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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2017-11-21, Collections de BAnQ.

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[" V O L .C V I I I N o 2 6 5 L E D E V O I R , L E M A R D I 2 1 N O V E M B R E 2 0 1 7 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S AUJOURD\u2019HUI Le monde \u203a Fin du statut spécial.Les États-Unis éliminent le statut temporaire accordé à près de 60 000 Haïtiens à la suite du tremblement de terre de 2010.Page B 5 Avis légaux.B 4 Décès.B 6 Météo.A 4 Mots croisés.A 4 Petites annonces .B 6 Santé publique L\u2019obésité guette les tout-petits de 3 à 5 ans Page A 3 SODEC Québec refuse de renouveler le mandat de Monique Simard Page B 8 ?w w w .l e d e v o i r .c o m C H R I S T I A N R I O U X Correspondant à Paris E lle compte parmi les moins connus des impressionnistes.Est-ce parce qu\u2019elle était une femme ?Toujours est-il que c\u2019est à Québec que commencera la tournée internationale de la première rétrospective récente de ce maître de l\u2019impressionnisme que fut Berthe Morisot.Élève de Corot, belle-sœur de Manet, amie de Mallarmé, Berthe Morisot est IMPRESSIONNISME Sortir la peintre Berthe Morisot de l\u2019oubli MUSÉE MARMOTTAN-MONET Eugène Manet à l\u2019île de Wight, 1875, huile sur toile de Berthe Morisot JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le Centre d\u2019intégration scolaire of fre une dernière chance aux élèves dont le comportement a entraîné leur exclusion de l\u2019école régulière.M A R C O F O R T I E R C\u2019est un peu l\u2019école de la dernière chance.L\u2019école qui accueille les élèves les plus «po- qués», qui ont ce qu\u2019on appelle des «troubles de comportement » aussi immenses que leur détresse.Cette école est menacée de fermeture.Cette école, c\u2019est le Centre d\u2019intégration scolaire de Montréal (CIS).Elle est logée depuis quatre décennies dans un bâtiment appartenant à la Commission scolaire de Montréal (CSDM).Mais voilà : la CSDM a besoin du bâtiment pour loger les élèves des écoles du secteur qui débordent.Elle a averti le CIS que son bail pourrait se terminer à la fin de l\u2019année scolaire, en juin 2018.«On n\u2019a nulle part où aller, mais ça ne se peut pas qu\u2019on ferme.On ne ferme pas une école », dit Ysabelle Chouinard, directrice du CIS, rencontrée dans son école de la 6e avenue, dans le quartier Rosemont.Le vieux bâtiment de trois étages ressemble aux 75 élèves, âgés de 8 à 18 ans : écorché vif.Les murs sont lacérés.Les casiers, bosselés.La colère et la détresse laissent des traces ici \u2014 et pas uniquement sur les visages de ces enfants forcés de grandir avant l\u2019âge.La colère et la détresse se mêlent à une sorte d\u2019enchantement.Un petit miracle qui se produit chaque jour.À force d\u2019efforts, de dévouement et d\u2019amour, les 17 membres du personnel, tous orthopédagogues ou éducateurs spécialisés, parviennent à réchapper une bonne partie de ces enfants rejetés par le système.Oui, ces élèves ont été rejetés : expulsés de leur classe, de leur école, puis de leur commission scolaire.Expulsés de leur famille aussi, pour plusieurs d\u2019entre eux placés dans des familles d\u2019accueil.Sept commissions scolaires de la grande région montréalaise, dont la CSDM, paient pour envoyer leurs élèves « à problèmes » au Centre d\u2019intégration scolaire.Le CIS est un organisme privé à but non lucratif.« Ce sont des élèves qui sont rendus au bout du système régulier.Ils ont dépassé toutes les « L\u2019école de la dernière chance » en péril La CSDM pourrait reprendre le bâtiment qu\u2019occupe le Centre d\u2019intégration scolaire depuis 40 ans M A R I E - M I C H È L E S I O U I M A R I E V A S T E L Correspondantes parlementaires à Québec et à Ottawa L e principe de la tolérance zéro pour la marijuana au volant ne s\u2019appliquera pas sur les routes du Québec au moment où la substance deviendra légale au Canada, soit en juillet 2018.Il sera même inapplicable d\u2019ici à ce que la science et la technologie permettent de détecter la consommation récente de cannabis, a reconnu lundi la ministre responsable du dossier, Lucie Charlebois.« Quand on va avoir l\u2019homologation de Santé Canada et du ministère de la Sécurité civile, ici au Québec, là on va mettre la tolérance zéro.Pas avant », a déclaré la ministre déléguée à la Santé publique et aux saines habitudes de vie au Devoir.Son gouvernement risque toutefois d\u2019attendre longtemps.Même si des appareils servant à détecter le THC sont créés, ceux-ci ne permettront en rien de déterminer si une personne est réellement intoxiquée.Comme le révélait récemment Le Devoir, les résultats de nombreuses études à ce sujet laissent croire qu\u2019il demeurera impossible d\u2019établir une corrélation entre la présence de THC dans l\u2019organisme et les ef fets psychotropes de la marijuana.C\u2019est même précisément la conclusion d\u2019un projet-pilote sur les appareils de dépistage de drogues mené par Sécurité publique Canada en 2016 et 2017.« La présence d\u2019une drogue dans la salive ne sous?entend pas qu\u2019il y a affaiblissement des facultés », a noté le ministère fédéral dans son rapport final.Le chercheur Ryan Vandrey de la Johns Hopkins University, qui a dirigé plusieurs études sur le cannabis au cours des quatre dernières années, fait le même constat.« En se fiant à toutes les études qui ont été menées sur le sujet, la science démontre en ce moment qu\u2019il n\u2019existe pas de taux de THC dans le sang ou la salive qui permette de prévoir le niveau d\u2019intoxication », a-t-il affirmé au Devoir.L\u2019approche « tolérance zéro » préconisée par CANNABIS AU VOLANT La tolérance zéro devra attendre La ministre Lucie Charlebois confirme que le Québec ne sévira pas avant d\u2019avoir des outils adéquats VOIR PAGE A 8 : OUBLI VOIR PAGE A 8 : CANNABIS VOIR PAGE A 8 : ÉCOLE Lucie Charlebois L E D E V O I R , L E M A R D I 2 1 N O V E M B R E 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 2 INSCRIVEZ-VOUS \u2022 CORIM.QC.CA \u2022 514 340-9622 Thèmes abordés : 1.Artistes et écrivains : ambassadeurs de la création québécoise 2.Les retombées économiques, sociales et touristiques du rayonnement international des arts 3.Concevoir des créations pour l\u2019exportation Mardi 28 novembre 2017 de midi à 14 h Marriott Château Champlain 1050 Rue de la Gauchetière Ouest Avec l\u2019appui de : Le rayonnement international des arts : quelle importance pour le Québec ?Série Culture Déjeuner-causerie présenté par : Panélistes : Anne-Marie Jean, Présidente-directrice générale, Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ) Kim Thuy, Écrivaine Jeannot Painchaud, Président et chef de la création, Cirque Éloize Modérateur : Claude Deschênes Journaliste culturel J E A N N E C O R R I V E A U L e comité exécutif présenté lundi par Valérie Plante est paritaire et réunit des élus d\u2019expérience et de nouveaux visages.Mais la mairesse, qui plaidait pour des pratiques moins partisanes à l\u2019Hôtel de Ville, n\u2019a réussi à attirer qu\u2019un seul élu de l\u2019opposition, Jean- François Parenteau, maire de Verdun élu sous la bannière de l\u2019Équipe Denis Coderre.Le comité exécutif de Valérie Plante est composé de 13 élus, soit six femmes et sept hommes.En campagne électorale, Valérie Plante avait déjà annoncé que Benoit Dorais, maire du Sud-Ouest, présiderait ce comité.Les autres élus proviennent tous de sa formation politique à l\u2019exception de Jean-François Parenteau, qui a quitté son par ti pour siéger comme indépendant.Valérie Plante assure qu\u2019elle n\u2019a pas exigé de lui qu\u2019il délaisse son parti, mais lui a plutôt demandé de quitter le caucus, et ce, pour des questions de «confidentialité ».Mm e Plante indique avoir voulu s\u2019entourer d\u2019une combinaison de nouvelles recrues et d\u2019élus d\u2019expérience.Mais elle reconnaît que son comité exécutif n\u2019est pas représentatif de la diversité culturelle de Montréal, faisant remarquer que le conseil municipal ne l\u2019est pas non plus.Les trios Les Luc Ferrandez, François Croteau et Magda Popeanu côtoieront donc les nouveaux élus Rosannie Filato, Robert Beaudry et Nathalie Goulet.Le dossier-clé du transport a été confié au conseiller Éric Alan Caldwell alors que la Sécurité publique, tout aussi stratégique, est maintenant entre les mains de Nathalie Goulet.D\u2019autres élus ont hérité de multiples tâches, comme Sylvain Ouellet qui aura la charge des infrastructures de l\u2019eau et de la voirie.Benoit Dorais a expliqué qu\u2019un concept de « trios » sera mis en place pour faire en sorte que des membres du comité exécutif se concertent afin de faire avancer les dossiers.À titre d\u2019exemple, il a cité les responsables des dossiers d\u2019infrastructures, d\u2019habitation et de transport qui travailleront en collégialité.Lui-même, en tant que responsable des finances, formera un trio avec François Croteau (ville intelligente) et Laurence La- vigne Lalonde (démocratie et gouvernance).« Chaque membre va travailler au sein de trios selon une logique organique des dossiers.L\u2019important, c\u2019est de briser les silos dès le début », a-t-il dit.Une condition inacceptable?Le chef de l\u2019opposition par intérim, Lionel Perez, affirme que six élus de son équipe ont été approchés pour se joindre au comité exécutif, mais que la condition imposée par Valérie Plante, soit de quitter le parti Équipe Denis Coderre, était « inacceptable ».M.Perez dit respecter la décision de Jean-François Paren- teau d\u2019accepter la proposition de Valérie Plante, même s\u2019il exprime plusieurs réserves : « Il va devoir assumer sa décision.[\u2026] Je pense que lorsqu\u2019on est élu sous une bannière, à deux semaines du scrutin, on a une obligation envers ses électeurs.» Jean-François Parenteau soutient que Valérie Plante ne lui a pas demandé de devenir indépendant.« Moralement et pour des raisons éthiques, c\u2019était clair pour moi que je ne pouvais pas siéger entre deux chaises.J\u2019aurais toujours été l\u2019intrus dans la pièce.» Il a dit ne pas envisager de se joindre à Projet Montréal.Quant au concept de trios, Lionel Perez y voit la démonstration que la nouvelle administration comprend mal le fonctionnement de la Ville : « Le comité exécutif, ce n\u2019est pas un menu à la car te.On n\u2019est pas chez McDo ici.Est- ce qu\u2019ils vont se rencontrer chacun dans leur statutaire ?Si oui, ils vont être en rencontres perpétuelles et ne pourront jamais prendre de décisions.» « Si, malheureusement, le chef de l\u2019opposition voit de la réunionite, c\u2019est qu\u2019il n\u2019a rien compris », a rétorqué Benoit Dorais.Le radical du verdissement Nommé au développement durable et aux grands parcs, Luc Ferrandez affirme qu\u2019il ne changera pas son style.« J\u2019espère rester radical pour la gestion des grands parcs parce qu\u2019il faut être radical pour ramener la nature en ville.Il faut être obsédé et déterminé pour défendre chaque pied carré possible de verdissement », a-t- il dit.« Les grands parcs ont besoin d\u2019amour.Il faut les voir comme un atout, un capital énorme pour développer le style de ville que l\u2019on veut, mais aussi le style de tourisme que l\u2019on veut.» Le maire du Plateau-Mont- Royal assure que l\u2019administration Plante-Dorais vise toujours à créer un parc national urbain à Pierrefonds-Ouest, là où l\u2019administration précédente projetait la construction de 5500 logements.« On n\u2019est pas obligés, demain matin, d\u2019acheter les terrains », a expliqué M.Ferran- dez.«La première chose qu\u2019on va faire, c\u2019est rien.On va attendre.On va laisser les terres en friche.On va regarder ce qui serait nécessaire pour la construction d\u2019un parc.» Le nouveau comité exécutif tiendra sa première réunion dès mercredi matin.Le Devoir MONTRÉAL La parité atteinte au comité exécutif Un seul élu de l\u2019opposition, Jean-François Parenteau, a accepté l\u2019offre de Valérie Plante I S A B E L L E P O R T E R à Québec C inq nouveaux venus ont fait leur entrée au conseil municipal de la Ville de Québec lundi soir, mais une chaise est demeurée vide puisqu\u2019on ignore toujours si le chef du nouveau par ti Québec 21, Jean-François Gosselin, pourra y siéger.On saura ce mardi si M.Gosselin pourra accéder au conseil au terme du dépouillement judiciaire dans le district de Sainte-Thérèse-de-Lisieux.Rappelons que sa colistière, Nancy Piuze, y a défait la conseillère sortante Marie-France Trudel par à peine 69 voix.C\u2019est donc le conseiller Stevens Melançon (l\u2019autre élu de Québec 21) qui a joué le rôle de chef de l\u2019opposition of fi- cielle « intérimaire » lors de la première séance du conseil municipal lundi soir.