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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2018-01-11, Collections de BAnQ.

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[" V O L .C I X N o 2 L E D E V O I R , L E J E U D I 1 1 J A N V I E R 2 0 1 8 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S AUJOURD\u2019HUI Culture \u203a La force des mots.Oprah Winfrey nous a rappelé en ?n de semaine l\u2019énorme pouvoir des discours en?ammés, écrit notre chroniqueuse Odile Tremblay.Page B 8 Avis légaux.B 2 Décès.B 4 Météo.B 6 Mots croisés.B 6 Petites annonces .B 4 Sudoku.A 5 ?w w w .l e d e v o i r .c o m C A R O L I N E M O N T P E T I T D ans les pierres des murs, les poètes voient des histoires, entendent des chants lointains.Ce sont des caisses de résonance où se répercute le fracas des villes.Durant l\u2019année 2017, le programme littéraire Walking Cities a réuni des écrivains canadiens et anglais pour les faire marcher dans les grandes villes du Canada : Vancouver, Winnipeg, Toronto et Montréal.Le tout est organisé par le British Council du Canada, d\u2019où la forte représentation anglaise.Les vidéos qu\u2019on en a tirées ont été lancées en décembre et sont désormais en ligne et accessibles à tous.À Montréal, la rencontre a réuni le poète québécois Jonathan Lamy, seul francophone de l\u2019ensemble du projet, l\u2019ar tiste multidisciplinaire Moe Clark, WALKING CITIES Guides littéraires dans les villes canadiennes Découvrir Vancouver, Winnipeg, Toronto et Montréal en compagnie d\u2019écrivains BRITISH COUNCIL/ERIC BENT/PRODUCTIONS SPECTRUM Moe Clark, Rachel McCrum et Jonathan Lamy échangent, assis sur un banc à Montréal.Commerce Le Canada attaque de front les États-Unis devant l\u2019OMC Page B 1 Marijuana Les villes pourront interdire de fumer dans les lieux publics Page A 3 A L E X A N D R E S H I E L D S Dans un geste qui risque d\u2019alimenter le débat sur la responsabilité des entreprises pétrolières dans la crise climatique mondiale, la Ville de New York a annoncé mercredi qu\u2019elle poursuit cinq géants du secteur des énergies fossiles.Elle les accuse d\u2019avoir provoqué les bouleversements qui entraînent déjà des impacts très coûteux pour la mégapole américaine.La poursuite intentée par New York vise directement cinq des principales multinationales du secteur pétrolier, soit BP, Chevron, Conoco- Phillips, ExxonMobil et Shell.Dans un langage sans équivoque, les documents déposés en cour les présentent comme des entreprises « qui ont fait tout en leur pouvoir pour créer cette menace existentielle ».Dans une déclaration écrite publiée mercredi, le maire Bill de Blasio a aussi rappelé que des pétrolières étaient au courant depuis plusieurs années de la réalité des bouleversements climatiques, mais qu\u2019elles ont sciemment « trompé le public pour protéger leurs profits».Une analyse publiée l\u2019an dernier par Environmental Research Letters confirmait justement qu\u2019ExxonMobil savait depuis les années 1980 que les changements climatiques étaient réels et causés par des activités humaines, mais a publiquement entretenu le doute sur cette réalité.Selon le maire de New York, les cinq poids lourds du secteur des énergies fossiles doivent donc contribuer au financement du plan que la Ville doit absolument mettre en œuvre « pour protéger la ville et ses citoyens contre les impacts sévères des changements climatiques déjà en cours et à venir ».Jugeant sa ville « exceptionnellement vulnérable », Bill de Blasio a d\u2019ailleurs souligné mercredi que cette crise environnementale sans précédent représente « le plus important défi » des prochaines décennies.Déjà, New York a lancé en 2016 un programme de plus de 20 milliards de dollars pour CHANGEMENTS CLIMATIQUES New York intente une poursuite contre cinq pétrolières La Ville les tient responsables des coûts engendrés par le bouleversement du climat J E A N N E C O R R I V E A U V alérie Plante a essuyé une salve de critiques après avoir déposé un budget qui prévoit pour 2018 des augmentations de taxes dépassant l\u2019inflation, malgré sa promesse faite en campagne électorale.La mairesse s\u2019est défendue d\u2019avoir manqué à sa parole, faisant valoir que son administration agissait de façon responsable en investissant massivement dans les infrastructures de l\u2019eau.Reste que les Mont- réalais recevront des avis d\u2019imposition en hausse moyenne de 3,3 %.En campagne électorale, Valérie Plante avait promis de maintenir les augmentations de taxes en deçà du taux d\u2019inflation, soit 2,1 %, selon les prévisions faites par le Conference Board du Canada pour 2018.Alors qu\u2019elle présentait le budget de son administration mercredi en compagnie de Benoit Dorais, président du comité exécutif, la mai- resse a nié avoir brisé l\u2019une de ses principales promesses.Selon elle, les Montréalais ont compris qu\u2019en campagne électorale, elle parlait uniquement de l\u2019impôt foncier, et non des taxes d\u2019arrondissement et de la taxe d\u2019eau.« Nous avons toujours été clairs, en campagne électorale, [sur le fait] que nous n\u2019allions pas augmenter les taxes foncières au-delà du taux d\u2019inflation pour les besoins généraux.Cet engagement a été respecté », a soutenu Valérie Plante.L\u2019augmentation moyenne des taxes foncières a donc été établie à 1,9 %, mais s\u2019y ajoutent la hausse des taxes d\u2019arrondissement (0,3 %) et BUDGET DE MONTRÉAL Plante brise une première promesse À 3,3 %, la hausse moyenne de taxes sera plus élevée que l\u2019inflation JACQUES NADEAU LE DEVOIR La mairesse Valérie Plante nie avoir trompé les électeurs et dit plutôt que son administration soumet un budget responsable.VOIR PAGE A 8 : GUIDES Lire aussi \u203a Promesse non tenue.L\u2019éditorial de Brian Myles.Page A 6 VOIR PAGE A 8 : BUDGET VOIR PAGE A 8 : NEW YORK L E D E V O I R , L E J E U D I 1 1 J A N V I E R 2 0 1 8 A C T U A L I T É S A 2 DESMOND BOYLAN ASSOCIATED PRESS Des touristes passent en décapotable devant la nouvelle ambassade américaine à La Havane.L\u2019an dernier, à l\u2019instar de diplomates canadiens, des employés américains se sont plaints d\u2019« attaques acoustiques» qui leur ont causé des maux mystérieux.M A R I E V A S T E L Correspondante parlementaire à Ottawa L e gouvernement canadien n\u2019est toujours pas en mesure de confirmer ce qui a pu incommoder ses diplomates en poste à Cuba et leur famille, l \u2019an dernier.Bien qu\u2019Ottawa n\u2019écarte pas la possibilité que ces possibles «attaques acoustiques» soient le résultat d\u2019un acte criminel, le gouvernement ne peut tirer quelque conclusion que ce soit sur les événe- ments qui ont mené huit ressortissants canadiens à nécessiter des soins médicaux.De l\u2019aveu même d\u2019un haut fonctionnaire du gouvernement fédéral, le Canada se trouve en terrain inconnu.Car ni les Canadiens ni les Américains \u2014 les deux seules délégations à Cuba touchées par ces symptômes mystérieux \u2014 n\u2019ont déjà vécu telle situation dans leurs missions à l\u2019étranger.Des diplomates des deux pays ont rapporté avoir entendu des sons aigus ou ressenti des symptômes étranges comme des étourdissements, des pertes d\u2019équilibre, des maux de tête, de l\u2019insomnie ou des saignements de nez.Alerté par les autorités américaines, dont les diplomates avaient rapporté quelques cas, le gouvernement canadien a sondé ses propres diplomates à La Havane au mois de mai dernier.De la vingtaine de familles dépêchées dans la capitale cubaine, dix ont rapporté qu\u2019au moins un membre de leur famille \u2014 notamment des mineurs \u2014 avait ressenti ce genre de symptômes inhabituels.Ces dix familles rassemblaient vingt-sept personnes, qui ont subi une première batterie de tests en sol canadien.Dans huit des cas, des examens de suivi ont été nécessaires, mais aucune personne n\u2019a eu besoin d\u2019être hospitalisée et tous ont repris leurs activités normales au bureau ou à l\u2019école depuis, a indiqué le haut fonctionnaire canadien lors d\u2019une séance d\u2019information pour les médias qui a été of fer te sous le couver t de l\u2019anonymat.Une seule personne subirait encore des maux de tête.Mais trois familles ont choisi de quitter La Havane pour rentrer au Canada \u2014 dont deux qui avaient rapporté avoir été victimes de symptômes inhabituels.Enquête toujours en cours Le gouvernement canadien estime néanmoins que ses diplomates peuvent poursuivre leur travail dans la capitale cubaine.Les effectifs de la mission canadienne y demeurent inchangés.La majorité des cas ont été déclarés au mois de mai 2017.Deux autres personnes ont rapporté chacune avoir ressenti des ondes de pression au mois d\u2019août puis au mois de décembre.Le ministère des Affaires étrangères n\u2019a cependant toujours pas d\u2019explication.La Gendarmerie royale du Canada mène l\u2019enquête, qui évalue notamment si les symptômes ressentis peuvent être psychosomatiques, avoir été causés par le stress ou dus à des causes environnementales \u2014 comme l\u2019eau ou l\u2019air ambiant.Rien n\u2019est exclu, a avoué le haut fonctionnaire canadien mercredi.Les cas canadiens et américains ne sont de surcroît pas identiques : plusieurs Américains ont rapporté avoir entendu un son aigu qui a été suivi de symptômes physiques, mais seul un Canadien a fait état de la même séquence d\u2019événe- ments.La majorité des ressortissants du Canada ont plutôt entendu un bruit aigu ou bien ressenti des symptômes étranges, mais l\u2019un n\u2019était pas nécessairement accompagné de l\u2019autre.L\u2019ancien ambassadeur Frederic de Kerck- hove est néanmoins convaincu que ces maux ont été causés par une attaque acoustique, bien que le ministère des Affaires étrangères s\u2019abstienne de le dire, faute de preuves.Reste à savoir quelle en était la source.« Quand nous n\u2019avons pas de réponse définitive [au ministère], nous préférons laisser ça plus vague que précis.Mais j\u2019aurais du mal à croire qu\u2019il s\u2019agit d\u2019autre chose que d\u2019attaques soniques », a fait valoir l\u2019ex-diplomate au Devoir.À l\u2019instar du gouvernement canadien, il confirme qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une nouvelle forme d\u2019agression diplomatique.« Je n\u2019ai vu ce genre de choses dans aucune des missions où j\u2019ai été, les plus barbares comme les plus civilisées», a-t-il relaté, lui qui a été ambassadeur en Russie, en Indonésie, en Égypte, et haut commissaire au Pakistan.Pas de risque pour les vacanciers Aucun touriste ayant séjourné à Cuba n\u2019a fait état de symptômes inhabituels, selon Ottawa.Le gouvernement n\u2019a donc pas diffusé d\u2019avertissement pour les vacanciers.Du côté des États-Unis, 24 diplomates américains et leur famille ont rapporté avoir été affectés.Et 18 touristes affirment avoir ressenti des symptômes étranges.Les diplomates américains et canadiens ne sont pas logés dans des complexes diplomatiques.Les résidences de leurs familles sont dispersées à divers endroits de La Havane.Ce qui complique l\u2019enquête des deux gouvernements, qui peinent à recouper les incidents et leurs circonstances.Le gouvernement américain a rapatrié la majeure partie de son personnel et leurs proches en septembre.Le Devoir Les «attaques acoustiques » pourraient être des actes criminels, selon Ottawa Des ressortissants canadiens ont été incommodés par des sons aigus l\u2019an dernier à Cuba H É L È N E B U Z Z E T T I Correspondante parlementaire à Ottawa L e professeur Daniel Turp a gagné la première manche dans sa bataille contre Ottawa pour faire invalider la vente de véhicules blindés légers à l\u2019Arabie saoudite.La Cour fédérale a conclu que sa cause pouvait aller de l\u2019avant car elle n\u2019est ni « redondante » ni nécessairement vouée à l\u2019échec.Le constitutionnaliste et ex-député bloquiste puis péquiste, aidé par une poignée de ses étudiants en droit de l\u2019Université de Montréal, tente de faire invalider un contrat d\u2019une valeur estimée à 15 milliards liant le manufacturier on- tarien General Dynamics Land Systems (GDLS) au régime saoudien.Le nombre de véhicules blindés légers (VBL) que l\u2019entreprise doit fournir n\u2019a pas été divulgué, bien que cer tains parlent de milliers.Le contrat a été approuvé par le gouvernement conservateur, mais ce sont les libéraux de Justin Trudeau qui ont délivré en avril 2016 les premiers permis d\u2019exportation.M.Turp a tenté une première fois \u2014 en vain \u2014 de faire invalider ces permis au motif qu\u2019Ottawa ne s\u2019était pas acquitté de son obligation légale de s\u2019assurer que le matériel ne serait pas utilisé contre des civils.La Cour fédérale a tranché en janvier dernier qu\u2019Ottawa avait fait les vérifications nécessaires.La Cour s\u2019était appuyée sur un mémo secret fourni par Affaires mondiales Canada concluant après analyse qu\u2019il n\u2019y avait pas de risque pour les civils saoudiens.Mais cette assurance a volé en éclats l\u2019été dernier quand des photos ont prouvé que les VBL canadiens ont été utilisés par le régime contre les civils lors du siège de la ville d\u2019Awamiyah.L\u2019ambassade saoudienne à Ottawa a reconnu ces faits.M.Turp tente donc à nouveau de faire invalider les permis d\u2019exportation sur la foi de ce dernier développement.Ottawa voulait faire invalider cette seconde démarche parce qu\u2019elle ne «présente aucune chance de succès, qu\u2019elle est redondante et qu\u2019elle constitue ultimement un abus de procédure ».C\u2019est cette tentative que le juge Luc Martineau a rejetée mardi.