Le devoir, 11 décembre 2017, Cahier A
[" V O L .C V I I I N o 2 8 2 L E D E V O I R , L E L U N D I 1 1 D É C E M B R E 2 0 1 7 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S AUJOURD\u2019HUI Le Monde \u203a Solitude palestinienne.Une chronique de François Brousseau.Page B 1 Actualités \u203a Rencontre des ministres des Finances.La taxe sur le cannabis au menu des discussions.Mais pour Net?ix, pas question de taxer.Page A 2 Avis légaux.A 4 Décès.B 6 Météo.B 4 Mots croisés.B 4 Petites annonces .B 6 Sudoku.B 5 ?w w w .l e d e v o i r .c o m Où sont nés vos voisins?Notre série se transporte à Laval Page A 4 Le code informatique fait ses 1ers pas dans les classes du Québec.Page A 5 Option nationale dit oui à la fusion avec Québec solidaire Page A 3 L I S A - M A R I E G E R V A I S D evant la hausse de leur clientèle immigrante, des organismes pour femmes victimes de violences ou d\u2019agressions sexuelles crient au manque de fonds pour embaucher des interprètes.Au bout du rouleau, ils exhortent le gouvernement du Québec à financer un service d\u2019interprétariat gratuit, une demande récurrente laissée sans réponse depuis plusieurs années.«On reçoit des femmes en grande vulnérabilité.Si on n\u2019est pas capables de trouver quelqu\u2019un pour leur parler dans leur langue, c\u2019est une atteinte à leurs droits fondamentaux enchâssés dans les chartes », a déclaré Manon Monastesse, directrice de la Fédération des maisons d\u2019hébergement pour femmes (FMHF), soulignant que l\u2019interprétariat est devenu «une priorité ».En juin dernier, un rapport de l\u2019Institut de recherche et d\u2019informations socio-économiques sur le sous-financement des maisons d\u2019hébergement pour femmes a évalué à 12,5millions de dollars les Appel à des services d\u2019interprètes gratuits Des organismes venant en aide à des immigrantes victimes de violence interpellent Québec GALA LES OLIVIER JACQUES NADEAU LE DEVOIR Menant la course avec cinq nominations, Mariana Mazza (notre photo) a mordu la poussière devant Julien La- croix, qui a remporté trois Olivier, dont celui de la Découverte de l\u2019année.Belle revanche en ?n de soirée cependant pour l\u2019humoriste au franc-parler, qui est devenue la deuxième femme, après Lise Dion, à obtenir le prestigieux Olivier de l\u2019année.L\u2019affaire Rozon a été omniprésente tout au long du gala, sans toutefois que l\u2019ancien patron du Groupe Juste pour rire soit nommé une seule fois.Page B 8 A L E X A N D R E S H I E L D S à Paris L a France accueille ce mardi le One Planet Summit, une rencontre organisée à l\u2019initiative du président Emmanuel Macron dans le but de relancer le processus de mise en œuvre de l\u2019Accord de Paris, mais surtout de « mobiliser » le secteur financier en faveur de la lutte contre les changements climatiques.Le Devoir s\u2019est entretenu avec le ministre français de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, à la veille de ce sommet qui réunira une cinquantaine de chefs d\u2019État, mais aussi 2000 participants de la société civile et du milieu de la finance.La France a décidé cet été d\u2019organiser ce One Planet Summit.Pourquoi avoir convoqué une telle rencontre?Le 12 décembre, c\u2019est l\u2019anniversaire de l\u2019Accord de Paris, dans le cadre duquel 196 pays se sont mis d\u2019accord pour maintenir le réchauffe- Beaucoup reste à faire, prévient Nicolas Hulot Mise en garde du ministre français à la veille du sommet post-Accord de Paris ALBERTO PIZZOLI AGENCE FRANCE-PRESSE Le ministre français de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot VOIR PAGE A 8 : HULOT VOIR PAGE A 8 : SERVICES M A R I E - L I S E R O U S S E A U L es quelque trois milliards de dollars qui seront investis par Québec pour permettre à 100 000 personnes de «sortir de la pauvreté d\u2019ici 2023» n\u2019impressionnent guère les organismes de lutte contre la pauvreté de la province, qui accusent le gouvernement de creuser le fossé existant entre deux catégories de personnes pauvres.Dans son Plan d\u2019action gouvernemental pour l\u2019inclusion économique et la participation sociale, présenté dimanche, Québec augmente significativement les prestations de base des personnes assistées sociales qui ont une contrainte sévère à l\u2019emploi.Près de la moitié des investissements annoncés, soit 1,25 milliard, permettra de hausser le revenu annuel de ces personnes de 12 749 $ à 18 029 $, ce qui correspond au seuil de pauvreté, soit la mesure du panier de consommation.Cette mesure phare du plan est présentée comme un « premier pas important vers l\u2019instauration d\u2019un revenu de base » ou revenu minimum garanti.Pour ce faire, le gouvernement devra modifier la Loi sur l\u2019aide sociale, ce qu\u2019il promet de faire dès la rentrée parlementaire en février.« C\u2019est un premier pas pour une situation plus urgente, pour des gens qui ne s\u2019en sortent pas depuis des années », a expliqué le ministre de l\u2019Emploi et de la Solidarité sociale, François Blais, au Devoir.De l\u2019autre côté du spectre, les bénéficiaires de l\u2019aide sociale n\u2019ayant pas de contrainte reconnue à l\u2019emploi ne verront leurs conditions s\u2019améliorer que maigrement.La prestation de base annuelle de 9389 $ des personnes seules atteindra 9929 $ en 2023, ce qui représente 55 % du seuil de pauvreté.Actuellement, la province compte un peu plus de 400 000 prestataires de l\u2019aide sociale, un nombre en baisse constante.Parmi eux, près de 130 000 ont une contrainte à l\u2019emploi.Sitôt présenté, le plan de lutte contre la pauvreté est critiqué Québec creuse l\u2019écart entre les « bons » et les « mauvais » démunis, déplorent des organismes VOIR PAGE A 8 : PAUVRETÉ L E D E V O I R , L E L U N D I 1 1 D É C E M B R E 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 2 P A T R I C K W H I T T L E à Portland, Maine L es autorités fédérales américaines signalent qu\u2019il est temps d\u2019envisager la possibilité que les baleines noires disparaissent sans l\u2019adoption rapide de mesures pour protéger l\u2019espèce menacée.La baleine noire de l\u2019Atlantique Nord compte parmi les mammifères marins les plus rares au monde, et elle a connu une année meurtrière.L\u2019Agence américaine d\u2019observation océanique et atmosphérique (NOAA) ne dénombre plus que 450 de ces baleines et 17 d\u2019entre elles sont mortes jusqu\u2019à présent cette année.La situation est si critique que les responsables gouvernementaux canadiens et américains doivent se faire à l\u2019idée que, sans leur intervention immédiate, la population de baleines noires ne pourra pas se rétablir, dit l\u2019administrateur régional de la NOAA, John Bullard.Mark Murray-Brown, un conseiller de la NOAA en matière d\u2019espèces menacées, précise que les baleines noires connaissent un déclin prononcé depuis 2010 et que les femelles sont plus durement touchées.Il insiste sur l\u2019urgence d\u2019agir, alors que le haut taux de mortalité de 2017 coïncide avec une année de faible reproduction.Il ne reste plus qu\u2019une centaine de femelles en âge d\u2019avoir des baleineaux.«Il faut utiliser le mot «disparition», parce que c\u2019est ce qu\u2019indiquent les courbes de tendance, signale M.Bullard.C\u2019est quelque chose que nous ne pouvons pas laisser se produire.» Les collisions avec les navires et l\u2019empêtrement dans les filets de pêche sont deux des causes les plus fréquemment citées lors des découvertes de carcasses.Les baleines noires donnent naissance dans les eaux tempérées du sud avant de se diriger vers le Canada et l\u2019État américain de la Nouvelle-Angleterre chaque printemps et été pour se nourrir.Toutes les morts recensées cette année sont survenues au large du Canada et de la Nouvelle-Angleterre.Une récente étude publiée dans le journal Scientific Re- por ts de Nature indique que les baleines se déplacent davantage qu\u2019on ne le croyait, quittant des zones protégées en quête de nourriture.Dans une autre étude parue le mois dernier dans le journal Endangered Species Research, des scientifiques ont indiqué que le stress causé par un em- pêtrement prolongé dans de l\u2019équipement de pêche nuisait à la capacité des baleines à se reproduire.Associated Press ENVIRONNEMENT Après une année meurtrière, la baleine noire pourrait disparaître L\u2019Agence américaine d\u2019observation océanique et atmosphérique ne dénombre plus que 450 de ces mammifères marins M A R I E V A S T E L Correspondante parlementaire à Ottawa L es électeurs de quatre circonscriptions du pays sont conviés aux urnes ce lundi.Seul un de ces sièges pourrait changer de couleur politique.Mais le résultat des votes offrira un premier aperçu de la popularité électorale du nouveau chef néodémocrate, Jag- meet Singh, dans deux régions où le parti aurait des chances de faire des gains en 2019.Des élections partielles se tiennent ce lundi en Colombie- Britannique, en Saskatchewan, en Ontario et à Terre-Neuve.La circonscription de Sur- rey-Sud\u2013White-Rock, au sud- est de Vancouver, semble être la seule qui ait des chances de changer de mains au terme de la soirée.La conser vatrice Dianne Watts l\u2019avait emporté avec 44 % des voix en 2015, tandis que la libérale avait obtenu 41,5 % des votes \u2014 soit seulement 1439 votes de moins que la gagnante.Dianne Watts a depuis quitté le Parlement fédéral pour tenter de devenir chef du Parti libéral de la Colombie-Britannique (l\u2019équivalent du Par ti conservateur dans la province de l\u2019Ouest).L\u2019ancienne ministre conservatrice Kerry-Lynne Findlay espère récupérer son siège, elle qui représentait une circonscription voisine au fédéral avant sa défaite de 2015.Les libéraux misent quant à eux sur l\u2019élection de Gordie Hogg, l\u2019ancien député local provincial et ex-maire de la ville de White-Rock englobée dans la circonscription fédérale.Un candidat-vedette qui pourrait bien voler la circonscription, dit-on dans les coulisses des par tis fédéraux à Ottawa.Justin Trudeau est allé lui prêter main-for te à deux reprises pendant la campagne électorale.La circonscription de Sur- rey-Sud\u2013White-Rock est cependant aussi l \u2019un de ceux avec une importante population sikhe \u2014 4,5 % de la population de la circonscription, alors que la communauté sikhe compte pour 1,5 % de la population canadienne.À la suite de l\u2019élection de Jagmeet Singh, un sikh pratiquant, à la tête du Nouveau Parti démocratique, cer tains libéraux s\u2019inquiétaient de le voir leur voler des appuis dans la région de Vancouver ou de Toronto, qui comptent toutes deux de grosses communautés sikhes.Le NPD est arrivé bon troisième dans la circonscription en 2015, avec 10 % des voix.Il sera intéressant de voir si Jagmeet Singh parvient à bonifier cet appui \u2014 quoique Surrey-Sud\u2014White- Rock n\u2019est pas la circonscription compor tant la plus grosse propor tion de sikhs dans la région de Vancouver.Le NPD de Jagmeet Singh bat de l\u2019aile dans les intentions de vote.Le récent coup de sonde Léger, pour le compte du Devoir, le créditait de 13 % d\u2019appuis, alors que le parti en obtenait 15 % en octobre (M.Singh a été élu chef le 1er octobre).Le chef refusait de s\u2019en inquiéter cette semaine, en relatant que son expérience était tout autre sur le terrain.« Ce que j\u2019ai vécu, ce que j\u2019ai vu, c\u2019est, oui, qu\u2019il y a un intérêt.Il y a de la curiosité, il y a des gens qui sont excités et on va continuer de travailler très for t.Et moi, je suis toujours optimiste.» Une affaire de famille La circonscription de Scar- borough-Agincourt, à l\u2019est de Toronto, est vacante depuis le décès de l\u2019élu libéral Arnold Chan des suites d\u2019un cancer en septembre.M.Chan avait aisément gagné son élection il y a deux ans, avec 52 % des voix et 5800 votes d\u2019avance sur son rival conser vateur.C\u2019est sa veuve, Jean Yip, qui brigue la circonscription cette fois-ci.En 2015, le candidat conser vateur avait obtenu 38 % des voix.Le néodémo- crate était là aussi arrivé loin derrière les meneurs, avec 8 % des votes.Jagmeet Singh a renoncé à briguer la circonscription fédérale, même s\u2019i l est né à Scarborough.L\u2019ex-chef adjoint du NPD ontarien représentait au provincial une circonscription de la région de Brampton, à l\u2019ouest de Scarborough de l\u2019autre côté de la ville de Toronto.Deux acquis Deux ex-ministres de longue date seront en outre remplacés, en Saskatchewan et à Terre-Neuve.Dans la province de l\u2019Atlantique, la circonscription de Bonavista-Burin-Trinity choisira un successeur à l \u2019ancienne ministre des Services publics Judy Foote, qui a quitté la politique fédérale fin août.La libérale avait gagné sa troisième élection dans la circonscription, en 2015, avec 82 % des voix et 25 200 votes de plus que son plus proche rival conser vateur.Les libéraux de Justin Trudeau sont encore très populaires dans les provinces de l\u2019Atlantique, où ils profitent de 50 % d\u2019appuis selon le sondage Léger-Le Devoir.Du côté de Battlefords- Lloydminster, en Saskatchewan, c\u2019est l\u2019ancien ministre conservateur Gerry Ritz qui a cédé son poste en octobre dernier.Il avait gagné sa septième élection dans la circonscription, il y a deux ans, avec 61 % des voix et 14 600 votes d\u2019avance sur le NPD (à 17,6 %), tandis que le libéral était arrivé troisième avec 16,5 %.Le Devoir Nouveau test électoral pour Jagmeet Singh Des élections partielles ont lieu ce lundi dans quatre circonscriptions canadiennes A N D Y B L A T C H F O R D à Ottawa L a question des taxes sur la vente de la marijuana lorsque celle-ci sera légalisée est le principal sujet des discussions entre les ministres des Finances du pays, qui se réunissent à Ottawa, dimanche et lundi.Une question en particulier sera sûrement dans la tête de tous les ministres provinciaux et territoriaux : comment Ottawa peut-il réclamer jusqu\u2019à la moitié des revenus provenant des taxes sur la vente de la marijuana ?Selon eux, les provinces devraient obtenir la part du lion du gâteau fiscal, car ce sont elles qui auront le fardeau des dépenses.Le ministre fédéral des Finances, Bill Morneau, tentera de riposter en avançant que le gouvernement fédéral a dû dépenser de grosses sommes pour légaliser la marijuana, a indiqué une source fédérale.Le gouvernement a déjà prévu de dépenser plus de 1 milliard de dollars au cours des cinq prochaines années, notamment dans des programmes de sensibilisation et d\u2019aide aux corps policiers.Déjà, près de 700 millions ont été annoncés dans le dernier énoncé économique de M.Morneau.