Le devoir, 3 août 2017, Cahier A
[" V O L .C V I I I N o 1 7 3 L E D E V O I R , L E J E U D I 3 A O Û T 2 0 1 7 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S AUJOURD\u2019HUI Actualités \u203a Vivre ensemble.Le 25e tournoi de basketball de rue bat son plein à Montréal-Nord .Page A 2 Avis légaux.A 4 Décès.B 4 Météo.B 6 Mots croisés.B 6 Petites annonces .B 4 Sudoku.A 5 ?w w w .l e d e v o i r .c o m Culture La rencontre musicale des artistes autochtones et allochtones Page B 8 Religion Québec évalue la valeur patrimoniale du Cyclorama Page A 3 J É R Ô M E D E L G A D O T raverser un chantier ?C\u2019est un parcours du combattant, estime Marc Antoine K.Phaneuf.Ou une aventure héroïque, aventure que l\u2019artiste a mise en mots, et sur les trottoirs, autour des travaux de réfection de la rue Notre- Dame Ouest, dans le quartier Saint-Henri.« Mon idée est de faire un clin d\u2019œil au quidam qui passe par l\u2019épreuve du chantier.Quand on traverse les travaux, on en sort grandi, on a vécu une histoire », explique celui qui est aussi poète, publié chez Le Quartanier.Son parcours littéraire, exposé sur des panneaux réversibles, un côté bleu, un côté vert, fait mouche sur les réseaux sociaux.Il faut dire que le ton sarcastique semble faire du bien aux citoyens-internautes, qui se retrouvent dans des phrases comme celle-ci : En attendant la fin des travaux\u2026 L\u2019art adoucit les mœurs\u2026 et atténue les désagréments d\u2019un chantier à Saint-Henri ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR L\u2019organisme Art souterrain a été mandaté pour monter l\u2019exposition Déviation, qui prend racine dans des locaux vacants et sur le mobilier du chantier de la rue Notre-Dame Ouest.ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR L\u2019arrivée massive de demandeurs d\u2019asile a forcé l\u2019ouverture de centres temporaires d\u2019hébergement, notamment au Stade olympique.A N N A B E L L E C A I L L O U S A R A H R .C H A M P A G N E L e français recule au Québec, tant comme langue maternelle que comme langue d\u2019usage, selon les données du recensement 2016 de Statistique Canada.Cette tendance à la baisse, qui s\u2019accentue à chaque recensement, divise la classe politique québécoise et inquiète les organismes pour la défense de la langue française.Le recul de la langue de Molière dans la province s\u2019est fait au profit de l\u2019anglais comme langue d\u2019usage \u2014 langue dans laquelle une personne se sent plus à l\u2019aise de communiquer \u2014 en hausse de près d\u2019un point de pourcentage depuis le dernier recensement 2011.« C\u2019est l\u2019augmentation la plus impor tante qu\u2019on ait connue depuis longtemps », expose Jean-Pierre Corbeil, spécialiste en chef de la section de la statistique linguistique à Statistique Canada.En 2016, 14,4% de la population québécoise déclarait ainsi être plus à l\u2019aise en anglais lorsqu\u2019elle devait choisir entre les deux langues officielles.«Il faut remonter en 1981 pour avoir une proportion comparable», souligne M.Corbeil.C\u2019est aussi au Québec que l\u2019augmentation de l\u2019anglais comme langue d\u2019usage a été la plus marquée parmi les provinces.«On parle d\u2019une croissance de 102 000 personnes au Québec qui ont l\u2019anglais comme [langue d\u2019usage], comparativement à 149 000 pour le français», détaille le spécialiste.RECENSEMENT 2016 Le français en perte de vitesse au Québec L\u2019anglais à la hausse chez les nouveaux arrivants allophones VOIR PAGE A 8 : FRANÇAIS S A R A H R .C H A M P A G N E L e nombre de demandeurs d\u2019asile qui tentent de franchir la frontière à pied a grimpé en flèche depuis le début du mois de juillet, surtout originaires d\u2019Haïti.Face à cet afflux soudain, plusieurs centres d\u2019hébergement temporaires ont été aménagés, dont environ 150 places au Stade olympique mercredi.Environ 500 demandeurs d\u2019asile ont emprunté le chemin Roxham, tout près de Saint-Bernard- de-Lacolle, pour la seule journée de mardi, affirme le Syndicat des douanes et de l\u2019immigration.Les arrivées de juillet seraient au moins le double des moyennes pour les mois précédents, calcule son président, Jean-Pierre Fortin.Des estimations appuyées par le personnel de la Maison d\u2019Haïti et le maire Denis Coderre, mais que l\u2019Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) ne pourra confirmer qu\u2019à la mi-août.Entre janvier et fin juin de cette année, ils ont été au total 3350, toutes nationalités confondues, à avoir été interceptés au Québec par la Gendarmerie royale du Canada (GRC).Des demandeurs d\u2019asile étaient logés jusqu\u2019à présent dans des hôtels, des YMCA et aux résidences universitaires de l\u2019UQAM.Mais ces endroits débordent maintenant face à cette « demande accélérée », a af firmé sur les ondes de plusieurs radios mercredi matin Francine Du- puis, une responsable du Programme régional d\u2019accueil et d\u2019intégration des demandeurs d\u2019asile (PRAIDA).Deux autobus avec des demandeurs à loger se sont ainsi engouffrés dans le Stade olympique par la porte appelée «Marathon».Une ironie que ne manque pas de noter Peggy Larose, intervenante en accueil et intégration de la Maison d\u2019Haïti dans le quartier Saint-Michel.« Il y en a qui ont fait énormément de chemin, en ef fet.J\u2019ai entendu toutes sor tes d\u2019histoires, dont une dame qui dit avoir marché cinq jours au total.» Vers un «meilleur» nord?Au moins une cinquantaine de Haïtiens d\u2019origine ont cogné aux portes de l\u2019organisme dans les dernières semaines.« Je pense qu\u2019il y a un vent de panique aux États-Unis comme quoi on va les expulser », expose d\u2019abord la directrice de la Maison d\u2019Haïti, Marjorie Villefranche.Les demandeurs d\u2019asile affluent à la frontière Le poste-frontière de Lacolle et les centres d\u2019hébergement de Montréal sont débordés VOIR PAGE A 8 : RÉFUGIÉS VOIR PAGE A 8 : CHANTIER Lire aussi \u203a Le tiers des couples de même sexe est marié Plus de Canadiens que jamais vivent seuls Page A 5 L\u2019inaction ne peut plus durer.L\u2019éditorial de Manon Cornellier.Page A 6 DES RÉFUGIÉS AU STADE OLYMPIQUE V A L É R I A N M A Z A T A U D A u parc Le Carignan de Montréal-Nord, trente équipes de basketball s\u2019affrontent jusqu\u2019à dimanche durant le 25e tournoi de basketball de rue de l\u2019arrondissement.« C\u2019est un événement unique à Montréal », s\u2019enthousiasme Synthia Zéphyr, 24 ans, une des chargées de projet de la Maison des jeunes l\u2019Ouverture (MJO), coorganisatrice du tournoi.« Les jeunes viennent de Montréal-Nord et d\u2019ailleurs, Terrebonne, Gatineau, Ottawa\u2026 Il y en a même qui vont à l\u2019école aux États-Unis ! C\u2019est comme une fête de quartier.» En cinq jours, de trois à quatre mille personnes assisteront aux exploits des Mobz, des Flashy Ballers ou des Bad Boyz Detroit.« Pour les jeunes du quartier, c \u2019est leur rendez-vous, leur podium pour per former devant leurs proches », estime Sheilla For tuné, 39 ans, directrice de la MJO.C\u2019est aussi une source de fierté et d\u2019inspiration pour les jeunes, insiste-t-elle.Plusieurs célébrités du quar tier ont fait leurs premières armes sur le bitume du tour noi, notamment Luguentz Dort, qui évolue actuellement en Floride, et Chris Boucher, récemment repêché par les Golden State Warriors, une équipe de la NBA.Pour Christine Black, mai- resse de l\u2019ar rondissement, c\u2019est un événement incontournable, «un moment qui permet aux jeunes de se structurer en équipe et d\u2019être ensemble».Vivre ensemble C\u2019est justement cette notion collective qui est au cœur du tournoi, avant même la performance sportive.« À l\u2019origine, c\u2019était une idée des travailleurs de rue pour rejoindre des jeunes hors circuit.À cette époque, Montréal-Nord était dif férent, il y avait beaucoup plus cette problématique des gangs de rue, et c \u2019était un moyen de créer un contact et d\u2019intervenir auprès d\u2019eux », explique Sheilla Fortuné.Frantz Delice, 40 ans, un inter venant du Regroupement international des causes sociales, se souvient des premières éditions auxquelles il a participé en tant que joueur : « Les choses se sont beaucoup améliorées puisqu\u2019à l\u2019époque il y avait les rouges et les bleus [NDLR : les Bloods et les Crips, deux gangs rivaux].Je peux vous dire que c \u2019était rock\u2019n\u2019roll.Moi, s\u2019il n\u2019y avait pas eu le spor t, je ne sais pas, je serais mort\u2026 » Aujourd\u2019hui, tous les inter venants rencontrés par Le Devoir s\u2019accordent pour dire que cette période est bel et bien révolue.« Dans les années 1990, il y avait des tensions latentes et les jeunes n\u2019arrivaient pas à s\u2019entendre ou à se parler.Ce tournoi est venu rompre les silences et les solitudes.Aujourd\u2019hui, on y pratique le vivre ensemble sur un terrain de basketball », commente Rose-Andrée Hubbard, conseil lère en développement com munautaire pour le SPVM.Autogestion Pour arriver à ce résultat, le tournoi a toujours mis en avant l\u2019autogestion par les participants.« Les jeunes doivent créer eux- mêmes leurs équipes, s\u2019entraîner, et ce sont aussi eux qui organisent et cherchent les commandites », explique Misla Cler veau, 19 ans, joueuse, coach et bénévole.Les joueurs se rencontrent dans les parcs ou sur la page Facebook de la MJO et fondent une équipe.Il leur reste généralement peu de temps pour s\u2019entraîner ensemble.Ce petit côté improvisé est même une des caractéristiques du basketball de rue : « Chaque joueuse a son style, alors on essaye d\u2019équilibrer l\u2019équipe, même si parfois il y a un manque de communication », commente Misla Clerveau.Les matchs de r ue sont aussi plus « physiques », il y a plus de contact et on peut même faire tomber les joueurs adverses, explique Synthia Zéphyr.Les matchs hommes catégorie plus de dix-huit ans sont les plus populaires et attirent de nombreux spectateurs.Quant aux vainqueurs, outre leur médaille, ils gagnent aussi la reconnaissance de la communauté.« Au-delà d\u2019occuper les jeunes, on veut les outiller, leur permettre de vivre des expériences positives et de se dépasser », estime Christine Black.Inclusion Pour Misla Clerveau, il y a quelque chose d\u2019unique qui permet d\u2019attirer des jeunes d\u2019habitude désintéressés.« Eux là, mettons, dit-elle en pointant un groupe, c\u2019est du monde toujours au parc à fumer, mais là, ils jouent.» Pour Sheilla Fortuné, c\u2019est la moitié du chemin.Les jeunes découvrent les activités de la MJO et peu vent décider de s\u2019y joindre.« Par exemple, en inscrivant leur équipe par Facebook, ils peuvent voir qu\u2019on donne un atelier sur l\u2019écriture du CV.» La circonscription fédérale de Bourassa, où est situé Montréal-Nord, est une des plus pauvres du Canada.Le niveau de scolarisation chez les moins de 24 ans, qui com - posent le tiers de sa population, est le plus bas de Montréal, alors les moyens de raccrocher les jeunes à risque y sont essentiels.«Le basket ball, c\u2019est un moyen de prévenir la délinquance, estime Frantz De- lice.Le spor t apprend à res - pecter les autres.Ici, beaucoup de jeunes grandissent sans leur père, et le coach est une figure paternelle.» Reste à rallier l\u2019autre ex - trémité de la pyramide démo - graphique, les plus de 65 ans, qui représentent également un tiers de la population.Les parents des premières géné - rations de joueurs connaissent le tournoi, se réjouit Synthia Zéphyr.« Ils nous en parlent dans la rue et viennent nous encourager ! » Le Devoir L E D E V O I R , L E J E U D I 3 A O Û T 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 2 Développement d\u2019a?aires Commerce international Intelligence d\u2019a?aires Financement Main-d\u2019œuvre Francisation acclr.ca Des services pour accélérer le développement de votre entreprise Vivre ensemble, sur un terrain de basketball À Montréal-Nord, le 25e tournoi de basketball de rue bat son plein ; un événement sportif, mais aussi social et historique PHOTOS VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR «Les jeunes doivent créer eux-mêmes leurs équipes, s\u2019entraîner, et ce sont aussi eux qui organisent et cherchent les commandites», explique Misla Clerveau.