Le devoir, 18 janvier 2018, Cahier A
[" V O L .C I X N o 8 L E D E V O I R , L E J E U D I 1 8 J A N V I E R 2 0 1 8 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S AUJOURD\u2019HUI Culture \u203a À l\u2019écoute des voix discordantes.Les femmes (avec les hommes) gagnent à entrechoquer leurs témoignages pour mieux ouvrir l\u2019avenir, écrit notre chroniqueuse Odile Tremblay.Page B 8 Avis légaux.B 4 Décès.B 2 Météo.B 6 Mots croisés.B 6 Petites annonces .B 2 Sudoku.A 5 ?w w w .l e d e v o i r .c o m Son nom vous a peut-être échappé, mais sa bande dessinée sur la « charge mentale » a dû vous marquer le printemps dernier.La dessinatrice et blogueuse française Emma est de passage à Montréal, quelques jours seulement après avoir de nouveau aiguisé ses crayons pour réagir à la lettre cosignée par une centaine de Françaises qui s\u2019attaquaient au mouvement #MoiAussi.Entrevue.RENCONTRE Tirer un trait sur l\u2019épisode Deneuve La dessinatrice Emma invite les femmes à resserrer les rangs et à revenir à l\u2019essentiel EMMA/MASSOT ÉDITIONS Salaire minimum 12$ l\u2019heure, c\u2019est trop ou trop peu?Page B 1 ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Les patineurs pourront toujours se rabattre sur la patinoire réfrigérée, le temps que Montréal trouve un lieu propice pour recréer une glace naturelle.I S A B E L L E P A R É U ne radiation de cinq ans imposée à un médecin de Montmagny reconnu coupable de « gestes sexuels abusifs » à l\u2019égard d\u2019une patiente est la première prononcée en vertu des sanctions plus sévères prévues depuis juin 2017 en cas d\u2019inconduite sexuelle par des professionnels.Une décision qui annonce un vent de changement, selon le Collège des médecins.«On estime que la loi commence à porter ses fruits.C\u2019est un changement de paradigme.Il était temps que les sanctions soient pro- por tionnelles aux actes et aux infractions commises», a fait valoir mercredi le Dr Charles Bernard, président du Collège des médecins du Québec (CMQ).Ce dernier réagissait à une décision du conseil de discipline du collège \u2014 rendue publique mercredi \u2014 ayant pour effet de radier pour cinq ans le Dr Jean-François Ran- court, déjà frappé par une radiation « d\u2019urgence » provisoire réclamée l\u2019été dernier à la suite de nouvelles plaintes déposées par des patientes.Cette décision est la première à survenir depuis le changement apporté le 8 juin dernier à un article du Code des professions qui rend les infractions à caractère sexuel passibles d\u2019une peine d\u2019au moins 5 ans et d\u2019amendes minimales de 2500$, à moins que le professionnel ne fasse la preuve que des raisons justifient une peine moindre.Gestes inacceptables Après avoir admis sa culpabilité en mai 2017 INCONDUITE SEXUELLE Un médecin radié pour cinq ans Les professionnels qui abusent de leur position sont maintenant punis plus sévèrement J E A N N E C O R R I V E A U L a patinoire naturelle du lac aux Castors, sur le mont Royal, est maintenant chose du passé.Sans tambour ni trompette, la Ville de Montréal a décidé de fermer définitivement la surface glacée aménagée chaque année sur le plan d\u2019eau depuis les années 1930 après qu\u2019un incident est survenu l\u2019hiver dernier.Les amateurs de patin devront donc se rabattre sur la patinoire réfrigérée, beaucoup plus petite.En 2012, la Ville avait entrepris des travaux de réaménagement du lac aux Castors, lourdement af fecté par la prolifération de plantes aquatiques.Les travaux, qui ont duré trois ans, ont fait en sorte que le bassin est désormais plus profond, avec plus de six mètres d\u2019eau.Or, l\u2019hiver dernier, la glace a cédé sous le poids d\u2019un camion d\u2019entretien, a indiqué au Devoir Luc Ferrandez, responsable des grands parcs au comité exécutif.Deux ans auparavant, un incident du même genre était survenu sur la patinoire, a confirmé la Ville.Au terme de la saison hivernale de 2016-2017, la Ville a finalement décidé de fermer la patinoire pour de bon.«On ne peut pas prendre le risque que quelqu\u2019un ou un camion passe au travers de la glace lors des redoux», a expliqué Luc Ferrandez.La Ville soutient aussi que dans le contexte du réchauffement planétaire, le maintien d\u2019une patinoire naturelle sur un bassin profond « représente un défi majeur ».« L\u2019épaisseur de glace peut varier grandement avec les fluctuations de température et s\u2019avérer non sécuritaire par périodes, tant pour les usagers que pour les employés municipaux », a précisé Anik de Re- pentigny, chargée de communication à la Ville de Montréal.Elle assure qu\u2019il n\u2019y a pas de problème de conception lié aux travaux effectués sur le site.La patinoire réfrigérée, qui a été inaugurée en 2006, demeure cependant ouverte.La Ville promet d\u2019aménager une patinoire naturelle à proximité du lac aux Castors.« Nous allons la relocaliser.Il n\u2019est pas question de mettre fin à cette activité traditionnelle des Montréalais sur la montagne », a affirmé M.Ferrandez.LAC AUX CASTORS Montréal abandonne la patinoire naturelle Le creusement du bassin a rendu le lieu trop risqué VOIR PAGE A 8 : RADIATION VOIR PAGE A 8 : EMMA Science Le bon et le mauvais côté des nanoparticules Page A 4 A N N A B E L L E C A I L L O U «Oui au harcèlement s\u2019il est mondain.Et pour la solidarité avec les autres femmes, on repassera.» La blogueuse Emma n\u2019a pas mâché ses mots début janvier en dé- «Cela va amener plus de patientes à avoir le courage de porter plainte» Dr Charles Bernard VOIR PAGE A 8 : PATINOIRE L E D E V O I R , L E J E U D I 1 8 J A N V I E R 2 0 1 8 A C T U A L I T É S A 2 M A R I E V A S T E L Correspondante parlementaire à Ottawa L es prisons canadiennes ne doivent plus envoyer leurs détenus en isolement préventif indéfiniment, tranche un juge de la Cour suprême de Colombie-Britannique, qui vient de déclarer inconstitutionnelle la loi encadrant la pratique dans les pénitenciers du pays.Le juge Peter Leask statue, dans sa décision rendue mercredi, que les lois encadrant l\u2019isolement dans les prisons fédérales vont à l\u2019encontre de la Charte canadienne des droits et libertés, car elles «autorisent et permettent dans les faits un isolement administratif prolongé, indéfini».Ces lois sont d\u2019autant plus pernicieuses, es- time-t-il, pour les personnes atteintes de maladies mentales.L\u2019isolement préventif pendant une période indéterminée «expose les détenus fédéraux canadiens qui y sont soumis à un risque important de sévices psychologiques, y compris des souf frances mentales, et à un risque accru de suicide », écrit-il.L\u2019Association des libertés civiles de la Colom- bie-Britannique et la John Howard Society avaient intenté leur poursuite en 2015, arguant que le recours à l\u2019isolement préventif dans les prisons fédérales est une peine cruelle et inusitée.Les avocats du fédéral rétorquaient que la pratique est un outil raisonnable et nécessaire lorsqu\u2019un prisonnier menace ses codétenus ou qu\u2019il est lui-même en danger au sein de la population carcérale générale.L\u2019Association des libertés civiles de Colombie- Britannique réclamait l\u2019imposition d\u2019un nombre maximal de quinze jours consécutifs en isolement.Le juge Leask n\u2019ordonne pas de plafond, mais invalide l\u2019envoi au «trou» indéfiniment.Le magistrat a suspendu sa décision pendant un an, le temps que le gouvernement fédéral s\u2019y ajuste.Projet de loi En juin dernier, Ottawa avait déposé un projet de loi qui instaurerait cette même limite de temps passé au « trou».Le projet de loi C-56 imposerait d\u2019abord un maximum de 21 jours consécutifs en isolement, pour abaisser progressivement ce seuil à 15 jours un an et demi après l\u2019entrée en vigueur de la loi.Ottawa avait tenté d\u2019arrêter le procès en arguant que sa loi établirait justement un plafond au recours à l\u2019isolement, mais le juge Leask avait permis que se poursuivent les procédures.Or, la poursuite intentée en Colombie-Britannique l\u2019a été « sous l\u2019ancien gouvernement, en raison de l\u2019utilisation excessive de l\u2019isolement préventif », a fait valoir le ministre de la Sécurité publique Ralph Goodale mercredi.« Notre nouveau gouvernement s\u2019emploie à corriger les perspectives et les orientations erronées de l\u2019ère [de l\u2019ancien premier ministre Stephen] Harper.Cela prend du temps et des efforts », a-t-il plaidé.Le gouvernement de Justin Trudeau étudie la décision et dispose de trente jours pour la porter en appel.Son projet de loi permettrait une discrétion aux services correctionnels.Le prisonnier ne serait pas automatiquement renvoyé dans la population carcérale générale après quinze jours.Si les autorités décidaient de le maintenir en isolement, elles devraient le justifier par écrit.Suicide d\u2019une détenue En 2007, le suicide de la jeune Ashley Smith en isolement, où elle avait passé la majorité de sa dernière année d\u2019incarcération, avait frappé les esprits.L\u2019enquête du coroner sur sa mort avait recommandé que l\u2019envoi en isolement préventif ne dépasse pas quinze jours consécutifs.En 2011, le rapporteur spécial des Nations unies sur la torture, Juan E.Méndez, avait réclamé ce même plafond, assimilant à la torture la pratique de l\u2019isolement préventif \u2014 lors duquel un détenu est enfermé dans une cellule 23 heures par jour.Le recours à cette pratique est en baisse dans les prisons fédérales.L\u2019enquêteur correctionnel du Canada révélait en septembre que le nombre de prisonniers en isolement à un moment ou l\u2019autre de l\u2019année était passé, en trois ans, d\u2019environ 800 à moins de 300.La durée moyenne du séjour y était passée de 34,5 à 24,5 jours.L\u2019enquêteur correctionnel Ivan Zinger notait cependant que le nombre de voies de fait commises par des prisonniers contre d\u2019autres détenus avait en revanche bondi au cours de cette même période \u2014 passant de 543 incidents en 2013-2014 à 719 en 2016-2017.Le Devoir L\u2019isolement préventif prolongé est inconstitutionnel Un juge de la Colombie-Britannique blâme sévèrement la pratique dans les pénitenciers fédéraux RENAUD PHILIPPE LE DEVOIR Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, a of ficialisé mercredi la candidature de Nathalie Leclerc dans Charlevoix\u2013Côte-de- Beaupré aux prochaines élections générales.M A R C O B É L A I R - C I R I N O à Saint-Pierre-de-l\u2019Île-d\u2019Orléans L e chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, s\u2019est affairé mercredi à « tourner la page» sur les annonces de démissions en cascade au sein de sa formation politique.Pour y arriver, il a officialisé la candidature de Nathalie Leclerc, une recrue, dans Charlevoix\u2013Côte-de- Beaupré le 1er octobre prochain.En effet, la fille du poète Félix Leclerc « [se] crache dans les mains, attache [sa] tuque avec de la broche » et saute dans l\u2019arène politique.Mme Leclerc tentera de se faire élire sous la bannière du PQ.La tâche ne sera pas facile.La circonscription est tombée dans l\u2019escarcelle du PLQ au printemps 2014 après avoir été représentée à l\u2019Assemblée nationale par l\u2019ex-chef péquiste Pauline Marois depuis l\u2019automne 2007.Depuis, une « \u201cécœurite\u201d politique» s\u2019est emparée de la population, a déploré Mme Leclerc lors d\u2019une conférence de presse à l\u2019Espace Félix-Leclerc mercredi après-midi.Elle s\u2019est aussi dite « déçue », « amère » et «désabusée » de la tournure des événements.«Mais l\u2019inaction, ça ne sert à rien », a-t-elle fait valoir à huit mois et demi des élections générales.« Ça manque de rêve aujourd\u2019hui, vous ne trouvez pas ?» Le « cynisme » est son principal adversaire.Les derniers sondages ainsi que le refus de figures importantes du PQ \u2014 dont Alexandre Cloutier, Nicole Léger et Agnès Maltais \u2014 de briguer une nouvelle fois les suffrages le 1er octobre prochain ne l\u2019ef fraient «pas pantoute».«Je ne vois pas de bateau qui coule.Je vois une roue qui tourne», a-t-elle dit.« Hier, c \u2019était hier.Au- jourd\u2019hui, c\u2019est le début de la suite », a poursuivi M.Lisée.Le «rêve» indépendantiste Nathalie Leclerc a applaudi à la stratégie d\u2019accession à l\u2019indépendance «en deux temps» \u2014 chasser les libéraux en 2018, faire l\u2019indépendance en 2022 \u2014 adoptée par les délégués du PQ en septembre dernier.Une fois élu, le Parti québécois aura beaucoup de travail à faire [en raison] du tort fait [par les libéraux] », a-t-elle indiqué.Jean-François Lisée a invité mercredi les indépendantistes à monter à bord du «seul train menant à l\u2019indépendance » qu\u2019est le PQ en octobre 2018, quitte à ce que les non convaincus en descendent en 2022.Il n\u2019est pas question de « forcer » un référendum dans la gorge des Québécois dans un premier mandat, a-t-il dit.«Notre projet, ce n\u2019est pas de le mettre en veilleuse, de le mettre à l\u2019écart ou de l\u2019oublier.Notre projet, c\u2019est de le réussir en deux mandats.C\u2019est ça, le projet.Il faut continuer à le dire.» «Antidote au cynisme» Le chef péquiste, Jean-François Lisée, a décrit Mme Leclerc comme « un antidote au cynisme » et « l\u2019antiseptique de l\u2019île d\u2019Orléans».L\u2019auteure du récit La voix de mon père a promis mercredi « de voir, d\u2019écouter et de faire bouger les choses » dans la circonscription qui embrasse notamment Boischa- tel, Baie-Saint-Paul et Baie- Sainte-Catherine.L\u2019amélioration de l\u2019accès aux soins de santé, au moyen notamment de la modernisation de l\u2019hôpital de La Malbaie et de la présence d\u2019un médecin à L\u2019Isle-aux-Coudres, figure parmi ses principales préoccupations.