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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier D
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  • Journaux
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quotidien
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Le devoir, 2017-08-26, Collections de BAnQ.

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[" S Y L V I E V A R T I A N G A R Y L A W R E N C E E n marchant dans les pas d\u2019un écrivain et en visitant les lieux qui l\u2019ont marqué, qu\u2019 i l a habi - tés ou qui ont ser vi de ferment à son imagination, on entre au moins un peu dans sa tête, on sillonne son univers et on accède à toute une dimension inconnue de son intimité, de sa créativité.C\u2019est le cas de toutes ces traces bien visibles laissées par Stephen King dans le Maine, État qui l\u2019a vu naître et grandir, et qui passe du « Vaca- tionland » au Nightmare Coun- tr y sous sa plume, qu\u2019il abreuve comme nul autre à l\u2019encre de l\u2019épouvante.Déjà, le simple fait d\u2019investir les méandres des petites routes de cet État voisin du Québec permet de mieux comprendre l\u2019univers du prolifique auteur.Celles- ci traversent des régions tantôt bucoliques, tantôt déprimantes, souvent ponctuées de demeures décaties ou de commerces abandonnés à leur marasme ordinaire \u2014 autant d\u2019occasions de se perdre et de se faire peur, comme dans One for the Road.Dans cette nouvelle du recueil Night Shift, un père enlise sa voiture par une nuit de blizzard avant de partir chercher de l\u2019aide dans les environs de Jer usalem\u2019s Lot \u2014 nom d\u2019un village fictif et titre d\u2019une terrifiante nouvelle épistolaire de King.Cette histoire à vous glacer le sang voit le narrateur Charles Boone décrire avec force détails le «plus parfait petit village » de Nou- velle-Angleterre dont les maisons « répondaient pleinement aux exigences d\u2019austérité qui ont fait le renom du style puritain».Seuls hics: le village est abandonné, maudit et craint comme la peste, et son église est en proie à des rites sataniques.Dans la vraie vie, ce village serait Durham, un bled sans âme perdu entre les autoroutes 95 et 295, et où Stephen King a vécu quelques années à Tourisme Des musées dans les ruines de l\u2019ancien régime, en Albanie Page D 3 Saveurs Que poussent (vite, vite, vite) les champignons du Kamouraska! Page D 5 C A H I E R D \u203a L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 6 E T D I M A N C H E 2 7 A O Û T 2 0 1 7 PHOTOS GARY LAWRENCE Cette demeure d\u2019antiquaire de Bridgton pourrait avoir servi d\u2019inspiration à la maison hantée décrite dans Jerusalem\u2019s Lot, et à la Marsten House, dans Salem\u2019s Lot.Célébrissime résidant du Maine, Stephen King y vit depuis presque toujours et il y situe l\u2019essentiel de ses intrigues.Voici une visite guidée de plusieurs lieux emblématiques \u2014 réels ou imaginaires \u2014 de ses récits, alors que se bousculent les adaptations de son œuvre sur petit et grand écran.TOURISME MAINE Tour sombre du pays de Stephen King L\u2019illustre auteur de littérature d\u2019horreur a souvent Le cimetière-jardin Mount Hope, à Bangor, a servi de lieu de tournage pour le film Pet Sematary (1989), qui a terrifié toute une génération.VOIR PAGE D 4 : MAINE puisé ses glauques intrigues dans la région Stephen King L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 6 E T D I M A N C H E 2 7 A O Û T 2 0 1 7 P L A I S I R S D 2 Derrière cette initiative atypique, on trouve l\u2019Argentin Pablo Lecuona, 43 ans, qui a d\u2019abord lancé en 1999 la première bibliothèque numérique pour aveugles en espagnol, Tiflolibros, avec plus de 50 000 titres.Il s\u2019est ensuite rendu compte que, s\u2019il voulait aider cette communauté, il fallait aller plus loin.VOYAGE Pour annoncer dans ce regroupement, communiquez avec Evelyne De Varennes au 514 985-3454 ou edevarennes@ledevoir.com POUR ANNONCER DANS CETTE SECTION, VEUILLEZ CONTACTEZ EVELYNE DE VARENNES AU 514 985-3454 info@collectionneursdevoyages.com Tél.: 514 730-9293 DÉTENTEUR D\u2019UN PERMIS DU QUÉBEC Croisière fluviale Les joyaux d\u2019Europe Découvrez Budapest, Vienne, Salzburg, Nuremberg, Bamberg, Cologne et Amsterdam Itinéraire de 15 jours, départ le 2 octobre 2017 Réservez votre croisière de luxe ! * Prix en vigueur selon disponibilité chez le croisiériste.Inclus : croisière, pourboires, boissons, transferts, toutes les taxes, une excursion par port.22, de l\u2019Église, Rivière-au-Tonnerre QC G0G 2L0 \u2022 418 465-2002 INFORMATION ET RÉSERVATIONS : info@voyagescoste.ca \u2022 1 877 573-2678 www.voyagescoste.ca D é t e n t e u r d \u2019 u n p e r m i s d u Q u é b e c P h o t o : J e s s i c a D e l l a B i p a Autotour en Côte-Nord Du 7 novembre au 28 novembre 2017 OFFRE DE DERNIÈRE MINUTE RABAIS DE 400$ PAR COUPLE 4 699$* par personne en occupation double Réservation avant le 31 août 2017 *Tarifs paiement par chèque Courriel : angie@legroupevip.com Tél.: 514.844.3616 ou 1 877.887.7843 sans frais Adresse : 2055 rue Peel, Suite 525, Montréal (QC).LEGROUPEVIP.COM permis du Québec Suivez-nous sur Facebook www.facebook.com/legroupevip LES PLUS DU GROUPE VIP : \u2022 Accompagnateur de Montréal, \u2022 Petit groupe, maximum 17 personnes, \u2022 Guide accompagnateur francophone \u2022 Vol au départ de Montréal avec Swiss International Airlines \u2022 Tous les repas inclus, \u2022 Hébergement hôtels catégorie 3*- 4*- 5* RESTE 2 PLACES INDE DÉPART DE GROUPE 2017 Merveilles de l\u2019Inde du Nord & du Rajasthan DIMANCHE 17 SEPTEMBRE 2017 2105, ch.Ste-Foy, Québec voyages-lambert.com À MONTRÉAL LIEU : AUBERGE UNIVERSEL - 5000, RUE SHERBROOKE EST ENTRÉE LIBRE PRÉSENTATIONS DE NOS CIRCUITS LE CAUCASE AZERBAÏDJAN, GÉORGIE & ARMÉNIE Du 26 mai au 15 juin 2018 LA FRANCE DU SUD-OUEST Du 28 avril au 15 mai 2018 RUSSIE, CAPITALES IMPÉRIALES & CITÉS PRINCIÈRES ST-PÉTERSBOURG, KAZAN, NIJNI-NOVGOROD, ANNEAU D\u2019OR ET MOSCOU Du 5 au 22 mai 2018 