Le devoir, 29 décembre 2017, Cahier A
[" V O L .C V I I I N o 2 9 6 L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 2 9 D É C E M B R E 2 0 1 7 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S AUJOURD\u2019HUI Le monde \u203a Attentat suicide à Kaboul.Au moins 41 morts dans une attaque revendiquée par le groupe armé EI.Page A 6 Économie \u203a Une année 2017 marquée par l\u2019imprévisible.Les relations commerciales avec les États-Unis ont frappé quelques écueils.Page B 7 Avis légaux.B 6 Décès.B 9 Météo.B 8 Mots croisés.B 8 Petites annonces .B 9 Sudoku.B 8 ?w w w .l e d e v o i r .c o m Week-end Un jour de l\u2019An endiablé pour clore le 375e de Montréal Page B 1 Et cetera La première cohorte de la génération Z atteint l\u2019âge adulte Page B 10 VOR TEX POLAIRE PEDRO RUIZ LE DEVOIR Il n\u2019y a pas que le paysage qui est ?gé en cette semaine festive\u2026 et glaciale! Les avertissements de froid extrême se multiplient partout au pays, les autorités appelant à la prudence dans les déplacements à cause du risque d\u2019engelure pour chaque centimètre de peau exposé.Le vortex polaire, cette grande masse d\u2019air froid qui descend de l\u2019Arctique, n\u2019a pas ?ni de souf?er et de stagner sur le sud du Québec.Environnement Canada prévoit que le froid extrême persistera plusieurs jours et pourrait même empirer au cours de la ?n de semaine.Le thermomètre af?chait 22 °C sous zéro en soirée à Montréal, une température ressentie de -32 °C en considérant le refroidissement éolien.VOIR PAGE A 10 : ÉLECTIONS L I S A - M A R I E G E R V A I S L e Directeur général des élections du Québec (DGEQ) songe à modifier un règlement jugé discriminatoire par plusieurs partis puisqu\u2019il empêcherait certaines personnes, portant par exemple le voile ou le turban sikh, de se présenter aux élections, a appris Le Devoir.Des formations politiques comme le Parti vert et Québec solidaire, qui souhaiteraient présenter notamment des candidates voilées, ont fait pression auprès du DGEQ, Pierre Reid, et de la ministre de la Réforme des institutions démocratiques, Kathleen Weil, pour que soit modifié ce règlement.« Tous les électeurs et électrices devraient avoir le droit de se présenter.Mais il est clair qu\u2019à l\u2019heure actuelle, vu le règlement du DGEQ, une par tie de l\u2019électorat du Québec ÉLECTIONS PROVINCIALES Les candidats portant le voile ou le turban pénalisés Des partis demandent au DGEQ de modifier un règlement jugé discriminatoire Cadeau de fin d\u2019année des journalistes du Devoir, la série Instantanés propose des textes de fiction inspirés par des photos d\u2019archives du temps des Fêtes envoyées par des lecteurs à la rédaction.Aujourd\u2019hui, un texte de Jérôme Delgado et un cliché d\u2019Andrée Legault.J É R Ô M E D E L G A D O C ette photo m\u2019a longtemps troublé.Dès le premier coup d\u2019œil, elle m\u2019a fasciné ; j\u2019y découvrais la neige.Non, je me corrige : avec elle, je découvrais que la neige, l\u2019hiver et le froid pouvaient être synonymes de bonheur pour un enfant de mon âge.Mais la photo m\u2019a aussi troublé, pendant des années, parce qu\u2019elle représentait à mes yeux un eldorado inaccessible pour le p\u2019tit gars que j\u2019étais.Moi, dans ma mégapole au- dessous du tropique du Cancer, pourrais- je vivre ce décor féerique ?Jamais.Là, vous me jetez la photo à la figure sans vous douter de son effet sur moi.Ça fait\u2026 Quoi ?Trente ans que je ne l\u2019avais pas vue ?Vous l\u2019avez achetée au marché aux puces de Saint-Eustache ?Ben ta- barn\u2026 Pardon, je m\u2019emporte.Je l\u2019avais avec moi, parmi mes plus précieux objets, quand je suis débarqué à Mi- rabel un soir de canicule.Tendre souvenir d\u2019enfance et même plus.Cette image ne valait pas mille mots, mais bien la bague de fiançailles.INSTANTANÉS Elle a changé ma vie VOIR PAGE A 10 : INSTANTANÉS COLLECTION PRIVÉE À l\u2019endos de la photo, il était écrit : «Bonjour José, je t\u2019envoie la photo que mon poupa adoré a prise de moi le jour de Noël.T\u2019as vu mon sourire ?J\u2019ai mes patins !!! » L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 2 9 D É C E M B R E 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 2 UN, DEUX, GRATUIT Achetez deux appareils et le 3e est gratuit.Obtenez un rabais maximal de 11 586$* * Sur marques et modèles sélectionnés.Le rabais s\u2019applique sur le prix régulier.Promotion non jumelable.Malgré le soin apporté à la préparation, des erreurs pourraient s\u2019y être glissées.Financement disponible à l\u2019approbation du crédit.Dépôt de 25 % exigé.Achat minimum requis de 500 $ (avant les taxes).Peut prendre ?n sans préavis.Détails en magasin.FINANCEMENT DISPONIBLE SUIVEZ-NOUS S T É P H A N E B A I L L A R G E O N O ui, bon, le mot ubérisa- tion date de quelques années déjà.Le processus décrit l\u2019utilisation de nouvelles technologies et des plate- formes numériques pour développer des ser vices et concurrencer un secteur de l\u2019économie classique.La compagnie emblématique Uber existe depuis 2009 pour concurrencer les taxis avec des chauffeurs indépendants qui utilisent leur voiture personnelle.Elle-même est maintenant concurrencée par Blablacar ou Drivy.Aibnb et Booking.com empiètent sur le marché hôtelier par la location à court terme d\u2019appartements ou de chambres privés.Amazon comme Alibaba pulvérisent le commerce réel en fédérant en ligne plusieurs vendeurs d\u2019un même produit.La lame de fond a frappé de plein fouet cette année.Tous les indices pointent vers un point de bascule.Amazon a dépassé en juillet les 500 milliards en capitalisation.Son fondateur, Jef f Bezos, s\u2019est enrichi personnellement de 10 milliards avec les ventes du seul Black Friday de décembre.Par contraste, les soldes du Boxing Day, le lendemain de Noël, ont attiré moins de clients dans les magasins en « briques et mortier », comme disent les Anglos.Ce vieux monde réagit.Les grandes capitales du tourisme, Paris, New York ou Barcelone, ont commencé à réduire les conditions de location des appartements.La Ville de Québec a d\u2019abord adopté une interdiction ferme de nouvelles résidences de tourisme sur son territoire avant d\u2019assouplir son règlement la semaine dernière.L\u2019interdit de conversion à la Airbnb est cependant maintenu pour les quar tiers centraux, les plus fréquentés par les visiteurs.Toronto a légiféré au début du mois.Montréal a ensuite annoncé son intention d\u2019«étudier les pratiques dans le domaine de la location à court terme».Année difficile Uber l\u2019a eu particulièrement dur.La compagnie a admis en novembre que les données de 57 millions de ses clients et chauffeurs ont été piratées et qu\u2019elle a payé une rançon aux hackers.La faille majeure s\u2019ajoutait aux révélations sur le pistage illégal des utilisateurs, l\u2019espionnage industriel des concurrents et une culture d\u2019entreprise agressive et sexiste qui a coûté leur poste aux plus hauts dirigeants cet été.L\u2019Australie, la Bulgarie et l\u2019Italie l\u2019ont interdite parce qu\u2019Uber ne respecte pas les lois du taxi.D\u2019autres tentent de poser des balises à l\u2019implantation du système.Londres, un des épicentres du libéralisme mondial, a retiré en septembre la licence du trans- por teur.Après avoir accumulé des conflits avec les autorités de plusieurs pays, Uber a été décrite il y a deux semaines par la Cour de justice de l\u2019Union européenne comme une compagnie devant être soumise aux mêmes règles que les taxis.Au Québec, le ser vice est régi par un projet-pilote qui impose certains critères de sécurité des véhicules et des chauffeurs.Le gouvernement a aussi lancé un programme de 44 millions sur cinq ans pour aider l\u2019industrie traditionnelle du taxi à se moderniser par l\u2019électrification et l\u2019adoption de nouvelles technologies afin de faire face à la concurrence d\u2019Uber.Le problème connexe de la valeur des permis de taxi en déclin a été confié à un groupe de travail.Le modèle économique de l\u2019ubérisation ne semble pas pour autant profitable à Uber.La compagnie af fiche bon an mal an des pertes équivalant à la moitié de ses revenus.Elle prétend révolutionner le capitalisme sans pour autant réussir à respecter sa règle la plus élémentaire, celle du profit.L\u2019ubérisation se développe aussi parce que les inégalités sociales augmentent.L\u2019économie participative attire les délaissés, les négligés et les oubliés du système qui y voient un moyen d\u2019augmenter leurs revenus avec un emploi supplémentaire.La paupérisation, un mot plus vieux encore, pourrait aussi reprendre du ser vice dans les prochaines années\u2026 Le Devoir LES MOTS DE 2017 Ubérisation : symptôme et promesse d\u2019une économie nouvelle L e froid intense rend la chaussée glissante sur les routes du Québec, ce qui a provoqué plusieurs carambolages impliquant près d\u2019une dizaine de véhicules dans la ré- ser ve faunique des Lauren- tides, jeudi.Selon la Sûreté du Québec, au moins trois lieux de collisions ont été répertoriés sur la route 175, impliquant chacun plusieurs véhicules.Une voie demeure fermée sur la route 175, en direction sud, aux environs du kilomètre 110.Seule la voie de gauche est ouverte à la circulation.Les policiers de la Sûreté du Québec et plusieurs ambulances ont été appelés sur les lieux.Selon le journaliste Patrice Bergeron de La Presse canadienne, présent sur les lieux d\u2019un carambolage dans le secteur du kilomètre 107, plusieurs véhicules sont entrés en collision à cet endroit.Des bour rasques et un manque d\u2019adhérence de la chaussée en raison du froid pourraient expliquer la série d\u2019accidents, croit-il.« C\u2019est une immense courbe qui descend vers un lac.Souvent, la visibilité est réduite en raison du brouillard.Il y avait beaucoup de bourrasques et la chaussée était glissante.J\u2019ai vu qu\u2019il y avait eu de nombreux accrochages qui se sont produits quelques minutes à peine avant que j\u2019arrive », a-t-il décrit.Il était environ 12 h 15 au moment de son passage.Derrière lui, plusieurs autres voitures ont dû ralentir pour éviter d\u2019autres collisions.Lui- même a pu passer en évitant les voitures endommagées.« J\u2019ai vu une Mazda 3 qui avait l\u2019avant complètement tranché.Elle avait percuté l\u2019arrière d\u2019un camion-remorque de produits pétroliers.J\u2019ai vu aussi un véhicule utilitaire sport qui avait l\u2019arrière tronçonné», a raconté le journaliste, qui a tout de même pu rentrer chez lui sans dommages.Selon lui, les gens ne semblaient pas blessés malgré les impacts.Il dit tout de même avoir croisé au moins sept ambulances en poursuivant sa route.La Sûreté du Québec affirme cependant que certaines personnes auraient subi des blessures, sans préciser leur gravité ou leur nature.Bien que la chaussée soit déneigée, c\u2019est le froid qui cause un manque d\u2019adhérence sur une bonne partie de la route 175.Les conditions seraient difficiles sur presque toute la distance entre Laterrière et Stone- ham, d\u2019après Patrice Bergeron.La Presse canadienne TEMPS FROID Plusieurs collisions surviennent sur la route 175 La CAQ peu populaire dans les contributions La Coalition avenir Québec (CAQ), qui a dominé les plus récents sondages, termine l\u2019année au dernier rang des principaux partis au chapitre des contributions politiques, alors que le Parti québécois, qui éprouve des difficultés, arrive en tête du financement populaire.Le parti de François Legault, créé il y a six ans, a eu beau déloger les li- Un manque d\u2019adhérence de la chaussée en raison du froid pourrait expliquer la série d\u2019accidents béraux lors d\u2019une élection complémentaire cet automne à Québec, il amorcera 2018, année électorale, avec moins de contributions que Québec solidaire (QS), qui ne compte que trois députés à l\u2019Assemblée nationale.La Presse canadienne Trump ironise sur le réchauffement climatique Washington \u2014 Le président américain Donald Trump a ironisé jeudi sur le réchauffement climatique, alors que le nord des États-Unis est balayé par une vague de froid extrême avec des températures jusqu\u2019à -40°C.«Dans l\u2019est, cela pourrait être la veille du jour de l\u2019an LA PLUS FROIDE jamais enregistrée.Peut-être qu\u2019on pourrait utiliser un peu de ce bon vieux réchauffement climatique contre lequel notre pays, mais aucun autre pays, s\u2019apprêtait à payer DES TRILLIONS DE DOLLARS pour s\u2019en protéger.Couvrez-vous!», a tweeté le président .Agence France-Presse L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 2 9 D É C E M B R E 2 0 1 7 ACTUALITES A 3 A L E X A N D R E S H I E L D S L e gouvernement fédéral vient de créer sept nouveaux « refuges marins » dans les eaux de l\u2019est du pays, au large de Terre-Neuve et du Labrador.Mais Ottawa y impose seulement des restrictions sur les pêches commerciales, tout en laissant la porte ouverte à toutes les autres activités humaines.Un de ces refuges se trouve même au cœur d\u2019une zone sous permis d\u2019exploration pétrolière.Pour atteindre son objectif de «protéger» 5% des milieux marins avant la fin de 2017, Pêches et Océans Canada a annoncé plus tôt cet automne la création de 11 « refuges marins» dans le golfe du Saint-Lau- rent, pour un total de 8571km2.Ces « refuges » font par tie d\u2019une catégorie de protection créée par le gouvernement fédéral et qui se limite jusqu\u2019à présent à des restrictions sur les pêches commerciales.Le gouvernement Trudeau vient d\u2019ajouter sept nouveaux « refuges marins », tous situés cette fois le long de la côte est canadienne, dans les eaux de l\u2019océan Atlantique, au large de Terre-Neuve et du Labrador.Ces zones totalisent 145 598km2, ce qui représente une protection de 2,53 % d\u2019« espace océanique » supplémentaire.Le total actuel du Canada se situe donc désormais à 7,75%.Pour les sept refuges marins, les mesures de protection prévues par le fédéral se limitent toutefois pour l\u2019essentiel à des règles de gestion des pêches commerciales interdisant l\u2019emploi d\u2019engins « entrant en contact avec le fond », comme les chaluts.Selon ce que précisent les documents diffusés par Pêches et Océans Canada, ces nouvelles mesures servent essentiellement à protéger les coraux et les éponges, dans le but de «contribuer à la conservation et à la biodiversité à long terme».C\u2019est le cas, notamment, pour la plus vaste de ces nouvelles zones protégées, soit le « refuge marin du talus du nord-est de Terre-Neuve », d\u2019une super f icie totale de 46 833km2.D\u2019autres zones ont été ciblées pour leur rôle dans la conservation d\u2019espèces de poissons à valeur commerciale, dont la morue franche, ou encore pour leur importance pour le narval, dans le cas d\u2019un refuge situé plus au nord.Exploration pétrolière Pêches et Océans Canada précise par ailleurs qu\u2019« aucune des autres activités humaines menées dans cette zone n\u2019est incompatible avec les composantes écologiques d\u2019intérêt ».Cela signifie que la pêche commerciale est toujours possible, de même que la navigation commerciale.Cela laisse aussi la porte ouverte aux projets d\u2019exploration pétrolière et gazière, puisque le fédéral ne mentionne pas d\u2019interdictions formelles de ces activités industrielles.Des permis d\u2019exploration pétrolière empiètent déjà sur le territoire du plus vaste des nouveaux refuges marins, soit celui du «talus du nord-est de Terre- Neuve», situé au nord d\u2019un secteur ou l\u2019industrie des énergies fossiles est particulièrement active.La zone ciblée pour un autre des nouveaux refuges de protection de la «biodiversité» est quant à elle déterminée pour un futur appel d\u2019offres de permis d\u2019exploration.Plus largement, une part importante de cette vaste région des eaux canadiennes est déjà convoitée par l\u2019industrie des énergies fossiles.Des forages y ont déjà été réalisés et des projets sont prévus au cours des prochaines années.Certains secteurs sont d\u2019ailleurs décrits comme étant d\u2019« intérêt » pour leur potentiel en hydrocarbures alors que d\u2019autres sont reconnus pour la «haute activité » de l\u2019industrie.Protéger l\u2019écosystème Pour Alain Branchaud, directeur général de la Société pour la nature et les parcs du Québec, la possibilité de voir l\u2019industrie pétrolière et gazière s\u2019implanter dans des zones en théorie protégées pose problème pour la conser vation des milieux marins ciblés pour leur valeur écologique.