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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2017-11-01, Collections de BAnQ.

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[" V O L .C V I I I N o 2 4 8 L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 1 E R N O V E M B R E 2 0 1 7 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S AUJOURD\u2019HUI Culture \u203a Hommage au grand p\u2019tit monde de Michel Tremblay.Le dramaturge reçoit le prix Gilles-Corbeil.Page B 10 Avis légaux.A 6 Décès.A 4 Météo.B 7 Mots croisés.B 7 Petites annonces .A 4 Sudoku.B 7 ?w w w .l e d e v o i r .c o m J E A N - F R A N Ç O I S N A D E A U L e 1er novembre 1987 décédait, chez lui, René Lévesque.Le 5 novembre, au passage de son cortège funéraire, les gens applaudissaient à tout rompre.Certaines bonnes âmes, habituées aux convenances prémoulées, se dirent choquées par un tel tumulte au passage d\u2019un mort.Il y avait pourtant dans cette réaction populaire spontanée quelque chose de bon enfant qui ne pouvait tromper quant à l\u2019affection profonde que suscitait René Lévesque dans la population.Trente ans après sa mort, quarante ans après la fondation du Mouvement TRENTE ANS APRÈS SA MOR T René Lévesque, ce qu\u2019il reste de son héritage JACQUES NADEAU LE DEVOIR René Lévesque photographié lors d\u2019un conseil national du Parti québécois Climat La planète se dirige vers la catastrophe Page A 3 Attentat au camion-bélier à New York Page A 3 L E M A R C O B É L A I R - C I R I N O M A R I E - M I C H È L E S I O U I I S A B E L L E P O R T E R à l\u2019Assemblée nationale L e grand patron de l\u2019Unité permanente anti- corruption (UPAC), Robert Lafrenière, défie le Parlement.Mardi après-midi, il n\u2019a ni offert d\u2019excuses ni déposé des accusations dans l\u2019affaire Ouellette, comme le lui avait pourtant expressément demandé le président de l\u2019Assemblée nationale, Jacques Chagnon, quelques heures plus tôt.« Je suis bien en selle, j\u2019ai une formidable équipe et je ne me sens pas du tout menacé », a lancé M.Lafrenière dans une sor tie médiatique exceptionnelle.Le député Guy Ouellette a été arrêté mercredi dernier dans le cadre d\u2019une enquête de ARRESTATION DE GUY OUELLETTE Accusez-le ou excusez-vous ! Le président de l\u2019Assemblée nationale tonne; l\u2019UPAC refuse de se soumettre JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le commissaire de l\u2019UPAC, Robert Lafrenière, a rencontré la presse en fin d\u2019après-midi, mardi, pour justifier l\u2019action de son organisation à l\u2019encontre d\u2019un membre de l\u2019Assemblée nationale.Quelques heures plus tôt, le premier ministre, Philippe Couillard, avait invité l\u2019UPAC à être un peu plus transparente et le président de l\u2019Assemblée nationale, Jacques Chagnon, avait vigoureusement défendu les droits des députés.H É L È N E B U Z Z E T T I Correspondante parlementaire à Ottawa L es prisonniers fédéraux ont faim.C\u2019est du moins la conclusion à laquelle arrive l\u2019enquêteur correctionnel du Canada, qui montre du doigt la refonte des cuisines carcérales effectuée sous le régime conservateur de Stephen Harper.La centralisation de la préparation des repas a certes réduit le coût des portions, mais celles-ci sont également réduites, moins soutenantes et moins goûteuses.L\u2019insatisfaction a tellement augmenté qu\u2019elle a conduit, dans le cas le plus extrême, à une émeute mortelle en Saskatchewan.Le Service correctionnel du Canada (SCC) a mis progressivement en place, dans le cadre du plan de réduction du déficit du précédent gouvernement, un système de « cuisson refroidissement».La nourriture consommée dans l\u2019établissement n\u2019est plus préparée sur place par les détenus eux-mêmes.Elle est plutôt apprêtée, jusqu\u2019à deux semaines d\u2019avance, dans des cuisines centralisées régionales, puis congelée et distribuée dans les établissements qui la réchaufferont.Le coût quotidien de la nourriture fournie à chaque détenu ne doit pas dépasser 5,41$.Chaque détenu reçoit un total de 2600 calories par jour, ce qui correspond, selon le Guide alimentaire du Canada, à l\u2019apport recommandé pour un homme peu actif de 31 à 50 ans.L\u2019apport recommandé pour les hommes de 18 à 30 ans varie plutôt de 2450 à 3300 calories, selon leur niveau d\u2019activité.Or la moyenne d\u2019âge dans les prisons canadiennes est de 37 ans, et les hommes de moins de 30 ans composent «la majeure partie de la population», selon l\u2019enquêteur correctionnel.Résultat : le niveau de tension a augmenté dans les établissements.« Le fait de jouer avec la nourriture de personnes af famées et frustrées peut avoir des conséquences néfastes involontaires », écrit l\u2019enquêteur correctionnel Ivan Zinger, qui signe ici son premier rapport annuel depuis sa nomination en janvier.«La nourriture [\u2026] est essentielle à la santé et PÉNITENCIERS Les détenus canadiens ne mangent pas à leur faim L\u2019enquêteur correctionnel juge que de petites portions risquent d\u2019engendrer de gros problèmes de sécurité VOIR PAGE A 10 : DÉTENUS VOIR PAGE A 10 : UPAC VOIR PAGE A 10 : LÉVESQUE Lire aussi \u203a L\u2019importance de surveiller la police.L\u2019éditorial de Robert Dutrisac.Page A 8 L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 1 E R N O V E M B R E 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 2 M A R I E - M I C H È L E S I O U I Correspondante parlementaire à Québec D ans la foulée du mouvement #MoiAussi, une coalition formée d\u2019une vingtaine d\u2019élus de divers par tis politiques du Québec et du Canada réclame dans une lettre ouverte des modifications à la loi québécoise des normes du travail, afin qu\u2019elle traite désormais de harcèlement sexuel.À côté des noms de la députée péquiste Catherine Fournier, du député caquiste Éric Lefebvre et du député néodé- mocrate Alexandre Boulerice figurent, entre autres, les signatures d\u2019associations étudiantes et de groupes de femmes du Québec.Au total, ils sont une soixantaine à mettre de la pression sur le gouvernement Couillard afin qu\u2019il modernise la Loi sur les normes du travail, qui n\u2019a pas connu de réforme majeure depuis 2002.« Maintenant obsolète, cette loi ne traite pas spécifiquement du harcèlement sexuel, ce qui rend plus dif ficile la dénonciation des violences pour les victimes », lit-on dans la lettre, dont « tous les par tis ont pris connaissance », selon la mar raine de la missive, Mélanie Lemay.La jeune femme, qui est l \u2019une des instigatrices du groupe Québec contre les violences sexuelles, dit avoir remarqué, « sur le terrain », que les dossiers de harcèlement sexuel en milieu de travail sont souvent étiquetés comme étant du harcèlement psychologique.« [Plusieurs] survivantes m\u2019ont expliqué comment ce qu\u2019elles ont vécu a été complètement ef facé, minimisé pour protéger la réputation de l\u2019institution ou [pour protéger] la personne qui a commis le geste, parce que c\u2019est un cadre ou une personne influente », a-t-elle relaté, plaidant pour la mise en place « d\u2019un processus d\u2019intervention clair, qui est distinct de ce qui peut se passer en harcèlement psychologique».La Loi sur les normes du travail ne contient aucune mention des violences sexuelles.La seule référence au harcèlement qu\u2019elle contient fait référence à celui qui est psychologique, et qui se rap- por te à des compor tements ou paroles « hostiles ou non désirés » portant atteinte à la dignité d\u2019un salarié.La ministre du Travail, Dominique Vien, a déjà annoncé en février son intention de réviser la loi.«Nous rédigeons un projet de loi, qui sera déposé d\u2019ici Noël», a attesté mardi son attaché de presse, Florent Tanlet.La question du harcèlement sexuel fait par tie de la réflexion, au même titre qu\u2019une série d\u2019autres sujets, a-t-il ajouté.Dans sa lettre ouverte sur les violences sexuelles, la coalition chapeautée par Mélanie Lemay demande aussi que soient déployés « des moyens concrets pour rendre nos environnements sociaux plus diversifiés », en plus de réclamer l\u2019analyse différenciée selon les sexes dans « les orientations et décrets gouvernementaux».Le Devoir HARCÈLEMENT SEXUEL Une modernisation des normes du travail réclamée par des élus PEDRO RUIZ LE DEVOIR Les deux organismes s\u2019entendent pour éviter l\u2019enfouissement des matières récupérées, même en solution temporaire.A L E X A N D R E S H I E L D S R ecyc-Québec et Éco Entreprises Québec affirment que les matières récupérées au Québec ne finiront pas au dépotoir, malgré la fermeture des frontières chinoises aux centaines de milliers de tonnes de matières récupérées par les citoyens québécois.Dans un communiqué conjoint publié mardi dans la foulée des révélations du Devoir sur la crise du recyclage, la société d\u2019État et le représentant des entreprises qui financent la récupération ont annoncé la mise sur pied d\u2019une «équipe coordonnée» pour trouver des solutions à la gestion des matières récupérées.Recyc-Québec et Éco Entreprises Québec (EEQ) s\u2019entendent dans un premier temps pour éviter l\u2019enfouissement des matières, «même en solution de dernier recours ou en \u201csolution temporaire\u201d ».Pour la présidente-direc- trice générale d\u2019EEQ, Maryse Vermette, il en va de la «confiance» des Québécois dans le système de recyclage.L\u2019objectif « principal » est toutefois de parvenir à améliorer la « qualité » du tri des matières dans les centres de tri de la province, de façon à pouvoir trouver de nouveaux acheteurs.Cela pourrait nécessiter des investissements en développement technologique, selon Mme Vermette.Qui plus est, on espère développer de nouveaux débouchés « locaux » pour les matières récupérées.En clair, on souhaite augmenter la part des matières qui sont recyclées au Québec.Un souhait également exprimé par la ministre de l\u2019Environnement, Isabelle Melançon.Il s\u2019agirait cependant d\u2019un changement de cap majeur puisque, à l\u2019heure actuelle, plus de 60 % des matières récupérées au Québec sont exportées pour être recyclées.Le Québec récupère chaque année plus de 800 000 tonnes de matières, dont 700 000 tonnes de papier et de carton.Le Devoir CRISE DU RECYCLAGE Recyc-Québec et Éco Entreprises Québec promettent des solutions Le mot-clic #MoiAussi a causé une vague de demandes d\u2019aide auprès des Centres d\u2019aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS) et du Service de police de la Ville de Montréal.Le dernier a reçu 426 appels en date du 30 octobre.Du nombre, 87 appels ont entraîné des ouvertures de dossiers d\u2019agressions sexuelles.Dans les CA- LACS du Québec, la hausse de nouvelles demandes a varié entre 100 % et 533 %, au cours de la période du 16 au 26 octobre.Les délais d\u2019attente pour obtenir des services ont atteint 18 mois dans certaines régions.« [Les CALACS] sont à bout de souf fle et n\u2019ont pas encore vu la couleur de l\u2019argent annoncé par la ministre David », a déclaré le Regroupement des CALACS, dans une référence à l\u2019aide d\u2019un million de dollars annoncée le 19 octobre par Québec.« Nous travaillons actuellement à la répartition des sommes en fonction des besoins », a assuré la ministre Lucie Charlebois, disant vouloir agir « rapidement ».Les centres d\u2019aide débordés L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 1 E R N O V E M B R E 2 0 1 7 ACTUALITES A 3 À l \u2019extérieur du Canada, c\u2019est sans doute en Espagne que Stéphane Dion s\u2019est fait le plus connaître durant ses deux décennies en politique fédérale.Sa Loi sur la clarté référendaire, conspuée par les souverainistes québécois, a longtemps servi d\u2019inspiration aux politiciens et aux consti- tutionnalistes espagnols qui redoutaient le chaos qui suivrait un référendum en Catalogne.M.Dion a maintes fois été invité à expliquer sa loi à des auditoires espagnols, et sa démarche fut appréciée tout autant par les autonomistes basques et catalans que par les partisans de l\u2019unité espagnole.Plusieurs auraient souhaité qu\u2019une telle loi fût en place avant le 1er octobre dernier.Pas plus tard que cette semaine, le chef du gouvernement autonomiste du Pays basque espagnol, Iñigo Urkullu, a vanté la clarté canadienne en ce qui concerne l\u2019accession à l\u2019indépendance d\u2019une province.«Le Québec a la capacité de décider de son propre avenir et de consulter sa société, a dit le président basque dans un discours devant le Conseil des relations internationales de Montréal.Je suis persuadé que, tôt ou tard, l\u2019Union européenne devra aborder une \u201cdirective sur la clarté\u201d pour répondre aux aspirations des dif férentes nations qui la composent.» Avant M.Urkullu, c\u2019était au tour du chef du Parti socialiste catalan, Miquel Iceta, de prôner la via canadiense et l\u2019adoption d\u2019une version espagnole de la Loi sur la clarté.Hélas ! La via canadiense constitue un pas que les chefs des principaux partis politiques espagnols au niveau national n\u2019ont jamais été prêts à franchir, pour la simple raison qu\u2019elle reconnaît la divisibilité du pays.Alors que la Loi sur la clarté canadienne est surtout perçue par les souverainistes québécois comme un carcan qui complique l\u2019accession à l\u2019indépendance, il faut plutôt retenir que le Canada demeure l\u2019un des seuls pays qui se considèrent comme divisibles.À la différence de plusieurs autres pays, dont l\u2019Espagne, le gouvernement canadien reconnaît le droit d\u2019une province de tenir un référendum consultatif sur son appartenance ou non à la fédération.L\u2019Espagne, la France, les États-Unis et l\u2019Australie (ces deux derniers étant, comme le Canada, des États fédéraux) se sont tous déclarés d\u2019une manière ou d\u2019une autre indivisibles.Cela ne veut pas dire pour autant que le Canada se plierait aisément à la volonté des Québécois de se séparer suivant un Oui lors d\u2019un prochain référendum.On sait bien que M.Dion n\u2019est pas entré en politique pour faciliter la vie des souverainistes québécois.S\u2019il a concédé que le Canada, suivant le renvoi à la Cour suprême en la matière, serait dans l\u2019obligation de négocier avec le gouvernement du Québec ad- venant une majorité claire pour le Oui, il a toujours insisté pour dire que « l\u2019obligation de négocier n\u2019équivaut pas à une obligation de résultat ».Le premier ministre Justin Trudeau, qui cherchait depuis des semaines à éviter de se prononcer sur le référendum en Catalogne, a cer tes été soulagé de voir les leaders mondiaux, les uns après les autres, appuyer Madrid dans sa volonté de refouler les indépendantistes catalans.La réaction des chefs de gouvernement étrangers aux développements en Catalogne valide ainsi l\u2019argument des fédéralistes canadiens selon lequel toute démarche québécoise vers la souveraineté doit respecter le cadre constitutionnel existant.La séparation d\u2019une province nécessiterait une modification de la Constitution canadienne, suivant la formule d\u2019amendement en place, sans quoi la communauté internationale ne reconnaîtrait jamais l\u2019indépendance du Québec.L\u2019empressement avec lequel les leaders européens ont dénoncé la déclaration unilatérale d\u2019indépendance faite vendredi par le Parlement catalan en dit long.« J\u2019ai un interlocuteur en Espagne et c\u2019est le premier ministre Rajoy, a déclaré le président français, Emmanuel Macron.Il y a un État de droit en Espagne, avec des règles constitutionnelles.Il veut les faire respecter et il a mon plein soutien.» Même l\u2019Estonie, qui a retrouvé son indépendance en 1991 après la chute de l\u2019Union soviétique, a dit soutenir « l\u2019intégrité territoriale et l\u2019unité de l\u2019Espagne».C\u2019est seulement après que presque tous les autres leaders de la planète se furent exprimés que M.Trudeau a finalement déclaré, vendredi dernier, que « le Canada reconnaît une Espagne unie ».Bien que ce soit une façon gentille de dire qu\u2019il ne reconnaît pas la déclaration unilatérale d\u2019indépendance de la Catalogne, le message d\u2019Ottawa demeure le même que celui que M.Dion a toujours livré.Au lieu de renforcer l\u2019argument des souverainistes selon lequel le monde reconnaîtrait une déclaration unilatérale d\u2019indépendance du Québec si les négociations avec Ottawa après un Oui achoppaient, ce qui vient de se passer en Catalogne validerait plutôt la thèse contraire.La position d\u2019Ottawa que le Québec ne pourrait devenir souverain qu\u2019en respectant la Constitution canadienne se voit ainsi renforcée.Le gouvernement Trudeau a pu craindre que le référendum catalan ne donne raison aux sou- verainistes québécois.Il vient plutôt de discréditer la voie unilatéraliste.M.Dion ne peut qu\u2019être satisfait.Les voies espagnole et canadienne KONRAD YAKABUSKI A L E X A N D R E S H I E L D S D eux ans après la conclusion de l\u2019Accord de Paris sur le climat, l\u2019enthousiasme fait place à un constat indéniable : la faiblesse des engagements en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre conduit la planète vers des bouleversements climatiques catastrophiques.Les Nations unies pressent donc les pays, dont le Canada, à en faire beaucoup plus, et maintenant.