« Nous avons identifié des fonds impor tants que nous avons l\u2019intention d\u2019investir dans cette direction, a déclaré le ministre avant la rencontre de dimanche soir.On doit couvrir nos dépenses.C\u2019est légitime.» M.Morneau a toutefois reconnu qu\u2019il est aussi important d\u2019examiner comment les municipalités et les provinces paieront leurs dépenses.Les discussions de dimanche et de lundi porteront aussi sur la proposition du gouvernement fédéral d\u2019imposer une taxe d\u2019accise de 1$ par gramme de marijuana ou 10 pour cent du prix de vente final \u2014 le montant le plus élevé des deux.Une première offre du gouvernement fédéral visant à partager moitié-moitié les revenus fiscaux découlant de la vente de la marijuana avait été accueillie avec incrédulité et dédain.Le ministre fédéral a répété dimanche qu\u2019il « pouvait être flexible», mais il a refusé de préciser jusqu\u2019où il était prêt à aller sur le chemin du compromis.Les ministres doivent aussi discuter des propositions du gouvernement fédéral pour modifier la formule derrière la péréquation, du Régime de retraite du Canada et de l\u2019état de l\u2019économie en général.Le gouverneur de la Banque du Canada, Stephen Poloz, doit également venir faire une présentation.Péréquation Par ailleurs, le gouvernement fédéral a profité de l\u2019événement pour dévoiler les montants qui seront remis aux provinces dans le cadre du programme de péréquation en 2018-2019.Le Québec recevra 11,7 milliards \u2014 près de 700 millions de plus que cette année \u2014 des 18,9 milliards prévus par Ottawa.Le Manitoba, la Nouvelle-Écosse, le Nouveau- Brunswick, l\u2019Île-du-Prince- Édouard et l\u2019Ontario se partageront le reste de la cagnotte.La Presse canadienne Les ministres des Finances discutent des taxes sur la vente de la marijuana Une première bordée de neige à Montréal mardi La grande région de Montréal devrait avoir sa « première véritable chute de neige » de l\u2019hiver, mardi, selon un bulletin d\u2019Environnement Canada diffusé dimanche.L\u2019agence prévoit qu\u2019une quinzaine de centimètres de neige déferlera sur la ville.Les régions du sud et du centre du Québec seront aussi touchées par ce système dépressionnaire né au nord des Grands Lacs.De plus, « des quantités significatives de neige tomberont sur les régions du centre et de l\u2019est du Québec à partir de mardi soir jusqu\u2019à jeudi », selon l\u2019agence.Le Devoir JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le nouveau chef du NPD était de passage à Montréal pour rencontrer des citoyens en compagnie du député néodémocrate de Rosemont, Alexandre Boulerice, dimanche.Mobilisation devant les bureaux d\u2019Hydro-Québec Des partisans de l\u2019enfouissement partiel d\u2019une ligne d\u2019Hy- dro-Québec à Saint-Adolphe- d\u2019Howard ont décidé de converger vers le siège social de la société d\u2019État, à Montréal, dimanche après-midi.L\u2019objectif premier de leur manifestation était de réclamer une intervention directe du premier ministre du Québec afin de sauvegarder le paysage de cette municipalité des Laurentides.Les protestataires ont voulu rappeler à Philippe Couillard qu\u2019il se doit de faire preuve de cohérence en adoptant la même position d\u2019un endroit à l\u2019autre.Par le passé, M.Couillard s\u2019était montré ouvert à l\u2019enfouissement d\u2019une autre ligne, celle qui doit traverser la zone de forêt protégée du mont Hereford, en Estrie.«Si Hydro-Québec offre l\u2019enfouissement à Saint-Adolphe-d\u2019Howard, lorsqu\u2019on le demandera ailleurs dans la province, il faudra également être en mesure de le faire», a expliqué la porte-parole d\u2019Hydro-Québec Geneviève Chouinard, en citant les coûts de 60 millions de dollars associés à l\u2019enfouissement éventuel de cette ligne.La Presse canadienne Le bitcoin entre en bourse à 15 000 $ l\u2019unité New York \u2014 Le bitcoin, mère controversée des monnaies virtuelles, a reçu son baptême du feu sur la bourse mondiale dimanche au prix de 15 000 $ l\u2019unité.Vers 23 h20 (GMT), le prix de la monnaie virtuelle montait à 15 940 $ l\u2019unité pour le contrat à terme dont le règlement est prévu le 17 janvier, selon les données de l\u2019opérateur boursier américain Chicago Board Options Exchange (CBOE).Cet instrument financier permet de parier sur l\u2019évolution et l\u2019avenir de la monnaie virtuelle et c\u2019est la première occasion officielle pour les investisseurs professionnels d\u2019investir dans le bit- coin dont ils se méfient à cause de son absence de régulation et de son manque de transparence.La volatilité était présente dans les vingt premières minutes des échanges : le prix est par exemple monté jusqu\u2019à 16 600 $ l\u2019unité avant de redescendre.Agence France-Presse Net?ix : pas de changement, dit Morneau Le gouvernement fédéral n\u2019a toujours pas l\u2019intention d\u2019imposer à Netflix la perception de la TPS, car elle pénaliserait les Canadiens de la classe moyenne, a déclaré Bill Morneau, dimanche.Son intervention survient deux jours après que la ministre du Patrimoine, Mélanie Joly, eut affirmé qu\u2019elle n\u2019avait pas accepté d\u2019exempter Netflix de cette obligation.Elle avait réitéré, vendredi, qu\u2019il appartenait à son collègue Morneau de décider si Netflix devait percevoir la TPS, comme les autres.Ce dernier a insisté pour dire que le fédéral ne changera pas sa politique envers Netflix.Le ministre des Finances du Québec, Carlos Leitão, a déclaré dimanche qu\u2019il avait l\u2019intention d\u2019en parler avec M.Morneau au cours de la rencontre de dimanche et de lundi à Ottawa. L E D E V O I R , L E L U N D I 1 1 D É C E M B R E 2 0 1 7 ACTUALITES A 3 Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 L\u2019 Union des municipalités du Québec (UMQ), par la voix de son nouveau président, Alexandre Cusson, estime que le cannabis ne devrait pas être vendu dans certaines portions de nos cités.En commission parlementaire, l\u2019UMQ s\u2019inquiète de l\u2019effet que cela pourrait avoir sur des quartiers défavorisés au prétexte qu\u2019on y trouve déjà des problèmes de dépendance au cannabis.On se croirait tombé de plain-pied dans un roman du XIXe siècle où les malheurs de la dépendance sont toujours liés ou presque à quelque chose de congénital.Forts de cette vision surannée de la société, devrait-on se lancer à contrer l\u2019alcoolisme de la même façon?Les enseignes de la Société des alcools du Québec sont distribuées sur l\u2019ensemble du territoire selon des critères commerciaux.Mais l\u2019UMQ estime que ces critères ne sont pas fondés quand vient le temps d\u2019installer des commerces voués à vendre une nouvelle drogue.Il faudrait plutôt, dit-elle, les répartir en fonction de la réalité socio-économique des quartiers.En d\u2019autres mots, le cannabis ne devrait pas être légalisé de la même manière partout, croit l\u2019UMQ, mais bien en fonction d\u2019un morcèle- ment préalable du territoire fondé sur une discrimination.Qu\u2019importe en somme pour elle le principe d\u2019égalité en droit des individus.Et qu\u2019importe aussi le principe de la libre circulation et l\u2019interchangeabilité des forces humaines d\u2019une communauté à l\u2019autre, qui sont à la base de la vie moderne.Certes, tous les citoyens sont égaux en droit.Mais George Orwell rappelait à raison dans La ferme des animaux que « cer tains sont plus égaux que d\u2019autres».On le voit bien ici.Voilà en tout cas une bien curieuse suggestion des municipalités pour contribuer à effacer le stigmate de la pauvreté.De tels projets paternalistes pour contrer les pauvres apparaissent toujours avancer plus vite que les projets de réformes sociales destinés à contrer la pauvreté.Prohiber au prétexte de la pauvreté : voilà qui nous mène loin.Oui, des quar tiers malheureux existent.Avez-vous déjà remarqué qu\u2019on y trouve d\u2019ordinaire les pires denrées alimentaires ?Mais le paternalisme dont nous parlons ici ne s\u2019aventure pas jusqu\u2019à vouloir résoudre une chose comme celle-là par des mesures d\u2019État.Nos sociétés aiment se cacher dans les nuages de fumée de la fausse vertu pour s\u2019éviter de voir les racines des malheurs sociaux et n\u2019en considérer que les effets.?À Québec, le Théâtre du Trident a écopé d\u2019une amende du ministère de la Santé au prétexte qu\u2019une comédienne, au beau milieu d\u2019une représentation, incarnait une secrétaire cigarette au bec.Le théâtre a du mal à respirer en ce pays.Et voici qu\u2019on en étouffe d\u2019une nouvelle façon les représentations.Au théâtre chez nous, il est donc désormais strictement interdit de fumer pour personnifier un personnage.Les acteurs pourront en revanche continuer d\u2019avoir les plus invraisemblables accents précieux et jouer à loisir comme des pieds: de cela, le public ne leur tiendra pas davantage rigueur que d\u2019ordinaire.Mais fumer, ça non! Il suf fira pourtant à l\u2019entracte de sortir du théâtre et de regarder les gens fumer à neuf mètres de la porte d\u2019entrée.Oui, l\u2019humanité fume encore.Mais nous nous montrons de plus en plus asservis à l\u2019égard de fausses représentations lisses de la société que nous acceptons en nous aveuglant volontiers sur la por tée réelle de celles-ci dans les consciences.La meilleure illustration de cette fumisterie, je la dois à un récit amusé que me fit récemment un midi l\u2019anthropologue Serge Bouchard.Avec sa voix crépusculaire, Bouchard me racontait un séjour à Chapleau, dans le nord de l\u2019Ontario.C\u2019est là que, par un beau jour d\u2019été, l\u2019écrivain Louis Hémon perdit la vie, écrasé par un train.En plein hiver, Bouchard avait dormi à Ka- puskasing avant de reprendre au matin la route glacée qui conduit jusqu\u2019à Chapleau.Une compagnie forestière l\u2019avait invité à discourir sur les réalités autochtones.À Chapleau, pour lui éviter de devoir fumer dehors par un froid vif, un monsieur lui of fre de s\u2019installer dans un coin, près de la cuisine.Mais le fumeur est repéré et dénoncé par d\u2019autres gens moins prévenants, au nom de l\u2019indicible horreur qui consiste aujourd\u2019hui à fumer à l\u2019intérieur, même tout seul dans un coin, en plein hiver.Alors survient ceci : cette journée de conférences débutait par une cérémonie autochtone présidée par un vieux chaman et un jeune Algonquin anishinabe.Et Bouchard de raconter que cet aîné à ses côtés se retourne en disant qu\u2019il a oublié la sauge destinée à être brûlée.Pour la remplacer, faute de mieux, il écrase donc quelques cigarettes Du Maurier dans un récipient.Et c\u2019est ce qui sera brûlé sous le nez des gens présents, à leur plus grande satisfaction, tout empreints qu\u2019ils sont des effets anticipés de quelques prières anciennes vouées à ouvrir leurs consciences.Selon l\u2019idée qu\u2019on se fait de la fumée dans laquelle on berce ses pensées, on peut ainsi croire que la société se porte mieux du simple fait qu\u2019on se refuse à voir une cigarette ici ou du cannabis là.L\u2019illusion des apparences dont nous nous berçons est après tout la grande drogue de notre temps.Fumées et fumisteries M A R I E - L I S E R O U S S E A U L es militants d\u2019Option nationale ont massivement dit oui au projet de fusion de leur parti avec Québec solidaire.Réunis en congrès dimanche, ils se sont prononcés à 90,7 % pour ce mariage politique.Les deux partis n\u2019en forment désormais plus qu\u2019un, qui gardera le nom de Québec solidaire, mais au sein duquel se trouvera un collectif nommé Option nationale.L\u2019identité visuelle du parti sera également modifiée.Un comité de transition sera mis sur pied au cours des prochains jours afin de gérer « l\u2019aspect plus organisationnel de la fusion », a précisé le co-porte-parole de QS, Gabriel Nadeau- Dubois, au Devoir.« On est très contents, le résultat est au-delà de nos attentes, a déclaré le chef d\u2019ON, Sol Za- netti.Ça montre l\u2019enthousiasme des militants de travailler avec les gens de Québec solidaire pour un projet de pays clair et assumé.» En ef fet, la pièce maîtresse de cette entente est la présentation d\u2019un projet de constitution d\u2019un Québec indépendant dès un premier mandat de Québec solidaire.L\u2019entente permettra aussi à M.Zanetti de se présenter aux prochaines élections provinciales dans une circonscription « favorable », autre que celles où QS a fait élire ses trois députés.Celle-ci reste à déterminer.« On voulait attendre que l\u2019entente soit entérinée.On ne voulait pas mettre la charrue devant les bœufs», a indiqué Sol Zanetti.L\u2019enthousiasme était palpable également chez les militants de Québec solidaire dimanche soir, eux qui ont voté à 80 % pour cette fusion des deux partis souverainistes lors de leur congrès tenu la fin de semaine dernière.« C\u2019est une belle journée pour le mouvement indépendantiste de la gauche », s\u2019est réjoui Gabriel Nadeau-Dubois dimanche soir.Dissidences au sein d\u2019ON Une ombre s\u2019est toutefois dessinée au tableau dimanche.Quelques dizaines de membres d\u2019ON s\u2019opposant à la fusion des partis ont claqué la porte des débats, qui se sont tenus à huis clos en après-midi.Ces membres dissidents n\u2019ont pas participé au scrutin, qu\u2019ils considèrent comme étant illégitime en raison «d\u2019accrocs à la démocratie» observés depuis l\u2019annonce de l\u2019entente de principe en vue de la fusion des deux partis en octobre dernier.Parmi ces « accrocs », l\u2019ex-président national du parti, Jocelyn Beaudoin, cite l\u2019inscription de 85 nouveaux membres au sein d\u2019ON depuis la présentation de l\u2019entente de principe, de même que le retour de 37 anciens militants.«C\u2019est du noyautage évident pour influencer le vote », a-t- il dénoncé au Devoir.Au total, 303 membres étaient invités à se prononcer.Les opposants reprochent également à Sol Zanetti de les avoir placés devant le fait accompli.M.Beaudoin mentionne en exemple une vidéo publiée mercredi dernier par Manon Massé, dans laquelle «elle présente Sol Zanetti comme un député de Québec solidaire ».Vers un nouveau parti Dans une vidéo dif fusée sur Facebook, un autre opposant à la fusion, Denis Monière, a laissé entendre qu\u2019il entamerait « à très court terme » des démarches afin de former un nouveau parti politique indépendantiste.« Nous allons continuer le combat au lieu de mourir dans l\u2019indignité », a-t-il déclaré.Cette sortie publique des opposants d\u2019ON à la fusion est une « stratégie pour se faire de la couverture médiatique [en vue de la création de leur nouveau parti] », selon Sol Zanetti.Ce dernier a par ailleurs balayé du revers de la main les accusations des onistes opposés à l\u2019alliance politique.