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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2017-09-07, Collections de BAnQ.

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[" V O L .C V I I I N o 2 0 2 L E D E V O I R , L E J E U D I 7 S E P T E M B R E 2 0 1 7 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S AUJOURD\u2019HUI Actualités \u203a Pleins feux sur Platon, Shakespeare et autres.Le Collège néoclassique offre une perspective historique.Page A 5 Actualités \u203a Le «bar ouvert».La chronique de Michel David.Page A 3 Avis légaux.B 4 Décès.B 4 Météo.B 2 Mots croisés.B 3 Petites annonces .B 4 Sudoku.B 5 ?w w w .l e d e v o i r .c o m Rencontrez des experts en éducation pour apprendre d\u2019avantage sur les meilleures écoles.OBTENEZ VOTRE BILLET DE 50% SUR OURKIDS.NET/EXPO Le dimanche, 10 septembre · Centre Mont-Royal, Montréal LA SOURCE DE CONFIANCE.EXPOSANT DES ÉCOLES: DE LA MATERNELLE AU SECONDAIRE \u2022 FRANÇAIS ET ANGLAIS \u2022 MONTESSORI \u2022 PENSIONNAT \u2022 BESOINS SPÉCIAUX \u2022 ÉCOLES POUR ENFANTS DOUÉS Appropriation culturelle autochtone Le Conseil des arts prend position Page A 3 JOSE À LA POURSUITE D\u2019IRMA NOAA/AFP Tandis que l\u2019ouragan Irma (à gauche) poursuivait sa course destructrice dans les Caraïbes, Jose (à droite), est passé du statut de tempête tropicale à celui d\u2019ouragan, tout comme Katia.Page A 2 J É R Ô M E D E L G A D O à Londres U ne vieille histoire d\u2019amour l ie Alber to Giacomett i (1901-1966), le célèbre sculpteur franco-suisse derrière L\u2019homme qui marche (1960), à la capitale britannique.Même que la relation se poursuit de manière posthume.Un demi-siècle après sa mort se tient à Londres, jusqu\u2019à dimanche, une large rétrospective \u2014 250 œuvres (bronzes, plâtres, dessins, peintures), toutes époques et tous genres confondus.C\u2019est cette expo, lancée au musée Tate Modern, qui passera l\u2019hiver 2018 au Musée En attendant Giacometti Visite à Londres de l\u2019exposition qui sera présentée à Québec SUCCESSION D\u2019ALBERTO GIACOMETTI L\u2019homme qui marche, 1960 J E S S I C A N A D E A U Près de 40% des élèves du secondaire étudient au privé ou dans des écoles publiques à programmes ou projets particuliers qui imposent des critères sélection, estime l\u2019Institut de recherche et d\u2019informations socio-économiques (IRIS).L\u2019organisme dénonce cette «ségrégation scolaire» et tente de démontrer que cela a un impact négatif sur la réussite de l\u2019ensemble des enfants.Le phénomène «d\u2019écrémage» de la classe régulière au profit des écoles privées et des écoles à vocation particulière dans le réseau public n\u2019est pas nouveau, mais il tend à s\u2019accélérer, constate l\u2019IRIS, dans une étude financée en partie par la Fédération autonome de l\u2019enseignement (FAE).L\u2019IRIS s\u2019appuie notamment sur les travaux du Conseil supérieur de l\u2019éducation qui sonnait l\u2019alarme l\u2019an dernier.Le rapport du CSE soutenait que le système scolaire québécois était l\u2019un des plus inéquitables au Canada et évoquait pour la première fois un «système à trois vitesses» : le ÉTUDE DE L\u2019IRIS La lutte des classes nuit à la réussite scolaire L\u2019école régulière perd du terrain face au privé et aux écoles à programme particulier SUCCESSION D\u2019ALBERTO GIACOMETTI Grande tête mince, 1954 VOIR PAGE A 8 : ÉLECTION VOIR PAGE A 8 : ÉDUCATION VOIR PAGE A 8 : GIACOMETTI M A R I E - M I C H È L E S I O U I I S A B E L L E P O R T E R à Québec L a circonscription de Louis-Hébert, à Québec, se retrouve orpheline de deux candidats : le libéral Éric Tétrault et le caquiste Normand Sauvageau se sont tous deux retirés de la course, mercredi, en raison de gestes inappropriés posés en milieu de travail, il y a quelques années.« Il s\u2019est retiré, je n\u2019ai pas plus de commentaires », a confirmé en soirée le premier ministre, Philippe Couillard, au sujet du départ de son candidat.« En 2017, en politique, on demande aux gens de n\u2019avoir jamais rien fait dans leur vie », a déploré Éric Tétrault, en entrevue sur RDI après l\u2019annonce de son départ.« Alors j\u2019ai bien vu que les gens acceptent plus ou moins ces choses- là aujourd\u2019hui », a-t-il ajouté, après avoir évoqué le « poids » des révélations médiatiques sur sa famille.Éric Tétrault a reconnu avoir assisté à un spectacle de Céline Dion, en 2008, dans une loge payée par l\u2019ex-entrepreneur Lino Zambito, condamné pour fraude.Il a aussi attiré l\u2019attention des médias parce qu\u2019il a œuvré comme secrétaire de presse auprès de l\u2019ancien ministre libéral fédéral Alfonso Gagliano, éclaboussé par LOUIS-HÉBER T Deux candidats perdus par leur passé Le libéral Éric Tétrault et le caquiste Normand Sauvageau forcés de se retirer une semaine après le déclenchement de l\u2019élection partielle L E D E V O I R , L E J E U D I 7 S E P T E M B R E 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 2 Ré?exion sur le rôle du citoyen dans le développement des villes avec 30+ intervenants Dans Marconi-Alexandra / Mile-Ex Vendredi 8 septembre 2017 Territoire Citoyen Journée de conférences projetex.ca 10 % de rabais o?ert aux lecteurs du journal Le Devoir propulsé par Achetez votre billet Code promo: devoir10 A M É L I P I N E D A P rès de 2000 voyageurs étaient attendus mercredi soir à l\u2019aéroport de Montréal après avoir été évacués des Caraïbes où l\u2019ouragan Irma s\u2019apprêtait à passer après avoir déjà fait plusieurs morts.Trois ouragans sévissaient simultanément mercredi après-midi du côté de l\u2019Atlantique, les tempêtes José et Ka- tia s\u2019étant hissées dans la catégorie des ouragans, venant ainsi s\u2019ajouter au puissant Irma de catégorie 5, a annoncé le Centre national américain des ouragans.Le plus puissant ouragan jamais vu dans l\u2019océan Atlantique avait atteint les îles du nord-est des Caraïbes tôt mercredi.Alexandre McKenna et sa conjointe étaient en voyage à Punta Cana, en République dominicaine, depuis le 3 septembre.Le couple, dont l\u2019hôtel était situé au bord de la mer, a échappé au passage de l\u2019ouragan Irma.Avec ses vents de près de 300km/h, Irma a entre autres balayé l\u2019île franco-néerlandaise de Saint-Mar tin, faisant six morts du côté français et se dirige le long d\u2019une trajectoire qui l\u2019amènerait vers Porto Rico, la République dominicaine, Haïti et Cuba, avant de possiblement atteindre la Floride d\u2019ici la fin de semaine.«Nous étions à risque.Nous avions une chambre avec vue sur la mer, qui était à environ 500 mètres de l\u2019hôtel », a raconté M.McKenna en entrevue avec Le Devoir, alors qu\u2019il attendait son vol de retour vers Montréal.L\u2019homme avoue avoir craint pour sa sécurité jusqu\u2019à ce qu\u2019on lui annonce qu\u2019Air Canada avait ajouté des vols pour rapatrier les voyageurs vers le Canada.« Au début, le risque nous paraissait banal, parce qu\u2019encore mercredi matin c\u2019était ensoleillé, mais les plages étaient fermées et les employés de l\u2019hôtel se préparaient pour solidifier l\u2019établissement», mentionne M.McKenna.Il n\u2019aura fallu que quelques heures pour que le ciel se couvre complètement et amène de forts vents.«Tout le monde a hâte de partir.On regarde ce qui se dit sur les réseaux sociaux et on veut tous rentrer », a indiqué M.McKenna.À l\u2019aéropor t de Montréal, des employés ont été appelés en renfort pour accueillir les voyageurs puisqu\u2019on s\u2019attendait à ce que cer tains dorment à l\u2019aéroport.«Certains devront prendre les liaisons dès jeudi, alors nous nous sommes assurés d\u2019avoir des couvertures, des bouteilles d\u2019eau, des chargeurs pour leurs cellulaires », a souligné Marie- Claude Desgagnés, conseillère aux affaires publiques d\u2019Aéroport de Montréal.Une dizaine d\u2019appareils d\u2019Air Transat et d\u2019Air Canada en provenance principalement de Cuba et de la République dominicaine étaient attendus mercredi.« Les quar ts de travail des employés des douanes ont été prolongés et un corridor sera réservé pour les gens de ces vols », avait aussi mentionné Mme Desgagnés.Les deux compagnies aériennes ont prévu une vingtaine de vols jusqu\u2019au 7 septembre pour rapatrier les voyageurs.Importants dégâts La par tie française de l\u2019île franco-néerlandaise Saint-Mar- tin est «détruite à 95%» après le passage de l\u2019Ouragan Irma, a indiqué mercredi soir le président du Conseil territorial local, Daniel Gibbs.Au moins « six morts » sont à déplorer à Saint-Mar tin, avait annoncé Eric Maire, le préfet de la Guadeloupe, un département français d\u2019Outre mer voisin.Sur l\u2019île de Barbuda, où l\u2019œil de l\u2019ouragan Irma est passé, les dégâts étaient importants.Irma arraché le toit du commissariat de police, contraignant les policiers à se réfugier dans la caserne de pompiers voisine et dans le centre communautaire, qui ser vait d\u2019abri officiel.L\u2019ouragan de catégorie 5 a aussi rompu les communications entre les îles.On rapporte également des arbres déracinés et des inondations importantes, mais on ne déplore aucune victime pour le moment.Des pluies diluviennes et des vents violents ont frappé l\u2019île voisine d\u2019Antigua, pendant que la population se terrait chez elle ou dans des abris gouvernementaux.Les responsables ont demandé aux habitants de se mettre à l\u2019abri de «l\u2019assaut» d\u2019Irma dans un communiqué qui se termine par la phrase « Que Dieu puisse tous nous protéger».À Porto Rico, les autorités météorologiques disent ne pas avoir vu d\u2019ouragan aussi puissant depuis l\u2019ouragan San Felipe en 1928, une tempête qui avait fait près de 2800 morts en Guadeloupe, à Porto Rico et en Floride.« Nous n\u2019avons jamais vu d\u2019événement aussi dangereux, a dit le gouverneur portoricain Ricardo Rosselló.Une bonne partie de l\u2019infrastructure sera incapable de résister à une telle puissance.» Le nord de la République dominicaine et d\u2019Haïti pourrait recevoir 25 centimètres de pluie, contre 50 centimètres dans le sud-est des Bahamas et de Turks et Caicos.Seulement quatre autres ouragans (Allen en 1980, Gilbert en 1988, Wilma en 2005 et une tempête qui a frappé les Keys de la Floride en 1935) ont déjà généré des vents aussi puissants que ceux d\u2019Irma.Ces tempêtes ont toutefois frappé dans la mer des Caraïbes et dans le golfe du Mexique, où l\u2019eau est habituellement plus chaude que dans l\u2019Atlantique.Avec l\u2019Agence France-Presse et Associated Press Le Devoir Des Québécois évacués pour éviter l\u2019ouragan Irma Le plus puissant ouragan jamais vu dans l\u2019océan Atlantique sème la désolation dans les Caraïbes JOHNNY JNO-BAPTISTE ASSOCIATED PRESS Un homme constatant les dégâts sur sa propriété à St.John\u2019s, à Antigua-et-Barbuda, après le passage d\u2019Irma, mercredi A L E X A N D R E S H I E L D S P rès de deux ans après l\u2019adoption de l\u2019Accord de Paris sur le climat, les engagements de réduction des émissions de gaz à ef fet de serre des pays signataires sont toujours nettement insuf fisants pour espérer limiter les bouleversements climatiques, prévient Youba Sokona, vice-président du Groupe d\u2019experts intergouvernemental sur l\u2019évolution du climat (GIEC).«Si nous voulons limiter le ré- chauf fement climatique à 2 °C d\u2019ici la fin du siècle, il nous faut des réductions radicales des émissions de gaz à effet de serre.Il faut même décarboniser totalement notre économie, en commençant par le secteur de l\u2019énergie », a-t-il expliqué au Devoir, en marge de l\u2019ouverture de la 46e réunion de travail du GIEC, qui se tient à Montréal.«Malheureusement, a ajouté M.Sokona, les informations disponibles indiquent que nous ne sommes pas sur cette trajectoire.» Pour y parvenir, il faudrait réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) de 40 à 70% d\u2019ici 2050 (et les faire disparaître en 2100).Mais même le respect de cet objectif de limiter le réchauffement global à 2°C d\u2019ici 2100 serait «problématique», selon les données scientifiques présentées en matinée mercredi par des représentants du GIEC.Une telle hausse aurait en effet des impacts sur les productions agricoles de certaines régions du monde, notamment pour des pays déjà défavorisés.Qui plus est, d\u2019un à deux milliards de personnes de plus souffriraient d\u2019un manque d\u2019accès à l\u2019eau.Sans oublier une accélération de la fonte du pergélisol et une augmentation des inondations côtières et des tempêtes.Climat et ouragans Youba Sokona n\u2019a toutefois pas voulu lier les récents ouragans à un phénomène directement imputable aux bouleversements du climat.«Le constat est que nous avons de plus en plus d\u2019événements extrêmes dont l\u2019amplitude est de plus en plus forte, et à des fréquences beaucoup plus rapprochées.Ça pourrait être lié à la réalité des changements climatiques.» Le vice-président du GIEC a donc rappelé l\u2019urgence d\u2019agir, d\u2019autant plus que les impacts d\u2019un climat planétaire perturbé se font déjà sentir «sur tous les continents et dans les océans».La solution pour éviter le pire, a fait valoir mercredi M.Sokona, passe par une dé- carbonisation de l\u2019activité humaine, et en priorité du secteur de l\u2019énergie, responsable de 35 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre.« Il faut rapidement déployer des solutions.Et on voit qu\u2019il y a une percée fulgurante des énergies renouvelables.Les coûts baissent radicalement.Donc, ces énergies of frent une belle perspective de décarbonisation.» Reconnaissant que les mesures qui peuvent être prises dif fèrent grandement selon les pays et les moyens financiers disponibles, il a appelé à une action concer tée de la communauté internationale.«La question du climat est une question de solidarité, dans la mesure où il s\u2019agit d\u2019un problème créé et vécu par tout le monde.Et la solution n\u2019est que collective.Il faut donc une grande solidarité des ressources et de la mise en oeuvre.» Sixième rapport La rencontre du GIEC qui se tient à Montréal jusqu\u2019à dimanche doit permettre de préparer la rédaction du sixième rapport de l\u2019organisation, qui devrait être publié dans sa forme complète en 2022.Avant cela, le GIEC publiera cependant l \u2019an prochain un rapport sur le scénario de limiter le réchauf fe- ment à 1,5 °C d\u2019ici 2100, par rapport à la situation qui prévalait avant l\u2019ère industrielle.Un scénario très ambitieux mentionné dans l\u2019Accord de Paris, adopté en 2015, mais qui imposerait à la planète de réduire les émissions de 70 % à 95 % d\u2019ici 2050.Le GIEC planchera également, d\u2019ici deux ans, sur une analyse des impacts du ré- chauf fement sur les océans, mais aussi sur un rapport portant sur les conséquences des bouleversements climatiques sur la « dégradation » des terres et la désertification.Financement du GIEC La rencontre de Montréal permettra par ailleurs d\u2019aborder l\u2019enjeu du financement des travaux du GIEC, dont l\u2019enveloppe annuelle dépend en grande majorité de «contributions volontaires » d\u2019un petit nombre d\u2019États, de fondations et d\u2019organismes de l\u2019ONU.Il faut dire que le financement global, qui avoisine les 10 millions de dollars annuellement, souffre depuis quelques années d\u2019un recul des engagements de cer tains contribu- teurs, selon ce qui a été précisé de la part de sources internes mercredi.Son financement annuel est en ef fet soumis aux aléas des décisions politiques des États qui y contribuent.Dans ce contexte, le retrait américain du financement du GIEC en 2017 signifie une perte de près de 2,5 millions de dollars par rapport à 2016.Quant au Canada, les données disponibles indiquent qu\u2019entre 2011 et 2016, soit une période de cinq ans, le financement moyen annuel s\u2019est élevé à 178 973$.Selon les chiffres inscrits dans un tableau synthèse du GIEC, en date du 30 juin 2017, l\u2019engagement du Canada se faisait toutefois toujours attendre pour cette année.Le ministère de l\u2019Environnement et du Changement climatique n\u2019avait pas répondu aux questions du Devoir sur cet enjeu de financement au moment d\u2019écrire ces lignes.McKenna absente Aucun ministre du gouvernement de Justin Trudeau n\u2019était présent à l\u2019ouverture de la rencontre du GIEC, à Montréal.La ministre de l\u2019Environnement Catherine McKenna n\u2019était donc pas présente.Elle a seulement livré un bref message par l\u2019entremise d\u2019une vidéo préenregistrée.«Nous savons que le changement climatique est un phénomène réel.C\u2019est pourquoi nous prenons des mesures concrètes pour protéger la planète que nous laisserons aux générations futures », a-t-elle déclaré dans cette vidéo.Le Devoir Les États sont appelés à en faire plus pour le climat Le GIEC se réunit à Montréal cette semaine pour préparer la rédaction de son prochain rapport PAUL CHIASSON LA PRESSE CANADIENNE La ministre Catherine McKenna a participé à l\u2019ouverture de la rencontre par vidéoconférence. L E D E V O I R , L E J E U D I 7 S E P T E M B R E 2 0 1 7 ACTUALITES A 3 À la veille d\u2019un congrès, une loi non écrite impose à un chef du PQ de défendre la langue française avec une ardeur inversement proportionnelle à son empressement de tenir un référendum sur la souveraineté.En 1994, personne n\u2019avait reproché à Jacques Parizeau d\u2019avoir superbement ignoré la résolution adoptée l\u2019année précédente, qui prévoyait la restauration de la Charte de la langue française dans son état originel.Avec son « horizon » référendaire de huit à dix mois, tout le monde comprenait parfaitement qu\u2019il avait d\u2019autres chats à fouetter.En 2005, Bernard Landry a commis l\u2019erreur de s\u2019opposer à la fois à un référendum précipité et à l\u2019extension des dispositions de la loi 101 au niveau collégial.Résultat : seulement 76 % des délégués lui ont renouvelé leur confiance, un appui qu\u2019il a estimé trop faible pour demeurer en poste.En 2011, Pauline Marois n\u2019était pas plus pressée de tenir un référendum, mais elle a jugé plus prudent de céder sur la question du cégep, même si elle était personnellement très réticente à en interdire l\u2019accès aux francophones et aux allophones.Elle a été récompensée par un appui de 93 %.Jean-François Lisée a toujours défendu le statu quo, mais après avoir accepté de se soumettre à un vote de confiance qu\u2019il aurait très bien pu éviter, c\u2019est à son tour de payer un tribut aux militants.Même si un autre changement de chef paraît difficilement imaginable à un an des élections, le nouveau pragmatisme des militants a tout de même des limites.Les 22 % d\u2019intentions de vote dont les sondages créditent le PQ ont déjà de quoi faire douter de l\u2019opportunité d\u2019avoir reporté le référendum à un bien hypothétique deuxième mandat et plusieurs se demandent si la « convergence » avec Québec solidaire n\u2019aurait pas été facile avec un autre chef.?Si le chef péquiste a finalement découvert que les cégeps de langue anglaise sont devenus des « bars ouverts », une volte-face en bonne et due forme aurait été un peu gênante, mais M.Lisée est un homme notoirement astucieux.Le PQ ne leur interdirait pas formellement d\u2019accueillir des étudiants non anglophones, qui constituent la moitié de leur clientèle, mais il les priverait plutôt de moyens en faisant en sorte que leur financement «réponde en priorité aux besoins de la communauté historique anglophone», ce qui pourrait ultérieurement le diminuer de moitié.L\u2019idée d\u2019accorder la « priorité » aux anglophones de souche n\u2019est pas nouvelle.Sous prétexte que son caractère minoritaire ne lui permettrait pas d\u2019étendre la loi 101 aux cégeps, le gouvernement Marois avait déjà introduit cette notion dans le projet de loi no 14.Si leur capacité d\u2019accueil devait être limitée, il prévoyait la définition de «critères » et de «priorités » dans la sélection des étudiants «pour respecter la clientèle de langue anglaise pour laquelle avait été constitué l\u2019établissement par le gouvernement».En commission parlementaire, l\u2019Association des commissions scolaires anglophones du Québec (ACSAQ) avait fait à la ministre Diane de Courcy le même reproche que la Fédération des cégeps adresse aujourd\u2019hui à M.Lisée, c\u2019est-à-dire de faire indirectement ce qu\u2019il n\u2019ose pas faire directement.Si l\u2019extension de la loi 101 aux cégeps est nécessaire à la protection du français, aussi bien agir franchement.D\u2019ailleurs, si le principe d\u2019établir le financement en fonction des besoins de la communauté anglophone historique vaut pour le cé- gep, pourquoi devrait-il en être autrement à l\u2019université ?En 2013, une étude commandée par Option nationale avait établi que les universités de langue anglaise accueillaient 25 % des étudiants et obtenaient 29 % du financement, alors que les anglophones de souche ne représentaient que 8 % de la population.?Ménager la chèvre et le chou est un art que tout politicien doit apprendre à maîtriser, mais cela est particulièrement impératif pour un chef du PQ, où la volonté des militants est fréquemment en porte à faux avec le souhait de la population.Selon le sondage Léger-Le Devoir effectué cet été à l\u2019occasion du 40e anniversaire de la loi 101, seulement 31 % des francophones sont favorables à son extension aux cégeps, mais on peut penser que la proportion d\u2019électeurs péquistes et, plus encore, de militants péquistes est nettement supérieure.En revanche, 62 % des francophones et sans doute davantage de péquistes estiment que les dispositions relatives à l\u2019affichage commercial devraient être renforcées.Au congrès de 2011, Pauline Marois et l\u2019ensemble de la direction du PQ avaient été pris complètement par surprise quand une majorité avaient résolu de recourir à la clause de dérogation pour rétablir la règle de l\u2019unilinguisme français.On avait forcé les délégués à reprendre le vote, en évoquant le pire s\u2019ils ne changeaient pas d\u2019avis.Le sujet sera débattu à nouveau au congrès de la fin de semaine.Si le cégep anglais est devenu un « bar ouvert », que dire des murs et des vitrines de la métropole ?mdavid@ledevoir.com Le « bar ouvert » MICHEL DAVID C H R I S T I A N R I O U X Correspondant à Paris I l y a cinq ans, le principal fonds documentaire québécois en Europe avait été sauvé de justesse.Hébergés depuis toujours par la délégation générale du Québec à Paris, les 18 000 ouvrages de la bibliothèque Gaston-Miron qu\u2019on avait un temps envisagé de déménager dans un tout nouveau centre culturel québécois avaient finalement été transférés à la Sorbonne Nouvelle (Paris 3), dans le 5e arrondissement.Cette entente d\u2019une durée de cinq ans sera renouvelée et même élargie, ont annoncé mercredi à Paris la déléguée générale du Québec en France, Line Beauchamp, et le président de la Sorbonne Nouvelle, Carle Bonafous-Murat.Le fonds québécois, qui demeure la propriété du Québec et dont celui-ci assume les frais, sera notamment intégré au catalogue des bibliothèques universitaires françaises (SU- DOC), qui regroupe 158 établissements et 1500 bibliothèques.Il ne s\u2019agit pas seulement d\u2019un renouvellement, dit Line Beauchamp, mais de « dessiner une nouvelle entente qui s\u2019étalera sur dix ans ».Cela signifie dans l\u2019immédiat que la bibliothèque quittera le Quartier latin pour déménager dès la rentrée 2019 dans les nouveaux locaux de l\u2019université, dans le quartier Picpus, près de la place de la Nation.Les responsables promettent que ces nouvelles installations, dessinées par l\u2019architecte Christian de Portzam- parc, permettront à la bibliothèque de jouir de plus d\u2019espace pour des animations et la consultation des ouvrages.Actuellement, seuls les ouvrages littéraires sont en libre accès.La collection de sciences humaines n\u2019est en effet disponible que sur demande.Le déménagement devrait aussi permettre d\u2019augmenter les heures d\u2019ouverture, promet-on.Un pôle d\u2019études québécoises L\u2019entrée dans le catalogue français «donnera une visibilité nationale et internationale» aux livres québécois puisque les chercheurs étrangers y auront accès, souligne Brigitte Auby-Bu- cherie.La directrice des bibliothèques de Paris 3 reconnaît que les prêts ont seulement doublé en cinq ans.Ce qui n\u2019était pas difficile puisqu\u2019à la délégation, ils étaient très peu nombreux.Mais l\u2019entrée dans le catalogue national devrait changer tout ça, croit-elle.Selon Line Beauchamp et Carle Bonafous-Mu- rat, le renouvellement de cette entente vise à consolider à la Sorbonne Nouvelle un véritable « pôle d\u2019études québécoises ».Un pôle dont les moyens demeurent néanmoins très limités pour l\u2019instant.Depuis 2007, l\u2019université abrite la Chaire d\u2019études du Québec, qui accueille un universitaire québécois pendant quelques mois chaque année.Depuis 2012, un Centre d\u2019études québécoises a aussi vu le jour.Même si ce «centre» n\u2019accueille là aussi d\u2019un seul professeur.Le président de la Sorbonne Nouvelle, Carle Bonafous-Murat, se félicite de la «confiance que le gouvernement du Québec» accorde à son université et y voit «un geste politique important».Il prédit que, dans dix ans, on renouvellera cette entente pour 20 ans de plus.L\u2019opération devrait coûter 350 000 $ sur dix ans au ministère des Relations internationales du Québec.Il s\u2019agit d\u2019une augmentation de 25 % du budget, qui servira surtout à faire entrer les ouvrages dans le répertoire français.Le Devoir PARIS La bibliothèque Gaston-Miron va déménager Québec renouvelle son entente avec la Sorbonne Nouvelle C A T H E R I N E L A L O N D E «N ous sommes le Conseil des arts du Canada (CAC).Nous avons comme mandat de soutenir la création artistique dans un pays qui vient tout juste de reconnaître qu\u2019il a pratiqué de façon systématique, pendant presque 100 ans, un génocide culturel envers les autochtones.On ne peut pas traiter les projets de création qui touchent à ces questions de façon neutre.» C\u2019est en ces mots que Simon Brault, directeur et chef de la direction, expliquait en exclusivité au Devoir pourquoi le CAC décide au- jour d \u2019hui de s \u2019avancer po l i t iquement , symboliquement et concrètement, pour contrer l\u2019appropriation culturelle autochtone.Dans une lettre ouverte, Steven Loft, directeur du bureau des arts autochtones, et M.Brault avancent que «nous sommes tous des agents du statu quo ou du changement, et le CAC prend ses responsabilités en choisissant le changement.Le CAC reconnaît que les pratiques culturelles et artistiques contemporaines et traditionnelles des peuples autochtones leur appartiennent».Conséquemment ?