« Un an après l\u2019entrée en vigueur de l\u2019Accord de Paris, nous nous retrouvons dans une situation où les ef forts sont encore insuf fisants pour éviter un avenir misérable à des centaines de millions de personnes», a déploré mardi le directeur exécutif du Programme des Nations unies pour l\u2019environnement (PNUE), Erik Solheim.Si les mots utilisés sont sévères, les données scientifiques publiées par le PNUE à quelques jours du début de la 23e Conférence des parties (COP23) semblent lui donner raison.À supposer que les États qui ont pris des engagements «volontaires » tiennent parole, le climat mondial se réchauffera d\u2019au moins 3 °C d\u2019ici 2100.C\u2019est le double de ce que les scientifiques estiment sécuritaire pour éviter les pires effets des bouleversements climatiques.Ce nouveau rapport démontre aussi que plus le temps passe, plus la possibilité d\u2019éviter la catastrophe diminue.Selon ce qu\u2019a indiqué M.Solheim, « les engagements actuels des États couvrent à peine un tiers des réductions d\u2019émissions nécessaires » pour maintenir le réchauffement sous les 2 °C, soit l\u2019objectif minimal fixé dans le cadre de l\u2019Accord de Paris.L\u2019ONU évoque d\u2019ailleurs un « écart inquiétant » entre ce que la communauté internationale s\u2019est engagée à faire et ce qu\u2019il faut faire pour protéger le climat terrestre.La révision des engagements nationaux, prévue en 2020 par l\u2019Accord de Paris, sera « la dernière occasion» de trouver la bonne trajectoire pour 2030 : sinon, « il est extrêmement improbable » que le monde reste sous 2 °C.En fait, sans effort supplémentaire, l\u2019humanité aura consommé 80 % de son « budget carbone » en 2030, c\u2019est-à-dire la quantité de CO2 qu\u2019elle peut encore relâcher dans l\u2019atmosphère sans dépasser 2 °C de réchauffement.Elle aura alors épuisé la totalité du budget lui permettant de ne pas aller au-delà de 1,5 °C.Certes, les émissions de CO2 issues des énergies fossiles se sont stabilisées depuis 2014.Mais il faudrait les réduire radicalement, alors que la concentration dans l\u2019atmosphère de ce gaz persistant a atteint son niveau le plus élevé en 800 000 ans, selon un rapport publié lundi par l\u2019Organisation météorologique mondiale.Les émissions de méthane, un gaz à effet de serre au moins 30 fois plus puissant que le CO2, ne cessent en outre de croître.Et le réchauffement global entraînera aussi une fonte accélérée du pergélisol des régions nordiques, ce qui devrait libérer des quantités importantes de méthane.Pour le moment, cet apport de gaz à effet de serre n\u2019est toutefois pas pris en compte dans les calculs du réchauffement.Urgence d\u2019agir «Dans le cas de figure où les États-Unis donneraient suite à leur intention déclarée de quitter l\u2019Accord de Paris en 2020, le scénario pourrait se révéler encore plus sombre », prévient par ailleurs le PNUE.Le pays est le deuxième émetteur de gaz à effet de serre de la planète, derrière la Chine.Le PNUE presse donc les États de rehausser significativement leurs ambitions, en pointant directement les membres du G20, qui représentent près de 75 % des émissions mondiales.Dans ce contexte, le Canada devra en faire plus, selon les Nations unies.À l\u2019heure actuelle, le gouvernement Trudeau a promis de réduire de 30% les émissions canadiennes d\u2019ici 2030, par rapport à 2005.Il s\u2019agit d\u2019une cible qui avait été fixée sous le gouvernement de Stephen Harper.Pour l\u2019atteindre, le fédéral devra toutefois s\u2019assurer que toutes les mesures du Cadre pan- canadien sur la croissance propre et les changements climatiques soient pleinement mises en œuvre.Les libéraux reconnaissent aussi qu\u2019il faudra instaurer des « mesures additionnelles » pour respecter cette cible, jugée insuffisante par les groupes environnementaux.Le rapport du PNUE met justement en lumière des mesures à prendre pour lutter contre les changements climatiques, dont la nécessité d\u2019accélérer le développement des énergies renouvelables, de réduire la déforestation et de miser sur des transports écoénergétiques.Dans un microbillet publié lundi, le secrétaire général des Nations unies, Antonio Gu- terres, réaffirmait l\u2019urgence de l\u2019«action climatique» en affirmant sans détour : «Nous sommes en train de tuer notre planète.» Le Devoir RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE Un rapport de l\u2019ONU donne froid dans le dos La cible des 2° C sera hors de portée à moins d\u2019un effort important des pays CRAIG RUTTLE ASSOCIATED PRESS Des policiers surveillent la scène où un homme au volant d\u2019une camionnette a volontairement fauché des cyclistes, à New York.N ew York \u2014 Au moins huit personnes ont perdu la vie et onze autres ont été grièvement blessées, mardi, lorsqu\u2019un homme au volant d\u2019une camionnette a foncé sur une piste cyclable très fréquentée de Manhattan, un acte qualifié de terroriste par les autorités.Il s\u2019agit de l\u2019attentat le plus meurtrier à New York depuis le 11 septembre 2001.Les faits se sont passés juste après 15 h le long de la rivière Hudson, où se pressaient beaucoup de passants s\u2019apprêtant à participer au grand défilé d\u2019Halloween qui se tient chaque année dans Greenwich Village.La camionnette, louée auprès de Home Depot, aurait emprunté la piste cyclable sur la rue West sur près d\u2019un kilomètre, renversant plusieurs cyclistes, avant d\u2019entrer en collision avec un autobus scolaire et de s\u2019arrêter, a expliqué le chef de la police James O\u2019Neill.Deux adultes et deux enfants auraient été blessés à bord du bus.Le chauffeur de la camionnette est alors sorti du véhicule, armé d\u2019un fusil à air comprimé et d\u2019un fusil de paintball.Le suspect a à ce moment crié «Allahou Akbar» («Dieu est grand»), ont confirmé les autorités.Les policiers lui ont tiré dessus et l\u2019ont appréhendé.L\u2019homme a été touché à l\u2019abdomen et a dû être hospitalisé.Il devrait sur vivre à ses blessures, ont indiqué les autorités.Après la fusillade, de nombreux parents inquiets se précipitaient à la sortie des écoles qui avaient été fermées plus tôt que d\u2019habitude, l\u2019attaque ayant été perpétrée à proximité de plusieurs établissements scolaires.Au moment d\u2019écrire ces lignes, on apprenait que des ressortissants argentins et un Belge figurent parmi les victimes.Cas de terrorisme Une source proche de l\u2019enquête a révélé que le suspect se nommerait Sayfullo Saipov.Il s\u2019agirait d\u2019un homme âgé de 29 ans, originaire d\u2019Ouzbékistan, arrivé aux États-Unis en 2010.Plusieurs médias américains, dont le New York Times et CNN, ont rapporté qu\u2019une note rédigée à la main attestant de l\u2019allégeance du suspect au groupe armé État islamique (EI) a été trouvée dans la camionnette de location.«C\u2019était un acte de terrorisme particulièrement lâche visant des civils innocents », a déclaré le maire démocrate Bill de Blasio lors d\u2019une conférence de presse sur les lieux de l\u2019attaque, au sud- ouest de Manhattan, non loin du mémorial érigé en mémoire des victimes du 11-Septembre.Le maire a demandé aux citoyens d\u2019être plus vigilants que d\u2019habitude et de signaler toute anomalie.Le président Donald Trump a qualifié l\u2019auteur du crime de « personne très malade et déséquilibrée» sur Twitter.S\u2019il se confirmait que le suspect était un sympathisant djihadiste, ce serait la première attaque islamiste sur le sol américain depuis qu\u2019il a été élu à la Maison- Blanche, promettant plus de fermeté face à l\u2019islamisme radical.Le gouverneur de l\u2019État de New York, Andrew Cuomo, a pour sa part qualifié le suspect de « loup solitaire ».Selon lui, aucune preuve n\u2019indique qu\u2019il serait impliqué dans un complot de plus grande envergure.Solidarité internationale Partout dans le monde, les villes sont sur un pied d\u2019aler te à la suite d\u2019attaques commises avec une voiture-bélier, dont plusieurs ont été revendiquées par le groupe EI.L\u2019attaque de mardi survient cinq mois après qu\u2019un ancien militaire a lancé sa voiture à toute allure sur le trottoir à Times Square, tuant une jeune femme et blessant 22 autres personnes, le 22 mai dernier.Plusieurs dirigeants européens, à commencer par le Français Emmanuel Macron et la Britannique Theresa May, qui ont connu plusieurs attentats sur leur sol, ont manifesté leur solidarité mardi soir.«Horrifiée par cette lâche attaque, mes pensées vont vers tous ceux qui ont été touchés, ensemble nous vaincrons le terrorisme », a tweeté la première ministre britannique.« J\u2019exprime l\u2019émotion et la solidarité de la France à New York et aux États-Unis», a déclaré Emmanuel Macron.Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, a pour sa part exprimé ses condoléances aux familles des victimes.«Nous surveillons attentivement la situation à New York», a-t-il précisé sur Twitter.D\u2019après l\u2019Agence France-Presse et Associated Press Le Devoir ATTENTAT À NEW YORK Au moins huit morts et onze blessés Il s\u2019agit de l\u2019attaque la plus meurtrière dans la Grosse Pomme depuis le 11 septembre 2001 Lire aussi \u203a Catastrophe annoncée.L\u2019éditorial de Guy Taillefer.Page A 8 Avec la construction du nouveau pont Champlain, l\u2019accès au futur Réseau électrique métropolitain (REM) et le développement de projets immobiliers de plus de 2 milliards, la municipalité de Brossard, au sud de Montréal, deviendra plus que jamais un pôle incontournable de la région métropolitaine.Et dimanche, celui ou celle qui obtiendra les clés de la Ville aura le pouvoir d\u2019en façonner le visage pour les années à venir.K A R L R E T T I N O - P A R A Z E L L I E n 2006, l\u2019ouver ture du quar tier DIX30 a marqué le début d\u2019un développement sans précédent à Brossard.En dix ans, ce centre commercial situé à l\u2019intersection des autoroutes 10 et 30, construit sur d\u2019anciennes terres agricoles, a permis à la municipalité d\u2019attirer les investissements et de faire croître sa population de 20%.Mais ce n\u2019est qu\u2019un début.De l\u2019autre côté de l\u2019autoroute 10, le projet Solar Uniquartier, qui représente un investissement de 1,3 milliard, pourrait devenir le « nouveau centre-ville de la Rive-Sud » avec ses 2600 unités résidentielles, ses espaces commerciaux et sa place publique, selon le promoteur Devimco.Ce quartier aura accès à l\u2019une des stations du futur REM, qui devrait entrer en service de manière progressive dès 2020, tandis qu\u2019un autre projet de 2000 logements, évalué à 800 millions, devrait voir le jour à proximité de la station Panama, à quelques kilomètres de là.Sans compter le nouveau pont Champlain, qui devrait être livré au plus tard à l\u2019été 2019.«Brossard est vraiment à la croisée des chemins, constate le candidat à la mairie de Brossard Hoang Mai.Je pense que les décisions qu\u2019on va prendre dans les quatre prochaines années pourront avoir un impact sur les 100 prochaines.» Développement contrôlé «Brossard vit une situation qui va être enviée par toutes les villes du Québec.Il faut saisir cette opportunité », affirme la candidate Doreen As- saad, qui a quitté l\u2019équipe du maire sortant, Paul Leduc, pour fonder son propre parti.Le développement de nouveaux projets est une bonne nouvelle, dit-elle, mais à condition de limiter la congestion routière.« Il y a des goulots d\u2019étranglement pour les citoyens du secteur du DIX30, af firme-t-elle.Certains disent que c\u2019est un cauchemar.» Elle s\u2019engage donc à faire pression sur Québec, sur les promoteurs et sur les responsables du transport collectif pour éviter que les habitants vivent des années de calvaire.L\u2019ancien maire de Brossard Jean- Marc Pelletier fait le même constat, jugeant que les problèmes de circulation sont déjà « énormes ».Le candidat à la mairie promet d\u2019engager des firmes spécialisées pour trouver des solutions concrètes.Hoang Mai, lui, ne veut pas « répéter les erreurs du passé» en créant de nouveaux îlots de chaleur.Il promet un développement durable, en tenant compte de l\u2019environnement, des familles et des plus démunis.« Ç\u2019a été complètement mis de côté par l\u2019administration actuelle, soutient-il.C\u2019est bien de développer des centres commerciaux, mais il ne faut pas oublier les citoyens.» En quête de son sixième mandat à la mairie de Brossard, Paul Leduc reste de marbre face aux critiques.À 80 ans, il a toujours la volonté de poursuivre le développement amorcé depuis son retour à l\u2019hôtel de ville, en 2009.«C\u2019est assez extraordinaire, ce qui se passe à Brossard, souligne-t-il.Ce n\u2019est pas d\u2019hier qu\u2019on travaille sur ces pro- jets-là.[\u2026] Ce n\u2019est pas de l\u2019improvisation, au contraire.» Enjeux éthiques Mis à part les projets d\u2019envergure et les dossiers qui sont sur la table depuis des années, comme l\u2019avenir du boulevard Taschereau, les quatre candidats à la mairie font surtout campagne sur le thème de l\u2019éthique.Le plus récent mandat de Paul Leduc a été marqué par une vague de départs au sein de l\u2019administration municipale, par des soupçons d\u2019ingérence des élus dans le travail des fonctionnaires et par deux enquêtes en déontologie de la Commission municipale du Québec (CMQ).Même si M.Leduc vient d\u2019être blanchi par la CMQ dans un des deux dossiers qui l\u2019impliquent, il demeure la cible de ses adversaires.«C\u2019est une campagne de salissage qui a débuté il y a un an, lancée par des gens qui n\u2019ont pas de réalisations, se défend-il.Il n\u2019y a aucune accusation déposée contre moi, et il n\u2019y en aura pas.» Jean-Marc Pelletier, qui insiste lui aussi sur l\u2019importance de l\u2019intégrité, est quant à lui sur la sellette depuis la publication d\u2019articles qui mettent en doute son éligibilité au poste de maire en raison de son lieu de résidence.Il habite à Montréal depuis 2012 et a acheté un « pied-à- terre » à Brossard il y a un an et demi, ce qui pourrait contrevenir à la Loi électorale.« Je respecte la loi intégralement, complètement et entièrement», répond-il.Le Devoir Brossard, la ville «à la croisée des chemins » Le choix du prochain maire pourrait être déterminant pour l\u2019avenir de la municipalité L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 1 E R N O V E M B R E 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 4 ÉLECTIONS MUNICIPALES JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le développement de nouveaux projets est une bonne nouvelle, mais à condition de limiter les impacts environnementaux, rappellent des candidats à la mairie.Le quartier DIX30 a fait croître la population de 20%.Et ce n\u2019est qu\u2019un début.J E A N N E C O R R I V E A U Si les Montréalais la choisissent comme mai- resse dimanche prochain, Valérie Plante promet d\u2019inviter des élus de l\u2019opposition dans son comité exécutif.La chef de Projet Montréal avait déjà annoncé que son comité exécutif serait paritaire si elle était portée au pouvoir.Un engagement qu\u2019a aussi pris son adversaire, Denis Coderre.Mais lorsque questionnée, plus tôt dans la campagne, au sujet de l\u2019accueil d\u2019élus de l\u2019opposition dans son comité exécutif advenant sa victoire, Valérie Plante s\u2019était montrée évasive.