Le devoir, 28 octobre 2017, Cahier A
[" V O L .C V I I I N o 2 4 5 L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 8 E T D I M A N C H E 2 9 O C T O B R E 2 0 1 7 2 , 8 3 | S + T A X E S = 3 , 2 5 | S Culture Le futur au passé composé Page E 1 Livres Voyage au-delà de la tranche de vie Page F 1 ?w w w .l e d e v o i r .c o m AUJOURD\u2019HUI Actualités \u203a Agressions sexuelles.Trois femmes racontent leur expérience pour obtenir justice.Une question: que faire pour que davantage de victimes déposent une plainte et qu\u2019elles se rendent jusqu\u2019au tribunal?Pages A 2 et A 3 Culture \u203a En route pour le Goncourt.Huit romans se disputent le prestigieux prix.Page C 6 Annonces.C 8 Avis légaux.C 4 Carrières .C 3 Décès.C 8 Éditorial .B 4 Jeux.D 6 MADRID-BARCELONE, L\u2019AFFRONTEMENT DÉCISIF JOSEP LAGO ET OSCAR DEL POZO AGENCE FRANCE-PRESSE Carles Puigdemont et Mariano Rajoy Le premier, président de la Catalogne, a fait adopter vendredi la déclaration d\u2019indépendance pour sa région.Le second, président d\u2019Espagne, a destitué le gouvernement sécessionniste et convoqué des élections régionales qui se tiendront le 21 décembre.Pages A 4 et C 9 S T É P H A N E B A I L L A R G E O N Coup de tonnerre dans le ciel politique québécois.La Coalition avenir Québec (CAQ) passe en tête d\u2019un sondage sur les intentions de vote des Québécois avec 34 % des faveurs exprimées.Le jeu de la répartition des voix entre les francophones et les régions permet même à la jeune formation d\u2019espérer une majorité à l\u2019Assemblée nationale.Il s\u2019agit d\u2019un bond de six points depuis août pour la CAQ; de treize points depuis février 2016.Les élections auront lieu dans moins d\u2019un an.Le Parti libéral (PLQ) attire maintenant 29 % des choix, trois points de moins depuis août.La formation au pouvoir concède donc cinq points d\u2019avance à la CAQ.Le Par ti québécois (PQ) perd deux par ts pour passer à 20 %.Québec solidaire (QS) reste sur ses 12 % de voix possibles.Ces données se retrouvent dans un sondage Internet réalisé pour Le Devoir par la firme Léger entre le 23 et le 25 octobre, auprès de 1008 Québécois ayant le droit de vote.Le coup de sonde a donc été donné en bonne partie avant l\u2019arrestation par la police du député libéral Guy Ouellette mercredi.«C\u2019est un sondage déterminant, dit Jean-Marc Léger, président de la firme qui porte son nom.Ça fait longtemps qu\u2019on voit que la CAQ monte, mais là, c\u2019est le premier sondage qui démontre qu\u2019elle est en avance, et de façon importante.La Coalition attire 37 % des voix chez les francophones, le PLQ, 21% et le PQ, 24%.Avec ce résultat, en combinant la dynamique régionale, si les élections avaient lieu aujourd\u2019hui, un an avant la date réelle prévue, la CAQ serait majoritaire.C\u2019est toute une nouvelle.» L\u2019effet Louis-Hébert Jean-Marc Léger lie cette mesure de la mutation par les intentions de vote aux résultats réels de la récente élection partielle, fin septembre, dans la circonscription de Louis-Hébert.La jeune SONDAGE La CAQ prend la tête Avec 34 % des intentions de vote, le parti de François Legault pourrait même jouir d\u2019une majorité J E A N - F R A N Ç O I S N A D E A U à Montpelier Q u\u2019est-ce que l\u2019ère Trump change chez ce si proche voisin qu\u2019est le Vermont ?Fief démocrate, château fort du sénateur socialiste Bernie Sanders, le Vermont n\u2019en est pas moins, lui aussi, plongé dans l\u2019ère Trump.Mais sans qu\u2019il y paraisse trop, il faut dire.Long de 51 km, le lac Memphrémagog prend ses aises de Magog, du côté québécois, jusqu\u2019à Newport au Vermont.Mais Newport n\u2019est plus que l\u2019ombre de ce qu\u2019elle fut.En 2015, la promesse d\u2019un développement immobilier, portée sur les ailes d\u2019un programme fédéral, l \u2019a convaincue de laisser raser une partie de son centre-ville.Mais le projet n\u2019a finalement jamais vu jour, en raison de malversations immobilières qui ont touché plusieurs villes du Vermont.Et depuis ?« Rien », dit, dépitée, Laura Dolgin, la directrice générale de la ville de Newport.« Il n\u2019y a pas d\u2019argent ou d\u2019aide qui sont venus, malgré les promesses de Trump.» Dans cet État longtemps acquis aux démocrates, la plupart des petites villes et villages qui bordent la frontière canadienne ont penché du côté de Donald Trump il y a un an.Newport, ville du nord du Vermont, appartient à DONALD TRUMP, UN AN PLUS TARD Sourires moqueurs et silences gênés au Vermont Montréal Valérie Plante n\u2019a pas l\u2019intention de tout bousculer si elle est élue Page A 9 M A N O N D U M A I S L es films de science-fiction, une affaire de gars ou pas ?Si l\u2019on appliquait le test de Bechdel \u2014 Y a-t-il au moins deux personnages féminins dont on connaît le nom ?Se parlent-elles ?Par- lent-elles d\u2019autre chose que des hommes ?\u2014, la majorité y échouerait.De fait, sur la liste des 92 films ayant réussi le test, établie par le site français Sens critique, rares sont les films de science-fiction.Y figurent sans surprise Alien, le huitième passager SCIENCE-FICTION L\u2019homme blanc hétéro n\u2019est plus seul en scène LUCASFILM Avec Rogue One, une histoire de Star Wars, on sent une volonté d\u2019af ficher plus de diversité.VOIR PAGE A 12 : SCIENCE-FICTION Dossier \u203a La peur a fait son chemin, les résistances aussi.Page A 6 La Chine, grande gagnante de «l\u2019Amérique d\u2019abord».Page A 7 Espoirs déçus au cœur de l\u2019Amérique industrielle.Page A 6 Étudier à Montréal plutôt qu\u2019aux États-Unis.Page A 6 VOIR PAGE A 12 : SONDAGE VOIR PAGE A 12 : TRUMP www.roche-bobois.com P h o t o M i c h e l G i b e r t , n o n c o n t r a c t u e l l e .M e r c i à S t o n e S c u l p t u r e m u s e u m o f t h e K u b a c h - W i l m s e n F o u n d a t i o n .* L e s p r i x « 8 j o u r s e x c e p t i o n n e l s » s o n t v a l a b l e s a u C a n a d a d u 2 1 a u 2 9 o c t o b r e e t i l s n e p e u v e n t ê t r e j u m e l é s e n t r e e u x o u à a u c u n e a u t r e p r o m o t i o n .Mah Jong.Canapé par éléments, design Hans Hopfer.Habillé de tissus Nô Gaku version Hiru, dessinés par Kenzo Takada pour Roche Bobois.DES PRIX EXCEPTIONNELS, UNE SEULE FOIS PAR AN DANS TOUTES LES COLLECTIONS MONTRÉAL - BROSSARD - LAVAL - TORONTO L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 8 E T D I M A N C H E 2 9 O C T O B R E 2 0 1 7 AGRESSIONS A 2 G U I L L A U M E B O U R G A U L T - C Ô T É V ous marchez dans la rue, quelqu\u2019un surgit de l\u2019ombre et vous frappe au visage.Bang! « Au procès, on ne commencera pas à vous demander si vous vouliez vous faire taper dessus, si vous avez peut-être donné l\u2019impression que oui, etc., relève Rachel Chagnon, professeure au Département des sciences juridiques de l\u2019UQAM.Le procureur devra simplement démontrer que l\u2019agresseur vous a tapé dessus.C\u2019est simple.Or, on demande aux victimes d\u2019agressions sexuelles de prouver qu\u2019elles ne voulaient pas de contact sexuel.» Celle qui est membre de l\u2019Institut de recherches et d\u2019études féministes rappelle que « l\u2019agression sexuelle est le seul crime contre la personne qui fait appel à la notion de consentement dans la démonstration de l\u2019existence du crime.Il faut démontrer hors de tout doute raisonnable qu\u2019il n\u2019y avait pas de consentement.Et ça, ça revient à positionner la victime comme une menteuse potentielle dès le début du processus.» C\u2019est là un des éléments que Mme Chagnon met en avant lorsqu\u2019interrogée sur les faiblesses du système actuel \u2014 celui que le bâtonnier du Québec estime trop rigide.Celui qui fait aussi que l\u2019immense majorité des agressions demeurent non déclarées.Dans une étude dévoilée mercredi et por tant sur les «décisions rendues par les tribunaux dans les af faires d\u2019agression sexuelle déclarées par la police» entre 2009 et 2014, Statistique Canada rappelait une donnée révélatrice : sur vingt agressions, une seule sera portée à l\u2019attention de la police.Une.Les chif fres de l\u2019agence fédérale montrent que les affaires déclarées et corroborées par la police (ce qui exclut les plaintes jugées non fondées) cheminent dans un entonnoir.Moins de la moitié de ces cas (43 %) a mené au dépôt d\u2019accusations au criminel ; une af faire sur cinq (21 %) a été por tée devant les tribunaux ; et une sur dix (12 %) a donné lieu à une déclaration de culpabilité.Consentement Pourquoi si peu de recours aux tribunaux, et si peu de condamnat ions ?« Le fai t d\u2019avoir à démontrer que la victime ne ment pas [pour établir hors de tout doute qu\u2019il n\u2019y avait pas de consentement] avant même que la défense soit présentée, et le fait aussi que c\u2019est un crime d\u2019intimité souvent sans témoin, c\u2019est ce qui rend l\u2019agression sexuelle si dif fi- cile à démontrer », pense Rachel Chagnon.Elle rappelle qu\u2019en mars 2017, un chauffeur de taxi d\u2019Halifax a été acquitté d\u2019une accusation d\u2019agression sexuelle contre une femme qui était en état d\u2019ébriété dans sa voiture \u2014 et qui é ta i t inconsciente lorsqu\u2019une policière est intervenue pour placer le chauffeur en état d\u2019arrestation.« La Couronne n\u2019a pas pu prouver que la cliente n\u2019était pas consentante pendant que [le chauffeur] la touchait», avait indiqué le juge Gregory Lenehan, tout en reconnaissant que les faits étaient «troublants».La ministre fédérale de la Justice a déposé en juin un projet de loi (C-51) pour établir clairement qu\u2019une personne inconsciente ne peut donner son consentement à une relation sexuelle.N\u2019empêche : le cas est révélateur, dit Mme Chagnon.« On l\u2019a vu aussi cette semaine avec ce juge qui a eu des propos déplacés sur une victime [la ministre québécoise de la Justice a por té plainte au Conseil de la magistrature].Il y a certainement un enjeu d\u2019information et de sensibilisation des milieux judiciaires, qui permettrait d\u2019améliorer un peu les choses.» « Il y a encore beaucoup de stéréotypes qui travaillent [contre les victimes] en arrière-plan, remarque aussi Louise Langevin, professeure à la Faculté de droit de l\u2019Université Laval.La Cour suprême a dit que vous ne pouvez fouiller dans le passé de la victime, faire son historique sexuel.Mais il y a encore cette idée que les femmes mentent, qu\u2019elles sont habillées de manière aguicheuse, qu\u2019elles ont couru après, que si elles n\u2019avaient pas voulu elles n\u2019auraient pas pris un verre chez l\u2019agresseur\u2026 On sait bien que prendre un verre, ça veut dire plus que prendre un verre, non?» Quoi faire?Débat sur le consentement, dureté du contre-interrogatoire (« on a par fois l\u2019impression que l\u2019objectif des avocats est de démolir la victime », pense Louise Langevin, qui y voit un « problème de déontologie »), peur d\u2019être blâmées, jugées ou humiliées : la voie des tribunaux est peu fréquentée pour de multiples raisons, disent les deux expertes.Mais que pourrait-on changer pour assouplir le système ?Rachel Chagnon propose une idée : que le procureur n\u2019ait plus à démontrer qu\u2019il n\u2019y a pas eu de consentement.Ce serait donc à la défense seule de prouver qu\u2019il y avait consentement.« Mais c\u2019est radical, je sais.» Lors d\u2019un colloque organisé en mars 2017 par le ministère de la Justice à Ottawa, la doyenne associée à l\u2019École de droit Peter Allard de l\u2019Université de Colombie-Britannique, Janine Benedet, allait dans le même sens en disant que la « présomption d \u2019 innocence n\u2019équivaut pas et ne devrait pas équivaloir à une présomption de consentement».«Mais c\u2019est dif ficile de penser en dehors de la boîte actuelle, conçoit Louise Langevin.Le droit à une défense pleine et entière, le fardeau de la preuve, la présomption d\u2019innocence, tout ça fait partie de notre système de droit criminel.On ne peut pas vraiment toucher à ça.Mais il y a du travail à faire autour.» Justice réparatrice Par exemple ?Dans le traitement des plaintes.Les deux spécialistes font valoir que suivre l\u2019exemple de la Ville de Philadelphie serait un pas im- por tant dans la bonne direction (voir encadré en page A 3).Et il y a aussi la justice réparatrice comme solution de rechange à la justice pénale, avance Jo-Anne Wemmers, de l\u2019École de criminologie de l\u2019Université de Montréal.« Ce n\u2019est pas l\u2019idéal, mais c\u2019est une façon de répondre à cer tains besoins des victimes, dit-elle.Il y a une reconnaissance [du crime] qui n\u2019est pas toujours possible par la justice pénale, et c\u2019est quelque chose de fondamental.» Le Devoir Le bâtonnier du Québec le disait lui-même la semaine dernière : le système de justice « of fre peu de souplesse aux victimes » d\u2019agressions sexuelles.Quoi changer pour corriger cela ?Pistes de solutions.AGRESSIONS SEXUELLES Le lourd défi de la justice pénale Au Canada, seul l\u2019Ontario dispose d\u2019une loi spécifique sur le harcèlement sexuel au travail.Adoptée en mars 2016, cette loi oblige désormais tous les employeurs à adopter une politique sur le harcèlement au travail pour permettre le dépôt d\u2019une plainte à une autre personne que l\u2019employeur ou le superviseur, s\u2019il s\u2019agit des agresseurs.Des processus de plainte et d\u2019enquête doivent être prévus, ainsi que des «mesures correctrices appropriées aux circonstances» en cas de harcèlement avéré.Les deux parties doivent aussi être informées des conclusions de l\u2019enquête.Selon les juristes, cette nouvelle loi instaure des obligations de moyens, mais pas de résultats pour les employeurs.Au Québec, le harcèlement sexuel au travail est toujours régi par la Loi sur les normes du travail, applicable à toutes les formes de harcèlement.L\u2019Alberta a modifié en 2017 ses lois pour éliminer tout délai de prescription pour les survivantes d\u2019agression sexuelle désirant poursuivre leur agresseur en cour civile.En 2015, le Québec a pour sa part établi la prescription à 30 ans.Depuis mai, tous les campus de Colombie- Britannique doivent se doter d\u2019une politique contre l\u2019inconduite sexuelle, comme entend bientôt le faire Québec.Ottawa, de son côté, projette de modifier le Code criminel pour statuer qu\u2019une personne inconsciente ne peut consentir à un acte sexuel et élargir aux tex- tos et autres communications virtuelles l\u2019interdiction de faire état en cour en preuve du passé sexuel des victimes.Isabelle Paré Les changements récents aux lois canadiennes SEXUELLES L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 8 E T D I M A N C H E 2 9 O C T O B R E 2 0 1 7 A 3 I S A B E L L E P A R É L e harcèlement sexuel au travail a mobilisé toute l\u2019attention dans la foulée du torrent d\u2019allégations provoqué par le mouvement #MoiAussi.Or, si dénoncer un collègue en vertu des lois sur les normes du travail semble plus simple pour faire cesser les comportements indésirables que de porter plainte à la police, la réparation s\u2019avère parfois décevante pour les victimes.