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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2018-01-26, Collections de BAnQ.

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[" V O L .C I X N o 1 5 L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 2 6 J A N V I E R 2 0 1 8 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S AUJOURD\u2019HUI Culture \u203a Attendre la grâce.Rencontre avec la cinéaste d\u2019animation Michèle Cournoyer, lauréate du prix Albert-Tessier.Page B 2 Avis légaux.B 8 Décès.A 6 Météo.B 8 Mots croisés.B 4 Petites annonces .A 6 Sudoku.B 4 ?w w w .l e d e v o i r .c o m M A N O N D U M A I S M ercredi soir, l\u2019ambiance était survoltée au premier direct de Danser pour gagner, lancé par la productrice Julie Snyder et l\u2019animateur Olivier Dion.Et pas seulement à cause de l\u2019enthousiasme débordant de Julie Ringuette en coulisses ! En voyant six des douze équipes en compétition s\u2019exécuter sur le grand plateau circulaire, on a compris pourquoi Denis Bouchard, qui forme le jury avec Kim Gingras et Laurence Nerbonne, les a qualifiés de gladiateurs et gladiatrices.Que l\u2019on connaisse ou non la danse urbaine, force est d\u2019admettre que le calibre est élevé et que la compétition s\u2019annonce serrée à Danser pour gagner.D\u2019ailleurs, il est surprenant qu\u2019on n\u2019ait pas pensé à adapter plus tôt America\u2019s Best Dance Crew, TÉLÉVISION Entrez dans la danse Une forme d\u2019art qui gagne en popularité grâce aux émissions qui la mettent en vedette ÉLISABETH CLOUTIER Numéro de danse urbaine à Danser pour gagner, dif fusée sur V.M A R I E V A S T E L H É L È N E B U Z Z E T T I Correspondantes parlementaires à Ottawa L e mouvement #MoiAussi vient de déferler sur le monde politique.En 24 heures, trois politiciens de trois Parlements différents ont dû démissionner à cause d\u2019allégations d\u2019inconduite sexuelle.Le ministre fédéral Kent Hehr a quitté son poste en fin de journée jeudi, accusé d\u2019avoir proféré des commentaires à connotation sexuelle inappropriés.La veille, les chefs conser vateurs en Ontario et en Nouvelle- Écosse, Patrick Brown et Jamie Baillie, quittaient leurs fonctions à la suite d\u2019allégations d\u2019inconduite sexuelle et de harcèlement sexuel.Dans la foulée des dénonciations concernant ces deux derniers élus, une ancienne employée politique en Alberta affirmait mercredi soir sur Twitter avoir fait l\u2019objet de commentaires désobligeants de la part du ministre Kent Hehr lorsqu\u2019il était député à Edmonton (2008 à 2015).«Lors de mon premier jour de travail, à l\u2019Assemblée législative de l\u2019Alberta, on m\u2019a dit d\u2019éviter de me retrouver dans un ascenseur avec Kent Hehr.Il faisait des commentaires, instiguant un sentiment d\u2019insécurité», a relaté Kristin Raworth, aujourd\u2019hui fonctionnaire en Alberta.Lorsqu\u2019elle s\u2019est retrouvée seule avec M.Hehr dans l\u2019ascenseur, un jour, le député lui aurait dit « Tu es succulente » [«You\u2019re yummy»].« Six femmes m\u2019ont confirmé ce soir qu\u2019elles avaient aussi vécu ce genre d\u2019expérience », rapportait Mme Raworth mercredi.INCONDUITE SEXUELLE Au tour du milieu politique Deux chefs de partis provinciaux et un ministre fédéral démissionnent après avoir été dénoncés par de présumées victimes Zeitgeist De la parole au geste: l\u2019heure du grand racolage Page B 10 VOIR PAGE A 10 : DANSE VOIR PAGE A 10 : INCONDUITE JACQUES NADEAU LE DEVOIR Henriette Joncas, 85 ans, vit seule dans une résidence pour personnes âgées au centre-ville de Montréal.La solitude serait aussi dommageable que la cigarette ou la sédentarité.I S A B E L L E P A R É La première ministre de Grande-Bretagne, Theresa May, a surpris l\u2019opinion publique en désignant sa ministre des Spor ts, Tracey Crouch, titulaire d\u2019un tout nouveau ministère de la Solitude.Le gouvernement britannique veut prendre à bras-le-corps une réalité qui touche neuf millions de sujets de la Reine et fait peser un très lourd fardeau sur le système de santé.C\u2019est que plusieurs études ont apporté ces dernières années de l\u2019eau au moulin de ceux qui affirment que la solitude ne mine pas que la santé mentale de ceux qui en souffrent, mais aussi leur condition physique.Au Royaume-Uni, de récentes recherches faites par Age UK, un organisme d\u2019aide et de recherche sur le vieillissement, ont révélé que la solitude frappait 15 % des personnes âgées, et qu\u2019au moins 200 000 aînés n\u2019avaient pas parlé à des proches ou des amis depuis plus d\u2019un mois.Interrogé au lendemain de l\u2019entrée en poste de la nouvelle ministre, le directeur général de Age UK, Mark Robinson, a résumé l\u2019ampleur du problème en affirmant que la solitude « est plus mauvaise que 15 cigarettes par jour».C\u2019est aussi ce que démontrent plusieurs études récentes confirmant les effets délétères de l\u2019isolement sur l\u2019espérance de vie.Dès la fin des années 1980, des liens avaient été tracés entre la qualité de la vie sociale des individus et la longévité, mais une méta-analyse de 148 études réalisées en 2015 sur plus de 300 000 VOIR PAGE A 10 : SOLITUDE Le Royaume-Uni vient de créer un ministère consacré à la solitude, une réalité aujourd\u2019hui considérée comme un problème de santé publique aussi criant que le tabagisme ou l\u2019alcoolisme.Gros plan sur un fléau qui touche aussi le Québec.SANTÉ PUBLIQUE Mortelle solitude L\u2019isolement est un tel fléau que la Grande-Bretagne lui a consacré un ministère États-Unis Mon mur contre vos «Dreamers», propose Trump Page A 7 L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 2 6 J A N V I E R 2 0 1 8 A C T U A L I T É S A 2 À LIRE DEMAIN DOSSIER DU SAMEDI Dompter les eaux Le tiers du Bangladesh disparaît sous l\u2019eau chaque année.Enfants noyés, eaux contaminées, récoltes perdues : le réchau?ement climatique met en péril la vie de 160 millions de Bangladais.TEXTES ET PHOTOS FRÉDÉRICK LAVOIE M A R I E - M I C H È L E S I O U I à Shawinigan L e Parti québécois (PQ) a promis jeudi de rendre les ser vices de garde gratuits pour les familles les moins bien nanties, mais il a omis de fournir les chiffres précis illustrant la manière d\u2019y arriver.Le parti de Jean-François Li- sée s\u2019était engagé en mars à instaurer un tarif de 7,30$ par jour en garderie, peu importe le salaire des parents.Il revient à la charge, dix mois plus tard, en proposant un montant unique de 8,05$ par jour, indexable en fonction de l\u2019augmentation du revenu des ménages.Le parti s\u2019engage à réduire le tarif de garde à 4 $ pour un deuxième enfant et à 0 $ pour un troisième, et ce, même si les enfants ne sont pas tous à la garderie en même temps.La gratuité de l\u2019accès aux centres de la petite enfance (CPE) et aux garderies subventionnées est aussi proposée aux familles dont les revenus sont inférieurs à 34 000 $.De zéro, le PQ propose de faire augmenter le montant graduellement, jusqu\u2019à ce qu\u2019il atteigne un maximum de 8,05$, applicable aux ménages dont les revenus sont supérieurs à 60 000$.« On ne sait pas comment la transformation entre le 0 $ et le 8 $ va se faire, donc c\u2019est difficile de se prononcer sur la mesure », a remarqué le fiscaliste de l\u2019Université de Sherbrooke Luc Godbout.« On manque de détails.» Le PQ estime que l\u2019introduction de sa nouvelle grille tarifaire coûterait 320 millions, mais ce montant exclut les sommes qui devraient être dégagées pour créer de nouvelles places en CPE.Ses calculs sont aussi basés sur un déplacement espéré d\u2019enfants en garderie non subventionnée vers les CPE.Les péquistes font le pari que ce mouvement leur permettrait d\u2019économiser des centaines de millions, puisque les crédits d\u2019impôt remis aux parents dont les enfants fréquentent les garderies non subventionnées diminueraient.« Ce crédit d\u2019impôt va réduire considérablement.Est-ce que ce sera de 100, de 150 millions ou de 200 millions ?Ça va dépendre de la popularité de la mesure », a déclaré Jean-François Lisée.Le PQ mise aussi sur l\u2019espoir que le gouvernement fédéral transfère à Québec les sommes qu\u2019il octroie actuellement aux familles, par le biais du crédit d\u2019impôt pour les frais de garde.« Il va y avoir, on peut le prévoir, un transfer t vers des services subventionnés [\u2026] donc l\u2019ampleur du crédit d\u2019impôt va être moins importante, y compris pour le fédéral.C\u2019est pour ça qu\u2019on pense qu\u2019on va être en très bonne position pour négocier avec eux», a fait valoir la députée Véronique Hivon.Fin de la « taxe famille» Quand le gouvernement Couillard a introduit la modulation des tarifs de garde, en 2014, il a établi une contribution de base, à laquelle s\u2019ajoute un montant que les parents doivent payer au surplus, lors de leur déclaration d\u2019impôt.Le PQ entend désormais se priver de cette somme, qu\u2019il qualifie de « taxe famille ».En 2016, cette contribution correspondant à la ligne 434 de la déclaration de revenus des par ticuliers a permis au gouvernement libéral de mettre la main sur 130 millions de dollars.Elle lui a rappor té 108 millions l\u2019année précédente.« Pour tous ceux de la classe moyenne qui ont vu ce Boeing 434 entrer dans leur budget familial : il ne reviendra pas», a attesté le chef Lisée en qualifiant sa proposition de «mesure de réparation».Dans le modèle actuel, le tarif en garderie peut atteindre 20 $ par enfant, par jour, pour les familles les plus aisées.La proposition péquiste serait donc surtout profitable aux familles se situant à chacune des extrémités de l\u2019échelle des revenus, a souligné Luc Godbout.Quant aux autres, « on n\u2019a pas assez d\u2019informations pour voir si le changement aurait des ef fets positifs », a ajouté le fiscaliste.Le Devoir Des services de garde gratuits pour les moins nantis La proposition péquiste profiterait aux familles aisées et à faible revenu, selon le fiscaliste Luc Godbout JACQUES NADEAU LE DEVOIR Beny Masella, maire de Montréal-Ouest et président de l\u2019Association des municipalités de banlieue, s\u2019est adressé à la presse jeudi pour protester contre la hausse des quotes-parts décrétée par l\u2019administration Plante.J E A N N E C O R R I V E A U F urieux de se voir imposer par l\u2019administration de Valérie Plante des hausses de 5,3% de leurs quotes-parts, les maires des quinze villes liées de Montréal demandent au ministre des Affaires municipales, Martin Coiteux, de revoir la gouvernance de l\u2019agglomération.Réunis à l\u2019hôtel de ville de Montréal jeudi, les maires de banlieue n\u2019ont pu empêcher l\u2019adoption par le conseil d\u2019agglomération du budget de l\u2019administration de Valérie Plante.En raison de leur faible poids démographique, soit environ 13 % de l\u2019île contre 87 % pour Montréal, leur vote contre le budget n\u2019a eu aucun effet.Après la tenue du vote, ils se sont d\u2019ailleurs levés en bloc pour quitter la salle du conseil même s\u2019il restait plusieurs sujets à l\u2019ordre du jour.Les maires en veulent à la mairesse Plante et au président de son comité exécutif, Benoit Dorais, d\u2019avoir déposé un budget « inflationniste » qui a un impact impor tant sur leurs propres budgets, les forçant à revoir à la dernière minute leurs prévisions pour 2018 et à hausser les taxes de leurs propres contribuables.« Cette manœuvre irrespectueuse nous a forcés à puiser dans nos réser ves de prévoyance, exactement comme si nos villes étaient placées devant un cas de force majeure ou une catastrophe naturelle », a signalé le maire de Mont- réal-Ouest, Beny Masella, à l\u2019issue de l\u2019assemblée.Des mesures à définir Les maires ont donc écrit au ministre Coiteux jeudi après- midi pour lui demander de revoir de fond en comble les structures de l\u2019agglomération qui traite des dossiers relevant de l\u2019ensemble de l\u2019île, comme la sécurité publique ou le service de l\u2019eau.Les élus demeurent cependant vagues sur les mesures qui pourraient être mises en place.« On ne demande pas de revenir à l\u2019époque de la CUM [Communauté urbaine de Montréal] avec un système de double majorité.On demande d\u2019amorcer une réflexion pour trouver une façon où tout le monde pourrait sortir de là la tête haute », signale le maire de Mont-Royal, Philippe Roy.« Présentement, on a 250 000 citoyens sur l\u2019île face une administration municipale sur laquelle ils n\u2019ont aucune influence et qui prend les décisions pour eux.» Les maires souhaitent notamment être impliqués dans la préparation des budgets.«Moi, j\u2019ai appris le montant de ma quote-par t dans les médias », a fait remarquer Philippe Roy.L\u2019administration Plante investira dans les infrastr uc- tures d\u2019eau « comme jamais auparavant », a souligné la mai- resse en rappelant que Montréal devait rattraper le retard dans l\u2019entretien des infrastructures d\u2019eau pour se conformer aux obligations légales décrétées par le gouvernement du Québec.Les ententes avec les policiers et les pompiers ont coûté cher à la Ville, a-t-elle aussi fait valoir.Valérie Plante a par ailleurs reconnu l\u2019existence de problèmes de communication.«Le processus de transmission des informations a connu des ratés inacceptables.Je m\u2019assurerai que ça ne se reproduira plus.» Benoit Dorais a d\u2019ailleurs promis aux maires de banlieue de les « mettre dans le coup» lors de la préparation des prochains budgets.Le cabinet du ministre Coi- teux a confirmé avoir reçu la lettre des maires.«Le ministre Martin Coiteux souhaite rencontrer les signataires prochainement afin d\u2019entendre leurs points de vue », a indiqué par courriel son attachée de presse, Marie-Ève Pelletier.« Les enjeux soulevés à l\u2019égard de la gouvernance des agglomérations ne concernent pas uniquement Montréal.Il s\u2019agit d\u2019un dossier que l\u2019on doit regarder avec l\u2019ensemble des partenaires.» Rappelons qu\u2019au sein de l\u2019agglomération de Longueuil, les relations ont été tendues au cours des dernières années.Brossard, Saint-Br uno-de- Montarville et Saint-Lambert ont même menacé de quitter l\u2019agglomération.Le Devoir HAUSSE DES QUOTES-PARTS Front commun contre l\u2019administration Plante Les maires des villes liées à Montréal demandent l\u2019intervention du ministre Coiteux M A R I E V A S T E L Correspondante parlementaire à Ottawa P as moins de 4,9 millions de Canadiens se sont acheté du cannabis l\u2019an dernier, dépensant chacun en moyenne 1200 $ pour s\u2019en procurer.Au total, c\u2019est 5,7 milliards qui ont été déboursés \u2014 dont la quasi- totalité pour s\u2019acheter de la marijuana récréative\u2026 et donc illégale.Plus de 90 % des dépenses réper toriées par Statistique Canada en 2017 l\u2019ont été pour faire l \u2019achat de cannabis à des fins non médicales.Des 5,7 milliards dépensés par des consommateurs canadiens de 15 à 64 ans, 5,4 milliards l\u2019ont été pour de la marijuana récréative, qui n\u2019a pas encore été légalisée par Ottawa.Seuls 300 millions ont été versés au marché légal de production de marijuana médicale, rapporte l\u2019agence fédérale dans un rapport publié jeudi.