Le devoir, 16 janvier 2018, Cahier A
[" V O L .C I X N o 6 L E D E V O I R , L E M A R D I 1 6 J A N V I E R 2 0 1 8 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S AUJOURD\u2019HUI Culture \u203a Juste pour rire dénonce Québecor.L\u2019entreprise de Gilbert Rozon dit que tout est fait pour nuire à la vente de la société et plomber sa valeur.Page B 8 Avis légaux.B 2 Décès.B 6 Météo.B 2 Mots croisés.B 4 Petites annonces .B 6 Sudoku.B 4 ?w w w .l e d e v o i r .c o m Catalogne La tutelle pourrait se prolonger, prévient Mariano Rajoy Page B 4 Couillard s\u2019oppose à une journée nationale contre l\u2019islamophobie Page A 2 F A B I E N D E G L I S E C\u2019 est le drame du présent mis en lumière par l\u2019instant.À l\u2019heure des résolutions et des états prospectifs commandés par les débuts d\u2019année, l\u2019humain est-il encore capable de rêver son avenir en société ?Difficilement, juge le philosophe français Francis Wolff, qui constate l\u2019incapacité de ses contemporains à croire au bien et au salut commun.Trop d\u2019individualisme ?Trop de peurs et de déceptions?La seule utopie qui semble leur rester prend ses racines dans les replis et l\u2019af firmation d\u2019une pureté identitaire qui exclut forcément les autres, estime-t-il.Or, à trop être centré sur soi, le tout formé par chaque individualité n\u2019arrive plus à être visible, même si, toute cette diversité qui refuse de se voir façonne sans ENTREVUE L\u2019utopie d\u2019un tout fait de la somme de ses parties Pour Francis Wolff, l\u2019individualisme ambiant peut s\u2019éclairer dans le cosmopolitisme ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Et si le cosmopolitisme était en quelque sorte l\u2019utopie du XXIe siècle ?VOIR PAGE A 8 : UTOPIE RENAUD PHILIPPE LE DEVOIR Une amie de Jocelyn Vandal, l\u2019un des sinistrés de Québec, constate les dégâts au sous-sol de la demeure inondée.I S A B E L L E P O R T E R à Québec D eux jours après la crue soudaine de la rivière Saint-Charles, les résidents de Du- berger-Les Saules constatent l\u2019ampleur des dégâts dans leurs résidences et espèrent que l\u2019aide promise par le gouvernement ne sera pas trop décevante.Le sous-sol de Jocelyn Vandal est un amoncellement d\u2019objets brisés et souillés.Accessoires de pêche, meubles de jardin, boîtes de conserve, souvenirs d\u2019enfance.Seule une vieille affiche de clown sur le mur semble avoir été épargnée.Comme pour se moquer de lui.« Je vais la jeter, je ne ris plus.» La maison de M.Vandal est située à environ 50 mètres de la rivière Saint-Charles, en plein cœur de la ville de Québec.Samedi soir, le cours d\u2019eau a décidé de passer par le sous-sol de sa maison qu\u2019il a rempli jusqu\u2019à un bon mètre de haut.« L\u2019eau est arrivée comme une vague », raconte l\u2019homme qui était à l\u2019extérieur quand la rivière est sortie de son lit.« Je vois de l\u2019eau arriver.Une rivière de 4-5 pieds.C\u2019est impressionnant.Je te jure que ça a sorti.T\u2019es là, t\u2019es figé.[\u2026] Ça montait, ça montait.» À Québec, plus d\u2019une trentaine de propriétaires du secteur sont dans la même situation, dont plusieurs ont dû être évacués durant la fin de semaine.Et ils ne sont pas les seuls puisque pas moins de 37 municipalités ont vécu des épisodes d\u2019inondations.Outre Québec, les eaux INONDATION À QUÉBEC «L\u2019eau est arrivée comme une vague» Des sinistrés attendent l\u2019aide du gouvernement avec un certain scepticisme VOIR PAGE A 8 : INONDATION M A R C O B É L A I R - C I R I N O Correspondant parlementaire à Québec L\u2019 ancien chef d\u2019Option nationale Jean-Martin Aussant peut désormais rentrer d\u2019exil, disent des militants du Parti québécois, tout en pointant la circonscription de Pointe-aux-Trem- bles.Cumulant plus de 20 ans de vie politique, Nicole Léger renonce à y briguer une nouvelle fois les suffrages le 1er octobre prochain.Les députés d\u2019Abitibi-Ouest et de Bertrand, François Gendron et Claude Cousineau, tireront également un trait sur leur carrière politique, selon les informations du Devoir.Ancienne ministre de la Famille (déléguée de 1998 à 2001 et en titre de 2012 à 2014) et de la Lutte contre la pauvreté et l\u2019exclusion (2001- 2003), Nicole Léger fera le point sur son « avenir politique » à l\u2019occasion d\u2019une conférence de presse à Montréal ce mardi avant-midi.L\u2019annonce du départ de Mme Léger survient alors que Jean-Martin Aussant songe sérieusement à ef fectuer un retour sur la scène politique québécoise.En effet, l\u2019économiste envisage un retour au sein du PQ, mais non sans conditions, a-t-on expliqué au Devoir à huit mois et demi du scrutin.La disponibilité d\u2019une «bonne» circonscription dans la région métropolitaine fait partie du lot.«Les astres s\u2019alignent», a dit un membre influent du PQ contacté par Le Devoir lundi soir.«Mais ce n\u2019est pas encore attaché à 100%», a-t-il ajouté.Plusieurs misent sur le retour de M.Aussant afin de gonfler les appuis au PQ.Au début du mois de décembre, la formation politique recueillait 19 % des intentions de vote, selon un sondage Léger-Le Devoir.Le chef péquiste, Jean-François Lisée, avait alors appelé les indépendantistes démobilisés par sa promesse de ne pas tenir de référendum sur l\u2019indépendance dans un premier mandat à se serrer les coudes Vague de départs au PQ Nicole Léger, François Gendron et Claude Cousineau ne solliciteront pas de nouveau mandat VOIR PAGE A 8 : DÉPAR TS L E D E V O I R , L E M A R D I 1 6 J A N V I E R 2 0 1 8 A C T U A L I T É S A 2 JACQUES NADEAU LE DEVOIR La nouvelle mairesse de Montréal, Valérie Plante, reconnaît que « les besoins des écoles montréalaises sont grands» et entend collaborer avec Québec et la CSDM pour trouver des solutions au problème de rareté des terrains pour la construction des nouvelles écoles.J E S S I C A N A D E A U Le ministre de l\u2019Éducation et les partis d\u2019opposition dénoncent les remplacements à répétition ayant eu cours dans une classe de maternelle à l\u2019école La Visitation, à Montréal, où neuf enseignants et suppléants se sont relayés depuis le début de l\u2019année.« Je ne souhaite pas ces situations où le poste d\u2019enseignant est une por te tournante », a réagi le ministre de l\u2019Éducation, Sébastien Prouxl, en marge d\u2019une conférence de presse lundi.À la Commission scolaire de Montréal (CSDM), on affirme qu\u2019un protocole a bel et bien été adopté en septembre pour mieux gérer ce type de problème.«La problématique dans ce dossier-là, c\u2019est que la direction d\u2019école n\u2019a pas avisé les ressources humaines qu\u2019on était dans un enjeu de troisième titulaire de classe en décembre», se défend la présidente, Catherine Harel Bourdon.Elle confirme qu\u2019un nouveau professeur est entré en fonction lundi matin et que celui-ci devrait suivre les élèves jusqu\u2019à la fin de l\u2019année.« L\u2019enjeu, c\u2019est la pénurie globale de professeurs à l\u2019échelle québécoise, ce n\u2019est pas juste un problème à la CSDM, ajoute-t-elle.En ce moment, les professeurs qui sortent de l\u2019école ont une permanence en un an ou deux, alors ils ont l\u2019embarras du choix.Je pense qu\u2019à terme, il va falloir avoir plus de gens formés dans nos universités.Il faut donc rendre cet emploi-là attrayant à tous les niveaux pour faire en sorte que plus de gens postulent.» À Québec, les porte-parole en matière d\u2019éducation des partis d\u2019opposition estiment eux aussi que cette situation est «inacceptable».Alexandre Cloutier, du PQ, et Jean-François Roberge, de la CAQ, rappellent qu\u2019un enseignant sur cinq quitte la profession dans les cinq premières années et ils exhortent le ministre à valoriser davantage cette profession.Ils s\u2019entendent également sur le fait qu\u2019il faudrait davantage d\u2019encadrement pour limiter le nombre de remplaçants dans une classe.Le ministre lui-même a reconnu qu\u2019il fallait «valoriser davantage la profession » et af firme que « des gestes concrets» seront annoncés «sous peu».« Il faut être bien préparé pour faire ce métier-là, il faut avoir la vocation, mais il faut aussi être dans des conditions qui sont agréables et qui font en sor te qu\u2019on a envie de le faire longtemps, alors il faut travailler sur ces deux aspects- là», conclut le ministre.Le Devoir Les remplacements à répétition dans une école de la CSDM dénoncés à Québec J E S S I C A N A D E A U M algré des investissements «historiques» pour rénover les écoles du Québec, les sommes annoncées sont encore insuffisantes pour répondre aux besoins des écoles montréa- laises.À la Commission scolaire de Montréal (CSDM), on estime qu\u2019à ce rythme, il faudra encore dix ans pour résorber le déficit d\u2019entretien.Et on ne parle même pas encore des agrandissements et des nouvelles constructions d\u2019écoles pour répondre à la hausse fulgurante de la clientèle.Le ministre de l\u2019Éducation, Sébastien Proulx, a annoncé lundi 740 millions de dollars pour rénover les écoles du Québec qui ont « toutes des petits bobos ».Ce sont plus de 2000 projets dans près de 1300 écoles qui pourront être entrepris cet été, quelques mois avant les élections.Ces sommes ont été puisées à même le Plan québécois des infrastructures (PQI), qui prévoit un total de 8,3 milliards en éducation sur une période de dix ans.L\u2019an dernier, cette somme était de 655 millions.«Tous les projets qui nous ont été déposés [par les commissions scolaires] et qui pouvaient être acceptés par le gouvernement du Québec l\u2019ont été, c\u2019est historique, a souligné le ministre Proulx.Faites le tour des commissions scolaires, la seule inquiétude que vous allez voir de leur côté, c\u2019est de savoir si elles vont être capables de faire tous ces travaux-là.» La région de Montréal, qui fait face à « des défis particuliers », recevra environ 40 % des sommes, soit 286 millions, précise le ministre.La Commission scolaire de Montréal, l\u2019une des cinq commissions scolaires sur l\u2019île, obtient la plus grosse part du gâteau, soit un peu plus de 190 millions.Sa présidente, Catherine Harel Bourdon, a parlé d\u2019un «montant important et inégalé » et s\u2019est réjouie que le ministre annonce ces investissements plus tôt que dans les années précédentes, ce qui lui donne le temps de mieux planifier les travaux et les appels d\u2019offres.Pas assez Pourtant, cet argent est loin de régler tous les problèmes.À la Commission scolaire Mar- guerite-Bourgeoys, qui reçoit plus de 40 millions de dollars, on estime qu\u2019il en faudrait «10 fois plus» pour venir à bout des rénovations nécessaires.Même son de cloche à la CSDM.« Ça va prendre, je dirais, une décennie avant de vraiment résorber le déficit d\u2019entretien qui était majeur à la CSDM, explique Catherine Harel Bourdon.Si ça continue dans cette voie-là pour les dix prochaines années, effectivement, on pourra ar river au bout du tunnel face à ce déficit d\u2019entretien.» Selon elle, il faudrait 1,3 milliard pour rénover toutes les écoles de la CSDM.Et encore, on ne parle ici que de rénovations et de maintien des bâtiments, pas d\u2019agrandissements ni de constructions neuves, ce qui constitue un autre problème de taille.En effet, ce n\u2019est pas d\u2019hier que la CSDM répète qu\u2019elle manque de classes et d\u2019écoles pour répondre à l\u2019« augmentation fulgurante » de la clientèle en lien notamment avec l\u2019immigration.En septembre, la CSDM comptait près de 2000 élèves de plus que l\u2019an dernier.Québec promet que des sommes supplémentaires devraient être annoncées d\u2019ici la fin de l\u2019année scolaire pour les projets d\u2019agrandissements et de construction d\u2019écoles neu - ves.Mais les investissements ne seront pas aussi importants.« On investit plus en rénovations que dans de nouveaux espaces parce que le parc immobilier nécessite qu\u2019on le fasse », explique le ministre.Celui-ci rappelle qu\u2019il y a une « problématique supplémentaire » à Montréal en raison de la « rareté des terrains» et des «défis réglementaires».Le ministre affirme avoir discuté de ce problème avec la nouvelle mairesse de Montréal, Valérie Plante, qui était à ses côtés pour cette annonce lundi.«Elle va voir de son côté comment elle peut améliorer les choses et faciliter le travail », soutient Sébastien Proulx.À la CSDM, Catherine Harel Bourdon affirme d\u2019emblée que les relations sont beaucoup plus faciles depuis le changement à la mairie de Montréal.«La présence de la mairesse ce matin témoigne du fait qu\u2019elle veut trouver des solutions pour les différents quartiers.» Affirmant que « l\u2019école est au cœur de notre vie de quartier », la nouvelle mairesse a même promis qu\u2019il n\u2019y aurait plus de nouveaux développements sans école, comme c\u2019est le cas présentement pour Grif- fintown.