Le devoir, 10 janvier 2018, Cahier A
[" V O L .C I X N o 1 L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 1 0 J A N V I E R 2 0 1 8 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S AUJOURD\u2019HUI Culture \u203a Médias.Un potentiel acheteur sérieux du journal Métro se retire.Page B 8 Actualités \u203a L\u2019année de tous les dangers pour Trudeau.Une chronique de Konrad Yakabuski.Page A 3 Avis légaux.B 2 Décès.B 4 Météo.B 6 Mots croisés.B 6 Petites annonces .B 4 Sudoku.B 2 ?w w w .l e d e v o i r .c o m L\u2019idée d\u2019une Journée nationale contre l\u2019islamophobie crée malaise Page A 3 J E A N - F R A N Ç O I S N A D E A U R ien ne surprend plus avec le tatouage.Cet art graphique assimilé il n\u2019y a pas si longtemps encore à l\u2019expression d\u2019une rébellion ou à tout le moins d\u2019une marginalité fait au- jourd\u2019hui l\u2019objet d\u2019une normalisation en société au point de servir de point d\u2019ancrage à des séries de télévision.On estime que près d\u2019une personne sur six est aujourd\u2019hui tatouée en Amérique du Nord.Dave Mazierski, un spécialiste de l\u2019anatomie du chameau, professeur associé au Département de biologie de l\u2019Université de Toronto, a reproduit sur son corps les tatouages préservés sur les lambeaux de peau d\u2019une momie sibérienne congelée pendant plus de 2000 ans.Ces fragments de peau, derniers vestiges d\u2019une expérience humaine dont nous savons fort peu, se trouvent en ce moment au cœur d\u2019une grande exposition consacrée par le British Museum à l\u2019histoire des Scythes.Le musée londonien profite pour cette exposition, intitulée La Sibérie dans la peau Un spécialiste de l\u2019anatomie se fait tatouer comme une momie de 2000 ans V.TEREBENIN© THE STATE HERMITAGE MUSEUM, ST PETERSBURG, 2017 Cette plaque en or en forme de cerf, mesurant 30 centimètres, est datée de la seconde moitié du VIIe siècle avant notre ère.Elle a été découverte à Kostromskaya dans la région du Kouban, au Causase.Elle est présentement exposée au British Museum.KIM WON-JIN AGENCE FRANCE-PRESSE Si la Corée du Nord et la Corée du Sud reprennent contact sur le plan politique, mais sur le plan sportif, c\u2019était déjà fait.Les deux Corées se sont affrontées en avril dernier, à Pyongyang, capitale de la Corée du Nord, dans le cadre d\u2019un match de qualification pour la Coupe d\u2019Asie féminine de football 2018.M A R C O F O R T I E R L e ménage promis dans la rémunération des recteurs se fait attendre.Résultat : le grand patron de l\u2019Université Concordia gagne encore deux fois et demie le salaire de son homologue de l\u2019Université du Québec à Montréal (UQAM), qui compte pourtant 5000 étudiants de plus.Faute de volonté politique, les dix établissements du réseau de l\u2019Université du Québec se démènent dans des conditions « lamentables » imposées par le gouvernement, af firme Lise Bissonnette, présidente du conseil de l\u2019UQAM.Les dix recteurs les moins payés au Québec sont ceux du réseau de l\u2019Université du Québec \u2014 réseau qui fête cette année ses cinquante ans.Mme Bissonnette déplore le peu d\u2019empressement de la ministre de l\u2019Enseignement supérieur, Hélène David, à remplir sa promesse de rétablir l\u2019équité dans la rémunération des recteurs.Ce manque de volonté trahit le «mépris» de la classe politique envers le réseau de l\u2019Université du Québec, selon elle.«C\u2019est évident que, si on examine la rémunération des recteurs et des cadres [d\u2019université], c\u2019est lamentable dans le cas de l\u2019Université du Québec.On est dans l\u2019iniquité absolument flagrante.À l\u2019UQAM, c\u2019est scandaleux, tout simplement», dit Lise Bissonnette au Devoir.Univers parallèles Les 10 établissements du réseau de l\u2019Université du Québec n\u2019ont aucune marge de manœuvre pour établir la rémunération de leurs dirigeants, Iniquités salariales chez les recteurs Les dix recteurs les moins payés sont ceux du réseau de l\u2019Université du Québec.Lise Bissonnette réclame le ménage promis par la ministre David.K A R L R E T T I N O - P A R A Z E L L I L e rapprochement hautement symbolique intervenu mardi entre les deux Corées a fait descendre la pression à la veille des Jeux olympiques de Pyeongchang, mais il ne règle pas pour autant l\u2019épineux dossier nucléaire nord-coréen.Au terme d\u2019une réunion de plus de dix heures, les responsables sud-coréens et nord- coréens ont accepté de se serrer la main, une scène qui n\u2019avait pas été vue depuis décembre 2015.Ensemble, ils ont convenu que la Corée du Nord participera aux Jeux olympiques qui se tiendront en Corée du Sud du 9 au 25 février prochains, tout en promettant de faire le nécessaire pour apaiser les tensions ambiantes.« Je pense que nous venons de franchir un premier pas dans le développement des relations Nord-Sud», a déclaré le leader de la délégation sud-coréenne, Cho Myoung-gyon, après les pourparlers, selon les images tournées dans le village frontalier de Panmunjom, où a eu lieu la rencontre.«On se demandait si certains pays allaient se désister des Jeux olympiques à cause du climat politique, note le professeur de l\u2019UQAM Yann Roche, un spécialiste de la géopolitique du sport.Heureusement, ça devrait faire baisser la tension.» Selon les informations communiquées à la suite de la rencontre de mardi, la délégation nord-coréenne qui se rendra à Pyeongchang comprendra des athlètes, mais également des meneuses de claque, un groupe d\u2019artistes, une équipe de démonstration de taekwondo et un service de presse.Reste à savoir si les deux Corées feront une entrée commune lors des cérémonies d\u2019ouverture et de clôture des Jeux, comme ce fut le cas DIPLOMATIE SPOR TIVE Un rapprochement coréen qui ne règle pas tout VOIR PAGE A 8 : SIBÉRIE VOIR PAGE A 8 : CORÉES VOIR PAGE A 8 : RECTEURS Au tour du papier d\u2019être frappé par des mesures punitives aux États-Unis Page B 1 L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 1 0 J A N V I E R 2 0 1 8 A C T U A L I T É S A 2 A M É L I P I N E D A L a « liberté d\u2019importuner » les femmes revendiquée par une centaine de Françaises, qui s\u2019attaquent au mouvement #MoiAussi, témoigne de la difficulté de détecter les violences sexuelles, croient des expertes.«Le viol est un crime.Mais la drague insistante ou maladroite n\u2019est pas un délit, ni la galanterie une agression machiste», a écrit mardi un collectif regroupant des écrivaines, des actrices et des journalistes françaises.Dans leur lettre ouver te, publiée dans le quotidien Le Monde, ces femmes, dont l\u2019actrice Catherine Deneuve, défendent ouvertement «une liberté d\u2019importuner, indispensable à la liberté sexuelle».Les signataires dénoncent ce qu\u2019elles qualifient de «dérive» du mouvement #MoiAussi, lancé en octobre dernier à la suite de l\u2019affaire Harvey Wein- stein.Selon le collectif féminin, la vague de dénonciations plonge les femmes dans un «statut d\u2019éternelles victimes».À contre-courant du mouvement #MoiAussi, elles se rangent du côté des hommes, dont plusieurs ont été, selon elles, «sanctionnés dans l\u2019exercice de leur métier, contraints à la démission, alors qu\u2019ils n\u2019ont eu pour seul tort que d\u2019avoir touché un genou, tenté de voler un baiser, parlé de choses \u201cintimes\u201d lors d\u2019un dîner professionnel, ou d\u2019avoir envoyé des messages à connotation sexuelle à une femme chez qui l \u2019attirance n\u2019était pas réciproque».Au Québec, la chroniqueuse et animatrice Sophie Durocher a salué l\u2019initiative du collectif.« Jamais une telle lettre ne serait publiée ici, au Québec.Mais si elle l\u2019était, je la signerais», écrit Mme Durocher dans un blogue publié mardi sur le site du Journal de Montréal.Elle estime elle aussi que le désir masculin est démonisé.«Le jeu de la séduction est un tango: tu t\u2019avances, tu t\u2019essayes, tu fais une approche, parfois subtile, parfois moins, parfois ça marche, parfois pas « Faut-il clouer au pilori tous les gars qui ont embrassé une fille, mis leur bras autour de leur épaule, frôlé une cuisse, pour se rendre compte après que le sentiment, que l\u2019attraction n\u2019était pas réciproque ?Si oui, je devrais poursuivre pas mal de gars en just ice », ajoute-t-elle.Dangereuse banalisation Pour la sociologue Sandrine Ricci, les propos tenus par le collectif sont non seulement consternants, ils sont aussi dangereux.«En normalisant les comportements dits de \u201cdrague\u201d ou de tentative de \u201cvoler un baiser\u201d et en ignorant les rapports de pouvoir à l\u2019œuvre [\u2026], ces propos nous placent en mauvaise posture pour détecter la violence sexuelle.» Le collectif distingue et oppose les différentes formes de violence, ce qui a pour effet de banaliser les agressions verbales par rapport à celles qui sont physiques, note pour sa part Suzanne Zaccour, auteure féministe et étudiante à la maîtrise en droit à l\u2019Université de Cambridge.« Ce que ces femmes nous disent, c\u2019est qu\u2019il faudrait dénoncer seulement les pires violences.Il faudrait donc tolérer un certain niveau de violence jugé moins grave.Leur discours alimente le vieux stéréotype qui dit que, pour que ce soit un viol, il faut qu\u2019un gars te saute dessus avec un fusil pointé sur toi », souligne Mme Zaccour.La chroniqueuse féministe Francine Pelletier constate que le collectif voit plusieurs comportements inappropriés comme des gestes isolés.«Au nom de la séduction, on ne peut pas se permettre de tolérer une main sur le genou qui n\u2019est pas désirée.Ça peut paraître anodin, mais quand on met ce geste dans le grand casse-tête, on se rend compte qu\u2019il n\u2019est peut-être pas aussi isolé qu\u2019il en avait l\u2019air », in- dique-t-elle.L\u2019ancienne ministre responsable de la Condition féminine Liza Frulla estime qu\u2019au Québec, la perception du mouvement #MoiAussi est plus saine et plus positive qu\u2019en France.« Nous vivons dans une société qui est , à mon avis , moins machiste que la société française.Jusqu\u2019à maintenant, les dénonciations qu\u2019on a entendues se sont faites avec des faits et je n\u2019ai pas l\u2019impression qu\u2019il y a eu des dérives », sou- ligne-t-elle.Mm e Fr ulla croit qu\u2019i l ne faut toutefois pas perdre de vue la notion de présomption d\u2019innocence.« Elle existe et elle doit continuer d\u2019exister », souligne-t-elle.Mme Zaccour considère pour sa part que le concept de présomption d\u2019innocence est parfois mal utilisé.« Nous ne sommes pas devant un tribunal qui doit être convaincu hors de tout doute.C\u2019est un concept qui est souvent mal utilisé puisqu\u2019à part au criminel, la présomption d\u2019innocence n\u2019existe pas, par exemple si une femme décide de poursuivre son agresseur au civil.» Chantal Maillé, professeure en études des femmes à l\u2019Institut Simone de Beauvoir de l\u2019Université Concordia, rappelle de son côté que #MoiAussi n\u2019a pas été créé dans le but de punir un agresseur, mais plutôt pour permettre aux victimes de briser le silence.« Il a fallu un mouvement pour que beaucoup d\u2019autres femmes se disent \u201cJe peux parler, je me sens autorisée à parler parce que ce mouvement me donne la crédibilité que le système judiciaire ne m\u2019a pas donnée\u201d.» D\u2019ailleurs, le fait que le mouvement ait pris autant d\u2019ampleur sur la place publique a aussi été perçu comme une critique du système de justice actuel.«Lorsqu\u2019on voit des femmes de pouvoir au Québec, par exemple Julie Snyder, qui n\u2019ont pas été capables de prendre la voie légale au moment de l\u2019agression, ça en dit long sur les difficultés du système judiciaire », ajoute-t-elle.Le Devoir Plaidoyer pour la « liberté d\u2019importuner » Une centaine d\u2019artistes et de journalistes françaises s\u2019attaquent au mouvement #MoiAussi Gilbert Rozon conteste la demande d\u2019action collective de 10 millions de dollars en dommages déposée par un regroupement de présumées victimes qui soutiennent avoir été agressées et harcelées par l\u2019ancien producteur.Le fondateur de Juste pour rire a fait parvenir à la cour un document dans lequel il répond brièvement aux allégations qui pèsent sur lui.«[M.Rozon] entend contester la demande pour autorisation d\u2019exercer une action collective», peut-on lire dans la réponse déposée par ses trois avocats.D\u2019ailleurs, M.Rozon est même prêt à contester la compétence de la Cour supérieure du Québec dans le dossier.Rappelons qu\u2019en novembre 2017, le groupe Les Courageuses a déposé sa requête devant la Cour supérieure du Québec.Le regroupement a été créé à la suite des révélations du Devoir et du 98,5 FM à propos d\u2019allégations d\u2019inconduite sexuelle de la part de M.Rozon sur neuf femmes.Le regroupement réclame 10 millions de dollars en dommages punitifs, en plus d\u2019un dédommagement pour chaque victime dont le montant sera fixé individuellement.La comédienne Patricia Tulasne, qui agit à titre de représentante du groupe, réclame pour sa part 400 000 $.Rozon conteste une demande d\u2019action collective contre lui S A R A H R .C H A M P A G N E L\u2019 Université Concordia a réagi mardi à des allégations d\u2019agressions sexuelles et d\u2019abus de pouvoir qui visent des professeurs du Département d\u2019études anglaises.Dans une déclaration mise en ligne lundi, le recteur Alan Shepard se dit « troublé » par le texte publié par Mike Spry, ancien étudiant en littérature et instructeur pour la même université.