Le devoir, 7 août 2017, Cahier A
[" V O L .C V I I I N o 1 7 6 L E D E V O I R , L E L U N D I 7 A O Û T 2 0 1 7 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S AUJOURD\u2019HUI Le monde \u203a Le Venezuela s\u2019enfonce dans la crise.Une « attaque terroriste » contre l\u2019armée a été déjouée, af?rme Nicolás Maduro.Page B 1 Kwe Kwe! \u203a Le dé?de l\u2019inuktitut: conserver la pureté de la langue.Notre série sur les langues autochtones du Québec.Page A 2 Avis légaux.A 4 Décès.B 6 Météo.B 5 Mots croisés.B 5 Petites annonces .B 6 Sudoku.B 4 ?w w w .l e d e v o i r .c o m ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Des centaines de personnes se sont réunies dimanche devant le Stade olympique pour témoigner leur appui aux demandeurs d\u2019asile qui y sont accueillis.C H R I S T I A N D E S M E U L E S Tout récit de voyage, croyait Robert Louis Stevenson, est en réalité une autobiographie déguisée.Sous les paysages, les kilomètres et les rencontres, c\u2019est avant tout un homme qui se raconte.Et chez Nicolas Bouvier (1929-1998), plus que chez quiconque peut-être, le voyage et sa lente distillation pourraient se confondre avec les données brutes de l\u2019état civil : nom, prénom, profession.«Voyager : cent fois remettre sa tête sur le billot, cent fois aller la reprendre dans le panier à son tour pour la retrouver presque pareille.» Son œuvre semble avoir été écrite au scalpel, née en dépit des multiples passages à vide de son auteur.Ou justement peut-être à cause d\u2019eux.Issu d\u2019une famille très bourgeoise de Genève (un grand-père recteur, un autre compositeur et baron), Nicolas Bouvier refuse pourtant assez vite tout ce confort \u2014 matériel et moral \u2014 et rêve plutôt de prendre la route.À dix-sept ans, aussitôt son bac en poche, aspiré par l\u2019horizon infini qui s\u2019étend à l\u2019est de la muraille des Alpes, Bouvier n\u2019a qu\u2019une idée en tête: faire le tour du monde.Dès que possible, donc, après de courts séjours en Scandinavie et dans le Sahara algérien, de vagues études d\u2019histoire médiévale et de sanskrit à la Faculté des lettres de l\u2019Université de Genève, ce sera le premier voyage légendaire jusqu\u2019au Japon, de 1953 à 1956.Un voyage qui lui fournira la matière des trois livres qui font encore aujourd\u2019hui sa réputation: L\u2019usage du monde (1963), Chronique japonaise (1975) et Le poisson-scorpion (1981), qui nous intéresse aujourd\u2019hui.Cette aventure humaine, littéraire et géographique, qui prend avec le temps une patine quasi mythique, il l\u2019a réalisée SUR LES TRACES DES ÉCRIVAINS VOYAGEURS (3/6) Nicolas Bouvier, entre la déroute et l\u2019exorcisme Coup d\u2019œil sur Le poisson-scorpion, chef-d\u2019œuvre de ce paysagiste sans pareil A M É L I P I N E D A L\u2019 engorgement dans le traitement des demandes d\u2019asile à la suite de l\u2019arrivée massive de migrants risque de transformer les sites d\u2019hébergement temporaire en lieux d\u2019hébergement permanent, préviennent des groupes d\u2019aide aux réfugiés.Ces derniers exhortent Ottawa à augmenter son nombre d\u2019employés pour accélérer l\u2019analyse des demandes.« On continue à chercher des locaux, parce qu\u2019il y a un engorgement.Le traitement des dossiers est plus tardif qu\u2019à l\u2019habitude.On craint qu\u2019un séjour dans un centre d\u2019hébergement temporaire, qui normalement dure quelques jours ou semaines, ne s\u2019échelonne sur quelques mois », explique Francine Dupuis, porte-parole du programme régional d\u2019accueil et d\u2019intégration des demandeurs d\u2019asile (PRAIDA).Réunies dimanche midi au Stade olympique pour manifester leur solidarité avec les demandeurs d\u2019asile, quelques centaines de personnes ont aussi réclamé davantage de ressources de la part du gouvernement fédéral pour désengorger les centres d\u2019accueil.Après avoir augmenté la capacité au Stade olympique de 300 à 600 lits, puis finalement à 1050 places, un nouveau site dans l\u2019arrondissement Ahuntsic-Cartierville a ouvert ses portes dimanche pour accueillir temporairement quelque 300 autres personnes.Les centres fournissent l\u2019essentiel aux deman- RÉFUGIÉS L\u2019attente s\u2019allonge dans les refuges Des groupes d\u2019entraide réclament davantage de ressources d\u2019Ottawa pour traiter les demandes d\u2019asile MUSÉE DE L\u2019ÉLYSÉE/FONDS NICOLAS BOUVIER Nicolas Bouvier.Une œuvre qui semble avoir été écrite au scalpel, malgré les nombreux passages à vide de son auteur.A N N A B E L L E C A I L L O U En direct du festival de musique Osheaga, à Montréal, la journaliste à Radio-Ca- nada Valerie-Micaela Bain a été interrompue vendredi soir, embrassée sur la joue contre son gré par un par fait inconnu.L\u2019événement, devenu viral en quelques heures, a soulevé de vives réactions sur les réseaux sociaux, ravivant le débat sur la banalisation du harcèlement envers les femmes dans la société québécoise.«Malheureusement, on a l\u2019habitude de voir des journalistes se faire interrompre en direct, se désole la présidente du Conseil des Montréalaises (également chroniqueuse au Devoir), Cathy Wong.Et tant qu\u2019on verra encore cette culture du viol, ces gestes, ces comportements inacceptables dans nos films, nos médias, dans la culture populaire, ça ne changera pas.» Prise pas surprise, Valerie- Micaela Bain a repoussé le festivalier avec son bras tout en lançant sévèrement « Non, vraiment pas ! », avant de reprendre son compte rendu dans le calme, vendredi.Peu après l\u2019événement, la journaliste culturelle a vivement dénoncé ce geste sur son compte Facebook, soulignant qu\u2019il n\u2019avait été «ni ado- « Non, vraiment pas ! » Le baiser non sollicité d\u2019un festivalier d\u2019Osheaga à une journaliste ravive le débat sur la banalisation du harcèlement envers les femmes Ils ont rêvé le monde, avant de l\u2019arpenter pour le mettre en mots.Les écrivains voyageurs conduisent les lecteurs au-delà des frontières et des apparences.Durant tout l\u2019été, Le Devoir vous invite à prendre le large en compagnie de ces aventuriers du verbe.Troisième escale : Nicolas Bouvier.VOIR PAGE A 8 : BOUVIER Les Geeks «Wikipédier», un article à la fois Page A 5 Le Centre Mélaric ferme.une nouvelle fois Page A 3 Sur la route Le traversier, rapide et sous-utilisé?Page B 5 VOIR PAGE A 8 : RÉFUGIÉS VOIR PAGE A 8 : BAISER L E D E V O I R , L E L U N D I 7 A O Û T 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 2 S A R A H B O U M E D D A C\u2019 est un peu Gangnam Style, version montréa- la ise .La troupe de danse East2West, qui réunit plus d\u2019une centaine de passionnés de K-Pop \u2014 la musique pop coréenne \u2014 à travers la vil le, af fole les compteurs sur YouTube avec près de 400 000 abonnés.Et cette semaine, ils ont été prophètes en leur pays avec un spectacle à l\u2019Otakuthon, samedi au Palais des congrès.L\u2019Otakuthon ?Cet événement de trois jours, qui en est à sa 12e édition, attire principalement un public familier féru d\u2019animés et de mangas japonais.L\u2019année dernière, le festival avait attiré plus de 21 000 participants.East2West, créée en 2010, a livré un spectacle d\u2019une heure et demie devant une foule en cosplay (de « costume » et « play »), un parterre de gens habillés en personnages de mangas japonais et autres.Quelques spectateurs étaient également vêtus de t-shirts à l\u2019effigie de leur groupe pop coréen favori.« À Montréal, l \u2019intérêt est vraiment là, souligne Jenny Lam, l\u2019une des danseuses.On peut voir que les gens sont passionnés, qu\u2019ils adorent la musique.Ils aiment se rassembler pour parler de leur passion.» « On a aussi des chorégraphies originales sur des bandes sonores d\u2019animés, explique Cholhee Kim, directeur exécutif et danseur de la troupe.C\u2019est très en thème avec l\u2019Otakuthon.» Pour sa deuxième venue à l\u2019Otakuthon, East2West a donc remplacé le K par le J : ils ont plutôt fait de la J-Pop, musique populaire japonaise tout aussi colorée et dynamique.Au menu samedi : chorégraphies sur des chansons d\u2019artistes japonais comme Faky, LOL, et Daichi Miura.Le groupe est toutefois resté fidèle à ses racines en dansant aussi au son de versions japonaises des groupes coréens SHINee et f(x), entre autres.Point d\u2019orgue du spectacle : Not Today de BTS, groupe coréen archiconnu chez les fans du genre.Un festival comme l\u2019Otaku- thon, même s\u2019il se concentre sur la culture japonaise, ouvre les portes à la découverte de la culture coréenne pour la troupe de danse.Surtout sa musique, qui connaît un intérêt grandissant sur les réseaux sociaux.« Même si c\u2019est centré sur les animés et les mangas, ici et là, il y a toujours des panels sur la K-Pop, ou la culture coréenne», explique le danseur Alexandre Nguyen-Savejvong.Popularité grandissante À New York et à Los An- geles, le festival KCON, une convention-spectacle similaire à l\u2019Otakuthon, rassemble annuellement les passionnés de musique coréenne.De grands noms de la scène K-Pop y font souvent un tour, et East2West a d\u2019ailleurs été invité pour une prestation à New York.Toronto, quant à elle, accueille aussi le Toronto K-Pop Con, auquel East2West a aussi participé.À Montréal, où des événe- ments de grande envergure comme ceux-là ne sont pas à l\u2019affiche, East2West fait office de figure de proue chez les fanatiques de K-Pop.C\u2019est à travers leurs spectacles indépendants, leurs ateliers de danse ouverts au public, et leurs vidéos YouTube que ces danseurs font vivre la fièvre K-Pop en ville.Il dansent au son de la musique d\u2019EXO, de VIXX, de GFRIEND, de Girls\u2019Generation\u2026 Une brochette de groupes pop coréens à la popularité grandissante, mais que le pub l i c québéco is connaît peu.Cholhee Kim veut y croire : « Je pense que Montréal est juste un petit peu en retard.Le dynamisme à Montréal envers la K-Pop est devenu de plus en plus grand.Ça progresse, ça s\u2019en vient.» Le Devoir L\u2019Otakuthon : de la J-Pop à saveur coréenne Dans un mélange de culture manga et de musique pop, l\u2019Otakuthon a attiré les amateurs passionnés de danse et de cosplay en fin de semaine au Palais des congrès de Montréal.Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 C A R O L I N E M O N T P E T I T D ans la maison de son grand-père, à Kangirsuk, dans cet immense Nord québécois qui est aujourd\u2019hui le Nuna- vik, Lisa Koperqualuk avait trouvé des livres pour enfants en anglais dans la bibliothèque.«Mon grand-père était un ministre anglican.Il était Inuk et ne parlait pas anglais.Nous parlions toujours inuktitut entre nous.Mais dans la maison que nous habitions, il y avait eu la famille d\u2019un missionnaire anglophone, qui avait laissé ces livres dans une bibliothèque.Je me souviens que je les lisais avec beaucoup d\u2019intérêt », raconte-t-elle, avec cette grande douceur propre aux gens du Nord, dans sa maison de Pierrefonds, où nous la rencontrons.Lisa Koperqualuk a fait ses études secondaires en Ontario.Elle a ensuite étudié les sciences politiques et l\u2019anthropologie au Québec.Elle travaille présentement à la création d\u2019un programme centré sur la culture inuite pour les diplômés inuits du secondaire, qui sera offert au collège John Abbott, en collaboration avec la Commission scolaire Kativik.Les jeunes y suivront des cours de langue en inuktitut, des cours sur la politique du Nunavik, des cours d\u2019éducation physique inspirés de la tradition inuite, des cours d\u2019arts inuits, de musique et de théâtre.Ses enfants, qui ont été élevés en Afrique et à Montréal, parlent français et anglais.Lisa Koperqualuk raconte qu\u2019elle a parlé à son aîné en inuktitut jusqu\u2019à ce qu\u2019il ait l\u2019âge de trois ans.Elle vivait alors en Afrique francophone.Elle dit avoir arrêté lorsqu\u2019il a commencé à dire «merde» en français! Mais lorsque Lisa Koperqualuk parle à sa famille du Nord, toutes les conversations se passent toujours en inuktitut.Adaptée à la modernité L\u2019inuktitut est l \u2019une des langues autochtones les plus vivantes au Québec : 97,6 % des Inuits l\u2019ont comme langue maternelle et, en 2001, 26 % des résidants du Nunavik ne parlaient ni français ni anglais, selon les données du livre Les langues autochtones du Québec, un patrimoine en danger, dirigé par Lynn Drapeau et publié aux Presses de l\u2019Université du Québec.De tradition orale, comme toutes les langues autochtones, l\u2019inuktitut a été transcrit en alphabet syllabique par les missionnaires au XIXe siècle.Aujourd\u2019hui, les Inuits utilisent à la fois l\u2019alphabet syllabique et l\u2019alphabet romain pour transcrire leur langue.Pourtant, Lisa Koperqualuk remarque l\u2019utilisation croissante de termes anglais dans la langue inuktitute.« Quand j\u2019avais 15 ans, je me suis promis de ne jamais mélanger les langues.On peut parler deux langues.Mais quand on parle anglais, on parle 100% anglais et, quand on parle inuktitut, on parle 100% inuktitut.Autrement, cela af faiblit la langue autochtone.» La langue inuktitute est pour tant remarquablement adaptée à la modernité.L\u2019Institut culturel Avataq, qui assure la protection et la pérennité de la culture inuite, a organisé plusieurs ateliers dans le passé, pour adapter la langue inuite à cer taines réalités.« Il y avait des experts, des interprètes, des traducteurs », raconte Lisa Koperqualuk.C\u2019est ainsi qu\u2019on a créé des mots désignant les nouvelles technologies, ou des mots relatifs au monde de la santé ou de la justice.Ces ateliers étaient financés par le gouvernement du Canada, et les fonds sont de moins en moins accessibles pour de tels projets, ajoute-t-elle.Lisa Koperqualuk déplore par exemple qu\u2019on n\u2019ait pas mené un tel atelier pour adapter l\u2019inuktitut aux débats environnementaux, qui sont cruciaux dans le Nord.« Il faudrait trouver les mots pour parler du dioxyde de carbone, des mots pour les gaz à effet de serre, ou pour l\u2019uranium», dit-elle.D\u2019autres expressions sont difficiles à traduire.En inuktitut, on n\u2019a pas non plus d\u2019expression pour dire « je m\u2019excuse ».«On a plutôt une expression, \u201cllaaniunngituq\u201d, pour dire \u201cje ne l\u2019ai pas fait exprès\u201d.Autrefois, c\u2019était une expression qu\u2019on n\u2019utilisait pas très souvent.