Le devoir, 6 novembre 2017, Édition de Québec
[" V O L .C V I I I N o 2 5 2 L E D E V O I R , L E L U N D I 6 N O V E M B R E 2 0 1 7 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S AUJOURD\u2019HUI Sur la route \u203a Pour en ?nir avec les voitures polluantes.Page B 5 Le Monde \u203a Démocratie malade (bis).Une chronique de François Brousseau.Page B 1 Avis légaux.B 2 Décès.B 6 Météo.B 4 Mots croisés.B 4 Petites annonces .B 6 Sudoku.B 5 ?w w w .l e d e v o i r .c o m Texas Une fusillade dans une église fait plus de 25 morts Page B 1 «Paradise Papers» Des fortunes de grands argentiers du PLC à l\u2019abri de l\u2019impôt à l\u2019étranger Page A 5 M A R C O F O R T I E R G U I L L A U M E B O U R G A U L T - C Ô T É U n vent de changement a soufflé sur Montréal.Valérie Plante, qui était inconnue du public il y a tout juste deux mois, est devenue la première mairesse de l\u2019histoire de la métropole.La femme de 43 ans a remporté dimanche une victoire convaincante contre le maire sortant, Denis Coderre, qui a annoncé dimanche soir son retrait de la vie politique municipale \u2014 après un seul mandat.La campagne énergique, tout en sourires, de Valérie Plante, a eu raison de ce qui était perçu comme l\u2019arrogance de Denis Coderre, politicien de carrière depuis 1997.«C\u2019est un grand privilège pour moi de me trouver devant vous comme première mairesse de Montréal », a déclaré devant des partisans survoltés dimanche soir Mme Plante.« Nous avons fait une campagne historique.Nous avons démontré qu\u2019il ne fallait pas tenir les Montréalais pour acquis », a-t-elle soutenu.Au moment d\u2019écrire ces lignes, le parti de Valérie Plante, Projet Montréal, se dirigeait vers la majorité au conseil municipal, avec 35 des 65 sièges à l\u2019Hôtel de Ville.La formation a fait des gains hors de sa base traditionnelle, établie dans les quartiers centraux, en arrachant des arrondissements qui étaient acquis à l\u2019Équipe Coderre ou à des indépendants \u2014 notamment Lachine, Ahuntsic-Car tier ville, Côte-des- Neiges\u2013Notre-Dame-de-Grâce et Outremont.D\u2019autres membres importants de l\u2019Équipe Coderre ont mordu la poussière.Les maires d\u2019arrondissement Réal Ménard (Mercier\u2013Ho- chelaga-Maisonneuve) et Anie Samson (Ville- ray\u2013Saint-Michel\u2013Parc-Extension) ont perdu contre leurs adversaires de Projet Montréal.Fiefs conservés Sans surprise, le par ti de Valérie Plante a conservé ses fiefs du Plateau-Mont-Royal (Luc Ferrandez), de Rosemont\u2013La Petite-Patrie (François Croteau) et du Sud-Ouest (Benoit Dorais, qui sera président du comité exécutif).Au moment d\u2019écrire ces lignes, Valérie Plante Valérie Plante passe à l\u2019histoire La chef de Projet Montréal crée la surprise en battant Denis Coderre pour devenir la première femme élue mairesse de la métropole I S A B E L L E P O R T E R M A R I E - M I C H È L E S I O U I à Québec L\u2019 élection du 5 novembre marque peu de changements à Québec, où Régis La- beaume a été réélu sans peine et le parti Québec 21 de Jean-François Gosselin a échoué à faire une percée majeure.M.Labeaume, qui est au pouvoir depuis dix ans, a cette fois plus de 55% des voix face à Jean-François Gosselin (27%) et à Anne Guérette (14%).«Ce sont des dizaines de milliers de citoyens et de citoyennes de tous les âges et de tous les arrondissements qui ont renouvelé leur confiance en notre équipe pour diriger la ville de Québec, et nous leur disons merci !» a déclaré le maire lors d\u2019un bref discours devant ses par tisans dimanche soir.Bien que confortable, la majorité obtenue cette fois-ci est de beaucoup inférieure à celle de 2013 lorsqu\u2019il avait recueilli 74 % des appuis face au précédent chef de Démocratie Québec, David Lemelin (24 %).Dans les districts, le parti du maire sortant s\u2019en est