«Les artistes et organismes qui soumettront au Conseil une demande de subvention pour des projets qui abordent, traitent, intègrent, commentent, interprètent ou mettent en scène des éléments distinctifs de la culture des Premières Nations, des Inuits ou des Métis devront démontrer qu\u2019ils font preuve de respect et de considération véritables à l\u2019égard des arts et de la culture autochtones lors de leur démarche.» De viva voce, les directeurs insistent : il ne s\u2019agit pas de critères à remplir, ni d\u2019une démarche prescriptive, mais plutôt de l\u2019instauration d\u2019un dialogue.Le CAC pourra aider à trouver, s\u2019il le faut, les interlocuteurs pour que la discussion se fasse entre les artistes, les agents du Conseil et les jurys de pairs qui évaluent, de manière autonome et selon les critères du Conseil, les projets.Mais il est clair que les exigences éthiques du CAC envers les questions autochtones seront plus élevées, ce dernier s\u2019attendant désormais à des projets basés sur des « démarches d\u2019échanges authentiques et respectueux » avec des artistes ou des membres des communautés autochtones «dont la culture ou les protocoles sont concernés par le projet pour lequel on souhaite l\u2019appui du CAC».Et cela implique de changer la manière d\u2019envisager le CAC et son mandat, précise M.Loft, lui- même Mohawk et premier directeur autochtone, en soixante ans d\u2019existence de l\u2019organisme.«Le Conseil ne doit plus être un simple guichet automatique, pourvoyeur de financement artistique, mais faire partie d\u2019une écologie plus large, qui nous relie tous.Les arts et la culture sont toujours au-devant des discussions sociales nécessaires, aussi difficiles soient-elles.Si nous voulons, comme conseil, nous imaginer en agent de changements potentiels, alors nous devons nous avancer, prendre position là où on sent que c\u2019est juste.On doit être un leader.» Quels torts?Pas question de censurer.Pas question d\u2019empêcher les non autochtones de s\u2019attaquer aux enjeux autochtones, puisque plus que jamais la circulation des idées, leur intégration et leur fluidité sont nécessaires, estiment messieurs Loft et Brault.Pas question, et bien au contraire, d\u2019éviter les œuvres critiques et controversées.«Mais il est clair que si un musée nous propose un projet sur la question de la réconciliation, et que tous les commissaires sont identifiés sauf \u201cun commissaire autochtone à déterminer\u201d, on va poser des questions, illustre M.Brault.Selon la forme d\u2019art et le contexte, on va chercher les indices qui démontrent qu\u2019on ne trouvera pas à soutenir un discours artistique unilatéral de Blancs envers les peuples autochtones.On voit la décolonisation intérieure comme l\u2019un des plus grands enjeux des prochaines années au Canada.» Et pourquoi ne pas profiter de cette foulée pour s\u2019attaquer à l\u2019appropriation culturelle en général?D\u2019abord parce qu\u2019au sortir de la Commission de vérité et de réconciliation du Canada, ce semble être le contexte et le geste justes, explique Simon Brault.«Dans le débat sur l\u2019appropriation culturelle, la question brûlante est toujours \u201cQuelles sont les conséquences, les torts d\u2019un geste d\u2019appropriation?\u201d Si Isabelle Blais joue une Chinoise imaginaire dans la Bonne âme du Se-Tchouan, la conséquence sur la culture chinoise est mineure.» Et sur la culture allemande, a- t-on envie d\u2019ajouter, puisque la pièce de 1938 est signée Bertolt Brecht.«Par contre, s\u2019approprier une histoire autochtone alors qu\u2019une partie de la population se relève à peine d\u2019une tentative systématique d\u2019ef facement, ça peut avoir un impact réel et douloureux.» Les arts devant Pour le CAC, « s\u2019engager dans la réconciliation, ça ne veut pas dire de faire une prière avant un spectacle ou dire qu\u2019il a lieu sur un territoire autochtone non cédé», poursuit le chef de direction.« Ça veut dire investir \u2014 on a triplé nos investissements en soutien aux arts autochtones \u2014 et être conséquent ; donc donner au jury un contexte pour les évaluations qu\u2019ils vont faire.La question de réconciliation et de réparation avec les peuples autochtones peut passer par les arts et la culture ; il ne faut pas la pousser sous le tapis, mais en parler clairement, consciemment, précisément, en toute connaissance de cause.» Et avec les principaux intéressés.«C\u2019est tellement un geste fort et clair», se réjouissait Sarah Garton Stanley, du Centre national des Arts d\u2019Ottawa.Pour celle qui a contribué à y mettre en place le secteur du théâtre autochtone «les artistes peuvent toujours être moteurs de grands changements, de bons instigateurs de conversations sur le respect et l\u2019importance de la conscience de l\u2019histoire du Canada dans leur travail.» Le directeur général de Diversité artistique Montréal (DAM) trouve de son côté l\u2019initiative admirable.«C\u2019est un vrai engagement, ça prend du courage politique, et on n\u2019en voit pas assez», a indiqué Jérôme Pruneau.Pour lui, il fallait effectivement séparer les questions d\u2019appropriation culturelle autochtone et générale, «parce que si les autochtones et les membres des communautés de la diversité vivent souvent les mêmes obstacles, ils ne vivent pas du tout les mêmes réalités sociologiques, géographiques, historiques et économiques.Mais ce serait formidable d\u2019enchaîner ensuite sur les communautés culturelles, d\u2019autant qu\u2019avec la réalité des immigrations massives, le contexte se prête aussi à une réflexion sociale».Le Devoir KENNETH CHEUNG GETTY IMAGES La réconciliation par les arts L\u2019appropriation culturelle autochtone, nouveau cheval de bataille du Conseil des arts du Canada Les arts et la culture sont toujours au devant des discussions sociales nécessaires, aussi dif?ciles soient-elles Steven Loft « » Lire aussi \u203aLe Conseil des arts du Canada choisit le changement.Le texte de Simon Brault et de Steven Loft.Page A 7 5 novembre 2017 Election Montréal Jevotepourmaville.ca MÉLECTION GÉNÉRALE AVIS PUBLIC D\u2019ÉLECTION Avis est donné aux électeurs de la Ville de Montréal que : 1.Le poste de maire de la Ville de Montréal, les 18 postes de maire d\u2019arrondissement, les 46 postes de conseiller de la ville et les 38 postes de conseiller d'arrondissement dans les arrondissements et districts électoraux ci-dessous sont ouverts aux candidatures.2.Les formulaires de déclaration de candidature aux postes de maire de la Ville de Montréal, de maire d'arrondissement, de conseiller de la ville et de conseiller d'arrondissement sont disponibles au Bureau du président d\u2019élection, 275, rue Notre-Dame Est, bureau R-134, Montréal, de 9 h à 16 h 30, et ce, du lundi au vendredi, ainsi que dans chaque bureau d\u2019élection des arrondissements mentionnés ci-dessous, du lundi au vendredi de 10 h à 18 h et sur le site Internet jevotepourmaville.ca.Toute déclaration de candidature au poste de maire de la ville de Montréal, à titre de candidat d\u2019un parti autorisé ou de candidat indépendant, devra être produite au Bureau du président d\u2019élection, à l\u2019adresse précitée, entre le 22 septembre et le 6 octobre 2017, à 16 h 30.Le président d'élection ainsi que Me Emmanuel Tani-Moore et madame Sylvie Aubin, à titre d\u2019adjoint, peuvent recevoir ces déclarations de candidature.Toute déclaration de candidature aux postes de maire d\u2019arrondissement, de conseiller de la ville et de conseiller d\u2019arrondissement, à titre de candidat d\u2019un parti autorisé ou de candidat indépendant, devra être produite au Bureau de l\u2019adjoint au président d\u2019élection de l\u2019arrondissement dans 2% DIMANCHE,S,NOVEMBRE:201 / lequel le candidat désire poser sa candidature, à l\u2019adresse ci-dessous, entre le 22 septembre et le 6 octobre 2017, à 16 h 30.J'ai également désigné, pour chaque arrondissement, madame Danielle Champagne, madame Lucie Dumas, madame Louise Morand, madame Marguerite Sicari, monsieur André Fecteau et monsieur Michel Thouin, à titre d\u2019adjoint ainsi que les adjoints ci-après mentionnés dans leur arrondissement respectif pour recevoir ces déclarations de candidature.Prenez note que le vendredi 6 octobre, soit le dernier jour pour déposer toute déclaration de candidature, les bureaux seront ouverts de 9 h à 16 h 30 sans interruption.3.Si plus d\u2019un candidat pose sa candidature à un même poste, un scrutin sera tenu le dimanche 5 novembre, de 10 h à 20 h, un vote par anticipation sera tenu le dimanche 29 octobre, de midi à 20 h, un vote au bureau d\u2019élection situé en arrondissement sera tenu les vendredi 27 octobre, lundi 30 octobre et mardi 31 octobre de 10 h à 20 h et le mercredi 1er novembre de 10 h à 14 h, pour élire un candidat.D\u2019autres mesures spéciales sont prévues pour faciliter l\u2019exercice du droit de vote, informez-vous.4.J\u2019ai nommé M° Emmanuel Tani-Moore à titre de secrétaire d\u2019élection.Pour chaque arrondissement, les postes ouverts aux candidatures, sont les suivants : ARRONDISSEMENT D\u2019AHUNTSIC-CARTIERVILLE e Un poste de maire d'arrondissement élu par l'ensemble des électeurs de l'arrondissement e Un poste de conseiller de la ville dans les districts électoraux suivants : \u2014 Sault-au-Récollet \u2014 Saint-Sulpice \u2014 Ahuntsic \u2014 Bordeaux-Cartierville ADJOINTE : Suzanne LAVIGNE (pour les districts du Sault-au-Récollet et de Saint- Sulpice) 9510, boulevard de l\u2019Acadie Montréal HAN 1L8 ADJOINT : André BRUNELLE (pour les districts d'Ahuntsic et de Bordeaux- Cartierville) 5995, boulevard Gouin Ouest, bureau 200 Montréal H4J 2P8 ARRONDISSEMENT D\u2019ANJOU e Un poste de maire d\u2019arrondissement élu par l\u2019ensemble des électeurs de l\u2019arrondissement e Un poste de conseiller de la ville élu par l\u2019ensemble des électeurs de l'arrondissement e un poste de conseiller d'arrondissement dans les districts électoraux suivants : \u2014 Quest \u2014 Est \u2014 Centre ADJOINTE : Marina DI-BLASI 8150, boulevard Métropolitain Est, bureau 200 Anjou H1K 1A1 514 351-6884 ARRONDISSEMENT DE CÔTE-DES-NEIGES\u2014 NOTRE-DAME-DE-GRACE e Un poste de maire d'arrondissement élu par l'ensemble des électeurs de l'arrondissement e un poste de conseiller de la ville dans les districts électoraux suivants : \u2014 Darlington \u2014 Côte-des-Neiges \u2014 Snowdon \u2014 Notre-Dame-de-Grâce \u2014 Loyola ADJOINTE : Micheline BADEAU-BOISCLAIR (pour les districts de Darlington, de Côte-des-Neiges et de Snowdon) 5858, chemin de la Côte-des-Neiges, bureau 510 Montréal H3S 171 514 344-2680 ADJOINT : Pierre THIBAUDEAU (pour les districts de Notre-Dame-de-Grace et de Loyola) 3285, boulevard Cavendish, bureau 370 Montréal H4B 2L9 ARRONDISSEMENT DE LACHINE e Un poste de maire d'arrondissement élu par l'ensemble des électeurs de l'arrondissement e Un poste de conseiller de la ville élu par l'ensemble des électeurs de l'arrondissement e un poste de conseiller d'arrondissement dans les districts électoraux suivants : \u2014 du Canal \u2014 J.