résidences des sinistrés des crues du printemps dernier, mais plutôt sur le coût de reconstruction à neuf du bâtiment.Mercredi, le ministre des Affaires municipales et de l\u2019Occupation du territoire (MA- MOT), Martin Coiteux, a dit vouloir répondre aux « préoccupations » exprimées par les sinistrés lors des consultations publiques tenues le 10 juillet par son gouvernement.Ces rencontres s\u2019étaient transformées en véritables exutoires pour les victimes de la montée des eaux.C\u2019est que le décret annoncé initialement par Québec prévoyait interdire la reconstruction d\u2019une résidence considérée comme perte totale, c\u2019est-à-dire celles dont les coûts des travaux représentent de 50 à 60 % de la valeur de la maison, si celle-ci se trouve dans une zone inondable 0-20 ans.M.Coiteux a voulu rectifier cette situation qui créait des « iniquités » entre les propriétaires de maisons plus modestes et ceux de maison luxueuse.«On va corriger une bonne partie de la problématique parce que souvent les maisons modestes sont évaluées au rôle foncier bien en deçà de leur valeur de reconstruction.Elles pourront maintenant se qualifier pour une reconstruction», a-t-il dit.Contrairement aux sinistrés de la Montérégie en 2011, les résidents ne pourront toutefois pas reconstruire « tel quel» a prévenu le ministre.Il a indiqué qu\u2019il sera notamment interdit d\u2019avoir des pièces habitables au sous-sol des résidences en zone inondable.Le ministre Coiteux a indiqué mercredi qu\u2019environ 600 résidences seront déclarées perte totale avec les nouvelles modifications du décret.Steve Beauchamp, porte-parole du regroupement citoyen «Oui au décret 2011 » n\u2019est pas satisfait de l\u2019annonce du gouvernement.Selon lui, le seuil du 50 % est toujours trop strict.Inondations : Québec assouplit son décret VOIR PAGE A 8 : MARIJUANA VOIR PAGE A 8 : DÉCRET A N N A B E L L E C A I L L O U E llen a 20 ans, elle aime évaluer le nombre de calories des aliments dans son assiette et enchaîne les séries d\u2019abdominaux sans rechigner.Elle est anorexique depuis plusieurs années, au plus grand désarroi de sa famille, qui a décidé de la faire hospitaliser avant qu\u2019elle «ne disparaisse».Ellen n\u2019est pas réelle, c\u2019est le personnage principal du film Jusqu\u2019à l\u2019os (To the Bone), dont la sortie Netflix le 14 juillet dernier soulevait déjà la controverse depuis des semaines.Mais Ellen vit la réalité de nombreuses femmes \u2014 et d\u2019hommes \u2014 à travers le Québec, qui n\u2019ont qu\u2019une obsession : contrôler leur alimentation et perdre du poids.La diffusion du long métrage ne manque pas SANTÉ Regarder l\u2019anorexie en face VOIR PAGE A 8 : ANOREXIE NETFLIX Le film Jusqu\u2019à l\u2019os, produit par Netflix, raconte la vie d\u2019Ellen, une jeune femme atteinte de troubles alimentaires au grand désarroi de sa famille.UN NOUVEAU RENDEZ-VOUS FRANCIS VACHON LE DEVOIR Les grands voiliers.Plus de 30 ans après le mythique événement Les Grands Voiliers de Québec 84, la capitale accueille un événement similaire avec Rendez-vous 2017 (RDV2017) et la venue de plus de 40 grands voiliers dans le port dans le cadre du 150e anniversaire du Canada.Inauguré of?ciellement mercredi, Rendez-vous 2017 prendra ?n le 23 juillet avec le départ des bateaux vers Halifax à destination du Havre, en France. L E D E V O I R , L E J E U D I 2 0 J U I L L E T 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 2 Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 J E A N - L O U I S S A N T I N I à Washington N otre planète est submergée par des milliards de tonnes de déchets plastiques accumulés depuis les années 1950, une situation qui empire en l\u2019absence d\u2019un recyclage efficace, selon une étude publiée mercredi dans la revue américaine Science Advances.Les chercheurs des universités de Géorgie et de Californie ont déterminé que 8,3 milliards de tonnes de plastique avaient été produites entre 1950 et 2015, parmi lesquelles 6,3 milliards de tonnes sont devenues des détritus très peu biodégradables.Sur ces 6,3 milliards de tonnes, seulement 9 % ont été recyclés, 12 % incinérés et 79% se sont accumulés dans les décharges ou dans la nature, en par ticulier dans les océans, où plus de huit millions de tonnes de plastique sont déversées tous les ans.La par t des plastiques dans les déchets solides des décharges municipales des pays développés et à revenu intermédiaire a bondi de 1 % du volume total en 1960 à plus de 10 % en 2005.De l\u2019usine\u2026 à la nature Si le rythme actuel persiste, il y aura quelque 12 milliards de tonnes de déchets plastiques dans les dépôts d\u2019ordures ou dans la nature d\u2019ici 2050, soit l\u2019équivalent de 35 000 fois la masse de l\u2019Empire State Building de New York, prédisent les auteurs de l\u2019étude.« La plupar t des matières plastiques ne sont pas vraiment biodégradables, ce qui fait qu\u2019elles pourraient persister des centaines, voire des milliers d\u2019années » dans l\u2019environnement, explique Jenna Jam- beck, professeure adjointe d\u2019ingénierie à l\u2019Université de Géorgie, coauteure de cette étude.« Nos estimations montrent la nécessité de mener une réflexion plus critique sur les matériaux que nous utilisons et la manière dont nous gérons nos déchets », estime-t-elle.La production mondiale de plastique est passée de deux millions de tonnes en 1950 à 400 millions de tonnes en 2015, soit plus que la plupart des autres matériaux fabriqués par l\u2019homme, selon cette étude.Ces scientifiques ont compilé les statistiques de production de résines, de fibres et des additifs provenant d\u2019une variété de sources industrielles.Pour une gestion durable « La moitié de tous les plastiques deviennent des déchets après seulement quatre années ou moins d\u2019utilisation », explique Roland Geyer, professeur adjoint à la Faculté des sciences environnementales à l\u2019Université de Californie à Santa Barbara, le principal auteur de ces travaux.« Ce que nous essayons de faire, c\u2019est de créer les fondations d\u2019une gestion durable des matériaux», précise-t-il.Et «nous pensons que les discussions de politiques à suivre dans ce domaine seront mieux étayées et fondées sur des faits maintenant que nous avons produit ces chi f fres » , fait valoir le professeur Geyer.Ces chercheurs insistent sur le fait qu\u2019ils ne plaident pas pour une élimination des plastiques dans l\u2019économie, mais cherchent à encourager une réflexion sur les usages de ces matériaux et leur recyclage.« Il y a des usages pour lesquels les plastiques sont indispensables, sur tout pour fabriquer des produits conçus pour durer longtemps», précise Kara Lavender Law, chercheuse à Sea Education Association (SEA), un organisme de recherche océanographique.« Mais je pense que nous devons réfléchir soigneusement à notre utilisation étendue des plastiques et nous interroger sur le fait de savoir quand le recours à ces matériaux est nécessaire ou pas», juge-t-elle.Les auteurs de cette étude relèvent que le fait de recycler est utile si cela permet de réduire la production de nouveaux plastiques.Ils mettent en garde contre l\u2019incinération de ces débris, qui peut avoir des ef fets néfastes pour l\u2019environnement et la santé publique.Presque aucun des plastiques les plus courants n\u2019est biodégradable, ce qui fait que les déchets ne peuvent que s\u2019accumuler.Agence France-Presse Des milliards de tonnes de plastique s\u2019accumulent dans la nature FRANCIS VACHON LE DEVOIR L\u2019avocate du CCIQ, Me Nadia El-Ghandouri, af firme que d\u2019autres options seront étudiées d\u2019abord.I S A B E L L E P O R T E R à Saint-Apollinaire L e Centre culturel islamique de Québec (CCIQ) songe à contester les résultats du référendum sur son projet de cimetière en plaidant que la liberté de religion de ses membres a été bafouée alors qu\u2019elle est protégée par la Charte québécoise des droits et libertés de la personne.«C\u2019est sûr que le recours judiciaire est possible », a déclaré l\u2019avocate du Centre culturel islamique de Québec (CCIQ), Me Nadia El-Ghandouri, à la sortie d\u2019une rencontre à Saint- Apollinaire mercredi.« Avant de judiciariser le dossier, on veut voir s\u2019il n\u2019y a pas d\u2019autres options», a-t-elle toutefois signalé.Priée de dire s\u2019il s\u2019agirait d\u2019un recours au nom du droit de la liberté de religion protégé par la Charte, elle a ensuite répondu par l\u2019affirmative.« Est-ce qu\u2019il y a des éléments qu\u2019on pourrait soulever pour faire invalider le référendum ?Est-ce qu\u2019il y a des droits protégés par la Char te qui ont été bafoués?» Mardi, l\u2019avocat Julius Grey, un spécialiste des droits de la personne, avait soutenu que le CCIQ avait des motifs solides pour plaider en cour que le rejet du projet brimait la liberté de religion.« On n\u2019a pas écrit la Charte pour protéger la majorité.C\u2019est le contraire, avait-il déclaré en entrevue à Radio-Canada.On peut démontrer devant la cour que l\u2019ef fet du refus est d\u2019empêcher l\u2019épanouissement de ces individus quant à leurs croyances religieuses.» Mercredi, l\u2019avocate du CCIQ a dit « par tager la vision » de Me Grey.«Il est venu confirmer ce qu\u2019on pense déjà», a-t-elle dit avant de préciser qu\u2019elle n\u2019avait pas eu d\u2019échanges directs avec Me Grey à ce propos.Saint-Apollinaire veut tourner la page Les représentants du CCIQ s\u2019étaient rendus à l\u2019hôtel de ville de Saint-Apollinaire mercredi après-midi pour faire un bilan des dernières semaines avec le maire Bernard Ouellet et le propriétaire de l\u2019entreprise Harmonia (qui possède le ter rain convoité par le CCIQ), Sylvain Roy.Reste à savoir qui ou quelle institution pourrait être traînée devant les tribunaux.La municipalité ?Le gouvernement du Québec ?Les deux ?Mercredi, Me El-Ghandouri ne l\u2019a pas précisé.De son côté, le maire de la ville, Bernard Ouellet, n\u2019a pas caché sa volonté de passer à autre chose.« J\u2019ai quand même dit aux gens de la mosquée que je pense que nous, les gens de Saint-Apollinaire,avons fourni notre part d\u2019efforts, a-t-il dit.On va passer à autre chose et on respecte les résultats du référendum.» Il s\u2019est par ailleurs réjoui du fait que le premier ministre Philippe Couillard s\u2019est engagé à inter venir dans le dossier.« J\u2019ai trouvé ça encourageant parce que là, il semble que ça ne restera pas sur un bureau.Le premier ministre lui- même va prendre ça en main et j\u2019ai confiance.C\u2019est un dossier à régler, il faut que ça avance.» « Il va falloir éviter des débats comme ceux-là, a-t-il poursuivi.[Des débats] si graves que ça.Il y aura toujours des chicanes, comme on dit, mais des débats comme celui-là, il ne faudrait pas en avoir trop souvent, parce que c\u2019est dur.» Il a réitéré que des actions s\u2019imposaient «pour le Québec».« Pas juste nous.C\u2019est l\u2019ensemble du Québec qui est concerné par ce dossier-là.» Il af firme toutefois n\u2019avoir eu aucun échange avec le personnel du bureau du premier ministre au cours des derniers jours.«Tu ne fais pas ça à ton pire ennemi» Le maire Ouellet s\u2019est dit par ailleurs bouleversé par la teneur du colis haineux reçu par la mosquée vendredi.«Je l\u2019ai trouvé méchant, très méchant.J\u2019espère qu\u2019ils vont trouver le coupable, parce que tu ne fais pas ça à ton pire ennemi.» Enfin, il a ajouté qu\u2019à son avis le CCIQ avait « bien fait» d\u2019attendre avant de rendre la nouvelle publique.« S\u2019ils le sortaient, les gens auraient peut- être pensé que c\u2019était pour influencer le vote.[\u2026] Il y aurait peut-être même eu des gens qui seraient allés jusqu\u2019à dire qu\u2019ils faisaient de la magouille et que c\u2019est eux-mêmes qui l\u2019avaient fait.[\u2026] Je pense qu\u2019ils ont pris la bonne décision.» Le Devoir PROJET DE CIMETIÈRE MUSULMAN Le Centre culturel islamique envisage un recours judiciaire M A R C O B É L A I R - C I R I N O à Edmonton L\u2019expéditeur d\u2019un colis renfermant un coran abîmé et un message haineux à la grande mosquée de Québec est un «lâche», a fait valoir le premier ministre Philippe Couillard.Ce geste « répugnant » doit être condamné avec force, selon lui.Le Centre culturel islamique de Québec, qui a été secoué par un attentat terroriste le 29 janvier, a reçu vendredi dernier un colis contenant un coran, dont le nom d\u2019Allah était rayé sur la couverture, en plus d\u2019une photo de porcs pataugeant dans de la boue.« Il s\u2019agit de Québécois et de Québécoises de confession musulmane et personne ne mérite d\u2019être traité de cette façon.C\u2019est un acte de lâcheté: une personne, de façon anonyme, est allée déposer un document injurieux à la porte de la mosquée de Québec.C\u2019est un lâche», a déclaré M.Couillard en marge de la rencontre estivale des premiers ministres des provinces et des territoires mercredi à Edmonton.«La bonne nouvelle, c\u2019est que ça ne reflète pas l\u2019attitude des Québécois dans leur grande majorité par rapport à leurs voisins, des Québécois de confession musulmane, a-t-il ajouté.Cette véritable attitude d\u2019affection et d\u2019amitié, on l\u2019a vue, on l\u2019a entendue après l\u2019attaque tragique de janvier où les gens sont sortis par milliers dans les rues de Québec pour dire \u201cNon! Non, à la violence.Non, à l\u2019intolérance\u201d.» De passage à Québec mercredi, le premier ministre Justin Trudeau a aussi insisté sur ce point.