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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2017-11-27, Collections de BAnQ.

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[" V O L .C V I I I N o 2 7 0 L E D E V O I R , L E L U N D I 2 7 N O V E M B R E 2 0 1 7 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S AUJOURD\u2019HUI Société \u203a Le médicament ingéra- ble connecté, un «espion» qui soulève des questions.Page A 5 Le Monde \u203a Métastases de l\u2019islamisme.Une chronique de François Brousseau.Page B 1 Avis légaux.B 2 Décès.B 6 Météo.B 4 Mots croisés.B 4 Petites annonces .B 6 Sudoku.B 5 ?w w w .l e d e v o i r .c o m Orchestre Métropolitain Un triomphe au-delà de toutes les espérances à Dortmund Page B 8 M A R C O B É L A I R - C I R I N O à Sherbrooke M A R I E - M I C H È L E S I O U I à Québec L e chef caquiste, François Legault, a trouvé une solution au défi démographique, qui stimulerait l\u2019économie en plus de préserver l\u2019identité québécoise : un baby-boom.L\u2019idée a aussitôt été tournée en ridicule par son adversaire libéral, Philippe Couillard.Aux yeux de M.Legault, une poussée des naissances au Québec dynamiserait la croissance de l\u2019économie du Québec \u2014 qui est actuellement plombée par une faible croissance démographique \u2014, mais sauvegarderait aussi l\u2019identité québécoise, qui est fondée sur une « langue », une «culture » et des «valeurs» communes.«La famille, c\u2019est l\u2019âme de la nation québécoise », a-t-il souligné lors du discours de clôture du conseil général de la CAQ, dimanche.Trois ans après l\u2019arrivée de Philippe Couillard aux commandes de l\u2019État, « beaucoup de familles de la classe moyenne [vivent de] l\u2019angoisse financière», a dénoncé M.Legault.Pour faire grimper le taux de fécondité, la Coalition avenir Québec « mett[ra] plus d\u2019argent dans le portefeuille des parents qui veulent avoir un deuxième ou un troisième enfant », a-t-il promis devant un par ter re de quelque 600 militants gonflés à bloc.«Bébé-bonus» À dix mois des prochaines élections générales, le chef de la CAQ balaie l\u2019idée d\u2019instaurer un nouveau «bébé-bonus» calqué sur celui instauré par le gouvernement Bourrassa en 1989.La famille au cœur du duel PLQ-CAQ Les deux partis s\u2019opposent sur les moyens à prendre pour affronter le défi démographique JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE Le congrès du Parti libéral du Québec a été marqué par la présence, samedi, de l\u2019ancien premier ministre Jean Charest.Celui-ci a rendu hommage à son successeur, Philippe Couillard, lors des célébrations soulignant les 150 ans d\u2019existence du parti.À lire en page A 3.M A R C O B É L A I R - C I R I N O à Sherbrooke M A R I E - M I C H È L E S I O U I à Québec L es libéraux et les caquistes se disputent les électeurs anglophones, qui semblent prêts à déroger à leurs habitudes électorales après l\u2019abandon par les péquistes de la menace de tenir un référendum sur l\u2019indépendance du Québec entre 2018 et 2022.Cela dit, le chef de la CAQ, François Legault, n\u2019est pas prêt à tout pour faire le plein d\u2019appuis au sein de la communauté anglophone.D\u2019ailleurs, la «clause d\u2019impact » obligeant le gouvernement québécois à mesurer les répercussions « de tout nouveau projet de loi ou règlement » sur les citoyens d\u2019expression anglaise \u2014 qui a été adoptée par les membres du Parti libéral du Québec samedi \u2014 ne survivra pas à l\u2019élection d\u2019un gouvernement caquiste.« Pour l\u2019instant, je ne vois pas l\u2019utilité », a déclaré M.Le- gault à l\u2019occasion d\u2019une conférence de presse dimanche.« On a déjà trop de bureaucratie au Québec », a-t-il ajouté.En revanche, l\u2019aspirant premier ministre promet de garder intact le Secrétariat aux relations avec les Québécois d\u2019expression anglaise, mais seulement si celui-ci s\u2019avère « vraiment utile ».« Je veux voir ce que ça va donner.Si ça donne de bons résultats, si c\u2019est vraiment utile, puis que ce n\u2019est pas seulement de la bureaucratie additionnelle, je n\u2019ai pas de problème à le garder», a dit M.Legault au cours du week-end.À Québec, la nouvelle ministre responsable des Relations avec les Québécois d\u2019expression anglaise, Kathleen Weil, a mis en avant la nécessité d\u2019accroître le sentiment d\u2019appartenance des Québécois anglophones et allophones à Les anglophones, des électeurs convoités S T É P H A N E B A I L L A R G E O N P eut-on se fier aux apparences, même dans un film d\u2019animation de science- fiction 3D ?Voyons voir avec Avatar.Le film de 2009 détient toujours la pole position du plus gros succès de l\u2019histoire du cinéma avec une recette mondiale supérieure à celle de Titanic (1997), plus de deux milliards au box-office.Le Cirque du Soleil de Montréal en a tiré une adaptation pour la scène (Toruk).Le réalisateur canadien James Cameron, Crésus de la caméra, tourne depuis des mois les suites de sa fable écolofuturiste, dérivés dont le budget de production pourrait atteindre le milliard, autre première dans l\u2019histoire du cinéma.Il n\u2019y a pas que l\u2019évaluation financière, évidemment.Que vaut Avatar du point de vue de La guerre des sexes Un nouveau test post-Bechdel pour évaluer les stéréotypes au cinéma voit le jour 20TH CENTURY FOX ASSOCIATED PRESS Jake et Neytiri, dans une scène d\u2019Avatar VOIR PAGE A 8 : FAMILLE VOIR PAGE A 8 : ÉLECTEURS VOIR PAGE A 8 : SEXES Les motocyclistes en mal de formation?Page B 5 Lire aussi \u203a Indolence festive.Un éditorial de Brian Myles.Page A 6 O ttawa \u2014 Un avocat de militaires et d\u2019employés fédéraux sanctionnés à cause de leur orientation sexuelle a révélé que des négociations ardues avaient permis la conclusion d\u2019une entente hors cour.Dans une entrevue accordée dimanche, Me Doug Elliot a décrit l\u2019entente de principe comme un « règlement juste et raisonnable » pour les principaux plaignants et les participants d\u2019une action collective contre le gouvernement canadien.«Elle n\u2019est pas parfaite, bien sûr, mais tout règlement naît d\u2019un compromis, a-t-il dit.Un des éléments qui nous préoccupaient dans cette cause était le piètre état de santé de certains des participants de l\u2019action collective.Certains sont assez âgés, cer tains vivent dans une extrême pauvreté.» En 2016, d\u2019anciens membres homosexuels de l\u2019armée canadienne et de la fonction publique fédérale avaient intenté une action collective nationale de 600 millions de dollars contre le gouvernement canadien.Dans les années 1950 et 1960, le gouver ne- ment fédéral, prenant prétexte de la sécurité nationale, avait mené une chasse aux sorcières contre plusieurs milliers de fonctionnaires, de soldats ou d\u2019agents de la GRC à cause de leur orientation sexuelle.Malgré la décrimi- nalisation de l\u2019homosexualité en juin 1969, cer tains ont continué à être persécutés.Selon Me Elliot, l\u2019intention du gouvernement libéral de présenter mardi des excuses officielles à la communauté LGBTQ a mis de la pression sur les deux parties pour la conclusion d\u2019une entente hors cour.L\u2019avocat a déclaré qu\u2019il n\u2019était pas prêt à accepter une mauvaise entente.Selon lui, les principaux plaignants sont satisfaits des résultats.Il a eu l\u2019impression que quelqu\u2019un au gouvernement a cru que ses clients « accepteraient n\u2019importe quoi » simplement parce que des excuses of ficielles étaient prévues.« Pour ma par t, j\u2019étais prêt à refuser les excuses si celles-ci ouvraient la voie à une mauvaise entente.Heureusement, cela n\u2019est pas survenu.» Les modalités de l\u2019entente seront annoncées au cours d\u2019une conférence de presse qui suivra la présentation des excuses.Les deux par ties devront ensuite étof fer cette entente qui sera examinée par la Cour fédérale.Le gouvernement fédéral a aussi annoncé avoir déposé mardi un projet de loi visant à gracier quiconque a été reconnu coupable d\u2019avoir eu des relations sexuelles consenties avec un partenaire du même sexe.La Presse canadienne DISCRIMINATIONS LGBTQ Une entente hors cour jugée « équitable » Des négociations ardues ont été menées entre des employés fédéraux et le gouvernement L E D E V O I R , L E L U N D I 2 7 N O V E M B R E 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 2 Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 J O A N N A S M I T H à Ottawa L e gouvernement Trudeau est conscient que d\u2019autres pays lèvent les yeux à l\u2019évocation d\u2019ententes commerciales féministes, mais les libéraux sont convaincus que l\u2019idée sera un jour aussi évidente que celles d\u2019inclure des normes du travail et de protection de l\u2019environnement.Les négociateurs canadiens ont notamment fait valoir ce point de vue pour tenter de convaincre les États-Unis et le Mexique d\u2019inclure un chapitre sur le genre dans le nouvel Accord de l ibre- échange nord-américain (ALENA), indiquent des documents sur les négociations.Des points de discussion préparés pour des hauts fonctionnaires à Af faires mondiales Canada en vue des négociations ayant démarré le 16 août à Washington rappellent les premières discussions i l y a une vingtaine d\u2019années sur les normes du travail et l \u2019environnement dans le contexte d\u2019accords commerciaux.Neutralité La création de mécanismes de coopération a augmenté notre compréhension de ces enjeux et a démontré la nécessité pour des obligations appropriées dans les accords commerciaux, ajoutent les documents.La Presse canadienne a obtenu ces documents grâce à la Loi sur l\u2019accès à l\u2019information.Même les responsables canadiens étaient sceptiques au départ, laisse-t-on entendre.«Notre premier réflexe était de dire que [les accords de libre-échange] sont neutres relativement au genre.Mais est- ce que les effets sont neutres?Nous avons commencé à réaliser que ce n\u2019est pas toujours le cas », soulignent les documents.Seulement une société d\u2019exportations sur cinq est dirigée par une femme entrepre- neure, af firment les documents, mettant aussi en lumière une étude de la Banque mondiale montrant qu\u2019un grand nombre de pays n\u2019accordent pas les mêmes droits garantis par des lois aux femmes qu\u2019aux hommes en ce qui a trait aux affaires.On y fait aussi valoir qu\u2019une telle approche pourrait aider à générer des appuis pour l\u2019entente dans un contexte où des gens à travers le monde rejettent de plus en plus l\u2019idée que le libre-échange puisse rendre la croissance économique plus « inclusive ».« Je ne m\u2019attends pas vraiment à ce qu\u2019il y ait un chapitre sur le genre dans un éventuel nouvel ALENA, mais je crois qu\u2019i ls auront ajouté une lentille de genre à d\u2019autres chapitres, et cela peut être uti le », a af f irmé Angella MacEwen, économiste principale au Congrès du travail du Canada.La Presse canadienne ALENA Le Canada a fait valoir l\u2019importance de l\u2019équité entre les sexes J E A N - F R A N Ç O I S N A D E A U L\u2019avocat François Aquin, figure de proue du Parti libéral du Québec jusqu\u2019à ce qu\u2019il le quitte abruptement en 1967, est décédé à l\u2019âge de 88 ans.Cousin de l\u2019écrivain et militant Hubert Aquin, il avait précédé René Lévesque dans la voie indépendantiste en devenant le premier député de cette option à siéger à l\u2019Assemblée nationale.Il est considéré comme une figure historique majeure de cette option politique.Le « Vive le Québec libre ! » lancé par le général de Gaulle le 24 juillet 1967 du haut du balcon de l\u2019hôtel de ville de Montréal marque pour lui l\u2019occasion d\u2019une rupture qui couvait en lui-même à la suite d\u2019une longue réflexion quant à l\u2019avenir du Québec.Figure très en vue du Parti libéral, il en démissionne le 28 juillet 1967, en total désaccord avec la position défavorable de son chef, Jean Lesage, face aux déclarations du président français.Aquin déclare alors ceci : « Par-delà des querelles de mots d\u2019interprétation, de protocole, je veux voir dans les propos du général de Gaulle un appel à la dignité du peuple québécois et au droit qui est le sien de s\u2019autodéterminer.» Cette déclaration n\u2019est pas alors le fait d\u2019un obscur député en rupture de ban, mais bien le fait d\u2019un de ses plus illustres intellectuels du parti.Sous le régime de Maurice Duplessis et de son Union nationale, il milite auprès de l\u2019opposition libérale à compter de 1952.Il est élu en 1959 président de la Fédération des jeunes libéraux du Québec.Cette fonction bien en vue, i l l \u2019occupera jusqu\u2019en 1963 pour devenir alors président de la Fédération libérale du Québec.Il est élu député l ibéral de Dorion à l \u2019élection de 1966, alors même que son parti est battu par l \u2019Union nationale, un par ti désormais dirigé par Daniel Johnson père.Démission fracassante Sa démission est officialisée par un discours prononcé le 3 août 1967 en chambre.Il dit : « Je siège maintenant ici seul, libre de tous les partis, mais l\u2019heure approche où chaque homme libre au Québec devra aller au fond des choses et dire le fond de sa pensée.Jamais n\u2019a été aussi pressante l\u2019œuvre de la libération du Québec, prisonnier d\u2019une Constitution tombée en désuétude et qui, tout en étant une entrave pour nous, est devenue un tremplin pour le gouvernement du Canada.Abandonnons ces masques du statu quo que sont le changement de la Constitution canadienne et l\u2019évolutionnisme conservateur du statut particulier.Ce n\u2019est pas en points d\u2019impôt que l\u2019on bâtit le destin d\u2019un peuple.Par-delà les arguties et les juristes et les experts fiscaux, au plus profond de lui-même, le Québec a choisi la liberté.» Il est absolument convaincu que l\u2019avenir condamnera ceux qui n\u2019ont pas vu la conjoncture de 1967 comme une ouverture vers une plus grande liberté.En chambre, Aquin poursuit.Il dit : « Dans 25 ans, dans 50 ans, alors que, depuis des décennies, le Québec sera devenu une patrie libre, alors que, par-delà les sociétés colonisatrices révolues, il aura tendu la main aux autres territoires libres d\u2019Amérique, d\u2019Asie, d\u2019Afrique et d\u2019Europe, alors qu\u2019il fera le poids de la mégalopolis française sur le sol des Amériques, des hommes et des femmes viendront dans cette enceinte et ils ne seront pas intéressés par les débats partisans que nous y avons tenus.