« Je n\u2019ai pas d\u2019expérience politique, mais j\u2019ai beaucoup de mémoire et d\u2019instinct », a fait remarquer la mère de trois garçons.« Je suis la fille de Félix Leclerc.La vie m\u2019a fait ce magnifique cadeau.Je ne peux pas le nier : ma décision d\u2019être candidate relève beaucoup de lui.Vous savez : les yeux de mon père », a-t-elle lancé.Le Devoir ÉLECTIONS «L\u2019inaction, ça ne sert à rien» La fille de Félix Leclerc saute dans l\u2019arène sous la bannière péquiste H É L È N E B U Z Z E T T I Correspondante parlementaire à Ottawa C\u2019 est avec un concer t d\u2019éloges qu\u2019a été accueillie la création de l\u2019ombudsman canadien indépendant pour la responsabilité sociale des entreprises.La plupart des ONG qui militent pour rendre les entreprises plus éthiques dans leurs opérations à l\u2019étranger se réjouissent en effet que le nouvel ombudsman obtienne le pouvoir de déclencher des enquêtes et de forcer les entreprises à lui fournir les documents qu\u2019il réclame.Emily Dwyer, la coordonnatrice du Réseau canadien sur la reddition de compte des entreprises, se félicite des changements appor tés.« Nous sommes très encouragés par l\u2019annonce.On y retrouve plusieurs éléments essentiels qu\u2019on réclamait pour avoir un ombudsman efficace.» Le Canada s\u2019était doté en 2009 d\u2019un conseiller en responsabilité sociale des entreprises de l\u2019industrie extractive.Ce conseiller offrait un service de médiation entre l\u2019entreprise canadienne et les civils touchés par le projet minier lorsqu\u2019une allégation de mauvaises pratiques était formulée.Mais le tout restait volontaire, déplore Mme Dwyer : le refus d\u2019une des deux parties d\u2019y participer faisait avorter le processus.Ce ne sera plus le cas avec le nouvel ombudsman, qui déclenchera les enquêtes de son choix et aura le pouvoir de forcer les entreprises récalcitrantes à collaborer.Les outils de coercition qui seront mis à sa disposition n\u2019ont cependant pas encore été dévoilés.Ottawa prétend être le premier pays au monde à se doter d\u2019une telle structure.Avant de crier victoire Pour la même raison, le groupe Développement et Paix se réjouit de l\u2019annonce, bien que son directeur général, Serge Langlois, se montre prudent : il veut voir la nouvelle entité à l\u2019œuvre avant de crier victoire.Les entreprises minières canadiennes ont eu mauvaise presse à l\u2019étranger au cours de la dernière décennie.Barrick Gold a été critiquée parce qu\u2019à la mine tanzanienne Nor th Mara, opérée par Acacia Mining, qu\u2019elle possède à 64 %, 65 décès et 270 blessures ont été recensés par les services de sécurité depuis 2006.Nevsun Resources fait l\u2019objet d\u2019une poursuite parce que des sous-traitants à sa mine d\u2019or Bisha en Érythrée utiliseraient des esclaves.«Mon travail en tant que ministre du Commerce international est de protéger notre très grande réputation », a fait valoir François-Philippe Champagne lors de l\u2019annonce à Ottawa.La « feuille d\u2019érable », a-t- il fait valoir, « est une marque de commerce extraordinaire dans le monde, et si elle procure un avantage extraordinaire, elle vient aussi avec des responsabilités».L\u2019ombudsman aura le pouvoir, au terme de ses enquêtes, de recommander des compensations financières, des changements de comportements d\u2019entreprise, des excuses.Le tout fera l\u2019objet d\u2019un rapport public.Les pénalités prévues en cas de manquement sont les mêmes que sous l\u2019ancien régime : la possibilité qu\u2019Ottawa ordonne à ses missions économiques de ne plus aider l\u2019entreprise fautive, une fin des subventions versées par Ex- por tation et Développement Canada.Mais surtout, l\u2019humiliation publique.«Vous verrez que les actionnaires, les investisseurs, les institutions financières prendront note d\u2019un comportement déclaré fautif », a prédit le ministre Champagne.Quelles lois?Une question centrale demeure : à l\u2019aune de quels critères les entreprises canadiennes seront-elles jugées ?Dans bien des pays où sont présentes ces entreprises, les lois sont beaucoup moins strictes.Le ministre Champagne a indiqué que les « principes directeurs » seront rendus publics « assez prochainement ».Un groupe consultatif regroupant industriels, ONG et syndicats sera mis sur pied pour conseiller le gouvernement sur ces questions.Le mandat de l\u2019ombudsman se limitera aux industries extractive, textile, pétrolière et gazière, mais sera étendu à d\u2019autres secteurs dans l\u2019année suivant son entrée en fonction.L\u2019ombudsman devrait entrer en fonction au printemps, après l\u2019expiration en mars du mandat de l\u2019actuel conseiller.L\u2019Association minière du Canada (AMC) appuie la décision d\u2019Ottawa, mais elle déplore le pouvoir de contrainte octroyé à l\u2019ombudsman qui le fait s\u2019éloigner d\u2019un rôle de médiateur.«Ça crée un processus plus conflictuel qui va donner plus de travail aux avocats, mais qui ne va pas nécessairement aider les communautés», déplore le président de l\u2019AMC, Pierre Gratton.Selon lui, cela fera surtout plaisir aux ONG «qui pourront mener des campagnes».Le budget du nouvel ombudsman n\u2019a pas encore été déterminé, mais selon nos informations, il pourrait être le double de celui du conseiller actuel, qui s\u2019élève à un demi- million de dollars.Le Devoir ÉTHIQUE Les ONG réjouies par les pouvoirs de l\u2019ombudsman Ça manque de rêve aujourd\u2019hui, vous ne trouvez pas ?Nathalie Leclerc, candidate péquiste dans la circonscription Charlevoix\u2013Côte-de-Beaupré « » L E D E V O I R , L E J E U D I 1 8 J A N V I E R 2 0 1 8 ACTUALITES A 3 I l est toujours mortifiant d\u2019avoir à présenter des excuses à ses adversaires politiques, surtout en année électorale.C\u2019est pour tant le mea-culpa auquel Jean- Marc Fournier a dû se résoudre cette semaine.En décembre dernier, le leader parlementaire du gouvernement avait accusé la CAQ de tenir un « double langage » en voulant augmenter le salaire des députés « derrière les portes closes à la va-vite ».Dans une lettre qu\u2019il a adressée mardi à l\u2019ensemble des membres de l\u2019Assemblée nationale, il reconnaît qu\u2019il aurait dû être «plus précis et moins incisif ».En réalité, la CAQ proposait simplement de compenser la perte de revenu qui résultera de la décision du gouvernement fédéral d\u2019imposer à compter du 1er janvier 2019 l\u2019allocation actuellement non imposable que touchent les députés, ce qui représente une somme allant de 5000 $ à 15 000 $ selon les cas.Au bout du compte, ils n\u2019auraient pas eu plus d\u2019argent dans leurs poches.Peu impor te, M.Fournier excluait catégoriquement la présentation d\u2019un projet de loi pour ajuster leur rémunération d\u2019ici la prochaine élection générale.Au sein même du caucus libéral, plusieurs n\u2019avaient pas aimé sa réaction.Il a donc dû rectifier le tir et propose maintenant de légiférer non seulement pour neutraliser la nouvelle règle fiscale d\u2019Ottawa, mais aussi pour créer un « comité de rémunération indépendant et permanent ».Cet épisode est simplement le dernier en date.La rémunération des élus a toujours constitué une patate chaude.Il n\u2019y a jamais de bon moment pour l\u2019augmenter.Chaque fois qu\u2019il en est question, il se trouve immanquablement quelqu\u2019un pour leur reprocher, de façon plus ou moins démagogique, de vouloir s\u2019engraisser à même les fonds publics.?En 2015, M.Fournier avait présenté un projet de loi pour mettre en œuvre les recommandations du groupe de travail présidé par l\u2019ex- juge de la Cour suprême Claire L\u2019Heureux- Dubé.En échange d\u2019une hausse qui aurait fait passer leur salaire de base de 90 850 $ à 140 017 $, les députés auraient dû renoncer à leur allocation de dépenses non imposable et augmenter leur participation à leur régime de retraite de 21 % à 41 %.Même si l\u2019opération se serait traduite par une économie annuelle de 400 000$ pour les contribuables, M.Fournier avait dû faire marche arrière.Le leader parlementaire du PQ à l\u2019époque, Bernard Drainville, reconnaissait que son vis-à-vis libéral avait raison, mais il prétendait que tout cela était trop compliqué à expliquer à la population.Pour un communicateur de sa trempe, cet aveu d\u2019impuissance était pour le moins suspect.Il était évidemment plus facile d\u2019opposer, sans apporter les nuances nécessaires, une augmentation de 31 % aux 3 % en cinq ans que le gouvernement Couillard offrait aux employés de l\u2019État ou, pire encore, à la coupe de 50 % qu\u2019il projetait d\u2019imposer aux jeunes bénéficiaires de l\u2019aide sociale.Depuis le 1er avril 2017, le salaire de base d\u2019un député est de 93 827 $, auquel peuvent s\u2019ajouter des indemnités additionnelles allant de 14 047 $ pour un membre du bureau de l\u2019Assemblée nationale à 70 730 $ pour un ministre et à 98 518 $ pour le premier ministre.L\u2019allocation de dépenses non imposable est de 16 981 $.À titre de comparaison, le salaire de base d\u2019un député fédéral est de 172 700 $.?Bien entendu, si on compare cette rémunération avec le salaire minimum, qui sera augmenté à 12 $ l\u2019heure le 1er mai prochain, on peut dire que les parlementaires ne sont pas à plaindre.La même question n\u2019en revient pas moins année après année : combien vaut un député ?À quelle autre catégorie d\u2019emploi le métier de député peut-il être comparé ?Le comité L\u2019Heureux-Dubé avait coif fé son rapport d\u2019une citation de Louis-Joseph Papineau : « Dans ce pays [\u2026], ce serait étouffer le germe des plus beaux talents que de ne pas faciliter les moyens à ceux qui font preuve d\u2019heureuses dispositions, mais à qui la fortune a été ingrate, de siéger dans cette chambre.» Il serait sans doute exagéré de prétendre que la rémunération actuelle étouffe « le germe des plus beaux talents », mais tout le monde reconnaît que la vie politique est suffisamment exigeante pour que ceux qui acceptent de s\u2019y engager soient payés décemment.Le comité avait utilisé une méthode d\u2019évaluation complexe mise au point par une société internationale de gestion des ressources humaines.En se basant sur différents critères attribuables à toutes les sphères d\u2019activité, dans le secteur public comme dans le privé, elle permet d\u2019attribuer un pointage à chaque type d\u2019emploi et de les comparer.Les auteurs du rapport avaient cependant reconnu les limites de l\u2019exercice.La méthode ne permettait pas de prendre en compte une conception du service public selon laquelle les serviteurs de l\u2019État doivent nécessairement être moins payés, ni les préjugés que la population entretient envers la classe politique.Malheureusement, sa cote est plus basse que jamais.mdavid@ledevoir.com La patate chaude MICHEL DAVID M A R C O F O R T I E R L e regroupement étudiant le plus militant du Québec est au bord de l\u2019éclatement.L\u2019Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSE), qui a connu son heure de gloire au printemps 2012, fait face à une tentative de dissolution pure et simple qui sera débattue en congrès le mois prochain.Selon ce que Le Devoir a appris, la crise interne qui déchire l\u2019ASSE depuis au moins trois ans a atteint un point critique.Sept des huit postes de l\u2019exécutif sont vacants, les associations étudiantes locales sont démobilisées \u2014 certaines ont cessé de payer leurs cotisations \u2014 et de «graves questionnements» planent sur l\u2019état des finances du mouvement.«L\u2019ASSE est sur un respirateur artificiel », dit un membre influent de l\u2019association étudiante, qui a demandé à ce qu\u2019on préserve son anonymat.« Le navire flotte toujours, mais il est à la dérive.» La fronde visant à dissoudre l\u2019ASSE vient de l\u2019Association étudiante du cégep de Sherbrooke (AECS), qui avait tenté en vain de mettre ce point à l\u2019ordre du jour au dernier congrès, en avril 2017.L\u2019avis de motion était arrivé trop tard pour faire partie des discussions.Cette fois, le démembrement figure bel et bien au menu du congrès prévu à la fin du mois de février, confirme François Desroches, seul membre de l\u2019exécutif de l\u2019ASSE toujours en poste.« Si les délégués votent pour la dissolution, on devra dissoudre l\u2019ASSE », dit-il sans détour.Les membres devraient alors décider s\u2019ils gardent les bases de leur mouvement et repartent sous un autre nom, s\u2019ils fondent une tout autre organisation ou s\u2019ils rejoignent une association existante.« L\u2019ASSE est une str ucture en perpétuel changement, dit François Desroches.Il est vrai que, comparativement à l\u2019année 2012, l\u2019ASSE n\u2019est pas au meilleur de sa forme.Mais il y a déjà eu pire.» Lent déclin Cette association considérée comme la plus radicale du mouvement étudiant a été aux premières loges des manifestations du printemps 2012 contre la hausse des droits de scolarité.Gabriel Nadeau-Dubois, député de Québec solidaire, était alors porte-parole de l\u2019ASSE (qui s\u2019appelait la CLASSE \u2014 Coalition large de l\u2019ASSE).Depuis ce printemps chaud d\u2019il y a six ans, l\u2019ASSE n\u2019a fait que péricliter.Le mouvement cherche en vain une cause rassembleuse.Il a échoué au printemps 2015 à lancer une lutte contre l\u2019austérité.Et ses appels à la mobilisation contre les violences faites aux femmes sont venus bien tardivement, selon des membres.L\u2019ASSE a déjà compté 80 000 membres issus de 43 associations locales dans les cégeps et les universités.Elle affirme avoir à l\u2019heure actuelle entre 60 000 et 70 000 membres dans 35 associations étudiantes.Une autre source a estimé le nombre de membres à 40 000.Chose certaine, la tendance est à la baisse.Ou même à l\u2019hémorragie.