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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Le D Magazine
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2018-01-06, Collections de BAnQ.

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[" Écouter | Voir | Lire | Réfléchir | Voyager | Déguster | Vivre | Jouer M A G A Z I N E Lire Sept polars pour survivre à l'hiver Vivre Le Guatemala en trois délices L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 J A N V I E R / 2 0 1 8 Catherine-Anne Toupin en territoire miné L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 J A N V I E R / 2 0 1 8 Théâtre Catherine-Anne Toupin revient à l\u2019écriture avec la pièce La meute Odile Tremblay Arts visuels Les flâneurs Passion vinyles (2) Cinéma Écrans C U L T U R E V I V R E L I R E 6 89 16 35 10 5 28 24 26 42 44 46 48 50 52 52 May Telmissany Le Devoir ouvre ses pages à une nouvelle chroniqueuse Spécial polar Critiques Le roman acoustique d\u2019Olivier Adam Louis Cornellier Écrivain au travail Voyage Le maïs, le cacao et l\u2019amarante pour découvrir le Guatemala Escapade Alimentation Resto Vin Santé Jeux SOMMAIRE C U L T U R E GRAND ANGLE DOMINIC TARDIF COLLABORATEUR LE DEVOIR râce à des tubes comme Somebody Told Me ou Mr.Brightside, quatre jolies gueules répondant au nom The Killers devenaient en 2004 les porte-étendard d\u2019un retour sur les ondes FM de sonorités new wave reléguées depuis les années 1990 aux oubliettes de la ringardise.Près de 15 ans plus tard, malgré des albums rarement plus qu\u2019acceptables, le groupe parvient encore à s\u2019offrir des enceintes comme la Place Bell, aréna lavallois flambant neuf sur la scène duquel le chanteur Brandon Flowers et le batteur Ronnie Vannucci Jr.montent ce samedi soir.Mais sans le guitariste Dave Keu- ning ni le bassiste Mark Stoermer.Bien qu\u2019en demeurant membres de la formation, les deux musiciens choisissaient il y a quelques mois de se faire por ter pâle le temps de cette tournée, afin de se consacrer à leur famille et à leurs études.Mais y a-t-il ici matière à exiger un remboursement?Pas exactement, dans la mesure où Brandon Flowers a de tout temps incarné le cœur et l\u2019âme des Tueurs.Cette absence essentiellement anecdotique porte néanmoins en son creux une question ayant de tout temps turlupiné les mélomanes affectionnant la métaphysique : à quel moment un groupe cesse-t-il d\u2019en être un?Laurent Saulnier est ce genre de mélomane.Il soumet à notre attention deux cas de figure.« Quand Peter Gabriel a quitté Genesis, plusieurs ont pensé que ce groupe-là ne sur vivrait pas.Pour tant, c\u2019est faux.Ils ont tellement eu plus de succès après son départ.Mais pour les vieux fans, un coup que Peter Gabriel est parti, ce n\u2019était plus le même band .C\u2019était pour tant les mêmes musiciens », souligne au Quand un groupe cesse-t-il d\u2019en être un ?De la légitime gestion de patrimoine au révisionnisme historique, voire à la fausse représentation G « Quand Peter Gabriel a quitté Genesis [remplacé par Phil Collins, notre photo], plusieurs ont pensé que ce groupe-là ne survivrait pas.Pourtant, c\u2019est faux.Ils ont tellement eu plus de succès après son départ », souligne Laurent Saulnier.DARRYL JAMES AGENCE FRANCE-PRESSE 28 31 34 Photo de la une du D : Pedro Ruiz Le Devoir Photo de la une Lire : iStock | 3 C u l t u r e D o s s i e r L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 J A N V I E R / 2 0 1 8 LIRE LA SUITE DE NOTRE DOSSIER SUR L\u2019IDENTITÉ DES GROUPES PAGES 4 ET 5 sujet des légendes du prog anglais l\u2019ancien journaliste rock, aujourd\u2019hui vice-président à la programmation et la production chez Spectra.« Mon deuxième exemple est fictif : si un jour Chris Martin décide de mettre dehors les trois autres clowns et de garder le nom Coldplay, est-ce que quelqu\u2019un va vraiment se demander si c\u2019est encore Coldplay ?» La Bottine-tine-tine sans Yves Lambert-bert-bert D\u2019autres cas moins clairs invitent à des débats plus musclés.L\u2019été dernier, le Festival international de jazz de Montréal recevait les Four Tops, quatuor vocal ayant jeté les fondations du son Motown.Formé de 1953 à 1997 des quatre mêmes messieurs, le groupe est décimé par la faucheuse à partir de 1997.Seul le ténor Abdul « Duke » Fakir survit aujourd\u2019hui à ses collègues (dans cer tains cas remplacés par leurs fils).« Avec les Four Tops, on est dans une situation tellement à l\u2019inverse de celle de Genesis, suggère Laurent Saulnier.Le public se fiche un peu de qui est dans les Four Tops.Ce qu\u2019on veut entendre, c\u2019est les hits.Peut- être que, dans 50 ans, il va toujours y avoir encore un groupe qui va s\u2019appeler les Four Tops.C\u2019est le répertoire qui compte.» C\u2019est le réper toire qui compte.Voilà ce que plaide aussi Jocelyn Lapointe, trompettiste au sein de La Bottine souriante depuis 1995.En 2002, quand Yves Lambert quitte la formation devenue synonyme de musique trad au Québec, plusieurs fans pensent que le groupe a sifflé son ultime verre de bière (avec la cuisinière).Le vénérable barbu était alors le dernier musicien à avoir été de toutes ses mutations.« Il y a toujours eu des dépar ts dans La Bottine, rappelle Lapointe.Et puis, quand Yves Lambert est parti, il y avait des musiciens qui étaient là depuis 12 ou 15 ans.Pour nous, La Bottine, c\u2019est un esprit, c\u2019est un catalogue.Ce n\u2019est pas une personne.» Un nouvel album d\u2019Offenbach en mars ?Han ?Contre toute attente, la voix mystifiante de Martin Deschamps insuffle en 1997 une étonnante forme de légitimité au retour sur scène d\u2019Offenbach, qui connaîtra ensuite dif fé- rentes incarnations, menées par le guitariste John McGale, avec le concours du légendaire fondateur Johnny Gravel, et de Breen LeBœuf.Malgré le dépar t de LeBœuf en 2008, puis celui de Gravel en 2014, McGale annonçait récemment la parution d\u2019un nouvel album d\u2019Of fen- bach en mars.Ghislain Robidas, qui tenait jadis le rôle de Gerry Boulet dans un groupe hommage à Offenbach, posera sa voix sur une série de chansons inédites, les premières depuis Rockorama (1985).« Ça me dévaste, ça m\u2019atterre.Le mot Offenbach est devenu un contenant vide, parce que son contenu est ailleurs», déplore l\u2019inénarrable Pierre Harel, membre fondateur d\u2019Of fen- bach, qui en claquait la porte en 1974.Sous le nom « SOS R\u2019N\u2019R Hommage aux Musiciens et Paroliers ayant transité chez Of fenbach », d\u2019abord un groupe Facebook, Harel présente depuis 2016 des spectacles occasionnels en compagnie d\u2019anciens Offenbach, dont Martin Des- champs, Johnny Gravel, Breen Le- Boeuf et Pat Martel.« Nous, on joue les chansons qu\u2019on a écrites et composées, mais on ne veut pas du nom Offenbach.McGale, de son côté, est le seul qui est passé par Offenbach dans son groupe.Tu ne trouves pas que ça ressemble pas mal à un groupe hommage, son affaire ?» Les tournées réunion qui n\u2019en sont pas vraiment En novembre dernier, la formation grunge américaine Stone Temple Pilots annonçait qu\u2019elle allait de l\u2019avant, peu importe l\u2019overdose de son chanteur original Scott Weiland et le suicide de son successeur, Chester Bennington.La Chicane amorçait cet été une tournée réunion, sans plusieurs des importants membres de la période Calvaire.Guns N\u2019 Roses rameutait des dizaines de milliers de pouilleux dans la jungle de l\u2019île Notre- Dame en août, lors de l\u2019arrêt montréa- lais de sa triomphale tournée réunion, ne réunissant que trois de ses membres originaux (sur cinq).Légitime gestion de patrimoine, révisionnisme historique ou fausse représentation?«Le problème qu\u2019on a actuellement, c\u2019est qu\u2019il y a beaucoup trop de gens qui vivent dans la nostalgie.C\u2019est ce qui fait que certains groupes réussissent à persister alors qu\u2019ils ne sont plus intéressants depuis très longtemps», commente Laurent Saulnier au sujet de cette déferlante de formations proclamant leur retour sans trop s\u2019embarrasser des détails.«J\u2019aimerais ben ça qu\u2019à un moment donné, les gens soient aussi curieux de ce qui s\u2019en vient demain que de ce qui s\u2019est passé hier.» De haut en bas : Coldplay, Gerry Boulet, Yves Lambert JACQUES GRENIER LE DEVOIR, FRANCOFOLIES DE MONTRÉAL, PEDRO RUIZ LE DEVOIR Si un jour Chris Martin décide de mettre dehors les trois autres clowns et de garder le nom Coldplay, est-ce que quelqu\u2019un va vraiment se demander si c\u2019est encore Coldplay ?LAURENT SAULNIER » L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 J A N V I E R / 2 0 1 8 C u l t u r e D o s s i e r 4 | DOMINIC TARDIF COLLABORATEUR LE DEVOIR « Les journaux changent de journalistes souvent.Pourquoi continuent- ils d\u2019utiliser le même nom ?» demande à des fins purement rhétoriques Mike Sawatzky.Le guitariste présente toujours, chaque été, une poignée de spectacles sous le nom Les Colocs, en compagnie de musiciens associés à l\u2019histoire du groupe (Élage Diouf, Guy Bélanger, Justin Allard).« Chaque spectacle est une célébration de l\u2019esprit de Dédé et de Pat (Patrick Esposito di Napoli, harmoniciste décédé en 1994) », assure l\u2019unique Coloc of ficiel de ces Colocs 2.0.« Le groupe rend hommage à Dédé, à Pat et au public, mais ce n\u2019est pas un groupe hommage.» Mike Sawatzky évoque ici les propos du frère de Dédé Fortin, Réal, qui, en 2016, le critiquait en des termes à peine voilés en marge d\u2019une conférence de presse du Festival international de la chanson de Granby.« Quand je vois des groupes faire des spectacles en hommage aux Co- locs sans y afficher le nom d\u2019André, ça me semble être un manque de respect envers celui sans qui rien n\u2019aurait été possible », déclarait alors à l\u2019Agence QMI celui qui refuse au- jourd\u2019hui de revenir sur ses propos de l\u2019époque.Il précise toutefois que Mike Sawatzky peut employer le nom Les Colocs grâce à une licence non exclusive accordée par la famille Fortin, requérant que la publicité de ses spectacles comporte un descriptif clair (Sawatzky emploie le nom « Les Colocs \u2013 Les soirées retrouvailles de Mike Sawatzky »).Les Colocs, un collectif « Pour Dédé, Les Colocs, ce n\u2019était pas que lui.C\u2019était un collectif qui comprenait autant les musiciens que les gens qui faisaient du visuel, que ceux qui faisaient du montage de Les Colocs, par-delà Dédé Vingt ans après Dehors novembre, son guitariste présente toujours des spectacles sous ce nom | 5 C u l t u r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 J A N V I E R / 2 0 1 8 Des ombres aux Golden Globes Ce dimanche, la cérémonie des 75es Golden Globes se déroulera sans le Blade Runner 2049 de Denis Villeneuve, grand absent des nominations.Devant le petit écran du soir, plusieurs auront envie de crier encore à l\u2019injustice.Étrange phénomène que celui du succès public, autorisant toutes les volte-face.Les mêmes qui ont applaudi à deux mains à la sortie d\u2019un film s\u2019en détournent s\u2019il ne récolte pas les recettes escomptées, oubliant leurs bons mots d\u2019hier.Girouettes, va ! Après tout, ces nominations-là aux films et séries américaines sont établies par la presse étrangère à Hollywood, qui avait encensé ce film d\u2019anticipation, d\u2019abord pour sa réalisation exceptionnelle.Ne pas le voir concourir dans cette catégorie semble aberrant.Et pourtant\u2026 Dangereux de juger une œuvre sur son sillage davantage que sur sa valeur, mais ça se produit tout le temps.Combien de fois voit-on des films hués et massacrés à Cannes, réhabilités à leur sortie en salle par des médias repentis après qu\u2019ils eurent été primés par le jury ou plébiscités à l\u2019accueil ?La durée du Blade Runner 2049 (2 h44 min) l\u2019aura desservi, on s\u2019entend là-dessus.Aussi, cette griffe individuelle posée sur une superproduction ; immense qualité, mais avec effet déstabilisant sur des amateurs de recettes formatées.C\u2019est bien pour dire\u2026 Même Rid- ley Scott, réalisateur du film culte à son origine, qui au départ s\u2019avouait en privé ravi du résultat, virait capot fin décembre avec une grâce de fée pour lancer sur le site Vulture : « It was fucking way too long.Fuck me !» Et de préciser du coup avoir participé au scénario (non crédité comme tel, seulement à titre de producteur exécutif), prenant une partie du blâme, pour ne pas avoir l\u2019air d\u2019attaquer Villeneuve, tout en s\u2019y appliquant.Hum ! Tordu, avec ça.Ironie du sort, le Blade Runner original de Scott aussi avait été boudé en salle en 1982, avant de se tailler une auréole au fil des ans.Et si c\u2019était le cas aussi pour cette suite?Les Golden Globes seraient juste passés à côté.Ce film héritera sans doute plus tard de nominations techniques aux Oscar, notamment pour la caméra de Roger Deakins, sans monter très haut.Effet d\u2019entraînement.Tout ça pour dire que si la tombée du vent peut desservir une œuvre, des injustices se réparent parfois sur la durée.Jamais le cinéaste d\u2019Incendies n\u2019aura reçu autant d\u2019éloges pour un de ses films ni de claque si cuisante.Ça doit rendre un gars philosophe.Pour le meilleur et pour le pire Étonnante, au cours des éditions, cette importance prise par les Golden Globes (90 journalistes étrangers votant, et pas nécessairement les plus hot), qui priment la télé et le cinéma ; préfigurant les Oscar et leur tenant la lanterne, diffusés dans plus de 210 pays.On peut supposer que l\u2019exceptionnel The Shape of Water de Guillermo del Toro récoltera les plus grands honneurs, que Frances McDormand sera primée comme actrice dans Three Billboards et Daniel Day Lewis, pour son rôle dans Phantom Thread.En espérant que la merveilleuse série de Jean-Marc Vallée Big Little Lies recevra des lauriers, à tout le moins pour ses performances d\u2019actrices, tout comme la dystopie The Handmaid\u2019s Tale, tirée de l\u2019œu- vre de Margaret Atwood.Chose certaine, côté films, la présence du lumineux Call Me by Your Name de l\u2019Italien Luca Guadagnino et de l\u2019admirable animation britan- nico-polonaise La Passion Van Gogh (Loving Vincent), hommage au peintre des Tournesols, au milieu des locomotives américaines, montre qu\u2019il reste des portes ouvertes.Ironiquement, si Hollywood accueille dans ces cérémonies des productions moins formatées que celles qui eurent la cote longtemps, c\u2019est beaucoup grâce à Harvey Weinstein.Avec les méthodes que l\u2019on sait, le producteur sut imposer des choix d\u2019audace depuis le début de la décennie 90.Celui dont le nom ne se chuchotera plus sur les tapis rouges qu\u2019en tremblant ou rageant \u2014 tel celui de Voldemort dans les Harry Potter \u2014 fut aussi un artisan de renaissance.Et les vedettes, hommes et femmes, vêtues de noir dimanche aux Golden Globes pour dénoncer symboliquement (avec raison) la culture de harcèlement à Hollywood demeurent tributaires des exigences artistiques du producteur de Gangs of New York et du distributeur de The Artist.Non moins ignoble pour autant, mais le dieu déchu aura marqué l\u2019histoire d\u2019Hollywood pour le meilleur et pour le pire.L\u2019amnésie ne sert en rien une industrie.Celle du cinéma devra se dépatouiller avec ses splendeurs et ses monstres ; facettes d\u2019un même visage à l\u2019œil tombant et à la peau grêlée.Le tison que cet homme en abus de pouvoir a allumé, avec conflagration mondiale sur paroles libérées, n\u2019en finira plus de brûler dans ces cérémonies plus endeuillées qu\u2019en fête en 2018.Car c\u2019est une arrogante façon de vivre qui s\u2019écroule avec la descente aux enfers des violeurs et des harceleurs, devant qui hier encore tous s\u2019inclinaient, mais dont l\u2019ADN de cette immense machine américaine n\u2019a pourtant pas fini de se nourrir.Odile Tremblay Chronique Mike Sawatzky en spectacle pour l\u2019événement Les Colocs pour la vie, aux FrancoFolies de Montréal, en 2013 ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR scène», se souvient pour sa part André Vanderbiest, bassiste des Colocs période Dehors novembre, qui cosigne la musique de Tassez-vous de d\u2019là.« Pendant des années, j\u2019en ai pas parlé du tout, des Colocs, pour ne pas donner l\u2019impression de vouloir faire du millage sur l\u2019héritage du groupe.Mais il m\u2019arrive aussi, des fois, de souhaiter que les gens en sachent davantage sur l\u2019impact réel de mon travail.Dehors novembre, je connais toutes les virgules, toutes les respirations de cet album-là.Est-ce que ça intéresse les gens de le savoir?» Le sort des musiciens au Québec leur permet rarement de cracher sur une occasion de payer le loyer à temps, signale Vanderbiest sur un ton plus pragmatique qu\u2019amer.«Dès que je participe à un projet lié aux Colocs, il y a des gens qui disent : \u201cT\u2019en profites!\u201d J\u2019imagine qu\u2019ils ne diraient pas la même chose s\u2019ils savaient que j\u2019ai passé l\u2019année dernière à flipper des burgers à 12$ de l\u2019heure.» Après avoir of fer t une série de spectacles avec Mike Sawatzky pour célébrer le 20e anniversaire des Colocs, le bassiste faisait néanmoins le choix de les quitter.« Mais je ne suis pas contre le fait que Mike joue sous le nom Les Colocs, non, parce que ça fait plaisir à ben, ben du monde.Ce n\u2019est pas à ça que ça sert, la musique, bordel ?» «J\u2019ai déjà rencontré le guitariste de Bob Marley, Junior Marvin», conclut le reggaeman d\u2019origine belge, au- jourd\u2019hui installé en Gaspésie.«Je lui ai demandé: \u201cToi, man, ça fait 30 ans que Marley est mort et tu roules encore avec ses chansons.Pourquoi?\u201d Il m\u2019avait répondu: \u201cParce que j\u2019ai eu la chance de côtoyer un gars dont la musique a fait plus de bien que le travail de toutes les religions du monde.\u201d» Quand je vois des groupes faire des spectacles en hommage aux Colocs sans y afficher le nom d\u2019André, ça me semble être un manque de respect envers celui sans qui rien n\u2019aurait été possible RÉAL FORTIN » L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 J A N V I E R / 2 0 1 8 C u l t u r e T h é ât r e 6 | Catherine-Anne Toupin en territoire miné La solaire comédienne revient à l\u2019écriture avec La meute, une œuvre dérangeante et nimbée de mystère ENTREVUE MARIE LABRECQUE COLLABORATRICE LE DEVOIR arement a-t-on vu une pièce entourée d\u2019autant de précautions.Avant l\u2019entretien, l\u2019attachée de presse de La meute s\u2019assure que je n\u2019éventerai pas les punchs dans mon texte.Aborder certaines thématiques au cœur de cette création, mise au monde par Marc Beaupré à La Licorne, est un territoire miné.« J\u2019écris toujours sous la forme du suspense, du mystère, explique Ca- therine-Anne Toupin.C\u2019est ce qui m\u2019accroche à la fiction depuis que je suis toute jeune.» Si la rayonnante actrice a été vite associée, malgré sa nature réfléchie, à « un archétype de comédie, la fille un peu fofolle », sa dramaturgie, elle, porte la marque de son amour d\u2019enfance pour les films noirs (Hitchcock, Otto Preminger) et de sa fascination pour les univers tendus d\u2019Harold Pinter.Son écriture distille les indices au compte-gouttes afin que le spectateur découvre petit à petit la nature de l\u2019intrigue.« Et plus ça avance, plus il comprend, mais grâce au sous-texte davantage qu\u2019aux mots.Ce que j\u2019aime le plus, c\u2019est quand les choses se passent par en dessous.Dans la vie, c\u2019est très rare qu\u2019on exprime précisément ce qu\u2019on ressent.C\u2019est notre visage, nos gestes ou notre voix qui nous trahissent.» Pour elle, l\u2019écriture théâtrale consiste donc à révéler seulement la moitié de ce qui se passe.« L\u2019autre 50 %, c\u2019est aux acteurs et au metteur en scène de le trouver.» Coup de poing Catherine-Anne Toupin a commencé très tôt à écrire, notamment des sketches théâtraux pour ses camarades de classe.«C\u2019était sur scène que je me sentais le plus vivante.J\u2019étais plutôt timide et la connexion qu\u2019on noue avec les autres artisans vivant cette expérience est ce qu\u2019il y a de plus beau au théâtre.» Au Conservatoire d\u2019art dramatique, encouragée à écrire par l\u2019un de ses professeurs, elle crée un R | 7 C u l t u r e T h é ât r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 J A N V I E R / 2 0 1 8 BON VOYAGE DIMANCHE 14 JANVIER 2018 2105, ch.Ste-Foy, Québec voyages-lambert.com À MONTRÉAL LIEU : AUBERGE UNIVERSEL - 5000, RUE SHERBROOKE EST ENTRÉE LIBRE PRÉSENTATIONS DE NOS CIRCUITS PÉROU & BOLIVIE Départs : 6 avril & 12 octobre 2018 SPLENDEURS DE LA CÔTE ADRIATIQUE CROATIE - BOSNIE-HERZÉGOVINE - MONTÉNÉGRO Départs : 13 mai & 11 octobre 2018 BALKANS AUX MULTIPLES FACETTES SERBIE, KOSOVO, MACÉDOINE, ALBANIE, MONTÉNÉGRO & BOSNIE-HERZÉGOVINE Du 10 au 30 septembre 2018 TERRES DES ANDES PROLONGATION À L\u2019ÎLE DE PÂQUES Du 4 au 22 octobre 2018 ARGENTINE LES ANDES, LE NORD-OUEST, IGUAZU ET BUENOS AIRES Du 10 au 27 novembre 2018 SICILE & ITALIE DU SUD Départs : 8 avril & 7 octobre 2018 11h00 11h00 12h45 12h45 14h30 14h30 DULCINÉE LANGFELDER CONFIDENCES SUR L\u2019OREILLER Un essai sur les rêves 19 et 20 janvier, 20 h Grande Salle Rêver nous garde sains de corps et d\u2019esprit.Mais d\u2019où vient ce besoin vital de raconter des histoires farfelues chaque nuit a?n de survivre ?« J\u2019étais ému jusqu\u2019aux larmes.» Barack Obama, rêvé en 2015 Info et billets theatreoutremont.ca 514 495-9944, poste 1 court métrage qui contient déjà le fondement de son univers : « Relations troubles, manipulation\u2026» Sa troisième pièce, La meute (un titre qu\u2019elle a décidé de ne pas modifier, malgré la nouvelle notoriété du groupe « identitaire » du même nom : « ça ne leur appartient pas, ce mot- là») a pris forme durant un séjour au Royaume-Uni.Là où sa précédente, À présent, a connu un beau succès (« Je me pince encore »), en 2016, dans une production dirigée par, excusez du peu, l\u2019ex-directeur ar tis- tique de la Royal Shakespeare Company, Michael Boyd.Ce contexte a influé sur la création.« Là-bas, je n\u2019ai pas d\u2019étiquette.Je repars à zéro.Ça donne une liberté formidable pour aller dans des zones inexplorées.» En se gorgeant de pièces londoniennes durant plusieurs mois, l\u2019auteure a aussi découvert un théâtre « plus engagé politiquement que le nôtre », qui aspire à radiographier sa société.Sa nouvelle création relève ainsi d\u2019un désir d\u2019aborder la récente escalade de violence qu\u2019elle constate dans l\u2019espace public.Véritable «coup de poing dans la face par moments», la pièce aborde différentes formes d\u2019agressivité, dont certaines insidieuses, illustrant leurs répercussions sur des personnages qu\u2019elles transforment, jusqu\u2019à leur faire «perdre leur humanité».Incarnant la protagoniste, une femme en crise qui aboutit chez une aubergiste (Lise Roy) et son neveu chômeur, la comédienne mesure elle- même l\u2019impact des mots agressifs.«Cela fait trois mois que je passe des journées à répéter des monologues d\u2019une violence intense et je sens que ça m\u2019affecte.Quelque chose s\u2019inscrit dans le corps.C\u2019est tellement facile, quand la violence n\u2019est pas physique, de se dire que ce n\u2019est pas important.Mais à force d\u2019y être exposés, c\u2019est en train de nous changer.» Inspirée par sa dualité (« il est à la fois extraordinairement attachant et por te une par t plus sombre »), l \u2019auteure a écrit le rôle masculin pour Guillaume Cyr.Avec son accord, avec délicatesse, elle s\u2019est servie du physique du corpulent comédien afin d\u2019explorer un « fléau » actuel : la violence du discours ambiant sur le corps, notamment ces morphologies qui s\u2019écartent des standards sociaux.La pièce inverse aussi le schéma habituel : « Mar tin a certaines couleurs qu\u2019on pourrait associer davantage à un personnage féminin : il est dans le désir de plaire et a une profonde fragilité en lui.» Cyr et Toupin, qui ont développé une forte complicité lors des répétitions, ont à jouer des scènes troublantes, délicates.« Mais pour moi, le théâtre n\u2019est pas un safe space.C\u2019est un espace où il faut explorer des choses dérangeantes.» Contre les conventions Ce qui a déclenché l\u2019écriture de ce huis clos chez Catherine-Anne Tou- pin, c\u2019est la réaction négative du public devant la colère de Marie Lamon- tagne dans Unité 9.L\u2019expression d\u2019un malaise devant la représentation d\u2019une femme violente, qui refuse enfin le statut de victime, «quitte à se venger».«Ce qui est dangereux avec la fiction, c\u2019est qu\u2019à force de se faire raconter les mêmes histoires, on vient à les croire, à les intégrer.» La dramaturge se fél icite des nombreuses pièces vues l \u2019automne der nier, aux héroïnes « impar faites, n\u2019ayant pas peur d\u2019êtres vulgaires, violentes ».Il y a encore une «ado rebelle » en elle.« J\u2019ai passé beaucoup de temps avec une grand-mère qui valorisait l\u2019étiquette.» Surtout pour les filles, invitées à «bien se tenir ».«Dès mon très jeune âge, j\u2019ai eu une aversion à la bienséance.Et à cette vision gen- rée de la vie.» C\u2019est ce « rejet des conventions » qu\u2019elle partage avec la Shandy de la télésérie carcérale \u2014 le rôle « le plus proche de qui je suis » \u2014 dépendance en moins.Un personnage qui lui a offert, du jour au lendemain, l\u2019exposition médiatique.Avec son cortège d\u2019occasions formidables.Et de situations parfois désta- bilisantes pour une artiste souvent dans sa bulle mentale.« Dans la rue, j\u2019ai envie d\u2019observer les gens parce que ça me nourrit.Puis tu réalises que tu es obser vée plus que tu ne peux observer\u2026 » La cocréatrice et vedette de la comédie Boomerang se considère pourtant avant tout comme une comédienne, et compte prioriser cette carrière.Elle regrette ces classiques qu\u2019elle jouait au Conser vatoire, mais plus depuis.Et formule même un désir, pourquoi pas : camper le manipulateur Iago.C\u2019est un autre bagage que Cathe- rine-Anne Toupin a rapporté de son passage à Londres : un désir de plus d\u2019audace dans nos distributions du répertoire.« Là-bas, dans les Shakespeare, c\u2019est impensable maintenant que les actrices se ramassent juste avec quelques rôles féminins mal développés.Et que toute la distribution soit blanche.C\u2019est com-plè-te-ment dépassé.Ici, on n\u2019est pas rendu là.Mais on espère y être bientôt.Et je trouve qu\u2019avec un Iago féminin, Othello devient un triangle amoureux fascinant.» L\u2019invitation est lancée\u2026 Si l\u2019actrice a été vite associée, malgré sa nature réfléchie, à « un archétype de comédie, la fille un peu fofolle », sa dramaturgie, elle, porte la marque de son amour d\u2019enfance pour les films noirs et de sa fascination pour les univers tendus d\u2019Harold Pinter.PEDRO RUIZ LE DEVOIR Cela fait trois mois que je passe des journées à répéter des monologues d\u2019une violence intense, et je sens que ça m\u2019affecte.Quelque chose s\u2019inscrit dans le corps.CATHERINE-ANNE TOUPIN » La meute Texte de Catherine-Anne Toupin, mise en scène de Marc Beaupré, à La Grande Licorne du 16 janvier au 17 février 2018. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 J A N V I E R / 2 0 1 8 C u l t u r e A r t s v i s u e l s 8 | CRITIQUE MARIE-ÈVE CHARRON COLLABORATRICE LE DEVOIR Loin d\u2019être innocents, les formes et les motifs qui nous entourent ont une por tée qui va au-delà de leur seule apparence.À cette idée connue, la commissaire Chloé Grondeau apporte de la fraîcheur dans l\u2019exposition de groupe Pattern, où elle crée d\u2019agréables surprises en présentant les œuvres diversifiées d\u2019artistes peu vus au Québec.Au nombre de neuf, ces œuvres offrent à la vue des trames auscultées, des motifs à carreaux délurés, des cubes miniatures, des taches répétées, des éclats de verre brisés et même l \u2019 icône consacrée d\u2019un grand peintre abstrait.Leurs desseins s\u2019avèrent cependant bien plus que leurs formes.Dans son mot d\u2019 introduction, la commissaire Chloé Grondeau dit avoir justement préféré le mot anglais « pattern » pour son titre plutôt que son corollaire français « motif » « pour sa capacité à traduire autant la forme que les enjeux psychologique, sociologique, voire poli - tiques auxquels il renvoie ».Il est alors curieux de constater que, malgré la référence implicite au titre, l\u2019exposition ne fait nullement allusion au mouvement américain « Pattern and Decoration » et que, par conséquent, elle oblitère les racines féministes de ces stratégies ar tistiques.Dans les années 1970, des ar tistes comme Joyce Kozlof f ou Miriam Schapiro intégraient dans l\u2019art contemporain les méthodes de l\u2019artisanat et des arts appliqués, bousculant la hiérarchie voulant que ces arts soient mineurs, tout comme les femmes qui, traditionnellement, les pratiquaient.Elles démontraient que, pourtant, il n\u2019y avait pas grand-chose qui séparait ces arts dits péjorativement décoratifs et les grandes abstractions géométriques réalisées par leurs pairs masculins en peinture.Les pratiques usant de ces stratégies pour leurs enjeux revendicateurs Sous les motifs Une exposition de groupe déconstruit les patterns invisibles qui gouvernent nos vies et politiques ne se limitaient pas à ce mouvement.Plus près de nous, les travaux de Joyce Wieland et de Sorel Cohen seraient à citer dans ce créneau, qui a depuis été largement poursuivi et actualisé.Il appartient certes à la commissaire de ne pas avoir voulu inclure des œu- vres découlant de cette veine même si les exemples pullulent.Faut- i l pour autant continuer, comme dans le texte de présentation, de faire de « l\u2019Homme » le sujet qui pense le monde ?La langue recèle encore des symptômes tenaces d\u2019une vision patriarcale.Carnaval Hormis ces réserves, l\u2019exposition se défend bien.Ouvert, le parcours sert avantageusement le voisinage des œuvres, dont plusieurs vidéos, comme celle en introduction du collectif mexicain Galeria Perdída.Dans un cadrage serré, une loupe fouille des images trouvées dans leurs mi- crodétails, révélant le grain de leur trame qui, même à force d\u2019être examinée, reste muette.Regarder devient une entreprise vaine, sinon pour suggérer qu\u2019à l\u2019échelle microscopique, tout se tient en ordre.Dans la troublante vidéo de Mathieu Vue de l\u2019exposition Pattern avec, de gauche à droite : Adélaïde Fériot, L\u2019hésitation, 2010 ; Kapwani Kiwanga, Forms of Absence, 2014 ; Ines Doujak, A Mask Is Always Active, 2014 PHOTOS GUY L\u2019HEUREUX Ken Nicol, 32 cubes, 32 ways, 2014 Arbez Hermoso, l\u2019image fixe d\u2019un motif abstrait tiré d\u2019un objet du quotidien semble être un prétexte pour la bande sonore.Elle expose, en les croisant, le récit du Nigérian Bolaji Badejo, qui a incarné le premier Alien du film de Ridley Scott, et des faits sur la colonisation en Afrique.Ces deux évocations de la figure de l\u2019Autre emboîtent les histoires personnelle et collective.La culture de masse fait également une incursion dans la vidéo amusante du Colombien Iván Argote.Il se mesure à la Croix noire du supré- matiste russe Kasimir Malevitch, un des pionniers de l\u2019abstraction, en dansant devant la toile au musée sur une musique de The Cure.Le geste de l\u2019artiste défie l\u2019utopie comme la position canonique de l\u2019œuvre qui voulait faire de son langage objectif l\u2019outil d\u2019une révolution.La chorégraphie à laquelle s\u2019adonne l\u2019artiste canadienne Kapwani Kiwanga est faite quant à elle de gestes étudiés inspirés du travail de l\u2019archiviste.Ses mains manipulent le vide, en écho | 9 C u l t u r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 J A N V I E R / 2 0 1 8 L E S F L Â N E U RS Des reporters boulimiques de culture partagent leur coup de cœur de la semaine Le chanteur Mononc\u2019 Serge se révèle étonnant sur son dernier \u2014 et douzième ! \u2014 album studio, intitulé Révolution conservatrice.D\u2019abord, le trublion adopte une écriture un peu moins frivole, avec laquelle il parle de religion, de musique, de ses amis, de vertu, du droit à l\u2019incohérence, etc.Bref, Mo- nonc\u2019 se fait moins bouffon, et c\u2019est fort bien.Puis, le musicien opte aussi pour des arrangements qui ne sont pas révolutionnaires, mais qui lui sont tout à fait nouveaux.Les guitares rock sont saturées, mais étouffées, les arrangements sont plus travaillés que par le passé, avec des touches à la Metric ici et là.Mononc\u2019 Serge en grande forme Philippe Papineau Le roman Jane Eyre, de Charlotte Brontë, ou les mémoires d\u2019une gouvernante, conte à la première personne les pénibles mais ô combien romantiques pérégrinations d\u2019une orpheline.«En hiver, les dimanches étaient de tristes jours.Nous avions deux milles à faire pour arriver à l\u2019église de Brocklebridge, où officiait notre chef.Nous partions ayant froid; en arrivant, nous avions plus froid encore; et avant la fin de l\u2019office du matin nos membres étaient paralysés.» L\u2019expression «Quand on se compare, on se console» vaut, ici, autant pour les mésaventures de l\u2019héroïne que pour le climat.À relire par temps froid François Lévesque Vous pouvez désormais le regarder chez vous, sur DVD.Et c\u2019est peut-être dans les ombres inquiétantes de la nuit, dans le confort feutré d\u2019un salon, que Le problème d\u2019infiltration, de Robert Morin, est le plus efficace.Il nous emmène dans les désordres mentaux d\u2019un médecin chirurgien plastique perfectionniste, à qui tout échappe, profession, femme, enfant, maison.Contre cette folie qui le hante et qui le tente, les murs de son petit château de banlieue ne peuvent rien.Avec effets de son, d\u2019éclairage et de caméras, mais une superbe économie de mots, le cinéasteplonge avec brio son bistouri dans la fissure de l\u2019angoisse humaine.Un bistouri dans l\u2019âme humaine Caroline Montpetit C\u2019est cette fin de semaine que se termine l\u2019expo Mitchell / Riopelle.Un couple dans la démesure au pavillon Pierre Lassonde du MNBAQ.Ça vaut le coup de rattraper dans la capitale cet écho chromatique d\u2019un couple mythique de la peinture moderne: l\u2019Américaine Joan Mitchell et le Québécois Jean-Paul Riopelle.Soixante œuvres réalisées entre 1955 et 1979 s\u2019opposent ou se répondent dans les correspondances de leur art.L\u2019expo gagne à se retrouver au musée des plaines d\u2019Abraham, où Hommage à Rosa Luxemburg, fresque de Riopelle à son ancienne compagne après sa mort, s\u2019étale en contrebas, conclusion à ce pas de deux pictural.Écho chromatique Odile Tremblay Parent-médiateur Pour les plus petits, la Maison des arts de Laval inaugure avec cette exposition la formule « parent- médiateur » qui propose aux volontaires une trousse éducative et ludique permettant de faire la découverte des œuvres.Pattern À la Maison des arts de Laval, 1395, boulevard de la Concorde Ouest, Laval, jusqu\u2019au 4 février.aux objets perdus pendant la révolte des Maji Maji en Afrique orientale allemande, l\u2019actuelle Tanzanie, dont sa famille est originaire.Pour certains opprimés, le carnaval constitue l\u2019occasion de perturber l\u2019ordre hiérarchique établi.Cette tradition est évoquée dans la vidéo très musicale de l\u2019Autrichienne Ines Dou- jak, qui montre le rôle joué par les costumes et les masques lors de cette fête déstabilisatrice.La vidéo capte l\u2019attention par son exubérance et son emplacement stratégique au centre de la salle qui permet de la zieuter de plusieurs endroits.Plus discrètes, les œuvres de Ken Nicol, d\u2019Adélaïde Fériot, de Tim Messeiller et de Vincent Ma- lassis tirent aussi leur épingle du jeu.Il y a les déclinaisons de cubes en acier de Nicol et le kaléidoscope brisé de Fériot qui semble opposer ordre et chaos, tous deux liés à un processus, sous forme de nouvelles configurations à venir ou d\u2019un tableau vivant ayant eu lieu.Chez Messeiller, la sérigraphie sur toile donne à la sobriété d\u2019un motif l\u2019expression conjuguée de la répétition et de la différence.Il ne faudra pas manquer de faire jouer le tourne-disque pour écouter la Partition de Vincent Malassis, qui découle de la transposition d\u2019un papier peint signé Bruno Peinado.Son motif visuel n\u2019est pas présenté, mais la version sonore subjugue à elle seule, s\u2019enrichissant du crépitement de l\u2019usure du vinyle. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 J A N V I E R / 2 0 1 8 C u l t u r e Pa s s i o n v i nyl e s ( 2 ) 1 0 | SYLVAIN CORMIER LE DEVOIR Elles et ils en ont trouvé partout, des disques en 45, 33 et 78 tours, et pour tous les goûts ! Vive la variété\u2026 et la parité ! Oui, comme la semaine dernière, il y a autant de filles que de gars parmi nos aficionados de la belle galette gravée.Klô Pelgag, auteure-compositrice- interprète Forever Dolphin Love, Connan Mocka- sin.Achat : sur les Internets probablement très tard dans la nuit.Parce que je crois sincèrement que c\u2019est un des meilleurs albums du monde.Cette musique a un grand pouvoir émotif sur moi, elle me pince le cœur tout en m\u2019amenant dans un état de béatitude absolue.Le trésor de la langue, René Lussier.Album mythique de la musique québécoise dite « actuelle ».L\u2019œuvre phare du grand René Lussier.Scott Walker Sings Jacques Brel, Scott Walker.Mon dernier achat (directement ef fectué après notre entrevue pour Le Devoir) chez le disquaire Aux 33 tours.J\u2019aime Jacques Brel et j\u2019aime Scott Walker.J\u2019aime donc assez inévitablement ce disque.Melissa Maya Falkenberg, animatrice, scénariste et recherchiste Everything Now, Arcade Fire.Ce disque aura une symbolique éternelle pour moi, car en mai, j\u2019ai eu la chance d\u2019assister au petit concer t privé d\u2019Arcade Fire dans Hochelaga- Maisonneuve.Local tout simple, pas de place pour s\u2019asseoir, on était environ cinquante, placés pour former un cercle autour des instr uments.Quand les membres du band sont entrés, ils n\u2019ont rien dit, ils ont pris place pour jouer leurs nouvelles chansons de manière plutôt brute et, à la fin, Win Butler a dit : «OK, thanks guys, we know what works and what does not work.» Je venais d\u2019apprendre que j\u2019étais enceinte, j\u2019étais collée sur mon mari, c\u2019est le premier show que notre gars a entendu de ma bedaine ! Astronomie, Avec pas d\u2019casque.L\u2019autre concert qui m\u2019a marquée cette année est celui d\u2019Avec pas d\u2019casque, le dernier de la série Sur le toit d\u2019Ubisoft.Première partie par Jason Bajada et le soleil qui baissait tranquillement les yeux sur le Mile-End, puis Stéphane Lafleur, toute sa poésie et ses boys qui ont fini ça dans le noir, avec pus d\u2019canicule.Ça m\u2019a donné envie de réécouter tous les disques d\u2019Avec pas d\u2019casque et de me les procurer en vinyle.Batman Returns, bande originale du film.Star Wars, films de bibittes et de superhéros\u2026 Pas ma tasse de thé ! Mais je vis avec un geek qui commande toutes les bandes sonores de ses films préférés et, qui dit table tournante dit, chez nous en tout cas, musique qui s\u2019écoute sans écouteurs dans l\u2019espace commun.Ça me fait découvrir de la musique extraordinaire.La musique orchestrale de Danny Elfman \u2014 à qui l\u2019on doit d\u2019ailleurs le fameux thème musical des Simpsons \u2014 est ici plus que grandiose.C\u2019est froid, liturgique, dangereux et, surtout, de toute beauté.Charles Gardier, codirecteur des FrancoFolies de Spa, politicien La reproduction, Arnaud Fleurent Didier.Je l\u2019ai racheté dans un magasin de Bruxelles, car chaque fois que je trouve cet album de 2009 en vinyle, je ne résiste pas.Ce disque a rejoint le cercle très fermé de mes préférés, que je nomme « mes albums de chevet »\u2026 J\u2019ai le sentiment bizar re qu\u2019Arnaud Fleurent-Didier a fait cet album pour moi, rien que pour moi.C\u2019est un sentiment délicieux et\u2026 étrange.Je rêve qu\u2019il revienne avec un nouvel album ! Il me manque.Love Is a Many-Splendored Thing, Ray Conniff.J\u2019ai trouvé ce disque dans une brocante à Spa pour moins de l\u2019équivalent d\u2019un dollar.C\u2019est la pochette qui m\u2019a scotché : je connaissais très bien, trop bien cette fille, je devais l\u2019acheter.En rentrant, je le mets immédiatement sur ma platine et je me retrouve 47 ans plus tôt chez ma grand-mère paternelle : ce disque d\u2019easy listening magnifiquement produit faisait partie des dix qu\u2019elle possédait et je le mettais en alternance avec le 45 tours de George Harrison : My Sweet Lord.C\u2019est pour moi une madeleine de Proust musicale incroyable.Depuis, je collectionne les vinyles de Ray Conniff.Morale II, Roméo Elvis + Le Motel.J\u2019ai reçu le disque vinyle de ce jeune rap- peur belge très populaire en Belgique et en France par la maison de disques.Je l\u2019ai écouté probablement différemment d\u2019un CD.La musique est riche et bourrée de références.Ces jeunes artistes écoutaient la musique de leurs parents et la remanient avec talent et passion en osant des mélanges parfois improbables et souvent réussis.Connaissant bien les parents de Roméo, le chanteur Marka et l\u2019humoriste Laurence Bibot, je n\u2019ai pas de peine à imaginer les références de leur talentueux fils.Marie-Hélène Poitras, auteure, chroniqueuse, recherchiste Ubiquité, Martin Lizotte.C\u2019est un album refuge, paru cet automne et qui m\u2019accompagne depuis.Cette musique ouvre un espace où j\u2019aime aller me perdre, surtout si je suis agitée, agacée et que je dois écrire un texte rapidement.La clé vers un monde où tout est cotonneux, soyeux, éphémère.Voulez-vous, ABBA.Acheté en réaction à la sortie du nouvel album d\u2019Arcade Fire \u2014 le groupe n\u2019était pas où je l\u2019attendais, il avait cette pulsation disco\u2026 J\u2019étais à Québec, je suis entrée chez un petit libraire-disquaire (Librairie Laforce) et j\u2019ai ramené ce vinyle qui me fascinait tant quand j\u2019étais kid.Ce n\u2019est vraiment pas le meilleur disque de ABBA, mais la pochette est ahurissante ! Whiskey, Jay-Jay Johanson.Ça fera bientôt 22 ans que cet album est paru et ça aurait tout aussi bien pu être hier.Ça a été compliqué de mettre la main dessus.Je l\u2019ai fait venir d\u2019Allemagne et ça m\u2019a coûté cher.Mais je ne le regrette pas.Laisser descendre l\u2019aiguille sur le vinyle, puis prendre une première gorgée de Prosecco, c\u2019est un grand bonheur pour moi.Quand la vie tourne rond Encore une belle tournée de galettes gravées pour tous les goûts Melissa Maya Falkenberg et sa pochette de Batman Returns, la bande originale du film LUCAS RUPNIK | 1 1 C u l t u r e Pa s s i o n v i nyl e s ( 2 ) L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 J A N V I E R / 2 0 1 8 Andre Papanicolaou, auteur-com- positeur-interprète, guitar hero If All I Was Was Black, Mavis Staples.Cadeau qui m\u2019a été offert par Daran pour mes 40 ans.Il savait que j\u2019aimais Wilco et Bob Dylan, et quand il a offert ces influences au vendeur comme exemples de choses que j\u2019aime, le vendeur a tout de suite répondu : « Mavis Staples : son disque a été réalisé par Jef f Tweedy (leader de Wilco) et elle a couché avec Dylan ! » Alors, voilà.Automatic for the People, R.E.M.Disque préféré depuis longtemps, je viens de me souvenir que je l\u2019avais en vinyle, caché dans un fond de ma bibliothèque.Ça tourne pas mal depuis quelques semaines chez nous, toujours le matin avec un premier café avant que les enfants se lèvent.Elvis\u2019 Christmas Album, Elvis Presley.Un classique du temps des Fêtes chez les Papanicolaou.Pas grand-chose à dire de plus.Quand il chante, on danse.Monique Giroux, animatrice, chroniqueuse, metteure en scène À L\u2019Écluse, Barbara.Mes vinyles étant trop bien rangés dans un entrepôt et, ayant eu l\u2019idée sur le tard, nous sommes parties en chasse de quelques Barbara à dif fuser sur un Teppaz pendant l\u2019arrivée des spectateurs à l\u2019hommage que nous lui rendions pour souligner le 20e anniversaire de son décès.Après avoir demandé au vendeur d\u2019une célèbre boutique de la rue Mont-Royal «vous avez du Barbara ?» et s\u2019être fait répondre à l\u2019anglaise « Barbra ?Bien sûr qu\u2019on en a ! », ma compagne de quête a trouvé toute seule le premier, rare, celui de L\u2019Écluse.Petite amie, Juliette Armanet.Peut- être parce qu\u2019elle est issue en ligne droite de référence en chanson star du vinyle \u2014 je pense à Véronique Sanson, dont j\u2019ai toute la discographie en 33 tours \u2014, je tenais à avoir le premier très bel album de Juliette Armanet en grand format\u2026 que je garde sous scellé.Ado, je me précipitais pour arracher le plastique ; maintenant, j\u2019en prends grand soin.Les Super Succès de 75.J\u2019avais 12 ans.Je collectionnais depuis la maternelle les 45 tours qui trônaient au sommet des palmarès, alors imaginez quand j\u2019apercevais une pub télé qui annonçait une compilation de succès.C\u2019était Noël.Les pochettes K-Tel sont des poèmes en soi.Je les rachète aujourd\u2019hui.Celui- ci dans une église néo-byzantine de Grande Allée à Québec transformée en véritable bazar.Sébastien Desrosiers, collectionneur et blogueur (Mondo PQ) Le rock\u2019n\u2019roll du samedi soir, Les Trois Clefs.Je ne me suis pas fait prier lorsqu\u2019un ami m\u2019a demandé d\u2019évaluer l\u2019été dernier une intimidante collection de plus de dix mille 78 tours ! Après des heures de fouilles, un diamant brut m\u2019est tombé dans les mains : un des premiers rock\u2019n\u2019rolls québécois, gracieuseté de ce trio de cocktail jazz ! Si plusieurs artistes de la province (Hal Willis, Carmen Dé- ziel, Bob Davies, Roger Miron) adoptèrent le nouveau rythme dès 1956, Le rock\u2019n\u2019roll du samedi soir peut se vanter d\u2019être notre première composition originale du genre en français.Cet après-midi de juillet, je me sentais comme le gars le plus crasseux et le plus cool dans un conteneur surchauffé à l\u2019est de Rivière-du-Loup! Party Inside My Mind/Telephone, Thrills.L\u2019univers des pressages privés québécois, ces autoproductions le plus souvent publiées timidement à compte d\u2019auteur, n\u2019a pas fini de me surprendre.L\u2019étiquette ne publiera que l\u2019unique 45 tours de ces musiciens d\u2019expérience et quelques secondes auront suffi pour me convaincre que leur simple, avec ses effets de talk box, était certainement parmi les plus funky et suaves produits en province à l\u2019époque.Je verrais bien l\u2019excellent trio montréalais Barry Paquin Roberge revisiter Par ty Inside My Mind dans un futur spectacle.Studio, Tages.Que pouvait bien faire ce pressage suédois original presque par fait du meilleur album de ces « Easybeats scandinaves » dans une convention montréalaise ?Même si je collectionne principalement les ar tistes québécois, je perds tous mes moyens devant ces mods qui fusionnent aussi habilement de sublimes créations pop que des rocks ravageurs dans une ambiance éclatée à la Sgt.Pepper.ABBA peut aller se rhabiller! Pat The Bratte (Patrick Baillargeon), critique rock The Bubblemen Are Coming !, The Bubblemen.Ou les Love and Rockets en épisode bulle pop rap patraque éclatée, le temps d\u2019un 12 pouces paru en 1988 et agrémenté \u2014 pour certains exemplaires \u2014 d\u2019une minibédé.Tombé là-dessus dans la petite section de disques d\u2019une librairie du Plateau.Business Unusual \u2014 The Other Record Collection, artistes variés.Sans doute une des meilleures compilations punk/new wave de l\u2019époque ; la crème de Cherry Red Records de la fin des années 1970, des Outcasts et UK Subs à Cabaret Voltaire et Throbbing Gristle.La trame de mes 14 ans que les grands frères de mes amis avaient tous et que, curieusement, je n\u2019ai jamais possédée, jusqu\u2019à ce que je la retrouve cachée chez un disquaire de Vancouver, avec l\u2019af fiche toujours à l\u2019intérieur ! Le temps fou, Messieurs Richard de Bordeaux \u2013 Daniel Beretta.Petit 45 tours paru d\u2019abord en 1970, puis réédité à quelque 1000 exemplaires en 2009.Chansons tirées du film Le temps fou, on trouve d\u2019un côté les délirantes La cousine d\u2019Angers et Lucien de Daniel Beretta, et de l\u2019autre, les tout aussi débiles La drogue et C\u2019est trop bête de l\u2019ineffable monsieur De Bordeaux.Déniché dans une des chouettes boutiques de disques de Tokyo.Sébastien Desrosiers et sa pochette du trio Les Trois Clefs, intitulée Le rock\u2019n\u2019roll du samedi soir SOURCE SÉBASTIEN DESROSIERS L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 J A N V I E R / 2 0 1 8 C u l t u r e C l a s s i q u e 1 2 | CHRISTOPHE HUSS LE DEVOIR e vendredi 20 juillet 2018 sera une date majeure de l\u2019histoire de l\u2019Orchestre symphonique de Montréal, appelé à ouvrir le Festival de Salzbourg avec La Passion selon saint Luc du compositeur Krzysztof Penderecki, honoré par le festival pour ses 85 ans.À l\u2019aube de ses 85 ans, Krzysztof Penderecki a entrepris, avec le Chœur et l\u2019Orchestre philharmoniques de Varsovie, une anthologie discographique de ses œuvres pour Warner Classics.Les deux premiers volumes qui viennent de paraître nous éclairent sur le parcours du compositeur.Une trajectoire moins radicale que celle d\u2019Arvo Pärt, mais allant, philosophiquement, dans la même direction.Du radicalisme à la piété Je me souviens comme si c\u2019était hier de mon premier contact avec la musique de Penderecki : Threnos à la mémoire des victimes d\u2019Hiroshima.Le titre m\u2019avait fasciné, et le microsillon EMI, paru alors que j\u2019étais adolescent, avait été distingué par la presse spécialisée.N\u2019étant pas du genre à abandonner facilement, je m\u2019étais entêté à chercher dans ses aspérités et sonorités étranges ce qui en faisait le génie.L\u2019ef frayante image de couverture du cof fret de l\u2019opéra Les diables de Loudun, que je louais ensuite à la bibliothèque, sans davantage en percer les mystères, achevait toutefois de me convaincre que ce compositeur avait un rapport L Krzysztof Penderecki, de la modernité au mysticisme Qui est ce chef qui amène l\u2019OSM à ouvrir le Festival de Salzbourg 2018 ? C u l t u r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 J A N V I E R / 2 0 1 8 HÉBERGEMENTS EN RÉGIONS ABONNEZ-VOUS ! www.revuelopera.quebec La référence lyrique au Québec ENTRETIENS PORTRAITS CRITIQUES 23 janvier au 3 février PAR LE THÉÂTRE KATA Made in Beautiful (Belle Province) 20 au 24 février PAR LE THÉÂTRE POUR PAS ÊTRE TOUT SEUL Angle mort 27 février au 3 mars PAR LE THÉÂTRE BISTOURI Conversation avec mon Pénis s r a m 1 3 u a 3 1 PAR LES PENTURES Embrigadés 10 au 28 avril PAR LE THÉÂTRE DE PASSAGE Extras et ordinaires tout à fait singulier avec la mort.Me voici 40 ans plus tard à présenter le concert de l\u2019OSM à Salz- bourg et à commenter le volume 1 de la nouvelle anthologie Penderecki de Warner Classics.La Passion selon saint Luc d\u2019un côté, Dies Illa pour trois solistes, chœur et orchestre (2014) de l\u2019autre.Comme si rien n\u2019avait changé\u2026 Et pourtant, tout a changé.Des années 1960 jusqu\u2019à la fin des années 1970, Penderecki est un compositeur de la recherche de l\u2019inouï et de la ra- dicalité, une sorte de Ligeti polonais.De Natura Sonoris I, qui accompagnait Threnos dans le disque précité, le montre bien.Pourtant, dès cette période « radicale », l\u2019inspiration religieuse est déjà très présente.D\u2019ailleurs La Passion selon saint Luc date de 1966, l\u2019époque, quasiment, des Diables de Loudun (1969).À partir des années 1980, Penderecki ne va pas se sentir obligé d\u2019être moderne ; il va être lui même, sans appauvrir sa musique, mais en la rendant plus accessible.À mes yeux, l\u2019un des chefs-d\u2019œuvre de Penderecki est sa 7e Symphonie, « Les 7 portes de Jérusalem », créée par Lorin Maazel et l\u2019Orchestre symphonie de la Radio bavaroise à Jérusalem en 1996.Maintenant que Kent Nagano est devenu un avocat de la cause pendereckienne, aussi sincèrement militant que l\u2019était Charles Du- toit, il serait fort intéressant de pouvoir entendre cette symphonie à Montréal lors de la prochaine saison.Penderecki à travers la voix La musique religieuse est le chemin le plus direct permettant de saisir l\u2019évolution du parcours et du langage de Krzysztof Penderecki.De ce point de vue, le volume 2 de l\u2019anthologie « Penderecki Conducts Penderecki », que le compositeur enregistre à Varsovie pour Warner, est fort instructif.Sous le titre Choral Music, le double album regroupe des œuvres chorales a cappella balayant toutes les époques créatrices.Le parcours du premier des deux CD étant plus ou moins chronologique, un saut de la plage 1 (Stabat Mater, 1962), à la plage 5 (Veni Creator, 1987), puis à la plage 8 (Quid Sum Miser, 2014) permet d\u2019appréhender les mutations du contexte harmonique, la fin de l\u2019expérimentation, le cheminement vers la consonance et une sorte de «post- Poulenc et post-Britten » vers lequel tendent finalement plusieurs compositeurs contemporains.L\u2019auditeur notera que les quatre premières plages sont les quatre chœurs a cappella de La Passion selon saint Luc.D\u2019ailleurs, l\u2019introduction de chœurs a cappella dans de vastes œuvres symphoniques ou chorales à grand déploiement est un procédé utilisé par Penderecki dans plusieurs compositions (dont Les 7 portes de Jérusalem), le compositeur forçant ainsi chez l\u2019auditeur un moment de réflexion.Le volume 1 de Penderecki Conducts Penderecki, qui mobilise chœur et orchestre, ne comprend qu\u2019un disque et nous révèle le Dies Illa de 2014, composition magistrale et fascinante d\u2019un peu plus de 20 minutes.Si j\u2019ai fait référence à la 7e Symphonie, c\u2019est aussi parce que le Dies Illa, dès le Liber Scriptus, en adopte quelques effets et procédés sonores.Le disque est complété par deux Hymnes de 1987 et les quatre Psaumes de David de 1958.Il est très intéressant de voir que Penderecki ne rejette nullement ses œuvres les plus arides et exigeantes de son lointain passé expérimental, qui surprendront ses auditeurs d\u2019au- jourd\u2019hui.Le Psaume XXVIII montre que Penderecki le moderniste était sacrément doué, lui aussi, le Psaume XXX étant cependant un presque gênant décalque des Noces de Stravinski ! Impossible de conclure cette petite présentation sans faire mention de la collection discographique très large et exemplaire consacrée à Penderecki par Naxos et le chef Antoni Wit.C\u2019est vers Wit que se tourneront les mélomanes qui veulent faire connaissance avec La Passion selon saint Luc que l\u2019OSM présentera à Salzbourg cet été.À l\u2019aube de ses 85 ans, Krzysztof Penderecki a entrepris, avec le Chœur et l\u2019Orchestre philharmoniques de Varsovie, une anthologie discographique de ses œuvres pour Warner Classics.JANEK SKARZYNSKI AGENCE FRANCE-PRESSE La musique religieuse est le chemin le plus direct permettant de saisir l\u2019évolution du parcours et du langage de Krzysztof Penderecki L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 J A N V I E R / 2 0 1 8 C u l t u r e Ja z z 14 | BILLET SERGE TRUFFAUT COLLABORATEUR LE DEVOIR Il y a deux mois, le batteur Ben Riley est décédé.Il y a un mois, ce fut le percussionniste des révolutions musicales Sunny Murray, le producteur George Avakian et la légende Jon Hendricks qui sont tous allés rejoindre le big band que dirige là-haut ou en bas, allez savoir, Duke Ellington.Et voilà que juste avant les Fêtes, on apprenait que le tromboniste Roswell Rudd n\u2019est plus de la partie.Ça fout un coup.Et un mauvais.Très mauvais même.Car\u2026 Car Roswell Rudd fut beaucoup, beaucoup plus qu\u2019un simple tromboniste, voire ar tiste.Il fut un chercheur au long cours, un messager obstiné, un alchimiste talentueux et courageux.Sur quoi ?De quoi ?Des musiques du monde.Durant une vingtaine d\u2019années et davantage, Roswell Rudd fut un ethnologue des musiques.Des lunes durant, il fut le principal collaborateur d\u2019Alan Lomax, qui, après avoir établi la topologie du blues, s\u2019attacha à faire l\u2019inventaire des musiques du monde au moyen du système dit « cantometrics » et au développement duquel Rudd participa.Reprenons, dans l\u2019ordre naturel, si l\u2019on peut dire, des choses.Rudd est né le 17 novembre 1935 à Sharon dans le Connecticut dans une famille d\u2019enseignants.Après des études à l\u2019Université de Yale, il s\u2019installe à New York à la fin des années 1950.Il est alors un tromboniste très versé en dixieland.De l\u2019antiquité du jazz, il sautera dans la mare de l\u2019avant-garde à pieds joints.Autrement dit, sans avoir fait le moindre arrêt en territoire be-bop.Dans la décennie qui suivit, c\u2019est bien simple, il va participer aux productions phares de la nouvelle vague, qu\u2019on nommait alors la «New Thing ».En 1964, il fonde le New York Jazz Quartet et collabore fréquemment avec le poète et dramaturge Amiri Baraka.Il par ticipe à l\u2019enregistrement de Four for Trane d\u2019Archie Shepp, du Liberation Music Orchestra de Charlie Haden, d\u2019Escalator Over the Hill de Carla Bley, divers albums de Cecil Taylor, Steve Lacy, Bill Dixon, bref, les géants du free jazz, du jazz politique.Il sera de tous les combats avant de grossir les rangs de l\u2019Université du Maine, où il enseignera l\u2019ethnomusicologie pendant une vingtaine d\u2019années.Au terme de son périple dans les salles de cours, il va reprendre la route des salles de concer t et des studios pour mieux confectionner une série de productions magistrales, exemplaires.Par quoi ?Par ce souci très prononcé qu\u2019il avait pour la conjugaison des musiques du monde avec l\u2019improvisation collective qui distinguait le dixieland.Coup sur coup, il va signer des disques où les ballades françaises voisinent les musiques maliennes et donc les instruments qui les caractérisent, les musiques des Caraïbes, de la Mongolie, du Pérou, du Sahara, etc.Ce diable d\u2019homme n\u2019était pas seulement un tromboniste.Il était un intellectuel militant.À l\u2019ère de la peste anti- intellectuelle, on tient à préciser que Roswell Rudd fut un grand monsieur.Il était et reste l\u2019incarnation de l\u2019honnête homme.Ave et surtout pas amen! P.-S.Suggestion : Trombone Tribe sur étiquette Sunnyside Records Pianiste de jazz, enseignant, ex-direc- teur de la Phonothèque québécoise, Christian Lewis vient de mettre en ligne 20 vidéos qui racontent l\u2019histoire du jazz.Vingt vidéos qui comprennent évidemment une foule de suggestions musicales.Le site All About Jazz a mis en ligne une très longue et passionnante entrevue avec le vétéran tromboniste Julian Priester, qui a joué aussi bien avec Muddy Waters qu\u2019avec John Coltrane ou Dave Holland.Le 12 janvier à 21 h, le réseau PBS va dif fuser une émission spéciale, un hommage consacré au chanteur Tony Bennett.Le titre : Tony Bennett : The Library of Congress Gershwin Popular Song.Steve Wonder et Wynton Marsalis seront de la partie.Au programme du magazine Downbeat du mois de février, un dossier consacré au trompettiste Christian Scott, un portrait du saxophoniste ténor Houston Person, les 209 clubs de jazz recommandables de par le monde, plus les chroniques habituelles.Le spectacle de la semaine : Henri Texier, Louis Sclavis et Aldo Romano au Triton à Paris.Le jazz universel de Roswell Rudd MAINTENANT AU CINÉMA UN FILM DE LUCA GUADAGNINO BASÉ SUR LE ROMAN D\u2019 ANDRÉ ACIMAN SCÉNARIO DE JAMES IVORY TIMOTHÉE CHALAMET ARMIE HAMMER « LE MEILLEUR FILM DE L\u2019ANNÉE.» LA PRESSE BBC.COM, COLLIDER, THE DAILY TELEGRAPH, EMPIRE MAGAZINE, THE GUARDIAN, HEYUGUYS, THE INDEPENDENT, LITTLE WHITE LIES, METRO, NEW YORK OBSERVER, THE OBSERVER, ROLLING STONE, SLASHFILM, THE SUNDAY TIMES, TIME OUT, TIMES UK, TORONTO STAR, TOTAL FILM, WASHINGTON POST NOMINATIONS AUX GOLDEN GLOBES M E I L L E U R F I L M D R A M AT I Q U E M E I L L E U R A C T E U R D R A M A T I Q U E M E I L L E U R A C T E U R D E S O U T I E N 3 « SUBLIME.UN RÉCIT D\u2019ÉDUCATION SENTIMENTALE DONT LA DÉLICATESSE N\u2019A D\u2019ÉGAL QUE LE ROMANTISME.» LE DEVOIR V.O.S.T.F.V.O.S.T.A.Roswell Rudd fut un chercheur au long cours, un messager obstiné.CHRISTIAN SAHM ASCHAFFENBURG, WIKICOMMON | 1 5 C u l t u r e M u s i q u e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 J A N V I E R / 2 0 1 8 CLASSIQUE Laudate Dominum ?1/2 Peteris Vasks, Sinfonietta Riga, Sigvards Klava, Ondine ODE 1302-2 Disque important d\u2019œuvres chorales contemporaines, dont l\u2019une, le Laudate Dominum, contient d\u2019épisodiques interventions d\u2019orgue.Élément majeur : le programme de ce nouveau CD consacré à notre compositeur contemporain préféré, le Letton Peteris Vasks, né en 1946, est formé de cinq œuvres composées entre 2011 et 2016.Avec Da Pacem, Domine, le disque s\u2019ouvre sur des notes qui rappellent le Cantus à la mémoire de Britten d\u2019Arvo Pärt.La musique de Vasks n\u2019est pas processionnelle comme celle de Pärt, mais plane en des sphères plus nourrissantes et plus élevées.De ce point de vue, Mein Herr und Mein Gott (2016) et, surtout, The Fruit of Silence (2013) me paraissent les deux œuvres les plus fascinantes du disque.Des trois autres, plus amples, Da Pa- cem, Domine et Laudate Dominum, de pures merveilles, dominent.Vasks, c\u2019est aussi mystique que Pärt, mais avec de la musique en plus.Essayez-le ! Christophe Huss CHANSON AÉRÉE Mautaditement Bori ?1/2 Edgar Bori, Productions de l\u2019onde Un quart de siècle de Bori, mazette ! Essayer de résumer ça tient du pari fou.Le Bori dans l\u2019ombre, le Bori des masques, le Bori démasqué, le Bori au grand jour : ça fait beaucoup de Bori, huit albums pas pareils.Qu\u2019aurait-on à fichtre foutre d\u2019une compilation?Il y en a qui ont préféré passer à côté, qui ne se sont jamais habitué au Reggiani dans le trémolo, j\u2019en connais d\u2019autres que le forain en Bori énervait.Il y a la poignée d\u2019inconditionnels, dont je suis, qui seront fascinés par cette proposition à la Bori : dix-sept bandes multipistes rafraîchies sans rien réenregistrer, remixages qui vont loin, qui déambulent «dans ce monde poutt poutt » en liberté.Il y a surtout plus d\u2019espace : Bori a plus souvent baissé de leviers qu\u2019il en a monté.C\u2019est du Bori avec des trous, des brèches, des sons révélés dans le dénuement volontaire : une opération bigrement intéressante, avant la suite.La suite ?Du Michel Garneau façon Bori, fin mars à l\u2019Outremont.Sylvain Cormier FOLK Audible Songs from Rockwood ?Fiver, Idée Fixe records Pour terminer cette recension des oubliés de 2017, avant de s\u2019attaquer à ce que 2018 nous réserve, voici Audible Songs from Rockwood, par Fiver, alias Simone Carve\\r, alias Simone Schmidt, paru en avril.Cet album est un concept : pour le réaliser, Schmidt a puisé l\u2019inspiration des paroles dans les archives de la Rockwood Asylum for the Criminally Insane, à Kingston, s\u2019abreuvant des dossiers de femmes incarcérées entre 1856 et 1881.Au-delà du simple fait divers, c\u2019est une réflexion sur les personnes confinées aux marges de la société, autant il y a 100 ans qu\u2019aujourd\u2019hui, que la jeune artiste de Toronto propose sur cet album fouillé et dense.Musicalement, Schmidt est fidèle aux racines du folk : accordéons, banjos et guitares font croire à une veillée à la chandelle, sans tomber dans le pastiche.Sensible, nostalgique et minutieux, le travail de Fiver nous place devant les coins sombres de l\u2019histoire et de nous-mêmes.En concert au Petit Campus le 13 janvier.Sophie Chartier HIP-HOP Saturation III ?Brockhampton, Question Everything, Inc.«Le meilleur boys band depuis One Direction», rappe avec un brin d\u2019auto- dérision Kevin Abstract, leader de Brockhampton, sur le son funk-rap de l\u2019infectieuse Boogie, qui ouvre Saturation III.Le meilleur?Peut-être.Le plus productif?Assurément : paru mi- décembre, le dernier volet d\u2019un touffu triptyque est le 3e album que le groupe a offert en 2017! Phénomène musical né sur un forum de discussion de Kanye West, Brockhampton propose un rap échevelé qui, par l\u2019amalgame de ses influences musicales, se distingue nettement du courant trap dominant.En surface, on croirait entendre un rap-pop aux propriétés intemporelles, puisant dans le son des années 90, le funk, les tendances électros d\u2019aujourd\u2019hui, comme l\u2019ont fait Pharrell Williams ou encore Macklemore.C\u2019est dans la prose que ces jeunes musiciens s\u2019illustrent (pas tous avec le même talent de rappeur), faisant de leur album choral une chronique de la vie de pop star émergente avec énormément d\u2019aplomb.On ressort de ce disque essoufflé avec l\u2019intuition que le meilleur reste à venir.Philippe Renaud JAZZ I Am a Man ?1/2 Ron Miles, Yellow Bird Voici un album qui a fait consensus dans les médias spécialisés américains pour se retrouver en bout d\u2019année sur les listes des meilleurs disques sortis en 2017 : du grand jazz, mur à mur.Entouré du guitariste Bill Frisell, du batteur Brian Blade, du pianiste Jason Moran et du contrebassiste Thomas Morgan \u2014 groupe élite, faut-il préciser \u2014, le trompettiste Ron Miles livre sept compositions éminemment politiques.Le I Am a Man du titre réfère à ce slogan lié à la lutte pour les droits civiques aux États-Unis, et tout l\u2019album sert de réflexion aux enjeux de justice sociale que la question raciale pose toujours.«C\u2019est inutile et impossible de séparer la spiritualité et la politique, ou l\u2019art et la politique », dit Miles dans l\u2019éloquent livret qui accompagne l\u2019œuvre.En ressort quelque chose de lumineux, ambitieux, calme, tendu, parfois lyrique, très beau partout.Jazz moderne complexe et réfléchi \u2014 bravo.Guillaume Bourgault-Côté CLASSIQUE Cello Reimagined ?Daniel Müller- Schott, L\u2019Arte del Mondo, Werner Erhardt.Orfeo C 920 171A.Le répertoire concertant pour violoncelle arrivant vite à saturation, contrairement à celui pour piano, les solistes peuvent être tentés par l\u2019adaptation d\u2019œuvres destinées à d\u2019autres instruments.En musique de chambre, la Sonate pour violon de Franck est fréquemment adaptée pour violoncelle.La présente démarche est plus rare, puisque nous trouvons des concertos inattendus comme le Concerto pour flûte K.314 de Mozart ou le Concerto pour violon en sol de Haydn transposés au violoncelle, associés à un «vrai » concerto, le Wq 172 de Carl Philip Emanuel Bach à l\u2019Adagio K.261 de Mozart et à l\u2019Adagio du Concerto BWV 1042 de Jean-Sébastien Bach.L\u2019exercice, capté par des micros trop proches du soliste, est agréable mais pas révélateur, notamment en raison des cordes trop émaciées de l\u2019orchestre.L\u2019usage du violoncelle « ro- mantise » de facto une démarche qui appelait plus de chaleur alentour.Christophe Huss AMBIENT Blood Moon Deconstructed ?1/2 M.Craft, Heavenly Recordings Blood Moon Deconstructed n\u2019est pas un banal remâchage, mais bien un album exploratoire à la voix distincte.En se basant sur le canevas de son précédent Blood Moon (2016), le compositeur australien Martin Craft a revu la majeure partie des mélodies, changeant les titres, ôtant les voix, retirant une couche d\u2019effets sidéraux, ralentissant le débit.Ne reste plus qu\u2019une liberté formidable et dégagée où s\u2019entremêlent piano (toujours), harpe, orgue, violoncelle, guitares et de très justes silences, qui accentuent de facto l\u2019intensité des aigus et des graves \u2014 notamment sur Hip Meds Frolic, Dim Thing et Nonzero Wish, hypersensibles.On n\u2019entend plus seulement le désert, où Craft avait composé Blood Moon, mais aussi des écosystèmes épais et spacieux, ou alors cassants, parfois écrasants, même western \u2014 Adorn Me est une séquence qu\u2019on imagine aisément, ironiquement ralentie, sur un Quentin Tarantino.Voilà une excellente démonstration de ce que toute chose évolue et mue, semblable en cela à la vie.Geneviève Tremblay SPECTACLE Wembley or Bust ?1/2 Jeff Lynne\u2019s ELO, Big Trilby/Columbia En l\u2019an de grâce 2017 eut lieu ce mé- gaconcert du Jeff Lynne\u2019s Electric Light Orchestra au Wembley Arena de Londres.Ce n\u2019est pas la réunion d\u2019un groupe (ni Roy Wood ni Bev Be- van aux alentours), mais bien les retrouvailles d\u2019un homme avec ses succès et des milliers de gens qui obtiennent satisfaction : c\u2019est la bonne voix, les versions sont d\u2019une précision chirurgicale (cordes qui virevoltent, harmonies pile-poil).Impossible d\u2019être cynique : Lynne aligne tout simplement trop de refrains parfaits, cette sorte de pop baroque\u2019n\u2019roll ne sait que gagner.Dès l\u2019entrée, on abdique : Evil Woman + All Over the World + Showdown + Livin' Thing + Do Ya (quel riff !), ça exclut toute discussion, et ouste la dissension.Un tel spectacle est une célébration.Je vous défie de tenir jusqu\u2019à Telephone Line et Turn to Stone sans taper très fort sur le volant (c\u2019est mieux en auto, même s\u2019il y a un DVD en sus et la soucoupe volante emblématique d\u2019ELO).Je voudrais ça au FEQ, moi.Pas vous?Sylvain Cormier L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 J A N V I E R / 2 0 1 8 C u l t u r e C i n é m a 1 6 | ENTREVUE FRANÇOIS LÉVESQUE LE DEVOIR adis assistant de Jean-Claude La- brecque, le directeur photo Michel La Veaux a réalisé Labrecque, une caméra pour la mémoire, un retour éclairant sur la carrière de l\u2019un des bâtisseurs du cinéma québécois.On s\u2019était entretenu avec Michel La Veaux en 2016, au moment même du tournage de son documentaire.À l\u2019approche de la sortie du film, le 12 janvier, on a voulu, cette fois , discuter avec Jean- Claude Labrecque, lui-même un documentariste émérite.C\u2019est chez lui que l\u2019on retrouve Jean-Claude Labrecque.Assis, on a une vue imprenable du mont Royal, couvert ce jour-là d\u2019un fin manteau de brouillard et presque indissociable du ciel gris.Un panorama inspirant pour un directeur photo, se dit-on.Mais au fait, comment se sent-on de se retrouver ainsi sujet quand on a plutôt l\u2019habitude d\u2019être celui qui filme des portraits?«J\u2019étais à la fois gêné et heureux, avoue Jean-Claude La- brecque.Gêné parce que\u2026 eh bien\u2026 je ne sais pas : j\u2019ai l\u2019habitude d\u2019être derrière la caméra, pas devant, je suppose.Heureux, parce que Michel, je le connais depuis longtemps, et il sait tout de mon travail, de mes films.Il est par ailleurs un excellent opérateur [directeur photo].On a fait quelques films ensemble, et j\u2019éprouvais d\u2019emblée un grand respect pour lui, une grande confiance.» Suffisamment pour se laisser aller à l\u2019exercice sans remettre en question les choix du réalisateur.«C\u2019était le documentaire de Michel, pas le mien.Des fois, je disais : \u201cRegarde, Michel, y a un beau plan, là-bas.\u201d Il me répondait : \u201cLabrecque, c\u2019est moi qui fais le film !\u201d Mais sérieusement, ç\u2019a été facile pour moi ; j\u2019ai aimé ça.D\u2019autant que Michel a réalisé à mon avis un documentaire qui est vraiment cinématographique.Je suis très heureux du résultat.» En effet, Michel La Veaux a su insuffler un mouvement, une ampleur au film qui est cela, un film, et non un simple reportage.Une lumineuse écoute Jean-Claude Labrecque se raconte tout en exposant la magie du cinéma d\u2019ici Comme un instinct Le documentaire procède de manière chronologique.Né à Québec en 1938, Jean-Claude Labrecque développa une passion précoce pour la photographie, puis pour le cinéma.Après maintes tentatives, il fut embauché à l\u2019ONF à l\u2019âge tendre de 19 ans.Le catalogue de l\u2019institution n\u2019avait d\u2019ores et déjà plus de secret pour lui.« J\u2019ignore comment cette passion- là est née et s\u2019est développée.La caméra, son maniement, ses possibilités\u2026 Le cinéma, ensuite\u2026 Je crois que ç\u2019a été comme un instinct.» En amont, l\u2019artiste Paul Vézina fut un mentor qui lui apprit à « comprendre la lumière ».« Paul était peintre et cinéaste.Il connaissait Québec par cœur.Il pouvait dire avec exactitude où se trouvait le soleil à tel moment, et ça, c\u2019est formidable.Souvent, il m\u2019emmenait.Il m\u2019a fait découvrir plein de lieux dans une ville que je pensais pourtant connaître.Surtout, il m\u2019a sensibilisé aux qualités de la lumière qui régnait dans chaque endroit, selon l\u2019heure.