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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2017-10-26, Collections de BAnQ.

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[" V O L .C V I I I N o 2 4 3 L E D E V O I R , L E J E U D I 2 6 O C T O B R E 2 0 1 7 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S AUJOURD\u2019HUI Actualités \u203a La banquise est plus mince qu\u2019estimé.La salinité de la neige fausserait le calcul effectué par les satellites européens.Page A 4 Avis légaux.B 6 Décès.B 4 Météo.A 4 Mots croisés.A 4 Petites annonces .B 4 Sudoku.A 5 ?w w w .l e d e v o i r .c o m A M É L I P I N E D A C adavres criblés de balles, vedettes et politiciens accompagnés de gangsters, les journalistes André Cédilot et André Noël souhaitent que les Québécois gardent une trace de la présence du crime organisé à travers Gangsters et mafiosi, cent ans de crime organisé au Québec, un récit photographique relatant les moments marquants du dernier siècle.«On l\u2019a vu dans le film Le parrain, le but ultime de ces gens-là [les mafieux], c\u2019est d\u2019un jour devenir respectable.Nous, notre but, c\u2019est de les immortaliser parce qu\u2019un jour eux ou leurs descendants seront très riches et on ne saura pas d\u2019où vient leur fortune», explique d\u2019entrée de jeu André Cédilot.Réunis dans un café de la rue Saint-Denis à Montréal, les deux complices de longue date ont beau profiter de leur retraite, ils LIVRES Chronique d\u2019un siècle de crime organisé André Cédilot et André Noël immortalisent les mafieux québécois JACQUES NADEAU LE DEVOIR Les journalistes retraités André Cédilot et André Noël publient un ouvrage illustré sur le crime organisé à Montréal.Ottawa pourrait contester la législation québécoise Page A 3 Le voile porté en classe?Oui.Non.Ça dépend.Page A 3 Fats Domino, précurseur du rock, n\u2019est plus Page B 8 L I S A - M A R I E G E R V A I S C oup dur pour le forum qui remplace la consultation sur le racisme systémique : plusieurs des 31 groupes communautaires devant mener des consultations locales dans diverses régions du Québec ont décidé de se retirer du processus ou envisagent de le faire, a appris Le Devoir.Ces organisations à but non lucratif dénoncent le changement de cap de la consultation, devenue un forum sur la valorisation de la diversité et l\u2019emploi.«Le fait d\u2019avoir enlevé les mots \u201cracisme systémique\u201d, pour moi, ça ne marche pas», a déclaré Jérôme Pruneau, directeur général de Diversité artistique Montréal (DAM), qui claque la porte de la consultation.Il demandera même le remboursement des frais encourus jusqu\u2019ici.«Plus dérangeant encore, on va s\u2019intéresser uniquement à la question de l\u2019emploi, alors qu\u2019on sait très bien que vivre en société aujourd\u2019hui, c\u2019est bien plus large que la question économique.» Selon lui, le fait que le ministère de l\u2019Immigration, de la Diversité et de l\u2019Inclusion (MIDI) ait repris les rênes du dossier, après avoir écarté la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ), pose un problème éthique.«Il n\u2019y a plus d\u2019indépendance, ça ne marche pas.On ne peut pas être juge et partie d\u2019une consultation aussi importante!» Le Centre communautaire des femmes sud- asiatiques se retire exactement pour les mêmes raisons.Quant au Centre consultatif des relations juives et israéliennes (CIJA), il ne participera pas non plus à la nouvelle mouture de la consultation, mais c\u2019est plutôt parce qu\u2019il ne se sent pas concerné par les problèmes d\u2019intégration à l\u2019emploi.«On trouve que c\u2019est un mandat tout à fait légitime, mais on s\u2019en retire, car on ne peut pas dire que notre communauté est affectée par ces défis-là.» Rappelons qu\u2019à l\u2019origine, les 31 organismes mandatés par le MIDI devaient mener « des séances de consultation durant les mois de septembre et d\u2019octobre, pour recueillir des témoignages de personnes qui ont vécu de la discrimination ou du racisme, ou qui souhaitent proposer des pistes de solution», selon le communiqué de la CDPDJ.Même si aucune entente n\u2019a été signée jusqu\u2019ici, rien n\u2019a changé, assure le RACISME Des organismes partenaires claquent la porte Le désaccord avec Québec porte sur la nouvelle orientation donnée à la consultation M A R I E - M I C H È L E S I O U I M A R C O B É L A I R - C I R I N O I S A B E L L E P O R T E R à Québec L e député libéral et ex-policier à la Sûreté du Québec Guy Ouellette a été arrêté mercredi par l\u2019Unité permanente anticorruption (UPAC).Il ne fait face à aucune accusation pour l\u2019instant.L\u2019arrestation de Guy Ouellette pourrait être liée aux fuites de documents dans l\u2019enquête Mâchurer, une vaste opération de l\u2019UPAC qui se penche sur le financement politique et l\u2019octroi de contrats publics, et vise entre autres l\u2019ex-premier ministre Jean Charest et l\u2019ex-ar- gentier libéral Marc Bibeau.Cette enquête a fait l\u2019objet de nombreuses fuites dans les médias, si bien que l\u2019UPAC a déclenché, en avril, une enquête interne « afin de déterminer l\u2019origine de la transmission de documents confidentiels qui a permis la dif fusion publique de certains éléments d\u2019une enquête criminelle active».L\u2019arrestation de Guy Ouellette a créé une onde de choc sur la colline Parlementaire, et même au-delà : en milieu de soirée, le premier ministre Philippe Couillard a annoncé qu\u2019il suspendait sa tournée dans le Nord-du-Québec pour être présent au caucus de son parti, ce jeudi, afin de trancher sur le sort de Guy Ouellette.Par le biais de sa por te-pa- role, le chef libéral a dit avoir appris la nouvelle de l\u2019arrestation de son collègue par les médias.Il s\u2019est abstenu de tout autre commentaire.Stupéfaction à l\u2019Assemblée nationale Le député de Chomedey était présent en Chambre, mercredi, pour la période des questions.Il a ensuite présidé la Commission des institutions jusqu\u2019à 13 h.Au retour de la pause, vers 15 h, il a été remplacé par le député libéral Richard Merlini, sans que les membres de la Commission soient avisés de la raison de son départ.La nouvelle de son arrestation est tombée quelques heures plus tard.Interpellés par les médias, les membres du caucus libéral se sont faits discrets, jouant de prudence dans l\u2019attente des motifs expliquant l\u2019arrestation de leur collègue.«On vient de l\u2019apprendre.On est très surpris », a réagi le député de Portneuf, Michel Matte.« On va avoir une rencontre tout à l\u2019heure pour en parler », a-t-il ajouté, évoquant un caucus téléphonique qui ENQUÊTE MÂCHURER Le député libéral Guy Ouellette arrêté L\u2019arrestation de l\u2019ancien policier pourrait être liée aux fuites sur l\u2019enquête portant entre autres sur l\u2019ancien premier ministre Jean Charest JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE Guy Ouellette, que l\u2019on voit ici sur une photo prise en 2012, a été élu pour la première fois en 2007.Jean Charest VOIR PAGE A 8 : CHRONIQUE La loi sur la neutralité religieuse fait débat VOIR PAGE A 8 : ARRESTATION VOIR PAGE A 8 : RACISME L E D E V O I R , L E J E U D I 2 6 0 C T O B R E 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 2 H É L È N E B U Z Z E T T I Correspondante parlementaire à Ottawa L e projet de loi visant à imposer le bilinguisme aux futurs juges de la Cour suprême a été défait mercredi soir à la Chambre des communes.Mais 17 députés libéraux, dont 11 du Québec, ont rompu les rangs et ont appuyé l\u2019initiative néodémocrate au nom de leurs principes.Le projet de loi a été défait, 65 députés l\u2019ayant appuyé et 224 s\u2019y étant opposés.Les néodémo- crates présents ont voté pour, mais 14 d\u2019entre eux (sur un total de 44) manquaient à l\u2019appel, dont quatre qui étaient pourtant présents aux votes précédents.Tous les bloquistes présents ont voté pour, tandis qu\u2019une vaste majorité de libéraux et de conservateurs \u2014 dont six Québécois \u2014 ont voté contre.Le projet de loi stipulait que toute personne nommée au plus haut tribunal du pays doit «com- pren[dre] le français et l\u2019anglais sans l\u2019aide d\u2019un interprète».Pour le député libéral de Mont-Royal, Anthony Housefa- ther, il était impératif d\u2019appuyer le projet de loi.«Je crois que les interprètes de la cour font parfois des traductions erronées et, pour une personne comme moi qui fait partie d\u2019une communauté linguistique minoritaire, je peux comprendre pourquoi, pour les deux communautés, il est important d\u2019avoir des juges bilingues.» Le député de Saint-Léonard\u2013 Saint-Michel, Nicola Di Lorio, pense de même.«À la Cour suprême, ce sont des raisonnements extrêmement sophistiqués qu\u2019on fait.Si c\u2019est très sophistiqué, ça veut dire que c\u2019est subtil, si c\u2019est subtil, c\u2019est dans la nuance.Et si c\u2019est dans la nuance, je ne veux pas qu\u2019elle soit perdue.Je ne veux pas me retrouver devant quelqu\u2019un qui n\u2019a pas trop saisi mon affaire parce que l\u2019interprète ne l\u2019a pas saisie.» Lorsqu\u2019ils étaient dans l\u2019opposition en 2010, les libéraux avaient appuyé un projet de loi identique au C-203 défait hier.I ls s \u2019y opposent au- jourd\u2019hui au motif que le contexte a changé.La nomination ratée de Marc Nadon à la Cour suprême, plaident-ils, a mis en lumière le fait que les modifications à la Loi sur la Cour suprême peuvent s\u2019apparenter à des amendements constitutionnels requérant l\u2019aval de sept, voire dix provinces.Les libéraux estiment que, dans la mesure où ils se sont donné pour directive de ne nommer que des juges bilingues, il est inutile de provoquer une éventuelle contestation judiciaire.« Ça ne me convainc pas du tout », rétorque pour sa part la députée de Brossard\u2013Saint- Lambert, Alexandra Mendès.« Je crois que c\u2019est impor tant que le principe soit défendu.» Idem du côté de M.Di Iorio, qui fait valoir que, si le projet C-203 était inconstitutionnel, alors la directive libérale le serait aussi.Or la nomination du juge Malcolm Rowe faite par Justin Trudeau en vertu de cette directive n\u2019a pas été contestée.Autres projets de loi Au moins un libéral a laissé entendre qu\u2019Ottawa pourrait donner une suite à cette affaire.« Peut-être qu\u2019il y a d\u2019autres projets de loi qui pourraient être déposés qui atteindraient le même objectif sans enclencher une ronde constitutionnelle », a avancé Francis Scar- paleggia, faisant valoir que cela pourrait être fait « avant la fin du mandat ».Il n\u2019a pas voulu donner de détails sur les possibilités qui existent, indiquant « laisser cela à la ministre de la Justice ».Le Devoir JUSTICE Le bilinguisme à la Cour suprême rejeté Dix-sept députés libéraux ont néanmoins appuyé le projet de loi néodémocrate J O C E L Y N E R I C H E R à Québec L e ministre de la Santé, Gaétan Barrette, se voit contraint de revoir sa stratégie visant à procurer un médecin de famille à 85 % des Québécois avant la fin de 2017.Il a reconnu mercredi que tout indiquait que sa stratégie initiale n\u2019allait pas fonctionner et que la cible de 85 % ne serait donc pas atteinte le 31 décembre, comme il s\u2019était pourtant engagé à le faire.Le ministre a donc annoncé mercredi avoir convenu d\u2019une nouvelle approche avec le président de la Fédération des médecins omnipraticiens, Louis Godin.Le moyen désormais privilégié : transférer la clientèle d\u2019un médecin de famille qui prend sa retraite à un jeune médecin qui commence sa pratique.Le ministre demande donc aux médecins qui songent à prendre leur retraite de prévenir Québec des mois à l\u2019avance en vue de planifier le transfert de clientèle souhaité le 1er juillet de chaque année.Chaque année, environ 225 médecins de famille prennent leur retraite et 400 nouveaux médecins arrivent sur le marché du travail.Il a qualifié l\u2019initiative de «grande inscription».En procédant ainsi, les patients n\u2019auront plus à voir un médecin avant d\u2019être pris en charge par lui.M.Barrette a dit que la loi 20 était toujours en place.La loi 20, décriée par les médecins, prévoyait que les omnipraticiens s\u2019exposaient à d\u2019im- por tantes sanctions financières, allant jusqu\u2019à 30 % de leur rémunération, s\u2019ils n\u2019augmentaient pas leur clientèle substantiellement.Son application a été suspendue.Au 31 décembre 2016, 77 % des Québécois avaient un médecin de famille, soit 555 856 patients de plus que deux ans auparavant.En juin 2015, c\u2019était le cas pour 69 % d\u2019entre eux.En février, observant de la résistance dans le milieu, le ministre Barrette avait accentué la pression sur les 9500 médecins de famille du Québec, afin qu\u2019ils acceptent de prendre en charge un plus grand nombre de patients dans les mois suivants et accélèrent la cadence pour respecter l\u2019échéance fixée.En juin, il était revenu à la charge.La Presse canadienne Accès à un médecin de famille : Barrette change d\u2019approche Singh rejette toute responsabilité dans Lac-Saint-Jean Ottawa \u2014 Le nouveau chef du Nouveau Parti démocratique, Jagmeet Singh, refuse de porter la responsabilité du maigre score obtenu par son parti à l\u2019élection partielle dans Lac- Saint-Jean lundi soir.«J\u2019ai été chef seulement une semaine.Donc il faut que je continue le travail, continue de parler avec les gens, de proposer mes politiques», a indiqué M.Singh alors qu\u2019il était de passage à Ottawa mercredi.En fait, M.Singh a été élu chef le 1er octobre dernier, trois semaines avant l\u2019élection partielle.Lundi, sa candidate Gisèle Dallaire a obtenu 11,7% des voix exprimées alors qu\u2019elle en avait eu 28,5% à l\u2019élection générale de 2015.M.Singh a répété que son parti devait «exciter à nouveau les gens» et qu\u2019il travaillerait en ce sens.