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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2017-12-13, Collections de BAnQ.

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[" V O L .C V I I I N o 2 8 4 L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 1 3 D É C E M B R E 2 0 1 7 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S AUJOURD\u2019HUI Culture \u203a Salmigondis galactique.Star Wars, épisode VIII.Les derniers Jedi souffre d\u2019une construction épisodique dénuée d\u2019un arc dramatique fort.La critique de François Lévesque.Page B 8 Avis légaux.B 2 Décès.B 4 Météo.A 4 Mots croisés.B 6 Petites annonces .B 4 Sudoku.B 6 ?w w w .l e d e v o i r .c o m K A R L R E T T I N O - P A R A Z E L L I M ême si les musulmans forment aujourd\u2019hui près du quar t de la population mondiale, ils sont toujours peu ou mal représentés dans l\u2019univers du jeu vidéo, l\u2019une des plus impor tantes industries culturelles de notre époque.À Montréal, un concepteur d\u2019origine irakienne tente de sensibiliser ses collègues à la diversité du monde musulman, pour que les jeux qu\u2019ils produisent permettent de lutter petit à petit contre l\u2019islamophobie.Dans une salle du Palais des congrès de Montréal, une trentaine de représentants de l\u2019industrie du jeu vidéo sont venus écouter mardi les conseils d\u2019Osama Dorias dans le cadre du MIGS, le Sommet international du jeu vidéo de Montréal.Sur scène, ce designer de jeu senior chez JEUX VIDÉO Des musulmans autrement que stéréotypés L\u2019industrie doit s\u2019ouvrir à la diversité, dit le concepteur Osama Dorias BLIZZARD Tiré du jeu Overwatch PREMIÈRE BORDÉE DE NEIGE JACQUES NADEAU LE DEVOIR Entrée remarquée de l\u2019hiver à Montréal et sur une bonne partie de la province.Il valait mieux se déplacer à pied mardi alors que plus de 20 centimètres de neige se sont accumulés.Jusqu\u2019à jeudi, les précipitations pourraient varier entre 15 et 50 centimètres selon les régions, prévient Environnement Canada.M A R I E V A S T E L Correspondante parlementaire à Ottawa N on seulement le gouvernement canadien boude-t-il Boeing pour l\u2019achat de sa flotte intérimaire d\u2019avions de chasse, mais Ottawa pourrait en outre exclure l\u2019entreprise américaine du fructueux contrat qui livrera au Canada sa prochaine génération de chasseurs.Un tout nouveau critère s\u2019est ajouté au processus d\u2019appel d\u2019offres lancé mardi par le gouvernement Trudeau : l\u2019entreprise retenue ne devra pas «nuire » aux intérêts économiques du Canada.Un aver tissement à peine voilé au géant Boeing.L\u2019entreprise américaine s\u2019est vu confirmer, mardi, que son Super Hornet ne sera finalement pas l\u2019appareil retenu pour aider l\u2019Aviation royale canadienne en attendant qu\u2019Ottawa choisisse sa prochaine flotte d\u2019avions de chasse.Le gouvernement canadien achètera plutôt 18 appareils d\u2019occasion F-18 au gouvernement australien.Ce n\u2019était cependant pas la seule mauvaise nouvelle de la journée pour Boeing.Les ministres de Justin Trudeau dépêchés pour présenter le processus d\u2019appel d\u2019of fres pour l\u2019achat de 88 nouveaux chasseurs ont bien pris soin d\u2019éviter de prononcer le nom de FLOTTE D\u2019AVIONS Ottawa modifie les règles de l\u2019appel d\u2019offres Un soumissionnaire qui nuit aux intérêts économiques du pays sera pénalisé M A R C O F O R T I E R L\u2019 organisme Jeunesse au Soleil, véritable institution pour les personnes démunies, est sur le point de perdre le bâtiment qu\u2019il occupe depuis plus de trois décennies sur le Plateau Mont-Royal.La Commission scolaire de Montréal (CSDM), propriétaire de l\u2019édifice, compte reprendre le bâtiment dans le but de reloger temporairement les élèves de l\u2019école FACE, qui a besoin de rénovations de plus de 100 millions de dollars.Selon ce que Le Devoir a appris, les Jeunesse au Soleil devra se chercher un nouveau toit La CSDM, en manque d\u2019écoles, va récupérer l\u2019édifice qu\u2019elle loue à l\u2019organisme Cour suprême Richard Wagner nommé juge en chef Page A 3 Énergies fossiles La Banque mondiale ferme le robinet Page A 5 Crise humanitaire aggravée en République démocratique du Congo Page B 4 VOIR PAGE A 8 : AVION VOIR PAGE A 8 : JEUNESSE VOIR PAGE A 8 : MUSULMANS Boeing, qui a déjà perdu la vente de 15 appareils, dit qu\u2019elle réagira à la décision canadienne en temps et lieu L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 1 3 D É C E M B R E 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 2 Jardinage \u2022 Travail du bois \u2022 Quincaillerie \u2022 Maison pour les commandes de 40 $ et plus passées les 13 et 14 décembre 2017 Feuilletez notre catalogue Noël 2017 dans ce numéro.Vous y trouverez des idées-cadeaux pour tous les goûts.DEUX JOURS SEULEMENT LIVRAISON GRATUITE leevalley.com 1 800 461-5053 Sac réutilisable gratuit avec votre commande H É L È N E B U Z Z E T T I Correspondante parlementaire à Ottawa I ls ont beau n\u2019avoir remporté qu\u2019un seul des quatre sièges qui étaient en jeu lundi soir aux élections partielles fédérales, les conservateurs y voient matière à se réjouir.Leur part du vote s\u2019est maintenue ou a augmenté partout, fait valoir leur chef, alors que celle du Nouveau Parti démocratique a diminué.« Il y a beaucoup de raisons d\u2019être optimiste, a soutenu le chef conservateur Andrew Scheer.Nous avons augmenté notre part du vote dans beaucoup de régions.» Selon M.Scheer, « les libéraux se sont tellement déplacés vers la gauche pour ravir les appuis du NPD que cela of fre aux conservateurs l\u2019occasion de tendre la main aux Canadiens qui trouvent que les libéraux ne les représentent plus.» Des quatre sièges où se tenait une élection lundi, deux étaient auparavant occupés par des libéraux et deux par des conservateurs.Les libéraux ont conser vé leurs acquis à Terre- Neuve et en Ontario et ont pris aux conservateurs leur siège en Colombie-Britannique.Andrew Scheer n\u2019a gardé que sa circonscription de Saskatchewan.Le chef libéral se disait ravi des résultats.«Le message qu\u2019on a à partager avec les Canadiens a été bien reçu et continue d\u2019être bien reçu», a dit Justin Trudeau.Dans Surrey-Sud\u2013White Rock, en Colom- bie-Britannique, le libéral Gordie Hogg a réussi à se faire élire avec 48 % des suffrages, juste devant l\u2019ancienne ministre conser va- trice Kerry-Lynne Findlay (42 %) qui tentait un retour.S\u2019il s\u2019agit d\u2019une perte pour le Parti conservateur, sa part d\u2019appuis y est restée presque la même que celle obtenue à l\u2019élection générale de 2015 (44 %).Ce sont surtout les appuis néodé- mocrates qui ont fléchi, de 10% à 5%.Baisse des appuis néodémocrates Le scénario s\u2019est répété à travers le pays.Si le Parti conservateur n\u2019a pas gagné dans Bona- vista-Burin-Trinity, à Terre-Neuve, ou dans Scarborough Agincourt, en Ontario, sa part du vote dans les deux cas a augmenté par rapport au scrutin de 2015.À Terre-Neuve, où l\u2019augmentation a été la plus marquée, le conservateur Mike Windsor a obtenu près de 23 % des voix, alors que son parti n\u2019en avait eu que 10 % il y a deux ans.Il faut dire que la députée libérale sortante, Judy Foote, était une vedette qui avait récolté plus de 80 % des suffrages en 2015.Son départ a laissé un peu de marge de manœuvre à l\u2019opposition.Par contre, le NPD n\u2019en a pas tiré profit.Il a obtenu 4,7 % des voix, contre 7,3 % en 2015.Même chose dans la circonscription onta- rienne, où le parti de Jagmeet Singh a obtenu 5 % des voix, contre 8 % en 2015.« C\u2019est clair qu\u2019on a une transition en ce moment pour déterminer comment la nouvelle équipe peut s\u2019attaquer aux lacunes auxquelles on a fait face à l\u2019élection de 2015.Il y a encore beaucoup de travail à faire », selon le député néodémocrate Matthew Dubé.Selon lui, il faut éviter de tirer des conclusions, car le NPD est traditionnellement faible dans ces quatre circonscriptions.Mais l\u2019élection du nouveau chef Jagmeet Singh ne devait- elle pas justement permettre au parti de pénétrer dans la grande région torontoise (dont fait partie Scarborough Agincourt) ou dans des villes multiculturelles (comme Surrey, où 4,5 % de la population est sikhe) ?« La réalité est que M.Singh a décidé de travailler beaucoup plus le terrain et de bonifier la liste de membres, de faire du financement.Ça ne se reflète pas nécessairement dans les sondages immédiatement.[\u2026] Ce sera un marathon plutôt qu\u2019un sprint», a répondu M.Dubé.Le Devoir ÉLECTIONS PARTIELLES Les néodémocrates perdent du terrain Les libéraux font des gains aux dépens du parti de Jagmeet Singh DARRYL DYCK LA PRESSE CANADIENNE Le libéral Gordie Hogg a ravi lundi aux conservateurs la circonscription de Surrey-Sud\u2013White Rock, en Colombie-Britannique.La charte des voyageurs ne sera pas adoptée avant Noël Ottawa \u2014 Le projet de loi C-49, qui jette les bases pour l\u2019élaboration d\u2019une charte des voyageurs, ne sera pas adopté avant Noël, a fait savoir mardi le sénateur Dennis Dawson au ministre des Transports Marc Garneau.Ce dernier avait invité les sénateurs à procéder à l\u2019étude du projet de loi le plus rapidement possible dans l\u2019espoir de pouvoir présenter en 2018 les règlements qui définiront cette Déclaration pour les droits des passagers.Cette charte doit clarifier les responsabilités des transporteurs aériens envers leurs passagers.Après son adoption, la charte devra être rédigée par l\u2019Office des transports du Canada, qui lancera ensuite des consultations.Les voyageurs devront donc patienter encore des mois avant d\u2019être adéquatement protégés.La Presse canadienne Marijuana : Couillard et Wynne se disent satisfaits de l\u2019entente Toronto \u2014 Le premier ministre Philippe Couillard s\u2019est dit satisfait, mardi, de l\u2019entente intervenue la veille entre les provinces et Ottawa quant à la répartition des revenus générés par la taxe d\u2019accise sur la marijuana, lorsque celle-ci sera légalisée l\u2019été prochain.En point de presse à Toronto, M.Couillard s\u2019est dit «satisfait de l\u2019entente de répartition des revenus de la taxe d\u2019accise».Il a ajouté que son gouvernement va maintenant travailler avec les municipalités pour établir un partage de ces sommes «de façon à ce que leurs responsabilités soient prises en compte également».La Presse canadienne REM: la requête des opposants est rejetée Revers pour la coalition qui souhaitait suspendre la construction du Réseau électrique métropolitain (REM).La Cour supérieure du Québec a rejeté mardi la requête de cette coalition de groupes environnementaux et de citoyens qui plaidait que le processus de consultation de la Caisse de dépôt et placement du Québec avait été «vicié ».Elle souhaitait ainsi reprendre l\u2019évaluation environnementale, devant le Bureau d\u2019audiences publiques du Québec (BAPE).Ce Bureau avait estimé que les données étaient incomplètes pour évaluer l\u2019ensemble des impacts sur les milieux naturels.Le Devoir L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 1 3 D É C E M B R E 2 0 1 7 ACTUALITES A 3 S\u2019 il existe une circonscription type que les conservateurs d\u2019Andrew Scheer auront besoin de remporter en 2019 pour détrôner les libéraux, ce pourrait bien être South-Surrey\u2013White Rock, en banlieue de Vancouver.L\u2019électorat y est plutôt blanc et\u2026 conservateur.La population ayant plus de 65 ans compte pour le quart des électeurs.Sous Stephen Harper, les conservateurs ont toujours remporté la circonscription, sauf en 2015.Avec des frontières quelque peu modifiées, la candidate conservatrice a alors eu une courte victoire sur sa rivale libérale.Avec maintenant 30 % des résidants issus de l\u2019immigration, la circonscription n\u2019est plus un château fort conservateur.Mais dans les bonnes conditions, elle devrait pencher vers le PCC.Bref, South-Surrey\u2013White Rock fait partie d\u2019une quarantaine de circonscriptions à travers le pays qui détermineront fort probablement le gagnant du scrutin fédéral en 2019.Or, la victoire libérale dans l\u2019élection complémentaire de lundi dans cette circonscription constitue un revers majeur pour M.Scheer, qui doit l\u2019inquiéter bien plus que la défaite conser vatrice aux mains des troupes du premier ministre Justin Trudeau dans la circonscription de Lac-Saint- Jean au mois d\u2019octobre.Sans être fatidique, la défaite conservatrice de lundi démontre au minimum que M.Scheer demeure un grand inconnu pour les électeurs.S\u2019il est dif ficile en tout temps