« On va commencer par gagner les élections, mais assurément, il y a un vent nouveau qui souffle sur l\u2019Hôtel de Ville », avait-elle indiqué.Mardi, l\u2019aspirante mairesse a précisé sa position, affirmant qu\u2019elle s\u2019engageait désormais à accueillir des membres de l\u2019opposition au sein de son comité exécutif.Elle a dit vouloir instaurer de nouvelles pratiques à l\u2019Hôtel de Ville afin de rendre la vie démocratique «plus représentative de la population montréalaise».Elle entend aussi maintenir le vote libre dans son parti, faisant remarquer au passage qu\u2019en quatre ans, les élus d\u2019Équipe Denis Coderre ont toujours voté en bloc au conseil municipal.L\u2019aspirante mairesse dit aussi vouloir « renforcer » le rôle des commissions.Une coalition de candidats?Rappelons qu\u2019à la suite de son élection en 2013, Denis Coderre avait accueilli des élus des partis d\u2019opposition dans son comité exécutif, soit Russell Copeman, Réal Ménard et Elsie Le- febvre, qui avaient été élus sous la bannière de Coalition Montréal.Projet Montréal n\u2019avait cependant reçu aucune invitation.En novembre 2014, c\u2019était au tour de Richard Bergeron, ancien chef de Projet Montréal devenu conseiller indépendant, d\u2019accéder au comité exécutif.Denis Coderre n\u2019a pas pris d\u2019engagement pour la formation de son comité exécutif s\u2019il est repor té au pouvoir dimanche.« Notre équipe se concentre sur les élections du 5 novembre», a indiqué son attachée de presse Noémie Brière-Marquez.«Nous avons une équipe forte qui est une véritable coalition avec des candidats et des candidates qui viennent de différents partis.» Elle a précisé qu\u2019Équipe Denis Coderre était composée de candidats possédant de l\u2019expérience dans le secteur de l\u2019économie, du développement social, de l\u2019environnement : « Plusieurs de ces personnes seraient très compétentes pour por ter la charge d\u2019un dossier au comité exécutif.» Le Devoir MONTRÉAL Valérie Plante inviterait des élus de l\u2019opposition dans son comité exécutif Erreur dans le recensement linguistique: Statistique Canada s\u2019explique en comité Ottawa \u2014 Statistique Canada avait «détecté certains changements» dans les données sur la langue à l\u2019étape de la validation, mais «n\u2019a pas, à ce moment-là, capté» qu\u2019il aurait fallu procéder à une révision avant de diffuser les données linguistiques qui ont provoqué un tollé au Québec.«Je sais ce qui s\u2019est produit.Mais comment on a manqué cette erreur-là, c\u2019est cette partie que je ne sais pas encore», a lâché devant les députés du comité permanent sur les langues officielles Marc Hamel, directeur général du programme du recensement.L\u2019agence fédérale avait déjà fait son mea culpa en août dernier, expliquant que l\u2019erreur avait été causée par le logiciel de compilation de données.Celui-ci a inversé les réponses dans des formulaires en français d\u2019environ 61 000 personnes, dont environ 57 000 au Québec.La Presse canadienne Doreen Assaad (Brossard ensemble) Gel de l\u2019impôt foncier jusqu\u2019en 2020 Création d\u2019un poste de protecteur du citoyen Adoption d\u2019une norme anticorruption Hoang Mai (indépendant) Gel de l\u2019impôt foncier jusqu\u2019en 2020 Aménagement d\u2019un nouveau parc le long du fleuve Saint-Laurent Élimination de la « taxe Bienvenue » pour les acheteurs qui restent à Brossard Paul Leduc (Priorité Brossard) Gel de l\u2019impôt foncier jusqu\u2019en 2020 Création d\u2019un nouveau centre pour les entreprises émergentes Création d\u2019un comité citoyen sur la ville intelligente Jean-Marc Pelletier (Renouveau Brossard) Baisse de l\u2019impôt foncier de 5 % Abolition des primes versées aux conseillers municipaux Élimination de la « taxe Bienvenue » pour les acheteurs qui restent à Brossard Principaux engagements des candidats L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 1 E R N O V E M B R E 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 5 notreplan.gouv.qc.ca Grâce au secteur maritime, créer plus de 8000 emplois Au cœur du plan économique CPE: menace de débrayage de trois jours des éducatrices Les éducatrices en centre de la petite enfance (CPE) syndiquées à la CSN menacent de tenir trois jours de grève les 7, 8 et 9 novembre prochains si l\u2019impasse persiste dans les négociations en cours avec le ministère de la Famille du Québec.«Le 1er novembre, les employés sont invités à porter un autocollant avec les dates de grève», indique un courriel transmis à des parents mardi.Cette annonce survient au lendemain d\u2019une journée de débrayage tenue par plus de 11 000 éducatrices et à la veille d\u2019une rencontre entre les parties.Les salaires et les régimes de retraite sont au cœur des négociations.Les éducatrices, sans contrat de travail depuis deux ans et demi, ont voté à 94 % pour tenir six jours de grève.Le Devoir H É L È N E B U Z Z E T T I Correspondante parlementaire à Ottawa L\u2019 affaire Morneau continue d\u2019animer les débats à la Chambre des communes.Et elle est en train de se transformer en guerre de numéros.De sociétés à numéro.Devant les députés de l\u2019opposition qui le harcèlent jour après jour pour connaître la nature des activités de ses sociétés enregistrées, le ministre des Finances a répliqué mardi en servant la même médecine à ses tourmenteurs.La déclaration de Bill Morneau à la commissaire aux conflits d\u2019intérêts et à l\u2019éthique, Mary Dawson, fait état de sept sociétés n\u2019ayant pour tout nom qu\u2019un numéro.C\u2019est par l\u2019une d\u2019elles que le ministre possède une villa en France et par deux autres qu\u2019il possède ses actions dans l\u2019entreprise familiale Morneau Shepell.Les quatre restantes \u2014 des sociétés de portefeuille immobilier \u2014 sont détenues en partenariat avec quatre sœurs.Il s\u2019agirait de condos en Floride.En fait, la commissaire Dawson connaît la nature précise des activités de ces sociétés.Ces informations ne sont simplement pas de nature publique.L\u2019opposition veut faire germer dans l\u2019esprit des électeurs l\u2019idée que ces sociétés abritent peut-être des activités commerciales plaçant le ministre en conflit d\u2019intérêts.D\u2019où le recours à cette tactique quotidienne consistant à égrainer les numéros des sociétés comme s\u2019il s\u2019agissait d\u2019un mystérieux code.«Peut-il dévoiler ses actifs cachés dans la compagnie à numéro 2254165?» a lancé le député conservateur Alain Rayes mardi.Il a été suivi par plusieurs autres.Conflit d\u2019intérêts Excédé, le ministre Morneau a répliqué.«Moi aussi, je peux jouer à ce jeu de bingo.» Il a alors entrepris d\u2019énumérer les sociétés à numéro enregistrées au nom de députés conservateurs.Selon ses calculs, ils sont 21 élus de l\u2019opposition à en détenir.Les conservateurs ont répliqué en disant qu\u2019ils ne rédigent pas, eux, les lois.Conservateurs et néodémocrates estiment que M.Morneau s\u2019est placé en conflit d\u2019intérêts en parrainant le projet de loi C-27, qui autorise les employeurs à créer des régimes de retraite à prestations cibles, moins coûteux que ceux à prestations déterminées.L\u2019opposition estime que C-27 pourrait un jour augmenter le chiffre d\u2019affaires de l\u2019entreprise familiale Morneau Shepell, spécialisée dans les ressources humaines.Cette dernière s\u2019en est défendue, plaidant que le changement proposé par C-27 a déjà été fait dans plusieurs provinces sans que les employeurs s\u2019en prévalent en masse.Comme M.Morneau détenait ses actions dans Morneau Shepell de manière indirecte, il n\u2019était pas tenu par la loi de les placer dans une fiducie sans droit de regard.Devant le tollé provoqué par cette révélation, il a annoncé qu\u2019il créerait une telle fiducie, que celle- ci aurait ordre de vendre ses actions et que tout profit éventuel serait versé à un organisme de charité.M.Morneau avait déjà vendu la moitié de ses parts dans Morneau Shepell en décembre 2015 et versé les 4,5 millions de profit à un organisme de bienfaisance, a révélé le National Post mardi.Le Devoir ÉTHIQUE Bingo à la Chambre des communes Bill Morneau et l\u2019opposition s\u2019attaquent à coups de sociétés à numéro ADRIAN WYLD LA PRESSE CANADIENNE Excédé par les attaques de l\u2019opposition, le ministre Bill Morneau a entrepris d\u2019énumérer les sociétés à numéro enregistrées au nom de députés conservateurs.Caribou forestier : aucun plan de protection, déplore Ottawa Le caribou forestier poursuit son déclin partout au pays, y compris au Québec, constate Environnement Canada.Le fédéral souligne d\u2019ailleurs qu\u2019aucune province n\u2019a élaboré les plans de protection nécessaires pour freiner la destruction de l\u2019habitat essentiel de cette espèce menacée de disparition.«Certains progrès ont été réalisés dans le rétablissement du caribou boréal, mais après cinq ans, la population globale de l\u2019espèce continue son déclin à cause de l\u2019augmentation des perturbations de son habitat», peut-on lire dans le résumé du premier rapport d\u2019étape sur la mise en œuvre du programme fédéral de rétablissement de l\u2019espèce, publié mardi.«Il faut en faire davantage pour favoriser le rétablissement du caribou boréal, y compris en mettant en place des plans par aires de répartition, ou documents similaires, robustes», ajoutent les auteurs du document.Le Devoir JACQUES NADEAU LE DEVOIR L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 1 E R N O V E M B R E 2 0 1 7 A 6 A V I S L É G A U X E T A P P E L S D \u2019 O F F R E S RÈGLEMENT NO.4 \u2013 RÈGLEMENT CONCERNANT LES NORMES DE SÉCURITÉ ET DE COMPORTEMENT DES PERSONNES DANS LE MATERIEL ROULANT ET LES IMMEUBLES EXPLOITÉS PAR OU POUR LE RÉSEAU DE TRANSPORT MÉTROPOLITAIN (Loi sur le Réseau de transport métropolitain, R.L.R.Q., c.R-25.01, a.72) RÈGLEMENT NO.4 \u2013 RÈGLEMENT CONCERNANT LES NORMES DE SÉCURITÉ ET DE COMPORTEMENT DES PERSONNES DANS LE MATERIEL ROULANT ET LES IMMEUBLES EXPLOITÉS PAR OU POUR LE RÉSEAU DE TRANSPORT MÉTROPOLITAIN (Loi sur le Réseau de transport métropolitain, R.L.R.Q., c.R-25.01, a.72) Le présent Règlement No.4 - Règlement concernant les normes de sécurité et de comportement des personnes dans le matériel roulant et les immeubles exploités par ou pour le Réseau de transport métropolitain (le « Réseau »), a été adopté par le conseil d\u2019administration du Réseau le 14 septembre 2017 par voie de résolution no.17-CA(RTM)-95.Il modifie et met à jour la version précédente du Règlement No.4 du Réseau adopté le 29 mai 2017 et intitulé « Règlement No.4 - Règlement concernant les normes de sécurité et de comportement sur le réseau de trains de banlieue ».Le présent Règlement No.4 entre en vigueur le 1er novembre 2017.PRÉAMBULE Le Réseau, AYANT RÉSOLU : DE S\u2019ENGAGER à agir proactivement dans une perspective d\u2019amélioration continue de ses services et de l\u2019expérience client ; DE PROMOUVOIR la sécurité de sa clientèle, de ses employés et du public en général ; D\u2019ENCOURAGER sa clientèle à faire preuve de civisme et de respect afin d\u2019entretenir des relations harmonieuses pour tous à bord de son matériel roulant et dans ses immeubles ; DE MAINTENIR un climat sain et sécuritaire afin de rendre l\u2019expérience de sa clientèle plus agréable ; DE RÉDUIRE ET D\u2019ÉLIMINER, dans la mesure du possible, les comportements inacceptables ; D\u2019HARMONISER ses règles en matière de sécurité et de comportement des personnes avec celles des autres exploitants afin que des règles semblables soient applicables à tous les usagers, peu importe le service de transport qu\u2019ils utilisent ; IL EST STATUÉ ET DÉCRÉTÉ COMME RÈGLEMENT NO.4 DU RÉSEAU CE QUI SUIT : SECTION I \u2013 DÉFINITIONS 1.Dans le présent règlement, à moins que le contexte n\u2019indique un sens différent, on entend par : a) « aire de contrôle d\u2019une gare » : les quais, corridors, escaliers, aires d\u2019attente ou tout autre espace à l\u2019intérieur des limites indiquées par signalisation ou par marquage au sol.b) « chien-guide » ou « chien d\u2019assistance » : le chien entraîné pour guider ou assister une personne handicapée.c) « gare » : toute construction, superficie ou volume, autre qu\u2019un stationnement, dont le Réseau est propriétaire ou qu\u2019il exploite, notamment comme locateur, locataire ou autrement, à l\u2019occasion ou pour l\u2019opération d\u2019un système de transport par train, y compris les aires, corridors et couloirs en permettant l\u2019accès, la sortie ou l\u2019évacuation des personnes.d) « immeuble » : un stationnement, un terminus, une gare ou tout autre bâtiment ou immeuble dont le Réseau est propriétaire ou qu\u2019il exploite, notamment comme locateur, locataire ou autrement, y compris tout kiosque, chemin, quai, aire de manœuvre, aire de contrôle, aire d\u2019attente, billetterie, centre de service à la clientèle ou autre bâtiment afférent à ce bâtiment ou cet immeuble ; au sens du présent règlement, est assimilé à un immeuble : un abri, un abri-vélo, un abribus ou un poteau de signalisation.e) « inspecteur » : une personne autorisée à agir comme inspecteur en vertu de l\u2019article 69 de la Loi sur le Réseau de transport métropolitain.f) « matériel roulant » : un autobus, un minibus, un midibus, une voiture de train ou tout autre véhicule utilisé pour le transport de personnes, par ou pour le Réseau, y compris tout véhicule utilisé pour le transport adapté et tout véhicule utilisé par un préposé du Réseau.g) « personne handicapée » ou « handicapé » : toute personne qui souffre d\u2019un handicap au sens du paragraphe g) de l\u2019article 1 de la Loi assurant l\u2019exercice des droits des personnes handicapées (R.L.R.Q., c.E-20.1).h) « préposé » : i) un employé ou un représentant du Réseau ; ii) une personne autorisée à agir comme inspecteur en vertu de l\u2019article 69 de la Loi sur le Réseau de transport métropolitain ; ou iii) un employé d\u2019une entreprise affecté à l\u2019opération du matériel roulant dans l\u2019exercice de ses fonctions d\u2019opération.i) « Réseau » : le Réseau de transport métropolitain.j) « terminus » : toute construction, superficie ou volume, autre qu\u2019un stationnement, dont le Réseau est propriétaire ou qu\u2019il exploite, notamment comme locateur, locataire ou autrement, à l\u2019occasion ou pour l\u2019opération d\u2019un système de transport par autobus, y compris les aires, corridors et couloirs en permettant l\u2019accès, la sortie ou l\u2019évacuation des personnes.SECTION II - CHAMP D\u2019APPLICATION 2.Le présent règlement établit les normes de sécurité et de comportement des personnes dans le matériel roulant et les immeubles exploités par ou pour le Réseau.SECTION III - DISPOSITIONS GÉNÉRALES 3.Sous réserve de la loi et des règlements, toute personne a le droit d\u2019utiliser le réseau de transport en commun du Réseau dans le confort et la sécurité.Sous-section I \u2013 Civisme 4.Dans ou sur un immeuble ou du matériel roulant, il est interdit à toute personne : a) d\u2019adopter tout comportement ayant pour effet de gêner ou d\u2019entraver la libre circulation d\u2019une ou des personnes ; b) d\u2019adopter tout comportement ayant pour effet de mettre en péril la sécurité d\u2019une ou des personnes ou du matériel roulant ; c) de se coucher ou de s\u2019étendre sur un banc, sur un siège ou sur le sol, s\u2019asseoir sur le sol ou occuper la place de plus d\u2019une personne ; d) de poser un pied sur un banc ou un siège ou d\u2019y placer un objet ou une substance susceptible de le souiller ; e) de désobéir à une directive ou un pictogramme, affiché par le Réseau ; f) de refuser de circuler lorsque requis de ce faire par un préposé ; g) à moins d\u2019autorisation, de consommer ou d\u2019avoir un objet ouvert contenant des boissons alcoolisées ; h) de retarder ou de nuire au travail d\u2019un préposé du Réseau ; i) de crier, de clamer, de se livrer à une altercation ou à toute autre forme de tapage ; j) d\u2019avoir sur soi ou avec soi un couteau, une épée, une machette, une hache ou autre objet similaire, sans excuse raisonnable ; k) de faire usage d\u2019un pointeur au laser ou autre objet similaire ; l) d\u2019être pieds nus ou torse nu ; m) d\u2019accéder au toit du matériel roulant ou d\u2019un immeuble ; n) de porter des patins à glace, à roues alignées, à roulettes ou autre objet similaire ; o) de transporter tout objet tranchant ou pointu, à moins qu\u2019il soit muni d\u2019un dispositif de sécurité ou rangé dans un sac ou un contenant conçu