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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2017-11-20, Collections de BAnQ.

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[" V O L .C V I I I N o 2 6 4 L E D E V O I R , L E L U N D I 2 0 N O V E M B R E 2 0 1 7 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S AUJOURD\u2019HUI Actualités \u203a Sans entente depuis 2015, les sages-femmes du Québec s\u2019impatientent.Page A 3 Avis légaux.B 2 Décès.B 6 Météo.A 4 Mots croisés.A 4 Petites annonces .B 6 Sudoku.B 4 ?w w w .l e d e v o i r .c o m Éducation Incursion dans une «classe inversée» collégiale Page A 2 Transports Quand des entreprises d\u2019ici prêchent par l\u2019exemple Page B 5 ZIMBABWE MUGABE S\u2019ACCROCHE AU POUVOIR ZINYANGE AUNTONY AGENCE FRANCE-PRESSE Le président du Zimbabwe, Robert Mugabe, au pouvoir depuis 1980, a créé surprise et confusion dimanche en ignorant les appels à sa démission dans les heures suivant sa spectaculaire expulsion de la direction de son parti.Des milliers de Zimbabwéens sont de nouveau descendus dans les rues ce week-end, appelant au départ de «camarade Bob» et rejetant l\u2019ascension au pouvoir de son épouse, Grace Mugabe.Page B 1 A L E X A N D R E S H I E L D S L e gouvernement Couillard a choisi d\u2019élargir l\u2019accès au financement public pour les projets d\u2019exploitation d\u2019énergies fossiles, a constaté Le Devoir.Une décision prise dans une optique de « transition énergétique », promet Québec.Une erreur, réplique le Front commun pour la transition énergétique, qui exige la fin des investissements dans les secteurs pétroliers et gaziers.Le gouvernement a déposé récemment le projet de loi 150, dans le but de mettre en œu- vre des dispositions des deux plus récents budgets du Québec.Parmi les éléments de ce projet de loi, Québec a décidé de modifier la Loi sur Investissement Québec afin « d\u2019élargir l\u2019affectation du fonds Capital Mines Hydrocarbures au secteur de l\u2019énergie ».Ce fonds d\u2019un milliard de dollars, géré par Investissement Québec, sera d\u2019ailleurs renommé «fonds Capital Mines Énergie».Mais l\u2019objectif demeure essentiellement le même, soit d\u2019investir dans des entreprises du secteur minier (800 millions de dollars) ou de celui des hydrocarbures.Jusqu\u2019à présent, les investissements pour le secteur des énergies fossiles, d\u2019un «minimum » de 200 millions de dollars, se concentraient sur ÉNERGIES FOSSILES L\u2019accès aux fonds publics sera élargi M A R C O F O R T I E R L e premier ministre Justin Trudeau présentera les excuses du gouvernement aux milliers de Canadiens qui ont été emprisonnés, privés d\u2019un emploi ou harcelés, jusque dans les années 1990, en raison de leur orientation sexuelle.Les Forces armées canadiennes, la Gendarmerie royale du Canada (GRC) et la fonction publique fédérale ont un lourd passé de discrimination envers les personnes gaies, lesbiennes, bisexuelles, transgenres ou queers (LGBTQ).Les homosexuels étaient tout simplement interdits dans ces organisations fédérales jusque dans un passé récent \u2014 jusqu\u2019en 1992, dans le cas des Forces canadiennes.Comme il s\u2019y était engagé, Justin Trudeau formulera des excuses officielles à ces Canadiens injustement persécutés, le mardi 28 novembre à la Chambre des communes, a confirmé dimanche le Bureau du premier ministre au Devoir.«On va respecter notre obligation envers ceux qui ont été ostracisés dans le passé », a indiqué Cameron Ahmad, porte-parole du premier ministre.Pierre Elliott Trudeau, le père de Justin, avait décriminalisé l\u2019homosexualité en 1969, mais la discrimination contre les gais a néanmoins longtemps persisté dans l\u2019appareil fédéral et ailleurs au pays.L\u2019ex-maire de Montréal, Denis Coderre, s\u2019est excusé lui aussi, lors du défilé de la Fierté 2017, pour les gestes passés du Service de police de la Ville de Montréal envers la communauté LGBTQ : descentes dans des bars, violence, arrestations abusives.Compensation financière Les groupes de défense des personnes LGBTQ se réjouissent des excuses imminentes du gouvernement canadien, mais soutiennent qu\u2019il en faudra plus pour réparer les erreurs du passé \u2014 et du présent.Les groupes de défense Des excuses officielles d\u2019Ottawa à la communauté LGBTQ M A R I E - M I C H È L E S I O U I à Québec U n verre de cidre de glace, le Château Frontenac et la vue sur\u2026 la mer de Chine.Voilà qui devrait être possible en 2022, dans la ville de Qidong, où un groupe d\u2019investisseurs chinois s\u2019attelle à recréer le Vieux-Qué- bec à une centaine de kilomètres de Shanghai.Seize ans après l\u2019échec du projet de banlieues thématiques One City, Nine Towns piloté par la Ville de Shanghai, la compagnie JC Group se lance dans le projet Art City of Ocean Culture Lvsi-Québec, du nom du secteur où la ville sera installée.Réplique du Château Frontenac, sirop d\u2019érable, mais aussi salle de spectacle, école internationale, hôtel cinq étoiles, parc thématique et résidences privées doivent se côtoyer dans un PROJET Le Vieux-Québec, made in China ROBERT F.BUKATY ASSOCIATED PRESS Une réplique du Château Frontenac de Québec pourrait voir le jour en Chine.VOIR PAGE A 8 : CHINE VOIR PAGE A 8 : EXCUSES VOIR PAGE A 8 : ACCÈS M I R I A N E D E M E R S - L E M A Y É lectrifier un quar tier de Montréal : c\u2019est la mission donnée à une trentaine de collégiens pendant un cours de physique au cégep Montmorency, à Laval.En équipe, les étudiants dessinent des circuits électriques grand format sur les tableaux blancs de la classe.Ils font des calculs élaborés.Ils calculent le nombre de lampadaires et de lignes électriques nécessaires pour illuminer la rue Le Royer.Ce n\u2019est pas la première fois que ces étudiants font ce type de résolution de problèmes.Il y a quelques semaines, ils devaient déterminer la distance à laquelle un requin peut détecter le champ électromagnétique d\u2019une truite.Bientôt, ils devront concevoir et fabriquer le flash d\u2019un appareil photo.Si leur professeur, Sébastien Marcotte, a le temps de donner autant d\u2019exercices pratiques à faire en classe, c\u2019est grâce à la « classe inversée », une approche pédagogique qui renverse le principal paradigme en éducation.«Habituellement, on parle de la théorie en classe et on fait la pratique à la maison, explique l\u2019enseignant.Avec la classe inversée, on fait l\u2019inverse.La théorie s\u2019apprend à la maison par des vidéos, des lectures ou de la baladodif fusion.Ce qui laisse un maximum de temps en classe pour la pratique.» De nombreux avantages La classe inversée permet aux étudiants de faire des apprentissages plus profonds et durables que les cours magistraux, croit Vincent Laberge, coordonnateur des recherches sur les classes inversées à l\u2019Université de Montréal.En classe magistrale, les élèves peuvent répéter et comprendre la matière du cours.En classe inversée, la matière est mieux maîtrisée.Elle est perçue de manière critique.Elle ser t de base pour créer de nouveaux éléments.Cette approche pédagogique bénéficie principalement au quar tile le plus faible de la classe, alors que la per for- mance des autres étudiants reste sensiblement la même, souligne M.Laberge.De fait, on obser ve entre 10 et 25 % moins d\u2019échecs dans les classes inversées, selon les données d\u2019une vaste revue de littérature, rapporte le chercheur.« Il y a toute cette dimension de l\u2019apprentissage par les pairs qui entre en jeu, ce qui permet aux élèves d\u2019intégrer la matière par différentes manières», explique-t-il.La classe inversée pousse aussi les étudiants à travailler en équipe, confirme Audrey Raynault, étudiante au doctorat à l\u2019Université de Montréal.La classe inversée est utilisée pour un cours regroupant des étudiants de 12 programmes en sciences de la santé à l\u2019Université de Montréal.Après avoir fait des lectures en ligne sur le sujet, les étudiants doivent concevoir un outil d\u2019éducation thérapeutique pour un cas clinique en équipes multidisciplinaires de cinq étudiants.Deux mois plus tard, les étudiants adaptent leur outil après de discussions avec un patient.Ce type d\u2019exercices exerce les futurs professionnels de la santé qui auront à travailler à distance dans des équipes multidisciplinaires, croit Mme Raynault.Les conditions du succès Si la classe est « inversée», il faut tout de même la faire «de la bonne façon» pour qu\u2019elle soit avantageuse, avertit Mme Raynault.Pour que l\u2019étudiant soit motivé à apprendre la théorie à la maison, il doit y avoir un retour sur les notions, ainsi que des évaluations en classe.Autrement, c\u2019est l\u2019échec.L\u2019apprentissage cesse.C\u2019est du moins ce qu\u2019a observé Mme Raynault à la suite d\u2019une expérience réalisée à l\u2019Université de Montréal.De même, inverser la classe pour uniquement faire des devoirs en classe n\u2019a pas de valeur ajoutée, selon Geneviève Caron, enseignante de physique au Collège Montmorency.Il faut coupler la classe inversée à des exercices qui rendent l\u2019élève « actif ».Avec son collègue, Sébastien Marcotte, elle a monté une banque d\u2019activités et de jeux permettant «d\u2019entraîner ce muscle qu\u2019est la mémoire».Par exemple, les deux professeurs utilisent des jeux- questionnaires interactifs où les élèves répondent anonymement à une question à choix multiples, d\u2019abord de façon individuelle, puis après consultation en équipe, afin d\u2019évaluer leur apprentissage par rapport à la classe.La classe inversée signifie plus de travail pour l\u2019étudiant\u2026 mais beaucoup plus de travail pour l\u2019enseignant, selon M.Laberge.Une charge de travail que M.Marcotte et Mme Caron ont expérimentée lorsqu\u2019ils ont décidé d\u2019adopter la classe inversée en 2014.À moins d\u2019une semaine de la rentrée, les deux professeurs ont décidé de monter leur cours théorique sur vidéos.«Je restais souvent après les cours sur mon temps personnel pour faire ces vidéos », explique M.Marcotte.Étant les pionniers de la classe inversée au collège, ils partent de zéro, ou presque.Et ils n\u2019ont pas, comme le précise l\u2019enseignant, une formation pour faire du montage vidéo.Certaines ressources sont toutefois disponibles pour les enseignants qui décident d\u2019adopter cette méthode pédagogique.