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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier H
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2017-09-02, Collections de BAnQ.

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[" Alphabétisation LES SAMEDI 2 ET DIMANCHE 3 SEPTEMBRE 2017 CAHIER SPÉCIAL H Le ministre de l\u2019Éducation, Sébastien Proulx, a fait de l\u2019alphabétisation l\u2019un des piliers de la Politique sur la réussite éducative, présentée en juin dernier.Les orientations et les objectifs sont bien définis, mais les solutions concrètes viendront plus tard, dans une stratégie spécifique très attendue.J E S S I C A N A D E A U «L a stratégie sur l\u2019alphabétisation, c\u2019est un domaine où il y a plus de choses à faire qu\u2019ailleurs », lance d\u2019emblée le ministre en entrevue au Devoir.«On a même eu de la difficulté \u2014 j\u2019en étais le premier surpris \u2014 à trouver des données et à avoir des informations pour nous permettre d\u2019aller rapidement de l\u2019avant, mis à part les données que nous avons de l\u2019Institut de la statistique ou de l\u2019enquête internationale [Programme pour l\u2019évaluation internationale des compétences pour adultes (PEICA)].Ça n\u2019a pas été une priorité gouvernementale assumée ou édictée de faire en sorte que l\u2019État travaille à documenter ce sujet-là.» En 2011-2012, lors de la dernière enquête internationale, à peine 47 % des adultes du Québec présentaient un niveau de compétence élevé en littératie.Le ministre souhaite donc augmenter de cinq points de pourcentage la part de la population qui démontre des compétences élevées lors du prochain exercice en 2022.Éveil à la littératie Les questions de littératie et d\u2019alphabétisation reviennent à plusieurs reprises dans la Politique sur la réussite éducative.Et pour cause.«La littératie et la numéra- tie sont les assisses de toutes les trajectoires éducatives », peut-on lire dans le document qui fait environ 80 pages.Sébastien Proulx, qui est également ministre de la Famille, souhaite développer ces compétences dès la petite enfance.Ainsi, il a déjà annoncé que le programme dans les maternelle 4 ans et maternelle 5 ans serait revu pour qu\u2019on ne parle plus de « reconnaissance » des lettres, mais bien de «connaissance ».Dès cet automne, des projets d\u2019éveil à la littératie verront le jour dans les services de garde.Des initiatives d\u2019éveil à la littératie familiale seront également implantées dans les maisons de la famille.Des trousses et autres projets de littératie devraient être offerts sous peu dans les bibliothèques publiques.Car si le développement des compétences est essentiel pour les jeunes enfants, il l\u2019est tout autant pour leurs parents, croit le ministre.« Chez les adultes, l\u2019analphabétisme ou le fait d\u2019avoir de faibles compétences en littératie et en numéra- tie est un problème qui se répercute non seulement sur le présent et sur l\u2019avenir de la personne, mais aussi sur le développement et la réussite scolaire de ses propres enfants.Le faible niveau de scolarité des parents, particulièrement celui de la mère, peut rendre plus difficiles l\u2019engagement parental et le soutien à l\u2019enfant, et augmenter La lutte pour l\u2019alphabétisation, une priorité pour le ministre de l\u2019Éducation VOIR PAGE H 5 : ÉDUCATION Les défis de l\u2019employabilité H 3 Pour une action concertée H 4 Sébastien Proulx A L P H A B É T I S A T I O N L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 E T D I M A N C H E 3 S E P T E M B R E 2 0 1 7 H 2 Le parent comme bouclier contre l\u2019analphabétisme C A T H E R I N E G I R O U A R D Collaboration spéciale « O n oublie souvent la famille dans le rôle éducatif de l\u2019enfant, fait remarquer Louisane Côté.On a voulu développer un réseau de services de garde compétent et professionnel qui contribue au développement optimal des enfants et un milieu scolaire ef ficace, mais on a oublié que le parent demeure la figure la plus permanente dans la vie de l\u2019enfant pour l\u2019accompagner et le sécuriser à travers toutes les étapes de son développement et de son cheminement scolaire.» Pour la FQOCF, il allait donc de soi d\u2019être membre du Réseau de lutte à l\u2019analphabétisme.Les maisons des familles aident les parents de 135 000 familles par année à prendre conscience de l\u2019importance et de l\u2019impact qu\u2019ils ont sur le parcours éducatif de leur enfant.Si le parent est le premier accompagnateur de l\u2019enfant vers la littératie, « les maisons des familles accompagnent les parents dans l\u2019apprentissage de leur rôle parental », résume la directrice de la FQOCF.Diverses activités sont ainsi offertes aux parents, notamment à propos de la stimulation précoce des enfants, du développement du langage, ou encore de l\u2019accompagnement de leur enfant dans ses relations avec les autres.Travaillant principalement avec des familles d\u2019enfants de 0 à 5 ans, les OCF font dans la prévention de l\u2019analphabétisme.«La petite enfance est une période déterminante dans la réussite et la persévérance scolaire des enfants », af firme Geneviève Lessard, intervenante et animatrice au Carrefour familial du Richelieu depuis 10 ans.Toutes les facettes liées au développement de la psychomotricité, par exemple, sont reconnues comme un apport important dans le processus d\u2019apprentissage.« On développe aussi avec les tout-petits la curiosité pour la lecture par le jeu, on leur fait manipuler des livres, on donne aussi des outils aux parents pour raconter des histoires.» Développer la confiance « Une partie importante de notre travail est de donner confiance au parent en ses compétences de premier éducateur », renchérit Mme Côté.La directrice générale de la Fédération constate sur le terrain que ce besoin est particulièrement grand pour les nouveaux parents.« De nos jours, beaucoup de parents n\u2019ont pas ou peu de soutien immédiat du milieu familial traditionnel qu\u2019on avait auparavant ; or, c\u2019était le lieu de transmission des connaissances principal pour les nouveaux parents.Plusieurs se sentent donc isolés dans leur rôle et leur apprentissage est plus dif ficile.» La maison des familles de leur quartier devient alors une référence d\u2019autant plus importante.Bien outillés, les parents sont aussi plus en mesure de détecter des retards de développements ou des problématiques de langage potentielles chez leurs enfants.Geneviève Lessard donne l\u2019exemple d\u2019un petit garçon de trois ans qui avait beaucoup de difficulté à communiquer.« Il n\u2019avait presque pas de vocabulaire et faisait beaucoup de crises, raconte l\u2019animatrice.Il était contrarié de ne pas pouvoir se faire comprendre.» En plus d\u2019un suivi à l\u2019externe, sa mère l\u2019emmenait au Carrefour familial du Richelieu au moins une fois par semaine.« Le garçon avait de plus en plus de petites victoires qu\u2019on renforçait par le jeu et, petit à petit, il a commencé à faire des signes et à parler davantage.» Aujourd\u2019hui, Geneviève Lessard n\u2019a plus aucune inquiétude pour le cheminement scolaire du petit.