« On avait l\u2019impression que les élections provinciales qui s\u2019en viennent rapidement motiveraient les membres, mais il y a un désinvestissement général des associations locales.Il n\u2019y a pas beaucoup de mobilisation », dit Fannie Achard, coordonnatrice de l\u2019Association des étudiants en philosophie de l\u2019Université de Montréal (ADEPUM), affiliée à l\u2019ASSE.Électrochoc Les 35 associations locales membres de l\u2019ASSE votent ces jours-ci sur le maintien ou le rejet de leur lien avec le regroupement.L\u2019ADE- PUM a voté la semaine dernière pour rester affiliée à l\u2019ASSE.D\u2019autres, dont le nombre reste à préciser, ont voté pour rompre leur lien avec elle.« Le véhicule politique de l\u2019ASSE ne correspond plus à nos attentes.Il faut donner un électrochoc pour repartir du bon pied », dit une source au sein de l\u2019Association étudiante du cé- gep de Sherbrooke.La liste des insatisfactions envers l\u2019ASSE s\u2019allonge sans cesse, selon cette source.Manque de dynamisme, démobilisation, gestion opaque, rivalités entre Montréal et les régions, puis entre les associations issues des cégeps et celles des universités\u2026 On dénonce aussi la « lourdeur des prises de décision », qui nécessitent des débats à n\u2019en plus finir sur des questions obscures.La démocratie si chère au mouvement peut mener à une forme de paralysie.Le cégep de Sherbrooke et son association étudiante ont ainsi conçu le programme Ni viande ni objet, pour lutter contre les violences sexuelles, bien avant la prise de position officielle de l\u2019ASSE à ce sujet, note un étudiant.Contester ou proposer « À quoi ser t l\u2019ASSE ?Est-ce qu\u2019on doit se confiner à la rue ?Les autres associations font de la recherche et prennent position rapidement sur des questions de fond, comme l\u2019endettement étudiant ou le financement de l\u2019enseignement supérieur et de la recherche », dit une source.Au cours des dernières années, des membres dissidents de l\u2019ASSE ont ainsi mis en place un autre type de mouvement : les comités unitaires pour le travail étudiant (CUTE), qui militent pour la rémunération des stages et réfléchissent à l\u2019endettement étudiant.Sans faire de bruit, ces comités donnent des résultats sur le terrain, indique-t-on.François Desroches, de l\u2019ASSE, affirme que lui et son équipe ont pris bonne note des lacunes : « Les critiques ne sont pas tombées dans l\u2019oreille de sourds.» L\u2019ASSE prépare une manifestation contre les violences sexuelles pour la Journée des femmes, le 8 mars ; des rappor ts financiers seront produits chaque mois ; et le site Web, abandonné depuis près d\u2019un an, sera relancé.Fait à noter, l\u2019ASSE croit tellement à la démocratie et à la souveraineté de ses associations membres qu\u2019elle ne mène même pas campagne pour sa survie.« Ça peut paraître bizarre, mais l\u2019ASSE n\u2019a pas de point de vue sur sa propre dissolution, dit François Desroches.Les associations étudiantes vont en débattre sur le terrain.Je ne peux pas dire aux associations : \u201cVotez de telle ou telle manière.\u201d » Le Devoir MILITANTISME L\u2019ASSE est au bord de l\u2019implosion Le regroupement étudiant votera sur sa dissolution à son congrès de février JACQUES NADEAU LE DEVOIR Hommage à «Pops » à la place Émilie-Gamelin Point de repère pour de nombreux jeunes de la rue, la place Émilie-Gamelin a réuni mercredi des dizaines d\u2019entre eux pour une veillée à la mémoire du père Emmett Johns.Le fondateur de l\u2019organisme Dans la rue est décédé dans la nuit de samedi à dimanche, à l\u2019âge de 89 ans.Un ancien sans-abri a raconté comment celui que tous surnommaient «Pops» lui a sauvé la vie.La mairesse de Montréal, Valérie Plante, le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, et le premier ministre Philippe Couillard ont également pris part à l\u2019hommage.Les Montréalais pourront rendre un dernier hommage au père Johns, qui sera exposé à l\u2019hôtel de ville de Montréal les 25 et 26 janvier.Composition du mouvement étudiant au Québec Union étudiante du Québec 79 000 membres Fédération étudiante collégiale du Québec 68 000 membres Association pour une solidarité syndicale étudiante Entre 60 000 et 70 000 membres Coalition régionale des associations étudiantes de la Capitale-Nationale 20 000 membres L E D E V O I R , L E J E U D I 1 8 J A N V I E R 2 0 1 8 A C T U A L I T É S A 4 AVIS LÉGAUX Service de la gestion et de la planification immobilière Direction de la gestion de projets immobiliers \u2013 Division projets corporatifs Des soumissions, sont demandées et devront être reçues, avant 10 h 30, à la date ci-dessous, au Service du greffe de la Ville de Montréal à l\u2019attention du greffier, 275, rue Notre-Dame Est, bureau R-134, Montréal (Québec) H2Y 1C6 pour : Catégorie : Travaux Appel d\u2019offres : 5945 Descriptif : Réaménagement de l\u2019édifice Lucien- Saulnier et de son Annexe Date d\u2019ouverture : 12 février 2018 Dépôt de garantie : 10 % de la valeur de la soumission Renseignements : Pour toute question s\u2019adresser à : immeubles.soumissions@ville.montreal.qc.ca Documents : Les documents relatifs à cet appel d\u2019offres seront disponibles à compter du 18 janvier 2018 Visite supervisée des lieux : N/A.ou Oui, obligatoire : Si la visite supervisée des lieux est obligatoire, la date limite pour prendre rendez-vous est le 24 janvier 2018 à 10 :30, à l\u2019adresse courriel suivante : immeubles.soumissions@ville.montreal.qc.ca.Les visites auront lieu les 26 et 29 janvier 2018, selon l\u2019horaire suivant : 8:00, 9:30, 11:00, 13:00, 14:30 et 16:00.Les personnes et les entreprises intéressées par ce contrat peuvent se procurer les documents de soumission en s\u2019adressant au Service électronique d\u2019appels d\u2019offres (SÉAO) en communiquant avec un des représentants par téléphone au 1 866 669-7326 ou au 514 856-6600, ou en consultant le site Web www.seao.ca.Les documents peuvent être obtenus au coût établi par le SÉAO.Chaque soumission doit être placée dans une enveloppe cachetée et portant l\u2019identification fournie en annexe du document d\u2019appel d\u2019offres.Les soumissions reçues seront ouvertes publiquement dans les locaux au Service du greffe à l\u2019Hôtel de Ville, immédiatement après l\u2019expiration du délai fixé pour leur réception.La Ville de Montréal ne s\u2019engage à accepter ni la plus basse ni aucune des soumissions reçues et n\u2019assume aucune obligation de quelques natures que ce soit envers le ou les soumissionnaires.Fait à Montréal, le 18 janvier 2018 Le greffier de la Ville, Yves Saindon, avocat Appel d\u2019offres PROMULGATION RÈGLEMENT RCA18 17290 AVIS est par les présentes donné que le règlement ci-après décrit a été adopté par le conseil d\u2019arrondissement de Côte-des-Neiges\u2014Notre-Dame-de-Grâce, à sa séance ordinaire du 15 janvier 2018 et entre en vigueur conformément à la loi.RÈGLEMENT RCA18 17290 : Règlement sur les tarifs (exercice financier 2018).Toute personne intéressée peut en prendre connaissance au bureau Accès Montréal de Côte-des-Neiges\u2014 Notre-Dame-de-Grâce situé au 5160, boulevard Décarie, rez-de-chaussée.FAIT à Montréal, ce 18 janvier 2018.La secrétaire d\u2019arrondissement, Geneviève Reeves, avocate Avis public AVIS public de notification (articles 135 et 136 C.p.c.) Avis est donné à 9328-2861 QUÉBEC INC.de vous présenter au greffe civil du district de ST- FRANÇOIS situé au 375, rue King Ouest, à Sherbrooke dans les 10 jours afin de recevoir le certificat de défaut qui y a été laissé à votre attention et qui porte le numéro de cause 450-02-017951-172.Le présent avis est publié à la demande de Michel Gaucher, huissier de justice suivant le rapport de démarche de Richard Plante, huissier, qui a tenté sans succès de vous signifier le certificat de défaut et lettre.Il ne sera pas publié à nouveau, à moins que les circonstances ne l'exigent.Repentigny, ce 16 janvier 2018 Michel Gaucher, Huissier de justice S u i t e d e s a v i s d e l a p a g e B 4 A M É L I P I N E D A L\u2019 acquittement de Sabrine Djermane relativement au chef de possession d\u2019explosif à des fins terroristes a été porté en appel mercredi par la Couronne fédérale.« Le juge du procès a commis une er reur de droit en donnant au jury des directives erronées quant à l\u2019interprétation et la portée de la définition de \u201csubstance explosive\u201d [\u2026] », peut-on lire dans l\u2019avis d\u2019appel déposé au palais de justice de Montréal.La femme de 21 ans a subi son procès cet automne aux côtés de son conjoint, El Mahdi Jamali, âgé quant à lui de 20 ans.Le couple faisait face à des accusations de terrorisme, dont celle d\u2019avoir tenté de quitter le Canada en vue de commettre un acte terroriste à l\u2019étranger ou de commettre un acte au profit ou sous la direction d\u2019un groupe terroriste.Dans l\u2019appar tement que louait le couple rue Aird, dans le quartier Hochelaga, les policiers avaient rappor té avoir trouvé une recette pour fabriquer une bombe, écrite par M.Jamali.Lors d\u2019une perquisition chez les parents de celui- ci, plusieurs articles servant à la fabrication d\u2019un engin explosif avaient été saisis.Le jur y a conclu qu\u2019il était impossible de prouver hors de tout doute raisonnable que le jeune couple avait tenté de quitter le Canada.Il a cependant reconnu coupable M.Jamali d\u2019avoir eu en sa possession une substance explosive.Selon la Couronne, Mme Djer- mane aurait également dû être condamnée à cette infraction, mais l\u2019« erreur de droit » commise par le juge «a eu une incidence significative sur l\u2019acquittement de l\u2019intimée Djer- mane», soutient-elle.La Couronne ne conteste toutefois pas le verdict du jury sur les autres chefs d\u2019accusation.Pour l\u2019instant, elle n\u2019a pas fait appel dans le dossier de M.Jamali.Rappelons que les deux accusés avaient été arrêtés par la Gendar merie royale du Canada le 14 avril 2015.Leur procès avait débuté le 12 septembre 2017.Les avocats du couple n\u2019ont pas fait entendre de témoins en défense et les accusés n\u2019ont pas témoigné.De son côté, la poursuite a appelé à la bar re 31 témoins et produit de nombreuses preuves circonstancielles en cour pendant les trois mois qu\u2019a duré le procès.Le jury n\u2019avait toutefois eu aucune connaissance des preuves recueillies par la GRC durant l\u2019enquête préliminaire ayant mené à l\u2019arrestation du couple en avril 2015.Dans le cas du procès Djer- mane-Jamali, la preuve recueillie lors de l\u2019enquête préliminaire de la GRC était constituée de témoignages des proches des deux accusés.Ceux-ci n\u2019ont pas été présentés au jury parce que des témoins auraient changé leur version des faits.Le Devoir La Couronne porte en appel le verdict de Sabrine Djermane Sabrine Djermane COREY PERRINE ASSOCIATED PRESS Les nanoparticules peuvent être absorbées par la peau, car elles sont utilisées dans la plupart des crèmes solaires et des cosmétiques pour leur capacité à capter les rayons ultraviolets.P A U L I N E G R A V E L O n trouve désormais des nanoparticules dans une multitude de produits, tels que les céréales, les emballages alimentaires, les cosmétiques et certains vêtements.Une équipe de l\u2019INRS-Institut Armand-Frappier a cherché à savoir comment ces particules de taille infinitésimale affectent les cellules de notre système immunitaire.Leur constat est plutôt désarmant puisque les différentes nanoparticules ont des effets les plus divers.Une des voies les plus probables d'absorption des nanopar- ticules (NP), notamment chez les travailleurs qui les manipulent, est le système respiratoire, où elles peuvent induire les symptômes de l\u2019asthme.Nous ingérons également des NP par le biais des emballages alimentaires qui incluent des NP d'argent, lesquelles ont un effet antibacté- rien, mais aussi en consommant certains aliments, comme des céréales et des yogourts, qui contiennent des NP dans le but d\u2019en rehausser la couleur et la texture.Nous pouvons aussi absorber des NP par la peau étant donné que la plupart des crèmes solaires et des cosmétiques en renferment en raison de leur capacité de capter les rayons ultraviolets.Cer tains vêtements spor tifs compor tent aussi des NP d'argent pour éliminer les mauvaises odeurs.Des études antérieures effectuées chez des rongeurs ont montré que l\u2019inhalation de NP induit dans les poumons l\u2019accumulation de neutrophiles et d\u2019éosinophiles \u2014 deux cellules du système immunitaire \u2014, signe du déclenchement d\u2019une réaction inflammatoire.Effets multiples L\u2019immunologue Denis Girard, directeur du laboratoire de recherche en inflammation et physiologie des granulocytes de l'INRS-Institut Ar- mand-Frappier, a voulu mieux comprendre comment ces cellules immunitaires réagissent lorsqu\u2019elles sont mises en présence de NP.Pour ce faire, son équipe a isolé des éosinophiles de sang provenant de personnes saines et les a ensuite exposées à des diverses concentrations de 17 types de NP différents.Les chercheurs ont alors examiné comment les NP af fec- taient les fonctions de base de ces cellules, telles que leur capacité à se mouvoir et à quitter la circulation sanguine pour se rendre au tissu af fecté; leur adhésion aux cellules affectées; leur aptitude à tomber spontanément en apoptose (à se suicider) si elles n\u2019ont pas de fonction à remplir afin de ne pas continuer à s\u2019accumuler; et leur production de dérivés réactifs de l\u2019oxygène (ROS) et de cytokines.Il a ont alors été observé que les NP n\u2019agissent pas toutes de la même façon.Leurs ef fets sont multiples et varient d\u2019un type de NP à l\u2019autre.Par exemple, des NP de dioxyde de cérium provoquent une forte production de ROS, alors qu\u2019elles ne modulent pas l\u2019apoptose.Par contre, les NP de dioxyde de titane sont celles qui augmentent le plus la capacité des éosinophiles à adhérer à un substrat cellulaire, alors qu\u2019elles n\u2019ont peu ou pas d\u2019effets sur la synthèse de ROS et sur l\u2019apoptose.