de concurrencer un premier ministre en fonction, M.Trudeau présente un défi singulier pour ses adversaires.Jamais depuis le règne de son propre père un premier ministre n\u2019aura autant fait courir les foules.Les deux visites que M.Trudeau a ef fectuées dans South-Surrey\u2013White Rock lors de la brève campagne en vue de l\u2019élection partielle ont attiré beaucoup plus l\u2019attention que celles que M.Scheer a faites dans la circonscription.En plus d\u2019avoir un candidat bien connu et apprécié du public, les libéraux pouvaient compter sur l\u2019aura de M.Trudeau pour noyer toutes les critiques à l\u2019endroit du PLC.M.Scheer a gagné la chef ferie du Par ti conservateur du Canada en mai dernier en misant sur sa double image de anti-Harper et anti- Trudeau.Plus souriant et chaleureux que son prédécesseur, M.Scheer s\u2019est présenté en tant que bon père de famille croyant qui s\u2019identifiait bien plus aux préoccupations de la classe moyenne que le riche et célèbre M.Trudeau ne saura jamais le faire.Si c\u2019était juste assez pour convaincre les membres du PCC, qui l\u2019ont à peine préféré à Maxime Bernier, M.Scheer n\u2019a pas pour autant pénétré l\u2019esprit collectif durant ou depuis la course à la direction.Bien sûr, la base conservatrice demeure intacte à autour 30% de l\u2019électorat, et le PCC jouit d\u2019une certaine embellie en Ontario découlant en partie de l\u2019impopularité des libéraux provinciaux de la première ministre Kathleen Wynne.Mais le visage plus gentil (kinder and gentler, dans le lexique politique) que présente M.Scheer n\u2019a pas pour autant fait oublier les grimaces de M.Harper.Les femmes boudent encore le PCC.L\u2019avance des libéraux chez les électrices, à autour quinze points de pourcentage dans les sondages, n\u2019a presque pas bougé depuis 2015.Les attaques en règle que les conservateurs mènent depuis des semaines contre le ministre maintenant en sursis des Finances Bill Mor- neau \u2014 M.Scheer est allé aussi loin que de demander sa démission \u2014 semblent n\u2019avoir rien fait pour aider la candidate du PCC dans South- Surrey\u2013White Rock, une ancienne députée et ministre sous M.Harper.Au contraire, elles ont rappelé les tactiques de la terre brûlée qui ont tellement déplu aux Canadiens durant l\u2019ère Harper.Si on peut critiquer le jugement et la performance de M.Morneau en tant que ministre, il est d\u2019une mesquinerie déplorable que de le traiter de malhonnête ou de profiteur alors que son vrai crime serait plutôt d\u2019être néophyte en politique.Les derniers jours de la campagne en South- Surrey\u2013White Rock ont démontré jusqu\u2019à quel point les conservateurs n\u2019ont pas abandonné leurs vieilles habitudes en misant sur la peur des gens.Dans une circonscription qui longe la frontière américaine, la candidate conservatrice Kerry-Lynne Findlay parlait sans cesse de l\u2019immigration illégale et du retour au Canada des combattants du groupe État islamique pour souligner le manque de rigueur des libéraux en matière de sécurité.Les conservateurs ont même sorti une vieille histoire datant de l\u2019époque où le candidat libéral Gordon Hogg fut directeur d\u2019une prison dont un rescapé avait commis un viol dans la communauté.«Les libéraux semblent se préoccuper davantage des droits des criminels que des gens innocents qui vivent dans la communauté », a laissé tomber M.Scheer lors de sa dernière visite dans la circonscription.M.Harper aurait approuvé.Andrew Scheer, le faux changement KONRAD YAKABUSKI H É L È N E B U Z Z E T T I Correspondante parlementaire à Ottawa R ichard Wagner a été confirmé mardi dans le poste de juge en chef de la Cour suprême du Canada, soulageant du coup bien des Québécois qui demandaient que le principe d\u2019alternance entre des juges de tradition civiliste et de common law soit respecté.La Cour hérite d\u2019un leader qui n\u2019a pas peur de la dissidence et dont les prises de position variées le rendent difficile à cataloguer.« Il a l\u2019intégrité, la sagesse et la capacité de travailler en collégialité qui sont nécessaires pour le juge en chef de la Cour suprême du Canada», a expliqué la ministre de la Justice Jody Wilson-Raybould.« Son bilinguisme permettra aux gens d\u2019être entendus dans les deux langues officielles », a-t-elle aussi ajouté.La ministre a cependant refusé de dire que le principe d\u2019alternance avait pesé dans la balance.Depuis la Seconde Guerre mondiale, les juges en chef de la Cour suprême proviennent tour à tour du Québec puis du reste du Canada.Il n\u2019y a eu qu\u2019une seule exception à cette alternance entre deux traditions juridiques.Les députés libéraux Denis Paradis et Nicola Di Iorio avaient fait une sortie publique dans Le Devoir il y a quelques semaines pour demander à leur premier ministre de respecter ce principe.M.Paradis est heureux de la nomination.« Je pense que le caucus est écouté », a-t-il dit.La ministre de Patrimoine Canada, Mélanie Joly, s\u2019est dite fière d\u2019avoir «un juge en chef de tradition civiliste».«Comme ministre du Québec, je ne peux que me réjouir de la décision du premier ministre.» Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, a parlé d\u2019«un développement qui est heureux et qu\u2019on salue positivement».Le bâtonnier du Québec, Paul-Matthieu Grondin, s\u2019est lui aussi réjoui que le «principe » de l\u2019alternance ait été respecté, principe que le Barreau du Québec avait senti le besoin de réitérer.M.Grondin a croisé M.Wagner au cours de sa carrière.« Il a l\u2019humilité qui caractérise souvent l\u2019excellence, dit-il.C\u2019est quelqu\u2019un de très affable, qui va à la rencontre des gens, qui prononce beaucoup de conférences et qui n\u2019est pas dans le moule qu\u2019on s\u2019imagine parfois des juges comme étant inaccessibles.» Des dissidences et des unanimités Richard Wagner, 60 ans, pourra théoriquement rester à la tête de la Cour suprême pendant 15 ans, soit jusqu\u2019à ce qu\u2019il atteigne l\u2019âge obligatoire de la retraite.Celle qu\u2019il remplacera à compter de lundi, Beverley McLachlin, était en poste depuis 2000.M.Wagner a été nommé au plus haut tribunal du pays par Stephen Harper en octobre 2012.Depuis, il a signé un certain nombre de dissidences.Quand la Cour suprême a blanchi Gabriel Nadeau-Dubois en 2016 (qui était accusé d\u2019outrage au tribunal pour avoir continué d\u2019inviter les carrés rouges à faire respecter les mandats de grève étudiante malgré une injonction obtenue par le carré vert Jean-François Morasse), M.Wagner s\u2019est inscrit en faux.Selon lui, les propos tenus par le leader étudiant sur RDI démontraient qu\u2019il connaissait l\u2019existence de l\u2019injonction et qu\u2019il l\u2019a donc ignorée consciemment.En janvier 2015, la Cour suprême accordait une victoire importante au mouvement syndical en invalidant une loi sur les services essentiels en Saskatchewan qui donnait le plein pouvoir à la partie patronale.M.Wagner avait dénoncé « la constitutionnalisation du droit de grève [\u2026] qui favorise les intérêts des salariés au détriment de ceux des employeurs, voire du public».Toujours en 2015, la Cour suprême avait invalidé une peine minimale instaurée par Stephen Harper sur la possession d\u2019armes automatiques ou prohibées au motif que, dans des «situations hypothétiques raisonnables», par exemple une veuve héritant des armes de son mari et oubliant de les enregistrer, la peine serait démesurée.M.Wagner avait démoli cette thèse, qui ne reposait pas à son avis sur le «bon sens».Un juge aux valeurs conservatrices, alors?Pas nécessairement.Richard Wagner a aussi signé une dissidence en 2015 reconnaissant que les lois albertaines devraient être traduites en français.Il s\u2019est aussi opposé, comme les deux autres juges québécois et Rosalie Abella, à la majorité de la Cour qui autorisait Ottawa à détruire les données contenues dans le registre des armes à feu plutôt que de les remettre au Québec.M.Wagner a aussi adhéré aux jugements unanimes de la Cour autorisant l\u2019aide médicale à mourir, décriminalisant certaines activités prostitutionnelles et invalidant la réforme unilatérale du Sénat que Stephen Harper voulait imposer.Il a aussi signé avec la majorité le jugement interdisant la nomination de Marc Nadon comme juge du Québec parce qu\u2019il provenait d\u2019une cour fédérale.«Ce n\u2019est pas un abonné à la dissidence, soutient Paul-Matthieu Grondin.On ne peut pas dire qu\u2019il a cette réputation.» Le Devoir Le Québécois Richard Wagner nommé juge en chef de la Cour suprême SEAN KILPATRICK LA PRESSE CANADIENNE M A R I E - M I C H È L E S I O U I Correspondante parlementaire à Québec Le Barreau du Québec s\u2019inquiète d\u2019une brèche dans la Loi sur l\u2019indemnisation des victimes d\u2019actes criminels (LIVAC) qui permettrait de tenir compte du comportement d\u2019une victime d\u2019agression sexuelle dans la décision de lui accorder, ou non, une compensation financière.Parmi sept recommandations qu\u2019il a adressées au gouvernement mardi, le Barreau demande que la LIVAC soit modifiée «afin de s\u2019assurer que les demandes d\u2019indemnisation en cette matière soient accordées sans égard au comportement de la victime d\u2019agression sexuelle».Le concept de « faute lourde » prévu dans la LIVAC permet actuellement à un juge de refuser une indemnisation si la victime a « contribué à ses blessures ou à sa mort » par son comportement.« Pour l\u2019instant, ça pourrait théoriquement être utilisé [dans les cas d\u2019agression sexuelle] et on ne veut pas que cette possibilité- là existe », a déclaré le bâtonnier Paul-Matthieu Grondin dans un entretien avec Le Devoir.Dans la pratique, la « faute lourde » est le plus souvent utilisée pour refuser des demandes d\u2019indemnisation à des membres de groupes criminels qui sont victimes de voies de fait, puisque la LIVAC considère que ceux-ci se sont mis « dans une position où les chances étaient très élevées » d\u2019être blessés par un acte criminel, selon son site Web.Mais en théorie, étant donné « la façon dont c\u2019est rédigé actuellement, ça pourrait être [utilisé dans les cas d\u2019agression sexuelle], parce que le concept de faute lourde s\u2019applique à tous les crimes, peu importe le crime », a indiqué Me Grondin.Depuis la réforme du Code criminel canadien, en 1983, la «réputation sexuelle» d\u2019une victime est inadmissible en preuve dans un procès pour agression sexuelle.Or la LIVAC est un régime d\u2019indemnisation public, « et c\u2019est dif férent du modèle criminel», a reconnu Me Grondin.Le groupe de réflexion mis sur pied par le Barreau du Québec a par ailleurs recommandé au gouvernement d\u2019implanter le modèle de Phi- ladelphie « rapidement » dans l\u2019ensemble des corps policiers du Québec, en plus d\u2019augmenter le financement des organismes qui accompagnent les victimes d\u2019agression sexuelle.La Sûreté du Québec (SQ) et le Service de police de la Ville de Gatineau ont instauré ce modèle, qui intègre les organismes d\u2019aide aux victimes dans un processus de révision des plaintes pour agression sexuelle.Au cabinet du ministre de la Sécurité publique, on rappelle que le projet-pilote avec la SQ doit durer une année, au terme de laquelle « on évaluera la possibilité d\u2019étendre cette pratique à l\u2019ensemble des corps policiers du Québec».Le Barreau souhaite également que le Code civil soit modifié «afin de prévoir l\u2019imprescripti- b i l i té des act ions pour les agressions sexuelles », comme le réclame la Coalition avenir Québec.Le délai de prescription pour ce type de crime est passé à 30 ans en 2013.« Nous, on dit : tant qu\u2019à faire 30 ans, enlevons- le complètement», a déclaré Me Grondin.Québec n\u2019entend pas suivre cette voie.