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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2018-01-29, Collections de BAnQ.

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[" V O L .C I X N o 1 7 L E D E V O I R , L E L U N D I 2 9 J A N V I E R 2 0 1 8 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S AUJOURD\u2019HUI Société \u203a Industrie polluante.La mode en?le le costume écoresponsable.Page A 5 Le Monde \u203a Présidentielles sans risque.Une chronique de François Brousseau.Page B 1 Avis légaux.B 2 Décès.B 6 Météo.B 4 Mots croisés.B 5 Petites annonces .B 6 Sudoku.B 5 ?w w w .l e d e v o i r .c o m Pour un urbanisme mieux adapté aux aînés Page B 5 Hydrocarbures Anticosti Une saga de 92 millions Page A 3 M A R I E L A B R E C Q U E S ur scène, l\u2019interprète d\u2019Hamlet, de Being at Home with Claude et du récent Caligula est en quelque sorte devenu le comédien de choix des grands défis, des compositions extrêmes.Mais Benoît McGinnis juge qu\u2019il n\u2019a jamais porté un personnage aussi exigeant, sur le plan physique, que le rôle-titre de L\u2019homme éléphant, qu\u2019il s\u2019apprête à incarner au théâtre du Rideau Vert, sous la direction de Jean Leclerc.Contrairement à la célèbre adaptation filmique qu\u2019en a tirée David Lynch, la pièce de l\u2019Américain Bernard Pomerance s\u2019en remet au seul jeu de l\u2019acteur plutôt qu\u2019à l\u2019art du maquilleur pour suggérer la difformité de son protagoniste, inspiré par Joseph Merrick.Un jeune homme de l\u2019ère victorienne gravement défiguré par une maladie, qui fut cruellement exploité comme phénomène de foire, avant de trouver asile à l\u2019hôpital de Londres.Dans cette pièce traitant « de discrimination, de jugement, de comment on accepte la dif férence », la THÉÂTRE Le défi éléphantesque de Benoît McGinnis Le comédien joue l\u2019évocation physique dans L\u2019homme éléphant ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Benoît McGinnis juge qu\u2019il n\u2019a jamais porté un personnage aussi exigeant.JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, en compagnie de la nouvelle vice-chef, Véronique Hivon M A R C O B É L A I R - C I R I N O à Saint-Hyacinthe À huit mois des élections générales, le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, envoie Véronique Hivon sous le feu des projecteurs.Il a demandé à l\u2019élue de Joliette d\u2019assumer le rôle de vice-chef du PQ ?qu\u2019il a taillé sur mesure pour elle au fil des derniers mois ?, tout en lui promettant le poste de vice-pre- mière ministre du Québec s\u2019il se voit confier les commandes de l\u2019État le 1er octobre prochain.« [Elle] sera au centre de toutes les décisions importantes.» M.Lisée en a fait l\u2019annonce dimanche après- midi aux quelques centaines de délégués qui étaient rassemblés à Saint-Hyacinthe afin de jeter les bases de la plate-forme électorale du PQ.La réaction a été immédiate : tonnerre d\u2019applaudissements, larmes de joie, cris d\u2019enthousiasme.«On est différents.On est pas mal différents.En fait, on est très différents\u2026 et on s\u2019engage à PAR TI QUÉBÉCOIS Lisée appelle Hivon en renfort C A T H E R I N E L A L O N D E S ous-représentation dans les lieux de diffusion, précarité financière, compétences non reconnues, les artistes en arts visuels autochtones et ceux issus de la diversité font face à de multiples embûches.Selon une étude commandée par le Conseil des arts de Montréal (CAM) consultée par Le Devoir, à peine 13% des artistes qui voient leurs œuvres exposées sont autochtones ou issus de la diversité.Or, la tranche de population dont ils font partie forme désormais le tiers des Montréalais.Qui plus est, le revenu annuel moyen des artistes issus de la diversité est de 28 % inférieur à celui des autres artistes en arts visuels.«L\u2019enquête montre aussi que le revenu des artistes autochtones a connu une croissance exceptionnelle en l\u2019espace de 5 ans, passant de - 17% en 2007 à +22% en 2012 par rapport au revenu des artistes canadiens», indique l\u2019analyse.Leur revenu médian a cependant chuté, contrairement à celui des artistes caucasiens, indiquant à quel point leurs carrières sont inégales.« C\u2019est vrai qu\u2019en art, il y a toujours eu beaucoup d\u2019appelés et peu d\u2019élus dans un milieu où tous jouent avec les mêmes règles.Or, le problème aujourd\u2019hui avec les artistes autochtones et de la diversité, c\u2019est que, précisément, ils ne jouent pas avec les mêmes règles.Ils partent de plus loin », explique Jean-Philippe Uzel, professeur au Département d\u2019histoire de l\u2019art de l\u2019UQAM.« Parfois, on a l\u2019impression qu\u2019ils n\u2019arrivent même pas à rentrer dans le jeu.Et c\u2019est ça, la problématique », poursuit-il.L\u2019étude Pratiques professionnelles en arts visuels issues de l\u2019autochtonie et de la diversité à Montréal, dirigée par M.Uzel, peint le portrait de la situation actuelle.« Au CAM, pour chacune des disciplines sur lesquelles on s\u2019interroge, on commence par faire une étude.Là, on Des artistes en arts visuels en mal d\u2019intégration Les artistes autochtones et ceux issus de la diversité sont confrontés à de multiples obstacles VOIR PAGE A 8 : THÉÂTRE VOIR PAGE A 8 : AR TISTES VOIR PAGE A 8 : HIVON L E D E V O I R , L E L U N D I 2 9 J A N V I E R 2 0 1 8 A C T U A L I T É S A 2 Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 A L E X A N D E R P A N E T T A D es décisions importantes quant à l\u2019avenir de l\u2019Accord de libre-échange nord- américain (ALENA) sont désormais entre les mains du gouvernement Trump.À la suite de discussions majeures concernant le secteur automobile, le mécanisme de règlement des différends et la clause d\u2019examen après cinq ans, les négociateurs américains ont demandé des lignes directrices politiques sur la marche à suivre à par tir de maintenant.Le cycle de négociations à Montréal, qui tire à sa fin, a comporté un nouveau dialogue en allers et retours sur le secteur automobile et d\u2019autres points importants d\u2019achoppement.Des sources au fait des négociations ont af firmé que les idées soumises à la table par le Canada avaient suscité de longues discussions.Ces sources ont indiqué que les négociateurs des États-Unis ont conclu ces discussions en déclarant qu\u2019ils devaient obtenir des lignes directrices politiques avant d\u2019aller plus loin.Un portrait plus clair pourrait être brossé lundi : les politiciens dirigeant les procédures pour le Canada, les États-Unis et le Mexique seront à Montréal pour conclure le cycle de négociations, et pour faire des déclarations publiques.« [Les Américains] s\u2019impliquent, ils écoutent\u2026 Ils prennent [ces idées] et disent : \u201cNous devons les étudier plus en détail et chercher des lignes directrices politiques\u201d», a indiqué un responsable bien au fait des discussions.«Ce n\u2019était pas : \u201cMerci pour vos propositions, nous partons\u201d.Disons seulement que nous avons discuté de la question [du secteur automobile] à deux reprises, pendant environ une heure et demie chaque fois.C\u2019est le type d\u2019échanges que nous avons, ce qui est positif selon moi.Cela n\u2019était pas arrivé encore», a-t-il ajouté.Nouvelle étape Le cycle de Montréal représente une nouvelle étape des négociations.La dernière semaine a plutôt été l\u2019illustration de pays tentant de trouver la voie vers des solutions aux problèmes épineux sans un effondrement des négociations.Pour ce qui est du secteur automobile, les Canadiens ont suggéré de nouvelles manières d\u2019évaluer la proportion de l\u2019origine américaine des composantes.Les nouvelles formules gonfleraient quelque peu les chif fres du côté des États-Unis en incluant des secteurs où le pays domine, tels que la propriété intellectuelle et la recherche.Sur le mécanisme de règlement des dif férends, les Canadiens et les Mexicains ont travaillé à une proposition pour créer un système de règlement entre les investisseurs et le gouvernement qui ne s\u2019appliquerait que dans leurs deux pays.Les États- Unis ont laissé entendre qu\u2019ils pourraient vouloir s\u2019exclure du système, arguant qu\u2019il offre des garanties pour les investisseurs transférant des activités au Mexique.Sur la clause de révision de l\u2019entente, les États-Unis avaient proposé une règle qui éliminerait l\u2019ALENA après cinq ans à moins que les trois pays soient d\u2019accord pour le reconduire.Le Mexique a répliqué il y a quelques mois en proposant une version adoucie, qui forcerait les pays à réexaminer régulièrement les impacts de l\u2019accord \u2014 mais sans une disposition d\u2019abandon automatique en cas de différends.Le Canada s\u2019est rallié à l\u2019approche mexicaine, et a proposé des manières de la mettre en vigueur.L\u2019une d\u2019entre elles serait d\u2019investir la principale institution de l\u2019ALENA, la Commission du libre-échange, de la tâche de produire des rapports fréquents sur les impacts de l\u2019accord.Sur ce point également, les négociateurs américains ont indiqué qu\u2019ils consulteraient leurs dirigeants politiques.Plusieurs personnes ont soutenu que ce cycle de négociations a suscité un nouvel optimisme.La Presse canadienne ALENA Des décisions importantes attendent Trump Le cycle de négociations de Montréal aurait apporté un nouveau dialogue JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE Le maire de Québec, Régis Labeaume, tient un enfant à un rassemblement organisé au Pavillon de la jeunesse pour souligner le premier anniversaire de l\u2019attentat de la grande mosquée de Québec.U ne troisième journée de commémorations s\u2019est amorcée, dimanche, pour souligner la mémoire des six Québécois de confession musulmane qui sont tombés sous les balles d\u2019un tireur dans la grande mosquée de Québec, il y a un an.Les événements s\u2019étaient davantage concentrés à Québec dans les derniers jours, mais dimanche après-midi, un rassemblement a eu lieu à Montréal pour commémorer le drame.La mairesse de la métropole, Valérie Plante, était présente avec d\u2019autres élus municipaux à l\u2019événement, lors duquel une minute de silence a été obser vée en mémoire des victimes.Dans son discours, elle a souligné la nécessité pour les élus de toute allégeance politique de travailler à rendre Montréal plus inclusive.En point de presse après son allocution, la mairesse a expliqué qu\u2019il était important pour toutes les communautés de pouvoir participer à la vie citoyenne en ayant un emploi, un toit et en se sentant libres dans leur ville.D\u2019autres rassemblements sont prévus à Montréal lundi \u2014 le jour exact de l\u2019anniversaire.De retour à Québec, un rassemblement spirituel était organisé dimanche soir avec des représentants des communautés musulmane, juive et des Premières Nations.L\u2019événement, qui avait lieu au Pavillon de la jeunesse d\u2019ExpoCité, était animé par Ève-Marie Lor tie et Khadija Saïd.Des proches des victimes étaient également présents pour la soirée, qui a été ponctuée par des prières inter- confessionnelles et des pièces musicales.Lundi, au dernier jour des commémorations, les gens de Québec seront invités à apporter des fleurs et des chandelles pour une vigile qui aura lieu à l\u2019extérieur, près de la mosquée.Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, a déjà annoncé qu\u2019il participerait cet événement.La Presse canadienne ANNIVERSAIRE DE L\u2019ATTENTAT DE QUÉBEC Un rassemblement sous le signe de l\u2019unité Deux rassemblements se sont tenus à Montréal dimanche afin de commémorer le drame.En début d\u2019après- midi, une centaine de citoyens se sont réunis à la place de la gare Jean-Talon, là même où des milliers de personnes s\u2019étaient donné rendez-vous l\u2019an dernier au lendemain de l\u2019attentat.Une minute de silence a été observée en mémoire des victimes.En fin d\u2019après-midi, un rassemblement de quartier s\u2019est tenu dans Notre-Dame-de- Grâce.L\u2019initiative citoyenne visait non seulement à commémorer le drame, mais aussi à dénoncer l\u2019islamopho- bie.Une dizaine de personnes y ont pris la parole, après quoi une marche à la chandelle a dirigé les participants d\u2019une église à une mosquée du quartier.