aussi très bien tiré en faisant élire la grande majorité de ses conseillers.Ces résultats voient en outre l\u2019ar rivée de plusieurs jeunes recrues au conseil avec Alicia Despins, qui a 23 ans à peine (Vanier), Émilie Villeneuve (Saint-Louis\u2013Sillery) et Pierre-Luc Lachance (Saint-Roch\u2013Saint-Sauveur).De leur côté, les militants du parti de Jean- François Gosselin se sont raccrochés toute la soirée à l\u2019espoir que leur candidat dans Chute-Mont- VILLE DE QUÉBEC UN 4E MANDAT POUR LABEAUME RENAUD PHILIPPE LE DEVOIR Régis Labeaume dirige la destinée de la Ville de Québec depuis 2007.C A R O L I N E M O N T P E T I T S ur une sculpture en hommage aux femmes en politique érigée devant le parlement de Québec en 2012, elle trône entre Marie Gérin- Lajoie et Thérèse Casgrain.Mais Idola Saint-Jean, ardente féministe de la première moitié du XXe siècle, est sans doute la moins connue des trois.Les historiennes Marie Lavigne et Michèle Stanton- Jean comblent cette perte de mémoire en publiant la biographie Idola Saint-Jean, l\u2019insoumise, aux éditions du Boréal.Femme de cause, ardente démocrate, Idola Saint-Jean a combattu la grande résistance du gouvernement du Québec à accorder le droit de vote aux femmes.Elle, ainsi que toutes les femmes qui l\u2019ont accompagnée dans ce mouvement, a finalement eu gain de cause auprès du premier ministre Abélard Godbout en 1940, soit 19 ans après que le gouvernement du Canada eut permis aux femmes de voter aux élections fédérales.En fait, le Québec a été la dernière province du Canada, juste avant les Territoires du Nord-Ouest, à permettre aux femmes de voter.En entrevue, les historiennes attribuent en par tie cette résistance québécoise à un certain repli identitaire.Et paradoxalement, c\u2019est cette résistance qui aurait exposé les LIVRES Idola Saint-Jean, le parcours d\u2019une battante PEDRO RUIZ LE DEVOIR Michèle Stanton-Jean et Marie Lavigne signent une biographie sur Idola Saint-Jean, ardente féministe de la première moitié du XXe siècle.Élections municipales \u203a Un tour d\u2019horizon des principaux résultats au Québec.Pages A 2, A 3 et A 4 La carte de tous les résultats sur l\u2019île de Montréal.Page A 2 Une mairesse magique.Un éditorial de Brian Myles.Page A 6 VOIR PAGE A 8 : IDOLA VOIR PAGE A 8 : QUÉBEC VOIR PAGE A 8 : MONTRÉAL L E D E V O I R , L E L U N D I 6 N O V E M B R E 2 0 1 7 A 8 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par courriel publicite@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3452 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Par courriel petitesannonce@ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4 Berri-UQAM Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 16h30 Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com A C T U A L I T É S Québécoises plus longtemps à un discours féministe, qu\u2019elles auraient majoritairement adopté ensuite.Libre et engagée Michèle Stanton-Jean a découver t Idola Saint-Jean en faisant des recherches pour sa maîtrise, qui portait sur un collège classique du Québec.Elle trouve alors un texte publié par Idola Saint-Jean qui s\u2019intitule L\u2019aristocratie des sexes.« C\u2019était d\u2019une logique incroyable, bien construit », raconte-t-elle.Plus tard, lorsque Pol Pelletier, du Théâtre expérimental des femmes (devenu depuis Théâtre Espace Go), demandera à Michèle Stanton-Jean de prononcer une conférence sur l\u2019une de ses héroïnes, l\u2019historienne choisira Idola Saint-Jean.Mais personne ne s\u2019était attaqué jusqu\u2019à présent à la biographie de cette femme libre et engagée.