«La solution québécoise est beaucoup plus vaste et touche non seulement les agressions sexuelles, mais également la violence envers les enfants et la violence conjugale», a fait valoir Isabelle Marier St-Onge, attachée de presse de la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, en soulignant que le délai de prescription pour tous ces crimes est désormais de 30 ans.Le Devoir AGRESSIONS SEXUELLES Des victimes pourraient être exclues de la LIVAC ADRIAN WYLD LA PRESSE CANADIENNE Richard Wagner Légiférer sur le bilinguisme Le Comité permanent des langues officielles, auquel siègent une majorité de députés libéraux, recommande au gouvernement de ne plus s\u2019en remettre au bon vouloir du premier ministre du jour pour garantir la nomination de juges bilingues à la Cour suprême du Canada.Le comité recommande de légiférer.Il suggère de modifier la Loi sur les langues officielles, qui exige déjà des autres tribunaux du pays que les juges comprennent la langue dans laquelle se déroule le procès.Le gouvernement de Justin Trudeau a voté contre une loi exigeant le bilinguisme des juges au motif que cela s\u2019apparenterait à une modification constitutionnelle nécessitant l\u2019aval des provinces.Le président du comité, le libéral Denis Paradis, soutient que les témoins experts consultés n\u2019avalisent pas cette thèse.Le nouveau chef conservateur a les mêmes réflexes que l\u2019ancien Lire aussi \u203a Plus qu\u2019une tradition.L\u2019éditorial de Manon Cornellier.Page A 6 P I E R R E S A I N T - A R N A U D L e Québec fait figure de cancre canadien en matière d\u2019investissements en éducation.Les données rendues publiques par Statistique Canada mardi démontrent que le Québec est la province qui investit le moins par élève lorsqu\u2019on combine l\u2019enseignement primaire, secondaire et postsecondaire, soit un total de 33 005 $US par étudiant, comparativement à la moyenne canadienne, qui se situe à 36 252 $US.En fractionnant les chif - fres, on constate que le Québec vient au huitième rang parmi les provinces pour ce qui est des investissements par élève aux niveaux pri - maire et secondaire (10 221 $ US), mais ce sont les investissements au niveau universitaire (22 784 $US) qui le font chuter au dernier rang pour l\u2019investissement total.Le Québec peut toutefois se consoler du fait qu\u2019il se situe \u2014 tout comme le Canada \u2014 bien au-dessus de la moyenne des pays de l\u2019Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), qui est de 26 163 $US.Cependant, puisqu\u2019il s\u2019agit d\u2019une moyenne, tant le Canada que le Québec se si - tuent derrière les deux plus grands invest isseurs de l\u2019OCDE que sont les États-Unis (41 504 $US) et le Royaume- Uni (36 512 $US).C\u2019est Terre-Neuve-et-Labra- dor qui arrive au premier rang avec des investissements totalisant 44 993 $US par étudiant, suivie de la Saskatchewan (44 607 $US) et de l\u2019Alber ta (43 458 $US).De manière segmentée, Terre-Neuve-et-Labrador occupe le premier rang au niveau postsecondaire, alors que la Saskatchewan a cette distinction aux niveaux primaire et secondaire.À l\u2019opposé, la Colombie-Britannique vient au dixième rang des investissements par élève de niveaux primaire et secondaire (8838 $US) et l\u2019Île-du- Prince-Édouard au neuvième, avec une somme moyenne de 10 163$US par élève.Les enseignants moins bien payés De manière parallèle, les enseignants québécois sont les moins bien payés au pays.Ainsi, un enseignant à temps plein au premier cycle du secondaire gagnera 42 407 $CAN en début de carrière, comparativement à la moyenne nat ionale de 52 064 $CAN, et verra son salaire atteindre 75 956 $CAN au sommet de l\u2019échelle salariale, alors que la moyenne canadienne se situe à 87 202 $CAN.Seul le Nouveau-Brunswick se situe aussi sous la barre des 80 000 $CAN au sommet de l\u2019échelle, à 76 753 $CAN.À l\u2019opposé, c\u2019est dans les Territoires du Nord-Ouest \u2014 où le salaire d\u2019entrée de 76 311 $CAN est supérieur au sommet de l\u2019échelle québécoise \u2014 qu\u2019un enseignant aura la meilleure rémunération au sommet de l\u2019échelle, soit 108 624 $CAN.À l\u2019échelle internationale, le Canada fait bonne figure puisque le salaire moyen de 65 621 $US après 15 ans d\u2019enseignement au premier cycle du secondaire le place au quatrième rang des 35 pays de l\u2019OCDE.Les enseignants canadiens ne sont devancés que par leurs vis-à-vis du Luxembourg (113 136 $US), de l\u2019Allemagne (74 078 $US) et des Pays-Bas (69 268 $US).Un Canada bien éduqué Les données de l\u2019agence fédérale nous apprennent par ail leurs que le Canada n\u2019a rien à envier aux autres pays de l\u2019OCDE quant au niveau d\u2019éducation de ses citoyens, alors que 91 % des Canadiens âgés de 25 à 64 ans sont titulaires au minimum d\u2019un diplôme d\u2019études secondaires ou d\u2019une attestation d\u2019études postsecondaires.La moyenne des pays de l\u2019OCDE se situe à 78 % et seules la République tchèque (94 %) et la Pologne (92 %) le devancent à ce chapitre, alors que les États-Unis sont à l\u2019équivalence à 90 %.De manière plus ciblée, plus de deux Canadiens sur trois (68%) détiennent un diplôme d\u2019études postsecondaires, soit un niveau de loin supérieur à la moyenne des pays de l\u2019OCDE qui se situe à 42%.Par contre, 12% des jeunes Canadiens de 15 à 29 ans n\u2019étaient ni aux études, ni en emploi, ni en formation.Bien que ce pourcentage soit inférieur à la moyenne de 14% af fichée par l\u2019OCDE, il est comparable à ceux du Royaume-Uni et des États- Unis et supérieur à celui de l\u2019Allemagne et du Japon, qui se si tuent à 10% dans les deux derniers cas.La Presse canadienne L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 1 3 D É C E M B R E 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 4 Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 J E A N N E C O R R I V E A U D es groupes qui militent en faveur de saines habitudes de vie espèrent que la décision du conseil municipal de Montréal de bannir les boissons sucrées dans ses édifices inspirera d\u2019autres municipalités et incitera le gouvernement du Québec à agir dans le même sens.« Certaines municipalités disent que la santé n\u2019est pas de responsabilité municipale.Montréal a prouvé le contraire hier », s\u2019est réjoui Kevin Bilo- deau, directeur des relations gouvernementales à la Fondation des maladies du cœur et de l\u2019AVC.M.Bilodeau applaudit au geste des élus montréalais qui, lors de l\u2019assemblée du conseil municipal lundi, ont convenu d\u2019éliminer progressivement les boissons sucrées dans les bâtiments municipaux et de demander au gouvernement fédéral de taxer ces produits.«C\u2019est la preuve que les élus disposent de moyens législatifs qui peuvent sauver des vies.Les boissons sucrées, ce n\u2019est pas banal.Ça n\u2019a aucun apport nutritif.Ce sont des bonbons liquides.Une cannette de Coke, c\u2019est pratiquement 10 cuillères à café de sucre.C\u2019est sournois », dit-il en évoquant les risques pour la santé.Directrice de la Coalition québécoise sur la problématique du poids, Corinne Voyer abonde dans le même sens.Mais elle doute fort que la Ville en vienne à empêcher un citoyen d\u2019apporter une boisson gazeuse pour la consommer dans un aréna, comme cela a été évoqué lundi.«On va commencer à toucher aux droits de la personne.Le but, ce n\u2019est pas d\u2019éliminer complètement ce produit de l\u2019offre alimentaire.Ce qu\u2019on veut, c\u2019est lui redonner une place plus raisonnable», explique-t-elle.Deux arrondissements mont- réalais ont déjà banni les boissons sucrées dans les installations, soit Côte-des-Neiges\u2013 Notre-Dame-de-Grâce et Saint- Laurent.Dans les écoles de la Commission scolaire de Montréal, les boissons sucrées ont disparu depuis plusieurs années.Ce n\u2019est pas le cas des universités, qui dans certains cas ont même des contrats d\u2019exclusivité avec des entreprises telles que Coca-Cola ou Pepsi.Politique de prévention en santé L\u2019exemple de la Ville de Montréal pourrait pousser d\u2019autres instances à agir, d\u2019autres villes, mais peut-être aussi le gouvernement du Québec, espère Corinne Voyer.Les organisations qui militent pour une réduction de l\u2019accès aux boissons sucrées fondent beaucoup d\u2019espoir sur le dépôt imminent du plan d\u2019action qui accompagnera la politique gouvernementale de prévention en santé dévoilée en octobre 2016.Ce plan vise neuf cibles, dont la réduction de 10 % de la propor tion des fumeurs et l\u2019augmentation de 20 % de la proportion de jeunes de 12 à 17 ans actifs.« On travaille pour déposer le plan d\u2019action le plus rapidement possible », a assuré Bianca Boutin, attachée de presse de la ministre déléguée à la Santé publique et aux Saines habitudes de vie, Lucie Charlebois.La politique prévoyait un chantier sur la per tinence d\u2019une taxe sur les boissons sucrées au Québec, a-t-elle rappelé sans vouloir en dire davantage ou se prononcer sur la position prise par Montréal.L\u2019industrie déçue La motion adoptée par le conseil municipal est accueillie avec déception par les représentants de l\u2019industrie des boissons.«On est très déçus, d\u2019autant plus que les membres de notre association n\u2019ont pas été consultés ni d\u2019ailleurs d\u2019autres inter venants qui pourraient avoir un mot à dire», note Mar- tin-Pierre Pelletier, conseiller spécial de l\u2019Association canadienne des boissons.Des études ont démontré que la taxation n\u2019était pas un outil ef ficace pour contrer l\u2019obésité, affirme-t-il.« Les consommateurs sont de plus en plus sensibles à leur apport calorique.Ils font des choix dans leurs boissons et celles-ci sont moins caloriques.On n\u2019a pas besoin d\u2019une taxe», dit-il avant de souligner que, malgré ces constats, le taux d\u2019obésité continue d\u2019augmenter.Le Devoir SANTÉ PUBLIQUE Boissons gazeuses : Montréal fait des heureux Des organismes pro-santé souhaitent que d\u2019autres instances emboîtent le pas à l\u2019administration Plante JEFF CHIU ASSOCIATED PRESS Le conseil municipal de Montréal a convenu lundi d\u2019éliminer progressivement les boissons sucrées dans les bâtiments municipaux et de demander au gouvernement fédéral de taxer ces produits.S T É P H A N I E M A R I N L es minorités visibles \u2014 sur tout les Arabes et les Asiatiques occidentaux \u2014 se sentent moins en sécurité que les autres au pays, révélait mardi une analyse de Statistique Canada.Selon cette étude portant sur les perceptions des Canadiens à l\u2019égard de leur sécurité personnelle, réalisée sur la base des données de 2014, les personnes ayant affirmé appartenir à une minorité visible étaient moins susceptibles que les autres de déclarer se sentir tout à fait en sécurité lorsqu\u2019elles marchent seules dans leur voisinage quand il fait noir.Elles n\u2019étaient que 44 % à se sentir en sécurité, contre 54 % pour les Canadiens qui ne sont pas des minorités visibles.Cette notion de « perception de sécurité » est évidemment différente du taux réel de criminalité observé.Statistique Canada a bien noté que les habitants des grandes villes se sentent généralement moins en sécurité que ceux des petites localités, et que la majorité des personnes se décrivant comme minorités visibles résident dans les grands centres.Mais même en tenant compte de ce facteur, les minorités visibles étaient moins susceptibles de déclarer se sentir en sécurité que les autres.Parmi les différents groupes de minorités visibles, les Arabes (15 %) et les Asiatiques occidentaux \u2014 par exemple les Iraniens et les Afghans \u2014 (16 %) étaient les plus susceptibles d\u2019indiquer ne pas se sentir en sécurité lorsqu\u2019ils marchent seuls le soir.Chez les femmes arabes ou asiatiques occidentales, cette proportion était encore plus élevée, soit 25 %.En sécurité à Sherbrooke Il s\u2019agit d\u2019un changement par rappor t à il y a 10 ans, alors que les Arabes et les Asiatiques occidentaux af fichaient des sentiments de sécurité semblables à ceux des autres groupes de minorités visibles, note l\u2019organisme fédéral de statistiques.De même, parmi les principaux groupes religieux, les musulmans (14 %), en particulier les femmes musulmanes (21 %), étaient aussi les plus susceptibles de dire qu\u2019ils ne se sentaient pas très ou pas du tout en sécurité.De façon globale, les données de l\u2019Enquête sociale générale de 2014 sur la sécurité indiquent que la majorité des Canadiens se disent satisfaits (50 %) ou très satisfaits (38 %) de leur sécurité personnelle par rapport à la criminalité.Au Québec, 52 % sont satisfaits et 36 % sont très satisfaits.De façon générale, les résidants des provinces de l\u2019Atlantique et de l\u2019Ontario étaient les plus satisfaits de leur sécurité personnelle, alors que ceux des Prairies et des territoires l\u2019étaient moins.Au Québec, parmi les régions métropolitaines de recensement de plus de 100 000 habitants, les résidants de Sherbrooke étaient ceux qui se sentaient le plus en sécurité.Sherbrooke était uniquement devancée par les villes ontariennes de Guelph et de Kingston.La Presse canadienne SOCIÉTÉ Baisse du sentiment de sécurité des minorités visibles au pays ÉDUCATION Le bonnet d\u2019âne pour le Québec La province arrive bonne dernière au Canada pour les investissements par étudiant 33 005 $US Montant investi par élève au Québec lorsqu\u2019on combine l\u2019enseignement primaire, secondaire et postsecondaire.La moyenne canadienne se situe à 36 252 $US.JACQUES NADEAU LE DEVOIR L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 1 3 D É C E M B R E 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 5 A L E X A N D R E S H I E L D S à Paris L e One Planet Summit organisé à l\u2019initiative de la France a été ponctué mardi d\u2019appels de plus en plus pressants en faveur d\u2019une sor tie des énergies fossiles, passage obligé pour lutter ef ficace- ment contre les changements climatiques.Des acteurs majeurs du secteur financier, dont la Banque mondiale, ont d\u2019ailleurs annoncé leur intention de mettre un terme au financement des projets pétroliers et gaziers.