«C'est un monde extrêmement complexe, ce qui nous obligera à étudier chaque type de NP séparément car chacun semble avoir un effet particulier sur les éosinophiles», af firme M.Girard qui a obtenu des résultats comparables avec les neutrophiles.Il souligne toutefois que la plupart des NP possèdent des propriétés pro-inflammatoires.«Mais ce n'est pas parce qu'une molécule est pro-in- flammatoire que l\u2019on ne doit pas l'utiliser et que l\u2019on doit nécessairement l\u2019abolir.L'inflammation n'est pas seulement néfaste, c'est une réponse biologique normale.Le problème survient quand il n'y a plus de retour à la normale.Tout est question d\u2019équilibre.» Utilisation pharmaceutique De plus en plus de chercheurs s\u2019intéressent aux NP comme véhicules pour acheminer des médicaments au site d\u2019une tumeur, par exemple.Or, «il sera impor tant de comprendre le mode d'action des NP vierges que l\u2019on désire utiliser au préalable afin de savoir si elles sont toxiques car si, par exemple, les NP employées empêchent les cellules immunitaires d'entrer en apoptose, elles induiront une réponse [immunitaire] exagérée qui induira une inflammation, laquelle deviendra un effet secondaire néfaste du médicament», fait remarquer le chercheur.«Même si nous n\u2019avons pas encore été alertés par des accidents découlant d'une exposition à des NP, on se doute que ça s'en vient car nous serons de plus en plus exposés à des NP.Ce sera probablement la somme de toutes ces expositions qui rendront les NP toxiques pour la santé des humains», affirme le scientifique.Risques pour la santé Denis Girard a pour projet de dresser une liste des NP selon leur potentiel inflammatoire.«Si un fabricant prévoit d'intégrer des NP dans ses produits, il pourrait alors utiliser celles qui sont les moins pro- inflammatoires parmi celles qui possèdent les propriétés physico-chimiques qu'il recherche», fait-il valoir.Dans l\u2019immédiat, «il faut aviser les employeurs et les travailleurs qui manipulent des NP des risques qu'elles représentent», affirme M.Girard qui est subventionné par l\u2019Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et en sécurité du travail pour réaliser ses études.Le Devoir Désarmantes, les nanoparticules Ces additifs représentent un risque pour le système respiratoire, mais ils pourraient être utiles dans certains traitements médicaux J E A N - F R A N C O I S N A D E A U J ohn Ford, l\u2019ancien haut- commissaire britannique au Canada, est décédé le 16 janvier, a annoncé sa famille.En 1981, Ford s\u2019était opposé aux visées du premier ministre Pierre Elliott Trudeau, lequel souhaitait alors rapatrier à Ottawa la Constitution de Londres afin de l\u2019adapter à ses vues politiques.Le 30 avril 1981, dans une dernière dépêche diplomatique, le haut-commissaire affirme que Trudeau manipule les médias canadiens sur la question du rapatriement.Trudeau, selon lui, avait, «dans une certaine mesure, déterminé la réaction du public».Il ajoute que René Lévesque avait raison : « Il s\u2019agissait d\u2019un tour de force, comme l\u2019a décrit M.Lévesque, une véritable tentative de coup d\u2019État pour changer l\u2019équilibre des forces dans la fédération.» Selon Frédéric Bas- tien, auteur, sur cette question du rapatriement de la Constitution, d\u2019un livre intitulé La bataille de Londres, le diplomate Ford était manifestement opposé à Trudeau.« Il avait critiqué non seulement le projet de rapatriement, mais aussi la politique énergétique de Trudeau.Ford prenait fait et cause pour les provinces qui étaient opposées au premier ministre.» Pourquoi ?Selon l\u2019historien, les archives à ce sujet sont très claires : « Foncièrement, il croyait que l\u2019attitude de Trudeau était inacceptable et que l\u2019appui du Parlement à Londres ne pouvait pas être tenu pour acquis d\u2019emblée.Trudeau af firmait avoir l\u2019appui de Margaret Thatcher, la première ministre anglaise, mais l\u2019appui de la Dame de fer était tout de même plus calibré qu\u2019il ne le disait.» Trudeau entendait alors profiter de la fenêtre de possibilités politiques que lui donnaient sa réélection impromptue du 18 février 1980 et la défaite référendaire québécoise du 20 mai 1980.Le diplomate de carrière fut accusé d\u2019exercer des pressions afin qu\u2019échouent les plans du premier ministre canadien.À Londres, on s\u2019inquiétera de l\u2019action de Ford.Sa retraite, déjà prévue, fut précipitée.En février 1981, le ministre des Af faires étrangères du Canada, Mark MaGuigan, affirmait pourtant en public que rien ne prouvait les allégations lancées contre le diplomate britannique.John Ford fut en poste au Canada de 1978 à 1981.Il est décédé à l\u2019âge de 95 ans.Le Devoir Décès de l\u2019ancien haut-commissaire John Ford Le diplomate britannique s\u2019était opposé au rapatriement de la Constitution canadienne Certains vêtements sportifs comportent des nanoparticules d\u2019argent pour éliminer les mauvaises odeurs Le diplomate fut accusé d\u2019exercer des pressions afin qu\u2019échouent les plans du premier ministre canadien L I N A D I B à Ottawa H assan Diab, ce Canadien d\u2019origine libanaise qui a croupi trois ans dans une prison française, n\u2019a pas l\u2019intention de poursuivre le gouvernement canadien pour le sort qu\u2019il a subi.Vendredi, la justice française a ordonné sa libération immédiate, concluant qu\u2019il n\u2019y avait pas d\u2019éléments de preuves assez solides pour lui tenir un procès.Le gouvernement canadien avait accepté la demande d\u2019extradition alors qu\u2019on le soupçonnait, en France, d\u2019avoir participé à un attentat terroriste contre une synagogue parisienne en 1980.L\u2019ancien professeur de sociologie, son avocat et le comité qui a pris sa défense pendant toutes ces années réclament une révision de la Loi canadienne sur l\u2019extradition.Ils veulent également une enquête publique qui examinerait tous les détails de sa mésaventure.« Je ne veux pas un sou des contribuables canadiens», a dit l\u2019homme qui s\u2019était battu pendant six ans, au Canada, contre l\u2019ordre d\u2019extradition, avant d\u2019être envoyé, de force, en France.Donc, pas question de poursuite devant les tribunaux.«Ce n\u2019est pas une vendetta», a-t-il répondu aux journalistes conviés mercredi matin aux locaux d\u2019Amnistie internationale à Ottawa.Lorsque son dossier sera fermé en France, l\u2019État français remboursera ses frais juridiques.Il s\u2019attend aussi à recevoir environ 70 euros par jour d\u2019incarcération.Il dit vouloir utiliser cet argent d\u2019abord pour rembourser tous ceux qui, pendant neuf ans, ont fait des dons pour sa cause.«S\u2019il reste de l\u2019argent, ça ira au comité d\u2019appui qui décidera comment l\u2019utiliser pour aider d\u2019autres victimes», a-t-il offert.«Ça pourrait être ma contribution [\u2026] Mais je ne veux même pas acheter un café avec cet argent», a-t-il lâché.Équilibre à atteindre M.Diab, qui est rentré à Ottawa, où l\u2019attendaient sa conjointe et deux jeunes enfants, n\u2019est pas assuré d\u2019être au bout de ses peines.La poursuite, en France, tente un appel qui pourrait ou non se matérialiser.Même ses avocats français af firment qu\u2019ils sont en terrain inconnu.«Ils n\u2019ont connaissance d\u2019aucune autre cause similaire à celle de Hassan où un détenu pour terrorisme a fait l\u2019objet d\u2019une enquête [\u2026] et l\u2019affaire présente tant de lacunes qu\u2019il n\u2019y a pas de procès », a expliqué son avocat canadien Donald Bayne.« Alors, un appel [dans pareil cas], c\u2019est du jamais vu», a-t-il ajouté.L\u2019avocat critique sans retenue la Loi sur l\u2019extradition, qu\u2019il veut voir révisée.«Nous l\u2019avons livré entre les mains d\u2019une enquête étrangère, pas d\u2019un procès étranger », a souligné Me Bayne, rappelant que cer tains pays n\u2019extradent pas leurs citoyens.« Il y a un équilibre à atteindre et je l\u2019admets.Mais le Canada penche trop d\u2019un côté, celui de livrer ses citoyens aux États qui réclament l\u2019extradition [\u2026] C\u2019est ça le problème avec notre système d\u2019extradition.» Pour ce qui est d\u2019expliquer pourquoi les autorités françaises s\u2019acharnent sur un homme qui depuis dix ans nie tout lien avec l\u2019attentat de 1980, assurant même qu\u2019il n\u2019était pas en France à cette période-là, Me Bayne avance une théorie.« La France a été déchirée par des meurtres terroristes horribles.C\u2019est donc un État qui n\u2019est pas près de traiter ce dossier en douceur.Le gouvernement [français] doit être ferme et doit être perçu par le public français comme étant ferme », a-t-il analysé.Le principal intéressé réserve ses commentaires.« J\u2019ai passé trois ans dans la pénombre.Je ne voyais rien.Trois ans», a rappelé l\u2019homme qui était confiné en cellule solitaire entre 20 et 22 heures par jour.« Maintenant, j\u2019essaie de comprendre ce qui se passait.» La Presse canadienne L E D E V O I R , L E J E U D I 1 8 J A N V I E R 2 0 1 8 A C T U A L I T É S A 5 Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 J E S S I C A N A D E A U L a nouvelle tendance des cégépiens à prendre plus de temps qu\u2019auparavant pour terminer leurs études entraîne une perte financière pour les cégeps.C\u2019est pourquoi ces institutions collégiales plaident pour une révision du modèle de financement à Québec.Depuis le début des années 1990, le gouvernement finance les cégeps sur une base annuelle en tenant compte d\u2019un calcul très complexe, qui s\u2019applique uniformément, sans tenir compte des particularités de chaque cégep et de leurs étudiants.« Cette approche a semblé satisfaire à la fois les cégeps et le ministère durant les deux premières décennies [mais] cela ne semble plus le cas », reconnaît dans un document de consultation le comité d\u2019ex- per ts qui a été mandaté par Québec pour revoir les règles de financement des cégeps.Ce comité procède actuellement à des rencontres avec divers acteurs du réseau collégial.Et l\u2019un des éléments problématiques relevés par plusieurs groupes, dont la Fédération des cégeps, la Confédération des syndicats nationaux (CSN) et la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), c\u2019est le fait que le financement n\u2019est pas attribué selon le nombre d\u2019élèves, mais en fonction du nombre de cours qu\u2019ils suivent sur une session et du programme dans lequel ils évoluent.C\u2019est ce qu\u2019on appelle, dans le jargon, le PES (période/étudiant/semaine).Décalage Cette méthode de calcul entraîne un « décalage entre les ressources financières octroyées et les besoins grandissants [des étudiants] », écrit la Fédération des cégeps dans son mémoire présenté mardi.«Une raison permettant d\u2019expliquer ce décalage relève du cheminement scolaire qu\u2019adoptent les étudiants.Depuis plusieurs années, les collèges notent une tendance dans le cursus des étudiants: le nombre de cours suivis par étudiant par session est en diminution constante [et] de plus en plus d\u2019étudiants étalent leurs études sur une plus longue période.« La conséquence pour les cégeps est que, pour un nombre d\u2019étudiants déterminé, les établissements reçoivent un niveau de financement réduit.» Or, ce n\u2019est pas parce qu\u2019un étudiant suit moins de cours qu\u2019il a moins de besoins qu\u2019un autre, plaide le président de la Fédération, Bernard Tremblay.«Par exemple, si j\u2019ai 6000 étudiants dans mon cégep, mais qu\u2019ils suivent moins de cours, je vais être financé disons pour l\u2019équivalent de 5800 élèves.Mais j\u2019ai quand même 6000 étudiants qui vont consommer les services de la cafétéria, de la bibliothèque, des laboratoires, les services d\u2019aide en maths ou en français, les services d\u2019orientation, etc.» La CSQ abonde dans le même sens.«Nous n\u2019avons qu\u2019à penser aux services de soutien psychosocial : l\u2019intensité des problèmes et des besoins d\u2019un étudiant n\u2019est pas proportionnelle à son nombre de cours.Souvent, même, on constate le contraire», peut-on lire dans le mémoire présenté au comité plus tôt cette semaine.Diversité La CSN, qui représente la majorité du personnel de soutien et des enseignants de cé- gep, rappelle également que la formule actuelle « ne tient pas compte des caractéristiques des étudiants».Sur ce point, la Fédération des cégeps est d\u2019accord avec le syndicat.