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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


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  • Montréal :Le devoir,1910-
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Cahier B
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  • Journaux
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quotidien
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Le devoir, 2017-11-25, Collections de BAnQ.

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[" Budget La mise à jour du ministre Leitão et la stratégie des bonbons Page B 4 Éditorial Une réforme ?scale tout en tromperie aux États-Unis Page B 11 PERSPECTIVES C A H I E R B \u203a L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 5 E T D I M A N C H E 2 6 N O V E M B R E 2 0 1 7 Le Devoir de philo Une mise en garde du Franco-Argentin Miguel Benasayag Page B 12 Les performances du Canadien de Montréal exaspèrent bien des partisans, ce qui n\u2019empêche pas de jeunes immigrants de s\u2019intéresser au hockey.Pour plusieurs d\u2019entre eux, il ne s\u2019agit pas seulement d\u2019un sport : c\u2019est une porte d\u2019entrée sur la culture québécoise.En sautant chaque semaine sur la glace de patinoires montréalaises, des dizaines de hockeyeurs en herbe sentent qu\u2019ils s\u2019intègrent peu à peu à leur société d\u2019accueil.K A R L R E T T I N O - P A R A Z E L L I D ans les gradins de l\u2019aréna Howie Morenz, dans le quartier Parc-Ex- tension, Arleen Faytanen, originaire des Philippines, et son conjoint Shan, du Sri Lanka, épient chacun des mouvements de leur fils.À 6 ans, le petit Sean Avery \u2014 comme l\u2019ancien joueur de hockey professionnel \u2014 a déjà fait beaucoup de progrès.Il patine avec plus d\u2019aisance qu\u2019au début de l\u2019année et il souhaite déjà jouer contre les plus vieux.« Il aime tellement ça ! » lance sa mère sans le quitter des yeux.«Il a commencé à écouter le hockey avec son père à la télévision et il s\u2019est mis à s\u2019intéresser au sport, raconte cette résidante du quartier mont- réalais qui est arrivée au Québec il y a dix ans.Un jour, quand il est revenu de l\u2019école, j\u2019ai vu dans son cahier qu\u2019il y avait les noms de Gallagher et de Pacioretty.On a décidé de l\u2019inscrire!» Démocratiser le sport Si ces familles immigrantes peuvent vivre une telle expérience, c\u2019est en grande par tie grâce à Vinnie Matteo.C\u2019est lui qui a fondé il y a 12 ans le programme de hockey SLAP, en collaboration avec Jeunesse au soleil et l\u2019Organisation des jeunes de Parc-Extension (PEYO).Impliqué dans le monde du hockey depuis des années, il a lancé ce projet pour permettre à tous les jeunes, peu importe leur origine et leurs moyens, de goûter aux joies du hockey.« L\u2019objectif principal, c\u2019est de donner une chance aux enfants qui viennent d\u2019arriver au Québec de s\u2019intégrer grâce au sport, et à bas prix», dit-il.Le prix d\u2019inscription est beaucoup moins élevé que celui d\u2019une équipe de hockey mineur traditionnelle, et l\u2019équipement est fourni gratuitement à tous les joueurs.Il y a quelques jours, la Ligue nationale de hockey (LNH) et la Fondation des Canadiens pour l\u2019enfance ont d\u2019ailleurs versé 5000$ pour soutenir le programme.Le projet SLAP connaît du succès depuis des années dans Parc-Extension, l\u2019un des quartiers les plus défavorisés et multiculturels de Montréal, et il est offert depuis deux ans à Pierrefonds.Cette année, un peu plus de 100 joueurs de 4 à 12 ans s\u2019initient aux rudiments du hockey aux deux endroits.Le seul critère de sélection est la volonté d\u2019apprendre, souligne M.Matteo.« Quand les familles arrivent au pays, il faut mettre du pain sur la table avant de faire du spor t, dit-il.Mais quand les enfants vont à l\u2019école, ils demandent de jouer au hockey comme leurs nouveaux amis.» Dans le vestiaire de l\u2019aréna Howie Morenz, Royce, 5 ans, et Cyrena, 4 ans, terminent d\u2019enfiler leur équipement avant de faire leur entrée sur la glace.«C\u2019est le plus petit qu\u2019ils avaient ?» se demande Christine Sellathurai, tout sourire, en regardant le chandail de sa fille.« Pour eux, c\u2019est une superbe occasion d\u2019essayer le sport, confirme la mère, Sri-Lankaise d\u2019origine.Financièrement, ce ne serait pas possible sans ce programme.» Curieux et motivés Dans l\u2019arrondissement d\u2019Ahuntsic-Cartier- ville, quelques kilomètres au nord de Parc-Ex- tension, deux autres programmes de hockey communautaire permettent à une soixantaine de jeunes immigrants ou provenant de familles défavorisées d\u2019effectuer leurs premiers coups de patin.L\u2019initiative HEROS (pour «Hockey Education Reaching Out Society»), parrainée par la LNH, et le programme TECH, mis sur pied par les Braves d\u2019Ahuntsic \u2014 l\u2019association de hockey mineur locale \u2014, regroupent des participants de la fin du primaire et du début du secondaire.«Les jeunes sont très curieux et très motivés à apprendre, parce qu\u2019ils savent que c\u2019est le sport majeur au Québec et au Canada», affirme Gérard Gagnon, un ex-entraîneur de la Ligue de hockey junior majeur du Québec qui anime les séances des deux programmes depuis environ cinq ans.« Les parents sont très présents, observe-t-il.Ils viennent souvent nous remercier d\u2019avoir l\u2019occasion d\u2019apprendre le hockey, parce qu\u2019au Québec, c\u2019est très important.Ils ne me le disent pas toujours directement, mais j\u2019ai l\u2019impression qu\u2019ils se sentent plus intégrés à la culture québécoise.» De «petites victoires» Pour certains jeunes, le hockey représente aussi une grande source de motivation, explique le président des Braves d\u2019Ahuntsic, Martin Longchamps.« Il y en a qui pensaient qu\u2019ils ne finiraient jamais leur 5e secondaire, et maintenant ils sont rendus au cégep ou ils étudient en kinésiologie.Ce sont de petites victoires.» Quand les participants arrivent pour la première fois à l\u2019aréna, il faut commencer du début.On leur montre comment enfiler l\u2019équipement, comment attacher des patins et surtout comment patiner.Gérard Gagnon se rappelle qu\u2019il y a à peine trois semaines, les jeunes devaient se tenir à la bande pour avancer.Ce n\u2019est plus le cas au- jourd\u2019hui.« Ça tombe encore, mais ils savent comment se relever.» Le Devoir S\u2019intégrer au Québec par le hockey Chaque semaine, de jeunes immigrants enfilent leurs patins pour se rapprocher de leur société d\u2019accueil PHOTOS JACQUES NADEAU LE DEVOIR Royce, 5 ans, et Cyrena, 4 ans, s\u2019initient au hockey grâce au programme SLAP.Les menaces technicistes de l\u2019intelligence arti?cielle Les jeunes sont très curieux et très motivés à apprendre parce qu\u2019ils savent que c\u2019est le sport majeur au Québec et au Canada Gérard Gagnon, instructeur des programmes HEROS et TECH « » Dossier \u203a Les 100 ans de la LNH Un lent déclin Les Québécois sont moins nombreux.et moins dominants dans la Ligue nationale.Le hockey n\u2019est plus dans nos cœurs comme avant.Cinéma Hockey et paternité, un duo récurrent.Quiz Connaissez-vous votre LNH?Pages B 2 et B 3 G U I L L A U M E B O U R G A U L T - C Ô T É Q ui est le meilleur joueur québécois dans la Ligue nationale de hockey (LNH)?À une époque pas si lointaine, la question aurait soulevé un débat enflammé pour trancher entre deux étoiles.Mais aujourd\u2019hui, cette même question a les allures d\u2019une colle: y a-t-il seulement une vraie vedette québécoise dans la LNH?On dira peut-être Kristopher Letang, Patrice Bergeron ou Jonathan Huberdeau \u2014 en attendant de voir ce que Jonathan Drouin deviendra.Mais il n\u2019y a pas abondance de talents lumineux.« Dans les années 1990, on disait qu\u2019une équipe Québec aurait battu équipe Canada : plus personne ne pense ça actuellement », note l\u2019historien Laurent Turcot, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en histoire des loisirs.Depuis le début des années 2000, le nombre de joueurs québécois qui patinent sur une base régulière dans la LNH a essentiellement fondu de moitié.Cette saison, une trentaine des joueurs réguliers de la ligue sont nés au Québec\u2026 et aucun ne fait figure de candidat assuré pour le Temple de la renommée du hockey.Or, en janvier dernier, quand la LNH a dévoilé sa liste des 100 meilleurs joueurs de l\u2019histoire, 24 Québécois y figuraient.« On peut certainement dire que les Québécois ont apporté une très large contribution à la ligue », estime le chroniqueur d\u2019expérience Ber trand Raymond, qui vient de publier 50 ans parmi les géants (et qui est membre du Temple de la renommée à titre de journaliste).« Il y a eu des exploits incroyables accomplis par les Québécois, rappelle M.Raymond.Les deux plus grands gardiens sont Québécois [Patrick Roy et Brodeur], Raymond Bourque a été un défenseur absolument exceptionnel, Mike Bossy a eu neuf saisons d\u2019affilée avec 50 buts et plus\u2026 C\u2019est majeur.» Auteur des Yeux de Maurice Richard: une histoire culturelle, l\u2019essayiste et universitaire Benoit Melançon renchérit en rappelant «que deux Québécois ont changé la façon de jouer au hockey».Il cite ainsi Jacques Plante, «premier gardien à porter un masque, mais aussi celui qui a transformé le rôle du gardien en devenant pratiquement un troisième défenseur».Et il rappelle que Guy La- fleur a été «un des premiers ailiers à utiliser l\u2019ensemble de la glace, parce qu\u2019il trouvait que de jouer dans un couloir n\u2019avait pas de sens».On pourrait ajouter que Mario Lemieux a redéfini l\u2019art de la feinte servie avec une tasse de café et deux joueurs sur le dos, que Patrick Roy a imposé le style papillon que tous les gardiens utilisent aujourd\u2019hui, qu\u2019on doit à « Boom Boom » Geoffrion d\u2019avoir «inventé» le lancer frappé et à Maurice Richard d\u2019avoir prouvé qu\u2019on pouvait déménager à mains nues tous ses meubles dans une journée avant d\u2019obtenir cinq buts et trois passes contre Detroit en soirée (en décembre 1944).L\u2019effet Rocket Avec l\u2019autre grande figure mythologique du hockey des années 1950-1960, Jean Béliveau, Richard a beaucoup fait pour imposer l\u2019idée d\u2019une tradition d\u2019excellence autour des joueurs québécois.« Ils incarnent deux figures qui permettent d\u2019asseoir l\u2019identité québécoise », estime Laurent Turcot.Ce dernier trace le contraste : Maurice Richard en homme de peu de mots mais au discours franc, travailleur infatigable sur la glace, capable de réactions brutales quand on voulait lui manger la laine sur le dos ; Jean Béliveau en monsieur Parfait, «pas un coin qui dépasse, pas un mot plus fort que l\u2019autre, celui qui fait toujours la job».Deux joueurs aux antipodes, mais chacun brillant.Et deux marqueurs d\u2019imaginaire, bien au-delà du hockey.Dans son livre publié en 2006, Benoit Melançon rappelle à quel point le hasard a joué un rôle dans la construction du mythe Maurice Richard.Parce qu\u2019il avait un surnom qui faisait rêver («le Rocket», contrairement à un Patrick Roy surnommé «Casseau»), parce qu\u2019il est arrivé avec le Canadien au moment précis où l\u2019équipe se cherchait un sauveur, idéalement francophone; parce que personne ne pensait qu\u2019il allait réussir, lui qui accumulait les blessures; parce que l\u2019émeute qui avait été déclenchée par sa suspension en 1955 s\u2019est inscrite (à tort ou à raison) en genèse de la Révolution tranquille.Sur la glace comme dans la vie, «le Rocket» était toujours au bon endroit au bon moment.Le personnage est ainsi devenu plus grand que nature.Dans Le Devoir du 21 mars 1955, André Laurendeau revenait sur l\u2019émeute en disant qu\u2019elle était le symbole d\u2019«un peuple frustré, qui protestait contre le sort.Le sort s\u2019appelait, jeudi, M.Campbell [qui avait suspendu Richard] : mais celui-ci incarnait tous les adversaires réels ou imaginaires que ce petit peuple rencontre».Plus loin dans le texte, il avançait que pour les Canadiens français, «Maurice Richard est une sorte de revanche».Rien de moins.Dilution Selon l\u2019historien du hockey Michel Vigneault, il ne faut toutefois pas exagérer l\u2019importance des Québécois dans le grand tout du hockey.« La réalité, c\u2019est que ça a été un sport anglophone dès le départ.Même la punch line de Maurice Richard, c\u2019était deux anglophones et un francophone.Il y a eu d\u2019excellents joueurs, mais il y a une distorsion dans les perceptions\u2026» Ainsi pense-t-il que le nombre de Québécois qui jouent actuellement dans la LNH est « représentatif du poids de la population québécoise ».Et encore : il y a essentiellement autant de Québécois que de Russes, de Tchèques ou de Finlandais cette saison, selon le site de statistiques QuantHockey.Depuis le début des années 1990, l\u2019arrivée massive de joueurs européens (incluant les Russes) a changé le visage du hockey.Il y a 35 ans, 80% des joueurs de la ligue étaient Canadiens.Cette année?Ils sont 46%, alors que 28% des joueurs sont Européens et 26% sont Américains.La dilution du nombre de joueurs québécois \u2014 et de leur impact global \u2014 s\u2019est donc faite dans un contexte de mondialisation du sport et d\u2019élargissement du bassin de repêchage.Mais comme plusieurs autres, Bertrand Raymond observe aujourd\u2019hui qu\u2019au-delà du nombre, peu de Québécois dominent le sport.Dans la liste des 100 meilleurs de l\u2019histoire, un seul Québécois, le gardien Martin Brodeur, a été choisi pour la décennie des années 2000.Ils étaient près d\u2019une dizaine pour la décennie 1970 \u2014 l\u2019époque des La- fleur, Perreault, Dionne, Savard.« Je ne sais pas pourquoi, mais ça ne sort pas, dit-il.J\u2019aimerais dire que c\u2019est cyclique, mais il y a certainement un problème de développement dans le hockey junior québécois.Depuis cinq ans, sur 150 joueurs repêchés en première ronde, seulement 10 étaient québécois.On est vraiment dans des années de vaches maigres.» Cela diminue-t-il l\u2019attachement des Québécois envers le sport ou le Canadien ?Visiblement non, soumet Benoît Melançon en rappelant que le hockey demeure ici très populaire, selon tous les indicateurs.« Mais il y a eu un changement majeur dans les dernières années, pour répondre au phénomène de marchandisa- tion du sport et au fait que les joueurs ne sont plus attachés à une seule équipe pour leur carrière.C\u2019est-à-dire qu\u2019on s\u2019attache à l\u2019équipe comme institution plutôt qu\u2019aux joueurs en particulier.C\u2019est ce que le Canadien a fait pour réussir à garder un lien aussi fort avec son public.Je dis souvent que la meilleure équipe au Centre Bell, c\u2019est celle du marketing \u2014 et c\u2019est encore plus vrai cette année.» Le Devoir L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 5 E T D I M A N C H E 2 6 N O V E M B R E 2 0 1 7 LES CENT ANS B 2 Il y aura 100 ans dimanche que la Ligue nationale de hockey existe : une assemblée tenue à l\u2019hôtel Windsor de Montréal officialisa la création de ce qui allait devenir un superbe terrain de jeu pour de nombreux joueurs québécois\u2026 qui se font bien plus discrets en 2017.Le lent déclin des Québécois dans la ligue nationale Les joueurs locaux sont moins nombreux\u2026 et moins dominants JACQUES NADEAU LE DEVOIR L\u2019icône du Canadien Maurice « le Rocket» Richard a attisé pendant des décennies la passion des Québécois pour le hockey.1917 Fondation de la Ligue nationale de hockey (LNH) le 26 novembre à l\u2019hôtel Windsor.La ligue compte alors quatre équipes.1919 La coupe Stanley n\u2019est pas remise en raison de la grippe espagnole qui fait rage et qui frappe plusieurs joueurs.1924 La LNH amorce son expansion aux États-Unis, en intégrant les Bruins de Boston et quatre autres équipes.Les Maroons de Montréal, créés pour représenter la communauté anglophone, se joignent aussi à la ligue, ainsi que les Tigers de Hamilton.1942 Après 25 saisons, la LNH ne compte plus que six équipes.1945 Maurice « Rocket » Richard est le premier joueur à inscrire 50 buts en 50 matchs.1955 Émeute majeure au forum, provoquée par la suspension de Maurice Richard par la LNH pour le reste de la saison et des séries éliminatoires.Cet événement est considéré comme annonciateur de la Révolution tranquille.1967 Première expansion de la ligue avec six nouvelles équipes américaines.Il faudra attendre 1970 pour qu\u2019une nouvelle équipe canadienne, les Canucks de Vancouver, rejoigne la LNH.1971 Naissance de l\u2019Association mondiale du hockey (AMH), qui disparaîtra en 1979.1979 Les Oilers, les Jets, les Nordiques et les Whalers, de la défunte AMH, s\u2019ajoutent à la LNH.1980 La LNH compte 21 équipes en compétition pour la coupe Stanley.1981 Mike Bossy pulvérise le record du Rocket.Wayne Gretsky le surpassera en 1982, avec 50 buts marqués en 39 matchs.1993 Le Tricolore remporte la Coupe Stanley contre les Kings de Los Angeles.La fête vire à l\u2019émeute à Montréal.2005 La coupe Stanley ne sera pas remise en raison de l\u2019annulation de la saison à la suite du lockout des joueurs de la LNH.2017 La LNH compte sept équipes canadiennes et 23 franchises américaines.Les dates marquantes \u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022\u2022 Depuis cinq ans, sur 150 joueurs repêchés en première ronde, seulement 10 étaient québécois.On est vraiment dans des années de vaches maigres Le chroniqueur Bertrand Raymond « » L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 5 E T D I M A N C H E 2 6 N O V E M B R E 2 0 1 7 DE LA LNH B 3 K A R L R E T T I N O - P A R A Z E L L I A u Québec, il y a des mordus de hockey, des joueurs passionnés, des partisans férus de statistiques.Et il y a l\u2019encyclopédie vivante nommée Gerry Rochon, sans contredit l\u2019un de ceux les mieux placés pour décrire l\u2019évolution de la Ligue nationale de hockey (LNH) au cours des 100 dernières années.Lorsqu\u2019on l\u2019appelle sans avertir à sa résidence de Trois- Rivières, M.Rochon est déjà prêt à répondre à nos questions.Il a justement le guide de la LNH sous la main.