À titre comparatif, Statistique Canada note que les achats d\u2019alcool atteignaient 22,3 mill iards en 2016, tandis que ceux du tabac représentaient 16 milliards.L\u2019agence fédérale précise cependant que son étude se base sur des données « jugées provisoires», puisqu\u2019elles «dépendent grandement d\u2019un certain nombre d\u2019hypothèses, de modèles et de sources de données limitées » sur une industrie qui demeure « en grande partie illégale ».Recettes fiscales Il reste que l\u2019évaluation de Statistique Canada semble confirmer celles du gouvernement fédéral, qui estimait en novembre que la taille du marché pourrait représenter environ 400 tonnes de marijuana par année et rapporter 1 milliard en recettes fiscales en combinant une taxe d\u2019accise de 10 % et une taxe de vente harmonisée de 13 %.Ce taux de taxes de 23 %, sur un marché d\u2019environ 5 milliards, oscillerait en ef fet autour de 1 milliard en revenus fiscaux.Le directeur parlementaire du budget prédisait en revanche l\u2019an dernier un marché du cannabis légal plus important, qui atteindrait 655 tonnes en 2018, puis 734 tonnes en 2021.Le prix du gramme de marijuana se chiffrait en moyenne à 7,50 $ en 2017, selon Statistique Canada \u2014 une baisse par rapport au prix moyen de 12 $ le gramme en 1989, qui était cependant une nette augmentation du prix moyen de 5 $ le gramme en 1961.Cette baisse de prix a d\u2019ailleurs af fecté la taille de l\u2019industrie productrice du cannabis au pays, qui était estimée à 3,4 milliards en 2014, mais qui a diminué à 3 milliards en 2017.Vente à l\u2019étranger Autre constat de l\u2019agence statistique : l\u2019industrie locale du cannabis est devenue le principal fournisseur des consommateurs.Si en 1961, 40 % de la marijuana consommée au Canada provenait de l\u2019étranger, ce n\u2019était plus que 8% du marché qui provenait de l\u2019extérieur l\u2019an dernier.En revanche, les ventes de cannabis canadien à l\u2019étranger ont bondi de 2% de la production totale en 1961 à 20 % l\u2019an dernier \u2014 des ventes estimées à 1,2 milliard en 2017.Les trois quarts des achats de cannabis, entre 2000 et 2017, étaient l\u2019œuvre de Canadiens âgés de 18 à 44 ans (33% par les 18-24 ans, 40 % par les 35- 44 ans).Seuls 9% des acheteurs avaient 45 à 64 ans, tandis que 18% étaient des jeunes de 15 à 17 ans.Statistique Canada souhaite maintenant sonder les consommateurs eux-mêmes sur leurs habitudes de consommation.Une toute nouvelle section du site Web invite les Canadiens à dévoiler \u2014 de façon anonyme \u2014 le prix de leur dernier achat de marijuana, la quantité qu\u2019ils se sont procurée et le lieu de la transaction.Le Devoir CANNABIS RÉCRÉATIF Des ventes estimées à 5,7 milliards au Canada l\u2019an dernier Le PQ estime que l\u2019introduction de sa nouvelle grille tarifaire coûterait 320 millions Seuls 300 millions ont été versés au marché légal de production de marijuana médicale Cette manœuvre irrespectueuse nous a forcés à puiser dans nos réserves de prévoyance Beny Masella, maire de Montréal-Ouest « » L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 2 6 J A N V I E R 2 0 1 8 ACTUALITES A 3 D ans le dernier film du réalisateur suédois Ruben Ostlund, The Square, tout semble aller sur des roulettes pour Christian.Ce parfait bobo directeur de galerie d\u2019art qu\u2019interprète le comédien Claes Bang mène une vie parfaite, jusqu\u2019à ce qu\u2019il se fasse voler son téléphone portable ! C\u2019est alors que tout se met à déraper.Dans son film précédent, Snow Therapy, Ostlund avait mis en scène une famille en vacances dans les Alpes.Lorsqu\u2019une avalanche menace de tout détruire, le père prend la fuite en oubliant ses enfants\u2026 mais pas son téléphone ! Il y a longtemps que le cellulaire est devenu un objet d\u2019idolâtrie.Une sorte de gris- gris dont on suppor te mal d\u2019être séparé ne serait-ce que quelques instants.Bien sûr, l\u2019objet est utile.Personne ne le conteste.Mais il joue aussi le rôle d\u2019un fétiche.Au cinéma, il a depuis longtemps remplacé la cigarette.Le héros des années 1960 attendait le train absorbé dans ses pensées en faisant des ronds de fumée.Celui d\u2019aujourd\u2019hui tripote son téléphone à l\u2019aéroport, convaincu qu\u2019il recevra d\u2019un moment à l\u2019autre un texto dont dépend le sort du monde.Tout l\u2019art consiste à savoir le dégainer, le manipuler et le consulter sans avoir trop l\u2019air de le regarder.On ne se surprendra pas de constater le tollé qui s\u2019élève chaque fois qu\u2019il est question de l\u2019interdire, même dans les lieux où cela devrait être évident, comme à l\u2019école.Pendant que cette interdiction est au Québec l\u2019objet d\u2019un curieux débat juridique \u2014 le cellulaire étant soudainement devenu l\u2019objet d\u2019un « droit » ! \u2014, en France le ministre de l\u2019Éducation, Jean-Michel Blanquer, a décidé qu\u2019il serait interdit dans toutes les écoles dès la rentrée de 2018.La promesse avait d\u2019ailleurs été faite par Emmanuel Macron en campagne.Faudra-t-il forcer les élèves à laisser leur joujou chez eux, leur permettre de le déposer dans un casier ou les obliger à l\u2019éteindre en franchissant le seuil de l\u2019école ?Peu importe, les enseignants ont accueilli cette décision avec soulagement.La plupart y voient un renforcement de leur autorité, à une époque où celle-ci est dangereusement malmenée.Pour eux, l\u2019enjeu est simple.Il s\u2019agit de résister, au moins à l\u2019école, à cette vague qui submerge le monde et nous empêche par tous les moyens du numérique de nous concentrer.Les enseignants savent que le premier ennemi de la connaissance est au- jourd\u2019hui cette agitat ion frénétique qui pousse les élèves à répondre à toutes les sollicitations et à se disperser en permanence en une multitude de petits gestes tous plus insignif iants les uns que les autres.« Ô temps ! suspends ton vol.» Il n\u2019y a pas d\u2019enseignement sans silence, sans concentration, voire sans un cer tain recueillement.Suivre jusqu\u2019à son terme le raisonnement complexe d\u2019un maître ou se donner la discipline de lire un ouvrage littéraire, c\u2019est accepter de s\u2019engager humblement dans une aventure qui, contrairement au clic répétitif et frénétique, ne promet pas de résultat instantané.?L\u2019interdiction du cellulaire ne devrait d\u2019ailleurs pas concerner que les classes.Car il en va des relations humaines aussi.À la suite de l\u2019interdiction du cellulaire au Brighton College dans le sud de Londres, son directeur, Steve Marshall, se félicitait de retrouver à la cantine « un merveilleux brouhaha de conversations et de rires ».On nous opposera le « droit » des élèves.Mais l\u2019école n\u2019est ni le lieu des droits ni celui de la démocratie.De quel « droit » en effet imposerait-on alors certains savoirs et certains apprentissages aux élèves ?Il n\u2019est pas question ici de « droit », mais du « devoir » que les élèves ont de s\u2019instruire et d\u2019accéder à la connaissance.Or, en ce domaine, les élèves n\u2019ont ni les connaissances ni la maturité de se déterminer eux-mêmes.« On veut que l\u2019école soit ouver te sur le monde ; on se plaint ensuite de ce que s\u2019y engouffrent toutes les misères et tous les désordres du monde ! » écrivait le professeur de philosophie Jacques Muglioni dans un livre dont le titre est déjà tout un programme : L\u2019école ou le loisir de penser (Minerve).Loin d\u2019être ouverte à tous les vents, l\u2019école devrait plutôt être un sanctuaire qui protège les élèves de la sauvagerie du monde.Il n\u2019y a pas d\u2019éducation qui tienne sans la nécessité de s\u2019abstraire de l\u2019agitation ambiante.Sans se protéger des idéologies politiques ou religieuses, y compris cette idéologie technicienne omniprésente qui pense résoudre les problèmes de l \u2019humanité par de simples gadgets.La déification du cellulaire en est un bel exemple.Sa manipulation crée un sentiment de toute-puissance narcissique qui se transforme en esclavage.D\u2019un simple clic, on croit pouvoir embrasser le monde sans le moindre ef for t \u2014 sentiment futile s\u2019il en est un.Accepter de l\u2019éteindre, c\u2019est déjà reconnaître que la technique ne saurait gouverner nos vies.C\u2019est aussi faire preuve d\u2019humilité et reconnaître que nous ne sommes pas tout-puissants.C\u2019est accepter que nous avons encore des choses à apprendre et que, contrairement à la magie du clic, ce sera long et dif fi- ci le.Bref, c \u2019est la condit ion même de la connaissance.Le veau d\u2019or CHRISTIAN RIOUX à Paris M A R C O B É L A I R - C I R I N O Correspondant parlementaire à Québec L a Coalition avenir Québec refuse de dire si le Plan d\u2019action gouvernemental pour l\u2019inclusion économique et la participation sociale, qui prévoit une hausse notable de l\u2019aide financière accordée à des personnes ayant des contraintes sévères à l\u2019emploi, survivrait à une victoire de l\u2019équipe de François Legault aux prochaines élections générales.« Nous allons faire connaître notre programme électoral en la matière en temps et lieu », s\u2019est borné à dire l\u2019attaché de presse de la CAQ, Samuel Poulin, jeudi.Le ministre de l\u2019Emploi et de la Solidarité sociale, François Blais, entend hausser progressivement le revenu disponible de certaines personnes ayant des contraintes sévères à l \u2019emploi \u2014 de 12 749 $ en 2017 à 18 029 $ en 2023 \u2014 notamment au moyen d\u2019une aide supplémentaire.En effet, celle-ci serait réservée aux «adultes prestataires de la solidarité sociale ayant des contraintes sévères à l\u2019emploi et bénéficiant du Programme de solidarité sociale depuis au moins 66 mois (cinq ans et demi) au cours des 72 derniers mois (six dernières années) ».M.Blais proposera un projet de loi en ce sens qui, espère-t-il, sera adopté par l\u2019Assemblée nationale d\u2019ici la fin de la session parlementaire.La Confédération des organismes de personnes handicapées du Québec (COPHAN) croise les doigts afin que les modifications législatives nécessaires à l\u2019instauration d\u2019un « revenu de base » ne se heurtent pas à la résistance d\u2019élus aveuglés par des considérations strictement politiques à l\u2019approche du scrutin.« On espère que le projet de loi sera adopté avant les élections pour ne pas que les décisions soient annulées par le prochain gouvernement », dit la présidente de la COPHAN, Véronique Vézina.Cela dit, elle s\u2019inquiète «surtout » de voir d\u2019autres groupes de défense des droits des prestataires des programmes d\u2019assistance sociale jouer les trouble-fête.Le déploiement du Plan d\u2019action gouvernemental pour l\u2019inclusion économique et la participation sociale permettra à la plupart des personnes ayant des contraintes sévères à l\u2019emploi de s\u2019appuyer, dans cinq ans, sur un revenu disponible à la consommation équivalent à 100 % de la valeur d\u2019un panier de biens et services calculée pour sa collectivité ou semblable à la sienne, affirme-t-elle.Des représentants du COPHAN rencontreront des membres de l\u2019équipe de M.Blais lundi prochain afin de tenter de les convaincre de prévoir un «accès plus rapide » au nouveau programme de « revenu de base » aux individus qui ont reçu « ce qu\u2019on appelle un \u201cdiagnostic évident\u201d, qui en raison de leurs limitations ne pourront jamais accéder au marché du travail peu importe ce qu\u2019on fait ».Elle a en tête les personnes « polyhandicapées », atteintes d\u2019une « déficience intellectuelle profonde mêlée avec une déficience physique importante » ou encore « certaines personnes autistes [ayant] des troubles de comportement ».73$ de plus La prestation de solidarité sociale, qui est versée aux adultes ayant des contraintes sévères à l\u2019emploi sans égard à la date de leur inscription, bondira de 73 $ à compter du 1er février prochain, passant de 962 $ à 1035 $ par mois, a décrété le Conseil des ministres le 17 janvier dernier.«73 $, c\u2019est minimalement une ou deux épiceries de plus par mois, de meilleures conditions pour s\u2019alimenter, pour se loger, pour se vêtir », dit Mme Vézina au Devoir.« Je vais vous dire : pour les gens qui vont en bénéficier, même si ce n\u2019est pas la totalité de ce qu\u2019ils ont besoin, c\u2019est très bien reçu.» Les participants à ce programme d\u2019assistance sociale toucheront ainsi 12 347 $ en 2018, comparativement à 11 448 $ en 2017.Il s\u2019agit d\u2019une hausse de 899 $.En tenant compte du crédit d\u2019impôt pour la solidarité et du crédit pour la taxe sur les produits et ser vices, une personne qui a des contraintes sévères à l\u2019emploi verra son revenu de base passer de 70,8 % à 75,6 % de la mesure du panier de consommation, selon le ministère du Travail, de l\u2019Emploi et de la Solidarité sociale.Aide sociale : hausse cinq fois moins importante Les prestations d\u2019aide sociale de base, elles, croîtront de 15 $ le 1er février prochain, pour s\u2019établir à 648 $ par mois.« On s\u2019entend, ce n\u2019est pas un gros montant », dit le porte-parole du Collectif pour un Québec sans pauvreté, Serge Petitclerc.«C\u2019est certain que chaque dollar est le bienvenu dans des situations aussi épouvantables, mais si l\u2019objectif est de faire une différence significative dans la vie des gens, on passe à côté », conclut-il.Le Devoir La solidarité sociale et le test électoral Certains craignent que le plan de soutien bonifié ne puisse être adopté avant le scrutin JACQUES NADEAU LE DEVOIR L\u2019ex-ministre libérale Marguerite Blais (au centre) explique son appui aux revendications des militants pour l\u2019indépendance du CHU Sainte-Justine autant par ses expériences personnelles à cet hôpital que par son combat pour les proches aidants.A M É L I E D A O U S T - B O I S V E R T O nze associations de parents, l\u2019Association des pédiatres du Québec ainsi que l\u2019ex-mi- nistre libérale Marguerite Blais ont joint leurs voix hier à la coalition qui demande au gouvernement de redonner au CHU Sainte-Justine une gouvernance autonome.« Je suis solidaire, car je considère que le CHU Sainte-Justine doit absolument conserver sa gouvernance locale et son conseil d\u2019administration », a affirmé l\u2019ancienne ministre des Aînés en entrevue.En conférence de presse peu avant, elle avait tenu et appuyé la déclaration des associations de parents contre la fusion avec le CHUM.« Le risque, c\u2019est qu\u2019en l\u2019englobant dans le CHUM on mette de côté les priorités des enfants.Je pense que les décisions doivent venir de l\u2019interne », a-t-elle poursuivi.Les conseils d\u2019administration du CHUM et du CHU Sainte-Justine ont été fusionnés en 2015.Les deux établissements sont dirigés par le Dr Fabrice Brunet.Une lettre à tous les députés Onze associations de parents ont tenu jeudi une rencontre dans l\u2019auditorium même de l\u2019hôpital pédiatrique.Elles ont dévoilé une déclaration commune, envoyée à tous les députés de l\u2019Assemblée nationale ainsi qu\u2019au premier ministre Philippe Couillard et au ministre de la Santé et des Services sociaux Gaé- tan Barrette.Les signataires demandent de rétablir, « dans les meilleurs délais », « un conseil d\u2019administration et une direction générale propres » à Sainte-Justine.Figurent parmi les signataires l\u2019Association du Québec pour l\u2019intégration sociale, Parents jusqu\u2019au bout et la Société des enfants handicapés du Québec.Sur les réseaux sociaux, depuis quelques semaines, de nombreux parents dont les enfants ont reçu des soins au CHU Sainte-Justine ont publié des témoignages dans le cadre de la campagne de mobilisation.L\u2019Association des pédiatres du Québec a adopté la semaine dernière une résolution dans le même sens que les revendications des associations.En ce qui concerne Marguerite Blais, qui dit ne plus être membre d\u2019aucun parti politique, elle explique sa prise de position tant par son combat pour les proches aidants que par ses expériences personnelles.Deux des enfants qu\u2019elle a adoptés ont été suivis à Sainte-Justine, a-t-elle raconté en entrevue, dont un en psychiatrie.« Ça lui a donné des ailes », se souvient-elle.« De plus, je ne peux pas parler au nom des proches ai- dants et ignorer cette tranche de la société », a-t-elle expliqué.Malgré la mobilisation qui s\u2019intensifie, le gouvernement n\u2019a montré aucun signe d\u2019ouverture à revenir en arrière au cours des derniers mois.Québec estime entre autres que les services ne seront pas touchés et que le regroupement favorisera le transfert des patients vers la médecine adulte, à 18 ans.Le Devoir CHU SAINTE-JUSTINE Marguerite Blais appuie la lutte pour l\u2019autonomie L\u2019hôpital pédiatrique doit être dirigé indépendamment du CHUM, dit l\u2019ex-ministre libérale 18 029 $ C\u2019est le montant qu\u2019obtiendra un béné?