« Tous les nouveaux quartiers qui verront le jour le jour à Montréal disposeront d\u2019écoles», a-t-elle affirmé.Le Devoir ÉDUCATION Des investissements « historiques » mais insuffisants pour les écoles de Montréal M A R C O B É L A I R - C I R I N O Correspondant parlementaire à Québec L e projet d\u2019instituer une « Journée nationale de commémoration et d\u2019action contre l\u2019islamophobie » peine à recueillir l\u2019appui de la classe politique québécoise.Le premier ministre Philippe Couil- lard s\u2019y oppose.Le maire Régis Labeaume aussi, y voyant une «mauvaise bonne idée ».À 8 mois et demi des élections générales, M.Couillard et M.Labeaume coupent court à un débat qui s\u2019annonçait délétère pour le Québec, estime l\u2019imam Hassan Guillet.« Je suis soulagé », a-t-il laissé tomber dans un entretien avec Le Devoir lundi après-midi.Pourtant, M.Guillet appuyait la demande du Conseil national des musulmans canadiens (CNMC) d\u2019instituer une «Journée nationale de commémoration et d\u2019action contre l\u2019islamo- phobie » le 29 janvier, soit le jour de la tuerie à la grande mosquée de Québec.« Je ne cache pas ma déception.Je suis déçu.J\u2019aurais aimé que ça passe.Mais que ça passe dans la zizanie, la chicane et l\u2019amertume ou que ça ne passe pas, je préfère que ça ne passe pas », a-t-il dit froidement.Dans la foulée des «élections référendai res » sur la char te de la laïcité (Québec, 2014) ou encore sur le port du ni- qab (Canada, 2015), la perspective de voir la désignation d\u2019une « Journée nationale de commémoration et d\u2019action contre l\u2019islamo- phobie » s\u2019imposer comme la question à l\u2019urne du scrutin du 1er octobre prochain l\u2019effrayait.«Malheureusement, on s\u2019est fait kidnapper nos élections.Il y a plein d\u2019enjeux \u2014 la santé, l\u2019éducation, le chômage \u2014, mais souvent on les met sous le tapis [au profit de questions comme] \u201cÊtes-vous pour ou contre la charte?\u201d ou \u201cÊtes-vous pour ou contre le niqab?\u201d avec tout ce qu\u2019elles amènent: des préjugés, des amalgames\u2026 Tout cela, ce n\u2019est pas sain pour une société libre et démocratique », sou- tient-il.« La dernière chose qu\u2019on veut, c\u2019est la division.Il ne faut pas faire de la politique sur le dos de l\u2019un ou de l\u2019autre.» À Québec, le débat semble clos.Le Parti libéral du Québec, le Parti québécois ainsi que la Coalition avenir Québec sont sur la même longueur d\u2019onde.Seul Québec solidaire s\u2019est montré favorable à la demande du CNMC de créer une « Journée nationale de commémoration et d\u2019action contre l\u2019islamophobie ».«Une erreur» Le maire de Québec, Régis Labeaume, a dit regretter lundi de voir le premier anniversaire de la tuerie à la grande mosquée de Québec être terni par un débat stérile sur la création d\u2019une « Journée nationale de commémoration et d\u2019action contre l\u2019islamopho- bie ».Il a reproché au CNMC d\u2019avoir manqué de flair politique en faisant une telle proposition le 5 janvier dernier.« Quant à la demande d\u2019une journée nationale contre l\u2019isla- mophobie, c\u2019est une mauvaise bonne idée et c\u2019est une erreur de faire cette demande-là parce qu\u2019il était évident qu\u2019une telle proposition allait provoquer un débat politique où s\u2019abreuvent allègrement les politiciens et les quasi-politi- tiques.[\u2026] Il était aussi évident que ce débat-là occulterait notre devoir de mémoire envers les victimes de la tuerie de la mosquée, et c\u2019est exactement ce qui s\u2019est produit », a-t- il déclaré lundi après-midi.S\u2019appuyant sur une longue note écrite préparée pour l\u2019occasion, M.Labeaume a dit que « les sociétés québécoise et canadienne sont majoritairement composées d\u2019individus généreux, tolérants et accueillants ».Quant à savoir si l\u2019isla- mophobie existe, il a rétorqué « bien sûr, il n\u2019y a aucun doute ».«Le terrible problème de nos concitoyens et concitoyennes de confession musulmane est qu\u2019ils sont victimes de l\u2019amalgame créé par les cr uautés perpétrées par Daech [le groupe EI] et al- Qaïda», a-t-il fait valoir.Le devoir de commémorer M.Couillard a également insisté sur la nécessité de commémorer la fusillade du 29 janvier 2017.« La tragédie épouvantable qui a eu lieu, il faut la commémorer.On va la commémorer», a-t-il affirmé lundi avant-midi.Cela dit, le chef du gouvernement soutient que «le Québec souligne déjà son engagement dans la lutte contre le racisme et la discrimination», ce qui inclut à ses yeux l\u2019islamo- phobie, et ce, « de plusieurs façons ».« Il n\u2019est pas question de différencier une forme de racisme parmi une autre.L\u2019islamophobie, c\u2019est une forme du racisme qui existe dans toutes les sociétés », a-t-il déclaré en marge d\u2019une annonce au Lac- Saint-Jean.«Nous ne sommes pas pires que les autres sociétés, loin de là», a-t-il ajouté.En plus de commémorer la Journée internationale pour l\u2019élimination de la discrimination raciale, le gouvernement québécois a mis sur pied la Semaine québécoise des rencontres interculturelles (fin octobre) et a désigné le 15 janvier Journée nationale du vi- vre-ensemble.D\u2019ailleurs, le gouvernement libéral voyait une façon de mettre en lumière durant la Journée nationale du vivre-ensemble les initiatives visant à favoriser « l\u2019inclusion et la cohésion sociale » au Québec, tout en rappelant la « mémoire des Québécois qui ont perdu la vie lors d\u2019attentats ou d\u2019actes de terrorisme de Jakar ta et Ouagadougou en 2015 ».Le CNMC «continue d\u2019espérer » qu\u2019Ottawa en arrivera à une conclusion dif férente de celle de Québec.« Bien que nous soyons déçus d\u2019apprendre que le premier ministre Couil- lard n\u2019appuie pas l\u2019appel que nous avons lancé, il est impératif que nos élus demeurent unis contre toutes les formes de discrimination ?religieuse ou autre ?et qu\u2019ils dénoncent tout nouveau cas», a indiqué le directeur exécutif, Ihsaan Gardee.À Ottawa, Justin Trudeau refuse de trancher la question pour l\u2019instant.« On est en réflexion sur comment on va souligner et commémorer cet événement terrible et reconnaître à quel point certaines communautés, dont la communauté musulmane, sont trop vulnérables à la haine et à l\u2019intolérance ces jours-ci », a déclaré le premier ministre fédéral dans une entrevue à La Presse canadienne.Avec Isabelle Porter et La Presse canadienne Le Devoir Couillard s\u2019oppose lui aussi à une journée contre l\u2019islamophobie Il n\u2019est pas question de différencier une forme de racisme parmi une autre Philippe Couillard « » Régis Labeaume a dit regretter de voir le premier anniversaire de la tuerie être terni par un débat stérile L E D E V O I R , L E M A R D I 1 6 J A N V I E R 2 0 1 8 ACTUALITES A 3 A u Canada comme au Québec, il a fallu un bon moment avant que les débats télévisés entre les chefs de parti entrent définitivement dans les mœurs.Après une première confrontation entre Pierre Elliott Trudeau, Rober t Stanfield et Tommy Douglas, en 1968, onze ans se sont écoulés avant que M.Trudeau débatte avec Joe Clark et Ed Broadbent.Au Québec, c\u2019est seulement 32 ans après le célèbre face-à-face entre Jean Lesage et Daniel Johnson père (1962) que Daniel Johnson fils et Jacques Parizeau ont croisé le fer.S\u2019il s\u2019agit de moments forts d\u2019une campagne électorale, à défaut d\u2019être toujours déterminants, les débats des chefs de parti donnent immanquablement lieu à un fastidieux «débat sur le débat » qui prend parfois plus de place.Le phénomène a atteint un paroxysme lors de la campagne fédérale de 2015, quand l\u2019obstination de Stephen Harper a fait éclater le monopole sur l\u2019organisation des débats que le consortium des télédiffuseurs exerçait depuis 1968.Un seul débat \u2014 en français \u2014 a été organisé par le consortium.Les quatre autres l\u2019ont été par divers médias (Macleans, Globe and Mail, TVA) et la fondation Aurea (Munk Debates) avec des modalités et des participants qui différaient d\u2019une fois à l\u2019autre.La relative désaf fection de l\u2019auditoire que cela a provoquée au Canada anglais a incité diverses personnalités principalement issues de la communauté universitaire à lancer un mouvement baptisé « U-15 », qui avait pour objectif de renouveler la formule en vue de l\u2019élection fédérale de 2019.?Le gouvernement Trudeau a pris le relais la semaine dernière en annonçant la tenue de consultations sur la création d\u2019un poste de commissaire indépendant qui aurait la responsabilité d\u2019organiser les débats et d\u2019en définir les règles.Le mandat confié à la ministre des Institutions démocratiques, Karina Gould, est de trouver le meilleur moyen de faire en sor te que « les débats soient organisés et répartis de façon impartiale et soient accessibles au plus grand nombre de personnes possible ».Une série de rencontres seront organisées à Montréal (Université McGill, 26 janvier), de même qu\u2019à Halifax, Toronto, Winnipeg et Vancouver.Une consultation en ligne sera également tenue jusqu\u2019au 9 février.Il reste à voir si M.Trudeau est plus désireux de faire aboutir le projet qu\u2019il ne l\u2019était de remplir sa promesse de réformer le mode de scrutin.L\u2019exemple américain l\u2019a peut-être inspiré.Depuis 1988, les débats entre les candidats à la présidence des États-Unis sont tenus sous l\u2019égide de la Commission on Presidential Debates (CPD), qui a pris le relais de la League of Women Voters, laquelle avait déclaré for fait pour protester contre l\u2019entente secrète conclue entre les organisations de George Bush et de Michael Dukakis, dont elle estimait les conditions contraires à l\u2019intérêt public.La CPD n\u2019est cependant pas à l\u2019abri des critiques.On lui reproche surtout d\u2019exclure de facto la présence de candidats autres que ceux des deux grands partis traditionnels, en exigeant un appui de 15 % dans les sondages nationaux pour participer aux débats.Aucune des poursuites judiciaires qui ont été intentées pour faire invalider cette règle n\u2019a été couronnée de succès.?En prévision de l\u2019élection fédérale de 2019, il faudra sans doute réfléchir au cadre et au format du débat.Devrait-on adopter la formule du town hall et tenir les débats sur un campus, comme on le fait aux États-Unis ?Définir des critères de participation qui feront consensus sera cependant la tâche la plus délicate d\u2019un éventuel commissaire canadien.Jusqu\u2019à présent, le sort des chefs des petits partis dépend essentiellement des exigences des plus grands et de l\u2019intérêt des télédiffuseurs.Cet arbitraire a engendré de nombreuses frustrations.En 2011, plusieurs au Canada anglais comprenaient mal pourquoi Elizabeth May avait été exclue après avoir été invitée en 2008, alors que Gilles Duceppe avait participé aux débats en français et en anglais.Soit, le Parti vert ne comptait aucun député à la Chambre des communes, mais il avait des candidats partout, alors que le Bloc québécois n\u2019en présentait qu\u2019au Québec.Il y a sans doute des limites à multiplier le nombre de participants sans créer une cacophonie qui fera rapidement fuir l\u2019auditoire, mais l\u2019expérience montre que leur contribution peut être inversement proportionnelle à la représentation parlementaire de leur parti.Mario Dumont était le seul député de l\u2019ADQ en 1998, ce qui ne l\u2019a pas empêché d\u2019avoir nettement le dessus sur Lucien Bouchard et Jean Charest.En 2012, Françoise David n\u2019était encore pas députée, mais sa participation au débat avait eu l\u2019effet d\u2019une révélation aux yeux de plusieurs.Au Québec, le « débat sur le débat » n\u2019a pas encore provoqué la même zizanie que sur la scène fédérale, mais il n\u2019est jamais trop tôt pour commencer à réfléchir.mdavid@ledevoir.com Le débat sur le débat MICHEL DAVID ADRIAN WYLD LA PRESSE CANADIENNE La ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, a accueilli son homologue de la République de Corée (Sud), Kang Kyung-wha.H É L È N E B U Z Z E T T I Correspondante parlementaire à Ottawa L e sommet qui s\u2019ouvre aujourd\u2019hui à Vancouver pour discuter de la situation nord-coréenne ne sera pas le « who\u2019s who » diplomatique auquel on s\u2019attendait.Seulement 11 des 20 pays invités par le Canada et les États-Unis seront représentés par leur ministre des Affaires étrangères.Et la Chine, pays ayant le plus d\u2019ascendant sur le régime de Kim Jong-un, ne sera pas de la partie.La Russie n\u2019y sera pas non plus.Si certains voient déjà là un « demi- échec », d\u2019autres estiment qu\u2019il y a de la valeur à rappeler que les États-Unis de Donald Trump ne sont pas les seuls à s\u2019inquiéter des velléités nucléaires nord-coréennes.Le Canada aura tenu secrète la liste d\u2019invités jusqu\u2019à la dernière minute.Des 17 pays ayant combattu sous l\u2019égide de l\u2019ONU pendant la guerre de Corée, tous sont présents sauf l\u2019Éthiopie, l\u2019Afrique du Sud et le Luxembourg.S\u2019ajoutent à la liste des présences les pays ayant contribué au conflit de l\u2019époque sur le plan naval (Japon) ou médical (Inde, Danemark, Norvège, Suède et Italie).Mais tous ne dépêchent pas le chef de leur diplomatie.La France n\u2019y envoie qu\u2019un représentant, tout comme la Belgique, l\u2019Inde ou encore les pays limitrophes que sont l\u2019Australie, la Thaïlande et les Philippines.Quant à la Chine, la raison de son absence reste nébuleuse : a-t-elle été écartée ou a-t-elle décliné une invitation ?Les comptes rendus ne sont pas clairs à ce propos.