«Nous avons eu une période pendant laquelle nous n\u2019avions pas de chef qui serait le chef dans le futur.[\u2026] Tom Mulcair a fait un travail phénoménal comme chef, mais il y avait cette notion que ça ne se poursuivrait pas.» Le Devoir I S A B E L L E P O R T E R à Québec L e Conseil de la magistrature va enquêter sur les propos tenus par le juge Jean-Paul Braun lors d\u2019un procès pour agression sexuelle à la suite d\u2019une plainte de la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée.«C\u2019est inacceptable », a lancé la ministre Vallée mercredi matin avant d\u2019indiquer qu\u2019elle comptait porter plainte.En vertu de la Loi sur les tribunaux judiciaires, le Conseil a l\u2019obligation de déclencher une enquête lorsqu\u2019une plainte est formulée par la ministre de la Justice.La ministre réagissait aux propos du juge rappor tés mercredi par Le Journal de Montréal.« On peut le dire qu\u2019elle a un peu de surpoids, mais elle a un joli visage, hein ?» a lancé le juge Jean-Paul Braun lors du procès d\u2019un chauffeur de taxi accusé d\u2019avoir agressé sexuellement une adolescente de 17 ans.Le juge Braun a également laissé entendre que le consentement n\u2019était pas nécessaire lors de tous les gestes à caractère sexuel.« Il y a un consentement pour embrasser quelqu\u2019un et un consentement pour mettre, comme on dit, la main au panier.» Ces propos sont rendus publics en plein débat sur l\u2019aide à appor ter aux v ic t imes d\u2019agressions.En mai, la députée conservatrice Rona Ambrose avait suggéré qu\u2019on impose aux avocats et juges un cours de per fec- tionnement sur le droit relatif aux agressions sexuelles et que le Conseil canadien de la magistrature en fasse rapport au gouvernement.Ce dernier était alors intervenu pour s\u2019y opposer, prétextant que cela porterait atteinte à son indépendance.Le Conseil de la magistrature du Québec n\u2019a pas pris position à l\u2019époque sur cette question, mais l\u2019organisme est bel et bien responsable des formations of fer tes aux juristes, confirme sa porte-parole Esther Boivin.D a n s l \u2019 a f f a i r e d u j u g e Braun, le Conseil devra, dans un premier temps, décider si le juge Braun sera suspendu ou non durant la durée de l\u2019enquête.Au terme du processus, les conséquences potentielles vont de la simple réprimande à la destitution.Les partis unanimes La ministre de la Condition féminine, Hélène David, a ajouté sa voix à cel le de Mme Vallée en fin de matinée, lors d\u2019un point de presse sur sa stratégie pour lutter contre les violences sexuelles.« Ça prouve [la nécessité de] la chose même», a-t-elle dit.L\u2019un après l\u2019autre, les partis d\u2019opposition ont tous vivement dénoncé le juge et réclamé que la ministre de la Justice intervienne.«Je trouve ça déplorable qu\u2019en octobre 2017 après tant de remous social un juge au Québec se permette de dire des insanités pareilles », a déclaré le député Amir Khadir.Cette af faire rappelle celle du juge Robin Camp, qui en 2014 avait demandé à une victime d\u2019agression sexuelle pourquoi elle n\u2019avait pas serré les genoux.Ce dernier a finalement démissionné en mars dernier avant que les procédures de destitution lancées contre lui ne s\u2019exécutent.Le Devoir JUSTICE « C\u2019est inacceptable » La ministre Stéphanie Vallée porte plainte contre les propos controversés du juge Jean-Paul Braun tenus lors d\u2019un procès pour agression sexuelle JACQUES NADEAU LE DEVOIR Un vélo fantôme à la mémoire de Clément Ouimet C\u2019est devenu une tradition quand un cycliste décède dans un accident de la route : un vélo fantôme, peint en blanc, est installé sur les lieux du drame.Un vélo fantôme a ainsi été installé en hommage à Clément Ouimet, mercredi, sur la voie Camillien- Houde, au pied du mont Royal, à l\u2019endroit précis où le cycliste professionnel âgé de 18 ans a perdu la vie, le 4 octobre dernier, après avoir été heurté par un véhicule qui effectuait illégalement un demi-tour.Il s\u2019agit d\u2019un des vélos de course de Clément Oui- met, auquel ses proches ont ajouté des pièces de leurs propres bicyclettes en guise de souvenir.Le temps est venu de mener une réflexion en profondeur sur les meilleurs moyens de prévenir les agressions sexuelles et de mieux soutenir les victimes, estime la ministre de la Condition féminine, Hélène David.La ministre a annoncé mercredi la tenue, à la mi-décembre, d\u2019un grand forum visant précisément cet objectif.Au terme de l\u2019exercice, dont le lieu et les dates n\u2019ont pas encore été précisés, il ne serait pas surprenant de voir Québec annoncer un meilleur financement des organismes destinés à informer et soutenir les victimes d\u2019agressions sexuelles, qui se plaignent constamment de ne pas pouvoir remplir leur mandat, faute de financement adéquat et stable.« Qu\u2019est-ce qu\u2019on peut faire de plus ?», deviendra dès lors, a dit Mme David, la grande question à explorer au cours du forum, qui devrait réunir autour de la même table plusieurs ministres, des experts et les organismes destinés à venir en aide aux victimes.La Presse canadienne Forum sur les agressions sexuelles Alcool Nouveau- Brunswick vendra du cannabis Fredericton \u2014 Le gouvernement du Nouveau-Brunswick annonce qu\u2019Alcool NB s\u2019occupera de la vente au détail du cannabis à des fins récréatives dans la province par l\u2019intermédiaire d\u2019une filiale.Le ministre de la Santé, Benoît Bourque, croit que de confier l\u2019exploitation des espaces de vente au détail à Alcool NB permettra d\u2019assurer que le cannabis reste hors de la portée des criminels et des jeunes.Au moyen d\u2019une filiale, Alcool NB exploitera cette vente au détail dans des magasins indépendants qui respecteront les règles commerciales ainsi que les modalités et conditions de la société d\u2019État.La Presse canadienne Une actrice accuse Bush père de l\u2019avoir touchée par-derrière Washington \u2014 Une actrice accuse l\u2019ancien président américain George H.W.Bush de l\u2019avoir touchée par-derrière à l\u2019occasion d\u2019une photo et de lui avoir raconté une blague osée.Selon le magazine People, Heather Lind a raconté, dans un message Instagram qui a depuis été effacé, que l\u2019incident s\u2019était produit au moment où elle faisait la promotion de sa série TURN: Washington\u2019s Spies.Mme Lind est vue sur une photo prise à Houston en 2014 en compagnie de l\u2019ancien président, aujourd\u2019hui âgé de 93 ans et confiné à un fauteuil roulant.Le porte-parole de M.Bush, Jim McGrath, a déclaré dans un communiqué transmis à l\u2019Associated Press que «le président Bush ne voudrait jamais, sous quelque circonstance possible, rendre qui que ce soit mal à l\u2019aise, et il s\u2019excuse sincèrement si sa tentative d\u2019humour a offensé Mme Lind».Associated Press Prison à vie pour Randy Tshilumba «Elle s\u2019appelait Clémence, elle avait 20 ans et toute la vie devant elle», a déclaré en ouverture, mercredi, la juge Hélène Di Salvo avant d\u2019envoyer Randy Tshilumba au cachot pour le reste de ses jours, sans possibilité de libération conditionnelle avant 25 ans.La sentence du jeune homme de 21 ans venait clore une journée très chargée en émotion, durant laquelle la famille et les proches de Clémence Beau- lieu-Patry avaient préalablement livré des témoignages prenants au palais de justice de Montréal.Randy Tshilumba a été reconnu coupable par un jury vendredi dernier du meurtre prémédité de la jeune femme.Elle est morte après avoir été poignardée 14 fois alors qu\u2019elle travaillait dans un marché Maxi de l\u2019est de Montréal, le soir du 10 avril 2016.La Presse canadienne Je crois que les interprètes de la cour font parfois des traductions erronées Anthony Housefather, député libéral de Mont-Royal « » L E D E V O I R , L E J E U D I 2 6 0 C T O B R E 2 0 1 7 ACTUALITES A 3 L e déni est un mécanisme de défense particulièrement répandu en politique, où l\u2019adversité est la règle, mais la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, constitue un cas particulièrement fascinant.Alors que la loi sur la neutralité religieuse de l\u2019État est décriée de toutes parts, elle a déclaré le plus sérieusement du monde : « Il n\u2019y a pas de controverse.» Mme Vallée avait déjà donné un aperçu de sa propension à s\u2019embrouiller dans ses explications quand elle avait été incapable de définir le mariage.D\u2019une journée à l\u2019autre, ses tentatives de clarifier l\u2019application de la règle du « visage découvert » dans les services publics augmentent la confusion, y compris parmi les députés libéraux.Dès le départ, elle en a laissé plusieurs perplexes avec sa distinction entre le « moment d\u2019interaction directe» entre un chauffeur d\u2019autobus et un usager du transport en commun, qui nécessite d\u2019avoir le visage découvert, et la «durée de la prestation de service », alors que ce n\u2019est plus requis.La confusion s\u2019est ensuite transportée dans les salles de cours des cégeps et des universités.Mme Vallée a expliqué que durant un cours proprement dit, où sur vient un épisode de « communication », le visage devra être découvert, mais que ce ne sera pas obligatoire durant une simple conférence.Pourtant, un échange peut survenir dans les deux cas.La situation s\u2019est compliquée un peu plus quand la ministre de l\u2019Enseignement supérieur, Hélène David, est venue contredire sa collègue.Une étudiante portant le voile devrait se découvrir le visage pour avoir accès à la bibliothèque ou se présenter à un examen, mais pas nécessairement pour assister à un cours.?Il s\u2019agit d\u2019une question « très, très complexe », car il y a «mille et une façons» d\u2019appliquer la loi, a expliqué Mme David.Un peu plus tôt, à l\u2019Assemblée nationale, le premier ministre Couil- lard avait pourtant déclaré : «Elle n\u2019est pas complexe, la loi.» Le commun des mortels peut difficilement en juger puisque, curieusement, le texte est introuvable sur le site de l\u2019Assemblée nationale.La ministre de la Justice a eu beau évoquer la possibilité de demander une injonction pour forcer la main aux récalcitrants, le maire Co- derre n\u2019en démord pas : « Moi, dans la métropole, les citoyens pourront avoir des interactions avec les services municipaux à visage couvert.Point à la ligne.» M.Couillard répète à qui veut l\u2019entendre que la loi va s\u2019appliquer, mais que les lignes directrices qui encadreront les demandes d\u2019accommodement religieux ne seront pas rendues publiques avant plusieurs mois.Sans connaître ces balises, comment la loi pourrait- elle être appliquée ?On peut facilement comprendre que le gouvernement n\u2019ait aucune envie d\u2019entrer en conflit avec le monde municipal ou la communauté universitaire, mais il y a toujours un danger à adopter une loi sans avoir l\u2019assurance qu\u2019on pourra la faire appliquer.Si ceux qui en ont la responsabilité ne l\u2019assument pas, d\u2019autres pourraient décider de s\u2019en charger, que ce soit dans le métro ou dans une salle de cours.Des dérapages qui provoqueraient une nouvelle crise des accommodements raisonnables sont la dernière chose dont le gouvernement a besoin.?Tout en précisant bien qu\u2019«on n\u2019est pas encore là », la ministre de la Justice a indiqué pour la première fois que le recours à la clause dérogatoire pourrait être une possibilité à envisager dans l\u2019éventualité où la loi serait déclarée incompatible avec les chartes québécoise et canadienne des droits de la personne.En réalité, personne ne peut penser un seul instant que M.Couillard pourrait s\u2019y résigner un jour, mais renoncer d\u2019entrée de jeu à ce qui pourrait être le seul moyen pour le Québec de définir lui-même les règles du jeu en matière de laïcité, ou simplement de vivre-ensemble, serait très mal avisé.À plus forte raison si le gouvernement fédéral décidait de s\u2019en mêler, comme Justin Trudeau semble de plus en plus tenté de le faire, malgré l\u2019avis de certains de ses ministres québécois.Toujours soupçonné d\u2019être Canadien d\u2019abord et avant tout, M.Couillard aurait là une occasion inespérée de se poser en défenseur de la différence québécoise.De toute manière, il faudra sans doute des années avant que la Cour suprême soit appelée à trancher.Si M.Couillard pensait être en mesure d\u2019évacuer la question de la laïcité de la prochaine campagne électorale pour se concentrer sur les « enjeux réels des citoyens », c\u2019est raté.Pour ce faire, il aurait dû légiférer dès le début de son mandat, comme il disait en avoir l\u2019intention à l\u2019époque.Certes, le PLQ ne participera pas à la surenchère à laquelle le PQ et la CAQ vont manifestement se livrer, mais il aurait tout intérêt à trouver quelqu\u2019un d\u2019autre que Mme Vallée pour défendre ou même simplement expliquer sa position.mdavid@ledevoir.com Cela va de mal en pis MICHEL DAVID ADRIAN WYLD LA PRESSE CANADIENNE Le premier ministre canadien, Justin Trudeau, n\u2019a pas été impressionné par les clarifications de la ministre québécoise de la Justice, Stéphanie Vallée.M A R I E V A S T E L Correspondante parlementaire à Ottawa L e premier ministre Justin Trudeau laisse de plus en plus entendre qu\u2019il s\u2019opposera à la Loi sur la neutralité religieuse du Québec, laissant la por te toute grande ouver te à une contestation fédérale.Mais sa position ne fait pas l\u2019unanimité au sein de son cabinet.Au moins deux de ses ministres estiment qu\u2019Ottawa n\u2019a pas à se mêler de la question.Le premier ministre semblait loin d\u2019être rassuré mercredi par la mise au point du gouvernement québécois la veille sur l\u2019application de sa nouvelle loi.