«En plus des compétences pour communiquer qu\u2019il a acquises, il a développé de bons réflexes et a appris à demander de l\u2019aide, ce qui l\u2019aidera beaucoup à l\u2019école.» Le défi des parents analphabètes Et comment un parent qui peine lui-même à lire et à écrire peut-il prévenir ces mêmes difficultés pour son enfant ?«On voit régulièrement des parents dans cette situation, affirme d\u2019abord Louisane Côté.Les maisons des familles sont encore plus importantes pour eux.» Ne pouvant se tourner vers des sources d\u2019information comme le guide Mieux vivre ou des sites Internet consacrés au développement de la petite enfance, la transmission d\u2019informations à l\u2019oral à travers les différents ateliers des OCF devient très importante.« Mais c\u2019est rare qu\u2019un parent nous parle de prime abord de ses problèmes de littératie, souligne l\u2019animatrice du Carrefour familial du Richelieu.C\u2019est un problème invisible au départ qu\u2019on découvre au fil des semaines.Un parent qui s\u2019absente chaque fois qu\u2019il doit remplir un journal de bord peut être un indice qui aide les intervenants à détecter une dif ficulté et ainsi les diriger vers d\u2019autres ressources.» «Souvent, les parents qui ont ces dif ficultés en littératie ont eu un parcours scolaire plutôt dif fi- cile ou ont décroché rapidement », renchérit Mme Côté.Il n\u2019est pas rare qu\u2019ils aient des réserves et des craintes à l\u2019approche de la rentrée scolaire de leur enfant.Les OCF les aident alors à rétablir une relation saine et constructive avec l\u2019école pour éviter que leurs angoisses soient transmises à leur enfant.Selon Mme Côté, l\u2019importance de la famille dans le cheminement scolaire commence à être un peu plus reconnue.«La ministre de l\u2019Éducation a soutenu le financement des maisons de la famille au cours de la dernière année ; ce geste politique démontre une certaine reconnaissance des organismes et des parents qu\u2019ils accompagnent comme étant des acteurs de premier plan dans la réussite des enfants », conclut-elle.«Le parent est le premier et le principal éducateur de son enfant», affirme avec conviction Louisane Côté, directrice générale de la Fédération québécoise des organismes communautaires Famille (FQOCF), qui représente 80% des maisons des familles du Québec.Le parent est donc un acteur-clé pour prévenir l\u2019analphabétisme.ISTOCK Les maisons des familles aident les parents de 135 000 familles par année à prendre conscience de l\u2019importance et de l\u2019impact qu\u2019ils ont sur le parcours éducatif de leur enfant.Changer le monde, un mot à la fois C A T H E R I N E G I R O U A R D Collaboration spéciale É tudiante à l\u2019Université McGill en 1992, Stéphanie Mil ler voula i t changer le monde.Et elle n\u2019était pas la seule.« Je me rendais compte qu\u2019il y avait beaucoup d\u2019étu- d ian t s qu i ava i en t env i e comme moi d\u2019avoir un impact positif dans leur communauté», r a c o n t e c e l l e q u i e s t a u - jourd\u2019hui directrice générale de la fondation Trust for Learning, qui cherche à rendre l\u2019apprentissage idéal pour tous les enfants.Mm e Miller déniche alors à l\u2019époque une subvention et recr ute les premiers étudiants bénévoles.Depuis, ce programme de tutorat du collège Frontière se répand comme une traînée de poudre dans les universités, formant environ 2500 étudiants bénévoles par année à travers le Canada.Bon an mal an, ces jeunes tuteurs aident entre 20 000 et 25 000 personnes à améliorer leurs habiletés de lecture et d\u2019écriture.« Si on multiplie ces chif fres par 25 ans, ça fait beaucoup de monde ! », se réjouit Mélanie Valcin, gestionnaire du Québec et des programmes francophones du collège Frontière.« On est chanceux de pouvoir compter sur autant de jeunes qui croient en la cause et qui, malgré leurs horaires chargés, donnent de leur temps à un autre individu qui a besoin d\u2019un coup de main pour développer ses compétences.» Car même si on les voit peu, les besoins sont grands.«L\u2019analphabétisme est un enjeu invisible, affirme Mme Val- c in .Les g ens ne son t pas conscients de l\u2019ampleur du problème.» Pourtant, pas moins de la moitié des Québécois de 16 à 65 ans éprouvent des difficultés de lecture, selon l\u2019Enquête internationale sur l\u2019alphabétisation et les compétences des adultes (EIACA).« On est à Montréal depuis 25 ans, mais un de nos défis encore aujourd\u2019hui est de briser le silence et d\u2019encourager les gens à venir chercher de l\u2019aide», fait valoir Alexandre Michaud, coordonnateur communautaire au collège Frontière.Plusieurs analphabètes souffrent de stigmatisation et de perte de confiance en eux et en leur capacité d\u2019apprentissage.Les jeunes tuteurs du programme of frent donc un soutien personnalisé par des activités comme du tutorat individuel en alphabétisation et en francisation à des enfants, adultes ou des familles immigrantes ou réfugiées, de l\u2019aide aux devoirs, ou encore des cercles de lecture auprès de jeunes issus de milieux défavorisés.Aller là où les autres ne vont pas « En recrutant des étudiants bénévoles, ce programme est une sorte de répétition de l\u2019histoire de la fondation du collège Frontière », souligne Mme Val- cin.Fondé en 1899 par l\u2019enseignant et révérend Alfred Fitzpatrick, le collège Frontière amorce ses activités en envoyant des jeunes travailler et enseigner dans des camps de bûcherons, des mines et sur les chantiers de chemins de fer.Les ouvriers-enseignants travaillent donc avec les autres ouvriers le jour et leur apprennent à lire et à écrire le soir.« Depuis toujours, le collège Frontière va là où les autres ne vont pas, explique Mélanie Val- cin.On est là pour soutenir les gens qui n\u2019ont pas nécessairement accès aux institutions plus formelles d\u2019éducation, ou qui préfèrent commencer par travailler avec un tuteur ou une tutrice pour reprendre confiance en eux au sujet de l\u2019apprentissage», explique Mélanie Valcin.« Si tu ne sais pas lire, tu ne peux pas trouver les outils pour rester en santé, trouver un emploi, persévérer à l\u2019école et sortir du cercle vicieux de la pauvreté, fait pour sa part valoir Stéphanie Miller.La littératie est à la base de tout.» La cofondatrice du programme a pu le constater plus d\u2019une fois.Elle témoigne alors de ces mères de famille défavorisées qu\u2019elle a vues améliorer leur vie et celle de leur famille, en surmontant d\u2019abord leurs dif ficultés de lecture et d\u2019écriture.Elle raconte ensuite l\u2019histoire d\u2019un jeune adulte de VOIR PAGE H 6 : MOT COLLÈGE FRONTIÈRE Le programme de tutorat du collège Frontière forme chaque année environ 2500 étudiants qui aident entre 20 000 et 25 000 personnes.Quelques statistiques 85% des élèves accompagnés par le collège Frontière ont amélioré leurs aptitudes dans un ou plusieurs domaines, comme leur comportement en classe, leur créativité et leur engagement communautaire.85% des parents affirment que leur enfant lit plus à la maison après avoir participé à un camp de littératie.79% des bénévoles décrivent leur expérience comme ayant été très bonne ou excellente.Source : Collège Frontière Une partie importante de notre travail est de donner confiance au parent en ses compétences de premier éducateur Louisane Côté, directrice générale de la Fédération québécoise des organismes communautaires Famille (FQOCF) « » L\u2019alphabétisation populaire, ça nous réussit ! LES GROUPES POPULAIRES D\u2019ALPHABÉTISATION : Partenaires privilégiés de la réussite éducative des adultes peu alphabétisés et de la lutte à l\u2019analphabétisme TOUT POUR S\u2019INFORMER ET S\u2019OUTILLER EN ALPHABÉTISATION CDEACF.ca «La littératie, c\u2019est le pouvoir.» 