« J\u2019étais dans mon bureau quand le téléphone a sonné», dit-il.Autour de lui, plus de 1500 livres sur le sport s\u2019entassent dans la bibliothèque.Du lot, plus de 200 portent exclusivement sur le hockey.Il possède aujourd\u2019hui des connaissances approfondies sur plus de 35 sports dif férents, des quilles au baseball, en passant par le basket-ball et la course automobile, mais pour cet historien et statisticien, le hockey occupe une place particulière.« Mon intérêt pour le sport en général a commencé avec le hockey », affirme-t-il.Concurrent remarqué Gerr y Rochon s\u2019est fait connaître du public québécois en 1993, lorsqu\u2019il a participé à l\u2019émission Tous pour un, diffusée à Radio-Canada.Il a fait écarquiller bien des yeux en répondant presque sans faute à une série de questions pour le moins pointues sur le monde du hockey.Un exemple parmi d\u2019autres : « Qui a gardé les buts de son équipe lors d\u2019un match de série finale après une blessure à son gardien en 1928 ?» «L\u2019instructeur Lester Patrick», a répondu sans hésiter le concurrent.Avec une telle mémoire, il n\u2019est pas surprenant que M.Ro- chon se souvienne du moment exact où il est tombé amoureux hockey.C\u2019était le 1er novembre 1959.« J\u2019avais 9 ans et demi.» Ce soir-là, le Canadien de Montréal af fronte les Rangers de New York au Madison Squa re Garden et le gardien du Tricolore, Jacques Plante, décide de porter un masque après avoir reçu une rondelle en plein visage.«Même ma mère, qui ne suivait pas le hockey, s\u2019est intéressée à ça.Elle disait \u201cregarde le fou à Plante!\u201d» Cet événement marquant de l\u2019histoire du hockey l\u2019incita à tout lire sur le sport chéri des Québécois.Divertissement nécessaire Aujourd\u2019hui retraité, Gerry Rochon reconnaît que le hockey de la Ligue nationale a beaucoup évolué avec les années.« C\u2019est comme le reste de la société, tout a changé.En mieux ou en pire ?Ça dépend de l\u2019opinion de chacun.» Il constate que les familles québécoises ont des intérêts beaucoup plus variés qu\u2019auparavant et que le hockey est en compétition avec plusieurs autres sports lorsque les jeunes décident de bouger.«Les gens sont pas mal moins fidèles.Le hockey n\u2019est plus dans le cœur comme il l\u2019était », juge-t-il.Cela dit, M.Rochon croit que Montréal demeure la ville du Canadien de Montréal et que les performances de la légendaire équipe auront toujours une influence sur le quotidien des Québécois.«Si le Canadien avait fait les séries en 2012, le Printemps érable aurait sans doute eu lieu un an plus tard, estime-t-il.Le sport est nécessaire, parce que je pense qu\u2019il est un tampon psychosocial pour divertir les gens, comme à l\u2019époque romaine du pain et des jeux.[\u2026] Le divertissement, pour l\u2019être humain, ça passe avant tout.» Le Devoir Le hockey n\u2019est plus dans le cœur des gens comme avant Entretien avec Gerry Rochon, une encyclopédie vivante du hockey JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le visage du hockey a changé, mais la ferveur pour le Canadien et ce sport demeure malgré le déclin du nombre de Québécois dans les rangs de la ligue nationale.MARK HUMPHREY LA PRESSE CANADIENNE Sidney Crosby, des Pingouins de Pittsburgh, brandit la coupe Stan - ley remportée en 2017 contre les Predators de Nashville.1.À quel moment de l\u2019histoire de la LNH Montréal comptait-elle deux équipes ?2.Quand le masque de gardien de but fait-il son apparition sur la glace ?3.En quelle année le port du casque est-il obligatoire ?4.Qui est le meilleur pointeur de l\u2019histoire de la LNH ?5.Quel acteur incarne Maurice Richard dans le film portant son nom et réalisé en 2005 par Charles Binamé ?6.Quel film donna naissance à une équipe de hockey ?7.Où le hockey est-il joué pour la première fois en France ?8.Combien de fois les Canadiens ont-ils rempor té la coupe Stanley ?9.La coupe Stanley pèse-t- elle plus que la coupe du monde de soccer ?10.Le hockey est-il né avant la LNH ?Les réponses ci-dessous.Connaissez-vous votre LNH?MARK HUMPHREY LA PRESSE CANADIENNE L\u2019ex-star du CH PK Subban, qui porte maintenant les couleurs des Predators de Nashville, reste un favori des fans québécois.F R A N Ç O I S L É V E S Q U E A u Québec, le sport national, c\u2019est le hockey.Normal, donc, que le cinéma d\u2019ici s\u2019y soit intéressé.Toile de fond ou sujet, le hockey peut être aussi bien dramatique que comique dans la cinématographie québécoise.Toutefois, s\u2019il est un thème qui y est fréquemment associé, c\u2019est celui de la paternité, ou enfin du rapport au père.Le récent Junior majeur , d\u2019Éric Tessier, toujours à l\u2019affiche, en constitue un bon exemple.Suite de Les pee-wee 3D (2012), Junior majeur con - te les nouvelles aventures sur la glace du joueur étoile Ja- neau (Antoine Olivier Pilon), mais aussi celles de son ami Joey (Rémi Goulet), victime d\u2019un père ambitieux (Claude Legault).Dans « l\u2019infopublici- taire » Pour toujours les Canadiens, de Sylvain Archambault, le jeune joueur doué (Dhanaé Audet-Beaulieu) n\u2019est pas en butte à un père exigeant, mais absent (Christian Bégin).Opérant sur un registre plus léger, la truculente série Les Boys, saga lucrative s\u2019il en fut, allie quant à elle testostérone et rires gras.Au gré de cinq films (de qualité fort variable) réalisés par Louis Saïa, George Mi- halka et Richard Goudreau entre 1997 et 2013, les membres hauts en couleur de cette équi - pe amateure (Marc Messier, Rémy Girard, Pierre Lebeau, Yvan Ponton, Roc Lafortune et cie) multiplient les frasques les plus improbables.Dernier volet en date, hormis la télésérie, Il était une fois Les Boys est campé dans les années 1960 et offre une genèse, les acteurs originaux tels Messier, Girard et Lebeau incarnant cette fois, oui, les papas des personnages qu\u2019ils ont créés.Accents sociologiques Se déroulant lui aussi dans les années 1960, Histoires d\u2019hiver , de François Bouvier (1999), s\u2019attarde pour sa part aux émois spor tifs (et sentimentaux) du jeune Mar tin (Joël Dalpé-Drapeau), un inconditionnel des Canadiens de Montréal.Charmante chronique tirée du roman de Marc Robitaille Des histoires d\u2019hiver, avec des rues, des écoles et du hockey, le film comporte plusieurs sous-intrigues, dont l\u2019une avec le père (Luc Gué- rin) qui, époque oblige, tente d\u2019apprendre l\u2019anglais pour impressionner son boss.L\u2019anglais comme langue dominante dans un « Canada français » pas encore sorti de sa Grande Noirceur est l\u2019un des principaux enjeux dans Maurice Richard, beau drame biographique de Charles Bi- namé (2005) magnifié par la présence de Roy Dupuis, parfait dans le rôle du Rocket.Le film culmine par la célèbre émeute de 1955 provoquée par la suspension controversée de Richard, et que d\u2019aucuns perçoivent comme le début de la Révolution tranquille au Québec.Maurice Richard, père spirituel d\u2019une nation?Après le deuil Plus près de nous, Ça sent la coupe, de Patrice Sauvé (2017), propose un autre genre de récit d\u2019apprentissage alors que Max, 35 ans, est contraint à un bilan existentiel dans la foulée du départ de sa copine.Paralysé émo- tionnellement, depuis la mort de son père, il ouvre chaque jour la boutique de souvenirs de hockey de ce dernier comme on visite un mausolée.D\u2019après le roman de Matthieu Simard.La mort frappe également, qui plus est dès le commencement, dans Lance et compte : le film, de Frédérick D\u2019Amours (2010).On y suit le parcours semé d\u2019embûches de Guy Lam- ber t (Jason Roy-Léveillée), joueur du National nommé capitaine à la suite du décès tragique de la moitié de l\u2019équipe.En coulisse, son père, Pierre Lambert (Carl Marotte), jadis lui-même un joueur prodige, tente de l\u2019aider.Il faut dire qu\u2019à l\u2019origine, le thème de la paternité était prévalant dans la télésérie phare imaginée en 1986 par Réjean Tremblay, du directeur général du National joué par Michel Forget qui devient le beau-père de Pierre, au coach irascible interprété par Yvan Ponton qui, au gré des saisons et téléfilms, adore puis renie Jimmy, son fiston gai.Le même Yvan Ponton qu\u2019on retrouvera des années plus tard dans Les Boys en tant que coéquipier\u2026 gai.La boucle est bouclée.Le Devoir Entre le père et la « puck » Hockey et paternité, un duo récurrent dans notre cinéma SUPER ÉCRAN Une scène du film Les Boys de Louis Saia (1997), avec Rémy Girard, Marc Messier, Patrick Huard, Serge Thériault et Michel Barrette Réponses 1.En 1917, les Wanderers affronteront les Canadiens, et en 1924, ce sera au tour des Maroons.2.En 1929, le gardien de but Clint Benedict introduira un premier masque de cuir rudimentaire, après avoir essuyé un tir de Howie Morenz sur le nez.Le premier vrai masque sera créé et implanté par le gardien de but Jacques Plante en 1959.3.En 1979, dix ans après la mort du joueur Bill Master- ton, qui avait chuté tête vers l\u2019arrière sur la glace.4.Wayne Gretsky, avec 894 buts et 1963 passes, pour un total de 2857 points.5.Roy Dupuis 6.The Mighty Ducks (Les Petits Champions), produit en 1992 par Walt Disney Pictures, mènera à la création de la franchise des Mighty Ducks d\u2019Anaheim, devenus les Ducks en 2006.7.En 1892, sur les bassins du château de Versailles, par le baron Pierre de Coubertin.8.Depuis la fondation de la LNH, le CH a remporté 24 titres, dont 10 entre 1942 et 1967 et 6 durant les années 1970.9.Oui.Le trophée de la LNH, le plus vieux du sport professionnel américain, pèse plus de 15 kilos.Il est suivi de près par le trophée des Commissaires de la Ligue majeure de baseball, qui pèse 13 kilos.La coupe du monde de soccer, plaquée or, pèse 6 kilos.10.Oui, le premier match officiel de hockey s\u2019est joué 42 ans avant la création de la LNH, en 1875 à Montréal, et le premier tournoi fut disputé en 1883 pour la Coupe du carnaval d\u2019hiver, 10 ans avant la création de la Coupe Stanley.JACQUES NADEAU LE DEVOIR Un partisan endeuillé du Canadien aux funérailles nationales de Jean Béliveau, en décembre 2014 L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 5 E T D I M A N C H E 2 6 N O V E M B R E 2 0 1 7 P E R S P E C T I V E S B 4 L\u2019 ère nucléaire a refondé la structure constitutionnelle, au point où l \u2019on parle de « monarchie nucléaire », pour caractériser l\u2019érosion du droit au profit du président.Or, au bout du bouton, il y a près de 1400 ogives nucléaires, une puissance de feu qui réduirait Hiroshima à une note de bas de page.En raison de cette démesure, de l\u2019impact dramatique de son emploi (et le risque que le nuage radioactif revienne sur l\u2019expéditeur), du caractère apocalyptique de la « seconde frappe » (anéantir l\u2019adversaire même lorsque l\u2019on est touché), cette arme tire sa force de son non-emploi : en avoir suffit.Mais pour que la dissuasion fonctionne, il faut que le président convainque qu\u2019en tout temps, il peut mettre en action le feu nucléaire.Ainsi marche à ses côtés un marine portant une mallette en cuir \u2014 le « Football ».Dans cette mallette, une valise en aluminium de 20 kilos.Et à l\u2019intérieur, un livre noir qui contient les plans de guerre, une liste des sites classifiés où le gouvernement peut se relocaliser, un dossier jaune décrivant les procédures d\u2019urgence et les codes d\u2019activation.Ce qu\u2019il faut pour assurer la continuité du gouvernement \u2014 comme en septembre 2001.Dans le même temps, le président por te toujours sur lui (sauf exception, le jour où Car ter l\u2019a envoyée au nettoyeur ou les semaines où Clinton l\u2019avait perdue), une petite car te (le « Biscuit ») qui contient les codes d\u2019identification.Car avant de donner l\u2019ordre de lancement des missiles, le président va devoir s\u2019identifier auprès de son interlocuteur au Pentagone (ou au bunker de Raven Rock, Pennsylvanie \u2014 Pentagone de substitution si le premier est inopérant).Le président est alors en téléconférence sécurisée, ou dans la salle de gestion de crise au sous-sol de la Maison-Blanche, avec ses conseillers \u2014 militaires et civils.Le général qui dirige les forces stratégiques fait état des scénarios et options de frappes.Théoriquement, à ce stade, personne, que ce soit le secrétaire à la Défense ou le chef d\u2019état-major interarmées des États-Unis, ne peut inter férer : la décision d\u2019emploi revient au président.Seul.Ce qui est inquiétant puisque le président actuel paraît ignorer tant la notion de dissuasion que le caractère apocalyptique de son emploi lorsqu\u2019 i l a f - firme publiquement : « Si on les a, pourquoi ne pas les utiliser ?» C\u2019est sans doute la raison pour laquelle, dans le contexte de l\u2019escalade rhétorique avec la Corée du Nord, les parlementaires ont choisi d\u2019évaluer la procédure nucléaire \u2014 pour la première fois depuis 1976.Il faut dire qu\u2019à la fin de la présidence Nixon, un système de filtres informels avait été mis en place : le secrétaire à la Défense avait requis du Pentagone qu\u2019il contre-vérifie tout ordre présidentiel avec lui ou le secrétaire d\u2019État.Et de fait, lorsque la Corée du Nord a abattu en avril 1969 un avion-espion américain en mer du Japon, le président avait attrapé son téléphone pour réclamer les plans d\u2019une riposte nucléaire ; Kissinger avait rappelé l\u2019état-major pour lui demander de dif férer l\u2019exécution de cet ordre jusqu\u2019au lendemain\u2026 quand Nixon serait à jeun.Or, les auditions congressionnelles des semaines passées ont abondé dans ce sens.Le général Kehler, ancien commandant de Strat- Com, a af firmé qu\u2019il aurait refusé de mener une frappe préventive contrevenant au droit international \u2014 ce qu\u2019a confirmé le commandant des forces stratégiques américaines, John Hyten, au Forum d\u2019Halifax sur la sécurité internationale.Pour Brian McKeon, sous- secrétaire poli t ique au Pentagone sous Obama, le président a même l\u2019obligation de se présenter devant le Congrès pour mener une première frappe américaine \u2014 ce que les représentant et sénateur démocrates Lieu et Markey ont tenté d\u2019enchâsser dans un projet de loi.En cas de légitime défense, par contre, le temps (30 minutes avant impact pour un missile intercontinental, quelques minutes pour prendre une décision) ne le permet pas.Mais même dans cette hypothèse, les militaires ont laissé entendre que l\u2019ordre ferait de toute manière l \u2019objet d \u2019une mise en contexte, de vérifications : ce n\u2019est pas de la mutinerie, mais la validation de l\u2019ordre qui pourrait ralentir, voire infirmer \u2014 par le débat d\u2019idées \u2014 la décision.Ainsi, petit à petit, le militaire (du lieute- nant-général Silveria dans son discours sur la tolérance au lieutenant-général Buchanan à Por to Rico ou aux généraux de la Maison- Blanche) s\u2019est érigé en contrepoids à la présidence.Ce qui pose la question du legs de cette inversion de l\u2019ordre des choses : les généraux accepteront-ils, à la fin de l\u2019ère trum- pienne, d\u2019abandonner ce pouvoir acquis de facto ?En attendant, à la Maison-Blanche, deux d\u2019entre eux (Kelly et Mattis) ont conclu un pacte : en tout temps, l\u2019un d\u2019eux doit rester en territoire américain.Au cas où le président déraisonnerait.En sentinelle.La sentinelle ÉLISABETH VALLET Des mesures d\u2019austérité en début de mandat, puis une redistribution sur une base individuelle des surplus dégagés à 11 mois des élections : la stratégie est connue et éprouvée.Mais est-elle rentable ?Mise en contexte.La stratégie des bonbons Rentable, de redonner en fin de mandat ce qui a été enlevé au début ?Pas nécessairement.LE DEVOIR G U I L L A U M E B O U R G A U L T - C Ô T É C\u2019est Carlos Leitão qui l\u2019affirmait mardi : « Je ne me prends pas pour le père Noël.Ce qui serait électoraliste, ce qui serait farfelu, ce serait de promettre des réductions d\u2019impôt ou des dépenses additionnelles sans en avoir les moyens.» Le ministre des Finances n\u2019a toutefois pas trouvé beaucoup d\u2019observateurs pour penser comme lui cette semaine.La mise à jour qu\u2019il a présentée à Québec a été largement perçue comme un déballage de cadeaux \u2014 chèques aux parents d\u2019élèves et baisses d\u2019impôt rétroactives allant jusqu\u2019à 1000 $ par famille\u2026 \u2014 qui vient marquer le début non officiel de la plus longue campagne électorale de l\u2019histoire du Québec.Tous ont aussi noté que cette stratégie des bonbons prend appui sur les décisions prises par le gouvernement Couillard en début de mandat.Souvenez-vous.Cette période d\u2019«austérité» ou de «rigueur budgétaire», selon le point de vue, où les libéraux ont donné un sérieux coup de frein dans les dépenses du gouvernement.Depuis la crise financière de 2008, la croissance des revenus de l\u2019État est demeurée plutôt stable, montrent en effet les chiffres de Québec.C\u2019est la cassure dans la courbe de la croissance des dépenses à partir de 2014 \u2014 une inflexion qui a affecté particulièrement les grands secteurs de la santé et de l\u2019éducation \u2014 qui indique le plus clairement d\u2019où provient la manne redistribuée cette semaine (voir graphique).Vieux truc Professeure de science politique à l\u2019Université d\u2019Ottawa, Geneviève Tellier a consacré sa thèse de doctorat à mesurer l\u2019influence des cycles électoraux sur l\u2019idéologie budgétaire des gouvernements provinciaux.Dire qu\u2019elle n\u2019a pas été étonnée de la mise à jour de Québec relève de l\u2019euphémisme.«C\u2019est un réflexe que les gouvernements ont depuis des décennies : supprimer d\u2019abord et redistribuer ensuite, disait-elle en entretien jeudi.Et avec un modèle d\u2019élection à date fixe, on amplifie cet élément, on peaufine davantage les stratégies.Ça ne fait rien pour diminuer le cynisme des électeurs, mais il faudra s\u2019habituer.» Sa collègue de l\u2019UQAM Anne-Marie Gingras trouve « plutôt normal » le fait qu\u2019un gouvernement « essaie de faire ce qui fait mal au début de son mandat pour pouvoir ensuite se présenter aux élections avec une position adoucie.Ce n\u2019est pas tant un choix strict de communication politique qu\u2019un choix de gestion par étapes».Si le concept n\u2019est pas nouveau, la manière de faire a changé, dit Mme Tellier.