« Moi, je sens que j\u2019ai été flouée sur toute la ligne», déplore J.Courtière en assurance vie depuis 28 ans, J.a vu son univers de travail s\u2019envenimer après l\u2019embauche d\u2019un jeune directeur des ventes dans son agence.Rapidement, le personnage, prisé des grands patrons, multiplie les commentaires sur sa tenue vestimentaire, l\u2019humilie lors de réunions de groupe, lui demande de cesser de porter des décolletés.« Il me demandait où j\u2019étais, avec qui je couchais », dit-elle.Le jeune directeur, amateur de tir au point, fait tout pour la décontenancer.Il fait mine de tirer sur elle, lui demande si elle « fait des pipes ».«C\u2019était continu», raconte J.Après une année à supporter ce supplice, elle dénonce son collègue à ses grands patrons.« Ils m\u2019ont suppliée de ne rien dire, ont fait pression pour que je ne porte pas plainte.» Elle persiste.On la met à la porte.J., qui gagnait 100 000 $ par année, n\u2019a jamais pu trouver un autre emploi dans le milieu.« Mon nom est brûlé ! » dit-elle.Sa plainte, retenue et entendue en quelques mois par la Commission des normes, de l\u2019équité, de la santé et de la sécurité au travail (CNESST), se soldera par le paiement d\u2019une somme dérisoire de 2500 $ pour les dommages subis et le harcèlement enduré pendant une année.« Moi, j\u2019ai plus de job, mais lui [le harce- leur], il l\u2019a encore ! » dénonce-t-elle.Contrairement à la loi ontarienne qui impose des obligations spécifiques aux employeurs en matière de harcèlement sexuel au travail, ces agressions tombent au Québec sous le coup de la Loi sur les normes du travail, qui englobe toutes les formes de harcèlement, explique Sa- mia Belouchi, du Groupe d\u2019aide et d\u2019information sur le harcèlement sexuel au travail (GAIHST).Si la preuve à faire lors d\u2019une plainte déposée à la CNESST est moins ardue que celle exigée lors d\u2019un procès criminel, les conditions requises pour en déposer une sont très strictes.Les employés d\u2019entreprises régies par des lois fédérales, soit les secteurs des banques, des communications, des ports et du transport, sont exclus de la portée de la loi.La plainte doit aussi être faite dans un délai maximal de 90 jours suivant le dernier geste de harcèlement posé, insiste Mme Belouchi.«Souvent, les personnes harcelées finissent par tomber en congé de maladie et perdent ainsi leur droit de déposer une plainte si elles ont été absentes trop longtemps.» À quel montant de dommages peuvent s\u2019attendre les victimes?«La majorité des cas se règlent par une entente à l\u2019amiable, soutient la porte-parole du GAIHST.Les montants varient, et dépendent de la notoriété de la compagnie, de la volonté de l\u2019employeur de régler et aussi du salaire que gagnait l\u2019employé.» Le Devoir NORMES DU TRAVAIL Simple et rapide, parfois frustrant I S A B E L L E P A R É A près avoir traversé quatre procès criminels et fait condamner ses quatre agresseurs, Guylaine Lebreux ne sent toujours pas que justice a été rendue, compte tenu des années de misère qu\u2019elle a endurées.« J\u2019ai retrouvé ma dignité, ma liberté.Mais même si mes agresseurs ont payé leurs dettes envers la société, j\u2019estime qu\u2019ils ont encore une dette envers moi », raconte cette Gaspésienne dont les procès criminels ont fait grand bruit dans sa ville natale.La mère de famille, qui a subi de 6 à 15 ans les sévices sexuels répétés de quatre de ses oncles, est sur le point d\u2019entreprendre un des rares procès civils en dommages et intérêts intentés pour agression sexuelle au Québec.Elle estime que son cheminement pour obtenir réparation, amorcé en 2009 lors du dépôt d\u2019une plainte à la police, n\u2019est pas encore bouclé.Il aura fallu du cran à cette jeune femme pour faire condamner ses proches, près de vingt ans après les faits.Après le dépôt de la plainte, la police la convainc d\u2019af fronter seule ses quatre agresseurs armée d\u2019un micro caché.Les hommes s\u2019ouvrent sur leurs crimes et sont tous déclarés coupables, lors de procès distincts.Ils purgent respectivement des peines de neuf mois, de quatre ans, de trois ans et demi et de cinq ans.«Le dernier accusé est sorti de prison en 2016 et, depuis, toute ma famille m\u2019a reniée.J\u2019avais encore peur d\u2019aller en Gaspésie il y a quelques années, mais aujourd\u2019hui, je me sens plus forte», affirme Guylaine, qui a refait sa vie à Sherbrooke.Si elle continue la bataille, c\u2019est en raison de tous les dommages que ces traumatismes lui ont causés.Tout juste diplômée en psycho-éducation en 1993, la jeune femme est tellement démolie intérieurement qu\u2019elle ne croit plus en ses capacités de mener une carrière dans son domaine.« Je me sentais comme un objet, déshumanisé.J\u2019ai suivi des psychothérapies, pris des médicaments, je me suis rabattue sur de petites jobs par manque de confiance», dit-elle.Après avoir affronté ses quatre procès, elle reprend du mieux et, soutenue par un conjoint aidant, elle réalise que ses agressions lui ont fait perdre bien plus que sa confiance, son enfance et son innocence.« J\u2019ai passé dix ans de ma vie en procès, j\u2019ai renoncé à une carrière dont j\u2019avais toujours rêvé, j\u2019ai vécu des pertes de salaires.En fait, j\u2019ai dû mettre ma vie sur pause avec tous les dommages matériels et moraux que cela suppose», insiste-t-elle.Pour mener ce nouveau combat, elle jouit de l\u2019appui de son conjoint, a contracté un prêt à la banque et compte sur des collectes de fonds réalisées par la fondation Rose bleu, qu\u2019elle a créée pour aider les victimes qui souhaitent intenter des procédures civiles.Elle poursuit chacun de ses agresseurs pour 50 000 $ en dommages et intérêts.L\u2019af faire sera entendue à Percé, lors d\u2019un seul procès prévu en 2018.Cette fois, dit-elle, la joute sera tout autre.« Ce ne sera pas comme au criminel, où les victimes sont aidées et accompagnées.Ce sera moi, toute seule, contre eux, avec mon avocat.J\u2019ai affaire à être solide.» Le Devoir POURSUITE CIVILE La dette des agresseurs I S A B E L L E P A R É A gressée de l\u2019âge de 2 ans à 19 ans, Martine Ayotte a mis 20 ans avant de se décider à dénoncer son père incestueux à la police.Tout ce temps, elle avait noyé ses blessures en menant une vie de fou, élevant ses cinq enfants en travaillant à temps plein et en suivant des études de maîtrise à l\u2019université.Pour ne plus penser.Quand son corps a déclaré forfait, affecté par de sérieux symptômes associés au trouble de stress post-traumatique, thérapies, médicaments, religion, traitements alternatifs n\u2019ont rien réglé.«La seule chose qui me restait, c\u2019était le suicide ou dénoncer.» Mar tine Ayotte s\u2019est rapidement rendu compte que la présomption d\u2019innocence fait peser sur les épaules des victimes un immense fardeau.Elle a subi des interrogatoires musclés lors de l\u2019enquête menée par la police, puis lors de l\u2019enquête préliminaire, puis un an plus tard lors du procès.« Je me suis vite rendu compte que c\u2019était comme une partie de poker.La Couronne joue à jeu ouvert, en dévoilant toutes ses preuves, mais pas la défense.On ne sait jamais sur quoi on va être interrogé.Très vite, j\u2019ai compris que l\u2019autre avocat n\u2019était pas là pour trouver la vérité, mais pour faire gagner son client en minant ma crédibilité », se souvient Martine Ayotte, bombardée de questions à répétition sur des dates et de menus détails.La défense a cherché par tous les moyens à la confondre, à faire déraper son témoignage.Quand toute sa famille, son frère et sa sœur, a fait front commun pour témoigner contre elle, elle a tenu tête.L\u2019agresseur sera finalement condamné à sept ans de prison.Mais il aura fallu quatre mois entre la condamnation et les observations sur la peine.Quatre mois où l\u2019accusé pouvait la croiser à l\u2019épicerie dans un petit village de région.« Pendant cette période, j\u2019ai eu droit à des menaces de mort.J\u2019étais dans un univers de peur.C\u2019est ce qui a été le plus difficile.» Au terme de cette aventure, Martine Ayotte, qui a raconté son histoire en 2005 dans un livre intitulé La proie, estime que les victimes doivent se garder de se lancer dans ce processus douloureux sans préparation et avec le seul espoir de voir leur agresseur condamné.Traverser ce type de parcours n\u2019est pas à la portée physique et émotive de toutes les victimes.« Moi, j\u2019ai perdu toute ma famille, mais j\u2019ai sauvé ma vie.J\u2019étais rendue là.Même si ç\u2019a été très souf frant, je le referais.L\u2019important, pour moi, c\u2019était pas la condamnation, c\u2019était d\u2019avoir été crue après tant d\u2019années passées à me dire que c\u2019était ma faute, tant d\u2019années à me sentir coupable.En fait, c\u2019est la Couronne qui perd ou qui gagne.Il faut le faire pour soi, pour reprendre ce qui nous a été enlevé.» Aujourd\u2019hui, Martine Ayotte dit avoir retrouvé une vie «normale».Les images des agressions refont encore surface, mais sans le volcan émotif qu\u2019elles faisaient surgir autrefois.«On ne guérit jamais du stress post-traumatique, on apprend à vivre avec.En fait, ce qui tue, c\u2019est le silence.Bien des femmes peuvent trouver une façon de briser ce silence sans avoir à aller jusqu\u2019en cour.» Le Devoir PLAINTE AU CRIMINEL Poursuivre pour survivre Plaintes : l\u2019exemple de Philadelphie C\u2019est le nom qui revient dans toutes les conversations avec des experts au sujet du traitement des plaintes d\u2019agression sexuelle : Philadelphie.«Si on cherche un modèle, c\u2019est vers celui-là qu\u2019il faut se tourner», dit Rachel Cha- gnon, professeure de droit à l\u2019UQAM.En 1999, un scandale \u2014 le tiers des plaintes pour viol étaient reléguées par la police dans des catégories d\u2019actes non criminels, et très peu d\u2019enquêtes avaient lieu \u2014 a forcé les services policiers de Philadelphie à revoir toutes les plaintes mal classées depuis cinq ans.Résultat ?Des centaines de cas de viol ont finalement été identifiés.Et les policiers ont complètement changé leur approche du traitement des plaintes.Ainsi, l\u2019organisme Women\u2019s Law Project participe désormais à la révision des plaintes reçues pour détecter les influences négatives de préjugés ou de techniques d\u2019interrogation policière sur le résultat des enquêtes.Le succès fut immédiat.À Montréal Le commandant des crimes majeurs du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Vincent Rozon, dit au Devoir que le SPVM « travaille déjà un peu de cette façon-là, avec le Centre d\u2019aide aux victimes d\u2019actes criminels [CAVAC] qui est présent dans nos centres d\u2019enquête».Dans les faits, le CAVAC ne révise pas les plaintes jugées non fondées par le SPVM, indique sa directrice générale, Jenny Cha- rest.«Nous sommes vraiment là en soutien aux victimes, et très rapidement.» Mais M.Rozon note «que les intervenantes peuvent revenir nous dire que la victime a fait part de telle ou telle chose qu\u2019on ne savait peut-être pas».Selon lui, le modèle montréalais est «adéquat, quoique toujours améliorable».Une équipe de 33 enquêteurs (dont 25 femmes) se consacre aux cas d\u2019agressions sexuelles, et les dossiers de plaintes jugées non fondées sont révisés par deux superviseurs d\u2019enquête.L\u2019an dernier, 12 % des quelque 1600 plaintes reçues ont été jugées non fondées.Guillaume Bourgault-Côté GUILLAUME LEVASSEUR LE DEVOIR Il existe plusieurs façons d\u2019obtenir justice pour les victimes d\u2019agression et de harcèlement sexuels, mais plusieurs s\u2019avèrent complexes.Gros plan sur les recours qui s\u2019of frent aux victimes, à travers l\u2019expérience vécue de trois femmes.Lire aussi \u203a Il y a quelque chose de pourri au royaume du Danemark.Les pays scandinaves n\u2019échappent pas à la vague de dénonciations.Page B 3 M A R I E V A S T E L Correspondante parlementaire à Ottawa L e premier ministre canadien s\u2019est rangé dans le camp de l\u2019Espagne, et de ses alliés, en ne reconnaissant pas la déclaration d\u2019indépendance de la Catalogne.« Le Canada reconnaît une Espagne unie.Et c\u2019est notre position», a tranché Justin Trudeau vendredi.«Je comprends qu\u2019il y a beaucoup de questions internes à l\u2019Espagne maintenant, sur cette question de la Catalogne.Et nous espérons que ça se déroulera dans le respect de la loi, le respect de la Constitution espagnole, le respect des principes de droits internationaux et surtout dans la non-violence », a déclaré le premier ministre, qui était de passage à Saint-Bruno.Quelques heures plus tôt, le Parlement catalan votait une déclaration d\u2019indépendance de la Catalogne, avant d\u2019être mis sous tutelle par le gouvernement espagnol.Que pense le gouvernement canadien de cette destitution d\u2019un Parlement régional par un gouvernement national?Et du rejet de Madrid du vote d\u2019indépendance tenu début octobre en Catalogne?«On reconnaît une Espagne unie.C\u2019est notre point final», a statué à Ottawa le secrétaire parlementaire de la ministre des Af faires étrangères, Andrew Leslie, en refusant de dire quoi que ce soit d\u2019autre.Réactions à Ottawa Si le gouvernement Trudeau partage la position des États- Unis, de la France et de l\u2019Union européenne, notamment, il faisait bande à part à Ottawa.Le Bloc québécois, qui avait sommé le gouvernement Trudeau de reconnaître l\u2019indépendance de la Catalogne, a dénoncé un «déni de démocratie».