- ciaire de la solidarité sociale en 2013 si le plan d\u2019action du ministre François Blais est adopté. L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 2 6 J A N V I E R 2 0 1 8 A C T U A L I T É S A 4 Profs du Québec, abonnez gratuitement vos étudiants de 4e et 5e secondaire et de niveau collégial au Devoir numérique pour une durée de 15 semaines*.Le Devoir Le Devoir numérique en classe Mobile Tablette Ordinateur Inscrivez-vous dès maintenant au ledevoir.com/classe * Les inscriptions se terminent le 15 février 2018.HANDOUT / ROLF QUAM/BINGHAMTON UNIVERSITY / AFP La découverte d\u2019un fragment de mâchoire en Israël apporte un nouvel éclairage sur les croisements de l\u2019homme avec d\u2019autres espèces.Un travailleur irradié sera indemnisé Le Tribunal administratif du travail a finalement donné raison à un travailleur de Trois-Ri- vières, Michel Plante, qui avait été exposé à des radiations à l\u2019usine Sucro Can.Il a statué que le travailleur, qui avait subi une aggravation et une complication de son cancer de la vessie, a droit aux prestations prévues par la Loi sur les accidents de travail et les maladies professionnelles.M.Plante est chimiste et devait travailler près d\u2019une machine qui détectait la présence de particules de métal dans le sucre manipulé à l\u2019usine.Le rapport avait révélé que les radiations périphériques émises par l\u2019appareil à rayons X étaient supérieures aux normes de sécurité.M.Plante a travaillé à cette usine de Trois-Rivières de janvier 2014 à avril 2015.La Presse canadienne J E A N - L O U I S S A N T I N I à Washington L\u2019 horloge de l\u2019apocalypse, qui symbolise l\u2019imminence d\u2019un cataclysme planétaire, a été avancée de 30 secondes, à deux minutes avant minuit, en raison surtout d\u2019un risque accru de conflit nucléaire mondial et de « l\u2019imprévisibilité » du président Donald Trump.L\u2019aiguille de l\u2019horloge du Bulletin of the Atomic Scientists n\u2019avait pas été aussi proche de minuit depuis 1953, en pleine guerre froide, quand les États- Unis et l\u2019Union soviétique testaient la bombe à hydrogène.«Pour sûr, l\u2019année 2017 a été périlleuse et chaotique\u2026 avec des déclarations irresponsables dans le domaine nucléaire qui ont enflammé des situations déjà dangereuses », a indiqué jeudi à la presse Rachel Bronson, présidente et éditrice du Bulletin of the Atomic Scientists, qui ajuste chaque année l\u2019heure de cette horloge symbolique.« La question nucléaire est ainsi revenue au centre des préoccupations», a-t-elle ajouté, citant les essais nucléaires de la Corée du Nord, un engagement accru de la Chine, du Pakistan et de l\u2019Inde envers leurs arsenaux nucléaires et «l\u2019imprévisibilité» qui ressort des tweets et des déclarations de M.Trump.« En 2017, les dirigeants mondiaux ne sont pas parvenus à répondre ef ficacement aux menaces grandissantes de guerre nucléaire et de changement climatique qui rendent le monde plus dangereux qu\u2019il ne l\u2019a été depuis la Seconde Guerre mondiale », a écrit ce groupe d\u2019intellectuels représentant les sciences, les affaires internationales, l\u2019environnement et la sécurité.Depuis sa création en 1947, l\u2019horloge de l\u2019apocalypse a été ajustée 20 fois, de minuit moins deux minutes en 1953 à minuit moins 17 minutes en 1991, à la fin de la guerre froide.En 2017, l\u2019aiguille avait déjà été avancée de trente secondes, à minuit moins deux minutes et trente secondes, les scientifiques invoquant notamment la rhétorique et les actions de Donald Trump.En 2015, l\u2019horloge avait été reculée de deux minutes, à 23 h 57, et laissée inchangée en 2016.Agence France-Presse L\u2019« horloge de l\u2019apocalypse » est avancée à minuit moins deux J E A N - L O U I S S A N T I N I à Washington L a mise au jour du fossile d\u2019un fragment de mâchoire dans une grotte en Israël repousse d\u2019au moins 50 000 ans la sortie d\u2019Afrique de l\u2019homme moderne, apportant aussi un nouvel éclairage sur les croisements avec d\u2019autres espèces comme les Néandertaliens.Avant cette découverte sur le site archéologique de Misliya, situé sur les pentes du mont Carmel, les plus anciens fossiles d\u2019Homo sapiens trouvés hors d\u2019Afrique dataient de 90 000 à 120 000 ans, précisent les chercheurs, dont les travaux étaient publiés jeudi dans Science.Or la par tie gauche de cet os maxillaire supérieur, portant encore plusieurs dents, remonte à une période allant de 177 000 à 194 000 ans.« La découverte de Misliya est enthousiasmante », juge Rolf Quam, professeur d\u2019anthropologie à l\u2019université américaine de Binghamton, un des coauteurs de l\u2019étude.«Ce fossile est l\u2019indication la plus solide à ce jour que nos ancêtres ont émigré d\u2019Afrique beaucoup plus tôt que nous le pensions jusqu\u2019alors », sou- ligne-t-il.Cela signifie également que « l e s h o m m e s m o d e r n e s avaient potentiellement rencontré d\u2019autres groupes d\u2019humains archaïques pendant cette plus longue période de présence en Eurasie, of frant plus d\u2019occasions d\u2019échanges culturels et de croisements biologiques », explique le professeur Quam.Les scientifiques ont utilisé plusieurs techniques de datation sur le morceau de maxillaire et les dents de Misliya.Ils ont aussi analysé sa forme à l\u2019aide de modèles vir tuels en 3D.Les comparaisons avec des fossiles d\u2019hominidés africains, européens et asiatiques ainsi qu\u2019avec les populations humaines récentes ont montré que le fossile de Misliya provient, sans équivoque, d\u2019un homme moderne.« Tous les détai ls anatomiques du fossile de Misliya correspondent bien à la morphologie des humains modernes, mais cer tains traits sont également trouvés chez l\u2019homme de Néandertal et d\u2019autres groupes humains archaïques », indique le professeur Quam.« Une des dif ficultés pour ces recherches a été d\u2019identifier les caractéristiques anatomiques seulement trouvées chez les humains modernes qui ne laissent aucun doute sur l\u2019espèce à qui appar tenaient le maxillaire et les dents fossilisés de Misliya », explique le scientifique.Autres objets enfouis La voûte de la grotte de Misliya s\u2019est ef fondrée il y a environ 160 000 ans, permettant de protéger jusqu\u2019à au- jourd\u2019hui ce fossile et d\u2019autres matériaux et objets enfouis dans les sédiments.Les indices archéologiques révèlent que ses occupants d\u2019alors étaient des chasseurs capables de tuer du gros gibier, comme des aurochs, des daims persans et des gazelles, et qu\u2019ils contrôlaient l\u2019utilisation du feu dans des foyers.Ils fabriquaient aussi des outils en pierre similaires à ceux trouvés chez les plus anciens humains modernes en Afrique.D\u2019autres fossiles plus anciens d\u2019humains modernes ont été trouvés en Afrique, mais les périodes et les routes de migration hors du continent africain des Homo sapiens sont essentielles pour comprendre l\u2019évolution de notre espèce, expliquent ces chercheurs.Corridor très impor tant pour les migrations d\u2019homini- dés, le Proche-Orient a été occupé à dif férentes périodes par les humains modernes et les Néandertaliens.Cette dernière découverte ouvre la possibilité de croisements entre ces espèces et de mélanges génétiques entre dif férentes populations locales beaucoup plus tôt qu\u2019on ne le pensait, relèvent les scientifiques.En réalité, les indices trouvés à Misliya viennent corroborer des hypothèses basées sur des données génétiques selon lesquelles des hommes modernes auraient émigré d\u2019Afrique il y a plus de 220 000 ans.Plusieurs découver tes archéologiques et de fossiles faites récemment en Asie repoussent aussi la date de la première apparition des humains modernes dans cette partie du monde, et de ce fait leur sortie d\u2019Afrique.« Cette découver te contribue à une meilleure compréhension de nos origines », conclut Laura Martin-Frances, une chercheuse de l\u2019Université de Bordeaux qui a participé à ces travaux.Agence France-Presse HISTOIRE Un fossile trouvé en Israël repousse la sortie d\u2019Afrique de l\u2019homme moderne Le Canada double sa contribution pour l\u2019éducation des filles Davos, Suisse \u2014 Le Canada doublera sa contribution annuelle au Partenariat mondial pour l\u2019éducation.Le premier ministre Justin Trudeau en a fait l\u2019annonce jeudi alors qu\u2019il se trouvait à Davos, en Suisse, dans le cadre du Forum économique mondial.Aux côtés de la jeune militante pakistanaise Malala Yousafzai, M.Trudeau a affirmé que son gouvernement fournirait 180 millions supplémentaires au fonds pour la période de 2018 à 2020.L\u2019argent permettra de soutenir l\u2019éducation des jeunes filles à travers le monde et de renforcer les systèmes d\u2019éducation dans les pays en développement.La Presse canadienne Accusations contre le juge militaire en chef du Canada Ottawa \u2014 Le juge militaire en chef du Canada fait face à trois accusations à la suite d\u2019une enquête militaire sur une présumée liaison qu\u2019il aurait eue avec un membre subalterne des Forces armées.Le colonel Mario Dutil est accusé de fraude, d\u2019avoir consigné de faux renseignements dans un document officiel, et de conduite préjudiciable au bon ordre et à la discipline de l\u2019armée.La Presse canadienne G U I L L A U M E B O U R G A U L T - C Ô T É J E S S I C A N A D E A U C e n\u2019est pas d\u2019hier que les enquêteurs de l \u2019UPAC s\u2019intéressent au député libéral Guy Ouellette.Ils détiennent depuis plusieurs mois \u2014 bien avant son arrestation \u2014 ses relevés téléphoniques et ceux de ses messages textes, et ce, sur une période de deux ans.Les procureurs de l\u2019Assemblée nationale ont appris le 5 janvier 2018 que les enquêteurs de l\u2019Unité permanente an- ticorruption possédaient tous ces relevés rattachés aux communications de M.Ouellette.Ces informations sont tirées d\u2019un document de cour dont la teneur sera discutée vendredi dans le cadre du procès de l\u2019ancien ministre libéral Marc- Yvan Côté à Québec.On y indique que l\u2019UPAC a obtenu les autorisations d\u2019aller fouiller dans les relevés de M.Ouel- lette « plusieurs mois avant l\u2019arrestation du député », qui a eu lieu le 25 octobre 2017.Le document est signé par Giuseppe Battista, l\u2019avocat du président de l\u2019Assemblée nationale.Ce dernier tente de défendre le privilège parlementaire de Guy Ouellette.Marc-Yvan Côté est accusé de fraude, de corruption et d\u2019abus de confiance.Il a déposé une requête en arrêt des procédures en arguant que les fuites dans les médias d\u2019éléments de preuve de son dossier nuisent à son droit de subir un procès juste et équitable.Pour répondre à cette requête, l\u2019UPAC veut dévoiler les détails de l\u2019enquête qu\u2019elle a menée au sujet de ces mêmes fuites.C\u2019est cette enquête qui a débouché sur l\u2019arrestation de Guy Ouellette et sur des perquisitions à ses domiciles, ainsi qu\u2019aux domiciles du policier Stéphane Bonhomme et de l\u2019ex-policier Richard Despaties.Selon des documents rendus publics le 18 janvier à la demande d\u2019un consortium de médias, dont fait par tie Le Devoir , l \u2019UPAC soupçonne M.Ouellette d\u2019avoir été impliqué dans un complot comportant le vol de documents d\u2019enquête criminelle et leur fuite dans les médias.Mais le débat sur la publication des éléments de preuve de l\u2019enquête de l\u2019UPAC est complexifié par la question de la protection du privilège par lementaire du député Ouellette, qui était aussi président de la Commission des institutions au moment de son arrestation.« Le privilège protège ce qu\u2019un parlementaire dit dans le cadre des travaux parlementaires à l\u2019Assemblée et en commission», rappelle M.Battista.Mais il fait valoir que le privilège ne devrait pas « se limiter à ce qui est dit dans le cadre des débats» ni aux « locaux de l\u2019Assemblée ».Lanceurs d\u2019alerte Quant à l\u2019avocat de Guy Ouel- lette, François Marchand, il plaide plus spécifiquement la protection des lanceurs d\u2019alerte.« Il est important que les citoyens qui agissent à titre de lanceurs d\u2019alerte à des fins légitimes puissent [être assurés] que leurs communications à ce titre avec un député [peuvent] être faites sous le couvert de l\u2019anonymat et que les informations transmises pourront demeurer confidentielles le cas échéant », écrit-il.L\u2019avocat argue que si « les tribunaux ont reconnu l\u2019importance de la protection des sources d\u2019informations considérant l\u2019impor tance du rôle joué par les médias dans l\u2019ensemble du processus démocratique », il devrait en être de même pour les parlementaires, qui sont au centre des institutions démocratiques.Le Devoir L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 2 6 J A N V I E R 2 0 1 8 A C T U A L I T É S A 5 Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 I S A B E L L E P O R T E R à Québec A lors qu\u2019Ottawa se prépare à faire installer des tours cellulaires dans Charlevoix en vue du G7, des régions comme la Gaspésie et le Saguenay\u2013 Lac-Saint-Jean attendent depuis des années qu\u2019on leur offre le ser vice dans cer tains secteurs.« C\u2019est sûr qu\u2019on trouve ça très injuste », dénonce Ghislaine Hudon, mairesse de Lac- Bouchette, une municipalité de 1300 habitants située entre La Tuque et le Lac-Saint-Jean.« On l\u2019a demandée, la couverture cellulaire, nous aussi.» Récemment, le gouvernement de Justin Trudeau annonçait qu\u2019il allait débloquer 15 millions de dollars pour offrir un service cellulaire fiable dans Charlevoix.Le contrat donné à Bell desser vira la principale autoroute de la région (la 138), celle qui longe le fleuve entre Baie-Saint-Paul et Tadoussac, et la route 170 entre Saint-Si- méon et Saguenay.Pour Mme Hudon, c\u2019est deux poids, deux mesures.« Chez nous, l\u2019argent ne finit pas par débloquer et là-bas, il a suf fi d\u2019un claquement de doigts pour faire débloquer les fonds », note-t-elle.Interpellé là-dessus jeudi, le ministre Jean-Yves Duclos a rétorqué qu\u2019il faut « continuer à travailler très fort pour que ces segments soient couverts aussi par d\u2019autres mécanismes que l\u2019organisation d\u2019un G7, évidemment ».Il a souligné en outre que les communications par Internet et par cellulaire constituaient « la base du développement des régions».En attendant, Lac-Bouchette a décidé de s\u2019en charger elle- même, a expliqué au Devoir la mairesse Ghislaine Hudon.« On avait une tour du Canadien National dans le village et ils étaient prêts à la louer.J\u2019ai contacté les compagnies de cellulaires pour les convaincre que ça pouvait être rentable d\u2019offrir le service.» Dans son jeu de car tes, Mme Hudon a l\u2019Ermitage Saint- Antoine, une attraction touristique très prisée des catholiques qui attire des dizaines de milliers de personnes chaque été.Bell a donc finalement accepté, «mais ça a pris trois ans».L\u2019autoroute 155 Or l\u2019argument des touristes ne fonctionne pas par tout.Non loin de là, une bonne partie de l\u2019autoroute qui relie la région à la Mauricie n\u2019est toujours pas desservie.«Les fournisseurs nous disent que ce n\u2019est pas rentable dans le secteur.Nous, on ne parle pas de rentabilité, on parle de sécurité », explique Dany Morin, qui a créé un groupe citoyen pour attirer l\u2019attention des politiciens, le groupe « Le réseau cellulaire partout, pour tous».En août dernier, Québec et Ottawa ont investi 26 millions pour desser vir en fibre optique la portion de la route qui relie Chambord à Shawinigan.Or la section plus au nord demeure problématique.Ainsi, on est passé de 150 kilomètres sans signal à une cinquantaine Et ce n\u2019est pas tout, car cet isolement touche plusieurs autres secteurs au Saguenay\u2013 Lac-Saint-Jean, souligne le député péquiste Alexandre Cloutier.« Je me réjouis pour les gens de la région de Charle- voix.Mais je me désole de la lenteur avec laquelle on procède dans la région.» Ailleurs, comme en Gaspé- sie, des villages tels que Cas- capédia\u2013Saint-Jules ou Saint- Alphonse sont complètement dépourvus de signal.«Chez la nouvelle génération, plus personne n\u2019a de téléphone au mur», note Éric Dubé, préfet de Bonaventure et maire de New Richmond.«On a des problèmes démographiques.On n\u2019a pas le choix si on veut attirer du monde.» À propos de Charlevoix, il dit qu\u2019il est « content pour eux autres».