«On a toujours compris que la diversité peut et doit être une source de force pour nous.Et malgré le fait [\u2026] qu\u2019il y ait des gens intolérants, haineux et même racistes, la population du Québec est, comme on voit partout au Canada, ouverte, respectueuse et fière qu\u2019on soit une société forte, pas en dépit de nos différences, mais grâce à elles.» Interrogé quant à l\u2019issue du référendum sur le projet de cimetière musulman à Saint-Apolli- naire, M.Trudeau a exprimé sa déception.Il a du même souffle assuré que le fédéral interviendrait assurément s\u2019il s\u2019avère qu\u2019il a un rôle à jouer dans le dossier, alors que Québec évalue ce qu\u2019il peut faire à ce chapitre.Enquête ouverte Un responsable de la mosquée a remis le colis au Service de police de la Ville de Québec (SPVQ), qui a ouvert une enquête le même jour.Des unités d\u2019appoint de la police ont aussi été déployées.Le colis a été reçu deux jours avant la tenue du référendum sur l\u2019aménagement d\u2019un cimetière musulman à Saint-Apolli- naire, mais il semble que les responsables du centre n\u2019ont pas communiqué l\u2019information immédiatement afin de ne pas influencer le vote sur le projet.Un por te-parole du SPVQ, l\u2019agent David Poitras, assure que les policiers abordent ce dossier avec beaucoup de sérieux, mais il ajoute que l\u2019enquête n\u2019a pas assez progressé pour avoir la certitude que des accusations criminelles peuvent être déposées.La communauté musulmane de cette mosquée a aussi été la cible d\u2019autres gestes haineux dans le passé.Notamment il y a 13 mois, une tête de porc a été déposée au seuil de l\u2019une des portes avec la note «Bon appétit».La consommation de porc est interdite par le Coran.Depuis le massacre de l\u2019hiver dernier, des lettres haineuses auraient aussi été envoyées au Centre culturel islamique.Projet de loi 62 Le gouvernement libéral refuse toutefois de retarder davantage l\u2019étude du projet de loi 62 comme il l\u2019avait fait au lendemain de la tragédie à la grande mosquée de Québec.En effet, M.Couillard avait demandé l\u2019hiver dernier à la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, de plutôt consacrer toutes ses énergies à «bonifier» le projet de loi visant à faciliter l\u2019intégration des immigrants au marché du travail afin qu\u2019il soit adopté d\u2019ici juin \u2014 ce qui a été fait.Du coup, la Commission des institutions de l\u2019Assemblée nationale amorcera l\u2019étude détaillée du projet de loi sur la neutralité religieuse de l\u2019État, qui prévoit notamment l\u2019obligation de donner ou de recevoir des services de l\u2019État à visage découvert, dès le mois prochain.L\u2019auteure du projet de loi, Stéphanie Vallée, a promis de présenter des amendements à son projet de loi controversé.Malgré les critiques de l\u2019opposition, elle refuse de donner suite à la recommandation du rapport de la commission Bou- chard-Taylor (2008) d\u2019interdire aux employés de l\u2019État en position d\u2019autorité, c\u2019est-à-dire les policiers, les procureurs, les juges et les gardiens de prison, d\u2019arborer un signe religieux.«Je demeure convaincu, nous demeurons convaincus, qu\u2019il faut que la façon dont on détermine les accommodements soit raisonnable [et] encadrée, ce qui sera le cas, et que les services publics doivent être donnés et reçus à visage découvert dans notre société [.]», a soutenu M.Couillard lors du Conseil de la fédération mercredi.Avec La Presse canadienne Le Devoir Colis haineux : un acte « lâche » et « répugnant », selon Philippe Couillard ISSOUF SANOGO AGENCE FRANCE-PRESSE Un Ivoirien cherche des objets de valeur dans un amas de déchets, surtout de plastique, près d\u2019Abidjan.Plus de 8 milliards de tonnes de plastique ont été produites entre 1950 et 2015 Bernard Ouellet L E D E V O I R , L E J E U D I 2 0 J U I L L E T 2 0 1 7 ACTUALITES A 3 M A R C O F O R T I E R L es résidants de Montréal et des banlieues appuient massivement l\u2019agrandissement du réseau cyclable projeté par les 82 maires de la grande région montréalaise.Une majorité souhaite même utiliser davantage le vélo comme moyen de transport, révèle un vaste sondage Léger mené pour la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM).Huit résidants de la grande région de Montréal sur dix (80 %) affirment que « le réseau cyclable devrait être plus étendu».Une proportion similaire de répondants (81 %) affirme que « le vélo est un moyen de transport qui devrait être encouragé pour se rendre au travail, à l\u2019école, pour le magasinage, etc.».Quelque 60% ajoutent qu\u2019ils aimeraient «utiliser davantage le vélo comme moyen de transport».Ce sondage a été mené par Internet auprès de 1502 répondants, entre le 30 juin et le 9 juillet 2017.L\u2019enquête est accueillie par la CMM comme une « très bonne nouvelle » : comme Le Devoir l\u2019a rapporté au début du mois de juillet, les maires des 82 villes de la région de Montréal s\u2019apprêtent à adopter un plan ambitieux qui ferait doubler le réseau cyclable à 1166 kilomètres.Ce plan de 320 millions de dollars vise à faire augmenter les déplacements utilitaires à vélo \u2014 comme moyen de transport \u2014 en plus de stimuler le tourisme cycliste.«Ce que ça nous dit, c\u2019est que la population est emballée par ce projet-là », dit Suzanne Asselin, analyste directrice à la CMM.Le réseau cyclable planifié serait susceptible d\u2019augmenter de façon importante la part modale du vélo en réduisant le risque de conflits entre cyclistes et automobilistes, estime la CMM.Des obstacles Un réseau cyclable plus sécuritaire (57 %), plus étendu (45%) ou équipé de supports à vélo, de haltes, de toilettes ou d\u2019aires de repos (45%) augmenterait la pratique du vélo, selon les répondants.À l\u2019heure actuelle, plus de la moitié (53%) des résidants de la grande région montréa- laise considèrent néanmoins qu\u2019il leur est «impossible d\u2019utiliser le vélo comme moyen de transport».La trop grande distance à parcourir est la principale raison (à 25 %) invoquée par ceux qui ont pratiqué le vélo au cours des 12 derniers mois, mais qui ne l\u2019utilisent pas à des fins de transport \u2014 le vélo est pour eux un loisir.La proportion de ceux qui sont rebutés par la distance à parcourir est plus élevée dans les banlieues nord et sud, avec 27% des répondants, comparativement à 16% pour ceux de l\u2019île de Montréal.Toujours parmi les adeptes du vélo dans la dernière année, 14 % estiment que les déplacements sur deux roues sont trop dangereux, que les automobilistes sont trop menaçants ou qu\u2019il y a trop de circulation pour faire du vélo un moyen de transport.La voiture d\u2019abord Le nombre de déplacements à vélo a explosé dans la dernière décennie : ils ont augmenté de 69% dans la grande région de Montréal entre les années 2003 et 2013, et ont doublé dans l\u2019île de Montréal durant la même période, selon les chiffres de la CMM.La vaste majorité des cyclistes (89%) considèrent le vélo comme un loisir.La voiture reste reine de la route malgré les avancées du vélo.Entre les mois de mai et septembre, 72% des résidants des 82 municipalités de la CMM disent prendre leur auto pour se déplacer; 41% se déplacent à pied, 27% en autobus, 26% en métro et 22% à vélo (les répondants pouvaient mentionner plus d\u2019un moyen de déplacement).Le Devoir SONDAGE LÉGER Vaste appui de la grande région de Montréal à l\u2019agrandissement du réseau cyclable M A R C O B É L A I R - C I R I N O à Edmonton L es provinces et les territoires ont tourné autour du pot sur les conditions minimales de possession de cannabis à usage récréatif lors du Conseil de la fédération, mardi et mercredi à Edmonton.À moins d\u2019un an de la légalisation de la marijuana promise par Ottawa, les premiers ministres ont notamment échoué à s\u2019entendre sur un âge minimal pour l\u2019achat de cannabis.Ils ont plutôt chargé un «groupe de travail provincial-terri- torial» de colliger « les pratiques exemplaires en matière de légalisation et de réglementation du cannabis, tout en poursuivant des objectifs de réduction des méfaits, de protection de la sécurité publique et de réduction des activités illicites» d\u2019ici au 1er novembre 2017.Les premiers ministres qui ont défilé au micro de la salle de presse de l\u2019hôtel Macdonald, où le Conseil de la fédération avait établi son quartier général, ont tour à tour insisté sur la nécessité de fixer un âge légal de possession et de culture personnelle de cannabis uniforme from coast to coast.Ils cherchent notamment à éviter d\u2019établir des conditions d\u2019achat dif fé- rentes d\u2019une province à l\u2019autre, comme c\u2019est le cas actuellement pour l\u2019alcool.L\u2019âge légal pour la consommation de produits alcooliques s\u2019élève à 18 ans au Québec, mais à 19 ans en Ontario.« C\u2019est très important que le Québec et l\u2019Ontario travaillent de concert dans un groupe de travail en raison de notre frontière commune et de la proximité des collectivités québécoises et ontariennes», a fait valoir la première ministre ontarienne, Kathleen Wynne, lors de la conférence de presse de clôture.L\u2019Association médicale canadienne propose de fixer l\u2019âge minimal d\u2019achat de marijuana à 21 ans, craignant les impacts de sa consommation sur le cerveau des jeunes.Mais Philippe Couillard attend « plus de conseils d\u2019experts en santé mentale» avant de trancher la question.« Quand je vois des médecins psychiatres parler d\u2019un risque plus élevé de maladies mentales très sévères chez les jeunes, même jusqu\u2019à 19, 20, 21, 22 ans, bien sûr, ça m\u2019interpelle.Maintenant, il faut réaliser que ces jeunes consomment déjà la substance», avait affirmé le premier ministre québécois en marge des travaux.«C\u2019est une question essentiellement non pas de loisir [mais] de santé publique et de sécurité publique.C\u2019est comme cela qu\u2019on va l\u2019aborder.On ne banalisera pas le produit.» Responsabilités des provinces Ottawa a confié la tâche aux gouvernements provinciaux et territoriaux de délivrer des permis et de surveiller la distribution et la vente de cannabis \u2014 « sous réserve du respect des conditions fédérales minimales », comme l\u2019âge minimum de 18 ans pour l\u2019achat de cannabis, prévues dans le projet de loi C-45.Le gouvernement fédéral leur a aussi donné les coudées franches pour restreindre les lieux où le cannabis pourra être consommé ou encore modifier leurs lois sur la sécurité routière «de manière à traiter de la conduite avec facultés affaiblies par le cannabis \u2014 par exemple, prévoir la suspension d\u2019un permis pour 24 heures pour les adultes ou la tolérance zéro chez les jeunes conducteurs».Pour leur permettre d\u2019«assurer adéquatement cette transition », les premiers ministres des provinces et des territoires pressent Ottawa de démêler une série de questions : les « coûts » liés à la légalisation du cannabis, les «régimes de taxation » qui seront en vigueur, les activités de « sensibilisation du public » aux dangers de la consommation de drogues qui seront organisées, l\u2019application du Code de la sécurité routière ainsi que « la préparation et la formation reliées aux réseaux de distribution».«Si les questions encore en suspens ne sont pas résolues correctement par le gouvernement fédéral, les provinces et les territoires exigeront le report de la date d\u2019entrée en vigueur de la légalisation», ont mis en garde les chefs de gouvernement réunis dans la capitale albertaine.M.Trudeau a réitéré mercredi après-midi sa volonté de voir le cannabis légalisé «partout au pays» durant l\u2019été 2018.« Le système actuel fait mal aux Canadiens.Les jeunes, dans le système actuel, ont trop facilement accès à la marijuana.Et le crime organisé, les gangs de rue, font des millions de dollars de profit par la vente de cette drogue.Nous savons que si nous mettons en place un cadre réglementaire pour la marijuana nous allons pouvoir protéger nos jeunes, nous allons pouvoir éliminer les profits pour le crime organisé », a-t-il fait valoir lors d\u2019un passage à Québec.Un enjeu électoral au Québec?La tenue des prochaines élections générales québécoises, fixées le 1er octobre 2018, force aussi l\u2019Assemblée nationale à légiférer au plus tard au printemps 2018, a-t-il fait remarquer à Edmonton.Le temps presse.«Il reste des consultations à tenir, un projet de loi à déposer [par la ministre Lucie Charlebois] cet automne, à faire adopter le printemps prochain.Après, on s\u2019engage dans un été préélectoral», a précisé M.Couillard.Le chef du Parti libéral du Québec entrevoit déjà que les balises qui encadreront la production, la distribution et la consommation du cannabis choisies par son gouvernement constituent « un enjeu » lors de la prochaine campagne électorale, a-t-il convenu.