«La symbolique du lieu de culte est importante.Que ce soit une église ou une mosquée, ce sont des lieux où les gens devraient se sentir en sécurité», a souligné au Devoir une des organisatrices de ce rassemblement, Amel Zaazaa.D\u2019autres commémorations sont prévues lundi dans la métropole, dont une à l\u2019hôtel de ville.avec La Presse canadienne Marie-Lise Rousseau Solidarité à Montréal S A R A H R .C H A M P A G N E L e ministère de l\u2019Emploi et du Développement social du Canada (EDSC) vient de publier de nouvelles normes en matière de logement pour les migrants agricoles, afin de les uniformiser dans tout le pays.Jusqu\u2019à maintenant, les employeurs de cer taines provinces n\u2019étaient pas tenus d\u2019indiquer le nombre maximal de personnes pouvant habiter un logement.Les nouvelles normes devraient corriger ces « incohérences», écrit EDSC au Devoir.La grande majorité des étrangers admis temporairement sur le territoire canadien dorment sur les lieux de l \u2019exploitation agricole pour laquelle ils travaillent, dans un logement fourni par l\u2019employeur, confirme une étude publiée en 2017 par Martin Gallié.Ce professeur de droit à l\u2019UQAM y rapporte aussi les principaux problèmes identifiés par les travailleurs eux- mêmes : vermine, surpopulation, isolement géographique, contrôle de la température, eau non potable, accès aux salles de bains.La surpopulation est en effet mentionnée par nombre de répondants de l\u2019étude de Gallié, répondants qui proviennent de 35 fermes dif fé- rentes.L\u2019un des travailleurs explique vivre dans un dortoir de 26 lits et un autre de 46.« D\u2019autres racontent qu\u2019ils sont logés à quatre travailleurs dans des chambres de moins de 20 mètres carrés, avec toutes leurs affaires pour les cinq ou six mois de la saison», cite le professeur Gallié.Les nouvelles normes ne dictent pas de nombre maximal clair \u2014 et pancanadien \u2014 d\u2019occupants par logement.Le rappor t d\u2019 inspection que chaque employeur présente obligatoirement à EDSC avant d\u2019embaucher de la main-d\u2019œuvre étrangère instaure cer taines limites : une douche pour 10 travailleurs, une toilette pour 10 travailleurs, un lavabo pour sept travailleurs, un réfrigérateur pour six travailleurs, etc.Le ministère y précise aussi que «chaque travailleur étranger doit avoir son propre lit ».Le rapport d\u2019inspection devra aussi avoir été rédigé dans les huit mois avant l\u2019embauche.Les inspections des logements avant l\u2019arrivée des travailleurs relèvent de la province.Elles sont largement effectuées par des compagnies privées, mandatées notamment au Québec par la Fondation des entreprises en recrutement de main-d\u2019œuvre agricole étrangère (FERME).Insuffisant «C\u2019est très peu et très tard.Mais c\u2019est quand même un début pour que le gouvernement du Canada prenne ses responsabilités », af firme Marie- Jeanne Vandoorne, coordonnatrice du centre d\u2019appui de l\u2019Alliance des travailleurs agricoles (ATA) à Saint-Rémi.« Reste à voir comment ils vont s\u2019y prendre», ajoute-t-elle, disant ne pas avoir eu connaissance d\u2019un déploiement d\u2019inspecteurs sur le terrain.Même son de cloche du côté du syndicat des Travailleurs unis de l\u2019alimentation et du commerce (TUAC, section 501), où certains migrants agricoles se sont syndiqués.L\u2019équipe d\u2019inspecteurs du ministère n\u2019est en effet pour l\u2019instant pas gonflée.EDSC dispose d\u2019une telle équipe depuis 2014, et elle compte au- jourd\u2019hui «environ» 90 inspecteurs pour tout le pays.Ce sont 2700 inspections qui ont été effectuées du 1er avril au 31 décembre 2017.Au Québec seulement, au moins 900 fermes embauchent ce type de main-d\u2019œuvre.Le rôle d\u2019EDSC sur vient après l\u2019arrivée des travailleurs.Le ministère sélectionne des entreprises de manière aléatoire, « s\u2019il y a des raisons de soupçonner une non-conformité » ou s\u2019il y a eu une non- conformité dans le passé, nous indique-t-on.La Commission des normes, de l\u2019équité, de la santé et de la sécurité au travail (CNESST) peut aussi procéder à ce genre d\u2019inspections, mais ne compile aucune statistique à cet égard.La maîtrise de l\u2019espagnol n\u2019est pas un critère d\u2019embauche pour les inspecteurs de l\u2019EDSC.Le Devoir AGRICULTURE De nouvelles normes de logement pour les ouvriers migrants Les groupes de soutien s\u2019interrogent sur l\u2019application réelle de ces règles chez les producteurs agricoles GUILLAUME LEVASSEUR LE DEVOIR Au Québec seulement, au moins 900 fermes embauchent chaque été de la main-d\u2019œuvre migrante.[Les Américains] disent : \u201cNous devons étudier [ces idées] plus en détail et chercher des lignes directrices politiques\u201d Une source au fait des négociations « » L E D E V O I R , L E L U N D I 2 9 J A N V I E R 2 0 1 8 ACTUALITES A 3 N ous sommes en 1883, à Terre-Neuve, dans la jolie baie de Heart\u2019s Content.Le câble transatlantique émerge là et, avec lui, les nouvelles destinées à l\u2019Amérique tout entière.C\u2019est Frederick Gisborne, un ancien employé de la Montreal Telegraph, formé par un élève de l\u2019inventeur Samuel Morse, qui a contribué à développer ce centre incontournable de la communication mondialisée.Grâce à ce précieux relais de Terre-Neuve, l\u2019Amérique apprend vite le pire drame du siècle: une explosion, des lames de feu puis une secousse dont l\u2019onde de choc fait plusieurs fois le tour de la Terre, suivi d\u2019un tsunami répercuté en rafales destructrices dont les vagues touchent l\u2019Europe.Les scientifiques estiment aujourd\u2019hui que la violence de l\u2019explosion initiale, le 27 août 1883, a été dix mille fois supérieure à celle de la bombe atomique lâchée sur Hiroshima en 1945.L\u2019éruption du volcan Krakatoa, en cette fin d\u2019août 1883, fait des dizaines de milliers de morts.En Indonésie, les côtes sont dévastées.Des cadavres flottent à la dérive sur l\u2019océan pendant des mois.Sous la puissance d\u2019une telle déflagration, l\u2019atmosphère s\u2019est gorgée de particules qui réverbèrent les séquelles de la catastrophe.Pendant des années, partout autour du globe, les ciels apparaissent plus rouges que jamais et témoignent ainsi de la mort qu\u2019a semée le volcan gris.Le cri d\u2019Edvard Munch, un des tableaux les plus emblématiques de la modernité picturale, est largement tributaire de cette catastrophe.Ce cri du malheur, lancé depuis les profondeurs du gouffre noir de cette bouche ouverte, doit beaucoup aux effets de ce drame, comme l\u2019ont montré les historiens de l\u2019art.Munch a d\u2019ailleurs parlé des conditions de réalisation de son tableau, du caractère étrange du ciel dont il rend compte en arrière-plan.Il écrit : «J\u2019ai peint ce tableau \u2014 peint les nuages comme du véritable sang.Les couleurs hurlaient.» Ailleurs, le peintre dit encore ceci : «Je sentis que la nature était traversée par un long cri infini.» Je ne sais plus quel caricaturiste québécois a eu un jour l\u2019idée de reprendre le personnage hurlant et apeuré de Munch en substituant à ce ciel tragique l\u2019image crépusculaire de la carte d\u2019assurance maladie, symbole depuis 1976 du système de santé québécois.C\u2019était, je crois, le grand Serge Chapleau.Cet horizon enflammé, connu sous le nom de «carte soleil», invite à croire à un avenir radieux.Mais il peut aussi évoquer, quand on y pense, tel que l\u2019évoquait au fond le caricaturiste, une suite d\u2019angoisses accumulées face à un système dont il est issu.Car, pour toute réponse à la détresse collective en matière de santé, il s\u2019est toujours trouvé, dans l\u2019histoire de ce demi-pays, des gens assez grossiers pour plaider, à la manière grotesque déjà employée par Maurice Du- plessis, que la seule assurance valable contre la maladie restait la santé et l\u2019argent privé.En 1970, l\u2019implantation du régime d\u2019assurance maladie du Québec fut accueillie à raison comme une promesse de libération de ces perspectives outrageantes pour le bien commun.Nous partions de loin.Entre 1897 et 1911, le taux de mortalité infantile à Montréal est semblable à celui de Calcutta, en Inde, à la même époque, les deux cités appartenant à l\u2019Empire colonial britannique.Encore dans les années 1920, le taux de mortalité infantile chez les franco-catholiques montréalais est de l\u2019ordre du double de ce qu\u2019on observe à Toronto.Les héritiers de ces quartiers peuplés par la misère ne sont jamais devenus tout à fait étrangers à cette condition d\u2019antan.Ainsi, la population d\u2019Hochelaga-Maisonneuve meurt encore en moyenne près de dix ans plus jeune que celle de Westmount, comme l\u2019a montré une étude universitaire.Dans d\u2019innombrables pointes, au gré de lettres adressées aux journaux, Jacques Ferron a témoigné de la goujaterie de ses collègues médecins face à cette pauvreté.Ferron rappelait au passage les murs auxquels se sont heurtés ceux qui, à la manière du Dr Norman Bethune, se souciaient moins de voir leur salaire augmenter en flèche que d\u2019obtenir les moyens d\u2019exercer, au mieux et pour tous, le rôle social imparti à leur profession.Or, ce modèle qu\u2019ils combattaient, modèle où le statut de médecin s\u2019apparente à celui d\u2019un calife tout puissant qui s\u2019enrichit gaiement, se trouve à nouveau en pleine expansion, placé au milieu d\u2019une structure de plus en plus technocratisée où le malade voit son humanité réduite à un statut de client.Nous voici revenus à l\u2019ère des primes de toutes sortes, primes à la jaquette, primes à la ponctualité.La population, elle, déprime.René Lévesque, à la charnière des années 1960-1970, ne cesse de pester contre la direction prise par un système qui s\u2019éloigne de ses fins humanistes.Il écrit : «Dans nos orgies budgétaires aux fruits si décevants [\u2026], il n\u2019est sans doute rien de plus stupidement onéreux que le fouillis hospitalier.» Dire de la nouvelle carte d\u2019identité qu\u2019annonce notre système de santé qu\u2019elle est terne et sans âme constitue presque un euphémisme.Cette carte beige à l\u2019allure insignifiante piétine une image forte d\u2019espoir.Elle rend compte, ce faisant, de la montée d\u2019un système technocratique qui ne cesse, dans un épuisant mouvement de va-et- vient, de perdre de vue l\u2019horizon humain.Comme si au fond nous étions bêtement convaincus de trouver la lumière en tournant le dos au soleil.Tourner le dos JEAN-FRANÇOIS NADEAU Nous voici revenus à l\u2019ère des primes de toutes sortes.La population, elle, déprime.A L E X A N D R E S H I E L D S L\u2019 aventure Hydrocarbures Anticosti a finalement coûté au moins 92 millions de dollars au gouvernement du Québec, indiquent les données compilées par Le Devoir.C\u2019est plus du double de ce qui était prévu pour la première phase du projet, qui n\u2019a jamais été complétée.Québec a aussi accepté de prendre en charge tous les futurs coûts de restauration des puits forés sur l\u2019île par les pétrolières.Après avoir annoncé la fin de tous les projets d\u2019exploration pétrolière et gazière sur l\u2019île d\u2019Anti- costi, le gouvernement Couillard a négocié l\u2019été dernier des compensations à verser aux entreprises partenaires du projet Hydrocarbures Anti- costi.Pétrolia a ainsi reçu 20,5 millions, tandis que Corridor Resources recevait 19,5 millions et Maurel & Prom, 16,2 millions.Qui plus est, le gouvernement a choisi de dédommager les deux autres entreprises qui possédaient des permis sur l\u2019île, mais qui ne faisaient pas partie du projet d\u2019exploration financé majoritairement par Québec.Junex a donc reçu 5,5 millions pour renoncer aux cinq permis qu\u2019elle détenait depuis 2007.Un dernier joueur, TransAmeri- can Energy, a reçu 305 694$ pour céder son seul permis détenu sur Anticosti, et ce, depuis 2009.Les compensations totales versées aux cinq entreprises ont donc atteint quelque 62 millions.Et combien le gouvernement a-t-il investi dans les travaux d\u2019exploration sur Anticosti ?Investissement Québec a d\u2019abord refusé de préciser le montant, avant de finalement inviter Le Devoir à contacter le ministère de l\u2019Économie, de la Science et de l\u2019Innovation.Le ministère a indiqué que le montant total investi par Ressources Québec dans le projet Hydrocarbures Anticosti était de 29,9 millions, mais aussi que ce dernier «provient entièrement du fonds Capital Mines Hydrocarbures».Au total, le montant dépensé pour le projet Hydrocarbures Anticosti, lancé par le gouvernement péquiste en 2014, s\u2019élève donc à au moins 92 millions.Puits forés Ce montant ne tient toutefois pas compte des fonds publics déboursés pour la réalisation de l\u2019évaluation environnementale stratégique sur l\u2019île d\u2019Anticosti, entre 2014 et 2016.Cette évaluation a permis de révéler que le sous-sol de l\u2019île renfermerait surtout du gaz de schiste, mais aussi que les infrastructures nécessaires pour l\u2019exploiter auraient coûté plusieurs milliards.En plus des compensations versées à cinq pétrolières, Le Devoir a constaté que le gouvernement Couillard a accepté de prendre en charge tous les futurs coûts liés à la «restauration» et à la « fermeture » des puits forés par Corridor Resources et Pétrolia, et ce, avant le projet Hydrocarbures Anticosti.