« Ces allégations sont graves et seront traitées avec le plus grand sérieux », écrit M.Shepard.Le billet de blogue de M.Spry fait état de divers comportements précis, assimilables à des agressions sexuelles et à du harcèlement sexuel.Il dit avoir été témoin d\u2019un nombre « incalculable de cas de gestes d\u2019af fection non désirés, d\u2019attouchements, de remarques et de propositions inappropriées».« Lorsqu\u2019ils étaient rejetés par des femmes, des hommes en position d\u2019autorité ont propagé des rumeurs, dénigré et dégradé celles qui les avaient rejetés», écrit-il.Ce texte rapporte aussi des «allégations générales au sujet de l\u2019existence d\u2019un climat de violence psychologique au sein du réputé programme de création littéraire », reconnaît le recteur Shepard.« En tant qu\u2019étudiant à Concordia, j\u2019ai été témoin d\u2019abus de pouvoir et de la normalisation de la sexualisation des étudiants par des professeurs, des écrivains et des éditeurs», écrit Mike Spr y sans donner de noms.Il soutient qu\u2019au moins deux professeurs de Concordia ont eu des relations sexuelles répétées avec dif férentes étudiantes.L\u2019un d\u2019eux, en outre un «écrivain connu», s\u2019en vantait ouvertement et les « manipulait en leur achetant des consommations alcoolisées».Monde littéraire secoué Ces allégations ne datent cependant pas de lundi.En 2014, l\u2019auteure et ancienne étudiante de Concordia Emma Healey avait aussi raconté sa relation avec un professeur de littérature.Sans le nommer, Mme Hea- ley décrivait, dans un billet largement diffusé, son comportement qualifié d\u2019abusif.Mike Spr y nomme cette « masculinité toxique » comme un problème plus large du milieu littéraire canadien.En novembre 2015, l\u2019Université de Colombie-Britannique a suspendu le professeur et romancier Steven Galloway, à cause d\u2019allégations pesant sur lui.Il a été congédié en juin 2016 après une enquête, sans que la nature des allégations soit révélée à ce moment.L\u2019Université Concordia souligne quant à elle les mesures prises en réponse à la violence sexuelle, notamment le lancement d\u2019un centre d\u2019aide et d\u2019une nouvelle politique pour clarifier le processus de déclaration.Cégeps et universités du Québec ont jusqu\u2019au 1er janvier 2019 pour encadrer « les liens intimes, amoureux ou sexuels qui peuvent s\u2019établir entre un étudiant et une personne ayant une influence sur le cheminement de ses études».La loi-cadre adoptée par l\u2019Assemblée nationale le 8 décembre dernier n\u2019interdit pas les relations entre professeurs et étudiants.Elle force les établissements à se doter eux- mêmes d\u2019un code de conduite pour baliser les abus potentiels de pouvoir.La loi prévoit en outre qu\u2019une politique de prévention de la v iolence sexuelle doit inclure un processus clair de formulation et de suivi d\u2019une plainte.Le Devoir Allégations d\u2019agressions sexuelles à Concordia Le rectorat affirme prendre au sérieux les faits rapportés par un ancien étudiant en études anglaises Le froid fait des dommages dans des écoles de la CSDM Une dizaine d\u2019écoles de la CSDM ont été endommagées par les grands froids des dernières semaines.Toutefois, les enfants ont tout de même pu commencer leurs classes comme prévu au retour du congé des Fêtes mardi, précise la CSDM.«Des élèves ont été déplacés dans d\u2019autres locaux, mais au sein de la même école », répond le porte- parole, Alain Perron.À l\u2019école Saint-Luc, un bris de la conduite d\u2019eau d\u2019aqueduc a endommagé une quinzaine de locaux.Des bris de tuyaux ont également fait des dommages dans les écoles Boucher de la Bruyère et Sainte-Cécile, de même qu\u2019au centre administratif de la CSDM.L\u2019école Sainte-Bernadette-Soubirous annexe est toujours privée d\u2019eau et un réservoir-citerne a été livré mardi matin.D\u2019autres écoles ont été affectées par un bris de l\u2019alimentation électrique ou de radiateurs.Des travaux de sécurisation, de nettoyage et de remise en état sont toujours en cours.Le Devoir DAVID AFRIAT LE DEVOIR Mike Spry, ancien étudiant en littérature à l\u2019Université Concordia, fait état dans un blogue de divers comportements précis, assimilables à des agressions sexuelles et à du harcèlement sexuel.GREGOR FISCHER AGENCE FRANCE-PRESSE Dans leur lettre ouverte, une centaine de femmes, dont l\u2019actrice Catherine Deneuve, défendent ouvertement « une liberté d\u2019importuner, indispensable à la liberté sexuelle ».Éthique : demande d\u2019enquête sur la sénatrice Beyak Ottawa \u2014 La saga des lettres de la sénatrice Lynn Beyak se poursuit alors que certains de ses collègues du Sénat se demandent si elle aurait violé le Code d\u2019éthique et les règles de dépenses de la chambre haute.Cinq membres du groupe de sénateurs indépendants ont écrit mardi au conseiller sénatorial en éthique, Pierre Le- gault, pour qu\u2019il enquête sur les lettres jugées «offensantes» affichées sur le site Internet de la sénatrice et qu\u2019il détermine si celles-ci violent les règles du Sénat contre la promotion de la haine.Dans une récente entrée sur son site Web, la sénatrice Beyak a notamment dit qu\u2019il y avait eu des retombées positives aux pensionnats autochtones, et que les autochtones devraient abandonner leur «statut d\u2019Indien» pour vivre dans leurs communautés avec leurs propres moyens.La Presse canadienne Procès Accurso : deux chefs d\u2019accusation retirés Le ministère public a retiré des accusations contre Tony Ac- curso, qui va subir la semaine prochaine son procès relativement à un stratagème de partage de contrats municipaux à la Ville de Mascouche.Les chefs de fraude et de complot ont été retirés par un document judiciaire déposé à la cour le 15 décembre dernier, a confirmé le porte-parole du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), Jean- Pascal Boucher.Il reste donc les chefs de tentative d\u2019influencer un fonctionnaire municipal et celui d\u2019abus de confiance.Le procès devant jury de l\u2019homme d\u2019affaires et entrepreneur devrait débuter lundi au palais de justice de Joliette.Tony Ac- curso devra aussi subir un autre procès concernant un système de ristournes sur des contrats de construction à Laval.La Presse canadienne Agressions sexuelles: Bertrand Charest interjette appel L\u2019ex-entraîneur de ski alpin Bertrand Charest fait appel de la peine de douze ans de prison qui lui a été imposée au terme de son procès pour agressions sexuelles.Reconnu coupable en juin d\u2019avoir agressé sexuellement plusieurs adolescentes, il avait déjà annoncé qu\u2019il en appelait de son verdict en juillet.Il avait demandé à être libéré en attendant son appel, mais la Cour d\u2019appel avait rejeté cette requête avant Noël.L\u2019ancien entraîneur de l\u2019équipe canadienne junior de ski alpin féminine est incarcéré depuis son arrestation, le 11 mars 2015.La Presse canadienne L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 1 0 J A N V I E R 2 0 1 8 ACTUALITES A 3 V ous aimez Justin Trudeau.Vous l\u2019aimez vraiment.En fait, les Québécois sont plus nombreux à trouver le premier ministre « sympathique » que les Canadiens de toute autre région du pays à l\u2019extérieur les provinces atlantiques.Les trois quarts des Québécois interrogés par la firme Nanos Research en fin d\u2019année disent considérer M.Trudeau comme sympathique ou plutôt sympathique, comparativement à moins de la moitié des résidants des Prairies canadiennes.En plus, c\u2019est dans la belle province que les principaux adversaires de M.Trudeau \u2014 le chef conservateur Andrew Scheer et le chef néodémocrate Jagmeet Singh \u2014 ont le moins la cote.Les Québécois trouvant que M.Singh est sympathique sont plus nombreux que ceux qui pensent la même chose à l\u2019égard de M.Scheer \u2014 52 % contre 38 % \u2014, mais ni l\u2019un ni l\u2019autre des chefs de l\u2019opposition ne peut concurrencer la vraie vedette de la scène fédérale.Les noms de Martine Ouellet et d\u2019Elizabeth May, les chefs du Bloc québécois et du Parti vert, respectivement, n\u2019étaient pas inclus dans ce sondage.Mais à moins que Céline Dion ne décide de se lancer en politique, tout indique que M.Trudeau demeurera le plus aimé des chefs fédéraux au Québec en 2018.L\u2019amabilité n\u2019est pas tout en politique.Même les par tisans les plus farouches de Donald Trump peuvent le trouver détestable sur le plan personnel.Stephen Harper fut trois fois élu premier ministre malgré une image publique qui correspondait beaucoup plus à celle de Dar th Vader qu\u2019à celle de mère Teresa.Mais les électeurs sont toujours plus prêts à pardonner leurs erreurs aux politiciens qu\u2019ils aiment qu\u2019à ceux pour lesquels ils ressentent des sentiments ambivalents.C\u2019est pourquoi les infractions à la Loi sur les conflits d\u2019intérêts que M.Trudeau a commises (comme l\u2019a conclu la commissaire à l\u2019éthique Mary Dawson juste avant de quitter ses fonctions) n\u2019entameront probablement pas la popularité personnelle du premier ministre.En revanche, les dossiers épineux tels que la légalisation du cannabis, les failles dans le système de paye Phénix et le sort de l\u2019Accord de libre-échange nord-américain mettront à l\u2019épreuve l\u2019histoire d\u2019amour entre M.Trudeau et les électeurs en 2018.C\u2019est sur la question de sa compétence que son gouvernement sera surtout jugé, et les Canadiens seront de moins en moins indulgents à son égard.Les ministres Mélanie Joly, Diane Lebouthil- lier, Kent Hehr, Maryam Monsef, Carolyn Bennett et Harjit Sajjan en ont amené plusieurs à remettre en question la compétence de l\u2019équipe gouvernementale en 2017, sans parler de Bill Morneau, le ministre des Finances qui a été partiellement blanchi par Mme Dawson dans une autre enquête, mais qui peine encore à sortir de la controverse concernant la gestion de ses affaires personnelles.Or, le bureau du premier ministre ne semble pas vouloir faire un remaniement ministériel qui ressemblerait à un constat d\u2019échec en évinçant ces membres.Quant aux chefs de l\u2019opposition, ils doivent profiter du calme relatif à Ottawa (les vraies luttes politiques auront lieu sur les scènes provinciales au Québec et en Ontario en 2018, et en Alberta au printemps de 2019) pour renforcer leur emprise sur leur propre parti afin de mieux livrer la bataille électorale en octobre 2019.Il n\u2019est pas certain qu\u2019Andrew Scheer et Jagmeet Singh puissent passer l\u2019épreuve.Les doutes persistent à l\u2019intérieur de chacune des formations de l\u2019opposition à l\u2019égard des nouveaux chefs.Non seulement M.Scheer et M.Singh peinent à se faire connaître par les Canadiens, chacun fait face à des défis particuliers.Pour M.Scheer, il s\u2019agit de mettre un visage plus moderne et ouvert sur son parti sans pour autant froisser la base conservatrice.La colère de cette dernière à la suite de l\u2019évincement du caucus conser vateur de la sénatrice L ynn Beyak pour des gestes considérés comme étant racistes envers les autochtones démontre à quel point la tâche sera difficile pour M.Scheer.Un chef plus imposant aurait peut-être plus de succès, mais M.Scheer semble jusqu\u2019ici le plus effacé des chefs fédéraux.Il devra vite montrer du cran s\u2019il veut rester en poste jusqu\u2019aux élections de 2019.Quant à M.Singh, sa décision de ne pas solliciter un siège à la Chambre des communes prive les électeurs de l\u2019occasion de jauger sa performance en tant que premier ministre potentiel face à celui qui occupe actuellement le poste.Qui plus est, les libéraux semblent vouloir répéter leur exploit de 2015 en misant sur une plateforme progressive \u2014 la lutte contre les inégalités des revenus risque d\u2019être le leitmotiv libéral de la prochaine campagne \u2014, ce qui laissera peu de place au NPD.Bref, il ne serait pas surprenant de voir M.Trudeau terminer l\u2019année 2018 là où il l\u2019a commencée : en tête dans les sondages et dans le cœur des Québécois.L\u2019année de tous les dangers KONRAD YAKABUSKI ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Des centaines de personnes ont rendu hommage aux victimes en participant à des veillées dans les jours suivant l\u2019attaque à la grande mosquée de Québec.L I S A - M A R I E G E R V A I S M A R I E V A S T E L L e débat sur une possible «Journée nationale contre l\u2019islamophobie» prend une tournure sémantique.Plusieurs partis politiques, tant à Québec qu\u2019à Ottawa, jugent le mot « islamopho- bie » trop for t et « trop chargé » pour que le 29 janvier 2017, jour où un tireur fou a tué six musulmans, porte ce combat.«Oui, le mot \u201cislamophobie\u201d est chargé.Et je trouve qu\u2019on a assez débattu de divisions autour de la présence de la religion au Québec», a déclaré au Devoir Agnès Maltais, députée péquiste et porte-parole de l\u2019opposition officielle en matière de laïcité.Elle souligne au passage qu\u2019il existe un Collectif canadien anti-islamophobie dont le porte-parole est Adil Charkaoui, une personnalité controversée.La semaine dernière, le Conseil national des musulmans canadiens (CNMC) a demandé au gouvernement Trudeau de faire du 29 janvier plus qu\u2019une simple journée de commémoration de la tuerie à la mosquée de Québec et de lui donner le titre de « Journée nationale d\u2019action contre l\u2019islamophobie », un peu comme le 6 décembre, jour de la tuerie de Polytechnique, est devenu une « Journée nationale d\u2019action contre la violence faite aux femmes».Le bureau de la ministre du Patrimoine, Mélanie Joly, a simplement indiqué mardi qu\u2019il «prenait acte » de la proposition.Québec solidaire est le seul parti qui appuie la création d\u2019une telle journée.Mais le gouvernement libéral de Philippe Couillard ne ferme pas la porte.Quant à la Coalition avenir Québec, elle rejette l\u2019idée d\u2019une journée nationale d\u2019action et estime suffisant que la tragédie soit commémorée.