«La cause d\u2019action en 2017 n\u2019est pas la même qu\u2019en 2016», écrit le juge, qui ajoute plus loin que «les paramètres ont indéniablement changé depuis l\u2019autorisation ministérielle de 2016.Comme la ministre refuse de suspendre ou d\u2019annuler les licences d\u2019exportation délivrées à GDLS, il incombera à cette Cour d\u2019effectuer une évaluation de la raisonnabilité de la nouvelle décision de la ministre lors d\u2019une audition de fond».Le juge rappelle que la première cause consistait à s\u2019assurer que le gouvernement avait fait les vérifications nécessaires avant de délivrer les licences d\u2019exportation.La nouvelle cause consiste à déterminer si le refus du gouvernement d\u2019annuler les licences, sachant que les véhicules blindés ont été utilisés contre des civils, «constitue une décision déraisonnable ».M.Turp a indiqué qu\u2019il accueille «avec un enthousiasme certain» cette décision.«La volonté d\u2019Ottawa d\u2019empêcher la poursuite démontre à quel point on était mal à l\u2019aise avec le recours.» La ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, avait annoncé l\u2019été dernier qu\u2019elle réviserait le dossier après que Riyad eut reconnu avoir utilisé des VBL canadiens contre des civils.La conclusion de cette révision \u2014 si elle a été menée à terme \u2014 n\u2019a jamais été rendue publique.«Le flou existe», se plaint d\u2019ailleurs M.Turp.Il se félicite que le juge ne se soit pas laissé arrêter par ce flou et ait accepté d\u2019aller de l\u2019avant avec la cause.Le bureau de Mme Freeland n\u2019a pas répondu à nos questions.La première cause de M.Turp a par ailleurs été portée en appel et une décision est imminente.En soirée, Affaires mondiales Canada a fait parvenir une réaction écrite dans laquelle il est indiqué que « le Canada s\u2019attend à ce que l\u2019utilisateur final de toutes les exportations respecte les conditions d\u2019utilisation finale précisées dans les permis d\u2019exportation délivrés » et que « le Canada a précisé directement au Royaume d\u2019Arabie saoudite que ses opérations de sécurité doivent respecter les droits internationaux de la personne».Le Devoir Vente de blindés : Daniel Turp remporte une première manche L\u2019ex-député tente de faire invalider un contrat de 15 milliards entre le fabricant et le régime saoudien La volonté d\u2019Ottawa d\u2019empêcher la poursuite démontre à quel point on était mal à l\u2019aise avec le recours Daniel Turp, professeur de droit à l\u2019UdeM « » M A R I E V A S T E L Correspondante parlementaire à Ottawa P lus de six mois après la course à la direction du Parti conservateur, cinq des seize candidats traînent encore une dette collective de près d\u2019un million de dollars.La quasi-totalité de cette somme est toutefois imputable à deux seuls candidats : Maxime Bernier et Kevin O\u2019Lear y af fichent une dette respective de 250 000 $ et plus de 500 000 $.Ces deux aspirants chefs avaient récolté le plus de dons au fil de la course à la chefferie qui s\u2019est terminée en mai dernier.Mais ce sont aussi eux qui traînent les plus grosses dettes près de huit mois après la fin de la course, révèlent les rapports financiers des candidats.Des seize qui ont fait campagne, douze ont fourni leurs états financiers à Élections Canada.L\u2019homme d\u2019af faires Kevin O\u2019Lear y a beau avoir fait campagne moins de trois mois, avant d\u2019abdiquer, ce dernier doit encore rembourser 529 200 $ \u2014 dont 189 000 $ en dépenses qu\u2019il avait lui-même assumés.Sa campagne affiche un surplus budgétaire de 15 178 $, qui ne suffira cependant pas à éponger sa dette.Maxime Bernier est dans le même bateau.Sa campagne compte 920$ en banque, mais le Beauceron traîne 250 400$ en dépenses impayées.La députée ontarienne Lisa Raitt traîne quant à elle un arriéré de 11 600 $.Elle ne pourra en payer qu\u2019une petite partie avec les fonds de 650$ qu\u2019il reste à sa campagne.Andrew Saxton compte presque suffisamment de fonds, avec un solde de 5100$, pour payer les 5930$ qu\u2019il se doit à lui-même.Les endettés comptent même parmi eux le nouveau chef, Andrew Scheer, qui af fiche une dette de 3750$.Mais puisque sa campagne profite d\u2019un surplus de 63 500 $, son découvert ne semble que temporaire.Les candidats Tony Clement, Michael Chong, Kellie Leitch et Erin O\u2019Toole n\u2019ont pas encore remis leurs rapports financiers à Élections Canada.Tous ont réclamé un délai supplémentaire et doivent maintenant soumettre leurs documents d\u2019ici la fin janvier.Seul M.Chong a répondu aux questions du Devoir mercredi, assurant que son budget était équilibré.Pas d\u2019inquiétude au PCC Les candidats qui traînent une dette devront maintenant convaincre les militants conservateurs de leur prêter main-forte en leur versant des dons \u2014 la seule façon de récolter des fonds.Ces sommes n\u2019iront pas du coup dans les cof fres du Parti conservateur, mais dans ceux des candidats.Malgré tout, le parti ne s\u2019inquiète pas.Son por te-parole Cor y Hann rétorque que la somme totale demeure minime.Rien n\u2019empêche en outre les donateurs de faire un don à un candidat de même qu\u2019à un parti.Le Par ti libéral avait payé les frais d\u2019une course à la chefferie à plusieurs candidats, à la suite de sa campagne de 2006, qui en comptait onze, dont huit qui sont restés jusqu\u2019au bout.Leur dette collective avait atteint 2,5 millions et les aspirants chefs avaient mis plus de six ans à rembourser.Pendant ce temps, les milliers de dollars en dons amassés par les endettés n\u2019allaient pas dans les coffres du parti, ce qui avait grevé les finances du PLC.Le Devoir COURSE À LA CHEFFERIE CONSERVATRICE Des dettes de près d\u2019un million pour cinq candidats Je n\u2019ai vu ce genre de choses dans aucune des missions où j\u2019ai été, les plus barbares comme les plus civilisées Frederic de Kerckhove, ex-diplomate canadien « » Kevin O\u2019Leary doit encore rembourser 529 200 $ Lire aussi \u203a Rendre des comptes.L\u2019éditorial de Manon Cornellier.Page A 6 L E D E V O I R , L E J E U D I 1 1 J A N V I E R 2 0 1 8 ACTUALITES A 3 A u printemps dernier, le premier ministre Couillard avait cru faire un bon coup en accédant à la demande des organismes qui réclamaient la création d\u2019une commission d\u2019enquête sur la discrimination systémique et le racisme.L\u2019opposition du PQ et de la CAQ démontrerait leur penchant pour l\u2019intolérance et l\u2019exclusion.L\u2019Ontario avait fait un exercice semblable un an plus tôt et tout le monde s\u2019était entendu pour le qualifier de succès.Tout naturellement, M.Couil- lard avait cru que ce qui était bon ailleurs au Canada devait nécessairement l\u2019être au Québec.On connaît la suite.L\u2019affaire a fait boomerang et c\u2019est son gouvernement qui s\u2019est vu reprocher de vouloir faire le procès de la société québécoise.À tort ou à raison, plusieurs y ont vu un facteur important de la cuisante défaite libérale à l\u2019élection partielle dans Louis-Hébert, dont le PLQ ne s\u2019est pas encore remis.Le premier ministre en a rapidement tiré les leçons et a viré à 180 degrés.Celle qui avait orchestré ce cafouillage, Kathleen Weil, a été mutée aux Relations avec la communauté anglophone, et la consultation prévue a été remplacée par un forum éclair sur les problèmes d\u2019employabilité des immigrants, lequel avait toutes les apparences d\u2019une sortie de secours.Il y a quelques mois, M.Couillard aurait peut- être accueilli avec enthousiasme la proposition du Conseil national des musulmans canadiens (CNMC), qui a demandé au gouvernement fédéral d\u2019instituer une «Journée nationale d\u2019action contre l\u2019islamophobie», qui coïnciderait avec le premier anniversaire de la tuerie à la grande mosquée de Québec, le 29 janvier 2017.Chat échaudé craint cependant l\u2019eau froide.?Encore une fois, le PQ et la CAQ sont contre, pour les mêmes raisons qui avaient motivé leur opposition à la commission sur la discrimination systémique et le racisme.Et, sans surprise, Québec solidaire y est de nouveau favorable.Au bureau du premier ministre, on ne ferme pas la porte, mais on préfère réfléchir davantage avant de prendre officiellement position.«Tout ça est en analyse chez nous», a expliqué son porte- parole.À huit mois et demi de l\u2019élection générale, est-ce bien avisé de donner aux partis d\u2019opposition l\u2019occasion de relancer un débat dont le PLQ ne peut rien espérer de bon?Même si elle risque d\u2019être un jour invalidée par les tribunaux, on estime au gouvernement que l\u2019adoption de la loi sur la neutralité religieuse de l\u2019État permettra de maintenir le couvercle sur la marmite jusqu\u2019au 1er octobre.Libre au PQ ou à la CAQ de rouvrir le dossier s\u2019ils sont appelés à former un gouvernement.Si Ottawa accepte d\u2019instituer une Journée nationale d\u2019action contre l\u2019islamophobie le jour anniversaire de la tuerie à la grande mosquée, François Legault ne manquera pas de crier au Quebec bashing et il y a for t à parier qu\u2019un grand nombre de Québécois penseront la même chose.« Il s\u2019agit du geste intolérable d\u2019une seule personne et non pas celui d\u2019une société entière.Les Québécois sont ouverts et accueillants, ils ne sont pas islamophobes », peut- on lire dans le communiqué diffusé par la CAQ.En sérieux recul dans l\u2019électorat francophone, Jean-François Lisée ne voudra certainement pas abandonner ce terrain à son rival ca- quiste.La députée de Taschereau, Agnès Maltais, a donné un coup de semonce en brandissant l\u2019épouvantail islamiste par excellence, Adil Charkaoui.Bref, le risque de récupération politique est dangereusement élevé.?Bien sûr, il y a des islamophobes au Québec, comme partout en Occident, mais il y a aussi un ras-le-bol de la culpabilisation collective.Ceux qui font la promotion d\u2019une Journée nationale d\u2019action contre l\u2019islamophobie sont sans doute bien intentionnés, mais leur initiative pourrait avoir l\u2019effet inverse de celui qu\u2019ils recherchent.Personne ne nie la nécessité de garder vivant le douloureux souvenir de la tragédie de Québec, qui a bouleversé l\u2019ensemble de la société québécoise, mais il serait malheureux que cela contribue à aviver les tensions plutôt qu\u2019à les apaiser.L\u2019idée n\u2019est certainement pas de provoquer un autre de ces psychodrames qui ont déjà fait suffisamment de tort au Québec et à tous ceux qui l\u2019habitent au cours des dernières années.Le mieux est souvent l\u2019ennemi du bien.Déjà, une Journée internationale de lutte contre l\u2019isla- mophobie est célébrée le 10 décembre dans plusieurs pays.Cela n\u2019empêche nullement de commémorer le drame de Québec le 29 janvier et de manifester notre solidarité envers la communauté musulmane, mais il serait irresponsable de précipiter les choses.Sur une question aussi délicate, il vaut mieux laisser le temps au temps.À Québec, on connaît bien le concept du fruit qui doit encore mûrir.Quelqu\u2019un devrait l\u2019expliquer à la ministre du Patrimoine, Mélanie Joly, avant qu\u2019elle ne commette une nouvelle sottise.mdavid@ledevoir.com Chat échaudé\u2026 MICHEL DAVID H É L È N E B U Z Z E T T I Correspondante parlementaire à Ottawa L\u2019 amitié n\u2019a rien à faire dans la Loi sur les conflits d\u2019intérêts, estime la commissaire sortante Mary Dawson.Selon elle, le concept est trop flou et surtout, superflu.Il devrait en être retiré.L\u2019ex-commissaire aux conflits d\u2019intérêts et à l\u2019éthique \u2014 dont le mandat s\u2019est terminé lundi \u2014 comparaissait en comité parlementaire pour discuter de son rapport déposé juste avant Noël sur les vacances du premier ministre sur l\u2019île privée de l\u2019Aga Khan.La Loi interdit aux titulaires de charges publiques de recevoir des cadeaux, mais elle prévoit une exception lorsque le cadeau provient d\u2019un ami.Justin Trudeau avait invoqué cette exception pour justifier son voyage, mais la commissaire Dawson a déclaré que l\u2019Aga Khan n\u2019était pas un ami véritable.Elle a donc conclu que M.Trudeau avait violé quatre dispositions de la Loi.« Je ne pense pas qu\u2019il soit utile d\u2019avoir cette exception dans la Loi, a expliqué Mme Dawson aux députés présents.D\u2019aucune manière le fait d\u2019être ami ne soustrait systématiquement quelqu\u2019un à l\u2019application de l\u2019article 11 de la Loi [celui interdisant les cadeaux pouvant « raisonnablement donner à penser» qu\u2019ils ont été donnés pour influencer].Le vrai test devrait être celui de savoir si le cadeau a été donné dans le but d\u2019influencer.Cette exception pour les amis crée de la confusion.» « Si on n\u2019avait pas cette exception, a-t-elle ajouté, dans la plupart des cas, un cadeau donné par un ami ne serait pas raisonnablement perçu comme étant donné pour influencer.L\u2019ajout de cette exception crée un fardeau qui n\u2019est pas nécessaire.Sans compter que c\u2019est insultant ! Ce n\u2019est pas sympathique pour M.Trudeau d\u2019avoir à dire que l\u2019Aga Khan n\u2019est pas un ami.Il l\u2019aimait ! » M.Trudeau a d\u2019ailleurs publiquement réitéré qu\u2019il considérait l\u2019Aga Khan comme un ami, même si Mme Dawson a déterminé que les deux n\u2019avaient jamais eu de contacts significatifs au cours des 30 dernières années.Le député du NPD Nathan Cullen a indiqué après la rencontre qu\u2019il approuvait totalement cette recommandation de la commissaire sortante.