« Il y a de plus en plus de vidéos de bonne qualité sur YouTube, créés par des enseignants qui ont déjà adopté la classe inversée » , souligne M.Laberge.Une formation en ligne ouverte pour tous portant sur la classe inversée est également offerte par l\u2019Université de Montréal.Mm e Ray- nault ajoute que plusieurs communautés de professeurs partageant leurs astuces existent sur les réseaux sociaux comme Facebook et Twitter.Reste que la technique est peu utilisée.M.Laberge estime qu\u2019environ 2 à 3 % des professeurs des cégeps et des universités de la province utilisent cette technique pédagogique.Des statistiques sont toutefois difficiles à établir, puisque ces enseignants ont beaucoup de liber té dans le choix de leurs techniques pédagogiques.Le chercheur évalue que ce nombre serait en hausse au cours des dernières années.Collaboratrice Le Devoir ÉDUCATION Et si on inversait la classe ?Des professeurs du collégial et de l\u2019université priorisent la pratique lors des cours L E D E V O I R , L E L U N D I 2 0 N O V E M B R E 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 2 Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 P H I L I P P E P A P I N E A U A lors que les journalistes de La Presse se sont démarqués en rempor tant pas moins de quatre prix Judith- Jasmin, samedi soir au congrès de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec, Le Devoir a gagné pour une deuxième année consécutive le prix du jour nalisme spécialisé, cette fois remis à Marco Fortier pour sa couverture de l\u2019éducation.Le jury des prix Judith-Jas- min \u2014 récompenses qui honorent le meilleur du travail journalistique, peu importe le média \u2014 a souligné «le travail acharné» de Marco Fortier dans le secteur de l\u2019éducation, sa « rigueur exemplaire» et ses habilités de vulgarisateur.En 2016, le journaliste du Devoir Alexandr e Shields avait été récompensé pour sa couverture de l\u2019environnement.Samedi soir lors d\u2019un gala animé par Jean-René Dufor t et qui se tenait au Théâtre Granada de Sherbrooke, le Grand Prix Judith-Jasmin a été remis à Philippe Teis- ceira-Lessard, Karim Benes- saieh, Daniel Renaud et Yves Boisvert, de La Presse, pour leur article «Visé par 24 mandats de surveillance», qui s\u2019est avéré la première d\u2019une série de révélations qui ont entre autres mené à la mise sur pied de la commission Chamberland.La Presse a aussi récolté trois autres prix.Le travail du journaliste économique Maxime Bergeron a été souligné dans la catégorie pour sa série Entre vaches sacrées et Maserati, alors que Gabrielle Duchaine a reçu le Judith-Jasmin dans la catégorie Nouvelles - médias nationaux, pour Autopsie d\u2019un camouflage, sur l\u2019entraîneur de ski Bertrand Charest.Mme Du- chaine a connu une soirée fructueuse, car elle s\u2019est également démarquée dans la catégorie Journalisme de service avec sa collègue Caroline Touzin pour le dossier «Sextage entre adolescents », qui selon le jur y «mêle efficacement des faits et des conseils, en expliquant clairement au lecteur quels sont les lois et les recours, dans ce domaine».Dans la catégorie E n q u ê t e , M a r i e - Maude Denis, Daniel Tremblay et Jacques Taschereau de la bien nommée émission Enquête de Radio-Ca- nada ont décroché les honneurs pour « Les baux cadeaux », qui mettait en lumière les agissements d\u2019importants collecteurs de fonds du Parti libéral et l\u2019ex-p.-d.g.de la Société immobilière du Québec.La société d\u2019État s\u2019est aussi démarquée dans la catégorie Nouvelles \u2013 médias locaux et régionaux, pour le repor tage « Il était hostile aux non-Blancs », d\u2019Alexandre Duval (avec la collaboration de Sébastien Bovet), et créé dans la foulée de la tuerie de la mosquée de Québec, en janvier.Dans la catégorie Opinion, le Judith-Jasmin est allé à Alec Castonguay, de L\u2019actualité, pour son papier Budget Leitão : le mirage des services de qualité pour la petite enfance, écrit dans le cadre du huis clos pré- cédent le budget du ministre.Vice Québec, quant à lui, a gagné sa toute première récompense à sa première nomination, et ce, dans la catégorie Entrevue ou portrait, pour Les illusions et désillusions de La Meute, le « plus grand groupe d\u2019extrême droite au Québec », de Brigitte Noël.Cette année, la FPJQ a par ailleurs remis son prix Hommage à Jacques Moisan pour l \u2019ensemble d\u2019une car rière journalistique remarquable.M.Moisan, qui a travaillé en journalisme pendant plus de 50 ans, a entre autres marqué la télé québécoise sur les ondes de TVA, où il a animé le bulletin de fin de soirée pendant 18 ans.Le Devoir PRIX JUDITH-JASMIN Le Devoir primé pour sa couverture en éducation Prix Antoine-Desilets : les photographes de La Presse largement récompensés Les photographes du journal La Presse ont remporté six des sept prix Antoine-Désilets récompensant les meilleures photos de presse de l\u2019année.Le photographe de La Presse Martin Tremblay a gagné deux prix (Enjeu contemporain et Nouvelles), le même nombre de récompenses que son collègue Édouard Plante-Fréchette (Photorepor- tage et Portrait).Dans la catégorie Arts et spectacles, c\u2019est le cliché des deux clowns du Slava Snow Show prise par Marco Campanozzi, toujours de La Presse, qui a récolté les honneurs.Pour ce qui est de la meilleure photo sportive, le prix Antoine-Désilets a été attribué à Bernard Brault.C\u2019est le photographe Simon Clark, du Journal de Québec, qui a pour sa part reçu les honneurs dans la catégorie vie quotidienne, pour sa photo d\u2019une mère avec son fils qui doit suivre des traitements dans une chambre hyperbare.JACQUES NADEAU Marco Fortier s\u2019est illustré en journalisme spécialisé.PHOTOS GUILLAUME LEVASSEUR LE DEVOIR Cette approche permettrait aux étudiants de faire des apprentissages plus profonds et durables que les cours magistraux.Sébastien Marcotte, enseignant de physique au cégep Montmorency, est l\u2019un des pionniers québécois de la classe inversée, une approche pédagogique qui renverse le principal paradigme en éducation.On observe entre 10 et 25 % moins d\u2019échecs dans les classes inversées, selon les données d\u2019une vaste revue de littérature Le jury a souligné « le travail acharné » de Marco Fortier dans le secteur de l\u2019éducation, sa « rigueur exemplaire » et ses habilités de vulgarisateur Voir aussi \u203a Incursion dans une classe inversée, une vidéo disponible sur les plate- formes numériques du Devoir. L E D E V O I R , L E L U N D I 2 0 N O V E M B R E 2 0 1 7 ACTUALITES A 3 A u temps où il m\u2019enseignait à l\u2019Université Laval, le ministre François Blais posait en arbitre de la pauvreté.Le principe d\u2019un revenu de base inconditionnel versé à tous, il l\u2019agitait telle une idée capable d\u2019aider l\u2019humanité de la main blanche de la science, mais tout en se gardant de s\u2019approcher de la réalité.Cette capacité à ne cavaler que dans les champs glacés d\u2019une égalité théorique avait déjà quelque chose d\u2019inquiétant.En plaçant les inégalités sociales en apesanteur, en les masquant derrière un voile, il réglait en quelque sorte à l\u2019aveugle le sort du monde en d\u2019impeccables équations vidées d\u2019émotions, mais néanmoins chargées d\u2019enjeux idéologiques.Comme si cette pensée n\u2019était pas déjà suffisamment suspecte, il a fallu que ce professeur attache le train de sa pensée à un des gouvernements les plus antisociaux de toute l\u2019histoire du Québec.Ce gouvernement a fini par confier l\u2019examen des velléités de François Blais à trois économistes.Ils viennent de publier leur rapport.À la plus grande déception du ministre, ils ont constaté que l\u2019application pratique d\u2019un revenu minimum garanti s\u2019avère irréaliste.Or c\u2019est une chose que de le l\u2019affirmer, mais c\u2019en est une autre de constater que ces économistes préfèrent par ailleurs miser sur des mesures vouées à forcer les individus à travailler plutôt que de travailler à changer les conditions sociales qui prédisposent à la pauvreté.Ce rapport propose au bout du compte, comme bien d\u2019autres du genre, de « récompenser l\u2019effort en favorisant les initiatives entreprises par les individus pour intégrer le marché du travail et s\u2019y maintenir».La dynamique de délitement social qui préside au chômage et à la pauvreté est chez nous sans cesse réduite à une simple affaire de volonté individuelle, que l\u2019on peut stimuler par des bonbons ou des punitions.Encore récemment, s\u2019ils n\u2019acceptaient pas de se soumettre à sa volonté, le ministre jugeait raisonnable d\u2019amputer jusqu\u2019à 224$ de la maigre allocation mensuelle de 628$ des indigents dont il a la responsabilité.Dans ce système qui assure sans faillir sa reproduction, la pauvreté n\u2019est que rarement considérée comme un résidu de l\u2019enrichissement de quelques-uns.On en arrive alors à faire passer pour une vertu la volonté d\u2019un entrepreneur de faire por ter à des itinérants, comme ce sera bientôt le cas à Montréal, sem- ble-t-il, une puce qui gère leurs achats et leur argent, afin de s\u2019éviter de détourner le regard des problèmes sociaux globaux.Au XVIe siècle, à l\u2019époque de la grande expansion économique de l\u2019Europe, puis au XIXe siècle des usines, la misère a progressé à grande vitesse.On prit le parti de l\u2019étouffer.Faute de résultat, on tenta de la soulager quelque peu, souvent dans un esprit religieux, tout en ne renonçant pas pour autant à la réprimer.En 1530, sous le règne d\u2019Henri VIII, les gens incapables de travailler doivent obtenir un permis pour obtenir la charité.Ceux d\u2019entre eux qui sont jugés assez bien portants pour travailler et qui, pour des raisons que l\u2019on ne s\u2019efforce pas de comprendre, n\u2019y parviennent pas sont soumis au fouet, puis à l\u2019emprisonnement.L\u2019idée est de les «remettre au travail» à tout prix, tout en fermant les yeux sur les conditions qui font qu\u2019ils en sont privés.Comme ces mesures sont jugées trop douces et surtout sans effet, les peines sont durcies.En plus d\u2019être fouetté, jusqu\u2019au ruissellement du sang, il fallut désormais qu\u2019une oreille de ces malheureux soit coupée.Sous Édouard VI, les individus considérés capables de travailler mais qui n\u2019ont pas de travail sont soumis à l\u2019esclavage par la force.Toujours en Angleterre, en 1572, on réitère l\u2019usage du fouet pour les sans-travail.On les stigmatise davantage grâce à une marque au fer rouge que l\u2019on applique sur l\u2019oreille.Durant ce règne, on pend en moyenne 400 personnes par année parce qu\u2019elles ne travaillent pas.En Espagne, c\u2019est à peu près la même chose.Un citoyen peut s\u2019emparer d\u2019un démuni et le forcer à travailler à son profit pendant un mois entier sans le rémunérer.À Tolède, on les ampute des deux oreilles pour bien fixer le déshonneur qu\u2019ils ont d\u2019être à jamais les laissés- pour-compte de leur société.À Paris, on condamne les gueux à descendre dans les entrailles des égouts pour en écoper la merde et ses jus gras.Sous le règne de Louis XIV, le roi Soleil, ce sera le fouet et les cales sombres des galères.Sur les rives du Saint-Laurent comme ailleurs en Amérique, au temps pas si lointain des disettes, des maladies et de l\u2019immigration de malheureux privés de tout comme les Irlandais, l\u2019activité de la police consiste à réprimer les pauvres tandis que de bonnes âmes se félicitent de leur jeter quelques miettes de pain.Sitôt ce rapport d\u2019experts déposé mardi dernier sous le nez du ministre dépité, le Groupe de recherche et de formation sur la pauvreté au Québec et le Front commun des personnes assistées sociales du Québec se demandaient publiquement pourquoi, derrière ces parades, l\u2019aide sociale est de moins en moins garantie et pourquoi les contraintes pour le soutien des plus démunis ne cessent d\u2019augmenter.Au fond, nous en sommes encore à croire qu\u2019en plongeant quiconque dans un bain de misère on l\u2019aidera à remonter à la surface, selon une sorte de principe d\u2019Archimède social dont la pratique n\u2019a pourtant conduit qu\u2019à d\u2019effroyables noyades.jfn@ledevoir.com La noyade d\u2019Archimède JEAN-FRANÇOIS NADEAU PEDRO RUIZ LE DEVOIR Aucune rencontre avec le ministère de la Santé n\u2019est prévue pour l\u2019instant afin de régler l\u2019impasse, déplorent les sages-femmes.A D I N A B R E S G E à Halifax L e secrétaire général de l\u2019OTAN demande au gouvernement canadien de demeurer vigilant relativement à la cyber- guer re r usse qui se manifeste tant sur le champ de bataille qu\u2019à l\u2019intérieur de ses frontières.Jens Stoltenberg affirme que les troupes canadiennes en Lettonie sont exposées à la propagande russe disséminée en ligne pour miner l\u2019alliance atlantique.Il ajoute que ce type de tactique devrait bientôt faire son apparition sur le territoire canadien.Le Canada a envoyé des centaines de soldats en Lettonie pour mener un groupe tactique de l \u2019OTAN dans une tentative pour bloquer « l\u2019agression russe » dans les États baltiques.M.Stol- tenberg soutient que la Russie semble riposter par l\u2019entremise d\u2019une campagne de désinformation numérique.Fausses nouvelles Selon l\u2019OTAN, des comptes russes propagent, sur les médias sociaux, de fausses informations sur les soldats canadiens, notamment concernant de mauvais comportements qu\u2019ils auraient eus ou encore af firmant que la mission coûte cher aux Lettons.Lors d\u2019une entrevue samedi, Jens Stoltenberg a mentionné qu\u2019il ne croit pas que le meilleur moyen de lutter contre la propagande soit par la propagande.