« Vous appelez ça des clarifications?» a lancé Justin Trudeau à son arrivée au parlement mercredi.« Je vais toujours défendre la Charte des droits et libertés.On va faire nos devoirs.On va s\u2019assurer qu\u2019on est en train d\u2019entreprendre les bonnes étapes par rapport à ce projet de loi », a-t-il martelé.Mais, contrairement à la semaine dernière, M.Trudeau ne parlait plus du droit du Québec de faire ses propres lois.La ministre québécoise de la Justice, Stéphanie Vallée, l\u2019a toutefois réitéré en répliquant à M.Trudeau.«Oui, c\u2019est le premier ministre canadien.Oui, le Québec a aussi le droit de légiférer sur des enjeux qui lui sont propres [quant au] vivre-ensemble», a déclaré la ministre à Québec, en refusant d\u2019aller plus loin et « d\u2019avoir un échange par le biais des médias».Le premier ministre québécois, Philippe Couillard, a pour sa part prié son homologue fédéral de « lire le projet de loi » avant de mettre en doute sa constitutionnalité.Garneau et Duclos contre Trudeau Justin Trudeau a beau envisager une contestation judiciaire, certains de ses ministres s\u2019opposent à l\u2019idée.Mardi, le ministre des Transports Marc Gar- neau martelait à sa sortie du Conseil des ministres que son gouvernement n\u2019avait «pas l\u2019intention de [s\u2019]immiscer dans une loi de l\u2019Assemblée nationale».Outre les sorties du premier ministre, la députée montréalaise Alexandra Mendès af fir- mait elle aussi, à la suite de l\u2019adoption de la loi québécoise la semaine dernière, que le fédéral n\u2019aurait d\u2019autre choix que d\u2019intervenir.« C\u2019est sûr que, si c\u2019est des questions de charte, éventuellement le gouvernement fédéral va devoir s\u2019en mêler», avait-elle déclaré.Des collègues « se sont prononcés.Moi, je vous donne ma position», a tranché mardi Marc Garneau, en désaccord avec ceux-ci.Son collègue Jean-Yves Duclos, ministre de la Famille et du Développement social, est du même avis que lui.« Mme Mendès a le droit d\u2019avoir son opinion.Mais nous, on a dit ce qu\u2019on avait à dire », soulignait-il mardi, lui aussi à sa sortie du cabinet.« J\u2019ai toujours dit que c\u2019était une loi qui me semblait avoir des problèmes d\u2019application importants.[\u2026] Mais ce n\u2019est pas au gouvernement fédéral de dire au Québec comment faire la chose», tranchait M.Duclos.Leur collègue de Saint-Léonard, Nicola Di Io- rio, affirme même qu\u2019il « tomberait à la renverse de savoir qu\u2019on irait se mêler d\u2019une histoire comme celle-là ».Le « premier rôle » du gouvernement fédéral, dit cet avocat, «c\u2019est de respecter les compétences provinciales, de ne pas intervenir dans un débat qui est un débat de nature provinciale.[\u2026] Et pas essayer de brouiller les pistes par une intervention trop rapide».Le gouvernement fédéral pourrait choisir d\u2019intervenir dans une contestation judiciaire qui serait intentée par un tiers contre la loi québécoise sur la perception et la réception de services à visage découvert.Ottawa pourrait aussi décider de faire lui-même un renvoi à la Cour suprême, appelant cette dernière à se prononcer sur la loi québécoise.Mais cette seconde option serait « l\u2019arme nucléaire », selon le constitutionnaliste de l\u2019Université de Montréal Stéphane Beaulac, car Ottawa l\u2019a rarement utilisée contre une loi provinciale dans l\u2019histoire récente.« C\u2019est une bombe, politiquement parlant, parce que c\u2019est complètement en porte à faux de la tendance contemporaine de fédéralisme coopératif et du respect du par tage des compétences » , a commenté M.Beaulac au Devoir.Ambiguïté fédérale Le premier ministre a ajusté son discours depuis l\u2019adoption du projet de loi 62.M.Trudeau a d\u2019abord fait valoir, le jour de son adoption mercredi dernier, qu\u2019il allait «continuer de [s\u2019assurer] que tous les Canadiens soient protégés par la Charte, tout en respectant les choix que peuvent faire dif férents parlementaires à dif férents niveaux».Jeudi, Justin Trudeau, de passage au Lac- Saint-Jean en marge de l\u2019élection partielle, affirmait que « ce n\u2019est pas au gouvernement fédéral de contester [la loi]».Vendredi, toujours au Lac-Saint-Jean, il apportait des nuances en disant que « le gouvernement fédéral va étudier attentivement [la loi] et assumer ses responsabilités là-dessus ».L\u2019élection partielle s\u2019est tenue lundi.Avec Marco Bélair-Cirino Le Devoir Trudeau ouvre la porte à une contestation judiciaire de la loi québécoise Au moins deux ministres du Québec s\u2019opposent à une intervention d\u2019Ottawa Vallée n\u2019exclut pas le recours à la clause de dérogation La ministre de la Justice québécoise, Stéphanie Vallée, a beau se dire «persuadée» que la Loi sur la neutralité religieuse passera le test des tribunaux, elle n\u2019écarte pas pour autant la possibilité de recourir à la clause de dérogation de la Charte canadienne des droits et libertés.«Ça fait partie des moyens qui sont mis à la disposition [du gouvernement québécois]», a-t-elle indiqué, avant de marteler qu\u2019«on n\u2019en est pas là».«Pour le moment, la clause dérogatoire ne fait pas partie de la question, parce qu\u2019il n\u2019y a pas encore de contestation en cour.» Le ministre responsable des Relations canadiennes, Jean-Marc Fournier, a quant à lui indiqué que «nous n\u2019avons pas besoin de l\u2019utiliser [la clause de dérogation] parce que la loi respecte la Charte».Marco Bélair-Cirino M A R C O B É L A I R - C I R I N O Correspondant parlementaire à Québec D es membres du gouvernement se contredisent sur la portée de la Loi sur la neutralité religieuse de l\u2019État dans les établissements d\u2019enseignement supérieur.La ministre de l\u2019Enseignement supérieur, Hélène David, a évoqué mercredi la possibilité que les étudiants ayant un cours dans un « immense amphithéâtre » d\u2019une université soient soustraits à l\u2019obligation d\u2019avoir le visage découvert en classe, mais pas leurs confrères faisant partie d\u2019un « tout petit groupe».La loi sur la neutralité religieuse a été adoptée notamment pour favoriser la qualité de la communication entre une personne et un agent de l\u2019État, a-t-elle rappelé dans une conférence de presse.«Des étudiants qui ne communiquent pas du tout parce qu\u2019[il y a] 350 étudiants devant toi et qu\u2019il n\u2019y a pas d\u2019interaction ; c\u2019est très dif férent d\u2019une direction de thèse, d\u2019une soutenance de thèse, d\u2019un séminaire de maîtrise, etc.», a-t-elle ajouté.L\u2019ancienne vice-rectrice à l\u2019Université de Montréal est convaincue que les universités feront preuve de rigueur et de nuance pour appliquer la loi controversée.« [Elles] sont tout à fait outillées face à la question de la qualité de la communication», a-t-elle soutenu.Mme David s\u2019est défendue de tirer des conclusions différentes de celles de la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée.Elle a laissé entendre que l\u2019interdiction totale du voile, des verres fumés, de la cagoule ou encore du bandana évoquée par l\u2019auteure de la loi visait les classes des écoles primaires et secondaires.«N\u2019oubliez pas que, quand ma collègue parlait, elle parlait des élèves, et des élèves, c\u2019est souvent plus primaire, secondaire», a dit Mme David à la presse.Pourtant, sa consœur Stéphanie Vallée avait pris soin mardi de préciser que « lorsque l\u2019étudiant est dans la salle de cours, lorsque l\u2019étudiant reçoit sa formation, la prestation à visage découvert s\u2019applique aussi ».D\u2019autre part, Hélène David a mentionné que la loi sur la neutralité religieuse est superfétatoire pour renforcer la sécurité des cégeps et des universités puisque l\u2019obligation de découvrir son visage notamment pour des fins d\u2019identification «est déjà appliquée partout».En disant que la loi sera sans effet sur le campus de l\u2019Université McGill, la principale de McGill, Suzanne Fortier, montre «qu\u2019elle a déjà probablement réfléchi à toutes ces questions-là, qu\u2019elle a une politique sur les accommodements raisonnables, sur la sécurité, sur l\u2019identification », a conclu la ministre de l\u2019Enseignement supérieur.Mme Vallée a pour sa par t dit aux journalistes : «Ne cherchez pas la bisbille.» Le Devoir Interprétations contradictoires sur le voile en classe Les ministres Hélène David et Stéphanie Vallée ne voient pas les choses du même œil NEUTRALITÉ RELIGIEUSE L E D E V O I R , L E J E U D I 2 6 0 C T O B R E 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 4 K A R L R E T T I N O - P A R A Z E L L I L a candidate à la mairie de Montréal Valérie Plante reproche à son adversaire, Denis Coderre, de naviguer en plein brouillard dans le dossier des artères commerçantes.La chef de Projet Montréal promet donc de poser un diagnostic clair sur l\u2019état de la situation et de simplifier la vie des commerçants à travers la ville.Mme Plante a dévoilé mercredi ses engagements pour soutenir le commerce local en dénonçant le manque de vision du maire sortant, qui a selon elle privilégié des mesures à la pièce sans avoir toutes les données en main pour prendre les bonnes décisions.Elle promet par exemple de suivre de près l\u2019évolution du taux d\u2019inoccupation des commerces et d\u2019étudier le comportement des consommateurs.«Ça va nous permettre d\u2019établir un vrai portrait et d\u2019avoir des indicateurs clairs.Ce n\u2019est pas le cas en ce moment», a-t-elle affirmé, prenant la parole devant une boulangerie d\u2019Outremont.«On a besoin d\u2019une vision globale », a fait valoir Franck He- not, qui est propriétaire d\u2019une épicerie et d\u2019une fromagerie sur l\u2019avenue du Mont-Royal.«De l\u2019aide, on n\u2019en a pas.On voit un maire une fois tous les quatre ans, a-t-il ajouté en ci- blant Denis Coderre.On n\u2019a pas besoin de Plateau bashing.Ce qu\u2019on veut, c\u2019est des solutions.» Il y a deux semaines, M.Co- derre a reproché au maire du Plateau-Mont-Royal, Luc Fer- randez, d\u2019avoir nui aux commerçants locaux avec ses mesures d\u2019apaisement de la circulation.« Appelons un chat un chat.Il y a un effet Ferrandez», avait-il lancé.Allégements fiscaux et bureaucratie Si elle devient mairesse de Montréal le 5 novembre prochain, Valérie Plante promet de dédommager les commerçants touchés par les chantiers en leur offrant des allégements de taxes et de créer un guichet unique pour réduire la bureaucratie.Elle compte également «étudier la possibilité» d\u2019appliquer des taux de taxation dif fé- rents selon la vocation et l\u2019emplacement des commerces.« Le système actuel n\u2019est pas équitable, dit-elle.C\u2019est très dif ficile pour plusieurs commerçants de survivre.» Elle veut par ailleurs créer un poste de responsable du développement commercial au sein du comité exécutif, encourager le commerce local grâce à une mention « fait à Montréal » et dynamiser les artères commerçantes en multipliant les places publiques et les lieux de détente.« La façon de se démarquer des centres commerciaux, c\u2019est d\u2019of frir une touche par ticu- lière», a-t-elle souligné, persuadée que la bataille n\u2019est pas perdue face aux pôles commerciaux situés en périphérie de Montréal.«Je crois que l\u2019expérience commerçante doit commencer dans la rue, a insisté le commerçant Franck Henot.Si nos quartiers ne sont pas sécuritaires, s\u2019ils ne sont pas agréables, si la ville n\u2019est pas accessible, comment voulez-vous que les clients se rendent chez nous?» Au-delà de la guerre de mots, les positions de Valérie Plante et de Denis Coderre en matière de développement commercial ne sont cependant pas très éloignées.Le maire sortant s\u2019est notamment engagé à offrir une compensation financière aux commerçants dont les ventes sont af fectées par les grands travaux d\u2019infrastructure, à appliquer un taux de taxation diffé- rent sur une première tranche de valeur pour les immeubles non résidentiels et à embellir les artères commerçantes.Le Devoir Artères commerçantes : Plante veut établir un diagnostic clair ROMAS DABRUKA ASSOCIATED PRESS Les chercheurs de l\u2019étude ont déterminé que les radars surestiment de 11 % l\u2019épaisseur de la glace saisonnière pour la glace de plus de 95 centimètres d\u2019épaisseur et de 25 % pour la glace de moins de 70 centimètres d\u2019épaisseur.M I R I A N E D E M E R S - L E M A Y J usqu\u2019à 25 % de l\u2019épaisseur de la glace temporaire de l\u2019Arctique pourrait être surestimée par les mesures des satellites.L\u2019épaisseur de la glace saisonnière en Arctique serait plus mince que ce que les scientifiques estimaient, selon une étude de l\u2019Université de Calgary publiée récemment dans Geophysical Research Letters.Depuis 2010, l\u2019épaisseur de la banquise est mesurée par les radars des satellites Cryo- Sat-2 de l\u2019Agence spatiale européenne.Ce suivi permet d\u2019évaluer les changements en Arctique dans le contexte du réchauffement climatique.Mais l\u2019épaisseur de la glace saisonnière en Arctique serait surestimée par ces satellites.Les chercheurs de l\u2019étude ont déterminé que les radars surestiment de 11 % l\u2019épaisseur de la glace saisonnière pour la glace de plus de 95 centimètres d\u2019épaisseur et de 25 % pour la glace de moins de 70 centimètres d\u2019épaisseur.Un facteur d\u2019erreur «salé» La banquise arctique est constituée de glace « permanente », mais aussi \u2014 et de plus en plus \u2014 de glace saisonnière.Cette glace, de 30 centimètres à 2 mètres d\u2019épaisseur, se forme chaque hiver et fond au printemps.