« Ils n\u2019étaient pas invités au sommet », affirme une source gouvernementale canadienne qui préfère ne pas être nommée.Si un porte-parole américain a indiqué jeudi dernier que cette décision de ne pas inviter la Chine avait été prise « en conjonction » avec le Canada, la version des faits de cette source canadienne est plus nuancée.« On copréside cet événement avec les États-Unis et eux avaient une certaine idée de qui ils voulaient voir ici.Ça ne veut pas nécessairement dire qu\u2019on n\u2019est pas d\u2019accord avec les choix qu\u2019ils ont faits, mais pour le confort de tous, on trouvait que ce serait mieux si leur participation [celle de la Chine] était plus en marge de l\u2019événement.Mais ils [la Chine] ont refusé.» Cette source insiste sur le fait qu\u2019elle n\u2019a pas l\u2019intention «de présenter cela comme une source de désaccord entre nos deux pays».La Russie s\u2019était elle aussi fait inviter à un événement à la marge du sommet, invitation qu\u2019elle a elle aussi déclinée.L\u2019ambassade de Chine à Ottawa n\u2019a pas rappelé Le Devoir.Elle a fait parvenir au National Post une déclaration écrite indiquant que la Chine considère qu\u2019une liste d\u2019invitation basée sur les participants à la guerre de Corée (où les communistes coréens, chinois et russes affrontaient les Occidentaux) relève «d\u2019une mentalité de la guerre froide ».« La Chine considère depuis le début que cette rencontre est inutile et s\u2019y oppose fermement.» Pour Jocelyn Coulon, chercheur au CERIUM et ancien conseiller de l\u2019ex-ministre des Affaires étrangères Stéphane Dion, l\u2019absence de la Chine et de la Russie est en soi un « demi- échec ».La Chine et la Russie sont d\u2019importants joueurs dans la région, sans compter qu\u2019ils ont en partage des frontières avec la Corée du Nord.«On s\u2019enligne vers un flop », croit-il.« Finalement, la conférence est destinée à réaf firmer la solidité de la communauté internationale face à la dénu- cléarisation de la Corée du Nord.Ça ne prenait pas une nouvelle réunion à Vancouver pour dire cela ! » Fen Hampson, professeur en relations internationales à l\u2019Université Carleton, n\u2019est pas de cet avis.« C\u2019est une façon d\u2019envoyer le message à la Corée du Nord qu\u2019il n\u2019y a pas que les États-Unis qui s\u2019inquiètent de cette menace.» Mais ce sommet regroupe-t-il les bons joueurs ?Pourquoi avoir misé sur les combattants d\u2019il y a 60 ans ?Le Japon s\u2019est d\u2019ailleurs plaint un peu plus tôt ce mois-ci de la présence de la Grèce et de la Colombie.« En la matière, le nombre a son importance.Plus on est nombreux, mieux c\u2019est.» Charles-Philippe David, fondateur de la Chaire Raoul-Dandurand, adopte une position à mi-chemin des autres.Selon lui, il aurait été beaucoup plus utile que la Chine et la Russie participent à ce sommet, qui aurait dû par ailleurs se limiter à une poignée de pays participants, comme le Japon, les États-Unis et les deux Corées.« Les pourparlers auraient été plus productifs, explique-t-il.Je ne vois pas ce que la Grèce et la Colombie font là.» Mais il n\u2019est pas prêt à décréter que ce sommet est inutile.« Parfois, en relations internationales, les solutions sont celles qu\u2019on ne voit pas venir.Même si ça peut paraître une perte de temps, ce n\u2019est pas une mauvaise idée d\u2019essayer d\u2019ouvrir les canaux diplomatiques.» Blocus naval?Les États-Unis ont aussi l\u2019intention de soulever la question d\u2019un blocus naval afin de faire respecter les sanctions s\u2019appliquant contre la Corée du Nord.Deux navires livrant du pétrole au régime ont déjà été interceptés récemment \u2014 un battant pavillon de Hong Kong et l\u2019autre, de Panama.Mais la mesure n\u2019est pas systématique.Une des idées que mettent en avant les États-Unis est de dresser une liste noire des navires outrepassant les sanctions afin qu\u2019ils ne puissent plus accoster dans les autres ports du monde.À Ottawa, on indique seulement que « c\u2019est important d\u2019avoir une discussion sur un blocus maritime, mais cela est loin d\u2019être l\u2019objectif principal du sommet».Jean-Christophe Boucher, un professeur de sciences politiques spécialisé dans les questions d\u2019équipement militaire œuvrant à l\u2019université MacEwan, à Edmonton, rappelle qu\u2019un blocus naval est un sujet délicat.« Le blocus est souvent considéré comme une militarisation du problème.On ne sait pas clairement comment la Corée du Nord répondrait.Ça fait monter d\u2019un cran la température dans le conflit.» À la mi-décembre, lorsque l\u2019idée avait été évoquée par Washington, Pyongyang avait indiqué qu\u2019elle considérerait un tel blocus comme une «déclaration de guerre ».Le chef d\u2019État major canadien, Jonathan Vance, a déclaré en entrevue avec le Globe and Mail qu\u2019il y avait « les capacités militaires à l\u2019intérieur des forces armées» pour répondre à une éventuelle demande.M.Boucher croit plutôt que les effectifs canadiens disponibles se limitent au sous-marin NCSM Chicoutimi, stationné sur la côte ouest.De toute façon, dit-il, si le Canada offrait ses services, ce serait pour faire bonne figure plus qu\u2019autre chose.« Les États- Unis ont tellement de capacités là-bas que le Canada ne changerait à peu près rien en y allant.» Le Devoir CORÉE DU NORD Le sommet de Vancouver s\u2019ouvre en l\u2019absence de la Chine et de la Russie Il sera notamment question de l\u2019imposition d\u2019un blocus naval Les avis sont partagés sur la valeur de l\u2019excercice de Vancouver Séoul \u2014 Des délégués nord et sud-coréens ont entamé lundi des discussions sur de possibles prestations d\u2019artistes du Nord en février lors des Jeux olympiques au Sud, auxquels Pyongyang a accepté de participer.Après des mois d\u2019incertitude, la Corée du Nord a décidé la semaine dernière, lors du premier dialogue officiel intercoréen en plus de deux ans, d\u2019envoyer aux jeux de Pyeong- chang (9-25 février) une délégation comptant non seulement des athlètes, mais aussi des meneuses de claques ou encore des artistes.Quatre délégués du Nord et autant du Sud se sont retrouvés lundi dans la partie nord de la «zone commune de sécurité» (JSA) du village frontalier de Panmunjom, a annoncé le ministère sud-coréen de l\u2019Unification.Parmi la délégation nord-coréenne figurent Kwon Hyok-bong, un haut responsable du ministère nord-coréen de la Culture, et Hyon Song-wol, figure de proue du plus populaire groupe pop de Corée du Nord, Moranbong, qui est entièrement féminin.Cette formation créée en 2012 compte dix membres, qui seraient toutes choisies par le leader nord-coréen, Kim Jong-un.La délégation sud-coréenne comptait notamment lundi de hauts responsables de l\u2019Orchestre symphonique coréen, ce qui laisse penser que des artistes du Nord et du Sud pourraient se produire ensemble.Les deux Corées doivent également se réunir samedi prochain à Lausanne avec le Comité international olympique (CIO) pour discuter de la participation des athlètes du Nord.Le Sud a proposé au Nord un défilé en commun lors de la cérémonie d\u2019ouverture, ainsi qu\u2019une équipe féminine unie en hockey sur glace, a annoncé vendredi un ministre sud-coréen.Agence France-Presse Discussions entre les deux Corées L E D E V O I R , L E M A R D I 1 6 J A N V I E R 2 0 1 8 A C T U A L I T É S A 4 A L E X A N D R E S H I E L D S L\u2019 Union européenne pourrait ouvrir la porte à un recours plus étendu à la pêche électrique en mer dans le cadre d\u2019un vote qui se tient ce mardi.Cette méthode de pêche est dénoncée par des scientifiques et des groupes environnementaux, qui mettent en garde contre ses impacts sur les milieux marins.Cette méthode de pêche consiste à utiliser des chaluts munis d\u2019électrodes qui émettent des impulsions électriques, principalement pour électrocuter les poissons qui se tiennent dans les fonds marins.Cette technique permet notamment de récolter aisément les espèces de poissons de fond, y compris ceux qui se cachent dans les sédiments, dont la sole.La pêche électrique est interdite en Europe depuis 1998 par un règlement en faveur de la conservation des ressour - ces de pêche.Elle bénéficie cependant de dérogations depuis 2007, à titre expérimental.La réglementation en vigueur permet donc à chaque État membre de l\u2019Union européenne d\u2019équiper en électrodes jusqu\u2019à 5 % de sa flotte de chalutiers, et uniquement pour pêcher en mer du Nord.Débat sur les impacts Réuni à Strasbourg mardi, le Parlement européen pourrait décider d\u2019élargir les autorisations de recours à la pêche électrique, une demande maintes fois réitérée par le lobby des pêcheurs commerciaux des Pays-Bas.Pour ses par tisans, cette technique permet surtout de réduire la consommation de carburant des navires utilisés pour la pêche, ce qui réduit les coûts pour les entreprises.Elle aurait en outre de moins grands impacts sur les fonds marins que le chalutage traditionnel.En novembre dernier, la commission du Parlement européen a d\u2019ailleurs pris position en faveur du développement accru de la pêche électrique, une technique interdite dans plusieurs pays, dont les États-Unis.Mais à la veille du vote de ce mardi, des voix s\u2019élèvent pour réclamer « l\u2019interdiction totale » de cette pêche, un appel lancé lundi par la principale organisation française de restaurateurs et par le programme européen pour sensibiliser consommateurs et professionnels à la consommation durable des produits de la mer.« Les professionnels de la restauration sont totalement opposés à cette technique de pêche antiresponsable qui détr ui t les fonds marins, leur écosystème et abîme considérablement les poissons pêchés », ont ainsi fait valoir l\u2019Union des métiers et des industries de l\u2019hôtellerie (UMIH) et le programme Mr Goodf ish, par voie de communiqué.Pour l\u2019UMIH, « la dérogation accordée par l\u2019Union européenne en 2007 est déjà difficilement compréhensible », « l\u2019élargir serait contraire à la raison et condamnerait les océans à la chaise électrique ».Technique destructrice?Selon l\u2019organisation environnementale Bloom, les impacts sur la faune marine seraient tout simplement inacceptables : les poissons remontés dans les chaluts montrent souvent des brûlures, des ecchymoses et des déformations du squelette consécutives à l\u2019électrocution.Selon son directeur scientifique, Frédéric Le Ma- nach, « la technique est très efficace, mais elle transforme l\u2019océan en désert ».Il n\u2019existe par ailleurs pas, à l\u2019heure actuelle, d\u2019étude environnementale sur les impacts de cette méthode sur les œufs de poissons, les juvéniles ou certaines espèces particulièrement sensibles, comme les requins, qui ne sont pas visées par la technique.Dans un avis scientifique publié avant l\u2019autorisation de dérogations à l\u2019interdiction de la pêche électrique, en 2007, l\u2019organe scientifique de la Commission européenne, le Comité scientifique, technique et économique de la pêche, mettait en garde contre « un certain nombre de problèmes qui doivent être résolus avant que toute dérogation puisse être accordée ».Dans une tribune publiée mi-novembre dans Le Monde, des scientifiques et des responsables politiques européens, dont l\u2019ex-ministre française de l\u2019Écologie Ségolène Royal, avaient appelé l \u2019Europe à prohiber définitivement une technique « tout aussi menaçante pour les ressources que pour les pê- cheurs eux-mêmes ».Avec l\u2019Agence France-Presse Le Devoir L\u2019Europe se prononce sur un recours accru à la pêche électrique « La technique est très efficace, mais elle transforme l\u2019océan en désert », dénoncent les écologistes KOJI UEDA ASSOCIATED PRESS La pêche électrique est interdite en Europe depuis 1998, mais elle bénéficie cependant de dérogations depuis 2007, à titre expérimental.B E C K Y D A V I S à Pékin L e mastodonte gît au fond de l\u2019eau, mais en surface la mer a continué de brûler : le naufrage du pétrolier iranien Sanchi pourrait provoquer une catastrophe écologique majeure en mer de Chine orientale.Le bâtiment, qui transportait 136 000 tonnes de condensats, des hydrocarbures légers, a sombré dimanche après avoir brûlé pendant une semaine à la suite d\u2019une collision avec un cargo à environ 300 km à l\u2019est de Shanghai.Seuls trois corps ont été récupérés sur les 32 membres d\u2019équipage qui se trouvaient à bord, 30 Iraniens et deux Bangladais.Il n\u2019y a aucun espoir de retrouver des survivants et les opérations de recherche ont été interrompues.