« Il s\u2019agit du geste intolérable d\u2019une seule personne et non pas celui d\u2019une société entière.Les Québécois sont ouverts et accueillants, ils ne sont pas islamophobes.» Oui à une commémoration En entrevue à Radio-Canada, Boufeldja Be- nabdallah, vice-président du Centre culturel islamique, s\u2019est dit déçu des positions de la CAQ et du PQ.« Jamais nous n\u2019avons dit que les Québécois étaient islamophobes, jamais.C\u2019est une mince partie et c\u2019est sur cette mince partie qu\u2019il faut travailler, qui fait beaucoup de bruit, beaucoup de mal, et qui a tué six personnes dans leur prière.» Tous les partis sont toutefois d\u2019accord pour que le 29 janvier soit réservé chaque année à la commémoration de l\u2019attentat meurtrier de la mosquée de Québec.«Soyons honnêtes, le meilleur outil qui va aller chercher l\u2019appui de tous, c\u2019est la commémoration», a affirmé Mme Maltais, du PQ.Elle souligne également que le gouvernement fédéral a attendu deux ans après la tuerie du 6 décembre 1989, soit en 1991, pour en faire une Journée nationale d\u2019action contre la violence faite aux femmes.L\u2019historien de l\u2019Université Laval Patrice Groulx soutient qu\u2019il vaut mieux d\u2019abord passer par l\u2019étape de la commémoration, soit du deuil, en soulignant la mémoire d\u2019un événement.«Il y a une forme de précipitation là-dedans qui pourrait être désagréable pour certains, a-t-il indiqué.Certains groupes veulent soulever la chose pour profiter d\u2019un certain \u201cmomentum\u201d, et c\u2019est tout à fait légitime.Mais il y a la manière, les mots.Il faut être prudent.» Une commémoration d\u2019un événement meurtrier tragique ne se traduit pas toujours en « journée nationale d\u2019action» \u2014 l\u2019explosion du train à Lac-Mégantic par exemple \u2014, mais M.Groulx reconnaît que la tuerie de la mosquée a le potentiel d\u2019en devenir une, comme ce fut le cas pour Polytechnique sous la pression populaire.«Avec le temps, on donne un contenu, une signification différente à un événement.C\u2019est le dépassement social.» Même malaise au fédéral Demeurés silencieux jusqu\u2019ici, les partis politiques au fédéral, sauf le Nouveau Parti démocratique, se sont finalement prononcés.Encore une fois, le mot « islamophobie » semble créer un malaise.« Ce terme-là est loin de faire consensus », a indiqué Gérard Deltell, en refusant obstinément de prononcer ce mot tout au long de l\u2019entrevue avec Le Devoir.Le Parti conservateur préfère parler d\u2019une commémoration, « plus rassembleuse » et «plus inclusive », lui qui avait déposé une motion à la mi-décembre proposant de faire du 29 janvier la « Journée nationale de la solidarité avec les victimes d\u2019actes d\u2019intolérance et de violence antireligieuse».La même querelle sémantique avait divisé les partis fédéraux lorsque, dans la foulée des attentats de la mosquée de Québec, la libérale Iqra Khalid a voulu faire adopter l\u2019an dernier une motion qui condamnait l'«islamophobie».Les conservateurs refusaient là encore d\u2019utiliser ce terme et voulaient plus largement que soient condamnées « toutes formes de racisme systémique », pas seulement celle à l\u2019endroit des musulmans.Le Bloc québécois rejette aussi l\u2019idée d\u2019une commémoration qui cible une religion précise.Après tout, l\u2019État doit être laïque, a fait valoir la députée Marilène Gill.Le Devoir Le mot « islamophobie» crée un malaise Commémorer la tuerie à la grande mosquée de Québec par une Journée nationale d\u2019action contre l\u2019islamophobie déplaît à plusieurs partis politiques H É L È N E B U Z Z E T T I Correspondante parlementaire à Ottawa J ustin Trudeau n\u2019aura pas à se justifier en comité parlementaire d\u2019avoir accepté un voyage sur l\u2019île privée de l\u2019Aga Khan en 2016- 2017 et d\u2019avoir, ce faisant, contrevenu à la Loi sur les conflits d\u2019intérêts.Ses députés libéraux, majoritaires au comité, ont bloqué l\u2019invitation en ce sens que l\u2019opposition souhaitait lui envoyer.Le Parlement n\u2019est pas encore de retour du congé des Fêtes, mais le Comité permanent de l\u2019accès à l\u2019information, de la protection des renseignements personnels et de l\u2019éthique a tenu une réunion exceptionnelle mardi après-midi à la demande du conservateur Peter Kent.M.Kent, appuyé par le Nouveau Parti démocratique, espérait faire voter une invitation à comparaître destinée au premier ministre pour qu\u2019il s\u2019explique à la suite du rapport déposé juste avant Noël par la commissaire Mary Dawson.M.Kent n\u2019a pas obtenu les appuis nécessaires.Les six députés libéraux siégeant au comité ont voté contre la demande de comparution, alors que les deux conservateurs et le néodémocrate ont voté pour.Le libéral Nathaniel Erskine-Smith a justifié sa position par le fait que le premier ministre pourrait s\u2019expliquer à d\u2019autres occasions.«L\u2019opposition pourra bien sûr poser des questions lors de la période de questions lorsque la Chambre reprendra ses travaux [fin janvier], et le mercredi, il y aura les périodes entièrement consacrées au premier ministre.Et le premier ministre entame aussi sa tournée du pays et ce sera l\u2019occasion pour les Canadiens de lui poser des questions», a dit M.Erskine-Smith.Sa collègue Mona Fortier a tenu juste après lui le même discours, mais en français.S\u2019étaient- ils fait dire par le bureau du premier ministre comment voter?Ils assurent que non.« Sachant qu\u2019on se rencontrait aujourd\u2019hui [mardi], on a eu l\u2019occasion de se parler et on était tous sur la même longueur d\u2019onde», a soutenu Mme Fortier.L\u2019opposition n\u2019en croit pas un mot.«C\u2019est assez évident que les membres libéraux du comité ont suivi la ligne que le premier ministre avait établie [en matinée] », a allégué Peter Kent.M.Trudeau a déclaré en entrevue radiophonique mardi matin qu\u2019il voyait cette invitation comme une « attaque partisane » et qu\u2019il entamait une tournée du pays pour sortir justement de la «bulle d\u2019Ottawa».Les PM en comité?Rare.Un premier ministre en exercice n\u2019a comparu en comité parlementaire qu\u2019à deux reprises dans l\u2019histoire canadienne récente.Pierre Elliott Trudeau avait comparu sur des questions budgétaires en 1981 ou 1982 (les récits divergent quant à la date).Stephen Harper l\u2019a fait en 2006, de sa propre initiative.Il s\u2019agissait d\u2019un comité sénatorial et il voulait y promouvoir sa réforme du Sénat.En 2008, le Comité parlementaire de l\u2019éthique \u2014 où l\u2019opposition détenait la majorité, le gouvernement étant minoritaire \u2014 avait réussi à voter une invitation destinée à M.Harper pour qu\u2019il vienne s\u2019expliquer dans l\u2019affaire impliquant son ministre Maxime Bernier et sa conjointe aux relations troubles Julie Couillard.M.Harper avait refusé de comparaître.En 2013, les libéraux, alors dans l\u2019opposition, avaient présenté une motion invitant Stephen Harper à comparaître en comité pour expliquer son rôle dans l\u2019af faire Mike Duffy.Là encore, le premier ministre avait refusé d\u2019y aller.Le néodémocrate Nathan Cullen déplore qu\u2019on utilise le passé pour justifier un refus au- jourd\u2019hui.« Je pensais que ce gouvernement était différent», a-t-il lancé.Il a rappelé que c\u2019est la première fois qu\u2019un premier ministre contrevient à la Loi sur les conflits d\u2019intérêts et qu\u2019à ce titre « la réponse devrait être différente».Le Devoir ÉTHIQUE Visite chez l\u2019Aga Khan : Trudeau n\u2019aura pas à se justifier en comité parlementaire Tout indique que M.Trudeau demeurera le plus aimé des chefs fédéraux au Québec en 2018 L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 1 0 J A N V I E R 2 0 1 8 A C T U A L I T É S A 4 Profs du Québec, abonnez gratuitement vos étudiants de 4e et 5e secondaire et de niveau collégial au Devoir numérique pour une durée de 15 semaines*.Le Devoir Le Devoir numérique en classe Mobile Tablette Ordinateur Inscrivez-vous dès maintenant au ledevoir.com/classe * Les inscriptions se terminent le 15 février 2018.J E A N N E C O R R I V E A U L\u2019 administration de la mai- resse Valérie Plante déposera mercredi son premier budget.Celui-ci sera axé sur la mobilité, le développement économique et l\u2019habitation, mais la culture et les loisirs ne seront pas en reste puisque leur financement sera augmenté de près de 10 millions l\u2019an prochain, a appris Le Devoir.La Ville haussera du même coup de 2,5 millions sa contribution au Conseil des arts de Montréal en 2018.Lorsque le président du comité exécutif, Benoit Dorais, s\u2019était attaqué à la confection du budget au lendemain des élections du 5 novembre, il avait constaté l\u2019existence d\u2019un manque à gagner de 358 millions dans les projections budgétaires pour 2018.Cet écar t budgétaire était notamment attribuable au coût plus élevé que prévu des régimes de retraite.L\u2019opposition s\u2019était toutefois moquée de l\u2019indignation de Projet Montréal face à ce « trou » budgétaire.Comme l\u2019écar t tenait compte des demandes budgétaires de tous les services, il revient à l\u2019administration en place, quelle qu\u2019elle soit, de prendre les décisions en fonction de ses priorités, avait fait valoir le chef de l\u2019opposition, Lionel Perez.Le premier budget Plante- Dorais devrait ainsi donner le ton pour les prochaines années.Hausse de taxes Comme l\u2019avait fait son prédécesseur Denis Coderre, Valérie Plante a promis que les hausses de taxes des Montréalais ne dépasseraient pas le taux d\u2019inflation.Pour 2018, le Conference Board du Canada prévoit un taux d\u2019inflation de 2,1% dans la grande région de Montréal.Lors du dernier budget de la Ville, celui de l\u2019année 2017, les hausses moyennes de taxes pour le secteur résidentiel avaient été de 1,7 % et celles imposées au secteur non résidentiel avaient été limitées à 0,9 %.Le budget poursuivra-t-il une tendance à la hausse ?En 2017, il s\u2019était chiffré à 5,2 milliards, en hausse de 2,8 % par rapport à l\u2019année précédente.Au fil des ans, la part de la rémunération dans les dépenses de fonctionnement de la Ville a toutefois baissé, passant de 51,2 % dans le budget en 2014 à 44,2% en 2017.Les transports Valérie Plante s\u2019est fait élire comme la «mairesse de la mobilité».Accompagnée du ministre des Transports, André Fortin, et du ministre des Affaires municipales, Martin Coiteux, la mairesse a justement annoncé mardi le lancement de l\u2019appel d\u2019offres pour l\u2019achat de 300 autobus hybrides supplémentaires pour 2020, une de ses promesses phares.Le coût d\u2019acquisition des autobus n\u2019a pas été révélé, mais en campagne électorale, Projet Montréal avait estimé la dépense à environ 225 millions.La plus grande part de la facture devrait cependant être assumée par Québec.Ce projet, qui por tera à 2107 le nombre d\u2019autobus à la STM, entraînera des dépenses additionnelles pour la STM, qui devra embaucher 600 chauf feurs supplémentaires en plus du personnel d\u2019entretien requis.Le président du conseil d\u2019administration de la Société de transport de Montréal (STM), Philippe Schnobb, a d\u2019ailleurs reconnu mardi que le budget d\u2019exploitation de sa société augmenterait de 75 millions par année à compter de 2020.L\u2019annonce de ces 300 autobus n\u2019aura toutefois pas d\u2019incidence sur le budget 2018 de la Ville de Montréal qui sera présenté mercredi.Reste à voir si la contribution de la Ville à la STM sera haussée.Celle-ci avait été de 455,6 millions en 2017.Une autre promesse majeure de la campagne de Projet Montréal a été le lancement du projet de ligne rose du métro.Le coût annuel de la création du bureau de projet et la réalisation d\u2019études avait été estimé à 1,2 million dans la plateforme électorale du parti.Culture En matière de culture, Valérie Plante avait promis d\u2019augmenter à 20 millions le budget du Conseil des arts de Montréal et elle disait aussi vouloir protéger les ateliers d\u2019artistes et les lieux de création.Selon les informations obtenues par Le Devoir, le budget consacré aux loisirs et à la culture grimpera de 9,8 millions en 2018, une hausse attribuable en grande partie aux activités dans les arrondissements.Ce montant inclut une augmentation de 2,5 millions de la contribution de la Ville au Conseil des arts de Montréal.Rappelons qu\u2019en 2017, Montréal avait versé 14,5 millions au Conseil des arts, soit 500 000$ de plus qu\u2019en 2016.De son côté, le musée Pointe- à-Callières, cité d\u2019archéologie et d\u2019histoire de Montréal recevra 745 000 $ de plus qu\u2019en 2017, pour une contribution de 8,1 millions de la Ville.En coulisses, on indique qu\u2019en matière de culture, ce budget ne permet pas de réaliser tous les souhaits de l\u2019administration : «C\u2019est un budget de transition, mais ça donne un signal sur nos intentionspour les années subséquentes.» Inspections Au chapitre de l\u2019habitation, l\u2019administration a déjà fait savoir que la Ville consacrerait un million de plus dans sa brigade d\u2019inspecteurs en salubrité afin de porter à 30 le nombre d\u2019employés voués à cette tâche.On ignore toutefois si Valérie Plainte ira de l\u2019avant avec sa promesse de créer une « brigade des chantiers » chargée d\u2019effectuer des visites-surprises sur les chantiers et de s\u2019assurer de la qualité des travaux.Le coût de cette mesure a été estimé à 3 millions par année.Fiscalité Autre élément à surveiller : Projet Montréal avait proposé plusieurs mesures fiscales, dont le remboursement des droits de mutation (« taxe de bienvenue ») aux familles ayant au moins un enfant et qui font l\u2019achat d\u2019une propriété à Montréal.Selon les prévisions, cette mesure pourrait coûter 19,8 millions par année à la Ville.Valérie Plante a aussi mentionné qu\u2019elle comptait élaborer un système de crédit de taxes en guise de compensation pour les commerçants dont le chif fre d\u2019af faires se trouve af fecté par les chantiers de construction.Le budget sera déposé au conseil municipal mercredi après-midi et fera par la suite l\u2019objet d\u2019une étude de la part de la Commission des finances.Il sera adopté d\u2019ici la fin du mois de janvier.Le Devoir MONTRÉAL Mobilité, économie et habitation en priorité L\u2019administration Plante affichera ses orientations par le dépôt de son premier budget Une métropole dont la santé économique s\u2019améliore L\u2019administration a changé, mais le budget déposé mercredi par la Ville de Montréal s\u2019inscrira probablement dans la lignée de ce qui s\u2019est fait depuis quelques années en matière de gestion de la fiscalité, selon l\u2019agence de notation torontoise DBRS.