Le devoir, 1 août 2017, Cahier A
[" V O L .C V I I I N o 1 7 1 L E D E V O I R , L E M A R D I 1 E R A O Û T 2 0 1 7 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S AUJOURD\u2019HUI Culture \u203a Montréal fait son cinéma.Trouver l\u2019équilibre dans une ville chaotique.Page B 8 Avis légaux.A 4 Décès.B 4 Météo.A 4 Mots croisés.B 6 Petites annonces .B 4 Sudoku.B 6 ?w w w .l e d e v o i r .c o m Washington Scaramucci limogé après 10 jours à la Maison- Blanche Page B 5 Orientation sexuelle De jeunes stars du rock pas comme les autres Page A 5 M A R I E V A S T E L Correspondante parlementaire à Ottawa L a popularité de Jagmeet Singh dans la course à la chefferie du NPD se confirme.L\u2019aspirant chef devance de loin ses trois rivaux en matière de financement, et ce, même au Québec.Au cours du seul deuxième trimestre de 2017, Jagmeet Singh a récolté 353 944 $ auprès de 1501 donateurs.Son plus proche adversaire, Charlie Angus, n\u2019a réuni que le tiers de ces sommes, avec 123 575 $ de la part de 1080 donateurs.Suivent loin derrière Niki Ashton, qui a amassé 70 124 $ auprès de 838 donateurs, et le Québécois Guy Caron dont la campagne a obtenu 46 970$ de 472 donateurs.Puisqu\u2019il ne s\u2019est lancé dans la course à la chefferie du NPD qu\u2019à la mimai, M.Singh n\u2019avait pas pu enregistrer de dons avant ce second trimestre.N\u2019empêche, il demeure en tête du financement même si on compare son bilan des mois d\u2019avril, mai et juin à celui des trois autres candidats depuis le début de leur propre course \u2014 Charlie Angus affiche un total de 234 240$, Niki Ashton de 135 645 $ et Guy Caron de 104 205$.Ces deux derniers se sont versé un don personnel de 25 000$ au printemps.« Une course entre Jagmeet Singh et Charlie Angus semble se confirmer », observe Karl Bé- langer, un ancien stratège de longue date du Nouveau Par ti démocratique.Cela dit, une grosse caisse électorale ne garantira pas pour autant une victoire au scrutin préférentiel du parti, note-t-il.«Même s\u2019il y a une corrélation entre la capacité de récolter des fonds et la capacité de faire sortir son vote, ce n\u2019est pas nécessairement automatique.Et la distance n\u2019est pas si grande au point qu\u2019elle devienne insurmontable.» Et c\u2019est la lecture que fait la campagne du candidat Charlie Angus.Celui-ci a réussi à amasser un peu plus de 100 000 $ à chacun des deux trimestres de 2017, soit la cible qu\u2019affirme s\u2019être fixée son équipe.«C\u2019est très stable, c\u2019est solide », argue le codirecteur de la campagne, Jesse Brady, qui note qu\u2019il ne mesure pas la popularité de son poulain uniquement selon les sous, mais aussi en nombre de membres qui appuieront assurément Charlie Angus au moment du vote cet automne.Le camp de Jagmeet Singh plaide en revanche qu\u2019environ 75 % de ses donateurs sont des électeurs qui n\u2019avaient encore jamais fait de don au NPD.Signe que le député du NPD provincial ontarien sait séduire de nouveaux venus, a-t-il fait valoir par voie de communiqué.« Nous donnons à notre parti les moyens de sa croissance», a-t-il réagi par écrit lundi.Singh mène au Québec Jagmeet Singh a devancé à la collecte de fonds ses trois rivaux dans la course dans les deux provinces comptant le plus de membres CHEFFERIE DU NPD Jagmeet Singh séduit les donateurs Le candidat mène de loin la course au financement, au Québec comme ailleurs au pays Son plus proche adversaire, Charlie Angus, n\u2019a récolté que le tiers de cette somme A M É L I P I N E D A L a communauté francophone de l\u2019Ontario se réjouit de la création d\u2019un nouveau ministère des Af faires francophones dans la province.Mais tandis qu\u2019aucun poste ni fonds supplémentaires ne sont prévus à l\u2019heure actuelle, cela s\u2019apparente davantage à une opération de séduction en vue des prochaines élections provinciales de 2018, croit un expert.La création de ce nouveau ministère, qui a été reçue avec beaucoup d\u2019enthousiasme lundi, s\u2019est faite discrètement, au bas d\u2019un communiqué, à la suite d\u2019un remaniement ministériel de la première ministre, Kathleen Wynne.Le dé- par t du ministre de l\u2019Environnement, Glen Murray, a forcé Mme Wynne à ef fectuer des changements au sein de son cabinet.« L\u2019annonce répond clairement à une demande de la communauté franco-ontarienne qui depuis des années souhaitait voir l\u2019Office avoir plus de responsabilités au sein de l\u2019appareil gouvernemental [.].Mais sans nouvel argent et sans définition claire du mandat, ça laisse croire qu\u2019il y a un petit caractère d\u2019improvisation », explique Martin Normand, chercheur à la Chaire de recherche sur la francophonie et les politiques publiques de l\u2019Université d\u2019Ottawa.Trente ans après la création de l\u2019Office des af faires francophones, la communauté de quelque 611 500 Franco-Ontariens peut donc désormais compter sur un ministère à part entière qui sera consacré notamment à renforcer les services offerts en français.L\u2019Assemblée de la francophonie de l\u2019Ontario (AFO), qui regroupe des organismes, des institutions et des citoyens franco-ontariens, a accueilli favorablement l\u2019arrivée de ce ministère réclamé depuis plusieurs années, mais n\u2019a pas caché l\u2019importance de compter sur des « ressources pour faire avancer les dossiers ».« L\u2019AFO souhaite que ce changement produise des résultats concrets pour la communauté franco-ontarienne.Nous avons hâte de connaître les détails de l\u2019annonce par rapport au mandat, ONTARIO Un ministère pour les francophones, mais dénué de fonds additionnels VOIR PAGE A 8 : ONTARIO VOIR PAGE A 8 : CHEFFERIE O D I L E T R E M B L A Y E lle avait un beau visage tragique aux yeux cernés d\u2019ombre, dégageant toute l\u2019intensité du monde.Son intelligence aiguë, sa célèbre voix rauque, profonde, intime, sensuelle semblait chanter à l\u2019oreille de chacun J\u2019ai la mémoire qui flanche et Le tourbillon de la vie, pour mieux leur arracher un bout du cœur.Cette voix s\u2019est-elle éteinte vraiment, avec ses fêlures, son inaltérable soif d\u2019amour, ses duretés, ses exigences et ses mystères?On en doute presque.Retrouvée bel et bien morte à son domicile parisien à 89 ans, par sa femme de ménage, comme unetelle qui ne serait pas l\u2019Actrice Jeanne Moreau avec un A majuscule, icône de la Nouvelle Vague.La modernité de son visage atypique et de sa dégaine, la liberté de sa vie avaient cassé le moule trop lisse de l\u2019éternel féminin qui corsetait avant elle trop de stars.Grâce lui en soit rendue! « La mor t viendra sans prévenir , confiait-elle au Devoir à Cannes en 2005.En attendant, je ne fais qu\u2019aimer ma vie.» À cette grande dame, mère d\u2019un fils souvent mal aimé, Jérôme, mariée deux fois \u2014 aux cinéastes Jean-Louis Richard et William Friedkin \u2014, on donnait courtoisement du «Mademoiselle».Croulant sous les consécrations : Oscar d\u2019honneur en 1998, César d\u2019honneur en 1995, puis Super César d\u2019honneur en 2008 ; de la carrière illustre qui la por tait, cette épicurienne n\u2019aura cessé de secouer les puces pour mieux s\u2019en affranchir.Son fameux Tourbillon de la vie, entonné à la guitare dans le film de Truffaut Jules et Jim, Jeanne Moreau nous l\u2019avait resservi à Cannes sur scène en duo avec Vanessa Paradis, sur rituel de transmission, en 1995 ; pur moment de grâce encastré dans la mémoire de la Croisette.Fou de son égérie, Cannes l\u2019aura hissée deux fois à la tête de son jury.Actrice phare, réalisatrice de Lumière en 1976 et de L\u2019adolescente deux ans plus tard, inoubliable chanteuse et séductrice impénitente.Ô vous, immense Mademoiselle ! Une école de rigueur Venue au monde en 1928 d\u2019une mère anglaise artiste de music-hall et d\u2019un père français architecte, la voilà élevée entre deux langues et deux tourbillons de guerre.Son père revêche et dur issu d\u2019un autre siècle l\u2019horripile par la JEANNE MOREAU 1928-2017 Mort d\u2019une indomptée VOIR PAGE A 8 : MOREAU FRED DUFOUR AGENCE FRANCE-PRESSE Actrice consacrée et idolâtrée, Jeanne Moreau est décédée lundi à son domicile parisien.UNE GRANDE DISPARUE L E D E V O I R , L E M A R D I 1 E R A O Û T 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 2 P H I L I P P E P A P I N E A U L e Canada est devenu le premier pays à avoir sa propre chaîne sur le populaire site YouTube.La plateforme de dif fusion vidéo veut ainsi mettre à l\u2019avant-plan ce qui grouille et qui bourdonne au pays de Justin Trudeau.YouTube, propriété d\u2019Alphabet, un conglomérat de Google, a mis en ligne lundi « YouT ube Canada Spotlight », que les abonnés francophones ver ront sous le nom de « YouTube Canada en scène ».Le Canada est, selon le communiqué de l \u2019entreprise, « le premier marché mondial à lancer une chaîne qui se consacrera exclusivement à la promotion des créateurs locaux ».Indisponible lundi pour une entrevue de vive voix avec Le Devoir, Marie-Josée Lamothe, directrice générale de Google Québec et directrice générale des stratégies de marque, a écrit au Devoir que YouTube avait déjà mis sur pieds quelques initiatives comme le FanFest et le YouTube Space Toronto.«Toutefois, nous voyions encore plus grand.Nous étions inspirés par nos conversations des derniers mois avec la ministre [de Patrimoine canadien] Mélanie Joly ; elle nous a donné le défi de chercher de nouvelles façons de soutenir et de promouvoir les Canadiennes et Canadiens au talent extraordinaire sur notre plateforme.» L\u2019inter face canadienne est surmontée d\u2019une bannière représentant des icônes nationales, comme des patins, un canot, une feuille d\u2019érable et un inukshuk.On y trouve cinq listes de lecture, dont une sur les célébrations du 150e anniversaire du Canada, et une autre sur les moments phares de l\u2019histoire du pays.On peut y consulter des vidéos d\u2019archives \u2014 sur tout provenant des pages de CBC et Radio-Canada \u2014 por tant entre autres sur Terr y Fox, Thérèse Casgrain, le festival des tulipes et la coupe Stanley de 1993 des Canadiens de Montréal.La chaîne « YouTube Canada en scène » regroupe aussi le travail de « youtu- beurs » du pays ainsi que le travail d\u2019artistes autochtones.Le tout est complété par une sélection de musique canadienne qui cartonne.« Pour la version inaugurale de YouTube Canada en scène, nous avons misé sur « le meilleur du Canada » et nous nous sommes concentrés sur une partie du contenu et des sujets canadiens les plus populaires », explique Mme Lamothe.Le choix des vidéos est fait au moyen d\u2019un algorithme qui prend en compte le nombre de visionnements et la durée de ceux-ci, ainsi que la croissance du nombre d\u2019abonnés des créateurs.En français?Lundi, la chaîne présentait encore peu de contenu francophone.Dans la liste musicale, par exemple, deux vidéos d\u2019artistes québécois étaient présentées, soit le clip d\u2019Alexe Gaudreault pour la pièce Écho et celui de Koriass pour son titre Blacklights.Du côté des « youtubeurs », on pouvait par contre voir des enregistrements d\u2019Emma Verde, de L ysandre Nadeau et de PL Cloutier.« Nous désirons for tement nous assurer que les vidéos francophones sont mises en avant sur YouTube Canada en scène, dit Marie-Josée Lamothe de Google Québec.Certaines de nos plus grandes vedettes canadiennes sur YouTube sont québécoises, et leur public connaît une croissance fulgurante.En fait, nous avons assisté à une augmentation de 50 % de la durée de visionnement en France pour les chaînes canadiennes au cours de la dernière année.» La relève Cette semaine, YouTube fera aussi du Canada le premier marché après les États-Unis à offrir la fonctionnalité Créateurs émergents, qui mettra l\u2019accent dès mercredi sur des artistes en plein bouillonnement.Chaque semaine, la plate- forme mettra en lumière un nouveau créateur canadien, en fonction des mêmes critères que pour ses listes de lectures.« Tout créateur comptant plus de 1000 abonnés est susceptible d\u2019être présenté », précise Mme Lamothe.Selon les chif fres de You- Tube, l\u2019écoute sur sa plate- forme au Canada en 2017 est en hausse de 30 % par rapport à 2016.Le nombre de chaînes canadiennes qui comptent plus de 100 000 abonnés serait aussi en hausse de 65 %.Dans le monde entier, il s\u2019écoute quotidiennement plus d\u2019un milliard d\u2019heures de vidéos.Le Devoir YouTube, version unifolié Le Canada est le premier pays à posséder sa propre chaîne sur le site Web M I A R A B S O N à Ottawa L e premier ministre Justin Trudeau a encouragé les Canadiens à faire des dons à la Croix-Rouge pour aider les Bri- tanno-Colombiens aux prises avec des incendies de forêt, tout comme il l\u2019avait fait pour les victimes des inondations au Québec et en Ontario.Mais contrairement à d\u2019autres désastres survenus sur le plan international, le Canada ne s\u2019est pas engagé à égaler les dons individuels des Canadiens.Le gouvernement fédéral a lancé des programmes pour égaler les dons individuels pour plus de douze événements internationaux depuis 2004.Or, il ne l\u2019a fait qu\u2019une seule fois pour un désastre naturel survenu au pays: lorsque des incendies de forêt avaient ravagé la région de Fort McMurray, en Alberta, l\u2019année dernière.Le gouvernement avait alors versé 104,5 millions, le montant équivalent des dons des Canadiens.Kimberley Nemrava, la vice- présidente de la Croix-Rouge en Colombie-Britannique et au Yukon, estime qu\u2019un tel engagement du gouvernement encourage les Canadiens à donner de l\u2019argent.La Croix-Rouge a obser vé des « hausses dans les dons » chaque fois que le gouvernement a lancé un programme pour égaler les dons.Les donateurs semblent aimer l\u2019idée que le gouvernement double le montant, a soutenu Mme Nemrava.Début en 2004 Le premier programme pour égaler les dons des Canadiens à l\u2019international a été lancé en 2004, après le tsunami dans l\u2019océan Indien.Depuis, le Canada a offert près de 800 millions pour 12 autres désastres.Ce chiffre n\u2019inclut pas la campagne du printemps dernier consacrée à la famine en Afri - que, ni les 2 millions annoncés par M.Trudeau après le séisme dans le centre de l\u2019Italie.Sur le plan international, le Canada fait ses dons à dif fé- rents organismes caritatifs, mais il verse parfois les fonds à des organisations multinationales, comme les Nations unies.Au printemps, le Canada s\u2019est engagé à verser 1 million à la Croix-Rouge canadienne pour aider les familles af fec- tées par les inondations au Québec et en Ontario.Il y a une semaine, le ministre de la Sécurité publique, Ralph Goodale, a annoncé que le Canada verserait un montant équivalant aux dépenses de la Croix-Rouge en aide directe aux sinistrés des incendies en Colombie-Britannique.La Presse canadienne Les dons suivant les désastres au Canada rarement doublés par Ottawa J E A N - L O U I S S A N T I N I à Washington L a série controversée Thirteen Reasons Why, diffusée sur Netflix et qui raconte l\u2019histoire d\u2019une adolescente mettant fin à ses jours, a provoqué une nette augmentation des recherches Internet sur le suicide et les moyens de se suicider, selon une étude publiée lundi.Cette étude, parue dans le Journal of the American Medical Association, Internal Medicine, n\u2019a pas observé l\u2019évolution du nombre de suicides, mais elle a constaté un accroissement de 19% des recherches sur ce sujet, ce qui est préoccupant, estiment les scientifiques, exhortant Netflix à retirer sa série pour la modifier.