À notre sujet, ils ne se poseront qu\u2019une seule question : est-ce que c\u2019étaient des hommes libres?» Un homme courtisé Le président du Rassemblement pour l\u2019indépendance nationale (RIN), Pierre Bour- gault, tentera d\u2019en faire un allié.Cinq ou six rencontres eurent lieu entre les deux hommes.Bourgault ne tarira jamais d\u2019éloges au sujet d\u2019Aquin.« Voici un des Québécois les plus valables, les plus prometteurs.Intelligent, cultivé, brillant, dur, courageux, on peut le comparer avec les meilleurs politiciens européens», affirme Bourgault au journal La Patrie en septembre 1967.Le 12 décembre 1967, au sommet de son prestige, Aquin prend la parole devant 2000 militants indépendantistes du RIN rassemblés au Centre Paul- Sauvé.Il plaide pour l\u2019union des forces indépendantistes.Il reste néanmoins plus proche de son ancien collègue René Lévesque que des rinistes, même s\u2019il partage avec eux une cer taine inclinaison vers la gauche.À la revue Socialisme, Aquin explique que la «réunification ne constitue pas exclusivement à rassembler tout le monde derrière le même chef.Elle comporte, dit-il, le respect démocratique des différentes tendances.[\u2026] Ainsi peut-on créer un parti structuré, possédant le pluralisme d\u2019un front et projetant une image aussi diversifiée que sera celle d\u2019un Québec libre».En 1967-1968, le nom d\u2019Aquin est sur toutes les lèvres, du moins celles qui parlent de politique.On l\u2019invite à prendre la parole partout.À Sept-Îles, le 9 décembre 1967, il annonce officiellement qu\u2019il se joint au Mouvement souveraineté-asso- ciation (MSA) de René Lé- vesque.Il dit : « Il n\u2019y a qu\u2019un homme qui peut prendre la direction du grand parti qui, demain, fera un Québec indépendant, un Québec renouvelé et fraternel, et cet homme, c\u2019est René Lévesque.» Mais Aquin souhaite aussi que des négociations permettent d\u2019unir au plus vite le RIN aux troupes de Lévesque.Ce que ne souhaite pas spécialement ce dernier, pour des raisons tant idéologiques que stratégiques et personnelles.Auprès de Lévesque, Aquin va représenter l\u2019aile gauche au sein de l\u2019exécutif du MSA.En avril 1968, devant les 4500 personnes réunies à l\u2019aréna Mau- rice-Richard autour de ces deux vedettes au congrès de fondation du MSA, les tensions se font vite sentir entre les deux hommes.Très sensible à l\u2019urgence de défendre le français au nom même de l\u2019avenir de l\u2019État qu\u2019il aspire à développer, Aquin se retrouve en opposition face à son ancien collègue libéral.Aquin soutient par exemple qu\u2019il faudrait restreindre l\u2019assistance sociale aux familles immigrantes qui refuseraient d\u2019envoyer leurs enfants dans une école française, ce qui a l\u2019heur de déplaire à Lé- vesque.Pour ce dernier, c\u2019est là vouloir remplacer une injustice par une autre.La question de la langue d\u2019enseignement dans les écoles bat alors son plein et s\u2019avère extrêmement sensible.Et les divisions sont nombreuses sur cette question.Cette opposition avec René Lévesque le conduit à quitter le MSA le 29 juillet 1968, tout en continuant de militer en faveur de l\u2019indépendance du Québec.Ce jour-là, après 1 h 45 de discussions avec l\u2019exécutif du MSA, il conclut que trop de choses les séparent.La question linguistique d\u2019abord, mais aussi la question internationale.Selon Le Devoir daté du lendemain, Aquin « voudrait une véritable «décolonisation» du Québec vis-à-vis des États- Unis».En outre, affirme Le Devoir, il n\u2019est pas du tout d\u2019accord avec la façon dont le MSA conduit les négociations avec les autres groupes indépendantistes en vue d\u2019une éventuelle union.Aquin n\u2019en affirme pas moins qu\u2019il va continuer de soutenir en chambre son collègue Lévesque, devenu tout comme lui un député indépendant et la cible d\u2019attaques de la par t de leurs anciens camarades libéraux.Déçu, François Aquin démissionne de son poste de député le 20 novembre 1968.Il retourne à la pratique du droit puis à l\u2019enseignement.Il sera appelé à jouer divers rôles de conseiller, tout en écrivant assez régulièrement sur des questions juridiques et occasionnellement sur des questions politiques.Né à Ville-Émard le 6 mars 1929, fils d\u2019un menuisier, François Aquin a mené ses études chez les jésuites, au Collège Sainte-Marie.Il est d\u2019abord tenté d\u2019entrer dans cette compagnie, mais sa foi vacille et il se dirige finalement vers l\u2019étude du droit.Après des études à l\u2019université McGill, il est admis au barreau du Québec en 1956.Il exerce son métier d\u2019avocat jusqu\u2019en 2012.Il a aussi enseigné de 1969 à 1989 à l\u2019Université de Montréal.François Aquin a notamment été formateur des juges de la Cour du Québec, de la Cour supérieure et de la Cour d\u2019appel lors de la réforme du Code civil en 1994.Il est décédé le 23 novembre à Laval.Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, a remercié François Aquin, sur Twitter, d\u2019« avoir été un précurseur ».Le Devoir FRANÇOIS AQUIN 1929-2017 Décès du premier député indépendantiste au Québec Sa défection du Parti libéral en 1967 avait provoqué une profonde onde de choc TÉLÉ-QUÉBEC L\u2019ancien politicien et avocat est décédé à l\u2019âge de 88 ans.DARRYL DYCK LA PRESSE CANADIENNE En 2016, d\u2019anciens membres homosexuels de l\u2019armée canadienne et de la fonction publique avaient intenté une action collective nationale de 600 millions de dollars contre le gouvernement canadien.Intelligent, cultivé, brillant, dur, courageux, on peut le comparer avec les meilleurs politiciens européens Pierre Bourgault, à propos de François Aquin en 1967 « » Seulement une société d\u2019exportations sur cinq est dirigée par une femme entrepreneure «Je siège maintenant ici seul, libre de tous les partis, mais l\u2019heure approche où chaque homme libre au Québec devra aller au fond des choses et dire le fond de sa pensée» L E D E V O I R , L E L U N D I 2 7 N O V E M B R E 2 0 1 7 ACTUALITES A 3 E n 2008, le Québec avait connu une hausse de 39 % des saisies de maisons.Ici comme ailleurs, la crise frappait durement.Au lendemain de Noël, pour sauver les meubles, la Banque Scotia avait cru bon de suggérer à la population d\u2019économiser en cessant d\u2019acheter des livres et en limitant au maximum l\u2019achat de magazines.Les livres et la lecture, chacun le sait bien, sont à la racine des malheurs sociaux.Ils expliquent évidemment les vrilles de l\u2019immobilier et du surendettement\u2026 Cesser de lire rend-il au moins plus facile de croire aux promesses de prospérité, de mobilité sociale et de démocratie que ne cesse de nous seriner ce système qui se reproduit sur le mode du pilote automatique ?On ne peut en vouloir en tout cas à une autre banque, la Toronto Dominion, de soutenir ne serait-ce qu\u2019un peu, à l\u2019aide de ses profits faramineux, la littérature pour la jeunesse et les programmes d\u2019alphabétisation.Chaque année, la Banque TD offre un petit livre de son choix aux enfants, en plus de mettre son nez dans différentes initiatives éducatives.Mais voici que la TD, avec la complicité des écoles, offre aux enfants de première année un livre à la reliure souple signé Andrea L ynn Beck et intitulé Bonjour, Canada ! Il s\u2019agit, comme l\u2019indique le chef de la direction de la banque dans sa présentation, de soutenir les efforts d\u2019alphabétisation, mais aussi de contribuer à chanter « l\u2019honneur du 150e anniversaire de notre pays», sous le couvert d\u2019«une célébration des symboles et des paysages typiquement canadiens».En un mot, l\u2019esprit des petits est ici voué à être immergé par les gros torrents du nationalisme unifolié.« Bonjour, castors.Bonjour, orignaux aux grands bois, et bonjour, bernaches du Canada.» À chaque page de cette onctueuse accumulation de clichés, on repart de plus belle sur la même note.«Bonjour, kayak.Bonjour, canot.» Pour parler de l\u2019argent, on évoquera le huard.Ici, il tombe du ciel : « Youpi ! La fée est passée.» De l\u2019argent qui arrive du ciel ?Ma parole, on se croirait presque devenir banquier.Suit cette heureuse précision faite aux enfants : les pièces de monnaie qui trônent au milieu de ce grand rêve canadien « ont chacune un por trait de la reine Elizabeth gravé sur l\u2019une de leurs faces».Ce sont 550 000 élèves qui reçoivent cette année cet ouvrage célébrant les castors, les orignaux aux grands bois, les bernaches, le hockey, la cabane à sucre, la police montée, le kayak, le canot et d\u2019autres clichés plaqués sur des paysages bordés dans les plis et replis d\u2019un drapeau unifolié qui se trouve déployé sans faillir sur chacune des pages.En est-on vraiment rendu à devoir faire avaler des drapeaux aux enfants après qu\u2019une banque s\u2019est donné la peine de les cuisiner ?Ne serait-il pas plus sain de se donner enfin les moyens qui conviennent pour nourrir l\u2019école et la rendre autonome, de sorte qu\u2019elle ait assez d\u2019énergie pour se tenir enfin la tête hors de l\u2019eau, loin des délires nationaux?Cela voudrait dire, entre autres choses, accorder une meilleure place à un enseignement de l\u2019histoire digne de ce nom.Au secondaire, explique la Coalition pour l\u2019histoire dans une enquête qui vient de paraître, les professeurs doivent offrir 200 heures de formation aux élèves.Or ils ne suivent eux-mêmes, pour se préparer à cette tâche difficile, que trois ou quatre cours d\u2019histoire d\u2019une durée de 45 heures chacun! Et de ces cours-là, seulement deux sont obligatoires, d\u2019ordinaire ceux consacrés à l\u2019histoire du Canada d\u2019avant et d\u2019après 1867.Tant et si bien qu\u2019on peut comprendre que la formation, loin d\u2019être uniforme, s\u2019avère en vérité très minimale.Comment demander à des maîtres insuffisamment formés de transmettre le feu qu\u2019ils ont la responsabilité de préserver?La Coalition estime que les lacunes patentes des enseignants au regard de l\u2019histoire se retrouvent aussi dans d\u2019autres disciplines, notamment en français et en sciences de la nature.Pourquoi ?Parce que les professeurs, formés par des facultés de l\u2019éducation, apparaissent trop accaparés par l\u2019acquisition des techniques de transmission des savoirs plutôt que par l\u2019acquisition des savoirs eux-mêmes.Les professeurs, aussi dévoués et importants soient-ils, ont des lacunes.Mais on en arrive à regarder d\u2019un œil bienveillant le fait que l\u2019argent des banques décide en quelque sorte de ce qu\u2019il faut lire et de quand il faut le lire.Pendant ce temps, plutôt que d\u2019assurer au mieux l\u2019autonomie et la qualité de l\u2019enseignement dans les écoles, le gouvernement préfère of frir un chèque de cent dollars aux parents tout en s\u2019en félicitant.Faut-il s\u2019étonner ensuite que les plus petits finissent par être forcés d\u2019avaler de la bouillie de drapeaux à la petite cuillère en guise de nourriture intellectuelle ?jfn@ledevoir.com À la petite cuillère JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE Premiers ministres ancien et actuel ont af fiché une franche complicité, samedi soir, lors du congrès du Parti libéral, à Québec.JEAN-FRANÇOIS NADEAU L\u2019esprit des petits est ici voué à être immergé par les gros torrents du nationalisme unifolié M A R I E - M I C H È L E S I O U I à Québec M A R C O B É L A I R C I R I N O à Sherbrooke U ne journée après avoir célébré le 150e anniversaire du Parti libéral du Québec (PLQ) en présence de Jean Charest, le premier ministre Philippe Couillard a posé son regard loin vers le futur dimanche, en annonçant un projet inattendu de liaison rapide Québec-Montréal qui ne doit pas voir le jour avant 2026.Le chef libéral a conclu le 33e Congrès du PLQ en lançant un « appel à l\u2019imagination des Québécois » pour qu\u2019ils commencent à rêver à ce «projet phare pour le nouveau Québec».Ce ne sera pas un train, ce sera peut-être un monorail : le projet émanera d\u2019une « idée » lancée par la population et profitera d\u2019un budget que le chef libéral se gardera de définir avant d\u2019obtenir un nouveau mandat, en 2018.Devant les médias, le premier ministre s\u2019est défendu de demander « car te blanche » aux électeurs.Il a néanmoins évoqué un « appel de projets » qui serait mis sur pied dans un prochain mandat libéral, puis une mise en branle du projet dans un autre mandat libéral éventuel, qui s\u2019étendrait de 2022 à 2026.