« Peut-être parce que c\u2019est un sujet dif fi- cile », suggère Marie Lavigne.Fille unique, célibataire jusqu\u2019à la fin de ses jours, Idola Saint- Jean n\u2019avait pas de cortège familial pour entretenir sa mémoire.Née en 1879 dans un foyer aisé de Montréal, éduquée au Collège V illa-Maria, Idola Saint-Jean a d\u2019abord étudié le théâtre puis la diction, notamment en France, avant de faire de la cause des femmes son principal cheval de bataille.Son père, avocat, était connu pour ses talents d\u2019orateur, qu\u2019il a vraisemblablement transmis à sa fille.Lorsqu\u2019il décède, Idola doit se mêler des finances de la famille.Est-ce à ce moment qu\u2019elle décide de ne jamais se marier ?À l\u2019époque, les femmes mariées étaient complètement subordonnées financièrement à leur mari.Pour Idola Saint- Jean, le mariage est un esclavage.Elle tombe ensuite «dans la marmite du féminisme », en côtoyant notamment Marie Gérin- Lajoie, à la Fédération nationale Saint-Jean-Bap- tiste.Caroline Dessaulles-Béique y introduit la notion de « féminisme chrétien », que Mgr Bru- chési reprendra en parlant aux religieuses : «c\u2019est le féminisme qui fait les saintes», disait-il.Idola Saint-Jean, quant à elle, ne sera jamais complaisante envers l\u2019Église.Marie Gérin-La- joie lui reprochera d\u2019ailleurs d\u2019avoir critiqué l\u2019Église dans un texte de La sphère féminine en 1934, où Idola Saint-Jean écrit : «Depuis des siècles, une moitié des humains dicte à l\u2019autre moitié ses volontés dans le domaine religieux, politique et juridique.» Idola Saint-Jean est surtout une femme de cause, prête à faire des concessions pour atteindre son but, soutiennent les historiennes.Elle n\u2019hésitera pas à inviter Henri Bourassa, pourtant très opposé au droit de vote pour les femmes québécoises, lors d\u2019un événement pour la paix.Droit de vote Rassembleuse, Idola Saint-Jean l\u2019aura été dès ses débuts, alors qu\u2019elle fonde, en 1908, l\u2019Association artistique des dames canadiennes.Plus tard, elle enseignera avec «un pied dans chaque monde», poursuit Marie Lavigne, soit en même temps à l\u2019Université McGill, milieu anglophone, et au Monument-National, auprès des francophones.En entrevue, Marie Lavigne et Michèle Stanton-Jean la rapprochent de la Co-operative Commonwealth Federation, l\u2019ancêtre du NPD actuel.Dans une série d\u2019éditoriaux publiés dans Le Devoir, en 1918, le directeur du journal, Henri Bourassa, allègue d\u2019ailleurs que « le droit de vote pour les femmes est une af faire d\u2019anglophones protestants et individualistes », résument Marie Lavigne et Michèle Stanton-Jean.De fait, les femmes canadiennes obtiendront le droit de voter aux élections fédérales dès 1921, soit 19 ans avant que les femmes québécoises puissent le faire aux élections provinciales, en 1940.«Après la mort d\u2019Idola Saint-Jean, en 1945, Duplessis va revenir au pouvoir, et on parle très peu des conquêtes des femmes, c\u2019est une stagnation», dit Marie Lavigne.Survient enfin le renouveau féministe dans les années 1970.Quarante ans plus tôt, le combat d \u2019Idola Saint-Jean et ses proches ne se limite pas à obtenir le droit de vote pour les femmes au Québec.On s\u2019attaque à toute une infrastructure juridique qui fait des femmes des inférieures.Elles vont d\u2019ailleurs aller jusqu\u2019au Conseil privé de Londres, en 1929, pour obliger le gouvernement canadien à reconnaître que les femmes sont des « personnes qualifiées », donc pouvant être nommées au Sénat.Mais la première séna- trice canadienne ne sera pas Idola Saint-Jean, bien que son nom circule, mais Cairine Wilson, une résidante de l\u2019Ontario, née à Montréal, bilingue et mère de huit enfants.Bien qu\u2019elle n\u2019ait jamais siégé en Chambre, Idola Saint-Jean a marqué les esprits de son temps.Dans un portrait qu\u2019il a fait d\u2019elle en 1934, l\u2019historien Robert Rumilly écrit qu\u2019elle est « la chef et l\u2019âme des mouvements féministes ».Avec ce livre, Marie Lavigne et Michèle Stan- ton-Jean la font, en quelque sorte, entrer dans la modernité.Le Devoir IDOLA SAINT-JEAN, L\u2019INSOUMISE Marie Lavigne et Michèle Stanton-Jean Éditions du Boréal Montréal, 2017, 383 pages SUITE DE LA PAGE 1 IDOLA morency\u2013Seigneurial, à Beauport, remporte son élection.Stevens Melançon a finalement récolté 47,2 % des voix, légèrement devant sa rivale d\u2019Équipe Labeaume, Nathalie Roy, qui a obtenu 43,6% des appuis.