« L\u2019enjeu des droits d\u2019exploration et d\u2019exploitation du gaz et du pétrole dans ces zones devra être réglé dans la prochaine version de la Loi sur les océans », estime-t-il.Celle-ci pourrait être adoptée dès 2018.Le biologiste juge qu\u2019il est impor tant de distinguer un « refuge marin » et « une aire marine protégée », qui permet quant à elle de préserver tout l\u2019écosystème marin ciblé.Pour atteindre cet objectif, M.Bran- chaud croit d\u2019ailleurs que le fédéral devrait élargir les mesures de protection « à l\u2019ensemble de la biodiversité».Selon lui, il s\u2019agit d\u2019un geste nécessaire pour que le Canada respecte réellement son engagement international de protéger 10% de ses milieux marins d\u2019ici 2020.Le ministre de Pêches et Océans Canada, Dominic Le- Blanc, a pour sa part vanté l\u2019action du gouvernement en matière de protection des milieux marins.«Notre gouvernement a œuvré avec ardeur pour aller au-delà de son engagement à protéger 5 % de nos zones marines et côtières d\u2019ici la fin de cette année, et il est en très bonne voie de remplir notre prochain objectif de protéger 10% d\u2019ici 2020», a-t-il fait valoir.Au Québec, le gouvernement fédéral promet d\u2019ailleurs de fina- liser l\u2019implantation de l\u2019aire marine du banc des Américains en 2018.Cette zone de 1000 km2 est située tout juste à l\u2019est de la péninsule gaspésienne.Deux autres projets de protection marine, l\u2019un englobant tout l\u2019archipel des îles de la Madeleine et l\u2019autre situé dans l\u2019estuaire du Saint-Laurent, ne progressent pas depuis plusieurs années.Le Devoir ENVIRONNEMENT Le fédéral ajoute de nouveaux «refuges marins » sur la côte est La plus importante zone protégée se superpose à des permis d\u2019exploration pétrolière PEDRO RUIZ LE DEVOIR Judith Cayer, chargée de projet et de développement au Collectif 7 à nous, marche à travers les grands espaces du rez-de-chaussée avec son fils.La première phase du projet Bâtiment 7 permet de rénover ce grand édifice industriel largement vitré pour accueillir 13 projets des plus diversifiés.Cette minisérie publiée pendant les Fêtes met en lumière les travailleurs de l\u2019ombre de cer tains succès de l\u2019année 2017.Deuxième arrêt : le Bâtiment 7, un espace de 90 000 pieds carrés en pleine reconversion.Le projet est por té depuis plus d\u2019une décennie par un cœur battant collectif, et ses bénéfices le seront tout autant.S A R A H R .C H A M P A G N E I mpossible pour Judith Cayer de prendre le crédit de cette réussite, pleinement confirmée en avril dernier, quand un regroupement de citoyens a enfin obtenu les clés d\u2019un ancien atelier ferroviaire de Pointe-Saint-Charles.« Je disparaîtrais demain matin et le projet continuerait, c\u2019est sûr, parce qu\u2019on a pris le chemin inverse.C\u2019est l\u2019antithèse du succès d\u2019une seule personne », assure-t-elle.En 2003, un groupe de résidants du quartier plantait un drapeau sur le site du Canadien National (CN).L\u2019opération se voulait populaire et symbolique pour revendiquer le développement de services s\u2019adressant aux citoyens du voisinage et empêcher leur privatisation complète.Tout au long des années qui vont suivre, ils resteront les «petits joueurs» dans la reconversion de cette zone industrielle qui représentent environ le tiers du territoire de Pointe-Saint-Charles.Quatorze ans plus tard, ces petits joueurs se retrouvent à super viser tout un chantier : deux étages de plaques de plâtres, de planches et de bouts de métal en tout genre.Là aussi, l\u2019entrepreneur général laissera bientôt la place à l\u2019au- toconstruction.Le collectif s\u2019est enregistré en tant que constructeur-propriétaire pour pouvoir réaliser l\u2019étape de finition, entre autres grâce à des matériaux recyclés.«On a poussé notre luck sur à peu près tout », admet pardessus le br uit des ventilateurs nouvellement en place Mme Cayer, chargée de projet et de développement.Le Collectif 7 à nous s\u2019est formalisé en organisme à but non lucratif en 2009, centré sur ce projet de récupération de l\u2019édifice.Le pôle d\u2019activités sociales, ar tistiques, commerciales et politiques ouvrira au printemps 2018.La carcasse du bâtiment enfin à lui, le Collectif a entrepris de l\u2019habiter progressivement par cette «alliance improbable» de plusieurs milieux.Les projets ont été élaborés en collégialité sur la base des « besoins directs des gens du quartier, pour permettre d\u2019ouvrir des espaces qu\u2019on ne croyait pas pouvoir exister», décrit Caroline Monast-Landriault, chargée de communication.Des atel iers de sérigraphie, de vélo, de céramique, de métal, d\u2019impression numérique, de bois, ainsi qu\u2019un garage communautaire, une école d\u2019ar t , une chambre noire et une épicerie autogérée s\u2019approprient progressivement les lieux.Le Grand Atelier occupera aussi une place de choix au deuxième étage, un espace qui demeure ouver t à trouver des usages plus polyvalents.Une coopérative de jeunes, la Press Star t, a également réussi à amasser plus de 10 000 $ en sociofinancement pour cette maison des jeunes « version autogérée », rigole Mme Monast-Landriault.Dans l\u2019une des divisions déjà créées, elle montre les cuves de brassage qui attendent sagement sur place le début de la production des Sans- Taverne.« Au lieu d\u2019être un simple écrou dans la machine, on se bâtit des emplois décents, à notre échelle », dit-elle en tant que membre de cette coop-micro-brasserie.Inépuisables défis La mobilisation sociale est dans l\u2019ADN du quartier à l\u2019histoire surtout ouvrière.Mais il a fallu « tâter les limites du possible et les repousser », explique Judith Cayer.« Pas parce qu\u2019on est frondeurs, mais parce que les contraintes sont tellement restrictives ! » Elle cite par exemple le fait que ces anciens ateliers ferroviaires devaient tout simplement être rasés selon le premier plan de redéveloppement du site du CN.L\u2019embourgoisement rapide de Griffintown, le quartier voisin rasé et reconstruit sans aucun espace communautaire, a également posé un autre défi sans résolution facile : « En plus des gens qui nous disaient \u201cvous n\u2019y arriverez jamais\u201d, il a fallu se demander si on était en train de faire un projet pour un quartier qu\u2019on n\u2019aurait plus les moyens d\u2019habiter», laisse tomber la chargée de projet.Rien de moins sexy que la paperasserie entre décontaminations, ministères et demandes de subventions, relatent les deux femmes.Mais l\u2019objectif était assez grand pour monter la garde ou donner un coup d\u2019accélérateur au bon moment.« C\u2019est un projet pour inventer la société de demain, expérimenter d\u2019autres circuits d\u2019échange, de production et de gestion.Quand on est avec des gens prêts à faire le pari de subvenir à nos propres besoins et de dégager une marge d\u2019autonomie et de liberté, c\u2019est une proposition qui peut et qui doit être embrassée par n\u2019impor te qui, n\u2019importe où.» La trame humaine existait déjà, les défis, eux, surgissent chaque jour, et c\u2019est là tout l\u2019incroyable de leur succès.Le prochain sera d\u2019élargir « le cœur», répète Caroline, à tout un écosystème.Faire cohabiter plus de 100 personnes, faire en sor te qu\u2019elles concourent à l\u2019audacieux Bâtiment 7, c\u2019est déjà accepter de «se réinventer aussi personnellement que collectivement», conclut Judith.En quittant le Bâtiment 7, une voiture ralentit en tournant sur la rue Le Ber, pour saluer Judith et Caroline.Derrière la section en rénovation, environ les deux tiers de l\u2019édifice sont encore placardés de grands contreplaqués.Seule la première phase de reconversion a en ef fet trouvé son financement.Le pôle de santé, qui inclut une maison de naissance, et l\u2019alimentaire, qui rêve d\u2019une serre, restent encore à appuyer.Caroline Mo- nast-Landriault promet malgré tout que la bière sera prête au printemps.Et elle sera bonne.Le Devoir TROIS ÉMINENCES GRISES Reconversion du Bâtiment 7 : l\u2019antithèse du succès individuel PEDRO RUIZ LE DEVOIR Mme Cayer fait partie de la mobilisation citoyenne depuis ses débuts et a« tenu le coup» dans les moments plus dif ficiles.Elle tient cependant à faire rejaillir ce succès sur tous ceux qui y ont contribué, tout comme Caroline Monast-Landriault (absente de la photo).L\u2019enjeu des droits d\u2019exploration et d\u2019exploitation du gaz et du pétrole [.] devra être réglé dans la prochaine version de la Loi sur les océans Alain Branchaud, directeur général de la Société pour la nature et les parcs du Québec « » En plus des gens qui nous disaient \u201cvous n\u2019y arriverez jamais\u201d, il a fallu se demander si on était en train de faire un projet pour un quartier qu\u2019on n\u2019aurait plus les moyens d\u2019habiter.Julie Cayer, chargée de projet et de développement « » L I N A D I B à Ottawa L a Cour suprême du Canada se penchera cet hiver sur une série de causes qui attireront l\u2019intérêt des juristes\u2026 et des politiciens.Voici un aperçu de quelques-unes des questions qu\u2019étudiera le tribunal désormais présidé par le Québécois Richard Wagner.À noter : comme les neuf juges, à part rare exception, prennent plusieurs mois avant de rendre leurs décisions, l\u2019année 2018 sera donc bien entamée ou peut-être même finie lorsqu\u2019on aura le dernier mot dans ces af faires.En ordre chronologique 9 février : victimes d\u2019agressions sexuelles et stéréotypes L\u2019année 2017 aura donné beaucoup de place aux victimes d\u2019agressions et de harcèlement sexuels.Leurs révélations ont déboulonné quelques statues et mis fin à quelques carrières.Il y a eu le mouvement #MoiAussi.Mais il y a eu aussi #IBelieveYou.Dans cette cause albertaine, la Cour suprême du Canada doit répondre à la question suivante : le juge du procès a-t- il commis une erreur en s\u2019appuyant sur des suppositions stéréotypées à propos du comportement d\u2019une victime d\u2019agression sexuelle ?La victime alléguée est la belle-fille de l\u2019accusé.Le juge de première instance, de l\u2019avis de deux des trois juges de la Cour d\u2019appel de l\u2019Alber ta, a commis une erreur parce que, pour apprécier la crédibilité de la plaignante, il s\u2019est appuyé sur un mythe ou un stéréotype à propos de la façon dont une victime d\u2019agression sexuelle devrait se comporter.La Cour d\u2019appel a ordonné un second procès.Mais comme il y a eu dissidence, la cause arrive de plein droit au plus haut tribunal du pays.15 mars: voyeurisme et Assemblée nationale En juillet 2012, trois gardiens de sécurité de l\u2019Assemblée nationale sont congédiés par le président de la Chambre, Jacques Chagnon, lorsqu\u2019on découvre qu\u2019ils utilisaient une caméra de l\u2019Assemblée pour regarder dans les chambres d\u2019un hôtel du quartier.Leur syndicat a déposé un grief contre ce congédiement.Le président de l\u2019Assemblée a contesté la compétence du tribunal, invoquant le privilège parlementaire et son droit de gérer ces lieux comme bon lui semble.Selon le président, la Constitution lui garantit le privilège de gestion du personnel et le privilège d\u2019expulser les étrangers de l\u2019Assemblée nationale et de ses environs.Le tribunal de première instance lui a donné raison.La Cour d\u2019appel du Québec a annulé cette décision, à deux juges contre un.21 mars: loi électorale et patience Des citoyens canadiens invoquent la Charte des droits pour protester contre le fait qu\u2019ils perdent leur droit de vote après avoir résidé plus de cinq ans à l\u2019extérieur du pays.Le procureur général du Canada a demandé, une première fois, que la Cour suprême du Canada repor te l\u2019audience de cette cause, soulignant que le gouvernement Trudeau a déposé un projet de loi pour modifier la loi électorale.Mais voilà, C-33, déposé en novembre 2016, en est toujours à sa première lecture.C\u2019est-à-dire que le projet de loi a été déposé aux Communes et jamais débattu depuis son dépôt.Les magistrats de la Cour suprême jugeront donc de la cause en utilisant la loi telle qu\u2019elle est et non pas telle qu\u2019elle pourrait être.Justement, le projet de loi C-33 propose de supprimer la condition de résider à l\u2019étranger depuis moins de cinq ans pour avoir droit de vote.22 mars: valeurs mobilières, prise deux La Cour suprême a donné raison à Québec, une première fois, en 2011.À l\u2019époque, elle s\u2019était penchée sur le projet de loi du gouvernement Harper qui voulait imposer une commission des valeurs mobilières unique.L\u2019Alberta et le Québec s\u2019y étaient opposés et avaient gagné.