«Constitution ou pas, c\u2019est le peuple qui décide, ce n\u2019est pas la Constitution.[\u2026] Respectez le droit des peuples à s\u2019autodéterminer !» a lancé le député Simon Marcil à l\u2019endroit des libéraux.En s\u2019abstenant aussi de dénoncer la répression espagnole contre les Catalans, les troupes de Justin Trudeau « sont complices de cette violence», a lancé M.Marcil, qui aurait souhaité voir Ottawa inviter la communauté internationale à organiser une médiation.Les néodémocrates ne sont pas allés jusqu\u2019à réclamer qu\u2019Ottawa reconnaisse l\u2019indépendance catalane.« Le droit à l\u2019autodétermination, c\u2019est quelque chose de fondamental », a cependant martelé le député Matthew Dubé.« Le Canada se dit être une voix pour la paix, pour la démocratie sur la scène mondiale.De laisser passer ce genre de violences \u2014 comme on en a vu pendant la campagne référendaire et le jour du vote \u2014, c\u2019est complètement inacceptable, a-t-il déploré.Le Canada a la responsabilité de dire à l\u2019Espagne d\u2019ouvrir le dialogue.» Du côté conser vateur, on s\u2019est montré beaucoup plus discret.Le député Alain Rayes n\u2019a pas voulu trop s\u2019avancer sur « un sujet qui est extrêmement complexe ».Il a préféré renvoyer la balle au gouvernement.« C\u2019est un enjeu pour le gouvernement présentement».Du côté de Québec, le premier ministre Philippe Couillard a déclaré vendredi dans un communiqué que « ce n\u2019est pas au Québec de s\u2019ingérer dans ce débat de politique ou de dicter la marche à suivre», lançant un nouvel appel au dialogue politique pour dénouer l\u2019impasse.En matinée, le chef du Parti québécois, Jean-François Li- sée, a écrit sur Twitter que sa formation « reconnaît » et « appuie » cette déclaration d\u2019indépendance unilatérale, qui a fait descendre des milliers de personnes dans les rues de Barcelone.Avec La Presse canadienne Le Devoir L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 8 E T D I M A N C H E 2 9 O C T O B R E 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 4 Visit Barbados @Barbados @visitbarbados *Nouvelles réservations seulement pour des départs entre le 1er février et le 31 mars 2018.Départs et forfaits sélectionnés seulement.Les offres s\u2019appliquent à des forfaits avec vols sans escale en classe économique, sont sous réserve de disponibilité au moment de la réservation et expirent à 23 h 59 (HE) à la date indiquée.Vols exploités 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P H A S E 3 514 270 -31 0 0 U31 .C A À V I S I T E R CONDO MODÈLE LIVRAISON 2018 À DEUX PAS DES SHOP ANGUS L e chef de cabinet du directeur de la police de Montréal est relevé de ses fonctions à la suite des perquisitions menées dans les locaux du quartier général du SPVM par des policiers de la Sûreté du Québec.Dans un bref communiqué, le directeur du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Philippe Pichet, annonce qu\u2019« un de ses cadres », sans le nommer, est relevé de ses fonctions « pour une période indéterminée, jusqu\u2019à ce que la lumière soit totalement faite ».Il s\u2019agit de son chef de cabinet, Imad Sawaya.La Sûreté du Québec (SQ) avait procédé à des perquisitions jeudi soir au quartier général du SPVM, rue Saint-Ur- bain.L\u2019opération, menée par une équipe mixte d\u2019enquête, découlait d\u2019une dénonciation liée à des allégations de fraude et d\u2019abus de confiance visant « un cadre policier » \u2014 Imad Sawaya.Lors d\u2019un point de presse, plus tôt vendredi matin, le directeur du SPVM avait précisé qu\u2019une enquête interne à son sujet avait été amorcée et qu\u2019elle concernait une histoire d\u2019heures supplémentaires et d\u2019obtention de primes.Selon M.Pichet, le dossier avait été vérifié et ne comportait aucune anomalie.Il disait alors qu\u2019il avait pleinement confiance en M.Sawaya.La Presse canadienne SPVM Le chef de cabinet de Philippe Pichet relevé de ses fonctions CATALOGNE Trudeau préfère une Espagne unie RYAN REMIORZ LA PRESSE CANADIENNE De passage à Saint-Bruno-de-Montarville, Justin Trudeau a été questionné sur la position du Canada au sujet de la déclaration d\u2019indépendance de la Catalogne.Lire aussi \u203a La Catalogne se déclare indépendante.Madrid prend aussitôt le contrôle de la région.Page C 9 M A R I E V A S T E L Correspondante parlementaire à Ottawa L a mission de formation du Canada en Irak est interrompue, alors qu\u2019Irakiens et Kurdes sont en plein conflit.Compte tenu de l\u2019instabilité sur le terrain, les forces spéciales ont annoncé qu\u2019elles avaient « temporairement suspendu leur soutien aux forces de sécurité irakiennes».Les forces kurdes et irakiennes se battaient ensemble, jusqu\u2019à récemment, contre le groupe armé État islamique.Les forces spéciales canadiennes les épaulaient dans le cadre de leur mission de formation.Mais les deux factions se sont mises à se combattre entre elles il y a plus d\u2019une semaine, après que les Kurdes eurent tenu un référendum controversé sur leur indépendance et que les Irakiens eurent réagi en prenant le contrôle du territoire revendiqué.« Une fois que les relations internes au sein des forces de sécurité irakiennes seront plus claires et que les priorités et les tâches à accomplir auront été précisées, la Force opérationnelle [des forces spéciales] reprendra ses activités», a fait savoir le colonel Jay H.Janzen, de la Défense nationale, vendredi soir.Puisque les forces irakiennes mènent des opérations qui ne suivent pas le cadre du mandat des soldats canadiens, ceux-ci resteront en retrait jusqu\u2019à nouvel ordre et ne les accompagneront plus sur le terrain.«Ce n\u2019est pas pour ça qu\u2019on est là», a-t-on expliqué chez les forces spéciales.La Défense n\u2019a pas su prédire combien de temps cet aspect de la mission canadienne sera interrompu.Les autres pans de la mission se poursuivent cependant.Le soutien aux alliés de la coalition contre le groupe EI en matière de renseignement est maintenu; l\u2019appareil de surveillance Aurora, l\u2019aéronef Hercule de transport et le ravitailleur Polaris sont toujours en ser vice, tout comme la cinquantaine de soldats canadiens qui travaillent dans un hôpital médical du nord de l\u2019Irak.Le Devoir Ottawa suspend sa mission de formation en Irak KHANH HUY BUI Université McGill HANNAH CARTER Université de la Californie à San Diego JUDY CHA Université Yale KYUNGHYUN CHO Université de New York BRIAN DIAS Université Emory DOUGLAS FOWLER Université de Washington NATHANIEL GABOR Université de la Californie à Riverside DARYL HAGGARD Université McGill KRISTI KENYON Université de Winnipeg ALEXANDER KWARTENG Université des sciences et technologies Kwame Nkrumah KRISTIN LAURIN Université de la Colombie-Britannique SARA LOWES Université Bocconi KATHERINE MCAULIFFE Boston College PARAMESWARAN AJITH Institut Tata de recherche fondamentale THOMAS VIDICK California Institute of Technology CHEFS DE FILE DE LA RECHERCHE DE DEMAIN CHERCHEURS MONDIAUX ICRA-AZRIELI 2017 Le programme des Chercheurs mondiaux ICRA-Azrieli béné?cie du généreux soutien ?nancier de la Fondation Azrieli et du Fonds de perfectionnement du leadership de la famille Love.L\u2019ICRA réunit des chercheurs exceptionnels en transcendant frontières disciplinaires et géographiques pour cerner et résoudre de grands enjeux d\u2019envergure mondiale.L\u2019ICRA reçoit le soutien des gouvernements du Canada, de l\u2019Alberta, de la Colombie-Britannique, de l\u2019Ontario et du Québec, ainsi que de donateurs individuels, de fondations et d\u2019entreprises au Canada et de par le monde.Pour en savoir plus, visitez icra.ca.Ces jeunes chercheurs exceptionnels en début de carrière recevront un ?nancement en soutien à leur recherche et se joindront à l\u2019un des douze réseaux de l\u2019ICRA composés des meilleurs chercheurs et scienti?ques du monde qui se penchent sur certaines des questions les plus importantes de notre époque. A 7 L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 8 E T D I M A N C H E 2 9 O C T O B R E 2 0 1 7 DONALD TRUMP, UN AN PLUS TARD A 6 D ans les bureaucraties à Washington existe une ligne fine, parfois dangereuse, entre le respect des décrets présidentiels et la protection des citoyens (on se souvient dès 1969 des manœuvres dilatoires des conseillers de Nixon pour éviter les dérapages d\u2019un président impulsif et le bombardement de Pyongyang ou Damas\u2026 déjà).Dans les campus, les universitaires sont prudents, parce que la sacro-sainte indépendance universitaire a fait long feu.Dans leurs salles de classe, les « Dreamers » ont peur : arrivés enfants, leur pays, c\u2019est les États-Unis.Là, ils y usent leurs fonds de culotte pour obtenir un diplôme.Mais ils craignent de se retrouver, demain, sans autre chose que leurs vêtements sur le dos, dans un centre de détention sciemment climatisé à 18 °C, moins de deux repas par jour et un aller simple pour l\u2019exil.Pendant ce temps, à la maison, les enfants savent que si papa et maman ne sont pas là ce soir en rentrant, il faudra aller chez tía ou la voisine, car c\u2019est elle qui s\u2019occupera d\u2019eux, désormais.Dans la rue, dit un sondage PerryUndem, la peur devant la perspective de voir une frange raciste plus audible encore fait partie du quotidien de 45 % d\u2019Afro-Américains et conduit 82 % de ces parents à s\u2019assurer que leurs enfants connaissent la conduite à tenir quand on est Noir face à un policier.La peur, car la rhétorique violente au sommet de l\u2019État a changé la donne, facilitant la collaboration, dans son sens vichyste.Celle qui légitime l\u2019éviction de locuteurs arabes d\u2019un avion sans autre motif que la langue qu\u2019ils parlent.Celle qui mène des agents à suivre l\u2019ambulance d\u2019une fillette sans visa jusqu\u2019au bloc opératoire pour l\u2019incarcérer au sor tir de sa chirurgie.Celle qui conduit les autorités fédérales, au mépris d\u2019une décision de justice, à tout faire pour empêcher une mineure non documentée de se faire avorter.C\u2019est la « banalité du mal », cette propension qu\u2019ont des gens ordinaires, parfois parents, avec une hypothèque, une voiture et un chien, à arrêter, à expulser, à dépouiller l\u2019Autre de sa dignité, puis à rentrer chez eux le soir, comme d\u2019habitude.Partout, cette peur.Insidieuse.Parce qu\u2019il y a des armes dans la rue.Parce qu\u2019il y a des délateurs.Parce qu\u2019il y a des tortionnaires ordinaires.Mais il y a aussi la résistance.Elle est d\u2019abord symbolique avec John Lewis, héros des droits civiques, le jour de l\u2019assermentation.Elle s\u2019est musclée avec le mouvement des femmes : depuis hier, la Women\u2019s Convention se réunit à Detroit et assure la pérennité du mouvement.Ce sont aussi les démarches de l\u2019American Civil Liberties Union, qui porte devant les tribunaux les procédures discriminatoires, le Southern Pover ty Law Center, qui recense les actes haineux.Ce sont les millénariaux qui, selon un sondage GenForward, s\u2019investissent très majoritairement dans la politique.Ou Black Lives Matter, qui s\u2019implique dans les élections municipales à Saint Louis.Cette résistance c\u2019est celle de Colin Kaepernick, encore seul sur le banc des chômeurs, même si des équipes entières ont choisi de mettre un genou à terre.Ce sont les héros de Standing Rock sur lesquels s\u2019arc-boutent les Tohono O\u2019Odham face au projet de mur frontalier en Arizona.C\u2019est aussi ce vent d\u2019ouest qui por te les jeunes démocrates de l\u2019État sanctuaire de Californie (De Léon, Steyer, Newsom, Garcetti, Sanchez, Harris) à aiguillonner la vieille génération des Feinstein et Pelosi.Ou encore la Resistance School, créée à Harvard par des étudiants pour former des militants influents.Il y a aussi l\u2019Indivisible Movement, fondé par d\u2019anciens assistants parlementaires avec la dif fusion d\u2019un guide du labyrinthe décisionnel à Washington, désormais fort de 6000 chapitres à travers le pays.Et des mouvements à travers le pays pour reconquérir les législatures (Sister District) ou la Chambre des représentants (Swing Left).Si le parallèle qu\u2019établissent les professeures Deckman et Skocpol entre cette constellation possible de volontés de droite comme de gauche pour faire rempart aux errements autoritaires du président et ce qu\u2019était le Tea Party en 2009 prend tout son sens, il lui reste à capter un espace et une voix unique.Or le parti de l\u2019âne \u2014 héraut quasi évident puisque, selon le Pew Research Center, une grande partie de la majorité silencieuse a des inclinaisons démocrates \u2014 persistait il y a huit jours lors de sa dernière rencontre nationale à Las Vegas à regarder dans le rétroviseur.De son côté, le Parti républicain souffre du syndrome de Munich et préfère l\u2019apaisement à la guerre avec le gouvernement en place, sacrifiant au passage des sénateurs modérés comme Corker et Flake, qui ne se représenteront pas en 2018.La peur a fait son chemin, mais les résistances aussi A u lendemain de la guerre froide, les États-Unis se retrouvèrent dans une position hégémonique sur la scène internationale.Disposant de l\u2019ensemble des attributs de la puissance et en l\u2019absence d\u2019États rivaux, ils étaient largement en mesure de façonner cette scène selon leurs intérêts.Les locataires qui se sont succédé à la Maison-Blanche depuis le début des années 1990 ont tous eu pour objectif de préserver cet avantage.Avec son adage «l\u2019Amérique d\u2019abord» («America First»), le président Donald Trump semble s\u2019inscrire, d\u2019une façon tout à fait assumée, dans cette lignée.Pour autant, l\u2019émergence de nouveaux centres de gravité des relations internationales (particulièrement l\u2019Asie), les crises secouant les États-Unis ainsi que leurs alliés occidentaux (terrorisme islamiste, crise économique et financière de 2007-2008) et une première année de présidence Trump désastreuse ont accéléré le réagencement de l\u2019ordre international.Sans surprise, la Chine en est la grande