«Des nappes d\u2019hydrocarbures en provenance du bateau continuent à brûler » à la surface de l\u2019eau, a indiqué lundi matin le ministère chinois des Transports.D\u2019après la télévision nationale, l\u2019incendie a cessé vers 10 h.Des navires équipés de lances à incendie arrosaient la sur face de l\u2019eau à l\u2019aide de produits détergents.Mais l\u2019autorité maritime chinoise a averti dans un second temps lundi que la marée noire s\u2019étendait, avec « plusieurs » nappes de pétrole « beaucoup plus importantes qu\u2019hier ».Trois nappes distinctes, mesurant jusqu\u2019à 18,2 kilomètres de long, ont été repérées par des avions de surveillance, a annoncé l\u2019Administration océanique d\u2019État (SOA), citée par l\u2019agence de presse Xinhua.La marée noire devrait se déplacer vers le nord en raison des vents et des courants marins, a ajouté la SOA.« Le travail d\u2019élimination de la pollution est l\u2019un de nos objectifs.Personne ne veut assister à une nouvelle catastrophe de grande ampleur », a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Lu Kang, qui a ajouté que la cause de l\u2019accident faisait l\u2019objet d\u2019une enquête.L\u2019équivalent de l\u2019Exxon Valdez L\u2019accident constitue « le plus gros rejet de condensats dans la nature de toute l\u2019histoire du pétrole », commente depuis l\u2019Alaska Richard Steiner, un spécialiste des marées noires, qui suppose que la totalité de la cargaison a été soit brûlée, soit répandue en mer.«Vu le mauvais état de la coque après une semaine d\u2019explosions et d\u2019incendie, il est probable que tous les réservoirs aient été endommagés et que tous les condensats ainsi que le carburant se soient déversés», explique-t-il à l\u2019AFP.Même si seul un cinquième de la cargaison s\u2019était retrouvé dans la mer, cela représenterait l\u2019équivalent de la marée noire de l\u2019Exxon Valdez, qui a dévasté les côtes de l\u2019Alaska en 1989, ajoute l\u2019expert.À la différence près que l\u2019Exxon Valdez transportait du pétrole brut, pas des condensats.Difficile donc de prédire l\u2019impact d\u2019une telle quantité de condensats sur l\u2019environnement marin, d\u2019après le spécialiste, pour qui le « record » jusqu\u2019à présent ne dépassait pas 1000 tonnes.Les condensats sont des hydrocarbures qui existent à l\u2019état gazeux quand ils se trouvent au fond d\u2019un gisement, mais qui se condensent lorsqu\u2019ils sont refroidis.En plus de sa cargaison, le Sanchi pouvait transporter environ 1000 tonnes de diesel lourd pour faire tourner ses machines.Depuis la collision du pétrolier avec un navire hongkongais, Pékin se veut rassurant.Les condensats auront « moins d\u2019impact sur l\u2019océan » que les autres types de pétrole et un impact « minime » sur l\u2019homme vu l\u2019éloignement des côtes, a souligné dimanche un ingénieur de l\u2019Administration nationale des océans, Zhang Yong, cité par la télévision publique.Mais le naufrage du bateau avant que la totalité de la cargaison ait brûlé constitue « la pire éventualité possible », a déclaré au quotidien Global Times le militant écologiste Ma Jun.Les condensats « empoisonnent la faune sous-marine », a-t-il averti.Nuage toxique entre deux eaux À la différence du brut, les condensats, une fois rejetés en mer, ne forment pas une nappe en surface, mais plutôt un nuage toxique qui flotte entre deux eaux.Cétacés, poissons, oiseaux et plancton qui entrent en contact avec cette pollution peuvent soit mourir à brève échéance soit contracter des maladies, des infirmités ou encore devenir stériles, selon Richard Steiner.Or, la région est une importante zone de frai pour de nombreuses espèces de gros poissons, dont les œufs ont été « sans aucun doute exposés » aux rejets toxiques, ajoute le spécialiste, avant de déplorer l\u2019absence de données écologiques sur l\u2019accident maritime.« Comme personne n\u2019a mené d\u2019évaluation scientifique, les gouvernements comme les propriétaires du bateau vont pouvoir dire que les dégâts sont limités», prédit-il.Agence France-Presse Menace de catastrophe écologique après le naufrage du Sanchi en mer de Chine orientale Le pétrolier iranien transportait 136 000 tonnes d\u2019hydrocarbures légers MINISTÈRE CHINOIS DES TRANSPORTS / AGENCE FRANCE-PRESSE Des navires chinois essayant d\u2019endiguer l\u2019incendie sur le Sanchi le 11 janvier dernier.Le pétrolier a finalement sombré dans la mer dimanche, ne laissant aucun survivant.M A R I E V A S T E L Correspondante parlementaire à Ottawa L\u2019 ex-otage canadien Joshua Boyle, qui fait face à 15 chefs d\u2019accusation, restera derrière les barreaux encore dix jours, le temps que la couronne et ses avocats tiennent une conférence préparatoire.Joshua Boyle n\u2019a rien dit en apprenant la nouvelle, lors d\u2019une brève comparution lundi, mais il a haussé les sourcils, l\u2019air visiblement excédé.L\u2019homme de 34 ans est en prison depuis son arrestation, à Ottawa, le 1er janvier.Ses avocats, la couronne et le juge se réuniront le 24 janvier pour discuter de son dossier et convenir notamment de la durée de son procès.Lorsque la juge lui a demandé s\u2019il comprenait ce dont venaient de convenir ses avocats et ceux de la couronne, l\u2019accusé, qui comparaissait par vidéo- conférence, a répondu : « Je n\u2019en ai aucune idée.» La juge le lui a expliqué et lui a indiqué qu\u2019il serait réinvité à comparaître en cour, toujours par vidéoconférence, le 26 janvier.M.Boyle n\u2019a rien dit, mais il semblait irrité.La défense a fait valoir qu\u2019il lui manquait toujours des éléments de preuve, soit une transcription d\u2019entrevue et les détails d\u2019un appel au 911.La couronne a assuré que le tout serait rendu disponible sous peu.Joshua Boyle fait face à des accusations d\u2019agression sexuelle, de voies de fait et de séquestration, de même que de menaces de mort, d\u2019avoir «administré une substance délétère» et d\u2019avoir induit la police en erreur.Un interdit de publication empêche de divulguer des informations qui pourraient permettre d\u2019identifier les victimes ou les témoins dans cette affaire.M.Boyle et sa femme, Caitlan Coleman, qui est d\u2019origine américaine, ont été enlevés en Afghanistan en 2012 alors qu\u2019elle était enceinte.Ils ont été relâchés en octobre dernier avec leurs trois jeunes enfants, tous nés en captivité.Les gestes reprochés à Joshua Boyle auraient été commis entre leur retour au pays, mi- octobre, et le 30 décembre dernier.Les accusations n\u2019ont pas été prouvées en cour.Le Devoir Joshua Boyle reviendra en cour dans dix jours L\u2019ex-otage demeure en prison NATHAN DENETTE LA PRESSE CANADIENNE Joshua Boyle Les condensats, une fois rejetés en mer, forment un nuage toxique qui flotte entre deux eaux C inq ans après avoir suggéré des cibles de réduction de sel à l\u2019industrie alimentaire canadienne, Santé Canada estime que la grande majorité des produits transformés sont encore trop salés pour la consommation.Dans un rappor t publié lundi, le ministère constate que seulement 14 % des catégories d\u2019aliments ont respecté les cibles de réduction.Ces objectifs avaient été fixés en 2012, de concert avec l\u2019industrie et les spécialistes du secteur de la santé.De plus, 48 % des catégories d\u2019aliments n\u2019ont pas diminué le sel de façon importante, et certains ont même augmenté leur teneur en sodium.Par exemple, les barres de céréales, le fromage à la crème, les croustilles ainsi que les margarines sont encore trop salés, selon le ministère.C\u2019est le cas aussi pour le thon et des volailles en conserve, les ailes de poulet et les pizzas congelées.Des progrès importants ont cependant été constatés pour les fromages à pâte ferme tels que le parmesan, de même que pour le poisson fumé, le tofu, le pesto et la pâte de tomates.Risques pour la santé Selon Santé Canada, un excès de sel provoque de l\u2019hypertension artérielle, un facteur de risque pour les maladies cardiaques et les accidents vasculaires cérébraux (AVC).Les Canadiens devraient consommer un maximum de 1500 milligrammes de sel par jour.Pourtant, plus de 80 % d\u2019entre eux consomment plus de 2300 milligrammes par jour.Santé Canada constate ainsi que les fabricants « n\u2019ont pas agi suf fisamment » pour atteindre les cibles.Le ministère s\u2019engage donc à proposer de nouveaux règlements pour tenter de remédier à la situation.Il prévoit notamment suggérer d\u2019apposer une étiquette sur les aliments élevés en sodium pour que les Canadiens soient mieux informés de ce qu\u2019ils consomment.« Parallèlement, Santé Canada a proposé d\u2019introduire des règlements visant à restreindre la publicité de boissons et d\u2019aliments malsains aux enfants de moins de 13 ans.La définition de « malsain » tiendra compte de la teneur en sodium des aliments», est-il écrit dans le rapport.L\u2019Association pour la santé publique du Québec (ASPQ) s\u2019est désolée de ces résultats et a encouragé le gouvernement à s\u2019attaquer plus fermement au sel, « le nouvel ennemi public».« Comme ce fut le cas pour l\u2019élimination des gras trans de l\u2019assiette des Canadiennes et des Canadiens, le Dr Jalber t conclut qu\u2019il vaut mieux prévenir que guérir.Santé Canada devrait imposer des cibles de réduction de sel dans les aliments transformés à l\u2019industrie agroalimentaire, afin de protéger et ultimement d\u2019améliorer la santé de toutes et de tous », indique l\u2019organisation dans un communiqué, citant le docteur Yves G.Jalbert, spécialiste de contenu à l\u2019ASPQ.La Presse canadienne M A R I E V A S T E L Correspondante parlementaire à Ottawa L es difficultés de l\u2019enquête nationale sur les femmes autochtones ont assez duré, de l\u2019avis des partis d\u2019opposition à Ottawa.Néodémocrates et conservateurs estiment que le gouvernement doit s\u2019en mêler et faire le ménage à la tête de la commission d\u2019enquête.C\u2019était au tour de la nouvelle directrice générale de l \u2019équipe, Debbie Reid, de quitter son poste la semaine der nière.On apprenait du même coup qu\u2019un des avocats de l \u2019ai le québécoise de la commission, Me Alain Arse- nault, avait lui aussi claqué la por te en décembre dernier en citant des divergences professionnel les importantes.L\u2019enquête nationale compte maintenant 14 démissions et c inq l icencie - ments depuis sa mise sur pied en septembre 2016.« Ce processus a été truffé de problèmes depuis sa création et cela crée un traumatisme pour les familles de devoir voir tout cela se dérouler ainsi.À ce stade-ci, il doit y avoir une refonte complète », a af firmé le néodémocrate Charlie Angus lundi.Le gouvernement de Justin Trudeau devrait consulter les familles et les chefs autochtones, afin de convenir de la meilleure façon d\u2019assurer le bon fonc- t ionnement de l \u2019enquête.Mais celle-ci, à son avis, ne peut plus continuer telle quelle.« Tout le processus doit être relancé », a-t-il conclu, en rappelant que la Commission de vérité et réconciliation qui se penchait sur les pensionnats autochtones avait elle- même connu des débuts dif ficiles avant que ses trois commissaires ne soient remplacés un an après le début de ses travaux.Le gouver ne- ment devrait faire de même selon lui pour l\u2019Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées.La conser vatr ice Cathy McLeod estime quant à elle que la commissaire en chef, Marion Buller, doit être remplacée pour donner un nouveau souf f le à la commission.Une demande formulée par plusieurs chefs autochtones qui ont adopté, lors d\u2019une rencontre de l\u2019Assemblée nat ionale des Premières Nations en décembre, une résolut ion récla - mant le l icenciement de Mme Buller.La commissaire en chef avait rétorqué qu\u2019elle ne quitterait pas son poste.