«Cela ressemble à une faille qui permet à des titulaires de charge publique d\u2019obtenir des bénéfices qu\u2019ils n\u2019auraient pas s\u2019ils n\u2019étaient pas élus.» Le conservateur Peter Kent s\u2019est montré plus circonspect, plaidant que «l\u2019argument contraire devrait aussi être entendu» avant de prendre une décision.Mary Dawson a soutenu devant les députés que malgré l\u2019absence de sanction pour les violations commises par M.Trudeau, « la loi a fait ce qu\u2019elle avait à faire » : le blâme public a amené le premier ministre à s\u2019engager à faire valider à l\u2019avenir tous ses projets de vacances par le futur commissaire.Après sa comparution, elle a déclaré aux journalistes que « ce n\u2019est pas nécessaire d\u2019avoir des pénalités parce que la mauvaise publicité [découlant d\u2019une violation] fait assez mal ».Elle a par contre qualifié de « malheureuse » la décision de M.Trudeau d\u2019accepter ce voyage.Quant à savoir si M.Trudeau devrait rembourser les coûts de sécurité encourus à cause de son voyage, Mme Dawson s\u2019y oppose.Même si M.Trudeau était allé dans un autre endroit ne posant pas problème, « ces coûts auraient été subis quand même ».« Il ne devrait pas être prisonnier de cela.Même les politiciens de premier plan doivent être autorisés à prendre des vacances une fois de temps en temps.» Fiducie sans droit de regard La comparution de Mme Dawson a été l\u2019occasion de revenir sur le cas du ministre des Finances Bill Morneau et le fait qu\u2019il n\u2019a pas eu à placer ses actions de l\u2019entreprise familiale dans une fiducie sans droit de regard parce qu\u2019il contrôlait celles-ci de manière « indirecte », par le truchement d\u2019une société.Mme Dawson a déjà recommandé dans le passé que cette distinction soit abolie.Toutefois, elle a indiqué mercredi qu\u2019une nuance devrait être envisagée.Exiger de tout détenteur de charge publique qu\u2019il place ses avoirs dans une fiducie sans droit de regard serait «un peu draconien».« Je pense qu\u2019il devrait y avoir un « test de conflit d\u2019intérêts » pour les personnes d\u2019un certain niveau.» Mme Dawson a par ailleurs exposé les limites de la fiducie.« Si vous possédez 100 % de vos avoirs dans une seule entité et les placez dans une fiducie sans droit de regard, que pen- sez-vous qu\u2019il y a dans la fiducie ?Vous savez ! Alors, on a besoin de mesures additionnelles.» Le Devoir CONFLITS D\u2019INTÉRÊTS Pas de passe-droit pour les amis Tous les cadeaux devraient être évalués selon les mêmes critères, dit Mary Dawson ADRIAN WYLD LA PRESSE CANADIENNE M A R I E - M I C H È L E S I O U I Correspondante parlementaire à Québec Les municipalités du Québec qui le souhaitent pourront interdire la consommation de la marijuana dans les lieux publics, ce qui risque de conduire les locataires vers une quête complexe d\u2019endroits où griller un joint.Les associations de propriétaires québécois ont fait leur nid il y a déjà des mois : elles réclament le droit d\u2019interdire la consommation de cannabis dans les logements, même lorsque la substance sera légalisée.Or voilà que s\u2019élèvent aussi les voix des maires de Saint-Jérôme et de Saint- Jean-sur-Richelieu, qui demandent que la consommation de la marijuana \u2014 sous toutes ses formes \u2014 soit interdite dans l\u2019espace public.« On doit avoir une position franche et précise de Québec et notre recommandation est de n\u2019autoriser aucune consommation du cannabis dans les lieux publics », a déclaré Stéphane Maher au Devoir.«Nous, ce qu\u2019on dit, c\u2019est : vous voulez consommer du cannabis, faites-le chez vous, il n\u2019y a pas de problème.Mais donnons-nous le temps d\u2019avoir une réflexion intellectuelle et, peut-être plus tard, si nous voulons appliquer des assouplissements, nous pourrons le faire.» Le maire de Saint-Jean-sur-Richelieu, Alain Laplante, résume : « La marijuana doit être traitée comme l\u2019alcool et non pas comme le tabac.» Au cabinet de la ministre déléguée à la Santé publique, Lucie Charlebois, on confirme que les villes auront le loisir d\u2019aller de l\u2019avant avec ce type de réglementation si elles le souhaitent.« Il est possible pour les municipalités d\u2019interdire de fumer du cannabis dans d\u2019autres lieux que ceux qui seront prévus dans la loi provinciale.Les municipalités et villes peuvent être plus restrictives [que Québec], mais ne peuvent pas l\u2019être moins», a fait savoir l\u2019attachée de presse Alexandra Régis.Ni dehors ni à la maison?La situation pourrait cependant devenir complexe pour les locataires, qui risquent de se voir interdire le droit de fumer du cannabis à la maison.Tant l\u2019Association des propriétaires du Québec (APQ) que la Corporation des propriétaires immobiliers du Québec (CORPIQ) réclament le droit de modifier les baux afin d\u2019interdire aux locataires de fumer de la marijuana dans leurs logements.Où iront donc fumer les consommateurs de marijuana de Saint-Jérôme ou de Saint- Jean-sur-Richelieu ?« On prend [la question] exactement de la façon inverse», a répondu le directeur des affaires publiques de la CORPIQ, Hans Brouillette.« Laissez-nous le dernier refuge qu\u2019un être humain a : sa demeure», a-t-il dit, en reprochant au maire Maher d\u2019enlever un problème des lieux publics pour le pousser dans les logements.«[Dans un parc], je peux marcher et m\u2019éloigner [de la fumée].Par contre, si j\u2019ai des enfants dans leur chambre et que l\u2019odeur se propage, je ne peux pas les réveiller et les emmener dans le parc », a aussi déclaré le président de l\u2019APQ, Martin A.Messier.Son association a déjà recommandé à ses membres d\u2019envoyer des avis de modification de bail \u2014 en même temps que les renouvellements \u2014 afin de retirer la possibilité, pour les locataires, de fumer du cannabis à la maison.« Il y a un risque de contestations judiciaires, donc on demande au gouvernement de permettre aux propriétaires de faire le choix de permettre ou non la consommation de cannabis dans leurs logements», a résumé M.Messier.Au Québec, Stéphane Maher et Alain La- plante ne sont pas seuls à souhaiter interdire la consommation de cannabis dans les espaces publics.Le Journal de Chambly a rapporté en décembre que cette ville ne permettra pas la consommation de marijuana « dans les espaces publics ni près des lieux fréquentés par des jeunes ».L\u2019Ontario et le Nouveau-Brunswick ont aussi annoncé que la consommation de cannabis sera interdite dans les lieux publics.Une légère ligne de fracture se dessine cependant entre l\u2019approche des maires Maher et Laplante et celle de l\u2019Union des municipalités du Québec (UMQ).Les premiers souhaitent une approche « mur à mur », une directive de Québec qui s\u2019appliquerait à l\u2019ensemble des municipalités.L\u2019UMQ souhaite plutôt que les villes \u2014 dont elle valorise l\u2019autonomie \u2014 choisissent « les règlements qu\u2019elles souhaitent adopter, et qui peuvent être dif férents d\u2019une municipalité à l\u2019autre », a déclaré son président, Alexandre Cusson.Le Devoir MARIJUANA Québec respectera l\u2019autonomie des villes Les municipalités pourront interdire toute consommation de cannabis dans les lieux publics «Le vrai test devrait être celui de savoir si le cadeau a été donné dans le but d\u2019influencer.Cette exception pour les amis crée de la confusion.» Mary Dawson Bien sûr, il y a des islamophobes au Québec, comme partout en Occident, mais il y a aussi un ras-le-bol de la culpabilisation collective Les propriétaires réclament le pouvoir d\u2019interdire la marijuana dans leurs logements «Ce n\u2019est pas nécessaire d\u2019avoir des pénalités parce que la mauvaise publicité fait assez mal» Mary Dawson L E D E V O I R , L E J E U D I 1 1 J A N V I E R 2 0 1 8 A C T U A L I T É S A 4 SAMMY JO HESTE ASSOCIATED PRESS Solliciter l\u2019hippocampe pourrait éviter aux porteurs du gène défectueux de développer la maladie d\u2019Alzheimer.P A U L I N E G R A V E L D ans le Journal of Alzheimer\u2019s Disease, des chercheurs montréalais montrent qu\u2019il est possible de distinguer parmi les personnes porteuses d\u2019un gène qui prédispose à la maladie d\u2019Alzheimer celles qui échapperont à cette pathologie implacable de celles qui la développeront dans les années à venir.Cette méthode de prédiction pourrait ainsi permettre d\u2019intervenir de façon précoce sur celles qui sont les plus à risque d\u2019en souffrir afin de retarder, voire prévenir son apparition.Certaines personnes se sont suicidées après avoir appris qu\u2019elles étaient porteuses du gène de l\u2019ApoE4, une variante du gène ApoE (apoliprotéine E), qui triple le risque de développer la maladie d\u2019Alzheimer, voire le multiplie par douze chez les personnes porteuses de deux copies de l\u2019ApoE4.En collaboration avec des collègues du Centre de recherche en neuropsychologie et cognition de l\u2019Université de Montréal, l\u2019équipe de Véronique Bohbot de l\u2019Institut universitaire en santé mentale Douglas a découvert que parmi des porteurs de ce gène qui étaient en parfaite santé physique et cognitive, une certaine proportion avaient un cer veau par faite- ment normal, alors que les autres présentaient une atrophie de l\u2019hippocampe et du cortex entorhinal adjacent.Mme Bohbot voit là un signe qui permettrait de distinguer les por teurs du gène défectueux qui ne développeront pas la maladie d\u2019Alzheimer, car des études antérieures, au cours desquelles des personnes ayant au départ de légers troubles cognitifs ont été suivies pendant cinq ans, ont montré que les personnes qui avaient développé la maladie d\u2019Alzheimer au terme de l\u2019étude étaient celles qui présentaient justement une atrophie de l\u2019hippocampe et du cortex entorhinal cinq ans plus tôt.«Comme nos patients étaient en meilleure santé que ceux de cette dernière étude, on peut donc imaginer que ceux qui ne présentaient aucune atrophie de l\u2019hippocampe et du cortex ento- rhinal ne l\u2019auront pas développé dans dix ans, mais il faudrait que j\u2019obtienne le financement pour le vérifier et le confirmer», avance la scientifique.Solliciter l\u2019hippocampe Dans leur étude, les chercheurs de Montréal ont également soumis les porteurs du gène ApoE4 qui étaient âgés de 60 à 75 ans mais en par faite santé à des tests visant à estimer la stratégie de navigation qu\u2019ils utilisaient spontanément dans la recherche d\u2019un objet situé dans un environnement virtuel.Ils ont alors remarqué que ceux dont le cerveau était tout à fait normal faisaient appel à la mémoire spatiale pour s\u2019orienter dans l\u2019espace.Ils se servaient des repères visuels présents dans l\u2019environnement pour dresser dans leur tête une carte du trajet qu\u2019ils devaient emprunter pour atteindre l\u2019objet.« Cette stratégie sollicite l\u2019hippocampe et favorise l\u2019augmentation du volume de matière grise en son sein », précise Mme Bohbot.Par contre, les personnes dont l\u2019hippocampe et le cortex entorhinal étaient atrophiés utilisaient une tout autre stratégie de navigation dite de stimulus- réponse qui ne requiert pas la contribution de l\u2019hippocampe, mais qui est pilotée par les noyaux caudés, une autre structure cérébrale qui induit une navigation en pilote a u t o m a t i q u e , «comme lorsque nous empr un- tons toujours le même chemin pour aller de la maison au travail et que nous arrivons à destination en pensant à tout autre chose qu\u2019au trajet».«L\u2019hippocampe et les noyaux caudés se font compétition.Quand l\u2019hippocampe est gros, les noyaux caudés sont petits et inversement », explique Mme Bohbot, qui a également découvert en 2012 qu\u2019au cours de la vie et avec l\u2019expérience, les gens utilisent de plus en plus les noyaux caudés au détriment de l\u2019hippocampe.Risque Alors que 85 % des enfants de 8 ans utilisent principalement leur hippocampe, seulement 35 % des personnes de 60 à 75 ans en bonne santé font appel à cette structure du cerveau.«En vieillissant, on utilise de moins en moins l\u2019hippocampe parce qu\u2019on a peur de se tromper, de se perdre, de s\u2019aventurer, on se fie de plus en plus à nos habitudes [qui activent les noyaux caudés].Mais ainsi, on ne stimule pas l\u2019hippocampe», qui alors rétrécit, explique la chercheuse, qui a observé que les personnes chez lesquelles on avait diagnostiqué la maladie d\u2019Alzheimer avaient de plus gros noyaux caudés que les personnes saines.Si, comme elle le prévoit, les porteurs sains du gène ApoE4 dont l\u2019hippocampe et le cortex entorhinal sont atrophiés courent un très grand risque de développer la maladie d\u2019Alzheimer, «on pourrait intervenir de façon préventive en les encourageant à utiliser davantage leur mémoire spatiale», laquelle sollicite et stimule l\u2019hippocampe.Quatre stratégies Mme Bohbot propose quatre stratégies pour préserver nos hippocampes : « Utiliser des points de repère et leur relation, ce qui nous permet de nous figurer une carte mentale vue de haut, et minimiser l\u2019usage du GPS; réduire le stress, notamment en pratiquant la pleine conscience, parce que le stress promeut le recours aux noyaux caudés ; faire trois heures d\u2019exercices aérobiques par semaine ou 30 minutes de marche active par jour ; et adopter la diète méditerranéenne, dont des oméga-3 (huile de lin, chia, huile de canola et graines de chanvre et poissons gras, comme le saumon).» Le Devoir SANTÉ Certains porteurs du gène défectueux ne développeront pas la maladie d\u2019Alzheimer Police autochtone : Goodale met fin à l\u2019incertitude Ottawa \u2014 Le gouvernement fédéral versera 291 millions sur cinq ans aux corps de police autochtones et inuits qui craignaient de ne plus pouvoir assurer un service.Le ministre de la Sécurité publique, Ralph Goo- dale, a annoncé mercredi une bonification dans le budget fédéral pour permettre à une vingtaine de corps policiers autochtones du Québec de poursuivre leurs activités après le 31 mars 2018.Ceux-ci dépendent du Programme des services de police des Premières Nations (PSPPN), subventionné par le gouvernement du Québec et le gouvernement fédéral, qui arrivera alors à échéance.Après avoir obtenu des signaux favorables du gouvernement québécois, l\u2019Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador (APNQL) avait lancé un cri du cœur en décembre pour inciter le gouvernement fédéral à bouger.La Presse canadienne I S A B E L L E P O R T E R à Québec A près être intervenus dans la métropole, des organismes musulmans se mobilisent, cette fin de semaine, pour venir en aide aux itinérants de Québec qui ont fait face à un hiver particulièrement rude jusqu\u2019à présent.