« Le 1er juillet, le projet de loi va être adopté.Il y a des enjeux d\u2019application qui vont se poursuivre.» Le Devoir CONSEIL DE LA FÉDÉRATION Pas d\u2019entente sur les conditions de possession de marijuana Les provinces créent un « groupe de travail » plutôt que de trancher M A R C O B É L A I R - C I R I N O à Edmonton L es provinces et les territoires se sont engagés à utiliser une approche de réduction des méfaits afin de combattre l\u2019épidémie de surdoses d\u2019opioïdes sévissant au pays.D\u2019ailleurs, ils invitent le gouvernement fédéral à envisager l\u2019aménagement de nouveaux sites de consommation supervisés à travers le Canada sans toutefois oublier de « rétablir les ressources fédérales allouées [\u2026] à l\u2019interception des opioïdes comme le fentanyl et à réduire l\u2019importation et le trafic d\u2019opioïdes».Pas moins de 2458 Canadiens sont morts d\u2019une surdose d\u2019opioïdes en 2016, révélait l\u2019Agence de la santé publique du Canada en juin dernier.L\u2019épidémie frappait durement au Yukon, dans les Territoires-du-Nord-Ouest, en Colombie- Britannique et en Alberta, où les taux de mortalité apparemment liés à la consommation d\u2019opioïdes s\u2019élevaient à 10 décès pour 100 000 habitants.Le portrait de l\u2019Agence est toutefois incomplet, puisque les données québécoises n\u2019y apparaissent pas.Le ministre de la Santé Gaétan Barrette se préoccupe non moins du nombre élevé de prescriptions d\u2019opioïdes au Québec, a fait valoir le premier ministre Philippe Couillard.«Je pense qu\u2019au fil des années, il y a une sorte de banalisation de l\u2019utilisation d\u2019opioïdes [pour soulager] la douleur chronique.C\u2019est une des raisons pour lesquelles cette situation s\u2019est présentée», a-t-il affirmé.Le Devoir L\u2019épidémie d\u2019opioïdes inquiète les gouvernements Ce plan de 320 millions vise à faire augmenter les déplacements utilitaires à vélo JASON FRANSON LA PRESSE CANADIENNE Philippe Couillard, assis au Conseil de la fédération aux côtés de Brian Gallant, son homologue du Nouveau-Brunswick, a af firmé attendre «plus de conseils d\u2019experts en santé mentale» avant de prendre une décision sur l\u2019établissement de l\u2019âge minimal pour l\u2019achat de cannabis au Québec.ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Le nombre de déplacements à vélo a augmenté de 69% dans la grande région de Montréal entre les années 2003 et 2013.Lire aussi \u203a Négociations constitutionnelles: Ce n\u2019est pas demain la veille.L\u2019éditorial de Robert Dutrisac.Page A 6 C\u2019est une question essentiellement non pas de loisir [mais] de santé publique et de sécurité publique Philippe Couillard, premier ministre du Québec « » L E D E V O I R , L E J E U D I 2 0 J U I L L E T 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 4 AV I S L É G AU X E T A P P E L S D \u2019 O F F R E S AVIS À TOUS NOS ANNONCEURS Veuillez, s\u2019il vous plaît, prendre con - nais sance de votre annonce et nous signaler immé dia - tement toute anomalie qui s\u2019y serait glissée.En cas d\u2019erreur de l\u2019éditeur, sa res pon sa bilité se limite au coût de la parution.Avis est donné selon l'Article 795 du Code Civil du Québec que Monique Lanoie, résidant au 35 Avenue Brock-Est, Montréal, (Québec), H4X 2E4 est décédé(e) le 9 Avril 2017.L'inventaire des biens est détenu aux bureaux de La Société de fiducie Banque de Nouvelle-Écosse situés au 1002 Sherbrooke ouest, bureau 540, Montréal (Québec), H3A 3L6 pour fins de consultation.PRENEZ AVIS que Georges PICOTIN, en son vivant domicilié au 840, rue Brébeuf, Sainte-Catherine, province de Québec, J5C 1S2, est décédé à Châteauguay, le 4 mai 2017.Un inventaire de ses biens a été dressé conformément à la Loi et peut être consulté par toute personne ayant un intérêt, à l'étude de Me Hélène Lamarre, notaire, pratiquant au 950, Sault-Saint- Louis à La Prairie, province de Québec, J5R 1E1.Prenez avis que M.Rolland Lavigne, en son vivant, retraité demeurant au 127 Fraser Lachute Québec, est décédé à Lachute le 7 juin 2014.Un inventaire de ses biens a été fait conformément à la loi et peut être consulté au 10235 J.J.Gagnier Montréal, Québec H2B 2Z9 par Yves Lavigne, liquidateur.Des soumissions sont demandées et devront être reçues avant 11 h à la date ci-dessous, au comptoir Accès Ville-Marie situé au 800, boulevard De Maisonneuve Est, 17e étage, Montréal H2L 4L8, pour : Appel d\u2019offres : VMP-17-028 Réaménagement du parc Marcelle-Barthe dans l\u2019arrondissement de Ville-Marie Date d\u2019ouverture : 22 août 2017 Dépôt de garantie : 10% de cautionnement Documents : Les documents relatifs à cet appel d\u2019offres seront disponibles à compter du 20 juillet 2017 par le biais du Système électronique d\u2019appel d\u2019offres (SÉAO) en communiquant avec des représentants par téléphone au 1 866 669-7326 ou au 514 856-6600, ou en consultant le site internet www.seao.ca.Les documents peuvent être obtenus au coût établi par le SÉAO.Renseignements : vm-appeldoffres@ville.montreal.qc.ca Pour être considérée, toute soumission doit être présentée sur les formulaires préparés à cette fin par l\u2019arrondissement de Ville-Marie et placée dans une enveloppe cachetée portant l\u2019identification fournie en annexe du document d\u2019appel d\u2019offres.Les soumissions reçues seront ouvertes publiquement immédiatement après l\u2019expiration du délai fixé pour leur réception.L\u2019arrondissement de Ville-Marie ne s\u2019engage à accepter ni la plus basse ni aucune des soumissions reçues et n\u2019assume aucune obligation envers le ou les soumissionnaires.Montréal, le 20 juillet 2017 Le Secrétaire d\u2019arrondissement Me Domenico Zambito APPEL D\u2019OFFRES PUBLIC Appel d\u2019offres public DEMANDE DE DÉMOLITION AVIS est, par les présentes, donné que le comité de démolition de l\u2019arrondissement de Villeray\u2013 Saint-Michel\u2013Parc-Extension statuera sur les demandes de permis de démolition pour les bâtiments portant les numéros civiques : - 8560, rue Saint-Hubert - 7294, rue Lajeunesse - 1000, avenue Beaumont - 7241-7247, rue Boyer - 7750, avenue De Chateaubriand et ce, le 7 août 2017, à 18 h, au 405, avenue Ogilvy, bureau 200, Montréal.Toute personne désirant s\u2019opposer à la délivrance de ces permis de démolition, doit faire connaître son opposition motivée à la secrétaire d\u2019arrondissement.Ces commentaires doivent être transmis au bureau d\u2019arrondissement situé au 405, avenue Ogilvy, bureau 200, Montréal, H3N 1M3 et ce, conformément au Règlement régissant la démolition d\u2019immeubles de l\u2019arrondissement de Villeray\u2013Saint-Michel\u2013Parc- Extension (RCA04-14007), au plus tard le 31 juillet 2017, à 16 h 30.Fait à Montréal le 20 juillet 2017 La secrétaire d\u2019arrondissement, Danielle Lamarre Trignac, avocate, M.A.Direction générale adjointe \u2013 Services institutionnels Service de l\u2019approvisionnement Appel d\u2019offres : 17-16288 Service de numérisation de factures avec reconnaissance de caractères (OCR) L\u2019ouverture des soumissions prévue pour le 26 juillet 2017 est reportée au 31 juillet 2017 à 10 h 30 dans les locaux du Service du greffe de l\u2019hôtel de ville.Fait à Montréal, le 17 juillet 2017 Le greffier de la Ville, Yves Saindon, avocat Appel d\u2019offres Direction générale adjointe \u2013 Services institutionnels Service de l\u2019approvisionnement Appel d\u2019offres : 17-15801 Fourniture de vannes papillon, de vannes guillotine, actuateurs manuel et électrique (350 mm - 1800 mm) - 60 mois L\u2019ouverture des soumissions prévue pour le 7 août 2017 est reportée au 14 août 2017 à 10 h 30 dans les locaux du Service du greffe de l\u2019hôtel de ville.Fait à Montréal, le 20 juillet 2017 Le greffier de la Ville, Yves Saindon, avocat Appel d\u2019offres Direction des travaux publics et des approvisionnements APPEL D\u2019OFFRES SP-17-38 La Ville de Boucherville demande des soumissions pour : ACHAT D\u2019UN CAMION À BENNE BASCULANTE, 10 ROUES, DE FABRICATION 2017 OU PLUS RÉCENT AVEC ÉQUIPEMENTS DE DÉNEIGEMENT Ouverture des soumissions : LE MERCREDI 9 AOÛT 2017, À 10 HEURES Ne sont considérées que les soumissions préparées sur les formulaires fournis par la Ville de Boucherville et distribués par le site internet SEAO (Système électronique des appels d\u2019offres).On peut commander les documents d\u2019appel d\u2019offres à compter du JEUDI 20 JUILLET 2017 sur le site Internet du SEAO à l\u2019adresse www.seao.ca.Pour toute information, veuillez composer le (514) 856-6600.Toute soumission, pour être valide, devra être accompagnée d'une garantie de soumission sous forme d'un chèque visé ou traite bancaire, au montant de VINGT-CINQ MILLE DOLLARS (25 000 $) payable à la Ville de Boucherville.Chaque soumission doit être déposée au bureau du greffier de la Ville de Boucherville, situé au 500 rue de la Rivière-aux-Pins, Boucherville, avant 10 H LE MERCREDI 9 AOÛT 2017 (horodaté par la Direction du greffe), dans une enveloppe scellée portant l\u2019inscription « SP-17-38, ACHAT D\u2019UN CAMION À BENNE BASCULANTE, 10 ROUES, DE FABRICATION 2017 OU PLUS RÉCENT AVEC ÉQUIPEMENTS DE DÉNEIGEMENT », ainsi que les coordonnées de la compagnie soumissionnaire.Les soumissions seront ouvertes publiquement à 10 H LE MERCREDI 9 AOÛT 2017 à la salle Pierre- Viger du Centre administratif Clovis-Langlois, situé au 500, rue de la Rivière-aux-Pins, Boucherville.Le Conseil Municipal de la Ville de Boucherville ne s'engage à accepter ni la plus basse ni la plus haute ni aucune des soumissions reçut, sans encourir aucune obligation ni aucuns frais d'aucune sorte envers le ou les soumissionnaires.La Ville peut, s'il est avantageux pour elle de le faire, passer outre à tout défaut de conformité de la soumission si ce défaut ne brise pas la règle de l'égalité entre les soumissionnaires et elle n'est pas tenue de motiver l'acceptation ou le rejet de toute soumission.Pour tout renseignement supplémentaire concernant cette soumission, veuillez communiquer avec Mme Marie-Josée Nolin au (450) 449-8100, poste 8005.Donné à Boucherville ce 20 juillet 2017.Marie-Josée Salvail, directrice Direction des travaux publics et des approvisionnements Ville de Boucherville Direction des travaux publics et des approvisionnements APPEL D\u2019OFFRES SP-17-39 La Ville de Boucherville demande des soumissions pour : TRAVAUX D\u2019ABATTAGE ET DÉCHIQUETAGE DE FRÊNES POUR LES RUES ET LES PARCS RÉCRÉATIFS SUR LE TERRITOIRE DE LA VILLE DE BOUCHERVILLE Ouverture des soumissions : LE MERCREDI 9 AOÛT 2017, À 10 HEURES Ne sont considérées que les soumissions préparées sur les formulaires fournis par la Ville de Boucherville et distribués par le site internet SEAO (Système électronique des appels d\u2019offres).On peut commander les documents d\u2019appel d\u2019offres à compter du JEUDI 20 JUILLET 2017 sur le site Internet du SEAO à l\u2019adresse www.seao.ca.Pour toute information, veuillez composer le (514) 856-6600.Toute soumission, pour être valide, devra être accompagnée d'une garantie de soumission sous forme d'un chèque visé ou traite bancaire, au montant de NEUF MILLE DOLLARS (9 000 $) payable à la Ville de Boucherville.Chaque soumission doit être déposée au bureau du greffier de la Ville de Boucherville, situé au 500 rue de la Rivière-aux-Pins, Boucherville, avant 10 H LE MERCREDI 9 AOÛT 2017 (horodaté par la Direction du greffe), dans une enveloppe scellée portant l\u2019inscription « SP-17-39, TRAVAUX D\u2019ABATTAGE ET DÉCHIQUETAGE DE FRÊNES POUR LES RUES ET LES PARCS RÉCRÉATIFS SUR LE TERRITOIRE DE LA VILLE DE BOUCHERVILLE », ainsi que les coordonnées de la compagnie soumissionnaire.Les soumissions seront ouvertes publiquement à 10 H LE MERCREDI 9 AOÛT 2017 à la salle Pierre- Viger du Centre administratif Clovis-Langlois, situé au 500, rue de la Rivière-aux-Pins, Boucherville.Le Conseil Municipal de la Ville de Boucherville ne s'engage à accepter ni la plus basse ni la plus haute ni aucune des soumissions reçut, sans encourir aucune obligation ni aucuns frais d'aucune sorte envers le ou les soumissionnaires.La Ville peut, s'il est avantageux pour elle de le faire, passer outre à tout défaut de conformité de la soumission si ce défaut ne brise pas la règle de l'égalité entre les soumissionnaires et elle n'est pas tenue de motiver l'acceptation ou le rejet de toute soumission.Pour tout renseignement supplémentaire concernant cette soumission, veuillez communiquer avec Mme Marie-Josée Nolin au (450) 449-8100, poste 8005.Donné à Boucherville ce 20 juillet 2017.Marie-Josée Salvail, directrice Direction des travaux publics et des approvisionnements Ville de Boucherville HEURES DE TOMBÉE Les réservations doivent être faites avant 15 h pour publication deux (2) jours plus tard.Publications du lundi : Réservations avant 11 h le vendredi Publications du mardi : Réservations avant 15 h le vendredi Avis légaux et appels d\u2019offres Toronto \u2014 S\u2019envoler vers les États-Unis pourrait s\u2019avérer plus fastidieux à compter de mercredi, en raison de l\u2019entrée en vigueur de mesures de sécurité renforcées pour tout vol à destination d\u2019un aéropor t américain.Les transpor teurs Air Canada et WestJet ont tous deux avisé les voyageurs de se présenter à l\u2019aéroport deux heures avant le départ de leur vol en raison de nouveaux contrôles de sécurité.Air Canada signale que les nouvelles exigences du département de la Sécurité intérieure des États-Unis comprennent une plus importante vérification des appareils électroniques personnels, tels que les tablettes et les ordinateurs portables.Tout appareil plus grand qu\u2019un téléphone intelligent devra être facilement accessible ou retiré de son étui, sac ou emballage, précise la compagnie aérienne.WestJet prévient ses passagers que cette sécurité accrue concerne tous les vols commerciaux en provenance du Canada et à destination des États-Unis.Des «renseignements évalués» Le mois dernier, les autorités américaines avaient annoncé qu\u2019«à la lumière de renseignements évalués », il était nécessaire de renforcer les contrôles de sécurité effectués dans quelque 280 aéroports à travers 105 pays.La communauté de l\u2019aviation fait face à un « ennemi agile et qui sait s\u2019adapter », avait précisé le département américain de la Sécurité intérieure sur son site Web, évoquant la menace terroriste contre les vols commerciaux.La Presse canadienne AÉROPORTS CANADIENS Nouvelles mesures de sécurité pour les vols vers les États-Unis DARRYL DYCK LA PRESSE CANADIENNE Des maisons détruites par le feu à Boston Flats.L\u2019état d\u2019urgence devait d\u2019abord prendre fin vendredi.Saint-Jérôme \u2014 La réouverture de l\u2019autoroute 25 à Saint-Roch-Ouest, dans la région de Lanaudière, est reportée.Les travaux entrepris entre les kilomètres 44 et 45 après l\u2019affaissement de la chaussée, le 7 avril dernier, dureront plus longtemps que prévu.La réouverture de cette portion d\u2019autoroute en direction sud est maintenant envisagée lors de la première semaine du mois d\u2019août.Dans les jours suivants, on procédera à la réouverture en direction nord.Une porte-parole du ministère des Transports, Sarah Bensa- doun, a expliqué que la priorité était donnée pour le chantier en direction sud, car il y a actuellement une déviation de près de cinq kilomètres pour les automobilistes.Pour celui de la 25 Nord, il y a une voie de déviation qui permet de reprendre très rapidement l\u2019autoroute dans le secteur.Dans le cas de la 25 Sud, les travaux sont terminés à plus de 90%, comparativement à plus de 60% pour la 25 Nord.Trois mois de travaux Au moment de la fermeture de l\u2019autoroute, on prévoyait la réalisation de travaux durant trois mois.Le chantier a commencé le 1er mai, mais les travaux ont d\u2019abord été retardés par les grèves des ingénieurs de l\u2019État et de l\u2019industrie de la construction.Puis, le ministère des Transports a dû tenir compte de la complexité de l\u2019installation d\u2019un remblai léger.Les travaux ont par ailleurs été retardés par des conditions météorologiques défavorables.Le chantier a reçu beaucoup de pluie et, comme il est dans un sol argileux, il a fallu attendre que le terrain soit sec pour effectuer certains travaux.La Presse canadienne Report de la réouverture de l\u2019A-25 à Saint-Roch V ictoria \u2014 Le nouveau gouvernement de la Colom- bie-Britannique prolonge l\u2019état d\u2019urgence de deux semaines alors que les incendies de forêt continuent de faire des ravages dans le centre et le sud de la province.Le premier ministre néodé- mocrate John Horgan a affirmé, mercredi, qu\u2019un soutien additionnel est nécessaire pour les 45 000 personnes déplacées par les incendies qui ont rasé jusqu\u2019ici plus de 3500 kilomètres car rés de ter ri- toire.Plus de 150 incendies de forêt font toujours rage dans la province.Des vents moins forts ont par ailleurs permis aux sapeurs de progresser dans leur tâche de barrer la route aux incendies qui menacent encore certaines localités, a indiqué le responsable des communications du service provincial de lutte contre les incendies, Kevin Skrepnek.Le nombre d\u2019incendies a ainsi été réduit à 155, dont 15 menacent des localités.L\u2019état d\u2019urgence devait initialement prendre fin vendredi.La prolongation signifie que les personnes qui n\u2019ont pu rentrer chez elles depuis plus de 14 jours recevront une deuxième prestation de 600 $, a précisé le premier ministre Horgan.Ces sommes seront puisées d\u2019un fonds de 100 millions de dollars administré par la Croix-Rouge canadienne.M.Horgan a qualifié la situation comme étant sans précé- dent : en règle générale, les personnes déplacées par un état d\u2019urgence peuvent regagner leur domicile en moins de deux semaines.« Ce ne sera peut-être pas le cas pour certains résidants », a-t-il admis mercredi à l\u2019extérieur du parlement, à Victoria, à son premier jour complet dans ses fonctions \u2014 il a été assermenté mardi.Renforts australiens Une cinquantaine d\u2019experts australiens sont par ailleurs arrivés en renfort, mercredi.Selon une porte-parole du service provincial de lutte contre les incendies, les pompiers locaux profiteront de l\u2019expertise australienne en matière d\u2019équipement, de technologie et de soutien logistique.Les autorités ont par ailleurs indiqué mercredi que l\u2019incendie qui a détruit huit résidences au nord de Kelowna était maintenant complètement circonscrit, et que les résidents de 58 propriétés de Lake Country pouvaient rentrer chez eux immédiatement, même si l\u2019état d\u2019alerte est maintenu.L\u2019avis sur la qualité de l\u2019air dans la grande région de Vancouver et dans la vallée du Fraser a été retiré mercredi, grâce aux forts vents.La Presse canadienne INCENDIES DE FORÊT La Colombie-Britannique prolonge l\u2019état d\u2019urgence Un Canadien accusé de piratage conteste son extradition Hamilton \u2014 Le Canadien accusé dans l\u2019affaire du piratage massif de courriels de Yahoo ! contestera son éventuelle extradition vers les États-Unis, a indiqué son avocat.L\u2019avocat Amedeo Di- Carlo, qui représente Karim Baratov, a précisé mercredi que, s\u2019il ne parvient pas à négocier avec les autorités américaines une issue convenable pour son client avant une audience prévue le 8 septembre, il tenterait de le garder en sol canadien.Karim Bara- tov avait été arrêté en mars, à Hamilton, en Ontario, en vertu de la Loi sur l\u2019extradition, après que les autorités américaines l\u2019eurent accusé de piratage informatique, d\u2019espionnage économique et d\u2019autres crimes.Trois autres personnes ont aussi été accusées dans cette affaire, dont deux sont considérées comme des agents présumés du service de sécurité fédéral de la Russie.Yahoo ! a affirmé en septembre que les renseignements d\u2019au moins 500 millions de comptes d\u2019usagers avaient été volés dans une cyberattaque survenue deux ans plus tôt.M.Ba- ratov est accusé d\u2019avoir piraté 80 comptes Yahoo ! et risque une peine maximale de 20 ans de prison aux États-Unis s\u2019il est reconnu coupable.La Presse canadienne S O P H I E C H A R T I E R D epuis le coming out de Cœur de pirate, dans la foulée du triste attentat d\u2019Orlando, en juin 2016, le mot queer est devenu mieux compris au Québec dans son rejet des normes des genres et de l\u2019hétérosexualité.En même temps, le mot s\u2019est aussi ancré dans le quotidien, sans qu\u2019aucune des traductions françaises proposées n\u2019ait de succès.Est-ce vraiment grave, demande la communauté concernée?«Je ne pense pas que pour les gens qui utilisent le terme ce soit problématique, avance Gabrielle Bou- chard, militante des droits trans et éducatrice populaire au Centre de lutte contre l\u2019oppression des genres, affilié à l\u2019Université Concordia.C\u2019est un mot solide, les gens comprennent bien ce qu\u2019il veut dire.Le traduire simplement pour le traduire lui enlèverait son contexte historique.» Si queer est aujourd\u2019hui beaucoup utilisé comme terme parapluie pour parler des différentes minorités sexuelles, il faut garder en tête que c\u2019est un mot avec une forte charge politique, avance Mme Bouchard.« Il faut se souvenir que c\u2019était quand même une insulte, à l\u2019origine, ajoute- t-elle.Là, c\u2019est une façon de dire \u201cje refuse que tu utilises ça pour m\u2019abaisser\u201d.Sans [cette valeur de réappropriation], tu n\u2019as pas la même force!» L\u2019auteur-compositeur-interprète gaspésien Silver Catalano est d\u2019accord.Seule dragqueen de la Gaspésie, l\u2019artiste définit son identité de genre comme fluide.Pour lui, il est important de se rappeler le contexte d\u2019émergence du terme.«Dans les années 1960 et 1970, les membres de la communauté gaie se faisaient traiter de \u201cfreaks\u201d.Ce n\u2019était pas juste défendre l\u2019égalité, c\u2019était se battre contre la police et la violence ! » C\u2019est le groupe d\u2019action Queer Nation qui popularise sa réappropriation militante, au début des années 1990, lorsque ses membres mènent une lutte contre l\u2019inaction des autorités devant les ravages du VIH/sida.Leur slogan « We\u2019re here, we\u2019re queer, get used to it » marque le début de son emploi politique.Des tentatives En France, on peut lire parfois le néologisme «transpédégouine», qui reproduit cette même ré- appropriation de l\u2019insulte.Chez nous, le mot «allo- sexuel» est accepté par l\u2019Office de la langue française en guise de traduction pour queer.Mais cette traduction n\u2019a pas la même force de frappe, note Bruno Laprade, agent de communication et de liaison au Regroupement intersectoriel des organismes communautaires de Montréal (RIOCM) et doctorant en sémiologie.«Le mot n\u2019a pas remporté de véritable succès dans la population.L\u2019adoption du mot queer parle beaucoup de notre américanisation et des limites du français à rendre compte de ses fondements sexistes.Les langues fonctionnent par incorporation.Il n\u2019y a pas de raison pour laquelle le français ne pourrait pas inclure le mot queer dans son vocabulaire sans avoir à le traduire», répond le jeune chercheur.Pour Silver Catalano, le terme, bien précis, a tellement été adopté qu\u2019il peut être compris partout dans le monde.« Ce n\u2019est même pas nécessairement un mot \u201canglais\u201d.Je dirais que c\u2019est un mot international.» Au neutre?Bruno Laprade a fréquenté les milieux militants queer («avec ses partys, ses lieux, ses revendications, ses façons de s\u2019habiller ») pendant une dizaine d\u2019années.Notre langue, croit-il, n\u2019est pas facile d\u2019accès pour cette communauté ; très genré, notre vocabulaire s\u2019adapte mal au refus du genre.C\u2019est une des grandes batailles à mener actuellement, croit Gabrielle Bouchard.«C\u2019est difficile de ne pas genrer les choses, dit l\u2019éducatrice.Il faut s\u2019habituer à changer la façon dont on écrit et on parle.Ça demande un effort, c\u2019est évident.» La militante des droits des trans donne l\u2019exemple de l\u2019ancien emploi de la formule de politesse « mademoiselle », pour les femmes non mariées.« C\u2019était un mot qui contenait un jugement sociétal, af firme Mme Bouchard.Depuis, on a trouvé d\u2019autres façons de s\u2019adresser aux femmes.Je pense qu\u2019on peut faire la même chose pour Monsieur, Madame et tout le reste.» Les médias américains sont nombreux à avoir adopté le pronom « they» au singulier, afin de rendre les écrits le plus neutre possible.Mais comment l\u2019appliquer à notre réalité francophone ?« Mon préféré c\u2019est \u201cille\u201d, répond Gabrielle Bouchard.Il est facile à utiliser et c\u2019est celui qui marche le plus.Il y a \u201ciel\u201d, aussi, mais c\u2019est un exercice de diction plus ardu.» De son côté, Silver Catalano accorde peu d\u2019importance aux pronoms que les gens emploient à son endroit.« Personnellement, tu peux m\u2019appeler ce que tu veux.Certains vont alterner masculin et féminin.Ça m\u2019importe peu.Queer, je le vois plus comme un \u201cstatement\u201d identitaire.» Le Devoir L E D E V O I R , L E J E U D I 2 0 J U I L L E T 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 5 D O M I N I C T A R D I F R écemment, Thomas Leblanc montait sur la scène du Bordel Comédie Club, et balançait quelques blagues au sujet de la vie intime d\u2019un jeune homosexuel.Ce qui tombe sous le sens : Thomas Leblanc est un jeune homosexuel.«Après mon set, l\u2019animateur revient au micro et me présente à nouveau en disant que j\u2019avais été courageux», se rappelle-t-il.« Évidemment, si j\u2019avais parlé de la fellation que m\u2019a faite ma blonde, personne n\u2019aurait associé ça à une forme de courage.» L\u2019anecdote, en apparence banale, encapsule bien comment les humoristes de la communauté queer, même dans un milieu plutôt bienveillant comme celui du Bordel, sont souvent renvoyés à leur dif férence et contraints de porter sur leurs épaules le fardeau d\u2019un certain travail pédagogique, qu\u2019ils le veuillent ou non.«C\u2019est pour cette raison-là que je suis plus à l\u2019aise dans un environnement queer et féministe que dans un environnement où c\u2019est juste des gars blancs hétérosexuels, explique l\u2019humoriste.Lorsque je suis sur scène dans un lieu comme le Bordel et que je parle de ma sexualité, c\u2019est forcément subversif, alors que ça ne devrait pas l\u2019être.» Après avoir consacré un spectacle à la « p\u2019tite fille » de Charlemagne (Sainte Céline) et un autre à une pulpeuse diva américaine (Sweet Mariah : A Carey Christmas), Thomas Leblanc célèbre cette semaine avec son acolyte Tranna Win- tour les femmes de la pop des années 1990, des Spice Girls à Alanis Morissette, dans Crazy Sexy 90\u2019s.Le cabaret, à l\u2019image de ses créateurs, mêle l\u2019anglais et le français, le masculin et le féminin, la folie et l\u2019indignation, pour ausculter, malgré la frivolité de la prémisse, l\u2019angoisse se terrant derrière notre obsession collective, et précoce, pour le passé.En grimpant les escaliers vers le loft de l\u2019avenue des Pins où se déroule notre discussion, Thomas Leblanc prévient très gentiment l\u2019auteur de ces lignes que sa collègue Tranna Wintour n\u2019est pas une dragqueen, mais bien une femme trans.Parce qu\u2019elle occupe les planches de manière aussi flamboyante que son idole de jeunesse Mariah Carey, la Montréalaise est souvent victime de cette méprise.