gagnante.Le poids démographique, le dynamisme économique, les inimitiés entre États et l\u2019absence de mécanisme régional de sécurité collective sont autant de facteurs qui placent l\u2019Asie au cœur des relations internationales du XXIe siècle.Porteur de formidables perspectives d\u2019avenir tout autant que de risques de conflits majeurs, ce basculement du monde est un phénomène inéluctable qui commande une attention soutenue de la part des puissances occidentales, États-Unis en tête.Le président Obama l\u2019avait bien compris en mettant en place une stratégie de rééquilibrage de la politique étrangère américaine vers l\u2019Asie-Pacifique.Cette stratégie était certes imparfaite, notamment au niveau de ses objectifs.S\u2019agis- sait-il pour Washington de mettre sur pied un nouveau modèle de relations entre grandes puissances avec la Chine ?L\u2019ambition du gouvernement Obama était-elle plutôt de créer un nouveau système d\u2019alliances avec des partenaires de longue date se sentant menacés par la puissance chinoise?Quoi qu\u2019il en soit, le président Obama était parvenu à faire des États-Unis un acteur durablement ancré en Asie-Pacifique.Bien plus qu\u2019un accord commercial, le Partenariat trans- pacifique (TPP) devait symboliser la pérennité de l\u2019engagement de Washington dans la région.En annonçant dès son arrivée à la Maison- Blanche sa volonté de se retirer de cet accord, Donald Trump mina la crédibilité des États- Unis auprès de leurs alliés asiatiques.Leur confiance en la volonté de Washington de jouer en Asie un rôle d\u2019encadrement et de rééquilibrage d\u2019une Chine à la puissance de plus en plus affirmée fut mise à rude épreuve par ce retrait brutal.Pire, le gouvernement Trump n\u2019a toujours pas énoncé de stratégie claire pour l\u2019Asie et n\u2019a pas pourvu les postes de hauts fonctionnaires affectés à cette région au sein de l\u2019appareil gouvernemental.Il n\u2019est dès lors guère surprenant que le niveau de confiance envers les États-Unis en Asie ait radicalement chuté au cours de la dernière année.Comme si cela ne suf fisait pas, la Maison- Blanche a annoncé plus tôt cette semaine que Donald Trump ne participera pas au sommet de l\u2019ASEAN au terme de sa première tournée asiatique prévue début novembre.Cette rencontre aurait pu être l\u2019occasion pour le président américain de rassurer ses homologues et d\u2019aborder directement avec eux des enjeux de sécurité pressants, allant de la Corée du Nord aux tensions en mer de Chine méridionale, en passant par la lutte contre le terrorisme.La nature ayant horreur du vide, le désengagement américain en Asie, et plus largement de la scène internationale, laisse le champ libre à Pékin.Alors que Xi Jinping est sorti renforcé du 19e Congrès national du Par ti communiste, Trump devrait participer au sommet de l\u2019ASEAN (d\u2019autant plus qu\u2019il quittera les Philippines, où se déroule le sommet la veille de son ouverture).Son absence ne fera en effet que consolider la perception d\u2019un déclin, d\u2019une inutilité et d\u2019une perte de crédibilité de la puissance américaine.Depuis janvier 2017, le président chinois n\u2019a certes pas manqué d\u2019exploiter la moindre occasion de se présenter comme le garant de l\u2019ordre international et de ses avancées.Qu\u2019il s\u2019agisse du libre-échange, de la lutte contre les changements climatiques ou de l\u2019accord sur le nucléaire iranien.Cela étant, la première année de la présidence Trump tend à démontrer que la principale vulnérabilité à l\u2019hégémonie américaine ne se situe pas à Pékin, à Moscou ou à Br uxelles, mais bien dans le Bureau ovale.Trump a encore trois ans pour renverser la tendance.La Chine, grande gagnante de « l\u2019Amérique d\u2019abord » JULIEN TOURREILLE M A R C O F O R T I E R L\u2019 arrivée au pouvoir de Donald Trump a-t-elle provoqué une onde de choc chez les intellectuels américains qui se fait sentir jusque dans les universités montréa- laises ?Un « effet Trump » prend place à des degrés variables dans les établissements d\u2019enseignement supérieur de la métropole.Les responsables du recrutement de l\u2019Université Concordia ont eu une surprise de taille, cet automne : le nombre d\u2019étudiants des 2e et 3e cycles provenant des États-Unis a doublé par rapport à l\u2019an dernier \u2014 une augmentation de 103 %.Au baccalauréat, la hausse a été de 15%.«Montréal a déjà une excellente réputation en tant que ville universitaire, mais la situation politique aux États-Unis joue en notre faveur.Il y a un intérêt accru depuis l\u2019élection du président américain», af firme Matt Stiegemeyer, directeur du recrutement étudiant à Concordia.L\u2019intérêt provient tant des États- Unis que de l\u2019étranger.Des étudiants internationaux qui projetaient de faire des études aux États-Unis se tourneraient maintenant vers le Canada en raison de l\u2019incertitude soulevée par les politiques de Trump, notamment en matière de visas, estiment des gestionnaires d\u2019université à Montréal.La proximité culturelle et géographique entre Montréal et le nord-est des États-Unis existe depuis toujours, explique le porte-parole de Concordia.Les facultés des beaux-arts et des sciences ont dé- Montréal dans la ligne de mire des étudiants américains I S A B E L L E P A R É D ans la petite ville de Waynes- burg en Pennsylvanie, « capitale» de l\u2019industrie du charbon où l\u2019on pioche le sol de père en fils, Blair Zimmerman, élu démocrate pour le comté de Greene, vient d\u2019être mis au parfum de la dernière nouvelle du jour.Dans les petits cafés de la rue principale, la fermeture imminente d\u2019une mine de la compagnie Dana Mining est de toutes les conversations.Cinq cents travailleurs seront bientôt sur le carreau.Il y a un an, en pleine campagne, Trump avait pourtant promis de remettre l\u2019industrie du charbon sur ses rails et inondé la région de pancartes claironnant «Trump digs coal».Pour galvaniser la colère de tous ces «angry white men» mis à pied par une industrie en déclin, il s\u2019était proclamé «ami du charbon propre » et avait même adopté un casque de mineur pour chauffer Hillary Clinton dans cet État-pivot.Un an après sa fracassante victoire en Pennsylvanie, les sourires sont- ils revenus sur le visage de « ces hommes blancs en colère »?«Non!» tonne Blair Zimmerman, ex-maire de Waynesburg, qui a boulonné 40 ans dans les mines et assisté à la lente agonie de la principale industrie du comté.«Ces promesses, c\u2019était de la rhétorique.Le charbon n\u2019est pas une ressource renouvelable et la réalité, c\u2019est qu\u2019il FAUT se tourner vers d\u2019autres options.Trump n\u2019a rien fait ici depuis son élection.Bien des gens ont voté pour lui, mais ils ne voient toujours pas les changements arriver», affirme le commissaire du comté de Greene.Espoirs de jours meilleurs Mais Bob Wilson, un mineur qui vient d\u2019être rappelé par la mine Cumberland, la toute dernière mine « syndiquée » de l\u2019État de Pennsylvanie, ne partage pas le pessimisme du commissaire.«Il y a eu des améliorations, mais l\u2019industrie subit encore les ef fets des règlements adoptés sous Obama.Trump nous aide, mais on craint toujours que les démocrates défassent ce qui a été fait en matière de déréglementation.Du charbon propre, ça existe Espoirs et désillusions dans le cœur de l\u2019Amérique industrielle déjà.La preuve, c\u2019est que des compagnies d\u2019ici ont beaucoup investi pour réduire leurs émissions», insiste le mineur, tout juste sorti d\u2019un quart de travail de 18 heures sous terre.Le problème, dit-il, au volant de son camion cahotant sur les routes de Holbrook, à deux pas de la Virginie-Occidentale, c\u2019est que toute l\u2019économie régionale repose depuis toujours sur la seule industrie minière.Peu d\u2019options s\u2019offrent aux mineurs de carrière, laissés en plan.C\u2019est pour cette raison que Bob Wilson, durant son chômage forcé d\u2019un an, a cofondé le site Web C.O.A.L.(Career Opportunities After Lay-Offs), histoire d\u2019aider ses collègues à trouver du boulot, des prêts bancaires\u2026 et des banques alimentaires.Un site qui sera bien utile quand les 500 travailleurs de la mine Dana se retrouveront le bec à l\u2019eau dans quelques mois.S\u2019il ne peut empêcher les mines de fermer, Trump ne peut-il pas aider les travailleurs à se recycler ?« Pour ça, il faudrait convaincre d\u2019autres industries de s\u2019implanter ici.Et cela, c\u2019est encore plus dif fi- cile », insiste Wilson, admettant qu\u2019un jour, il devra aussi trouver un autre emploi ou démarrer sa propre entreprise.Nuages noirs sur le comté de Greene Mais faire une croix sur les mines, c\u2019est dire adieu à la prospérité pour des milliers de travailleurs qui ont empoché de faramineux salaires pour forer le sol des Appalaches.Depuis quatre ans, 33 % des emplois de l\u2019industrie du charbon ont disparu dans la région.Pas étonnant que les troupes de Trump aient raflé le comté de Greene avec 40 points d\u2019avance.Le démocrate Zimmerman convient que la transition ne sera pas un «pique-nique» pour les mineurs.Mais y a-t-il d\u2019autres choix?«Parce que c\u2019est un travail à haut risque où l\u2019on travaille en heures supplémentaires, les gars des mines font plus de 100 000 $ par année, vivent avec une grosse maison, deux autos.Se recycler, ça signifie une baisse de salaire, des épouses qui doivent retournent au travail et payer pour une garderie.C\u2019est difficile à prendre», dit-il.Dans ce coin de pays af fecté d\u2019un taux de pauvreté de 14 %, où les autres emplois ne rapportent guère plus de 30 000 $ à 40 000 $, un abîme sépare la réalité des travailleurs miniers du reste de la population.Même si Trump a laminé les démocrates des comtés ruraux en novembre 2016, le commissaire Zimmerman ne désespère tout de même pas de voir ces concitoyens changer leur fusil d\u2019épaule dans un an, aux élections de mi-mandat.«En fait, je n\u2019ai pas grand-chose à faire.Il s\u2019autodétruit lui-même! Les gens ne sont pas aveugles.» D\u2019ici là, Zimmerman espère seulement que le rejet de l\u2019Oba- macare, caressé depuis toujours par Tr ump, ne verra jamais le jour.«Les gens d\u2019ici seraient très affectés, car plusieurs ne gagnent pas plus de 8 ou 9 $ l\u2019heure, et n\u2019ont pas du tout les moyens de payer des primes d\u2019assurance maladie.» Déception à Pittsburgh Un an après l\u2019élection-surprise de Trump, la désillusion rôde aussi du côté de Pittsburgh, l\u2019ancien cœur industriel de la Pennsylvanie.«Il y a eu beaucoup d\u2019espoir quand Trump a dit qu\u2019il taxerait l\u2019acier de la Chine pour redonner des emplois aux métallos d\u2019ici.Mais maintenant, plusieurs voient que les gars continuent à perdre leur job et ne voient pas l\u2019économie remonter», affirme Jim Johnston, président du syndicat local de l\u2019United Steel Workers (USW) de l\u2019usine de Braddock, pas très loin de Pittsburgh.Pour l\u2019instant, seuls les nouveaux contrats de la Défense nationale font vivoter son usine, car la demande pour les tubes d\u2019acier a dégringolé depuis l\u2019abandon de nombreux projets de pipeline.Avec l\u2019automatisation des emplois, l\u2019arrivée de nouvelles technologies de production et la transition énergétique, la tendance n\u2019est pas près de s\u2019inverser.Rencontré l\u2019an dernier, Ed Yan- covich, vice-président de l\u2019United Mine Workers of America (UMWA), se désespérait déjà de voir ces collègues placer tous leurs espoirs dans l\u2019élection de Trump.Son syndicat, éternel partisan des démocrates, a dû rester neutre depuis 2012, compte tenu de la lente désaffectation des travailleurs à l\u2019endroit de son parti.Il comprend que plusieurs de ses membres, sans avenir, boivent les paroles de Trump, s\u2019y accrochant comme à une bouée de secours.«Les gens pensent encore que ça va arriver.Mais il n\u2019y a pas eu de renaissance, pas plus d\u2019investissements dans l\u2019industrie du charbon.Quelques mines ont rouvert, mais tout ça, ce n\u2019est pas dû à la politique.Pourquoi?Parce que c\u2019est la valeur marchande qui décide!» L\u2019UMWA, qui comptait 12 000 mineurs dans ses rangs il y a 20 ans, n\u2019en recense plus que 500 aujourd\u2019hui, déplore Yancovich.Pour faire face à l\u2019amère réalité, il faudrait investir dans la formation des travailleurs, mais son syndicat ne dispose plus que de miettes pour ce faire.« Il y a 20 ans, on avait tous les budgets pour former et les recycler.Plusieurs de nos ex-mineurs sont devenus pilotes d\u2019avion, d\u2019autres camionneurs pour l\u2019industrie du gaz et certains, infirmiers ! Mais cette année, on n\u2019a plus que 60 000 $ pour ça.Les républicains ont coupé dans tous les programmes de formation», peste-t-il.Une trahison Dans le premier budget soumis au Congrès par le gouvernement Trump, les fonds accordés à l\u2019Appalachian Regional Commission \u2014 l\u2019organisme économique qui aide les États de la région à se relever du déclin manufacturier \u2014 ont été sabrés de 430 millions.Une véritable trahison, estime Yancovich.Tout un paradoxe, alors que les travailleurs de 400 comtés sur les 420 qui reçoivent le soutien de l\u2019ARC ont massivement voté pour Trump et joué un rôle décisif dans sa victoire en Pennsylvanie.Avec la menace du retrait de l\u2019Obamacare qui plane, Yancovich ne voit pas l\u2019avenir d\u2019un bon œil pour ses travailleurs.«Je vais vous dire, c\u2019est très difficile.Tout le monde devrait avoir droit à l\u2019assurance maladie, comme au Canada.