« Il y a eu entre 900 000 et 1,5 million de recherches supplémentaires sur le suicide durant les 19 jours ayant suivi la diffusion de la série», précise Mark Dredze, professeur de science informatique à l\u2019Université Johns-Hopkins.Des requêtes telles que «Comment se suicider» ont augmenté de 26 %, tandis que les mots clé «se suicider» étaient en hausse de 18% et «comment mettre fin à ses jours» de 9%.Les recherches sur « la prévention du suicide» ont fait un bond de 23%.Les chercheurs ont analysé les tendances des recherches sur Google aux États-Unis entre le 31 mars, premier jour de diffusion de la série, et le 18 avril.Ils ont arrêté leur étude à cette date en raison du suicide en prison de l\u2019ancienne vedette de football américain Aaron Hernandez, le 19 avril, qui aurait faussé leurs travaux.Les auteurs ont comparé les données recueillies avec celles des trois mois ayant précédé la diffusion de la série.Des recherches liées à des suicides?Thirteen Reasons Why, populaire chez les jeunes, montre un adolescent écoutant le journal enregistré par une amie avant qu\u2019elle se suicide et dans lequel elle décrit ses difficultés.Il n\u2019est pas vraiment possible de savoir si certaines de ces recherches sur Internet sont directement liées à des suicides, mais de précédentes études ont mis en évidence un lien entre un accroissement des recherches sur les moyens de mettre fin à ses jours et l\u2019acte lui-même, relève John Ayers, professeur à la faculté de santé publique de l\u2019Université d\u2019État de San Diego.La diffusion de Thirteen reasons why a coïncidé avec une campagne de sensibilisation sur les moyens d\u2019empêcher le suicide.Le compte Twitter de la série contient notamment un lien vers 13reasonswhy.info, avec numéros de lignes d\u2019aide à contacter et informations de prévention dans le monde entier.Mais «nos résultats confortent les pires craintes des critiques de cette série selon lesquels elle a peut-être inspiré un grand nombre de personnes avec des idées suicidaires à passer à l\u2019acte en recherchant des informations sur comment procéder », poursuit le chercheur.« Nous avons toujours pensé que cette série susciterait davantage de discussions sur ce sujet dif ficile et cette intéressante étude quasi expérimentale le confirme», a réagi Netflix dans un communiqué.«Nous sommes intéressés par davantage de recherche sur le sujet et utiliserons tout ce que nous apprenons dans la préparation en cours de la seconde saison», a souligné la plateforme vidéo.Les chercheurs estiment que les conséquences potentiellement néfastes de cette série auraient pu être évitées en suivant les recommandations existantes.«L\u2019Organisation mondiale de la santé [OMS] a publié des directives pour les médias afin d\u2019éviter justement ce problème», explique Jon-Patrick Allem de l\u2019Université de Californie du Sud, qui a participé à l\u2019étude.L\u2019OMS a notamment déconseillé de montrer le suicide lui-même ou de l \u2019évoquer longtemps dans une série ou un film.Or, Thirteen reasons why con - sacre 13 heures à une victime de suicide, montrant même l\u2019acte avec de nombreux détails macabres, déplorent les auteurs de l\u2019étude.«Ces problèmes sont exacerbés par le fait que ces images en ligne sont accessibles pendant très longtemps et peuvent être ainsi vues par un très grand nombre de personnes », relève Eric Leas, de l\u2019Université d\u2019État de San Diego.De ce fait, «nous pressons Netflix d\u2019arrêter la diffusion de la série et de la modifier pour se conformer aux recommandations de l\u2019OMS avant de la rediffuser», conclut le professeur Ayers.Agence France-Presse La série Thirteen Reasons Why fait bondir les recherches Internet sur le suicide CAPTURE D\u2019ÉCRAN L\u2019interface est surmontée d\u2019une bannière représentant des icônes nationales, comme des patins, un canot ou une feuille d\u2019érable.K R I S T Y K I R K U P à Ottawa Deux chercheuses qui ont documenté la stérilisation de femmes autochtones à Saskatoon estiment qu\u2019une enquête nationale permettrait de vérifier si d\u2019autres femmes ont vécu de semblables traumatismes ailleurs au pays.Dans un rapport publié jeudi dernier, l\u2019avocate Yvonne Boyer, de la Chaire de recherche du Canada en santé et bien-être des autochtones à l\u2019Université de Brandon, au Manitoba, et la docteure Judith Bartlett, qui a été professeure à l\u2019Université du Manitoba, ont décrit comment certaines autochtones de la région de Saskatoon avaient été poussées par le personnel médical à accepter de subir une ligature des trompes, après leur accouchement à l\u2019hôpital.Selon les témoignages qu\u2019elles ont recueillis, la plupar t de ces femmes ne comprenaient pas que cette méthode de contraception n\u2019était pas temporaire, mais bien définitive.Le rapport suggère que la ligature des trompes avait été parfois présentée par le personnel médical comme une méthode de régulation des naissances, «pour le bien des femmes».La plupart d\u2019entre elles ne se souviennent pas avoir donné leur consentement à une telle procédure \u2014 à moins qu\u2019elles aient signé de guerre lasse ou dans un état de fatigue extrême après l\u2019accouchement.Me Boyer soutient que les incidents vécus en Saskatchewan ne constituent pas «des cas isolés » circonscrits à cette seule province : les autochtones, es- time-t-elle, sont victimes de discrimination partout au pays, y compris dans le système de soins de santé.Racisme systémique La docteure Bartlett ajoute que les femmes rencontrées pour l\u2019étude souhaitaient la tenue d\u2019une enquête nationale sur la stérilisation de femmes autochtones \u2014 et plus largement sur le racisme systémique au sein du système de soins de santé au pays.La grande majorité des fem - mes interrogées par les deux chercheuses ne faisaient pas confiance au système de santé même longtemps après avoir subi l\u2019opération.« La plupart n\u2019ont jamais revu leur médecin par la suite, ou ont réclamé le strict minimum de soins.» Le Conseil régional de la santé de Saskatoon, qui avait commandé l\u2019étude, s\u2019est dit la semaine dernière « profondément désolé pour ce qu\u2019ont vécu ces femmes (qui ont participé à l\u2019étude) et les autres qui n\u2019auraient pas dénoncé».L\u2019agence reconnaît qu\u2019elle n\u2019a pas su soigner ces femmes avec tout le respect, la compassion et le soutien qu\u2019elles méritaient.Le docteur Alika Lafontaine, ancien président de l\u2019Association des médecins autochtones du Canada, estime lui aussi que ces ligatures de trompes n\u2019auraient jamais été pratiquées si ces femmes avaient été soignées comme des personnes plutôt que comme des caricatures d\u2019elles-mêmes.La Presse canadienne Femmes autochtones stérilisées : une enquête nationale est réclamée Semaine chaude en Colombie-Britannique Environnement Canada prévoyait une autre semaine de temps chaud et sec en Colombie-Britannique \u2014 et un avertissement de canicule pour le Grand Vancouver, la vallée du Fraser, la région de Howe Sound et plusieurs secteurs de l\u2019île de Vancouver, où le mercure pourrait dépasser les 35 degrés en après-midi.Par ailleurs, des orages pourraient éclater au centre de la province, là où la majorité des incendies de forêt font déjà rage.Des pompiers forestiers sont arrivés en renfort du Yukon, où la saison des incendies de forêt tire à sa fin.Environ 6000 résidants sont toujours chassés de chez eux par près de 150 incendies qui brûlaient toujours lundi.BETH DUBBER NETFLIX La série montre un adolescent écoutant le journal enregistré par une amie avant qu\u2019elle se suicide et dans lequel elle décrit ses dif ficultés. L E D E V O I R , L E M A R D I 1 E R A O Û T 2 0 1 7 ACTUALITES A 3 J É R Ô M E D E L G A D O L es épreuves de Formule E ont été haletantes ; les tribunes, pleines.Le maire Denis Coderre ne pouvait être plus heureux, lundi en conférence de presse, au moment de dresser le bilan de la première compétition de voitures électriques à Montréal.« Je dis mission accomplie », confiait-il, en compagnie des principaux artisans du Montréal ePrix 2017, dont Alejandro Agag, chef de la direction de Formula E Holdings, et Jacques Aubé, vice-président et directeur général d\u2019Evenko.Le premier magistrat de Montréal confirme que la course électrique reviendra l\u2019an prochain dans les conditions similaires.«Est-ce qu\u2019il y a des choses à changer?Probablement.Oui, il y a eu certaines personnes qui ont parlé contre l\u2019événement ; oui, on va travailler en terme de communication, et tout ça», dit-il.M.Coderre ne voit par ailleurs aucune raison pour relocaliser le circuit en 2018 et 2019.45 000 spectateurs, 70 000 bières Selon les chif fres d\u2019Evenko, producteur montréalais de la course, 45 000 personnes ont assisté aux deux jours de course.Jacques Aubé n\u2019a pas été en mesure de distinguer entre billets vendus et billets donnés, se contentant d\u2019avancer que l\u2019idée n\u2019était pas de « vendre la course, mais de la promouvoir ».Il a cependant pu af firmer que les spectateurs de samedi avaient acheté 70 000 bières.Les foules, la bonne humeur générale et le chaos évité, notamment en raison de la gratuité des transports en commun, comblent le maire.Il s\u2019enorgueillit aussi de la participation des universités, présentes avec des projets en électrification des déplacements.«Montréal a démontré qu\u2019il pouvait faire partie des grands, a montré de l\u2019audace, a posé des gestes.Les inconforts, c\u2019est le prix à payer pour faire partie des grands», croit Denis Coderre.La satisfaction collait également aux paroles d\u2019Alejandro Agag, pour qui la course de dimanche aura été la meilleure du championnat.Pas question, pour lui non plus, de quitter le centre-ville.«La Formule E, c\u2019est plus qu\u2019une course, c\u2019est un message.Il faut changer toutes les voitures à essence du monde pour des voitures électriques.Les voitures électriques sont la solution pour la mobilité dans les villes », estime-t-il, fermant toute possibilité à une réévaluation du circuit Gilles-Villeneuve.L\u2019homme d\u2019affaires espagnol n\u2019a pas voulu s\u2019attarder sur les raisons techniques qui lui font exclure l\u2019île Notre-Dame.« Tous les débats [se sont terminés] avec les images de télévision, pense Agag.On a vu Montréal dans sa beauté.Les courses en ville, c\u2019est l\u2019ADN de la Formule E.Elles sont près des gens, plus accessibles.» Questionné à l\u2019idée que Montréal serait la seule ville hôte en Formule E à s\u2019être engagée financièrement \u2014 à hauteur de 24 millions, au minimum -, Alejandro Agag s\u2019est voulu rassurant.« J\u2019ai entendu ça, ça m\u2019a surpris.C\u2019est complètement inventé.Je ne suis pas la charité.Nous avons plusieurs villes, plusieurs ententes.Parfois, c\u2019est une ville qui contribue, parfois une région, parfois une nation, parfois les commanditaires.Parfois, une combinaison de tout ça», dit celui qui considère que Montréal fait une bonne affaire.La grogne persiste Quoiqu\u2019en disent les défenseurs de la Formule E au centre-ville, le débat n\u2019est pas clos.Valérie Plante, chef de l\u2019opposition à l\u2019hôtel de ville, compte en faire un enjeu électoral, insistant sur son souhait de revoir le contrat qui lie Montréal et la Formule E.«On garde l\u2019événement, mais on le met là où il devrait être [au circuit Gilles-Villeneuve].Donc, un meilleur événement, sans les inconvénients », juge-t-elle.La chef de Projet Montréal n\u2019accepte pas que bilan soit si avare en chiffres.«On a payé 24 millions.Qu\u2019en est-il des frais [dus] à la gratuité des transports?Combien ça a coûté autant de policiers pour l\u2019événement?demande-t-elle.On est rendus à plus de 30 millions.Je veux renégocier cette entente.C\u2019est trop cher payé pour les Montréalais.» Les résidents collés au circuit n\u2019en démordent pas.Selon Heidi Miller, qui s\u2019en est fait la porte-parole depuis qu\u2019elle a créé la page Facebook Formule Euh ?, un comité de citoyens et de commerçants se battra pour déplacer la course là où elle aura « moins d\u2019impacts négatifs ».« L\u2019idée est de se doter de données béton, avec des faits vrais et réels pour se faire entendre», dit celle qui ne voit que du mépris dans la décision de procéder à un démontage nocturne.« La Ville n\u2019a pas compris que le bruit nous empêche de dormir?» demande Mme Miller.Carpentier invité Avec l\u2019arrivée en 2018 des constructeurs Porsche et Mercedes parmi les écuries en compétition, la Formule E devient la principale plate- forme pour les moteurs électriques, assure son chef de direction.Il s\u2019attend à ce qu\u2019elle influence le marché pour qu\u2019il offre «des voitures électriques, meilleures, plus pratiques et moins chères que celles à essence.» Conséquence de son passage à Montréal, Alejandro Agag a invité le retraité coureur québécois Patrick Carpentier à faire des essais en octobre, en Espagne.