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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier B
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2017-12-02, Collections de BAnQ.

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[" Michel David Un gouvernement sans ministres à Montréal?Page B 5 Culture L\u2019art peut-il se faire sans user des stéréotypes?Page B 7 PERSPECTIVES C A H I E R B \u203a L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 E T D I M A N C H E 3 D É C E M B R E 2 0 1 7 Le prix du passé Le fédéral ouvre le portefeuille pour réparer les erreurs Page B 5 VILLE DE VAL-D\u2019OR Une activité d\u2019initiation au ski de fond organisée par la Ville de Val-d\u2019Or, où les participants étaient originaires du Bangladesh, du Maroc et de l\u2019Algérie.En plein boom minier, l\u2019Abitibi cherche de l\u2019or, mais également une denrée devenue presque aussi précieuse : des travailleurs.Et devant une pénurie de main-d\u2019œuvre sans précédent, elle a commencé une vaste opération charme auprès des immigrants.Récit.L I S A - M A R I E G E R V A I S à Val-d\u2019Or Devant le Tim Hortons, dans le journal local, dans la vitrine des magasins de la rue principale, impossible de rater le message.À Val-d\u2019Or, les écriteaux « Nous embauchons ! » sont partout.Celui du McDonald\u2019s affiche un alléchant 13$ l\u2019heure comme salaire de départ.Un dépanneur offre même 17$ l\u2019heure pour un commis de nuit.Ici, les travailleurs sont presque aussi recherchés que l\u2019or.Sur l\u2019ar tère commerçante de la ville, la 3e Avenue, Choco-Mango recherche un chocolatier.Même deux.Et pourquoi pas trois ?Olga Coronado Mijangos, propriétaire de cette chocolaterie artisanale, célèbre pour ses accords chocolat-vin, a un urgent besoin de renfort à temps plein.«C\u2019est la première fois que j\u2019ai autant de dif ficulté à en trouver.C\u2019est un vrai casse-tête ! » lance la femme d\u2019af faires, qui a fondé son commerce il y a plus de 15 ans.En pleine période des Fêtes, la Guatémal- tèque d\u2019origine a dû rappeler deux employées à la retraite.Elle met elle-même la main à la pâte depuis que l\u2019une de ses pâtissières est partie.Même qu\u2019elle songe à louer un chocolatier en cette période festive.« Je n\u2019ai pas le choix.Je n\u2019ai trouvé personne et les commandes continuent de rentrer.» À Val-d\u2019Or, et à vrai dire dans toute l\u2019Abitibi, en plein boom minier, la crise de la main-d\u2019œu- vre est sans précédent.Pas moins de 98 % des entreprises disent être en recrutement actif, rapporte un récent sondage mené par la Chambre de commerce locale auprès d\u2019entrepreneurs de tous les secteurs \u2014 industriel, commerce de détail, restos.«Et 86% de nos répondants ont dit que la main-d\u2019œuvre est leur plus grand frein.Cer tains refusent même des contrats par manque de monde», s\u2019est inquiétée Hélène Paradis, présidente de la Chambre de commerce de cette ville d\u2019environ 30 000 habitants.«Toute personne disponible volontaire qui remplit un certain nombre de critères et qui est prête à recevoir une formation est la bienvenue», affirme le maire de Val-d\u2019Or, Pierre Corbeil.«Et on a les bras ouverts pour n\u2019importe qui venant de n\u2019importe quelle contrée proche ou lointaine.» Les bouchées doubles Alors que le ministre de l\u2019Immigration, David Heurtel, s\u2019apprête à tenir mardi un forum sur l\u2019intégration des immigrants en emploi, Val-d\u2019Or ne cache même pas son jeu.Elle veut de plus en plus séduire les immigrants de partout au Québec.«Qu\u2019on cherche à en recruter autant, c\u2019est une première », constate Mme Paradis.« Les gens d\u2019ici mettent les bouchées doubles.» Vendredi prochain, Val-d\u2019Or déroulera même le tapis rouge à une cinquantaine de travailleurs qualifiés immigrants.De barmaid à géophysicien, en passant par dynamiteur, des centaines d\u2019emplois sont à pourvoir.«On va noliser un avion et leur faire une opération charme, dit Mme Paradis.On va leur faire rencontrer des employeurs, mais aussi leur faire visiter la ville, leur montrer ce qu\u2019il y a de beau à Val-d\u2019Or.» Organisée par la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) en partenariat avec Emploi-Québec, cette grande séduction, appelée «Emploi en sol québécois», a ciblé cinq grandes régions du Québec en mal de travailleurs.Lors d\u2019un salon de l\u2019emploi qui s\u2019est tenu début novembre, les 2700 postes disponibles ont été présentés à des immigrants parlant le français et détenant un permis de travail et des diplômes reconnus.Ces derniers pouvaient s\u2019inscrire à ces tournées en région qui se déroulent ces jours-ci.Il y aura une phase 2 au mois d\u2019avril.« J\u2019ai été surpris par le nombre de personnes inscrites en Abitibi.C\u2019est une région quand même très populaire », assure Benoît Malric, directeur des initiatives stratégiques à la FCCQ.« La qualité de vie est importante pour les immigrants.Ils recherchent aussi beaucoup l\u2019accès à l\u2019enseignement supérieur pour leurs enfants.Et ils savent que les salaires sont plus élevés en région.Quand on pense qu\u2019un foreur gagne 80 000 $ par année, c\u2019est attractif.» De plus en plus d\u2019étrangers N\u2019empêche, ce n\u2019est pas d\u2019hier que l\u2019Abitibi fait les beaux yeux aux travailleurs étrangers.Les minières et les forestières embauchent de plus en plus de personnes venues d\u2019ailleurs.Même que les restaurants de la chaîne McDonald\u2019s de la région, dont certains n\u2019ouvrent plus le dimanche faute d\u2019employés, ont recruté directement au Maroc.D\u2019origine sénégalaise, Ousseynou Mbaye était prêt à tout pour trouver un emploi dans son domaine.« Si on quitte notre continent pour venir jusqu\u2019ici, qu\u2019on reste à Montréal ou en Abitibi, c\u2019est la même chose, quoi.L\u2019essentiel, c\u2019est de trouver quelque chose qui te plaît, quitte à t\u2019éloigner si tu ne trouves rien », dit le travailleur en informatique.À la chocolaterie Choco-Mango, la fée des cupcakes est une Colombienne et celle qui lui donne un coup de main, une jeune stagiaire elle aussi originaire d\u2019Amérique du Sud.Un chocolatier mexicain, qui avait déjà travaillé au Québec, a répondu à l\u2019avis de recherche de la chocolaterie.« J\u2019espère que ça va fonctionner.On en a besoin.Pour moi, ça fait longtemps que la seule solution à la pénurie de main-d\u2019œuvre, c\u2019est l\u2019immigration», dit-elle.Pour attirer les immigrants étrangers au cœur de la forêt boréale à 525 kilomètres de Montréal, encore faudra-t-il apprendre à bien leur chanter la pomme.Val-d\u2019Or devra dégainer son arme de séduction massive.Le maire Cor- beil a son idée.« Aimeriez-vous ça, bénéficier de 12 heures de disponibilité par semaine ?Sortez de la grande ville.On n\u2019en a pas, de trafic, dit-il avec le plus grand sérieux.Vous pourrez passer plus de temps avec vos enfants, à jouir de la vie.Ici, on vit à un autre rythme.» Le Devoir La grande séduction au pays de l\u2019or Dossier \u203a Vaste opération charme en Abitibi.L\u2019immigration en région: dé?s et avantages.Trois portraits d\u2019Abitibiens venus d\u2019ailleurs.Pages B 2 et B 3 LISA-MARIE GERVAIS LE DEVOIR La pénurie de main-d\u2019œuvre touche tous les types de commerces.L\u2019Abitibi est à la recherche d\u2019immigrants pour pallier la pénurie de main-d\u2019œuvre 98% C\u2019est le nombre d\u2019entreprises en recrutement actif, selon un récent sondage mené par la Chambre de commerce de Val-d\u2019Or Y olette Lévy n\u2019oubliera jamais l\u2019accueil qu\u2019on lui a réser vé lors de son arrivée à Val-d\u2019Or en 1969.Lors d\u2019une fête tenue à l\u2019école secondaire qui venait de l\u2019embaucher comme profes- seure de chimie, ces nouveaux collègues la désignent membre du jur y du concours de «callage » d\u2019orignal.«Comment interpréter ce geste ?Voulait-on rire de moi ?», raconte celle qui ne connaissait ni cet animal ni son cri.« En rentrant le soir, mon mari m\u2019a dit : \u201cIls te disent qu\u2019il y a une place pour toi.Maintenant, c\u2019est à toi de la prendre !\u201d » Aujourd\u2019hui, à l\u2019aube de ses 80 printemps, cette place, on peut dire qu\u2019elle l\u2019a prise.Mais au début, l\u2019ex-syndicaliste et conseillère municipale rappelle que son mari et elle étaient presque les seuls Noirs de la ville.« On était 12 de la communauté haïtienne et on trouvait ça beaucoup.» Près de 50 ans plus tard, le visage de l\u2019Abitibi a changé.Il faut bien plus que deux mains pour compter ses nouveaux arrivants.Le nombre d\u2019immigrants a dépassé cette année le cap des 2000, ce qui représente 1,5 % de la population abitibienne.La région est même celle qui connaît la plus for te croissance par - mi les régions éloignées, comme la Côte-Nord et la Gaspésie.Désormais, plus de 100 nouveaux venus choisissent de s\u2019y installer chaque année.« Ce sont des chiffres relativement petits, mais ça veut dire quelque chose », croit Mariella Col- lini, de l\u2019Obser vatoire de l\u2019Abitibi-Témisca- mingue.Le maire de Val-d\u2019Or, Pierre Corbeil, n\u2019est pas étonné.« Val-d\u2019Or, c\u2019est un mini-Mont- réal à l\u2019échelle de l\u2019Abitibi, dit-il.C\u2019est un carrefour, une porte d\u2019entrée pour ceux qui viennent du sud.» Cet été, des parfums d\u2019ailleurs ont embaumé la forêt boréale grâce au kiosque alimentaire de Saveurs du monde, un événement organisé au marché public de Val-d\u2019Or.Des accents de partout émanent des chantiers.La Ville songe également à ouvrir un local de prière pour la communauté musulmane, comme vient de le faire sa ville cousine, Rouyn-Noranda.Pas de francisation Déjà très actif, l\u2019eldorado minier a encore beaucoup à faire pour intégrer ses immigrants.La région est maintenant dépourvue d\u2019avocats en immigration et même de bureau d\u2019immigration depuis la fermeture, en Outaouais, de celui qui prenait les dossiers de la région.Pire, il n\u2019y a pas de véritables classes de francisation, faute d\u2019étudiants.Pourtant, 30 % des arrivants ne sont pas francisés, rappelle Jocelyne Hurtubise, présidente du conseil d\u2019administration de l\u2019organisme d\u2019aide aux immigrants La Mosaïque.« Concept Alpha offre des cours particuliers et le centre de formation aux adultes essaie de monter des groupes, mais c\u2019est difficile parce qu\u2019il y a peu de gens intéressés.Leurs horaires et leurs besoins sont différents.» Colombienne d\u2019origine, Cinzia Schiappa aurait bien aimé avoir accès à des cours de français gratuits à son arrivée il y a 20 ans.Alors en attente de sa résidence permanente, elle n\u2019y avait pas droit.« La première année, j\u2019étais isolée.Je restais à la maison et j\u2019écoutais mes émissions en anglais », explique celle qui est aujourd\u2019hui très bien intégrée.Un désert de services Le ministère de l\u2019Immigration a des exigences très peu adaptées aux régions.La Mosaïque reçoit des subventions pour soutenir huit personnes répondant aux critères d\u2019immigration, mais en aide en réalité une trentaine.« C\u2019est difficile d\u2019exiger une employée de plus pour aider, parce que le ministère va exiger qu\u2019elle rencontre un nombre \u201cx\u201d, d\u2019immigrants.Mais on n\u2019a pas le volume », explique Johanne Alarie, porte-parole du Centre Entre-femmes.Or, les besoins sont là.« En région, on est moins équipé.L\u2019hôpital m\u2019a déjà appelé pour savoir comment s\u2019y prendre pour donner des soins à un immigrant, laisse tomber Vicky Pot- vin, inter venante à la Mosaïque.Il y a une réelle volonté des gens d\u2019ici d\u2019accueillir des Syriens et des Haïtiens, mais on se fait souvent dire qu\u2019on n\u2019a pas les infrastructures.» La fermeture de bureaux de développement régionaux, dont celui du ministère de l\u2019Immigration, a «ébranlé » la communauté.«C\u2019est un dur coup dans une région comme la nôtre où les villes sont éparpillées.Il faut pouvoir se concer ter, être en contact et à un moment donné, si on veut faire du développement régional et attirer les immigrants, va falloir que ça soit financé », affirme Jocelyne Hurtubise.Le message a d\u2019ailleurs été passé au ministre de l\u2019Immigration, David Heurtel, lors de sa tournée abitibienne début novembre.En attendant, les immigrants, qui avaient accès à des services personnalisés, sont désormais laissés à eux-mêmes pour renouveler un permis de séjour, par exemple.« Ce sont des gens qui souffrent ou qui ont parfois vécu des situations difficiles.On ne peut pas les laisser seuls devant un ordinateur dans un centre de Ser vice Québec ou de Ser vice Canada », déplore Enrique Colombino.Racisme en région?Dans le gymnase d\u2019une école secondaire de Val-d\u2019Or, deux buts de hockey sont couchés par terre.C\u2019est soir de soccer pour une dizaine de Valdoriens d\u2019origine africaine.« Il y a de l\u2019ignorance.Oui, des gens pensent qu\u2019on vit dans les arbres et les cases, mais ce sont des clichés normaux pour lesquels je ne m\u2019en fais plus », explique sagement Christian Komgom, un ingénieur qui a lancé l\u2019entreprise Afritibi, qui vend en ligne des produits exotiques.«Moi, ce que je vis beaucoup, c\u2019est de la curiosité.» Publié en avril dernier, l\u2019«Aperçu de la situation du racisme à Val-d\u2019Or», dressé grâce à des entrevues menées avec des groupes de discussion pour prendre le pouls de la situation, démontre que le racisme est présent, mais qu\u2019il vise surtout les autochtones.Sur une échelle de 1 (totale acceptation) à 10 (haine raciale), les immigrants interrogés évaluent le degré de racisme à 3 ou 4.« Il y a de la discrimination.Oui, il y a des cas.Mais du racisme actif\u2026 ce n\u2019est pas répandu », indique Paul-Antoine Martel, animateur à la vie rurale et communautaire à la Ville de Val-d\u2019Or.Les immigrants et les autochtones disent surtout vivre du profilage racial, de la discrimination à l\u2019emploi et sur les réseaux sociaux.Le port de signes religieux Quant à l\u2019islam, les jeunes semblent très peu se formaliser du port de signe religieux et trouvent « cool » l\u2019idée d\u2019un centre communautaire musulman.Les gens d\u2019af faires trouvent que les musulmans amènent une « certaine couleur » à la ville, mais croient qu\u2019ils devraient davantage adopter les us et coutumes du « pays ».Ils s\u2019opposent aussi au port de signes religieux au travail, selon l\u2019« Aperçu ».« Ici, on n\u2019a pas de ghetto ou de lieu où se regroupent les immigrants de manière autosuffisante.Ce qui ne veut pas dire qu\u2019ils ne rassemblent pas.[\u2026 ] Mais ils savent qu\u2019ils n\u2019ont pas le choix de se mêler, sinon ils ne peuvent pas vivre », constate M.Martel.De là naît naturellement un curieux syncrétisme.