à cet effet ; p) de faire usage d\u2019une planche à roulette, d\u2019une trottinette ou autre objet similaire ; ou q) d\u2019injurier, d\u2019insulter ou de provoquer, par des paroles ou des gestes, un préposé du Réseau dans l\u2019exercice de ses fonctions.Sous-section II \u2013 Exploitation 5.Dans ou sur un immeuble ou du matériel roulant, il est interdit à toute personne : a) de se trouver ou circuler dans un endroit réservé aux préposés ; b) de manipuler ou d\u2019utiliser un extincteur, une lance à incendie, un système d\u2019alarme, un frein d\u2019urgence, une issue de secours ou tout autre appareil ou dispositif manifestement destiné à n\u2019être utilisé que pour sauvegarder les biens et les personnes en cas d\u2019urgence, sauf en cas d\u2019urgence et conformément aux instructions relatives à un tel appareil ou dispositif ; c) de manœuvrer ou d\u2019utiliser de quelque façon que ce soit un appareil, un dispositif ou un équipement dont l\u2019usage est réservé aux préposés ; d) à moins d\u2019autorisation, de déplacer un panneau, un pictogramme, une affiche, un chevalet, une clôture, un cordon de sécurité ou tout autre objet similaire de même que de se trouver à l\u2019intérieur d\u2019une zone délimitée par ces objets ; ou e) d\u2019être en possession de matériel explosif ou pyrotechnique ou de tout gaz, liquide ou matière dangereuse, irritante ou dégageant une odeur nauséabonde ou d\u2019un contenant conçu pour leur transport sans égard à son contenu.Sous-section III - Intégrité des biens 6.Dans ou sur un immeuble ou du matériel roulant, il est interdit à toute personne : a) de souiller un bien, notamment en déposant sur ce bien ou en y abandonnant tout déchet, papier, liquide ou autre rebut ailleurs que dans une poubelle ou un autre réceptacle destiné à contenir un tel rebut ; b) de faire, d\u2019apposer ou de graver une inscription, un dessin, un graffiti, un tag, un autocollant ou toute autre figure ; c) d\u2019endommager un bien, le dérégler ou le modifier de façon à en empêcher ou limiter le fonctionnement normal ; ou d) de lancer ou autrement faire en sorte qu\u2019un objet ou un liquide soit projeté sur une personne ou un bien.7.Il est interdit à toute personne d\u2019insérer dans une distributrice de titres de transport ou dans un appareil qui fait de la monnaie autre chose que de la monnaie canadienne ou une carte de paiement ou de monnaie.Sous-section IV \u2013 Animaux 8.Dans ou sur un immeuble ou du matériel roulant, il est permis à toute personne de se trouver accompagnée : a) d\u2019un chien guide ou d\u2019un chien d\u2019assistance dont cette personne se sert afin de pallier à un handicap, ou d\u2019un chien-guide ou d\u2019assistance à l\u2019entraînement ; ou b) d\u2019un animal se trouvant en tout temps dans une cage ou un récipient fermé dûment conçu à cet effet.Dans toutes autres circonstances, il est interdit de se trouver dans ces lieux, autre qu\u2019un stationnement, avec un animal ou de permettre qu\u2019un animal y soit présent.Sous-section V \u2013 Activités commerciales 9.Dans ou sur un immeuble ou du matériel roulant, il est interdit à toute personne, à moins d\u2019autorisation du Réseau, d\u2019offrir en vente ou en location un service ou un bien ou d\u2019en faire l\u2019exhibition, la distribution, l\u2019exposition ou la publicité.SECTION IV \u2013 IMMEUBLES FERMÉS ET MATÉRIEL ROULANT 10.Dans un immeuble fermé ou dans le matériel roulant, il est interdit à toute personne : a) d\u2019allumer une allumette, un briquet ou tout autre objet provoquant une flamme ou des étincelles ; b) de fumer ou d\u2019avoir en sa possession du tabac ou toute autre substance, allumé ; ou c) de faire usage d\u2019une cigarette électronique de manière à ce qu\u2019elle dégage une vapeur ou une fumée.Aux fins du présent article, un abri, un abribus ou un abri-vélo est assimilé à un immeuble fermé.SECTION V \u2013 IMMEUBLES 11.Dans ou sur un immeuble, il est interdit à toute personne : a) de se trouver ou circuler dans ou sur une voie, un chemin ou une aire de manœuvre réservé exclusivement au matériel roulant ; b) de provoquer l\u2019arrêt ou la mise en marche d\u2019un escalier, d\u2019un tapis roulant ou d\u2019un ascenseur, sauf en cas de nécessité ; c) de s\u2019asseoir ou glisser sur la main courante ou les côtés adjacents d\u2019un escalier fixe, escalier mécanique ou tapis roulant ou d\u2019en faire tout autre usage inapproprié ; d) à moins d\u2019autorisation ou sauf en cas de nécessité, d\u2019être présent ou circuler en dehors des heures d\u2019ouverture ou d\u2019opération ; e) d\u2019appuyer une bicyclette, une bicyclette électrique, un monocycle, un tricycle ou autre objet similaire, ainsi qu\u2019une remorque pouvant être attachée à l\u2019un de ces derniers, ailleurs que sur les supports prévus à cette fin, le cas échéant ; ou f) de laisser sur place, pendant plus de quarante-huit heures consécutives, une bicyclette, une bicyclette électrique, un monocycle, un tricycle, une motocyclette, un cyclomoteur ou autre objet similaire, ainsi qu\u2019une remorque pouvant être attachée à l\u2019un de ces derniers.SECTION VI \u2013 MATÉRIEL ROULANT 12.Il est interdit à toute personne : a) de retarder, de quelque manière que ce soit, le départ du matériel roulant ou d\u2019entraver son mouvement, notamment en empêchant ou en retardant la fermeture d\u2019une porte de ce matériel ; b) de monter à bord du matériel roulant ou d\u2019en descendre lorsque ce dernier est en mouvement ; c) de s\u2019agripper à l\u2019extérieur du matériel roulant ; d) de passer un bien, un objet ou une partie de son corps par les fenêtres du matériel roulant ; e) sauf en cas de nécessité, de faire usage, d\u2019ouvrir, de franchir ou d\u2019opérer le mécanisme d\u2019ouverture d\u2019une sortie de secours d\u2019un matériel roulant ; ou f) à moins d\u2019autorisation, de transporter un toboggan, une traîne, un traîneau, un ou des skis, une planche à neige, tout équipement similaire ou tout autre objet encombrant, de 6h00 à 9h00 et de 15h30 à 19h00.Ces équipements, lorsque permis, tels les skis, doivent être attachés ensemble et ne pas nuire à la circulation à l\u2019intérieur du matériel roulant.Ces restrictions relatives aux heures de pointe ne s\u2019appliquent pas les samedis, dimanches et jours fériés.13.Dans le matériel roulant, sous réserve des autres restrictions prévues au présent règlement, toute personne transportant des objets, à l\u2019exception des bagages à main, doit en assurer le contrôle afin de ne pas : a) gêner ou entraver la libre circulation d\u2019une ou des personnes ; b) mettre en péril la sécurité d\u2019une ou des personnes ou du matériel roulant ; ou c) retarder ou nuire au travail d\u2019un conducteur du Réseau ou d\u2019un autre de ses préposés.14.Dans un autobus, un midibus ou un minibus, il est interdit à toute personne : a) de monter ou descendre par la fenêtre ; ou b) de monter par la porte arrière, sauf pour l\u2019embarquement d\u2019une personne se déplaçant en fauteuil roulant, triporteur, quadriporteur, ou avec le consentement d\u2019un préposé du Réseau.SECTION VII \u2013 GARES 15.Dans une gare, il est interdit à toute personne : a) de franchir la zone de sécurité fixée par le Réseau en bordure d\u2019un quai, sauf pour monter dans une voiture de train ou d\u2019en descendre ; ou b) à moins d\u2019autorisation ou sauf en cas de nécessité, de se trouver ou de circuler sur la voie ferrée, dans un tunnel ou dans un autre endroit réservé exclusivement aux préposés du Réseau.SECTION VIII \u2013GARES, TERMINUS ET MATÉRIEL ROULANT Sous-section I : Exécution d\u2019une œuvre musicale 16.Dans une gare, un terminus ou le matériel roulant, il est interdit à toute personne, à moins d\u2019autorisation du Réseau, d\u2019exécuter une œuvre musicale ou lyrique ou un autre type de spectacle.Sous-section II : Sollicitation 17.Dans une gare, un terminus ou le matériel roulant, il est interdit à toute personne, à moins d\u2019autorisation du Réseau, d\u2019effectuer des sondages, relevés ou autres études de ce genre ou de demander ou recueillir des signatures.18.Dans une gare, un terminus ou le matériel roulant, il est interdit à toute personne, à moins d\u2019autorisation du Réseau, d\u2019exhiber, d\u2019offrir, ou de distribuer un livre, un journal, un tract, un feuillet, un dépliant ou tout autre imprimé.Sous-section III : Bicyclettes 19.Dans une gare identifiée à cette fin par affichage et dans la voiture du train identifiée à cette fin par affichage, il est permis de transporter une bicyclette, une bicyclette électrique, un monocycle, un tricycle ou autre objet similaire aux conditions suivantes : a) de céder la priorité aux autres usagers lors de l\u2019embarquement et débarquement de la voiture de train ; b) de garder en tout temps le contrôle et de ne pas l\u2019appuyer contre une voiture de train, un siège d\u2019une voiture ou contre tout autre équipement ou installation du train ; c) pour la ligne Deux-Montagnes seulement, de voyager du lundi au vendredi, entre 9h00 et 15h30 et après 19h00 ou les samedi, dimanche et autres jours fériés fixés par la loi ou par proclamation ou tout autre jour ou partie de jour déterminé par le Réseau ; d) pour la ligne Deux-Montagnes seulement, de respecter la limite de 4 bicyclettes par voiture de train ou tout autre nombre maximal désigné par affichage ; et e) de se conformer aux autres dispositions du présent règlement.20.Il est permis de transporter une bicyclette sur les supports prévus à cet effet à l\u2019avant d\u2019un autobus, d\u2019un minibus ou d\u2019un midibus, aux conditions suivantes : a) de se conformer aux conditions d\u2019utilisation désignées par affichage ; et b) de se conformer aux autres dispositions du présent règlement.21.Dans toute circonstance ou tout lieu autres que ceux prévus à la présente sous-section, il est interdit de transporter une bicyclette, une bicyclette électrique, un monocycle, un tricycle ou autre objet similaire.22.Nonobstant les autres dispositions de la présente sous-section, dans une gare, un terminus ou le matériel roulant il est interdit à toute personne : a) de circuler sur une bicyclette, une bicyclette électrique, un monocycle, un tricycle ou autre objet similaire ; ou b) de laisser stationner en permanence ou temporairement une bicyclette, une bicyclette électrique, un monocycle, un tricycle ou autre objet similaire ailleurs que sur les supports prévus à cet effet.23.La présente sous-section ne limite cependant pas le droit du Réseau ou de l\u2019un de ses préposés d\u2019interdire temporairement l\u2019accès à une gare ou à une voiture de train à toute personne qui transporte une bicyclette, une bicyclette électrique, un monocycle, un tricycle ou autre objet similaire.Sous-section IV : appareils électroniques 24.Dans une gare, un terminus ou dans le matériel roulant, il est permis de faire fonctionner tout appareil électronique émettant du son, à condition de faire usage d\u2019écouteur.Dans toute autre circonstance ou tout autre lieu, cette activité est interdite à moins d\u2019autorisation du Réseau.Aux fins du présent article, les différentes sonneries pouvant être émises par un appareil téléphonique ne sont pas interdites.SECTION IX \u2013 CIRCULATION 25.Sur un immeuble, nul ne peut circuler avec un véhicule : a) dans un endroit réservé au matériel roulant ; b) dans un endroit où l\u2019accès est interdit ; c) dans un endroit qui n\u2019est pas aménagé pour la circulation des véhicules ; ou d) à une vitesse supérieure à la limite de vitesse indiquée par la signalisation.SECTION X \u2013 STATIONNEMENT 26.Sur un immeuble, nul ne peut stationner ou immobiliser un véhicule : a) dans un endroit réservé au matériel roulant ; b) dans un endroit où l\u2019accès est interdit ; c) dans un endroit qui n\u2019est pas aménagé pour le stationnement des véhicules ; d) dans un endroit où la signalisation ou les marques sur la chaussée interdisent le stationnement ou l\u2019immobilisation des véhicules ; e) dans un endroit et aux heures où la signalisation interdit le stationnement ; f) dans un endroit où la signalisation autorise le stationnement pour une durée limitée, au-delà de la période autorisée ; g) dans un endroit où la signalisation interdit le stationnement excepté à certaines fins, à moins que ce ne soit effectivement à une telle fin ; h) dans un endroit où le stationnement est réservé aux détenteurs d\u2019une vignette, à moins d\u2019être titulaire de la vignette appropriée délivrée par le Réseau et de l\u2019afficher de façon visible dans le véhicule ; i) dans un endroit où le stationnement est réservé à certaines catégories de véhicules ou de personnes, à moins de faire partie d\u2019une catégorie autorisée ; j) de façon à occuper plus d\u2019une case de stationnement à la fois ; ou k) en dehors des marques sur la chaussée délimitant les cases de stationnement.SECTION XI \u2013 SANCTION ADMINISTRATIVE 27.Quiconque contrevient au présent règlement peut perdre le droit de demeurer dans les immeubles ou à bord du matériel roulant et être contraint de quitter.SECTION XII \u2013 DISPOSITIONS PÉNALES 28.Quiconque contrevient à l\u2019un des articles du présent règlement commet une infraction et est passible d\u2019une amende d\u2019au moins 75 $ et ; 1o pour une première infraction, d\u2019au plus 500 $ si le contrevenant est une personne physique ou, dans les autres cas, 1 000 $ ; et 2o en cas de récidive, les montants mentionnés au sous-paragraphe 28(1) sont portés au double, le tout, conformément à l\u2019article 72 de la Loi sur le Réseau de transport métropolitain.29.Une personne qui conseille, encourage ou incite une autre personne à faire une chose qui constitue une infraction au présent règlement ou qui accomplit ou omet d\u2019accomplir une chose ayant pour effet d\u2019aider une autre personne à commettre une infraction est partie à cette infraction et est passible de la même peine que celle qui est prévue pour le contrevenant, que celui-ci ait été ou non poursuivi ou déclaré coupable.SECTION XIII \u2013 DISPOSITIONS DIVERSES Sous-section I - Dispositions résiduelles 30.Le présent règlement n\u2019a pas pour effet de limiter l\u2019application de toute autre disposition législative ou réglementaire à laquelle peut être assujettie une personne qui se trouve dans ou sur un immeuble ou du matériel roulant.31.Les prohibitions prévues au présent règlement ne s\u2019appliquent pas aux préposés du Réseau ou autre personne autorisée par ce dernier ainsi qu\u2019aux membres des services policiers en devoir, lorsque leurs fonctions les obligent à poser un geste qui serait autrement interdit par le présent règlement.32.Toute autorisation requise en vertu du présent règlement, à l\u2019exception de celle découlant d\u2019une entente avec le Réseau, peut être donnée par le directeur général du Réseau suivant les directives émises par le conseil d\u2019administration du Réseau à cet égard.33.Une personne autorisée par le Réseau à faire une activité doit en tout temps être en possession de l\u2019autorisation écrite du Réseau et des documents attestant son identité ou celle de l\u2019organisme qu\u2019elle représente.Sous-section II \u2013 Renvois 34.Les renvois faits dans le présent règlement doivent, à moins d\u2019indication contraire, être lus en tenant compte des modifications qui pourront être apportées au texte des dispositions législatives et réglementaires auxquelles on fait ainsi renvoi.Sous-section III \u2013 Dispositions modificatrices 35.Le présent règlement modifie et met à jour le Règlement No.4, intitulé « Règlement concernant les normes de sécurité et de comportement sur le réseau de trains de banlieue » adopté par le Réseau le 29 mai 2017.Sous-section IV - Responsabilité de l\u2019application du règlement 36.Les inspecteurs autorisés à agir comme inspecteur en vertu de l\u2019article 69 de la Loi sur le Réseau de transport métropolitain sont habilités à voir à l\u2019application du présent règlement.Sous-section V \u2013 Dérogation 37.Suivant les directives émises à cet égard par le conseil d\u2019administration du Réseau, le directeur général ou tout autre préposé habilité peut autoriser une dérogation à l\u2019application d\u2019une ou plusieurs dispositions du présent règlement.Sous-section VI - Entrée en vigueur 38.Le présent règlement a été adopté par le conseil d\u2019administration du Réseau le 14 septembre 2017 par voie de résolution no.17-CA(RTM)-95.Il modifie et met à jour la version précédente du Règlement No.4 du Réseau adopté le 29 mai 2017 et intitulé « Règlement No.4 - Règlement concernant les normes de sécurité et de comportement sur le réseau de trains de banlieue ».Nonobstant sa date d\u2019adoption, le présent Règlement No.4 entre en vigueur le 1er novembre 2017.Toute modification au présent règlement doit être approuvée par résolution du conseil d\u2019administration du Réseau et entrera en vigueur dès l\u2019adoption d\u2019une telle modification ou, le cas échéant, à la date indiquée dans la résolution du conseil d\u2019administration du Réseau approuvant cette modification.Le présent règlement doit être rendu public sur le site internet du Réseau et doit être publié dans un journal diffusé dans le territoire du Réseau conformément à l\u2019article 72 de la Loi sur le Réseau de transport métropolitain.Adopté : le 14 septembre 2017 (résolution no.17-CA(RTM)-95) Entrée en vigueur : le 1er novembre 2017 M A R I E V A S T E L Correspondante parlementaire à Ottawa L e gouvernement fédéral bonifie son aide aux milliers de réfugiés rohingyas qui ont fui les violences du Myanmar pour trouver refuge au Bangladesh.Ottawa promet d\u2019égaler tous les dons versés par les Canadiens depuis le début de la crise, fin août, et ce, jusqu\u2019à la fin novembre.