25 ans après avoir cofondé le programme Étudiantes et étudiants alphabétisateurs du collège Frontière, Stéphanie Miller en est encore aussi convaincue. A L P H A B É T I S A T I O N L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 E T D I M A N C H E 3 S E P T E M B R E 2 0 1 7 H 3 LES ÉLÈVES NE SONT PAS TOUS PAREILS Une approche plus humaine de l\u2019éducation est essentielle.Au-delà des statistiques, il faut penser réussite éducative.Le gouvernement doit soutenir par des moyens concrets les élèves et le personnel.PASSONS DE LA PAROLE AUX ACTES Du 1er au 7 octobre 2017 CÉLÉBRONS L\u2019ALPHABÉTISATION SAVOIR, C\u2019EST POUVOIR ! Les groupes qui travaillent en alphabétisation sentent actuellement souffler un vent favorable.Non seulement ils bénéficient d\u2019un meilleur financement, mais ils se réjouissent également du fait que le gouvernement fasse de l\u2019éducation une priorité, comme en témoigne la nouvelle Politique de réussite éducative.Cela dit, ils espèrent que la future stratégie saura s\u2019attaquer tant aux causes qu\u2019aux conséquences de l\u2019analphabétisme, et donc à la pauvreté.Un financement qui permet de souffler M A R I E - H É L È N E A L A R I E Collaboration spéciale O n l\u2019entend dans sa voix, Caroline Meunier est enchantée.La responsable au développement des analyses et des stratégies au Regroupement des groupes populaires en alphabétisation du Québec (RGPAQ) salue l\u2019annonce du ministre de l\u2019Éducation, Sébastien Proulx, faite en décembre dernier, concernant un investissement récurrent de près de 20 millions pour soutenir les nombreux partenaires en matière d\u2019alphabétisation.« Depuis 2008, il n\u2019y a pas eu d\u2019investissements importants pour soutenir la mission des groupes\u2026 On s\u2019est réjouis ! » lance-t-elle d\u2019emblée, tout en appor tant quelques clarifications.Ef fectivement, des 20 millions annoncés, 9 iront directement au financement du réseau des organismes en alphabétisation par l\u2019entremise du Programme d\u2019action communautaire sur le ter rain de l\u2019éducation, le PACTE.« L\u2019an dernier, il y avait 182 organismes de divers horizons financés par ce programme, dont 127 qui intervenaient en alphabétisation populaire.On attendait depuis longtemps cet investissement.Seulement pour nos 127 organismes, on réclamait 9,2 millions », rappelle Caroline Meunier.«Au cours de la dernière année, une première tranche de 9 millions a été distribuée, note Mme Meunier.Certains organismes ont même pu bénéficier de près de 50% d\u2019augmentation de leur financement ! » Par contre, cette distribution sera révisée, déclare la responsable, et, dès septembre, chaque organisme pourra connaître le montant exact qui lui sera dorénavant attribué.« C\u2019est un gain impor tant, un coup de pouce attendu depuis fort long- Les défis de l\u2019employabilité La Fondation pour l\u2019alphabétisation et le Fonds de solidarité FTQ collaborent à la réalisation d\u2019une étude sur les impacts économiques des difficultés de littératie en milieu de travail C A M I L L E F E I R E I S E N Collaboration spéciale «A u Québec, en 2017, on estime que plus d\u2019une personne sur deux éprouve des difficultés à lire et à utiliser l\u2019écrit à divers degrés », énonce André Huberdeau, président de la Fondation pour l\u2019alphabétisation.Il devient alors très compliqué d\u2019imaginer un quelconque avancement professionnel, poursuit-il.«Et imaginez les dif ficultés à se trouver un emploi si votre entreprise ferme.» « Nous constatons que beaucoup de personnes ne lisent plus vraiment après leurs études secondaires », note-t-il.Or tout est lié selon lui : en perdant ses habiletés à lire, on perd du même coup ses habiletés en matière de compréhension.« Plus nous allons vers une société du savoir, plus il va falloir être habile au niveau de la lecture et de la compréhension d\u2019un certain nombre de concepts » , explique-t-il.Pour lui, la résolution de ces défis passe notamment par la sensibilisation des dirigeants d\u2019entreprises, qui sont les premiers à reconnaître des problèmes de littératie chez leurs employés.« C\u2019est du concret pour eux, car ils ont des travailleurs qui ont de la dif ficulté à s\u2019adapter aux nouvelles réalités des années 2000 », assure-t-il.L\u2019ère du numérique apporte aussi tout un lot de défis pour ces employés, ajoute le vice-président aux affaires publiques et corporatives du Fonds de solidarité FTQ, Mario Tremblay.«Ceux qui n\u2019ont pas cette capacité [de lire] vont être encore plus démunis dans les 15 prochaines années », indique-t-il.Selon lui, 20 % des Québécois ont une difficulté majeure à comprendre et à utiliser un texte.«Donc ils sont peut-être capables de lire les mots, mais ils ne sont pas nécessairement capables d\u2019en tirer un sens », précise-t-il.D\u2019après lui, ce problème n\u2019est d\u2019ailleurs pas assez considéré dans la société.«On pourrait appeler ça un angle mort dans la société québécoise actuellement», croit-il.Pourtant, les répercussions sont diverses.« Des études de l\u2019UNESCO ont montré qu\u2019il y avait des risques pour la santé et la sécurité », souligne M.Tremblay.Par exemple, une personne n\u2019étant pas capable de lire les instructions d\u2019une machine pourrait avoir un accident.Un risque d\u2019autant plus préoccupant avec la robotisation du marché du travail et quand de plus en plus de demandes, par exemple à l\u2019assurance emploi, se font davantage en ligne qu\u2019avec un service personnalisé.Des données pour cibler les besoins Le nouveau partenariat qui relie les deux organisations débute par la réalisation d\u2019une étude qui évaluera les impacts économiques des problèmes en lecture.C\u2019est là où le bât blesse présentement selon M.Huberdeau : les données manquent.Il reste dif ficile de cibler les réels besoins sur le terrain.« On veut amorcer une démarche de recherche pour avoir des chif fres et des zones d\u2019intervention plus précis », souligne-t-il.Même son de cloche du côté de M.Tremblay, qui explique que l\u2019étude est nécessaire pour savoir dans quelles actions le Fonds FTQ pourra aider la Fondation.Les deux organisations consacreront environ 80 000 $ chacune à ce partenariat.Des économistes et spécialistes se sont attelés à la tâche, mais les conclusions de l\u2019étude, elles, ne seront dévoilées qu\u2019à l\u2019hiver 2018.Les deux organisations tiendront en février leur premier colloque Journée Alpha réussite.L\u2019idée est d\u2019ouvrir le débat à la société civile et de la rassembler, explique M.Tremblay.