« J\u2019ai déjà participé à une fête de fin du ramadan qui avait lieu dans la salle des Chevaliers de Colomb avec un drapeau du Vatican et un portrait du pape François au mur », sourit-il.Islamophobie contrôlée L\u2019Abitibi n\u2019échappe toutefois pas au vent d\u2019is- lamophobie qui souf fle sur tout le Québec.« C\u2019est dans les médias, c\u2019est partout.Les gens le remarquent et nous, on le remarque.Beaucoup de gens me parlent de leurs craintes », note Vicky Potvin, de la Mosaïque.Sans compter que le chapitre de La Meute dans le coin, qui af fiche désormais une centaine de membres, connaît un certain regain de popularité.Mais ce n\u2019est rien à comparer au mouvement d\u2019extrême droite qui avait semé la pagaille au début des années 1990.Coups de téléphone haineux, graffitis de croix gammées\u2026 et injures Jocelyne Hurtubiseciblant surtout les Noirs.Yo- lette Lévy s\u2019en souvient.À son école, des skinheads poussaient des cris bizarres sur son passage et refusaient même de boire au même robinet qu\u2019elle.Ne se laissant pas intimider, elle faisait exprès pour boire à chacune des sources d\u2019eau.« J\u2019ai fini par gagner.» Certains cas ont dû toutefois se régler devant les tribunaux.« Le racisme est là, en Abitibi.Il est latent.Mais ça ne veut pas dire qu\u2019il va éclater.Heureusement, le système, par je ne sais trop quelle grâce, nous permet encore de vivre dans le respect », conclut la Valdorienne.Le Devoir L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 E T D I M A N C H E 3 D É C E M B R E 2 0 1 7 VASTE OPERATION B 2 Les immigrants sont de plus en plus nombreux à s\u2019installer en Abitibi.Malgré tout, la région part de loin.A-t-elle les infrastructures pour accueillir ces nouveaux arrivants ?Les défis de l\u2019immigration en région Les ressources manquent pour accueillir les nouveaux arrivants Val-d\u2019Or, c\u2019est un mini- Montréal à l\u2019échelle de l\u2019Abitibi, c\u2019est un carrefour, une porte d\u2019entrée pour ceux qui viennent du sud Pierre Corbeil, maire de Val-d\u2019Or « » LA MOSAÏQUE Viande grillée et plantain servis lors de l\u2019événement Saveurs du monde, qui vise le rapprochement des cultures.À droite: une sortie à Amos organisée par La Mosaïque.Si on veut faire du développement régional et attirer les immigrants, va falloir que ça soit financé Jocelyne Hurtubise, présidente du conseil d\u2019administration de l\u2019organisme d\u2019aide aux immigrants La Mosaïque « » SAVEURS DU MONDE Il n\u2019y a pas de véritables classes de francisation, faute d\u2019étudiants, selon Jocelyne Hurtubise, de La Mosaïque à Val-d\u2019Or 1,5 % Le nombre d\u2019immigrants a dépassé cette année le cap des 2000, ce qui représente 1,5 % de la population abitibienne.Portrait de l\u2019immigration en Abitibi Nombre total d\u2019immigrants : 2135 Continent de provenance Europe 745 34,9 % Afrique 710 33,3 % Asie 355 16,6 % Amériques 320 15,0 % Source: Observatoire de l\u2019Abitibi-Témiscamingue T E X T E S : L I S A - M A R I E G E R V A I S L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 E T D I M A N C H E 3 D É C E M B R E 2 0 1 7 CHARME EN ABIT IBI B 3 E n Abitibi depuis près de 50 ans, Yolette Lévy a été tour à tour enseignante au secondaire, syndicaliste et conseillère municipale à la Ville de Val-d\u2019Or.La pharmacienne d\u2019origine haït ienne a même reçu le prix Charles-Biddle et a été sacrée « Patriote de l\u2019année » en Abitibi.Pour tant, on lui demande encore d\u2019où elle vient lors - qu\u2019on la croise et elle est la première sollicitée pour faire des commentaires aux médias sur les nouveaux arrivants.«Mais quand est-ce que je vais arriver, moi ?» demande-t-elle en soupirant.Après avoir fui l \u2019Haïti de Duval ier pour al ler ensei - gner pendant quatre ans au Zaïre (aujourd\u2019hui la Répu- bl ique démocrat ique du Congo), son mari et elle ont déposé leurs candidatures pour des postes d \u2019ensei - gnant.« Nous sommes venus en Abitibi parce qu\u2019il n\u2019y a que la commission scolaire de Val-d\u2019Or qui nous of frait des postes à tous les deux », ex- plique-t-elle.À l\u2019époque, la région voyait les jeunes par tir pour les mines après le secondaire ou aller étudier dans la métropole, et elle avait un grand besoin d\u2019immigrants.« Et nous, les immigrants, on arrivait et on était éduqués.On comblait ce besoin.» Malgré quelques incidents racistes, son intégration a été « extrêmement facile », insiste-t-elle.Au final, Yolette Lévy dit avoir vécu une vie harmonieuse.Elle a eu trois enfants, de nombreux petits-enfants, dont plusieurs sont demeurés dans la région.L\u2019une de ses filles enseigne même aux autochtones de Lac-Simon.« Il n\u2019y a pas plus Abitibiens que nous », dit-elle en rigolant.Le Devoir YOLETTE LÉVY Une vie harmonieuse D e Kinshasa à Amos.Lorsqu\u2019il est arrivé il y a huit ans au Canada \u2014 «le pays dont on rêve tous au Congo» \u2014, Aimé Pingi avait un aller simple pour l\u2019Abitibi.Il n\u2019est même pas resté à Montréal.«J\u2019avais discuté avec une femme d\u2019Amos sur un forum en ligne et elle m\u2019avait dit qu\u2019elle allait m\u2019accueillir», raconte le chimiste dans la quarantaine, analyste de la qualité de l\u2019eau pour Eska.«C\u2019est ma deuxièmemère encore aujourd\u2019hui.» Son premier boulot?Chauffeur de Zamboni à Saint-Félix-de- Dalquier.« Je ne connaissais même pas le hockey ! Disons que j\u2019ai été un sujet de curiosité», dit-il en rigolant, qui est effectivement devenu une personnalité connue de la ville.Au- jourd\u2019hui, c\u2019est lui, le comité d\u2019accueil des nouveaux arrivants.Après avoir passé un premier hiver difficile \u2014 « J\u2019avais tellement les joues gelées que je ne pouvais pas sourire !» \u2014, Aimé Pingi a décidé de plonger tête première dans sa nouvelle communauté pour se bâtir un réseau.« J\u2019ai tapé \u201c bénévolat \u201d et \u201c Amos \u201d sur Internet et le premier lien qui est sorti, c\u2019est le Centre de prévention du suicide d\u2019Amos», raconte-t-il.Il s\u2019y est impliqué pendant de nombreuses années, notamment comme président du conseil d\u2019administration.Il a aussi donné de son temps à la section abitibienne de la Croix-Rouge, organisé des activités pour souligner le Mois de l\u2019histoire des Noirs et il fait partie d\u2019un comité de gouvernance des eskers de la région.Ce père de famille amossois a même tenté de se faire élire \u2014 en vain \u2014 comme conseiller municipal, marchant ainsi dans les pas de son mentor Ulrich Chérubin, le défunt maire d\u2019Amos, d\u2019origine haïtienne.« Le rêve amossois, c\u2019est comme le rêve américain.Tout est à bâtir, pour peu que tu prennes ta place.» Le Devoir AIMÉ PINGI Un aller simple pour l\u2019Abitibi L\u2019 histoire d\u2019Olga Coronado Mijangos aurait pu inspirer le film La grande séduction .Son mari étant chir urgien dans la région de Montréal, toute la famille \u2014 dont trois enfants de 8, 13 et 15 ans \u2014 a été invitée à goûter aux charmes de Val-d\u2019Or, cette boom town minière en mal de médecins.C\u2019était en 1996.« Les enfants disaient : \u201cMaman, mais c\u2019est quoi ce trou perdu ?\u201d On s\u2019était dit qu\u2019on allait rester quatre ans, pas plus », raconte cette femme d\u2019origine guatémaltèque.Vingt ans plus tard, toute la famille y est encore, sauf l\u2019un des enfants.Comme elle restait surtout à la maison et qu\u2019elle parlait peu le français, Olga Coronado admet avoir mis du temps à s\u2019intégrer au début.C\u2019est par l\u2019entrepreneuriat qu\u2019elle prendra sa place.Après quelques années à s\u2019ennuyer, elle décide d\u2019ouvrir un bistro dans un petit local du centre commercial de Val-d\u2019Or.« À l\u2019époque, l\u2019économie était en chute.L\u2019or valait à peine 200 $ l\u2019once et les maisons se donnaient presque, se souvient-elle.Mais comme mon mari était le chirurgien de la place, on a eu beaucoup de soutien de la part des gens.» Sauf que le cœur de cette fille de confiseur battait pour le chocolat.Après avoir suivi une formation chez Bary-Caillebaut à Saint-Hya- cinthe, Olga fondait Choco-Mango il y a 15 ans, une chocolaterie artisanale dont la réputation dépasse largement les frontières de l\u2019Abitibi.Avec un sommelier, elle développe le concept d\u2019accord chocolats-vins et distribue ses créations partout au Québec.Grâce à une bourse d\u2019excellence, la femme d\u2019af faires accomplie s\u2019est même récemment rendue jusqu\u2019à Paris pour concevoir un tout nouveau chocolat fait de cacao venant de trois continents.« J\u2019aime faire plaisir aux gens », dit-elle pour expliquer son succès.Après avoir succombé aux charmes de la grande séduction, à son tour de séduire les gourmands.Le Devoir OLGA CORONADO MIJANGOS Quand le cœur est dans le chocolat LISA-MARIE GERVAIS LE DEVOIR Yolette Lévy, d\u2019origine haïtienne, estime que son intégration a été facile.LISA-MARIE GERVAIS LE DEVOIR Vingt ans après son arrivée au Québec, Olga Coronado Mijangos, d\u2019origine guatémaltèque, est aux commandes d\u2019une chocolaterie prospère.LISA-MARIE GERVAIS LE DEVOIR Aimé Pingi, d\u2019origine congolaise, rêve de s\u2019impliquer en politique municipale.VALÉRIE RANCOURT Une photo prise lors d\u2019une activité d\u2019accueil orga - nisée par La Mosaïque SAVEURS DU MONDE Le thé du Maroc servi lors de l\u2019événement Saveurs du monde, en juillet dernier Il n\u2019y a pas plus Abitibiens que nous Yolette Lévy, tour à tour enseignante, syndicaliste et conseillère municipale « » Le rêve amossois, c\u2019est comme le rêve américain.Tout est à bâtir, pour peu que tu prennes ta place.Aimé Pingi, devenu le comité d\u2019accueil des nouveaux arrivants « » I S A B E L L E P A R É L e 3 décembre 1967, Louis Washkansky, 54 ans, recevait le cœur de Denise Wallis, 22 ans, fauchée la veille sur une route d\u2019Afrique du Sud.Le Dr Christiaan Barnard devenait le premier chirurgien à sauver un patient grâce à un cœur prélevé sur un autre être humain.Pas plus de 60 secondes après avoir été prélevé, le petit organe reprenait ses pulsions dans le thorax du receveur, faisant mentir une récente série de transplantations marquées par l\u2019échec.Washkansky succomba 18 jours plus tard à une infection, mais un pas gigantesque dans l\u2019histoire de la médecine venait d\u2019être franchi.Après la mise au point de la ciclosporine il y a 30 ans, un immunosuppresseur, le nombre de gref fés, morts prématurément en raison du phénomène de rejet, se mit à chuter de façon vertigineuse.Aujourd\u2019hui, des dizaines de milliers de personnes doivent leur sur vie à une gref fe cardiaque et des cœurs sont transplantés sur des patients de plus en plus âgés.En revanche, le vieillissement de la population, de plus en plus affectée par des maladies chroniques, a fait s\u2019étirer le nombre des malades en attente d\u2019une greffe cardiaque.Une survie moyenne de 12 ans « La gref fe cardiaque n\u2019est plus un traitement expérimental, la survie moyenne atteint désormais 12 ans.Ce qui nous limite, c\u2019est l\u2019insuf fisance de donneurs », af firme le Dr Michel Carrier, chirurgien à l\u2019Institut de cardiologie de Montréal et directeur du Département de chirurgie cardiaque à l\u2019Université de Montréal.Après un an, le taux de survie des patients atteint maintenant 90%, 80% après cinq ans, et 50% après douze ans.«Ce n\u2019est pas une panacée puisque la moitié meur t avant douze ans », soulève le chirurgien.Le salut par la valve Depuis les années 2000, c\u2019est plutôt l\u2019avènement des valves d\u2019assistance ventriculaire VAD (ventricular assisted device) qui a révolutionné le domaine de la greffe et la survie des patients en attente d\u2019un organe.En pompant le sang en lieu et place du cœur malade, ces pompes implantées chez plus de 40 000 personnes dans le monde sont devenues des « ponts vers la vie ».Elles permettent aux patients de survivre jusqu\u2019au moment de leur trouver un cœur compatible.« Certains patients ont vécu jusqu\u2019à trois, quatre et cinq ans avec cela.Il s\u2019en implante de 60 à 70 par année au Québec», explique le Dr Carrier.La taille de ces valves mécaniques a fondu au fil des ans et, avec la miniaturisation, celles- ci pourraient d\u2019ici quelques années devenir aussi simples à implanter qu\u2019un cardiostimula- teur \u2014 le pacemaker \u2014, estime le chirurgien.Le médecin transplanteur voit plus d\u2019avenir concret dans cette voie que dans celle de cœurs complètement ar tificiels.« Ces valves très fiables permettent de survivre avec un cœur malade et même, dans de rares cas, d\u2019en améliorer les fonctions », explique le chirurgien.Pénurie d\u2019organes Mais l\u2019accès à la greffe cardiaque demeure toujours tributaire du nombre d\u2019organes disponibles.Si le bassin de donneurs a légèrement crû en dix ans au Québec, le nombre de cœurs disponibles, lui, a peu fluctué, souligne le Dr Carrier.Les causes du décès rendent souvent les cœurs impropres à la greffe.Comment surmonter cette pénurie ?Une partie de la réponse se trouverait dans un meilleure dépistage des donneurs potentiels, affirme le Dr Pierre Marsolais, fondateur du Centre de prélèvement d\u2019organes (CPO) de l\u2019hôpital du Sacré-Cœur de Montréal.Au Québec, le nombre de donneurs par million d\u2019habitants oscille autour de 20, alors que la science évalue ce potentiel à 80 donneurs par million d\u2019habitants.«Il faut aller chercher ces donneurs potentiels.Ce sont les structures d\u2019accompagnement des familles et de prise en charge des donneurs dans les hôpitaux qui manquent», soutient-il.La science permet aussi maintenant de récupérer et « garder en vie » des organes autrefois considérés comme « inaptes» à la greffe.« J\u2019ai déjà vu des poumons prélevés aux États-Unis, placés sous perfusion, puis déplacés en avion jusqu\u2019à Toronto, avant d\u2019être redirigés et transplantés à un patient américain.» Entre- temps, les recherches se multiplient pour trouver des solutions de remplacement au don d\u2019organes.«On est toujours en quête du Graal, celui de l\u2019organogenèse qui vise à créer des organes à partir de cellules humaines», affirme la Dre Marie-Josée Hé- bert, néphrologue, spécialiste de la transplantation rénale et vice-rectrice à la recherche, à la découverte et à l\u2019innovation de la Faculté de médecine de l\u2019Université de Montréal.La médecine régénératrice à la rescousse En 2013, des scientifiques généraient un « minicerveau » humain en développant en laboratoire des cellules pluripo- tentes, reprogrammées pour devenir des neurones, d\u2019autres des embryons de cœurs et de rein.Des organes simples, comme le pavillon d\u2019une oreille, ont été reproduits en combinant l\u2019impression 3D à la culture de cellules de peau en laboratoire.La start-up cali- fornienne Organovo se targue de pouvoir imprimer des tissus de rein, de foie, de poumon, de vaisseaux sanguins, de cœur et de peau.La création de tissus humains aux fins de greffe n\u2019est donc plus un scénario digne d\u2019un film de Frankenstein.Des organes in vitro Des chercheurs du Québec, pionniers dans la culture de tissus de la peau, s\u2019attaquent désormais à la culture de tissus de la cornée, de vaisseaux sanguins et même de valves cardiaques.