« Intr usion massive » du Parlement fédéral dans le champ de compétence des provinces, avait tranché le plus haut tribunal du pays.Le gouvernement conservateur était donc retourné à ses planches à dessin et avait concocté une seconde version.Cette fois, l\u2019adhésion à la commission pancanadienne serait totalement volontaire.Et quatre provinces, dont l\u2019Ontario et la Colombie-Britannique, se sont empressées de s\u2019y joindre.Le Québec n\u2019était pas plus convaincu.En juillet 2015, il s\u2019est donc tour né vers sa Cour d\u2019appel, où il a argué que la nouvelle loi empiète tout autant sur ses champs de compétence parce qu\u2019elle prévoit des lois provinciales uniformes et une loi fédérale complémentaire qui s\u2019appliquerait même aux provinces non participantes.La Cour d\u2019appel, à deux juges contre un, a jugé la nouvelle loi inconstitutionnelle, à moins qu\u2019on en retire quatre articles.Au tour de la Cour suprême du Canada de replonger dans ce dossier.La Presse canadienne L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 2 9 D É C E M B R E 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 4 Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 A M É L I P I N E D A L\u2019 actualité judiciaire sera marquée par l\u2019ouverture d\u2019importants procès en 2018.Le Devoir a dressé la liste de huit affaires à suivre cette année.Nathalie Normandeau tentera d\u2019éviter son procès L\u2019ex-vice-première ministre du Québec Nathalie Normandeau tentera d\u2019échapper à son procès pour fraude, abus de confiance, complot et corruption, prévu en avril prochain.Tout juste avant le congé des Fêtes, l\u2019ancienne députée libérale a déposé une requête en arrêt des procédures, invoquant des délais qu\u2019elle juge déraisonnables, puisque 21 mois se seront écoulés entre le dépôt des accusations, en avril 2016, et la date prévue pour le début du procès, le 9 avril.Tony Accurso n\u2019échappera pas à ses procès L\u2019ex-entrepreneur en construction Tony Ac- curso passera une bonne par tie de l\u2019année 2018 devant les tribunaux.L\u2019homme d\u2019affaires doit d\u2019abord se présenter au palais de justice de Mascouche le 8 janvier pour son procès pour fraude et corruption à Mascouche.M.Accurso devra aussi retourner au palais de justice de Laval le 17 janvier pour fixer la date de son nouveau procès.Il fait face à cinq accusations relativement à un système de collusion et de cor r uption dans l \u2019octroi de contrats publics à Laval.Un coup de théâtre est survenu pratiquement à la fin du procès.Le juge James Brunton a prononcé l\u2019avortement du procès après qu\u2019une jurée eut obtenu des informations sur le système de collusion à Laval, qu\u2019elle a ensuite partagées avec d\u2019autres membres du jury.Plaidoiries finales au procès de Lac-Mégantic Les plaidoiries finales au procès des trois anciens employés de l\u2019entreprise ferroviaire américaine Montreal Maine and Atlantic (MMA) accusés à la suite de la tragédie de Lac-Mégan- tic commenceront au mois de janvier.Le conducteur du train, Tom Harding, et deux de ses anciens collègues, Richard Labrie et Jean Demaître, ont plaidé non coupables à l\u2019accusation de négligence criminelle ayant causé la mort de 47 personnes, dans la nuit du 6 juillet 2013.Attentat de Québec: début du procès d\u2019Alexandre Bissonette Le procès d\u2019Alexandre Bissonnette, le tireur allégué de l\u2019attentat à la grande mosquée de Québec, s\u2019ouvrira le 26 mars avec la sélection du jury.Le soir du 29 janvier 2017, Bissonnette se serait présenté armé à la mosquée, vers 19 h 50, après la dernière des cinq prières quotidiennes musulmanes.L\u2019homme de 27 ans aurait ouvert le feu sur une dizaine de fidèles, tuant six personnes et en blessant d\u2019autres.L\u2019ancien étudiant de la Faculté de sciences sociales de l\u2019Université Laval fait face à six accusations de meurtre prémédité et six accusations de tentative de meurtre.Au total, 111 témoins pourraient être entendus durant le procès qui devrait durer deux mois.La saga judiciaire se poursuit pour Patrick Brazeau Le sénateur Patrick Brazeau sera de retour en cour le 24 janvier pour avoir refusé de se soumettre à un éthylotest en avril 2016.Son procès devait se tenir en décembre.Ironiquement, le procès de celui qui est entre autres connu pour avoir été mis K.-O.par Justin Trudeau lors d\u2019un combat de boxe amical a été reporté après que son avocat s\u2019est cassé deux doigts lors d\u2019un combat de karaté.Plus tôt cette année, M.Brazeau a été acquitté dans une autre affaire où il était accusé de garde et de contrôle de véhicule avec facultés affaiblies.Début de l\u2019enquête préliminaire d\u2019Ugo Fredette L\u2019enquête préliminaire d\u2019Ugo Fredette, à l\u2019origine de la plus longue aler te Amber de l\u2019histoire du Québec, devrait débuter le 14 mars.L\u2019homme de 42 ans est accusé du meurtre prémédité de sa conjointe, Véronique Barbe, et du meurtre non prémédité d\u2019Yvon La- casse.Les policiers avaient déclenché l\u2019alerte Amber après la découver te du corps de Mme Barbe, alors qu\u2019un enfant de six ans manquait à l\u2019appel.Pendant sa fuite, M.Fredette se serait arrêté dans une halte routière de Lachute, où il aurait volé le véhicule de M.Lacasse.Il a été intercepté en Ontario 24 heures plus tard, avec le jeune enfant sain et sauf.Cinq jours plus tard, les policiers ont retrouvé le corps d\u2019Yvon La- casse à Arundel, dans les Laurentides.Premiers témoignages au procès de Luck Mervil Le procès du chanteur Luck Mervil, accusé de crimes de nature sexuelle, reprendra le 24 mai prochain.Les premiers témoignages devraient être entendus ce printemps.Les crimes reprochés à l\u2019homme de 49 ans se seraient produits il y a plus de 20 ans, alors que la victime alléguée était mineure.Le Devoir Les dossiers judiciaires à suivre en 2018 Petite liste des causes qui retiendront l\u2019attention durant la prochaine année JACQUES NADEAU LE DEVOIR L\u2019ancienne élue libérale Nathalie Normandeau est poursuivie pour fraude, abus de confiance, complot et corruption.Son procès est prévu pour avril.JACQUES NADEAU LE DEVOIR Tony Accurso passera une bonne partie de l\u2019année 2018 devant les tribunaux.MATHIEU BÉLANGER LA PRESSE CANADIENNE Le procès d\u2019Alexandre Bissonnette, le tireur allégué de l\u2019attentat à la grande mosquée de Québec, s\u2019ouvrira le 26 mars prochain.SEAN KILPATRICK LA PRESSE CANADIENNE L\u2019ex-sénateur conservateur Patrick Brazeau sera de retour en cour fin janvier.Cour suprême du Canada: un calendrier d\u2019hiver chargé SEAN KILPATRICK LA PRESSE CANADIENNE Le Québécois Richard Wagner préside désormais le plus haut tribunal du pays. D E N I S D E L B E C Q Les physiciens sont dans le doute.Cinq ans après la découverte du boson de Higgs, le Grand collisionneur de hadrons (LHC) de l\u2019Organisation européenne pour la recherche nucléaire (mieux connu sous l\u2019acronyme CERN) n\u2019a pas fait la moindre découver te majeure.«Celle qui porterait des indices d\u2019une nouvelle physique, explique Adam Fal- kowski, du laboratoire de physique théorique d\u2019Orsay en région parisienne.« Nous explorons des territoires complètement nouveaux, mais nous ne perdons pas espoir.La situation peut changer à tout moment.» Et c\u2019est tant mieux, car cette nouvelle physique, les physiciens des par ticules l\u2019attendent depuis longtemps.Tous savent que le modèle standard est incomplet : élaboré dans les années 1960, ce cadre théorique qui décrit les particules et les lois fondamentales de la nature ne parvient pas à expliquer l\u2019origine de la matière noire et de l\u2019énergie noire, qui représentent pourtant 95 % de l\u2019univers ! « Pour mettre à mal le modèle standard et ouvrir une nouvelle voie, il faudrait par exemple découvrir une par ticule inédite », explique Adam Falkowski.« Une particule plus lourde que le boson de Higgs », ajoute L yndon Evans, le père du LHC.Ce gros lot, les physiciens du LHC ont bien cru l\u2019avoir déniché en 2015, avec des observations suggérant l\u2019existence d\u2019une par ticule six fois plus lourde que le boson de Higgs, la première incompatible avec le modèle standard.Mais tandis que des centaines de théoriciens s\u2019affairaient à élaborer de nouveaux modèles capables d\u2019expliquer cette « particule X », l\u2019espoir s\u2019est envolé en quelques mois : il ne s\u2019agissait que d\u2019un mauvais tour joué par les statistiques.Nouvelles avenues En attendant qu\u2019une par ti- cule inédite se montre, enfin, au LHC, les chercheurs explorent une seconde piste.« Il s\u2019agit de faire des mesures à haute précision sur le boson de Higgs», souligne Adam Fal- kowski.Tout écart significatif constaté entre la théorie et les expériences, par exemple sur les interactions entre le boson de Higgs et la matière, serait assurément l\u2019indice d\u2019une nouvelle physique.Une véritable oasis dans le désert que traversent, depuis trente ans, les théoriciens en quête d\u2019un nouveau cadre théorique.Mais, hélas, le LHC n\u2019est pas assez précis, explique L yndon Evans : « Les protons sont gros et composites, faits de quarks et de gluons.Leurs collisions génèrent donc beaucoup de débris.Imaginez que les protons sont des oranges dont on cherche à observer les pépins.Le LHC produit beaucoup de pulpe, ce qui réduit la précision des observations ! » Sans pulpe ni pépins Des particules sans pulpe ni pépins, il en existe une toute trouvée : l\u2019électron est une particule fondamentale, indivisible par essence, et près de deux mille fois plus légère que le proton, donc plus facile à accélérer.Tout comme le positron (ou antiélectron), une particule de même masse et de même charge électrique, mais de signe inverse.En provoquant la collision d\u2019un faisceau d\u2019électrons et d\u2019un autre de positrons, on pourrait créer le Higgs avec seulement 250 gi- gaélectronvolts (GeV) d\u2019énergie, soit cinquante fois moins qu\u2019au LHC.Mieux, à 350 GeV, les physiciens accéderaient même au quark appelé « top », une autre particule fondamentale susceptible de répondre à leurs questions.Mais il y a un hic.Ces ordres de grandeur sont valables pour un accélérateur linéaire, et non pour un accélérateur circulaire tel que le LHC, car dans les virages, les particules légères telles que les électrons perdent beaucoup d\u2019énergie sous forme de rayonnement synchrotron.« Dans un accélérateur circulaire d\u2019électrons- positrons, il faudrait une circonférence de plusieurs centaines de kilomètres pour atteindre une énergie de 350 GeV contre quelques dizaines de kilomètres avec un accélérateur en ligne droite », justifie Tatsuya Nakada, physicien à l\u2019École polytechnique fédérale de Lausanne et au CERN, et responsable des accélérateurs linéaires au Comité international pour les accélérateurs futurs (ICFA).L\u2019organisme porte notamment le projet de l\u2019Accélérateur linéaire international (ILC), qui pourrait justement répondre à ce besoin en collisions élec- trons-positrons.«Nous pensons que l\u2019ILC permettra d\u2019obtenir deux ou trois événements \u2014 la création du Higgs \u2014 toutes les cent collisions de particules ; c\u2019est vingt millions de fois plus qu\u2019au LHC.» Et donc, la garantie d\u2019un environnement propre et de mesures de haute précision.Coûts importants Dans sa première mouture, l\u2019instrument devait mesurer 33,5 kilomètres, pour une énergie de 500 GeV et un prix estimé à 10 milliards de dollars canadiens.En 2012, la communauté scientifique japonaise a proposé de l\u2019héberger, avec un argument de poids : le Japon cofinance de nombreux instruments internationaux de physique, mais n\u2019en héberge aucun sur son sol.Restait à convaincre Tokyo de signer un chèque conséquent : en 2005, le pays a raté ITER, le réacteur international à fusion nucléaire.L\u2019UE a proposé de financer 45 % d\u2019un montant estimé, aujourd\u2019hui, à 23 milliards de francs.Le réacteur se construit à Cadarache, dans le sud-est de la France, Paris payant plus de 20 % de la facture européenne.Inquiètes du coût de l\u2019ILC, les autorités japonaises hésitent.« Cela fait plus de trois ans que le dossier est sur la table du gouvernement », s\u2019impatiente L yndon Evans.Les promoteurs de l\u2019ILC ont joué leur va-tout, en annonçant le 7 novembre une reconfiguration drastique du projet, et un coût réduit à 6 milliards de dollars : son énergie ne sera plus que de 250 GeV.« C\u2019est assez pour étudier le boson de Higgs, mais pas pour le quark top », commente Adam Falkowski.Mais c\u2019est une sage décision.» Le geste des physiciens suffira-t-il à convaincre Tokyo?CLIC et quarks « Nous n\u2019attendrons pas au- delà de 2018, prévient Lyndon Evans.Plus le temps passe, plus l\u2019ILC perd en crédibilité.» Il est vrai que le CERN possède, dans ses cartons, une autre machine, le collisionneur linéaire compact (CLIC).D\u2019une conception un peu différente de l\u2019ILC, elle pourrait fabriquer des bosons de Higgs et des quarks top à la chaîne avec une énergie de 350 ou 400 GeV.« Le CERN doit préparer l\u2019avenir, estime Lyndon Evans.Si l\u2019ILC voit le jour, le CLIC ne se fera pas de sitôt.Mais si le Japon abandonne, il deviendra indispensable!» En attendant, le LHC va entamer une longue cure de jouvence, de 2018 à 2026.« Il s\u2019agit de multiplier la luminosité des faisceaux.» Les physiciens espèrent décupler le rythme de création du boson de Higgs, tout en espérant découvrir des par ticules d\u2019une masse proche de 1 té- raélectronvolt (huit fois celle du boson de Higgs).« Le LHC restera la machine la plus puissante au cours des vingt-cinq prochaines années.» La suite ?Les physiciens y pensent déjà : un super collisionneur à protons de 100 km de circonférence ! « Je ne suis pas sûr qu\u2019un tel projet voie le jour au cours du XXIe siècle », estime Adam Falkowski.Il est vrai que le coût serait pharao- nique.En se fondant sur le prix du Gothard (12,5 mil - liards de dollars pour 57 km), il faudrait compter près de 25 milliards pour creuser le tunnel.Et probablement 25 de plus pour l\u2019équiper\u2026 Le Temps L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 2 9 D É C E M B R E 2 0 1 7 A C T U A L I T É S A 5 À LIRE DEMAIN DOSSIER DU SAMEDI L\u2019année 2017 en dessins Notre caricaturiste Garnotte et notre journaliste Guillaume Bourgault-Côté vous o?rent en cadeau un survol de l\u2019année 2017, revue et corrigée par un crayon et une plume aussi incisifs que drolatiques.Bonne année! TEXTES GUILLAUME BOURGAULT-CÔTÉ DESSINS GARNOTTE G E M M A K A R S T E N S - S M I T H à Vancouver L\u2019 industrie canadienne de la marijuana prend de l\u2019expansion et des membres des Premières Nations comptent bien profiter de cette nouvelle manne économique.Phil Fontaine, un politicien qui est maintenant à la tête d\u2019une entreprise qui produit du cannabis thérapeutique, a passé la dernière année à sillonner le pays pour sensibiliser les membres des Premières Nations aux possibilités qu\u2019offre ce nouveau secteur économique en forte croissance.