«Ce n\u2019est pas vrai qu\u2019on va faire face au problème de congestion juste en déroulant plus d\u2019asphalte», a déclaré le premier ministre.«Mais ce n\u2019est pas vrai qu\u2019on abandonne les routes, qu\u2019on abandonne les autos», a-t-il précisé ensuite.Son appel à l\u2019imagination ne s\u2019est cependant pas rendu jusqu\u2019à Sherbrooke.De là, où elle était réunie en conseil général, la Coalition avenir Québec (CAQ) a préféré insister sur un autre moment fort de la rencontre libérale : le discours prononcé samedi soir par l\u2019ex-premier ministre Jean Charest.« Je ne pense pas qu\u2019on va avoir besoin de Jean Charest pour réchauffer la salle », a ainsi lancé François Legault aux 600 militants ca- quistes rassemblés dans l\u2019ex-fief de Jean Cha- rest dimanche matin.L\u2019allocution de M.Cha- rest, « personnellement », ne l\u2019a « pas fait particulièrement rire », a-t-il dit à la presse.Son équipe a elle aussi fait grand cas des plaisanteries de Jean Charest, qui a badiné au sujet de l\u2019enquête Mâchurer de l\u2019Unité permanente anticorruption (UPAC), sur le financement du PLQ et l\u2019octroi de contrats publics.«J\u2019apprends ce que je fais dans les journaux, en les lisant», a lancé l\u2019ex-premier ministre libéral samedi soir, en provoquant l\u2019hilarité de la salle.Ce faisant, il a jeté le doute sur les informations qui se trouveraient entre les mains des enquêteurs de l\u2019UPAC avant d\u2019être divulguées à des journalistes.« [En] riant de l\u2019UPAC », M.Charest a attaqué les institutions québécoises, a déploré le député de Borduas, Simon Jolin-Barrette.«Moi, ça ne me fait pas du tout rire et ça ne fait pas du tout rire les Québécois.» La CAQ a aussi remarqué la familiarité affichée de Philippe Couillard et de son prédécesseur, dont il tente pourtant de se distancier chaque fois qu\u2019une af faire concernant l\u2019« époque Charest » fait les manchettes.« Ça fait 15 ans que les libéraux sont là.On a eu la preuve en fin de semaine que le gouvernement Charest et le gouvernement Couillard, c\u2019est la même chose », a déclaré François Legault.Les libéraux heureux Les membres du caucus libéral ont quant à eux martelé qu\u2019ils étaient tout à fait à l\u2019aise, et même heureux, de retrouver leur ancien chef.« Moi, j\u2019étais content de voir qu\u2019il appuyait Philippe Couillard», a déclaré le ministre de l\u2019Éducation, Sébastien Proulx.« Les gens étaient très, très, très heureux.Je pense que c\u2019est un des meilleurs congrès qu\u2019on a eus depuis fort longtemps», a ajouté le président du Conseil du Trésor, Pierre Arcand.Le ministre des Ressources naturelles, Pierre Moreau, s\u2019est dit « convaincu » que Jean Charest traverse une période « extrêmement dif ficile ».« Connaissez-vous une autre personne qui fait l\u2019objet d\u2019une enquête policière qui fait l\u2019objet d\u2019autant de fuites que celle-là ?», a-t-il demandé.« Lorsqu\u2019il évoque la présomption d\u2019innocence, moi-même je suis juriste, je suis 100 % derrière lui.» Le premier ministre a quant à lui dit espérer que les gens retiendront surtout la grandeur des « accomplissements » de Jean Cha- rest, notamment le Plan Nord et la mise sur pied d\u2019un premier Conseil des ministres paritaire au Québec.Le Devoir Philippe Couillard rêve, la CAQ s\u2019indigne Le premier ministre souhaite un nouveau lien Québec-Montréal alors que François Legault préfère lui rappeler ses liens avec Jean Charest P A U L I N E G R A V E L À la suite du suicide du jeune Simon Dufour, victime d\u2019intimidation à l\u2019école, sa sœur, le ministre Sébastien Proulx et le président de la Fondation Jasmin Roy affirment qu\u2019il faut accroître les efforts pour combattre ce fléau qui peut conduire cer tains jeunes à commettre l\u2019irréparable.Le 23 novembre dernier vers 6h15 du matin, Simon Dufour, âgé de 15 ans, s\u2019est enlevé la vie à Saint-Bruno en se jetant devant le train de banlieue qui relie Saint-Hi- laire à Montréal.Simon étudiait à l\u2019école secondaire André-Lauren- deau dans le programme Jazz-Pop et projetait de poursuivre des études en musique, mais il « était victime d\u2019intimidation depuis le primaire».On se moquait de lui parce qu\u2019il était roux et portait de grosses lunettes, a raconté à La Presse canadienne sa sœur, Karine Dufour, qui est âgée de 26 ans.Dans un message publié sur Facebook le 24 novembre à 22 h 47 et qui avait été partagé plus de 27 000 fois dimanche soir, Karine Dufour désire convaincre « les victimes d\u2019intimidation » et les jeunes qui « ont des idées noires » d\u2019en parler avec des proches qui pourront les aider.Elle s\u2019adresse aussi aux personnes qui sont témoins de cas d\u2019intimidation ou de grande détresse, et elle les intime d\u2019agir, d\u2019en parler à leurs parents, à leurs profs, à la direction de l\u2019école et à la famille de la victime, et de dénoncer les intimidateurs.Elle exhorte aussi ces derniers à cesser leur comportement, et ce, même si leur victime affirme qu\u2019elle s\u2019en fout.Elle fait aussi une recommandation aux parents d\u2019intimidateur afin qu\u2019ils interviennent, « outillent leur enfant » et sévissent contre ces comportements inacceptables.Apprentissage émotionnel Selon le comédien, animateur et auteur québécois Jasmin Roy, qui a créé une fondation éponyme ayant pour mission de lutter contre la discrimination, l\u2019intimidation et la violence faite aux jeunes à l\u2019école primaire et secondaire, «on ne travaille pas encore assez, surtout au secondaire, sur le développement des compétences émotionnelles et relationnelles.Encore aujourd\u2019hui, on est dans la culture de la punition ; on suspend, on punit.On ne prend pas assez de temps avec les agresseurs, parce qu\u2019il faut aussi accompagner les agresseurs et pas seulement les victimes, pour leur apprendre les bons compor te- ments et ensuite faire du renforcement positif quand ils adoptent ces bons comportements.Les apprentissages sociaux et émotionnels ont été l\u2019enfant pauvre du milieu de l\u2019éducation, et pourtant ils font partie du mandat de l\u2019école.On les oublie et sur tout au secondaire parce que les élèves sont plus vieux, mais il reste encore beaucoup de travail à faire à ce niveau-là.Tant et aussi longtemps qu\u2019on ne mettra pas l\u2019accent sur ces compétences, on continuera d\u2019avoir des problèmes.» On martèle depuis des années que les témoins de cas d\u2019intimidation ont le devoir de les dénoncer, ajoute M.Jasmin.«Mais la Chaire de recherche sur la sécurité et la violence en milieu éducatif de l\u2019Université Laval a révélé que 20 % des élèves du secondaire affirment ne pas connaître un adulte de confiance à l\u2019école.En tant qu\u2019adultes, nous avons un devoir de créer des liens avec les jeunes afin que ceux-ci aient confiance dans le milieu où ils évoluent.Quand on n\u2019a pas confiance, il est très difficile de dénoncer.Plus on réussira à résoudre les problèmes d\u2019intimidation d\u2019un grand nombre de jeunes, plus ceux-ci se sentiront en sécurité de dénoncer dans ce milieu», déclare-t-il.La chaire de recherche a également montré qu\u2019il y a eu de légères améliorations, mais beaucoup plus au primaire qu\u2019au secondaire, fait aussi remarquer le président de la Fondation Jasmin Roy.« Il faut néanmoins retenir que ce n\u2019est pas encore suffisant.Le cas de Simon nous démontre à quel point il faut faire plus», dit-il.Interrogé au cours du congrès du Parti libéral du Québec qui avait lieu ce week-end, le ministre de l\u2019Éducation, du Loisir et du Sport, Sébastien Dufour, s\u2019est dit ébranlé en tant que parent par «toute la souffrance que devait éprouver Simon Dufour avant de poser son geste irréparable».Il a affirmé qu\u2019il fallait « travailler avec les écoles afin de s\u2019assurer que chacune d\u2019elles mette en place un plan de lutte à l\u2019intimidation et dispose de moyens pour y parvenir».«De manière globale, je souhaite qu\u2019on continue à accentuer nos actions en matière de lutte à l\u2019intimidation.L\u2019école est un milieu de vie qui doit être sain et sécuritaire pour que les enfants réalisent des réussites et non pas pour qu\u2019ils se retrouvent en difficulté», a-t-il souligné.Avec Marie-Michèle Sioui et La Presse canadienne Le Devoir Si vous ou un de vos proches êtes en détresse, vous pouvez appeler sans frais le 1 866 APPELLE (277-3553).DÉCÈS DE SIMON DUFOUR Redoubler d\u2019efforts pour vaincre l\u2019intimidation Des voix s\u2019élèvent pour accroître la sensibilisation à un phénomène qui peut mener à l\u2019irréparable «On ne travaille pas encore assez, surtout au secondaire, sur le développement des compétences émotionnelles et relationnelles» K A R L R E T T I N O - P A R A Z E L L L I L a communauté asiatique de Brossard n\u2019a pas de quartier à proprement parler, mais ce centre commercial du boulevard Taschereau, situé à l\u2019intersection de l\u2019autoroute 10, fait sans contredit of fice de point de ralliement.À côté de l \u2019épicerie asiatique Kim Phat, qui attire des clients d\u2019origines diverses en cet après-midi du mois de novembre, on trouve des restaurants vietnamien, coréen et mongol.C\u2019est également dans ce complexe que se situe le Centre Sino-Québec de la Rive-Sud, un organisme communautaire qui facilite l\u2019intégration des immigrants asiatiques.À l\u2019étage, Yong Liu participe à un cours d\u2019anglais offert par le centre.Arrivé à Brossard il y a trois mois pour y rejoindre sa femme et sa fille, cet ancien employé du ministère chinois du Revenu apprécie déjà sa nouvelle ville.« J\u2019aime l\u2019environnement, les stationnements sont larges et il y a beaucoup de Chinois », af- firme-t-il par l\u2019entremise d\u2019une interprète.Et il a raison : selon le recensement de 2016, environ 37 % des quelque 87 000 habitants de Brossard sont immigrants.Et parmi les 57 communautés culturelles représentées, celle de l\u2019Empire du Milieu est de loin la plus imposante.Elle représente aujourd\u2019hui 13 % de la population.Trouver sa place M.Liu admet qu\u2019il n\u2019est pas facile de s\u2019intégrer quand on ne parle pas la langue de la majorité.Après avoir appris l\u2019anglais, il tentera d\u2019apprendre le français, mais il est un peu inquiet.« Le français, c\u2019est dif ficile », dit-il.À Bros- sard, près du tiers de la population ne parle que l\u2019anglais ou une autre langue que le français à la maison.Guang Li Liu, qui donne des cours de français au Centre Sino-Québec, souligne que l\u2019histoire de chaque immigrant est dif férente et que cer tains peuvent avoir du mal à trouver leur place dans les premières années.« On écoute leurs besoins et on regarde ce qu\u2019on peut faire pour eux », résume-t-il.La communauté chinoise, que certains décrivent comme isolée, a cependant plusieurs visages.Michelle Hui, dont les grands-parents sont originaires de Shanghai et les parents, de Hong-Kong, a étudié en français au primaire et au secondaire, puis en anglais au cégep et à l\u2019université.Après s\u2019être impliquée pendant des années, la jeune femme de 26 ans a obtenu un siège au conseil municipal de Brossard le 5 novembre dernier.« Les Chinois aiment se retrouver entre eux, donc ils sont plus visibles.Ils sont moins dilués dans la société.Mais ils ne sont pas seuls », précise Noureddine Belhocine, le directeur général de la Maison internationale de la Rive-Sud.Il y a plusieurs communautés d\u2019importance variable.» Depuis 1975, cet organisme communautaire situé à quelques kilomètres du Centre Sino-Québec accueille les immigrants et les réfugiés par rainés par le gouver ne- ment.Dans les locaux labyrinthiques de l\u2019organisation, de nouveaux arrivants provenant des quatre coins de la planète sont répartis dans la dizaine de classes de francisation.En plus des Chinois, Bros- sard compte notamment une importante communauté marocaine, afghane et colombienne.