Ça m\u2019a beaucoup aidé.Paul a peint la toile qui est derrière moi », précise Jean-Claude Labrecque.S\u2019ensuit un historique détaillé du tableau par quelqu\u2019un qui, à l\u2019évidence, aime encore raconter et n\u2019a rien perdu de son talent en la matière.Vénérable parcours Raconter, c\u2019est ce que Jean-Claude Labrecque a fait pendant, peu ou prou, soixante ans.Avec un sens du détail, justement ; un sens du vrai.Outre des fictions aux accents de vérité (Les smattes sur fond de Grand Dérangement, l\u2019autobiographique Les vautours et sa suite Les années de rêve) et des docufictions (L\u2019af faire J Raconter, c\u2019est ce que Jean-Claude Labrecque a fait pendant, peu ou prou, soixante ans.PEDRO RUIZ LE DEVOIR | 17 C u l t u r e C i n é m a L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 J A N V I E R / 2 0 1 8 Cof fin, Le frère André), Jean-Claude Labrecque est l\u2019auteur de plusieurs documentaires intimistes sur des poètes (Félix Leclerc, Claude Gau- vreau, Michèle Lalonde, Gaston Miron, Marie Uguay).Il a aussi immor talisé des épisodes phares de l\u2019histoire québécoise (La visite du général de Gaulle au Québec, La nuit de la poésie, Jeux de la XXIe Olympiade).On lui doit également À hauteur d\u2019homme, dans lequel il suit Bernard Landry pendant la campagne électorale de 2003, et Sur les traces de Maria Chapde- laine, pas plus tard qu\u2019en 2015.Comme directeur photo, il innova sur des films devenus fondateurs, tels Le chat dans le sac, de Gilles Groulx, À tout prendre, de Claude Ju- tra, et La vie heureuse de Léopold Z.de Gilles Carle, sans parler d\u2019Entre la mer et l\u2019eau douce, de Michel Brault.« À cette époque-là, il s\u2019est passé une petite révolution : on s\u2019est mis à faire des films qui parlaient de nous, qui nous ressemblaient.De mon côté, j\u2019essayais toujours de trouver quelque chose de différent.J\u2019avais assisté, en France, au tournage d\u2019un film de Godard et j\u2019avais été fasciné par les méthodes du directeur photo, Raoul Coutard, un très grand.Je suis resté une semaine avec Anna Karina et toute la bande, mais plus particulièrement avec Coutard.J\u2019ai observé comment il éclairait.Quand je suis revenu, tout le monde disait que ces films-là étaient en lumière naturelle, mais moi, je savais que non.» Jean-Claude Labrecque appliqua donc ici certaines de ces techniques, qu\u2019il personnalisa.Il envisagea un temps d\u2019aller gagner sa vie, mieux, en France en l\u2019occurrence, voire aux États-Unis, mais il se ravisa.« Je n\u2019ai jamais regretté ma décision, même si travailler ici, ce n\u2019est pas payant.Car j\u2019étais enthousiaste, et content.» Des œuvres plus récentes, comme La femme qui boit et La neuvaine, toutes deux de Bernard Émond, témoignent de la sensibilité visuelle de Jean-Claude Labrecque, qui préfère la finesse à l\u2019ostentation, quitte à ce qu\u2019on ne remarque pas son apport.Saisir les gens Le principal intéressé le répète dans le documentaire de Michel La Veaux, pour lui, l\u2019un des enjeux fondamentaux dès lors qu\u2019on manie une caméra, c\u2019est la magie.Savoir la reconnaître lorsqu\u2019elle se manifeste, mais aussi avoir la sagesse de l\u2019anticiper.Un mélange de chance et de prévoyance, en somme.Un autre bon passage du documentaire survient lorsque Jean-Claude Labrecque explique que sa caméra était d\u2019abord là pour « écouter ».Quand il n\u2019était pas occupé à sculpter la lumière, matière évanescente, il s\u2019affairait à saisir les gens, leurs propos.« Je dirais que de 1970 à 1991, ma caméra écoute.C\u2019était dans un esprit d\u2019archives.J\u2019ai rencontré des gens formidables\u2026 Marie Uguay, chère Marie\u2026» Au souvenir de la regrettée poète décédée, alors même qu\u2019il lui consacrait un documentaire, les yeux de Jean-Claude Labrecque s\u2019embrument comme la montagne toute proche.« Certains jours, c\u2019est moi qui l\u2019amenais à l\u2019hôpital, pour ses traitements\u2026 Toute cette série sur nos poètes, ça s\u2019inscrivait dans un désir que j\u2019avais de documenter le Québec.Par ses poètes, ses politiciens, ses événements et figures historiques.Documenter qui on est, ici.» L\u2019œuvre d\u2019une vie.Cette beauté-là La rencontre tire à sa fin.Esquissant un demi-sourire, Jean-Claude La- brecque tourne la tête en direction du panorama, qu\u2019il contemple un instant, songeur.Lorsqu\u2019on lui demande s\u2019il demeure sensible à la lumière, il répond sans hésiter.«Toujours, oui.Je prends souvent des photos, ici, à l\u2019intérieur, selon le moment et le type de lumière.Même une lumière grise comme aujourd\u2019hui possède une beauté qui lui est propre.» Après un silence, Jean-Claude La- brecque conclut : « La magie, c\u2019est aussi quand on parvient à déceler, puis à capter cette beauté-là.» Deux complices en tournage, Michel La Veaux et Jean-Claude Labrecque ONF Certains jours, c\u2019est moi qui amenais [Marie Uguay] à l\u2019hôpital, pour ses traitements\u2026 Toute cette série sur nos poètes, ça s\u2019inscrivait dans un désir que j\u2019avais de documenter le Québec.Par ses poètes, ses politiciens, ses événements et figures historiques.Documenter qui on est, ici.JEAN-CLAUDE LABRECQUE » L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 J A N V I E R / 2 0 1 8 C u l t u r e C i n é m a 1 8 | Après l\u2019énorme succès qu\u2019a connu sa présentation de Stalker ce printemps, le Cinéma du Parc ramène Andreï Tarkovski avec, cette fois, Le sacrifice, chant du cygne projeté du 5 au 10 janvier.ANALYSE FRANÇOIS LÉVESQUE LE DEVOIR e 29 décembre 1986 décédait à Paris le cinéaste russe Andreï Tarkovski.Quelques mois auparavant à peine, son dernier film, Le sacrifice, avait pris l\u2019affiche en Europe.Récit de fin du monde sur fond de questionnement religieux, Le sacrifice se voulait plus linéaire, plus accessible sur le plan de la dramaturgie que ses longs métrages précédents.Cela, tout en conservant une qualité poétique.En revisitant le film à la lumière des écrits du cinéaste avant, pendant et après le tournage, on est non seulement frappés par sa dimension autobiographique, mais aussi par sa prescience.La genèse du Sacrifice débuta par un renoncement.Après des années d\u2019efforts vains, Tarkovski dut en ef fet abandonner son projet d\u2019adaptation de L\u2019idiot , de Dos- toïevski.Dans son journal, il écrivit, le 10 novembre 1980 : « Je voudrais faire autre chose.Je voudrais faire : un écrivain à qui on a diagnostiqué une maladie mortelle.» Il faut savoir qu\u2019à ce stade précoce du développement du Sacrifice, initialement intitulé La sorcière, Tar- kovski attendait diverses autorisations de Moscou pour pouvoir éventuellement tourner en Italie le film Nostalgie, dont le protagoniste est justement un écrivain.Planter un arbre Le sacrifice se transforma considérablement après que Nostalgie eut été terminé.L\u2019écrivain devint un ex-ac- teur, et la maladie se mua en apocalypse (menace qui planait déjà dans Nostalgie).Campée dans une maison au bord de la mer, l\u2019œuvre telle qu\u2019on Le sacrifice, ou le testament prescient de Tarkovski Retour sur le film ultime du cinéaste russe qui ignorait être en fin de vie au moment de le tourner Le père et le fils plantent un arbre au début du film Le sacrifice.MOSFILM L la connaît relate l\u2019éveil spirituel d\u2019Alexandre, cet ancien comédien re- conver ti en critique qui explique d\u2019office ne pas croire en Dieu.Vivent avec lui son épouse actrice, qui le trompe, et leur fils rendu temporairement muet par une opération.Après que père et fils eurent planté un arbre, acte éminemment solennel, l\u2019anniversaire du premier est per turbé par l\u2019annonce d\u2019une guerre nucléaire.Le titre renvoie à une promesse qu\u2019Alexandre fait à Dieu dans l\u2019espoir qu\u2019il empêche l\u2019hécatombe.Le sacrifice fut écrit pendant que Tarkovski vivait en exil avec sa seconde épouse, l\u2019actrice Larissa Tar- kovskaïa.Six années durant, il lui fut impossible de voir son fils An- driouchka, né de son premier mariage et resté en URSS faute de pouvoir obtenir un visa.Moscou craignait , s inon, que Tarkovski ne rentre pas au pays.Émouvants parallèles Sachant cela, ouvrir Le sacrifice par une scène où le père parle à son fils, qui ne peut communiquer en retour, prend, au-delà de la charge symbolique, une forte valeur émotionnelle.Puis, on repense à ce court passage du journal de Tarkovski lors duquel il mentionne avoir reçu une lettre d\u2019Andriouchka, mais ne pas avoir la force d\u2019en prendre connaissance : un fils écrit, un père ne peut lire.Les parallèles émeuvent.« Quelle société inhumaine que celle qui divise les familles sans la moindre pitié, dans le seul but de garder des otages.Et ce sera de pire en pire, c\u2019est clair.Mais ce qui est clair aussi, c\u2019est que Dieu nous conduit », consigna-t-il le 25 février 1983 après avoir rédigé un synopsis du Sacrifice aux fins de financement.Lequel fut réuni \u2014 non sans peine \u2014 par la productrice Anna-Lena Wi- bom, avec qui Tarkovski faillit tourner Hamlet en lieu et place du Sacrifice.Avec son prince qui, à la suite de la visite du fantôme de son père assassiné, fomente une vengeance contre son oncle usurpateur, la tragédie de Shakespeare n\u2019aurait pas déparé la filmographie de Tarkovski.Un fils et un père séparés, de la poli- ticaillerie : le cinéaste put bien se sentir interpellé.Mais comme celle du roman de Dostoïevski, cette adaptation ne vit jamais le jour.Un artiste authentique Le sacrifice prit forme de manière typiquement ardue pour Tarkovski, qui ne se bornait pas aux seules motivations de ses personnages, mais aux siennes propres également.En cette occasion précise, il s\u2019interrogea sur les implications profondes de sa pratique, sur la raison d\u2019être de celle-ci\u2026 Le 22 mai 1983, il se demanda : « Qu\u2019est-ce que la création ?La cer titude.Quand on dit \u201ccertitude\u201d, on entend que des erreurs l \u2019accompagnent.Les erreurs\u2026 donc le mensonge ?Non, car d\u2019une part, les erreurs ne sont pas toujours du mensonge, et d\u2019autre part, pour éviter les erreurs, l\u2019art n\u2019opère pas par la vérité, mais par l\u2019image de la vérité, des images de la vérité.» Paternité spoliée, quête de sens, et «Dieu qui conduit»: tel fut le contexte de création du Sacrifice, et tels sont les trois grands axes interprétatifs du film.Tourné sur une période de 55 jours sur l\u2019île de Gotland, en Suède, Le sacrifice connut une production difficile, mais bénéficia toutefois de l\u2019apport de plusieurs collaborateurs de l\u2019ami Ingmar Bergman, dont le directeur photo Sven Nykvist, la directrice artistique Anna Asp et le comédien Erland Josephson.Maladie et augures Dans son journal, les allusions à d\u2019intenses douleurs et autres courbatures inexplicables se multiplièrent.Puis, le diagnostic tomba : cancer des poumons en phase terminale.Ainsi, alors même qu\u2019il envisageait d\u2019en affliger le protagoniste du Sacrifice, le cinéaste était d\u2019ores et déjà grugé par la maladie à son insu.Le 12 avril 1986, au sixième jour de ses traitements de chimiothérapie, il écrivit : «Si la vie suit pas à pas les idées qu\u2019on exprime, elles ne vous appartiennent plus, elles sont des messagères que l\u2019on reçoit et que l\u2019on transmet.Dans ce sens, Pouchkine a raison de dire que chaque poète, chaque artiste authentique est un prophète \u2014 indépendamment de sa volonté.» Le 30 avril, on peut lire : « Hier ou avant-hier, il y a eu un accident à la centrale atomique de Tchernobyl, en Ukraine.Les parois du réacteur fondent, le graphite brûle ; on évacue toute la région, à 70 kilomètres au nord de Kiev.Un énorme nuage radioactif s\u2019est dirigé vers le nord et il a atteint hier la Norvège et la Suède\u2026» Dans la foulée, Tarkovski, à l\u2019instar du personnage d\u2019Alexandre, pria Dieu pour son fils, celui-ci enfin sorti de Russie.Liés spirituellement Quelques semaines plus tard, Le sacrifice fut dévoilé à Cannes.Un habitué de la Croisette, Tarkovski, affaibli, ne put s\u2019y rendre cette fois-là.Lorsque son film remporta le Grand Prix, c\u2019est Andriouchka, 16 ans, qui alla chercher la récompense en son absence.Bouleversé, le cinéaste confia à son journal après avoir vu la retransmission de la cérémonie : « Aujourd\u2019hui, je l\u2019ai vu pour la première fois sous les traits d\u2019un jeune homme adulte et indépendant.Quel sera son destin?[\u2026] Je voudrais être pour lui davantage qu\u2019un père aimant \u2014 un ami fidèle.Nous sommes, lui et moi, liés spirituellement, et je sens, je sais, qu\u2019il est mon unique héritier, la continuation de moi-même.Cela me donne la force d\u2019accepter ma destinée, quelle qu\u2019elle soit.» « N\u2019aie pas peur » Sept mois à peine après avoir écrit cela, le cinéaste mourut à l\u2019âge de 54 ans, peu avant le Nouvel An, sa fête favorite.À défaut d\u2019avoir eu le temps d\u2019accompagner son fils comme il l\u2019aurait voulu, Andreï Tar- kovski lui légua un enseignement fondamental par le truchement de leurs alter ego cinématographiques.Et le père de dire à son fils, qui se love contre lui : « N\u2019aie pas peur.La mort n\u2019existe pas.Non, il y a la peur de la mort, et c\u2019est une peur affreuse.Parfois, elle pousse les gens à faire des choses qu\u2019ils ne devraient pas.Mais combien les choses seraient différentes si seulement nous pouvions cesser de craindre la mort.» On imagine dif ficilement plus beau testament que Le sacrifice.| 19 C u l t u r e C i n é m a L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 J A N V I E R / 2 0 1 8 Hommage au maître La filmographie d\u2019Andreï Tarkovski, qui ne compte que sept fictions et un documentaire, regorge de séquences marquantes.L\u2019une d\u2019elles survient vers la fin du Sacrifice, alors que le protagoniste (Erland Josephson) incendie sa maison.Admirateur du maître russe, le cinéaste québécois Denis Villeneuve lui a rendu un très bel hommage dans Blade Runner 2049.Lorsque K (Ryan Gosling) détruit la maison d\u2019un réplicant qu\u2019il a été chargé de « retirer » de la circulation, les images du brasier rappellent sans équivoque celles du Sacrifice.La séquence de l\u2019incendie dans Le sacrifice et celle qui lui rend hommage dans Blade Runner 2049.MOSFILM/SONY PICTURES Paternité spoliée, quête de sens, et « Dieu qui conduit » : tel fut le contexte de création du Sacrifice, et tels sont les trois grands axes interprétatifs du film L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 J A N V I E R / 2 0 1 8 C u l t u r e No t r e s é l e c t i o n c i n é m a e n s a l l e 2 0 | Trois affiches tout près d\u2019Ebbing, Missouri (V.F.de Three Billboards Outside Ebbing, Missouri) ?1/2 L\u2019histoire que conte Trois affiches tout près d\u2019Ebbing, Missouri est épouvantable.On y rit pourtant beaucoup.Le film relate la quête d\u2019une femme qui, excédée par l\u2019absence de résultat dans l\u2019enquête sur le meurtre sordide de sa fille, loue trois panneaux publicitaires sur lesquels elle interpelle le shérif local.Action radicale \u2014 et prémisse brillante \u2014 qui a des répercussions inattendues dans la petite communauté peuplée de personnages pétris de contradictions.En verve, Martin McDonagh propose une méditation audacieuse sur la notion de justice, celle que l\u2019on peine davantage à rendre dès lors que la victime est de sexe féminin.Chacun voit ses convictions initiales bouleversées; une prise de conscience pas toujours confortable.Car dans cette tragicomédie remarquablement interprétée, ce n\u2019est pas parce qu\u2019on rit que c\u2019est drôle.François Lévesque Lady Bird (V.O.et V.F.) ?En perpétuel conflit avec sa mère, une jeune fille trouve le moyen de se chicaner avec sa meilleure amie entre deux frissons amoureux.De découvertes en désillusions, elle devient une jeune femme.De prime abord, maints aspects de Lady Bird apparaissent familiers.Or, rien dans la manière ni la démarche de la scénariste et réalisatrice Greta Gerwig, actrice délicieusement iconoclaste, ne l\u2019est, familier.Dotée d\u2019un regard aussi incisif qu\u2019empathique, elle truffe ce récit autobiographique de détails originaux et d\u2019observations fines.En héroïne égocentrique mais attachante néanmoins, Saoirse Ronan (Brooklyn) est parfaite.Cela dit, on est tout spécialement ébloui par la vétérante Laurie Metcalf (la série Getting On), qui compose une mère tour à tour insupportable et bouleversante.Du grand art.François Lévesque The Square ?Palmée d\u2019or au dernier Festival de Cannes, cette désopilante et cinglante fable sociale du Suédois Ruben Öst- lund repose sur le foisonnement de son scénario, qui déculotte la gauche caviar à travers les dérives de mauvaise foi d\u2019un conservateur de musée (Claes Bang).Si l\u2019ambition de cette satire de nos sociétés de privilèges nez au mur dilue parfois sa charge, les nombreuses scènes d\u2019anthologie, la force des dialogues et le brillant de sa mise en scène en font un mets de roi.Odile Tremblay Les nouveautés sont en rose The Disaster Artist ?1/2 Tommy Wiseau n\u2019est pas aussi prolifique que le fut Edward D.Wood Jr, mais ils ont tous les deux signé quelques-uns des plus mauvais films de l\u2019histoire du cinéma.Depuis 2003, The Room, cette aberration cinématographique, est devenue une œuvre culte et, s\u2019inspirant du livre qui en relate le tournage chaotique, James Franco s\u2019est approprié au passage ce personnage excentrique.Il en décrit les contours mystérieux, et sa relation parfois toxique avec Greg Sestero (Dave Franco), un jeune acteur dont les rêves relèvent des pires clichés.À armes inégales, ce curieux tandem va concocter un suave navet dont les cinéphiles du monde entier se délectent encore.La reconstitution de James Franco regorge de moments cocasses, mais aussi d\u2019une véritable compassion pour cet être détestable, dépourvu de talent, mais furieusement singulier.André Lavoie suite avec délectation, la voilà qui reparaît, magie du cinéma aidant, comme une héroïne incomprise.Hilarante sur le coup, la démonstration laisse, une fois dissipée l\u2019ivresse du rire, un brin perplexe.François Lévesque Parvana.Une enfance en Afghanistan (V.F.de The Breadwinner) ?1/2 Son père ayant été injustement fait prisonnier des talibans, une jeune Afghane est contrainte de se déguiser en garçon afin de subvenir aux besoins de sa famille.Adaptation du roman de Deborah Ellis, inspiré de témoignages de réfugiées afghanes, ce joli film d\u2019animation de la coréalisa- trice de Brendan et le secret de Kells rend compte avec émotion et humour de la dure condition féminine sous le régime des talibans.Fort de couleurs chatoyantes et d\u2019une trame sonore envoûtante, Parvana s\u2019avère un plaidoyer pour l\u2019éducation et la culture.Manon Dumais Coco ?1/2 Se souvenir des défunts n\u2019est pas que tristesse, surtout au Mexique, grâce à la tradition festive du Dia de los Muertos.Ce rituel sert, en partie, de trame de fond à cette nouvelle réussite Pixar-Disney signée Adrian Molina (The Good Dinosaur) et Lee Unkrich (Toy Story 3).Au sein d\u2019une famille mexicaine où toute musique est interdite depuis des générations, le petit Miguel va s\u2019insurger contre cette position stérile.L\u2019apprenti chanteur-guitariste commettra un geste sacrilège dans le mausolée du grand Ernesto de la Cruz et sera vite précipité dans le royaume des morts au milieu de squelettes qui sont loin de se ressembler.Ce déploiement exceptionnel de formes et de couleurs aborde des sujets sérieux avec une belle légèreté, mélangeant allusions comiques et (subtils) commentaires politiques pour que tous y trouvent leur compte.André Lavoie Le sens de la fête ?Il n\u2019y a aucun mal à s\u2019inspirer des meilleurs, par exemple le tandem Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri.C\u2019est un peu ce qu\u2019ont fait Olivier Na- kache et Éric Toledano (Intouchables, Samba) dans cette comédie réjouissante et éblouissante, où la caméra virevolte autour d\u2019une galerie inspirée d\u2019acteurs de tous les âges et de tous les horizons.Nous sommes conviés aux préparatifs d\u2019un grand mariage, dans les coulisses d\u2019une organisation chaotique que Bacri, merveilleux grincheux devant l\u2019Éternel, tente de maintenir à flot.Le naufrage apparaît inévitable, et le chemin pour s\u2019y rendre est parsemé de réflexions pas si anodines sur la France d\u2019aujourd\u2019hui, d\u2019acrobaties visuelles et de mille blagues qui font mouche.La comédie française à son meilleur, un pur régal pour l\u2019œil et l\u2019esprit, mais pas nécessairement dans les assiettes! André Lavoie La forme de l\u2019eau (V.F.de The Shape of Water) ?1/2 Magicien de l\u2019image, Guillermo Del Toro réaffirme sa prédilection pour les contes avec cette ode à la diversité.Sur fond de guerre froide dans un Baltimore évoquant Amélie Pou- lin, cette variation de La belle et la bête place au cœur de son action un couple de marginaux : une jeune femme muette et une créature mi- homme mi-poisson.Elle fait le ménage dans un laboratoire militaire, il y a abouti pour y être disséqué.Se met alors en branle un plan d\u2019évasion auquel seront mêlés une collègue noire, un voisin gai et un espion russe, étranger qui n\u2019est pour une fois pas le méchant.Ce rôle incombe plutôt à un colonel dogmatique.Il est l\u2019incarnation de la peur de l\u2019autre, véritable sujet du film.Certes, on tique devant certaines invraisemblances et l\u2019issue n\u2019est jamais remise en doute (contrairement à celle du Labyrinthe de Pan).Mais n\u2019est-ce pas là le lot des contes?François Lévesque Appelle-moi par ton nom (V.O., s.-t.f.de Call Me by Your Name) ?1/2 En ce mois de juin 1983, Elio, un jeune homme de 17 ans, coule des jours indolents dans la villa italienne de ses parents.Arrive Oliver, un doctorant américain de 24 ans venu assister son père pour l\u2019été.S\u2019engage une valse-séduc- tion sous le regard tour à tour préoccupé et bienveillant des parents d\u2019Elio.Âgé de 21 ans au moment du tournage, Thimotée Chalamet est une révélation en Elio, rôle qui appelle à la fois maturité et naïveté.Quant à Armie Hammer, il incarne avec un charisme désinvolte l\u2019objet de son affection.Le film est à l\u2019image du climat italien: langoureux, ensoleillé, et follement romantique.Et comme le disait son réalisateur Luca Guadagnino en entrevue: «Les émois liés à un premier amour, la violence et la pureté des sentiments qu\u2019on vit alors, c\u2019est universel.» À défaut de pouvoir retomber amoureux pour la première fois, on se réjouit à la perspective de revoir son film.François Lévesque Moi, Tonya (V.F.de I, Tonya), de Craig Gillespie VVS FILMS Moi, Tonya (V.O., s.-t.f.de I, Tonya) ?1/2 Satire féroce, Moi, Tonya (I, Tonya) revient sur le parcours de la patineuse Tonya Harding.Tombée en disgrâce après que son mari eut commandité une attaque sur sa rivale Nancy Kerri- gan, elle plaida coupable à un chef d\u2019entrave à la justice et fut bannie de la compétition.Basée sur des entrevues contradictoires, cette comédie grinçante passe du faux documentaire à la docufiction, la protagoniste interrompant volontiers l\u2019action pour s\u2019adresser au spectateur.Avec un brio narratif impressionnant, pour ne pas dire aveuglant, le film établit que Harding en bava sa vie durant, mais sut toujours se relever.Maltraitée par sa mère (décapante Allison Janney), battue par son époux, mais championne néanmoins, portée aux nues par des fans adorateurs qui la conspuèrent en- | 2 1 C u l t u r e No t r e s é l e c t i o n c i n é m a e n s a l l e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 J A N V I E R / 2 0 1 8 Au revoir là-haut ?Reconnu pour son approche acidulée comme cinéaste (Bernie, 9 mois ferme) et ses choix parfois audacieux comme acteur (La maladie de Sachs, Irréversible), Albert Dupontel a décidé d\u2019être plus rassembleur en s\u2019emparant du prix Goncourt 2013, Au revoir là-haut, de Pierre Lemaî- tre.Dans un style visuel qui rendrait fier Jean-Pierre Jeunet \u2014 sans toutefois l\u2019égaler \u2014, il propose une adaptation parfois flamboyante des lendemains douloureux, mais créatifs, de deux soldats (Dupontel et le remarquable Nahuel Pérez Biscayart) prêts à tout pour sortir de la misère après la Première Guerre mondiale.Au passage, ils vont régler quelques comptes avec des hauts gradés pervers et malhonnêtes, et des industriels crapuleux, prétexte pour évoquer le destin tragique des gueules cassées et l\u2019arnaque autour des monuments aux morts.Assurément le film le plus ambitieux de Dupontel, mais aussi son plus consensuel.André Lavoie Aurore ?Aurore vit simultanément plusieurs bouleversements : familiaux, sentimentaux, professionnels et hormonaux.Entre deux bouffées de chaleur, elle doit ainsi composer avec le fait qu\u2019elle sera bientôt grand-mère, que sa plus jeune s\u2019apprête à quitter le nid, que cet ancien amour de lycée pense encore à elle, que son nouveau patron est un connard misogyne, cela, sur fond de début de ménopause.Porteurs, les enjeux sont traités avec une relative superficialité dans cette comédie dramatique qui bénéficie d\u2019une composition lumineuse d\u2019Agnès Jaoui en femme qui refuse de succomber au désarroi.Tourné à La Rochelle, le film crée en outre un petit monde ordinaire crédible.La cinéaste Blandine Lenoir a d\u2019ailleurs fait appel à quelques non-professionnels pour donner la réplique à ses comédiens principaux.Il en résulte un film charmant qui, à défaut d\u2019approfondir son sujet, a le mérite de l\u2019aborder avec aplomb.François Lévesque Le jeu de Molly (V.F.de Molly\u2019s Game), d\u2019Aaron Sorkin LES FILMS SÉVILLE Junior majeur ?À l\u2019origine rivaux, puis amis par la force des choses, Janeau (Antoine Olivier Pilon) et Joey (Rémi Goulet) passaient par toutes les émotions dans Pee-wee, l\u2019hiver qui a changé ma vie (2012).Dans Junior majeur, les deux personnages, joués par les mêmes acteurs, retrouvent leur dualité intacte dans un chapitre où l\u2019action centrale ne se déroule plus à l\u2019aréna mais à l\u2019extérieur, avec à la clé jalousie, vengeance et règlement de comptes.Film fort conventionnel, Junior majeur ne renouvelle pas le genre mais reste bien fignolé, sans temps morts.Jérôme Delgado Petit format (V.F.de Downsizing) ?Première incursion de l\u2019Américain Alexander Payne (Sideways, The Descendants) dans le film d\u2019anticipation à effets spéciaux, Downsizing joue sur ses thèmes satiriques habituels: choc des classes sociales, militantisme à double tranchant, etc., dans une comédie souvent drôle qui s\u2019alanguit çà et là en route.Matt Damon y incarne un Américain moyen du futur qui participe à un programme de miniaturisation pour soi-disant désengorger la planète, surtout afin d\u2019accroître son train de vie dans une ville de Lilliputiens.Des gags visuels sur jeux d\u2019échelle sont désopilants, Christoph Waltz en métèque sans scrupule et Hong Chau en militante vietnamienne volent le show à Damon.Le film possède le mérite de l\u2019audace avec quelques sommets d\u2019effets comiques, malgré un dénouement trop sirupeux.Odile Tremblay Le trip à trois ?Épouse fidèle, mère dévouée, employée modèle, Estelle (Mélissa Désormeaux-Poulin) réalise que sa vie manque de piquant lorsqu\u2019une promotion lui échappe.En discutant avec sa sœur et ses copines, elle décide alors d\u2019organiser un trip à trois dans le dos de son conjoint (Martin Matte).Comédie de Nicolas Mo- nette écrite par Benoît Pelletier, Le trip à trois est plus polissonne que vulgaire, plus sage que sulfureuse, sur l\u2019empowerment féminin, où l\u2019on célèbre les petits bonheurs de la vie à deux.Manon Dumais Le jeu de Molly (V.F.de Molly\u2019s Game) ?1/2 Scénariste incontournable, Aaron Sorkin, lauréat d\u2019un Oscar pour Le réseau social (Social Network), fait ses débuts comme réalisateur avec Le jeu de Molly, soit Molly Bloom, « princesse du poker » arrêtée par le FBI en 2013.Des Mémoires de cette dernière, Sorkin a tiré un cas classique d\u2019ascension, de chute et de rédemption qu\u2019il tente de vendre comme un pamphlet féministe tout en plongeant allègrement sa caméra dans le décolleté de sa vedette (formidable Jessica Chastain).Ironie suprême pour un as dialoguiste, c\u2019est le texte, sa teneur surexplicative, qui coule le film.Il faut voir le père surgir in extremis pour expliquer à sa fille qu\u2019il est la cause de tous ses tourments : du méta « mansplai- ning » s\u2019il en est.La scène trahit surtout un refus de faire confiance au pouvoir d\u2019évocation de l\u2019image et au jeu des acteurs.Le réalisateur néophyte aurait gagné à miser un peu moins sur ses seuls mots et davantage sur le cinéma.François Lévesque Ferdinand ?Au firmament de l\u2019animation hollywoodienne, le cinéaste d\u2019origine brésilienne Carlos Saldanha ne trône pas au sommet, mais offre des divertissements de bonne tenue (Robots, Ice Age, Rio) et fort agréables en cette période de l\u2019année.Ferdinand ne constitue ni un recul ni une avancée spectaculaire dans sa filmographie, joli plaidoyer sur la bonté et charge symbolique contre la sauvagerie de la tauromachie.Nous ne sommes pas toujours convaincus que tout cela se déroule en Espagne \u2014 les singularités culturelles sont parfois ténues \u2014, mais tous craqueront pour ce taureau au grand cœur, à l\u2019imposant tour de taille, pourvu de la voix de l\u2019athlétique John Cena.Dans sa croisade, il trouvera un solide appui auprès d\u2019une chèvre ver- bomotrice, à qui la survoltée Kate McKinnon, figure de proue de Saturday Night Live, prête vie.André Lavoie Star Wars, épisode VIII.Les derniers Jedi (V.F.de Star Wars, Episode VIII : The Last Jedi) ?Dernier espoir pour la liberté dans la galaxie, la Résistance est assiégée par le Premier Ordre.Pendant ce temps, les rebelles Poe, Finn et Rose lancent une mission secrète pour déjouer le Premier Ordre.Cela, à l\u2019insu de la Résistance.De son côté, Rey tente de convaincre Luke Skylwalker de faire d\u2019elle une Jedi.Ce 2e volet de la 3e trilogie Star Wars est l\u2019un des plus faibles de la saga.Une suite d\u2019épisodes, avec chacun sa montée et son apogée, tient lieu de scénario en une construction plus télévisuelle que cinématographique.Sans arc dramatique global fort pour la précéder, l\u2019apothéose finale tombe à plat.D\u2019autant que le film compte au bas mot trois fins successives.Surpeuplée, l\u2019intrigue cumule les invraisemblances.L\u2019interprétation est cela dit solide, et la regrettée Carrie Fisher apporte une touche de grâce ô combien salutaire à l\u2019ensemble.François Lévesque Tout l\u2019argent du monde (V.F.de All the Money in the World) ?Christopher Plummer n\u2019a pas remplacé Kevin Spacey au pied levé, mais s\u2019est substitué à lui quelques mois après le tournage, un tour de force invisible dans ce récit d\u2019un célèbre kidnapping, celui du petit- fils du richissime J.Paul Getty (Plummer, en suave tyran) en 1973, à Rome.Or, ce qui intéresse surtout Ridley Scott, le père d\u2019Alien et de Blade Runner, c\u2019est le combat d\u2019une mère éplorée (forte et fragile Michelle Williams) face à un roi du pétrole pour qui tout a un prix et les rançons toujours trop coûteuses.Les véritables kidnappeurs ne sont finalement que décoratifs dans ce ballet acrobatique de gens à la morale élastique, mis en lumière par le virtuose Dariusz Wolski au service d\u2019un suspense de bonne tenue parfois sorti du cinéma politique des années 1970.Scott y verrait là un compliment.André Lavoie Les enfants de la chance ?1/2 L\u2019hôpital n\u2019est pas seulement un lieu où l\u2019on soigne, mais, parfois, où l\u2019on protège les plus vulnérables des fureurs du monde extérieur.C\u2019est la chance qu\u2019a eue Maurice Grosman, de 1942 à 1944, tout cela grâce à une jambe cassée.Lui qui portait l\u2019étoile jaune verra sa famille éliminée par les nazis, mais sera protégé par un médecin bienveillant (Philippe Tor- reton) et un personnel dévoué.D\u2019autres films récents ont exploré cette période trouble (Le voyage de Fanny, Un sac de billes), et Malik Chibane, cinéaste français d\u2019origine kabyle (la précision n\u2019est pas anodine), s\u2019inscrit dans une continuité respectueuse, académique, sans fioritures.Le message est certes édifiant, parfois émouvant, teinté de préoccupations contemporaines, mais nous sommes loin, très loin, d\u2019Au revoir les enfants ou de La vie est belle.André Lavoie L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 J A N V I E R / 2 0 1 8 C u l t u r e H u m o u r 2 2 | ENTREVUE DOMINIC TARDIF COLLABORATEUR LE DEVOIR e n\u2019est (malheureusement) pas tous les jours que votre Rock et Belles Oreilles préféré vous passe un coup de fil.L\u2019occasion se présentant enfin, aussi bien en profiter pour évoquer avec lui un moment clé de sa carrière.Pourquoi, donc, vous pointiez-vous jadis sur le plateau de la mythique émission Piment fort vêtu de costumes semblant avoir été empruntés à la garde-robe d\u2019une émission pour enfants particulièrement tordue ?demande-t-on tout de go à Yves P.Pelletier, malgré un ordre du jour imposant bien d\u2019autres sujets.« Tu vois, c\u2019est que je venais de tourner Karmina [la comédie d\u2019horreur de Gabriel Pelletier (1996)] et j\u2019avais la moitié de la tête rasée, se souvient-il.Comme je ne pouvais pas apparaître en public avec cette coupe-là, je me mettais une tuque ou un chapeau sur la tête, puis c\u2019est devenu une tradition.» Plutôt que d\u2019avoir l\u2019air fou, pourquoi ne pas carrément faire le fou?« Dans ma tête, je suis par faite- ment normal », insiste notre interlocuteur, en entendant le mot folie.« Je te jure que je n\u2019ai jamais cultivé ma candeur ou ma naïveté.C\u2019est tout à fait naturel chez moi.Je te raconte une anecdote, OK?» Bien sûr.« Quand j\u2019étais au cégep, il y avait une fille que je trouvais immensément jolie et je tentais maladroitement de la draguer.Un jour, j\u2019ai fini par oser lui dire : \u201cExcuse-moi, t\u2019as vraiment de très beaux sourcils.\u201d Et c\u2019est vrai qu\u2019elle avait de beaux sourcils ! Mais elle ne m\u2019a plus jamais parlé.Elle m\u2019a regardé comme si j\u2019étais un fou furieux.Dans ma naïveté, j\u2019avais pensé que c\u2019était un beau compliment à offrir.» Artiste de variétés et fier de l\u2019être On aura compris que ce n\u2019est pas d\u2019hier qu\u2019Yves P.Pelletier accuse un léger décalage sur ce que le reste de la société appelle la réalité.Une inclinaison à contempler de biais la bi- bitte humaine grâce à laquelle il deviendra le RBO le plus rêveur et le plus étrange de la bande, sorte de Pierrot la lune sur acide qui ne dédaignerait pas la satisfaction occasionnelle d\u2019une blague scatologique.« Je suis capable d\u2019être ce misanthrope au regard extrêmement acerbe, mais je suis, en général, de façon complètement instinctive, plus du genre à chercher la fleur dans le tas de fumier», confirme-t-il dans ses propres mots, alors que nous arrivons tranquillement au sujet dont il fallait discuter ce jour-là : Moi?, un spectacle d\u2019humour coiffé de son propre nom, dont la rentrée montréalaise arrive à grands pas, et dont l\u2019argumentaire invite à se réjouir.C\u2019est que, contre toute attente, le curieux touche-à-tout dépoussière enfin ses inoubliables personnages de Stromgol l\u2019extraterrestre et de monsieur Caron.Né à partir de retailles de blagues écrites pour la minitournée The Tounes de RBO, ce premier solo comique en carrière, en plus de permettre à Pelletier d\u2019assouvir son irrépressible envie de se costumer, contraindra l\u2019homme plutôt secret à se dévoiler au cours de quelques segments de stand-up traditionnel.Mais il ne faut pas s\u2019attendre à de grandes révélations, prévient celui pour qui le bonheur se trouve autant dans l\u2019émotion que dans des numéros strictement nonos.« Quand les gens me demandent \u201cqu\u2019est-ce que tu fais dans la vie ?\u201d je réponds que je suis un artiste de variétés et j\u2019insiste sur le mot variétés, parce que c\u2019est ce qui me plaît », explique celui à qui l\u2019on doit deux longs métrages (le sublime Les aimants et le sympathique Le baiser du barbu), deux bande dessinées cosi- gnées à La Pastèque en compagnie des illustrateurs Pascal Girard et Iris, ainsi que deux saisons d\u2019une émission sur le tourisme responsable à TV5 (Partir autrement).