« Les énergies fossiles appartiennent au modèle économique du passé.Elles ne sont plus la solution, elles sont le problème », a résumé le ministre français de la Transition écologique, Nicolas Hu- lot, dans le cadre de cet événement réunissant près de 4000 participants, dont des représentants de plus de 130 pays.Le ministre Hulot a d\u2019ailleurs montré du doigt l\u2019«hypocrisie » des acteurs politiques qui plaident en faveur d\u2019une décarbonisation de l\u2019économie et du secteur énergétique tout en maintenant les soutiens financiers aux énergies fossiles.« La cohérence impose de mettre un terme à cette contradiction», a-t-il insisté, en appelant à « la fin des subventions» au pétrole, au gaz naturel et au charbon.Le sommet d\u2019une journée, qui se tenait en banlieue de Paris, a été ponctué de plusieurs prises de parole en faveur d\u2019un virage ambitieux pour sor tir l\u2019humanité de sa dépendance aux énergies fossiles.Cer tains acteurs influents de l\u2019économie mondiale ont d\u2019ailleurs annoncé des gestes concrets en ce sens, parmi les diverses mesures dévoilées dans le cadre des différents ateliers.Banque mondiale L\u2019annonce la plus marquante est venue de la Banque mondiale, qui a fait savoir qu\u2019elle «cessera de financer les activités en amont du secteur pétrolier et gazier après 2019 ».Cela signifie que l\u2019institution ne financera plus les projets d\u2019exploration et d\u2019exploitation d\u2019énergies fossiles, un secteur où elle investit annuellement plus d\u2019un milliard de dollars.La Banque mondiale prévoit toutefois, « exceptionnellement », de maintenir son appui dans le cas où des projets permettraient « l\u2019accès à l\u2019énergie des pauvres et lorsque le projet est conforme aux engagements du pays au titre de l\u2019Accord de Paris».Les groupes environnementaux ont unanimement salué la décision de la Banque mondiale.Greenpeace y voit « un vote de non-confiance à l\u2019industrie des combustibles fossiles », tandis qu\u2019Équiterre a évoqué « un pas historique vers l\u2019atteinte des engagements de l\u2019Accord de Paris».Un pas qui est venu s\u2019ajouter à l\u2019annonce, plus tôt en journée, du retrait de l\u2019assureur français Axa (le plus important au monde) du secteur des sables bitumineux.L\u2019entreprise a également annoncé qu\u2019elle va quadrupler les investissements dans les énergies renouvelables d\u2019ici 2020.« Même les géants de ce monde comprennent que l\u2019heure est venue d\u2019investir dans les énergies renouvelables et d\u2019accélérer la transition mondiale vers les énergies propres.Nous souhaitons que le Canada fasse preuve du même leadership en éliminant les subventions aux énergies fossiles, qui s\u2019élèvent à 1,6 milliard de dollars chaque année au pays », a souligné le directeur principal d\u2019Équiterre, Steven Guilbeault.L\u2019ancien maire de New York Michael Bloomberg et le gouver neur de la banque d\u2019Angleter re Mark Carney ont par ailleurs fait savoir en matinée que 237 entreprises, totalisant une capitalisation boursière de 6300 milliards, ont jusqu\u2019ici décidé d\u2019adhérer au pr incipe du « Task Force on Climate-Related Financial Disclosures » por té par M.Bloomberg.Ces entreprises s\u2019engagent ainsi à faire preuve de plus de transparence en matière de « risques climatiques » pour les investisseurs.Trump critiqué Instigateur du One Planet Summit, le président français, Emmanuel Macron, a salué mardi les gestes posés par les acteurs du monde financier, tout en déplorant le manque d\u2019ambition en matière de lutte contre les changements climatiques, mais aussi pour le f inancement promis aux pays en développement pour leur permettre de s\u2019adapter aux impacts du climat changeant.Un message repris par le secrétaire général des Nations unies, António Guterres.« Nous n\u2019avons pas gagné la guerre des changements climatiques», a-t-il fait valoir lors de la plénière de conclusion du sommet.«Nous sommes engagés dans un combat pour le maintien de la vie sur notre planète, alors que les changements climatiques surviennent de plus en plus rapidement.» Les principaux intervenants invités à Paris ont par ailleurs critiqué ouvertement le président Donald Trump, tout en se voulant rassurant quant à l\u2019engagement américain sur le front climatique.« Les États-Unis ne se sont pas sortis de l\u2019Accord de Paris.Donald Trump a sorti Donald Trump de l\u2019Accord de Paris.Nos villes et nos États sont toujours engagés, mais aussi nos entreprises, nos gouverneurs, etc.Nous sommes tous encore dans l\u2019Accord et nous allons agir », a lancé l\u2019ancien gouverneur républicain de la Californie Arnold Schwarzenegger, invité vedette de la rencontre parisienne.Le Devoir Notre journaliste assiste au One Planet Summit à l\u2019invitation du ministère de l\u2019Europe et des Af faires étrangères de la France à Paris.ENVIRONNEMENT Énergies fossiles : la Banque mondiale ferme le robinet Des acteurs mondiaux de la haute finance comptent ne plus investir dans les projets pétroliers et gaziers P A U L I N E G R A V E L E n 2016, les humains ont mis au rebut 44,7 millions de tonnes métriques d\u2019équipements électriques et électroniques, soit 8 % de plus qu\u2019en 2014, selon un rapport publié hier par l\u2019Union internationale des télécommunications (UIT).Cette institution des Nations unies vouée aux technologies de l\u2019information et de la communication prévoit même qu\u2019au r ythme auquel nous achetons et renouvelons téléphones cellulaires, ordinateurs, téléviseurs, réfrigérateurs, photocopieurs, caméras vidéo et jouets électroniques, nous produirons en 2021 7,5 millions de tonnes métriques (soit 17 %) de plus de ces déchets électroniques qu\u2019en 2016.Le rapport indique aussi que des 44,7 tonnes métriques de déchets électroniques générées en 2016 \u2014 ce qui équivaut au poids de 6 700 tours Eiffel ou 9 grandes pyramides de Gizeh \u2014, seulement 20 % ont été recyclées.Pourtant, on estime que la valeur des matériaux qui auraient pu être récupérés des vieux appareils jetés en 2016, dont notamment des métaux précieux tels que de l\u2019or, de l\u2019argent, du cuivre, du platine et du palladium, atteignait 55 milliards, ce qui excède le produit intérieur brut (PIB) de la plupart des pays du monde.Matières dangereuses Les 80% de déchets qui n\u2019ont pas été récupérés ont pour leur par t été incinérés, enfouis dans une décharge, remisés dans un débarras ou recyclés de façon informelle.Dans son rapport, l\u2019UIT souligne les risques qu\u2019entraîne ce type de déchets pour l\u2019environnement et la santé humaine.Parmi les matières dangereuses que l\u2019on retrouve dans les déchets électroniques figurent des métaux lourds, tels que le mercure, le plomb et le cadmium, ainsi que des produits chimiques, tels que des chlorofluorocarbones (CFC) et divers retardateurs de flamme.«Si ces produits ne sont pas éliminés correctement, ou même recyclés adéquatement, ils contamineront l\u2019air, le sol et la nappe phréatique et auront à long terme des effets nocifs sur la santé », explique Vanessa Gray de l\u2019UIT.Législation Le rapport salue le fait qu\u2019un nombre croissant de pays ont adopté une législation visant à imposer et à encadrer la gestion des déchets électroniques sur leur territoire.En 2016, 67 pays possédaient une telle réglementation nationale, dont le Canada, qui en 2016 a généré 724 000 tonnes de déchets électroniques, ce qui représente 20 kg par habitant.À travers le pays, on applique le programme de « responsabilité élargie des producteurs », REP, mais chaque province a eu le loisir d\u2019établir ses propres règlements.La REP est un principe de l\u2019Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) selon lequel le fabricant est responsable de la récupération et du recyclage des produits électroniques qu\u2019il met en marché, une fois leur vie utile terminée.Écofrais Au Québec, l\u2019Association pour le recyclage des produits électroniques (ARPE) qui est pilotée par l\u2019Industrie impose depuis 2012 un «écofrais» aux consommateurs lors de l\u2019achat d\u2019un appareil électronique.Les sommes ainsi recueillies doivent servir à défrayer les coûts de collecte, de recyclage et de revalorisation des vieux appareils.L\u2019ARPE-Qué- bec a ainsi accumulé un fonds de réser ve de 56 millions, alors qu\u2019elle a dépensé environ 10 millions l\u2019an passé.Selon Karel Ménard, directeur du Front commun québécois pour une gestion écologique des déchets (FCQGED), l\u2019industrie ne remplit pas adéquatement sa mission.« L\u2019industrie devrait récupérer les vieux appareils, mais elle ne le fait pas, car c\u2019est le consommateur qui doit lui- même transporter ses vieux appareils à des sites de dépôt bien spécif iques, comme l\u2019Éco-centre ou un des maga- s ins d \u2019apparei ls é lectro - niques, tels que Bureau en gros ou Best Buy, qui figurent sur le site Internet de l\u2019ARPE.« Le consommateur doit avoir la volonté ou un penchant environnemental pour se déplacer et il doit posséder une voiture pour aller déposer sa vieille télévision au point de dépôt », fait-il remarquer.« L\u2019objectif fondamental du programme REP est que les fabricants mettent sur le marché des produits qui soient moins polluants, plus durables, réutilisables, voire démontables pour pouvoir échanger un module pour une version plus récente, par exemple « Or, dans les faits, l\u2019opération de récupération et de valorisation est aux frais des consommateurs et il n\u2019y a pas d\u2019incitatifs à ce que les fabricants produisent des appareils qui soient moins polluants.Les principes de REP ne sont appliqués et rien n\u2019est fait pour qu\u2019ils le soient.» Le Devoir Les déchets électroniques s\u2019amoncellent à la vitesse grand V L\u2019enfouissement des téléphones, ordinateurs et autres appareils désuets aura des effets nocifs à long terme sur la santé LUDOVIC MARIN AGENCE FRANCE-PRESSE Le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, le président français, Emmanuel Macron, et le président de la Banque mondiale, Jim Yong Kim, posent pour les photographes au One Planet Summit organisé à Paris.CHARLY TRIBALLEAU AGENCE FRANCE-PRESSE L\u2019Union internationale des télécommunications salue le fait qu\u2019un nombre croissant de pays ont adopté une législation visant à imposer et à encadrer la gestion des déchets électroniques sur leur territoire.Les énergies fossiles appartiennent au modèle économique du passé.Elles ne sont plus la solution, elles sont le problème.Nicolas Hulot, ministre français de la Transition écologique « » L\u2019industrie devrait récupérer les vieux appareils, mais elle ne le fait pas Karel Ménard, directeur du Front commun québécois pour une gestion écologique des déchets « » u\u2019importent les motivations du premier ministre Justin Trudeau, le choix d\u2019un juge du Québec pour succéder à Beverley McLachlin à la tête de la Cour suprême du Canada s\u2019imposait.L\u2019alternance entre juges ayant une formation en droit civil et en common law n\u2019est pas une coquetterie, mais une façon concrète de reconnaître le bijuridisme canadien et le poids égal des deux systèmes de droit.Depuis la Deuxième Guerre mondiale, Pierre Elliott Trudeau a été le seul à faire ?de cette tradition qui, à entendre la ministre de la Justice Jody Wilson-Raybould et le député libéral Marc Miller mardi, aurait été secondaire dans le choix du Québécois Richard Wagner.Sans vouloir diminuer les mérites de ce dernier, il ne faudrait pas minimiser l\u2019importance de cette alternance.Le Québec est la seule province de droit civil alors que la common law régit le reste du pays.Tribunal de dernière instance, la Cour suprême tranche des litiges émanant des deux systèmes.Elle a donc besoin de l\u2019expertise québécoise et c\u2019est pour cette raison que la Constitution garantit au Québec trois sièges à la plus haute cour du pays.La pratique de l\u2019alternance doit en être la suite logique.Des trois juges québécois actuellement en poste, M.Wagner est celui qui a le plus d\u2019expérience au sein de la Cour suprême.