« On verra si une écurie le prend pour le championnat », dit-il.Sur les ondes de RDS, dimanche, Carpentier avait affirmé qu\u2019il ne tenait pas à revenir à la compétition.Le Devoir Formule E : Coderre proclame «mission accomplie» Les opposants réclament un bilan chiffré et comptent empêcher un retour de la course au centre-ville I S A B E L L E P O R T E R à Québec Q uatre ans après la tragédie de Lac-Mégantic, l\u2019appui unanime de jadis à la voie de contournement semble s\u2019effriter.Une situation qui n\u2019est pas sans poser de problèmes « éthiques », tranche le Bureau d\u2019audiences publiques sur l\u2019environnement (BAPE).«Alors qu\u2019en 2013 [\u2026], l\u2019urgence de construire une voie de contournement semblait unanime sinon consensuelle, tel ne semble pas être le cas au- jourd\u2019hui », constate le BAPE dans son rapport publié lundi sur les options de réaménage- ment de la voie ferrée.Le train de 72 wagons-citernes qui a explosé en plein cœur de Lac-Mégantic en juillet 2013 avait fauché la vie de 47 personnes.Depuis, la Ville réclame que la voie ferrée soit déplacée loin du centre-ville.Le dossier est maintenant dans le camp du fédéral qui doit décider s\u2019il financera ou non un tel projet.Or, lors des consultations publiques du BAPE plus tôt cet été, la majorité des participants se sont montrés en désaccord avec une voie de contournement et favorables à ce qu\u2019on améliore la sécurité autour de la voie actuelle.Ces derniers «considèrent la catastrophe comme un accident ayant été causé par une suite d\u2019erreurs humaines ».Ils estiment que la constr uction d\u2019une voie de contournement ne ferait que « transférer le problème » aux municipalités voisines, peut-on lire dans le rapport rendu public lundi.Or pour le BAPE, le statu quo devrait davantage inquiéter la population parce que « la courbe plus prononcée de la nouvelle voie ferrée qui traverse actuellement le centre-ville de Lac-Mégantic accroît le risque potentiel d\u2019accidents et amplifie le dilemme éthique entre choix populaire et choix sécuritaire».La courbe, explique-t-on, est de 8 degrés par rapport à 4,25 lors de la catastrophe ce que le BAPE « comprend mal » dans un contexte où « les trains continuent de transporter des matières dangereuses».Conflit avec les villes voisines Depuis la catastrophe, les trains continuent de traverser la ville, mais la proportion de produits dangereux a diminué.Le nouveau propriétaire des rails, la Central Maine & Quebec Railway (CMQR), a cessé de transporter du pétrole brut, mais continue d\u2019y faire circuler d\u2019autres matières dangereuses comme du propane, du butane, de l\u2019acide sulfurique, du chlorate de sodium et plus récemment de l\u2019essence mélangée à de l\u2019éthanol.Du côté du groupe de citoyens qui réclame une voie de contournement, on concède que la population est plus divisée qu\u2019avant.«Il est possible que le temps et certaines interventions aient fait en sorte que la population se divise», a dit Robert Bellefleur, de la Coalition des citoyens et organismes engagés pour la sécurité ferroviaire.« Mais peut-être que ce n\u2019est pas dans l\u2019intérêt de tous».M.Bellefleur ajoute que la majorité des gens qui ont participé à la consultation du BAPE ne venaient pas de Lac- Mégantic même, mais des villages voisins (Nantes et Frontenac) où la voie de contournement doit être construite.Or, selon le rapport du BAPE, la majorité des tenants du statu quo présents venaient de Lac-Mégantic.Dans ce contexte, les recommandations du BAPE vont dans deux directions apparemment contradictoires.D\u2019une part, l\u2019organisme juge que le tracé d\u2019une voie de contournement de 11,6 km à 115 millions est le plus prometteur parmi les trois corridors à l\u2019étude.Mais en même temps, il recommande qu\u2019on étudie plus à fond le scénario du statu quo, ne serait-ce que pour s\u2019assurer que ses défenseurs ont toute l \u2019 information et sont conscients du risque auquel il est associé.Histoire de compliquer les choses encore davantage, les municipal i tés voisines de Nantes et Frontenac défendent depuis peu un nouveau tracé qui aurait moins de conséquences sur leur municipalité.Or, ce tracé n\u2019était pas compris dans l\u2019étude du BAPE.Le ministre du Développement durable, David Heurtel, qui avait mandaté le BAPE pour mener cette consultation, n\u2019a pas commenté le rapport lundi bien qu\u2019il l\u2019ait en main depuis une semaine.À son cabinet, on dit vouloir d\u2019abord le regarder avec d\u2019autres ministères concernés, dont le ministère des Affaires municipales (MAMOT).Du côté du fédéral, on nous dit que « Transpor t Canada examinera les résultats du rapport attentivement ».Le projet de voie de contournement fait déjà l\u2019objet d\u2019une étude de faisabilité qui devrait déboucher sur des plans en 2020.La construction pourrait ainsi débuter l\u2019année suivante et être complète en 2023, soit dix ans après la catastrophe.Le Devoir Lac-Mégantic : des trains à travers la ville ou non ?Le BAPE constate que la majorité des citoyens consultés se disent pour le statu quo PAUL CHIASSON LA PRESSE CANADIENNE Quarante-sept personnes avaient perdu la vie en juillet 2013 lorsqu\u2019un train de 72 wagons-citernes avait explosé en plein cœur de Lac- Mégantic.Depuis, la Ville réclame que la voie ferrée soit déplacée loin du centre-ville.ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Le maire Denis Coderre a dressé un bilan positif du Montréal ePrix 2017 tenu en fin de semaine.Pour sa part, Alejandro Agag (à gauche), chef de la direction de Formula E Holdings, a défendu la décision d\u2019organiser les courses dans les rues de la ville.Bixi : record d\u2019achalandage Plus de 80 000 déplacements ont été effectués en Bixi samedi et dimanche, alors que les vélos en libre-service étaient gratuits en marge du championnat de Formule E.Plus de 41 684 trajets ont eu lieu dimanche seulement, ce qui en fait la journée la plus occupée depuis la création de Bixi Montréal, en 2009.Le service aurait tout de même été gratuit lors de cette journée, comme tous les derniers dimanches du mois.Marie-Lise Rousseau L e quotidien français Le Monde a démenti une fausse citation de Justin Trudeau qui circulait sur les réseaux sociaux en France, selon laquelle le premier ministre canadien aurait dit que l\u2019excision n\u2019était pas une « pratique culturelle barbare».La fausse déclaration de M.Trudeau a été reprise par le site agrégateur de nouvelles « L\u2019important », qui mettait en lien un article du chroniqueur Richard Martineau avec un titre légèrement modifié.La chronique de M.Marti- neau portait le titre «L\u2019excision du clitoris n\u2019est pas barbare » alors que « L\u2019important » avait écrit la manchette « Pour Trudeau : l\u2019excision n\u2019est pas \u201cune pratique culturelle barbare\u201d».La manchette de « L\u2019important » a été largement partagée sur Twitter, notamment par le vice-président du Front national, Florian Philippot, qui a affirmé que cette déclaration était le résultat «d\u2019accommodements (dé)raisonnables » et du «politiquement correct».La citation provenait en fait de la chronique de M.Martineau dans le Journal de Montréal, qui déplorait que dans le nouveau Guide de la citoyenneté du gouvernement Trudeau, la référence à des « pratiques culturelles barbares» soit retirée.La Presse canadienne avait obtenu un document de travail sur le nouveau guide, qui exclut la mention controversée des «pratiques barbares », ajoutée par l\u2019ancien gouvernement conservateur.Parmi les «pratiques barbares», on évoquait notamment la mutilation sexuelle des femmes et tout autre acte de violence fondée sur le sexe.Le chroniqueur a donc conclu que « l\u2019excision du clitoris n\u2019est pas barbare », selon le gouvernement.La Presse canadienne Une fausse citation de Trudeau démentie Lire aussi \u203a Quel succès ?L\u2019éditorial de Brian Myles.Page A 6 L E D E V O I R , L E M A R D I 1 E R A O Û T 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 4 AV I S L É G AU X E T A P P E L S D \u2019 O F F R E S AVIS À TOUS NOS ANNONCEURS Veuillez, s\u2019il vous plaît, prendre con nais - sance de votre annonce et nous signaler immé dia - tement toute anomalie qui s\u2019y serait glissée.En cas d\u2019erreur de l\u2019éditeur, sa res pon sa - bilité se limite au coût de la parution.POUR NOUS JOINDRE avisdev@ledevoir.com Tél.: 514-985-3344 Fax : 514-985-3340 www.ledevoir.com/ services-et-annonces/ avis-publics www.ledevoir.com/ services-et-annonces/ appels-d-offres HEURES DE TOMBÉE Les réservations doivent être faites avant 15 h pour publication deux (2) jours plus tard.Publications du lundi : Réservations avant 11 h le vendredi Publications du mardi : Réservations avant 15 h le vendredi Avis légaux et appels d\u2019offres AVIS DE CLÔTURE D'INVENTAIRE Prenez avis que Marielle LÉVESQUE, en son vivant résidant au 265, boulevard Seigneurial, à Saint-Bruno-de- Montarville, est décédée le 17 septembre 2016.Un inventaire de ses biens a été dressé conformément à la loi et peut être consulté par les intéressés, à l'étude DESGROSEILLIERS & ASSOCIÉS NOTAIRES INC., au 1691 rue Montarville, bureau 100, Saint-Bruno-de-Montarville (Québec).Fait à Saint-Bruno-de- Montarville, ce 27 juillet 2017 Me Vincent BEAUREGARD, notaire AVIS PUBLIC EN VERTU DE L\u2019ARTICLE 192 DE L\u2019ANNEXE C DE LA CHARTE DE LA VILLE DE MONTRÉAL 3e avis Avis est donné qu\u2019aux dates ci-après mentionnées, la Ville a approuvé la description des immeubles suivants, lesquels forment des rues, ruelles, voies ou places, afin d\u2019en devenir propriétaire en vertu de l\u2019article 192 de l\u2019annexe C de la Charte de la Ville de Montréal : - les lots 1 513 163 et 1 513 196 du cadastre du Québec, situés dans le quadrilatère délimité par les avenues Maplewood, Gorman et Springgrove et le boulevard du Mont-Royal, dans l\u2019arrondissement d\u2019Outremont (DA176896059 \u2013 1er juin 2017) - les lots 1 513 082 et 1 553 300 du cadastre du Québec, situés dans le quadrilatère délimité par la rue Hutchison, les avenues Van Horne et Durocher et la compagnie du chemin de fer Canadien Pacifique, dans l\u2019arrondissement d\u2019Outremont (DA176896060 \u2013 2 juin 2017) - les lots 1 884 638, 1 884 748, 1 884 779, 1 885 544 et 2 316 437 du cadastre du Québec, situés dans le quadrilatère délimité par les rues de Rouen, Cartier et Sherbrooke Est et l\u2019avenue De Lorimier, dans l\u2019arrondissement de Ville-Marie (DA176896062 \u2013 6 juin 2017) - les lots 1 512 921, 1 512 927, 1 513 165 et 1 513 167 du cadastre du Québec, situés dans le quadrilatère délimité par la rue Hutchinson, le boulevard Saint- Joseph Ouest et les avenues Querbes et Laurier Ouest, dans l\u2019arrondissement d\u2019Outremont (DA176896063 \u2013 7 juin 2017) - les lots 1 354 993, 1 355 020, 1 355 041, 1 512 937, 1 512 941, 1 512 942, 1 512 945, 1 553 358 et 1 553 369 du cadastre du Québec, faisant partie des avenues Wiseman, Van Horne et Saint-Viateur, dans l\u2019arrondissement d\u2019Outremont (DA176896064 \u2013 7 juin 2017) - les lots 1 355 026, 1 512 877 et 1 512 932 du cadastre du Québec, étant une partie de l\u2019avenue Rockland, situés entre les chemins Bates et de la Côte- Sainte-Catherine, dans l\u2019arrondissement d\u2019Outremont (DA176896065 \u2013 8 juin 2017) - les lots 1 355 047 et 1 355 049 du cadastre du Québec, situés dans le quadrilatère délimité par les avenues Stuart, Van Horne et Ducharme et le boulevard Dollard, dans l\u2019arrondissement d\u2019Outremont (DA176896066 \u2013 9 juin 2017) - le lot 1 354 996 du cadastre du Québec, étant une partie de l\u2019avenue Van Horne, est compris entre les avenues Rockland et de Vimy, dans l\u2019arrondissement d\u2019Outremont (DA176896067 \u2013 12 juin 2017) - le lot 1 512 870 du cadastre du Québec, étant une partie de l\u2019avenue Dunlop, situé entre l\u2019avenue Lajoie et le chemin de la Côte-Sainte-Catherine, dans l\u2019arrondissement d\u2019Outremont (DA176896068 \u2013 12 juin 2017) - les lots 1 884 476, 1 885 540, 2 317 107 et 2 317 114 du cadastre du Québec, situés dans le quadrilatère délimité par les rues de Bordeaux, Gauthier, Cartier et Rachel Est, dans l\u2019arrondissement du Plateau-Mont-Royal (DA176896069 \u2013 12 juin 2017) - les lots 1 884 589, 1 884 600, 1 884 603, 1 884 646, 1 884 670, 1 885 204, 2 317 125, 2 317 126 et 3 204 382 du cadastre du Québec, situés dans le quadrilatère délimité par les rues Sherbrooke Est, Cartier et Gauthier et l\u2019avenue De Lorimier, dans l\u2019arrondissement du Plateau-Mont-Royal (DA176896070 \u2013 12 juin 2017) - les lots 1 354 950, 1 512 949 et 1 512 950 du cadastre du Québec, faisant partie du chemin de la Forêt et du boulevard du Mont-Royal, dans l\u2019arrondissement d\u2019Outremont (DA176896058 \u2013 20 juin 2017) - les lots 3 364 620, 3 364 621 du cadastre du Québec et deux parties du lot 5 960 224 du cadastre du Québec, d\u2019une superficie de 293,6 m2, situés dans le quadrilatère délimité par les rues Darling, Hochelaga, Saint-Germain et Sherbrooke Est, dans l\u2019arrondissement de Mercier\u2013Hochelaga-Maisonneuve (DA176896072 \u2013 27 juin 2017) - les lots 2 162 424 et 2 162 427 du cadastre du Québec, faisant partie de la rue Labrecque et de la ruelle Mercure, dans l\u2019arrondissement de Ville-Marie (DA172551010 \u2013 29 juin 2017) - les lots 1 884 468, 1 884 618, 1 884 649, 1 884 660 et 1 885 554 du cadastre du Québec, situés dans le quadrilatère délimité par les rues Bousquet et Saint- André et les avenues du Parc-La Fontaine et Duluth Est, dans l\u2019arrondissement du Plateau-Mont-Royal (DA176896074 \u2013 30 juin 2017) - les lots 1 514 310 et 1 514 356 du cadastre du Québec, situés dans le quadrilatère délimité par les rues Peel, Sainte-Catherine Ouest et de la Montagne et l\u2019avenue des Pins Ouest, dans l\u2019arrondissement de Ville-Marie (DA172551011 \u2013 30 juin 2017) - le lot 2 171 000 du cadastre du Québec, situé dans le quadrilatère délimité par la rue Jarry Est, la 2e Avenue, la 6e Avenue et le boulevard Crémazie Est, dans l\u2019arrondissement de Villeray\u2013Saint-Michel\u2013Parc-Extension (DA176896071 \u2013 30 juin 2017) - les lots 1 885 111 et 1 885 112 du cadastre du Québec, situés dans le quadrilatère délimité par les rues Sherbrooke Est, Saint-André et Cherrier et l\u2019avenue du Parc-La Fontaine, dans l\u2019arrondissement du Plateau-Mont-Royal (DA176896073 \u2013 30 juin 2017) Les propriétaires des immeubles expropriés en vertu de l\u2019article 192 peuvent réclamer une indemnité de la Ville.