« L\u2019opposition saura faire la part des choses», a-t-il promis dans sa première prise de parole.« On ne s\u2019opposera pas pour s\u2019opposer », a-t-il dit en précisant que les projets seraient « fortement contestés » s\u2019ils ne respectaient pas «les besoins» et «la capacité de payer» des citoyens.De son côté, le maire de Québec a invité tous les élus à « s\u2019élever au-delà des intérêts particuliers » et souligné que « la partisanerie n\u2019avait pas sa place » au conseil.Il a en outre réitéré son intention de faire avancer le dossier du système de transport structurant et de s\u2019attaquer aux pénuries de main-d\u2019œuvre dans la région.Outre M.Melançon, quatre nouveaux conseillers faisaient leur entrée au conseil lundi soir : Alicia Despins, Pierre-Luc Lachance, Émilie Villeneuve (Équipe Labeaume) et Jean Rousseau (Démocratie Québec).M.Rousseau s\u2019est lui aussi engagé à offrir une « opposition constructive» à l\u2019administration Labeaume.Il a toutefois prévenu qu\u2019il entendait continuer à s\u2019opposer à un projet cher au maire: le déménagement du marché du Vieux-Port.Ce marché constitue un « incontournable», a-t-il dit à cet égard en réponse à la question d\u2019un citoyen.Cannabis : Labeaume mécontent Le maire Labeaume a par ailleurs profité de la question d\u2019un citoyen sur le cannabis pour réitérer son insatisfaction à l\u2019égard des nouvelles législations sur le sujet.« Les problèmes, c\u2019est nous autres qui [allons] les gérer!» a- t-il lancé avant de déplorer que les gouvernements permettent aux villes d\u2019imposer des taxes supplémentaires plutôt que de partager les revenus de TPS et de TVQ qu\u2019ils vont percevoir.«J\u2019ai trouvé ça tellement généreux, mais tellement épouvantable», a-t-il dit.« Je veux dire ceci aux deux gouvernements: vous allez en entendre parler.» Le Devoir Demi- rentrée à l\u2019hôtel de ville de Québec JACQUES NADEAU LE DEVOIR Inauguration de la « place des Montréalaises » Après plus d\u2019un an et demi de travaux, le recouvrement de l\u2019autoroute Ville-Marie sur un tronçon de 125 mètres, derrière l\u2019hôtel de ville de Montréal, est maintenant complété.Le président du Conseil du trésor, Pierre Arcand, la mairesse de Montréal, Valérie Plante, et l\u2019ex-ministre des Transports, Robert Poëti, ont participé, lundi, à l\u2019inauguration de la «place des Montréalaises» en compagnie du ministre des Transports, André Fortin.Montréal aménagera le site au cours des prochaines années.Un concours de design est en cours afin de déterminer quel type de lien \u2014 passerelle ou tunnel \u2014 sera implanté pour permettre aux piétons de franchir la bretelle autoroutière qui borde le site.Le recouvrement de l\u2019autoroute a coûté 68 millions à Québec.La facture pour le réaménagement de l\u2019espace public est estimée à 74,4 millions par la Ville.Benoit Dorais: président du comité exécutif, responsable des finances, du capital humain, des communications corporatives, des affaires juridiques et de l\u2019évaluation foncière.Magda Popeanu: vice-présidente du comité exécutif, responsable de l\u2019habitation, de la gestion et planification immobilière et de la diversité montréalaise.Sylvain Ouellet: vice-président du comité exécutif, responsable de l\u2019eau et des infrastructures de l\u2019eau, des infrastructures et de la Commission des services électriques.Éric Alan Caldwell : responsable de l\u2019urbanisme, du transport et de l\u2019Office de consultation publique de Montréal.Christine Gosselin: responsable de la culture, du patrimoine et du design.Luc Ferrandez: responsable des grands parcs, du développement durable, des espaces verts et des grands projets.Nathalie Goulet: responsable de la sécurité publique.Robert Beaudry: responsable du développement économique et commercial, ainsi que des relations gouvernementales.Rosannie Filato: responsable du développement social et communautaire, de l\u2019itinérance, de la jeunesse, et des sports et loisirs.François William Croteau: responsable de la ville intelligente, des technologies de l\u2019information et de l\u2019innovation.Laurence Lavigne Lalonde: responsable de la transparence, de la démocratie, de la gouvernance, de la vie citoyenne et d\u2019Espace pour la vie.Jean-François Parenteau: responsable des services aux citoyens, de l\u2019approvisionnement et de l\u2019environnement.Les membres associés au comité exécutif : Sophie Mauzerolle: conseillère associée à la mairesse.Alex Norris: conseiller associé à la sécurité publique.Marianne Giguère: conseillère associée au développement durable et aux transports actifs.Craig Sauvé: conseiller associé aux services aux citoyens et à la mobilité.Suzie Miron: conseillère associée aux infrastructures.Les membres du comité exécutif Le comité exécutif, ce n\u2019est pas un menu à la carte Lionel Perez, chef de l\u2019opposition à l\u2019Hôtel de Ville de Montréal « » L E D E V O I R , L E M A R D I 2 1 N O V E M B R E 2 0 1 7 ACTUALITES A 3 H É L È N E B U Z Z E T T I Correspondante parlementaire à Ottawa L e ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, affirme que la religion ou les accommodements raisonnables ne sont pour rien dans la décision du Canada de désormais accepter à bord des avions des petites lames en tout genre, y compris des kirpans sikhs.Le 6 novembre dernier, Transports Canada a annoncé qu\u2019il modifiait la liste des objets proscrits à bord des aéronefs pour y ajouter les quantités supérieures à 350 millilitres de poudre pour bébé, de sels de bain ou encore de sable.Mais Transports Canada retire de la liste les lames de six centimètres ou moins \u2014 «de la taille approximative d\u2019un gros trombone », dixit le ministère.Les changements entreront en vigueur lundi prochain.Le Bloc québécois s\u2019interroge sur cette décision.«Cela fait en sorte que les couteaux de cérémonie, comme les kirpans, vont maintenant être permis.Cette exception est faite sur mesure pour faire plaisir à des groupes religieux qui ont tout de suite applaudi la décision», a lancé à la Chambre des communes lundi le député Xavier Barsalou-Du- val.Il a aussi demandé au ministre si «pour lui, l\u2019édit religieux est plus important que la sécurité des passagers».Le ministre Garneau a répliqué que cette décision était «pour se mettre en harmonie avec les normes internationales ».Selon lui, la religion n\u2019y est pour rien.« La règle n\u2019a rien à voir avec ça [le kir- pan]», a-t-il ajouté aux journalistes tout en admettant ne pas savoir si une demande avait été faite par une quelconque communauté.Vérification faite, les normes européennes permettent depuis plusieurs années le transport de lames de six centimètres ou moins à bord d\u2019avions.Les États-Unis devaient emboîter le pas en 2013, mais à quelques jours de l\u2019entrée en vigueur du changement, Washington a fait volte-face.Les lames sont toujours interdites à bord des appareils en par tance ou à destination des États-Unis.«Ce n\u2019est pas quelque chose qui va représenter une menace, pour le terrorisme ou la prise de contrôle d\u2019un avion », a déclaré le ministre Garneau.Il a souligné qu\u2019en première classe déjà, les passagers reçoivent avec leur repas un couteau dont « les lames sont pas mal grosses ».Selon le député bloquiste Louis Plamondon, l\u2019argumentaire de l\u2019harmonisation ne tient pas la route.« On vit en Amérique du Nord et aux États-Unis, c\u2019est interdit.[\u2026] Nous sommes-nous toujours harmonisés avec les autres pays dans tous les domaines?Non.On a nos propres règles de sécurité, et ça fonctionne très bien.» M.Plamondon s\u2019est montré prudent au sujet des motifs à l\u2019origine du changement.«Je m\u2019interroge beaucoup sur les accommodements religieux et la fameuse Charte des droits.» Il n\u2019a pas voulu établir de lien avec la présence de quatre ministres sikhs (dont deux portant le kirpan) au cabinet de Justin Trudeau, mais il a noté que les sikhs forment « la seule communauté qui a un attachement spirituel à ça [un couteau]».Les sikhs pratiquants doivent porter cinq symboles, dont le turban et le couteau symbolique.Depuis 2014, le port du kirpan est autorisé dans toutes les ambassades canadiennes à l\u2019étranger, du moment qu\u2019il est placé dans un fourreau et porté en bandoulière sous les vêtements.La personne doit démontrer une croyance sincère en portant les quatre autres symboles du sikhisme.Le kirpan est autorisé à la Chambre des communes et à la Cour suprême du Canada, mais pas à l\u2019Assemblée nationale, interdit qui fait d\u2019ailleurs l\u2019objet d\u2019une contestation judiciaire en Cour d\u2019appel.La World Sikh Organization of Canada (WSOC) se réjouit du changement apporté et prétend avoir effectué en début d\u2019année des démarches auprès de Transports Canada pour que le Canada adopte les normes internationales en matière de lames.Le député libéral Randeep Sarai a déclaré qu\u2019il « n\u2019y a jamais eu un seul incident impliquant un kirpan [à bord d\u2019un avion] dans le monde ».La règle rendra les voyages en avion plus faciles pour un grand nombre de sikhs comme lui.« Il n\u2019y a pas de longueur standard de kirpan.Il y a de petits kirpans, de grands kir- pans, des moyens kirpans.[Six centimètres], c\u2019est la taille qu\u2019un sikh moyen porterait.» Le Devoir AVIATION Débat sur le retour des petites lames dans les cabines La chronique de Michel David fait relâche aujourd\u2019hui JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le champ de pratique des infirmières praticiennes spécialisées a été étendu, mais elles estiment qu\u2019il y a encore du chemin à faire.J E S S I C A N A D E A U L e tiers des enfants de 3 à 5 ans fait de l\u2019embonpoint ou est à risque d\u2019en faire, une nouvelle donnée qui préoccupe grandement l\u2019Observatoire des tout-petits, qui a compilé ces chif fres, de même que les autorités de santé publique.«La question de l\u2019obésité et de l\u2019activité physique chez les tout-petits constitue une préoccupation importante», écrit l\u2019Observatoire des tout- petits dans son portrait 2017 publié mardi.Le document précise qu\u2019en 2012-2015, un enfant de 36 à 60 mois sur trois était «à risque d\u2019embonpoint, faisait de l\u2019embonpoint ou était obèse».Cela représente environ 58 000 enfants au Québec.C\u2019est la première fois que l\u2019on s\u2019intéresse à l\u2019obésité chez les enfants de cet âge.L\u2019Observatoire des tout-petits, un nouvel organisme financé par la Fondation Lucie et André Cha- gnon, est allé puiser dans les données de l\u2019Enquête canadienne sur les mesures de la santé de Statistique Canada pour extraire les données spécifiques aux 3 à 5 ans.«Quand on regarde la statistique pour les enfants plus vieux, on est dans le même ordre de grandeur, alors ce n\u2019est pas vraiment surprenant de retrouver ces chiffres-là chez les tout-petits.Par contre, ça démontre que les problématiques sont déjà bien installées dès la petite enfance», explique Catherine Déa, médecin-conseil en développement des enfants et des jeunes à la direction régionale de la santé publique de Montréal.« C\u2019est un chiffre qui nous préoccupe, parce qu\u2019on sait que les enfants qui souffrent d\u2019embonpoint ou d\u2019obésité pendant la petite enfance sont souvent ceux qui vont souffrir d\u2019embonpoint au primaire et aussi à l\u2019âge adulte, ajoute Mme Déa.Par contre, la bonne nouvelle, c\u2019est qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une période où les stratégies mises en place pour favoriser de saines habitudes de vie sont plus efficaces.» Causes Le portrait de l\u2019Observatoire s\u2019intéresse à une multitude d\u2019indicateurs, et pas seulement à l\u2019obésité.On ne s\u2019est donc pas penché spécifiquement sur les causes de l\u2019obésité infantile, explique la directrice Fanny Dagenais.« L\u2019idée, c\u2019est d\u2019identifier les lumières rouges pour revenir en profondeur sur certains éléments préoccupants dans un futur dossier thématique.Mais on sait tout de même qu\u2019il y a une composante génétique à l\u2019embonpoint; les tout-petits dont les parents font de l\u2019embonpoint ont plus de risques d\u2019en faire également.Il y a aussi une composante importante sur le plan des saines habitudes de vie de la famille, même si le portrait ne permet pas de déterminer les causes précises à ce stade-ci.» Les chercheurs n\u2019ont pas été en mesure d\u2019obtenir des données sur l\u2019alimentation des tout- petits, mais ils se sont penchés sur l\u2019activité physique et le temps passé devant un écran, deux facteurs liés à l\u2019obésité des tout-petits.