« C\u2019est plutôt en fournissant des faits, parce que nous croyons que la vérité va l\u2019emporter.» Le ministre canadien de la Défense, Harjit Sajjan, a rappelé, dimanche, que la bataille de l\u2019information a depuis longtemps été un outil dans les conflits mondiaux, mais qu\u2019Internet fournit au- jourd\u2019hui à ces tactiques une plus large portée.« Ce sont des choses qui survenaient avant qu\u2019apparaissent les médias sociaux, a-t-il dit aux journalistes lors du Forum sur la sécurité internationale à Halifax.Ce n\u2019est pas nouveau.» Le ministre Sajjan a précisé que les soldats canadiens présents en Lettonie tentent de contrer ces attaques en ligne en of frant un exemple positif sur le terrain.« Le meilleur moyen de lutter contre les fausses nouvelles est de se rapprocher des communautés, a-t-il fait valoir.Les Canadiens vont toujours devoir faire ce qu\u2019ils font le mieux : d\u2019aller bâtir des liens.» Campagne négative M.Stoltenberg a remarqué que les ef for ts attribués à la Russie pour faire naître un sentiment anti-OTAN en Lettonie ne semblent pas avoir été couronnés de succès, alors que des sondages laissent entrevoir un soutien im- por tant de la population envers l\u2019alliance atlantique.Mais dans le monde intercon- necté qui est le nôtre, a ajouté M.Stoltenberg, les États doivent se défendre contre les tentatives étrangères de faire basculer l\u2019opinion publique non seulement à l\u2019étranger, mais également au sein de leur propre population.Le secrétaire général de l\u2019OTAN a insisté sur le fait que toutes les opérations militaires de nos jours ont une implication sur le Web.La Presse canadienne TROUPES CANADIENNES EN LETTONIE L\u2019OTAN met en garde contre la cyberpropagande russe M A R I E - L I S E R O U S S E A U E xaspérées par l\u2019« extrême lenteur » des négociations visant à renouveler leur convention collective, les quelque 200 sages-femmes du Québec manifesteront lundi à Montréal en marge d\u2019une conférence que prononcera le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, dans le but de faire pression sur le gouvernement.Les sages-femmes déplorent le fait que les négociations n\u2019ont toujours pas abordé la majorité de leurs propositions, bien que leur entente de travail soit échue depuis 2015.« On ne sent même pas de volonté d\u2019entendre nos demandes.On a proposé beaucoup d\u2019avenues, sans succès », a déclaré la porte-parole du Regroupement Les sages-femmes du Québec (RSFQ) Marie-Pierre Mainville, en entrevue au Devoir.La principale demande de ces praticiennes concerne leur forfait de garde, qu\u2019elles jugent nettement insuffisant considérant que «c\u2019est ce qui fait [la] spécificité » du travail des sages- femmes, estime Mme Mainville.Elles demandent donc à ce que leur rémunération pour ces heures soit de 12 000 $ par année.Les conditions de travail des employées dans le Grand Nord, les frais de déplacement ainsi que les congés sans solde pour les études sont d\u2019autres points litigieux.«On a effleuré certaines questions, mais aucun point n\u2019a été négocié dans son entièreté», soutient la porte-parole du RSFQ.Aucune rencontre n\u2019est prévue pour l\u2019instant avec la partie patronale.« C\u2019est extrêmement irritant pour nous, parce qu\u2019on donne énormément de disponibilités et eux très peu», poursuit Mme Mainville.C\u2019est pour demander au ministre Barrette de « faire un pas dans [leur] direction » que les sages-femmes seront dans la rue ce lundi.«Notre patience a atteint sa limite », prévient Marie- Pierre Mainville.Reddition de compte Selon le ministre de la Santé, le seul point qui achoppe dans les négociations concerne les redditions de compte.Gaétan Barrette se désole que les sages-femmes refusent de se plier à cette demande.«Pour nous, ce n\u2019est pas acceptable.On ne peut pas négocier avec qui que ce soit sans reddition de compte », a-t-il martelé au Devoir dimanche, précisant que cette condition fait partie des ententes conclues avec les autres professionnels de la santé du Québec.Le ministre af firme par ailleurs que les sages-femmes font « des négociations d\u2019un autre temps, pas de 2017 ».Il ajoute que la manifestation de lundi ne changera rien à la nécessité d\u2019établir des redditions de compte.M.Barrette a qualifié de « malheureuse » cette impasse dans les négociations étant donné que le gouvernement a pris récemment « des engagements pour le développement de la pratique des sages-femmes ».Une quatrième maison de naissance sur l\u2019île de Montréal doit notamment être inaugurée en 2018 dans l\u2019est de la ville.Les négociations ne sont pas arrêtées pour autant, soutient le ministre, qui assure que des démarches se poursuivent du côté patronal.Le Devoir SANTÉ Les sages-femmes du Québec s\u2019impatientent Sans entente depuis 2015, elles manifesteront ce lundi à Montréal ANDREW VAUGHAN LA PRESSE CANADIENNE Le ministre de la Défense, Harjit Sajjan, a rappelé, dimanche, que le contrôle de l\u2019information a toujours fait partie des conflits mondiaux. L E D E V O I R , L E L U N D I 2 0 N O V E M B R E 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 4 P A N P Y L A S à Londres V enise prévoit envoyer les gigantesques navires de croisière ailleurs.Barcelone ser re la vis aux locations d\u2019appartements.Les deux villes se trouvent sur les lignes de front des efforts pour combattre le « sur- tourisme », un phénomène qui bouscule les communautés, met en danger des édifices irremplaçables et nuit au plaisir aussi bien des visiteurs que des résidants.La phobie des touristes se propage de plus en plus, surtout dans ces destinations européennes où les touristes s\u2019agglomèrent tous en même temps.La colère a même donné naissance à des slogans comme « Touristes, rentrez chez vous » et « Les touristes sont des terroristes».« Le réveil est brutal », a récemment déclaré Taleb Rifai, le secrétaire général de l\u2019Organisation mondiale du tourisme (OMT), une agence onusienne.M.Rifai prenait à ce moment la parole devant des ministres et responsables de l\u2019industrie touristique réunis à Londres.L \u2019 e x a s p é r a t i o n risque d\u2019augmenter en même temps que le nombre de touristes.L\u2019OMT prédit 1,8 mill iard de voyages en 2030, comparativement à 1,2 milliard en 2016.Ajoutons cinq milliards de voyages domestiques, et ça donne plusieurs touristes.Les billets d\u2019avion abordables alimentent le phénomène, tout comme une explosion de déplacements inter nationaux provenant de pays comme la Chine.Rentrées d\u2019argent Le tourisme est pourtant la première source de prospérité et d\u2019emplois de plusieurs destinations.Le tourisme génère 10 % du PIB mondial , déversant des fonds dans les cof fres de pays qui en ont grandement besoin, comme la Grèce.Mais le tourisme peut aussi nuire à la qualité de vie des résidants : les plages sont envahies, le coût du logement explose et les rues médiévales de villes européennes sont bloquées.On se demande aussi, à plus long terme, quels seront les impacts sur l\u2019environnement, et même s\u2019il sera possible de continuer à vivre et à travailler dans ces villes.La gestion du tourisme retient donc de plus en plus l\u2019attention.M.Rifai nie que la croissance soit « l\u2019ennemie » : remonter le pont-levis, croit- il, serait irresponsable quand on sait que le tourisme engendre 10 % des emplois de la planète.Il suggère plutôt de trouver comment encadrer le tourisme de manière « durable et responsable », pour que les communautés locales continuent à en profiter.Les ef for ts pour gérer le « surtourisme » sont de plus en plus originaux et commencent à exploiter les nouvelles technologies.Des applications, par exemple, invitent les touristes à visiter les sites les plus populaires quand ils sont moins achalandés.Et si ses détracteurs accusent Airbnb d\u2019avoir délogé les résidants, ses partisans prétendent plutôt qu\u2019il soulage la pression en répartissant les visiteurs dans toute la ville.Dans certains cas, des quotas touristiques semblent inévitables.Aux îles Galapagos, par exemple, l\u2019Équateur plafonne à 100 000 le nombre de visites annuelles.La ville croate de Dubrovnik, où le tourisme a bondi en raison de la série Game of Thrones, envisage de limiter à 4000 le nombre de visites quotidiennes de sa portion médiévale.D\u2019autres stratégies incluent la promotion des visites en basse saison, le développement de nouvelles destinations et un changement des campagnes de publicité.Prague propose des visites à pied loin des sites habituels et Londres met en avant des quartiers comme Greenwich et Richmond.Associated Press Les lieux les plus visités combattent le « surtourisme » M I C H E L L E M C Q U I G G E à Toronto U n groupe de revendication national presse le gouvernement canadien de révoquer un critère d\u2019immigration qu\u2019il estime discriminatoire envers les personnes vivant avec des handicaps.Le Conseil des Canadiens avec déficiences demande le retrait d\u2019une disposition qui empêche les immigrants handicapés de s\u2019installer au Canada en raison du « fardeau excessif » qu\u2019ils représentent pour le système de santé.Le groupe argue qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une mesure discriminatoire basée sur des idées dépassées et stéréotypées concernant les handicapés.Le conseil demande au gouvernement de modifier la Loi sur l\u2019immigration et la protection des réfugiés en s\u2019assurant que les personnes handicapées fassent partie d\u2019une nouvelle vision plus inclusive des politiques d\u2019immigration.Le Conseil des Canadiens avec déficiences fera valoir son point de vue cette semaine devant le Comité permanent de la citoyenneté et de l\u2019immigration de la Chambre des communes.Le comité étudie présentement le critère d\u2019admissibilité médicale pour les nouveaux venus et tiendra des consultations cette semaine pour entendre les différents points de vue sur la question.Peu consultés Le premier vice-président du Conseil, John Rae, remarque que les groupes de défense des personnes handicapées ne sont que rarement consultés lorsque de nouvelles réglementations sont développées, ce qui fait en sorte que des changements doivent souvent être apportés par la suite.Il espère que le comité sera à l\u2019écoute des revendications des personnes handicapées pour développer une politique plus en phase avec les valeurs canadiennes.