« On ne veut pas que ce soit d\u2019abord un débat d\u2019experts, on veut amener à la table les gens du milieu du travail, les patrons, les syndicats, les forces vives, parce qu\u2019il ne faut pas que ce soit un débat de pédagogues.» L\u2019étude sera le fer de lance pour amorcer des changements, selon eux.Le colloque se répétera en 2019 et en 2020.Même si le chemin à parcourir reste important avant de réussir à résorber les lacunes des dernières années en matière d\u2019alphabétisation, M.Huberdeau considère que le ministre de l\u2019Éducation, Sébastien Proulx, prête une oreille attentive aux problématiques liées à l\u2019alphabétisation au Québec.« Il en est conscient.Il en parle souvent et veut faire des choses concrètes.Je dirais qu\u2019on a un bon personnage dans un endroit critique, qui peut nous permettre de progresser», estime-t-il.D\u2019après M.Tremblay, la formation continue doit aussi prévaloir au travail, afin que les employés ne soient pas mis sur le banc de touche avec les évolutions technologiques, et puissent adapter leurs compétences.Le Fonds de solidarité FTQ souhaite aussi que ses efforts deviennent pérennes et aillent au-delà des trois ans de l\u2019entente.« On va essayer de voir comment maintenir cet élan, continuer à en parler et arriver à des solutions concrètes », conclut M.Tremblay.Lire des rapports ou un manuel d\u2019utilisation de nouveaux appareils constitue un véritable casse-tête pour 53 % des Québécois âgés de 16 à 65 ans, qui éprouvent des difficultés à lire et à écrire.Ces lacunes en littératie sont connues, en revanche leurs répercussions sur le marché du travail le sont moins.C\u2019est la mission que se sont donnée la Fondation pour l\u2019alphabétisation et le Fonds de solidarité FTQ: dresser le portrait de la situation à travers une étude qui jettera les bases d\u2019un plan d\u2019action avec les différents acteurs du milieu.VOIR PAGE H 6 : RGPAQ ISTOCK L\u2019ère du numérique apporte tout un lot de défis pour les employés en difficultés de littératie, selon le vice- président aux affaires publiques et corporatives du Fonds de solidarité FTQ, Mario Tremblay.Les projets passés et à venir Le gouvernement québécois a annoncé en décembre dernier un financement de 200 000 $ par année pour trois ans à la Fondation pour l\u2019alphabétisation pour la réalisation de ses projets en alphabétisation familiale.Les détails du programme, incluant des partenariats financiers, seront dévoilés cet automne.Grâce à l\u2019appui de la Fondation Desjardins, la Fondation pour l\u2019alphabétisation distribuera sept bourses de 1500 $, remises le 8 septembre, à des adultes qui ont amorcé une démarche d\u2019alphabétisation.Cette année, 250 personnes ont présenté leurs candidatures, alors qu\u2019il y a deux ans, seulement une trentaine de candidatures avait été soumises.50 000livres ont été distribués dans le cadre du programme La lecture en cadeau, qui offre des livres aux enfants issus de milieux défavorisés.C\u2019est 20 000 de plus qu\u2019en 2016.André Huberdeau Mario Tremblay A L P H A B É T I S A T I O N L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 E T D I M A N C H E 3 S E P T E M B R E 2 0 1 7 H 4 ENSEMBLE POUR UNE STRATÉGIE NATIONALE DE LUTTE À L\u2019ANALPHABÉTISME! Le Réseau de lutte à l\u2019analphabétisme lutteanalphabetisme.ca Donnons-nous les outils collectifs nécessaires pour faire du Québec une société pleinement alphabétisée et inclusive.Travaillons tous ensemble pour l\u2019alphabétisation.Engagez-vous dès aujourd\u2019hui ! Devenez bénévole.Faites un don.En 2017, Collège Frontière célèbre son 25e anniversaire à Montréal collegefrontiere.ca Pour une action concertée Au cœur d\u2019une ère numérique où tout va vite, les façons de faire en milieu de travail sont en constante évolution.Un tel contexte ne va pas sans accentuer la situation de précarité des employés qui ne maîtrisent pas suffisamment la langue ou les chiffres.Ils ont en effet plus de difficulté à s\u2019adapter, moins de possibilités d\u2019accéder à des emplois de niveau supérieur et ils n\u2019arrivent pas à acquérir les compétences requises pour occuper les emplois de demain.Milieu de travail : un rôle-clé dans le développement de compétences P I E R R E V A L L É E Collaboration spéciale «Q uand on sait qu\u2019encore aujourd\u2019hui, [plus d\u2019]un million de Québécois éprouvent de sérieuses difficultés avec la lecture et l \u2019écriture, poursuit Mme Camerlain, on ne peut pas parler d\u2019un phénomène marginal.» À ses yeux, nous avons affaire à un criant problème de société.«La société québécoise ne peut pas laisser autant de gens ainsi sur le carreau.Il faut agir maintenant pour redresser la situation», croit-elle.D\u2019autant plus que non seulement une faible alphabétisation nuit à la qualité de vie et au potentiel d\u2019une personne, mais cela entraîne aussi des coûts sociaux.Certes, certains individus ayant de faibles compétences en littératie sont débrouillards et arrivent à tirer leur épingle du jeu, mais ce n\u2019est pas le lot de tous.« Pour la majorité d\u2019entre eux, ce sont les petits boulots mal payés, donc la précarité et la pauvreté, souligne Mme Camerlain.De plus, un faible niveau d\u2019alphabétisation empêche ces personnes de contribuer pleinement à la société.Une société ne peut pas atteindre son plein potentiel avec autant de citoyens qui en sont en partie exclus.» Sur le terrain Au Québec, outre les groupes communautaires en alphabétisation, les commissions scolaires, par l\u2019entremise des centres d\u2019éducation des adultes, offrent des classes d\u2019alphabétisation.Et quiconque n\u2019a pas mis l e s p i e d s d a n s u n e d e c e s classes peut difficilement saisir la complexité de la tâche qui attend l\u2019enseignant.« Une dif ficulté majeure rencontrée par l\u2019enseignant est que, contrairement aux classes ordinaires, les classes d\u2019alphabétisation ne sont pas homogènes, explique Sylvie Thé- berge, vice-présidente à la Fédération des syndicats de l\u2019enseignement (FSE), af filiée à la CSQ, qui compte parmi ses membres des enseignants en alphabétisation, notamment ceux œuvrant à l\u2019éducation des adultes.Les étudiants ont dif férents âges, ont vécu des parcours particuliers, ne sont pas tous au même niveau.Cela oblige l \u2019enseignant à adapter son approche pédagogique en tenant compte de tous ces critères.Au fond, en alphabétisation à l\u2019éducation des adultes, l \u2019approche pédagogique ressemble beaucoup à une approche pédagogique individualisée.» Les enseignants ont-ils les moyens d\u2019utiliser une telle approche ?« Ils le font, précise-t- el le, mais cela exige d\u2019eux beaucoup plus de temps de préparation que s\u2019ils enseignaient à une classe ordinaire.Et malheureusement, ce temps supplémentaire de préparation n\u2019est pas reconnu à sa juste valeur, ce qui ajoute à leur charge de travail.» La seconde dif ficulté est la pénurie de ressources complémentaires.