À cela s\u2019ajoutent les forages réalisés dans le cadre du projet lui-même.Quoi qu\u2019il en soit, le montant estimé de 92 millions dépensé pour le projet avorté d\u2019exploration sur l\u2019île est déjà au moins deux fois et demie plus élevé que ce qui était prévu comme investissement de la part du gouvernement du Québec dans le cadre de la première phase du projet.Selon le scénario de financement d\u2019Hydrocarbures Anticosti, le gouvernement devait y investir un maximum de 34 millions, incluant un financement pour trois forages avec fracturation.Or, ceux-ci n\u2019ont jamais été réalisés.C\u2019est seulement à la suite de ces forages qu\u2019une décision devait être prise sur la poursuite des travaux, ce qui aurait pu porter les investissements totaux du gouvernement à 56,7 millions pour l\u2019ensemble du projet.Relance de l\u2019île Le montant dépensé dans l\u2019aventure Hydrocarbures Anticosti représente aussi trois fois la somme jugée nécessaire par la municipalité de L\u2019Île-d\u2019Anticosti pour mettre en œuvre son «plan de développement stratégique».En incluant le projet de traversier qui permettrait d\u2019améliorer substantiellement l\u2019accès à la plus grande île du Québec, le maire John Pineault évalue en effet les besoins à environ 30 millions.En entrevue, il précise toutefois que des discussions sont déjà en cours avec le gouvernement du Québec et que des rencontres sont prévues au cours des prochains jours.Aucun engagement financier n\u2019a jusqu\u2019ici été annoncé de la part de Québec, qui a promis de protéger toute l\u2019île d\u2019ici 2020, en plus de soutenir la candidature d\u2019Anti- costi à l\u2019UNESCO.Pour mener à bien le dossier UNESCO, la municipalité a d\u2019ailleurs lancé récemment une campagne de sociofinancement dans le but de récolter les 200 000$ nécessaires pour produire le dossier de candidature.Le maire Pineault espère être en mesure d\u2019engager un chargé de projet pour mener à bien les démarches en vue d\u2019une inscription sur la liste du patrimoine mondial.Le Devoir EXPLORATION PÉTROLIÈRE ET GAZIÈRE La saga Anticosti a coûté 92 millions Outre cette facture, Québec absorbera aussi les coûts de restauration des puits M É L A N I E M A R Q U I S à Ottawa E n l\u2019absence de son ministre démissionnaire visé par des allégations d\u2019inconduite sexuelle, Justin Trudeau a réaffirmé devant ses députés réunis en caucus au parlement son appui indéfectible aux mouvements dénonçant le harcèlement et les agressions sexuels.Il a consacré une partie du discours qu\u2019il a livré dimanche matin à cette question, sans toutefois faire référence directement au cas du député Kent Hehr, qui a remis sa démission comme ministre des Sports et des Personnes handicapées jeudi dernier.Le premier ministre a été ovationné par les membres de son caucus lorsqu\u2019il a af firmé que les phénomènes #MoiAussi et #TimesUp étaient plus que de simples mots-clics et qu\u2019il fallait saluer le courage des femmes qui font des dénonciations.« Ce ne sont pas des campagnes discrètes pour le changement social.Il s\u2019agit d\u2019un mouvement, et d\u2019un mouvement dont l\u2019heure est venue », a-t-il lancé, reprenant des propos formulés en début de semaine dans son discours au Forum économique mondial de Davos.«Le harcèlement sexuel est un problème systémique, et il est inacceptable.Lorsque les femmes prennent la parole, nous avons la responsabilité de les écouter et de les croire », a enchaîné Justin Trudeau devant les élus et les représentants des médias.Quelques députés libéraux croisés avant le début de la rencontre présessionnelle ont affirmé qu\u2019ils n\u2019éprouvaient pas de malaise à continuer à siéger aux côtés de Kent Hehr, qui a conservé sa place au sein du caucus national.« Je me sens à l\u2019aise », a assuré en mêlée de presse la ministre des Institutions démocratiques, Karina Gould, plaidant qu\u2019il est « important d\u2019avoir la possibilité de mener une investigation puisqu\u2019on pourra entendre les deux côtés».«Ça ne me dérange pas», a par la suite laissé tomber sa collègue à l\u2019Environnement, Catherine McKenna.Le ministre des Transports, Marc Garneau, a exprimé la même chose : « Je suis à l\u2019aise », a-t-il soutenu en marge de la rencontre du caucus.En revanche, d\u2019autres ministres, dont Marie- Claude Bibeau et Kirsty Duncan, ont refusé de partager leur sentiment face au maintien du député au sein du caucus \u2014 Mme Duncan, qui a hérité des responsabilités ministérielles de M.Hehr, a ignoré quatre fois la question.Leur collègue au Patrimoine canadien, Mélanie Joly, n\u2019a pas non plus voulu dire si la présence de Kent Hehr au caucus était de nature à l\u2019indisposer.« Il y a un processus d\u2019enquête qui est en cours présentement », a-t-elle insisté en mêlée de presse.Même timidité à commenter ce « cas spécifique » chez la ministre de l\u2019Emploi, Patty Hajdu.Elle a préféré mettre l\u2019accent sur les progrès qui permettront selon elle de réaliser un projet de loi contre le harcèlement et la violence sexuels dont elle est dépositaire, le C-65.Dans les rangs libéraux, on n\u2019a pas voulu expliquer pour quelle raison Kent Hehr était toujours membre du caucus libéral alors qu\u2019un autre député de l\u2019Alberta, Darshan Kang, en a été écarté en août dernier, après avoir fait l\u2019objet d\u2019allégations de harcèlement sexuel.Une dénonciatrice menacée Au moins deux plaintes \u2014 celle d\u2019une ancienne employée politique de la législature al- bertaine et, plus récemment, celle d\u2019une employée d\u2019un député libéral qui a confié à CBC avoir subi des « attouchements » de Kent Hehr en 2016, dans une fête de caucus \u2014 sont à l\u2019étude.La première femme qui a déballé son sac, Kristin Raworth, a affirmé avoir reçu des menaces depuis qu\u2019elle a accusé publiquement celui qu\u2019elle côtoyait à titre d\u2019employée de l\u2019Assemblée législative de l\u2019Alberta d\u2019avoir formulé des remarques sexuelles inappropriées à son endroit.À Ottawa, le gouvernement a embauché l\u2019avocate Christine Thomlison pour mener une enquête indépendante.La Presse canadienne Trudeau exprime tout son appui à #MoiAussi Plusieurs ministres libéraux se disent toujours à l\u2019aise de siéger aux côtés de Kent Hehr Investitures libérales : retour aux règles d\u2019antan Ottawa \u2014 Les députés libéraux sortants n\u2019auront pas à se battre pour représenter leur parti aux prochaines élections de 2019, pourvu qu\u2019ils aient amassé assez d\u2019argent et qu\u2019ils aient maintenu des liens avec les électeurs.Ces nouvelles règles semblent représenter une volte-face pour le premier ministre Justin Trudeau.En 2013, le chef du Parti libéral du Canada avait mis fin aux pratiques visant à protéger les députés sortants des courses à l\u2019investiture.M.Trudeau plaidait que ces nouvelles règles allaient aider son parti à être plus près de sa base.JUSTIN TANG LA PRESSE CANADIENNE Tout juste rentré du sommet économique de Davos, Justin Trudeau s\u2019est adressé à son caucus national dimanche à Ottawa. L E D E V O I R , L E L U N D I 2 9 J A N V I E R 2 0 1 8 A C T U A L I T É S A 4 Profs du Québec, abonnez gratuitement vos étudiants de 4e et 5e secondaire et de niveau collégial au Devoir numérique pour une durée de 15 semaines*.Le Devoir Le Devoir numérique en classe Mobile Tablette Ordinateur Inscrivez-vous dès maintenant au ledevoir.com/classe * Les inscriptions se terminent le 15 février 2018.C A M I L L E B A S - W O H L E R T S tockholm \u2014 Le meuble « en kit » tendance et pas cher, c\u2019est lui : fils de paysans devenu multimilliardaire, Ingvar Kamprad, le fondateur d\u2019IKEA, est mort à 91 ans, laissant à ses héritiers un empire à la structure beaucoup plus complexe qu\u2019une étagère Billy.«Entrepreneur unique », selon le premier ministre suédois, Stefan Löfvén, Kamprad, fils de paysans du Småland, une province pauvre et pieuse du sud de la Suède, est mort samedi « après une courte maladie », a annoncé IKEA dimanche dans un communiqué.Il était devenu l\u2019un des hommes les plus riches du monde en proposant des meubles originaux prêts à monter et pas chers.En 2017, sa fortune était estimée à 57 milliards de dollars canadiens, le plaçant au troisième rang des milliardaires européens, selon le magazine économique suisse Bilan.Entrepreneur novateur, Ingvar Kamprad est aussi pionnier de l\u2019optimisation fiscale.En 1973, il quitte la Suède pour le Danemark, puis s\u2019installe en Suisse en 1977 où il vivra jusqu\u2019en 2014 avant de revenir finir ses jours dans sa région natale.L\u2019organisation nébuleuse de son entreprise intrigue.Les fonctions exécutives, la stratégie, la conception des produits sont en Suède, mais d\u2019un point de vue juridique et comptable, IKEA se répar tit entre fondations et sociétés aux Pays-Bas, au Luxembourg, en Suisse et au Liechtenstein.La commission européenne a ouvert en décembre 2017 une enquête contre IKEA.Bruxelles entend procéder à un examen minutieux du traitement fiscal que les Pays-Bas appliquent au groupe, lequel affirme se conformer aux règles européennes.L\u2019entrepreneur n\u2019en était pas à son premier scandale.En 1994, un journal révèle les liens du jeune Kamprad avec un groupuscule nazi suédois pendant et après la Seconde Guerre mondiale.Il admet dans une lettre à ses collaborateurs « la plus grande erreur de sa vie», qu\u2019il met sur le dos des accointances national-socialistes de sa famille paternelle, d\u2019origine allemande.Empire mondial L\u2019histoire d\u2019IKEA \u2014 acronyme qui signifie Ingvar Kamprad, Elmtaryd et Agunnaryd, son adresse natale \u2014 commence en 1943.Peu intéressé par les études, le jeune Ingvar préfère se lancer dans le commerce à 17 ans.Dans une région où un sou est un sou, il se démène pour vendre moins cher que la concurrence.Des allumettes notamment, qu\u2019il livre à vélo, puis des stylos, cadres, articles de décoration, machines à écrire\u2026 En 1947, il offre ses premiers meubles, fabriqués par des artisans locaux et, quatre ans plus tard, diffuse son premier catalogue, aujourd\u2019hui imprimé à 200 millions d\u2019exemplaires.En 1956, un employé a l\u2019idée de démonter les pieds d\u2019une table pour la faire entrer dans un coffre de voiture.Le concept du meuble «en kit», plus facile et moins cher à stocker et à transporter, il va le travailler jusqu\u2019à en faire un art.Le groupe IKEA compte aujourd\u2019hui 403 magasins sur tous les continents, emploie 190 000 personnes dans le monde et génère un chiffre d\u2019af faires annuel de 38 milliards d\u2019euros (58 milliards de dollars canadiens).Mais l\u2019homme vivait chichement, s\u2019habillait dans les friperies et fuyait les médias qui se moquaient de sa Volvo hors d\u2019âge et des points sur sa carte de fidélité au supermarché.Agence France-Presse DÉCÈS Le fondateur d\u2019IKEA laisse une entreprise complexe Québec solidaire dévoile une nouvelle identité visuelle Québec solidaire a dévoilé dimanche une nouvelle identité visuelle, disant vouloir refléter le « rassemblement des souverainistes progressistes », réalisé en décembre par la fusion avec Option nationale.Le nouveau logo en vue des élections générales de l\u2019automne marie l\u2019orange de Québec solidaire avec « un bleu inspiré du fleurdelisé [\u2026] communiquant l\u2019engagement souverai- niste » du parti, a-t-on indiqué.Le logo montre un personnage orange formé de deux croissants de lune semblant tenir au bout de ses bras deux croissants de lune bleus.La Presse canadienne L e registre québécois des armes d\u2019épaule entrera en vigueur lundi, le jour du premier anniversaire de l\u2019attentat à la mosquée de Québec.Le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, a déclaré aux journalistes, dimanche, que les propriétaires d\u2019armes à feu auront un an pour immatriculer leurs fusils ou leurs carabines, dans une procédure «simple, rapide et sans frais» qui peut se faire en ligne.Ils devront fournir une description de l\u2019arme et présenter une preuve d\u2019identité.Aucun burinage ne sera requis.Quant aux nouvelles acquisitions d\u2019armes à feu, elles devront faire l\u2019objet d\u2019une demande d\u2019immatriculation dès leur prise de possession.M.Coiteux a déclaré que le registre constituera un outil important pour prévenir et résoudre des crimes en permettant notamment aux autorités de retracer la « chaîne de possession» d\u2019une arme.Il a également indiqué que l\u2019immatriculation des armes pourra être une source d\u2019information critique dans les cas de violence conjugale et permettra de sécuriser le travail des policiers lors d\u2019interventions.Anniversaire de l\u2019attentat Le ministre Coiteux a précisé que la date du 29 janvier pour l\u2019entrée en vigueur du registre n\u2019a pas été choisie pour coïncider avec l\u2019anniversaire de l\u2019attentat à la mosquée de Québec et qu\u2019il souhaite traiter les deux événe- ments séparément.