« Je ne me lasse jamais de regarder Charlie Chaplin et, pour tant, c\u2019est du coup de pied au cul, c\u2019est du clown et, en même temps, j\u2019admire aussi beaucoup un Boucar Diouf qui me fait réfléchir.L\u2019important, dans un spectacle, je pense que c\u2019est le dosage des ingrédients.» L\u2019humour partout sur la planète Mélomane avisé, enthousiaste lecteur de bédés et grand habitué des salles de spectacles en tous genres, Yves P.Pelletier coanime en 2006 et 2007 à l\u2019antenne de la télé de Radio- Canada le magazine culturel Prochaine sortie.Autrement dit : le vétéran n\u2019est vraiment pas sans savoir que Moi ?grossira en 2018 un marché humoristique réduisant le mot «sursaturé » au rang d\u2019euphémisme.« C\u2019est une question éternelle et je comprends qu\u2019on se la pose, même si on ne peut pas faire porter le poids de la place que prend l\u2019humour au Québec sur les épaules des humoristes, plaide-t-il.C\u2019est sûr que de circuler avec un band ou avec un décor, ça coûte cher, c\u2019est difficile.Il faudrait, oui, davantage aider les artistes de théâtre ou de danse à circuler partout en région.» Très bien.Mais au-delà de ce noble souhait, le globe-trotteur Pelletier observe un peu partout sur la planète une rencontre entre le zeitgeist et ce mode d\u2019expression n\u2019exigeant qu\u2019un micro, une bouteille d\u2019eau et un tabouret, communément appelé humour.«À Mumbai, où je suis allé, la scène du stand-up comique et le réseau des comedy clubs est en totale ébullition.Un peu comme le rap, l\u2019humour a quelque chose de ludique qui permet de toucher à l\u2019écriture, à la performance, à plein de choses.Et puis, c\u2019est facile pour quiconque se pense drôle de monter sur scène et d\u2019essayer.» Nouvelle preuve que le stand-up, c\u2019est facile et accessible : même les anciens maigres de 56 ans y tentent désormais leur chance.Moi ?D\u2019Yves P.Pelletier.Au Monument- National le 17 janvier.À la salle Albert-Rousseau le 30 janvier.En tournée partout au Québec.Yves P.Pelletier, joyeux décalé du réel Le RBO rêveur occupe pour la première fois la scène seul, avec ses personnages et sa folie « Je suis capable d\u2019être ce misanthrope au regard extrêmement acerbe, mais je suis en général, de façon complètement instinctive, plus du genre à chercher la fleur dans le tas de fumier », explique Yves P.Pelletier.ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR C LI RE L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 J A N V I E R / 2 0 1 8 Entrevue L'acoustique du roman selon Olivier Adam Spécial polar Sept intrigues pour oublier le froid L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 J A N V I E R / 2 0 1 8 L i r e S p é c i a l p o l a r 2 4 | CRITIQUE MICHEL BÉLAIR COLLABORATEUR LE DEVOIR Alors que des pluies diluviennes frappent la région de Florence, le commissaire Bordelli n\u2019arrive toujours pas à retrouver le petit Giaccomo, 13 ans, disparu depuis plus d\u2019une semaine.Le commissaire craint le pire\u2026 et puis voilà qu\u2019on trouve son corps dans les collines, au nord de Florence, où Bordelli a combattu avec les résistants.C\u2019est là aussi qu\u2019il tombe sur un indice inespéré : en remontant la piste, il découvre un nid de sympathisants fascistes qui pleurent encore la mort du Duce et qu\u2019il s\u2019empresse de faire suivre discrètement par des patrouilles anonymes.L\u2019opération est fastidieuse, mais s\u2019avère au bout du compte profitable\u2026 sauf qu\u2019au moment où la police va enfin pouvoir se mettre quelque chose sous la dent, l\u2019Arno sort violemment de son lit.Nous sommes le 4 novembre 1966 et Florence, qui subit la pire inondation de son histoire, est submergée par une vague d\u2019eau boueuse, de mazout et de détritus de toutes sortes dans laquelle ses habitants vont patauger pendant longtemps.Bordelli fulmine, même si les heures qu\u2019il passe à aider un peu tout le monde à surnager lui font rencontrer\u2026 l\u2019amour.Il fulmine parce que, évidemment, il ne reste plus trace de rien.Plus d\u2019indices, plus de preuves : tout a été lessivé par la boue malodorante.Mais Bordelli persiste.Il obtient même des aveux de l\u2019un des membres du petit cercle fasciste qui se fait toutefois défenestrer devant lui.Retour à la case départ.Pire : ses adversaires savent désormais qu\u2019il sait et ils le lui feront payer très, très cher.Comme d\u2019habitude dans l\u2019œuvre de Marco Vichi, l\u2019intrigue est tout aussi lente que bien menée, ce qui laisse tout le temps au commissaire de plonger dans ses souvenirs de guerre mettant en relief, toujours, la rapacité du genre humain dans son ensemble.Bordelli \u2014 dont on apprend enfin, sans trop y croire après trois livres, qu\u2019il se prénomme Franco \u2014 dispose toujours de la même cohorte d\u2019informateurs (cuisinier, ancien prisonnier, crocheteur de serrures, prostituée à la retraite), qui viennent pimenter le récit de leur présence indispensable.Ce sont eux qui soulignent toute la justesse des observations de même que la morale exemplaire du commissaire dans un monde qui commence déjà à l\u2019être (exemplaire ou même moral) de moins en moins.Marco Vichi a ce don incroyable de faire naître la vraie vie sous chacun des gestes, sous chacune des phrases de son inimitable commissaire Bor- delli.Son écriture fluide (fort bien rendue par la traductrice) coule de source et, comme dans ses deux autres enquêtes traduites en français, c\u2019est toujours comme si on se retrouvait à regarder un vieux film italien en noir et blanc du début des années 1960.La fin brutale de l\u2019enquête semble toutefois compromettre la suite des aventures du policier florentin.Triste.Le commissaire Bordelli traîné dans la boue Marco Vichi fait remonter des relents de fascisme à la surface d\u2019une Florence submergée par les eaux CRITIQUE MICHEL BÉLAIR COLLABORATEUR LE DEVOIR On se rend moins compte de la particularité d\u2019une ville comme Montréal quand on y vit tous les jours.C\u2019est encore plus évident quand on pense à Montréal l\u2019hiver : le froid, la neige, les tempêtes à répétition et la poudrerie sif flant aux coins des rues\u2026 Il faut presque l\u2019œil d\u2019un observateur extérieur pour se rendre compte de l\u2019unicité de tout cela.Surtout quand on y rajoute les misérables forteresses de carton des sans-abri couchés près des rares sources de chaleur.Voici un livre étonnant qui raconte la beauté, la poésie et l\u2019effroyable dureté de l\u2019hiver montréalais que traverse difficilement la cohorte fantomatique des itinérants.Et il aura fallu la voix unique d\u2019un Irlandais né à Cork et vivant ici pour nous en faire saisir le relief si particulier.Soulagement permanent Même si Peter Kirby s\u2019est vu décerner le prix Arthur-Ellis en 2016 pour Open Season, son nom est peu connu.On sait qu\u2019il a fait des études à McGill, qu\u2019il travaille dans un célèbre bureau d\u2019avocats montréalais et qu\u2019il est spécialiste du droit international.Rien qui laisse deviner qu\u2019il peut décrire aussi bien le ballet des souffleuses et des camions de déneigement dans les grandes artères du centre-ville\u2026 Son histoire s\u2019amorce autour de la période des Fêtes, alors qu\u2019on se met à trouver, dans le métro ou près des bouches de chaleur du centre- ville, les cadavres de plusieurs sans- abri.Rapidement, on découvre qu\u2019ils ont tous été empoisonnés au cyanure de potassium, et l\u2019inspec- teur-chef Luc Vanier est chargé de l\u2019enquête.Il suivra d\u2019abord la piste des refuges où mangent et dorment parfois les itinérants quand la pression de l\u2019hiver se fait trop forte ; au chevet de ces miséreux, une armée de bénévoles tente de diminuer leur souf france.Un de ceux-là semble même avoir décidé d\u2019y mettre littéralement fin ; à jamais.Dans ce pe t i t m i l i eu f e r mé , l\u2019équipe de Vanier trouvera plein de profiteurs et de magouilles en tous genres, comme si la vie des sans- abri n\u2019était pas déjà dif ficile ; peu à peu, les indices s\u2019accumulent et malgré les embûches, il parviendra à mettre la main sur les coupables.Avec ses vulnérabilités, le personnage de l\u2019inspecteur Vanier est fort crédible, de même que tous les gens qui l\u2019entourent et qui ne sont pas là seulement pour donner la réplique.On espère le revoir puisque c\u2019est lui qui mène aussi l\u2019enquête dans Open Season\u2026 qui n\u2019a toujours pas été traduit.La grande surprise toutefois vient de la qualité de l\u2019écriture de Peter Kirby \u2014 rendue de façon exceptionnelle par sa traductrice.On sera frappé par le caractère incisif, précis et profondément original de l\u2019auteur, qui se permet de fouiller ce sujet dif ficile en l\u2019abordant vraiment de front, sans compromis.Avec les premières neiges qui s\u2019installent, c\u2019est le moment idéal pour plonger dans cette histoire qui ne pourra que vous surprendre.Vivement la suite ! Voyage au bout de l\u2019hiver Peter Kirby met l\u2019itinérance au cœur d\u2019une histoire de compassion mal placée Mort à Florence ?1/2 Marco Vichi, traduit de l\u2019italien par Nathalie Bauer, Éditions Philippe Rey, collection «Noir», Paris, 2017, 398 pages Vague d\u2019effroi témoigne de la vie des sans-abri compliquée par la saison froide.ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Vague d\u2019effroi ?1/2 Peter Kirby, traduit de l\u2019anglais par Rachel Martinez, Éditions Linda Leith, Montréal, 2017, 310 pages Dans le dernier roman de Marco Vichi, Florence est recouverte par une vague d\u2019eau boueuse, de mazout et de détritus de toutes sortes.CLAUDIO GIOVANNINI AGENCE FRANCE-PRESSE | 2 5 L i r e S p é c i a l p o l ar L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 J A N V I E R / 2 0 1 8 FICTION FRANÇAISE Mato grosso ?Ian Manook, Albin Michel, Paris, 2017, 319 pages Le Mato grosso est une grande brousse brésilienne et le théâtre du plus récent polar d\u2019Ian Manook.Le romancier Jacques Haret, principal protagoniste, y aurait commis un meurtre et un viol avant de s\u2019enfuir, en toute impunité.Trente ans plus tard, Haret publie un roman, confession de ses actes, dont le succès populaire lui vaut une invitation à y retourner.Là-bas cependant, loin d\u2019y trouver un concert d\u2019éloges, il est accueilli par Santana, policier qui invoque la fiction pour le mettre au banc des accusés.Chassé- croisé entre le roman dans le roman, catalyseur de toute l\u2019intrigue, et le duel auquel se livrent Haret et Santana, Mato grosso est une somptueuse plongée dans les paysages torrides, majestueux et hostiles de cette région du Brésil.La fiction a-t-elle force de vérité ou n\u2019est-elle que mensonges?Mato grosso, en dépit de ses dialogues trop bavards et de ses descriptions redondantes, est un polar honnête.Yannick Marcoux FICTION NORVÉGIENNE La soif ?1/2 Jo Nesbø, traduit du norvégien par Céline Romand- Monnier, Gallimard «Série noire», Paris, 2017, 605 pages C\u2019est comme s\u2019il y avait deux Jo Nesbø.Celui qui met en scène des personnages limites ridiculement sublimes aux prises avec des conflits internes qu\u2019ils arrivent mal à gérer et qui, pour la plupart, explosent (voir Du sang sur la glace).Et puis il y a l\u2019autre, le presque double de cet increvable Harry Hole qui parvient à survivre à tout et qui doit traquer des tueurs illuminés \u2014 comme celui de son Bonhomme de neige qui vient de prendre l\u2019affiche au cinéma \u2014 qui ne semblent d\u2019abord là que pour le défier.C\u2019est bien sûr au second que nous avons droit ici alors que Harry quitte son rôle de prof à l\u2019Académie de police pour attraper un tueur sanguinaire ayant des penchants «vam- piristes».Comme à l\u2019habitude, l\u2019intrigue est si prenante qu\u2019on ne pourra s\u2019empêcher de tourner les pages et que l\u2019on dévorera ce gros livre comme un bon Jo Nesbø vintage.Et rebelote ! Michel Bélair FICTION ISLANDAISE La femme de l\u2019ombre ?1/2 Arnaldur Indridason, traduit de l\u2019islandais par Éric Boury, Métailié, Paris, 2017, 331 pages L\u2019Islande est tout à coup sortie du Moyen Âge \u2014 et de l\u2019aura de légende fantastique qui l\u2019enveloppait \u2014 avec la Deuxième Guerre mondiale.C\u2019est ce que nous révélait Arnaldur Indridason en entrevue en parlant de cette Trilogie des ombres qui raconte précisément le choc que fut pour les Islandais l\u2019occupation britannique puis, plus tard, l\u2019arrivée des soldats américains.Ce brutal passage à la modernité ne s\u2019est pas fait sans heurts ; passer d\u2019une économie de pêche et d\u2019une agriculture de subsistance à l\u2019après-guerre impliquait une sorte de « saut quantique » sur le plan des mentalités.C\u2019est bien ce que décrit ici l\u2019écriture à la fois vivante et fouillée d\u2019Indrida- son qui sait donner du relief au moindre détail, illustrant à quel point les Islandais ordinaires ont vu leur vie transformée d\u2019un coup\u2026 Un livre admirable porté par un souffle inimitable.Michel Bélair FICTION QUÉBÉCOISE Il y aura des morts ?Patrick Senécal, Alire, Lévis, 2017, 580 pages Il y a longtemps que Patrick Senécal cultive l\u2019art de faire peur au monde.Depuis son très solide Aliss et surtout depuis son remarquable Le vide (parus chez Alire en 2000 et en 2007), c\u2019est comme si chacun de ses livres explorait une nouvelle façon d\u2019y arriver.Ici, cela prend la forme d\u2019une improbable histoire mettant en scène un homme poursuivi par deux équipes de tueurs.La chasse à l\u2019homme est plantée en plein Drummondville alors que, sans qu\u2019il sache vraiment pourquoi et même sans y croire d\u2019abord, Carl Mongeau apprend qu\u2019il va mourir.L\u2019étrange personnage qui énonce la sentence lui explique aussi qu\u2019il doit s\u2019en tirer tout seul et que les personnes qu\u2019il préviendra seront éliminées.Avec preuves à l\u2019appui.Mongeau devra rapidement faire appel à toutes ses ressources tout en découvrant une à une les règles du « jeu».L\u2019écriture vive et haletante de Senécal vous tiendra sur le bout de votre fauteuil tout au long.Michel Bélair CRITIQUE MICHEL BÉLAIR COLLABORATEUR LE DEVOIR Au siècle dernier, Jean-Jacques Pelletier a connu un énorme succès en tablant sur le complot universel : c\u2019est tout juste si une nébuleuse «agence » parvenait, dans ses histoires à volets multiples, à empêcher une sorte de syndicat du crime tout-puissant de dominer le monde.À répétition.Mais depuis quelques années, Pelletier a changé de registre.Aujourd\u2019hui, son inspecteur Henri Dufaux \u2014 que l\u2019on connaît depuis Bain de sang \u2014 dirige une escouade très spéciale du SPVM formée de jeunes nerds nourris aux technologies modernes.Ce qui n\u2019empêche pas la SQ et surtout le SCRS (Service canadien du renseignement de sécurité) de regarder constamment par-dessus son épaule\u2026 puisqu\u2019on soupçonne de corruption un haut gradé de la police.Le récit \u2014 comme souvent chez Pelletier \u2014 se déroule sur plusieurs niveaux.À l\u2019avant-plan, comme pour faire obstacle, un groupe écoterroriste nommé Vert Demain se met à exécuter des banquiers et des hommes d\u2019affaires reliés à de grandes compagnies minières canadiennes sous prétexte que celles-ci ont littéralement détruit des coins de la planète.Les corps des victimes portent les mêmes marques: deux balles de petit calibre dans la nuque, une piqûre discrète au bras et un grand sourire\u2026 « dopé » au gaz hilarant.Mais le complot se ramifie et, lorsque les médias, sociaux et autres, sont « mis à contribution » par ceux qui dirigent le jeu, c\u2019est très vite la pagaille.Quand Dufaux, avec son équipe, se penche sur l\u2019af faire, les ennuis lui sautent au visage, c\u2019est le moins qu\u2019on puisse dire : le SWAT le réveille brutalement en pleine nuit, attiré chez lui par un supposé massacre.Il se rend compte ensuite qu\u2019il a été espionné par un drone, que son identité a été piratée et même qu\u2019il est « numériquement décédé » lorsqu\u2019il veut utiliser sa carte de crédit.Et comme si ça ne suf fisait pas, les cadavres continuent de se multiplier autour de lui sur fond de guerre de pouvoir au sein du SPVM.La routine, quoi\u2026 Heureusement, Dufaux est entouré d\u2019une équipe très per for- mante ; bien au fait de toutes les technologies permettant aujourd\u2019hui de fabriquer la « réalité » selon les besoins, les jeunes prodiges de Du- faux lui permettront de tirer l\u2019enquête au clair tout en piégeant celui qui brouille les pistes au SPVM.L\u2019écriture de Jean-Jacques Pelletier s\u2019appuie aussi sur un humour irrésistible malgré la gravité des événe- ments ; il a ainsi trouvé un nouveau souf fle qui renouvelle sa façon de raconter.D\u2019autant plus que ses nouveaux personnages prennent aussi, avec cette deuxième histoire, une dimension de plus en plus solide.On attend déjà avec impatience la Corruption et lutte de pouvoir au SPVM La réalité s\u2019invite dans la fiction Deux balles, un sourire de Jean-Jacques Pelletier L\u2019intrigue se déroule sur fond de guerre de pouvoir au sein du SPVM.ISTOCK Deux balles, un sourire ?1/2 Jean-Jacques Pelletier, Éditions Hurtubise Montréal 2017, 444 pages L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 J A N V I E R / 2 0 1 8 L i r e 2 6 | CRITIQUE FABIEN DEGLISE LE DEVOIR Mais ce n\u2019est pas un roman! Ce n\u2019est pas un essai non plus.C\u2019est un meurtre que ce livre intitulé Je ne sais pas penser ma mort, le deuxième signé par Marisol Drouin.Un meur tre froid, calculé, du roman Fleuve malin sur lequel travaillait l\u2019auteure de Quai 31 (2011), jusqu\u2019en juillet 2016, date de sa condamnation, de son étouffement à deux mains, de son éradication à grand coup de clavier, sous le flot de mots, de souvenirs, d\u2019images fortes et parfois torturées posés dans ce journal écrit en cinq mois depuis un atelier d\u2019écriture de Montréal.«J\u2019écris ce texte, j\u2019enterre le roman, expose-t-elle.Il crie encore un peu, mais à peine.Il surgira de nouveau par secousses dans les textes à venir.Des traces de lui.Je le sais.Je le démasquerai, le dénoncerai, le piégerai, le ferai retourner dans l\u2019oubli.» Coupable de «romanticide», Marisol Drouin l\u2019est.Elle l\u2019admet.Elle assume.Elle le crie même.Et c\u2019est ce qui donne toute la fulgurance à cette introspection, assemblage de fragments d\u2019une vie, d\u2019un passé, d\u2019une angoisse qui, finalement, circonscrit les contours de la Dans l\u2019inconfort d\u2019une anticonformiste Marisol Drouin tue un roman en cours pour célébrer son urgence de vivre Coupable de « romanti- cide », Marisol Drouin l\u2019est.Elle l\u2019admet.Elle assume.PEDRO RUIZ LE DEVOIR CRITIQUE CHRISTIAN DESMEULES COLLABORATEUR LE DEVOIR Trieste est depuis toujours une sorte de no man\u2019s land installé au carrefour de trois mondes : slave, allemand et italien.Au-dessus de cette cité cosmopolite construite entre la mer et la montagne, petite langue de terre parfaitement coincée entre l\u2019Adriatique et la Slovénie, flotte ainsi une curieuse ambiance mitteleuropéenne.Rattachée à l\u2019Italie en 1918 après plus de 500 ans sous l\u2019autorité des Habsbourg, la ville a abrité des écrivains comme Rilke, Joyce, Italo Svevo et Umberto Saba.Pour Claudio Magris, qui y est né en 1939 et qui y vit toujours, « la cité trouve son identité dans la littérature ; peut-être plus que les autres villes, elle est littérature ».Auteur du fabuleux Danube (L\u2019Arpenteur, 1988), journal d\u2019une déambulation sentimentale, littéraire et historique qui nous transportait des sources du grand fleuve européen jusqu\u2019à son embouchure de la mer Noire, Magris est depuis longtemps fasciné par les frontières.Polyglotte accompli, il semble incarner lui- même à merveille l\u2019esprit de ce carrefour vivant de trois mondes qui s\u2019entrechoquent.Claudio Magris fait partie de ces romanciers européens livresques, savants et tentaculaires, capables de nous donner tour à tour des essais très personnels qui recourent à l\u2019arsenal de la fiction ou de nous lancer au visage de gros romans érudits.Rien d\u2019étonnant à ce que l\u2019écrivain italien plonge une fois encore les mains dans le ventre de l\u2019Adriatique, pour en extraire les tripes fumantes et ensanglantées de cette ville marquée au fer de l\u2019Histoire.Classé sans suite, son dernier roman, est ainsi fidèle à sa manière.De famille « austrohispanobohé- mienne», héritière elle-même des folies de l\u2019Histoire, fille d\u2019une Juive et d\u2019un soldat afro-américain, Luisa Brooks est chargée de donner vie au musée rêvé par un homme de Trieste obsédé par les armes et la guerre.Un personnage réel \u2014 Diego de Henri- quez \u2014 qui dormait dans un cercueil et a passé sa vie à collectionner des armes pour créer, dès 1945, un musée destiné à documenter la guerre dans le but d\u2019exalter la paix.Elle essaiera de décr ypter les notes à la fois confuses et lucides accumulées par l\u2019homme.«L\u2019atome est indivisible, mais la guerre le casse et tout saute en l\u2019air en un instant, le son éclate dans la tête, une bombe déchire des milliards de cellules, un million de milliards de connexions pour chaque tête qui gît immobile et ensanglantée dans les r ues de Trieste.Combien de milliards de milliards de cellules et de connexions comporte l\u2019Histoire ?» Tentative de rassembler les miettes et la ferraille de l\u2019Histoire, lutte contre l\u2019oubli \u2014 surtout l\u2019oubli des horreurs et du sang versé \u2014, depuis l\u2019unique four crématoire nazi de la Rizerie de San Sabba à Trieste jusqu\u2019aux fantômes de Prague en passant par l\u2019Afrique et l\u2019Amérique du Sud des conquistadors, Magris trace à main levée le portrait sombre d\u2019un monde où l\u2019innocence n\u2019existe pas.Le musée éclaté de Claudio Magris Avec érudition, le romancier italien lutte contre les fureurs de l\u2019Histoire Je ne sais pas penser ma mort ?1/2 Marisol Drouin, La Peuplade, Chicoutimi, 2017, 216 pages L\u2019écrivain Claudio Magris MARCOS ADANDIA AGENCE FRANCE-PRESSE Classé sans suite ?1/2 Claudio Magris, traduit de l\u2019italien par Jean et Marie- Noëlle Pastureau, L\u2019Arpenteur, Paris, 2017, 472 pages La voilà, l\u2019Histoire ; morte, immobile, arrêtée, une pierre, une géode.Et pourtant à l\u2019intérieur tout grouille et coule, des milliards de corpuscules à une folle et inutile vitesse.EXTRAIT DE CLASSÉ SANS SUITE » | 2 7 L i r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 J A N V I E R / 2 0 1 8 résistance de l\u2019auteur face au monde, face aux conformismes, face à sa condition, et ce, en se plaçant en rupture face à sa création.«J\u2019y pense, ce que j\u2019écris ici, présentement, est presque un acte de terrorisme à l\u2019encontre de l\u2019économie actuelle, de la société marchande où l\u2019on vend et achète du temps, où le temps est une matière première, écrit-elle.C\u2019est presque obscène prendre tout ce temps pour lire et pour écrire.» Les phrases s\u2019invitent en rafale, parfois violente, avec un débit faisant varier sa tourmente, pour découper à l\u2019impact l\u2019adolescence de l\u2019auteure dans un village de la région de Charle- voix, sa découverte des hommes, du sexe, ou encore la séparation de ses parents, sa maternité, sa maladie, un cancer, qui, avec l\u2019écriture, l\u2019«ont exclue du monde ».Les deux choses l\u2019ont aussi rapprochée de la mort qui plane au-dessus de chaque page, ou presque, sa façon à elle de s\u2019assurer que «plus personne n\u2019en [ait] peur».« Il faut la réhabiliter dans ce pays blanc, dans cette société propre.On l\u2019oublie trop souvent.Ici, on est occupés à se dépêtrer dans des toiles d\u2019apparences.Et quand la mort se jette sur nous, on reste comme tout surpris, tout étonné d\u2019être mortel.» Il y a de la rage dans cet exercice de style, dans cette exploration d\u2019une mémoire constitutive de la singularité de l\u2019auteure, dans ces confessions d\u2019une âme abîmée et inconfortable face à ces diktats sociaux qui appellent à une somme dont elle ne veut pas faire partie.Il y a de l\u2019intimité, de la fragilité, exposés dans une certaine urgence, par un cri du cœur qui passe par la mise à mort d\u2019un projet littéraire pour en faire naître un autre qui célèbre la vie.Et qui le fait en cherchant à déranger, pour finalement, surtout, séduire.La maternité.La maladie.L\u2019écriture.Trois événe- ments qui m\u2019ont exclue du monde.De sa course.J\u2019aime le chiffre trois.Je l\u2019ai toujours aimé.C\u2019est le temps de l\u2019histoire avec son début, son milieu et sa fin.EXTRAIT DE JE NE SAIS PAS PENSER MA MORT » CRITIQUE CHRISTIAN DESMEULES COLLABORATEUR LE DEVOIR Le mot «décadent», on pourrait l\u2019oublier, renvoie parfois à autre chose qu\u2019à un mélange de brisures de chocolat, de farine enrichie, de beurre et de sucre.En littérature, le parfum est un peu plus sulfureux, avec comme notes de fond persistantes le thème du crépuscule de l\u2019Occident.Entre l\u2019inconfort de la défaite de 1870 contre l\u2019Allemagne et les préludes excités de l\u2019Exposition universelle de 1900 à Paris, en réaction à l\u2019accélération des changements sociaux, devant les excès du naturalisme d\u2019un Zola et dans une volonté vague de fuir les vulgarités de la société démocratique, vont ainsi s\u2019écouler en France deux décennies par ticulièrement exaltées sur presque tous les plans.Dandysme, nihilisme, volonté d\u2019étonner, artifice et sophistication, culte de la névrose : le décadentisme, rappelle l\u2019historien Michel Winock dans son essai Décadence fin de siècle, est une « idée vague, une représentation pessimiste du monde, une nostalgie de ce qui n\u2019est plus, une création de l\u2019univers maussade, alarmiste ou carrément désespérée».Et ce climat moral « fin de siècle», bien avant les déclinistes d\u2019aujourd\u2019hui, personne sans doute ne l\u2019a mieux épinglé que Joris Karl Huysmans dans À rebours, roman fascinant et faisandé devenu dès sa parution en 1884 une sorte de bréviaire de la décadence.« Les sociétés qui finissent, les nations perdues, les races sur le point de mourir, laissent derrière elles des livres précurseurs de leur agonie », écrivait la même année l\u2019écrivain Jules Barbey D\u2019Aurevilly, qui voyait dans À rebours le miroir parfait d\u2019une société en déclin.Alors que l\u2019inquiétude sur le genre atteint son paroxysme \u2014 s\u2019exprimant à travers un intérêt soudain et soutenu pour mythe de l\u2019androgyne \u2014, que semble culminer le goût pour l\u2019étrange, le bizarre, le morbide, le pervers et un certain « snobisme de l\u2019inversion », « l\u2019obsession sexuelle est au centre de la littérature décadente », rappelle justement Winock.Cette littérature, tout en cristallisant les angoisses de l\u2019époque, a aussi joué à coup d\u2019audaces et de provocations le rôle d\u2019un formidable moteur d\u2019innovation, autant sociale qu\u2019artistique.«L\u2019organisme social entre en décadence quand les parties, c\u2019est-à-dire les individus, se détachent au détriment de la cohérence qui l\u2019unifie », souligne aussi l\u2019historien, vingt ans après Le siècle des intellectuels (Seuil, prix Médicis essai en 1997).Barbey d\u2019Aurevilly, Huysmans, Villiers de l\u2019Isle-Adam, Barrès, Mir- beau, Mallarmé, Rachilde ou Remy de Gourmont (auxquels feront écho en peinture Félicien Rops et Gustave Moreau) : entre l\u2019esthétique et l\u2019état d\u2019esprit, Michel Winock fait revivre ici ces figures fortes du dé- cadentisme en les situant admirablement au cœur de leur œuvre et de leur époque.La haine du siècle L\u2019historien Michel Winock fait revivre les figures fortes du décadentisme français Décadence fin de siècle ?Michel Winock, Gallimard, Paris, 2017, 288 pages Michel Winock a signé Le siècle des intellectuels, ouvrage paru en 1997.C.HELIE / GALLIMARD L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T L i r e 2 8 | ENTREVUE DANIELLE LAURIN COLLABORATRICE LE DEVOIR À PARIS «À quel moment on est dans une routine de confort et non plus dans l\u2019acte pur de la création ?Ça m\u2019obsède », laisse tomber Olivier Adam, qui publie en ce début d\u2019année son 13e ouvrage, Chanson de la ville silencieuse.« À quel moment j\u2019écrirai complètement à côté, et qui me le dira, quand?» s\u2019inquiète l\u2019auteur d\u2019À l\u2019abri de rien, finaliste pour le prix Goncourt 2007, et de Passer l\u2019hiver, prix Goncourt de la nouvelle en 2004, tous deux adaptés au cinéma comme plusieurs autres de ses livres.«Est-ce qu\u2019un moment, poursuit le romancier et scénariste français rencontré à Paris, j\u2019écrirai complètement à côté, mais continuerai parce qu\u2019il faut justifier un à-valoir, des droits d\u2019auteur?Parce qu\u2019à force, ajoute ce père de famille en couple avec l\u2019écrivaine Le roman acoustique d\u2019Olivier Adam Chanson de la ville silencieuse met en scène un musicien adulé qui disparaît L\u2019urgence de l\u2019éveil Cette époque, notre époque, est celle des grands sommeils.Parce qu\u2019elle nous force à garder les yeux grands ouverts sur l\u2019actualité qui nous assaille, alors que notre conscience demeure fermée aux atrocités du quotidien.Parce que notre capacité de réfléchir et d\u2019agir est réduite au strict minimum, la réflexion cédant la place à l\u2019opinion, l\u2019action cédant la place à l\u2019aliénation.Parce que l\u2019époque nous oblige, nous, les éveillés, à garder l\u2019œil ouvert, même dans notre sommeil.Parce que nous vivons au temps des subterfuges et des dystopies.Alors, nous cultivons des mécanismes de défense.Vigilance.Écriture.Jardin.Nous cultivons l\u2019éveil.Limoges : il y a plusieurs années.En résidence d\u2019écriture à la Maison des auteurs, je bosse la nuit.Voûtée sur l\u2019écran de mon ordinateur entre minuit et sept heures du matin, face à une immense fenêtre qui donne sur une cour sombre et mélancolique.Huit heures, je ferme les rideaux alors que les employés commencent à intégrer les bureaux avoisinants.Je dors après avoir bu un café et mangé un sandwich.Je sais que je vais me réveiller à trois heures de l\u2019après-midi, affamée, juste à temps pour prendre un déjeuner copieux et faire une marche dans la ville.Aucune insomnie ne vient perturber ma routine de jour.J\u2019écris.Mon bonheur est total.Ottawa : quelques jours avant Noël.Je reçois un colis par la poste.Le titre du roman m\u2019intrigue, La librairie des insomniaques de Lyne Ga- reau (Éditions du Blé).Me fait penser à Borges ! Je vais directement à la quatrième de couverture.La note de l\u2019éditeur me rappelle Paul Auster et sa Trilogie new-yorkaise.J\u2019apprends que Lyne Gareau est originaire de Montréal et habite en Co- lombie-Britannique.Après avoir enseigné le français, elle se consacre maintenant à l\u2019écriture.Le bonheur ! Lignes de fuite À la fin de la lecture, le roman dément ces rapprochements hâtifs.Ni Borges ni Auster, même s\u2019il s\u2019agit bien de librairie, de déambulation nocturne, de personnages excentriques, de solitude et de détachement.Dans ma mémoire surgit également Le libraire de Gérard Bessette : la routine, l\u2019uniformité, le désœuvre- ment, les livres scandaleux (qui poussent dans La librairie des insomniaques comme des livres rebelles, clandestins), l\u2019acharnement.Cependant, ce beau premier roman de Lyne Gareau se situe dans un autre registre; il défie les conventions classiques en mêlant fiction et réalité, en réfléchissant sur le processus de la création et en proposant des lignes de fuite.Une belle insomnie me berce.M\u2019accompagne dans les méandres des correspondances (ce qu\u2019on appelle de façon savante l\u2019intertextualité) et m\u2019incite à pénétrer le mystère de ce roman.Car il s\u2019agit effectivement d\u2019un mystère qui, tout en enrobant le récit, intensifie la charge du suspens.Écriture poétique, parfois emphatique, stéréotypée.Souvent juste.Alex, ermite urbain et insomniaque, travaille dans une banque.En suivant un chat gris la nuit, il découvre l\u2019existence d\u2019une « librairie ancienne comme il n\u2019en existe plus que dans les livres».Le chat gris s\u2019incarne en Viateur, le libraire qui gère l\u2019espace et qui disparaît mystérieusement dans un hôpital (autre haut lieu d\u2019insomnie).Sa disparition est justifiée à la fois par sa nature féline et par la spirale d\u2019une narration irrévérente qui fait fi des explications.Alex devient donc responsable de la librairie en attendant de trouver un autre boulot.Le roman se ferme sur Alex devenu garde de nuit dans une entreprise périphérique et désolante.Attendre le jour D\u2019autres couples se forment autour du couple Alex-Viateur.Des duos amoureux comme Frank l\u2019ancien étudiant d\u2019Alex et Julie-Anne, romancière en résidence à la librairie, ou comme Mélodie-Myriam l\u2019activiste qui cultive des jardins et Balwinder le chauffeur de taxi.Entre le dépouillement de l\u2019espace urbain dans lequel évolue Alex et la promesse de régénérescence de l\u2019île Saturna, destination finale de Myriam et Balwin- der, se dévoile l\u2019univers à la fois apocalyptique et optimiste du roman.Face à un monde en décrépitude, Ju- lie-Anne poursuit son roman et My- riam fait un bébé.L\u2019abnégation absolue d\u2019Alex me fascine, surtout lorsqu\u2019il renonce à l\u2019amour : «T\u2019aimer de loin a été une très tendre douleur », dit-il à celle qui comprit son silence.Une affinité se développe avec Julie-Anne, personnage à la fois sage et ludique qui prête sa plume à Lyne Gareau (ou est-ce l\u2019inverse ?) afin de dire l\u2019urgence de l\u2019éveil.Mais c\u2019est la construction paradoxale des personnages qui m\u2019enchante.Alors qu\u2019ils refusent de s\u2019impliquer en politique, l\u2019auteure les y ramène subtilement et leur fait dire les contradictions du monde actuel.Ainsi, dans mon imagination, je continue de patrouiller comme Alex, de vouloir écrire le monde comme Julie-Anne et d\u2019attendre le jour comme tous les insomniaques.Si, à 47 ans, Olivier Adam n\u2019a rien perdu de sa gueule d\u2019ange, il n\u2019a rien perdu non plus de son franc-parler.BERTRAND GUAY AGENCE FRANCE-PRESSE Chanson de la ville silencieuse Olivier Adam, Flammarion, Paris, 2018, 224 pages May Telmissany Chronique | 2 9 L i r e F i c t i o n D I M A N C H E 7 J A N V I E R / 2 0 1 8 Musicien raté À l\u2019adolescence, dans sa banlieue française, Olivier Adam se rêvait musicien.Il a baissé les bras après 12 ans de conservatoire, pour embrasser l\u2019écriture sur les traces de ses idoles littéraires, Patrick Mo- diano et Jean-Paul Dubois.Il se définit ni plus ni moins que comme un musicien raté.«Je ne chante pas bien, je ne joue pas bien.Je ne suis pas fait pour ça.Mes deux frères musiciens avaient beaucoup plus de talent que moi.» L\u2019un d\u2019eux, saxophoniste de jazz, lui offrait de temps en temps de jouer en duo.«On sortait des standards, on faisait du Coltrane, etc., et il me disait toujours: tu swingues comme un camion.Finalement, la littérature a tout emporté.Et depuis, j\u2019essaie de faire de la musique avec mes livres.» Karine Reysset, je ne sais rien faire d\u2019autre qu\u2019écrire : ça fait 15 ans que je vis de mes livres.» Chanson de la ville silencieuse met en scène un musicien et chanteur adulé qui, après avoir mis fin à sa carrière, disparaît.La thèse du suicide est évoquée, plausible.Mais comme on n\u2019a pas retrouvé son corps, un doute persiste.Pour sa fille surtout, qui décide de mener son enquête.Le chanteur qu\u2019elle aperçoit sur la terrasse d\u2019un café à Lisbonne serait-il son père ?Un sosie ?Un fantôme ?De Nino Ferrer à Renaud L\u2019éventail des inspirations de l\u2019auteur pour le personnage du chanteur est on ne peut plus large.D\u2019abord, il y a eu Nino Ferrer, mort par suicide en 1998, après avoir connu la gloire et tourné le dos à l\u2019industrie de la musique.Il y a sept ans, lors d\u2019un séjour en famille au Portugal, Olivier Adam a cru apercevoir sur la terrasse d\u2019un café un sosie du chanteur.Il s\u2019est alors demandé, comme un jeu : si Nino Ferrer était encore vivant, que serait-il devenu?Puis, au fil du temps, d\u2019autres chanteurs devenus mythiques ont nourri sa démarche.Kurt Cobain, Bob Dylan, Leonard Cohen, David Bowie, Gainsbourg, Bashung, Jean- Jacques Goldman, Étienne Daho, Johnny Hallyday\u2026 et Renaud.