«Ce qui a le plus changé, c\u2019est que l\u2019économie a continué de s\u2019améliorer au cours de la dernière année, un point positif, et le taux de chômage [6,1% dans la grande région métropolitaine] est relativement faible par rapport à sa moyenne historique», a affirmé mardi Scott Cherry, principal analyste du crédit de la ville de Montréal à l\u2019agence DBRS.Cela dit, selon M.Cherry, ces facteurs ne sont pas suffisants pour entraîner un changement de la cote de crédit de la ville.Celle-ci se situe à «A (élevée)», au même niveau que celle du gouvernement du Québec.Toute modification de la cote peut avoir un impact significatif sur les coûts d\u2019emprunt, car les investisseurs exigent davantage de rendement.Chez une autre agence, Standard & Poor\u2019s, la cote de Montréal se situe à AA-, un cran au-dessus du gouvernement du Québec.Quand S & P a relevé la cote en 2015, elle avait mentionné plusieurs facteurs, dont un niveau de liquidités «exceptionnel» et un «environnement politique plus stable ».La plupart des emprunts effectués par Montréal sur le marché des obligations ont une échéance de moins de 10 ans.La dette à long terme de l\u2019administration municipale atteignait environ 8,3 milliards au 31 décembre 2016.Les frais d\u2019intérêt pendant cet exercice s\u2019étaient établis à 330 millions.Le poids de la dette de Montréal est plus élevé que celui d\u2019autres grandes villes canadiennes, mais « il est gé- rable», croit Scott Cherry.Le principal enjeu demeure la gestion du programme d\u2019investissement en infrastructures, «qu\u2019il s\u2019agisse des conduites d\u2019eau ou du transport».Le programme triennal annoncé par l\u2019ex- maire Denis Coderre en novembre 2016 reposait sur des investissements de 6,4 milliards de 2017 à 2019.François Desjardins JACQUES NADEAU LE DEVOIR Valérie Plante s\u2019est entretenue avec des employés enthousiastes de la Société de transport de Montréal au Centre de transport Stinson, où elle a annoncé mardi le lancement de l\u2019appel d\u2019of fres pour l\u2019achat de 300 autobus hybrides supplémentaires en 2020. L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 1 0 J A N V I E R 2 0 1 8 A C T U A L I T É S A 5 Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 JACQUES NADEAU LE DEVOIR L\u2019incendie déclenché par le déraillement et l\u2019explosion des wagons-citernes a dévasté une partie du centre-ville de Lac-Mégantic.G I U S E P P E V A L I A N T E à Sherbrooke L e drame ferroviaire de Lac- Mégantic qui a coûté la vie à 47 personnes en 2013 était un accident, qui a été provoqué par une tempête parfaite d\u2019évé- nements imprévisibles, a plaidé mardi l\u2019avocat de l\u2019une des personnes accusées dans le cadre du procès sur la tragédie.Dans ses plaidoiries finales au palais de justice de Sherbrooke, l\u2019avocat de la défense Charles Shearson a plaidé devant les quatorze jurés qu\u2019ils ne pouvaient pas tenir responsable criminellement son client, le chef de train Thomas Harding.Au dernier jour du procès, qui a commencé en octobre, Me Shearson a déclaré que dans notre société, on ne condamnait pas des gens relativement à leur «comportement raisonnable ».La société ne condamne que les criminels, a- t-il ajouté.Le juge de la Cour supérieure Gaétan Dumas donnera ses directives aux jurés mercredi, après quoi ils délibéreront pour déterminer si M.Harding et deux autres employés de train sont coupables de négligence criminelle ayant causé la mort de 47 personnes.M.Harding, le contrôleur ferroviaire Richard Labrie et le directeur de l\u2019exploitation de la Montreal, Maine and Atlantic (MMA) au Québec, Jean Demaître, ont tous plaidé non coupables.L\u2019avocat de Thomas Harding a affirmé que la MMA ne brillait pas par un souci dévorant pour la sécurité.Me Shearson a soutenu que son client ne pouvait être tenu à la perfection alors que son employeur, la MMA, n\u2019exigeait même pas le respect scrupuleux de toutes les normes en vigueur.Les employés n\u2019étaient pas formés adéquatement, l\u2019entreprise ne réalisait pas d\u2019évaluation des risques sur les voies ferrées et ses employés n\u2019effectuaient pas régulièrement de tests de freins, a-t-il argué.Pas de test de freins Le 5 juillet 2013, M.Harding a garé le convoi pétrolier de 73 wagons à Nantes, ville située tout près de Lac-Mégan- tic.La locomotive fonctionnait toujours et elle était gardée immobile par les freins à air et les freins indépendants, a expliqué Me Shearson.Un incendie s\u2019est toutefois déclaré sur la locomotive et les pompiers qui combattaient les flammes ont éteint la locomotive, ce qui a ébranlé le système de freinage.Dans les premières heures du 6 juillet, le convoi a commencé à bouger, a déraillé et a explosé au cœur de Lac-Mé- gantic.La tragédie a fait 47 morts dans cette petite ville de l\u2019Estrie.L\u2019incendie, qui a fait rage pendant plusieurs jours, a dévasté une par tie du centre-ville.L\u2019avocat de M.Harding a soutenu que son client reconnaissait ne pas avoir fait de tests de freins et ne pas avoir activé assez de freins à main, qui auraient empêché le train de bouger une fois le moteur éteint.Il a laissé entendre que la preuve présentée pendant le pr ocès suggéra i t que l a MMA n\u2019obligeait pas ses employés à ef fectuer des tests, comme il était inscrit dans les lois fédérales.«Une tempête parfaite» Ainsi, les gestes de M.Harding ne constituaient pas une forme de négligence, selon l\u2019avocat.Son client n\u2019aurait pas pu prédire qu\u2019un incendie éclaterait après son départ, a-t-il ajouté.Charles Shearson a affirmé que les événements étaient « complètement imprévisibles », et que la catastrophe n\u2019était pas liée à la conduite du chef du train.Il n\u2019a contribué qu\u2019à une des causes, a-t-il poursuivi.Le manque de formation et l\u2019absence d\u2019évaluation des risques ont été des facteurs cr uciaux de l\u2019accident, par contre, d\u2019après l\u2019avocat.Il y a eu une « tempête parfaite » et la cause de l\u2019incendie duquel tout a déboulé n\u2019est pas connue, a-t-il expliqué.L\u2019avocat a par ailleurs rappelé aux jurés que M.Harding était fin seul lorsqu\u2019il a garé pour la nuit le convoi pétrolier de 73 wagons à Nantes, quelques heures avant le funeste déraillement à Lac-Mégantic.Or, a plaidé Me Shearson, le gouvernement fédéral, à la suite de cette tragédie, a interdit que les convois de matières dangereuses soient conduits par un seul membre d\u2019équipage au Canada.Ce n\u2019est pas pour rien, a plaidé mardi l\u2019avocat du chef de train.La Presse canadienne TRAGÉDIE DE LAC-MÉGANTIC Une « tempête parfaite » d\u2019événements imprévisibles, selon l\u2019avocat de Harding P A U L I N E G R A V E L L e Dr Jacques Genest, un pionnier de la recherche cl inique au Québec, s \u2019est éteint le 5 janvier dernier à l\u2019âge de 98 ans.Fondateur de l\u2019Institut de recherches cliniques de Montréal (IRCM), M.Genest a aussi créé le premier centre de bioé- thique au Canada tout en effectuant des découvertes scientifiques majeures qui ont permis de soigner l\u2019hypertension.Né à Montréal le 29 mai 1919, le Dr Genest obtient son doctorat en médecine à l\u2019Université de Montréal.Après une formation en médecine interne à l\u2019Hô- tel-Dieu, il part se spécialiser en endocrinologie et en néphrologie et effectuer des recherches à l\u2019hôpital Johns Hopkins de Baltimore, à la Harvard Medical School et finalement à l\u2019Institut Rockefeller de New York.Il rentre à Montréal en 1952 et crée un département de recherche clinique à l\u2019Hôtel-Dieu.« Il devient alors le premier médecin à être salarié et à se consacrer à la recherche.Ce statut unique à l\u2019époque est mal accueilli par le corps médical, qui l\u2019interprète comme l\u2019entrée de la médecine socialiste entre les murs sacrés de l\u2019Hôtel-Dieu», relate le Dr Michel Chrétien, âgé de 81 ans, qui a effectué son premier stage de recherche avec le Dr Genest en 1960.«Le Dr Genest fut plus qu\u2019un pionnier de la recherche clinique de niveau international au Québec, il en fut un pilier !» Manquant d\u2019espace à l\u2019Hô- tel-Dieu, le Dr Genest sollicite en 1963 l\u2019aide du gouvernement pour ériger un institut en face de l\u2019hôpital.«Ne pensant pas qu\u2019à lui, mais à tous ses confrères du Québec, il s\u2019investit alors dans la création du Conseil de la recherche médicale du Québec, aujourd\u2019hui devenu le Fonds de recherche du Québec \u2013 Santé, qui fut le premier organisme subvention- naire provincial au Canada », rappelle le Dr Chrétien.S\u2019inspirant du modèle de l\u2019Institut Rockefeller, il fonde en 1967 l\u2019Institut de recherches cliniques de Montréal (IRCM) qui est indépendant de l\u2019Université de Montréal et du CHUM, tout en y étant affilié.« Il voulait réunir sous un même toit les deux solitudes de la classe médicale, des fondamentalistes qui étaient à l\u2019université en haut de la côte et des médecins-cliniciens en bas de la côte, et ce, afin de favoriser une meilleure collaboration entre eux et ainsi d\u2019accroître les découvertes», précise-t-il.Il invite alors des chercheurs, dont les Dr Chrétien, Jean Davi- gnon et André Barbeau qu\u2019il avait supervisés quelques années plus tôt, à intégrer l\u2019IRCM, où ils pourront mener leurs recherches «en toute liberté».« J\u2019ai été parmi les chanceux!» lance le Dr Chrétien, qui considère le Dr Genest comme son «premier mentor» et qu\u2019il qualifie de « visionnaire doté d\u2019une grande force de conviction, ainsi que d\u2019une détermination hors du commun».« Papa a été inspiré et façonné par l\u2019approche scientifique et objective de précision basée sur l\u2019innovation et la revue par les pairs des grands centres américains, plus que par l\u2019approche dogmatique qui prévalait alors en Europe, où l\u2019autorité du professeur ne pouvait être contestée », af firme pour sa part le Dr Jacques Ge- nest fils, chercheur au Centre universitaire de santé McGill.Grandes découvertes Le Dr Genest concentre ses efforts de recherche sur l\u2019hypertension « à un moment où les gens en mouraient faute d\u2019un médicament.Les connaissances acquises par ses recherches ont permis à des compagnies pharmaceutiques de concevoir des médicaments qui sont au- jourd\u2019hui tellement ef ficaces qu\u2019on ne meurt plus d\u2019hypertension», affirme le Dr Chrétien.Ses découver tes ont aussi permis de comprendre le rôle des reins et du sel dans l\u2019hyper tension.« Une de ses découvertes, qui fut totalement fortuite, est celle d\u2019une petite protéine, le facteur natriuré- tique auriculaire, qui permet au rein d\u2019excréter le sodium et ainsi d\u2019abaisser la pression artérielle», explique le Dr Jacques Genest fils, avant d\u2019ajouter qu\u2019une autre de ses plus grandes contributions fut la création en 1976, au sein de l\u2019IRCM, du premier centre de bioéthique au Canada.