-Émery-Provost \u2014 Fort-Rolland ADJOINT : Claude CAMPEAU 50, 15e Avenue Lachine H8S 3L8 ARRONDISSEMENT DE LASALLE e Un poste de maire d'arrondissement élu par l'ensemble des électeurs de l'arrondissement e un poste de conseiller de la ville et deux postes (poste 1 et poste 2) de conseiller d\u2019arrondissement dans les districts électoraux suivants : 514 388-6937 514 331-7683 514 369-2008 514 637-6099 \u2014 Sault-Saint-Louis \u2014 Cecil-P-Newman ADJOINTE : Lorraine ZIZIAN 55, avenue Dupras, bureau 118 LaSalle H8R 4A8 514 365-2858 ARRONDISSEMENT DE L'ÎLE-BIZARD- SAINTE-GENEVIÈVE e Un poste de maire d\u2019arrondissement élu par l\u2019ensemble des électeurs de l'arrondissement e un poste de conseiller d'arrondissement dans les districts électoraux suivants : \u2014 Pierre-Foretier \u2014 Denis-Benjamin-Viger \u2014 Jacques-Bizard \u2014 Sainte-Geneviève ADJOINTE : Chantal GUILLOT 255, boulevard Chevremont, 2° étage L\u2019Île-Bizard H9C 2B4 ARRONDISSEMENT DE MERCIER\u2014 HOCHELAGA-MAISONNEUVE e Un poste de maire d'arrondissement élu par l'ensemble des électeurs de l'arrondissement e Un poste de conseiller de la ville dans les districts électoraux suivants : \u2014 Tétreaultville \u2014 Maisonneuve-Longue-Pointe \u2014 Hochelaga \u2014 Louis-Riel ADJOINTE : Claudia BEAUCHESNE (pour les districts de Tétreaultville et de Louis-Riel) 5730, rue Sherbrooke Est Montréal H1N 1A5 ADJOINT : Charles-André GOULET (pour les districts de Maisonneuve-Longue-Pointe et d\u2019Hochelaga) 3890, rue Sainte-Catherine Est, bureau 108 Montréal H1W 2G4 514 528-0534 ARRONDISSEMENT DE MONTREAL-NORD e un poste de maire d\u2019arrondissement élu par l\u2019ensemble des électeurs de l'arrondissement e un poste de conseiller de la ville et un poste de conseiller d'arrondissement dans les districts électoraux suivants : \u2014 Marie-Clarac \u2014 Ovide-Clermont ADJOINTE : Marie-Marthe PAPINEAU 5200, rue de Charleroi Montréal-Nord H1G 3A1 ARRONDISSEMENT D\u2019OUTREMONT e un poste de maire d'arrondissement élu par l'ensemble des électeurs de l'arrondissement e un poste de conseiller d'arrondissement dans les districts électoraux suivants : \u2014 Claude-Ryan \u2014 Joseph-Beaubien \u2014 Robert-Bourassa \u2014 Jeanne-Sauvé ADJOINT : Gaétan LEGLERG 1431, avenue Van Horne, 2° étage Outremont H2V 1K9 514 270-8561 ARRONDISSEMENT DE PIERREFONDS-ROXBORO e Un poste de maire d'arrondissement élu par l'ensemble des électeurs de l'arrondissement e Un poste de conseiller de la ville et un poste de conseiller d'arrondissement dans les districts électoraux suivants : \u2014 Bois-de-Liesse \u2014 Cap-Saint-Jacques ADJOINTE : Suzanne CORBEIL 13 665, boulevard de Pierrefonds Pierrefonds H9A 2Z4 514 696-5134 514 253-0771 514 325-8787 514 624-1951 ARRONDISSEMENT DU PLATEAU-MONT-ROYAL e Un poste de maire d'arrondissement élu par l'ensemble des électeurs de l'arrondissement e Un poste de conseiller de la ville et un poste de conseiller d'arrondissement dans les districts électoraux suivants : \u2014 Mile-End \u2014 De Lorimier \u2014 Jeanne-Mance ADJOINTE : Marie-Claude CARON 2120, rue Sherbrooke Est, bureau 517 Montréal H2K 1C3 514 528-8579 ARRONDISSEMENT DE RIVIERE-DES-PRAIRIES\u2014 POINTE-AUX-TREMBLES e Un poste de maire d'arrondissement élu par l\u2019ensemble des électeurs de l\u2019arrondissement e Un poste de conseiller de la ville et un poste de conseiller d'arrondissement dans les districts électoraux suivants : \u2014 La Pointe-aux-Prairies \u2014 Pointe-aux-Trembles \u2014 Rivière-des-Prairies ADJOINT : Serge GASCON (pour le district électoral de Pointe-aux-Trembles et la partie sud du district électoral de La Pointe-aux- Prairies) 12 125, rue Notre-Dame Est, bureau 108 Pointe-aux-Trembles H1B 2Y9 ADJOINTE : Sylvie LALONDE (pour le district électoral de Rivière-des-Prairies et la partie nord du district électoral de la La Pointe-aux- Prairies) 9192, boulevard Maurice-Duplessis Montréal H1E 7C2 ARRONDISSEMENT DE ROSEMONT\u2014 LA PETITE-PATRIE e Un poste de maire d'arrondissement élu par l'ensemble des électeurs de l'arrondissement e Un poste de conseiller de la ville dans les districts électoraux suivants : \u2014 Saint-Édouard \u2014 Étienne-Desmarteau \u2014 Vieux-Rosemont \u2014 Marie-Victorin ADJOINT : Gilles DRAPEAU ; (pour les districts de Saint-Edouard et d\u2019Etienne- Desmarteau) 5800, rue Saint-Denis, 4° étage, bureau 400 Montréal H2S 3L5 514 279-4273 ADJOINT : André LEDOUX (pour les districts du Vieux-Rosemont et de Marie- Victorin) 4994, rue Beaubien Est, 2° étage Montréal H1T 1V4 514 252-0322 ARRONDISSEMENT DE SAINT-LAURENT e Un poste de maire d'arrondissement élu par l'ensemble des électeurs de l'arrondissement e Un poste de conseiller de la ville et un poste de conseiller d'arrondissement dans les districts électoraux suivants : \u2014 Côte-de-Liesse \u2014 Norman-McLaren ADJOINTE : Carine ARSENEAULT 4418, rue Garand Saint-Laurent H4R 2A3 514 331-8713 ARRONDISSEMENT DE SAINT-LEONARD e un poste de maire d'arrondissement élu par l'ensemble des électeurs de l'arrondissement e Un poste de conseiller de la ville et un poste de conseiller d'arrondissement dans les districts électoraux suivants : \u2014 Saint-Léonard-Est \u2014 Saint-Léonard-Ouest 514 645-2239 514 648-3486 ADJOINT : Roger LÉVESQUE 5361, rue Jean-Talon Est Saint-Léonard H1S 1L7 ARRONDISSEMENT DU SUD-OUEST e Un poste de maire d'arrondissement élu par l\u2019ensemble des électeurs de l\u2019arrondissement e Un poste de conseiller de la ville et un poste de conseiller d\u2019arrondissement dans les districts électoraux suivants : \u2014 Saint-Henri-Est-Petite-Bourgogne- Pointe-Saint-Charles-Griffintown \u2014 Saint-Paul-Émard-Saint-Henri-Ouest ADJOINTE : Sylvie GAGNON 1700, rue Saint-Patrick Montréal H3K 1A7 ARRONDISSEMENT DE VERDUN e un poste de maire d'arrondissement élu par l'ensemble des électeurs de l'arrondissement e un poste de conseiller de la ville et deux postes (poste 1 et poste 2) de conseiller d'arrondissement dans les districts électoraux suivants : \u2014 Champlain-LÎle-des-Soeurs \u2014 Desmarchais-Crawford ADJOINT : Christian GOHEL 3901, rue Bannantyne, espace B Verdun H4G 1C2 ARRONDISSEMENT DE VILLE-MARIE e Un poste de conseiller de la ville dans les districts électoraux suivants : \u2014 Peter-McGill \u2014 Saint-Jacques \u2014 Sainte-Marie ADJOINT : Jean DUBÉ 360, rue Saint-Jacques, bureau M-201 Montréal H2Y 1P5 514 728-8320 514 989-0019 514 766-7322 514 282-0619 ARRONDISSEMENT DE VILLERAY-SAINT-MICHEL- PARC-EXTENSION e un poste de maire d'arrondissement élu par l'ensemble des électeurs de l'arrondissement e Un poste de conseiller de la ville dans les districts électoraux suivants : \u2014 Saint-Michel \u2014 François-Perrault \u2014 Villeray \u2014 Parc-Extension ADJOINT : Daniel RENAUD (pour les districts de Saint-Michel et de François- Perrault) 8556, boulevard Pie-IX Montréal H1Z 4G2 ADJOINT : Jacques TURGEON (pour les districts de Villeray et de Parc-Extension) 505, rue Jean-Talon Est, sous-sol Montréal H2R 1T6 514 728-1411 514 278-0438 Pour de plus amples renseignements, visitez notre site Internet ou communiquez avec le Bureau du président d\u2019élection au 514 872-VOTE (8683) ou avec l\u2019adjoint(e) au président d\u2019élection dans l\u2019arrondissement au numéro de téléphone ci-dessus.Montréal, le 7 septembre 2017 Le président d\u2019élection Me Yves Saindon 214 6/2-VOTE (6063) jevotepourmaville.ca M A R C O F O R T I E R C\u2019 est un pari osé, en cette ère de communications en 140 caractères: un demi-siècle après la disparition des collèges classiques, une toute petite maison d\u2019enseignement remet au goût du jour les Platon, Shakespeare et Machiavel dans le but d\u2019offrir une culture générale aux diplômés issus des réformes successives de l\u2019éducation.Le Collège néo-classique, affilié au Collège universitaire dominicain d\u2019Ottawa, vise les professionnels de 25 à 45 ans qui \u2014 de leur propre aveu \u2014 manquent de culture générale et de perspective historique.Ce collège, fondé en 2010, of fre une formation d\u2019appoint appuyée sur les grands classiques, peu enseignés désormais dans les systèmes d\u2019éducation québécois et canadien.«La culture générale, l\u2019histoire des grands principes, l\u2019histoire des institutions, ça peut servir à la prise de décisions dans l\u2019espace public, dans l\u2019espace politique et social», dit le père Maxime Al- lard, cofondateur du Collège.Un peu de recul historique, ça peut aider à repérer les fausses nouvelles, à éviter la démonisa- tion de l\u2019autre et à faire le tri dans l\u2019avalanche d\u2019informations issues du Web, souligne-t-il.Cet homme de foi est un religieux pas comme les autres, les deux pieds solidement ancrés dans la société: il est professeur de philosophie et de théologie et président du Collège universitaire dominicain d\u2019Ottawa.Sa filiale, le Collège néo-classique, offre aussi des cours à Montréal, dans le couvent des dominicains, chemin de la Côte- Sainte-Catherine.«Nos systèmes d\u2019éducation sont très tournés vers une formation de techniciens.Il y a un besoin, un appétit, pour une perspective historique plus large, pour être capables de repenser les enjeux sociaux, de construire correctement un argumentaire et de baser ça dans une culture générale enrichie», dit Guillaume Lavoie, co- fondateur du Collège néo-clas- sique, chargé de cours à l\u2019ENAP et conseiller municipal sortant dans le quartier Rosemont.Combler un «trou» Chaque saison, le Collège offre une dizaine de sessions de formation d\u2019une ou deux journées où les enjeux d\u2019actualité sont analysés à la lumière des grands classiques, «des Grecs jusqu\u2019à avant-hier», dit en riant le père Allard.L\u2019établissement ne décerne pas de diplôme, mais peut offrir des crédits reconnus par la maison mère, le Collège universitaire dominicain.Les petits groupes d\u2019une douzaine d\u2019étudiants sont formés de fonctionnaires, de médecins, d\u2019avocats, de journalistes, de politiciens et d\u2019autres professionnels qui aspirent à une meilleure profondeur d\u2019analyse dans le cadre de leur travail.«Il y a un trou dans la formation générale au Québec.Quand tu diriges, quand tu gouvernes, il faut pourtant que tu sois capable d\u2019exprimer ta pensée en plus de 140 caractères !» dit Esther Lapointe, directrice générale du Groupe femmes, politique et démocratie (GFPD).Cet organisme, qui veut stimuler la présence des femmes en politique, est abonné aux formations en rhétorique du Collège néo-classique.Des dizaines d\u2019élues ou d\u2019aspirantes élues, à tous les paliers politiques, ont suivi ces cours qui enseignent l\u2019art de «communiquer pour convaincre».« On n\u2019apprend pas ça à l\u2019école, devenir politicienne.Les femmes, on ne veut pas froisser les gens, mais on se fait attaquer par nos adversaires en politique.Il faut apprendre à se faire une carapace», dit Sonia Baudelot, candidate à la mairie de Laval.Cette femme de 44 ans a suivi une formation du Collège néo- classique pour apprendre à argumenter.Diplômée du Collège de Bois-de-Boulogne en sciences humaines, directrice de vol pour une société aérienne, Sonia Bau- delot avait besoin de ce recul historique pour se sentir plus à l\u2019aise en politique.Renée Rouleau, mairesse de la petite municipalité de Saint- Georges-de-Clarenceville, en Montérégie, a suivi la même formation en rhétorique.En étudiant les discours et le parcours de personnages comme Jules César, Shakespeare, John F.Kennedy, Churchill, Obama et Mandela, pour ne nommer qu\u2019eux, la mairesse de 56 ans dit avoir appris à mieux argumenter pour mieux servir ses 1100 concitoyens.Sa maîtrise en administration publique et son baccalauréat en urbanisme ne l\u2019avaient pas tout à fait préparée au métier de politicienne.«Au Québec, on fait rarement référence à l\u2019histoire.Il faut regarder ce qui s\u2019est fait de génial avant nous et s\u2019en inspirer», dit-elle.Le Devoir L E D E V O I R , L E J E U D I 7 S E P T E M B R E 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 5 INSCRIVEZ-VOUS MAINTENANT! VELO.QC.CA CANTONS- DE-L\u2019EST Samedi 9 septembre Mont Sutton P h o t o s : M a x i m e / B r u t 50, 75, 100, 125 OU 150 KM EN PARTENARIAT AVEC Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 J E A N N E C O R R I V E A U Cathy Wong devrait confirmer jeudi matin qu\u2019elle fera le saut en politique municipale.Selon les informations obtenues par Le Devoir, la présidente du Conseil des Montréalaises compte briguer un poste de conseillère dans l\u2019arrondissement de Ville-Marie avec l\u2019Équi - pe Denis Coderre lors des élections municipales du 5 novembre prochain.Mme Wong tentera de se faire élire dans Peter-McGill, un district détenu depuis 2013 par le conseiller du Vrai Changement pour Montréal, Steve Shanahan, ont indiqué nos sources.Ex-présidente du Jeune Conseil de Montréal et du Forum jeunesse de l\u2019île de Montréal, Cathy Wong occupe les fonctions d\u2019agente de développement jeunesse pour les YMCA du Québec.En plus de siéger à différents conseils d\u2019administration, elle préside le Conseil des Montréalaises depuis 2013.Et jusqu\u2019à tout récemment, elle signait des chroniques dans Le Devoir.Mme Wong n\u2019a pas rappelé Le Devoir.Le cas des mezzanines Sur le terrain électoral, les hostilités ont commencé en prévision du scrutin de l\u2019automne.Mercredi, le maire Coderre s\u2019en est pris aux élus de Projet Montréal dans le Plateau-Mont- Royal et à leur projet de règlement visant à encadrer la construction de mezzanines sur les toits d\u2019immeubles.Ce projet ayant essuyé de nombreuses critiques, l\u2019arrondissement a annoncé mardi qu\u2019il comptait revoir son projet avant de le soumettre à l\u2019adoption.«Ça n\u2019a pas de bon sens.Ça empêche la densité.Ce genre de chose, je veux vous dire que je commence à m\u2019y intéresser», a commenté le maire lors de la réunion du comité exécutif.«Notre administration est en désaccord avec ça.On est en train de museler l\u2019expression d\u2019une architecture contemporaine également.Si on veut favoriser le maintien des familles sur le Plateau, ce n\u2019est certainement pas avec ce type de règlement [qu\u2019on va y arriver].» « Je pense que le maire a besoin de prendre son gaz égal», a répliqué la chef de Projet Montréal, Valérie Plante.«Les élus du Plateau-Mont-Royal ont entendu les préoccupations qui ont été émises et ont décidé d\u2019aller en consultation pour pouvoir mieux cerner les besoins.Contrairement au maire Coderre qui ne voulait pas écouter les citoyens concernant la Formule E, nous avons écouté les préoccupations des citoyens», a-t-elle dit.Projet Montréal a par ailleurs promis de doter Montréal d\u2019une brigade d\u2019inspection de chantiers si le parti est porté au pouvoir en novembre.Formée d\u2019une dizaine d\u2019inspecteurs et d\u2019ingénieurs, cette brigade aurait pour tâche de détecter les lacunes sur les chantiers à travers la ville pour éviter d\u2019avoir à refaire les travaux.Valérie Plante a évoqué le cas des contrats à Montréal-Nord et à Anjou que le Bureau de l\u2019inspecteur général (BIG) avait suspendus en 2015 en raison de manquements graves dans l\u2019exécution des travaux d\u2019asphaltage.