« J\u2019essaie de laisser aller et ne pas trop me préoccuper de comment les gens me décrivent », confie-t-elle en anglais.Ce qui ne l\u2019empêche pas de mesurer le puissant impact de sa simple présence scénique sur l\u2019imaginaire de certains spectateurs.« Il y a plein d\u2019hommes et de femmes straight qui sont venus me parler après des spectacles pour me dire : \u201cTu es la première personne trans que je vois.Tu as transformé mon regard.\u201d Je trouve toujours ça un peu ridicule, parce que ce n\u2019est pas mon objectif et que je ne me sens pas courageuse.Mais je sais que d\u2019être visible, pour une personne trans, c\u2019est déjà faire preuve de courage.» Comment rire de Caitlyn Jenner?Vous direz à Tranna Win- tour que la question de la diversité, en humour, a quelque chose de complexe, et elle vous répondra rapidement que la diversité n\u2019a rien de complexe du tout.« Si t\u2019organises un show et que ce ne sont que des gars blancs straight sur l\u2019affiche, t\u2019es complètement déconnecté.Le simple fait que ce genre de soirées existe encore me dépasse complètement », tranche-t-elle.Alors, précisons notre pensée : les enjeux de la diversité \u2014 sexuelle ou ethnique \u2014 ne peuvent-ils être abordés sur une scène comique que par des gens appar tenant à des communautés minorisées ?Parlons concrètement : une vanne au sujet de Caitlyn Jenner (la championne olympique américaine) est-elle forcément transphobe, comme le plaident avec vigueur sur le Web les justiciers d\u2019une gauche intransigeante ?«La chose la plus importante présentement, c\u2019est la considération, avance Tranna.Je faisais il n\u2019y a pas si longtemps une blague qui fonctionnait bien dans laquelle je racontais qu\u2019un journaliste m\u2019a déjà pris pour une femme noire, ce qui est hilarant.Je disais que c\u2019était le plus beau compliment qu\u2019on puisse of frir à une femme blanche, de la prendre pour une femme noire.Puis j\u2019ai vu le documentaire 13 th [sur l\u2019incarcération de masse de citoyens afro-américains] et j\u2019ai décidé que ma blague minimisait la douleur de l\u2019expérience noire aux États-Unis.Mes intentions ne se voulaient pas blessantes, mais malgré tout, je ne pouvais pas, en toute connaissance de cause, faire cette blague-là.» « Donc, pour répondre à la question, poursuit-elle, je ne pense pas qu\u2019une blague puisse être intrinsèquement trans- phobe.Je pense par contre que la majorité des humoristes straight qui font des blagues sur des personnes trans ne déploient pas l\u2019ef for t nécessaire pour comprendre l\u2019expérience trans.Ce qui est très paresseux.» Même si elle admet que la vindicte populaire 2.0 contribue par fois à crucifier celui qui s\u2019est mis le pied dans la bouche en toute bonne foi, Tranna Wintour croit qu\u2019un minimum d\u2019empathie, et de capacité à reconnaître ses torts, immunisera quiconque contre un réel lynchage.« L\u2019avenir et l\u2019argent se trouvent dans la diversité de toute façon, conclut Thomas Leblanc.Ce que Sugar Sammy a fait au Québec, c\u2019est incroyable : un \u201cbrown guy\u201d de Côte-des- Neiges qui devient une vedette partout dans la province, sans l\u2019aide d\u2019une machine, ça me rend fier des Québécois.» Collaborateur Le Devoir CRAZY SEXY 90\u2019S Du 20 au 22 juillet à 22 h, au Wiggle Room L\u2019humour queer est-il vraiment courageux ?Thomas Leblanc et Tranna Wintour témoignent d\u2019un nouvel humour montréalais de la diversité La langue de Molière a-t-elle des limites qui ouvrent la porte aux emprunts ?Cet été, Le Devoir se penche sur certains mots anglais récents de plus en plus utilisés en français et qui n\u2019ont pas trouvé d\u2019équivalent juste dans notre langue.Aujourd\u2019hui : queer.COMMENT LE DIRE ?Queer, un flou clair pour les minorités sexuelles Chronologie du terme Dans la langue anglaise À partir du XVIe siècle, queer intègre le vocabulaire courant en Grande-Bretagne, signifiant bizarre, étrange ou excentrique.Il apparaît d\u2019ailleurs dans l\u2019expression « in Queer Street », qui veut dire se trouver dans l\u2019embarras financier.Il n\u2019a alors aucun lien avec les personnes homosexuelles.Dans les insultes Au tournant du XXe siècle, le mot devient de plus en plus populaire pour parler des hommes qui sont efféminés.Traiter un homme de queer était une façon de l\u2019accuser d\u2019actes sexuels jugés dépravés.Dans la rue Vers la fin des années 1980, la ré- appropriation s\u2019amorce.Les militants de Queer Nation expliquent ainsi l\u2019adoption de l\u2019insulte : «Employer queer est une façon de nous rappeler comment nous sommes perçus par le reste du monde.» Dans les écrits universitaires Lorsque la philosophe et théoricienne du genre Judith Butler publie en 1990 Gender Trouble, son ouvrage phare, c\u2019est le raz-de-marée dans les champs d\u2019études féministes.L\u2019essai servira de base à la « théorie queer», terme pondu par l\u2019auteure et théoricienne italo-américaine Teresa de Lauretis en 1991.Le mot y est alors employé par souci d\u2019inclusion, par opposition à «gay and lesbian».Dans la culture pop Au début des années 2000, queer devient un synonyme de gai.Des émissions comme Queer Eye for the Straight Guy et Queer as Folk sont diffusées sur les grandes chaînes.PEDRO RUIZ LE DEVOIR Tranna Wintour et Thomas Leblanc célébreront cette semaine les femmes de la pop des années 1990 dans Crazy Sexy 90\u2019s.Si t\u2019organises un show et que ce ne sont que des gars blancs straight sur l\u2019affiche, t\u2019es complètement déconnecté Tranna Wintour « » MARK BLINCH LA PRESSE CANADIENNE La parade Pride de Toronto, le 25 juin dernier.«C\u2019est dif ficile de ne pas genrer les choses», dit la militante Gabrielle Bouchard, qui croit tout de même que notre vocabulaire pourrait changer. ans le débat de plus en plus international sur la décri- minalisation du cannabis, ce n\u2019est pas peu dire que l\u2019Uruguay est à l\u2019avant-garde.Avec l\u2019adoption en 2013 d\u2019une loi légalisant la marijuana, il est devenu le premier pays au monde à autoriser pleinement sa production et sa vente à des ?ns récréatives et à le faire sous contrôle de l\u2019État.La loi est ?nalement entrée en application mercredi, près de quatre ans plus tard, avec la possibilité d\u2019acheter en pharmacie dix grammes de cannabis par semaine au maximum, au prix \u2014 inférieur à celui du marché noir \u2014 de 1,30 $US le gramme, de manière à couper l\u2019herbe sous le pied des tra?quants de drogue.Petit pays sud-américain de 3,5 millions, l\u2019Uruguay est avant-gardiste à plus d\u2019un titre.Il est of?ciellement laïque depuis 1919.La peine de mort y a été abolie en 1907 et les femmes y ont le droit de vote depuis 1927.Le mariage gai a été légalisé en 2012 en même temps que, la même année, l\u2019avortement a été dépénalisé, encore qu\u2019à certaines conditions.La légalisation du cannabis va dans le sens de cette culture progressiste.En l\u2019occurrence, le gouvernement de gauche au pouvoir à Montevideo a pris son temps et pris des précautions.Il fallait s\u2019inscrire sur un registre de consommateurs pour pouvoir faire pousser des plants chez soi ou acheter de la marijuana.Et pour éviter que le pays ne se transforme en «mecque du cannabis», il a été convenu que seuls les citoyens uruguayens allaient pouvoir se prévaloir de la loi.N\u2019empêche que la législation a suscité une énorme polémique dans la société uruguayenne, à commencer par le débat autour du fait que le pharmacien se trouverait à devenir pusher, pour ainsi dire.On peut toutefois concevoir que les réticences s\u2019apaiseront si la loi réussit dans les faits à étouffer le marché illicite et à réduire la criminalité.La nouvelle loi s\u2019inscrit en tout cas dans un large mouvement qui se dessine en Amérique latine pour constater l\u2019échec de la « guerre contre la drogue » soutenue par Washington et pour promouvoir une approche qui passe moins par la répression que par les dé?s de santé publique et de traitement des toxicomanies.Des pays comme la Colombie, le Guatemala, le Mexique et l\u2019Argentine remettent aujourd\u2019hui en question, à divers degrés, une approche répressive dont les coûts sociaux s\u2019avèrent exorbitants.Ce n\u2019est pas trop tôt.Pour le Canada, qui se prépare à lui emboîter le pas d\u2019ici le milieu de 2018, l\u2019Uruguay est forcément un laboratoire dont il faudra surveiller l\u2019expérience.Au Conseil de la fédération, Philippe Couillard a présenté sa Politique d\u2019af firmation, qui rappelle l\u2019importance de procéder à des modifications constitutionnelles afin de satisfaire les revendications du Québec.Dans un climat de bonne entente, ses homologues des autres provinces, rassurés par un premier ministre québécois qui ne cache pas son attachement indéfectible au Canada, ont montré de l\u2019ouverture, d\u2019autant plus qu\u2019ils savent bien qu\u2019ils n\u2019ont rien à craindre de ce côté après la fin de non-recevoir servie par Justin Trudeau.a fédération est « chanceuse » d\u2019avoir Philippe Couillard comme premier ministre du Québec, a af?rmé le premier ministre de la Nouvelle- Écosse, Stephen McNeil.Son homologue de la Saskatchewan, Brad Wall, qui voudrait bien qu\u2019Ottawa pro?te de la révision, en 2019, du programme de péréquation pour couper les vivres au Québec, s\u2019est réjoui que la Politique d\u2019af?rmation du Québec, intitulée Québécois, notre façon d\u2019être Canadiens, ne ?xe aucun échéancier.«Dieu merci qu\u2019un tel document ait été présenté par un premier ministre fédéraliste comme Couillard», a-t-il dit.À la suite d\u2019une brève présentation par le premier ministre du Québec devant ses pairs mardi matin, Brad Wall a af?rmé qu\u2019il jugeait «raisonnable» que des négociations puissent se tenir un jour a?n que le Québec, ce «partenaire fondateur», puisse apposer sa signature au bas de la Loi constitutionnelle de 1982.Un jour lointain, doit-on comprendre.Sur cet enjeu, le premier ministre de Terre- Neuve-et-Labrador, Dwight Ball, qui était aux côtés de Philippe Couillard, mercredi, pour annoncer une entente bilatérale entre le Québec et sa province, a tout simplement rappelé que Justin Trudeau avait fermé la porte à toute mo- di?cation à la Constitution.La question ne se pose donc pas.Ça tombe bien : Philippe Couillard n\u2019a pas l\u2019intention de forcer les choses et ne montre aucun empressement à imposer un quelconque échéancier.Il a même évoqué le fait que ce pourrait être un autre premier ministre que lui qui pourrait s\u2019asseoir un jour à la table des négociations.Devant ses homologues, c\u2019est plutôt à un exercice pédagogique que Philippe Couillard s\u2019est prêté.Il n\u2019a fait que jeter les bases d\u2019une « compréhension commune » de la position du Québec, comme l\u2019indique la politique, dans une démarche de « rapprochement » entre les Québécois et les Canadiens, démarche chère à son ministre responsable des Relations canadiennes, Jean-Marc Fournier.En sens, Philippe Couillard, qui ne fait peur à personne au sein de cet aréopage et à qui on ne prête aucune intention cachée, a rempli ses objectifs, aussi modestes \u2014 et réalistes \u2014 fussent-ils.En revanche, l\u2019intention d\u2019Ottawa, annoncée vendredi par la ministre de la Justice, Jody Wilson-Raybould, de traiter de «gouvernement à gouvernement» avec les autochtones a soulevé l\u2019appréhension des provinces, à commencer par celle du Québec.Le Devoir a appris que les juristes du Secrétariat des affaires intergouvernementales canadiennes (SAIC) s\u2019affairaient à déterminer si la volonté fédérale de poursuivre « le processus de décolonisation» en traitant de gouvernement à gouvernement avec les Premières Nations et les Inuits \u2014 ce qui passe par l\u2019abolition de la Loi sur les Indiens \u2014 peut se matérialiser sans changements constitutionnels.Philippe Couillard croit à première vue que non.Or, comme Justin Trudeau n\u2019a aucune intention de rouvrir la Constitution, force est de constater qu\u2019Ottawa juge que la Couronne jouit de toute la latitude pour aller de l\u2019avant.L E D E V O I R , L E J E U D I 2 0 J U I L L E T 2 0 1 7 A 6 EDITORIAL L E T T R E S La maternelle à 4 ans à travers le monde ?Le mois dernier, le gouvernement Couillard a décidé d\u2019ouvrir 100 nouvelles classes de maternelle pour les enfants de quatre ans en milieu défavorisé.En fait, l\u2019apprentissage au cours de ces premières années de vie est primordial pour donner à chacun sa chance de réussir plus tard dans la vie.Or, il se trouve que la même réalité se reflète dans le monde en développement.Quand les jeunes enfants sont stimulés intellectuellement, ils réussissent mieux.Les effets sont encore plus frappants chez les filles : une fille qui est soutenue en bas âge a de plus for tes chances de passer au secondaire, et pour chaque année supplémentaire de scolarité au secondaire, ses revenus augmenteront de 10 à 20 %, ce qui fait augmenter le PNB de tout le pays.Vu que le gouvernement de M.Trudeau L I B R E O P I N I O N B É A T R I C E V A U G R A N T E Directrice générale, Amnistie internationale Canada francophone Je ne souhaite pas évoquer ici l\u2019énorme iceberg qui vient de se détacher ni les causes et les conséquences de cette dérive.Mais j\u2019ai plusieurs fois pensé à cette métaphore, la grande faille et la dérive, pour ce qui touche le dossier Omar Khadr.Un État de droit Bien entendu, j\u2019accepte les débats portant sur le montant du dédommagement qui lui a été accordé.Mais je suis encore saisie devant le flot d\u2019injures, de faussetés, d\u2019amalgames, de jugements sans fondements, de comparaisons boiteuses qui lui sont adressés ou qui conspuent la décision du gouvernement de présenter des excuses et une compensation pour les nombreuses années au cours desquelles tant les actions que l\u2019inaction du Canada ont contribué aux graves violations de ses droits subies dès 2002.Avec le temps, le dévoilement de ce qu\u2019est Guantánamo, le retour au Canada, trois jugements de la Cour suprême du Canada, sa libération, les dossiers précédents (Omar Khadr est la 6e personne à qui sont offertes excuses et compensation de la part du Canada)\u2026 et un autre jugement récent en sa faveur qui rejette le gel des avoirs, j\u2019espérais qu\u2019un certain apprentissage collectif aurait fait avancer notre propre engagement sur l\u2019importance des droits pour tous, sans exception.La juge, la semaine dernière, a cru bon de préciser qu\u2019il n\u2019y avait pas de loi pour Omar Khadr et d\u2019autres pour les Canadiens.Voilà la faille.Il semble que nous ne sommes pas tant attachés à un État de droit.Nous nous faisons juges et, selon la situation, le nom, les circonstances, nous clamons que, par exemple, oui, nous pouvons torturer et détenir arbitrairement une personne pendant des années ; oui, un procès où les droits de la défense sont réduits est acceptable ; oui, de l\u2019information obtenue sous la torture et les mauvais traitements est recevable ; oui, nous pouvons accuser de crime de guerre une personne, et même un mineur, d\u2019avoir tué un soldat américain lors d\u2019un conflit, et nous en ferons un exemple\u2026 [\u2026] Et oui à une approche démesurée et non supervisée sur la sécurité nationale qui fait fi de la protection universelle des droits de la personne.Tout cela n\u2019est pas acceptable ! Ni pour Omar Khadr ni pour chacun et chacune d\u2019entre nous.Ni ici ni ailleurs.