« Il n\u2019y a pas de lien entre les deux.J\u2019ai toujours dit que l\u2019entrée en vigueur du fichier d\u2019immatriculation serait en janvier 2018 [\u2026] et c\u2019est ce qui nous amène à le faire lundi, le 29 janvier », a-t-il indiqué.M.Coiteux a précisé avoir devancé la conférence de presse d\u2019une journée pour laisser «tout l\u2019espace nécessaire», lundi, aux cérémonies de commémoration de l\u2019attentat de Québec.Registre contesté Le gouvernement québécois avait entamé des démarches pour rendre l\u2019immatriculation des armes à feu obligatoire dans la province après que le gouvernement conservateur eut aboli le registre canadien des armes à feu en 2012.Un juge a confirmé la constitutionnalité du registre en octobre dernier.L\u2019Association canadienne pour les armes à feu, de concer t avec un groupe de pression québécois, avait argué en cour que le gouvernement du Québec empiétait sur une juridiction fédérale lorsqu\u2019il avait adopté en juin 2016 la Loi sur l\u2019immatriculation des armes à feu.Des opposants au registre ont également fait valoir que cet outil serait coûteux et inefficace pour prévenir des crimes.En point de presse, Martin Coiteux a plutôt insisté pour affirmer que les informations contenues dans le registre seront utiles.Il s\u2019est dit persuadé que cette nouvelle source d\u2019information permettra de réaliser des avancées dans la prévention des crimes.« En aucun cas la loi ne remet en question des activités légitimes comme la chasse ou le tir », a-t-il précisé.M.Coiteux a annoncé que le registre devrait coûter environ 20 millions de dollars et que, pour l\u2019instant, ce budget est respecté.Il y aurait près de 1,7 million d\u2019armes à feu sans restriction sur le territoire québécois.La Presse canadienne JUSTICE Le registre québécois des armes d\u2019épaule désormais en vigueur J E A N - L O U I S S A N T I N I à Washington U n rendez-vous céleste rare marquera le 31 janvier, lorsqu\u2019une éclipse lunaire totale se produira au moment d\u2019une pleine lune « bleue », alors même que notre satellite naturel sera presque au plus près de la Terre, produisant ce que les astronomes appellent la «super lune bleue de sang».Si les conditions météorologiques sont favorables, le ciel offrira mercredi un spectacle saisissant.«Nous pourrons voir, pendant l\u2019éclipse, les reflets sur la surface lunaire de tous les levers et couchers de soleil sur la Terre», explique Sarah Noble, une scientifique de la NASA.Ce phénomène résulte d\u2019un « alignement rare de ces trois cycles astronomiques », souligne Jason Aufdenberg, professeur adjoint d\u2019astronomie à l\u2019Université d\u2019aéronautique d\u2019Embry-Riddle, en Floride.L\u2019expression « lune bleue » désigne une deuxième pleine lune en un mois, un phénomène qui survient en moyenne tous les deux ans et demi.L\u2019éclipse interviendra aussi seulement 27 heures après que la Lune aura atteint son point orbital le plus proche de notre planète, appelé le périgée, produisant presque une «super lune», expliquent les astronomes.« Nous avons beaucoup de super lunes et d\u2019éclipses lunaires, mais ces deux phénomènes ne coïncident pas souvent avec une lune bleue », précise Jason Aufdenberg.Le dernier rendez-vous céleste similaire s\u2019était produit le 30 décembre 1982 et avait été visible en Europe, en Afrique et dans l\u2019ouest de l\u2019Asie.Pour l\u2019Amérique du Nord, il faut remonter à 152 ans, au 31 mars 1866, et avant cela au 31 mai 1341, selon les annales.Une telle éclipse \u2014 quand la Lune passe dans le cône d\u2019ombre produit par la Terre \u2014 est également appelée « lune de sang», car l\u2019astre ne devient pas complètement noir, une partie de la lumière du soleil, reflétée par l\u2019atmosphère terrestre, atteignant indirectement la surface lunaire.Sur la côte est des États- Unis, la Lune commencera à entrer dans l\u2019ombre de la Terre mercredi à 5h51 du matin, indique la NASA sur son site.Agence France-Presse ASTRONOMIE Une première « super lune bleue de sang » depuis 1866 CLAUDIO BRESCIANI AGENCE FRANCE-PRESSE Ingvar Kamprad, le fondateur d\u2019IKEA, est mort dimanche à 91 ans après une courte maladie. L U C I E P E D R O L A S oldes, Black Friday, fêtes de fin d\u2019année et ventes privées\u2026 toutes les occasions sont bonnes pour acheter de nouveaux vêtements.Si bien que 30 % de notre garde-robe n\u2019est presque jamais por tée, d\u2019après une étude de l\u2019agence de conseil britannique Wrap.L\u2019appétit pour la fast-fashion est tel que chez les mastodontes Zara et H&M, c\u2019est désormais toutes les deux semaines qu\u2019on renouvelle les collections.Dans un rapport, Greenpeace comptabilise 100 milliards de vêtements produits chaque année dans le monde.En 2013, environ 53,4 millions de tonnes de polyester ont été produites, soit une augmentation de 294% par rapport à 2000.Principale utilisatrice de ce matériau dérivé du pétrole, l\u2019industrie textile est, de fait, devenue l\u2019une des plus polluantes de la planète.Il se dit même qu\u2019elle arriverait au deuxième rang, derrière celle du pétrole, sans que cela puisse réellement se vérifier.Ce consumérisme ef fréné pose des questions éthiques et environnementales.Citons pêle-mêle des besoins en eau énormes (de 7000 à 11 000 litres pour fabriquer un t-shirt en coton), une utilisation de produits chimiques polluants qui finissent dans la nature et dans les vêtements, un recyclage complexe\u2026 La mode pollue, mais elle tue également.La catastrophe du Rana Plaza, qui a vu périr 1127 travailleurs dans l\u2019effondrement de leur usine en avril 2014 au Bangladesh, a mis en lumière des conditions de travail inhumaines.Dans la région, les salaires sont parmi les plus bas du monde, les droits sociaux inexistants.Cette catastrophe n\u2019a pour tant pas bouleversé les pratiques.« Il n\u2019y a pas de remise en question du modèle d\u2019af faires actuel dans l\u2019industrie textile, à ce jour », constate Géraldine Viret, responsable de communication pour l\u2019ONG Public Eye.Une nouvelle vague dynamique Malgré la passivité d\u2019une par tie du marché, la dynamique écoresponsable existe bien.Cer taines marques se veulent exemplaires, comme Veja, qui fête son quatorzième anniversaire.« On a dé- construit la basket, pour la fabriquer complètement dif fé- remment, en \u201csourçant\u201d toutes les pièces au Brésil, explique Caroline Bulliot, directrice d\u2019atel ier?de la marque.On utilise du coton bio, du caoutchouc sauvage d\u2019Amazonie\u2026 On donne une valeur marchande à la forêt sur pied.» Même si le siège est en France, les équipes suivent de près ce qui se passe au Brésil.« Pour le caoutchouc, on travaille avec une militante écologiste rencontrée il y a près de dix ans par les fondateurs de la marque.C\u2019est elle qui nous a permis de créer quelque chose de très fiable et stable.» Leur basket coûte sept fois plus cher à produire qu\u2019une basket classique.Pour tant, elle coûte le même prix que des Nike.La marque explique rééquilibrer la balance en économisant du côté du marketing et de la publicité.Veja fait partie des marques les plus connues, mais elle est loin d\u2019être isolée.Ses fondateurs ont ouvert en décembre leur deuxième magasin parisien, Centre Commercial, qui rassemble des marques sélectionnées pour leur exigence sur la qualité et dans la production.« Le marché est très dynamique », assure Pauline Treis, coordinatrice en Suisse de l\u2019association Fashion Revolution.Elle donne l\u2019exemple du Green Showroom, une foire consacrée à la mode durable organisée à Berlin du 16 au 18 janvier : « Il y a quatre ans, il y avait peut-être 30 marques, maintenant il y en a 250 », explique la jeune femme, qui a elle-même fondé sa marque de vêtements intemporels, Jungle Folk.En avril, elle animera la Fashion Revolution Week à Zurich, moment anniversaire de la catastrophe du Rana Plaza, choisi par le collectif Fashion Revolution pour sensibiliser les entreprises et les consommateurs.Des vêtements qui durent Autre exemple, chez Loom, où on produit des vêtements qui durent, au «prix juste», avec un minimum d\u2019intermédiaires.«À ressource équivalente avec la mode conventionnelle, on cherche à faire en sorte que le vêtement dure le plus longtemps possible», explique son cofondateur Guillaume Declair.Choix d\u2019un fil plus long et plus résistant, nombre de points par centimètre revu à la hausse pour solidifier les coutures, prélavage du tissu pour anticiper un rétrécissement\u2026 La marque produit « moins, mais mieux», ne proposant que des basiques sans renouveler les collections et révélant en toute transparence son modèle de production sur son site.«On est d\u2019abord innovants sur la pédagogie.On cherche à avoir un impact fort sur la façon globale de consommer au- delà de Loom.» On peut donc trouver sur le site Web des infographies comme « L\u2019histoire d\u2019un t-shirt» ou «Le problème avec les soldes » qui veulent éduquer les consommateurs.Sobriété heureuse Sont-ils réellement nombreux à vouloir une mode plus propre ?« Le marché existe, mais manque de visibilité », estime Fanny Dumas, cofonda- trice de Fair\u2019Act, association née en novembre 2016 pour rassembler l\u2019information sur la mode écoresponsable en Suisse.«Au- jourd\u2019hui, tout le monde peut trouver à se vêtir dans son style.Des marques comme Ar- medangels ou People Tree font de très jolies choses durables.» Elles sont assez bien diffusées dans les boutiques en ligne et physiques.« Aujourd\u2019hui, il y a un retour, les consommateurs sont en demande », assure Pauline Treis.Même son de cloche du côté de Fair\u2019Act, qui dit recevoir beaucoup de questions de personnes en recherche d\u2019un mode d\u2019emploi pour mieux consommer la mode.« Les gens prennent conscience qu\u2019ils ont une responsabilité.» Ce mode d\u2019emploi ne se résume pas à rediriger vers des marques plus éthiques.La meilleure façon d\u2019être responsable, expliquent la plupart des personnes interrogées, c\u2019est de résister à un marketing agressif, de prendre soin des vêtements qu\u2019on possède déjà.«Il faudrait revenir à des basiques, qu\u2019on entretient, qu\u2019on personnalise», conseille Fanny Dumas.Aller vers une sobriété heureuse.Le Temps L E D E V O I R , L E L U N D I 2 9 J A N V I E R 2 0 1 8 SOCIETE A 5 La deuxième industrie la plus polluante de la planète n\u2019a pas fini de nous inciter à acheter.Jusqu\u2019à épuisement?Contre la mode jetable, des mouvements naissent et des marques se distinguent.La mode enfile le costume écoresponsable «La mode écoresponsable, c\u2019est évidemment le futur » Spécialistes des évolutions du marché, les bureaux de style analysent le phénomène d\u2019écoresponsabilité dans la mode.Emma Fric, directrice de recherche et prospective à l\u2019agence Peclers, l\u2019une des plus à la pointe dans ce domaine, éclaire sur ce phénomène.L\u2019industrie de la mode a-t-elle pris conscience des enjeux écologiques?Cela devient un sujet prioritaire pour beaucoup de marques à l\u2019international.On a commencé à en parler il y a quatre ou cinq ans dans l\u2019univers du luxe devant l\u2019accélération du rythme des collections et à la fast-fashion.Le phénomène touche désormais tout le secteur.Les jeunes générations s\u2019intéressent-elles à la mode durable?Il y a une prise de conscience plus activiste chez les jeunes générations, et encore plus chez ceux qui ont vraiment grandi avec la conscience des impacts de leur mode de vie sur la planète.Ils sont sensibles à des marques qui ont une posture activiste.Je pense par exemple à Patagonia qui, aux États-Unis, a fait beaucoup de bruit dans son engagement pour la planète, prête à aller contrer des politiques gouvernementales sur la manière dont des sanctuaires de biodiversité peuvent être mis en danger par des politiques du président Trump aujourd\u2019hui.Paradoxalement, les jeunes sont aussi les premiers consommateurs de fast-fashion, car cette mode est accessible à des prix jamais égalés par le passé.Est-ce que cela ne reste pas la préoccupation d\u2019une élite?Quand la question se pose chez H&M, c\u2019est que ça dépasse largement le cadre d\u2019une élite.Des marques de grande consommation s\u2019attellent à faire bouger les choses parce qu\u2019elles ont conscience que le consommateur de demain, quel que soit son pouvoir d\u2019achat, demanders cette attitude- là.Je pense que la mode écoresponsable est évidemment le futur de la mode.C\u2019est un grand champ d\u2019innovation pour imaginer, demain, d\u2019autres façons de développer les produits.On explore des logiques d\u2019écoconception sur toute la chaîne du produit.On voit des cuirs à base d\u2019ananas ou de noix de coco\u2026 Il y a un foisonnement de réflexions assez fascinant ! 