« Mon père était un grand scientifique, mais en même temps profondément religieux.Il avait réalisé que les recherches en génétique moléculaire avaient un potentiel énorme de découvertes, mais aussi d\u2019abus, notamment par le truchement des technologies de fécondation in vitro.» Éric Racine, directeur actuel de l\u2019Unité de recherche en neu- roéthique de l\u2019IRCM, est « admiratif devant cet homme de médecine et de science qui a été visionnaire et avant-gardiste en insérant un nouveau domaine qui en était à ses balbutiements dans son institut dédié à la recherche».Même s\u2019il a cédé la direction de l\u2019IRCM au Dr Chrétien à l\u2019âge de 65 ans, le Dr Genest a continué d\u2019y venir tous les jours jusqu\u2019à 92 ans.Le Devoir « J\u2019ai été parmi les chanceux ! » Des chercheurs rendent hommage à Jacques Genest, pionnier de la recherche clinique au Québec M A R I E - M I C H È L E S I O U I Correspondante parlementaire à Québec A u-delà des impacts politiques, l\u2019adoption de la motion sur le « bonjour-hi » pourrait avoir des répercussions légales, s\u2019inquiète l\u2019avocat Michael N.Bergman, dans une prise de position qu\u2019un de ses pairs qualifie d\u2019«alarmiste».Plus de cinq semaines après son adoption, le 30 novembre, la motion unanime de l\u2019Assemblée nationale demandant aux commerçants d\u2019abandonner le « bonjour-hi » n\u2019a pas fini de faire des vagues.Dans un entretien avec Le Devoir, Michael N.Bergman est revenu mardi sur une lettre qu\u2019il a envoyée au quotidien Montreal Gazette, et dans laquelle il déclare que « l\u2019exclusion du mot «hi» pourrait être interprétée légalement comme étant un reflet des peurs et insécurités de la majorité linguistique».Le juriste \u2014 qui por te les causes de la communauté anglophone depuis des décennies \u2014 estime que la motion de l\u2019Assemblée nationale pourrait très bien servir de «preuve sociale» et être utilisée dans de nouvelles batailles linguistiques.« S\u2019il y a d\u2019autres litiges au sujet de la Charte française et de la langue de commerce, il faudra déposer des statistiques, des avis d\u2019exper ts, des analyses, mais aussi une preuve sociale, pour expliquer ce qu\u2019est le contexte social au Québec, a-t-il avancé.On peut exposer ce genre de motion et de résolution.» Les élus minimisent Devant le tollé provoqué par l\u2019adoption de la motion dans les milieux québécois anglophones, divers élus libéraux se sont affairés, avant Noël, à diminuer l\u2019impact de celle-ci.«Il est important de rappeler que cette motion n\u2019a aucune valeur légale», a notamment déclaré le député de D\u2019Arcy- McGee, David Birnbaum.Son collègue Geoffrey Kelley a qualifié cette histoire de «tempête dans un verre d\u2019eau», tandis que Kathleen Weil a déploré le manque de compréhension de cette motion par les membres de la communauté anglophone.« Ils pensaient qu\u2019on avait légiféré pour bannir l\u2019anglais.C\u2019était extrême », a déclaré la ministre.C\u2019est vrai : le « b o n j o u r - h i » n\u2019est pas devenu illégal, a convenu Me Bergman.Mais l\u2019adoption d \u2019une mot ion unanime écorchant cette salutation pourrait être utilisée comme un argument témoignant de la « fragilité continue » du français devant les tribunaux, a-t-il écrit dans le Montreal Gazette.Le 20 décembre, la Cour d\u2019appel du Québec a d\u2019ailleurs attesté de cette fragilité en confirmant deux décisions d\u2019instances inférieures sur la nécessité de la loi 101 en matière d\u2019affichage.« Mon collègue est alarmiste », a réagi David Robi- taille, professeur de droit constitutionnel à l\u2019Université d\u2019Ottawa.« [La motion] n\u2019affecte aucunement la situation juridique et les droits fondamentaux des anglophones.» Devant les tribunaux, la motion serait « tout au plus » un facteur contextuel d\u2019analyse, à son avis.«Ça ne vient pas faire foi d\u2019une situation préoccupante pour le français sur le plan des statistiques», a-t-il expliqué, insistant sur la prépondérance des preuves empiriques \u2014 données, statistiques, rapports \u2014 en Cour.« [L\u2019ex-premier ministre canadien Stephen] Harper n\u2019avait-il pas reconnu dans une motion que le Québec était une [nation au sein d\u2019un Canada uni] ?Ça n\u2019a pas eu de retombées juridiques », a- t-il illustré.La ministre responsable de la Protection et de la Promotion de la langue française, Marie Montpetit, a décliné la demande d\u2019entrevue du Devoir.Le Devoir LANGUE La motion sur le «bonjour-hi» inquiète un défenseur des droits linguistiques COLLECTION PRIVÉE Le Dr Jacques Genest s\u2019est éteint le 5 janvier dernier à l\u2019âge de L\u2019avocat Michael N.Bergman estime que la motion de l\u2019Assemblée nationale pourrait très bien servir de « preuve sociale » et être utilisée dans de nouvelles batailles linguistiques Me Shearson a soutenu que la Montreal, Maine & Atlantic n\u2019exigeait pas le respect scrupuleux de toutes les normes en vigueur onald Trump n\u2019a pas encore construit son mur, mais il continue, conformément aux vociférations anti-immi- grantes qui l\u2019ont porté au pouvoir, de durcir la politique migratoire américaine.En cela comme en tout le reste, le cirque qu\u2019est sa présidence ne l\u2019empêche pas de poursuivre avec détermination son travail de sape.Vient à nouveau en témoigner la décision annoncée lundi par le département de la Sécurité intérieure de mettre ?n au «statut de protection temporaire » (TPS, en anglais) qui mettait à l\u2019abri de procédures d\u2019expulsion 200 000 Salvadoriens vivant aux États-Unis.C\u2019est ce même programme qui a été abrogé pour près de 60 000 Haïtiens et, plus récemment, pour quelque 2500 Nicaraguayens.Adopté sous le président George Bush en 1990 et renouvelé à intervalles réguliers, le TPS couvre une dizaine de pays, y compris musulmans comme le Yémen et la Syrie, mais a surtout été conçu à l\u2019intention des réfugiés de l\u2019Amérique centrale, empêchés de rentrer dans leur pays pour cause de con?its armés ou de catastrophes naturelles.Il est manifeste que, pour des raisons électorales, M.Trump veut en ?nir avec ce programme qui béné?cie à plusieurs centaines de milliers de personnes, dont la majorité sont installées aux États-Unis depuis dix ou vingt ans, ont fondé des familles, paient leurs impôts et travaillent en toute légalité.Les 50 000 Honduriens qui tirent parti du TPS sont dans le collimateur : Washington se retient pour l\u2019instant de les soustraire au programme, comme le Honduras traverse une crise politique avec la réélection contestée du président Juan Orlando Hernandez.Entendu que M.Trump durcit la politique migratoire américaine sans égard à l\u2019absurdité économique de ses décisions.Ces migrants sont utiles à l\u2019économie nationale ; leur tort est de ne pas être blancs.S\u2019il est clair, au demeurant, que tous ces gens font une contribution majeure au marché de l\u2019emploi dans l\u2019industrie des services et de la construction, il vaut d\u2019être souligné que les entreprises qui poussent les hauts cris se trouvent au fond à défendre un accès à une main-d\u2019œuvre bon marché.Absurde, cette décision l\u2019est sur le plan humain.Absurde et cruelle.Le Salvador est un petit pays pauvre qui n\u2019a pas encore vraiment guéri de sa guerre civile.Un pays considéré comme l\u2019un des plus violents au monde, touché à l\u2019heure actuelle par une sécheresse.Face à cette réalité, le gouvernement Trump refuse d\u2019entendre que le programme « temporaire » a ?ni par imposer une obligation d\u2019accueil permanent.Il n\u2019y a pas plus cynique.Mais c\u2019est dire aussi à quel point le système d\u2019immigration américain est devenu dysfonctionnel, faute d\u2019une réforme passant par une procédure d\u2019accès des illégaux à la citoyenneté.Le ministère de la Famille a décidé de restreindre considérablement la tolérance qui permet aux centres de la petite enfance (CPE) et aux garderies subventionnées de retarder en septembre le transfert vers le service de garde ordinaire des bambins de la pouponnière qui ont atteint l\u2019âge de 18 mois.Il s\u2019agit d\u2019une décision bureaucratique aberrante, fondée sur aucune donnée probante, une mesure qui, de surcroît, ne procure que des économies de bouts de chandelle.n mai 2012, la ministre de la Famille Yolande James annonçait fièrement que les enfants pouvaient rester à la pouponnière jusqu\u2019à l\u2019âge de 29 mois, alors que la tolérance accordée était alors de 23 mois.Elle réglait ainsi le problème des « bébés nés au printemps », évitant que les parents de ces bébés ne puissent trouver de places pour leurs rejetons.Un rapport d\u2019évaluation du ministère avait recommandé l\u2019application de cette nouvelle tolérance administrative.La problématique était la suivante.L\u2019âge minimal pour fréquenter la garderie est fixé à 18 mois.Les enfants de moins de 18 mois doivent aller à la pouponnière, où les ratios éduca- trice-enfants sont plus élevés, ce qui entraîne des coûts additionnels de l\u2019ordre de 19 $ par poupon dans un CPE.Si, en septembre, un parent inscrivait son enfant de 16 mois, par exemple, à la pouponnière, il franchissait le seuil des 18 mois deux mois plus tard.Mais il restait à la pouponnière jusqu\u2019au mois de septembre suivant.Le CPE ou la garderie devait assumer un manque à gagner quand les 23 mois de l\u2019enfant sonnaient.Pour éviter les pertes financières, CPE et garderies refusaient bien souvent d\u2019accueillir les poupons âgés de 15 à 17 mois, une pratique qu\u2019on a réussi à corriger mais qui risque maintenant de revenir.Le ministère a décidé qu\u2019en 2018, le nombre d\u2019enfants de 18 à 29 mois à la pouponnière devra baisser : près de la moitié d\u2019entre eux devront être transférés en cours d\u2019année, sans attendre la composition des groupes en septembre.À défaut de quoi les subventions seront réduites.La valeur de ces subventions majorées pour les enfants de plus de 18 mois à la pouponnière s\u2019élève à 17,5 millions, selon le rapport de 2012, sur un budget total de 2,5 milliards pour les services de garde subventionnés.À l\u2019Association québécoise des centres de la petite enfance (AQCPE) et l\u2019Association des garderies privées du Québec (AGPQ), on n\u2019arrive pas à comprendre la décision du ministère.Intégrer dans des groupes ordinaires des enfants issus de la pouponnière en cours d\u2019année \u2014 tous les mois, si on suit la logique bancale du ministère \u2014 signi?e qu\u2019il faut déplacer des enfants dans chacun des autres groupes pour accueillir les nouveaux.C\u2019est l\u2019effet domino.Au ministère, on avance que les enfants à la pouponnière qui ont dépassé l\u2019âge de s\u2019y retrouver n\u2019ont pas accès à un programme éducatif et à du matériel qui leur sont adaptés.L\u2019argument ne tient pas : les éducatrices s\u2019adaptent aux enfants à mesure que ceux-ci vieillissent.Qu\u2019ils vieillissent ensemble, peut- on ajouter.Le ministère ne dispose d\u2019ailleurs d\u2019aucune donnée qui montrerait qu\u2019il y a un problème.Il semble que des fonctionnaires, du haut de leur tour d\u2019ivoire, croient pouvoir faire mieux que les CPE sur le terrain.À moins qu\u2019il ne s\u2019agisse d\u2019une bête compression budgétaire.Dans les deux cas, le nouveau ministre de la Famille, Luc Fortin, qui a su démontrer dans le passé qu\u2019il avait du jugement, doit tuer dans l\u2019œuf cette ineptie bureaucratique.L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 1 0 J A N V I E R 2 0 1 8 A 6 EDITORIAL L E T T R E S À l\u2019heure des résolutions À l\u2019heure des résolutions, en janvier, est- il permis de ne souhaiter qu\u2019une seule chose?Souhaiter que ce qui va bien aille de mieux en mieux ?S\u2019il est dit que le mieux est l\u2019ennemi du bien, ce qui va bien, justement, c\u2019est qu\u2019on peut croire de façon complètement naïve de par venir, jour après jour, à changer le monde, à changer la vie.Le secret, c\u2019est la constance.Voire une certaine discipline oh toute légère qui consiste premièrement à s\u2019informer, à vouloir apprendre et enfin, à chercher à se cultiver.Ce qui, dans mon cas, consiste d\u2019abord à lire trois journaux quotidiens par jour parce que le débat des idées est perpétuel : progressons-nous ou régressons- nous ?Ces femmes et ces hommes de toutes provenances qui meublent l\u2019actualité sont sans aucun doute animés de convictions.Donc, à nous tous, individuellement ou collectivement, de choisir et de mesurer les convictions qui nous siéent.Je crois pour ma part que je vais demeurer pour le reste de mon existence attaché à vouloir exprimer ce que la vie a de merveilleux, de même que souhaiter plus de justice autour de moi et dans le monde.L I B R E O P I N I O N FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente du développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-président des ventes publicitaires MARK DROUIN Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Directeur de l\u2019information numérique FLORENT DAUDENS Adjoints PAUL CAUCHON, VALÉRIE DUHAIME, LOUIS GAGNÉ, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur de la production CHRISTIAN GOULET Mais avant tout, il m\u2019est primordial de dire à autrui de donner infiniment de valeur à sa vie.Il m\u2019arrive de ressentir, je le confesse, cette profondeur de l\u2019expérience humaine qui, hélas, me semble absente parfois autour de moi.Et c\u2019est cette profondeur qui, en un mot, m\u2019inspire jour après jour à vouloir être meilleur.Réjean Martin Trois-Rivières, le 9 janvier 2017 ASSAUT SUR LES POUPONNIÈRES Bêtise bureaucratique SALVADORIENS Pure méchanceté E D GUY TAILLEFER ROBERT DUTRISAC D O C T E U R G I L L E S J U L I E N Pédiatre social L a santé est un bien précieux qu\u2019on se souhaite le plus longtemps possible.La santé, c\u2019est aussi un droit fondamental qui doit être accessible à tous, en tout temps.La santé n\u2019est pas seulement l\u2019absence de maladie, mais surtout un état de bien-être et de bonheur durable.Tous y aspirent, sans exception.La santé est d\u2019abord une responsabilité personnelle, même si elle est aussi sociale pour ceux qui vivent « en société ».L\u2019individu doit jouer un rôle de premier plan dans le développement et le maintien de sa santé.Il doit être bien informé et posséder les outils nécessaires pour agir en conséquence.La