[\u2026] Aujourd\u2019hui, on l\u2019utilise davantage [\u2026].» Dans les communautés inuites du Nu- navik, régies par la Convention de la Baie-James et par la Commission scolaire Kativik, tout l\u2019enseignement des trois premières années du primaire se fait en inuktitut.Aux niveaux scolaires supérieurs, l\u2019inuktitut n\u2019est enseigné que quelques heures par semaine.L\u2019institut Avataq a présentement un projet de conser va- tion de la langue inuite dans 15 villages du Nunavik.Lors d\u2019un sondage mené dans ces communautés, les répondants ont expliqué l\u2019érosion de la langue par le fait que les personnes oublient graduellement les termes d\u2019inuktitut pour désigner certaines réalités.L\u2019Institut Avataq donne d\u2019ailleurs comme conseil aux Inuits de terminer leur phrase en inuktitut et de veiller consciemment à ne pas utiliser trop de mots étrangers.Le Devoir Le Québec est l\u2019hôte de onze nations autochtones reconnues par le gouvernement du Québec, chacune parlant sa propre langue.Certaines de ces langues sont encore parlées par des milliers de locuteurs.Plusieurs sont sur la voie rapide de l\u2019extinction.Cet été, Le Devoir rencontre chaque semaine un locuteur d\u2019une de ses langues.Voici Lisa Koperqualuk, anthropologue inuite originaire de Puvirnituq, au Nunavik.KWE KWE ! LES LANGUES AUTOCHTONES DU QUÉBEC Le défi de l\u2019inuktitut : conserver la pureté de la langue CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR Lisa Koperqualuk travaille à la création d\u2019un programme centré sur la culture inuite pour les diplômés inuits du secondaire.Quelques mots d\u2019inuktitut Bonjour! ai\u2019 Comment ça va?Qanuippiit ?Ça va bien Qanuinngitnga Merci Nakurmiik Au revoir Atsunai ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR SARAH BOUMEDDA LE DEVOIR ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR L E D E V O I R , L E L U N D I 7 A O Û T 2 0 1 7 ACTUALITES A 3 Début juillet, un an à peine après sa réouverture, le centre de thérapie pour toxicomanes Mélaric annonçait qu\u2019il mettrait de nouveau la clé sous la porte.Il avait entre-temps été rebaptisé centre Robert Piché-Elphège Roussel, du nom du célèbre commandant qui avait volé à son secours.Le Devoir a rencontré trois de ses 38 résidents, en majorité judiciarisés, alors qu\u2019ils se trouvent dans une phase charnière de leur vie.V A L É R I A N M A Z A T A U D «Q uand ils ont annoncé que ça allait fermer, je me suis mis à pleurer, car ça faisait à peine trois jours que j\u2019avais réussi à me persuader que je voulais vraiment changer ma vie.J\u2019étais triste et en colère, car c\u2019est dans cette place que j\u2019avais appris à vivre mes émotions », se souvient Joshua Annanack-Pommer- leau, 20 ans.Ce géant inuit de six pieds et 200 livres réside au centre de thérapie, situé à Saint-André-d\u2019Ar- genteuil.Outre la possibilité de guérir de ses dépendances, cette thérapie lui permet de réduire une peine de prison qui aurait pu aller jusqu\u2019à dix ans.Or, après une relance de quelques mois, la direction du centre a dû se résigner une nouvelle fois à fermer ses portes.Devant l\u2019inéluctable, son directeur général, Robert Gauthier, a d\u2019abord annoncé la nouvelle à quatre « leaders positifs », avant de réunir tous les résidents dans l\u2019ancienne chapelle, la salle la plus lumineuse du centre.« On leur a tout de suite mentionné qu\u2019on n\u2019était pas dans une situation d\u2019urgence, qu\u2019ils allaient pouvoir terminer leurs démarches et qu\u2019il n\u2019y aurait pas de non-respect de conditions judiciaires », explique Émy Cloutier, coordonnatrice des services en dépendance au centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) des Laurentides.Du côté des résidents cependant, la nouvelle a tout d\u2019abord eu un peu de mal à passer.«Moi, je capotais.Je regardais par la fenêtre pour voir s\u2019il y avait des fourgons de police pour me ramener en prison», avoue Joshua Annanack-Pommerleau.Son colocataire, Mathieu Demers-Lebeau, 30 ans, qui est déjà passé par Mélaric en 2003 et en 2005, venait d\u2019arriver à peine deux semaines avant.«Ça m\u2019a brisé le cœur.Je voulais faire ma thérapie là, car j\u2019avais un lien d\u2019appartenance.J\u2019avais déjà créé des liens forts dans la maison, et avec mon intervenant\u2026 Ça m\u2019a détruit.» Aujourd\u2019hui, tous deux poursuivent leur thérapie au Pavillon Hamford, à Lachute, à 15 km de Saint-André-d\u2019Argenteuil, en compagnie de neuf autres anciens résidents de Mélaric.«On s\u2019est passé le mot qu\u2019il y avait un centre à 15 minutes.On s\u2019est dit que, si on se tenait tous ensemble à la même place, ça serait moins dur.» Espace Pour autant, sa transition de Mélaric, vaste bâtiment de pierres entouré d\u2019un étang et d\u2019une forêt, à Hamford, demeure trois fois plus petite implantée dans un quartier résidentiel de La- chute, n\u2019a pas tout de suite été facile.«Mélaric, c\u2019est un château entouré de nature, mais ici, disons que c\u2019est un peu plus ghetto.Les deux premiers jours, je ne voulais absolument pas rester, mais finalement, on est bien ici.C\u2019est vivant, ça bouge, on fait des feux tous les soirs.Je me sens chez moi.C\u2019est ça qui fait qu\u2019une thérapie fonctionne, c\u2019est la communauté.» Pour le professeur Jacob Amnon Suissa, spécialiste de la toxicomanie à École de travail social de l\u2019UQAM, le lien social mais aussi les repères dans l\u2019environnement spatial sont tous deux essentiels à la réussite d\u2019une thérapie, et plus encore dans le cas d\u2019un changement de centre.«Les gens croient que l\u2019espace est passif, mais c\u2019est faux.L\u2019espace a une dimension cachée, symbolique.» Yannick Benoît, directeur général du Pavillon Hamford, estime de son côté que « l\u2019épreuve la plus difficile, c\u2019est d\u2019accepter d\u2019arrêter de consommer », pas de changer de centre.La thérapie reste avant tout un processus personnel, rap- pelle-t-il.«C\u2019est à toi de faire ton propre travail sur toi-même.» Derniers jours Pendant ce temps, Mélaric ressemble à une école à quelques jours des vacances d\u2019été.Ses couloirs vides n\u2019abritent plus que neuf résidents, et le temps s\u2019y écoule au ralenti.Sébastien Reason, arrêté pour trafic de drogue et d\u2019autres méfaits, a décidé d\u2019y terminer ses dernières semaines de thérapie après plus de six mois de résidence.«Certains ont profité de la situation pour rentrer chez eux [sans terminer la thérapie], mais j\u2019ai pas choisi cette voie-là.J\u2019ai quand même changé, j\u2019ai fait mon bout de chemin, même s\u2019il me reste encore beaucoup de travail.» Le 17 août, il sera parmi les derniers à quitter les lieux vers une nouvelle vie, des études à Mont-Laurier et puis, pourquoi pas, l\u2019ouverture d\u2019une pourvoirie.Le Devoir FERMETURE DU CENTRE MÉLARIC Une nouvelle épreuve pour les pensionnaires Les patients doivent à nouveau plier bagages avec la volonté renouvelée de réussir leur thérapie A M É L I P I N E D A L es conditions météorologiques de la fin de semaine ont causé d\u2019importants dégâts dans cer tains coins du Québec.En Montérégie, des dizaines de producteurs agricoles ont complètement perdu leurs récoltes après une pluie d i l u v i e n n e t a n d i s q u \u2019 e n Beauce des résidences ont été endommagées à la suite d\u2019une tornade.Les violents orages et la grêle qui ont frappé plusieurs régions du Québec vendredi ont même mené au décret de l\u2019état d\u2019urgence à Napierville, en Montérégie.Celui-ci a finalement été levé samedi après-midi.En moins d\u2019une heure, la municipalité avait reçu près de 20 cm de pluie, dont une partie est tombée sous forme de grêle.Les rafales ont quant à elles atteint 80 km/h.« Il y a eu beaucoup de dégâts.Plusieurs résidences ont été inondées et, sur les terres agricoles, les récoltes ont été endommagées », indique Denis Thibodeau, météorologue chez Environnement Canada.Selon le maire de Saint-Cy- prien-de-Napierville, Normand Lefebvre, la saison d\u2019au moins une dizaine de producteurs vient d\u2019être compromise.« On parle de pertes de millions de dollars.En quelques heures, ils ont tout perdu, il n\u2019y a plus rien à faire pour cette année.Là, on attend que l\u2019eau de la rivière redescende », se désole le maire Lefebvre.Il anticipe des dizaines de pertes d\u2019emploi pour le reste de l\u2019été.«Il y a de gros producteurs, on parle de centaines d\u2019employés, dont des employés saisonniers qui viennent du Mexique et du Guatemala », souligne M.Lefebvre.Assurance agricole Le ministre de l\u2019Agriculture, des Pêcheries et de l\u2019Alimentation du Québec (MAPAQ), Laurent Lessard, a voulu rassurer les producteurs victimes d\u2019intempéries.Il a rappelé que ceux qui ont souscrit le programme d\u2019assurance de La Financière agricole pourront être dédommagés.« Nous sommes toujours à constater le nombre d\u2019agriculteurs touchés et l\u2019étendue des dommages.Quelques jours seront nécessaires pour mesurer l\u2019ampleur réelle des dommages», indique Christine Har vey, porte-parole du MAPAQ.Le ministère évalue également des mesures pour les agriculteurs touchés, mais qui n\u2019avaient pas souscrit un programme.Plusieurs bâtiments ont aussi été inondés par des refoulements d\u2019égouts qui n\u2019ont pu absorber la pluie intense qui s\u2019est déversée en l\u2019espace de quelques heures.Tornade de force 1 En Beauce, une tornade est passée inaperçue sur les écrans radars des météorologues samedi.« C\u2019est une tornade éphémère.En général, on voit une signature claire sur nos radars, mais cette fois, elle était vraiment subtile », explique M.Thibodeau.Malgré quelques to i ts soulevés, des bâtisses déplacées et des arbres cassés, la tornade a été si discrète sur les images qu\u2019un exper t a été dépêché en Beauce pour conf i r mer le phénomène météorologique.Les dégâts se sont concentrés près de la route 276.Selon le météorologue, la tornade aurait duré moins d\u2019une quinzaine de minutes.Difficile à prévoir La tornade de force 1 sur l\u2019échelle de Fujita a provoqué des rafales qui ont atteint de 150 à 170 km/h.L\u2019échelle de Fujita sert à classer les tornades par ordre de gravité.Elle va de F0 à F5, où F0 est la plus faible intensité.De cinq à six tornades se p r o d u i s e n t e n m o y e n n e chaque été au Québec, généralement d\u2019intensité F0 ou F1.Le phénomène n\u2019est pas rare, mais difficile à prévoir.Avec La Presse canadienne Le Devoir Tornade, orages et pluie diluvienne Les conditions météorologiques de la fin de semaine causent d\u2019importants dégâts à une dizaine de producteurs maraîchers en Montérérie L A U R A K A N E à Duncan P artout au Canada, les entreprises de marijuana médicale tâchent déjà d\u2019augmenter leur capacité de production et de grossir les ef fectifs en vue de la légalisation du cannabis, le 1er juillet prochain.Elles ont besoin d\u2019espace \u2014 de beaucoup d\u2019espace \u2014 pour cultiver des milliers de plants, faisant des régions rurales et des anciennes villes industrielles un choix naturel pour leurs activités.Le plus grand producteur de pot canadien, Canopy Growth, a converti l\u2019usine de chocolat abandonnée de Hershey à Smiths Falls, Ontario, en une installation qui emploie principalement des travailleurs de la communauté.En Alberta, où la chute du prix du pétrole a por té un coup dur, Aurora Cannabis construit une usine de production de près de 75 000 mètres carrés à Leduc.La vallée de Cowichan, en Colombie-Britannique, appuie déjà le secteur du cannabis, illustre Graham Whitmarsh, chef des opérations de Harvest One.«Il y a un type de collectivité où je pense que ça convient très bien, surtout celles qui dépendaient par le passé de l\u2019exploitation forestière», explique M.Whitmarsh, qui a déjà conseillé le secteur pour des projets en Colombie- Britannique.« Il s\u2019agit d\u2019un secteur d\u2019activité tout à fait nouveau.Il va grossir pour devenir ultimement quelque chose de substantiel et il ne dépend pas de ressources locales, donc ça cadre bien avec les collectivités», a-t-il ajouté.Appel à la prudence Mais Lewis Koski, un conseiller auparavant responsable du contrôle de la marijuana au Colorado, invite les municipalités canadiennes à la prudence.Il raconte que chez lui, la seule taxe perçue sur la production de marijuana va entièrement dans les coffres de l\u2019État et que les localités ne touchent à leur part du butin qu\u2019après la vente des produits par leurs distributeurs.Si elles souhaitent imposer une taxe locale, el les r is - quent de nuire à leur capacité concurrentielle.La Presse canadienne La légalisation du pot pourrait redonner vie aux petites municipalités VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR Le directeur général du centre Robert Piché-Elphège Roussel, Robert Gauthier (à droite), a dû annoncer à ses patients la fermeture du centre situé à Saint-André-d\u2019Argenteuil.Mathieu Demers-Lebeau et Joshua Annanack-Pomerleau poursuivent désormais leur thérapie au Pavillon Hamford, à Lachute.En janvier 2016, le centre de thérapie situé à Saint-André-d\u2019Argenteuil dans les Laurentides annonce sa fermeture quelques mois après la réduction des prestations d\u2019aide sociale par le ministère du Travail.À l\u2019époque cependant, plusieurs personnes mettent plutôt en cause les conséquences d\u2019une mauvaise gestion du centre ouvert depuis 32 ans.Ses 75 patients, alors en pleine thérapie, se retrouvent sans résidence, et la majorité d\u2019entre eux sont renvoyés en prison.Quelques mois plus tard, en mai 2016, le centre rouvre ses portes grâce au soutien du commandant Piché et de sa fondation, un projet que caressait le pilote depuis sa propre thérapie avec les Alcooliques anonymes.« C\u2019est là que j\u2019ai réalisé que tu peux tout perdre et ça m\u2019a décidé à utiliser ma notoriété pour créer une fondation, puis peut être un centre.[\u2026] Là, ça fait à peu près huit ans qu\u2019on parcourt le Québec pour trouver un endroit.» Cependant, malgré une enveloppe de 6 millions débloquée par le ministère de la Santé pour aider les ressources certifiées en dépendance, la renaissance de Mélaric aura été de courte durée.Aujourd\u2019hui, Robert Piché reconnaît que son plan de relance était probablement trop « agressif et optimiste ».Il fallait maintenir le nombre de résidents à 80 pour compenser les dépenses liées à la vétusté des lieux et aux mises aux normes, confirme l\u2019actuel directeur général du centre, Robert Gauthier.« Pour moi, dès le départ, ça ne pouvait pas marcher avec ces charges- là.