«Selon les directives canadiennes en matière d\u2019activité physique, les enfants de 3 à 4 ans devraient faire au moins 180 minutes d\u2019activité physique, peu importe l\u2019intensité, réparties au cours de la journée », rappelle-t-on dans le portrait de l\u2019Observatoire des tout-petits.Or, le tiers des enfants de 3 à 5 ans ne respectent pas ces recommandations.Écrans Les données sont encore plus inquiétantes lorsque l\u2019on s\u2019attarde au temps passé devant un écran.Pour les enfants de moins de 5 ans, il ne faudrait pas dépasser une heure par jour, tous écrans confondus (télévision, tablette, téléphone), notent les experts.Or, « en 2012-2015, environ les trois quarts des enfants de 3 à 5 ans ne respectaient pas cette directive », constate l\u2019Observatoire des tout-petits.« De plus en plus, les écrans font partie de notre vie, c\u2019est un phénomène en augmentation et c\u2019est l\u2019une des hypothèses pour expliquer le fait qu\u2019un tout-petit sur trois fait de l\u2019embonpoint », précise la médecin-conseil de la santé publique, Catherine Déa.Les auteurs de la toute nouvelle « Directive canadienne en matière de mouvement sur 24 heures » s\u2019intéressent eux aussi à la petite enfance.La recommandation en matière de temps passé devant un écran reste la même, soit moins d\u2019une heure par jour, mais s\u2019inscrit désormais dans une « approche intégrée » qui tient également compte, comme pour les plus grands, de l\u2019activité physique, des comportements sédentaires et du sommeil, explique Pierre Morin, directeur des opérations au Québec pour PartipACTION qui a participé à la rédaction de la nouvelle directive.«Une heure par jour d\u2019écran, déjà ça m\u2019apparaît beaucoup, c\u2019est pour ça qu\u2019on a beaucoup hésité à savoir si on l\u2019interdisait ou pas pour les petits de cet âge.Mais on est quand même conscients que, des fois, c\u2019est une solution faci- litante pour les parents de mettre la Pat\u2019Patrouille pour faire le repas en paix.On est en 2017 et les écrans, c\u2019est une réalité qui s\u2019impose.Mais il faut mettre une limite.» Le Devoir L\u2019obésité guette les tout-petits Les enfants de 3 à 5 ans manquent d\u2019exercice et sont trop accaparés par les écrans «Ce n\u2019est pas quelque chose qui va représenter une menace, pour le terrorisme ou la prise de contrôle d\u2019un avion» Marc Garneau M A R I E - L I S E R O U S S E A U L es infirmières praticiennes spécialisées (IPS) ont été entendues : elles auront davantage d\u2019autonomie à compter de 2018.Un nouveau règlement a été conclu entre le Collège des médecins du Québec et l\u2019Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ) pour encadrer leur pratique.Rendue publique lundi, cette entente doit permettre de mieux répondre aux besoins croissants des patients.Celles qu\u2019on surnomme « super infirmières » pourront bientôt amorcer des traitements pour six problèmes de santé chronique, soit le diabète, l\u2019hypertension artérielle, l\u2019hypercholesté- rolémie, l\u2019asthme, les maladies pulmonaires obstructives chroniques et l\u2019hypothyroïdie.Concrètement, cela leur permettra de conseiller les patients et, lorsque nécessaire, de leur prescrire des médicaments avant que ceux-ci ne consultent un médecin.Les infirmières ne pourront toutefois pas établir de diagnostic.Le travail des IPS, actuellement réparti entre les soins de première ligne et certaines spécialités, s\u2019étendra désormais dans trois grands champs : les soins aux adultes, la pédiatrie et la santé mentale.Elles pourront également pratiquer en CHSLD et en Centre jeunesse.Autre gain pour les IPS, elles n\u2019auront plus à se limiter à une liste de médicaments préétablie lorsque viendra le temps de faire des prescriptions, comme c\u2019est le cas actuellement.Réactions positives Les gains sont «significatifs», mais il y a «encore du travail à faire », soutient la présidente de l\u2019Association des infirmières praticiennes spécialisées du Québec, Christine Laliberté.Selon elle, le nouveau règlement ne comble pas le retard accusé au Québec dans la pratique des «super infirmières».Les IPS de la province ont le champ d\u2019intervention le plus limité au pays, déplore-t-elle.«On célèbre la victoire, mais on va continuer à travailler, parce qu\u2019on sait qu\u2019on peut offrir plus à la population», a-t-elle dit au Devoir.L\u2019OIIQ est de son côté satisfait du règlement.«C\u2019est un gain majeur [pour les IPS], ça va donner un meilleur accès [aux soins] à la population, notamment en évitant la double consultation», s\u2019est réjouie sa présidente, Lucie Tremblay.Cette dernière affirme que la « très grande majorité » des revendications de l\u2019OIIQ a été approuvée.Elle aurait toutefois souhaité que les IPS puissent établir des diagnostics.«Néanmoins, le fait de pouvoir initier les traitements pour les maladies chroniques est un gain majeur», soutient- elle, soulignant que la moitié de la population du Québec vit avec ce type de problème de santé.Mme Tremblay compte sur un comité de suivi qui doit être mis en place après l\u2019entrée en vigueur du règlement pour émettre des recommandations en ce sens à l\u2019avenir.Des IPS siégeront à ce comité.Pour sa part, le Collège des médecins atteste que l\u2019entente donnera plus d\u2019initiative et de liberté aux IPS, en plus d\u2019améliorer la qualité des soins.«Ça fait longtemps que ce dossier évolue, on avait beaucoup de pression pour que ça aboutisse», rappelle son président, Charles Bernard.Le Regroupement provincial des comités des usagers s\u2019est quant à lui dit « très heureux » de ce règlement.Selon son président, Pierre Blain, il permet de « commencer à combler le retard» du Québec dans ce domaine.Il y a actuellement 413 IPS dans la province.Le gouvernement s\u2019est engagé à en intégrer 2000 dans le réseau de la santé d\u2019ici 2024-2025.Des formations universitaires ont d\u2019ailleurs débuté en septembre à cet ef fet, a confirmé Mme Tremblay.Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, souhaite prendre connaissance de l\u2019entente avant de réagir.« Toutefois, à première vue, nous voyons cela très positivement », a écrit son attachée de presse, Catherine W.Audet, au Devoir.Le règlement doit être approuvé par le Conseil des ministres avant d\u2019entrer en vigueur.Cela devrait se faire au début de 2018.Le Devoir Les « super infirmières » gagnent en autonomie Une entente est intervenue entre le Collège des médecins et l\u2019Ordre des infirmières J O H N R O G E R S à Los Angeles À l\u2019été de 1969, un ancien prisonnier débraillé qui avait une emprise magnétique sur des jeunes femmes a envoyé ses disciples commettre des meurtres sanglants à Los Angeles.Défrayant la chronique à travers les États-Unis, Charles Manson est devenu le visage grimaçant du mal et il a réécrit l\u2019histoire de toute une génération.Manson est mort de causes naturelles dimanche à l\u2019âge de 83 ans, après près de 50 années passées derrière les barreaux pour avoir orchestré les meurtres de l\u2019actrice Sharon Tate et de six autres personnes.Ses victimes avaient été massacrées dans deux maisons différentes, deux soirs de suite, en août, par des tueurs qui avaient utilisé leur sang pour écrire « Pig » et « Healter Skelter» (sic) sur les murs.Le massacre avait horrifié la planète.Pour plusieurs, les dommages collatéraux incluaient la mor t de « peace, love and flower power».«Plusieurs personnes que je connais à Los Angeles sont d\u2019avis que les années 1960 ont pris fin abruptement le 9 août 1969 », écrivait l\u2019auteure Joan Didion en 1979 dans The White Album.Manson était le pire cauchemar de tout parent : le petit homme aux cheveux en bataille était doté d\u2019un pouvoir hypnotique et d\u2019un charisme qui lui permettaient de transformer en tueurs des jeunes issus de la classe moyenne.L\u2019année 1969 Dans un ancien ranch à l\u2019extérieur de Los Angeles, ses disciples \u2014 dont plusieurs fugueurs qui le comparaient à Jésus Christ \u2014 et lui vivaient en communauté, prenaient de la drogue et participaient à des orgies.Des enfants provenant de milieux aisés se nourrissaient dans les poubelles des supermarchés.« Ces enfants qui vous attaquent avec des couteaux, ce sont vos enfants, avait-il déclaré lors de son procès.Vous leur avez enseigné, pas moi.J\u2019ai seulement essayé de les aider à se tenir debout.» C\u2019était l\u2019été du premier alunissage.La guerre du Vietnam faisait rage.Les «hippies» inondaient les rues de San Francisco et se massaient au festival de musique de Woodstock, dans le nord de l\u2019État de New York.Mais plusieurs se souviennent de cette époque pour les meurtres qui ont pétrifié Los Angeles.La peur a empoigné la ville quand une bonne ar rivée pour son quart de travail s\u2019est enfuie en courant de la maison luxueuse qu\u2019habitaient Mme Tate et son mari, le cinéaste Roman Polanski.Des corps ensanglantés étaient éparpillés un peu partout.L\u2019actrice de 26 ans, qui était enceinte de huit mois et demi, avait été poignardée et suspendue au plafond de son salon.Les autres victimes étaient Abigail Folger, l\u2019héritière d\u2019un empire du café ; le cinéaste polonais Voityck Frykowski ; Steven Parent, un ami du propriétaire ; et le coiffeur Jay Sebring.Ce dernier a été tué par un disciple de Manson, Charles « Tex » Watson, qui a annoncé en arrivant : « Je suis le diable, et je suis ici pour faire l\u2019œuvre du diable.» La nuit suivante, un couple bien nanti, Leno LaBianca et sa femme, Rosemary, étaient poignardés à mort chez eux, dans un autre quartier.Manson a été arrêté trois mois plus tard.On ne sait pas pourquoi il a ordonné les meurtres d\u2019étrangers.Les procureurs prétendent qu\u2019il voulait déclencher une guerre raciale, une idée qu\u2019il aurait puisée dans son interprétation tordue de la chanson Helter Skelter, des Beatles.D\u2019autres pensent qu\u2019il voulait se venger du producteur de musique Ter r y Melcher, un ancien occupant de la maison de Mme Tate qui avait refusé d\u2019enregistrer ses compositions.Jeune délinquant L\u2019enfance de Manson le prédestinait à une vie de criminalité.Il est né à Cincinnati le 12 novembre 1934, probablement d\u2019une prostituée adolescente.Sa mère a été incarcérée quand il n\u2019avait que cinq ans et il a été envoyé en maison de réforme à l\u2019âge de huit ans.Il a passé des années à entrer et à sortir du système judiciaire.« Mon père est la prison.Mon père est votre système, a- t-il déclaré lors de son procès.Je suis ce que vous avez fait de moi.Je ne suis qu\u2019un reflet de vous.» Son procès en 1970 s\u2019est transformé en farce théâtrale.Lui et trois de ses disciples \u2014 Susan Atkins, Patricia Krenwinkel et Leslie Van Hou- ten \u2014 ont chanté et dansé, et à un cer tain moment Manson s\u2019est rué vers le juge.Plusieurs de ses fidèles ont campé à l\u2019extérieur du palais de justice, menaçant de s\u2019immoler par le feu s\u2019il était reconnu coupable.Quand Manson a tailladé un « X » sur son front, ses coaccusés ont fait de même, en expliquant avoir été « expulsés de la société ».Manson a plus tard transformé le X en croix gammée.Il a toujours maintenu son innocence, malgré les preuves accablantes qui pesaient contre lui.« Je n\u2019ai tué personne et je n\u2019ai ordonné la mort de personne », a-t-il affirmé.Les trois femmes et lui ont été reconnus coupables et condamnés à mor t.Charles « Tex » Watson a connu le même sort plus tard.Tous ont eu la vie sauve quand la Cour suprême de la Californie a aboli la peine de mort en 1972.«Même les gens qui n\u2019étaient pas nés au moment des meurtres connaissent le nom de Charles Manson, et ça les fait frissonner », a écrit le journaliste Theo Wilson en 1998.Associated Press L E D E V O I R , L E M A R D I 2 1 N O V E M B R E 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 4 L\u2019ancien gourou Charles Manson est mort Ses fidèles ont plongé Los Angeles dans la peur en 1969 avec une série de meurtres effroyables ASSOCIATED PRESS Charles Manson est escorté par des policiers à Los Angeles pour être accusé d\u2019avoir orchestré les meurtres de l\u2019actrice Sharon Tate et de six autres personnes.M Y L È N E C R Ê T E à Ottawa D\u2019 ici sept ans, 20 % du parc de Via Rail sera mis hors service.C\u2019est ce que révèle un document signé par le ministre fédéral des Transpor ts, Marc Garneau, en réponse à une question du député néodémo- crate Robert Aubin.Via Rail compte 495 wagons et locomotives pour desservir son corridor Québec-Windsor.De ce nombre, 111 devront être remplacés graduellement à compter de 2018, et ce, jusqu\u2019en 2024.« Dans ce type de projet, 2024, c\u2019est demain matin », signale le por te-parole néodé- mocrate en matière de transport, Robert Aubin.