« C\u2019est de la médisance, aucune règle n\u2019a été enfreinte », a-t-il soutenu.Le Devoir Option nationale et Québec solidaire ne font plus qu\u2019un Les militants d\u2019ON ont voté à 90 % pour la fusion des deux partis indépendantistes V I C K Y F R A G A S S O - M A R Q U I S L a Coalition avenir Québec (CAQ) exhorte le gouvernement à modifier immédiatement son programme d\u2019aide financière pour l\u2019installation de gicleurs dans les résidences privées pour aînés (RPA), qui selon le parti est mal organisé et menace certains établissements de fermeture.Dans la foulée de l\u2019incendie à L\u2019Isle-Verte qui a coûté la vie à 32 personnes, le gouvernement du Québec avait annoncé que les propriétaires de résidences privées devraient installer des gicleurs.Un programme d\u2019aide financière avait été établi pour que les résidences se conforment au règlement avant le 2 décembre 2020.Or, selon la CAQ, les modalités du programme sont mal conçues, car les propriétaires doivent eux-mêmes débourser des sommes pour entamer l\u2019installation.Le gouvernement dispose de cinq ans pour les rembourser lorsque les travaux sont finis, à raison de deux versements par année.Ainsi, plusieurs propriétaires sont forcés de contracter des prêts de plusieurs dizaines de milliers de dollars auprès de leur institution financière, puisqu\u2019ils n\u2019ont pas assez de réserves pour assumer ces coûts.En entrevue dimanche après-midi, le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, a accusé la CAQ de faire des « ma- nœuvres politiques », car le gouvernement mène des consultations depuis cet automne en vue d\u2019une mise à jour du programme, qui sera annoncée en janvier.M.Barrette n\u2019a pas pu donner de détails sur cette mise à jour pour l\u2019instant, mais il a affirmé que tous les acteurs du milieu avaient été consultés.«Je vous dirais qu\u2019on donne suite de façon très significative aux demandes qu\u2019on nous a faites, on comprend la problématique», a-t-il indiqué.Besoin d\u2019une aide plus rapide En entrevue téléphonique, samedi, François Paradis a suggéré au gouvernement de commencer à verser l\u2019argent avant les travaux, dès que les propriétaires disposent de plans, de devis et d\u2019une soumission d\u2019un entrepreneur certifié.M.Paradis souligne que les propriétaires de résidences sont majoritairement favorables à l\u2019installation de gicleurs, mais ils ont besoin d\u2019une aide plus rapide du gouvernement.Le ministre Gaétan Barrette a toutefois rejeté d\u2019avance cette idée.« Ils proposent de donner de l\u2019argent sans preuve de travaux.Ça, c\u2019est la CAQ, c\u2019est le populisme », a-t-il laissé tomber.Selon le propriétaire d\u2019une petite résidence à Portneuf, Bertrand Chabot, les propriétaires sont pris entre l\u2019arbre et l\u2019écorce, car les institutions financières et le gouvernement se renvoient la balle sur la responsabilité du problème.M.Chabot souligne que les institutions financières hésitent à prêter de gros montants, puisque le remboursement du gouvernement s\u2019étale sur une longue période.Et ces prêts des banques ne couvrent pas tous les coûts de l\u2019installation, selon M.Chabot.Par exemple, pour son établissement de dix résidants, il devra payer 68 000$.«Nous, les RPA, la moyenne par mois que l\u2019on peut charger dans les résidences privées, c\u2019est 15 000$ pour dix résidants.On n\u2019est pas contre l\u2019idée, mais on a besoin d\u2019avoir de l\u2019aide», a-t-il soutenu au téléphone.Le ministre Gaétan Barrette montre du doigt les institutions financières, qui selon lui ont assez de garanties pour prêter l\u2019argent.«Elles ont la garantie, c\u2019est un programme normé, qui est clairement publié comme tel, alors à part mettre notre nom sur le prêt\u2026 C\u2019est la seule chose qui manque », a-t-il dit.Selon les chiffres de la CAQ, en date du mois d\u2019octobre, seulement 50% des résidences étaient munies de gicleurs.Ni M.Paradis ni M.Barrette ne souhaitent toutefois repousser l\u2019échéance fixée en 2020.Selon le ministre Barrette, «c\u2019est tout à fait faisable».Lors de la mise en place du programme d\u2019aide financière pour l\u2019installation de gicleurs, en 2015, le gouvernement du Québec évaluait qu\u2019il lui coûterait 252,5 millions.La Presse canadienne Gicleurs dans les résidences : le programme d\u2019aide du gouvernement est mal organisé, dénonce la CAQ JEAN-FRANÇOIS NADEAU ISTOCK Selon les chif fres de la Coalition avenir Québec, en date du mois d\u2019octobre, seulement 50% des résidences privées pour aînés étaient munies de gicleurs. A N N A B E L L E C A I L L O U «A ccueillante », « sécuritaire », « familiale », «abordable», la banlieue nord de la métropole attire de plus en plus d\u2019immigrants.Laval est même devenue la deuxième destination des nouveaux arrivants au Québec, surtout les Libanais, dont la communauté ne cesse de s\u2019y agrandir.La composition du nouveau conseil municipal en témoigne.Sur 21 conseillers, 9 sont issus d\u2019une communauté culturelle, dont 3 d\u2019origine libanaise.«Ça montre l\u2019importance de notre communauté et de son implication à Laval et dans la société», estime Aline Dib, qui entame son deuxième mandat à l\u2019Hôtel de Ville.Originaire du Liban, la conseillère dans Saint-Martin est arrivée au Québec à 21 ans, en 1996, et vit à Laval depuis une dizaine d\u2019années.« Je vivais dans Saint-Laurent, mais j\u2019ai beaucoup d\u2019amis à Laval, et la communauté libanaise s\u2019y installe de plus en plus.[\u2026] Les services sont à proximité, les propriétés moins chères », argumente-t-elle.«Laval est devenue une terre d\u2019accueil pour les immigrants et les migrants.Les nouveaux arrivants libanais s\u2019installent maintenant directement à Laval.Ceux qui allaient d\u2019abord à Montréal migrent vers Laval», soutient la conseillère.Le recensement de 2016 lui donne raison.Sur les quelque 423 000 Lavallois, près de 27,6% sont immigrants.Parmi eux, les Libanais sont les plus nombreux (10,6 %), devant les Haïtiens (10,3%) et les Marocains (6,7%).Cela explique notamment que le Festival libanais, initialement organisé à Montréal depuis 2003, se tient depuis quatre ans à Laval à la demande de la communauté.Et à l\u2019automne 2018, une œuvre d\u2019art sera érigée aux abords du parc Saint-Norbert, pour « souligner la présence et l\u2019enracinement des communautés culturelles à Laval, à travers l\u2019exemple de la communauté libanaise », indique le président de l\u2019Union libanaise culturelle mondiale, Roland Dick, qui chapeaute le projet.Une œu- vre qui fera écho à Daleth, installée dans un parc d\u2019Ahuntsic- Cartierville en 2010, pour célébrer l\u2019arrivée des Libanais, qui ont foulé pour la première fois le sol canadien en 1882.C\u2019est la troisième vague d\u2019immigration libanaise, entre 1975 et le début des années 1990 \u2014 pendant la guerre du Liban \u2014, qui a été la plus importante.Le commerce dans le sang En marchant dans les rues de Laval, difficile d\u2019y discerner une concentration des Libanais dans un quartier en particulier.« Ils sont partout, bien intégrés, note M.Dick.On garde un attachement à nos origines, mais elles se fondent avec le reste, parce qu\u2019on est Lavallois avant tout.» Arrivé au Québec pour étudier l\u2019architecture en 1990, le Libanais d\u2019origine a fait de l\u2019intégration sa mission.Inquiet de voir des ghettos se former à Laval, il va à la rencontre des jeunes de sa communauté pour les encourager à s\u2019intéresser à leur société d\u2019accueil et à s\u2019impliquer dans la vie politique.Il explique que c\u2019est surtout dans les petits commerces et restaurants qu\u2019on croise les membres de sa communauté.« Ce sont des Phéniciens, les premiers commerçants du monde.C\u2019est dans leur sang d\u2019être entrepreneurs.» Et vendre baklavas, knéfé, sfoufs et autres pâtisseries du Liban semble faire recette à Laval.«Si tu veux que le commerce se lance, il faut des Libanais dans le coin», affirme Rabih Moutran, qui tient depuis trois ans la boulangerie familiale Délices des cèdres.En cet après-midi de décembre, son frère Ziad s\u2019active aux fourneaux pour préparer les nombreux paniers de Noël commandés par des entreprises de la région.«Mon but, c\u2019est que les Québécois deviennent des habitués, mais là, ça reste juste 15 % du chif fre d\u2019af faires », dit Rabih Moutran.« Un Québécois, il me dit \u201cje veux une pièce de ça, trois de ça, quatre de ça\u201d et \u201cc\u2019est combien de calories ça?\u201d, explique-t-il, sourire en coin.Un Libanais, il va dire \u201cdonne-moi 1 kilo de ça, 3 de ça\u201d.Ça fait une différence sur la facture.» À quelques rues de la boulangerie, les rayons du Marché Adonis fourmillent de clients.Fondée en 1976 par les frères Elie et Jamil Cheaib avec leur ami Georges Ghrayeb, la chaîne d\u2019alimentation libanaise est devenue une référence à travers le Québec, et même en Ontario, explique Pierre Mas- banji, directeur de cette succursale de Laval.Deux magasins ont dû ouvrir dans la ville pour répondre à la demande.«La fin de semaine, ici, c\u2019est saturé pareil », indique-t-il fièrement avant de retourner vider des cartons, répondre à un fournisseur qui lui parle à l\u2019oreillette, tout en saluant des clients de toutes origines.«Presque 50% de ma clientèle est composée de Québécois de souche maintenant, on est fiers de ça.» Le Devoir L E D E V O I R , L E L U N D I 1 1 D É C E M B R E 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 4 AV I S L É G AU X E T A P P E L S D \u2019 O F F R E S AVIS À TOUS NOS ANNONCEURS Veuillez, s\u2019il vous plaît, prendre con nais sance de votre annonce et nous signaler immé - dia tement toute anomalie qui s\u2019y serait glissée.En cas d\u2019erreur de l\u2019éditeur, sa res pon - sa bilité se limite au coût de la parution.HEURES DE TOMBÉE Les réservations doivent être faites avant 15 h pour publication deux (2) jours plus tard.Publications du lundi : Réservations avant 11 h le vendredi Publications du mardi : Réservations avant 15 h le vendredi Avis légaux et appels d\u2019offres C A N A D A PROVINCE DE QUÉBEC COUR DU QUÉBEC DISTRICT DE JOLIETTE No: 705-22-017065-176 THE TORONTO DOMINION BANK Demanderesse c.CHRISTOPHER SIEK Défendeur Avis public de notification (articles 136 et 137 C.p.c.) Avis est donné à CHRISTOPHER SIEK de vous présenter au greffe du palais de justice de Joliette, du district de Joliette, situé au 200 St- Marc, Joliette, Québec, dans les 30 jours afin de recevoir la demande introductive d'instance qui y a été laissée à votre attention.Vous devez répondre à cette demande dans le délai indiqué dans l'avis d'assignation qui l'accompagne, sans quoi un jugement par défaut pourrait être rendu contre vous et vous pourriez devoir payer les frais de justice.Le présent avis est publié aux termes d'une ordonnance rendue le 2 novembre 2017 par Me Guy Naud, greffier-spécial, dans le dossier numéro 705-22-017065-176 ne sera pas publié à nouveau, à moins que les circonstances ne l'exigent.Repentigny, le 11 décembre 2017 Me Claude Savoie, avocat Savoie & Savoie, avocats APPEL D\u2019OFFRES PUBLIC Projet : Acquisition d\u2019antennes multifonction pour la ?otte de véhicule du RTL Dossier : P17-036 Ouverture : 9 JANVIER 2018 à 14h00 (heure locale) Documents disponibles exclusivement sur le système électronique d\u2019appel d\u2019offres (SÉAO) www.seao.ca ou au 1-866-669-7326 à partir du lundi 11 décembre 2017.Dépôt des soumissions : RTL, Service des achats, 1150, boul.Marie-Victorin, Longueuil, J4G 2M4.Information : 450-442-8600, poste 8789.Le RTL ne s\u2019engage à accepter ni la plus favorable, ni aucune des soumissions.Donné à Longueuil, ce 11 décembre 2017.Me Carole Cousineau Secrétaire corporative rtl-longueuil.qc.ca DOLLARAMA INC.AVIS RELATIF À UN DIVIDENDE AVIS est, par les présentes, donné que le conseil d'administration a déclaré un dividende trimestriel de 0,11 $ CA par action ordinaire payable le 31 janvier 2018 aux détenteurs des actions ordinaires inscrits à la fermeture des affaires le 5 janvier 2018.Ce dividende est un dividende déterminé aux fins de l\u2019impôt canadien.Par ordre du conseil Michael Ross Chef de la direction financière Montréal, Québec Le 5 décembre 2017 Service des infrastructures, de la voirie et des transports Direction des infrastructures Des soumissions, sont demandées et devront être reçues, avant, 10h30 h à la date ci-dessous, au Service du greffe de la Ville de Montréal à l\u2019attention du greffier, 275, rue Notre-Dame Est, bureau R-134, Montréal (Québec) H2Y 1C6 pour : Catégorie : Travaux Appel d\u2019offres : 335901 Descriptif : Travaux d\u2019égout, de conduites d\u2019eau, de voirie et d\u2019éclairage dans l\u2019avenue Gascon de la rue Ontario à la rue De Rouen Date d\u2019ouverture : 17 janvier 2018 Dépôt de garantie : 10 % de la valeur de la soumission Renseignements : Pour toute question s\u2019adresser à : appelsdoffres.infos.dtp@ville.montreal.qc.ca Documents : Les documents relatifs à cet appel d\u2019offres seront disponibles à compter du 11 décembre 2017 Visite supervisée des lieux : N/A Appel d\u2019offres : 417612 Descriptif : Travaux de réhabilitation de conduites d\u2019eau secondaires par chemisage sur diverses rues de la Ville de Montréal.Date d\u2019ouverture : 17 janvier 2018 Dépôt de garantie : 10 % de la valeur de la soumission Renseignements : Pour toute question, s\u2019adresser à : appelsdoffres.infos.dtp@ville.montreal.qc.ca Documents : Les documents relatifs à cet appel d\u2019offres seront disponibles à compter du 11 décembre 2017 Visite supervisée des lieux : N/A.Les personnes et les entreprises intéressées par ces contrats peuvent se procurer les documents de soumission en s\u2019adressant au Service électronique d\u2019appels d\u2019offres (SÉAO) en communiquant avec un des représentants par téléphone au 1 866 669-7326 ou au 514 856-6600, ou en consultant le site Web www.seao.ca.Les documents peuvent être obtenus au coût établi par le SÉAO.Chaque soumission doit être placée dans une enveloppe cachetée et portant l\u2019identification fournie en annexe du document d\u2019appel d\u2019offres.Les soumissions reçues seront ouvertes publiquement dans les locaux du Service du greffe à l\u2019Hôtel de Ville, immédiatement après l\u2019expiration du délai fixé pour leur réception.La Ville de Montréal ne s\u2019engage à accepter ni la plus basse ni aucune des soumissions reçues et n\u2019assume aucune obligation de quelques natures que ce soit envers le ou les soumissionnaires.Fait à Montréal, le 11 décembre 2017 Le greffier de la Ville, Yves Saindon, avocat Appel d\u2019offres Direction générale adjointe \u2013 Services institutionnels Service de l\u2019approvisionnement Des soumissions sont demandées et devront être reçues, avant 10 h 30 à la date ci-dessous, au Service du greffe de la Ville de Montréal