«Québec 21 a un premier candidat au conseil de ville!» s\u2019est félicité l\u2019organisateur de Québec 21, Serge Marcotte.Dans Sainte-Thérèse-de-Lisieux, à Beauport, la lutte a été très chaude entre la colistière de Jean-François Gosselin, Nancy Piuze, et la candidate Marie France Trudel, d \u2019Équipe La- beaume.La légère avance qu\u2019a obtenue Nancy Piuze en toute fin de soirée a nourri les applaudissements de la centaine de personnes réunies dans le sous-sol d\u2019un restaurant du boulevard Hamel.Au moment d\u2019écrire ces lignes, elle l\u2019emportait de quelques dizaines de voix devant Mme Trudel.Tous les yeux étaient rivés sur ce secteur durant la soirée puisqu\u2019une victoire de Mme Piuze allait permettre à M.Gosselin de siéger au conseil municipal.Quant à la formation d\u2019Anne Guérette, Démocratie Québec, elle n\u2019aura réussi qu\u2019à conserver le district où siégeait la chef (Cap-aux-Dia- mants).Malgré la division du vote d\u2019opposition, son candidat Jean Rousseau l\u2019a emporté \u2014 de peu \u2014 devant Maud Rusk d\u2019Équipe Labeaume.Le principe du colistier permettra à Mme Gué- rette de prendre sa place si elle le souhaite.Enfin, dans Montcalm\u2013Saint-Sacrement, le vétéran Yvon Bussières a obtenu le mandat de fin de carrière qu\u2019il convoitait, après 24 ans au conseil municipal.Élu en 2013 sous la bannière de Démocratie Québec, M.Bussières se présentait cette fois-ci comme indépendant.Transport structurant et qualité de vie Pour le maire de Québec, il s\u2019agit d\u2019un quatrième mandat si on inclut celui \u2014 très court \u2014 qu\u2019il a fait à la suite du décès de la mairesse Andrée Boucher en 2007.Après avoir fait campagne sur l\u2019amphithéâtre en 2009 et les conditions de travail en 2013, Équipe Labeaume avait axé cette dernière campagne sur la qualité de vie et la continuité.Moins arrogant et offensif que les dernières fois, le maire sortant a respecté sa promesse de se faire plus respectueux et ne s\u2019est pas emporté une seule fois durant les débats malgré les attaques souvent très agressives de Jean- François Gosselin.Avec l\u2019entrée en scène de Québec 21, le discours de droite des radios d\u2019opinion de Québec bénéficiait, pour la première fois, d\u2019une voix politique organisée.L\u2019animateur Jeff Fillion s\u2019était présenté à la mairie contre Régis Labeaume en 2009, mais il l\u2019avait fait sans parti politique et sans s\u2019investir dans une campagne en bonne et due forme.Au cours des dernières semaines, le chef de Québec 21 s\u2019est révélé un tribun passionné avec un bon sens de la répartie.Or, sa méconnaissance de plusieurs dossiers l\u2019a plus d\u2019une fois trahi, notamment en matière de finances municipales.Au grand dam de ses adversaires, il a imposé le projet d\u2019un troisième lien comme thème central de la campagne, mais a assoupli sa position sur le transport en commun en se révélant en fin de campagne un ardent défenseur de l\u2019autobus\u2026 par opposition au « réseau structurant» de Régis Labeaume et au tramway d\u2019Anne Guérette.Quant à cette dernière, la campagne lui a rapidement fait perdre son statut de principale opposition à Équipe Labeaume.Mme Guérette a toutefois bouclé une campagne sans anicroche, surpassant les attentes notamment lors du second débat.Gel de taxes et bus gratuit Avec la réélection de M.Labeaume et de son équipe, les quatre