« À chaque endroit où nous avons été, nous avons eu la même réaction: de l\u2019intérêt et de l\u2019excitation.Lorsque des Premières Nations parlent de possibilités et de potentiel, c\u2019est très encourageant», a fait valoir en entrevue à La Presse canadienne l\u2019ancien chef national de l\u2019Assemblée des Premières Nations.Les entreprises de production de marijuana représentent un « potentiel énorme » pour les Premières Nations, en par tie parce que les communautés peuvent s\u2019investir dans ce domaine en même temps que le reste de la population, plutôt que de faire du rattrapage des années plus tard comme c\u2019est souvent le cas, a mentionné M.Fontaine.Entrepreneuriat « C\u2019est une occasion unique.Ce secteur est dif férent de tous ceux que les communautés autochtones ont expérimentés dans le passé.Tout le monde est sur les blocs de départ en même temps », s\u2019est-il enthousiasmé.Phil Fontaine est le président- directeur général de Indigenous Roots, une compagnie qui produit de la marijuana thérapeutique par et pour les Premières Nations à travers le Canada.La compagnie est en fait une coentreprise fondée avec Cronos Group, un producteur de cannabis médicinal homologué par Santé Canada.Lorsqu\u2019Indigenous Roots commencera réellement ses opérations, les profits seront séparés en par ts égales entre Cronos et les Premières Nations.Bien que le cannabis récréatif doive devenir légal l\u2019été prochain au Canada, Indigenous Roots centrera ses activités sur la distribution de marijuana thérapeutique destinée aux Premières Nations.Phil Fontaine fait valoir que les autochtones ont plus de difficultés à se procurer cette drogue douce sous prescription que le reste de la population.«Nous voulons nous assurer que ce service est accessible à toutes nos communautés à travers le pays», a-t-il dit.Indigenous Roots prévoit de construire une serre de production à proximité d\u2019une installation de Cronos à Armstrong en Colombie-Britannique, avec l\u2019objectif de fournir des patients d\u2019ici la fin de 2018, a expliqué en entrevue le président-directeur général de Cronos, Mike Gorenstein.Il a ajouté que les employés de Cronos formeront les membres des Premières Nations.« À moyen et long terme, cette serre sera opérée par les Premières Nations, a-t-il soutenu.Notre engagement est de nous assurer que tout le savoir que nous détenons et que nous continuons à acquérir, nous le partagions, et que nous soyons là pour les soutenir.» Cette nouvelle installation devrait créer entre 30 et 50 emplois, sans compter les postes qui pourraient être créés en marketing, en ventes et en comptabilité, a fait valoir M.Gorenstein.D\u2019autres serres pourraient s\u2019ajouter par la suite.Ce type de collaboration n\u2019est toutefois pas unique au Canada.Une entreprise de production de cannabis située dans le nord de l\u2019Ontario a également conclu un partenariat avec des communautés autochtones locales.Quarante-neuf Premières Nations ont invest i dans 48North Cannabis, leur permettant de détenir environ 20 % de la compagnie, a expliqué la présidente-directrice générale Alison Gordon.Elle mentionne également que l\u2019entreprise s\u2019est engagée à recr uter des travailleurs parmi les communautés établies à proximité de ses installations de Kirkland Lake.La Presse canadienne Le cannabis dans la mire des Premières Nations Des entreprises autochtones s\u2019intéressent au nouveau marché en expansion Alors que le Grand collisionneur de hadrons (LHC) prend de l\u2019âge, le Japon hésite à adouber un autre projet, l\u2019Accélérateur linéaire international (ILC).Les physiciens des particules ont revu sa puissance à la baisse pour réduire son coût de 40%.Bref, les grands équipements de physique fondamentale ont de plus en plus de dif ficulté à se faire financer.La physique des particules dans le noir Le Grand collisionneur de hadrons n\u2019a pas fait de découverte majeure depuis cinq ans FABRICE COFFRINI AGENCE FRANCE-PRESSE Un employé du CERN passe devant le Grand collisionneur de hadrons (LHC), à Meyrin, en Suisse.JACQUES NADEAU LE DEVOIR Phil Fontaine est politicien autochtone et est désormais à la tête d\u2019une entreprise qui produit du cannabis thérapeutique.Les entreprises de production de marijuana représentent un « potentiel énorme » pour les Premières Nations « Pour mettre à mal le modèle standard et ouvrir une nouvelle voie, il faudrait par exemple découvrir une particule inédite » L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 2 9 D É C E M B R E 2 0 1 7 L E M O N D E A 6 Chers abonnés, chers lecteurs Veuillez prendre note de l\u2019horaire du service à la clientèle pour le temps des fêtes : 25 \u2013 26 décembre / 1er \u2013 2 janvier : fermé Sinon, le service sera ouvert comme à l\u2019habitude du lundi au vendredi entre 7 h 30 et 16 h 30.1 800 463-7559 Joyeuses fêtes à tous ! L U I S J A I M E C I S N E R O S F R A N C I S C O J A R A à Lima L e président du Pérou Pedro Pablo Kuczynski restait en position délicate jeudi, interrogé par la justice à propos de soupçons de corruption et confronté à une nouvelle manifestation de familles de victimes contre la grâce qu\u2019il a accordée à l\u2019ex-chef d\u2019État Alberto Fujimori.Les deux affaires sont directement imbriquées.D\u2019un côté, c\u2019est parce qu\u2019Odebrecht, géant du Bâtiment et des travaux publics (BTP) brésilien, a contredit le président en reconnaissant avoir payé près de cinq millions de dollars américains à des entreprises de conseil liées à M.Kuczynski, alors ministre, entre 2004 et 2013 que l\u2019opposition a lancé une procédure de destitution devant le Parlement.Lors de cette séance du 21 décembre, «PPK» (acronyme et surnom de Pedro Pablo Kuc- zynski) a sauvé sa place de justesse grâce au soutien d\u2019une partie du puissant mouvement politique fondé par M.Fujimori, pourtant dans l\u2019opposition et désormais dirigé par ses enfants.De l\u2019autre, trois jours à peine après avoir sauvé son mandat, le président Kuczynski, 79 ans, a accordé une grâce à Alberto Fujimori, qui purgeait une peine de 25 ans de prison pour crimes contre l\u2019humanité et corruption.Cette décision a provoqué une crise politique et des manifestations de Péruviens, qui reprochent à PPK d\u2019avoir négocié ainsi sa survie à la tête de l\u2019État.Les familles des victimes y voient une «trahison», le chef de l\u2019État de centre droit s\u2019étant engagé durant sa campagne électorale de 2016 à ne pas libérer M.Fujimori, 79 ans également.Sur le cas Odebrecht, le président Kuczynski a été longuement interrogé jeudi par la justice, les procureurs cherchant à savoir si une des entreprises de M.Kuczynski a pesé dans l\u2019attribution de marchés au groupe brésilien ou profité des attributions de celui qui était alors ministre.Ce scandale de corruption autour d\u2019Odebrecht, qui distribuait généreusement les pots-de-vin pour obtenir des chantiers, éclabousse l \u2019Amér ique la t ine jusqu\u2019au sommet du pouvoir.Keiko Fujimori, elle aussi Jeudi, la dirigeante de l\u2019opposition Keiko Fujimori se trouvait elle aussi au siège du parquet pour ce même dossier et les liens avec le financement de ses campagnes électorales.Elle nie toute malversation et s\u2019est prise en photo avec des membres du ministère public avant d\u2019être interrogée.Son père, qui souffre de problèmes cardiaques, devrait rester hospitalisé jusqu\u2019à vendredi au moins.Mais ses ennuis de santé n\u2019émeuvent guère les familles des victimes de la répression sous ses gouvernements (1990- 2000), qui ont manifesté jeudi au cri de « la grâce est une insulte» et au côté de partis politiques et d\u2019associations de défense des droits de la personne.L\u2019ancien homme fort du Pérou, d\u2019origine japonaise, a été reconnu responsable de l\u2019assassinat de 25 personnes aux mains d\u2019un escadron de la mort.Il a déjà purgé 12 ans de réclusion.Encore traumatisés par les abus commis dans les années 1990, plus de 5000 Péruviens ont déjà manifesté lundi soir à Lima contre cette grâce, exigeant la démission de «PPK».Sur le front de la justice, les militants des droits de la personne se mobilisent aussi.Des avocats des victimes et d\u2019ONG tentent de saisir la Cour interaméricaine des droits de l\u2019homme, dont le siège à San José (Costa Rica), afin qu\u2019elle demande des comptes au gouvernement péruvien et analyse cette grâce en vue d\u2019une éventuelle annulation.« La cour peut décider d\u2019annuler une décision » prise au Pérou, affirme Carlos Rivera, un des avocats.La grâce très controversée a soulevé des protestations au sein du propre gouvernement péruvien et ailleurs dans le monde.Mercredi, le ministre de la Culture Salvador del Solar a présenté sa démission.Trois parlementaires du camp présidentiel ont déjà quitté le parti de M.Kuczynski pour manifester leur réprobation.Le président exécutif de la radiotélévi- sion publique, Hugo Coya, a également remis sa démission.Deux rapporteurs spéciaux de l\u2019ONU se sont quant à eux dits jeudi « consternés » par cette «gifle pour les victimes».Agence France-Presse PÉROU Le président Kuczynski sur la sellette SHAH MARAI AGENCE FRANCE-PRESSE Cet attentat est le plus sanglant en Afghanistan depuis celui ayant visé une mosquée chiite en octobre.M U S H T A Q M O J A D D I D I à Kaboul A u moins 41 personnes ont été tuées et 84 blessées dans un attentat suicide revendiqué par le groupe État islamique (EI) contre un centre culturel chiite jeudi à Kaboul où les attaques se multiplient.«Le centre reçoit un soutien de l\u2019Iran et est l\u2019un des principaux centres chiites à Kaboul », a déclaré le groupe EI dans un communiqué de son agence de propagande Amaq.L\u2019attentat, dans lequel les tali- bans ont rapidement proclamé n\u2019être pour rien, a aussi frappé l\u2019Afghan voice agency, un média anti-EI dont les locaux sont situés dans le même immeuble.«L\u2019assaillant s\u2019est fait exploser durant un rassemblement au centre culturel Tabayan, faisant de nombreuses victimes», a déclaré à l\u2019AFP le porte-parole adjoint du ministère de l\u2019Intérieur, Nasrat Rahimi.La cérémonie se tenait «à l\u2019occasion du 38e anniversaire de l\u2019invasion soviétique», a-t-il précisé.Le porte-parole du ministère de la Santé Waheed Majroh a fait état de 41 morts et 84 blessés, dont une quinzaine de femmes et d\u2019enfants, la plupart des blessés souffrant de «brûlures».Cet attentat est le plus sanglant depuis celui ayant visé une mosquée chiite en octobre, qui avait fait 56 morts et 55 blessés, également revendiqué par le groupe EI.«Nous étions dans le hall, au second rang, quand l\u2019explosion s\u2019est produite derrière nous.Après cela, il y a eu du feu et de la fumée dans la salle», a raconté Mohammad Hasan Re- zayee, un étudiant, lui-même brûlé au visage et aux mains.Dans l\u2019hôpital Istiqlal, des dizaines de victimes, presque tous des Hazaras, l\u2019unique ethnie chiite d\u2019Afghanistan, pleuraient leurs proches, se frappant le visage.« Les terroristes ont encore une fois commis des crimes contre l\u2019humanité », a estimé le président afghan Ashraf Ghani dans un communiqué.Une commission enquêtera sur « de possibles négligences de policiers » qui « ont pu permettre aux terroristes d\u2019attaquer le centre », a déclaré le porte-parole du ministère de l\u2019Intérieur Najib Danish.1700 civils tués Les forces américaines en Afghanistan ont condamné une «attaque haineuse», via le porte- parole de l\u2019opération Resolute support, le lieutenant-colonel Kone Faulkner, sur Twitter.Un porte-parole de l\u2019Union européenne a déploré dans un communiqué « une attaque contre la liberté d\u2019expression et la démocratie» avec «des journalistes parmi les victimes».Cet attentat est le dernier en date à Kaboul, où les attaques sanglantes se succèdent, faisant de la capitale l\u2019un des endroits les plus dangereux du pays.Le 31 mai, un camion piégé y avait tué 150 personnes et blessé environ 400 autres.«Aujourd\u2019hui à Kaboul, nous avons assisté à un nouveau crime odieux dans une année déjà marquée par d\u2019indicibles atrocités», a regretté Toby Lan- zer, le responsable de la mission de l\u2019ONU en Afghanistan.Le conflit a tué 1700 civils durant les six premiers mois de l\u2019année, un record selon l\u2019ONU.Agence France-Presse KABOUL Au moins 41 morts dans un attentat suicide revendiqué par le groupe EI L\u2019adolescente palestinienne reste en détention Tribunal militaire d\u2019Ofer \u2014 Un tribunal militaire israélien a prolongé jeudi une nouvelle fois la garde à vue d\u2019une adolescente palestinienne devenue, grâce à une vidéo virale de soldats pris à partie, une figure de la lutte contre l\u2019occupation israélienne.Le tribunal d\u2019Ofer, près de Ra- mallah, a décidé de maintenir en garde à vue jusqu\u2019à lundi Ahed Tamimi (16 ans) et sa mère Nariman (43 ans).La cousine d\u2019Ahed, Nour Naji Tamimi (21 ans) pourrait être libérée dimanche.Les trois femmes sont les protagonistes d\u2019images tournées le 15 décembre dans le village de Nabi Saleh.Agence France-Presse Un migrant fait Belgrade-Zagreb sous un autobus Zagreb \u2014 Un jeune migrant irakien a réussi à se dissimuler sous un autobus et, agrippé à l\u2019essieu arrière du véhicule, a fait le trajet entre Belgrade et Zagreb, avant d\u2019être découvert à l\u2019approche de la capitale croate.L\u2019Irakien de 21 ans n\u2019a pas été blessé lors de son périple.La police l\u2019a transféré au centre de transit de Tovarnik (est de la Croatie), d\u2019où il sera renvoyé en Serbie.Le quotidien Jutarnji list, citant des responsables de la compagnie de transport Cazma- trans, à laquelle appartient l\u2019autobus, a rapporté que le migrant avait réussi mardi à se glisser sous le véhicule et avait risqué sa vie pendant le trajet d\u2019un peu plus de 400 kilomètres, qui a duré cinq heures.Agence France-Presse R ome \u2014 La dissolution jeudi du Parlement, qui arrivait bientôt en fin de législature, a lancé l\u2019Italie dans deux mois d\u2019une campagne électorale incertaine avant les élections législatives fixées au 4 mars.Dans un bref communiqué, la présidence de la République a mis fin au faux suspense : le chef de l\u2019État, Sergio Matta- rella, «a signé le décret de dissolution du Sénat et de la Chambre des députés».Dans la foulée, le conseil des ministres a décidé que le scrutin, qui devait être organisé dans un délai de 45 à 70 jours, aurait lieu le dimanche 4 mars.Dans l\u2019après-midi, un ballet de voitures of ficielles bien rodé s\u2019est organisé autour du Quirinal, le palais du président.Le chef du