«Le BIG a autre chose à faire», a-t-elle dit.Selon Mme Plante, la mise en place de cette brigade pourrait coûter 3 millions de dollars, mais selon elle, cette mesure permettrait de faire des économies à plus long terme.Le Devoir Cathy Wong serait candidate pour l\u2019Équipe Denis Coderre JACQUES NADEAU LE DEVOIR Sonia Baudelot, 44 ans, candidate à la mairie de Laval, a suivi une formation du Collège néo-classique pour apprendre à argumenter.Pleins feux sur Platon, Shakespeare et compagnie Le Collège néo-classique attire les 25 à 45 ans en offrant une perspective historique Les ingénieurs seront en grève en dehors des heures ouvrables Les ingénieurs du gouvernement du Québec ne seront plus disponibles en dehors des heures ouvrables en semaine à compter du 18 septembre.L\u2019Association professionnelle des ingénieurs du gouvernement du Québec a annoncé mercredi que ses 1400 membres seront en grève générale illimitée la semaine entre 16h30 et 7h30 et les fins de semaine, et ce, dès le 18 septembre.Ces ingénieurs ont fait la grève une première fois pendant trois semaines au printemps dernier.Près des deux tiers des ingénieurs de la fonction publique travaillent au ministère des Transports, et l\u2019Association se dit notamment convaincue que les moyens de pression ralentiront la réalisation de nombreux projets d\u2019infrastructures.Les membres de l\u2019Association ont rejeté à 90% la dernière offre patronale.La Presse canadienne Nomination à la Commission de la capitale nationale L\u2019ancienne grande patronne des communications sous Jean Cha- rest vient d\u2019être nommée à la tête de la Commission de la capitale nationale à Québec.Marie- Claire Ouellet était jusqu\u2019à tout récemment sous-ministre associée au ministère des Relations internationales.Auparavant, Mme Ouellet avait été prêtée à l\u2019Office du tourisme de la Ville de Québec et avait œuvré au sein de la firme National.Elle succède à Françoise Mercure, qui avait été nommée par le Parti québécois en 2012 et dont le mandat venait à échéance.Le Devoir ne trentaine d\u2019homosexuels originaires de Tchétché- nie ont récemment trouvé refuge au Canada ou sont sur le point de le faire, nous apprenait le Globe and Mail la semaine dernière.Victimes de persécution à cause de leur orientation sexuelle, ces personnes ont pu fuir grâce à une discrète opération menée par des fonctionnaires fédéraux et des organisations non gouvernementales (ONG) russes et canadiennes.La Tchétchénie soutient qu\u2019il n\u2019y a pas d\u2019homosexuels chez elle, et le gouvernement local mène une campagne de répression contre ceux qui le sont.Au début de 2017, des dizaines ont été emprisonnés et torturés et, une fois libérés, à risque d\u2019être victimes de violence aux mains de leurs familles.Plusieurs de ces homosexuels se sont enfuis dans des refuges tenus par des ONG de la communauté LGBT russe, mais ils y étaient encore en danger, d\u2019où les ef for ts pour les faire sortir du pays.Au printemps dernier, le gouvernement canadien a accepté d\u2019aider et en juin, a commencé à recenser les personnes ayant besoin de sa protection.L\u2019opération, restée secrète jusqu\u2019à ce qu\u2019un organisme canadien en fasse état la semaine dernière, sortait des sentiers battus.Comme la Tchétchénie fait partie de la Fédération russe, ces homosexuels ne pouvaient être considérés comme des réfugiés en vertu de la Convention des Nations unies sur les réfugiés.Le Canada a fort heureusement choisi, à l\u2019instar de ce qui fut fait à une autre époque pour des Chiliens, Argentins et Bosniaques, de faire une exception pour des raisons humanitaires.Dans la foulée de l\u2019af?ux récent de demandeurs d\u2019asile à la frontière américaine et des critiques formulées à l\u2019endroit du premier ministre Justin Trudeau depuis le printemps dernier, le gouvernement aurait pu hésiter à venir ainsi en aide aux homosexuels tchétchènes.Il s\u2019en est abstenu et c\u2019est fort heureux, car agir autrement aurait trahi l\u2019esprit et la lettre du message d\u2019ouverture de M.Trudeau et, par-dessus tout, la tradition canadienne en matière d\u2019asile.Ces hommes et ces femmes tchétchènes font face à une persécution immédiate et leur vie est réellement en danger.Moscou ne le reconnaît pas et n\u2019aime pas que le Canada juge le gouvernement russe incapable de protéger ses propres citoyens.Un diplomate russe en poste au Canada a d\u2019ailleurs fait savoir au Globe and Mail qu\u2019il y aurait des conséquences si des gestes illégaux avaient été posés par les autorités canadiennes.Cela mérite un haussement d\u2019épaules.Le Canada a fait le bon choix.Il devra toutefois se préparer à répondre à ceux qui demanderont ce qu\u2019il est maintenant prêt à faire pour d\u2019autres groupes persécutés, comme les Rohingya de Birmanie.Bête et idéologique, la décision du président Trump de suspendre une épée de Damoclès au-dessus de la tête de 800 000 immigrants sème la détresse, nuit à l\u2019économie américaine et présente des risques de crise migratoire graven faisant annoncer mardi matin par son secrétaire à la Justice, Jeff Sessions, l\u2019abrogation du programme DACA, Trump a peut-être pris la décision la plus stupide et la plus contre-pro- ductive de sa présidence.Ce qui n\u2019est pas peu dire, étant donné l\u2019incompétence avec laquelle il gouverne depuis son arrivée au pouvoir.DACA, pour Deffered Action for Chilhood Arrivals, est ce programme créé par décret par le président Barack Obama en 2012 et par lequel des sans-papiers arrivés aux États-Unis avec leurs parents alors qu\u2019ils étaient enfants allaient dorénavant pouvoir obtenir un permis de séjour \u2014 renouvelable tous les deux ans \u2014 les autorisant à étudier et à travailler en toute légalité.M.Obama se trouvait ainsi à mettre un diachylon sur une partie des problèmes et des enjeux que soulève la présence d\u2019environ 12 millions d\u2019illégaux aux États-Unis.Initiative salutaire, néanmoins, étant donné l\u2019incapacité depuis au moins 20 ans des démocrates et des républicains à s\u2019entendre au Congrès sur une réforme globale du système d\u2019immigration et des mesures de régularisation du statut de ces millions d\u2019« illégaux» \u2014 parmi lesquels nombreux sont ceux à avoir fait leur vie et à s\u2019être construit un foyer aux États-Unis.La décision d\u2019annuler DACA est illogique à tous points de vue.M.Trump, qui en avait fait une promesse électorale, n\u2019a d\u2019ailleurs pas eu le courage de l\u2019annoncer lui-même, préférant déléguer M.Sessions, qui ne demandait sans doute pas mieux, comme il défend depuis toujours sur les questions migratoires des positions profondément rétrogrades.Décision absurde et déconnectée de l\u2019opinion publique : la majorité des Américains, y compris parmi les électeurs républicains, ont jugé dans un sondage du sérieux Pew Research Center que le programme était pertinent et méritait d\u2019être prolongé.Décision absurde et contre-productive dans le contexte socio- économique américain : environ 90 % des béné?ciaires du DACA, ces «Dreamers» comme on les appelle, occupent un emploi, et il a été établi que leur expulsion pourrait faire diminuer le PIB de 400 milliards $US sur dix ans\u2026 Qu\u2019à cela ne tienne : M.Sessions a soutenu que DACA avait empêché des centaines de milliers de citoyens américains de trouver du travail, qu\u2019il était «un exercice inconstitutionnel d\u2019autorité » \u2014 assertion sans grande crédibilité, vu le mépris af?ché par cette présidence pour l\u2019État de droit \u2014 et que « le défaut d\u2019appliquer les lois dans le passé avait augmenté le risque de crime, de violence et de terrorisme dans notre pays».En fait, la seule logique qu\u2019on puisse y trouver est celle du sans-cœur et du chauvinisme.M.Trump a décidé qu\u2019il était dans son intérêt de continuer de ?atter la xénophobie de sa base électorale.Il se lave ensuite les mains du problème en mettant au dé?le Congrès de trouver dans les six mois une solution et de clari?er par voie législative le statut de ces 800 000 jeunes sans-papiers.Les blocages au Congrès sont pourtant notoires et anciens en la matière.Il est peu plausible que les républicains, tirés à droite par leur aile dure, conviennent d\u2019une loi favorable aux Dreamers, qui vont donc se retrouver dans les limbes, avec risques de crise migratoire créée de toutes pièces.L E D E V O I R , L E J E U D I 7 S E P T E M B R E 2 0 1 7 A 6 EDITORIAL L E T T R E S Financer davantage les cégeps français À son prochain congrès, les membres du Parti québécois pourraient s\u2019entendre sur le fait de réduire le financement des cégeps anglais afin qu\u2019il soit dorénavant propor tionnel à la communauté historique anglophone plutôt qu\u2019au nombre d\u2019étudiants les fréquentant, ce qui concourrait à restreindre leur accès aux francophones et aux allophones.C\u2019est une excellente idée.Mais pourquoi ne pas faire l\u2019inverse, à savoir hausser le financement des cégeps français qui accueillent des étudiants anglophones?Le français d\u2019un étudiant anglophone est boiteux?Des cours de langue lui seraient gracieusement offerts afin de l\u2019aider dans son parcours.Des étudiants francophones pourraient aussi parrainer des étudiants anglophones désirant parfaire leur français.Bref, des sommes supplémentaires seraient disponibles pour inciter les anglophones à étudier dans les cégeps français.Les chiffres relatifs à la fréquentation estudiantine dans les cégeps montrent que les francophones et les allophones étudiant dans les cégeps anglais augmentent d\u2019année en année depuis 2013, alors que c\u2019est L I B R E O P I N I O N J E A N - C L A U D E M A R S A N Professeur émérite à l\u2019Université de Montréal Dans Le Devoir du mardi 5 septembre, le journaliste Jean-François Nadeau dresse un portrait clair et détaillé de la situation qui a amené l\u2019École d\u2019architecture de l\u2019Université de Montréal à mettre fin à son programme de Conservation de l\u2019environnement bâti (CEB), ce qui suscite beaucoup d\u2019inquiétudes de la part de divers partis.Selon le doyen de la Faculté de l\u2019aménagement, Paul Lewis, il n\u2019y a pas d\u2019autres solutions possibles puisqu\u2019il n\u2019y a eu que trois demandes d\u2019admission.Mais la raison pour laquelle il y a si peu de demandes au- jourd\u2019hui, c\u2019est que la direction de l\u2019École d\u2019architecture a systématiquement saboté au cours des années ce programme en le privant des ressources minimales au profit des formations basées uniquement sur une conception formelle de l\u2019architecture.Lorsque j\u2019ai fait ma formation en architecture au cours des années 1960-1965, c\u2019est la conception esthétique de l\u2019architecture qui dominait.