[\u2026] Dès mon arrivée, je n\u2019avais aucun doute que le centre allait, à terme, fermer.» Une histoire de fermeture qui se répète Plusieurs résidences ont été inondées et, sur les terres agricoles, les récoltes ont été endommagées Denis Thibodeau, météorologue chez Environnement Canada « » L E D E V O I R , L E L U N D I 7 A O Û T 2 0 1 7 A V I S L É G A U X E T A P P E L S D \u2019 O F F R E S A 4 DIRECTION DU DÉVELOPPEMENT DU TERRITOIRE ET ÉTUDES TECHNIQUES Des soumissions sont demandées et devront être reçues, avant 11 h à la date ci-dessous mentionnée, à la réception de la Maison du citoyen, située au 12090, rue Notre-Dame Est, Montréal (Québec) H1B 2Z1, pour : Appel d\u2019offres : RP-ING17-05 Descriptif : Travaux de voirie dans l'arrondissement de Rivière-des-Prairies-Pointe- aux-Trembles (PRR-PCPR 2017) Lot 1 Date d\u2019ouverture : Le mercredi 23 août 2017 Dépôt de garantie : 10 % du montant de la soumission Renseignements : soumissions-ing_rdpat@ville.montreal.qc.ca Pour être considérée, toute soumission devra être présentée sur les formulaires spécialement préparés à cette fin.DOCUMENTS Les documents relatifs à cet appel d\u2019offres seront disponibles à compter de la publication du présent avis.Les personnes et les entreprises intéressées par ce contrat peuvent se procurer les documents de soumission en s\u2019adressant au Service électronique d\u2019appels d\u2019offres (SEAO), en communiquant avec un des représentants par téléphone au 1 866 669- 7326 ou au 514 856-6600, ou en consultant le site Web www.seao.ca.Les documents peuvent être obtenus au coût établi par le SEAO.Chaque soumission doit être placée dans une enveloppe cachetée et portant l\u2019identification fournie en annexe du document d\u2019appel d\u2019offres.OUVERTURE DES SOUMISSIONS Les soumissions seront ouvertes publiquement à 11 h, le mercredi 23 août 2017, soit immédiatement après l'expiration du délai pour leur présentation, à la Maison du citoyen située au 12090, rue Notre-Dame Est, Montréal (Québec) H1B 2Z1.La Maison du citoyen est ouverte de 8 h 30 à 12 h et de 13 h à 16 h 30, du lundi au vendredi.L\u2019arrondissement de Rivière-des-Prairies\u2013Pointe- aux-Trembles ne s'engage à accepter ni la plus basse, ni aucune des soumissions reçues et n\u2019assume aucune obligation de quelque nature que ce soit envers le ou les soumissionnaires.Montréal, le 7 août 2017 Le secrétaire d\u2019arrondissement Me Alain Roy, LL.M., OMA, avocat APPEL D\u2019OFFRES Appel d\u2019offres Division des études techniques Direction du développement du territoire et des études techniques Des soumissions, sont demandées et devront être reçues, avant 11 h 00, à la date ci-dessous, au bureau de réception des soumissions du greffe de l\u2019arrondissement de Rosemont\u2013La Petite-Patrie, Ville de Montréal, situé au 5650, rue D\u2019Iberville, 2e étage, Montréal, H2G 2B3, pour: Catégorie : Travaux Appel d\u2019offres : RPPA17-06060-OP Descriptif : Parc Père-Marquette 3 (sud) \u2013 Travaux d\u2019engazonnement du terrain d\u2019Ultimate frisbee Date d\u2019ouverture : 24 août 2017 Dépôt de garantie : 10 % de la valeur de la soumission Renseignements : Pour toute question s\u2019adresser à : jean-francois.mathieu@ville.montreal.qc.ca Documents : Les documents relatifs à cet appel d\u2019offres seront disponibles à compter du lundi 7 août 2017 sur le SEAO.Visite supervisée des lieux : ?N/A.Les personnes et les entreprises intéressées par ce contrat peuvent se procurer les documents de soumission en s\u2019adressant au Service électronique d\u2019appels d\u2019offres (SÉAO) en communiquant avec un des représentants par téléphone au 1 866 669-7326 ou au 514 856-6600, ou en consultant le site Web www.seao.ca.Les documents peuvent être obtenus au coût établi par le SÉAO.Chaque soumission doit être placée dans une enveloppe cachetée et portant l\u2019identification fournie en annexe du cahier des charges.Les soumissions reçues seront ouvertes publiquement audit bureau d\u2019arrondissement, immédiatement après l'expiration du délai fixé pour leur réception.La Ville de Montréal ne s'engage à accepter ni la plus basse ni aucune des soumissions reçues et n'assume aucune obligation de quelques natures que ce soit envers le ou les soumissionnaires.Montréal, le 7 août 2017 Me Danielle Ruest La secrétaire d\u2019arrondissement APPEL D\u2019OFFRES PUBLIC Des soumissions sont demandées et devront être reçues avant 10 h 30, le 23 août 2017, à la mairie de l\u2019arrondissement de Villeray\u2013Saint-Michel\u2013 Parc-Extension, 405, avenue Ogilvy, bureau 100, Montréal.Catégorie : Travaux de construction Appel d\u2019offres : PRR-17-05 Descriptif : Travaux de planage et de revêtement bitumineux de la chaussée et reconstruction des trottoirs, là où requis, sur différentes rues de l\u2019arrondissement (PRRR local 2017) Date d\u2019ouverture : Le 23 août 2017 Catégorie : Travaux de construction Appel d\u2019offres : PRR-17-11 Descriptif : Travaux de planage et de revêtement bitumineux de la chaussée et reconstruction des trottoirs, là où requis, sur différentes rues de l\u2019ar - ron dissement \u2013 Secteur est (Programme complé - mentaire de planage-revêtement - local 2017) Date d\u2019ouverture : Le 23 août 2017 Catégorie : Travaux de construction Appel d\u2019offres : PRR-17-12 Descriptif : Travaux de planage et de revêtement bitumineux de la chaussée et reconstruction des trot toirs, là où requis, sur différentes rues de l\u2019arrondissement \u2013 Secteur ouest (PRRR local 2017) Date d\u2019ouverture : Le 23 août 2017 Documents : Les personnes et les entreprises intéressées par ce contrat peuvent se procurer les documents de soumission en s\u2019adressant au Service électronique d\u2019appels d\u2019offres (SÉAO) en communiquant avec un des représentants par téléphone au 1 866 669-7326 ou au 514 856-6600, ou en consultant le site Web www.seao.ca.Les documents peuvent être obtenus au coût établi par SÉAO.Renseignements : Mme Marie-Josée Goulet, ing.vsmpe.appelsdoffres.infos.ingenierie@ville.montr eal.qc.ca Pour être considérée, chaque soumission doit être placée dans les enveloppes appropriées cachetées et porter l\u2019identification indiquées dans les instruc tions aux soumissionnaires.Les soumis - sions reçues seront ouvertes publiquement à la mairie d\u2019arrondissement, 405, avenue Ogilvy, bureau 200, Montréal, immédiatement après l\u2019expiration du délai fixé pour leur réception.La Ville de Montréal (arrondissement de Villeray\u2013 Saint-Michel\u2013Parc-Extension) ne s\u2019engage à accepter ni la plus basse ni aucune des soumis - sions reçues et n\u2019assume aucune obligation de quelque nature que ce soit envers le ou les sou - mis sionnaires.Fait à Montréal le 7 août 2017 La secrétaire d\u2019arrondissement, Danielle Lamarre Trignac, avocate, M.A.Appel d\u2019offres AVIS PUBLIC DE NOTIFICATION (articles 136 et 137 C.p.c.) Avis est donné à : nom et dernière adresse connue numéro de dossier Rolland Makhlouf, 3601 rue André-du-Bouchet, Laval (Qc) H7P 0 E7 540-32-029785-167 Ghada Riachl, 3601 rue André-du-Bouchet, Laval (Qc) H7P 0 E7 540-32-029785-167 Karima Belhabib, 1000 Place Jean-Paul Riopelle, ,4e étage, Montréal (Qc) H2Z 2B3 540-32-700442-179 Sherley Vilsaint, 3386, Bressani, Montréal (Qc) H1Z 1H3 540-32-700428-178 Jet7Locatlon, 3275, Chemin de l'Industrie, local :14, Saint-Mathieu-de-Beloeil (Qc) J3G OM8 540-32-700437-179 Laurent François Blouin, 770, Place de la Brise, Mascouche (Qc) J7L OC2 540-32-700225-178 Orphélie Paquette, 4500, boul.Saint-Laurent #301, Saint-Catherine (Qc) J5C 1S3 540-32-700230-178 de vous présenter au greffe de la Cour du Québec, Division des petites créances, du district de Laval situé au 2800, boul.St-Martin Ouest, Laval (Qc) H7T 2S9 dans les 30 ou autre nombre de jours indiqué dans l'ordonnance jours afin de recevoir la demande introductive d'instance en recouvrement d'une petite créance qui y a été laissée à votre attention.Vous devez répondre à cette demande dans le délai indiqué dans l'avis d'assignation qui l'accompagne, sans quoi un Jugement par défaut pourrait être rendu contre vous et vous pourriez devoir payer les frais de justice.Le présent avis est publié aux termes d'une ordonnance rendue le 3 août 2017 par la greffière dans les dossiers portant les numéros ci-haut mentionnés.Il ne sera pas publié à nouveau, à moins que les circonstances ne l'exigent.Laval, le 3 août 2017 Yana Geller Greffière-adjointe de la Cour du Québec AVIS PUBLIC EN VERTU DE L\u2019ARTICLE 192 DE L\u2019ANNEXE C DE LA CHARTE DE LA VILLE DE MONTRÉAL 1er avis Avis est donné qu\u2019aux dates ci-après mentionnées, la Ville a approuvé la description des immeubles suivants, lesquels forment des rues, ruelles, voies ou places, afin d\u2019en devenir propriétaire en vertu de l\u2019article 192 de l\u2019annexe C de la Charte de la Ville de Montréal : - les lots 1 885 198, 1 885 378 et 1 885 651 du cadastre du Québec, faisant partie de l\u2019avenue Chaumont, de la ruelle de Mentana et de la rue Saint-Christophe, situés dans le quadrilatère délimité par les rues Saint-Hubert et Rachel Est et les avenues du Parc-La Fontaine et Duluth Est, dans l\u2019arrondissement du Plateau-Mont-Royal (DA176896075 \u2013 4 juillet 2017) - les lots 1 567 951 et 3 937 328 du cadastre du Québec, faisant partie de l\u2019avenue Lartigue et de la rue Larivière, situés au sud-est de la rue Sherbrooke Est, entre les rues Panet et de la Visitation, dans l\u2019arrondissement de Ville- Marie (DA172551013 \u2013 4 juillet 2017) - les lots 1 884 499, 1 884 511, 1 884 725 et 2 317 094 du cadastre du Québec, situés dans le quadrilatère délimité par les rues Ontario Est, Dorion et de Rouen et l\u2019avenue De Lorimier, dans l\u2019arrondissement de Ville-Marie (DA176896061 \u2013 18 juillet 2017) - les lots 1 884 478, 1 884 533, 1 885 016 et 1 885 529 du cadastre du Québec, situés dans le quadrilatère délimité par les rues Rachel Est, Saint-Hubert et Marie-Anne Est et l\u2019avenue Christophe-Colomb, dans l\u2019arrondissement du Plateau-Mont-Royal (DA176896076 \u2013 26 juillet 2017) - les lots 1 884 607, 1 884 894, 1 884 980, 2 317 078 et 2 317 194 du cadastre du Québec, situés dans le quadrilatère délimité par les rues De Lanaudière, Rachel Est et Marie-Anne Est et l\u2019avenue Christophe-Colomb, dans l\u2019arrondissement du Plateau-Mont-Royal (DA176896077 \u2013 26 juillet 2017) - les lots 1 884 450, 1 884 457, 2 317 115, 2 317 123, 2 317 133 et 2 317 141 du cadastre du Québec, situés dans le quadrilatère délimité par les rues Marie- Anne Est et Saint-André et les avenues Christophe-Colomb et du Mont-Royal Est, dans l\u2019arrondissement du Plateau-Mont-Royal (DA176896079 \u2013 31 juillet 2017) - les lots 1 884 671, 1 884 999, 1 885 010 et 1 885 293 du cadastre du Québec, situés dans le quadrilatère délimité par les rues De La Roche et Marie-Anne Est et les avenues Christophe-Colomb et du Mont-Royal Est, dans l\u2019arrondissement du Plateau-Mont-Royal (DA176896080 \u2013 31 juillet 2017) - les lots 2 652 100 et 2 944 867 du cadastre du Québec, situés dans le quadrilatère délimité par les rues Sax et de Namur, l\u2019avenue Victoria et le boulevard Décarie, dans l\u2019arrondissement de Côte-des-Neiges\u2013 Notre-Dame-de-Grâce (DA176896083 \u2013 31 juillet 2017) - les lots 3 879 485 et 3 880 620 du cadastre du Québec, situés dans le quadrilatère délimité par les rues Poincaré, Dudemaine, Pasteur et Viel, dans l\u2019arrondissement d\u2019Ahuntsic-Cartierville (DA176896084 \u2013 31 juillet 2017) - les lots 1 884 522, 1 884 555 et 1 884 925 du cadastre du Québec, situés dans le quadrilatère délimité par les rues Fabre, Marie-Anne Est et De Lanaudière et l\u2019avenue du Mont-Royal Est, dans l\u2019arrondissement du Plateau-Mont-Royal (DA176896082 \u2013 31 juillet 2017) - les lots 1 885 557, 1 885 558, 1 885 559 et 1 885 618 du cadastre du Québec, situés dans le quadrilatère délimité par les rues Chambord, Marie-Anne Est et De Brébeuf et l\u2019avenue du Mont-Royal Est, dans l\u2019arrondissement du Plateau- Mont-Royal (DA176896081 \u2013 31 juillet 2017) - les lots 1 884 418, 1 884 802, 1 884 811 et 2 317 173 du cadastre du Québec, situés dans le quadrilatère délimité par les rues Garnier et Marie-Anne Est et les avenues Papineau et Bureau, dans l\u2019arrondissement du Plateau-Mont- Royal (DA176896078 \u2013 31 juillet 2017) Les propriétaires des immeubles expropriés en vertu de l\u2019article 192 peuvent réclamer une indemnité de la Ville.À défaut d'entente, l'indemnité est fixée par le Tribunal administratif du Québec à la demande des propriétaires ou de la Ville, et les articles 58 à 68 de la Loi sur l'expropriation (RLRQ, chapitre E-24) s'appliquent, compte tenu des adaptations nécessaires.Cet avis est le premier de trois que la Ville est tenue de publier.Fait à Montréal, le 7 août 2017 Le greffier de la Ville, Yves Saindon, avocat Avis public Service de la gestion et de la planification immobilière Direction de la gestion de projets immobiliers Catégorie : Travaux Appel d\u2019offres : 5924 Descriptif : Déconstruction Hippodrome L\u2019ouverture des soumissions prévue pour le, 9 août 2017, est reportée au, 14 août 2017, à 10h30, au service du greffe de la Ville de Montréal, à l\u2019attention du greffier, 275, rue Notre-Dame Est, bureau R-134, Montréal (Québec) H2Y 1C6.Fait à Montréal, le 7 août 2017 Le greffier de la Ville Yves Saindon, avocat Appel d\u2019offres Service de la gestion et de la planification immobilière Direction de la gestion des projets immobiliers Des soumissions, sont demandées et devront être reçues, avant 10 h 30, à la date ci-dessous, au Service du greffe de la Ville de Montréal à l'attention du greffier, 275, rue Notre-Dame Est, bureau R-134, Montréal (Québec) H2Y 1C6 pour : Catégorie : Travaux Appel d\u2019offres : 5925 Descriptif : Projets de captation des gaz à la source Caserne 73 : 820, rue Saint-Germain, Saint-Laurent Caserne 74 : 10, avenue Roosevelt, Mont-Royal Date d\u2019ouverture : 23 août 2017 Dépôt de garantie : 10 % de la valeur de la soumission Renseignements : Pour toute question s\u2019adresser à : immeubles.soumissions@ville.montreal.qc.ca Documents : Les documents relatifs à cet appel d\u2019offres seront disponibles à compter du 7 août 2017 Visite supervisée des lieux : N/A.ou Oui, obligatoire.Si la visite supervisée des lieux est obligatoire, la date limite pour prendre rendez-vous est le 15 août à 11 h 30, à l\u2019adresse courriel suivante : immeubles.soumissions@ville.montreal.qc.ca Les visites auront lieu du 16 au 21 août fin inclusivement, selon l\u2019horaire suivant : Caserne 73 : 16-17 août 2017 à 9 h, 10 h, 11 h, 13 h, 14 h; Caserne 74 : 18-21 août 2017 à 9h, 10h, 11h, 13h, 14h; Les personnes et les entreprises intéressées par ce contrat peuvent se procurer les documents de soumission en s\u2019adressant au Service électronique d\u2019appels d\u2019offres (SÉAO) en communiquant avec un des représentants par téléphone au 1 866 669-7326 ou au 514 856-6600, ou en consultant le site Web www.seao.ca.Les documents peuvent être obtenus au coût établi par le SÉAO.Chaque soumission doit être placée dans une enveloppe cachetée et portant l\u2019identification fournie en annexe du document d\u2019appel d\u2019offres.Les