société, elle, doit mettre en place un ensemble de structures et rendre accessibles des moyens utiles pour soutenir l\u2019individu afin qu\u2019il sauvegarde sa santé.Le rôle de l\u2019État est donc fondamental mais « partagé », dans une perspective d\u2019équité et de justice sociale.Dans l\u2019état actuel des choses, le système de santé et de services sociaux du Québec est en sérieuse crise et on ne voit pas d\u2019améliorations en vue.Pourtant, des pays comme le Royaume-Uni, l\u2019Australie et les Pays-Bas y arrivent.Comme pour obnubiler le problème, on n\u2019en finit plus d\u2019accuser les médecins d\u2019être responsables de tous les maux qui affligent ce gros système et on semble se refuser à réfléchir aux véritables raisons de cet échec.Il est facile et réducteur d\u2019accuser les médecins, bien payés certes, mais également victimes plus ou moins consentantes.L\u2019État-providence au trop plein pouvoir, les coûts faramineux incontrôlables, la bureaucratie monstre, les coûts exorbitants des médicaments, leur surconsommation, l\u2019absence de mesures préventives, l\u2019environnement toxique en sont des exemples clairs et j\u2019en passe.On ne parle pas de ces vrais enjeux qui minent notre système de santé.Dans l\u2019état actuel des choses, il y a les «gens privilégiés» et les «autres».Pour les uns, le coût n\u2019a pas d\u2019importance.Ils ont leur médecine à deux vitesses pour être soignés vite et bien.Ils ont accès à toute l\u2019information nécessaire pour prendre en charge leur santé même s\u2019ils ne s\u2019en préoccupent pas toujours beaucoup.Pour contrer les stress toxiques, ils peuvent profiter de vacances prolongées loin de l\u2019hiver et des temps sombres.Ils peuvent aussi se rabattre sur des biens et des aliments luxueux pour se conforter dans les moments plus difficiles.Et j\u2019en passe\u2026 Pour les autres, il leur faut attendre des lunes pour dénicher un médecin consentant à leur parler 10 minutes.Ils peuvent d\u2019ailleurs rarement lui poser des questions et surtout pas se faire rassurer, même s\u2019ils souf frent d\u2019un cancer ou d\u2019une maladie complexe.On leur prescrit beaucoup de médicaments pour les calmer ou pour leur rendre la vie plus acceptable.Ils ne peuvent que rarement sortir de leur quartier appauvri pour se changer les idées et les vacances, ils ne connaissent pas.Sans soutien et sans répit, les moyens leur manquent pour assurer leur santé et leur bien-être.L\u2019équité n\u2019est certes pas au rendez-vous en santé au Québec.Je suis médecin, et il se trouve que j\u2019ai des amis privilégiés et des amis qui le sont beaucoup moins.Je suis donc à la fois mal placé et bien placé pour émettre une opinion personnelle.Ce qui est clair, c\u2019est que je crois encore en une certaine équité et en une justice sociale dans le domaine de la santé, et c\u2019est mon souhait en ce début d\u2019année 2018.Loin de moi l\u2019idée d\u2019enlever des privilèges à ceux qui en ont déjà.Ce serait subversif et pas très amical de ma part.J\u2019estime trop mes amis pour me lancer dans cette aventure.Par contre, je sais pertinemment que plusieurs d\u2019entre eux veulent changer réellement la donne et qu\u2019ils pourraient «contaminer» plusieurs de leurs amis pour enfin aborder les vraies choses en santé afin de rendre les soins plus équitables.On peut penser que nos amis privilégiés s\u2019impliquent dans un changement majeur en tant que société civile, en santé et aussi en éducation (des précédents existent ailleurs dans le monde), qu\u2019ils fassent entendre leurs voix pour le bien public comme lobbyistes ou comme force commune, qu\u2019ils travaillent à changer notre société en la rendant plus inclusive et même qu\u2019ils contribuent personnellement à se rapprocher des autres de différentes façons pour non seulement influencer la santé de chaque individu, mais aussi celle de la société tout entière.Ensemble, nous pouvons changer le monde.Voilà mon souhait et mon rêve pour 2018! Un vœu de santé pour 2018 Difficile accès au CHUM Madame Valérie Plante, en plus d\u2019être la responsable de l\u2019administration de Montréal, vous êtes à ce titre également responsable de l\u2019arrondissement du centre- ville.De votre bureau, vous avez une vue imprenable sur le Centre hospitalier de l\u2019Université de Montréal (CHUM).Je vous suggère de jeter un œil sur l\u2019intersection Sanguinet et Viger.Vous y verrez un spectacle désolant.Au sortir du métro Place-d\u2019Armes, nous devons marcher dans au moins dix centimètres de gadoue (communément appelée «sloche») et quelques centimètres d\u2019eau qui n\u2019ont pas trouvé de canalisation pour évacuer le passage vers le CHUM.À l\u2019intersection, impossible de traverser la rue Viger, où deux fois plus de gadoue et d\u2019eau forcent les patients du CHUM à mouiller leurs bottes plus haut que la cheville, sans compter les risques de chutes importants.Une fois rendues sur le trottoir de la rue Sanguinet, des dizaines de personnes, souvent âgées ou ayant des problèmes de motricité, peinent à avancer dans la «sloche».J\u2019ai moi-même ce matin aidé une personne qui poussait avec grande dif ficulté son déambulateur.D\u2019autres patients du CHUM assis dans leur fauteuil attendaient dans le froid ou un taxi ou un chauffeur qui faisait la queue depuis la rue Viger pour venir les chercher.Souvent affaiblis par la maladie ou les traitements reçus, ces femmes et ces hommes n\u2019avaient personne à qui s\u2019adresser pour se faire aider.Je constate cet état de fait depuis quel - ques jours.Puis-je simplement vous demander d\u2019intervenir, de faire quelque chose afin que l\u2019obligation d\u2019aller se faire soigner ou de recevoir des traitements au CHUM se fasse dans des conditions normales pour des piétons qui n\u2019ont d\u2019autre choix que de s\u2019y rendre par les transports en commun et à pied?Gilles Gougeon Montréal, le 9 janvier 2018 L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 1 0 J A N V I E R 2 0 1 8 A 7 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon (chef de division), Robert Dutrisac, (éditorialiste), Michel Garneau et Pascal Élie (caricaturistes), Jacques Nadeau (photographe), Olivier Zuida (recherchiste photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division et reporter), Stéphane Baillargeon (généraliste), Gérald Dallaire (pupitre), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Jean Dion (sports), Marco Fortier (éducation), Lisa-Marie Gervais (diversité), Pauline Gravel (sciences), Jessica Nadeau (éducation).Alexandre Shields (environnement); information politique : Michel David (chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Marie-Michèle Sioui (correspondants parlementaires à Québec) Dave Noël (recherche), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec); information culturelle : Guillaume Bourgault-Côté (politiques culturelles), Julie Carpentier (pupitre), Fabien Deglise (livres), Catherine Lalonde (arts vivants), François Lévesque (écrans),Caroline Montpetit (arts vivants), Philippe Papineau(médias); information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l\u2019information), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Benoît Munger (pupitre); information internationale : Guy Taillefer (chef de division et éditorialiste); section art de vivre : Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); cahiers spéciaux : Aude Marie Marcoux (responsable); équipe numérique : Laurence Clavel, Guillaume St-Hilaire et Geneviève Tremblay (pupitres); correction : Andréanne Bédard, Christine Dumazet et Michèle Malenfant (correctrices) ; soutien à la rédaction : Amélie Gaudreau (coordonnatrice à la rédaction), Jean-Philippe Proulx (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa).PUBLICITÉ Charleyne Bachraty (adjointe au vice-président), Marlène Côté, Évelyne De Varennes, Amel Elimam, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (directrices de comptes), Alain Tréhout (directeur créativité média), Amélie Maltais (commis aux avis légaux), Alessandra Tantalo et Laurence Hémond (coordonnatrices publicitaires).PRODUCTION Caroline Desrosiers, Yannick Morin, Anthony White et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web), Jean-François Côté (analyste programmeur), Luc Girard (technicien informatique), Solène M.Hébert (développeuse Web).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Catherine Gentilcore (coordonnatrice marketing, communications et relations publiques), Sébastien Beaupré (coordonnateur service à la clientèle), Manon Blanchette, Caroline Filion, Nathalie Filion, Isabelle Sanchez (préposées au service à la clientèle).ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Mélisande Simard (adjointe administrative et responsable des ressources humaines), Florentina Draghici (technicienne comptable), Véronique Pagé (responsable du crédit).H ollywood n\u2019a jamais brillé par son avant-gardisme, mais le royaume du décolleté plongeant a brillamment relevé le défi, dimanche dernier, lors de la cérémonie des Golden Globes.Se transformant en porte-étendard de la révolte des femmes au sein de l\u2019industrie du cinéma et de la télévision, l\u2019événement a confirmé le « glissement tectonique dans les structures de pouvoir de notre industrie », comme l\u2019af firmait la comédienne émérite Frances McDormand.Plus tard, la reine de la soirée, Oprah Winfrey, en rajoutait : « Je veux que toutes les jeunes filles sachent qu\u2019un nouveau jour point à l\u2019horizon ! » Mais la soirée a fait plus que céder la parole à des femmes en verve.Les 90 représentants du Hollywood Foreign Press, à l\u2019origine de ces prix, ont également salué des œuvres explorant, pour une fois, l\u2019univers féminin.Les « grands gagnants» de la soirée, Big Little Lies, Three Billboards Outside Ebbing, Missouri et The Handmaid\u2019s Tale, racontent tous des histoires de femmes abusées qui tentent de s\u2019en sortir.Citant Margaret Atwood, la comédienne Elizabeth Moss, récompensée pour son rôle dans la télésé- rie signée par l\u2019auteure canadienne, l\u2019a dit mieux que quiconque : « Nous ne vivons plus en marge de l\u2019histoire, nous ne sommes plus des entre-les-lignes ; nous sommes l\u2019histoire du jour et nous écrivons l\u2019histoire nous-mêmes.» Alors ne nous demandons plus pourquoi Blade Runner 2049 de Denis Villeneuve est resté sur la touche.Le film a été entièrement boudé par les Golden Globes et pourrait l\u2019être également aux Oscar, sauf dans des catégories secondaires (effets spéciaux, direction photo).À juste titre, je dois dire.Sans nier le génie de Villeneuve de créer des images impérissables, de parler \u2014 à l\u2019instar d\u2019un autre grand artiste québécois, Robert Lepage \u2014 en symboles, cette histoire, malgré ses autos volantes et ses hologrammes géants, est davantage tournée vers le passé que le futur.Le film carbure aux vieux stéréotypes et pourrait bien passer à l\u2019histoire comme le film-culte d\u2019un certain imaginaire masculin qui tourne à vide: celui de gros bolides et de grosses catastrophes, de belles filles qui n\u2019ont qu\u2019une envie, vous faire l\u2019amour ou vous arracher la tête, c\u2019est selon, sans oublier l\u2019éternelle conquête de nouveaux horizons.À travers toutes ces formules usées, on perçoit une thématique plus riche, plus innovante, celle de la destruction de la planète, de l\u2019étiolement de la vie, de la robotisation des rapports humains.On soupçonne que c\u2019est vraiment là que loge Denis Villeneuve, au cœur de cette fable beaucoup plus poétique que futuriste, beaucoup plus triste que réjouissante, mais où l\u2019objectif est malheureusement raté à cause, justement, du véhicule supra macho qu\u2019il doit emprunter pour raconter son histoire.La science- fiction est, trop souvent, une affaire de « gros boutons nucléaires» et de belles pépées interga- lactiques, le fantasme adolescent à son meilleur, et Blade Runner no 2, malgré une allure décidément Leonard Cohen, lente, grave et déprimante à souhait (un film « pour s\u2019ouvrir les veines », pourrait-on ironiser), en est irrémédiablement teinté.Pour ne rien dire du héros (Ryan Reynolds), beau brumeux qui parle peu, ressent encore moins (c\u2019est un semi-robot, après tout), joue comme ses pieds et par rapport auquel on demeure parfaitement indifférent.Comment se surprendre alors que les jeunes, par manque d\u2019action, et les femmes, par manque d\u2019identification, aient boudé le film?Le contraste ne pourrait pas être plus frappant, en fait, entre ces combats hyper technos de l\u2019espace, girlies à l\u2019appui, et la dure réalité de combien de femmes encore aujourd\u2019hui.Qu\u2019il s\u2019agisse de la violence conjugale dans Big Little Lies, de l\u2019embrigadement du corps des femmes dans The Handmaid\u2019s Tale ou de la colère d\u2019une mère après le viol et la mort de sa fille dans Three Billboards, on tombe ici tête première sur le plancher des vaches, dans des sujets qu\u2019on croyait connaître mais qui, faute de femmes réalisatrices et scénaristes, ont encore trop peu été racontés à l\u2019écran.