gouvernement de centre gauche, Paolo Gentiloni, s\u2019y est d\u2019abord rendu pour annoncer qu\u2019avec l\u2019adoption du budget 2018, le travail du Parlement, élu en février 2013, était terminé.Paolo Gentiloni, qui est le 3e chef du gouvernement de cette législature après Enrico Letta et Matteo Renzi, doit rester en place jusqu\u2019à la mise en place du nouveau Parlement.Son mandat pourrait d\u2019ailleurs se prolonger, tant l\u2019incertitude règne sur l\u2019après-élections.Le mode de scrutin laisse une large part à la proportionnelle et la dispersion annoncée des voix entre trois pôles \u2014 droite, Mouvement 5 étoiles et centre gauche \u2014 peu enclins à s\u2019entendre, risque de laisser le prochain Parlement sans majorité claire.L\u2019alliance de droite, composée de Forza Italia (FI), le parti de l\u2019éternel Silvio Berlus- coni, et les souverainistes de la Ligue du Nord (LN) et de Fratelli d\u2019Italia (FDI), est créditée de plus de 35 % des intentions de vote mais les litiges sont fréquents en son sein, FI et LN revendiquant tous deux la primauté et s\u2019opposant souvent sur l\u2019euro et l\u2019Europe.Avec environ 28 % des intentions de vote, les populistes du Mouvement 5 étoiles (M5S), qui avaient créé la surprise en remportant déjà 25 % des voix lors de leurs premières législatives en 2013, semblent plafonner à ce niveau et rejettent toute idée d\u2019accord avec une autre formation.Troisième et dernier camp, le Par ti démocrate (PD, au pouvoir) de Matteo Renzi, est en per te de vitesse dans les sondages, qui ne lui accordent plus qu\u2019environ 25 % des voix.Aux antipodes du caractère brusque de M.Renzi, dont il est pourtant proche, M.Genti- loni reste en effet relativement populaire, avec 44 % d\u2019opinions p o s i t i v e s , l o i n d e v a n t MM.Renzi (29 %) et Berlus- coni (23 %).Dans un pays qui a connu 64 gouvernements depuis la proclamation de la République en 1946, l \u2019instabilité qui s\u2019annonce n\u2019est cependant pas une nouveauté.Agence France-Presse ÉLECTIONS L\u2019Italie se lance dans deux mois d\u2019une campagne incertaine ITALIAN PRESIDENCY AGENCE FRANCE-PRESSE Le chef de l\u2019État, Sergio Mattarella, a signé le décret de dissolution du Sénat et de la Chambre des députés jeudi.ERNESTO BENAVIDES AGENCE FRANCE-PRESSE Les familles des victimes de la répression des années 1990 et 2000 ont manifesté jeudi au cri de « la grâce est une insulte». L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 2 9 D É C E M B R E 2 0 1 7 LE MONDE A 7 P H I L I P P E S I U B E R S K I Z O O M D O S S O à Monrovia M onrovia a explosé de joie jeudi soir à l\u2019annonce de la victoire éclatante de l\u2019ex-star du football et sénateur George Weah au second tour de la présidentielle au Liberia, après un scrutin salué pour son déroulement pacifique.L\u2019ancien footballeur, 51 ans, a recueilli 61,5 % des suffrages, contre 38,5 % pour son adversaire, le vice-président Joseph Boakai, selon des résultats officiels portant sur plus de 98 % des suffrages annoncés en début de soirée, 48 heures après la fermeture des bureaux de vote.Dès sa victoire connue, des centaines de personnes massées aux abords de la Commission électorale nationale (NEC), dans le centre de la capitale Monrovia, ont laissé éclater leur joie, chantant, dansant et scandant le nom de leur futur président.« On a attendu pendant 12 ans.Maintenant, le pouvoir va au peuple », exultait la vice- présidente de la Ligue de la jeunesse de la Coalition pour le changement démocratique (CDC), la formation de Weah, Josephine Davies.George Weah n\u2019a pas tardé à se présenter comme « le président élu de la République du Liberia» sur son compte Twitter.Quand ils ont appris leur victoire, Weah et sa vice-présidente, Jewel Howard-Taylor, ex-femme de l\u2019ancien chef de guerre Charles Taylor et influente sénatrice, sont tombés dans les bras l\u2019un de l\u2019autre en fondant en larmes.À la présidentielle de 2005, Weah avait été battu par Ellen Johnson Sirleaf.Six ans plus tard, il s\u2019était présenté à la vice-présidence, mais son ticket avait été devancé par celui associant Mme Sirleaf à Joseph Boakai.Quelque 2,1 millions d\u2019électeurs étaient inscrits pour le second tour et la participation a été de 56 %, a indiqué le président de la NEC, Jerome Korkoya.Attaquant vedette de Monaco, du PSG et du Milan AC dans les années 1990, George Weah doit prêter serment le 22 janvier, marquant ainsi la première transition démocratique depuis plus de 70 ans dans ce pays anglophone d\u2019Afrique de l\u2019Ouest.Protéger la paix George Weah, 51 ans, favori après être sorti vainqueur du premier tour du 10 octobre avec plus de 38 % des voix, s\u2019est montré sûr de lui avant et après le jour de l\u2019élection.« Le peuple libérien a clairement fait son choix [mardi] et, ensemble, nous sommes confiants quant à l\u2019issue du processus électoral », a tweeté le Ballon d\u2019or 1995 mercredi.Mais certains de ses partisans commençaient à trouver le temps long.« On s\u2019inquiète parce que tout le monde voit les résultats, mais la NEC ne veut pas les annoncer.Plus ils tardent, plus ça devient risqué », avait déclaré, peu avant l\u2019annonce des résultats, un de ses partisans, Daniel Mlehn.Joseph Boakai, 73 ans, a quant à lui voulu y croire jusqu\u2019au bout.« On attend les résultats définitifs.On parle de Weah, mais ce sont uniquement ses comtés, pas les miens», déclarait encore en début d\u2019après- midi le vice-président sortant.Près de trois décennies après le début d\u2019une guerre civile particulièrement atroce \u2014 250 000 morts entre 1989 et 2003 \u2014 le Liberia s\u2019apprête à vivre une transition en douceur.La présidente sortante, Ellen Johnson Sirleaf, a signé mardi un décret établissant une «équipe de transition», composée de plusieurs ministres, pour organiser un «transfert ordonné du pouvoir» à son successeur.« Tout le monde dit qu\u2019il y a un bien commun à protéger, la paix au Liberia », s\u2019est félicité jeudi matin le directeur de la communication de la NEC, Henry Flomo.L\u2019ombre de Charles Taylor Sénateur depuis 2014 de la province la plus peuplée du Liberia, George Weah avait choisi comme colistière Jewel Howard-Taylor, ex-femme de Charles Taylor.Mais tous deux affirment ne pas entretenir de lien avec l\u2019ancien président.Le Liberia, qui peine à se remettre de l\u2019épidémie d\u2019Ebola, vit encore dans le souvenir de Charles Taylor, 69 ans, ancien chef de guerre puis président (1997-2003), prédécesseur de Mme Sirleaf.Condamné par la justice internationale à 50 ans de prison, il purge sa peine en Grande-Bretagne pour crimes contre l\u2019humanité et crimes de guerre perpétrés en Sierra Leone voisine.Le secrétaire général de l\u2019ONU, António Guterres, et le chef des obser vateurs de la Communauté économique des États d\u2019Afrique de l\u2019Ouest (Cé- déao), l\u2019ancien président du Ghana John Dramani Ma- hama, ont salué « la tenue pacifique » du scrutin.Finalement organisé au lendemain de Noël, le second tour avait été repor té de sept semaines en raison de contestations des résultats du premier tour du 10 octobre par plusieurs candidats.Agence France-Presse LIBERIA Monrovia exulte après la victoire de George Weah La légende du football a remporté le second tour de la présidentielle dans ce qui constitue la première transition démocratique en 70 ans au pays SEYLLOU AGENCE FRANCE-PRESSE Dès l\u2019annonce de la victoire, des centaines de personnes ont laissé éclater leur joie, chantant, dansant et scandant le nom de leur futur président.On a attendu pendant 12 ans.Maintenant, le pouvoir va au peuple.Josephine Daviestion, vice- présidente de la Ligue de la jeunesse de la Coalition pour le changement démocratique (CDC) « » JIM WATSON AGENCE FRANCE-PRESSE Roy Moore a obtenu 48,34% des voix à l\u2019élections du 12 décembre.W ashington \u2014 Les autorités de l\u2019État américain de l\u2019Alabama ont of ficiellement déclaré jeudi le démocrate Doug Jones vainqueur de la sé- natoriale-choc du 12 décembre contre le républicain Roy Moore, qui refuse toujours de reconnaître sa défaite.Doug Jones, ancien procureur fédéral, prêtera serment le 3 janvier à Washington au Sénat, où la majorité républicaine tombera de 52 à 51 sièges, sur 100 \u2014 une marge de manœu- vre extrêmement mince.Le résultat final est de 49,97% des voix pour le démocrate, contre 48,34% pour Roy Moore, un ancien magistrat ultracon- servateur qui était soutenu par le président Donald Trump.L\u2019élection du 12 décembre avait provoqué un miniséisme aux États-Unis, car jamais depuis 25 ans un sénateur démocrate n\u2019avait été élu dans ce bastion conservateur.Mais Roy Moore, personnalité très controversée depuis les années 2000, a été accusé d\u2019agressions sexuelles sur des adolescentes il y a plusieurs décennies, ce qu\u2019il nie.Il a refusé obstinément de reconnaître sa défaite, à contre-courant de son par ti et du président américain lui-même.Roy Moore avait déposé un recours mercredi soir devant un juge de Montgomery, demandant une décision en référé pour empêcher les autorités de l\u2019Alabama de certifier les résultats jeudi.Mais sa requête a été rejetée par un juge, peu avant la certification officielle des résultats par les plus hautes autorités de l\u2019Alabama, dont la gou- verneure républicaine.Pour autant, l\u2019ancien juge a diffusé jeudi un communiqué dans lequel il maintient que des fraudes électorales ont eu lieu et ne concède toujours pas sa défaite.Le secrétaire d\u2019État John Merrill, qui est lui aussi républicain, a expliqué que la plupart des plaintes pour fraudes sur lesquelles ses ser vices avaient enquêté étaient fantaisistes : les cinq cars d\u2019électeurs noirs venus du Mississippi voisin n\u2019existaient pas, tout comme les trois fourgonnettes de Mexicains soi-disant venus voter illégalement.Ou encore cette ville, « Borderlama », qui aurait eu deux fois plus de bulletins de vote que d\u2019habitants\u2026 mais qui n\u2019existe pas.Agence France-Presse ALABAMA Roy Moore s\u2019obstine H arare \u2014 Le président déchu du Zimbabwe Robert Mugabe va bénéficier d\u2019un logement, d\u2019une flotte de voitures et de voyages en avion privé, conformément à un nouveau plan de retraite financé par le gouvernement et destiné aux anciens dirigeants, a révélé jeudi la presse officielle.M.Mugabe disposera également d\u2019une équipe d\u2019au moins vingt salariés, dont six gardes du corps, tous rémunérés sur les deniers publics, selon le journal The Herald.L\u2019ex-président Mugabe, âgé de 93 ans et qui a démissionné le mois dernier sous la pression populaire et à la suite d\u2019un coup de force militaire, sera donc le premier bénéficiaire de ces généreuses mesures annoncées mercredi par le nouveau président Emmer- son Mnangagwa.Aucun montant n\u2019a été révélé, mais la Constitution du pays stipule qu\u2019un ancien président peut percevoir une retraite équivalente au salaire d\u2019un président en exercice.Le mois dernier, un média local indépendant af firmait que M.Mugabe avait été gratifié d\u2019une indemnité de départ de 10 millions $US, un argument de plus pour le convaincre de démissionner.Le gouvernement a toutefois démenti l\u2019information.M.Mugabe disposera de trois véhicules \u2014 une Mercedes Benz S500 ou une berline équivalente, un véhicule tout-terrain et un pick-up \u2014 à remplacer tous les cinq ans.Le carburant sera également aux frais du gouvernement.Grace n\u2019est pas en reste Tout comme son épouse, Grace, l\u2019ancien président va bénéficier d\u2019un passeport diplomatique, de quatre voyages par an en première classe en avion ou train sur le territoire national, ainsi que de quatre voyages à l\u2019étranger en jet privé.M.Mugabe se verra aussi attribuer une résidence of fi- cielle meublée dans le quartier de son choix à Harare, à laquelle s\u2019ajouteront les factures et des dépenses récréatives.Une couverture santé pour l\u2019ancien dirigeant, son épouse et les personnes à leur charge est également incluse dans la liste des avantages.À la suite d\u2019un coup de force militaire et de manifestations de r ue, M.Mugabe a été contraint à la démission le 21 novembre après 37 ans de pouvoir autoritaire.Sa chute a été provoquée par la soif de pouvoir de son épouse, 52 ans, qui voulait le remplacer à la présidence, ce que n\u2019acceptait pas la vieille garde du parti au pouvoir, la Zanu-PF, et l\u2019armée.C\u2019est son ancien bras droit Emmerson Mnangagwa, que Mugabe avait évincé au profit de Grace, qui l\u2019a remplacé.Agence France-Presse ZIMBABWE Une retraite dorée pour Mugabe Une résidence, une flotte de voitures, du personnel et des voyages en avion privé figurent parmi les bénéfices accordés à l\u2019ancien président JEKESAI NJIKIZANA AGENCE FRANCE-PRESSE Robert Mugabe a démissionné le mois dernier sous la pression populaire et à la suite d\u2019un coup de force militaire.L\u2019auteur du coup de force nommé vice-président Harare \u2014 L\u2019ancien chef de l\u2019armée zimbabwéenne qui a dirigé le coup de force contre Mugabe est officiellement devenu jeudi l\u2019un des deux vice-présidents du pays.Le général à la retraite Constantino Chi- wenga, 61 ans, a prêté serment lors d\u2019une cérémonie à la présidence à Harare, jurant d\u2019«observer, de faire respecter et de défendre la Constitution».« Je remplirai mes devoirs avec toute mon énergie et dans toute la mesure de mes connaissances et compétences», a ajouté l\u2019ancien militaire vêtu d\u2019un costume noir.Un second vice-président a également prêté serment jeudi, l\u2019ancien ministre de la Sécurité intérieure sous M.Mugabe, Kembo Mo- hadi.MM.Mohadi et Chi- wenga avaient été nommés la semaine dernière vice- présidents du parti au pouvoir, la ZANU-PF, et l\u2019on s\u2019attendait à ce qu\u2019ils accèdent également à la vice- présidence de l\u2019État. Un pays peut-il, sous prétexte de prévenir un présumé attentat terroriste ou une menace à la sécurité de la population, utilise une information obtenue sous la torture par un pays étranger ?Le gouvernement canadien le croit toujours, bien que les libéraux en aient resserré les critères dans une série de directives, les premières émises en septembre et les secondes, il y a deux semaines.n décembre 2014, un comité du Sénat américain rendait public un résumé de son imposant rapport sur le recours à la torture par la CIA.Son constat : elles n\u2019avaient jamais permis d\u2019éventer un seul des complots terroristes déjoués après les attentats du 11 septembre 2001.Les techniques conventionnelles de collecte et d\u2019enquête avaient suf?.Toute cette souffrance n\u2019a ?nalement servi à rien, ce qui n\u2019a rien d\u2019étonnant.Les recherches à ce sujet démontrent qu\u2019une personne soumise à la torture dira n\u2019importe quoi pour mettre ?n à son calvaire.Les informations ainsi obtenues ne sont d\u2019aucune ?abilité.Quant à la torture elle- même, on ne dira jamais assez combien elle est abjecte.Cela n\u2019a pas empêché les conser vateurs d\u2019émettre, en 2011, une directive ouvrant la porte sans véritables garde-fous à l\u2019utilisation d\u2019information ayant pu être obtenue sous la torture lorsque des vies, la sécurité publique ou des biens matériels étaient menacés.Les libéraux avaient promis de corriger la chose, d\u2019où ces nouvelles directives émises à l\u2019intention de la GRC, du Service canadien de renseignement de sécurité (SCRS), de l\u2019Agence des services frontaliers, du ministère des Affaires mondiales, du Centre de sécurité des télécommunications, de la Défense et des Forces armées.On y interdit de divulguer des informations ou de formuler des demandes de renseignements auprès d\u2019une entité étrangère si cela peut se traduire par un risque «substantiel » de torture.