« Il y a 30 ans, quand le modèle de financement a été pensé, tous les étudiants se ressemblaient », affirme Bernard Tremblay.« Aujourd\u2019hui, on a une clientèle très diversifiée issue de milieux socioéconomiques différents.On a des étudiants internationaux, des étudiants autochtones et en situation de handicap, qu\u2019il faut mieux intégrer.Pourrait-on considérer davantage les caractéristiques des étudiants dans le financement de nos cégeps?» Tous estiment qu\u2019il faut profiter de l\u2019occasion pour rehausser le financement général des cégeps qui ont été durement touchés par les compressions des dernières années.Les attentes sont visiblement très grandes.Mais un bémol vient refroidir les ardeurs de certains : le comité doit rendre son rappor t en octobre prochain, soit au moment des élections.« Je suis un peu pessimiste, mais on espère vraiment que la formule de financement va changer », conclut la présidente de la Fédération des enseignantes et enseignants de cégep (FEC-CSQ), Lucie Piché.Le Devoir ÉDUCATION Les étudiants à temps partiel plombent les finances des cégeps La méthode de calcul entraîne un «décalage entre les ressources financières octroyées et les besoins grandissants [des étudiants]» « Ce n\u2019est pas une vendetta » Libéré sans être accusé après trois ans de prison en France, Hassan Diab veut une révision de la Loi sur l\u2019extradition Québec : le travail de retrait des glaces se poursuit Québec \u2014 Le travail de retrait des glaces s\u2019est poursuivi mercredi à Québec dans le but de faciliter l\u2019écoulement de la rivière Saint-Charles.Samedi dernier, les eaux de la rivière ont inondé des rues et plusieurs résidences du secteur Duberger-Les Saules, chassant environ 70 personnes de chez elles.Les équipes de la ville peuvent maintenant profiter d\u2019une «pelle-grenouille» qui est arrivée vers 7h mercredi dans le secteur des travaux.Le travail à l\u2019aide de ce nouvel équipement amphibie a été entrepris en matinée dans la rivière.Il permet de gruger l\u2019embâcle de glace qui a causé le débordement de la rivière.La Presse canadienne J E A N - F R A N Ç O I S N A D E A U F aut-i l protéger les maisons shoebox, qui appartiennent à l\u2019histoire du mouvement ouvrier ?Plusieurs demandes de démolition de ces petites maisons ont été enregistrées à Montréal ces dernières années.Elles ont l\u2019heur de faire le bonheur de promoteurs en quête de terrains voués à la construction de logements en hauteur.Quatre nouvelles demandes de démolition de maisons de ce type ont par exemple été étudiées mercredi soir devant le comité consultatif d\u2019urbanisme de l\u2019arrondissement de Rosemont\u2013La Petite- Patrie.Héritage Montréal croit qu\u2019un moratoire sur ces démolitions s\u2019imposerait à certaines conditions.« L\u2019expression est pertinente s\u2019il y a vague de demandes de démolition », affirme Dinu Bumbaru, d\u2019Héritage Montréal.Mais après discussion mardi avec les autorités de la Ville, le groupe de défense du patrimoine croit qu\u2019il convient plutôt pour l\u2019instant de réfléchir à des modalités de protection de ces maisons par ticulières pour l\u2019histoire de Montréal.« Nous comprenons qu\u2019on n\u2019est pas en situation d\u2019extinction.» Mais pour Christine Gosselin, du Comité exécutif de la Ville de Montréal, il faut voir la question d\u2019une autre façon.« C\u2019est un des premiers dossiers auxquels je m\u2019attaque vraiment, en partie en raison de l\u2019article du Devoir.C\u2019est une responsabilité des arrondissements.Mais nous avons l \u2019 intention de réunir tout le monde pour essayer de voir à préserver ce patrimoine défini comme « modeste ».On voit qu\u2019il y a un vrai intérêt pour ces maisons.» L\u2019élue du Vieux-Rosemont observe cependant que la situation diverge d\u2019un lieu à l\u2019autre.« Il existe 572 maisons shoe- box dans Rosemont, mais seulement 26 dans le Plateau.Ailleurs, le recensement n\u2019est pas toujours clair.Et on ne parle pas de celles qui ont été modifiées.La question des transformations de ces maisons doit être examinée.Il faut trouver le bon outil pour les protéger.Il y a déjà des mesures.On va en trouver d\u2019autres.Pour moi, c\u2019est un éveil.» Alors, que proposer en lieu et place d\u2019un moratoire ?Il est tout aussi pertinent, af firme Dinu Bumbaru, «d\u2019agir de manière pratique et diligente ; par exemple, pour rédiger et diffuser des critères pour distinguer, parmi les centaines de shoebox déjà réper toriées, celles d\u2019intérêt patrimonial ».L\u2019intérêt pour la préser va- tion de ces maisons de style « Boomtown » n\u2019est pas partagé par tous.Sur les ondes du 98,5 FM, le comptable Pierre- Yves McSween oppose la préservation de ces maisons avec les besoins de logement des Montréalais.À l\u2019animateur Paul Arcand, le populaire comptable affirme «que c\u2019est beau de maintenir le patrimoine » que représentent ces shoebox » mais que « d\u2019un point de vue purement économique », pour « la densité urbaine, pour l\u2019efficacité et la réduction du coût par habitant d\u2019une habitation, ça a un coût aussi ».Il oppose donc ce type de maison avec des nécessités du moment : «Alors, qu\u2019est-ce qu\u2019on veut maintenir ?Le patrimoine ou aider les gens à avoir un logement accessible?» Le Devoir PATRIMOINE Montréal songe à protéger les anciennes maisons d\u2019ouvrier JACQUES NADEAU LE DEVOIR Les petites maisons surnommées « shoebox » témoignent de l\u2019histoire du mouvement ouvrier à Montréal.Je ne veux pas un sou des contribuables canadiens Hassan Diab « » Deux Canadiens auraient été enlevés au Nigeria Ottawa est au courant des informations selon lesquelles deux citoyens canadiens auraient été enlevés au Nigeria.Le porte-parole d\u2019Affaires mondiales Canada, John Babcock, a indiqué mercredi que le personnel consulaire au Nigeria est en contact avec les autorités locales pour obtenir plus d\u2019information.Des médias ni- gérians soutiennent de leur côté qu\u2019un Canadien et un Américain ont été enlevés mardi soir dans l\u2019État de Ka- duna, dans le centre du pays.Selon un porte-parole de la police de l\u2019État, le Canadien et l\u2019Américain sont des investisseurs qui installent des stations solaires dans des villages autour de Kafanchan, dans l\u2019État de Kaduna.M.Aliyu soutient que des membres des forces de sécurité, dont une escouade spécialisée dans les enlèvements, ont été déployés dans la région pour tenter d\u2019arrêter les suspects et de libérer les otages en toute sécurité.Les enlèvements contre rançon sont fréquents au Nigeria.La Presse canadienne e sommet de Vancouver sur la Corée du Nord a accouché des prévisibles vues de l\u2019esprit sur la nécessité de dénucléariser la péninsule coréenne et de faire appliquer contre Pyongyang les sanctions internationales de la façon la plus rigoureuse possible.Il faut se demander quel intérêt diplomatique avait le Canada, qui co-organisait ce sommet avec les États-Unis, à s\u2019associer à un exercice aussi vain.Un exercice non seulement inutile, mais aussi contre-productif, en l\u2019absence de la Russie, d\u2019une part, mais surtout de la Chine, sans laquelle il est à peu près impossible d\u2019envisager que les pressions exercées sur la Corée du Nord puissent être ef?caces.Pékin ne s\u2019est d\u2019ailleurs pas privé de critiquer ledit sommet, estimant avec raison que celui-ci n\u2019avait «ni légitimité ni représentativité ».Qu\u2019ensuite Washington ait continué de jongler à Vancouver avec l\u2019idée d\u2019un blocus naval en mer du Japon pour couper les approvisionnements de la Corée du Nord, ce que Pékin et Moscou interpréteraient forcément comme une atteinte à leur liberté de mouvement, rend dif?cile de ne pas conclure que ce sommet est loin d\u2019avoir contribué à renforcer la cohésion internationale face à Pyongyang.Le fait est que ce sommet était d\u2019autant plus mal venu qu\u2019il a eu lieu au moment où se dessine un rare moment d\u2019apaisement entre les deux Corées \u2014 un apaisement avec lequel l\u2019approche belliqueuse des États-Unis a bien peu à voir.C\u2019est ainsi qu\u2019en début d\u2019année, Kim Jong-un et le président sud-coréen Moon Jae-in annonçaient la reprise du dialogue intercoréen, le premier en deux ans.Et que ce délicat dialogue est le projet d\u2019une collaboration exceptionnelle entre les deux pays en vue des Jeux olympiques d\u2019hiver, qui ont lieu le mois prochain en Corée du Sud.Ouverture moins anodine qu\u2019il n\u2019y paraît, dans le contexte actuel.La prudence la plus élémentaire commande de se mé?er des calculs qui sous-tendent la décision de Kim Jong-un de saisir la main tendue par le président sud-coréen.La diplomatie sportive a ses limites, comme du reste la stratégie du bâton et de l\u2019endiguement appliquée par Washington.Il est tout aussi imprudent de ne pas pro?ter de ce climat de rapprochement pour tenter de créer les conditions d\u2019une sortie de crise, partant du principe qu\u2019il est absurde d\u2019attendre en prérequis de la Corée du Nord qu\u2019elle renonce à l\u2019arme nucléaire.Bluff ou non, il est inquiétant de lire cette semaine que le bruit court à Washington que l\u2019armée américaine se prépare «très sérieusement» à faire la guerre à Pyongyang.C\u2019est avant tout à l\u2019éclaircie intercoréenne que la diplomatie canadienne devrait consacrer ses ef for ts.Elle a perdu son temps, voire s\u2019est prêtée à un jeu dangereux, en se faisant à Vancouver le perroquet des positions américaines.Après une semaine de réflexion, Philippe Couillard a écarté l\u2019idée de faire de l\u2019anniversaire de l\u2019attentat à la grande mosquée de Québec une journée d\u2019action contre l\u2019islamophobie.Il s\u2019agit d\u2019une sage décision, qui permettra de tenir une commémoration fidèle à l\u2019esprit de fraternité et de compassion qui avait animé les Québécois au lendemain de la tuerie.e 30 janvier 2017, plusieurs milliers de citoyens s\u2019étaient réunis spontanément pour une vigile aux abords du Centre culturel islamique \u2014 la grande mosquée de Québec \u2014 où six musulmans avaient été tués la veille, à la prière, par Alexandre Bissonnette, qui avait aussi blessé 19 personnes.La population avait exprimé sa tristesse et sa compassion envers les victimes et leurs proches ainsi que, plus généralement, sa fraternité envers les Québécois de confession musulmane.Au début du mois, le Conseil national des musulmans canadiens (CNMC), un organisme basé à Toronto, a exigé du gouvernement Trudeau qu\u2019il fasse du 29 janvier une journée non seulement de commémoration, mais aussi d\u2019action contre l\u2019islamophobie.À Québec, la proposition de cette journée contre l\u2019islamophobie n\u2019a pas fait l\u2019unanimité.D\u2019emblée, le Parti québécois et la Coalition avenir Québec s\u2019y sont opposés.Québec solidaire a cependant appuyé l\u2019initiative.À Ottawa, elle a entraîné des divergences semblables.Seul le Parti vert a fait savoir, mercredi, qu\u2019il la favorisait.Lundi, Philippe Couillard a indiqué qu\u2019il n\u2019était pas question de « différencier une forme de racisme parmi une autre [sic] ».Le Québec souligne déjà la Journée internationale pour l\u2019élimination de la discrimination raciale, a-t-il dit.Son gouvernement a aussi désigné le 15 janvier à titre de Journée du vivre-ensemble, à la mémoire des Québécois qui ont perdu la vie lors des attentats terroristes de Jakarta et de Ouagadougou en 2015.Pour plusieurs, le terme « islamophobie » est un mot-valise que les islamistes utilisent pour fustiger toute critique faite à l\u2019encontre de l\u2019islam et de ses courants extrémistes.Ces anti-is- lamistes, qui craignent l\u2019instrumentalisation de l\u2019attentat de Québec, n\u2019ont pas tort, bien qu\u2019ils aient tendance à exagérer l\u2019importance actuelle et l\u2019ef?cacité réelle de ces extrémistes au pays.Signalons en outre que nous ne savons rien encore du véritable mobile du meurtrier.C\u2019est lors du procès, qui doit s\u2019amorcer en mars, que nous connaîtrons ses motifs.La position du premier ministre est d\u2019autant plus avisée que la commémoration de l\u2019attentat de la mosquée ne mérite aucunement d\u2019être entachée par une polémique politique.Après avoir défendu dans les pages du Devoir cette journée anti-islamophobe, l\u2019iman Hassan Guillet en est venu à cette conclusion.Il vaut mieux abandonner cette idée plutôt que d\u2019alimenter la zizanie et la chicane.Paradoxalement, la dénonciation de l\u2019islamophobie \u2014 ou des «sentiments antimusulmans», pour reprendre l\u2019expression utilisée par le PQ \u2014 peut exacerber l\u2019intolérance.Dès qu\u2019ils abordent la question de l\u2019islam, par exemple, les médias sont inondés de commentaires offensants, voire haineux, tellement qu\u2019ils doivent fermer les sections commentaires de leurs plateformes numériques.On doit le reconnaître : les médias sociaux donnent malheureusement une voix ampli?