À bien à penser, je crois que je vais prendre ma retraite au Cap Breton!» Le Devoir Trump n\u2019a rien fait ici depuis son élection.Bien des gens ont voté pour lui, mais ils ne voient toujours pas les changements arriver.Blair Zimmerman, ex-maire de Waynesburg « « ployé des efforts de recrutement particuliers dans cette région ces dernières années, selon lui.Chaque année, une dizaine d\u2019employés de Concordia sillonnent le monde pour promouvoir l\u2019université dans des écoles et divers évé- nements fréquentés par de futurs étudiants universitaires.Leur constat : Concordia est déjà bien connue à l\u2019étranger, notamment à cause du bouche-à-oreille: «Nos diplômés sont de formidables ambassadeurs», dit Matt Stiegemeyer.Regain d\u2019intérêt L\u2019Université McGill, dont la réputation dépasse les frontières du Canada, tient le même discours : les diplômés de par tout dans le monde contribuent à faire connaître leur alma mater.L\u2019université accueille des étudiants de 180 pays.Tant à McGill qu\u2019à Concor- dia, les inscriptions en provenance de la Chine et de l\u2019Inde connaissent les plus fortes hausses.Si McGill note un «regain d\u2019intérêt» de la part des étudiants américains, elle ne croit pas pouvoir l\u2019attribuer à l\u2019élection du président.«On s\u2019attendait à ce qu\u2019il y ait davantage d\u2019intérêt aux États-Unis, mais il n\u2019y a pas \u201cd\u2019ef fet Trump\u201d chez nous », estime Lindsay Wil- mot, responsable du recrutement et des communications à McGill.L\u2019université fondée en 1821 a vu les demandes d\u2019inscription provenant des États-Unis croître de 10 % cet automne.Mais le nombre d\u2019admissions est resté stable, selon Mme Wilmot.Bon an mal an, au moins 30 % des étudiants de l\u2019Université McGill proviennent de l\u2019étranger, la moitié des étudiants sont du Québec et 20 %, du reste du Canada.Du côté de l\u2019Université de Montréal, les étudiants étrangers comptent pour 14% de la population étudiante et leur nombre demeure stable (9341 sur 66 506, en incluant HEC Montréal et Polytechnique).Au sommet du palmarès Le palmarès de la firme Quac- quarelli Symonds (QS), qui a proclamé Montréal « meilleure ville universitaire du monde », a sans doute contribué à l\u2019intérêt dont jouissent les universités de la métropole.C\u2019est un des facteurs \u2014 en plus de la qualité des programmes et des efforts de recrutement \u2014 qui participent à la légère hausse de 3 % du nombre d\u2019étudiants étrangers à l\u2019UQAM, estime Jenny Desrochers, responsable des communications de l\u2019établissement.« Aux États-Unis, on entend beaucoup parler de la réputation de Montréal en tant que destination touristique et en tant que ville universitaire », dit Jack Pantalena, originaire d\u2019une petite ville du Connecticut, aujourd\u2019hui étudiant de premier cycle en économie à l\u2019Université McGill.La qualité de vie, la qualité de l\u2019enseignement et la force du dollar américain ont joué en faveur de Montréal, selon lui.« Je dois aussi dire que j\u2019apprécie particulièrement que McGill ait une équipe de baseball.» Le Devoir JUSTIN MERRIMAN GETTY IMAGES AGENCE FRANCE-PRESSE Dale Travis, un mineur de la Virginie-Occidentale, attendait avec des collègues le discours prononcé par Scott Pruitt, de l\u2019Environmental Protection Agency, à la mine de charbon Harvey, à Sycamore en Pennsylvanie, en avril dernier.M.Pruitt, un climatosceptique, a déclaré à cette occasion que « l\u2019assaut réglementaire» sur l\u2019industrie du charbon était terminé.Il y a eu des améliorations, mais l\u2019industrie subit encore les effets des règlements adoptés sous Obama.Trump nous aide, mais on craint toujours que les démocrates défassent ce qui a été fait en matière de déréglementation.Bob Wilson, mineur « « Le bilan Trump Les promesses tenues Nomination d\u2019un juge conservateur à la Cour suprême Retrait du Partenariat transpacifique (PTP) Retrait de l\u2019Accord de Paris (pas encore effectif) Relance du projet de pipeline Keystone XL Adoption d\u2019un décret antimigratoire (contesté en cour) Expulsion accélérée des immigrants illégaux Réforme fiscale (adoption en cour) Révision des normes environnementales (EPA) Déréglementation de l\u2019État (domaines de la finance et du travail) Levée du moratoire sur l\u2019exploitation de mines de charbon Taxes frontalières imposées au Canada (bois d\u2019œuvre et produits de Bombardier) Statut d\u2019«urgence nationale» décrété pour la crise des opioïdes Les promesses non tenues à ce jour Construction d\u2019un mur à la frontière du Mexique Rejet de l\u2019Obamacare (aucune autre option adoptée) Rejet de l\u2019accord d\u2019Obama sur le nucléaire iranien Retrait de l\u2019ALENA (toujours en discussion) Durcissement annoncé à l\u2019égard de la Chine Retrait de l\u2019Afghanistan (il a plutôt envoyé de nouvelles troupes) Il n\u2019y a pas eu de renaissance, pas plus d\u2019investissements dans l\u2019industrie du charbon.Quelques mines ont rouvert, mais tout ça, ce n\u2019est pas dû à la politique.Pourquoi ?Parce que c\u2019est la valeur marchande qui décide.Ed Yancovich, vice-président de l\u2019United Mine Workers of America (UMWA) « « ÉLISABETH VALLET Faire une croix sur les mines, c\u2019est dire adieu à la prospérité pour des milliers de travailleurs Il n\u2019est guère surprenant que le niveau de confiance envers les États-Unis en Asie ait radicalement chuté B R E N D A N S M I A L O W S K I A G E N C E F R A N C E - P R E S S E L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 8 E T D I M A N C H E 2 9 O C T O B R E 2 0 1 7 É L E C T I O N S A 8 Départs de Montréal.Le « Solde de liquidation » est une o?re d\u2019une durée limitée applicable pour les nouvelles réservations sur une sélection de forfaits vacances et de dates de départs.Les économies sont déjà re?étées dans les prix a?chés.Les « Aubaines 24 h en prime » sont des o?res d\u2019une durée limitée pour les nouvelles réservations e?ectuées d\u2019ici minuit (11h59 HAE) à chaque jour et est applicable seulement sur une sélection de forfaits vacances et de dates de départs.Prix par personne en occupation double pour un séjour d\u2019une semaine (à moins d\u2019indication contraire) incluant taxes et frais relatifs au transport.Les sièges et les chambres sont en quantité limitée et la capacité est contrôlée.La taxe locale payable au départ de certaines destinations est en sus (R.d.30 $ US).Les prix n\u2019incluent pas la contribution des clients au Fonds d\u2019indemnisation des clients des agents de voyages de 1 $ par tranche de 1 000 $ de services achetés.La « Garantie de protection de prix » s\u2019applique aux nouvelles réservations e?ectuées entre le 22 septembre et le 3 novembre 2017 pour des départs du 21 décembre 2017 au 30 avril 2018.L\u2019o?re n\u2019est pas applicable aux réservations de vols seulement et d\u2019hôtels seulement, aux réservations de groupes ou aux forfaits vacances dont les vols sont opérés par d\u2019autres compagnies aériennes que Sunwing Airlines.Veuillez noter que des frais d\u2019administration de 50 $ par personne seront appliqués à toute demande soumise.Pour être admissible à la « Garantie de protection de prix », chaque client sur la réservation doit s\u2019inscrire dans les 7 jours suivant sa réservation de voyage.Le montant total de la réservation doit être payé pour qu\u2019une réclamation soit admissible.D\u2019autres modalités et conditions s\u2019appliquent.Pour les modalités et conditions complètes, veuillez visiter Sunwing.ca.Les vols sont sur Sunwing Airlines ou Jetair?y.Le service à bord varie selon la durée du vol et la destination.Ces o?res peuvent changer et peuvent être retirées à tout moment sans préavis.Pour les modalités et conditions complètes, veuillez vous référer à la brochure de Vacances Sunwing 2017-18.Titulaire d\u2019un permis du Québec #702928.| 28102017 GARANTIE DE PROTECTION DE PRIX POUR LES DÉPARTS DU 21 DÉC.2017 AU 30 AVR.2018 Dernière chance! Réservez d\u2019ici le 3 novembre Obtenez jusqu\u2019à 800 $ EN ARGENT par couple Pour réserver vos vacances Sunwing, communiquez avec votre agent de voyages ou visitez Sunwing.ca Solde de liquidation nouvelles aubaines 24h en prime tous les jours! PLUS Téléchargez l\u2019application Sunwing et téléphonez GRATUITEMENT à la maison.Nous restons à vos côtés à chaque étape de votre voyage Réservez d\u2019ici samedi à minuit Réservez d\u2019ici dimanche à minuit Réservez d\u2019ici lundi à minuit 1045$ 1265$ 1345$ Varadero, Cuba Sanctuary at Grand Memories Varadero PLUS Punta Cana, Rép.dom.Riu Bambu Riviera Maya, Mexique Platinum Yucatan Princess All Suites Resort & Spa Suite junior Sanctuary de luxe 9, 11 et 12 janvier 7 nuits - Tout compris Chambre 11, 18 et 25 janvier 7 nuits - Tout compris Suite junior de luxe 9 et 16 janvier 7 nuits - Tout compris Aubaine 24 h \u2022 Havre pour adultes exclusif offrant des services personnalisés de majordome \u2022 Piscine relaxante pour adultes et excellent emplacement près de la plage \u2022 Accès à toutes les installations du Grand Memories Varadero avoisinant \u2022 Hôtel populaire situé sur une plage de sable blanc et doux \u2022 Cinq piscines offrant un divertissement animé ou de la détente \u2022 Idéal pour les familles; miniclub et piscine pour les enfants avec glissades d\u2019eau \u2022 Superbe spa avec un sauna reposant qui détend tout le corps \u2022 Accès exclusif aux deux autres hôtels du complexe \u2022 Certaines suites junior comprennent l\u2019accès à une piscine d\u2019eau douce No1 des vacances entre adultes No1 des vacances en famille No1 des vacances entre adultes Disponible gratuitement sur Aubaine 24 h Aubaine 24 h Revue de presse municipale Nouvel outil pour évaluer l\u2019éthique des candidats Soucieuse d\u2019assainir la démocratie municipale, la Ligue d\u2019action civique a créé un outil permettant aux citoyens de savoir jusqu\u2019à quel point les candidats aux élections municipales croient à la transparence et à l\u2019éthique.Dans le cadre de leur «campagne d\u2019engagements en ligne», les candidats à la mairie, par exemple, sont invités à promettre de filmer toutes les séances du conseil municipal et à diffuser tous les enregistrements en ligne.Autres engagements suggérés: instaurer une période de questions pour les citoyens d\u2019au moins une heure et n\u2019accepter aucun cadeau dans l\u2019exercice de leurs fonctions.Jusqu\u2019à présent, 52 aspirants maires et 275 aspirants conseillers se sont prononcés.Pour savoir lesquels, on peut consulter la page Facebook de l\u2019organisme.Les candidats qui ne l\u2019ont pas encore fait peuvent quant à eux s\u2019engager directement en ligne sur le site de l\u2019organisme.Banque de slogans bidon Exaspéré par la vacuité de certains slogans, un programmeur informatique de Malartic, Richard Trudel, a créé un générateur de «slogans creux».À l\u2019aide d\u2019une soixantaine de débuts de phrase et autant de fins de phrase, son outil permet de créer des centaines de slogans, tels «Soyons réalistes, plus fort» ou encore «Votre voix, c\u2019est mon choix».Cette semaine, l\u2019émission radiophonique Région 08 rapportait que l\u2019outil connaissait un succès inattendu.Au moment d\u2019écrire ces lignes, pas moins de 220 000 slogans avaient ainsi été créés.Au-delà du jeu, M.Trudel soupçonne même certains candidats de s\u2019en être inspirés\u2026 #MoiAussi La vague de dénonciations contre le harcèlement et les agressions sexuelles n\u2019a pas épargné le monde municipal.Le Droit révélait vendredi qu\u2019un candidat de district de Gatineau, Maxime Tremblay, avait abandonné la campagne après qu\u2019une enquête d\u2019ICI Radio-Canada eut révélé que neuf de ses anciennes collègues l\u2019accusaient de comportements inappropriés.Les gestes reprochés à M.Tremblay remontent à il y a 15 ans et auraient été commis notamment à l\u2019époque où il était le chef de cabinet du secrétaire d\u2019État au sport, Denis Coderre.En entrevue à ICI Radio-Canada, M.Co- derre a dit ne pas être au courant des faits allégués.Isabelle Porter R É M Y B O U R D I L L O N D ans l\u2019arrière-pays de la Baie-des- Chaleurs, Saint-Alphonse-de-Ca- plan se résume à une longue rue principale qui s\u2019en va se perdre, au loin, dans une rangée d\u2019éoliennes.De part et d\u2019autre de celle-ci, une école, une quincaillerie, un bureau de poste et un Resto du Coin (c\u2019est son nom).S\u2019y ajoutent, un peu à l\u2019écart, une scierie et un dépanneur.Depuis son arrivée au poste de maire en 2002, Gérard Porlier a été réélu par acclamation une fois sur deux.Cette année, c\u2019est une équipe entière qui se dresse face à lui : la liste Démocratie participative de Bertin St-Onge, lui-même ancien maire, entouré de six candidats aux sièges de conseillers.Ce groupe de citoyens entend révolutionner la manière de gouverner, et ceci inclut autant le fond que la forme.«Les conseils municipaux auront un caractère plus festif que répressif, promet M.St-Onge.Les gens seront accueillis avec du café et de la bonne humeur.Pour chaque point à l\u2019ordre du jour, la population pourra poser des questions, faire des commentaires, voire proposer des amendements.Aucune décision ne sera prise par le conseil avant qu\u2019on ait donné la parole aux citoyens.On s\u2019attend à des réunions très longues.Mais la démocratie, ça ne coûte rien.» Ne questionnez pas les membres de Démocratie participative sur leur programme électoral.« Pas question d\u2019avoir un programme, on serait dans le champ ! » s\u2019emporte celui qui travaille comme « homme à tout faire ».Les projets pour le village viendront des citoyens, qui seront encouragés à rallier des appuis dans la communauté pour que le conseil les soutienne.Contrôle citoyen Quant aux travaux majeurs qui rythment la vie d\u2019une municipalité (voirie, aqueduc, égouts\u2026), «ils vont toujours exister, dit l\u2019homme de 58 ans, mais on ne demandera plus aux gens de les prendre pour du \u201ccash\u201d.On va leur demander de par ticiper à la démarche en créant un comité spécial, une commission, appelons ça comme on veut.On a plein de compétences qu\u2019on n\u2019utilise jamais dans notre communauté.Avant d\u2019aller voir les \u201cingénieux\u201d [ingénieurs], consultons nos \u201cingéniaux\u201d!» Jacques Ouellet, qui brigue lui aussi un poste de conseiller, complète : «La base d\u2019une démocratie, c\u2019est l\u2019information.On va travailler à bien des niveaux pour l\u2019offrir à la population, car ce n\u2019est pas tout le monde dans le village qui utilise Internet.» Objectifs de la démarche : justifier les décisions du Conseil et permettre un contrôle citoyen sur les dépenses municipales.Et si la nécessité de prendre une décision crève-cœur, contre la majorité, s\u2019impose?