[\u2026] Protéger un mineur Le Canada a largement failli à protéger les droits d\u2019un Canadien mineur.Amnistie internationale a fait part de ses inquiétudes au gouvernement canadien dès octobre 2002 alors qu\u2019Omar Khadr était toujours détenu par les Forces armées américaines à la base aérienne de Bagram.Pendant tout le temps de détention d\u2019Omar Khadr à Guantánamo, aux plus hauts échelons politiques, le gouvernement précé- dent a refusé de prendre la défense des droits d\u2019un citoyen canadien et, pendant des années, n\u2019a offert aux médias, au Parlement et aux tribunaux que des propos incendiaires plutôt que de faire de véritables efforts pour lui venir en aide.Et ces propos incendiaires continuent.Il était temps que le Canada répare et envoie un signe for t pour que nous retrouvions notre sens d\u2019un État de droit qui clame : Non à la torture et aux mauvais traitements, en toutes circonstances ; Non aux détentions arbitraires ; Non aux procès inéquitables dans des instances de justice qui ne respectent pas les normes internationales et canadiennes ; Non aux doubles standards et à la discrimination ; Non aux enfants soldats, quels que soient le nom, le pays et l\u2019âge ; Non à l\u2019impunité bien trop courante quand il s\u2019agit de violations de droits et de sécurité nationale ; Non à une approche débridée et non contrôlée des questions de sécurité nationale.Pour chacun et chacune d\u2019entre nous, notre accès aux droits, à la justice, à la vérité et à la réparation, à la réhabilitation, surtout des personnes mineures, de façon équitable, sans détention arbitraire et sans torture ni mauvais traitements, c\u2019est la base d\u2019un État de droit.Cette dérive vers la justice à la carte m\u2019inquiète.Nous n\u2019enlevons rien aux soldats canadiens en rendant enfin justice et réparation à Omar Khadr.Nous ne faisons que réparer une faille béante dans notre système de justice afin de ne pas nous laisser dériver dangereusement et irrémédiablement vers le règne de l\u2019arbitraire, de la peur et des discriminations.OMAR KHADR Une grande faille et la dérive FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente du développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-président des ventes publicitaires MARK DROUIN Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Directeur de l\u2019information numérique FLORENT DAUDENS Adjoints PAUL CAUCHON, LOUIS GAGNÉ, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET vient d\u2019adopter une politique d\u2019aide internationale féministe, espérons qu\u2019il saura faire se faire l\u2019émule de monsieur Couillard et qu\u2019il contribuera à la multiplication des classes pour la petite enfance dans les pays en développement.Jean-François Tardif Gatineau, le 18 juillet 2017 Montréal, la Monaco des pauvres Voilà qu\u2019après les éternels travaux de réfection des rues de Montréal, qui occasionnent des congestions monstres, des détours sans fin, des dif ficultés de stationnement, des per tes de temps inouïes, voilà qu\u2019après les marathons et les tours cyclistes de tous acabits qui paralysent la libre circulation des citoyens, des touristes, des compagnies de transport, des personnes à mobilité réduite dont je fais partie, on ajoute 12 jours de préparation et de per turbations d\u2019un NÉGOCIATIONS CONSTITUTIONNELLES Ce n\u2019est pas demain la veille URUGUAY Cannabis étatisé L D GUY TAILLEFER ROBERT DUTRISAC concert infernal de machinerie, d\u2019installation de barrières de sécurité, avec la tenue, pour au moins trois ans, en plein centre-ville, de la Formule E.On ne saurait être contre la vertu.Il est louable qu\u2019on fasse la promotion des voitures électriques.J\u2019imagine également que cet événement apportera une visibilité à Montréal et des retombées économiques dont elle a bien besoin.Mais est-ce toujours aux irréductibles Montréalais d\u2019assumer la note ?Hélas ! Montréal n\u2019est pas Monaco.Le boulevard René-Lévesque, dont on parfait le revêtement pour la Formule E, n\u2019est pas Monte-Carlo.Serait-il far felu de suggérer que l\u2019an prochain, au lieu de paralyser le cen- tre-ville, on utilise le circuit Gilles-Vil- leneuve pour l\u2019événement ?À tout le moins qu\u2019on pense à un circuit dans une périphérie montréalaise moins névralgique ?André Bisaillon, un citoyen excédé Montréal, le 18 juillet 2017 L E D E V O I R , L E J E U D I 2 0 J U I L L E T 2 0 1 7 A 7 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon (chef de division), Robert Dutrisac, (éditorialiste), Michel Garneau et Pascal Élie (caricaturistes), Jacques Nadeau (photographe), Olivier Zuida (recherchiste photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division et reporter), Stéphane Baillargeon (généraliste), Gérald Dallaire (pupitre), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Jean Dion (sports), Marco Fortier (éducation), Lisa-Marie Gervais (diversité), Pauline Gravel (sciences), Jessica Nadeau (éducation).Alexandre Shields (environnement); information politique : Michel David (chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Marie-Michèle Sioui (correspondants parlementaires à Québec) Dave Noël (recherche), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec); information culturelle : Guillaume Bourgault-Côté (politiques culturelles), Julie Carpentier (pupitre), Fabien Deglise (livres), Catherine Lalonde (arts vivants), François Lévesque (écrans),Caroline Montpetit (arts vivants), Philippe Papineau(médias); information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l\u2019information), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Benoît Munger (pupitre); information internationale : Guy Taillefer (chef de division et éditorialiste); section art de vivre : Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); cahiers spéciaux : Aude Marie Marcoux (responsable); équipe numérique : Laurence Clavel, Guillaume St-Hilaire et Geneviève Tremblay (pupitres); correction : Andréanne Bédard, Christine Dumazet et Michèle Malenfant (correctrices) ; soutien à la rédaction : Amélie Gaudreau (coordonnatrice à la rédaction), Jean-Philippe Proulx (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa).PUBLICITÉ Charleyne Bachraty (adjointe au vice-président), Marlène Côté, Évelyne De Varennes, Amel Elimam, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (directrices de comptes), Alain Tréhout (directeur créativité média), Amélie Maltais (commis aux avis légaux), Alessandra Tantalo et Laurence Hémond (coordonnatrices publicitaires).PRODUCTION Caroline Desrosiers, Yannick Morin, Anthony White et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web), Jean-François Côté (analyste programmeur), Luc Girard (technicien informatique), Solène M.Hébert (développeuse Web).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Catherine Gentilcore (coordonnatrice marketing, communications et relations publiques), Sébastien Beaupré (coordonnateur service à la clientèle), Manon Blanchette, Caroline Filion, Nathalie Filion, Isabelle Sanchez (préposées au service à la clientèle).ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Mélisande Simard (adjointe administrative et responsable des ressources humaines), Florentina Draghici (technicienne comptable), Véronique Pagé (responsable du crédit).L U C B .D E P A S S I L L É Saint-Augustin-de-Desmaures epuis plusieurs jours, les médias débordent d\u2019interviews mettant en scène des représentants du Centre culturel islamique de Québec (C.C.I.Q.).Ceci avec raison, en particulier quand on pense au geste disgracieux dont a été victime ce groupe de pratiquants musulmans de la région de Québec.Rares sont les Québécois qui ne désapprouvent pas l\u2019envoi de colis haineux du type de celui que viennent de recevoir leurs concitoyens du C.C.I.Q.Par contre, en ce qui concerne la volonté de ces derniers de posséder un cimetière à Saint- Apollinaire, les partisans du «non» ont été moins questionnés par les journalistes que ceux du « oui ».Il convient donc de tenter de rétablir un certain équilibre en cette matière.En ef fet, il n\u2019est pas utopique de penser qu\u2019une proportion importante des Québécois, sinon une majorité, est pour l\u2019interculturalisme et contre la ghettoïsation.Dans un tel contexte, ne pourrait- on pas affirmer que les Québécois ne voudraient plus, par exemple , reven ir à l\u2019époque des tavernes, d\u2019où les femmes étaient exclues.De la même façon, ils ne voudraient pas d\u2019un organisme sans but lucratif qui n\u2019aiderait que les miséreux catholiques, ou blancs, en laissant dans la rue les laissés pour compte noirs ou juifs.Ou encore, probablement n\u2019éliraient-ils pas un maire qui leur proposerait de mettre en place des quartiers où ne pourraient résider que des aînés, d\u2019où les jeunes familles et les enfants seraient exclus.Options inclusives Bien qu\u2019une telle affirmation soit intuitive, il n\u2019est pas utopique de penser que les Québécois aspirent plus à des options inclusives qu\u2019à des choix fondés sur l\u2019exclusivité.Si on accepte ce postulat, ne peut-on pas en conclure que les Québécois sont inclusifs, quand ils invitent leurs concitoyens à partager avec eux leurs cimetières?À l\u2019inverse, est-ce que ne sont pas exclusifs ceux qui insistent pour posséder leur propre cimetière, à eux seuls, à Saint-Apollinaire, après avoir refusé l\u2019invitation qui leur est faite de partager celui déjà existant, à Saint-Augustin-de-Des- maures, et où d\u2019autres citoyens musulmans se sont entendus avec le propriétaire?Les partisans du cimetière religieux exclusif peuvent bien sûr évoquer des exigences liées à des préceptes religieux particuliers.Les exemples avancés sont l\u2019enlignement des corps vers un lieu donné, ou la nécessité de posséder un droit de séjour à perpétuité plutôt qu\u2019en vertu d\u2019un bail à long terme.Or, dans n\u2019importe lequel lieu de sépulture inclusif et ouvert, on peut très bien acquiescer à de telles demandes.À défaut d\u2019avoir des propriétaires de cime- t ières d isposés à of fr ir par exemple des contrats à perpétuité, plutôt qu\u2019à long terme, i l est fac i le d\u2019 imaginer que le législateur puisse agir promptement pour combler la lacune, dans un esprit d\u2019inclusion et de partage, plutôt qu\u2019en encourageant l\u2019approche des ghettos, sous prétexte de droits, que ceux-ci soient religieux ou pas.