À défaut d'entente, l'indemnité est fixée par le Tribunal administratif du Québec à la demande des propriétaires ou de la Ville, et les articles 58 à 68 de la Loi sur l'expropriation (RLRQ, chapitre E-24) s'appliquent, compte tenu des adaptations nécessaires.Cet avis est le troisième de trois que la Ville est tenue de publier.Fait à Montréal, le 1er août 2017 Le greffier de la Ville, Yves Saindon, avocat Avis public Avis de présentation d\u2019un projet de loi d\u2019intérêt privé.Centre de réadaptation MAB-Mackay / MAB-Mackay Rehabilitation Centre Prenez avis que Centre de réadaptation MAB- Mackay / MAB-Mackay Rehabilitation Centre, ci- après le « Centre MAB-Mackay », entend s\u2019adresser à l\u2019Assemblée nationale du Québec, afin d\u2019y présenter un projet de loi d\u2019intérêt privé dont la nature et les objets sont : 1) de permettre au Centre MAB-Mackay de céder le lot 4 139 929 du cadastre du Québec, circonscription foncière de Montréal, ci-après le « Lot 4 139 929 », au Centre de réadaptation Constance-Lethbridge / Constance-Lethbridge Rehabilitation Centre, ci-après le « Centre Constance-Lethbridge », sans aucune restriction ni réserve, tel qu\u2019il est prévu à l\u2019entente d\u2019intégration intervenue entre le Centre MAB-Mackay et le Centre Constance-Lethbridge en octobre 2016 sous l\u2019autorité de la Loi sur la santé et les services sociaux (chapitre S-4.2): a) en abolissant, avec effet depuis le 22 décembre 1960, les conditions affectant une partie du Lot 4 139 929 imposées par un acte de donation exécuté devant le notaire John Fair le 26 août 1884, sous le numéro 293 de ses minutes, visant certains lots faisant maintenant partie du Lot 4 139 929; b) en confirmant, avec effet depuis le 22 décembre 1960, que ces mêmes lots sont réputés, aux termes de la Loi fusionnant et consolidant The Mackay Institution for Protestant Deaf Mutes et The School for Crippled Children, Montreal, sous le nom de Mackay Center for Deaf and Crippled Children (1960-61, chapitre 153), telle que modifiée par le chapitre 109 des lois de 1989, ci-après la « Loi de 1960 », avoir été dévolus au Mackay Center for Deaf and Crippled Children, un prédécesseur du Centre MAB-Mackay, exempts et libres des conditions imposées par l\u2019acte de donation susmentionné; c) en confirmant l\u2019abolition, le 22 décembre 1960, des conditions affectant une autre partie du Lot 4 139 929 imposées par un acte de donation exécuté devant le notaire Ernest Henry Stuart le 19 janvier 1878, sous le numéro 12 385 de ses minutes, visant certains autres lots faisant maintenant partie du Lot 4 139 929 de même que la dévolution, exempte et libre de ces conditions, à la même date, de ces mêmes lots en faveur du Mackay Center for Deaf and Crippled Children, le tout tel qu\u2019il est prévu à l\u2019article 9 de la Loi de 1960.2) de confirmer que le Lot 4 139 929, dévolu au Centre MAB-Mackay le 17 octobre 2016 aux termes de l\u2019article 329 de la Loi sur les services de santé et les services sociaux, est exempt et libre des conditions imposées par les actes de donation mentionnés ci-devant.3) de requérir la publication de la Loi concernant un immeuble situé sur le boulevard Décarie à Montréal contre le Lot 4 139 929 par tout mode approprié et de requérir que l\u2019Officier de la publicité foncière la publie.Toute personne qui a des motifs d\u2019intervenir sur le projet de loi doit en informer le directeur de la législation de l\u2019Assemblée nationale par courrier au 1035, rue des Parlementaires, bureau 3.55, Québec (Québec), G1A 1A3, par télécopieur au 418-528-0993 ou par courriel au : af.juridiques@assnat.qc.ca.Montréal, le 1er août 2017 Les procureurs de Centre de réadaptation MAB-Mackay / MAB-Mackay Rehabilitation Centre, LAPOINTE ROSENSTEIN MARCHAND MELANCON S.E.N.C.R.L., L.L.P.Avis public de notification (art.136 et 137 C.p.c.) Avis est donné à MUGUNTHAN VAITHILINGAM, de vous présenter au greffe de la Cour du Québec du district de Montréal situé au 1 rue Notre-Dame Est, à Montréal, dans les 30 jours afin de recevoir la Demande Introductive d\u2019Instance et avis d\u2019assignation (art.145 ss CPC) qui y a été laissée à votre attention dans la cause numéro 500-22-238639-176.Vous devez répondre à cette demande dans le délai indiqué dans l\u2019avis d\u2019assignation qui l\u2019accompagne, sans quoi un jugement par défaut pourrait être rendu contre vous sans autre avis et vous pourriez devoir payer les frais de justice.Le présent avis est publié à la demande de SABRINA DESJARDINS, huissier de justice, qui a tenté sans succès de vous signifier le document ci-haut mentionné.Il ne sera pas publié à nouveau, à moins que les circonstances ne l\u2019exigent.Montréal, le 28 juillet 2017 DANIEL GRATTON, Huissier de Justice M A R I E - L I S E R O U S S E A U L\u2019 entreprise de veille médiatique La Dose a demandé au Tribunal d\u2019en appeler de la décision de la Cour supérieure lui interdisant d\u2019utiliser le contenu en ligne des quotidiens La Presse, Le Soleil et Le Devoir le temps de procédures judiciaires.Elle en a fait l\u2019annonce dans un communiqué publié lundi.« On n\u2019a pas le choix », a déclaré au Devoir un des associés de La Dose, Maxime Couture, qui soutient que la poursuite des activités de son entreprise en dépend.La Dose dispose de deux plateformes en ligne, une gratuite (LaDose.ca) et l\u2019autre payante (LaDose.pro).Cette dernière reproduit à ses abonnés le titre, la date, le nom du média et le premier paragraphe d\u2019articles de journaux.Dans sa décision rendue la semaine dernière, le juge François P.Duprat soutient que cette utilisation payante des titres et des amorces sans versement de droits d\u2019auteurs aux médias « n\u2019est pas, dans l\u2019esprit du Tribunal, équitable».Mauvaise foi dénoncée La Dose se dit prête à payer des redevances, mais elle reproche à Cedrom-SNI, l\u2019entreprise mandatée par les trois quotidiens pour leur surveillance médiatique, de lui réclamer « bien davantage que les paiements des droits d\u2019auteurs en cours d\u2019instance».Selon La Dose, Cedrom-SNI ré clame une somme de 185 000$ pour des redevances passées.«Ils en sont venus à la décision qu\u2019on devait payer des redevances calculées par une formule mathématique que je n\u2019arrive pas à expliquer », dénonce M.Couture.«Ils ont agi de mauvaise foi.On veut payer ces droits et ils nous empêchent de le faire», poursuit l\u2019associé.Sans entente avec Cedrom-SNI, les plate- formes de La Dose ne peuvent pas publier les ar ticles des trois quotidiens, conformément à l\u2019injonction.«C\u2019est comme demander à un pâtissier de faire des gâteaux sans eau, farine et œufs », illustre M.Couture.La Dose est une «petite start-up», défend son associé, qui qualifie d\u2019«abusives» les demandes de Cedrom-SNI.Le service de veille médiatique propose aux représentants des trois quotidiens de les contacter directement « afin de mettre un terme à ce conflit inutile ».Guerre de chiffres Le président de Cedrom- SNI, François Aird, reproche à La Dose d\u2019avoir publié un communiqué « biaisé et erroné » lundi.Selon lui, des solutions ont été mises sur la table par l\u2019entreprise pour permettre au site de veille médiatique de « reprendre ses opérations en toute légitimité».La somme de 185 000$ avancée par La Dose est «inexacte», soutient M.Aird.Le président n\u2019a pas voulu commenter davantage ce montant, étant donné que l\u2019affaire est en cour.«On ne commencera pas une guerre de chif fres », a défendu le président de Cedrom-SNI au Devoir.Le respect des droits d\u2019auteur est au cœur de ce litige, sou- tient-il.«Des sommes importantes auraient dû être versées, vous savez que les médias ne sont pas dans une position favorable.La Dose doit compenser ces pertes de revenus».Cedrom-SNI respecte le droit de La Dose d\u2019interjeter en appel l\u2019injonction.Mais cela sous-entend aux yeux de son président qu'« ils disent qu\u2019ils n\u2019ont pas besoin de respecter les droits d\u2019auteurs».Les avocats des médias ont refusé de commenter la demande d\u2019appel de La Dose, lundi.« Il s\u2019agit d\u2019un dossier en cour, on va en discuter avec nos clients », a déclaré Chris Semerjian.Le Devoir MÉDIAS La Dose interjette appel de l\u2019injonction qui la cible Le manque de sommeil pourrait entraîner un élargissement du tour de taille Le manque de sommeil pourrait entraîner un élargissement du tour de taille, selon une nouvelle étude britannique.Les chercheurs de l\u2019Université de Leeds ont constaté que les sujets qui dormaient en moyenne six heures par nuit ajoutaient trois centimètres à leur circonférence, comparativement à ceux qui en dormaient neuf.Ces résultats démontrent qu\u2019un manque de sommeil pourrait contribuer à l\u2019apparition de problèmes métaboliques comme le diabète.En plus de se pencher sur les liens entre le sommeil, l\u2019alimentation et le poids, la nouvelle étude s\u2019est intéressée à d\u2019autres marqueurs de la santé métabolique, comme la tension artérielle, la cholestérolémie, la glycémie et la fonction thyroïdienne.Un sommeil plus court a été associé à une réduction du HDL, le « bon » cholestérol qui élimine le « mauvais » gras et protège donc contre des problèmes comme la maladie cardiaque.La chercheuse Laura Hardie a rappelé que la quantité appropriée de sommeil variera d\u2019un individu à l\u2019autre, mais que, règle générale, on recommande entre sept et neuf heures de sommeil par nuit.Les conclusions de cette étude sont publiées dans le journal médical PLOS ONE.La Presse canadienne IAN BARRETT LA PRESSE CANADIENNE Une passante marchant devant un panneau annonçant la disparition de Cédrika Provencher, à Trois-Rivières, en août 2007 T rois-Rivières \u2014 Dix ans après la disparition de la petite Cédrika Provencher, un nouvel organisme à but non lucratif a été lancé pour travailler à la prévention des enlèvements d\u2019enfants dans la province.La création du Centre de recherche et de prévention des enlèvements d\u2019enfants a été annoncée lundi, en conférence de presse, en compagnie notamment du grand-père de la fillette, Henri Provencher.Le nouveau centre donnera suite aux projets en cours de la fondation Cé- drika Provencher, mais i l sera ouvert aux suggestions d\u2019autres organismes ou d\u2019autres personnes intéressées à soumettre leurs idées en matière de prévention.Henri Provencher a expliqué que le centre avait choisi de se spécialiser en prévention «pour éviter de passer en mode rattrapage », ajoutant que « lorsqu\u2019une disparition survient, il est déjà trop tard».L\u2019organisme sera pleinement indépendant, même s\u2019il est lié à la fondation Cédrika Provencher, a assuré M.Pro- vencher.Il a invité la population, les spécialistes et les entreprises à s\u2019impliquer dans le centre de recherche.« La fondation cherche à innover et à trouver des nouveaux outils de prévention, d\u2019intervention et de recherche pour les enfants, et c\u2019est dans ce cadre-là qu\u2019on a choisi de démarrer un nouvel organisme de recherche », a-t-il déclaré.« Je pense que ce sera un centre de recherche assez spécial, parce qu\u2019il va demander à la population, à toutes les entreprises, de travailler de concert dans un même centre de recherche », a-t-il ajouté.La Presse canadienne SÉCURITÉ Un organisme lancé pour prévenir les enlèvements d\u2019enfants L\u2019entreprise dit ne pas avoir d\u2019autre choix si elle veut poursuivre ses activités Lorsqu\u2019une disparition survient, il est déjà trop tard Henri Provencher, le grand- père de la petite Cédrika « » S O P H I E C H A R T I E R P ar les temps qui courent, il est partout ce mot.Autant dans les discours des militants de Black Lives Matter que dans les rapports de la Banque mondiale ou dans les publicités de rouge à lèvres\u2026 Accrocheur, le concept peut être interprété de différentes façons.Mais à force, la formule a-t-elle toujours un sens?Qu\u2019est-ce que l \u2019empowerment ?Avec un champ d\u2019application théorique et pratique allant du travail social au développement international, en touchant aussi à l\u2019éducation, au féminisme, à l\u2019administration et au marketing, la définition du mot est certes un peu floue.L\u2019Of fice québécois de la langue française préconise le terme «autonomisation», qu\u2019elle définit ainsi : «processus par lequel une personne, ou un groupe social, acquiert la maîtrise des moyens qui lui permettent de se conscientiser, de renforcer son potentiel et de se transformer dans une perspective de développement, d\u2019amélioration de ses conditions de vie et de son environnement».Ce n\u2019est pas la seule traduction française qui a été proposée ; il arrive de voir aussi «ca- pacitation» ou encore «empou- voirement ».Le vocabulaire juridique emploie «habilitation», mais celui-ci fait plutôt référence à un octroi de pouvoir, plutôt qu\u2019à une prise en main par la personne ou le groupe en question.Emploi inégal Toutefois, leur emploi est inégal.Contrairement au terme anglais, ces néologismes ne parviennent pas à inclure à la fois le processus et le résultat.