«Lors de sa formation, une fine couche d\u2019eau de mer recouvre cette glace assez mince, explique l\u2019étudiant au doctorat et premier auteur de l\u2019étude, Vishnu Nan- dan.Lorsque la neige tombe, elle absorbe le sel de cette eau de mer.Cette neige devient saline.» Pour mesurer l\u2019épaisseur de la banquise, les radars satelli- taires mesurent le changement de réflexion des ondes ayant lieu à l\u2019interface entre la neige et la glace.En connaissant la position de cette interface neige/glace, il est possible de déduire l\u2019épaisseur totale de la glace.Or la présence de sel dans la neige interagit avec les ondes des radars, modifiant la position de ce point et faussant le calcul de l\u2019épaisseur de la glace.Afin de compenser ce biais, les chercheurs de l\u2019étude proposent un facteur de correction qui pourrait être utilisé pour corriger les futures données, ainsi que celles recueillies depuis 2010.Seule l\u2019épaisseur de la glace saisonnière est concernée par ce biais, puisque la salinité a un ef fet négligeable pour le calcul de l\u2019épaisseur de la glace permanente.D\u2019autres études avaient déjà pointé divers facteurs pouvant influencer les ondes des radars de CryoSat-2, comme la température et la texture de la neige.Mais il s\u2019agit de la première étude qui s\u2019intéresse à l\u2019effet de la salinité sur les estimations de l\u2019épaisseur de la banquise.L\u2019amincissement plus rapide que prévu de la glace de première année pourrait provoquer des réactions en chaîne en Arctique.Si la glace est plus mince, les rayons du soleil pénètrent plus facilement jusqu\u2019à l\u2019eau de l\u2019océan, explique M.Nandan.La température de l\u2019océan augmente, ce qui fait fondre la glace d\u2019autant plus rapidement.Par son faible albédo, l\u2019eau libre de glace absorbe davantage les rayons du soleil.Et le réchauffement climatique s\u2019accélère.Le Devoir ENVIRONNEMENT L\u2019amincissement de la banquise sous-estimé La salinité de la neige fausserait le calcul effectué par les satellites européens K A R L R E T T I N O - P A R A Z E L L I L e directeur général de l\u2019Institut sur la gouvernance d\u2019organisations privées et publiques (IGOPP), Michel Nadeau, a donné mercredi son appui à titre de citoyen à la candidate à la mairie de Longueuil Josée Latendresse en dénonçant le « triste bilan » de la mairesse sortante Caroline St-Hilaire.Dans un communi- q u é d i f f u s é m e r - credi, la candidate de Longueuil citoyen se félicite d\u2019avoir reçu le soutien de l\u2019expert en éthique et en gou- ver nance.« À Longueuil, les seules choses qui ont progressé plus rapidement que prévu, ce sont les dépenses annuelles, la dette et la facture des taxes.Au niveau des finances, les huit dernières années présentent un triste bilan», affirme M.Nadeau.Le communiqué dénonce notamment la hausse de taxes moyenne de 24 % enregistrée pendant les deux mandats de Mme St-Hilaire.En entrevue au Devoir , M.Nadeau précise qu\u2019il a pris position en tant que citoyen de Longueuil.«L\u2019Institut sur la gouvernance n\u2019est pas du tout associé à cela, dit-il.Parmi les trois candidates, Mme Latendresse me paraissait la meilleure, mais je ne veux pas aller plus loin que ça.» Trou budgétaire Sylvie Parent, une autre candidate à la mairie qui était la responsable des finances de Caroline St-Hilaire, répond que les hausses de taxes les plus importantes sont sur venues après l\u2019arrivée au pouvoir de l\u2019ex- mairesse en 2009, lorsqu\u2019elle a découvert un manque à gagner de 29 millions.La situation financière a été rétablie depuis, af firme son attachée de presse Alexandra Bélisle, puisque la hausse de taxes n\u2019a été que de 0,5% dans le dernier budget.Mme Bélisle soutient que le trou budgétaire dont a hérité Caroline St-Hilaire a été causé par le gel de taxes de l\u2019administration précédente, et que le gel de taxes jusqu\u2019en 2020 promis par Mme Latendresse pourrait avoir les mêmes impacts négatifs.Le Devoir LONGUEUIL Michel Nadeau appuie une candidate à la mairie ÉLECTIONS MUNICIPALES Josée Latendresse se félicite d\u2019avoir reçu le soutien de l\u2019expert en éthique et en gouvernance ÉLECTIONS MUNICIPALES C\u2019est très difficile pour plusieurs commerçants de survivre Valérie Plante, chef de Projet Montréal « » L\u2019amincissement plus rapide que prévu de la glace de première année pourrait provoquer des réactions en chaîne en Arctique M É L A N I E M A R Q U I S à Ottawa L e recensement de 2016 confirme ce que les autres avant lui avaient laissé présager : la population autochtone est en croissance constante au Canada.Et selon les plus récentes projections démographiques, elle continuera de progresser «rapidement».L\u2019enquête de Statistique Canada chif fre à quelque 1,67 million le nombre d\u2019autochtones au pays, ce qui représente 4,9 % de la population totale, comparativement à 3,8 % en 2006.Au cours de la dernière décennie, la population autochtone a donc augmenté de 42,5 % \u2014 quatre fois le taux de croissance de la population non autochtone pour la même période.Et l \u2019agence fédérale projette que le nombre d\u2019autochtones continuera à augmenter « rapidement » et dépassera le cap des 2,5 millions de personnes dans les 20 prochaines années.La croissance démographique confirmée dans ce recensement s\u2019explique par des facteurs « naturels » (taux de fécondité élevé, hausse de l\u2019espérance de vie), mais aussi parce que les autochtones sont plus nombreux à s\u2019identifier ainsi dans les formulaires d\u2019année en année.« On sait que ça joue dans les chif fres, l\u2019autodéclaration.D\u2019un recensement à l\u2019autre, on voit toujours une augmentation plus marquée », a noté Marc Lachance, directeur de la division des statistiques autochtones chez Statistique Canada.Population vieillissante La population autochtone est jeune, mais elle est aussi vieillissante.D\u2019un côté, l\u2019âge moyen de la population autochtone se situait à 32,1 ans en 2016, soit près de dix ans de moins que celui de la population non autochtone (40,9 ans).De l\u2019autre, les personnes âgées de 65 ans et plus comptaient pour 7,3 % de la population autochtone en 2016, comparativement à 4,8 % en 2006.Et cette proportion pourrait «plus que doubler» d\u2019ici 2036, a calculé Statistique Canada.Le ministre responsable de la mise sur pied d\u2019une stratégie nationale pour les aînés, Jean-Yves Duclos, a d\u2019ores et déjà été prévenu par ses fonctionnaires de la pression que ce changement de paradigme démographique pourrait exercer sur le système.En prévision d\u2019une rencontre avec la ministre de la Santé de l\u2019époque, Jane Philpott, en octobre 2016, on lui a souligné que l\u2019approche devait être adaptée aux besoins spécifiques des aînés autochtones.Ceux-ci sont plus susceptibles de vivre dans la pauvreté ou d\u2019avoir des problèmes de santé, en plus de devoir parfois composer avec les conséquences des abus qu\u2019ils ont subis dans les pensionnats autochtones, a-t-on averti le ministre Duclos.Langues autochtones Plus de 70 langues autochtones, dont 36 comptent au moins 500 locuteurs, ont été déclarées au recensement de 2016.Une minorité d\u2019autochtones, soit environ 15,6 % de la population totale, a af firmé parler l\u2019une de ces langues « suffisamment bien pour soutenir une conversation».Fait à noter, ce pourcentage est plus élevé que celui des personnes ayant déclaré une langue autochtone comme langue maternelle (12,5 %).Ces données tendent «à suggérer qu\u2019il y a une cer taine transmission de la connaissance des langues qui s\u2019est faite dans les familles, les écoles », a analysé Marc Lachance.Les langues algonquiennes constituaient la famille linguistique autochtone comptant le plus grand nombre de locuteurs au pays en 2016, celles les plus fréquemment déclarées étant le cri (96 575), l \u2019ojibwé (28 130), l \u2019oji -cri (15 585) et le montagnais (innu) (11 360).Une majorité d\u2019autochtones vit en milieu urbain Un peu plus de la moitié de la population autochtone du pays (51,8 %) habite une région métropolitaine.Celles où l\u2019on a dénombré le plus grand nombre d\u2019autochtones sont Winnipeg (92 810), Edmonton (76 205), Vancouver (61 460) et Toronto (46 315).La région de Montréal est au septième rang à l\u2019échelle nationale avec une population autochtone chif frée à 34 750 personnes.La Presse canadienne L E D E V O I R , L E J E U D I 2 6 0 C T O B R E 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 5 Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 JUSTIN TANG LA PRESSE CANADIENNE La croissance démographique s\u2019explique en partie parce que les autochtones sont plus nombreux à s\u2019identifier ainsi dans les formulaires d\u2019année en année.RECENSEMENT La population autochtone en progression rapide L\u2019enquête de Statistique Canada chiffre à quelque 1,67 million le nombre d\u2019autochtones au pays M A R C O F O R T I E R L e maire Denis Coderre accuse la présidente de la Commission scolaire de Montréal (CSDM) de s\u2019inviter dans la campagne électorale et de lui «casser du sucre sur le dos».Le maire sortant affirme que « la sécurité des gens» n\u2019est pas négociable, même si la Ville de Montréal a of fert à la CSDM des terrains situés en zone à risque pour y construire de nouvelles écoles.La Presse a rapporté que des terrains of fer ts par la Ville sont situés près d\u2019un terminal pétrolier, sous une ligne à haute tension ou encore près d\u2019une autoroute.La présidente de la CSDM, Catherine Harel Bourdon, est « abasourdie » par cette of fre de la Ville.Pour elle, il est inconcevable de construire une école en zone aussi peu adaptée à la santé des enfants et du personnel scolaire.« Ce matin, j\u2019entends toutes sortes de choses concernant la Commission scolaire de Montréal.On commence à nous casser du sucre sur le dos », a déclaré le maire Coderre lors d\u2019une réunion du comité exécutif de la Ville, mercredi matin.Il a répété son souhait que la Ville puisse s\u2019occuper de construire des écoles.Cette responsabilité relève à l\u2019heure actuelle des commissions scolaires.« C\u2019est clair qu\u2019on va le faire dans des milieux de vie où ça compte.Il n\u2019est pas question qu\u2019on vienne jouer avec la sécurité des gens.On a à cœur le bien-être des enfants.Je pense que c\u2019est un petit peu cousu de fil blanc, ces réactions-là», a dit Denis Coderre.Loin des secteurs habités Valérie Plante, candidate à la mairie, a souligné de son côté l\u2019importance de construire des écoles dans des milieux de vie, près des résidences des jeunes familles.Plusieurs des terrains offer ts par la Ville sont situés loin des secteurs habités.Projet Montréal propose de prévoir des écoles dans des quartiers planifiés, notamment dans l\u2019ancien hippodrome de Montréal et à Lachine-Est.« On dit d\u2019emblée qu\u2019il faut qu\u2019on pense aux écoles pour trouver les meilleurs endroits possibles, mais qui font partie d\u2019un ensemble cohérent, avec de l\u2019habitation autour et idéalement du transport collectif », a dit Valérie Plante lors d\u2019un point de presse mercredi.La CSDM prévoit d\u2019accueillir environ 1000 élèves supplémentaires par année dans un avenir prévisible \u2014 l\u2019équivalent de trois écoles primaires à construire chaque année.La plus grande commission scolaire du Québec a reçu cet automne 1869 élèves de plus.Le problème, c\u2019est que la CSDM manque de ter rains pour aménager toutes ces écoles.« Ce que je trouve dommage, c\u2019est qu\u2019on est à la remorque.On aurait dû réfléchir à cette question de la construction d\u2019écoles bien avant», a dit Valérie Plante.Avec Karl Rettino-Parazelli Le Devoir MONTRÉAL Denis Coderre accuse la CSDM de s\u2019inviter dans la campagne électorale La commission scolaire s\u2019offusque de la mauvaise qualité des terrains proposés par la Ville pour construire des écoles A L E X A N D R E S H I E L D S P étrolia vient de passer officiellement sous le contrôle de la gazière albertaine Pieridae Energy, après la fusion des deux entreprises.La nouvelle entité exploite plusieurs permis d\u2019exploration en Gaspésie.Par voie de communiqué, Pétrolia a annoncé mercredi que la fusion avec l\u2019entreprise alber taine était maintenant chose faite, après que les actionnaires de Pétrolia eurent approuvé « massivement » l\u2019entente intervenue en mai entre les deux entreprises.Le gouvernement du Québec était le « premier actionnaire» de Pétrolia.Cette fusion signifie que l\u2019entreprise québécoise passe désormais sous le contrôle de la société albertaine.La nouvelle entité sera d\u2019ailleurs nommée Pieridae Energy Limited.Elle maintiendra des bureaux à Calgary, à Québec et à Halifax.Permis en Gaspésie Selon ce que précise le communiqué publié mercredi, l\u2019entreprise compte concentrer ses activités autour du développement du terminal méthanier Goldboro, en Nou- velle-Écosse.Ce projet doit permettre de liquéfier du gaz naturel exploité notamment aux États- Unis, en vue de son exportation vers l\u2019Europe, l\u2019Amérique du Sud et l\u2019Asie.Pieridae Energy misera en outre sur la «production» de gaz naturel, notamment grâce au « potentiel de ressources détenu par Pétrolia » .I l faut dire que Pétrolia, qui possède plusieurs permis d\u2019exploration en Gaspésie, mise déjà sur le développement du projet Bourque, situé à l\u2019est de Murdochville.Ce projet pourrait renfermer un important potentiel en gaz naturel, mais peut-être aussi en pétrole.Premier actionnaire de l\u2019entreprise, le gouvernement du Québec a d\u2019ailleurs investi plus de 12 millions de dollars dans le projet Bourque.Des forages exploratoires ont déjà été réalisés, dont deux forages horizontaux achevés en 2016.Pour le moment, le potentiel d\u2019exploitation commerciale d\u2019énergies fossiles reste à préciser.Si le projet de Bourque va de l\u2019avant, il est prévu de construire un