53,4 millions C\u2019est le nombre de tonnes de polyester produites en 2013, soit une augmentation de 294 % par rapport à 2000.MIGUEL RIOPA AGENCE FRANCE-PRESSE Dans un rapport, Greenpeace comptabilise 100 milliards de morceaux de vêtements produits chaque année dans le monde.Une part de 30% de notre garde-robe ne serait presque jamais portée.LE DEVOIR Corruption généralisée, justice politisée: le Brésil est en panne sèche de crédibilité démocratique, ce dont le feuilleton autour de Lula est révélateur.Pour en finir avec les «vieilles élites» qu\u2019il combat, ou ne pas finir comme elles, le Parti des travailleurs (PT) aurait besoin de se renouveler.La crise de croissance de sa démocratie expose le Brésil à une montée populiste.es pays sont plus grands que leurs dirigeants, écrit dans El País le chroniqueur Juan Arias, observateur appliqué à la scène politique brésilienne.Plus riches, humainement et culturelle- ment.Partant, il ne faut pas perdre de vue que c\u2019est en dépit de l\u2019impéritie de leurs politiciens que les Brésiliens vont de l\u2019avant, donnent une éducation à leurs enfants, continuent malgré tout de grandir socialement et collectivement.Vrai que, dans le monde, ils sont loin d\u2019être les seuls à souffrir de classes politiques inadéquates.Il reste qu\u2019il n\u2019y a guère à l\u2019heure actuelle de chantier démocratique plus dysfonctionnel que celui du Brésil, où se conjugue une récession économique aussi grave que longue à un inquali?able gâchis politique.Une nouvelle page a été écrite mercredi dernier avec la condamnation en appel de l\u2019ex-pré- sident Luiz Inacio Lula da Silva à 12 ans de prison pour « corruption passive » et « blanchiment d\u2019argent » dans une affaire de pot-de-vin immobilier reliée au gigantesque scandale Pe- trobras, la pétrolière d\u2019État dont les coffres ont été pillés par des politiciens de tous bords.Ce n\u2019est évidemment pas la ?n de l\u2019histoire.D\u2019autres épisodes s\u2019ajouteront à ce feuilleton invraisemblable d\u2019ici la présidentielle d\u2019octobre prochain : le «père des pauvres» a des recours, ce qui fait que sa condamnation ne l\u2019empêchera pas nécessairement de se représenter à la présidence.À peine était-il condamné, d\u2019ailleurs, qu\u2019il se lançait en campagne.Jeudi, le PT con?rmait contre vents et marées son intention d\u2019en faire son candidat présidentiel.La gauche a motif pour enrager.Dans l\u2019ordre actuel des choses, ses partisans ont de bonnes raisons de douter de sa culpabilité \u2014 ou du moins de la relativiser.Après le «coup d\u2019État» qui a débouché sur la destitution de la présidente Dilma Rousseff en août 2016, il est dif?cile de ne pas voir dans les accusations portées contre Lula la poursuite de la vendetta menée par les élites conservatrices pour déboulonner la gauche, reprendre le monopole du pouvoir et défaire les progrès sociaux des années 2000.Le fait est que les Brésiliens y verraient sans doute plus clair et auraient davantage con?ance en leurs institutions si, en plus, la justice ne donnait pas tant l\u2019impression d\u2019être partiale et politisée.À gauche, plusieurs pensent que le juge anticorruption Sérgio Moro, cerveau de l\u2019opération «Lava Jato» («lavage express»), qui a levé le voile à partir de 2014 sur la corruption généralisée de la classe politique, s\u2019acharne sur Lula \u2014 pendant que traînent en longueur les procédures impliquant des dizaines de députés et de sénateurs de droite, pourtant sous le coup d\u2019accusations criminelles.En fait, les partis traditionnels n\u2019ont pas été entièrement épargnés par les enquêtes du juge Moro.Mais il est louche en effet que Lula, homme de gauche et grand favori de la prochaine présidentielle, soit maintenant condamné en appel, alors que, par comparaison suspecte, le très impopulaire Michel Temer, sur lequel pleuvent les soupçons de corruption et d\u2019obstruction de justice, tient toujours la présidence \u2014 non sans l\u2019indécente collusion du Congrès.Tout cela pour dire que le procès de Lula, comme l\u2019ensemble du débat anticorruption qui agite le Brésil, se trouve à devenir moins judiciaire que politique.Pente dangereuse dans la mesure où la politisation de ces enjeux contrecarre le développement d\u2019institutions indépendantes et l\u2019idée de progrès démocratique.On peut en dire autant de ce qui se passe au Venezuela, où le président Nicolas Maduro a décidé de précipiter l\u2019élection présidentielle pour couper l\u2019herbe sous le pied à une opposition déjà divisée.Où la Cour suprême en rajoute en bloquant la participation aux élections de la coalition de l\u2019opposition réunie sous la Table de l\u2019unité démocratique (MUD).Ladite gauche au Venezuela comme la droite au Brésil se livrent à une tentative grossière de détournement des processus électoraux et démocratiques.Sous la présidence de Lula, le PT a mené une lutte titanesque contre la pauvreté et les inégalités.Que la gauche voie en lui un sauveur est compréhensible.Que cependant elle n\u2019ait encore pour seule ?gure de rédemption que ce vieux routier de 72 ans a quand même quelque chose de désolant.C\u2019est signe de problème de renouvellement.La jeune démocratie brésilienne se trouve dans un cul-de-sac qui présente le risque d\u2019une montée de la droite radicale et populiste \u2014 comme ailleurs.Ce risque porte un nom: le député et ex-militaire Jair Bolsonaro, partisan du coup d\u2019État militaire de 1964, adorateur de Pinochet et de Trump, allié de l\u2019in?uente droite évangélique.Et deuxième dans les sondages.Dans le ciel politique national, il est le piège dans lequel il faut avoir peur de voir le Brésil tomber.L E D E V O I R , L E L U N D I 2 9 J A N V I E R 2 0 1 8 A 6 EDITORIAL L E T T R E S Couillard a trahi les droits de la personne en Chine C\u2019est une prise de position dangereuse que vient de prendre le premier ministre Couillard en ne demandant pas aux gouvernants chinois de respecter les droits de la personne s\u2019ils veulent faire du commerce avec le Québec.Le rapport mondial 2018 de Human Rights Watch affirme que le président Xi Jinping continue pendant son présent mandat les importantes attaques à ces droits qu\u2019il a commencées dans son premier de cinq ans.Les chefs des démocraties occidentales qui tentent d\u2019établir des relations avec la Chine sans faire valoir qu\u2019elle doit respecter ces droits universels scient littéralement la branche sur laquelle ils sont assis.Cette mission commerciale était censée être aussi culturelle.Elle aurait donc dû, au départ, inclure un volet concernant les droits de la personne.Le gouvernement québécois ne tente-t-il pas le plus possible de respecter les droits de ses citoyens?N\u2019est-ce pas dans la culture des Québécois de respecter les droits des individus?Cette complaisance de Philippe Couillard est un symptôme d\u2019une vision à courte vue.Le gouvernement libéral est prêt à sacrifier à ses visées politiques les valeurs mondiales fondamentales.Il n\u2019y a donc aucune garantie que la supposée quarantaine d\u2019ententes d\u2019une valeur de 262 millions qu\u2019auraient signée des entreprises québécoises et chinoises pendant cette tournée en Chine respecte les droits internationaux les plus élémentaires.S\u2019il n\u2019établit pas clairement le respect des droits de la personne comme la base sur la- L I B R E O P I N I O N L A U R E N T H O W E Montréal O n a fait grand cas du fait que Montréal n\u2019était plus dans la liste des villes retenues pour le nouveau siège social d\u2019Amazon.Autant notre premier ministre provincial que notre mairesse de Montréal se disaient déçus de la décision de la multinationale de ne pas retenir la métropole québécoise dans sa seconde liste.L\u2019établissement du siège social a fait l\u2019objet d\u2019une vive concurrence entre dif férentes grandes villes en Amérique du Nord avec, à la clé, 50 000 emplois bien rémunérés ! De quoi faire saliver toute métropole digne de ce nom.Pourtant, cette «manne » a un prix qu\u2019on devrait reconsidérer : au moins un milliard de dollars en congés de taxes et en avantages de toutes sor tes, d\u2019autant plus qu\u2019avec cette concurrence, Amazon peut littéralement faire chanter les différentes mairies.Aux États-Unis, la ville de Newark a même offert jusqu\u2019à 7 milliards de dollars en incitatifs et congés de taxes ! N\u2019y a-t-il pas quelque chose de franchement odieux à voir une des compagnies les plus riches du monde, avec à sa tête l\u2019homme le plus riche du monde, demander ainsi des milliards de dollars en avantages fiscaux?Récemment, je passais sur la Sainte-Cathe- rine Est, dans Hochelaga-Maisonneuve, un endroit qui, disons-le franchement, ne paie pas de mine.Au courant des dix dernières années, j\u2019ai vu nombre de commerces naître et mourir, parfois en moins d\u2019une année.La morosité du secteur et le manque de clientèle de proximité sont une part de l\u2019explication.Et si la Ville de Montréal choisissait, à la place, de donner ces milliards aux petits commerçants plutôt que de les donner à une des entreprises les plus riches du monde ?Ces petits commerces sont tenus par des travailleurs et travailleuses, souvent chefs de famille, par des personnes immigrantes qui ont leur petit dépanneur pour permettre à leurs enfants d\u2019aller faire les meilleures études.J\u2019en connais un, appelons-le Aman, un gars qui a immigré il y a 15 ans et qui survit tant bien que mal avec sa pizzeria.Aman, il travaille tous les jours, tous les jours depuis 15 ans.Même à Noël, même au jour de l\u2019An.Le 24 décembre dernier, alors que je revenais d\u2019un souper de famille, je l\u2019ai vu, là, seul derrière son comptoir, à espérer avoir encore quelques clients.Aman ne fait pas ça pour l\u2019argent.Il ne charge pas cher.Il a un autre but : ses enfants.Me sachant en enseignement, il me demandait l\u2019autre soir les meilleures écoles pour ses deux filles.J\u2019ai spontanément parlé des collèges du coin, avant de comprendre que le prix n\u2019avait pas d\u2019impor tance.Il était vraiment prêt à tout payer pour donner le meilleur à ses enfants.J\u2019admire la détermination et le courage d\u2019Aman.Des hommes et des femmes qui, comme lui et avec presque rien, misent leur maigre pécule dans une aventure qui, parfois, finit en un triste désastre.Vous me répondrez qu\u2019une exemption de taxes n\u2019enlève pas celles qui sont déjà en place.Ou alors vous me répondrez que les milliers d\u2019emplois d\u2019Amazon vont contribuer à faire rouler l\u2019économie.Ou bien encore vous me direz que c\u2019est aussi ce qu\u2019on a fait avec nos alumine- ries.Vous avez aussi raison.Par contre, il est moralement indécent de faire des cadeaux aussi généreux à de grandes multinationales alors même qu\u2019on vient dire à ces pères et à ces mères de famille qu\u2019eux n\u2019ont droit à rien.Aucune compensation, aucune exemption de taxes ou d\u2019impôt.Pourtant, la décence voudrait que si on est prêt à faire des pieds et des mains pour attirer des entreprises venues d\u2019ailleurs, on doive être prêt à faire des pieds et des mains pour soutenir nos entreprises à nous, aussi petites soient-elles.Ces petits commerçants, ces petits entrepreneurs ne font probablement pas les mêmes grands salaires que ceux que les employés d\u2019Amazon auraient reçus, mais ces hommes et ces femmes qui se donnent corps et âme pour leurs petites entreprises n\u2019ont certainement pas moins de mérite.Ils devraient à tout le moins avoir un traitement équitable, et les sacrifices qu\u2019ils font lorsqu\u2019ils se lancent en af faire devraient être pleinement reconnus.Un petit commerçant qui meurt, c\u2019est une perte d\u2019emplois.Mais trop souvent, pour eux, c\u2019est aussi la perte d\u2019un rêve.Pour moi, ces hommes et ces femmes, comme Aman, méritent qu\u2019on les aide, qu\u2019on les soutienne et, surtout, qu\u2019on leur dise : «Bravo ! » Tant pis pour Amazon.Tant pis pour Amazon FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente du développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-président des ventes publicitaires MARK DROUIN Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Directeur de l\u2019information numérique FLORENT DAUDENS Adjoints PAUL CAUCHON, VALÉRIE DUHAIME, LOUIS GAGNÉ, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur de la production CHRISTIAN GOULET quelle se fait son commerce, le gouvernement met les droits de sa propre population en danger de deux manières.En premier, c\u2019est un danger économique à court terme, car les travailleurs québécois ne peuvent faire concurrence aux exportations de nations qui sont prêtes à violer les droits des individus pour faire baisser leurs coûts de production.Le deuxième danger est possiblement plus important et à long terme.Si toutes les nations faisaient comme le Québec, le respect de ces droits diminuerait à la grandeur de la planète.Ne pas demander que vos partenaires commerciaux respectent les droits qu\u2019ont tous les citoyens du monde équivaut à valider des comportements inhumains qui pourraient finalement être imposés ici.Michel Gourd L\u2019Ascension-de-Patapédia, le 28 janvier 2018 Selon Mme Van Baarsen, beaucoup de personnes âgées se sentiraient «extrêmement seules et isolées en raison des restrictions sociales que leur impose la maladie et de la perte de leur partenaire, d\u2019amis, de membres de famille ou même d\u2019enfants, ou en raison du fait que leur place dans la société n\u2019a plus de sens ou n\u2019offre aucune perspective».Sa grand-mère se plaignait d\u2019être tout le temps seule.Au moment de sa maladie, elle n\u2019avait plus qu\u2019un ami, qui ne la reconnaissait plus.Des recherches récentes auraient révélé que la solitude est un facteur significatif qui contribue à expliquer les sentiments de souffrance insupportables et sans espoir d\u2019amélioration.