soumissions reçues seront ouvertes publiquement dans les locaux au Service du greffe à l'Hôtel de Ville, immédiatement après l'expiration du délai fixé pour leur réception.La Ville de Montréal ne s'engage à accepter ni la plus basse ni aucune des soumissions reçues et n'assume aucune obligation de quelques natures que ce soit envers le ou les soumissionnaires.Fait à Montréal, le 7 août 2017 Le greffier de la Ville Yves Saindon, avocat Appel d\u2019offres Service de la gestion et de la planification immobilière Direction de la gestion des projets immobiliers Des soumissions, sont demandées et devront être reçues, avant 10 h 30, à la date ci-dessous, au Service du greffe de la Ville de Montréal à l'attention du greffier, 275, rue Notre-Dame Est, bureau R-134, Montréal (Québec) H2Y 1C6 pour : Catégorie : Travaux Appel d\u2019offres : 5929 Descriptif : Projet de captation des gaz à la source Caserne 55 : 401, Boulevard Saint-Jean, Pointe-Claire Date d\u2019ouverture : 23 août 2017 Dépôt de garantie : 10 % de la valeur de la soumission Renseignements : Pour toute question s\u2019adresser à : immeubles.soumissions@ville.montreal.qc.ca Documents : Les documents relatifs à cet appel d\u2019offres seront disponibles à compter du 7 août 2017 Visite supervisée des lieux : N/A.ou Oui, obligatoire.Si la visite supervisée des lieux est obligatoire, la date limite pour prendre rendez-vous est le 11 août à 11 h 30, à l\u2019adresse courriel suivante : immeubles.soumissions@ville.montreal.qc.ca Les visites auront lieu du 14 au 15 août fin inclusivement, selon l\u2019horaire suivant : Caserne 55 : 14-15 août 2017 à 9 h, 10 h, 11 h, 13 h et 14 h; Les personnes et les entreprises intéressées par ce contrat peuvent se procurer les documents de soumission en s\u2019adressant au Service électronique d\u2019appels d\u2019offres (SÉAO) en communiquant avec un des représentants par téléphone au 1 866 669-7326 ou au 514 856-6600, ou en consultant le site Web www.seao.ca.Les documents peuvent être obtenus au coût établi par le SÉAO.Chaque soumission doit être placée dans une enveloppe cachetée et portant l\u2019identification fournie en annexe du document d\u2019appel d\u2019offres.Les soumissions reçues seront ouvertes publiquement dans les locaux au Service du greffe à l'Hôtel de Ville, immédiatement après l'expiration du délai fixé pour leur réception.La Ville de Montréal ne s'engage à accepter ni la plus basse ni aucune des soumissions reçues et n'assume aucune obligation de quelques natures que ce soit envers le ou les soumissionnaires.Fait à Montréal, le 7 août 2017 Le greffier de la Ville Yves Saindon, avocat Appel d\u2019offres Service de l\u2019eau Direction de l\u2019épuration des eaux usées Des soumissions sont demandées et devront être reçues, avant 10 h 30 à la date ci-dessous, au Service du greffe de la Ville de Montréal à l'attention du greffier, 275, rue Notre-Dame Est, bureau R-134, Montréal (Québec) H2Y 1C6 pour : Catégorie : Travaux Appel d\u2019offres : SP17057-BF0000-C Descriptif : Travaux de remise à niveau des systèmes d'incinération des boues n°1 et n°3 à la station d'épuration des eaux usées Jean-R.- Marcotte Date d\u2019ouverture : 28 août 2017 Dépôt de garantie : 10 % de la valeur de la soumission Renseignements : Pour toute question s\u2019adresser à : Sally Dagher ing.Sally.dagher@ville.montreal.qc.ca Documents : Les documents relatifs à cet appel d\u2019offres seront disponibles à compter du 7 août 2017 Les personnes et les entreprises intéressées par ce contrat peuvent se procurer les documents de soumission en s\u2019adressant au Service électronique d\u2019appels d\u2019offres (SÉAO) en communiquant avec un des représentants par téléphone au 1 866 669-7326 ou au 514 856-6600, ou en consultant le site Web www.seao.ca.Les documents peuvent être obtenus au coût établi par le SÉAO.Chaque soumission doit être placée dans une enveloppe cachetée et portant l\u2019identification fournie en annexe du document d\u2019appel d\u2019offres.Les soumissions reçues seront ouvertes publiquement dans les locaux du Service du greffe à l'Hôtel de ville, immédiatement après l'expiration du délai fixé pour leur réception.La Ville de Montréal ne s'engage à accepter ni la plus basse ni aucune des soumissions reçues et n'assume aucune obligation de quelque nature que ce soit envers le ou les soumissionnaires.Fait à Montréal, le 7 août 2017 Le greffier de la Ville, Yves Saindon, avocat Appel d\u2019offres Services institutionnels Service de la gestion et de la transaction immobilière Des soumissions, sont demandées et devront être reçues, avant 10 h 30, à la date ci-dessous, au Service du greffe de la Ville de Montréal à l\u2019attention du greffier, 275, rue Notre-Dame Est, bureau R-134, Montréal (Québec) H2Y 1C6 pour : Catégorie : Travaux Appel d\u2019offres : 5927 Descriptif : Appel public de candidatures - Concours d\u2019architecture pluridisciplinaire \u2013 Bibliothèque L\u2019Octogone Date d\u2019ouverture : 18 septembre 2017 Dépôt de garantie : 10 % de la valeur de la soumission Renseignements : Pour toute question s\u2019adresser à : immeubles.soumissions@ville.montreal.qc.ca Documents : Les documents relatifs à cet appel d\u2019offres seront disponibles à compter du 7 août 2017 Visite supervisée des lieux : N/A.ou Oui, Les personnes et les entreprises intéressées par ce contrat peuvent se procurer les documents de soumission en s\u2019adressant au Service électronique d\u2019appels d\u2019offres (SÉAO) en communiquant avec un des représentants par téléphone au 1 866 669- 7326 ou au 514 856-6600, ou en consultant le site Web www.seao.ca.Les documents peuvent être obtenus au coût établi par le SÉAO.Chaque soumission doit être placée dans une enveloppe cachetée et portant l\u2019identification fournie en annexe du document d\u2019appel d\u2019offres.Les soumissions reçues seront ouvertes publi - quement dans les locaux au Service du greffe à l\u2019Hôtel de Ville, immédiatement après l\u2019expiration du délai fixé pour leur réception.La Ville de Montréal ne s\u2019engage à accepter ni la plus basse ni aucune des soumissions reçues et n\u2019assume aucune obligation de quelques natures que ce soit envers le ou les soumissionnaires.Fait à Montréal le, 7 août 2017 Le greffier de la Ville, Yves Saindon, avocat Appel d\u2019offres Service de l\u2019eau Direction de l\u2019épuration des eaux usées Des soumissions sont demandées et devront être reçues, avant 10 h 30 à la date ci-dessous, au Service du greffe de la Ville de Montréal à l\u2019attention du greffier, 275, rue Notre-Dame Est, bureau R-134, Montréal (Québec) H2Y 1C6 pour : Catégorie : Travaux Appel d\u2019offres : SP17031-BF0000-C Descriptif : Exécution de travaux mécaniques en régie contrôlée sur les équipements de la direction de l\u2019épuration des eaux usées Date d\u2019ouverture : 28 août 2017 Dépôt de garantie : 10 % de la valeur de la soumission Renseignements : Pour toute question s\u2019adresser à : Sally Dagher ing.Sally.dagher@ville.montreal.qc.ca Documents : Les documents relatifs à cet appel d\u2019offres seront disponibles à compter du 7 août 2017 Les personnes et les entreprises intéressées par ce contrat peuvent se procurer les documents de soumission en s\u2019adressant au Service électronique d\u2019appels d\u2019offres (SÉAO) en communiquant avec un des représentants par téléphone au 1 866 669-7326 ou au 514 856-6600, ou en consultant le site Web www.seao.ca.Les documents peuvent être obtenus au coût établi par le SÉAO.Chaque soumission doit être placée dans une enveloppe cachetée et portant l\u2019identification fournie en annexe du document d\u2019appel d\u2019offres.Les soumissions reçues seront ouvertes publique - ment dans les locaux du Service du greffe à l\u2019Hôtel de ville, immédiatement après l\u2019expiration du délai fixé pour leur réception.La Ville de Montréal ne s\u2019engage à accepter ni la plus basse ni aucune des soumissions reçues et n\u2019assume aucune obligation de quelque nature que ce soit envers le ou les soumissionnaires.Fait à Montréal, le 7 août 2017 Le greffier de la Ville Yves Saindon, avocat Appel d\u2019offres Service de l\u2019eau Direction d\u2019épuration des eaux usées Des soumissions sont demandées et devront être reçues, avant 10 h 30 à la date ci-dessous, au Service du greffe de la Ville de Montréal à l\u2019attention du greffier, 275, rue Notre-Dame Est, bureau R-134, Montréal (Québec) H2Y 1C6 pour : Catégorie : Travaux Appel d\u2019offres : CP17044-123274-C Descriptif : Travaux de réfection des structures Alepin \u2013 Phase I Date d\u2019ouverture : 28-08-2017 Dépôt de garantie : 10 % du montant de la soumission Renseignements : Pour toute question s\u2019adresser à : Sally Dagher ing.sally.dagher@ville.montreal.qc.ca Documents : Les documents relatifs à cet appel d\u2019offres seront disponibles à compter du 7 août 2017 Visite supervisée des lieux : N/A.ou Oui, obligatoire : Les personnes et les entreprises intéressées par ce contrat peuvent se procurer les documents de soumission en s\u2019adressant au Service électronique d\u2019appels d\u2019offres (SÉAO) en communiquant avec un des représentants par téléphone au 1 866 669-7326 ou au 514 856-6600, ou en consultant le site Web www.seao.ca.Les documents peuvent être obtenus au coût établi par le SÉAO.Chaque soumission doit être placée dans une enveloppe cachetée et portant l\u2019identification fournie en annexe du document d\u2019appel d\u2019offres.Les soumissions reçues seront ouvertes publiquement dans les locaux du Service du greffe à l\u2019Hôtel de ville, immédiatement après l\u2019expiration du délai fixé pour leur réception.La Ville de Montréal ne s\u2019engage à accepter ni la plus basse ni aucune des soumissions reçues et n\u2019assume aucune obligation de quelque nature que ce soit envers le ou les soumissionnaires.Fait à Montréal, le 7 août Le greffier de la Ville, Yves Saindon, avocat Appel d\u2019offres Appel d\u2019offres public Des soumissions sont demandées et devront être reçues, avant 14 h, à la date ci- dessous, au Secrétariat de l\u2019arrondissement d\u2019Outremont situé au 543, chemin de la Côte-Sainte-Catherine, Montréal (Québec), H2V 4R2 pour : CATÉGORIE : SERVICES PROFESSIONNELS APPEL D\u2019OFFRES NO : SP05/06-17 DESCRIPTIF : RÉALISATION DES PLANS ET DEVIS, GESTION ET SURVEILLANCE DES TRAVAUX POUR LA RÉFECTION ET LA MISE AUX NORMES DES INSTALLATIONS DE LA PISCINE JOHN-F.-KENNEDY À OUTREMONT DATE D\u2019OUVERTURE : LE 23 AOÛT 2017 À 14 H RENSEIGNEMENT : Pour de plus amples renseignements, veuillez nous envoyer un courriel à l\u2019adresse suivante : ao.outremont@ville.montreal.qc.ca VISITE SUPERVISÉE DES LIEUX : Une visite supervisée des lieux est obligatoire.Documents : Les documents relatifs à cet appel d\u2019offres seront disponibles à compter du 7 août 2017.Les personnes et les entreprises intéressées par ce contrat peuvent se procurer les documents de soumission en s\u2019adressant au Service électronique d\u2019appels d\u2019offres (SÉAO) en communiquant avec un des représentants par téléphone au 1 866 669-7326 ou au 514 856-6600, ou en consultant le site Web www.seao.ca.Les documents peuvent être obtenus au coût établi par le SÉAO.Chaque soumission doit être placée dans une enveloppe cachetée et portant l\u2019identification fournie en annexe du document d\u2019appel d\u2019offres.Les soumissions reçues seront ouvertes publiquement dans la salle du conseil de l\u2019arrondissement d\u2019Outremont située au 530, avenue Davaar à Outremont, immédiatement après l\u2019expiration du délai fixé pour leur réception.La Ville de Montréal ne s\u2019engage à accepter ni la plus basse ni aucune des soumissions reçues et n\u2019assume aucune obligation de quelque nature que ce soit envers le ou les soumissionnaires.Montréal, le 7 août 2017 Me Julie Desjardins, avocate Secrétaire substitut de l\u2019arrondissement AVIS À TOUS NOS ANNONCEURS Veuillez, s\u2019il vous plaît, prendre connaissance de votre annonce et nous signaler immé dia tement toute anomalie qui s\u2019y serait glissée.En cas d\u2019erreur de l\u2019éditeur, sa res pon sa bilité se limite au coût de la parution.L a s u i t e d e s a v i s s e t r o u v e e n p a g e B 2 L E D E V O I R , L E L U N D I 7 A O Û T 2 0 1 7 SOCIETE A 5 GUILLAUME LEVASSEUR LE DEVOIR Nathalie Casemajor et Ha-Loan Phan font partie des 10% d\u2019utilisateurs de Wikipédia qui sont des femmes contribuant régulièrement à l\u2019encyclopédie en ligne.LES GEEKS D\u2019AUJOURD\u2019HUI « Wikipédier », un article à la fois Rencontre avec Nathalie Casemajor et Ha-Loan Phan, contributrices à Wikipédia M A R T I N B L A I S W ikipédia ne s\u2019est pas écrite toute seule.Comment composer une encyclopédie gratuite constituée de 5,5 millions d\u2019ar ticles en anglais et de près de 2 millions d\u2019ar ticles en français seulement, en croissance constante, premier résultat pour la plupart des recherches sur Internet ?C\u2019est le fruit du travail de contributeurs bénévoles éparpillés un peu partout sur la planète, d\u2019abord dévoués, mais surtout passionnés.Nathalie Casemajor, profes- seure au Centre Urbanisation Culture Société de l\u2019Institut national de recherche scienti- f ique, a fait ses premières contributions en rapport avec ses intérêts de recherche.« J\u2019ai commencé à travailler sur des ar ticles liés aux médias en licence libre et au savoir libre, se souvient-elle.En faisant des recherches, j\u2019avais réalisé que j \u2019en savais déjà plus que ce qu\u2019il y avait dans ces ar ticles, ou bien qu\u2019ils étaient mal construits.J \u2019ai aussi travaillé sur des articles en sciences humaines et sociales, sur des auteurs que je trouvais incomplets.» Puis elle s\u2019est tour née vers son univers rapproché, éditant des ar ticles en l ien avec Montréal, et plus particulièrement le quar tier où elle habite, le Mile End.«C\u2019est important pour moi de redonner à cette communauté, pas seulement de rester à l\u2019extérieur et de regarder par le trou de la serrure», ajoute-t-elle.Ha-Loan Phan, chargée de projet et responsable de la vie associative pour l\u2019Association francophone pour le savoir (Acfas), a commencé dans une optique similaire, alors qu\u2019elle terminait une maîtrise en biologie portant spécifiquement sur l\u2019opossum gris.