« J\u2019espère juste que ça ne nous prendra pas le G7 pour être couverts un jour.» Dans la MRC d\u2019Avignon en Gaspésie, c\u2019est la même chose.«Il n\u2019y a aucune couverture cellulaire sur une distance de 30 à 40 kilomètres», explique le préfet Guy Gallant.« On a eu un gros accident avant Noël.Ça a pris 55 minutes avant qu\u2019il y ait une intervention.» Pour appeler le 911, des témoins ont en effet dû rouler loin du site de l\u2019accident afin d\u2019obtenir un signal.Quel pourcentage du territoire est desservi par le cellulaire ?Dif ficile à dire, expliquait récemment au Devoir le président sortant de la FQM, Richard Lehoux.« Il y a des problèmes partout.Dans ma municipalité, en Beauce, je suis à 35 minutes de la tête des ponts de Québec et j\u2019ai quand même des problèmes de couver ture dans cer tains secteurs.Ces dernières années, le fédéral a beaucoup dérégle- menté dans le domaine des télécommunications.On s\u2019est assurés de desservir les secteurs où c\u2019est le plus rentable.Quand ça l\u2019est moins, on ne se rend pas.» Le Devoir Les tours cellulaires de Charlevoix font des jaloux Ottawa débloque 15 millions pour établir une couverture numérique sur la région en vue de la réunion du G7 JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE Les représentants des sept plus grandes puissances industrialisées ont rendez-vous au Manoir Richelieu, à La Malbaie dans Charlevoix, en juin prochain.Guy Ouellette surveillé depuis longtemps Les enquêteurs de l\u2019UPAC détiennent deux ans de ses relevés téléphoniques H É L È N E B U Z Z E T T I Correspondante parlementaire à Ottawa I l a beau être le chef du NPD, Jagmeet Singh n\u2019invite pas les Québécois qui seront appelés aux urnes cet automne à voter pour le NPD- Québec.Il dit privilégier les formations progressistes et fédéralistes, mais ne va pas jusqu\u2019à dire que c\u2019est le NPD qui incarne cette option.« Je suis NPD, donc je suggère toujours de soutenir le NPD, a déclaré M.Singh en français.Mais au Québec, la situation est unique.Donc, je peux dire que je suis fédéraliste, progressiste, et c\u2019est au peuple du Québec de choisir.» M.Singh n\u2019a pas expliqué en quoi le Québec était unique à ce chapitre.Les leaders fédéraux du Nouveau Parti démocratique ne se sont jamais gênés pour se dire en faveur de l\u2019élection de gouvernements provinciaux néodémocrates.Talonné par les journalistes, M.Singh a ajouté en anglais : «Je ne sais pas quel conseil leur donner, mais ma position est que je suis fédéraliste, je crois à l\u2019unité du pays, et je suis aussi progressiste.Alors, quelle que soit l\u2019option fédéraliste et progressiste [au Québec], c\u2019est ce que je ferais parce que c\u2019est ce que je suis.Mais au-delà de ça, c\u2019est aux Québécois de décider ce qu\u2019ils doivent faire.» Le NPD-Québec s\u2019est of fi- ciellement inscrit auprès du Directeur général des élections du Québec en 2014.Ses quelque 600 membres se sont donné un chef en fin de semaine dernière en la personne de Raphaël Fortin, 37 ans.Lors de l\u2019élection partielle dans Louis-Hébert, en octobre dernier, le NPD-Québec a présenté un candidat.Denis Blanchette a récolté à peine 1,35 % des suffrages exprimés.M.Blanchette avait pourtant été élu député fédéral de cette circonscription en 2011 lors de la vague orange.Le refus de M.Singh de prononcer le nom du NPD- Québec est d\u2019autant plus notable qu\u2019aucune autre formation politique provinciale ne remplit les critères qu\u2019il établit.Le Par ti ver t ne prend pas position sur la question constitutionnelle et laisserait ses députés voter selon leur conscience dans l\u2019éventualité d\u2019un référendum sur la sécession du Québec.Québec solidaire a fusionné avec Option nationale, adoptant, non sans quelques déchirements internes, sa position en faveur de l\u2019indépendance.Il est de notoriété publique que plusieurs militants néodé- mocrates québécois appuient, aux élections provinciales, Québec solidaire.En 2011, lors de la vague orange, les affinités solidaires de certains élus avaient fait les manchettes.Alexandre Boule- rice, Nycole Turmel et Claude Patry avaient été membres de la formation tandis que François Choquette et Anne-Marie Day avaient contribué à sa caisse électorale.Le Devoir Jagmeet Singh ne soutient pas le NPD-Québec JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE Guy Ouellette Cahier spécial À lire demain L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 2 6 J A N V I E R 2 0 1 8 L E M O N D E A 6 L E S P E T I T E S A N N O N C E S Courriel : petitesannonces@ledevoir.com Téléphone : 514 985-3322 Télécopieur : 514 985-3340 DISCRIMINATION INTERDITE La Commission des droits de la personne du Québec rappelle que lorsqu'un logement est offert en location (ou sous-location), toute personne disposée à payer le loyer et à respecter le bail doit être traitée en pleine égalité, sans distinction, exclusion ou préférence fondée sur la race, la couleur, le sexe, la grossesse, l'orientation sexuelle, l'état civil, l'âge du locataire ou de ses enfants, la religion, les convictions politiques, la langue, l'origine ethnique ou nationale, la condition sociale, le handicap ou l'utilisation d'un moyen pour pallier ce handi- PROVENCE Vallée du Rhône Maison de village dans le quartier médiéval de Nyons.2 c.c.2 s.de b.Toute équipée.Terrasse ensoleillée.Internet.www.bonnevisite.ca/nyons mariehalarie@gmail.com 819-300-1330 *Librairie Bonheur d'Occasion* achète à domicile livres de qualité en tout genre.514 914-2142 www.bonheurdoccasion.com VOTRE ORDINATEUR B0GUE OU RALENTIT ?Mise à jour et réparation P.C., Mac et portables.10 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lendemain.Téléphone: 514-985-3322 Télécopieur: 514-985-3340 petitesannonces@ledevoir.com Conditions de paiement : cartes de crédit r r s TM 103 CONDOMINIUMS ET COPROPRIÉTÉS 103 CONDOMINIUMS ET COPROPRIÉTÉS 165 PROPRIÉTÉS À LOUER 165 PROPRIÉTÉS À LOUER 564 DÉCORATION INTÉRIEURE 564 DÉCORATION INTÉRIEURE 564 DÉCORATION INTÉRIEURE 599 MESSAGES M exico \u2014 Le ministre mexicain du Tourisme a proposé jeudi de légaliser l\u2019usage récréatif de la marijuana dans plusieurs zones touristiques de son pays qui connaissent une vague de violences.Enrique de la Madrid a estimé devant des journalistes qu\u2019il était « absurde » que le Mexique \u2014 qui a approuvé l\u2019an dernier l\u2019usage médical et scientifique de la marijuana \u2014 n\u2019ait toujours pas pris cette décision.« J\u2019aimerais que cela puisse être mis en place en Basse-Ca- lifornie du Sud [nord-ouest] et au Quintana Roo [sud-est], les deux principales destinations touristiques du Mexique qui ne doivent pas être victimes de violences», a-t-il expliqué.«Nous devrions parfois faire les choses de façon différente, comme ils l\u2019ont fait aux États- Unis », a défendu le ministre, se référant à la situation de l\u2019État de Californie, où l\u2019usage récréatif de la marijuana est autorisé, même si au niveau fédéral l\u2019interdiction est maintenue.Les violences liées aux affrontements en car tels dans les États de Basse-Californie du Sud et de Quintana Roo se sont for tement accrues l\u2019an dernier.Les puissants cartels de Si- naloa et de Jalisco Nouvelle Génération s\u2019y disputent les routes de la drogue, mais aussi la vente de stupéfiants aux touristes sur place.En décembre, six cadavres ont été découverts suspendus à un pont, un fait inédit dans l\u2019État de Basse-Californie du Sud.Au début de l\u2019année 2017, une fusillade dans un bar de la localité de Playa del Carmen, près de Cancún, avait fait cinq morts, dont trois étrangers.Le Mexique a connu un record de 25 339 assassinats en 2017, selon des chif fres of fi- ciels, et les experts estiment qu\u2019une grande par tie de ces crimes est directement liée au trafic de drogue.Agence France-Presse MEXIQUE Légaliser le cannabis dans les zones touristiques ?C É L I A L E B U R à Lagos L es affrontements sanglants entre agriculteurs et éleveurs sont devenus le premier défi sécuritaire du Nigeria, selon des analystes, après des décennies de passivité des pouvoirs publics, incapables de trouver une solution à une guerre pour les ressources qui attise les haines identitaires.Le conflit est désormais plus meurtrier que l\u2019insurrection du groupe djihadiste Boko Ha- ram dans le nord-est : selon un rapport de l\u2019International Crisis Group publié fin 2017, plus de 2500 personnes ont été tuées dans les violences pastorales en 2016.« Si rien n\u2019est fait urgem- ment, les choses vont empirer», prévenait fin novembre le cabinet SBM Intelligence, affirmant que son «pire scénario» était en train de se «matérialiser».Les premiers jours de janvier lui ont donné raison, avec au moins 80 personnes massacrées dans le seul État de Be- nue (centre).Le conflit séculaire pour l\u2019appropriation des terres entre éleveurs nomades et agriculteurs sédentaires s\u2019est mué en une lutte âpre pour les ressources, provoquée par la sécheresse et la désertification dans le nord du Nigeria et plus largement au Sahel, qui obligent les pasteurs à migrer vers le sud.La rapide croissance démographique du pays, qui compte déjà 180 millions d\u2019habitants et devrait devenir le troisième pays le plus peuplé au monde d\u2019ici à 2050, selon l\u2019ONU, aggrave la situation face à des pouvoirs publics iner tes depuis des décennies.Échec lamentable «L\u2019appareil sécuritaire nigé- rian a échoué lamentablement, créant un environnement qui encourage les éleveurs à utiliser la violence pour accéder à la propriété privée pour le pâturage pendant que les fermiers recourent à l\u2019autodéfense pour protéger leurs terres», analyse SBM Intelligence.Les tensions sont particulièrement vives dans le centre du Nigeria, vaste région fertile où les éleveurs et leurs troupeaux \u2014 le pays compte près de 135 millions de têtes de bétail \u2014 sont accusés de faire incursion dans les fermes et de saccager les cultures.La dernière loi qui prévoyait l\u2019établissement de routes de transhumance et des zones de pâturage réser vées aux éleveurs date de 1965 et n\u2019a pratiquement jamais été appliquée.Au contraire, la multiplication des foyers de peuplement et l\u2019expansion des grandes exploitations agricoles freinent leur mobilité, explique Ibrahim Thiaw, directeur général adjoint de l\u2019agence des Nations unies pour l\u2019environnement (Unep).Le cas nigérian n\u2019est pas unique, selon cet ancien ministre mauritanien de l\u2019Agriculture: «La majorité des pays ouest-afri- cains ont toujours accordé la priorité à l\u2019agriculture, malgré l\u2019importance de l\u2019élevage dans la création d\u2019emplois et l\u2019économie [6 à 8% du PIB nigérian].» « Cela date des administrations coloniales, qui privilégiaient l\u2019exploitation agricole pour les besoins de la métropole.Mais après les indépendances, les États africains ont été incapables d\u2019intégrer le pastoralisme et d\u2019investir davantage dans ce secteur.» Sous pression, le gouvernement du président Muham- madu Buhari a mis sur pied la semaine dernière un comité chargé de créer des réserves ou ranchs de plusieurs milliers d\u2019hectares voués à l\u2019élevage afin d\u2019éviter les affrontements avec les agriculteurs.Mais le projet suscite de fortes résistances, notamment dans certains États du centre (Benue, Taraba, Ekiti) qui ont adopté récemment des législations bannissant le pâturage libre sur leur territoire.Tournure religieuse Plus grave encore, le conflit prend une tournure identitaire et religieuse, accentuant la fracture entre un nord principalement musulman et un sud à majorité chrétienne.Depuis des semaines, des responsables politiques multiplient les diatribes violentes contre les éleveurs \u2014 composés à 90% de Peuls musulmans \u2014, accusés de «massacrer les chrétiens» ou de vouloir « islamiser de force» les régions où ils sont minoritaires.« Il y a beaucoup d\u2019amalgames et l\u2019instrumentalisation du conflit à des fins politiques [à l\u2019approche des élections générales prévues l\u2019an prochain] est très dangereuse », estime Tog Gang, responsable de la gestion des conflits pour l\u2019ONG Mercy Corp au Nigeria.De nombreux éleveurs sédentarisés qui vivaient en bonne entente avec les communautés agricoles depuis des décennies se retrouvent ainsi pris pour cibles, alors qu\u2019ils n\u2019ont parfois rien à voir avec les violences, affirme-t-il.La présidence a attribué dimanche les récentes attaques de Benue à des djihadistes de Boko Haram infiltrés dans les rangs des éleveurs.Mais selon la plupart des observateurs, les nomades armés et violents sont souvent des transhumants venus des pays voisins comme le Cameroun, le Tchad ou le Niger à la fin de la saison des pluies.Ces derniers mois, des dizaines de milliers de personnes ont fui leur village par peur de nouvelles violences liées aux transhumances, abandonnant leurs champs tandis que de nombreux cheptels ont été décimés, détruisant dans les deux cas leurs seuls moyens de subsistance.Agence France-Presse NIGERIA La lutte pour la terre, le principal défi sécuritaire La sécheresse aggrave le conflit séculaire entre éleveurs et agriculteurs STEFAN HEUNIS AGENCE FRANCE-PRESSE Une vigile armée dans le village de Bakin Kogi, dans l\u2019État de Kaduna dans le nord-ouest du Nigeria, en février 2017.Le village avait été attaqué, peu avant, par des présumés bergers peuls. L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 2 6 J A N V I E R 2 0 1 8 LE MONDE A 7 Oprah ne pense pas avoir « l\u2019ADN» pour devenir présidente New York \u2014 L\u2019animatrice américaine Oprah Winfrey a estimé «ne pas avoir l\u2019ADN» pour devenir présidente, dans un entretien réalisé trois semaines avant son discours aux Golden Globes qui avait relancé les spéculations sur son éventuelle candidature à l\u2019élection de 2020.«Ce n\u2019est pas quelque chose qui m\u2019intéresse», expliquait alors la première femme noire milliardaire dans le monde au sujet d\u2019une possible candidature.Dans cet entretien publié jeudi par le magazine InStyle, elle disait: «Je n\u2019ai pas l\u2019ADN pour ça.Ce n\u2019est pas pour moi.» Beaucoup de ses fans avaient vu dans son plaidoyer pour l\u2019émancipation des femmes un début de plateforme politique qui pourrait la mener jusqu\u2019à la Maison-Blanche.Agence France-Presse Syrie : pourparlers du «dernier espoir » à l\u2019ONU à Vienne Vienne \u2014 Les pourparlers de paix sur la Syrie ont repris pour deux jours jeudi à Vienne sous l\u2019égide de l\u2019ONU, dans un contexte de regain de violence sur le terrain qui rend hypothétique l\u2019espoir d\u2019avancées significatives après deux années d\u2019impasse.Comme pendant les précédents cycles de négociations, représentants gouvernementaux et délégués de l\u2019opposition se sont entretenus séparément avec l\u2019émissaire des Nations unies pour la Syrie, Staffan de Mistura, qui chapeaute le processus.Les huit précédents cycles des négociations dites de Genève \u2014 engagées en 2015 sous l\u2019égide de l\u2019ONU \u2014 se sont soldés par un échec, les deux parties ayant refusé de se parler directement, sur fond de divergences notamment concernant le sort du président Bachar al-Assad.Agence France-Presse Incendie dans un hôpital sud-coréen : 31 morts Séoul \u2014 Au moins 31 personnes sont mortes et des dizaines d\u2019autres ont été blessées dans un incendie qui a éclaté vendredi dans un hôpital de Corée du Sud, a rapporté l\u2019agence sud-coréenne Yonhap.Sur des images vidéo et des photographies, on peut voir un hélicoptère survoler l\u2019établissement situé à Miryang, dans le sud-est du pays, englouti par d\u2019épais nuages de fumée grise.De nombreux véhicules de pompiers étaient sur les lieux.Le bâtiment de cinq étages abritait une maison de repos pour personnes âgées en plus de l\u2019hôpital.Un précédent bilan fourni par les services des pompiers faisait état de 19 morts.Environ 200 personnes se trouvaient dans l\u2019immeuble lorsque l\u2019incendie a éclaté, selon la police.Agence France-Presse Agressions sexuelles au travail : une équipe spéciale à New York New York \u2014 Le procureur de New York a annoncé jeudi la création d\u2019une équipe spécialisée dans les violences sexuelles au travail, nouvelle conséquence de l\u2019affaire Wein- stein.Cette nouvelle équipe regroupera quinze procureurs adjoints et une assistante sociale, ayant notamment pour mission d\u2019enquêter rapidement sur tout problème leur étant signalé, a indiqué le procureur Cyrus Vance dans un communiqué.La création de cette unité par le procureur new-yorkais intervient alors qu\u2019Harvey Weinstein n\u2019a pour l\u2019instant pas été inculpé par la justice, même s\u2019il a été accusé de harcèlement, d\u2019agressions et de viols par une centaine de femmes, des actrices en grande majorité qu\u2019il aurait ci- blées dans le cadre de relations professionnelles.Agence France-Presse D I E G O U R D A N E T A à Madrid L e gouvernement espagnol a annoncé jeudi qu\u2019il allait demander à la justice de bloquer la candidature de Carles Puigdemont pour être rétabli président de Catalogne, alors qu\u2019il fait l\u2019objet d\u2019un mandat d\u2019arrêt depuis la tentative de sécession de la région.La démarche du gouvernement a immédiatement été dénoncée par la formation du président destitué, Ensemble pour la Catalogne (JxCat).