«Les conservateurs appuient l\u2019enquête nationale [\u2026], tant que celle-ci appor te des réponses et apaise les familles des victimes qui en ont tant besoin, et qu\u2019elle leur permette de tourner la page », a fait valoir Mme McLeod sur T witter vendredi dernier, à la suite de la démission de la directrice générale, Debbie Reid.Les appels de l\u2019opposition sont restés sans réponse.La ministre des Relations Cou- ronne-Autochtones, Carolyn Bennett, s\u2019est contentée de réitérer lundi par l\u2019intermédiaire d\u2019une porte-parole que son « gouvernement est déterminé à faire en sorte que les familles obtiennent les réponses qu\u2019elles attendent » et que « le mandat de la commission est clair \u2014 les familles doivent être au cœur de son travail ».La ministre s\u2019était dite « préoccupée », vendredi dernier, du rythme du « roulement de personnel à la commission d\u2019enquête », mais elle ne s\u2019est pas prononcée sur les demandes de licenciement de la commissaire en chef, Marion Buller.La Commission de vérité et réconciliation avait vu ses trois commissaires démissionner de leurs postes moins d\u2019un an après leur nomination en 2008.Le gouver nement leur avait nommé trois successeurs en 2009, dont le nouveau sénateur Mur ray Sinclair.Le mandat de l\u2019enquête nationale sur les femmes autochtones est cependant dif férent, puisqu\u2019il a obtenu l \u2019aval de toutes les provinces.Le fédéral aurait donc besoin de l\u2019accord de l \u2019ensemble de ses homologues s\u2019il voulait remplacer la commissaire en chef ou l\u2019ensemble des commissaires.Le Devoir L E D E V O I R , L E M A R D I 1 6 J A N V I E R 2 0 1 8 A C T U A L I T É S A 5 Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 DARRYL DYCK LA PRESSE CANADIENNE La conservatrice Cathy McLeod estime que la commissaire en chef, Marion Buller (photo), doit être remplacée pour donner un nouveau souffle à la commission.ENQUÊTE SUR LES FEMMES AUTOCHTONES Il est temps de faire table rase, pense l\u2019opposition Les aliments transformés encore trop salés malgré les cibles de Santé Canada L\u2019agression sur une jeune musulmane n\u2019a pas eu lieu La police de Toronto a indiqué lundi que l\u2019histoire voulant qu\u2019un homme ait coupé avec des ciseaux le foulard islamique d\u2019une jeune fille de onze ans, la semaine dernière, était non fondée.Le Service de police de Toronto a mené son enquête sur ce qui était alors considéré comme un crime haineux.Elle conclut au- jourd\u2019hui que les allégations n\u2019étaient pas fondées et annonce que son enquête est maintenant close.Aucune accusation ne sera par ailleurs portée contre la jeune fille, Khawlah Noman.L\u2019affaire avait fait le tour du pays, vendredi, et les premiers ministres Justin Trudeau et Kathleen Wynne avaient condamné le geste.La Presse canadienne Inconduites sexuelles : des cours de Concordia «réassignés » Deux professeurs du Département d\u2019études anglaises de l\u2019Université Concordia ont été retirés de leur salle de cours.Leurs cours sont donnés par d\u2019autres enseignants et les livres qu\u2019ils ont écrits ont été retirés de la vitrine de la bibliothèque, a affirmé l\u2019Association des étudiants de Concordia.La réassignation des cours serait en vigueur alors qu\u2019une «tierce partie mène une enquête», écrivent-ils dans une déclaration publiée en ligne vendredi.Plus tôt la semaine dernière, un ancien étudiant de Concor- dia, Mike Spry, écrivait dans un billet de blogue avoir été témoin d\u2019un nombre « incalculable de cas de gestes d\u2019affection non désirés, d\u2019attouchements, de remarques et de propositions inappropriées» de la part de professeurs de ce département.Un texte qui faisait également écho à d\u2019autres dénonciations en 2014.Le recteur, Alan Shepard, avait dit traiter ces allégations «avec le plus grand sérieux», lançant une enquête dès le lendemain.Le Devoir J E A N N E C O R R I V E A U M ontréal entend mettre à jour le code d\u2019éthique des élus afin d\u2019y inclure un ar ticle sur le harcèlement sexuel.Après chaque élection municipale, les villes sont tenues d\u2019adopter leur code d\u2019éthique.Le document décrit les règles de conduite des élus, définit les conflits d\u2019intérêts et précise les obligations des élus lorsque des cadeaux leur sont remis.C\u2019est à la Commission de la présidence, présidée par la conseillère Cathy Wong, que revenait la responsabilité de dépoussiérer le code.L\u2019ancien code stipulait simplement que les élus mont- réalais devaient « en tout temps agir avec respect à l\u2019égard des autres membres du conseil ».La nouvelle version du code proposée par la Commission de la présidence indique que l \u2019élu doit non seulement agir avec respect à l\u2019égard de ses collègues, mais qu\u2019il lui faut faire preuve du même respect envers les employées et employés de la Ville ainsi qu\u2019avec les membres du personnel du cabinet.Un nouvel ar ticle a aussi été ajouté.« Les membres du conseil doivent favoriser le maintien d\u2019un climat de travail harmonieux et respectueux et d\u2019un milieu de travail sain et exempt de toute forme de harcèlement », peut-on lire dans le document qui sera entériné mercredi prochain par le comité exécutif.L\u2019opposit ion juge que le nouveau code ne va pas assez loin et demande l\u2019ajout d\u2019un chapitre sur les inconduites sexuelles.« Le harcèlement se définit comme étant répétitif.L\u2019inconduite est ponctuelle.On veut s\u2019assurer que les victimes puissent réagir immédiatement », a expliqué la conseillère Marie-Josée Parent.La proposition de l\u2019opposition suggère également que les élus suivent une formation obligatoire sur le harcèlement.Le chef de l\u2019opposition, Lionel Perez, dit ne pas avoir eu connaissance d\u2019inconduites sexuelles de la par t d\u2019élus montréalais, « mais aucune institution n\u2019en est exempte », a-t-il tenu à préciser.L\u2019opposition compte présenter une motion au sujet de sa demande lors la prochaine séance du conseil municipal du 22 janvier.Le Devoir HARCÈLEMENT SEXUEL Le code d\u2019éthique des élus montréalais sera modifié JACQUES NADEAU LE DEVOIR La conseillère Cathy Wong Lac-Mégantic : autre journée sans verdict Sherbrooke \u2014 Les jurés continueront leurs délibérations pour une sixième journée mardi matin, au procès pour négligence criminelle dans le déraillement mortel d\u2019un train à Lac-Mégan- tic en 2013.Lundi, ils ont posé leurs premières questions au juge depuis qu\u2019ils ont été placés en isolement.Ils ont demandé un dictionnaire et des éclaircissements sur quelques notions juridiques.Le dictionnaire qu\u2019ils avaient demandé leur a été refusé, mais le juge Gaétan Dumas, de la Cour supérieure, leur a offert des réponses à leurs questionnements en fin de journée, jeudi.Le jury a pour tâche de décider du sort de Thomas Harding, Richard Labrie et Jean Demaître, qui ont été accusés à la suite de la tragédie du 6 juillet 2013 lors de laquelle 47 personnes ont été tuées.La Presse canadienne Arrestation pour vente d\u2019identités Quelque trois milliards d\u2019identités et de mots de passe ont été volés et mis en vente sur un site Web, a révélé lundi la Gendarmerie royale du Canada (GRC) qui a arrêté l\u2019administrateur du site pour ces infractions alléguées.Jordan Evan Bloom, âgé de 27 ans, de Thornhill, en Ontario, a été arrêté par la police fédérale le 22 décembre dernier, a dévoilé la GRC lundi.Le service de police ne pouvait préciser combien de Canadiens avaient été touchés par ces activités illégales.M.Bloom est accusé d\u2019avoir vendu sur le site Web leakedsource.com des identités volées.Ces informations auraient été obtenues à partir de brèches de sécurité déjà connues, comme celles de LinkedIn et du site de rencontres Ashley Madison.L\u2019accusé a eu le temps d\u2019empocher environ 247 000$, selon la GRC.La police nationale néerlandaise et le FBI ont collaboré à cette enquête.La Presse canadienne 14 % Proportion des catégories d\u2019aliments qui ont respecté les cibles de Santé Canada «Ce processus a été truffé de problèmes depuis sa création et cela crée un traumatisme pour les familles» Pris en défaut en décembre 2016 pour ses vacances chez l\u2019Aga Khan, le premier ministre Justin Trudeau se montre maintenant ouvert à donner plus de muscles à la Loi sur les conflits d\u2019intérêts.Ce n\u2019est pas trop tôt, la commissaire sortante aux conflits d\u2019intérêts et à l\u2019éthique le recommandant depuis des années.e rapport de la commissaire Mary Dawson sur le voyage du premier ministre sur l\u2019île privée de l\u2019Aga Khan a eu l\u2019ef fet d\u2019un coup de tonnerre en décembre.Justin Trudeau, disait-elle, avait enfreint quatre articles de la Loi sur les conflits d\u2019intérêts, une première pour un premier ministre canadien.Considérant jouir de l \u2019hospitalité d\u2019un ami, M.Trudeau était persuadé de respecter les règles, au point de ne même pas demander l\u2019avis de Mme Dawson avant de s\u2019exécuter.Mal lui en prit.Selon Mary Dawson, l\u2019Aga Khan n\u2019était pas vraiment un ami intime du premier ministre.Et même si cela avait été le cas, elle lui aurait déconseillé d\u2019y aller, car les organisations charitables de l\u2019Aga Khan traitent avec le gouvernement et un de leurs membres est même inscrit au Registre des lobbyistes.Actuellement, la loi interdit d\u2019accepter un cadeau « qui pourrait raisonnablement donner à penser qu\u2019il a été donné pour influencer le titulaire dans l\u2019exercice de ses fonctions of ficielles ».Il y a toutefois des exceptions, comme celle permettant les cadeaux et faveurs venant de parents ou d\u2019amis.Selon la commissaire, cette exception devrait disparaître, et elle a raison.Ce n\u2019est pas le seul article qui devrait être modifié.Quand on a appris cet automne que le ministre des Finances, Bill Morneau, ne s\u2019était pas départi de tous ses avoirs dans l\u2019entreprise familiale Morneau Shepell et n\u2019avait pas confié la gestion du reste de sa fortune à une fiducie sans droit de regard, la surprise fut générale.Après tout, la loi exige des ministres qu\u2019ils vendent ou confient leurs avoirs à une fiducie dans les 120 jours suivant leur nomination.Mais il y a une échappatoire qui permet à un ministre de confier la gestion de ses avoirs à un holding sur lequel il garde un contrôle indirect , ce dont M.Morneau s\u2019est prévalu.Le gros bon sens aurait dû lui dicter de se plier aux règles les plus exigeantes.Aux États-Unis, le secrétaire au Trésor, l\u2019équivalent de notre ministre fédéral des Finances, est tenu de mettre ses avoirs dans une fidu- cie sans droit de regard.Son pouvoir d\u2019influence sur l\u2019économie est trop important pour risquer ne serait-ce que l\u2019apparence d\u2019un conflit d\u2019intérêts.Les exigences doivent être les mêmes au Canada et s\u2019appliquer à tous les ministres dont les décisions peuvent influer directement ou indirectement sur la valeur de leurs actifs.Mme Dawson pense la même chose et a recommandé à plus d\u2019une reprise de corriger la loi en ce sens.En vain.Après les révélations au sujet de M.Morneau, l\u2019opposition a pris le relais, sans succès.?Jusqu\u2019à la semaine dernière.À la sortie de la réunion de son cabinet vendredi, M.Trudeau a entrouvert la porte à des changements.« Je suis toujours heureux d\u2019accepter les recommandations d\u2019exper ts et de dif férentes personnes, comme la commissaire sortante ou l\u2019actuel commissaire, afin de nous assurer que nos institutions et les gens chargés de les protéger puissent continuer à faire ce qu\u2019il y a de mieux et de la meilleure manière pour les Canadiens », a-t-il dit.Voilà qui est bien venu, mais il est dommage qu\u2019il ait fallu un rappor t accablant pour en persuader M.Trudeau.Ce n\u2019est pas la première fois qu\u2019il attend d\u2019être dans l\u2019embarras pour voir la lumière.Il a fallu un tollé pour qu\u2019il renonce à ses controversés cocktails privés avec de riches donateurs libéraux et que son gouvernement présente des changements à la loi électorale pour interdire cette pratique.La Loi sur les conflits d\u2019intérêts doit être modifiée afin d\u2019éliminer l\u2019échappatoire permettant aux ministres de garder un contrôle indirect sur leurs actifs et d\u2019accepter de généreux cadeaux de leurs amis qui ont des liens d\u2019affaires, financiers ou réglementaires avec le gouvernement.Un minimum de jugement ou de gros bon sens aurait dû suf fire à éviter ces problèmes, mais cer tains, comme on l \u2019a vu avec MM.Tr udeau et Morneau, ont besoin de voir cer taines choses écrites noir sur blanc dans une loi pour comprendre qu\u2019elles ne se font pas.Et malheureusement, ils ne sont certainement pas les seuls.mcornellier@ledevoir.com L E D E V O I R , L E M A R D I 1 6 J A N V I E R 2 0 1 8 A 6 EDITORIAL L E T T R E S L I B R E O P I N I O N J O H A N N E V I L L E N E U V E Mont-Saint-Hilaire Réaction à la chronique de Francine Pelletier publiée le 10 janvier, «Blade Runner devra passer son tour».S ous le régime stalinien, les écrivains et les artistes soviétiques se sont vu imposer une doctrine appelée « réalisme soviétique ».En gros, celle-ci leur laissait deux options dans l\u2019élaboration de leurs œuvres : fournir des modèles édifiants et représenter la lutte des classes.