« Vos dons vont sauver des vies », a lancé la ministre du Développement international, Marie-Claude Bibeau, en invitant les Canadiens à « être généreux ».La ministre n\u2019a pas été en mesure de chiffrer les dons versés jusqu\u2019à maintenant ni le total qu\u2019ils risquent d\u2019atteindre d\u2019ici le 28 novembre \u2014 date prévue de la fin de l\u2019offre fédérale.Le Fonds de secours pour la crise au Myanmar n\u2019a pas de plafond, a-t-elle précisé.Les groupes caritatifs canadiens auraient récolté autour de 3 millions depuis la fin du mois d\u2019août, selon le gouvernement.Et la campagne du gouvernement canadien encouragera assurément les Canadiens à piger de nouveau dans leur porte-monnaie, estimaient les organismes réunis autour de la ministre Bibeau pour son annonce mardi.Près de 900 000 personnes issues de la minorité musulmane rohingya du Myanmar se sont enfuies de l\u2019État de Rakhine vers le Bangladesh, qui peine à répondre à la demande qui ne cesse de croître.Le nombre d\u2019arrivées quotidiennes reste stable.En trois jours, entre le 26 et le 28 octobre, quelque 2000 personnes seraient débarquées au Bangladesh, selon Save the Children.« Vous avez soudainement l\u2019équivalent d\u2019une ville de la taille d\u2019Ottawa qui converge vers un seul endroit.Et il n\u2019y a pas une seule toilette, un seul robinet d\u2019eau, afin de s\u2019assurer d\u2019un niveau d\u2019hygiène sécuritaire, a relaté Zaid al-Rawni d\u2019Islamic Relief Canada.Sans une intervention rapide, sans cette intervention du gouvernement canadien et de la planète, la prochaine manchette dans nos nouvelles nous rapportera le nombre d\u2019enfants qui seront morts à cause d\u2019une épidémie de choléra.» La grande majorité des réfugiés sont des enfants \u2014 720 000 selon l\u2019UNICEF \u2014 et des femmes \u2014 dont 20 000 qui sont enceintes, des suites de viols ou autres violences sexuelles.Les hommes, quant à eux, ont en grande partie été exécutés.Les camps de réfugiés manquent de nourriture, d\u2019eau potable, de services sanitaires et médicaux.«En dépit des efforts déployés à l\u2019échelle mondiale, les besoins sont criants.Il faut absolument davantage d\u2019aide», a fait valoir Pat Laberge, de la Croix- Rouge.Le gouvernement libéral a versé cette année 25 millions en aide humanitaire au Bangladesh et au Myanmar.Les Canadiens qui souhaitent faire un don, d\u2019ici la fin novembre, sont invités à consulter le site Web canada.com/crisemyanmar.Le Devoir M A R C O F O R T I E R I ls sont nés après la mor t de René Lévesque.Ils en ont entendu parler dans les cours d\u2019histoire au secondaire et au cégep.Pour ces moins de 30 ans, le fondateur du Par ti québécois était « quelque chose comme un grand homme » .Mais aussi un lointain personnage de l\u2019histoire du Québec, dont certains se souviennent plus ou moins vaguement.« En pensant à René Lé- vesque, je pense à la liberté, à la révolution », dit Sarah Bélisle, serveuse au bistro Ginkgo, sur le campus de l\u2019Université du Québec à Montréal (UQAM).« Son héritage ?Il reste une idée.Un peut-être que\u2026» À 22 ans, elle souhaite retourner à ses études universitaires en enseignement, qu\u2019elle a interrompues pour séjourner un an en Australie.Ils sont comme ça, les jeunes : « ouverts sur le monde ».Ils en voient, du pays.Le «pays» du Québec, lui, ce vieux rêve de leurs parents, ils n\u2019en voient pas la nécessité.Pas fermés à l\u2019idée.Pas ouverts non plus.« Il existe un clash entre notre idée d\u2019ouver ture sur le monde et le besoin de s\u2019exprimer en tant que peuple, dit Sarah Bélisle.Mes parents sont vraiment pour l\u2019indépendance, mais pour la nouvelle génération, c\u2019est du passé.Moi, je me sens entre les deux.» Jeunes et capables « René Lévesque me fait penser à Xavier Dolan à Cannes : il est allé dire qu\u2019on peut prendre notre place, que les Québécois sont capables », dit Sophie Tremblay, présidente de Force jeunesse, un groupe qui milite pour les 35 ans et moins sur le marché du travail et dans les politiques publiques.« René Lévesque, plusieurs membres de son premier gouvernement et le premier ministre Robert Bourassa étaient dans la trentaine ou au début de la quarantaine.Pour des jeunes, c\u2019est une inspiration», ajoute-t-elle.Au café Gingko, sur le campus de l\u2019UQAM, la discussion autour de René Lévesque prend une autre tournure.Des serveuses racontent qu\u2019elles connaissent plus ou moins le fondateur du Parti québécois.Elles suivent de près l\u2019actualité du jour, elles voyagent, sont curieuses de tout, mais ignorent des pans de l\u2019histoire récente.« J\u2019ai eu des cours d\u2019histoire, mais je n\u2019ai pas entendu parler souvent de René Lévesque», dit Joëlle Moquin, étudiante en éducation spécialisée au collégial.«La politique, c\u2019est un sujet complexe.Ça m\u2019intéresse, mais la carrière de René Lévesque ne m\u2019est pas familière», ajoute Laurie Moreau, diplômée de l\u2019UQAM en marketing.Des noms de rue Laurie et Joëlle sont un peu gênées de ne pas en savoir plus sur la vie et l\u2019œuvre de Lévesque, mais elles n\u2019ont pas à avoir honte, estime Paul-An- dré Linteau, vétéran professeur d\u2019histoire à l\u2019UQAM.Les Québécois ne sont pas plus ignorants que les jeunes de leur âge ailleurs dans le monde, selon lui.«Ils n\u2019ont pas connu René Lé- vesque.Pour eux, Lévesque, Jean Lesage ou Henri Bourassa, ce sont des noms de rue ou de station de métro», dit-il.« Mon expérience, c\u2019est que 90% de ce qui a été transmis à l\u2019école s\u2019évanouit au bout de trois mois.Êtes-vous capable de résoudre des problèmes d\u2019algèbre?Vous avez pourtant appris ça à l\u2019école ! Les dates d\u2019anniversaire ou les commémorations peuvent aider à garder vivante la mémoire de René Lé- vesque et d\u2019autres.Mais il ne faut pas accuser l\u2019enseignement de l\u2019histoire : elle est enseignée, l\u2019école fait sa job», dit Paul-An- dré Linteau.Le Devoir L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 1 E R N O V E M B R E 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 7 Montréal | Laval | Longueuil | Québec | Granby | Gatineau Pour tout savoir sur nos destinations hiver-printemps et nos formules de voyage, venez nous rencontrer! SOIRÉES D\u2019INFO EN NOVEMBRE P h o t o : D i a n e D u f r e s n e e t Y v a n M o n e t t e veloquebecvoyages.com 514 521-8356 \u2022 1 800 567-8356, poste 506 RÉSERVEZ MAINTENANT! c\u2019est l\u2019été TOUTE l\u2019année! À VÉLO, CUBA, Holguín en boucles 4 au 11 novembre 11 au 18 novembre 30 décembre au 6 janvier 3 au 10 février 24 février au 3 mars 3 au 10 mars 7 au 14 avril 14 au 21 avril CUBA, Varadero en boucles 10 au 17 mars 31 mars au 7 avril GUADELOUPE, Grande-Terre en boucles 25 mars au 1er avril NOUVEAU Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 Savez-vous qui est René Lévesque ?Les moins de 30 ans ont une connaissance variable du fondateur du PQ I S A B E L L E P A R É L e Protecteur du citoyen constate de graves lacunes dans le traitement des plaintes dans le réseau scolaire et déplore l\u2019absence quasi généralisée de reddition de comptes à cet effet.Dans un rapport livré mardi, l\u2019organisme af firme que 33 % des plaintes de parents ou d\u2019élèves ne sont pas traitées avant six mois et en plus d\u2019un an, dans le cas d\u2019une plainte sur cinq.«Des parents nous disent qu\u2019ils sont dans une course à obstacles et laissés à eux-mêmes, cela commande d\u2019agir vite», a fait valoir mardi Marie Rinfret, l\u2019actuelle protectrice du citoyen, à la suite d\u2019enquêtes menées auprès des commissions scolaires, des protecteurs de l\u2019élève et de sondages réalisés auprès de 136 parents.Son rappor t trace un bilan sévère, observant l\u2019inefficacité des mécanismes de traitement des plaintes mis en place après la création, en 2010, de la fonction de Protecteur de l\u2019élève dans le réseau scolaire.Un rôle qui devait favoriser un traitement impar tial des plaintes visant écoles et commissions scolaires.Processus complexes, délais indus, manque d\u2019informations, impartialité du Protecteur de l\u2019élève, etc.: le constat est sévère.«Avant d\u2019arriver au Protecteur de l\u2019élève, chaque parent ou élève doit passer par quatre ou cinq interlocuteurs avec des délais qui ne sont souvent pas respectés.[C\u2019est] extrêmement dissuasif et, souvent, les gens baissent les bras», déplore-t-elle.En général, les parents mécontents doivent d\u2019abord se faire entendre par le principal intéressé (professeur, personnel, etc.), puis la direction de l\u2019école, puis le commissaire aux plaintes de leur commission scolaire.En tout dernier recours, ils peuvent interpeller le Protecteur de l\u2019élève.Un parcours qui nécessite de 45 à 70 jours avant que la plainte n\u2019arrive aux oreilles des protecteurs de l\u2019élève\u2026 quand elle s\u2019y rend, souligne le rapport.Dans bien des cas, l\u2019année scolaire sera terminée avant qu\u2019une solution soit proposée, et l\u2019élève aura quitté la classe, et parfois même l\u2019école.En 2015, seulement 27% des commissaires aux plaintes des établissements scolaires ont produit un rapport annuel à ce sujet et aucun rapport n\u2019a été présenté par des établissements.Résultat : impossible de chif frer le nombre total de plaintes reçues dans l\u2019ensemble du réseau scolaire québécois.Le nombre de celles qui se rendent aux protecteurs de l\u2019élève est dérisoire.Le rapport note, par exemple, que la Commission scolaire de Laval, fréquentée par 50 000 élèves, signale 728 «demandes», dont seulement 3 ont abouti à son Protecteur de l\u2019élève.Le Protecteur du citoyen continue bon an mal an de recevoir 200 plaintes de parents insatisfaits, dont la majorité a trait au transpor t scolaire, à l\u2019intimidation, à la sécurité des locaux ou à l\u2019expulsion ou la suspension d\u2019un élève.Un changement de cap Pour toutes ces raisons, la protectrice réclame que le Protecteur de l\u2019élève devienne «l\u2019unique porte d\u2019entrée du système» et que ce dernier accompagne les parents dès le début du processus.Des changements sont aussi réclamés pour prescrire des délais maximaux et astreindre écoles et commissions scolaires à une obligation redditionnelle.La Fédération des comités de parents du Québec salue ces recommandations, notamment celle visant à assurer l\u2019impartialité du Protecteur de l\u2019élève.«Il faudrait même aller plus loin et que les protecteurs de l\u2019élève relèvent du Protecteur du citoyen», estime Corinne Payne, la porte- parole de cette fédération.Le ministre de l\u2019Éducation, Sébastien Proulx, a clairement indiqué mardi prendre «au sérieux ce rapport » et annoncé un projet de loi pour revoir le traitement des plaintes.Alain Fortier, président de la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ), se montre toutefois réticent à donner un rôle de premier plan au Protecteur de l\u2019élève.«Il faut améliorer les pratiques, mais 95% des plaintes se règlent sur le terrain.Les gens doivent aussi continuer de se parler.» Le Devoir ÉDUCATION Les plaintes à l\u2019école : une course à obstacles, dénonce le Protecteur du citoyen PHOTO JACQUES NADEAU LE DEVOIR Comme bien des jeunes de moins de 30 ans, Laurie Moreau et Joëlle Moquin connaissent peu la vie et l\u2019œuvre de René Lévesque.C\u2019est tout à fait normal, estime l\u2019historien Paul-André Linteau.Dans bien des cas, l\u2019année scolaire sera terminée avant qu\u2019une solution soit proposée En pensant à René Lévesque, je pense à la liberté, à la révolution Sarah Bélisle, serveuse au bistro Ginkgo « » CRISE DES RÉFUGIÉS ROHINGYAS Ottawa égalera les dons des Canadiens DIBYANGSHU SARKAR AFP La grande majorité des réfugiés rohingyas sont des enfants. ême cri d\u2019alarme, allant crescendo.Les moyens existent pour limiter les gaz à effet de serre, il faut d\u2019urgence les mettre en œuvre, sinon\u2026 Le dernier rapport annuel du Programme des Nations unies pour l\u2019environnement (PNUE) sur l\u2019action climatique fait état d\u2019un écart « catastrophique» entre les promesses nationales de réduction des GES et les efforts qu\u2019il faudrait déployer d\u2019ici à 2030 pour parvenir à freiner le réchauffement sous 2 degrés Celsius.«Nous sommes loin de faire ce qu\u2019il faudrait », souligne Erik Solheim, directeur du PNUE, ce qui est d\u2019autant plus inquiétant que s\u2019essouf?e le sursaut de mobilisation annoncé par l\u2019Accord de Paris, entré en vigueur il y a un an.Les appels à l\u2019action pleuvent à l\u2019approche de la 23e conférence de l\u2019ONU sur les changements climatiques (COP23), qui s\u2019ouvre lundi prochain à Bonn.Lundi, l\u2019Organisation météorologique mondiale af?rmait que la concentration de dioxyde de carbone (CO2) dans l\u2019atmosphère avait atteint un nouveau record en 2016 et que « les brusques variations de l\u2019atmosphère observées ces 70 dernières années sont sans précédent».Un autre rapport publié mardi dans la revue The Lancet, à l\u2019initiative notamment de l\u2019Organisation mondiale de la santé, indique que les dérèglements climatiques avaient déjà des impacts bien concrets sur la santé publique \u2014 coups de chaleur, problèmes cardiaques, malnutrition, etc.\u2014, des impacts «bien pires qu\u2019on ne le pensait auparavant».C\u2019est encore dans The Lancet qu\u2019une grande enquête concluait récemment que la pollution avait été responsable de 9 millions de morts prématurées en 2015, soit «trois fois plus de morts que le sida, la tuberculose et le paludisme réunis».Sur quel ton faut-il le dire pour qu\u2019enfin nous cessions de procrastiner ?Les engagements pris par les 195 pays parties prenantes de l\u2019Accord de Paris, dit le PNUE, ne permettront de faire que le tiers du chemin nécessaire.En encore ! Tiendront-ils même leurs promesses?Le négationnisme climatique des républicains qui sont au pouvoir aux États-Unis ne doit pas servir à masquer le défaut de volonté général : celui du Canada, dont le plan d\u2019attaque libéral n\u2019est pas plus ambitieux que celui de l\u2019ancien gouvernement Harper ; celui du Québec, dont le gouvernement vient d\u2019ouvrir lacs et rivières aux projets d\u2019exploration et d\u2019exploitation de pétrole et de gaz\u2026 C\u2019est un défaut de volonté général, con?nant à la résignation, qui fait par ailleurs oublier une réalité incontournable aux Occidentaux que nous sommes : à savoir que ce sont les populations des pays pauvres et en développement \u2014 les moins responsables du réchauffement \u2014 qui seront les plus démunies face à la catastrophe qui prend forme.En procédant à l\u2019arrestation du député Guy Ouellette, l\u2019Unité permanente anticorruption (UPAC) a commis un geste qui remet en cause les principes de la séparation des pouvoirs dans un État libre et démocratique.Cette bavure, digne d\u2019une police d\u2019un régime totalitaire, prouve hors de tout doute qu\u2019il faut créer une instance pour surveiller cette institution.utré, le président de l\u2019Assemblée nationale, Jacques Chagnon, a lancé au Salon bleu: «Qu\u2019on accuse ou qu\u2019on s\u2019excuse.» Le commissaire Robert Lafrenière n\u2019a fait ni l\u2019un ni l\u2019autre.Pour ce qui est des accusations, ce sera au Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) de les porter «en temps et lieu», une fois terminée l\u2019enquête.On doit comprendre que Guy Ouellette, aujourd\u2019hui député indépendant, qui a perdu son poste de président de la Commission des institutions, attendra longtemps avant d\u2019être ?xé sur son sort.Ce que Guy Ouellette a quali?