L\u2019EMPIRE AUSTRO-HONGROIS HONGRIE - POLOGNE - RÉPUBLIQUE TCHÈQUE - AUTRICHE Du 26 mai au 14 juin 2018 PÉROU & BOLIVIE DUO MYTHIQUE AU COEUR DE LA CULTURE ANDINE Du 6 au 25 avril 2018 11h00 11h00 12h45 12h45 14h15 Expérience d'immersion interculturelle Dharamsala (Inde), Madagascar, Pérou, Sénégal et Vietnam.Séjour de 7 semaines COÛT : de 5 195 $ à 6 225 $ (formule « tout inclus ») proposée aux personnes de 50 ans et plus avec hébergement dans une famille et bénévolat Voyages solidaires Pour assister à une séance d'information, téléphonez au 514 325-0150, poste 2039 http://voyagessolidaires.collegemv.qc.ca * Par personne.Chambre d'hôtel en occupation quadruple.Toutes taxes Incluses.Fonds d'indemnisation des clients des agents de voyage FICAV de 1 $ par tranche de 1 000 $ en sus.Prix valide pour tous les départs en 2017.Permis du Québec (702378).Inclus : autocar grand tourisme, hôtel 3,5 étoiles ou plus, petits déjeuners, guides accompagnateurs francophones.beltour.ca 514 336-0033 ou 1 866 235-8687 Sortez de l'ordinaire ET LAISSEZ-VOUS SURPRENDRE! Consultez notre site Internet ou appelez-nous pour connaître toutes les dates de départ ainsi que nos autres destinations nord-américaines.vous amène ailleurs.AGENCE DE VOYAGES FÊTE DU TRAVAIL ET DE L'ACTION DE GRÂCE Les sièges partent vite! RÉSERVEZ TÔT 1er et 2 septembre 6 et 7 octobre 1er septembre 6 et 7 octobre NEW YORK BOSTON Fête du Travail, départs Action de Grâce, départs à partir de 225 $* à partir de 265 $* n s e o C ali \u2014 Danser la salsa, se promener dans les autobus colorés de la Colombie, s\u2019élancer en parapente\u2026 À Cali, un groupe de touristes fait tout cela, à un détail près : ils sont aveugles ou malvoyants.Venus de plusieurs pays d\u2019Amérique latine et d\u2019Europe, 69 étrangers sont arrivés dans la troisième ville de Colombie pour profiter de « vraies » vacances, grâce à un programme spécialement conçu pour eux et déjà testé en Argentine et au Mexique.Pour découvrir Cali, commune entourée de vert et qui a tourné la page du narcotrafic pour lequel elle était tristement connue, ces touristes d\u2019un nouveau genre sont guidés avec soin.« Cela me semble une expérience merveilleuse, se réjouit Rafa Matos, Espagnol de 47 ans par ticipant au programme.On a les gens qui nous expliquent à tout moment ce qui nous entoure, le chemin, les endroits où l\u2019on marche.» Derrière cette initiative atypique, on trouve l\u2019Argentin Pablo Lecuona, 43 ans, qui a d\u2019abord lancé en 1999 la première bibliothèque numérique pour aveugles en espagnol, Tiflolibros, avec plus de 50 000 titres.Il s\u2019est ensuite rendu compte que, s\u2019il voulait aider cette communauté, il fallait aller plus loin.« En contactant d\u2019autres personnes, j\u2019ai constaté que beaucoup avaient envie de connaître l\u2019Argentine ou d\u2019autres pays, mais ayant un handicap visuel, ils n\u2019osaient pas voyager, car souvent les hôtels ne sont pas adaptés ou prennent peur en voyant une personne malvoyante », explique-t-il.Pour les aveugles et les malvoyants, faire du tourisme est habituellement une épreuve, car « les gens ne savent pas comment s\u2019occuper de nous et cela ne nous aide pas du tout», témoigne ainsi Rafa.À la portée de tous Expert en technologie, Pablo Lecuona a perdu peu à peu la vue quand il était enfant.Mais il a voulu faire en sorte que tous ceux dans sa situation puissent voyager sans limites et sans crainte.Accompagné de guides professionnels et bénévoles, le groupe de 69 touristes \u2014 dont des Allemands, des Espagnols, des Argentins et des Équatoriens \u2014 a parcouru la ville colombienne, participé à des cours de salsa et grimpé dans les fameux bus colorés, les chivas.Rafa Matos a voulu faire plus.Après avoir dansé et effectué une excursion dans les bois, il a décidé de repousser encore ses limites.« Je ne pensais pas m\u2019élancer en parapente, mais au dernier moment je me suis dit : allez, c\u2019est par ti », raconte-t-il, ravi d\u2019avoir fait « des choses dif fé- rentes et nouvelles ».Un autre participant, l\u2019Allemand Christoph Bungard, ne cache pas son enthousiasme : «On ne participe pas seulement à un tourisme accessible, ou sans barrières comme je préfère l\u2019appeler, mais on rencontre aussi des gens de nombreux pays, on se fait de nouveaux amis.» Le séjour d\u2019une semaine leur a aussi offert la possibilité de réaliser des sculptures et d\u2019escalader un mur, grâce à des aides auditives.Les organisateurs assurent que le coût de ce voyage spécialisé est pratiquement le même que ce que paierait une personne sans problème de vision.Selon le pays où le séjour est organisé, chaque participant paie entre 800 et 1200 $, ce qui ne comprend pas les bil lets d\u2019avion.Des bénévoles et des secouristes servent de guides.Agence France-Presse Expérimenter la ville comme un « voyant » En Colombie, un groupe de 69 aveugles et non-voyants s\u2019essaient à la salsa, à la balade en chiva et au parapente LUIS ROBAYO AGENCE FRANCE-PRESSE Des voyageurs participant au programme visitent la plazoleta Jairo Varela, au centre de Cali.Pour les aveugles et les malvoyants, faire du tourisme est habituellement une épreuve R A C H E L O \u2019 B R I E N B R I S E I D A M E M A à Tirana D epuis son bureau situé dans la notoire Maison des feuilles, l\u2019ancien siège des services de renseignement albanais, Nesti Vako espionnait les conversations privées de ses concitoyens pour le compte du régime communiste d\u2019un des pays les plus isolés d\u2019Europe.«J\u2019avais une table, du café et un peu d\u2019équipement», se souvient cet homme jovial de 74 ans en accompagnant l\u2019AFP lors d\u2019une visite de ce bâtiment transformé en musée et ouvert au public depuis le mois de mai.La Maison des feuilles doit son nom poétique au lierre grimpant qui recouvrait ses murs.Les visiteurs y découvrent aujourd\u2019hui les outils et les méthodes utilisées pendant plus d\u2019un demi-siècle, jusqu\u2019aux années 1990, par le régime communiste pour contrôler la population.