À noter que la fabuleuse fantaisie signée Guillermo del Toro (La forme de l\u2019eau) \u2014 primée pour sa réalisation dans une catégorie qui ne comptait d\u2019ailleurs que des hommes \u2014 est un testament également au désir d\u2019une femme éprouvée par la vie d\u2019échapper à son lot.Aux Golden Globes, le changement de paradigme en faveur des préoccupations des femmes était à trancher au couteau.Cette révolution culturelle connaîtra-t-elle, maintenant, une suite ?On peut toujours prier.Blade Runner devra passer son tour FRANCINE PELLETIER T O L G A B I L E N E R Enseignant-chercheur à l\u2019Université Galatasaray (Istanbul-Turquie) omme c\u2019est souvent le cas quand il s\u2019agit d\u2019événements concernant l\u2019Iran, la presse internationale s\u2019est passionnée pour les manifestations qui ont eu lieu un peu partout dans le pays au tournant de l\u2019année 2018.Alors que la communauté internationale se demandait quoi attendre de ce mouvement de contestation et quelle réaction serait la plus adéquate, le président des États-Unis, Donald Trump, s\u2019est invité dans le débat à travers ses tweets enflammés, comme à son habitude.Même s\u2019il s\u2019est dit solidaire des manifestants, son appui \u2014 apparent \u2014 à la contestation en Iran n\u2019a fait probablement que creuser la tombe de ce mouvement.On peut certainement dire que Trump reste simplement fidèle à lui-même et que ses gestes ne sont pas mûrement réfléchis ; mais peut-être qu\u2019un autre facteur, plus sournois cette fois-ci, est également en jeu : et si le gouvernement américain jugeait opportun, pour ses intérêts à court terme, de pousser l\u2019Iran vers davantage d\u2019isolement, alors que le président de la République islamique, le réformateur Hassan Ro- hani, avait justement promis l\u2019ouverture lors de sa campagne électorale au printemps 2017 ?En ef fet, le régime iranien subit actuellement les plus for tes protestat ions qu\u2019a it connues le pays depuis 2009.Un phénomène de colère qui s\u2019exprime à travers tout le pays, et notamment dans la province.Sans leader apparent, ni mot d\u2019ordre clair, les rassemblements se sont propagés dans tout le pays, même si on constate déjà un essoufflement du mouvement.Bien que réprimée dans le sang, la contestation se poursuivra probablement quand même, tant ses raisons profondes, telle la situation économique difficile due aux sanctions, à la corruption et au chômage, continuent de hanter le pays.À cette contestation portée par les couches populaires se greffent aussi les luttes intestines au sommet de l\u2019État, notamment entre les conservateurs, dont le « guide suprême » Ali Khamenei est l\u2019incarnation, et les réformateurs, rassemblés autour du président Rohani.Soutien à l\u2019Arabie saoudite Le rôle croissant de l\u2019Iran sur la scène moyen-orientale fait que, si le régime iranien vacillait, cela aurait des conséquences majeures.Il suffit de penser à cette guerre froide régionale que se livrent l\u2019Iran et l\u2019Arabie saoudite.Cette dernière profite du soutien inébranlable du président Trump, qui avait consacré son tout premier déplacement à l\u2019étranger au royaume wahhabite, du jamais vu pour un président américain.C\u2019est aussi Donald Trump qui a promis de détricoter l\u2019accord nucléaire conclu en juillet 2015 entre l\u2019Iran et les Nations unies, un accord porté par le gouvernement précédent de Barack Obama, mais aussi par Hassan Rohani.D\u2019ailleurs, ce dernier a dû défendre cet accord en interne pied à pied contre les conser va- teurs, estimant que l\u2019apaisement des relations entre l\u2019Iran et l\u2019Occident est la seule garantie pour l\u2019assainissement économique du pays.Ro- hani avait alors créé une forte attente au sein de la population iranienne, par la suite déçue par l\u2019attitude de Trump par rapport à cet accord, et qui a, par ailleurs, mis l\u2019Iran sur la liste des pays dont les citoyens sont interdits d\u2019entrée sur le sol américain.Fidèle à sa ligne qui consiste à défaire tout ce qu\u2019Obama avait accompli, Trump a alors poussé Rohani dans une position très difficile, donnant des arguments à ceux qui, en Iran, souhaitent régler leurs comptes avec celui-ci\u2026 Une mauvaise nouvelle pour les Européens aussi, car ceux-ci sont toujours frileux d\u2019investir en Iran, malgré leur forte volonté de pénétrer dans ce marché de 80 millions d\u2019habitants.Incarnation de la pureté idéologique de la révolution islamique et du discours antiocciden- tal en Iran, Khamenei n\u2019a pas vraiment intérêt à voir son pays s\u2019ouvrir à l\u2019Occident, tout comme ceux qui ont profité, à travers des systèmes de détournement et de contrebande, des sanct ions dont souf fre la population .Confor té dans sa position par les tweets de Trump, Ali Khamenei n\u2019a d\u2019ailleurs pas hésité à entonner l\u2019antienne bien connue d\u2019ingérence extérieure afin de justifier la répression des manifestations.Il faut aussi noter que Khame- nei, à travers les Gardiens de la révolution qui dépendent directement de lui, est à la tête de la politique d\u2019influence de l\u2019Iran à travers la région, au Liban, en Syrie, en Irak, en passant par le Yémen et le Golfe.Alors, quand certains manifestants ont exprimé leur refus de cette politique régionale ambitieuse, disant que les ressources du pays sont ainsi gaspillées à l\u2019étranger au détriment de leurs propres besoins économiques, Khamenei est directement dans la ligne de mire.Donald Trump étant ce qu\u2019il est, son appui ostentatoire aux manifestations en Iran n\u2019a fait qu\u2019alimenter la spirale de la méfiance entre les États-Unis et ce pays, en réduisant la marge de manœuvre de Rohani.Non seulement il n\u2019a aidé en rien la contestation, mais au contraire, il a donné des arguments aux conser vateurs, pour qui la moindre opposition est fomentée de l\u2019extérieur, notamment par les États-Unis ou Israël.Par sa décision de suspendre l\u2019aide financière au Pakistan et ses menaces de faire pareil avec les Palestiniens, le gouvernement américain actuel pousse en fait ces pays et peuples davantage vers la Russie et la Chine, deux grandes puissances extraoccidentales qui sont de plus en plus influentes au Moyen-Orient.On se demande si ce n\u2019est pas exprès.À quoi Donald Trump joue-t-il en Iran ?Le gouvernement américain actuel pousse plusieurs pays davantage vers la Russie et la Chine M A R C S I M A R D Historien et juriste Québec année 2018 n\u2019augure rien de bon pour les régimes démocratiques et pour l\u2019idée même de représentation politique : les États-Unis sont gouvernés par une star médiatique qui a parasité leur système politique et s\u2019emploie à le discréditer ; les démocraties européennes sont menacées par l\u2019extrême droite ou par les tensions centrifuges ; les dictatures fleurissent tandis que les pays qui émergent sont dirigés par des régimes autoritaires ; et, plus globalement, les électeurs font de moins en moins confiance aux élites traditionnelles pour les représenter.Ce que nous vivons actuellement est une crise de la représentation politique, plusieurs citoyens ayant cessé de croire que les élites qui gouvernent les régimes démocratiques les représentent vraiment et ont à cœur la véritable défense de leurs intérêts.Cette crise procède de plusieurs facteurs : la création d\u2019Internet et des réseaux sociaux, qui a libéré un certain discours rageur et même haineux, et permis la multiplication des fake news ; la critique incessante des médias, traditionnels ou autres et partisans ou non, à l\u2019endroit de la classe politique, globalement présentée comme jouisseuse, incompétente et corrompue ; le martèlement incessant par la gauche du discours contre les inégalités sociales et par la droite de celui contre l\u2019État interventionniste ; et un certain désenchantement envers les régimes démocratiques, qui, après des promesses de lendemains qui chantent à la suite de l\u2019écroulement du bloc soviétique vers 1990, n\u2019ont pas visiblement réduit les inégalités et réglé les problèmes de fonctionnement de l\u2019État.La question de la représentation politique ne date pas d\u2019hier.Les partisans de la démocratie directe, souvent influencés par les écrits de Jean-Jacques Rousseau, ne croient pas que des élus puissent représenter le peuple et prônent une démocratie directe assor tie de divers mécanismes de rotation des responsabilités, comme dans l\u2019Athènes antique.Mais outre le fait que cette dernière ne concernait que les mâles nés de père et de mère athéniens (moins de 10 % de la population), les tentatives pour mettre en place des démocraties participatives ont toutes lamentablement échoué.La gauche marxiste a cru pouvoir contourner ce problème en faisant du Parti l\u2019avant-garde éclairée du peuple, qui gouvernerait dans son intérêt et en son nom.Les innombrables victimes des régimes concentrationnaires auxquels cette vision politique a donné naissance pourraient témoigner de son ineptie.Graves dangers Concrètement, cela signifie que la plupart des régimes démocratiques sont actuellement menacés et risquent d\u2019être écartés ou détournés.Cette menace prend trois formes : d\u2019abord, l\u2019utopie rousseauiste de la démocratie directe, ou léniniste de la symbiose entre le peuple et une avant-garde éclairée, qui séduit toujours mais qui débouche fatalement sur la dictature d\u2019un groupe ou d\u2019un parti ; en second lieu, la prise du pouvoir, à la suite de graves tensions politiques et possiblement même d\u2019une guerre civile, par un mouvement qui vise à rétablir l\u2019ordre par la mise en place d\u2019un pouvoir autoritaire, personnel ou oligarchique, un péril toujours présent ; et enfin, le populisme, un individu qui s\u2019adresse au peuple par-dessus les élites traditionnelles, réussissant à convaincre les électeurs de l\u2019élire, ce qui peut mener à des dérives néfastes.Ces trois potentialités, dont existent des exemples actuels ou historiques, comportent de graves dangers pour nos droits et libertés.La démocratie représentative, la seule qui ait fonctionné jusqu\u2019ici malgré ses vicissitudes, repose sur la capacité des élites qui gouvernent à convaincre les citoyens que le régime fonctionne en leur faveur et que les élus les représentent véritablement.Cette capacité gîte dangereusement.Il faut impérativement la rétablir pour redonner de la vigueur à l\u2019idée même de démocratie et préser ver les droits acquis par les citoyens au moyen de luttes séculaires remontant au Moyen Âge.Tous, des citoyens aux élus, en passant par la gent médiatique, doivent aujourd\u2019hui se regarder dans le miroir et se demander ce qu\u2019ils peuvent faire pour rétablir la confiance générale dans nos institutions.Demain, ce pourrait être trop tard.Sale temps pour les démocraties C PABLO MARTINEZ MONSIVAIS ASSOCIATED PRESS Un manifestant portant un costume à l\u2019effigie de l\u2019ayatollah Ali Khamenei lors d\u2019un rassemblement en appui aux manifestations contre le pouvoir en Iran, devant la Maison-Blanche, le 6 janvier dernier.L\u2019 Les Golden Globes seraient-ils un avant-goût d\u2019une révolution culturelle en devenir ?Tous doivent se demander ce qu\u2019il faut faire pour rétablir la confiance générale dans nos institutions L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 1 0 J A N V I E R 2 0 1 8 A 8 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par courriel publicite@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3452 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Par courriel petitesannonce@ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4 Berri-UQAM Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 16h30 Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com A C T U A L I T É S Salaires et avantages des recteurs en 2015-2016 Universités à charte Université Concordia 444 857 $ Université de Montréal 422 293 $ Université McGill 418 333 $ Université Laval 328 414 $ Université de Sherbrooke 301 546 $ Université Bishop\u2019s 297 558 $ HEC 286 921 $ Polytechnique 263 671 $ Réseau de l\u2019Université du Québec INRS 198 332 $ UQAM 197 374 $ UQAC 191 320 $ ETS 187 512 $ TELUQ 186 134 $ UQTR 183 145 $ UQO 176 782 $ UQAR 176 772 $ ENAP 166 779 $ UQAT 165 635 $ Source : ministère de l\u2019Éducation et de l\u2019Enseignement supérieur du Québec, étude des crédits 2017-2018 Scythians : warriors of ancient Siberia, de prêts du musée de l\u2019Ermitage, en Russie.L\u2019exposition se termine fin janvier.Joint par Le Devoir à Toronto, le professeur Mazierski regrette de ne pas pouvoir se rendre à Londres pour revoir certains détails des tatouages de la momie à laquelle son corps prête vie.Il a cependant eu l\u2019occasion de voir de près, à l\u2019Ermitage à Saint-Pétersbourg, des portions de cette momie congelée découverte dans les années 1930.Son corps s\u2019est peu à peu révélé, après un travail d\u2019une dizaine d\u2019années.« Svetlana Pankova, la conservatrice de l\u2019anthropologie au musée de l\u2019Ermitage, m\u2019a beaucoup aidé.Ils ont revu chacune des momies ou des fragments que possède le musée sous lumière infrarouge afin de révéler la présence de tatouages.« On pourrait dire que je suis la version animée de ce corps congelé », explique Dave Ma- zierski.Au temps où la momie a été découverte, en 1929, on ne maîtrisait pas la technologie pour la conser ver telle qu \u2019elle était.« D\u2019autant plus que la sépulture d\u2019où elle provenait avait déjà été pillée, probablement par des chercheurs de bijoux et d\u2019or.On a donc dû découper la peau devenue cuir pour la sauver de l\u2019eau qui l\u2019avait jusque-là préservée grâce au froid.» Dix chevaux, des étalons alezans, étaient conservés intacts dans ce tombeau.Ils furent montrés à l\u2019Exposition universelle de Paris en 1937.On a trouvé depuis d\u2019autres momies scythes congelées.Ces corps étaient ensevelis sous des kourganes, immenses monticules de terre qui surgissent en chaîne de la plaine et dont certaines peuvent avoir jusqu\u2019à 300 mètres de diamètre.Le réchauffement planétaire met désormais en péril la préservation des tombeaux de ces tumulus, explique Dave Mazierski.