«Moi, s\u2019il n\u2019y avait pas eu le sport, je ne sais pas, je serais mort », af firme Frantz Délice, 40 ans, intervenant du Re - groupement international des causes sociales.Synthia Zéphyr L E D E V O I R , L E J E U D I 3 A O Û T 2 0 1 7 ACTUALITES A 3 A M É L I P I N E D A T andis qu\u2019aux États-Unis des chercheurs viennent de corriger pour la première fois un gène défectueux dans un embryon humain, des spécialistes canadiens de l\u2019éthique clinique demandent à Ottawa de revoir sa loi pour permettre de telles expériences au pays.Mercredi, une étude publiée dans la revue scientifique Nature révélait que des gènes porteurs d\u2019une maladie cardiaque héréditaire ont été modifiés dans des embryons humains avec succès grâce à une technique révolutionnaire d\u2019édition génétique.« Il y a plusieurs maladies très graves qui sont causées par une mutation dans l\u2019ADN.Des chercheurs ont développé la technique CRISPR- Cas9 qui permet de corriger un \u201cmauvais\u201d gène, un peu comme si on utilisait un logiciel de traitement de texte.On coupe une série de lettres qui créeraient une faute d\u2019orthographe et on la remplace par les bonnes lettres », explique Var- dit Ravitsky, éthicienne et professeure à l\u2019École de santé publique de l\u2019Université de Montréal (UdeM).La recherche sur les embryons humains est strictement encadrée, et il n\u2019était pas question d\u2019implanter ceux de l\u2019étude dans l\u2019utérus d\u2019une femme pour entamer une grossesse.C\u2019est pourquoi les scientifiques ne les ont pas laissés se développer plus de quelques jours.Ces travaux ouvrent potentiellement la voie à de grands progrès dans le traitement des maladies génétiques.Mais pas au Canada, puisque la loi sur la procréation assistée interdit la modification du génome d\u2019une cellule d\u2019un être humain ou d\u2019un embryon in vitro «de manière à rendre la modification transmissible aux descendants».«Le cadre légal ne permet pas ce type d\u2019expérience, et ce, même dans une optique médicale», explique Me Julie Cousineau, avocate et coordonnatrice du Bureau de l\u2019éthique clinique de l\u2019UdeM.«Cela étant dit, on ne peut pas écarter que la loi soit révisée et, si c\u2019est le cas, on risque de faire face à plusieurs enjeux.Si par exemple on le permet pour des raisons médicales, est-ce qu\u2019on doit aussi tenir compte d\u2019un scénario futuriste où on pourrait vouloir choisir la couleur des yeux de l\u2019embryon?» Un groupe d\u2019expert, dont Mme Ravitsky fait partie, demande depuis janvier dernier à Ottawa d\u2019ouvrir le débat sur les modifications génétiques.«C\u2019est une technique extrêmement prometteuse.Si elle s\u2019avère efficace, ce sera la médecine de l\u2019avenir.On pourra prévenir des maladies graves.Selon nous, ce n\u2019est pas raisonnable de bloquer ce type de recherche», indique Mme Ravitsky.La professeure estime que la population doit se prononcer sur cet enjeu qui soulève plusieurs questions d\u2019éthique.«Il faut aussi éduquer les gens et leur expliquer qu\u2019actuellement il n\u2019est pas question de designer des bébés sur mesure, mais de déterminer si on peut en faire un usage responsable.» En 2015, une expérience similaire avait été menée, mais avec des résultats mitigés.Le phénomène de «mosaïcisme» (présence simultanée de gènes sains et défectueux dans l\u2019embryon) n\u2019avait pas pu être évité, ce que les chercheurs de la nouvelle étude ont réussi à faire.À l\u2019époque, la question de l\u2019acceptabilité avait aussi été évoquée par le professeur Darren Grif fin, de l\u2019Université de Kent, cité par le Science Media Centre.Il se demandait s\u2019il serait « moralement juste de ne pas agir si nous avons la technologie pour prévenir ces maladies mortelles ».En décembre 2015, un groupe international de scientifiques réunis par l\u2019Académie américaine des sciences (NAS) à Washington avait estimé qu\u2019il serait «irresponsable» d\u2019utiliser la technologie CRISPR pour modifier l\u2019embryon à des fins thérapeutiques tant que des problèmes de sûreté et d\u2019efficacité n\u2019auraient pas été résolus.Mais en mars, la NAS et l\u2019Académie américaine de médecine ont estimé que les avancées dans ce domaine «ouvraient des possibilités réalistes qui méritaient de sérieuses considérations».En France, un rapport parlementaire a exprimé une position similaire.Agence France-Presse Le Devoir MÉDECINE Un gène défectueux corrigé dans un embryon humain Des spécialistes canadiens de l\u2019éthique clinique demandent à Ottawa de permettre de telles expériences M A R I E - L I S E R O U S S E A U L e Festival des films du monde (FFM) pourra se tenir au cinéma Impérial à la fin de l\u2019été.Les créanciers, à qui le propriétaire de la salle, Serge Losique, doit 4,3 millions, ont prolongé d\u2019au moins 60 jours le délai pouvant mener à la saisie de l\u2019immeuble centenaire classé patrimonial, a appris Le Devoir.Serge Losique n\u2019a pas répondu à nos appels mercredi, mais son fils, François Beau- dry-Losique, directeur de l\u2019Impérial, a confirmé que la salle est réservée pour le festival, qui doit se tenir du 24 août au 4 septembre.Le cinéma Impérial éprouve des difficultés financières depuis que son propriétaire a hypothéqué la bâtisse \u2014 ainsi que sa résidence personnelle \u2014 en 2015 afin de pouvoir financer le FFM, qui ne reçoit plus de subventions.Les deux prêteurs privés qui avaient avancé 3,65 millions à M.Losique, Michel Constantin et Denis Hébert, n\u2019ont toujours pas revu la couleur de leur argent.À la fin d\u2019avril, ils ont donné 60 jours au propriétaire pour leur rembourser la somme de 4,3 millions \u2014 qui comprend les intérêts \u2014, sans quoi ils saisiront le joyau.Cette période est terminée depuis plus d\u2019un mois, mais un délai a été accordé à M.Losique par les créanciers, a confirmé au Devoir M.Constantin.« On n\u2019a pas de date limite établie, mais on peut parler de 60 jours additionnels », a-t-il affirmé.Ce délai assurera au FFM l\u2019accès à son lieu principal de diffusion.M.Beaudry-Losique se montre confiant en ce qui concerne la tenue des événe- ments prévus à l\u2019Impérial, et ce, qu\u2019il y ait saisie ou non.«Je ne m\u2019en fais pas de ce côté-là.Les créanciers voudraient continuer les activités de la salle », avance-t-il.Outre pour le FFM, les lieux sont sur tout occupés à l\u2019automne lors du Festival du nouveau cinéma et de Cinemania.Le reste de l\u2019année, la salle est notamment louée par des distributeurs qui y organisent des premières de films.Signe des difficultés éprouvées, Hydro-Québec a coupé l\u2019électricité au cinéma Impérial à la fin de juillet en raison de factures non payées.«On n\u2019en a pas besoin de toute façon, puisque c\u2019est l\u2019été et qu\u2019aucun événement n\u2019aura lieu d\u2019ici le FFM», a affirmé M.Beaudry-Losique, qui assure que la situation sera réglée «d\u2019ici quelques jours».Intérêt de Montréal La Ville de Montréal a annoncé mercredi son intention de protéger l\u2019immeuble patrimonial.Le maire Denis Co- derre s\u2019est dit « sensible à l\u2019avenir de l\u2019Impérial » lors de la séance du comité exécutif.Il n\u2019a pas précisé quelle forme pourrait prendre cet engagement.«Je ne sais pas comment ça va se conclure, mais, certainement, on veut protéger ce bâtiment», a déclaré le maire.Déjà, des inspecteurs municipaux ont été dépêchés sur les lieux.M.Coderre a également laissé entendre que l\u2019intérieur de l\u2019immeuble, situé au cœur du Quartier des spectacles, serait inspecté.La Ville n\u2019a pas voulu donner plus d\u2019information sur ses intentions dans ce dossier, mais le maire a fait savoir sur Twitter qu\u2019il avait eu une «excellente discussion» sur l\u2019avenir de l\u2019Impérial avec le ministre de la Culture, Luc Fortin, mercredi.Le cabinet du ministre n\u2019a pas pu détailler le contenu de cet échange.Le maire et le ministre «partagent la préoccupation de protéger le cinéma Impérial », a simplement dit l\u2019attaché de presse Karl Filion.François Beaudry-Losique voit d\u2019un bon œil l\u2019intérêt de Montréal.« Si on me contacte, ce sera un plaisir.La Ville a toujours soutenu l\u2019Impérial », a- t-il déclaré au Devoir.Michel Constantin accueille aussi cette annonce favorablement.« Je serais agréablement ravi que la Ville fasse partie de la solution», a-t-il soutenu.Possible vente S\u2019il advenait que l\u2019Impérial soit mis en vente, le ministère de la Culture aurait priorité quant à son achat, étant donné le statut patrimonial de l\u2019édifice.Le ministère n\u2019a pas voulu s\u2019avancer en ce qui concerne ses intentions à ce sujet.«C\u2019est hypothétique, je l\u2019ignore», a dit M.Filion.Le classement patrimonial donne néanmoins l\u2019obligation légale au propriétaire de l\u2019immeuble, quel qu\u2019il soit, d\u2019entretenir les lieux, a précisé l\u2019attaché de presse.L\u2019Impérial est convoité notamment par le propriétaire du théâtre Rialto, Ezio Carosielli.« Nous avons manifesté notre intérêt auprès des créanciers », nous a-t-il confirmé mercredi.Serge Losique n\u2019a toutefois pas l\u2019intention de le mettre en vente pour l\u2019instant, a fait savoir son fils.La valeur de l\u2019édifice d\u2019inspiration Renaissance, construit en 1913, s\u2019élève à 8 798 900 $, selon l\u2019évaluation municipale, un montant qui pourrait permettre au propriétaire de rembourser ses dettes.Le prêteur Michel Constantin assure qu\u2019il souhaite trouver une solution afin d\u2019éviter une saisie.« Notre but ultime est d\u2019être payés, pas de reprendre l\u2019immeuble», soutient-il.Le Devoir MONTRÉAL Le Festival des films du monde reste à l\u2019Impérial FRANCIS VACHON LE DEVOIR Réalisée à New York à la fin des années 1880, la fresque religieuse de 110 mètres de longueur et de 14 mètres de hauteur a été installée à la fin du XIXe siècle dans le bâtiment actuel, tout à côté de la basilique de Sainte-Anne-de-Beaupré.M A R I E - M I C H È L E S I O U I D A V E N O Ë L à Sainte-Anne-de-Beaupré U ne cinquantaine d\u2019universitaires et d\u2019ar tisans du milieu du cinéma réclament la prise en charge gouvernementale et la classification comme monument historique du Cy- clorama de Jérusalem, un bâtiment unique de Sainte-Anne- de-Beaupré, mis en vente pour 5 millions de dollars.«Il faut que ce patrimoine collectif soit racheté par l\u2019État à un prix juste et raisonnable», qu\u2019il soit « maintenu sur son site et mis en valeur», insistent les signataires dans une lettre ouverte transmise au Devoir.La famille Blouin, propriétaire de la rotonde depuis des générations, demande 5 millions pour le bâtiment sphérique, qui renferme le seul panorama religieux exposé en Amérique du Nord.Mercredi, Le Devoir a visité les entrailles du monument singulier en compagnie de l\u2019historien du cinéma Jean-Pierre Si- rois-Trahan, instigateur de la lettre ouverte.«On pourrait en faire un musée du panorama et, surtout, expliquer pourquoi c\u2019est un dispositif médiatique qui est si rare, si extraordinaire, si complexe», a-t-il suggéré.Autour de lui, dans le cœur du Cyclorama, se déployaient les environs de Jérusalem, dominés par le Golgotha \u2014 là où le Christ a été crucifié, entre deux larrons.«Ça devrait être repris par le Musée des beaux- arts et être transformé en musée du trompe-l\u2019œil », a encore proposé l\u2019historien.La fresque, de 110 mètres de longueur et de 14 mètres de hauteur, fascine.Et pas uniquement les touristes, qui entraient mercredi de façon régulière dans le bâtiment, situé à un jet de pierre de la basilique Sainte- Anne-de-Beaupré.Certains d\u2019entre eux avaient auparavant visité les cycloramas de Gettysburg et d\u2019Atlanta, où l\u2019on commémore la guerre de Sécession.Un contenant pour le contenu Isabelle Caron, agente de recherche et de planification à l\u2019UQAM, a consacré son mémoire de maîtrise à l\u2019œuvre unique qu\u2019est le Cyclorama.«Ce qui est particulier, c\u2019est qu\u2019elle a été faite pour aller dans un bâtiment à demeure, et que le bâtiment a été conçu expressément pour la toile.Donc, les deux vont ensemble», a-t-elle expliqué.La fresque a été réalisée à New York à la fin des années 1880 d\u2019après un modèle \u2014 au- jourd\u2019hui disparu \u2014 du peintre allemand Piglhein.Cet artiste s\u2019était lui-même basé sur des photos et des relevés effectués en Terre sainte.L\u2019œuvre a d\u2019abord été exposée à Montréal entre 1889 et 1895, à l \u2019angle des r ues Sainte-Catherine et Saint-Ur- bain, dans une rotonde commandée par ses premiers propriétaires.Faute de visiteurs, la structure circulaire a été vendue à Ubalde Plourde, un avocat de Québec, qui l\u2019a transpor tée par bateau jusqu\u2019à son site actuel.Le « cyclo » a été ancré sur pilotis, entre le chemin de fer et le quai de Sainte-Anne, afin de contrer les risques d\u2019inondation.C\u2019est toutefois la neige qui a abîmé la toile, en 1957, peu de temps après son acquisition par la famille Blouin.