Âgé de 60 ans, natif de Montréal, diplômé de l\u2019Université d\u2019Ottawa, il a pratiqué le droit pendant plus de 20 ans avant d\u2019être nommé à la Cour supérieure du Québec en 2004 par le premier ministre Paul Martin.Stephen Harper l\u2019a promu à la Cour d\u2019appel en 2011 et à la Cour suprême en 2012.Le juge Wagner a déjà dit avoir été inspiré par son père, Claude, qui fut avocat, juge, ministre, candidat défait à la direction du Parti progressiste-conservateur et sénateur.Son ?ls n\u2019a toutefois jamais fait de politique et il serait dif?cile de lui accoler une étiquette à partir des jugements qu\u2019il a rendus.Il succède à Beverley McLachlin, qui prend sa retraite vendredi après 28 années à la Cour suprême, dont près de 18 ans dans le rôle de juge en chef, un record pour ce tribunal.Elle a aussi été la première femme à accéder à ce poste.Le choix de Richard Wagner annonce une certaine continuité car, comme elle, il tient à mieux faire connaître la Cour, s\u2019intéresse à sa mission internationale et à la formation des juges.Il est aussi un ardent défenseur de l\u2019indépendance des tribunaux.On le dit collégial et apprécié de ses collègues.À partir de lundi, il dirigera leur travail et administrera le tribunal.Sa feuille de route parle en sa faveur, mais le respect de l\u2019égalité entre les deux traditions juridiques canadiennes dictait aussi ce choix.Et heureusement, M.Trudeau ne s\u2019est pas défilé.Le Honduras sous couvre-feu, l\u2019armée dans la rue contre les manifestants.La crise politique dans laquelle s\u2019enfonce ce petit pays d\u2019Amérique centrale depuis la présidentielle du 26 novembre montre à quel point sa démocratie est fragile.u Honduras, le «vol des élections» a fait descendre des milliers de Honduriens dans la rue.Un vol par lequel le candidat de la gauche Salvador Nasralla, chef de l\u2019Alliance de l\u2019opposition contre la dictature, a vu fondre l\u2019avance de cinq points de pourcentage dont il disposait dans le décompte des voix \u2014 et que les experts jugeaient irréversible \u2014 à l\u2019avantage du président sortant, Juan Orlando Hernandez (Parti national, droite), suivant des pannes louches du système informatique du Tribunal suprême électoral (TSE) et la décision de cet organisme de «véri?er» 30% des votes\u2026 Samedi, l\u2019opposition a donc déposé un recours en annulation pour fraude de l\u2019élection présidentielle devant le TSE.Le lendemain, ce dernier annonçait, non pas le résultat dé?nitif, mais que M.Hernandez était maintenant en tête avec 1,6 point d\u2019avance \u2014 pendant que les forces de l\u2019ordre délogeaient à coups de gaz lacrymogène les manifestants qui bloquaient plusieurs routes du pays.L\u2019opposition a toutes les raisons de se mé?er.D\u2019abord parce que le processus électoral pèche manifestement par opacité.Ensuite parce que M.Hernandez avait déjà préparé le terrain à sa réélection, alors que la Constitution interdit le double mandat présidentiel.Membre du Congrès hondurien en 2012, il aura joué un rôle clé dans le congédiement de quatre juges de la Cour suprême, plus tard remplacés par des sympathisants de son Parti national (PN).Ce sont ces juges qui ont permis l\u2019année dernière, dans la plus grande controverse, que l\u2019interdiction constitutionnelle soit levée.Signe que les institutions honduriennes sont fragiles et que ceux qui tiennent le pouvoir arrivent à en faire ce qu\u2019ils veulent.Car ce que M.Hernandez se trouve à vouloir faire est justement ce contre quoi le PN s\u2019est opposé pour justi?er le renversement par l\u2019armée de l\u2019ex-président Manuel Zelaya en 2009.M.Zelaya avait voulu réviser la Constitution et, pour avoir simplement voulu tenir à ce sujet une consultation populaire, il a été envoyé en exil au Costa Rica.À vrai dire, le tort de M.Zelaya aura surtout été de pencher à gauche, comme M.Nasralla.Issu d\u2019une famille de grands propriétaires, M.Zelaya n\u2019avait pas les mains propres, accusé d\u2019avoir participé à une meurtrière campagne de répression de paysans sans terre dans les années 1970.Il aura apparemment su évoluer.Devenu président, il effectua un étonnant virage social : il augmenta le salaire minimum de façon inédite, s\u2019attaqua à la mainmise des grandes pétrolières étrangères, adhéra à l\u2019Alternative bolivarienne pour les Amériques d\u2019Hugo Chávez\u2026 Au grand dam de Washington et de la bourgeoisie nationale.La crise actuelle s\u2019inscrit dans ce con?it.Ce qui est encourageant, c\u2019est que la société civile se mobilise \u2014 d\u2019ailleurs inspirée en partie par les manifestations anticorruption qui ont débouché sur la démission du président Pérez Molina au Guatemala voisin.Le Canada pourrait se rendre utile dans ce combat pour la démocratie.Les minières canadiennes, régulièrement montrées du doigt pour leur complaisance à l\u2019égard des pouvoirs politiques en place, sont partout présentes en Amérique latine.Justin Trudeau avait promis en campagne électorale de créer un poste d\u2019ombudsman pour le secteur extractif, s\u2019agissant de responsabiliser socialement les entreprises canadiennes à l\u2019étranger.C\u2019est un minimum, et pourtant Ottawa n\u2019a toujours pas tenu promesse.La crise au Honduras est un appel à procéder.L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 1 3 D É C E M B R E 2 0 1 7 A 6 EDITORIAL L E T T R E S Le Canada a besoin de Davie Monsieur Simard, Les experts et la politique de défense libérale elle-même reconnaissent que la Marine royale canadienne doit disposer de deux navires ravitailleurs pour sa flotte en haute mer.Avec la mise hors ser vice inattendue des deux navires existants, il y a un besoin pressant pour les remplacer.En 2014, notre gouvernement conservateur a accordé l\u2019Astérix au chantier Da- vie sans hésitation, un navire exceptionnel maintenant livré dans les délais et les coûts prévus.Avec les retards considérables dans la stratégie d\u2019approvisionnement navale, il est maintenant urgent pour les libéraux de commander le deuxième navire, l\u2019Obélix.Le chantier naval Davie à Lévis a été désigné par Lloyd\u2019s comme étant le chantier naval nord-américain de l\u2019année en 2015.Davie a aussi livré le navire commercial ultrasophistiqué Micoperi Pride avec brio.Je vous invite à venir visiter le chantier afin de constater vous-même à quoi ressemble le nouveau chantier Davie avec sa L I B R E O P I N I O N A L E X I S K R O N S T R Ö M R I C H A R D Orthopédagogue Conseiller en adaptation scolaire à la CSDM À la suite du visionnement du documentaire Bye, paru dernièrement à la télévision et sur le Web, il m\u2019a semblé nécessaire d\u2019ajouter un intervenant supplémentaire pour le dépistage et le soutien des adolescents (et leurs proches) aux prises avec l\u2019apparition de troubles de santé mentale : l\u2019école.En effet, l\u2019idée qu\u2019elle est le lieu privilégié pour l\u2019intervention, même psychosociale et familiale, auprès des enfants et adolescents n\u2019est absolument pas nouvelle ou saugrenue.De nombreux penseurs en psychologie et en psychiatrie ont bâti, à travers le temps, des ressources qui allient les différentes professions autour d\u2019un seul objet : l\u2019enfant.Mais surtout, tous ont fait le postulat à un moment ou un autre que l\u2019école est en tout point l\u2019endroit idéal pour ancrer ce déploiement de soins pour les enfants et leurs familles.À l\u2019heure actuelle, cette fonction «pluri- professionnelle» de l\u2019école est néanmoins déjà assumée par ses intervenants, mais elle repose essentiellement sur les enseignants et la poignée de professionnels engagés par les commissions scolaires pour soutenir les missions exclusives de l\u2019école.Cela veut dire que, lorsqu\u2019un élève est aux prises avec des problèmes psychosociaux ou de santé mentale, les professionnels de l\u2019école qui ont participé au dépistage et à l\u2019identification de ses besoins doivent le diriger vers les services sociaux et de santé appropriés afin qu\u2019il y reçoive les suivis ou les soins requis.Cela semble beau en théorie, mais en pratique, une part importante de ces suivis n\u2019est pas faite et nombre d\u2019enfants ne recevront jamais l\u2019aide dont ils ont besoin dans un délai acceptable.Cette réalité a été magnifiquement bien illustrée par plusieurs témoignages du très à propos documentaire Bye.Or, les causes de ce cafouillage ne sont certainement pas le manque de dévouement et de professionnalisme des dif fé- rents acteurs dans la suite des services à l\u2019enfance, mais plutôt les différences entre chaque structure qui accueille la démarche d\u2019aide \u2014 la DPJ, les commissions scolaires, les CLSC, les hôpitaux et autres centres de soins de santé.Car chacune exige des parents les mêmes démarches d\u2019analyse et d\u2019évaluation de cas, menant inévitablement à une redite toxique pour toute situation de crise familiale.De plus, toute structure étant dirigée par des professionnels bien spécifiques (santé/médecins, éducation/enseignants, DPJ/travailleurs sociaux et centres jeunesse/psychoéducateurs), des cultures institutionnelles différentes se développent, à travers lesquelles les parents doivent apprendre à se frayer un chemin pour obtenir l\u2019aide appropriée.Je réitère donc aujourd\u2019hui le souhait, maintes fois répété, d\u2019abolir les barrières qui perdurent entre les différentes organisations œuvrant auprès des enfants et des adolescents au Québec, et d\u2019ancrer au sein de l\u2019école les démarches de prévention, de dépistage et d\u2019intervention par rapport aux problèmes de santé mentale.Cela passe d\u2019abord par la bonification des services de première ligne en milieu scolaire, en impliquant enfin au sein de leurs équipes les intervenants des autres réseaux (médecins, travailleuses sociales, infirmières, psychoéducatrices, psychologues, or thophonistes, ergothéra- peutes, etc.).Mais cela passe également par l\u2019élargissement des ornières de l\u2019école publique, qui se doit d\u2019être un lieu d\u2019apprentissage et de développement sain, mais également un lieu où on trouve de l\u2019aide et du soutien lorsqu\u2019on se sent moins bien.L\u2019école, lieu privilégié de dépistage et d\u2019intervention en santé mentale FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente du développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-président des ventes publicitaires MARK DROUIN Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Directeur de l\u2019information numérique FLORENT DAUDENS Adjoints PAUL CAUCHON, VALÉRIE DUHAIME, LOUIS GAGNÉ, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur de la production CHRISTIAN GOULET nouvelle administration depuis 2012.Avec l\u2019Astérix, la réussite de la nouvelle équipe de gestion et l\u2019expertise des travailleurs est éclatante.Ce n\u2019est pas Davie qui a besoin du Canada, mais le Canada qui a besoin du chantier avant les Fêtes avec l\u2019Obélix pour assurer notre souveraineté en mer, c\u2019est un enjeu de sécurité nationale.Steven Blaney, député fédéral de Lévis, Bellechasse et Les Etche- mins depuis 2006 et ancien ministre de la Sécurité publique et de la Protection civile Le 12 décembre 2017 nions que je lui fais parvenir ne sont jamais choisies.Est-ce le fruit de la coïncidence ?J\u2019en doute.Et quand je compare ce que j\u2019ai envoyé au journal avec d\u2019autres, je ne vois pas pourquoi je serais refusé sur la base de la qualité et de la pertinence de mes textes.Ils ne sont ni moins bons ni meilleurs que d\u2019autres qui sont acceptés.L\u2019autre jour, pour me nettoyer le cœur, j\u2019ai décidé d\u2019appeler à la rédaction pour questionner, et la dame qui m\u2019a répondu m\u2019a dit ceci qui m\u2019a laissé perplexe : «S\u2019ils passent souvent dans la rubrique Lettres, c\u2019est qu\u2019ils envoient plusieurs lettres à la fois, leurs chances sont ainsi meilleures.» Alors, pourquoi ne pas donner à la rubrique le titre de « Loto-lettres » ?que je lui ai répondu.Je ne suis pas las de lire les lettres des gens mentionnés plus haut , et comme madame Lacroix le suggère, celles et ceux qui le sont n\u2019ont qu\u2019à prendre aussi la plume.Cela exige du temps et la volonté de le faire.Mais, at- tent