«On plaçait des micros dans les hôtels, les ambassades, etc.Ils étaient dissimulés sous les tables, les chaises, dans les lampes », raconte avec passion Vako, un ancien responsable du ser vice de surveillance.Le musée est dédié « aux victimes innocentes d\u2019espionnage, de persécutions, d\u2019arrestations, de condamnations et d\u2019exécutions par un régime qui ambitionnait d\u2019instaurer un plein contrôle sur les corps et les âmes» de ses citoyens, précise une plaque à l\u2019entrée du musée.Dans une des chambres sont exposés les dif férents outils d\u2019écoute \u2014 fabriqués en Chine, en Albanie, en Allemagne et au Japon \u2014 destinés à capter la moindre critique ou activité interdite, tels la pratique de la religion ou les voyages à l\u2019étranger.Ailleurs, le visiteur découvre un atelier où étaient fabriqués des doubles de clés pour permettre des fouilles illégales ou encore un laboratoire où étaient testées aux agents biologiques et chimiques les lettres adressées au tout-puissant dictateur Enver Hoxha.Les accessoires utilisés, tel un long manteau noir équipé d\u2019une poche secrète, sont dignes d\u2019une parodie des films de James Bond.Les conséquences de cette sur veillance permanente et rapprochée restent, elles, «une plaie ouverte» pour les quelque 2,9 millions d\u2019habitants du pays, remarque la directrice du musée, Etleva Demollari.Passé sombre Selon l\u2019Association albanaise des anciens prisonniers politiques, 5577 hommes et 450 femmes ont été exécutés par le régime paranoïaque d\u2019Enver Hoxha.Des dizaines de milliers de personnes ont été condamnées aux travaux forcés ou à la prison.L\u2019ouverture au public de la Maison des feuilles apparaît comme une tentative de faire face à ce passé sombre et fait suite à l\u2019inauguration, il y a quelques années, de deux bunkers transformés eux aussi en musées.Toutefois, aucun site majeur où ont eu lieu des persécutions n\u2019a jusqu\u2019à présent été transformé en centre à la mémoire des victimes.Saimir Maloku, 71 ans, entend bien changer cela.Cet ancien prisonnier du camp de Spac (94km au nord-est de Tirana) a survécu, selon ses dires, à six ans dans « l\u2019enfer de Dante».Dans ce camp, des «ennemis de l\u2019État» étaient condamnés aux travaux forcés dans une mine de cuivre et de pyrite, encore exploitée aujourd\u2019hui.«Dans certaines galeries de la mine, les températures étaient bien au-dessus des 40 degrés.J\u2019étais un mort vivant », raconte cet homme qui, accusé d\u2019être un espion britannique, a également écopé de trois années supplémentaires de prison après la réclusion à Spac.Depuis la chute du communisme en Albanie, Saimir milite pour la transformation de cet ancien camp, situé dans une zone montagneuse reculée, en musée dédié à la mémoire des victimes.Le site est aujourd\u2019hui pratiquement en ruine.Une organisation de protection des monuments basée à New York l\u2019a inscrit en 2015 sur une liste de 50 monuments du monde « extrêmement détériorés ».Des travaux d\u2019urgence, financés par la Suède et organisés par la branche locale de l\u2019ONG Héritage culturel sans frontières, ont débuté en juin pour préserver les lieux.Le but ultime est de créer un « mémorial », précise Lejla Hadzic, qui dirige au sein de cette ONG des études sur le si te, organise des discussions sur son avenir, ainsi que des visites.Mais il manque encore des fonds.L\u2019organisation locale Spac Musée a, de son côté, installé des panneaux d\u2019information dans le complexe.Dans la Maison des feuilles, Vako, lui, ne se remet pas en question.Au contraire : «Je suis fier de mon travail.Que fai- sions-nous?Nous vérifiions des informations pour voir si des individus se livraient à des activités anticonstitutionnelles », insiste-t-il.Agence France-Presse ALBANIE Bâtir des musées sur les ruines du régime communiste L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 6 E T D I M A N C H E 2 7 A O Û T 2 0 1 7 P L A I S I R S D 3 Selon l\u2019Association albanaise des anciens prisonniers politiques, 5577 hommes et 450 femmes ont été exécutés par le régime paranoïaque d\u2019Enver Hoxha.Des dizaines de milliers de personnes ont été condamnées aux travaux forcés ou à la prison.TOURISME Pour annoncer dans ce regroupement, communiquez avec Evelyne De Varennes au 514.985.3454 ou edevarennes@ledevoir.com HÉBERGEMENTS EN RÉGION BONS PLANS / ESCAPADES PHOTOS GENT SHKULLAKU AGENCE FRANCE-PRESSE Les visiteurs de la Maison des feuilles peuvent observer les dif férents outils de surveillance et d\u2019espionnage utilisés pendant le régime d\u2019Enver Hoxha, des artefacts et des photos d\u2019archives.Saimir Maloku, 71 ans, est un ancien prisonnier du camp de Spac, où il a été forcé de travailler dans une mine de cuivre.Depuis la chute du régime, l\u2019homme milite pour que l\u2019on fasse du lieu un musée dédié à la mémoire de ses victimes.On plaçait des micros dans les hôtels, les ambassades, etc.Ils étaient dissimulés sous les tables, les chaises, dans les lampes.Nesti Vako, ex-espion au service du régime communiste « » La Maison des feuilles doit son nom poétique au lierre grimpant qui recouvrait ses murs PHOTOS GARY LAWRENCE La splendide \u2014 et un peu lugubre \u2014 résidence de Stephen King, sur l\u2019avenue West Broadway, à Bangor.À droite, vue de Portland, dans le Maine, ville qui a vu naître le prolifique auteur en 1947.L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 6 E T D I M A N C H E 2 7 A O Û T 2 0 1 7 P L A I S I R S D 4 Pendant des années, King a emprunté la route 2, quand il a commencé à enseigner dans la ville voisine de Hampden.