« [Le Cyclorama de Jérusalem] est un cas singulier pour l\u2019Amérique, parce qu\u2019il est le seul qui développe un thème religieux et qui a été installé sur un lieu de pèlerinage religieux», a constaté Isabelle Caron lors de ses recherches.Cependant, le Cyclorama n\u2019a jamais été exploité par des religieux, demeurant en marge du sanctuaire of ficiel de la congrégation des Rédemptoristes.Ces derniers n\u2019ont d\u2019ailleurs aucun intérêt pour le bâtiment, a confirmé la vice-rectrice du Sanctuaire Sainte-Anne-de-Beau- pré, Assunta Bouchard.« Les pères n\u2019en ont pas parlé du tout», a-t-elle dit.Même si le Cyclorama leur était donné, ils ne sauraient qu\u2019en faire.« La communauté est vieillissante, alors on veut mettre l\u2019énergie à la bonne place, et la bonne place, c\u2019est la basilique», a-t-elle déclaré.Valeur patrimoniale Le collectionneur montréa- lais Marc-Alain Tremblay, qui possède 2000 statues religieuses, est d\u2019accord avec la proposition de classement du Cyclorama.Il soutient en revanche que la fresque n\u2019a aucune valeur sur le marché.«C\u2019est comme un cadeau empoisonné», s\u2019est-il désolé, en évoquant la nécessité pour l\u2019acheteur de reconstruire un support circulaire pouvant l\u2019accueillir.« Elle va avoir la même fin qu\u2019une église, à moins qu\u2019un miracle ne se produise», a-t-il prédit.Le ministre de la Culture, Luc Fortin, a commandé une étude afin d\u2019établir la valeur patrimoniale du Cyclorama.«La Loi sur le patrimoine culturel demande au ministre de classer les éléments qui ont une valeur patrimoniale nationale», a rappelé son attaché de presse, Karl Fillion.Québec devra donc attendre cette évaluation pour prendre une décision, a-t-il laissé entendre.Le Devoir Le Cyclorama en attente d\u2019un miracle Québec pourrait se porter acquéreur de l\u2019attraction religieuse C\u2019est comme un cadeau empoisonné Marc-Alain Tremblay, collectionneur montréalais d\u2019art religieux « » Lire aussi \u203a Un trésor en danger.Une quarantaine de personnes réclament la sauvegarde du Cyclorama.Page A 7 D O M I N I Q U E S C H R O E D E R à Paris L ongtemps en danger, le panda géant « va mieux, mais n\u2019est pas tiré d\u2019affaire» du fait du réchauf fement climatique qui menace son habitat et sa nourriture, estime Florian Kirchner, de l\u2019Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), à quelques jours de la naissance de deux bébés pandas en France.Les pandas géants sont-ils toujours en danger?Ils sont toujours sur la liste rouge mondiale des espèces menacées établie par l\u2019UICN, qui recense toutes les espèces qui risquent de disparaître, classées en trois catégories : « vulnérable », « en danger » et «en danger critique ».En 2016, le panda s\u2019est éloigné d\u2019un cran de l\u2019extinction en passant de la catégorie «en danger », dans laquelle il était depuis très longtemps, à « vulnérable ».Cela veut dire qu\u2019il est toujours menacé, mais qu\u2019il est sur une pente positive : son statut de conservation s\u2019améliore grâce aux efforts entrepris par les autorités chinoises.Le panda n\u2019a jamais été « en danger critique », mais toujours « en danger ».Il y avait de for tes inquiétudes parce que sa population était en déclin depuis les années 1990.Le 4e recensement national (2011-2014, réalisé par les autorités chinoises) indiquait qu\u2019il y avait 1864 pandas géants dans la nature.Au pré- cédent recensement, la population était estimée à 1596.Au précédent (1985-1988), il y avait 1216 individus.La population des pandas est extrêmement fragmentée : il y a 33 sous-populations en Chine, dont 18 toutes petites où il y a moins de 10 individus.C\u2019est un facteur de grande fragilité.En plus de ces 1864 pandas, il y en a 400 en captivité en Chine et une quarantaine à l\u2019étranger.Quelles sont les principales menaces?En 1986, quand il a été évalué pour la première fois dans la liste rouge de l\u2019UICN, le panda était en fort déclin.Il y avait deux grandes menaces : la destr uction et la fragmentation de son habitat naturel par la déforestation pour l\u2019urbanisation, l\u2019extension des zones agricoles, l\u2019élevage, et une deuxième, moins impor tante, le braconnage, notamment pour sa fourrure.On peut presque dire que ces menaces n\u2019existent plus.Le braconnage, parce que les réserves de pandas sont extrêmement sur veillées et les peines, très lourdes.Concernant la réduction de son habitat naturel, il y a encore des problèmes, mais le gouvernement chinois a créé de vastes réserves et il y a plutôt de la reforestation.La menace qu\u2019on craint maintenant, c\u2019est celle des changements climatiques.On estime que les changements climatiques pourraient éliminer dans les 80 années à venir plus de 35 % des forêts de bambou.D\u2019autres espèces sont adaptables, peuvent vivre dans plein d\u2019environnements, se nourrir de choses différentes.Lui, il est focalisé sur les bambous.Donc, si les forêts de bambou viennent à régresser, le panda régressera avec elles.Au cours du siècle actuel, la tendance (à l\u2019amélioration de son statut de conservation) pourrait très facilement s\u2019inverser.Il reste aussi d\u2019autres menaces, comme la possibilité de maladies, qui joue pour une population aussi petite.Pourquoi est-il important de protéger les pandas?Certaines espèces, comme l\u2019ours blanc, le tigre, le panda roux, le panda géant, suscitent l\u2019empathie et attirent beaucoup l\u2019attention du public.Ce sont des emblèmes, des ambassadeurs pour toutes les autres espèces, les milliers d\u2019espèces menacées.Il y a 5241 espèces dont on sait qu\u2019elles sont en danger critique d\u2019extinction.Par ailleurs, le panda est une espèce « parapluie », c\u2019est-à- dire que sa protection entraîne la protection de plein d\u2019autres espèces dont on ne s\u2019occupe pas du tout, qui ne mobilisent pas l\u2019attention du public.Protéger le panda, ça veut dire protéger toute la faune et la flore se trouvant dans les forêts de bambou.Agence France-Presse L E D E V O I R , L E J E U D I 3 A O Û T 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 4 AV I S L É G AU X E T A P P E L S D \u2019 O F F R E S AVIS À TOUS NOS ANNONCEURS Veuillez, s\u2019il vous plaît, prendre connaissance de votre annonce et nous signaler immé dia - tement toute anomalie qui s\u2019y serait glissée.En cas d\u2019erreur de l\u2019éditeur, sa res pon sa bilité se limite au coût de la parution.POUR NOUS JOINDRE avisdev@ledevoir.com Tél.: 514-985-3344 // Fax : 514-985-3340 www.ledevoir.com/services-et-annonces/avis-publics www.ledevoir.com/services-et-annonces/appels-d-offres HEURES DE TOMBÉE Les réservations doivent être faites avant 15 h pour publication deux (2) jours plus tard.Publications du lundi : Réservations avant 11 h le vendredi Publications du mardi : Réservations avant 15 h le vendredi Avis légaux et appels d\u2019offres AVIS DE CLÔTURE D'INVENTAIRE (Avis C.c.Q., art 795) Avis est par les présentes donné, qu'à la suite du décès de Monsieur André DIONNE, en son vivant domicilié au 1115 rue Sherbrooke Ouest, appartement 707, en la ville de Montréal, province de Québec, H3A 1H3, survenu à Montréal le 22 mars 2017, un inventaire des biens du défunt a été fait par Marc Venne, le liquidateur de la succession, le 13 juillet 2017, conformément à la loi.Cet inventaire peut être consulté par les intéressés en s'adressant au liquidateur de la succession à l'adresse suivante: 340 rue Champ-de-Mars, appartement 514, à Montréal, province de Québec, H2Y 3Z8.Donné à Montréal, ce 1er août 2017.Marc Venne, liquidateur de la succession.AVIS AUX CREANCIERS AVIS EST PAR LES PRÉSENTES donné que RÉNOVATION EX- CELDORE INC.société légalement constituée ayant son siège social au 1058, rue du Renard-et- du-Corbeau, Val David, Québec, a fait cession de ses biens le 26 juillet 2017 entre les mains de PINSKY, BISSON INC., et que la première assemblée des créanciers se tiendra le 14 août 2017 à 16h00, au bureau du Syndic situé au 96, rue Turgeon, suite 300, Sainte-Thérèse, Québec.FAIT À SAINTE-THÉRÈSE, ce 1er août 2017.Éric Bisson, CPA, SAI Responsable de l'actif AVIS DE CLÔTURE D'INVENTAIRE Prenez avis que Minh Thuy VU, en son vivant domicilié au 11364 avenue Racette, Montréal, Québec, H1G 5J3, est décédé le 25 mars 2017.Un inventaire des biens peut être consulté au 11364 avenue Racette, Montréal.Biens et services Fourniture d\u2019une solution de radiocommunication Numéro de l\u2019appel d\u2019offres : 1001486 Les documents et conditions de l\u2019appel d\u2019offres sont disponibles exclusivement via le site du Système électronique d\u2019appel d\u2019offres : www.seao.ca, à partir du mardi 1 août 2017.Dépôt des soumissions : Pour être validement reçue, toute soumission doit être déposée au siège du Réseau de transport métropolitain, situé au 700, rue de La Gauchetière Ouest, 26ème étage, Montréal (Québec) H3B 5M2, AU PLUS TARD LE MERCREDI 16 août 2017 À 14H30.Une ouverture publique des soumissions reçues suivra au même lieu.Le Réseau ne s\u2019engage à accepter aucune des soumissions reçues.Mounir Batty Directeur exécutif \u2013 Approvisionnement et gestion immobilière Appel d\u2019offres public Direction générale adjointe \u2013 Services institutionnels Service de l\u2019approvisionnement Appel d'offres : 17-16268 Services professionnels d'ingénierie pour la conception et la surveillance des travaux du projet de recouvrement partiel de la bretelle Berri / Saint- Laurent L\u2019ouverture des soumissions prévue pour le 21 août 2017 est reportée au 30 août 2017 à 10 h 30 dans les locaux du Service du greffe de l\u2019hôtel de ville.Fait à Montréal, le 3 août 2017 Le greffier de la Ville Yves Saindon, avocat Appel d\u2019offres Direction générale adjointe \u2013 Services institutionnels Service de l\u2019approvisionnement Appel d\u2019offres : 17-16349 Prestation de services en intelligence d'affaires, analyse de données, analytique avancée (data science) et visualisation avancée de données L\u2019ouverture des soumissions prévue pour le 2 août 2017 est reportée au 7 août 2017 à 10 h 30 dans les locaux du Service du greffe de l\u2019hôtel de ville.Fait à Montréal, le 3 août 2017 Le greffier de la Ville Yves Saindon, avocat Appel d\u2019offres AVIS PUBLIC DE NOTIFICATION (135, 136 et 137 C.p.c.) PAR ORDRE DE L\u2019HUISSIER: Avis est donné à 9334- 6856 QUEBEC INC.que la partie demanderesse a déposé au greffe de la Cour du Québec, du district de Bedford, une Demande introductive d'instance.Une copie de cette demande et de l'avis d'assignation ont été laissés à l'intention de la partie défenderesse, au greffe du tribunal, au palais de justice de Cowansville situé au 920 rue Principale dans le dossier 455-22- 004854-170.Il est ordonné à la partie défenderesse de répondre dans les 30 jours de la présente.À défaut de répondre dans le délai, un jugement par défaut pourrait être rendu contre vous sans autre avis dès l'expiration de ce délai et vous pourriez devoir payer les frais de justice.À Montréal, le 31 juillet 2017 Sonia Lavoie, huissier de justice AVIS PUBLIC DE NOTIFICATION (135, 136 et 137 C.p.c.) PAR ORDRE DE L\u2019HUISSIER: Avis est donné à PATRICK CHATEAUNEUF ET PATRICK MCNAMARA que la partie demande- resse a déposé au greffe de la Cour du Québec, du district de Saint-Francois, une Demande introductive d'instance.Une copie de cette demande et de l'avis d'assignation ont été laissés à l'intention de la partie défenderesse, au greffe du tribunal, au palais de justice de Sherbrooke situé au 375 rue King Ouest à Sherbrooke dans le dossier 450-22- 013225-173.Il est ordonné à la partie défenderesse de répondre dans les 30 jours de la présente.À défaut de répondre dans le délai, un jugement par défaut pourrait être rendu contre vous sans autre avis dès l'expiration de ce délai et vous pourriez devoir payer les frais de justice.