ion, au Devoir , i l semblerait qu\u2019écrire intelligemment et per tinem- ment ne suffit point.Marcel Lapointe Jonquière, le 12 décembre 2017 HONDURAS Vice d\u2019opacité JUGE EN CHEF DE LA COUR SUPRÊME Plus qu\u2019une tradition A Q GUY TAILLEFER MANON CORNELLIER Je réitère le souhait d\u2019abolir des barrières qui perdurent entre les différentes organisations œuvrant auprès des enfants et des adolescents au Québec Pas toujours les mêmes, mais\u2026 Je veux faire du pouce sur l\u2019opinion soumise par une lectrice le 12 décembre dernier dans Le Devoir, madame Martine Lacroix de Montréal.Sans aller jusqu\u2019à dire que ce sont toujours les mêmes lecteurs d\u2019opinion qui se font lire dans le journal, les Le Blanc, Main- ville, Marineau, etc.ont vraiment la cote.J\u2019ai remarqué que depuis le changement de direction du journal, les opi- L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 1 3 D É C E M B R E 2 0 1 7 A 7 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon (chef de division), Robert Dutrisac, (éditorialiste), Michel Garneau et Pascal Élie (caricaturistes), Jacques Nadeau (photographe), Olivier Zuida (recherchiste photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division et reporter), Stéphane Baillargeon (généraliste), Gérald Dallaire (pupitre), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Jean Dion (sports), Marco Fortier (éducation), Lisa-Marie Gervais (diversité), Pauline Gravel (sciences), Jessica Nadeau (éducation).Alexandre Shields (environnement); information politique : Michel David (chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Marie-Michèle Sioui (correspondants parlementaires à Québec) Dave Noël (recherche), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec); information culturelle : Guillaume Bourgault-Côté (politiques culturelles), Julie Carpentier (pupitre), Fabien Deglise (livres), Catherine Lalonde (arts vivants), François Lévesque (écrans),Caroline Montpetit (arts vivants), Philippe Papineau(médias); information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l\u2019information), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Benoît Munger (pupitre); information internationale : Guy Taillefer (chef de division et éditorialiste); section art de vivre : Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); cahiers spéciaux : Aude Marie Marcoux (responsable); équipe numérique : Laurence Clavel, Guillaume St-Hilaire et Geneviève Tremblay (pupitres); correction : Andréanne Bédard, Christine Dumazet et Michèle Malenfant (correctrices) ; soutien à la rédaction : Amélie Gaudreau (coordonnatrice à la rédaction), Jean-Philippe Proulx (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa).PUBLICITÉ Charleyne Bachraty (adjointe au vice-président), Marlène Côté, Évelyne De Varennes, Amel Elimam, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (directrices de comptes), Alain Tréhout (directeur créativité média), Amélie Maltais (commis aux avis légaux), Alessandra Tantalo et Laurence Hémond (coordonnatrices publicitaires).PRODUCTION Caroline Desrosiers, Yannick Morin, Anthony White et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web), Jean-François Côté (analyste programmeur), Luc Girard (technicien informatique), Solène M.Hébert (développeuse Web).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Catherine Gentilcore (coordonnatrice marketing, communications et relations publiques), Sébastien Beaupré (coordonnateur service à la clientèle), Manon Blanchette, Caroline Filion, Nathalie Filion, Isabelle Sanchez (préposées au service à la clientèle).ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Mélisande Simard (adjointe administrative et responsable des ressources humaines), Florentina Draghici (technicienne comptable), Véronique Pagé (responsable du crédit).O n en vit, disait l \u2019écrivain français Henri Jeanson.Après la semonce à un restaurant italien de Montréal pour avoir écrit « pasta » sur son menu, voici l\u2019amende de 682 $ au Théâtre du Trident de Québec pour une cigarette fumée sur scène.Le zèle de certains agents à appliquer la loi coûte que coûte, peu importe le contexte ou le gros bon sens, atteint parfois des sommets.J\u2019ai déjà été arrêtée à Edmonton pour avoir traversé la rue sur un feu rouge à 2 h du matin, en plein hiver, alors qu\u2019il n\u2019y avait pas l\u2019ombre d\u2019une auto ni d\u2019ailleurs d\u2019une autre personne que moi dans la rue.Edmonton étant ce qu\u2019il est.M\u2019étant plainte que Montréal était quand même un peu plus compatissante envers la piétonne frigorifiée, on m\u2019a achevée en me disant : « À Rome, fais comme les Romains.» Mais il n\u2019y a pas que les fonctionnaires acharnés qui beurrent épais.Il y a 10 jours, les députés de l\u2019Assemblée nationale se sont levés un à un pour condamner l\u2019utilisation du mot «hi» au centre-ville de Montréal.Il ne s\u2019agit pourtant pas d\u2019un juron, d\u2019une injure raciste ou d\u2019un faux pas xénophobe.Il s\u2019agit au contraire de la façon la plus courante de saluer les gens, en anglais, en Amérique.Pour ce qui est de cet autre mot anglais qu\u2019on entend bien davantage, un qui est de toutes les sauces, sur toutes les scènes et dans toutes les bouches, l\u2019ineffable fuck, il circule toujours librement.Il n\u2019y aurait pas de menace à la langue française, semble-t-il, dans ce cas-là.Sans minimiser la question de la vulnérabilité du frança is en ter re d\u2019Amé - rique, sans minimiser non plus la mentalité de colonisé d\u2019un certain gérant d\u2019Adidas de Montréal, que croyaient accomplir nos élus, au juste, à jouer les bœufs musqués ?Cet animal très particulier attaque en sautant droit dans les airs pour ensuite s\u2019abattre de tout son poids, multiplié ainsi par trois, sur son adversaire.Si on calcule un poids moyen de 80 kg par député, multiplié par 125, ça donne déjà 10 tonnes de chair humaine qui s\u2019est pesamment abattue, le 30 novembre der n ier, sur une chiure de mouche.Bien qu\u2019il soit toujours rafraîchissant, édifiant même, de voir nos politiciens faire fi de la parti- sanerie et se serrer les coudes, quand allons- nous les voir se mobiliser pour exiger un meilleur apprentissage du français de nos enfants tout comme des immigrants, exiger plus de sorties culturelles, plus d\u2019argent pour les livres, le théâtre et le cinéma ?Quand se lèveront-ils d\u2019un seul bond pour obliger les géants de l\u2019informatique à payer leur juste part ?Quand em- pêcherons-nous Netflix, Google, Amazon et Apple de cannibaliser les créateurs de contenu, de s\u2019enrichir aux dépens des artistes, des musiciens, des scénaristes et des écrivains ?Voilà une cause qui mériterait une large mobilisation, une qui risque de peser bien plus lourd sur notre avenir collectif.Mais interdire l\u2019utilisation d\u2019un petit mot, restreint à un seul quartier du Québec ?Come on.Même avant d\u2019apprendre que tout ça relevait d\u2019une autre machination de la part de celui qui en détient le secret, Jean-François Lisée (la motion péquiste obligeait ainsi les libéraux à désavouer une partie importante de leur électorat, les anglophones), il y avait de quoi s\u2019interroger sur le jugement de notre classe politique.Le mot « hi » ne menace pas l\u2019avenir du français, d\u2019abord, pas plus que le nombre croissant de travailleurs francophones bilingues.Vu la situation géographique du Québec, vu la mondialisation et la numérisation du monde du travail, il serait impossible de bouder l\u2019anglais au- jourd\u2019hui sans se couper du monde extérieur.Et qui souhaiterait un tel repli ?Le problème n\u2019est donc pas l\u2019anglais qu\u2019on se met dans la bouche, mais l\u2019amour qu\u2019on porte au français, la prédominance qu\u2019on est prêt individuellement et collectivement à lui donner, ou pas.Le français doit demeurer un objet d\u2019immense fierté pour ceux et celles dont c\u2019est la langue maternelle (n\u2019en déplaise aux colonisés de ce monde) et un objet de grand intérêt pour tous les autres.Il est là, le nerf de la guerre.Et, à ce sujet, les nouvelles sont plutôt bonnes.Selon les dernières statistiques, les anglophones et allophones parlent davantage français au Québec et la proportion de travailleurs utilisant le français, malgré un taux de bilinguisme accru à Montréal, est demeurée stable depuis 10 ans (94,4 %).Je ne dis pas qu\u2019il ne faut pas s\u2019inquiéter de l\u2019avenir du français.C\u2019est inévitable et nécessaire.Mais y en a marre des petits jeux politiques qui mettent l\u2019accent là où ça rapporte plutôt que là où le bât blesse.fpelletier@ledevoir.com Sur Twitter :@fpelletier1 Le ridicule ne tue pas\u2026 C A M I L L E M A R C O U X B E R T H I A U M E Avocate en droit du travail e 24 novembre dernier, Gabriel Nadeau-Dubois et Ma- non Massé annonçaient vouloir mettre fin au « cheap labour » et s\u2019attaquer au « fléau des stages non rémunérés ».Pour ce faire, les co-porte-pa- role de Québec solidaire ont indiqué qu\u2019un gouvernement formé par leur parti tiendrait un sommet pour dessiner les contours d\u2019une politique nationale des stages qui inclurait «définition commune, encadrement légal, rémunération et compensation».QS considère donc le statut de stagiaire comme unique et propose de l\u2019encadrer par une réglementation qui lui est propre.Mais les stagiaires ont-ils besoin d\u2019une définition particulière ?Et s\u2019il s\u2019agissait d\u2019un cadeau empoisonné ?Alors que le nombre de stages, obligatoires ou non, à réaliser dans le cadre d\u2019un parcours scolaire s\u2019accroît de manière exponentielle, il devient difficile de nier l\u2019occasion pour les employeurs, notamment dans la fonction publique, d\u2019obtenir de la main-d\u2019œuvre à coût nul.Le constat de départ est donc juste : les stagiaires sous-payés ou non rémunérés constituent des travailleuses et travailleurs exploités, et leurs conditions de travail sont inacceptables.Cela dit, les stagiaires ne peuvent se réjouir des solutions proposées par QS ; il est même à penser que leur précarité n\u2019en serait que renforcée.L\u2019exemple le plus éloquent est l\u2019offre d\u2019une compensation financière plutôt qu\u2019une rémunération, revendication partagée avec la CAQ, les jeunes du PLQ et le PQ.Une compensation a pour finalité de dédommager financièrement les stagiaires pour le temps durant lequel ils et elles ne peuvent pas occuper un autre emploi ; elle n\u2019a pas pour fonction de rémunérer le travail qui est fait.Il y aurait donc immanquablement séparation entre employés et stagiaires.Ce faisant, on annonce aux stagiaires que leur travail est reconnu, qu\u2019ils et elles continueront d\u2019assumer des tâches autrement rémunérées, mais qu\u2019ils et elles ne pourront se revendiquer des mêmes droits ou obtenir le même dû.Rémunération plutôt que compensation Les raisons d\u2019être de la compensation et de la rémunération sont incompatibles et leurs effets sont incomparables.La fonction la plus manifeste de la rémunération est probablement celle d\u2019allouer aux travailleurs et travailleuses de l\u2019argent pour subvenir à leurs besoins.Toutefois, ces effets ne sont pas limités à des considérations financières.Au Québec, effectuer un travail salarié donne accès aux protections de la plupart des lois traitant de l\u2019emploi, communément appelées les « lois du travail ».On peut penser à la Loi sur les normes du travail, à la Loi sur les accidents du travail et les maladies professionnelles ou à la Loi sur l\u2019assurance-emploi.Ces lois engagent les employeurs à assumer la compensation de certaines conséquences du travail, par exemple en assurant une indemnisation à la personne en arrêt de travail à la suite d\u2019un accident du travail.Alors que la réforme de la Loi sur les normes du travail annoncée par le PLQ tarde à être dévoilée, on ne peut que souhaiter que ces distinctions soient prises en compte.Certains diront que là est la question.Gabriel Nadeau-Dubois nous dira plutôt « qu\u2019il faut une politique qui va répondre aux besoins par rapport aux stages dans chacun des milieux.On ne peut pas dire que c\u2019est le gouvernement qui va payer pour tout le monde ni que c\u2019est le privé qui va payer pour tout le monde.» Je ne suis pas de cet avis.La capacité de payer des employeurs, qu\u2019ils soient du domaine privé ou public, n\u2019est absolument pas per ti- nente dans une discussion traitant de la nécessité d\u2019une rémunération.Sommes-nous en train d\u2019assumer qu\u2019il y aurait une situation financière justifiant l\u2019exploitation