À l\u2019époque, il était impossible d\u2019imaginer ce que le Vieux- Montréal est devenu aujourd\u2019hui sur le plan patrimonial.Un architecte invité de Paris nous a d\u2019ailleurs incités à promouvoir la démolition des horribles duplex et triplex du Plateau-Mont-Royal au profit d\u2019immeubles à logements en forme de barre, une architecture tellement plus audacieuse et plus prometteuse, disait-il.Or, aujourd\u2019hui, le Plateau-Mont-Royal est devenu, selon le Washington Post, le quartier emblématique en Amérique du Nord pour sa qualité de vie, tandis qu\u2019à Paris on démolit maintenant ces immeubles en forme de barre à cause de leurs impacts forts négatifs sur le plan économique et social.Conserver et mettre en valeur l\u2019environnement bâti ne consiste pas qu\u2019à retourner au passé.Au contraire, il s\u2019agit de s\u2019inscrire dans l\u2019histoire et l\u2019évolution de l\u2019architecture et des formes urbaines en prenant en compte les aspects économiques, sociaux et culturels pour ensemencer l\u2019avenir d\u2019une façon réaliste et englobante.Le Quar tier international à Montréal, qui, avec cette approche, s\u2019est inscrit d\u2019une manière réfléchie et audacieuse dans l\u2019évolution du secteur du square V ictoria , en constitue un formidable exemple, encensé internationalement.Un programme étranglé Cette approche multidisciplinaire de l\u2019architecture a eu en plus un impact positif sur l\u2019évolution de la profession au Québec en permettant aux architectes d\u2019enrichir leurs connaissances et d\u2019élargir leur territoire d\u2019intervention.Les bureaux contemporains les plus dynamiques aujourd\u2019hui ont d\u2019ailleurs ajouté, entre autres, la conservation et la mise en valeur du patrimoine bâti à leurs compétences.Les quelques professeurs qui œuvraient en CEB à l\u2019époque où j\u2019en faisais partie (1987-2007) n\u2019étaient pas confinés uniquement dans ce programme pointu de maîtrise: ils ne formaient pas que des experts en conservation.Ils intervenaient également dans des cours et des ateliers au baccalauréat en architecture, dispensant ainsi des connaissances et expertises devenues aujourd\u2019hui courantes dans les autres écoles d\u2019architecture.Le fait que la direction ait étranglé ce programme a privé ainsi une génération d\u2019étudiantes et d\u2019étudiants d\u2019une formation plus ouverte sur l\u2019avenir à laquelle ils avaient droit de la part d\u2019un établissement qui se respecte.Considérant l\u2019évolution de la discipline d\u2019architecture et l\u2019importance qu\u2019a prise aujourd\u2019hui la conservation, ici comme dans le reste de l\u2019Amérique du Nord, considérant que le programme CEB était unique en son genre au Canada et qu\u2019il fut à l\u2019origine au pays de la première chaire de recherche du Canada dans un département d\u2019architecture, il est dif ficile de comprendre comment une direction universitaire a pu agir d\u2019une façon aussi stupide et désastreuse\u2026 à moins qu\u2019elle n\u2019ait été prise en otage par d\u2019autres intérêts.C\u2019est là toute la question.L\u2019architecture, une discipline en évolution FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente du développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-président des ventes publicitaires MARK DROUIN Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Directeur de l\u2019information numérique FLORENT DAUDENS Adjoints PAUL CAUCHON, LOUIS GAGNÉ, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET le contraire pour les anglophones étudiant dans les cégeps français.Dans une société où seul le français est la langue officielle, ces chiffres sont anormaux.Sylvio Le Blanc Montréal, le 5 septembre 2017 S\u2019ennuyer de ses cônes.Expression qui tend à remplacer «s\u2019ennuyer de sa mère», « tombé en désuétude », qui se disait même quand la mère en question n\u2019évoquait rien d\u2019attachant ou de réel.Être perturbé.Entendu dans le métro, ligne orange : « Elle passait de longues heures chez le coiffeur, à s\u2019ennuyer de ses cônes.» Voir des pépines partout.Allusion au trop grand nombre d\u2019excavatrices qui ont envahi les rues montréalaises.Au figuré, l\u2019expression dénonce toute forme d\u2019obsession ou d\u2019abus.Entendu au marché Jean-Talon : « Son patron lui fait voir des pépines partout.» Chercher son trou.Allusion aux innombrables chantiers vacants.Ne pas avancer.Entendu à la radio : « Le dossier des salles d\u2019attente cherche son trou.» Ne pas compter les détours.Variante moder ne de « on ne compte pas les tours », utilisée autrefois quand on se visitait sans manière.Prise au propre, l\u2019expression vise dérisoirement la circulation dans les rues de la ville, mais au propre elle donne espoir.Persister.Entendu au parc Lafontaine : « C\u2019est un tremble centenaire.Il n\u2019a pas compté les détours.» Yves Presseau Montréal, le 5 septembre 2017 DREAMERS Une logique de sans-cœur HOMOSEXUELS TCHÉTCHÈNES La bonne décision E U GUY TAILLEFER MANON CORNELLIER Les maux de l\u2019été L\u2019été qui s\u2019achève aura été pénible au Montréalais.Cônes orange, déviations, congestion, bruit, poussière, lenteur sont quelques-uns des mots qui décrivent notre misère citoyenne des dernières semaines.Nous sommes restés impuissants à la faire entendre et à la bannir.Mais quand la réalité exagère, le langage s\u2019enrichit.C\u2019est ainsi qu\u2019ont commencé à circuler sur l \u2019 î le et ses abords certaines expressions exutoires.En voici quelques-unes : Donner les clés de la ville.L\u2019expression fait référence à l\u2019impression générale que le maire a livré la ville à la Construction, avec pleine liberté.Dans la vie courante, on a de plus en plus recours chez nous à elle pour dire que quelqu\u2019un a donné de façon irréfléchie.Entendu dans l\u2019autobus 55 : « Il était tellement fou de sa voisine qu\u2019il lui a donné les clés de la ville.» Conserver et mettre en valeur l\u2019environnement bâti ne consiste pas qu\u2019à retourner au passé L E D E V O I R , L E J E U D I 7 S E P T E M B R E 2 0 1 7 A 7 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon (chef de division), Robert Dutrisac, (éditorialiste), Michel Garneau et Pascal Élie (caricaturistes), Jacques Nadeau (photographe), Olivier Zuida (recherchiste photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division et reporter), Stéphane Baillargeon (généraliste), Gérald Dallaire (pupitre), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Jean Dion (sports), Marco Fortier (éducation), Lisa-Marie Gervais (diversité), Pauline Gravel (sciences), Jessica Nadeau (éducation).Alexandre Shields (environnement); information politique : Michel David (chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Marie-Michèle Sioui (correspondants parlementaires à Québec) Dave Noël (recherche), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec); information culturelle : Guillaume Bourgault-Côté (politiques culturelles), Julie Carpentier (pupitre), Fabien Deglise (livres), Catherine Lalonde (arts vivants), François Lévesque (écrans),Caroline Montpetit (arts vivants), Philippe Papineau(médias); information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l\u2019information), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Benoît Munger (pupitre); information internationale : Guy Taillefer (chef de division et éditorialiste); section art de vivre : Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); cahiers spéciaux : Aude Marie Marcoux (responsable); équipe numérique : Laurence Clavel, Guillaume St-Hilaire et Geneviève Tremblay (pupitres); correction : Andréanne Bédard, Christine Dumazet et Michèle Malenfant (correctrices) ; soutien à la rédaction : Amélie Gaudreau (coordonnatrice à la rédaction), Jean-Philippe Proulx (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa).PUBLICITÉ Charleyne Bachraty (adjointe au vice-président), Marlène Côté, Évelyne De Varennes, Amel Elimam, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (directrices de comptes), Alain Tréhout (directeur créativité média), Amélie Maltais (commis aux avis légaux), Alessandra Tantalo et Laurence Hémond (coordonnatrices publicitaires).PRODUCTION Caroline Desrosiers, Yannick Morin, Anthony White et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web), Jean-François Côté (analyste programmeur), Luc Girard (technicien informatique), Solène M.Hébert (développeuse Web).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Catherine Gentilcore (coordonnatrice marketing, communications et relations publiques), Sébastien Beaupré (coordonnateur service à la clientèle), Manon Blanchette, Caroline Filion, Nathalie Filion, Isabelle Sanchez (préposées au service à la clientèle).ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Mélisande Simard (adjointe administrative et responsable des ressources humaines), Florentina Draghici (technicienne comptable), Véronique Pagé (responsable du crédit).S I M O N B R A U L T Directeur et chef de la direction du Conseil des arts du Canada S T E V E N L O F T Directeur du programme Créer, connaître et partager : arts et cultures des Premières Nations, des Inuits et des Métis ous sommes à un tournant historique alors que tous les secteurs de la société canadienne réévaluent la place et la portée des traités et des droits ancestraux des peuples autochtones.Le secteur des ar ts ne fait pas exception.La question de l\u2019appropriation des connaissances et de l\u2019héritage culturels des peuples autochtones est d\u2019ailleurs un sujet de controverse dans une partie de la communauté artistique.Comme l\u2019a déclaré avec force l\u2019ar tiste anichinabé Aylan Couchie : « L\u2019appropriation des récits, des façons d\u2019être et des œuvres d\u2019art autochtones est tout simplement une continuité du colonialisme et de l\u2019af firmation de ses droits sur la propriété des peuples autochtones.L\u2019histoire de la colonisation de l \u2019identité autochtone transmise par les images, les films et les récits est en partie responsable du discrédit jeté sur le point de vue autochtone.» Le rapport de la Commission de vérité et réconciliation a souligné les tentatives répétées de génocide culturel à l\u2019égard des peuples autochtones de ce pays.Ce constat pose un défi historique incontournable pour toutes nos institutions, y compris pour le Conseil des arts du Canada.En tant qu\u2019organisme fédéral de soutien aux ar ts, nous sommes dorénavant conscients \u2014 d\u2019une façon dont nous ne l\u2019étions pas lors de la création de l\u2019organisme il y a 60 ans \u2014 des tentatives délibérées qui se sont succédé tout au long de l\u2019histoire du Canada pour tenter d\u2019éradiquer les cultures et les langues des Premières Nations, des Métis et des Inuits.Nous sommes également conscients du rôle qu\u2019a joué l\u2019appropriation culturelle dans l\u2019oppression et la violence envers les peuples autochtones.Cette conscience s\u2019accompagne de l\u2019obligation et du devoir d\u2019agir.Nous sommes tous des agents du statu quo ou du changement, et le Conseil des arts du Canada prend ses responsabilités en choisissant le changement.Justice sociale et réparation de torts historiques Le Conseil des arts du Canada reconnaît que les pratiques culturelles et artistiques contemporaines et traditionnelles des peuples autochtones leur appartiennent, comme le stipule la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones.Le Conseil des arts du Canada défend, et défendra toujours, la liberté d\u2019expression et l\u2019indépendance artistique des créateurs et des producteurs culturels.Par ailleurs, nous nous sommes formellement engagés à respecter l\u2019histoire, les traditions, les langues et les pratiques contemporaines des peuples autochtones.Ces deux engagements ne sont pas mutuellement exclusifs.Ils sont complémentaires dans une société favorisant la justice sociale et la réparation de torts historiques.Cela signifie que les artistes et organismes qui soumettront au Conseil une demande de subvention pour des projets qui abordent, traitent, intègrent, commentent, interprètent ou mettent en scène des éléments distinctifs de la culture des Premières Nations, des Inuits ou des Métis devront démontrer qu\u2019ils font preuve de respect et de considération véritables à l\u2019égard des arts et de la culture autochtones lors de leur démarche .Sans prescrire une façon spécifique ou obligatoire d\u2019y parvenir, on peut s\u2019attendre à ce que des démarches d\u2019échanges authentiques et respectueux aient été faites envers et avec les artistes ou autres membres des communautés autochtones dont la culture ou les protocoles sont concernés par le projet pour lequel on souhaite l\u2019appui du Conseil des arts du Canada.Comme le critique culturel ojibwé Jesse Wente l\u2019a déclaré à juste titre : « Pendant des années, on nous a volé nos récits et on nous a réduits au silence, et nos corps et nos terres ont été maltraités et brisés.L\u2019un justifiant l\u2019autre.» Nous croyons que les ar tistes de notre pays ne veulent pas perpétuer la noirceur.Nous sommes convaincus que les arts peuvent éclairer un avenir qui soit commun et nous nous engageons à agir concrètement en appuyant l\u2019expression ar tistique des artistes canadiens, autochtones ou non, pour le bien de tous ceux qui partagent ce merveilleux territoire.APPROPRIATION CULTURELLE AUTOCHTONE Le Conseil des arts du Canada choisit le changement W I L L I A M D .F R A S E R Directeur scientifique au Centre de recherche du CHUS Au nom des directeurs scientifiques du FRQ e printemps dernier, la communauté de la recherche du Québec a accueilli avec enthousiasme la nouvelle Stratégie québécoise de la recherche et de l\u2019innovation et la nouvelle Stratégie des sciences de la vie.D\u2019ici 2021-2022, ce sont plus de 830 millions de dollars que le gouvernement du Québec injectera de plus pour stimuler la recherche et l\u2019innovation, et la formation d\u2019une relève en recherche.Les objectifs de cette stratégie sont ambitieux : faire du Québec, d\u2019ici 2022, l\u2019un des dix chefs de file mondiaux de l\u2019OCDE en matière de recherche et d\u2019innovation, et, à l\u2019horizon 2030, l\u2019une des sociétés les plus inno- vantes et créatives.Le Québec représente une force vive de la recherche en santé au Canada, et compte plusieurs centres et instituts de recherche en santé, dont actuellement 17 sont soutenus par le Fonds de recherche du Qué- bec\u2013Santé (FRQS).Véritables générateurs de découvertes et d\u2019innovations, ces centres et instituts de recherche ont accueilli en 2016-2017 plus de 3300 chercheurs et ont participé à la formation de plus 6400 étudiants diplômés et en études postdoctorales.Ces nouveaux budgets ont donc permis aux trois fonds de recherche du Québec, dont le Fonds Santé (FRQS), d\u2019augmenter dès cette année le nombre de bourses de formation et de bourses de carrière, ainsi que de bonifier les subventions versées aux centres et instituts de recherche.Ces octrois totaliseront plus de 6,925 millions de dollars