À moins, entre autres, que le risque puisse « être atténué, notamment par l\u2019utilisation de réserves ou d\u2019assurances».Il sera aussi interdit d\u2019utiliser des renseignements non sollicités obtenus sous la torture par une entité étrangère.Mais à quelques exceptions près, encore une fois.Il sera donc possible, à certaines conditions, de «priver une personne de ses droits et libertés » si cela est jugé « nécessaire pour éviter des pertes de vies humaines ou des sévices graves à la personne ».?On peut comprendre qu\u2019un gouvernement ne veuille pas tenter sa chance avec la sécurité de la population.Mais de là à priver certains citoyens de leurs droits et libertés ?Il est pourtant écrit dans ces directives que la torture ne sert «aucune ?n légitime en matière militaire, d\u2019exécution de la loi ou de collecte de renseignements».Selon Amnistie internationale, la mouture libérale représente un progrès, mais présente de graves lacunes.Qui peut se ?er à des garanties obtenues de pays tortionnaires?Et permettre l\u2019utilisation de telles informations dans des « circonstances exceptionnelles» équivaut à leur accorder une valeur.En 2012, le Comité sur la torture des Nations unies avait rappelé que ce genre d\u2019exception contrevenait à l\u2019article 15 de la Convention contre la torture, rati?ée par le Canada.En vertu de celui-ci, tout État doit s\u2019assurer que « toute déclaration [\u2026] obtenue par la torture ne puisse être invoquée comme un élément de preuve dans une procédure, si ce n\u2019est contre la personne accusée de torture ».La commission d\u2019enquête sur l\u2019af faire Maher Arar, de son côté, soulignait que « l\u2019interdiction de la torture figurant dans la Convention contre la torture est absolue.Le Canada ne devrait pas infliger de la torture, ni être complice de la torture infligée par d\u2019autres.» Exercer une plus grande vigilance, peu importe la source d\u2019information, se défend, mais permettre de porter atteinte aux droits de citoyens sur la base d\u2019informations obtenues sous la torture est inacceptable.Tous les complots démasqués au Canada l\u2019ont été en ayant recours aux méthodes conventionnelles d\u2019enquête et de collecte de renseignements.Les attentats qui ont réussi sont sur venus après des indices passés inaperçus, des aler tes restées sans écho, un manque de suivi ou de surveillance ou, comme dans le cas de l\u2019écrasement d\u2019Air India, l\u2019absence de coopération entre la GRC et le SCRS.Ce n\u2019est pas la torture d\u2019un seul être humain qui les aurait prévenus.Cette fissure qui persiste dans nos principes doit être colmatée.L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 2 9 D É C E M B R E 2 0 1 7 A 8 EDITORIAL L E T T R E Philosophie ou profession de foi ?Commentaires sur « Le Jésus du professeur Guillemin» de Louis Cornellier, proposé comme Devoir de Philo en date du 23 décembre 2017.À chaque période des Fêtes, Le Devoir publie un texte sur la dimension religieuse de la fête de Noël.Même en étant un sceptique non croyant, je tolère que mon journal accueille le discours religieux dans ses pages d\u2019opinion.Cependant, cette année, le texte qui joue ce rôle nous est proposé comme leçon de philosophie.Donc, contrairement à mes habitudes de respecter les croyances de mes concitoyens, je dois réagir pour contester les affirmations que Cornellier emprunte à Guillemin et qu\u2019il qualifie « d\u2019irrécusables ».D\u2019abord, si la philosophie a continué d\u2019être enseignée dans nos établissements d\u2019enseignement supérieur, c\u2019est, entre autres, parce qu\u2019elle permet de développer des habiletés pour produire un discours raisonné.Mais, c\u2019est ici que le bât blesse, comment avoir un discours raisonné si, d\u2019entrée de jeu, la proposition devant servir de prémisse, soit la croyance dans la résurrection de Jésus de Nazareth, est déclarée irrécusable ?Voilà ! Le discours philosophique prend fin.Il s\u2019agit désormais de théologie où chacun peut faire état de sa L I B R E O P I N I O N B E R N A R D B O H B O T Étudiant au 2e cycle en histoire à l\u2019UQAM L e texte de Gilles Bibeau et Lorraine Guay, appuyé par un certain nombre d\u2019intellectuels d\u2019ici et d\u2019ailleurs (publié dans Le Devoir le 28 décembre), se sert de la condamnation (justifiée) par la communauté internationale de la reconnaissance unilatérale de Jér usalem comme capitale d\u2019Israël par les États-Unis pour s\u2019en prendre à la légitimité même de l\u2019État d\u2019Israël.Il est inutile de revenir sur chacune de leurs af firmations.Rappelons néanmoins quelques éléments essentiels.1.Il est tout à fait possible de se dire sioniste et de s\u2019opposer à l\u2019occupation des territoires palestiniens, comme le font la plupart des sionistes de gauche.2.Le sionisme consiste en une idée très simple : créer un État-nation pour le peuple juif sur la terre d\u2019Israël/Palestine.Certes, le sionisme repose sur une mythologie nationale au même titre que tous les nationalismes.Cependant, nier que cette terre constitue le berceau de l\u2019identité juive est tout simplement grotesque.3.Bien sûr, le sionisme a commis son lot de crimes, tout comme les autres nationalismes d\u2019ailleurs, mais la caricature qu\u2019en font Gilles Bi- beau et Lorraine Guay est navrante.Au tournant du XXe siècle, les Juifs étaient un peuple sans patrie et persécuté.Ils se trouvaient donc dans un «état de nécessité» (que tous les systèmes juridiques du monde moderne reconnaissent) qui justifie certains actes qui sont répréhensibles en temps normal, en l\u2019occurrence, accaparer une partie du territoire habité par un autre peuple.S\u2019ils ne l\u2019avaient pas fait, 500 000 Juifs qui ont pu se réfugier en Palestine avant la Seconde Guerre mondiale auraient probablement péri.Il ne s\u2019agit pas de nier l\u2019injustice faite aux Palestiniens, mais de rappeler que le conflit israélo-palestinien oppose deux légitimités.Une affirmation excessive Quant aux intentions malicieuses du mouvement sioniste, qui aurait planifié le nettoyage ethnique des Palestiniens dès ses débuts, force est de constater que cette affirmation est aussi excessive que le reste du texte.L\u2019idée d\u2019un État binational, défendue aujourd\u2019hui par l\u2019extrême gauche propalestinienne, est à l\u2019origine une idée sioniste.Ben Gurion lui-même, le principal père fondateur de l\u2019État d\u2019Israël, l\u2019a défendue avant d\u2019y renoncer dans les années 30, car les nationalistes palestiniens craignaient que les Juifs y deviennent majoritaires.Mais pour en revenir au nettoyage ethnique de plus de 700 000 Palestiniens pendant la première guerre israélo-arabe, rien ne le justifie.Cependant, n\u2019oublions pas que ces expulsions eurent lieu au cours d\u2019une guerre déclenchée par les Palestiniens eux-mêmes afin d\u2019empêcher la mise en place du plan de partage des Nations unies.Cette guerre tua 1 % de la population israélienne et en déplaça un autre 10 %.Rappelons-nous aussi qu\u2019à l\u2019époque, toute population hostile (ou perçue comme telle) était systématiquement expulsée ou réprimée.On n\u2019a qu\u2019à penser aux plus de dix millions d\u2019Allemands chassés d\u2019Europe de l\u2019Est à la suite de la Seconde Guerre mondiale, aux quinze millions de musulmans et d\u2019hindous forcés à quitter l\u2019Inde et le Pakistan à la fin des années 40, aux Juifs chassés d\u2019un grand nombre de pays arabes, etc.Citer un crime en le dissociant de son contexte est un procédé très douteux.Enfin, les auteurs se trompent en affirmant qu\u2019Israël n\u2019a jamais négocié de bonne foi.En réalité, deux gouvernements israéliens ont accepté les « paramètres Clinton », prévoyant, entre autres, l\u2019évacuation de la quasi-totalité de la Cisjordanie, soit Éhoud Barak en janvier 2001 et Éhoud Olmer t en septembre 2008.Malheureusement, les négociations ont avorté, car ces deux premiers ministres ont perdu le pouvoir prématurément.Réclamer la destruction Il serait cependant important de rappeler que les attentats du Hamas et de ses alliés (le Hezbollah, le Djihad islamique, etc.) ont décimé le camp de la paix israélien.Au risque d\u2019en surprendre certains, il est difficile de convaincre les Israéliens d\u2019accepter un compromis territorial alors qu\u2019ils sont entourés de groupes armés qui réclament leur destruction.Cela justifie-t-il pour autant l\u2019occupation et la colonisation de la Cisjordanie ?Absolument pas.C\u2019est justement la raison pour laquelle la gauche sioniste milite non pas pour la fin du sionisme (c\u2019est-à-dire le démantèlement de l\u2019État d\u2019Israël), mais bien la création d\u2019un État palestinien.En ef fet, ne nous trompons pas.Le but de la campagne de « Boycott, désinvestissement et sanctions » (BDS) de l\u2019État d\u2019Israël n\u2019est pas la création d\u2019un État palestinien, mais bien la liquidation de l\u2019État d\u2019Israël à travers le « droit au retour » illimité des réfugiés palestiniens.Cela aurait pour effet de réduire les Juifs au rang de minorité au sein même de l\u2019État hébreu.Cette revendication est absolument illégale, car les résolutions onusiennes, qui reconnaissent certes la légitimité des revendications des réfugiés palestiniens, reconnaissent également à Israël le droit d\u2019exister en tant qu\u2019État juif.Il faut donc trouver un juste équilibre entre ces droits qui s\u2019opposent, ce qui implique la nécessité de trouver un compromis sur la question des réfugiés \u2014 ce que BDS rejette.Nous pourrions conclure ce texte en citant Saeb Erekat, l\u2019ancien négociateur en chef de l\u2019Autorité palestinienne.En 2005, alors que le président iranien de l\u2019époque, Mahmoud Ahmadinejad, réclamait que l\u2019on raie Israël de la carte, Erekat lui répondit qu\u2019il fallait plutôt exiger que l\u2019on y ajoute un État palestinien à la place.Il n\u2019aurait pas pu mieux dire ! Quand des intellectuels réclament la destruction d\u2019Israël FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente du développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-président des ventes publicitaires MARK DROUIN Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Directeur de l\u2019information numérique FLORENT DAUDENS Adjoints PAUL CAUCHON, VALÉRIE DUHAIME, LOUIS GAGNÉ, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur de la production CHRISTIAN GOULET foi.Mais croire en quoi?Au christianisme, bien sûr.Mais sous quelle mouture ?Là aussi, pour Guillemin et Cornellier, c\u2019est l\u2019Église catholique qui détient la vérité.Et que doivent faire les autres lecteurs du Devoir ?Repartir bredouilles ?Je doute que c\u2019eût été une solution retenue par Laurendeau, qui, sans afficher son agnosticisme avoué en fin de vie, respectait celui de ses lecteurs.Enfin, que dire des lecteurs d\u2019autres sectes chrétiennes, des juifs, des musulmans, des bouddhistes, etc.?Sans doute qu\u2019ils ont, selon la logique de Cornellier, droit à leurs propres vérités irrécusables.Il semble dire que l\u2019impor tant, c\u2019est de croire.Selon lui, il n\u2019y a rien de pire que celui qui se limite à l\u2019approche scientifique pour faire la distinction entre le vrai et le faux.Par ailleurs, l\u2019événement de l\u2019année, que tous les citoyens de bonne foi peuvent accepter sans problème, est de nature scientifique.Il s\u2019agit bien sûr de la collision de deux étoiles à neutrons, un événement qui s\u2019est produit il y a plusieurs milliards d\u2019années et dont l\u2019information vient de nous par venir sous forme d\u2019ondes gravitationnelles.Voilà une vérité scientifique qui ne se réclame pas d\u2019être cer taine.Seulement, d\u2019être crédible dans la mesure de l\u2019acceptabilité de la preuve transparente sur laquelle elle est fondée.Et contrairement à l\u2019affirmation voulant que Jésus de Nazareth soit ressuscité, elle ne se réclame pas d\u2019être irrécusable.Seulement probable.Gérald Blanchard Le 24 décembre 2017 Réponse du chroniqueur Ce qui est irrécusable, selon Guillemin, ce n\u2019est pas la résurrection de Jésus, c\u2019est la métamorphose des apôtres, qui sont passés de l\u2019abattement à la joie en croyant avoir retrouvé Jésus vivant ; c\u2019est leur foi en la résurrection et non cette dernière comme telle.Guillemin, de plus, ne dit pas, comme l\u2019écrit M.Blanchard, que «c\u2019est l\u2019Église catholique qui détient la vérité».Très critique envers l\u2019institution, il affirme plutôt croire à la valeur du message évangélique.Le regretté professeur, enfin, ne dévalorise jamais la science.Il dit simplement qu\u2019il ne s\u2019agit pas du seul type de connaissance valable et que la poésie et la musique «disent aussi des choses essentielles» sur la vie, tout comme le christianisme en matière de morale.Que M.Blanchard se rassure : le Devoir de philo n\u2019a pas pour mandat d\u2019incarner la ligne éditoriale du Devoir, mais de nourrir la réflexion des lecteurs, en présentant des points de vue inspirés par de grands penseurs.Que doivent faire ceux qui ne partagent pas les idées défendues dans mon récent Devoir de philo?Ce qu\u2019ils veulent, évidemment.Comme Guillemin, je crois à la liberté de conscience.Louis Cornellier INFORMATIONS OBTENUES SOUS LA TORTURE Un sinistre piège E MANON CORNELLIER L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 2 9 D É C E M B R E 2 0 1 7 A 9 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon (chef de division), Robert Dutrisac, (éditorialiste), Michel Garneau et Pascal Élie (caricaturistes), Jacques Nadeau (photographe), Olivier Zuida (recherchiste photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division et reporter), Stéphane Baillargeon (généraliste), Gérald Dallaire (pupitre), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Jean Dion (sports), Marco Fortier (éducation), Lisa-Marie Gervais (diversité), Pauline Gravel (sciences), Jessica Nadeau (éducation).Alexandre Shields (environnement); information politique : Michel David (chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Marie-Michèle Sioui (correspondants parlementaires à Québec) Dave Noël (recherche), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec); information culturelle : Guillaume Bourgault-Côté (politiques culturelles), Julie Carpentier (pupitre), Fabien Deglise (livres), Catherine Lalonde (arts vivants), François Lévesque (écrans),Caroline Montpetit (arts vivants), Philippe Papineau(médias); information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l\u2019information), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Benoît Munger (pupitre); information internationale : Guy Taillefer (chef de division et éditorialiste); section art de vivre : Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); cahiers spéciaux : Aude Marie Marcoux (responsable); équipe numérique : Laurence Clavel, Guillaume St-Hilaire et Geneviève Tremblay (pupitres); correction : Andréanne Bédard, Christine Dumazet et Michèle Malenfant (correctrices) ; soutien à la rédaction : Amélie Gaudreau (coordonnatrice à la rédaction), Jean-Philippe Proulx (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa).PUBLICITÉ Charleyne Bachraty (adjointe au vice-président), Marlène Côté, Évelyne De Varennes, Amel Elimam, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (directrices de comptes), Alain Tréhout (directeur créativité média), Amélie Maltais (commis aux avis légaux), Alessandra Tantalo et Laurence Hémond (coordonnatrices publicitaires).PRODUCTION Caroline Desrosiers, Yannick Morin, Anthony White et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web), Jean-François Côté (analyste programmeur), Luc Girard (technicien informatique), Solène M.Hébert (développeuse Web).