é de «coup fourré», quand un enquêteur s\u2019est servi d\u2019un téléphone d\u2019une de ses connaissances pour l\u2019attirer hors du parlement a?n de l\u2019arrêter, le directeur des opérations de l\u2019UPAC, André Boulanger, l\u2019a décrit comme un «appât» autorisé par un juge.Appât, piège ou coup fourré, cela ne change rien à l\u2019affaire : on joue sur les mots.Le moins qu\u2019on puisse dire, c\u2019est que l\u2019UPAC n\u2019a pas dissipé les doutes qui planent sur l\u2019opération ni expliquer pourquoi il était essentiel d\u2019arrêter un élu plutôt que de le convoquer.L\u2019opération est une atteinte sans précédent aux privilèges de l\u2019Assemblée nationale.L\u2019UPAC n\u2019a pas eu la décence, comme le veut l\u2019usage parlementaire, d\u2019informer le président de l\u2019Assemblée nationale de l\u2019arrestation du député, ni du fait qu\u2019il a fait l\u2019objet d\u2019une ?lature.« Il m\u2019est intolérable que la police ait arrêté un parlementaire sans qu\u2019aucune accusation ait été portée contre lui une semaine plus tard», s\u2019est indigné Jacques Chagnon.Le leader parlementaire de l\u2019opposition of?cielle, Pascal Bé- rubé, a posé de bonnes questions, que le président a prises en délibéré.Est-ce que l\u2019UPAC a porté atteinte aux privilèges du député en l\u2019empêchant d\u2019exercer ses fonctions sans porter d\u2019accusation ?Est-ce que la police peut saisir les téléphones cellulaires et les ordinateurs fournis aux députés par l\u2019Assemblée nationale et qui demeurent la propriété de celle-ci ?Est-ce que le piège tendu à l\u2019élu, alors qu\u2019il se trouvait à l\u2019Assemblée nationale, constitue un outrage au Parlement ?Au-delà de la réputation entachée du député, c\u2019est la con?ance de la population envers l\u2019UPAC qui est ébranlée.Robert Lafre- nière et consorts ont fait montre d\u2019une assurance sans faille, mais leurs explications furent peu convaincantes.Cette arrestation soulève l\u2019enjeu de la séparation des pouvoirs législatif et judiciaire.Nous assistons à un bras de fer historique entre la police et l\u2019Assemblée nationale.Les choses n\u2019en resteront pas là.« Les corps policiers et leurs unités doivent être redevables à leurs responsables politiques et au Parlement, sinon on accroît de beaucoup les risques de dérive totalitaire », a af?rmé Jacques Chagnon.Or l\u2019UPAC n\u2019est pas soumise à ce contre-pouvoir.Après le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, le premier ministre Philippe Couillard a évoqué la possibilité de former un comité pour surveiller cette unité policière.Ce comité doit rendre des comptes au Parlement, comme c\u2019est le cas pour la Gendarmerie royale du Canada et le Service canadien de renseignement de sécurité à la suite de la commission McDonald.Cela s\u2019impose et Robert Lafre- nière l\u2019a démontré de la manière la plus éloquente qui soit.L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 1 E R N O V E M B R E 2 0 1 7 A 8 EDITORIAL L E T T R E S J\u2019espère que Coderre se fera planter Le maire de Montréal, Denis Coderre, qui est devancé par Valérie Plante dans les intentions de vote, s\u2019en est pris à cette der nière et à ses promesses, comme la ligne de métro rose : « Je ne sais pas où ils vont prendre leur argent.[\u2026] Je serais inquiet de voir une administration Ferrandez-Plante [sic] commencer à dire des choses et après ça, dire son contraire.» Ce à quoi la chef de Projet Montréal a répliqué for t per tinemment : « Je n\u2019ai pas de leçons à recevoir du maire sortant, qui n\u2019est même pas capable de nous dire combien de billets ont été vendus pour la Formule E.» Et vlan ! Sylvio Le Blanc Montréal, le 1er novembre 2017 L I B R E O P I N I O N J E A N - F R A N Ç O I S R O B E R T Saint-Félicien L a campagne électorale municipale tire à sa fin et rien de bien original ne s\u2019impose dans les médias.Pas même dans les médias dits sociaux.Pourtant, s\u2019il est un enjeu qui devrait faire partie de toutes les plateformes, de toutes les interventions des candidats, c\u2019est celui qui découle de l\u2019adoption récente du projet de loi 122 et qui veut faire des villes de véritables gouvernements de proximité.L\u2019enjeu, précisément, ne tient pas à la bonne intention de départ, avec laquelle il est difficile d\u2019être en désaccord.En effet, cela coule de source que les centres de décisions doivent se rapprocher du lieu où s\u2019appliquent ces décisions.Mais cela ne pourra correctement se faire que si cette initiative est assujettie à des mécanismes de consultation populaire adéquats et ef ficaces.Cela implique la mise en place, par le gouvernement du Québec, d\u2019un organisme de contrôle indépendant auquel les ci - toyens peuvent avoir recours s\u2019ils jugent que les consultations sont partiales ou manipulées.Les exemples de consultations bidon ne manquent pas.Or il n\u2019en est rien.Non seulement la loi ne prescrit pas, formellement, de moyens pour favoriser la participation des citoyens aux décisions relatives aux grands enjeux de développement, mais elle laisse toute latitude aux villes pour consulter, ou pas, leurs citoyens.Ce faisant, le gouvernement Couillard obéit aveuglément aux pressions des regroupements de municipalités et des lob- bys affairistes qui trouvent que consulter les citoyens, ça ralentit les processus de décision et de réalisation des projets.S\u2019il est vrai que les mécanismes en place, avant l\u2019adoption du projet de loi 122, méritaient une sérieuse révision de manière à les rendre plus efficaces et surtout plus accessibles, il fallait s\u2019appliquer à cette tâche plutôt que de s\u2019en débarrasser en la laissant aux mains de ceux qui en contestent la pertinence.Du marketing Si rien n\u2019est fait pour mettre en place les outils qui permettent d\u2019affirmer que nous vivons bien en démocratie au niveau municipal, nous nous éloignerons, aussi et définitivement, du concept de développement durable duquel, pourtant, tous les aspirants aux postes électifs se réclament.Du marketing, sans plus.Le défunt journaliste Gil Cour te- manche avait bien saisi l\u2019ampleur du problème : « La politique municipale n\u2019existe pas, le commerce municipal, lui, existe.» Si rien n\u2019est fait pour mettre le débat public structuré au cœur du processus décisionnel, la loi visant à reconnaître les municipalités comme gouvernements de proximité risque d\u2019institutionnaliser cette culture du tripotage déjà bien ancrée chez nous et mise en lumière par les excès qui ont fait l\u2019objet de commissions d\u2019enquête.Ce n\u2019est pas en ayant la possibilité de changer de représentants lors d\u2019élections à dates fixes que nous pourrons modifier cet état de chose, à plus forte raison si les candidats n\u2019ont rien de cohérent à proposer en matière de politique de consultation publique.Il serait toutefois injuste de leur faire por ter seuls la responsabilité de cette non-démocratie, si nous-mêmes, citoyens, ne voyons pas l\u2019importance du rôle politique qui nous incombe entre les élections.Quelle démocratie municipale ?FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente du développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-président des ventes publicitaires MARK DROUIN Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Directeur de l\u2019information numérique FLORENT DAUDENS Adjoints PAUL CAUCHON, LOUIS GAGNÉ, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET La triste transformation du parc Jean-Drapeau Il est maintenant clair que Denis Co- derre était personnellement responsable de la décision de bétonner un vaste espace vert public sur l\u2019île Sainte-Hélène afin d\u2019agrandir l\u2019amphithéâtre, privatisant effectivement cet espace de parc presque entièrement au profit d\u2019une seule compagnie, Evenko.Plus tôt cette année, le public s\u2019est finalement rendu compte de ce qui se passait au parc Jean-Drapeau après le «massacre à la tronçonneuse» de mille arbres matures.En plus de céder cet important espace public ouvert, il s\u2019agit de plus de 60 mill ions de l \u2019argent des contribuables, 28 mill ions pour l \u2019amphithéâtre lui - même et 32,5 millions de dollars pour déplacer l\u2019allée du Calder pour agrandir l\u2019amphithéâtre.Pour ce faire, ils ont pris des fonds destinés à l \u2019origine à améliorer et à étendre la promenade riveraine le long du côté nord de l\u2019île, et à restaurer la place des Nations historique qui continue de languir dans un triste état de délabrement.Un vaste espace public signi- f icati f est sacrif ié pour un projet « flashy » à court terme avec peu de bénéfices communautaires.Mark London, urbaniste et coordonnateur de l\u2019élaboration du Plan directeur du parc en 1993 Le 27 octobre 2017 O L\u2019UPAC ET L\u2019ASSEMBLÉE NATIONALE De l\u2019importance de surveiller la police CLIMAT Catastrophe annoncée M GUY TAILLEFER ROBERT DUTRISAC Désapprouver sans interdire La lecture de la chronique de Francine Pelletier (Le « vivre-séparé ») et de la lettre d\u2019Annie Brisset (Libres d\u2019être iné- Cela coule de source que les centres de décisions doivent se rapprocher du lieu où s\u2019appliquent ces décisions gales ?) alimente cer tainement la réflexion sur le port du niqab et de la burka dans notre société.Je suis profondément d\u2019accord avec l\u2019analyse de Mme Brisset \u2014 comme avec celle de Mme Pelletier d\u2019ailleurs \u2014 sur la signification du port de ces voiles qui cachent le visage des femmes.Je considère qu\u2019il renvoie à une supposée nécessité pour les femmes de ne pas susciter la convoitise des hommes.Une conception à combattre, particulièrement en ce moment où le débat sur la violence sexuelle nous amène encore à dénoncer l\u2019idée même que les hommes ne peuvent contrôler leurs pulsions et que c\u2019est aux femmes \u2014 « à la Femme » \u2014 de sauvegarder « la ver tu ».C\u2019est ce que les religieuses nous enseignaient à l\u2019école au début des années 1960.Cependant, c\u2019est par la discussion que l\u2019on a fait sortir le Québec de l\u2019en- fermement catholique des femmes, même si tout n\u2019est pas gagné, et c\u2019est par la discussion que l \u2019on peut faire évoluer la question des autres enferme- ments religieux.C\u2019est la raison pour laquelle je m\u2019oppose à l\u2019interdiction du port de ces pièces de vêtement.Une interdiction qui ne fera qu\u2019isoler encore plus les quelques personnes qui les portent.Micheline Marier Montréal, le 25 octobre 2017 L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 1 E R N O V E M B R E 2 0 1 7 A 9 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon (chef de division), Robert Dutrisac, (éditorialiste), Michel Garneau et Pascal Élie (caricaturistes), Jacques Nadeau (photographe), Olivier Zuida (recherchiste photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division et reporter), Stéphane Baillargeon (généraliste), Gérald Dallaire (pupitre), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Jean Dion (sports), Marco Fortier (éducation), Lisa-Marie Gervais (diversité), Pauline Gravel (sciences), Jessica Nadeau (éducation).Alexandre Shields (environnement); information politique : Michel David (chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Marie-Michèle Sioui (correspondants parlementaires à Québec) Dave Noël (recherche), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec); information culturelle : Guillaume Bourgault-Côté (politiques culturelles), Julie Carpentier (pupitre), Fabien Deglise (livres), Catherine Lalonde (arts vivants), François Lévesque (écrans),Caroline Montpetit (arts vivants), Philippe Papineau(médias); information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l\u2019information), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Benoît Munger (pupitre); information internationale : Guy Taillefer (chef de division et éditorialiste); section art de vivre : Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); cahiers spéciaux : Aude Marie Marcoux (responsable); équipe numérique : Laurence Clavel, Guillaume St-Hilaire et Geneviève Tremblay (pupitres); correction : Andréanne Bédard, Christine Dumazet et Michèle Malenfant (correctrices) ; soutien à la rédaction : Amélie Gaudreau (coordonnatrice à la rédaction), Jean-Philippe Proulx (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa).PUBLICITÉ Charleyne Bachraty (adjointe au vice-président), Marlène Côté, Évelyne De Varennes, Amel Elimam, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (directrices de comptes), Alain Tréhout (directeur créativité média), Amélie Maltais (commis aux avis légaux), Alessandra Tantalo et Laurence Hémond (coordonnatrices publicitaires).PRODUCTION Caroline Desrosiers, Yannick Morin, Anthony White et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web), Jean-François Côté (analyste programmeur), Luc Girard (technicien informatique), Solène M.Hébert (développeuse Web).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Catherine Gentilcore (coordonnatrice marketing, communications et relations publiques), Sébastien Beaupré (coordonnateur service à la clientèle), Manon Blanchette, Caroline Filion, Nathalie Filion, Isabelle Sanchez (préposées au service à la clientèle).ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Mélisande Simard (adjointe administrative et responsable des ressources humaines), Florentina Draghici (technicienne comptable), Véronique Pagé (responsable du crédit).M I C H E L L E D U C Ancien député du Parti québécois de Fabre, 1981-1985 ené Lévesque était non conformiste et souvent irascible à l\u2019endroit du par ti qu\u2019il a fondé.Fébrile de tempérament, individualiste dans le bon sens du terme, autonome et responsable, il pouvait aisément s\u2019emporter.Lui et le Parti québécois ont eu de véritables prises de bec.Et pourtant, on n\u2019a pas assez souligné tout le respect qu\u2019il avait à l\u2019endroit des militants et des membres qui formaient la vaste majorité de ceux et celles pour qui il avait de l\u2019admiration.Car sans eux et elles, il n\u2019y aurait pas eu de parti sur lequel il aurait pu prendre appui, tel un levier indispensable pour élever les Québécois au-delà de leur état de survivance.C\u2019est avec les membres issus de la population en général \u2014 travailleurs, syndiqués, enseignants: le « monde ordinaire » \u2014 d\u2019abord qu\u2019il comptait créer un parti propre et bien organisé dans toutes les régions du Québec même si ce fut difficile entre les campagnes électorales, car il fallait les convaincre que c\u2019était possible de faire de la politique autrement là où la corruption était monnaie courante, où les caisses électorales étaient alimentées par les milieux financiers.Il fallait donc créer un parti propre qui ne vivrait que de la souscription volontaire de ses membres et sympathisants.C\u2019est ce qu\u2019il fit, à l\u2019intérieur de son parti, avant même qu\u2019il ait la possibilité de faire adopter la Loi sur le financement des partis politiques au Québec.Député, militant, leader J\u2019ai eu le privilège, en tant que député et militant, de le côtoyer de près.Je crois, comme des milliers d\u2019autres, en la nécessité de ce par ti, car il a toujours sa raison d\u2019être dans une ère que certains qualifient de postnationale.[\u2026] Tous les chefs qui ont succédé à son fondateur ont toujours invoqué sa mémoire inspirante pour l\u2019avancement du Québec.Il fut celui qui occupa le poste de président le plus longtemps.De 1968 à 1985, année de sa démission, il n\u2019a cessé de chercher le meilleur chemin qui pourrait contribuer à faire avancer le Québec vers sa souveraineté.