À Montréal, le 31 juillet 2017 Sonia Lavoie, huissier de justice TOUSIGNANT RODRIGUE VEILLEUX MATHIEU, NOTAIRES AVIS DE CLÔTURE D'INVENTAIRE ( C.c.Q., art.795) Avis est par les présentes donné, qu'à la suite du décès de JOSEPH FORTIN, en son vivant domicilié au 12, 2e Avenue, Saint-Martin, Québec, G0M 1B0, survenu le 10 juin 2017, un inventaire des biens du défunt a été fait par le liquidateur successoral, François Fortin, le 27 juillet 2017, devant Me Manon TOUSIGNANT, notaire, conformément à la loi.Cet inventaire peut être consulté par les intéressés, à l'étude de Me Manon TOUSIGNANT, notaire sise au 11165, 2e Avenue, Ville de Saint-Georges (Québec), G5Y 1V9.Donné ce 1er août 2017.Me Manon TOUSIGNANT, notaire Avis de demande de changement de nom Prenez avis que Maurice Daniel Oviedo, dont l'adresse de domicile est le 5289 Avenue De L'Esplanade, Montréal, Qc, H2T 2Z6, présentera au Directeur de l'État civil une demande pour changer son nom en celui de Maurice Daniel Oviedo Batalla.Cet avis a été rempli et signé à Montréal, le 23-07-2017, par Maurice D.Oviedo.AVIS DE DEMANDE DE CHANGEMENT DE NOM Prenez avis que HANNAH BROCK ROBERTS dont l'adresse de domicile est le 3662, Henri-Julien, Montréal, Québec, H2X 3H5, présentera au Directeur de l'état civil une demande pour changer son nom en celui de HANNAH ROBERTS BROCKOW Cet avis a été rempli et signé à Montréal, le 1er août 2017, Hannah Brock Roberts O ttawa \u2014 Le gouvernement Trudeau a recruté l\u2019ancienne chef par intérim du Parti conservateur, Rona Am- brose, pour le conseiller sur la renégociation imminente de l\u2019Accord de libre-échange nord- américain (ALENA).Mme Ambrose est l\u2019une des 13 membres du Conseil de l\u2019ALENA, dont la création a été annoncée mercredi par la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland.Elle a pris sa retraite de la scène politique en mai.Parmi les autres membres du Conseil se trouvent notamment James Moore, un ancien ministre du gouvernement conservateur précédent, et Brian Topp, un ancien stratège du Nouveau Parti démocratique et ancien chef de cabinet de la première ministre néodémocrate de l\u2019Alberta, Rachel Notley.La composition du Conseil veut montrer un front uni et non partisan pour l\u2019équipe canadienne à l\u2019approche des négociations, qui devraient débuter le 16 août.Le groupe comprend aussi des représentants de diverses entités qui seront directement touchées par les négociations, notamment le président du Congrès du travail du Canada, Hassan Yussuff, la chef de la direction du fabricant de pièces d\u2019automobiles Linamar, Linda Hasenfratz, et le président de l\u2019Union des producteurs agricoles du Québec, Marcel Groleau.La Presse canadienne ALENA : Rona Ambrose aidera Trudeau Le panda géant en meilleure forme, mais toujours menacé TOBIAS SCHWARZ AGENCE FRANCE-PRESSE Le dernier recensement national réalisé par les autorités chinoises indiquait qu\u2019il y avait 1864 pandas géants dans la nature, rappelle Florian Kirchner.C.-B.: la SOPFEU envoie des renforts Québec \u2014 Le Québec envoie des ressources supplémentaires en Colombie-Britannique, où les autorités sont toujours aux prises avec des incendies de forêt.Deux nouvelles sections de pompiers forestiers participeront ainsi à la lutte qui est actuellement menée dans cette province.Ces ressources remplaceront les 43 pompiers forestiers du Québec déployés depuis le 18 juillet dernier, dont le retour est prévu jeudi.De plus, quatre avions-citernes du Québec se sont envolés vers Kamloops durant la fin de semaine dernière.Ces effectifs s\u2019ajoutent aux ressources et équipements déjà déployés par la Société de protection des forêts contre le feu (SOPFEU).Le Québec vient en aide à la Co- lombie-Britannique en tant que signataire d\u2019un accord d\u2019aide mutuelle en cas d\u2019incendies de forêt.Plus de 3700 personnes œuvrent actuellement dans la province, qui pourrait recevoir cette semaine des renforts provenant du Mexique.La Presse canadienne Un kiosque des Hells Angels est démantelé Saint-Hyacinthe \u2014 Les Hells Angels ne tiennent plus de kiosque à l\u2019Exposition agricole et alimentaire de Saint-Hya- cinthe, a confirmé la direction mercredi.Les gestionnaires de la foire admettent qu\u2019ils ont commis une erreur en permettant à un groupe associé aux Hells Angels de vendre des produits sur le site.Le directeur général, François Brouillard, affirme que le groupe «Support 81 Montréal» a quitté les lieux à la demande de la direction.Le chiffre 81 fait référence à la positon des lettres H et A dans l\u2019alphabet.Le groupe gérait un kiosque qui vendait des vêtements et d\u2019autres marchandises, dont une grande partie portait l\u2019emblème rouge et blanc du club de motards.M.Brouillard a déclaré mercredi que la direction a pris cette décision en constatant la réaction du public et lorsqu\u2019elle a réalisé l\u2019étendue des liens qu\u2019entretenaient les vendeurs avec le gang.La Presse canadienne SEAN KILPATRICK PC Rona Ambrose A M É L I P I N E D A P our s\u2019éviter un processus judiciaire long et coûteux, le comité responsable du projet de cimetière musulman croit qu\u2019il est préférable de ne pas intenter de poursuite contre la Ville de Saint-Apolli- naire, mais plutôt de lancer un appel à tous pour trouver un nouveau terrain.« Nous avons eu plusieurs discussions et, même si plusieurs avocats nous ont dit que nous avions des chances de gagner, on croit qu\u2019il est préférable de tourner la page et de ne pas judiciariser le dossier », explique Mohamed Kesri, responsable du projet et secrétaire du Centre culturel islamique de Québec (CCIQ).Le projet du CCIQ visait à construire un cimetière musulman sur la rue Laurier, à côté d\u2019un site funéraire multi- confessionnel déjà existant près de l\u2019autoroute 20.Il a été rejeté lors d\u2019un référendum auquel seuls les voisins immédiats du projet, soit 49 des 6000 habitants de la municipalité, pouvaient se prononcer.Dix-neuf des trente-six électeurs qui se sont présentés au scrutin ont voté contre le projet, plongeant la municipalité au cœur d\u2019un délicat débat.« On aurait aimé montrer à cette minorité qu\u2019ils étaient dans l\u2019erreur, mais à vrai dire, après toute cette saga, Saint-Apolli- naire ne nous intéresse plus vraiment», indique M.Kesri.La décision finale sur une éventuelle poursuite judiciaire reviendra toutefois au conseil d\u2019administration du CCIQ.Le comité du projet lui a présenté ses recommandations et s\u2019attend à ce qu\u2019elle soit prise d\u2019ici vendredi.Le maire de Saint-Apolli- naire, Bernard Ouellet, qui n\u2019avait pas caché sa déception des résultats du référendum, avait aussi déclaré vouloir passer à autre chose.Nouveau projet L\u2019échec subi à Saint-Apolli- naire n\u2019a toutefois pas refroidi la communauté musulmane, assure M.Kesri, qui demande aux propriétaires de terrains dont le zonage permet la construction d\u2019un cimetière de le contacter.« Nous ne voulons pas revivre de référendum, même si nous savons qu\u2019en réalité la majorité des Québécois nous soutient.On souhaite trouver un terrain où le zonage permet déjà le projet », souligne M.Kesri.Il espère trouver le terrain convoité dans un rayon de 50km de Québec.« Il n\u2019y en a pas beaucoup, mais il y en a, assure-t-il.J\u2019ai déjà reçu plusieurs appels et j\u2019ai vraiment espoir qu\u2019une solution se présente rapidement.» Il se dit d\u2019autant plus confiant que même le premier ministre québécois, Philippe Couillard, a dit vouloir faire partie de la solution.« Ce que je vois maintenant, c\u2019est la nécessité pour notre gouvernement de nous impliquer pour trouver une solution, avait- il dit au lendemain du référendum.Les gens ont le droit \u2014 franchement, c\u2019est fondamental \u2014 d\u2019enterrer leurs morts.» Le Devoir CIMETIÈRE MUSULMAN Les responsables du projet écartent l\u2019option d\u2019une poursuite judiciaire Ottawa \u2014 Plus de Canadiens que jamais vivent seuls, démontrent les données du recensement de 2016 dévoilées mercredi par Statistique Canada.Ce mode de vie est donc le plus populaire au Canada pour la première fois de l\u2019histoire du pays.L\u2019agence fédérale a révélé qu\u2019un peu plus de 28 % des ménages du pays étaient composés d\u2019une seule personne en 2016, devançant les couples avec des enfants, qui arrivent en deuxième place avec 26,5%.Le recensement indique également que le nombre de couples canadiens sans enfant a augmenté plus rapidement que le nombre de couples avec au moins un enfant.Statistique Canada évoque différents facteurs sociaux et économiques, en particulier le vieillissement d\u2019une population composée de davantage de parents dont les enfants ont quitté la maison et de veuves, en plus des taux élevés de séparation et de divorce.Des facteurs économiques jouent un rôle important dans une nouvelle augmentation du nombre de jeunes adultes qui habitent chez leurs parents.Le tiers des jeunes adultes âgés de 20 à 34 ans habitaient avec au moins un parent en 2016, une augmentation de près de cinq points de pourcentage entre 2001 et 2016.Pendant la même période, le pourcentage de jeunes adultes habitant avec leur propre famille est passé de 49,1% à 41,9%.La Presse canadienne Plus de Canadiens que jamais vivent seuls L E D E V O I R , L E J E U D I 3 A O Û T 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 5 Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 M É L A N I E M A R Q U I S à Ottawa L e tiers des couples de même sexe au Canada était marié en 2016, et environ un couple sur huit avait des enfants à la maison, montrent les données du recensement dévoilées mercredi par Statistique Canada.Le nombre de couples de même sexe a considérablement augmenté au pays depuis que l\u2019agence fédérale a commencé à les dénombrer pour une première fois en 2001.On en comptait alors 34 205.Dix ans plus tard, au dernier recensement de 2011, le nombre de déclarations a explosé pour atteindre 64 575 couples de même sexe.Le chiffre est passé à 72 880 pour 2016, ce qui constitue un bond assez important de 12,9%.Une grande majorité des couples hétérosexuels du Canada (48 510) vivent en union libre, une option qui gagne en popularité par tout au Canada, tandis que le tiers des autres couples (24 370) se sont dit « oui ».La minorité de ces couples mariés réside au Québec.« Le pourcentage de couples de même sexe mariés est le plus faible au Canada », indique en entrevue Laurent Martel, directeur de la division de la démographie chez Statis - tique Canada.Les enfants Un nombre croissant de couples canadiens de même sexe vit par ailleurs avec des enfants : ils sont désormais environ un sur huit, soit 12 %, à avoir des enfants biologiques ou adoptés à la maison.Le nombre de couples avec enfants composés de femmes surpasse largement ceux composés d\u2019hommes: ils représentent quatre cinquièmes des 8770 couples avec enfants, un ratio demeuré stable depuis le recensement de 2001.Les couples de même sexe, mariés et en union libre, représentaient en 2016 0,9% de l\u2019ensemble des couples au Canada \u2014 soit davantage qu\u2019en Allemagne (0,5 % en 2015), mais moins qu\u2019au sud de la frontière (1,4% en 2015).Au cours de la période entre 2006 et 2016, leur nombre a augmenté de 60,7%.À titre comparatif, le nombre de couples hétérosexuels a augmenté de 9,6% pendant la même période.La statistique s\u2019explique notamment par la croissance démographique au pays.«Les données du recensement dif fusées antérieurement nous ont montré que la croissance démographique au Canada est la plus importante des pays du G7.C\u2019est donc normal qu\u2019on dénombre un peu plus de couples du même sexe », expose M.Martel.Le « recensement ne permet pas d\u2019établir un lien de causalité », mais on pense « que les gens n\u2019hésitent plus à se déclarer vivant dans un couple de même sexe», la chose étant devenue « plus acceptée socialement» depuis la légalisation du mariage gai, en 2005, dit-il.