«Avant, dans les années 1970-1980, on jouait beaucoup avec les dépenses [avant les élections].On était dans une logique de croissance des dépenses, de mise en place de programmes sociaux, il n\u2019y avait pas de marge de manœuvre pour diminuer les impôts.Ces dernières années, on manipule davantage la courbe des revenus en se privant d\u2019impôts.» En observant la stratégie du gouvernement Couillard, Geneviève Tellier fait valoir «qu\u2019on ne peut pas parler d\u2019un réinvestissement qui nous ramène où nous étions en 2014.On est ailleurs».C\u2019est-à-dire ?« On réinvestit, bien sûr, mais on change la façon dont on aide les gens.La nature de l\u2019intervention de l\u2019État se transforme.» Mme Tellier estime qu\u2019il «est clair que ce gouvernement est plus à droite sur l\u2019échiquier politique.La logique, ça a été de sabrer les programmes sociaux, comme les garderies abordables, pour remettre de l\u2019argent dans les poches des contribuables et les laisser décider de ce qu\u2019ils veulent en faire.Il y a une logique individualiste très forte \u2014 et calculée \u2014 derrière ça».Sentiment d\u2019urgence?Il y a aussi un sentiment d\u2019urgence, peut-être, lié aux résultats du dernier sondage Léger qui donnait la Coalition avenir Québec (CAQ) en avance sur les libéraux.Lors de la campagne électorale de 2014, François Legault répétait quotidiennement que la CAQ allait « remettre 1000 $ dans le portefeuille des familles » qui « étouffent » sous le poids des taxes.Pour reprendre le mot de M.Leitão, il n\u2019est peut-être FRANCIS VACHON LE DEVOIR Depuis la crise financière de 2008, la croissance des revenus de l\u2019État est demeurée plutôt stable, montrent les chif fres de Québec.pas « farfelu » de penser qu\u2019il s\u2019est inspiré de cette page du programme caquiste pour préparer sa mise à jour.« J\u2019imagine que les gouvernements font aussi des choix en fonction des sondages et que ça explique ce glissement vers la droite », avance Anne-Marie Gingras.Geneviève Tellier voit dans la « puissance de réaction du gouvernement quelque chose d\u2019un peu désespéré ».« La menace de la CAQ est bien réelle, c\u2019est pourquoi ils ont agi avec une mise à jour qui était dans les faits pratiquement un budget.» La recette inconnue Mais cette stratégie de redonner avant une élection est-elle nécessairement gagnante ?C\u2019est loin d\u2019être sûr, note Geneviève Tellier.« Il y a d\u2019autres considérations qui entrent en ligne de compte dans le choix des électeurs : le besoin de changement, la qualité de l\u2019opposition, la personnalité du chef au pouvoir.On ne peut pas étudier les résultats seulement selon les bonbons qui ont été donnés avant l\u2019élection.» Les deux profs soulignent que les électeurs s\u2019attardent généralement plus à leur situation personnelle globale qu\u2019à la seule question de la taxation : ont-ils un emploi, un salaire correct qui permet de payer les factures, ont-ils vraiment ressenti les réductions de service discutées dans les médias, etc.« Là où ça va satisfaire plus directement certains, c\u2019est pour ceux qui préfèrent un État moins interventionniste », pense Geneviève Tellier.Mme Tellier rappelle que les expériences récentes ont montré tout le pouvoir d\u2019une campagne électorale: peu importe la position des partis au départ, tout peut changer en cours de route (Thomas Mulcair et Denis Coderre peuvent en témoigner pour les dernières campagnes fédérale et municipale).«Si donner un bonbon en fin de mandat fonctionnait toujours, on aurait toujours les mêmes gouvernements\u2026 La recette est heureusement plus compliquée que ça.» Le Devoir Si le président peut publier à vue sur Twitter, peut-il toujours lancer des bombes nucléaires?«C\u2019est un réflexe que les gouvernements ont depuis des décennies: supprimer d\u2019abord et redistribuer ensuite.Et avec un modèle d\u2019élection à date fixe, on amplifie cet élément, on peaufine davantage les stratégies.» JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE Le ministre des Finances, Carlos Leitão, a af firmé mardi qu\u2019il serait farfelu « de promettre des réductions d\u2019impôt ou des dépenses additionnelles sans en avoir les moyens». L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 5 E T D I M A N C H E 2 6 N O V E M B R E 2 0 1 7 P E R S P E C T I V E S B 5 L e premier ministre Philippe Couillard était coincé.Les militants libéraux n\u2019auraient pas compris que Jean Charest ne soit pas invité aux célébrations du 150e anniversaire de la fondation du PLQ.À dix mois d\u2019une élection qui s\u2019annonce difficile, ce n\u2019était pas le moment de semer la zizanie au sein du parti.La présence de M.Charest au congrès de la fin de semaine n\u2019en demeure pas moins embarrassante.Jean-François Lisée a pris un malin plaisir à tourner le fer dans la plaie en félicitant le PLQ de « mettre en vitrine son problème de fond ».Tant qu\u2019à y être, pourquoi ne pas avoir aussi invité Nathalie Normandeau et Marc- Yvan Côté ?Comme pour mieux documenter le problème en question, le dernier rapport de la vérificatrice générale a très bien exposé les magouilles des collecteurs de fonds libéraux que le gouvernement Charest avait laissés noyauter et escroquer la Société immobilière du Québec (SIQ).Cinq ans après son départ, l\u2019ancien premier ministre et son ami Marc Bibeau continuent de défrayer la chronique.Ce soir, les militants libéraux réunis à Québec vont pourtant ovationner celui qui a donné au magazine Maclean\u2019s l\u2019occasion de qualifier le Québec de «province la plus corrompue au Canada».En honorant son ancien chef, le PLQ va célébrer sa propre turpitude.Jeudi, à l\u2019Assemblée nationale, il était fascinant d\u2019entendre M.Couil- lard chanter les louanges de son prédécesseur, dont le souvenir aura empoisonné son mandat du début à la fin et provoqué un écœurement collectif auquel il devra peut-être sa défaite l\u2019an prochain.Il y a décidément quelque chose de pourri dans le royaume.?La dérive éthique du PLQ s\u2019est accompagnée d\u2019un laxisme tout aussi coupable dans la défense de l\u2019identité québécoise, que la vérificatrice générale a également bien documenté dans son rapport.S\u2018il est vrai que les règles encadrant le financement des partis politiques et l\u2019octroi des contrats publics ont été resserrées depuis le départ de M.Charest, la francisation des immigrants demeure toujours aussi déficiente.M.Couillard s\u2019est indigné des propos méprisants du gérant de la nouvelle succursale montréa- laise d\u2019Adidas, qui a consenti à prononcer quelques mots de français pour «accommoder» les indigènes.Mais qu\u2019a fait son propre gouvernement pour renforcer la présence et le prestige du français, si on excepte un timide règlement pour lui assurer une « présence suf fisante » sur la façade des grandes enseignes commerciales ?Le premier ministre a décrété que le français se portait bien au Québec.Ceux qui s\u2019inquiètent ne sont que des alarmistes qui cherchent à semer la division.C\u2019est avec un manque d\u2019enthousiasme évident que les libéraux s\u2019étaient résignés au maintien de la loi 101, après s\u2019être opposés férocement à son adoption et l\u2019avoir affaiblie le plus possible.C\u2019est comme s\u2019 i ls associaient la promotion du français à celle de l\u2019indépendance.Malgré la hausse des budgets qui lui sont consacrés, il est clair que l\u2019approche incitative est aussi insuffisante dans le cas des individus que dans celui des PME.Alors que la proportion de nouveaux arrivants capables de parler français a chuté de 62 % à 42 % en cinq ans, à peine 30 % de ceux qui ne le parlent pas se sont inscrits à un cours et moins de 10 % atteignent le niveau minimal pour obtenir un emploi ou poursuivre des études postsecondaires.Le nouveau ministre de l\u2019Immigration, David Heurtel, a un nouveau plan et promet une refonte du programme « Réussir l\u2019intégration » pour le printemps 2019.Certaines des carences constatées par la vérificatrice générale peuvent sans doute être corrigées, mais il semble de plus en plus évident qu\u2019il faudrait rendre l\u2019apprentissage du français obligatoire, comme le proposent déjà la CAQ et le PQ.?À en juger par les propositions qui seront soumises à l \u2019attention des délégués au congrès, l\u2019urgence est ailleurs pour les libéraux.Au moment où l\u2019incident chez Adidas et le rappor t de la vérificatrice générale devraient avoir l\u2019ef fet d\u2019un signal d\u2019alarme, la commission politique du PLQ propose plutôt l\u2019adoption d\u2019une « clause d\u2019impact » qui imposerait au gouvernement d\u2019évaluer l\u2019impact sur la communauté anglophone de tout projet de loi ou règlement et d\u2019y inclure des dispositions spécifiques les concernant.Trouvez l\u2019erreur ! Même si les sondages ont enregistré un glissement du vote non francophone vers la CAQ au cours des derniers mois, les stratèges ca- quistes ne se font pas d\u2019illusion sur la possibilité d\u2019entamer sérieusement le monopole libéral.Si le PLQ veut s\u2019aliéner encore un peu plus l\u2019électorat francophone en accordant un nouveau privilège à la communauté anglophone, ils ne pourront que s\u2019en féliciter.mdavid@ledevoir.com Quelque chose de pourri MICHEL DAVID Le gouvernement québécois a déposé la semaine dernière l\u2019approche la plus restrictive à la légalisation du cannabis au pays.Mais, ce faisant, le projet de loi de Québec se trouve à contrecarrer une série d\u2019autorisations prévues au projet de loi fédéral visant à encadrer la consommation de marijuana récréative au pays dès l\u2019été prochain.Production de cannabis à domicile, possession de la drogue à la maison, clémence pour les jeunes délinquants : dans chacun des cas, Québec resserre les permissions proposées par Ottawa.Permis par Ottawa, interdit par Québec Des approches inconciliables de la légalisation de la marijuana SEAN KILPATRICK LA PRESSE CANADIENNE Le gouvernement Couillard a entre autres dérogé au plan fédéral en interdisant complètement la production de marijuana à domicile.M A R I E V A S T E L Correspondante parlementaire à Ottawa D es six provinces qui ont à ce jour commencé à dévoiler leur cadre pour la légalisation de la marijuana, Québec est la seule à déroger au plan fédéral pour l\u2019instant.Le gouvernement de Philippe Couillard a tranché, comme ses homologues, pour autoriser l\u2019achat de cannabis à l\u2019âge légal de consommation d\u2019alcool.Québec a en outre emboîté le pas à ses voisins immédiats en confiant la vente de la drogue à sa Société des alcools.Mais les équivalences s\u2019arrêtent là.Bien que le modèle de distribution soit le même, Québec compte n\u2019ouvrir que 15 points de vente \u2014 et possiblement 150 d\u2019ici deux ou trois ans \u2014 alors que l\u2019Ontario prévoit 40 succursales dès l\u2019entrée en vigueur de la légalisation du cannabis à l\u2019été 2018 et que le Nouveau-Brunswick \u2014 beaucoup plus petit que le Québec \u2014 en prévoit 20.L\u2019Alberta, le Manitoba et Terre-Neuve auront quant à eux un modèle « hybride », puisque leur gouvernement achètera la marijuana pour la revendre à des détaillants du secteur privé.Le gouvernement Couillard a en outre dérogé au plan fédéral en interdisant complètement la production de marijuana à domicile.L\u2019Ontario, le Nouveau-Brunswick et l\u2019Alberta permettent, comme le projet de loi fédéral, la production d\u2019un maximum de quatre plants à la maison.Le Manitoba et Terre-Neuve n\u2019ont pas encore tranché.La ministre québécoise déléguée à la Santé publique, Lucie Charlebois, plaidait, en présentant son projet de loi il y a dix jours, qu\u2019elle avait choisi d\u2019interdire la production à domicile « parce que c\u2019est ce que la majorité des gens nous ont demandé ».Le ministre des Finances, Carlos Leitão, arguait quant à lui que l\u2019autorisation de faire pousser un cer tain nombre de plants à domicile serait « un cauchemar à faire respecter ».Mais le gouvernement Couillard risque de se heurter aux tribunaux, prévient le constitutionna- liste de l\u2019Université de Montréal Stéphane Beaulac.Et pas seulement sur cet aspect de sa loi.Pas trop de pot à domicile La proposition législative québécoise impose en outre une limite à la possession de cannabis à la maison : 150 grammes par adulte, pas plus.Au fédéral, on n\u2019établit pas de quantité maximale \u2014 notamment parce qu\u2019Ottawa souhaite autoriser la production à domicile et que la quantité de la réser ve personnelle pourrait donc varier selon le moment de la récolte.Dans ce dossier, comme dans celui de la production à la maison, les projets de loi d\u2019Ottawa et de Québec semblent difficilement conciliables, note Stéphane Beaulac.Lorsqu\u2019il y a conflit entre une loi fédérale et une loi provinciale, la règle établie par la jurisprudence est que la loi fédérale a préséance.Les tribunaux détestent cependant procéder à une telle hiérarchisation des lois et tentent souvent de réconcilier les deux textes en justifiant leur différence par un champ d\u2019application distinct.Or une telle réconciliation semble « peu possible » dans ce contexte, selon M.Beaulac.Car dans un cas, le projet de loi fédéral autorise la production de quatre plants personnels tandis que le projet de loi québécois n\u2019en autorise aucun.«Ça ne peut pas être concilié, observe-t-il.Il y a manifestement un conflit normatif.» Le professeur de droit pose le même constat pour les limites prescrites par Québec à la possession de cannabis à la maison.« S\u2019il y a une limite de possession de 150 grammes et qu\u2019il n\u2019y en a pas à Ottawa, ça veut dire que c\u2019est interdit d\u2019en avoir 170 grammes suivant le texte québécois mais que ce n\u2019est pas interdit suivant le texte fédéral.Ça ne peut pas être concilié.» Le Nouveau-Brunswick exigera que la réserve de cannabis \u2014 qui n\u2019est pas circonscrite \u2014 soit dans une pièce ou un réceptacle verrouillé.L\u2019Ontario et l\u2019Alber ta n\u2019ont pour l\u2019instant pas prévu de contraintes.Le projet de loi québécois autorise toutefois les adultes, comme le prévoit Ottawa, à transporter sur eux jusqu\u2019à 30 grammes de cannabis.Les contraintes instituées pour la production et la possession à domicile ne s\u2019appliqueront pas aux Québécois qui consomment du cannabis à des fins médicales.Plus sévère pour les jeunes?La législation du gouvernement Couillard pourrait par ailleurs s\u2019avérer plus sévère pour les mineurs qui se feraient pincer avec une petite quantité de marijuana.La loi fédérale prévoit que les moins de 18 ans en possession de moins de cinq grammes de cannabis ne seront pas accusés au criminel, mais feront plutôt face à une peine prévue sous la Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents.L\u2019amende n\u2019est pas chiffrée dans le projet de loi C-45.Ottawa préfère en laisser la discrétion aux juges qui établiront la jurisprudence.Le texte législatif de Québec stipule toutefois qu\u2019un mineur en possession de moins de cinq grammes « commet une infraction et est passible d\u2019une amende de 100 $».Sur cette question, le professeur Beaulac estime que la loi québécoise pourrait passer le test de la cour.Si le contrevenant est «passible» d\u2019une telle amende mais que celle-ci n\u2019en est pas une minimale, «ça pourrait se concilier» avec la loi fédérale puisque le texte provincial permettrait néanmoins au magistrat d\u2019user de sa discrétion.Or, l\u2019attachée de presse de la ministre Char- lebois, Bianca Boutin, a indiqué au Devoir que ce seraient « les agents de la paix qui donneraient les amendes, et non les juges.Ainsi, les agents de la paix n\u2019auraient pas de marge discrétionnaire quant au montant ».Une tolérance zéro incertaine La ministre Charlebois s\u2019est enfin targuée de décréter la tolérance zéro au volant sur les routes du Québec.Elle a fini par admettre, en entrevue avec Le Devoir, que ce ne sera pas appliqué tant que des appareils de détection de THC dans la salive ne permettront pas de déceler une consommation récente de cannabis.Les études scientifiques concluent toutefois qu\u2019il est encore impossible d\u2019établir une corrélation entre le taux de THC dans le corps et le niveau d\u2019intoxication d\u2019un individu.Et que la science risque de ne jamais le permettre.Une source policière prévenait même cette semaine que la tolérance zéro de la loi québécoise serait immanquablement contestée devant les tribunaux pour cette raison.La loi fédérale interdit un taux de THC dans la salive qui surpasse l\u2019équivalent de cinq nano- grammes par millilitre de sang.La conduite avec facultés affaiblies est cependant encadrée par des lois tant fédérales que provinciales.Les ministres fédéraux se sont tour à tour abstenus pour l\u2019instant de prédire si Ottawa contestera les dispositions de la loi québécoise.Le Devoir Après 150 ans, le PLQ a perdu tous ses repères éthiques et identitaires Lorsqu\u2019il y a conflit entre une loi fédérale et une loi provinciale, la règle établie par la jurisprudence est que la loi fédérale a préséance L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 5 E T D I M A N C H E 2 6 N O V E M B R E 2 0 1 7 B 6 A V I S L É G A U X E T A P P E L S D \u2019 O F F R E S AVIS À TOUS NOS ANNONCEURS Veuillez, s\u2019il vous plaît, prendre connaissance de votre annonce et nous signaler immé dia tement toute anomalie qui s\u2019y serait glissée.En cas d\u2019erreur de l\u2019éditeur, sa res pon sa bilité se limite au coût de la parution.ASSEMBLÉE PUBLIQUE DE CONSULTATION 1.Les personnes intéressées sont priées de noter que le conseil d\u2019arrondissement de Ville-Marie, à sa séance du 22 novembre 2017, a adopté, en vertu du Règlement sur les projets particuliers de construction, de modification ou d'occupation d'un immeuble (CA-24-011), les premiers projets de résolution dont la description suit : a) Résolution autorisant la démolition de 3 bâtiments, situés aux 2020-2050, rue de la Montagne, et la construction d\u2019un bâtiment commercial de 4 étages, et ce, en dérogation notamment aux articles 9, 237, 582 et 655.1 du Règlement d'urbanisme de l'arrondissement de Ville-Marie (01-282) relatifs, entre autres, à la hauteur prescrites en mètres et en étages, à la superficie de plancher occupée par un usage commercial excédant 200 m² pour un établissement, à l\u2019absence d'une unité de chargement de petite dimension et à la largeur inférieure au minimum, de 