« Les recherches sur la gref fe d\u2019épiderme et d\u2019épithélium cornéen générés en laboratoire sont rendues à l\u2019étape des essais cliniques chez l\u2019humain », insiste la Dre Lucie Germain, directrice scientifique du LOEX, le Centre de recherche en organoge- nèse expérimentale de l\u2019Université Laval.On planche aussi sur la création de vaisseaux sanguins, créés à partir de cellules humaines ensemencées sur des substrats de plastique.Après avoir formé des matrices, ces couches de tissus sont ensuite roulées pour recréer des vaisseaux.«Ces vaisseaux sanguins parfaitement autologues pourraient éliminer le recours aux médicaments antirejet », explique la Dre Germain.Le même procédé appliqué au développement de valves cardiaques est rendu au stade préclinique.« À terme, l\u2019objectif est d\u2019arriver à générer des organes, mais le cœur est un organe complexe.Il a fallu 30 ans pour développer la peau bioar- tificielle.En faudra-t-il 25 pour arriver à créer un cœur ?À moyen terme, c\u2019est plus réaliste de penser que des parties d\u2019organes seront créées grâce au génie tissulaire.» Le Devoir L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 E T D I M A N C H E 3 D É C E M B R E 2 0 1 7 P E R S P E C T I V E S B 4 AV I S L É G AU X E T A P P E L S D \u2019 O F F R E S AVIS À TOUS NOS ANNONCEURS Veuillez, s\u2019il vous plaît, prendre connaissance de votre annonce et nous signaler immé dia - tement toute anomalie qui s\u2019y serait glissée.En cas d\u2019erreur de l\u2019éditeur, sa res pon sa bilité se limite au coût de la parution.PRÉVISIONS BUDGÉTAIRES 2018 PROGRAMME TRIENNAL D\u2019IMMOBILISATIONS 2018- 2019-2020 Toutes les personnes intéressées sont priées de noter que, lors de la séance extraordinaire du conseil d\u2019arrondissement qui se tiendra le 12 décembre 2017, à 17 h 30, à la salle du conseil situé au 800, boulevard De Maisonneuve Est, rez-de-chaussée, elles pourront assister à une présentation des prévisions budgétaires pour l\u2019année 2018 et du Programme triennal d\u2019immobilisations pour les années 2018, 2019 et 2020.Conformément aux exigences de l\u2019article 144.6 de la Charte de la Ville de Montréal, les délibérations du conseil et la période de questions, lors de cette séance, porteront exclusivement sur ces sujets.Montréal, le 2 décembre 2017 Le secrétaire d\u2019arrondissement, Domenico Zambito, avocat AVIS PUBLIC AVIS PUBLIC DE NOTIFICATION (135, 136 et 137 C.p.c.) PAR ORDRE DE L\u2019HUISSIER: Avis est donné à PHRMM INC.que la partie deman- deresse a déposé au greffe de la Cour du Québec, du district de Longueuil, une demande introductive d'instance.Une copie de cette demande et avis d\u2019assignation a été laissée à l\u2019intention de la partie défenderesse, au greffe du tribunal, au palais de justice de Longueuil situé au 1111 boulevard Jacques Cartier Est à Longueuil dans le dossier 505-22- 026542-177.Il est ordonné à la partie défenderesse de se présenter au Palais de justice dans les 30 jours de la présente.À défaut de répondre dans le délai, un jugement par défaut pourrait être rendu contre vous sans autre avis dès l\u2019expiration de ce délai et vous pourriez devoir payer les frais de justice.À Montréal, le 30 novembre 2017 Sonia Lavoie, huissier de justice AVIS PUBLIC DE NOTIFICATION (135, 136 et 137 C.p.c.) PAR ORDRE DE L\u2019HUISSIER: Avis est donné à Groupe Radius inc.que la partie demanderesse a déposé au greffe de la Cour du Québec, du district de Montréal, une demande introductive d\u2019instance.Une copie de cette demande et avis d\u2019assignation a été laissée à l\u2019intention de la partie défenderesse, au greffe du tribunal, au palais de justice de Montréal, situé au 1 rue Notre-Dame Est à Montréal dans le dossier 500-22-241807-174.Il est ordonné à la partie défenderesse de se présenter au Palais de justice dans les 30 jours de la présente.À défaut de répondre dans le délai, un jugement par défaut pourrait être rendu contre vous sans autre avis dès l\u2019expiration de ce délai et vous pourriez devoir payer les frais de justice.À Montréal, le 30 novembre 2017 Sonia Lavoie, huissier de justice Avis public de notification (articles 136 et 137 C.p.c.) Avis est donné à GROUPE SAM CANADA INC de vous présenté au Palais de justice de Montréal au 1, rue Notre-Dame Est, Montréal, Québec, H2Y 1B6 afin de récupérer le préavis d'annulation d'inscription et l'Avis de révocation d'un certificat d'inscription.Le présent avis est publié aux termes d'une ordonnance rendue le 03 Août 2017 par Yvan Nolet, juge de la Cour du Québec dans le dossier numéro 540-22-025704-171.Il ne sera pas publié à nouveau, à moins que les circonstances ne l'exigent.Montréal, le 2 Décembre 2017 Hugo Philippe, huissier de justice #909 AVIS DE CLÔTURE D'INVENTAIRE Avis est par les présentes donné que suite au décès de Fleurette BEAUDOIN, en son vivant domiciliée au CHSLD St-Georges, 3550, rue Saint-Urbain, chambre 430-B, Montréal, Québec, H2X 2E1, survenu le 3 décembre 2015, un inventaire des biens de la défunte a été déposé et peut être consulté par les intéressés à l'étude de Me Suzanne HOTTE, notaire, sise au 7077, rue Beaubien Est, bureau 201, à Montréal, (QC), H1M 2Y2.Fait ce 30 novembre 2017, par Me Suzanne HOTTE, notaire.AVIS DE CLÔTURE D'INVENTAIRE Avis est par les présentes donné que, à la suite du décès de Yolande Roy, en son vivant domiciliée au 6000, chemin Deacon, appartement # D7, Montréal, province de Québec, H3S 2T9, survenu le 2 avril 2017, un inventaire des biens de la défunte a été fait par les liquidateurs successoraux devant Me Denise Courtemanche, notaire, le 30 novembre 2017, conformément à la loi.Cet inventaire peut être consulté par les intéressés au 5064 avenue du Parc, Montréal, Québec, H2V 4G1.Donné ce 2 décembre 2017.Véronique Décarie et Matthieu Décarie, liquidateurs AVIS DE CLÔTURE D'INVENTAIRE Prenez avis de la clôture de l'inventaire des biens de la succession de Paul-Emile RAYMOND, en son vivant domicilié au 579, rue Nicolet, Montréal, Québec, H1W 3K2, décédé le 10 mai 2017 à Montréal, lequel inventaire peut être consulté par les intéressés à l'adresse du liquidateur, Ginette RAYMOND, au 581, rue Nicolet, Montréal, Québec, H1W 3K2.Ginette RAYMOND, liquidateur AVIS public de notification (articles 135 et 136 C.p.c.) Avis est donné à 9183-1024 Québec Inc.de vous présenter au greffe civil du district de Montréal situé au 1, rue Notre-Dame Est à Montréal dans les 30 jours afin de recevoir la demande introductive d'instance, avis d'assignation et pièces qui y a été laissée à votre attention et qui porte le numéro de cause 500-22-241863-177.Vous devez répondre à cette demande dans le délai indiqué dans l'avis d'assignation qui l'accompagne, sans quoi un jugement par défaut pourrait être rendu contre vous et vous pourriez devoir payer les frais de justice.Le présent avis est publié à la demande d'Olivier Gaucher, huissier, qui a tenté sans succès de vous signifier la demande introductive d'instance.Il ne sera pas publié à nouveau, à moins que les circonstances ne l'exigent.Repentigny, ce 30 novembre 2017 Olivier Gaucher, Huissier de justice Il y a 50 ans, une première gref fe cardiaque réussie faisait poindre l\u2019espoir chez les patients condamnés.Les immenses avancées réalisées en matière de transplantation se voient au- jourd\u2019hui ralenties par la pénurie croissante d\u2019organes.Cœurs mécaniques, organes créés en laboratoire ou par impression 3D?De quoi sera fait l\u2019avenir ?Le cœur bioartificiel n\u2019est pas pour demain Les progrès se multiplient toutefois, 50 ans après la première greffe cardiaque ANP AGENCE FRANCE-PRESSE Le Dr Christiaan Barnard examine la radio de la poitrine de Louis Washkansky, sur qui il a pratiqué, le 3 décembre 1967, la première gref fe du cœur.La science permet maintenant de récupérer et «garder en vie» des organes autrefois considérés comme «inaptes» à la greffe H É L È N E B U Z Z E T T I Correspondante parlementaire à Ottawa L a liste des dédommagements versés par le gouvernement fédéral, accompagnés parfois d\u2019excuses officielles, s\u2019allonge.Les homosexuels ayant été traqués dans la fonction publique entre 1962 et 1996 ont reçu cette semaine des excuses solennelles de la part du premier ministre Justin Trudeau à la Chambre des communes.Et une enveloppe de 145 millions de dollars.La semaine dernière, M.Trudeau s\u2019est rendu à Terre-Neuve pour offrir des excuses officielles aux quelque 1000 enfants passés par des pensionnats autochtones entre 1949 et 1979.Une compensation de 50 millions avait été consentie l\u2019an dernier.Stephen Harper avait refusé de les inclure dans ses excuses de 2008 pour les pensionnats autochtones parce que les écoles terre-neuviennes, mises sur pied avant l\u2019entrée de la province dans la Confédération, n\u2019avaient pas été gérées par le gouvernement fédéral.Début octobre, Ottawa a consenti 750 millions pour les 5000 à 30 000 enfants autochtones enlevés à leur famille et placés dans des familles non autochtones dans les années 1960.Cet été, le Canada s\u2019est excusé auprès d\u2019Omar Khadr pour ne pas l\u2019avoir aidé lorsqu\u2019il était emprisonné à Guantánamo.Celui-ci a obtenu 10,5 millions de dollars, soit le même montant que celui versé en catimini à Abdullah Al- malki, à Ahmad Abou el-Maati et à Muayyed Nureddin pour les mauvais traitements qu\u2019ils ont subis en Syrie sur la foi d\u2019informations erronées fournies par le Canada.Selon La Presse canadienne, Ottawa s\u2019excusera bientôt pour le refoulement en 1939 du MS St.Louis, un bateau rempli de 900 juifs allemands qui cherchaient refuge.Les sommes versées par les libéraux à titre de dédommagement totalisent 987 millions.S\u2019il est tentant d\u2019y voir une inclination toute « tru- deauienne », il faut se rappeler que Stephen Harper a aussi allongé les milliards.Pour les pensionnats autochtones, il a assorti ses excuses d\u2019une enveloppe de 2 milliards.Il s\u2019est aussi of ficiellement excusé de l\u2019imposition d\u2019une taxe d\u2019entrée aux immigrants chinois entre 1885 et 1923 et a versé 20 000 $ à chacun des 220 survivants.Et c\u2019est lui qui a établi la norme de 10,5 millions de dollars pour les Canadiens maltraités à l\u2019étranger en versant cette somme, en plus de présenter des excuses, à Maher Arar en 2007.Stephen Harper a aussi injecté 34 millions dans une initiative mise sur pied par Paul Martin consistant à financer diverses initiatives commémoratives pour certaines communautés ethniques ayant subi des préjudices dans le passé.Les Ukraino-Canadiens ont ainsi reçu 2,5 millions en 2005 pour l\u2019incarcération de leurs ancêtres pendant la Première Guerre mondiale et les Italo-Canadiens en ont eu autant pour leur incarcération pendant la Seconde Guerre mondiale.Un rapport au passé détourné Pour Éric Bédard, historien à la TELUQ, ces excuses à répétition trahissent un changement d\u2019attitude par rapport au passé un peu malsain.« On se tourne vers le passé pour régler des comptes.La posture d\u2019aujourd\u2019hui est une sorte de supériorité morale face au passé.Les gens d\u2019hier étaient dans une sorte de grande noirceur généralisée.On était dans une époque de domination où les minorités étaient écrasées, où les hommes dominaient les femmes, etc.», note celui qui a écrit, en 2011, Recours aux sources.Essai sur notre rapport au passé.« L\u2019usage public du passé, autrefois, en était un où on survalorisait peut-être les héros, les grands personnages, et où on se sentait trop petit face au passé.Cela créait des inhibitions, ajoute M.Bédard.Mais aujourd\u2019hui, on est dans l\u2019extrême inverse.On se sent supérieur face au passé.» Et il y a un risque de devenir complaisant envers notre époque.Selon l\u2019historien Bédard, « ça manque d\u2019équilibre.On est dans la repentance, la mauvaise conscience, la supériorité morale avec ces demandes de pardon à répétition».Le constat est le même du côté de Gérald Allard, professeur de philosophie au cégep de Sainte-Foy.« C\u2019est comme si le christianisme avait disparu, mais était resté.Au lieu d\u2019être coupables et à genoux devant Dieu, on est à genoux devant les victimes.Et on les cherche.[\u2026] C\u2019est comme si le schème psychologique du christianisme était resté, mais Dieu est mort.» La mode des victimes Les deux professeurs estiment que cette inclination à la repentance s\u2019inscrit parfaitement dans l\u2019ère victimaire dans laquelle le monde occidental est entré.