prochaines années s\u2019annoncent peu dépaysantes.Sur le plan fiscal, ils se sont engagés à geler les taxes l\u2019an prochain, mais recommenceront à taxer au niveau de l\u2019inflation à partir de 2019.La dette, qui a explosé depuis leur arrivée au pouvoir, devrait quant à elle poursuivre la descente entamée il y a deux ans.Régis Labeaume a aussi promis de présenter rapidement un nouveau projet de transpor t « structurant» pour remplacer le défunt Service rapide par bus (SRB), abandonné en avril.Le nouveau réseau viserait, en premier lieu, à desservir l\u2019est et le nord de la ville, a-t-il répété durant la campagne.Afin de réduire la congestion, son parti pense aussi pouvoir retirer entre 2000 et 3000 voitures du réseau en of frant aux étudiants de l\u2019université un laissez-passer d\u2019autobus gratuit.Équipe Labeaume a aussi multiplié les engagements à l\u2019échelle locale avec de nombreux ajouts d\u2019espaces verts, de pistes cyclables et de parcs.Le parti a enfin promis de ramener 500 familles dans le Vieux-Québec, de construire une piscine publique dans le secteur de Vanier et d\u2019ajouter 1500 logements sociaux au parc immobilier.Ses engagements totalisent 133 millions, en excluant les subventions attendues.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 QUÉBEC détenait une avance de plus de 24 000 voix contre le maire sortant.La chef de Projet Montréal avait 51,3% des voix, comparativement à 46,7% pour Denis Coderre.Victoire historique La nouvelle mairesse a remporté l\u2019élection en promettant de combattre la congestion routière, notamment par la construction d\u2019une ligne rose de métro entre Montréal-Nord et le centre-ville au coût de 5,9 milliards de dollars.L\u2019aménagement d\u2019un réseau express de pistes cyclables fait aussi partie des priorités de Valérie Plante et de son équipe.L\u2019annonce de la victoire de Valérie Plante, vers 21 h 15, a pratiquement fait exploser le plafond du Théâtre Corona, où avait lieu la soirée électorale de Projet Montréal.Des cris de joie, des accolades, des applaudissements, quelques larmes joyeuses aussi : une véritable euphorie parmi les centaines de partisans rassemblés.« Je suis tellement fier qu\u2019on ait une mairesse pour Montréal ! » a lancé aux militants le nouveau maire de Mercier\u2013Ho- chelaga-Maisonneuve, Pierre Lessard-Blais.« Ce soir, nous avons fait l\u2019histoire », a ajouté Benoit Dorais, réélu maire du Sud-Ouest.Lui aussi réélu dans le Pla- teau-Mont-Royal, Luc Ferran- dez s\u2019est fendu d\u2019un gros «Ata- boy ! » en montant sur la scène du Corona.« Avec Valérie Plante, c\u2019est tout le Québec qui va se laisser influencer, qui va voir que c\u2019est possible, dans toutes les villes et tous les villages du Québec, d\u2019avoir des femmes qui gouvernent », a-t-il dit.Au-delà de ce changement historique, Luc Ferrandez saluait une victoire « devant quelqu\u2019un qui prétendait avoir le milieu des af faires de son bord, qui prétendait être LA voix de Montréal, \u201cje sais que Montréal veut ça ou ça\u201d\u2026 Au- jourd\u2019hui, ce n\u2019est pas juste lui qui prend sa leçon, c\u2019est tous les hommes politiques qui pensent comme lui à travers le Québec ».Selon M.Ferrandez, «Valérie Plante est tellement plus que des sourires : elle va être à la hauteur des ambitions de Montréal ».Il a lancé quelques pointes aux «commentateurs et aux experts» qui avaient prédit une victoire de Denis Coderre.Comme un effet Macron La victoire de Valérie Plante est celle d\u2019un nouveau visage, elle qui était presque inconnue il y a tout juste deux mois, a souligné le titulaire de la Chaire de relations publiques et communication marketing de l \u2019UQAM, Bernard Mo- tulsky, en entrevue au Devoir.