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Catherine Gentilcore (coordonnatrice marketing, communications et relations publiques), Sébastien Beaupré (coordonnateur service à la clientèle), Manon Blanchette, Caroline Filion, Nathalie Filion, Isabelle Sanchez (préposées au service à la clientèle).ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Mélisande Simard (adjointe administrative et responsable des ressources humaines), Florentina Draghici (technicienne comptable), Véronique Pagé (responsable du crédit).E n novembre, 15 000 scientifiques provenant de 184 pays signaient dans la revue BioScience une déclaration annonçant que l\u2019urgence climatique est plus grave que prévu.Si l\u2019on n\u2019amorce pas immédiatement une transformation draconienne de nos modes de vie, de consommation et de développement, l\u2019humanité court à sa perte.Rien de moins.La semaine dernière, le géant américain Apple a admis qu\u2019il ralentissait ses iPhone au fil des mises à jour du système d\u2019exploitation iOS.Sans gêne, on a prétexté qu\u2019il s\u2019agissait simplement d\u2019un remède contre les effets du vieillissement de la batterie des appareils.Obsolescence programmée ?Mais non, cessez cette paranoïa, dira-t-on.D\u2019ici la présentation du prochain gadget \u2014 que la planète suivra en direct avec une terrifiante religiosité \u2014, circulez, il n\u2019y a rien à voir.Ce qui est étonnant, ce n\u2019est pas qu\u2019Apple méprise ouvertement ses utilisateurs en défendant ses pratiques environnementalement et socialement destructrices.Je m\u2019étonne plutôt qu\u2019à l\u2019aube de 2018, on se contente d\u2019opposer aux modèles d\u2019entreprise écosuicidaires de faibles discours sur la nécessité d\u2019une « responsabilité sociale des entreprises » accr ue \u2014 comme si une telle chose existait au-delà des considérations marketing \u2014, alimentant ainsi le mensonge qu\u2019est ce «capitalisme vert».Selon le Baromètre 2017 de l\u2019Observatoire sur la consommation responsable, les Québécois seraient de plus en plus exigeants envers les entreprises.Ils exigent qu\u2019elles offrent de bonnes conditions de travail à leurs employés et qu\u2019elles respectent l\u2019environnement.Ils valorisent de plus en plus les produits locaux et s\u2019intéressent de plus en plus aux pratiques alimentaires qui minimisent la souf france animale et l\u2019empreinte écologique des aliments.Mais surprise, le Baromètre révèle aussi que les exigences sont démesurées par rappor t aux compor tements qu\u2019adopte une bonne proportion des consommateurs.Nous serions donc toujours enclins à faire reposer le poids de notre conscience sur ceux qui produisent les biens qu\u2019on achète, sans pour autant remettre en question la compatibilité du modèle de croissance perpétuelle basé sur la consommation, sur lequel repose l\u2019économie globale.?À ce chapitre, le statu quo est tenace et les contradictions nombreuses, et pas seulement en matière de consommation.Le scénario est semblable sur le plan énergétique.Le dernier rapport sur l\u2019état de l\u2019énergie au Québec, publié annuellement par la Chaire de gestion du secteur de l\u2019énergie de HEC Montréal, conclut que les Québécois consomment plus d\u2019essence et de diesel que jamais, achètent des véhicules plus gros et des maisons plus grandes, si bien que les efforts en matière d\u2019efficacité énergétique s\u2019annulent.Toujours dans ce rapport, on note que la consommation énergétique est la même depuis 2004, et que la consommation de GES stagne depuis 2010.Étrangement, on nous présente cela comme une « bonne nouvelle », puisque cela n\u2019a pas empêché la croissance du PIB, indiquant que le Québec a « réussi à découpler la progression de son économie de la consommation énergétique».Cette idée de découplage est fondée sur la croyance qu\u2019il est possible de minimiser les effets négatifs du développement perpétuel \u2014 accumulation de déchets, production de GES, perturbations climatiques \u2014 en trouvant une façon de faire survivre la croissance du PIB à la réduction de la consommation d\u2019énergie.On se concentre ainsi sur les stratagèmes à adopter pour faire sur vivre la croissance à tout prix, en l\u2019enduisant d\u2019un vernis vert.Cette approche, quoiqu\u2019on la présente comme une donnée immuable, est pour tant bien située idéologiquement.Elle suppose qu\u2019il est possible de préserver à long terme le modèle économique dominant, qui repose sur la croissance infinie, sans égard aux limites physiques de la planète.Il s\u2019agit en somme d\u2019un leurre pour remettre sans cesse à plus tard la question inévitable de la transition vers une économie réellement durable.Le chantier qui nous attend est beaucoup plus vaste que les changements cosmétiques qu\u2019on nous propose aujourd\u2019hui.Les auteurs de l\u2019ouvrage Décroissance.Vocabulaire pour une nouvelle ère, paru en 2016 chez Écosociété, utilisent une métaphore fort évocatrice pour l\u2019exprimer : il ne suffira pas, écrivent-ils, de « dégraisser l\u2019éléphant » en modérant nos pratiques de production et de consommation.Cet éléphant, il faut le transformer en escargot.Or, plus on repousse le moment où nous opérerons le virage qui s\u2019impose, plus la transition sera douloureuse.Nous vivons sur du temps emprunté, et la dette que nous amassons est bien pire que financière.C\u2019est le vivant même qu\u2019on hypothèque.Pour 2018, je nous souhaite d\u2019en prendre enfin acte.Hypothéquer le vivant AURÉLIE LANCTÔT G .D A N I E L C A R O N Ancien ambassadeur du Canada en Ukraine et chercheur associé à l\u2019Institut des hautes études internationales de l\u2019Université Laval e Canada et les États-Unis s\u2019engagent dans le conflit armé en Ukraine.Il y a deux semaines, les États-Unis ont décidé de fournir des armes à l\u2019Ukraine, incluant possiblement des missiles, alors que, depuis le 13 décembre dernier, le Canada permet aux entreprises et aux particuliers canadiens d\u2019y expor ter des armes automatiques et autres «dispositifs prohibés».On a ainsi jugé qu\u2019il fallait plus que la diplomatie, les sanctions imposées à la Russie, les missions d\u2019entraînement militaire en Ukraine, l\u2019aide financière ou les gestes politiques, comme la première visite à Kyiv (Kiev) récemment de la ministre des Affaires étrangères du Canada, Chrystia Freeland.Le président Barack Obama avait longuement hésité puis avait refusé de franchir cette ligne.Quant à Stéphane Dion, alors ministre des Affaires étrangères du Canada, il soutenait que de couper les ponts avec la Russie n\u2019avait « aucune conséquence positive », et souhaitait plutôt un réchauffement des relations.Ces décisions récentes vont autrement.Il est vrai que la mission d\u2019entraînement UNIFIER, composée de 200 militaires canadiens en Ukraine jusqu\u2019en 2019, est une contribution importante, voire essentielle, du Canada à la pro- fessionnalisation des forces ukrainiennes.On ne les sait ni disciplinées ni bien préparées.Qui plus est, la situation sur le terrain est des plus alambiquées.Kristopher Reeves, commandant de la mission canadienne, déclarait au magazine Business Ukraine du 14 décembre que «l\u2019Ukraine est un laboratoire de batailles.Si vous voulez comprendre la guerre hybride, vous devez étudier l\u2019Ukraine.Vous pouvez en voir tout le spectre en action ici».Les rebelles sont soutenus par des intérêts présumés russes alors que l\u2019armée ukrainienne serait aidée par des groupes paramilitaires qui ne sont pas directement sous le contrôle de Kyiv.Les nombreuses cyberattaques et les propagandes étatiques viennent encore plus embroussailler la crise.Dans ce contexte, est-ce donc une bonne décision de devenir fournisseurs d\u2019armes létales?C\u2019est ce que croit Anders Fogh Rasmussen, ex-secrétaire général de l\u2019OTAN et maintenant lobbyiste international à la solde de l\u2019Ukraine.Depuis plusieurs mois, il multiplie les rencontres dans les grandes capitales.Rasmussen réclame que les États-Unis arment mieux les forces ukrainiennes.Ces partisans avancent qu\u2019envenimer le conflit forcera la Russie à reconnaître son soutien aux séparatistes et permettra de sortir de cette guerre hybride.C\u2019est certain que ce nouvel armement sera employé et il est prévisible que la Russie répondra en renforçant son présumé engagement militaire.Mais quelqu\u2019un croit-il vraiment en la solution militaire du conflit?Sans surprise, la décision du président des États-Unis est déjà qualifiée de « sabotage du processus de paix» par la Russie.De leur côté, les politiciens européens, y compris le président allemand Steinmeier, se sont opposés à cet engagement.La France et l\u2019Allemagne, envoyés de l\u2019Union européenne (UE) au cœur du conflit dont les diplomates sont derrière les véritables efforts de paix, ont déclaré au lendemain de l\u2019annonce américaine « qu\u2019il n\u2019y a pas d\u2019autres solutions qu\u2019un règlement exclusivement pacifique du conflit ».Éviter l\u2019effondrement financier Le Fonds monéta ire inter nat ional, la Banque mondiale, l \u2019UE et d\u2019autres par te- naires, dont le Canada, ont soutenu l\u2019économie ukrainienne depuis son indépendance.Seulement au titre de l\u2019aide au développement, le Canada a déjà fourni un demi-milliard de dollars.Le récent rapport du Comité permanent de la défense nationale de la Chambre des communes à Ottawa rapporte que seul le conflit dans l\u2019est du pays aurait causé des dommages de plus de 50 milliards à l\u2019économie ukrainienne.Sans compter la perte de la Crimée et des troubles à Kyiv.Si l\u2019Union européenne ne croit pas à une solution militaire, la solution économique reçoit pour sa part beaucoup d\u2019appuis.Depuis plusieurs semaines maintenant, l\u2019ancien premier ministre de la Lituanie Andrius Kubilius dirige une campagne pour soutenir un plan européen pour l\u2019Ukraine.L\u2019idée, développée à Paris, Berlin et Bruxelles, également connue sous le nom de plan Marshall pour l\u2019Ukraine, s\u2019inspire du grand stratège militaire Clausewitz qui considérait que « l\u2019économie est la cont inuat ion de la guer re ma is avec des moyens pacifiques ».Le but du Plan est de reconstruire l\u2019économie ukrainienne coûte que coûte.Pour ses promoteurs européens, c\u2019est la meilleure réponse à la crise actuelle et l\u2019incitatif essentiel pour convaincre l\u2019Ukraine de réformer ses institutions.Les Européens espèrent que cette idée sera discutée à La Malbaie les 8 et 9 juin prochains.Cette rencontre du G7 est aussi soulignée dans le rapport du Comité permanent de la défense nationale qui recommande que le Canada fasse la promotion des intérêts ukrainiens au G7.Le Canada se veut l\u2019un des plus ardents défenseurs de l\u2019Ukraine à l\u2019échelle mondiale.Son gouvernement clame le retour du pays sur la scène diplomatique mondiale.Le Canada, en tant que président du G7, doit saisir cette occasion et mettre cette initiative européenne à l\u2019agenda de la rencontre de La Malbaie.Armer l\u2019Ukraine ou éviter l\u2019effondrement ?J A C Q U E S H .L A C H A N C E Québec ne lecture du plan d\u2019action 2015-2020 de la Stratégie maritime québécoise nous permet de découvrir le chemin à privilégier pour soutenir le « développement de l\u2019économie maritime de manière durable ».Dix axes y sont proposés, dont celui abordant le développement des zones industrialo-portuaires.Comme les administrations portuaires importantes sont de compétence fédérale, est-ce réaliste d\u2019élaborer un plan d\u2019action sans pouvoir contrôler les décisions des principaux acteurs en jeu?Jouissant d\u2019une indépendance absolue, chaque administration portuaire y va de sa survie sans égard aux impératifs du réseau.Ainsi, la dernière proposition de l\u2019Administration portuaire de Québec (APQ) vise l\u2019aménagement d\u2019un terminal de conteneurs pouvant accueillir des bateaux transportant pas moins de 10 000 conteneurs dont 90% seraient en transit.Raison invoquée : une profondeur de bassin de 15,6 m alors que celui de Montréal est limité à 11,3 m.