gazoduc, puis une usine flottante de liquéfaction de gaz naturel dans la baie de Gaspé, en vue de l\u2019exportation de la ressource.Pétrole La nouvelle entité sera donc surtout spécialisée dans la production et la distribution de gaz naturel liquéfié.La fusion ne signifie toutefois pas que Pétrolia laisser tomber ou retarde le projet pétrolier Haldimand.Un « test de production» réalisé l\u2019an dernier a permis d\u2019extraire 1200 barils de pétrole, peut-on lire dans le plus récent rapport annuel de l\u2019entreprise.Plus tôt cette semaine, l\u2019entreprise a d\u2019ailleurs annoncé la prise de contrôle totale de permis d\u2019exploration situés à la pointe de la Gaspésie, entre Gaspé et Percé.Opposition La Ville de Gaspé s\u2019oppose toutefois aux projets de Pétro- lia sur son territoire habité.Mais pour le moment, les projets de règlement du gouvernement Couillard pour encadrer les forages permettraient aux entreprises de forer à 175 mètres des secteurs résidentiels.Après avoir reçu en août 20,5 millions de dollars de fonds publics en guise de compensation pour la fin du contrat Hydrocarbures Anticosti, Pé- trolia souhaite aussi lancer un projet d\u2019exploration nommé Gaspésia, au sud du parc national de la Gaspésie.Le Devoir RESSOURCES Pétrolia passe sous contrôle albertain JACQUES NADEAU LE DEVOIR La présidente de la CSDM, Catherine Harel Bourdon, se dit « abasourdie» par les terrains proposés par la Ville.Ottawa \u2014 La proportion d\u2019immigrants et de résidents permanents au sein de la population canadienne a atteint en 2016 son deuxième niveau le plus élevé depuis la création de la fédération canadienne.Selon les données dévoilées mercredi par Statistique Canada, le jour du recensement de l\u2019an dernier, 21,9 % de la population a déclaré être ou avoir été un immigrant reçu ou un résident permanent.La proportion la plus élevée avait été enregistrée en 1921 alors que 22,3 % des Canadiens s\u2019étaient dits issus de l\u2019immigration.La plus forte proportion d\u2019immigrants depuis 1921 La «nouvelle ère du socialisme à la chinoise» annoncée par le président Xi Jinping promet une Chine « renaissante» lancée dans un grand élan d\u2019expansion internationale.Mais le projet est dystopique sur le fond \u2014 et donc bancal \u2014 puisqu\u2019il passe par une négation totale des voix critiques, y compris au sein du parti, et une volonté ahurissante de contrôle social.est le «centralisme démocratique» poussé à l\u2019extrême.Aucun champ d\u2019action n\u2019échappe plus à l\u2019autorité du président Xi Jinping à l\u2019issue du 19e Congrès du Par ti communiste chinois (PCC).L\u2019homme de 64 ans portera à peu près tous les chapeaux: secrétaire générale du PCC, chef de l\u2019État, chef de l\u2019armée\u2026 Le congrès qui vient de se terminer l\u2019a littéralement déi?é, comme il devient le premier dirigeant du pays à voir, de son vivant, son nom inscrit dans la charte du Parti.M.Xi concentre aujourd\u2019hui d\u2019autant plus de pouvoir qu\u2019of?ciellement reconduit mercredi dans ses fonctions, il a désobéi à la règle tacite voulant que le leader du pays nomme un successeur.Si bien que la «nouvelle ère» qu\u2019il promet pour son pays semble, entre autres choses, vouloir dire qu\u2019il prépare le terrain \u2014 par un scénario à la Vladimir Poutine?\u2014 au prolongement de son règne à la tête du pays au-delà de la limite permise des deux mandats de cinq ans.De la «grande renaissance de la nation», a-t-il fait valoir au congrès du PCC dans le jargon théorique qui caractérise le discours du parti, procédera la réaf?rmation de la Chine comme « pays socialiste, moderne, prospère et puissant ».Vaste programme.Après Mao (père de l\u2019indépendance) et Deng Xiaoping (qui inaugure l\u2019économie socialiste de marché à la ?n des années 1970), Xi Jinping défend l\u2019idée que la Chine passe maintenant à une troisième étape de son développement économique déjà phénoménal, s\u2019agissant d\u2019af?rmer l\u2019ascendant sur la scène internationale de ce pays de près de 1,4 milliard d\u2019habitants \u2014 ce qui, d\u2019ailleurs, n\u2019est pas sans faire écho au « Make America Great Again » du président Donald Trump.Avec, à la clé, modernisation militaire du pays, de manière à le doter d\u2019une armée au « premier rang mondial » d\u2019ici 2050.Le tout sous le contrôle absolu du PCC, destiné à «rester éternellement le noyau dirigeant de la Chine».?Qui s\u2019étonnera que, s\u2019agissant de faire de la Chine un pays «moderne et prospère», il soit totalement exclu pour le président de s\u2019engager dans le moindre processus de libéralisation politique?En fait, « la trajectoire politique suivie ces cinq dernières années laisse penser qu\u2019il y aura encore plus de contrôle», disait au Monde l\u2019historien chinois Zhang Lifan.Dans l\u2019exercice du pouvoir, Xi Jin- ping a rompu avec le principe d\u2019une certaine collégialité qui avait été imposé par Deng Xiaoping à la ?n de la Révolution culturelle, en 1976, pour éviter qu\u2019un autre Mao soit seul maître à bord.Socialement, M.Xi s\u2019est attaqué avec une très grande brutalité à la société civile et a renforcé, à coups de 8 milliards de dollars par année, la censure d\u2019Internet.Il n\u2019y a qu\u2019à se souvenir de l\u2019inhumanité du traitement qu\u2019a fait subir le régime au militant des droits de la personne et Prix Nobel de la paix Liu Xiaobo, libéré de prison cet été alors qu\u2019il était sur le point de mourir d\u2019un cancer, pour prendre la mesure de la barbarie dont est capable cette «dictature du peuple».Xi Jinping s\u2019est fait trop d\u2019ennemis, y compris au sein du Parti, pour oser des réformes sans risquer de perdre le contrôle, raisonne cet historien.D\u2019où fuite en avant sous forme de consolidation de son autorité sur le pays et sur le PCC.C\u2019est dans ce contexte que le président s\u2019enorgueillit de lutter contre la corruption depuis son arrivée au pouvoir.Plus de 1,3 million de fonctionnaires ont été punis, ce qui n\u2019est pas sans résonner favorablement dans une partie de l\u2019opinion publique.Mais le fait est que cette campagne anticorruption, dont il a dit en congrès qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019un «combat sans fin», est aussi une arme qui lui permet de s\u2019attaquer à ses ennemis.Et que la dictature chinoise étant ce qu\u2019elle est, la corruption des uns remplace inévitablement celle les autres.Tous les Chinois ne sont sûrement pas dupes.Il y a quelque chose de fondamentalement incompatible entre l\u2019obsession de contrôle af?chée par Xi Jinping et ses promesses de transcendance mondiale.Que ?anche ensuite l\u2019économie de consommation chinoise, ce qui arrivera nécessairement, et des mouvements de revendications sociales et politiques pourraient facilement resurgir.Il y aura d\u2019autres \u2014 petits ou grands \u2014 printemps démocratiques de la place Tiananmen, forcément.L E D E V O I R , L E J E U D I 2 6 0 C T O B R E 2 0 1 7 A 6 EDITORIAL L E T T R E S L I B R E O P I N I O N P A B L O C A S T A Ñ O Journaliste et chercheur en sciences politiques basé à Barcelone L\u2019 indépendantisme n\u2019est pas majoritaire en Catalogne.Cependant, le manque de propositions politiques pour la région de la part du gouvernement de Mariano Rajoy et les actions judiciaires et policières contre le mouvement indépendantiste risquent d\u2019augmenter la proportion de Catalans favorables à la sécession.La suspension de l\u2019autonomie catalane annoncée par le gouvernement de M.Rajoy ne ferait qu\u2019aggraver le conflit.Le mouvement indépendantiste catalan a réussi à organiser des manifestations de centaines de milliers de personnes tous les ans depuis 2012.Cependant, le soutien à l\u2019indépendance n\u2019a pas dépassé le 50 % de l\u2019électorat catalan.Au contraire, il demeure stable \u2014 entre 40 et 50 % \u2014 et les derniers sondages du Centre d\u2019Estudis d\u2019Opinió de la Generalitat montrent même une légère baisse du pourcentage d\u2019indépendantistes.Par ailleurs, les partis indépendantistes ont obtenu 47,7 % des voix aux élections régionales de 2015, qui avaient été conçues par le gouvernement catalan comme un plébiscite sur l\u2019indépendance.L\u2019alliance entre Junts pel Sí \u2014 la coalition formée par le Partit Demò- crata Català (PDCat) et Esquerra Republicana de Catalunya (ERC) \u2014 et le parti anticapitaliste Candidatura d\u2019Unitat Popular (CUP) a permis à Carles Puigdemont d\u2019avoir la majorité au Parlement régional et d\u2019être élu président de la Generalitat, mais les partis opposés à l\u2019indépendance ont obtenu plus de voix (52,3 %).Certes, le Oui à la création d\u2019un État indépendant « en forme de République » a obtenu 90 % des voix exprimées lors du référendum d\u2019autodétermination du 1er octobre dernier, mais ce résultat s\u2019explique par le fait que la plupart des unionistes ont refusé de voter à un référendum qu\u2019ils jugeaient illégitime, puisqu\u2019il avait été annulé par la Cour constitutionnelle espagnole.Rapport de force Il y a cependant deux éléments qui pourraient modifier le rapport de force entre indépendantistes et unionistes : le manque de propositions politiques au camp indépendantiste de la part du gouvernement de Mariano Rajoy et les actions menées par la police espagnole et certains juges contre le mouvement indépendantiste, souvent qualifiées de « répression » par ce dernier.En effet, le référendum du 1er octobre a eu lieu malgré la saisie de millions de bulletins de vote par la Garde civile espagnole, la détention des fonctionnaires du gouvernement catalan qui coordonnaient l\u2019organisation du vote et les violences commises par la Police nationale et la Garde civile contre les votants le jour du référendum.Malgré tout, plus de 2,3 millions de personnes y ont participé, ce qui constitue un chif fre impressionnant pour un référendum déclaré illégal et fortement réprimé\u2026 mais ce chiffre ne représente que 43 % de l\u2019électorat catalan.Au- delà du manque de validité légale du vote, le nombre de voix pour l\u2019indépendance a été similaire à celui obtenu par les partis indépendantistes lors des élections de 2015.L\u2019indépendantisme demeure donc minoritaire en Catalogne, malgré la très forte mobilisation des partisans de la constitution d\u2019une République catalane.Il existe néanmoins un large consensus en Catalogne sur le droit du peuple catalan à décider s\u2019il veut continuer à faire partie de l\u2019État espagnol ou non : le « droit de décider » a le soutien de plus de 70 % des Catalans, d\u2019après tous les sondages.Également, la majorité de l\u2019opinion publique catalane a été scandalisée par les violences commises le 1er octobre par les agents de la Police nationale et la Garde civile déployés en Catalogne, ce qui explique le succès de la grève et les mobilisations convoquées le 3 octobre en signe de protestation contre la brutalité policière.La mise en garde à vue de Jordi Sánchez et Jordi Cuixart \u2014 présidents des puissantes associations indépendantistes Assemblea Nacio- nal Catalana (ANC) et Òmnium \u2014 ordonnée le 16 octobre par une juge de l\u2019Audiencia Nacional espagnole a été condamnée par tous les partis catalans, sauf le Parti populaire (PP) et son allié Ciudadanos.Samedi dernier, les manifestations pour la libération des « Jordis » ont rempli à nouveau les rues et les places de la Catalogne, rassemblant des dizaines de milliers d\u2019unio- nistes et d\u2019indépendantistes sous la même bannière.L\u2019annonce de l\u2019application de l\u2019article 155 par le gouvernement de M.Rajoy pour suspendre l\u2019autonomie politique de la région ne fera que renforcer la thèse des indépendantistes : la Catalogne ne peut pas être autonome dans l\u2019État espagnol.Quand le gouvernement de Carles Puigde- mont \u2014 fort d\u2019un soutien populaire considérable \u2014 a décidé de défier l\u2019ordre constitutionnel espagnol par la célébration d\u2019un référendum illégal, la seule réponse du gouvernement de Mariano Rajoy a été de déclencher une vague de répression qui a scandalisé l\u2019opinion publique européenne et a renforcé la légitimité du mouvement indépendantiste.Si M.Rajoy ne modifie pas sa stratégie, il est possible que d\u2019ici quelques années l\u2019indépendantisme devienne largement majoritaire dans la société catalane.Comme l\u2019a affirmé Josep Piqué, ancien ministre du Parti populaire, « quand les indépendantistes seront plus de 70 %, aucune constitution ne pourra les arrêter ».Comment Mariano Rajoy nourrit l\u2019indépendantisme catalan FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente du développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-président des ventes publicitaires MARK DROUIN Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Directeur de l\u2019information numérique FLORENT DAUDENS Adjoints PAUL CAUCHON, LOUIS GAGNÉ, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET C\u2019 CHINE Le tout-puissant empereur Xi GUY TAILLEFER Notre héritage naturel Contrairement à ce que l\u2019on peut penser, l\u2019héritage n\u2019est pas un don, mais plutôt une dette, une dette du passé.En fait, si l\u2019on en croit la sociologie moderne, un don pur n\u2019existe pas.Il n\u2019y a que des dettes qui se présentent à nous sous différentes formes et qui restent là à attendre d\u2019être honorées d\u2019une façon ou d\u2019une autre.Même le cadeau le plus innocent, le plus banal, nous met dans l\u2019obligation morale de le retourner.Prenons l\u2019exemple suivant : un nouveau collègue de travail, avec qui vous n\u2019avez pas de lien par ticulier, arrive à votre bureau avec un cadeau dans la main et vous dit : « Tenez, c\u2019est pour vous.Joyeux anniversaire ! » D\u2019abord, vous êtes surpris, car vous ne vous y attendiez pas, sur tout de la par t de quelqu\u2019un qui n\u2019était même pas censé connaître votre date de naissance.Vous déballez la petite boîte : c\u2019est un beau cadeau, un nouvel enregistrement de votre musicien préféré.Vous le remerciez chaleureusement, car vous êtes vraiment touché par la gentillesse du geste.Mais, aussitôt qu\u2019il quitte votre bureau, quelle est la première idée qui vous traverse l\u2019esprit ?