« Je pense que tout le monde est surpris.On avait vu des signes, mais on n\u2019y croyait pas vraiment.Il s\u2019agit d\u2019une inconnue qui remplace un maire archi- connu après un seul mandat », a-t-il réagi.M.Motulsky attribue cette victoire à ce qu\u2019il appelle « l\u2019effet Macron ».« C\u2019est ce qu\u2019on a vu en France : un jeune politicien pratiquement sans expérience qui a réussi à bousculer le résultat.On voit une nouvelle génération mettre au pouvoir de nouvelles personnes, qui veulent faire table rase des politiciens traditionnels » , analyse-t - i l .Le peu d\u2019expérience de Mme Plante l\u2019aurait avantagée par rapport à son adversa ire, un v ieux routier en politique.«C\u2019est clair que Valérie Plante a fait une campagne sans faute », poursuit Bernard Mo- tulsky.Elle a réussi à se faire connaître, ce qui était son premier défi.Ensuite, elle avait l\u2019avantage de ne pas avoir de bilan et de gestes à défendre, contrairement au maire sortant.«De son côté, il y a eu des erreurs tactiques, notamment sur toute la question de la Formule E, qui a empoisonné sa campagne», observe-t-il.Par ailleurs, il souligne la présence très énergique sur les réseaux sociaux de Projet Montréal tout au long de la campagne électorale.Enfin, le fait que Mme Plante soit la première femme à la tête de Montréal a joué en sa faveur, estime M.Motulsky, même s\u2019il soutient que l\u2019enjeu générationnel a pris le dessus.La personnalité de l\u2019élue a également influencé le vote, à son avis.«M.Coderre repousse autant qu\u2019il attire.Il a une personnalité forte, présente ; des gens aiment ça, d\u2019autres ne supportent pas ça.» Stupeur chez Coderre Le cœur n\u2019était pas à la fête à l\u2019Olympia, lieu de rassemblement d\u2019Équipe Denis Coderre.La stupeur se lisait sur les visages lorsque la victoire de Valérie Plante a été annoncée.Les candidats qui se sont présentés à l\u2019Olympia expliquaient mal le désaveu des Montréalais à l\u2019égard de leur parti.«Nous ne renions rien de notre bilan.La population a parlé.Il faut être bon joueur.Je respecte le verdict démocratique», a indiqué Réal Ménard, qui a subi la défaite à la mairie de Mercier\u2013Hochelaga-Maison- neuve contre le candidat de Projet Montréal, Pierre Les- sard-Blais.« Nous devons prendre le temps d\u2019absorber résultats », a commenté Jim Beis, réélu à la mairie de l\u2019arrondissement de Pierrefonds-Roxboro.Selon lui, il était trop tôt pour dire ce qu\u2019il adviendrait du parti.Avec Marie-Lise Rousseau et Jeanne Corriveau Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 MONTRÉAL PEDRO RUIZ LE DEVOIR Inconnue du grand public il y a tout juste six mois, Valérie Plante a réussi à capter l\u2019attention des Montréalais.Valérie Plante en quelques dates Née en 1974 à Rouyn-Noranda, Valérie Plante a quitté l\u2019Abitibi-Témiscamingue vers l\u2019âge de 15 ans pour aller étudier et apprendre l\u2019anglais à North Bay, en Ontario.Elle rejoint ensuite sa mère à Trois-Rivières avant de s\u2019installer à Montréal en 1994 pour y étudier en anthropologie.Titulaire d\u2019une maîtrise en muséologie et d\u2019un certificat en intervention multiethnique, Mme Plante s\u2019est par la suite impliquée dans les milieux culturel, communautaire et syndical, notamment comme coordonnatrice de projets et des communications.En 2013, elle fait le saut en politique sous la bannière de Projet Montréal et est élue conseillère du district de Sainte- Marie de l\u2019arrondissement Ville-Marie, délogeant la politicienne de carrière Louise Harel.Elle devient chef de ce parti en 2016 au terme d\u2019une lutte à trois avant de se présenter à la mairie de Montréal contre Denis Coderre en 2017.Mariée à Pierre-Antoine Harvey, Valérie Plante a deux garçons de 11 et 14 ans et réside dans Rosemont\u2013La Petite-Patrie.Lisa-Marie Gervais "]
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