« Ça contribue probablement à la croissance » des déclarations, suggère Laurent Martel.La Presse canadienne RECENSEMENT Le tiers des couples de même sexe est marié au Canada JACQUES NADEAU LE DEVOIR Quelques données en vrac : Quelque 51,9% des couples de même sexe sont composés d\u2019hommes, comparativement à 48,1% qui sont formés de femmes.L\u2019âge moyen des personnes de même sexe en couple est de 46,4 ans, soit cinq ans de moins que l\u2019âge moyen des personnes en couple avec une personne de sexe opposé (51,6 ans).La moitié des couples de même sexe vivait en 2016 dans quatre des cinq plus grandes régions métropolitaines de recensement du pays : Toronto, Montréal, Vancouver et Ot- tawa\u2013Gatineau.L\u2019Ontario compte le plus grand nombre de couples de même sexe (26 585) au pays, mais le Québec en compte plus par rapport à sa population.28 % Pourcentage de ménages du pays étant composés d\u2019une seule personne en 2016 OLIVIER ZUIDA LE DEVOIR Les couples de même sexe, mariés et en union libre, représentaient en 2016 0,9% de l\u2019ensemble des couples au Canada.Faits saillants du recensement Voici quelques points saillants tirés des données du recensement de 2016 dévoilées mercredi par Statistique Canada, sur la langue, les ménages et l\u2019état matrimonial : La langue La population qui a déclaré le français comme langue maternelle au Québec est passée de 79,7 à 78,4% entre 2011 et 2016.le pourcentage de population de langue maternelle anglaise au Québec a augmenté, alors qu\u2019il a fléchi pour l\u2019ensemble du Canada.70,5% des répondants au Québec ont indiqué parler «uniquement» le français, comparativement à 72,8 % cinq ans plus tôt ; l\u2019usage de l\u2019anglais «uniquement» est passé de 6,2 à 6,6%.Le taux de bilinguisme a atteint un nouveau sommet au Canada, passant de 17,5 à 18% entre 2011 et 2016 ; cette augmentation est surtout attribuable au Québec (hausse de 8,8%).19,4% des Canadiens ont indiqué qu\u2019ils parlaient plus d\u2019une langue à la maison, comparativement à 17,5% en 2011.Les ménages Un «ménage moyen canadien» comptait 2,4 personnes en 2016, comparativement à 5,6 personnes en 1871.plus du tiers des Canadiens âgés de 20 à 34 ans vivaient avec au moins un de leurs parents en 2016, contre 30,6% en 2001 ; Le phénomène des «Tanguy» est plus marqué en Ontario.Un peu plus de 28 % de tous les ménages comptaient une seule personne en 2016 \u2014 un record depuis 1867, et pour la première fois le plus usuel des accommodements de logement ; 53,7% de ces ménages étaient des femmes.Les couples avec enfants représentaient 26,5% de tous les ménages en 2016, contre 31,5% en 2001.Trois enfants canadiens sur dix vivaient au sein de ménages dits «non conventionnels» \u2014 famille monoparentale, belle-famille, grands-parents ou autres proches, famille d\u2019accueil.Statistique Canada a recensé 28 030 enfants placés en famille d\u2019accueil au pays en 2016.Le couple On comptait 72 880 «couples de même sexe» au Canada en 2016, une hausse de 60,7% en 10 ans.Le tiers de ces couples étaient mariés, et environ 12% \u2014 surtout des femmes \u2014 vivaient avec des enfants.33% des femmes âgées de 65 ans et plus vivaient seules en 2016, comparativement à 38,3% en 2001 \u2014 et à 17,5 % chez les hommes ; 51,4% des femmes âgées disaient former un «couple», contre 44,4% en 2001.Les couples mariés sont toujours majoritaires, mais le nombre de couples formés de conjoints de fait est passé de 6,3% en 1981 à 21,3% en 2016.Ce sont les «ménages intergénérationnels» (au moins trois générations de la même famille) qui ont connu la plus importante augmentation en 2016, à 37,5%, comparativement à 21,7% pour l\u2019ensemble des ménages.Menace de grève d\u2019ambulanciers Des techniciens répartis dans dix services ambulanciers du Québec pourraient déclencher la grève pour une période indéterminée en début de nuit, jeudi.La Fédération des employés du préhospitalier du Québec (FPHQ), qui représente ces techniciens ambulanciers, a transmis les avis de grève le 24 juillet dernier.Le Tribunal administratif du travail signale qu\u2019une entente a été conclue sur les services à maintenir durant la grève afin que la santé et la sécurité de la population soient assurées.Ainsi, tous les quarts de travail seront effectués par les paramédics qui répondront à tous les appels et affectations et feront toutes les interventions impromptues selon les protocoles et les procédures en vigueur.Les entreprises visées sont représentées par la Corporation des services d\u2019ambulance du Québec (CSAQ).Elles sont situées dans différentes régions du Québec.La Presse canadienne Mercredi, Statistique Canada a rendu publiques les dernières données sur la langue, et le portrait de la francophonie québécoise et canadienne qui en ressort est franchement préoccupant.Il n\u2019y a plus de place pour les lunettes roses.u Québec comme dans le reste du pays, le poids démographique des francophones diminue.La proportion de Canadiens de langue maternelle française est passée de 22 % à 21,3 % en cinq ans.Au Québec, elle a glissé de 79,7 % à 78,4 %.La proportion de ceux dont le français est la langue parlée à la maison a suivi la même courbe.Comme le note Statistique Canada, une forte immigration entraîne inévitablement une hausse du pourcentage de gens qui ont une langue maternelle autre que le français ou l\u2019anglais, ce qui contribue à la baisse du poids démographique des francophones et des anglophones.L\u2019ampleur du phénomène n\u2019est toutefois pas identique.À l\u2019extérieur du Québec, la propor tion de Canadiens de langue maternelle anglaise est passée de 74 à 72,9 % entre 2011 et 2016.À l\u2019échelle du pays, la baisse n\u2019est pourtant que de 0,4 point.Pourquoi ?Parce qu\u2019au Québec, la proportion de personnes de langue maternelle anglaise a crû de 0,6 point.L\u2019anglais a aussi fait des progrès comme langue parlée à la maison (de 18,3 à 19,8 %), contrairement au reste du pays.Les facteurs expliquant cette situation seraient nombreux, nous dit-on, et n\u2019auraient pas encore tous été identifiés.Chez Statistique Canada, on envisage quelques hypothèses, dont la migration interprovinciale, dont on connaîtra les chiffres à l\u2019automne, ou encore des transfer ts vers l \u2019anglais d\u2019immigrants de la deuxième génération et des suivantes.La faute n\u2019en revient pas aux immigrants, qui, au Québec, optent en plus grande proportion pour le français.Le choix de tout immigrant est in?uencé par la société où il doit travailler, s\u2019éduquer et se divertir.Si cette société fait peu ou pas d\u2019efforts pour rendre attrayant, utile et nécessaire le français, les immigrants adopteront la langue qui les servira le plus souvent et immédiatement au quotidien, en particulier pour gagner leur vie.Et au Québec, la très grande majorité des immigrants s\u2019installent à Montréal, où l\u2019anglais occupe une large place.?En juin, en réponse à une proposition du Parti québécois en vue de resserrer les règles permettant d\u2019exiger la connaissance de l\u2019anglais pour occuper un emploi, le premier ministre Philippe Couillard avait accusé les péquistes d\u2019agiter, quand les choses allaient mal de leur côté, « soit le chif fon identitaire, soit le chif fon linguistique », afin d\u2019alimenter un sentiment d\u2019insécurité.« Ça va bien, le français, au Québec et au Canada », avait-il affirmé.Espérons que ces données ébranlent cette trop grande con?ance, en particulier à l\u2019égard du marché du travail.Selon le Secrétariat à la politique linguistique, « la francisation des milieux de travail québécois demeure vitale pour l\u2019avenir du Québec », car le fait de « pouvoir réussir économiquement et socialement \u201cen français\u201d reste encore la plus grande motivation à apprendre et à utiliser le français ».Le gouvernement a débloqué des fonds en avril dernier pour la formation linguistique des immigrants, mais il n\u2019a réinvesti que la moitié des sommes amputées précédemment pour la francisation en milieu de travail.Cela ne suf?t pas.Il faut aussi que les entreprises de moins de 49 employés (et de plus de 11) soient soumises aux exigences de la loi 101 et que des pressions soient faites sur Ottawa a?n que les entreprises de compétence fédérale le soient aussi.?La situation des francophones vivant à l\u2019extérieur du Québec est elle aussi inquiétante et exige un coup de barre.Réagissant aux données du recensement mercredi, la Fédération des communautés francophones et acadienne a sonné l\u2019alarme et rappelé le gouvernement Trudeau à ses devoirs en exigeant «que le prochain plan d\u2019action sur les langues officielles soit une réelle politique de développement global plutôt qu\u2019une liste d\u2019initiatives ».Et que le fédéral se le tienne pour dit, ce ne sont pas les données sur le bilinguisme qui pourront lui servir de paravent.Plus de 85 % des Canadiens bilingues sont concentrés au Québec et dans les régions limitrophes de l\u2019Ontario et du Nouveau- Brunswick.Comme l\u2019écrit l\u2019agence fédérale, « le Québec reste le principal moteur de la croissance du bilinguisme au Canada entre 2011 et 2016 ».L E D E V O I R , L E J E U D I 3 A O Û T 2 0 1 7 A 6 EDITORIAL L E T T R E S Anticosti\u2026 les faits Dans l\u2019édition du Devoir publiée le 30 juillet dernier, Brian Myles mentionne, à juste titre, que les malheureux contrats signés par le gouvernement Marois ont coûté très cher aux Québécois afin que l\u2019État québécois puisse devenir un partenaire impor tant des compagnies qui convoitaient le sous-sol d\u2019Anticosti.La facture est salée ! Selon ses dires, ce n\u2019est pas trop cher payé pour mettre fin à ces contrats octroyés aux compagnies pétrolières.Et il a parfaitement raison.Par contre, il faudrait se rappeler que ces droits d\u2019exploration et d\u2019exploitation d\u2019hydrocarbures ont été cédés aux compagnies pétrolières, à des coûts dérisoires, sous la gouvernance de l\u2019équipe libérale, et ce, bien avant que le gouvernement Ma- rois devienne partenaire avec les entreprises qui exploraient le potentiel pétrolier à Anticosti.Rappelons-nous que ces droits appartenaient bel et bien à l\u2019État québécois.Il est là, le vrai scandale.Malheureusement, cette réalité est trop peu soulignée lorsque vient le temps de parler des mésaventures sur l\u2019île d\u2019Anticosti.François Bellefeuille Lachine, le 31 juillet 2017 L I B R E O P I N I O N K H A L E D S U L A I M A N Écrivain et journaliste québécois.A vécu au Kurdistan irakien entre 2009 et 2016.L e 7 juin dernier, alors que la guerre contre Daech [NDLR: le groupe État islamique] tirait à sa fin à Mossoul, le président « non élu » de la région du Kurdistan irakien, Massoud Barzani, a annoncé qu\u2019il tiendra un référendum sur l\u2019indépendance du Kurdistan le 25 septembre.Cette annonce de Barzani, qui causa de multiples réactions dans le pays comme ailleurs dans le monde, découle de son rêve de devenir le fondateur de l\u2019État du Kurdistan.Bien que l\u2019indépendance soit le rêve historique du peuple kurde, l\u2019annonce de Barzani, qui, malgré l\u2019échéance de son mandat depuis 2015, reste au pouvoir comme président de facto, fait face à une forte opposition interne, politique autant que populaire.Des partis politiques, des hommes d\u2019affaires et des intellectuels au Kurdistan s\u2019opposent à cette décision, parce qu\u2019ils constatent que le référendum aura lieu dans une situation interne critique et sans le soutien de la communauté internationale.Le projet d\u2019indépendance décuplera la crise politique actuelle.Notez que les États-Unis se tiennent aux côtés du gouvernement fédéral et ne soutiennent pas l\u2019indépendance.Les Américains ont af firmé clairement que l\u2019essentiel à l\u2019heure actuelle est la guerre contre Daech.De son côté, l\u2019Union européenne considère que les actions qui ne sont pas favorables au dialogue entre le gouvernement régional du Kurdistan et le gouvernement fédéral causeront des pressions supplémentaires inutiles à ce moment critique, y compris les répercussions régionales.Cela veut dire qu\u2019un Irak uni est encore le centre d\u2019intérêts de la communauté internationale.Reconnaissance La Turquie, quelle que soit l\u2019amitié entre Bar- zani et le président Recep Teyyip Erdogan, a répété à maintes reprises qu\u2019elle reste toujours contre un État kurde, «même en Afrique».Mais si elle l\u2019acceptait, selon le ministre des Affaires étrangères turc, Mevlut Cavusoglu, des conditions comme celles qui s\u2019imposent dans la Chypre du Nord, non reconnue par la communauté internationale, seraient applicables au Kurdistan aussi.De l\u2019autre côté, l\u2019Iran n\u2019a pas hésité à utiliser un langage menaçant contre l\u2019affranchissement du Kurdistan.Selon les « mollahs », l\u2019Irak est une oie qui pond des œufs d\u2019or.Ils utiliseront donc toutes leurs forces pour garder cette oie à leur service et éviter évidemment tout changement géopolitique dans la région.Cette réaction iranienne, liée à un rapprochement entre la famille royale saoudienne et celle de Barzani dans un sens, soi-disant sunnite, provoquera peut-être un conflit potentiel entre les milices chiites et les forces des peshmergas kurdes dans la province pétrolière de Kirkouk, pour autant que d\u2019autres provinces apparaissent sur la liste des territoires contestés.Il y a d\u2019autres raisons internes pour lesquelles de nombreux Kurdes s\u2019opposent au référendum.L\u2019une d\u2019elles, c\u2019est la famille de Bar- zani elle-même.Par son insistance à rester président, poste qui ne lui revient plus depuis 2015, Barzani cherche à établir un système politique présidentiel qui lui donnerait un pouvoir absolu.Ainsi, il est bon de rappeler que le premier ministre, Nêçirvan