ée à des factions intolérantes.Il y a là un sérieux problème.Il faut donc que cette journée du 29 janvier soit l\u2019occasion, pour cette majorité ouverte et accueillante, de parler plus fort que ces énergumènes bornés et haineux a?n de réitérer sereinement ses sentiments fraternels à l\u2019endroit des Québécois de confession musulmane.L E D E V O I R , L E J E U D I 1 8 J A N V I E R 2 0 1 8 A 6 EDITORIAL L E T T R E S Une pensée pour «Pops » C\u2019est avec une profonde tristesse que nous apprenons le décès du père Emmett Johns, un grand humaniste qui a pleinement accompli la mission sur terre que Dieu lui avait confiée.Nous avons, Suzanne et moi, passé toute une nuit avec lui et plusieurs de ses jeunes dans sa roulotte avant mon élection de 2001.Jusqu\u2019à 4 h du matin il nous avait alors sensibilisés à la vie difficile et par fois tourmentée de ces jeunes qui nous avaient confié leurs détresses, mais surtout leurs besoins.Nos chemins se sont croisés à de nombreuses reprises par la suite, que ce soit au refuge (le bunker), au centre de jour, lors du lancement de son livre ou aux soirées de financement des Logies Rose Virginie que coprésidait Suzanne.Nos conversations se poursuivaient lorsqu\u2019on le reconduisait à sa résidence.Cet homme de compassion comprenait l\u2019importance de la dignité humaine, les besoins des jeunes, et leur donnait de l\u2019espoir.Nous vous sommes très reconnaissants, Pops, de votre bonté, de votre générosité, et de nous avoir permis de vivre avec vous des moments uniques de paix et de sérénité.Nos pensées et nos prières vous accompagnent.Restez toujours avec nous, car vous êtes réellement le bon Dieu dans la rue.Gérald Tremblay et Suzanne Tailleur Montréal, le 15 janvier 2018 L I B R E O P I N I O N J O N A T H A N C A R M I C H A E L Bureau d\u2019animation et information logement (BAIL) M A R I E - È V E D U C H E S N E Comité populaire Saint-Jean-Baptiste À Québec, un consensus se dégage quant au caractère problématique de l\u2019hébergement touristique de type Airbnb.Les conséquences dans les quartiers sont de mieux en mieux documentées et sont régulièrement dénoncées sur la place publique.Pourtant, la Ville tarde toujours à se mettre en action.En août dernier, selon les données colligées par AirDNA, 2427 logements ou chambres étaient of fer ts en location à des touristes sur la plateforme Airbnb.Du nombre, 1552 étaient des logements entiers.Plus de 70 % de ces logements sont situés dans l\u2019arrondissement de La Cité-Limoilou.Dans les quartiers centraux, 2,2 % du stock de logements est of fer t aux touristes sur Airbnb.L\u2019ampleur du phénomène dans le Vieux-Québec\u2013Cap-Blanc\u2013 Colline Parlementaire (4,6 % des logements privés sont sur Airbnb) est bien connue, mais le problème dépasse les frontières de ce quartier.Dans les quartiers adjacents, Saint-Jean-Baptiste (3,2 %) et Saint-Roch (2,8 %), et même dans des quartiers historiquement moins touristiques, comme Saint-Sauveur (1,5 %) et Li- moilou (1,4 %), la propor tion de logements entiers mis en location sur Airbnb est également importante.Une activité lucrative Dans les quartiers centraux, 58% des logements entiers loués sur Airbnb ont un taux d\u2019occupation élevé (c\u2019est-à-dire qu\u2019ils ont été loués 76 jours ou plus lors de la dernière année).En moyenne, ces derniers ont été réservés 159 nuits l\u2019an dernier et ont rapporté un revenu annuel d\u2019un peu plus de 23 000$ à leur hôte.Force est de constater qu\u2019une majorité des hôtes utilisent des logements pour en faire une activité commerciale lucrative.La prolifération des logements réservés aux touristes n\u2019est pas sans conséquence pour les résidantes et résidants.Le retrait d\u2019unités de logement du stock locatif entraîne une pression à la hausse sur le prix des loyers.Des locataires sont évincés de leur logement ou subissent des pressions parce que leurs propriétaires veulent relouer à gros prix à des touristes.Le va-et- vient incessant dans les immeubles et dans les quartiers résidentiels, le bruit, la perte des liens de voisinage nécessaires au sentiment de sécurité sont également des exemples qui contribuent à l\u2019effritement du tissu social.Selon le répertoire des établissements touristiques de la Corporation de l\u2019industrie touristique du Québec, seulement 72 résidences pour tourisme détiennent les attestations obligatoires sur le territoire de la Ville de Québec.On peut donc conclure qu\u2019entre 90 % à 95 % des locateurs Airbnb à Québec agissent dans l\u2019illégalité.La Ville de Québec doit agir promptement.Dès maintenant, elle doit s\u2019attaquer au problème en utilisant les pouvoirs dont elle dispose et en se dotant des ressources nécessaires pour faire respecter les réglementations.La mise en place d\u2019un comité de travail sur l\u2019hébergement touristique ou encore l\u2019adoption d\u2019un moratoire sur l\u2019usage de résidences de tourisme (dont la por tée se limitera au Vieux-Québec, à Saint-Roch et à Saint- Jean-Baptiste) ne suffisent pas.Les discours doivent faire place aux actes.L\u2019hôtellerie illégale ne doit plus être tolérée.Ses conséquences dans les quartiers se font déjà trop sentir.La Ville de Québec aura-t-elle enfin la volonté politique de se mettre à la tâche ?Airbnb : la Ville de Québec doit agir maintenant FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente du développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-président des ventes publicitaires MARK DROUIN Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Directeur de l\u2019information numérique FLORENT DAUDENS Adjoints PAUL CAUCHON, VALÉRIE DUHAIME, LOUIS GAGNÉ, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur de la production CHRISTIAN GOULET Un compromis Dans Le Devoir du 15 janvier 2017, Robert Dutrisac soutenait que certaines municipalités vont «trop loin» en envisageant une interdiction générale de fumer du cannabis dans les lieux publics (parcs, places publiques, trottoirs, etc.).Cela produirait une distinction entre les villes tolérantes et les villes intolérantes et une discrimination entre les propriétaires de résidence et les locataires de logement où il serait interdit de consommer du cannabis.Il reste tout de même que le cannabis est une drogue, que les effets nocifs de sa fumée secondaire ne sont pas documentés de manière satisfaisante (notamment sur les enfants) et que l\u2019odeur de cannabis peut constituer une véritable nuisance pour ceux qui n\u2019en consomment pas ou n\u2019en consomment plus.Je propose un compromis.Les villes devraient pouvoir légaliser un certain nombre de «fumeries» et limiter la consommation publique du cannabis dans ces lieux, un peu comme les bars sont les lieux où l\u2019on va consommer de l\u2019alcool.Le cas échéant, l\u2019air émanant des fumeries devrait être parfaitement filtré, afin de ne pas nuire au voisinage.Chaque ville pourrait ainsi avoir ses « lotus bleus», version cannabis, et les réglementer avec souplesse.À mon avis, une solution de ce genre permettrait de réconcilier les intérêts de ceux qui veulent fumer du cannabis en toute liberté et de ceux pour qui être exposés involontairement à l\u2019odeur et à la fumée secondaire du cannabis dans les parcs, les places publiques et sur les trottoirs constitue une véritable nuisance.Cet équilibre raisonnable permettrait probablement aussi de mettre fin au débat sur la prohibition plus rapidement qu\u2019en soumettant le cannabis aux mêmes restrictions que le tabac.Luc B.Tremblay Montréal, le 15 janvier 2018 ATTENTAT À LA GRANDE MOSQUÉE DE QUÉBEC Une commémoration fraternelle et sereine CORÉE DU NORD Le perroquet canadien L L GUY TAILLEFER ROBERT DUTRISAC Combattre l\u2019intolérance J\u2019ai lu avec beaucoup d\u2019intérêt l\u2019entrevue avec M.Hassan Guillet au sujet du combat contre l\u2019islamophobie.M.Guillet est un homme de bonne volonté pour qui j\u2019ai beaucoup de respect.Mais il se trompe de cible dans son combat.Le combat contre l\u2019islamophobie est un combat légitime, mais limité, car il ne concerne que la communauté musulmane tandis qu\u2019il y a un combat beaucoup plus grand qui concerne tout le monde : celui contre l\u2019intolérance.Les personnes intolérantes n\u2019acceptent pas la différence et considèrent tous ceux qui ne pensent pas comme eux ou ne vivent pas comme eux comme des mécréants ou des infidèles, et ceci dans toutes les idéologies.Pensons seulement à l\u2019Inquisition espagnole chez les chrétiens et à tous les massacres commis par les nazis ou les communistes! Alors, luttons tous ensemble contre l\u2019intolérance, et vive la fraternité! Michel Pagé Brossard, le 15 janvier 2018 L E D E V O I R , L E J E U D I 1 8 J A N V I E R 2 0 1 8 A 7 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon (chef de division), Robert Dutrisac, (éditorialiste), Michel Garneau et Pascal Élie (caricaturistes), Jacques Nadeau (photographe), Olivier Zuida (recherchiste photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division et reporter), Stéphane Baillargeon (généraliste), Gérald Dallaire (pupitre), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Jean Dion (sports), Marco Fortier (éducation), Lisa-Marie Gervais (diversité), Pauline Gravel (sciences), Jessica Nadeau (éducation).Alexandre Shields (environnement); information politique : Michel David (chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Marie-Michèle Sioui (correspondants parlementaires à Québec) Dave Noël (recherche), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec); information culturelle : Guillaume Bourgault-Côté (politiques culturelles), Julie Carpentier (pupitre), Fabien Deglise (livres), Catherine Lalonde (arts vivants), François Lévesque (écrans),Caroline Montpetit (arts vivants), Philippe Papineau(médias); information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l\u2019information), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Benoît Munger (pupitre); information internationale : Guy Taillefer (chef de division et éditorialiste); section art de vivre : Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); cahiers spéciaux : Aude Marie Marcoux (responsable); équipe numérique : Laurence Clavel, Guillaume St-Hilaire et Geneviève Tremblay (pupitres); correction : Andréanne Bédard, Christine Dumazet et Michèle Malenfant (correctrices) ; soutien à la rédaction : Amélie Gaudreau (coordonnatrice à la rédaction), Jean-Philippe Proulx (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa).PUBLICITÉ Charleyne Bachraty (adjointe au vice-président), Marlène Côté, Évelyne De Varennes, Amel Elimam, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (directrices de comptes), Alain Tréhout (directeur créativité média), Amélie Maltais (commis aux avis légaux), Alessandra Tantalo et Laurence Hémond (coordonnatrices publicitaires).PRODUCTION Caroline Desrosiers, Yannick Morin, Anthony White et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web), Jean-François Côté (analyste programmeur), Luc Girard (technicien informatique), Solène M.Hébert (développeuse Web).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Catherine Gentilcore (coordonnatrice marketing, communications et relations publiques), Sébastien Beaupré (coordonnateur service à la clientèle), Manon Blanchette, Caroline Filion, Nathalie Filion, Isabelle Sanchez (préposées au service à la clientèle).ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Mélisande Simard (adjointe administrative et responsable des ressources humaines), Florentina Draghici (technicienne comptable), Véronique Pagé (responsable du crédit).Écrivez-nous! Le Devoir se fait un plaisir de publier dans cette page les commentaires et les analyses de ses lecteurs.Étant donné l\u2019abondance de courrier, nous vous demandons de limiter votre contribution à 5500 caractères (y compris les espaces), ou environ 850 mots.Inutile de nous téléphoner pour assurer le suivi de votre envoi : si le texte est retenu, nous communiquerons avec son auteur.Nous vous encourageons à utiliser le courriel (redaction@ledevoir.com), mais dans tous les cas, n\u2019oubliez pas d\u2019indiquer vos coordonnées complètes, y compris votre numéro de téléphone.S A M H A R O U N Montréal l suf f it de reven ir aux années 1920, marquées par trois présidences républicaines, pour nous rendre compte que Donald Trump nous ser t du réchauffé.En 1920, le candidat War ren Hard ing ava it lancé sa campagne avec les slogans « Sauvegarder l\u2019Amé- r ique d\u2019abord », « Penser à l\u2019Amérique d\u2019abord », « Exalter l \u2019Amér ique d\u2019abord » .Toute la décennie en fut la dé- monstrat ion : repl i sur so i avec le refus de rat if ier le Traité de Versailles et le refus d\u2019adhérer à la Société des Nat ions (ancêtre de l \u2019ONU), pourtant des projets inspirés des Quatorze points du président Wilson, retour au protect ionn isme et à l \u2019 isolat ion- nisme qui n\u2019empêcha pas, du reste, l\u2019interventionnisme en Amérique latine, chasse gardée des intérêts économiques des États-Unis, méfiance à l\u2019égard de l\u2019immigration d\u2019origine slave et méd iter ra- néenne assortie de quotas et de restrictions diverses.Au sein même des États- Unis, on assiste à une résurgence du racisme à l\u2019égard des Noirs, le Ku Klux Klan reprenant de la vigueur et recrutant des milliers de nouveaux adhérents, paradant sans vergogne avec leurs sinistres uniformes.Le mouvement nativiste prétend défendre les « vrais Américains » contre les éléments mal assimilables de la population, et l\u2019exaltation de la culture WASP se traduit par la méfiance à l\u2019égard des catholiques, des orthodoxes et des juifs.Les gouvernements républicains sont formés par les patrons des grandes industries et privilégient la réduction des impôts sur les entreprises.Cer tes, la décennie a connu une grande prospérité (les Roaring Twenties qui finiront mal, avec la chute de Wall Street et la Dépression des années 1930), mais au prix de graves inégalités sociales : 5 % de la population reçoit le tiers des revenus perçus par les personnes physiques.Le patron de GMC aurait pu dire, dans les années 1920, ce qu\u2019il a claironné en 1953 : « Ce qui est bon pour GM est bon pour les États-Unis.» Un monde façonné par les États-Unis Ce qui est plus dramatique au jourd\u2019hu i , c \u2019est que les États-Unis exercent une direction politique, technologique et culturelle incompatible avec l\u2019isolationnisme, le protectionnisme et la xénophobie.Notre monde a été façonné, en grande partie, par les États-Unis à la fin de la guerre de 1939-1945.Ce pays dispose d\u2019une telle puissance et d\u2019un tel rayonnement scientifique et culturel (les chercheurs amér ica ins ramassent les prix Nobel par grappes) qu\u2019un éventuel repli sur ses intérêts propres laissera it un v ide qu\u2019occuperaient des puissances peu favorables aux intérêts et aux valeurs de l\u2019Occident (Russie et Iran au Moyen-Or ient, Chine dans le Pacifique).Les intérêts des États-Unis sont si imbriqués avec ceux des autres continents que le « Make America great again » implique un engagement plus maîtrisé de ce pays dans les affaires du monde.