« En plus d\u2019être discriminatoire [\u2026], cette clause est extrêmement dénigrante puisqu\u2019elle présume que les personnes avec des handicaps sont intrinsèquement un fardeau pour la société, s\u2019indigne M.Ray.Nous rejetons cette idée.» Le Conseil souligne que plusieurs familles le contactent chaque année lorsque leur demande d\u2019immigration est entravée par l\u2019invalidité d\u2019un enfant.Le coordonnateur national du Conseil, James Hicks, rappelle que la « ratification par le Canada de la Convention des Nations unies relative aux droits des personnes handicapées aurait dû corriger ce problème.Hélas, c\u2019est loin d\u2019être le cas.» La Presse canadienne IMMIGRATION L\u2019exclusion des candidats handicapés est jugée discriminatoire M O R G A N L O W R I E Même si elle n\u2019a que 22 ans, Pamela Stevenson est sans l\u2019ombre d\u2019un doute l\u2019une des recrues les plus convoitées du Corps de police régional Ka- tivik (CPRK).Lorsque la jeune femme s\u2019est jointe au CPRK le mois dernier tout de suite après avoir obtenu son diplôme, elle est devenue l\u2019un des trois agents inuits à travailler pour le corps policier, qui compte 70 employés et couvre un vaste territoire, incluant tout ce qui se trouve au nord du 55e parallèle au Québec.Sur les trois policiers inuits du CPRK, Mme Stevenson est la seule femme du corps policier.Pour se rendre jusque-là, elle a dû relever plusieurs défis, y compris déménager à 1400 kilomètres de Kuujjuaq pour faire ses études en techniques policières à Drummondville.Cela signifiait s\u2019habituer à vivre seule, une chose rare dans le Nord, et résider à un endroit où peu de gens parlent anglais ou inuktitut.« Il y avait d\u2019autres membres des Premières Nations dans ma classe, mais j\u2019étais la seule Inuite, raconte la jeune femme en entrevue téléphonique.Ç\u2019a été un gros ajustement.» Si Pamela Stevenson a réussi ses études, son expérience met en lumière les obstacles auxquels sont confrontés les corps policiers souhaitant recruter des agents autochtones dans le nord du Québec.Selon le chef du CPRK, Michel Martin, la plupart des policiers qui travaillent dans cette région, où environ 90 % des habitants sont Inuits et parlent inuktitut ou anglais, sont des francophones originaires du sud de la province.Maintenir l\u2019ordre dans le Grand Nord rime souvent avec longues journées de travail, isolement, mauvais temps et, parfois, l\u2019obligation de gérer des situations violentes dans un contexte où les renforts sont à une journée d\u2019avion, ajoute M.Martin.De nombreux agents provenant du Sud ont aussi de la dif ficulté à s\u2019adapter à la culture et, d\u2019après le chef Martin, la majorité d\u2019entre eux démissionnent moins de deux ans après leur arrivée.En tant que femme parlant l\u2019inuktitut, Mm e Stevenson est doublement un atout pour un corps policier qui peine à refléter les caractéristiques sociodé- mographiques de la population qu\u2019il sert.La Presse canadienne NORD DU QUÉBEC Une première policière inuite rejoint les rangs Cette clause est extrêmement dénigrante puisqu\u2019elle présume que les personnes avec des handicaps sont intrinsèquement un fardeau pour la société John Rae, Conseil des Canadiens avec déficiences « » GUILLAUME LEVASSEUR LE DEVOIR Une première neige qui cause des dégâts Un tapis blanc s\u2019est déposé sur le sol de plusieurs régions du Québec dimanche, dont celle de Montréal (notre photo), qui a vécu sa première neige de la saison.Les conditions météo étaient toutefois loin d\u2019être féeriques pour les usagers de la route, qui ont dû affronter la pluie verglaçante.Trois personnes ont perdu la vie dans deux accidents survenus dimanche.La colère a même donné naissance à des slogans comme « Touristes, rentrez chez vous » L E D E V O I R , L E L U N D I 2 0 N O V E M B R E 2 0 1 7 SOCIETE A 5 E M M A N U E L G A R E S S U S L\u2019 Estonie veut accorder un statut légal à l\u2019intelligence ar tificielle.À côté des personnes physiques et morales, voici les « robots agents ».Ces derniers ont-ils des droits sur leurs données ?Une identité ?Le droit de vote ?Une révolution copernicienne est en cours.Les promesses de l\u2019intelligence artificielle (IA) dépassent parfois la science-fiction.Les algorithmes permettent en ef fet aux machines de s\u2019adapter à la vie réelle et de répondre sans instr uction préalable.Juridiquement, ce n\u2019est pas simple.Qui est responsable lors d\u2019un accident avec une voiture sans chauffeur ?Quand un drone tue dans un conflit armé ?« Toute la question est de savoir si le robot est un substitut de l\u2019homme », expliquait récemment Ryan Calo, professeur de droit à l\u2019Université de Washington, au Financial Times.Commençons par définir l\u2019IA.L\u2019intelligence est la capacité à accomplir des buts complexes.Elle ne se limite pas au quotient intellectuel (QI), mais doit être évaluée en fonction de la multitude des objectifs visés.L\u2019IA est « étroite », car elle vise un seul objectif, au contraire de l\u2019intelligence humaine, explique Max Teg- mark, professeur de physique au MIT et auteur d\u2019un ouvrage grand public sur l\u2019IA : Life 3.0.Being Human in the Age of Artificial Intelligence.Problèmes de responsabilité Aujourd\u2019hui, l\u2019Estonie fait un pas de géant.Le gouvernement évalue la création d\u2019un statut juridique pour l\u2019IA et les robots, selon l\u2019agence Bloom- berg.Il introduirait un statut intermédiaire entre celui de la personne physique et de la personne morale.La mise en œuvre serait une question de quelques années.De son côté, le Parlement européen est en train d\u2019établir des standards réglementaires sur les robots.Les discussions éthiques, réglementaires et juridiques ne peuvent tarder.Les entreprises avancent à grandes enjambées dans leurs projets de voiture sans chauffeur, d\u2019Internet des objets, de robots ou de drones.On cherche d\u2019abord à empêcher le pire.L\u2019interdiction des robots tueurs est proposée par de nombreux experts.Mais les appor ts bénéfiques des robots posent aussi des problèmes majeurs, par exemple en matière de responsabilité lors d\u2019éventuels accidents.L\u2019IA et l\u2019automation devraient augmenter la productivité entre 0,8 et 1,4% par an, selon McKinsey.Mais les prévisions sont difficiles.L\u2019avenir ré- pondra-t-il aux vœux des utopistes numériques qui attendent une vie 3.0 durant ce siècle ?Aux « technosceptiques » qui avancent que le super- homme ne sera jamais de ce monde?Aux centristes qui plaident en faveur d\u2019une IA bénéfique pour l\u2019humanité à condition d\u2019y mettre des garde-fous?La vie 3.0?Mieux vaut commencer par définir les termes avant de se perdre en conjectures, écrit Max Tegmark.«La vie, c\u2019est un processus qui peut garder sa complexité [en matière d\u2019informations] et la reproduire.» Tegmark, également président de l\u2019institut Future of Life, distingue entre la vie 1.0 qui est celle de l\u2019étape biologique, la vie 2.0 pour l\u2019étape culturelle, au sein de laquelle le processus crée son logiciel par apprentissage, et la vie 3.0, l\u2019étape technologique, lorsqu\u2019il crée son logiciel et son équipement informatique afin d\u2019être le maître de son destin.Dans le droit, l\u2019IA pourrait améliorer la production réglementaire et réduire les délais juridiques, écrit-il.Les « robo- juges» concrétiseraient le rêve d\u2019automatisation, d\u2019objectivité et de rapidité, et éviteraient les biais comportementaux et les erreurs humaines.Tout le monde deviendrait ef fective- ment égal devant la loi.Mais les risques sont nombreux.L\u2019IA pourrait conduire à la production de « fake videos » qui vous rendrait responsable de crimes, explique l\u2019auteur.L\u2019IA pose aussi le problème des droits des machines.Si la voiture sans chauffeur est responsable d\u2019un accident, ne serait-elle pas autorisée à se couvrir par une assurance ?Si ce droit est accordé, la machine pourrait devenir propriétaire et détenir de l\u2019argent.Et s\u2019il avérait que les machines étaient de meilleurs investisseurs que les humains, ce qui est souvent le cas en Bourse, elles pourraient progressivement contrôler le capital des entreprises.Faut-il leur donner le droit de vote ?Nous assistons à une explosion d\u2019intelligence.Max Tegmark aborde l\u2019un des débats les plus importants de notre temps.Le Temps Vers un statut légal pour les robots en Estonie La reconnaissance des robots soulève des questions sur les droits et responsabilités de ces machines I S A B E L L E B U R G U N «C\u2019 est ass e z exceptionnel, les enfants ne veulent plus quitter l\u2019école et viennent même le samedi pour programmer le robot.Cette activité agit sur la motivation, sur l\u2019envie d\u2019apprendre et révèle le grand potentiel des jeunes de tous les milieux», affirme Thierry Karsenti, professeur de la Faculté des sciences de l\u2019éducation de l\u2019Université de Montréal.Afin de vérifier ce qu\u2019un robot pouvait apporter comme avantages dans une classe, il a fait l\u2019acquisition de Nao, un petit robot humanoïde de 58 cm.Puis, il s\u2019est lancé dans trois expérimentations.Pour débuter, il a misé sur un milieu éducatif défavorisé.C\u2019est dans ce contexte que les 54 élèves en adaptation scolaire d\u2019une école secondaire de la municipalité de Belle- chasse ont pu s\u2019initier à la programmation pendant 10 semaines afin de faire chanter et danser le petit robot.Les élèves, âgés de 12 à 17 ans, ont tellement bien maîtrisé l\u2019exercice qu\u2019ils ont présenté le fruit de leur travail dans d\u2019autres écoles, et même à l\u2019Apple Store de Québec, validant du coup une belle expérience de succès à l \u2019école.« Ils ont aussi formé des enseignants à la programmation du robot pour qu\u2019ils puissent expérimenter cette activité dans leur propre classe », ajoute le chercheur.Une autre expérimentation s\u2019est tenue dans une classe d\u2019enfants atteints d\u2019un trouble de l\u2019autisme dans la même municipalité.Dans ce cas, les enfants qui suivaient le robot des yeux se sont mis à apprendre des histoires qu\u2019ils pouvaient ensuite raconter au robot et à lui écrire des lettres lorsqu\u2019il était absent de la classe.Nao a ainsi réussi à stimuler leur attention et à développer leurs compétences en français, en mathématiques et même en socialisation.« L\u2019enseignante a été submergée par la réponse et les demandes des enfants, ce qui a eu un impact sur les habiletés scolaires de ces enfants », rapporte M.Karsenti.D\u2019autres expériences auprès d\u2019enfants autistes avaient déjà montré que Nao pouvait les aider à communiquer.Dans une troisième expérimentation, des élèves d\u2019une école primaire défavorisée de Lachine ont aussi été initiés à la programmation du robot.L\u2019engouement a été tel que 450 parents se sont réunis en fin d\u2019année pour assister au spectacle de Nao, chorégra- phié par les élèves de 4e et 5e année.Pour expliquer le succès de chacune de ces expérimentations, le chercheur explique que le robot humanoïde repousserait plus facilement les limites de la programmation.« C\u2019est une stimulation supplémentaire, accessible et bon marché.Les enfants passent de spectateurs à acteurs de leur réalité », relève-t-il.Son équipe a ainsi documenté plus de 25 impacts éducatifs positifs à la présence d\u2019un robot dans la classe, dont l\u2019augmentation des compétences, de la collaboration et de l\u2019entraide entre les élèves et la recherche de résolution de problèmes.Les robots, motivants aussi à l\u2019université Pour Didier Paquelin, professeur au Département d\u2019études sur l\u2019enseignement et l\u2019apprentissage de l\u2019Université Laval, le robot de téléprésence mobile est devenu une extension de lui-même.