«On va avoir l\u2019occasion d\u2019expliquer pourquoi on prend cette décision, alors qu\u2019en ce moment rien n\u2019est expliqué», répond Steve Villeneuve, membre de l\u2019équipe.Démocratie participative critique le «show» que représente l\u2019assemblée du conseil : les décisions qui y sont prises ont déjà été actées lors d\u2019une réunion de travail à huis clos des élus, tenue une semaine avant.La démocratie par ticipative n\u2019est pourtant pas une fatalité, soutiennent- ils : en France, il y a trois ans, le petit village de Saillans (1200 habitants) a élu une équipe comme la leur.Celle-ci a depuis formé des groupes citoyens de travail sur les enjeux locaux, et poussé la transparence.« À Saillans, les réunions de travail sont publiques, explique l\u2019aspirant- maire, et un compte rendu est publié à la fin pour ceux qui ne pouvaient pas y être.Ici, quand tu lis un procès-verbal, si tu n\u2019es pas un Bertin St-Onge qui va aux réunions du Conseil depuis qu\u2019il a 16 ans, tu ne comprends rien !» MM.St-Onge, Ouellet et Villeneuve ont une dent contre l\u2019équipe sortante, dont l\u2019écoute est, selon eux, défaillante.Le maire ne fait cas ni du comité pour un développement durable viable qu\u2019ils ont créé ni des autres citoyens, assurent-ils.Consensus Homme af fable et bavard, Gérard Porlier est «maire à mi-temps» de ce village de 700 habitants \u2014 il passe ses après-midi au bâtiment municipal, lorsqu\u2019il ne siège pas à un comité de la MRC de Bonaventure.Le maire ne croit pas que son administration manque de transparence : «L\u2019assemblée municipale est publique, le procès-verbal est sur le site Web, je ne vois pas comment on peut être plus transparents !» Les réunions de travail devraient- elles être ouvertes à tous?«Ce n\u2019est pas tous les conseillers qui sont à l\u2019aise de parler en public, on se fait souvent enguirlander par des citoyens!» S\u2019il est réélu, M.Porlier entend continuer la saine gestion des finances municipales, améliorer le réseau routier, peut-être «ouvrir une nouvelle rue».Concernant la participation citoyenne, il attend des nouvelles de la Fédération des municipalités avant de se prononcer sur la loi 122.«Par le passé, on a évité des référendums en consultant la population et en reconsidérant les plans, dit-il.C\u2019est sûr que quand il y a un consensus, ton projet est parti du bon pied.» Il veut aussi créer un fonds d\u2019investissement pour démarrer des entreprises d\u2019économie sociale, pour assurer une continuité historique : « Nos communautés ont été créées par des coops, comme l \u2019épicerie et la Caisse Desjardins, et par le syndicat des travailleurs forestiers », rappelle M.Porlier.Première au Québec Pour Jonathan Durand Folco, professeur d\u2019innovation sociale à l\u2019Université Saint-Paul d\u2019Ottawa, cette culture locale pourrait expliquer le désir de participation citoyenne à Saint-Alphonse.« Par fois, un grand enjeu, comme une épicerie qui ferme ou un projet industriel, peuvent aussi mobiliser la population », explique l\u2019auteur d\u2019À nous la ville, un essai sur les mouvements municipalistes (Écosociété).De fait, les membres de Démocratie participative citent l\u2019opposition à l\u2019exploration gazière comme une « bougie d\u2019allumage » de leur jeune parti municipal.Ils défrichent en tout cas un terrain inconnu: «À ma connaissance, c\u2019est la première initiative du genre au Québec, avance M.Durand Folco.Le village de Saint-Camille, en Estrie, se distingue par sa gouvernance démocratique, mais cela s\u2019est davantage fait de façon organique.» «On embarque dans une machine à inventer, s\u2019amuse Bertin St-Onge.Si on réussit notre coup le 5 novembre, on va devenir un laboratoire.Notre rêve, c\u2019est que le Québec soit envahi de démocratie participative.» Une partie du contrat est déjà remplie: deux des membres de l\u2019équipe ont été élus par acclamation.Collaboration spéciale Le Devoir SAINT-ALPHONSE-DE-CAPLAN «Pas question d\u2019avoir un programme !» En Gaspésie, un parti propose la gestion municipale basée sur la participation citoyenne RÉMY BOURDILLON LE DEVOIR Steve Villeneuve, Jacques Ouellet et Bertin St-Onge ont fondé avec quatre autres citoyens le parti municipal Démocratie participative dans le village gaspésien de Saint-Alphonse-de-Caplan. L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 8 E T D I M A N C H E 2 9 O C T O B R E 2 0 1 7 M U N I C I P A L E S A 9 L\u2019ÎLE, AVEC STYLE.LANCEMENT OFFICIEL DIMANCHE 29 OCTOBRE, 13 H Premiers choix aux premiers inscrits.INSCRIVEZ-VOUS SYMPHONIAPOP.COM 514 767.4555 J E A N N E C O R R I V E A U Valérie Plante a beau critiquer avec vigueur le bilan de Denis Coderre, elle ne balayerait pas toutes les réalisations de son adversaire si elle était élue à la mairie de Montréal le 5 novembre prochain.Pas question non plus de remplacer d\u2019emblée les dirigeants de services nommés par le maire sortant, que ce soit à la direction générale de la Ville, à la Société de transport de Montréal (STM) ou au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), a expliqué la chef de Projet Montréal lors d\u2019une entrevue éditoriale au Devoir vendredi.« Je ne suis pas le genre de leader qui dit : parce que j\u2019arrive, je mets tout le monde à la porte et je m\u2019entoure des gens qui pensent comme moi», indique la candidate à la mairie.« J\u2019aime ça être challengée.» C\u2019est ainsi que, si son équipe est portée au pouvoir, Valérie Plante compte s\u2019asseoir avec le directeur général de la Ville, Alain Marcoux, ainsi qu\u2019avec Philippe Pichet, chef du SPVM, et Philippe Schnobb, président du conseil d\u2019administration de la STM.Pour l\u2019aspirante mairesse, le principal problème à la Ville de Montréal, c\u2019est Denis Co- derre.Ainsi, elle continue de faire confiance au chef Philippe Pichet malgré les crises, notamment celle de la surveillance de journalistes.«Je suis très préoccupée par les crises qui ont secoué le SPVM.Entre autres, la commission Cham- berland, ce n\u2019est pas rien.Mais la personne qui pour moi est la plus problématique dans ce dossier, c\u2019est Denis Coderre et son incapacité à réaliser que ce n\u2019est pas sain pour un maire de passer des coups de fil [au chef de police] comme il l\u2019a fait.» Elle compte aussi engager une discussion Philippe Schnobb, qui dirige la STM, et le directeur général de la Ville, Alain Marcoux, si les Montréalais l\u2019élisent le 5 novembre : « Je ne suis pas une personne qui impose ses idées.J\u2019apprécie la critique et le défi.» La ligne rose Mais la chef de Projet Montréal aura fort à faire d\u2019ici le scrutin, même si elle dit percevoir une vague de sympathie à son endroit.La ligne rose du métro, qui relierait Montréal-Nord à Lachine avec 29 stations, est son projet phare.Elle n\u2019ignore pas que son projet, qui fait rêver, est accueilli avec un certain scepticisme.«La première pelletée de terre aura lieu vers la fin du premier mandat ou au début du deuxième, mais ce qui est sûr, c\u2019est qu\u2019on va avoir notre bureau de projet dans notre premier mandat », as- sure-t-elle.C\u2019est surtout la question du financement qui fait sourciller ses critiques.Comme plusieurs autres projets figurant dans sa plateforme électorale, la ligne rose ne serait pas financée par la Ville, mais par des contributions des gouvernements du Québec et du Canada, alors même que d\u2019importants investissements sont déjà consentis pour le Réseau électrique métropolitain (REM) et le prolongement de la ligne bleue.Pour la énième fois, Valérie Plante répète que la Banque de l\u2019infrastructure du Canada prévoit des fonds pour des projets de transport en commun et qu\u2019il faut en profiter.« C\u2019est maintenant qu\u2019il faut déposer les projets, pas après le REM et la ligne bleue», insiste- t-elle, tout en admettant ne pas avoir communiqué avec des représentants de gouvernements supérieurs pour mesurer leur intérêt envers le projet.Elle le fera si elle est élue à la mairie, dit-elle.Formule E Sous une administration Plante, plusieurs projets controversés seraient passés au crible, mais pas nécessairement abandonnés.C\u2019est le cas de l\u2019amphithéâtre naturel en cours de construction sur l\u2019île Sainte-Hélène, un projet de 73,4 millions qui a entraîné l\u2019abattage d\u2019un millier d\u2019arbres et qui ne ser vira, dans l \u2019 immédiat, qu\u2019à un seul promoteur d\u2019événements.«On est rendus trop tard pour l\u2019arrêter», avance Valérie Plante tout en promettant d\u2019analyser le dossier pour voir si des économies sont encore possibles afin de transférer des sommes vers d\u2019autres projets, comme la promenade riveraine.Pour ce qui est de la Formule électrique, Mme Plante maintient que la course pourrait être déménagée au circuit Gilles-Villeneuve, même si Denis Coderre et Jean Todt, président de la Fédération internationale de l\u2019automobile, ont affirmé le contraire.Valérie Plante n\u2019écarte pas l\u2019idée de résilier le contrat de trois ans en cas d\u2019impasse, mais demeure prudente.« Ma volonté, pour l\u2019instant, c\u2019est de conserver la Formule E», dit-elle.Tensions avec les arrondissements Valérie Plante prend aussi des précautions quand elle parle du rapatriement de certains pouvoirs à la ville-centre décrété par l\u2019administration Coderre.Elle qui plaide sans cesse pour la spécificité des arrondissements n\u2019est pas prête à balayer les réformes du maire sortant.À titre d\u2019exemple, l\u2019harmonisation des services de déneigement est valable, dit-elle, même si elle peut entraîner des aberrations en forçant un arrondissement à déneiger lorsque ce n\u2019est pas requis : «Le problème, ce sont les mesures \u201cone size fits all\u201d.» En revanche, elle promet de modifier le règlement sur les chiens dangereux en retirant les dispositions visant les chiens de type pitbull.La course à la mairie s\u2019engage maintenant dans sa dernière ligne droite : « J\u2019aime dire que le 5 novembre, je serai la femme de la situation.» Le Devoir MONTRÉAL Pas de grand ménage Valérie Plante compte travailler avec les dirigeants et fonctionnaires actuels si elle est élue le 5 novembre GUILLAUME LEVASSEUR LE DEVOIR Valérie Plante, chef de Projet Montréal et candidate à la mairie, a pris part à une table éditoriale dans les bureaux du Devoir, vendredi.Qui est Valérie Plante?Âgée de 43 ans Mère de deux enfants Originaire de Rouyn-Noranda, elle a quitté l\u2019Abitibi à 19 ans pour s\u2019installer à Montréal.Après un baccalauréat en anthropologie et une maîtrise en muséologie, elle travaille au sein de plusieurs organismes communautaires, puis elle dirige le réseau national de la Fondation Filles d\u2019action.Elle fut élue conseillère de ville dans l\u2019arrondissement de Ville-Marie en novembre 2013, défaisant Louise Harel.Elle a été élue chef de Projet Montréal en décembre 2016. M A R C O F O R T I E R C\u2019 était une vraie jour née d\u2019au- t o m n e .L e s feuilles des arbres volaient au vent.Le ciel gris se faisait menaçant.Les 45 élèves de sixième année de l\u2019école primaire Laurentide sont arrivés en placotant, de bonne humeur, au parc Basile-Routhier, dans le nord de Montréal.Ce jour-là, tous les cours pour les élèves de ces trois groupes prenaient place en plein air.Ou dans le magnifique pavillon d\u2019accueil du parc, aux larges fenêtres donnant sur la rivière des Prairies.Oui, vous avez bien lu : des enseignants ont décidé d\u2019emmener leurs élèves dans un parc municipal toute la journée.Pour les enfants de sixième année de l\u2019école Laurentide, c\u2019est comme ça une journée complète toutes les deux semaines: tout le monde dehors, beau temps, mauvais temps.Ce projet a vu le jour sous l\u2019impulsion d\u2019un groupe d\u2019enseignants allumés de l\u2019école Laurentide.Ils se sont inspirés d\u2019un mouvement scandinave qui prône l\u2019éducation en plein air.Ce courant, appelé Udes- kole \u2014 la classe en nature \u2014, gagne du terrain au Québec.«L\u2019école en plein air a un effet direct sur les enfants: ils sont enthousiastes, calmes et concentrés », dit Yannick Lacoste, un des instigateurs du projet à l\u2019école Laurentide.Le projet- pilote en est à sa deuxième année.Cette école primaire située dans l\u2019arrondissement de Saint- Laurent accueille près de 500 élèves, dont la vaste majorité provient de l\u2019immigration \u2014 Syrie, Liban, Arabie saoudite, pays du Maghreb, et beaucoup d\u2019autres.C\u2019est une école défavorisée.Une bonne partie de ces élèves habitent dans des tours bétonnées dans le quartier Chameran, surnommé le Petit Beyrouth, enclavé entre l\u2019autoroute 15, de grands boulevards et une voie ferrée.Chasse au trésor Yannick Lacoste et ses collègues sont un peu fous.C\u2019est le genre d\u2019enseignants qui changent la vie de leurs élèves.Un exemple : ils vont chercher les élèves à vélo dans le quartier Chameran.Matin et soir, durant les beaux jours, ils roulent en peloton avec les enfants et prouvent qu\u2019on peut se déplacer sur deux roues sans risquer sa vie.Pour le moment, au parc Ba- sile-Routhier, Yannick Lacoste a divisé les élèves en deux groupes \u2014 un qui commence la journée à l\u2019intérieur, et l\u2019autre à l\u2019extérieur.Au menu : une chasse au trésor où les enfants doivent recourir à des notions apprises en mathématiques pour lire un plan cartésien.Au signal du départ, les membres de chaque équipe sont partis en courant.Ils ont passé plus d\u2019une heure à chercher des lettres cachées par les profs un peu partout dans le parc.Yannick Lacoste et son collègue Jocelyn Beaulieu, deux enseignants en éducation physique, supervisent le groupe.Ils se parlent dans des walkie-tal- kies.«Ça pogne pas mal, ils trip- pent», dit Jocelyn à mi-parcours.Avant et après l\u2019activité, les élèves piquent une jasette.«Dans le bois, je me sens comme un aventurier.J\u2019explore.Je me sens libre d\u2019aller où je veux», dit Hamza.Lui et ses amis nomment les noms d\u2019oiseaux appris depuis le début de l\u2019année scolaire : cardinal, mésange, urubu à tête rouge, merle d\u2019Amérique\u2026 « L\u2019autre jour, on a aussi vu un gros nid de guêpes ! Les guêpes voulaient manger nos sandwiches.» Un peu avant l\u2019heure du midi, Élina est surprise : «Est-ce que la moitié de la journée est déjà passée?Je pensais qu\u2019on était ici depuis cinq minutes!» Leila, elle, écoute le bruissement des feuilles dans les arbres.