À cet égard, le maire de Québec, partenaire de l\u2019APQ, ose même avancer que « Montréal n\u2019est plus dans le circuit de l\u2019avenir du transport maritime à cause de la grosseur des bateaux».Les promoteurs locaux ont toutefois été réticents, jusqu\u2019ici, à mentionner les éléments suivants : Il y a un principe voulant qu\u2019il soit plus rentable d\u2019acheminer le cargo le plus près de son marché, de là l\u2019ouverture de la voie maritime du Saint-Laurent en 1959.Les bateaux dont la largeur ne leur permet pas d\u2019emprunter cette voie (24 m) doivent donc s\u2019arrêter à Montréal.Depuis mai 2013, le port de Montréal est en mesure d\u2019accueillir des bateaux (largeur de 44 m) d\u2019une capacité de 6000 conteneurs EVP (équivalent 20 pieds) pour un volume total d\u2019entreposage de 2,1 millions de conteneurs avec, en phase de planification avancée (étude d\u2019impact environnemental déposée), un terminal supplémentaire de 1,15 million de conteneurs à son site de Contrecœur.Par ailleurs, la capacité du réseau ferroviaire limite le nombre de conteneurs qu\u2019il est possible d\u2019acheminer hors de la capitale située, rap- pelons-le, à l\u2019extrémité est du réseau.Une car- ga ison de 9000 conteneurs nécess ite 60 convois de 150 conteneurs, bref 120 allers-re- tours, soit 4 convois par jour si on les expédie dans un délai d\u2019un mois, 16 par jour dans un délai d\u2019une semaine.(On divise ces nombres par deux si on réussit à doubler le nombre de conteneurs par convoi.) À cette projection, ajoutons le transport actuel de produits liquides toxiques (capacité d\u2019entreposage de 2,5 millions de barils), de céréales (4 silos), enfin de passagers (VIA Rail avec 3 départs et autant d\u2019arrivées par jour).Et que fait-on du train à grande fréquence (TGF) entre Montréal et Québec, actuellement sur la planche à dessin?Il n\u2019y a pas de « valeur ajoutée » à transborder à Québec des marchandises qui génèrent dans la région peu ou pas d\u2019activités commerciales ou industrielles.Donc, peu d\u2019emplois créés avec, néanmoins, une augmentation des délais de livraison pour les clients externes ainsi que des frais de transport supérieurs à ceux des bateaux.L\u2019étude d\u2019impact environnemental associée au projet initial d\u2019aménagement d\u2019un terminal de vrac liquide et solide \u2014 Beauport 2020, toujours en vigueur, a généré de la par t de l\u2019Agence canadienne d\u2019évaluation environnementale (ACÉE) plusieurs centaines de recommandations très contraignantes en regard de la construction projetée d\u2019une digue de 600 m dans le fleuve.Bref, malgré les atouts évidents que constitue le plan d\u2019eau à Québec, il est impératif de rappeler à l\u2019ordre certains utopistes qui considèrent un bien public comme un terrain de jeux qu\u2019ils croient pouvoir aménager sans réserve (empié- tement sur le fleuve), sans déférence pour les résidents des quartiers environnants (augmentation avérée de la pollution atmosphérique), tout en prêchant l\u2019inapplication de toute juridiction provinciale sur leur territoire (port).Or, selon l\u2019ar ticle 92 (13) de la Constitution, les lois concernant « la propriété et les droits civils» relèvent du pouvoir exclusif des législatures provinciales alors que l\u2019article 91 (10) ne confère au fédéral qu\u2019un pouvoir sur « la navigation et les bâtiments ou navires (expédition)».Joyau maritime, écueil terrestre U FORCE OPÉRATIONNELLE INTERARMÉES \u2013 UKRAINE La mission d\u2019entraînement UNIFIER, composée de 200 militaires canadiens en Ukraine jusqu\u2019en 2019, est une contribution importante, voire essentielle, du Canada à la professionnalisation des forces ukrainiennes.L L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 2 9 D É C E M B R E 2 0 1 7 A 10 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par courriel publicite@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3452 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Par courriel petitesannonce@ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4 Berri-UQAM Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 16h30 Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com A C T U A L I T É S Bien des années après, je me suis fait cambrioler.Le voleur est parti avec une boîte en pensant y trouver des bijoux.Surprise ! Que des babioles et une photo.Je me demande s\u2019il a fait fortune en la mettant sur le marché.?T\u2019en reviendras pas, de ce que madame Jou- vert m\u2019a donné.Ça fait mon Noël, je t\u2019assure.Madame Jouvert, tu sais, elle collectionne les vieilles af faires des autres.Oui, tu sais bien c\u2019est qui.Celle que j\u2019appelle Berthe ou Joue- verte, quand j\u2019exagère mon accent pas possible.Oui, elle.Eh bien, grâce à son intuition et à sa capacité à mémoriser la moindre anecdote qu\u2019on lui raconte, elle est venue me voir, bien naïvement, avec la photo.Je suis tombé de ma chaise.Littéralement.Puis, j\u2019ai rougi et quasiment pleuré.De joie ! Attends, attends, ris pas.Regarde au verso, ce qui est écrit.«Bonjour José, je t\u2019envoie la photo que mon poupa adoré a prise de moi le jour de Noël.T\u2019as vu mon sourire?J\u2019ai mes patins!!!» Te moques pas, tu sais comment je peux être mauvais observateur, mais je t\u2019avoue, sur le coup, je croyais qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019un garçon.Attends, elle s\u2019appelle Claude! Pour moi, à l\u2019époque, Claude, c\u2019était Claude François, Jean-Claude Killy, Claude Lelouch.Je ne savais pas qu\u2019au Québec, les Claude se conjuguaient au féminin.Ça faisait deux ou trois lettres qu\u2019on échangeait et rien ne me permettait d\u2019imaginer que je me confiais à une jolie rousse.Je ne sais pas quand, de son côté, elle a compris que José-pas-de-e était chez nous un nom de gars.Mais au bout du compte, on s\u2019est emmouraché l\u2019un de l\u2019autre.Oui, oui, c\u2019est pour elle que j\u2019ai choisi Montréal, plutôt que Paris.On a vécu deux belles années en ados insoucieux.Mais je ne regrette rien, je ne suis pas nostalgique.Elle est disparue de ma vie, c\u2019est tout.Retrouver la photo, par contre, me fait grand plaisir.Regarde-la attentivement.J\u2019sais que c\u2019est évident qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une fille.Les boucles qui dépassent\u2026 Ah non, les patins, non! Comment aurais- je dû savoir qu\u2019il y avait patins de filles et patins de gars?Je te pointe autre chose là, en arrière-plan.Le cycliste, je ne l\u2019ai remarqué qu\u2019après plusieurs jours.La photo m\u2019était déjà précieuse ; je souhaitais dans le fin fond de mon âme rencontrer Claude, ma Claude.Chaque jour, je me plongeais dans son portrait.Jusqu\u2019à ce que je note le vélo.J\u2019ai compris alors que c\u2019est l\u2019ensemble de la photo qui me troublait.Oui, faire du patin, j \u2019en rêvais \u2014 avec elle, bien sûr.Mais rouler à vélo, sur la glace ?Je n\u2019en revenais pas.Je n\u2019avais que 9 ans, je pédalais tous les jours et je me voyais au Tour de France.Bien sûr, je n\u2019avais pas compris que le bonhomme derrière circulait sur la rue, et non sur une patinoire.Mais l\u2019image m\u2019avait suf fisamment frappé, sonné même, pour me faire changer de cap.Je me disais, en insistant sur mon expression préférée : le Nord, c\u2019est du délire ! ?C\u2019est par la librairie française, située au cœur du quar tier touristique de ma ville, que je me suis mis au français.Après, j\u2019ai suivi des cours, mais mes premiers profs ont été Pif gadget et Tintin.Puis, c\u2019est le magazine Vélo qui m\u2019a attiré dans cette boutique, une fois par mois.Mais j\u2019achetais parfois d\u2019autres revues, dont Jeune Amérique.Je n\u2019ai jamais su d\u2019où elle provenait \u2014 jamais retrouvé sa trace; essayez Google, vous verrez \u2014, mais c\u2019est là, dans une section qui s\u2019appelait « Courrier du continent », ou quelque chose du genre, que je me suis trouvé un, ou plutôt une correspondante.« Bonjour.Je m\u2019appelle Claude.J\u2019ai 7 ans et j\u2019habite au Canada.J\u2019aime le sport et la lecture.Écrivez-moi à l\u2019adresse suivante\u2026» C\u2019est à peu près à ces mots que j\u2019ai répondu.La suite, vous la connaissez.Bref, si je vous raconte ceci, aujourd\u2019hui, c\u2019est que je viens de perdre à nouveau la précieuse photo.Je vous épargne les détails, j\u2019ai peur de vous emmerder.Je l\u2019avais heureusement numérisée et c\u2019est ce qui me permet de l\u2019afficher.De vous la montrer.Je n\u2019ai jamais cru en vous, père Noël, mais, enfin, dans votre incarnation vir tuelle, ici dans les réseaux sociaux, vous existez peut-être pour vrai.Si vous la voyez passer, la belle Claude de 7 ans, je vous supplie de me l\u2019apporter.Encore faut-il que vous fréquentiez les marchés aux puces\u2026 Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 INSTANTANÉS LES PHOTOS DE L\u2019ANNÉE D\u2019ANNIK MH DE CARUFEL PHOTOS ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Trois moments marquants de 2017 aux yeux de notre photographe.Les inondations printanières ont causé beaucoup de dégâts dans plusieurs régions du Québec.À Nicolet, Stéphanie Rouillard et Jacques Hamel néanmoins ont pris le temps de taquiner le poisson.Plus tard en août, la chanteuse et leader du groupe Alabama Shakes, Brittany Howard, en a mis plein la vue au festival Osheaga au grand bonheur de ses admirateurs.En septembre, le vice-président de Groupe SM, Dany Moreau, a été mis en état d\u2019arrestation par l\u2019UPAC.À sa sortie du quartier général, il a pris ses jambes à son cou à la vue de notre photographe.n\u2019en a toujours pas le droit », a déploré Alex Tyrrell, chef du Parti vert du Québec, qui n\u2019en est pas à sa première bataille dans le dossier.En mars 2014, Fat imata Sow, dont le visage est encadré par un hijab, a voulu se présenter pour le Par ti ver t dans la circonscription de La Pinière, mais son dossier de candidature avait été refusé par le DGEQ de l \u2019époque, Jacques Drouin.Selon l\u2019article 6 du Règlement de la déclaration de la candidature, la photo jointe à la déclaration de candidature « doit donner une vue de face complète du candidat à partir des épaules, tête découverte [\u2026] ».M a l g r é s a d é c e p t i o n , Mm e Sow n \u2019ava it pas voulu contester le règlement, parce qu\u2019elle ne voulait pas être le centre d\u2019attention de toute la campagne et au cœur d \u2019un débat sur sa légitimité à se présenter.Le chef du Par ti ver t avait aussitôt écrit au directeur de scrutin de La Pinière \u2014 circonscription qu\u2019a finalement ravie Gaétan Barrette à la députée sortante, Fatima Houda-Pe- pin \u2014 que l\u2019application de ce règlement était discriminatoire.« Votre demande verbale de fournir une photo de notre candidate \u201cavec les cheveux visibles\u201d va à l\u2019encontre de la liberté de religion» inscrite aux chartes des droits et libertés canadienne et québécoise, a-t-il écrit dans une lettre datée du 18 mars 2014 dont Le Devoir a obtenu copie.M.Tyrrell n \u2019hésite pas à parler de « d iscr iminat ion systémique ».« Ils ont carrément répondu que le règlement devait s\u2019appliquer et que rien ne pouvait être fait », a-t-il dit, ajoutant que Québec est le seul à détenir un tel règlement, qui n\u2019existe pas aux niveaux fédéral et municipal.Il rappelle aussi que bien que les couvre-chefs soient interdits sur les photos de permis de conduire, de carte d\u2019assurance maladie et de passeport, exception est faite pour les couvre-chefs qui sont portés tous les jours pour des raisons religieuses ou médicales.Volte-face du DGEQ Le DGEQ, Pierre Reid, a confirmé au Devoir qu\u2019il reverrait son règlement.À l\u2019approche des élections géné - rales, il est en train de « réévaluer le matériel électoral », dont le formulaire de mise en candidature et la photo, a expliqué la porte-parole Alexandra Reny.Le 12 octobre dernier, lors d \u2019une rencontre avec des membres de partis non représentés à l \u2019Assemblée nationale, M.Reid avait pour tant catégoriquement refusé de modifier l\u2019article 6 du Règlement de la déclaration de candidature, que la Loi électorale oblige à respecter.«Il a tenté de nous dire qu\u2019il ne pouvait rien faire et que c\u2019était la loi qui devait être changée, mais moi, j\u2019ai répondu que non, le DGEQ peut utiliser son pouvoir discrétionnaire pour changer le règlement », a expliqué le chef du Parti vert.Présent à la rencontre, Éric Émond, dont le parti Changement intégrité pour notre Québec (CINQ) a déjà voulu présenter des candidates voilées, s\u2019est étonné de ce « non catégorique » servi par le DGEQ.Selon lui, l\u2019article 6 du Règlement ne tient tout simplement pas la route.« Ça enlève le droit à n\u2019im- por te quel Québécois de se présenter.C\u2019est illégal, tu ne peux pas faire ça », a-t-il lancé.« Ça voudrait dire que si tu es une femme comme Malala [Prix Nobel de la paix 2014], tu ne pourrais pas te présenter.Ça enlève un potentiel énorme au Québec ! » se dés- ole-t-il.Il pointe le fait qu\u2019avec un tel règlement, Jagmeet Singh ne pourrait pas poser sa candidature aux élections provinciales, pas plus qu\u2019une personne ayant perdu ses cheveux après une chimiothérapie, par exemple, et qui souhaiterait por ter un bandana sur sa tête nue.Kathleen Weil sollicitée Au cabinet de la ministre de la Réforme des institutions démocratiques, on précise que le DGEQ « a tous les pouvoirs » pour changer son règlement et n\u2019a pas besoin d\u2019avoir recours à l\u2019Assemblée nationale.«Le DGEQ a [cette] possibilité.Il a tout en main pour agir, c \u2019est à lui de le faire s \u2019 il le veut », a dit au Devoir Laurence Tôth, attachée de presse de la ministre Kathleen Weil.Le cabinet confirme avoir été interpellé sur le sujet il y a un mois par la députée de Québec solidaire Manon Massé, et avoir ensuite fait les vérifications nécessaires.« Nos responsables sont ar rivés à la conclusion que la loi lui permet déjà de changer le règlement.Les pressions doivent être sur le DGEQ directement.La ministre ne peut pas agir pour lui », a poursuivi Mme Tôth.En mars dernier, le chef du Parti vert avait interpellé Kathleen Weil sur le sujet \u2014 elle était alors ministre de l\u2019Immigration et députée de la circonscription Notre-Dame-de- Grâce \u2014 et avait pu rencontrer un membre de son cabinet, qui lui avait assuré que la situation était prise au sérieux.«Ça fait presque un an et je n\u2019ai jamais eu de nouvelles, même si j\u2019ai rappelé plusieurs fois», a indiqué Alex Tyrrell.Il a relancé la Mme Weil il y a deux jours dans une lettre lui soulignant l\u2019urgence d\u2019agir à l\u2019approche des élections de 2018.À l\u2019heure actuelle, si rien n\u2019est fait d\u2019ici les élections, « toute personne qui porte un symbole religieux devra passer sa campagne à se battre pour le droit à se porter candidat au lieu de pouvoir défendre ses idées », s\u2019est-il désolé dans sa missive.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 ÉLECTIONS "]
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