« Nous n\u2019accepterons ni les menaces ni la coercition, a-t- elle déclaré sur son compte Twitter.Le gouvernement ne respecte pas le résultat des élections régionales du 21 décembre », remportées par les indépendantistes.Tous les ef forts de Madrid pour barrer la route à Carles Puigdemont ont conduit jusqu\u2019à présent les séparatistes à serrer les rangs derrière lui, même si l\u2019autre grand parti indépendantiste, la Gauche républicaine de Catalogne, critique à mi-voix les manœuvres de l\u2019ex-président réfugié à Bruxelles.M.Puigdemont, qui s\u2019est exilé en Belgique pour échapper aux poursuites judiciaires, a été désigné cette semaine comme seul candidat à la présidence de l\u2019exécutif régional.Destitué avec l\u2019ensemble de son gouvernement après la proclamation d\u2019une République de Catalogne le 27 octobre dernier, il se présente toujours comme le président légitime de sa région.Il prétend reprendre son poste après la victoire des partis indépendantistes aux élections de décembre, convoquées par Madrid lors de la mise sous tutelle de la région rebelle.Comme il fait l\u2019objet d\u2019un mandat d\u2019arrêt en Espagne, il envisage de se faire élire par le Parlement par téléconférence ou par procuration.Le gouvernement espagnol a promis de tout faire pour l\u2019en empêcher.Le chef du gouvernement, Mariano Rajoy, se prépare ainsi à «déposer un recours devant la Cour constitutionnelle contre la décision du président du Parlement catalan\u2026 de proposer Carles Puigdemont comme candidat à la présidence de la Generalitat», l\u2019exécutif catalan, a annoncé Soraya Saenz de San- tamaria, numéro deux du gouvernement espagnol, lors d\u2019une conférence de presse.Un retour clandestin?M.Rajoy a demandé jeudi l\u2019avis du Conseil d\u2019État avant de déposer ce recours, peut- être dès vendredi, a-t-elle ajouté.Si le recours est accepté, la candidature sera immédiatement suspendue.« Le fondement du recours, a-t-elle expliqué, est que la situation juridique de M.Puig- demont est incompatible avec sa présentation en personne au Parlement [catalan pour être investi], puisqu\u2019il fait l\u2019objet d\u2019un mandat d\u2019arrêt qui doit être exécuté dès qu\u2019il revient en territoire espagnol.» Le président du Parlement catalan, Roger Torrent, est libre de désigner un autre candidat, a ajouté la vice-présidente.M.Torrent réunissait jeudi le bureau du Parlement pour fixer la date de la session d\u2019investiture.Mme Saenz de Santamaria a également annoncé que le gouvernement avait demandé au conseil d\u2019État un avis sur la possibilité d\u2019élire « un candidat qui ne soit pas présent au Parlement ».Un avis favorable permettrait de demander l\u2019annulation d\u2019une éventuelle élection à distance.M.Puigdemont laisse aussi encore planer le doute sur un retour clandestin en Espagne, pour se présenter au Parlement en déjouant le mandat d\u2019arrêt.Le gouvernement a renforcé les contrôles pour l\u2019en empêcher.« Nous allons faire en sorte qu\u2019il ne puisse pas entrer, pas même dans le coffre d\u2019une voiture », ni « en hélicoptère, ULM ou bateau », a déclaré le ministre de l\u2019Intérieur, Juan Ignacio Zoido.La télévision régionale TV3, pro-indépendantiste, passait en boucle jeudi les images d\u2019agents inspectant les égouts sous le parlement catalan.Agence France-Presse ESPAGNE Nouveau recours à la justice pour bloquer Puigdemont BRENDAN SMIALOWSKI AGENCE FRANCE-PRESSE Une jeune fille défendant les «Dreamers», au cours d\u2019un rassemblement à Washington la semaine dernière P A U L A R A M O N à São Paulo T oujours combatif au lendemain de son revers cuisant devant la justice, Lula a été adoubé jeudi en tant que candidat à la présidentielle d\u2019octobre par son Parti des travailleurs (PT), qui tente de re- mobiliser ses troupes.«Nous sommes ici pour réaffirmer la candidature de Luiz Inácio Lula da Silva.Il sera notre candidat», a annoncé la présidente du PT Gleisi Hoffmann, au début d\u2019une réunion de la direction du parti à São Paulo.« Brésil, c\u2019est urgent, Lula président !» scandaient des militants au début de cette rencontre, qui a eu lieu au siège de la CUT, le plus grand syndicat du Brésil, en présence de Lula et de l\u2019ex-présidente Dilma Rousseff.« Sans arrogance, je tiens à vous dire que je veux être candidat pour gagner les élections.Pas question de baisser la tête », a lancé Lula, combatif malgré l\u2019échec de son appel.Trois magistrats de Por to Alegre ont rendu mercredi un jugement aussi unanime qu\u2019implacable en confirmant que Lula, 72 ans, était coupable de corruption passive et de blanchiment d\u2019argent pour avoir accepté un triplex d\u2019une entreprise de construction.Ils ont également aggravé sa peine de prison d\u2019un tiers, à 12 ans et un mois.Mais Lula est resté libre, et libre de faire campagne.Le couperet de la justice n\u2019a pas réduit à zéro ses chances de se présenter pour un troisième mandat : ses avocats ont diverses possibilités de recours.Ce n\u2019est qu\u2019après épuisement de tous ceux-ci que Lula pourrait être déclaré inéligible et éventuellement emprisonné.« Nous allons assister à une grande division de notre pays parce que beaucoup de gens ne veulent pas que Lula soit candidat, mais il demeure en tête des intentions de vote.Il y aura une forte polarisation et beaucoup d\u2019incertitude », a expliqué à l\u2019AFP le sociologue Alberto Almeida.Le PT a seulement annoncé jeudi la « précandidature » de Lula, la loi électorale n\u2019autorisant pas l\u2019annonce de candidatures avant le 20 juillet.Tous les espoirs du PT reposent sur les épaules de Lula, seule figure émergente à gauche et seul candidat pour lequel, selon les sondages, un tiers des Brésiliens seraient prêts à voter.Mais qui est condamné par la justice.Le PT serait en coulisses en train de réfléchir à un plan B, selon cer tains analystes.Et peut-être à une candidature de l\u2019ancien ministre Jaques Wagner ou de Fernando Haddad, ex-maire de São Paulo.Agence France-Presse BRÉSIL Lula adoubé par son parti pour la présidentielle NELSON ALMEIDA AGENCE FRANCE-PRESSE Luiz Inácio Lula da Silva et Dilma Rousseff S É B A S T I E N B L A N C C Y R I L J U L I E N à Washington L e président Donald Trump va proposer au Congrès une voie d\u2019accès à la citoyenneté américaine pour 1,8 million de migrants entrés illégalement aux États-Unis, une concession s\u2019inscrivant dans un renforcement de la lutte contre les clandestins.Donald Trump va également demander aux élus un financement de 25 milliards de dollars pour la construction d\u2019un mur frontalier avec le Mexique.Ce projet est l\u2019une des promesses de campagne les plus controversées de M.Trump.Le processus de naturalisation proposé, d\u2019une durée de 10 à 12 ans, profitera aux 690 000 «Dreamers» (rêveurs), entrés illégalement sur le sol américain avec leurs parents et protégés jusqu\u2019en mars par le décret «Daca», signé par Barack Obama, ainsi qu\u2019à ceux qui ne bénéficient pas de ce programme tout en y étant éligibles.Ces annonces jeudi sont les points centraux du projet sur l\u2019immigration présenté par la Mai- son-Blanche et susceptible selon elle d\u2019être accepté par les démocrates comme les républicains, afin de mettre fin à des mois de bras de fer infructueux sur ce sujet épineux.Donald Trump a abrogé le programme Daca en septembre, jugeant qu\u2019il n\u2019était pas constitutionnel, et a donné jusqu\u2019à mars au Congrès pour trouver une solution.Les démocrates ont fait de ce dossier leur priorité absolue.Les républicains sont globalement d\u2019accord pour régulariser les « Dreamers », mais le locataire de la Maison-Blanche exige en échange la garantie financière que le mur anti-clandestins sera bien édifié.Ce plan « est une nouvelle attaque contre les immigrés qui utilise les Dreamers comme monnaie d\u2019échange », a réagi Dina Titus, représentante démocrate du Nevada.Les nouvelles propositions de la Maison- Blanche pourraient être mal reçues par les plus conservateurs des républicains, même si le président a veillé à y joindre d\u2019autres mesures restreignant l\u2019immigration légale, notamment celle fondée sur le regroupement familial large.Il souhaite désormais limiter ce regroupement au conjoint et aux enfants mineurs.La Maison-Blanche demande également l\u2019abrogation du système de loterie pour l\u2019attribution de cartes vertes qui donnent le droit de s\u2019installer aux États-Unis, conformément aux vœux du président de prôner un accès «fondé sur le mérite».Agence France-Presse Trump ouvre la voie aux migrants illégaux Ce plan « est une nouvelle attaque [.] qui utilise les \u201c Dreamers \u201d comme monnaie d\u2019échange » Privé de passeport Lula a été empêché de quitter le territoire brésilien quelques heures avant de partir pour l\u2019Éthiopie, a annoncé jeudi le ministère de la Justice, au lendemain de sa condamnation en appel à une peine de prison.Le favori de la prochaine présidentielle au Brésil devait aller à Addis-Abeba pour une conférence de la FAO (Organisation des Nations unies pour l\u2019alimentation et l\u2019agriculture), mais un juge fédéral «a donné l\u2019ordre d\u2019empêcher l\u2019ex-président de sortir du territoire », a précisé le ministère dans un communiqué.Nous n\u2019accepterons ni les menaces ni la coercition.Le gouvernement ne respecte pas le résultat des élections régionales du 21 décembre.La formation du président destitué, Ensemble pour la Catalogne, sur Twitter « » Le ton monte envers les Palestiniens Après avoir déjà ulcéré les Palestiniens en reconnaissant Jérusalem comme capitale d\u2019Israël, Donald Trump a encore monté le ton jeudi en menaçant de couper net l\u2019aide américaine s\u2019ils ne revenaient pas aux négociations de paix.«Ils nous ont manqué de respect la semaine dernière en refusant de recevoir notre excellent vice-président», Mike Pence, a déclaré M.Trump.La réponse n\u2019a pas tardé: «Refuser de rencontrer votre oppresseur, ce n\u2019est pas manquer de respect, c\u2019est se respecter soi- même», a déclaré Hanane Achraoui, de l\u2019Organisation de libération de la Palestine (OLP). e gouvernement Trudeau a tranché la poire en deux.Les quelque 840 000 foyers qui ont perdu leur service de livraison du courrier à domicile ne le retrouveront pas, alors qu\u2019il sera maintenu pour les 4,2 millions de foyers qui devaient subir le même sort.Le gouvernement ne respecte ainsi qu\u2019en partie la promesse faite en 2015 de maintenir la livraison à domicile.Une promesse imprudente car, si l\u2019adoption de boîtes communautaires se justi?e dif?cilement dans les quartiers anciens densé- ment peuplés, elle a fait ses preuves ailleurs.Elle a aussi le mérite de réduire les coûts en ces temps de déclin du tra?c postal, le courrier électronique et la facturation en ligne ayant la cote.La première vague de conversions a fait économiser à Postes Canada environ 85 millions par année.L\u2019abandon des vagues subséquentes la privera en revanche d\u2019économies annuelles estimées à 350 millions.Or cette société d\u2019État ne roule pas sur l\u2019or.Ses béné?ces nets étaient inférieurs à 100 millions en 2015 et en 2016.N\u2019eût été la croissance de la livraison de colis, les résultats auraient été pires.La situation de Postes Canada est fragile pour une foule de raisons.Un groupe de travail et un comité parlementaire ont fait rapport sur le sujet en 2016, à la demande du gouvernement.Leur réponse a été présentée cette semaine.Les pistes soumises sont pour la plupart prévisibles: améliorer les services aux personnes ayant des problèmes d\u2019accès aux boîtes communautaires, développer de meilleures relations de travail, mieux promouvoir certains services, tirer pro?t du boom des envois de colis\u2026 On ne souf?e mot de l\u2019idée des postiers de permettre à Postes Canada de se ren?ouer en of frant des ser vices bancaires comme cela se fait dans d\u2019autres pays.Postes Canada a le monopole de la livraison du courrier et avec raison, il s\u2019agit d\u2019un service essentiel.Il n\u2019est cependant pas rentable.Si le gouvernement ne veut pas le subventionner, il doit autoriser la diversi?ca- tion des activités de l\u2019entreprise.L\u2019ajout de services bancaires aurait dû être étudié.Le gouvernement a par contre le mérite de s\u2019engager à modi- ?er la loi pour permettre à Postes Canada d\u2019investir ses pro?ts dans ses activités au lieu de verser des dividendes au gouvernement.On suggère aussi à la direction d\u2019examiner comment tirer avantage de la présence de Postes Canada partout au pays en offrant localement des services gouvernementaux.Ces recommandations peuvent-elles suf?re ?Dif?cile à dire, leur impact ?nancier n\u2019ayant pas été chif fré.Il reviendra à la nouvelle direction de le faire, une direction à laquelle le gouvernement a au moins eu la sagesse d\u2019accorder une plus grande latitude pour redresser la situation.Le Canada vient de signer un nouveau Partenariat transpaci- fique (PTP) avec dix pays.Sans les États-Unis.L\u2019absence de l\u2019éléphant américain aurait permis aux négociateurs canadiens de contrer l\u2019intrusion en culture que le précédent accord sanctionnait et de maintenir l\u2019exception culturelle.On peut maintenant espérer que la menace qui planait sur les politiques culturelles québécoises et canadiennes est levée.a ministre du Patrimoine canadien, Mélanie Joly, a trouvé le moyen de redorer un tant soit peu son blason : elle a annoncé mercredi que le gouvernement Tr udeau s\u2019était « tenu debout » a?n de maintenir la capacité du pays de déployer ses programmes et politiques de soutien à la création et à la distribution de productions audiovisuelles et de musique, notamment dans l\u2019espace numérique.Rappelons qu\u2019au moment de la négociation et de la rédaction de l\u2019accord, le gouvernement Harper, sous la pression des Américains, avait abandonné l\u2019exception culturelle.Le PTP comprend un chapitre entier sur le commerce électronique qui ne comporte aucune exclusion de la culture.Du moment qu\u2019elles étaient numériques, les productions culturelles \u2014 ?lms, émissions de télévision, médias et musique \u2014 ne béné?ciaient d\u2019aucune protection : l\u2019État renonçait à son droit de soutenir les productions numériques canadiennes, ce qui, au sens de l\u2019accord, aurait été considéré comme un traitement discriminatoire.Comme presque tout est sous forme numérique de nos jours, on comprend que le péril était grand.Même si l\u2019accord porte un autre nom \u2014 Partenariat transpaci?que global et progressiste (PTPGP) \u2014, le texte n\u2019a pas changé.Toutefois, le Canada a signé des lettres dites d\u2019accompagnement avec les dix autres pays signataires a?n d\u2019exclure la culture de l\u2019accord.Les experts devront scruter le libellé de ces lettres, qui n\u2019ont pas encore été rendues publiques, a?n de juger de leur robustesse juridique.En annonçant la signature de cet accord, le gouvernement Trudeau envoie un double message aux Américains.Premièrement, le Canada rejette le protectionnisme et peut très bien signer des traités de libre-échange sans les États-Unis, comme il l\u2019a fait avec l\u2019Europe, d\u2019ailleurs.Puis, en cette ère numérique, l\u2019exception culturelle, que respecte l\u2019Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), est là pour rester si l\u2019accord doit être maintenu.Avec cette annonce, le Canada laisse entendre qu\u2019il a fait une croix sur la reconduction de l\u2019ALENA par le gouvernement Trump.Comme l\u2019a rapporté le Globe and Mail, le négociateur en chef du Canada, Steve Verheul, estime qu\u2019une entente sur le renouvellement de l\u2019ALENA à court terme est l\u2019issue « sans doute la plus improbable » des discussions qui ont cours.Les deux conclusions les plus probables sont un retrait des États- Unis de l\u2019accord ou encore des négociations qui traîneront indé- ?niment, aurait af?rmé le négociateur.