«N\u2019importe qui qui fait un travail de recherche va toujours sur Wikipé- dia pour commencer, défricher et déblayer l\u2019information existante, affirme-t-elle.L\u2019opossum, le pauvre, peu de gens s\u2019intéressaient à lui en tant qu\u2019animal de recherche.L\u2019article à son sujet portait surtout sur les façons de le domestiquer pour en faire un animal de compagnie.Son nom latin est monodelphis do- mestica, parce qu\u2019il est plus gentil que les autres\u2026 même s\u2019il reste assez vorace ! » Les deux jeunes femmes, rencontrées dans les bureaux de l\u2019Acfas, ont eu la piqûre ; elles n\u2019ont jamais cessé de contribuer à « l\u2019encyclopédie libre que chacun peut améliorer », ainsi que Wikipédia, lancée en 2001, est présentée sur sa page d\u2019accueil.D\u2019ailleurs, toutes les deux ont fini par siéger, bénévolement, au conseil d\u2019administration de Wikimé- dia Canada, le volet canadien de l\u2019organisation qui chapeaute l\u2019encyclopédie.Ouvert à tous Il n\u2019est aucunement nécessaire d\u2019être aussi impliqué pour y par ticiper, toutefois ; l\u2019encyclopédie est ouver te à quiconque est prêt à lire ses quelques règlements (ses « c inq p i l i e r s » ) , p r e n d r e quelques minutes pour comprendre l\u2019éditeur visuel et, idéalement, ouvrir un compte et détailler quelque peu son profil personnel (« le minimum syndical pour faire partie de la communauté », selon Nathalie Casemajor).Près de 15 000 personnes sont des «contributeurs enregistrés actifs », c\u2019est-à-dire qu\u2019elles ont apporté au moins une modification à l\u2019encyclopédie au cours du dernier mois.La somme de leurs ef for ts est considérable : chaque jour, environ 19 000 modifications sont apportées à Wikipédia en français et près de 100 000 en anglais, selon le site de statis- t iques W ik iscan .À ce t te masse d\u2019utilisateurs s\u2019ajoutent des « robots » en tout genre (WikiFées, WikiGnomes, Wi- kiFourmis\u2026), soit des programmes chargés de l\u2019automatisation de tâches techniques, comme la correction d\u2019hyper- liens défectueux, notamment.Le profil des utilisateurs est évidemment dif f ici le à dresser.Mais en tant qu\u2019utilisatrices et membres actives de la communauté, Nathalie et Ha-Loan ont toutes deux organisé des « marathons d\u2019édition » et autres activités de contribution à Wikipédia, ce qui leur a permis de peindre un cer tain por trait des « wikipédiens ».« C\u2019est sûr que les personnes les plus intéressées et qui ont le plus de temps sont souvent des retraités, des gens qui ont un passé universitaire, qui ont l\u2019habitude de venir à la bibliothèque chercher dans les livres et qui ont le temps de contribuer » , explique Ha-Loan Phan, qui participe à l\u2019organisation des activités « Mardi, c\u2019est Wiki » à la Grande Bibliothèque de Montréal, lors desquelles les usagers sont init iés aux rouages de la plateforme.« Notre problème, c\u2019est la récurrence, la rétention.Les gens curieux viennent voir comment ça fonctionne, mais ils ne continuent pas nécessairement de contribuer après.C\u2019est ce qu\u2019on essaie d\u2019instaurer avec la récurrence de ce rendez-vous », sou- tient-elle.À tout le moins, l\u2019expérience leur aura permis de retourner à la maison avec les connaissances nécessaires pour éditer eux-mêmes, sans aide, ajoute-t-elle.« Il y a par fois des exper ts, mais ce n\u2019est pas la majorité, poursuit Nathalie Casemajor, qui a organisé plusieurs activités d\u2019édition thématique.On a travaillé avec des groupes déjà constitués.» Elle cite en exemple Mémoire du Mile End, société d\u2019histoire locale qui a participé à une journée d\u2019édition au sujet du quartier.« Ce sont des gens qui ont déjà rassemblé beaucoup de documentation, qui ne sont pas historiens de profession, mais qui sont éclairés et qui possèdent un savoir important.» Au bout du compte, chacun est libre d\u2019éditer ce qu\u2019il veut, comme il veut, et d\u2019organiser les marathons qu\u2019il veut.« Je peux décider d\u2019organiser demain matin une rencontre sur le design des tables à Montréal, par exemple, et je n\u2019ai pas du tout besoin d\u2019aller chercher l\u2019approbation de quiconque.Un des leitmotivs de Wikipédia, c\u2019est \u201cNHP\u201d : n\u2019hésitez pas.» Comment écrire?Est-ce plaisant d\u2019écrire sur Wikipédia ?Assurément, selon Nathalie Case - ma jor e t Ha -Loan Phan.L\u2019exercice est aussi très dif férent de celui d\u2019écrire pour d e s p u b l i c a t i o n s scientifiques, af fir- ment-elles par expérience.«Dans Wikipé- dia, on est descriptif, on fa i t s eu l ement une synthèse , e x - p l ique Na tha l i e .Alors que dans un ar ticle scientifique, il faut être original et analytique.» « L\u2019objectif est de vulgariser, renchérit Ha-Loan.Ça dépend vraiment de l \u2019ar ticle; cer tains sont très poussés, notamment en science ; ceux sur les mathématiques, parfois, je n\u2019y comprends rien\u2026 Mais d\u2019autres sont plus mâchés, c \u2019est ce que j \u2019ai fait pour l\u2019opossum.Je ne vais pas raconter des détails sur telle protéine quand je sais que ça n\u2019a pas d\u2019intérêt encyclopédique.» Dans tous les cas, c\u2019est la communauté qui a le dernier mot.Aucun article Wikipédia n\u2019est personnel et chacun peut apporter des informations supplémentaires, tant qu\u2019elles sont vérifiées et liées à une source.Cer tains sujets d\u2019actualité, comme le président américain, Donald Tr ump, sont victimes de «guerres d\u2019édition » : un utilisateur apporte une modification, qui est ensuite contestée par un autre, puis rétablie par un autre, et ainsi de suite.D\u2019autres ar ti- cles, comme celui sur le changement climatique, sont carrément verrouillés par des administrateurs à cause du «vandalisme », c\u2019est-à-dire des modifi- c a t i o n s n o n j u s t i f i é e s à répétition.Ce principe communautaire primordial demeure inconnu de cer taines organisations, rappelle Nathalie Casemajor.En 2013, le renseignement français a exercé de la pression sur Wikimédia France afin d\u2019ef facer un ar ticle portant sur une base militaire ; selon eux, la publication comportait des informations sensibles au sujet de l\u2019appareil nucléaire français.Pour montrer patte blanche, le président de l\u2019association s\u2019est exécuté\u2026 et l\u2019article a été rétabli tout de suite après par un autre utilisateur invoquant l\u2019absence de raison valable derrière cette suppression.Les femmes et Wikipédia Cette encyclopédie universelle a beau être accessible à tous, elle n\u2019est pas encore équitable.Sur Wikipédia, environ 10 % des utilisateurs seraient des femmes, selon Nathalie Casemajor et\u2026 des sources citées sur Wikipédia.Cette proportion est similaire pour les ar ticles au sujet de f e m m e s p a r r a p p o r t a u x hommes.« Ce biais ressor t même dans les catégories, ajoute Nathalie.Les femmes sont souvent une sous-catégorie de quelque chose d\u2019autre.Par exemple, du côté anglais, il y avait une section écrivains américains et, en dessous, il y avait une sous-catégorie \u201cécrivains américains femmes\u201d\u2026» Le style d\u2019écriture varie aussi d\u2019un genre à l\u2019autre.Elle cite en exemple la page de Margaret Mead, anthropologue américaine.« C\u2019était orienté négativement au regard de sa contribution scientifique.C\u2019était assez subtil, ça se trouva i t dan s l a t our nure d e phrases du genre \u201cle seul ouvrage vraiment reconnu est celui qu\u2019elle a fait avec son mari\u201d.[\u2026] Je l\u2019ai retravaillé sans faire de blanchiment.» « Si on prend une biographie de femme, beaucoup de liens vont mener vers des pages d\u2019hommes, alors que le contraire est généralement moins vrai » , renchérit Ha- Loan Phan.Plusieurs mesures pour remédier à la sit u a t i o n o n t é t é p r i s e s , comme l\u2019initiative « Women in Red », qui invite les contri- buteurs à aller ajouter des liens rouges (menant vers des pages inexistantes) sur les noms de femmes dans les articles, afin d\u2019encourager le reste de la communauté à créer ces pages.Malgré les partis pris et les « guerres d\u2019édition », oui, Wi- kipédia est fiable, grâce à la communauté, selon les deux scientifiques.« Plus les gens contribuent, plus c\u2019est fiable.[\u2026] Dans les pages très lues et très consultées, comme celle de la Ville de Montréal, les erreurs vont rapidement être repérées et corrigées.Pour les pages qui sont plutôt dans l\u2019ombre, ça se peut qu\u2019une erreur y reste plus longtemps », résume Nathalie Casemajor.Ha Loan-Phan rappelle que l\u2019important, pour assurer la fiabilité d\u2019une information, « c\u2019est de croiser les sources».Le Devoir Le Devoir vous propose le quatrième article d\u2019une série sur les geeks d\u2019aujourd\u2019hui, ces mordus dont la passion pour les pixels, les technologies du Web, la culture populaire ou les passe-temps en tout genre se décline de mille façons.Au- jourd\u2019hui, rencontre avec Nathalie Casemajor et Ha-Loan Phan, deux contributrices à l\u2019encyclopédie Wikipédia.Wikimania 2017 Contributeurs et passionnés de Wikipédia se réuniront à Montréal à l\u2019occasion de l\u2019événement Wikimania 2017, du 9 au 13 août.Des dizaines de confèrences et de discussions autour de l\u2019encyclopédie seront offertes, en présence notamment de son cofondateur Jimmy Wales.Ha-Loan Phan présentera la conférence «Sciences, histoire et projets Wiki : le mariage unique québécois».Il y sera question notamment de la numérisation des archives de l\u2019Acfas, « témoin de 100 ans de sciences au Québec», par BAnQ.Nathalie Casemajor organise la journée d\u2019édition collaborative «Les Premières Nations dans Wikipédia», le jeudi 10 août.Des formateurs parlant français, anglais et attikamek seront sur place.Le dimanche 13 août, elle participera à une conférence au sujet du volet de Wikipédia en langue attika- mek, lancé il y a peu de temps.Billets et détails au bit.ly/2uwjJuE Malgré les partis pris et les «guerres d\u2019édition», oui, Wikipédia est fiable, grâce à la communauté, selon les deux scientifiques.«Plus les gens contribuent, plus c\u2019est fiable.[\u2026]» Voir aussi \u203a Une entrevue avec Nathalie Casemajor et Ha-Loan Phan sur toutes les plateformes numériques du Devoir. Dix baleines noires sont mortes dans le golfe du Saint-Laurent dans les deux derniers mois.L\u2019hécatombe pose un défi au gouvernement Trudeau.Fera-t-il passer les intérêts économiques des pêcheurs de l\u2019est du Canada avant la protection d\u2019une espèce en voie de disparition ?est l\u2019émoi et la consternation chez les environnementalistes et les chercheurs spécialisés en biologie marine.Dix baleines noires sont mortes dans des circonstances mystérieuses depuis le début du mois de juin.C\u2019est beaucoup compte tenu du fait que le troupeau de cette espèce en grave danger de disparition ne compte que 500 à 525 individus.À peine trois naissances ont été observées cette année.Les superlatifs ne manquent pas.Cette «catastrophe » fait peser de sérieux doutes sur la survie à long terme de l\u2019espèce.Pour donner une juste idée de la gravité de la situation, il faut remonter au XIXe siècle pour trouver une situation analogue, alors que les baleines noires étaient traquées sans relâche par les baleiniers au large de Cape Cod.Il est encore trop tôt pour établir les causes définitives de la mort des baleines.Les résultats des nécropsies ne parviendront pas avant le mois de septembre, et ils ne permettront peut-être même pas de dégager des certitudes.L\u2019an dernier, les scientifiques ont été incapables de déterminer la cause de la mort de trois baleines dans le golfe.Une fois mortes, les baleines entrent dans un cycle de putréfaction accélérée, si bien qu\u2019il devient dif ficile pour les biologistes d\u2019établir les causes et les circonstances de leur mort.Deux hypothèses circulent présentement, l\u2019une improbable et l\u2019autre plausible.L\u2019hypothèse improbable ?Une algue rouge a libéré dans l\u2019eau du fleuve des toxines qui se seraient révélées néfastes pour les baleines noires.L\u2019algue rouge a déjà été mise en cause dans la mort de 10 bélugas, de 85 phoques et d\u2019une quantité innombrable d\u2019oiseaux et de poissons marins en 2008.Toutefois, aucun test n\u2019a révélé la présence d\u2019algues rouges dans le golfe cet été.L\u2019hypothèse plausible, maintenant.Les baleines sont mortes après s\u2019être empêtrées dans des filets de pêche ou après être entrées en collision avec des navires de pêche ou de croisière.Deux des baleines mortes présentaient d\u2019ailleurs des signes de traumatisme, et une troisième des signes d\u2019empêtrement dans des filets.Peu importe comment on aborde ce polar estival sur fond de biologie marine, le suspect numéro un reste l\u2019activité humaine.Les biologistes marins ont remarqué la présence de 80 à 100 baleines noires dans l\u2019estuaire du Saint-Laurent cet été, soit deux fois plus qu\u2019à l\u2019habitude.Or, l\u2019habitat naturel des baleines noires ne se trouve pas dans le golfe du Saint-Laurent, mais plutôt dans l\u2019Atlantique (au sud de la Nouvelle-Écosse) et dans la baie de Fundy.Le biologiste Alain Branchaud, directeur général, section Québec, de la Société pour la nature et les parcs du Canada (SNAP), avance l\u2019idée que les baleines noires seraient des réfugiés climatiques à la recherche de nourriture, la distribution géographique de leurs proies ayant été modifiée par le réchauffement climatique.Si tel est le cas, la présence des baleines noires dans le golfe sera loin d\u2019être éphémère, et elle nécessitera une intervention beaucoup plus considérable de la part du gouvernement Trudeau.La réponse initiale du ministre des Pêches et des Océans, Dominic LeBlanc, est insuffisante.Celui-ci a écourté la saison de la pêche aux crabes dans un secteur fréquenté par les baleines noires, au grand dam des pêcheurs.Il a aussi demandé aux navigateurs, sur une base volontaire, de ralentir dans les voies navigables entre les îles de la Madeleine et la Gaspésie.Les pratiques de pêche seront également révisées, pour diminuer l\u2019utilisation de cordages.C\u2019est bien peu compte tenu du fait que les biologistes marins observent depuis quelques années déjà une recrudescence de l\u2019activité des baleines noires dans le golfe, un secteur parmi les plus achalandés au Canada pour le transport maritime, la pêche et la navigation de plaisance.