pour l\u2019année 2017-2018.Il est important de mentionner que ces investissements permettent à nos étudiants ainsi qu\u2019à nos chercheurs d\u2019être hautement compétitifs sur la scène nationale.Il permettra aussi à cette relève d\u2019avoir une vision plus claire des possibilités de carrières en recherche.Ainsi, chaque dollar investi par le FRQS dans les centres et instituts sur une période de 12 ans leur permet de recueillir plus de 13dollars en financement externe.Investissements insuffisants Ces nouveaux investissements représentent certes une bouf fée d\u2019air frais pour le milieu de la recherche au Québec, mais sont malheureusement insuffisants.Il est ainsi essentiel de rappeler que les financements provinciaux sont essentiellement dédiés aux infrastructures et aux bourses de formation ou de carrière.Les principales sources de financement des programmes de recherche des chercheurs québécois sont les fonds subventionnaires fédéraux, dont, pour le secteur de la santé, les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC).Malheureusement, depuis une dizaine d\u2019années, le financement des IRSC a stagné, alors que le nombre de demandes de bourses et de subventions ne cesse de croître, de même que les coûts de base pour la réalisation des projets de recherche.Aujourd\u2019hui, les découvertes qui font la manchette des journaux sont souvent issues de la recherche fondamentale.Pensons, par exemple, à la détection précoce du cancer du sein grâce à la génomique ; à la mobilisation du système immunitaire pour prévenir et soigner les maladies neurodégénératives ; au développement du système EOS d\u2019imagerie médicale permettant la modélisation en 3D des structures osseuses du corps humain à partir de seulement deux images radiographies à faible dose pour l\u2019aide au diagnostic et au choix de traitement orthopédique et chirurgical ; aux développements en nanorobo- tique pour le déploiement de bactéries, qui permet de livrer avec précision un médicament à des tumeurs ; aux approches de traitement du sida par les antiviraux ; à la caractérisation d\u2019antigènes menant à des traitements innovateurs pour la leucémie ; à des percées immenses pour le diagnostic des maladies neurologiques faites grâce à l\u2019imagerie cérébrale.Bien que les retombées de la recherche fondamentale, ou, dit autrement, le retour sur l\u2019investissement en recherche fondamentale, puisse par fois s\u2019échelonner sur plusieurs dizaines d\u2019années, ce n\u2019est que par des efforts soutenus et constants que nous pourrons faire face aux grands défis de notre société que sont le développement durable, la lutte contre les changements climatiques, les changements démographiques et le vieillissement de la population, par exemple.Le rapport de C.David Naylor (2017), issu du Comité consultatif sur l\u2019examen du soutien fédéral à la science fondamentale, rappelle que le Canada ne fait plus partie des 30 pays qui investissent le plus dans la recherche.Ce rapport mentionne que les dépenses en recherche et développement au Canada ont décliné dans les cinq dernières années et ne représentent plus que 1,61% du produit national brut, contre une moyenne de 2,38% dans les pays de l\u2019OCDE.Il insiste sur le fait que les trois fonds fédéraux reçoivent actuellement un financement nettement insuffisant, et recommande très fortement un réinvestissement du gouvernement fédéral en recherche en santé.Nous souhaitons que les recommandations de ce rapport soient immédiatement mises en œuvre, afin qu\u2019elles génèrent des changements bénéfiques, porteurs et durables pour la recherche d\u2019au- jourd\u2019hui et de demain.Car ce n\u2019est qu\u2019avec des actions synergiques entre les gouvernements fédéral et provincial que nous pourrons accroître notre capacité de recherche, développer les talents en recherche et concevoir des innovations économiques et sociales au plus grand bénéfice de tous les Canadiens.Cette lettre est signée par plus de 15 directeurs et directrices scientifiques, dont on trouvera la liste sur nos plateformes numériques.Le Canada doit rattraper son retard en financement de la recherche en santé P I E R R E - A N D R É J U L I E N Professeur émérite, Institut de recherche sur les PME e n\u2019est pas la première fois qu\u2019on nous rappelle la supposée pénurie de main-d\u2019œuvre causée par le vieillissement de la population.On en discutait déjà à la fin des années 2000, en même temps que la disparition de centaines de PME, encore ici à cause de ce vieillissement du côté de leurs dirigeants.Et pourtant, cette dernière catastrophe annoncée n\u2019est pas plus présente qu\u2019elle l\u2019était il y a dix ou vingt ans, si l\u2019on exclut la vente de plusieurs grandes entreprises québécoises avec l\u2019assentiment du gouvernement Couillard.Dans le cas de la main-d\u2019œuvre, plusieurs journalistes en rajoutent en rappelant qu\u2019il suffit de regarder les affiches «On embauche» sur le devant les usines rencontrées le long des autoroutes pour se convaincre de cette pénurie.Mais s\u2019ils interrogeaient vraiment les dirigeants de ces usines, ils comprendraient que cette stratégie n\u2019est pas nouvelle puisqu\u2019elle ne fait que s\u2019ajouter aux autres moyens traditionnels et s\u2019explique par le désir d\u2019avoir une liste d\u2019employés répondant exactement à leurs besoins lorsque les ventes augmenteront.Preuve en est la nouvelle d\u2019il y a deux semaines touchant le bond remarquable des investissements à Montréal dans la nouvelle économie, bond qui s\u2019expliquerait en particulier par la grande qualité de la main-d\u2019œuvre au Québec et, indirectement, par leur disponibilité.Des solutions Il reste que cer tains emplois, du moins à court terme, ont presque toujours été dif fi- ciles à pourvoir.Mais il existe plusieurs solutions à cela.La première, comme nous l\u2019avons constaté à l\u2019Institut de recherche sur les PME en inter venant auprès de centaines d\u2019entreprises manufacturières québécoises, montre qu\u2019en moyenne les équipements sont utilisés à moins de 35 % du temps disponible.Il suffirait que les dirigeants d\u2019entreprise agissent pour accroître considérablement cette utilisation avec le même nombre d\u2019employés, par exemple en réaménageant le travail de ces derniers ou en diminuant le temps requis pour passer d\u2019une production à l\u2019autre.Mais le plus important serait de recourir aux idées des employés, organisées dans ce qu\u2019on appelle des équipes semi-autonomes, pour faire plus facilement et plus efficacement le travail.Cer ta ines entrepr ises octro ient plus de 10 000 $ par année à ces équipes pour investir dans ces améliorations continues sans avoir besoin d\u2019en référer à la direction.La seconde solution, liée à la première, re- quier t plus de formation et d\u2019information.Puisqu\u2019il a été démontré que plus les employés reçoivent de la formation et savent d\u2019avance ce qui vient, plus ils commencent à penser à comment intégrer les nouveaux équipements aux anciens de façon à faire encore mieux avec le tout.Les meilleures entreprises dépensent plus de 5 % de la masse salariale en formation continue, soit cinq fois plus que la moyenne.La troisième solution est d\u2019of frir de meilleures conditions de travail.Pour rappel, la moyenne des salaires en valeur réelle dans les quinze dernières années n\u2019a à peu près pas augmenté.Cette politique permettrait aussi de rapatrier des centaines d\u2019employés partis dans l\u2019Ouest canadien, étant donné le ralentissement économique là-bas.Nos études expliquent aussi que les meilleures stratégies pour attirer et retenir une bonne main-d\u2019œuvre sont, d\u2019abord, l\u2019implication des employés dans le développement de leur entreprise et, ensuite, de meilleures conditions de travail.La quatrième solution est la flexibilité dans les tâches, par exemple avec une partie du travail pouvant être réalisé à la maison ou encore le temps partiel.On sait qu\u2019un bon nombre de travailleurs âgés accepteraient de revenir au travail si on leur offrait ce temps partiel.La cinquième solution à laquelle certaines entreprises recourent pour pourvoir des emplois très spécialisés est l\u2019immigration, notamment en passant par les Maisons du Québec à l\u2019étranger ou en regroupant cette recherche, par exemple avec le Groupement des chefs d\u2019entreprise du Québec, qui a des antennes en France et en Belgique.Forte demande américaine Il faut aussi se rappeler qu\u2019une bonne partie de ces besoins en main-d\u2019œuvre est liée à une forte demande américaine à cause d\u2019un dollar faible, demande qui, par définition, exerce une pression sur la monnaie, faisant monter sa valeur, ce qui devrait permettre un meilleur équilibre sur le marché du travail.De même, il faut être prudent avec toute projection démographique de plus de cinq ans, qui se réalise rarement.Du moins, cette supposée crise et la vigueur de l\u2019économie remettent à nouveau en question le supposé retard économique du Québec à cause de notre langue et de nos valeurs.Elle démontre à nouveau que toute économie repose sur l\u2019imagination, sur la compréhension de sa complexité et sur une volonté collective stimulant la confiance, non seulement chez les entrepreneurs, mais aussi dans toute la société.Le mythe de la pénurie de main-d\u2019œuvre ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Aujourd\u2019hui, les découvertes qui font la manchette des journaux sont souvent issues de la recherche fondamentale.C L N L E D E V O I R , L E J E U D I 7 S E P T E M B R E 2 0 1 7 A 8 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par courriel publicite@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3452 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Par courriel petitesannonce@ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4 Berri-UQAM Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com A C T U A L I T É S réseau privé, les écoles publiques qui tentent de faire concurrence au privé en offrant des programmes à vocation particulière et pour lesquels il faut passer des tests d\u2019admission et, enfin, la classe ordinaire de l\u2019école publique, confrontée à une concentration de plus en plus importante de «populations défavorisées ou d\u2019élèves moins performants».«Le Conseil supérieur de l\u2019éducation a fait un excellent travail, mais on voulait aller plus loin et documenter l\u2019ampleur du phénomène pour savoir si c\u2019était quelque chose de marginal ou de plus massif, explique le chercheur Philippe Hurteau en entrevue au Devoir.On est nous-mêmes surpris, on ne pensait pas trouver des résultats aussi élevés, à savoir qu\u2019un si grand nombre d\u2019élèves du secondaire sont sortis d\u2019une manière ou d\u2019une autre du parcours régulier.» Selon les calculs de l\u2019IRIS, c\u2019est aujourd\u2019hui près de quatre élèves sur dix (38,6 %) qui seraient dans une école ou une classe qui impose des critères de sélection.Au préscolaire et au primaire, l\u2019IRIS constate également une hausse des élèves qui fréquentent des écoles privées ou à vocation particulière, mais «bien moins marquée» qu\u2019au secondaire, constatent les auteurs de la note socio- économique.« Les pratiques d\u2019écrémage basées sur une forme ou l\u2019autre de sélection (le rendement scolaire, le comportement, les coûts, etc.) tendent à réduire la mixité sociale à l\u2019intérieur même des classes au profit d\u2019une plus grande homogénéité», précisent-ils.De moins bons résultats Non seulement le système « reproduit et renforce les inégalités sociales et économiques », mais il serait également responsable d\u2019une diminution des résultats scolaires ces dernières années, estime l\u2019IRIS.« Contrairement à la croyance populaire voulant qu\u2019en réunissant les élèves en fonction de leurs per formances scolaires, on obtienne de meilleurs résultats, les études démontrent plutôt l\u2019ef fet inverse.L\u2019homogénéité de la \u201cclientèle scolaire\u201d af fecte négativement tous les élèves, qu\u2019ils soient issus de milieux favorisés ou défavorisés », peut-on lire dans le document, qui fait une douzaine de pages.Pour illustrer à quel point « l\u2019ef fet de ségrégation est malsain », les chercheurs mettent de l \u2019avant le fait que le taux de réussite aux épreuves uniques du ministère de l\u2019Éducation est passé de 91,8 % à 83,6 % entre 2011 et 2015, soit une baisse de 8,2 points.« C\u2019est une chute drastique en l\u2019espace d\u2019à peine quatre ans », déplore Philippe Hurteau.Au privé, le taux de réussite est passé de 98,1 % à 96,2 %, soit une baisse de 1,9 point.Le chercheur n\u2019est pas en mesure d\u2019expliquer les raisons de cette variation, qui est somme toute « assez minime », mais estime que c \u2019est la preuve que l\u2019idée de concurrence et d\u2019écrémage est néfaste pour tous.«Mettre les enfants privilégiés et doués dans les mêmes classes n\u2019améliore pas leur performance et de plus, les retirer de l\u2019école commune nuit aux autres », il- lustre-t-il.Littérature scientifique L\u2019étude met en lien les deux phénomènes \u2013 l\u2019augmentation des élèves qui sont dans des écoles privées ou à vocation particulière et le recul des performances scolaires des dernières années \u2013 mais sans arriver à prouver qu\u2019il y a un lien de cause à effet.