Éviter les ghettos Il y a quelques décennies, les premiers immigrants ont d\u2019abord choisi Brossard en raison du prix des logements moins élevé qu\u2019à Montréal, estime M.Belhocine.L\u2019ef fet « boule de neige » a ensuite fait son œuvre : les nouveaux arrivants ont été rejoints par leurs proches et les générations suivantes ont été attirées par la présence d\u2019organismes pour les soutenir.La Maison internationale a aussi contribué à diversifier Brossard, puisqu\u2019elle est le point d\u2019ancrage des réfugiés publics sur la Rive-Sud de Montréal.Lorsqu\u2019elle les aide à se trouver un logement, elle les dirige la plupart du temps vers des quartiers situés près des locaux de l \u2019organisme pour faciliter le suivi.Pour ce qui est de la communauté chinoise, l\u2019étudiant en géographie à l\u2019UQAM Dominique Lambert a conclu dans un mémoire de maîtrise publié en 2015 que la présence de nombreux agents immobiliers chinois à Brossard a eu pour effet de grossir ses rangs.Selon Noureddine Belho- cine, il est clair que la tendance observée au cours des dernières années se poursuivra.« Dans cer taines écoles de Brossard, près de 80 % des élèves sont d\u2019origine immigrante, remarque l\u2019homme d\u2019origine algérienne.Ces gens-là vont sûrement s\u2019installer ici, se marier ici, donc Brossard, inévitablement, va continuer à se diversifier.» Le Devoir L E D E V O I R , L E L U N D I 2 7 N O V E M B R E 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 4 Pour les Fêtes, o?rez Le Devoir en cadeau.Cette année, faites découvrir notre nouveau D Magazine du samedi à vos proches.Offrez-leur un de nos abonnements pour aussi peu que 41,57 $ pour 13 semaines.Visitez le www.ledevoir.com/promonoel ou appelez au 1 800 463-7559 À travers les villes, plusieurs quartiers se distinguent par la diversité et l\u2019histoire des gens qui y ont élu domicile.Dans le deuxième texte de cette série, Le Devoir vous présente la carte postale de Brossard, une ville de banlieue devenue le point d\u2019ancrage des immigrants chinois à l\u2019extérieur de Montréal.OÙ SONT NÉS VOS VOISINS ?Brossard : l\u2019Orient en banlieue Cette ville de la Rive-Sud est l\u2019un des points d\u2019ancrage de la communauté asiatique PHOTOS JACQUES NADEAU LE DEVOIR À l\u2019étage du Centre Sino-Québec de Brossard, les nouveaux arrivants peuvent suivre des cours de langue pour faciliter leur intégration.« Les Chinois aiment se retrouver entre eux, donc ils sont plus visibles», af firme Noureddine Belhocine, le directeur général de la Maison internationale de la Rive-Sud.Un dernier déménagement pour le CHUM La dernière étape du grand déménagement des trois hôpitaux montréalais vers le Centre hospitalier de l\u2019Université de Montréal (CHUM) a été réalisée dimanche avec le transfert des patients de l\u2019hôpital Notre- Dame.Des dizaines de bénévoles et d\u2019employés ont été mobilisés pour l\u2019opération.Au total, 110 patients de l\u2019hôpital No- tre-Dame ont été transportés vers le CHUM, comme ce fut le cas ces dernières semaines pour les patients des hôpitaux Saint-Luc et Hôtel-Dieu.L\u2019hôpital Notre-Dame a officiellement été cédé au Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux du Centre-Sud-de- l\u2019Île-de-Montréal.L\u2019établissement se consacrera dorénavant aux soins intensifs, à la psychiatrie générale et à la médecine familiale.«C\u2019est la fin d\u2019une transformation qui se termine par une réorganisation pour répondre aux besoins de la population locale [\u2026] Notre-Dame devient donc un hôpital communautaire avec 250 lits [\u2026]», a souligné le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette.Le nouveau CHUM, d\u2019une superficie de près de 300 000 mètres carrés, compte notamment 772 chambres individuelles, 39 salles d\u2019opération et plus de 400 salles d\u2019examen.Avec La Presse canadienne Le Devoir Des chercheurs parviennent à transplanter du corail Sydney \u2014 Des scientifiques ont réussi à élever du corail de la Grande Barrière de corail en Australie et à le transplanter dans une autre zone de ce joyau du patrimoine mondial, un projet qui leur donne l\u2019espoir de restaurer les écosystèmes endommagés à travers le monde.Les chercheurs de l\u2019Université australienne Southern Cross, qui ont rendu publique leur étude dimanche, ont collecté fin 2016 de grandes quantités d\u2019ovules et de sperme de coraux à Heron Island, au large de la côte orientale.Ils ont produit des quantités massives de larves qu\u2019ils ont ensuite transplantées dans des zones endommagées de la Grande Barrière, qui est menacée par le réchauffement climatique.Huit mois plus tard, les scientifiques ont constaté que le corail juvénile avait survécu et grandi.Agence France-Presse Voir aussi \u203a Où sont nés vos voisins?Découvrez notre carte interactive.ledevoir.com J U L I E E I G E N M A N N D ans une oreille, une histoire : un souvenir d\u2019enfance dans une ferme familiale.Dans l\u2019autre, des pensées positives.Tout s\u2019accélère.On lâche prise, on se laisse porter par ce qu\u2019on entend, on se détend.C\u2019est un audiocament, ou enregistrement stéréo, créé par le laboratoire belge Psychomed.Le but ?Faire du bien.Celui- là s\u2019appelle « Joie de vivre ».« Cet enregistrement est sublime, on n\u2019a pas envie d\u2019en ressortir.Il contient une telle douceur ! » Sarah*, 38 ans, est professeure de musique dans le canton de Vaud, en Suisse.Elle écoute un audiocament au moins trois fois par semaine, quand sa fille est à l\u2019école, à midi.« J\u2019étais tombée sur un CD dans un centre de santé, je l\u2019avais acheté par curiosité.» Très vite, elle se tourne vers les audiocaments version mp3, téléchargeables en ligne, 30 minutes d\u2019enregistrement pour 8 euros.« Ma maladie, ma chance », « Alcool free », « Mieux dormir » et bien d\u2019autres encore.« Les audiocaments concernent tous ceux qui ont des troubles liés au stress», explique Stéphane Dumonceau-Krsmanovic, licencié de kinésithérapie à Bruxelles et concepteur de ces audioca- ments avec le laboratoire belge.C\u2019est à la demande d\u2019anesthésistes qu\u2019il a créé il y a une quinzaine d\u2019années, en collaboration avec des médecins, ces enregistrements qui ont été validés ensuite par le ministère de la Santé belge.L\u2019idée de base : réduire les sédatifs pendant certaines opérations, en relaxant les patients.Mais depuis, l\u2019audiocament est sorti des hôpitaux pour arriver dans les écouteurs, à domicile : « C\u2019est pratique, parce qu\u2019on ne peut pas consulter un médecin au quotidien », note Stéphane Dumonceau-Krsmanovic.Et comment ça marche ?« En racontant des histoires.Donner des ordres, ça ne marche pas.On fait des suggestions indirectes à travers des métaphores.» Sarah nous parle de la version « Gestion du stress », dans laquelle le patient doit s\u2019imaginer pilote d\u2019avion, pris dans la tempête.«Mais on nous montre qu\u2019on peut changer d\u2019itinéraire.Ce sont des histoires symboliques fortes.» Dans chaque audiocament, un homme et une femme racontent.On perçoit des bruits, des clapotis en arrière-plan.Tout pour favoriser la réceptivité, plonger l\u2019auditeur dans un état entre éveil et sommeil, pas loin de l\u2019état d\u2019hypnose, sur lequel se sont d\u2019ailleurs basés les concepteurs de ces enregistrements.« J\u2019avais beaucoup de messages de destruction dans la tête, type \u201cje vais me louper\u201d, confie Sarah, mais ces audiocaments finissent par changer le message que tu t\u2019envoies à toi- même.» Sarah a fait un épuisement professionnel il y a quelques années : pour elle, les enregistrements ont été d\u2019une grande aide à ce mo- ment-là.«Après les avoir écoutés, je ressens un calme et un bien-être profonds.» Et en Suisse ?Les audiocaments ne sont pas disponibles en pharmacie comme en Belgique.Mais des enregistrements du même type existent.« Après des séances d\u2019hypnose, certains praticiens donnent du matériel audio à écouter chez soi », explique Philippe de Saussure, médecin vice-président du conseil de fondation de l\u2019Institut romand d\u2019hypnose : « C\u2019est une façon économique pour les patients de prolonger la thérapie.» Le contenu de ces enregistrements est similaire à celui des audiocaments, mais est parfois personnalisé en fonction des besoins.Et si ce spécialiste ne connaît pas le produit belge, il n\u2019est pas contre le principe d\u2019écouter ce type d\u2019enregistrement chez soi sans avis médical préalable : « Il n\u2019y a aucun effet secondaire négatif.» Traduits en neuf langues, de nouveaux audio- caments arrivent régulièrement sur le marché.Un des derniers vise la gestion de l\u2019angoisse en avion.Le stress n\u2019a qu\u2019à bien se tenir.Le Temps * Prénom fictif P A U L B E N K I M O U N L e premier médicament à prise orale dont les comprimés intègrent une puce qui signale qu\u2019ils ont bien été pris s\u2019est vu accorder aux États- Unis une autorisation de mise sur le marché (AMM), a annoncé en novembre l\u2019agence américaine chargée du médicament, la Food and Drug Administration (FDA).Ayant pour principe actif l\u2019aripipra- zole, ce produit commercialisé par le laboratoire japonais Otsuka a pour indications reconnues le traitement de la schizophrénie, celui des épisodes aigus associés aux troubles bipolaires et le complément du traitement de la dépression chez l\u2019adulte.Cette technologie innovante soulève des questions éthiques sur le contrôle des données recueillies.Les patients qui consentiraient à la prescription de cet antipsychotique connecté suivront leur traitement à la trace par un procédé astucieux.Chaque comprimé contient un capteur composé de cuivre, de magnésium et de silicium qui sera éliminé par voie digestive.Une fois au contact des sucs gastriques, la puce subit une réaction d\u2019oxydo-réduction.Elle fonctionne comme une batterie: elle émet un signal capté par un patch collé sur les côtes du patient.Le patch transmet par Bluetooth les informations recueillies à une application sur le téléphone intelligent du patient.Ce dernier décide qui, de son médecin ou de ses proches, a accès à ces informations.Celles-ci seront stockées sur un serveur sécurisé.« Être capable de tracer l\u2019ingestion de médicaments prescrits pour des maladies mentales peut être utile chez certains patients, a commenté le docteur Mitchell Mathis, directeur de la division des produits psychiatriques au Centre d\u2019évaluation et de recherche sur les médicaments de la FDA, dans le communiqué de l\u2019agence.La FDA soutient le développement et l\u2019utilisation d\u2019une nouvelle technologie dans les médicaments sur ordonnance et s\u2019engage à travailler avec les entreprises pour comprendre comment la technologie pourrait bénéficier aux patients et aux prescripteurs.» Efficacité à démontrer L\u2019agence fédérale américaine a toutefois souligné que « la capacité du produit à améliorer la manière dont les patients se conforment à leur schéma thérapeutique n\u2019a pas été démontrée ».Elle met également en garde quant à « une utilisation en temps réel ou en situation d\u2019urgence du traçage de l\u2019ingestion du produit, car la détection peut être retardée ou ne pas avoir lieu».Pour son nouveau produit, Ot- suka a fait du neuf avec du vieux.Il avait obtenu en 2002 l\u2019AMM américaine dans l\u2019indication de schizophrénie pour l\u2019aripipra- zole qu\u2019il avait commercialisé sous le nom d\u2019Abilify.Les ventes florissantes de 2011 à 2013 s\u2019élevaient à 5 ou 6 millions de dollars par année aux États-Unis avant de décroître de plus en plus rapidement jusqu\u2019en 2015, année où le brevet d\u2019Otsuka a expiré.De nombreuses formes génériques sont alors apparues sur le marché, à un prix nettement inférieur.Le laboratoire Otsuka avait pris les devants avec Abilify Maintena, une forme injectable en intramusculaire une fois par mois, autorisée aux États-Unis en 2013 et l\u2019année suivante par l\u2019Agence européenne du médicament.En parallèle, l\u2019industriel japonais a travaillé pendant plusieurs années avec la firme de la Silicon Valley Proteus Digital Health afin de mettre au point son comprimé connecté, Abilify MyCite.En 2015, le laboratoire a sollicité une autorisation de la FDA pour cette nouvelle forme de comprimé.L\u2019agence a demandé au laboratoire des tests supplémentaires pour évaluer l\u2019efficacité, la sécurité et le caractère pratique de ce produit d\u2019un type particulier.La nouvelle demande d\u2019AMM a été présentée et acceptée en 2017.« C\u2019est un système à la fois simple et sophistiqué, indique le professeur François Chast, chef du service de pharmacologie clinique à l\u2019hôpital Necker (AP-HP, Paris).Conceptuellement, c\u2019est génial.Le traitement médicamenteux de toutes les pathologies chroniques est problématique, et nous savons que l\u2019observance n\u2019est que de l\u2019ordre de 50%, surtout pour celles qui ne s\u2019accompagnent pas de symptômes inquiétants.Disposer d\u2019un outil impartial de suivi est donc positif.En revanche, il suscite beaucoup de questions éthiques sur la relation patient- médecin-médicament.» Chercheur à la fondation FondaMental de Créteil, le psychiatre Guillaume Fond observe qu\u2019il « faut anticiper les réactions des patients».