« Les termes \u201cautonomisa- tion\u201d et \u201ccapacitation\u201d, s\u2019ils indiquent bien un processus, ne font pas référence à la notion de pouvoir qui constitue la racine du mot ; et les expressions \u201cpouvoir d\u2019agir\u201d ou \u201cpouvoir d\u2019action\u201d ne rendent quant à elles pas compte du processus pour arriver à ce résultat et de sa dimension collective », écrivent Marie-Hélène Bacqué, profes- seure à l\u2019Université Paris Ouest, et Carole Biewener, professeure d\u2019économie et d\u2019études du genre au Simmons College de Boston, dans l\u2019article « L\u2019empowerment, un nouveau vocabulaire pour parler de participation?», paru en 2013 dans la revue Idées économiques et sociales.Dans son essai Sœurs volées, portant sur les femmes et les filles autochtones disparues, la journaliste et auteure Emma- nuelle Walter aborde son choix du terme, qu\u2019elle a préféré garder à l\u2019anglaise dans le texte.« En écoutant ces mères autochtones interpeller la classe politique en général et le premier ministre [\u2026], encadrer les familles pendant leurs rencontres, témoigner [\u2026] devant la Commission internationale des droits de l\u2019homme à Washington, c\u2019est le mot empowerment qui me vient à l\u2019esprit.Quelque chose qui dit : \u201cJe n\u2019ai plus peur.Je veux me battre puisqu\u2019on ne se battra pas pour moi\u201d », peut- on lire dans l\u2019ouvrage.« Je me souviens que mon éditrice m\u2019avait dit : \u201cEssaie de trouver quelque chose\u201d, explique l\u2019auteure au Devoir.Je n\u2019ai pas trouvé d\u2019équivalent.Je me souviens de la première fois où je l\u2019ai entendu, c\u2019était en Afrique du Sud, après l\u2019apartheid.On réfléchissait aux façons dont les populations des ghettos pouvaient reprendre du pouvoir par elles-mêmes.Ce mot charrie avec lui sa jurisprudence, il trimbale toutes les luttes précédentes.» Route sinueuse D\u2019abord utilisé par les fem - mes américaines du début du XXe siècle qui réclament plus de droits, empowerment apparaît dans les écrits du sociologue américain Saul Alinsky à partir des années 1930.Le terme est alors employé pour parler de lutte des opprimés pour un gain de pouvoir par rappor t aux groupes dominants.Au tournant des années 1970, les militants des droits civiques américains et les féministes s\u2019approprient le mot pour demander une plus grande représentation de leurs communautés.Parallèlement, les groupes de défense de femmes battues l\u2019utilisent pour parler du développement d\u2019un «pouvoir intérieur».Graduellement, le mot se répand à différents courants de pensée.Dans les années 1980, les néoconser vateurs l\u2019emploient pour parler d\u2019une prise en charge individuelle pour pallier un manquement des États.À la même époque, des théoriciennes féministes de l\u2019Inde se réclament de l\u2019empowerment, amorçant ainsi son emploi en développement et en lutte contre la pauvreté.Puis, le terme se généralise.« Au cours des années 1990, la notion d\u2019empowerment est intégrée dans le vocabulaire international de l\u2019expertise et des politiques publiques, en particulier dans celui des grandes institutions multilatérales comme l\u2019Organisation des Nations unies (ONU) ou des bailleurs de fonds comme la Banque mondiale » , expli - quent Marie-Hélène Bacqué et Carole Biewener, toujours dans « L\u2019empowerment, un nouveau vocabulaire pour parler de participation ?».Dénaturé Anne Calvès, professeure de sociologie à l\u2019Université de Montréal, a documenté la généalogie de cette adaptation du concept par les institutions of ficielles dans ses textes « Empowerment » : généalogie d\u2019un concept clé du discours contemporain sur le développement et L\u2019empowerment des femmes dans les politiques de développement : histoire d\u2019une institutionnalisation controversée.Pour elle, l '« empowerment » a été vidé de son sens.« Le mot est aujourd\u2019hui employé par tous et par tout et a même gagné le monde des affaires.[\u2026] Le mot a été littéralement \u201cpris en otage\u201d par les agences internationales de développement qui en ont fait un concept vague, faussement consensuel, édulcoré, dépolitisé et instrumentalisé.» C\u2019est l\u2019aspect collectif qui est perdu, croit la professeure.Dans sa conception initiale, l\u2019empowerment permet à un groupe d\u2019augmenter sa qualité de vie en prenant conscience de son pouvoir d\u2019action collective et d\u2019émancipation par rapport au dominant, en se rendant compte de l\u2019oppression intériorisée.Mais de plus en plus, dans le discours ambiant, sa compréhension est réduite à une sor te de confiance en soi, ou de pouvoir économique.« L\u2019empowerment est un processus complexe et multidimensionnel.Il se définit comme un pouvoir créateur qui rend apte à accomplir et à transformer des choses.[\u2026] La dimension collective a été largement évacuée et l\u2019empowerment a été \u201cindividualisé\u201d pour devenir synonyme de capacité individuelle, de réalisation et de statut.» Le Devoir La langue de Molière a-t-elle des limites qui ouvrent la porte aux emprunts?Cet été, Le Devoir se penche sur cer tains mots anglais récents de plus en plus utilisés en français et qui n\u2019ont pas trouvé d\u2019équivalent juste dans notre langue.Aujourd\u2019hui : empowerment.L E D E V O I R , L E M A R D I 1 E R A O Û T 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 5 Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 C L O T H I L D E G O U J A R D I l y a trois ans, Storm se sentait dif férente et perdue.À neuf ans, la jeune fille n\u2019était pas sûre de savoir qui elle était.Et puis, elle a découvert le Camp rock pour filles de Montréal, un camp de jour pour les filles et les jeunes de genre non binaire entre dix et dix-sept ans, où les cours de musique alternent avec les ateliers sur l\u2019orientation et l\u2019éducation sexuelle, le genre et le racisme.« Maintenant que c\u2019est ma troisième année, j\u2019en connais beaucoup plus [sur moi- même].Je connais mon orientation sexuelle et je sais que les filles sont vraiment fortes », raconte Storm (son deuxième prénom), 12 ans, qui joue de la batterie et se décrit comme bisexuelle.À travers ses interactions et de nouvelles amitiés avec des filles qui partagent ce même sentiment d\u2019être «différentes» et «weird», Storm s\u2019est affirmée.Avec son amie du même âge, Emma, elles ont réalisé qu\u2019elles avaient toutes deux vécu de l\u2019intimidation après avoir fait leur « coming out » dans leurs écoles et classes respectives.« Il y a beaucoup de jeunes homophobes dans ma classe, donc j\u2019ai dû apprendre à gérer ça et j \u2019essaie d\u2019ignorer [ce qu\u2019ils disent].Tu ne peux pas contrôler [ton orientation sexuelle] », dit Storm.Ilana, la monitrice qui s\u2019occupe de leur groupe, suit Storm depuis ses débuts au camp.« Je l\u2019ai vue se transformer et grandir énormément avec le camp », dit-elle, en la décrivant autrefois comme plus renfermée et incertaine.Elle a vu plusieurs jeunes filles arriver au camp en essayant de répondre aux standards de la société, en matière de beauté, de sexualité, de comportements et même de façon de chanter.« Je suis instructrice pour les cours de chant et on voit des \u201ccampeuses\u201d qui essaient de chanter comme elles pensent qu\u2019elles devraient, avec une voix de star de la pop.On leur dit : \u201cNon, essaie juste de hurler dans le micro et passe du temps à seulement crier.\u201d Ce n\u2019est pas juste une leçon de musique, mais aussi une leçon de vie pour leur faire comprendre que leurs voix sont importantes.» Accepter sa différence Pendant une semaine, une trentaine d\u2019adolescentes apprennent à s\u2019accepter et à devenir des artistes et des jeunes bien dans leur peau.« On utilise l\u2019attitude rock star [pour accepter] qu\u2019on n\u2019est pas normales, qu\u2019on ne veut pas se conformer à ce que les autres pensent qu\u2019on devrait être.On veut que les jeunes soient capables de dire : \u201cC\u2019est correct d\u2019être dif férente, c\u2019est dans la dif fé- rence qu\u2019on s\u2019embellit et qu\u2019on va s\u2019accepter\u201d », dit Taharima Habib, une des bénévoles principales du camp.Les jeunes forment un groupe, suivent des cours de musique et écrivent une chanson originale.Mais, l\u2019idée derrière cette initiative est d\u2019aller plus loin que l\u2019art et de donner aux jeunes des outils pour leur confiance en elles et pour s\u2019accepter comme elles sont, malgré leurs différences.Des ateliers et rencontres laissent place aux discussions dans un espace sécuritaire et à l\u2019écoute des épreuves de ces jeunes de la communauté LGBTQ+, raci- sées ou de genre non binaire.« Quand ces jeunes-là viennent ici, elles se sentent tellement empowered parce que tout le monde qui est en position de leadership est exactement comme elles 15, 20 ou 30 ans plus tard», dit Habib, qui a participé avec les campeuses raci- sées à une discussion spécifiquement pour elles.C\u2019est au cours de cette discussion que Revati, 12 ans, a commencé à réaliser que «toutes ces petites choses [qu\u2019elle] a ignorées, mais qui lui ont fait du mal», comme les gens qui l\u2019appellent «hé toi» parce que son prénom qui vient du sanskrit leur paraît trop compliqué viennent de l\u2019ignorance.Au bout d\u2019une semaine de camp, les jeunes sont fières de leurs musiques et de leurs différences.Pour clore le tout, les jeunes montent sur scène pour un concert et se lancent malgré le trac.Jannjill, la bassiste rockeuse du band Galaxy, finit à terre, tandis que les Wild Witches font danser le public avec leurs paroles engagées sur le féminisme.«Quand tu viens ici, tu peux chanter tout ce que tu as sur le cœur et partir du camp à la fin de la journée plus for te, avec plein d\u2019amies et avec encore plus de confiance en toi », décrit Uma, 10 ans, pour qui c\u2019était la première année.Collaboration spéciale Le Devoir De jeunes stars du rock pas comme les autres Le Camp rock pour filles de Montréal accueille des filles et des jeunes de genre non binaire COMMENT LE DIRE ?Empowerment, un mot qui perd de son pouvoir CLOTHILDE GOUJARD LE DEVOIR Ilana, monitrice aux cheveux bleus, et Florence, 11 ans, se préparent pour le spectacle.Chacun son empowerment Apparition: Empower, comme verbe, apparaît en Grande-Bretagne au XVIIe siècle et désigne une autorité formelle accordée par une entité de pouvoir plus élevée.Emploi sociologique: À partir des années 1930, l\u2019écrivain et sociologue américain Saul Alinksy, dans ses méthodes d\u2019organisation communautaire, travaille sur les quartiers pauvres de Chicago et théorise la notion de pouvoir.Emploi militant: Le mouvement des droits civiques américain et les féministes des années 1960 et 1970 adoptent le mot pour nommer le besoin d\u2019émancipation des opprimés.Emploi en développement: Dans les années 1980, les femmes indiennes engagées dans le développement communautaire utilisent le mot en opposition à la conception institutionnelle du gouvernement.Emploi en publicité: Depuis une dizaine d\u2019années environ, les marques utilisent l\u2019idée d\u2019empowerment pour faire la promotion de leurs produits.Par exemple, en 2004, la campagne « Vraie beauté » de Dove encourageait les femmes à s\u2019aimer telles qu\u2019elles sont.JOHN MACDOUGALL AGENCE FRANCE-PRESSE La fille et conseillère du président américain, Ivanka Trump, et la chancelière allemande, Angela Merkel, participaient à un sommet portant sur l\u2019empowerment des femmes en marge du G20, en avril.Le terme a été intégré par les grandes institutions multilatérales dès les années 1990, selon les auteures Bacqué et Biewener.Ce n\u2019est pas juste une leçon de musique, mais aussi une leçon de vie pour leur faire comprendre que leurs voix sont importantes Ilana, monitrice « » e Grand Prix de Formule E relève-t-il de l\u2019échec cuisant ou du succès «hors de toute attente» décrit par le maire Denis Coderre ?La vérité est entre les deux.Il faut mettre des lunettes roses pour voir cette course comme un succès sur toute la ligne.Les citoyens et les commerçants de Ville-Marie, enclavés contre leur gré dans les derniers jours, y verront surtout un manque d\u2019écoute du maire.Son intransigeance le suivra dans une autre course, électorale celle-là, dès l\u2019automne.Le succès ne peut se mesurer au seul enthousiasme des promoteurs.Il faudrait une base factuelle pour apprécier la valeur de cet événement qui a coûté 24 millions de dollars à la Ville de Montréal.Le vice-président et directeur général d\u2019Evenko, Jacques Aubé, a fourni un bilan incomplet : 45 000 personnes ont visité le site durant le week-end.Ils ont bu 70 000 bières, la belle affaire ! Mais il a refusé de dire combien de personnes avaient bel et bien payé leur billet.Impossible de savoir également si l\u2019organisateur de l\u2019événement, l\u2019OBNL Montréal c\u2019est électrique, a utilisé la marge de crédit de 10 millions cautionnée par la Ville.Cette absence de transparence incite à la plus grande prudence.La Ville en a-t-elle pour son argent ?C\u2019est discutable.Il y a peut-être une place pour la Formule E à Montréal, à la condition expresse que M.Coderre et les promoteurs tirent quelques leçons de la première édition.Le maire accepterait-il que le circuit soit aménagé au pied de sa résidence et de subir les irritants associés au montage et au démontage du circuit?Poser la question, c\u2019est y répondre.Il est vrai que l\u2019expectative de quiétude est moins grande lorsqu\u2019on choisit d\u2019habiter le centre-ville d\u2019une métropole.L\u2019appel au sacri?ce que le maire a adressé aux Montréalais est insuf?ant.L\u2019empathie, la plani?cation de l\u2019événement et la mitigation des irritants pour les citoyens sont les clés de l\u2019adhésion des Montréalais.En?n, il faudra en revenir avec ces liens de causalité improbables qui confèrent à la tenue d\u2019une course de voitures électriques en milieu urbain un effet d\u2019entraînement sur l\u2019électri?ca- tion des transports.Le virage vert en matière de transports exige des investissements massifs et une plani?cation à l\u2019échelle de l\u2019agglomération, au sein de laquelle le parc automobile augmente plus vite que la population.Même dans un monde utopique au tout électrique, ces problèmes de congestion et de mobilité resteraient entiers.La densi?cation de la trame urbaine et l\u2019amélioration des transports en commun et actifs constituent des enjeux nettement plus importants que l\u2019électri?cation sans but, dans le mirage festif.Selon des vidéos et photos obtenues par le Globe and Mail, des véhicules militaires de fabrication canadienne auraient été utilisés par l\u2019Arabie saoudite dans des opérations de répression contre des militants chiites dans la province orientale de ce pays.Voilà exactement ce que le gouvernement canadien refusait d\u2019envisager il y a à peine 15 mois, au moment d\u2019autoriser la vente à Ryad de véhicules blindés.elon une déclaration transmise au Globe and Mail par le ministère des Affaires mondiales, cette situation préoccupe beaucoup la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, qui a demandé à ses fonctionnaires d\u2019enquêter.Si les faits s\u2019avèrent exacts, elle agira.Ce n\u2019était qu\u2019une question de temps pour qu\u2019on en arrive là.La situation dans la région pétrolifère d\u2019al-Qatif n\u2019est pas nouvelle et s\u2019est intensi?