«Vous et moi, on se plaint de l\u2019hiver, mais on se plaint un peu le ventre plein parce qu\u2019on a un toit sur la tête», a résumé en entrevue l\u2019imam Hassan Guillet.L\u2019an dernier, M.Guillet avait livré un sermon remarqué lors de la cérémonie en l\u2019honneur des victimes de la fusillade.« Nous allons bientôt commémorer la fusillade à la grande mosquée et, comme citoyens québécois de confession musulmane, on a été très touchés de la solidarité que la société québécoise a manifestée lors de ces événements tragiques, et c\u2019est la moindre des choses de retourner la gentillesse.» M.Guillet doit prononcer vendredi un prêche spécial au Centre culturel islamique de Québec afin d\u2019enjoindre aux musulmans de Québec de faire des dons.Les fonds ainsi amassés seront ensuite versés au refuge Lauberivière, de Québec.Comme à Montréal L\u2019activité est coordonnée par l\u2019organisme Islamic Relief Canada, qui a organisé une activité du même genre dans la métropole la fin de semaine dernière en réaction à la vague de froid.On avait alors distribué des « trousses d\u2019hiver », des manteaux et des repas chauds aux itinérants en collaboration avec la Mission Old Brewery.L\u2019imam Guillet dit jouer le rôle d\u2019« ambassadeur » pour cet organisme.Lorsqu\u2019on lui fait remarquer que la température s\u2019annonce beaucoup plus clémente au cours des prochains jours, l\u2019imam répond que le projet avait démarré en pleine vague de froid et qu\u2019ils « annoncent une tempête samedi ».Il ajoute que les manteaux qui seront donnés serviront bien un jour, si ce n\u2019est pas en fin de semaine.Quant à savoir s\u2019il s\u2019agit d\u2019une manière pour les organismes musulmans d\u2019améliorer leur image et d\u2019apaiser certaines tensions, l\u2019imam rétorque que « ce n\u2019est pas l\u2019objectif », mais que « si ça aide des gens à mieux comprendre, tant mieux ».Chez Lauber iv iè r e , on confirme que des représentants d\u2019Islamic Relief Canada « ont appelé pour donner un coup de main ».Selon le directeur Éric Bou- lay, l\u2019aide offerte se compare à celle d\u2019autres fondations et entreprises qui soutiennent l\u2019organisme et viennent sur place donner du temps.« Les bénévoles doivent apporter des vêtements chauds et vont servir le repas du dimanche.D\u2019autres donneront des mitaines et des tuques à l\u2019entrée.» Ce n\u2019est pas la première fois, dit-il, que des organisations musulmanes font des dons à Lauberivière, mais l\u2019ampleur de l\u2019aide est plus grande cette fois-ci, a-t-il signalé.Le Devoir Le Centre culturel islamique de Québec se mobilise contre l\u2019itinérance A M É L I P I N E D A L es chercheurs en sciences sociales de l\u2019Université Laval af firment être devenus la cible de propos haineux et violents lorsqu\u2019ils font des interventions publiques.Dans une lettre ouverte publiée jeudi sur les plateformes numériques du Devoir, 103 professeurs de la Faculté de sciences sociales de l\u2019établissement d\u2019enseignement supérieur lancent un appel à la dénonciation de la haine.« Depuis quelques années [\u2026], certains chroniqueurs et leurs lecteurs et auditeurs s\u2019évertuent à émettre des propos haineux et des violences verbales peu subtiles aux chercheur.es universitaires qui, en prenant la parole dans l\u2019espace public québécois, assument leur responsabilité sociale en éclairant scientifiquement des enjeux sociaux sensibles tels que la misogynie et l\u2019homophobie, et des tensions liées à l\u2019immigration et à la religion, ou encore le racisme, l\u2019islamophobie et autres formes de radicalisations violentes ou menant à la violence», écrit le regroupement.Leur sor tie publique a été motivée par un incident visant une chercheuse en décembre dernier après une conférence donnée dans le cadre d\u2019un colloque sur le vivre-ensemble organisé par la Faculté de sciences sociales de l\u2019Université Laval.Dans les jours suivants, des propos haineux visant la chercheuse ont circulé.« Ce n\u2019est pas un incident isolé.Beaucoup de collègues qui se prononcent sur des sujets délicats comme l\u2019homo- phobie ou l\u2019islamophobie s\u2019attirent des propos haineux et violents », explique Abdelwa- hed Mekki-Berrada, signataire de la lettre et professeur titulaire au Dépar tement d\u2019anthropologie.Le groupe de professeurs af f irme avoir interpellé le gouvernement du Québec, le Consei l de recherche en sciences humaines du Canada ainsi que le Conseil de presse du Québec.« Notre but n\u2019est pas de montrer du doigt un individu, un média ou un journaliste en par ticulier, parce que nous pensons que nous sommes devant un problème de fond.On assiste souvent à une banalisation de la haine et, dans ce contexte, nous nous demandons s\u2019il est possible que le vi- vre-ensemble sur vive », souligne M.Mekki-Berrada.Les professeurs appellent le Conseil de presse du Québec à multiplier ses messages préventifs concernant la dif fusion de propos haineux ou menaçants dans les médias.Ils demandent aux ministres de condamner les menaces qui visent les chercheurs.Ils demandent aux instituts de recherche d\u2019être vigilants et de soutenir les chercheurs lorsqu\u2019ils sont exposés à ces types de discours.Le Devoir UNIVERSITÉ LAVAL Les chercheurs en sciences sociales dénoncent une vague de propos haineux Deux individus arrêtés pour vol de souffleuses à neige Québec \u2014 Deux hommes ont été arrêtés dans la nuit de mardi à mercredi à Québec pour vol et recel de plusieurs souffleuses à neige.Vers 00h40, le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) a répondu à un appel d\u2019un citoyen concernant des vols de souffleuses qui se trouvaient dans un entrepôt de la rue Galvani, dans le secteur de Sainte- Foy.Les suspects ont été suivis par le plaignant, qui avait appelé la police au préalable.Les policiers ont procédé à l\u2019arrestation des deux suspects âgés de 24 ans, qui doivent faire face à des accusations de vol et de recel de plus de 5000$.Au moment de l\u2019arrestation, l\u2019un des deux individus se trouvait en possession de stupéfiants.La Presse canadienne AbTronic mis à l\u2019amende pour ses fausses « vertus » Les slogans vantant de fausses «vertus» viennent de coûter 350 000$ et l\u2019interdiction de promouvoir ses appareils «Ab- Tronic» à l\u2019entreprise Thane Canada.Le Tribunal de la concurrence a conclu une entente de consentement avec l\u2019entreprise réprimandée pour avoir contrevenu à l\u2019article 74 de la Loi sur la concurrence du Canada.L\u2019entreprise a été mise à l\u2019amende pour avoir prétendu que ses stimulateurs musculaires entraînent «des pertes de poids et une amélioration de la silhouette, sans diète ni exercices», peut-on lire dans la décision.D\u2019après le tribunal, les prétentions fausses ou trompeuses étaient parfois accompagnées d\u2019avis de non-responsabilité contredisant les mérites des appareils, mais dont la portée était insuffisante pour renverser l\u2019impression générale du public.La Presse canadienne Vol à Paris pour «plus de 4 millions d\u2019euros» de bijoux Paris \u2014 Cinq hommes ont réalisé mercredi un spectaculaire braquage en volant pour «plus de quatre millions d\u2019euros» de bijoux dans le célèbre palace parisien du Ritz, avant que trois d\u2019entre eux ne soient interpellés.Vers 18 h30, le groupe a pénétré dans l\u2019hôtel, situé sur la très chic place Vendôme, en plein cœur de Paris.Ils se sont emparés des bijoux exposés derrière des vitrines avant de prendre la fuite.Selon une source policière, leur butin était de «plus de quatre millions d\u2019euros».Trois des braqueurs présumés ont été interpellés, mais deux malfaiteurs restent en fuite.Le parquet de Paris a ouvert une enquête de flagrance pour vol commis avec arme et en bande organisée, selon une source judiciaire.Agence France-Presse Vous et moi, on se plaint de l\u2019hiver, mais on se plaint un peu le ventre plein L\u2019imam Hassan Guillet « » Cette méthode de prédiction pourrait permettre d\u2019intervenir de façon précoce sur les personnes les plus à risque M A R C O F O R T I E R L\u2019 avion avait une « trajectoire sinueuse » lors de l\u2019approche vers la piste d\u2019atterrissage.Il volait trop haut, trop vite, et finalement trop lentement.En moins de dix secondes, tout a basculé : l\u2019appareil a plongé vers la droite et s\u2019est écrasé dans un champ, entraînant dans la mort sept personnes, dont l\u2019analyste politique Jean Lapierre et quatre membres de sa famille.Une série de manœuvres du pilote a mené à cette tragédie survenue le 29 mars 2016 aux îles de la Madeleine, conclut le Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST).Le pilote a pris des risques et a tenté de faire atterrir l\u2019appareil malgré une approche « non stabilisée », indique le BST dans son rapport publié mercredi.Ce type de dif ficulté à l\u2019approche est relativement commun, déplore la présidente du BST, Kathy Fox.Elle estime que les pilotes doivent abandonner l\u2019approche et faire reprendre de l\u2019altitude à leur appareil dès que les conditions d\u2019un atterrissage réussi ne sont pas réunies.« Nous avons vu un trop grand nombre de ces approches non stabilisées mener à des accidents tragiques », a dit la présidente du BST, mercredi à Montréal.Décisions funestes Le rapport ne mentionne aucune « erreur » de pilotage, mais ce sont néanmoins les décisions du pilote qui ont mené à l\u2019accident, selon le BST.Le pilote, Pascal Gosselin, et un instructeur de vol assis à ses côtés, Fabrice Labourel, ont aussi péri dans l\u2019accident.M.Labourel était venu donner un coup de main au pilote et apprendre comment manœu- vrer l\u2019appareil \u2014 un bimoteur turbopropulsé Mitsubishi MU- 2B \u2014 pour lequel il n\u2019était pas qualifié.Pascal Gosselin comptait 2500 heures de vol, dont 125 heures à bord d\u2019un avion MU-2B \u2014 et 100 heures sous la supervision d\u2019un commandant de bord.Il n\u2019avait piloté un MU-2B que 4 heures dans le dernier mois, et 20 heures dans les 90 derniers jours.«Il est peu probable que le pilote ait suf fisamment mis en pratique ses compétences et procédures de vol pour assurer sa compétence à titre de commandant de bord d\u2019un MU-2B en exploitation mono- pilote dans les conditions du vol à l\u2019étude », indique le rapport du BST.Le pilote et son passager-pi- lote ont eu des «conversations non essentielles durant les étapes critiques du vol », ce qui a entraîné un « risque ac- cr u de distraction ».Pascal Gosselin informait constamment son passager des procédures de vol à un moment où il avait déjà une charge de travail élevée, note le BST.Lors de l\u2019approche, le pilote a pris une série de décisions qui ont mené à l\u2019écrasement de l\u2019avion.Il a d\u2019abord modifié son plan d\u2019approche pour retarder l\u2019amorce de la descente.L\u2019avion s\u2019est retrouvé trop haut et volait trop vite par rapport au plan de descente.« Le pilote a eu moins de temps à sa disposition pour terminer ses listes de vérification tout en surveillant la vitesse, l\u2019altitude et le taux de descente, ce qui a ainsi augmenté sa charge de travail », note le BST.L\u2019appareil a eu une « trajectoire sinueuse », puis a ralenti au point d\u2019approcher la vitesse de décrochage.Le pilote a alors mis les gaz à pleine puissance, « à faible vitesse et à basse altitude, ce qui a déséquilibré l\u2019appareil et provoqué un abr upt roulement à droite et la chute rapide de l\u2019avion ».« Le pilote n\u2019était probablement pas préparé pour ce déséquilibre causé par une application de puissance.Bien qu\u2019il ait réussi à remettre les ailes à l\u2019horizontale, l\u2019aéronef volait trop bas pour qu\u2019il puisse effectuer un rétablissement avant de percuter le relief », poursuit le rapport.Un défi pour les pilotes « Le MU-2B est un appareil de haute per formance, qui présente des défis à piloter, spécialement à basse vitesse et en particulier lors d\u2019applications soudaines de la puissance moteur », a dit Natacha Van Themsche, du BST.Ce modèle d\u2019avion a été impliqué dans quatorze accidents, dont dix mortels, entre les années 2002 et 2005 aux États- Unis, note le BST.L\u2019Administration fédérale de l\u2019aviation américaine a décrété une formation obligatoire pour les pilotes du MU-2B \u2014 formation que Pascal Gosselin avait suivie.Depuis, trois autres accidents de MU-2B sont sur venus en Amérique du Nord, dont celui ayant coûté la vie à Jean Lapier re et à quatre membres de sa famille.Le chroniqueur vedette et ex-ministre fédéral se rendait aux îles de la Madeleine pour assister aux funérailles de son père.Sa femme, Nicole Beau- lieu, ainsi que ses frères Marc et Louis et sa sœur Martine ont péri dans l\u2019accident.Boîte noire Le BST souligne qu\u2019un enregistreur de vol artisanal, installé par le pilote même s\u2019il n\u2019y était pas obligé, a grandement aidé à l\u2019enquête.Pascal Gosselin avait modifié un téléphone intelligent pour enregistrer les conversations de bord et les données de navigation.Le coroner Martin Clavet, qui a aussi enquêté sur cet accident, recommande de son côté l\u2019installation d\u2019un « système de détection d\u2019angle d\u2019attaque » pour aider les pilotes lors de «vols à basse vitesse ou de décrochage imminent, afin d\u2019éviter la perte de contrôle de l\u2019avion ».