« En éducation des adultes, les spécialistes de l\u2019éducation, comme les ergothéra- peutes et les psychoéducateurs, sont des oiseaux rares, avance Mme Théberge.Et cette pénurie nuit grandement, car ces enseignants mériteraient d\u2019être appuyés davantage, d\u2019autant plus qu\u2019ils travaillent avec une clientèle plus dif ficile.» Ce manque de spécialistes a aussi des ef fets pervers sur les étudiants eux-mêmes.« Il ne faut pas oublier que cette clientèle est vulnérable, ajoute-t- elle.Plusieurs étudiants ont besoin de parler, de se confier, d\u2019être conseillés et par fois même dirigés vers d\u2019autres ressources.La présence de spécialistes comme des psychologues et des travailleurs sociaux permettrait de mieux les accompagner tout au long de leur parcours en alphabétisation, ce qui éviterait le découragement et l\u2019échec.» Une stratégie nationale De nouve l l es mesur es , comme celles d\u2019allouer davantage de temps pour la préparation des cours et l\u2019augmentation des ressources complémentaires, seraient certes les b ienvenues , ma is à e l l es seules, rappelle Mme Camer- lain, elles ne régleront pas le problème de l\u2019analphabétisme au Québec.«Le problème de l\u2019analphabétisme au Québec dépasse largement le ministère de l\u2019Éducation, avance-t-elle.La solution passe nécessairement par une action concertée entre tous les acteurs de la société québécoise, le ministère de l\u2019Éducation, bien sûr, mais aussi tous les autres ministères, les employeurs, les organismes communautaires, les syndicats, la société civile, etc.» C\u2019est la raison pour laquelle elle enjoint au gouvernement du Québec de mettre en place une stratégie nationale de lutte contre l\u2019analphabétisme.Et cette stratégie devrait se déployer sur plusieurs fronts.« Elle doit être en mesure d\u2019interpeller tout le monde, car les répercussions négatives de l\u2019analphabétisme touchent l\u2019ensemble de la société », croit- elle.Et cette stratégie devrait commencer par une importante campagne de sensibilisation.« D\u2019abord, pour mettre la population générale dans le coup, soutient-elle, et ensuite, plus spécifiquement, en s\u2019adressant aux analphabètes eux- mêmes, afin de s\u2019assurer qu\u2019ils sont au courant de l\u2019aide et du soutien disponibles.» La stratégie devrait ensuite proposer des orientations et mettre en place des mesures et des actions concrètes.« Il faut travailler à la fois en aval et en amont, avance-t-elle.Il faut faire la promotion de la lecture à la petite enfance et la favoriser, par l\u2019achat et la distribution de livres, par exemple.Et il faut s\u2019assurer que les moyens et le soutien financier pour les classes d\u2019alphabétisation soient au rendez-vous.» Dans une société qui fait de la réussite éducative un important objectif, une stratégie nationale de lutte contre l\u2019analphabétisme ne lui apparaît pas comme un luxe.«Au Québec, en plus de défendre les conditions de travail de leurs membres, les syndicats ont toujours été engagés dans des luttes pour faire avancer la société, que ce soit, par exemple, l\u2019égalité hommes-femmes ou la lutte contre la pauvreté, rappelle Line Camerlain, vice-présidente de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ).Notre intérêt envers l\u2019alphabétisation s\u2019inscrit dans cette mouvance.» Non seulement la CSQ s\u2019intéresse au problème de l\u2019alphabétisation, mais elle en fait aussi un enjeu de société.ISTOCK Quiconque n\u2019a pas mis les pieds dans une classe d\u2019alphabétisation pour adultes ne peut saisir la complexité de la tâche qui attend l\u2019enseignant.C H A R L E S - É D O U A R D C A R R I E R Collaboration spéciale P our Daniel Boyer, président de la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ), les enjeux d\u2019hier et d\u2019aujourd\u2019hui quant à la littératie, l\u2019alphabétisation et la francisation en milieu de travail sont sensiblement les mêmes, à une exception près : «Ça va vite ! La numérisation, l\u2019automatisation, l\u2019intelligence ar tificielle, l\u2019atteinte de nouvelles cibles environnementales, et j\u2019en passe, font en sorte que le travail est en mouvement perpétuel.On fait face à des mutations dans des emplois qui demandent plus de qualifications.» Et pour pallier cette nouvelle réalité, Daniel Boyer signale qu\u2019il y a beaucoup de chemin à faire.« En matière de francisation, on accueille de plus en plus d\u2019immigrants et il faut leur permettre d\u2019acquérir des compétences en français pour qu\u2019ils deviennent des citoyens de plein droit.Et pour ceux qui sont analphabètes, il faut leur permettre d\u2019acquérir des compétences minimales en matière de langue et de mathématiques pour qu\u2019eux aussi puissent devenir des citoyens à part entière.Sans le français et les mathématiques, je suis un travailleur et un citoyen soumis, je n\u2019ai pas de ressources pour me défendre.» Pour bon nombre d\u2019immigrants ne maîtrisant pas la langue française, les défis s\u2019apparentent à ceux des individus qui n\u2019arrivent pas à lire ou à écrire.Ainsi, dans les deux cas, selon Daniel Boyer, le milieu de travail peut jouer un rôle-clé dans le développement des compétences linguistiques.«Dans le cas d\u2019immigrants qui ne connaissent pas suffisamment la langue française, ils continuent de parler leur langue maternelle dans le milieu familial et social, note M.Boyer.Souvent, le seul endroit où ils pourront s\u2019intégrer en parlant français, c\u2019est dans leur milieu de travail, c\u2019est pourquoi on devrait leur donner la possibilité de l\u2019apprendre.» Des compressions qui inquiètent «On a eu des diminutions de budget depuis que le Parti libéral est au pouvoir.C\u2019est inquiétant, déplore Daniel Boyer.Pourtant, il admet que l\u2019aide gouvernement a l e e s t l à , m a i s i l constate qu\u2019elle n\u2019est pas suf fisante pour que les employeurs puissent investir une partie de leur masse salariale pour former les gens et leur permettre d\u2019acquérir à la fois des compétences de base, mais aussi des aptitudes qui leur permettront d\u2019occuper les emplois de demain.« Que ce soit par son réseau de l\u2019éducation ou par ses programmes qui visent les nouveaux arrivants, que ce soit par les programmes de formation professionnelle offer ts par la Commission des partenaires du marché du travail ou Emploi-Québec, l\u2019État devrait s\u2019impliquer davantage.Comme société, on a tout intérêt à le faire », poursuit le président de la FTQ.Daniel Boyer ISTOCK Le milieu de travail peut jouer un rôle-clé dans le développement des compétences linguistiques, assure le président de la FTQ, Daniel Boyer.