À ce sujet, les présidents républicains Eisenhower, Nixon, Reagan et Bush père ont su, de façon pragmatique, concilier les intérêts de leur pays avec ceux de leurs alliés, alors que Trump tance l\u2019Europe, malmène le Canada et le Mexique, compare son bouton nucléaire et celui du dictateur nord-coréen (querelle d\u2019enfants mal élevés), en veut à Cuba et à l\u2019Iran pour leurs manquements aux droits de la personne mais signe entre-temps un contrat de fournitures d\u2019armements de plus de 100 milliards avec l\u2019Arabie saoudite, peu susceptible d\u2019être cité en exemple pour son respect des droits et des liber tés.Que Donald Trump veuille défendre les intérêts de son pays est tout à fait normal, il a été élu pour cela, mais ses foucades risquent de mettre à mal les relations internationales.Avec Trump, vieux slogans, vieux réflexes, vieilles recettes D I A N E L A M O U R E U X Professeure associée au Département de science politique de l\u2019Université Laval ontrairement à ce qui s\u2019est passé aux États-Unis lors de la cérémonie des Golden Globes, où une série de stars ont choisi d\u2019être solidaires du mouvement #MeToo, une centaine de personnalités féminines françaises ont jugé nécessaire de défendre la « liber té d\u2019impor tuner » des hommes, allant jusqu\u2019à se faire les défenderesses du « frottage » dans les transports en commun, tout cela afin de ne pas transformer les femmes en victimes et de ne pas sombrer dans le puritanisme.Le tout, sous prétexte de la sauvegarde d\u2019une certaine galanterie à la française, dans un texte qui ne semble pas faire la distinction entre galanterie et goujaterie.L\u2019argument n\u2019est pas nouveau puisqu\u2019il avait abondamment été utilisé par Élisabeth Badin- ter dans son ouvrage, Fausse route, dans lequel elle dénonçait une enquête contre les violences faites aux femmes, l\u2019enquête ENVEFF.Dénoncer les injustices que vivent encore de nos jours les femmes dans des sociétés qui restent patriarcales malgré les transformations provoquées par les mobilisations féministes, ne veut pas dire assigner les femmes au rôle de « victimes », mais se prononcer pour une plus grande justice sociale.Il est attristant de constater que ces femmes, qui se proclament favorables à l\u2019égalité salariale et professionnelle, et donc à certaines valeurs féministes, n\u2019arrivent pas à imaginer d\u2019autres scripts hétérosexuels que celui de prédateur/proie.Des décennies de féminisme ont fait en sorte que les scripts sexuels se sont multipliés, qu\u2019ils sont loin de se limiter à l\u2019hétérosexualité, et que des modèles plus égalitaires, y compris des modèles où les femmes peuvent faire des avances à d\u2019autres femmes ou à des hommes, se sont développés.Dénoncer l\u2019attitude prédatrice de cer tains hommes qui, à l\u2019instar de Trump, pensent que richesse et pouvoir sont des armes de séduction massive, ce n\u2019est pas faire preuve de puritanisme, mais c\u2019est au contraire vouloir que se développent des rapports amoureux et sexuels empreints de respect pour toutes les personnes concernées.Il est également surprenant de réduire les femmes qui dénoncent les agressions sexuelles qu\u2019elles ont vécues à un statut de victimes.Les victimes sont celles qui encaissent sans broncher.Celles qui dénoncent, même des années plus tard, ne sont pas tant des victimes que des actrices sociales qui veulent témoigner des injustices qu\u2019elles ont subies et agir de sorte que plus personne n\u2019ait à subir des injustices semblables à l\u2019avenir.Appareil judiciaire Par ailleurs, l\u2019appareil judiciaire et le droit, dans tous les pays occidentaux, peinent à qualifier les agressions sexuelles et à trouver des mécanismes appropriés de traitement des plaintes et de réparation des torts.Il y a quelques mois, en France, un homme a été acquitté d\u2019une accusation de viol sur une enfant de 11 ans sous prétexte que celle-ci aurait consenti à la relation sexuelle puisqu\u2019elle ne présentait pas de signes apparents de lutte contre l\u2019agresseur.Que ce soit en France, au Québec ou au Canada, le processus de plainte au pénal ou en vertu du Code criminel est un parcours semé d\u2019embûches et qui se révèle souvent insatisfaisant pour celles qui choisissent d\u2019emprunter cette voie, y compris lorsque le procès aboutit à une condamnation de l\u2019accusé : il faut que la police prenne la plainte suffisamment au sérieux pour porter des accusations et, lorsqu\u2019il y a procès, celui-ci se transforme trop souvent en examen de la vie privée de la plaignante afin d\u2019entacher sa crédibilité et faire jouer la présomption d\u2019innocence en faveur de l\u2019accusé, sans parler du fait que la plaignante est réduite à un statut de « témoin».On comprend que, dans de telles circonstances, plusieurs hésitent à porter plainte.Le droit à la sécurité des femmes, pourtant reconnu dans une série de Chartes nationales et internationales, est encore loin d\u2019être une réalité.Dans ce domaine, à la frontière de l\u2019intime et du social, les dénonciations publiques ne doivent pas être confondues avec du lynchage.Elles relèvent plutôt d\u2019une volonté d\u2019exprimer les torts vécus afin de faire changer les lois, les mentalités, les habitudes sociales et les institutions, sans qu\u2019il soit possible de trouver une solution simple à un ensemble de problèmes qui relèvent autant des institutions sociales que des comportements individuels, comme nous l\u2019ont montré les témoignages de la Commission de vérité et réconciliation.Prendre la peine d\u2019écouter ce que ces femmes ont à nous dire est un premier pas pour prendre la mesure de l\u2019ampleur du problème et pour essayer d\u2019y trouver des solutions.Galanterie ou goujaterie ?M A R I E - C L A U D E G O U L E T N A Z I L A B E T T A C H E S A M I R S H A H E E N - H U S S A I N MilitantEs pour la justice sociale et médecins ous avons été boule- verséEs et attristéEs d\u2019apprendre le décès inattendu de notre amie et camarade de lutte Abby Lippman (le 26 décembre dernier à Montréal, à l\u2019âge de 78 ans).Lui rendre hommage est un exercice périlleux.L\u2019ampleur de ses engagements et son rôle marquant auprès des dif férentes communautés qui l\u2019ont côtoyée font qu\u2019il est impossible de rendre justice à ses réalisations et de décrire l\u2019immensité du vide qu\u2019elle laisse par son absence.Née à Brooklyn, Abby fait un baccalauréat en littérature comparative à l\u2019Université Cornell et s\u2019implique activement au sein des mouvements syndical et féministe.Elle s\u2019installe ensuite à Montréal et obtient un doctorat en génétique humaine à l\u2019Université McGill, où elle devient professeure au Département d\u2019épidémiologie.Elle y mène des recherches sur les technologies médicales dans une perspective fémi - niste, s\u2019intéressant aux dérives de la médecine dans un système capitaliste.L\u2019un de ses plus récents sujets de recherche porte sur la campagne de vaccination contre le VPH, dont elle se veut critique étant donné l\u2019absence de données probantes à long terme, notamment sur les effets indésirables encourus par les jeunes femmes.Elle met aussi en lumière les liens sournois entre le financement pharmaceutique et la recherche universitaire, ainsi que le rôle néfaste des lobbyistes sur les politiques de santé provinciales et fédérales.Individualisme consumériste Abby développe le concept de « néomédicalisation » pour décrire le processus par lequel «on assiste à la création et à la commercialisation de maladies dans le but de vendre des médicaments, de même qu\u2019au repérage de situations naturelles comme causes potentielles de maladies futures ».Elle dénonce « l\u2019individualisme consumériste » qui réduit les enjeux de santé à une question dépolitisée de « choix individuels », et établit des liens avec les luttes d\u2019autodétermination autochtones et les mouvements contre la discrimination capacitiste, entre autres.Elle met en avant une analyse intersectionnelle pour comprendre les conséquences perverses de faire por ter aux seuls individus le fardeau de leur propre santé dans une société inéquitable.Dans un texte récent publié dans les Cahiers du socialisme, elle affirme avec grande lucidité que la néomédicalisation masque «le fait que la dérégulation, la privatisation et le capitalisme incarnent de vrais risques pour la santé» et que c\u2019est ce à quoi il faut s\u2019attaquer en priorité.Afin d\u2019améliorer la santé globale de chacun et de chacune, Abby revendique de transformer les déterminants structurels de la santé \u2014 les systèmes social, politique et économique qui créent les iniquités \u2014 dans l\u2019optique d\u2019atteindre la justice sociale par l\u2019action collective.Beaucoup d\u2019hommages dans les médias et les réseaux sociaux évoquent le travail d\u2019Abby comme professeure et chercheuse.Son analyse critique rigoureuse et assidue va certainement manquer au monde universitaire.Cependant, ce sont les mouvements pour la justice sociale, la gauche radicale comprise, qui perdent une militante irremplaçable, décrite par plusieurs comme une force de la nature.Outre son engagement envers les enjeux de santé, elle milite au sein du mouvement de solidarité avec le peuple palestinien, elle siège au conseil d\u2019administration du Centre de lutte contre l\u2019oppression des genres et collabore avec le Centre communautaire des femmes sud- asiatiques, toujours dans une démarche intersectionnelle et intergénérationnelle.Elle se por te à la défense des mi- grantEs, notamment ceux et celles qui ont été cibléEs par les effets de la «guerre au terrorisme».Nous ne pouvons dans ces quelques lignes dresser une liste exhaustive des engagements d\u2019Abby, et elle nous en voudrait probablement de le faire, car elle est très critique envers la culture de l\u2019exception- nalisme prônée par notre société individualiste.Justice sociale et humilité En 2012, lorsque le journal À Bâbord ! l\u2019approche et lui demande d\u2019écrire sur une femme inspirante, elle accepte d\u2019y participer, mais, fidèle à elle- même, elle refuse de nommer une seule femme.Son magnifique texte intitulé « Une voix plurielle à la première personne» se termine ainsi : «Mais je m\u2019abstiendrai de retenir une seule voix, un seul fil, une seule femme exceptionnelle qui serait mon inspiration.Ce sont toutes ces femmes, leur humanité, leurs colères, leur militantisme, leur persistance et leur sens de l\u2019humour, qui font ce chœur exceptionnel qui ne cesse de m\u2019inspirer.» Cette phrase résume bien la façon d\u2019être d\u2019Abby : incroyablement dévouée aux luttes pour la justice sociale et tout à la fois dotée d\u2019une immense humilité.Au-delà de ses réalisations innombrables et de la marque qu\u2019elle laisse sur des générations de militantEs, c\u2019est à son humanité et à son authenticité qu\u2019il est plus difficile de rendre hommage.Ce sont les moments passés dans son salon à discuter \u2014 sa por te était toujours ouverte \u2014, son empathie, sa grande générosité envers les gens de partout et de nulle part, sa curiosité, sa créativité jamais éteinte par les années de lutte, son amour des autres et son espoir inébranlable qui vont nous manquer le plus cruellement.Chère Abby, tu as transmis un flambeau riche d\u2019engagements et d\u2019espoir aux générations qui te suivent.Nous le prenons avec humilité et espérons de tout cœur y être fidèles.Avec amour, fragilité et solidarité.Tes amiEs.Au revoir, Abby Lippman COURTOISIE DE CHRIS HAND Les mouvements pour la justice sociale perdent en Abby Lippman une militante irremplaçable, décrite par plusieurs comme une force de la nature.C I N L E D E V O I R , L E J E U D I 1 8 J A N V I E R 2 0 1 8 A 8 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par courriel publicite@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3452 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement 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parc La Fontaine n \u2019est pas menacée, assure Luc Ferrandez.