à l'attention du greffier, 275, rue Notre-Dame Est, bureau R-134, Montréal (Québec) H2Y 1C6 pour : Catégorie : Biens et services Appel d'offres : 17-16586 Descriptif : Acquisition de divers véhicules de marque Honda, Hyundai, Nissan et Volkswagen Date d'ouverture : 8 janvier 2018 Dépôt de garantie : Aucun Renseignements : Simona Radulescu Tomescu, agent d'approvisionnement II : 514 872-5282 Appel d'offres : 17-16587 Descriptif : Fourniture de services techniques pour assurer la relève de l'ordinateur central (Mainframe) de la ville de Montréal Date d'ouverture : 8 janvier 2018 Dépôt de garantie : Aucun Renseignements : Eddy Dutelly, agent d'approvisionnement : 514 872-5253 Appel d'offres : 17-16644 Descriptif : A54- Acquisition de bacs pour plantation pour l'arrondissement plateau Mont- Royal Date d'ouverture : 3 janvier 2018 Dépôt de garantie : Aucun Renseignements : Sonia Bedder, agent d'approvisionnement : 514 872-5514 Documents : Les documents relatifs à ces appels d'offres seront disponibles à compter du 11 décembre 2017 Les personnes et les entreprises intéressées par ce contrat peuvent se procurer les documents de soumission en s\u2019adressant au Service électronique d\u2019appels d\u2019offres (SÉAO) en communiquant avec un des représentants par téléphone au 1 866 669- 7326 ou au 514 856-6600, ou en consultant le site Web www.seao.ca.Les documents peuvent être obtenus au coût établi par le SÉAO.Chaque soumission doit être placée dans une enveloppe cachetée et portant l\u2019identification fournie en annexe du document d\u2019appel d\u2019offres.Les soumissions reçues seront ouvertes publiquement dans les locaux du Service du greffe à l'Hôtel de ville, immédiatement après l'expiration du délai fixé pour leur réception.La Ville de Montréal ne s'engage à accepter ni la plus basse ni aucune des soumissions reçues et n'assume aucune obligation de quelque nature que ce soit envers le ou les soumissionnaires.Fait à Montréal, le 11 décembre 2017 Le greffier de la Ville Yves Saindon, avocat Appel d\u2019offres AVIS PUBLIC DE NOTIFICATION (articles 136 et 137 C.p.c.) Avis est donné à : nom et dernière adresse connue numéro de dossier Hector Santos, 2-3275, rue Jean-talon Est, Montréal (Qc) H2A 1W4 540-32-700760-174 Gestion Pro Rénovation Inc., 30, Lajoie, Châteauguay (Qc) J6K 086 540-32-700754-177 Patrick Jacob, 30, Lajole, Châteauguay (Qc) J6K 086 540-32-700754-177 Murielle Joseph, 413, boul.du Souvenir, Laval (Qc) H7N 5V6 540-32-700737-172 Emanuella Joseph, 413, boul.du Souvenir, Laval (Qc) H7N 5V6 540-32-700737-172 de vous présenter au greffe de la Cour du Québec, Division des petites créances, du district de Laval situé au 2800, boul.St-Martin Ouest, Laval (Qc) H7T 2S9 dans les 30 jours afin de recevoir la demande introductive d'instance en recouvrement d'une petite créance qui y a été laissée à votre attention.Vous devez répondre à cette demande dans le délai indiqué dans l'avis des options qui l'accompagne, sans quoi un jugement par défaut pourrait être rendu contre vous et vous pourriez devoir payer les frais de justice.Le présent avis est publié aux termes d'une ordonnance rendue le 7 décembre 2017 par le greffier dans le dossier numéro 540-32-030460-172.Il ne sera pas publié à nouveau, à moins que les circonstances ne l'exigent.À Laval, le 7 décembre 2017 Yana Geller Greffière-adjointe de la Cour du Québec ADOPTION ET ENTRÉE EN VIGUEUR AVIS est, par la présente, donné que le conseil d\u2019arrondissement de Villeray\u2013Saint-Michel\u2013Parc- Extension a adopté, lors de sa séance ordinaire tenue le 21 novembre 2017, le règlement suivant : Règlement numéro 01-283-99 intitulé « Règlement modifiant le règlement de zonage de l'arrondissement (01-283) afin de modifier les cartes de l'annexe A pour corriger les limites de zonage du parc Ovila-Légaré sur le boulevard Pie-IX entre la 48e Rue et la 51e Rue.» En date du 6 décembre 2017, un certificat de conformité au plan d\u2019urbanisme a été délivré relativement à ce règlement.Toute personne intéressée peut consulter ce règlement au Bureau Accès Montréal situé au 405, avenue Ogilvy, du lundi au vendredi, aux heures habituelles de bureau.Le règlement peut également être consulté sur le site internet de la Ville www.ville.montreal.qc.ca/reglements.PRENEZ EN OUTRE AVIS que ledit règlement est entré en vigueur le 6 décembre 2017.Fait à Montréal le 11 décembre 2017 La secrétaire d\u2019arrondissement Danielle Lamarre Trignac, avocate, M.A.Avis public Avis public ADOPTION DU RÈGLEMENT SUR LA TAXE RELATIVE AUX SERVICES POUR L\u2019EXERCICE FINANCIER 2018 AVIS est par les présentes donné, conformément à l\u2019article 146 de la Charte de la Ville de Montréal, qu\u2019à la séance ordinaire du conseil d\u2019arrondissement qui sera tenue le lundi 18 décembre 2017 à 19 h, à la salle du conseil située au 13665, boulevard de Pierrefonds, le règlement sur la taxe relative aux services imposant une taxe sur tous les immeubles imposables situés sur le territoire de l\u2019arrondissement pour l\u2019exercice financier de 2018 sera adopté.DONNÉ À MONTRÉAL, Arrondissement de Pierrefonds-Roxboro ce onzième jour du mois de décembre de l\u2019an deux mille dix-sept Suzanne Corbeil, avocate Secrétaire d\u2019arrondissement AVIS PUBLIC DE NOTIFICATION (articles 136 et 137 C.p.c.) Avis est donné à : Stéphane Roy, 20 Pelletier, Châteauguay (Québec) J6J 1A3 760-32-700378-179 Delta Services Spéciaux inc., 40 des Menuisiers, Sainte-Anne-des-Plaines (Québec) 760-32-700321-179 Pascal Demers, 110 Champlain, Salaberry-de-Valleyfield (Québec) J6T 1N3 760-32-018092-173 de vous présenter au greffe de la Cour du Québec, Division des petites créances, du district de Beauharnois situé au 74 Académie, Salaberry-deValleyfield (Québec) J6T 0B8 dans les 30 jours afin de recevoir la demande introductive d'instance en recouvrement d'une petite créance qui y a été laissée à votre attention.Vous devez répondre à cette demande dans le délai indiqué dans l'avis d'assignation qui l'accompagne, sans quoi un jugement par défaut pourrait être rendu contre vous et vous pourriez devoir payer les frais de justice.Le présent avis est publié aux termes d'une ordonnance rendue le 7 décembre 2017 par le greffier spécial dans les dossiers portant les numéros ci-haut mentionnés.Il ne sera pas publié à nouveau, à moins que les circonstances ne l'exigent.Salaberry-de-Valleyfield, le 7 décembre 2017 Marie-Claude Ménard Greffière-adjointe de la Cour du Québec Services professionnels \u2013 Analyse et élaboration de plans et devis afin de modifier les potences de 480 volts des garages du RTM Numéro de l\u2019appel d\u2019offres : 1001598 Les documents et conditions de l\u2019appel d\u2019offres sont disponibles exclusivement via le site du Système électronique d\u2019appel d\u2019offres : www.seao.ca, à partir du lundi 11 décembre 2017.Dépôt des soumissions : Pour être validement reçue, toute soumission doit être déposée au siège du Réseau de transport métropolitain, situé au 700, rue de La Gauchetière Ouest, 26ème étage, Montréal (Québec) H3B 5M2, AU PLUS TARD LE VENDREDI 19 JANVIER 2018 À 13H30.Une ouverture publique des soumissions reçues suivra au même lieu.Le Réseau ne s\u2019engage à accepter aucune des soumissions reçues.Stéphane Lapierre Directeur exécutif a.i.Approvisionnement Appel d\u2019offres public AVIS PUBLIC AVIS PUBLIC est, par la présente donné que, conformément aux dispositions de l\u2019article 474.2 de la Loi sur les cités et villes, le budget de la Ville de Laval pour l\u2019année 2018 ainsi que le programme triennal d\u2019immobilisations pour les années 2018, 2019 et 2020 seront présentés, pour adoption, au Conseil municipal lors d\u2019une séance extraordinaire qui sera tenue le mardi 19 décembre 2017 à 19 h 30, dans la salle du Conseil de l\u2019hôtel de ville de Laval, 1 Place du Souvenir, Ville de Laval.DONNÉ À LAVAL CE 11 décembre 2017 Me Chantal Sainte-Marie, greffière VILLE DE LAVAL Avis public Régie des alcools, des courses et des jeux Avis de demandes relatives à un permis ou à une licence Toute personne, société ou association au sens du Code civil peut, dans les quinze jours de la publication du présent avis, s\u2019opposer à une demande relative au permis ou à la licence ci-après mentionnée en transmettant à la Régie des alcools, des courses et des jeux un écrit sous affirmation solennelle faisant état de ses motifs ou intervenir en faveur de la demande, s\u2019il y a eu opposition, dans les quarante- cinq jours de la publication du présent avis.Cette opposition ou intervention doit être accompagnée d\u2019une preuve attestant de son envoi au demandeur par tout moyen permettant d\u2019établir son expédition et être adressée à la Régie des alcools, des courses et des jeux, 1, rue Notre-Dame Est, bureau 9.01, Montréal (Québec) H2Y 1B6.NOM ET NATURE DE ENDROIT ADRESSE LA DEMANDE D\u2019EXPLOITATION DU DEMANDEUR Demande de permis de production artisanale de bière Coop La Robine Des Bois (Les Sans-Taverne) A/s: M.Laurent Cornelissen 2013, rue Wellington Montréal (Québec) H3K 1W7 dossier : 55-20-0625 1900, rue le Ber, local 101 Montréal (Québec) H3K 2A4 AVIS DE CLÔTURE D'INVENTAIRE Prenez avis que Michel Pelletier, 6789, rue Garnier, Montréal, QC, H2G 3A3, est décédé à Montréal le 6 juin 2017.L'inventaire peut être consulté au 6976 ave.Querbes, apt.8, Montréal, QC, H3N 2B2, 514-839-3603.Prenez avis que l'organisme sans but lucratif \"Daniel Danis, arts/sciences\", (Neq1163621130) ayant son siège sociale au 18 Monseigneur de Laval 3#, Québec, Québec, G1R 3T9, demandera au Regis- traire des Entreprises, sa dissolution.Dans les villes, plusieurs quartiers se distinguent par leur diversité et l\u2019histoire des gens qui y ont élu domicile.Dans le quatrième texte de cette série, Le Devoir vous présente la carte postale de Laval, destination privilégiée de la communauté libanaise.OÙ SONT NÉS VOS VOISINS ?Une communauté libanaise en plein essor à Laval JACQUES NADEAU LE DEVOIR Pierre Masbanji et Roland Dick dans un magasin Adonis de Laval L E D E V O I R , L E L U N D I 1 1 D É C E M B R E 2 0 1 7 SOCIETE A 5 I S A B E L L E B U R G U N G abriel plisse les yeux.Il ne trouve pas si facile de faire glisser à l\u2019écran les blocs de code ver t, jaune et violet afin de recomposer le morceau de musique à l\u2019ordinateur.Comme ses 19 petits camarades de la classe de 6e, il s\u2019initie cette année à la programmation informatique grâce à un projet montréa- lais.«Ça change du français», dit-il.Code MTL, le projet de la Fondation de la Commission scolaire de Montréal, se déploie cette année dans 65 écoles de Montréal et touchera 3240 jeunes.Son objectif est de « favoriser la littératie numérique » des 8 à 12 ans à travers huit ateliers de «programmation visuelle ».En clair, les enfants apprennent les rudiments de l\u2019informatique à la base de la programmation.« Il faut trouver le bon sens des petites cases de couleur pour retrouver la chanson Frère Jacques », m\u2019explique Marie-Char- lotte.« On a un personnage qu\u2019on peut faire parler ou bien on peut dessiner des figures, comme des cercles, qu\u2019on va animer grâce aux blocs colorés», ajoute Margot.Dans chaque classe, un éducateur de Kids Code Jeunesse, un organisme canadien à but non lucratif d\u2019initiation à la programmation, épaule l\u2019enseignant en animant cet atelier d\u2019une heure qui donne notamment aux élèves de petits exercices à réaliser avec le logiciel visuel Scratch.Un logiciel développé au Massachusetts Institute of Technology (MIT), utilisé par 15 millions d\u2019enfants à travers le monde et qui permet de créer des animations, des histoires et des jeux sur ordinateur.« Les élèves doivent chercher des solutions au problème posé.C\u2019est parfois difficile, ils vivent de petites frustrations et des victoires, tout comme les programmeurs au quotidien », explique l\u2019éducateur, Jean-Denis Thériault.Au clair de la lune, tremplin vers les maths L\u2019équipe de Louan et de Sati a terminé le premier exercice et enchaîne avec la reconstitution de la chanson Au clair de la lune.« Ça demande de l\u2019écoute et de la patience.Ce sont des motifs qu\u2019on peut mettre une fois ou deux fois, en boucle, mais faut trouver les bons », note Sati.Cela permet d\u2019apprivoiser les maths.« Même ceux qui se trouvent moins bons peuvent réussir l\u2019exercice.J\u2019observe les étincelles dans les yeux des enfants lorsqu\u2019ils trouvent, cela leur donne le goût de poursuivre », note M.Thériault.Les enseignants à l\u2019école du code Le projet vise à rejoindre d\u2019ici quelques années les 28 000 élèves des écoles primaires de la CSDM.Cette année, 135 enseignants se sont portés volontaires pour être formés au b.a.-ba de la programmation.« On leur enseigne aussi les liens qu\u2019ils peuvent faire avec le programme scolaire.Il y a beaucoup de maths, des stratégies de travail, et aussi du français », dit Pascale-D.Chaillez, la conseillère pédagogique en TIC des ser vices éducatifs de la CSDM.Les enseignants sont ce qu\u2019elle qualifie de « spécialistes du contenu », mais leur mission est plus large : « Ils doivent également encourager les enfants à persévérer dans ce nouvel apprentissage.» C\u2019est la deuxième année que Louis Laroche, enseignant à l\u2019école Lanaudière de Montréal, se lance dans l\u2019apprentissage du code.« C\u2019est incroyable ce qu\u2019on peut faire avec le logiciel Scratch.Ça motive les élèves et ça \u201cludifie\u201d l\u2019enseignement \u2014 ça apporte du jeu dans les classes \u2014 pour intégrer plus facilement des notions importantes, comme le système cartésien, le langage ou encore la logique mathématique.» Après avoir participé au projet pilote l\u2019an dernier avec six autres enseignants \u2014 dont cinq ont mené l\u2019expérience jusqu\u2019au bout \u2014, il est heureux de poursuivre son apprentissage de la programmation.« C\u2019est comme une formation continue.Les élèves sont souvent meilleurs que moi.Je leur dis : \u201cÉpatez-moi !\u201d » Du côté des enfants, apprendre à programmer apparaît comme une activité plutôt plaisante.« Je veux terminer la chanson, ce n\u2019est pas compliqué à faire », explique Guillaume, tandis que Jules-Olivier enchaîne sur la 2e partie de l\u2019exercice.« On prend les blocs de commandes pour les placer en ordre et cela compose la pièce de musique.C\u2019est l\u2019fun ! » s\u2019enthousiasme l\u2019élève.(Presque) un jeu d\u2019enfant En plus d\u2019être formés, les enseignants reçoivent un soutien en classe \u2014 le Kids Code jeunesse \u2014 et du matériel.«Nous prêtons des portables et assurons le réseau WiFi pour supporter le projet », résume Danielle Roberge, directrice adjointe au bureau de la planification et du développement pédagogique de la CSDM.