«Il permet de me déplacer sur place et de prendre part aux conversations.Je n\u2019ai pas besoin de faire quelque chose de spécial, juste de présenter le cours, et l\u2019intérêt est déjà là», affirme le chercheur.Une fois l\u2019effet «Wow» passé, le robot, à l\u2019allure d\u2019un iPad monté sur deux « jambes » de 160 cm munies de roulettes, présente de nombreux avantages, pour l\u2019enseignant, mais également pour les élèves.L\u2019étudiant malade peut continuer à par ticiper à ses dif fé- rentes activités d\u2019apprentissage (cours, labos, etc.), tandis que le professeur peut faire la classe, par ticiper à un séminaire à distance, superviser un stage ou même visiter un campus lointain.Le projet-pilote de la faculté des sciences de l\u2019éducation, lancé au printemps 2016, a permis d\u2019explorer 44 mises en situation, pour une durée totale de 120 heures d\u2019interventions.Ce projet confirme l\u2019intérêt des institutions universitaires pour une technique facile d\u2019usage.De nombreuses universités possèdent d\u2019ail- l eurs ce t équ ipement , e t l\u2019équipe de recherche dresse actuellement une car togra- phie des robots dans les universités de la planète.«En fait, c\u2019est aussi facile que la téléphonie à distance.Avec une bonne fluidité et un temps de latence très court, la technique se fait oublier et enrichit l\u2019expérience de communication verbale et non verbale», assure le chercheur.Une expérience tellement positive que l\u2019université envisage même l\u2019achat de deux autres robots.Agence Science-Presse Après les tableaux interactifs intelligents, les écoles québécoises trouveront-elles un intérêt à investir dans l\u2019achat de robots ?C\u2019est ce que croit le titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les technologies de l\u2019information et de la communication, Thierry Karsenti.C\u2019est une stimulation supplémentaire, accessible et bon marché.Les enfants passent de spectacteurs à acteurs de leur réalité.Thierry Karsenti, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les technologies de l\u2019information « » ELIOT BLONDET AGENCE FRANCE-PRESSE Nao, un petit robot humanoïde, a réussi à stimuler l\u2019attention d\u2019élèves atteints d\u2019un trouble de l\u2019autisme, en plus de développer leurs compétences en français, en mathématiques et même en socialisation.Les robots marquent des points à l\u2019école Tant au primaire qu\u2019à l\u2019université, les projets-pilotes ont permis de stimuler l\u2019intérêt et l\u2019attention des élèves JUSTIN TALLIS AGENCE FRANCE-PRESSE L\u2019intelligence artificielle pose le problème des droits des machines.Si la voiture sans chauffeur est responsable d\u2019un accident, ne serait-elle pas autorisée à se couvrir par une assurance?L\u2019Estonie introduirait un statut juridique intermédiaire entre celui de la personne physique et de la personne morale a juge en chef de la Cour du Québec, Lucie Rondeau, s\u2019est vidé le cœur dans une entrevue au Devoir.Elle ne digère pas les critiques formulées à l\u2019encontre des juges de paix dans la foulée de la commission Cham- berland.Pire, elle accuse la presse d\u2019avoir induit la population en erreur.La sortie de la juge Rondeau est d\u2019un corporatisme aveugle, qui semble bien enraciné au sein de l\u2019institution qu\u2019elle représente.Au cœur des travaux de la commission Chamberland, en juin dernier, la Cour du Québec avait diffusé un communiqué pour le moins étonnant, en reprochant à des médias ayant le statut de participant d\u2019avoir tenu des propos choquants à l\u2019égard des juges et des juges de paix de la Cour du Québec et de les avoir insultés.Des journalistes avaient alors traité de « rubber stampers» les juges de paix qui avaient approuvé la sur veillance d\u2019une source de Monic Néron, reporter au 98,5 FM.Lucie Rondeau était juge en chef au moment des faits, ce qui revient à dire qu\u2019elle portait la responsabilité de ce communiqué non signé.La Cour du Québec af?chait alors sa piètre compréhension de la liberté de presse.Pour d\u2019obscurs motifs de déférence à l\u2019égard des ?gures en toge rouge, elle en appelait indirectement à l\u2019autocensure de tout journaliste et tout commentateur dont les médias d\u2019appartenance béné?ciaient d\u2019un statut de participant devant la Commission.On aurait pu croire à une erreur de jugement isolée, mais les nouvelles déclarations de la juge Rondeau révèlent une grande mé?ance à l\u2019égard des journalistes et une compréhension tronquée des enjeux sous-jacents au scandale de surveillance des journalistes d\u2019enquête parmi les plus réputés de la profession.Les médias n\u2019ont pas exagéré la portée des protections juridiques pour les sources et le matériel journalistiques.Les juges de paix ont plutôt négligé ou banalisé la jurisprudence par laquelle ces droits ont été af?rmés et réaf?rmés.Par l\u2019importance et la valeur symbolique des fonctions qu\u2019elle occupe, la juge en chef de la Cour du Québec ne peut se comporter comme la dernière blogueuse quérulente.Elle accuse les journalistes d\u2019avoir exagéré la portée du droit à la protection des sources.Elle absout les juges de paix de tout reproche.Et elle se désole de l\u2019adoption hâtive d\u2019une loi fédérale sur la protection des sources, une initiative du sénateur Claude Carignan saluée de toutes parts.Le tout, pendant que la commission Chamber- land est en pleine rédaction de son rapport ?nal.Voilà qui est de très mauvais augure.La Cour du Québec n\u2019aura pas la sérénité requise pour accueillir et implanter les recommandations à venir de la commission Chamberland.C\u2019est une première ministre May très af faiblie qui tente de négocier le Brexit avec Bruxelles.Elle qui était arrivée au pouvoir en juillet 2016 auréolée de force tranquille incarne au- jourd\u2019hui un gouvernement britannique sans boussole.De l\u2019autre côté de la Manche, les 27 pays de l\u2019Union européenne (UE) ne peuvent pas ne pas savourer le spectacle de cette classe politique qui se déchire.été dernier, dans l\u2019immédiate foulée du pari raté de ses élections anticipées, Theresa May était représentée par un caricaturiste du Times dans un cercueil autour duquel les candidats à sa succession se bousculaient pour le refermer.La première ministre venait d\u2019échouer lamentablement à conforter la majorité parlementaire du Parti conservateur \u2014 et à améliorer son rapport de force dans la procédure de divorce avec l\u2019UE.Pire, elle se retrouvait à l\u2019issue de ce scrutin hâtif en situation minoritaire.Le discrédit le disputant au désarroi.Si le cercueil n\u2019a pas été complètement fermé depuis, les déconvenues n\u2019en ont pas moins continué de s\u2019empiler, à tel point qu\u2019il y a lieu de se demander par quel miracle Mme May est encore première ministre.Après la décon?ture aux législatives de juin, il y a eu, en octobre, ce discours au congrès du par ti, pendant lequel elle a été prise d\u2019une quinte de toux aussi réelle que symbolique, illustration probante de son mauvais état de santé politique, ce que les médias britanniques n\u2019ont d\u2019ailleurs pas manqué de railler.Plus récemment, deux ministres ont démissionné en l\u2019espace d\u2019une semaine, dont un poids lourd du gouvernement et ministre de la Défense, Michael Fallon, accusé de harcèlement sexuel.Le tout sur fond de tensions conservatrices intra-muros qui ne cessent de prendre de l\u2019ampleur autour du Brexit.Le veut-on «hard» ou le veut-on «soft » ?Aurait-il pu de toute façon en être autrement, comme les électeurs britanniques s\u2019étaient divisés par le milieu au référendum de juin 2016, la décision de quitter l\u2019UE s\u2019étant après tout imposée de justesse avec 51,9 % des voix \u2014 non sans que, rappelons-le, les sentiments xénophobes aient été instrumentalisés, alors que la crise des migrants traversait des moments particulièrement aigus.Signe de cette ambivalence, il n\u2019est pas anecdotique de signaler que le nombre de Britanniques qui ont déposé des requêtes de double nationalité a fait un bond important : quelque 17 000 Britanniques ont entamé des démarches pour obtenir une citoyenneté française, italienne, allemande ou encore irlandaise depuis juin 2016.Sa déroute se poursuivant, Mme May fait maintenant l\u2019objet d\u2019une fronde renouvelée de la part des deux champions du Brexit, Boris Johnson et Michael Gove, ministres des Affaires étrangères et de l\u2019Environnement récemment réconciliés \u2014 pendant que, autre fronde, une quarantaine de députés se diraient prêts à signer une lettre exigeant un vote de con?ance contre la première ministre.Avec le résultat que les Vingt-Sept n\u2019ont jamais été aussi unis dans leurs négociations de rupture avec Londres, ces négociations qui avancent à pas de tortue.Pour autant, les divisions du camp anglais ne devraient pas être un prétexte pour l\u2019UE pour ne pas se réformer.Ses dirigeants auraient intérêt à tenir leur promesse d\u2019une «Europe plus sociale», comme ils s\u2019y sont encore engagés vendredi, réunis en sommet en Suède.L\u2019UE pour progresser a besoin de s\u2019améliorer qualitativement sur le plan démocratique.Il serait dangereux que les déboires de Mme May le fassent oublier.L E D E V O I R , L E L U N D I 2 0 N O V E M B R E 2 0 1 7 A 6 EDITORIAL L E T T R E S Revenu minimum garanti : une occasion manquée Je suis une personne assistée sociale ayant plusieurs contraintes à l\u2019emploi.Je suis de ceux dont le marché du travail ne veut pas, parce que les emplois ne sont pas adaptés à nos besoins ou à cause des préjugés véhiculés à notre égard.Mais malgré ma situation de pauvreté extrême, je refuse de baisser les bras en étant utile à la société à ma façon et à l\u2019intérieur de mes limites.Contrairement à la croyance populaire, et malgré l\u2019anxiété quotidienne reliée à ma situation de pauvreté qui af fecte ma santé, j\u2019apporte une contribution à la société en m\u2019impliquant bénévolement dans un organisme communautaire.Pour moi, l\u2019idée d\u2019un revenu minimum garanti inconditionnel couvrant l\u2019ensemble des besoins de base suscite, malgré L I B R E O P I N I O N A L E X A N D R E B A R I L Professeur, Université d\u2019Ottawa E n janvier, je deviendrai la première personne trans francophone dans l\u2019histoire canadienne, spécialiste des études trans, à être embauchée comme professeur pour enseigner la diversité sexuelle et de genre, en français.Si j\u2019ai explosé de joie lorsque l\u2019École de service social de l\u2019Université d\u2019Ottawa m\u2019a annoncé cette nouvelle, je ne peux me résoudre à penser à toutes ces personnes trans sans emplois au Canada.Bien que j\u2019aie envie de célébrer le fait que j\u2019aurai désormais la chance de pouvoir me consacrer à ma passion intellectuelle, il serait réducteur de focaliser cette lettre sur mon expérience, précoce de crier victoire et inconscient de ne pas saisir cette occasion pour sensibiliser les gens aux diverses formes de violence, d\u2019exclusion, de marginalisation et de discrimination que vivent les personnes trans.Les enjeux trans sont de plus en plus visibles dans les représentations culturelles, dans les médias, ainsi que dans les réseaux activistes, communautaires et universitaires.Dans les universités, les étudiants démontrent un vif intérêt pour ces enjeux, et de plus en plus de travaux sont menés sur ceux-ci, tant par des étudiants que par des professeurs cisgenres (c\u2019est-à- dire non trans) s\u2019intéressant à la diversité sexuelle et de genre.Cet engouement pour les réalités trans pourrait laisser croire que le nombre de personnes trans spécialistes des études trans dans les universités canadiennes se multiplie.Or malgré la multiplication de personnes trans diplômées expertes de ces enjeux, il semble que les départements ne soient pas prêts à les embaucher.Selon mes recherches, seules huit d\u2019entre elles occupent des postes de professeurs, tous dépar tements confondus.Parmi celles-ci, il n\u2019y a que deux femmes, une personne racisée et aucune francophone.Je deviendrai ainsi le neuvième professeur et premier francophone trans spécialiste des réalités trans au Canada.Mes travaux sur la sous-représentation des personnes