«Les répercussions négatives de l\u2019analphabétisme touchent l\u2019ensemble de la société» A L P H A B É T I S A T I O N L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 E T D I M A N C H E 3 S E P T E M B R E 2 0 1 7 H 5 DONNEZ Aidez-nous à faire du Québec la société la plus alphabétisée ! fondationalphabetisation.org DES MILIEUX DE VIE QUI CULTIVENT LE GOÛT D\u2019APPRENDRE EN FAMILLE ! fqocf.org \u2022 Plaisirs des mots et des livres \u2022 Collaborations Famille-École \u2022 Préparation à l\u2019entrée scolaire et réussite éducative \u2022 Activités culturelles et soutien à l\u2019implication sociale Plus de 200 organismes partout au Québec.LES ORGANISMES COMMUNAUTAIRES FAMILLE La FQOCF est membre du Réseau de lutte à l\u2019analphabétisme.Ce cahier spécial a été produit par l\u2019équipe des publications spéciales du Devoir, grâce au soutien des annonceurs qui y figurent.Ces derniers n\u2019ont cependant pas de droit de regard sur les textes.Pour toute information sur le contenu, vous pouvez contacter Aude Marie Marcoux, directrice des publications spéciales, à amarcoux@ledevoir.com.Pour vos projets de cahier ou toute autre information au sujet de la publicité, contacter iDmedia@ledevoir.com.Du 1er au 7 octobre, la 8e édition de la Semaine pour l\u2019école publique, organisée par la Fédération autonome de l\u2019enseignement (FAE), se tiendra sur le thème de l\u2019alphabétisation.C L A U D E L A F L E U R Collaboration spéciale «L es problèmes d\u2019alphabétisation touchent tout le monde \u2014 toute la société \u2014 et pas seulement les élèves à l\u2019école.C\u2019est pourquoi, à la FAE, nous nous en préoccupons», déclare Nathalie Morel, vice-présidente à la vie professionnelle de la Fédération autonome de l\u2019en- se ignement (FAE).«Nous créons l\u2019avenir», tel est le mot d\u2019ordre que la FAE s\u2019est donné, ajoute Mme Morel.La FAE regroupe huit syndicats qui représentent plus de 34 000 enseignants du préscolaire, du primaire, du secondaire, de l \u2019enseignement en milieu carcéral, de la formation professionnelle et de l\u2019éducation des adultes.Nathalie Morel est elle-même enseignante au primaire depuis 26 ans.Comme vice-présidente à la vie professionnelle de la FAE, elle est en outre responsable d\u2019organiser la Semaine pour l\u2019école publique que tient chaque année la FAE.« Il s\u2019agit d\u2019une semaine où nous souhaitons que tout le monde se mette ensemble derrière l\u2019école publique », précise-t-elle.La FAE cherche ainsi à réunir autant les représentants patronaux que syndicaux, les parents, divers représentants de la société civile, de même que des groupes aussi diversifiés que l\u2019Union des artistes (UDA) et une panoplie de groupes communautaires, dont certains œu- vrant en alphabétisation.«Nous comptons une quarantaine de partenaires pour notre Semaine pour l\u2019école publique», indique avec joie l\u2019organisatrice.L\u2019école universelle et égalitaire C \u2019 e s t a i n s i q u e , chaque année, durant une semaine, la Fédération autonome de l\u2019enseignement ne met en avant aucune revendication, mais invite plutôt tout le monde à célébrer l\u2019école publique.«C\u2019est une semaine de trêve, pourrait-on dire, explique Nathalie Morel, durant laquelle nous parlons tous d\u2019une seule voix.» La FAE vise avant tout à faire connaître l \u2019école publique.« Nous ne cherchons pas tant à parler des \u201cbons coups\u201d qui se font à l\u2019école publique \u2014 bien qu\u2019il s\u2019y fasse de véritables petits miracles \u2014, mais tout simplement à montrer ce qu\u2019est l\u2019école publique », explique-t-elle.Comme enseignante et représentante syndicale, Mme Morel constate en effet que quantité de mythes et de mauvaises perceptions sont véhiculés à propos de l\u2019école publique.«Or, nous voulons montrer ce qu\u2019est véritablement l\u2019école publique, tout simplement», dit-elle.Pour ce faire, la FAE organise des visites et diverses activités de sensibilisation.L\u2019enseignante lance même un cri du cœur : « L\u2019école publique, c\u2019est l\u2019école universelle, c\u2019est l\u2019école qui accueille tout le monde, c\u2019est l\u2019école de l\u2019égalité des chances pour tous ! » Du coup, elle déplore que ce secteur soit victime de tant de perceptions négatives « qui n\u2019ont pas lieu d\u2019être puisqu\u2019il se fait des miracles tous les jours dans nos écoles publiques».Priorité : alphabétisation L\u2019édition de la Semaine pour l\u2019école publique de cette année accordera une place particulière à la sensibilisation de tous à l\u2019importance de l\u2019alphabétisation.On estime en effet qu\u2019un adulte sur cinq au Québec éprouve de graves difficultés en littératie, c\u2019est-à-dire que, même s\u2019ils savent lire, ces adultes sont difficilement capables de comprendre le contenu d\u2019un texte.On évalue aussi que l\u2019analphabétisme coûte plus de 7 milliards de dollars chaque année à l\u2019économie québécoise.Un tel contexte a incité la FAE à se joindre au Réseau de lutte à l\u2019analphabétisme qui milite afin que le gouvernement se dote d\u2019une véritable stratégie nationale de lutte contre l\u2019analphabétisme.«Il est urgent que le problème de l\u2019analphabétisme [ou de la faible littératie] soit davantage pris en compte dans l\u2019espace public et politique, indique le Réseau.Une intervention vigoureuse de l\u2019État et de l\u2019ensemble de la société est devenue incontournable.» C\u2019est précisément pour cette raison que 20 organisations nationales, dont la FAE, ont décidé d\u2019unir leurs forces autour d\u2019objectifs communs et d\u2019une vision par tagée de la lutte contre l\u2019analphabétisme.Le Réseau de lutte à l\u2019analphabétisme s\u2019est donc donné pour mission de sensibiliser la société à cette question, à ses causes et à ses conséquences.« On ne le répétera jamais assez, enchaîne Nathalie Morel, mais l\u2019alphabétisation est au cœur non seulement de la réussite scolaire, mais de la réussite tout court ! » Dans le cadre de sa 8e Semaine pour l\u2019école publique, la FAE fera ressortir le rôle que joue le système scolaire en matière d\u2019alphabétisation, mais elle en profitera aussi pour rendre hommage au travail de plusieurs regroupements, organismes et individus qui œuvrent dans ce domaine.Mme Morel souligne que le comité chargé de décider à quelles personnes, à quels organismes ou à quels regroupements la FAE rendra hommage a une tâche difficile tant il a l\u2019embarras du choix.La 8e Semaine pour l\u2019école publique sera ainsi l\u2019occasion de montrer à quel point l\u2019école publique fait par tie de la société et travaille de concer t pour relever les défis que pose l\u2019alphabétisation.FAE La 8eSemaine de l\u2019école publique mise sur l\u2019alphabétisation ISTOCK L\u2019école publique essaie par tous les moyens de relever les défis que pose l\u2019analphabétisation.Nathalie Morel les risques d\u2019abandon scolaire chez les élèves », précise le ministre dans sa politique sur la réussite éducative.En entrevue, le ministre de l\u2019Éducation, qui est également père de deux enfants d\u2019âge scolaire, revient sur l\u2019importance de l\u2019apprentissage de l\u2019écriture et de la lecture le plus tôt possible.«Ça doit devenir un élément phare de notre démarche éducative parce qu\u2019il n\u2019y a pas longtemps, les gens qui avaient des dif ficultés en lecture et en écriture étaient des gens qui n\u2019avaient pas été scolarisés.