«C\u2019était une bombe à retardement», constate Tonya Wimmer, biologiste au sein d\u2019une société basée à Halifax.Nul besoin d\u2019attendre les conclusions des nécropsies pour tirer des leçons de cette catastrophe.Ottawa ne doit pas envisager ce problème sous l\u2019angle de l\u2019économie de la côte est, mais sous celui de la protection d\u2019une espèce en voie de disparition dont il faut freiner le déclin, et vite.Pour y parvenir, il faut créer une aire maritime protégée dans le golfe.Le ministre LeBlanc résiste à l\u2019idée, pour ne pas nuire à l\u2019industrie de la pêche.C\u2019est une vision à courte vue.Il sera trop tard pour reprendre la conversation quand la baleine aura rejoint le dodo au firmament des espèces anéanties par le résultat de l\u2019activité humaine.L E D E V O I R , L E L U N D I 7 A O Û T 2 0 1 7 A 6 EDITORIAL L E T T R E S L\u2019indécente valse des millions Lettre à MM.Chatigny, Héroux, Larose et Tremblay, Je suis tout à fait d\u2019accord avec votre appréciation des salaires faramineux de certains sportifs qui illustrent, dites-vous, «une certaine décadence de notre civilisation».Et vous situez bien cette dérive dans le contexte plus large du «capitalisme sauvage».Mais quelle ne fut pas ma surprise de voir que les mêmes effets de ce capitalisme sauvage sur les salaires des grands dirigeants trouvaient grâce à vos yeux! Comment ne pas constater que les deux phénomènes partent de la même dérive?Comment expliquez-vous que ces hauts dirigeants qui gagnaient 50 fois le salaire moyen des Canadiens, il y a une trentaine d\u2019années, touchent maintenant près de 150 fois ce même salaire moyen?Vous dites qu\u2019ils créent des entreprises et des emplois.Certains oui, mais la majorité non.Ce sont des gestionnaires qui prennent la direction d\u2019organisations qui sont solides avant leur arrivée et qu\u2019ils dirigent avec compétence sans doute, mais sans mériter ces émoluments que le capitalisme sauvage leur accorde.Combien d\u2019emplois pensez-vous que les présidents des grandes banques, y compris Desjardins, ont créés ces dernières années ?Aucun.C\u2019est plutôt le contraire qui s\u2019est produit.C\u2019est pourtant dans les grandes entreprises que le capi- L I B R E O P I N I O N S E R G E M I V I L L E Chaire de recherche en histoire de l\u2019Ontario français, Université Laurentienne B ien que la nouvelle de la création d\u2019un nouveau ministère des Affaires francophones en Ontario ait été saluée par le réseau associatif franco-ontarien, plusieurs commentateurs l\u2019ont accueilli avec scepticisme, soulignant qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une annonce électoraliste qui n\u2019engage aucun financement supplémentaire de la part de Toronto.Pour d\u2019autres, il s\u2019agit d\u2019un coup de théâtre à caractère improvisé préparé par un gouvernement qui espère regagner la faveur d\u2019une minorité qui l\u2019a lourdement critiqué depuis quelques années.Pourtant, ce genre d\u2019annonce fait partie du jeu politique ontarien depuis près d\u2019un siècle.Dans la province du pragmatisme, la minorité franco-ontarienne \u2014 qui s\u2019est historiquement représentée comme minorité nationale \u2014 a souvent fait les frais de la politique des «petits pas» qui caractérise l\u2019octroi de nouveaux droits pour la minorité francophone par la province depuis l\u2019abrogation du Règlement 17 en 1927.En ce sens, les gains politiques ont souvent été présentés sous forme d\u2019annonces électoralistes à un an, à un mois ou un an suivant une élection.La nomination de Robert Gauthier à titre de premier directeur de l\u2019enseignement français en Ontario a lieu en 1937, une année électorale.Ce n\u2019est qu\u2019un début.Écoles publiques En 1968 sont adoptées les lois scolaires qui ont permis la création des écoles publiques de langue française, soit l\u2019année suivant la victoire électorale de John Robarts.Son successeur, Bill Davis, va récidiver.Malgré ces lois, de nombreux conseils, administrés par la majorité, refusent de construire de nouvelles écoles, provoquant des crises linguistiques.La première d\u2019importance, celle de Sturgeon Falls en 1971, se déroule en pleine campagne électorale.Fin stratège, Davis manœuvre pour obtenir une commission enquête et nomme l\u2019année suivante un premier sous-ministre adjoint francophone au ministère de l\u2019Éducation.Cherchant à consolider ses assises auprès de l\u2019électorat francophone, Davis annonce en 1974 la création d\u2019un Comité consultatif sur les affaires franco-ontariennes (CAFO), soit un an avant les élections de 1975.Les commentateurs reprochent à l\u2019époque au comité d\u2019être un moyen pour récompenser les amis du gouvernement.Le CAFO a produit toutefois de nombreux rapports et a contribué à faire adopter une politique d\u2019affichage bilingue dans les édifices gouvernementaux.En 1985, les libéraux, après avoir conclu une entente avec les néodémocrates de Bob Rae, réussissent à mettre fin à 42 ans de gouvernement progressiste-conser vateur à Queen\u2019s Park.David Peterson avait d\u2019ailleurs promis aux Franco-Ontariens une loi-cadre sur les services en français.Chose promise, chose due, et 1986 marque l\u2019année de l\u2019adoption de la loi 8 sur les services en français.Cette nouvelle loi transforme le CAFO en l\u2019Office des affaires francophones (OAF), le prédécesseur du ministère nouvellement annoncé.Plutôt que de conseiller le gouvernement, l\u2019OAF doit désormais élaborer des politiques et des programmes pour aider le gouvernement à offrir des services à la population en français.L\u2019agence de taille modeste pouvait néanmoins compter sur un budget et des employés.En 2007, c\u2019est au Commissariat aux services en français de voir le jour à quelques mois des élections.Dix ans jour pour jour après sa création, les libéraux annoncent la transformation de l\u2019OAF en ministère des Affaires francophones (MAF) à un an des élections de 2018.Bref, on constate rapidement que les annonces électoralistes font partie de l\u2019ADN de l\u2019Ontario français.Au-delà du cynisme Il serait naïf de ne pas voir dans la création du ministère une manœuvre politique pour acheter la loyauté des électeurs franco-onta- riens.Certes, le gouvernement n\u2019a pas encore annoncé des budgets supplémentaires pour le MAF, et sa permanence n\u2019est pas garantie.Cela dit, il a été, historiquement, beaucoup plus difficile de retirer des droits à la minorité franco-ontarienne que de leur en donner, et tous s\u2019accordent pour dire que le nouveau ministère aura plus de moyens à sa disposition que n\u2019en a l\u2019Office.Parions que le MAF pourra bien faire partie d\u2019un nouveau gouvernement, peu importe sa couleur.Cette annonce arrive à un moment crucial pour l\u2019Ontario français.Voilà que la minorité obtient un gage de légitimité et du prestige pour un poste était peu convoité au cabinet des ministres.Les Affaires francophones ont été jusqu\u2019à présent occupées par un ministre délégué, plutôt que par un ministre en bonne et due forme.Cette injection en capital symbolique et ce gain méritent d\u2019être soulignés malgré leur caractère électoraliste béant.Précisons : notre intention n\u2019est pas de fustiger les commentateurs qui analysent avec un œil critique les annonces faites par Queen\u2019s Park, là n\u2019est pas la question.L\u2019analyse dans la durée des gains politiques en Ontario français nous démontre toutefois que la minorité a souvent profité de ce genre d\u2019annonce et qu\u2019il s\u2019agit ici, au-delà du cynisme, d\u2019un gain important pour l\u2019Ontario français.Les annonces électoralistes font partie de l\u2019ADN de l\u2019Ontario français FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente du développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-président des ventes publicitaires MARK DROUIN Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Directeur de l\u2019information numérique FLORENT DAUDENS Adjoints PAUL CAUCHON, LOUIS GAGNÉ, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET talisme que vous qualifiez de sauvage fait les plus grands dégâts qui mènent aux inégalités croissantes que l\u2019on voit partout en Occident.Il n\u2019y a que quelques grands sportifs qui gagnent des salaires excessifs.Il y a des milliers de grands dirigeants dont les salaires ont explosé ces dernières décennies.Et quelle idée de mettre dans le même panier les présidents des banques, les infirmières, les employés d\u2019usine, les préposés, etc., sous prétexte qu\u2019ils assument tous des responsabilités personnelles.La question n\u2019est pas là.La question est de savoir pourquoi les 7 dirigeants des grandes banques canadiennes gagnaient un total de 67,4 millions en 2016 alors que sept infirmières gagnaient un total de 350 000$ ! Petite différence qui aurait dû vous empêcher de faire ces rapprochements.Je suis d\u2019accord sur le fait que la valse des millions de certains sportifs est indécente.Mais je suis surpris que la même indécence des salaires de nos grands patrons n\u2019ait pas fait résonner la moindre petite musique à vos oreilles.Ronald Albert Boucherville, le 31 juillet 2017 fait une chute causée par le mauvais état de la chaussée.Je n\u2019ai pu l\u2019éviter et j\u2019ai fait une très mauvaise chute en tombant sur la tête alors que nous roulions à plus de 25 km/h.Mon conjoint m\u2019a raconté la suite des événements puisque j\u2019étais sonnée.Un automobiliste, témoin de l\u2019accident, a fait demi-tour pour me porter secours et un autre se serait occupé de composer le 911 et de diriger la circulation sur cette route où l\u2019on peut circuler à 70 km/h.Une infirmière qui passait, malgré le fait qu\u2019elle était accompagnée de deux jeunes enfants, a pris la situation en charge et vérifié mes signes vitaux pour évaluer ma condition.Les policiers sont arrivés dans un délai de dix minutes et ils ont été suivis par l\u2019ambulance cinq minutes plus tard.Les ambulanciers ont pris la relève en se basant sur l\u2019évaluation de l\u2019infirmière.Ils m\u2019ont conduit à l\u2019urgence de l\u2019hôpital de Saint-Jérôme.La propriétaire d\u2019une pension pour chevaux est accourue pour nous offrir de l\u2019eau et un endroit pour laisser nos vélos.Je tiens à remercier tous ces gens qui m\u2019ont si aimablement porté assistance puisque je n\u2019ai pu le faire de vive voix.Merci encore pour votre empathie et votre bonté.P.S.Un mois plus tôt, j\u2019avais fait l\u2019achat d\u2019un casque bien ajusté.Il m\u2019a sûrement sauvé la vie ! Josée Lemire Le 4 août 2017 C\u2019 ENVIRONNEMENT Baleines en péril BRIAN MYLES Un accident de vélo Samedi 29 juillet aux environs de 14 h 45, alors que je circulais à vélo sur le rang Lepage à Blainville avec trois autres personnes, l\u2019ami qui roulait devant moi a L E D E V O I R , L E L U N D I 7 A O Û T 2 0 1 7 A 7 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon (chef de division), Robert Dutrisac, (éditorialiste), Michel Garneau et Pascal Élie (caricaturistes), Jacques Nadeau (photographe), Olivier Zuida (recherchiste photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division et reporter), Stéphane Baillargeon (généraliste), Gérald Dallaire (pupitre), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Jean Dion (sports), Marco Fortier (éducation), Lisa-Marie Gervais (diversité), Pauline Gravel (sciences), Jessica Nadeau (éducation).Alexandre Shields (environnement); information politique : Michel David (chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Marie-Michèle Sioui (correspondants parlementaires à Québec) Dave Noël (recherche), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec); information culturelle : Guillaume Bourgault-Côté (politiques culturelles), Julie Carpentier (pupitre), Fabien Deglise (livres), Catherine Lalonde (arts vivants), François Lévesque (écrans),Caroline Montpetit (arts vivants), Philippe Papineau(médias); information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l\u2019information), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Benoît Munger (pupitre); information internationale : Guy Taillefer (chef de division et éditorialiste); section art de vivre : Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); cahiers spéciaux : Aude Marie Marcoux (responsable); équipe numérique : Laurence Clavel, Guillaume St-Hilaire et Geneviève Tremblay (pupitres); correction : Andréanne Bédard, Christine Dumazet et Michèle Malenfant (correctrices) ; soutien à la rédaction : Amélie Gaudreau (coordonnatrice à la rédaction), Jean-Philippe Proulx (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa).PUBLICITÉ Charleyne Bachraty (adjointe au vice-président), Marlène Côté, Évelyne De Varennes, Amel Elimam, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (directrices de comptes), Alain Tréhout (directeur créativité média), Amélie Maltais (commis aux avis légaux), Alessandra Tantalo et Laurence Hémond (coordonnatrices publicitaires).PRODUCTION Caroline Desrosiers, Yannick Morin, Anthony White et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web), Jean-François Côté (analyste programmeur), Luc Girard (technicien informatique), Solène M.Hébert (développeuse Web).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Catherine Gentilcore (coordonnatrice marketing, communications et relations publiques), Sébastien Beaupré (coordonnateur service à la clientèle), Manon Blanchette, Caroline Filion, Nathalie Filion, Isabelle Sanchez (préposées au service à la clientèle).ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Mélisande Simard (adjointe administrative et responsable des ressources humaines), Florentina Draghici (technicienne comptable), Véronique Pagé (responsable du crédit).V A L É R I E B E A U L I E U Culture Montréal R O B E R T T U R G E O N Héritage Montréal S Y L V I E G U I L B A U L T Les amis de la montagne l e s t r a r e q u e Cul tur e Mont - réa l , Hé r i t age Montréal et Les amis de la montagne inter viennent publ ique- m e n t d e m a - nière commune, même si nos organismes collaborent au quo t i - d i e n .L e s n o m breuses réactions qui ont suivi l\u2019inauguration de la promenade Fleuve-Mon- tagne nous ont incités à le faire.Nous désirons tout d\u2019abord saluer l\u2019initiative de la Ville de Montréal de développer un réseau de promenades urbaines.L\u2019idée de mettre en valeur les grands monuments fondateurs de Montréal et les quartiers de la métropole, en alliant l\u2019appréciation culturelle du territoire, le patrimoine et le transport actif \u2014 par ticulièrement la marche \u2014, nous apparaît comme une voie de l\u2019avenir.La première de ces promenades, inaugurée récemment, présente un trajet qui part du lieu de fondation de Montréal \u2014 plus précisément, de la place Royale, à Pointe-à-Callière \u2014 et qui se rend jusqu\u2019à l\u2019entrée Peel du parc du Mont-Royal.Même si chacun peut avoir son opinion là-dessus, le trajet retenu nous apparaît pleinement justifié.Parcours riche d\u2019histoire Plusieurs des opinions critiques ont fait valoir qu\u2019il n\u2019y avait pas de raison par ticulière d\u2019emprunter ce trajet spécifique.Tout comme parcourir le Freedom Trail, à Boston, donne le sentiment de mieux comprendre la Révolution américaine, parcourir la promenade Fleuve-Montagne nous permet de mieux comprendre la ville d\u2019hier et d\u2019aujourd\u2019hui.Le fleuve Saint-Laurent et le mont Royal sont le seul véritable patrimoine qu\u2019il nous reste, comme Montréalais, des origines de notre ville.C\u2019est ce qu\u2019ont vu Jacques Car tier, Samuel de Champlain, Paul Chomedey de Maisonneuve et Jeanne-Mance à leur arrivée en Nouvelle-France.Lorsque Jacques- Cartier a accosté à Hochelaga, en 1535, son premier geste a été de grimper sur la montagne, pour bien comprendre où il se trouvait.C\u2019est d\u2019ailleurs lui qui l\u2019a nommée « mont Royal ».Dans dix-huit ans, on soulignera le 500e anniversaire du passage de Jacques Cartier à Hochelaga.Dans une société aussi jeune que la nôtre, célébrer un demi-millénaire est chose rare\u2026 Potentiel La promenade Fleuve-Mon- tagne représente symboliquement la montée des premiers découvreurs qui, accompagnés de leurs guides autochtones, sont par tis du fleuve pour aller jusqu\u2019au sommet de la montagne.Dans cet esprit, nous croyons que la promenade Fleuve-Montagne ne devrait pas s\u2019arrêter au pied de la montagne, mais devrait plutôt se terminer au belvédère Kondiaronk \u2014 nommé en l\u2019honneur du chef de la nation huronne-wendat qui fut l\u2019architecte, avec Hector de Call ière, de la Grande Paix de Montréal, en 1701 \u2014 où l\u2019on dispose d\u2019une vue incomparable de Montréal et de sa région.La promenade Fleuve-Montagne offre une excellente occasion d\u2019expliquer aux citoyens montréalais et aux visiteurs ce qu\u2019était Hoche- laga, comment Ville-Marie a été fondée et comment elle s\u2019est transformée.Grâce à la magie de la réalité augmentée ou par des visites guidées, il est en effet possible de faire revivre le Parlement du Ca- nada-Uni, le Groupe de Beaver Hall, l\u2019explosion commerciale de la rue Sainte-Catherine, ainsi que de rappeler la bataille majeure qui a été menée pour conserver la vue vers la montagne depuis l\u2019avenue McGill College dans les années 1980.Ces exemples, et bien d\u2019autres, font déjà partie de la promenade Fleuve-Montagne.Il faut seulement leur donner vie.Nous, de Culture Montréal, d\u2019Héritage Montréal et des Amis de la montagne, invitons la population à venir s\u2019y promener, car nous sommes convaincus que la promenade Fleuve-Montagne a un immense potentiel.À condition de lui injecter de l\u2019âme et du sens.Promenade Fleuve-Montagne : de l\u2019âme et du sens L a ve i l le du 14 ju i l let, je me su is retrouvé près de la tour Eiffel, confronté à des barrières et à de nombreux policiers et soldats en préparation pour la visite de Donald Trump.Ma présence à Paris le même jour que le président américain était un pur hasard, mais je me suis quand même senti poursuivi par ce fou furieux qui domine l\u2019attention des médias et une grande par tie du public mondial.Ne pouvais-je pas éviter Trump et ses conneries, même de l\u2019autre côté de l\u2019océan Atlantique ?Énervé, j\u2019ai commencé à m\u2019interroger sur le caractère du nouveau président français, Emmanuel Macron.Pourquoi a-t-il invité ce voyou déguisé en chef d\u2019État, qui bouscule ce quartier longtemps habité par ma famille du côté maternel, et dans quel but ?Qu\u2019est-ce qui lui a pris ?En tant que Franco-Américain avec la double citoyenneté, je subissais une double humiliation.Déjà, l\u2019idée de Trump à table bouffant la haute cuisine d\u2019Alain Ducasse (ou plutôt assis, comme je l\u2019imaginais, devant une auge remplie de bifteck trop cuit) pas loin de chez moi m\u2019a dégoûté, même si c\u2019était dans un contexte diplomatique en dehors de mon milieu.Il est vrai que le restaurant Jules Verne n\u2019est pas mon bistrot du coin, mais la corruption de cet homme se sent même de très loin.P ires cependant éta ient les absurdes constats de Macron, soi-disant symbole d\u2019une France en plein renouvellement, pour justifier la visite du président américain.J\u2019avoue ne pas être un admirateur de mon autre président, mais je compte sur un chef d\u2019État français, en principe conseillé par un excellent corps diplomatique, pour tenir tête en temps de crise au nom de la civilisation.Cela fait partie de ma fierté française.Et voilà que j\u2019ai lu les journaux et regardé la télévision pour mieux m\u2019informer sur cette manifestation de realpolitik surréelle.Commençant par Le Figaro et Le Monde, j\u2019ai appris par les titres que « Macron veut sortir Trump de l\u2019isolement » (Figaro) et encore que « Le président français veut sortir son hôte de son isolement international » (Monde).Là, il y avait de quoi avoir de sérieuses craintes.Voudrait- on vraiment que Trump « sorte de son isolement » ?L\u2019isolement me semble exactement ce qu\u2019il faut prôner à l\u2019égard de Trump.Dans le cas le plus effrayant, c\u2019est un sociopathe dangereux (possédant toutefois un talent extraordinaire pour exciter la foule) qui mérite d\u2019être enfermé, un peu comme le marquis de Sade.Les psychologues peuvent être en désaccord sur le bon traitement, mais, à mon avis, le mieux sera it de répondre à la grotesque conduite de Trump d\u2019une par t avec force, d\u2019autre part avec indif férence.Parfois, il faut gueuler à l\u2019ado dif ficile : « Range ta chambre avant de t\u2019asseoir à table ! » ; d\u2019autres fois, il est plus efficace de dire calmement : « Reste dans ta chambre.Tu es trop mal élevé pour dîner avec des adultes ».Toute sa vie, Trump a eu un besoin maladif d\u2019être remarqué, d\u2019être le centre du spectacle.Malgré ses injures contre le New York Times et CNN, il ne peut pas s\u2019en passer.Si les médias, ainsi que la classe politique, ignoraient cet homme désagréable, on retrouverait un grand gamin plus docile et maniable, avec une énorme envie de plaire aux gens importants.Macron a fait exactement le contraire, ce qui va enhardir Trump dans sa méchanceté.Il semble que Macron soit non seulement faible en psychologie élémentaire, mais aussi au sujet de l\u2019histoire de son propre pays.« Nos deux nations sont alliées depuis toujours », a-t-il déclaré à la conférence de presse commune.Comment ?Quoi ?Macron est jeune, mais il devrait quand même se souvenir de la rupture entre Paris et Washington lors de l\u2019invasion imminente de l\u2019Irak en 2003.En outre, son épouse \u2014 « flattée » par Trump pour être « en si bonne forme physique» \u2014 est assez âgée pour rappeler à son mari le fameux discours de Charles de Gaulle à Phnom Penh en 1966, qui dénonça l\u2019intervention américaine en Indochine, ainsi que la décision par le président français, dans la même année, de retirer la France de la structure militaire de l\u2019OTAN.Néanmoins, comme Macron l\u2019a confié au Journal du dimanche, le dîner des couples dans un restaurant une étoile au-dessus de Paris a été organisé « pour donner un visage ouvert et attractif de Paris, de notre pays et de son économie » .Pour un homme aussi ignorant du monde que Trump, je suis certain que c\u2019était édifiant.Pour Macron, peut-être moins, se retrouvant dans un grand restaurant vidé de clients à part les deux couples et le personnel, ass is en face d\u2019un v i la in qu i a fa it des remarques vulgaires, à voix haute, à sa femme.En fait, le plus horrible serait ceci : lorsque Macron a annoncé qu\u2019il s\u2019agissait de « dîner entre amis », il disait la vérité ! John R.MacArthur est éditeur de Harper\u2019s Magazine.Sa chronique revient le premier lundi de chaque mois.Un dîner entre amis JOHN R.MACARTHUR I JACQUES NADEAU LE DEVOIR La promenade Fleuve-Montagne représente symboliquement la montée des premiers découvreurs qui, accompagnés de leurs guides autochtones, sont partis du fleuve pour aller jusqu\u2019au sommet de la montagne.N A Z I L A B E T T A C H E Médecin interniste, Centre hospitalier de l\u2019Université de Montréal S A M I R S H A H E E N - H U S S A I N * Pédiatre urgentiste, Centre universitaire de santé McGill a semaine dernière, les projecteurs étaient de nouveau braqués sur le Centre universitaire de santé de McGill (CUSM).Le rapport récent du coroner Jacques Ramsay révélait qu\u2019on a demandé à Kimberly Gloade, une Micmaque, de payer des frais (de plus de 1000 dollars) pour une visite à l\u2019urgence en février 2016 parce qu\u2019elle n\u2019avait pas sa carte d\u2019assurance maladie.Incapable de payer, Mme Gloade est partie, condamnée à souffrir pendant des semaines jusqu\u2019à sa mor t d\u2019une cirrhose du foie à la maison, deux jours avant une consultation prévue au Projet Montréal de l\u2019ONG Médecins du monde.Le CUSM porte certainement la responsabilité de la façon horrible dont Mme Gloade a été traitée.Cependant, ceci n\u2019est pas un événement isolé.Nous savons que, sur une base régulière, des personnes sont renvoyées chez elles par des établissements de santé à Montréal, parce qu\u2019elles n\u2019ont pas d\u2019assurance maladie.Processus opaque La responsabilité ultime incombe au ministère de la Santé et des Services sociaux, qui détermine annuellement, à travers un processus opaque, les coûts pour le système de santé public \u2014 sans compter les honoraires des médecins \u2014 d\u2019une visite à l\u2019externe ou d\u2019une hospitalisation pour chaque institution.Le Ministère ajoute ensuite un supplément exorbitant de 200 % que les établissements de santé doivent réclamer aux personnes sans carte d\u2019assurance maladie valide ! Par exemple, une hospitalisation aux soins intensifs coûte au système 4000 dollars par jour, mais un « non-résident » du Québec sans couverture d\u2019assurance maladie se verra facturer plus de 12 000 dollars.En conséquence, lorsque les établissements de soins de santé soumettent leurs budgets au Ministère à la fin de chaque exercice financier, leur déficit est gonflé artificiellement en raison des frais imposés aux personnes sans assurance, dont la plupart ne sont pas en mesure de payer.Compte tenu de la pression pour équilibrer les budgets des hôpitaux, les institutions adoptent des politiques agressives exigeant que les soins soient payés à l\u2019avance, traitant ainsi en boucs émissaires les groupes les plus marginalisés de la société.Victimes Les personnes migrantes qui n\u2019ont pas de couverture médicale en raison de leur statut précaire d\u2019immigration semblent être les cibles visées par ces politiques.En effet, au fil des années, le gouvernement québécois a érigé de nombreux obstacles pour empêcher certains migrants (et leurs enfants) d\u2019accéder aux soins de santé.Par exemple, contrairement aux bébés nés d\u2019un parent ou de parents sans un statut d\u2019immigration reconnu en Ontario, qui reçoivent une couverture médicale provinciale à la naissance, ces bébés ne sont pas couverts par la RAMQ quand elles et ils sont nés au Québec à cause d\u2019un flou législatif.De même, les immigrants reçus doivent attendre trois mois après leur arrivée au Québec, et ce, malgré leur statut de résident permanent, pour obtenir une couverture de la RAMQ.Le gouvernement québécois a institué cette politique, appelée « délai de carence », en 2001, prétendument pour prévenir les abus in- terprovinciaux de ser vices de santé.Toutefois, un rapport de 2013 de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse a dénoncé sans équivoque le délai de carence, révélant que les immigrants représentaient la grande majorité des victimes de cette politique.Enfin, les personnes ayant un statut d\u2019immigration précaire n\u2019ont pas de couver ture de soins de santé publique.À toutes ces personnes \u2014 bébés, enfants ou adultes \u2014 seront facturés des frais majorés pour accéder aux soins de santé, même si beaucoup d\u2019entre el les trava i l lent ou vont à l \u2019école, et qu\u2019elles font toutes partie intégrante de nos communautés au même titre que n\u2019importe qui d\u2019autre vivant ici.Couches de discrimination Les souffrances évitables de Mme Gloade, et ultimement sa mort, constituent un exemple inquiétant des impacts désastreux que les politiques anti-migrants ont sur d\u2019autres groupes marginalisés, comme les personnes vivant dans la rue et les autochtones.Dans ce dernier cas, ces impacts sont exacerbés par les couches de discrimination systémique découlant d\u2019une histoire de génocide et d\u2019un colonialisme toujours en cours.Ces politiques draconiennes empêchent systématiquement les personnes qui en ont souvent le plus besoin d\u2019avoir accès à des soins décents.Trop de gens ont payé ce prix par leur santé et, dans les cas les plus dramatiques, par leur vie.La volonté politique de centrer notre système de santé sur la compassion et la solidarité permettrait d\u2019assurer que des cas comme celu i de Mme Gloade ne se reproduisent plus jamais.D\u2019ici là, nous portons toutes et tous la responsabilité de laisser se poursuivre ce statu quo révoltant.Les établissements de santé devraient traiter tout le monde en fonction de leurs besoins, et non de leur capacité de payer.La motion opportuniste de ville-sanctuaire, récemment adoptée par la ville de Montréal, est malheureusement dépourvue de toute substance.Construire une vraie « ville solidaire » demande un travail acharné, mais nous permettrait de proposer des soins de santé pour toutes et tous.Une première étape, bien modeste, est d\u2019exiger la fin de ces politiques inhumaines.*La liste complète des signataires de cette lettre est publiée sur nos plateformes numériques.Lorsque les politiques de santé tuent L «Contrairement aux bébés nés d\u2019un parent ou de parents sans un statut d\u2019immigration reconnu en Ontario, qui reçoivent une couverture médicale provinciale à la naissance, ces bébés ne sont pas couverts par la RAMQ quand elles et ils sont nés au Québec à cause d\u2019un flou législatif» L E D E V O I R , L E L U N D I 7 A O Û T 2 0 1 7 A 8 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par courriel publicite@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3452 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Par courriel petitesannonce@ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4 Berri-UQAM Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com A C T U A L I T É S en compagnie de son ami peintre Thierry Ver- net à travers l\u2019Asie centrale, à bord d\u2019une minuscule Fiat Topolino (le troisième protagoniste de ce voyage).Objectif de ce duo de jeunes voyageurs suisses : écrire et peindre en toute liberté, recueillir des chansons, des proverbes, des secrets de sagesse.Rencontrer des gens.Peut- être aussi gagner un peu d\u2019argent \u2014 mais cela est moins certain.Au bout d\u2019un an et demi, le duo se sépare à Quetta, au Pakistan, tandis que Bouvier file seul au volant jusqu\u2019à Colombo, puis Galle, au Sri Lanka, véritable trou noir du voyage, leçon d\u2019humilité, et début de la dépression qui le frappera par la suite de manière cyclique tout au long de sa vie.Si c\u2019est L\u2019usage du monde, le récit de son périple mythique entre Genève et l\u2019Afghanistan, qui l\u2019a fait connaître comme écrivain voyageur, pour plusieurs, Le poisson-scorpion est son incontestable chef-d\u2019œuvre.Paru d\u2019abord à Vevey, en Suisse, aux éditions Bertil Galland en 1981, repris l\u2019année suivante dans la fameuse collection «Blanche» chez Galli- mard, ce petit livre fiévreux est celui qui consacre Bouvier comme écrivain, un point c\u2019est tout.L\u2019écriture y est dense et somptueuse, incisive et imagée.Bouvier, qui sera plus tard et pendant longtemps iconographe, est un paysagiste sans pareil et un véritable maître de l\u2019instantané.Le livre a tout de l\u2019exorcisme, conçu pour se débarrasser de cet « enchantement négatif » qu\u2019ont été pour lui ces neuf mois de 1955 passés au Sri Lanka \u2014 « l\u2019île-du-sourire-et-de-la-pierre- de-lune», baignée de magie et d\u2019une culture étriquée de sortilèges.