1,2 mètre exigé, pour une partie de la voie d'accès à l'aire de stationnement pour vélo \u2013 pp 362 (dossier 1177199016); Ce projet particulier vise la zone et les zones contiguës ci-après illustrées : b) Résolution autorisant l\u2019éclairage de deux enseignes de nom d\u2019un immeuble ou nom d\u2019un occupant d\u2019un immeuble sur la « construction hors toit » d\u2019un hôtel de 20 étages, situé au 1041, rue De Bleury, et ce, en dérogation notamment à l\u2019article 507 du Règlement d'urbanisme de l'arrondissement de Ville-Marie (01-282) relatif, entre autres, à l\u2019interdiction d\u2019enseignes comportant une source lumineuse à l\u2019extérieur d\u2019un bâtiment dans un secteur de la catégorie M.3 \u2013 pp 364 (dossier 1177199017); Ce projet particulier vise la zone et les zones contiguës ci-après illustrées : c) Résolution autorisant l'occupation à des fins de bureaux, la démolition partielle et l'agrandissement des bâtiments respectivement situés au 429 et au 441, rue De La Gauchetière Est, et ce, en dérogation notamment aux articles 9 et 177 du Règlement d'urbanisme de l'arrondissement de Ville-Marie (01-282) relatifs, entre autres, à la hauteur prescrite en mètres et en étages et à l\u2019implantation d\u2019un usage spécifique à tous les niveaux \u2013 pp 365 (dossier 1174869010); Ce projet particulier vise la zone et les zones contiguës ci-après illustrées : d) Résolution autorisant l'occupation, aux fins de l'usage « restaurant », du rez-de-chaussée du bâtiment situé au 417, rue Saint- Nicolas, et ce, en dérogation notamment aux articles 134, 201 et 266 du Règlement d'urbanisme de l'arrondissement de Ville- Marie (01-282) relatifs, entre autres, l\u2019usage, à la superficie de plancher occupée par un usage commercial excédant 200 m² pour un établissement et à la distance minimale de 25 m d\u2019un autre restaurant\u2013 pp 366 (dossier 1170607009); Ce projet particulier vise la zone et les zones contiguës ci-après illustrées : 2.Conformément à la Loi sur l\u2019aménagement et l\u2019urbanisme (RLRQ, chapitre A-19.1), ces projets feront l\u2019objet d\u2019une assemblée publique de consultation le 5 décembre 2017, à compter de 18 h, à la salle du conseil d\u2019arrondissement située au rez-de-chaussée du 800, boulevard De Maisonneuve Est.3.Au cours de cette assemblée, le maire d\u2019arrondissement ou tout autre membre désigné du conseil d\u2019arrondissement expliquera les projets ainsi que les conséquences de leur adoption, et le public pourra les commenter.4.Ces projets contiennent des dispositions susceptibles d\u2019approbation référendaire.5.Une copie de ces projets peut être consultée aux comptoirs Accès Ville-Marie situés au 17e étage du 800, boulevard De Maisonneuve Est, station de métro Berri-UQÀM, et au rez-de-chaussée du 275, rue Notre-Dame Est, station de métro Champ-de-Mars.Montréal, le 25 novembre 2017 Le secrétaire d\u2019arrondissement, Domenico Zambito, avocat Cet avis peut également être consulté sur le site Internet de l\u2019arrondissement à l\u2019adresse suivante : www.ville.montreal.qc.ca/villemarie AVIS PUBLIC DEMANDES D\u2019AUTORISATION D\u2019EXERCER UN USAGE CONDITIONNEL Les personnes intéressées sont priées de noter qu\u2019elles pourront être entendues par les membres du conseil d\u2019arrondissement qui statueront, en vertu de la procédure des usages conditionnels du Règlement d'urbanisme de l'arrondissement de Ville-Marie (01-282), sur les demandes approuvant : - pour l\u2019unité située au 1399A, rue Ontario Est, l'usage « établissement cultuel », et ce, conformément à la procédure des usages conditionnels en vertu du sous- paragraphe b) du paragraphe 1° de l\u2019article 136 et du paragraphe 2° de l\u2019article 232 du Règlement d\u2019urbanisme de l\u2019arrondissement de Ville-Marie (01-282) [dossier 1176255014]; - pour le bâtiment projeté situé sur une partie du lot 1 179 421 (basilique Saint-Patrick) et sur les lots 1 179 419 (1075, côte du Beaver Hall), 1 284 498 (1081- 1083, côte du Beaver Hall) et 1 179 416 (1089-1095, côte du Beaver Hall), l\u2019usage « université », et ce, conformément à la procédure des usages conditionnels et au paragraphe 1o de l\u2019article 301 du Règlement d\u2019urbanisme de l\u2019arrondissement de Ville-Marie (01- 282) [dossier 1174869011]; - pour les unités 402, 403 et 404 au 4e étage du bâtiment portant le numéro 3410, rue Peel, l'usage « résidence de tourisme », et ce, conformément à la procédure des usages conditionnels en vertu du paragraphe 7° de l\u2019article 136 du Règlement d\u2019urbanisme de l\u2019arrondissement de Ville-Marie (01-282) [dossier 1176255013].- pour le bâtiment portant le numéro 1088, rue Clark, l\u2019usage « École d\u2019enseignement spécialisé », et ce, conformément à la procédure des usages conditionnels et au paragraphe 1e de l\u2019article 136 du Règlement d\u2019urbanisme de l\u2019arrondissement Ville-Marie (01-282), ainsi que les usages « salle de réunion, salle de réception, activités communautaires ou socioculturelles », conformément à l\u2019article 225 de ce même règlement.[dossier 1173332002].La séance du conseil d\u2019arrondissement au cours de laquelle seront étudiées ces demandes aura lieu le mardi 12 décembre 2017, à 19 h, à la salle du conseil, 800, boulevard De Maisonneuve Est, rez-de-chaussée.Toute personne qui désire obtenir des renseignements relativement à ces demandes d\u2019autorisation peut communiquer avec la Division de l\u2019urbanisme de la Direction de l\u2019aménagement urbain et des services aux entreprises au 514 872-9545 et en mentionnant les numéros de dossiers indiqués précédemment.Montréal, le 25 septembre 2017 Le secrétaire d\u2019arrondissement, Domenico Zambito, avocat Cet avis peut également être consulté sur le site Internet de l\u2019arrondissement à l\u2019adresse suivante : www.ville.montreal.qc.ca/villemarie AVIS PUBLIC ORDONNANCES À sa séance du 22 novembre 2017, le conseil d\u2019arrondissement a adopté les ordonnances suivantes : - B-3, o.550, P-1, o.503, 01-282, o.193, CA-24-285, o.106 et P-12-2, o.110 relatives à la tenue des festivals et des événements culturels sur le domaine public (saison 2017, 8e partie C); - B-3, o.551 et P-1, o.504 relatives à la tenue d'événe- ments sur le domaine public (saison 2017, 9e partie, A); - B-3, o.552, P-1, o.505, 01-282, o.194 et CA-24-085, o.107 relatives à la tenue d'événements sur le domaine public (saison 2017, 7e partie, B); et ce, en vertu des règlements concernant le bruit (R.R.V.M., c.B-3), la paix et l\u2019ordre sur le domaine public (R.R.V.M., c.P-1), l'urbanisme (R.R.V.M., 01-282, article 560), le civisme, le respect et la propreté (CA-24- 085) et a propreté et la protection du domaine public et du mobilier urbain (R.R.V.M.c.P-12.2).Ces ordonnances entrent en vigueur à la date de la présente publication; elles peuvent être consultées aux comptoirs Accès Ville-Marie situés au 17e étage du 800, boulevard De Maisonneuve Est, station de métro Berri- UQÀM, et au rez-de-chaussée du 275, rue Notre-Dame Est, station de métro Champ-de-Mars.Montréal, le 25 novembre 2017 Le secrétaire d\u2019arrondissement, Domenico Zambito, avocat Cet avis peut également être consulté sur le site Internet de l\u2019arrondissement à l\u2019adresse suivante : www.ville.montreal.qc.ca/villemarie AVIS PUBLIC AVIS DE LA PREMIÈRE ASSEMBLÉE DES CRÉANCIERS (Paragraphe 102(4)) Faillite 9351-0972 Québec Inc.(J.C.Import) 308 \u2013 201, rue de Guyenne Saint-Lambert (Québec) J4S 1G8 Date de la faillite : le 9 novembre 2017 Assemblée 1er jour de décembre 2017, à 10h30 au 1010, de la Gauchetière Ouest, Bureau 200, Montréal (Québec) H3B 2S1.FAIT à Montréal, ce 25e jour de novembre 2017.LE GROUPE FULLER LANDAU INC., Syndic Patrick Sullivan, CIRP, SAI Administrateur désigné Place du Canada 1010, rue de La Gauchetière Ouest, bureau 200 Montréal (Québec) H3B 2S1 Tél.: 514 908-4790 \u2022 Télec.: 514 866-0247 AVIS PUBLIC DE NOTIFICATION (articles 136 et 137 C.p.c.) Avis est donné à : CONSTANTIN (CHRIS) NIPHAKIS, dernière adresse connue: 303-5413 St-Laurent, 700-32-700846-171 Montréal (Québec) H2T 1S5 9310-4446 QUÉBEC INC., dernière adresse connue: 303-5413 St-Laurent, 700-32-700846-171 Montréal (Québec) H2T 1S5 BONJOUR CONFORT INC., dernière adresse connue: 8, 45e Avenue #6, 700-32-700848-177 Montréal (Québec) H8T 2L7 de vous présenter au greffe de la Cour du Québec, Division des petites créances, du district de TERREBONNE situé au 25 de Martigny Ouest, Saint-Jérôme (Québec) J7Y 4Z1 dans les 30 jours afin de recevoir la demande introductive d\u2019instance en recouvrement d\u2019une petite créance qui y a été laissée à votre attention.Vous devez répondre à cette demande dans le délai indiqué dans l\u2019avis d\u2019assignation qui l\u2019accompagne, sans quoi un jugement par défaut pourrait être rendu contre vous et vous pourriez devoir payer les frais de justice.Le présent avis est publié aux termes le le 23 novembre 2017 par le greffier dans les dossiers portant les numéros ci-haut mentionnés.Il ne sera pas publié à nouveau, à moins que les circonstances ne l\u2019exigent.Saint-Jérôme, le 23 novembre 2017 Suzanne Champoux Greffière-adjointe de la Cour du Québec AVIS DE CLÔTURE D'INVENTAIRE Prenez avis de la clôture de l'inventaire des biens de la succession de Stavros GARAZIOTIS, en son vivant domicilié au 275, avenue Brittany, Ville Mont- Royal, province de Québec, lequel est décédé à Montréal, le 4 septembre 2017.Ledit inventaire peut être consulté par les intéressés à l'étude BERGERON DORAIS NOTAIRES s.e.n.c.au 700, avenue Sainte-Croix, Montréal (arrondissement Saint-Lau- rent), Québec, H4L 3Y3.Me Nathalie FORTIER, notaire C A N A D A PROVINCE DE QUÉBEC DISTRICT DE MONTRÉAL No : 500-22-240928-179 COUR DU QUÉBEC (chambre civile) BANQUE ROYALE DU CANADA Partie demanderesse c.ANDRÉ VIAU Partie défenderesse AVIS PUBLIC DE NOTIFICATION (articles 136 et 137 C.p.c.) AVIS EST DONNÉ À ANDRÉ VIAU de vous présenter au greffe civile du district de Montréal situé au 1, rue Notre-Dame Est, Montréal afin de recevoir la Demande de la partie demanderesse pour nommer un gardien autre que la partie défenderesse pour les biens à saisir et pour enlever les biens à saisir (Art.657, 686, 704, 731, 733 et 743 C.p.c.), Affidavit et Avis de présentation qui a été laissée à votre attention.Ladite requête sera présentée pour adjudication devant l\u2019un des Honorables juges siégeant en cette Cour, au Palais de justice de Mont - réal, situé au 1 rue Notre-Dame Est, le 4 décembre 2017 à 9:30 en salle 2.06 ou aussitôt que conseil pourra être entendu.Le présent avis est publié à la demande d\u2019Annie-Claude Éthier, huissier, qui n\u2019a pu vous signifier la présente requête car vous avez été évincé de la dernière adresse connue le 7 novembre 2017.Il ne sera pas publié à nouveau, à moins que les circonstances ne l\u2019exigent, Laval, le 16 novembre 2017 Annie-Claude Éthier, Huissier de justice LATRAVERSE HUISSIERS DE JUSTICE INC.1717, boul.St-Martin Ouest bur.235, Laval (QC) H7S 1N2 T:(450) 978-8869 F:(450) 978-9013 C A N A D A PROVINCE DE QUÉBEC DISTRICT DE MONTRÉAL No : 500-17-101003-179 COUR SUPÉRIEURE (chambre civile) BANQUE ROYALE DU CANADA Partie demanderesse c.9299-4649 QUÉBEC INC.RASHID RIAZ MOHAMMAD RIAZ Parties défenderesses AVIS PUBLIC DE NOTIFICATION (articles 136 et 137 C.p.c.) Avis est donné à 9299-4649 QUÉBEC INC.de vous présenter au greffe de la Cour Supérieure du district judiciaire de Montréal situé au 1, rue Notre-Dame Est, Montréal dans les 30 jours afin de recevoir la présente Demande introductive d'instance (Articles 141 et s.s.C.p.c.), Avis d'assignation (articles 145 et suivants C.p.c.), Pièces P-1 à P-24, Déclaration solennelle, Avis d\u2019exécution avant jugement immobilière et Procès-verbal de saisie immobilière avant jugement qui a été laissé à votre attention.Vous devez répondre à cette demande dans le délai indiqué dans l\u2019avis d\u2019assignation qui l\u2019accompagne, sans quoi un jugement par défaut pourrait être rendu contre vous et vous pourriez devoir payer les frais de justice.Le présent avis est publié à la demande de Martin Dupuis, huissier, qui a tenté sans succès de vous signifier la présente Demande introductive d'instance (Articles 141 et s.s.C.p.c.), Avis d'assignation (articles 145 et suivants C.p.c.), Pièces P-1 à P-24, Déclaration solennelle, Avis d\u2019exécution avant jugement immobilière et Procès-verbal de saisie immobilière avant jugement.Il ne sera pas publié à nouveau, à moins que les circonstances ne l\u2019exigent.Montréal, le 25 novembre 2017 Martin Dupuis, Huissier de justice Avis public de notification (articles 136 et 137 C.p.c.) Avis est donné à Madeleine Cléroux, de vous présenter au greffe de la Cour Supérieure du district de Beauharnois situé au 74 de l\u2019Académie, à Salaberry-de- Valleyfield, dans les 30 jours afin de recevoir la Demande introductive d\u2019instance en délaissement forcé aux fins d\u2019être autorisée à vendre les biens hypothéqués sous contrôle de justice modifiée (art.141, 143, 480 et suivants, 761 C.p.c.et Art.1514 et 2791 et suivants C.C.Q.) et avis d\u2019assignation (articles 145 et suivants C.p.c.) qui y ont été laissées à votre attention dans la cause numéro 760-17-004669-175.Vous devez répondre à cette demande dans le délai indiqué dans l\u2019avis d\u2019assignation qui l\u2019accom pagne, sans quoi un jugement par défaut pourrait être rendu contre vous sans autre avis et vous pourriez devoir payer les frais de justice.Le présent avis est publié à la demande d\u2019ÉRIC MARTIN, huissier de justice, qui a tenté sans succès de vous signifier le document ci-haut mentionné.Il ne sera pas publié à nouveau, à moins que les circonstances ne l\u2019exigent.Montréal, le 23 Novembre 2017 DANIEL GRATTON, Huissier de Justice AVIS DE CLÔTURE D'INVENTAIRE (Avis dans le journal 795 C.c.Q.) PRENEZ AVIS que feu Hon Kiet HUYNH, en son vivant domicilié au 1340, Avenue des Mélèzes, St-Jérôme (Québec) J1Z 6T9, est décédé à St-Jérôme le 29 août 2008.Un inventaire de ses biens a été dressé conformément à la loi et peut être consulté par les intéressés au bureau de Me Thanh Tuyen NGUYEN, notaire, 77, rue de la Gauchetiè- re, Montréal (Québec) H2Z 1C2, téléphone: 514-287-1149.Donné le 22 novembre 2017 Thi Ngoc Nga DO, Liquidatrice AVIS DE CLÔTURE D'INVENTAIRE Avis est par les présentes donné que, à la suite du décès d'Éric Legendre, en son vivant domicilié au 5517, 6e Avenue, Montréal, province de Québec, H1Y 2P7, survenu le 1er juin 2017, un inventaire des biens du défunt a été fait par le liquidateur successoral devant Me Denise Courtemanche, notaire, le 20 novembre 2017, conformément à la loi.Cet inventaire peut être consulté par les intéressés au 5064 avenue du Parc, Montréal, Québec, H2V 4G1.Donné ce 25 novembre 2017.Pierre Legendre, liquidateur L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 5 E T D I M A N C H E 2 6 N O V E M B R E 2 0 1 7 B 7 L E S P E T I T E S A N N O N C E S AVIS DE DÉCÈS Courriel : petitesannonces@ledevoir.com Téléphone : 514 985-3322 Télécopieur : 514 985-3340 DISCRIMINATION INTERDITE La Commission des droits de la personne du Québec rappelle que lorsqu'un logement est offert en location (ou sous-location), toute personne disposée à payer le loyer et à respecter le bail doit être traitée en pleine égalité, sans distinction, exclusion ou préférence fondée sur la race, la couleur, le sexe, la grossesse, l'orientation sexuelle, l'état civil, l'âge du locataire ou de ses enfants, la religion, les convictions politiques, la langue, l'origine ethnique ou nationale, la condition sociale, le handicap ou l'utilisation d'un moyen pour pallier ce handicap.À PARIS Petit bijou d'appart sur la Butte Montmartre, au coeur de Paris.Paisible, ensoleillé, ascenseur.514-489-5955 appartement-montmartre.com PROVENCE Vallée du Rhône Maison de village dans le quartier médiéval de Nyons.2 c.c.2 s.de b.Toute équipée.Terrasse ensoleillée.Internet.www.bonnevisite.ca/nyons mariehalarie@gmail.com 819-300-1330 *Librairie Bonheur d'Occasion* achète à domicile livres de qualité en tout genre.514 914-2142 1317, ave du Mont-Royal Est VOTRE ORDINATEUR B0GUE OU RALENTIT ?Mise à jour et réparation P.C., Mac et portables.10 ans d'exp.Service à domicile.514 573-7039 Julien 160 APPARTEMENTS ET LOGEMENTS À LOUER 170 HORS FRONTIÈRES EUROPE À LOUER 307 LIVRES ET DISQUES 515 INFORMATIQUE ET BUREAUTIQUE 103 CONDOMINIUMS ET COPROPRIÉTÉS 103 CONDOMINIUMS ET COPROPRIÉTÉS 165 PROPRIÉTÉS À LOUER 165 PROPRIÉTÉS À LOUER CHARLEVOIX : LE FLEUVE DANS VOTRE ASSIETTE À LOUER AU MOIS Maison sur la falaise de Pointe-au-Pic (La Malbaie).Tranquille.Entièrement meublé, 3 chambres, tout compris, câble, Wi-Fi.Vue panoramique sur le fleuve et les montagnes.Près de tous les services et attractions.Immense terrain.Non-fumeur.Pas d?animaux.Janvier à mai 2018 : 2 500 $ / mois 438-491-2301 PRECOURT.GAGNE@GMAIL.COM Joli condo 1 004 PC au RDC.2 CAC, grand balcon avec accès cour, foyer au gaz, A/C, système d\u2019alarme, plusieurs améliorations, remise, 2 stats.Copropriété bien gérée et saine.Plusieurs EXTRAS.184 000 $ - CENTRIS # 9210019 Marie-Claire Provost 450-585-0999 courtier immobilier, groupe sutton synergie inc.REPENTIGNY - VALMONT SUR PARC Conduisez-vous une Mercedes Classe-S?Appréciez-vous parler de votre voiture?Nous menons des entrevues de recherche avec des personnes qui possèdent et conduisent un Mercedes Classe-S.Participer à une conversation en face à face, facile et amusante, à propos de votre véhicule et votre expérience en qualité de propriétaire.1-2 heures, à l'heure et à l'endroit de votre choix, honoraires en argent comptant.Ce n'est pas une tentative de vous vendre quoi que ce soit.Victoria 514-937-2079 599 MESSAGES 564 DÉCORATION INTÉRIEURE 564 DÉCORATION INTÉRIEURE 564 DÉCORATION INTÉRIEURE BAIN EN BOIS 100 % QUÉBEC ARTECO INC arteco.ca 438.397.1560 arteco.inc@gmail.com PARCE QUE VOUS ÊTES UNIQUE 598 SERVICES DIVERS 598 SERVICES DIVERS Cette année, faites découvrir notre nouveau D Magazine du samedi à vos proches.Offrez-leur un de nos abonnements pour aussi peu que 41,57 $ pour 13 semaines.Visitez le www.ledevoir.com/promonoel ou appelez au 1 800 463-7559 Pour les Fêtes, o?rez Le Devoir en cadeau. M A R I E - C H R I S T I N E B O N Z O M D ans un discours prononcé le 16 juin à Little Havana, fief des exilés cubains à Miami, le chef de la Maison-Blanche a « annulé » l\u2019accord conclu par Barack Obama et Raúl Castro qui facilitait les échanges entre Américains et Cubains.Donald Trump dénonçait un «accord qui n\u2019aide pas les Cubains et enrichit un régime brutal ».Le 8 novembre, il a interdit aux Américains de séjourner dans les hôtels appartenant à l\u2019armée cubaine ou de faire du commerce avec ses conglomérats.Entre-temps, il avait profité de sa première allocution devant l\u2019ONU pour juger le régime cas- triste « corrompu et déstabilisateur » et s\u2019opposer à la levée de l\u2019embargo américain « tant que le gouvernement cubain ne fera pas des réformes fondamentales et n\u2019aura pas libéré tous les prisonniers politiques».En marge de ces annonces, Donald Trump a dû gérer l\u2019affaire du syndrome frappant depuis l\u2019an dernier des diplomates américains à La Havane.Les symptômes, allant de la nausée à la surdité en passant par des pertes de mémoire, ont aussi été observés chez des diplomates canadiens.Ils ont été d\u2019abord attribués par Washington à des « attaques sonores » du renseignement cubain ou d\u2019un pays tiers.L\u2019enquête, menée avec la coopération du gouvernement cubain, n\u2019a pu confirmer cette thèse.Néanmoins, des diplomates américains et leurs familles ont été rapatriés et des diplomates cubains en poste à Washington, expulsés.Le régime cubain accuse désormais le gouvernement Trump de propagande.Mais si le président Trump s\u2019est engagé à redéfinir en profondeur la politique de normalisation de son prédécesseur, il ne la jette pas complètement aux oubliettes.En effet, Donald Trump n\u2019a pas rompu les relations diplomatiques, ni les liaisons aériennes rétablies par le président Obama avec Cuba.Il a conservé les assouplissements à l\u2019embargo décrétés par M.Obama, notamment sur le rhum et les cigares cubains.De fait, M.Trump avait applaudi à la détente voulue par M.Obama dès le début.Comme candidat à la présidence, il avait estimé que « l\u2019idée de s\u2019ouvrir à Cuba \u2014 50 ans, c\u2019est assez \u2014 est correcte ».En campagne à Little Havana, M.Trump avait ajouté qu\u2019il négocierait « un meilleur accord » que celui de M.Obama.