«Plusieurs de ses idées sont nées sur cette route, qu\u2019il privilégiait parce que sa voiture était en si mauvais état qu\u2019il ne voulait pas prendre l\u2019autoroute, de peur d\u2019avoir à payer la remorqueuse.» TOURISME partir de l\u2019âge de 11 ans.En sillonnant les routes environnantes quasi désertes, on comprend bien vite comment ce village, au pire sinistre, au mieux déprimant, a pu inspirer des récits teintés d\u2019angoisse.Si on ne peut s\u2019assurer que l\u2019église de Durham est ornée d\u2019une croix inversée comme dans la nouvelle de King, elle est bel et bien abandonnée \u2014 tout comme quelque bicoque, çà et là.Mais c\u2019est plutôt l\u2019église de Shiloh, à une dizaine de kilomètres, qui aurait instillé dans l\u2019esprit de King la maison hantée de Chapelwaite, lugubrement décrite dans Jerusalem\u2019s Lot, et plus tard la cauchemardesque Marsten House, dans Salem\u2019s Lot.D\u2019aucuns estiment cependant que c\u2019est la résidence (présentement à vendre) d\u2019un antiquaire de Bridgton, autre ville où King a vécu, qui lui aurait servi de matière première lorsqu\u2019il a imaginé les terribles maisons des familles Boone et Marsten.Brumes et embrouilles Dans The Mist, cette placide localité ponctuée d\u2019augustes demeures subit sans relâche les assauts de créatures nées d\u2019expériences scientifiques ratées.Ces monstres anthropophages, qui se déplacent avec une épaisse brume mortifère recouvrant Long Lake, assiègent les résidants au supermarché Federal Foods (inspiré par le réel Food City, qu\u2019on peut voir aujourd\u2019hui).Mais Bridgton ser t aussi de cadre à la glaçante nouvelle « The Monkey », dans le recueil Skeleton Crew.Plus à l\u2019est, l\u2019ancienne ville manufacturière de Lewiston, qui apparaît dans le tome VII de The Dark Tower et dans Kingdom Hospital, est bien plus glauque que Bridgton, avec ses grandes usines abandonnées aux fenêtres placardées.Avec la construction du chemin de fer, de nombreux Canadiens français s\u2019y établirent dès 1870, et le centre-ville a même fini par être surnommé « le Petit Canada ».Ce quartier subsiste encore au- jourd\u2019hui et on y note un regain de vie du français grâce à l\u2019arrivée récente de réfugiés africains francophones.En parcourant les routes du Maine, les patronymes français surgissent d\u2019ailleurs à tout instant, dernières traces de travailleurs jadis venus du nord, et dont seul le nom perdure, en général.Stephen King souligne régulièrement cette réalité en truf fant ses histoires de personnages nommés Dufresne (Shaws- hank Redemption), LaChance (The Body) et autres Gendron (Needful Things).Stephen à la plage Même si la majorité des récits de King sont situés à l\u2019intérieur des terres du Maine, l\u2019écrivain a aussi envoyé ses protagonistes respirer le vent du large à quelques reprises.Ainsi, dans la nouvelle « Night Surf » (publiée dans le recueil Night Shift), l\u2019auteur relate les dernières heures d\u2019un groupe de sur vivants d\u2019une pandémie, réfugiés sur une plage évoquant les stations balnéaires du Maine, dont il décrit les boutiques à tr uc- muches fréquentées par les estivants \u2014 on pense tout de suite à Old Orchard.Plus au sud, Ogunquit sert de cadre à un bref épisode de The Stand.C\u2019est là que s\u2019entame le parcours de Frannie Goldsmith, qui a survécu à la pandémie, et qui observe le paysage déserté par les riches vacanciers, au Harborside Hotel.Enfin, l\u2019éclipse solaire du 21 août dernier n\u2019est pas sans rappeler celle qui a permis à Dolores Clairborne, dans le roman du même nom, de se débarrasser de son butor d\u2019époux incestueux en le précipitant au fond d\u2019un puits, sur Little Tall Island.Si l\u2019on en croit la petite carte qui accompagne le récit, celle-ci serait située à l\u2019est d\u2019une réelle trilogie d\u2019îles formée par Knight Island, Water Island et\u2026 Mistake Island, au sud- ouest de Jonesport.En route vers Bangor Né à Portland en 1947, Stephen King a vécu au Connecticut, en Ohio, dans le Wisconsin et au Colorado \u2014 où il a pondu The Shining \u2014, mais il a aussi déménagé à plusieurs reprises dans le Maine qui l\u2019a vu naître.Dans les années 80, King a ainsi loué une maison à Orring- ton, dans le comté de Penobs- cot, au 664, River Road \u2014 une route très passante, comme celle de Pet Sematary, roman qu\u2019il y a écrit.C\u2019est le décès de son chat Smucky, happé par un véhicule devant chez lui, qui aurait inspiré le récit de la mort et de la résurrection du fils de Louis Creed, dans le roman \u2014 mais aussi la présence d\u2019un véritable cimetière animalier, dans le village.Avis aux intéressés: la maison est présentement à vendre, mais la River Road est toujours aussi achalandée\u2026 Aujourd\u2019hui, c\u2019est non loin d\u2019Orrington que réside principalement Stephen King, et où se déroulent plusieurs de ses histoires.Rebaptisée Derry dans ses romans, c\u2019est en réalité Bangor qui est mentionnée dans Insomnia, Dreamcatcher, The Tommyk- nockers et 22/11/63 , de même que dans plusieurs nouvelles (dont « Autopsy Room Four », « Mrs.Todd\u2019s Shor tcut » et « The Road Virus Heads North »).Ville née par et pour l\u2019industrie du bois, Bangor vivote paisiblement le long du fleuve Pe- nobscot \u2014 que Champlain a exploré en 1605 \u2014 avec un immense complexe hospitalier, partiellement financé par King, comme principal employeur.Complètement fauché à son arrivée dans cette ville, l\u2019auteur y a vécu dans une maison mobile et dans son quartier le plus défavorisé, où il travaillait pour une buanderie, The New Franklin Laundry (125, Fern St.), aujourd\u2019hui disparue.Pendant des années, King a aussi empr unté la route 2, quand il a commencé à enseigner dans la ville voisine de Hampden.