du travail gratuit ?La préoccupation du fardeau financier des employeurs devient le premier échelon d\u2019une justification du cheap labour, le problème auquel on dit vouloir répondre.Bien sûr, les milieux de stage ont des réalités financières différentes.Mais la singularité des employeurs est fait courant : le dépanneur du coin et le Walmart ne pourraient pas se décrire comme semblables.Ces dif férences n\u2019ont cependant aucune incidence sur leur obligation de rémunérer les personnes qui travaillent pour eux et sur leur respect des conditions minimales d\u2019emploi en vigueur au Québec.Nous faisons donc face à un faux dilemme.Lorsque ton budget ne te permet pas d\u2019embaucher une personne, alors tu t\u2019en prives.Et la conciliation travail-famille, parlons-en ! L\u2019annonce d\u2019une réflexion entourant la compensation des stages se faisait alors qu\u2019une semaine plus tôt, QS déposait le projet de loi no 999 (Loi modifiant la Loi sur les normes du travail afin d\u2019améliorer les conditions de travail minimales et de favoriser la conciliation travail-famille), surnommée la « loi anti-bur- nout ».Nadeau-Dubois soulignait en entrevue que la surcharge de travail (notamment causée par l\u2019absence d\u2019un droit de refuser d\u2019effectuer des heures supplémentaires) est devenue une source de stress importante.Il est plutôt saugrenu de le voir marteler la nécessité de s\u2019intéresser aux réelles possibilités de concilier des obligations familiales avec le travail, tout en proposant une simple compensation pour les stagiaires.Le premier cheval de bataille de la conciliation travail-famille est certainement celui de la réduction du temps de travail.Or, la seule façon concrète et sérieuse d\u2019envisager une réduction du temps de travail est celle d\u2019assurer aux travailleuses et travailleurs un salaire et des conditions de travail minimales pour le travail ef fectué\u2026 y compris lors des stages ! Les stages, du travail sans droits C H A R L E S R O Y Président, Association des psychologues du Québec a sortie récente du ministre Barrette nous a désagréablement surpris.Non pas dans son intention, mais dans son contenu.Il est pourtant hautement souhaitable qu\u2019un programme d\u2019accès à la psychothérapie soit offert à la population, comme le préconisait le commissaire à la santé et au bien-être déjà en 2012.Cependant, le service qui est actuellement présenté à la population est extrêmement décevant, voire trompeur.On laisse croire qu\u2019un nouveau service miracle de six rencontres viendra dorénavant définir ce qu\u2019est la psychothérapie.Pire, au vu des données annoncées par le ministre, ce n\u2019est que 145,83 $ qui sera alloué annuellement à chaque personne, pour un total de 2,5 rencontres, soit à peine le temps de présenter la situation à traiter.Encore une fois, la santé mentale se retrouve le parent pauvre de la santé.Pourquoi lésiner sur le budget alors que la démonstration a été faite dans d\u2019autres pays que l\u2019accès à la psychothérapie est économiquement rentable pour la société, dégageant au moins 100 % de profit pour chaque dollar investi ?Ce ne sont pas seulement les montants alloués qui ne tiennent pas la route, l\u2019accès au programme est lui aussi discutable.La population ne pourra pas décider elle-même de consulter ; elle devra tenter de trouver un médecin et obtenir de lui qu\u2019il la dirige vers un psychothérapeute.Nous assistons encore une fois non seulement à une récupération par l\u2019ordre médical de pouvoirs professionnels, mais aussi à une médicalisation à outrance de la pratique psycho- thérapique.L\u2019accès au programme par médecin interposé fait fi de l\u2019expertise des psychologues qui leur a été conférée par la loi 21.Pourquoi ceux-ci devraient-ils faire un détour par le médecin pour pouvoir traiter des personnes alors qu\u2019ils sont mieux formés à l\u2019exercice de la psychothérapie?C\u2019est un inutile ajout de coûts qui, en plus, limite l\u2019accès au programme, compte tenu de la grande difficulté pour la population d\u2019avoir accès à un médecin.Nous déplorons également la dénaturation de l\u2019acte professionnel de la psychothérapie, car l\u2019idéologie du traitement en minimise la complexité.Le modèle anglais impose des protocoles formatés et abrégés qui réduisent le travail des psychologues à celui de techniciens en santé mentale.Selon certains psychologues br itann iques déjà impl iqués dans le programme, une telle approche conduit à la perversion des soins par le déni des réalités de la souffrance émotionnelle et de la vulnérabilité des personnes, tout en tournant le dos à la complexité requise pour faire face aux personnes en détresse.Le modèle automatisé de l\u2019acte psychothérapeutique prive les psychologues de l\u2019exercice de leur jugement clinique ; ceux-ci devront même être « reformatés » pour être accrédités à exécuter le programme national, alors qu\u2019ils sont pourtant détenteurs d\u2019une formation doctorale.Diversité des approches Le modèle choisi préconise également le monopole d\u2019une approche au détriment de la riche diversité des approches de la psychothérapie pourtant reconnues tout aussi efficaces.Nous ne décrions pas la thérapie cognitivo-comporte- mentale (TCC), nous critiquons le fait qu\u2019elle est présentée comme une panacée laissant entendre qu\u2019elle est la seule à être appuyée par des données probantes.Les psychologues exerçant au sein du programme britannique craignent également que la mécanisation de la psychothérapie ne prédispose à l\u2019épuisement professionnel.Une crainte qui s\u2019ajoute à celle que nous pouvons certainement éprouver au vu des impacts actuels des pressions du système de santé.Les médecins eux-mêmes ne semblent pas heureux sous la définition automatisée de leur travail, coincés dans une pratique basée non plus sur la qualité, mais sur des statistiques et des pénalités.Le Programme d\u2019aide aux médecins a enregistré l\u2019an dernier une augmentation de 40 % de nouveaux cas.Et le journal Le Soleil relatait récemment une hausse des congés de maladie prolongés chez d\u2019autres catégories d\u2019employés du réseau : en 2015-2016, 455 millions de dollars ont été versés en assurance salaire.Nous souhaitons un engagement sérieux du gouvernement dans ce programme public, donnant accès à de vrais services de psychothérapie et pour une durée raisonnable, en respectant l\u2019exper tise de ses ar tisans, en grande par tie des psychologues.Et en leur permettant de prodiguer les services dont les personnes ont besoin, une clientèle vulnérable qui n\u2019est pas aussi facile à traiter qu\u2019on veut bien nous le faire croire.Nous recommandons de profiter des signaux d\u2019alerte découlant à la fois de l\u2019expérience britannique et des pressions actuelles du réseau pour prévenir l\u2019épuisement chez les professionnels qui seront impliqués dans ce programme.Ainsi, prétendre lancer un programme d\u2019accès à la psychothérapie relève de promesses trompeuses quand nous savons que, dans sa forme actuelle, l\u2019accessibilité ne sera pas au rendez-vous et que l\u2019acte qui sera prodigué ne sera pas vraiment de la psychothérapie.Comme nous sommes les premiers concernés par l\u2019implantation de ce programme public, nous exigeons d\u2019être au cœur de cette initiative.Il s\u2019agit là d\u2019une condition essentielle au succès d\u2019une telle entreprise.Les promesses trompeuses de l\u2019accès à la psychothérapie FRANCINE PELLETIER L L GETTY IMAGES Alors que le nombre de stages, obligatoires ou non, à réaliser dans le cadre d\u2019un parcours scolaire s\u2019accroît de manière exponentielle, il devient dif ficile de nier l\u2019occasion pour les employeurs d\u2019obtenir de la main-d\u2019œuvre à coût nul.Interdire l\u2019utilisation d\u2019un petit mot, restreint à un seul quartier du Québec ?Come on. L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 1 3 D É C E M B R E 2 0 1 7 A 8 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par courriel publicite@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3452 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Par courriel petitesannonce@ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4 Berri-UQAM Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 16h30 Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com A C T U A L I T É S WB Games Montréal, l\u2019un des plus gros studios de la métropole, commence sa présentation en leur expliquant comment le cinéma a influencé la manière avec laquelle les jeux vidéo sont produits depuis des années.Les images de dangereux musulmans enturbannés sont tenaces, et les créateurs de jeux vidéo n\u2019hésitent pas à les reproduire sans trop se poser de questions, déplore-t-il.«Personne ne m\u2019a dit : \u201cJe veux mal représenter les musulmans\u201d, explique celui qui dirige également le programme de jeu vidéo du collège Dawson.Pour certains, c\u2019est simplement que ça va de soi.On imite ce qu\u2019on a vu dans un film populaire ou un jeu populaire.On se dit que si le film s\u2019est vendu et qu\u2019il n\u2019y a pas eu de problème, on peut le refaire.C\u2019est un cercle vicieux.» Large portée Osama Dorias estime qu\u2019au moment où les conflits ayant une dimension religieuse se multiplient à travers le monde, il est essentiel d\u2019utiliser le jeu vidéo comme courroie de transmission pour calmer le jeu et faire tomber les œillères.« Les jeux vidéo sont perçus comme étant seulement pour les enfants, mais ce n\u2019est pas vrai.Les statistiques prouvent que c\u2019est un média important, qui a un grand impact sur la société », dit-il.Selon les données compilées cette année par l\u2019Association canadienne du logiciel de divertissement, 37 % des Canadiens se considèrent comme des joueurs et l\u2019âge moyen du joueur canadien est de 36 ans.«Chez les non-musulmans, une meilleure représentation des musulmans va faire en sorte qu\u2019il y aura moins de cas d\u2019islamophobie, parce que les joueurs vont constater que les musulmans forment une population diversifiée.Et pour les musulmans, ça va apporter un sentiment d\u2019appartenance », prédit-il.Trois conseils Comment tenir compte de la réalité musulmane tout en évitant les clichés?Mardi, Osama Dorias a offert trois conseils aux personnes venues l\u2019entendre.La règle d\u2019or, a-t-il insisté, est de rechercher l\u2019authenticité.Un musulman ne porte pas toujours un turban, et un non-musulman peut en porter un, fait-il remarquer.«Nous arrivons à le savoir si ce ne sont pas des musulmans qui racontent notre histoire, tout comme je suis certain que vous pourriez le savoir si un auteur étranger racontait une histoire canadienne ou américaine en utilisant cer tains stéréotypes », a-t-il lancé à son auditoire.Cela vaut pour les personnages, qui doivent être crédibles à tous points de vue, mais aussi pour la voix des acteurs, la musique ou l\u2019environnement dans lequel se déroule le jeu.Mais pour par venir à créer des personnages et des environnements musulmans crédibles, il ne faut pas hésiter à demander de l \u2019aide .« Parlez-nous.Les gens ont peur d\u2019être offensants.Mais en réalité, c\u2019est plus offensant de ne rien demander et d\u2019aller de l\u2019avant avec une mauvaise idée.» Finalement, conclut Osama Dorias, il ne faut pas « accumuler des jetons » pour se donner bonne conscience.« Je sais qu\u2019actuellement, il y a un désir d\u2019avoir une large représentation dans les jeux vidéo.On crée un personnage musulman, une lesbienne, un amputé, un Noir\u2026 On coche toutes les cases et le reste de la distribution est composé d\u2019hommes blancs.Ce n\u2019est pas de cette façon-là que ça doit fonctionner.» Exemples à suivre Parmi les exemples réussis de représentation musulmane, le cofondateur du Festival indépendant ludique de Montréal cite la série Assassin\u2019s Creed, produite par Ubisoft, dont le premier jeu, sorti en 2007, a démontré une réelle volonté de sortir des sentiers battus.Au sein de l\u2019industrie du jeu vidéo, la plupart s\u2019entendent cependant pour dire que le jeu Overwatch, sorti en 2016 par Blizzard, fait figure d\u2019exemple à suivre.L\u2019action qui se déroule dans un monde futuriste met notamment en scène Ana, une guerrière portant un voile sous son armure.La religion n\u2019occupe pas une place prédominante dans le jeu, mais elle y est malgré tout présente en toile de fond, comme dans la vraie vie.Osama Dorias ne prétend pas détenir la vérité et sait très bien que le sujet qu\u2019il aborde peut causer des débats enflammés.Sur les forums de discussion consacrés au jeu vidéo, il y a ceux qui estiment que la religion n\u2019y a pas sa place, et d\u2019autres qui croient qu\u2019un jeu doit refléter avec justesse la diversité du public auquel il s\u2019adresse.L\u2019important, fait-il remarquer, c\u2019est que la discussion soit lancée et que les créateurs de jeux vidéo continuent de l\u2019alimenter.