trans spécialistes des études trans comme professeurs dans les universités montrent que leur relative absence s\u2019explique à la lumière de discriminations directes fondées sur l\u2019identité de genre ou son expression, mais aussi de discriminations indirectes, comme l\u2019absence de mécanismes de soutien institutionnels tels que les mesures de discrimination positive, prenant en considération les barrières systémiques comme la trans- phobie et le cisgenrisme ou les réalités spécifiques comme les chirurgies ou le temps de convalescence qui sont vécues par les personnes trans.La discrimination indirecte se manifeste également sur le plan des savoirs considérés comme valables et légitimes au sein des départements, qui ne voient pas l\u2019importance d\u2019embaucher des spécialistes des réalités trans.Un autre facteur contribuant à cette sous-représentation est l\u2019exploitation du travail invisible que font les personnes trans permettant aux universitaires de poursuivre des recherches sur les personnes trans en continuant de les exclure des postes permanents.Les personnes trans sont pour tant présentes dans diverses fonctions à titre de chargés de cours, professeurs à contrat, assistants de recherche, et portent dans l\u2019ombre une charge importante de travail, souvent gratuitement.Il est donc temps de briser ce plafond de verre.Pauvreté Les discriminations auxquelles font face les personnes trans dans les universités sont le reflet de celles qu\u2019elles vivent plus généralement sur le marché de l\u2019emploi ; seulement 37 % sont employées à temps plein au Canada, situant ainsi les populations trans parmi les groupes marginalisés les plus affectés par le chômage et la pauvreté, avec un revenu moyen de 15 000$ par année ou moins.Pour les personnes trans qui occupent des emplois, elles vivent d\u2019importantes formes de violence, de discrimination et d\u2019exclusion dans les milieux de travail.Moqueries, violences verbales, non-respect des pronoms choisis, absences de congés médicaux liés à la transition, accès difficile aux toilettes et aux vestiaires, violation de la confidentialité quant à leur statut trans en sont quelques exemples.Heureusement, j\u2019ai obtenu un emploi après quatre ans à la recherche active d\u2019un poste.En revanche, la situation me désole pour mes collègues trans qui n\u2019ont pas les mêmes privilèges et pour toutes les personnes trans sans emplois.C\u2019est donc un cri du cœur que je lance à mes collègues des milieux universitaires et communautaires, aux employeurs et aux décideurs politiques afin que nous joignions nos voix pour dénoncer le « tokenism » des personnes trans et commencions à inclure leurs voix au sein de nos actions, revendications, politiques, recherches, institutions et milieux de travail.JOURNÉE INTERNATIONALE DU SOUVENIR TRANS Le plafond de verre universitaire à briser FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente du développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-président des ventes publicitaires MARK DROUIN Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Directeur de l\u2019information numérique FLORENT DAUDENS Adjoints PAUL CAUCHON, LOUIS GAGNÉ, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur de la production CHRISTIAN GOULET plusieurs doutes sur la forme qu\u2019il pourrait prendre, l\u2019espoir d\u2019une sortie de la misère, mais aussi d\u2019une reconnaissance de la contribution des personnes en situation de pauvreté.L\u2019espoir que nous soyons reconnus comme des citoyens et citoyennes à part entière et non, contrairement au préjugé entretenu, comme des personnes qui ne font rien et préfèrent vivre aux crochets de la société.Pour nous, ce préjugé est un des plus lourds à porter.Reconnaître notre contribution en nous permettant « de passer le mois » en assurant la couverture des besoins de base améliorerait notre santé, notre estime de nous-mêmes et notre capacité d\u2019agir et d\u2019être utiles.Malheureusement, il semble qu\u2019il est plus important pour nos décideurs politiques de maintenir en place un système qui accroît les inégalités en permettant l\u2019évasion fiscale que de reconnaître, par un revenu décent et inconditionnel, la contribution de ceux d\u2019entre nous qui sont exclus.Malgré le discours qui dit qu\u2019il faut créer la richesse avant de la redistribuer, jamais dans l\u2019histoire de l\u2019humanité autant de richesse n\u2019a été concentrée dans les mains de si peu de personnes.Et le Québec ne fait pas exception à cette règle.Dans une société qui refuse de créer des emplois adaptés et qui discrimine sur la base des préjugés, un véritable plan d\u2019action contre la pauvreté ne doit laisser personne en arrière.Un revenu minimum garanti et inconditionnel à la hauteur des besoins de base est possible sans sacrifier nos services sociaux pour le mieux-être de tous.Nous en avons les moyens.Sylvain Caron, personne assistée sociale, bénévole et militant au Groupe d\u2019information et de défense des droits sociaux de Sainte-Julienne Rawdon, le 17 novembre 2017 L\u2019 GRANDE-BRETAGNE Theresa May en voie de disparition ?COMMISSION CHAMBERLAND Des propos stupéfiants de la juge Rondeau L GUY TAILLEFER BRIAN MYLES L E D E V O I R , L E L U N D I 2 0 N O V E M B R E 2 0 1 7 A 7 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon (chef de division), Robert Dutrisac, (éditorialiste), Michel Garneau et Pascal Élie (caricaturistes), Jacques Nadeau (photographe), Olivier Zuida (recherchiste photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division et reporter), Stéphane Baillargeon (généraliste), Gérald Dallaire (pupitre), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Jean Dion (sports), Marco Fortier (éducation), Lisa-Marie Gervais (diversité), Pauline Gravel (sciences), Jessica Nadeau (éducation).Alexandre Shields (environnement); information politique : Michel David (chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Marie-Michèle Sioui (correspondants parlementaires à Québec) Dave Noël (recherche), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec); information culturelle : Guillaume Bourgault-Côté (politiques culturelles), Julie Carpentier (pupitre), Fabien Deglise (livres), Catherine Lalonde (arts vivants), François Lévesque (écrans),Caroline Montpetit (arts vivants), Philippe Papineau(médias); information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l\u2019information), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Benoît Munger (pupitre); information internationale : Guy Taillefer (chef de division et éditorialiste); section art de vivre : Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); cahiers spéciaux : Aude Marie Marcoux (responsable); équipe numérique : Laurence Clavel, Guillaume St-Hilaire et Geneviève Tremblay (pupitres); correction : Andréanne Bédard, Christine Dumazet et Michèle Malenfant (correctrices) ; soutien à la rédaction : Amélie Gaudreau (coordonnatrice à la rédaction), Jean-Philippe Proulx (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa).PUBLICITÉ Charleyne Bachraty (adjointe au vice-président), Marlène Côté, Évelyne De Varennes, Amel Elimam, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (directrices de comptes), Alain Tréhout (directeur créativité média), Amélie Maltais (commis aux avis légaux), Alessandra Tantalo et Laurence Hémond (coordonnatrices publicitaires).PRODUCTION Caroline Desrosiers, Yannick Morin, Anthony White et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web), Jean-François Côté (analyste programmeur), Luc Girard (technicien informatique), Solène M.Hébert (développeuse Web).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Catherine Gentilcore (coordonnatrice marketing, communications et relations publiques), Sébastien Beaupré (coordonnateur service à la clientèle), Manon Blanchette, Caroline Filion, Nathalie Filion, Isabelle Sanchez (préposées au service à la clientèle).ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Mélisande Simard (adjointe administrative et responsable des ressources humaines), Florentina Draghici (technicienne comptable), Véronique Pagé (responsable du crédit).T E X T E C O L L E C T I F * À Mélanie Joly, ministre du Patrimoine canadien, Bill Morneau, ministre des Finances, Navdeep Bains, ministre de l \u2019Innovation, des Sciences et du Developpement économique a presse écrite vit actuellement la plus grande crise de son histoire.L\u2019enjeu est simple : si rien n\u2019est fait, de nombreux journaux, imprimés ou numériques, pourraient cesser leurs activités dans un avenir rapproché.Dans ce contexte, nous réclamons du gouvernement fédéral des mesures urgentes afin d\u2019assurer l\u2019avenir d\u2019une information journalistique de qualité au pays.Il en va de la santé de notre démocratie.Les géants du Web tels que Google et Facebook utilisent les contenus produits à grands frais par les journaux tout en vampirisant leurs indispensables revenus publicitaires.Pour les géants du Web, c\u2019est tout bénéfice ; pour les journaux, c\u2019est une double perte.Cette réalité est insoutenable et nous n\u2019avons plus le luxe du temps.Déjà, cette crise des médias a entraîné la perte de milliers d\u2019emplois au Canada en dix ans.Au Québec, 43 % des emplois du secteur ont été perdus entre 2009 et 2015.Cette saignée se poursuit et risque de s\u2019accentuer sans une action immédiate de nos gouvernements.Bien que les chercheurs et les observateurs des médias, ainsi que de nombreux représentants du secteur (tant patronaux que syndicaux) aient sonné l\u2019alarme depuis for t longtemps, nous sommes arrivés à un point de non- retour et il nous faut mesurer les conséquences de ce laisser-faire inquiétant.Pilier de la démocratie Au cours des dernières semaines, le gouvernement Trudeau a pris des décisions fortement contestées, qui sont favorables à certaines multinationales du divertissement et du Web, sans manifester son intention de protéger nos médias écrits.Pourtant, depuis le début de son mandat, le gouvernement Trudeau a démontré l\u2019importance qu\u2019il accorde à l\u2019information journalistique, notamment en rétablissant le financement de Radio-Canada à ce qu\u2019il était avant les coupes du gouvernement Harper.Le Parlement a aussi amélioré la protection des sources journalistiques.Nous comprenons que le gouvernement fédéral s\u2019intéresse aux acteurs de la « nouvelle économie », mais il nous est incompréhensible qu\u2019il ignore les avis d\u2019experts, qu\u2019il a lui-même commandés, et qu\u2019il refuse d\u2019apporter son soutien à la presse écrite.Il s\u2019agit pourtant de l\u2019un des seuls secteurs culturels à n\u2019avoir jamais été subventionné par des fonds publics, alors que la nécessité d\u2019un tel soutien est évidente.Le Canada est-il prêt à laisser mourir ce pilier de la démocratie ?En cette ère de fausses nouvelles et de propagande, le meilleur rempart contre cette tendance inquiétante demeure la collecte rigoureuse d\u2019informations et les véritables enquêtes journalistiques.Celles-ci peuvent ébranler les colonnes du pouvoir, jeter la lumière sur la corruption et les abus ou encore participer à des changements sociaux nécessaires.On n\u2019a qu\u2019à penser aux scandales des Paradise Papers et des violences sexuelles ou encore à la crise des changements climatiques.Nos médias écrits sont le fer de lance de l\u2019information par tout au Canada et des éve i l leurs de conscience indispensables.Ils alimentent les bulletins de nouvelles, les émissions de télé et de radio et suscitent de nombreux débats, que ce soit à l\u2019Assemblée nationale ou dans l\u2019ensemble de la société.En région, ils représentent