« Plusieurs de ses idées sont nées sur cette route, qu\u2019il privilégiait parce que sa voiture était en si mauvais état qu\u2019il ne voulait pas prendre l\u2019autoroute, de peur d\u2019avoir à payer la remorqueuse advenant une panne», explique la guide Penney Tinker, de SK Tours.Le magasin d\u2019articles de cuisine R.M.Flagg a ainsi donné son nom au personnage Randall Flagg, l\u2019incarnation du mal dans The Stand et The Dark Tower, alors qu\u2019une usine désaffectée lui a permis d\u2019imaginer celle, infestée de rats géants, de Graveyard Shift.Et c\u2019est toujours sur la route 2 que se trouve le splendide cimetière-jardin Mount Hope, où fut tournée une scène de l\u2019adaptation cinématographique de Pet Sematary, et où Stephen King joue le rôle d\u2019un prêtre.De retour en ville, le stationnement à étages du casino de Bangor permet d\u2019avoir une vue imprenable sur la colossale statue de Paul Bunyan, bûcheron légendaire qui prend vie et attaque Richie Tozier à la hache dans It.C\u2019est sur un banc de parc des hauteurs de Bangor qu\u2019aurait été largement écrit ce roman, l\u2019un des plus célèbres de King.Droit en face trône le Thomas Hill Standpipe, probablement le plus gracieux des châteaux d\u2019eau de l\u2019histoire de l\u2019humanité\u2026 d\u2019où émergent les cadavres de deux enfants noyés, toujours dans It.Non loin de là, à l\u2019angle des rues Jackson et Union, une grosse plaque d\u2019égout est souvent encerclée de badauds, et pour cause : elle est à l\u2019origine de la scène culte de la première apparition de It, entité maléfique dévoreuse d\u2019enfants, et qui prend ici la forme du clown Pennywise.Percé de grands orifices pour évacuer les eaux des averses torrentielles, ce stormdrainer ne ressemble cependant en rien au caniveau urbain qu\u2019on voit dans l\u2019adaptation cinématographique de 1990.À quelques pâtés de maisons s\u2019étend la chic avenue West Broadway, où les magnats de l\u2019industrie du bois se sont jadis érigé d\u2019immenses demeures bourgeoises.Avant de commencer à s\u2019enrichir grâce au succès de Carrie, Stephen King venait s\u2019y balader en famille, jurant qu\u2019un jour il y vivrait.Au- jourd\u2019hui, il habite une immense propriété (au numéro 47), flanquée d\u2019une clôture en fer forgé ornée de chauves-souris, d\u2019une araignée et d\u2019une hydre, et il possède même la vaste maison voisine\u2026 pour accueillir ses invités.Derrière le boisé attenant à sa résidence, au bas de la colline, le stade de baseball Shawn T.Mansfield a été entièrement financé par King (pour la bagatelle de 3 millions de dollars), mais il a refusé d\u2019y apposer son nom.« Il a préféré lui donner celui du fils d\u2019un ami qui avait une maladie dégénérative et qui ne pouvait pas jouer au baseball », dit Penney Tinker.Enfin, pour établir quelque parallèle avec The Dead Zone, mieux vaut se rendre à Her- mon, aux por tes de Bangor.Derrière le restaurant Dys- ar t\u2019s (530, Coldbrook Rd), dont on parle dans Maximum Overdrive, l\u2019hôtel Best Western White House \u2014 dont la devanture imite maladroitement la Maison-Blanche \u2014 abrite une photo grandeur nature de Donald Trump.Le président fait tellement penser à Greg Stillson, le ridicule mégalomane qui vise la présidence dans The Dead Zone, que c\u2019est à se demander si Stephen King ne lit pas aussi dans l\u2019avenir, comme Johnny Smith\u2026 Collaborateur Le Devoir SUITE DE LA PAGE D 1 MAINE En lisant les descriptions de Stephen King dans Night Surf, on pense inévitablement à la station balnéaire d\u2019Old Orchard.En vrac Depuis sept ans, Stu et Penney Tinker proposent un pèlerinage sur les traces de Stephen King, à Bangor.La virée de 3 à 4 h s\u2019effectue essentiellement en camionnette et forme une boucle qu\u2019on entame au restaurant Dysart\u2019s.Coût: 45 $US.sk-tours.com Cette année et la prochaine, de nombreuses œuvres de Stephen King sont ou seront portées au petit et au grand écran.Au cinéma, The Dark Tower est sorti en salle le 4 août dernier, et il sera suivi d\u2019une nouvelle mouture de It, le 8 septembre.À la télé, on peut présentement suivre les séries The Mist et Mr.Mercedes, alors que Castle Rock débutera en 2018.Enfin, Netflix présentera Gerald\u2019s Game en septembre, ainsi que 1922, plus tard cette année.Infos : visitmaine.com, stephenking.com Le Thomas Hill Standpipe, château d\u2019eau de Bangor, est tristement mentionné dans le roman It\u2026 «C\u2019 est fou comme ça pousse ! » Ce matin, Mireille s\u2019émerveille devant son parterre de strophaires rouge vin.À peine dix la veille, et le lendemain, hop! Des centaines sont sortis! Pousser comme un champignon\u2026 Depuis qu\u2019elle en expérimente la culture sur son lopin de terre à L\u2019Islet-sur- Mer, Mireille constate jour après jour la justesse fongique de cette expression! Mireille Gaudreau fait partie d\u2019un réseau de 22 propriétaires du Kamouraska et de secteurs limitrophes comme L\u2019Islet, Ri- vière-du-Loup et le Témis- couata, qui ont répondu à l\u2019appel du centre collégial de transfert de technologie Biopterre il y a plus d\u2019un an pour expérimenter la culture de champignons en couvert forestier.Des amoureux de champignons sauvages qui veulent se lancer dans l\u2019exploitation, des retraités qui ont des lots de bois et se cherchent une activité, des passionnés d\u2019horticulture comme Mireille, qui s\u2019occupe des relations médias pour un établissement de santé, etc.Tous des mordus.Tous débutants dans la culture du champignon.Pleurotes en forme d\u2019huître, shiitakés et strophaires rouge vin sont les trois saprophytes, c\u2019est-à-dire qu\u2019ils se nourrissent de la décomposition du bois, testés cette première année.On connaît le champignon de culture en milieu fermé, comme le champignon de couche.On connaît beaucoup moins celui en milieu ouvert contrôlé, en contexte naturel, par exemple sur des litières de copeaux de bois ou des billots.Là où cultive Mireille, notre apprentie, est un ancien verger ayant appartenu à son grand- père.Ses champignons décom- poseurs se trouvent donc à portée de main.Pour d\u2019autres participants, la mise en culture des parcelles d\u2019étude s\u2019est faite plus loin de leur résidence, en forêt.S\u2019organiser Devant l\u2019engouement pour le champignon forestier, des projets de culture voient le jour.Car l\u2019offre actuelle ne permet pas de couvrir la demande, qui ne fait que croître.Le champignon est une ressource vivante, tributaire de la météo et de divers facteurs environnementaux.Et même si les réseaux de cueil- leurs se sont déployés à travers la province, le marché manque de champignons.C\u2019est là que des centres de recherche appliquée comme Biopterre entrent en scène.Le projet de l\u2019OBNL s\u2019appelle Optimisation et développement de procédés de cultures extérieures de champignons saprophytes à travers un réseau de producteurs régionaux.Son financement est bouclé pour les trois prochaines années (environ 450 000 $).Ses objectifs peuvent se scinder en deux grandes phases : la première s\u2019intéresse aux champignons communément cultivés au Québec (pleurotes, shiita- kés, strophaires), en optimisant les façons de faire ; la deuxième, à la culture de champignons peu ou pas du tout produits au Québec.Il s\u2019agit de développer des marchés qui ne sont pas dans le comestible, comme le secteur pharmaceutique ou la coloration du bois.