À chacun son cimetière ?J E A N R I O P E L Ex-travailleur de l\u2019industrie funéraire, Joliette a saga du cimetière musulman n\u2019a pas fini de hanter les débats et les consciences.Elle ramène dans l\u2019actualité des enjeux très importants.Certains sont traités avec plus ou moins de pragmatisme, tandis que d\u2019autres sont carrément évacués ou ignorés.Le domaine funéraire et son industrie ne sont pas des sujets très vendeurs pour les médias en général.Néanmoins, certains d\u2019entre eux y ont consacré des articles et des dossiers qui ont contribué à lever le voile sur une industrie qui prospère généralement à l\u2019abri des regards.Le principal enjeu qui devrait nous préoccuper présentement est d\u2019ordre démographique, la génération des baby-boomers nous quittera dans les prochaines décennies.Le vieillissement de la population qui nous est souvent présenté comme un défi incontournable n\u2019est pas sans conséquence pour l\u2019industrie funéraire et les cimetières.Au Québec, la très grande majorité des cimetières, à l\u2019instar du cimetière actuel de Saint-Apollinaire, sont de confession catholique et sont gérés par l\u2019église et les fabriques.Il existe d\u2019autres cimetières confessionnels, juifs et protestants, et ces deux seules confessions complètent pratiquement le portrait.Un portrait fidèle à nos origines et à notre histoire, l\u2019installation de ces cimetières date souvent de plus d\u2019une centaine d\u2019années.Ils appartiennent aujourd\u2019hui à notre patrimoine funéraire.Devant une telle réalité, il est logique de penser que le temps est désormais venu de permettre l\u2019aménagement de cimetières de confession musulmane.Les raisons qui font que très peu de ces cimetières existent actuellement sont fort simples, la présence de plus en plus grande de citoyens de confession musulmane est un phénomène assez récent et chez plusieurs familles, le rapatriement vers le pays d\u2019origine représente souvent la meilleure solution.Cette pratique du rapatriement est cependant coûteuse et complexe, et il est fort probable qu\u2019elle sera progressivement abandonnée.La situation des cimetières musulmans se résume actuellement à la grande région métropolitaine et un seul cimetière strictement musulman est exploité.Toutes les autres options qui s\u2019of frent à la communauté sont situées dans des cimetières privés que l\u2019on peut qualifier de multiconfessionnels.Importance des cimetières privés Cette situation souligne l\u2019importance des cimetières privés, autant dans la gestion du défi démographique qui nous attend que dans celui de la diversité des croyances et des religions.Il faut bien comprendre que la gestion de la majorité de nos cimetières par l\u2019Église catholique est souvent problématique.À l\u2019exception des gros joueurs, la plupart des cimetières catholiques sont en difficultés financières, et leur offre risque d\u2019être insuffisante dans plusieurs régions et municipalités.Il est bon de rappeler que ces préoccupations sont présentes pour les citoyens et citoyennes de Saint-Apollinaire, alors que les concessions disponibles dans leur cimetière catholique seront rapidement épuisées.La solution, pour la communauté musulmane de la région de Québec, repose sur la possibilité d\u2019établir des sections distinctes dans des cimetières privés existants (une solution qui est déjà accessible).L\u2019intervention des instances politiques est certes souhaitable, mais il n\u2019en demeure pas moins que c\u2019est à la Ville de Québec que revient la responsabilité de satisfaire les besoins de sa communauté.Les aspects réglementaires et légaux sont également incontournables.Un projet de cimetière est complexe et sa pérennité doit être garantie.L\u2019établissement d\u2019un cimetière fait du terrain utilisé un bien immobilier inaliénable et insaisissable.La première autorisation nécessaire émane du ministère du Développement durable, de l\u2019Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques.Cette étape peut se révéler problématique, particulièrement s\u2019il s\u2019agit d\u2019y inhumer des corps (embaumés ou non).L\u2019industrie funéraire à proprement parler, et les cimetières par la même occasion, sont régis par le ministère de la Santé et des Ser vices sociaux.Les règles sont nombreuses tant sur les aspects sanitaires que matériels, structurels et financiers.Sur la question de l\u2019établissement d\u2019un cimetière musulman dans la région de Québec, l\u2019aspect confessionnel doit être abordé dans sa globalité.Notre patrimoine funéraire qui représente un héritage précieux a pu s\u2019établir, à l\u2019époque, sur des bases confessionnelles solides et prospères.Dans notre société, ces ingrédients font désormais défaut et il devient de plus en plus urgent de s\u2019adapter à ces nouvelles réalités.S\u2019il est tout à fait légitime pour les personnes de confession musulmane de pouvoir compter sur une of fre de cimetière conséquente, il faudrait également tenir compte des besoins de tous ceux et celles qui opteraient pour une solution non confessionnelle.Une approche nécessaire et rassembleuse qui devrait faire l\u2019objet du présent débat.Le cimetière des préjugés F A H A D K A F O U D Ambassadeur du Qatar au Canada u jour au lendemain, trois pays du Golfe (l\u2019Arabie Saoudite, les Émirats arabes unis et le Bahreïn) avec l\u2019Égypte ont décidé de déclarer une guerre diplomatique, économique et médiatique à un pays voisin et partenaire au Conseil de coopération du Golfe, qui est aux prises avec un séisme violent comme il n\u2019en a jamais vécu depuis sa création il y a 36 ans.Les trois pays se sont tournés également vers d\u2019autres contrées loin de la région et de ses interactions pour les pousser à se solidariser avec eux et à rompre leurs relations avec le Qatar, moyennant les outils du bâton et de la carotte.Ces pays-là n\u2019ont fait que créer, de leur propre chef, de nouvelles zones de tension ouvertes à toutes les probabilités et faire porter aux diplomaties des grandes puissances un autre fardeau susceptible de disperser l\u2019intérêt international des affaires majeures et cruciales que connaît le monde.[\u2026] La région du Golfe, et du Moyen-Orient en général, a-t-elle besoin d\u2019une nouvelle crise qui s\u2019ajoute aux crises éternelles et récentes que la communauté internationale n\u2019est pas encore parvenue à résoudre ?Le Conseil de coopération du Golfe (CCG) a toujours été un modèle de stabilité, et son rôle est requis pour préserver la sécurité régionale et la paix mondiale, mais les « pays de l\u2019embargo » avaient une opinion dif férente.Ils voulaient non seulement abuser de la stabilité de la région, mais aussi causer un chaos qui perturberait les liens entre les sociétés du Golfe et créer une dissension entre les peuples de la région, en plus de violer leurs droits fondamentaux en tant que personnes d\u2019abord, puis en tant que citoyens et résidents dans ces pays.[\u2026] Couper des liens familiaux Ceux qui ont connu ou vécu dans la région du Golfe connaissent très bien la structure démographique et sociale des six pays du CCG et sont conscients sans aucun doute des conséquences graves de ces décisions, comme celles prises par les pays de l\u2019embargo contre les peuples de la région et non seulement le Qatar.Les liens familiaux dans les pays du Golfe sont entremêlés et complexes, puisqu\u2019une famille ou une tribu peut être dispersée sur plus d\u2019un seul pays.Nos parents et nos leaders qui ont pensé à créer le CCG voulaient préserver la cohésion des pays du Golfe et inciter les politiciens à rester unis et à s\u2019entraider, quel que soit le malentendu qui pourrait naître ici ou là.Or, les pays de l\u2019embargo ont décidé de couper le cordon de ces liens et d\u2019entraîner les citoyens de la région dans la confusion et la tension.[\u2026] Quand je parle des liens familiaux entremêlés et complexes dans le Golfe, je fais allusion aux mariages mixtes entre les citoyens des six pays, et que ces trois pays aient décidé d\u2019expulser tous les Qataris, sans exception aucune, et intimé l\u2019ordre à leurs ressortissants de quitter le Qatar signifie logiquement que de nombreuses familles risquent d\u2019être éparpillées, et cela était malheureusement le cas lorsque des enfants, issus de mariages mixtes, se sont retrouvés devant des cas de « divorce forcé ».Si ces enfants ont la citoyenneté qatarie, ils doivent quitter les trois pays en compagnie d\u2019un seul parent, et s\u2019ils ont la nationalité des « pays de l\u2019embargo», ils sont obligés de quitter le Qatar, privés de leur père ou de leur mère.Le départ de tout citoyen du Golfe du pays où il réside à cause de ces mesures signifie qu\u2019il perd un emploi et une vie stable ; de plus, la mère ou le père privé des siens ne trouvera plus le moyen de subvenir aux besoins de sa famille, puisque les autorités des « pays de l\u2019embargo » ont décidé d\u2019interdire les transfer ts d\u2019argent en provenance et en direction du Qatar, et aussi de bloquer les services postaux et les autres transactions commerciales.[\u2026] À cause des décisions des « pays de l\u2019embargo », des centaines d\u2019étudiants étaient obligés d\u2019interrompre leurs études, bien que la plupart d\u2019entre eux se préparaient pour les examens de fin d\u2019année ou peut-être pour la remise des diplômes, mais ils ont dû partir sans aucune considération pour leur condition.Il convient de souligner que le gouvernement du Qatar a refusé depuis le début d\u2019appliquer ces traitements inhumains aux citoyens des « pays de l\u2019embargo» qui résident ou travaillent au Qatar, mais il les a autorisés à y rester s\u2019ils le voulaient et à garder leurs emplois.[\u2026] Le même préjudice a atteint les investisseurs qataris, en particulier ceux qui possèdent des biens immobiliers ou des fermes, surtout en Arabie Saoudite ou aux Émirats.Ils se sont donc retrouvés obligés de partir et d\u2019abandonner leurs biens sans même pouvoir les récupérer, ni s\u2019occuper de leur bétail depuis qu\u2019ils ont été obligés de s\u2019en séparer, ni s\u2019enquérir de l\u2019état des dizaines ou centaines de travailleurs étrangers dont les employeurs qataris n\u2019ont plus aucun moyen de renouveler le visa de résidence dans ces pays à cause de l\u2019embargo qui leur est imposé.Même les morts n\u2019ont pas échappé à cette «guerre» déclarée au Qatar, puisque plusieurs familles qataries ont perdu un parent dans l\u2019un de ces pays, mais sont dans l\u2019incapacité totale: elles ne peuvent pas rapatrier le cercueil de leur défunt de ces pays parce qu\u2019elles sont désormais persona non grata, et elles ne sont pas non plus autorisées à assister aux funérailles.[\u2026] Même si le Qatar paraît tolérant et insiste sur un dialogue sérieux entre les différentes parties, il ne permettra aucune atteinte à ses citoyens ni à sa souveraineté.Devant l\u2019obstination des «pays de l\u2019embargo» à continuer dans l\u2019erreur, un comité a été formé par le Qatar pour exiger des dédommagements.De son côté, la Commission qa- tarie des droits de la personne a recruté un bureau international d\u2019avocats afin qu\u2019il prenne en charge les dossiers des victimes de l\u2019embargo, qu\u2019ils soient qataris ou résidents, ainsi que les citoyens des pays de l\u2019embargo qui ne sont pas moins affectés.[\u2026] La crise du Golfe et ses retombées humanitaires D D L YAN DOUBLET LE DEVOIR Au Québec, la très grande majorité des cimetières sont de confession catholique et sont gérés par l\u2019église et les fabriques.Il existe d\u2019autres cimetières confessionnels, juifs et protestants, et ces deux seules confessions complètent pratiquement le portrait.Il n\u2019est pas utopique de penser que les Québécois aspirent plus à des options inclusives qu\u2019à des choix fondés sur l\u2019exclusivité L E D E V O I R , L E J E U D I 2 0 J U I L L E T 2 0 1 7 A 8 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par courriel publicite@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3452 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Par courriel petitesannonce@ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4 Berri-UQAM Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com A C T U A L I T É S Rectificatif Contrairement à ce qui était écrit dans l\u2019article «Plaidoyer pour préserver l\u2019exception culturelle dans l\u2019ALENA», publié mercredi en une, Sylvie Lussier n\u2019est pas présidente de la Société des auteurs de radio, télévision et cinéma (SAR- TEC).Elle l\u2019a été de 2008 à 2014, et le président actuel est Mathieu Plante.Mme Lussier représente toutefois le syndicat d\u2019auteurs dans le dossier de la renégociation de l\u2019ALENA.Jusqu\u2019ici, le gouvernement a versé près de 26 millions de dollars en indemnisations et les mesures annoncées mercredi devraient ajouter environ 15 millions à la facture totale, ce qui devrait porter cette dernière à quelque 365 millions, selon les évaluations du ministère.Près de 5000 réclamations ont été reçues par les autorités.De ce nombre, 1072 sinistrés ont reçu le rapport d\u2019inspection et peuvent donc amorcer les travaux.Les rapports devraient être remis aux propriétaires d\u2019ici quatre semaines.Quartiers rebâtis En plus de vouloir satisfaire les sinistrés, le gouvernement entend également contenter les municipalités qui avaient aussi exprimé leurs craintes.À Gatineau, le maire Maxime Pedneaud-Jo- bin avait envoyé une lettre au ministre Coiteux où il disait craindre « la disparition de quartiers, à petit feu, au gré des prochaines inondations » avec le décret proposé.Québec a donc décidé de permettre aux municipalités de déposer une demande de dérogation collective pour éviter le dépeuplement des quartiers.«Pour éviter une dévitalisation ou une déstructuration d\u2019un quartier complet, on permet à la municipalité, pour autant que certains critères soient respectés, de faire une telle demande de dérogation collective», a expliqué Martin Coiteux.Mercredi le maire Pedneaud-Jobin n\u2019a pas souhaité commenter.« Il veut prendre le temps d\u2019examiner correctement le décret », a expliqué son attachée de presse, Laurence Gillot.Loin d\u2019une vision à long terme L\u2019assouplissement de Québec à son décret interdisant la reconstruction dans les zones inondables montre une certaine responsabilisation, mais est loin de présenter une vision a long terme estiment toutefois des experts.