À ses yeux, un «meilleur accord» en serait un «qui ne soutient pas le régime castriste, ni sur le plan politique, ni sur le plan économique ».À ce jour, Cuba refuse de « négocier sous pression » et les mesures unilatérales de Washington sont la seule expression de la nouvelle politique des États-Unis à l\u2019égard de Cuba.M.Trump partage avec M.Obama l\u2019objectif déclaré d\u2019un « Cuba libre ».Mais le nouveau président emploie des moyens différents.Largement inspirée par le sénateur Marco Rubio et le député Mario Diaz-Balart, fils d\u2019exilés cubains qui représentent la Floride, sa politique à l\u2019égard de Cuba s\u2019ancre dans la guerre froide et le combat idéologique entre capitalisme et communisme.« De l\u2019Union soviétique à Cuba et au Venezuela, par tout où le véritable socialisme ou communisme a été adopté, il a engendré souffrance, désolation et échec », lance ainsi M.Trump.Pour idéologique qu\u2019elle soit, l\u2019approche du président américain est aussi pragmatique face à un Raúl Castro qui promet de quitter le pouvoir l\u2019an prochain.« Nous renforçons notre politique cubaine pour tenir l\u2019activité économique à l\u2019écart de l\u2019armée cubaine et aller dans le sens d\u2019une plus grande liberté politique et économique du peuple cubain », explique Steve Mnuchin, ministre de l\u2019Économie.Selon M.Trump, l\u2019évolution des relations bilatérales dépendra de « changements concrets » et de « progrès réels » dans l\u2019île, parmi lesquels le multipar tisme et des élections libres.Cependant, la majeure partie de la société américaine considère que les pressions des États-Unis sur Cuba ont toujours échoué et souhaite une normalisation immédiate des relations.C\u2019est vrai pour les trois quarts de l\u2019opinion publique, les entreprises et les organisations humanitaires, la quasi-totalité des élus démocrates et de nombreux républicains.Au Sénat, 55 élus sur 100 soutiennent un texte qui éliminerait les restrictions aux échanges avec Cuba.À la Chambre, un groupe bipartisan a déposé une proposition visant à lever l\u2019embargo.Collaboratrice Le Devoir L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 5 E T D I M A N C H E 2 6 N O V E M B R E 2 0 1 7 P E R S P E C T I V E S B 8 Il y a un an mourait Fidel Castro.Au- jourd\u2019hui, Donald Trump applique sa ligne dure envers le régime de Raúl, mais sans remettre totalement en cause la détente lancée par Barack Obama.Il conduit une politique à l\u2019égard de Cuba à la fois idéologique et pragmatique, une guerre froide sur fond de ré- chauf fement, mais contraire aux vœux des Américains.Trump et Cuba : une guerre tiède Le président américain partage avec son prédécesseur Obama l\u2019objectif d\u2019un « Cuba libre », mais en employant des moyens différents RICARDO MAZALAN ASSOCIATED PRESS Raúl Castro ANDREW CABALLERO-REYNOLDS AGENCE FRANCE-PRESSE Donald Trump C L A U D E L É V E S Q U E R ober t Mugabe a finalement abandonné mardi le pouvoir qu\u2019il avait exercé pendant 37 ans, dont 30 à titre de président, mettant fin à ce qui était en train de devenir un véritable feuilleton.Les Zimbab- wéens semblent heureux, ou en tout cas avoir confiance que les choses ne peuvent qu\u2019aller un peu mieux, mais la question, aujourd\u2019hui, est de savoir à quel point elles pourront s\u2019améliorer.Résumons à très grands traits les événements des derniers jours, parce qu\u2019ils donnent une idée de la suite des choses.Le 13 novembre, les hauts gradés de l\u2019armée menacent d\u2019« intervenir» pour mettre fin aux luttes internes au sein du parti au pouvoir, la ZANU-PF (Alliance nationale africaine du Zimbabwe \u2013 Front patriotique), et assurer la stabilité sociale.Deux jours plus tard, l\u2019armée passe aux actes.La machine à rumeurs s\u2019emballe.Ce qui est clair, c\u2019est que Mugabe est maintenu en résidence surveillée et que la ZANU-PF retire maintenant la confiance qu\u2019elle avait dans son propre chef et exige sa démission.Le dimanche 19 novembre, on annonce que le président s\u2019adressera à la nation en soirée par le truchement de la télévision.Le vieillard de 93 ans s\u2019est donc assis devant la caméra et le micro, salué respectueusement par un groupe de généraux, habillés de beaux uniformes ou de simples treillis, puis a entamé un assez long discours.Pour dire essentiellement ceci : les militaires étaient dans leur droit d\u2019intervenir, nous voulons tous que les choses s\u2019améliorent sur le plan économique, et bonne soirée.Les manifestants dans la rue, et une bonne partie de la planète média, sont restés bouche bée, parce qu\u2019ils croyaient tous que Robert Mugabe allait annoncer sa démission.C\u2019était sous-estimer l\u2019entêtement de l\u2019homme.La procédure de destitution a donc été engagée le lendemain, comme promis, et dès le surlendemain, mardi, une lettre de démission signée de la main de Robert Mugabe était rendue publique.Vendredi, l\u2019ancien premier vice-président, Emmerson Mnangagwa, devenu président en vertu de la Constitution, a prononcé son discours inaugural devant une foule réunie dans le stade de Harare, en l\u2019absence du président déchu et de son entourage.Fait à signaler : le 6 novembre, donc tout récemment, il avait été forcé de s\u2019exiler en Afrique du Sud par Mugabe, ou plus vraisemblablement par Grace, l\u2019épouse de ce dernier, qui souhaitait devenir elle-même vice-présidente avant de succéder à son mari.Le nouveau chef de l\u2019État a martelé vendredi ce que la rue voulait entendre: il faut des emplois, des emplois, des emplois! Il a quand même rendu hommage à Robert Mugabe et demandé «qu\u2019on oublie le passé».Il aurait été étonnant qu\u2019il parle autrement puisqu\u2019il a au moins autant de gestes à se faire pardonner que son ancien patron.Emmerson Mnangagwa, né en 1942, a été un compagnon d\u2019armes de Rober t Mugabe pendant le combat contre le régime ségrégationniste dirigé par Ian Smith, même s\u2019il est son cadet d\u2019une vingtaine d\u2019années.Il a dirigé plusieurs ministères après l\u2019indépendance acquise en 1980, dont la Sécurité d\u2019État, la Défense, la Justice et les Finances.Il a joué un rôle important dans la répression exercée en 1983-1984 contre la ZAPU (Alliance africaine du peuple du Zimbabwe) dirigée par Joshua Nkomo, rivale de la ZANU-PF au pouvoir, et de nouveau lors des violences perpétrées lors de l\u2019élection présidentielle de 2008.Emmerson Mnangagwa a également plaidé vendredi pour la levée des nombreuses sanctions qui frappent le Zimbabwe, promettant d\u2019indemniser les fermiers (sur tout blancs) qui ont été dépossédés.Les réactions internationales à la mise à la retraite de Robert Mugabe ont été plutôt favorables, à commencer par celle du ministre britannique des Affaires extérieures, Boris Johnson, qui a parlé d\u2019une réintégration du pays dans la famille du Commonwealth.De là à croire que les investisseurs et les touristes af flueront vers le Zimbabwe, il y a un grand pas à franchir.Pourtant, il le faudrait bien, car l\u2019économie est exsangue.Les neuf dixièmes des adultes sont en chômage, ce qui ne signifie pas qu\u2019ils ne font rien et ne touchent aucun revenu, mais plutôt qu\u2019ils doivent se contenter des miettes que procurent les menus métiers du secteur informel.« Nous devons comprendre que le monde ne nous doit rien», commentait jeudi en éditorial le journal progouverne- mental The Herald de Harare, plus gros tirage dans le pays.Les militaires qui ont contribué à déposer Robert Mugabe ont multiplié les précautions pour ne pas donner l\u2019impression de perpétrer un coup d\u2019État, même si l\u2019expression a été largement utilisée dans la presse internationale.Contrairement à plusieurs pays situés plus au nord, l\u2019Afrique australe n\u2019a pas connu de putschs militaires à proprement parler.Après la chute du mur de Berlin et du communisme soviétique, l\u2019idée d\u2019une alternance à la tête des États et d\u2019une transition démocratique était à l\u2019ordre du jour dans plusieurs parties du monde, dont l\u2019Afrique.Dans ce continent, la démarche a malheureusement tourné à la mauvaise blague dans plusieurs cas, les «dynasties» régnantes se contentant de convoquer des «conférences nationales» et de tenir des élections truquées, souvent avec la complicité de certains pays du Nord qui redoutaient que des changements trop marqués nuisent à leurs intérêts.Ainsi, le Togo a connu de 1967 à ce jour le régime de Gnassingbé Eyadema et de son fils Faure Gnassingbé, le Gabon celui d\u2019Omar Bongo et de son fils Ali, l\u2019Angola celui d\u2019Eduardo dos Santos depuis 1979 jusqu\u2019à août dernier, le Cameroun, celui de Paul Bia depuis 1982.Dans d\u2019autres pays, comme le Rwanda ou la République démocratique du Congo, le chef de l\u2019État a soit fait modifier la Constitution, soit sérieusement envisagé de le faire, pour pouvoir exercer au moins un mandat de plus.Certains pays africains ont réussi à se doter d\u2019une démocratie viable après de longues périodes d\u2019autocratie, comme la Tunisie.À l\u2019autre bout du continent, l\u2019Afrique du Sud donne l\u2019exemple d\u2019une bonne transition démocratique, même si l\u2019ANC (Congrès national africain, le parti du héros de la lutte contre l\u2019apartheid Nelson Mandela) monopolise le pouvoir depuis les premières élections universelles tenues en 1994.Il faut dire que les rivalités au sein même de cette formation sont parfois vives et que l\u2019opposition, quoique très morcelée, fait des gains.Il faut ajouter aussi que le travail de la Commission vérité et réconciliation (1996- 1998) a contribué à calmer les tensions raciales et autres.Au Nigeria, le pays le plus populeux d\u2019Afrique, la démocratie a commencé à s\u2019installer en 1999, malgré quelques scrutins jugés frauduleux, après des décennies de conflits et de coups d\u2019État.Elle s\u2019est peut- être installée à demeure en 2011, les élections se déroulant depuis lors de façon plus régulière grâce à la présence d\u2019ob- ser vateurs internationaux.Cela n\u2019empêche toutefois pas les conflits ethniques et la corruption de demeurer des fléaux, sans oublier la terreur répandue par le groupe islamiste Boko Haram.Le Zimbabwe s\u2019est défait d\u2019un régime raciste blanc en 1980 à la suite d\u2019une guérilla féroce, alors que l\u2019Afrique du Sud a fait de même plus d\u2019une décennie plus tard, mais dans le cadre d\u2019un processus relativement pacifique.Autre dif férence, la ZANU-PF de Robert Mugabe, par venue au pouvoir au plus fort de la guerre froide, s\u2019est inspirée de régimes marxistes à partis uniques, ce que l\u2019ANC n\u2019a ni pu ni voulu faire à une tout autre époque.Collaboration spéciale Le Devoir Le Zimbabwe tourne la page de l\u2019ère Mugabe Que réserve l\u2019avenir dans un pays où les militaires veillent au grain et où neuf adultes sur dix sont au chômage ?TONY KARUMBA AGENCE FRANCE-PRESSE Des Zimbabwéens se sont réunis pendant la cérémonie faisant d\u2019Emmerson Mnangagwa le nouveau président du pays, vendredi. L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 5 E T D I M A N C H E 2 6 N O V E M B R E 2 0 1 7 B 9 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon (chef de division), Robert Dutrisac, (éditorialiste), Michel Garneau et Pascal Élie (caricaturistes), Jacques Nadeau (photographe), Olivier Zuida (recherchiste photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division et reporter), Stéphane Baillargeon (généraliste), Gérald Dallaire (pupitre), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Jean Dion (sports), Marco Fortier (éducation), Lisa-Marie Gervais (diversité), Pauline Gravel (sciences), Jessica Nadeau (éducation).Alexandre Shields (environnement); information politique : Michel David (chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Marie-Michèle Sioui (correspondants parlementaires à Québec) Dave Noël (recherche), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec); information culturelle : Guillaume Bourgault-Côté (politiques culturelles), Julie Carpentier (pupitre), Fabien Deglise (livres), Catherine Lalonde (arts vivants), François Lévesque (écrans),Caroline Montpetit (arts vivants), Philippe Papineau(médias); information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l\u2019information), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Benoît Munger (pupitre); information internationale : Guy Taillefer (chef de division et éditorialiste); section art de vivre : Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); cahiers spéciaux : Aude Marie Marcoux (responsable); équipe numérique : Laurence Clavel, Guillaume St-Hilaire et Geneviève Tremblay (pupitres); correction : Andréanne Bédard, Christine Dumazet et Michèle Malenfant (correctrices) ; soutien à la rédaction : Amélie Gaudreau (coordonnatrice à la rédaction), Jean-Philippe Proulx (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa).PUBLICITÉ Charleyne Bachraty (adjointe au vice-président), Marlène Côté, Évelyne De Varennes, Amel Elimam, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (directrices de comptes), Alain Tréhout (directeur créativité média), Amélie Maltais (commis aux avis légaux), Alessandra Tantalo et Laurence Hémond (coordonnatrices publicitaires).PRODUCTION Caroline Desrosiers, Yannick Morin, Anthony White et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web), Jean-François Côté (analyste programmeur), Luc Girard (technicien informatique), Solène M.Hébert (développeuse Web).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Catherine Gentilcore (coordonnatrice marketing, communications et relations publiques), Sébastien Beaupré (coordonnateur service à la clientèle), Manon Blanchette, Caroline Filion, Nathalie Filion, Isabelle Sanchez (préposées au service à la clientèle).ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Mélisande Simard (adjointe administrative et responsable des ressources humaines), Florentina Draghici (technicienne comptable), Véronique Pagé (responsable du crédit).C O L E T T E B R I N Directrice du Centre d\u2019études sur les médias et professeure au Département d\u2019information et de communication de l\u2019Université Laval P H I L I P P E R O D R I G U E S R O U L E A U Étudiant au doctorat en communication à l\u2019Université d\u2019Ottawa es élections présidentielles américaines de 2016 ont éveillé des soupçons quant à la probité des processus électoraux à l\u2019ère numérique.Cy- berespionnage, piratage informatique, utilisation détournée des réseaux sociaux par des groupes organisés : autant de facteurs pouvant entacher le bon déroulement d\u2019une campagne, même dans les démocraties les mieux établies.Facebook est particulièrement montré du doigt.Aux États-Unis, où l\u2019hypothèse d\u2019une ingérence russe durant l\u2019élection de 2016 fait l\u2019objet d\u2019une commission d\u2019enquête, des messages indésirables ont été massivement dif fusés sur cette plateforme.Des milliers de dollars en espaces publicitaires ont également été vendus à d\u2019obscurs comptes russes qui ont utilisé Facebook pour diffuser leur propagande.Même si on ne connaît pas les ef fets réels sur le vote \u2014 et bien que le Canada et le Québec ne semblent pas directement menacés pour le moment \u2014, il y a lieu de s\u2019interroger sur les moyens à mettre en œuvre et les responsabilités de dif férents acteurs par rapport au fléau de la désinformation.D\u2019autant plus que les prochaines échéances électorales approchent à grands pas.Il y a quelques semaines, Facebook Canada a dévoilé son « Initiative canadienne pour l\u2019intégrité électorale » en vue du scrutin fédéral de 2019.Passée à peu près inaperçue, cette initiative comprend trois mesures destinées à la classe politique canadienne : la publication d\u2019un « guide d\u2019hygiène » censé aider les députés et les partis politiques à mieux sécuriser leurs comptes Facebook ; le lancement prochain d\u2019un programme de formation en ligne couvrant les mêmes sujets ; et la mise en activité d\u2019une adresse courriel exclusivement dédiée aux demandes d\u2019assistance en cas de piratage.Facebook soutiendra aussi un programme de développement de la littératie numérique, sous l\u2019égide de l\u2019organisme HabiloMédias.Lobbyisme Ces mesures s\u2019inscrivent dans une volonté plus large de « renforcer le processus démocratique » \u2014 dixit Mark Zuckerberg \u2014 là où le réseau social est présent.