«Je ne pensais pas que Renaud reviendrait après des années d\u2019absence.On le disait totalement perdu, on affirmait qu\u2019il n\u2019écrivait plus une note, plus un mot.Puis il a fait un album.Pathétique.Mais qui malgré tout a eu du succès.» Si, à 47 ans, Olivier Adam n\u2019a rien perdu de sa gueule d\u2019ange, il n\u2019a rien perdu non plus de son franc-parler.«Ça m\u2019a frappé.Je me suis dit : mais comment peut-on avoir perdu à ce point-là le truc?Un mec qui écrivait si juste, il écrit complètement à côté\u2026» L\u2019écrivain a projeté ses propres angoisses à propos du travail de création dans Chanson de la ville silencieuse.Il ne s\u2019en cache pas.Mais il ajoute un bémol.« Je me verrais mal à mon petit niveau, petit auteur français dans son coin, commencer à tartiner pendant des heures sur \u201cah ! que c\u2019est dur, d\u2019écrire des romans!\u201d\u2026 Ça me gonfle assez vite.» Il fallait pour lui que cela soit magnifié.« Je voulais un personnage XXL, une légende, une icône, un chanteur- culte.Ou un auteur-culte: s\u2019il s\u2019agit de s\u2019intéresser à Salinger ou à Cormack McCarthy ou à Pessoa, là, ça me passionne, mais s\u2019il s\u2019agit des affres de la création de Beigbeder ou de Pascal Obispo, ça ne m\u2019intéresse pas.» Marcher sur les deux jambes C\u2019est lorsqu\u2019il est tombé sur une chanson de Vincent Delerm, Danser sur la table, que tout s\u2019est éclairé.Il y aurait une narratrice.Elle serait le genre de fille effacée, qui a toujours peur de déranger, le genre à\u2026 ne pas danser sur une table, justement.Elle serait la fille du chanteur, celle qui a toujours vécu dans l\u2019ombre de cet homme contradictoire, insaisissable.Ainsi, c\u2019est à distance, dans sa voix à elle, intérieure, qu\u2019on percevrait le chanteur.Et qu\u2019on mesurerait les conséquences, dans sa vie à elle, d\u2019avoir eu un tel père.L\u2019autobiographie ou l\u2019autofiction ne dit rien qui vaille à Olivier Adam.« Je ne pratique pas ce genre-là, ou alors je fais semblant.Même si je conçois qu\u2019il y a des livres magnifiques qui ne marchent que sur la jambe de l\u2019autobiographie, pour moi, il faut marcher sur les deux jambes.L\u2019imaginaire, la fiction, me permet d\u2019aller vers le collectif, vers l\u2019universel, d\u2019élargir mon propos.Même si la nécessité première d\u2019un livre part de mes obsessions, de mes angoisses, de questions très intimes que je me pose.» Des obsessions, des questions qui, outre le processus de création, concernent très souvent la filiation, la transmission.À plus forte raison, comme c\u2019est le cas dans Chanson de la ville silencieuse, quand on grandit auprès d\u2019un père absent, absorbé par sa création, ses tournées, ses doutes, ses obsessions.«Comment on se construit en tant qu\u2019adolescent, jeune femme ou jeune homme, puis adulte, dans cette filiation ?Dans cet héritage de parents tellement occupés par leurs propres névroses ou carrières qu\u2019ils nous ont laissés pour ce que Modiano nomme les fameux chiens perdus sans collier ?Et aussi, de quoi hé- rite-t -on ?Pas au sens financier, même si la question est abordée dans le livre, mais quelles séquelles cela laisse-t-il ?» Alors que sa narratrice marche dans les pas de son père fantôme et revisite son passé par petites touches, sa détresse et sa voix nous enveloppent.De ce livre traversé de bout en bout par la musique, les chansons, l\u2019auteur dit qu\u2019il fallait qu\u2019il soit chanté.Qu\u2019il y ait un timbre, un rythme et un flot particuliers.« Je voulais quelque chose de doux et de délicat, de retenu, d\u2019assez pudique.Ça voulait dire pas de grand orchestre, pas de grosse rythmique qui claque.On est plutôt dans un registre acoustique, avec peut-être un violoncelle, peut-être un hautbois un moment donné, mais pas plus.» Bonne écoute\u2026 L\u2019écrivain a projeté ses propres angoisses à propos du travail de création dans Chanson de la ville silencieuse.Il ne s\u2019en cache pas.Mais il ajoute un bémol. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 J A N V I E R / 2 0 1 8 L i r e 3 0 | I L S O N T P I Q U É N OT R E C U R I OS I T É Le jour de l\u2019anniversaire de ses 20 ans, une jeune fille travaillant dans un restaurant italien huppé du quartier chic de Roppongi, à Tokyo, doit remplacer au pied levé le directeur des lieux, malade, qui chaque soir apporte son repas au propriétaire de l\u2019établissement.L\u2019étrange personnage vit reclus dans son appartement.Elle relate l\u2019instant qui va devenir une balise sur la ligne de son destin.Tout en langueur et en regard incliné, Murakami sonde à nouveau les fondations des trajectoires humaines, forcément troublées par le rapport aux choses et au monde.Un récit court, initialement publié en 2002 au Japon et dont le mystère est magnifié par les illustrations de Kat Menschik.Malcommode un jour, malcommode toujours! Pierrot, Mimile et Antoine, les septuagénaires à l\u2019esprit révolutionnaire et adolescent sont de retour dans le quatrième tome de cette très sympathique fresque sociale.Il est question cette fois de l\u2019agrandissement d\u2019une méchante entreprise sur une zone à défendre (ZAD), l\u2019occasion de faire entrer des écolos dans la place, pour alimenter les dialogues de cette série qui, depuis le début, ont la truculence de ceux imaginés à une autre époque et en d\u2019autres lieux par un certain Michel Au- diard.Bref, ces vieillards ont l\u2019esprit vif.Et, il est toujours sympathique d\u2019en être témoin.Fabien Deglise Birthday Girl ?Haruki Murakami, traduit du japonais par Hélène Morita, Belfond, Paris, 2017, 60 pages CRITIQUE MICHEL LAPIERRE COLLABORATEUR LE DEVOIR On se doutait que la situation linguistique et culturelle belge était dif fé- rente de celle du Canada.Un ouvrage collectif, Les élites et le biculturalisme, le confirme en montrant que celle-ci ressemble à l\u2019inverse à celle-là.Historiquement, en Belgique, la langue prestigieuse reste le français, car le flamand y a subi une longue humiliation.L\u2019hégémonie d\u2019une autre culture a plutôt épargné les Canadiens français en comparaison des Flamands.Malgré une flamandisation, c\u2019est-à- dire une néerlandisation, tant linguistique que culturelle, de la Belgique, phénomène observable depuis plusieurs décennies, les faits exposés par Guillaume Durou sont éclairants.Le docteur en sociologie de l\u2019UQAM fait une brillante comparaison entre les situations belge et canadienne aux XIXe et XXe siècles.Il nous aide à comprendre l\u2019état actuel d\u2019une Belgique où les 60 % de néerlandophones et les 38 % de francophones se trouveraient à un tournant de leur rivalité séculaire.Cela relie à des problèmes brûlants le livre dirigé par le Québécois Alex Tremblay Lamarche et le Belge Serge Jaumain, auquel, de par t et d\u2019autre de l\u2019Atlantique, ont collaboré 12 chercheurs.Depuis la création de la Belgique en 1830 comme État indépendant af franchi des Pays-Bas, on assiste, explique Durou, « à la naissance d\u2019une élite \u201chégémonique\u201d, caractérisée par la francisation de la Flandre, où le français incarne les valeurs de la citoyenneté belge ».Le sociologue souligne la valorisation de cette langue dans la capitale : « À Bruxelles plus particulièrement coexistaient une bourgeoisie flamande francisée et une bourgeoisie d\u2019origine française.» Le Canada, une Belgique inversée ?Des chercheurs canadiens et étrangers s\u2019interrogent sur deux biculturalismes touchés différemment par l\u2019hégémonie des élites Les vieux fourneaux, tome 4 La magicienne ?Paul Cauuet et Wilfrid Lupano, Dargaud, Bruxelles, 2017, 56 pages | 3 1 L i r e E s s a i L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 J A N V I E R / 2 0 1 8 Un Richler en politique La politique est un sport de combat imprévisible et cruel.En août 2015, quelques jours après le lancement de la campagne électorale fédérale, le Nouveau Parti démocratique (NPD) de Thomas Mulcair caracolait en tête des sondages.Les Canadiens en avaient assez des conservateurs de Stephen Harper et n\u2019étaient pas prêts à faire confiance à Justin Trudeau.On connaît la suite.À la fin de septembre, le NPD a commencé à s\u2019effondrer et les libéraux se sont mis à monter, pendant que les conservateurs stagnaient.Le 19 octobre, jour du vote, le parti de Justin Trudeau a raflé la mise avec 39,5 % des voix exprimées, ne laissant que des miettes (19,7 %) à un NPD en déroute.L\u2019écrivain et journaliste torontois Noah Richler a vécu ce naufrage de l\u2019intérieur.Candidat inattendu du NPD dans la circonscription de To- ronto-St-Paul\u2019s, il y affrontait la députée libérale sortante Carolyn Bennett, aujourd\u2019hui ministre des Relations Couronne-Autochtones et des Affaires du Nord.Richler raconte son expérience dans Le candidat (Québec Amérique, 2017, 392 pages).Son récit s\u2019avère à la fois captivant et irritant.Le malaise québécois Comme son père, le célèbre et revêche Mordecai, Noah Richler entretient des rapports malaisés avec le Québec, même s\u2019il précise que ce dernier «a toujours été une partie fondamentale de [son] Canada».Foncièrement opposé à l\u2019indépendance du Québec, l\u2019écrivain rejette la déclaration de Sherbrooke du NPD, qui reconnaît que «50 % des voix plus une suffiraient pour remporter un référendum sur la souveraineté ».Sa solution de rechange : faire en sorte que les Québécois soient heureux au sein de la Confédération.Et s\u2019ils ne le sont pas?Tant pis.C\u2019est un peu court, dirait Cyrano.Pendant la campagne de 2015, certaines opinions au sujet du Québec précédemment émises par Richler sur les réseaux sociaux lui sont retombées sur le nez.Il y évoquait «un ras-le-bol sans précédent » du Canada devant la charte des valeurs et se réjouissait de la défaite de Pauline Marois, qui entretenait, selon lui, une politique de la peur.Il se défend, dans Le candidat, d\u2019être «anti-québécois», mais il en rajoute en affirmant que la charte des valeurs du PQ interdisait tout signe religieux ostentatoire aux employés du gouvernement «à part les crucifix» \u2014 une fausseté \u2014, en répétant, à tort, que des gens se sont servis de la loi 101 «pour moucharder leurs voisins à l\u2019Office de la langue française » et en concluant, ce qui fera rire ou enrager bien des Québécois, que le Canada «est le pays qui négocie le plus avec lui- même, avec persistance et expertise, les conditions constitutionnelles de son existence même, sans doute plus que n\u2019importe quelle autre démocratie du monde ».Quand ça, Noah?Richler, au fond, incarne bien la gauche canadienne-anglaise multi- culturaliste, soucieuse de justice sociale, d\u2019environnement et de tous les groupes négligés par le pouvoir, à l\u2019exception du Québec.Quand il dit se lancer en politique pour contrer « la dégradation constante de la démocratie parlementaire sous le régime Harper», pour améliorer le sort des Premières Nations et pour atténuer les inégalités de revenus, Richler est sincère et convaincant.Il attribue d\u2019ailleurs la défaite de son parti en 2015 à sa mollesse en matière économique \u2014 «sa désastreuse adhésion à l\u2019équilibre budgétaire » \u2014 et environnementale \u2014 ses tergiversations quant à l\u2019exploitation des sables bitumineux.Quelques leçons «Je suis désolé que nous soyons une bande aussi timorée », note Richler, en déplorant la propension de son parti à s\u2019excuser de tout et de rien dès que la pression monte.Il croyait avoir choisi, avec le NPD, les «principes élevés» contre « l\u2019image de marque » libérale.Sans regretter ce choix, il ne cache pas sa déception.Le récit de sa campagne locale est révélateur et émouvant.L\u2019écrivain, ici, et non l\u2019idéologue, est à l\u2019œuvre.On le suit dans son porte-à-porte à la rencontre d\u2019une réalité humaine crue, on découvre avec lui que les candidats locaux sont traités comme du menu fretin par les grands partis nationaux, qui n\u2019en ont que pour l\u2019image, et on est touché, comme lui, par les militants qui se donnent sans compter.À l\u2019aube d\u2019une année électorale au Québec, on peut retenir quelques leçons de ce récit d\u2019apprentissage.Rien n\u2019est jamais joué avant le jour J, dit le cliché, et c\u2019est vrai.L\u2019audace, ensuite, peut payer.C\u2019est en promettant de faire des déficits pour investir que Trudeau, selon Richler, a gagné.Le slogan du « changement » est éculé, mais il demeure efficace pour ceux qui parviennent à convaincre qu\u2019ils l\u2019incarnent vraiment, sans trop bouleverser la fameuse, voire fumeuse, classe moyenne.Enfin, dernière leçon, valable au Québec comme au Canada, « les libéraux commencent en moutons et finissent en lions ».C\u2019est déjà parti, évidemment.Bonne année ! Louis Cornellier Chronique La ministre belge Zuhal Demir en compagnie du président du parti nationaliste flamand N-VA, Bart De Wever, en septembre dernier NICOLAS MAETERLINCK / BELGA / AGENCE FRANCE-PRESSE Au Canada, notamment en Ontario, où les Canadiens français, venus du Québec pour y améliorer leur sor t, étaient minoritaires et souvent sous-scolarisés, très peu ont songé à valoriser le français comme idiome de prestige social.Ceux qui le parlaient rêvaient surtout de survivance culturelle.Durou en est conscient en présentant William Henry Moore, député libéral ontarien à Ottawa, comme une exception anglophone lorsque celui-ci défend en 1918 les Franco- Ontariens contre l\u2019élite anglo-pro- testante assimilatrice de Toronto.D\u2019autre part, Brian Young, autre collaborateur du livre, signale que les Taschereau, l\u2019une des familles les plus prestigieuses de l\u2019histoire du Québec, n\u2019ont guère contesté la domination britannique sur ceux qui parlaient leur langue.Dès 1776, Charles-Antoine Tasche- reau conseille à son frère : «Range-toi vers le parti le moins dangereux.» Il témoigne d\u2019une élite de langue française qui, contrairement à celle de la Belgique, n\u2019assimile pas le rival, mais s\u2019incline devant lui.Qui dit langue dit pouvoir.Or le flamand et tant d\u2019autres langues pâlissent devant l\u2019anglais dominateur, phénomène qui rend le Québec si singulier.De 1825 à 1850, dans la région qui forme la Belgique actuelle, l\u2019élite est francophone en Wallonie comme en Flandre, alors que la langue nationale, le néerlandais, est parlée par les 5/8 de la population EXTRAIT DE LES ÉLITES ET LE BICULTURALISME » Les élites et le biculturalisme.Québec- Canada- Belgique XIXe-XXe siècles ?Sous la direction d\u2019Alex Tremblay Lamarche et Serge Jaumain, Septentrion, Québec, 2017, 308 pages. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 J A N V I E R / 2 0 1 8 L i r e E s s a i 32 | ENTREVUE SARAH R.CHAMPAGNE LE DEVOIR À GUATEMALA vec quelques gardes armés à portée de vue, c\u2019est dans un chic centre commercial de la capitale du Guatemala que Le Devoir a rejoint il y a quelques semaines Rodrigo Rey Rosa, voix majeure de la littérature latino-américaine.Le romancier guatémaltèque se prépare à quitter le pays pour quelques semaines ; pour voyager, voir des amis, et perdre l\u2019habitude de la violence qui infuse toute la vie quotidienne.« J\u2019adore pouvoir sor tir du pays.Quand on reste ici trop longtemps, tout se normalise, la violence se trivialise.On devient insensible à force de vivre ici », dit-il.Rey Rosa a du mal à vivre dans un pays qu\u2019il ne veut pas quitter.Il écrit donc le brutal, aussi pour prendre du recul par rapport à ces réflexes de protection, à ces petits murs érigés autour de soi constamment, dans un endroit où le taux d\u2019homicides figure parmi les dix plus élevés au monde.De petits murs qui sont tantôt des fenêtres presque opaques que l\u2019on remonte aussitôt les limites de la ville franchies, tantôt de véritables barricades autour des «quartiers fermés » qui ceinturent toute la ville de Guatemala.Des quartiers enserrés par des gardes de sécurité, une véritable caste, dit le romancier, quand on sait qu\u2019ils sont beaucoup plus nombreux que les policiers du pays.«Les amis de ma nièce ont presque tous des armes.Ma sœur ne les laisse pas entrer avec leurs fusils.Comment tu fais quand c\u2019est normal ?» Le cœur économique du territoire est ainsi ce « prototype de ville dure, où les gens riches se promènent en blindés et les hommes d\u2019affaires qui ont le plus de succès portent des gilets pare-balles », écrit-il dans Pierres enchantées (Gallimard).«Le pays le plus beau, les gens les plus laids », statue-t-il encore en introduction du même récit, mais il n\u2019est plus question de vivre ailleurs.Rodrigo Rey Rosa a pour tant déjà goûté à la vie dans plusieurs pays, passant plusieurs années à New York à par tir de 1979, puis à Tan- ger, où i l par ticipa aux ateliers d\u2019écriture de Paul Bowles.Il ne reviendra s\u2019installer au pays natal qu\u2019en 2001, où il fut consacré en 2004 par le prix national de littérature Miguel Angel Asturias, du nom de l\u2019écrivain nobélisé en 1967.Un autre auteur latino-américain très connu lui por tait aussi une grande admiration, Roberto Bolaño, ce qui a contribué à le faire connaître.« Rodrigo Rey Rosa est l\u2019écrivain le plus rigoureux de ma génération et en même temps le plus transparent, celui qui tisse le mieux ses histoires et le plus lumineux de tous.» La vérité puante et glissante Lumineux aussi, adossé à un aquarium, une fourchette de ceviche prête à être avalée.Rey Rosa n\u2019est pas tout à fait comme un poisson dans l\u2019eau durant cette entrevue.Chaleureux et lointain à la fois, il économise ses mots par moments, comme dans ses romans.L\u2019artifice y est au minimum, la narration prend toute la place et attrape le lecteur dans son colimaçon, avec une virtuosité analogue à celle de Borges, admiré par Rey Rosa.Esprit subtil, le Guatémaltèque n\u2019est pas du genre à pointer qui est coupable et qui ne l\u2019est pas.« Quand des lecteurs croient tenir entre leurs mains des romans policiers, ils sont déçus ! » dit-il en rigolant.Certaines bibliothèques \u2014 dont la Grande Bibliothèque de Montréal \u2014 s\u2019obstinent pourtant à le classer dans la section « Policiers ».Ses romans n\u2019appor tent pour tant aucune réponse ; tout au contraire, le développement de l\u2019intrigue a plus d\u2019importance que son dénouement.C\u2019est la vie qui est un roman noir ici, pas les écrits de Rey Rosa.Et la vérité est toujours fuyante.Après presque 40 ans de violence organisée, entre 1960 et 1996, la création de la Commission sur l\u2019éclaircissement historique, dit-il, aura au moins servi à dire le nom du conflit : La littérature contre la violence au Guatemala Rodrigo Rey Rosa écrit pour ne pas devenir insensible à la complexité sociale de son pays génocide.Un génocide qui a fait place à une guerre du pays contre lui- même, dans laquelle les mercenaires se sont parfois recyclés en narcotrafi- quants, ou en garde de sécurité, et où les soldats sont les paramilitaires d\u2019hier ou de demain.« La manière dont les massacres de Mayas ont eu lieu constitue l\u2019une des preuves que ce fut réellement un génocide.Il aurait été impossible de mettre en œuvre une violence de cet ordre sans un racisme profond, un racisme qui fait de l\u2019autre un animal, un animal qui ne mérite pas d\u2019exister», résume l\u2019auteur.L\u2019autre étant « l\u2019indigène, le Maya», tué par les soldats du pouvoir central ou « transformé lui-même en machine à tuer des indigènes », la haine de soi alimentée depuis leur recrutement à 16 ou 17 ans.L\u2019Histoire refusant de venir à bout des vieilles oligarchies, il craint que les conditions de ce racisme soient bel et bien toujours en place.« À la base, l\u2019État guatémaltèque s\u2019est criminalisé.Et le criminel s\u2019est perpétué», dit froidement Rey Rosa.A Quand des lecteurs croient tenir entre leurs mains des romans policiers, ils sont déçus ! RODRIGO REY ROSA » En entrevue, l\u2019auteur économise ses mots par moments, comme dans ses romans.VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR Pierres enchantées Rodrigo Rey Rosa, traduit de l\u2019espagnol par André Gabastou, Gallimard, Paris, 2005, 144 pages | 3 3 L i r e E s s a i L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 J A N V I E R / 2 0 1 8 CRITIQUE MICHEL LAPIERRE COLLABORATEUR LE DEVOIR L\u2019année 2017 a marqué le cinquantenaire de l\u2019assassinat en Bolivie du guérillero latino-américain Ernesto Che Guevara sur ordre du gouvernement bolivien et de Washington.Grande figure de la révolution cubaine de 1955 à 1959, il a suscité à travers le monde la vénération d\u2019une gauche idéaliste.D\u2019origine cubaine, installé aux États-Unis, Samuel Far- ber, lui-même de gauche, démystifie « un révolutionnaire honnête et dévoué » mais irréaliste.Le politologue est conscient que Che Guevara (1928-1967), par son an- ticapitalisme, son internationalisme, la distance critique qu\u2019il garda vis-à- vis de la bureaucratie des régimes communistes et son sens du sacrifice personnel pour la cause sociale, continue d\u2019exercer un attrait auprès des jeunes militants de partout.Mais il déplore le fait que le médecin, issu pourtant en Argentine de la bourgeoisie bohème et antiautoritaire, «ne fut ni libertaire ni démocratique» et que sa pensée «excluait toute idée de pouvoir des travailleurs».Même si Farber n\u2019insiste pas là- dessus, le haut lignage du révolutionnaire en faisait, dès sa naissance, l\u2019adversaire fabuleux du néocolonialisme que les États-Unis exerçaient presque invisiblement sur toute l\u2019Amérique latine.Descendant du rebelle irlandais Patrick Lynch qui, né en 1715 et réfugié dans la future Argentine, s\u2019était allié à l\u2019élite locale, le Che avait déjà, du moins aux yeux des romantiques et de son propre père, le destin d\u2019un héros celtique dressé contre la domination anglo-saxonne.À l\u2019occasion du cinquantenaire de sa mort tragique et contre toute attente, l\u2019Irlande a d\u2019ailleurs émis un timbre-poste à son effigie.Le culte inter national persistant voué au Che n\u2019empêche pas le lucide Farber de montrer que l\u2019idée du guérillero d\u2019étendre l\u2019esprit de la révolution cubaine à l\u2019ensemble de ce que l\u2019on appelait encore le tiers-monde avait quelque chose d\u2019insensé.Les échecs du révolutionnaire latino-américain dans un Congo sans base insurrectionnelle conscientisée et dans une Bolivie sans secours matériels pour des guérilleros improvisés, contraints de quitter travail et famille afin de combattre, tenaient d\u2019un aveuglement qui le mènera au tombeau.Derrière ces tentatives, Farber discerne l\u2019influence de l\u2019écrivain américain Edward Bellamy (1850-1898), auteur du roman utopiste Looking Backward, que le Che admirait.Voilà une vision qui s\u2019inspire, explique le politologue, du modèle militaire, hiérarchique et axé sur une élite qui veille sur la «communion de la ruche ».Malgré cet autoritarisme étouffant, le très imparfait Che Guevara se range parmi les artisans de l\u2019émancipation de l\u2019Amérique latine pour le meilleur et par fois pour le pire.L\u2019homme vaut plus par l\u2019image que par la réalité.Mais, assassiné à 39 ans, il reste jeune pour toujours.C\u2019est déjà immense.Guevara derrière le Che Samuel Farber démystifie l\u2019image de révolutionnaire honnête et dévoué à l\u2019origine du mythe Le très imparfait Che Guevara se range parmi les artisans de l\u2019émancipation de l\u2019Amérique latine pour le meilleur et, parfois, pour le pire.ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE À certains égards, 50 ans après son assassinat, le Che apparaît plus important que Fidel et Raúl Castro EXTRAIT DE CHE GUEVARA.OMBRES ET LUMIÈRES D\u2019UN RÉVOLUTIONNAIRE » Che Guevara.Ombres et lumières d\u2019un révolutionnaire ?1/2 Samuel Farber, traduit de l\u2019anglais par Patrick Silberstein, M Éditeur/Syllepse, Saint-Joseph-du- Lac/Paris, 2017, 200 pages Dans ce contexte, la littérature peut servir d\u2019autocritique au minimum, ou, au mieux, de coup de semonce.« Les sociétés esclavagistes ne se sentaient pas mal.Ici, c\u2019est un peu comme ça.Au moins, la littérature peut être un choc, une espèce de réveil pour se questionner.» Ses récits ont cet espace privilégié pour « suggérer beaucoup », tout en respectant la complexité, toutes les nuances de la réalité.On retrouve par exemple dans Les sourds une partie de la genèse de la guerre civile, qui pourrait bien être celle d\u2019autres guerres à venir tant ses ferments semblent communs.Des populations montées les unes contre les autres, tantôt instrumentalisées, tantôt dépossédées, un ennemi déshumanisé, des «opérations spéciales».Mais s\u2019y trouve aussi le passé lointain qui peut se por ter garant des prémisses «d\u2019un avenir différent».«Qui a besoin de savoir ces choses?Personne.C\u2019est moi qui avais besoin de les raconter.» Et nous de les lire, d\u2019urgence, pour nous comprendre un peu plus. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 J A N V I E R / 2 0 1 8 L i r e É c r i va i n au t r ava i l 3 4 | ENTREVUE DOMINIC TARDIF COLLABORATEUR LE DEVOIR uiconque a déjà entrepris des études de deuxième ou de troisième cycle a un jour tranquillement senti le roc de son esprit vaciller sous le poids des lectures à avaler et des échéanciers à respecter.« Ç\u2019a sauvé ma santé mentale !» s\u2019exclame l\u2019écrivaine Maude Deschênes-Pradet au sujet du yoga, cette salutaire pratique millénaire lui ayant permis de mettre un point final à sa thèse de doctorat en création littéraire sans visiter les urgences psychiatriques.«Un doc en littérature, c\u2019est souvent très abstrait.On est très seul dans sa tête.Devoir sortir pour aller donner mes cours de yoga, c\u2019est ce qui m\u2019a gardée en contact avec le monde.» La romancière derrière La corbeille d\u2019Alice (finaliste au Prix Senghor 2014) aborde la vingtaine lorsqu\u2019elle s\u2019inscrit avec sa mère à ses premières séances de yoga.Elle enseigne aujourd\u2019hui, quelque 15 ans plus tard, le hatha yoga au Centre de yoga de Sainte-Foy ainsi qu\u2019au PEPS de l\u2019Université Laval.« Se trouver devant un groupe de personnes et accepter que celles-ci regardent mon corps imparfait, qu\u2019elles scrutent mes postures qui ne sont pas, elles non plus, toujours parfaites, avoir cette humilité-là de me trouver devant les gens, ça ressemble beaucoup au processus de publication », observe celle qui faisait paraître cet automne Hivernages (XYZ).« Je suis très consciente que mes deux romans ne sont pas parfaits, mais si j\u2019avais attendu qu\u2019ils le soient pour les publier, je ne l\u2019aurais jamais fait.En tant qu\u2019au- teure, comme en tant que prof de yoga, je dois assumer mes imperfections en sachant que ça va m\u2019emmener ailleurs et que ça va me permettre d\u2019avoir des conversations extraordinaires avec les gens.» Mais n\u2019est-ce pas risqué pour l\u2019écrivaine que de s\u2019engager sur le long chemin de la sérénité qu\u2019ouvre le yoga et d\u2019ainsi assécher le réservoir de ses propres angoisses, au fond duquel le créateur sait souvent trouver ses idées les plus fortes?« J\u2019ai déjà pensé que c\u2019était contradictoire, confie la yogi, mais le travail de la méditation, ce n\u2019est pas de faire comme si on n\u2019en avait pas, des angoisses.Le yoga, c\u2019est accepter de reconnaître ses défauts, et c\u2019est aussi une philosophie non duelle.Il n\u2019y a pas de bien et de mal, de bon ou de pas bon, dans le yoga.Il faut accepter de se voir tel qu\u2019on est et cette at- titude-là du témoin, de l\u2019observateur qui ne juge pas, c\u2019est beaucoup ça, le travail de l\u2019écrivain quand il écrit son premier jet.» Apprendre à voir la beauté «Une année, sans qu\u2019on sache pourquoi, l\u2019hiver ne s\u2019est pas terminé.Depuis, tout est couvert de neige et de froid», écrit Maude Deschênes-Pradet dans Hivernages, hallucination apocalyptique d\u2019une humanité condamnée pour le reste de l\u2019éternité à errer dans des bottes à semelles mouillées, tout en essuyant de violentes bourrasques poudreuses.S\u2019agit-il d\u2019un hasard si le personnage de Thalie pratique le yoga afin de générer de la chaleur sous ses vêtements couverts de frimas, à l\u2019instar de ces milliers de Québécois qui se rendent chaque semaine au centre de yoga de leur quartier afin de générer de la chaleur quelque part au fond de leur poitrine?Évidemment que non.«Pour moi, Hivernages est un livre qui parle d\u2019espoir », insiste son au- teure, à qui l\u2019on soulignait la grande inquiétude face à notre avenir collectif traversant la glace épaisse de cette dystopie sortie de son imaginaire.«C\u2019est un univers qui, oui, est dur, où on meurt de froid et de faim, mais où les aurores boréales sont aussi vraiment belles, où les rencontres entre ces humains profondément fragiles se transforment en moments très touchants.Le contraste entre la nécessité de survie et ces instants de tendresse met en exergue ces étincelles de beauté qui surgissent tout le temps dans la vie, peu impor te la situation.» « C\u2019est pour ces raisons-là qu\u2019on vient au yoga ou à la littérature : pour tenter de trouver du sens », laissera tomber un peu plus tard au cours de la conversation celle qui dit faire au quotidien le choix de voir le beau.Le récit du plus précieux moment que lui aura permis de vivre le yoga ne pourrait mieux en témoigner.«Ce jour-là, je n\u2019avais vraiment pas le goût d\u2019aller donner mon cours.J\u2019étais en peine d\u2019amour et je ne savais même pas si j\u2019allais être capable d\u2019arrêter de pleurer.Mais j\u2019y suis allée quand même et j\u2019ai réussi à trouver un peu de calme en moi, je suis parvenue à prendre une grande respiration et à sortir de ma propre vie, de ma propre peine.En finissant le cours, j\u2019étais étonnée de comment ça m\u2019avait fait du bien.Ç\u2019a été une belle leçon sur ce que ça peut apporter de sortir de soi un instant.» Destination : l\u2019universel Par-delà les contorsions physiques que sa pratique suggère, le yoga pointe fondamentalement vers la réduction de la taille de son ego, une idée en apparence dif ficilement conciliable avec le travail de l\u2019écrivain, appelé à commenter sa société sur la place publique, à se remémorer son enfance et, dans de très rares cas, à rigoler sur le plateau d\u2019une émission de télé, entre un jeune humoriste et une comédienne populaire.« Oui, la création artistique, c\u2019est exposer une part de soi, mais ce qui est intéressant dans la part de moi à partir de laquelle j\u2019écris, ce n\u2019est surtout pas ma petite personne », pense pour sa part Maude Deschênes-Pra- det.« Ce qui est intéressant, c\u2019est la part de moi qui rejoint l\u2019universel.La science, l\u2019art, la philosophie, le yoga, ce sont toutes des manières d\u2019essayer de comprendre comment ça marche, l\u2019être humain, comment ça marche, la vie.Ce qu\u2019on cherche en travaillant à se connaître soi, c\u2019est à connaître les autres.» En équilibre entre yoga et littérature Pour Maude Deschênes-Pradet, ces formes d\u2019art permettent d\u2019apprendre à se connaître et à connaître les autres En ce début d\u2019année, Le Devoir vous amène de l\u2019autre côté de la fiction, à la rencontre d\u2019écrivains qui gagnent leur croûte dans des boulots plutôt éloignés de la littérature.En apparence.Q « Ce qui est intéressant, c\u2019est la part de moi qui rejoint l\u2019universel », insiste la jeune auteure derrière Hivernages.RENAUD PHILIPPE LE DEVOIR | 3 5 É c r an s L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 J A N V I E R / 2 0 1 8 C U L T U R E CRITIQUE MANON DUMAIS LE DEVOIR Après avoir exploré la ville sexuelle aux quatre coins de la planète (Le sexe autour du monde), les grandes villes en compagnie d\u2019oiseaux de nuit (Voyages au bout de la nuit) et le rapport au corps dans différentes sociétés (Corps et monde), Philippe Desro- siers repart à la conquête du monde.Cette fois, l\u2019animateur-réalisateur se penche sur les rites entourant la naissance, le passage à l\u2019âge adulte, le mariage et la mort dans dix-huit pays en autant d\u2019épisodes.Dans le premier épisode de La vie en quatre temps, l\u2019infatigable globe- trotteur se rend aux Philippines, où la religion catholique, héritée des colons espagnols et américains, les rites ancestraux et la pauvreté influencent les différentes étapes de la vie.Il y rencontre Gemma, qui se prépare à accoucher dans une maison de naissance, puisqu\u2019il est interdit de donner naissance à la maison.Dans l\u2019espoir que leur enfant fasse de longues études, son mari enterre des cahiers d\u2019école avec le placenta.Par la suite, Philippe Desrosiers apporte son soutien à deux frères de douze et treize ans qui, afin de ne plus essuyer les moqueries de leurs camarades, vont se faire circoncire.Aux Philippines, la circoncision va au-delà de la question d\u2019hygiène, il en va de la vie sentimentale de l\u2019homme, puisque aucune femme ne consentira à l\u2019épouser s\u2019il n\u2019est pas circoncis.Alors qu\u2019il assiste au mariage de Paul André et Marigold, on apprend qu\u2019aux Philippines, où le divorce est interdit, les femmes recherchent chez un homme la position sociale, l\u2019amour et la beauté.Pour les hommes, la beauté passe avant l\u2019amour et la position sociale.Enfin, il se rend à des funérailles, tandis que se tient une déchirante veillée funèbre à la maison.Les proches du défunt organisent une soirée de casino afin de couvrir les frais funéraires.D\u2019une fête à l\u2019autre Au deuxième épisode, où il se pose au Maroc, le grand voyageur se rend au chevet de la petite Ferdouas (littéralement « paradis »).Selon la coutume musulmane, on rase une partie des cheveux du nouveau-né, on les dissimule dans une datte, qu\u2019on lance ensuite à la mer en criant «bis- millah» («au nom de Dieu»).C\u2019est à l\u2019animateur que reviendra l\u2019honneur de procéder à ce rituel.Après s\u2019être entretenu avec les fiers parents de Fatima, courageuse asthmatique de dix ans qui jeûne pour la première fois en prévision du Le sens de la fête Philippe Desrosiers s\u2019intéresse aux rites de passage à travers le monde Outre sa valeur sociologique et anthropologique, l\u2019un des intérêts de La vie en quatre temps, animée par Philippe Desrosiers (photo ci-contre), c\u2019est de nous faire découvrir que, d\u2019une culture à l\u2019autre, il existe des similarités entre les rites de passage.PHOTOS TV5 ramadan, Philippe Desrosiers assiste jusqu\u2019au petit matin aux noces de la superbe Soukaine, qui défile dans ses cinq robes de mariée.Autrefois, la tradition voulait que la femme porte dix robes pour son mariage.Enfin, il assiste à l\u2019enterrement d\u2019une femme, décédée quelques heures plus tôt.Seuls les hommes ont le droit de se rendre aux funérailles, puisque les pleurs des femmes sont considérés comme des insultes envers la volonté d\u2019Allah.Elles pourront accompagner les hommes au cimetière quarante jours plus tard.Rites similaires Outre sa valeur sociologique et anthropologique, l\u2019un des intérêts de La vie en quatre temps, c\u2019est de nous faire découvrir que, d\u2019une culture à l\u2019autre, il existe des similarités entre les rites de passage.Ainsi, les Cubains, à l\u2019instar des Philippins, ont hérité des colons espagnols certains rituels catholiques.