« Et encore plus criant, les services qui sont offerts dans le corridor Québec-Windsor pourraient être les plus affectés dès 2020 parce que c\u2019est là qu\u2019on trouve une plus grande concentration des locomotives et wagons.» Ces wagons et locomotives du transporteur ferroviaire ont en moyenne plus de 40 ans, alors que leur durée de vie devrait varier entre 25 et 30 ans.Il y a près d\u2019un an, la société d\u2019État tirait la sonnette d\u2019alarme.Elle écrivait dans un rapport remis au ministre Gar- neau qu\u2019elle nécessitait une restructuration majeure, sans quoi elle ne serait plus en mesure de remplir son mandat.Le gouvernement avait pris acte de ce cri du cœur et fourni 7,7 millions à Via Rail pour des études sur le renouvellement de son parc et l\u2019amélioration de la sécurité aux passages à niveau et dans les gares.Le renouvellement des wagons et des locomotives du transporteur dans le cadre de son projet de train à grande fréquence coûterait 1,5 milliard.Ce projet prévoit l\u2019aménagement d\u2019une voie réservée aux trains de passagers dans le corridor Québec-Windsor.Via Rail doit présentement partager la voie ferrée du CN utilisée principalement pour le fret.Les trains de marchandises ont ainsi préséance sur les trains de passagers, ce qui a un impact négatif sur la fiabilité du service de la société d\u2019État.Robert Aubin appelle le ministre Garneau à prendre une décision, d\u2019autant plus que l\u2019usage du train pourrait aider le Canada à réduire ses émissions de gaz à ef fet de serre comme il s\u2019est engagé à le faire dans le cadre de l\u2019accord de Paris sur le climat.La Presse canadienne TRANSPORT Via Rail : 20 % de son parc sera désuet d\u2019ici 2024 Pour plusieurs, les dommages collatéraux incluaient la mort de « peace, love and flower power » C L I M A T L\u2019accord sur la réduction des HFC maintenant ratifié La ministre fédérale de l\u2019Environnement a indiqué lundi qu\u2019un nouvel amendement au protocole de Montréal devrait permettre de réduire les émissions d\u2019un certain type de gaz à effet de serre qui réchauffe la planète plus rapidement encore que le dioxyde de carbone.Cet amendement, adopté en octobre 2016 par les pays signataires du protocole de Montréal, vise à réduire les hydro- fluorocarbones (HFC), que l\u2019on trouve notamment dans les réfrigérateurs, les climatiseurs ou les bombes aérosol.Catherine McKenna soutient que la ratification de l\u2019«amendement de Kigali» permettra de freiner le réchauffement de la planète «d\u2019un demi-degré Celsius d\u2019ici la fin du siècle».L\u2019amendement de Kigali doit entrer en vigueur en janvier 2019.Il devait être d\u2019abord ratifié par au moins 20 pays, ce qui est maintenant chose faite; le Canada l\u2019a ratifié plus tôt ce mois-ci.La Presse canadienne R É G I O N S Internet bientôt plus rapide pour 100 000 foyers Près de 100 000 foyers québécois verront finalement la connexion au bout du tunnel, alors que Québec et Ottawa annoncent que 80 projets totalisant des investissements de 290 millions permettront d\u2019accroître l\u2019accès à l\u2019Internet haute vitesse dans les régions du Québec.Cet investissement permettra d\u2019attirer de nouvelles entreprises et des jeunes en région, croit le premier ministre Philippe Couillard.Le gouvernement du Québec contribue à hauteur de 105 millions par l\u2019entremise de son programme Québec branché.Le gouvernement du Canada verse 87 millions par l\u2019initiative Brancher pour innover.Et environ 98 millions proviennent d\u2019entreprises privées et de donateurs.Richard Lehoux, président de la Fédération québécoise des municipalités (FQM), rappelle toutefois que 240 000 foyers québécois n\u2019auront toujours pas accès à l\u2019Internet haute vitesse après la réalisation de ces 80 projets.La Presse canadienne A M É L I P I N E D A R andy Tshilumba, qui a été reconnu coupable du meur tre prémédité de Clémence Beaulieu-Patry dans un supermarché Maxi à Montréal, porte le verdict en appel.Condamné à la prison à vie, l\u2019homme de 21 ans souhaite faire invalider la sentence prononcée par la juge Hélène Di Salvo.Il demande à être déclaré non criminellement responsable pour cause de troubles mentaux.« Le jury a-t-il rendu un verdict déraisonnable, notamment en raison des conclusions non contredites et énoncées par deux experts en psychiatrie légale quant à l\u2019état mental de l\u2019appelant au moment des événements ?», soulève son avocate, Me Julie Gi- roux, dans son avis d\u2019appel.Le 10 avril 2016, M.Tshi- lumba s\u2019est rendu, muni d\u2019un couteau, au supermarché Maxi où travaillait Clémence Beaulieu-Patry.La jeune femme a été poignardée à 14 reprises alors qu\u2019elle pliait des vêtements dans la section de vêtements pour enfants de l\u2019épicerie.M.Tshilumba avait pris la fuite et s\u2019était réfugié pendant des heures dans les toilettes d\u2019un café Tim Hortons, près du lieu du crime.Durant le procès, la défense a plaidé le fait que M.Tshi- lumba était plongé dans un délire lorsqu\u2019il a tué Clémence Beaulieu-Patry et qu\u2019il était incapable de distinguer le bien du mal.La Couronne avait toutefois réussi à convaincre le jury, qu\u2019au contraire, M.Tshi- lumba était non seulement conscient du geste qu\u2019il commettait, mais qu\u2019il l \u2019avait même planifié.Avant le drame, M.Tshilumba s\u2019était rendu à trois reprises au supermarché.Le soir du meurtre, il avait des vêtements de rechange dans son sac à dos.Le Devoir L E D E V O I R , L E M A R D I 2 1 N O V E M B R E 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 5 Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 ERIC GREGORY ASSOCIATED PRESS Fondatrice du mouvement d\u2019opposition au passage du pipeline Keystone XL au Nebraska, Jane Kleeb s\u2019est réjouie lundi d\u2019une «demi- victoire» après la décision de la régie des services publics du Nebraska d\u2019imposer un nouveau tracé.A M É L I P I N E D A S abrine Djermane et El Mahdi Jamali, les deux jeunes Montréalais accusés de terrorisme, ont choisi de ne pas présenter de défense à leur procès.Le couple, qui est notamment accusé d\u2019avoir voulu quitter le Canada pour aller en Syrie, ne donnera donc pas sa version des faits.Djermane, les cheveux attachés, portant un pull rose avec de la dentelle noire, et Jamali, en chandail blanc, barbe et cheveux bien taillés, sont restés impassibles dans le box des accusés, lorsque leurs avocats respectifs en ont fait l\u2019annonce lundi.Le juge Marc David avait indiqué aux membres de jury, au début du procès, que ce n\u2019est pas aux accusés de prouver leur innocence, mais bien à la poursuite de démontrer hors de tout doute leur culpabilité.Jusqu\u2019à présent, une trentaine de témoins ont été entendus, dont plusieurs policiers et experts en informatique.Aucun membre de la famille du couple n\u2019a témoigné.Retrait d\u2019une accusation Le juge David a annoncé au jur y le retrait du troisième chef d\u2019accusation, soit «d\u2019avoir facilité un acte terroriste ».Il n\u2019a cependant pas donné de détails sur les raisons de l\u2019abandon de l\u2019accusation.Il a précisé avoir été saisi de deux requêtes des avocats au dossier dans les derniers jours.« Le groupe État islamique, un couple de jeunes adultes qui veulent quitter le C a n a d a pour aller en Syrie re jo indre ce groupe ter roriste et la découverte d\u2019une r e c e t t e pour faire une bombe avec une partie des ingrédients, voilà en une phrase ce que représente notre dossier », avait résumé la procu- reure fédérale, Me Lyne Déca- rie, lors de son exposé d\u2019ouverture, en septembre dernier.Les deux anciens étudiants du collège de Maisonneuve font désormais face à trois accusations, dont celle d\u2019avoir été en possession d\u2019une substance explosive dans un but criminel ainsi que d\u2019avoir commis un acte au profit ou sous la direction d\u2019un groupe terroriste.Une jurée en moins La journée de lundi s\u2019est conclue avec l\u2019exemption de la jurée numéro 3, qui, pour des raisons personnelles, a demandé au juge David de pouvoir se retirer.Les plaidoiries, une des dernières étapes avant la délibération du jury, commenceront le 4 décembre.Le jury devra ensuite délibérer dans le but de rendre un verdict avant les Fêtes.Rappelons que l\u2019intérêt des policiers pour le couple Djer- mane-Jamali a été suscité par un appel d\u2019une « source anonyme » inquiète du comportement des amoureux, le 10 avril 2015.Durant le procès, il a été possible d\u2019apprendre que cette source était une des soeurs de l\u2019accusée.Elle s\u2019inquiétait notamment de l\u2019affichage du drapeau du groupe EI sur la page Facebook du jeune homme.Dans l \u2019appar tement que louait le couple sur la rue Aird dans le quar tier Hochelaga, les policiers auraient trouvé une recette pour fabriquer une bombe, écrite par M.Jamali.Le Devoir PROCÈS Les deux Montréalais accusés de terrorisme choisissent de ne pas témoigner A L E X A N D R E S H I E L D S V ictoire en demi-teinte pour TransCanada.L\u2019État du Nebraska a donné lundi le feu vert pour la construction d\u2019un tronçon crucial du pipeline Keystone XL, ce qui lève en théorie le dernier obstacle réglementaire.Le gouvernement Trudeau a d\u2019ailleurs salué cette décision.Mais la pétrolière albertaine se voit imposer un nouveau tracé, ce qui soulève des questions sur la suite du projet.Dans une décision partagée, la régie des services publics du Nebraska a approuvé le tronçon de pipeline qui doit traverser cet État.Cela signifie que TransCa- nada a désormais toutes les autorisations nécessaires pour construire Keystone XL, qui doit permettre d\u2019expor ter chaque jour 830 000 barils de pétrole des sables bitumineux vers le sud des États-Unis.L\u2019une des commissaires qui ont voté contre l\u2019approbation, Cr ystal Rhoades, a toutefois mis en doute les gains économiques attendus de la construction de Keystone XL.TransCa- nada « n\u2019a pas fourni assez de preuves pour justifier l\u2019impact économique attendu de ce projet pour le Nebraska », a-t-elle fait valoir.Nouveau tracé Qui plus est, les cinq commissaires ont rejeté le tracé que favorisait l\u2019entreprise et qui avait déjà fait l\u2019objet d\u2019une évaluation de la part du gouvernement fédéral américain.Ils ont plutôt décidé d\u2019imposer un second tracé, ce qui modifie considérablement les plans de TransCanada.L\u2019entreprise devra notamment obtenir de nouvelles autorisations de propriétaires terriens.La pétrolière a d\u2019ailleurs réagi avec prudence à la décision du Nebraska.«Nous allons étudier avec attention la décision et évaluer ses impacts sur les coûts et le calendrier du projet», a simplement indiqué son président et chef de la direction, Russ Gir- ling, dans un bref communiqué.Il n\u2019a pas précisé d\u2019échéancier pour une décision dans ce dossier, mis de l\u2019avant pour la première fois en 2008.Réaction à Ottawa Le gouvernement de Justin Trudeau a davantage manifesté sa joie lundi.« Notre gouvernement a toujours appuyé le projet Keystone XL, a rappelé le ministre des Ressources naturelles, Jim Carr.Cet oléoduc créera des milliers de bons emplois pour les Canadiens à l \u2019étape de la construction, sur tout en Alberta, tout en renforçant l\u2019industrie canadienne de la mise en valeur des ressources dans son ensemble.» Le pipel ine de T ransCa- nada est le troisième projet soutenu par les libéraux fédéraux depuis leur élection en 2015.Ce nouveau pipeline signifie que les pétrolières actives en Alber ta pourront bénéficier d\u2019une plus grande capacité d\u2019écouler leur production croissante sur les marchés.L a c a p a c i t é c o m b i n é e d e Keystone XL, de Trans Mountain et de la nouvelle Ligne 3 permettra d\u2019ex- por ter quotidiennement 2,48 millions de barils de pétrole des sables bitumineux, soit 905 millions de barils par année.Opposition Les groupes environnementaux et plusieurs communautés autochtones s\u2019opposent fermement à la construction du nouveau pipeline de Trans- Canada.Certains prédisaient d\u2019ailleurs déjà lundi que des actions judiciaires seraient lancées pour tenter de bloquer sa construction.