Barzani, est son neveu et que le chancelier de la sécurité nationale, Masrour Barzani, est son fils.Parlementarisme En 2015, le système politique au Kurdistan aurait dû évoluer vers un système parlementaire.Le président du Parlement, Youssif Mohammed, a voulu passer le projet de réforme, mais cela lui a coûté une expulsion d\u2019Erbil et a provoqué la fermeture du Parlement.Toutes les autres institutions élues démocratiquement étaient gelées ou contrôlées par le parti du président «non élu».Le modèle de la «démocratie kurde » est suspendu depuis ce temps-là.Il faut, dans un tel contexte politique, mentionner l\u2019absence du système judiciaire comme l\u2019absence des médias indépendants et professionnels dans la capitale de la région, Erbil.Une telle absence permet aux forces de sécurité de s\u2019attaquer aux journalistes, aux activistes et aux opposants sans considérer la liberté d\u2019expression et les droits de la personne.En bref, puisque la situation économique au Kurdistan se trouve dans une impasse, une faillite totale n\u2019est pas loin de s\u2019imposer.La dette du gouvernement est de 30 milliards de dollars américains, les fonctionnaires ne reçoivent que 40% de leurs salaires tous les deux mois, les services publics fonctionnent mal.Selon les opposants kurdes, l\u2019origine de cette situation étouffante se trouve dans une politique semi-autori- taire pratiquée par Barzani, qui a décidé unilatéralement d\u2019exporter le pétrole sans le gouvernement fédéral et sans compter les résultats.Le Kurdistan se dirige vers un référendum.Il est difficile de prévoir un succès dans une telle situation, mais il n\u2019est pas si difficile d\u2019imaginer la naissance d\u2019un État fragile comme celui du Soudan du Sud.Le Kurdistan irakien devant un référendum incertain FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente du développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-président des ventes publicitaires MARK DROUIN Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Directeur de l\u2019information numérique FLORENT DAUDENS Adjoints PAUL CAUCHON, LOUIS GAGNÉ, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET DÉCLIN FRANCOPHONE L\u2019inaction ne peut plus durer A MANON CORNELLIER Trop de réglementation n\u2019est pas la solution MM.Chatigny, Héroux, Larose et Tremblay, Bien que vous ne l\u2019avouiez pas, ce à quoi vous appelez est une transformation complète de notre société et de son économie (« L\u2019indécente valse des millions dans le sport», Le Devoir, 31 juillet 2017).Pour quoi, je ne le sais trop, mais je crains que le dirigisme et la réglementation à outrance n\u2019en soient des caractéristiques que trop ordinaires.Tant que nous vivrons dans une économie capitaliste (même pas nécessairement «sauvage», comme vous le dites), les gens auront le droit de vendre leurs services au plus offrant, que ce soit un employeur plutôt qu\u2019un autre ou une équipe plutôt qu\u2019une autre.Dans les secteurs qui génèrent beaucoup, beaucoup de revenus, les artisans de cette manne seront toujours en mesure de demander une compensation bien supérieure à la moyenne, proportionnelle à l\u2019importance des revenus qu\u2019ils engendrent et à leurs talents et compétences exceptionnels.Cela est vrai dans le sport, dans la musique, dans la haute finance et dans d\u2019autres secteurs du genre.Le hic est que la correction de cette situation ne peut passer que par un nombre limité de mesures : la confiscation par l\u2019État d\u2019une très importante part de ces revenus (au-delà d\u2019une fiscalité acceptable), une sévère réglementation des rémunérations consenties ou le démantèlement de toute structure qui autorise de telles rémunérations.Dans tous ces cas, la chose ne pourrait se produire que dans le cadre d\u2019un projet de société autoritaire et répressive.Non merci.Denis Pelletier Montréal, le 1er août 2017 Faisons payer les riches\u2026 compagnies ! Revenu Québec a créé un formulaire à l\u2019intention des contribuables québécois qui souhaitent payer des taxes sur les produits et services qu\u2019ils achètent en ligne, n\u2019étant pas tenus légalement de le faire.Le hic, c\u2019est que seulement une dizaine de Québécois le remplissent chaque année.Je dis bravo à ces contribuables exemplaires (d\u2019aucuns diront qu\u2019ils sont plus catholiques que le pape).Si Revenu Québec invite les contribuables à payer de leur propre gré des taxes, c\u2019est qu\u2019il reconnaît implicitement que l\u2019ensemble des Québécois devrait logiquement le faire.Alors, qu\u2019attend le gouvernement pour modifier la loi en conséquence?Présentement, nous nous faisons voler des millions de dollars par les GAFA (les géants du Web : Google, Apple, Facebook, Amazon) et autres eBay de ce monde (selon une étude, Québec pourrait percevoir 12 millions par année en taxant le million d\u2019abonnés québécois au ser vice de vidéo en ligne Netflix).De plus, nous faisons du tort à nos propres entreprises, qui doivent, elles, faire payer les taxes à leurs clients.Elles luttent donc à armes inégales.L\u2019Australie, à la manœuvre depuis 2011, indique la voie à suivre relativement à la taxation du commerce électronique.Le Canada et ses dix provinces devraient vite s\u2019en inspirer.Sylvio Le Blanc Montréal, le 1er août 2017 L E D E V O I R , L E J E U D I 3 A O Û T 2 0 1 7 A 7 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon (chef de division), Robert Dutrisac, (éditorialiste), Michel Garneau et Pascal Élie (caricaturistes), Jacques Nadeau (photographe), Olivier Zuida (recherchiste photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division et reporter), Stéphane Baillargeon (généraliste), Gérald Dallaire (pupitre), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Jean Dion (sports), Marco Fortier (éducation), Lisa-Marie Gervais (diversité), Pauline Gravel (sciences), Jessica Nadeau (éducation).Alexandre Shields (environnement); information politique : Michel David (chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Marie-Michèle Sioui (correspondants parlementaires à Québec) Dave Noël (recherche), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec); information culturelle : Guillaume Bourgault-Côté (politiques culturelles), Julie Carpentier (pupitre), Fabien Deglise (livres), Catherine Lalonde (arts vivants), François Lévesque (écrans),Caroline Montpetit (arts vivants), Philippe Papineau(médias); information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l\u2019information), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Benoît Munger (pupitre); information internationale : Guy Taillefer (chef de division et éditorialiste); section art de vivre : Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); cahiers spéciaux : Aude Marie Marcoux (responsable); équipe numérique : Laurence Clavel, Guillaume St-Hilaire et Geneviève Tremblay (pupitres); correction : Andréanne Bédard, Christine Dumazet et Michèle Malenfant (correctrices) ; soutien à la rédaction : Amélie Gaudreau (coordonnatrice à la rédaction), Jean-Philippe Proulx (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa).PUBLICITÉ Charleyne Bachraty (adjointe au vice-président), Marlène Côté, Évelyne De Varennes, Amel Elimam, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (directrices de comptes), Alain Tréhout (directeur créativité média), Amélie Maltais (commis aux avis légaux), Alessandra Tantalo et Laurence Hémond (coordonnatrices publicitaires).PRODUCTION Caroline Desrosiers, Yannick Morin, Anthony White et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web), Jean-François Côté (analyste programmeur), Luc Girard (technicien informatique), Solène M.Hébert (développeuse Web).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Catherine Gentilcore (coordonnatrice marketing, communications et relations publiques), Sébastien Beaupré (coordonnateur service à la clientèle), Manon Blanchette, Caroline Filion, Nathalie Filion, Isabelle Sanchez (préposées au service à la clientèle).ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Mélisande Simard (adjointe administrative et responsable des ressources humaines), Florentina Draghici (technicienne comptable), Véronique Pagé (responsable du crédit).J E A N - P I E R R E S I R O I S - T R A H A N Professeur de cinéma à l\u2019Université Laval, et directeur de Nouvelles Vues* e Cyclorama est à vendre.S\u2019il était vendu et démantelé, ce serait une catastrophe, une véritable honte.Ce panorama circulaire, qui serait le plus grand du XIXe siècle, est le seul encore existant au Canada.Il s\u2019agit d\u2019une toile géante installée dans une rotonde, représentant Jérusalem et la Passion du Christ.Alors que les panoramas vivent un nouvel âge d\u2019or dans le monde (Rouen vient d\u2019en ouvrir un) et qu\u2019ils intéressent de plus en plus les chercheurs et les amateurs, il faut sauver ce trésor national et international.Dans le monde, il ne reste qu\u2019une douzaine de panoramas géants du XIXe siècle.Le Québec a la chance d\u2019en avoir un, et l\u2019un des plus beaux.Il ne reste aucun des nombreux panoramas que comptait la France.Alors qu\u2019il y en avait des dizaines à l\u2019époque, on n\u2019en trouve plus que trois complets en Amérique du Nord (Gettysburg, Atlanta et Québec, à Sainte-Anne-de-Beaupré).Toronto et Chicago ont laissé les leurs être détruits.À Boston, il ne reste que la carcasse ; la toile a disparu.Aux États-Unis, les deux derniers panoramas sont considérés à juste titre comme des «American treasures».Au Québec, va-t-on laisser ce précieux témoin du passé être perdu?Spectacles Le panorama a une importance capitale dans l\u2019histoire des spectacles.C\u2019est un art populaire qui préfigure le cinéma sur bien des aspects : art des foules, œuvre collective, gigantisme et réalisme de la représentation, etc.Il anticipe plusieurs genres : la reconstitution historique, les actualités, les films de guerre et, en l\u2019occurrence, le péplum biblique.Comme dispositif immersif, le Cyclorama de Sainte-Anne est l\u2019ancêtre de Dans le labyrinthe présenté à Expo 67, des théâtres IMAX, du dôme de la Société des arts technologiques, des films 3D et des casques de réalité virtuelle.Il est le témoin historique d\u2019une expertise québécoise et canadienne dans le domaine.De 1889 à 1894, il était sis à Montréal, rue Sainte-Catherine, à l\u2019angle de Saint-Urbain (devant l\u2019actuel TNM).Son maître d\u2019œuvre est un certain Ernest Pierpont de Chicago, assisté du Montréalais J.-A.-U.Baudry, avec une équipe de sept peintres «new-yorkais».Le Cyclorama est un remake modifié, plus complexe, d\u2019un panorama munichois de Bruno Piglhein, utilisé comme référence.On inaugure l\u2019édifice le 4 février 1889, à temps pour le Carnaval d\u2019hiver.Vers 1895, on déménage la toile à Sainte-Anne-de- Beaupré par bateau.On peut imaginer la scène et mesurer l\u2019incroyable défi que représente le transport intègre de ce «monument».Trompe-l\u2019œil Le Cyclorama de Jérusalem est sans doute la plus grande toile académique au monde.On parle de près de 17 000 pieds carrés peints avec la minutie d\u2019un trompe-l\u2019œil.Ce gigantisme fait partie de son expérience déstabilisante.Certes, plusieurs de ses parties, véritables morceaux de bravoure, pourraient être exposées dans un musée.Mais cette peinture n\u2019est pas un tableau.Cette toile géante n\u2019a de sens qu\u2019en tant que dispositif immersif dans sa rotonde.N\u2019être jamais entré au Cyclorama ne peut donner qu\u2019une faible idée de son effet.Aucune photographie, aucun film ne peut en donner une idée fidèle.J\u2019ai souvent invité des professeurs étrangers qui en sont sortis émerveillés.Avec son «aura» particulière due notamment à un travail exceptionnel de l\u2019éclairage (tant pictural que théâtral), le Cyclorama plonge dans un passé double, celui de la Belle Époque et celui de la Palestine biblique.Il faut imaginer le flâneur de la rue Sainte-Ca- therine entrer dans cette machine à explorer le temps, téléporté au temps du Christ.Le rendu est si précis qu\u2019on peut voir des personnages dans les rues de Jérusalem avec de longues vues et non à l\u2019œil nu ! Selon La Minerve du 4 février 1889 : «C\u2019est un spectacle vraiment frappant, car on se croirait réellement présent à la scène d\u2019autrefois.» À une époque où il n\u2019y avait pas de cinéma et de télévision, le Cyclorama offrait un accès vers les mondes lo inta ins, éduquant les masses.Baudelaire disait des panoramas que « [leur] magie brutale et énorme sait m\u2019imposer une utile illusion ».Désaffection Depuis 