À la manière des musulmans, on rase la tête des enfants hindous en signe de pureté.Quant aux mariages punjabis, ils rivalisent d\u2019extravagance et d\u2019opulence avec les mariages à la marocaine.Alors que les jeunes Amish par tent à la découver te du monde moderne lors de la rums- pringa, où ils peuvent se livrer à tous les excès, les jeunes Britanniques font la tournée des pubs.Qu\u2019il les accompagne lors d\u2019une cérémonie festive ou solennelle, Philippe Desrosiers parvient chaque fois à trouver la manière, le ton, le mot pour mettre les gens à l\u2019aise.Cette approche humaine contribue beaucoup au charme et à la force de La vie en quatre temps, qui repose sur une mécanique rigide.Bien que les rites de passage s\u2019avèrent fascinants, curieux et déstabilisants, la structure de chaque épisode donne bientôt à la série des airs de déjà-vu.Malgré cela, on ne veut pas manquer la prochaine destination que propose le sympathique et chaleureux animateur.La vie en quatre temps TV5, mardi, 21h L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 J A N V I E R / 2 0 1 8 C u l t u r e Té l év i s i o n 3 6 | ENTREVUE MANON DUMAIS LE DEVOIR l y a dix ans, soit à l\u2019époque où elle était directrice des variétés à Radio- Canada, Dominique Chaloult rêvait d\u2019une mouture québécoise de la série à sketches allemande Ladykra- cher, qui a fait l\u2019objet d\u2019une adaptation en France et en Espagne.Ayant à son actif les adaptations des séries flamandes Benidorm Bastards et What if ?, devenues respectivement l\u2019émission de caméra cachée Les détestables et la série à sketches Et si ?, Louis Morissette, de KOTV, s\u2019avérait le producteur idéal pour revamper le tout.Alors que la série originale pivotait autour d\u2019une seule comédienne, l\u2019Allemande née à Montréal Anke Engelke, Louis Morissette souhaitait que Les magnifiques mette en vedette un groupe d\u2019actrices.Les heureuses élues sont Léane La- brèche-Dor, Julie Ringuette, Geneviève Schmidt et Marie-Hélène Thibault, qui auront pour partenaires Dominic Paquet, Frédéric Pierre et Martin Vachon.Le producteur souhaitait que la série ne comporte que des sketches.Exit donc les numéros de stand-up devant public.Pour les besoins de la version québécoise, c\u2019est à peine la moitié des textes allemands qui ont été adaptés.On a également ajusté le niveau de jeu.« Le jeu est plus gros dans la série allemande, comme ça l\u2019est souvent dans les comédies européennes, explique Louis Morissette.Même ici, on a tendance à jouer gros, alors on voulait descendre en faisant confiance aux textes, aux situations.Ce sont quatre filles qui ont un timing comique de la mort, tu n\u2019as pas à leur expliquer où sont les jokes.Elles maximisent tout ce qu\u2019elles ont.» Femmes décomplexées « J\u2019aimais l\u2019idée que ce soit des femmes, que ce soit un humour très par ticulier, entre Like-moi ! et Les Appendices », raconte Dominique Chaloult.Dans l\u2019équipe de scripteurs, dirigée par le script-éditeur Jean- François Léger (Et si ?, Mes petits malheurs), on retrouve d\u2019ailleurs Sonia Cordeau, des Appendices.Quant à la réalisation des Magnifiques, elle a été confiée à Isabelle Garneau, réalisatrice-coordonna- trice, à Mathieu Gadbois (Génial) et à François St-Amant (LOL :-)).« Isabelle Garneau, qui est la réalisatrice de Like-moi ! et avec qui je travaille depuis 20 ans, a vraiment une exper tise dans l \u2019humour », confie la directrice générale d\u2019ICI Radio-Canada Télé.Si Dominique Chaloult n\u2019hésite pas à qualifier d\u2019absurde l\u2019humour des Magnifiques, Louis Morissette y met un bémol : « C\u2019est une série à sketches irrévérencieuse un brin absurde, entre le show à sketches traditionnel et l\u2019absurdité de Like- moi ! ; je trouve que c\u2019est accessible et que les codes sont très, très clairs.» Ainsi, dans l \u2019un des sketches, dont la durée varie de trente secondes à trois minutes, une femme enceinte empoigne les testicules d\u2019un collègue, qui vient de lui saisir Drôles de dames La série à sketches Les magnifiques s\u2019apprête à pimenter vos vendredis soir Marie-Hélène Thibault, Geneviève Schmidt, Léane Labrèche-Dor et Julie Ringuette RADIO-CANADA I C u l t u r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 J A N V I E R / 2 0 1 8 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 Du 25 au 31 décembre 2017 La BTLF (Société de gestion de la Banque de titres de langue française) est propriétaire du système d\u2019information et d\u2019analyse Gaspard sur les ventes de livres français au Canada.Ce palmarès est extrait de Gaspard et est constitué des relevés de caisse de 260 points de vente.La BTLF reçoit un soutien financier de Patrimoine canadien pour le projet Gaspard.© BTLF, toute reproduction totale ou partielle est interdite.AUTEUR/ÉDITEUR CLASSEMENT PRÉCÉDENT/ NB DE SEMAINE(S) RANG Palmarès Romans québécois Il y aura des morts Patrick Senécal/Alire 1/7 Affaires privées Marie Laberge/Québec Amérique 2/9 Une simple histoire d\u2019amour \u2022 Tome 3 Les rafales Louise Tremblay-D\u2019Essiambre/Guy Saint-Jean 3/6 Le peintre d\u2019aquarelles Michel Tremblay/Leméac 4/8 Avec un grand A Janette Bertrand/Libre Expression 5/8 Le plongeur Stéphane Larue/Quartanier 9/2 Une simple histoire d\u2019amour \u2022 Tome 2 La déroute Louise Tremblay-D\u2019Essiambre/Guy Saint-Jean 8/8 Les 3 p\u2019tits cochons Christian Boivin/ADA \u2013/1 Blanche Neige L.P.Sicard/ADA \u2013/1 Une simple histoire d\u2019amour \u2022 Tome 1 L\u2019incendie Louise Tremblay-D\u2019Essiambre/Guy Saint-Jean 6/6 Romans étrangers Origine Dan Brown/Lattès 1/12 Darker.Cinquante nuances plus sombres par Christian E.L.James/Lattès 2/3 Une colonne de feu Ken Follett/Robert Laffont 3/15 Millénium \u2022 Tome 5 La fille qui rendait coup pour coup David Lagercrantz/Actes Sud 4/16 La reine du bal Mary Higgins Clark | Alafair Burke/Albin Michel 5/6 La sorcière Camilla Läckberg/Actes Sud 6/6 Les yeux de Sophie Jojo Moyes/Milady \u2013/1 Double piège Harlan Coben/Belfond 10/8 Trois baisers Katherine Pancol/Albin Michel 9/12 Petite collection d\u2019os Kathy Reichs/Robert Laffont 7/11 Essais québécois En as-tu vraiment besoin?Pierre-Yves McSween/Guy Saint-Jean 1/62 Le peuple rieur.Hommage à mes amis Innus Serge Bouchard | Marie-Christine Lévesque/Lux 2/6 Dans mon livre à moi Olivier Niquet/Duchesne et du rêve 3/8 Le banc du temps qui passe.Méditations cosmiques Hubert Reeves/Seuil 7/7 La fin des exils.Résister à l\u2019imposture des peurs Jean-Martin Aussant/Atelier 10 5/6 Désordonnances Alain Vadeboncoeur/Lux 4/5 Le peuple brisé Alex Caine | François Perreault/Hugo Doc 9/8 À la table des philosophes Normand Baillargeon/Flammarion Québec 8/7 Petit carnet du rien-pantoute Marcel Sabourin/Planète rebelle 10/3 Lettres à une jeune entrepreneure Alexandre Taillefer | Pierre Cayouette/VLB 6/8 Essais étrangers Homo deus.Une brève histoire de l\u2019avenir Yuval Noah Harari/Albin Miche 2/16 Sapiens.Une brève histoire de l\u2019humanité Yuval Noah Harari/Albin Michel 1/97 Le miracle Spinoza Frédéric Lenoir/Fayard 4/6 Ça s\u2019est passé comme ça Hillary Rodham Clinton/Fayard 3/14 La vie secrète des arbres Peter Wohlleben/Multimondes 5/40 En quête d\u2019alternatives.L\u2019état du monde 2018 Collectif/Découverte \u2013/1 Dire non ne suffit plus.Contre la stratégie du choc de Trump Naomi Klein/Lux \u2013/1 Un bruit de balançoire Christian Bobin/Iconoclaste 7/7 L\u2019optimisme contre le désespoir Noam Chomsky | Chronis Polychroniou/Lux 8/2 Psychothérapie de Dieu Boris Cyrulnik/Odile Jacob 9/9 le ventre à pleines mains, en s\u2019écriant « y a de la vie là-dedans ! ».Dans une autre scène, un homme est incapable de trouver le beurre dans un frigo vide.« On se fout de la gueule des gars ben en masse ! » lance Louis Morissette.« Ce que je trouve intéressant, c\u2019est qu\u2019il y a un propos», croit Dominique Chaloult.La série s\u2019amuse aussi à inverser les clichés.Dans un sketch, un homme qui se trouve gros dans tous ses vêtements envie sa femme de se foutre complètement de ses défauts.Ne désirant pas débattre de la nature féministe des Magnifiques, le chef scénariste et producteur des Simone s\u2019en tient à ceci : «Féministe, pas féministe, la seule chose que je dirais, c\u2019est qu\u2019il y a une folie, un côté très débonnaire, une dégaine, une irrévérence qu\u2019on attribuait souvent aux hommes que l\u2019on retrouve chez ces filles, et je trouve ça ben l\u2019fun.On a déjà vu des mères indignes, de mauvaises amies, alors on les amène encore plus loin ; il n\u2019y a plus de retenue.» Dès le vendredi 8 janvier, à 21 h30, Les magnifiques atterriront sur les ondes d\u2019ICI Radio-Canada Télé entre Prière de ne pas envoyer de fleurs et Ouvrez les guillemets, respectivement animés par Patrice L\u2019Écuyer et François Morency : « Ce sont des humours très dif férents, souligne Dominique Chaloult, qui semble confiante quant à cette plage horaire.Pour ce genre de show là, les spectateurs vont chercher la case horaire.» Dans le cas d\u2019un rendezvous manqué, on retrouvera les sketches sur les réseaux sociaux, stratégie multiplateforme oblige.Les magnifiques Radio-Canada, vendredi, 21h30 Alors que la série originale pivotait autour d\u2019une seule comédienne, Louis Morissette souhaitait que Les magnifiques mette en vedette un groupe d\u2019actrices.CATHERINE LEGAULT LE DEVOIR Féministe, pas féministe, la seule chose que je dirais, c\u2019est qu\u2019il y a une folie, un côté très débonnaire, une dégaine, une irrévérence qu\u2019on attribuait souvent aux hommes que l\u2019on retrouve chez ces filles, et je trouve ça ben l\u2019fun.On a déjà vu des mères indignes, de mauvaises amies, alors on les amène encore plus loin ; il n\u2019y a plus de retenue.LOUIS MORISSETTE » L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 J A N V I E R / 2 0 1 8 C u l t u r e É c r a n s 3 8 | SAMEDI IGOR (5) É.-U.2008.Film d\u2019animation de Tony Leondis.- À la mort de son maître, l\u2019assistant bossu d\u2019un savant démoniaque réalise enfin son rêve de s\u2019élever au rang d\u2019inventeur.TQ 9h BOB L\u2019ÉPONGE \u2013 LE FILM (4) (The Spongebob Squarepants Movie), É.-U.2004.Film d\u2019animation de Stephen Hillenburg.- Bob l\u2019éponge et son ami, l\u2019étoile de mer Patrick, doivent retrouver la couronne du roi Neptune qui a été volée.TQ 15h30 ANALYSE-MOI CECI (5) (Analyze That), É.-U.2002.Comédie policière d\u2019Harold Ramis avec Billy Crystal, Robert De Niro, Lisa Kudrow.- À sa sortie de prison, un gangster notoire ayant feint une dépression nerveuse est placé sous la protection d\u2019un psychiatre qui l\u2019a déjà traité.MAX 15h30 LA MATRICE RECHARGÉE (4) (The Matrix Reloaded), É.-U.2003.Science-fiction d\u2019Andy Wachowski avec Keanu Reeves, Laurence Fishburne, Carrie- Anne Moss.- Trois combattants cherchent dans un monde parallèle virtuel le moyen de contrer les menées d\u2019une entité qui menace l\u2019humanité.V 15h45 L\u2019HOMME D\u2019ACIER (4) (Man of Steel), É.-U.2013.Science-fiction de Zack Snyder avec Henry Cavill, Amy Adams, Michael Shannon.- Un extraterrestre élevé sur la Terre et doté de pouvoirs extraordinaires combat un compatriote surgi de l\u2019espace qui menace de détruire l\u2019humanité.TVA 18h30 DRAGONS 2 (4) (How to Train Your Dragon 2), É.-U.2014.Film d\u2019animation de Dean DeBlois.- Un jeune viking, qui a appris aux habitants de son village à vivre en harmonie avec les dragons, combat un terrible chasseur capable de contrôler ces bêtes à des fins maléfiques.TQ 18h30 X-MEN \u2013 JOURS D\u2019UN AVENIR PASSÉ (4) (X-Men \u2013 Days of Future Past), É.-U.2014.Science-fiction de Bryan Singer avec Hugh Jackman, Jennifer Lawrence, James McAvoy.- Wolverine retrouve dans le passé les jeunes professeur X et Magneto, afin qu\u2019ils l\u2019aident à empêcher Mystique de commettre un meurtre qui aura des conséquences néfastes sur les X-Men.V 18h30 CŒUR D\u2019ENCRE (5) (Inkheart), All.2008.Drame fantastique d\u2019Iain Softley avec Brendan Fraser, Paul Bettany, Helen Mirren.- Un homme ayant le pouvoir de donner vie aux personnages de livres tente de retrouver son épouse enlevée par ceux sortis d\u2019un roman médiéval.TQ 20h20 PEARL HARBOR (5) É.-U.2001.Drame de guerre de Michael Bay avec Ben Affleck, Josh Hartnett, Kate Beckinsale.- Deux jeunes pilotes en viennent à rivaliser pour l\u2019amour d\u2019une infirmière à la veille du bombardement de Pearl Harbor.MAX 20h30 UNE HISTOIRE VRAIE (2) (The Straight Story), É.-U.1999.Drame de David Lynch avec Richard Farnsworth, Sissy Spacek, Wiley Harker.- Un homme de 73 ans entreprend un long voyage au volant d\u2019une tondeuse à gazon pour se réconcilier avec son frère malade.TFO 21h LA DAME DE L\u2019EAU (4) (Lady in the Water), É.-U.2006.Conte de M.Night Shyama- lan avec Paul Giamatti, Bryce Dallas Howard, M.Night Shyama- lan.- Avec les locataires de son immeuble, un concierge de Philadelphie tente d\u2019aider une nymphe à retourner dans son monde.V 21h DRACULA INÉDIT (5) (Dracula Untold), É.-U.2014.Drame fantastique de Gary Shore avec Luke Evans, Sarah Gadon, Dominic Cooper.- En Transylvanie, au XVe siècle, Vlad Tepes cherche à protéger les siens d\u2019un sultan ennemi en concluant un pacte faustien qui risque de le vouer à la damnation éternelle.TVA 21h30 GREYSTOKE \u2013 LA LÉGENDE DE TARZAN, SEIGNEUR DES SINGES (3) (Greystoke \u2013 The Legend of Tarzan, Lord of the Apes), G.-B.1983.Aventures de Hugh Hudson avec Christophe Lambert, Andie MacDowell, Ian Holm.- Élevé dans la jungle africaine par une guenon, un orphelin de famille aristocratique est ramené chez lui par un explorateur belge.TQ 22h17 LE SECRET DES POIGNARDS VOLANTS (3) Chin.2004.Aventures de Zhang Yimou avec Takeshi Kaneshiro, Zhang Ziyi, Andy Lau.- En Chine, au IXe siècle, un jeune capitaine s\u2019éprend de la fille présumée du chef d\u2019un clan de rebelles.TFO 22h54 MOI, FRANKENSTEIN (5) (I, Frankenstein), É.-U.2014.Drame fantastique de Stuart Beattie avec Aaron Eckhart, Bill Nighy, Miranda Otto.- Créé à la fin du XVIIIe siècle par le docteur Frankenstein, un monstre d\u2019apparence humaine devient de nos jours l\u2019enjeu du combat entre le prince des démons et la reine des gargouilles.TVA 23h45 DANNY COLLINS (5) É.-U.2015.Comédie dramatique de Dan Fogelman avec Al Pacino, Bobby Cannavale, Annette Bening.- Après avoir reçu de son gérant une lettre que John Lennon lui avait envoyée il y a quarante ans, un chanteur rock sur le déclin reprend sa vie en main.TQ 0h44 LA GRANDE SAUTERELLE (5) Fr.1967.Drame policier de Georges Lautner avec Mireille Darc, Hardy Krüger, Maurice Biraud.- En attendant de perpétrer un vol au Liban, un truand s\u2019amourache d\u2019une jolie fille dégourdie.TFO 1h38 LE VOYAGE FANTASTIQUE (3) (Fantastic Voyage), É.-U.1966.Science-fiction de Richard Fleischer avec Stephen Boyd, Raquel Welch, Edmond O\u2019Brien.- Un sous-marin miniaturisé avec un équipage de cinq personnes est injecté dans une veine d\u2019un savant blessé.RC 2h05 DIMANCHE WALLACE ET GROMIT \u2013 LE MYSTÈRE DU LAPIN-GAROU (3) (Wallace & Gromit \u2013 The Curse of the Were-Rabbit), G.-B.2005.Film d\u2019animation de Steve Box.- Un inventeur et son fidèle petit chien cherchent à capturer un lapin mutant géant qui festoie la nuit dans les potagers de leur village.TQ 9h LA TUEUSE CAMÉLÉON (5) Fr.2015.Drame policier de Josée Dayan avec Catherine Frot, Jeanne Balibar, Julie Depardieu.- Une policière traque une tueuse en série qui cible des femmes solitaires pour usurper leur identité.TV5 13h DR SEUSS \u2013 HORTON ENTEND UN QUI! (3) (Dr.Seuss\u2019 Horton Hears a Who!), É.-U.2008.Film d\u2019animation de Jimmy Hayward.- Malgré l\u2019opposition d\u2019un influent kangourou, un éléphant s\u2019efforce de mettre à l\u2019abri une poussière contenant une ville microscopique.TVA 14h HISTOIRE DE JOUETS 2 (3) (Toy Story 2), É.-U.1999.Film d\u2019animation de John Lasseter.- Des jouets animés d\u2019une vie propre partent à la rescousse d\u2019un des leurs enlevé par un collectionneur cupide.RC 15h LE MANOIR MAGIQUE (4) (The House of Magic), Bel.2013.Film d\u2019animation de Ben Stassen.- Le vieux magicien qui l\u2019a recueilli étant hospitalisé, un chat tente d\u2019empêcher la vente de son manoir par son vil neveu, en faisant croire aux visiteurs que les lieux sont hantés.TQ 15h30 MON FANTÔME D\u2019AMOUR (4) (Ghost), É.-U.1990.Drame fantastique de Jerry Zucker avec Patrick Swayze, Demi Moore, Whoopi Goldberg.- Devenu un fantôme après son assassinat, un jeune cadre se sert d\u2019un faux médium pour contacter sa compagne aux prises avec des criminels.MAX 15h30 À LA CROISÉE DES MONDES \u2013 LA BOUSSOLE D\u2019OR (4) (The Golden Compass), É.-U.2007.Drame fantastique de Chris Weitz avec Dakota Blue Richards, Nicole Kidman, Tom Courtenay.- Dans un univers parallèle, une orpheline part à la rescousse de son meilleur ami, enlevé par le gouvernement pour fins d\u2019expérience scientifique.TVA 15h45 LA MATRICE \u2013 RÉVOLUTIONS (4) (The Matrix \u2013 Revolutions), É.-U.2003.Science-fiction d\u2019Andy Wachowski avec Keanu Reeves, Carrie-Anne Moss, Hugo Weaving.- Des humains réfugiés dans une ville souterraine subissent l\u2019assaut d\u2019une armée de machines.V 16h15 PEARL HARBOR Voir amedi, 20h30.MAX 17h30 ASTÉRIX LE GAULOIS (5) Fr.1968.Dessins animés de Ray Goossens.- En 50 avant J.-C., le chef des Romains tente en vain de voler aux Gaulois le secret de leur potion magique.TQ 18h30 DANS LA TEMPÊTE (5) (Into the Storm), É.-U.2014.Film catastrophe de Steven Quale avec Richard Armitage, Sarah Wayne Callies, Matt Walsh.- Tout en tentant de sauver leur vie, divers habitants d\u2019une petite ville et des spécialistes des phénomènes climatiques filment en direct une série de tornades qui ravagent la région.TVA 20h BIENVENUE À PLEASANTVILLE (3) (Pleasantville), É.-U.1998.Comédie fantaisiste de Gary Ross avec Tobey Maguire, Reese Witherspoon, Joan Allen.- Un adolescent timoré et sa sœur plus délurée sont projetés dans l\u2019univers d\u2019une série télévisée des années 1950.TQ 20h STARBUCK (4) Can.2011.Comédie de Ken Scott avec Patrick Huard, Julie Le Breton, Antoine Bertrand.- Un homme immature de 42 ans, qui a fait maints dons de sperme dans sa jeunesse, doit faire face au recours collectif de 142 de ses 533 enfants biologiques.ARTV 21h CHAT NOIR, CHAT BLANC (4) Fr.1998.Comédie burlesque d\u2019Emir Kusturica avec Bajram Severdzan, Srdan Todorovic, Florijan Ajdini.- Pour dédommager un gangster, un gitan accepte de marier son fils avec la sœur naine et irascible de l\u2019escroc.TFO 21h HYENA ROAD \u2013 LE CHEMIN DU COMBAT (5) (Hyena Road), Can.2015.Drame de guerre de Paul Gross avec Rossif Sutherland, Paul Gross, Clark Johnson.- En Afghanistan, un tireur d\u2019élite et un agent du renseignement canadien cherchent à obtenir l\u2019aide d\u2019un moudjahidine légendaire.V 21h30 JEAN DE FLORETTE (3) Fr.1986.Comédie dramatique de Claude Berri avec Daniel Au- teuil, Gérard Depardieu, Yves Montand.- En bouchant la source qui se trouve sur la terre d\u2019un voisin décédé, deux cultivateurs espèrent pousser son héritier à quitter le domaine.TQ 22h16 LA FILLE DE D\u2019ARTAGNAN (4) Fr.1994.Aventures de Bertrand Tavernier avec Sophie Marceau, Philippe Noiret, Sami Frey.- Une jeune fille convainc son père mousquetaire de l\u2019aider à retrouver les auteurs d\u2019un massacre commis dans son couvent.TFO 23h05 MANON DES SOURCES (2) Fr.1986.Comédie dramatique de Claude Berri avec Emmanuelle Béart, Yves Montand, Daniel Auteuil.- Une sauvageonne se venge de deux cultivateurs qui ont causé indirectement la mort de son père.TQ 0h28 DES GENS COMME LES AUTRES (3) (Ordinary People), É.-U.1980.Drame psychologique de Robert Redford avec Donald Sutherland, Mary Tyler Moore, Timothy Hutton.- Un adolescent supporte mal la mort accidentelle de son frère aîné.RC 0h30 PARIS, TEXAS (1) All.1984.Drame de Wim Wenders avec Harry Dean Stanton, Hunter Carson, Nastassja Kinski.- Après une longue errance, un homme regagne l\u2019affection de son jeune fils, élevé par son frère, puis se met à la recherche de son épouse.TFO 1h19 LA VIE ET TOUT LE RESTE (4) (Anything Else), É.-U.2003.Comédie de mœurs de Woody Allen avec Woody Allen, Jason Biggs, Christina Ricci.- Les problèmes sentimentaux et professionnels d\u2019un jeune auteur comique qui a pour mentor un enseignant sexagénaire obsédé par l\u2019autodéfense.RC 2h30 MURIEL (4) (Muriel\u2019s Wedding), Aust.1994.Comédie dramatique de Paul J.Hogan avec Toni Collette, Rachel Griffiths, Bill Hunter.- Peu appréciée de son entourage, une fille grassouillette qui rêve d\u2019un mariage romantique quitte son bled natal pour aller vivre à Sydney avec une copine.TQ 2h33 LUNDI HITCH (4) É.-U.2005.Comédie sentimentale d\u2019Andy Tennant avec Will Smith, Eva Mendes, Kevin James.- Alors qu\u2019il conseille un client gaffeur, un consultant en séduction masculine tombe lui-même amoureux d\u2019une journaliste effarouchée.TVA 13h POULET AUX PRUNES (3) Fr.2011.Comédie dramatique de Marjane Satrapi avec Mathieu Amalric, Maria de Medeiros, Édouard Baer.- En 1958, un violoniste iranien, dont l\u2019instrument a été détruit, se laisse mourir dans son lit, où il se remémore sa vie marquée par un mariage malheureux et un amour impossible.TQ 13h LA RAISON DU PLUS FAIBLE (3) Fr.2006.Drame policier de Lucas Belvaux avec Éric Caravaca, Lucas Belvaux, Claude Semal.- À Liège, trois hommes désœu- vrés préparent un vol dans une usine désaffectée, avec l\u2019aide d\u2019un ex-détenu.TFO 21h UNREST (3) G.-B.2017.Documentaire de Jennifer Brea.- Elle-même atteinte du syndrome de fatigue chronique, la réalisatrice entreprend de démystifier cette maladie dont l\u2019existence n\u2019est pas unanimement reconnue.PBS (WETK) 22h OCULUS (4) É.-U.2013.Drame d\u2019horreur de Mike Flanagan avec Brenton Thwaites, Karen Gillan, Katee Sackhoff.- Dix ans après la mort violente de leurs parents, une femme et son jeune frère affrontent le miroir maléfique à l\u2019origine de ce terrible drame.V 0h CHAT NOIR, CHAT BLANC Voir dimanche, 21h.TFO 0h18 L\u2019EMMERDEUR (5) Fr.2008.Comédie de Francis Veber avec Richard Berry, Patrick Timsit, Pascal Elbé.- Un tueur à gages planifiant un assassinat depuis sa chambre d\u2019hôtel voit ses desseins contrecarrés par la présence d\u2019un voisin suicidaire.TVA 0h35 UNE HISTOIRE VRAIE Voir samedi, 21h.TFO 2h23 MARDI 54 (V.F.) (5) (54), É.-U.1998.Drame de mœurs de Mark Christopher avec Ryan Phillippe, Mike Myers, Neve Campbell.- Les tribulations d\u2019un jeune barman d\u2019origine modeste qui travaille dans une discothèque new-yorkaise fréquentée par des célébrités.VIE 13h LE FANTÔME DE LA LIBERTÉ (3) Fr.1974.Comédie satirique de Luis Bunuel avec Jean-Claude Brialy, Michel Lonsdale, Jean Rochefort.- Enchaînement fantaisiste d\u2019épisodes insolites s\u2019appliquant à faire la satire de divers aspects de l\u2019ordre établi.TFO 21h LA RAISON DU PLUS FAIBLE Voir lundi, 21h.TFO 0h14 LES GAZELLES (5) Fr.2014.Comédie de Mona Achache avec Camille Chamoux, Audrey Fleurot, Joséphine de Meaux.- Une trentenaire bien rangée quitte son conjoint pour faire la virée des boîtes de nuit avec sa nouvelle bande d\u2019amies célibataires.TVA 0h35 CHAT NOIR, CHAT BLANC Voir dimanche, 21h.TFO 2h07 MERCREDI TOUT VA BIEN (4) (Everybody\u2019s Fine), É.-U.2009.Comédie dramatique de Kirk Jones avec Robert De Niro, Drew Barrymore, Sam Rockwell.- Un veuf retraité décide d\u2019aller rendre visite sans s\u2019annoncer à ses quatre enfants dispersés à travers les États-Unis.TVA 13h Q.I.(4) (I.Q.), É.-U.1994.Comédie sentimentale de Fred Schepisi avec Tim Robbins, Meg Ryan, Walter Matthau.- S\u2019étant pris de sympathie pour un jeune mécanicien, le physicien Albert Einstein décide de l\u2019aider à conquérir le cœur de sa nièce.VIE 13h LA PLAYA D.C.(4) Col.2011.Drame de Juan Andres Arango avec Luis Carlos Guevara, James Solis, Andrés Murillo.- Un jeune Afro-Colom- bien, parti à la recherche de son petit frère drogué, tente de trouver sa place dans un quartier difficile de Bogota.TFO 21h THÉRÈSE DESQUEYROUX (3) Fr.1962.Drame psychologique de Georges Franju avec Emmanuelle Riva, Philippe Noiret, Édith Scob.- Une femme malheureuse tente d\u2019empoisonner son mari.ARTV 22h30 LE FANTÔME DE LA LIBERTÉ Voir mardi, 21h.TFO 0h AVANT LA NUIT TOUT EST POSSIBLE (4) (Before Sunset), É.-U.2004.Comédie sentimentale de Richard Linklater avec Ethan Hawke, Julie Delpy, Vernon Dobtcheff.- De passage à Paris pour la promotion de son premier roman, un écrivain américain renoue avec une jeune Française rencontrée neuf ans plus tôt à Vienne.TVA 0h35 Q.I.Voir mercredi, 13h.VIE 1h LA RAISON DU PLUS FAIBLE Voir lundi, 21h.TFO 1h48 JEUDI LA STAR DU DOUBLAGE (4) (In a World.), É.-U.2012.Comédie de Lake Bell avec Lake Bell, Fred Melamed, Demetri Martin.- Une coach vocale tente de percer dans le milieu typiquement masculin des voix off de bandes-annonces, dont son père est le roi incontesté.TVA 13h ÉDOUARD ET CAROLINE (3) Fr.1951.Comédie de Jacques Becker avec Daniel Gélin, Anne Vernon, Jean Galland.- Deux jeunes époux viennent près de se séparer à la suite d\u2019une querelle.TFO 21h STARBUCK Voir dimanche, 21h.ARTV 22h HALLOWEEN H20: VINGT ANS PLUS TARD (5) (Halloween H20: Twenty Years Later), É.-U.1998.Drame d\u2019horreur de Steve Miner avec Jamie Lee Curtis, Adam Arkin, Joseph Gordon-Levitt.- Vingt ans après avoir été la cible d\u2019un tueur en série masqué un soir d\u2019Halloween, une femme revit le même cauchemar.Z 23h LA PLAYA D.C.Voir mercredi, 21h.TFO 0h10 LE FANTÔME DE LA LIBERTÉ Voir mardi, 21h.TFO 1h42 VENDREDI DEUX FRÈRES (4) (Two Brothers), Fr.2004.Aventures de Jean-Jacques Annaud avec Guy Pearce, Jean-Claude Dreyfus, Freddie Highmore.- Séparés peu après leur naissance, deux tigres de la jungle indochinoise vivent diverses tribulations parmi les humains avant de se retrouver.TVA 13h TOUTE BONNE CHOSE (4) (All Good Things), É.-U.2009.Drame policier d\u2019Andrew Jarecki avec Ryan Gosling, Kirsten Dunst, Frank Langella.- Dans les années 1970, les circonstances nébuleuses entourant la disparition de l\u2019épouse du riche héritier d\u2019un magnat de l\u2019immobilier new-yorkais.VIE 13h L\u2019ÉVEIL D\u2019UN CHAMPION (4) (The Blind Side), É.-U.2009.Drame sportif de John Lee Hancock avec Quinton Aaron, Sandra Bullock, Tim McGraw.- À Memphis, un adolescent afro-américain est recueilli par une famille blanche aisée qui l\u2019encourage à développer son talent prodigieux pour le football.MAX 20h LA COLLECTIONNEUSE (3) Fr.1967.Drame psychologique d\u2019Éric Rohmer avec Patrick Bauchau, Haydée Politoff, Daniel Pommereulle.- Trois jeunes gens font connaissance dans la villa d\u2019un ami près de Saint- Tropez.TFO 21h L\u2019ARME FATALE 2 (4) (Lethal Weapon 2), É.-U.1989.Drame policier de Richard Donner avec Mel Gibson, Danny Glover, Joe Pesci.- Deux inspecteurs disparates poursuivent des truands qui se révèlent être des agents sud-africains protégés par leur immunité diplomatique.V 21h STARBUCK Voir dimanche, 21h.RC 23h05 LA RITOURNELLE (4) Fr.2014.Comédie dramatique de Marc Fitoussi avec Isabelle Huppert, Jean-Pierre Darroussin, Michael Nyqvist.- Une fermière de Normandie décide sur un coup de tête d\u2019aller rejoindre un jeune homme à Paris, sans se douter que son mari l\u2019a suivie et la surveille discrètement.TQ 23h30 COLLATÉRAL (4) (Collateral), É.-U.2004.Thriller de Michael Mann avec Tom Cruise, Jamie Foxx, Jada Pinkett Smith.- Un chauffeur de taxi est pris en otage par un tueur professionnel qui doit abattre cinq individus en une nuit dans divers quartiers de Los Angeles.TVA 23h35 ÉDOUARD ET CAROLINE Voir jeudi, 21h.TFO 23h58 TOUTE BONNE CHOSE Voir vendredi, 13h.VIE 1h LA PLAYA D.C.Voir mercredi, 21h.TFO 1h43 L E S F I L M S À VO I R C E T T E S E M A I N E À L A T É L É V I S I O N | 3 9 C u l t u r e É c r an s L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 J A N V I E R / 2 0 1 8 MANON DUMAIS LE DEVOIR Pour un soir seulement Désopilante dans Boomerang, Magalie Lépine-Blondeau dévoilera d\u2019autres facettes de son potentiel comique à SNL Québec.Lui prêteront main-forte Léane Labrèche-Dor, Phil Roy, Pier-Luc Funk, Katherline Levac, Mathieu Quesnel, Virginie Fortin, Guillaume Girard et Mickaël Gouin.Daniel Bélanger assurera le segment musical de cette émission spéciale de 90 minutes.SNL Québec Radio-Canada, samedi, 21h SU R VOS ÉC R A N S \u2014 D E G R A N DS R E TO U RS Le visionnement en continu de la semaine Au cinéma, les adaptations de Blade Runner, de Total Recall et de Minority Report ont fait courir les foules.Qu\u2019en sera-t-il de cette série d\u2019anthologie américano- britannique qui s\u2019inspire des nouvelles de Philip K.Dick?Dans le premier des dix épisodes de The Hood Maker, réalisé par Julian Jarrold (Kinky Boots), deux détectives (Holliday Grainger et Richard Madden) recherchent le créateur d\u2019une cagoule empêchant des mutants de lire les pensées des gens s\u2019opposant aux dirigeants d\u2019un régime répressif.Une série qui devrait plaire aux admirateurs de Black Mirror et autres séries dystopiques.Philip K.Dick\u2019s Electric Dreams Sur Amazon, dès vendredi Qualité de vie Si l\u2019on se fie au sketch où des automobilistes (Marie-Soleil Dion et Philippe- Audrey Larrue-Saint-Jacques), des piétons (Karine Gonthier-Hyndman et Guillaume Lambert) et des cyclistes (Katherine Levac et Adib Alkhalidey) revendiquent haut et fort leur qualité de vie, la troisième saison de la série à sketches de Marc Brunet, Like-moi!, promet d\u2019être hilarante.On a hâte d\u2019y découvrir les nouveaux tutoriels beauté de l\u2019irrésistible Gaby Gravel (Florence Longpré)! Que deviennent Audrey (Julie Perreault) et Frank (Rossif Sutherland) ?On le saura bientôt puisque la deuxième saison de Catastrophe, comédie dramatique réalisée par Louise Archambault d\u2019après la série britannique de Sharon Horgan, nous les ramène trois ans et deux enfants plus tard.La vie de banlieue nuirait à leur couple\u2026 Like-moi ! Télé-Québec, lundi, 22h Catastrophe Super Écran, dimanche, 20h30 Recyclage télé Mise en ligne en juin sur tou.tv Extra, la série dramatique Cheval-Ser- pent de Danielle Trottier (Unité 9) et Sylvain Archambault (Les pays d\u2019en haut), s\u2019amène à la télévision traditionnelle.Guillaume Lemay-Thi- vierge et Sophie Prégent y interprètent les propriétaires d\u2019un club de danseurs qui luttent pour la survie de leur établissement (notre photo).À l\u2019instar de Mensonges et de Blue Moon, la série fantastique Prémonitions, d\u2019Estelle Bouchard (2 frères) et Charles-Olivier Mi- chaud (Boomerang), d\u2019abord dif fusée sur Addik TV en août 2016, atterrit sur les ondes de TVA.Pascale Bussières y incarne une mère devant protéger du monde extérieur ses enfants qui possèdent des dons extraordinaires.Cheval-Serpent Radio-Canada, mercredi, 21h Prémonitions TVA, jeudi, 21h L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 J A N V I E R / 2 0 1 8 C u l t u r e Té l év i s i o n 4 0 | 01/08 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal District 31 Lâcher prise Ruptures Les pays d'en haut Le Téléjournal Sports/ Marina TVA TVA nouvelles Le Tricheur Bloopers En tout cas L'échappée Fugueuse / Trip de gang TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ Cochon dingue Conseils Génial! Ça vaut le coût Point doc Formule Diaz Like-moi! Mc$ween Belle et Bum V Souper parfait Guerre clans À LA RECHERCHE DU GOÛT PERDU (2016) Taylor Cole.SEXE, MENSONGE ET MEURTRE (2016) Roselyn Sanchez.Atomes ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal RDI économie Le National Le National TV5 Champion Journal FR Mixeur Champions Jeunesses hitlériennes: l'endoctrinement d'une nation Ni dieu ni maître Journal/ C à dire CANAL D Douanes Douanes Transports Enchères Structures abandonnées Phénomènes vus de l'espace R.I.S, police scientifique Craindre voisin CANAL VIE Vendre ou rénover?ByeMaison Quoi ton plan?Maigrir pour gagner Marié ou éliminé Réno par le haut Vendre ou rén.RDS 17h00 Le 5 à 7 Hockey 360° émotions Maurice Richard Hors-jeu 2.0 L'antichambre (D) Sports 30 émotions HISTORIA Les a$ de la brocante Les a$ de la brocante Top 10 de l'Antiquité Les a$ de la brocante Les a$ de la brocante Béliveau ICI ARTV Temps-Paix Temps-Paix Les grandes entrevues ICI on chante LNI: 40 ans d'improvisation / Michel Rivard Défier la magie Vie secrète EXPLORA Galápagos / Nées du feu Alex+Tyler, éco Afrique sauvage / Kalahari Stupidité À l'épreuve d'une tribu Rivalité de génies Curiosity Z Remorquage Dans l'net Les pires chauffards québécois Star Trek: Discovery Animal Kingdom Arrow Star Trek: Voy.SAVOIR Face à Face uniVERT Découvertes Valise de plus Autisme Virus géants 21h50 L'ONU uniVERT Monde Saint-Laurent TFO Amélie/ Je dors Top!/ Top! Subito texto Motel Monstre Conseils Carte de visite 22h55 Carte de visite Planète Instinct Sauvage Sauvés par des Justes Au Pays d'Azur Panoramas Faits divers CBC CBCNews On the Money Coronation St.Coronation St.Murdoch Mysteries / F.L.A.S.H.Frankie Drake / Ties That Bind CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang Lucifer Young Sheldon The Big Bang The Good Doctor Partie 1 de 2 CTV National GBL 17h30 News Global National E.T.Canada Ent.Tonight The Wall / Victor and Evelyn Chicago Med / Ties That Bind The Brave Global News ABC News at 6 News Local 22 News Inside Edition The Bachelor The Good Doctor Partie 1 de 2 News at 11 CBS Channel 3 News at Six Evening News Ent.Tonight The Big Bang Kevin Can Wait Young Sheldon Super Donuts S.W.A.T./ Impostesrs Ch.3 News PBS (33) PBS NewsHour This Old House Hour Antiques Roadshow Antiques Roadshow Independent Lens / Unrest UNIS Pense vite! Cracks du lab Voyage Oiseaux Guides d'aventures À plein gaz Chars Peaky Blinders Canada, nature HBO 17h45 I Am Chris Farley 19h25 DAVID BOWIE: THE LAST FIVE YEARS Class Divide 22h20 Words Built America 23h10 Portal TVA Sports 17h30 #Lavoie LHJMQ LNH Hockey / Blue Jackets de Columbus c.Maple Leafs de Toronto (D) Dave Morissette en direct Le TVA sports LHJMQ 01/07 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal Découverte ICI Laflaque Tout le monde en parle Le Téléjournal 1001 vies TVA TVA nouvelles VLOG Ça commence bien l'année DANS LA TEMPÊTE (2014) Richard Armitage.21h45 Vive Montréal 22h45 TVANou.23h15 Fréq TQ MAMMOUTH ASTÉRIX LE GAULOIS (1968) 19h45 Pikpoket BIENVENUE À PLEASANTVILLE (1998) Reese Witherspoon.22h15 JEAN DE FLORETTE (1986) V 16h15 LA MATRICE: RÉVOL.LE STAGE (2013) avec Owen Wilson, Rose Byrne, Vince Vaughn.HYENA ROAD: LE CHEMIN DU COMBAT (2015) Paul Gross.ICI RDI Le Téléjournal L'info 24/60 Le Téléjournal Le Téléjournal Le Téléjournal Second Regard Le Téléjournal TV5 Saison au zoo Journal FR On n'est pas couché Tendance 22h45 Échos-L.Journal/ L\u2019invité CANAL D Galas ComediHa! 2015 Docu-D / Extraterrestres: Le guide complet Les routes de l'enfer Déconstruire la ville Le cosmos CANAL VIE Meilleur que le chef! Donnez au suivant LA TRAHISON DE MON MARI (2013) J'aurais pu mourir Maigrir gagner RDS Sports 30 Hockey 360° LNH Hockey / Canucks de Vancouver c.Canadiens de Montréal (D) L'antichambre (D) Sports 30 Canadien HISTORIA Récupérateurs Récupérateurs Espions parmi Espions parmi Infiltrateur Infiltrateur Braqueurs Braqueurs Truck non stop Truck non stop Fous bolides ICI ARTV LNI: 40 ans d'improvisation / Michel Rivard Nouveau Science illusion STARBUCK (2011) avec Julie LeBreton, Patrick Huard.Nouveau EXPLORA S'aime chien Animo Mystérieux vestiges Étincelles de génie Mégastructures nazies Découverte Étincelles Z Remorquage Démolition Remorquage Prêt sur gage Prêt sur gage Prêt sur gage Star Trek: Discovery Prêt sur gage Prêt sur gage Prêt sur gage SAVOIR CORIM Québec monde Planète Terre MTL innovante Encore plus Électron/ Thèse uniVERT Archi branchés Voir autrement 22h50 Idées Cinéma québec TFO Subito texto Top!/ Top! Les jumelles Danse rêves Mosquée Citoyen monde CHAT NOIR, CHAT BLANC (1998) Branka Katic.Cinéma Planète 17h30 Humains Life: L'aventure de la vie Nous détestent-ils?