Évidemment, le nouveau PTP, tout comme le précédent, présente des inconvénients.En matière agricole, la gestion de l\u2019offre est préservée, mais elle est rognée, comme elle l\u2019a été avec l\u2019Accord économique et commercial global (AECG) entre le Canada et l\u2019Union européenne.Les dix pays obtiennent un accès limité au marché ; les agriculteurs canadiens devront obtenir des compensations.C\u2019est l\u2019industrie automobile ontarienne qui risque d\u2019écoper le plus.Contrairement aux États-Unis, des pays comme le Japon, le Vietnam, l\u2019Australie ou le Chili n\u2019ont pas de véritable intérêt à réclamer l\u2019abolition des programmes canadiens d\u2019aide à la culture.Ils ne cherchent pas à étendre leur hégémonie culturelle sur les plate- formes numériques comme les Américains.Et c\u2019est tant mieux.L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 2 6 J A N V I E R 2 0 1 8 A 8 EDITORIAL L E T T R E S Rameau d\u2019olivier ?Tu parles ! En août 2016, l\u2019émissaire des États- Unis auprès de la coalition internationale antidjihadiste, Brett McGurk, jugeait « inacceptables » les frappes menées par la Turquie contre les forces arabo-kurdes, qui menaient une lutte héroïque contre le groupe État islamique (EI) dans le nord de la Syrie.La Turquie craignait (et craint toujours) qu\u2019un éventuel Kurdistan irako- syrien ne donne une base arrière idéale aux Kurdes aspirant à libérer leurs terres ancestrales chez elle.Mais maintenant que le groupe EI est à l\u2019agonie, les États-Unis abandonnent lâchement leurs alliés d\u2019hier et, par la voix du secrétaire d\u2019État Rex Tillerson, reconnaissent « le droit légitime de la L I B R E O P I N I O N J E A N - M A R C F O U R N I E R Ministre responsable des Relations canadiennes et de la Francophonie canadienne À la suite de l\u2019éditorial de Robert Dutrisac du lundi 22 janvier 2018.V otre récent éditorial m\u2019incite à quelques commentaires.D\u2019abord, je vous donne raison sur l\u2019évolution de nos rapports fédératifs depuis Meech.En effet, Québec et Ottawa ont convenu d\u2019une entente essentielle en matière d\u2019immigration.Il est également vrai que le gouver nement fédéral a « tempéré ses ardeurs » dans l\u2019utilisation du pouvoir de dépenser.Il faut toutefois continuer à insister.Cela dit, l\u2019asymétrie est aussi mieux comprise et démontre son utilité à permettre le partage d\u2019objectifs communs tout en respectant les moyens d\u2019action élaborés par le Québec pour atteindre ses aspirations collectives.Par ailleurs, la Cour suprême a reconnu, à plusieurs reprises, le caractère distinct du Québec et elle interprète la Constitution en conséquence.Ces avancées se sont réalisées une fois le « couteau sur la gorge » remisé.Je ne dis pas qu\u2019il ne faille pas être tenace et insistant, mais je m\u2019étonne que vous persistiez comme ardent défenseur d\u2019une stratégie «armée » de menaces de séparation.C\u2019est plutôt de compréhension mutuelle que nous avons besoin.Selon vous, af firmer la nation québécoise et promouvoir le progrès de nos relations canadiennes ne constituent pas une « véritable cause ».Je suis d\u2019opinion contraire\u2026 totalement contraire ! D\u2019abord, les Québécois ressentent une allégeance profonde au Québec.Mais 75 % d\u2019entre eux, et encore davantage chez les plus jeunes, partagent aussi une appar tenance canadienne.Une façon d\u2019exprimer ces appartenances plurielles peut se résumer ainsi : «Québécois, notre façon d\u2019être Canadiens».Vouloir favoriser, au Canada, la reconnaissance des appartenances collectives particulières, notamment celles du Québec et des nations autochtones, contribue au renforcement d\u2019une appar tenance commune canadienne.Partager l\u2019ambition d\u2019une fédération qui fait une meilleure place à la diversité collective et qui reconnaît les appartenances plurielles sert la cause de notre vi- vre-ensemble canadien et peut même être un début de réponse aux défis de notre monde du XXIe siècle tenté par l\u2019isolationnisme et le repli identitaire.La nation québécoise, inclusive et plurielle, sera toujours différente et bien particulière au Canada.Cela ne signifie pas que nous ne sommes que deux solitudes.Les liens entre les Québécois et les autres Canadiens témoignent de nombreuses solidarités qu\u2019il faut cesser de taire.C\u2019est à l\u2019avantage de tous qu\u2019on peut les faire connaître et les faire prospérer, dans le respect des différences.La présence de Steven Guilbeault auprès de la première ministre de l\u2019Alberta, Rachel Notley, lors d\u2019une annonce environnementale, en est un exemple.Nous échangeons plus de biens, chaque année, avec le Nouveau-Br unswick qu\u2019avec la France, et plus avec l\u2019Ontario qu\u2019avec l\u2019Union européenne entière.Voilà d\u2019autres exemples.Vouloir affirmer notre allégeance québécoise et notre appar tenance canadienne correspond au désir d\u2019une majorité de Québécois.Vouloir permettre le progrès économique, social et culturel de notre société et améliorer le vivre-ensem- ble, voilà une «véritable cause ».Nous n\u2019avons pas à choisir entre être Québécois ou être Canadiens.Nous pouvons\u2026 nous voulons être les deux.Nous sommes Québécois, et c\u2019est notre façon d\u2019être Canadiens.Réponse de l\u2019éditorialiste J\u2019aimerais rappeler respectueusement au ministre que, lorsque le gouvernement Mulroney a signé avec le gouvernement Bourassa l\u2019entente sur l\u2019immigration, c\u2019était pour panser les plaies de l\u2019échec de l\u2019accord du lac Meech.On peut dire que le couteau traînait quelque par t, vu la menace « séparatiste » à l\u2019époque.Quand Paul Martin a conclu avec Jean Charest l\u2019entente asymétrique sur le financement de la santé, le premier ministre canadien était empêtré dans des commandites qui faisaient le plus mauvais ef fet au Québec.Il avait déjà créé la commission Gomery qui devait amorcer ses travaux quelques semaines plus tard.Dans les deux cas, le premier ministre canadien avait ses raisons de faire preuve de la plus grande ouverture, ce qui contraste avec la situation actuelle.On comprend qu\u2019un politicien ne peut se limiter à la plate réalité : il la mêle avec les idéaux qu\u2019il poursuit.Il n\u2019en demeure pas moins que le contentement, voire la béatitude, ne peut inspirer les plus vigoureuses batailles.Robert Dutrisac Affirmation et relations canadiennes : une véritable cause FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente du développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-président des ventes publicitaires MARK DROUIN Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Directeur de l\u2019information numérique FLORENT DAUDENS Adjoints PAUL CAUCHON, VALÉRIE DUHAIME, LOUIS GAGNÉ, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur de la production CHRISTIAN GOULET T urquie » à se « protéger ».Samedi, avec la bénédiction de la Russie, la Turquie a donc pu tranquillement lancer son offensive terrestre et aérienne (baptisée\u2026 Rameau d\u2019olivier !) contre les Kurdes en Syrie.L\u2019OTAN devrait se demander si la Turquie mérite encore d\u2019être des leurs.Car, il faut bien le dire, ce pays se rapproche de plus en plus de la Russie et s\u2019éloigne de plus en plus de l \u2019Occident.Sans compter la situation intérieure, considérant la répression qui frappe durement l\u2019opposition depuis la tentative de coup d\u2019État de juillet 2016.Bref, la Turquie ressemble de moins en moins à une démocratie, alors que l\u2019OTAN est une organisation ne rassemblant en son sein que des pays démocratiques.Sylvio Le Blanc Montréal, le 24 janvier 2018 Justin Trudeau à Davos Dans Le Devoir du 22 janvier, on trouve un article d\u2019une journaliste de La Presse canadienne sur la présence annoncée du premier ministre Trudeau au sommet économique de Davos, où il rencontrera notamment « des chefs de multinationales comme ABB Group, Alibaba, Alphabet/Google, etc.».Interrogé à cet égard, un professeur de l\u2019Université d\u2019Ottawa estime que ce voyage est « une occasion pour lui de vendre le Canada\u2026 » Étant donné l\u2019habileté démontrée des multinationales à attirer les subventions et à éviter les impôts, le mot «vendre » est tout à fait approprié.Pierre Ducharme Laval, le 23 janvier 2018 PARTENARIAT TRANSPACIFIQUE Essentielle exception culturelle La poste de demain L L MANON CORNELLIER ROBERT DUTRISAC L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 2 6 J A N V I E R 2 0 1 8 A 9 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon (chef de division), Robert Dutrisac, (éditorialiste), Michel Garneau et Pascal Élie (caricaturistes), Jacques Nadeau (photographe), Olivier Zuida (recherchiste photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division et reporter), Stéphane Baillargeon (généraliste), Gérald Dallaire (pupitre), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Jean Dion (sports), Marco Fortier (éducation), Lisa-Marie Gervais (diversité), Pauline Gravel (sciences), Jessica Nadeau (éducation).Alexandre Shields (environnement); information politique : Michel David (chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Marie-Michèle Sioui (correspondants parlementaires à Québec) Dave Noël (recherche), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec); information culturelle : Guillaume Bourgault-Côté (politiques culturelles), Julie Carpentier (pupitre), Fabien Deglise (livres), Catherine Lalonde (arts vivants), François Lévesque (écrans),Caroline Montpetit (arts vivants), Philippe Papineau(médias); information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l\u2019information), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Benoît Munger (pupitre); information internationale : Guy Taillefer (chef de division et éditorialiste); section art de vivre : Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); cahiers spéciaux : Aude Marie Marcoux (responsable); équipe numérique : Laurence Clavel, Guillaume St-Hilaire et Geneviève Tremblay (pupitres); correction : Andréanne Bédard, Christine Dumazet et Michèle Malenfant (correctrices) ; soutien à la rédaction : Amélie Gaudreau (coordonnatrice à la rédaction), Jean-Philippe Proulx (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa).PUBLICITÉ Charleyne Bachraty (adjointe au vice-président), Marlène Côté, Évelyne De Varennes, Amel Elimam, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (directrices de comptes), Alain Tréhout (directeur créativité média), Amélie Maltais (commis aux avis légaux), Alessandra Tantalo et Laurence Hémond (coordonnatrices publicitaires).PRODUCTION Caroline Desrosiers, Yannick Morin, Anthony White et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web), Jean-François Côté (analyste programmeur), Luc Girard (technicien informatique), Solène M.Hébert (développeuse Web).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Catherine Gentilcore (coordonnatrice marketing, communications et relations publiques), Sébastien Beaupré (coordonnateur service à la clientèle), Manon Blanchette, Caroline Filion, Nathalie Filion, Isabelle Sanchez (préposées au service à la clientèle).ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Mélisande Simard (adjointe administrative et responsable des ressources humaines), Florentina Draghici (technicienne comptable), Véronique Pagé (responsable du crédit).J e me souviens de la terreur, ce soir-là, apprenant qu\u2019un homme avait ouvert le feu dans une mosquée de Québec.Je me souviens de la douleur accentuée par le fait de ne pas être complètement surprise.Et de ces mots malheureux prononcés à la télévision : du « terrorisme inversé ».Comme si on ne pouvait imaginer qu\u2019une communauté marginalisée puisse être la cible d\u2019un attentat.Après, il y eut ce bel élan de solidarité.À la vigile de Montréal, j\u2019ai cru que le discours sur les musulmans du Québec changerait, pour le mieux.Terrible qu\u2019il ait fallu se rendre là, mais j\u2019ai cru que ça ouvrirait les cœurs et les esprits.Un an plus tard, c\u2019est le statu quo.Nous voilà englués dans les mêmes débats toxiques.Les gestes d\u2019intolérance et de haine n\u2019ont pas tari \u2014 au contraire.Les groupuscules d\u2019extrême droite sont plus visibles que jamais.Plus organisés, aussi.Suis-je seule à dresser un bilan si pessimiste ?Une semaine après l\u2019attentat de Québec, Télé-Québec présentait le documentaire T\u2019es où Youssef, dans lequel le journaliste Raed Ham- moud tente de comprendre comment et pourquoi un ancien camarade de classe est par ti en Syrie rejoindre le groupe État islamique.Lors de la diffusion, dit-il, il y avait une écoute incroyable : « Tellement que j\u2019ai cru qu\u2019on s\u2019ouvrait enfin aux musulmans du Québec.Qui ils sont, ce qu\u2019ils font tous les jours.Mais on est vite revenu aux mêmes réflexes sensationnalistes.» Focaliser sur des personnages controversés et peu représentatifs, faire des amalgames.Créer des antagonismes qui ne règlent rien et ignorer ce que les gens ordinaires ont à dire.Pour Raed, il y a un lourd poids à porter pour les citoyens de confession musulmane : «Toujours devoir se justifier.» Ce soupçon permanent a un coût.Au-delà des actes haineux, il y a un ensemble de choses plus insidieuses.Un exemple?Ali Kwassan est photographe.Sur son site Web, ses cartes professionnelles ou lorsqu\u2019il répond à un appel d\u2019offres, il utilise un pseudonyme.Pour que son nom sonne «moins arabe».«Pure raison d\u2019affaires.On ne sait jamais quand ça peut jouer contre toi», dit-il, sur un ton détaché.Comme si c\u2019était normal.Il ajoute que sa fiancée, qui porte le foulard, est toujours inquiète dans le métro.Elle se tient loin des rails.«C\u2019est peut-être exagéré, mais on ne sait jamais.» On ne sait jamais : tous les jours, cette charge à porter.Le sentiment de sécurité confisqué.