«Les personnes âgées qui souffrent de faiblesse, de perte de dignité et de solitude extrême ont, en général, peur de ce qui les attend.Elles craignent la déchéance, le fait de devenir une charge pour les autres ou, de façon plus générale, le processus conduisant à la mort\u2026» et, je dirais, la peur de mourir oubliée dans son appartement.La visite du personnel de la santé, le passage du facteur, etc.prennent donc une signification particulière et atténuent leur solitude sans toutefois redonner un sens à leur existence.Ceci explique aussi les compromis que des aînés peuvent consentir pour avoir de la visite de proches ou de voisins.La solitude est un mal déterminant de la fatigue de la vie et doit être prise en considération par la société des humains.Bravo à tous ceux et celles qui contribuent à réduire le sentiment d\u2019isolement de nos aînés.Jacques Hould Le 26 janvier 2018 BRÉSIL Avec Lula, sinon sans L GUY TAILLEFER Et si la Ville de Montréal choisissait, à la place, de donner ces milliards aux petits commerçants plutôt que de les donner à une des entreprises les plus riches du monde ?Solitude et fatigue de la vie Le Devoir a raison de placer à la une du 26 janvier la question de l\u2019isolement pour la santé publique: «Mortelle solitude.L\u2019isolement est un tel fléau que la Grande-Bretagne lui a consacré un ministère».En effet, les conséquences de la solitude sur la santé des gens sont souvent méconnues.Lorsque je visitais ma vieille tante, j\u2019ai remarqué que la télévision était toujours ouverte.Un jour, je lui ai demandé quel programme elle écoutait.Elle m\u2019a répondu qu\u2019elle n\u2019écoutait aucun programme et qu\u2019elle laissait sa télévision ouverte parce qu\u2019elle avait besoin de présence\u2026 L E D E V O I R , L E L U N D I 2 9 J A N V I E R 2 0 1 8 A 7 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon (chef de division), Robert Dutrisac, (éditorialiste), Michel Garneau et Pascal Élie (caricaturistes), Jacques Nadeau (photographe), Olivier Zuida (recherchiste photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division et reporter), Stéphane Baillargeon (généraliste), Gérald Dallaire (pupitre), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Jean Dion (sports), Marco Fortier (éducation), Lisa-Marie Gervais (diversité), Pauline Gravel (sciences), Jessica Nadeau (éducation).Alexandre Shields (environnement); information politique : Michel David (chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Marie-Michèle Sioui (correspondants parlementaires à Québec) Dave Noël (recherche), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec); information culturelle : Guillaume Bourgault-Côté (politiques culturelles), Julie Carpentier (pupitre), Fabien Deglise (livres), Catherine Lalonde (arts vivants), François Lévesque (écrans),Caroline Montpetit (arts vivants), Philippe Papineau(médias); information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l\u2019information), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Benoît Munger (pupitre); information internationale : Guy Taillefer (chef de division et éditorialiste); section art de vivre : Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); cahiers spéciaux : Aude Marie Marcoux (responsable); équipe numérique : Laurence Clavel, Guillaume St-Hilaire et Geneviève Tremblay (pupitres); correction : Andréanne Bédard, Christine Dumazet et Michèle Malenfant (correctrices) ; soutien à la rédaction : Amélie Gaudreau (coordonnatrice à la rédaction), Jean-Philippe Proulx (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa).PUBLICITÉ Charleyne Bachraty (adjointe au vice-président), Marlène Côté, Évelyne De Varennes, Amel Elimam, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (directrices de comptes), Alain Tréhout (directeur créativité média), Amélie Maltais (commis aux avis légaux), Alessandra Tantalo et Laurence Hémond (coordonnatrices publicitaires).PRODUCTION Caroline Desrosiers, Yannick Morin, Anthony White et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web), Jean-François Côté (analyste programmeur), Luc Girard (technicien informatique), Solène M.Hébert (développeuse Web).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Catherine Gentilcore (coordonnatrice marketing, communications et relations publiques), Sébastien Beaupré (coordonnateur service à la clientèle), Manon Blanchette, Caroline Filion, Nathalie Filion, Isabelle Sanchez (préposées au service à la clientèle).ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Mélisande Simard (adjointe administrative et responsable des ressources humaines), Florentina Draghici (technicienne comptable), Véronique Pagé (responsable du crédit).M A J E L L A S I M A R D Professeur de géographie, Université de Moncton Sociétaire de la Caisse Desjardins du Centre de Kamouraska l y a deux semaines, nous apprenions la fermeture de six centres de services du Mouvement Des jardins dans la région de la Côte-du-Sud.À la suite de cette annonce, les maires des municipalités du Kamouraska ont manifesté leurs appréhensions auprès de la MRC pour sensibiliser Desjardins aux répercussions possibles d\u2019une telle décision sur l\u2019industrie touristique régionale.Par leur mobilisation, les élus municipaux souhaitent conserver la présence d\u2019un guichet automatique le long du littoral entre La Pocatière et Rivière-du- Loup, un segment de près de 70 kilomètres particulièrement fréquenté par les touristes en période estivale.Bien que leurs craintes soient tout à fait justifiées, il n\u2019y a pas que les impacts sur le tourisme qui devraient constituer une source d\u2019inquiétude pour les maires qui seront af fectés par la fermeture éventuelle des caisses populaires Desjardins sur leur territoire.Ceux-ci devraient aussi s\u2019inquiéter de la perte de la valeur symbolique et sociale que représente la caisse notamment pour les personnes âgées.Cette valeur symbolique est une composante majeure de l\u2019identité collective en milieu rural.Par conséquent, les difficultés reliées au maintien des services de proximité sont susceptibles d\u2019entraîner l\u2019ef facement du village comme unité structurante.Pour plusieurs aînés, la caisse constitue un lieu de socialisation et contribue à rompre l\u2019isolement.Cette fonction sociale reflète l\u2019appartenance territoriale, la vie relationnelle et, dans une certaine mesure, le dynamisme du milieu.En aucun moment, les nouvelles technologies d\u2019information et de communication ne pourront remplacer le lien social qui, au fil des années, s\u2019est tissé entre les personnes âgées et les préposés affectés au service à la clientèle.Au surplus, plusieurs aînés sont peu enclins à utiliser ce type de technologie, que ce soit par manque d\u2019intérêt, pour des motifs de sécurité (qu\u2019ils soient justifiés ou non) ou, dans certains cas, en raison de leur plus faible capacité de résilience.Dans cette perspective, une étude que nous avons réalisée l\u2019été dernier portant sur la qualité de vie des aînés en milieu rural néo-brunswickois révélait que la fermeture de la caisse populaire représente une véritable onde de choc pour cer taines personnes âgées qui doivent ef fectuer leurs transactions dans une autre localité.Dès lors, la réorganisation des services de proximité a des incidences sur les habitudes de vie des individus en plus d\u2019être un agent de déstabilisation du tissu social.Une telle restructuration est aussi contraire à l\u2019un des principes fondamentaux en développement régional, celui de l\u2019équité territoriale, selon lequel toute personne, peu importe sa localisation géographique, a le droit de bénéficier de l\u2019égalité des chances en ce qui a trait à l\u2019accessibilité d\u2019un service, d\u2019un emploi ou tout autre avantage régissant la vie en société.Services de proximité La caisse est aussi l\u2019un des derniers services de proximité en milieu rural, notamment dans le cas de Saint-André-de-Kamouraska, où il ne restera plus que l\u2019église, le bureau de poste et l\u2019école, cette municipalité ayant perdu sa station-service, sa petite cantine et son épicerie, il y a quelques années.[\u2026] Une autre source d\u2019inquiétude pour les maires devrait concerner les emplois qui seront perdus ou transférés de leur localité après le processus de fermeture.Combien d\u2019emplois restera-t-il dans le secteur financier au sein des municipalités qui seront touchées par cette vague de suppressions?En matière de développement économique, il importe aussi de réfléchir sur l\u2019impact que de telles fermetures peuvent avoir sur les petites entreprises et les commerces locaux.La caisse crée un rapprochement immédiat entre la disponibilité de l\u2019épargne, les investissements et le développement local.Principal vecteur de la croissance économique, la présence d\u2019une caisse populaire en milieu rural constitue également un facteur de rétention et d\u2019attraction pour les entreprises et les investisseurs potentiels, et ce, en dépit de l\u2019essor des nouvelles technologies de l\u2019information et de communication.La caisse soutient des projets dont les retombées se manifestent non seulement du point de vue de la rentabilité et de l\u2019efficacité, mais aussi de la solidarité, de la prise en charge collective, de l\u2019appropriation, voire la réappropriation des ressources locales en plus de favoriser la consolidation du capital social.[\u2026] Bref, la perte d\u2019un service de proximité tel que la caisse populaire a toutes sortes d\u2019impacts (sociaux, culturels, économiques, symboliques, etc.) et d\u2019implications qui sont susceptibles de se manifester avec une plus grande acuité en milieu rural et, de surcroît, dans les localités de petite taille démographique, éloignées des villes et à forte vocation touristique, où la caisse peut non seulement constituer un des pôles intégrateurs autour duquel s\u2019articule la vie collective, mais aussi servir de point d\u2019ancrage à la population locale.De toute évidence, l\u2019effritement des services de proximité est un signe de fragilisation pour les localités concernées, en plus de favoriser l\u2019accentuation des disparités entre les villes et les campagnes, autant de conséquences qui sont en porte-à-faux avec un développement territorial durable.KAMOURASKA Des caisses populaires essentielles pour la population S U Z A N N E - G .C H A R T R A N D , J E A N D A N I S , L O U I S J E A N , M I C H È L E M O R R O N E - G I R O U X , M A R I E - C H R I S T I N E P A R E T , S U Z A N N E R I C H A R D , M I C H E L S T R I N G E R , M A N D Y V A L L I È R E S es derniers jours, Le Devoir a consacré deux éditoriaux et quelques articles à l\u2019éducation obligatoire ; nous ne pouvons que nous en réjouir.Quatre problèmes ont retenu l\u2019attention : 1) la nécessité de trouver des personnes qualifiées pour remplacer le personnel enseignant malade ou en congé; 2) la pénurie de suppléantes et suppléants à la journée pour effectuer les remplacements ; 3) le difficile travail des enseignantes et enseignants au quotidien ; 4) l\u2019annulation des formations faute de suppléants.Nous, signataires de ce texte, avons enseigné à l\u2019école publique, soit durant les années 1967- 1980, soit durant les années 1990, soit nous y enseignons encore.Nous souhaitons proposer quelques explications à ces quatre problèmes et des solutions à long terme qui tiennent compte de la mission de l\u2019école.Qui connaît la réalité de l\u2019enseignement au primaire et au secondaire sait que ce travail est de plus en plus épuisant, souvent désespérant, et de moins en moins conforme à l\u2019idéal de l\u2019enseignante ou enseignant qui arrive frais et dispos dans une classe et en ressort avec le sentiment du devoir accompli.Ainsi, fatigue, maladie, exil vers les écoles du réseau privé ou décrochage amènent plusieurs à prendre congé de l\u2019école