«Cette nouvelle présentation peut résoudre les situations où le patient refuse les injections.Je suis néanmoins sceptique quant à son intérêt, car il faudra montrer que le comprimé connecté sera aussi ef ficace pour un bon suivi du traitement, que des patients le préfèrent à d\u2019autres présentations et que son coût encore inconnu ne sera pas prohibitif», ajoute-t- il.Pour démontrer l\u2019intérêt thérapeutique d\u2019Abilify MyCite, le professeur Chast estime nécessaire une étude qui le comparerait à un suivi du traitement par des marqueurs cliniques et biologiques.Accès aux données Directeur médical du réseau santé mentale du Jura bernois- Bienne-Seeland (Suisse), le psychiatre français Yann Hodé n\u2019est « pas convaincu de l\u2019intérêt » du nouveau médicament antipsychotique.«La forme injectable à libération prolongée a l\u2019avantage de la certitude de la prise puisque c\u2019est le médecin qui fait l\u2019injection, de la stabilité pharmacologique et, en cas d\u2019interruption du traitement, d\u2019entraîner un arrêt plus doux qu\u2019avec la forme orale», estime le docteur Yann Hodé.Sur le plan éthique et sur la sécurité et l\u2019accès aux données ainsi collectées, les avis divergent.L\u2019industriel et son partenaire, Proteus, insistent sur le fait que le patient décide qui aura accès à ses données et qu\u2019il peut retirer cette autorisation à tout moment.Le docteur Fond estime qu\u2019il n\u2019y a ni plus ni moins de problèmes qu\u2019avec la forme injectable, qui requier t également le consentement du patient.De son côté, le docteur Hodé s\u2019inquiète du risque de voir des assureurs menacer de remettre en question leurs remboursements si le patient ne prouve pas qu\u2019il a pris systématiquement son traitement.Otsuka attend de voir la réaction d\u2019assureurs privés avant de décider s\u2019il déploie à grande échelle Abilify My- Cite aux États-Unis.Dif fé- rents projets utilisent des capteurs ingérables.En 2010, le laboratoire Novartis avait annoncé des projets utilisant la technologie de capteurs développée par Proteus, mais il n\u2019a pas encore proposé de médicament l\u2019intégrant.Le Wall Street Journal évoque ainsi les tests d\u2019un dispositif ingérable enregistrant la fréquence à laquelle une personne mange, mis au point par les chercheurs de l\u2019Université Harvard et du MIT.Le Temps L E D E V O I R , L E L U N D I 2 7 N O V E M B R E 2 0 1 7 SOCIETE A 5 Abilify MyCite, médicament indiqué dans le traitement de troubles psychiatriques, intègre un capteur qui signale quand il a été ingéré par le patient.Son ef ficacité reste à évaluer, et l\u2019utilisation d\u2019un tel « mouchard » soulève des questions éthiques.SANTÉ Le médicament ingérable connecté soulève des questions éthiques MICHAËL MONNIER LE DEVOIR Les patients qui consentiraient à la prescription de cet antipsychotique connecté suivront leur traitement à la trace.«Cette nouvelle présentation peut résoudre les situations où le patient refuse les injections.Je suis néanmoins sceptique quant à son intérêt, car il faudra montrer que le comprimé connecté sera aussi efficace pour un bon suivi du traitement.» D\u2019abord utilisés dans des hôpitaux belges pour relaxer les patients, les audiocaments, ces enregistrements sonores aux vertus thérapeutiques, sont devenus pour certains une pratique quotidienne qui fait du bien.Combattre le stress avec les audiocaments D\u2019abord utilisés pour réduire les sédatifs, ces enregistrements sonores sont pour certains devenus une pratique quotidienne ISTOCK Les audiocaments sont des pistes sonores, souvent des histoires, qui nous font du bien. endant la plus grande partie de son mandat, le premier ministre Philippe Couillard a cherché à se distancier de l\u2019ère Charest.Les squelettes libéraux du passé récent ne viendraient pas faire une danse de l\u2019épouvante sous sa gouverne.Lors des célébrations du 150e anniversaire du Parti libéral du Québec (PLQ), samedi soir, M.Couillard a consacré son alliance avec M.Charest, un homme dont la voracité en matière de ?nancement politique a plongé le PLQ dans la tourmente.Quel revirement ! Quel mauvais calcul politique à moins d\u2019un an des élections provinciales! L\u2019allocution de M.Charest réconfortera probablement la base militante, nostalgique des années grandioses de règne du PLQ.Elle inquiétera tous ceux qui, en dehors de la famille libérale, s\u2019interrogent sur les valeurs morales du PLQ et sur sa capacité de résister à l\u2019in?uence des affairistes.En ?xant des objectifs de ?nan- cement disproportionnés (100 000$ par ministre) et en permettant à l\u2019argentier bénévole Marc Bibeau de jouer un rôle surdimensionné dans son entourage politique, Jean Charest a jeté le discrédit sur le PLQ du temps où il était premier ministre.Il a fait courir à ses cabinets ministériels le risque de se placer en situation de con?it ou d\u2019apparence de con?it d\u2019intérêts par rapport aux ?rmes qui sollicitaient des contrats publics et qui soutenaient le PLQ.La tenue de la commission Charbonneau et l\u2019enquête en cours de l\u2019Unité permanente anticorruption (UPAC) sur le ?nan- cement du PLQ découlent de son indolence à mettre une distance entre le ?nancement du parti et les affaires du gouvernement.Bien sûr, M.Charest béné?cie de la présomption d\u2019innocence.Bien sûr, la commission Charbonneau n\u2019a trouvé qu\u2019un lien « indirect» entre le ?nancement politique et l\u2019octroi des contrats publics au provincial, gracieuseté de l\u2019incompréhensible dissidence du commissaire Renaud Lachance.Il n\u2019en demeure pas moins que M.Charest est porteur d\u2019un héritage toxique pour le PLQ.Le Jean Charest qui s\u2019est présenté hier, en pour fendant l\u2019UPAC, les fuites médiatiques sur le projet « Mâchurer » et les reportages gon?és à l\u2019hélium sur sa personne est le même qui, au plus fort de la crise sociale que fut le printemps érable, en 2012, suggérait d\u2019expédier les étudiants au nord du Grand Nord.Il a droit à ses opinions.Si les libéraux en sont rendus à lui offrir une tribune, alors que l\u2019UPAC n\u2019a toujours pas achevé son enquête sur le ?nancement du parti, c\u2019est bien la preuve que la grogne au sein du caucus et la montée de la Coalition avenir Québec (CAQ) altèrent le jugement du premier ministre Couillard et de son entourage.Sous Jean Charest, les libéraux ont fait campagne avec le slogan « Les deux mains sur le volant ».Ceux de M.Couillard roulent «sur le pilote automatique ».Dans son dernier rapport, la vérificatrice générale (VG) du Québec, Guylaine Leclerc, a constaté le dysfonctionnement du programme de francisation des immigrants dont est chargé le ministère de l\u2019Immigration, de la Diversité et de l\u2019Inclusion (MIDI).Cette déplorable situation est pourtant connue depuis des années, et le gouvernement n\u2019a rien fait.Quand il est question de la langue française, sa posture, c\u2019est l\u2019apathie ; tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, répète-t-il.ans son audit portant sur la francisation des immigrants par le MIDI, la VG établit que seulement le tiers des nouveaux arrivants qui ne connaissaient pas le français ont suivi un cours de français offert par le ministère.Parmi ceux qui s\u2019inscrivent aux cours du MIDI, une poignée seulement réussit à atteindre le niveau de compétence en français jugé nécessaire pour occuper un emploi ou poursuivre des études postsecondaires.L\u2019an dernier, Le Devoir avait révélé que seulement 40 % des immigrants qui ne connaissaient pas le français s\u2019inscrivaient à un cours de français, tandis que, huit ans plus tôt, cette proportion était de 60 %.Que se pas- sait- i l ?Le MIDI, entretenant d\u2019oiseuses conjectures, n\u2019en savait rien.Pourtant, comme le souligne la VG, en présentant leur demande de certi?cat de sélection, les candidats à l\u2019immigration choisis par Québec signent une déclaration dans laquelle ils s\u2019engagent à respecter les valeurs communes de la société québécoise et à apprendre le français s\u2019ils ne le connaissent pas déjà.Or, le MIDI n\u2019ef fectue aucun suivi individuel de ces nouveaux arrivants qui choisissent de ne pas participer aux cours de français du ministère.On ne sait pas si c\u2019est parce qu\u2019ils ont trouvé du travail et, si c\u2019est le cas, dans quelle langue ils travaillent.On peut se demander à quoi sert cette déclaration s\u2019il ne s\u2019agit pas d\u2019un engagement à tout le moins moral.Désinvolte, le MIDI a manifestement décidé qu\u2019il ne voulait rien dire.Quand il est question de la langue française, le gouvernement Couillard répète qu\u2019il n\u2019y a pas de problème.Vendredi, la nouvelle ministre de la Culture et des Communications et responsable de la Protection et de la Promotion de la langue française, Marie Montpe- tit, a réagi sur les ondes de LCN à ce gérant de la nouvelle boutique Adidas au centre-ville de Montréal pour qui la langue française doit être «accommodée» tandis que la langue qui prime, c\u2019est l\u2019anglais.Citant une étude, rendue publique jeudi par l\u2019Of?ce québécois de la langue française, Marie Montpetit af?rmait que le français connaissait une «progression» comme langue d\u2019usage au travail.Ce n\u2019est aucunement ce que montre cette étude.«Il n\u2019y a pas de différence signi?cative quant à l\u2019usage du français au travail [\u2026] entre 2016 et 2010», écrit l\u2019auteur de l\u2019étude, Charles-Étienne Olivier.Et il ajoute : « Il y a donc une apparente stabilisation de l\u2019usage du français au travail depuis près de 20 ans.» Tout au plus pouvons-nous constater que les milieux de travail sont de plus en plus bilingues dans la grande région de Montréal : moins de francophones travaillent exclusivement en français tandis qu\u2019anglophones et allophones travaillent plus souvent en français.Peut-on y voir un réel progrès ?Seulement si l\u2019on fait preuve de mauvaise foi en mettant de côté les conclusions du chercheur.Plutôt que de se réjouir d\u2019un progrès imaginaire, le gouvernement libéral aurait avantage à s\u2019en tenir aux faits et à reconnaître les ratés de la francisation.Surtout quand on sait que Philippe Couillard a l\u2019intention de hausser substantiellement le nombre d\u2019immigrants admis tandis qu\u2019ils sont de moins en moins nombreux à connaître le français à leur arrivée.L E D E V O I R , L E L U N D I 2 7 N O V E M B R E 2 0 1 7 A 6 EDITORIAL L E T T R E S L I B R E O P I N I O N J E A N - C L A U D E M A R S A N Professeur émérite, Université de Montréal D ans une lettre d\u2019opinion publiée dans Le Devoir de samedi, la chancelière Louise Roy plaide pour la mise à jour de cette char te qui date de 1967 (« Pourquoi moderniser la char te de l\u2019Université de Montréal », 18 novembre 2017).Elle considère qu\u2019il faut « en retirer un cer tain nombre d\u2019anachronismes \u2014 comme la nomination de membres du conseil par l\u2019archevêque de Montréal » et lui ajouter des dispositions « qui reflètent mieux la réalité des pratiques de gouvernance actuelles».Une des dispositions qui s\u2019imposent a trait à l\u2019aménagement du campus.Son plan directeur d\u2019aménagement date des années 1960, de l\u2019ère du tout-à-l\u2019auto.On n\u2019a qu\u2019à visiter le campus de l\u2019Université McGill, empr unter la promenade du Philosophe du campus de l\u2019Université de Toronto ou se délecter de celui de l\u2019Université Simon Fraser à Vancouver pour se rendre compte que celui de l\u2019Université de Montréal est un des plus mal aménagés de tout le Canada.Pour amorcer un véritable changement, il y aurait lieu de nommer d\u2019office dans son conseil d\u2019administration deux professeurs compétents dans des domaines spécifiques, l\u2019un en architecture et en urbanisme et l\u2019autre en architecture de paysage.Ces professeurs pourraient faire comprendre aux membres du conseil qu\u2019il est possible de développer davantage le campus actuel tout en accroissant les espaces verts.C\u2019est de cette façon que le recteur Gilles Cloutier a transformé la controverse suscitée au début des années 1990 par le projet du nouveau pavillon des HEC en une éclatante victoire.Il a tout simplement pris avis auprès de quelques professeurs de la Faculté de l\u2019aménagement.Aujourd\u2019hui, il n\u2019y a plus un seul citoyen qui, s\u2019étant opposé à l\u2019origine à ce projet, souhaiterait revenir à situation qui régnait à l\u2019époque.Non seulement le pavillon des HEC est le plus convivial de tous ceux du campus, mais l\u2019îlot en question, désormais accessible au public, a été paysagé d\u2019une façon fort accueillante.Plus, grâce à l\u2019intervention de la Ville en accord avec le rectorat, la circulation automobile a diminué dans les rues résidentielles du secteur grâce au changement de certains sens uniques.Le 1420 Si les membres du conseil d\u2019adminis- trat ion de l \u2019Université de Montréal avaient pu être informés par un professeur compétent, jamais ils n\u2019auraient géré le projet du 1420 d\u2019une façon aussi aberrante.Car ils auraient appris qu\u2019il était possible d\u2019installer le complexe des sciences à la gare de triage d\u2019Outre- mont tout en conser vant le 1420 pour des activités utiles au campus.Pour ne prendre qu\u2019un exemple, l\u2019Université aurait pu, à l\u2019instar de ce que font les universités canadiennes anglophones, louer le 1420 par bail emphytéotique à une entreprise, encore mieux à un groupe sans but lucratif, pour que l\u2019immeuble soit recyclé en complexe résidentiel pour des étudiants et des professeurs de passage.Elle aurait alors encaissé une rente annuelle, multiplié l\u2019attrait de son campus tout en enrichissant le patrimoine de l\u2019arrondissement historique et naturel du Mont-Royal.Hélas, maintenant, non seulement elle a perdu des millions de dollars en s\u2019acharnant à vendre l\u2019immeuble au privé, mais elle a rendu impossible désormais la candidature de cet arrondissement historique au patrimoine mondial de l\u2019UNESCO, car cette institution n\u2019acceptera pas qu\u2019une université ait pu brader le patrimoine avec une telle outrecuidance.Donc bravo si la modernisation de la charte de l\u2019Université de Montréal peut favoriser le développement et l\u2019aménagement cohérents du campus actuel, y compris celui satellite à la gare de triage d\u2019Outremont.Il reste cependant une question essentielle : pourquoi faudrait-il exclure du conseil des professeurs de l\u2019institution, comme le réclame la chancelière ?Parce que le recteur cherche à s\u2019entourer de personnes qui pensent comme lui ?