Ça, je l\u2019ai entendu souvent.Le Québec n\u2019est pas une société profondément islamophobe.Personne ne le prétend.Mais la discrimination, le racisme et l\u2019intolérance existent et minent des vies.Si la belle mobilisation post-attentat suggérait qu\u2019on l\u2019avait compris, aux yeux de plusieurs on a depuis régressé.Amel Zaazaa, militante, me dit : «Avant l\u2019attentat, il y avait toujours le bénéfice du doute sur les questions d\u2019islamophobie.Bien sûr, il y avait les gestes contre les mosquées, les agressions verbales, mais on n\u2019avait pas vu jusqu\u2019où ça pouvait mener.» À présent, nous n\u2019avons plus le droit de ne pas voir.Vous me direz qu\u2019il ne faut pas généraliser à par tir du crime d\u2019une seule personne.Les gestes de violence extrême ne surgissent jamais ex nihilo.Ils s\u2019inscrivent dans un contexte.L\u2019attentat de Québec représente le paroxysme de la violence, mais on ne peut ignorer le terreau dans lequel il s\u2019enracine.Or comment se fait-il qu\u2019on soit toujours incapable d\u2019avoir une conversation sérieuse sur cela?Le plus souvent, on cède le contrôle du discours à ceux qui profitent \u2014 politiquement, médiati- quement \u2014 de la peur et de la division.En criant au «procès des Québécois» dès qu\u2019on veut parler des discriminations que vivent, justement, certains citoyens du Québec, on s\u2019enferme dans un déni stérile qui reconduit des inégalités et des divisions.Comme me l\u2019a si bien dit Asmaa Ibnouza- hir, qui a écrit en 2015 l\u2019essai Chroniques d\u2019une musulmane indignée : «On ne peut pas parler de vivre-ensemble si l\u2019on ne reconnaît pas l\u2019existence des rapports de pouvoirs.» Impossible, en effet, de bâtir quelque chose, d\u2019avancer ensemble, si l\u2019on néglige de déconstruire ce qui relègue certains groupes de citoyens aux marges.Je suis convaincue qu\u2019on peut cultiver la solidarité nécessaire partout sur le territoire du Québec.Notre société est accueillante et ouverte, je le crois profondément.Mais elle n\u2019est pas immunisée contre les injustices pour autant.Je crois aussi que, sur ces questions, nous avons manqué d\u2019écoute, de toutes parts.Continuer dans cette voie serait une grave erreur.Se laisser emporter dans une autre campagne électorale jouée sur le dos des musulmans et des minorités aussi.Nous avons beaucoup de choses à perdre, et beaucoup d\u2019autres choses à construire.Le pessimisme peut céder la place à l\u2019optimisme, pour autant qu\u2019on se retrousse les manches.Un an plus tard AURÉLIE LANCTÔT C H R I S T I A N O \u2019 L E A R Y Directeur général par intérim de la Fondation René-Lévesque ublié en janvier 1968, Option Québec arrive après une année bouillonnante où les Québécois découvrent le monde grâce à Expo 67 et où le monde découvre le Québec avec la déclaration du «Vive le Québec libre !» du général de Gaulle.L\u2019année est bouillonnante aussi pour René Lé- vesque, car il y élabore puis y défend son idée de souveraineté-association qui a germé à travers ses discussions avec un groupe de libéraux réformistes, notamment Paul-Gérin Lajoie, Yves Michaud, Pierre Laporte, Éric Kierans et Robert Bourassa.Sur sa démarche de réflexion, il écrivit dans Dimanche-Matin : « Chacune de mes constatations, d\u2019autres les avaient faites.Les conclusions qu\u2019elles m\u2019ont dictées, il y a longtemps déjà que bien d\u2019autres se sont mis à les véhiculer chez nous.[\u2026] La seule chose qui m\u2019appartienne, je crois, c\u2019est la façon dont j\u2019ai fait de mon mieux l\u2019examen puis l\u2019assemblage de ces pièces, afin d\u2019en tirer une synthèse valable et une option politique définie que je me sens, en conscience, autorisé à défendre et à proposer à d\u2019autres.» L\u2019originalité de l\u2019idée de René Lévesque est de changer le rapport de force avec le Canada pour que le Québec soit en mesure de négocier de nation à nation une union réciproquement avantageuse.Dans ses mémoires, il précisait : «Plus j\u2019y pensais, plus ça m\u2019apparaissait comme un projet logique et facile à articuler.À la simplicité des lignes maîtresses s\u2019ajoutait cet autre avantage paradoxal : loin d\u2019être révolutionnaire, l\u2019idée était presque banale.Çà et là de par le monde, elle avait servi à rapprocher des peuples qui, tout en tenant à demeurer chacun maître chez soi, avaient trouvé bon de s\u2019associer de diverses façons.Association, donc, concept qui figurait depuis longtemps dans notre propre vocabulaire et qui ferait avec souveraineté un mariage assez euphorique.» On ne peut pas dire que l\u2019euphorie s\u2019empara du Parti libéral du Québec (PLQ), qui refusa catégoriquement de discuter de cette proposition lors de son congrès d\u2019octobre.Avec fracas, René Lévesque rompt avec le parti et le quitte sur-le-champ.Il porte alors son option avec tout le poids de sa notoriété, de son intégrité, de sa crédibilité et de son charisme.Sa démarche aboutit au regroupement des forces souverainistes au sein du Mouvement Souveraineté-Association (MSA), qui deviendra le Parti québécois.Le livre est vendu à 50 000 exempla ires en quelques semaines.L\u2019adhésion au MSA explose et passera de 700 membres à 7000 entre janvier et avril 1968.Un point de ralliement À la fois essai et manifeste, le livre s\u2019ouvre sur un avant-propos intitulé « À l\u2019heure du choix », sous une signature collective des personnes qui quittèrent le PLQ avec Lévesque.La préface est de l\u2019historien Jean Blain, qui prophétise que cette option sera « un des points de ralliement les plus impor tants de notre histoire ».En six chapitres, la première partie résume les principaux enjeux politiques du Québec d\u2019alors.Des enjeux qui résonnent toujours : l\u2019identité québécoise, l\u2019adaptation aux changements technologiques, le rôle de l\u2019État, les limites du cadre fédéral, la paralysie constitutionnelle et la nécessité d\u2019un Québec souverain avec une nouvelle union canadienne.La seconde par tie, « Ce pays qu\u2019on peut faire », aborde plus spécifiquement la réalisation de la proposition d\u2019association économique, qui s\u2019inspire du marché commun à l\u2019européenne, et la période de transition, avec les mesures à mettre en place pour la traverser.La troisième partie est composée de sept annexes pour appuyer les deux premières et réfuter les arguments opposés.On y retrouve en particulier le fameux discours de Jacques Pari- zeau prononcé à Banff lors d\u2019une conférence sur l\u2019unité canadienne où il conclut que le Québec a déjà un statut particulier et qu\u2019il serait plus sage de négocier.Le livre se termine de façon originale sur une note artistique avec un épilogue imagé et touchant du cinéaste Pierre Perrault.Option Québec a eu une influence majeure sur l\u2019évolution du Québec et du Canada.Notamment sur le rôle de l\u2019État comme instrument de développement de la société, une idée phare de la Révolution tranquille, qui y est réaffirmée avec force.Quant au concept de la souveraineté-association, il a provoqué un réa- lignement durable des positions politiques.Mais l\u2019influence la plus profonde se trouve dans la conviction inspirante que les Québécois ont le pouvoir de bâtir le Québec qu\u2019ils veulent : « C\u2019est d\u2019abord qu\u2019il y a chez nous, en nous, la capacité de faire notre « ouvrage » nous-mêmes, et que c\u2019est à nous seuls de trouver et d\u2019appliquer à nos problèmes les solutions qui nous conviennent.» Tout le long de cette année qui commence, la Fondation René-Lévesque soulignera le 50e anniversaire de la publication de ce texte fondateur qui a marqué l\u2019histoire du Québec.50E ANNIVERSAIRE DU LIVRE DE RENÉ LÉVESQUE Option Québec, toujours actuel M A R I E - M I C H È L E D U B E A U Présidente de la Fédération du Québec pour le planning des naissances ous célébrons dimanche le 30e anniversaire du jugement historique rendu par la Cour suprême du Canada le 28 janvier 1988 dans la cause du Dr Henry Morgentaler, accusé de pratiquer illégalement des avor te- ments.Cette décision invalidait l\u2019article 251 du Code criminel, qui, depuis 1969, ne permettait l\u2019avortement que si la grossesse mettait en danger la vie ou la santé de la mère.Dans cette décision, les juges ont estimé que la procédure pour obtenir un avortement thérapeutique portait atteinte au droit à la sécurité de la femme enceinte garanti par la Charte canadienne des droits et libertés, mais aussi à son droit à l\u2019intégrité physique et émotionnelle.Les juges ont également statué que le fœtus n\u2019était pas une personne humaine tant qu\u2019il n\u2019était pas sorti vivant du sein de sa mère.Pour sa part, la juge Wilson affirmait que le droit à la liber té garantissait à chaque individu « une marge d\u2019autonomie personnelle sur les décisions importantes touchant intimement à sa vie privée ».En plus de décriminaliser complètement l\u2019avortement, ce jugement reconnaissait ainsi à plus de la moitié de la population le droit de contrôler sa capacité reproductive.Depuis 1988, la Cour suprême a renforcé et complété ce jugement à quatre reprises : refus de reconnaître des droits au géniteur, réaffirmation que le fœtus n\u2019est pas une personne juridique jouissant de droits, confirmation que seule la femme peut décider d\u2019interrompre ou non une grossesse et reconnaissance aux femmes enceintes du droit à la vie privée, à l\u2019autonomie, à la liberté et à l\u2019égalité.Nous nous réjouissons de ces gains majeurs, ainsi que des échecs répétés du mouvement an- tiavortement à recriminaliser l\u2019avortement.Bien que la majorité des partis politiques représentés au Parlement canadien soient pro-choix, nous aurions des raisons de craindre l\u2019élection d\u2019un gouvernement conservateur dirigé par Andrew Scheer, fervent militant antiavortement.Accès aux services Aujourd\u2019hui et depuis toujours, un des principaux enjeux demeure l\u2019accès à des services d\u2019avortement.Dès le début des années 1980, les militantes ont entrepris la bataille des services : « À quoi ça sert d\u2019avoir un droit si on ne peut l\u2019exercer ?» Au Québec, elles ont obtenu des services d\u2019avortement de qualité, accessibles partout.Pour la gratuité complète, il a fallu attendre la décision de la Cour supérieure du Québec qui concluait, en 2006, que le gouvernement violait sa propre loi en obligeant les cliniques privées et les centres de santé des femmes à réclamer des frais aux femmes pour des services déjà assurés.Grâce à cette longue lutte soutenue par une opinion publique majoritairement favorable au libre-choix, en 2016, le Québec disposait d\u2019un peu plus de la moitié des ressources en avor tement au Canada (soit 50) désormais protégées par une loi qui interdit aux manifestants antiavortement de s\u2019en approcher à plus de 50 mètres.Situation enviable, certes.Cependant, l\u2019accessibilité ne se mesure pas uniquement au nombre de ressources disponibles.En 2014, la FQPN constatait l\u2019inégalité de leur répartition territoriale : 12 régions du Québec sur 17 ne disposaient que d\u2019un ou deux points de services ; 20 des 48 points de services ne pratiquaient des avor tements qu\u2019un jour par semaine ; dans 21 points de service, l\u2019attente allait de trois à cinq semaines ; et 22 d\u2019entre eux ne disposaient pas de tables gynécologiques adaptées aux personnes à mobilité réduite.À ces obstacles s\u2019ajoutaient la difficulté d\u2019obtenir de l\u2019information sur les services disponibles ou sur les démarches à entreprendre, le recours aux boîtes vocales ainsi que les coûts à assumer pour avorter hors de sa région (transport, hébergement) et ceux de l\u2019avortement lui- même si on n\u2019est pas couverte par le régime d\u2019assurance maladie.L\u2019accès aux services est également restreint lorsque ces services ne sont pas inclusifs.En matière de santé reproductive, la situation est inquiétante pour les personnes jeunes, sans statut, incarcérées, trans, non conformistes dans le genre, racisées, autochtones ou en situation de handicap.Un accès équitable à la gamme complète de services de santé reproductive \u2014 dont l\u2019avortement \u2014 exige qu\u2019on reconnaisse et qu\u2019on abolisse ces barrières complexes.Dans une perspective de justice reproductive, nos analyses et revendications doivent donc tenir compte de la réalité des personnes et groupes dont les voix sont moins souvent entendues en matière d\u2019avortement.Recours nécessaire Le recours à l\u2019avortement sera toujours nécessaire, et ce, pour plusieurs raisons : aucune méthode contraceptive n\u2019est efficace à 100 % ; trop de relations sexuelles sont vécues dans un contexte de violence conjugale, de relations inégalitaires ou imposées par la force ; il y aura toujours des femmes cisgenres et des personnes trans ou non binaires qui ne souhaiteront pas avoir d\u2019enfant et d\u2019autres qui voudront en limiter le nombre, parce que l\u2019instabilité des couples et la précarité financière ne sont pas des situations exceptionnelles.Voilà pourquoi l\u2019avortement doit être considéré comme un service essentiel.Nous resterons vigilantes quant à l\u2019accessibilité et à la qualité des services en avortement au Québec.Nous continuerons à revendiquer la gratuité de la contraception et une éducation à la sexualité positive, inclusive et émancipatrice.Et nous disons à M.François Legault que des p\u2019tits chèques ne nous convaincront pas de peupler davantage le Québec.Depuis 1977, nous répétons sans relâche que « nous aurons les enfants que nous voulons ».Depuis 1988, nous répondons ceci à toute tentative de recri- minaliser l\u2019avortement : « Criminel.le.s plus jamais ! » Nous n\u2019avons pas changé d\u2019idée.La décriminalisation de l\u2019avortement, 30 ans plus tard BLAISE EDWARDS LA PRESSE CANADIENNE Le Dr Henry Morgentaler lève les bras en signe de victoire lors d\u2019une conférence de presse à Toronto le 28 janvier 1988.Dimanche marquera le 30e anniversaire du jugement historique rendu par la Cour suprême du Canada invalidant l\u2019article du Code criminel restreignant l\u2019accès à l\u2019avortement.P N Le Québec n\u2019est pas une société profondément islamophobe.Mais la discrimination, le racisme et l\u2019intolérance existent et minent des vies. L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 2 6 J A N V I E R 2 0 1 8 A 10 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par courriel publicite@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3452 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Par courriel petitesannonce@ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4 Berri-UQAM Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 16h30 Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com A C T U A L I T É S émission numéro un de MTV, qui, en huit saisons, a attiré 86 millions de spectateurs comme l\u2019a rappelé Julie Snyder en début d\u2019émission.« Si on est retard par rapport aux États-Unis, c\u2019est qu\u2019on n\u2019est pas conscient de la mine d\u2019or de talent qu\u2019on a au Québec, surtout en danse de rue.On a plusieurs champions du monde au Québec et c\u2019est ce qui a permis de faire connaître Hit the Floor, où l\u2019on reçoit environ 400 équipes de danse », affirme Nicolas Bégin, fondateur de Hit the Floor et directeur artistique de Danser pour gagner.Les gars entrent dans la danse Ont été retenues pour Danser pour gagner, première émission du genre au Québec, cinq équipes féminines, quatre équipes masculines et trois équipes mixtes, pour un total de 77 danseurs, plus précisément 42 femmes et 35 hommes, âgés de 13 à 38 ans.«En danse, généralement, on a un ratio de 70% de femmes, mais sur l\u2019émission, on a eu la chance d\u2019avoir beaucoup de garçons qui ont auditionné et qui avaient un bon casting.On a donc une belle parité», clame fièrement Nicolas Bégin.Du même souffle, il explique que les clichés homosexuels véhiculés sur la danse tendent à disparaître.Ainsi, depuis le début des années 2000, les garçons ne craignent plus de pratiquer le voguing et le waaking, deux styles de danse nés dans le milieu gai dans les années 1970.Même si la danse attire davantage les femmes, elles ont de moins en moins de difficulté à trouver un partenaire de danse sociale : « Au Studio 88 Swing, on a pratiquement 50 % d\u2019hommes.C\u2019est sûr qu\u2019il y a légèrement plus de femmes, mais la peur des hommes d\u2019avoir l\u2019air gai disparaît de plus en plus.La danse en couple les rejoint plus et le swing répond à une envie de bouger pour une génération qui est beaucoup devant son ordinateur », dévoile Sandrine Lambin-Gagnon, professeure et coach du Studio 88 Swing.À l\u2019école Louise Lapierre, qui a pignon sur rue depuis 45 ans, on propose même des programmes pour les garçons depuis 20 ans.« Je suis bien contente de cette parité à Danser pour gagner.Imaginez le message qui y est donné », confie Louise Lapierre.On n\u2019a pas cette parité dans nos cours ni dans nos équipes de compétition, on a trois garçons pour onze filles.Cela dit, les garçons ont plus de chances de monter leur carrière que les filles ; si on fait une audition, il y a cent filles pour un rôle et dix garçons pour un rôle.» « Nico Archambault, qui a commencé à cinq ou six ans et fait son secondaire en spor t- études chez nous, et qui est aussi l\u2019ambassadeur numéro un de la danse au Québec, a énormément combattu les préjugés », ajoute celle qui a été la danseuse-chorégraphe incontournable dans les grandes années des variétés.Les danses urbaines ont fait tomber les barrières de la permission de bouger « comme un garçon ».