ée au cours des dernières semaines.Les militants chiites y sont victimes d\u2019une répression souvent violente sous couvert de lutte au terrorisme.On y a déjà utilisé des véhicules blindés semblables à ceux achetés au Canada, mais dont on ignore l\u2019origine.Même chose au Yémen où une intervention militaire menée par l\u2019Arabie saoudite perdure depuis deux ans avec exactions et mort de milliers de civils à la clé, selon les Nations unies.Ces deux con?its avaient cours au moment où le gouvernement Trudeau a réexaminé la vente à l\u2019Arabie saoudite de centaines de véhicules produits par General Dynamics Land Systems Canada.Ce contrat conclu sous les conser vateurs ne pouvait toutefois aller de l\u2019avant sans l\u2019attribution subséquente de licences d\u2019exportation.Il revenait aux libéraux de les accorder ou non.Malgré le tollé qu\u2019avait soulevé cette vente évaluée à 15 milliards de dollars, le ministre des Affaires étrangères de l\u2019époque, Stéphane Dion, a donné son accord en avril 2016 sur la base de l\u2019évaluation faite par son ministère.En vertu de la Loi sur les licences d\u2019exportation et d\u2019importation et les lignes directrices qui l\u2019accompagnent, le gouvernement est pourtant censé contrôler «étroitement l\u2019exportation de produits militaires vers les pays [\u2026] dont les gouvernements commettent constamment de graves violations des droits de la personne contre leurs citoyens» et exiger d\u2019eux qu\u2019ils prouvent «que les produits ne risquent pas d\u2019être utilisés contre la population civile».Or, l\u2019Arabie saoudite af?che l\u2019un des pires bilans en matière de violations des droits de la personne, notamment envers les femmes, la minorité chiite et les dissidents politiques et religieux.L\u2019évaluation soumise à M.Dion ne niait pas « les inquiétudes sérieuses » du Canada quant à la violation des droits de la personne, mais insistait sur l\u2019importance stratégique, économique et commerciale de l\u2019Arabie saoudite et sur les emplois en jeu au Canada.On précisait que rien ne laissait croire que des véhicules militaires canadiens auraient servi ou serviraient dans des opérations menées contre la population civile.Le Canada n\u2019est pas le seul pays prétendument attaché aux droits de la personne à se contorsionner de la sorte.Au cours des mois qui ont suivi une attaque sanglante au Yémen en octobre 2016, attaque condamnée par les Nations unies, la Grande- Bretagne a autorisé des ventes d\u2019armes à Ryad d\u2019au moins un demi-milliard de dollars.Le gouvernement Trudeau a aujourd\u2019hui des motifs supplémentaires pour corriger son erreur initiale.Les sérieux doutes qui pèsent sur les agissements de Ryad et la situation en matière de droits de la personne qui ne fait que se dégrader ne permettent plus de se contenter des assurances du gouvernement saoudien.Il faut mettre ?n à ce contrat de vente de véhicules blindés qui entache la réputation du Canada.La complaisance face à l\u2019Arabie saoudite a assez duré.L E D E V O I R , L E M A R D I 1 E R A O Û T 2 0 1 7 A 6 EDITORIAL L E T T R E S La formule de la discorde Bonjour M.le Maire, Pour la même somme dépensée pour la course de Formule E, soit 25 millions, la Ville de Montréal aurait pu se procurer 250 Tesla à 100 000 $ chacune ou 500 voitures électriques à 50 000 $.J\u2019ai toujours cru que le devoir du maire était de veiller au confort de ses citoyens et à une gestion rigoureuse des fonds publics.Ces deux objectifs semblent avoir été malheureusement temporairement mis de côté.Je me demande ce que vous diriez si, pendant un mois, vous auriez à subir à votre domicile les inconvénients que vous L I B R E O P I N I O N L I S E B E A U D O I N L es drapeaux à feuille d\u2019érable qui s\u2019agitent frénétiquement en cette année anniversaire invitent à se questionner sur l\u2019histoire officielle.Se limiter aux 150 dernières années pour définir le pays semble saugrenu aux autochtones et aux descendants des premiers Canadiens.D\u2019autant plus que plusieurs événements assombrissent cette période.John A.Macdonald a joué un rôle déterminant dans le projet de confédération.Avant de s\u2019engager en politique, il connaît une brève carrière d\u2019avocat et d\u2019homme d\u2019affaires versé dans la spéculation foncière.En 1840, il devient membre de la loge orangiste de Kingston, une association prônant la suprématie anglo-saxonne blanche et protestante ainsi que l\u2019allégeance à la monarchie britannique.Ces éléments de sa trajectoire imprègnent sa vie politique.En 1867, il devient premier ministre du Dominion du Canada.De nombreux conflits d\u2019intérêts jalonnent sa carrière.Le plus mémorable d\u2019entre eux, le scandale du Pacifique, relié à la construction du chemin de fer, force son gouvernement à démissionner.Malgré ce délit, il est de nouveau premier ministre de 1878 jusqu\u2019à sa mort, en 1891.Au début de 1864, Macdonald s\u2019emploie à convaincre les colonies britanniques de former une confédération.Pour arriver à ses fins, il tient un double discours, multipliant les promesses afin d\u2019influencer les représentants des provinces, tout en projetant de leur retirer tout pouvoir ultérieurement.L\u2019Acte de l\u2019Amérique du Nord britannique est sanctionné par la reine Victoria en 1867.Vers l\u2019ouest À partir de 1867, le projet d\u2019expansion vers l\u2019ouest prend forme avec de graves répercussions pour ceux qui habitent ce territoire.La construction du chemin de fer, condition pour obtenir l\u2019adhésion de la Co- lombie-Britannique et coloniser l\u2019Ouest, provoque des déplacements de population orchestrés par le gouvernement Macdonald et quelques hommes d\u2019affaires.Des mesures draconiennes permettent de s\u2019emparer du territoire habité par les autochtones.Le projet d\u2019assimilation des Premières Nations annoncé dans la loi constitutionnelle se concrétise avec la Loi sur les Indiens de 1876.Refoulées dans des réserves, les Premières Nations dépendent du gouvernement pour leur subsistance.La nourriture retenue dans des entrepôts pour les forcer à signer des traités désavantageux leur parvient avariée et provoque des maladies tuant des milliers d\u2019entre eux.Pour accélérer le processus d\u2019assimilation, Macdonald affirme en 1883 que « les enfants indiens devraient être retirés le plus possible de l\u2019influence de leurs parents, et la seule manière d\u2019y arriver est de les placer dans des écoles industrielles où ils vont acquérir les habitudes et les pratiques des Blancs».Ils sont arrachés à leur famille et envoyés de force dans des pensionnats protestants et catholiques où ils vivent dans des conditions déplorables.Cette pratique perdure jusqu\u2019en 1996.Les Métis font également les frais de cette expansion territoriale.Le chemin de fer sert à transporter les troupes dépêchées pour mater leur résistance durement réprimée.Cet épisode aboutit à la pendaison de Louis Riel, en 1885.Au Québec, cette décision soulève un tollé, mais Macdonald refuse d\u2019en tenir compte : «Riel sera pendu même si tous les chiens du Québec aboient.» Par ailleurs, plus de 15 000 Chinois embauchés entre 1881 et 1885 pour effectuer les tâches les plus dangereuses de la construction du chemin de fer sont soumis à des conditions inhumaines; au moins 600 d\u2019entre eux perdent la vie.Assimilation Macdonald ne peut imposer ses politiques d\u2019assimilation de manière aussi brutale aux francophones, plus au fait de leurs droits.Déjà en 1839, l\u2019assimilation les menace sans se concrétiser.Au cours des années, le gouvernement central laisse aux provinces la tâche de défaire ses engagements.Par exemple, le Common School Act du Nouveau-Brunswick, en 1871, et L\u2019Official Language Act de l\u2019Île-du-Prince- Édouard, en 1873, amorcent une série de mesures qui restreignent ou abolissent le droit à l\u2019enseignement en français dans toutes les provinces anglophones.Les francophones s\u2019investissent dans des luttes marquées par des gains et des pertes.En 2017, ils font toujours face à des conditions favorisant l\u2019assimilation malgré leurs efforts.Le Québec s\u2019en tire mieux, parce qu\u2019il a su créer les conditions nécessaires pour protéger sa langue et sa culture.Le 150e, c\u2019est le Canada de Macdonald avec sa politique d\u2019assimilation, son racisme et son approche af fairiste, ainsi que le maintien du lien obsolète à la couronne britannique.Le 150e, c\u2019est également le Canada de la politique du multicultura- lisme de 1971 permettant aux nouveaux arrivants de conserver leur culture.Cette ouver ture est souhaitable, mais dans le contexte canadien, le multi- culturalisme comme il a été conçu augmente le poids démographique des anglophones et dilue l\u2019importance des autochtones et des francophones.Il représente une version contemporaine de la politique d\u2019assimilation de Macdonald.Ces 150 dernières années révèlent un déficit démocratique et historique.Les millénaires de présence autochtone et les 483 ans d\u2019histoire des premiers Canadiens, qu\u2019on appelait ainsi pour les distinguer des Français de passage, confirment leur rôle comme peuples fondateurs.On trouve pendant cette période des événements faisant contrepoids aux années Macdonald.Par exemple, les autochtones transmettent à Jacques Cartier l\u2019appellation «Canada», toponyme qu\u2019il adopte et diffuse par le récit de ses voyages de 1534 à 1542.Ce geste de partage donne naissance à un pays sous de meilleurs auspices.Le 150e du Canada : une erreur de calcul ?FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente du développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-président des ventes publicitaires MARK DROUIN Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Directeur de l\u2019information numérique FLORENT DAUDENS Adjoints PAUL CAUCHON, LOUIS GAGNÉ, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET autres joueurs de la Ligue nationale de hockey, se dit déçu de la décision du commissaire Gar y Bettman et des propriétaires de la LNH de refuser aux joueurs la permission de participer aux Jeux olympiques d\u2019hiver qui se tiendront en Corée du Sud en 2018.Le gouvernement Trudeau se doit d\u2019introduire au plus tôt une loi qui fasse en sorte qu\u2019aucun employeur ou association quelconques ne puissent empêcher un athlète canadien qualifié de prendre part aux Jeux olympiques et d\u2019y représenter le Canada.Gilles Marleau Orléans, Ontario, le 26 juillet 2017 VENTE D\u2019ARMES À L\u2019ARABIE SAOUDITE Il faut corriger le tir BILAN DU GRAND PRIX DE FORMULE E Quel succès ?S L MANON CORNELLIER BRIAN MYLES Appuyons nos athlètes ! L\u2019attaquant des Oilers d\u2019Edmonton Connor McDavid, tout comme plusieurs avez imposés à vos concitoyens.Il n\u2019est pas très correct de votre part de tenter d\u2019en minimiser la por tée, un recours collectif me semblerait approprié pour vous ramener à la réalité de vos devoirs.L\u2019an prochain, pourquoi ne pas organiser la course dans votre quartier ?Vos voisins seront sûrement ravis de faire partie des grands ! Michel Brassard Le 30 juillet 2017 Ces 150 dernières années révèlent un déficit démocratique et historique L E D E V O I R , L E M A R D I 1 E R A O Û T 2 0 1 7 A 7 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon (chef de division), Robert Dutrisac, (éditorialiste), Michel Garneau et Pascal Élie (caricaturistes), Jacques Nadeau (photographe), Olivier Zuida (recherchiste photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division et reporter), Stéphane Baillargeon (généraliste), Gérald Dallaire (pupitre), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Jean Dion (sports), Marco Fortier (éducation), Lisa-Marie Gervais (diversité), Pauline Gravel (sciences), Jessica Nadeau (éducation).Alexandre Shields (environnement); information politique : Michel David (chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Marie-Michèle Sioui (correspondants parlementaires à Québec) Dave Noël (recherche), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec); information culturelle : Guillaume Bourgault-Côté (politiques culturelles), Julie Carpentier (pupitre), Fabien Deglise (livres), Catherine Lalonde (arts vivants), François Lévesque (écrans),Caroline Montpetit (arts vivants), Philippe Papineau(médias); information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l\u2019information), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Benoît Munger (pupitre); information internationale : Guy Taillefer (chef de division et éditorialiste); section art de vivre : Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); cahiers spéciaux : Aude Marie Marcoux (responsable); équipe numérique : Laurence Clavel, Guillaume St-Hilaire et Geneviève Tremblay (pupitres); correction : Andréanne Bédard, Christine Dumazet et Michèle Malenfant (correctrices) ; soutien à la rédaction : Amélie Gaudreau (coordonnatrice à la rédaction), Jean-Philippe Proulx (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa).PUBLICITÉ Charleyne Bachraty (adjointe au vice-président), Marlène Côté, Évelyne De Varennes, Amel Elimam, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (directrices de comptes), Alain Tréhout (directeur créativité média), Amélie Maltais (commis aux avis légaux), Alessandra Tantalo et Laurence Hémond (coordonnatrices publicitaires).PRODUCTION Caroline Desrosiers, Yannick Morin, Anthony White et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web), Jean-François Côté (analyste programmeur), Luc Girard (technicien informatique), Solène M.Hébert (développeuse Web).