«On ne remplace pas le sauvage par la culture », précise toutefois Pascale G.Malen- fant, professionnelle de recherche et chargée de projet au sein de l\u2019équipe de myco- technologies, produits forestiers non ligneux et cultures innovantes chez Biopterre.Les champignons sauvages tant prisés en gastronomie ne sont pas les mêmes que ceux qui sont cultivés.«On vise à ap- por ter un approvisionnement plus constant, plus indépendant des conditions météo, et à créer du volume», explique la chercheuse.C\u2019est aussi choisir et optimiser les façons de faire pour mieux produire.Comme cette souche fongique qui sera plus performante.Depuis une petite dizaine d\u2019années, la filière des champignons forestiers émerge par le truchement de dif férentes entreprises, des écoles de formation.Mais comme le précise Pascale en entrevue, le développement reste ar tisanal, avec des moyens peu standardisés, peu d\u2019optimisation des procédés.« On veut vitaliser nos milieux naturels, insuffler de l\u2019activité économique dans une industrie [des produits forestiers] en difficulté.Cela se fait déjà beaucoup en Chine ou en Espagne.L\u2019exploitation de champignons est un vrai moteur d\u2019économie régionale.» Conditions de culture Chaque semaine, Mireille reçoit la visite de Marie- Claude, ou d\u2019un autre membre de l\u2019équipe.La technicienne en agroenvironnement relève diverses données dans les plate- bandes de culture numérotées.Sol, air, humidité, ombrage (le couvert forestier et l\u2019accès à l\u2019eau étant des prérequis importants pour pouvoir participer au projet)\u2026 Tout y passe.Sans oublier les bons conseils prodigués pour suivre la croissance de ces « bébés » pleurotes qui percent sur les billots.Car les tests se font sur des platebandes, mais également sur des bûches de bois préalablement inoculées de mycélium de champignon, voire dans des sacs de jute.On teste plein de choses, on observe, on apprend.«Les experts de Biopterre nous transmettent leur savoir.C\u2019est génial ! » confie Mireille.Pour elle comme pour les 21 autres producteurs débutants, cette année en est une d\u2019appropriation.Avec de belles surprises, comme ces pics de production qui font pousser des cris d\u2019exaltation, mais aussi des défis à relever, comme ces limaces voraces, ou la nécessité d\u2019ajuster sa production pour avoir des champignons en continu.«Outre la recherche, le projet nous permet d\u2019outiller les producteurs tout au long du projet.Ils se rencontrent, ils suivent des formations.Cela permet de voir où nous en sommes du côté des résultats.Une chimie opère au sein des membres du réseau.C\u2019est vraiment intéressant», ob- ser ve Pascale.Certains producteurs réfléchissent à leur mise en marché \u2014 Mireille en vend déjà à des restaurateurs de son coin \u2014, tandis que d\u2019autres se bricolent des machines pour améliorer des procédés de culture ! «Nous sommes en bonne voie de devenir la région productrice de champignons au Québec.Sans oublier les régions de la Mauricie et du Lac-Saint-Jean, où la filière champignon se développe également très bien, différemment, selon les possibilités de chacun», se réjouit Pascale.En effet, la région du Kamou- raska, qui investit depuis au moins sept ans en recherche et en mycotourisme pour l\u2019exploitation des champignons forestiers, jouit d\u2019un bel environnement de connaissances, d\u2019expertises et d\u2019innovations avec la présence de l\u2019Institut de technologie agroali- mentaire ou d\u2019un centre comme Biopterre.« Nous avons cette \u201ctwist\u201d particulière.Mais ce qui nous aide énormément est le fait que les différents acteurs se donnent un objectif commun », précise la spécialiste.«Si nous développons un vrai réseau de producteurs de champignons, j\u2019en serai heureuse.Mais pour le moment, cela reste un passe-temps qui me demande peu.Il faut juste une vigie lorsqu\u2019on entre dans un pic de production.À ce moment-là, il faut cueillir tous les jours.Car quand ça pousse, ça pousse ! » jubile Mireille.?La troisième édition du Festival des champignons forestiers du Kamouraska aura lieu du 31 août au 4 septembre au café-bistro Côté Est.bit.ly/2vUPQrG Des champignons en veux-tu en voilà ! Un nouveau projet de recherche de Biopterre initie des propriétaires à la culture de champignons en milieu forestier L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 6 E T D I M A N C H E 2 7 A O Û T 2 0 1 7 P L A I S I R S D 5 Devant l\u2019engouement pour le champignon forestier, des projets de culture voient le jour.Car l\u2019of fre actuelle ne permet pas de couvrir la demande, qui ne fait que croître.Et même si les réseaux de cueilleurs se sont déployés à travers la province, le marché manque de champignons.SAVEURS Pour annoncer dans ce regroupement, communiquez avec Evelyne De Varennes au 514.985.3454 ou devarennes@ledevoir.com SAVEURS DU TERROIR Chouette automne à la ferme ! Septembre \u2022 Cueillette de courges \u2022 Ails de la ferme \u2022 Promenade dans les sentiers avec votre chien Octobre \u2022 Cueillette des citrouilles et activités Samedi et dimanche