1889, des milliers, sinon des millions de spectateurs ont goûté à ce spectacle à Montréal et en banlieue de Québec.La dévotion pour « la bonne sainte Anne » a sauvé le Cyclo- rama pendant 122 ans sur la Côte-de-Beaupré ; la désaffection envers la religion pourrait aussi causer sa perte.Notre rapport trouble à notre passé religieux n\u2019aide pas la cause.Beaucoup de gens n\u2019y sont jamais entrés, pensant qu\u2019il ne s\u2019agit que d\u2019un spectacle religieux (ou pire, un vélodrome).Il s\u2019agit de bien plus que cela : une œuvre d\u2019art unique, grandiose et complexe, au charme qui opère toujours.Déménager le Cyclorama le détruirait sans doute.On ne déplace pas une telle toile aisément (on peut imaginer les coûts d\u2019une telle opération).De plus, la toile ne peut être gardée intacte que dans une bâtisse semblable : le système spécial d\u2019aération la préserve des variations de l\u2019humidité, et notre saison froide (le Cyclorama n\u2019est pas chauffé l\u2019hiver) le sauve des insectes friands de tissu.La faire sortir du pays serait brader un patrimoine culturel de première importance.Le Cyclorama forme depuis toujours un ensemble avec la basilique \u2014 ils sont consubstantiels.Les séparer défigurerait le site.La famille Blouin, qui possède le Cyclo- rama, n\u2019est pas en cause ; elle l\u2019a porté à bout de bras pendant des décennies et elle a le droit de passer à autre chose.Il faut que ce patrimoine collectif soit racheté par l\u2019État à un prix juste et raisonnable.Il faut bien avouer que sa présentation pourrait être grandement améliorée.Pourquoi ne pas en faire une annexe d\u2019un musée des beaux-arts pour sa mise en valeur ?Les espaces pourraient accueillir des expositions sur les trompe-l\u2019œil et l\u2019immersion.Pourquoi ne pas se ser vir des casques virtuels pour diversifier l\u2019expérience tout en préservant sa fonction religieuse?Eu égard au devoir de mémoire, les Québécois doivent prendre conscience de la perte irrémédiable que constituerait le démantèlement du Cyclorama.J\u2019en appelle donc au ministère de la Culture pour qu\u2019il soit classé monument historique, maintenu sur son site et mis en valeur.* Appuient la demande de sauvegarde du Cy- clorama : Franço is Albera (revue 1895 , France) ; Martin Barnier (Université de Lyon 2) ; Julie Beaulieu (Université Laval, Québec) ; Jason Béliveau (Antitube, Québec) ; Mireille Berton (Université de Lausanne) ; Olivier Bi- lodeau (Festival de cinéma de la ville de Québec) ; Livio Belloï (Université de Liège) ; Ian Chr ist ie (B irkbeck College, Londres) ; Maxime Coulombe (Université Laval) ; Luc Courchesne (SAT, Montréal) ; Sean Cubitt (Université de Londres) ; Bruno Dequen (Revue 24 images, Montréal) ; Philippe Dubé (Université Laval) ; Patrick Désile (CNRS, Paris).La liste complète des appuis est publiée sur nos plateformes numériques.Le Cyclorama, un trésor international en danger D A N I E L T U R P Professeur à la Faculté de droit et diplômé de la Faculté de musique de l\u2019Université de Montréal oète, philosophe, idéaliste, rêveur, croyant, humaniste, musicien, pédagogue et éveilleur», comme l\u2019a décrit la musicologue Marie-Thérèse Le- febvre .Le compositeur Gilles Tremblay s\u2019est éteint à l\u2019âge de 85 ans le 27 juillet dernier.Être profondément engagé dans la société québécoise, il n\u2019aura jamais hésité à se rendre disponible pour la défense des causes justes.L\u2019engagement de celui à qui le milieu musical québécois \u2014 et en particulier la Société de musique contemporaine, qu\u2019il avait contribué à fonder en 1966 et dont il a été le directeur artistique de 1986 à 1988 \u2014 a consacré une série hommage durant la saison 2009-2010 se confirme à la lecture des écrits du compositeur, dans lesquels celui-ci livre de nombreux plaidoyers en faveur de la responsabilité collective de notre devenir musical et politique.Le Conservatoire, l\u2019«école d\u2019État» L\u2019un des premiers plaidoyers du compositeur aura concerné le Conservatoire de musique de Montréal, où il devient professeur en 1962 et dont on envisage le déménagement dans un lieu qui, selon lui, ne convient guère à l\u2019établissement créé par Wilfrid Pelletier en 1943.Dans une lettre ouverte publiée dans le journal Le Devoir du 8 juin 1964, le compositeur s\u2019insurge contre ce projet « aussi inimaginable que ridicule de déménager le Conservatoire de Montréal au Palais du Commerce » et ajoute qu\u2019il « est urgent de manifester une énergique protestation [\u2026].Pendant une période aussi importante et vitale dans l\u2019histoire de Montréal et du Québec, et dans le contexte de la préparation de l\u2019Exposition universelle \u201cTerre des hommes\u201d, l\u2019image d\u2019une telle absurdité aux yeux du monde et à nos propres yeux risquerait d\u2019être l\u2019illustration rétrograde de l\u2019importance accordée à la culture au Québec.En période d\u2019évolution, ce serait en outre un af front à la Musique, à la jeunesse, à notre nation».Si cette protestation n\u2019a pas l\u2019effet immédiat voulu et qu\u2019il faut attendre jusqu\u2019en 2009 pour que le Conservatoire soit convenablement logé sur le Plateau Mont-Royal, cette intervention illustre la volonté de l\u2019artiste de s\u2019inscrire dans le débat public et de s\u2019engager dans la défense de l\u2019« école d\u2019État ».Gilles Tremblay interviendra également en 1982 pour défendre le développement plus autonome du Conser vatoire de Montréal et accordera son soutien en 2001 aux actions de la communauté des professeurs et étudiants dans le dossier de la relocalisation du Conservatoire de musique.La radio d\u2019État, une radio culturelle La radio d\u2019État, et en particulier la radio culturelle, ainsi que le lien entre la radiophonie et la musique auront été une préoccupation constante de Gilles Tremblay.Il présentera la radio comme un outil démocratique capable « d\u2019animer le Québec » et « d\u2019assurer une ouverture aux autres ».Dans une autre lettre ouverte, parue dans Le Devoir du 19 juillet 2002, Gilles Tremblay commente la disparition de la chaîne culturelle de Radio-Canada : « Mais le plus troublant, c\u2019est qu\u2019une politique et des décisions sont adoptées prétendument dans l\u2019intérêt du public, en catimini, donc en méprisant ce même public, comme si ces décideurs savaient ce qui est bon pour le public à la place de celui-ci.» Les vues exprimées par Gilles Tremblay sur le rôle de la radio publique expliquent le soutien qu\u2019il apportera successivement, en 2006 et en 2008, à deux mouvements destinés à maintenir, voire à créer, une radio culturelle au service de la musique et de la création musicale, soit le Mouvement pour une radio culturelle au Canada ainsi que le Mouvement Radio-Québec.Dans ses réflexions sur le devenir musical du Québec, on voit que la commande d\u2019État a tenu une place particulière dans la vie publique de Gilles Tremblay.Ayant composé quant à lui au moins 35 œuvres à partir de commandes, émanant d\u2019orchestres, d\u2019ensembles et de radiodiffu- seurs et de musiciens, tant nationaux qu\u2019internationaux, il n\u2019a pas moins plaidé en faveur d\u2019un engagement plus important de l\u2019État dans la commande d\u2019œuvres.En recevant le prix Denise-Pelletier en 1991, il fait d\u2019ailleurs un vibrant plaidoyer pour la composition et plaide pour une aide aux compositeurs sous forme de commandes d\u2019œuvres.Avec la générosité qui le caractérise, il affirme à cette occasion : « Puisqu\u2019il y a symbole, je le partage avec tous mes collègues et amis compositeurs, des aînés aux plus jeunes dont la situation est non seulement dif ficile mais précaire.(Ne serions-nous pas devenus des bélugas culturels ?) Considérant ce symbole comme un signe prometteur, j\u2019invite du même souffle le gouvernement du Québec à combler un vide inexplicable en matière d \u2019aide à la composition musicale sous forme, entre autres, de commandes d\u2019œuvres.» Passant quant à lui de la parole aux actes, Gilles Tremblay fera d\u2019ailleurs un don de 25 000$ à la SMCQ aux fins de commandes d\u2019œuvres.Durant son parcours exceptionnel d\u2019artiste et de citoyen, Gilles Tremblay a enrichi le Québec.Cet homme d\u2019idées, de convictions et de projets aura été un homme d\u2019exception que le Québec doit être fier de compter parmi les artisans de sa culture unique qui enrichit le patrimoine culturel de l\u2019humanité.L\u2019engagement de Gilles Tremblay doit inspirer la communauté musicale d\u2019au- jourd\u2019hui et le Québec tout entier.Les mots du poète \u2014 et du croyant \u2014 qu\u2019il fut décrivent d\u2019ailleurs éloquemment le sens de ce service et la finalité de son engagement : «Surgissement de la Musique.Quelle joie et grand moment mystérieux! Il nous emporte vers un ailleurs encore plus mystérieux et joyeux.La composition est l\u2019une des voies de ce mouvement.Voie de musique que chaque être humain peut ressentir et comprendre, dans la surprise éblouie de la multiplication des possibles, à contre-courant de la banalisation généralisée, dans l\u2019exaltation à la fois enchantée et dramatique de la vie, dans l\u2019élan en accord avec le geste Créateur: la Genèse au présent.» GILLES TREMBLAY (1932-2017) Un homme d\u2019idées, de convictions et de projets L FRANCIS VACHON LE DEVOIR Le Cyclorama de Jérusalem est sans doute la plus grande toile académique au monde.On parle de près de 17 000 pieds carrés peints avec la minutie d\u2019un trompe-l\u2019œil.P « ARCHIVES LE DEVOIR Gilles Tremblay L E D E V O I R , L E J E U D I 3 A O Û T 2 0 1 7 A 8 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 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ne connaît que l\u2019anglais.Ils finissent par apprendre le français et travailler en français, mais en matière de langue d\u2019usage, c\u2019est certain que l\u2019anglais semble une tendance lourde.» L\u2019île reste stable À Montréal, le recul du français est toutefois moins marqué que dans le reste de la province : le nombre de personnes parlant juste le français y est passé de 738 135 à 729 020 entre 2011 et 2016.La métropole est souvent considérée comme la ville déterminante quant à l\u2019avenir du français au Québec puisqu\u2019elle accueille la majorité des immigrants de la province.Parmi les nouveaux arrivants, 18% ont pour langue maternelle l\u2019arabe et 12,9%, l\u2019espagnol.Or, ces deux groupes de locuteurs sont en majorité plus à l\u2019aise avec le français lorsqu\u2019ils doivent choisir entre les deux langues officielles.Dans les 15 à 20 prochaines années, le français ne devrait donc pas reculer de façon importante sur l\u2019île, croit M.Corbeil.Il fait plutôt remarquer que la situation change surtout du côté des couronnes nord et sud de Montréal.«L\u2019anglais [comme langue d\u2019usage] sur l\u2019île a crû d\u2019un peu moins de 23 000 personnes, alors qu\u2019a l\u2019extérieur de l\u2019île ça a cru de presque 38 000.» La ville de Laval a connu la plus forte croissance de la population utilisant l\u2019anglais comme langue d\u2019usage, passée de 14,6% à 15,9% entre 2011 et 2016, donne-t-il pour exemple.Le gouvernement Couillard montré du doigt Le président général de la Société Saint-Jean- Baptiste, Maxime Lapor te, s\u2019inquiète pour l\u2019avenir du français alors que « c\u2019est la première fois depuis 1971 que la proportion du français comme langue d\u2019usage est passée sous le seuil de 80%.[\u2026] Et dire que le gouvernement Couillard s\u2019inquiétait de l\u2019assimilation des anglophones au Québec.» « Nos dirigeants ne font rien pour changer la situation», déplore-t-il.Même son de cloche du côté du député Stéphane Bergeron, qui rappelle que Québec «a coupé de façon dramatique dans les services en francisation».« Je dis toujours : la loi 101 est là.Elle est là pour être respectée.[\u2026] On doit demeurer vigilant quant à la langue française au Québec », s\u2019est défendu le ministre libéral Luc Fortin, rappelant que le montant d\u2019argent alloué à la protection et à la promotion du français atteindra un « sommet historique» cette année.«Aujourd\u2019hui, ce qui est présenté par Statistique Canada, ce n\u2019est pas un scénario apocalyptique pour la vitalité du français au Québec.» La députée de la Coalition avenir Québec Claire Samson estime quant à elle nécessaire de rendre la francisation des immigrants obligatoire afin d\u2019inverser la tendance.Il apparaît pourtant « utopique » selon le démographe Marc Termote d\u2019obliger les immigrants à parler le français.