Ça, ce serait carrément le retour à l\u2019ère cléricale ! UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL Le retour à l\u2019ère cléricale ?FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente du développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-président des ventes publicitaires MARK DROUIN Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Directeur de l\u2019information numérique FLORENT DAUDENS Adjoints PAUL CAUCHON, LOUIS GAGNÉ, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur de la production CHRISTIAN GOULET Pas de baisse d\u2019impôt, Monsieur Leitão Je ne veux pas de votre baisse d\u2019impôt de 200 $, 500 $ ou 1000 $.Je suis fière de contribuer au bien commun en payant mes impôts.Cessez de laisser croire que chaque Québécois est un radin prêt à sacrifier ses institutions pour 500 $.Ça m\u2019insulte.On n\u2019est pas si cheap que ça.Réinvestissez mes 500 $ dans un CPE, une école qui a subi vos compressions de budget ou dans un organisme communautaire au bord de la fermeture.Cessez de détruire.Réinvestissez les surplus dans les services publics.Sylvie Giguère Montréal, le 21 novembre 2017 Baisse d\u2019impôt : la classe moyenne abusée Monsieur le Ministre des Finances, Grâce au calculateur mis à ma disposition sur le site Web de votre parti, j\u2019ai calculé que j\u2019allais épargner 758 $ en impôt cette année.En ajoutant les 100 $ que vous comptez me verser pour chacun de mes enfants d\u2019âge scolaire, cela fait 958 $.Je devrais être heureux.Je ne le suis pas.Mon premier enfant fréquente une école dont les bâtiments sont dans un état déplorable, parce que la commission scolaire ne dispose même pas des sommes nécessaires pour financer l\u2019entretien courant de ses écoles.Mon deuxième enfant fréquente une école surpeuplée, parce que l\u2019investissement dans l\u2019infrastr ucture scolaire ne suit même pas la croissance démographique.Ces 958 $, Monsieur le Ministre, j\u2019aimerais beaucoup mieux les voir servir à améliorer concrètement le sor t de mes enfants et de leurs camarades.Vous semblez oublier ce que doit à l\u2019éducation publique votre public cible, la classe moyenne.Car c\u2019est l\u2019éducation publique qui a fait la classe moyenne.C\u2019est elle qui a extrait mes parents d\u2019un milieu qui les condamnait aux petits salaires et aux conditions difficiles ; qui en a fait de précieux contribuables, en les formant pour un domaine \u2014 l\u2019informatique \u2014 qui allait contribuer à la modernisation du Québec ; et qui leur a permis de participer à la croissance de fleurons de l\u2019économie québécoise, comme Desjardins et CGI.L\u2019éducation publique nous a donné aussi, à ma conjointe et moi, des métiers qui nous permettent de contribuer à notre société sans y laisser notre santé.Et je compte bien qu\u2019elle en fasse de même avec nos enfants.Ce que vous nous démontrez, avec votre baisse d\u2019impôt, c\u2019est que vous ne croyez pas en l\u2019éducation publique.Et que vous ne croyez pas non plus en nous, qui en sommes les héritiers.La classe moyenne n\u2019est pas digne d\u2019investissement, selon vous.Elle est seulement bonne à acheter.Eh bien, je vous prie bien humblement, Monsieur le Ministre, de ne pas nous acheter, ma conjointe et moi , mais d\u2019investir plutôt dans l\u2019avenir de nos enfants.Hugo Hardy Montréal, le 24 novembre 2017 FRANCISATION DES IMMIGRANTS La désinvolture RETOUR DE JEAN CHAREST Indolence festive D P BRIAN MYLES ROBERT DUTRISAC L E D E V O I R , L E L U N D I 2 7 N O V E M B R E 2 0 1 7 A 7 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon (chef de division), Robert Dutrisac, (éditorialiste), Michel Garneau et Pascal Élie (caricaturistes), Jacques Nadeau (photographe), Olivier Zuida (recherchiste photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division et reporter), Stéphane Baillargeon (généraliste), Gérald Dallaire (pupitre), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Jean Dion (sports), Marco Fortier (éducation), Lisa-Marie Gervais (diversité), Pauline Gravel (sciences), Jessica Nadeau (éducation).Alexandre Shields (environnement); information politique : Michel David (chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Marie-Michèle Sioui (correspondants parlementaires à Québec) Dave Noël (recherche), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec); information culturelle : Guillaume Bourgault-Côté (politiques culturelles), Julie Carpentier (pupitre), Fabien Deglise (livres), Catherine Lalonde (arts vivants), François Lévesque (écrans),Caroline Montpetit (arts vivants), Philippe Papineau(médias); information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l\u2019information), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Benoît Munger (pupitre); information internationale : Guy Taillefer (chef de division et éditorialiste); section art de vivre : Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); cahiers spéciaux : Aude Marie Marcoux (responsable); équipe numérique : Laurence Clavel, Guillaume St-Hilaire et Geneviève Tremblay (pupitres); correction : Andréanne Bédard, Christine Dumazet et Michèle Malenfant (correctrices) ; soutien à la rédaction : Amélie Gaudreau (coordonnatrice à la rédaction), Jean-Philippe Proulx (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa).PUBLICITÉ Charleyne Bachraty (adjointe au vice-président), Marlène Côté, Évelyne De Varennes, Amel Elimam, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (directrices de comptes), Alain Tréhout (directeur créativité média), Amélie Maltais (commis aux avis légaux), Alessandra Tantalo et Laurence Hémond (coordonnatrices publicitaires).PRODUCTION Caroline Desrosiers, Yannick Morin, Anthony White et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web), Jean-François Côté (analyste programmeur), Luc Girard (technicien informatique), Solène M.Hébert (développeuse Web).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Catherine Gentilcore (coordonnatrice marketing, communications et relations publiques), Sébastien Beaupré (coordonnateur service à la clientèle), Manon Blanchette, Caroline Filion, Nathalie Filion, Isabelle Sanchez (préposées au service à la clientèle).ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Mélisande Simard (adjointe administrative et responsable des ressources humaines), Florentina Draghici (technicienne comptable), Véronique Pagé (responsable du crédit).L a France est à feu et à sang.On se déchire sur les tribunes.Les politiciens sont pris à partie et doivent prendre position.La réforme du travail ?Non : l\u2019écriture « inclusive ».Kézako?L\u2019écriture inclusive remet en question le postulat du grammairien Scipion Dupleix formulé en 1651 : «Parce que le genre masculin est plus noble, il prévaut seul contre deux ou plusieurs féminins.» Résumé depuis par la formule sacro- sainte : «Le masculin l\u2019emporte sur le féminin.» Quand la France éternue, c\u2019est toute la francophonie qui doit s\u2019essuyer.Bref, dans une langue qui est la plus largement enseignée dans le monde après l\u2019anglais, le débat français a des répercussions partout.L\u2019af faire fait le tour du monde, dans toutes les langues.Mais avant de sauter dans le débat, voici de quoi il est question.L\u2019écriture inclusive peut prendre plusieurs formes.La féminisation des titres et fonctions, par exemple, est courante au Québec depuis quatre décennies.L\u2019ambassadrice n\u2019est pas la femme de l\u2019ambassadeur.Les Belges et les Suisses font de même.La « rédaction épicène », elle, fait usage de termes neutres : les droits de la personne ou les droits humains plutôt que les droits de l\u2019homme.Ou bien l\u2019on dira : les « candidats et candidates ».Ce qui demande un cer tain doigté.L\u2019ancien premier ministre John Turner avait mis les pieds dans le plat en disant : « Les bleuets, je les mangerais tous et toutes.» Encore faut-il savoir de quels bleuets l\u2019on parle.Parmi les autres procédés d\u2019écriture inclusive, on compte la « règle de majorité » : 300 femmes et un chat sont contentes (ce que mon correcteur orthographique refuse encore pour l\u2019instant).Enfin, il y a la « règle de proximité », selon laquelle l\u2019adjectif s\u2019accorde avec le nom le plus proche.Ex.: monsieur et madame sont contentes.Si vous n\u2019aimez pas la règle de proximité, vous n\u2019avez qu\u2019à dire : madame et monsieur sont contents.Et c\u2019est aussi plus galant.Plus radicale, une autre technique d\u2019écriture inclusive consiste à introduire des points médians pour parler des lecteur.rice.s du Devoir.C\u2019est une chose que les Québécois/es ont essayée à leur façon il y a 30 ans et qu\u2019ils ont délaissée.La résistance française Notons qu\u2019avant le XVIIe siècle, ces règles dites inclusives étaient courantes en français, sauf le point médian.De nos jours, leur usage tend à se répandre à nouveau.En France, les choses faisaient leur petit bout de chemin discrètement jusqu\u2019en septembre, quand Le Figaro s\u2019est avisé que l\u2019éditeur Hatier avait publié un ouvrage scolaire destiné aux jeunes du primaire qui faisait usage de l\u2019écriture inclusive, dont le fameux point médian.« Péril mortel ! », juge l\u2019Académie française, qui n\u2019en rate pas une.J\u2019étais en France au début de novembre et il ne se passait pas un jour sans qu\u2019une publication en parle.Le débat a atteint un paroxysme le 21 novembre lorsque le premier ministre, Édouard Philippe, a ordonné à ses ministres de ne pas utiliser l\u2019écriture inclusive \u2014 les fameux points médians\u2026 \u2026 Tout en recommandant d\u2019autres facettes de l\u2019écriture inclusive, comme les offres d\u2019emploi ouvertes aux «candidats et candidates».Et il ne fermait pas non plus la porte aux titres féminins.Toute cette polémique aura sans doute le mérite de faire avancer la réflexion sur l\u2019écriture inclusive.Après tout, le débat s\u2019est tellement focalisé sur l\u2019aspect le plus radical de l\u2019écriture inclusive qu\u2019il justifie tout le reste.À mon avis, ce qui a retardé l\u2019évolution logique de la langue en francophonie depuis 40 ans, c\u2019est le système de valeur des Français davantage que la structure de la langue.En France, la forme féminine des titres et fonctions est à ce point diminuée qu\u2019elle est perçue comme dégradante, même par les femmes.Une mairesse, c\u2019est une femme de maire.Tant et si bien qu\u2019Anne Hidalgo préfère être la maire de Paris.Lorsque Valérie Plante a été élue « mairesse », la presse française s\u2019est éblouie autant de l\u2019usage du terme que du fait qu\u2019une femme dirige Montréal.On touche ici ce qui pollue tout le débat en France : cet usage de conférer aux épouses le titre du mari.Si l\u2019Académie française insiste tant pour que l\u2019on dise Madame le capitaine, c\u2019est parce que la capitaine était la femme du capitaine.Idem pour la présidente, la ministre, la juge, la doctoresse, la mairesse.Comment se fait-il que la femme de l\u2019ambassadeur soit ambassadrice ?En toute logique, elle ne devrait être que la femme de l\u2019ambassadeur.On touche à l\u2019absurde.Car enfin, si madame l\u2019ambassadeur est bien une femme, et que son conjoint doit prendre le titre, comment désigne-t-on son mari ?L\u2019ambassadrice ?L\u2019am- bassadeux?L\u2019ambassaLGBTQ?