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Catherine Gentilcore (coordonnatrice marketing, communications et relations publiques), Sébastien Beaupré (coordonnateur service à la clientèle), Manon Blanchette, Caroline Filion, Nathalie Filion, Isabelle Sanchez (préposées au service à la clientèle).ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Mélisande Simard (adjointe administrative et responsable des ressources humaines), Florentina Draghici (technicienne comptable), Véronique Pagé (responsable du crédit).S E R G E G A U T H I E R Président de la Société d\u2019histoire de Charlevoix ien n\u2019y fait.Le maire Michel Couturier et son conseil continuent de malmener l\u2019histoire et le patrimoine de La Malbaie.Après avoir démoli l\u2019ancien hôtel de ville pour le remplacer par un stationnement, l\u2019Hôtel Lapointe et la maison du cordonnier encore pour du stationnement, voilà maintenant qu\u2019on charcute la pittoresque rue Vincent, toujours pour du stationnement.Il faut voir le dommage: arbres abattus, destruction de l\u2019environnement, disparition d\u2019un secteur visuellement attrayant.Et encore faut-il trouver un débouché pour ce futur stationnement dont les sorties risquent d\u2019être dangereuses.D\u2019ailleurs, du stationnement pour qui ?Pour les responsables du G7 qui auront leur bureau à proximité ?La démolition de l\u2019Hôtel Lapointe n\u2019a, à ce jour, créé aucune place de stationnement supplémentaire.Comment comprendre ce gâchis ?Seulement par le manque de réflexion, d\u2019analyse, par la bêtise aussi.Quelle vi l le au Québec a subi trois démolitions d\u2019édifices importants de son cen- tre-vi l le en mo ins de deux ans ?Tout cela pour ajouter des espaces de stationnement f inalement peu nombreux, réalisés à grands coûts et totalement inappropriés.Le maire se plaît à flatter l\u2019ego des villégiateurs lors d\u2019une célébration du 150e de la chapelle protestante de Pointe- au-Pic.Il montre ainsi une étonnante gentillesse face à une clientèle touristique peu favorisée, car il suffit de voir l\u2019état du boulevard des Falaises où résident ces esti - vants, dévasté notamment par la présence d\u2019un édifice commercial d\u2019une laideur épouvantable qui ne cesse de croître.Que sont devenus les 200 ans de villégiature à La Malbaie ?Les villégiateurs auront une belle fête, mais en ont-ils pour leur argent ?Il ne faut pas oublier que durant les années 1970, la chapelle protestante a failli être détruite par le conseil municipal du temps.Il ne faut jurer de rien à La Malbaie.Notre Société d\u2019histoire de Charlevoix ne se compose pas d\u2019estivants.Elle ne reçoit ni fête, ni subvention, ni aide substantielle de la part de la Ville de La Malbaie, alors qu\u2019elle tente de sauver la forge Riverin datant de plus de 175 ans.Nous avons plutôt écopé de quelques comptes de taxes et de permis à payer à la Ville.Nous avons surtout dû faire face aux dommages causés à l\u2019édifice par l\u2019inertie et l\u2019abandon de la Ville.Pourrons-nous encore payer tout cela sans appui de la municipalité ?Et voilà peut-être un autre bâtiment que le maire pourrait démolir ! Il doit en rêver déjà\u2026 J\u2019en appelle au premier ministre Justin Trudeau.Sait-il qu\u2019il s\u2019apprête à tenir un G7 dans une municipalité dont le centre-ville est crevassé et soumis à des démolitions sauvages ?Avec cette lettre, plus question de fermer les yeux ! Il faut agir sans tarder en faveur du patrimoine de La Malbaie ou alors il vaut mieux en cacher de grands secteurs au regard des dignitaires du G7 et ne regarder que le beau fleuve Saint-Laurent face au manoir Richelieu.Le patrimoine de La Malbaie toujours martyrisé P A T R I C K M A H O N Y est avec grand plaisir que je prends par t à ce débat\u2026 qui n\u2019en est pas un.Je suis cycliste, motocycliste et automobiliste.Ce qui fait que j\u2019en paie, des taxes, pour rouler sur les routes\u2026 même quand je suis à vélo.Aussi bien mettre en terre tout de suite cet argument bidon.J\u2019ai roulé des milliers de kilomètres en auto et en vélo au Québec, aux États-Unis et en Europe, et je peux vous garantir que la pire attitude des automobilistes envers les cyclistes est au Québec.Je peux aussi vous dire que cer tains des pires comportements de cyclistes\u2026 sont aussi au Québec.Il y a beaucoup d\u2019éducation à faire auprès des automobilistes québécois, puisque cer tains propos suintent l\u2019ignorance.Faut pas leur en vouloir.Ils ne savent juste pas.À la base, les pistes cyclables ont été conçues pour les familles et les cyclistes récréatifs qui roulent à pas plus de 20 km/h.On ne peut pas rouler à plus de 20km/h sur une piste cyclable, ce qui est parfait pour des raisons évidentes de sécurité, vu la clientèle cible.Par contre, les cyclosportifs qui roulent de 25 à 40 km/h doivent rouler sur les routes.Ce sont eux qui font l\u2019objet de tant de mépris mal placé.Je fais partie de ceux-là.Les cy- closportifs doivent composer avec des routes parfois franchement dégueulasses et des accotements inexistants ou fissurés.Soyez assurés, chers automobilistes, que ce n\u2019est pas dans un esprit de confrontation ni par pulsion suicidaire que les cyclistes ne roulent pas dans l\u2019accotement, mais bien par nécessité.Dans la région de Magog, les accotements où il fait bon rouler se font rares, surtout pour une sortie de 100km.Sur 100 km, on va rouler au moins un 20 km en zone « hasardeuse», où nous allons empiéter sur la voie carrossable des voitures.Nous nous en excusons d\u2019avance.On ne le fait pas exprès.C\u2019est une question de survie.Et si jamais nous roulons côte à côte sur une route de campagne peu passante et que nous ne vous entendons pas arriver à temps pour nous remettre en f i le ind ienne, vous pouvez donner un petit coup de klaxon pour annoncer que vous êtes là, et on va se tasser sans vous faire un doigt d\u2019honneur.Avec le vent, des fois on n\u2019entend pas.Par contre, là où je vous rejoins, chers automobilistes, c\u2019est à savoir que certains cyclistes exagèrent.Certains prennent effectivement la moitié d\u2019une voie, se foutent des automobilistes et les envoient promener.Comme au Tour de France J\u2019en conviens, l\u2019attitude de ces cyclistes qui se pensent au Tour de France et qui croient que la route leur appar tient est déplorable.Vous pouvez klaxonner, leur dire de faire attention, que vous ne voulez pas les écraser, mais souve- nez-vous que vous avez une voiture ou un camion de plusieurs centaines de kilos avec un pouvoir démesuré comparativement au cycliste.Raser les jambes des cyclistes avec votre pare-chocs est inutile.De toute façon, la plupart ont déjà les jambes rasées.C\u2019est donc une perte de temps.Tout autant que les coller et les forcer vers l\u2019accotement ou accélérer en débile une fois à la hauteur des cyclistes.Ça ne nous impressionne pas de toute façon.À la fin de la journée, que vous soyez en train de tirer votre bateau vers un lac ou votre véhicule récréatif vers un camping, nous voulons tous la même chose.Rentrer à la maison, serrer nos enfants et souper en fami l le après avo ir passé quelques heures à faire une activité qu\u2019on aime.Pensez à ça la prochaine fois que vous aurez le goût de frôler un cycliste: c\u2019est peut-être le père de deux beaux enfants.Est-ce que je veux vraiment en faire des orphel ins ?Et les cyclistes, la prochaine fois que le goût de rouler en peloton vous prendra, demandez-vous si vous êtes prêt à laisser votre par tenaire élever les enfants seul.Prenez votre gaz égal, partagez la route, faites preuve d\u2019un peu de courtoisie et de civisme et tout le monde va rentrer pour souper avec le sourire.PARTAGE DE LA ROUTE Automobilistes et cyclistes, gardez votre calme P I E R R E - L U C L A N D R Y L\u2019auteur est écrivain et professeur de littérature au Collège militaire royal du Canada.l ne suffit pas qu\u2019un auteur affirme publiquement son homosexualité pour que ses livres appartiennent d\u2019emblée à la « littérature gaie », peu im - porte ce que cela voudrait dire par ailleurs.De la même manière, l\u2019homosexualité d\u2019un personnage de fiction ne suffit pas à définir une « thématique LGBT » à l\u2019œuvre dans le texte.Tout regroupement opéré sur de tels critères est vaseux, mais peut parfois servir à énoncer au moins quelques propos qu\u2019on espère pertinents.[\u2026] « Le terme \u201cqueer\u201d provoque une cer taine confusion, peut- être en raison de ses deux significations qui semblent opposées.Dans la culture populaire et dans le langage universitaire aux États-Unis, \u201cqueer\u201d est parfois utilisé de manière interchangeable avec les termes \u201cgai\u201d, \u201clesbienne\u201d, quelquefois \u201ctransgenre\u201d et \u201cbisexuel\u201d.En ce sens, on l \u2019entend comme un terme générique qui fait référence à l\u2019ensemble des identités \u201cnon hétérosexuelles\u201d.Toutefois, dans cer tains contextes politiques et théoriques, le mot \u201cqueer\u201d est utilisé d\u2019une manière apparemment contradictoire : il s \u2019agit alors d \u2019une remise en question de la stabilité de toute catégorie identitaire basée sur l\u2019orientation sexuelle.» Siobhan B.Somerville, 2007.La contrainte à l\u2019hétérosexualité, pour reprendre l\u2019expression d\u2019Adrienne Rich, suppose qu\u2019il y aurait une orientation sexuelle considérée comme neutre à partir de laquelle les autres sexualités sont forcées de s\u2019exprimer, ce qui les rend alors « hypervisi- bles » et, d\u2019office, sujettes à la discrimination.On devine bien évidemment de quelle orientation sexuelle il s\u2019agit : celle que l\u2019on ne nomme habituellement pas puisqu\u2019elle est assumée « par défaut ».« Écrire gai » serait donc un geste qui s\u2019opère depuis les marges de l\u2019hétérosexualité par, pour ou avec des hommes qui aiment les hommes.Toutefois, il n\u2019existe pas d\u2019écriture homosexuelle, pas plus qu\u2019il n\u2019existe d\u2019écriture féminine, et les fémi - nismes \u2013 au pluriel \u2013 l\u2019ont très bien démontré.Dernières parutions Dans les derniers mois, on a vu paraître plusieurs livres que l\u2019on pourrait ranger au premier abord dans cette chimérique « littérature gaie » [\u2026].N\u2019eût été l\u2019homosexualité de leurs auteurs ou de leurs personnages, ces œuvres ne seraient pas considérées de front ou regroupées sous un vocable commun.Moi aussi j \u2019aime les hommes recueille la correspondance entretenue pendant un peu moins d\u2019un an par Simon Boulerice et Alain La- bonté, échange instigué par ce dernier après qu\u2019il a vu les images terribles, au journal télévisé, de l\u2019assassinat d\u2019un homosexuel par des militants du groupe État islamique .La- bonté est horrifié, à juste titre, et ressent le besoin d\u2019en discuter avec quelqu\u2019un qui saura « identifier la tristesse soudaine qui [l\u2019]a assailli».[\u2026] Avec Dolce vita, de Juan Joseph Ollu, on se déplace vers ce que l\u2019on pourrait appeler à tor t une « fiction de l\u2019homosexualité » ; à tort, puisqu\u2019une telle étiquette participerait de l\u2019invisibilisation de la bisexualité pourtant essentielle dans l\u2019économie narrative, et aussi parce qu\u2019il s\u2019agit après tout d\u2019un bi ldungsroman amoureux comme les autres, à la différence près que le personnage se découvre des désirs inattendus pour un autre homme .Le personnage de Maximilien problématise toutefois son attirance pour son professeur et réfléchit de manière très juste à la fluidité de l \u2019or ientat ion sexuelle, concept très cher à plusieurs penseurs et penseuses du queer.[\u2026] Queues, de Nicholas Gi - guère, est quant à lui un livre tout à fait queer, dans son propos comme dans sa forme .Poème narratif ou roman versifié , peu impor te : il s\u2019agit d\u2019abord et avant tout d\u2019une charge corrosive contre l\u2019ho- mophobie, l\u2019hétéronormati- vité, l\u2019homonormativité, les représentations médiatiques figées du corps homosexuel et le caractère prétendument invariable des genres sexuels et sociaux.Roman pamphlétaire, poème bruyant et fracassant, le livre s\u2019en prend à tout ce qui ne va pas dans le monde ; en souhaitant l\u2019avènement d\u2019une délicieuse obscénité qui mettrait fin à l\u2019instrumentalisation de l\u2019homosexualité, Giguère propose un nouveau type de fierté à opposer à celle, corporatiste et aseptisée, des puissants lobbys gais et conservateurs : « [\u2026] et je suis fier/d\u2019être une marde/le rebut dont personne ne veut/ça fait changement», écrit-il.La tolérance est abondamment dénoncée dans le texte, associée à la «répression systématique » et mise en parallèle avec une multitude de choses que l\u2019on tolère au quotidien [\u2026 ].La tolérance, pour Giguère, «c\u2019est accepter chez l\u2019autre une dif férence/qui serait normalement pas acceptée/c\u2019est devoir composer avec/accepter à défaut de/endurer ».Il se demande alors, à juste titre, « depuis quand on doit tolérer l\u2019homosexualité ».« [J] \u2019en ai rien à crisser d\u2019une société qui m\u2019endure », écrit-il, « d \u2019une société/qui m\u2019accepte comme une attraction touristique».[\u2026] Un continuum, donc On le voit bien, les textes de cette « littérature homosexuelle » illusoire se suivent et ne se ressemblent pas.Il faut conceptualiser l\u2019orientation sexuelle comme un continuum sur lequel de multiples possibles s\u2019incarnent et se réalisent, et la même chose est vraie des individus qui choisissent de faire de cette orientation sexuelle, d\u2019une manière ou d\u2019une autre, le «sujet » d\u2019un texte ou d\u2019une œuvre.On ne peut ranger simplement tous les ouvrages écrits par des hommes qui aiment des hommes dans la même catégorie, prétextant qu\u2019il s\u2019agit là d\u2019un thème auquel l\u2019œuvre est réductible.Une telle analyse est dangereuse.Plutôt, tâchons d\u2019être critiques face aux catégorisations, souvent imposées par l\u2019ordre établi, et pro- posons-nous d\u2019être véritablement à l\u2019écoute des voix marginalisées \u2013 d\u2019être queer.Des commentaires ou des suggestions pour Des Idées en revues?