/ Nous, les homosexuels?Topoï: L'époque / Complot La garde rapprochée d'Hitler Les oubliés CBC 17h00 LASSIE (2005) Heartland / A Fine Balance The Nature of Things CBC Docs POV / Angry Inuk CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal The Big Bang The Big Bang The 75th Annual Golden Globe Awards National News GBL Global News Global National BorderSecur TheSimpsons Wisdom of the Crowd NCIS: Los Angeles Madam Secretary / Mitya Global News ABC News News at 6:30 Funniest Home Videos Funniest Home Videos Shark Tank Shark Tank News at 11 CBS 16h30 Basket.Ch.3 News 60 Minutes Wisdom of the Crowd NCIS: Los Angeles Madam Secretary / Mitya 3 News PBS (33) Great British Baking / Cake American Masters Masterpiece Classic Masterpiece Classic Masterpiece Classic Midwife UNIS Le p'tit cabaret À fond de train / Amherst Chair de poule Chair de poule Radio enfer Radio enfer Galaxie près Galaxie près Peaky Blinders HBO 16h55 Lights MEAN DREAMS (2016) Sophie Nélisse.20h20 It's Me Hilary BEWARE THE SLENDERMAN (2016) Richard Dawkins.You Me Her TVA Sports Kevin Raphael RAW ATP Tennis - Tournoi de Brisbane International Finale Le TVA sports Hockey / Edmonton vs Chicago 01/06 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal La Petite Vie En direct de l'univers / Serge Denoncourt Grand Rire Le SNL de Magalie / Léane Labrèche-Dor Le Téléjournal Héros/ Marilyn TVA TVA nouvelles L'HOMME D'ACIER (2013) avec Amy Adams, Michael Shannon, Henry Cavill.21h20 DRACULA INÉDIT (2014) Luke Evans.23h05 TVANou.TQ Cochon dingue DRAGONS 2 (2014) 20h20 COEUR D'ENCRE (2007) Brendan Fraser.22h15 GREYSTOKE: LA LÉGENDE DE TARZA.V Cinéma X-MEN: JOURS D'UN AVENIR PASSÉ (2014) avec Ian McKellen, Patrick Stewart.LA DAME DE L'EAU (2006) avec Jeffrey Wright, Paul Giamatti.ICI RDI La Semaine verte L'info L'info Grands reportages / Game fever Le Téléjournal Le Téléjournal Le Téléjournal Le Téléjournal TV5 Saison au zoo Journal FR Super champion Michel Sardou, le dernier show TV5 le journal CANAL D Déroute Billy Douanes: Can Douanes: Can Comme du monde Galas ComediHa! 2015 Comme du monde Transports CANAL VIE Vendre ou rénover?Grandes rénos / Pour l'histoire Amour aveugle Amour aveugle Sauvé par un ange Vedettes sapin Vedettes sapin Je t'échange! RDS 16h30 LNF Football / Ten./Kan.(D) 24CH glace Blitz /20h15 LNF Football / Falcons d'Atlanta c.Rams de Los Angeles - Wild Card de la NFC (D) 23h15 Sport30 HISTORIA De l'acier et du feu De l'acier et du feu Les armuriers Les armuriers Fous bolides Fous bolides Fous bolides Fous bolides Truck non stop ICI ARTV Science illusion Pour l'amour du country Nouveau Nouveau Sherlock / Les 6 Thatcher Entrevues EXPLORA Animo Pharmachien La vie secrète des animaux du village Les insectes Mégastructures nazies Étincelles Z Expédition extrême Les Riders Plus dur Les Recrues Les Recrues Les Recrues Les Recrues Les Recrues Les Recrues Les Recrues SAVOIR Contact Regards/ L\u2019ONU Reportage Géo 19h50 L'ONU Lima à l'heure du facteur C Fièvre politique 21h50 L'ONU Face à Face uniVERT TFO Subito texto Top!/ Top! Flip Danse rêves Mosquée Citoyen monde UNE HISTOIRE VRAIE (1999) 22h55 LE SECRET DES POI.Planète 17h30 Hitler Les oubliés Les nouveaux explorateurs Pousser planète Sublimes bars Panoramas Le goût du risque CBC CBCNews Hockey Sat.LNH Hockey / Canucks de Vancouver c.Maple Leafs de Toronto (D) Hockey / Anaheim vs Calgary (D) CTV 16h00 LNF Football / Ten./Kan.(D) NFL Pre Game LNF Football / Falcons d'Atlanta c.Rams de Los Angeles - Wild Card de la NFC (D) GBL Global News Global National BorderSecur BorderSecur STOP THE WEDDING (2016) avec Niall Matter, Rachel Boston.Mary Kills People / The Means Global News ABC 16h20 LNF Football / Ten./Kan.(D) Inside Edition The Good Doctor Ten Days in the Valley Ten Days in the Valley News at 11 CBS Ch.3 News Weekend News Ent.Tonight NCIS / Exit Strategy NCIS: New Orleans 48 Hours / Grapes of Wrath Channel 3 N.PBS (33) Father Brown Time Goes By Appearances Fresh Fields Coupling Remember Me Death in Paradise Austin City UNIS Trait d'humour Les filles de Caleb Mon meilleur ami Peaky Blinders Fortitude Snowbirds HBO 16h40 Dynamite 18h45 V FOR VENDETTA (2006) avec Hugo Weaving, Natalie Portman.Gunpowder 22h05 Gunpowder 23h10 Gun TVA Sports Le TVA sports Avant-match LNH Hockey / Lightning de Tampa Bay c.Sénateurs d'Ottawa (D) Kevin Raphael Le TVA sports FIS Ski acrobatique S A M E D I L U N D I D I M A N C H E CRITIQUE LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY LE DEVOIR Nos chefs trônent au sommet des palmarès des librairies, dans les festivals comme au générique d\u2019une multitude d\u2019émissions.Trucs, confidences ou combats ; on nous les sert à toutes les sauces.Le réalisateur Guillaume Sylvestre et la critique gastronomique Lesley Chesterman réussissent pourtant à nous surprendre avec leur intéressant 100 ans à table, qui remonte l\u2019histoire de la gastronomie québécoise.Cela ne fait pas trois décennies que le Québec est devenu une des premières destinations culinaires en Amérique du Nord.Il lui aura fallu passer par la binerie et la cuisine française pour gagner son indépendance culinaire.Ce parcours presque modèle, Lesley Chesterman le raconte avec force détails en conviant à la même table une poignée de chefs qui ont ajouté une pierre marquante à cet édifice.L\u2019approche est bon enfant, mais jamais dénuée de sens ni de contenu, alors que les assiettes des uns et des autres défilent pour marquer les jalons de cette fabuleuse progression.De Marcel Kretz, l\u2019ancien chef de La Sapinière, qui sera le premier à s\u2019approvisionner ici dans les années 1960, à l\u2019inventive Colombe St-Pierre, qui bouleverse les codes depuis son antre du Bic, la lignée se dévoile plus tissée serrée qu\u2019elle n\u2019y paraît.On y entend les ultramédiatiques Normand Laprise et Daniel Vézina sortir de leur discours habituel.Et on va plus loin encore avec l\u2019inclassable Charles-Antoine Crête du Montréal Plaza et Hugues Dufour, parti rocker New York avec sa cuisine inspirée.Bref, cette histoire racontée à travers ses assiettes est roborative à souhait ; on aurait tort de lever le nez dessus.100 ans à table Télé-Québec, jeudi, 20h.En rediffusion: vendredi 13h, dimanche 14 janvier 20h, mercredi 17 janvier 22h.Bien dans son assiette 100 ans à table raconte la progression de la gastronomie québécoise SU R L E R A DA R Ce qui mène le monde Ne vous laissez pas berner par le titre qui peut laisser croire qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un navet sulfureux\u2026 Cette série documentaire en six épisodes, une production de très bonne tenue de la chaîne National Geographic, apporte un éclairage intéressant sur l\u2019influence du sexe sur les sociétés occidentales depuis un siècle et sur les facteurs qui ont modifié notre rapport à la sexualité.Il y est entre autres question de l\u2019impact des nouvelles technologies, de l\u2019éducation et de la politique sur nos rapports intimes, mais aussi de l\u2019évolution des normes sexuelles, de la place de la sexualité dans la publicité et des scandales sexuels en politique.Original Sin : Sex (V.F.) Canal D, jeudi, 21h TÉLÉ-QUÉBEC | 4 1 C u l t u r e Té l év i s i o n L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 J A N V I E R / 2 0 1 8 01/12 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal Virtuose Prière de ne pas Guillemets Magnifiques Le Téléjournal Cinéma TVA TVA nouvelles Le Tricheur Ça commence bien l'année Du talent à revendre La liste noire / Nathalie Luca TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ Passager Électrons Curieux Bégin Un chef à la cabane Deux hommes en or Like-moi! Belle et Bum V Souper parfait Guerre clans COUP DE FOUDRE ET QUIPROQUOS (2017) Alix Angelis.L'ARME FATALE II (1989) avec Danny Glover, Joe Pesci, Mel Gibson.ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands report Le Téléjournal RDI économie Le National Le National TV5 Champion Journal FR Les flots / Mexique - Mahahual Rendez-vous en Terre inconnue Champions Au service Journal/ C à dire CANAL D R.I.S, police scientifique En quête de vérité Opération Police Joleil Campeau: Mon histoire Détectives Cauchemar CANAL VIE La vie avec des quintuplées Quoi ton plan?Design V.I.P.Vendre ou rénover au Québec Maigrir pour gagner ByeMaison Chic Shack Chalet RDS 17h00 Le 5 à 7 Hockey 360° (D) LAH Hockey / Wolf Pack de Hartford c.Rocket de Laval (D) L'antichambre (D) Sports 30 HISTORIA Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Les montagnards Les montagnards Les montagnards L'acier et feu ICI ARTV Temps-Paix Temps-Paix Mission X Dre Grey, leçons d'anatomie La vie secrète de Marilyn Monroe Vox Pop Fatale-Station EXPLORA Curiosités Stupidité Stupidité Pharmachien Exploration glaciale Fukushima: Robots Sexplora Stupidité Épreuve tribu Z 17h00 Péril en haute mer Maripier! P.Lemieux Fous Week-end Garage Prêt sur gage SNCTM Banshee / Les épreuves du feu SAVOIR Au coeur du cinéma québécois Apostrophes 20h15 Universc Secrets Électron/ Thèse Encore plus Science tourne MTL innovante Virus géants TFO Amélie/ Je dors Top!/ Top! Subito texto Motel Monstre Danse rêves TFO 24.7 LA COLLECTIONNEUSE (1967) Patrick Bauchau.TFO 24.7 Citoyen monde Planète Instinct Sauvage Quand la bière monte Les porteurs d'espoir L'art de la décomposition NouveauxExplorateurs / Kenya Faits divers CBC CBCNews On the Money Rick Mercer Coronation St.marketplace Hello Goodbye the fifth estate CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang Blindspot / Hot Burning Flames Marvel's Agents of S.H.I.E.L.D.Blue Bloods / The Brave CTV National GBL 17h30 News Global National E.T.Canada Ent.Tonight MacGyver Hawaii Five-0 Chicago Fire Global News ABC News at 6 News Local 22 News Inside Edition Child Support Marvel's Agents of S.H.I.E.L.D.20/20 Local22 News CBS Channel 7 News at 6 p.m.Evening News Ent.Tonight MacGyver Hawaii Five-0 Blue Bloods / The Brave Ch.3 News PBS (33) PBS NewsHour News Vermont Week Wash.Week TBA Tony Bennett Artisans Business UNIS Pense vite! Bizarroscope Galaxie près Galaxie près Radio enfer Radio enfer Chair de poule Chair de poule Le p'tit cabaret Antoine/ Incertai HBO 17h45 I AM HEATH LEDGER 19h20 I Am Sam Kinison Strike Back 21h50 Strike Back 22h40 Hip Hop Evolution TVA Sports 17h30 #Lavoie #Lavoiedubé LCH Hockey / 67's d'Ottawa c.Olypiques de Gatineau (D) Dave Morissette en direct Le TVA sports 01/11 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal District 31 Défier la magie En direct du monde Le Téléjournal Sports/ Marina TVA TVA nouvelles Le Tricheur Refuge animal J.E.World of Dance la compétition Survivant désigné TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ Cochon dingue 100% Animal Génial! Mc$ween 100 ans à table Dans les médias SOS sages-femmes Honorable V Souper parfait Guerre clans ÂMES SOEURS.COM (2016) Stefanie Von Pfetten.MAUVAISE INFLUENCE (2011) Austin Robert Butler.Atomes ICI RDI Le National RDI économie 24/60 En direct du monde Le Téléjournal Le Téléjournal Le National TV5 Champion Journal FR Le sommeil des animaux Îles.était une fois L'ardèche au fil des saisons La vie / Philippines Journal/ C à dire CANAL D Forces spéciales / La faiblesse Michelle ou la vie sauvage Les dossiers de la NASA Original Sin: Sex / Hi-Tech Sex Docu-D / Expédition Atlantide CANAL VIE Vendre ou rénover?La vie avec des quintuplées À la conquête d'une maison Nate et Jeremiah: designers La réno Chic Shack Vendre ou rén.RDS 17h00 Le 5 à 7 Hockey 360° Monde sport Championnat Européen Série DTM: revue de la saison L'antichambre (D) Sports 30 De sentiers HISTORIA Chasseurs Chasseurs Truck non stop Truck non stop Fous bolides Fous bolides Fous bolides Fous bolides Nos ancêtres les extraterrestres Extraterrestres ICI ARTV Temps-Paix Temps-Paix Lire / Spéciale 2017 La revue culturelle de 2017 Fatale-Station STARBUCK (2011) Patrick Huard.EXPLORA Le secret des Seychelles Animal Fight Club / La savane Nature en équilibre Titans des mers Repères Un film, une histoire Z Remorquage Dans l'net Seuls et tout nu Trop fou pour être vrai?Maripier! Les Riders Les hors-la-loi du volant Cinéma SAVOIR Valise de plus Découvertes Virus géants 19h50 L'ONU 21e Siècle Regards/ L\u2019ONU Sociologie uniVERT The Migrant Planète Terre Révolte TFO Amélie/ Je dors Top!/ Top! Flip Motel Monstre Lightning Point TFO 24.7 ÉDOUARD ET CAROLINE (1951) Daniel Gélin.LePuits/ 24.7 23h10 Citoyen Planète 17h30 Chine Chron.félines Les nouveaux explorateurs La garde rapprochée d'Hitler L'empire Ottoman Faits divers le mag Panoramas CBC CBCNews On the Money marketplace Coronation St.Dragons' Den The Secret CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang The Big Bang Young Sheldon Cardinal / Kevin Law & Order: S.V.U.CTV National GBL 17h30 News Global National E.T.Canada Ent.Tonight Superstore GoodPlace Will & Grace Great News S.W.A.T./ Seizure Global News ABC News at 6 News Local 22 News Inside Edition Child Support Truth and Lies / The Tonya Harding Story News at 11 CBS Channel 3 News at Six Evening News Ent.Tonight The Big Bang Young Sheldon Mom Life in Pieces S.W.A.T./ Seizure Ch.3 News PBS (33) PBS NewsHour Thrills and Spills Legends of American Skiing Doctor Blake / Golden Years Scott & Bailey / Home Fires Business UNIS Pense vite! Jenny/ Jenny Chez nous Couleurs locales Voyage Les filles de Caleb Les encanteurs Vu intérieur Goût du pays HBO 17h05 BESSIE (2015) BEWARE THE SLENDERMAN (2016) Richard Dawkins.Strike Back 21h50 Strike Back 22h40 Hip Hop Evolution TVA Sports 17h30 #Lavoie #Lavoiedubé Avant-match LNH Hockey / Flames de Calgary c.Lightning de Tampa Bay (D) Dave Morissette en direct Tennis (D) 01/10 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal District 31 L'Épicerie Les enfants de la télé Cheval-Serpent Le Téléjournal Sports/ Marina TVA TVA nouvelles Le Tricheur Les Gags Oeufs d'or Au secours de Béatrice Prémonitions / La réunion TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ Cochon dingue Conseils Génial! Format familial Point doc Les francs-tireurs Beauté fatale Beauté fatale V Souper parfait Guerre clans EN UNE POUR LA ST-VALENTIN (2017) Lindsay Hartley.UN ÉTRANGER PARMI NOUS (2004) Linda Purl.Atomes ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal RDI économie Le National Le National TV5 Champion Journal FR Partir Autrement en famille Envoyé spécial Les flots / Martinique - Nord Journal/ C à dire CANAL D Transports 24CH glace Cuban Chrome Alaska: La ruée vers l'or Destination cauchemar Docu-D Michelle ou la CANAL VIE Vendre ou rénover?Marié ou éliminé Grandes rénos / Amanda Vendre ou rénover: chalet Design V.I.P.Mini-maisons Vendre ou rén.RDS 17h00 Le 5 à 7 Hockey 360° Hors-jeu 2.0 Le sommet 24CH glace Oups Images/sec.L'antichambre (D) Sports 30 Destination ski HISTORIA Restauration Restauration Restauration Restauration De l'acier et du feu De l'acier et du feu / Le katar Les armuriers Les armuriers Braqueurs ICI ARTV Temps-Paix Temps-Paix Lumière sur.Pour l'amour du country Outlander / Dette d'honneur THÉRÈSE DESQUEYROUX EXPLORA Galápagos Animo S'aime chien La Semaine verte Mythes et réalités Au coeur du cerveau Rivalité Z Remorquage Dans l'net Remorquage Ça passe Science Le web obscur Week-end Fous Silicon Valley Défi limo Cinéma SAVOIR Encore plus Électron/ Thèse Découverte DeNeuf Science tourne MTL innovante Planète Terre Reportage Géo 22h20 Echo Valise de plus Découvertes TFO Amélie/ Je dors Top!/ Top! Subito texto Motel Monstre Danse rêves TFO 24.7 LA PLAYA D.C.(2012) Luis Carlos Guevara.TFO 24.7 Citoyen monde Planète Instinct Sauvage Femme de Viking Les nouveaux explorateurs Faites entrer l'accusé / L'inconnu du puits La Poste / Une saga française CBC CBCNews On the Money 22 Minutes Coronation St.Burden of Truth / Pilot The Detectives CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang The X-Files / This The Launch / The Lucky Ones Criminal Mind / Full-Tilt Boogie CTV National GBL 17h30 News Global National E.T.Canada Ent.Tonight Mary Kills People SEAL Team / Containment Chicago P.D./ Confidential Global News ABC News at 6 News Local 22 News Inside Edition The Goldbergs Speechless Modern Family Am.Housewife Match Game / Jack McBrayer News at 11 CBS Channel 3 News at Six Evening News Ent.Tonight The Amazing Race SEAL Team / Containment Criminal Mind / Full-Tilt Boogie Ch.3 News PBS (33) PBS NewsHour Globe Trekker Nature / Yosemite Nova / Black Hole Apocalypse Business UNIS Pense vite! Top science Vu intérieur Goût du pays Bouffe en cavale / Pétoncles Mon meilleur ami St-Nickel À plein gaz HBO 17h25 VICE 18h40 THE HISTORY OF LOVE (2016) avec Derek Jocobi, Gemma Arterton.Strike Back 21h50 Strike Back 22h40 Strike Back TVA Sports 17h30 #Lavoie #Lavoiedubé Avant-match LNH Hockey / Sénateurs d'Ottawa c.Maple Leafs de Toronto (D) D.Morissette 22h45 RAW 01/09 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal District 31 La Facture Unité 9 Hubert & Fanny Le Téléjournal Sports/ Marina TVA TVA nouvelles Le Tricheur Lachés lousses O' / Quitte ou double L'heure bleue TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ Cochon dingue Conseils Génial! Cuisine futée, National Geographic SOS sages-femmes La femme honorable Deux hommes V Souper parfait Guerre clans SONGE D'UNE NUIT D'ÉTÉ HAWAÏENNE (2016) LES SECRETS DU LAC (2016) Stefanie Von Pfetten.Atomes ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal RDI économie Le National Le National TV5 Champion Journal FR La quête des vents Apocalypse La vie / Philippines Caïn Journal/ C à dire CANAL D Phénomènes vus de l'espace Pleine tempête Pleine tempête Cauchemar sur l'autoroute Mayday / Silence mortel Policier criminel Alaska: La ruée CANAL VIE Vendre ou rénover?Mini-maisons La réno Encan et flip au Texas Vendre ou rénover au Québec Quoi ton plan?Idées-grandeur Vendre ou rén.RDS 17h00 Le 5 à 7 Hockey 360° (D) LNH Hockey / Blackhawks de Chicago c.Sénateurs d'Ottawa (D) L'antichambre (D) Sports 30 HISTORIA Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Fièvre encans ICI ARTV Temps-Paix Temps-Paix Défier la magie Défier la magie Véronic DiCaire: Grand V Les liens du sang Fatale-Station Fatale-Station EXPLORA Galápagos Le refuge de l'espoir Découverte Quand Homo sapiens Phénomènes Titans mers Z Remorquage Dans l'net Les hors-la-loi du volant Les vampires originels Surnaturel / Erreur de jeunesse Helix (v.f.) / Écrémage Le liquidateur SAVOIR 18h20 Paris Reportage Géo 19h20 Echo The Migrant CORIM Voir autrement 21h20 Idées Au coeur du cinéma québécois Vues d'UQAM Aspirati/ Aspirati TFO Amélie/ Je dors Top!/ Top! Subito texto Motel Monstre Lightning Point Carte de visite 22h45 Visite 23h15 Citoyen Planète 17h30 Chine Chron.félines NouveauxExplorateurs / Kenya Chine sauvage Quand la bière monte Nous détestent-ils?/ Nous, les arabes.CBC CBCNews On the Money JFL: Gags Coronation St.Rick Mercer 22 Minutes Schitt's Creek Workin' Moms CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang Ellen's Game of Games This Is Us / The Fifth Wheel Saves the World / Solo CTV National GBL 17h30 News Global National E.T.Canada Ent.Tonight NCIS / Dark Secrets Bull / Grey Areas NCIS: New Orleans Global News ABC News at 6 News Local 22 News Inside Edition The Middle Fresh Off-Boat Black-ish The Mayor Saves the World / Solo News at 11 CBS Channel 3 News at Six Evening News Ent.Tonight NCIS / Dark Secrets Bull / Grey Areas NCIS: New Orleans Ch.3 News PBS (33) PBS NewsHour Saving Water Outdoor Finding Your Roots American Experience / Into the Amazon Business UNIS Pense vite! À fond de train / Bathurst Miss Météo Les encanteurs Chez nous Coureurs des toits Antoine/ Incertai Pug/ Astro Oiseaux HBO 17h45 Marathon: The Patriots' Day Bombing 19h35 Risky Drinking Strike Back 21h50 Strike Back 22h40 Strike Back TVA Sports 17h30 #Lavoie #Lavoiedubé Avant-match LNH Hockey / Oilers d'Edmonton c.Predators de Nashville (D) Dave Morissette en direct M A R D I J E U D I V E N D R E D I M E R C R E D I CRITIQUE AMÉLIE GAUDREAU LE DEVOIR L\u2019humain a tendance à s\u2019installer quelque part, s\u2019y incruster et y laisser sa trace indélébile, beaucoup plus souvent pour le pire que pour le meilleur\u2026 Cette série documentaire britannique donne à découvrir des endroits qui ont jadis été façonnés et investis par des architectes et ingénieurs pour être par la suite laissés à l\u2019abandon, marqués par des constructions qui font désormais partie du paysage, désormais « manufacturé », pour faire référence à un documentaire de Jennifer Baichwal.Structures abandonnées, qui se décline en six épisodes, raconte l\u2019histoire des origines de plusieurs de ces installations fantômes et explique également les raisons de leur désertion grâce à des images d\u2019archives, à des témoignages de gens qui les ont fréquentées ou même conçues et aux commentaires, malheureusement pas toujours pertinents, d\u2019experts en la matière\u2026 Outre ce petit bémol, la série s\u2019avère fort réussie, très riche visuellement et fascinante dans le propos.Ainsi, dans l\u2019épisode dif fusé ce lundi, nous découvrons des milieux urbains désertés, comme la petite île japonaise d\u2019Hashima, pas plus grosse qu\u2019un paquebot, qui fut jadis le lieu le plus densément peuplé au monde avec 5000 habitants, dont la plupart travaillaient dans une mine de houille au- jourd\u2019hui désaffectée.Les prochains épisodes mettront en lumière des ponts, des routes, des installations énergétiques, des chantiers navals et des projets «spatiaux» qui n\u2019ont plus de raison d\u2019être sinon que de nous rappeler qu\u2019ils ont jadis eu une vie utile\u2026 Structures abandonnées Canal D, lundi, 20h Paysages manufacturés Histoires d\u2019édifices et d\u2019infrastructures désertés ou inutilisés CANAL D REPORTAGE SARAH R.CHAMPAGNE VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR AU GUATEMALA es Guatémaltèques vouent un véritable culte aux tortillas.Ici, plus que dans le reste de l\u2019Amérique latine, ces petites galettes de maïs \u2014 blanches, jaunes, bleues ou noires \u2014 constituent le fondement de l\u2019alimentation, sans lequel un repas n\u2019est pas un repas.À chaque coin de rue, on rencontre une tortilleria « los tres tiempos », matin, midi et soir, ou trois fois par jour, comme le dirait la marque québécoise.Avec 16 millions d\u2019habitants, le Guatemala doit bien cuire quelques dizaines de millions de tortillas chaque jour.À la base de chacune d\u2019elles, une farine faite maison, le nixtamal.D\u2019un bout à l\u2019autre du pays, des femmes font claquer cette pâte légèrement gluante entre leurs mains pour l\u2019étirer dans une chorégraphie rythmée par les estomacs.Le maïs domine l\u2019agriculture et couvre environ 820 000 hectares de terres, soit presque 10% de la surface total du pays.Du point de vue temporel, la céréale est une horloge des saisons que le monde paysan utilise encore pour se repérer.«Mon mari est revenu quand les épis étaient encore sur les plants », note par exemple Mayra, une résidante du village de Cruz de Santiago dont le conjoint est rentré au pays à la fin de l\u2019été.Dans de nombreuses zones rurales du pays, le mode de culture ancestral a perduré à travers le «milpa», une savante association de plantes complémentaires organisées autour des «trois sœurs», maïs, haricot et courge.Les grandes tiges du maïs servent de tuteurs au haricot, qui lui-même fixe l\u2019azote dans le sol.La courge, elle, inhibe la croissance des mauvaises herbes et retient l\u2019humidité.Ainsi, des semis jusqu\u2019à la cuisson au feu de bois, les tortillas sont encore largement produites « à la mitaine » par des femmes guatémal- tèques vêtues de leur traditionnel huipil, tissé à la main.Bien sûr, le maïs, présent du Canada jusqu\u2019au Chili, unit toute l\u2019Amérique, mais les Guatémaltèques sont les seuls à se présenter comme les « fils du maïs », en référence au mythe fondateur du Popol Vuh, la « Bible maya ».La céréale serait la L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 J A N V I E R / 2 0 1 8 V I V R E Dans le hameau Cruz de Santiago, des femmes préparent des centaines de tortillas pour une fête familiale.PHOTOS VALÉRIAN MAZATAUD / HANS LUCAS Au Guatemala, la majorité de la population est d\u2019origine autochtone, principalement maya.Au moins 23 des quelque 55 langues indigènes sont encore aujourd\u2019hui bien vivantes.Les aliments sacrés de ces peuples ont aussi traversé le temps et sustentent aujourd\u2019hui encore autant le corps et l\u2019esprit.Le Guatemala, terre d\u2019aliments mayas en vogue Maïs, cacao et amarante : trois aliments sacrés qui nourrissent autant la panse que l\u2019âme Des semis jusqu\u2019à la cuisson au feu de bois, les tortillas sont encore largement produites « à la mitaine » par des femmes guatémal- tèques vêtues de leur traditionnel huipil, tissé à la main L | 4 3 Vi v r e Voya g e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 J A N V I E R / 2 0 1 8 seule substance ayant réussi à générer la créature humaine définitive, les dieux ayant échoué avec toutes les autres\u2026 En 1967, Hommes de maïs a aussi donné au pays son unique Prix Nobel de littérature en la personne de l\u2019écrivain Miguel Ángel Asturias.Véritable monument littéraire du réalisme magique latino-américain, ce romancier recrée le monde en empruntant avec poésie aux mythes précolombiens.Plus que des livres, son œuvre est une ode au travail de la terre et une dénonciation acerbe de l\u2019exploitation sociale des autochtones.« Tu es maïs et tu retourneras maïs » ne saurait pas mieux résumer la psyché guatémaltèque.Le sang du cacao L\u2019histoire d\u2019amour de l\u2019humain avec le chocolat remonte à quatre millénaires.Des traces de cacao ont en effet été retrouvées au fond de céramiques mo- kaya datées de 1900 av.J.-C.En Amérique centrale, le cacao a même sa propre divinité, Quetzalcoatl ou Ek Chuah, selon les époques et les régions.Pour la tromper et éviter d\u2019avoir à faire des sacrifices humains, les Mayas ajoutaient du sang à la boisson préparée à partir des fèves, explique Jeimy Bonilla, animatrice au ChocoMuseo de Ciudad Guatemala, une chaîne de boutiques consacrées exclusivement aux produits du cacao.À l\u2019époque précolombienne, la boisson était réservée à l\u2019élite.Les fèves ont d\u2019ailleurs longtemps servi de monnaie d\u2019échange.Avec l\u2019arrivée des Européens, les femmes étaient achetées pour le prix\u2026 d\u2019un lapin, soit 30 fèves.Jeimy Bonilla accompagne le visiteur dans la préparation de la boisson traditionnelle des Mayas.Des cabosses, qui pendent joliment du cacaoyer comme des boules sur un sapin de Noël, on extrait les fèves.Ces dernières sont tor réfiées et moulues, puis mélangées à de l\u2019eau chaude et au roucou (achiote), un pigment végétal qui ajoute couleur et arôme au breuvage.C\u2019est à ce moment que l\u2019on peut ajouter le sang, mais les animateurs du ChocoMuseo préfèrent s\u2019en abstenir.Reste ensuite à longuement transvaser la préparation entre deux pots en terre cuite et à humer les vapeurs qui s\u2019en dégagent et qui, paraît- il, rendent immortel.Si c\u2019est aujourd\u2019hui l\u2019Afrique de l\u2019Ouest, et en par ticulier la Côte d\u2019Ivoire, qui fournit la majeure partie du cacao mondial, la plante est bel et bien originaire d\u2019Amérique centra le.Le cacao criollo y est encore cultivé par quelques obstinés, comme le Québécois Laurent Maniet.Dans sa ferme de 450 hectares de l\u2019Alta Verapaz, dans le nord du pays, ce passionné a planté une forêt mixte alternant bois durs tropicaux, cacaoyers et cardamome.Presque en voie d\u2019extinction, le criollo est aujourd\u2019hui « très recherché par les chocolatiers » pour son goût plus fruité et plus subtil, « qui donne envie de croquer la fève directement », assure M.Maniet.Il exporte aussi une partie de sa production en Californie et au Japon, où des communautés nouvel âge redécouvrent la plante sacrée des Mayas comme stimulant naturel, adjuvant de l \u2019humeur ou de la concentration.Laurent Maniet organise également des séjours «de communion avec le cacao » pour se familiariser avec le sacré de la plante.Amarante, la plante cachée Ces dernières années, les boutiques d\u2019aliments naturels ont aussi vu la résurgence d\u2019un autre « superaliment » ancestral, l\u2019amarante.Cultivée depuis des millénaires sur le continent, elle faisait partie du régime quotidien des Mayas et des Aztèques.Plante très nutritive, elle possède également des vertus médicinales et servait même à confectionner des figurines rituelles lors des cérémonies religieuses.Ses feuilles et ses graines seraient une excellente source de protéines, d\u2019acides aminés tels que la lysine et la méthionine, de vitamine A et C, ainsi que de minéraux comme le fer, le calcium et le phosphore.Plante résistante à la croissance rapide, elle se développe dans des zones pauvres et arides.Bref, une véritable plante miracle en plus d\u2019être irréductible.Pourtant, le miracle le plus certain est celui de sa préservation jusqu\u2019à aujourd\u2019hui, note Harriet Gottlob, co- fondatrice de la coopérative Chikach, dans le centre-ville de la ville de Guatemala.Mise de côté, voire interdite après la conquête espagnole, les différentes variétés d\u2019amarante ne doivent leur sur vie qu\u2019à quelques familles qui ont conservé ses graines et les semaient d\u2019année en année.L\u2019une de ses variétés sauvages, le bledo, était cependant bien connue et utilisée dans les soupes.Chikach a d\u2019abord testé plus d\u2019une douzaine de variétés avant d\u2019en choisir trois qui seraient plus largement cultivées.«On cherchait des solutions à la sous-alimentation, qui est un grave problème ici, au Guatemala.Récupérer cette culture nous a semblé une bonne idée», raconte Mme Gottlob.Selon l\u2019UNICEF, plus de 40% des enfants du pays souffrent de malnutrition, affichant le plus haut taux d\u2019Amérique latine.En deux décennies, grâce à Chi- kach ou à d\u2019autres coopératives comme le groupe de femmes Oxlajuj, des centaines de familles ont recommencé à cultiver l\u2019amarante et ont redécouvert ses usages, tout en inventant de nouvelles recettes.D\u2019abord consommés grillés, ses grains peuvent aussi être moulus en farine, offrant un excellent substitut au gluten.À Chikach, on retrouve l\u2019amarante sous toutes les formes, de la boisson énergétique aux biscuits, en passant par le crème glacée.Et bien sûr, pour boucler la boucle, n\u2019oublions pas\u2026 la tortilla d\u2019amarante.L\u2019amarante à la boutique de produits naturels Chikach à Ciudad de Guatemala Préparation du cacao au ChocoMuseo L\u2019amarante faisait partie du régime quotidien des Mayas et des Aztèques.Plante très nutritive, elle possède également des vertus médicinales et servait même à confectionner des figurines rituelles lors des cérémonies religieuses. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 J A N V I E R / 2 0 1 8 Vi v r e E s c ap a d e 4 4 | CAMILLE DAUPHINAIS-PELLETIER COLLABORATRICE LE DEVOIR n janvier de l\u2019an dernier, des familles québécoises ont fait les manchettes alors qu\u2019elles n\u2019ont pas pu avoir accès aux luxueux chalets qu\u2019elles croyaient avoir loués pour le temps des Fêtes.Le propriétaire des lieux avait bien reçu l\u2019argent, mais au moment de la remise des clés aux locataires, il était introuvable\u2026 Si de telles histoires incitent à la prudence, Thomas Asselin, président et fondateur de la plateforme de location Web RSVPchalets, souligne toutefois qu\u2019elles sont très rares.« Ça fait 12 ans que je suis dans le domaine, et une telle histoire d\u2019horreur, avec un propriétaire qui disparaît, c\u2019est la seule qu\u2019on a eue, rapporte-t-il.Les problèmes qu\u2019on rencontre, c\u2019est plutôt des déceptions, comme des locataires qui croyaient que le chalet serait plus grand ou qui sont surpris qu\u2019il n\u2019y ait pas de draps.» Voici quand même quelques conseils pour éviter les désagréments et pour mettre toutes les chances de votre côté si vous décidez de vous payer un moment détente au chalet cette année\u2026 Méfiez-vous des amateurs Les insatisfactions qui surviennent lors de la location de chalets sont plus souvent liées à de petits irritants qu\u2019à de grands arnaqueurs.Par exemple : il n\u2019y a pas suffisamment de vaisselle pour tout le monde, la propriétaire arrive au rendez-vous en retard, la clé ne se trouve pas à l\u2019endroit convenu\u2026 « Le plus \u201c dangereux \u201d \u2014 entre guillemets \u2014, c\u2019est quand monsieur et madame Tout-le-Monde s\u2019improvisent locateurs parce qu\u2019ils veulent faire de l\u2019argent pendant le temps des Fêtes.Ils n\u2019ont jamais vraiment loué leur chalet, ils n\u2019ont pas de contrat, ils n\u2019ont pas parlé à leurs assurances, ils veulent recevoir l\u2019argent par la poste\u2026 Quand on voit qu\u2019une personne semble désorganisée ou qu\u2019elle met du temps à nous répondre, c\u2019est mieux de se tenir loin», recommande M.Asselin.Louer un chalet sans être déçu «La location va sûrement marcher quand même, mais il va y avoir une dif férence dans la qualité \u2014 et en plus, ça risque d\u2019être illégal.» Exigez un contrat Parlant d\u2019illégalité, que prévoit la loi au sujet de la location de chalet ?Pour toutes les locations de 31 jours et moins, le chalet doit détenir une attestation de classification officielle de la Corporation de l\u2019industrie touristique du Québec (CITQ), la fameuse note qui permet de savoir si on loue réellement un chalet «cinq étoiles».Le contrat de location, lui, n\u2019est pas obligatoire.Or, M.Asselin suggère d\u2019en exiger un, qui précise la période de location, les montants financiers attendus (coût de la location, taxes, dépôt), les conditions de location, les engagements du locataire avant son dépar t (en ce qui concerne le ménage et le réglage du chauf fage, notamment) ainsi que des précisions sur les conséquences en cas d\u2019annulation.« Les personnes qui louent régulièrement des chalets vont envoyer systématiquement Les insatisfactions qui surviennent lors de la location de chalets sont plus souvent liées à de petits irritants qu\u2019à de grands arnaqueurs.CÔTÉ NORD-TREMBLANT E | 4 5 Vi v r e E s c ap a d e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 J A N V I E R / 2 0 1 8 un contrat », souligne-t-il.Le locateur a le droit d\u2019exiger un dépôt remboursable pour s\u2019assurer de retrouver son chalet en bon état.S\u2019il amasse plus de 30 000 $ par année avec la location de propriétés, il doit également percevoir des taxes.Pour ce qui est des assurances, votre propre couverture responsabilité civile vous protège si vous déclenchez un incendie ou provoquez une inondation dans le chalet.Le propriétaire doit pour sa part avoir une assurance responsabilité civile de 2 millions de dollars pour couvrir les pépins dont il serait responsable.Il est recommandé de ne pas payer la location en argent comptant, et de procéder plutôt par transaction bancaire.Si vous doutez que la personne avec qui vous communiquez soit réellement propriétaire du chalet, vous pouvez toujours rechercher l\u2019adresse dans le rôle foncier de la municipalité où il se trouve, pour voir qui en est le propriétaire.Choisissez bien votre chalet Les déceptions sont toujours liées aux attentes ; c\u2019est pourquoi ça vaut la peine de prendre le temps de bien choisir son chalet.On peut vérifier les informations de base en consultant le profil du chalet sur Internet s\u2019il en a un et en portant attention aux photos, puis en posant toutes les questions qui nous viennent au propriétaire.Par exemple, les draps et serviettes sont-ils fournis ?Y a-t-il du wifi, un spa ou une piscine fonctionnels ?Est-il permis d\u2019amener des animaux de compagnie dans le chalet ?D\u2019y fumer ?Quelle est la capacité maximale de celui-ci ?Y a-t-il une épicerie dans le secteur ?Le choix de la région peut également vous permettre d\u2019épargner votre portefeuille (ou de louer un chalet plus luxueux pour le même prix).En effet, pour une location d\u2019une semaine, un chalet dans les Laurentides vous coûtera en moyenne entre 1250 et 1850$ (selon la saison), alors qu\u2019en Mauricie, c\u2019est entre 1000 et 1100 $, selon les données du site RSVPcha- lets, qui recense les propriétés de 1500 membres à travers la province.Soyez un bon locataire Ce conseil pourrait vous permettre de conserver votre dépôt ; des locataires négligents se plaignent souvent de ne pas le revoir, remarque M.Asselin.« Parfois, des gens amènent leur chien même si ce n\u2019est pas permis, ils organisent un party alors qu\u2019ils ne devaient pas le faire, ils brisent quelque chose, ils sont bruyants\u2026 Comme locataire, on paie aussi pour un ménage, mais ça ne veut pas dire qu\u2019on peut laisser l\u2019endroit comme une soue à cochons.Si les frais de ménage coûtent normalement 100 $, mais qu\u2019ils montent à 200 $ tant l\u2019endroit a été laissé sale, le propriétaire peut retenir 100$ sur le dépôt.