Ça appartient à une autre époque et, au- jourd\u2019hui, les gens avec des dif ficultés sont des gens qui sont passés à travers un parcours éducatif.Alors, il faut se poser de sérieuses questions sur la façon dont les choses opèrent et sur nos résultats à terme.» Éducation populaire Répondant d\u2019avance aux critiques, Sébastien Proulx af firme que d\u2019autres ministères seront impliqués dans la future stratégie en matière d\u2019alphabétisation.Il dit être déjà en lien, dans le cadre de la Politique sur la réussite éducative et des travaux qui en découlent, avec le ministère de la Santé et des Services sociaux, de même qu\u2019avec ses collègues de l \u2019Éducat ion supér ieure et de l \u2019Emploi .«Lorsqu\u2019il a été question du projet de loi 70 [sur la réforme de l\u2019aide sociale] de mon collègue [ministre de l\u2019Emploi] François Blais, je suis tout de suite intervenu pour discuter avec lui à l\u2019égard des formations que les gens pourraient avoir dans le cadre d\u2019organismes d\u2019alphabétisation », explique le ministre.« Je pense que l\u2019éducation populaire, c\u2019est nécessaire, ajoute-t-il.Ça existe, ça fait partie du modèle qu\u2019on a mis en place dans les années 1960 lorsqu\u2019on a créé le ministère de l\u2019Éducation.On a reconnu à l\u2019éducation populaire, en dehors de l\u2019école, une mission et une valeur ajoutée.Alors, ce sont des discussions que nous avons avec eux.» Enveloppe de 20 millions Bien avant la présentation de sa Politique sur la réussite éducative et de la stratégie sur l\u2019alphabétisation, qui en découlera, le ministre a octroyé une enveloppe de 20 millions en décembre dernier pour soutenir les organismes communautaires, les commissions scolaires et les entreprises qui luttent contre l\u2019analphabétisme.Sébastien Proulx répète qu\u2019il fait de la lutte contre l\u2019analphabétisme un « sujet d\u2019intérêt personnel » dont il faut parler davantage.« Chaque fois que je me présente sur une tribune, je parle d\u2019alphabétisation parce que c\u2019est l\u2019une des raisons pour lesquelles je fais de la politique.» Le Devoir SUITE DE LA PAGE H 1 ÉDUCATION Sébastien Proulx affirme que d\u2019autres ministères seront impliqués dans la future stratégie en matière d\u2019alphabétisation A L P H A B É T I S A T I O N L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 E T D I M A N C H E 3 S E P T E M B R E 2 0 1 7 H 6 la communauté crie.« Il était plein de colère de ne pas savoir, de ne pas comprendre son histoire et le mal de son peuple», se souvient-elle.Il avait soif de lire, mais en était incapable.Dès qu\u2019il a su, il a dévoré des livres d\u2019histoire et de politique.«Aujourd\u2019hui, il m\u2019écrit par Facebook et il est très impliqué dans sa communauté à lutter contre les problèmes des Premières Nations.» Une aide enrichissante Les tuteurs ressortent eux aussi gagnants de leur expérience, soutient Mélanie Valcin : « En plus de l\u2019expérience humaine qu\u2019ils vivent, ils gagnent de l\u2019expérience dans le domaine de l\u2019alphabétisation et du milieu communautaire.Ils apprennent à travailler en partenariat avec plusieurs organismes et peuvent se faire de précieux contacts pour un emploi futur.» Le coordonnateur de projet du collège Frontière, Alexandre Michaud, peut lui-même en témoigner.Avant d\u2019y travailler à temps plein, M.Michaud y a été bénévole.« Durant mes études en sociologie à l\u2019Université Concor- dia, j\u2019ai pris conscience dans mes cours qu\u2019il y avait beaucoup de problèmes dans notre société, et je me sentais impuissant, raconte-t-il.J\u2019ai alors commencé à être tuteur dans le programme du collège Frontière pour faire quelque chose de concret.» Après avoir animé des cercles de lecture pour des enfants, il devient animateur d\u2019un camp de littératie dans la communauté crie de Mistissini.« Mes cours de sociologie étaient moins déprimants par la suite, lance-t-il en riant.J\u2019ai vu que des communautés se mobilisent et travaillent pour créer un meilleur avenir pour nos jeunes, et que je pouvais aider des gens à long terme et de façon concrète.» SUITE DE LA PAGE H 2 MOT Portes ouvertes Le collège Frontière fêtera ses 25 ans d\u2019activité à Montréal par une journée portes ouvertes le 8 septembre.Grand public, partenaires et bénévoles des 25 dernières années sont invités à venir célébrer l\u2019événement à leur bureau du boulevard Saint-Laurent.LA JOURNÉE LIRE POUR RÉUSSIR S\u2019unir pour contrer ensemble l\u2019analphabétisme M É L A N I E G A G N É Collaboration spéciale C harles Prémont est l\u2019instigateur de La Journée Lire pour réussir, qui se tiendra le 8 septembre à la Grande Bibliothèque de BAnQ.L\u2019événement est organisé par l\u2019Union des écrivains du Québec (UNEQ), avec la collaboration de plusieurs partenaires, dont la Fondation pour l\u2019alphabétisation et l\u2019Université du Québec à Montréal (UQAM).« On souhaite accueillir 150 participants, précise-t-il.Il faut créer un mouvement ! » L\u2019objectif est de réunir dans un même lieu, pour une rare fois, des acteurs du monde des affaires, du réseau de la santé, du milieu de l\u2019éducation, de l\u2019industrie de la culture, du milieu communautaire, et ce, de partout au Québec, afin qu\u2019ils échangent sur leur réalité et trouvent ensemble des pistes de solutions concrètes à ce fléau.« Ça concerne tout le monde : l \u2019ar tiste, le patron d\u2019usine, le directeur de chambre de commerce, etc.Le Québec a besoin d\u2019un électrochoc ! On doit se responsabiliser face à cet enjeu.Les conséquences de l\u2019analphabétisme sont tragiques pour notre société », soutient M.Prémont.Un niveau de littératie insuffisant fait en sorte que les individus ont de la difficulté à trouver du travail, à comprendre les enjeux de société et à participer au discours social et politique.«Savoir lire et écrire permet de participer à la démocratie.C\u2019est le moyen pour tout le monde de donner son point de vue », poursuit l\u2019ethnologue.« Le statu quo est insoutenable.On ne peut pas continuer sur ce chemin.Si le niveau de littéra- tie général ne s\u2019améliore pas, ça va aller mal.» Démarche éclairée par la recherche Contrer l\u2019analphabétisme nécessite la concertation de différents acteurs et les initiatives doivent être inspirées par les connaissances issues de la recherche, indique Monique Brodeur, doyenne de la Faculté des sciences de l\u2019éducation de l\u2019Université du Québec à Montréal (UQAM), membre des conseils d\u2019administration de la Fondation pour l\u2019alphabétisation et de Centraide du Grand Montréal.Conférencière pour La Journée Lire pour réussir, Monique Brodeur signale que cet événement sera aussi l\u2019occasion de procéder au lancement du Réseau québécois de recherche et de transfert en litté- ratie, réseau qui entend devenir la référence en matière de littératie au Québec.