« Il a aussi fallu défaire l\u2019idée qu\u2019une fille ne danse pas comme un garçon ; elle fait une danse urbaine qui implique un investissement physique athlétique.» Directrice artistique de l\u2019École supérieure de ballet du Québec, Anik Bissonnette remarque que la danse classique évolue aussi.«Grâce au film Billy Elliott, lorsque la comédie musicale a été présentée à Toronto avec l\u2019École nationale de ballet, on avait pour la première fois 50% de garçons», se souvient l\u2019ex-première danseuse des Grands Ballets canadiens.La danse classique est de plus en plus respectée.Nico Archambault, qui est venu enseigner à l\u2019École, disait aux danseurs de l\u2019émission Ils dansent que la danse classique allait les aider pour le futur.Il a donc fait beaucoup la promotion de la danse classique.J\u2019ai vraiment hâte de voir Danser pour gagner et de voir si ça va changer les choses.» L\u2019influence du petit écran Bien qu\u2019ils évoluent dans différentes sphères de la danse, Nicolas Bégin, Sandrine Lambin- Gagnon et Anik Bissonnette reconnaissent spontanément l\u2019impact positif de la télévision dans le milieu en général.«Pour avoir participé à So You Think You Can Dance Canada (2009) et à America\u2019s Best Dance Crew (2010), c\u2019est clair que ces émissions ont une grosse répercussion sur la notoriété et sur la carrière des danseurs.Ce sont de belles vitrines pour la danse.Je m\u2019attends à ce que les troupes qui font partie de Danser pour gagner aient de belles possibilités», avance Nicolas Bégin.Celui qui assiste le réalisateur Pierre Séguin en régie afin de s\u2019assurer que chaque chorégraphie soit mise en valeur à l\u2019écran poursuit : «Après l\u2019émission, je prédis un achalandage aux inscriptions dans les écoles de danse et dans les compétitions de danse.Les émissions contribuent à piquer l\u2019intérêt du public et à lui montrer tout le talent qu\u2019on a ici.Les danseurs de Danser pour gagner sont de haut niveau et n\u2019ont rien à envier à ceux des émissions américaines.On a vraiment hâte que les gens puissent constater tout le talent qu\u2019on a au Québec.» «Le swing, qui est la danse du plaisir, a repris vie à Montréal à la fin des années 1990 et l\u2019intérêt ne cesse de grandir depuis.Au Studio 88 Swing, la clientèle principale a toujours été les 20 à 40 ans ; les plus jeunes vont plus vers le hip-hop.Souvent, des élèves nous disent qu\u2019ils ont vu un numéro aux Dieux de la danse et qu\u2019ils ont eu envie d\u2019essayer.Serge Denoncourt dit d\u2019ailleurs que le lindy hop, la danse swing la plus populaire dans le monde entier, est la danse chouchoute aux Dieux de la danse », explique Sandrine Lambin-Gagnon.Selon Anik Bissonnette, les moutures américaine et canadienne de So You Think You Can Dance ont contribué à augmenter le taux de fréquentation de l\u2019École supérieure de ballet du Québec : « Il y a aussi le documentaire Danser !, sur les finissants de l\u2019École, qui a vraiment été fabuleux pour la danse.J\u2019en entends encore parler.Dans cette émission, on voit que le danseur qui est chez nous ne fait pas que de la danse classique, mais aussi tous les autres styles de danse, car le danseur d\u2019aujourd\u2019hui doit tout faire.» « On est dans la vague des danses urbaines.Pour moi, que ce soit la danse urbaine, la danse sociale, la danse contemporaine, c\u2019est juste une por te pour danser.Quelle que soit la por te d\u2019entrée, du moment qu\u2019il y en ait une ! Les émissions de danse amènent un développement du public, je suis sûre que s\u2019il y a une prochaine saison des Dieux de la danse, les cotes d\u2019écoute augmenteront grâce à Danser pour gagner», croit Louise Lapierre.Et cela donnera sans doute le vent dans les voiles de Révolution, compétition de danse qui sera diffusée l\u2019automne prochain à TVA.Décidément, elle a du flair, Julie Snyder.DANSER POUR GAGNER V, lundi, mardi, 18h30, mercredi, 19h (les répétitions), mercredi, 19h30 (le direct), jeudi, 18h30 (les coulisses du direct) SUITE DE LA PAGE 1 DANSE Le match des étoiles (2005-2009) Dans cette compétition de danse animée par Normand Brathwaite, des vedettes jumelées à des danseurs-choré- graphes s\u2019exécutent sous les yeux des analystes Geneviève Guérard et Yves Desgagnés et de dix juges choisis parmi le public.Voulez-vous danser?(2010-2013) Première danseuse des Grands Ballets canadiens de 1999 à 2006, Geneviève Gué- rard explore un style de danse différent chaque semaine en compagnie d\u2019une vedette en allant à la rencontre de troupes de danse.Ils dansent (2011-2012) Gagnant de la première édition de So You Think You Can Dance Canada (2008), le danseur et chorégraphe Nico Ar- chambault accompagne dix danseurs dans leur apprentissage de différents styles de danse.Danser ! (2015) Réalisée par Christian Lalu- mière, cette série documentaire suit le parcours de sept finissants aspirants danseurs de l\u2019École supérieure de ballet du Québec.Les dieux de la danse (2015-) Animée par Jean-Philippe Wau- thier, cette émission de variétés se veut une compétition de danse amicale entre vedettes.Chantal Lamarre, Nico Ar- chambault et Serge Denon- court y forment le jury.Alors on danse ?personnes a définitivement hissé l\u2019isolement dans le lot des facteurs de risque « potentiellement mortels ».L\u2019étude conclut que le déficit amical serait aussi toxique pour l\u2019être humain que le tabagisme ou l\u2019alcoolisme.Pire, vivre isolé serait plus dommageable pour la santé que le manque d\u2019activité physique ou l\u2019obésité ! « Toutes ces études le prouvent : l\u2019interaction sociale est la pierre angulaire de l\u2019espérance de vie et a plus d\u2019impact sur la santé que la génétique, l\u2019argent, le type d\u2019emploi ou même le taux de cholestérol», affirme le Dr Martin Juneau, cardiologue et directeur de la prévention à l\u2019Institut de cardiologie.Après avoir suivi des milliers d\u2019individus depuis 75 ans, l\u2019Université de Harvard conclut elle aussi que les liens sociaux sont de loin les facteurs les plus prédictifs de la santé d\u2019une personne, ajoute ce médecin.Somme toute, l\u2019isolement double le risque de mort prématurée.En plus des effets psychologiques, la carence de contacts humains, ou leur piètre qualité, entraîne un état de stress qui perturbe les processus physiologiques, notamment la pression sanguine et le taux de cor- tisol dans le sang.Autant de facteurs qui endommagent les vaisseaux et le cœur, explique le cardiologue.«Les études réalisées sur les \u201czones\u201d où vivent le plus de centenaires dans le monde démontrent que ces personnes sont souvent très bien entourées.C\u2019est le cas à Okinawa, au Japon, où une tradition ancestrale oblige les femmes âgées à rencontrer cinq amies par jour.Ces habitudes de vie, combinées à d\u2019autres, ont un impact majeur sur l\u2019espérance de vie », dit-il.« Comme médec in, je le constate aussi chez mes patients qui ont eu une crise cardiaque il y a 25 ans.Ceux qui ont toujours une bonne relation de couple, de belles relations avec leurs enfants ou leurs amis s\u2019en tirent beaucoup mieux au- jourd\u2019hui que ceux qui sont seuls», note le Dr Juneau.Malheureusement, dit-il, aucun programme du ministère de la Santé ni aucun des budgets des hôpitaux ne s\u2019intéressent à cette réalité.Malgré l\u2019accumulation des preuves scientifiques, les sommes investies dans la prévention des facteurs de risque associés à la mort prématurée demeurent dérisoires.Briser l\u2019isolement Le nombre de personnes vivant seules, propulsé par le vieillissement de la population et le divorce, est à la hausse au Québec, où un ménage sur trois se compose désormais d\u2019une personne seule, selon le Conseil des aînés.Chiffrer l\u2019isolement social est par contre une tâche complexe, puisque des gens vivant seuls peuvent jouir d\u2019une vie sociale riche, alors que d\u2019autres, bien qu\u2019entourés, souffrent de solitude, explique le professeur André Tourigny, médecin-conseil à l\u2019Institut national de santé publique du Québec (INSPQ).« J\u2019ai l\u2019impression que notre situation se compare à celle du Royaume-Uni, avec environ 15 % de personnes isolées.Si la solitude est un problème influencé par des facteurs personnels comme l \u2019état de santé, le revenu, la présence ou pas de famille, elle dépend auss i de facteurs exter nes qu\u2019on peut influencer, comme l\u2019aménagement urbain ou l\u2019accès aux transports », af firme cet expert, aussi codirecteur de l\u2019Institut sur le vieillissement et la par ticipation sociale des aînés de l\u2019Université Laval.La réponse à ce fléau trouve déjà des échos ici au Québec, où des projets inspirés des guides de pratique britanniques ont été lancés dans deux secteurs de la Vieille Capitale par le Collectif aînés IS (isolement social).Quatre organismes bénévoles ont obtenu 1,6 million l\u2019an dernier du gouvernement fédéral pour dépêcher des sentinelles dans les centres commerciaux, les Tim Hortons et les McDonald\u2019s pour dépister les aînés à risque d\u2019être isolés.Plus de 9 millions ont aussi été investis depuis 2012 par le Secrétariat aux aînés pour financer des projets visant à rejoindre les aînés considérés comme vulnérables.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 SOLITUDE Jeudi matin, le premier ministre disait vouloir s\u2019entretenir avec son ministre des Sports et des Personnes handicapées avant de commenter davantage.Kent Hehr annulait quant à lui abruptement son point de presse prévu à Toronto.Le verdict est tombé en soirée : Justin Trudeau a dit avoir accepté la démission de son ministre « en attendant le résultat de l\u2019enquête » confiée à l \u2019externe.« Toute forme de harcèlement est inacceptable, et les Canadiens ont le droit de vivre et de travailler dans un environnement exempt de harcèlement », a-t-il fait valoir dans un communiqué.Kent Hehr demeure membre du caucus libéral.La ministre des Sciences, Kirsty Duncan, hérite de ses responsabilités.« Tout au long de ma carrière, j\u2019ai toujours essayé de traiter les autres avec respect, et je suis conscient que ce qui est le plus impor tant, c \u2019est comment chaque personne se sent », a quant à lui réagi M.Hehr.« Le débat qui se tient dans notre société est très impor tant.J\u2019encourage toutes les femmes qui se sont senties mal à l\u2019aise ou qui ont été victimes de harcèlement, sous quelque forme que ce soit, à en parler », a-t-il plaidé par voie de communiqué.Justin Trudeau s\u2019est montré intraitable dans lepassé lorsqu\u2019il a eu à gérer des cas d\u2019allégations d\u2019inconduite sexuelle.En novembre, son directeur des opérations Claude-Éric Gagné a été suspendu après avoir fait l\u2019objet d\u2019allégations de comportement inapproprié auprès de collègues féminines.En août, le député de Calgar y Darshan Kang a quitté le caucus à la suite d\u2019allégations de harcèlement sexuel.En 2016, c\u2019était le ministre du Nunavut Hunter Tootoo qui quittait son poste et le caucus en avouant avoir eu une relation «consensuelle mais inappropriée » avec une employée.Au printemps 2015, M.Trudeau avait expulsé de son caucus ses députés Mas- simo Pacetti et Scott Andrews, eux aussi visés par des allégations d\u2019inconduite sexuelle de la part cette fois-ci de deux élues néodémocrates.Kent Hehr s\u2019était retrouvé sur la sellette l\u2019an dernier et en était rendu à sa troisième prise.Deux fois cet automne, il s \u2019était fait reprocher un manque d\u2019empathie, d\u2019abord envers des victimes de la thalidomide, puis à l\u2019endroit d\u2019une commettante qui s\u2019était fait refuser des prestations pendant son congé de maternité.Tempête préélectorale en Ontario Du côté ontarien, la démission en pleine nuit du chef conservateur Patrick Brown est d\u2019autant plus fracassante qu\u2019elle survient cinq mois avant la pro- c h a i n e é l e c t i o n e t q u e M.Brown était perçu comme le premier ministre en attente.Les allégations diffusées par le réseau CTV sont portées par deux femmes.Elles n\u2019ont pas été prouvées en cour.Le premier cas implique une jeune femme qui fréquentait l\u2019école secondaire, mais dont l\u2019âge n\u2019a pas été divulgué.(En Ontario, les élèves du secondaire obtiennent généralement leur diplôme à 18 ans.) Elle aurait rencontré M.Brown, alors conseiller municipal, dans un bar en compagnie d\u2019un ami commun.Une fois au domicile de M.Brown, ce dernier aurait abaissé son pantalon et demandé à la jeune femme de lui faire une fellation, ce qu\u2019elle a fait.Dans le second cas, la femme de 19 ans était l\u2019employée de M.Brown, alors député fédéral de Barrie.Elle a pris part à une soirée très arrosée dans un bar, qui s\u2019est terminée chez lui.Elle s \u2019 e s t r e t r o u v é e , e n é t a t d\u2019ébriété, assise sur le lit avec M.Brown, qui lui n\u2019avait pas bu.Il l\u2019aurait alors couchée et embrassée sans lui demander sa permission.Elle lui aurait dit qu\u2019elle ne voulait pas et qu\u2019elle avait un copain.Il l\u2019aurait raccompagnée chez elle.M.Brown a qualifié les allégations de « catégoriquement fausses ».Il a tenté de rester en poste, mais le par ti lui a montré la porte.Les troupes conservatrices décideront vendredi de la suite des choses.La première ministre libérale Kathleen Wynne a indiqué qu\u2019il n\u2019était pas question de précipiter la date du scrutin, qui aura lieu en juin.Elle a insisté sur l \u2019 impor tance de créer des «zones sécuritaires» pour tous.«Nous avons tous la responsabilité d\u2019attirer l\u2019attention sur les comportements inacceptables.» La chef du NPD ontarien, Andrea Horwath, a été plus catégorique, parlant d\u2019une « culture » qui doit être dénoncée et critiquant du même souffle le système judiciaire.« Je n\u2019ai vraiment que deux mots à dire à propos du système de justice, et c\u2019est Jian Gomeshi.Le système de justice laisse tomber les femmes, et c\u2019est pour cela que tant d\u2019entre elles ne dénoncent pas.[\u2026] Ne prétendons pas que le système de justice protège les femmes et leur permet d\u2019obtenir justice.» Tous les sondages menés en Ontario placent le Par ti pro- gressiste-conservateur en tête dans les intentions de vote.Selon le président de Forum Research, Lorne Bozinoff, la situation n\u2019est pas nécessairement catastrophique pour les conservateurs et n\u2019avantagera pas pour autant le NPD.« Le par ti est en très bonne posture.Il a une tonne d\u2019argent, il a recruté de très bons candidats.» Pour lui , la solution passe par la sélection rapide d\u2019un nouveau chef permanent pour faire face à la redoutable machine électorale libérale.Autre chef déchu en Nouvelle-Écosse Plus tôt mercredi, c\u2019est le chef du Par ti progressiste- conservateur de la Nouvelle- Écosse Jamie Baillie qui a été forcé de démissionner.Le parti avait été alerté d\u2019allégations de harcèlement sexuel, fin décembre, et les conclusions d\u2019une enquête externe ont mené le caucus à montrer la porte à son chef mercredi.« L\u2019enquête a conclu que M.Baillie a enfreint la Politique de l \u2019Assemblée de la Nouvelle-Écosse sur la prévention et le règlement de harcèlement au travail », statuait le parti dans un communiqué.M.Baillie avait annoncé l\u2019automne dernier qu\u2019il céderait la chefferie du parti, à la suite des résultats décevants de sa formation à l\u2019élection provinciale au mois de mai.Son départ a été précipité mercredi.Ses collègues n\u2019ont pas dévoilé la nature des reproches qui lui ont été faits, mais M.Baillie s\u2019en serait pris à une employée du caucus du parti, selon la CBC.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 INCONDUITE FRED CHARTRAND PC Kent Hehr était ministre dans le cabinet Trudeau.VINCENT ELKAIM PC Patrick Brown dirigeait le Parti conservateur de l\u2019Ontario.DARREN CALABRESE PC Jamie Baillie dirigeait le Parti conservateur de la N.-Écosse."]
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