Échoué là-bas, comme en déroute, le Suisse entreprendra quelques décennies plus tard, avec un soupçon d\u2019humour en plus, l\u2019écriture du Poisson-scorpion, qui consistera à convoquer ses fantômes avant de faire rentrer le démon dans la bouteille.«On ne voyage pas pour se garnir d\u2019exotisme et d\u2019anecdotes comme un sapin de Noël, y écrit-il, mais pour que la route vous plume, vous rince, vous essore, vous rende comme ces serviettes élimées par les lessives qu\u2019on vous tend avec un éclat de savon dans les bordels.» Et lessivé, il le sera, n\u2019en doutez pas.C\u2019est dans ce trou, dira-t-il, qui ne ressemble à rien de ce qu\u2019il a connu, à l\u2019autre bout du monde, qu\u2019il apprendra que la femme dont il était amoureux avant d\u2019entreprendre son long voyage a décidé de se marier \u2014 avec un autre, bien entendu.«Désolée, ciao et bon voyage.» Un coup de massue qui s\u2019ajoute à la maladie, à la chaleur écrasante, à la proximité envahissante avec tout ce qui vole, court ou rampe \u2014 blattes, scolopendres, fourmis et lézards qui traversent sa chambre comme si de rien n\u2019était \u2014 et qui va finir de miner son moral.«Ce qu\u2019on apporte dans une île est sujet à métamorphoses.Une île est comme un doigt posé sur une bouche invisible et l\u2019on sait depuis Ulysse que le temps n\u2019y passe pas comme ailleurs.» Il faudra pourtant attendre la fin des années 1980 pour que la réputation de Bouvier, l\u2019écrivain, dépasse un petit cercle d\u2019initiés.Trop peu trop tard.Sa renommée tardive n\u2019y fera rien : l\u2019amertume et le doute, avec les rides, auront depuis longtemps creusé leurs sillons.Collaborateur Le Devoir LE POISSON-SCORPION Nicolas Bouvier Gallimard, collection «Folio» Paris, 1996, 192 pages SUITE DE LA PAGE 1 BOUVIER Les premières fois de Nicolas Bouvier Premiers pas (naissance et éducation) Né en 1929 à Grand-Lancy, en Suisse, fils d\u2019un bibliothécaire et de la fille d\u2019un compositeur, Bouvier passera son enfance le nez dans les livres et les atlas.Premier livre L\u2019usage du monde, qu\u2019il publie à compte d\u2019auteur en 1963.Premier voyage Depuis la Suisse, il fera un premier voyage en solitaire à 17 ans en Bourgogne.Territoires explorés La Finlande, le Sahara algérien, l\u2019Asie centrale, le Japon et les îles d\u2019Aran, en Irlande.rable ni flatteur» de perturber ainsi son travail.« On ne m\u2019embrasserait pas si on me croisait dans la rue ou nulle par t ailleurs, avait-elle poursuivi.Ce n\u2019est pas soudainement acceptable parce que je suis une femme devant une caméra en direct à la télé.» Les réseaux sociaux se sont vite emballés : dimanche soir, son message avait déjà été partagé plus de 8700 fois.La journaliste n\u2019a toutefois pas accordé d\u2019entrevue au Devoir, indiquant devoir « encore régler cer taines choses avant même de considérer d\u2019accorder des entrevues dans les médias».Le comportement de Mme Bain, tantôt applaudie pour son sang-froid et son professionnalisme, tantôt jugée comme ayant réagi excessivement à une «plaisanterie», a fortement divisé les internautes.La Société Radio-Canada a tenu à saluer la réaction de sa journaliste : « En gardant son sang-froid de manière évidente après un tel événement, notre journaliste a eu un comportement remarquable en ondes.» «Sa réaction a été instantanée, mais elle a rapidement repris son topo», a renchéri le président de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ), Stéphane Giroux.Lors de grands événements comme Osheaga, les journalistes à la télévision travaillent dans des conditions difficiles, stressantes et doivent faire preuve de beaucoup de concentration, rappelle-t-il.Tout en notant le caractère « solide et combatif » de la journaliste, la sexologue Sophie Morin estime pourtant « pernicieux de féliciter les victimes en fonction de leur réaction, car ça maintient l\u2019idée qu\u2019il y a \u201cune bonne façon\u201d de réagir ».« Les conséquences [pour la victime] peuvent être les mêmes si la personne a figé, si elle a combattu ou si elle a fui.Et le problème, c\u2019est que les personnes qui fuient ou figent sont moins crues et moins soutenues par leur entourage, car on juge qu\u2019elles n\u2019ont pas eu \u201cla bonne réaction\u201d», ajoute-t-elle.« J\u2019ai déjà vu des journalistes qui avaient réagi aux États-Unis [à ce même phénomène], mais que la personne mette une frontière en direct et réaffirme après sur les réseaux sociaux que c\u2019est inacceptable, au Québec, c\u2019est plus rare», reconnaît la sexologue.Banalisation de la culture du viol Pour Cathy Wong, le «manque de réaction de certaines femmes» vient justement d\u2019une banalisation des comportements sexistes.«Les femmes ont accepté les gestes déplacés comme une main aux fesses, des insultes, des commentaires sexistes, un bec sur la joue.Ça fait partie du quotidien, alors elles ont appris à ne plus réagir.Mais ce n\u2019est pas normal qu\u2019on supporte ça quand on n\u2019a pas donné notre consentement», se désole-t-elle.Le geste du festivalier et les commentaires de certains internautes le défendant ne manquent pas d\u2019alimenter cette banalisation, croit Sophie Morin.« Traverser les frontières des autres est considéré comme quelque chose de drôle.C\u2019est une façon d\u2019essayer de montrer qu\u2019on est cool.Les gens font ça avec leurs amis, des proches et perdent de vue les conséquences pour les autres.» « Il y a une dif férence entre faire un bye bye derrière la caméra et agresser une journaliste, s\u2019offusque quant à lui Stéphane Giroux de la FPJQ.Que des adultes majeurs et vaccinés se pensent drôles en venant empêcher une journaliste de faire son travail, je ne comprends pas.» Il considère le geste de l\u2019inconnu comme «agressif et sexiste», témoignant d\u2019un «manque de respect» envers le travail de la journaliste.Il critique également ceux venus à sa défense en invoquant «le climat de fête et l\u2019alcool» à Osheaga.De son côté, l\u2019auteure Catherine Léger regrette de voir le débat autant dégénérer sur les réseaux sociaux dès qu\u2019il s\u2019agit de culture du viol.«C\u2019est comme si une femme ne pouvait pas revendiquer son droit à ne pas être touchée ou agressée sans qu\u2019on lui reproche d\u2019être féministe.Comme si c\u2019était une mauvaise chose d\u2019être féministe ! » déplore-t-elle.L\u2019auteure surveille de près ce phénomène depuis plusieurs années.Sa pièce de théâtre Babysitter, qui joue actuellement au Théâtre La Licorne à Montréal, s\u2019inspire justement d\u2019un incident similaire survenu en Ontario : un employé d\u2019Hydro One avait perdu son emploi après avoir proféré des propos misogynes à la caméra alors qu\u2019il était en entrevue avec une journaliste sportive.Les journalistes dans la ligne de mire?Ridiculiser les journalistes n\u2019a rien de nouveau en Amérique du Nord, où plusieurs d\u2019entre eux ont vu leur travail perturbé en direct ces dernières années.Début 2014, les États- Unis ont connu un mouvement qui consistait à interrompre les journalistes \u2014 sur tout des femmes \u2014 en criant la phrase vulgaire et explicitement sexuelle « fuck her right in the pussy » dans leur micro.Un comportement que l\u2019ex-mi- nistre canadien de la Justice Peter MacKay estimait en 2015 passible de faire l\u2019objet d\u2019accusations au criminel.« C\u2019est une banalisation du métier de journaliste, affirme M.Giroux.On ridiculise les journalistes, car c\u2019est bon dans certains milieux de s\u2019en prendre aux médias.Les gens pensent que c\u2019est un jeu, que les gens vont rire avec eux.» Bien que le phénomène ne soit pas aussi répandu au Québec qu\u2019aux États-Unis, M.Giroux indique rester sur ses gardes.« La FPJQ va agir s\u2019il le faut, on va trouver une solution avec les directeurs des postes de télévision pour la sécurité des journalistes, même si certains répondront que c\u2019est le risque du direct.» Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 BAISER deurs en attendant que ceux-ci trouvent du logement et aient accès à tous les autres services.Les demandes d\u2019asile jugées recevables sont examinées par la Commission de l\u2019immigration et du statut de réfugié du Canada (CISR), dans des délais atteignant normalement 60 jours, mais ils s\u2019allongent de plus en plus.« On contrôle toujours la situation, mais c\u2019est certain qu\u2019on commence à avoir des inquiétudes parce qu\u2019en ce moment on est dans une gestion à cour t terme sans pouvoir réfléchir au moyen terme», confie Mme Dupuis.Jusqu\u2019à présent, le gouvernement du Québec a indiqué que 6505 demandes d\u2019asile ont été déposées entre janvier et fin juin 2017, dont 3350 par des personnes interceptées à la frontière par la Gendarmerie royale du Canada (GRC).Depuis le début juillet jusqu\u2019à jeudi dernier, 3200 personnes supplémentaires seraient arrivées, si l\u2019on calcule sommairement à partir des moyennes avancées la semaine dernière par la ministre de l\u2019Immigration Kathleen Weil.La plupart sont des ressortissants haïtiens qui fuient les États-Unis depuis que le président américain, Donald Trump, a menacé de retirer leur statut de protection temporaire à 58 000 d\u2019entre eux arrivés au pays depuis 2010.Dimanche, lors d\u2019une manifestation de soutien aux migrants, des militants ont aussi demandé au gouvernement d\u2019investir plus de ressources aux douanes.Le Syndicat des douanes et de l\u2019immigration a affirmé la veille que ses travailleurs étaient « extrêmement fatigués » et « débordés » par l\u2019afflux important de migrants.L\u2019Agence des services frontaliers a indiqué avoir augmenté le nombre d \u2019agents aux douanes dans les derniers jours, mais n\u2019a pas donné de chiffres pour des raisons de sécurité.«Nous pouvons dire que l\u2019Agence a ajouté des agents à Lacolle et a installé le traitement des demandes d\u2019asile à l\u2019emplacement actuel, sur le chemin Guay.L\u2019Agence a également loué des locaux dans un site à proximité pour traiter les demandes de manière systématique », indique Judith Gadbois-St-Cyr, porte-parole de l\u2019ASFC.Solidarité Arrivé à Montréal il y a trois jours, Oriel Noel n\u2019en revenait pas de l\u2019accueil que lui réservaient des centaines de Québécois réunis dimanche devant l\u2019entrée du Stade olympique de Montréal, où sont hébergés des demandeurs d\u2019asile.« Ça fait vraiment chaud au cœur », a confié M.Noel, les yeux brillants.L\u2019homme qui a traversé la frontière à la fin du mois de juillet est reconnaissant du traitement des Québécois.«Les gens sont très respectueux avec nous, on se sent bien ici.On mange trois fois par jour, le Stade olympique est très beau, je dors enfin bien et je suis vraiment heureux de voir que les gens veulent qu\u2019on reste», a-t-il dit en jetant un coup d\u2019œil aux nombreuses pancartes brandies par les manifestants qui lui souhaitent la bienvenue.Alanna Dowman faisait partie de ces manifestants.La Montréalaise qui a vécu aux États- Unis tenait à montrer aux migrants qu\u2019ils ont leur place au Québec.« Il y a beaucoup de ces gens qui viennent des États-Unis parce qu\u2019ils ont senti qu\u2019ils n\u2019étaient pas les bienvenus, alors je crois que c\u2019est important de leur montrer qu\u2019ici, on sera là pour eux», a-t-elle expliqué.Lily-Rose Hodgson assistait quant à elle à sa première manifestation.La jeune fille de six ans a aidé sa mère, Marie Lecourt, à confectionner une immense pancarte où elles demandaient aux gouvernements de prouver qu\u2019ils sont sensibles à la cause des réfugiés.« C\u2019était important pour moi de lui montrer qu\u2019il faut être présent pour eux, pour les accueillir, parce qu\u2019elle est jeune et que, malgré le fait qu\u2019elle soit une enfant, elle est par fois confrontée à des idées préconçues, alors je voulais qu\u2019elle soit témoin de cette manifestation de notre ouver ture aux autres », a souligné Mme Lecourt.Le rassemblement avait été organisé par Solidarité sans frontières et le Comité d\u2019action des personnes sans statut pour contrer un rassemblement anti-réfugiés, qui a finalement été annulé.« Des groupes racistes ont tenté d\u2019organiser un événement avec un message négatif, alors nous nous sommes mobilisés pour contrer ce mouvement, si bien que les anti-réfu- giés ont décidé, finalement, d\u2019annuler leur rassemblement », souligne Jaggi Singh, de Solidarité sans frontières.M.Singh a qualifié de « victoire » le rassemblement puisqu\u2019il permet de briser les préjugés.«On montre qu\u2019il ne faut pas avoir peur de ces gens-là, qui utilisent l\u2019intimidation pour alimenter le racisme», a-t-il fait valoir.Avec La Presse canadienne Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 RÉFUGIÉS FACEBOOK Dimanche soir, le message Facebook de Valerie- Micaela Bain avait été partagé plus de 8700 fois.ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Oriel Noel est arrivé à Montréal il y a trois jours après avoir traversé la frontière à la fin juillet.Patinée par la décrépitude et le climat, Indigo Street brille comme une icône.Le vent de mer l\u2019embouche comme une flûte, il y fait danser des rideaux de sable fin qui crépitent sur le toit palmé des charrettes et courent sur le sol en moirures fugaces.Parfois, un crabe-pèlerin, balayé par la bourrasque, la traverse de bout en bout, pinces étendues, en tournoyant comme une feuille morte.Quelle que soit la hauteur du soleil, la lumière y conserve une qualité sous-marine, résolument crépusculaire, comme si Indigo Street avait depuis longtemps sombré corps et biens avec ses figurants.Nicolas Bouvier dans «Le poisson-scorpion» « » "]
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