« On est passé d\u2019un monde où, sans que les gens soient machiavéliques, on acceptait le fait qu\u2019il y avait quelqu\u2019un qui était au pouvoir et qu\u2019il y avait des perdants et des gagnants, explique M.Allard.Aujourd\u2019hui, on est dans un monde plutôt rousseauiste, où la pitié pour les faibles est devenue le critère de la justice.» Pour M.Allard, « le geste de M.Trudeau est parfaitement syntonisé avec cet esprit actuel.Il L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 E T D I M A N C H E 3 D É C E M B R E 2 0 1 7 P E R S P E C T I V E S B 5 D epuis des décennies, on se plaint un peu partout au Québec du poids excessif de Montréal au Conseil des ministres.D\u2019un gouvernement à l\u2019autre, près de la moitié de ses membres représentent une circonscription de la métropole.Dans le cabinet Couillard, c\u2019est le cas de 14 sur 30.La prochaine élection générale pourrait toutefois créer une situation qui apparaissait jusqu\u2019à maintenant totalement impensable.Si ses résultats étaient ceux du dernier sondage Léger\u2013Le Devoir, la CAQ pourrait former un gouvernement majoritaire sans avoir fait élire un seul député à Montréal, qui s\u2019en trouverait de facto exclu.Même Duplessis avait réussi à inclure un Montréalais dans son cabinet, en nommant Paul Dozois, élu en 1956 dans Montréal-Saint- Jacques, aux Affaires municipales.Son prédécesseur dans la même circonscription, Omer Côté, avait occupé l\u2019ancien poste de secrétaire de la province de 1944 à 1956.Le sondage crédite la CAQ de 27 % des intentions de vote dans l\u2019ensemble de la région métropolitaine, mais cela inclut les couronnes nord et sud, où elle pourrait réaliser un balayage.Sur l\u2019île, la seule circonscription où elle peut entretenir quelque espoir est Pointe- aux-Trembles, où elle avait terminé deuxième à l\u2019élection générale de septembre 2014, 5329 voix derrière la péquiste Nicole Léger.Le scénario le plus probable est toutefois que le PLQ maintiendra son emprise sur l\u2019ouest de la ville, où la récente entreprise de séduction du gouvernement Couil- lard semble avoir convaincu les anglophones tentés par la CAQ de rentrer au bercail.Le PQ devrait se contenter des deux ou trois circonscriptions que QS n\u2019arriverait pas à lui arracher.En 2006, Stephen Harper, qui n\u2019avait fait élire aucun député à Montréal, avait nommé Michael Fortier ministre responsable de la Métropole et l\u2019avait casé au Sénat en attendant qu\u2019il se déniche un siège, mais il s\u2019était fait battre à l\u2019élection générale.François Legault pourrait nommer lui aussi un ministre non élu, ou encore confier la responsabilité de Montréal à un député de la banlieue, mais la métropole n\u2019en serait pas moins soumise au bon plaisir de Québec et des régions.Imaginez les cris d\u2019horreur, notamment dans les milieux d\u2019af faires ! Même Valérie Plante en perdrait le sourire.?M.Legault préférerait sans doute que l\u2019élection ait lieu maintenant.Depuis mars dernier, la progression de la CAQ a été constante, mais son chef sait d\u2019expérience qu\u2019il est risqué de monter trop vite.En décembre 2011, il se voyait déjà premier ministre et il est toujours le chef du deuxième parti d\u2019opposition.Six ans plus tard, la situation est cependant bien différente.La CAQ est vraiment identifiée à ce que son chef appelle « l\u2019équipe du changement », même si la plupart des électeurs auraient sans doute du mal à expliquer en quoi consisterait ce changement, outre de mettre les libéraux à la porte.Il y a déjà un moment que M.Legault est perçu comme le chef le plus apte à occuper le poste de premier ministre.La nouveauté est que 40 % des électeurs et surtout 46 % des francophones croient maintenant que la CAQ est «prête à gouverner le Québec», ce dont l\u2019ADQ n\u2019avait jamais réussi à les convaincre.Il reste à recruter des candidats crédibles aux Finances et à la Santé.?«Ça ne me dérange pas que la CAQ passe en avant, on va crever cette baloune-là », a lancé Jean-François Lisée cette semaine au cours d\u2019une entrevue accordée à un collègue du Journal de Montréal.« Tout ce qu\u2019on a à faire, c\u2019est de préparer notre remontée.» Certes, rien n\u2019est impossible en politique, mais la pente paraît bien abrupte.Les choses en sont au point où le PQ n\u2019incarne pas plus le changement que le PLQ, qui est au pouvoir depuis près de 15 ans.Et la population ne perçoit pas son chef comme un meilleur premier ministre potentiel que Manon Massé ou Gabriel Na- deau-Dubois.La première chose à faire pour M.Lisée serait de convaincre ses propres troupes qu\u2019il est toujours l\u2019homme de la situation plutôt que de faire partie du problème.Une nette majorité d\u2019électeurs libéraux (64 %) et sur tout de ca- quistes (82 %) estiment que leur chef respectif est le plus apte à gouverner, mais à peine la moitié des péquistes (49 %) sont de cet avis.Quand on leur demande qui gagnera la prochaine élection, seulement le quart (26 %) choisissent leur parti.S\u2019il faut trouver une bonne nouvelle pour le PQ dans le sondage, c\u2019est que l\u2019exode vers Québec solidaire semble bel et bien terminé.Il reste à espérer que la fusion avec Option nationale ne rendra pas QS plus acceptable aux yeux de ceux qui ne digèrent pas que le référendum ait été placé sur une voie de garage.mdavid@ledevoir.com La métropole orpheline Cette semaine, c\u2019étaient les homosexuels.Il y a eu les autochtones de Terre-Neuve la semaine d\u2019avant et ceux adoptés de force le mois dernier.Le trio el-Maati\u2013Almalki\u2013Nured- din y a aussi eu droit, à l\u2019instar d\u2019Omar Khadr cet été.Ottawa s\u2019excuse beaucoup ces temps-ci, avec à la clé des centaines de millions de dollars en compensations.Le phénomène, s\u2019il n\u2019est pas nouveau, s\u2019est intensifié sous Justin Trudeau.Mais est-il bénéfique ?Le prix du passé Le fédéral ouvre de plus en plus le portefeuille pour réparer des erreurs MICHEL DAVID pleure de honte et nous montre à nous tous que, si nous ne pleurons pas de honte pour les crimes du passé, nous devrions avoir honte.C\u2019est un spectacle absolument fascinant.» Le professeur de philosophie reconnaît que le passé est truffé d\u2019injustices, mais quand le présent en arrive à se flageller, «c\u2019est là que tout bascule».Le père de Justin Trudeau n\u2019aurait probablement pas approuvé ses épanchements.En 1984, Pierre Elliott Trudeau a refusé d\u2019of frir des excuses aux Canadiens d\u2019origine japonaise internés pendant la Seconde Guerre mondiale.« Je ne pense pas que c\u2019est la tâche d\u2019un gouvernement de redresser les torts du passé, avait-il dit.Il ne peut pas réécrire l\u2019histoire.Notre travail est d\u2019être juste à notre époque.» Prophétique, il avait lancé : « Je ne suis pas sûr où il faudrait s\u2019arrêter dans les compensations.» Une culture inspirée de Marx Pour le professeur de psychologie de l\u2019Université de Toronto Jordan Peterson, la culture victimaire est une forme de marxisme post-mo- derne « avec une nouvelle terminologie ».« Il y a une trame narrative très puissante dans notre société qui présente toute la civilisation comme une bataille entre les oppresseurs et les opprimés.» L\u2019oppresseur bourgeois de Marx est devenu le Blanc, le mâle ou l\u2019hétérosexuel, tandis que son prolétaire opprimé est maintenant la personne racisée, la femme ou le queer.Il trouve tout cela néfaste d\u2019un point de vue psychologique.« Le danger quand on s\u2019estime victime, c\u2019est qu\u2019on tend à chercher son bourreau et à réclamer vengeance.» Cette posture intellectuelle victimaire, soutient Gérald Allard, est en droite ligne avec ces appels, qui déchirent les campus universitaires de l\u2019Amérique du Nord, à «décoloniser» l\u2019enseignement, à se libérer des diverses dominations (mâle, blanche, hétéronormative) ou encore à créer des espaces sécuritaires (safe space) libres de discours contraires.Dans le milieu universitaire anglophone, on appelle ces revendicateurs des « flocons de neige» (snowflakes).« On est en train de créer des gens qui sont des moumounes, lance le professeur de philosophie.Qui voient qu\u2019être délicats, hypersensibles, c\u2019est payant.Pire, si tu n\u2019es pas hypersensible, tu es malade.Si tu ne sens pas qu\u2019il y a constamment autour de toi des Blancs mâles gagnants qui veulent ton mal, c\u2019est parce que ton radar est défectueux.Tu dois développer ce radar.Et tu peux même devenir extrêmement violent parce que tu es une victime.» Cet automne, à l\u2019Université Dalhousie, une controverse a éclaté à propos du 150e anniversaire du Canada.Masuma Khan, une leader étudiante musulmane portant le voile, a tenté de faire adopter une motion pour que l\u2019anniversaire ne soit pas célébré parce que cela reviendrait à célébrer « 400 ans de génocide » avec « les Blancs privilégiés».Lorsque des étudiants se sont opposés à elle, elle a écrit sur ses comptes sociaux que « la fragilité blanche peut aller se faire foutre ».Son rappel à l\u2019ordre par les autorités universitaires est présenté comme une atteinte à sa liberté de parole en tant que personne racisée.Une brèche pour l\u2019avenir Le professeur d\u2019histoire Éric Bédard trouve dommage que le présent s\u2019autorise à juger le passé à l\u2019aune des normes sociales actuelles plutôt que selon le contexte d\u2019alors.« On ne parle pas de gens qui ont nécessairement commis des crimes.On parle de gens qui reflétaient les valeurs de leur époque, lesquelles étaient tout à fait admises à l\u2019époque.» Par exemple, on oublie que bien des femmes non autochtones célibataires ont aussi été forcées de donner leur enfant en adoption entre 1940 et 1970.Dans la foulée de la compensation pour la rafle autochtone des années 1960, le sénateur Art Eggleton a d\u2019ailleurs écrit une lettre ouver te demandant compensation pour ces quelque 300 000 autres femmes.Quand M.Trudeau a présenté ses excuses aux gais cette semaine, Le Journal de Montréal a pendant quelque temps écrit sur son site Internet « Madeleine Trudeau s\u2019excuse encore ».Le texte était accompagné d\u2019un photomontage du premier ministre portant des couleurs pastel sur fond de drapeau de la fierté gaie.Anecdotique ?M.Bédard croit qu\u2019il y a un risque à trop s\u2019excuser.« J\u2019ai peur du backlash, que les gens disent «ça suffit » et que, non seulement ça ne permette pas de cicatriser les blessures, mais que ça approfondisse certains ressentiments.» Le Devoir On est en train de créer des gens qui sont des moumounes.Qui voient qu\u2019être délicats, hypersensibles, c\u2019est payant.Pire, si tu n\u2019es pas hypersensible, tu es malade.Gérald Allard, professeur de philosophie au cégep de Sainte-Foy « » ADRIAN WYLD LA PRESSE CANADIENNE Le premier ministre Justin Trudeau essuyant ses larmes, mardi, après avoir présenté ses excuses à la communauté LGBTQ2.Son père, Pierre Elliott, n\u2019aurait probablement pas approuvé ses épanchements.La CAQ pourrait former un gouvernement majoritaire sans avoir fait élire un seul député à Montréal L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 E T D I M A N C H E 3 D É C E M B R E 2 0 1 7 B 6 L E S P E T I T E S A N N O N C E S AVIS DE DÉCÈS Courriel : petitesannonces@ledevoir.com Téléphone : 514 985-3322 Télécopieur : 514 985-3340 Cette année, faites découvrir notre nouveau D Magazine du samedi à vos proches.Offrez-leur un de nos abonnements pour aussi peu que 41,57 $ pour 13 semaines.Visitez le www.ledevoir.com/promonoel ou appelez au 1 800 463-7559 Pour les Fêtes, o?rez Le Devoir en cadeau.Carrières & professions 1 2 3 1 SERVICES PRIX mcote@ledevoir.com 514.985.3313 DISCRIMINATION INTERDITE La Commission des droits de la personne du Québec rappelle que lorsqu'un logement est offert en location (ou sous-location), toute personne disposée à payer le loyer et à respecter le bail doit être traitée en pleine égalité, sans distinction, exclusion ou préférence fondée sur la race, la couleur, le sexe, la grossesse, l'orientation sexuelle, l'état civil, l'âge du locataire ou de ses enfants, la religion, les convictions politiques, la langue, l'origine ethnique ou nationale, la condition sociale, le handicap ou l'utilisation d'un moyen pour pallier ce handicap.ROSEMONT - 4 1/2 Près cinéma Beaubien.Frais peint, n-fum., 1 ch.fermée, entrées, rangement.Tranquille.LIBRE.825 $ 450-668-0733 À PARIS Petit bijou d'appart sur la Butte Montmartre, au coeur de Paris.Paisible, ensoleillé, ascenseur.514-489-5955 appartement-montmartre.com PROVENCE Vallée du Rhône Maison de village dans le quartier médiéval de Nyons.2 c.c.2 s.de b.Toute équipée.Terrasse ensoleillée.Internet.www.bonnevisite.ca/nyons mariehalarie@gmail.com 819-300-1330 *Librairie Bonheur d'Occasion* achète à domicile livres de qualité en tout genre.514 914-2142 1317, ave du 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arteco.ca 438.397.1560 arteco.inc@gmail.com PARCE QUE VOUS ÊTES UNIQUE 598 SERVICES DIVERS 598 SERVICES DIVERS C A T H E R I N E L A L O N D E L es stéréotypes sont des représentations sociales collectives, partagées.Ce sont donc aussi des outils fort efficaces, qui nous permettent de nous appuyer, comme sociétés, sur des points communs, et d\u2019en faire vibrer plusieurs d\u2019un seul coup de corde, rappelle la doctorante en éducation Sara Mathieu-Chartier.La litanie est infinie : les femmes sont faibles, les hommes sont forts ; elles sont soumises, ils sont dominants ; elles sont pénétrées, ils sont pénétrants.Autant de clichés, finalement sexuels, qui «nuisent énormément, surtout aux femmes, et qui finissent par les exposer aux agressions sexuelles», selon l\u2019auteure Lili Boisvert.Hasard des circonstances, une scène de la série Unité 9 présentait crûment lundi le viol du personnage de Jeanne.Doit-on voir des viols ?Est-ce reconduire une sempiternelle violence des hommes sur les femmes ?Le réalisateur Jean-Philippe Duval croit que cette scène en était au contraire une de dénonciation.Car elle ne comporte pas « d\u2019esthétisation, ni d\u2019érotisa- tion ou de négation de la douleur de la femme ».« La dénonciation, pour moi, embarque dans la mesure où on est bouleversé par ce qu\u2019on voit.C\u2019est pour ça que j\u2019ai filmé beaucoup de gros plans, pour tout concentrer sur l\u2019humain.» «On est, avec Fabienne Larouche [la productrice] et Danielle Trottier [l\u2019auteure], en train de poursuivre le travail télé des Janette Bertrand et Lise Payette, qui ont parlé au Québec de sujets durs mais réels et nécessaires, comme l\u2019inceste et la violence», en les réfléchissant à long terme, en les développant tranquillement, de concert, en discutant de longue haleine avec les acteurs.Danielle Trottier souligne de son côté qu\u2019elle parle, à travers les personnages fictifs de Jeanne et d\u2019Eyota Standing Bear, de survivantes.«Mon propos, c\u2019est de dire : \u201cMesdames, sachez que, si ça vous est arrivé, on peut se reconstruire.\u201d Mais j\u2019ai besoin de temps pour y arriver.» On en a pour les douze prochains épisodes, renchérit M.Duval.« Je dis : \u201cAttendez.\u201d Il ne faut pas tirer cette scène hors de son contexte », car aucun téléspectateur ne sait encore comment Jeanne intégrera cet événement.Suivre une recette En arts comme au quotidien, les stéréotypes ne sont pas entièrement négatifs, mais ils sont toujours «de l\u2019ordre de la facilité, observe Sara Mathieu-Chartier.Ils réduisent la complexité.C\u2019est lié à un préjugé, ils permettent tout de suite de mettre quelqu\u2019un dans une case pour savoir comment réagir ».Le problème vient quand « ils nous enferment et nous empêchent d\u2019être nous-mêmes », poursuit la spécialiste en éducation à la sexualité.« En les suivant, on suit une recette plutôt que de se poser des questions.[\u2026] D\u2019un point de vue artistique \u2014 qui n\u2019est pas le mien, hein, je suis vraiment cartésienne, précise la doctorante, j\u2019ai l\u2019impression qu\u2019il y a dans les stéréotypes une matière à déconstruire.J\u2019ai étudié le design de jeux vidéo et ce sont les contraintes qui font les bons jeux, quand on peut les dépasser pour surprendre l\u2019autre joueur ou l\u2019auditeur.Et les stéréotypes sont des contraintes, intéressantes à dépasser.» Créations et désirs des femmes Jean-Philippe Duval, qui a tourné six fois 24 épisodes d\u2019Unité 9, est d\u2019accord.«Je cite souvent [le réalisateur] Jean-Luc Godard, qui disait qu\u2019il vaut mieux commencer avec un cliché que de finir avec un cliché.De là, on peut défaire, mettre en question.» Celui qui a signé Dédé.À travers les brumes estime que, «oui, comme créateur, [il a] une responsabilité sociale, et non, [il] n\u2019use pas de [sa] liberté de création sans réfléchir».