« D\u2019après moi, on a déjà fait de grands pas avec Overwatch.Je pense que dans le futur, plusieurs jeux vidéo vont s\u2019en inspirer.» Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 MUSULMANS Boeing.Mais le sous-entendu était on ne peut plus clair.Cette fois-ci, le gouvernement évaluera en outre l\u2019impact des soumissionnaires sur les « intérêts économiques» du pays.S\u2019il est établi qu\u2019une compagnie «nuit aux intérêts économiques du Canada, ce soumissionnaire sera nettement désavantagé ».Le gouvernement prendra sa décision lorsqu\u2019il recevra les soumissions \u2014 soit en 2019.« Nous espérons que cette politique encouragera tous les fournisseurs à se comporter de façon à ce qu\u2019ils ne soient pas désavantagés au moment de l\u2019évaluation », a af firmé candidement la ministre des Services publics et de l\u2019Approvisionnement, Carla Qualtrough.Ottawa s\u2019est défendu de s\u2019en prendre expressément à Boeing, qui livre une guerre commerciale à Bombardier que le premier ministre Justin Trudeau a maintes fois dénoncée.« N\u2019importe qui peut soumissionner », a martelé le ministre de l\u2019Innovation, Navdeep Bains.« Il s\u2019agit de défendre les intérêts du Canada, et nous sommes persuadés que cela respecte nos obligations internationales.» La ministre Qualtrough n\u2019a pas précisé si elle avait obtenu un avis juridique le lui confirmant.« On ne peut pas empêcher quelqu\u2019un d\u2019entamer des procédures judiciaires contre nous, s\u2019il estime que [le processus d\u2019appel d\u2019offres] est inapproprié.Mais nous ne serions pas devant vous aujourd\u2019hui si nous n\u2019avions pas franchi toutes les étapes \u2014 légales et autres », a-t-elle assuré.Boeing a rétorqué qu\u2019elle prenait acte des paramètres de l\u2019appel d\u2019offres canadien et qu\u2019elle « prendra une décision au moment approprié ».Son porte-parole, Scott Day, a toutefois réagi à la « clause Boeing » en rappelant que l\u2019entreprise était déjà le plus important manufacturier aérospatial étranger au Canada ; qu\u2019elle comptait 2000 employés au pays ; que ses activités soutenaient plus de 17 500 emplois ; et qu\u2019elle contribuait pour environ 4 milliards de dollars à la croissance économique du Canada.Litige en vue « C\u2019est clair que Boeing va poursuivre le Canada, prédit le professeur adjoint à l\u2019Université MacEwan en Alberta Jean-Christophe Boucher.Et ils vont probablement perdre.» Car bien qu\u2019Ottawa change les règles du jeu pour tenir compte non seulement des retombées économiques locales du contrat, mais aussi de l\u2019effet de l\u2019ensemble des activités des entreprises au pays, Boeing pourra soumissionner comme ses compétiteurs.La ministre Qualtrough souligne en outre que le nouveau critère sera imposé dans d\u2019autres futurs processus d\u2019acquisition.«Dans la mesure où on traite les partenaires de façon égale, c\u2019est dif ficile après pour un soumissionnaire de dire qu\u2019il a été désavantagé indûment », explique le politologue Boucher au Devoir.Si Boeing ne décroche pas le contrat, ce sera à son avis parce que son Super Hornet ne fait pas le poids contre le F-35 de Lockheed Martin, le Rafale de Dassault ou l\u2019EuroFighter de Typhoon.Les règles du libre marché ne s\u2019appliquent pas en général aux achats militaires, qui imposent déjà des contraintes comme des retombées économiques industrielles régionales ou une évaluation des risques pour la sécurité nationale, ajoute Stéphane Roussel, du Centre interuniversitaire de recherche sur les relations internationales du Canada et du Québec de l\u2019ENAP.« Le marché militaire est très différent.» Le gouvernement Trudeau pourrait cependant être hanté par ses reproches publics à l\u2019endroit de Boeing, qui ont démontré qu\u2019il avait une préférence dans ce dossier, note David Perr y, de l\u2019Institut canadien des affaires mondiales.Ottawa n\u2019a pas encore rédigé la définition des « intérêts économiques » sur laquelle il se basera pour prendre ses décisions.Ni déterminé la période d\u2019activités du soumissionnaire qui serait évaluée \u2014 les derniers mois ou la dernière année.Les fabricants d\u2019avions de chasse seront invités à soumissionner en 2019.Ottawa prévoit d\u2019attribuer le contrat de 15 à 19 milliards en 2022 et de recevoir son premier appareil en 2025.Lockheed Martin, que le gouvernement Trudeau avait promis en campagne électorale d\u2019exclure de son appel d\u2019offres, pourra finalement y participer.Les Australiens à la rescousse D\u2019ici 2025, Ottawa comptera sur 18 appareils F-18 qu\u2019il achètera au gouvernement australien.Le prix d\u2019achat n\u2019a pas été précisé \u2014 le gouvernement attend de finaliser son contrat avec l\u2019Australie \u2014, mais la facture est évaluée à 500 millions, selon des fonctionnaires qui ont parlé aux journalistes sous le couvert de l\u2019anonymat.Le député conservateur Pierre Paul-Hus a critiqué l\u2019achat de « vieux » chasseurs « rouillés ».Les conservateurs, comme les néodémo- crates, ont reproché au gouvernement libéral d\u2019avoir tardé à lancer son appel d\u2019offres et de forcer les Forces canadiennes à attendre leur nouvelle flotte encore huit ans.« On ne procéderait pas à l\u2019achat d\u2019une flotte intérimaire si nous n\u2019étions pas convaincus qu\u2019on pourra la faire voler et si nous n\u2019avions pas confiance », a rétorqué le chef d\u2019état-major de la Défense, le général Jonathan Vance.L\u2019analyste en défense David Perry était toutefois étonné qu\u2019Ottawa n\u2019achète que 18 appareils australiens \u2014 alors qu\u2019il comptait acheter aussi 18 Super Hornet, qui sont quant à eux plus récents et disposés à voler davantage qu\u2019un appareil vieux de 30 ans.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 AVIONS commissaires de la CSDM doivent entériner la semaine prochaine, le 20 décembre, la décision de mettre fin au bail de Jeunesse au Soleil.Il s\u2019agit d\u2019un coup dur pour cette organisation ayant pignon sur rue depuis 1954 (et depuis 1981 à l\u2019adresse actuelle), qui of fre une multitude de ser vices à des milliers de familles.Paniers de nourriture, fournitures scolaires, équipes sportives, camps de jour, aide au logement, distribution de vêtements d\u2019hiver : le bâtiment situé à l\u2019angle des rues Rachel et Saint-Urbain est un véritable havre pour les familles démunies, souvent immigrantes, de l\u2019île de Montréal.L\u2019organisme cherche une nouvelle adresse dans le même secteur du Plateau Mont-Royal, confirme Ernie Rosa, directeur de la gestion immobilière chez Jeunesse au Soleil.«C\u2019est un défi pour nous de trouver un nouveau bâtiment, mais on est sûrs qu\u2019on va réussir avec nos partenaires», dit-il au Devoir.Pour le moment, Jeunesse au Soleil est bien embêté, car les locaux de cette ampleur \u2014 100 000 pieds carrés sur trois étages \u2014 sont rares dans le coin.Surtout les bâtiments où il y a un gymnase, incontournable pour les activités sportives.Les écoles débordent La présidente de la CSDM, Catherine Harel Bourdon, confirme que la commission scolaire a besoin de reprendre le bâtiment pour y aménager des classes.Le relogement temporaire d\u2019élèves de l\u2019école FACE est un des scénarios envisagés, mais la décision définitive n\u2019est pas prise, indique-t-elle.« On est encore en période de consultation.Le plan triennal [de répartition et de destination des immeubles] sera adopté le 20 décembre », dit Mme Harel Bourdon.« C\u2019est sûr que nos besoins en locaux pour des classes sont très grands dans tous les quartiers.C\u2019est un bâtiment bien situé qui va pouvoir nous aider », explique-t-elle.La CSDM prévoit d\u2019accueillir au moins 1000 élèves de plus par année pour les cinq prochaines années.Pour cette raison, la commission scolaire a décidé de reprendre une série de bâtiments qu\u2019elle louait à des groupes communautaires pour les reconvertir en écoles.Catherine Harel Bourdon dit être consciente de la mission essentielle de Jeunesse au Soleil, mais rappelle que la CSDM joue aussi un rôle crucial \u2014 éduquer les enfants.Et pour ça, il faut des écoles.« Nous devons reprendre des bâtiments qui nous appartiennent pour loger des classes, on ne peut plus agrandir nos écoles par en dedans.Nos partenaires, la Ville de Montréal et le gouvernement du Québec, doivent aussi faire leur part.Il y a des besoins en développement communautaire et social à Montréal », dit-elle.Catherine Harel Bourdon estime que le bail de Jeunesse au Soleil est susceptible de prendre fin au cours des 18 à 36 prochains mois, si les commissaires de la CSDM décident la semaine prochaine de reprendre le bâtiment \u2014 ce qui semble probable étant donné que le parti de la présidente détient la majorité des sièges au conseil.Locaux recherchés Jeunesse au Soleil compte proposer à la CSDM de partager ses locaux actuels avec les élèves.Le gymnase, par exemple, pourrait servir aux élèves le jour et aux clients de Jeunesse au Soleil le soir et les fins de semaine, estime Ernie Rosa.Catherine Harel Bourdon exclut cette possibilité, parce que la CSDM a besoin d\u2019occuper tout le bâtiment.L\u2019école FACE, par exemple, accueille 1400 élèves du préscolaire, du primaire et du secondaire.Il faudra recaser une bonne partie de ces élèves durant les importants travaux de rénovation prévus au cours des prochains mois (dont l\u2019échéancier reste à déterminer), explique-t-elle.« On ne pourra pas faire tous les travaux en cohabitation avec les 1400 élèves, dit-elle.Ça ne nécessitera pas nécessairement un relogement complet des élèves, ça peut être partiel aussi.» Jeunesse au Soleil lorgne aussi l\u2019Hôtel-Dieu, situé à deux pas du bâtiment actuel, qui vient de fermer ses portes pour déménager dans le nouveau CHUM.Des groupes communautaires se mobilisent pour aménager dans l\u2019ancien hôpital.«On pourrait travailler avec les groupes communautaires.Il y a de l\u2019espace pour construire un gymnase dans le stationnement.Il n\u2019y aurait rien à démolir, ça serait l\u2019idéal», dit Ernie Rosa.Le cabinet du ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, dit être «en réflexion » au sujet du déménagement à l\u2019Hôtel- Dieu souhaité par Jeunesse au Soleil et d\u2019autres groupes communautaires.«L\u2019avenir de l\u2019Hôtel- Dieu n\u2019est pas encore déterminé», souligne Catherine W.Audet, attachée de presse du ministre.Interpellé par Le Devoir, le cabinet de la mai- resse, Valérie Plante, n\u2019a pas été en mesure de réagir au déménagement possible de Jeunesse au Soleil, mardi.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 JEUNESSE À l\u2019occasion des Fêtes, nous voulons voir vos anciennes photos ! Il y a quelques années, nous avions lancé un projet audacieux : les journalistes du Devoir s\u2019étaient engagés à écrire une fiction à partir de vos photos de famille.Devant le succès de l\u2019expérience, nous relançons le projet cette année.Les lecteurs sont donc invités à nous envoyer des clichés personnels du temps des Fêtes : cadeaux sous le sapin, jeux dans la neige, visite à la campagne, nouveau bébé, repas en famille, voyage exotique, bref, tout ce qui vous inspire et vous a marqués pendant cette période de l\u2019année.Nous effectuerons une sélection à partir des images reçues, et nos journalistes rédigeront une cour te fiction à par tir des photos retenues, dans un style sans contrainte.Détails techniques : les photos doivent nous être transmises par courriel, en haute résolution.Le tout do it être envoyé à l \u2019adresse ma- photo@ledevoir.com ce mercredi 13 décembre.En nous envoyant vos photos, vous acceptez que celles-ci soient publiées sur les différents suppor ts du Devoir (pap ier, tablette, site Web).Les propriétaires des photos retenues seront prévenus.Le Devoir veut s\u2019inspirer de vos Noëls JACQUES NADEAU LE DEVOIR Jeunesse au Soleil devra quitter l\u2019édifice qu\u2019elle occupe depuis 1981, à l\u2019angle des rues Rachel et Saint-Urbain.Il importe d\u2019utiliser le jeu vidéo pour calmer les tensions et faire tomber les œillères, dit Osama Dorias "]
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