Étrangement, la chronique de Francine Pelletier sur le Blade Runner 2049 de Denis Villeneuve a des relents de cette vieille doctrine, adaptée au goût du jour.En effet, dans sa critique du film, elle attend de celui-ci qu\u2019il fournisse aux femmes des modèles positifs auxquels elles puissent « s\u2019identifier » (c\u2019est le terme qu\u2019elle utilise) et qu\u2019il représente la lutte des femmes contre les préjugés entretenus par les hommes sur leur compte.Elle reproche au film d\u2019emprunter le « véhicule supra macho » de la science-fiction hollywoodienne, avec ses « belles pépées inter- galactiques » \u2014 a-t-elle vu autre chose que le Barbarella de 1968 pour réduire la science-fiction à ces clichés ?Soit dit en passant, dans la nouvelle trilogie Star Wars, les femmes triomphent.La lecture qu\u2019elle fait du film de Villeneuve est à l\u2019avenant.Tout est dans la manière Heureusement, il y a d\u2019autres lectures.Si les femmes sont réduites à des stéréotypes dans le film de Villeneuve, n\u2019est-ce pas parce que le monde dans lequel les personnages évoluent a littéralement perdu son humanité, réduisant les enfants à l\u2019esclavage, les femmes au statut d\u2019images, tandis que les hommes sont confrontés à leur condition de répliquants ?Dans un tel monde, les fantasmes sont tristes et tout désir demeure en reste.Que le désir soit ici celui de l\u2019homme n\u2019a rien de sexiste, car ce monde s\u2019au- todésigne comme l\u2019aboutissement du nôtre.Et en quoi serait-ce passéiste de traiter du désir masculin ?Tout dépend de la manière dont on en traite.Blade Runner 2049 n\u2019est pas aux Oscar cette année, non pas parce qu\u2019il est « davantage tourné vers le passé », comme l\u2019écrit péremptoirement Francine Pel let ier, mais parce que la machine hollywoodienne est complexe et qu\u2019elle carbure aux buzz.Villeneuve a peut-être passé son tour, d\u2019autres lobbys se sont activés.Dans l\u2019histoire de cette « industrie », de très grands films n\u2019ont pas été reconnus aux Oscar (Citizen Kane d\u2019Orson Welles n\u2019a obtenu que l \u2019Oscar du meil leur scénario en 1942, alors que l\u2019American Film Institute le considère aujourd\u2019hui comme le plus grand film de tous les temps).Se pourrait-il, par ailleurs, qu\u2019Hollywood soit en train d\u2019acheter la paix ?Auquel cas le dérangement tectonique dont parle Francine Pelletier s\u2019apparenterait à une belle instrumentali- sation de l\u2019af faire Weinstein.Quant à savoir qui est tourné vers le passé, on en revient à Staline\u2026 Une autre lecture de Blade Runner FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente du développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-président des ventes publicitaires MARK DROUIN Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Directeur de l\u2019information numérique FLORENT DAUDENS Adjoints PAUL CAUCHON, VALÉRIE DUHAIME, LOUIS GAGNÉ, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur de la production CHRISTIAN GOULET leur donne des conditions pour y arriver.Pierre Gaudreau, directeur du Réseau d\u2019aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM) Le 15 janvier 2018 Le père Emmett Johns, un héritage exceptionnel C\u2019est avec beaucoup d\u2019émotion que toutes les personnes touchées par les réalités de l\u2019itinérance ont appris le décès du père Emmett Johns «Pops».Il y a d\u2019abord des milliers de jeunes (au- jourd\u2019hui devenus adultes et par fois même retraités !) qui ont bénéficié du soutien de son action depuis 30 ans.L\u2019œuvre de Pops a été remarquable, par son approche terrain d\u2019aide inconditionnelle et sa reconnaissance du droit à l\u2019erreur.Son travail devenu celui d\u2019un organisme solide avec toute une équipe a permis à des milliers de jeunes d\u2019éviter la rue et de s\u2019en sortir.Il a légué un héritage exceptionnel avec l\u2019action toujours nécessaire de Dans la rue 30 ans plus tard, avec son centre de jour, son hébergement, son école de la rue, son motorisé qui sillonne les rues et ses logements sociaux.Pour tout notre réseau, dont Dans la rue est devenu un membre actif il y a une douzaine d\u2019années, son décès amène une tristesse, mais aussi une incitation à poursuive son œuvre.Il mérite certes de grandes funérailles.Espérons que les hommages qu\u2019il a déjà reçus des premiers ministres et de la mairesse seront suivis d\u2019un soutien encore plus important de leur part aux actions nécessaires pour venir en aide aux jeunes et moins jeunes, qui sont dans la rue ou à risque de l\u2019être.Car ce que l\u2019on doit retenir de Pops, c\u2019est une action et un héritage exceptionnels, mais aussi la capacité admirable qu\u2019ont les personnes en difficulté de s\u2019en sor tir, lorsqu\u2019on les écoute, les comprend, les aide, les accompagne et qu\u2019on CONFLITS D\u2019INTÉRÊTS Il faut améliorer la loi L MANON CORNELLIER Blade Runner 2049 n\u2019est pas aux Oscar cette année parce que la machine hollywoodienne est complexe et qu\u2019elle carbure aux buzz.Non, Mesdames ! Il n\u2019y a pas qu\u2019aux hommes qu\u2019il faut savoir dire non quand ils nous importunent, nous bousculent et nous poursuivent de leur désir sexuel prétendument irrépressible.Il faut aussi savoir dire non aux femmes qui ont réussi grâce à leur talent et à leur travail à s\u2018affirmer suffisamment pour se sentir à l\u2019abri du désir inopportun voire agressif de certains hommes lorsqu\u2019elles manifestent une totale incompréhension des femmes qui n\u2019ont ni leur situation ni leur pouvoir.Il faut savoir dire non aux femmes solides qui accusent les plaignantes de jouer aux victimes et leur intiment de passer rapidement à autre chose, même en cas de viol.Il faut savoir dire non aux femmes lettrées qui utilisent la sémantique pour justifier leur complaisance envers les hommes.La galanterie française issue de l\u2019amour cour tois (relisez vos classiques, mesdames !) a été inventée pour protéger les femmes de la violence sexuelle masculine, pas pour justifier les gestes des harce- leurs ; le féminisme n\u2019est pas la haine des hommes, mais la promotion du respect des femmes et de leurs droits ; la liberté sexuelle n\u2019est pas la libération à temps et à contretemps du désir masculin, mais le pouvoir de choisir qui nous touche et dans quelles conditions.Il faut également savoir dire non à un écrivain célèbre déclarant comme si c\u2019était une révélation que « tous les hommes ne sont pas des porcs».Nous le savons; c\u2019est avec les autres que nous vivons.Mais cela ne devrait pas nous empêcher de dénoncer ceux qui le sont effectivement et ceux et celles qui au mieux s\u2019en amusent ou les tolèrent, et au pire les protègent.Il y a des jours où il m\u2019est difficile d\u2019être fière de mes origines françaises.Marie-Paule Desaulniers, éducatrice sexuelle Trois-Rivières, le 14 janvier 2018 Un minimum de jugement ou de gros bon sens aurait dû suffire à éviter ces problèmes La pétroleuse et les pétrolières La mégalopole New York poursuit en justice cinq pétrolières géantes (BP, Chevron, ConocoPhillips, ExxonMobil et Shell), qu\u2019elle estime responsables des coûts dus au dérèglement du climat.De son côté, Chevron a dénoncé une action qui ne résoudra pas «la grave question des changements climatiques » (l\u2019admission d\u2019une grande pollueuse que n\u2019a même pas encore faite le président Donald Trump).Le maire de New York, Bill de Blasio, a en même temps annoncé qu\u2019il entendait retirer du secteur des énergies fossiles les investissements du fonds de retraite de la Ville de plus de 190 milliards $US.Que voilà une décision qu\u2019il aurait fallu prendre bien avant d\u2019entamer la poursuite, car il est clair que ces investissements nuiront à la cause de la Ville.En effet, la partie défenderesse voudra savoir : « Si ces pétrolières vous causaient autant de torts, pourquoi y avoir investi votre argent jusqu\u2019à tout récemment ?» Avis aux divers ordres gouvernementaux : ne tardez pas à retirer vos billes des énergies fossiles, parce que cela pourrait vous jouer de mauvais tours quand viendra le moment de faire payer les principaux coupables.Sylvio Le Blanc Montréal, le 12 janvier 2018 L E D E V O I R , L E M A R D I 1 6 J A N V I E R 2 0 1 8 A 7 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon (chef de division), Robert Dutrisac, (éditorialiste), Michel Garneau et Pascal Élie (caricaturistes), Jacques Nadeau (photographe), Olivier Zuida (recherchiste photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division et reporter), Stéphane Baillargeon (généraliste), Gérald Dallaire (pupitre), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Jean Dion (sports), Marco Fortier (éducation), Lisa-Marie Gervais (diversité), Pauline Gravel (sciences), Jessica Nadeau (éducation).Alexandre Shields (environnement); information politique : Michel David (chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Marie-Michèle Sioui (correspondants parlementaires à Québec) Dave Noël (recherche), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec); information culturelle : Guillaume Bourgault-Côté (politiques culturelles), Julie Carpentier (pupitre), Fabien Deglise (livres), Catherine Lalonde (arts vivants), François Lévesque (écrans),Caroline Montpetit (arts vivants), Philippe Papineau(médias); information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l\u2019information), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Benoît Munger (pupitre); information internationale : Guy Taillefer (chef de division et éditorialiste); section art de vivre : Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); cahiers spéciaux : Aude Marie Marcoux (responsable); équipe numérique : Laurence Clavel, Guillaume St-Hilaire et Geneviève Tremblay (pupitres); correction : Andréanne Bédard, Christine Dumazet et Michèle Malenfant (correctrices) ; soutien à la rédaction : Amélie Gaudreau (coordonnatrice à la rédaction), Jean-Philippe Proulx (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa).PUBLICITÉ Charleyne Bachraty (adjointe au vice-président), Marlène Côté, Évelyne De Varennes, Amel Elimam, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (directrices de comptes), Alain Tréhout (directeur créativité média), Amélie Maltais (commis aux avis légaux), Alessandra Tantalo et Laurence Hémond (coordonnatrices publicitaires).PRODUCTION Caroline Desrosiers, Yannick Morin, Anthony White et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web), Jean-François Côté (analyste programmeur), Luc Girard (technicien informatique), Solène M.Hébert (développeuse Web).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Catherine Gentilcore (coordonnatrice marketing, communications et relations publiques), Sébastien Beaupré (coordonnateur service à la clientèle), Manon Blanchette, Caroline Filion, Nathalie Filion, Isabelle Sanchez (préposées au service à la clientèle).ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Mélisande Simard (adjointe administrative et responsable des ressources humaines), Florentina Draghici (technicienne comptable), Véronique Pagé (responsable du crédit).R égulièrement pris à partie pour avoir contribué à répandre des messages fautifs ou des propos abjects, Facebook annonce pratiquement chaque mois son intention de revoir ses façons de faire.Les questionnements sur les plateformes de réseaux sociaux se multiplient.Qu\u2019il s\u2019agisse des politiques de modération des propos affichés ou des politiques de reprise des informations initialement produites par des médias d\u2019information, on s\u2019interroge sur les balises régissant ce que peuvent faire \u2014 ou ne pas faire \u2014 les médias sociaux.Les plateformes comme Google ou Facebook sont devenues les places publiques de notre époque.Ce sont des infrastructures désormais critiques dans la circulation publique de la parole et des images.Mais ces ressources ont un statut d\u2019espace privé.Elles sont libres de « modérer » à leur guise les images et les textes, mais elles ne sont pas a priori responsables de ce qui est affiché sur leurs sites.Elles peuvent autoriser le « partage » de contenus produits par d\u2019autres, mais, en principe, ne répondent pas des errements ou faussetés qui pourraient s\u2019y trouver.Environnements devenus essentiels pour les échanges et les débats, ce sont pourtant des espaces privés, dotés de la faculté d\u2019exclure à leur guise ! Un régime de non-responsabilité Les plateformes de réseaux sociaux se sont développées d\u2019abord aux États-Unis.Leur essor a été facilité par une loi très protectrice pour les intermédiaires tels les moteurs de recherche ou les sites qui hébergent des contenus.La législation sur Internet adoptée dans la décennie 90 reflétait un large consensus en faveur d\u2019un régime juridique qui ne transformerait pas les plate- formes en super-délateurs ou super-censeurs.Les tribunaux américains ont appliqué la loi de manière à conférer une immunité aux sites, dès lors que le contenu émane de tiers.Le développement fulgurant de Facebook et des autres réseaux sociaux s\u2019explique d\u2019ailleurs en partie par le statut juridique très favorable qui leur est réservé par la loi américaine.Ce statut leur confère une faculté d\u2019intervenir ou non sur les contenus qui se retrouvent sur leurs sites sans par ailleurs avoir à assumer la responsabilité des propos qu\u2019ils décident de laisser en place.Il est vrai qu\u2019une approche moins protectrice de ces plateformes est appliquée en Europe et au Québec.Elles peuvent y être responsables du matériel mis en ligne par autr ui sur leurs sites, mais uniquement lorsqu\u2019elles ont connaissance du caractère illicite du propos.Au total, les réseaux sociaux bénéficient d\u2019un régime de responsabilité comportant peu d\u2019incitations à promouvoir la qualité de l\u2019information.