«On est financés par de l\u2019argent public; je suis très responsable et je trouve ça important comme créateur de l\u2019être», ajoute-t-il.Comment sor tir de l\u2019emprise des stéréotypes ?Lili Boisvert estime qu\u2019il faut donner plus souvent les rênes créatives aux femmes.« Je pense que ça part beaucoup des décideurs, sur l\u2019allocation des ressources.L\u2019initiative de la SODEC et de l\u2019Office national du film, qui vise la parité, est superimportante.On ne peut pas faire abstraction du fait que la culture, depuis des siècles, est produite presque exclusivement par des hommes.Tout notre imaginaire est donc colonisé par le leur.Il faut plus de produits culturels faits par des femmes.» Il faut aussi, poursuit l\u2019auteure du Principe du cumshot (VLB), valoriser le regard et le désir féminins.Prendre acte qu\u2019il y a un désir féminin, et que le désir est quelque chose qui se construit et s\u2019alimente.« Et qu\u2019on ne peut s\u2019attendre des femmes à ce qu\u2019elles expriment spontanément leur désir alors qu\u2019on élève les filles non seulement à ne pas l\u2019exprimer, mais à ne même pas savoir ce qu\u2019elles désirent, à ne pas se poser la question.Il faut que les hommes comprennent aussi que leur désir à eux est alimenté par énormément de clichés sexuels.» Jean-Philippe Duval, de son côté, rappelle qu\u2019il est étonnant de constater ce qui, comme société, nous choque et ce qui passe comme du divertissement.Une scène antérieure d\u2019Unité 9, d\u2019amour cette fois, avait aussi fait réagir, celle du cunnilingus entre deux femmes.Alors que les duos lesbiens, symboliques, érotiques ou pornographiques, sont monnaie courante, cette scène-là avait heurté « parce que ce n\u2019était pas un autre fantasme mâle déguisé », croit celui qui vient du documentaire.Il s\u2019étonne aussi des angles morts sociaux.«Je suis scandalisé quand je vois des scènes de violence tournées comme des vidéoclips, extrêmement esthétisées, presque sexy, quand on voit des bouts de cerveau qui revolent sur les murs après un coup de gun.Et ça, on en voit autant comme autant.N\u2019est pas Tarantino qui veut.Ça, ça me semble dangereux, et on n\u2019en discute jamais.» Feldenkrais obligatoire Pour toutes les spécialistes interrogées, les stéréotypes attribués aux hommes et aux femmes découlent directement de la vision sociale des genres et de la sexualité, donc de l\u2019éducation sexuelle, et même de la relation au corps.« Si, dans les médias, on ne présente pas de modèles alternatifs, alors les jeunes qui sentent qu\u2019ils ont des identités ou des sexualités autres n\u2019existent pas », illustre Sara Mathieu-Chartier.«Et ce n\u2019est pas vrai qu\u2019on peut maintenant tout trouver sur Internet : googler n\u2019a pas la puissance d\u2019une image dans un film ou une télésé- rie populaire et appréciée de tous », poursuit celle qui a coordonné l\u2019étude panquébécoise sur la santé sexuelle des jeunes adultes.«On a besoin d\u2019envoyer l\u2019entièreté de la population dans des ateliers d\u2019éducation somatique, et surtout les hommes», lance Julie Châteauvert, chercheuse universitaire en arts à l\u2019UQAM.Ce n\u2019est pas juste une boutade.Quand on pense à transformer la culture du viol, on y pense par le biais de la représentation et de l\u2019éducation, ce qui est essentiel.Transformer un imaginaire donne d\u2019autres ressorts pour imaginer d\u2019autres voies, certes.Mais on sait aussi qu\u2019on apprend beaucoup par le corps, en bougeant, pas juste en pensant par où on pourrait bouger; en parcourant les voies elles-mêmes.Tu ne vois jamais les gars aller expérimenter ça, c\u2019est très rare.Mettons-les tous dans des camps d\u2019éducation somatique!» Nos plaisirs Le développement de l\u2019empathie est aussi un must, comme l\u2019éducation au plaisir, selon Sara Mathieu-Chartier.«Ce sont des fondamentaux : si on en vient à des relations non consensuelles et à des situations d\u2019abus et de harcèlements, c\u2019est parce qu\u2019on se soucie très peu du plaisir de l\u2019autre.Si on éduquait davantage à l\u2019érotisme et au plaisir \u2014 le sien et celui de l\u2019autre \u2014 , j\u2019ose croire que ça deviendrait impensable pour un jeune garçon d\u2019avoir des relations sexuelles avec quelqu\u2019un qui ne veut pas, parce qu\u2019il serait miné de savoir qu\u2019elle n\u2019a pas autant de plaisir qu\u2019elle le pourrait.Mais c\u2019est beaucoup plus facile de prévenir une chlamydia que de parler de plaisir avec des adolescents.» Et la liberté d\u2019expression, la liberté de suivre son instinct artistique, sans se poser de question?«Quand on reproduit encore et encore et encore une scène de domination d\u2019une femme par un homme, quand on se sert encore et encore d\u2019une scène de viol comme moteur dramatique, on parle de la liberté de qui?» interroge Julie Châteauvert.«Le manque d\u2019imagination et la misère sexuelle sont tellement ancrés qu\u2019on imagine que c\u2019est ça, être naturel.Ça fait en sorte que les scripts les plus tracés sont réécrits encore et encore, dans nos façons d\u2019être et d\u2019agir.» Et de créer, pourrait-on ajouter.On pourrait aussi renverser la question.Quel est le risque de chercher à éviter les stéréotypes ?Sachant que ceux-ci sont si faciles à reconduire qu\u2019ils ne risquent pas d\u2019être bannis de l\u2019imaginaire, doit-on, au nom de la liberté d\u2019expression, aller jusqu\u2019à les protéger ?Et n\u2019est-ce pas la fonction de l\u2019art que de proposer une variété de types et de pensées plutôt que seuls quelques stéréotypes?Le Devoir L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 E T D I M A N C H E 3 D É C E M B R E 2 0 1 7 P E R S P E C T I V E S B 7 L a rumeur de son remplacement à la tête de la diplomatie américaine (possiblement par le directeur de la CIA, Mike Pompeo) reprend de l\u2019ampleur.Depuis sa prise de fonction, il est présenté comme inefficace, isolé, sans vision et dirigeant son département contre un mur.Rex Tillerson n\u2019est pourtant pas le pire secrétaire d\u2019État de l\u2019histoire récente des États-Unis.Son bilan illustre en fait parfaitement l\u2019état de délabrement avancé dans lequel végète le département d\u2019État depuis au moins un quart de siècle.La situation qui prévaut au dépar tement d\u2019État alimente, et justifie, les critiques et les craintes quant à la capacité des États-Unis à mener une politique étrangère cohérente et efficace.Madeleine Albright, secrétaire d\u2019État de Bill Clinton de 1997 à 2001, est ainsi la dernière personnalité en date à avoir fait part de son malaise dans une tribune publiée ce mercredi dans le Washington Post.Le temps est en effet maussade à Foggy Bottom, quartier à l\u2019ouest de la Maison-Blanche où est situé le département d\u2019État.Le moral des troupes serait en berne, des diplomates de haut niveau quittent le navire par dizaines, des postes clés ne sont toujours pas pourvus et Rex Tillerson soutient une baisse draconienne (de l\u2019ordre de 30 %) du \u2014 maigre \u2014 budget du département qu\u2019il dirige.La voix d\u2019un maître sans vision Plus préoccupant, l\u2019ancien patron d\u2019Exxon- Mobil et le président Trump n\u2019ont toujours pas exposé une vision claire de la politique étrangère qu\u2019ils entendent mener et n\u2019ont pas manifesté un grand intérêt pour la diplomatie et les commis de l\u2019État qui en maîtrisent l\u2019art.Le premier entend réduire les coûts et augmenter l\u2019efficacité d\u2019une institution séculaire comme s\u2019il était à la tête d\u2019une entreprise.Dès lors, le nécessaire projet de réforme qu\u2019il souhaite mener suscite hauts cris et résistances.Le second s\u2019estime supérieur aux spécialistes des relations internationales et en méprise l\u2019expertise.Tornades dans le monde feutré de la diplomatie, Til- lerson et Trump n\u2019entretiennent cependant pas une relation de travail harmonieuse.Le secrétaire d\u2019État n\u2019avait que très mollement démenti en juillet avoir qualifié le président de « moron ».En octobre, ce dernier a rabroué Tillerson dans un tweet au vitriol, lui enjoignant de ne pas perdre de temps à trouver une solution diplomatique à la crise avec la Corée du Nord.Sans surprise, un duo aussi dysfonctionnel ne fait qu\u2019amplifier la perte de crédibilité de la parole des États-Unis sur la scène internationale.Dans un tel contexte, Tillerson peut apparaître comme un bon candidat au titre de pire secrétaire d\u2019État de l\u2019histoire récente des États- Unis.Un tel jugement serait néanmoins trop sévère tant la compétition en la matière est relevée.Hillary Clinton fut une secrétaire loyale et énergique, mais son bilan à la tête du département d\u2019État lors du premier mandat de Barack Obama est famélique.Colin Powell peut bien apparaître sympathique et compétent aux yeux de ceux qui se souviennent de lui.Son passage à la tête de la diplomatique américaine restera marqué par son effarante prestation devant le Conseil de sécurité de l\u2019ONU en février 2003.C\u2019est en effet lui qui présenta les preuves farfelues de l\u2019existence d\u2019un programme irakien d\u2019armes de destruction massive.Un département d\u2019État en plein brouillard Les performances des récents secrétaires d\u2019État ont été loin d\u2019être flamboyantes (n\u2019est pas Dean Acheson ou Henr y Kissinger qui veut).Le problème clé du département d\u2019État ne réside cependant pas dans la compétence et le talent de ces individus.Depuis la double création du département de la Défense et du Conseil de sécurité nationale en 1947, il s\u2019est progressivement retrouvé marginalisé dans le processus d\u2019élaboration de la politique étrangère.Il ne peut guère rivaliser avec les ressources humaines et financières colossales du premier.À près de 700 milliards de dollars pour 2018, le budget de la Défense est douze fois supérieur à celui du département d\u2019État.Le Conseil de sécurité nationale voit quant à lui ses effectifs augmenter sans cesse et centralise de plus en plus l\u2019action extérieure des États-Unis au sein de la Maison-Blanche.Le dernier secrétaire d\u2019État à avoir eu une influence réelle fut James Baker, dont la relation de travail avec le président George Bush père et son conseiller à la sécurité nationale Brent Scowcroft fut exceptionnellement harmonieuse.C\u2019était il y a plus de 25 ans, une autre époque ! Les jours de Tillerson à la tête du département d\u2019État sont donc peut-être comptés.Son mandat n\u2019aura pas été calamiteux et s\u2019inscrira dans la continuité de ses prédécesseurs immédiats.Compte tenu du président qu\u2019il aura eu à servir, son action pourrait même apparaître plutôt honorable, notamment dans la mise en place de sanctions internationales plus sévères (et efficaces?) vis-à-vis de la Corée du Nord.Rex, le brave secrétaire d\u2019État JULIEN TOURREILLE Peut-on faire de l\u2019art sans utiliser les stéréotypes?La question courait après que des artistes se furent engagés, dans une lettre ouverte publiée jeudi dans Le Devoir, à ne plus valoriser ni banaliser les agressions sexuelles dans leur travail.Mais en refusant les clichés, ne risque-t- on pas la naissance d\u2019un art politically correct?Peut-être, ont riposté certains, mais la liberté artistique doit-elle pour autant permettre à l\u2019artiste de ne pas réfléchir aux conséquences sociales des images qu\u2019il produit?Discussion.L\u2019art peut-il se faire sans user des stéréotypes ?Si on veut un art qui change le monde, alors, forcément, oui, répondent des spécialistes Le problème clé du département d\u2019État ne réside cependant pas dans la compétence et le talent de ces individus AETIOS PRODUCTIONS/VERONIQUE BONCOMPAGNI Dans la série télévisée Unité 9, les personnages fictifs de Jeanne et d\u2019Eyota Standing Bear (sur notre photo, interprétée par la comédienne innue Natasha Kanapé Fontaine) sont des « survivantes», décrit l\u2019auteure Danielle Trottier. imanche dernier, lors de son discours de clôture du congrès du Parti libéral, Philippe Couillard a sorti de son chapeau l\u2019idée d\u2019une liaison rapide Montréal-Qué- bec, «moderne, durable, futuriste ».La veille, Jean Charest avait fait un tabac devant les militants libéraux, et on soupçonne que l\u2019entourage du premier ministre a voulu, avec cet appel de projets impromptu, faire diversion pour que les médias parlent d\u2019autre chose que du succès d\u2019estime de l\u2019ancien chef libéral et de sa proximité avec son successeur, qui avait pourtant tout fait pour prendre ses distances.Cette sortie de Philippe Couillard a toutefois provoqué des dommages collatéraux pour les libéraux en Mauricie, où on compte sur le projet de train à grande fréquence (TGF) Québec- Windsor de VIA Rail, un train conventionnel qui passerait par la rive nord du Saint-Laurent et desservirait Trois-Rivières, un projet évalué à 3 milliards pour le tronçon québécois.Le premier ministre a dû rassurer le maire Yves Lévesque en accordant son soutien au TGF si, et seulement si, Ottawa décide d\u2019aller de l\u2019avant.Car Philippe Couillard ne croit guère au TGF, un projet « de l\u2019ancien siècle », a-t-il dit à l\u2019Assemblée nationale.La première ministre de l\u2019Ontario, Kathleen Wynne, qui se présentera devant les électeurs en 2018, n\u2019en veut pas et réclame plutôt d\u2019Ottawa du financement pour un TGV reliant Toronto et Windsor.« Est- ce qu\u2019on accepterait [\u2026] que la technologie déployée au Québec soit de niveau inférieur à celle déployée en Ontario ?» a lancé le premier ministre à François Legault en Chambre.Ainsi, il propose que les Québécois deviennent des leaders dans la mobilité durable avec une technologie phare, exportable.On parle donc d\u2019un monorail à haute vitesse, doté de moteurs-roues de conception québécoise, trois fois moins cher \u2014 sur papier \u2014 que le TGV.Le gouvernement Marois avait montré de l\u2019intérêt pour ce projet, mais la stratégie d\u2019électrification des transports du gouvernement libéral n\u2019en fait nullement mention.Le hic, c\u2019est qu\u2019il faut dépenser 250 millions pour un banc d\u2019essai avant de savoir si ça fonctionne; le risque technologique est important.L\u2019illumination de Philippe Couillard apparaît inspirée par des visées bassement électoralistes.Et contradictoires : il promet d\u2019élargir des autoroutes à Québec et de continuer de favoriser la voiture individuelle.Un tel opportunisme est regrettable, car il est grand temps que le Québec travaille sérieusement à se doter d\u2019une liaison rapide tout électrique Montréal-Québec, que ce soit un TGV ou un monorail.Le Canada a entrepris les démarches pour finalement adhérer au Traité sur le commerce des armes (TCA).Après le triste épisode de la vente de véhicules blindés à l\u2019Arabie saoudite, il devra faire un parcours sans fautes pour que le Canada se refasse une virginité.Malheureusement, son projet de loi de mise en œuvre du traité n\u2019est pas à la hauteur.ans de nombreux recoins du globe, des victimes de con?its se demandent comment les combattants qui les répriment arrivent à s\u2019approvisionner en armes.La réponse est simple.Le commerce des véhicules blindés, missiles, armes légères et autres est très peu réglementé.Pour y remédier, des groupes comme la Croix-Rouge, Amnistie International et Oxfam se sont battus pendant des décennies et ont ?na- lement obtenu en avril 2013 l\u2019adoption par l\u2019Assemblée générale des Nations unies d\u2019un traité pour encadrer et, à certaines conditions, interdire le commerce des armes classiques et légères.Le Canada a voté en faveur du TCA, mais il demeure à ce jour le seul pays de l\u2019OTAN à ne pas l\u2019avoir signé et, conséquemment, un des trois pays de l\u2019alliance à ne pas l\u2019avoir rati?