« Ces décès accidentels étaient évitables», conclut le coroner.Le Devoir L E D E V O I R , L E J E U D I 1 1 J A N V I E R 2 0 1 8 A C T U A L I T É S A 5 Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 JACQUES NADEAU LE DEVOIR Natacha Van Themsche, du Bureau de la sécurité des transports du Canada, a expliqué mercredi que l\u2019appareil Mitsubishi MU-2B pose des défis aux pilotes.ÉCRASEMENT D\u2019AVION AUX ÎLES DE LA MADELEINE Le pilote a pris trop de risques et de mauvaises décisions L\u2019accident a coûté la vie à l\u2019ex-ministre Jean Lapierre et à six autres personnes DAVID NOËL LA PRESSE CANADIENNE Une série de manœuvres du pilote a mené à cette tragédie survenue le 29 mars 2016 aux îles de la Madeleine, conclut le Bureau de la sécurité des transports du Canada.S T É P H A N I E M A R I N à Sherbrooke «S oyez assurés que personne n\u2019a cessé de penser aux gens de Mégantic », a déclaré le juge Gaétan Dumas après avoir lu ses directives au jury mercredi, au procès criminel sur le déraillement de train à Lac-Mégantic, lors duquel 47 personnes ont perdu la vie.Il a tenu à adresser ces mots aux victimes de la tragédie.Le juge Dumas a donné mercredi durant toute la journée ses instructions aux jurés, les avertissant qu\u2019ils doivent rendre des verdicts sans sympathie ni préjugé envers les accusés, et sans tenir compte de l\u2019opinion publique.Le jury est désormais confiné pour toute la durée de ses délibérations secrètes.Cette ultime étape du procès doit débuter jeudi matin au palais de justice de Sherbrooke.Les jurés devront se prononcer sur la culpabilité des trois accusés, le chef de train Thomas Harding, le contrôleur ferroviaire Richard Labrie et le directeur des opérations de la Montreal, Maine & Atlantique (MMA) au Québec, Jean Demaître.Ils ont tous trois plaidé non coupables aux accusations de négligence criminelle causant la mort de 47 personnes.Les verdicts possibles sont les suivants : les trois hommes peuvent être reconnus coupables ou non coupables de négligence criminelle causant la mort.Dans le cas de Thomas Harding, deux autres verdicts peuvent être prononcés : conduite dangereuse d\u2019un équipement ferroviaire causant la mort et conduite dangereuse d\u2019un équipement ferroviaire.Il s\u2019agit d\u2019infractions incluses dans celle de négligence criminelle.Le 6 juillet, au petit matin, un convoi de 72 wagons de pétrole brut s\u2019était mis en mouvement sans intervention humaine et avait dévalé la pente menant à Lac-Mégantic, explosant et rasant une par tie du centre-ville de cette petite municipalité de l\u2019Estrie.Le juge Dumas, de la Cour supérieure, a offert mercredi ses directives \u2014 très détaillées et simultanément en français et en anglais.Il a rappelé au jury qu\u2019il doit rendre ses trois verdicts en se basant uniquement sur la preuve présentée dans la salle d\u2019audience.« Vous devez examiner la preuve et rendre votre décision sans préjugé, crainte ou sympathie.Vous ne devez pas tenir compte de l\u2019opinion publique », a souligné le magistrat, dans cette af faire qui a fait les manchettes et qui a été suivie partout au pays.Les verdicts doivent aussi être unanimes, a-t-il expliqué.Le juge Dumas a aussi insisté sur une chose qu\u2019il juge importante : il ne s\u2019agit pas du procès de l\u2019entreprise ferroviaire MMA, qui exploitait le train, ni de celui de ses dirigeants.Il s\u2019agit du procès des trois hommes accusés d\u2019avoir été négligents de façon individuelle et indépendante entre le 4 et le 6 juillet 2013, a souligné le magistrat.La MMA subira son procès criminel ultérieurement dans cette affaire.Le juge a aussi détaillé certains principes du droit criminel : les accusés sont présumés innocents et c\u2019est la Couronne qui a le fardeau de la preuve et qui doit démontrer leur culpabilité hors de tout doute raisonnable.Les trois accusés n\u2019ont pas à démontrer qu\u2019ils sont innocents, a poursuivi le juge Dumas.En fait, ils n\u2019ont rien à prouver.De son côté, la Couronne n\u2019a pas à démontrer que les trois hommes avaient l\u2019intention de tuer les 47 victimes.Comme il s\u2019agit d\u2019accusations de négligence criminelle, elle n\u2019a qu\u2019à prouver que leur comportement \u2014 leurs actes ou leurs omissions \u2014 constituait un écar t marqué et im- por tant par rappor t à celui d\u2019une personne raisonnable occupant le même poste et se trouvant dans les mêmes circonstances.Bref, pour être reconnus coupables, les accusés doivent avoir omis de faire quelque chose qu\u2019ils avaient le devoir d\u2019accomplir \u2014 et par cela, avoir montré une insouciance déréglée ou téméraire à l\u2019égard de la vie d\u2019autrui, comme les habitants de Lac-Mégantic.Il faut aussi que leur comportement ait causé la mort des 47 personnes, a expliqué le juge Dumas.Pas besoin que leurs actions ou omissions soient la seule cause des décès, a dit le juge.Mais cela « doit au moins être un facteur contributif ».Alors qu\u2019ils étaient quatorze jurés tout au long du procès, seulement douze rendront un verdict.Deux personnes ont été pigées au hasard mercredi soir et sont rentrées chez elles.La Presse canadienne TRAGÉDIE DE LAC-MÉGANTIC Il ne s\u2019agit pas du procès de la MMA, rappelle le juge Dumas Le jury est désormais confiné pour toute la durée de ses délibérations secrètes Harcèlement : Concordia annonce des mesures Aux prises avec une vague d\u2019allégations d\u2019inconduite sexuelle au sein de son département d\u2019études anglaises, l\u2019Université Concordia a annoncé mercredi trois mesures concrètes, dont un examen du climat actuel dans tous les secteurs de l\u2019établissement montréalais.Le recteur de l\u2019université, Alan Shepard, a par ailleurs indiqué que l\u2019établissement avait lancé une enquête sur les allégations de Mike Spry, un ancien étudiant en littérature et blogueur, qui a publié un texte où il fait état de divers comportements précis, assimilables à des agressions sexuelles et à du harcèlement sexuel, dont il a été témoin.La direction rencontrera cette semaine des étudiants, des professeurs et des membres du personnel.L\u2019Université se dit prête à imposer s\u2019il y a lieu des mesures disciplinaires, pouvant aller jusqu\u2019au congédiement.La Presse canadienne l y a un an, la Cour fédérale déclarait raisonnable la décision d\u2019Ottawa d\u2019accorder à General Dynamics les permis nécessaires à la vente de véhicules blindés légers à l\u2019Arabie saoudite.Un «élément de preuve signi- ?catif » était l\u2019absence d\u2019incidents où Riyad aurait utilisé les armes canadiennes contre sa population.Un argument qui ne tient plus la route depuis l\u2019été dernier.Le gouvernement refuse pourtant de bouger.Il ne s\u2019en est jamais expliqué, mais il devra le faire, nulle part ailleurs qu\u2019à la Cour fédérale.Débouté en janvier, le professeur de droit Daniel Turp s\u2019est à nouveau tourné vers elle après que le Globe and Mail a révélé, en juillet, que l\u2019Arabie saoudite utilisait des véhicules militaires de fabrication canadienne pour réprimer la minorité chiite.Au gouvernement qui voulait tuer l\u2019af faire dans l\u2019œuf, l\u2019estimant redondante, le juge Luc Martineau, de la Cour fédérale, a répondu mardi que les faits avaient changé, qu\u2019une nouvelle question méritait d\u2019être entendue sur le fond.Ce n\u2019est plus l\u2019attribution des permis qui est en cause, mais le fait que ces mêmes permis n\u2019aient pas été annulés ou suspendus par la ministre à la lumière des nouveaux faits.La décision du juge Martineau est plus que bienvenue.Le gouvernement sera ?nalement obligé de fournir les documents et preuves nécessaires pour juger de la justesse ou non de ses décisions, lui qui s\u2019esquive aux Communes, là où il devrait rendre des comptes.La transparence promise dans ce dossier n\u2019est pas au rendez-vous et on ne sait toujours rien de l\u2019enquête annoncée dans la foulée des révélations du Globe par la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland.A-t-elle eu lieu ?Quelles en sont les conclusions?Ces dernières expliquent-elles l\u2019inaction actuelle face à un pays, faut-il le rappeler, af fichant un des pires bilans en matière de respect des droits de la personne ?Mme Freeland s\u2019était engagée à agir si les faits dévoilés par le Globe se révélaient exacts.Or, au début du mois d\u2019août, l\u2019ambassade saoudienne au Canada af firmait au Globe que Riyad avait le droit « d\u2019utiliser son matériel militaire pour combattre des groupes terroristes d\u2019Awamiyah afin de protéger les civils ».Le village d\u2019Awamiyah est le centre nerveux de la dissidence chiite et, au cours de la dernière année, il a été assiégé et dévasté sous des tirs à l\u2019arme lourde.Les licences d\u2019exportation doivent être révoquées.Si le gouvernement pense le contraire, qu\u2019il s\u2019explique sans attendre, car il est profondément regrettable qu\u2019un citoyen se tourne vers les tribunaux pour obtenir des réponses auxquelles la population a droit.Le premier budget de l\u2019administration Plante ne tient pas ses promesses.Les dépenses augmenteront plus vite que l\u2019inflation en 2018.vec un peu de pouvoir de persuasion, on peut faire dire ce que l\u2019on veut aux chiffres.Ainsi, la mairesse de Montréal, Valérie Plante, juge qu\u2019elle a respecté sa promesse de ne pas hausser les taxes au-delà de l\u2019in?ation, en dépit d\u2019une augmentation moyenne de 3,3 % pour les immeubles du secteur résidentiel et de 3% dans le secteur non résidentiel.La cible anticipée d\u2019in?ation pour 2018 est de 2,1 %.Explication ?La hausse de la taxe générale est limitée à 1,9%, ce qui est inférieur à l\u2019in?ation, se targue l\u2019administration Plante.En additionnant les hausses de la taxe d\u2019eau (1,1%) et de la taxe locale dans les arrondissements (0,3% en moyenne), le portrait se précise.Les partisans de Projet Montréal jugeront sans doute que Mme Plante et le président du comité exécutif, Benoit Dorais, ont respecté leur promesse.Les citoyens montréalais, qui verront leur fardeau ?scal global augmenter, ne seront peut-être pas du même avis, surtout dans les arrondissements les plus touchés par les hausses: Rosemont\u2013La Petite-Patrie (5,6 %), Villeray\u2013Saint-Michel\u2013 Parc-Extension (5,4 %) et Outremont (4,5 %).Trêve d\u2019arguties.Dans son programme, Projet Montréal avait pris des engagements explicites de « réaliser son programme sans hausser les taxes au-delà de l\u2019inflation», l\u2019expression «taxe» étant utilisée dans son sens large.Ce budget en est un de transition, avec toutes les zones d\u2019incertitude que cela comporte.Le budget de 5,47 milliards de dollars est en hausse de 5,2% par rapport à 2017, un bond substantiel.En excluant des dépenses liées à des ententes particulières avec Québec, notamment en ce qui a trait aux régimes de retraite, la hausse du budget serait de 2,7%, a expliqué M.Dorais.En banalisant la hausse des taxes (l\u2019équivalent d\u2019un café par jour, a-t-il dit), M.Dorais a surtout fait preuve d\u2019un manque de sensibilité à l\u2019égard des propriétaires locatifs qui perdent au change.Comment arriveront-ils à éponger la hausse des taxes, et à entretenir leurs immeubles, en sachant que le Québec exerce un contrôle strict sur le coût du loyer?Quoi qu\u2019il en soit, ce premier budget est annonciateur d\u2019une vision expansionniste des af faires municipales.Mme Plante et M.Dorais ont tour à tour insisté mercredi sur le désir des Mont- réalais d\u2019obtenir des services de qualité.Il leur faudra bien dénoncer la dépendance de la Ville de Montréal à l\u2019égard des taxes foncières (68% des revenus) et revendiquer à Québec de nouvelles sources pérennes de revenus.L\u2019administration Plante sera-t-elle en mesure de contrôler les dépenses à long terme?La bureaucratie montréalaise, pour l\u2019instant contrôlée, nécessite une constante surveillance.La masse salariale globale est de 2,33 milliards en 2018, en hausse de 1,36% (ce qui est en deçà de la cible d\u2019in?ation).Le poids de la rémunération globale sur le budget passe par ailleurs de 44 à 43%.En 2018, les dépenses en sécurité publique (police, incendies et sécurité civile) grimperont à un milliard, soit 18,7 % du budget.Après le service de la dette et le transport en commun, la police est la troisième principale source de dépenses (647 millions).C\u2019est toujours un paradoxe, puisque la criminalité connaît une tendance historique à la baisse.En raison d\u2019un contexte économique favorable, Montréal préserve sa marge de manœuvre, et c\u2019est le plus important.