« L\u2019enseignant reçoit une formation et un instructeur vient en classe pour initier les élèves au codage.» Un projet qui pourrait même s\u2019intégrer à moyen terme au programme scolaire, espèrent les initiateurs.«À la fin de l\u2019année, on rouvre les inscriptions, mais les enseignants intéressés peuvent déjà télécharger le matériel sur le site et de nombreuses bibliothèques offrent aussi des clubs de code.Nous espérons lancer un mouvement », relève Adeline Caron de la Fondation de la Commission scolaire de Montréal.La nouvelle politique du gouvernement sur la réussite éducative, lancée en juin dernier, met l\u2019accent sur les nouvelles technologies, mais déjà, depuis quelques années, les initiatives se multiplient, telle l\u2019Heure du code, une activité internationale d\u2019une heure, une fois l\u2019an, pendant la Semaine d\u2019éducation à l\u2019informatique.« Les élèves embarquent facilement et s\u2019initient à la programmation», s\u2019enthousiasme l\u2019enseignant Louis Laroche.« Il n\u2019a pas été question d\u2019évaluation, mais je vois qu\u2019ils s\u2019améliorent, car ils utilisent de manière très pratique leurs connaissances scolaires et, aussi, ils apprennent à organiser leur travail, dans le plaisir.» Gabriel achève de reconstruire la petite mélodie.Son piano glisse même d\u2019un côté de l\u2019écran au son de la musique.« Je peux le faire bouger et même le transformer en avion.Ça sera plus drôle », ajoute l\u2019élève.Vous avez dit «épatez-moi ! », M.Laroche ?Agence Science-Presse Le code fait ses premiers pas dans les classes du Québec Professeurs et élèves apprennent ensemble les rudiments de la programmation La méditation pleine conscience à l\u2019école : utile ou pas ?JOHN EHLKE ASSOCIATED PRESS La programmation permet aux élèves d\u2019apprivoiser les mathématiques.«Même ceux qui se trouvent moins bons peuvent réussir l\u2019exercice», note l\u2019éducateur Jean-Denis Thériault.Les élèves sont souvent meilleurs que moi.Je leur dis : \u201cÉpatez-moi !\u201d Louis Laroche, enseignant à l\u2019École Launaudière, à Montréal « » È V E B E A U D I N Méditer à l\u2019école?Pas dans le programme officiel ! À l\u2019heure actuelle, il n\u2019y a pas de cours de méditation intégré au programme québécois d\u2019enseignement primaire et secondaire.Toutefois, de nombreux professeurs de la province ont introduit des pratiques de méditation en classe.Plusieurs s\u2019inspirent du programme MindUp, développé par l\u2019actrice américaine Goldie Hawn en collaboration avec des neuroscientifiques et des psychologues.Ce programme anglophone serait utilisé par plus de 1000 enseignants dans la région de Vancouver, ainsi que dans de nombreuses écoles aux États- Unis, en Angleterre et d\u2019autres pays.Au Québec, le manuel pédagogique Mission Méditation, développé par la psychologue Catherine Malbœuf- Hurtubise et le chercheur Éric Lacourse, est populaire auprès des enseignants.Ces deux programmes de méditation en classe sont issus du courant de méditation dite «de pleine conscience» (mindfulness), axée sur « l\u2019instant présent ».Popularisée à la fin des années 1970 par Jon Kabat-Zinn, chercheur à l\u2019École de médecine de l\u2019Université du Massachusetts, celle-ci est décrite comme une version sécularisée de la méditation bouddhiste traditionnelle.« Les enfants ne sont pas assis en lotus, il n\u2019y a pas d\u2019encens, pas de chants », explique Catherine Malbœuf-Hurtubise, qui est aussi chercheuse au Groupe de recherche et d\u2019Intervention sur la présence attentive (GRIPA) de l\u2019UQAM.Méditation, vraiment?Comme d\u2019autres spécialistes dans son domaine de recherche, Catherine Malbœuf-Hurtubise préfère utiliser le terme « présence attentive » qui décrit mieux ce qui est fait en classe avec les enfants.« La présence attentive est un état dans lequel on porte attention à son expérience du moment, intentionnellement et sans y por ter de jugement de valeur.Donc, il n\u2019y a pas seulement des séances de méditation, mais aussi des ateliers pour aider les enfants à développer cette présence attentive à tout moment, même en marchant, en parlant ou en mangeant.» Comme exercice, on distribue par exemple des canneberges fraîches et on demande aux enfants de toucher, de sentir, de regarder et de goûter ce petit fruit acidulé, qu\u2019ils sont peu nombreux à connaître.« Cet exercice leur permet d\u2019établir un lien entre leur corps, leur esprit et leurs émotions », explique la chercheuse.On fait aussi des pauses éclair, pendant lesquelles les enfants portent attention à l\u2019instant présent et doivent se demander « quelles sont mes émotions et mes sensations en ce moment ».À force de faire ce type d\u2019exercices, les jeunes s\u2019habituent à prendre des micropauses dans les moments de stress, d\u2019émotivité, d\u2019 impulsivité ou de malaise, explique Mme Malbœuf-Hurtubise.Peu d\u2019études Selon l\u2019Institut de la statistique du Québec (ISQ), 12 % des élèves du secondaire auraient reçu un diagnostic de trouble de santé mentale, comme l\u2019anxiété, la dépression ou le déficit d\u2019attention.« Ces difficultés compromettent souvent la réussite scolaire», explique Catherine Malbœuf-Hurtubise, dont les recherches en milieu scolaire visent à savoir si l\u2019enseignement de la « présence attentive» peut les aider à surmonter ces difficultés.À l \u2019heure actuelle, quelques méta-ana- lyses ont montré que la présence attentive et la méditation sont des méthodes prometteuses pour réduire le stress et l\u2019anxiété chez les jeunes, augmenter leur bien-être et les aider à avoir une meilleure gestion de leurs émotions.« Mais pour ce qui est de la dépression, de la santé mentale, on ne sait pas encore », explique la chercheuse.Quant aux bienfaits que les jeunes en retirent, « des recherches, comme celles menées par Nancy Heath à l\u2019Université McGill, indiquent qu\u2019une seule pratique hebdomadaire de la méditation pourrait être suffisante à l\u2019école ».«La présence attentive n\u2019est pas une méthode universelle.Chez certains jeunes et dans certains contextes, la méditation pourrait même augmenter l\u2019anxiété ou la détresse psychologique.C\u2019est pour ces raisons qu\u2019il faut poursuivre les recherches avant de recommander l\u2019implantation d\u2019un cours de présence attentive dans les écoles à l\u2019échelle du Québec.» La scientifique continue donc ses recherches dans des classes ordinaires ainsi qu\u2019avec des élèves qui ont des difficultés d\u2019apprentissage.Agence Science-Presse La méditation pleine conscience est de plus en plus souvent enseignée à l\u2019école.Quels sont les impacts positifs de cette pratique ?Peut- elle aider les enfants ?Qu\u2019en dit la science ?Nous avons fait le tour de la question.La présence attentive et la méditation sont des méthodes prometteuses pour réduire le stress et l\u2019anxiété chez les jeunes Les révélations s\u2019enchaînent dans l\u2019af faire russe, les soupçons de collaboration louche prennent de l\u2019ampleur.Et s\u2019il n\u2019y a pas de démonstration indubitable de collusion, si tant est qu\u2019il y en ait jamais, la Maison-Blanche a donné, avec la mise en accusation de Michael Flynn, des signes de panique parlants.a décision de Donald Trump, en février, de congédier son conseiller à la sécurité nationale fraîchement nommé, puis celle en mai d\u2019évincer le directeur du FBI, James Comey, n\u2019ont pas cessé et ne cesseront pas de hanter cette présidence.En reconnaissant sa culpabilité pour fausses déclarations et en acceptant de collaborer avec la justice, M.Flynn expose potentiellement M.Trump, sinon sa garde rapprochée, à toutes sortes de révélations nocives.Il y a après tout des limites à l\u2019attention que ce président veut qu\u2019on lui porte.En renvoyant ce fouineur de M.Comey, le président avait peut-être cru que cela contribuerait à faire capoter l\u2019enquête policière sur l\u2019ingérence russe dans la présidentielle et sur les soupçons de collusion entre la Russie et l\u2019équipe de campagne de M.Trump.Mal lui en prit, le président s\u2019étant rapidement trouvé à faire peser sur lui des soupçons d\u2019entrave à la justice pour avoir apparemment demandé à M.Comey, alors qu\u2019il était directeur du FBI, de laisser M.Flynn tranquille.La réaction de la Maison-Blanche à la mise en accusation de M.Flynn, le 1er décembre, par le procureur spécial Robert Mueller, a été particulièrement virulente.Tellement virulente qu\u2019elle en était suspecte.Signe d\u2019une présidence qui se sent piégée.Comey est un «menteur» et le FBI est une «institution partiale», a tweeté le président la semaine dernière.Ce qui n\u2019est pas sans ironie, si l\u2019on considère que M.Trump s\u2019est présenté à la présidentielle comme le candidat de la loi et de l\u2019ordre.À force de dénigrer les « institutions » \u2014 dans le cadre de sa guerre contre le Deep State par lequel il se dit persécuté \u2014, il se trouve en fait à renforcer leur crédibilité et à nuire à la sienne, qui perd des plumes de sondage en sondage.Non moins déjantée aura été la réaction de son avocat John Dowd, qui a déclaré que « le président ne peut pas faire entrave à la justice puisqu\u2019il est le responsable en chef de l\u2019application de la loi ».Ce qui, a fait remarquer le New York Times, aura sûrement étonné le Congrès \u2014 qui a adopté des lois criminalisant l\u2019entrave à la justice et qui a convenu deux fois au cours des quarante dernières années, d\u2019abord dans le cas de Richard Nixon puis dans celui de Bill Clinton, qu\u2019un président qui viole ces lois est passible de destitution.?À chaque semaine sa moisson d\u2019indices : accusé d\u2019avoir menti au FBI au sujet de ses conversations avec l\u2019ambassadeur russe Serguei Kislyak, M.Flynn a indiqué avoir manœuvré sur instruction d\u2019un « très haut responsable » de l\u2019équipe de transition présidentielle \u2014 qui pourrait être Jared Kushner, le beau-?ls de Trump, ou Mike Pence, vice-président élu à l\u2019époque, ou M.Trump lui-même\u2026 Pendant que d\u2019autres bribes de révélations faisaient surface autour de Donald Trump Jr au sujet de ses échanges à l\u2019été 2016 avec des « intermédiaires russes» censés lui transmettre des renseignements préjudiciables à Hillary Clinton, des échanges qui s\u2019avèrent ?nalement beaucoup plus nombreux que Junior l\u2019avait dit\u2026 Au demeurant, l\u2019enquête compliquée de M.Mueller ratisse large, fouillant aussi les activités ?nancières et commerciales de Donald Trump et de son entourage.Il s\u2019agit donc aussi d\u2019une investigation qui est en train de tracer le portrait d\u2019un monde où s\u2019entremêlent relations d\u2019affaires et jeux d\u2019in?uences politiques.Un monde opaque qui est évidemment loin \u2014 ne soyons pas manichéens \u2014 de n\u2019être que celui de Donald Trump et des républicains.Nos démocraties sont malades, et ce président en est un symptôme \u2014 monstrueux \u2014 parmi d\u2019autres.Aussi, que le pire soit mis au jour et rien n\u2019exclut que sa présidence survive à cette enquête tout à fait singulière.Au-delà, rien n\u2019exclut non plus qu\u2019elle survive même s\u2019il s\u2019agit d\u2019un gouvernement qui fait preuve d\u2019un mépris particulièrement dangereux pour l\u2019État de droit.Même si, de la fermeture des frontières aux musulmans au charcutage de parcs nationaux en Utah en passant par la démolition de l\u2019Obamacare et la reconnaissance de Jérusalem comme capitale israélienne, M.Trump prend un plaisir malsain à empêcher le monde d\u2019avancer.L E D E V O I R , L E L U N D I 1 1 D É C E M B R E 2 0 1 7 A 6 EDITORIAL L E T T R E S Andrew Scheer et Israël En 2014, au sein d\u2019Études internationales, l\u2019universitaire Frédéric Boily a décelé des motifs idéologiques, religieux et électoralistes derrière l\u2019appui maintes fois réitéré de Stephen Harper envers l\u2019État israélien.La première dimension est éclairante.Sa défense indéfectible d\u2019Israël, point d\u2019ancrage des valeurs occidentales au Moyen- Orient, aurait visé à neutraliser l\u2019épée de Damoclès menaçant l\u2019État juif, soit le terrorisme islamiste, perçu comme un totalitarisme moderne, et l\u2019antisémitisme sous couvert d\u2019antisionisme.En construisant sa rhétorique pro-israélienne autour d\u2019impératifs moraux, Stephen Harper a marqué son approche d\u2019une teinte néoconservatrice, générant une scission discursive entre sa gestion du dossier israélien et celle de la plupart de ses prédécesseurs.Le président Trump ayant récemment avalisé le Jerusalem Embassy Act, l\u2019enjeu israélo-palesti- nien se pose aux dirigeants canadiens avec une acuité nouvelle.Cela demeure vrai pour les conservateurs en raison de la partialité de M.Harper concernant ce dossier, d\u2019autant qu\u2019Andrew Scheer a jusqu\u2019à présent soigneusement évité de se prononcer de vive voix quant au statut de Jérusalem.Ce dernier optera-t-il pour les traces de son ancien chef ou élabora-t-il une politique étrangère imprégnée du sceau de la modération?L\u2019électorat est en droit de savoir.Gabriel Poirier Val-d\u2019Or, le 10 décembre 2017 L I B R E O P I N I O N F É L I X M A T H I E U Doctorant en science politique à l\u2019UQAM et auteur du livre Les défis du pluralisme à l\u2019ère des sociétés complexes (Presses de l\u2019Université du Québec, 2017).Au Canada, la fin de l\u2019automne en 1967 a été marquée par la tenue de la conférence Confederation of Tomorrow, organisée à Toronto par John Robarts, alors premier ministre de l\u2019Ontario.La rencontre avait rassemblé la plupart des premiers ministres provinciaux de l\u2019époque.Les enjeux liés au biculturalisme et au bilinguisme, au constitutionnalisme et à l\u2019étendue des pouvoirs des provinces figuraient parmi les thèmes sur lesquels on devait faire le point.C\u2019était surtout l\u2019occasion d\u2019opérer un dialogue entre les partenaires de la fédération canadienne et de faire preuve de leadership pour penser l\u2019évolution du fédéralisme.Cinquante ans plus tard, le Mowat Center de l\u2019Université de Toronto organise du 11 au 13 décembre la conférence Confederation of Tomorrow 2.0.Dans cette rencontre rassemblant plusieurs politiciens et intellectuels issus des milieux tant universitaires que de la société civile, il sera question principalement du rôle des provinces comme acteurs de changement capables d\u2019initiatives novatrices pour imaginer l\u2019avenir de la fédération canadienne.Pour le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, qui y prononcera un discours, ce sera un véritable test pour voir jusqu\u2019où il est prêt à défendre avec authenticité les principes que contient la nouvelle Politique d\u2019affirmation du Québec et de relations canadiennes que son gouvernement a présentée le 1er juin 2017.En particulier, il s\u2019agit d\u2019un forum exceptionnel pour réitérer avec force qu\u2019au sein de la fédération canadienne, nous ne devons pas laisser au gouvernement central le monopole du discours sur le bien commun et la justice sociale.Sur les traces de la vision de John Robarts, qu\u2019il exprima clairement avec Jean-Luc Pepin dans la Commission de l\u2019unité canadienne (1977-1979), il faut réitérer que «le Québec est différent et devrait détenir les pouvoirs nécessaires à la préservation et au développement de son caractère distinct» et que «toute solution politique qui ne répondrait pas à cette attente» est contraire à une véritable culture fédérale.Plus largement, pour Pepin-Robarts, l\u2019équilibre politique canadien devait reposer sur deux piliers fondamentaux: la dualité et le régionalisme.