parfois les seules sources d\u2019information pour la population et deviennent les principaux relais entre les gouvernements, les citoyens et la vie des communautés.Liberté de presse Certains s\u2019inquiètent qu\u2019une aide gouvernementale aux médias vienne entraver la liberté de presse et la nécessaire indépendance des salles de rédaction.Pourtant, l\u2019exemple de Ra- dio-Canada démontre clairement qu\u2019un financement public est possible sans brimer ces éléments fondamentaux.D\u2019autres se soucient qu\u2019on vienne enrichir indirectement des entreprises milliardaires, mais la question est ailleurs.L\u2019érosion constante des revenus publicitaires depuis près de dix ans menace la poursuite des activités de nos quotidiens et hebdomadaires, qu\u2019ils soient indépendants ou liés à de grandes entreprises.Cette réalité nuit à leur capacité de poursuivre leur mission d\u2019informer la population.La disparition de ces médias serait une grande perte pour l\u2019ensemble de nos communautés tant sur les plans culturel, social et politique que sur le plan économique.Ne rien faire reviendrait à remettre les clés de notre démocratie entre les mains des géants américains, eux qui ne semblent se préoccuper ni de la qualité de l\u2019information produite au Canada ni d\u2019une contribution équitable sur le plan fiscal.Nous interpellons donc le premier ministre Trudeau, le ministre des Finances, Bill Mor- neau, et la ministre du Patrimoine, Mélanie Joly, afin d\u2019implanter des mesures d\u2019urgence de soutien de la presse écrite telles que des crédits d\u2019impôt sur la masse salariale, comme nous le faisons déjà depuis de nombreuses années pour attirer les entreprises de l\u2019intelligence artificielle et des hautes technologies, le temps de trouver des solutions pérennes pour l\u2019ère numérique.*Liste intégrale des signataires sur toutes les pla- teformes numériques.PRESSE ÉCRITE EN PÉRIL Le gouvernement Trudeau doit agir S E R G E G A U T H I E R Historien et ethnologue, l\u2019auteur vient de publier la biographie Gauguet l\u2019indigné aux Éditions Charlevoix ean Gauguet-Larouche, c\u2019est Gauguet pour ses amis, dont l\u2019ex-directrice du Devoir, Lise Bisson- nette, était l\u2019une des plus fidèles.Un sculpteur, un poète, un épistolier rageur, un militant, un rêveur, un utopiste et\u2026 un oublié.Il semble même que notre mémoire collective se souvienne à peine qu\u2019il fut le créateur d\u2019un chaînon aujourd\u2019hui célèbre devenu le logo de la Confédération des syndicats nationaux du Québec (CSN).Sa carrière a été marquée par des coups d\u2019éclat, notamment à titre de premier artiste à exposer au Musée d\u2019art contemporain de Montréal en 1965 ou encore comme boursier en résidence au Studio du Québec à Paris en 1968-1969, mais aussi par des luttes cr uelles, comme le procès d\u2019Alma ou encore celle, déchirante, de l\u2019îlot des Voltigeurs.A-t-on définitivement oublié ce personnage unique de notre histoire récente ?Il ne le faudrait surtout pas.De Charlevoix à Montréal Gauguet est né Jean-Marie-Bruno Larouche à La Malbaie en 1935, d\u2019une famille modeste.Il fait peu d\u2019études et il se retrouve bientôt travailleur forestier, boucher, aide-cuisi- nier, ouvrier dans le vrai sens du terme.Il quitte sa région natale pour Montréal en 1955.Il travaille ensuite dans plusieurs grandes boucheries.Fatigué de son statut d\u2019ouvrier, il décide d\u2019entrer à l\u2019École des beaux-arts et il devient en peu d\u2019années un sculpteur remarqué.Son exposition au Musée d\u2019ar t contemporain de Montréal en 1965 est un succès.Audacieux, il n\u2019hésite pas à accrocher ses sculptures de style très modernes aux arbres entourant l\u2019édifice du Musée, ce qui fera dire au critique Jean Basile qu\u2019il se sent transporté « comme dans un songe au plus beau soir d\u2019été ».Dans l\u2019ensemble, la critique est favorable à cette exposition qui lance la carrière de Gauguet.Par la suite, il fait sa marque avec des projets originaux, comme des sculptures musicales ou encore son audacieuse réalisation pour le Symposium de sculptures de Schefferville en 1970, où il réalise une sculpture-hommage à la découver te du fer, et ce, avec des rails de chemins de fer.Par ailleurs, Gauguet s\u2019impose au cœur du procès d\u2019Alma à la suite d\u2019un Symposium de sculptures tenu dans cette ville en 1966.Une œuvre du sculpteur Raymond Mitchell est alors jetée dans une rivière par les autorités municipales.La sculpture de Gauguet lors de ce Symposium intitulée Que justice soit faite est une sorte de balance sonore actionnée par le vent.La population d\u2019Alma s\u2019étant plainte du bruit « assourdissant » de cette sculpture le mécanisme assurant l\u2019aspect sonore en a été simplement démantelé.Gauguet fulmine, mais le procès ne donne pas les résultats espérés.Il demeure néanmoins un militant actif de l\u2019Association des sculpteurs du Québec et, plus tard, du Conventum, un projet novateur que l\u2019État québécois ne sait pas soutenir adéquatement.Il s\u2019engage surtout pour les droits des créateurs et le respect de leurs œu- vres, surtout dans l\u2019espace public.Création littéraire Emporté par la bohème montréa- laise des années 1960, que les historiens ont peu décrite à ce jour, Gau- guet devient bientôt un grand ami du poète Gilbert Langevin.Avec ce créateur, il travaille à la fondation des Éditions ATYS, où il publie deux recueils intitulés Cendres de sang (1961) et La saignée du pain (1963) .Mais les grands bonzes de la littérature québécoise du temps sont peu à l\u2019aise avec ces Éditions qualifiées de « fâcheuses et gâcheuses » par un critique montréalais.Peu importe, Langevin et Gauguet veulent amener la poésie au niveau du peuple et ils se moquent de leurs devanciers engoncés dans leur poésie écrite par et pour une cer taine élite.Malheureusement, bien que fort intéressante, l\u2019œuvre poétique de Gauguet reste méconnue, contrairement à celle de Gilbert Langevin, qui s\u2019impose davantage.Même si Gauguet fréquente des gens de la contre-culture et encore d\u2019autres de tendance marxiste, Gau- guet n\u2019est d\u2019aucune chapelle.C\u2019est un individualiste épris de liberté.À lui tout seul ou presque, il cherche à sauver de la démolition un édifice situé dans le secteur désigné sous le nom d\u2019îlot des Voltigeurs au 1201, rue Notre-Dame Est à Montréal.Il se confronte alors à son pire ennemi, le maire Jean Drapeau, alors occupé à faire démolir des pans entiers de divers quartiers du centre-ville.Gauguet fait sa lutte envers et contre tous, en squattant l\u2019édifice où il habite même sans eau, sans chauffage en plein hiver, au risque de sa santé, qui en ressort détériorée.Le 1201 de la rue Notre-Dame Est ne résiste pourtant pas au pic des démolisseurs du maire Drapeau, que Gau- guet sculpte par la suite sous la forme d\u2019un dinosaure.La lutte perdue à l\u2019îlot des Voltigeurs le brise à jamais, il abandonne alors sa carrière de sculpteur et s\u2019en retourne vivre dans Charlevoix.Un oublié?Bien qu\u2019il existe un film du cinéaste Jean-Louis Frund intitulé Gauguet (1966), où l\u2019on voit l\u2019artiste créer, malgré le fait qu\u2019il subsiste de nombreux textes et lettres écrites par l\u2019artiste, même si quatre de ses œuvres sont dans les collections de musées québécois et surtout que son chaînon soit devenu le si remarquable logo de la CSN, qui aujourd\u2019hui se souvient de Jean Gauguet-Larouche?Son exil charlevoisien l\u2019a progressivement distancié de ses amis mont- réalais.Sa création à titre de sculpteur a alors cessé \u2014 si ce n\u2019est son incroyable sculpture Québec en rut érigée à l\u2019occasion de la Superfrancofête à Québec en 1974 que le gouvernement québécois a fait détruire l\u2019année suivante \u2014 et il a progressivement souhaité se faire oublier, et il l\u2019a été.Sauf peut-être de la police montréa- laise et du maire Drapeau, allant lui réclamer jusque dans sa lointaine maison de Saint-Siméon des billets de stationnement impayés qui vaudront l\u2019emprisonnement à Gauguet en 1977! Pourtant, Gauguet cherche sans cesse à reprendre son métier de sculpteur.Il en parle à ses amis, notamment à Lise Bissonnette, qui l\u2019encourage à se relancer.Il laisse des documents aux frères Serge et Jean Gagné, ses amis cinéastes qui l\u2019ont immortalisé dans un passage frappant de leur immense film Une saison dans la vie des camarades (1976), mais Gauguet ne vient jamais reprendre ses précieux documents désormais abandonnés\u2026 Il meurt tristement d\u2019un arrêt cardiaque dans le bureau du médecin en 1986.Il ne reçoit qu\u2019un seul hommage public remarqué, soit un texte en son honneur rédigé par Lise Bissonnette et publié dans Le Devoir.Depuis plus rien ou presque\u2026 puis maintenant, en 2017, un livre biographique que je lui consacre (Gauguet l\u2019indigné, aux Éditions Charlevoix) comme un ultime effort pour tenter de reprendre le dialogue avec ce fameux Gauguet aspiré par les idées de changement de la Révolution tranquille, emporté par la morosité de la suite de l\u2019histoire du Québec, éteint dans ses rêves les plus fous, oublié par tous et néanmoins encore vivant dans une œuvre certes dispersée, mais significative encore, pour peu que l\u2019on consente enfin à la redécouvrir.Retrouver l\u2019œuvre de Jean Gauguet-Larouche J ISTOCK Le gouvernement Trudeau a pris des décisions fortement contestées, qui sont favorables à certaines multinationales du divertissement et du Web, sans manifester son intention de protéger nos médias écrits.L L E D E V O I R , L E L U N D I 2 0 N O V E M B R E 2 0 1 7 A 8 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par courriel publicite@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3452 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Par courriel petitesannonce@ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4 Berri-UQAM Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 16h30 Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com A C T U A L I T É S des communautés LGBTQ réclament un dédommagement financier et des mesures concrètes pour aider les victimes de discrimination.Il est aussi question d\u2019accorder un pardon à tous les Canadiens qui ont été emprisonnés pour leur simple orientation sexuelle, avant 1969.« À partir du moment où le gouvernement présente des excuses, habituellement, c\u2019est accompagné d\u2019un dédommagement.C\u2019est logique », dit Laurent McCutcheon, militant de longue date pour la communauté LGBTQ.Des sources confirment que les discussions vont bon train en vue d\u2019une entente entre Ottawa et des groupes militants ayant lancé une action collective contre le gouvernement fédéral.La pression des tribunaux force le gouvernement à agir, même si Justin Trudeau a déjà pris des mesures contre la discrimination envers les personnes LGBTQ, indique-t-on.Les crimes contre les Canadiens transgenres sont ainsi considérés comme des crimes haineux, en vertu d\u2019un changement au Code criminel apporté le gouvernement Trudeau.«Il était temps que le gouvernement bouge.Les personnes LGBTQ sont comme les Premières Nations, on a été un groupe extrêmement fragilisé et ostracisé », a réagi Jasmin Roy, militant contre la discrimination envers les LGBTQ.Pour lui, le plus important est d \u2019of frir du soutien aux gens en détresse à cause de leur orientation sexuelle.Ils sont nombreux, ces gens : 98 % des personnes transgenres vivent de la dépression ou de l \u2019 isolement, selon un vaste sondage rendu public au mois d\u2019août.La majorité des homosexuels vivent aussi des épisodes de détresse, rappelle le responsable de la Fondation Jasmin Roy.Accroître les services Les personnes issues des minorités ethniques sont les plus fragiles et isolées, selon Jasmin Roy.Plusieurs cultures sont fermées aux minorités sexuelles et mettent au ban les personnes LGBTQ.Jasmin Roy réclame des services pour les gens vulnérables non seulement à Montréal, mais aussi en région.Les gens LGBTQ ne se confinent plus à des quartiers comme le Village, à Montréal, mais vivent dans les mêmes quartiers que tout le monde, n\u2019importe où au Québec.