« Considérant le déversement de vendredi dernier et le fait que Keystone XL pose d\u2019importants risques, l\u2019opposition contre ce projet continuera à s\u2019intensifier et Trans- Canada fera face à des recours légaux et à de la résistance sur le terrain et au sein des banques », a prédit le porte-parole de Greenpeace, Patrick Bonin.Il est vrai que la décision d \u2019 a p p r o b a t i o n s u r v i e n t quelques jours après le déversement de près de 800 000 litres de pétrole brut provoqué par un bris du pipeline Keystone, de TransCanada, au Dakota du Sud.Selon ce que prévoit la législation du Nebraska, la régie des ser vices publics ne pouvait cependant pas se prononcer sur la sécurité des pipelines ni sur les risques de déversements.Le changement de tracé imposé par l\u2019État pourrait néanmoins compliquer sérieusement les choses pour la pétrolière, selon M.Bonin.Après tout, ce tracé n\u2019a pas fait l\u2019objet d\u2019une évaluation environnementale et sociale, contrairement à celui privilégié par TransCanada.Et certains propriétaires terriens ont appris lundi que le pipeline passerait chez eux, ce qui suscite déjà des questions.Le Devoir ENVIRONNEMENT Keystone XL : le Nebraska impose un nouveau tracé à TransCanada Le pipeline de TransCanada est le troisième projet soutenu par les libéraux fédéraux depuis leur élection en 2015 A M É L I P I N E D A L e juge Jean-Paul Braun, dont les propos tenus lors d\u2019un procès pour agression sexuelle avaient soulevé un tollé, s\u2019est retiré du dossier.« Le tribunal se dessaisit de la cause », a indiqué le juge Braun, dans un document déposé au dossier lundi, alors que devaient se tenir les plaidoiries sur la peine.Le juge Braun est visé par une enquête du Conseil de la magistrature après que Le Journal de Montréal a révélé des déclarations controversées qu\u2019il a faites lors du procès de Carlo Figaro.Le chauffeur de taxi, âgé de 49 ans, a été reconnu coupable d\u2019agression sexuelle sur une adolescente de 17 ans.«On peut le dire qu\u2019elle a un joli visage, hein ?», avait-il lancé lors d\u2019une audience au mois de mai dernier.À cette occasion, le juge a également laissé entendre que le consentement n\u2019était pas nécessaire lors de tous les gestes caractère sexuel.« Il y a un consentement pour embrasser quelqu\u2019un et un consentement pour mettre, comme on le dit, la main au panier », a-t-il ajouté.Plainte de la ministre C\u2019est la ministre de la Justine, Stéphanie Vallée, qui a porté plainte contre le juge Braun.En vertu de la Loi sur les tribunaux judiciaires, le Conseil a l\u2019obligation de déclencher une enquête lorsqu\u2019une plainte est formulée par la ministre de la Justice.La procureure de la Couronne, Me Amélie Rivard, a indiqué que la victime, dont l\u2019identité est protégée, est grandement af fectée par la médiatisation de l\u2019affaire.« Elle est au courant du processus, mais elle préfère rester à l\u2019écart », a-t-elle expliqué.Le dossier a été reporté au 14 décembre.La juge Lori Renée Weitzman a indiqué qu\u2019elle prendrait la relève pour la suite du dossier.Le Devoir PROPOS CONTROVERSÉS Procès d\u2019un chauffeur de taxi: le juge Braun se récuse MEURTRE DANS UN MAXI Randy Tshilumba interjette appel On peut le dire qu\u2019elle a un joli visage, hein ?Le juge Jean-Paul Braun « » Le juge David a annoncé au jury le retrait du troisième chef d\u2019accusation Le ministre des Finances, Bill Morneau, est toujours hanté par sa décision prise il y a deux ans de ne pas se départir de ses actions dans la firme familiale Morneau Shepell et de ne pas mettre sur pied une fiducie sans droit de regard pour gérer le reste de ses avoirs.Ce choix, inspiré par la commissaire à l\u2019éthique Mary Dawson, a mis en relief les lacunes de la loi, ébranlé la crédibilité de la commissaire actuelle et affaibli le ministre.ill Morneau pensait avoir calmé la tempête il y a un mois en annonçant la vente de ses actions, la remise du produit de cette vente à des organismes de charité et la création d\u2019une ?- ducie sans droit de regard pour gérer le reste de ses actifs.Le hic est que, durant ces deux années pendant lesquelles il n\u2019avait pas de ?ducie sans droit de regard, M.Morneau a pris des décisions touchant les ?nances du pays.Sachant dorénavant qu\u2019il avait indirectement le contrôle de ses actifs durant cette période, ses choix et les conseils de la commissaire ne peuvent plus être évalués de la même manière.Et voilà pourquoi un projet de loi obscur met maintenant M.Morneau et Mme Dawson sur la sellette.Le projet C-27 touche la gestion des fonds de pension privés, une des spécialités de Morneau Shepell.L\u2019opposition, le NPD au premier chef, soutient que l\u2019ancienne entreprise de M.Morneau pro?terait de ce projet de loi présenté par le ministre des Finances alors qu\u2019il détenait toujours des actions de ladite compagnie.Néodémocrates et conservateurs ont demandé à Mme Dawson d\u2019examiner la question a?n de déterminer si le ministre s\u2019est mis en position de con?its d\u2019intérêts.Le 10 novembre dernier, on apprenait qu\u2019elle acceptait d\u2019entreprendre un examen en vertu de la loi.Pourquoi ne pas l\u2019avoir fait avant ?Parce que Mme Dawson n\u2019a jamais, en dix ans, pris l\u2019initiative de véri?er si un ministre tenu de se récuser pour éviter un con?it d\u2019intérêts l\u2019avait fait.Il fallait une plainte.Mais voilà que ce lundi, le Globe and Mail révélait que Mme Dawson avait été alertée dès le 18 septembre par un groupe représentant les retraités de Postes Canada.Elle a pourtant attendu une plainte d\u2019un parlementaire pour agir.M.Morneau, de son côté, rappelle que la loi n\u2019exige pas qu\u2019un ministre se récuse si une loi est de portée générale, ce qui serait le cas de C-27.Tout cet imbroglio aurait été évité si Mme Dawson avait insisté auprès de M.Morneau pour qu\u2019il se défasse de ses actions dès sa nomination.La loi ne l\u2019exige pas à cause d\u2019une échappatoire que la commissaire demande de corriger depuis des années, mais rien ne lui interdisait de conseiller au ministre d\u2019en faire plus.Et surtout et avant tout, rien n\u2019interdisait au ministre de faire preuve de jugement.?Comme s\u2019en inquiètent plusieurs libéraux en privé, cette affaire porte ombrage au message économique du gouvernement.Ce qui devrait, en soi, inciter le premier ministre Justin Trudeau à inviter son ministre à se retirer ou à occuper un autre poste en attendant que toute la lumière soit faite sur cette affaire.M.Trudeau devrait toutefois faire davantage pour démontrer que le compas éthique de son gouvernement n\u2019est pas dangereusement englué.Il doit modi?er la loi pour mettre ?n à l\u2019échappatoire qui permet aux ministres le contrôle indirect d\u2019actifs.Il doit aussi cesser de tergiverser et laisser le champ libre à la nomination rapide d\u2019un nouveau commissaire à l\u2019éthique.Mme Dawson en est à la troisième prolongation de six mois de son mandat alors que rien ne justi?ait le dernier renouvellement.On le sait parce que Démocratie sous surveillance conteste cette décision devant la Cour fédérale.Dans une déclaration sous serment produite tout récemment, le gouvernement écrit que le processus de sélection amorcé en mai 2016 « n\u2019a pas donné un bassin suf?sant de candidats quali?és », ce qui a poussé le gouvernement à relancer l\u2019exercice en avril 2017.Il y avait donc des candidats quali?és.A-t-on vraiment tout retardé parce qu\u2019il n\u2019y en avait pas assez ?Ou n\u2019est-ce pas parce que ce n\u2019était pas ceux souhaités?La question se pose.Pour dissiper les doutes, le gouvernement doit s\u2019engager à ne pas choisir son juge, le premier ministre faisant lui-même l\u2019objet d\u2019une enquête, et à con?er la sélection d\u2019une liste de candidats à un comité indépendant qui la soumettra ensuite à tous les partis aux Communes a?n d\u2019obtenir leur approbation.Le commissaire est un fonctionnaire du Parlement, pas du gouvernement.L E D E V O I R , L E M A R D I 2 1 N O V E M B R E 2 0 1 7 A 6 EDITORIAL L E T T R E S Pourquoi il faut enseigner la philosophie aux jeunes Je salue bien bas la vision et la sagesse de la commission Parent qui a institué les cours de philosophie obligatoires dans cette belle institution qu\u2019est le cégep.Cet apprentissage, dont on appréciait la valeur dans la société québécoise en ébullition des années 60, est peut-être encore plus L I B R E O P I N I O N S T E V E N H I G H Professeur au Département d\u2019histoire de l\u2019Université Concordia et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en histoire orale S i le Québec n\u2019a jamais eu de système de pancartes « réservé aux Blancs» comme celui qui avait cours dans le sud des États-Unis durant la période Jim Crow, il a néanmoins connu l\u2019esclavagisme et le racisme généralisé.Pendant une bonne partie du XXe siècle, les Montréalais noirs ne savaient jamais s\u2019ils seraient accueillis dans les bars, restaurants, cinémas ou magasins.Les propriétaires avaient le droit de servir qui ils voulaient.C\u2019est ainsi qu\u2019en 1936, le résidant de Verdun Fred Christie a éprouvé la vexation de se faire refuser le service dans un bar du Forum.Des années plus tard, durant l\u2019Expo 67, des touristes noirs se sont vu refuser l\u2019hébergement à l\u2019hôtel.Les Noirs subissaient également de la discrimination au travail.Seules quelques rares usines les engageaient avant la Seconde Guerre mondiale.Jusqu\u2019aux années 1950, la plupart des hommes noirs de la ville travaillaient pour les compagnies de chemin de fer comme préposés aux voitures- lits ou porteurs, ainsi qu\u2019à certains postes des voitures-restaurants.Seuls des hommes noirs étaient embauchés pour ces emplois.La communauté historique des Noirs anglophones de Montréal s\u2019est donc installée dans ce qui constitue aujourd\u2019hui la Petite-Bourgogne, vu la grande proximité du secteur de la gare Windsor et de l\u2019ancienne gare Bonaventure.La tâche des employés des voitures-lits était difficile.Les porteurs étaient tenus à la plus grande courtoisie, malgré le racisme qu\u2019ils essuyaient.Ils étaient donc à la merci des plaintes du public.Prise de conscience Si les cheminots noirs occupaient les emplois les moins bien rémunérés dans les compagnies de chemin de fer, ils jouissaient en revanche d\u2019un statut social élevé au sein de leur communauté.Souvent très instruits, ces hommes avaient en outre beaucoup voyagé.Leur mobilité offrait des avantages et contribuait à une prise de conscience politique des problèmes auxquels les Noirs faisaient face en Amérique du Nord.Des préposés aux voitures-lits et leurs femmes ont participé à la fondation de presque toutes les institutions de la communauté noire à Montréal avant 1950.Par exemple, le Colored Women\u2019s Club a été créé en 1902 par quinze femmes d\u2019employés des voitures-lits.La section locale de l\u2019Universal Negro Improvement Association, établie en 1919, a également été formée par des porteurs.Saviez-vous que Louise Langdon, mère de Malcom X, a déjà milité dans cette association?La Union United Church et le Centre communautaire des Noirs, établis respectivement en 1907 et en 1927, entretenaient eux aussi des liens étroits avec les porteurs.Et même le père du légendaire pianiste de jazz Oscar Peterson exerçait ce métier.Au début, les bagagistes noirs ne reçoivent aucune aide de la part des syndicats en place.Au contraire, les syndicats ferroviaires blancs refusent d\u2019admettre les Noirs comme membres.La suprématie de la race blanche est la norme à l\u2019époque.En réaction à ce phénomène, en 1917, il y a 100 ans, les por teurs noirs fondent leur propre syndicat \u2014 l\u2019Order of Sleeping Car Por ters.Il s\u2019agit du premier grand syndicat noir en Amérique du Nord.Longue lutte Les syndiqués noirs se heurtent à l\u2019opposition farouche des compagnies de chemin de fer, qui préfèrent voir leurs bagagistes travailler docilement et à bon marché.Si le syndicat parvient à s\u2019établir dans les compagnies de chemins de fer du Grand Tronc et Canadien National, celle du Canadien Pacifique congédie expéditivement ses militants syndicaux noirs.L\u2019Order of Sleeping Car Porters dépose une demande d\u2019affiliation auprès du Congrès des métiers et du travail du Canada.La demande est toutefois transmise à la Fraternité canadienne des cheminots \u2014 le syndicat de mon père \u2014 qui est alors l\u2019autorité compétente en la matière.Ce syndicat est exclusivement canadien, chose rare à l\u2019époque.En outre, il classe les ouvriers par industrie et cherche donc à prendre en charge toutes les catégories de cheminots.Tout le monde, en fait, sauf les porteurs noirs.Pour accepter les porteurs, la Fraternité canadienne des cheminots doit d\u2019abord éliminer sa clause limitant le droit d\u2019adhésion aux hommes de race blanche.La première tentative échoue en 1918, mais un vote ultérieur aboutit.Deux des quatre sections noires du syndicat sont établies dans la Petite-Bourgogne.Les préposés aux voitures-lits du Canadien Pacifique se syndiquent enfin pendant la Seconde Guerre mondiale.A.Philip Randolph, future icône des droits civils et président de