Évidemment, il faut éviter la paresse et faire preuve d\u2019un peu d\u2019originalité pour actualiser la vision de Robarts, laquelle n\u2019est d\u2019ailleurs pas très loin de celle d\u2019André Laurendeau.D\u2019abord, il faut dépasser le mythe de la dualité, et embrasser celui de la multinationalité.Il s\u2019agit d\u2019une condition nécessaire afin de penser une fédération hospitalière envers sa diversité profonde dans laquelle tous les partenaires de l\u2019association politique pourront s\u2019y retrouver.C\u2019est seulement à ce moment que chacun pourra participer à sa manière à l\u2019édification de cette fédération qui appartiendrait au monde de demain, pour reprendre et adapter l\u2019expression de Pierre Elliott Trudeau.Égalité et équité Ensuite, tout comme le préconisait Robarts, il importe que le fédéralisme au Canada sache parler le langage de l\u2019asymétrie.L\u2019égalité doit être réalisée par le prisme de l\u2019équité: les sociétés distinctes québécoises, autochtones, anglo-cana- diennes, acadiennes et les minorités francophones nécessitent des arrangements institutionnels différenciés qui leur permettent respectivement de s\u2019émanciper et de consolider ce qui fait d\u2019elles des communautés politiques originales.Le principe de la stricte égalité des provinces, aveugle aux différences, et l\u2019idée selon laquelle tous les individus doivent être canadiens «d\u2019abord et avant tout» figurent parmi les ingrédients qu\u2019il est nécessaire de rejeter pour favoriser l\u2019épanouissement véritable de cette «étrange multiplicité» qui caractérise le relief sociopolitique au Canada.S\u2019il importe donc de penser les conditions pour une autonomie institutionnelle des partenaires de l\u2019association politique, il faut tout autant que le fédéralisme au Canada sache adopter l\u2019agir de la gouvernance partagée.Si les provinces ont très peu de pouvoir pour changer quoi que ce soit par exemple à la Conférence des premiers ministres \u2014 rencontre que le premier ministre de la fédération convoque ou non selon sa seule volonté \u2014, il existe d\u2019autres forums qu\u2019elles doivent investir pleinement.Au premier chef, il faut voir le Conseil de la fédération (créé en 2003 sous l\u2019influence du ministre québécois Benoît Pelletier) comme un tremplin privilégié pour exercer une réelle collaboration entre partenaires au Canada.À cet égard, il est grand temps qu\u2019une place de choix soit réservée aux peuples autochtones au sein de cette organisation, tout comme il est grand temps que la fédération canadienne reconnaisse dans toute son originalité la légitimité du leadership des communautés autochtones pour penser l\u2019être et le devenir de notre association politique.Si le premier ministre Philippe Couillard embrasse pleinement les principes du fédéralisme que contient la Politique d\u2019affirmation du Québec de son gouvernement, voilà quelques éléments sur lesquels il est primordial qu\u2019il insiste lui aussi dans son discours et dans ses actions.Il s\u2019agit d\u2019un véritable test pour le leadership du Québec comme partenaire capable d\u2019une vision audacieuse et authentique pour penser la fédération de demain.L\u2019auteur sera conférencier à la rencontre Confederation of Tomorrow 2.0.La Confédération de demain, 50 ans plus tard FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente du développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-président des ventes publicitaires MARK DROUIN Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Directeur de l\u2019information numérique FLORENT DAUDENS Adjoints PAUL CAUCHON, LOUIS GAGNÉ, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur de la production CHRISTIAN GOULET La cerise sur le « sundae » Le rattrapage offert aux médecins spécialistes constituait déjà un privilège indécent par rappor t à l\u2019augmentation salariale consentie aux autres travailleurs du secteur public.Voilà que nous apprenons maintenant que l\u2019assiduité des anesthésistes et des chirurgiens est récompensée par une prime financière qui vient s\u2019ajouter à une rémunération plus que généreuse.Déjà que les médecins donnaient souvent l\u2019impression d\u2019accorder plus d\u2019importance aux soins de leur portefeuille qu\u2019à celui de leurs patients, cette dernière nouvelle ne contribuera certainement pas à améliorer leur image.Faudra-t-il en venir à une prime d\u2019empathie ou de compassion pour faire évoluer la pratique médicale vers une approche plus humaine ?D\u2019ailleurs, pourquoi l\u2019argent est-il constamment au centre des préoccupations des disciples d\u2019Hippocrate ?Le mode de paiement à l\u2019acte n\u2019expliquerait-il pas ce phénomène?Une rémunération selon le nombre de patients ne serait-elle pas un meilleur moyen pour assurer une relation plus adéquate entre le médecin et son patient?Il semble parfois qu\u2019il y ait confusion des genres entre le syndicaliste Barrette et le ministre du même nom?Pour épater la galerie, tout en démontrant qu\u2019il a la situation bien en main, l\u2019illusionniste Barrette brandit la menace du bâton auprès des médecins, tout en leur offrant une carotte bien cachée dans son chapeau.Trop de cerises sur le «sundae» risquent d\u2019entraîner des débordements de moins en moins acceptables pour une population qui est de plus en plus consciente de ces tours de passe-passe.Marcel Perron Neuville, le 10 décembre 2017 L\u2019AFFAIRE RUSSE Les indices s\u2019accumulent L GUY TAILLEFER L\u2019emploi avant la langue Le moins qu\u2019on puisse dire, c\u2019est que le chef de la CAQ, François Legault, ne se formalise pas trop de la francisation des immigrants, alléguant, dans un échange publié par CBC, que le Québec a accordé « trop d\u2019importance à la connaissance du français» dans le processus de sélection des immigrants et [que] « le premier, peut-être même le seul» critère de sélection à l\u2019immigration devrait être la capacité à répondre aux besoins du marché du travail.Pour sa part, la porte-parole de la CAQ en matière de protection et de promotion de la langue française, Claire Samson, affirme qu\u2019«il faut s\u2019assurer que les immigrants sont habilités à décrocher un emploi.Tant mieux s\u2019ils parlent le français.S\u2019ils ne le maîtrisent pas, on doit se dévouer à le leur apprendre».Tout un programme\u2026 [\u2026] Une telle politique linguistique envers les immigrants donne clairement l\u2019impression que leur francisation apparaît comme un boulet pour François Legault\u2026 un boulet qu\u2019il risque de trouver lourd au fur et à mesure qu\u2019il s\u2019approchera des prochaines élections! Henri Marineau Québec, le 9 décembre 2017 L E D E V O I R , L E L U N D I 1 1 D É C E M B R E 2 0 1 7 A 7 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon (chef de division), Robert Dutrisac, (éditorialiste), Michel Garneau et Pascal Élie (caricaturistes), Jacques Nadeau (photographe), Olivier Zuida (recherchiste photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division et reporter), Stéphane Baillargeon (généraliste), Gérald Dallaire (pupitre), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Jean Dion (sports), Marco Fortier (éducation), Lisa-Marie Gervais (diversité), Pauline Gravel (sciences), Jessica Nadeau (éducation).Alexandre Shields (environnement); information politique : Michel David (chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Marie-Michèle Sioui (correspondants parlementaires à Québec) Dave Noël (recherche), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec); information culturelle : Guillaume Bourgault-Côté (politiques culturelles), Julie Carpentier (pupitre), Fabien Deglise (livres), Catherine Lalonde (arts vivants), François Lévesque (écrans),Caroline Montpetit (arts vivants), Philippe Papineau(médias); information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l\u2019information), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Benoît Munger (pupitre); information internationale : Guy Taillefer (chef de division et éditorialiste); section art de vivre : Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); cahiers spéciaux : Aude Marie Marcoux (responsable); équipe numérique : Laurence Clavel, Guillaume St-Hilaire et Geneviève Tremblay (pupitres); correction : Andréanne Bédard, Christine Dumazet et Michèle Malenfant (correctrices) ; soutien à la rédaction : Amélie Gaudreau (coordonnatrice à la rédaction), Jean-Philippe Proulx (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa).PUBLICITÉ Charleyne Bachraty (adjointe au vice-président), Marlène Côté, Évelyne De Varennes, Amel Elimam, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (directrices de comptes), Alain Tréhout (directeur créativité média), Amélie Maltais (commis aux avis légaux), Alessandra Tantalo et Laurence Hémond (coordonnatrices publicitaires).PRODUCTION Caroline Desrosiers, Yannick Morin, Anthony White et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web), Jean-François Côté (analyste programmeur), Luc Girard (technicien informatique), Solène M.Hébert (développeuse Web).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Catherine Gentilcore (coordonnatrice marketing, communications et relations publiques), Sébastien Beaupré (coordonnateur service à la clientèle), Manon Blanchette, Caroline Filion, Nathalie Filion, Isabelle Sanchez (préposées au service à la clientèle).ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Mélisande Simard (adjointe administrative et responsable des ressources humaines), Florentina Draghici (technicienne comptable), Véronique Pagé (responsable du crédit).L es regards se sont inversés.Alors que les Français ont du Québec une image super positive, ce sont les Québécois, surtout les jeunes, qui sont devenus indif fé- rents.La France ne nous fait plus rêver, ne suscite plus notre admiration et est, tout au plus, à nos yeux, un pays comme les autres.Sauf pour nos artistes.Or c\u2019est précisément sur la thématique des industries culturelles à l\u2019ère du numérique que nous pouvons nous réunir à nouveau de part et d\u2019autre de l\u2019Atlantique.Pourquoi ?Parce que la France et, par prolongement l\u2019Europe tout entière, a une approche exemplaire face à la révolution en cours.Elle ouvre la voie, elle montre le chemin que nous pourrions emprunter ensemble si nous en avions la volonté, collective et politique.Pour l\u2019instant, le Québec est seul en Amérique du Nord à vouloir résister au déferlement des géants du numérique que sont Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft et Netflix.À preuve, cette décision du ministre des Finances du Québec d\u2019imposer la TVQ à tous ces fournisseurs de services ou, encore, cette entente intervenue récemment entre la SODEC et le Centre national du cinéma et de l\u2019image animée français, sous l\u2019impulsion de deux visionnaires, Monique Simard et Christophe Tardieu.Mais pour le reste, tout est à faire.Le Québec, pour l\u2019instant, ne peut pas compter sur le Canada.Peut-être en sera-t-il autrement après la révision prochaine des lois sur la télécommunication et la radiodiffusion, mais le refus d\u2019appliquer la TPS aux services en ligne comme Netflix a valeur de symbole.Le Canada donne l\u2019impression d\u2019avoir baissé les bras, momentanément ou pas, tout en créant un environnement inéquitable pour les Illico et autres entreprises nationales.La France, elle, impose sa taxe de vente à tous les joueurs, étrangers comme nationaux.Elle ajoute une taxe sur le chiffre d\u2019affaires des fournisseurs d\u2019accès Internet.Elle demandera bientôt à YouTube, à Netflix, et à terme à tous les autres, une contribution pour développer les industries culturelles françaises.Pourquoi le Canada et le Québec ne feraient-ils pas de même ?Parce que nous sommes considérés par les Américains comme l\u2019extension de leur domestic market?La tuyauterie et les algorithmes des multinationales américaines déterminent déjà largement ce que nous regardons et écoutons.Demain, elles deviendront encore plus actives dans la création de contenus pour leurs propres plateformes.Les Québécois, les Français, et les francophones du monde entier risquent d\u2019être exclus, tant de la propriété des plateformes que de leurs contenus.Avec des moyens à leur démesure, les géants du numérique nous conduisent tout droit vers une concentration de la production et de la diffusion audiovisuelle et musicale.Que restera-t-il de la diversité culturelle et linguistique, de nos cultures et de nos langues si, dans cinq ans, Spotify, Apple et Netflix contrôlent pratiquement tout ce que voit et entend l\u2019humanité entière, à la notable exception des Chinois.Ainsi, il faut dompter la bête, réguler la mondialisation culturelle, et commencer par exiger l\u2019exemption culturelle totale dans les accords de libre-échange, puisque la culture n\u2019est pas une marchandise comme les autres.En ajoutant aussi des quotas, notamment sur les pages d\u2019accueil de ces entreprises.Nos contenus doivent être exposés, découvrables, valorisés.Que Mommy soit tout aussi accessible que Star Wars, Pierre Lapointe tout aussi mis en valeur que Taylor Swift, au moins sur nos territoires.Pourquoi ne développerions-nous pas avec la France et avec toutes les chaînes francophones de télévision une plateforme commune de vidéo sur demande, qui deviendrait notre version hybride de Netflix et de TV5 ?Pour desserrer l\u2019étau qui se referme sur nous.Assurons-nous, en plus, que les contenus de langue française produits ici puissent être comptabilisés dans les quotas qui permettront bientôt à la France d\u2019imposer 60% d\u2019œuvres françaises et européennes à tous les opérateurs, quotas qui incluront les œuvres suisses, même si