À l\u2019origine, on tenait pour acquis que ces intermédiaires n\u2019avaient pas la possibilité de détecter a priori les contenus contrevenant aux lois mis en ligne par leurs usagers et qu\u2019il était injuste de les en tenir responsables.De nos jours, plusieurs estiment que les outils analytiques si puissants capables de cibler les publicités pourraient être utilisés afin de détecter et de supprimer le matériel faux, trompeur, haineux ou harcelant.Censure privée Mais si on devait revoir leur statut juridique de manière à rendre les réseaux sociaux trop facilement responsables des propos des inter- nautes, il est prévisible qu\u2019ils chercheraient à limiter le caractère risqué de leurs activités.Car si une plateforme est responsable de tout ce qui se passe dans son environnement, elle sera incitée à censurer au préalable plusieurs types de messages, y compris des messages inoffensifs, de crainte de devoir répondre à de possibles poursuites judiciaires.Les plateformes pourraient être tentées de surveiller plus intensément les informations que s\u2019échangent les inter- nautes et de censurer à leur guise les propos et images mis en ligne par les usagers.En clair, transformer les plateformes de réseaux sociaux en éditeurs obligés aux mêmes devoirs que les journaux et autres médias d\u2019information paraît irréaliste et surtout incompatible avec leur rôle de véritables places publiques.Mais de plus en plus, on se rend compte que cette fonction de place publique désormais tenue par les réseaux sociaux où peuvent circuler des propos venant de toute part requiert un cadre plus cohérent.On ne pourra longtemps tolérer le régime d\u2019irresponsabilité des réseaux sociaux pour les propos diffusés sur leurs sites qui prévaut actuellement.Surtout si ce régime leur ménage en même temps la liberté d\u2019imposer de la censure sélective selon leurs «normes de communauté ».Il faut des processus plus transparents.Les pratiques de modération et de contrôle de l\u2019information des réseaux sociaux ne sauraient relever uniquement des politiques commerciales destinées à maximiser la valeur pour leurs actionnaires.Ce sont désormais des places publiques qui doivent fonctionner de façon plus transparente.RÉSEAUX SOCIAUX Places publiques privées PIERRE TRUDEL JOE RAEDLE / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AGENCE FRANCE-PRESSE Au-delà de sa majesté, l\u2019histoire d\u2019Haïti est surtout belle.J O Ë L D E S R O S I E R S Psychiatre, psychanalyste, écrivain et membre de l\u2019Académie des lettres du Québec «Le voici maintenant cet habitant des frontières, sans identité, sans désir ni lieu propres, errant, égaré, douleur et rire mélangés, rôdeur écœuré dans un monde immonde.C\u2019est le sujet de l\u2019abjection.» \u2014 Julia Kristeva e président des États-Unis est un raciste comme il en existe, hobos tapis au fond des tavernes miteuses du Nebraska ou à la Ma ison- Blanche ou encore au Congrès même.«They all have AIDS, why do we need them?They come from a shithole country.Take them out ! » Hyper symptomatiques, ces saillies de Donald Trump résonnent avec leur cor tège d\u2019images de latrines, de fèces, de fluides biologiques, de maladies sexuelles et de contamination.Le langage utilisé par Trump est pré-symbolique, avant toute acculturation, avant toute représentation.Connu pour souffrir d\u2019une phobie de la contamination et de l\u2019empoisonnement, traqué par l\u2019enquête du procureur spécial qui se referme inexorablement sur lui, Trump laisse échapper son angoisse de la destitution, sa toute- puissance et ses pulsions de destruction qui ne se laissent pas soumettre à l\u2019ordre symbolique : lieu, fonction présidentielle, décorum, rencontre avec des sénateurs.Pour Julia Kristeva, le corps intolérable ou abject laisse échapper des déchets et des fluides, en violation du désir et de l\u2019espoir d\u2019un corps immaculé « net et propre », rendant ainsi ambiguës les limites de notre individualité et indiquant nos déchéances physiques et notre ultime décès.Selon elle, les déchets humains et animaux tels que les matières fécales, l\u2019urine, les vomissures, les larmes, la salive sont répulsifs parce qu\u2019ils testent la notion de soi et l\u2019autre dont dépend la subjectivité.L\u2019Autre dans ce cas de figure étant le Noir, le Latino, le migrant.Les immondes insultes envers les Haïtiens et Haïti, l\u2019Afrique et le Salvador qualifiés en bloc de «pays de merde» par Donald Trump \u2014 Drumpf de son vrai nom de descendant d\u2019immigrant allemand \u2014 proférées à plusieurs reprises durant d\u2019importantes négociations politiques concernant les lois de l\u2019immigration et l\u2019avenir des «dreamers», ont provoqué dans le monde entier horreur, indignation et colère.Il serait naïf d\u2019espérer la moindre excuse publique, la moindre rétractation de la part d\u2019un président dont la vocation populiste « white trash » s\u2019alimente à la grande frayeur nataliste des Blancs qui dès 2024 ne seront plus majoritaires aux États-Unis.Grand remplacement C\u2019est ce grand remplacement par des migrants d\u2019Afrique, d\u2019Asie et d\u2019Amérique latine qui sous-tend l\u2019appel désespéré aux Norvégiens d\u2019abandonner leur paradis social-démocrate pour émigrer dans les plaines du Midwest américain.Au moment où la diversité raciale se propage dans le monde, indicateur fiable de la globalisation, un leader, habile ventriloque, entraîne la plus puissante civilisation de l\u2019histoire de l\u2019humanité vers sa perte d\u2019aura.Le peuple américain dont le niveau de culture selon diverses études ne fait que baisser serait-il parvenu à l\u2019acmé d\u2019une civilisation de divinités tordues ?Comme dans plusieurs pays d\u2019Occident, s\u2019instaure comme l\u2019avait annoncé Jean Baudrillard, une anomie de citoyens devenus des zombis inattentifs et médusés, capables de pervertir le pouvoir dans une intention parodique manifeste.Mais si l\u2019Afrique, continent d\u2019un milliard deux cents millions d\u2019habitants, et Haïti sont des « pays de merde », c\u2019est bien parce que la corruption qui y règne a été installée et entretenue par les puissances occidentales qui se sont ef forcées à son maintien.Le continent et sa fille aînée, Haïti, ont subi au cours des siècles la traite et ses dépravations qui sont des crimes irréparables contre la mère de l\u2019humanité.Holocauste des holocaustes, plus de trente millions d\u2019hommes, de femmes et d\u2019enfants furent déportés pendant quatre siècles.La prospérité de l\u2019Amérique est un usufruit sanglant du génocide et de l\u2019esclavage qu\u2019elle doit à l\u2019Afrique et dont elle devra un jour s\u2019acqu itter.Ces tro is mouvements \u2014 l\u2019expansion impérialiste, l\u2019expropriation des terres et l\u2019esclavage \u2014 furent les éléments cruciaux de l\u2019établissement d\u2019un nouvel ordre économique mondial et finalement de l\u2019émergence du capitalisme.Sans accusation ni demande de réparation, la responsabilité morale et politique des Occidentaux dans la situation d\u2019Haïti est flagrante.Au terme d\u2019une période d\u2019instabilité politique marquée par le passage de sept présidents en quatre ans, profitant de la faiblesse de l\u2019armement naval du pays, les Américains ont franchi les eaux territoriales d\u2019Haïti plus d\u2019une vingtaine de fois au début du XXe siècle pour imposer sous la menace des canons leurs politiques de domination impérialiste.«Protection» publique La doctrine de Monroe (1823) met fin à la colonisation européenne dans la sphère américaine et place les pays indépendants d\u2019Amérique sous l\u2019influence de la nouvelle puissance impériale.Cette «protection » politique culminera par l\u2019occupation améri - caine de 1915 à 1934.L\u2019occupation a conduit à la destruction du potentiel démocratique d\u2019Haïti, à l\u2019exode des paysans haïtiens vers Cuba et la République dominicaine, à la création d\u2019un appareil policier répressif et à un climat d\u2019exploitation, de répression et de racisme qui a préparé la majeure partie des malheurs actuels.À bien des égards, c\u2019est une histoire archétypale de la conquête impérialiste moderne.Mais le mépris ne date pas d\u2019hier.Dans les sociétés de plantation, les maîtres ont tenté d\u2019asseoir leur autorité en accentuant la distance avec les esclaves, autrement dit en les déshumanisant.Les maîtres ont cherché à maintenir l\u2019ordre plantation- naire en inculquant aux esclaves par les moyens les plus cruels le sens de leur propre infériorité, condition sine qua non de leur soumission.Les archives coloniales contiennent des témoignages précieux qui confirment l\u2019utilisation, en toute conscience, des idéologies raciales pour forcer cette subordination.En 1775, Hilliard D\u2019Auber teuil dans ses Considérations sur la colonie de Saint-Domingue écrit : « L\u2019intérêt et la sûreté veulent que nous accablions la race des Noirs d\u2019un si grand mépris que quiconque en descend, jusqu\u2019à la sixième génération soit couvert d\u2019une tache ineffaçable.» La décadence d\u2019un imprécateur Ajoutons que le détrônement de la raison, la bestialisation de l\u2019homme, la glorification de l\u2019idée de puissance, du prédateur, de la bête blonde, de la meute ont survécu jusqu\u2019à devenir les germes du nazisme.Se contorsionner dans ces racines pourries, envahir les espaces médiatiques reflètent chez Donald Trump le signe d\u2019une impuissance bien plus grande et tout à fait inadmissible vu ses fonctions.La fai - blesse d\u2019offenser la dignité de pays dépouillés depuis des siècles est pitoyable alors leurs ressortissants continuent de contribuer à la grandeur des États-Unis.Nous résisterons à « une manipulation réactionnaire du passé » (Karl Marx).Qu\u2019il suffise néanmoins de rappeler la par t ic ipat ion héro ïque des Haïtiens, les Chasseurs-Volon- taires indigènes de Saint-Do- mingue dont Rigaud et Doyon, mes aïeux directs, à la guerre d\u2019Indépendance américaine durant le siège de Savannah, en Géorgie, en 1779 ou l\u2019impact de la perte de l\u2019ancienne colonie de Saint-Domingue qui obligea la France, en faillite à la suite des efforts de guerre, à vendre aux États-Un is la Louisiane soit le tiers du terri- to ire amér ica in actuel .Les termes de l\u2019échange demeurent toujours aussi injustes.En 2017, la balance commerciale entre Haïti et les États-Unis fut excédentaire de 385 millions de dollars, source de revenus appréciable pour l\u2019économie américaine.Haïti n\u2019est pas que le pays le plus pauvre de l\u2019Occident.Petit pays, grande nation.« Arise, black vengeance ! » avait prédit Shakespeare.C\u2019est le premier peuple à se soulever contre l\u2019esclavage et l \u2019oppress ion dans la Cara ïbe en 1791 .Lorsque la République d\u2019Haïti a été proclamée le 1er janvier 1804, elle a été la première nation de Noirs libres à se lever, négra i l le debout, dans un monde d\u2019empires hostiles à son existence qui ne lui ont jamais pardonné leur défaite.La France, l\u2019ancienne métropole, l\u2019a rendue exsangue par l\u2019extorsion de la dette de l\u2019Indépendance de 90 millions de francs-or, réparation du vainqueur au va incu qu\u2019Ha ït i a payée pendant un s iècle jusqu\u2019en 1947 en échange de sa reconnaissance.Mais au-delà de sa majesté, l\u2019histoire d\u2019Haïti est sur tout belle.De la beauté des lieux, de la beauté qui transforme les femmes en prêtresses, les hommes en dieux.Elle mérite pour ce qu\u2019elle apporte à l\u2019humanité notre respect et notre gratitude et non la décadence d\u2019un imprécateur.La déshumanisation d\u2019Haïti La vocation populiste de Trump s\u2019alimente à la grande frayeur nataliste des Blancs L Joël Des Rosiers L E D E V O I R , L E M A R D I 1 6 J A N V I E R 2 0 1 8 A 8 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par courriel publicite@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3452 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Par courriel petitesannonce@ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4 Berri-UQAM Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 16h30 Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com A C T U A L I T É S doute, selon lui, l\u2019utopie du XXIe siècle la plus folle, mais la plus réaliste : le cosmopolitisme, cette idée d\u2019être où la singularité de chacun, liée à un lieu, n\u2019empêche pas d\u2019être en contact avec l\u2019universalité du monde.L\u2019utopie cosmopolitique, « qui n\u2019a le soutien ni des financiers ni des opinions publiques », est « la plus réaliste » aujourd\u2019hui, écrit-il dans Trois utopies contemporaines (Fayard), ouvrage dense et fascinant qui cherche à redonner au présent sa capacité de se projeter dans un avenir plus éclairé.Outre le cosmopolitisme, le transhumanisme et l\u2019animalisme forment ce trio d\u2019imaginaire mis au service du collectif que décrypte l\u2019auteur.