la Brotherhood of Sleeping Car Porters américaine \u2014 syndicat exclusivement noir fondé en 1925 \u2014, séjourne à Montréal en juillet 1939 pour prendre la parole lors d\u2019une grande réunion publique à l\u2019UNIA Hall.Une campagne d\u2019organisation syndicale fructueuse s\u2019ensuit, et un premier contrat est obtenu en mars 1945.Après des années de lutte, les cheminots noirs mettent enfin un terme à la ségrégation raciale à bord des trains voyageurs canadiens dans les années 1960.Rappelez- vous cette histoire la prochaine fois que vous monterez dans un train ou que vous passerez par la gare Centrale de Montréal.Un siècle de syndicalisme noir à Montréal FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente du développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-président des ventes publicitaires MARK DROUIN Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Directeur de l\u2019information numérique FLORENT DAUDENS Adjoints PAUL CAUCHON, LOUIS GAGNÉ, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur de la production CHRISTIAN GOULET La banalisation du cannabis à outrance Ainsi, le gouvernement du Québec propose que les consommateurs de marijuana puissent griller un petit joint dans les espaces publics, tout comme les fumeurs de tabac, une justification plus que discutable et peut-être mue par un nivellement par le bas qu\u2019on pourrait facilement croire électoraliste.Pauvre Mme Lucie Charlebois, cette ministre déléguée à la Santé «dite» publique qui pilote le projet de loi.Pourtant, un autre Charlebois nettement plus célèbre, Robert, nous avait bien dit il y a 44 ans : « Entre deux joints, tu pourrais faire quelque chose\u2026» Imaginez un peu l\u2019effet de cette boucane secondaire par un bel après-midi d\u2019été auprès d\u2019enfants dans le Vieux-Port ou à la place des Festivals, ou encore de moins jeunes avec des problèmes respiratoires ou cardiaques.Les lieux festifs de rassemblement deviendront ainsi à proscrire pour les plus vulnérables au nom d\u2019une sacro-sainte liberté d\u2019intoxication.Au moment où l\u2019on commence à entrevoir, après quelques décennies, l\u2019effet des perturbateurs endocriniens (substances chimiques issues de notre environnement de produits industriels) sur le développement cérébral du fœtus, donc sur la santé mentale et le quotient intellectuel, on se retrouve maintenant avec un nouvel in- trant promis à une diffusion plus que permissive.La communauté médicale et scientifique est prise de court avec des conséquences irréparables qui ne seront compilées que dans plusieurs années.On fera alors les constats d\u2019usage et le bilan des dommages.À l\u2019heure des selfies de nos politiciens et des exécutions publiques instantanées propulsées par les médias traditionnels en compétition avec les médias sociaux, on assiste ainsi à la montée d\u2019une culture de l\u2019insignifiance.Sans véritables signifiants, perdus dans cet univers de méritocratie par l\u2019image, on tombe inévitablement en rupture avec le réel.Mais cela n\u2019est pas grave, car le monde est stone\u2026 et de ce fait irresponsable dans une totale impunité systémique! Yves Chartier, Saint-Eustache, le 17 novembre 2017 L\u2019État dans les potagers ?Dans sa loi sur le cannabis, le gouvernement Couillard indique que la culture personnelle de quatre plants ne peut être autorisée, car elle serait difficilement contrôlable.Les partis d\u2019opposition sont tous d\u2019accord, y compris Québec solidaire.Aux prochaines élections, je chercherai des candidats qui peuvent compter jusqu\u2019à 4.Mes exigences sont très basses.Serge Granger Sherbrooke, le 17 novembre 2017 pertinent de nos jours.En effet, la réflexion philosophique chez les jeunes est d\u2019autant plus d\u2019actualité lorsqu\u2019on lit \u2014 dans la même édition du Devoir du 18 novembre \u2014 qu\u2019une grande partie des emplois qu\u2019occuperont un jour nos jeunes n\u2019existent pas encore.Comment, dans un contexte aussi incertain, peut-on encore justifier une vision utilitaire de l\u2019éducation arrimée aux besoins à court terme?La meilleure façon de préparer nos jeunes à la société de demain n\u2019est-elle pas plutôt de les équiper avec les outils de réflexion et de connaissance de soi qui les aideront à faire face à l\u2019incertitude et soutiendront leurs choix?Bravo aux professeurs de philosophie ; votre contribution n\u2019a jamais été aussi importante.Dominique Blain Chelsea, le 19 novembre 2017 ÉTHIQUE LIBÉRALE Le fardeau Morneau B MANON CORNELLIER Rappelez-vous cette histoire la prochaine fois que vous monterez dans un train à la gare Centrale de Montréal L E D E V O I R , L E M A R D I 2 1 N O V E M B R E 2 0 1 7 A 7 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon (chef de division), Robert Dutrisac, (éditorialiste), Michel Garneau et Pascal Élie (caricaturistes), Jacques Nadeau (photographe), Olivier Zuida (recherchiste photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division et reporter), Stéphane Baillargeon (généraliste), Gérald Dallaire (pupitre), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Jean Dion (sports), Marco Fortier (éducation), Lisa-Marie Gervais (diversité), Pauline Gravel (sciences), Jessica Nadeau (éducation).Alexandre Shields (environnement); information politique : Michel David (chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Marie-Michèle Sioui (correspondants parlementaires à Québec) Dave Noël (recherche), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec); information culturelle : Guillaume Bourgault-Côté (politiques culturelles), Julie Carpentier (pupitre), Fabien Deglise (livres), Catherine Lalonde (arts vivants), François Lévesque (écrans),Caroline Montpetit (arts vivants), Philippe Papineau(médias); information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l\u2019information), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Benoît Munger (pupitre); information internationale : Guy Taillefer (chef de division et éditorialiste); section art de vivre : Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); cahiers spéciaux : Aude Marie Marcoux (responsable); équipe numérique : Laurence Clavel, Guillaume St-Hilaire et Geneviève Tremblay (pupitres); correction : Andréanne Bédard, Christine Dumazet et Michèle Malenfant (correctrices) ; soutien à la rédaction : Amélie Gaudreau (coordonnatrice à la rédaction), Jean-Philippe Proulx (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa).PUBLICITÉ Charleyne Bachraty (adjointe au vice-président), Marlène Côté, Évelyne De Varennes, Amel Elimam, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (directrices de comptes), Alain Tréhout (directeur créativité média), Amélie Maltais (commis aux avis légaux), Alessandra Tantalo et Laurence Hémond (coordonnatrices publicitaires).PRODUCTION Caroline Desrosiers, Yannick Morin, Anthony White et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web), Jean-François Côté (analyste programmeur), Luc Girard (technicien informatique), Solène M.Hébert (développeuse Web).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Catherine Gentilcore (coordonnatrice marketing, communications et relations publiques), Sébastien Beaupré (coordonnateur service à la clientèle), Manon Blanchette, Caroline Filion, Nathalie Filion, Isabelle Sanchez (préposées au service à la clientèle).ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Mélisande Simard (adjointe administrative et responsable des ressources humaines), Florentina Draghici (technicienne comptable), Véronique Pagé (responsable du crédit).L es élus municipaux entreprenant un mandat à la direction de la plupart de nos villes auront à jeter un œil attentif aux enjeux associés à l\u2019avènement de la « ville intelligente ».La disponibilité de dispositifs connectés, de capteurs de même que des capacités informatiques dont sont dotés la plupart des véhicules engendre des possibilités de produire, de capter et de traiter des informations.C\u2019est cette puissance de traitement d\u2019information que l\u2019on cherche à mobiliser afin de mieux comprendre, de mieux «monitorer» les multiples actions et mouvements caractéristiques des espaces urbains.La ville intelligente est un projet de renouvellement des conditions de la gouvernance de nos lieux de vie.Selon Sandra Breux et Jérémy Diaz, auteurs d\u2019un rappor t sur la notion de «ville intelligente », l\u2019expression évoque l\u2019émergence de nouvelles technologies qui auraient vocation à modeler ou remodeler les espaces urbains.La Commission de l\u2019éthique en science et en technologie (CEST) rendait public cet automne un rapport intitulé La ville intelligente au service du bien commun.Fruit d\u2019une réflexion approfondie sur les principaux enjeux de la ville intelligente, le rapport met en avant des « lignes directrices pour allier l\u2019éthique au numérique dans les municipalités au Québec».La ville intelligente est souvent envisagée uniquement selon une approche technologique.Elle s\u2019inscrit dans un discours de rupture selon lequel les défis des villes requièrent nécessairement le recours accru aux technologies.On l\u2019appréhende aussi selon une approche managé- riale considérant la technologie et les données comme des facteurs de transformation de la gouvernance.La CEST relève aussi que la ville intelligente peut mettre l\u2019accent sur le potentiel du numérique comme appui à l\u2019amélioration des pratiques démocratiques.Ces angles d\u2019approche de la ville intelligente ne sont pas mutuellement exclusifs.Mais les décideurs soucieux de ne pas s\u2019enfermer dans des gadgets ont intérêt à adopter une «posture critique face à des discours qui ne sont pas neutres ».Car les technologies associées à la ville intelligente sont souvent des produits que veulent promouvoir ceux qui ont des «solutions» à vendre.Quitte à trouver après coup le problème urbain auquel devaient répondre les gadgets déployés à grands frais ! Gouvernance de nos territoires Les changements que la généralisation des technologies connectées promet d\u2019induire se reflètent forcément sur le type de gouvernance de nos territoires.La ville intelligente incarne un mode de gestion intégrant des données plus nombreuses, précises et contex- tualisées.La CEST relève que « l\u2019intelligence des systèmes vient [\u2026] principalement de ces nouvelles données et de la capacité des réseaux de capteurs de prendre le pouls des environnements ».Il y a là de nouveaux moyens « de suivre de plus près et en continu les évé- nements urbains, d\u2019en comprendre la genèse et d\u2019y réagir en prenant des décisions dans des laps de temps compatibles avec la temporalité réelle des événements ».Mais le modèle dominant de ville intelligente mise sur une centralisation accrue de l\u2019information.Envisagées selon une approche technocratique, les technologies risquent d\u2019aggraver l\u2019opacité des processus décisionnels.En revanche, la ville intelligente envisagée selon une approche reposant sur l\u2019inclusion et la participation effective devrait engendrer plus de transparence.L\u2019accessibilité aux données ouvertes couplée aux autres technologies numériques ouvre des possibilités nouvelles d\u2019expression.Pour la CEST, cela peut générer de nouvelles formes de citoyenneté.Mais encore faut-il que le déploiement des services municipaux connectés se fasse de façon transparente sous la responsabilité effective des élus.La CEST recense comme un risque sérieux posé par l\u2019utilisation des technologies dans les villes la « privatisation des services publics qui se traduirait par une influence indue » d\u2019entreprises sur les poli - tiques publiques.Comme peu de villes font affaire avec une diversité de fournisseurs, elles peuvent se retrouver dépendantes d\u2019un seul fournisseur qui pourrait être en position d\u2019imposer ses conditions.Enfin, la question du statut des données qui doivent être collectées, captées et analysées automatiquement pour assurer le fonctionnement de la plupart des services associés à la ville intelligente pose de réels enjeux.Mais hélas, à cet égard, la CEST ne fait que répéter que les données massives doivent être utilisées moyennant le «consentement» des individus.Pourtant, il est de plus en plus manifeste que lorsque les données sont massivement utilisées, elles ne concernent plus vraiment les individus.Réguler leur collecte et leur usage en prétendant faire consentir les individus est illusoire.Sur cet aspect, il y a un urgent besoin de penser autrement! Les villes intelligentes PIERRE TRUDEL D O M I N I Q U E L A P O I N T E Analyste principal, Institut des finances publiques et de la démocratie à l\u2019Université d\u2019Ottawa est ce mardi que le ministre des Finances du Québec, Carlos Leitão, présente la traditionnelle mise à jour du Plan économique du Québec.On retrouvera au menu les toutes dernières projections fiscales ainsi que diverses annonces de dépenses supplémentaires et de congés fiscaux.Grâce à une économie qui « surperforme », le ministre devrait même annoncer sans surprise un surplus beaucoup plus grand que prévu au Budget de mars dernier : au minimum 2,5 milliards de dollars de plus ! Que faire avec cet argent ?Un heureux dilemme pour le gouvernement.