la Confédération helvétique est, comme le Québec, hors de l\u2019Union européenne.Et, en retour, ouvrons- nous nous-mêmes aux œuvres francophones.Dans cette grande entreprise qu\u2019est le « rééquilibrage » du numérique, la France est la meilleure alliée du Québec.Parce qu\u2019elle est résolument déterminée, qu\u2019elle influence l\u2019Europe entière et que c\u2019est ensemble, francophones de tous les pays, que nous pourrons faire contrepoids aux géants.Et, pourquoi pas, même rêver d\u2019être Goliath contre Goliath.Dompter la bête LOUISE BEAUDOIN Il faut dompter la bête, réguler la mondialisation culturelle, et commencer par exiger l\u2019exemption culturelle totale dans les accords de libre-échange S Y L V A I N M A L L E T T E Président de la Fédération autonome de l\u2019enseignement et enseignant en histoire u printemps dernier, le ministre Sébastien Proulx dévoilait, en grande pompe, le contenu de sa Politique de la réussite éducative.Les lecteurs avisés auront tôt fait de reconnaître les simplismes dont raffolent les nombreux pédagocrates et autres experts patentés de la pédagogie.Ces adeptes dévoués d\u2019un pédagogisme virulent et des supposées « données probantes » considèrent l\u2019école publique comme un immense laboratoire dans lequel ils peuvent expérimenter, sur les profs et leurs élèves, leurs théories fumeuses.Malgré leurs échecs, ils réussissent encore et toujours à définir l\u2019agenda des ministres de l\u2019Éducation qui se succèdent, il faut quand même le souligner, à un r ythme fou depuis une vingtaine d\u2019années.Le ministre Sébastien Proulx est le 14e titulaire depuis 1994 ! Un de ces simplismes, qui s\u2019appuie sur une croyance ou une lubie personnelle, se retrouve à la page 51 de la politique gouvernementale et repose sur l\u2019idée que « la faible présence de modèles masculins est une dimension importante qu\u2019il faut considérer dans la réussite éducative des garçons».Le ministre de l\u2019Éducation a donc fait sien un discours masculiniste qui cherche à faire croire que la présence marquée des femmes dans l\u2019enseignement, particulièrement au primaire, expliquerait en partie les dif ficultés scolaires que rencontrent de nombreux garçons.Le ministre Proulx n\u2019est pas le seul à tenir des propos qui ont pour effet de disqualifier les enseignantes.On peut ici rappeler le point de vue de Pierre Potvin, consultant en éducation et en psychoéducation, qui considère que l\u2019une «des conséquences possibles [du problème de scolarisation des garçons et des hommes] est le passage à une autre inégalité des sexes homme- femme, mais à l\u2019envers avec une absence importante des hommes et une prédominance des femmes dans la profession».Selon cette logique, le fait que la profession enseignante soit à prédominance féminine constituerait une forme de « sexisme à l\u2019envers».On peut aussi citer le professeur associé au Département d\u2019études sur l\u2019enseignement et l\u2019apprentissage de l\u2019Université Laval, Égide Royer, qui affirme que «dès le baccalauréat en enseignement, les jeunes hommes trouvent parfois difficile de n\u2019étudier qu\u2019avec des femmes et réalisent que ce sera la même chose une fois sur le marché du travail ».Il y a aussi les propos de Claude Mailloux, qui a déjà dénoncé la «ma- tantisation» dont serait victime, selon lui, l\u2019école québécoise.Ces propos s\u2019ajoutent à bien d\u2019autres déjà entendus dans le monde de l\u2019éducation et qui cherchent à faire croire, que ce soit à l\u2019école, à l\u2019université ou dans la salle des profs, que les garçons seraient désavantagés du simple fait qu\u2019ils seraient moins nombreux que les femmes, qu\u2019elles soient enseignantes, collègues d\u2019université ou de travail.Il importe de souligner que les affirmations de MM.Potvin, Royer et Mailloux, reprises par le ministre Proulx, ne sont aucunement soutenues par la recherche.Malhonnêteté intellectuelle Le fait de dire que la profession enseignante est une profession à prédominance féminine constitue une lapalissade.Mais faire croire que cela jouerait d\u2019une quelconque manière dans les difficultés scolaires ou les choix de carrière des garçons relève de la malhonnêteté intellectuelle.Ce faisant le porte-voix de ce simplisme, le ministre de l\u2019Éducation, Sébastien Proulx, laisse croire qu\u2019une enseignante ne peut incarner un modèle d\u2019autorité auprès des garçons.Ceux qui se cachent derrière ce simplisme cherchent à huiler une mécanique qui banalise le sexisme en éducation et le maintien du discours paternaliste qui continue de caractériser les relations entre les enseignantes et leurs patrons.Comment expliquer qu\u2019un simplisme aussi violent à l\u2019endroit des femmes ait pu se retrouver dans la politique du ministre Proulx?Étrangement, même si ce simplisme est relayé par un groupe assez restreint d\u2019individus, il a acquis de la crédibilité dans le monde de l\u2019éducation du simple fait qu\u2019il a circulé en boucle au sein de quelques réseaux.Ces derniers, qui regroupent peu de personnes, disposent cependant d\u2019une capacité d\u2019influence dont l\u2019efficacité commande l\u2019admiration.Ces groupuscules savent se faire entendre, particulièrement auprès des bonzes du ministère de l\u2019Éducation.L\u2019ignorance de certains des titulaires du portefeuille de l\u2019éducation constitue justement le terreau idéal dans lequel prolifèrent certains de ces mensonges.Après tout, on ne peut demander à un ministre de déceler le subter fuge quand lui-même ne maîtrise pas les codes qui sont utilisés pour l\u2019échafauder.La profession enseignante souffre de cette ignorance qui conduit le gouvernement à faire de mauvais choix.Celui- ci rend les profs responsables des maux qui affligent le réseau des écoles publiques, mais prend soin de les priver des moyens et des ressources dont ils ont besoin pour accomplir leur travail.Le niveau de détresse psychologique qui prévaut dans les écoles et les centres témoigne bien du caractère insoutenable de la situation.Enfin, comment expliquer que les enseignantes continuent d\u2019être la cible de ces attaques, si ce n\u2019est qu\u2019elles trouvent leur source dans les rapports inégalitaires entre les femmes et les hommes ?L\u2019histoire de la profession enseignante est marquée par le combat pour l\u2019émancipation des institutrices et la reconnaissance de leur expertise.Ce fut le combat de Laure Gaudreau et de milliers d\u2019autres femmes qui luttèrent avec acharnement.Les propos dévalorisants, malheureusement relayés par le ministre Proulx à l\u2019égard des enseignantes, témoignent bien de la nécessité de poursuivre ce combat qui doit permettre la pleine reconnaissance de l\u2019expertise enseignante.Plutôt que d\u2019écouter de supposés exper ts, le ministre Proulx aurait avantage à écouter les milliers d\u2019enseignantes qui travaillent auprès des élèves jeunes et adultes.Mais pour cela, il faut du courage.Le genre de courage qui fait justement défaut à ceux qui se permettent d\u2019attaquer si librement la profession enseignante.Le sexisme tranquille en éducation P I E R R E S I M A R D Professeur associé, ENAP e maire de Lévis se demandait s\u2019il n\u2019y a pas, au gouvernement fédéral, « une volonté de fermer la bonbonne d\u2019oxygène » de la Davie.Et pourquoi pas ?Pour une fois que des considérations de saine gestion publique semblent prévaloir sur les motivations électoralistes de nos politiciens\u2026 Peu impor te qu\u2019 i l a it beso in d\u2019un nouveau navire ou non, le gouvernement fédéral a non seulement le droit, mais sur tout le devoir de dire « non » à la Davie s\u2019il juge que cette dernière est incapable de lui of frir des navires de qualité, à prix compétitif et dans un délai raisonnable.On peut comprendre qu\u2019il soit difficile pour le gouvernement fédéral de dire «non» à une entreprise qu\u2019elle nourrit depuis des décennies.Toutefois, comme nous le rappelait récemment l\u2019économiste Don Boudreaux, le droit et la capacité de dire « non » sont primordiaux au fonctionnement du marché.C\u2019est la peur de se faire rejeter par les consommateurs qui poussent les entreprises à of frir les meilleurs biens et ser vices au meilleur prix possible ; c\u2019est le pouvoir de dire « non » qui a permis aux consommateurs d\u2019améliorer leurs conditions de vie.Il n\u2019y a dans les faits que les entreprises qui vivent aux crochets de l\u2019État qui peuvent ignorer cette réalité.Pourquoi les fournisseurs de l\u2019État ne sont-ils pas contraints aux mêmes obligations que les entreprises en concurrence ?Le travailleur qui trime avec ardeur pour payer les impôts qui permettent les dépenses publiques ne mérite- t-il pas que le gouvernement fasse usage de son argent avec le même discernement que lui ?Il nous apparaît donc normal et justifié que le gouvernement Trudeau puisse dire « no » aux entreprises qui, comme la Davie, sont incapables de démontrer qu\u2019elles sont suffisamment efficaces et productives pour vivre sans le pactole de l\u2019État.L\u2019histoire déplorable de Davie Soyons honnêtes, le chantier de la Rive-Sud de Québec n\u2019a rien d\u2019une entreprise modèle.À moins de fixer la barre du fleuron régional au ras du sol, on doit reconnaître que la Davie s\u2019est surtout démarquée par des retards de livraisons, des dépassements de coûts et des relations de travail difficiles.Il faut obligatoirement por ter d\u2019étroites œillères électorales pour faire fi du passé et réclamer du gouvernement fédéral un énième contrat pour la Davie.Le premier ministre Couillard devrait d\u2019ailleurs s\u2019excuser auprès des contribuables québécois p o u r a v o i r m e n é l a r é c e n t e marche de sout ien à la Dav ie alors qu\u2019un impor tant contentieux oppose son gouvernement au chantier naval.Est-il nécessaire de lui rappeler que les traversiers commandés au chantier de Lévis pour relier Ta- doussac à Baie-Sainte-Catherine coûteront plus du double que prévu et seront livrés avec un minimum de trois ans de retard?Ce que réclame la Davie, c\u2019est un nouveau chèque d\u2019aide sociale déguisé en contrat .Plutôt que d\u2019investir dans la compétitivité et la qualité de ses travaux, elle joue encore la carte du chantage politique en brandissant les menaces de fermeture et de mise à pied des travailleurs.La bonne nouvelle, c\u2019est que quelqu\u2019un à Ottawa semble avoir finalement compris que l\u2019argent du gouvernement ne tombe pas du c iel, qu\u2019 i l est pré levé des poches du contribuable et que chaque nouvel emploi improductif sauvé à la Davie éliminerait un emplo i product if a i l leurs dans l\u2019économie.Bref, qu\u2019octroyer un nouveau contrat à la Davie ne ferait qu\u2019appauvrir les Canadiens comme les Québécois.On ne peut que saluer cette résistance gouvernementale aux abuseurs de fonds publics.Il ne reste maintenant qu\u2019à faire comprendre à la Davie et à ses meneurs de claque que, quand c\u2019est non, c\u2019est non ! Dire « non » à la Davie ISTOCK Faire croire que la prédominance féminine dans la profession enseignante jouerait d\u2019une quelconque manière dans les dif ficultés scolaires ou les choix de carrière des garçons relève de la malhonnêteté intellectuelle.A JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE Le gouvernement fédéral a non seulement le droit, mais surtout le devoir de dire «non» à la Davie s\u2019il juge que cette dernière est incapable de lui offrir des navires de qualité, à prix compétitif et dans un délai raisonnable.L L E D E V O I R , L E L U N D I 1 1 D É C E M B R E 2 0 1 7 A 8 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par courriel publicite@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3452 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Par courriel petitesannonce@ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4 Berri-UQAM Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 16h30 Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com A C T U A L I T É S ment en dessous de 2 °C.Cet anniversaire, ce n\u2019est pas une célébration, car beaucoup reste à faire.Les scientifiques nous disent qu\u2019il faut accélérer si l\u2019on veut rester en dessous de 2 °C.C\u2019est pour cela que le président Emmanuel Macron a voulu ce sommet, pour accélérer la mobilisation de tous.Comment faire ?Nous allons mettre l\u2019accent sur le financement de la lutte contre le changement climatique.Ce sommet, ce n\u2019est pas une négociation, c\u2019est une mobilisation de tous : des États, des villes et des collectivités, notamment ceux qui aux États-Unis ont répondu par l\u2019action au renoncement du gouvernement américain, des entreprises qui conçoivent de nouveaux modèles, des chercheurs, de ceux qui inventent le monde de demain.Notre ambition, c\u2019est de trouver des projets très concrets, qui vont changer la vie des gens, et de créer des coalitions pour travailler ensemble.Ce sommet est notamment conçu pour aborder le financement des actions climat et le virage «climatique» de la finance.Que peut-on espérer de ce sommet?Il y a un message important à ce sommet, c\u2019est que l\u2019ambition, ça marche.Regardez les énergies renouvelables, de moins en moins chères, qui laissent entrevoir un monde 100 % renouvelable.Regardez les solutions que l\u2019on peut apporter à ceux qui, au Sahel, affrontent la désertification, pour replanter des arbres, soutenir l\u2019agroécologie, leur donner un projet de vie qui évite qu\u2019ils s\u2019embarquent sur les routes hasardeuses de la migration.Nous avons des solutions concrètes, des projets, des moyens à apporter, d\u2019où qu\u2019ils viennent.Et le deuxième message, c\u2019est la cohérence.Nous devons fixer le cadre pour que les investisseurs jouent le jeu : donner un prix au carbone, supprimer les subventions à la pollution, arrêter progressivement d\u2019investir dans les énergies fossiles.Ce sommet, c\u2019est le plan d\u2019action concret de la transition écologique et climatique.Après la Conférence des Nations unies sur le climat de Bonn (COP23), comment peut-on voir la suite des choses pour les négociations sur le climat?Il faut accélérer.Car la COP 23, c\u2019est le début d\u2019un processus qui doit nous conduire en 2018, en Pologne, à faire le premier bilan de nos émissions de gaz à effet de serre pour bien mesurer le chemin qui nous sépare des 2 °C.C\u2019est pour cela que la COP23 a un bilan en demi- teinte malgré la force de conviction de Fidji, qui présidait cette conférence.Alors que, dans les îles du Pacifique, certains atolls sont menacés de disparition, alors que les phénomènes climatiques s\u2019intensifient, comme on l\u2019a vu cette année, il ne faudrait pas