À cet égard, ceux et celle qui lui ont succédé ont été fidèles à sa mémoire.Il n\u2019a pas toujours réussi, pas plus que les autres, mais sa ténacité à poursuivre son idéal a marqué profondément le Québec.Pendant ces 17 années comme chef du Parti québécois, René Lé- vesque fut un leader exceptionnel, souvent contesté, toujours résilient, prenant appui sur ses convictions, sa franchise, son charisme pour gagner le cœur de la population qui lui a toujours voué une grande admiration, souverainistes et fédéralistes confondus.Si le Québec peut élever la tête aujourd\u2019hui parmi les nations du monde, souveraines ou non, c\u2019est à lui que nous le devons en grande partie.L\u2019homme avait ses défauts, comme tout un chacun, et aussi de grandes qualités puisqu\u2019il a servi d\u2019inspiration à tous ses successeurs par son action, son humanité, sa vision d\u2019un Québec inclusif et attaché à ses racines, et avant tout pour sa profonde conviction qu\u2019un Québec nation a sa place comme pays parmi tous les autres.René Lévesque a interprété son rôle avec un sens éthique de responsabilité en tant que chef de parti et chef de gouvernement, en fonction de l\u2019idéal de la souveraineté, phare incontournable du parti qu\u2019il a fondé.[\u2026] Aujourd\u2019hui, le Québec récolte les fruits de son travail et celui de son gouvernement alors que le présent se décline de plus en plus en fonction de la mondialisation qui affecte les soubassements de la société telle qu\u2019on l\u2019a connue jusqu\u2019à maintenant.Toujours des défis Par ailleurs, les défis de son temps concernant la langue, la nation, l\u2019identité, l\u2019immigration, la souveraineté sont toujours d\u2019actualité.Nos réflexions comme Québécois sur ces enjeux rencontrent les siennes.C\u2019est en relisant ses mémoires, ses chroniques, ses discours qu\u2019on découvre à quel point ses préoccupations re joignent celles d\u2019aujourd\u2019hui et méritent qu\u2019on s\u2019y attarde pour trouver des points de repère et des raisons de poursuivre.L\u2019action et la pensée de René Lévesque continuent de nous interpeller à travers son parti, mais aussi à travers les défis qui restent entiers pour la société québécoise.De même, son appel à la liberté et à la responsabilité collectives devrait continuer à inspirer tous les partis politiques en regard d\u2019un Québec toujours à la recherche de modèles inspirants.Pour René Lévesque, le changement était une nécessité.Mais pas à n\u2019importe quel prix et pas n\u2019importe comment.Il fallait que la population la plus mal prise et les travailleurs soient au centre des préoccupations de son parti.Il l\u2019affirme clairement d\u2019ailleurs dans une de ses chroniques en 1971 citant un extrait d\u2019un « mini-manifeste » endossé par le Parti québécois à l\u2019occasion de son Conseil national.Après avoir évoqué le principal changement et le plus « déterminant », soit « l\u2019indépendance nationale », il ajoute : « [\u2026] il est quand même des catégories de notre peuple qui doivent être pour nous des interlocuteurs et en quelque sor te une clientèle privilégiée.D\u2019abord, les plus démunis, ceux qui n\u2019ont pas ou trop peu de voix pour se faire entendre ni de moyens pour se protéger\u2026 Puis les travailleurs québécois, dont une grande partie sont encadrés par des syndicats, mais une plus grande encore sans organisation.À ces derniers, nous devons notre appui pour mériter le leur.Avec les syndiqués et leurs organismes, nous partageons un objectif fondamental qui est celui de changer et d\u2019humaniser la situation sociale et économique.» Extrait d \u2019un livre à paraître en 2018 : Un homme et son par ti.Chroniques d\u2019un militant.30E ANNIVERSAIRE DE DÉCÈS René Lévesque, un leader exceptionnel, souvent contesté, toujours résilient Q ui aurait cru qu\u2019une jeune néophyte en politique, à peine cinq ans de conseils municipaux derrière la cravate, aussi bien dire une parfaite nobody, chaufferait un vieux routier, un homme qui a fait ses classes auprès de Jean Chrétien et qui, après des années de sombres complots à l\u2019hôtel de ville, a remis Montréal sur pied?On se croirait propulsé dans un film américain.Le sondage CROP publié cette semaine confirme le coude à coude entre le maire un brin grognon Denis Coderre et sa souriante rivale Valérie Plante.Le maire a beau minimiser les résultats (« On savait que ce serait serré »), on se pince.Même les membres de Projet Montréal n\u2019en croient pas leurs yeux.Après les administrations mornes, incompétentes et/ou compromises que furent celles de Pierre Bourque, de Gérald Tremblay et de Michael Appelbaum, Denis Coderre, il faut le dire, s\u2019est avéré une véritable bouffée d\u2019air frais.Devant même les turpitudes d\u2019Ottawa (et ses pipelines) ou de Québec (et ses niqabs), l\u2019homme est capable de se tenir debout.Ça s\u2019appelle de la poigne, ça, madame.Il paraît donc invraisemblable que le « nouveau shérif en ville » n\u2019obtienne pas un deuxième mandat.Alors, comment expliquer sa déconfiture à quelques jours du vote ?Le dernier sondage montre les nombreux chantiers du doigt, le ras- le-bol des citoyens devant le festival des cônes orange.Une ombre au tableau certainement pour Monsieur « en mode solution », mais, à mon avis, il ne s\u2019agit pas là d\u2019un obstacle majeur.Les travaux sont une plaie, certes, mais il faut bien que quelqu\u2019un s\u2019en occupe.Si jamais Denis Coderre mord la poussière dimanche, ce sera pour des raisons plus profondes : le cynisme de plus en plus répandu devant la «vieille politique ».Sans rien enlever à Valérie Plante, qui fait preuve, elle aussi, d\u2019une poigne remarquable, il est évident que la chef de Projet Montréal profite du vent qui tourne en faveur des femmes en politique, du désabusement devant la politique en général et jusqu\u2019à la vague de dénonciations face à une certaine «masculinité toxique».Déjà, en 2013, l\u2019étonnant score d\u2019une néophyte sans aucune expérience, Mélanie Joly, arrivée deuxième dans la course à la mairie de Montréal, indiquait que les jeunes femmes en fleur étaient désormais recherchées en politique.Qui l\u2019eût cru ?Comme si la fraîcheur qui se dégageait d\u2019elle (malgré une indifférence à peine dissimulée envers la politique municipale, disons-le) valait aussi cher que l\u2019expérience d\u2019un homme de la trempe de Denis Coderre et plus encore que celle d\u2019un Richard Bergeron.Quatre ans plus tard, l\u2019appétit pour un autre style de politique, une autre façon de faire, est plus palpable encore.Demandez d\u2019ailleurs à « l\u2019homme de la situation », Valérie Plante, comment elle explique sa cote de popularité et elle répond : « Pas formatée.» Autrement dit, en plus d\u2019avoir, elle aussi, de l\u2019énergie à revendre et un bon sens de l\u2019humour, elle n\u2019est pas pétrie de formules toutes faites.Elle paraît immensément plus sincère que Denis Coderre, en plus d\u2019être décidément moins autoritaire.En ce sens, l\u2019enquête d\u2019ICI Radio-Canada qui révélait la semaine dernière un homme tout sourire en public mais colérique en privé est bien plus dommageable pour le maire sortant que le manque de coordination des travaux publics.De la même façon que Valérie Plante profite d\u2019une ardoise relativement vierge en ce qui concerne les femmes en politique, son rival, lui, croule sous le poids d\u2019une double crise : celle des institutions publiques \u2014 on n\u2019a qu\u2019à jeter un coup d\u2019œil à Québec pour en constater l\u2019étendue \u2014 et celle d\u2019hommes puissants qui se croient tout permis.Denis Coderre n\u2019a rien d\u2019un Harvey Weinstein ou même d\u2019un Marcel Aubut, loin s\u2019en faut, mais, et c\u2019est malheureux pour lui, il affiche un format «mon oncle».Injuste, dites- vous ?Sans doute, mais on assiste aujourd\u2019hui au retour du balancier.Pendant longtemps, les femmes ont payé leur petite taille, leur voix fe- luette et leur hésitation à prendre la parole.Elles n\u2019étaient pas à la «hauteur», croyait-on.Au tour des hommes aujourd\u2019hui de payer leurs manières brusques, une certaine arrogance et cette facilité de croire que tout leur est dû.L\u2019étonnante performance de Valérie Plante tient, à mon avis, à ce qu\u2019elle représente le meilleur des deux mondes : une assurance d\u2019homme dans un corps de femme qui transpire la candeur et l\u2019absence d\u2019artifices.On verra bien dimanche s\u2019il s\u2019agit d\u2019une potion magique.fpelletier@ledevoir.com Sur Twitter : @fpelletier1 À hauteur de femme FRANCINE PELLETIER Il est évident que la chef de Projet Montréal profite du vent qui tourne en faveur des femmes en politique S A M I R S A U L Professeur d\u2019histoire Université de Montréal \u2013 CERIUM a Déclaration Balfour est à l\u2019origine du conflit le plus long du Moyen- Orient, en amont de tous les autres.Les empires coloniaux se sont effondrés, la guerre froide s\u2019est terminée, mais l\u2019incendie que cette lettre a allumé brûle toujours.Le 2 novembre 1917, Arthur Balfour, secrétaire au Foreign Office britannique, écrit au financier Lionel Rothschild : «J\u2019ai le grand plaisir de vous adresser, au nom du gouvernement de Sa Majesté, la déclaration de sympathie avec les aspirations sionistes juives qui a été soumise au Parlement et approuvée par lui.Le gouvernement de Sa Majesté envisage favorablement l\u2019établissement en Palestine d\u2019un foyer national pour le peuple juif et fera tous ses ef forts pour faciliter la réalisation de cet objectif, étant clairement entendu que rien ne sera accompli qui puisse porter atteinte aux droits civils et religieux des communautés non juives existant en Palestine ou aux droits et au statut politique dont les juifs jouissent dans tout autre pays.Je vous serais reconnaissant de bien vouloir porter cette déclaration à la connaissance de la Fédération sioniste.» Tout tient dans la deuxième phrase.On y trouve un concentré d\u2019énoncés lourds de conséquences, de non-dits et de sous-entendus.Soigneusement tricotée, elle constitue de plein droit un chef-d\u2019œuvre d\u2019escobarderie.Décryptage Le fait est à méditer : un ministre britannique dit à un financier britannique que la Grande- Bretagne installera sur un territoire qui ne lui appartient pas et qu\u2019elle n\u2019occupe pas encore un groupe étranger à ce territoire et qui reste à former, le tout sans que les habitants de ce territoire aient leur mot à dire.La Déclaration Balfour est la quintessence et l\u2019expression la plus achevée des procédés colonialistes.Qu\u2019on apprécie les astuces.«Foyer national» est vide de sens juridique ou politique, mais il préfigure l\u2019État impossible à créer avant l\u2019arrivée de colons.« Peuple juif » est traité ci-dessous.«Communautés non juives existant en Palestine» est une formulation effrontée pour qualifier la population palestinienne, à 92 % musulmane et chrétienne.Dans une tournure annonciatrice du sor t qui lui est réser vé, cette majorité est définie par sa non-appartenance à la minorité juive, les 8% faisant office de référence.Passe à la trappe le fait que la majorité des juifs en Palestine s\u2019oppose, elle aussi, au projet an- glo-sioniste.Le document crée l\u2019impression que la Palestine est déjà « juive » et que les Palestiniens sont des collectivités résiduelles.Si les «droits civils et religieux des communautés non juives» sont évoqués, leur statut de peuple ayant des droits politiques à un État indépendant est occulté.Le souci pour les «droits et [le] statut politique dont les juifs jouissent dans tout autre pays » témoigne du besoin de ménager la chèvre et le chou : rassurer les juifs occidentaux qu\u2019ils conservent les acquis de leur intégration dans leurs nations respectives tout en les situant en Palestine comme partie d\u2019une autre nation, le « peuple juif » à créer.Dès 1917, l\u2019impérialisme britannique émet l\u2019acte de naissance de l\u2019État d\u2019Israël et prononce l\u2019arrêt de mort de l\u2019autodétermination des Palestiniens.La Déclaration Balfour est imprégnée de sionisme, doctrine politique qui veut placer tous les juifs du monde en Palestine.Elle a ses racines dans le courant évangéliste et fondamentaliste du protestantisme anglais, opposé à l\u2019émancipation et à l\u2019immigration des juifs en Grande-Bre- tagne.Lecteur littéral de la Bible, il croit à un plan messianique de conversion des juifs au christianisme, la base même de l\u2019antisémitisme religieux.Le sionisme chrétien compte actuellement des millions d\u2019adeptes aux États-Unis.L\u2019autre source du sionisme est l\u2019antisémitisme non religieux.Enfourchant le cheval de bataille du nationalisme ethnique et en quête de boucs émissaires, les réactionnaires européens cherchent à exclure leurs concitoyens de confession juive en prétendant qu\u2019ils sont un peuple étranger.C\u2019est la négation de la nation moderne, civique et politique, inclusive et laïque, issue du mouvement libéral et démocratique.Aspirant à l\u2019intégration à la nation, les juifs adhèrent massivement à cette vision.Or, les idéologues juifs du sionisme prennent le relais des antisémites.Épousant leurs notions, ils proclament nation ethnique les adhérents à la religion juive, les détachent de leurs nations et les incitent à s\u2019expatrier en Palestine.Mariage impérialiste et colonial Rejeté par les juifs, notamment occidentaux, le sionisme s\u2019impose grâce au parrainage britannique qui débute avec la Déclaration Balfour et se poursuit longtemps après.La Grande-Bre- tagne est une puissance impériale et la colonie sioniste lui procure une assise dans la région.Impérialisme et colonialisme se complètent.S\u2019inscrivant dans l\u2019histoire de l\u2019expansion coloniale, la Déclaration Balfour inaugure la dernière entreprise de colonisation de peuplement.Les problèmes de l\u2019Europe se déversent au Moyen-Orient et y mettent le feu.CENTENAIRE DE LA DÉCLARATION BALFOUR Un acte fondateur du conflit en Palestine ALAIN RENAUD ARCHIVES LE DEVOIR Si le Québec peut élever la tête parmi les nations du monde, souveraines ou non, c\u2019est à René Lévesque que nous le devons en grande partie.L R L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 1 E R N O V E M B R E 2 0 1 7 A 10 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par courriel publicite@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3452 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Par courriel petitesannonce@ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4 Berri-UQAM Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 16h30 Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com A C T U A L I T É S à la sécurité dans le milieu carcéral.» Elle a été, écrit-il, « un des facteurs » qui ont fait éclater l\u2019émeute au pénitencier de la Saskatchewan en décembre 2016.Cette émeute avait duré trois heures et demie et s\u2019était soldée par la mor t d \u2019un détenu.Les prisonniers se plaignaient de la taille des portions de nourriture et du trop faible apport en protéines.De manière plus générale, note l \u2019enquêteur, cette ré - forme a entraîné « des centaines de plaintes et a créé de la tension dans tous les pénitenciers ».Le Service correctionnel estime que la transformation a généré des économies de 6,4 millions de dollars.En Grande-Bretagne, note M.Zinger, son homologue a conclu que la mauvaise qualité de la nourriture servie et la petitesse des portions pourraient « servir de catalyseur d\u2019agressions et de dissidences».M.Zinger recommande au SCC de mener une étude pour comparer le prix des portions et leur taille avant et après le changement.La réforme est pleinement en vigueur depuis environ deux ans, indique-t-on.Port-Cartier fait exception Le pénitencier à sécurité maximale de Port-Cartier, sur la Côte-Nord, est exempté de c e t t e r é f o r m e c u l i na i r e , comme quelques autres établissements trop isolés.Or, note l\u2019enquêteur, la prison a réussi à respecter le budget alloué par prisonnier tout en fournissant une nourriture plus appréciée.On y cuisine le pain et les muffins, par exemple.Selon les témoignages entendus, des prisonniers refuseraient de se faire transférer vers des établissements à sécurité intermédiaire afin de ne pas être soumis au nouveau régime.