Évidemment, des besoins criants se font sentir dans plusieurs secteurs (santé et éducation, entre autres).De plus, tous et toutes apprécient une baisse d\u2019impôt.Toutefois, avant de dépenser l\u2019entièreté de ses rentrées d\u2019argent supplémentaires, le gouvernement devrait aussi évaluer la nature cyclique des surplus actuels, ainsi que le niveau d\u2019endettement des Québécois à long terme.Tout d\u2019abord, il est important de distinguer la partie du surplus actuel attribuable à la performance spectaculaire de l\u2019économie québécoise cette année, l\u2019aspect cyclique, de la partie du surplus qui dépend de la gestion des revenus et des dépenses dans le cours «normal » des opérations, l\u2019aspect structurel.La croissance économique en juillet était à son plus haut niveau depuis 2001, et le taux de chômage a atteint ce même mois son plus bas niveau depuis au moins 1976.Une partie des revenus supplémentaires qui seront déclarés mardi provient certainement d\u2019une telle embellie.Par contre, cette cadence n\u2019est pas susceptible d\u2019être soutenable, entre autres en raison du vieillissement de la population, phénomène particulièrement aigu au Québec.S\u2019il s\u2019avérait qu\u2019une proportion importante du surplus actuel soit cyclique et que le gouvernement décidait de dépenser de manière permanente une telle somme, soit en baisse d\u2019impôts ou en dépenses supplémentaires, le Québec pourrait se placer dans une position de manque à gagner structurel lorsque surviendra la prochaine récession.Et celle-ci viendra.Il faudrait alors remonter les impôts, ou compresser la croissance des dépenses\u2026 encore une fois.Dette publique Ensuite, dans un climat généralement positif, il est important de ne pas oublier le poids de la dette publique.En ce qui a trait aux déficits cumulés, la dette du Québec était toujours l\u2019an dernier la plus lourde par rapport à la taille de son économie de toutes les provinces canadiennes.Soit, la Chaire de recherche en fiscalité et en finances publiques de l\u2019Université de Sherbrooke estime que le maintien des politiques budgétaires actuelles permettrait au Québec de respecter ses propres engagements en matière de réduction de la dette par rapport au PIB d\u2019ici 2025-2026.Cependant, si le gouvernement décidait de se garder une marge de manœuvre supplémentaire en augmentant, par exemple, la provision pour éventualité de 100 millions de dollars présentement prévue dans le budget et que l\u2019économie continuait de bien se porter, le poids de la dette du Québec diminuerait simplement plus vite que prévu.Ce ne serait pas une mauvaise chose en soi.Soyons clairs, la situation fiscale du Québec est positive ; « soutenable » à long terme selon le directeur parlementaire du budget du Canada.La situation de M.Leitão fait peut-être même l\u2019envie de quelques-uns de ses collègues ministres des Finances provinciaux.La prudence est cependant de mise avant de dépenser des sommes importantes.Il ne faudrait pas se retrouver coincés avec un manque à gagner par la suite.Comme dans beaucoup de choses dans la vie, l\u2019état de la conjoncture économique québécoise ne pourrait être que temporaire\u2026 MISE À JOUR DU PLAN ÉCONOMIQUE DU QUÉBEC De l\u2019importance de se garder une marge de manœuvre F R A N Ç O I S C H A R B O N N E A U Directeur de la revue Argument et professeur agrégé à l\u2019École d\u2019études politiques de l\u2019Université d\u2019Ottawa P A T R I C K M O R E A U Rédacteur en chef de la revue Argument et professeur de littérature au Collège Ahuntsic e débat ne se porte pas bien ; c\u2019est un constat que l\u2019on fait communément aujourd\u2019hui.La faute en incombe, au choix : aux réseaux sociaux et à Internet, qui enferment chacun dans des communautés affinitaires, fractionnant l\u2019opinion publique en autant de tribus adossées à des convictions d\u2019autant plus inébranlables qu\u2019elles n\u2019ont guère l\u2019occasion d\u2019être remises en question ; ou alors à un retour en force, en ce début de XXIe siècle, des idéologies qui n\u2019avaient bien sûr jamais totalement quitté la scène, mais dont on avait pu croire, à la suite de la chute du communisme, qu\u2019elles relâcheraient quelque peu l\u2019emprise manichéenne qu\u2019elles exerçaient sur les esprits ; peut-être aussi, tout simplement, à cette conviction d\u2019avoir raison qui s\u2019enracine au plus profond de la psyché individuelle et qui transforme au final la plupart de nos discussions, même argumentées, en dialogue de sourds.Le débat, pilier de la démocratie Nous préférons ainsi trop souvent, à la confrontation rigoureuse des idées, l\u2019anathème, la petite phrase assassine qui envoie l\u2019adversaire dans les cordes, l\u2019amalgame pervers qui disqualifie automatiquement son opinion et le contraint à adopter une position défensive, quand ce n\u2019est pas le silence, qui s\u2019attache à ignorer superbement le point de vue opposé, à faire un peu hypocritement comme s\u2019il n\u2019existait pas.Quelle que soit l\u2019attitude privilégiée, le discours adverse n\u2019est que rarement sérieusement discuté, pris en compte pour lui-même, n\u2019offrant, au mieux, à travers une caricature, que matière à dérision ou à dénonciation virulente.Et c\u2019est dommage, car il convient de rappeler cette évidence que le débat est fondamental en démocratie, régime dans lequel l\u2019opinion publique doit être dûment informée et instruite afin de pouvoir faire des choix éclairés, tout comme il l\u2019est d\u2019ailleurs dans le domaine de la réflexion et des idées, puisqu\u2019on ne peut éprouver la per tinence et la cohérence des hypothèses que l \u2019on formule, comme la solidité de ses arguments, qu\u2019en les exposant au jugement d\u2019autrui, donc en acceptant de débattre avec lui.Utile, le débat est donc éprouvant et difficile.Il le fut en tout temps.Mais, si la confrontation des idées est toujours délicate à mener, on peut se demander s\u2019il n\u2019y a pas \u2014 ainsi qu\u2019on le suggérait en commençant \u2014 une difficulté particulière à débattre qui serait propre à la période contemporaine.En dépit de leur tolérance hautement revendiquée à l\u2019égard de la diversité des mœurs et des croyances, il y a en effet une propension des sociétés libérales à ne pouvoir se penser elles- mêmes que dans la perspective, évidemment utopique, d\u2019un unanimisme du Bien.Notre monde désenchanté ayant paradoxalement sacralisé l\u2019opinion de chacun, nous nous rebellons trop souvent à l\u2019idée d\u2019accorder crédit à une opinion contraire.Sans doute est-ce la raison pour laquelle nous n\u2019osons nous aventurer au-delà des espaces familiers où l\u2019on sait d\u2019instinct que nous serons confortés dans notre opinion.Nous achetons telle revue pour nous faire dire ce que l\u2019on pense déjà ou alors lisons tel chroniqueur pour nous indigner de ce qui nous indigne déjà.Comme jadis les paroissiens acquiesçaient aux paroles prononcées en prêche par un unanime « amen », nous cliquons « j\u2019aime » à l\u2019unisson, avant même d\u2019avoir lu ou visionné, sachant par avance que nous serons en accord avec le contenu partagé.Et si, par malheur, un propos ose s\u2019écarter des consensus établis, il sera volontiers tenu pour hérétique.Le Québec \u2014 qui se rêve volontiers exemplaire \u2014 participe à l\u2019évidence de cette tendance qui n\u2019est guère propice au débat.Aspirer à mieux Pourtant, comme toute société, la société québécoise est traversée par une diversité de visions du monde, de conceptions du bien, de philosophies politiques, de pensées, qui méritent mieux que ces confrontations où les porte-parole autorisés de camps opposés s\u2019excommunient mutuellement au nom d\u2019un Bien absolu- tisé, ou encore s\u2019affrontent, mais à fleurets mouchetés, chacun prenant garde de demeurer dans les bornes étroites d\u2019une bien-pensance généralisée.Cela n\u2019aboutit qu\u2019à des discours outrageusement unilatéraux et partisans qui ne sont destinés qu\u2019à contribuer à la mobilisation de la piétaille militante de l\u2019un et l\u2019autre «camp», ou alors à des pseudo-débats édulcorés, insipides, où personne ne met véritablement cartes sur table, préférant essayer de pousser son interlocuteur à la faute.Ce qui tient trop souvent lieu de débat n\u2019est en somme qu\u2019une sinistre mise en scène, où chacun est appelé, par une sorte de principe implicite, à camper dans ses positions.Cette propension qui est la nôtre à toujours chercher à déterminer qui a « gagné » un débat, en particulier lors de joutes politiques, masque le fait que nous sommes tous perdants quand nous renonçons à chercher, ensemble, la vérité en refusant par avance à la trouver potentiellement exprimée par la voix de son «adversaire».Débattre fermement, honnêtement, confronter sans concession ses idées à celles de gens avec qui on est en désaccord est pour tant quelque chose d\u2019essentiel, non seulement parce que ce débat incessant permet auxdites idées de se préciser, d\u2019évoluer, voire de changer, mais aussi parce que cartographier les désaccords et les raisons des désaccords qui la traversent est tout aussi nécessaire à une société qui se veut libre et en santé que de définir ses véritables consensus et ses valeurs communes.Des commentaires ou des suggestions pour Des Idées en revues?Écrivez à rdutrisac@ledevoir.com.Pour des débats respectant l\u2019opinion contraire Chaque mardi, Le Devoir offre un espace aux artisans d\u2019un périodique.Cette semaine, nous vous proposons une version abrégée d\u2019un texte paru dans la revue Argument, automne-hiver 2017- 2018, volume 20, no 1.DES IDÉES EN REVUES JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE La situation du ministre des Finances, Carlos Leitão, fait peut-être l\u2019envie de quelques-uns de ses homologues provinciaux.C\u2019 Notre monde désenchanté ayant paradoxalement sacralisé l\u2019opinion de chacun, nous nous rebellons trop souvent à l\u2019idée d\u2019accorder crédit à une opinion contraire L L E D E V O I R , L E M A R D I 2 1 N O V E M B R E 2 0 1 7 A 8 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par courriel publicite@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3452 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Par courriel petitesannonce@ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4 Berri-UQAM Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 16h30 Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com A C T U A L I T É S pourtant une artiste incontournable du mouvement des avant-gardes impressionnistes.Proche du scandaleux Manet, elle rompt avec le classicisme et fonde le groupe des Artistes Anonymes Associés avec Monet, Renoir, Sisley, Pissarro et Degas qui la considéraient comme leur égale.On sait que ses extérieurs, ses blancheurs et ses clartés influencèrent Manet, dont elle fut aussi l\u2019un des principaux modèles.C\u2019est grâce à l\u2019initiative du Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ) que cette figure un peu oubliée de l\u2019impressionnisme devrait bientôt retrouver la place qui lui revient.Une cinquantaine de toiles représentant des figures et des portraits a été rassemblée dans plusieurs institutions publiques, mais aussi des collections privées, notamment aux États-Unis.Après Québec, l\u2019exposition pourra être vue à Philadelphie, à Dallas et à Paris.Une idée du MNBAQ L\u2019idée de cette exposition, Berthe Morisot, femme impressionniste, dont le vernissage international se déroulera le 21 juin prochain, revient à la direction du MNBAQ.C\u2019est elle qui, en 2014, a convaincu la conservatrice française Sylvie Patry de s\u2019engager dans l\u2019aventure.Sylvie Patry avait déjà fait une première exposition Morisot à Lille en 2002.Puis, celle du musée Marmottan, à Paris, en 2012.Il était temps de proposer une véritable rétrospective et « de redonner à cette artiste sa juste place » dit la présidente du Musée d\u2019Orsay, Laurence des Cars.Cette monographie sera la première en Amérique du Nord depuis 1987 et en France dans un grand musée national depuis 1941.