À 7,3%, le taux de chômage est à son plus bas en 30 ans.L\u2019économie montréalaise va bien, le revenu disponible par habitant est en progression.Le moment est propice pour augmenter les dépenses, d\u2019autant plus que les Montréalais ont donné les coudées franches à Mme Plante le 5 novembre.L E D E V O I R , L E J E U D I 1 1 J A N V I E R 2 0 1 8 A 6 EDITORIAL L E T T R E S Hashtag mirages Elle n\u2019avait pas fini de livrer son discours senti et flamboyant que déjà le hash- tag #Oprah2020 se propageait comme une traînée de poudre.Il n\u2019était pourtant nullement question de présidence des États- Unis.Pas grave.Le mouvement #MeToo?Been there, done that, comme dirait l\u2019autre.Parce qu\u2019on est en 2018.Parce qu\u2019on avance.Parce que ce monde est tellement plus digeste quand on le rêve\u2026 Ce n\u2019était pourtant pas rien, ce discours d\u2019Oprah Winfrey \u2014 dimanche soir aux Golden Globes \u2014 sur la presse malmenée en ces temps de corruption et de malversations, sur la place des prolétaires comme Rosa Parks, qui ont lutté pour la justice à l\u2019heure où les hommes s\u2019en tiraient presque toujours indemnes, sur la voix des femmes de toutes les sphères de la société qui ont décidé de se faire entendre et dont « the time is up ».Mais tous ces mots semblaient déjà passés comme un feu d\u2019artifice au moment où la multimilliardaire a terminé son discours avec cette phrase punch et scintillante, qui pourrait bien devenir le thème de son éventuelle campagne présidentielle : « A new day is on the horizon ! » Cela m\u2019a fait penser à quel point nous carburons comme jamais à l\u2019image et aux mots-clics.À quel point une seule petite phrase échappée peut être montée en épingle et devenir le scandale du jour.À quel point une carrière ou une réputation L I B R E O P I N I O N I S A B E L L E B O I S C L A I R Professeure de littérature et d\u2019études culturelles à l\u2019Université de Sherbrooke La vague de #MeToo, dit-on, a changé la donne.On l\u2019espère fortement, malgré les ressacs inévitables que toute vague engendre.Cela dit, on espère aussi \u2014 et surtout \u2014 qu\u2019elle permettra aux femmes de se sentir enfin légitimes de revendiquer ce à quoi elles ont droit.Non pas seulement, donc, de crier haut et fort et de dénoncer les cas de harcèlement et d\u2019agression sexuelle, ce qu\u2019il faut bien sûr continuer de faire, mais également de revendiquer un espace exempt de domination masculine, partout, en tout temps.Et ça, ça implique que chacune se donne le pouvoir de soulever tout commentaire sexiste, même ceux qui n\u2019ont pas trait à notre personne, mais qui concernent l\u2019organisation d\u2019un projet, d\u2019une politique, d\u2019une programmation\u2026 Ça veut dire montrer du doigt, pour que tout le monde voie, telle injustice, ou encore prévenir telle conséquence que telle action aura sur les femmes.Ça veut dire de ne pas avoir peur d\u2019indiquer à un collègue que son cours est organisé autour des réalités masculines, historiquement dominantes ; de lui rappeler que la domination historique n\u2019est pas inévitable : l\u2019histoire est sans cesse soumise à la réécriture.En d\u2019autres mots : ça implique de dire à voix haute ce qui, jusqu\u2019à maintenant, se disait tout bas, entre femmes seulement.Il n\u2019enseigne que le cinéma, la littérature, la dramaturgie ou la peinture des hommes; il m\u2019a coupé la parole et a fait comme si je n\u2019avais rien dit ; il a rejeté du revers de la main la proposition de conférencière que je lui ai soumise.Sujets légitimes Les femmes sont des sujets légitimes.Elles ont le droit de parler et de dire ce qui ne fait pas leur affaire : qu\u2019il n\u2019y a que des hommes à la direction de l\u2019entreprise, que le C.A.est composé d\u2019une majorité d\u2019hommes, que tel colloque n\u2019accorde pas suffisamment de place aux femmes, que le travail accompli par cette femme est complètement passé sous silence.Il est vrai que, lorsque les femmes sont minoritaires dans un milieu, il est plus facile de ne pas les écouter, de faire comme si on ne les avait pas entendues, de les faire taire\u2026 Mais désormais, même les femmes en minorité, travaillant dans des milieux masculins, devraient savoir qu\u2019elles sont appuyées par des milliers d\u2019autres femmes \u2014 qui dénoncent, qui rappellent, qui insistent, qui revendiquent.Elles sont de plus en plus nombreuses celles qui, au cours des cinquante dernières années, ont été sensibilisées aux injustices qui leur sont faites.Et ils sont de plus en plus nombreux, heureusement, à être sensibilisés aussi ; en tout cas, aucun ne peut nier, au- jourd\u2019hui, avoir entendu les femmes crier \u2014 même sur les réseaux sociaux \u2014 durant la dernière décennie.La domination masculine s\u2019exerce à travers le harcèlement et les agressions sexuelles, mais pas seulement là.Elle structure aussi nos environnements.Et cette nouvelle force des femmes, acquise à travers #MeToo, devrait pouvoir autoriser chacune de nous à réclamer ce à quoi nous avons droit : des espaces exempts de sexisme, et ce, pour toutes les femmes, pas seulement les actrices, et pas seulement les plus célèbres, celles qui ont une voix publique.Les femmes ont tout autant que les hommes le droit de circuler librement, de travailler, de parler, de penser, et d\u2019agir dans ces environnements, qui leur appartiennent autant qu\u2019aux hommes.On souhaite que chacune, dans son milieu de travail, amical ou familial, se sente appuyée pour lever le doigt et attirer l\u2019attention sur telle configuration sexiste.Car désormais, nous savons que nous ne sommes pas seules.Les suites de #MeToo FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente du développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-président des ventes publicitaires MARK DROUIN Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Directeur de l\u2019information numérique FLORENT DAUDENS Adjoints PAUL CAUCHON, VALÉRIE DUHAIME, LOUIS GAGNÉ, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur de la production CHRISTIAN GOULET peut être anéantie dès lors qu\u2019une icône \u2014 âgée et potentiellement sénile, pourrait-on croire \u2014 laisse tomber une phrase malheureuse qui est ensuite citée hors contexte.Nous vivons à l\u2019heure du clip, de la réaction à chaud, de la question qui tue, de l\u2019égoportrait érigé en roi, de la bien-pensance déguisée en vertu.Et si c\u2019étaient les mirages \u2014 bien plus que la guerre ou les problèmes d\u2019environnement \u2014 qui finissaient par nous tuer ?Robert Campeau Montréal, le 9 janvier 2018 la propriété privée en condo.Or les coûts y ont explosé, engloutissant la quasi-totalité des revenus autonomes de la station.Il aurait sans doute été plus sage de créer une propriété collective sous forme de coop où CIBL aurait été l\u2019un des membres-locataires.D\u2019autres raisons profondes sont aussi der- r ière cette crise touchant la nature même de la station.Il est évident que l\u2019arrivée du numérique, dont maintenant les « iTunes ou Spotify », chambarde complètement l\u2019écoute de la musique.Or la spécificité de CIBL, c\u2019est qu\u2019elle comprenait plusieurs radios en une seule.Ainsi, un soir de semaine on pouvait y suivre des producteurs amants du jazz, le soir suivant se délecter des musiques du monde d\u2019un Yves Bernard, etc.CIBL incarnait toutes ces radios rêvées et réalisées par des centaines de producteurs bénévoles.On y a fait place nette d\u2019un seul geste alors qu\u2019au contraire, on aurait dû s\u2019emparer d\u2019Internet pour ainsi y démultiplier la por tée de la station.Que faire maintenant ?Eh bien, d\u2019abord renouer avec la mission même de la station en rouvrant la porte à l\u2019apport des producteurs.Mieux ! Offrir à l\u2019auditoire des canaux spécialisés sur Internet, tant pour la musique que pour l\u2019information, animés par ce qui a toujours fait la force de CIBL : ses bénévoles.Pierre-Alain Cotnoir Le 9 janvier 2018 PREMIER BUDGET PLANTE Promesse non tenue VENTE D\u2019ARMES À L\u2019ARABIE SAOUDITE Rendre des comptes A I MANON CORNELLIER BRIAN MYLES La déconvenue de CIBL Membre et ex-d.g.de CIBL, j\u2019ai assisté à une AGA [assemblée générale annuelle] où bon nombre de producteurs bénévoles se sont heurtés à une porte close\u2026 parce qu\u2019ils avaient omis de renouveler à temps le paiement de leur carte de membre.Ils y venaient pour débattre du virage pris par le directeur général de l\u2019époque, virage qui avait eu pour ef fet de vider la station de ses producteurs pour remplacer le contenu essentiellement par de la radio en « canne »\u2026 avec le résultat qu\u2019on connaît.Mais ce n\u2019est pas la seule cause de la déconvenue de cette station communautaire.Une autre cause est le cadeau empoisonné de l\u2019édifice du 2-22 par le gouver nement Charest .Cadeau de Grec parce que découlant de la seule tenure comprise par ce gouvernement : L E D E V O I R , L E J E U D I 1 1 J A N V I E R 2 0 1 8 A 7 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon (chef de division), Robert Dutrisac, (éditorialiste), Michel Garneau et Pascal Élie (caricaturistes), Jacques Nadeau (photographe), Olivier Zuida (recherchiste photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division et reporter), Stéphane Baillargeon (généraliste), Gérald Dallaire (pupitre), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Jean Dion (sports), Marco Fortier (éducation), Lisa-Marie Gervais (diversité), Pauline Gravel (sciences), Jessica Nadeau (éducation).Alexandre Shields (environnement); information politique : Michel David (chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Marie-Michèle Sioui (correspondants parlementaires à Québec) Dave Noël (recherche), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec); information culturelle : Guillaume Bourgault-Côté (politiques culturelles), Julie Carpentier (pupitre), Fabien Deglise (livres), Catherine Lalonde (arts vivants), François Lévesque (écrans),Caroline Montpetit (arts vivants), Philippe Papineau(médias); information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l\u2019information), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Benoît Munger (pupitre); information internationale : Guy Taillefer (chef de division et éditorialiste); section art de vivre : Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); cahiers spéciaux : Aude Marie Marcoux (responsable); équipe numérique : Laurence Clavel, Guillaume St-Hilaire et Geneviève Tremblay (pupitres); correction : Andréanne Bédard, Christine Dumazet et Michèle Malenfant (correctrices) ; soutien à la rédaction : Amélie Gaudreau (coordonnatrice à la rédaction), Jean-Philippe Proulx (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa).PUBLICITÉ Charleyne Bachraty (adjointe au vice-président), Marlène Côté, Évelyne De Varennes, Amel Elimam, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (directrices de comptes), Alain Tréhout (directeur créativité média), Amélie Maltais (commis aux avis légaux), Alessandra Tantalo et Laurence Hémond (coordonnatrices publicitaires).PRODUCTION Caroline Desrosiers, Yannick Morin, Anthony White et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web), Jean-François Côté (analyste programmeur), Luc Girard (technicien informatique), Solène M.Hébert (développeuse Web).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Catherine Gentilcore (coordonnatrice marketing, communications et relations publiques), Sébastien Beaupré (coordonnateur service à la clientèle), Manon Blanchette, Caroline Filion, Nathalie Filion, Isabelle Sanchez (préposées au service à la clientèle).ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Mélisande Simard (adjointe administrative et responsable des ressources humaines), Florentina Draghici (technicienne comptable), Véronique Pagé (responsable du crédit).L O U I S - C H A R L E S T H O U I N Préfet de la MRC Montcalm R É M Y T R U D E L Professeur à l\u2019ENAP et ex-ministre des Affaires municipales evant la négligence des grands câblodistributeurs de desservir la population des municipalités de petite taille, le gouvernement a décidé de subventionner ces premiers pour qu\u2019ils puissent ensuite garder les profits des abonnements à Internet haute vitesse dans leurs poches déjà profondes.Une telle boulimie est proprement scandaleuse pour les entreprises qui ont toujours refusé de ser vir ce qu\u2019ils appellent les petits marchés, dispersés sur tout le territoire rural du Québec.C\u2019est un peu comme si Maurice Duplessis avait confié l\u2019électrification rurale à des compagnies privées en les subventionnant pour ensuite engraisser leurs profits après avoir fait payer les infrastructures par le gouvernement à même les impôts.Heureusement, des solutions pour l\u2019accès à Internet haute vitesse existent maintenant pour les municipalités non desservies par les grandes compagnies.En effet, dix municipalités de la MRC de Montcalm dans Lanaudière, avec à sa tête le préfet Louis-Charles Thouin, sont actuellement à déployer le projet Luciole, qui utilise l\u2019effet de levier d\u2019une MRC pour déployer son propre réseau, dont les profits feront, à terme, baisser les taxes municipales.Avant la décision des ministres Anglade et Coi- teux de subventionner les câblodistributeurs, les maires de cette MRC, avec l\u2019appui des compétences de Desjardins, ont décidé de fonder leur propre entreprise de distribution du signal Internet haute vitesse, un projet encore unique au Québec.L\u2019organisme sans but lucratif investira près de 12 millions pour desservir 7600 foyers de sa région.Les contribuables des dix municipalités de la MRC Montcalm n\u2019auront aucun sou à débourser pour bâtir les infrastructures, les abonnements à Internet suffiront à rembourser le règlement d\u2019emprunt de la MRC.Qui plus est, après une période de cinq ans, les revenus et les profits serviront à réduire le compte des contribuables de la MRC Montcalm.Des précédents En fait, le modèle n\u2019est pas entièrement nouveau.En ef fet, la Ville de Sherbrooke ou encore la petite municipalité de Rouville possèdent leur propre réseau de distribution électrique en lieu et place d\u2019Hydro-Québec, et les profits