Ça arrive souvent.» Si on casse une assiette, le propriétaire risque de ne pas trop s\u2019en formaliser, mais si on renverse une lampe pendant une soirée bien arrosée\u2026 Les déceptions sont toujours liées aux attentes ; cela vaut donc la peine de prendre le temps de bien choisir son chalet.PHOTOS MAISONSETCHALETSALOUER.COM Pour toutes les locations de 31 jours et moins, le chalet doit détenir une attestation de classification officielle de la CITQ, la fameuse note qui permet de savoir si on loue réellement un chalet « cinq étoiles ».Le plus \u201c dangereux \u201d \u2014 entre guillemets \u2014, c\u2019est quand monsieur et madame Tout-le-Monde s\u2019improvisent locateurs parce qu\u2019ils veulent faire de l\u2019argent pendant le temps des Fêtes THOMAS ASSELIN » ça pourrait aussi paraître lors du remboursement de notre dépôt.« Il ne faut pas oublier qu\u2019on a une responsabilité en tant que locataire.Si on dit qu\u2019on sera quatre, mais que finalement on est douze et que ça dégénère, ça ne marche pas », dit M.Asselin.Dernière remarque : il ne faut pas oublier qu\u2019au Québec, les chalets s\u2019envolent comme des petits pains.Si possible, on essaie de réser ver de six mois à un an à l\u2019avance. CATHERINE FERLAND COLLABORATRICE LE DEVOIR absinthe est à la fois une plante vivace, Artemisia ab- sinthium ou grande armoise, et la boisson distillée qu\u2019on en tire.C\u2019est la macération des feuilles séchées dans de l\u2019alcool neutre, avec d\u2019autres plantes, qui lui confère sa couleur ver te.L\u2019un de ses composés, la thuyone, présente des similarités avec le THC, que l\u2019on retrouve dans le cannabis.Originaire du Vieux Continent, la plante s\u2019est très bien adaptée chez nous : non seulement elle s\u2019y cultive facilement en zone 4, mais elle croît à l\u2019état sauvage dans plusieurs champs et pâturages de l\u2019est de la province.On la reconnaît à son feuillage blanchâtre et à son arôme caractéristique.Les premières mentions d\u2019absinthe ici remontent à la naissance de la Nouvelle-France.En 1609, Marc Les- carbot, compagnon de Champlain, écrit que le « breuvage d\u2019absinthe » prévient le scorbut ! Vermifuge et astringente, la plante est cultivée comme herbe médicinale.Son amertume est recherchée par Marie de l\u2019Incarnation, qui en mastique des feuilles et en mêle à ses repas afin de se dégoûter des nourritures terrestres.Qui sait si cette curieuse habitude n\u2019a pas contribué à ses célèbres visions mystiques ! La médecine populaire recourt souvent aux boissons, ce qui explique l\u2019enchevêtrement des usages curatifs et récréatifs de l\u2019absinthe.Ainsi, dans les années 1780, François Giratty en propose à sa clientèle aux côtés du ratafia, du gin, des eaux de menthe, du brandy, du whisky, des eaux d\u2019anis et de « l\u2019esprit de Jamaïque ».Les boissons achetées chez ce commerçant de la haute-ville de Québec \u2014 où se trouve l\u2019actuel restaurant L\u2019entrecôte Saint-Jean \u2014 peuvent aussi bien être consommées telles quelles qu\u2019en «ponces» reconstituantes.L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 J A N V I E R / 2 0 1 8 Vi v r e A l i m e n t at i o n 4 6 | JEU Escape the Room.Le secret de la retraite du Dr Gravely ?1/2 Thinkfun, de 3 à 8 joueurs, 13 ans et plus, 90 minutes Joie et bonheur pour les amateurs d\u2019énigmes : il est possible de se mesurer aux jeux d\u2019évasion (« escape rooms ») dans le confort de sa maison.Les établissements consacrés à ces activités essaiment partout dans le monde depuis quelques années et, vu leur succès, des éditeurs en offrent des moutures simplifiées à résoudre chez soi.Avec un peu moins de tension.Dans Le secret de la retraite du Dr Gravely, les joueurs, renvoyés en 1913, ont gagné un séjour dans un célèbre établissement de santé et de mieux-être qui promet de revigorer tout le monde grâce à des traitements révolutionnaires.Évidemment, c\u2019est trop beau pour être vrai.Sitôt arrivés, les visiteurs sont enfermés dans un bureau et doivent s\u2019en sortir à l\u2019aide des indices qu\u2019ils ont sous la main.En réalité, les joueurs ont quatre enveloppes remplies d\u2019articles variés à leur disposition et ils les ouvrent au fur et à mesure qu\u2019ils résolvent casse- tête, énigmes et devinettes, tous plutôt faciles, tout en respectant le temps qui leur est imparti, sans quoi ils échoueront.Les réponses sont confirmées ou pas grâce à une habile « roue des solutions » qui permet de progresser sans devoir se fier à l\u2019environnement (comme dans un jeu d\u2019évasion « réel ») ou à un logiciel (comme dans un jeu vidéo).Il existe tout de même un site Web très bien conçu qui offre des solutions en dernier recours.Difficile de décrire le tout de façon plus détaillée sans gâcher votre plaisir.Le charme des jeux d\u2019évasion réside dans leurs thèmes, leurs accessoires, bref, l\u2019immersion.Il est certainement plus dramatique de tenter d\u2019enlever ses menottes ou encore de chercher la combinaison d\u2019un cadenas à travers les livres d\u2018une bibliothèque que de résoudre des énigmes assis à table.Mais cela n\u2019enlève rien à La retraite du Dr Gravely, qui offre une expérience amusante et à prix modique pour un groupe qui aime se creuser la tête.Mention honorable aux instructions de réassemblage claires qui permettent de transmettre le jeu à un ami, et notez qu\u2019au-delà de quatre ou cinq joueurs, certains risquent de se tourner les pouces.Martin Blais Longtemps interdite, auréolée de mystère, l\u2019absinthe effectue un retour remarqué dans nos verres.Le démarrage d\u2019absintheries en sol québécois ravive d\u2019autant plus l\u2019intérêt pour cet alcool aux notes herbacées.Or, on sait peu de choses sur la trajectoire de l\u2019absinthe au Québec.L\u2019absinthe au Québec, une histoire méconnue L\u2019absinthe est à la fois une plante vivace, Artemisia absinthium ou grande armoise, et la boisson distillée qu\u2019on en tire.PHOTOS ISTOCK L\u2019 | 47 Vi v r e A l i m e n t at i o n L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 J A N V I E R / 2 0 1 8 MODE Wax & Co.Anthologie des tissus imprimés d\u2019Afrique ?1/2 Anne Grosfilley, Éditions La Martinière, Paris, 2017, 265 pages Elles ne craignent aucune des couleurs de l\u2019arc-en-ciel et les déploient dans toutes les combinaisons.Impossible d\u2019ignorer le faste et l\u2019audace des étoffes dites africaines.Dans un très beau livre fouillant l\u2019histoire de ces tissus, Anne Grosfilley nous explique d\u2019abord et avant tout que ces tissus, dont le célèbre wax, sont de fabrication européenne.Destinés d\u2019emblée au marché de l\u2019Afrique, ils y ont fait et y font toujours fureur, les populations africaines les ayant adaptés à leurs réalités, changeantes au fil des temps.Anthropologue spécialisée dans le domaine des textiles, Anne Grosfilley nous prend par la main pour nous apprendre à lire le tissu, cet objet témoin d\u2019une relation à la fois difficile et étroite entre l\u2019Afrique et l\u2019Europe.Et sur ces étoffes flamboyantes se lit précisément le fil du temps : l\u2019alphabet tracé sur le tissu par un missionnaire, les icônes et la propagande religieuses, la faune, la flore et leurs symboles, les influences indiennes et indonésiennes, les migrations urbaines, les idoles politiques, de Nelson Mandela à Barack Obama.Les noms de certains imprimés se déclinent comme des poèmes : un imprimé géométrique s\u2019intitule «Chéri, ne me tourne pas le dos», un autre s\u2019appelle «L\u2019œil de ma rivale ».On apprend aussi que les femmes des groupes krous et akans de la Côte d\u2019Ivoire portent le brun et l\u2019ocre en signe de deuil tandis que le blanc signifie un remerciement à Dieu ou une levée de deuil chez les Apollos de Bassam.Bref, une lecture captivante et colorée sur un sujet inédit.Caroline Montpetit L\u2019absinthe jouit pourtant d\u2019une réputation spéciale.En 1825, Louis-Jo- seph Papineau recommande à sa femme de l\u2019appliquer en emplâtre sur l\u2019abdomen de leurs enfants pour éliminer les vers.Quelques années plus tard, un comité d\u2019hygiène publique conseille une macération d\u2019absinthe dans l\u2019eau-de-vie pour lutter contre le choléra.En 1848-1849, plusieurs pharmacies importent de « l\u2019absinthe de Stoughton», à vocation médicinale.Les choses évoluent au milieu du XIXe siècle, alors qu\u2019on boit davantage pour le plaisir.L\u2019absinthe voisinera désormais le champagne, le vin hongrois, le kirsch et le porto dans les réserves des marchands et dans les verres de cristal taillé des hédonistes québécois\u2026 ce qui n\u2019empêche pas « l\u2019absinthe allemande du Dr Hoofland » d\u2019être encore très recherchée pour soulager la jaunisse, les faiblesses nerveuses et les douleurs diverses! La bohème québécoise L\u2019absinthe a marqué les esprits par son étroite liaison avec la sphère artistique européenne.Après tout, certains prétendent que l\u2019ivresse libère la créativité \u2014 Ernst Simmel écrira même que le surmoi est soluble dans l\u2019alcool ! Mais si Verlaine, Toulouse-Lautrec, Modigliani ou Manet «s\u2019absinthent» généreusement dans les estaminets de Montmartre, nos propres peintres et «poètes maudits» courtisent aussi la Fée verte à la fin du XIXe siècle.Et le Quartier latin de la métropole est témoin de copieuses libations.Ayant ses entrées au café Ayotte, rue Sainte-Catherine Est, le Club des Six Éponges apprécie fort la bière, le cognac et l\u2019absinthe.Ses membres se targuent de ne jamais boire d\u2019eau ! Ce petit groupe, autour duquel gravitent notamment Louis Fréchette et Émile Nelligan, donnera naissance à l\u2019École littéraire de Montréal.De quel type d\u2019absinthe s\u2019agit-il ?Dans les années 1880 et 1890, le Québec en importe sur tout de Suisse, mais aussi de France.Les autorités canadiennes notent d\u2019ailleurs que, dans la mesure où le phylloxéra a détruit des vignobles entiers, faisant exploser le prix du vin, l\u2019absinthe est plus populaire que jamais, ici comme en France.Résurrection de la Fée verte Dans la foulée des mouvements prohibitionnistes du début du XXe siècle, pour qui l\u2019absinthe est responsable de tous les maux (criminalité, tuberculose, aliénation mentale, alouette !), la Suisse en interdit la production en 1910, la France en 1915.Sa brusque disparition des marchés européens signale aussi sa fin dans les débits d\u2019alcool québécois.Sans être formellement interdit par les instances provinciales ou fédérales, cet apéritif ne sera tout simplement plus offert au Québec pendant des décennies.Jusqu\u2019au début du XXIe siècle.Actuellement, le Canada limite le taux de thuyone à 1 mg par litre d\u2019absinthe, mais on parle de rehausser ce seuil afin de s\u2019harmoniser avec la production contemporaine.Avec le démarrage de plusieurs absintheries locales \u2014 et la facilité de cultiver la grande armoise en sol québécois \u2014, gageons que la Fée verte n\u2019a pas dit son dernier mot ! La médecine populaire recourt souvent aux boissons, ce qui explique l\u2019enchevêtrement des usages curatifs et récréatifs de l\u2019absinthe.Ainsi, dans les années 1780, François Giratty en propose à sa clientèle aux côtés du ratafia, du gin, des eaux de menthe, du brandy, du whisky, des eaux d\u2019anis et de « l\u2019esprit de Jamaïque ». L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 J A N V I E R / 2 0 1 8 Vi v r e R e s t o 4 8 | CRITIQUE JEAN-PHILIPPE TASTET COLLABORATEUR LE DEVOIR mon éminent collègue et néanmoins ami, Jean Aubry, dont je sollicitais l\u2019opinion sur la carte des vins, je disais de ce nouveau restaurant que la cuisine y était délicieuse ; peut- être un peu alambiquée, mais l\u2019ar t de la mesure vient souvent aux chefs talentueux une fois passé le stade de la surcharge.Il faut bien que jeunesse se passe, et Sean Murray Smith, le jeune chef aux commandes de cette Île flottante, possède tant de talent que je m\u2019en voudrais de trop ronchonner.Sa cuisine gagnera sûrement à être épurée et son talent n\u2019en apparaîtra que plus clairement.L\u2019Île flottante a vu le jour en place des Deux singes de Montar vie ; c\u2019était déjà très beau, c\u2019est encore mieux.Les propriétaires ont eu le bon goût de demander à Alain Carle de leur concocter un intérieur chaleureux et douillet : objectif atteint.Une très belle salle doublée, cuisine itou, un peu en aquarium, où la clientèle peut suivre le frétillement de la brigade.Une observation attentive permet de constater entre autres combien le métier de cuisinier, chef et pas chef, est exigeant physiquement.Éreintant, selon moi.On n\u2019en apprécie que davantage les assiettes.La maison fonctionne sur le principe d\u2019un menu dégustation offert au choix en trois, cinq ou sept services.Aux légumes qui occupent l\u2019avant- plan venaient, ce soir-là, s\u2019ajouter du canard et du veau.Pour une fois, les végétariens sont traités avec autant d\u2019égard et de sollicitude que les carnivores et autres -vores.Amuse-gueule pour commencer Le repas commence par un amuse- bouche qui est bien plus que cela, élégant carpaccio de betterave, mascarpone de betterave, noisettes caramélisées et beurre de chèvre légèrement souligné de miso.Tout délicieux qu\u2019ils aient été, les raviolis ne gagneront pas le concours de la plus belle assiette ni celui de la pâte la plus fine en ville.On peut sûrement faire mieux, et la farce de canard confit accompagnée d\u2019une succulente tapenade champignons et truffe aurait mérité mieux que cette peu ragoûtante sauce au foie gras.Trois plats enlevés suivent : terrine de courge rôtie avec nori \u2014 un modèle de précision et de minutie \u2014, mayo au gingembre, guacamole et tempura de courge butternut ; toast de brioche, pâté de champignons, pomme, gruyère, salade de champignons marinés, noix de Grenoble noires râpées ; et filet de veau grillé, béchamel au fromage Le Douanier, sauce mole avec légumes grillés, miel aux fleurs sauvages.Assiettes impeccables, impressionnantes visuellement autant que gus- tativement, trois modèles d\u2019équilibre et de créativité.Georges, mon Bleuet préféré, a failli défaillir à cause des tomates fumées voisinant le veau très tendre.Nous, nous avons apprécié.Sans doute au Lac, ne fument-ils pas?Je veux dire les tomates.Flotter sur une très belle île Du plaisir de faire escale dans le nouveau et délicieux fief de Sean Murray Smith À La maison fonctionne sur le principe d\u2019un menu dégustation offert au choix en trois, cinq ou sept services.PHOTOS PEDRO RUIZ LE DEVOIR Pour une fois, les végétariens sont traités avec autant d\u2019égard et de sollicitude que les carnivores et autres -vores Viv r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 J A N V I E R / 2 0 1 8 Expérience d'immersion interculturelle Dharamsala (Inde), Madagascar, Pérou, Sénégal et Vietnam.Séjour de 7 semaines COÛT : de 5 195 $ à 6 225 $ (formule « tout inclus ») proposée aux personnes de 50 ans et plus avec hébergement dans une famille et bénévolat Voyages solidaires Pour assister à une séance d'information, téléphonez au 514 325-0150, poste 2039 http://voyagessolidaires.collegemv.qc.ca POUR LES DÉTAILS ET PRIX DE CES PROGRAMMES: www.louisedrouin.com 1 888 475-9992 Croisières CAPITALES DE LA MER BALTIQUE 2 DÉPARTS EXCLUSIFS Du 11 au 25 juin 2018 sur le Serenade-of-the-Seas Accompagné par Linda Proulx & Guy Vandal Du 17 juin au 2 juillet 2018 sur le Celebrity Eclipse Accompagné par Mirella Isambert & Dominique Denis P e r m P e r m P e r m P e r m P e r m P e r m P e r m e r m P e r m P e r m P e r m P e r m P e r m P e r m P e r m P e r m P e r m P e r m e r m P e r m P e r m P e r m e r m m P e r m P e r m m P e r m P e r m P e r m m r m P e r m m P e r m P m r m r m m P e r m r r r r e P e P i s d d i s d i s d i s i s d s d d i s d i s d i s d d d i s s i s s s s i s i s s i s s i s s i s i s i s i s i s i s s s s s s s i s i s i s i s s s s s s s s s i s i s s s i s i s s i s s s i u Q u Q u é b e c é b e Incluant toutes les excursions en pr ivé et en français beltour.ca 514 336-0033 ou 1 866 235-8687 Prenez LE LARGE! vous amène ailleurs.AGENCE DE VOYAGES n s e o Fuyez l\u2019hiver à bord d\u2019un luxueux paquebot et faites une croisière de rêve aux Bahamas, dans les Caraïbes, en Europe, ou au Japon.POUR ANNONCER DANS CE REGROUPEMENT CONTACTER ÉVELYNE DE VARENNES AU 514 985-3454 / edevarennes@ledevoir.com BON VOYAGE Le bonheur sembla tout aussi complet côté jardin, Marie jubilant autour de sa salade César au Jícama, Croto- nese Pecorino, croûtons, fines herbes, ainsi qu\u2019avec les tagliatelles maison, enrichies d\u2019un petit ragoût de champignons et courronnées d\u2019une mousse de Pecorino.L\u2019Île flottante est une adresse où le dessert est à la hauteur du reste du repas.Les esprits chagrins feront sans doute remarquer qu\u2019il n\u2019y en a qu\u2019un.Quoi qu\u2019il en soit, cet ananas en gelée, coulis, comprimé avec chili et popsicle, ganache au chocolat noir, fruit de la passion vous tirera des larmes de joie.Nada, muse du chef et chef d\u2019orchestre du ballet en salle, décrit les assiettes à mesure qu\u2019elles arrivent et les bouteilles à mesure que vous salivez.Elle vous expliquera aussi pourquoi la maison s\u2019appelle Île flottante.Île flottante ?$$$ 1/2 174-176, rue Saint-Viateur Ouest, Montréal, 514 278-6854.Ouvert midi et soir, du mardi au samedi.À midi, entrées de 12$ à 16$, plats principaux de 17$ à 25$ et deux desserts à 9$; table d\u2019hôte à 30$.En soirée, trois, cinq ou sept services pour 45, 65 ou 85$.De la belle carte des vins, M.Aubry dit : «Telle une belle chemise bien ajustée, voilà une carte où je me sens bien.Pas de faux plis, souple, il y a matière à mouvement, en toute liberté.» L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 J A N V I E R / 2 0 1 8 Vi v r e 5 0 | CRITIQUE JEAN AUBRY COLLABORATEUR LE DEVOIR Parce que nous sommes en 2018, est-il encore acceptable de parler de vins sexy ?Vous comprendrez que j\u2019ai tourné la langue sept fois dans ma bouche avant de vous livrer la toute première question de l\u2019année, formulée par une lectrice qui voulait en avoir le cœur net.Ce qui se conçoit bien\u2026 Alors permettez, chère madame, que je cite d\u2019abord le dictionnaire qui parle d\u2019un vin «qui a un charme attirant et aguichant, qui a du sex- appeal».Tout de même mieux qu\u2019une brute de vin, à la fois grossier, répugnant et pas d\u2019classe.Soyons sérieux.Ce qui se con çoit bien s\u2019énonce clairement \u2014 et les mots pour le dire arrivent aisément.Je n\u2019ai rien inventé.Votre conception du mot « sexy » rejoindra-t-elle celle de Boileau, encore qu\u2019elle n\u2019a sans doute rien à voir avec ce qu\u2019il pouvait bien traduire au début du XVIIIe siècle.Ces mots alors qui vous arrivent aisément se nourrissent-ils à la fontaine de l\u2019analogie pour mieux évoquer une ambiance, un contexte, une atmosphère, sans la moindre arrière-pensée?Je me suis pour ma part amusé à dénicher six candidats qui affichent une touche de sex-appeal.Rassurez- Sexy, le vin ?Zoom sur six bouteilles au charme aguichant L A R EC E T T E D E Q U I N OA H ROYA L D E M I S S P R Ê T À M A N G E R MISS PRÊT À MANGER C\u2019est la salade signature de la chef Kim Lallouz, mais avec une twist hivernale.Cette salade de quinoa royal est un plat rempli de protéines, qui se conserve quatre jours au frigo.Les enfants l\u2019aiment, les adultes aussi.Ingrédients 4 tasses de quinoa cuit 1 concombre anglais coupé en petits morceaux 3 oignons verts émincés 1 tasse de canneberges séchées 1 tasse d\u2019amandes en bâtonnets rôties 1/2 botte de coriandre, hachée grossièrement (les feuilles seulement) Une demi-courge musquée cuite et coupée en gros dés 2 courgettes coupées en gros dés 1 champignon portobello coupé en gros dés 1 betterave rouge et 1 betterave jaune, sans peau, coupées en gros dés 2 tiges de romarin frais 2 tiges de thym frais 1 oignon rouge, coupé en gros dés Huile d\u2019olive, ou huile de pépin de raisins Cidre de pomme au goût Canelle, muscade et paprika (et chili en poudre si désiré) Sel et poivre Préparation Cuire la demi-courge musquée et les betteraves, saupoudrées de cannelle, de paprika et de muscade, au four à 375 degrés pendant une demi-heure, ou jusqu\u2019à ce que tout soit tendre.Ajouter les courgettes, les oignons, les champignons (légèrement couverts d\u2019huile d\u2019olive, de sel, de poivre et des herbes fraîches).Augmenter la température du four à 400 degrés et cuire pendant 15 minutes.Sortir et laisser refroidir.Dans un grand bol, mélanger tous les ingrédients.Ajouter l\u2019huile et le cidre au goût, saler, poivrer et déguster ! | 5 1 Vi v r e Vi n L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 J A N V I E R / 2 0 1 8 Moins de 16 $ Borsao Blanco Seleccion 2016, Espagne (12,55$ \u2013 10856161) Très rare, voire hors de portée de bouche, un blanc sec de qualité à ce prix.Une qualité ici qui se vérifie évidemment par l\u2019équilibre d\u2019ensemble, mais aussi par ce caractère appétant où les agrumes et une touche anisée se lovent sur une trame riche, ronde et vineuse mais aussi très fraîche.Très polyvalent à table.(5) ?1/2 © La surprise M Paul Mas Prima Perla Brut, Crémant de Limoux, France (19,95$ \u2013 13032511) Tout comme le rosé, le mousseux n\u2019est-il pas ponctuel et saisonnier, mais plutôt nécessaire toute l\u2019année ! Cette belle bouteille met déjà des fourmis dans les jambes dans une année promise aux belles résolutions.Bulles perlant finement sur fruité ample, généreux et très convaincant.Jean-Claude Mas sait faire ! (5) ?Le blanc Family Tree 2015, Henry of Pelham, Ontario, Canada (20,85$ \u2013 12792367) Nous avons affaire ici à la branche aromatique de l\u2019arbre familial dont le feuillage enjolive, éclaire et porte haut les couleurs dégagées par des viogniers, chardonnays et autres gewurztraminers habilement fusionnés.L\u2019approche est tendre, très pure, peu acide et porte à la rêverie, voire à l\u2019oisiveté\u2026 (5) ?Le rouge Carignan Vieilles Vignes, É.& F.Jourdan, Pays du Gard, France (19,80$ \u2013 11587927) Le carignan est au Languedoc ce que le sirop d\u2019érable est au Québec : un pilier, que dis-je, une sève qui irrigue un terroir et défini ses hommes et ses femmes, en profondeur.La version proposée par les Jour- dan projette une portée aromatique et gustative fine, presque délicate tant la précision et la fraîcheur éclatent au grand jour.(5) ?© Le bio Château de Nages 2015, Rhône, France (18,60$ \u2013 12268231) À moins de 20 $, voilà du lourd.Du lourd oui, mais si aromatique, coulant et mouvant que le palais semble porté bien au-delà du terroir qui lui a donné sa sève.Et puis il y a cette espèce de détachement, tel un vol plané au-dessus de la garrigue chaude qui l\u2019épice au passage, histoire d\u2019assouvir la ratatouille ou la côte de porc grillée.(5) ?© (5) à boire d\u2019ici cinq ans (5+) se conserve plus de cinq ans (10+) se conserve dix ans ou plus © devrait séjourner en carafe L E S V I N S D E L A S E M A I N E Évitons toute grivoiserie : un vin sexy n\u2019est rien d\u2019autre qu\u2019un vin qui a un charme attirant et aguichant, qui a du sex-appeal.MACTRUNK ISTOCK vous, rien d\u2019érotique ni de pornographique, encore que Sade ou Restif de la Bretonne ne s\u2019y seraient sans doute pas opposés ! Jeunes vignes de Xinomavro 2015, Domaine Thymiopoulos, Grèce (17,65$ \u2013 12212220).Sexy, le mec! Pas un gars de Harley, mais plutôt de Velo Solex, mais si charmant, svelte et rieur que l\u2019on s\u2019y acoquine illico.Servir frais, n\u2019importe quand! (5) ?Soave Classico 2016, Inama, Italie (19,60 $ \u2013 908004).Ça roucoule tant on a l\u2019impression d\u2019un complot ourdi pour se la couler douce, avec toute la suavité d\u2019usage.Un blanc sec lumineux, au goût de melon et de poire, simplement irrésistible sur les antipasti.(5) ?Marsannay Cuvée Saint-Urbain 2014, Jean Fournier, Bourgogne, France (37,25$ \u2013 11853412).La proposition fruitée est ici si déconcertante et naturelle que l\u2019on tombe sous le charme sans lui demander de jouer les haltérophiles.Un pinot noir plus subliminal qu\u2019animal ; surtout, un véritable régal.(5 +) ?1/2 © Cru Barréjats 2014, Sauternes, Bordeaux, France (51,75 $ \u2013 12958881).La texture lisse et sensuelle de cette perle sauternaise cède sous les avances fines et distinguées d\u2019un fruité atteignant des sommets de luxure souveraine.Cire, miel et confiture d\u2019abricot mûr étalés sur une part de pain d\u2019épices.Vous êtes preneur?(10 +) ?Champagne Pascal Doquet Premier Cru Extra-Brut 2005, Vertus, France (81,50$ \u2013 13142551).Sexy, il est vrai, mais aussi d\u2019une profonde sensualité, de celle qui interpelle sans crier gare, qui vous manipule et vous fait faire des bêtises\u2026 Un chardonnay peu dosé, d\u2019une tension fine et crémeuse, qui ouvre le palais avec amplitude et puis s\u2019esquive subtilement, gracieusement.Belle affaire à ce prix ! (5) ?Extase X.O.Lejay-Lagoute, France (108$ \u2013 638528).La base de vieux cognacs fournit ici une rondeur et une impulsion aromatique qui anoblit les agrumes pour mieux en mordiller le charnu exotique\u2026 Vous avez dit extase ?guideaubry@gmail.com Je me suis amusé à dénicher des candidats qui affichent une touche de sex-appeal.Rassurez- vous, rien d\u2019érotique ni de pornographique, encore que Sade ou Restif de la Bretonne ne s\u2019y seraient sans doute pas opposés ! L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 J A N V I E R / 2 0 1 8 Vi v r e S a n t é 52 | REPORTAGE MARIE-LISE ROUSSEAU LE DEVOIR ardi soir, 5 décembre, Mile-End.Assis en cercle sur des coussins, nous fermons les yeux, avec pour seul bruit la pluie battante qui se bute contre les grandes fenêtres du studio.«Je dédie la pratique d\u2019aujourd\u2019hui aux femmes victimes de la tuerie de Polytechnique, il y a 18 ans, aux écolières nigé- rianes enlevées par Boko Haram toujours en captivité, aux femmes autochtones disparues et assassinées, ainsi qu\u2019à toutes les survivantes et les victimes d\u2019actes de violence.» « Rest to Resist \u2013 Repos et résistance » n\u2019est pas une classe de méditation comme les autres.Son animateur, Dexter Xurukulasuriya, l\u2019a conçue pour les «acteurs de changements, les militants et militantes, les survivants et survivantes de sévices», mais tout le monde y est bienvenu.L\u2019enseignant aux cheveux noirs bouclés, dont les mèches tombent sur ses lunettes, cherche à redonner des forces aux activistes épuisés afin qu\u2019ils puissent poursuivre leur lutte, quelle qu\u2019elle soit, sur le long terme.« C\u2019est fatigant d\u2019être activiste », laisse tomber celui qui a plusieurs années de désobéissance civile dans le corps.Au point où, récemment, il en a fait un burnout.Et il a vu un grand nombre de ses proches subir le même sor t.« Les besoins sont infinis, ils sont au-delà de la capacité de chaque être humain », ré- sume-t-il de sa voix basse ponctuée d\u2019un accent anglophone, qui lui vient de sa jeunesse à Winnipeg.Cet épuisement, le psychologue Nicolas Lévesque l\u2019a observé de près, lui qui a traité de nombreux étudiants qui militaient pour une meilleure accessibilité aux études au printemps 2012.En plus du burnout, il a traité des activistes pour dépression, syndrome de stress post-traumatique et dépendance à la drogue ou à l\u2019alcool, entre autres.« À force de toujours être investi dans une cause extérieure, on finit par négliger sa vie privée et ses propres besoins, explique-t-il.Les activistes se donnent à une cause au-delà de leurs limites physiques et psychologiques.À un moment donné, le corps n\u2019est plus capable.» Le sujet a fait les manchettes l\u2019an dernier, quand l\u2019ex-députée de Québec solidaire Françoise David a annoncé son départ de la vie politique.« Je ne veux pas jouer de nouveau dans ce film-là », avait-elle expliqué, évoquant le burnout qu\u2019elle avait surmonté plus tôt dans sa carrière.Avant de se lancer en politique, Mme David a milité pendant des années, notamment pour l\u2019avancée du féminisme et pour une meilleure justice sociale.Elle a décliné notre demande d\u2019entrevue à ce sujet, justement, afin Activistes au bout du rouleau Épuisés, des militants cherchent à se ressourcer afin de mieux mener leurs luttes Dexter Xurukulasuriya a conçu sa classe de méditation pour les « acteurs de changements », mais tout le monde y est bienvenu.PEDRO RUIZ LE DEVOIR M | 5 3 Vi v r e S an t é L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 J A N V I E R / 2 0 1 8 d\u2019éviter de se surmener durant sa fin d\u2019année déjà très occupée.Pour sa part, Dexter Xurukulasu- riya s\u2019est épuisé après avoir jonglé entre son emploi dans une boîte de production et le militantisme pendant près de 10 ans.« Je cachais mon activisme.Entre les contrats, je disais que j\u2019allais en voyage, mais en fait, je participais à des manifestations ou des coups d\u2019éclat, durant lesquels je me faisais arrêter et me ramassais en prison.Pendant des années, j\u2019ai fait ces deux jobs, sans vacances.C\u2019est super épuisant.» Militer autrement Depuis son burnout, dont il est toujours en processus de guérison, Dexter cherche à incarner son engagement autrement que par l\u2019activisme de combat.De ce besoin est née la classe qu\u2019il enseigne depuis septembre dernier au studio Presence Meditation, au sein de laquelle les séan ces de méditation silencieuse sont entrecoupées de discussions sur le militantisme et de lectures de poésie engagée.« Dans le milieu du yoga et de la méditation, beaucoup de gens essaient de fermer les yeux sur le monde extérieur pour se concentrer sur leur intérieur.Je n\u2019accepte pas du tout cette séparation, explique-t-il.Comment militer sans s\u2019épuiser ?Le premier conseil que donne le psychologue Nicolas Lévesque est de ne « pas être en perpétuel état de révolution ».MICHAËL MONNIER LE DEVOIR À force de toujours être investi dans une cause extérieure, on finit par négliger sa vie privée et ses propres besoins NICOLAS LÉVESQUE » Je pense que la spiritualité doit faire partie de la société.» Le soir de notre visite, la quasi- totalité des par ticipants assiste à Rest to Resist pour la première fois.L\u2019un d\u2019entre eux confie qu\u2019il apprend à apprivoiser la tristesse, parce que ça lui semble le sentiment le plus naturel à éprouver dans une société « aussi malade» que la nôtre.Dexter renchérit qu\u2019il faut se donner le droit de jongler avec plusieurs émotions à la fois.«Nous sommes des êtres complexes, dit-il.Nous pouvons rire tout en étant profondément malheureux.» En apprenant l\u2019existence de cette classe de méditation, Nicolas Lé- vesque s\u2019enthousiasme.« C\u2019est une super idée ! Dans la vie en général, il faut faire attention à ne pas aller trop dans les extrêmes dans ce qu\u2019on vit, mais l\u2019activisme est quel - que chose de très émotif.L\u2019idée de méditer pour se stabiliser, c\u2019est très bien.C\u2019est ce qui manque souvent aux militants.» Selon le psychologue, la stabilité émotive, « qu\u2019elle se trouve au sein du couple, de la famille, chez des amis ou dans son hygiène de vie quotidienne », est la clé pour entretenir la flamme du militantisme sans brû- ler la chandelle par les deux bouts.Alors, comment mil i ter sans s\u2019épuiser ?Le premier conseil que donne M.Lévesque est de ne « pas être en perpétuel état de révolution ».« Il faut s\u2019organiser sur le long terme, ça prend beaucoup de travail et de temps, changer le monde.Il faut voir ça plus comme un marathon qu\u2019un sprint.» Placer son propre masque Dexter Xurukulasuriya propose de remplacer le terme « révolution » par « fermentation », une approche qui fait échos au mouvement slow.Pour l\u2019activiste, ça commence avec la reconnaissance de son individualité.Et il n\u2019y a rien d\u2019égoïste à cela, insiste-t - i l .« C\u2019est comme dans l\u2019avion, quand on nous montre comment utiliser le masque à oxygène : il faut d\u2019abord placer son propre masque pour ensuite aider les autres », illustre-t-il.Peu importe la forme qu\u2019il prendra, l \u2019activisme sera toujours au cœur de la vie de ce prof de méditation, qui conçoit l\u2019engagement com - me une vocation.« C\u2019est comme les gens qui exercent les métiers d\u2019enseignant, d\u2019infirmière ou de travailleur social, explique-t-il.Dans tous les cas, on ne le fait pas d\u2019abord pour le chèque de paie ou le statut social ; on le fait parce que ça nous tient à cœur et qu\u2019on veut contribuer de façon positive à la société.» L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 J A N V I E R / 2 0 1 8 Vi v r e M o t s d e t ê t e 5 4 | GRILLE BLANCHE GRILLE DES FÉRUS SUDOKU MOTS FLÉCHÉS | 5 5 Vi v r e M o t s d e t ê t e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 J A N V I E R / 2 0 1 8 GRILLE INTERMÉDIAIRE LES ANAGRAMMES MOTS CROISÉS DU SAMEDI Horizontalement Verticalement I II III IV V VI VII VIII IX X Solution du n° 381 Horizontalement I.Inaccessible.II.Non-respect.III.Eteint.Copte.IV.Fos.Toron.Et.V.Fisc.Couette.VI.Irène.Us.Rem.VII.Ce.Amnistiée.VIII.Empalée.IX.Cor.Ail.Lest.X.Ereintements.Verticalement 1.Inefficace.2.Notoire.Or.3.Anesse.Ere.4.Cri.Cnam.5.Cent.Empan.6.Estoc.Naît.7.Sp.Rouille.8.Secousse.9.Icône.Télé.10.Btp.Tri.En.11.Tétée.St.12.Etêtements.Philippe Dupuis 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 1 1 12 MOTS CROISÉS PROBLÈME N° 382 1.Nous fait douloureusement plonger.2.Devra être bonne pour la défense.3.Réussis en public.Jamais comme avant.4.A eu sa période dorée.Travail de jardinier en herbe.5.Lentilles à l\u2019étable.Drapé indien.6.Interjection.Tirées du bâtiment.7.Bien mal arrangé.Chez les Grecs.8.Fait monter le rouge.Arrive parmi nous.9.Met en lumière.Bille de chêne.10.En mer Egée.Belle envolée pour la soliste.11.Pour mettre les caisses et les jeunes pousses à l\u2019abri.12.Quel foutoir autour d\u2019elle.I.Bien mauvaise approche de la situation.II.Ornement au sommet.Petite ouverture en surface.III.Ont abrité Gauguin et ses charmants modèles.Carburant renversé.IV.On s\u2019engage en y entrant.Corsaire puis officier de la Royale.Bouts de nickel.V.Du rouge dans les étangs.Du porc ou du cocon.Produit.VI.Taillé pour être complet.Son Talon avait du talent.VII.Titane.Pourra toujours être amélioré.VIII.A manipuler avec précaution.Homme de Propos.IX.Passe à l\u2019huile.Sortie forcée.Assure la liaison.X.Manque de tout.Philippe Dupuis est également l\u2019auteur des mots-croisés du Monde CITATION MYSTÉRIEUSE L\u2019INTERVALLE Entre le premier et le dernier mot, et en ne changeant qu\u2019une seule lettre, trouvez les mots intermédiaires.Les accents sont permis, mais aucun nom propre.Découvrez les mots cachés dans ces anagrammes.M O I N E T O R D U MOTS IMAGES Associez deux mots pour former une expression imagée.CHASSE MAÎTRE MARCHER FEU CHIEN PEINE BOMBE TABLEAU SAUCISSE DROIT SACRÉ CHASSE GALLERIE HUMAINE CHANTEUR AMOUR 1.2.3.4.5.6.7.8.SOLUTIONS DE LA SEMAINE DERNIÈRE GRILLE BLANCHE MOTS FLÉCHÉS SUDOKU : SOLUTION DU DERNIER NUMÉRO GRILLE DES FÉRUS CITATION MYSTÉRIEUSE Cela arrive assez souvent: qu\u2019on soit sûr d\u2019une chose, et qu\u2019elle soit fausse.(Nancy Huston) L\u2019INTERVALLE Droit / Croit / Croie / Craie / Crâne LES ANAGRAMMES brouetta-tabouret / concerts-concrets / plieriez-repliiez-pileriez / libérale- braillée / démonter-démontre MOT IMAGE Se mettre en pétard / Rendre les armes / Sauter sur l'occasion / Vache sacrée / Chien de faïence Projet pilote / Corps céleste / Tatoué sur le cœur Conception de la grille blanche, de la grille des férus et des mots fléchés : Étienne Hannequart-Ferron.I R TAT E T R UDSORRME S I P E E R R E S R UJ É N O COTHAERL 1.3.2.1.3.2.1.2.1.2.1.2.1 7 1 0 Vous aimez ces pages ?Écrivez-nous pour nous faire part de vos commentaires : redaction@ledevoir.com Placez les lettres contenues dans les colonnes au-dessus de la grille dans les cases du bas, de manière à former une citation qui se lira de gauche à droite.1 7 0 8 1 7 0 8 1 7 0 8 L E D E V O I R / L E S S A M E D I 6 E T D I M A N C H E 7 J A N V I E R / 2 0 1 8 O N N \u2019 E S T P A S C O U C H É LES DIMANCHES 19H Coups de cœur, coups de gueule, tout peut arriver sur le plateau de Ruquier."]
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