«L\u2019utopie cosmopolitique [.] est fondée sur une antique conviction philosophique : nous autres humains ne sommes ni des dieux ni des bêtes, mais des animaux parlants vivant dans des Cités \u2014 pour le pire et pour le meilleur.» Des animaux qui dans leur pessimisme ambiant peinent à croire au mieux et se contentent sur tout en ce moment du moins mauvais.«Le présent n\u2019est plus porteur d\u2019avenir, lance au téléphone le professeur de philosophie à l\u2019École normale supérieure de la rue d\u2019Ulm à Paris.Il est l\u2019auteur de Pourquoi la musique?en 2015 et de Notre Humanité.D\u2019Aristote aux neurosciences en 2010.Nous ne croyons plus au bien parce que nous avons pris conscience qu\u2019il était hors de portée et que l\u2019élimination du mal ne finirait jamais.» Les utopies politiques du passé, celles des Lumières, celle de Thomas More, qui a vu le jour il y a 500 ans exactement cette année, ont « mené au pire », dit-il.« Elles ne nous font plus rêver aux lendemains comme hier, repliés que nous sommes sur notre au- jourd\u2019hui et sur nous-mêmes », ajoute-t-il dans les pages de son essai.Le revers du confort Le déficit de crédibilité qu\u2019inspire le Bien, l\u2019ordinaire d\u2019une politique qui a «étouffé le sentiment d\u2019appartenance collective » et le règne des droits individuels devenus synonymes d\u2019intérêts particuliers expliquent en partie cette impasse.Aujourd\u2019hui, le citoyen, l\u2019animal social qu\u2019est l\u2019humain sait très bien ce qu\u2019il rejette \u2014 « les injustices, les misères, la corruption, l\u2019humiliation, l\u2019arbitraire, la ségrégation, la répression », détaille Francis Wolff \u2014, mais en ignorant ce à quoi il aspire.À l\u2019image d\u2019un enfant gâté qui a trop d\u2019attention, il ne sait pas ce qu\u2019il veut, mais sait ce qu\u2019il ne veut pas.«C\u2019est le revers du confort des sociétés de droit dans lesquelles nous vivons », dit-il, sociétés où la victoire de l\u2019autonomie individuelle, magnifiée par la technologie entre autres, sur la puissance des États, ne permet plus d\u2019envisager d\u2019autre idéal.Cette absence de rêves ne serait toutefois que transitoire, croit Francis Wolff.« Ce n\u2019est pas une condition de la modernité », dit-il en parlant du triomphe du moi qui nourrit actuellement les courants populistes et les nationalismes haineux.Et, tout en nous disant « condamnés à l\u2019individualisme », il fait planer l\u2019espoir de voir cet individualisme s\u2019éclairer à l\u2019avenir pour faire avancer les utopies contemporaines : le transhumanisme, l\u2019expression d\u2019un « je » cherchant à s\u2019affranchir des limites de la nature et de la mort, l\u2019animalisme, celle d\u2019un « je » voulant s\u2019affranchir des frontières entres les espèces, et surtout le cosmopolitisme, ce « je» faisant monde dans une Cité, loin des frontières artificielles et de leur état civil qui séparent et divisent les humains.« Le cosmopolitisme est un dépassement du politique qui n\u2019est possible que dans l\u2019individualisme », dit le philosophe en rappelant cette idée de Kant d\u2019un droit qui règle le rapport des citoyens avec le monde, au-delà du droit international ou du droit des États.« Dans un monde où l\u2019on se définit de moins en moins par nos appar tenances collectives et de plus en plus par notre possibilité de les dépasser par une appartenance au monde, c\u2019est une utopie qui met le commun au diapason des intérêts particuliers.» Un appel en somme à cesser de croire que l\u2019on est seul au monde pour se mettre à penser que l\u2019on est tous du même monde, un monde utopique, conclut-il, mais qui reste le plus porteur d\u2019un avenir moins sombre que ce que celui bien sombre que se raconte en ce moment le présent.Le Devoir TROIS UTOPIES CONTEMPORAINES Francis Wolff, Fayard, Paris, 2017, 180 pages SUITE DE LA PAGE 1 UTOPIE ont causé des dégâts notamment à Bécancour et à Drummondville, dans le Centre-du-Qué- bec, mais aussi dans des municipalités des Can- tons-de-l\u2019Est, en Montérégie et dans Chaudière- Appalaches.Lundi, le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, a annoncé que le gouvernement viendrait en aide aux sinistrés, comme il l\u2019avait fait pour les victimes des inondations du printemps dernier.À l\u2019époque, pas moins de 291 municipalités avaient été touchées et 5300 résidences inondées.« Je comprends parfaitement comment les gens se sentent », a déclaré le ministre lors d\u2019une brève visite sur les lieux lundi en fin de journée.« Il y a des sommes qui vont pouvoir être décaissées très rapidement », a-t-il dit en parlant des sinistrés qui ont dû quitter leur maison pour résider à l\u2019hôtel.«Après ça, il va falloir constater l\u2019étendue des dommages.L\u2019urgence, c\u2019est de s\u2019occuper des gens.Ensuite, il faudra faire les travaux nécessaires.» Une rencontre d\u2019information devait d\u2019ailleurs avoir lieu lundi soir pour informer les sinistrés de ce qui les attend sur ce plan.Deux heures avant de s\u2019y rendre, M.Vandal ne cachait pas son scepticisme.En 1981 aussi, sa maison avait été inondée.« Il y avait pour 22 500 $ de dommages, on a eu 2500 $.» En fin de journée lundi, la Coalition avenir Québec (CAQ) a tenu à rappeler les ratés de l\u2019opération d\u2019indemnisation des inondations du printemps.« Il y a encore environ 150 familles qui sont en attente d\u2019un suivi administratif pour la reconstruction de leur maison », a signalé la nouvelle députée Geneviève Guil- beault.« On espère ne pas revivre le même cauchemar.» Selon un sondage SOM rendu public en décembre, 53 % des sinistrés se disaient insatisfaits du programme d\u2019aide du gouvernement du Québec mis en place à la suite des crues du printemps.Jusqu\u2019à présent, le gouvernement a décaissé plus de 100 millions de dollars en indemnités pour ce seul événement.Et maintenant?En attendant la reconstruction et les indemnisations, le secteur était encore en bonne partie paralysé par les glaces lundi.Sur la rue Saint- Léandre en particulier, des voitures étaient figées dans un impressionnant couvert gris et plusieurs rues environnantes étaient toujours bloquées.Personne n\u2019était en mesure de dire quand les choses reviendraient à la normale, mais on observait néanmoins un certain progrès.« Le débit de la rivière a baissé énormément, ce qui nous permet de travailler, de contourner l\u2019eau pour libérer des rues et des résidences », a expliqué l\u2019expert en sécurité civile de la Ville de Québec Michel Therrien, en matinée.Tout en soulignant que son équipe travaillait sans relâche depuis deux jours à briser les morceaux de glace et à les déplacer, M.Ther- rien a rappelé qu\u2019il]s devaient procéder avec beaucoup de précautions afin d\u2019éviter que l\u2019embâcle ne se déplace « plus bas » et inonde de nouveaux secteurs.Le risque d\u2019une nouvelle inondation en aval dans le secteur de la rue Masson n\u2019était d\u2019ailleurs pas écarté lundi.Or, personne n\u2019avait été évacué parce que, si ça s\u2019avérait, cela ne serait pas subit, a-t-il précisé.«On fait le maximum », a répété quant à lui le maire de la ville, Régis Labeaume, qui était aux côtés du ministre Coiteux en fin de journée.« Je sais évidemment que les sinistrés trouveront qu\u2019on n\u2019en fait pas assez, mais on ne peut pas en faire plus.La nature est là, on ne peut pas la défier à ce point-là\u2026 » M.Labeaume, qui résidait tout près du site lors de l\u2019inondation de 1981, a souligné qu\u2019au moins, à l\u2019époque, la crue n\u2019avait pas été suivie d\u2019un froid glacial.« C\u2019est un épisode terrible pour les gens qui vivent là.Des inondations, c\u2019est abominable en plein été.Imaginez avec les températures qu\u2019on a\u2026 » Pendant ce temps à l\u2019hôtel de ville, le chef de l\u2019opposition, Jean-François Gosselin, a reproché au maire en point de presse d\u2019avoir tardé à se présenter en personne sur les lieux.«C\u2019est la moindre des choses au moins de se déplacer.Je m\u2019attendais à ce qu\u2019il soit là dimanche», a-t-il dit.Interrogé à cet égard, le maire a rétorqué que la conseillère municipale du secteur, Dominique Tanguay, était là.«Ça ne servait à rien de faire du spectacle ici.Dominique était là à la journée longue.J\u2019avais les informations au fur et à mesure.Il n\u2019y a rien que je pouvais faire de plus.» Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 INONDATION MARIE CLAVIER CC Le philosophe Francis Wolf f autour du PQ.« Si on veut l\u2019indépendance, il faut prendre le train du Par ti québécois en 2018.Parce que si on vote pour la CAQ ou pour le Parti libéral, on va dans le sens inverse », avait-il martelé.M.Aussant n\u2019a pas répondu aux appels ni aux courriels du Devoir lundi soir afin de dire si M.Lisée l\u2019a convaincu.Au printemps 2016, le directeur général du Chantier de l\u2019économie sociale n\u2019avait pu s\u2019empêcher de partager son étonnement face à la promesse de Lisée de reporter à un second mandat (2022-2026) la tenue d\u2019un nouveau référendum sur l\u2019indépendance du Québec.Sur sa page Facebook, il avait appelé les partis politiques à «assume [r] face à l\u2019électorat» leur «raison d\u2019être».«Ça s\u2019appelle tout simplement être démocrate.Les gens, alors, retrouveront confiance en leurs élus», avait-il écrit, ne nommant toutefois à aucun moment M.Lisée dans son billet.Changement de garde au PQ Nicole Léger a été une figure importante de la formation politique, ayant siégé au conseil exécutif national à plus d\u2019une occasion.Elle est demeurée une alliée précieuse de Pauline Ma- rois avec qui elle a bâti le réseau des centres de la petite enfance (CPE).Elle avait d\u2019ailleurs démissionné à l\u2019été 2006 après le revers subi par «Madame » à la course à la direction du PQ suivant la démission de Bernard Landry.Elle est revenue à l\u2019Assemblée nationale lors d\u2019une élection partielle en 2008 \u2014 emboîtant le pas à la nouvelle chef du PQ, Pauline Marois.Elle est aujourd\u2019hui la doyenne des élues à l\u2019Assemblée nationale.Elle terminera son mandat, a-t-on précisé au Devoir.Le doyen (toute catégorie) de l\u2019Assemblée nationale, François Gendron, a aussi choisi de laisser la place à la relève d\u2019ici le 1er octobre prochain.Le député d\u2019Abitibi-Ouest a célébré le 15 novembre dernier 41 années de vie politique active ininterrompue.Élu une première fois dans l\u2019équipe de René Lévesque, il détient au- jourd\u2019hui le record de longévité des membres de l\u2019Assemblée nationale.Il a pris par t à 11 élections générales et a gagné à tous les coups.Le député de Bertrand, Claude Cousineau, aurait également choisi d\u2019accrocher ses patins, selon nos informations.Pour sa part, Agnès Maltais songe sérieusement à «prendre du repos», mais des organisateurs politiques font des pieds et des mains afin qu\u2019elle défende une nouvelle les couleurs du PQ dans la circonscription de Taschereau, qui est dans la mire de Québec solidaire.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 DÉPARTS CLÉMENT ALLARD LE DEVOIR Le doyen de l\u2019Assemblée nationale, François Gendron, ainsi que la députée Nicole Léger et leur collègue Claude Cousineau annonceront sous peu qu\u2019ils prendront leur retraite de la vie politique.RENAUD PHILIPPE LE DEVOIR Le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, et le maire de Québec, Régis Labeaume, sont allés constater les dégâts, lundi.RENAUD PHILIPPE LE DEVOIR Des rues du quartier Duberger-Les Saules, à Québec, ont été noyées en raison d\u2019un embâcle qui s\u2019est formé sur la rivière Saint-Charles."]
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