«On n\u2019a pas fait le travail pour isoler la part de responsabilité de l\u2019écrémage sur ces 8,2 points de recul, mais la littérature internationale a bien documenté les ef fets d\u2019une augmentation ou d\u2019une diminution de la mixité sociale dans les classes et cela nous indique que ça a un rôle non négligeable », répond le chercheur Philippe Hur- teau.Ce dernier convient par ailleurs que les résultats scolaires sont étudiés sur une ligne du temps bien courte et que le recul pourrait être attribuable à plusieurs autres facteurs, tels que les compressions des dernières années dans le réseau de l\u2019éducation.«Ce qui est possible, c\u2019est que les deux facteurs mis en ensemble peuvent se renforcer», répond-il.Réussite éducative Le chercheur de l\u2019IRIS trouve « très surprenant» et «plutôt inquiétant» que la politique sur la réussite éducative, présentée à Québec en juin dernier, ne fasse pas mention de ce phénomène.Le ministre de l\u2019Éducation, Sébastien Proulx, n\u2019était pas disponible mercredi soir pour commenter cette étude qu\u2019il n\u2019avait pas encore vue.Son attachée de presse a référé Le Devoir à une entrevue accordée il y a quelques semaines.Ce dernier affirmait alors que la politique allait travailler pour « l\u2019égalité des chances », même s\u2019il n\u2019y avait pas de pistes d\u2019actions spécifiques aux programmes particuliers.« Il y a du travail à faire », reconnaissait-il.« Il y a chez la classe régulière, classe que d\u2019autres ont appelée ordinaire, une classe de moins en moins régulière en ce sens qu\u2019elle regroupe des gens de profil similaire ou avec des dif ficultés parce que les autres sont ailleurs.Et ça, c\u2019est certain que c\u2019est préoccupant.Mais il faut s\u2019assurer de donner accès au plus de programmes possibles au plus de gens possibles parce qu\u2019il faut trouver les moyens de les attacher, non pas à leur chaise, mais de faire en sorte qu\u2019ils soient motivés pour y rester.» Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 ÉDUCATION national des beaux-arts du Québec (MNBAQ).L\u2019établissement québécois a bénéficié de la mesure d\u2019aide financière à l\u2019intention des musées d\u2019État pour des expositions internationales majeures, afin de réaliser ce projet qualifié d\u2019exceptionnel.La somme de 1 million de dollars lui a été confirmée en juin après une entente entre le gouvernement du Québec et la Ville de Québec.Pour le Québec, voire pour le Canada, ce sera une première.Pour la Grande-Bretagne, il s\u2019agit plutôt d\u2019une énième aventure.Elle ne manque pourtant ni d\u2019inédit ni de caractère, comme ont pu le constater des journalistes québécois invités à séjourner à Londres, alors que l\u2019expo vit ses derniers jours.« Giacometti a eu de son vivant deux grandes rétrospectives en Angleterre, alors que la première en France n\u2019a eu lieu qu\u2019après sa mort, reconnaît d\u2019emblée Catherine Grenier, co-com- missaire de l\u2019exposition et guide privée au service de la délégation québécoise.Le public anglais connaît déjà bien l\u2019œuvre de Giacometti.Nous avons cherché, non pas à être moins pédagogiques, mais à montrer les œuvres d\u2019une façon dont elles n\u2019avaient pas été vues.» Tradition britannique L\u2019exposition, intitulée simplement Alber to Giacometti, est la première en plus de vingt ans à se tenir au Royaume-Uni, depuis notamment The Artist\u2019s Studio (Tate Liverpool, 1991).C\u2019est vraiment l \u2019enseigne Tate qui s\u2019est d\u2019abord amourachée du sculpteur et peintre.Dès 1949, l\u2019institution britannique, qui se décline aujourd\u2019hui en plusieurs musées, acquérait ses premières œuvres de Giacometti, devançant ses pairs autant chez lui qu\u2019en France.Et c\u2019est au Tate que s\u2019est arrêtée, en provenance de New York, Alberto Giacometti : Sculpture, Paintings, Drawings 1913-1965, expo phare montée avant le décès de l\u2019artiste.Dès lors, les expos Giacometti se sont multipliées, sur tout depuis l\u2019entrée en scène, en 2003, de la Fondation Alberto et Annette Giacometti, basée à Paris.L\u2019institution n\u2019a pas de salle d\u2019exposition, du moins pas encore, mais elle a l\u2019expertise et la plus grande collection au monde de l\u2019artiste.Et elle conçoit les expos, comme celle de la Tate et d\u2019autres qui ont rejoint de nouveaux territoires avant le Québec, tels que le Qatar ou la Chine.Qu\u2019a donc de particulier cette expo Alberto Giacometti pour qu\u2019on s\u2019en préoccupe ?De nombreuses pièces rares, cer taines jamais vues, une prédilection pour les plâtres (au détriment des bronzes, plus prestigieux) et une importance non négligeable accordée aux peintures, dessins et documents.Et le fait de tout mélanger, habilement : c\u2019est la nouvelle façon de faire, comme l\u2019explique Catherine Grenier, directrice de la Fondation.Fortes têtes Dans sa version londonienne, le parcours débute par une imposante table réunissant 24 sculptures autour du motif de la tête.Styles classique, cubiste et surréaliste se succèdent, entre ici et là une gestuelle à la Rodin, des visages aplatis, des regards asymétriques, etc.La commissaire n \u2019était pas peu fière de ce condensé si cohérent d\u2019une signature en apparence si éclatée.«Contrairement à ce qui s\u2019est beaucoup dit sur Giacometti, qui aurait vécu de grandes ruptures et qu\u2019il n\u2019y aurait pas eu de continuité entre une première partie de carrière abandonnée pour aller dans quelque chose de complètement dif fé- rent, ce n\u2019est pas vrai, affirme-t-elle.C\u2019est vrai sur le plan stylistique, mais pas en ce qui concerne ses hantises et obsessions.La représentation de la tête est une de ses obsessions, et le corps humain de façon générale, ce qui l\u2019empêche de devenir abstrait.» La singularité de Giacometti fait sa force.Alors que le XXe siècle édifie des chapelles, lui ne se cantonne pas à un courant.Les surréalistes le traiteront de traître.Alors que la modernité valorise l\u2019abandon de la figuration, lui ne la lâchera jamais.Rebelle à sa façon, volontairement ambigu.« Il a toujours fonctionné selon deux voies.Il travaille d\u2019après modèle et dit avoir besoin de la personne en face de lui.En même temps, il fait L\u2019homme qui marche, qui n\u2019est le portrait de personne, mais plutôt une figure de synthèse, un type humain », note Catherine Grenier, parmi les multiples contradictions que le sculpteur entretenait lui-même.Line Ouellet, directrice du MNBAQ, est fort heureuse d\u2019attirer au pays cette «grande figure de référence qui a été au cœur de tous les événe- ments du XXe siècle».«Son œuvre continue à résonner au XXIe siècle», dit celle qui affirme que le nouveau pavillon Lassonde a été pensé pour de tels sujets.Le MNBAQ ne laissera pas tomber les grands ar tistes québécois, promet-elle.La mesure d\u2019aide financière sur laquelle le musée a compté est destinée à des projets de «grande capacité d\u2019attraction ».« Le plus de gens possible sera le mieux», dit-elle, sans chiffrer ses objectifs.L\u2019exposition Alberto Giacometti sera présentée à Québec du 8 février au 13 mai, avant de poursuivre sa route jusqu\u2019aux musées Guggenheim de New York et de Bilbao.Collaborateur Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 GIACOMETTI ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR L\u2019analyse de l\u2019IRIS confirme ce que disait déjà une enquête du Conseil supérieur de l\u2019éducation: l\u2019école régulière perd du terrain.le scandale des commandites.Mais c\u2019est un reportage de La Presse faisant état de gestes de harcèlement qu\u2019il aurait posés pendant qu\u2019il travaillait chez ArcelorMittal qui a finalement eu raison de son implication politique.Une enquête pour harcèlement Le quotidien a révélé qu\u2019ArcelorMittal a commandé en 2014 une enquête sur son gestionnaire.«Éric Tétrault aurait été un facteur déterminant dans le départ en congé de maladie d\u2019au moins trois employés », a écrit le quotidien.«Ça, c\u2019est complètement fou ! », a répliqué le principal intéressé, dans un entretien avec Le Devoir, avant l\u2019annonce du retrait de sa candidature.« Je n\u2019ai jamais rien su d\u2019une telle chose.[\u2026] [Est-ce que] c\u2019est dans le rapport ou si ce sont des allégations que des gens font au-dessus du rapport ?Je ne sais pas moi, je ne sais pas d\u2019où ça vient.Est-ce que vous comprenez que dans la situation actuelle, tout le monde peut dire à peu près n\u2019importe quoi, et ça va s\u2019écrire?Vous comprenez ça?», a-t-il lancé, sur un ton excédé.Le candidat dans Louis-Hébert a néanmoins reconnu avoir eu un « comportement inacceptable ».Il a refusé de décrire les gestes qu\u2019il a pu poser pendant qu\u2019il était directeur des affaires publiques d\u2019ArcelorMittal, de 2011 à 2014.« [J\u2019ai été] trop carré et trop abrasif avec les gens.S\u2019il y a des gens qui se sont sentis lésés par certaines paroles, ou par un comportement, écoutez, mes regrets et mes excuses », a-t-il déclaré.Toute la journée, Éric Tétrault a martelé son intention de poursuivre la course, sous prétexte qu\u2019il avait appris des événements qui lui ont été reprochés dans les médias.Il a aussi prétendu avoir l\u2019appui du premier ministre, pour ensuite admettre, dans un entretien avec Le Devoir, ne pas lui avoir parlé de la journée.« Je ne l\u2019ai pas encore rencontré.Il y aura des développements », a d \u2019ailleurs souligné Philippe Couillard, quelques instants avant que ne vienne l\u2019annonce du retrait de son candidat.Pas de harcèlement L\u2019enquêteur mandaté pour investiguer au sujet d\u2019Éric Tétrault a conclu que « deux femmes ont fait l\u2019objet de harcèlement psychologique» de sa part, selon ce qu\u2019a rapporté La Presse.Or, le candidat libéral a soutenu n\u2019avoir jamais fait de harcèlement psychologique.« À mon sens, non», a-t-il soutenu.«Mais j\u2019ai été carré et abrasif pas mal.Mais quelle est la ligne ?Chacun trace sa ligne là-dedans, c\u2019est ça qui est l\u2019élément le plus important à considérer, selon moi.» Il a par la suite évoqué le « contexte très dif ficile » qui prévalait à l\u2019époque où il travaillait chez Ar- celorMittal, en faisant notamment mention du stress causé par la chute du concentré de fer.«Une des fautes les plus communes que les hauts dirigeants peuvent commettre dans ces situa- tions-là, c\u2019est de transmettre le stress aux employés, soit par une charge de travail trop forte, soit par un mauvais comportement comme dans mon cas», a-t-il déclaré.Normand Sauvageau annonce son départ Un second candidat dans la par tielle de Louis-Héber t, Normand Sauvageau, a jeté l\u2019éponge mercredi en raison de révélations embarrassantes.Le candidat caquiste a annoncé en fin de journée qu\u2019il retirait sa candidature à la suite de « l\u2019appel d\u2019un journaliste au sujet des circonstances entourant mon départ prématuré à la retraite en 2016».Celui qui a fait carrière à la Banque Scotia a été ciblé par des plaintes pour harcèlement psychologique, selon nos informations.« Au moment de poser ma candidature, j\u2019ai omis d\u2019informer les responsables de la CAQ de faits importants entourant mon départ », a admis Normand Sauvageau.«Aujourd\u2019hui, je réalise à quel point c\u2019était une erreur.J\u2019aurais dû informer la CAQ de ces événements d\u2019entrée de jeu, plutôt que d\u2019y être contraint par l\u2019appel du journaliste », a-t-il ajouté.Le chef de la CAQ, François Legault, n\u2019a pas tardé à souligner qu\u2019il a agi promptement \u2014 dans les heures suivant le moment où Normand Sauvageau l\u2019a informé des plaintes dont il avait fait l\u2019objet.«À la CAQ, c\u2019est tolérance zéro.J\u2019ai agi dès que j\u2019ai su.Je procéderai à l\u2019annonce d\u2019une nouvelle candidature sous peu», a-t-il écrit sur Twitter.Québec solidaire n\u2019a cependant pas manqué de rappeler que le chef caquiste avait lui - même cherché à recruter Éric Tétrault avant qu\u2019il se joigne aux libéraux.« Dans ces deux par tis-là, c\u2019est comme s\u2019il y a une confiance aveugle au milieu des af faires », a déclaré la co- porte-parole Manon Massé.« C\u2019est comme si toute la question de l\u2019éthique, des rapports entre patrons et employés, on ne devait pas s\u2019assurer que nos candidats étaient irréprochables là-dessus.» Le Parti québécois a dit préférer laisser les électeurs choisir.« Nous avons un candidat intègre, compétent et qui représente le changement dans Louis-Hébert et c\u2019est Normand Beauregard », a écrit le chef Jean-François Lisée sur Twitter.Les partis ont jusqu\u2019au 16 septembre pour choisir un nouveau candidat pour Louis-Hé- bert, laissée vacante après le départ du libéral Sam Hamad, en avril.Avec Ameli Pineda Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 ÉLECTION "]
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