À cette fin, Facebook a multiplié depuis un an, dans plusieurs pays, les annonces d\u2019investissements en matière de surveillance des élections, de vérification des contenus publicitaires qui circulent sur son réseau, et de détection par intelligence artificielle des fausses nouvelles (fake news).Après avoir d\u2019abord hésité à reconnaître ses torts à l\u2019issue de la campagne présidentielle américaine, l\u2019entreprise admet qu\u2019elle aurait dû voir venir et agir.Les dirigeants de Facebook s\u2019engagent à collaborer avec les autorités pour éviter que pareille situation se reproduise à l\u2019avenir.Mais malgré cette bonne volonté affichée, on voit surtout l\u2019effet d\u2019un puissant exercice de lobbyisme, dont l\u2019opacité est aussi impénétrable que les algorithmes qui ordonnent ses deux milliards de fils d\u2019actualité personnalisés.L\u2019intérêt soudain de Facebook pour la chose publique soulève bien des questionnements.La responsabilité de préserver l\u2019intégrité du processus électoral est-elle du ressort d\u2019une entreprise privée, aussi bien intentionnée soit-elle ?Comme il s\u2019agit du bon fonctionnement de la démocratie, la responsabilité n\u2019incombe-t-elle pas plutôt aux autorités électorales, aux États, aux collectivités?Alors que les Québécois seront appelés aux urnes dans moins d\u2019un an, les capacités et les moyens dont dispose le Directeur général des élections (DGEQ) devront être renforcés afin d\u2019encadrer les communications numériques.Si une cyberattaque de l\u2019étranger semble peu probable, le Québec, en revanche, n\u2019est pas à l\u2019abri de campagnes organisées de désinformation sur les réseaux sociaux ou de tentatives de piratage en tous genres à l\u2019encontre de personnalités ou de partis politiques.Au fédéral, une révision de la Loi électorale est attendue dans les prochains mois en prévision du scrutin de 2019.Il reste à voir quel rôle pourra jouer Élections Canada, dont la responsabilité concernant les médias se limite à ce qui concerne le processus du vote lui- même, plutôt que les contenus concernant les cand idats et les par t is .Quant au CR TC , chargé d\u2019assurer l\u2019équilibre du temps d\u2019antenne et une cer taine impartialité de traitement dans les médias audiovisuels, son mandat exclut les communications numériques, ainsi que toute forme de censure.Il faudra donc trouver un équilibre entre liber té de presse et intégrité du processus électoral.Bulles Les médias traditionnels ont une obligation d\u2019indépendance et d\u2019équité en période électorale ; à notre avis, les mêmes règles devraient s\u2019appliquer aux entreprises de réseaux sociaux qui orientent une grande partie du flot d\u2019informations en ligne, tout particulièrement au Québec.Selon les données colligées par le Centre d\u2019études sur les médias dans le cadre du Digital News Report 2017, 55 % des Canadiens francophones (et 71 % des francophones de moins de 35 ans) utilisent Facebook pour consulter, partager ou commenter des nouvelles sur une base hebdomadaire.Les médias sociaux contribuent aussi fort probablement à accentuer nos biais, puisqu\u2019ils nous alimentent en priorité de contenus et de contacts qui nous ressemblent et nous plaisent.Fausses nouvelles ou pas, les « bulles » d\u2019opinions et d\u2019expériences relativement homogènes ne sont pas propices à un débat démocratique éclairé.Comme pour l\u2019ensemble des problèmes de régulation de l\u2019espace numérique, la solution à long terme passera sans doute par une concertation internationale.D\u2019ici là, les gouvernements nationaux doivent tout de même se montrer proactifs et mobiliser des ressources et des expertises d\u2019ici pour assumer leurs responsabilités vis-à-vis de l\u2019ensemble de leurs citoyens.En ce qui concerne le processus démocratique, se fier aux engagements volontaires d\u2019une entreprise étrangère, dont la feuille de route en la matière n\u2019est pas tout à fait reluisante, nous semble à la fois inopportun et hasardeux.Nous rejoignons les arguments de Kent Harrington, ancien cadre de la CIA, pour qui la solution passe non seulement par un meilleur encadrement des géants du numérique, mais aussi par un renforcement des capacités journalistiques et du système d\u2019éducation public.PROCESSUS ÉLECTORAL Peut-on se fier à Facebook pour combattre la désinformation?F R É D É R I C C A S T E L Géographe, historien, religiologue, UQAM u lendemain d\u2019une élection, les analystes évaluent l\u2019écho des programmes et l\u2019impact des faits et gestes des chefs.À l\u2019aide de la cartographie des résultats par section de vote et des données par district, l\u2019analyse géographique des élections municipales de Montréal permet de dégager des mouvements de fond et de mettre en lumière des phénomènes qui, autrement, passeraient sous le radar.En 2017, sous l\u2019effet de l\u2019effondrement des tiers par tis, qui ne présentaient plus de cand idats à la ma ir ie de la v i l le, Pro jet Montréal et l\u2019Équipe Denis Coderre ont vu tous deux leurs électorats s\u2019accroître.Sur le plan spatial, les changements les plus remarquables sont, naturellement, l\u2019expansion du parti de Valérie Plante et la bipolarisation du vote.Ainsi s\u2019est ef facé l\u2019impact qu\u2019ont eu, en 2013, le parti du Vrai Changement pour Montréal de Mélanie Joly et la Coalition Montréal de Marcel Côté.La cartographie des sections de vote révélait alors que l\u2019ensemble des quar tiers du centre-ouest, où les anglophones et les allophones sont nombreux, étaient devenus un patchwork géopolitique où les luttes se faisaient à trois ou à quatre.Il est tout aussi singulier qu\u2019en 2017 cet espace hétérogène ait principalement favorisé Projet Montréal.Bouleversements durables En 2009, sous Louise Harel, Vision Montréal, avec des candidats souverainistes et fédéralistes reconnus, réussit à percer cer tains univers allo- phones.En 2013, prenant le relais de Vrai Changement pour Montréal , Coal i t ion Montréal réussit à gagner de nouveaux électeurs dans Côte- des-Neiges quoiqu\u2019en perdant une bonne part des acquis de Vision Montréal dans l\u2019est.On n\u2019aura guère remarqué que les succès obtenus par Mélanie Joly pour le poste de maire en 2013 ont été spectaculaires dans la mesure où celle-ci finit première dans maints secteurs du centre- ouest, de Pierrefonds, de Saint-Laurent et de Tétrault- ville, autant dans des secteurs francophones qu\u2019anglophones ou allophones.Avec des luttes à quatre, les élections de 2013 ont créé des bouleversements durables dans le centre-ouest, devenu politiquement plus fluide.Pour la mairie de Montréal, dans l\u2019est, les anciens par ti- sans de Coalition Montréal ont massivement appuyé Valérie Plante.Dans l\u2019ouest, les par t isans du Vra i Changement pour Montréal ont majoritairement fait de même, sauf ceux de Saint-Laurent et du centre-ville qui lui ont préféré Denis Coderre.Châteaux forts De Saint-Laurent à Rivière- des-Prairies, l\u2019Équipe Denis Coderre l\u2019emporte fortement dans les districts où la présence des allophones est supérieure à la moyenne.Il reste que les fortes majorités obtenues dans le nord-est indi - quent que les francophones des banlieues sont nombreux à opter pour cette formation.À première vue, le territoire où la majorité des électeurs appuient l\u2019Équipe Denis Co- derre correspond à l\u2019espace du vote libéral aux paliers québécois et canadien.Toutefois, le château for t péquiste de Pointe-aux-Trembles est resté fidèle au maire sortant, alors que le centre-ouest, majoritairement libéral, lui a largement échappé dès 2013.En 2013, le territoire où les électeurs de Projet Montréal dominent prenait la forme d\u2019un triangle unissant Ahunt- sic, Tétraultville et Saint- Henri.Cela correspond aux quartiers à forte majorité francophone.En 2017, cet espace s\u2019est fortement étendu aux extrémités sud de la ville, de sor te que l\u2019appor t des électeurs anglophones et allo- phones s\u2019est accru.En 2013, le territoire de Projet Montréal recoupait essentiellement l\u2019espace composite où prédominent, au provincial, les électeurs solidaires et péquistes et, au fédéral, les électeurs néodémocrates et blo- quistes (version 2015) .En 2017, l\u2019expansion vers l\u2019ouest, déjà entamée à Notre-Dame- de-Grâce, s\u2019est faite dans des univers politiquement mixtes ou libéraux.Diverses cités La géographie des réalités ethnol ingu ist iques et des sensibilités politiques montre des parentés avec la géographie des formations mu- n ic ipales .Le recoupement n \u2019est toutefo is pas tota l , comme si un troisième paramètre manqua it à la dynamique.Les analyses électorales, focalisées sur le rôle du politique et du culturel, oublient souvent celui du social qui, à l\u2019échelle municipale, est déterminant.L\u2019électorat de Projet Montréal est massif dans la « ville centre », soit la par tie de Montréal qui s\u2019est bâtie avant la Deuxième Guerre mondiale et qui se caractérise par une trame urbaine dense avec des infrastructures qui demandent des réparations.On y rencontre plus de ménages locataires et d\u2019usagers du transpor t en com - mun.Vu ce profil urbain, on y précon ise davantage des approches de politique participative.En banlieue, le cadre de vie et le profil socioé- conomique (plus de propriétaires et plus d\u2019usagers de l\u2019automobile) sont dif férents, de sor te qu\u2019on y est moins sensible aux propositions de Projet Montréal.Ce n\u2019est pas un hasard si l\u2019actuel territoire de Projet Montréal rappelle le Montréal des années 1960, les banlieues annexées ayant majoritairement voté pour l\u2019Équipe Denis Coderre ou des partis locaux, à l\u2019exception de Verdun et de Lachine.Espaces de changement En 2017, au-delà des programmes proposés, les défis de l\u2019Équipe Denis Coderre et de Projet Montréal étaient d\u2019aller au-delà des ter res acquises.Pour le maire sortant, il était embêtant de ne pas avoir d\u2019élus dans les districts francophones centraux.En ralliant à sa cause des candidats issus d\u2019autres partis municipaux, dont plusieurs souverai- nistes reconnus, bien des espoirs lui étaient permis.Pour l\u2019aspirante mairesse, il fallait sortir de la ville centre, notamment en rejoignant les milieux anglophones et allophones.Or, le jour du scrutin, Projet Montréal a réal isé de fortes avancées dans les quartiers politiquement et cultu- rellement mixtes du centre- ouest tout en ralliant, à l\u2019est, les anciens partisans de la Coalition Montréal et du Vrai Changement pour Montréal qui n\u2019ont pas suivi les transfuges.Malgré ces poussées, le territoire de l\u2019Équipe Denis Coderre s\u2019est bien maintenu, mais en s\u2019affaiblissant en matière d\u2019écarts.D\u2019autre par t, on ne voyait pas venir que, dans cer tains milieux issus de l\u2019immigration, le vote se diversifie davantage.Les cartographies de 2013 et de 2017 le font voir, surtout au sud de l\u2019autoroute 40.À l\u2019échelon des conseillers municipaux, dans les 22 districts à forte concentration al- lophone, les appuis à Projet Montréal ont franchi le seuil des 40 % dans neuf districts des arrondissements de Ville- ray\u2013Saint-Michel\u2013Parc-Exten- sion, Ahuntsic-Car tier ville, C ô t e - d e s - N e i g e s \u2013 N o t r e - Dame -de -Grâce , Ver dun, Saint-Laurent, Rivière-des- Prairies\u2013Pointe-aux-Trembles et Montréal-Nord.La bipolarisation des résultats de 2017 cache donc toute une évolution, de l\u2019ordre de la tectonique des plaques, qui s\u2019est faite, subrepticement, sur quelques années, surtout dans la ville centre.ÉLECTIONS MUNICIPALES À MONTRÉAL Le dessous des cartes L JONATHAN NACKSTRAND AGENCE FRANCE-PRESSE GUILLAUME LEVASSEUR LE DEVOIR Montréal au lendemain des élections du 5 novembre dernier.En mauve, les arrondissements remportés par l\u2019Équipe Denis Coderre ; en vert, ceux où la victoire est allée à Projet Montréal.A L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 5 E T D I M A N C H E 2 6 N O V E M B R E 2 0 1 7 B 10 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon (chef de division), Robert Dutrisac, (éditorialiste), Michel Garneau et Pascal Élie (caricaturistes), Jacques Nadeau (photographe), Olivier Zuida (recherchiste photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division et reporter), Stéphane Baillargeon (généraliste), Gérald Dallaire (pupitre), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Jean Dion (sports), Marco Fortier (éducation), Lisa-Marie Gervais (diversité), Pauline Gravel (sciences), Jessica Nadeau (éducation).Alexandre Shields (environnement); information politique : Michel David (chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Marie-Michèle Sioui (correspondants parlementaires à Québec) Dave Noël (recherche), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec); information culturelle : Guillaume Bourgault-Côté (politiques culturelles), Julie Carpentier (pupitre), Fabien Deglise (livres), Catherine Lalonde (arts vivants), François Lévesque (écrans),Caroline Montpetit (arts vivants), Philippe Papineau(médias); information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l\u2019information), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Benoît Munger (pupitre); information internationale : Guy Taillefer (chef de division et éditorialiste); section art de vivre : Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); cahiers spéciaux : Aude Marie Marcoux (responsable); équipe numérique : Laurence Clavel, Guillaume St-Hilaire et Geneviève Tremblay (pupitres); correction : Andréanne Bédard, Christine Dumazet et Michèle Malenfant (correctrices) ; soutien à la rédaction : Amélie Gaudreau (coordonnatrice à la rédaction), Jean-Philippe Proulx (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa).PUBLICITÉ Charleyne Bachraty (adjointe au vice-président), Marlène Côté, Évelyne De Varennes, Amel Elimam, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (directrices de comptes), Alain Tréhout (directeur créativité média), Amélie Maltais (commis aux avis légaux), Alessandra Tantalo et Laurence Hémond (coordonnatrices publicitaires).PRODUCTION Caroline Desrosiers, Yannick Morin, Anthony White et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web), Jean-François Côté (analyste programmeur), Luc Girard (technicien informatique), Solène M.Hébert (développeuse Web).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Catherine Gentilcore (coordonnatrice marketing, communications et relations publiques), Sébastien Beaupré (coordonnateur service à la clientèle), Manon Blanchette, Caroline Filion, Nathalie Filion, Isabelle Sanchez (préposées au service à la clientèle).ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Mélisande Simard (adjointe administrative et responsable des ressources humaines), Florentina Draghici (technicienne comptable), Véronique Pagé (responsable du crédit).N A T H A L I E B O N D I L Directrice et conservatrice en chef, Musée des beaux-arts de Montréal M A R I E C O L L I N P.-d.g.de Télé-Québec B E R N A R D D E S C Ô T E A U X Directeur, Le Devoir (de 1999 à 2016) M I C H È L E F O R T I N P.-d.g.de Télé-Québec (de 2005 à 2015) B R I A N M Y L E S Directeur, Le Devoir C H R I S T I A N Y A C C A R I N I Président et chef de la direction, Société de développement Angus ean Lamarre nous a quittés trop tôt à l\u2019âge de 63 ans, fauché par un cancer auquel il aura tenu tête jusqu\u2019à la toute fin, avec une sérénité, une distance, un courage et son humour distinctif, l\u2019air de rien\u2026 C\u2019était tout lui.D\u2019une résilience qui force l\u2019admiration, il a consacré ses ultimes moments à rassurer ses proches et à préparer la relève au sein des nombreux conseils d\u2019administration, dans des sociétés autant publiques que privées, dans lesquels il était impliqué à titre de président ou d\u2019administrateur.Peu de gens réalisent à quel point Jean La- marre a imprimé sa marque sur des institutions importantes au Québec : la Société de développement Angus, Télé-Québec, Le Devoir et tant d\u2019autres.Pendant que d\u2019autres surveillent leurs placements, Jean Lamarre dépensait son inépuisable énergie dans les causes qui lui tenaient à cœur.«Le privilège d\u2019avoir gagné de l\u2019argent vient avec la responsabilité de bien le dépenser», disait-il.Son père, Bernard Lamarre, a bâti des cathédrales de la modernité, tandis que Jean a tissé une toile impressionnante d\u2019interconnexions humaines qui lui survivront.Il incarnait une intelligence pure branchée sur un réseau.Une affaire d\u2019humains Pour nous, dirigeants de ces institutions, Jean Lamarre était un président, un conseiller, un bénévole, bref un citoyen exemplaire.Doté d\u2019une perspicacité sidérante, il connaissait sur le bout des doigts la réalité de nos institutions, y compris la complexité des dynamiques humaines.Président de conseil, il s\u2019intéressait aux opérations quotidiennes avec tout un jeu de cartes en main : l\u2019esprit de synthèse, le savoir et la rigueur, l\u2019intelligence et la curiosité, l\u2019intuition et un humour\u2026 irrésistible.Toujours en vision macro et jamais en mode microgestion ! Un président idéal.À toute heure du jour, peu importe le fuseau horaire ou le continent, ce voyageur infatigable répondait présent pour nous épauler.Il jouait, sans ingérence, son rôle d\u2019ouvrir des portes et d\u2019agir comme un mentor.Il a aidé jusqu\u2019à son dernier souffle.Homme rationnel et bienveillant, Jean La- marre n\u2019était pas un amateur des théories modernes de gestion.Dans toute entreprise, il n\u2019y avait que des problèmes d\u2019humains que seuls des humains pouvaient régler.D\u2019ailleurs, la montée de l\u2019intelligence artificielle le faisait rire.