retournent dans les goussets des contribuables.Ces compagnies municipales bénéficient des interconnexions avec le réseau d\u2019Hy- dro-Québec.Ce sera le cas pour l\u2019interconnexion avec les grands réseaux de câblodistri- bution pour les r uraux du pro jet Luciole, comme l\u2019oblige le CRTC.Plusieurs administrations ont déjà flairé ce modèle d\u2019avenir pour les municipalités de petite taille sur tout territoire du Québec.Dès le début de cette année, elles entendent se fami- l iar iser avec les fondements de cette approche, qui représente une occasion unique de bien desservir les populations rurales avec des profits qui retourneront dans les goussets des citoyens.Une rencontre de type webi- naire est d\u2019ores et déjà à l\u2019ordre du jour pour inviter les municipalités regroupées dans les 87 MRC du Québec à saisir ce modèle d\u2019économie sociale qui s\u2019est matérialisé dans le projet Luciole pour les dix municipalités de la MRC Montcalm.Ce modèle par ticipatif d\u2019accès à Internet haute vitesse s\u2019apparente d\u2019ailleurs au modèle de révolution solaire de Brooklyn à New York.Le projet Brooklyn Microgrid est un miniré- seau qui alimente des centaines de consommateurs à partir de la production d\u2019électricité par des panneaux solaires de particuliers.Le modèle Luciole pour Internet haute vitesse de Lanaudière pourrait bien s\u2019étendre à la production électrique.S\u2019il faut se réjouir bien sûr du fait que le gouvernement ait décidé de soutenir des projets d\u2019infrastructures pour l\u2019accès à Internet dans les 14 régions administratives du Québec, pour une première vague de pro jets totalisant 290 millions, il importe de se demander immédiatement à qui profiteront ces subventions.La ministre Anglade, responsable de ce programme de subventions, aurait aussi avantage à se questionner sur les ef fets qu\u2019auront ces programmes sur les contribuables municipaux qui bénéficieront de ces services.Soutenir les municipalités À défaut de pouvoir exiger des promoteurs qu\u2019une partie des profits dégagés par les subventions du gouvernement puisse aussi bénéficier aux contribuables, la ministre pourrait s\u2019engager à modifier son approche pour les projets à venir.C\u2019est dans ce contexte aussi que le gouvernement, pour sa deuxième vague de pro jets, devrait confier à des organismes comme la FQM ou l\u2019UMQ le mandat de soutenir les nombreuses municipalités qui seraient en mesure de mettre au point leur projet de type Luciole sur leur territoire et en faire bénéficier les contribuables municipaux.Le gouvernement de M.Couillard a reconnu ce besoin des temps modernes pour les communautés rurales du Québec.Ces dernières sont d\u2019avis que le gouvernement devrait également les soutenir, à même son enveloppe de 400 millions dédiée à cette fin, pour qu\u2019elles implantent l\u2019Internet haute vitesse.Le gouvernement ayant reconnu les municipalités comme des partenaires privilégiés, l\u2019implantation des réseaux d\u2019accès à Internet haute vitesse par les municipalités elles-mêmes \u2014 comme le montre le projet Luciole dans la région de Lanaudière \u2014 offre une occasion concrète pour le ministre Coiteux d\u2019intervenir auprès sa collègue pour passer de l\u2019engagement aux actes.Contrairement à ceux qui affirment que ces millions pour Internet haute vitesse dans les régions rurales constituent des bonbons à saveur électorale, nous aimons mieux penser qu\u2019il s\u2019agit plutôt d\u2019une réponse qui fait écho à la voix des nombreux députés de tous les partis qui ont répercuté celles de leurs compatriotes ruraux.Internet haute vitesse, une occasion pour les municipalités Le projet Luciole utilise l\u2019effet de levier d\u2019une MRC pour déployer son propre réseau d\u2019accès S E R G E P R O V E N C H E R Ingénieur écemment, le directeur général des élections du Québec Pierre Reid proposait aux élus de l\u2019Assemblée nationale d\u2019implanter le vote par Internet au Québec.Pour le DGE, un tel système pourrait aider à résoudre le problème du faible taux de participation comme ce fut le cas aux dernières élections municipales.À la suite des avancées sur le plan technique et des succès de divers systèmes de votation par Internet dans le monde, la proposition du DGE doit être appuyée et concrétisée afin de permettre au Québec d\u2019amorcer la transition d\u2019un système de votation du XIXe siècle vers un système de votation du XXIe siècle.Le Canada est un pays relativement avancé dans ce domaine .Six provinces ont adapté leurs lois afin de permettre le vote par Internet.Le Québec n\u2019en fait pas partie.La ville de Markham, en Ontario, permet le vote par Internet depuis 2003 et, en 2014, 97 municipalités en Ontario offraient la possibilité de voter par Internet.C\u2019est aussi le cas de plus de la moitié des municipalités en Nouvelle-Écosse.En Alberta, l\u2019entrée en vigueur du vote par Internet était prévue pour les élections municipales de 2013, mais un problème technique a fait en sor te qu\u2019elle a dû être reportée.Ailleurs dans le monde, c\u2019est également au niveau municipal ou local que la plupart des systèmes de vote par Internet ont été adoptés.La Lettonie représente le seul exemple d\u2019implantation réussie à l\u2019échelle nationale.Dès 2002, le gouvernement de la Lettonie a décidé de développer le vote par Internet et, depuis 2005, les Let- tons peuvent choisir entre le bulletin de vote traditionnel et le vote par Internet aux ni - veaux local, national ou aux élections européennes.Diverses instances se sont investies dans ce domaine.Depuis plus de dix ans, l\u2019Organisation de sécurité et de coopération en Europe (OSCE) développe une expertise sur les systèmes de vote par Internet.À l\u2019invitation du gouvernement letton, des observateurs de l\u2019OSCE ont suivi les élections nationales de 2011.Leur rappor t suggérait diverses améliorations, qui ont été entérinées par le gouvernement de la Lettonie et mises en place lors des élections de 2015, où les obser vateurs de l\u2019OSCE étaient également présents.De son côté , le Conseil de l\u2019Europe a établi un ensemble de lignes directrices sur les aspects légaux, opérationnels et techniques pour les systèmes de votation par Internet.Cer taines tentatives ont échoué.En 2013, en Norvège, le gouvernement en place envisageait l\u2019implantation du vote par Internet au niveau national, mais l\u2019opposition était farouchement contre.Le gouvernement en place a tergiversé, et ce n\u2019est qu\u2019au printemps 2013 qu\u2019il a autorisé l\u2019utilisation du vote par Internet pour l\u2019automne suivant.Avec si peu de temps, les responsables n\u2019ont pu développer et tester convenablement le système, ce qui a mené à des défaillances.L\u2019enjeu de la sécurité L\u2019aspect sécuritaire est l\u2019une des principales inquiétudes invoquées au sujet du vote par Internet.Or des systèmes de vote bien conçus s\u2019inspirent d\u2019approches utilisées avec succès dans d\u2019autres domaines.Les systèmes sécuritaires utilisés aujourd\u2019hui pour effectuer des transactions financières par Internet \u2014 paiement de factures, paiement par carte de crédit, dépôts directs, etc.\u2014 sont aussi utilisés pour transmettre le vote du citoyen vers le système de votation.Quant au décompte des votes, des systèmes efficaces le font en sauvegardant les votes reçus sur un serveur qui n\u2019est pas connecté à Internet afin de l\u2019isoler du piratage, une technique aussi utilisée par les banques pour conserver une trace des transactions effectuées.Après une douzaine d\u2019années d\u2019utilisation, aucun problème important n\u2019est apparu lors des élections municipales en Ontario et en Nouvelle-Écosse, ni aux niveaux national ou municipal en Lettonie.Les échecs recensés des différents essais tiennent davantage de la précipitation, comme le cas de la Norvège, de la mauvaise planification ou de choix technologiques douteux.L\u2019approche « par étape » proposée pour le Québec par le DGE reprend celles suivies par les expériences réussies : on commence par un projet-pilote et on déploie plus tard l\u2019outil à plus large échelle.Les réussites et l\u2019expertise accumulée depuis quinze ans montrent qu\u2019aujourd\u2019hui le vote par Internet a atteint un seuil de maturité qui permet d\u2019envisager son déploiement à large échelle.L\u2019État encourage les citoyens à faire leur déclaration de revenus par Internet, avec tous les renseignements personnels qui y sont contenus.Si un système de votation par Internet a ses par ticularités, il utilise des technologies connues, qui ont fait leurs preuves et que l\u2019État utilise déjà.De plus, comme le montre la coopération entre l\u2019OSCE et la Lettonie, le système peut être amélioré une fois mis en place.Deux avantages principaux sont avancés en faveur d\u2019un système de votation par Internet.Le premier concerne les coûts.Si l\u2019implantation d\u2019un système de votation par Internet a un pr ix, une fo is en place i l peut entra îner de substantielles réductions de fra is lors de la tenue d\u2019un vote.Et comme le soulignait le DGE, le même système peut servir au niveau municipal et au niveau national.Le second avantage est de faciliter l\u2019acte de voter, qui peut se fa ire à n\u2019 impor te quel moment avant la date du scrutin et à partir de chez soi.Ces deux caractéristiques offrent la possibilité de multiplier le nombre de sujets sur lesquels les citoyens et les citoyennes peuvent se prononcer.Et ici, on parle non seulement de consultation, mais sur tout de déc is ion .Dans cette perspective, un système de votation par Internet peut permettre de donner un sens à l\u2019expression « souveraineté du peuple ».Le vote par Internet sera tôt ou tard une réalité.Les élus de l\u2019Assemblée nationale doivent donner suite à l\u2019initiative du DGE afin de doter le Québec des outils de décision politique du XXIe siècle.Le vote par Internet, une technologie mûre ISTOCK Si un système de votation par Internet a ses particularités, il utilise des technologies connues, qui ont fait leurs preuves et que l\u2019État utilise déjà.TOBY TALBOT ASSOCIATED PRESS Des solutions pour l\u2019accès à Internet haute vitesse existent maintenant pour les municipalités non desservies par les grandes compagnies.R D L E D E V O I R , L E J E U D I 1 1 J A N V I E R 2 0 1 8 A 8 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par courriel publicite@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3452 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Par courriel petitesannonce@ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4 Berri-UQAM Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 16h30 Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com A C T U A L I T É S originaire d\u2019Alberta et vivant à Montréal, et la Nord-Irlandaise Rachel McCrum, dont c\u2019était le premier automne à Montréal.En déambulant près du marché Jean-Ta- lon, Rachel McCrum se souvient qu\u2019il y avait là autrefois, avant l\u2019établissement du marché en 1933 , le Shamrock Lacrosse C lub .Ce stade avait été construit par la communauté irlandaise de Montréal.On sait que la crosse est un sport hérité de la tradition amérindienne.Or, dans les années 1880, la Ligue de crosse interdit aux Amérindiens de jouer dans son association.Plus d\u2019un siècle plus tard, Moe Clark, qui a des origines cries, rappelle que, dans cette langue, le mois d\u2019octobre est la lune des feuilles tombantes.Le mois de septembre est la lune du vol vers la maison, pour les oies, les colibris et les papillons.Le mois de novembre, quant à lui, est celui du gel.Jonathan Lamy parle, quant à lui, de l\u2019hiver comme de la saison choisie pour se tourner vers son intériorité, loin du tumulte et plus près de la création.On arrive à Winnipeg par la voix de la poète Katherena Vermette, sur la rivière Rouge au confluent de la rivière Assiniboine.Lorsqu\u2019ils y sont arrivés, les autochtones saulteaux y ont d\u2019abord trouvé des piles de cadavres d\u2019Assini- boines et de Cris, tous morts de la petite vérole.Établis sur les lieux, qu\u2019ils appelaient « le paradis», les Saulteaux ont ensuite été poussés vers le nord par les colons britanniques et par l\u2019expansion de la ville de Winnipeg.Aux côtés de Katherena Vermette, le poète écossais Harry Giles attire l\u2019attention sur un monument de Winnipeg érigé en l\u2019honneur des « Selkirk Settlers », ces colons écossais pauvres dépossédés de leurs terres et recrutés par Thomas Douglas, comte de Selkirk, pour peupler les terres des environs de la rivière Rouge.Ce monument a d\u2019ailleurs un seul autre jumeau identique, en Écosse.Pour Giles, ce monument est en fait une offense à la mémoire de ces colons, dont la migration a été au départ causée par une injustice.Où les langues se croisent C\u2019est avec la pluie que l\u2019on atterrit à Vancouver, sur Rain, un poème de Susan Telfer : «Parfois, j\u2019ai envie d\u2019être la pluie que je maudis, pour tomber dans la tasse de mon amoureux, et étancher sa soif » (traduction libre).La poète Dina Del Bucchia y rencontre Deanna Rodger et Dean Atta, du Royaume-Uni.Pour Deanna Rodger, la poésie est d\u2019abord une occasion de recherche.Au sujet de ses performances, Dean Atta explique que c\u2019est un peu comme enlever ses vêtements en public et s\u2019interdire de les remettre\u2026 À Toronto, on emboîte le pas à la poète canadienne Dionne Brand, qui y vit depuis 47 ans, et à l\u2019Anglaise Vahni Capildeo, dans un quartier multiethnique autour de Bloor Street, où les langues se croisent sans se comprendre.Ici, on parle le coréen ; là, l\u2019hindi ; plus loin, l \u2019ukrainien ; et enfin, l \u2019espagnol.Les deux poètes se réjouissent de la dimension humaine des maisons de ce quartier qui n\u2019a pas encore été envahi par les gigantesques tours, produit des booms immobiliers, d\u2019où on voit les passants, tout au-dessous, comme de petits robots.La Britannique Vahni Capildeo a pour sa part découvert Toronto à travers la prose d\u2019Austin Clarke.L\u2019écrivain y dépeint une ville d\u2019hiver, monochrome, où tout se situe entre le noir et le blanc.Dionne Brand raconte par ailleurs qu \u2019à Londres, une vi l le qu \u2019elle ne connaissait pas, elle se retrouvait, en raison de la structure, de l\u2019architecture répandue par l\u2019Empire britannique.Toronto, constatent les poètes, est aussi une ville tranquille, où on entend moins les klaxons, les voix humaines.