«Ce qui était gelé depuis des milliers d\u2019années risque soudain de pourrir avant même qu\u2019on ait le temps de le trouver.» L\u2019ensemble des peuples nomades que forment les Scythes nous est peu connu en dehors de ces découver tes archéologiques, sinon grâce à des écrits grecs et romains.Dans la longue bande de terre qui unit géographiquement l\u2019Asie et l\u2019Europe, les Scythes représentent un des sommets de la culture de ce vaste territoire, comme le montre l\u2019exposition du British Museum.Originaires d\u2019Asie centrale, ces peuples indo- européens vivaient en nomades, au moins à partir de 600 avant Jésus-Christ.Ils parcouraient une vaste zone qui s\u2019étend de l\u2019Ukraine jusqu\u2019à la Sibérie que nous connaissons au- jourd\u2019hui, en passant par la Russie et le Kazakhstan.Leur art animalier, leurs bijoux, la splendeur de l\u2019or qu\u2019ils travaillaient soigneusement, leurs ornements de toutes sortes, dont de nombreuses scènes de combats d\u2019animaux, ont été redécouverts au cours des derniers siècles et font désormais par tie des trésors de l\u2019humanité.De nouvelles momies scythes ont été découvertes dans les années 1990, dont celle de la princesse d\u2019Utok, une des découvertes archéologiques les plus intéressantes de la fin du XXe siècle.Cette princesse dite de glace reposait dans un tombeau couvert de représentations de cerfs où se trouvaient notamment les restes de trois chevaux.Significations « Presque toutes les momies conservées par le musée de l\u2019Ermitage en Russie montrent, quand on les observe sous la lumière de rayons ultraviolets, des tatouages.On ignore ce qu\u2019ils pouvaient signifier pour ces gens », explique le professeur Mazierski.Les spécialistes ne s\u2019entendent pas d\u2019ailleurs sur la place du tatouage dans ces sociétés.Intérêt viscéral Que signifie cet intérêt viscéral pour la peau d\u2019hommes disparus depuis des milliers d\u2019années chez un professeur habitué à scruter les dimensions anatomiques internes des humains et des animaux ?« Après des études en art, j\u2019ai étudié en science pour devenir un spécialiste des représentations médicales, pour les animaux comme pour les humains.C\u2019est comme ça que j\u2019en suis venu par exemple à m\u2019occuper de l\u2019anatomie du chameau, en Israël.C\u2019est le dessin anatomique, à l\u2019ordinateur ou à la main, que j\u2019enseigne désormais à l\u2019Université de Toronto.» On imagine presque Dave Mazierski assis sur un banc à côté de Rembrandt, tout occupé à obser ver la Leçon d\u2019anatomie du professeur Tulp, une des œuvres les plus célèbres du maître.« Il n\u2019y a rien de mieux encore que la dissection pour comprendre comment les t issus du corps sont structurés.» Un de ses cours de dessin médical se déroule donc devant des cadavres.Mais comprendre en détail la str ucture physique aujourd\u2019hui aide-t-il à concevoir ce qu\u2019étaient les vivants d\u2019hier ?Le corps vivant de Dave Mazierski est-il pour ainsi dire devenu une dissection vivante qui s\u2019ouvre sur le passé ?« Je peux dire que j\u2019ai toujours voulu un peu me distinguer.Je n\u2019ai jamais réfléchi à ces questions, sinon en fonction de l\u2019intérêt que j\u2019éprouve pour la beauté de ces tatouages anciens.D\u2019ailleurs, je ne suis pas le seul à les avoir reproduits sur mon corps.J\u2019ai appris qu\u2019un anthropologue du Danemark avait fait la même chose que moi.» Mais que peut signifier le fait de recréer aujourd\u2019hui dans sa chair même les traces laissées il y a des millénaires sur un homme dont on ne sait rien ?« Vous pourriez dire que je suis en quelque sor te une réplique dégelée du Scythe gelé.Cela me va.» Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 SIBÉRIE DAVE MAZIERSKI Les jambes de Dave Mazierski arborent des tatouages d\u2019animaux.rappelle la présidente du conseil d\u2019administration de l\u2019UQAM.Le gouvernement fixe par décret les conditions de travail des recteurs du réseau.Ce salaire correspond à la rémunération d\u2019un sous-ministre adjoint.Résultat : la rémunération des dirigeants du réseau de l \u2019UQ oscillait entre 165 000 $ et 198 000 $ en 2015-2016, indiquent les données du ministère de l\u2019Éducation et de l\u2019Enseignement supérieur.Le salaire du recteur de l\u2019UQAM \u2014 troisième université en importance pour le nombre d \u2019étudiants \u2014 était de 197 374 $.Les universités à charte, qui ont toute la latitude pour déterminer la rémunération de leurs dirigeants, évoluent dans un autre monde.Le recteur le mieux payé du Québec, Alan Shepard, de l\u2019Université Concordia, a ainsi encaissé 444 857 $ en 2015-2016.C\u2019est plus de deux fois et demie le salaire de la rectrice de l\u2019UQAM, Magda Fusaro, entrée en fonction cette semaine.Même le recteur de la toute petite Université Bishop\u2019s de Lennoxville \u2014 ef fectif de 2744 étudiants \u2014 gagne 100 000 $ de plus que sa vis-à-vis de l\u2019UQAM.À la prestigieuse Université McGill, David H.Eidelman, vice-prin- cipal et doyen de la Faculté de médecine, est le cadre universitaire le mieux payé au Québec avec une rémunérat ion g lobale de 451 112 $ \u2014 plus que sa patronne, Suzanne Fortier, qui gagne 418 000 $.«Un mépris général» Cette « iniquité flagrante » dans le traitement des hauts dirigeants d\u2019université est « le symptôme d\u2019un mal beaucoup plus profond», estime Lise Bissonnette.« C\u2019est le mépris général, et ça vaut presque pour l\u2019ensemble de l\u2019Assemblée nationale, je dirais, à l\u2019égard des universités du réseau de l\u2019Université du Québec.Et ça là, c\u2019est clair, c\u2019est net.Après cinq ans de présidence du conseil de l\u2019UQAM, ça m\u2019a frappé constamment, ça comprend tous les partis.Ce réseau-là, qui est un réseau extraordinaire, souffre vraiment d\u2019une sorte de\u2026 je cherche un autre mot que \u201cmépris\u201d et je ne trouve pas.» Autre symptôme de ce « mépris », estime la présidente de l\u2019UQAM : le réseau de l\u2019Université du Québec a obtenu des «grenailles» en vertu du Fonds d\u2019investissement stratégique pour les établissements postsecondaires, créé par Ottawa et relayé au Québec par le gouvernement Couil- lard.L\u2019Université de Montréal a obtenu la part du lion, avec dix projets d\u2019une valeur totale de près d\u2019un demi-milliard de dollars.La ministre Hélène David s\u2019était engagée à déposer un projet de loi l\u2019automne dernier pour faire le ménage dans la rémunération des recteurs.Elle ne l\u2019a pas fait.Pourquoi ?Prévoit-elle d\u2019agir au cours de la prochaine session parlementaire ?«Le travail se poursuit actuellement, la ministre sera en mesure de faire connaître ses intentions dans les prochaines semaines », indique son cabinet.En privé, des membres influents du milieu universitaire se demandent si la ministre David cherche à ménager l\u2019Université de Montréal, où elle a été professeure et vice-rectrice avant de se lancer en politique en 2014.Le recteur de l\u2019UdeM, Guy Breton, gagne plus de 422 000$.Le vice-recteur le mieux payé de l\u2019UdeM gagne 258 000$.Le doyen de faculté le mieux rémunéré touche même un salaire de 344 000$ \u2014 nettement plus que la grande patronne de l\u2019UQAM.Dans l\u2019entourage d\u2019Hélène David, on affirme que la ministre se sent totalement libre d\u2019arbitrer ce dossier.Mme David a refusé nos demandes d\u2019entrevue.Des sources estiment que la ministre mise notamment sur l\u2019autodiscipline des universités, qui ont réduit les avantages financiers des recteurs.L\u2019Université Laval a ainsi réduit l\u2019indemnité de départ de sa nouvelle rectrice, Sophie D\u2019Amours, qui aura droit à une année de salaire à la fin de son mandat.Son prédécesseur, Denis Brière, avait droit à une rémunération six années après son départ.Les salaires des recteurs soulèvent à coup sûr la controverse, mais ils sont plus modestes au Québec que partout ailleurs en Amérique du Nord.La rectrice la mieux payée au Canada, Indira Samarasekera, de l\u2019Université de l\u2019Alberta, gagne 591 000 $, selon une compilation de l\u2019Association canadienne des professeures et professeurs d\u2019université.Les dix-sept dirigeants d\u2019université les mieux payés au pays gagnent plus de 400 000 $, selon le document.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 RECTEURS à Sydney en 2000, à Athènes en 2004 et à Turin en 2006.Sur le front politique, les États voisins ont accepté «d\u2019abaisser la tension militaire actuelle et de tenir des discussions militaires sur la question ».Séoul et Pyongyang ont également décidé de rétablir une liaison téléphonique militaire qui avait été coupée en février 2016 afin d\u2019améliorer la communication entre les armées de ces deux pays toujours techniquement en guerre.La Corée du Nord a cependant refusé d\u2019aborder le sujet de la dénucléarisation de la péninsule coréenne, comme l\u2019a proposé sa voisine.« On parle à tout le moins d\u2019une porte qui s\u2019ouvre pour un processus diplomatique plus avancé », observe Jean-François Bélanger, un chercheur de l\u2019Université McGill af filié au Centre d\u2019études sur la paix et la sécurité internationale.« La vraie question ici est la question nucléaire, ajoute-t-il.Il faudra voir ce que le Nord et le Sud vont juger acceptables comme enjeux de négociation et comment les Américains vont réagir.» Pour la durée des Jeux olympiques, il croit que le rétablissement de la liaison téléphonique militaire permettra d\u2019éviter une escalade des tensions en cas d\u2019événement imprévu.Le face-à-face impliquant les deux Corées est sur venu à la suite des nombreux essais nucléaires nord-coréens qui ont fait craindre le pire pour la sécurité régionale et internationale, en plus de provoquer une guerre de mots entre Kim Jong-un et le président américain, Donald Trump.Le chef d\u2019État nord-coréen a tendu la main à la Corée du Sud lors de son discours du Nouvel An.Il a accepté la tenue d\u2019une réunion bilatérale lorsque Séoul et Washington ont annoncé la suspension de leurs exercices militaires conjoints jusqu\u2019à la fin des Jeux paralympiques, le 18 mars.Diplomatie du ping-pong Ce n\u2019est pas la première fois que le sport se trouve au cœur des tractations diplomatiques, fait remarquer le professeur Yann Roche, évoquant notamment l\u2019épisode qu\u2019on a surnommé la «diplomatie du ping-pong».En 1971, en pleine guerre froide, l\u2019équipe américaine de tennis de table a rendu visite à l\u2019équipe chinoise, pavant la voie à un réchauffement diplomatique entre les États-Unis et la Chine.« C\u2019était une période très, très tendue entre les deux pays.Ce fut l\u2019événement qui a favorisé le dégel des relations», souligne-t-il.À cet exemple s\u2019ajoutent tous les efforts déployés par différents pays pour utiliser le sport comme vitrine de leur puissance.« Ça a toujours été comme ça, affirme M.Roche.Même à l\u2019époque des Jeux olympiques antiques, les athlètes représentaient leur cité.Il y avait déjà des implications politiques.» Deux athlètes qualifiés Sur le plan sportif, l\u2019entente intervenue entre les deux Corées devrait permettre à une poignée d\u2019athlètes nord-coréens de se mesurer aux meilleurs de la planète.Pour le moment, seul un couple de patineurs artistique s\u2019est qualifié pour les Jeux, mais le Comité international olympique pourrait offrir des laissez-passer à d\u2019autres athlètes.Les attentes doivent cependant être modérées : les chances de médaille des patineurs Ryom Tae-ok et Kim Ju-sik \u2014 qui se sont entraînés à Montréal en performant sur la musique de Ginette Reno \u2014 sont pratiquement nulles, affirme l\u2019analyste de patinage artistique Alain Goldberg.« S\u2019ils arrivent à entrer dans les qualifiés du programme libre [présenté après le programme court], ce sera un exploit.» Il faut dire que la Corée du Nord n\u2019est pas reconnue pour ses succès lors des Jeux olympiques d\u2019hiver.Elle a participé aux compétitions hivernales de manière sporadique depuis les années 1960 et n \u2019a rempor té que deux médailles : une d\u2019argent en patinage de vitesse longue piste en 1964 et une autre de bronze en patinage de vitesse courte piste en 1992.Le pays a fait bien mieux lors des Jeux olympiques d\u2019été en décrochant 54 médailles en 10 participations depuis 1972.Ses représentants sont surtout montés sur le podium en haltérophilie (17 médailles) et en lutte (10 médailles).Pour Alain Goldberg, le simple fait que des athlètes d\u2019un pays comme la Corée du Nord soient parvenus à se qualifier pour les Jeux de Pyeongchang représente un tour de force.«C\u2019est quand même extraordinaire que le patinage ar tistique contribue à la trêve olympique, dit-il.Si ça peut apporter la paix, tant mieux.Que les athlètes se battent à coups de lame dans la glace, c\u2019est mieux qu\u2019à coups d\u2019épée.» Avec l\u2019Agence France-Presse et Associated Press Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 CORÉES SAM YEH AGENCE FRANCE-PRESSE Les patineurs nord-coréens Ryom Tae-ok et Kim Ju-sik se sont entraînés à Montréal."]
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