«Que feront-ils sans problèmes à créer et à régler ?» demandait cet humaniste lucide à la blague.Il entendait la gestion comme Jefferson voyait la politique : un compromis dans l\u2019art de l\u2019improvisation.Avec instinct et audace, il dénichait des talents, offrant des opportunités de travail et des promotions à des postes clefs.L\u2019innovation était son maître mot.Un homme attachant Ce n\u2019est pas le président ou le conseiller qui nous manquera le plus, mais l\u2019homme et l\u2019ami, profondément attachant, loyal, franc, lumineux.Aucune crise, aucun problème n\u2019était assez grand pour lui faire perdre son sourire et son sang-froid.Il y avait toujours une solution, un moyen d\u2019avancer\u2026 Car le travail, pour Jean Lamarre, était un mode de vie qu\u2019il savait rendre joyeux.Discret, Jean ne s\u2019impliquait jamais pour sa gloire, mais par conviction.Il ne courait ni les titres ni les honneurs.Une inter vention de Christian Yaccarini, avec d\u2019autres complices, lui a fait obtenir, dans son tout dernier lit, la médaille d\u2019honneur de l\u2019Assemblée nationale du Québec.Son départ provoque un vide immense dans nos vies et pour de nombreuses institutions québécoises.Jean Lamarre restera un exemple à suivre pour nos décideurs.Citoyen engagé et généreux, il a passé une grande partie de sa vie à utiliser le prestige de son nom pour aider et donner au suivant.Son épouse Diane et ses enfants, Catherine et David, n\u2019ont jamais pu ralentir ce travailleur acharné.S\u2019il avait pu, il aurait ajouté une huitième journée à sa semaine type de travail.Pour avoir permis à tant d\u2019amis et de collaborateurs de lui dire adieu, nous sommes profondément reconnaissants à la famille Lamarre-Fu- gère, que nous chérissons de tout cœur.Toujours élégant, lors de nos ultimes rencontres et alors qu\u2019il se savait condamné, Jean nous remerciait encore pour notre temps.Jean Lamarre est mort debout.Il nous appartient maintenant de marcher dans son sillage.JEAN LAMARRE, 1953-2017 Un président de conseil hors pair, un ami irremplaçable F R A N Ç O I S L E B R U N Un ami de Jean omme mentionné dans Le Devoir, ton départ prématuré laisse un grand vide dans la vie de plusieurs personnes.Je vais m\u2019ennuyer profondément de nos repas trimestriels depuis plusieurs années.Lors de ces agapes fraternelles, tu me racontais les péripéties de ton plus récent voyage en Afrique, qui te passionnait.Tu as découvert ce continent dans ta jeunesse grâce à ton père, le célèbre Bernard Lamarre.Si ma mémoire est fidèle, tu as commencé ta carrière comme pilote de brousse.Par la suite, tu as contribué de façon significative au développement de Sefamo, une importante compagnie aurifère au Bénin.Grâce à ton expertise développée au fils des ans, tu es devenu un interlocuteur privilégié pour plusieurs leaders africains.On a même fait appel à tes talents d\u2019arbitre pour résoudre certaines crises majeures sur le continent africain.Je pourrais évoquer d\u2019autres expériences passionnantes que tu as vécues dans d\u2019autres pays, à Cuba avec Gérard Depardieu, en Russie et ailleurs, mais l\u2019espace me manque.Une première passion, le Québec Même si tu étais passionné par tes missions à l\u2019étranger, ta première passion, c\u2019était le Québec.Tu as consacré beaucoup d\u2019énergie à faire démarrer des projets dans de nombreux secteurs d\u2019avenir.À l\u2019instar de ton père, tu es un grand entrepreneur du Québec d\u2019aujourd\u2019hui.J\u2019espère que tu seras cité en exemple à l\u2019École d\u2019entrepreneurship de Beauce.En outre, ton engagement dans la communauté a été remarquable.Combien d\u2019heures as-tu consacrées bénévolement à diverses causes et à des institutions fondamentales pour notre société telles que Le Devoir et Télé-Québec.Et je sais pertinemment que ce ne fut pas toujours des tâches faciles, compressions obligent.Je ne peux passer sous silence ton attachement profond à ta famille.À Diane, ton épouse bien-aimée, à tes enfants dont tu étais fier et à tes petits-enfants qui ont donné un nouveau sens à ta vie à l\u2019aube de la soixantaine.Je termine en te remerciant pour ta fidélité en amitié, nonobstant ton emploi du temps surchargé et tes nombreux voyages à l\u2019étranger, tu as toujours été disponible pour nos échanges depuis 15 ans.Lors de notre dernière rencontre, je t\u2019avais suggéré d\u2019écrire la biographie de ton père, un très grand entrepreneur.Tu m\u2019avais répondu : « François, je n\u2019ai pas le temps\u2026 Je sais que je suis atteint d\u2019un cancer rare, mais je veux travailler jusqu\u2019à la fin de mes jours.» Aujourd\u2019hui, ta famille est éprouvée, tes amis sont tristes, mais Bernard, ton modèle, est sans doute très fier de ton parcours et heureux de te retrouver de nouveau tout près de lui.Un grand merci, Jean, pour ton amitié indéfectible et surtout pour ta contribution majeure au développement de la société québécoise.Tu mérites pleinement la médaille de l\u2019Assemblée nationale que tu as reçue avant ton départ pour l\u2019éternité ! Jean Lamarre, la passion du Québec D E N I S D U B O I S Directeur général des programmes à Télé-Québec la suite de la parution dans ces pages d\u2019une chronique de Fabrice V il se désolant du manque de diversité dans la mo- s a ï q u e d e s p e r - sonnes inspirantes d e M A M M O U T H 2 0 1 7 («Mammouth pour les blancs», 24 novembre 2017), il me paraît essentiel non seulement de rétablir les faits, mais aussi de clarifier l\u2019intention et de mettre en valeur ce grand projet.Quiconque connaît Télé - Québec sait à quel point la cha îne a la jeunesse (nos adultes de demain) à cœur.I l faut savo ir que plus de 40 % de la grille du dif fuseur présente des émissions de qualité expressément réflé- ch ies et conçues pour les jeunes.Dans ce même ordre d\u2019idées, nous avons souhaité aller encore plus loin en offrant aux jeunes de s\u2019exprimer à propos de ce qui les inspire, les fait grandir, les pousse à aller toujours plus lo in .A ins i est né le grand pro jet MAMMOUTH, dont l\u2019objectif principal est justement de donner la parole aux jeunes du Québec.À la fin de l\u2019été dernier, Télé- Québec a fait appel aux jeunes de par tout au Québec pour qu\u2019ils soulignent des actions inspirantes.Qu\u2019elles aient été posées par des jeunes ou des adultes ; par des hommes ou des femmes ; dans une région du Québec ou à l\u2019autre bout du monde ; par des gens issus de minorités visibles ou des gens d\u2019origine québécoise ; toutes les actions proposées ont été accueillies, pourvu qu\u2019elles aient été posées au Québec dans les douze derniers mois ou par des gens qui vivent au Québec.En octobre, dix jeunes provenant de dif férentes régions du Québec ont délibéré pendant deux journées entières pour déterminer les 20 gestes qui les ont le plus marqués au cours des douze derniers mois.Pour arriver à bien cibler ces 20 actions, les membres de ce jury ont dû s\u2019informer, discuter, s\u2019ouvrir à la diversité d\u2019opinions, faire des choix parfois déchirants\u2026 et ils l\u2019ont fait avec la plus grande ouverture et le plus grand sérieux.Nous y avons entendu des jeunes allumés, respectueux des pensées des autres, heureux de participer à ce processus et fiers de se faire la voix de leurs collègues de classe et de leurs amis.La parole a été totalement donnée aux jeunes, et Télé- Québec n\u2019a jamais souhaité diriger leurs choix, pas même un peu.Cet aspect était non négociable : on souhaitait les entendre, eux.Et nous en sommes très fiers ! Ainsi est née la mosaïque MAMMOUTH 2017, dévoilée à la population québécoise le 16 novembre dernier.De tout ce qui pourra être dit de cette mosaïque de gestes inspirants, l\u2019aspect le plus im- por tant est qu\u2019elle respecte d\u2019un bout à l\u2019autre le choix des jeunes.Entre adultes, trop rarement laissons-nous nos adolescents s\u2019exprimer, nous faire savoir ce qui les allume, ce qui les touche, ce qu\u2019ils visent ou même ce qu\u2019ils souhaiteraient devenir, au plus profond d\u2019eux- mêmes.La mosaïque MAMMOUTH 2017 présente des gens qui aident leur prochain ; qui se tiennent debout ; qui s\u2019af firment dans leur différence ; qui revendiquent leurs droits ; qui voient grand et foncent ; qui n\u2019ont pas peur de déranger pour que la société aille de l\u2019avant\u2026 Maintenant, ce que je souhaite sincèrement, c\u2019est que MAMMOUTH 2017 nous ouvre les yeux sur les aspirations positives de nos adultes de demain et qu\u2019elle invite à la discussion respectueuse en fami l le ou entre amis .B ien sûr, i l aura it été plus « politiquement correct » que la compos i t ion de la mosaïque soit plus diversifiée, ma is Té lé -Québec aura i t alors failli à son engagement de laisser la pleine liberté de parole aux jeunes.Nous sou- ha i tons v ivement que la grande cé lébrat ion MAMMOUTH 2017 insp ire les jeunes de toutes les communautés à se joindre à ce mouvement collectif.Pour l\u2019instant, je vous invite à découvrir les gens exceptionnels, choisis par nos jeunes, qui composent la mosaïque MAMMOUTH 2017 en visitant le mammouth.telequebec.tv Réponse du chroniqueur Par sa réponse, est-ce que Télé -Québec nous informe que la sélection des personnalités Mammouth s\u2019est faite sans balises ?L\u2019entreprise aurait-elle accepté que le jur y contrevienne au principe de la parité ?Bien sûr que non.J\u2019œuvre en éducation depuis 2001 et je sais bien que tout en faisant place à l\u2019autonomie des jeunes, les adultes doivent guider leurs choix selon des principes.Ici, constatons que pour Télé-Québec, le principe de la diversité culturelle n\u2019a qu\u2019une valeur de rectitude politique.Ceci est d\u2019autant plus regrettable que l\u2019ensemble du portrait perpétue le complexe du sauveur blanc.La réponse de Télé-Québec est d\u2019ailleurs silencieuse à cet égard.Fabrice Vil Laisser la liberté de parole aux jeunes J JACQUES GRENIER LE DEVOIR Jean Lamarre en 2009 C À Bien sûr, il aurait été plus \u201c politiquement correct \u201d que la composition de la mosaïque soit plus diversifiée, mais Télé-Québec aurait alors failli à son engagement de laisser la pleine liberté de parole aux jeunes « » Le gouvernement Trump travaille au Congrès à faire passer une « réforme» fiscale comme les Américains n\u2019en ont pas vu depuis Ronald Reagan, il y a 30 ans.Antiréforme serait plutôt le mot juste.ui dit réformes dit par dé?nition changements pour le mieux.On peut donc dif?cilement dire que la refonte de la ?scalité que Donald Trump a l\u2019ambition d\u2019avoir fait voter par le Congrès avant Noël est réformiste, considérant qu\u2019il s\u2019agit en grande partie d\u2019un cadeau pour les plus riches dont la classe moyenne fera les frais.En vertu de la version de la loi votée à la Chambre des représentants, environ 45 % des réductions de taxes ?niraient par aller dans les poches des ménages dont les revenus sont supérieurs à 500 000 $US, selon le Center on Budget and Policy Priorities.Une évaluation complémentaire de ce think tank crédible de Washington établit que les ménages dont les revenus annuels sont inférieurs à 75 000 $US verraient leur situation ?scale se détériorer.D\u2019où cette question : par quelles dynamiques un parti politique aussi clairement voué à la défense des intérêts d\u2019une minorité de richards parvient-il malgré tout à être élu?Si la question n\u2019est pas nouvelle, elle trouve sa réponse sous M.Trump dans la montée du « plouto-popu- lisme », suivant l\u2019expression créée par Martin Wolf, chroniqueur au Financial Times, un homme qu\u2019on ne peut guère dire de gauche mais dont le point de vue plaît en l\u2019occurrence à Noam Chomsky.Produit objectif du Par ti républicain, M.Trump est au- jourd\u2019hui plouto-populiste en chef.Il a réussi, pour toutes sortes de raisons, à canaliser le ressentiment et l\u2019insécurité d\u2019une grande partie de ces Américains qui se sentaient, non sans raison, oubliés.Il n\u2019est pas, en fait, sans continuité idéologique et culturelle avec le cinématographique Ronald Reagan, dont les coupes d\u2019impôts en 1986 n\u2019ont pas, soit dit en passant, déclenché la vague promise de croissance économique.C\u2019est ainsi que, d\u2019un mensonge à l\u2019autre, le président-milliar- daire se sent tout à la fois autorisé à marteler que sa réforme de la ?scalité béné?cierait « très peu aux gens fortunés», «qu\u2019il est temps de se battre pour nos travailleurs américains » et que « je fais ce qui est juste et, croyez-moi, ce n\u2019est pas bon pour moi ».S\u2019agissant de faire avaler aux moins nantis et aux classes moyennes la couleuvre voulant qu\u2019ils ont leurs intérêts à cœur, ces ploutocrates ont trois stratégies principales, dit M.Wolf : ils mobilisent des économistes et des intellectuels capables de défendre la fable selon laquelle l\u2019ensemble des gens pro?teront de politiques qui béné?cient en fait au plus petit nombre ; ils abusent de la loi, notamment en bloquant l\u2019accès des minorités à l\u2019exercice de leur droit de vote ; et ils cultivent les con?its ethniques, raciaux et culturels \u2014 une matière dans laquelle M.Trump excelle avec une brutale ef?cacité.La sociologue Eva Illouz parle de son côté de la montée aux États- Unis, comme dans le reste du monde, d\u2019un «populisme émotionnel», où les peurs et le ressentiment qu\u2019éprouve l\u2019homme blanc chrétien (à l\u2019égard des immigrants, des gais, des femmes\u2026) se couplent à l\u2019établissement d\u2019un lien d\u2019«intimité» avec le leader.La politique devient de moins en moins affaire de raison.Interviennent plus que jamais, dit-elle, des «structures symboliques profondes» (insécurité, espoir, déception, ?erté\u2026) où les politiques économiques compliquées d\u2019un parti, fussent-elles nocives pour les électeurs, entrent moins que plus dans l\u2019équation des choix électoraux.Vrai que tout cela se joue depuis longtemps à divers degrés en politique américaine, tant l\u2019animosité entre mondes républicain et démocrate peut être viscérale.Cette refonte ?scale toute en duperie montre en tout cas que les républicains sont capables de créer les conditions propices à la survivance du trumpisme, même s\u2019il n\u2019est pas encore acquis que le Sénat votera la nouvelle loi.Il devrait sur vivre dans les États du sud à travers des hommes comme le sénateur Tom Cotton (Arkansas), militariste et xénophobe comme M.Trump, mais plus policé et bien à l\u2019aise au sein de l\u2019establishment washingtonien.Avec, à la clé, creusement des détresses et des inégalités.Alors quoi ?Sans être une panacée, il serait utile qu\u2019un sursaut de discernement citoyen fasse en sorte que les démocrates \u2014 en grand besoin de réforme, du reste \u2014 arrivent au moins à s\u2019emparer de la Chambre des représentants aux élections de mi-mandat, l\u2019année prochaine.L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 5 E T D I M A N C H E 2 6 N O V E M B R E 2 0 1 7 B 11 EDITORIAL L E T T R E S L I B R E O P I N I O N D A V I D R I S S E Sociologue et chercheur associé et président- fondateur du Centre de recherches et d\u2019activités culturelles et communautaires pour les diversités «Q uand on voit comment des hommes ont traité d\u2019autres hommes, comment s\u2019étonner de la façon dont ils ont traité les femmes?» notait la regrettée féministe Benoîte Groult.La volonté de cette dernière de comprendre le contexte de socialisation masculine peut constituer une clé de voûte pour que femmes et hommes demeurent unis contre les violences faites aux femmes.Ce besoin est d\u2019autant plus urgent que nous sommes aux prises avec les retombées des dénonciations d\u2019inconduites et d\u2019intimidation, d\u2019agressions et de violences sexuelles auxquelles peu de gens échappent.Devant l\u2019horreur et l\u2019ef froi causés par ces actualités, plusieurs s\u2019interrogent avec raison sur « la bonne attitude à garder ».Cer tes, il ne peut y en avoir une seule, tant les contextes de violences faites aux femmes sont variés.Le fait d\u2019en parler de plus en plus n\u2019est pas suf fisant, mais cette prise de conscience constitue une meilleure responsabili- sation quant à ce fléau social mondial [\u2026].