de 10 h à 16 h www.fermeethier.com LE MARAÎCHER ANDRÉ CÔTÉ LES JARDINS D'ABBOTSFORD D.C.GUY GERMAIN Les strophaires, ici poussant sur des copeaux de saule, font partie des variétés cultivées dans le cadre du projet de Biopterre avec les agroculteurs.Le thé traditionnel iranien Par Heméla Pourafzal Cette semaine, nous n\u2019allons pas vous donner une recette, mais plutôt vous parler d\u2019un rituel chez toutes les familles iraniennes: celui du thé.Il est tellement ancré dans notre culture qu\u2019autrefois, une fille qui voulait trouver un mari devait absolument bien savoir le préparer et le servir.Dès que vous arrivez chez quelqu\u2019un, on vous offre un thé servi dans un joli verre, qui permet d\u2019apprécier sa couleur.Chaque famille a son mélange plus ou moins secret et le samovar sur lequel trône la théière est allumé à longueur de journée.Le thé est dégusté avec du citron vert ou des dattes, et y ajouter du lait est pratiquement un sacrilège.Un mélange est composé de plusieurs sortes de thé noir plus ou moins parfumé : Earl Grey, Darjeeling, thé noir de l\u2019Inde.Chaque famille y ajoute son ingrédient secret : zeste de citron sec, peau de cardamome, pointe de safran, fleur d\u2019oranger\u2026 À chacun de créer son propre mélange ! Préparation Traditionnellement, le thé se prépare sur un samovar, mais voici une méthode pour le préparer autrement.Dans une théière, mettre 2 cuillérées à café du mélange de thé, puis verser de l\u2019eau bouillante jusqu\u2019aux trois quarts.Laisser infuser de 10 à 15 minutes sur une source de vapeur (une bouilloire, une casserole ayant un couvercle à trous ou une casserole en bloquant la théière avec une assiette).Dans des verres qui supportent la chaleur, verser un peu du concentré de thé de la théière et ajouter de l\u2019eau bouillante pour obtenir un thé plus ou moins fort selon votre goût.Dernier secret : en général, on ne sucre pas le thé iranien, mais on le boit accompagné de sucres candi ou d\u2019un petit biscuit.BYBLOS LE PETIT CAFÉ 1499, avenue Laurier Est 514 523-9396 SOPHIE SURANITI Le strophaire rouge vin Ce champignon tout mignon tout rond entre peu à peu dans le milieu de la restauration et dans quelques épiceries ou marchés publics.Plus de corps, plus de goût (notamment, un léger goût de noisette), malgré sa nature indigène, il reste difficile à trouver en milieu naturel.Différentes souches cultivables sont offertes sur le marché.Pierre-Luc Cho- quette, avec son entreprise Saveurs du boisé Cho- quette, en Estrie, fut le premier à le cultiver.Au Sague- nay, Simon-Pierre Murdock, de l\u2019entreprise Morille Québec, a lancé cette année sa propre culture de stro- phaires rouge vin en champ.Mais pour le moment, la production est destinée aux chefs restaurateurs.ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Pascale G.Malenfant O uver te en 1993, la Maison de la prune à Saint-André de Ka- mouraska est une histoire d\u2019amour entre ce domaine et ses propriétaires.Quand, en 1974, Paul-Louis Mar tin et Marie de Blois achètent la propriété, ils n\u2019avaient aucune idée de la présence des pruniers de Damas sur le terrain.C\u2019est après avoir goûté à leurs fruits et découver t leur histoire étonnante qu\u2019ils décident de mettre en valeur la dernière prunelaie de la Côte- du-Sud.Un peu d\u2019histoire Sifroy Guéret dit Dumont, descendant d\u2019une famille normande installée dans la région à la fin du XVII siècle, est un marchand rural entreprenant pour qui les af faires vont bien.En 1840, i l fai t construire une immense maison \u2014 bâtiment d\u2019esprit néo- classique qui comprend 24 pièces, dont le magasin dans le sous-sol.Aujourd\u2019hui, c\u2019est d\u2019ailleurs dans l\u2019ancien magasin jol iment reconstitué qu\u2019on peut se procurer de dé- l icieux produits maison à base de prunes fabriqués par Marie.Autour de la rési - dence se trouvent encore une grande laiterie, un hangar à grain transformé en centre d\u2019 interprétation, la confiturerie, un caveau à légumes, le verger-musée et le nouveau verger.Le verger\u2013musée date d\u2019environ 1871, moment où, suivant les traces d\u2019un riche marchand de Saint-Roch-des-Aul- naies, Amable Morin, Sifroy Guéret dit Dumont plante 1000 pruniers, qui donnent principalement des pr unes Damas bleues et jaunes, mais aussi des pommiers, des pom- metiers, quelques cerisiers et des amélanchiers.Chaque automne, le marchand envoie de grandes quantités de prunes par goélette vers Québec.Comme le marché est fructueux pour « les p\u2019tites prunes du bas du fleuve » ou « p\u2019tites prunes d\u2019habitant », plusieurs dizaines de vergers se développent dans la région et ailleurs au Québec à cette époque.Depuis, cette production a vécu un déclin graduel.En augmentation jusque dans les années 1920, la pro- duc t ion d iminue ensu i te jusqu\u2019à la fin de la Deuxième Guer re mondiale dans le comté de L\u2019Islet, puis partout au Québec, pour devenir au- jourd\u2019hui marginale.D\u2019abord, le nodule noir causa beaucoup de ravages dans les vergers et en détruisit plusieurs.Encore aujourd\u2019hui, cette maladie doit être bien contrôlée pour éviter sa propagation.Une mauvaise organisation de la mise en marché aurait de plus joué contre les producteurs.Aussi, la trop grande variété de prunes cultivées dans la région aurait eu une incidence sur les ventes.Uni- f o r m i t é , q u a n d t u n o u s guettes ! Puis, le fait que les pruniers produisent en abondance seulement une année sur deux déplaît au marché.Finalement, le facteur qui a le plus joué sur ce déclin est l\u2019arrivée massive par train de prunes de l\u2019Ontario et de la Californie, précise Paul-Louis Martin.Un savoir-faire impressionnant À une cer taine époque, déjà, cette région agricole était très dynamique.Elle avait même sa propre société d\u2019hor ticulture, la Société d\u2019hor ticulture du comté de L\u2019Islet, qui offrait des conseils aux producteurs de fruits et de légumes.C\u2019est probablement grâce