«On est encore en mode gestion de crise et ça sent l\u2019improvisation totale.J\u2019ai plutôt l\u2019impression qu\u2019on prend des décisions en fonction des prochaines élections », lance Philippe Gachon, professeur à l\u2019Université du Québec à Montréal et titulaire de la Chaire de recherche stratégique sur les risques hydrométéorologiques liés aux changements climatiques au Canada.M.Gachon déplore que six ans après les inondations dans la vallée du Richelieu, le gouvernement semble être à la case dépar t pour gérer la reconstruction.« Les cris des sinistrés sont légitimes, mais le gouvernement continue à répondre à leurs demandes avec une vision à cour t terme.On a peut-être annoncé des critères pour immuniser les maisons, mais a-t-on réfléchi à l\u2019avenir de ces zones où les scénarios d\u2019inondations risquent de se répéter », questionne-t-il.Isabelle Thomas, profes- seure à la Faculté de l\u2019aménagement de l\u2019Université de Montréal est quant à elle rassurée de constater que le gouvernement a compris qu\u2019on ne peut plus rebâtir à l \u2019 identique.« Ça fait par tie des façons de conscientiser les propriétaires qu\u2019il y a un risque et qu\u2019ils doivent se responsabiliser», dit-elle.Trois grands chantiers Québec a rappelé qu\u2019il entend revoir l\u2019ensemble de sa politique de gestion des risques liés aux inondations et un forum de réflexion est prévu à cet effet l\u2019automne prochain.«La science nous enseigne qu\u2019il va y avoir plus d\u2019inondations et que ces inondations vont être plus violentes.Il faut qu\u2019on soit mieux préparés », a affirmé le ministre de l\u2019Environnement, David Heurtel, qui participait également à la conférence de presse.Les par ticipants se pencheront sur trois grands chantiers, soit la gestion par bassins versants des cours d\u2019eau, la révision de la cartographie des zones inondables et la planification urbaine.David Heurtel affirme que tout sera sur la table, incluant à la fois la possibilité d\u2019aménager des infrastructures additionnelles, dont des barrages et, à l\u2019autre extrémité, l\u2019analyse des possibilités d\u2019aménagement d\u2019« espace de liberté » des cours d\u2019eau, pour absorber les débordements.Les crues du printemps ont touché 278 municipalités, 5000 résidences inondées et plus de 4000 personnes évacuées.Avec La Presse canadienne Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 DÉCRET de raviver les inquiétudes et interrogations sur le sujet, selon les experts.Au Québec, 300 000 personnes seraient susceptibles de développer un trouble alimentaire, mais cela reste encore un tabou dans la société.À l\u2019heure actuelle, peu de films osent aborder de front ce type de maladie mentale, rappelle Janique Raymond-Migneault, responsable de la ligne d\u2019écoute et de références chez Anorexie et boulimie Québec, qui vient en aide gratuitement aux personnes souf frant d\u2019un trouble alimentaire.À cet égard, le plus grand mérite du long métrage de la réalisatrice américaine Marti Noxon est justement de parler du phénomène.« C\u2019est un bon départ, ça ouvre des discussions sur le sujet.Même si ça demeure un film romancé, une histoire, un seul point de vue», estime Mme Ray- mond-Migneault.« En parler normalise la présence de ces problèmes de santé », renchérit Jean-François Bélair, pédopsychiatre à l\u2019Institut universitaire en santé mentale Douglas, à Montréal.« Ça lève une partie de honte que ressentent souvent les personnes avec un trouble alimentaire.» Entre boulimie, anorexie, hyperphagie, ou encore orthorexie : les termes se multiplient dans la littérature pour nommer chaque trouble alimentaire.Le Dr Bélair espère que le film permettra à certains de se reconnaître et d\u2019aller chercher l\u2019aide dont ils ont besoin.Le risque de contagion Inquiète à l\u2019idée de voir le film dévoiler les astuces des personnages pour contrôler leur poids, Mme Raymond-Migneault se dit agréablement surprise après le visionnement.«On montre que le trouble n\u2019est pas un caprice, mais bien une maladie mentale, fait-elle remarquer.L\u2019accent est mis sur la souffrance, mais aussi le rétablissement, ça donne espoir et montre qu\u2019on peut en guérir.» Mais cela n\u2019enlève en rien le risque de contagion d\u2019une telle production, croit-elle, «comme c\u2019est toujours le cas avec les sujets sensibles», pré- cise-t-elle, faisant allusion à la controversée série Netflix 13 Reasons Why, qui aborde le suicide.De son côté, le Dr Bélair critique les images d\u2019extrême minceur dans To the Bone : «Les gros plans sur les os du dos d\u2019Ellen, c\u2019est vraiment \u201cconfrontant\u201d.» Il craint que cela interpelle les personnes vulnérables, qui, insatisfaites de leur image corporelle, pourraient se comparer au personnage principal joué par Lily Collins.«Est- ce que ça ne va pas les mettre au défi d\u2019aller plus loin?» s\u2019inquiète-t-il.Même son de cloche du côté de son collègue à l\u2019Institut Douglas, Howard Steiger.Le chef du programme des troubles de l\u2019alimentation raconte que plusieurs patientes lui ont déjà parlé de la maigreur d\u2019Ellen avant même que le film soit dif fusé.« L\u2019actrice [qui a déjà souffert de troubles alimentaires] a révélé que sa perte de poids pour ce rôle s\u2019est faite sainement, encadrée par des nutritionnistes\u2026 comme si une telle perte de poids pouvait vraiment se faire sainement», se désole-t-il.Un encadrement nécessaire?Si Netflix fait une mise en garde en affichant au bas de l\u2019écran dès les premières secondes que « ce film [\u2026] contient des scènes réalistes pouvant heurter certains téléspectateurs », cela ne suffit pas d\u2019après les experts.Tous s\u2019accordent sur le fait qu \u2019une discussion avec les proches ou un professionnel de la santé est nécessaire après la visualisation du long métrage par une personne souf frant d\u2019un trouble alimentaire, ou à risque.«C\u2019est important que les plus vulnérables y réfléchissent deux fois en se demandant ce que le film leur apportera vraiment, soutient le Dr Steiger.Et dans le cas de jeunes enfants, les parents devraient regarder le film avec eux.» En accord avec son collègue, M.Bélair note néanmoins qu\u2019il serait « illusoire» de demander un encadrement systématique.« Il y a tellement d\u2019autres matériels dans les médias ou Internet, on ne peut pas contrôler tout ça.» Pour Valérie Fortier, intervenante psychosociale à l\u2019Association québécoise pour les parents et amis de la personne atteinte de maladie mentale, les fictions bien documentées peuvent s\u2019avérer d\u2019une grande aide pour les familles qui comprennent difficilement ces troubles.À cet égard, le film décrit bien l\u2019impuissance des proches et leur comportement maladroit, tel que vouloir forcer la jeune femme à manger, selon les experts.«On ne recommande pas aux proches d\u2019agir ainsi, ça aurait été intéressant que le psychologue le dise dans une rencontre familiale, plutôt que ce soit sous-entendu », constate Mme Fortier.Stéréotypes persistants Aux yeux d\u2019Howard Seiger, le film Netflix manque une occasion de démonter certains stéréotypes sur les troubles alimentaires.Il regrette notamment que les facteurs extérieurs aient été évincés du scénario : « On pense ces personnes capricieuses, super ficielles, préoccupées par leur poids, mais [les troubles alimentaires] ont aussi des causes environnementales, héréditaires, ce n\u2019est pas une question de manque de force de caractère.» Et certaines répliques du film contribuent à véhiculer ces mythes.« Le médecin lui dit : \u201cJe ne vais pas t\u2019aider si tu n\u2019as pas envie de vivre.\u201d Comme si on pouvait forcer quelqu\u2019un à faire le choix de surmonter ce trouble », s\u2019offusque-t-il.Aborder le problème ainsi peut être endommageant chez les malades qui «ont souvent le sentiment de ne pas être assez forts, de ne pas être capables de s\u2019en sortir».De son côté, Jean Wilkins, pionnier de la médecine de l\u2019adolescence au Québec, s\u2019en prend plutôt à l\u2019image de l\u2019approche médicale.« Les patients suivent des protocoles comme la pesée matinale et obtiennent des points de récompense s\u2019ils mangent par exemple.Il ne devrait pas être question de récompense », déplore-t-il.À ses yeux, guérir un trouble alimentaire nécessite un accompagnement au cas par cas, et surtout au rythme de la personne.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 ANOREXIE fraction vraiment mineure, mais aussi pouvoir s\u2019y donner accès à des fins statistiques», résumait le ministère au Devoir la semaine dernière.Le dossier personnel des contrevenants ne serait pas consulté par les ministères et agences gouvernementales, assurait-on.Mais le ministère de la Justice a été forcé d\u2019admettre qu\u2019il ne savait pas s\u2019il serait en revanche partagé avec les autorités américaines à la frontière.«L\u2019étendue de l\u2019information que la police va obtenir, c\u2019est difficile à cerner.Parce qu\u2019on n\u2019a pas encore légiféré en la matière», a consenti un haut fonctionnaire.La nature des informations partagées au sein du Centre d\u2019information de la police canadienne (CIPC) relève d\u2019une décision interne aux corps de police individuels.«C\u2019est pour ça qu\u2019il y a une certaine incertitude concernant ce que ramasse la police en matière d\u2019information et ce qu\u2019elle fait avec.» Déclaré automatiquement?Or, la Sûreté du Québec et le Service de police de la Ville de Montréal ont tous deux confirmé au Devoir que toute infraction criminelle était «automatiquement» inscrite dans leurs bases de données et partagée avec le CIPC.«Les infractions criminelles sont toutes déclarées», a certifié Josée Perreault, responsable de l\u2019assurance qualité et des statistiques au SPVM.Le CIPC est géré par la Gendarmerie royale du Canada depuis sa création, en 1972.Ses données peuvent être consultées par les corps policiers du pays, de même que le Bureau des douanes et de la protection des frontières des États-Unis, le département de la Sécurité intérieure et le FBI.En 2007, le Toronto Star rapportait que le CIPC avait été consulté près de 393 000 fois par jour.Du côté du SPVM et de la SQ, on indique que les informations permettant d\u2019identifier une personne accusée au criminel y sont répertoriées : nom, date de naissance, dernière adresse connue.Une personne victime ou témoin d\u2019un crime peut elle aussi se retrouver fichée, si elle a été interrogée par un corps policier.Le dossier des personnes qui font face à une accusation criminelle est mis à jour lorsqu\u2019il y a plaidoyer de culpabilité, condamnation ou abandon des accusations \u2014 ce qui n\u2019efface pas pour autant le dossier.Si toute infraction criminelle est fichée et partagée avec le CIPC, ce sera donc aussi le cas pour les contrevenants possédant un peu trop de marijuana ?« En ce qui concerne les infractions criminelles, c\u2019est inscrit dans les bases de données, a répondu une porte-parole de la SQ.Mais je ne pourrai pas me prononcer, c\u2019est encore un projet de loi, donc je ne m\u2019avancerai pas à savoir comment ça pourrait fonctionner.» Entrée interdite Pour l\u2019avocat en immigration Hugues Lan- glais, il y a peu de doutes qu\u2019un dossier criminel pour possession de marijuana \u2014 aussi « mineure» soit-elle aux yeux du gouvernement canadien \u2014 garantira l\u2019interdiction d\u2019entrée aux États-Unis.Car déjà, ses clients qui ont été accusés d\u2019infractions criminelles pour alcool au volant ne peuvent pas mettre les pieds en territoire américain.«C\u2019est certain que la drogue est perçue de façon beaucoup plus négative [que l\u2019alcool au volant] par les autorités américaines.Ça ne sera pas mieux», prédit-il, puisque toute possession de drogue «constitue un crime de turpitude morale» aux États-Unis.«Dès qu\u2019il y a un dossier criminel pour une infraction, aussi lointaine soit- elle, ça devient une interdiction d\u2019entrée.» Bien que la marijuana récréative ait été légalisée dans des États comme l\u2019Oregon, le Colorado ou l\u2019État de Washington, « le droit fédéral américain interdit toute possession de quelque nature que ce soit », rappelle Me Langlais.Le ministre de la Sécurité publique Ralph Goodale a d\u2019ailleurs reconnu n\u2019avoir obtenu aucune garantie de Washington quant aux Canadiens qui tenteraient d\u2019entrer aux États-Unis en avouant avoir consommé de la mari juana une fois qu\u2019elle serait légalisée.À l\u2019heure actuelle, les douaniers peuvent demander aux touristes s\u2019ils ont déjà consommé de la marijuana.«À partir de l\u2019entrée en vigueur de la loi [légalisant la marijuana récréative au Canada], c\u2019est cer tain que la question va être posée, estime Me Langlais.Et à partir de ce moment-là, il faut bien se rappeler que l\u2019entrée sur un territoire est un privilège.À partir du moment où c\u2019est un privilège, si j\u2019admets avoir fait quelque chose qui dans la loi nationale de celui qui m\u2019accueille constitue une infraction, il y a un motif raisonnable de me refuser l\u2019entrée.» Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 MARIJUANA NETFLIX Selon les experts consultés, le film Jusqu\u2019à l\u2019os décrit bien l\u2019impuissance des proches et leur comportement maladroit.Québec entend revoir l\u2019ensemble de sa politique de gestion des risques liés aux inondations "]
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