«C\u2019est un bruit que j\u2019aime.Je me sens calme dehors.Et la journée passe vite.» Concentration À l\u2019intérieur du pavillon d\u2019accueil, les enseignantes Isabelle Chevalier, Sandra Bidault et Patricia Thon donnent une leçon de maths à 22 élèves.L\u2019ortho- pédagogue Patricia Vermette s\u2019occupe de trois enfants qui ont plus de dif ficultés.Les élèves travaillent dans le calme.Il n\u2019y en a pas un qui chiale.« C\u2019est fascinant de voir à quel point les élèves sont concentrés », dit l\u2019or thopéda- gogue.« Le ministre de l\u2019Éducation parle de l\u2019école de demain.On en est un exemple.C\u2019est un modèle qui fonctionne en Scandinavie, on pense qu\u2019il pourrait inspirer d\u2019autres écoles au Québec » , ajoute l\u2019enseignante Isabelle Chevalier.Le plus gros obstacle est\u2026 le coût du transport.Les enseignants rêvent d\u2019une entente avec la Société de transport de Montréal qui leur permettrait de voyager gratuitement en bus ou en métro.Ces profs font des miracles avec peu de moyens.Ils ont déniché des skis de fond, des raquettes et des patins pour tout le monde.« C\u2019est encore plus important de sortir l\u2019hiver, dit Yannick Lacoste.Les enfants apprennent à se vêtir pour profiter de la neige.Leurs parents apprennent aussi : plusieurs nous disent qu\u2019ils ont peur pour leur enfant en hiver.» Prendre des risques La classe en nature force les élèves à sortir de leur zone de confort, souligne Marie-Claude Rivard, professeure au Département des sciences de l\u2019activité physique de l\u2019Université du Québec à Trois-Rivières.Elle et son collègue Claude Dugas suivent de près le phénomène de l\u2019Udeskole dans les pays scandinaves.«On vit dans une époque où le contrôle parental et l\u2019hypersé- curité dominent, dit-elle.Dans la nature, les enfants apprennent à prendre des risques et à se faire confiance.Dans certains pays européens, des écoliers passent huit heures par jour dehors.Ils peuvent grimper aux arbres et utiliser un canif.De jeunes enfants peuvent marcher deux ou trois kilomètres en pleine forêt, ils en sont capables.» Les parents seront heureux de constater un autre avantage du programme: il montre aux jeunes qu\u2019il y a mieux à faire que de pitonner sur un écran\u2026 Le Devoir L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 8 E T D I M A N C H E 2 9 O C T O B R E 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 10 GalerieClaude Lafitte Depuis 1975 Marc-Aurèle Fortin «La Vieille Forge», v.1945, aquarelle, 22'' x 28'' Oeuvres de grands maîtres canadiens et européens recherchées.Haute valeur offerte.Évaluation gratuite sur rendez-vous pour les oeuvres de Borduas | Ferron | Fortin | Gagnon | Krieghoff Lemieux | Letendre | McEwen | Pellan | Riopelle Suzor-Côté | Groupe des Sept et autres votre spécialiste expert-conseil 445, rue St-Sulpice, Vieux-Montréal Téléphone : 514 845-4980 Heures d\u2019ouverture : du lundi au vendredi de 10 h 00 à 18 h 00 les samedis et dimanches de 10 h 00 à 16 h 30 Papeter ie Casse - 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L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 8 E T D I M A N C H E 2 9 O C T O B R E 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 11 LA TROISIÈME PHASE DU PROJET DE CONDOS LE PLUS CONVOITÉ DE MONTRÉAL, SITUÉE SUR SAINT-ANTOINE, EN FACE DU CENTRE BELL.C \u2019 E S T L A TROISIÈME PÉRIODE.Nouvel ajout très attendu au projet de développement de deux milliards de dollars du quartier Quad Windsor, la Tour des Canadiens 3 jouit d\u2019un emplacement idéal au sein de la métropole.Liée directement à la ville souterraine (Métro et RÉSO), à deux pas des restos et boutiques, la Tour des Canadiens 3 est à l\u2019épicentre culturel de Montréal.La Tour des Canadiens 3 offre des espaces communs haut de gamme et vibre de l\u2019énergie des Canadiens de Montréal au Centre Bell.Soyez les premiers à mettre la main sur la Phase 3 de la trilogie des Tours des Canadiens.À VENIR BIENTÔT \u2022 INSCRIVEZ-VOUS TOURDESCANADIENS.COM CONDOS À PARTIR DE 200 000 $* MATHIEU BÉLANGER LA PRESSE CANADIENNE Alexandre Bissonnette est accusé du meurtre prémédité de six hommes qui se trouvaient à la grande mosquée de Québec le soir du 29 janvier dernier.C A R O L I N E P L A N T E à Québec L e procès du présumé tireur de la mosquée de Québec, Alexandre Bissonnette, débutera le 26 mars 2018 et durera environ deux mois.Le juge Raymond W.Pronovost, de la Cour supérieure, a retenu cette date vendredi, lors d\u2019une conférence de gestion au palais de justice de Québec.«L\u2019ensemble des parties, à savoir la poursuite, l\u2019accusé ainsi que la Cour supérieure, a manifesté une volonté claire que le procès soit fixé dans les meilleurs délais », a indiqué le procureur de la Couronne, Me Thomas Jacques, en mêlée de presse.«Le choix des jurés débutera le 26 mars 2018», a-t-il précisé.Au total, 111 témoins pourraient être entendus.Le délai maximal pour la tenue d\u2019un procès fixé par l\u2019arrêt Jordan de la Cour suprême est de 30 mois, entre l\u2019accusation et la fin d\u2019un procès.Bissonnette, âgé de 27 ans, est accusé du meur tre prémédité de six hommes qui se trouvaient à la grande mosquée de Québec, le soir du 29 janvier dernier, où il se serait présenté armé.Il est aussi accusé de six autres chefs de tentative de meurtre.Par ailleurs, les parties reviendront devant le tribunal le 17 novembre prochain pour débattre d\u2019une requête de la défense, qui s\u2019oppose à la divulgation de passages sensibles dans la dénonciation concernant les parents de Bissonnette.Mais le juge Pronovost a libéré des douzaines d\u2019autres passages vendredi, dans la foulée d\u2019une décision de la Cour du Québec de rendre disponible aux médias la dénonciation ayant servi à obtenir les mandats de perquisition.«Vous avez le récit des témoins qui ont vécu l\u2019événement, et qui disent aux policiers comment ils ont vécu ça, ce qui s\u2019est passé, etc.», s\u2019est félicité le procureur Jean-François Côté, qui représente un consortium de sept médias, dont Radio-Canada, Le Soleil et TVA.«Comment ça s\u2019est déroulé ce soir-là, qu\u2019est-ce qu\u2019ils ont vu, qu\u2019est-ce qu\u2019ils ont vécu, qu\u2019est-ce qu\u2019ils ont entendu.C\u2019est l\u2019histoire rapportée par les témoins», a-t-il ajouté.Un souper avec ses parents La vingtaine de pages remise aux médias révèle toute l\u2019horreur vécue par les fidèles de la mosquée et premiers intervenants le soir du 29 janvier 2017.Ce soir-là, Alexandre Bissonnette, un étudiant en sciences politiques de l\u2019Université Laval, a soupé avec ses parents, pour ensuite se diriger vers son club de tir, Les castors de Charlesbourg.Il s\u2019est heurté à une porte close.Il se serait ensuite rendu au Centre culturel islamique de Québec.Dans la dénonciation, le père de Bissonnette indique aux policiers que son fils possédait des armes enregistrées, soit un Glock, un Sig Sauer et une arme longue Browning.Il assure qu\u2019il rangeait ses armes dans un coffret de sécurité au sous-sol chez sa mère, rue du Tracel à Cap-Rouge.L\u2019analyse des images vidéo captées par la caméra de surveillance de la mosquée confirme qu\u2019un homme avait fait du repérage près de la mosquée trois jours avant le drame.L\u2019analyse indique aussi que le 29 janvier, «vers 19h54, un individu de race blanche, cheveux foncés et habillement foncé, arrive à la mosquée et abat deux personnes à l\u2019extérieur.Il porte une arme de poing à la main droite.Par la suite, il est vu [en train de] pénétrer à l\u2019intérieur de la mosquée et abat un autre homme.On le voit entrer et sortir du portique vers l\u2019intérieur à quelques reprises l\u2019arme à la main.Par la suite, l\u2019individu quitte [sic] par l\u2019extérieur».En arrêt de travail Des témoins rapportent avoir entendu en plein chaos « Il faut partir ! », puis des « tac tac tac ».Une fumée blanche et une forte odeur de poudre à munitions planaient toujours dans le centre culturel à l\u2019arrivée des policiers.Plusieurs douilles étaient au sol.« Trente à quarante personnes se trouvent à l\u2019intérieur, paniquées, au milieu des nombreux corps ensanglantés », peut-on lire.La mère d\u2019Alexandre Bissonnette donnera plus tard aux policiers des détails sur l\u2019état d\u2019esprit de son fils.Il venait de se faire refuser un congé par son employeur, Héma-Québec.Il aurait parlé en mauvais termes de ses patrons, qui l\u2019avaient appris et mis en arrêt de travail.Elle n\u2019avait pas reçu de nouvelles de son garçon depuis le souper du 29 janvier.Au moment de son arrestation le 29 janvier dans la bretelle du pont menant à l\u2019île d\u2019Orléans, Alexandre Bissonnette était au volant de la voiture Mitsubishi grise de son père.La Presse canadienne ATTENTAT DE QUÉBEC Le procès de Bissonnette débutera à la fin de mars L I A L É V E S Q U E U ne autre histoire de trucage d\u2019of fres dans le domaine de la ventilation d\u2019édifices vient de connaître un dénouement à Montréal.L\u2019entreprise Cardinal ventilation s\u2019est vu imposer une amende de 375 000$ après avoir plaidé coupable à un chef d\u2019accusation de trucage des offres en ce qui concerne trois projets de copropriétés à Montréal.C\u2019est le Bureau de la concurrence du Canada qui avait déposé des accusations contre huit entreprises et cinq individus, le 21 décembre 2010.À l\u2019époque, le BCC disait disposer d\u2019«éléments de preuve» indiquant que les entreprises spécialisées dans la ventilation, la climatisation et le chauf fage avaient secrètement coordonné leurs soumissions afin de déterminer à l\u2019avance qui seraient les gagnants de l\u2019appel d\u2019offres.L\u2019enquête du Bureau de la concurrence avait trait à cinq processus d\u2019appel d\u2019offres qui avaient été tenus entre 2003 et 2005 pour des contrats totalisant 8 millions.Il s\u2019agissait de contrats privés de ventilation pour des immeubles d\u2019habitation en hauteur.Dans le présent cas, Cardinal ventilation a reconnu avoir comploté avec des entreprises concurrentes pour obtenir un contrat de ventilation, en s\u2019assurant d\u2019of frir la soumission la plus basse pour le projet de construction Faubourg Saint- Laurent Phase II à Montréal.Cette entreprise a également reconnu avoir participé à deux autres ententes avec d\u2019autres compagnies, afin de garantir à ses concurrentes qu\u2019elles décrocheraient les contrats pour deux autres projets.Le Bureau de la concurrence précise qu\u2019à ce jour, quatre entreprises et deux personnes ont plaidé coupable quant à leur implication dans ce stratagème.La Presse canadienne MONTRÉAL Collusion : une compagnie de ventilation plaide coupable Ce soir-là, Alexandre Bissonnette a soupé avec ses parents pour ensuite se diriger vers son club de tir L\u2019INM ouvre une ligne de dénonciation L\u2019Institut du Nouveau Monde (INM) a annoncé vendredi qu\u2019il ouvrait une ligne téléphonique de dénonciation confidentielle à la suite des allégations d\u2019agression sexuelle visant Michel Venne, ancien directeur et fondateur de l\u2019organisme.Les mesures de soutien sont offertes non seulement au personnel actuel de l\u2019INM, mais aussi à toutes les personnes ayant déjà collaboré avec l\u2019organisation.La ligne de dénonciation (514 715- 9174) sera ouverte tous les jours de 8 h à 20 h jusqu\u2019au 3 novembre.Jeudi, trois femmes ont raconté au Devoir qu\u2019elles avaient été victimes d\u2019inconduites sexuelles de la part de M.Venne, dont l\u2019auteure Léa Clermont-Dion.La femme a publié sur sa page Facebook un message dans lequel elle dit avoir été agressée sexuellement en 2008 par M.Venne alors qu\u2019elle était âgée de 17 ans et qu\u2019il était son patron.Le Devoir L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 8 E T D I M A N C H E 2 9 O C T O B R E 2 0 1 7 A 12 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Publicité Au téléphone 514 985-3399 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science-fiction semble conçu par des hommes, pour des hommes.Ainsi, on se rappelle davantage les tenues sexy de Jane Fonda dans Barbarella (1968), de Roger Vadim, de Leeloo (Mila Jovovich) dans Le cinquième élément (1997), de Luc Besson, et de Trinity (Carrie-Anne Moss) dans La matrice, des sœurs (naguère frères) Wachowski, que leurs exploits héroïques.Force féminine Aux côtés des mères, femmes ou filles de, des jolies assistantes ou capiteuses intrigantes, rares sont les personnages féminins se démarquant par leur force de caractère, leur intellect, leur leadership ou leur habilité au combat.En 1927, le cinéaste allemand Fritz Lang met en scène dans Metropolis un robot créé par un savant fou (Rudolf Klein-Rogge) à l\u2019image d\u2019une ouvrière charismatique, Maria (Brigitte Helm), lequel mènera à la révolution les employés d \u2019une usine.Pour ainsi dire, Lang annonçait les réplicants rebelles de Blade Runner (1982), de Ridley Scott, et Ava (Alicia V ikander), l \u2019héroïne androïde d\u2019Ex Machina (2014), d\u2019Alex Garland.Cinquante ans plus tard, les fillettes découvrent avec bonheur une princesse n\u2019ayant rien d\u2019une Cendrillon dans La guerre des étoiles (1977), de George Lucas.Maniant les armes aussi bien que Luke Skywalker (Mark Hamill) et Han Solo (Harrison Ford), la princesse Leia (Carrie Fisher) ne s\u2019en laisse pas imposer par Dar th Vader (David Prowse), l\u2019un des plus sombres vilains du cinéma américain.Si Leia contribue à l\u2019éveil sexuel des garçons dans son bikini doré, enchaînée aux côtés du hideux Jabba the Hutt dans Le retour du Jedi (1983), de Richard Marquand, cela ne l\u2019empêche pas de devenir générale dans le septième épisode de la saga.Fille de la courageuse Padmé (Natalie Por tman), Leia a pour dauphines spirituelles les non moins téméraires Rey (Daisy Ridley) du Réveil de la Force (2015), de J.J.Abrams, et Gyn (Felicity Jones) de Rogue One (2016), de Gareth