Édouard Philippe rendrait un grand service à la langue s\u2019il décrétait que l\u2019époux de la maire Hidalgo doit être le mairesse.Si le péril est mortel, c\u2019est parce que le ridicule tue.Le sexe de la langue JEAN-BENOÎT NADEAU G I L L E S L A P O R T E Porte-parole de la Coalition pour l\u2019histoire la suite de l\u2019action menée notamment par la Coalition pour l\u2019histoire, les élèves québécois ont enfin droit depuis septembre 2017 à un cours d\u2019histoire réformé en 3e et 4e secondaire.Unanimement salué, ce nouveau cours d\u2019histoire du Canada et du Québec empr unte désormais une trame chronologique, résolument axée sur l\u2019acquisition de connaissances et l\u2019apprentissage de la méthode historique.Dans ce contexte, il y a lieu de se demander si la formation que reçoivent les enseignants québécois les prépare adéquatement à offrir des cours désormais plus substantiels.C\u2019est le point de départ de l\u2019étude que j\u2019ai pilotée avec mes collègues Laurent Lamontagne et Myriam D\u2019Arcy à propos de la formation des futurs enseignants dans les universités québécoises et sur le niveau de satisfaction qu\u2019ils en ont tiré une fois leur carrière commencée.On a ainsi passé au crible chacun des 14 programmes de formation des maîtres dans dix universités québécoises.On a ensuite interrogé plus de 200 enseignants d\u2019histoire à propos de leur cheminement universitaire et sur le profit véritable qu\u2019ils en ont tiré.On a enfin mené des entrevues approfondies avec certains d\u2019entre eux pour mieux interpréter le sens des données obtenues.Les résultats de l\u2019enquête sont accablants.Tous établissements confondus, le baccalauréat en enseignement secondaire de quatre années accorde la part du lion aux cours de didactique, de psychopédagogie et de science de l\u2019éducation en général.En revanche, moins de la moitié des cours suivis concerne la formation disciplinaire des futurs enseignants, soit la géographie et l\u2019histoire.Le constat est particulièrement dramatique à propos de l\u2019histoire du Canada et du Québec.Tandis que les futurs enseignants doivent offrir 200 heures de cours sur ce thème dans le programme d\u2019Univers social, ils n\u2019auront eux- mêmes suivi pour s\u2019y préparer que trois ou quatre cours de 45 heures, dont seulement deux obligatoires, généralement les cours d\u2019histoire du Canada avant et depuis 1867.En somme, si les enseignants semblent adéquatement formés pour gérer une classe, évaluer une compétence et évoluer dans le système d\u2019éducation, il est évident qu\u2019ils n\u2019ont pas reçu le bagage disciplinaire suffisant pour enseigner adéquatement l\u2019histoire nationale et exposer leurs élèves à des connaissances qui aillent un tant soit peu au-delà de ce qu\u2019ils peuvent trouver dans le manuel de classe ou sur Internet.Recommandations Forts de ces constats, mais conscients de la complexité des enjeux et des dilemmes auxquels font face l\u2019enseignant et l\u2019école québécoise, nous soumettons neuf recommandations nuancées qui visent d\u2019abord à soutenir le travail déjà mené dans les établissements.Ces recommandations consistent, primo, à renforcer d\u2019urgence la formation disciplinaire, notamment en géographie et en histoire du Canada et du Québec.Secundo, qu\u2019on accroisse la flexibilité de la filière de la formation de sorte, par exemple, que le détenteur d\u2019un baccalauréat disciplinaire puisse accéder à l\u2019enseignement après une année de cours d\u2019appoint en pédagogie, et que les directions d\u2019écoles aient davantage la liberté de répartir à leur guise les ressources enseignantes pour atteindre les objectifs et standards.Tertio, qu\u2019on institue enfin un véritable dialogue entre les facultés d\u2019éducation \u2014 qui forment les enseignants \u2014 et les établissements scolaires qui auront à les embaucher de sor te de mieux définir les outils dont auront besoin les futurs enseignants.Notre conclusion est finalement que les lacunes observées dans la formation disciplinaire des enseignants d\u2019Univers social se vérifient aussi dans d\u2019autres programmes, comme l\u2019enseignement du français ou des sciences de la nature : le nombre de crédits accaparés par la formation en sciences de l\u2019éducation aux dépens de la formation disciplinaire y est tout aussi disproportionné.Les constats et les recommandations faits par notre étude nous apparaissent donc généralisables à l\u2019ensemble de la formation des maîtres au Québec et tous les intervenants de cette filière névralgique pour l\u2019avenir du Québec sont invités à en prendre connaissance.Les professeurs sont-ils prêts au retour de l\u2019enseignement des connaissances ?M O N I Q U E D U M O N T Chef de la recherche retraitée de l\u2019émission Enquête de Radio-Canada e reviens d\u2019un voyage en Europe durant lequel j\u2019ai voulu suivre les traces des soldats canadiens (et canadiens-français) durant la Grande Guerre (1914-1918) et la Seconde Guerre mondiale (1939- 1945).Si cette année marquait le centième anniversaire de la bataille de la crête de Vimy, l\u2019an prochain sera celui de l\u2019armistice conclu le 11 novembre à 11 heures.Le 1er septembre 2019 marquera le début officiel, il y aura quatre-vingts ans, de la Seconde Guerre mondiale.Les armées d\u2019Hitler envahissent la Pologne.Le Canada déclare la guerre le 10 septembre.Voilà donc des dates charnières et en traversant l\u2019Atlantique, j\u2019avais des attentes élevées quant aux sites de commémoration.Or, j\u2019ai été bien déçue.Il faut savoir qu\u2019il n\u2019existe aucun itinéraire déjà tracé pour qui veut faire ce genre de voyages, un guide illustrant les principaux sites d\u2019intérêt.Le GPS souvent ne référence pas ces sites et il faut utiliser Google Maps pour les trouver, et encore.Peu d\u2019affiches, peu de présentations ou d\u2019historiques.Cer tains sites de la Grande Guerre sont bien présentés et entretenus.Je pense notamment au site de Passchendaele, en Belgique, ou au magnifique monument de la crête de Vimy, dont la majesté se dessine de très loin sur l\u2019horizon des collines françaises.Et pourtant.Au Centre d\u2019accueil des visiteurs de Vimy, tout récemment terminé, des fissures dans le plancher sont déjà visibles.Une mauvaise construction.À titre de comparaison, je suis allée au centre d\u2019interprétation de Verdun.Les champs de bataille, les lieux des combats où sont morts tant de jeunes soldats, les villages détruits et non reconstruits, tout est bien indiqué et raconté.Dieppe Que dire maintenant de sites importants de la Seconde Guerre mondiale?À Dieppe, un petit monument, bien seul sur cette plage tragique, avec une plaque commémorative.Pas de centre d\u2019interprétation de ce raid du 19 août 1942.Il y a le cimetière canadien, où sont enterrés 707 Canadiens.Les Fusiliers Mont- Royal y ont perdu 119 des leurs.À Juno Beach, où ont débarqué les Canadiens le 6 juin 1944, lors du D-Day, il y a bien un centre d\u2019interprétation.Or celui-ci est privé quoique ayant été fortement subventionné par le ministère des Vétérans.Le centre est bien, mais fait pauvre figure comparativement aux centres des plages améri - caines et britanniques.Voulez-vous suivre les traces des régiments canadiens-français dans le bocage normand ou en route vers la Belgique et la Hollande?Il n\u2019y a aucun guide, aucun site commémoratif des petits et grands combats qui s\u2019y sont déroulés.Parfois, au détour d\u2019une route, une plaque sur une maison, une croix sur le chemin, un petit monument, quelques fleurs, quelques cimetières.À Zwolle, aux Pays-Bas, Léo Major des Régiments de la Chaudière et du Royal 22e Régiment, s\u2019est illustré.Un boulevard por te son nom : le Leo Majorlaan.Pourtant, il n\u2019y a aucun centre d\u2019interprétation sur ses héroïques combats et ceux de ses compagnons.Voulez-vous retracer le parcours des Canadiens français lors de la bataille de l\u2019Escaut ?Bonne chance pour trouver des mentions ou des sites rappelant leurs exploits.Je n\u2019ai fait qu\u2019effleurer l\u2019Allemagne et je ne suis pas descendue en Sicile ou en Italie ; à la vue de mon expérience, je ne saurais dire comment la commémoration de la vaillance de nos soldats est faite.Où sont les rappels du rôle des agents canadiens-français en territoire ennemi, parachutés pour appuyer une résistance fragile devant un occupant impitoyable ?Où est le gouvernement canadien ?Quel ministère fédéral est responsable de cet état de délabrement de sites de mémoire importants ?Est-ce le ministère des Vétérans, ou encore Patrimoine canadien\u2026 le ministère de la Défense nationale peut-être ?Où est le gouvernement du Québec?Ne faudrait-il pas rappeler \u2014 nommer, raconter l\u2019histoire \u2014 de ces milliers de Québécois (Canadiens français d\u2019hier) qui ont débarqué sur les côtes d\u2019Afrique du Nord, de Sicile, d\u2019Italie, de France?Si notre monde existe, c\u2019est grâce à l\u2019héroïsme et au sacrifice de milliers d\u2019entre eux.Ne faudrait-il pas rédiger un Guide pour des voyageurs désireux de marcher ainsi sur les traces de nos soldats?Des agences de voyages ne pourraient-elles pas organiser des voyages organisés sur cette thématique?Encore faut- il qu\u2019il y ait des sites à voir, des expériences à revivre ! Bientôt, il faudra se rappeler cette période à la fois grande et tragique de l\u2019histoire.Il faut une volonté politique et des budgets pour ce faire, afin que la jeune génération apprenne ces histoires de la façon qui lui convient aujourd\u2019hui, interactive, en mouvement.C\u2019est un devoir collectif de mémoire.Chemins de guerre, chemins de mémoire ?À Notre conclusion est finalement que les lacunes observées dans la formation disciplinaire des enseignants d\u2019Univers social se vérifient aussi dans d\u2019autres programmes J PHILIPPE HUGUEN AGENCE FRANCE-PRESSE Le premier ministre Justin Trudeau lors de sa visite au Memorial national du Canada à Vimy pour le centenaire de la bataille de Vimy en avril 2017 L E D E V O I R , L E L U N D I 2 7 N O V E M B R E 2 0 1 7 A 8 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel 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photographiée est Markus Dresler, chef du restaurant Santa Barbara, alors qu\u2019il s\u2019agit en fait de son collègue William Hernandez.Toutes nos excuses aux personnes concernées.« On s\u2019oriente vers des montants qui seraient récurrents pour un premier enfant, mais encore plus pour le deuxième, puis le troisième enfant», s\u2019est- il contenté de dire en conférence de presse.Alors qu\u2019on lui demandait s\u2019il proposerait un cocktail de mesures incitant les femmes à mettre en sourdine leur carrière professionnelle pour élever leurs enfants dans le foyer familial, M.Legault a dit : « Il faut trouver un équilibre entre aider les familles, mais aussi aider le marché du travail.» Il a rappelé que le taux d\u2019emploi des femmes atteint un record au Québec.« C\u2019est une bonne chose pour l \u2019économie du Québec.» Pour l\u2019instant, aucune mesure visant à «aider plus nos familles au Québec » n\u2019est écartée, y compris celle de permettre le fractionnement du revenu entre deux parents n\u2019ayant pas les mêmes salaires, et ce, pour abaisser leur niveau d\u2019imposition conjoint.Une mesure inquiétante, selon le PLQ La volonté caquiste d\u2019augmenter le taux de natalité a été tournée en dérision par le premier ministre, Philippe Couil- lard.« Les curés de la CAQ vont faire la visite paroissiale, pour vérifier si le monde ont des enfants en chemin, comme on disait dans le temps ?», a-t-il demandé en marge du congrès du Parti libéral du Québec, dimanche.Plus sérieusement, le chef libéral a dénoncé une mesure « inquiétante », inspirée d\u2019une « bataille du siècle dernier ».«Moi, ce que je crois décoder, c\u2019est que les femmes sont assez grandes pour décider quand est-ce qu\u2019elles veulent des enfants, si elles veulent en avoir », a-t-il affirmé.Selon lui, la prise de position de la CAQ permet de distinguer les visions des deux partis en matière de famille .Celles-ci sont « radicalement différentes », selon le premier ministre.« On n\u2019a pas assez réalisé que, pour les familles du Québec, tout n\u2019est pas une question d \u2019argent .[\u2026] Le temps, ça ne s\u2019achète pas.[\u2026] Les gens ont besoin d\u2019une soupape de temps » a-t-il insisté, en évoquant une fois de plus la possibilité de donner davantage de congés payés aux travailleurs québécois.Augmenter la natalité, diminuer l\u2019immigration « La population du Québec vieillit.Comment on répond à ce défi déterminant pour notre avenir ?Il n \u2019y a pas 50 solutions possibles, il y en a deux : l\u2019immigration et la natalité », a déclaré François Legault devant les militants de la CAQ.« Je veux être très clair : la CAQ est favorable à l\u2019immigration.Mais ce qu\u2019on souhaite, c\u2019est une immigration réussie », s\u2019est-il empressé d\u2019ajouter, s\u2019attirant les applaudissements spontanés des militants rassemblés dans une salle de conférence de l\u2019Hôtel Delta de Sherbrooke.M.Legault a par la suite expliqué aux journalistes que les personnes issues de l\u2019immigration ne constituent pas une menace à l\u2019identité québécoise dans la mesure où celles-ci sont bien intégrées à la société québécoise.