« Ça prend des services dans les écoles, dans les CLSC, dans les cliniques.Les jeunes font leur coming out à 12 ans et demi.Dans mon temps, c\u2019était à 18 ans », dit Jasmin Roy.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 EXCUSES ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Le premier ministre Justin Trudeau s\u2019était engagé à présenter au nom du gouvernement des excuses of ficielles aux Canadiens injustement persécutés.En photo, le premier ministre agitant le drapeau trans lors du défilé de la fierté, cet été, à Montréal.les différentes phases de l\u2019exploration, et ce, « dans le but d\u2019obtenir un bail d\u2019exploitation ».L\u2019entreprise Pétrolia a ainsi reçu 12,3 millions de dollars pour son projet Bourque, en plus d\u2019avoir bénéficié d\u2019un autre investissement de 9,4 millions dans le même projet.Le fonds Capital Mines Hydrocarbures a également injecté cinq millions dans le projet Galt, de Junex.Exploitation Le gouvernement a toutefois décidé d \u2019aller plus loin avec le projet de loi 150.Selon le libellé du projet de loi, les fonds publics pourront aussi être investis dans les entreprises qui se lancent dans la « product ion d \u2019hydrocarbures », mais également leur « transformation ».Il est donc question de soutenir directement l \u2019exploitation de gisements de pétrole et de gaz.Québec prévoit en outre des mesures destinées plus particulièrement au financement de l\u2019exploitation et du transport de gaz naturel.Les projets admissibles pourront en effet inclure « la production, le stockage, le transport et la distribution de combustibles qui, en tant que substituts à d\u2019autres combustibles, y compris fossiles, permettent la réduction de l\u2019intensité en carbone ».Le financement public sera aussi disponible pour les projets de « production » de « matières de substitution aux combustibles fossiles » qui permettent une « réduction des émissions de gaz à effet de serre».Le gouvernement ne désigne pas nommément le gaz naturel dans le projet de loi.Le cabinet du ministre de l\u2019Énergie et des Ressources naturelles Pierre Moreau confirme toutefois que Québec pourra ainsi financer des projets d\u2019exploitation et de distribution de gaz.Son attachée de presse, Catherine Pou- lin, fait valoir que « l\u2019utilisation de gaz naturel permet une réduction des émissions de gaz à effet de serre jusqu\u2019à 25%, en comparaison à l\u2019utilisation du carburant diesel, et jusqu\u2019à 32 %, en comparaison avec le mazout».Concrètement, le gouvernement a tout de même choisi, avec le fonds Capital Mines Énergie, d\u2019augmenter le nombre de projets de développement des énergies fossiles qui pourront bénéficier de soutien financier du gouvernement.Est-ce que cela est cohérent avec les objectifs de lutte contre les changements climatiques?«Oui», répond le bureau du ministre Moreau.«Les nouvelles orientations du fonds Capital Mines Énergie doivent soutenir des projets qui permettront objectivement de soutenir la transition énergétique », assure Mme Poulin.Elle donne l\u2019exemple de la distribution de gaz naturel liquéfié sur le territoire du Plan Nord afin de remplacer le mazout utilisé par les minières.Ces «nouvelles orientations» doivent également permettre de financer les projets d\u2019exploration et d\u2019exploitation de pétrole et de gaz, reconnaît le gouvernement.Les projets devront cependant se développer dans un contexte d\u2019« acceptabilité sociale» et «en respectant un encadrement strict qui vise à assurer la sécurité des personnes et des biens ainsi que la protection de l\u2019eau».Salutations et critiques Pour le moment, les projets d\u2019exploration pétrolière et gazière sont concentrés dans le Bas-Saint-Laurent et la Gaspé- sie, deux régions où le fonds Capital Mines Énergie pourra financer plus de la moitié du coût total de chaque projet.La vallée du Saint-Laurent est elle aussi largement couverte de permis d\u2019exploration, principalement en raison du potentiel en gaz de schiste.L\u2019Association pétrolière et gazière salue d\u2019ailleurs les orientations gouvernementales en matière de financement de projets d\u2019énergies fossiles.« La production locale, sous des règles strictes, a des impacts beaucoup plus faibles pour l\u2019environnement, mais aussi en matière de changements climatiques, que l\u2019importation de pétrole et de gaz étranger», estime son président, Michael Binnion.En tant que transporteur et distributeur de gaz naturel, Gaz Métro fait valoir que « l\u2019attractivité du gaz naturel pour les entreprises et industries permet de favoriser le développement économique durable des régions».Le fonds Capital Mines Énergie pourrait financer des prolongements du réseau de gazoducs au Québec.Celui-ci devrait transpor ter une forte majorité de gaz «non conventionnel » au cours des prochaines années, surtout du gaz de schiste.Le Front commun pour la transition énergétique compte dénoncer ce lundi les intentions du gouvernement, mais aussi réclamer la fin du financement public aux projets d\u2019énergies fossiles, à l\u2019instar de l\u2019appel lancé la semaine dernière par le secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres.«Nous nous réjouissons que le secteur des énergies renouvelables ait maintenant accès au Fonds Capital Mines Énergie d\u2019Investissement Québec, mais il nous semble tout à fait incohérent que le gouvernement continue en même temps à utiliser l\u2019argent public pour aider les compagnies à explorer ou à exploiter le pétrole et le gaz au Québec», affirme Christian Si- mard, directeur général de Nature Québec.«Plutôt que de respecter les aspirations de la population, le gouvernement Couillard persiste.Il démontre par ce projet de loi son préjugé favorable envers l\u2019extraction de pétrole et de gaz au Québec », fait valoir Christian Daigle, président général du Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec.Le regroupement, qui compte 60 organisations environnementales et syndicales, déplore par ailleurs le fait que le gouvernement a également financé des projets liés aux énergies fossiles avec le Fonds vert.Il a par exemple accordé l\u2019été dernier 20 millions de dollars à Gaz Métro, pour lui permettre d\u2019étendre son réseau de gazoducs.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 ACCÈS espace de 3 km2 voué à célébrer la culture du Québec.Même le Cap-Diamant fait partie de la réflexion.« Nous avons proposé de mettre tous les services et stationnements sous la terre et de les recouvrir de terre pour créer la topographie emblématique de Québec, avec l\u2019hôtel principal, le Château [Frontenac] », explique V incent Asselin.Ce Québécois, président de la firme d\u2019urbanisme Waa international, a été mandaté par JC Group en mai afin de préparer un premier plan conceptuel d\u2019aménagement pour le projet, qui s \u2019appelait alors Québec City of Arts.La balle est désormais dans le camp du gouvernement local, qui devra choisir, « d\u2019ici cinq à six semaines », la firme qui élaborera le concept final du projet, produit en partenariat public-privé.« À notre connaissance, nous sommes les seuls Canadiens invités pour cette seconde ronde », dit Vincent Asselin.L\u2019entrepreneur québécois n\u2019est pas la seule personnalité d\u2019ici à être bien au fait du dossier.Le représentant du Québec en Chine Jean-François Lépine, qui voit dans ce projet un moyen « d \u2019ouvrir des portes à des entreprises québécoises », était présent à l\u2019inauguration de la ville d\u2019inspiration québécoise, à la fin de l\u2019été.Une ville fantôme?Depu is, les pelles mécaniques se sont activées.La première phase de construction, pour les édifices commerciaux et les routes, est terminée, confirme au Devoir la cofondatrice de JC Group et présidente de JC Group Canada, Alexandra Jin.L\u2019ouverture au public est prévue pour le mois de juin 2018, ajoute-t- elle.Le projet devrait être entièrement bouclé en trois à c inq ans, permettre d \u2019em - ployer 30 000 personnes et attirer huit millions de visiteurs par année, prévoit la femme d\u2019affaires chinoise, désormais installée à Montréal.Pour agrémenter l \u2019expérience québécoise en Chine, JC Group mise sur l\u2019arrivée d\u2019un train rapide qui doit assurer la liaison Shanghai-Qidong (la ville où se trouve Lvsi) « en moins d\u2019une heure» à partir de 2021, souligne Alexandra Jin.Les Chinois n\u2019en sont pas à leurs premières expériences dans la reconstitution de villes du monde, qui visent à loger et à divertir la classe moyenne grandissante.Sauf que la plu- par t des tentatives \u2014 aussi grandioses étaient-elles \u2014 se sont soldées par des échecs retentissants.Les neuf banlieues shanghaïennes du projet One City, Nine Towns font le plus souvent les manchettes parce qu\u2019elles sont complètement désertes.La crise financière de 2008 et l\u2019agressivité du marché spéculatif ont eu raison des pubs britanniques et des gondoles vénitiennes de ces banlieues, qui n\u2019attirent désormais que les photographes de mariages.Lieu de consommation Dans l \u2019espo ir de ne pas conduire l\u2019Art City of Ocean Culture au même échec que la Maple Town canadienne \u2014 qui faisait partie du One City, Nine Towns, mais qui a finalement été abandonnée \u2014 JC Group mise sur un projet diversifié.« L\u2019immobilier ne représentera que 15 à 20 % du projet », prévoit Alexandra Jin.La ville sera donc surtout un lieu de consommation de la culture québécoise.« Nous voulons promouvoir la marque du Québec pour que davantage de Chinois s\u2019y intéressent, pour qu\u2019ils sachent qu\u2019il y a une culture francophone et pour y attirer davantage de touristes», dit-elle.Jean-François Lépine rêve déjà de spectacles d\u2019artistes québécois, et même de l\u2019instauration de programmes univers ita ires chapeautés par l\u2019Université Laval.« Aux compagnies au Québec, j\u2019ai dit : intéressez-vous à ce projet-là, il y a peut-être des retombées pour vous », raconte-t-i l au Devoir.Par son entremise, la Ville de Québec a été mise dans le coup, sans qu\u2019elle consente à un investissement dans le projet.« C\u2019est flatteur », croit l\u2019attaché de presse du maire Régis Labeaume, Paul-Christian Nolin.« Si c\u2019est bien fait, ça peut avo ir un impact et du rayonnement pour la ville, attirer l\u2019attention sur l\u2019original », ajoute-t-il, en donnant l\u2019exemple d\u2019une série coréenne tournée à Québec, et qui a fait exploser le tourisme en provenance de ce pays d\u2019Asie.Le projet Art City of Ocean Culture est « avantageux », se ré- jouit-il, « parce qu\u2019il ne coûte rien et peut rapporter ».Tant que JC Group trouve des curieux pour le visiter.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 CHINE JC GROUP Aperçu des travaux de construction de la première phase.L\u2019ouverture est prévue pour juin prochain.YAN DOUBLET LE DEVOIR Les fonds publics pourront soutenir directement l\u2019exploitation de gisements de pétrole et de gaz.Québec choisit d\u2019augmenter le nombre de projets de développement des énergies fossiles qui pourront bénéficier du soutien de l\u2019État "]
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