À la lumière des révélations troublantes de l\u2019émission Enquête à propos de femmes autochtones disparues et violentées et d\u2019allégations impliquant la Sûreté du Québec dans ces violences et des récentes accusations de harcèlement sexuel et d\u2019inconduite sexuelle de producteurs culturels, force est de constater que nous ne sommes pas si loin, nous aussi, de nous habituer au scandale.Nous ne saurions ici trancher ni comparer ces événements.Là n\u2019est pas l\u2019objet de la présente lettre, qui se veut davantage un appui d\u2019alliés à la cause de la lutte contre les violences faites aux femmes.Mais pourquoi serait- il si difficile pour d\u2019autres hommes de se dire aussi solidaires de cette lutte séculaire ?Comment se fait-il que même les élus et les responsables concernés par ces violences aient tant de mal à passer des paroles aux actes, des babines aux bottines?Outils Force est de reconnaître que c\u2019est plus facile à dire qu\u2019à faire et qu\u2019il est difficile de nous défaire de la culture du relativisme culturel.Devant le pouvoir d\u2019influence des médias et des réseaux sociaux, on pourrait se demander quel peut et quel doit être leur rôle dans la dénonciation de ces violences, mais aussi leur responsabilité dans l\u2019outillage pédagogique de femmes victimisées et de leurs proches.Une question qui appelle à distinguer le potentiel de conscientisation des médias sociaux de leur contribution au développement de l\u2019esprit critique.L\u2019éducation sexuelle numérique (à des rapports égalitaires, non violents et épanouis entre filles et garçons) représente un enjeu capital d\u2019adaptation pour nos écoles, nos cé- geps et nos universités.Au nom de l\u2019intégrité physique et de la diversité érotique, nous pensons qu\u2019il est urgent d\u2019outiller nos jeunes face à la précocité de certains comportements sexuels et à l\u2019injonction de ce que d\u2019aucuns appellent l\u2019« extimité » numérique (la pression à dévoiler son intimité sur les réseaux sociaux).Une piste d\u2019action utile pour les aider serait de leur proposer un accompagnement raisonnable et responsable dans leur socialisation numérique.En ces temps obscurs de dénonciation et de censure plutôt que de prise de parole, de conscience et de position, de réaction tardive plutôt que de prévention inclusive, que nous est-il permis d\u2019espérer ?Sexisme ordinaire Si la disparition récente de femmes féministes remarquables (Benoîte Groult, Simone Veil) a éteint certaines lumières, elle n\u2019a pas freiné l\u2019élan de leur lutte, dont les acquis restent fragiles et forcent à rester en veille en ce qui concerne le sexisme ordinaire.Pour autant, est-ce être trop optimiste que d\u2019appeler à s\u2019allier plus encore, à œuvrer en bande, tel un castor avec l\u2019esprit constructeur qui fît de Beauvoir un Beaver ?Est-ce trop optimiste que de poursuivre sa lutte en l\u2019adaptant à nos réalités avec plus d\u2019alliés et d\u2019hommes contribuant à faire changer les mentalités et la culture à l\u2019égard des femmes?Puissions-nous ici espérer votre solidarité active en cette Journée internationale pour l\u2019élimination des violences faites aux femmes ; pour nous bâtir un avenir plus respirable, moins anxiogène, exempt de ces tensions actuelles entre femmes et hommes [\u2026].Ont signé cette lettre : Michel Tremblay (dramaturge et romancier), Georges Leroux (professeur émérite, UQAM), Michel Seymour (professeur, Université de Montréal), Lawrence Olivier (professeur, UQAM), Marc La- france (professeur, Université Concordia), Patrick Verret (auteur), Simon Boulerice (écrivain), Christian Adam (auteur), Jean-Sébastien Bourré (auteur), Jasmin Roy (Fondation Jasmin Roy), Alain Labonté (auteur), Denis-Mar- tin Chabot (auteur et journaliste), Karl Hardy (animateur, blogueur), Ashraf Mohamed Ahmed (architecte), Sébastien Almon (directeur, tournées et opérations artistiques, OSM), Rémi Fromentin (associé de recherche, CRCHUM), Cédric Meyer (La Gouvernance Au Féminin), Andrew D.Lindsay (La Gouvernance Au Féminin), Frank Bernard (La Gouvernance Au Féminin), Kenny Dias Medeiros (La Gouvernance Au Féminin), Patrice Benoît (Conseil central du Montréal métropolitain), Bertrand Guibord (Conseil central du Montréal métropolitain), Charles Sainte-Marie (Conseil central du Montréal métropolitain), Alexandre Taille- fer (associé principal, XPND Capital).JOURNÉE INTERNATIONALE POUR L\u2019ÉLIMINATION DE LA VIOLENCE À L\u2019ÉGARD DES FEMMES Des hommes solidaires s\u2019unissent pour la cause FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente du développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-président des ventes publicitaires MARK DROUIN Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Directeur de l\u2019information numérique FLORENT DAUDENS Adjoints PAUL CAUCHON, LOUIS GAGNÉ, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur de la production CHRISTIAN GOULET Choisir un libéral à la SODEC Le mandat de Monique Simard à la Société de développement des entreprises «Sorry, I speak French » On connaissait évidemment le «Sorry, I don\u2019t speak French».Aujourd\u2019hui, à Montréal, chez Adidas, on pourra lui ajouter un « Sorry, I speak French ».Il y a quarante ans maintenant, la loi 101 était adoptée.Quelle avancée spectaculaire ! André Braën Ottawa, le 24 novembre 2017 ÉTATS-UNIS Une réforme fiscale tout en tromperie Q GUY TAILLEFER De nombreux échecs en francisation La francisation des immigrants au Québec est un échec, constate la vérificatrice générale.La plus grosse erreur du gouvernement a été de fermer les Centres d\u2019orientation et de formation des immigrants (COFI).Oui, il y a eu de belles réussites comme à l\u2019UQAM ou l\u2019école Nouvel-Horizon de Gati- neau, mais aussi des échecs nombreux.Des « responsables de la francisation » sortis de nulle part et des moniteurs choisis pour on ne sait quelle compétence sauf, dans certains cas, pour jouer la police auprès des professeurs.J\u2019ai travaillé 25 ans en francisation des immigrants, mais j\u2019ai pris ma retraite cinq ans avant le temps prévu, dégoûté.Paul Morissette Gatineau, le 24 novembre 2017 Une vision électorale Dans un élan de prodigalité, le gouvernement libéral met de côté son austérité budgétaire et annonce une baisse d\u2019impôts et une augmentation des dépenses en santé et en éducation.Le nez collé sur l\u2019échéance électorale, le Parti libéral avoue implicitement que ses décisions antérieures ont causé de sérieux dommages.Sa soudaine générosité n\u2019est en effet qu\u2019apparente, car il s\u2019agit surtout de redonner une partie des budgets qui avaient été coupés en santé et en éducation.Quant aux baisses d\u2019impôt, il s\u2019agit là d\u2019une décision basée sur des intérêts partisans à court terme.On aurait souhaité que le gouvernement adopte une véritable vision sur les enjeux auxquels le Québec fait face avant de prendre une décision sur l\u2019utilisation des surplus budgétaires.Nous nous trouvons plutôt devant un gouvernement en fin de régime tentant de sauver sa peau.Philippe Dorais Sherbrooke, le 21 novembre 2017 culturelles (SODEC) ne sera pas renouvelé.Pourtant, les membres du conseil d\u2019administration avaient recommandé à l\u2019unanimité le contraire.Gilbert Turp, acteur et professeur, dépité, a réagi à vif : « Compétence et hauteur de vue, capacité de synthèse et de prise de décision, habileté à réclamer des moyens ; clair voyance face aux enjeux qui s\u2019en viennent ; toutes ces qualités ne comptent pas.On va en plus perdre avec Monique Simard une alliée des travailleurs culturels, ces hommes et femmes qui tiennent la flamme à bout de bras de génération en génération et souvent pour une bouchée de pain.La valeur de la culture se mesure à l\u2019abnégation de ceux qui la font vivre.» Au ministère de la Culture, il semble pourtant qu\u2019on l\u2019aimait bien : « Son mandat était de quatre ans et le gouvernement a décidé de ne pas le renouveler.On n\u2019a rien à lui reprocher ; on l\u2019a félicitée pour son mandat.» En fait, le grand tort de Mme Simard est d\u2019appartenir à la famille péquiste (elle a été députée de 1996 à 1998).Peu im- por te ses qualités, le gouvernement Couillard trouvera un ami fidèle du Parti libéral pour la remplacer.La politique avant la culture ! Sylvio Le Blanc Montréal, le 21 novembre 2017 M A R I E - C L A U D E G O U L E T L\u2019auteure est médecin et enseignante à la Faculté de médecine de l\u2019Université de Montréal.M ontréal est devenue une des plaques tournantes de la recherche et du développement en intelligence artificielle (IA).Yoshua Ben- gio, directeur de l\u2019Institut des algorithmes d\u2019apprentissage de Montréal (MILA) et figure de proue de ce mouvement, affirme sur toutes les tribunes avec grand enthousiasme que nous sommes « à l\u2019aube d\u2019une nouvelle révolution industrielle ».L\u2019IA a le vent dans les voiles, c\u2019est le moins qu\u2019on puisse dire.Les deux ordres de gouvernement ont récemment ouvert les vannes avec des subventions importantes pour l\u2019avancée des connaissances dans ce domaine.De grandes multinationales, avec en tête Google, Microsoft, Facebook et Amazon, ont offert des millions de dollars aux différents groupes travaillant au développement de l\u2019intelligence ar tificielle, dont le MILA de Bengio.La promesse d\u2019une vie augmentée où les machines nous aideraient là où nous faillons semble provoquer un intérêt généralisé quasi incontestable.Comment oser remettre en question ou poser un autre regard sur ce « progrès » qui augure tant de bénéfices pour l\u2019humanité ?Miguel Benasayag, philosophe et clinicien franco-ar- gentin, auteur de multiples ouvrages dont Cerveau augmenté, homme diminué ?(La Découver te, 2016), propose quant à lui une thèse critique aussi per tinente qu\u2019urgente quant aux nouvelles connaissances sur le fonctionnement du cerveau et leurs différentes applications.« Le développement apparemment illimité des nouvelles puissances technologiques s\u2019accompagne en effet paradoxalement d\u2019un sentiment d\u2019impuissance de plus en plus profond chez nos contemporains qui se sentent comme des feuilles dans la tempête, incapables de maîtriser le cours des événements, tant sociaux que personnels.» C\u2019est à une rupture historique fondamentale, que Bena- sayag qualifie de révolution anthropologique, que nous assistons.« C\u2019est dans un monde de désenchantement où la croyance en l\u2019avenir et les promesses historicistes et téléologiques d\u2019un monde par fait à venir sont tombées que la technologie occupe anthropologi- quement une place que nous nous sommes trop rarement attardés à penser.» Si l\u2019entreprise de modélisation des mécanismes du cer veau libère une puissance et une connaissance immenses, elle nous plonge en même temps dans une grande perplexité.« Avec les avancées des technologies d\u2019imagerie cérébrale ou de la connaissance de la chimie du système nerveux central, nous sommes confrontés à la tâche immense de penser la nouveauté que suppose ce sujet de la connaissance (le cerveau) qui décide d\u2019entreprendre l\u2019étude de lui-même.» Possédé Alors que les technophiles jubilent de promesses de puissances illimitées, les technophobes y voient plutôt une catastrophe à venir et un futur invivable.Le philosophe nous convie à ne pas « faire de choix manichéen» puisque le monde nouveau est déjà là, mais plutôt à réfléchir aux différents possibles permettant de « développer un mode d\u2019hybridation (homme-nature-technologie- culture) qui favorise la colonisation de la technologie dans l\u2019intérêt de la vie et de la culture » et non l\u2019inverse où nous sommes arrivés : l\u2019humain au service de la technologie.Notre culture est désormais possédée par la technologie.Le simple exemple du téléphone por table parle de lui-même.L\u2019espèce humaine (du moins celle qui en a les moyens) est maintenant connectée en permanence et doit se soumettre aux nouveaux diktats imposés par cette technologie : accélération du temps, travail continu, connexion constante, informations illimitées, flou entre vie privée et vie publique, etc.Les différentes applications de nos téléphones \u2014 dits « intelligents » \u2014 ont d\u2019ores et déjà modi f ié notr e rappor t au monde.«Tout ce que la technologie rend possible tend à se transformer en une obligation dans nos vies, puisque ces possibles sculptent le monde selon leurs caractéristiques propres.» Force est de constater que le développement technologique impose son rythme, sa logique et sa dynamique.Le vaste domaine de l\u2019intelligence artificielle soulève à ce titre de nombreuses questions qu\u2019on aurait tort de ne pas aborder sous prétexte qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un «progrès à venir» qui procurera de soi-disant « gains d \u2019e f f icac i té » .Alors qu\u2019on nous promet un monde sans limites et un « homme augmenté », Benasayag y voit plutôt le triomphe d\u2019un physicalisme réductionniste où les comportements de l\u2019être humain sont analysés comme une série mécanique de mouvements surdéterminés par des lois physiques et chimiques.On assiste selon lui à une déter- ritorialisation et à une dislocation du sujet dans ses parties ; on transforme l\u2019être humain en un être modulaire.Alors que le cerveau existe dans un organisme qui s\u2019inscrit dans une histoire et des échanges, et qu\u2019il ne pense ni ne s\u2019adapte seul puisque le corps pense aussi, l\u2019IA tente de programmer une sorte de « cerveau sans corps » où l\u2019on évacue le fait que le sens dépend toujours de l\u2019existence d\u2019un organisme intégré et que les « limites de l\u2019organisme sont la condition même de la possibilité de vivre dans un monde où existent le sens et la compréhension ».Contrairement à l\u2019ordinateur, le cerveau par ticipe d\u2019une pensée à laquelle participe toujours aussi le corps et il s\u2019inscrit dans une temporalité complexe avec des cycles et des rythmes.« Une machine sans limite thésaurise de l\u2019information, tandis qu\u2019un corps avec des limites produit un monde de sens.» Fabrique de valeurs La technologie prétend ne cacher aucune idéologie ; or elle s\u2019est transformée au contraire en une véritable fabrique de valeurs.Son enlacement aux intérêts néolibé- raux de rendement, d\u2019ef fica- cité, de productivité, ainsi que son développement encouragé à coups de milliards par les grandes multinationales qui y voient des possibilités infinies de capture de nos « temps de cerveaux » et de nos temps de vie devraient à eux seuls nous aler ter sur l\u2019urgence de penser cette emprise.De nos agendas à nos amis, de nos déplacements à nos photos, de nos choix culturels à nos « maladies », tout doit être capturé par les machines.La complexité de la vie est réduite aux algorithmes et aux statistiques.Selon Benasayag, au nom de principes empiriques «d\u2019efficacité » et « d\u2019amélioration » de l\u2019espèce humaine, où tout est quantifié et compté, le développement de la science et des nouvelles technologies a renoncé à réfléchir en profondeur aux enjeux humains, éthiques, sociaux et environnementaux créés par cette colonisation de nos vies.Or, veut- on vraiment vivre dans un monde de plus en plus envahi par les ordinateurs ?Qu\u2019est-ce qu\u2019on y gagne et qu\u2019est-ce qu\u2019on y perd ?Est-ce un réel progrès pour l\u2019humanité et l\u2019ensemble de la vie ?Nous ignorons les changements que ces nouvelles technologies qui se développent à toute allure produisent dans nos vies, nos cerveaux, nos corps, nos écosystèmes.La rapidité avec laquelle croît la « révolution numérique » nous empêche de la métaboliser comme l\u2019humanité a pu le faire, par exemple, avec l\u2019apparition du langage et de l\u2019écriture.«Aider la vie» Lorsque Yoshua Bengio est quest ionné sur les futures applications de l\u2019IA, il cite l\u2019exemple des maisons intelligentes qui connaîtront nos désirs avant même que nous ayons le temps d\u2019y penser.Elle saura qu\u2019on veut un café à 7 h le matin, nous lira nos courriels, devinera qu\u2019on aime écouter un air de musique classique au retour du travail, tamisera nos lumières en soirée, etc.Nous n\u2019aurons plus besoin de penser à toutes ces petites choses de la vie et enfin nous pourrons déployer notre efficacité pour ce qui « compte » réellement.Si l\u2019on peut se demander si un tel projet est souhaitable et à quoi servirait ce fameux temps « gagné », il est aussi légitime de se demander qui aura les moyens de « profiter » de ces innovations alors que plus du tiers de l\u2019humanité ne comble pas ses besoins minimaux en nourriture.Miguel Benasayag, qui aime les petites histoires, nous raconte celle de ce patient de 90 ans qui se plaint du fait qu\u2019il lui faut plus de 30 minutes le matin pour se préparer un café.Il se lève laborieusement de son fauteuil, contourne les meubles pour se rendre à l\u2019armoire où se trouve les filtres, grimpe avec précarité sur la pointe des pieds pour atteindre la boîte, en pose un dans sa cafetière, y verse de l\u2019eau ainsi que la bonne quantité de grains moulus, puis il marche jusqu\u2019au vaisselier où se trouvent les tasses, choisit celle qu\u2019il préfère, dit un mot à sa compagne, se verse un café et retourne enfin s\u2019asseoir dans son fauteuil.« Mais mon cher Monsieur, ne désespérez pas puisque cette demi-heure que vous prenez à préparer votre café le matin, c\u2019est ce qui vous maintient en vie.Tout va bien.» À travers ce récit, le penseur nous invite à « aider la vie, pour éviter que par ignorance une supposée augmentation quantitative ne finisse par écraser les dimensions qualitatives propres à la vie, celles du sens et de la complexité.La tentation d\u2019une puissance illimitée, la promesse d\u2019une dérégulation totale s\u2019opposent à l \u2019essence même de la vie, qui n\u2019est autre que la fragilité ».?Des commentaires ?Écrivez à Robert Dutrisac : rdutrisac@le- devoir.com.Pour lire ou relire les anciens textes du Devoir de philo : www.ledevoir.com/so- ciete/le-devoir-de-philo.L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 5 E T D I M A N C H E 2 6 N O V E M B R E 2 0 1 7 B 12 LE DEVOIR DE PHILO Deux fois par mois, Le Devoir lance à des passionnés de philosophie et d\u2019histoire des idées le défi de décrypter une question d\u2019actualité à partir des thèses d\u2019un penseur marquant.ISAAC LAWRENCE AGENCE FRANCE-PRESSE Nous ignorons les changements que ces nouvelles technologies qui se développent à toute allure produisent dans nos vies, nos cerveaux, nos corps, nos écosystèmes.La rapidité avec laquelle croît la « révolution numérique» nous empêche de la métaboliser comme l\u2019humanité a pu le faire, par exemple, avec l\u2019apparition du langage et de l\u2019écriture.MARIE-CLAUDE GOULET Marie-Claude Goulet est médecin et enseignante à la Faculté de médecine de l\u2019Université de Montréal.Une machine sans limite thésaurise de l\u2019information, tandis qu\u2019un corps avec des limites produit un monde de sens Le philosophe Miguel Benasayag « » Les menaces technicistes de l\u2019intelligence artificielle Le philosophe Miguel Benasayag nous met en garde contre des avancées technologiques qui évacuent le sens propre à la vie et sa complexité OLIVIER EZRATTY CC Miguel Benasayag lors d\u2019une conférence TEDx à Paris en 2010 L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 5 E T D I M A N C H E 2 6 N O V E M B R E 2 0 1 7 L E S P E T I T E S A N N O N C E S B 13 Cette année, faites découvrir notre nouveau D Magazine du samedi à vos proches.Offrez-leur un de nos abonnements pour aussi peu que 41,57 $ pour 13 semaines.Visitez le www.ledevoir.com/promonoel ou appelez au 1 800 463-7559 Pour les Fêtes, o?rez Le Devoir en cadeau.PRESTIGE CHARME & DEMEURES , OCCAS IONS D \u2019AFFAIRES ET L IEUX PR IV ILÉG IÉS 514.985.3322 1 800 363.0305 petitesannonces@ledevoir.com VISITES LIBRES dimanche de 14h à 16h SUR RENDEZ-VOUS T 514 789 2889 | realta.ca CDN | 3157 Édouard-Montpetit, app.3 Plateau | 5253 Parc, app.203 859 000 $ Outremont adj.| 6301 Northcrest, app.14N 499 000 $ St-Sulpice | 731-731A Bord-de-l\u2019Eau 545 000 $ St-Henri | 4766 Notre-Dame O.320 000 $ POUR PLUS DE PROPRIÉTÉS, DES VISITES VIRTUELLES 3D ET 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