«Nous ne fermerons jamais la patinoire du parc La Fontaine », a-t-il dit en précisant que le bassin du parc La Fontaine était beaucoup moins profond que celui du lac aux Castors, soit un mètre au lieu de six.Déception Les Amis de la Montagne sont déçus de la décision de la Ville et disent avoir reçu de nombreuses plaintes de patineurs.« On travaille avec la Ville, qui semble très décidée à trouver des solutions.Nous, ce qu\u2019on prône, ce sont des solutions inventives pour pouvoir maintenir la tradition vieille de huit décennies sur le lac aux Castors et pas autre part », a insisté Hélène Panaïoti, directrice des communications de l\u2019organisme.Elle souligne que le Pavillon du lac aux Castors, qui est doté d\u2019un restaurant, a été conçu pour les patineurs.Lors de la dernière réunion de la Table de concer tation du mont Royal, les Amis de la Montagne ont demandé d\u2019obtenir des données claires produites par des experts et des ingénieurs sur les exigences que pose le bassin en matière d\u2019aménagement.« C\u2019est sûr que la gestion d\u2019une patinoire naturelle dans un lieu comme la montagne représente certains défis.Mais c\u2019est vraiment une tradition qui est importante et les Montréalais y viennent par dizaines de milliers chaque année pour patiner.Là, ils sont confinés à la patinoire de glace artificielle », déplore Mme Panaïoti en soulignant qu\u2019« on peut encore faire du patinage sur les grands bassins d\u2019eau à travers le Québec et le Canada».En raison des changements climatiques, la gestion des patinoires devient de plus en plus complexe pour les municipalités, et les saisons de patinage tendent à raccourcir.C\u2019est pourquoi la Ville de Montréal n\u2019aura d\u2019autre choix que d\u2019opter pour des glaces artificielles dans le futur, indique Luc Ferrandez.Rappelons que le lac aux Castors avait été creusé à la main en 1938 sur d\u2019anciens marécages et qu\u2019il avait été dessiné par l\u2019architecte Frederick Gage Todd.Il n\u2019avait jamais fait l\u2019objet de travaux importants jusqu\u2019à ce que les plantes aquatiques l\u2019envahissent dans les années 2000.En 2012, la Ville a lancé le chantier pour son réaménagement, mais les travaux ont subi des retards et ont mené à des poursuites judiciaires de la part de deux entrepreneurs.Pour sa part, le Pavillon du lac aux Castors a été construit entre 1955 et 1958 selon les plans des architectes Hazen Edward Sise et Guy Des- barats.Il a été rénové au cours des années 2000.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 PATINOIRE pour des attouchements incompatibles avec la pratique et la déontologie médicales, le médecin incriminé vient donc d\u2019écoper du minimum proposé par le Code des professions et d\u2019une amende de 5000 $.Il avait été prouvé lors des auditions que ce dernier avait posé ses mains avec insistance sur les parties génitales d\u2019une de ses patientes, venue consulter pour une douloureuse hernie discale.Lors de l\u2019examen physique, il avait notamment pénétré d\u2019un doigt son vagin sans jamais avertir sa patiente.Ces manipulations, considérées comme des « gestes de nature érotique », étaient inappropriées pour traiter la patiente, suivie par le médecin depuis 14 ans, a soutenu le conseil dans sa décision.« Ces manœuvres, totalement injustifiées par la science médicale, ont été effectuées à mains nues sans le consentement de la patiente, dans un contexte de vulnérabilité et d\u2019abandon important», précise la décision disciplinaire.L\u2019aveu de culpabilité du Dr Rancourt en mai dernier a par la suite donné lieu à une vague de dénonciations auprès de la police par d\u2019autres patientes.Ces dévoilements ont mené en juillet 2017 à l\u2019arrestation du médecin, qui a comparu en cour criminelle pour répondre à dix chefs d\u2019accusation pour des agressions sexuelles commises entre 2012 et 2017.Sept de ces patientes ont aussi déposé une plainte disciplinaire contre le Dr Rancourt, qui sera entendue au cours de 2018, a fait savoir le Collège.Changement de cap Pour le Dr Bernard, il est clair que les nouvelles dispositions en matière de sanction disciplinaire vont changer la donne à l\u2019avenir pour les victimes de médecins agresseurs.«On le voit, cela va amener plus de patientes à avoir le courage de porter plainte, sachant que les sanctions seront dorénavant plus conséquentes», dit-il.« Ça ne faisait aucun sens que des médecins \u201csoient en congé\u201d pendant quelques semaines, ou quelques mois, après avoir été condamnés pour inconduite ou agression sexuelle », ajoute le président du Collège, qui réclamait depuis des années ces changements.À son avis, le milieu disciplinaire a longtemps « dormi au gaz ».Aujourd\u2019hui, insiste-t-il, il est clair que la tolérance zéro doit prévaloir à l\u2019endroit des professionnels de la médecine, en position d\u2019autorité face à des patients souffrants et parfois démunis et fréquemment en situation de proximité physique.Le Dr Bernard a bon espoir que ses sanctions plus sévères auront un effet dissuasif après des professionnels à risque de commettre des gestes « déviants ».Plus encore, les nouvelles dispositions prévoient que ces sanctions s\u2019appliqueront aux auteurs de gestes inappropriés commis avant l\u2019adoption des nouvelles règles.Dans le but premier d\u2019assurer la protection du public, le législateur a en ef fet précisé que celles-ci auront un effet rétroactif.En cas de récidives démontrées, il ne serait pas surprenant de s\u2019attendre à des sanctions encore plus importantes, voire à des radiations à vie, pense le Dr Bernard.Réactions Interrogée sur la décision rendue à l\u2019encontre du Dr Rancourt, l\u2019avocate Lucie Joncas, souvent appelée à plaider dans des causes d\u2019agressions ou d\u2019inconduites sexuelles dans le domaine disciplinaire, estime qu\u2019il s\u2019« agit d\u2019une peine sévère ».« Le registre des sentences peut varier entre un et deux ans de radiation », dit-elle.Mais le plus grand changement introduit par ces nouvelles dispositions, pense-t-elle, est de toute évidence le renversement du fardeau de la preuve en faveur des victimes.« Elles précisent clairement que le médecin devra prouver qu\u2019il existe de bonnes raisons ou des circonstances atténuantes pour échapper à la peine minimale de cinq ans.Avant, c\u2019était le syndic qui devait faire la preuve de la peine appropriée », dit-elle.Chose certaine, cette décision créera un précé- dent dans les causes à venir, notamment celle du Dr Laval Claveau, reconnu coupable en octobre 2017 d\u2019avoir abusé de sa relation professionnelle auprès de deux patientes en leur embrassant les seins.Ce dernier devra faire face à cinq chefs d\u2019accusation de nature criminelle au palais de justice de Chicoutimi lors d\u2019un procès à venir.Bien que les gestes reprochés aient eu lieu avant la révision du Code des professions, il sera jugé en vertu du nouveau régime lors de l\u2019audition sur sanction du conseil de discipline du collège, prévue le 15 juin prochain.Selon le Collège des médecins, le nombre de plaintes déposées par des patients ou des patientes n\u2019a pas augmenté depuis l\u2019émergence du mouvement #MoiAussi.Entre le 1er avril 2016 et le 31 mars 2017, la direction des enquêtes du Collège a reçu quatorze demandes d\u2019enquête concernant des inconduites de nature sexuelle.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 RADIATION voilant ses nouveaux croquis, secouée par la tribune publiée dans Le Monde sur la « liberté d\u2019importuner » les femmes.Elle regrette toutefois que cette lettre ait divisé les femmes et occulté le vrai problème du débat.« Le débat n\u2019est plus le même, les femmes s\u2019attaquent entre elles et se divisent au lieu de parler de consentement et de harcèlement, re- grette-t-elle.Il faut passer à autre chose, on a donné trop de visibilité [à cette tribune].» Elle la première, reconnaît-elle.Rencontrée mercredi matin par Le Devoir dans un café du Plateau Mont-Royal, Emma raconte avoir adapté les dessins sur lesquels elle travaillait depuis quelques semaines afin de se coller à l\u2019actualité du jour.Un geste qu\u2019elle regrette désormais, avec du recul.«Les gens se sont focalisés sur cette poignée de femmes qui n\u2019est pas du tout représentative de ce que pensent la majorité des Françaises», explique-t-elle.Entre les commentaires haineux et sexistes sur l\u2019âge, le physique ou la richesse des cosignataires de la lettre, le problème de harcèlement qu\u2019elle dénonçait dans ses dessins a été relégué aux oubliettes.Avec ses nouvelles planches publiées sur son blogue et son compte Facebook, Emma souhaitait surtout expliquer à ces femmes \u2014 et à ceux qui les appuient \u2014 que la lutte contre le harcèlement et les agressions sexuelles ne doit pas être vue comme une menace aux rapports de séduction.« Ils n \u2019ont juste pas compris ce qu\u2019était un rapport de séduction, dit-elle.Il faut leur clarifier que c\u2019est une question de consentement.On peut aller l\u2019un vers l\u2019autre et s\u2019assurer qu\u2019il y a un intérêt mutuel sans pour autant tomber dans le harcèlement.» Si elle se montre critique envers la lettre signée, entre autres, par l\u2019actrice Catherine De- neuve, elle ne s\u2019étonne pas outre mesure d\u2019une telle sortie médiatique.Dans la foulée de l\u2019affaire Weinstein, qui a entraîné une vague de dénonciations à travers le monde sous les mots-clics #MeToo, #MoiAussi ou encore #BalanceTonPorc, la dessinatrice a constaté que de nombreuses Françaises étaient en réalité incapables de distinguer un acte de harcèlement.«Quelqu\u2019un qui nous suit dans la rue, qui nous parle avec insistance ou nous touche les fesses dans le métro, c\u2019est du harcèlement, donne-t-elle pour exemples.Mais on s\u2019y est tellement habitué que c\u2019est devenu normal pour beaucoup.» Éducation genrée Un problème de société qui trouve racine dans l\u2019éducation, selon elle, qui diffère que l\u2019on soit une fille ou un garçon.Un sujet qu\u2019elle aborde notamment dans le deuxième tome de sa bande dessinée Un autre regard \u2014 en vente depuis début janvier au Québec \u2014, qui explique son passage à Montréal pendant sa tournée médiatique.Si l\u2019agressivité chez les garçons est considérée comme une qualité nécessaire pour devenir un homme, un tel compor tement est au contraire réprimé chez les filles, encouragées à rester douces, sous peine de passer pour émotives ou irrationnelles à la moindre colère, ex- plique-t-elle dans ses dessins.Une éducation qui aura un impact à l\u2019âge adulte dans les situations d\u2019irrespect, de provocations, d\u2019agressions physiques ou verbales.« Prendre l\u2019habitude d\u2019étouffer [cette colère] laisse [les femmes] paralysées en situation d\u2019agression, car nous n\u2019avons plus confiance en nos réflexes défensifs», écrit-elle.Pour la blogueuse de 37 ans, il faudrait plutôt encourager les garçons à éprouver et formuler leurs émotions, à travailler leur sensibilité et leur empathie, des caractéristiques plus valorisées chez les filles.«Charge mentale» « Il faut aussi les faire participer aux tâches ménagères », assure-t-elle tout en finissant sa tasse de thé.Elle revient ici sur un autre chapitre de son livre qui évoque la «charge mentale».C\u2019est cette série de croquis, nommée «Fallait demander!», qui l\u2019a portée au-devant de la scène médiatique en mai dernier.Emma demeurait jusqu\u2019alors une parfaite inconnue, une ingénieure informaticienne bloguant et dessinant à ses heures perdues pour exprimer ce qu\u2019elle ne pouvait pas dire à haute voix dans son quotidien.Le terme, désormais entré dans le langage courant, décrit ce poids qui repose essentiellement sur les épaules des femmes, censées tout planifier pour organiser la vie familiale et domestique une fois leur journée de travail terminée.« Les femmes doivent penser à tout, alors que les hommes ont tendance à attendre qu\u2019on leur dise quoi faire », a-t-elle remarqué lorsqu\u2019elle est devenue mère.Un sujet qui a trouvé écho tant auprès des femmes que des hommes, qui semblaient avoir besoin d\u2019un dessin pour réaliser l\u2019ampleur de la tâche.Ses coups de crayon simples mais engagés revenant sur des débats de société et féministes lui ont depuis permis de traverser les frontières françaises.Emma est ainsi passée de 40 000 à 250 000 fans sur sa page Facebook en moins d\u2019un an, et le premier tome d\u2019Un autre regard est vendu à travers le monde, traduit en anglais, en allemand, en italien ou encore en japonais.Une popularité « inattendue » qui a encouragé la jeune femme à laisser tomber son emploi pour se consacrer à l\u2019écriture et au militantisme.Un troisième tome est même déjà sur sa planche à dessin.Le Devoir UN AUTRE REGARD 2 Emma Massot éditions, 112 pages SUITE DE LA PAGE 1 EMMA ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR La blogueuse et dessinatrice française Emma publie un nouveau livre sur des débats de société et féministes.EMMA/MASSOT ÉDITIONS Dessins tirés du deuxième tome de la bande dessinée d\u2019Emma intitulée Un autre regard ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Un écriteau met en garde les passants contre le danger de s\u2019aventurer sur la glace."]
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