à leurs conseils que le site de cette prunelaie a été si bien choisi.Non loin du fleuve, elle bénéficie de son ef fet tampon, mais elle est aussi à l\u2019abri des vents du nord, nord-ouest, car adossée à la montagne.De plus, le sol riche et passablement argileux conserve son humidité, ce qui convient parfaitement aux pruniers, dont les racines sont en surface.Les trois variétés anciennes cultivées à la Maison de la prune sont la Damas bleue, la Damas jaune et la Lombard.Par mi les trois , la Damas bleue est probablem e n t l \u2019 u n e d e s p l u s a n ciennes variétés connues en occi - dent.Elle est vigoureuse et très productive une année sur deux.Ses fr uits de petit à moyen poussent souvent en grappes et ils sont couver ts d\u2019une pruine.Sa peau tendre varie du pourpre au bleu-vio- let foncé.Sa chair jaune juteuse et parfumée est mi-su- crée avec une légère pointe d\u2019acidité.Raf f inée, la fragrance de cette prune est encore utilisée par Christian Dior pour le parfum J\u2019adore.Elle est excellente pour la table et la transformation.Bon à savoir, cette variété est mieux adaptée au climat maritime qu\u2019au climat continental.Lors de mon passage, une dame originaire de Montma- gny racontait à M.Mar tin que, jeune, elle avait mangé de ces prunes, car sa mère en produisait.Elle voulait se procurer un prunier.Quant à la Damas jaune, el le ressemble à la bleue, sauf que sa peau est jaune, pigmentée de rouge.Sa chair, riche, légèrement acidulée et peu juteuse, est excellente pour les conser ves.Finalement, la Lombard est une variété d\u2019origine hollandaise.Elle est robuste et a l \u2019 a v a n t a g e d e s\u2019adapter à dif fé- rents types de sol.Comme les autres, elle pro- dui t abondamment une année sur deux.Cette pr une est ronde de couleur rouge foncé, et sa chair est jaune avec un peu de roux.Elle est tendre, sucrée et légèrement par fumée.C\u2019est avant tout u n e p r u n e d e c o n s e r v e .M.Mar tin a recommandé cette variété à la dame de Montmagny, car elle serait mieux adaptée au cl imat continental de Cowansville, où elle vit maintenant.Pas encore mûrs Quand je suis passée, je n\u2019ai pas pu goûter les fruits, car ils seront mûrs dans environ deux semaines.Déception.J\u2019ai tout de même acheté de savoureux produits.Si l\u2019envie vous prend de découvrir ces prunes, cette année, la récolte devrait être bonne, car certains arbres sont char- g é s d e f r u i t s .J e v o u s conseil le d\u2019y al ler le di - manche pour profiter de la vis i t e g u i d é e , q u i a l i e u à 10 h 30.Une réser vation est obligatoire : 418 493-2616.Si vous souhaitez vous procurer une des trois variétés anciennes cultivées à la Maison de la pr une, Ruralys, à Sainte-Anne-de-la-Pocatière, se spécialise dans la reproduction de variétés anciennes de fruits, dont les prunes.lgobeille@ledevoir.com Pour l\u2019amour des prunes Sans la passion de ses propriétaires, la Maison de la prune, âgée de plus de 100 ans, aurait sûrement disparu L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 6 E T D I M A N C H E 2 7 A O Û T 2 0 1 7 LE COIN VERT D 6 MARIE VERMETTE inc.Fleurs, plantes et objets choisis 801, av.Laurier Est, Montréal Livraison 1 877 272-2226 514 272-2225 www.marievermette.com BONNE RENTRÉE ! 25 ANS LISE GOBEILLE Dans la bibliothèque POURQUOI MON COMPOST EST-IL CHAUD ?Et AUTRES QUESTIONS ESSENTIELLES SUR LE JARDIN Guy Barter Collection Jardinage Delachaux & Niestlé 224 pages 26 juin 2017 Cent trente questions et réponses sur les graines et les plantes, les fleurs et les fruits, le sous-sol et la météo\u2026 pour satisfaire le jardinier curieux de son environnement.Amusant et éducatif, il a été écrit par l\u2019horticulteur en chef de la RHS, la Société royale d\u2019horticulture de la Grande-Bre- tagne, Guy Barter.Ce dernier a répondu pendant 20 ans aux questions des jardiniers à la radio d\u2019abord, puis pour la Société.Chaque question a une réponse détaillée et claire, mais aussi une réponse brève dans un encadré.Cet ouvrage élégant est illustré par de remarquables dessins botaniques et des photos.Un livre intéressant pour les professeurs qui enseignent les sciences naturelles au primaire.Fête de l\u2019ail 2017 Les Amis du Jardin botanique, en collaboration avec l\u2019Association des producteurs \u2013 Ail Québec, lancent une invitation à venir célébrer l\u2019arrivée du nouvel ail.Voilà une belle occasion de rencontrer des producteurs passionnés, de discuter de culture et de faire vos provisions d\u2019ail frais.Au programme: conférences, dégustations et ateliers de tressage.Tous les achats se font en argent comptant seulement.L\u2019activité est gratuite, mais le stationnement au Jardin botanique est payant.Samedi 16 septembre 2017, entre 9 h et 17 h dans la serre d\u2019accueil.CHARLES DE BLOIS-MARTIN La Damas bleue est probablement une des plus anciennes variétés connues en occident.LISE GOBEILLE La Maison de la prune, d\u2019esprit néoclassique, date de 1871.CHARLES DE BLOIS-MARTIN Des prunes Damas jaunes Au jardin cette semaine Avec la rentrée, on peut avoir tendance à négliger nos boîtes à fleurs et nos potagers.Pourtant, la saison n\u2019est pas terminée.Pour en profiter le plus longtemps possible, n\u2019oubliez pas de les arroser, de les désherber et de les fertiliser.Par ailleurs, le blanc ou oïdium est une maladie fongique qui forme souvent, en août, un léger tapis blanc sur le feuillage des cucurbitacées, des lilas, des pivoines, etc.Ses conséquences sont avant tout esthétiques.Toutefois, si on souhaite la contrôler, on peut la traiter avec 15g de bicarbonate de soude dans 4 l d\u2019eau en vaporisation environ tous les 7 jours ou après chaque pluie.Le verger-musée date d\u2019environ 1871, moment où, suivant les traces d\u2019un riche marchand de Saint-Roch-des- Aulnaies, Amable Morin, Sifory Guéret dit Dumont plante 1000 pruniers, qui donnent principalement des prunes Damas bleues et jaunes "]
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