« On ne change pas de langue comme de chemise, c\u2019est dif ficile, dit-il.On ne peut pas compter sur le transfert linguistique pour changer la situation.» De son côté, M.Corbeil se veut rassurant : «La proportion de la population qui peut parler le français, 94%, reste stable depuis plusieurs recensements.» Le nombre de locuteurs affirmant pouvoir tenir une conversation en français est en croissance à l\u2019échelle nationale, mais ils ne le parlent pas nécessairement comme « langue prédominante».Diversification du paysage linguistique Au Canada, le taux de bilinguisme français- anglais a atteint un nouveau sommet, passant de 17,5 à 18 % entre 2011 et 2016.Le bilinguisme reste géographiquement concentré au Québec, où près de 45 % de la population parle les deux langues officielles.Mais les autres provinces du pays rattrapent leur retard.Alors que la croissance du bilinguisme entre 2006 et 2011 était due à 90 % aux « nouveaux » bilingues de la Belle Province, leur contribution est passée à 64 % entre 2011 en 2016 de la croissance totale du bilinguisme au Canada.Un changement attribuable au « fort engouement pour les programmes d\u2019immersion française à l\u2019extérieur du Québec», note M.Corbeil, précisant qu\u2019il y a deux fois plus de jeunes âgés de 5 à 19 ans qui étaient inscrits dans ces programmes en 2016 par rapport à 2011.Ces chiffres doivent néanmoins être considérés avec « de grosses pincettes », puisque la réponse des Canadiens à la question « Êtes-vous capable de soutenir une conversation en anglais ou en français ?» reste très subjective, d\u2019après M.Termote.Si le français et l \u2019anglais demeurent des « langues de convergence », le recensement montre aussi que de plus en plus de Canadiens utilisent plus d\u2019une langue dans une même journée.L\u2019apport de l\u2019immigration est incontestable : « Huit immigrants sur dix n\u2019ont pas le français ou l\u2019anglais comme langue maternelle », rappelle M.Corbeil.Le plurilinguisme s\u2019affirme beaucoup dans la sphère privée, mais quant à savoir s\u2019il se répercute sur le monde du travail, il faudra attendre l\u2019analyse des données sur la langue de travail cet automne.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 FRANÇAIS Ce sont 58 000 Haïtiens qui avaient obtenu l\u2019autorisation d\u2019immigrer aux États-Unis à la suite du tremblement de terre de 2010.Or, depuis son arrivée au pouvoir, le président Donald Trump menace de leur retirer ce statut de protection temporaire à partir de janvier 2018.« D\u2019autres ont fait un périple encore plus long depuis le Brésil », poursuit Mme V ille- franche.Là encore, après avoir trouvé des papiers temporaires et des emplois dans la foulée des grands chantiers de la Coupe du monde de soccer et des Jeux olympiques, les Haït iens d \u2019or igine se retrouvent le bec à l \u2019eau .« Ce sont sur tout des fami l les et de jeunes personnes qui tentent leur chance », affirme la directrice.Dans le hall de cet organisme, l\u2019odeur de nourriture est familière, mais le pays est neuf.Geneviève, jeune trentenaire, est arrivée le 26 juillet dernier depuis le Brésil \u2014 un périple qui lui aura pris plus d\u2019un mois.« Mon seul espoir était de venir ici.J\u2019avais consulté un avocat aux États-Unis », résume-t-elle sans vouloir détailler.Elle a deux enfants restés en Haïti, mais elle est arrivée seule.Yvans, dans la trentaine lui aussi, a laissé son entreprise derrière lui après avoir reçu des menaces, affirme-t-il.Après avoir atterri aux États- Unis, il a pris un taxi depuis Plattsburgh vers le chemin de Roxham, entre Hemmingford et Saint-Bernard-de-Lacolle.« Je voudrais me refaire ici », lâche-t-il, porte-documents au bout des bras.La diaspora se mobilise Des personnes d\u2019au moins une dizaine de nationalités ont franchi la frontière canadienne pour demander l\u2019asile dans les dernières semaines.Mais devant cet autre centre d\u2019hébergement de l\u2019est de Montréal, les jeunes Haïtiens sont en majorité.Des gens en voiture s\u2019arrêtent pour récupérer des membres de leur famille élargie.« Je vais essayer de trouver des draps », « et moi, des jouets pour les enfants » : quelques membres de la communauté haïtienne se mobilisent déjà pour montrer leur soutien.« On reçoit des appels de plus en plus pour savoir ce qui se passe et savoir quoi faire pour aider », confirmait plus tôt Marjorie Villefranche à la Maison d\u2019Haïti.« L\u2019urgence sera de les loger », insiste Jean David Prophète, instigateur de la journée de la diaspora haïtienne.Les personnes ainsi réunies remettent aussi les choses en perspective : la situation n\u2019est pas sans rappeler les arrivées massives de Haïtiens durant le règne de George W.Bush.« Après plusieurs années aux États-Unis, retourner en Haïti, c\u2019est retourner dans un pays qu\u2019on ne reconnaît plus », dit une dame d\u2019origine haïtienne qui ne souhaite pas être nommée.Christine, jeune mère haïtienne, sort de cet autre centre d\u2019hébergement.Elle vient prendre l\u2019air avant la pluie.«Les douaniers m\u2019ont bien traitée.Ils m\u2019ont dit que j\u2019avais droit à un avocat et ils ont même tenu mes bagages», se rassure-t-elle.Ses deux garçons ne souhaitent pas rester, dit-elle, mais ils seront patients.Réactions politiques Le maire Denis Coderre a également tenu à réitérer son engagement, qualifiant l\u2019accueil de réfugiés haïtiens de «geste humanitaire» sur Twitter.Il assure que le Bureau d\u2019intégration des nouveaux arrivants à Montréal (BI- NAM) « contribue activement à trouver des solutions d\u2019hébergement et d\u2019accueil pour les demandeurs d\u2019asile ».La ministre provinciale de l\u2019Immigration, Kathleen Weil, tient également un point de presse jeudi matin pour dresser un état de la situation.Le Syndicat des douanes et de l\u2019immigration aimerait quant à lui voir l\u2019ASFC « prendre les mesures nécessaires », dont l \u2019embauche d\u2019agents supplémentaires, pour faire face à cette « explosion » des demandes, dit son président, Jean-Pierre Fortin.L\u2019agence reconnaît que les choses se bousculent, et assure s\u2019ajuster « quotidiennement », dit une porte-parole au Devoir.Pendant ce temps, on déplie des lits supplémentaires.Autour du Stade olympique, des touristes butinent l\u2019été à l\u2019ombre du mât.Leur accent, lui aussi étranger, résonne entre le Bio- dôme et le Planétarium, mais, contrairement aux familles qui dormiront à l\u2019intérieur du Stade aujourd\u2019hui, ils n\u2019ont eu qu\u2019à présenter leur passeport à la frontière pour poser leurs valises.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 RÉFUGIÉS Le maire Coderre a qualifié l\u2019accueil de réfugiés haïtiens de «geste humanitaire» sur Twitter «Marcher à Montréal sera un sport à l\u2019essai aux Jeux olympiques de Pyeongchang en 2018.» « Le côté [vert], dit Phaneuf, c\u2019est un rassemblement des réflexions libres, comme le chaos sur Internet, où tout le monde a un point de vue, a un commentaire, qu\u2019il fait avec humour et de manière détachée.» Garder le moral «Personne ne me croit, mais c\u2019est vraiment le plus gros chantier que j\u2019aie jamais vu », lance Robert Laramée, qui dirige depuis janvier la Société de développement commercial (SDC) du secteur, baptisée Les Quartiers du Canal.L\u2019ancien conseiller municipal, de 1994 à 1998 et de 2001 à 2005, sait que ces travaux de réfection d\u2019égouts, de réaménagement de surface et de réseau électrique sont un mal nécessaire.« Il faut garder le moral, dit-il, car on aura la plus belle rue.Ce sera magnifique.» Les travaux ont débuté en avril et ne devraient pas dépasser l\u2019automne.Selon le directeur général de la SDC, les chiffres d\u2019affaires des commerces ont été affectés jusqu\u2019à maintenant dans une proportion de 25 à 50%.La gérante d\u2019un restaurant de déjeuners a notamment constaté une diminution de la clientèle en semaine.«Le lundi, donne-t-elle comme exemple, on peut servir 130 clients.Depuis trois semaines, ça tourne autour de 70.» C\u2019est pour apaiser les pires craintes que Robert Laramée a pensé à se tourner vers l\u2019art.Il n\u2019y a pas que les séries Remarques éparses et Quête grandiose de Marc Antoine K.Phaneuf.Le secteur de la rue Notre-Dame affecté par le chantier, entre l\u2019avenue Atwater et la rue Saint- Augustin, sera animé d\u2019ici l\u2019Halloween par des photos, de la peinture et d\u2019autres interventions urbaines ou performatives.L\u2019organisme Art souterrain a été mandaté pour monter l\u2019exposition Déviation, qui prend racine autant dans des locaux vacants que sur le mobilier du chantier.Le producteur de peintures murales Montréal en art et MusiMétro- Montréal sont aussi partenaires de l\u2019aventure.La réalisation de Déviation et du reste de la programmation a bénéficié d\u2019une partie des 100 000 $ que la SDC a reçus de la V ille de Montréal, dans le cadre du volet « Artère en chantier » du Programme Réussir à Montréal (PRAM), mis en place en 2015.« Une aide financière totalisant 2,7 millions [est] disponible aux regroupements de gens d\u2019affaires ou aux SDC pour favoriser la mobilisation de la communauté d\u2019af faires, attirer le client, aménager les vitrines, recruter de nouveaux commerçants et relancer les affaires à la fin des travaux», résume le descriptif en ligne du PRAM \u2013 Artères en chantier.Accepter le chantier L\u2019art est-il un baume ?Quelque part, répond Marc Antoine K.Phaneuf, qui vise à «mettre un peu de magie dans la tragédie».Pour Robert La- ramée, la culture est un aimant qui ramènera, souhaite-t-il, les gens de l\u2019extérieur du quartier.« Il fallait mettre en relief cette réalité d\u2019un Montréal insupportable, d\u2019une rue commerciale impossible à gérer.Il fallait virer ça en dérision, croit-il.Quoi d\u2019autre que l\u2019art pour ajouter de la beauté, de l\u2019étonnement, dans le laid, le bruit, la poussière ?» Sa volonté, assure l\u2019homme, pragmatique, «n\u2019est pas de nier le chantier, mais de l\u2019animer».Les défis face à un chantier sont les mêmes d\u2019un arrondissement à l\u2019autre.La SDC de la rue Saint-Denis a cependant eu l\u2019attitude contraire en concevant La Grande Terrasse rouge, un immense aménagement qui prolongeait le trottoir en 2015 et en 2016.« L\u2019objectif était de détourner l\u2019attention des passants, dit Mathieu Lemay, chargé de projet à la SDC.Détourner l\u2019attention vers l\u2019humour pour faire changer les idées.» La V ille de Montréal s\u2019est occupée de la construction de la terrasse, et le regroupement des commerçants s\u2019est chargé d\u2019y proposer des espaces jeu ou de détente.Dans le cadre du PRAM, la SDC a reçu 60 000 $ par année, dont une partie a même servi à un événement de sculptures sur glace.Mathieu Lemay assure que la terrasse a connu du succès, surtout en 2016 quand la signalisation a été améliorée, mais il reconnaît que ce genre d\u2019exercice est un «couteau à double tranchant ».«On doit s\u2019occuper des commerçants et, là, on s\u2019occupait de la terrasse rouge.» Les restaurateurs n\u2019ont en effet pas aimé de ne pas pouvoir y vendre leurs produits.Actuellement, six autres associations commerciales bénéficient du PRAM, dont celle de la rue Laurier Ouest qui a profité d\u2019un terrain vacant pour y aménager un jardin et y offrir des ateliers d\u2019horticulture, des cours de cuisine et des récitals de piano.La SDC Les Quartiers du Canal se démarque cependant par l\u2019audace d\u2019un programme basé sur l\u2019art contemporain.Robert Laramée peut confier qu\u2019il avait rêvé de projets plus punchés, il reconnaît être servi avec ce qu\u2019il a obtenu.Les travaux ont été une source de créativité.« Au-delà de cette limite votre ticket n\u2019est plus valable » : cette référence au titre d\u2019un livre de Romain Gar y, recyclé pour l \u2019occasion par Marc-Antoine K.Phaneuf, ne pouvait mieux résonner que chez les piétons qui traverseront le chantier.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 CHANTIER ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Le parcours littéraire de Marc-Antoine K.Phaneuf, exposé sur des panneaux réversibles, un côté bleu, un côté vert, fait mouche sur les réseaux sociaux.Rectificatif Une erreur s\u2019est glissée dans le tableau accompagnant l\u2019article de Valérian Mazataud intitulé «Hy- dro-Québec demande une hausse de tarifs de 1,1%», publié le mercredi 2 août en page A 3.Il fallait lire une baisse de 0,50% en 2012-2013 et une baisse de 0,40% pour 2011-2012."]
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