pour un temps ou définitivement, d\u2019où la nécessité de les remplacer.Ce phénomène qui date de plusieurs années, faut-il le rappeler, n\u2019est qu\u2019un épiphénomène, mais il a pris une telle ampleur qu\u2019il occupe l\u2019actualité.Il faut bon nombre de personnes qualifiées pour ef fectuer ces remplacements, mais il y a pénurie .Le miniboom démographique (qui a dû être prévu par les démographes du Ministère), l\u2019arrivée d\u2019immigrants, somme toute minime, et la baisse progressive des ratios maître-élèves sont cependant loin d\u2019expliquer l\u2019ampleur de ce phénomène.Les quatre problèmes évoqués s\u2019expliquent bien davantage par les compressions nettes d\u2019un milliard de dollars faites par le gouvernement libéral au cours de la dernière décennie ; la lente destruction d\u2019un système scolaire unique avec la création d\u2019écoles et de parcours séparés ; l\u2019attrait de plus en plus faible des facultés d\u2019éducation pour qui connaît un tant soit peu le travail et la rémunération inadéquate du corps enseignant, et enfin par les très difficiles conditions du travail d\u2019enseignant, auxquelles il faut ajouter un certain mépris de la population pour qui y œuvre.Dans les années 1965-1980, enseigner était considéré au Québec comme un noble métier et nous étions respectés.En 1982, le gouvernement du PQ a adopté une loi spéciale qui, entre autres, réduisait les salaires des enseignants et montrait ainsi le peu de respect qu\u2019il avait pour eux, si bien que, peu à peu, on a vu ou entendu dans les médias des propos de plus en plus of fensants : « Des gens qui se plaignent pour rien, qui ne travaillent pas fort et qui ont deux mois de vacances\u2026».Un bien fondamental Or, quelles sont les mesures prises par le ministre et les derniers gouvernements du PLQ relayées par les médias ?Comme d\u2019habitude, des solutions à la pièce et à cour t terme, sans que nous puissions avoir la preuve qu\u2019elles seront en vigueur : embauche de 2000 enseignants et professionnels l\u2019an prochain (sans préciser si ce seront des postes permanents ou non et si on trouvera des personnes pour les occuper) ; signature de milliers d\u2019autorisations d\u2019enseigner et de tolérances d\u2019enseignement ; injections de nouveaux millions ; incitations des universités pour qu\u2019elles diplôment plus d\u2019étudiants, etc.Mais tout cela ne peut tenir lieu de vision de l\u2019éducation, dont la mission, on doit le rappeler, est d\u2019instruire, c\u2019est-à-dire d\u2019élever la conscience des jeunes par la connaissance et ainsi leur permettre d\u2019avoir une réflexion critique sur le sort du monde.Ce qu\u2019il faut avoir le courage de faire, de toute urgence, c\u2019est valor iser l \u2019 inst itut ion scola ire publique, dont la mission est en péril.Pour cela, il faut améliorer les conditions d\u2019exercice du métier, ce qui implique des ratios maître- é lèves mo ins é levés, une plus grande autonomie profess ion- nelle, une meilleure formation initiale jointe à une plus grande sélection des inscrits et la possibilité d\u2019activités de formation continue pertinentes pour le corps enseignant, une meilleure rémunéra- t ion, ainsi que l \u2019établ issement d\u2019équ ipes-écoles comme l ieux d\u2019entraide et de solidarité.Aux politiciens et administrateurs comptables, nous disons : l\u2019éducation n\u2019est pas une marchandise dont il faut calculer les coûts de production ; c\u2019est un droit fondamental, et sa finalité est de former des êtres capables de contribuer à une société plus juste.Il en va de l\u2019avenir.Réaffirmer la mission de l\u2019école, valoriser le travail des enseignants C omme cette chronique por te sur la langue française en dehors du Québec et l\u2019espace francophone, je vous parle rarement de politique linguistique québécoise.Or, cela fait longtemps que je pense que le Québec fait une erreur en ne pensant la protection de la langue que sur un plan strictement défensif.Selon moi, une réforme s\u2019impose.La Charte de la langue française, surnommée « loi 101 », fut formulée dans les années 1970, quand la menace de l\u2019anglais était largement un problème de classes sociales et de marginalisation socioéconomique.De nos jours, les entreprises québécoises s\u2019exportent et deviennent transnationales ; les Canadiens français ont largement effectué leur rattrapage économique ; une grande proportion des immigrants se francise ; mais l\u2019anglais, langue de domination, est devenu vecteur de mondialisation.Précisons ici que la loi 101 fonctionne globalement en défense, même si elle est perfectible.Ça fonctionne parce que son esprit n\u2019est pas contre l\u2019anglais, mais pour le français.Or, elle doit évoluer avec la société, et elle évoluera correctement si elle préserve cet esprit : pour le français.Actuellement, la loi 101 gère l\u2019affichage, elle exige des comités de francisation, mais cela est peu efficace quand il s\u2019agit de gérer des filiales, des conseils d\u2019administration composés de cadres venus de partout et du personnel qui circule.Cette réalité est d\u2019ailleurs la même pour les grandes associations et les universités.Elle ne peut rien pour des Couche-Tard et autres Bombardier qui s\u2019anglicisent progressivement à cause de leur succès.Devant cette carence, il saute aux yeux qu\u2019une loi 101 2.0 devrait exiger des entreprises qu\u2019elles énoncent une politique d\u2019aménagement linguistique favorable au français.Les règles d\u2019af fichages et le comité de francisation en feraient partie, mais ils n\u2019en seraient qu\u2019un volet.Prenez le cas de Michelin, qui s\u2019est dotée d\u2019une politique linguistique interne après l\u2019achat de Goodyear en 2000.Sa politique linguistique est très simple : dans chaque pays où elle agit, la langue de Michelin est la langue du pays.Mais un cadre national qui espère monter au siège social de la multinationale doit parler français et accepter que ça se passe en français.Et devinez quoi ?Ça ne les pénalise pas.Autre exemple de politique d\u2019aménagement linguistique non gouvernementale?On pourrait citer celle de l\u2019Université de Montréal, tout comme les conseils scolaires francophones de l\u2019Ontario: chacun doit produire sa propre politique d\u2019aménagement linguistique, où il statue sur la manière de faire vivre le français dans la communauté au-delà de son mandat d\u2019enseigner.À mon avis, cette obligation d\u2019une politique linguistique interne devrait être étendue aux universités et aux cégeps, mais aussi aux grandes associations, à certains organismes gouvernementaux \u2014 comme la Caisse de dépôt \u2014 et bien sûr aux entreprises cotées en Bourse sous l\u2019égide de l\u2019Autorité des marchés financiers.On peut concevoir qu\u2019il serait plus simple d\u2019imposer une telle politique aux entreprises de propriété québécoise.Et effectivement, on ne voit pas Rona ou St-Hubert imposer le français à leur nouveau maître.Mais dans pareil cas, c\u2019est l\u2019aspect défensif de la loi 101 qui continuerait de s\u2019appliquer.L\u2019obl igat ion de produ ire une pol it ique d\u2019aménagement linguistique pour les entreprises, les associations et les universités aurait une grande valeur pédagogique.Elle les forcerait à réfléchir sur le potentiel de recrutement en français même en dehors du Québec \u2014 sujet sur lequel j\u2019ai beaucoup écrit.Chaque fois que je mentionne cette idée, on me répond qu\u2019on ne peut pas imaginer trouver de bons cadres parlant français aux États-Unis et au Canada ang la is .Ma is justement, s i : on y trouve quelques millions de francophones de langue maternelle.Et d\u2019autres millions encore qui apprenant le français comme langue seconde se rangent dans les couches les plus instruites de la population.Bref, l\u2019obligation de pondre une politique linguistique maison forcerait tout le monde à réfléchir en dehors des cadres et à regarder au- delà des œillères qu\u2019ils portent.La diplomatie culturelle québécoise étant très développée, le Québec est dans une situation très particulière où le gouvernement est fortement en avance sur la population, qui souf fre d\u2019une certaine myopie linguistique.Et il en va de la mission de l\u2019État de dire aux gens où se situe l\u2019intérêt général, même si ceux-ci l\u2019ignorent.Quant à l\u2019action extérieure sur la langue, il y aurait selon moi d\u2019autres chantiers à lancer, mais la place me fait défaut ici pour en parler.L\u2019OQLF \u2014 dont la vocation était d\u2019abord terminologique \u2014 est-il vraiment le meilleur véhicule pour agir comme « police de la langue » ?Après presque 60 ans de terminologie of fi- cielle, le gouvernement ne devrait-il pas mettre en grand chantier une académie québécoise de la langue, voire un réseau des académies francophones?Vaste programme.Pour une loi 101 2.0 ISTOCK La dif ficulté de la tâche d\u2019enseignant, et la fatigue qui en découle, en amène plusieurs à prendre congé de l\u2019école, à se tourner vers le privé ou tout simplement à partir.JEAN-BENOÎT NADEAU C I Pour plusieurs aînés, la caisse constitue un lieu de socialisation et contribue à rompre l\u2019isolement L E D E V O I R , L E L U N D I 2 9 J A N V I E R 2 0 1 8 A 8 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par courriel publicite@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3452 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Par courriel 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faire reconnaître le parcours » ef fectué dans leur pays d\u2019origine ; à faire reconnaître « la spécificité de leur démarche souvent à mi-chemin entre ar ts visuels et les métiers d \u2019ar t, l \u2019ar t contemporain et la culture traditionnelle », comme le nomme l\u2019étude.Cette difficulté rend improbable l \u2019accès aux bourses et aux concours d\u2019art.La tradition d\u2019avant-garde du contemporain Deux des grands obstacles sont les critères, très valorisés dans le milieu de l\u2019art, de « l\u2019excellence » et du «contemporain».«Aujourd\u2019hui, on peut entendre beaucoup de personnes très compétentes dire que l\u2019origine culturelle des artistes ne les intéresse pas, seulement la qualité de leurs propositions artistiques», poursuit M.Uzel.«C\u2019est une énormité, car la sociologie de l\u2019art montre depuis 50 ans que cette excellence est toujours conditionnée, et la plupart du temps, on ignore ces conditionnements.On espère, avec l \u2019étude, créer une prise de conscience chez les médiateurs, commissaires et critiques.» Le spécialiste des arts visuels rappelle également à quel point le contemporain est de tradition avant-gardiste, « où l\u2019on fait toujours table rase du passé.L\u2019art moderne et contemporain se sont construits sur cette idée qu\u2019on est dans le renouveau constant.» L\u2019esthétique contemporaine se heurte aux références, à l\u2019héritage culturel, aux dimensions cosmologiques et sacrées qu\u2019on peut trouver en arts autochtones, qui font cohabiter passé et présent.« Bref, on manque d\u2019outils pour juger ces propositions esthétiques qui nous disent qu\u2019il n\u2019y a pas de contradiction entre les mythes millénaires et la création contemporaine en vidéo et en arts numériques \u2014 je pense entre autres au travail de Skawennati, qu\u2019on peut voir en ce moment à Montréal.» La question des médiums et même des médias se pose aussi, puisque les artistes de la diversité transcendent le clivage entre ar ts visuels et métiers d\u2019ar t.Le tissage, le per- lage, la fabrication d\u2019outil, la cérémonie spirituelle, la chasse même peuvent faire par tie de leur vision de l\u2019art.Alors que la Loi sur le statut de l\u2019artiste s\u2019évertue déjà à distinguer les ar tistes en ar ts visuels de ceux des métiers d\u2019art.Pratiquement L\u2019étude propose, parmi ses quinze recommandations, de penser à dépasser cette scission.Mais également de permettre aux artistes de proposer des dossiers par vidéo, qui peuvent mieux rendre compte de l\u2019oralité d\u2019un projet et transcender s\u2019il y a lieu les difficultés à l\u2019écrit ; de favoriser les programmes de men- torat et d\u2019accompagnement ; d\u2019imposer des quotas de représentation d\u2019artistes de la diversité et autochtones ; de créer un prix pour les artistes autochtones et un pour ceux de la diversité ; de continuer à penser la notion de pairs.Entre autres.Pour M.Uzel, il ne fait aucun doute que les politiques facilitatrices sont ef ficaces.Et nécessaires.Il donne en exemple celles de la Colombie-Britannique et de l\u2019Ontario.« On a vingt ans de retard par rapport à eux, on commence à s \u2019 intéresser à la quest ion .Alors qu\u2019on peut voir aujourd\u2019hui des ar tistes autochtones au talent indiscutable venus de l\u2019Ouest et de l\u2019Ontario, dans les plus importants lieux internationaux.» « On va tenter de développer les stratégies nécessaires pour mettre des recommandations en application», a avancé, du CAM, Mme Maillé.