« Il faut que je pense à lui offrir quelque chose pour sa fête.» Cela veut-il dire que votre collègue s\u2019attend à ce que vous le fassiez ou qu\u2019il cherche à tirer un quelconque avantage de son geste ?Peut-être pas.Que le donneur soit désintéressé ou pas ne change absolument rien à la façon de recevoir le don.Si vous croyez à la sincérité du geste, ce que la majorité des gens ont tendance à faire, vous allez essayer de lui rendre la politesse ; en outre, même si vous doutez de ses intentions, vous chercherez quand même à lui of frir un cadeau, ne serait-ce que pour éviter de vous sentir redevable envers un collègue « malintentionné ».Cependant, si les dons sont tous des dettes déguisées qu\u2019il faut payer tôt ou tard, qu\u2019en est-il des dons du passé : notre héritage littéraire, artistique et architectural, par exemple ?Et que dire surtout de notre patrimoine naturel : nos forêts, nos rivières et nos lacs ?Comment les honorer ?Il n\u2019y a qu\u2019une seule façon, en fait, de s\u2019acquitter d\u2019une dette du passé : c\u2019est en la transmettant aux générations futures en bon état.Ce n\u2019est pas là faire preuve de générosité envers l\u2019avenir, c\u2019est plutôt une obligation morale envers le passé.Mustapha Fahmi, Ph.D.Le 23 octobre 2017 Éducation à la sexualité Au moment où un mouvement de société est enclenché eu égard aux dénonciations concernant les inconduites et agressions sexuelles au Québec, notamment dans les domaines des arts et de la culture, l\u2019implantation d\u2019un cours d\u2019éducat ion à la sexual i té revêt , à mes yeux, une impor tance d\u2019autant plus prioritaire.Or il s\u2019avère que le ministre de l\u2019Éducation, Sébastien Proulx, a affirmé qu\u2019il veut imposer aux écoles l\u2019obligation d\u2019intégrer des « notions d\u2019éducation sexuelle » à l\u2019intérieur des cours ordinaires, un saupoudrage de notions éparses of fer tes aux élèves par un professeur de français, de mathématiques ou d\u2019une autre discipline\u2026 Foutaise ! Pourtant, les cours de formation personnelle et sociale qui contenaient divers modules, dont celui de l\u2019éducation à la sexualité, of fer ts par des enseignants dont l \u2019exper tise ref létait le contenu de ces cours, ont été abolis dans les années 2000.En réaction à l\u2019attitude laxiste de Sébastien Proulx, je retiens la déclaration judicieuse de la présidente de la Fédération des syndicats de l\u2019enseignement, Josée Scalabrini : « Quand le monde des affaires s\u2019est uni et qu\u2019on a décidé qu\u2019on voulait un cours d\u2019éducation économique, en six mois, ça s\u2019est fait, un an ?Ça fait sept ans qu\u2019on piétine sur le cours d\u2019éducation à la sexualité.Est-ce qu\u2019on pourrait être sérieux et faire les choses correctement ?» Henri Marineau Québec, le 22 octobre 2017 G E N E V I È V E G U A Y Journaliste à la retraite ix ans après la commission Bou- chard-Taylor, le débat qu ébécois sur l\u2019intégration des immigrants ressemble à une saga parsemée de soubresauts dont on ne voit pas bien venir l\u2019apaisement, malgré l \u2019adoption d\u2019une loi visant à favoriser la neutralité religieuse de l\u2019État.La semaine dernière, un colloque organisé à l\u2019Université de Montréal par la titulaire de la Chaire en gestion de la diversité culturelle et religieuse, Solange Lefebvre, a fourni beaucoup de matière à réflexion en faisant entendre des experts de plusieurs horizons, autant de l\u2019étranger que d\u2019ici, dont les commissaires Gérard Bouchard et Charles Taylor eux-mêmes.Les conclusions de messieurs Bouchard et Taylor paraissaient relativement optimistes, en ce sens qu\u2019ils ont tous deux exprimé une grande confiance dans les traditions d\u2019entraide, de solidarité et d\u2019accueil des Québécois.Tous deux ont aussi lancé un appel aux jeunes de toutes origines en leur demandant de reprendre le flambeau et de s\u2019atteler à la construction d\u2019une société québécoise ouverte.Quelques experts se sont aussi interrogés sur le discours de l\u2019ouverture à la diversité qui atteint si mal ses buts et n\u2019arrive pas à endiguer les discours de droite comme ceux de « La Meute » dans les réseaux sociaux.C\u2019est ce point précis que j\u2019aimerais aborder en partant de l\u2019expression « identitaires versus progressistes », expression que l\u2019on retrouve si souvent dans le discours des spécial istes qui se campent du côté desdits « progressistes ».Cette façon d\u2019opposer les deux mots laisse entendre que tous ceux qui auraient la moindre inquiétude quant à l\u2019avenir de la société québécoise appar tiennent désormais à la droite réactionnaire et raciste, et ne pourront jamais prétendre au progressisme.Cette formule, déguisée en raccourci commode, a manifestement pour but de stigmatiser.Insidieusement, elle trouve de plus en plus sa place dans le discours des politiciens et des médias.Construction d\u2019un projet original La psychologie élémentaire enseigne que lorsqu\u2019on veut rassembler, il faut d\u2019abord comprendre les inquiétudes de l\u2019autre et trouver les moyens d\u2019y répondre en le rassurant.Aux dernières nouvelles, ceux qui s\u2019inquiètent de la capacité de la société québécoise à survivre dans l\u2019océan anglophone d\u2019Amérique du Nord sont encore nombreux et sont loin d\u2019être tous réactionnaires ou racistes ,ni même indépendantistes.Pour être perçue comme adéquate, une réponse à leurs inquiétudes devrait les convaincre qu\u2019il est possible, sans se trahir, d\u2019absorber sans limites, année après année, plus de 50 000 immigrants et réfugiés de cultures éloignées.Il y a beaucoup de travail à faire pour bâtir, argumenter et communiquer un projet de société qui rendrait crédible la possibilité de conser ver au Québec sa spécificité à long terme dans ce contexte.Les modèles proposés actuellement sont trop flous pour rallier.Tabler sur les traditions de solidarité des Québécois et sur l \u2019ouver ture des jeunes comme le proposent messieurs Bouchard et Taylor est cer tes intéressant et constructif, mais dans la perspective d\u2019une immigration sans cesse alimentée par les nombreux conflits mondiaux et probablement bientôt par les changements climatiques, il faudra plus d\u2019arguments.Il me semble que c\u2019est à la construction d\u2019un projet original, à la fois ouver t à la diversité et capable de préserver la spécificité du Québec, assez solide pour convaincre de sa faisabilité, que les exper ts qui se disent « progressistes » devraient s\u2019atteler.En attendant, il serait bon de se rappeler que le vocabulaire stigmatisant ne ser t la plupar t du temps qu\u2019à antagoniser et à jeter de l\u2019huile sur le feu.L E D E V O I R , L E J E U D I 2 6 0 C T O B R E 2 0 1 7 A 7 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon (chef de division), Robert Dutrisac, (éditorialiste), Michel Garneau et Pascal Élie (caricaturistes), Jacques Nadeau (photographe), Olivier Zuida (recherchiste photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division et reporter), Stéphane Baillargeon (généraliste), Gérald Dallaire (pupitre), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Jean Dion (sports), Marco Fortier (éducation), Lisa-Marie Gervais (diversité), Pauline Gravel (sciences), Jessica Nadeau (éducation).Alexandre Shields (environnement); information politique : Michel David (chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Marie-Michèle Sioui (correspondants parlementaires à Québec) Dave Noël (recherche), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec); information culturelle : Guillaume Bourgault-Côté (politiques culturelles), Julie Carpentier (pupitre), Fabien Deglise (livres), Catherine Lalonde (arts vivants), François Lévesque (écrans),Caroline Montpetit (arts vivants), Philippe Papineau(médias); information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l\u2019information), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Benoît Munger (pupitre); information internationale : Guy Taillefer (chef de division et éditorialiste); section art de vivre : Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); cahiers spéciaux : Aude Marie Marcoux (responsable); équipe numérique : Laurence Clavel, Guillaume St-Hilaire et Geneviève Tremblay (pupitres); correction : Andréanne Bédard, Christine Dumazet et Michèle Malenfant (correctrices) ; soutien à la rédaction : Amélie Gaudreau (coordonnatrice à la rédaction), Jean-Philippe Proulx (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa).PUBLICITÉ Charleyne Bachraty (adjointe au vice-président), Marlène Côté, Évelyne De Varennes, Amel Elimam, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (directrices de comptes), Alain Tréhout (directeur créativité média), Amélie Maltais (commis aux avis légaux), Alessandra Tantalo et Laurence Hémond (coordonnatrices publicitaires).PRODUCTION Caroline Desrosiers, Yannick Morin, Anthony White et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web), Jean-François Côté (analyste programmeur), Luc Girard (technicien informatique), Solène M.Hébert (développeuse Web).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Catherine Gentilcore (coordonnatrice marketing, communications et relations publiques), Sébastien Beaupré (coordonnateur service à la clientèle), Manon Blanchette, Caroline Filion, Nathalie Filion, Isabelle Sanchez (préposées au service à la clientèle).ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Mélisande Simard (adjointe administrative et responsable des ressources humaines), Florentina Draghici (technicienne comptable), Véronique Pagé (responsable du crédit).Écrivez-nous! Le Devoir se fait un plaisir de publier dans cette page les commentaires et les analyses de ses lecteurs.Étant donné l\u2019abondance de courrier, nous vous demandons de limiter votre contribution à 5500 caractères (y compris les espaces), ou environ 850 mots.Inutile de nous téléphoner pour assurer le suivi de votre envoi : si le texte est retenu, nous communiquerons avec son auteur.Nous vous encourageons à utiliser le courriel (redaction@ledevoir.com), mais dans tous les cas, n\u2019oubliez pas d\u2019indiquer vos coordonnées complètes, y compris votre numéro de téléphone.Y O L A N D E G E A D A H Auteure adoption récente de la loi sur la neutralité religieuse suscite un tollé.La polémique est centrée autour de l\u2019exigence de donner et de recevoir les services publics à visage découvert.Pour y voir plus clair, i l faut faire la distinction entre deux types d\u2019opposition.L\u2019une pragmatique, comme celle du maire de Montréal et d\u2019autres municipalités, décriant la dif ficulté d\u2019application de l\u2019interdiction du voile intégral dans les transports en commun, l\u2019autre de principe, basée sur l \u2019enjeu des droits de la personne.À mon avis, l\u2019opposition basée sur les droits de la personne résulte d\u2019une confusion et d\u2019une incompréhension profonde du phénomène.Comme le soulignait Ali Rizvi, auteur de The Atheist Muslim, la gauche se trompe au sujet de l\u2019islam et la droite se trompe au sujet des musulmans.Cette remarque judicieuse résume les errements de part et d\u2019autre du spectre politique.Elle renvoie au fait qu\u2019une cer taine gauche confond l\u2019islam en tant que croyances religieuses et l\u2019intégrisme qui manipule la religion à des fins politiques, tandis que la droite ne fait pas la distinction entre les musulmans et les intégristes, ce qui l\u2019amène à rejeter les premiers par peur des seconds.Soyons clairs.Se cacher le visage n\u2019est ni un droit fondamental ni une liberté religieuse.D\u2019ailleurs, la plupart des musulmans et des musulmanes en sont convaincus.Une vision idéologique sectaire Rappelons que dès la fin du XIXe siècle, des réformistes musulmans, y compris parmi les autorités religieuses, préconisaient l\u2019abandon du voile por té par les femmes, considérant qu\u2019il n\u2019avait rien de religieux, mais relevait de coutumes patriarcales symbolisant la réclusion des femmes.Aujourd\u2019hui encore, des chefs religieux de l\u2019Université Al-Azhar du Caire, considérée comme la référence religieuse de la branche sunnite, se sont vivement opposés au port du voile intégral, considérant qu\u2019il ne relève pas du dogme religieux, mais d\u2019un courant politique intégriste.Ceux et celles qui appellent à contester l\u2019interdiction du voile intégral devant les tribunaux, croyant ainsi se porter à la défense des droits et libertés des femmes musulmanes, se fourvoient et jouent un jeu dangereux.De plus, il faut bien réaliser que les accusations mensongères de racisme et d\u2019islamophobie, que d\u2019aucuns attribuent à toute critique de l\u2019islam, ne font que renforcer l\u2019influence croissante des groupes intégristes salafistes qui promeuvent une idéologie liberticide.Contrairement au hidjab, dont la promotion active par cer tains groupes depuis les années 1970 a réussi à banaliser ce symbole, que plusieurs considèrent à présent comme étant l\u2019expression de leur identité religieuse, le voi le intégral cachant le v isage des femmes est reconnu comme étant l\u2019emblème des groupes intégristes salafistes qui le prônent activement.C\u2019est pourquoi