Écrivez à rdutrisac@ledevoir.com.Littérature queer : refuser le ghetto et les regroupements vaseux DES IDÉES EN REVUES Chaque mardi, Le Devoir offre un espace aux artisans d\u2019un périodique.Cette semaine, nous vous proposons un texte paru dans la revue Nuit blanche, été 2017, no 147.I R PEDRO RUIZ LE DEVOIR Ce n\u2019est pas dans un esprit de confrontation ni par pulsion suicidaire que les cyclistes ne roulent pas dans l\u2019accotement, mais bien par nécessité.C\u2019 L E D E V O I R , L E M A R D I 1 E R A O Û T 2 0 1 7 A 8 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par courriel publicite@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3452 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Par courriel petitesannonce@ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4 Berri-UQAM Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com A C T U A L I T É S poigne exercée sur son épouse.Sa fille rue dans les brancards en le défiant.« On appar tient à son berceau » , nous dira-t-elle.Lectrice précoce, son enfance entre Vichy et Paris débouche sur une passion pour le théâtre.S\u2019ensuivent des études au Conservatoire, des débuts à la Comédie-Française, grande école de rigueur à laquelle elle tira son chapeau.Une soixantaine de pièces et plus de 130 films plus tard ; tant de visages de Jeanne Moreau se bousculent en nous.Elle en aura fait, du chemin, la starlette de Touchez pas au grisbi de Jacques Becker en 1954.Sublime dans les rôles d\u2019errance comme dans Moderato Cantabile de Peter Brook d\u2019après Duras (Prix d\u2019interprétation cannois en 1960), Ascenseur sur l\u2019échafaud de Louis Malle sous lancinants accents de la trompette de Miles Davis, La Notte d\u2019Antonioni bien sûr.Louis Malle demeura de son propre aveu l\u2019homme de sa vie et son cinéaste d\u2019élection.« Je l\u2019aimais et je l\u2019aime encore », nous confiait-elle par-delà la séparation et la mort de celui qui lui of frit un rôle brûlant dans Les amants en guise de cadeau de rupture.Orson Welles, un ami cher, l\u2019aura dirigée dans Le procès d\u2019après Kafka et le Falstaf f de Shakespeare.Sa filmographie se révèle si vaste et imposante qu \u2019il ne reste qu\u2019à la survoler.Luis Bunuel rendit l\u2019ubiquité de son profil dans Le journal d\u2019une femme de chambre adapté d\u2019Octave Mirbeau.Truffaut glorifia son appétit de vivre dans le triangle amoureux de Jules et Jim en 1962.Fatale encore sous la direction de Joseph Lo- sey dans Eva, comme dans La baie des anges de Jacques Demy.Visage d\u2019énigme à travers Le pas suspendu de la cigogne du Grec Theo Angelo- poulos, vengeresse dans La mariée était en noir de François Truf faut, tant d \u2019autres femmes\u2026.W im Wenders l \u2019aura fait tourner dans Jusqu\u2019au bout du monde, Fassbinder dans Querelle, Elia Kazan dans The Last Tycoon.Le Québécois Yves Desga- gnés l\u2019a même dirigée en 2005 dans Roméo et Juliette.C\u2019est toute la planète cinéma qui porte aujourd\u2019hui son deuil.Au chant, comment la dissocier de Serge Rezvani (pseudonyme : Cyrus Bassiak), auteur de ses plus belles chansons, du Tourbillon à J\u2019ai la mémoire qui flanche en passant par La vie de cocagne, Le blues indolent, Où vas-tu Mathilde et autres merveilleuses rengaines?Une rebelle Rencontrer Jeanne Moreau, c\u2019était accepter la percée de son regard d\u2019aigle.Elle préférait la compagnie des hommes, vous testait, au mieux vous adoubait.Ouf ! «Le caractère m\u2019a tout apporté dans la vie, confiait-elle au Devoir en 1996 en prenant la présidence du jury du Festival des films du monde.Les réalisateurs le voyaient en moi et cherchaient à creuser plus loin.Il n\u2019est pas toujours facile d\u2019être dif férente des autres, d\u2019être une rebelle, de ne pas se plier aux règles\u2026» Actrice déjà mûre, elle évoquait un parcours en dents de scie après ses éclats de jeunesse : «Je suis allée de résurrection en résurrection, mais quand le lit du fleuve se resserre avec l\u2019âge, la quantité d\u2019eau qui y surgit rend son cours encore plus violent.» Son rôle de beauté décli - nante en 1974 dans Les Valseuses de Bertrand Blier, entre Gérard Depardieu et Patrick Dewaere, nourrit les hauts cris soulevés par ce film culte à parfum de scandale.Verte aïeule au corps décrépit en 1992 dans La vieille dame qui marchait dans la mer de Laurent Heynemann, qui lui valut le César de la meilleure actrice en 1992, elle demeurait dans la vraie vie coquette comme une éternelle jeune fille.La vie de Jeanne Moreau se confond avec la scène culturelle d\u2019une grande par tie du XXe siècle, par sa fréquentation d\u2019écrivains comme Anaïs Nin, Henry Miller, Duras bien sûr, sa grande alter ego entre 1958 et 1973, de comédiens comme Gérard Philippe, d\u2019un lot de grands cinéastes à ses pieds.C\u2019est toutefois la crainte que la fougueuse interprète inspirait à ses covedettes féminines.Sur le plateau de Viva Maria de Louis Malle en 1965, un duel l\u2019avait opposée en coulisses à Brigitte Bardot.L\u2019ancienne star d\u2019Et Dieu\u2026 créa la femme rendait pourtant hommage lundi à la beauté, à l\u2019intelligence et la personnalité hors du commun de cette actrice aux mille facettes, qui croisa sa route.Jamais blasée, curieuse, ardente, Jeanne Moreau demeura en apprentissage de la condition humaine jusqu\u2019à son dernier souffle.« Entrer dans un film, c\u2019est prendre un train qui ne s\u2019arrête dans aucune gare, nous confiait- elle en 2002.Un être humain, c\u2019est un tel mystère\u2026» Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 MOREAU au fonctionnement et au financement », écrit dans un communiqué Carol Jolin, président de l\u2019AFO.Les rênes du nouveau ministère seront tenues par la ministre Marie-France Lalonde, qui reprendra le budget de cinq millions de dollars de l\u2019Office ainsi que la vingtaine d\u2019employés qui y étaient rattachés pour accomplir ce nouveau mandat.Mme Lalonde refuse de parler d\u2019improvisation.Au contraire, dit-elle, cette annonce montre l\u2019engagement concret du gouvernement ontarien dans la reconnaissance de l\u2019importance des Franco-Ontariens dans la province.« La création d\u2019un ministère, ça ne se fait pas du jour au lendemain, souligne Mme Lalonde.Ce n\u2019est pas vrai de dire qu\u2019il n\u2019y a pas d\u2019argent.Nous disposons du budget de l\u2019Office, qui permettra entre autres de lancer dès septembre un fonds communautaire pour les organismes franco- ontariens », a-t-elle fait valoir.Elle conf irme cependant qu \u2019 il n \u2019y a pas d \u2019augmentation budgétaire prévue, mais qu\u2019une analyse des besoins financiers et des ressources huma ines sera ef fectuée « d\u2019ici le prochain budget ».Marie-France Lalonde indique que le ministère poursuivra la mission de l\u2019Office pour renforcer les services offerts en français dans les secteurs des soins de santé, des services juridiques et de l'éducation postsecondaire.D\u2019ailleurs, le prochain dossier dans sa mire est le projet d\u2019université francophone en Ontario.Elle n\u2019a toutefois pas donné plus de détails à ce sujet.Opération séduction La timidité de l\u2019annonce du nouveau min istère la isse croire que cette création découle d \u2019une stratégie pour charmer la communauté franco-ontar ienne, est ime M.Normand.«Il ne faut pas se leurrer, nous sommes à un an des élections et l\u2019électorat francophone en Ontario est courtisé par tous les partis », rappelle le chercheur.Marie-France Lalonde assure que cette décision est loin d\u2019être électoraliste.« Je ne vais pas commenter les interprétations, a dit la ministre.Moi, je continue dans le chemin où je m\u2019étais engagée, c\u2019est-à-dire reconnaître de façon concrète la place de la communauté franco-ontarienne.» Mme Lalonde estime que la création d\u2019un ministère des Affaires francophone est plutôt la suite logique au statut d\u2019observateur obtenu en novembre 2016 par l\u2019Ontario au sein de l\u2019Organisation internationale de la francophonie (OIF).Petite victoire Un avis partagé par certains organismes, dont le Réseau de développement économique et d\u2019employabilité (RDEE).« Je crois que c\u2019est l\u2019évolution naturelle des choses.L\u2019Ontario avait fait un premier pas en devenant observateur à l\u2019OIF, alors au- jourd\u2019hui c\u2019est une petite victoire pour la communauté franco-on- tarienne, qui offre beaucoup à la province et qui, depuis des années, travaille fermement pour que son apport soit reconnu », commente Pierre Tessier, directeur général du RDEE.La fédération de la jeunesse franco-ontarienne (FESFO) voit aussi une énorme avancée dans cette annonce.« Nous nous rapprochons d\u2019une province qui nous reconnaît complètement », a écrit sur Twitter le président de la FESFO, Pablo Mhanna.Le Centre francophone de Toronto, qui vient en aide aux francophones de la grande région torontoise, est même allé jusqu \u2019à parler sur Twitter d\u2019une « nouvelle ère » qui s\u2019ouvre avec cette annonce.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 ONTARIO néodémocrates \u2014 soit la Colombie-Britannique et l\u2019Ontario \u2014, qui à elles seules comptaient les deux tiers des membres du NPD selon les dernières données obtenues par Le Devoir.Le Québec ne compta it que 2000 des quelque 50 000 membres du par ti.Mais là aussi, bien que des anciens députés québécois se soient inquiétés qu\u2019un NPD dirigé par un candidat sikh pratiquant comme Jagmeet Singh signe l\u2019arrêt de mort du parti dans la province, celui-ci a néanmoins été le plus populaire des quatre candidats.Jagmeet Singh arrive le premier en y ayant récolté 27 970$, loin devant l\u2019unique candidat québécois de la course Guy Caron, qui s\u2019est accumulé 10 255$, révèlent les données de financement du second trimestre dévoilées lundi par Élections Canada.Tous deux ont toutefois convaincu sensiblement le même nombre de donateurs de leur faire confiance \u2014 97 personnes pour M.Singh, contre 100 pour M.Caron.Le député de Rimouski ne se décourage pas pour autant, se disant « très heureux» d\u2019avoir dépassé les 100 000 $ de financement depuis le début de sa candidature.«Cela témoigne que notre campagne est en croissance, et ce, malgré un faible taux de notoriété au départ », a argué M.Caron par écrit.Début juillet, Peter Julian avait jeté l\u2019éponge en citant notamment une collecte de fonds décevante au printemps.Il aura terminé sa courte course avec près de 80 000 $.Alors qu\u2019il menait en Colombie-Britannique au premier trimestre de l\u2019année, où il avait récolté plus de 35 000 $, il y a été délogé par Jagmeet Singh au second trimestre alors que celui-ci a reçu 37 000 $, loin devant Peter Julian, qui y a amassé 14 800 $.M.Singh surpasse aussi Charlie Angus en Ontario, où ce dernier menait au premier trimestre en y ayant récolté 90 000$, tandis qu\u2019il a été relégué au second rang des appuis monétaires au second trimestre avec 95 760$ loin derrière Jag- meet Singh, qui y a amassé 276 450$.Les deux prétendants qui traînent de la patte en matière de financement n\u2019ont pas pour autant admis qu \u2019ils craignaient que Jagmeet Singh soit déjà irrattrapable.D\u2019une part parce qu\u2019il aurait commencé à récolter des dons de façon officieuse dès l\u2019automne, mais que, compte tenu de son entrée tardive dans la course, ceux- ci ont tous été comptabilisés au second trimestre.Ce qui donne l\u2019impression d\u2019une grosse enveloppe en peu de temps.Niki Ashton et Guy Caron plaident en outre avoir récolté d\u2019importants dons au mois de juillet \u2014 des chiffres qui ne sont pas comptabilisés aux données du second trimestre, rendues publiques lundi.Guy Caron parle d\u2019une « croissance marquée ».Niki Ashton prétendait, la semaine dernière, avoir déjà amassé près de 100 000 $ au cours du mois.«Ça montre le momentum, qui est croissant», a-t-elle martelé au Devoir lundi, en notant par ailleurs que ses donateurs étaient plus modestes, mais tout aussi motivés et prêts à collaborer avec « leur temps et leur appui».Mme Ash- ton arrive première au financement dans les trois provinces des Prairies.La dernière étape Les aspirants chefs sont également en pleine campagne de recrutement de nouveaux membres, lesquels auront jusqu\u2019au 17 août pour rejoindre le NPD et ainsi obtenir le droit de vote pour la course à la chefferie.«Les 17 prochains jours sont importants parce que les campagnes doivent signer le plus de membres possible.Ce qui est, à ce moment-ci, encore plus important, à tout le moins pour les deux prochaines semaines, que les données financières», note Karl Bélanger.Il faudra ensuite voir s\u2019il y a un mouvement en faveur de l\u2019un ou l\u2019autre des candidats.Les néodémocrates voteront par bulletin préférentiel, par la poste ou par vote électronique à compter de la mi-septembre.Les résultats seront dévoilés un tour à la fois, une fois par semaine, à compter du 1er octobre.Les membres qui voteront sur Internet pourront modifier l\u2019ordre de leur bulletin préférentiel lors de chacun des tours.Le prochain chef sera choisi lorsqu\u2019un des candidats remportera une majorité simple, avec 50 % +1 des votes.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 CHEFFERIE JANUS FILMS La jeune Jeanne Moreau, avec Oskar Werner et Henri Serre, dans le film Jules et Jim (1962) de François Truffaut NATHAN DENETTE LA PRESSE CANADIENNE Jagmeet Singh arrive le premier en ayant récolté 27 970 $, loin devant l\u2019unique candidat québécois de la course, Guy Caron, qui a amassé 10 255 $.Une course entre Jagmeet Singh et Charlie Angus semble se con?rmer Karl Bélanger, un ancien stratège de longue date du Nouveau Parti démocratique « » "]
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