« C\u2019est la présence du silence, plutôt que l\u2019absence de silence.» Vahni Capildeo a d\u2019ailleurs remarqué que les Britanniques, contrairement à d\u2019autres peuples, n\u2019ont pas l\u2019habitude de s\u2019interrompre entre eux quand ils parlent.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 GUIDES se préparer à faire face aux impacts grandissants des bouleversements du climat, dont la montée du niveau des océans, la multiplication des événements climatiques extrêmes et des vagues de chaleur.Et la menace est bien réelle.À titre d\u2019exemple, l\u2019ouragan Sandy, qui a frappé la région en 2012, a coûté plus de 40 milliards de dollars à l\u2019État de New York.Mouvement américain Les documents déposés dans le cadre de la procédure judiciaire ne mentionnent pas de montant précis réclamé aux entreprises, mais les « dommages » qui seraient accordés par la justice ser viraient directement au financement des mesures prises par la Ville pour lutter contre les conséquences des changements climatiques.New York n\u2019est pas la première ville américaine à intenter une poursuite contre les pétrolières BP, Chevron, ConocoPhillips, ExxonMo- bil et Shell.En septembre dernier, San Francisco et Oakland ont lancé des procédures similaires contre les mêmes multinationales et invoquant leur responsabilité dans les changements climatiques, mais aussi pour le financement des mesures d\u2019adaptation des villes.Les deux villes ont aussi insisté sur le fait que les pétrolières savaient déjà, il y a plus de 30 ans, que les émissions de gaz à ef fet de serre imputables aux énergies fossiles provoquaient des changements du climat de la planète.ExxonMobil a toutefois répliqué en lançant une contre-poursuite dans laquelle elle affirme que les démarches de San Francisco et d\u2019autres villes constituent un «abus de pouvoir politique».Pétrolières mécontentes Sans surprise, les entreprises visées par la poursuite de New York ont toutes dénoncé la démarche mercredi.« Ce type d\u2019action en justice [\u2026] contre une industrie qui propose des produits sur lesquels nous nous appuyons tous pour faire fonctionner l\u2019économie et vivre au quotidien n\u2019en est pas une », a dit un porte-parole d\u2019ExxonMobil, en entrevue à l\u2019Agence France-Presse.Chevron a dénoncé une action « sans fondement factuel ou juridique », qui « ne fera rien pour répondre à la grave question des changements climatiques », tandis que Shell soulignait que le réchauffement devait être traité « par des politiques gouvernementales raisonnables et le changement culturel », et non « par les tribunaux ».Les groupes écologistes ont pour leur part salué l\u2019initiative new-yorkaise.Selon Greenpeace, celle-ci aurait d\u2019ailleurs de « bonnes chances » de réussir, à l\u2019instar des poursuites intentées au cours des dernières années contre les fabricants de tabac.La tâche s\u2019annonce toutefois très ardue, estime l\u2019avocate Karine Péloffy, directrice générale du Centre québécois du droit de l\u2019environnement.Certes, des organisations comme le Carbon Disclosure Project ont déjà publié des analyses qui démontrent, avec une certaine précision, la « responsabilité historique » des pétrolières pour les émissions de gaz à effet de serre planétaires.« Il y a donc une assise juridique, selon Me Péloffy.C\u2019est envisageable, mais ce ne sera pas facile.Et dans le cas des compagnies de tabac, entre le premier recours et la première victoire, il s\u2019est écoulé 42 ans.» Avocat chez BCF Avocats d\u2019affaires, Shaun Finn souligne pour sa par t que ce genre de cause semble complexe, notamment en raison du caractère toujours relativement « préliminaire » des connaissances précises sur les divers aspects des changements climatiques.Il rappelle ainsi que dans une telle action, il faut établir qu\u2019il y a bel et bien eu « faute » de la part des entreprises, mais aussi démontrer le « préjudice » subi et le « lien de causalité ».Avec l\u2019Agence France-Presse Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 NEW YORK Désinvestissement du secteur des énergies fossiles Au moment d\u2019annoncer la poursuite contre les pétrolières, mercredi, le maire de New York, Bill de Blasio, a fait savoir qu\u2019il souhaite retirer les investissements du fonds de retraite de la Ville, un fonds de plus de 190 milliards $US, du secteur des énergies fossiles.Cela pourrait signifier le retrait de plus de cinq milliards de dollars des secteurs pétrolier, gazier et du charbon.« New York fait front pour les générations futures et notre planète » en décidant de liquider ses investissements dans les énergies fossiles, a déclaré M.de Blasio.New York pourrait ainsi devenir « la première ville majeure des États-Unis » à désinvestir du secteur des énergies fossiles.D\u2019autres grandes villes américaines ont déjà envisagé de désengager leurs fonds de retraite publics des énergies fossiles, notamment San Francisco et Seattle, mais aucune n\u2019est encore passée à l\u2019acte.celle de la taxe d\u2019eau (1,1 %), pour un total de 3,3 %.L\u2019extrait de la plateforme électorale de Projet Montréal au sujet des hausses de taxes se lit toutefois comme suit : « Projet Montréal s\u2019engage à réaliser son programme sans hausser les taxes au-delà de l\u2019inflation.» L\u2019entourage de la mairesse a signalé que dans le premier budget de l\u2019administration de Denis Coderre, les taxes avaient augmenté de 2,8 % malgré la promesse de l\u2019ex-maire de limiter le fardeau fiscal des Montréalais à l\u2019inflation (1,7 %).L\u2019administration estime qu\u2019elle devait augmenter la taxe d\u2019eau (après quatre ans de gel) pour tenir compte du rythme accéléré des investissements dans les infrastructures de l\u2019eau.De 150 millions par année, ces dépenses sont passées à 340 millions en 2017 et augmenteront à 500 millions en 2018.«On veut être responsables et on a décidé d\u2019investir massivement dans les infrastructures de l\u2019eau et de ne pas attendre qu\u2019il y ait des fuites, que ça coûte plus cher et de toujours refiler la facture aux générations futures », a expliqué la mairesse.Dépenses en hausse La taille du budget fera un bond de 5,2 % par rapport à 2017 pour atteindre 5,47 milliards en 2018.Cette augmentation est notamment attribuable à la hausse de 25,2 millions des budgets du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) et du Service de sécurité incendie de Montréal (SIM), à la hausse des budgets des ar rondissements (24,7 millions) et au coût plus élevé des régimes de retraite.La contribution de la Ville au transport en commun, versée à l\u2019Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM), augmentera aussi de 27,7 millions pour atteindre 574,3 millions.Selon la mairesse Plante, il s\u2019agit d\u2019un « budget de transition » pour la nouvelle administration, qui entend mettre l\u2019accent sur la mobilité, le développement économique et l\u2019habitation au cours de son mandat qui s\u2019amorce.Le bureau de la ligne rose du métro promis par la mairesse n\u2019a pas encore été mis sur pied, mais il le sera au cours des prochains mois, et la Ville dispose de la marge financière pour le réaliser, a-t-on précisé.D\u2019autres promesses, comme les compensations pour les commerçants, la brigade des chantiers et l\u2019abolition des droits de mutation (appelée «taxe de bienvenue») pour les familles ne figurent pas dans le budget.La mairesse a toutefois indiqué que la Ville avait réservé une somme de 21 millions pour les droits de mutation dans les fonds destinés à l\u2019habitation.Confiance ébranlée?L\u2019opposition à l\u2019Hôtel de Ville reproche à l\u2019administration Plante d\u2019avoir manqué de rigueur en ne contenant pas suffisamment les dépenses et l\u2019accuse d\u2019avoir trahi l\u2019une de ses principales promesses électorales avec les hausses de taxes.Le maire de Saint-Laurent, Alan DeS- ousa, croit que bien des Montréalais n\u2019auraient pas voté pour Valérie Plante s\u2019ils avaient su que celle-ci ne donnerait pas suite à son engagement électoral.En 2005, le maire Gérald Tremblay avait dû retirer son budget qui comportait des hausses de taxes après avoir reconnu ne pas avoir respecté sa promesse électorale de geler le fardeau fiscal des Montréal.Le chef de l\u2019opposition, Lionel Perez, n\u2019exclut pas la possibilité de demander à l\u2019administration Plante de faire de même.M.Perez a aussi déploré que le budget ne comporte aucune mesure compensatoire pour les commerçants affectés par les chantiers de construction et que l\u2019administration n\u2019ait pas appliqué un taux de taxation réduit pour les commerçants : « Ça démontre qu\u2019ils [les membres de l\u2019administration] sont déconnectés de la réalité commerciale, économique ainsi que des résidants de la Ville de Montréal.» Il croit même que ce budget pourra i t nu ire à la cote de créd i t de Montréal.En après-midi, au conseil municipal, l\u2019administration a dû répondre aux reproches de l\u2019opposition.Benoit Dorais a répondu aux critiques en disant : « Je ne vois pas en quoi les 118 $ d\u2019augmentation [moyenne] vont faire mal aux Montréalais.Pour les 118 $ qu\u2019ils vont débourser de plus [\u2026], les Montréalais auront davantage de services.Des services concrets.» De son côté, la Chambre de commerce du Montréal métropolitain se dit préoccupée par les hausses de taxes.« Cette décision va à l\u2019encontre de la promesse faite par la mairesse en campagne électorale, ce qui envoie un signal inquiétant », estime son président, Michel Leblanc.«Les contribuables montréalais sont déjà les plus taxés en Amérique du Nord.Il est évident que cette hausse nuit à l\u2019environnement d\u2019affaires et réduit l\u2019attractivité de la métropole pour les entreprises.» L\u2019Association des propriétaires du Québec digère mal l\u2019augmentation de 3,3 %, qui sera difficile à assumer pour les locateurs d\u2019immeubles et pénible à refiler aux locataires, dit-elle.Le budget, qui fera l\u2019objet d\u2019une étude publique en commission dans les prochains jours, sera adopté d\u2019ici la fin du mois de janvier.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 BUDGET Les taxes en 2018 Voici les augmentations moyennes de l\u2019avis d\u2019imposition dans les différents arrondissements de Montréal Arrondissement Résidentiel Non-rés.Ahuntsic-Cartierville 3,5% 3,0% Anjou 2,8% 2,2% CDN\u2013NDG 4,2% 3,5% Lachine 2,1% 2,9% LaSalle 0,7% 2,2% L\u2019Île-Bizard\u2013Ste-Gen.2,5% 2,8% Mer.\u2013Hoch.-Maison.3,7% 2,4% Montréal-Nord 1,3% 2,3% Outremont 4,5% 6,3% Pierrefonds-Roxboro 3,1% 3,6% Plateau-Mont-Royal 3,2% 4,0% RDP-PAT 2,8% 3,1% Rosemont\u2013P.-Patrie 5,6% 4,6% Saint-Laurent 1,7% 0,9% Saint-Léonard 1,4% 2,2% Sud-Ouest 3,4% 4,6% Verdun 2,4% 3,3% Ville-Marie 3,2% 3,1% Villeray\u2013St-Michel\u2013P-Ex.5,4% 4,2% Montréal 3,3% 3,0% 5,47 milliards Le budget est en hausse de 5,2 % par rapport à celui de 2017.118 $ Voilà ce que paiera de plus le propriétaire d\u2019une maison dont la valeur est de 427 524 $.1,7 % C\u2019est la hausse de taxes que l\u2019administration Coderre avait imposée en 2017.«On a décidé d\u2019investir massivement dans les infrastructures de l\u2019eau» Valérie Plante Les quinze villes liées de l\u2019île de Montréal auront droit à une facture salée de la Ville de Montréal et les maires sont furieux.Ceux-ci ont appris mercredi que la quote-part qu\u2019ils devront verser à Montréal en 2018 augmentera en moyenne de 5,3 %.« Nous sommes tous estomaqués de la façon dont l\u2019administration Plante a procédé.Sans même nous prévenir, elle a déposé un budget qui aura des conséquences dramatiques pour nous », a commenté Philippe Roy, maire de Mont-Royal (notre photo ci-contre).La quote-part que sa ville devra verser augmentera de 4,4 millions, soit une hausse de 9,8 %.Le maire de Montréal- Ouest, Beny Masella, qui préside l\u2019Association des maires de banlieue, affirme que les municipalités n\u2019avaient reçu aucune indication de ce qui les attendait : «On pensait qu\u2019avec la nouvelle administration, les choses changeraient, mais ce n\u2019est pas le cas.» Toutes les villes qui ont déjà fait leur budget devront ajuster leurs prévisions.Et comme le poids des banlieues au conseil d\u2019agglomération est insuffisant, les maires n\u2019auront d\u2019autre choix que d\u2019assumer les conséquences des décisions budgétaires de l\u2019administration Plante.« Le problème, c\u2019est la gouvernance de l\u2019agglomération.C\u2019est comme si les citoyens de nos villes n\u2019avaient pas le droit de vote », estime Philippe Roy.L\u2019Association envisage d\u2019interpeller le gouvernement au sujet du système de gouvernance de l\u2019agglomération.Les banlieues en furie "]
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