certains pays musulmans, tels l\u2019Égypte, l\u2019Algérie, la Tunisie et d\u2019autres, ont interdit le voile intégral dans certains lieux, espérant ainsi freiner l\u2019influence politique des groupes salafistes.C\u2019est dans la poursuite du même objectif que plusieurs pays européens ont décidé d\u2019interdire le voile intégral à divers degrés, interdiction qui a passé le test de la Cour européenne des droits de l\u2019homme, qui l\u2019a validée.Toutefois, l\u2019interdiction du voile intégral a donné lieu partout à des contestations juridiques coûteuses, ce qui en dit long sur la combativité des militants salafistes qui mènent ce djihad juridique.L\u2019objectif poursuivi par les groupes intégristes salafistes, ici comme ailleurs, est la promotion d\u2019une vision idéologique sectaire et supréma- ciste, basée sur une lecture extrêmement rigoriste des textes religieux de l\u2019islam.Or, cette idéologie constitue une menace pour le vivre-en- semble, tant dans les pays occidentaux que dans les pays à majorité musulmane.En effet, cette idéologie menace les droits des femmes et des minorités, mais également la sécurité et la liberté de conscience des musulmans et des musulmanes qui refusent d\u2019y adhérer.On a tort de sous-estimer l\u2019importance de ces groupes, pour l\u2019instant minoritaires au Canada, dont l\u2019influence dépasse le poids numérique.Largement financés par les pétrodollars, ces groupes sont passés maîtres dans la mise en place de stratégies ef ficaces et adaptées à chaque contexte.Par exemple, dans les pays où les musulmans sont minoritaires, ces groupes réussissent à étendre leur influence à travers l\u2019encadrement religieux of fer t, ainsi que l\u2019organisation d\u2019activités communautaires répondant aux besoins des fidèles.Cette stratégie leur permet d\u2019élargir graduellement leur base populaire, notamment auprès des jeunes et des femmes isolées tout en promouvant leur idéologie.Des pistes d\u2019action Compte tenu des enjeux globaux des droits de la personne et de la liberté de conscience, gravement menacés par l\u2019idéologie qui sous-tend le ni- qab et la burka, il est clair que le supposé «droit» de porter le voile intégral ne fait pas le poids.Par conséquent, il est contre-productif et irresponsable de contester juridiquement l\u2019interdiction du voile intégral, sous prétexte de protéger les droits de celles qui le portent.En fait, un véritable engagement pour les droits de la personne devrait nous inciter à contrer l\u2019idéologie identitaire et sectaire des groupes qui le promeuvent.Néanmoins, il faut bien reconnaître que la loi 62 est mal ficelée et insuffisante, comme l\u2019a expliqué l\u2019ex-bâtonnière du Barreau de Montréal dans un article récent (paru dans Le Devoir du 10 octobre dernier).Cette loi laisse la porte ouverte à tous les accommodements religieux et a omis d\u2019inscrire la laïcité comme un principe essentiel, seul garant du respect des droits et de la liberté de conscience de tous et de toutes, y compris pour les minorités musulmanes.Bien entendu, la voie juridique n\u2019est pas la seule.L\u2019éducation et la lutte contre les discriminations, ainsi que la responsabilisation de tous les milieux dans la poursuite d\u2019objectifs communs, visant entre autres à favoriser l\u2019intégration culturelle et pas seulement économique des immigrants s\u2019imposent également.Les médias ont un rôle primordial à jouer pour ramener le débat sur les véritables enjeux, au lieu de se contenter de faire écho aux accusations mensongères de racisme qui enveniment le débat.Il faudrait enfin écouter davantage la voix des musulmanes et des musulmans qui soutiennent véritablement les principes de laïcité et d\u2019égalité, pour les inclure dans la recherche de solutions.Voile intégral et confusion des enjeux IDENTITAIRES CONTRE PROGRESSISTES Les failles du discours « inclusif » L\u2019 Y V E S B E L L A V A N C E Coalition montréalaise des tables de quartier l\u2019exception des engagements en faveur d\u2019une tarification sociale en transport en commun il y a deux semaines, on ne peut pas dire que la question de la pauvreté a occupé le devant de la scène médiatique durant la présente campagne électorale montréalaise.Le mot « pauvreté » n\u2019a même pas été prononcé lors des deux débats des candidats à la mairie.Baseball, Formule E, pitbulls, transport en commun, voilà les sujets qui ont jusqu\u2019ici retenu l\u2019attention.Lorsque la question de la pauvreté est abordée, les politiciens ont tendance à s\u2019attarder à l\u2019unique phénomène de l\u2019itinérance, un enjeu sans nul doute très important, la pointe de l\u2019iceberg en matière de détresse humaine.L\u2019itiné- rance côtoie à l\u2019autre bout du spectre l\u2019opulence de Montréal et ses chics tours à condos du centre-ville.Entre les deux, on oublie souvent qu\u2019il y a plusieurs femmes et plusieurs hommes qui peinent à boucler leur budget, à joindre les deux bouts, même en travaillant.40 % des Montréalais qui vivent sous le seuil de la pauvreté travaillent.Les deux tiers des travailleurs pauvres se retrouvent dans les quartiers centraux de Montréal.Pendant que des acheteurs étrangers écument le marché immobilier de Montréal, parce que c\u2019est moins cher qu\u2019à Toronto ou Vancouver, plus de 100 000 ménages locataires mont- réalais consacrent plus de la moitié de leur revenu à se loger.Combien reste-t-il ensuite pour s\u2019alimenter, se vêtir, payer les frais scolaires, se déplacer, voire se divertir ?Très peu.Ces personnes ont pourtant droit à un milieu de vie de qualité, à des services de base.Des engagements à prendre Donc, des Montréalais travaillent mais sont pauvres.Et ce qu\u2019on leur of fre, ce sont des mesures pour ramener les familles de la classe moyenne égarées en banlieue, du soutien pour l\u2019achat d\u2019une propriété, des stratégies dans les nouveaux développements immobiliers, etc.Mais qu\u2019a-t-on à of frir aux familles de Saint-Michel ou de Pointe Saint- Charles, aux quar tiers qui ne sont pas des nouveaux développements ?Nous aimerions davantage entendre parler de vie communautaire, de services de proximité accessibles, de locaux pour des services communautaires, de réserves de terrains pour du logement social ou des équipements collectifs.La mixité sociale ne peut pas se faire dans un seul sens.La question de l\u2019embourgeoisement de certaines parties de quartier prend de l\u2019ampleur, mais personne n\u2019a jusqu\u2019ici proposé une stratégie afin d\u2019en limiter les impacts, dont le maintien des familles économiquement défavorisées dans leur milieu de vie.Selon nous, dans le cadre de ses compétences, Montréal peut en faire plus pour le 30 % de la population montréa- laise qui vit sous le seuil de faible revenu.Un autre sujet dont on entend peu parler durant la campagne est la place de la participation citoyenne dans le développement de la ville.Montréal peut compter sur plusieurs réseaux de participation citoyenne.Les tables de quartier, notamment, travaillent avec la population et les intervenants afin d\u2019établir des priorités locales et de passer à l\u2019action en proposant des pistes de changement social.Par exemple, les tables de quartier organisent présentement près d\u2019une trentaine de débats dans le cadre de l\u2019élection municipale, permettant ainsi à une partie de la population de porter ses besoins à l\u2019attention des candidats.Comme le disait l\u2019urbaniste suisse Marcos Weil à propos d\u2019un aménagement urbain favorisant la cohésion sociale grâce à des démarches participatives, « plus question de faire la ville POUR ses habitants, mais bien AVEC eux ».Au moment où il faut réfléchir collectivement à la consultation publique à Montréal, à la suite du retrait du droit au référendum dans les municipalités, il faudra donc tenir compte de la participation citoyenne dans les projets d\u2019aménagement urbain et dans l\u2019élaboration de politiques publiques.Nous invitons la personne élue à la mairie à s\u2019inspirer de l\u2019action citoyenne dans les quartiers tout en assurant une cohérence entre les politiques montréalaises et les réalités et priorités locales.Ensemble, nous progresserons vers une Montréal pour tout le monde peu importe où l\u2019on habite, son revenu, son origine.La pauvreté, absente de la campagne électorale municipale À D ANNICK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Certains pays musulmans, tels l\u2019Égypte, l\u2019Algérie, la Tunisie et d\u2019autres, ont interdit le voile intégral dans certains lieux, espérant ainsi freiner l\u2019influence politique des groupes salafistes. L E D E V O I R , L E J E U D I 2 6 0 C T O B R E 2 0 1 7 A 8 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par courriel publicite@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3452 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Par courriel petitesannonce@ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4 Berri-UQAM Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 16h30 Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com A C T U A L I T É S continuent à parler d\u2019affaires policières comme s\u2019ils les couvraient encore au quotidien.Après avoir chacun consacré plus de 30 ans de leur vie à l\u2019enquête journalistique et à la couverture des affaires judiciaires, les deux reporters ont décidé de réaliser un projet inspiré d\u2019un livre photographique sur la mafia sicilienne que M.Cédilot a découvert lors d\u2019un voyage à New York il y a des dizaines d\u2019années.Dès son retour dans la salle de rédaction de La Presse, le chroniqueur s\u2019était empressé de le montrer à son grand ami.« J\u2019avais acheté ça à 1,95 $, je trouvais que c\u2019était tellement bien fait que j\u2019ai dit à André qu\u2019il faudrait qu\u2019un jour on fasse nous aussi un livre photo pour illustrer le crime organisé à Montréal», raconte-t-il.Pour ce nouvel ouvrage, paru mercredi, les auteurs du livre à succès Mafia inc.ont puisé dans les informations de leurs sources confidentielles et épluché des rapports de police pour remonter jusqu\u2019au début du XXe siècle avec Tony Frank, le premier chef de la pègre québécoise.Constitué aux deux tiers d\u2019images d\u2019archives, le récit avance chronologiquement à travers des thèmes, tels que la prohibition, les années Cotroni, la guerre des motards, jusqu\u2019à, tout récemment la commission Charbonneau.Les deux journalistes veulent que les Québécois mettent des visages sur les événements marquants du crime organisé.« Les gens pourraient croire qu\u2019un livre photo, ça se fait les deux doigts dans le nez, mais au contraire.C\u2019est beaucoup de travail », confie André Noël.Les journalistes ont été aidés de deux recher- chistes pour entre autres fouiller dans les archives d\u2019Allô police, l\u2019hebdomadaire québécois qui s\u2019est spécialisé dans la couverture de faits divers de 1953 à 2003.« On a passé des jours dans leurs archives.Elles étaient tellement à l\u2019envers que c\u2019est un exploit, ce qu\u2019on a réussi à y trouver », confie André Cédilot, qui mentionne avoir également déniché des images dans sa collection personnelle.Images sanglantes et éloquentes Les deux retraités n\u2019ont pas hésité à publier des photos sanglantes.Nombreuses sont celles qui montrent un cadavre criblé de balles et des scènes de crime aussi lugubres que fascinantes.« Le monde du crime organisé est marqué de violence, elle est omniprésente, tout comme la corruption l\u2019est, alors on ne peut pas cacher ça», explique André Cédilot.Les deux hommes n\u2019ont pas voulu censurer la réalité qui incombe au monde interlope.Un chapitre du livre est d\u2019ailleurs consacré aux vedettes qui ont « tourbillonné autour des gangsters ».Parmi elle, la chanteuse Ginette Reno, qui a offert une performance en août 2000 au mariage de René «Balloune» Charlebois au domaine du Hells Angels Maurice «Mom» Boucher.Les auteurs estiment que les Québécois sont en droit de connaître les ramifications du crime organisé.« La force du crime organisée, c\u2019est qu\u2019il sait s\u2019adapter.On l\u2019a vu dans les années 1920 lors de la prohibition, le Québec est devenu un des plus grands fournisseurs en alcool.La fin de la prohibition ne les a jamais empêchés de continuer leurs activités », rappelle André Noël.Selon lui, le crime organisé surveille justement de près la légalisation de la marijuana qui entrera en vigueur l\u2019an prochain.«Soyez certains qu\u2019ils vont s\u2019adapter.Ce qu\u2019ils attendent, c\u2019est que le gouvernement présente les règles exactes, notamment sur le taux de THC dans la marijuana.Dès qu\u2019ils connaîtront les règles gouvernementales, ils vont s\u2019assurer de combler les lacunes du gouvernement», prévient André Cédilot.Le duo expose également des événements jusqu\u2019aujourd\u2019hui ignorés du public.Dans leur section dédiée aux années Cotroni, ils font notamment référence à la guerre du fromage au début des années 1960 à Montréal.« Une guerre qui se mène à coups de bâton, d\u2019acide sulfurique et d\u2019incendies », écrivent-ils.Grâce à des rapports de police qu\u2019ils ont obtenus, ils rapportent que le 30 mai 1963, l\u2019homme d\u2019affaires Emmanuel («Lino») Saputo et son chauffeur ont été tabassés par le mafieux Paolo Violi.Ils racontent que tout au long de l\u2019année 1963, les fromagers se font la guerre.Les anciens journalistes soulignent que selon les rapports officiels, Lino Saputo a expliqué aux policiers qu\u2019il faisait trop noir dans la cave pour reconnaître ses assaillants.D\u2019ailleurs, ils indiquent qu\u2019en 1975, l\u2019homme d\u2019affaires avait été convoqué devant la Commission d\u2019enquête sur le crime organisé, mais que son témoignage s\u2019est fait à huis clos, si bien qu\u2019il est jusqu\u2019aujourd\u2019hui secret.Les anciens journalistes terminent leur livre avec la plus récente commission d\u2019enquête, la commission Charbonneau, qui a permis de révéler qu\u2019un club fermé d\u2019entreprises se partageait les contrats de travaux publics.