tomber dans une forme de léthargie.Nous devons nous réveiller, collectivement, et changer d\u2019échelle, faire les choses en grand.La France joue-t-elle toujours un rôle de « leader» dans les négociations, comme on l\u2019a vu lors de la COP21 de Paris, en 2015?Notre rôle n\u2019est plus le même que quand nous avions la présidence de la COP21.Notre responsabilité, c\u2019est d\u2019être cohérents, c\u2019est aussi d \u2019être exemplaires .C\u2019est pour cela qu\u2019Emmanuel Macron est venu à Bonn, avec Angela Merkel, car l\u2019Europe, avec ses alliés, comme le Canada, la Chine, l\u2019Inde, doit maintenant assumer son rôle de chef de file, au moment où le gouvernement américain décide de sortir de l\u2019Accord de Paris.C\u2019est pourquoi, lors de son discours à la COP23, le président Macron a appelé l\u2019Europe à compenser, concernant le Groupe d\u2019experts intergouvernemental sur l\u2019évolution du climat [GIEC], la perte de financement consécutive à l\u2019annonce du retrait américain du système climatique mondial.En France, et en Europe, l\u2019action climatique vous semble-t-elle bien entamée.En fait-on suffisamment ?Pour être crédibles, nous devons regarder la réalité en face, et surtout reconnaître que, malgré nos efforts, le chemin vers les 2 °C est encore loin, et que nous devons faire preuve de plus de solidarité avec ceux qui sont en première ligne du chaos climatique.Nommer les problèmes, c\u2019est créer les conditions pour les résoudre.Ensuite, il y a l\u2019enjeu de cohérence, faire ce qu\u2019on annonce.C\u2019est le cas de notre plan climat, avec l\u2019objectif de neutralité carbone, les véhicules zéro émission en 2040, la fin de l\u2019exploitation des hydrocarbures, la sortie du charbon.Nous posons les bases d\u2019un monde nouveau.Nous sommes, comme beaucoup de pays, je pense à l\u2019Inde, je pense à de nombreux pays d \u2019Amérique latine, d\u2019Afrique, aux petites îles, les jardiniers de l\u2019Accord de Paris.Comment voyez-vous la collaboration de la France et du Canada dans le dossier climatique?La France a pris, avec le Canada, la tête de la réponse à la décision de Donald Trump de sortir de l\u2019Accord de Paris.C\u2019est le sens de la réunion pour l\u2019action climatique qui a été organisée par l\u2019Europe, le Canada et la Chine en septembre.Mais notre coopération, elle est plus large.La France a ainsi travaillé étroitement avec le Canada et le Royaume-Uni sur leur projet de coalition «Powering Past Coal» durant la COP23, afin de mobiliser d\u2019autres pays et de nous engager à laisser le charbon derrière nous.Je crois que nous devons encore amplifier cet effort en travaillant par exemple pour permettre aux pays les plus pauvres d\u2019avoir accès aux énergies renouvelables en remplacement du charbon, grâce notamment à notre aide au développement.J\u2019ai aussi, plus personnellement, un vif intérêt pour ce que fait le Canada en faveur des peuples autochtones.Ces peuples, c\u2019est une page immense de l\u2019histoire de l\u2019humanité, à la fois riches de savoirs précieux pour protéger la planète, mais aussi tellement menacés par la destruction des écosystèmes.Enfin, nous travaillerons avec le Canada dans leur présidence du G7 [qui se tiendra dans la région de Charlevoix en 2018], d\u2019autant plus que la France présidera ce groupe l\u2019année suivante.Car ce forum doit nous permettre de continuer à faire vivre, ensemble, l\u2019Accord de Paris.Le Devoir Notre journaliste assiste au One Planet Summit à l\u2019invitation du ministère de l\u2019Europe et des Affaires étrangères de la France.SUITE DE LA PAGE 1 HULOT sommes nécessaires pour offrir un suivi adéquat aux femmes violentées.Parce qu\u2019elles assument ces coûts élevés à même leurs budgets de fonctionnement, les maisons d\u2019hébergement ne peuvent offrir un interprète qu\u2019une heure par semaine par femme allophone.Or, cela ne couvre pas leurs besoins pour les visites à l\u2019hôpital, aux bureaux de l\u2019immigration ou chez l\u2019avocat, pour préparer leur passage en cour.« Les enfants sont aussi très traumatisés, et on ne peut pas bien les aider.C\u2019est crève- cœur », poursuit Mme Monas- tesse.Il y a même un cas tristement célèbre dans le milieu où, en l\u2019absence d\u2019interprète, les services de santé de Saint- Jérôme avaient demandé à un homme, soupçonné de violence conjugale, de servir d\u2019interprète\u2026 pour sa femme.Longs délais, dif ficulté à trouver des locuteurs de certaines langues, absence d\u2019interprètes qualifiés\u2026 Les nombreux problèmes sont vécus par tous les organismes, mais demeurent particulièrement criants dans les centres pour femmes victimes de violence.« Il y a des femmes qui arrivent en maison d \u2019hébergement, et c\u2019est à peine si elles savent qu \u2019elles sont au Canada.Ça fait dix ans qu\u2019elles sont ici, mais elles ne parlent pas la langue et ne savent pas comment prendre l\u2019autobus, ne connaissent pas la valeur de notre monnaie, ne savent pas dans quel quartier elles vivent\u2026 C\u2019est absolument inacceptable que, dans une société comme la nôtre qui se dit progressiste, on ne soit pas capable de bien répondre aux besoins de ces femmes-là», poursuit Mme Monastesse.Banque d\u2019interprètes Normalement, pour pouvoir communiquer dans la bonne langue, les organismes communautaires de tout le Québec ont recours à la banque interrégionale d\u2019interprètes gérée par le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) du Centre-Sud-de-l\u2019île-de-Mont- réal, qui of fre des ser vices d\u2019interprétariat et de traduction dans une cinquantaine de langues.« Mais c\u2019est très dis- pend ieux », rappelle D iana Lombardi, coordonnatrice du Réseau d\u2019action des femmes en santé et services sociaux.« On ne peut pas sans cesse creuser le budget des organismes, déjà qu\u2019ils sont sous- f inancés ! » Et idéalement, ajoute-t-elle, les interprètes ne devraient pas simplement parler la langue, mais également être qualifiés pour ce genre d\u2019inter ventions délicates, ce qui n\u2019est pas toujours le cas.La banque fait de son mieux, mais est loin de suf fire à la tâche.Cet été, il a eu une pénurie d\u2019interprètes en créole, parce qu\u2019ils avaient tous été réquisitionnés auprès des demandeurs d\u2019asile haïtiens qui arrivaient en grand nombre.En région, les rencontres se font souvent à distance, au téléphone ou par Internet, mais au fil du temps, plusieurs organismes ont dû se constituer des banques « maison » d\u2019interprètes.Cela n\u2019empêche pas les délais d\u2019attente.«Il y a eu un cas où des policiers ont emmené une femme en mai - son d\u2019hébergement et ça a pris trois jours avant d \u2019avoir un interprète pour pouvoir communiquer avec elle .Pendant ce temps-là, elle ne savait pas où elle était.Dans une prison ?Sous surveillance ?On a parlé par signe et par dessins », raconte Manon Monastesse.Le gouvernement critiqué Le Québec est la seule province qui n\u2019a pas de politique pour encadrer l\u2019interprétariat et assurer un contrôle qualité.En ef fet, en Ontario comme dans les autres grandes provinces d\u2019accueil de nouveaux arrivants, ces ser vices sont gratuits pour tous les organismes et les services publics.« C\u2019est la jungle ici.Chaque min istère fa it un peu à sa tête », dit Stephan Reichhold, d irecteur de la Table de concertation des organismes au service des réfugiés et immigrants (TCRI).En 2011, un comité interministériel avait produit un cadre de référence en vue d\u2019élaborer une politique sur l\u2019interprétariat, qui a été tabletté depuis.Venu à échéance la semaine dernière, le Plan d\u2019action gouvernemental 2012-2017 en matière de violence conjugale, sous l\u2019égide du ministère de la Condition féminine, ne prévoit pour l\u2019instant aucune recommandation concernant le problème de l\u2019interprétariat, sauf pour soutenir celui des.malentendants.Exaspérés de toujours parler dans le vide, plusieurs organismes travaillant auprès des femmes victimes de violence et d\u2019agressions sexuelles se sont donc joints à la Coalition québécoise contre la traite des personnes pour envoyer, début novembre, une lettre à plusieurs ministres (Justice, Condition féminine, Immigration, Santé et Ser vices sociaux\u2026) les exhortant à « créer un fonds spécial gouvernemental dédié à l\u2019interprétariat».« C\u2019est rendu que, dans les maisons d\u2019hébergement recevant beaucoup de femmes immigrantes, le critère d \u2019em - bauche, c\u2019est de parler trois langues.Mais c\u2019est mettre des diachylons sur tous les manquements du système », souligne Manon Monastesse.« Le gouver nement a toujours beaucoup misé sur l\u2019intégration des immigrants au travail, mais qu\u2019en est-il de l\u2019intégration sociale et des droits des femmes ?» Le ministère de la Condition féminine et celui de l\u2019Immigration ont dit avoir accusé réception de la lettre de la Coalition, mais n\u2019ont pas été en mesure de répondre aux questions du Devoir.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 SERVICES Le Québec est la seule province qui n\u2019a pas de politique pour encadrer l\u2019interprétariat Comme son nom l\u2019indique, le plan du gouvernement mise sur l\u2019économie.Ainsi, des sommes importantes sont réservées pour encourager l \u2019 intégration à l \u2019emploi .Plus de 500 millions seront notamment consacrés à augmenter progressivement les prestations accordées dans le cadre du programme Objectif emploi.Anciennement connu comme le projet de loi 70, ce programme suscite la grogne dans le milieu communautaire étant donné qu\u2019il pénalise financièrement les prestataires de l\u2019aide sociale qui n\u2019y participent pas, réduisant leur prestation mensuelle à 404 $.« L\u2019autonomie économique est un principe de justice sociale élémentaire.Toute société doit viser à ce que chacun de ses membres la recherche », a soutenu M .Bla is pour just if ier cette mesure controversée.Le plan d\u2019action, présenté à Québec par le premier ministre, Philippe Couillard, et le ministre Blais comporte un total de 43 mesures ci- blant essentiellement les personnes seules et les couples sans enfant.Elles doivent permettre au Québec de rejoindre les nations industrialisées comptant le moins de personnes pauvres d\u2019ici 2023.Concert de critiques « Ne venez pas me dire que le Québec fait un bon en avant ! » a réagi le porte-parole du Collect i f pour un Québec sans pauvreté , Serge Petitclerc.Selon lui, l\u2019augmentation des prestations d \u2019aide sociale des personnes ayant une contrainte sévère à l\u2019emploi représente une avancée.« Mais les autres par contre ?» de- mande-t-il, assurant que la mince augmentation de leur chèque mensuel ne leur permettra pas de se sortir la tête de l\u2019eau.«On joue dans le bon vieux film du \u201cbon\u201d et du \u201cmauvais\u201d pauvre.Les bons sont ceux qui ont un handicap ou un problème de santé mentale ; ils font pitié.Les autres, \u201cqu\u2019ils se trouvent une job !\u201d» «Dans six ans, quand on va analyser l\u2019impact de ce plan d\u2019action, on se rendra compte qu\u2019il a eu le même impact que les deux précédents, poursuit-il.Oui, le Québec fait partie des nations où il fait le mieux vivre, mais les grandes aiguilles qui nous indiquent les taux de pauvreté n\u2019auront pas bougé, parce qu\u2019on ne met pas en place des mesures str uctu- rantes majeures.» Aucun mot ne s\u2019y trouve sur le salaire minimum et les services publics, déplore-t-il.«Tout est axé sur l\u2019idée du travail.C\u2019est la marque du ministre Blais.» M.Petitclerc soutient par ailleurs que le gouvernement induit la population en erreur en affirmant qu\u2019il sortira 100 000 personnes de la pauvreté.« Même quand tu satisfais tes besoins de base, tu n \u2019es pas sor ti de la pauvreté.» Québec améliore plutôt le sort de ces personnes, nuance-t-il.Inégalités de pauvreté Au Front commun des personnes assistées sociales du Québec (FCPASQ), le coordonnateur Yann Tremblay-Marcotte s\u2019est dit « outré » par le plan de Québec.Tout comme M.Petitclerc, il estime que les mesures adoptées par le gouvernement ne feront qu\u2019accroître les inégalités entre les personnes qui ont une contrainte à l\u2019emploi et celles qui n\u2019en ont pas.« Le ministre Blais ne s\u2019en cache même pas : pour lui, ce n\u2019est pas important que les personnes aptes répondent à leurs besoins de base ; ils n\u2019ont qu\u2019à se trouver un emploi.Mais on ne leur garantit pas des conditions décentes pour le faire.» M.Tremblay-Marcotte remet en question les critères définissant si une personne est considérée comme étant apte ou non à l\u2019emploi.« Sur le ter rain, les gens sont considérés comme aptes jusqu\u2019à preuve du contraire.Une personne analphabète n\u2019est pas considérée comme inapte, alors que de plus en plus d\u2019emplois demandent un secondaire 5 », mentionne- t-il en exemple.Selon M.Tremblay-Marcotte, « des mesures simples, pas très coûteuses » auraient par ailleurs dû être prises dans le plan d\u2019action, notamment afin que les mères monoparentales n\u2019aient plus à déduire la pension alimentaire qu\u2019elles reçoivent de leur revenu, comme c\u2019est le cas actuellement, ou encore afin d\u2019augmenter la limite du gain de travail permis, établie à 200 $ par mois depuis 1994.«Exercice de marketing» Le ministre Blais a défendu dimanche soir la mesure favorisant les bénéficiaires de l\u2019aide sociale ayant une contrainte sévère à l\u2019emploi.« Il faut maintenir une différence entre le travail et le non-travail.Aucune société dans le monde ne fait pas cette distinction.» Québec solidaire a pour sa part dénoncé cette «vieille mentalité où on distingue les bons des mauvais pauvres».Son co-porte-parole, Gabriel Nadeau-Dubois, a qualifié le plan du Parti libéral d\u2019«exercice de marketing» en entrevue au Devoir.Le Parti québécois tiendra un point de presse lundi pour réagir aux mesures contenues dans le plan.Mais déjà avant la présentation de celui- ci, le porte-parole en matière de lutte contre la pauvreté, Harold Lebel, a dénoncé sur sa page Facebook le «déficit de courage et d\u2019ambition» du ministre Blais.«Le gouvernement ne pèche pas par excès d\u2019ambition : s\u2019il rencontre ses objectifs, seules 100 000 des 800 000 personnes qui vivent sous le seuil de pauvreté verront leur sort s\u2019améliorer », a-t-il écrit.La Coalition avenir Québec réagira pour sa part au cours des prochains jours, après avoir pris connaissance du plan, a fait savoir l\u2019attaché de presse Samuel Poulin.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 PAUVRETÉ JACQUES NADEAU LE DEVOIR "]
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