« C\u2019est un peu renversant, quand on sait les restrictions à la liberté qui existent dans un pénitencier à sécurité maximale, que les détenus préfèrent rester dans cet environnement plutôt que de bénéficier de moins de restrictions simplement à cause de la nourriture», a lancé M.Zinger en conférence de presse.Cette centralisation culi - naire a aussi affecté négativement la formation professionnelle des prisonniers en réduisant le nombre d\u2019emplois disponibles (entre 300 et 400 em- p lo is de mo ins , se lon le bureau de l\u2019enquêteur) et la qualité de ceux-ci.« Ce sont de grandes marmites et les détenus ne font qu\u2019y déverser des contenants avec des codes barres, des aliments pré-pesés.Ils font tout bouillir.Que ce soit poulet, bœuf, porc, tout est bouilli pendant 45 minutes ou une heure et demie.Au fond des marmites, il y a un gros boyau qui déverse le liquide dans des sacs de plastique avec des codes barres.[\u2026] Ce genre de travail requier t très peu d\u2019habiletés ou de compétences comparativement au système d\u2019avant ou comme à Port- Car tier, où on pense même à introduire un programme de formation professionnelle de cuisinier.» Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 DÉTENUS Souvera ineté -Assoc iat ion (MSA), lequel allait donner naissance au Parti québécois, que reste-t-il de la pensée de René Lévesque?On doit aux historiens Éric Bédard et Xav ier Gé l inas d\u2019avoir patiemment rassemblé et annoté près de 1400 chroniques de René Lévesque demeurées curieusement à peu près inédites jusque-là.Entre 1966 et son élection comme premier ministre en 1976, l \u2019homme a davantage de temps pour revenir à l \u2019écriture .Et il écrit ! Il y a dans cette réser ve abondante de textes un formidable terreau pour comprendre ce qui animait René Lévesque.Si plusieurs politiciens étaient à l\u2019époque invités à prendre régulièrement la plume, Lévesque se distingue d\u2019eux par une rare capacité à mettre en forme ses idées sur une multitude de questions.À compter de 1966, il écrit une colonne pour Di- manche-Matin, puis pour Le Clairon de Saint-Hyacinthe à compter de 1969.L\u2019année suivante, il tient une chronique dans le quotidien de Pierre Pé- ladeau.Au Journal de Montréal, faute de pouvoir compter sur d\u2019autres revenus puisqu\u2019il a échoué à se faire élire député aux élections d\u2019avril 1970, il accepte d\u2019écrire six jours par semaine.Pour cette montagne de mots publiés dans un journal populaire, il est payé 200$ par semaine, soit l\u2019équivalent de 1280$ en 2017.Lévesque doit en tout cas travailler comme une bête de somme pour écrire autant tout en maintenant ses autres engagements à titre de chef du Parti québécois.Lévesque traite d\u2019une multitude de sujets qui apparaissent encore aujourd\u2019hui d\u2019une actualité brûlante.Impossible de tout résumer ici.Faut-il être millionnaire pour faire de la politique ?Lé- vesque peste contre cette élite qui s \u2019entretient en quelque sorte elle-même grâce aux bénéfices de son argent.Avec un certain orgueil, il répète qu\u2019il n\u2019est pas, pour sa part, «un fils de l\u2019aristocratie de l\u2019argent», ce qui marque une distance supplémentaire avec son adversaire Trudeau.La modestie de ses origines constitue dès lors une sorte d\u2019étoile polaire par laquelle il situe l\u2019ensemble de ses idées.Le salaire des médecins?La cond i t ion des hôp i t aux ?« Dans nos orgies budgétaires aux fruits si décevants [\u2026], il n\u2019est sans doute rien de plus stupidement onéreux que le fouillis hospitalier : patronage médico-partisan, parachutage à la volée de grands hôpitaux \u201cpolitiques\u201d parallèlement au sous-équipement tragique de régions, coulage et gabegie dans les achats de fournitures.» Les régions?Il en parle sans cesse.Il se bat contre la fermeture de petites municipalités, dénonce les aménagements financiers avec Ottawa, tout en continuant de prendre la mesure du pays en des mots choisis.À un aussi haut niveau politique, qui se soucie au- jourd\u2019hui autant que lui de la péninsule gaspésienne ?« À l\u2019extrême pointe de la Gaspésie, comme un pouce s\u2019écartant de la paume le long de la baie de Gaspé, tout osseux de roc noirâtre et velu de résineux : la presqu\u2019île de Forillon.» Il montre aussi de fortes et constantes préoccupations pour la culture.Ce n\u2019est pas pour lui une industrie, mais un fondement.Il parle ainsi assez souvent de littérature, se montrant curieux des œuvres des meilleurs écrivains.Il parle ici d\u2019Anne Hébert, là encore de l \u2019œuvre du poète Fernand Ouellette.Il cite aussi assez souvent des œuvres classiques.Dans une chronique, il narre une rencontre animée avec le poète Gaston Miron, qui se trouve dans le même avion que lui en direction de Toronto.Il suit aussi de près les développements de la pensée de l\u2019essayiste Pierre Vade- boncœur.En un mot, la littérature comme représentation forte de la culture fait partie de l\u2019équation sociale que pose Lévesque au sujet du Québec.On le voit ici et là plonger dans les arides statistiques, celles du chômage par exemple, pour essayer de tirer des profondeurs un portrait plus juste orienté vers des temps meilleurs.Lévesque est un vulgarisateur né.Il n\u2019af firme pas.Il explique.La question de l\u2019accessibilité au logement pour tous revient régulièrement sous sa plume.Cela l \u2019 intéresse infiniment p l u s e n t o u t c a s q u e l a constr uction d \u2019autoroutes.L\u2019état des routes lui sert surtout d\u2019indicateur à une pauvreté générale.Ainsi, à propos de sa Gaspésie, dans une note de tournée, il écrit : « Il est une heure du matin, sur une route étroite, sinueuse, crevassée, parfois déchiquetée au bulldozer et laissée en pièces, sans signalisation, une route comme je n\u2019en avais vu qu\u2019outre-mer, en pays dévastés\u2026» La question de moralité dans les af faires publiques revient souvent sous sa plume.Devant les magouilles, il montre un profond dégoût, tout en se montrant résolu à réformer les institutions pour les rendre plus démocratiques.L\u2019esprit démocratique est tenu en haute place sous sa plume.Au tempérament bouillant des jeunes révolutionnaires qui pullulent alors, il répond que la situation n\u2019est pas perdue, qu\u2019il est possible de forcer la porte pour entrer de plain-pied dans l\u2019avenir.La lutte est certes difficile, mais il existe tout de même, croit Lévesque, des façons de changer le monde.La plume de Lévesque propose aussi une critique des médias.Il ne les méprise pas, mais il n\u2019est pas dupe pour autant du fait que ces espaces ne sont pas accrochés aux nuages et qu\u2019ils soutiennent des luttes de pouvoir.Combien de chefs de parti railleraient aussi ouvertement la pensée qui prédispose aux éditoriaux de La Presse ou de The Gazette?On sent qu\u2019il brûle de parler de politique internationale.C\u2019est dans cet horizon que Lé- vesque situe sa quête d \u2019un Québec souverain.Très peu de politiciens québécois ont ainsi constamment replacé leur patrie dans ce grand horizon du monde.Au fil de ses chroniques, Lévesque parle donc de Nasser, de la question irlandaise, de la situation à Singapour, de l \u2019Allemagne, du Chili, du Vietnam brûlé par les b o m b e s d e n a p a l m , d e l\u2019Égypte, de la France, de l\u2019Angleterre, etc.Les idées de Lévesque n\u2019ont souvent pas pris une ride.Faut- il en conclure que l\u2019essayiste Pierre Vadeboncœur avait raison à son sujet quand il écrivait, en 1976, dans le secret d\u2019un journal personnel publié depuis, que Lévesque était un cas à part?Grand ami d\u2019enfance de Pierre Elliott Trudeau, Vade- boncœur en était venu pourtant à admirer Lévesque, dont il passait les idées au scalpel pour mieux les analyser.Dans son journal, Vadeboncœur écrit : «Je tiens Lévesque pour un génie, un authentique génie.Je ne l\u2019écrirais pas publiquement, parce qu\u2019un mot semblable a toujours une apparence de naïveté quand on l\u2019applique à un contemporain.» Habitué de peser chacun de ses mots comme s\u2019ils devaient être coulés dans le bronze à jamais, Vadeboncœur s\u2019explique ainsi en secret et pour lui-même ce qui fait à son sens de Lévesque une figure à part au milieu des cinquante ans de vie politique qu\u2019il a connus : « imagination extraordinaire, association d\u2019idées d\u2019une extrême richesse et rapidité, bon sens vraiment supérieur, pénétration, rapidité et justesse du coup d\u2019œil, dons d\u2019expression \u2014 surtout verbale \u2014 tout à fait supérieurs, créativité saisissante [\u2026].Le taux de combustion de cet esprit-là est celui de l\u2019incandescence».Le Devoir RENÉ LÉVESQUE, CHRONIQUES POLITIQUES (1 ET 2) Sous la direction d\u2019Éric Bédard et de Xavier Gélinas Hurtubise, Montréal SUITE DE LA PAGE 1 LÉVESQUE Lire aussi \u203a Un genre de Xavier Dolan.Quelle idée les moins de 30 ans se font-ils de René Lévesque ?Page A 7 Un leader exceptionnel.Souvent contesté, toujours résilient.Page A 9 Tatouages Ivan Zinger formule 17 recommandations dans son rapport annuel, dont celle de restaurer le programme de tatouage en prison.Ce projet-pilote, créé en 2005 afin d\u2019enrayer le tatouage clandestin responsable de la transmission de maladies telles que l\u2019hépatite C ou le VIH, avait été aboli en 2007 par les conservateurs malgré une évaluation positive du programme.« vol [et de] dif fusion illégale de documents confidentiels » provenant de l\u2019opération Mâchurer \u2014 qui vise notamment l \u2019ex-premier ministre Jean Charest, a confirmé implicitement M.Lafrenière après avoir longuement étayé les « dangers » des fuites médiatiques pour les enquêtes menées par l\u2019UPAC.«Concurremment à l\u2019analyse des perquisitions, nous procéderons à un nombre important de rencontres au cours des prochains mois », a poursuivi le directeur des opérations à l\u2019UPAC, André Boulanger, repoussant la perspective d\u2019un éventuel dépôt d\u2019accusations criminelles contre M.Ouellette.C\u2019est M.Boulanger qui a donné le feu vert à l\u2019arrestation \u2014 imprévue et sans mandat \u2014 de M.Ouellette après que celui-ci eut échoué à un « test d\u2019intégrité» approuvé par le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) et la Cour du Québec, mordant à pleines dents à un «appât» agité par les policiers.L\u2019UPAC reçoit une volée de bois vert Deux heures plus tôt, le président de l\u2019Assemblée nationale avait enjoint à l\u2019état-major de l\u2019UPAC \u2014 et par ricochet au DPCP \u2014 d \u2019« accuser » M.Ouellette ou de s\u2019«excuser» auprès de lui.« Qu\u2019on accuse ou qu\u2019on s\u2019excuse, sinon cette assemblée devra prendre les moyens pour défendre les fondements mêmes de son existence, soit la liberté, la justice et la démocratie » , a-t-il aver ti en chambre.« Les corps policiers et leurs unités doivent être redevables à leurs responsables politiques et au Parlement, sinon on accroît de beaucoup les risques de dérive totalitaires.[\u2026] Je vois des États où ces choses existent, mais pas chez nous.Enfin, je souhaite ne pas me tromper », a insisté le président de l \u2019Assemblée nat io- nale, qu i a appr is dans les médias l\u2019arrestation d\u2019un des élus du Parlement québécois.En soirée, M.Chagnon s\u2019est dit désolé de voir l\u2019UPAC faire fi de son appel.«C\u2019est très malsain.Ça ne peut pas durer longtemps.Je suggère à l\u2019UPAC de s\u2019enligner, de se mettre les yeux à la place des trous et de sortir ses accusations si elle a des choses à dire » , a-t-il affirmé, n\u2019arrivant pas à croire qu\u2019un juge de la Cour du Québec ait appuyé la démarche de l\u2019équipe de M.Lafrenière.L\u2019UPAC s\u2019est quant à elle engagée à solliciter l\u2019autorisation de l\u2019Assemblée nationale afin d\u2019accéder au contenu, potentiellement protégé par le privilège parlementaire, du matériel électronique et informatique de M.Ouellette saisi.« Je vais attendre d\u2019avoir une demande », a rétorqué M.Cha- gnon, sur un ton de défi.De son côté, le premier ministre Philippe Couillard s\u2019est refusé à tout commentaire dans la foulée de la sortie médiatique de l\u2019UPAC.Il avait invité l\u2019unité policière à «donner publiquement le plus de précisions possible » sur l\u2019arrestation de M.Ouellette.Guy Ouellette de retour à l\u2019Assemblée nationale Guy Ouellette a pour sa part dit à l \u2019Assemblée nationale avoir été victime d\u2019un « coup monté» de la part l\u2019UPAC la semaine dernière au moment où la commission des institutions se préparait à tirer au clair des « irrégularités dans l\u2019application de certaines règles de gouvernance » au sein de l\u2019unité policière.Pour l\u2019ex-policier de la Sûreté du Québec, cette « tentative d\u2019intimidation sans précé- dent » de l\u2019équipe du commissaire de l\u2019UPAC, Rober t La- frenière, constitue ni plus ni moins une attaque frontale contre la démocratie québécoise.Il s\u2019agissait de sa première inter vent ion depu is son arrestation par l\u2019UPAC.« Les faits qui me sont reprochés n\u2019ont aucun fondement », a-t-il insisté lors d\u2019une allocution de moins de 4 minutes 30 secondes prononcée depuis le fond du Salon bleu, où les élus indépendants sont confinés.Même s \u2019il bénéficiait de l \u2019immunité parlementaire, M.Ouellette s\u2019est abstenu de détailler le système collu- sionnaire impliquant l\u2019UPAC, l\u2019Autorité des marchés financiers (AMF) et une firme de consultants privés, qui a été évoqué par l\u2019analyste Annie Trudel au cours des derniers jours.Deux arrestations L\u2019UPAC a aussi révélé mardi avoir menti à la presse en confirmant avoir procédé non pas à une, mais à deux arrestations la semaine dernière : celles de Guy Ouel- lette et d\u2019Annie Trudel.Le communiqué de presse diffusé jeudi dernier était incomplet, contrairement à ce qu\u2019indiquait la porte-parole de l\u2019UPAC, Anne-Frédérick Laurence, lundi, dans un bref échange avec Le Devoir.M.Lafrenière a en outre d i t ê t r e « f o n c i è r e m e n t convaincu » qu\u2019il y aura des accusations autant dans l\u2019affaire Ouellette que dans l\u2019affaire Mâchurer.Avec Marie-Lise Rousseau Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 UPAC JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE Le président de l\u2019Assemblée nationale, Jacques Chagnon, a été longuement ovationné par l\u2019ensemble des députés après sa mise au point.La conférence de presse de l\u2019UPAC a amené les partis d\u2019opposition à faire preuve de prudence, mardi : ils ont pris leurs distances avec le député Guy Ouellette, qu\u2019ils avaient pourtant ardemment défendu dans les jours suivant son arrestation.Le député Amir Khadir a réagi à la sortie de l\u2019UPAC en déplorant que M.Ouellette n\u2019ait pas davantage fourni d\u2019explications à l\u2019Assemblée nationale.«Mon ami Guy [Ouellette] aurait pu, je crois, en dire plus alors qu\u2019il avait du temps pour s\u2019exprimer et l\u2019immunité parlementaire.» Du côté de la Coalition avenir Québec, on ne savait plus qui croire mercredi soir.«La grande question, c\u2019est qui dit vrai dans tout ça», a fait valoir le leader caquiste, François Bonnardel.M.Bonnardel a ensuite déploré que l\u2019UPAC laisse M.Ouellette avec «une épée de Damoclès » au-dessus de la tête, ne sachant pas si et quand il risquait d\u2019être finalement accusé dans cette affaire.Le député a toutefois ajouté qu\u2019il était «persuadé» que les gens de l\u2019UPAC « faisaient bien leur travail » et qu\u2019il ne pouvait pas «enlever sa confiance à M.Lafrenière».Perplexe, le leader du Parti québécois dressait des constats similaires.«On a deux versions différentes.Guy Ouellette maintient sa version, l\u2019UPAC donne enfin sa version», a-t-il dit.Plus tôt mardi, il disait de M.Ouellette qu\u2019il avait «servi brillamment l\u2019Assemblée nationale».«Toute sa vie témoigne de ce souci de la recherche de la vérité.» Histoire d\u2019y voir plus clair, les partis d\u2019opposition réclament l\u2019occasion de questionner la direction de l\u2019UPAC, M.Ouellette et l\u2019ex-analyste du ministère des Transports Annie Trudel à l\u2019Assemblée nationale.La majorité libérale a rejeté mardi une motion en ce sens.Isabelle Porter avec Marco Bélair-Cirino L\u2019opposition ne sait plus qui croire "]
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