é.Les deux autres sont la Turquie et les États-Unis.Le projet de loi C-47 présenté en avril dernier vise à corriger ce silence, mais selon une coalition d\u2019organismes qui a milité pour le TCA, il n\u2019en respecte pas la lettre et l\u2019esprit.D\u2019abord, parce que la moitié de nos exportations militaires, celles vers les États-Unis, sont exclues du nouveau régime.Le gouvernement se justi?e en disant que les deux pays ont un accord de partage de la production militaire depuis les années 1950.Aucun permis d\u2019exportation n\u2019est nécessaire, donc aucune donnée n\u2019est colligée sur la plupart des transferts.Cette exclusion est une grave faiblesse, car elle compromet l\u2019exhaustivité des rapports annuels sur les ventes d\u2019armes et limite la capacité d\u2019Ottawa de contrer le détournement de produits canadiens vers des pays tiers.Même l\u2019ancien conseiller de Stéphane Dion Andrew Sniderman déplorait cette exception dans le Globe and Mail cette semaine.Deux articles fondamentaux du TCA portent sur les interdictions et les critères d\u2019évaluation des demandes d\u2019exportation.Ces dernières ne doivent pas, entre autres choses, porter atteinte à la paix et à la sécurité, servir à violer le droit international ou les droits de la personne.On précise aussi que si, après l\u2019examen de mesures d\u2019atténuation, un «risque prépondérant» persiste, le permis doit être refusé.Ces articles ne sont pas repris dans le projet de loi.Le ministre des Affaires étrangères garde un grand pouvoir discrétionnaire pour appliquer de futurs critères qu\u2019on inscrira plutôt dans des règlements, que personne n\u2019a encore vus et qu\u2019un gouvernement peut aisément changer.Ces dispositions du TCA doivent au contraire se retrouver dans le texte de la loi.L\u2019expérience des dernières années nous en a démontré la nécessité, en particulier ce scandaleux contrat de vente de véhicules blindés à l\u2019Arabie saoudite qui a propulsé le Canada au rang de deuxième fournisseur de matériel militaire au Moyen-Orient.Au début novembre, le comité parlementaire chargé de l\u2019étude du C-47 devait examiner les propositions d\u2019amendements des différents partis.Cette réunion a été annulée à la dernière minute et ne ?gure toujours pas à l\u2019ordre du jour.Il est à espérer que le gouvernement a provoqué ce report dans le but de revoir son approche et d\u2019élaborer des amendements corrigeant les carences les plus ?agrantes du C-47.Si le Canada veut vraiment se présenter comme un modèle sur la scène internationale, il doit encadrer le pouvoir discrétionnaire du ministre et ne pas exempter du nouveau régime ses échanges avec les États-Unis.L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 E T D I M A N C H E 3 D É C E M B R E 2 0 1 7 B 8 EDITORIAL L E T T R E s\u2019infiltre dans l\u2019imaginaire comportemental des jeunes.Malgré tout, la grande victoire des dernières années a été de libérer la parole des victimes qui sont de plus en plus entendues et à qui le système de justice offre des recours qui facilitent des dénonciations et éventuellement des condamnations pour les agresseurs.Je nous souhaite donc de bâtir un monde de liberté et d\u2019égalité où tous et toutes pourront vivre en paix dans le respect des uns et des autres.Ainsi, des drames comme celui de la Polytechnique appartiendront à un monde révolu qu\u2019il ne faudra jamais oublier cependant, de peur que ces vieux démons refassent surface un jour.Ce devoir de mémoire est un symbole fort pour se souvenir de ces 14 jeunes femmes innocentes à qui on a coupé les ailes pour les empêcher de voler vers leur destin.Marcel Perron Neuville, le 1er décembre 2017 L I B R E O P I N I O N Y O S H U A B E N G I O Professeur à l\u2019Université de Montréal et directeur du MILA I l m\u2019apparaît important de répondre au texte «Les menaces technicistes de l\u2019intelligence artificielle» signé par Marie-Claude Goulet et publié dans vos pages le 25 novembre dernier.D\u2019abord parce j\u2019y suis mentionné à plusieurs reprises.Mais surtout parce que je désire corriger l\u2019impression voulant que les chercheurs qui conçoivent les intelligences artificielles le font sans tenir compte des éventuelles conséquences sociales et des enjeux éthiques de cette nouvelle technologie.La communauté de l\u2019intelligence artificielle de Montréal s\u2019impose d\u2019ailleurs elle- même ce « Devoir de philo ».Par exemple, à l\u2019Institut de valorisation des données (IVADO), où je suis directeur scientifique, nous avons recruté un éthicien, Martin Gibert.Et au MILA, nous menons plusieurs collaborations de recherche avec le professeur de philosophie de l\u2019UQAM Dominic Mar tin.Nous travaillons également de près avec nos collègues de la Faculté de droit de l\u2019UdeM, notamment les professeurs Catherine Régis et Vincent Gautrais, pour réfléchir aux enjeux juridiques liés à l\u2019IA.Le souci de développer l\u2019intelligence ar tificielle de manière responsable et pour le bien de ma communauté est la raison pour laquelle j\u2019ai choisi de rester à Montréal et dans le milieu universitaire plutôt que d\u2019aller travailler dans le privé en Californie.C\u2019est pour cela que j\u2019ai contribué, début 2017, à l\u2019élaboration des principes d\u2019Asilo- mar, qui sont reconnus comme étant à la base d\u2019un développement sain de l\u2019intelligence artificielle.C\u2019est pour cela que j\u2019ai écrit au premier ministre Trudeau pour demander, avec mes collègues, que le Canada appuie les démarches en cours à l\u2019ONU afin de bannir les robots tueurs.C\u2019est pour cela que j\u2019ai contribué, aux côtés de Stephen Hawkins et Elon Musk, à l\u2019élaboration d\u2019une autre lettre, cette fois-ci provenant de toute la communauté internationale en intelligence artificielle et en robotique, et exigeant un traité international pour bannir les robots tueurs.La Déclaration de Montréal C\u2019est pour cela que nous avons organisé les 2 et 3 novembre derniers le Forum sur le développement socialement responsable de l\u2019IA à Montréal.Et c\u2019est pour cela que nous travaillons en collaboration avec des collègues des sciences humaines, notamment les professeurs de philosophie Marc- Antoine Dilhac et Christine Tappolet, à la rédaction de la Déclaration de Montréal pour un développement responsable de l\u2019intelligence artificielle.L\u2019humain est au cœur des principes de cette déclaration en construction.Nous souhaitons que ce texte suscite un large dialogue avec le public.Nous souhaitons aussi que cette déclaration mène les États à fixer des balises et des règles de conduite relativement à l\u2019intelligence artificielle.Chacun est d\u2019ailleurs invité à y contribuer.Nous nous donnons tout ce mal pour baliser cette nouvelle technologie parce qu\u2019effectivement, l\u2019émergence de l\u2019intelligence artificielle ouvre la porte à des abus et à des transformations économiques qui demanderont que nos gouvernements s\u2019adaptent et répartissent la richesse créée.Mais cette technologie promet aussi de nombreux bienfaits, pour le bénéfice de tous si nous faisons les bons choix collectifs.On peut penser à des applications dans le domaine médical ou de l\u2019éducation, à des solutions environnementales, à une justice plus accessible, à de nouvelles découvertes scientifiques.Et aussi, grâce à des robots qui effectueront des tâches répétitives, à une libération d\u2019une certaine forme d\u2019esclavage moderne : celle d\u2019un travail où l\u2019humain ne s\u2019épanouit pas.On ne peut prédire avec exactitude les effets qu\u2019aura l\u2019intelligence artificielle sur nos vies, pas plus qu\u2019on ne pouvait prédire les conséquences de l\u2019arrivée de l\u2019électrification il y a plus d\u2019un siècle, ou de l\u2019ordinateur personnel dans les années 1970.La seule certitude que j\u2019ai est que l\u2019intelligence artificielle va prendre son essor dans les années à venir, avec ou sans Montréal.Voilà pourquoi il est si important de s\u2019y investir à Montréal.Nous avons l\u2019occasion de devenir des producteurs et non pas seulement des consommateurs de cette technologie transformatrice, qui créera énormément de richesse.Nous avons aussi la chance exceptionnelle de donner une couleur typiquement mont- réalaise à ces développements : inclusive, ouver te, créative et profondément humaine.En produisant une partie de cette richesse ici plutôt qu\u2019en Californie, et en le faisant de manière responsable, nous serons en bien meilleure position pour redistribuer les gains de l\u2019intelligence artificielle dans la collectivité.La communauté de l\u2019IA a bien fait ses devoirs FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente du développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-président des ventes publicitaires MARK DROUIN Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Directeur de l\u2019information numérique FLORENT DAUDENS Adjoints PAUL CAUCHON, LOUIS GAGNÉ, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur de la production CHRISTIAN GOULET agressions sexuelles ou autres.Cela s\u2019ajoute aux drames familiaux qui se terminent trop souvent, hélas, par l\u2019assassinat de mères de famille et de leurs enfants, ou encore par des violences physiques ou psychologiques exécutées par des hommes en détresse, qui, incapables de gérer leurs émotions, n\u2019acceptent pas la séparation d\u2019une personne avec qui ils étaient en relation.Les hommes ne naissent pas avec cette violence incontrôlée, celle-ci se bâtit à cause de frustrations répétées dans leurs décevantes expériences relationnelles.C\u2019est pour cette raison que l\u2019éducation a un grand rôle à jouer auprès des jeunes afin qu\u2019ils développent très tôt des rapports d\u2019égalité et de respect dans leurs relations amoureuses.Malheureusement, la société nous présente des compor te- ments souvent opposés au modèle souhaité.Dans ce contexte, le rapport domi- nant-dominé supplante celui de l\u2019égalité et TRAITÉ SUR LE COMMERCE DES ARMES Effort canadien insuffisant MONORAIL OU TGV MONTRÉAL-QUÉBEC Une liaison tout électrique s\u2019impose D D MANON CORNELLIER ROBERT DUTRISAC Celles à qui on a coupé les ailes Le 6 décembre 1989 à Montréal, 14 étudiantes de l\u2019École polytechnique ont trouvé la mort parce qu\u2019elles étaient des femmes.Ayant contribué à percer le plafond de verre dans un domaine traditionnellement réser vé aux hommes, elles sont tombées sous les balles meurtrières d\u2019un tireur fou dont la misogynie viscérale a servi de tremplin pour réaliser cet acte barbare.Depuis ce temps, beaucoup d\u2019ef forts ont été consentis pour sensibiliser la société quant aux problèmes de violence faite aux femmes.Cependant, il reste encore beaucoup de chemin à parcourir.L\u2019actualité des dernières semaines nous a démontré que de nombreux hommes en situation de pouvoir continuent d\u2019abuser des femmes, par le harcèlement, les «Nous travaillons à la rédaction de la Déclaration de Montréal pour un développement responsable de l\u2019intelligence artificielle» L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 E T D I M A N C H E 3 D É C E M B R E 2 0 1 7 B 9 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon (chef de division), Robert Dutrisac, (éditorialiste), Michel Garneau et Pascal Élie (caricaturistes), Jacques Nadeau (photographe), Olivier Zuida (recherchiste photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division et reporter), Stéphane Baillargeon (généraliste), Gérald Dallaire (pupitre), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Jean Dion (sports), Marco Fortier (éducation), Lisa-Marie Gervais (diversité), Pauline Gravel (sciences), Jessica Nadeau (éducation).Alexandre Shields (environnement); information politique : Michel David (chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Marie-Michèle Sioui (correspondants parlementaires à Québec) Dave Noël (recherche), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec); information culturelle : Guillaume Bourgault-Côté (politiques culturelles), Julie Carpentier (pupitre), Fabien Deglise (livres), Catherine Lalonde (arts vivants), François Lévesque (écrans),Caroline Montpetit (arts vivants), Philippe Papineau(médias); information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l\u2019information), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Benoît Munger (pupitre); information internationale : Guy Taillefer (chef de division et éditorialiste); section art de vivre : Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); cahiers spéciaux : Aude Marie Marcoux (responsable); équipe numérique : Laurence Clavel, Guillaume St-Hilaire et Geneviève Tremblay (pupitres); correction : Andréanne Bédard, Christine Dumazet et Michèle Malenfant (correctrices) ; soutien à la rédaction : Amélie Gaudreau (coordonnatrice à la rédaction), Jean-Philippe Proulx (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa).PUBLICITÉ Charleyne Bachraty (adjointe au vice-président), Marlène Côté, Évelyne De Varennes, Amel Elimam, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (directrices de comptes), Alain Tréhout (directeur créativité média), Amélie Maltais (commis aux avis légaux), Alessandra Tantalo et Laurence Hémond (coordonnatrices publicitaires).PRODUCTION Caroline Desrosiers, Yannick Morin, Anthony White et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web), Jean-François Côté (analyste programmeur), Luc Girard (technicien informatique), Solène M.Hébert (développeuse Web).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Catherine Gentilcore (coordonnatrice marketing, communications et relations publiques), Sébastien Beaupré (coordonnateur service à la clientèle), Manon Blanchette, Caroline Filion, Nathalie Filion, Isabelle Sanchez (préposées au service à la clientèle).ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Mélisande Simard (adjointe administrative et responsable des ressources humaines), Florentina Draghici (technicienne comptable), Véronique Pagé (responsable du crédit).C H R I S T O P H E T A R D I E U Directeur général du Centre national du cinéma et de l\u2019image animée est avec une infinie tristesse que j\u2019ai appris que le mandat de Monique Simard à la tête de la SO- DEC ne sera pas renouvelé en janvier prochain.Qu\u2019il me soit permis de dire ici à quel point Monique est pour moi une femme d\u2019exception et j\u2019espère sur tout que son départ ne viendra pas remettre en cause la mise en œuvre de l\u2019entente signée cette année entre la SODEC et le Centre national du cinéma français.Monique m \u2019a fait l\u2019honneur de me demander de lui remettre en novembre dernier la médaille d\u2019officier des arts et lettres qui lui avait été accordée par le gouvernement français, venant ainsi saluer une carrière exceptionnelle et une militante inlassable de la culture française et francophone.Je n\u2019avais pas pu m\u2019empêcher de dire dans ma petite allocution que nos deux familles étaient originaires de la même région française, en Charente, et que seuls les ancêtres de Monique avaient eu le courage de s\u2019embarquer pour la Nou- velle-France au début du XVIIe siècle.Un milieu orphelin J\u2019ai toujours été fasciné devant son incroyable connaissance du milieu culturel québécois et français.Je suis presque certain qu\u2019il n\u2019existe pas un artiste québécois dont on puisse parler sans que Monique dise « tu veux que je te le présente ?» Je sais que l\u2019excellence de son travail a été saluée par son conseil d\u2019administration et par tous les ar tistes, cinéastes, écrivains québécois et que ces derniers se sentent un peu orphelins en ce moment.Quand nous avons décidé de monter cette entente entre la SODEC et le CNC français, ce n\u2019était pas seulement des retrouvailles émouvantes entre le V ieux Pays et la Nouvelle-France.C\u2019était surtout pour échanger sur des sujets très concrets qui intéressent la France et le Québec, l\u2019industrie cinématogra- ph ique de nos deux pays, dans un monde g lobal isé.Qu\u2019il me soit permis de donner quelques exemples.Lorsque nous décidons de soutenir financièrement ensemble des festivals qui mettent en valeur nos cinématographies respectives, y compris sous des formes modernes comme ce festival de courts métrages montréalais sur Facebook, nous faisons avancer les esprits dans nos deux pays.Quand nous décidons ensemble de lancer une mission commune pour trouver des solutions concrètes pour mieux dif fuser dans les salles de cinéma les œuvres françaises au Québec et les œu- vres québécoises en France, nous aidons nos industries cinématographiques et nous contribuons à rapprocher nos deux peuples issus d\u2019une même souche.Lorsque nous créons avec de nombreux partenaires un fonds visant à soutenir la jeune création en Afrique francophone subsaharienne et en Haïti, nous faisons de la francophonie une arme offensive totalement pacifique et nous défendons cette belle langue que nous avons en commun et qui porte tant de valeurs qui nous sont chères.Le français n\u2019est pas une langue qu\u2019on parle pour accommoder une ville ou des médias ! Je n\u2019oublie pas non plus son inlassable curiosité sur nos discussions parfois byzantines au sein de l\u2019Union européenne, sur tout quand elles débouchent sur des résultats concrets comme cette directive européenne qui va donner la possibilité à la France de taxer Netflix pour financer la création française et lui imposer des obligations d\u2019exposition d\u2019œuvres françaises et européennes sur sa plateforme accessible en France.Bien davantage que la très grande professionnelle respectée et appréciée par tous les ar tistes québécois, c\u2019est l \u2019amie de la France, l \u2019amie très chère à mon cœur qui va nous manquer.Merci Monique ! Je suis si content d\u2019avoir eu le privilège de croiser une belle personne comme toi.Hommage à Monique Simard J O C E L Y N E S A I N T - A R N A U D , P H .D .Professeure associée à la Faculté de sciences infirmières et au Département de médecine sociale et préventive de l\u2019Université de Montréal Chercheuse associée au Centre de recherche en éthique lors que les pays scandinaves négocient avec les compagnies pharmaceutiques le prix des médicaments, le Canada paie encore le gros prix.Au Québec, le coût des médicaments est couvert par le Régime général d\u2019assurances médicaments (RGAM) qui est un régime mixte (public/privé) ; les coûts sont partagés entre le RGAM dans une proportion de 60 % et par les assureurs privés dans une proportion de 40%.La population québécoise paie par ses impôts et ses assurances collectives le coût des médicaments.Selon l\u2019Institut canadien d\u2019information sur la santé (ICIS, 2017), le coût des médicaments est au deuxième rang en importance dans les dépenses en santé au Canada, avec 16,4 % des dépenses de santé, après celles liées aux hôpitaux (28,3 %), mais avant les ser vices médicaux (15,4 %).Au cours des dernières années, la croissance des dépenses liées au coût des médicaments dépasse la croissance des coûts des services médicaux.Or, pour un même budget, l\u2019augmentation du coût des médicaments limite les ressources des autres postes budgétaires en santé, notamment les montants alloués aux hôpitaux et le rationnement des ressources humaines et financières qui en découle.Il serait donc impor tant que le Canada négocie à la baisse le prix des médicaments avec les compagnies pharmaceutiques.Le coût des médicaments ne cesse d\u2019augmenter, notamment à cause des techniques de marketing des compagnies et de leur esprit de compétition qui les incite à développer des produits légèrement différents des produits existants pour gagner une plus grande part du marché (stratégie Me too).Chaque année, les pharmaceutiques investissent des milliards dans la promotion de leurs produits auprès des médecins et du public.[\u2026] Influence du marketing En matière de marketing, les compagnies pharmaceutiques influencent les politiques et les inter ventions de santé pour augmenter continuellement leur clientèle.Ce fut le cas de la vaccination contre le virus A (H1N1) encouragée par l\u2019Organisation mondiale de la santé, dont certains experts étaient sous l\u2019influence ou parties prenantes de compagnies pharmaceutiques.Sous l\u2019influence des pharmaceutiques, le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM 5) a défini le spectre de l\u2019autisme, qui inclut l\u2019hyperactivité, le trouble de l\u2019attention et d\u2019autres problèmes.Ainsi, le nombre d\u2019enfants considérés maintenant comme autistes augmente, de même que la prescription de psychotropes.Les compagnies pharmaceutiques font leurs propres études empiriques, elles sont donc juges et parties et nettement en conflit d\u2019intérêts.Elles s\u2019associent à des chercheurs universitaires pour donner de la crédibilité à leurs résultats, utilisent des auteurs fantômes dans leur publication et évitent de publier les résultats négatifs de leurs études.Les ouvrages de Hadler, de Welch et ses collègues, de Gøtzsche dénoncent des pratiques qui visent à modifier les résultats de recherche pour montrer l\u2019importance et les bénéfices d\u2019un nouveau médicament et inciter au surdiagnostic et au surtraitement.Malgré le fait que des compagnies pharmaceutiques ont dû payer 30 milliards de dollars en compensations ou en amendes dans le cadre d\u2019ententes de gré à gré pour des poursuites au criminel aux États-Unis entre 1991 et 2012, notamment dans le cadre de la mise en marché de cer tains antipsychotiques, les mêmes techniques de marketing sont toujours utilisées et les mêmes produits battent des records de vente.Les pharmaceutiques ne reculent devant rien pour augmenter leurs profits et faire inscrire leurs produits sur la liste des médicaments remboursés.Elles développent des partenariats avec les gouvernements, avec les centres de recherche et les universités et elles financent des associations de citoyens.Évaluations indépendantes L\u2019augmentation de l\u2019espérance de vie depuis 2000 ne peut être reliée aux seuls médicaments ; d\u2019autres facteurs sont en cause : l\u2019utilisation du stimulateur cardiaque, la réanimation cardio-respiratoire, l\u2019alimentation par tubes, la dialyse rénale, etc.Selon de nombreux chercheurs, les médicaments créés après 1990 sont plus coûteux, sans être nécessairement plus efficaces que les médicaments de première génération.Dans une étude effectuée en France portant sur les médicaments produits entre 2002 et 2011, les résultats ont montré que 8 % d\u2019entre eux apportaient un bénéfice clinique ou thérapeutique et que 15 % apportaient plus de torts que de bénéfices.Lors de l\u2019introduction d\u2019un nouveau médicament ou d\u2019un nouveau vaccin, il serait temps de s\u2019assurer que les évaluations sont faites par des organisations indépendantes de l\u2019industrie pharmaceutique et d\u2019appliquer aux analyses coûts/bénéfices de ces nouveaux produits des principes éthiques, comme la transparence (quels sont les confl its d\u2019 intérêts en pré - sence ?), le mieux-être (y a-t-il un réel bénéfice ?) et la justice (son coût exorbitant limite-t- il l\u2019accès à d\u2019autres soins de santé ?).Ces deux conditions sont nécessaires pour préserver la crédibilité des résultats de recherche et pour améliorer la qualité et l\u2019équité de notre système de santé.Lettre cosignée par André-Pierre Contandriopou- los, Ph.D.(économie), Louise Ringuette, M.Sc.(microbiologie/bioéthique), Louis-Marc Bour- deau, Ph.D.(statistique), Jean-Claude St-Onge, Ph.D.(socio-économie), Charles Marsan, DMV, MA (bioéthique), Bryn Williams-Jones, Ph.D.(bioéthique), tous de l\u2019Université de Montréal, et Steve Morgan, Ph.D.(économie), de l\u2019Université de Colombie-Britannique.Le coût des médicaments, le marketing et l\u2019éthique M E S T É P H A N E H A N D F I E L D Avocat a récente vague de réfugiés arrivés de façon irrégulière à la frontière canado- américaine a fait couler beaucoup d\u2019encre.Aujourd\u2019hui, on constate que beaucoup, principalement des Haïtiens, ont été incapables de retenir les services d\u2019un avocat afin de les accompagner dans le processus d\u2019asile au Canada.Or, laissés à eux-mêmes, ceux-ci sont complètement p e r d u s d a n s l e s d é d a l e s administratifs.Plusieurs dates à respecter, dont certaines sont modifiées en cours de processus, des délais de rigueur, jumelés à la barrière de la langue : tous les ingréd ients sont alors réunis pour créer la situation actuelle.Plusieurs demandeurs d\u2019asile omettent de soumettre les formulaires nécessaires à la poursuite de leur demande devant la Commission de l\u2019immigration et du statut de réfugié dans les délais réglementaires.Plus important encore, plusieurs omettent également de se présenter à leur audience devant le tribunal.Il faut savoir que les avis de convocation qui sont remis directement aux demandeurs d\u2019asile contiennent trois dates différentes ! Les conséquences de ces manquements peuvent être sérieuses.Non seulement le dossier sera fermé par le tribunal, mais la mesure de renvoi prise à la frontière sera alors exécutoire.Ces demandeurs d\u2019asile risquent l\u2019expulsion du Canada sans avoir eu l\u2019occasion de faire valoir les motifs pour lesquels ils craignent de retourner dans leur pays d\u2019origine.Puisque le renvoi doit s\u2019effectuer vers le pays de c i - toyenneté , dans les cas où des enfants sont nés au Brésil ou aux États-Un is, des familles risquent d\u2019être séparées .Des drames humains sont à prévoir.Une nouvelle vague?Cette situation risque malheureusement de s\u2019aggraver avec l\u2019annonce il y a quelques jours par le gouver nement Tr ump du non-renouvelle- ment du permis de séjour temporaire aux Haïtiens qui se trouvent en sol américain.Ceux-ci auront 18 mois pour quitter les États-Unis.Trois options s\u2019of friront à eux : retourner en Haïti, demeurer illégalement aux États-Unis ou cogner à la porte du Canada afin d\u2019y demander l\u2019asile.Outre ces Haïtiens, neuf autres communautés ver ront, au cours de la prochaine année, leurs permis de séjour temporaires venir à échéance.Le gouvernement américain devra alors déc ider s i ces « TPS » seront ou non renouvelés.On parle ici de plus de 320 000 personnes, des gens du Salvador, du Honduras, du Soudan, du Yémen, de l\u2019Irak, du Guatemala, etc.Le gouvernement Trudeau doit tirer des leçons des erreurs commises au cours de l\u2019été dernier avec l\u2019arrivée massive de demandeurs d\u2019asile de façon irrégulière, principalement au Québec.Des décisions doivent être prises, et ce, rapidement.L\u2019envoi de deux députés fédéraux, Emmanuel Du- bourg et Pablo Rodriguez, du côté américain me semble un peu faible comme stratégie.Le gouvernement organise à l\u2019occasion des missions économiques dans plusieurs pays afin de recruter des entrepreneurs, des investisseurs.Je suis d\u2019avis que, dans la situation actuelle, une mission devrait être organisée avec des gens du milieu afin d\u2019informer, et non décourager, les différentes communautés en sol américain sur le processus d\u2019asile au Canada et sur les critères qui doivent être remplis afin d\u2019être reconnu comme réfugié au sens de la Convention de Genève.