« Le gouvernement ne fait pas grand-chose pour tenir le crime organisé à l\u2019écart, on l\u2019a vu dans l\u2019industrie de la construction.Oui, il y a eu la commission Charbonneau, mais aucune des recommandations concernant le crime organisé n\u2019a été appliquée », regrette André Noël, qui a été enquêteur et rédacteur à la Commission.Les frappes policières des années 2000 chez les Hells Angels, dans les gangs de rue et dans la mafia ont peut-être ralenti leurs activités, mais les groupes criminels se relèveront, assurent les journalistes.« La relève se prépare et la réalité, c\u2019est qu\u2019en ce moment, la priorité des policiers, ce n\u2019est pas le crime organisé, c\u2019est le terrorisme », conclut André Cédilot.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 CHRONIQUE JACQUES NADEAU LE DEVOIR Arrestation en novembre 2006 de Nick Rizzuto, patriarche de la mafia italienne à Montréal.L\u2019homme est mort quatre ans plus tard, à l\u2019âge de 86 ans, victime d\u2019un tireur embusqué à l\u2019extérieur de son domicile.n\u2019a finalement pas eu lieu.« J\u2019apprends ça à l\u2019instant, je n\u2019ai pas de commentaires particuliers à faire.On est toujours surpris d\u2019entendre des choses comme celles-là », a déclaré le ministre de l\u2019Éducation, Sébastien Proulx.« Je n\u2019ai parlé à aucun collègue.Je n\u2019ai aucun commentaire à faire», a aussi dit le député de La Prairie, Richard Merlini.En coulisses, des sources se sont interrogées sur les motivations qui expliqueraient les gestes présumément commis par Guy Ouel- lette et qui auraient conduit à son arrestation.Le député de Chomedey préside la Commission des institutions \u2014 celle-là même qui a accueilli le grand patron de l\u2019UPAC, Robert Lafre- nière, en mai dernier dans le cadre de l\u2019étude des crédits du ministère de la Sécurité publique.«Il attendait Lafrenière avec une brique et un fanal», s\u2019est rappelé une source.«Voulait- il que les choses avancent ou en avait-il contre Lafrenière ?» a demandé cette personne, proche du milieu policier.« Je veux voir ce qu\u2019il va dire », a dit une seconde source, proche de Guy Ouellette.« Je suis très surpris », a encore commenté une source du milieu politique.L\u2019opposition surprise La stupéfaction a été la même du côté de l\u2019opposition.« C\u2019est grave qu\u2019un parlementaire soit arrêté », a lancé le chef du Par ti québécois, Jean-François Lisée, à la sortie de l\u2019Hôtel du Parlement.« Pourquoi ?Qu\u2019est-ce qui lui est reproché?» s\u2019est-il interrogé.L\u2019arrestation de Guy Ouellette constitue «une bombe pour le Parti libéral », a souligné le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault.« C\u2019est énorme, c\u2019est gros, c\u2019est inquiétant pour l\u2019intégrité du gouvernement libéral.[\u2026] M.Couillard doit nous dire pourquoi ça arrive, tout ça.Qu\u2019est-ce que le Par ti libéral avait à cacher ?Qu\u2019est-ce que M.Ouellette essayait de dire aux journalistes ?» a-t-il demandé, présumant que le député libéral collaborait avec des médias.Comme d\u2019autres, le solidaire Amir Khadir s\u2019est dit « surpris » de l\u2019arrestation de l\u2019ex-policier.«À quand l\u2019arrestation des grands responsables du financement illégal du PLQ?» a-t-il demandé.Une rencontre en 2014 En juin 2014, « dans un souci de transparence », le PLQ avait révélé que Guy Ouellette avait rencontré des enquêteurs de l\u2019UPAC.Il avait alors été convié à une « rencontre d\u2019information », dont la nature n\u2019avait pas été révélée.Outre celui-là, les échanges qui se sont tenus entre Guy Ouellette et l\u2019UPAC se sont faits dans l\u2019espace public, dans le cadre des travaux de la Commission des institutions, qui étudie d\u2019ailleurs le projet de loi sur l\u2019indépendance du commissaire à la lutte contre la corruption et du Bureau des enquêtes indépendantes (BEI).L\u2019enquête Mâchurer, qui pourrait bien être liée à l\u2019arrestation de Guy Ouellette, a fait l\u2019objet de longues discussions devant cette commission.Le grand patron de l\u2019UPAC s\u2019y est présenté le 4 mai pour discuter, entre autres, des fuites médiatiques concernant la longue opération policière.Devant l\u2019instance présidée par Guy Ouellette, Robert Lafrenière avait dit vouloir trouver le «bandit » qui avait révélé que ses enquêteurs s\u2019intéressaient à Jean Charest et à Marc Bibeau.Le responsable de la fuite aurait voulu, selon lui, «déstabiliser» l\u2019enquête.En dépit de cet acte «d\u2019une déloyauté totale», l\u2019enquête Mâchurer connaîtra tôt ou tard son dénouement, avait promis Robert Lafrenière.« En aucun temps, avait-il assuré, la conclusion de cette enquête-là n\u2019a été menacée par [la] fuite » de documents clés, incluant les «profils» de MM.Charest et Bibeau, qui contenaient par exemple leurs adresses actuelles et anté - rieures, la marque, le modèle et la couleur de leur véhicule respectif.« Si la personne qui a fait ça pensait nous déstabiliser, elle ne nous a que distraits.Soyez certains que je vais me rendre au bout de cette enquête-là», avait-il affirmé d\u2019un ton ferme.La dif fusion des documents sur les plate- formes de Québecor Média, le 25 avril, avait jeté la consternation parmi les enquêteurs au dossier Mâchurer.«Les premiers qui étaient fâchés de ça, c\u2019était ceux qui étaient directement impliqués dans l\u2019enquête.Ils nous disaient tous : \u201cPassez-moi le polygraphe, passez-moi le polygraphe !\u201d » avait relaté le chef de l\u2019UPAC.«Écœuré» des fuites Pendant que les tuiles s\u2019abattaient sur le Parti libéral, en avril, Guy Ouellette s\u2019était publiquement dit « écœuré » des fuites médiatiques.« Il y a des choses qui doivent être faites au Québec.Je pense que la situation se dérègle de partout.Je suis écœuré de toutes ces fuites, je suis écœuré des conflits d\u2019intérêts », avait dit l\u2019ex-poli- cier à TVA, faisant valoir que « personne n\u2019est au-dessus des lois ».À l\u2019antenne du 98,5 FM, il avait aussi dit subir des pressions de la part de la vieille garde de son parti pour partir à la retraite.En signalant son intention de rester au sein du parti, il avait dit être « écœuré de [se] faire traiter de corrompu» et vouloir « faire partie de la solution».Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 ARRESTATION Guy Ouellette, 65 ans Originaire de Sherbrooke, le député libéral de Chomedey est élu pour la première fois aux élections générales de 2007.Cet ancien policier travaille pour la Sûreté du Québec de 1969 à 2001.Il y travaille notamment à tire de conseiller du responsable des renseignements criminels.Avant d\u2019être recruté par le premier ministre Jean Charest, le spécialiste des motards se fait connaître dans les médias à titre d\u2019analyste.En 2005, il publie l\u2019essai Mom (Les Intouchables) avec le journaliste Normand Lester.Dave Noël De la police à la politique Le danger des fuites La fuite d\u2019informations au sujet d\u2019une enquête policière dans les médias est «extrêmement dangereux», soutient le criminaliste Walid Hijazi.«Divulguer de l\u2019information policière très critique et confidentielle en cours d\u2019enquête, avant même qu\u2019il y ait eu des accusations, risque de faire dérailler l\u2019enquête parce que les sujets apprennent alors qu\u2019on enquête sur eux.Ça risque de mener à de la destruction de preuve ou d\u2019inciter des personnes qui devaient témoigner à ne plus le faire.» Dans certains cas, s\u2019il y a révélation de l\u2019identité d\u2019une source policière, ça peut aller jusqu\u2019à mettre la vie de cette source en danger, assure-t-il.«Les policiers réagissent agressivement à ce genre de situation parce que ça déconstruit leur travail, qui peut se dérouler sur plusieurs années», comme c\u2019est le cas pour l\u2019enquête Mâchurer, ajoute l\u2019expert, précisant qu\u2019«une enquête, par définition, c\u2019est extrêmement secret ».L\u2019abus de confiance et l\u2019entrave au travail des policiers sont «deux crimes qui portent atteinte à l\u2019intégrité de l\u2019administration de la justice», souligne Me Hijazi.Marie-Lise Rousseau MIDI.Ces jours-ci, il envoie aux différents organismes une lettre leur enjoignant de « poursuivre comme prévu», mais ne fait toutefois pas mention des nouveaux thèmes dévoilés par le nouveau ministre David Heurtel.L\u2019échéancier, lui, change, car les rapports devront être rendus pour le 15 décembre, moment auquel le ministre souhaite tenir son forum.Huit retraits possibles Sur les 31 organisations contactées, près des deux tiers (20) ont répondu au Devoir.Au total, trois se retirent, cinq envisagent de le faire, mais doivent faire approuver la décision par leur conseil d\u2019administration, et douze ont décidé de continuer, non sans exprimer plusieurs réserves.« Cette démarche-là est très politique, partisane et très préélectorale.On est conscient de ça, il ne faut pas être naïf.Le gouvernement a cédé sous diverses pressions et critiques, car au Québec, on ne veut pas discuter de racisme et de discrimination», se désole Jérôme Di Giovanni, directeur général de l\u2019Alliance des communautés culturelles pour l\u2019égalité dans la santé et les services sociaux (ACCESSS).Son organisation ne se retire pas du processus \u2014 « sinon on perd le contrôle du dossier et le gouvernement gagne» \u2014 et recueillera quand même des témoignages sur le racisme et la discrimination systémiques qu\u2019elle enverra au MIDI et à la CDPDJ.À Mascouche, le Centre communautaire Es- salam envisage sérieusement de quitter la barque, mais doit consulter ses partenaires.Si ce n\u2019était que de la porte-parole, Inès Cherbib, ce serait déjà fait.«Personnellement, je trouve ça complètement aberrant.C\u2019est un manque de respect total envers les participants », dit-elle, joignant sa voix personnelle à ceux qui dénoncent le changement de cap de la consultation.Son organisme songe à plutôt collaborer avec la CDPDJ.« C\u2019est l\u2019une des options qu\u2019on est en train d\u2019étudier.Mon objectif est de dénoncer le racisme systémique vécu par ma communauté, sur mon territoire.[\u2026] On dirait qu\u2019on essaie de nous bâillonner.» Continuer: oui, mais.Après hésitation, le Conseil québécois LGBT a décidé de continuer, mais n\u2019abandonnera pas l\u2019aspect « racisme systémique » de son mandat.« [L\u2019emploi et la francisation] c\u2019est important aussi, mais ce n\u2019est pas le vécu de certaines personnes qu\u2019on représente », a dit la porte-parole Marie-Pierre Boisvert.Plusieurs organismes ont décidé de continuer parce qu \u2019 i ls ont dé jà entamé leurs consultations.C\u2019est le cas du Forum 2020 à Saint-Hyacinthe.« On avait notre calendrier et notre expert embauché, alors on continue, c\u2019est sûr », a af firmé Ana Luisa Iturriaga, la directrice générale.« Mais si les gens veulent nous rencontrer individuellement pour parler de discrimination et de racisme, je vais acheminer leurs témoignages à la Commission des droits de la personne.» Le Centre d\u2019aide aux familles latino-américaines (CAFLA) continuera, mais à sa façon.«Le gouvernement a changé son idée, mais nous, on va faire exactement la même consultation qu\u2019on devait faire», a assuré la directrice générale, Cecilia Escamilla.Ceux qui restent Certains organismes applaudissent l\u2019idée de recentrer le dialogue sur les défis de l\u2019intégration sur le marché du travail, sujet fétiche du ministre Heurtel.C\u2019est le cas de la Ligue des Noirs, qui souhaite aborder ces questions, et du Regroupement interculturel de Drummond- ville, qui avait même axé ses consultations sur les thèmes de l\u2019emploi et de la diversité.Le Tremplin de Lévis a confirmé qu\u2019il sera de la partie, de même que le Centre lavallois pour l\u2019intégration et la cohésion sociale (CLICS), qui juge qu\u2019il n\u2019est pas « judicieux d\u2019engager un bras de fer avec le gouvernement», a souligné son directeur général, Léro Tchassao.Le Forum musulman canadien devait prendre une décision mercredi soir, mais déjà, certains de ses partenaires, avec qui il forme une coalition, se sont retirés.L\u2019Association des musulmans et des Arabes pour la laïcité au Québec (AMAL-Québec) est l\u2019un d\u2019eux.« Nous ne pensons pas que participer à l\u2019exercice proposé par M.Heurtel est à la hauteur des enjeux que nous vivons dans nos communautés.Au contraire, le fait qu\u2019il refuse de prononcer les mots \u201cracisme\u201d ou \u201cislamophobie\u201d durant une conférence de presse de 15 minutes est en soi une manifestation du racisme institutionnel », a indiqué Haroun Bouazzi, co-porte-parole de cet organisme et l\u2019un des premiers à réclamer une commission sur le racisme systémique.Malgré des opinions divergentes, les organismes interrogés ont par ailleurs tous déploré le peu de temps qu\u2019ils avaient pour soumettre leur rapport final.«C\u2019est tout simplement impensable comme délai », a dénoncé M.Pruneau de DAM.«Quand on voit tout le temps qu\u2019on a mis à la commission Charbonneau [\u2026] nous demander de tout boucler en deux mois et demi, c\u2019est irrespectueux.» Appelé à commenter les désistements des organismes, l\u2019attaché de presse du ministre Heur- tel a répondu qu\u2019un seul groupe l\u2019avait informé de son départ.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 RACISME "]
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