Edwards.En 1979, Sigourney Weaver incarne Ripley dans Alien \u2014 rôle qu\u2019elle reprend dans Aliens, le retour, Alien 3 (1992), de David Fincher, et Alien, la résurrection (1997), de Jean-Pierre Jeunet.Si on la voit souvent en sous-vêtement au cours de la saga, elle est tout de même la seule sur vivante du Nostromo et fait passer d\u2019horribles quar ts d\u2019heure aux ef froyables créatures qu\u2019elle croise.Comme survival girl, on ne fait guère mieux.Dans Stranger Things (2016), série grouillant de clins d\u2019œil au cinéma des années 1980 de Matt et Ross Duffer, Eleven (Millie Bobby Brown) a été la victime des expériences d\u2019un savant fou, à l\u2019instar de Maria dans Metropolis.S\u2019étant échappée des griffes de ses bourreaux, elle prête main-for te à trois garçons à la recherche de leur ami mystérieusement disparu.Avec ses allures androgynes à la Ripley et ses dons de télékinésie empruntés à Carrie (1976), de Brian De Palma, Eleven marque l\u2019imaginaire.Baiser historique Passons au petit écran et saluons Gene Roddenberry, créateur de la série Star Trek (1966- 1969).En 1966 apparaît sous les traits de l\u2019actrice afro-américaine Nichelle Nichols la lieute- nante Uhura (« liber té » en swahili) .Bien qu\u2019ayant un rôle secondaire, Uhura est responsable des communications et a sous ses ordres des hommes blancs.Par ailleurs, elle échange avec le capitaine Kirk (William Shatner) le premier baiser interracial à la télévision.Lorsque Nichols veut quitter la série, Martin Luther King l\u2019en empêche en lui disant que Uhura est « le premier rôle non stéréotypé pour une femme noire aux États-Unis ».La comédienne reste en poste jusqu\u2019à la fin de la série et reprendra son rôle au cinéma dans la saga Star Trek jusqu\u2019en 1989.Sans elle, qui sait si l\u2019actrice racisée Sonequa Martin-Green aurait pu incarner le lieutenant-commandeur Michael Burnham dans la série Star Trek : Discovery (2017), de Bryan Fuller et Alex Kurtzman?En 2009, Zoe Saldana prend la relève dans le Star Trek de J.J.Abrams \u2014 où Uhura jette son dévolu sur Spock (Zachary Quinto).L\u2019actrice est aussi à l\u2019avant-plan dans Avatar (2009), de James Cameron, et Les gardiens de la galaxie, vol.1 et 2 (2014 et 2017), de James Gunn.Cinquante ans après Star Trek, on retrouve dans Rogue One, où jouent Diego Luna, Donnie Yen, Wen Jiang et Forest Whitaker, la volonté de Roddenberry d\u2019intégrer la diversité culturelle en science-fiction.Frontières de l\u2019infini Alors que Mark Hamill suggère que Luke Skywalker pourrait être gai, J.J.Abrams ne s\u2019oppose pas à l\u2019idée que des personnages de Star Wars le soient aussi.Finn (John Boyega) et Poe (Oscar Isaac) formeront-ils un couple ?Premier interprète de Sulu dans Star Trek, George Takei dévoile qu\u2019il est homosexuel en 2005.Dans cet esprit, Sulu (John Cho) fait son coming out dans Star Trek : Sans limites (2016), de Justin Lin ; le baiser échangé avec son partenaire est toutefois coupé au montage.Cela ne risque pas d\u2019arriver dans Star Trek : Discovery, où les acteurs gais Anthony Rapp et Wilson Cruz forment un couple.Pour leur part, J.Michael Straczynski, Lana et Lilly Wachowski célèbrent la fluidité sexuelle dans Sense8 (2015-2018), où évoluent plusieurs personnages LGBTQ, dont la hackeuse Nomi, incarnée par l\u2019actrice trans Jamie Clayton.Collaboratrice Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 SCIENCE-FICTION candidate caquiste Geneviève Guilbault y a écrasé la rivale libérale par plus de 7500 voix.«Louis-Hébert a été la première défaite électorale du premier ministre Philippe Couillard, dit le sondeur en chef.Il n\u2019était pas là quand Jean Charest a perdu les élections en 2012.Sous sa gouverne, il y a eu quinze partielles, et les libéraux ont conservé leurs sièges six fois sur sept, sauf celui de Louis-Hébert, qui a été le déclencheur de quelque chose, d\u2019un changement important que notre sondage mesure pour la première fois à l\u2019échelle du Québec.» Toutes les plaques tectoniques politiques accélèrent leur mouvement.À 20 %, le PQ atteint un creux historique.Ce seuil d\u2019une voix sur cinq ramène la formation à ses résultats électoraux d\u2019origine, il y a cinquante ans.Depuis décembre 2016 (30 %), la formation souverainiste ne cesse de chuter, à 29 (janvier 2017), puis 25 (mars), puis 22 (juin), et maintenant 20 %.La CAQ a cheminé rapidement en sens inverse : 22 (mars), puis 28 (juin), et maintenant 34 %.Jean-Marc Léger établit un parallèle avec la promesse du chef Jean-François Lisée de ne pas tenir de référendum pendant un éventuel premier mandat péquiste.«Je crois qu\u2019un des facteurs d\u2019explication [des résultats] c\u2019est la mise au rencart de la souveraineté, dit-il.Un fédéraliste n\u2019est pas obligé de voter libéral, puisque la souveraineté ne représente pas l\u2019adversaire.Un souverainiste n\u2019est pas obligé de voter PQ.Les Québécois peuvent aller vers d\u2019autres partis.L\u2019insatisfaction se combine à l\u2019hypothèque référendaire et aux écarts dans la gestion de l\u2019État, notamment en santé.Et c\u2019est la CAQ qui en profite.» Il ajoute que l\u2019erreur de Jean-François Lisée consiste peut-être moins à avoir tourné le dos à l\u2019option fondamentale de son par ti qu\u2019à ne l\u2019avoir pas remplacée.« Les gens n\u2019en veulent pas, du référendum.Mais il n\u2019y a pas d\u2019autres raisons véritables de voter pour le PQ.Les souve- rainistes deviennent orphelins.» Le beau fixe Les libéraux atteignent aussi un creux historique avec 29 % des voix possibles.Baisseront- ils encore ?Le sondeur souligne qu\u2019«on ne sait plus où est le plancher de chacun», la preuve venant encore de Louis-Hébert, où 80 % des électeurs ont boudé le PLQ.Le gouvernement de Philippe Couillard n\u2019obtient que 27 % de taux de satisfaction.Chez les francophones, le résultat s\u2019affiche au pire avec seulement 22 % d\u2019opinions positives.En plus, à peine 17 % des électeurs sondés jugent que le premier ministre Couillard ferait « le meilleur premier ministre du Québec».Par contraste, tous les signes électoraux virent au beau fixe pour la formation caquiste et son chef : Record.Avec les marges d\u2019erreur du sondage (plus ou moins 3,1 %), la Coalition remonte au seuil (35%) record atteint au moment de sa formation, en 2011.Premier ministre.François Legault est choisi comme « meilleur premier ministre » potentiel par 27 % des gens.Il écrase Jean-François Lisée, choisi par un électeur sur dix (12%) seulement.Régions.La CAQ domine en région (35 %), mais aussi à Québec (46 %).Il n\u2019y a qu\u2019à Montréal (29 %) qu\u2019elle se laisse devancer par le PLQ (34%), tout en battant le PQ (18 %).Diversité.Même les non-francophones, traditionnellement acquis à plus de quatre contre un aux libéraux lors des scrutins, commencent à les bouder.Le PLQ attire maintenant 60% des intentions de vote dans ce groupe, et la CAQ, 17%.Changement.La Coalition est désignée comme la formation qui « représente le plus le changement » par 31 % des sondés.QS arrive en seconde position avec 22 % des choix.Le PQ (10%) et le PLQ traînent loin derrière.«Cette notion du changement sera à mon avis une variable clé de la prochaine élection, dit M.Léger.[\u2026] Les gens recherchent une solution de remplacement et ils voient en la CAQ une option probable.[\u2026] Les astres se sont alignés pour la CAQ.Les chif fres sont puissants, parce qu\u2019on est dans une lutte à quatre.En divisant le vote en quatre, la CAQ peut ramasser une majorité des sièges.On le ressent depuis un temps, mais là, c\u2019est la première fois qu\u2019on peut l\u2019affirmer.» Cette tendance représente-t-elle pour autant une adhésion au modèle caquiste, aux idées de la CAQ ?«Oh non, répond Jean-Marc Léger.Il y a de l\u2019insatisfaction face aux libéraux, mais les gens n\u2019ont pas encore adhéré au programme ca- quiste.C\u2019est plus un vote défensif.Et 34% des intentions, ce n\u2019est pas énorme.Avant de transformer ce préjugé en vote ferme, il va encore falloir du temps.Ça va se jouer sur l\u2019équipe des candidats, aussi.Mais le vent est favorable à la CAQ.» Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 SONDAGE Les intentions de vote Pour quel parti voteriez-vous?Parti Octobre 2017 Août 2017 CAQ 34 % 28 % PLQ 29 % 32 % PQ 20 % 22 % QS 12 % 12 % une couronne de pauvreté.Dans cette petite localité, truf fée d\u2019af fiches favorables à Donald Trump lors de la campagne présidentielle de 2016, le rutilant milliardaire a obtenu la faveur de plus de 52 % des voix.Aujourd\u2019hui, il ne reste plus que quelques affiches, plantées çà et là devant les maisons.«Ça n\u2019a pas changé avec le nouveau gouvernement fédéral », résume Mme Dolgin.« Ici, nous n\u2019avons vu aucune dif férence, aucune forme de soutien.L\u2019arrivée de Trump, dit-elle, a peut-être provoqué des changements pour une seule entreprise des environs : Revision Military.» En effet, avec une usine installée à Essex (le seul comté arraché au Parti démocrate par Trump) et une autre à deux pas de Newport, Revision Military fabrique des casques et des lunettes pour l\u2019armée américaine.« C\u2019est un des plus importants employeurs d\u2019ici.Ils ont obtenu un gros contrat.» Les stationnements de Revision Military sont en tout cas bondés.Parmi les véhicules de ses employés, on note plusieurs 4x4 tout blancs.Impossible d\u2019aller plus loin que l\u2019accueil, où se trouve un présentoir de casques militaires planté à côté d\u2019un drapeau américain et d\u2019un miroir, pour qui voudrait s\u2019admirer portant un tel couvre-chef kaki.Mais personne n\u2019est autorisé à parler à un journaliste.Et il est inutile de questionner les employés\u2026 Dans le bourdonnement général des lieux, les af faires vont à l\u2019évidence bon train.Trumpistes discrets à Montpelier Située plus au sud, la ville de Montpelier, avec ses 7500 habitants, est la plus petite capitale d\u2019un État américain.Les représentants de l\u2019État siègent sous le grand dôme doré d\u2019un capitole néoclassique très imposant, visible de tous les coins de la ville.À Montpelier, la firme d\u2019avocats de Keith Aten loge en principe dans le même édifice que les bureaux des républicains.Je cogne à sa porte, faute de les y trouver.« Suivez-moi, me dit Keith Aten.Je crois qu\u2019ils sont désormais installés de l\u2019autre côté de la rue.» Mais ils n\u2019y sont pas davantage.L\u2019avocat en fait une affaire personnelle, téléphone partout et m\u2019accompagne à pied, ici et là, pour tirer au clair cette curieuse af faire.Nulle trace des républicains ! Notre quête provoque un sourire narquois chez ceux que nous interrogeons.«À Montpelier, dit Jane Brif fs, installée au milieu de sa boutique de laines vierges, un républicain a avantage à baisser la tête et à passer inaperçu\u2026» Dans la capitale bleu foncé, Hillary Clinton a battu l\u2019an dernier son rival par 70 points d\u2019avance et s\u2019est attiré le vote de 65% des électeurs du comté.Non sans avoir beaucoup cherché, nous rentrons finalement bredouilles.Keith Aten prend le parti d\u2019en rire.Après tout, le gouverneur de l\u2019État, Phil Scott, n\u2019est-il pas un républicain ?«Scott ne serait pas considéré comme un républicain n\u2019importe où ailleurs ! » assure l\u2019avocat.Les républicains, règle générale, se font donc maintenant plus que discrets au Vermont, encore porté par le vent de fond socialiste incarné par le sénateur Bernie Sanders.Ailleurs qu\u2019au Vermont, des élus républicains pourraient pour tant être considérés comme des hérétiques, du moins selon les standards guer- royants du nouveau gouvernement Trump.C\u2019est pourtant à Montpelier que fut organisée la campagne de Donald Trump au Vermont par Darcie L.Johnston, une des têtes d \u2019af fiche des Vermonters for Health Care Freedom , un groupe opposé à la prise en charge de la santé publique par l\u2019État.Pendant des années, Mme Johnston avait lutté contre le principe d\u2019une allocation d\u2019aide universelle pour les soins de santé, défendu notamment par le gouverneur précédent, le démocrate Peter Shumlin.« Les gens ont le droit de choisir » leurs soins de santé, avait-elle dit l\u2019an passé, en pleine campagne présidentielle.Qu\u2019est-elle devenue depuis ?« Je travaille pour le gouvernement Trump», me dit-elle.Quatre jours après l\u2019assermentation présidentielle en janvier 2017, elle a été nommée « assistante spéciale » du Depar- ment of Health and Human Services, devenant l\u2019une des 400 têtes de pont installées par le gou- vernemment Trump pour opérer un grand débarquement d\u2019idées à Washington.Comme ses semblables à Washington, son emploi, officiellement « temporaire », n\u2019a pas eu à être approuvé par des audiences publiques préalables.Avec un salaire de 88 000 $ par année, Mme Johnston se trouve désormais en position de contribuer à la déréglementation d\u2019un secteur, comme elle l\u2019a toujours souhaité.Peut- on en parler ?« Je ne donne pas d\u2019entrevues», dit- elle.Car l\u2019heure est à éviter l\u2019impression d\u2019une division au sein du Grand Old Par ty (GOP).Mardi dernier, la sortie accusatrice du sénateur républicain en fin de mandat, Jeff Flake, contre son déroutant président, qu\u2019il qualifie de « téméraire, scandaleux et indigne », a rendu encore plus frileux ceux qui craignaient déjà de parler librement.Même Paul Lefebvre, élu républicain du comté vermontois de Caledonia, qui fut journaliste et chroniqueur presque toute sa vie pour un journal local, se fait discret.Malgré son nom, l\u2019élu \u2014 qui ne parle pas français \u2014 jase d\u2019abondance de son comté, mais se terre dans le mutisme dès qu\u2019il est question de l\u2019effet Donald Trump.Un an après la victoire du président aux saillies imprévisibles, plus qu\u2019autrement, la seule évocation du nom Trump provoque maintenant au Vermont soit un sourire narquois, soit un silence un peu gêné.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 TRUMP JEAN-FRANÇOIS NADEAU LE DEVOIR Le capitole de Montpelier, visible de tous les coins de la ville."]
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