Évidemment, le gouvernement américain ne sera pas favorable à ce genre de mission, car il a tout intérêt à voir ces « indésirables » partir, plutôt qu\u2019ils demeurent dans la clandestinité sur son territoire.De plus, le gouvernement canadien doit suspendre l\u2019entente sur les tiers pays sûrs, entente qui oblige les demandeurs d\u2019asile à franchir de façon irrégulière la frontière canadienne sous peine de voir leur demande jugée irrecevable s\u2019ils se présentent à un poste frontalier et, par conséquent, d\u2019être refoulés en territoire américain.La délivrance de permis de travail doit aussi être accélérée.Il est anormal qu\u2019à peine 350 de ces permis aient été remis au cours des derniers mois pour les milliers de demandeurs d\u2019asile.Sans permis de travail, ces derniers n\u2019ont pas le droit de travailler et sont donc contraints d\u2019avoir recours à l\u2019aide sociale afin de subvenir à leurs besoins et à ceux de leurs familles.Les effectifs, tant du côté de l\u2019Agence des services frontaliers du Canada que de celui de la Commission de l\u2019immigration et du statut de réfugié, en passant par la section des interprètes, doivent être revus à la hausse si l\u2019on souhaite être en mesure d\u2019analyser les demandes d\u2019asile dans des délais raisonnables.Car, aujourd\u2019hui, une personne qui soumet une demande de refuge au Canada se verra offrir une date d\u2019audience devant le tribunal de l\u2019immigration en juin 2018, alors que le règlement prévoit une audience dans les 60 jours! Et cette situation risque de s\u2019aggraver.Je le répète, des décisions doivent être prises par le gouvernement Trudeau rapidement.Elles ne seront peut-être pas populaires, mais le statu quo n\u2019est pas une solution dans la situation actuelle et à venir\u2026 La situation des demandeurs d\u2019asile est préoccupante ! Chaque année, les pharmaceutiques investissent des milliards dans la promotion de leurs produits « » Monique Simard A L C\u2019 GRAHAM HUGHES LA PRESSE CANADIENNE Un demandeur d\u2019asile est pris en charge par les autorités aux douanes de Lacolle. P A U L I N E G R A V E L E n Colombie-Britannique, on installe les piscicultures directement dans les rivières que l\u2019on désire ensemencer et on utilise comme reproducteurs des poissons sauvages de la rivière dans laquelle est aménagée la pisciculture.Finalement, quand les saumoneaux atteignent l\u2019âge d\u2019un à deux ans, on les relâche dans la rivière.Parmi les saumons d\u2019âge adulte qui reviennent dans la rivière pour s\u2019accoupler, on retrouve donc à la fois des saumons qui sont venus au monde en liberté et des saumons nés dans la pisciculture, raconte le chercheur de l\u2019Université Laval Louis Bernatchez, qui est titulaire d\u2019une chaire de recherche du Canada en génomique et en conservation des ressources aquatiques.Des études ont toutefois montré que la performance en matière de survie des poissons nés et élevés en pisciculture est souvent moindre que celle des poissons sauvages.Certains scientifiques ont imputé ce phénomène à un effet de sélection génétique.« Le but de la pisciculture est de diminuer la mortalité naturelle due aux aléas des conditions environnementales en nature.Les conditions en pisciculture sont donc assez dif férentes de celles dans la nature et, pour cette raison, les individus qui survivent en pisciculture ne sont pas nécessairement identiques à ceux qui réussissent le mieux en milieu naturel », explique M.Bernat- chez, avant d\u2019ajouter que « la survie des saumoneaux est meilleure en pisciculture parce qu\u2019il y a très peu de sélection, justement.Les saumoneaux y subissent une moins grande pression du milieu, mais une fois relâchés dans la nature, plusieurs d\u2019entre eux sont moins bien adaptés aux conditions environnementales naturelles », ce qui expliquerait qu\u2019ils sont moins nombreux que les saumons sauvages à revenir s\u2019accoupler à l\u2019âge adulte dans leur rivière d\u2019origine.Louis Bernatchez et des collègues de l\u2019Institut français de recherche pour l\u2019exploitation de la mer (IFREMER), de la station biologique du Pacifique appartenant à Pêches et Océans Canada et de l\u2019Université de Victoria en Colombie- Britannique, ont pour leur par t émis l\u2019hypothèse que les conditions environnementales particulières du milieu d\u2019élevage induisaient peut-être des modifications épigénétiques, c\u2019est- à-dire non pas au niveau de l\u2019ADN des gènes, mais plutôt au niveau de leur expression.« On s\u2019est dit que, comme les conditions environnementales des milieux d\u2019élevage sont différentes de celles du milieu naturel, peut-être qu\u2019au cours des premiers stades de vie des saumons il se produit une reprogrammation épigéné- tique qui aurait un effet sur le phénotype (les caractères observables) des poissons une fois qu\u2019ils sont relâchés dans la rivière », précise M.Bernatchez, avant d\u2019expliquer que les changements épigénétiques modifient l\u2019expression des gènes par le mécanisme moléculaire de la méthylation.«Plus un gène est méthylé, moins il sera exprimé.Les changements épigéné- tiques ont ainsi un impact sur le niveau d\u2019expression de gènes qui, eux, selon leur fonction particulière, pourront avoir un impact sur la croissance de l\u2019animal, sa survie ou son immunité, par exemple.» Effets épigénétiques Les chercheurs ont alors comparé le niveau de méthylation de saumons d\u2019élevage à celui de saumons sauvages qui étaient au même stade de vie, et ils ont effectué cette comparaison sur des saumons de deux rivières dif férentes, en plus de procéder à des analyses génétiques de l\u2019ADN des poissons.Lors de leur analyse, ils n\u2019ont relevé aucune différence génétique (au niveau de l\u2019ADN du génome) entre les saumons nés et élevés en pisciculture et ceux qui avaient vu le jour en liberté dans la même rivière.Par contre, ils ont observé que les saumons sauvages et d\u2019élevage de la première rivière étaient génétiquement distincts de ceux de la seconde rivière.«Ces résultats nous montrent essentiellement qu\u2019il n\u2019y a pas de différenciation génétique entre les poissons nés en pisciculture et les poissons nés en liberté dans la même rivière », résume le chercheur.L\u2019analyse des niveaux de méthylation du génome a pour sa part révélé des différences épi- génétiques entre les poissons de la première rivière et de la seconde rivière, mais également entre les poissons sauvages et les poissons issus de la pisciculture.Qui plus est, les changements épigénétiques observés entre les saumons de pisciculture et les saumons sauvages de la première rivière étaient essentiellement les mêmes que ceux des saumons de l\u2019autre rivière.« Ces changements épigénétiques se traduisent par une plus grande méthylation généralisée chez les poissons en pisciculture par rappor t aux poissons sauvages », souligne M.Bernatchez, dont l\u2019équipe a identifié une centaine de régions du génome qui présentaient des dif férences épigénétiques, c\u2019est-à- dire dont la méthylation était différente entre les deux catégories de saumons.«De cette centaine de régions, 89 étaient hyperméthylées chez les poissons de pisciculture comparativement aux poissons sauvages.De plus, nous avons observé la même tendance à l\u2019hypermé- thylation chez les poissons en pisciculture dans les deux rivières», spécifie le chercheur québécois, qui poursuit pour six mois ses recherches au Biodiversity Research Center de l\u2019Université de la Colombie-Britannique à Vancouver.Épigénome modifié Les chercheurs ont également remarqué que certains des gènes qui étaient hyperméthylés chez les saumons d\u2019élevage remplissaient des fonctions très importantes dans le comportement et la physiologie des poissons.Notamment, ils ont identifié une hyperméthylation de certains des gènes impliqués dans l\u2019osmorégu- lation, laquelle permet l\u2019adaptation physiologique de l\u2019animal à l\u2019eau salée, une fonction importante pour les saumons puisque ces poissons naissent dans une rivière d\u2019eau douce et migrent ensuite vers la mer.Les scientifiques ont également découvert une hyperméthylation des gènes intervenant dans la communication entre les cellules musculaires et les cellules nerveuses qui les activent.Une telle altération pourrait fort probablement par ticiper à la réduction de la per for- mance natatoire des saumons Coho élevés en pisciculture, soulignent les chercheurs dans l\u2019article qu\u2019ils ont publié dans les Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS) au sujet de cette étude qui a été financée en grande partie par Génome Canada, Génome Québec et Génome British Columbia.Également, l\u2019observation d\u2019hyperméthylation de certains gènes produisant d\u2019importants régulateurs neurologiques pourrait aussi jouer un rôle dans les différences comportementales, notamment en ce qui concerne l\u2019agressivité, la quête de nourriture et l\u2019intrépidité, qui ont souvent été rapportées entre les saumons élevés en captivité et les saumons sauvages.L\u2019ensemble de ces modifications épigéné- tiques chez les saumons d\u2019élevage fait probablement en sorte qu\u2019une fois relâchés dans la nature, ces poissons sont moins capables de migrer vers la mer et y survivre, ce qui pourrait expliquer qu\u2019ils sont moins nombreux que les saumons sauvages à revenir dans la rivière pour s\u2019y accoupler, car « s\u2019il y a une moins bonne survie, c\u2019est évident qu\u2019il en reviendra moins dans la rivière », avance M.Bernatchez.Entassement et alimentation Quelles conditions environnementales pourraient induire ces différences dans la méthyla- tion de certains gènes ?Selon Louis Bernat- chez, le principal facteur est probablement « l\u2019entassement des individus en pisciculture ».« Les poissons de pisciculture sont élevés en beaucoup plus grande densité qu\u2019en milieu naturel.On peut donc imaginer qu\u2019il s\u2019agit de conditions plus stressantes qu\u2019en milieu naturel pour les saumoneaux», souligne-t-il.Également, les conditions d\u2019incubation des œufs sont dif férentes.Dans la nature, les femelles creusent un nid dans le gravier avec leur queue et y déposent leurs œufs, qui y sont ainsi bien oxygénés.« En pisciculture, les œufs sont bien oxygénés aussi, sauf qu\u2019il n\u2019y a pas de gravier.Cette différence aurait-elle un effet ?» s\u2019interroge le chercheur, avant de rappeler qu\u2019en pisciculture, la reproduction se fait de façon totalement artificielle.Lorsque les femelles sont matures, on expulse les œufs et la laitance manuellement, ce qui constitue déjà « une grosse différence par rapport à la nature, où la femelle choisit son mâle tandis que les mâles se battent entre eux pour une femelle ».Ces derniers changent même de couleur, deviennent tout rouges pour impressionner la femelle, et développent un crochet au bout de leur bec pour se mordre.«En pisciculture, on court-circuite tout cela, mais je ne sais pas comment cette dif fé- rence pourrait affecter l\u2019épigénome des saumoneaux», soulève le chercheur.L\u2019alimentation aussi pourrait peut-être jouer un rôle, avance M.Bernatchez avec prudence.Les saumoneaux sauvages mangent essentiellement de petits invertébrés aquatiques, alors qu\u2019en pisciculture, on alimente les saumoneaux avec une moulée bien équilibrée contenant des protéines animales à base de poissons, à laquelle on ajoute des vitamines essentielles.Mais « des travaux ef fectués sur les poissons zèbres ont montré que les changements épigénétiques les plus importants surviendraient au moment du développement embryonnaire, au moment où les cellules se différencient pour former un organisme entier, soit avant que le petit poisson commence à s\u2019alimenter.De plus, les petits saumoneaux vivent un certain temps sur leurs propres réserves qui sont contenues dans des vésicules.Malgré cela, on ne peut pas exclure un rôle de l\u2019alimentation », fait-il remarquer.Immuables ou pas?La grande question à laquelle les chercheurs tentent maintenant de répondre est celle visant à savoir si ces changements épigénétiques persistent pendant toute la vie de l\u2019animal et s\u2019ils sont transmis aux générations suivantes.Aussi, de nouvelles pratiques d\u2019élevage sont expérimentées dans le but de prévenir la moindre performance en matière de survie des saumons élevés en captivité, notamment en modifiant les conditions environnementales, la nutrition et l\u2019âge auquel on relâche les saumoneaux.«Si on arrive à trouver la solution pour minimiser les différences entre les poissons sauvages et ceux élevés en pisciculture en éliminant ces modifications épigénétiques par l\u2019adoption de conditions d\u2019élevage différentes, ce sera une révolution et ça apaisera le débat éthique et socio-économique entourant l\u2019élevage du saumon », conclut Louis Bernatchez.Le Devoir L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 E T D I M A N C H E 3 D É C E M B R E 2 0 1 7 SCIENCES B 10 Les stocks de saumons Coho du Pacifique ont connu un déclin marqué au cours du dernier siècle.Dans le but de repeupler les populations, de nombreuses piscicultures ont été aménagées dans des rivières de la Colombie- Britannique.Toutefois, le fait que le taux de survie des saumons d\u2019élevage soit moindre que celui des saumons sauvages une fois qu\u2019ils sont relâchés dans la nature soulève un débat quant au rôle d\u2019une telle démarche.Une équipe de scientifiques a découvert que la moins grande performance des saumons Coho nés en pisciculture serait attribuable à des modifications de l\u2019épigénome de ces poissons qui auraient été induites vraisemblablement par les conditions d\u2019élevage.Le mystère des saumons d\u2019élevage Des chercheurs découvrent des modifications épigénétiques chez les saumons Coho LOUIS BERNATCHEZ Quelles conditions environnementales pourraient induire ces dif férences dans la méthylation de certains gènes ?Selon le chercheur Louis Bernatchez, le principal facteur est probablement « l\u2019entassement des individus en pisciculture ».Si on arrive à trouver la solution pour minimiser les différences entre les poissons sauvages et ceux élevés en pisciculture en éliminant ces modifications épigénétiques par l\u2019adoption de conditions d\u2019élevage différentes, ce sera une révolution et ça apaisera le débat éthique et socio-économique entourant l\u2019élevage du saumon Le chercheur de l\u2019Université Laval Louis Bernatchez « » Titulaire d\u2019une chaire de recherche du Canada en génomique et conservation des ressources aquatiques, le chercheur Louis Ber- natchez, de l\u2019Université Laval, participe au projet Epic4 qui vise à dresser le portrait génétique de 250 populations de saumons, soit 10 000 saumons vivant depuis le sud de la Californie jusqu\u2019en Russie.« À l\u2019aide des méthodes modernes de la génomique, nous déterminerons ce qui différencie sur le plan génétique ces 250 populations, ce qui nous permettra de définir les grands groupements génétiques.Il faudra ensuite adapter les pratiques de conservation, de gestion et d\u2019exploitation de la ressource \u2014 soit ajuster les quotas de pêche et les pratiques d\u2019ensemencement \u2014 en fonction des caractéristiques particulières de chacun de ces groupements génétiques, explique le chercheur.On ne peut pas appliquer la même chose partout, parce que les populations ont probablement des caractéristiques génétiques différentes.Il faut donc en tenir compte dans la conservation.» Projet Epic4 L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 E T D I M A N C H E 3 D É C E M B R E 2 0 1 7 L E S P E T I T E S A N N O N C E S B 11 PRESTIGE CHARME & DEMEURES , OCCAS IONS D \u2019AFFAIRES ET L IEUX PR IV ILÉG IÉS 514.985.3322 1 800 363.0305 petitesannonces@ledevoir.com 9415 , ROUTE 125 Maison Clé en Main avec une grande fenestration, pour admirer la vue panoramique.Situé à 1h de Montréal, près des pistes de VTT, motoneige ainsi que plusieurs terrains de golf, stations de ski.Un beau petit 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