«C\u2019est sûr qu\u2019on va poser des gestes.Nos relations avec l\u2019autochtonie sont notre grande priorité, et avec la confirmation de l\u2019investissement de 2,5 millions de la Ville, qui s\u2019est fait jeudi, c\u2019est sûr, sûr qu\u2019on va bouger.» Le CAM tiendra d\u2019ailleurs une journée de réflexion le 30 janvier, à par tir de 13 h, en français et en anglais, afin de réfléchir, avec les chercheurs, les organismes et les praticiens, à par t ir de l \u2019étude, à des solut ions concrètes d\u2019inclusion pour les milieux des arts visuels montréalais.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 ARTISTES monstr uosité réside donc dans le regard des autres.Pour ce « trip d\u2019acteur », celui qui avait brillé en déficient intellectuel dans Avec Norm, de Serge Boucher \u2014 sur la même scène en 2013 \u2014, a tra- va i l lé sa posture, sa vo ix .« Après, il y a toute l\u2019émotion à fa ire passer, malgré un corps figé et un visage sans expression.» Les sentiments de ce personnage à la grande sensibilité doivent donc être transmis par les yeux, les intonations vocales, le souf fle.« C\u2019est dans les nuances, les petits détails.» Un trava i l douloureux, puisque son corps tente de s\u2019ajuster aux positions déformées qu\u2019il adopte.Suivi par une massothérapeute, Benoît McGinnis bénéficie aussi des conseils de son camarade de scène Germain Houde, qui a lui-même campé Merrick en 1982 au théâtre du Nouveau Monde et en connaît le prix physique.« Il disait : \u201cJ\u2019ai tellement eu mal !\u201d » L\u2019interprète qui souffre déjà sait qu\u2019il aura des séquelles.« Mais ça fait par tie de la game.Et je vais me faire traiter après, ce n\u2019est pas grave (rires) ! C\u2019est un rô le qu i ne rev iendra pas dans ma v ie .Et j \u2019a ime essayer des choses.» Grands rôles excessifs Ce n \u2019est pas inhab i tuel pour McGinnis de s\u2019engager auss i totalement dans ses rô les .« Je m\u2019invest is dans tout .Et c \u2019est pour ça que j\u2019aime faire du théâtre : parce que c\u2019est intense.» Ces jours- ci, il aime pourtant soutenir une composition plus légère comme le potineux coloré de Dema in mat in, Montréal m\u2019attend \u2014 qu \u2019il reprendra en tour née .Ou la per for- mance tout en vulnérabilité, loin « du rôle de force et de pouvo ir », qu \u2019appelle L\u2019homme éléphant.« Caligula, c\u2019était lourd à porter.Son at- t i tude agress ive f in i t par [marquer].» Il se dit heureux de camper ces grands rôles excess i fs s i substant iels .« Mais je ne suis pas à la recherche de tous les rôles de fuckés qui existent ! » ajoute-t- il en rigolant.Après avoir incarné Hamlet \u2014 sans doute le personnage masculin le plus imposant du réper toire \u2014 au TNM en 2011, Benoît McGinnis se souvient, non sans autodérision, qu\u2019il s\u2019était dit : « Je ne sais pas ce que je vais faire de plus, après.Qu\u2019est-ce que je vais pouvoir faire de plus grand ?» Il entamait alors à peine la trentaine\u2026 Aujourd\u2019hui, le comédien sait que l\u2019enjeu n\u2019est pas de jouer de plus grands rôles.Et cet être débordant de vitalité, aux yeux brillants, montre un appétit évident pour tout ce qu\u2019il n\u2019a pas encore eu l\u2019occasion de toucher.« Ce que je désire, à l\u2019aube de la quaran- ta ine, c \u2019est juste de jouer plein de choses et de ne pas être seulement associé à de grands rôles de répertoire.Il faut bien m\u2019entendre : je suis hyperchoyé.» D\u2019autant qu\u2019il propose lui-même plusieurs de ses projets (c\u2019était le cas de Caligula, notamment).Mais il formule le souhait de jouer sur des scènes comme La Licorne (où on ne l\u2019a jamais vu) dans une pièce où « tout le monde se par tage la rondelle ».Ravi d\u2019avoir un allié scénique comme René Ri - chard Cyr (qui l\u2019a dirigé une douzaine de fois), le comédien constate par contre qu\u2019il y a beaucoup d\u2019ar tistes qu\u2019il ne connaît pas encore « chez les metteurs en scène et dans les gangs de théâtre ».La contrepar t ie de ces grands défis qu\u2019on tend à lui confier, c\u2019est que plusieurs ne le croient plus disponible pour le reste.Ce qui est totalement faux .« J \u2019ai peur parce que, parfois, on me dit : \u201cToi, ferais- tu une lecture à la semaine de la dramaturgie du CEAD ?On dirait que tu es tout le temps occupé.\u201d Ben non, je fais juste un ou deux shows par an\u2026 Il y a ça qui vient avec les grands rôles.» Pour peu que le personnage et le metteur en scène l \u2019intéressent, sachez qu \u2019 il n \u2019y a pas de trop petit rôle pour lui, assure Benoît McGinnis.Un gars ben ordinaire Il aimerait aussi être recruté davantage au petit écran, là où il n\u2019a pour l\u2019instant qu\u2019un rôle dans la seconde saison de la série Victor Lessard, dif fusée cet hiver sur Club Illico.Un de ces rôles intenses, voire dérangés\u2026 dans lesquels il est réputé exceller.L\u2019incandescent interprète, qui paraît d \u2019une simplicité ter re à ter re en personne, tente de se battre contre cette impression.«Parce qu\u2019au fond de moi, je suis un quétaine, un gars plate, drôle.Un gars ordinaire.Je ne suis pas théâtral dans ma vie ! » dit-il en déclamant par dérision.Autant il goûte la théâtralité sur scène, autant il a aimé camper un directeur d\u2019école durant quatre saisons dans 30 vies, à « donner des cafés et distribuer des retenues».Bref, on pourrait dire que l\u2019interprète de L\u2019homme éléphant aspire lui-même à une sor te de normalité dans son métier\u2026 Collaboratrice Le Devoir L\u2019HOMME ÉLÉPHANT Texte de Bernard Pomerance.Traduction et mise en scène de Jean Leclerc.Avec Benoît McGinnis, Annick Bergeron, David Boutin, Sylvie Drapeau, Chantal Dumoulin, Germain Houde, Roger La Rue, Hubert Proulx.Du 30 janvier au 3 mars au théâtre du Rideau Vert SUITE DE LA PAGE 1 THÉÂTRE Je m\u2019investis dans tout.Et c\u2019est pour ça que j\u2019aime faire du théâtre : parce que c\u2019est intense.Benoît McGinnis « » DENIS FARLEY Vue de l\u2019exposition de Nadia Myre, «Tout ce qui reste \u2014 Scattered Remains», présentée au Musée des beaux-arts de Montréal jusqu\u2019au 27 mai le rester.Il va arriver même qu\u2019on dise publiquement les choses dif féremment.[\u2026] On a des regards différents, mais on regarde dans la même direction », a-t-il déclaré, après avoir invité Mme Hivon à le rejoindre sur la scène du Centre des congrès de Saint-Hyacinthe.Mme Hivon s\u2019était avancée au rythme du morceau J\u2019aime les oiseaux de Yann Perreau, qu\u2019elle avait sélectionné pour sa campagne à la chefferie du PQ en 2016.« C\u2019est le temps de s\u2019engager.C\u2019est le temps de tout donner.Et c\u2019est le temps de continuer à écrire ensemble, avec un leadership fort, l\u2019histoire du Parti québécois », a-t-elle déclaré, recueillant les applaudissements nourris des militants péquistes.Popularité M.Lisée a décrit l\u2019ex-ministre déléguée aux Services sociaux ?auteure de la Loi concernant les soins de fin de vie ?comme une femme dotée d\u2019« une grande capacité de rassemblement » et « naturellement proche des gens et qui démontre, hors de tout doute, un souci constant et sincère pour leur bien-être ».« On invente quelque chose de neuf, toi et moi, vous et nous, le début d\u2019une nouvelle expérience, d\u2019un nouveau lien de confiance entre le Parti québécois et la population du Québec», a-t-il poursuivi.Les délégués ont alors brandi au-dessus de leur tête des af fiches roses sur lesquelles était inscrit « Lisée-Hivon, 2018 » et dessiné le logo du PQ.Le chef péquiste mise sur la popularité de Véronique Hivon afin que le PQ reprenne du poil de la bête.Avec 20 % des intentions de vote, le parti politique s\u2019englue au troisième rang, et ce, derrière la Coalition avenir Québec (39 %) et le Parti libéral du Québec (28 %), selon un sondage Léger-Le Devoir publié samedi.«Est-ce que ça va rendre notre tâche plus facile pour faire passer notre message qu\u2019on est un parti de la bienveillance, un parti qui veut d\u2019abord servir les Québécois, bien sûr ! [\u2026] Est-ce qu\u2019on espère que ça va provoquer un changement d\u2019opinion en faveur du Parti québécois, bien sûr ! Mais on le verra.Ça va dépendre de la qualité de notre travail commun », a indiqué M.Lisée, vu, à ce moment-ci, comme « le meilleur premier ministre » par seulement 1 électeur sur 10.Aux yeux de Mme Hivon, l\u2019annonce de ce « ticket » à la québécoise, qui l\u2019a catapultée à l\u2019avant de la scène politique québécoise dimanche après-midi, insufflera une « énergie » nouvelle favorable au PQ.« Je crois que le tout, notre tout, sera plus grand que la somme des par ties », a-t-elle dit devant une foule ragaillardie.« Beaucoup de Québécois et de Québécoises se sentent actuellement loin de la politique, désintéressés quand ils ne sont pas carrément désabusés.Il est donc urgent de leur redonner confiance.Confiance en leurs élus et leurs institutions bien sûr, mais aussi confiance en eux ?en eux comme force de changement », a affirmé la nouvelle « vice-chef », tout en promettant de ne lésiner sur aucun effort afin de « ré- habilit[er] la vision, la sensibilité et l\u2019empathie en politique ».Une «série de premières» à venir Drapée du slogan « Fa isons-nous confiance », Véronique Hivon s\u2019était por tée candidate dans la course à la direction du PQ dans la foulée du départ de Pierre Karl Péla- deau en mai 2016.Elle avait dû l\u2019abandonner moins de quatre mois plus tard pour des raisons de santé.M.Lisée souhaitait lui conférer le statut de « vice-chef » au lendemain du congrès national du PQ (septembre 2017) ?durant lequel il avait obtenu l\u2019appui de 92,8 % des délégués ?, mais a changé d\u2019avis.Il s\u2019est en effet rangé à l\u2019avis de la principale intéressée de reporter le dévoilement du « tandem », « partenariat » ou « ticket » Lisée-Hivon en début d\u2019année électorale.Du coup, son annonce survient quelques jours après que l\u2019ex-chef Pierre Karl Péladeau se soit dit « en réserve de la République » et quelques heures après la publication d\u2019un autre sondage décevant.En point de presse, M.Lisée a tourné en ridicule toute comparaison entre les chaînes de commandement du Parti québécois et de Québec solidaire, qui est doté de deux co-porte-pa- role, Manon Massé et Gabriel Nadeau-Dubois.« Québec solidaire a un chef dont le nom m\u2019échappe là\u2026 celui qui dirige le comité de coordination, et ils ont deux co-porte-parole à égalité.Nous, on a un chef : c\u2019est moi.On a une vice-chef : c\u2019est Véronique », a souligné l\u2019ancien correspondant à l\u2019étranger, qui a rapporté de Washington l\u2019idée de « ticket ».«Ce n\u2019est pas [deux] co-chefs.C\u2019est un chef et un vice-chef ; un futur premier ministre et une future vice-première ministre.Il faut que cela soit clair», a ajouté Mme Hivon.«Au bout du compte, quand il faut trancher, c\u2019est toujours le chef qui tranche, puis ça va continuer à être comme ça.» Longue discussion Par ailleurs, M.Lisée a dit avoir « longuement discuté » avec Mme Hivon du partage des tâches entre le « chef », lui, et la « vice-chef », elle.« Il y aura une série de premières, mais on ne va pas tout vous dire ça aujourd\u2019hui », a-t-il lancé à moins de 10 jours de la reprise des travaux à l\u2019Assemblée nationale.« Appréhendez-vous que Madame Hivon puisse vous faire de l\u2019ombre durant la campagne électorale?» a demandé une journaliste à M.Li- sée.«J\u2019espère qu\u2019elle essaiera», a-t-il répondu.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 HIVON Le PQ a choisi son camp : « le progressisme et l\u2019indépendantisme » Après des années de «culpabilisation de l\u2019identité québécoise », le Parti québécois promet d\u2019ériger «un État fort aux services des gens, un État fort pour réussir l\u2019indépendance [entre 2022 et 2026] », a martelé le chef péquiste, Jean-François Lisée, au cours du week-end.La remise en forme de l\u2019État québécois est une condition sine qua non à la concrétisation du projet de pays, selon lui.«Depuis 15 ans, les libéraux ont fragilisé notre État.Ils ont fragilisé notre système de santé.Ils ont fragilisé notre système d\u2019éducation.Ils ont fragilisé notre système de justice.[\u2026] Ils ont fragilisé notre identité.Alors, c\u2019est difficile de demander à un peuple, qui a été fragilisé, de se sentir assez solide pour faire un pas aussi grand que celui de l\u2019indépendance », a-t-il averti samedi.« Il faut avoir des rêves assez grands pour ne pas les perdre de vue pendant qu\u2019on les poursuit », a renchéri la vice-chef péquiste, Véronique Hivon, dimanche."]
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