« Morisot a souvent été présentée dans des expositions thématiques ou sur l\u2019impressionnisme, dit Line Ouellet, directrice du MNBAQ.La présenter enfin seule, c\u2019était un véritable défi.Il a d\u2019abord fallu convaincre les descendants, qui ont dit oui justement parce qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019une exposition qui lui était entièrement consacrée.» Même si Sylvie Patr y devint ensuite directrice adjointe des collections de la Fondation Barnes, avant de revenir en juin dernier au Musée d\u2019Orsay, le projet a survécu.Ces excursions à l\u2019étranger permettront même d\u2019associer deux insti- t u t i o n s a m é r i - caines, le Musée d\u2019art de Dallas et l a f o n d a t i o n Barnes, à l\u2019exposition qui s\u2019ouvrira à Québec.À travers Berthe Morisot, c\u2019est toute l\u2019aventure de l\u2019impressionnisme qui s\u2019exprime.À une époque où l\u2019École des beaux-arts n\u2019était pas ouverte aux femmes, cette femme indépendante associée aux scènes de la vie domestique peint la vie moderne.À partir de 1874, date de la première exposition de ceux qu\u2019on allait bientôt appeler les impressionnistes, elle fut de toutes les rétrospectives.Elle sera même parmi les premiers artistes, avec Renoir, à être achetés par l\u2019État français.À sa mort, Renoir dira que dorénavant, « la vie est un désert ».Une artiste avant tout Pour le directeur de la Fondation Barnes, Thom Collins, il s\u2019agit essentiellement de sortir l\u2019artiste de cet oubli dans lequel elle aurait été enfermée « à cause de son sexe et de la dynamique des genres» à cette époque.Sylvie Patry se veut plus nuancée en affirmant qu\u2019« il ne faut pas réduire Morisot à son seul statut de femme.Si ça aide à comprendre l\u2019artiste, ça n\u2019explique pas tout.Elle-même voulait être avant tout considérée comme une artiste ».Pour cela, l\u2019exposition limitée aux portraits et aux figures mêlera la chronologie et les thèmes chers à Berthe Morisot.Parmi les sujets explorés, l\u2019exposition s\u2019attardera sur le lien souvent flou entre les personnages et le paysage, sur l\u2019expression d\u2019une féminité moderne à la fin du XIXe siècle, sur les femmes au travail et le caractère achevé ou inachevé de ses toiles.Il est arrivé, comme pour les autres impressionnistes, que l \u2019on dise que les toiles de Berthe Morisot n\u2019étaient pas terminées, dit Sylvie Patry.« Cette oscillation entre le fini et le non-fini est une décision de l\u2019artiste.C\u2019est l\u2019artiste qui décide quand il s\u2019arrête.» La fin de l\u2019œuvre de cette artiste que l\u2019on disait profondément nostalgique sera marquée par le symbolisme.Certaines toiles peuvent même se rapprocher du Nor végien Edvard Munch, dit Sylvie Patr y.Chez les femmes, Ber the Morisot fera école .Après elle, on trouve Mar y Cassatt, parrainée par Degas, ainsi que Louise Breslau.Une Américaine et une Allemande qui s\u2019épanouiront en France.Berthe Morisot, elle, disait n\u2019avoir eu pour seule ambition que de « fixer quelque chose de ce qui passe, oh ! quelque chose, la moindre des choses, un sourire, une fleur, un fruit, une branche d\u2019arbre [\u2026].Cette ambition-là est encore démesurée ».Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 OUBLI Québec risque donc de ne jamais être applicable, selon le professeur Vandrey.«La tolérance zéro ne fonctionnera pas dans un environnement où le cannabis est autorisé légalement », prévoit-il déjà.À partir du moment où la marijuana sera légale, les Canadiens en consommeront.Et les usagers réguliers auront en permanence du THC dans leur corps.Ce cannabinoïde, le plus abondant dans le cannabis, peut rester dans la salive pendant quelques heures, dans le sang pendant une période allant jusqu\u2019à une semaine et dans l\u2019urine pour une durée pouvant atteindre quelques semaines.Résultat : les policiers qui devront analyser la salive, le sang ou l\u2019urine des automobilistes auront pour ainsi dire une tâche que la science ne leur permettra jamais d\u2019accomplir, prévient l\u2019expert.« Il y a eu suf fisamment d\u2019études menées pour constater qu\u2019il y aura toujours des problèmes à dif férencier une intoxication et une consommation antérieure de cannabis qui n\u2019a plus d\u2019effet d\u2019intoxication sur un sujet », a martelé le chercheur.Selon lui, les gouvernements et les policiers devront s\u2019en remettre à un marqueur biologique autre que la présence de THC, ou carrément renoncer à des tests salivaires, de sang ou d\u2019urine.La ministre Charlebois fait état d\u2019autres prétentions.L\u2019appareil sur lequel Santé Canada travaille « va nous indiquer une consommation récente », a-t-elle avancé.Et « d\u2019habitude, quand tu viens de consommer, tu ressens les effets », a-t-elle fait valoir.La compagnie pharmaceutique Altasciences va dans le même sens.Selon le mémoire qu\u2019elle a déposé au cours des consultations publiques sur le cannabis, il serait possible de «déterminer les taux de THC qui altèrent la capacité de conduire et de déterminer si l\u2019alcool peut en amplifier les effets» d\u2019ici 12 mois, et moyennement une aide financière de 15 millions de dollars.Une application plus permissive?La ministre a par ailleurs suggéré une application permissive du principe de tolérance zéro établie dans le projet de loi qu\u2019elle a déposé jeudi.« Ce qu\u2019on cherche, c\u2019est la consommation récente.Ce n\u2019est pas une quantité en nano- grammes», a-t-elle affirmé.Son projet de loi stipule pourtant qu\u2019il est « interdit à toute personne de conduire un véhicule routier ou d\u2019en avoir la garde ou le contrôle s\u2019il y a quelque présence dans son organisme de cannabis ou d\u2019une autre drogue ».L\u2019approche du fédéral est différente.Le gouvernement Trudeau prévoit interdire la conduite aux automobilistes présentant plus cinq nano- grammes de THC par millilitre de sang.Cette latitude doit permettre d\u2019épargner les utilisateurs réguliers de marijuana \u2014 qui auront toujours un peu de THC dans le corps \u2014 pour plutôt attraper les consommateurs occasionnels.La ministre fédérale de la Santé, Ginette Pe- titpas Taylor, n\u2019a pas voulu «commenter spécifiquement le projet de loi du Québec» lundi.Les malades contesteront Le principe de tolérance zéro irrite aussi le regroupement des Canadiens pour l\u2019accès équitable à la marijuana médicale (CAEMM), qui prévoit déjà réclamer une exemption au gouvernement pour les 5000 patients québécois qui utiliseraient le cannabis à des fins médicinales.Selon la porte-parole Daphnée Elisma, la tolérance zéro est une mesure « très drastique », puisqu\u2019elle prévoit la suspension immédiate du permis de conduire pendant trois mois.Des patients auraient d\u2019ailleurs déjà prévenu l\u2019organisme qu\u2019ils contesteront la tolérance zéro devant les tribunaux si Québec ne prévoit pas d\u2019immunité dans leurs cas.Le militant pour l\u2019accès à la marijuana Marc Emery promet quant à lui de payer les avocats des quidams qui seront accusés de conduite avec facultés affaiblies par le cannabis.«Aucun gouvernement, à aucun palier, ne peut citer une étude scientifique fondée et crédible pour valider l\u2019effet du cannabis au volant », a aussi déclaré le fondateur du Bloc Pot, Marc-Boris Saint-Maurice, qui a souligné à son tour que la science ne permet pas d\u2019établir la corrélation entre THC et intoxication.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 CANNABIS limites.Plus ça va, plus les élèves qu\u2019on reçoit ont dépassé beaucoup beaucoup de limites », explique Ysabelle Chouinard, qui a enseigné une vingtaine d\u2019années au CIS avant d\u2019en prendre la direction il y a trois ans.Un océan de détresse On rencontre Océane, 11 ans, au bureau de la travailleuse sociale de l\u2019école.Une boule d \u2019énergie qui explose de temps en temps.« Quand je pète une crise, je me fâche et je monte sur les meubles, dit-elle.J\u2019ai aussi fugué quand j\u2019avais 9 ans.Je me suis sauvée et je me suis cachée quelque part », raconte-t-elle.Océane, son frère et sa sœur ont été placés en famille d\u2019accueil.« Océane a fait beaucoup de progrès.Elle vient de retourner chez sa mère, qui s\u2019est prise en main et qui prend les bonnes décisions.Elle ne l\u2019a pas eu facile », dit Marie-Claude Simard, travailleuse sociale depuis 14 ans ici.«Je suis choyée d\u2019avoir un emploi comme ça, ajoute-t-elle.Les jeunes ont besoin d\u2019être encadrés.Il faut qu\u2019ils se sentent aimés, acceptés, accueillis.Il faut répondre à leurs besoins, y aller petit à petit.Accueillir les parents aussi, apaiser les parents.Ils ont aussi des blessures pas guéries.» Parents et élèves partagent souvent les mêmes blessures nommées trouble d\u2019opposition, trouble d\u2019attachement, crises spontanées, toxicomanie, hyperactivité, anxiété généralisée.Ces « troubles» peuvent mener à des meubles lancés, des coups, des gros mots, des crachats, de l\u2019automutilation, des idées (ou des gestes) suicidaires\u2026 Richard, un colosse de 16 ans, nous raconte son histoire.Calmement.Avec une sorte de maturité.Son père, membre des Forces armées, a quitté la maison quand Richard avait 2 ans.Sa mère l\u2019a élevé seule en travaillant de jour comme éducatrice en garderie et de nuit comme concierge.Son père promettait de revenir à la maison, puis ne rentrait pas\u2026 « Quand je suis arrivé ici, au primaire, j\u2019étais en colère.Je me faisais traiter de gros.Je me battais.Je n\u2019avais pas de respect pour les profs et les intervenants.J\u2019ai changé.J\u2019ai réalisé que je dois respecter le monde.Respecter ma mère aussi.Elle m\u2019a toujours aidé.» Il veut finir ses études et entrer dans la marine canadienne, comme son père.Le luxe du temps Nous voilà déjà à midi.La plupart des professeurs mangent en classe avec leurs élèves.Un éducateur joue au ballon avec des jeunes dans le corridor.Le syndicat a signé une entente qui permet aux enseignants d\u2019avoir un horaire irrégulier \u2014 tôt le matin, après les heures de classe et le midi.Le CIS accorde aux enfants ce qui manque souvent dans les autres écoles : du temps.Un petit furet blanc gambade d\u2019un enfant à l\u2019autre dans la classe de Mme Roxanne \u2014 surnommée « Madame Projets ».« Ça les apaise.S\u2019ils sont en crise, ils se collent sur le furet et se calment tout de suite », dit-elle.La directrice, Ysabelle Chouinard, dîne avec une élève dans son bureau.Maïté, 10 ans, tricote une écharpe en placotant.« Je l\u2019aime, elle [la directrice].C\u2019est tranquille ici, on est bien.Je peux tricoter en paix», dit-elle.« Avant, j\u2019allais à une école de drogués.Ma mère me l\u2019a dit.Ils me faisaient l\u2019étoile, me po- gnaient le bras par en arrière et me poussaient par terre.» Maïté se penche au sol pour montrer la prise de l\u2019étoile qui lui faisait si mal.C\u2019est une petite vite, Maïté.Elle a l\u2019œil vif.L\u2019esprit agile.« Un trouble [de comportement] peut arriver pour toutes sortes de raisons, dit Ysabelle Chouinard.Personne ne choisit que ça arrive.On doit trouver les moyens d\u2019aider les enfants.On est leur deuxième chance, peut- être la dernière dans certains cas.» Décision imminente Le CIS vise à remettre les élèves sur la bonne voie pour qu\u2019ils puissent retourner dans les classes ordinaires.Mais la fermeture de l\u2019école est bel et bien possible.«Je ne peux pas cacher que c\u2019est un lieu stratégique.Nous avons de très, très grands besoins dans le quartier.Il faudrait qu\u2019ils [les responsables du CIS] cherchent d\u2019autres soutiens.On ne peut plus être le seul partenaire.Nos besoins sont tellement grands», dit Catherine Harel Bourdon, présidente de la CSDM.La décision sera prise à la séance du conseil des commissaires le 20 décembre, selon elle.Comme si ce n\u2019était pas assez, le bâtiment a besoin de travaux de 10,8 millions de dollars.Le toit coule.Il y a de l\u2019amiante dans les murs.Il faut refaire le revêtement extérieur.Qu\u2019arriverait-il aux 75 élèves en cas de fermeture ?«On a une multitude de services chez nous pour les élèves à besoins particuliers», dit la présidente.La directrice du CIS, elle, s\u2019accroche à l\u2019espoir qu\u2019un bailleur de fonds permettra à l\u2019école de se relocaliser.Ou de rester dans la 6e avenue.« On ne peut pas abandonner nos élèves.Je ne peux pas accepter ça.» Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 ÉCOLE JOËL SAGET AFP Berthe Morisot par Edouard Manet JACQUES NADEAU LE DEVOIR Ils sont 75 élèves à fréquenter le Centre d\u2019intégration scolaire, qui tente de les outiller pour qu\u2019ils puissent se réinsérer dans un cheminement scolaire régulier."]
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