« Si on veut combattre un fléau aussi complexe et persistant que l\u2019analphabétisme, les ef forts doivent être éclairés, on doit déboulonner les mythes, mettre en œuvre les stratégies les plus gagnantes.Le but est de fédérer l\u2019ensemble des acteurs dans le domaine, de favoriser l\u2019accès aux connaissances issues de la recherche ainsi qu\u2019aux pratiques des milieux en littératie.» La Journée Lire pour réussir a été imaginée en ce sens.Ainsi, des chercheurs guideront les réflexions.« Au départ, trois conférences rapides seront présentées par des spécialistes sur le thème de la litté- ratie.Les participants vont ensuite se rassembler pour discuter du sujet abordé, donner des suggestions.Le conférencier posera aussi des questions au public.Nous compilerons ensuite les données et produirons un rapport, explique Charles Pré- mont.Ce sera un document de solutions proposées par les citoyens.» Le rôle de l\u2019école Monique Brodeur se réjouit de la tenue de La Journée Lire pour réussir et croit qu\u2019elle sera utile et profitable pour faire émerger des idées porteuses pour contrer l\u2019analphabétisme.Néanmoins, elle affirme que l\u2019école a un rôle principal à jouer dans l\u2019enseignement de la lecture et le soutien au développement des compétences en littératie.« La meilleure façon d\u2019aider les gens est de leur permettre d\u2019apprendre à lire quand ils sont enfants.Tous les enfants n\u2019arrivent pas à l\u2019école avec le même bagage.L\u2019école peut jouer un rôle formidable pour lutter contre les inégalités sociales, accroître l\u2019équité, la justice sociale.Estelle consciente de son rôle ?, questionne la doyenne de la Faculté des sciences de l\u2019éducation de l\u2019UQAM.Ça évolue progressivement.Il y a des ressources pour aider les enseignants.» Mm e Brodeur insiste sur l \u2019 i m p o r t a n c e d \u2019 a g i r t ô t : « Nous avons l \u2019 o b l i ga t i on d\u2019agir afin que, dès l \u2019aube, chaque enfant bénéficie des interventions les plus prometteuses en vue de son accomplissement personnel et de sa participation citoyenne.» temps », renchérit-elle, en ajoutant que « c\u2019est une forme de reconnaissance de notre contribution à la réussite éducative».Aujourd\u2019hui, si le RCPAQ se réjouit que ces 9 millions soient récurrents, ses membres souhaiteraient bien le voir indexé chaque année.«C\u2019est peut-être modeste, mais pour nous c\u2019est important afin que les organismes puissent maintenir leurs services», rappelle Mme Meunier.Consolidation des équipes À quoi servira cet investissement ?«À consolider les équipes de travail », affirme sans hésiter la responsable.En effet, le travail des organismes en alphabétisation repose sur de petites équipes.S\u2019ils peuvent compter sur la contribution des bénévoles et des membres de conseils d\u2019administration, souvent les organismes sont tenus à bout de bras par deux ou trois personnes dont l\u2019emploi est parfois précaire.Dorénavant, il leur sera plus facile d\u2019effectuer les tâches quotidiennes, la formation, le travail dans le milieu, le recrutement, la recherche de partenariat.«Même si on n\u2019ajoute qu\u2019un membre à une équipe, l\u2019impact est direct sur la capacité du groupe à faire son travail.Ça se traduit par plus d\u2019heures de formation pour les adultes, plus de travail dans le milieu pour sensibiliser et recruter, explique Mme Meunier.Aller rejoindre les personnes peu alphabétisées, c\u2019est comme l\u2019argent : c\u2019est le nerf de la guerre\u2026 Si les gens ne viennent pas, on ne peut pas contribuer.» Si les répercussions de cet argent frais sur le terrain se font déjà sentir, tout deviendra beaucoup plus concret au cours des 12 prochains mois, selon la responsable.Pour une stratégie nationale Comme une vingtaine d\u2019organisations, le RGPAQ est un membre actif du Réseau de lutte à l\u2019analphabétisme qui avait lancé en mai 2016 une plateforme pour une stratégie nationale de lutte contre l\u2019analphabétisme.«La plateforme a été déposée comme mémoire dans le cadre des consultations sur la réussite éducative», précise Mme Meunier.Le document précise qu\u2019il est important de tenir compte de la réalité des personnes peu ou pas alphabétisées et de leur famille, et qu\u2019on doit permettre la mise en œuvre de mesures structurantes.De plus, il est clairement mentionné que, si l\u2019on veut mettre au point une stratégie de lutte contre l\u2019analphabétisme, on doit s\u2019appuyer sur une vision globale et cohérente du problème de l\u2019analphabétisme, de ses causes et de ses conséquences.Mme Meunier, qui parle ici au nom du RGPAQ, affirme que « la nouvelle Politique de réussite éducative est en fait une stratégie d\u2019alphabétisation et de francisation, et ce n\u2019est pas exactement ce que le Réseau demandait ».Pour l\u2019organisme, la Politique de réussite éducative se concentre sur l\u2019appropriation de l\u2019écriture et de la lecture, alors que les enjeux d\u2019une stratégie de lutte contre l\u2019analphabétisme sont beaucoup plus nombreux.Lutte contre la pauvreté « Il n\u2019y a pas de véritable réussite éducative possible sans lutte contre la pauvreté », martèle Mme Meunier.Le RGPAQ est déçu de ne pas trouver dans la nouvelle politique éducative des mesures allant en ce sens.Ce défi ne concerne évidemment pas seulement le seul ministère de l\u2019Éducation.Le ministre de l\u2019Emploi et de la Solidarité sociale, François Blais, a d\u2019ailleurs annoncé pour le mois de septembre le lancement d\u2019un troisième plan de lutte contre la pauvreté.« On espère qu\u2019il y aura une cohérence avec la Politique de réussite éducative.On sait que les élèves des milieux défavorisés ont tendance à plus décrocher, entre autres parce qu\u2019ils vivent dans des conditions précaires.On se dit qu\u2019un ne va pas sans l\u2019autre, déclare la responsable.Dans un an, nous serons en campagne électorale.Est-ce que ça ne sera que des promesses ?On souhaite que tous les acteurs, peu importe leur allégeance, portent le flambeau et appuient une stratégie de lutte contre la pauvreté.» SUITE DE LA PAGE H 3 RGPAQ ISTOCK « La meilleure façon d\u2019aider les gens est de leur permettre d\u2019apprendre à lire quand ils sont enfants», estime Monique Brodeur, doyenne de la Faculté des sciences de l\u2019éducation de l\u2019UQAM.ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Le RGPAQ est déçu de ne pas trouver dans la nouvelle politique éducative des mesures pour lutter contre la pauvreté, regrette Caroline Meunier, responsable au développement des analyses et des stratégies du RGPAQ.Lire et écrire.Deux actions quotidiennes qui peuvent apporter plaisir et accomplissement pour les uns, angoisse et sentiment d\u2019échec, pour les autres.De nombreux Québécois se retrouvent dans le deuxième groupe.On estime en effet que plus d\u2019une personne sur deux (53%) éprouve des difficultés à lire et à utiliser l\u2019écrit à divers degrés, dans la province.Ces individus n\u2019ont pas les compétences en littératie pour lire en vue de comprendre, d\u2019apprendre et d\u2019agir en toute autonomie.L\u2019écrivain et ethnologue Charles Prémont croit que l\u2019ensemble de la société devrait se préoccuper de ce fléau."]
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