« Quand il y a des immigrants qui arrivent ici et qui adoptent notre culture, qui adoptent nos valeurs, qui adoptent notre langue ; mais ça aussi, ça aide notre démographie », a-t-il af firmé en conférence de presse.Or, l\u2019intégration des immigrants se révèle un échec à l\u2019heure actuelle.Pour preuve, le taux de chômage des néo- Québécois oscille autour de 15 % cinq ans après leur arrivée au Québec, a-t-il répété durant le week-end.La CAQ entend abaisser à 40 000 le nombre d \u2019 immi - grants admis par le Québec tout en maintenant les sommes actuellement allouées pour l\u2019intégration des quelque 50 000 immigrants accueillis chaque année.La fracture entre le programme du PLQ et celui de la CAQ s\u2019est aussi élargie en matière d\u2019immigration.« M.Le- gault manque complètement le principal enjeu économique du Québec, qui est la pénurie de main-d\u2019œuvre », a fait valoir M.Couillard.«Proposer de réduire l\u2019immigration comme il le fait \u2014 à moins qu \u2019il ne change d\u2019idée encore \u2014, c\u2019est une position antiéconomique.» Le premier ministre a fait un aveu implicite de l\u2019échec de la francisation au Québec, soulignée à gros traits dans le plus récent rapport de la vérificatrice générale.« Avant de l\u2019augmenter [le seuil d\u2019accueil des immigrants], assurons- nous qu\u2019on corrige ce qui doit être corrigé, notamment dans la francisation et l \u2019 intégration», a-t-il concédé.Devant les militants libéraux, il a déclaré que tout politicien «qui propose de diminuer l\u2019immigration nuit aux intérêts économiques du Québec, et particulièrement de ses régions ».Philippe Couillard s\u2019est cependant gardé de répondre à une question sur l\u2019augmentation des seuils d\u2019immigration.«On va toujours faire le maximum, mais le maximum qui est bien fait», a-t-il conclu.Durant son allocution, M.Legault n\u2019a nommé ni le chef libéral, Philippe Couillard \u2014 qui l\u2019avait pourtant égratigné à plus d\u2019une occasion durant le week-end \u2014, ni le chef péquiste, Jean-François Lisée, ni l \u2019un des por te-parole de Québec solidaire.« Je veux être positif », a-t-il expliqué.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 FAMILLE l\u2019égalité des genres ?Le film ne réussit pas le fameux test de Bechdel.Cette pochade expérimentale demande ironiquement si, dans une œuvre, une seule scène implique au moins deux personnages féminins qui parlent entre eux (ou plutôt entre elles) de n \u2019 im - por te quel autre sujet qu\u2019un homme.Même un dialogue entre filles sur le magasinage suffit pour se qualifier.Or, plus de la moitié des quelque 7450 films recensés par bechdeltest.com ne réussissent pas le contrôle sexiste de base.Avatar non plus donc.Pourtant, le film met en scène la princesse extraterrestre Ney- tiri à mille lieues des stéréotypes du sois-belle-et-tais-toi : la géante bleutée paraît libre, agile, for te et déterminée comme une panthère.Une autre grille développée par des chercheurs de l\u2019Université de Washington à Seattle donne au contraire raison à cette impression de travail équilibré, sans clichés.La nouvelle échelle postbechdélienne place à quasi-égalité les personnages féminins et masculins d\u2019Avatar quand ils manifestent leur autorité (power) ou leur esprit de décision (agency ou decisiveness), en paroles comme en gestes.Allez les bleues! «Je dirais que notre test complète en quelque sorte le test de Bechdel», dit en entrevue téléphonique Hannah Rashkin, doctorante de l\u2019École Paul G.Allen School de génie et de science informatiques, coau- teure de l\u2019étude Connotation Frames of Power and Agency in Modern Films.« Nous mesurons davantage de paramètres et notre approche se veut plus englobante.» La volonté de puissance Le travail des humanités numériques analyse par ordinateur les scénarios et les résumés des œuvres.La banque disponible en ligne de films décortiqués en compte déjà 772, essentiellement américains.Elle rassemble plus de 21 000 personnages des deux sexes.Cette simple compilation permet déjà de constater que le florilège compte deux fois plus de personnages masculins que féminins (34,6%) mais aussi que les acteurs prononcent près des trois quar ts (71,8 %) des répliques aux écrans.Au début de la domination était le verbe\u2026 D\u2019ailleurs, pour l\u2019anecdote, 42 % des films de l\u2019équipe de Washington ne réussissent pas le test de Bechdel.Et comme de fait, plus les personnages féminins ont de temps d\u2019écran, plus ils réussissent le test.«Beaucoup de films réussissent le test de Bechdel sur un détail technique, alors qu\u2019au fond, ce n\u2019est pas parce que deux femmes se parlent dans un film que le film présente une image positive des femmes », dit Maarten Sap, autre doctorant coauteur de l\u2019étude, qui compte cinq signataires.«Notre perspective est plus ancrée et fondée linguistiquement.Et nous sommes bien conscients que les deux tests présentent des forces et des faiblesses et que, même combinés, les deux ne saisissent pas tous les partis pris liés aux genres dans les films.» Analyse des verbes Le postulat de l \u2019enquête mise sur le verbe, un mot d\u2019action.L\u2019analyse utilise une échelle de 1 à 3 pour classifier 3700 verbes présélectionnés et classifiés.La grille dit si un verbe employé témoigne de l\u2019autorité d\u2019un personnage sur un autre (power), s \u2019il le domine par exemple.La notion d\u2019« agentivité » (agency) renseigne sur le contrôle autonome exercé par le personnage sur sa propre vie et son propre récit.Ce qui donne quoi concrètement?Si une femme parle à un homme pour lui « demander » de faire tel ou tel geste, ce verbe reçoit moins de points de pouvoir que si elle l\u2019«exige».La liste des verbes « impuissants» comprend attendre, relaxer, excuser et demander.Par contre, construire, détruire, assigner ou imposer se retrouvent du côté de la «puissance».L\u2019étude montre qu\u2019en général les personnages masculins ont plus de pouvoir que les féminins.La faveur masculine se vérifie même dans les films scéna- risés ou dirigés par des femmes.«Les femmes ont tendance à obtenir moins de pouvoir et moins d\u2019autonomie que les hommes», résume M.Sap.«Le constat demeure dans tous les sous-genres, la comédie, comme l\u2019horreur, le drame, la science-fiction et les thrillers.» Elsa, Anna et Cendirella Cette méthode linguistique permet également de relativiser la transformation à long terme des portraits de genre.Les vieux films ne sont pas nécessairement plus stéréotypés que les récents.Citizen Kane (1941) obtient une bonne note égalitaire et même favorable aux personnages de femmes tandis que Grand Budapest Hotel (2014) se révèle discriminatoire.Pourtant, les deux ne répondent qu\u2019à un des trois critères du test de Bechdel.M.Sap propose une autre comparaison, cette fois entre La reine des neiges (Frozen en anglais, 2013) et Cendrillon (1950).Les deux dessins animés de Disney réussissent le test de Bechdel.Toutefois, la nouvelle grille permet d\u2019établir que le récent personnage d\u2019Elsa est le seul à atteindre un score élevé (autour de 60 %) en matière de puissance et d\u2019action tandis que l\u2019Anna des années 2010 et la Cendrillon des années d\u2019après-guerre obtiennent de bien faibles notes, à peu près similaires, à ce jeu plus complexe du power et de l\u2019agency.Les deux femmes animées se révèlent finalement aussi passives et soumises.«Ce résultat nous a surpris, avoue M.Sap.Frozen est perçu comme un film très positif pour les femmes.Il le demeure à bien des égards, mais avec des nuances maintenant.» Sa collègue en rajoute.« Le résultat de Frozen nous a tous étonnés », ajoute Hannah Rashkin.« En fait, nous observons que, dans ce genre de film, on propose en général un personnage féminin fort, autoritaire et autonome, alors que les autres restent sur le modèle traditionnel moins puissant et plus soumis, ce qui semble malheureux.» Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 SEXES Les femmes ont tendance à obtenir moins de pouvoir et moins d\u2019autonomie que les hommes Maarten Sap « » Le ministre de l\u2019Éducation, Sébastien Proulx, a pris la parole samedi pour appuyer une résolution visant à rendre l\u2019instruction obligatoire jusqu\u2019à 18 ans.Cette proposition, dont le libellé original prévoyait d\u2019obliger la fréquentation scolaire jusqu\u2019à l\u2019âge de la majorité « pour les élèves non titulaires d\u2019un diplôme d\u2019études secondaires ou de formation professionnelle », a cependant été battue lors d\u2019un vote des délégués libéraux.« Je m\u2019en tiens à la proposition qui est dans la Politique de la réussite éducative, qui dit qu\u2019il faut réfléchir à des façons dif fé- rentes de poursuivre l\u2019école », a réagi le ministre, sans écarter la possibilité d\u2019imposer l\u2019école obligatoire jusqu\u2019à 18 ans.Selon lui, la population ne rejette pas cette idée, mais plutôt « la méthode de la CAQ », qui consiste à forcer les gens à rester à l\u2019école et ainsi « prolonger le supplice, d\u2019une certaine façon ».Marie-Michèle Sioui L\u2019instruction obligatoire jusqu\u2019à 18 ans l\u2019égard du Québec.« On veut que tout le monde se sente québécois à part entière.Que ce soient des gens qui viennent d\u2019ailleurs ou des anglophones ; il faut travailler ce sentiment d\u2019appartenance », a- t-elle déclaré.D\u2019ailleurs, l\u2019ex-premier ministre Jean Charest a félicité son successeur, Philippe Couil- lard, d\u2019avoir donné son feu vert à la création du Secrétariat aux relations avec les Québécois d\u2019expression anglaise, et ce, trois ans et demi après s\u2019être vu confier les commandes de l\u2019État.«J\u2019ai un seul regret, Philippe : j\u2019aurais dû y penser.J\u2019aurais dû le faire », a-t-il déclaré devant les militants libéraux réunis au Centre des congrès de Québec samedi soir pour célébrer le 150e anniversaire de leur formation politique.L'«épouvantail» référendaire au placard M .Legault a appelé les é lecteurs d \u2019express ion anglaise à « enfin » appuyer le 1er octobre 2018 un parti polit ique qu i par tage leur « v is ion » du Québec .« S i vous êtes fatigués d\u2019être tenus pour acquis, la CAQ est maintenant une solution de rechange claire pour vous », a-t-il déclaré en anglais durant le discours de clôture du conseil général de la CAQ dimanche.L'« épouvantail » du référendum sur la séparation du Québec est « enf in disparu », a-t-il mar telé tout sourire.En 2014, le saut en politique de Pierre Karl Péladeau \u2014 le poing levé pour « faire du Québec un pays » \u2014 avait bousillé le plan de campagne de M.Le- gault.Pris de panique, plus d\u2019un fédéraliste était accouru dans les bras du PLQ après avoir sérieusement envisagé de voter pour la CAQ.Le chef libéral Philippe Couillard a convenu qu\u2019il ne multipliera pas les sorties médiatiques sur les périls associés au projet indépendantiste afin de se faire réélire.« C\u2019est raisonnable de penser ça [qu\u2019on ne fera pas une campagne sur un éventuel référendum].D\u2019ailleurs, je ne vois pas un appétit dans la population pour cet enjeu-là.[\u2026] On aura une campagne, je dirais, nouvelle », a-t-il expliqué en conférence de presse.Le PLQ recueille 60 % des intentions de vote des non-fran- cophones, contrairement à 17 % pour la Coalition avenir Québec, 7 % pour Québec solidaire et 4 % pour le Parti québécois, selon un sondage effectué par Léger il y a moins d\u2019un mois.Chif fres en main, l\u2019état-major de la CAQ ne fonde pas d\u2019espoir, à ce moment-ci, sur une percée dans le « West Island », à Montréal.Cependant, il mise gros sur un af faisse- ment du vote libéral anglophone dans des circonscriptions en région abritant une proportion importante de locuteurs anglophones \u2013 Brome- Missisquoi , en Estrie, par exemple.Effritement du vote francophone Par ailleurs, les militants du PLQ ne font pas grand cas de l\u2019ef fritement du vote francophone à l\u2019égard de leur parti : ils ont adopté samedi une série de propositions visant à « prendre davantage en compte » la réalité des anglophones, mais n \u2019ont pas abordé , en revanche, les enjeux linguistiques propres aux francophones.Les plus récents sondages sur les intentions de vote des Québécois font état d\u2019une diminution du vote libéral chez les francophones .Des coups de sonde effectués aux mo is de ma i , d \u2019août et d\u2019octobre donnent respectivement 25 %, 22 % et 21 % du vote francophone au PLQ .En contrepartie, la CAQ récolte 35 %, 33 % et 34 % des intentions de vote des Québécois francophones.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 ÉLECTEURS MARCO BÉLAIR-CIRINO LE DEVOIR Le chef de la CAQ, François Legault, était à Sherbrooke ce week-end, où environ 600 militants caquistes étaient réunis en conseil général.Selon un récent sondage, le PLQ recueille 60 % des intentions de vote des non-francophones, contrairement à 17 % pour la CAQ "]
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